Bouddhisme: Attention, une religion de paix peut en cacher une autre ! (After Islam’s jihadists, Burma’s ultra-nationalist monks are a tragic reminder that in times of crisis even the most peaceful of religious doctrines can turn homicidal)

8 juillet, 2019

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Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Jésus (Jean 14: 27)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.(…) Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l’angoisse chez les nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots. Jésus (Luc 21: 10-25)
Ne prenez pas le mal à la légère en disant ‘il ne m’atteindra pas’. Même un pot d’eau finit par se remplir de gouttes de pluie. De même, l’innocent absorbant goutte par goutte finit par se remplir de mal. Gautama Bouddha
Comme une mère protègerait son unique enfant au risque de sa propre vie, cultivons un amour sans limite envers tous les êtres.  Que ces pensées d’amour infini imprègnent le monde tout entier, dessus, dessous, de toutes parts, sans obstacle, sans haine ni inimitié. Metta sutta (hymne de l’amour universel)
Le Bouddha se situe souvent au-delà du Bien et du Mal. Ses paroles devraient nous permettre de limiter les mécaniques du Mal. Texte lu par Bulle Ogier (Le Vénérable W)
Une croyance populaire dit que si on peut tuer un animal, on peut aussi tuer un homme. Nous, les bouddhistes, nous nous opposons au sacrifice des animaux. Texte par Bulle Ogier (Le Vénérable W)
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
On a commencé avec la déconstruction du langage et on finit avec la déconstruction de l’être humain dans le laboratoire. (…) Elle est proposée par les mêmes qui d’un côté veulent prolonger la vie indéfiniment et nous disent de l’autre que le monde est surpeuplé. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
L’éthique de la victime innocente remporte un succès si triomphal aujourd’hui dans les cultures qui sont tombées sous l’influence chrétienne que les actes de persécution ne peuvent être justifiés que par cette éthique, et même les chasseurs de sorcières indonésiens y ont aujourd’hui recours. La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Les pays européens devraient accueillir ces réfugiés et leur fournir de l’éducation et des formations, l’objectif étant qu’ils rentrent chez eux avec des compétences particulières. Ils seront eux-mêmes mieux, je pense, dans leur propre pays. Mieux vaut garder l’Europe pour les Européens. Tenzyn Gyatso (Dalai Lama)
Les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats. Erdogan (1998)
En réalité, leurs mosquées ne sont pas des lieux de culte comme nos monastères. Ce sont des bases de guerre pour planifier des attaques contre les non-musulmans. J’ai deviné l’intention des musulmans qui est de convertir le monde entier à l’islam. D’ailleurs, on peut voir sur Youtube, quand les membres de l’EI décapitent un chrétien, ils montrent un doigt, c’est-à-dire qu’il doit y avoir un seul Dieu dans le monde. Du fait que les musulmans ls entrent et s’installent dans les pays d’Europe, ils envahissent le monde. Et les dirigeants comme Merkel et compagnie les acceptent sans tenir compte de l’avis du peuple. Aux USA, si le peuple veut rester en paix et en sécurité, il doit choisir Donald Trump. Ashin Wirathu
L’Hitler de Birmanie est bouddhiste et ses juifs sont les musulmans rohingyas. David Aaronovitch
Les caractéristiques des poissons-chats d’Afrique sont : ils grandissent très vite. Ils se reproduisent très vite aussi. Et puis ils sont violents. Ils mangent les membres de leur propre espèce et détruisent les ressources naturelles de leur environnement. Les musulmans sont exactement comme ces poissons. Ashin Wirathu
Si on peut tuer un animal, on peut tuer un homme. Ashin Wirathu
Une foule excitée peut devenir incontrôlable. Cela peut exploser. Ma Ba Tha intervient quand les « kalars » embêtent les bouddhistes. Une fois le problème réglé et les « kalars » sanctionnés, la foule se calme. Voilà le rôle de Ma BA TA. Ashin Wirathu
Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous. Kyaw Sein Win (Ma Ba Tha)
Les musulmans sont des fauteurs de troubles. Ils prétendent garder des couteaux dans leurs mosquées pour les sacrifices d’animaux, mais nous, nous savons qu’ils peuvent s’en servir à tout moment contre nous. Ti Ti Win (professeure de mathématiques, 55 ans)
Notre région est confrontée au risque de perdre son bétail. Les kalars ont déjà tué des milliers de vaches. Vous savez pourquoi ? Ils s’entraînent pour nous égorger ensuite. Pyinyeinda (moine d’Athoke)
En tant que bouddhiste, je m’oppose au massacre de bétail. Par conséquent, j’ai accepté les demandes des moines qui mènent cette campagne. Je les ai aidés à obtenir les licences des abattoirs. Thein Aung (chef du gouvernement de la région d’Ayeyarwady)
Lors de nos deux premières descentes, nous avons découvert que plus de vaches étaient tuées que ne l’autorise la loi. Nous avons donc fait pression sur les autorités municipales pour qu’elles mettent sur liste noire le propriétaire musulman. Elles ont fini par le faire et il a dû fermer son abattoir. Win Shwe
On ne peut plus acheter de bœuf dans toute la région d’Ayeyarwady. Si on veut du bœuf halal, il faut que quelqu’un le fasse venir de Rangoon. Restaurateur musulman de la ville de Kyaungon. David Aaronovitch
Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam. Bénédicte Brac de la Perrière
Le groupe « 969 » fait partie de mouvements réactionnels liés à des problèmes identitaires. On a le sentiment d’être agressé par des marges, on réagit en se protégeant. C’est une manière de se définir contre l’autre. Le bouddhisme est dans ce cas une arme symbolique. Raphaël Logier (IEP d’Aix-en-Provence)
Face à la progression de l’islamophobie en Europe, aux États-Unis et ailleurs, le film rappelle que même la doctrine religieuse la plus pacifique risque, si elle est mal interprétée, d’être exploitée à des fins destructrices. The Hollywood reporter
Dès son origine, le bouddhisme insiste sur la compassion envers autrui : le premier bouddhisme, dit Theravâda, toujours présent en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka, met l’accent sur une introspection personnelle qui doit permettre de comprendre la nature de nos rapports avec l’autre. Il n’y a pas de dogme fondamental, en dehors de quelques notions issues de l’hindouisme. Il n’existe pas non plus d’autorité ecclésiastique ultime. Ces deux traits font qu’il est de prime abord difficile de parler d’orthodoxie, et à plus forte raison de fondamentalisme bouddhique. Les bouddhismes, par nature pluriels, ont su accueillir en leur sein les doctrines les plus diverses. Plus tard, le bouddhisme Mahâyâna (« grand véhicule »), aujourd’hui répandu en Chine, en Corée, au Japon et au Viêtnam, prône la compassion pour tous les êtres, même les pires. Ce sentiment de communion est fondé sur la croyance en la transmigration des âmes, laquelle conduit les êtres à renaître en diverses destinées, humaines et non-humaines. Le Mahâyâna insiste sur la présence d’une nature de bouddha en tout être. Quant au bouddhisme Vajrayâna (ésotérique, tantrique), issu du Mahâyâna et aujourd’hui localisé au Tibet et en Mongolie, il offre une vision grandiose de l’univers tout entier, qui n’est autre que le corps du Bouddha cosmique. A l’époque contemporaine, compassion et tolérance sont devenues, en partie par la personne médiatique du dalaï-lama actuel, icône moderne du bouddhisme tibétain, l’image de marque même du bouddhisme dans son ensemble. Les penseurs bouddhistes ont rapidement élaboré des concepts propres à expliquer divers degrés de vérité. Le Bouddha lui-même, selon un enseignement ultérieurement synthétisé, notamment par le Mahâyâna, prêchait ainsi une vérité conventionnelle (accessible à tous), adaptée aux facultés limitées de ses auditeurs, réservant la vérité ultime à une élite spirituelle. Ce recours constant à des expédients salvifiques (upâya), balisant des voies différentes et plus ou moins difficiles d’accès au salut, rend le dogmatisme difficile, car tout dogme relève du domaine de la parole, donc de la vérité conventionnelle. Ces théories vont faciliter diverses formes de syncrétisme ou de synthèse, comme celles de Zhiyi (539-597) et de Guifeng Zongmi (780-841) en Chine, de Kûkai (774-835) au Japon, et de Tsong-kha-pa (1357-1419) au Tibet. Il s’agit généralement d’une sorte de syncrétisme militant, par lequel les cultes rivaux (religion bön au Tibet, confucianisme et taoïsme en Chine, shinto au Japon…) sont intégrés à un rang subalterne dans un système dont le point culminant est la doctrine de l’auteur. Ces élaborations aboutissent rapidement à faire du bouddhisme un polythéisme, qui assimile et mêle dans ses panthéons les dieux des religions qui lui préexistaient (de l’hindouisme, du bön, du taoïsme…). Au demeurant, la pratique n’a pas toujours été aussi harmonieuse que la théorie. (…) Mais c’est surtout en raison de son évolution historique que le bouddhisme est conduit à faire des accrocs à ses grands principes. Le principal écueil réside dans les rapports de cette religion avec les cultures qu’elle rencontre au cours de son expansion. L’attitude des bouddhistes envers les religions locales est souvent décrite comme un exemple classique de tolérance. Il s’agit en réalité d’une tentative de mainmise : les dieux indigènes les plus importants sont convertis, les autres sont rejetés dans les ténèbres extérieures, ravalés au rang de démons et, le cas échéant, soumis ou détruits par des rites appropriés. Certes, le processus est souvent représenté dans les sources bouddhiques comme une conversion volontaire des divinités locales. Mais la réalité est fréquemment toute autre, comme en témoignent certains mythes, qui suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle. C’est ainsi que le Tibet est « pacifié » au viiie siècle par le maître indien Padmasambhava, lorsque celui-ci soumet tous les « démons » locaux (en réalité, les anciens dieux) grâce à ses formidables pouvoirs. Un siècle auparavant, le premier roi bouddhique Trisong Detsen a déjà soumis les forces telluriques (énergies terrestres de nature « magique » qui influencent individus et habitats), symbolisées par une démone, dont le corps recouvrait tout le territoire tibétain, en « clouant » celle-ci au sol par des stûpas (monuments commémoratifs et souvent centres de pèlerinage) fichés aux douze points de son corps. Le temple du Jokhang à Lhasa, lieu saint du bouddhisme tibétain, serait le « pieu » enfoncé en la partie centrale du corps de la démone, son sexe. Ce symbolisme, décrivant la « conquête » bouddhique comme une sorte de soumission sexuelle, se retrouve dans un des mythes fondateurs du bouddhisme tantrique, la soumission du dieu Maheshvara par Vajrapâni, émanation terrifiante du bouddha cosmique Vairocana. Maheshvara est l’un des noms de Shiva, l’un des grands dieux de la mythologie hindoue. Ce dernier, ravalé par le bouddhisme au rang de démon, n’a commis d’autre crime que de se croire le Créateur, et de refuser de se soumettre à Vajrapâni, en qui il ne voit qu’un démon. Son arrogance lui vaut d’être piétiné à mort ou, selon un pieux euphémisme, « libéré », malgré la molle intercession du bouddha Vairocana pour freiner la fureur destructrice de son avatar Vajrapâni. Pris de peur, les autres démons (dieux hindous) se soumettent sans résistance. Dans une version encore plus violente, le dieu Rudra (autre forme de Shiva) est empalé par son redoutable adversaire. Le mythe de la soumission de Maheshvara se retrouve au Japon, même si, dans ce dernier pays, les choses se passent dans l’ensemble de manière moins violente. Certes, on voit ici aussi de nombreux récits de conversions plus ou moins forcées des dieux autochtnones. Mais bientôt, une solution plus élégante est trouvée, avec la théorie dite « essence et traces » (honji suijaku). Selon cette théorie, les dieux japonais (kami) ne sont que des « traces », des manifestations locales dont l’« essence » (honji) réside en des bouddhas indiens. Plus besoin de conversion, donc, puisque les kamis sont déjà des reflets des bouddhas. Paradoxalement, la notion d’absolu dégagée par la spéculation bouddhique va permettre aux théoriciens d’une nouvelle religion, le soi-disant « ancien » shinto, de remettre en question la synthèse bouddhique au nom d’une réforme purificatrice et nationaliste. A terme, ce fondamentalisme shinto mènera à la « révolution culturelle » de Meiji (1868-1873), au cours de laquelle le bouddhisme, dénoncé comme religion étrangère, verra une bonne partie de ses temples détruits ou confisqués. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la religion officielle japonaise réinvestit les mythes shintos et s’organise autour du culte de l’Empereur divinisé, descendant du plus important kami national, la déesse du Soleil. Par contre-coup, le bouddhisme à son tour se réfugie dans un purisme teinté de modernisme, qui rejette comme autant de « superstitions » les croyances locales. (…) En théorie, le principe de non-dualité si cher au bouddhisme Mahâyâna semble pourtant impliquer une égalité entre hommes et femmes. Dans la réalité monastique, les nonnes restent inférieures aux moines, et sont souvent réduites à des conditions d’existence précaires. (…) Le bouddhisme a par ailleurs longtemps imposé aux femmes toutes sortes de tabous. La misogynie la plus crue s’exprime dans certains textes bouddhiques qui décrivent la femme comme un être pervers, quasi démoniaque. Perçues comme foncièrement impures, les femmes étaient exclues des lieux sacrés, et ne pouvaient par exemple faire de pèlerinages en montagne. Pire encore, du fait de la pollution menstruelle et du sang versé lors de l’accouchement, elles étaient condamnées à tomber dans un enfer spécial, celui de l’Etang de Sang. Le clergé bouddhique offrait bien sûr un remède, en l’occurrence les rites, exécutés, moyennant redevances, par des prêtres. Car le bouddhisme, dans sa grande tolérance, est censé sauver même les êtres les plus vils… (…) Il faut enfin mentionner les luttes intestines qui opposent, au sein de la secte Tendai (tendance majoritaire du bouddhisme japonais du viiie au xiiie siècle), les factions du mont Hiei et du Miidera. A diverses reprises, les monastères des deux protagonistes sont détruits par les « moines-guerriers » du rival. Les raids périodiques de ces armées monacales sur la capitale, Kyôto, défrayent les chroniques médiévales. C’est seulement vers la fin du xvie siècle qu’un guerrier à bout de patience, Oda Nobunaga (1534-1582), décide de raser ces temples et de passer par le fil du sabre les fauteurs de troubles. (…) Avec la montée des nationalismes au xixe siècle, le bouddhisme s’est trouvé confronté à une tendance fondamentaliste. Certes, la chose n’était pas tout à fait nouvelle. Dans le Japon du xiiie siècle, lors des invasions mongoles (elles-mêmes légitimées par les maîtres bouddhiques de la cour de Kûbilaï Khân), les bouddhistes japonais invoquèrent les « vents divins » (kamikaze) qui détruisirent l’armada ennemie. Ils mirent également en avant la notion du Japon « terre des dieux » (shinkoku), qui prendra une importance cruciale dans le Japon impérialiste du xxe siècle. Durant la Seconde Guerre mondiale, les bouddhistes japonais devaient soutenir l’effort de guerre, mettant leur rhétorique au service de la mystique impériale. Même Daisetz T. Suzuki, le principal propagateur du zen en Occident, se fera le porte-parole de cette idéologie belliciste. Plus récemment, c’est à Sri Lanka que cet aspect agonistique a pris le dessus, avec la revendication d’indépendance de la minorité tamoule, qui a conduit depuis 1983 à de sanglants affrontements entre les ethnies sinhala et tamoule. Le discours des Sinhalas constitue l’exemple le plus approchant d’une apologie bouddhique de la guerre sainte. Certes, il s’agit d’un fondamentalisme un peu particulier, puisqu’il repose sur un groupe ethnique plutôt que sur un texte sacré. Il existe bien une autorité scripturaire, le Mahâvamsa, chronique mytho-historique où sont décrits les voyages magiques du Bouddha à Sri Lanka, ainsi que la lutte victorieuse du roi Duttaghâmanî contre les Damilas (Tamouls) au service du bouddhisme. Le Mahâvamsa sert ainsi de caution à la croyance selon laquelle l’île et son gouvernement ont traditionnellement été sinhalas et bouddhistes. C’est notamment dans ses pages qu’apparaît le terme de Dharma-dîpa (île de la Loi bouddhique). Il ne restait qu’un pas, vite franchi, pour faire de Sri Lanka la terre sacrée du bouddhisme, qu’il faut à tout prix défendre contre les infidèles. Ce fondamentalisme est avant tout une idéologie politique. Mentionnons pour finir un cas significatif, puisqu’il met en cause la personne même du dalaï-lama, le personnage qui personnifie aux yeux de la plupart l’image même de la tolérance bouddhique. Il s’agit du culte d’une divinité tantrique du nom de Dorje Shugden, esprit d’un ancien lama, rival du cinquième dalaï-lama, et assassiné par les partisans de celui-ci, adeptes des Gelugpa, au xviie siècle. Par un étrange retour des choses, cette divinité était devenue le protecteur de la secte des Gelugpa, et plus précisément de l’actuel Dalaï-Lama, jusqu’à ce que ce dernier, sur la base d’oracles délivrés par une autre divinité plus puissante, Pehar, en vienne à interdire son culte à ses disciples. Cette décision a suscité une levée de boucliers parmi les fidèles de Shugden, qui ont reproché au dalaï-lama son intolérance. Inutile de dire que les Chinois ont su exploiter cette querelle à toutes fins utiles de propagande. L’histoire a été portée sur les devants de la scène après le meurtre d’un partisan du dalaï-lama par un de ses rivaux, il y a quelques années. Par-delà les questions de personne et les dissensions politiques, ce fait divers souligne les relations toujours tendues entre les diverses sectes du bouddhisme tibétain. Même s’il ne saurait être question de nier l’existence au coeur du bouddhisme d’un idéal de paix et de tolérance, fondé sur de nombreux passages scripturaux, ceux-ci sont contrebalancés par d’autres sources selon lesquelles la violence et la guerre sont permises lorsque le Dharma bouddhique est menacé par des infidèles. Dans le Kalacakra-tantra par exemple, texte auquel se réfère souvent le dalaï-lama, les infidèles en question sont des musulmans qui menacent l’existence du royaume mythique de Shambhala. A ceux qui rêvent d’une tradition bouddhique monologique et apaisée, il convient d’opposer, par souci de vérité, cette part d’ombre. Bernard Faure
En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf. Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible de l’islamophobie que propagent les extrémistes bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie. Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha [association birmane “pour la protection de la race et de la religion”, créée en juin 2013] a forcé à fermer des dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady [région du sud de la Birmanie]. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer. Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’Etat révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade. (…) En 2014, en raison de la pénurie de bétail et du renforcement des restrictions gouvernementales, les populations musulmanes du delta de l’Irrawaddy n’ont pas pu fêter l’Aïd el-Kébir, lors duquel des vaches sont sacrifiées selon la tradition islamique. Kyaw Sein Win, un porte-parole de Ma Ba Tha au siège de Rangoon, affirme que sauver des vies est un aspect central de la philosophie bouddhiste. “Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous”, a-t-il déclaré à Myanmar Now. L’appel à un boycott des entreprises musulmanes a reçu peu d’écho dans les villes, mais la campagne contre les sacrifices, qui repose sur l’aversion traditionnelle des bouddhistes pour l’abattage des vaches, a porté auprès des fidèles du delta de l’Irrawaddy. Dans cette région, cœur de la riziculture birmane, des dizaines de milliers de musulmans, pour la plupart commerçants en ville, vivent aux côtés d’environ six millions de riziculteurs, bouddhistes en majorité. Traditionnellement, les agriculteurs birmans utilisent les vaches et les bœufs comme animaux de trait. Ils ne les vendent aux abattoirs que pour gagner rapidement une importante somme d’argent, en vue d’un mariage ou pour payer un traitement médical. Ma Ba Tha n’a pas demandé aux agriculteurs de ne plus vendre leur bétail. Sa stratégie consiste à s’emparer des licences des abattoirs. En 2014, les moines radicaux du delta de l’Irrawaddy ont créé l’organisation Jivitadana Thetkal (“Sauver des vies”), qui appelle les monastères de la région à collecter chacun environ 100 dollars dans leur congrégation afin de permettre le rachat des licences. (…) Les moines bouddhistes radicaux ont prononcé des sermons enflammés dans les villages du delta pour propager l’idée que l’abattage de vaches constitue un affront au bouddhisme et participe de l’objectif musulman d’exterminer le bétail. (…) En 2014, le groupe a collecté environ 25 000 dollars grâce à des dons publics pour racheter six licences d’abattoirs, mais la plus chère de la ville restait inabordable. Pour atteindre leur objectif, ils ont décidé de prouver que l’abattoir ne respectait pas les quotas de sa licence. (….) Win Shwe et ses compagnons revendiquent également la saisie de plus de 4 000 animaux vivants dans le delta depuis début 2014. Beaucoup de ces bêtes ont ensuite été données à des agriculteurs pauvres de la région pour devenir des animaux de trait, à condition qu’ils s’engagent à ne pas les tuer ou les vendre. Au milieu de l’année 2014, selon des documents obtenus par Myanmar Now, des militants ont toutefois reçu l’accord des autorités pour mettre en œuvre un nouveau plan visant à envoyer le bétail saisi à des populations bouddhistes de Maungdaw, dans l’Etat d’Arakan, à environ 500 km au nord-ouest du delta de l’Irrawaddy. Cette localité très pauvre, la plus à l’ouest du pays, est située sur la frontière avec le Bangladesh. Les musulmans y sont plus nombreux que les bouddhistes. La frontière, que Ma Ba Tha se plaît à appeler “la porte occidentale” du pays, est sous le strict contrôle du gouvernement. Selon la presse, des centaines d’Arakanais qui vivaient dans l’est du Bangladesh se sont réinstallés de l’autre côté de la frontière depuis 2012. Les autorités birmanes ont envoyé les membres de cette ethnie bouddhiste vivre dans des “villages modèles” à Maungdaw, dans ce qui ressemble à une tentative d’accroître la population bouddhiste dans la zone. (…) Cette mesure avait pour but de “protéger la porte occidentale contre l’afflux de musulmans”, selon Win Shwe. “Sans cette porte occidentale, le territoire sera inondé de Bengalis [musulmans du Bangladesh]”, déclare Sein Aung dans un bureau richement décoré d’emblèmes nationalistes, dont des drapeaux portant des swastikas bouddhistes. Sean Turnell, professeur d’économie à l’université Macquarie de Sydney, en Australie, explique que le boycott qui touche les entreprises musulmanes nuit à l’image de la Birmanie sur la scène internationale, notamment auprès des investisseurs potentiels qui s’inquiètent de l’instabilité politique. (…) Devant son restaurant, une immense affiche est placardée : une vache y est représentée, accompagnée d’un verset à la gloire du rôle mythique de l’animal en tant que “mère” de l’humanité. Une image probablement posée par des sympathisants de Ma Ba Tha. La plupart des musulmans qui vivent dans le delta de l’Irrawaddy n’osent pas dénoncer la campagne de peur de subir des représailles de Ma Ba Tha. Myanmar Now
Those who believe that all Buddhists respect their religion’s core principles of peace and tolerance should take a look at The Venerable W (Le Venerable W), director Barbet Schroeder’s eye-opening chronicle of one Burmese monk’s long campaign of racism and violence against his country’s minority Muslim population. The third part in a “trilogy of evil” that began in 1974 with General Idi Amin Dada and continued in 2007 with a look at the controversial French lawyer Jacques Verges in Terror’s Advocate, this scathing portrait gets up close and personal with Ashin Wirathu, the self-appointed spiritual leader of Myanmar’s anti-Muslim crusade. Speaking openly to the camera, Wirathu propagates xenophobia and bigotry against a group that represents only a fraction of the local population, yet have been subject to decades of persecution by both the monk’s followers and the military-controlled Burmese government. The result has been hundreds of deaths, thousands of homes burned to the ground and tens of thousands of Muslims displaced — all of it in the name of a religion that asks, according to one translation of the Metta Sutta, to “cultivate boundless love to all that live in the whole universe.” (…) At a time when Islamophobia is on the rise in Europe, the U.S. and elsewhere, his film is a reminder that even the most peaceful of religious doctrines can, if twisted in the wrong way, be used as a veritable source of evil. (…) Wirathu operates out of the city of Mandalay, a third of whose inhabitants consist of monks or monks-in-training. In the late 90s he formed the “969” movement and began delivering racist sermons to his disciples, referring to Muslims as “kalars” (the equivalent of the n-word) and claiming they are a subspecies who don’t deserve Myanmar citizenship, that their businesses should be boycotted and that they should be banned from intermarriage with Buddhists. Although prejudice against the Rohingya Muslim community, which is based in the western part of Myanmar bordering Bangladesh, dates back to before Wirathu’s time, he has helped accelerate a campaign resulting in many, many deaths and the mass destruction of property. In order to fuel the fire, he often highlights incidents where Muslims have attacked Buddhists (in one case, the rape and murder of a woman), distributing propaganda videos on DVD and backing riots where Rohingyas are driven from their homes while the armed forces stand idly by. What’s especially disturbing about Schroeder’s inquiry is how, on one hand, Wirathu can be seen expounding the peaceful tenets of Buddhism to his followers, while on the other he preaches a holy war meant to ostracize — and indirectly, destroy — an entire segment of the population. The man himself sees no contradiction in the two, simply believing that Muslims are a lesser race unworthy of the basic human rights accorded to Buddhists. While the situation in Myanmar is particularly extreme, Schroeder reveals at one point how, even in a Western nation like France, the perception of Islam’s grip on society versus the reality of that grip is highly exaggerated. Terrorist attacks like those that occurred in Paris in 2015 only help to augment fears and nationalistic tendencies, which is why a candidate like Marine Le Pen was able to capture more than a third of the vote in France’s recent presidential runoff. The Burmese authorities have made some attempts to quell the tide of Islamophobic sentiment, banning the “969” group and jailing Wirathu for several years. But after his release, the popular monk managed to form a new movement, promoting a series of “protection of race and religion bills” that seem to be the first step toward a modern version of the Nuremberg Laws of Nazi Germany. One of those laws has already been enacted, while the government continues to persecute the Rohingyas throughout the land. (…) In a place where Buddhists currently represent more than 90 percent of the populace, it’s unthinkable how a religion that preaches so much love can, in this case, yield so much hate. The Hollywood reporter
Everyone knows that Buddhism is the religion of peace, love and understanding. So there’s something deeply wrong about a Buddhist monk who calmly spouts anti-Muslim hate speech and incites ethnic riots. The monk in question, an influential Burmese figure known as the Venerable Wirathu, is the subject of the powerful third and final installment of Swiss director Barbet Schroeder’s ‘Axis of Evil’ documentary trilogy, which began in 1974 with General Idi Amin Dada: A Self Portrait, and continued in 2007 with Terror’s Advocate, a portrait of controversial lawyer Jacques Vergès. It’s the shocking disjunct between his religion and the rabid nationalism of his sermons, writings and declarations that powers Schroeder’s conventional but nevertheless effective long hard stare into the eyes of intolerance. However, this is also a chilling corrective to accounts of Burma that paint its recent history simply as a fight between courageous pro-democracy forces led by Aung San Suu Kyi (by no means a heroine in this particular story) and a repressive military regime. In the era of Trump (Wirathu is a fan), Farage and Le Pen, it also shines timely light on the mechanisms of nationalistic rhetoric. (…) Draped in saffron robes, his face rarely betraying any emotion, Wirathu is presented partly through outtakes from an interview Schroeder filmed with him in the library of the Mandalay monastery which he heads. The ‘venerable’ monk talks openly about what he sees to be the Muslim threat to Buddhist purity, calmly spouting racial slurs about their breeding capacity, the rape of ‘our women’, animalistic nature and accumulation of wealth that carry terrifying echoes of Nazi anti-Semitic slurs. He repeats the same message to the young monks he teaches and to the crowds of followers who turn out to watch him preach on tacky makeshift stages amidst garlands of flowers and gilt Buddhas. Schroeder’s method at first is simply to dwell on the awful fascination of the ‘Fascist Buddhist’ paradox, with passages promoting the brotherhood of man from the religion’s sacred texts, voiced by veteran French actress Bulle Ogier, underlining the contradiction. Wirathu’s rise from provincial obscurity to ethnic rabble-rouser is then charted, mixing his own account with testimony from a mix of interviewees – who will include two Burmese Buddhist masters who have served prison time, like ‘W’, but for far more noble causes. Wirathu’s nine-year stretch for inciting ethnic hatred came after a spate of 2003 riots in his hometown of Kyaukse and elsewhere which involved lynchings and burnings of Muslim mosques, shops and houses. The mood of the film turns darker in its second half, when Wirathu returns with even greater vitriol to the campaign trail after his release in 2012. News and mobile phone footage captures some of the pogroms launched against Burma’s persecuted Rohingya Muslim minority, mostly in Rakhine state: a scene in which a Buddhist monk beats a Musilm to a pulp with a makeshift club is difficult to erase. By now we’ve worked out what the monk really is. Forget the robes: he’s a classic extremist politician, fanning tensions through the crudest of rhetoric (including a DVD restaging of the rape of a Buddhist girl produced under the aegis of his Ma Ba Tha nationalist movement), then visiting the affected regions to ‘restore order’ and guarantee security. Shot on the hoof, under the noses of a repressive regime, The Venerable W is a fine, stirring documentary about ethnic cleansing in action. Screen daily
Loin de l’image d’Epinal d’un bouddhiste éthéré et tolérant, la religion phare d’Asie est, dans des pays comme le Sri Lanka ou la Birmanie, sous l’influence grandissante de moines nationalistes aux sermons agressifs, notamment contre les musulmans. La semaine dernière, dernier exemple en date de violences intercommunautaires: des foules bouddhistes ont mené des émeutes anti-musulmanes ayant fait au moins trois morts au Sri Lanka. Non loin de là, en Birmanie, secouée par la crise des musulmans rohingyas, la figure de proue du nationalisme bouddhiste, le moine Wirathu, a renoué avec ses sermons enflammés. Il avait été interdit de prise de parole publique après s’être réjoui du meurtre d’un avocat musulman. Et en Thaïlande voisine, où le nationalisme bouddhiste est néanmoins bien moins fort, un moine a fait scandale après avoir appelé à incendier les mosquées. Pour Michael Jerryson, spécialiste des questions de religion à l’université américaine de Youngstown et auteur d’un récent livre sur bouddhisme et violence, cette religion n’échappe pas à la justification de la violence par des prétextes religieux. (…) Et la menace, selon ces bouddhistes soucieux de préserver la prédominance de leur religion dans leur pays, c’est l’islam. Et ce même si les musulmans y sont ultra-minoritaires, de l’ordre de quelques pour cent. La destruction des statues de bouddhas de Bamiyan par les talibans en Afghanistan a profondément marqué l’imaginaire bouddhiste. Et l’ambiance globale de « guerre contre le terrorisme » contribue à l’islamophobie, à laquelle l’Asie n’échappe pas. Même si les minorités musulmanes sont implantées depuis des générations dans ces pays, les moines bouddhistes nationalistes agitent la menace de taux de natalité très élevés (c’est le cas des Rohingyas de Birmanie) – qui à plus ou moins long terme conduiront à une supplantation démographique comme en Malaisie ou en Indonésie. En Birmanie, le moine Wirathu s’est fait le grand prêtre de ce complot musulman visant à éradiquer le bouddhisme – avec des discours si enflammés que sa page Facebook a été fermée. (…) Au SriLanka, les militants bouddhistes tentent eux aussi de s’affirmer politiquement, n’hésitant pas à prendre la tête de manifestations et à en découdre avec la police. Les Tigres tamouls n’étant plus considérés comme une menace depuis leur défaite en 2009, les musulmans, qui ne représentent que 10 % de la population, se sont retrouvés la cible des nationalistes bouddhistes. Figure de proue du mouvement BBS (pour « Buddhist force »), le moine srilankais Galagodaatte Gnanasara, libéré sous caution, est sous le coup de poursuites pour discours de haine et insulte au coran. (…) En Thaïlande, ce mouvement d’idée a moins prise, dans un pays où le clergé bouddhiste est globalement discrédité par des scandales de corruption et de détournements de donations. (…) Cela n’empêche pas les tensions, notamment autour de l’extrême-sud de la Thaïlande, en proie à une rébellion indépendantiste musulmane qui s’en est parfois pris à des moines. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passe en Birmanie, où, si les moines ne prennent pas eux mêmes les armes, des groupes de civils influencés par leurs idées se forment. Les moines n’agissent pas directement mais « justifient les violences menées par d’autres, que ce soient des milices, des civils, la police ou l’armée », analyse Iselin Frydenlund, de l’Ecole de théologie de Norvège. En Birmanie par exemple, des milices bouddhistes sont accusés de s’être livrées à des exactions contre les Rohingyas lors de ce que l’ONU décrit comme une campagne d' »épuration ethnique », qui a poussé à l’exil au Bangladesh voisin de près de 700.000 Rohingyas. Le Point
Fasciné depuis toujours par le bouddhisme, cette « religion athée qui permet le pessimisme », il est allé en Birmanie, à la rencontre d’Ashin Wirathu. Auprès de ce bonze plein de haine zen qui appelle à l’extermination des populations musulmanes, il boucle sa trilogie du mal, entamée en 1974 avec Général Idi Amin Dada et poursuivie en 2007 avec L’Avocat de la terreur. Selon Barbet Schroeder, le thème du mal est «inépuisable, inséparable de l’humanité, particulièrement pour le 20e siècle sans parler du 21e qui a l’air de vouloir faire de la haine et du mensonge des sujets incontournables». Au terme d’un tournage difficile, dangereux, prématurément interrompu par une situation de plus en plus instable en Birmanie, le cinéaste ramène Le Vénérable W., un documentaire édifiant et terrifiant. Contrairement à son habitude, Barbet Schroeder ne s’est pas contenté de filmer l’agent du mal et de laisser le spectateur découvrir la réalité dans son effrayante nudité. Parce que la Birmanie est méconnue, lointaine, et que la situation politique y est terriblement instable, entre la junte, la présidente Aung San Suu Kyi aux positions ambiguës, les Rohingyas, la minorité musulmane et une centaine d’autres ethnies, le cinéaste a rencontré des journalistes, des moines désapprouvant la croisade de Wirathu. Il a aussi ressemblé des documents d’archives, reportages TV ou fichiers de téléphone portables. Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, suite à des émeutes musulmanes, il est condamné à 25 ans de prison, dont il sort en 2012, suite à une amnistie générale. A la tête du mouvement 969, interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news. Il affirme que les musulmans (4% de la population birmane) qui «se reproduisent comme des lapins» (slogan dans une manifestation) mettent en péril l’équilibre de la nation. Des foules de moines en robe safran défilent, chantent des chanson nationalistes, éructent de haine, incendient les mosquées et tabassent les gens à mort, pendant que l’armée regarde à côté… Les maisons brûlent par milliers, des corps s’entassent sur des bûchers funéraires. Lorsqu’elles tombent entre les mains des fanatiques, toutes les religions tournent à l’horreur. Le film se termine sur les images d’une rue pakistanaise embrasée par la colère. Une guerre de religion entre bouddhiste et musulmans serait une belle façon de pepétuer au 21e siècle l’obscurantisme du Moyen Age… Le Temps
Le lieu commun veut que le bouddhisme échappe à toute violence. Découvert en Occident au XIXème siècle, il y est surtout perçu comme une philosophie reposant sur des pratiques spirituelles. Pourtant, depuis plusieurs années, cette image est mise à mal. En Birmanie, pays peuplé à 90% de bouddhistes, des moines développent des discours violents et extrémistes à l’encontre des musulmans. Parmi eux, le bonze Ashin Wirathu, surnommé le « Ben Laden » birman et leader d’un groupe nationaliste appelé Ma Ba Tha, « l’Association pour la protection de la race et de la religion ». Depuis août dernier, ces moines sont sous le feu des projecteurs en raison des atrocités commises contre les Rohingyas, minorité ethnique musulmane et apatride qui vit majoritairement dans l’État de l’Arakan, dans l’ouest du pays. (…) Partagée par 500 millions d’adeptes en Asie, cette religion, perçue en Occident de manière simpliste comme une philosophie non-violente reposant sur des pratiques comme la méditation, a en fait une réalité complexe. On ne peut pas parler du bouddhisme au singulier. Il existe en fait trois grandes écoles correspondant à trois zones géographiques bien distinctes. L’école Vajrayana, très minoritaire, est pratiquée au Tibet. C’est la plus connue en Occident. L’école Mahayana ou « bouddhisme du grand véhicule » est implantée en Corée, en Chine, au Japon et dans une grande partie du Vietnam. En Birmanie, comme en Thaïlande, au Laos, au Cambodge ou encore au Sri Lanka, on pratique le bouddhisme Theravada ou « bouddhisme du petit véhicule ». Le bouddhisme Theravada est aussi appelé « la voie des Anciens » : c’est l’école la plus ancienne et la plus proche du bouddhisme primitif. Ses adeptes suivent un enseignement traditionnel pour atteindre le Nirvana, étape de perfection ultime, qui se traduit par la capacité à se détacher de tout sentiment. Il s’agit de sortir du monde terrestre en se détachant des réalités « impermanentes », écrit Henri Tincq.« D’où le développement d’une spiritualité, dans le theravâda, du « non-attachement », puissante chez les moines, qui s’interdisent toute activité mondaine. » Les moines ne travaillent pas, ne se font pas à manger et dépendent ainsi complètement des dons de la population laïque. Face à cette population bouddhiste majoritaire, 6% des 53 millions de Birmans sont chrétiens et 4% sont musulmans. Dans les pays de tradition Theravada, les nations se sont souvent constituées en s’appuyant sur une légitimité religieuse. La Birmanie ne fait pas exception. « En 1980, le régime de Ne Win a recréé le Sangha, le clergé birman. Il en a centralisé l’administration et l’a placé sous l’autorité du pouvoir politique, rappelle l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. Plus tard, les militaires ont utilisé la religion pour justifier leur présence au pouvoir. » Ainsi, quand bien même les moines birmans ne devraient pas participer à la vie politique du pays, leur clergé est bel et bien politisé. Ce constat fait, il est plus simple de comprendre le développement d’un discours nationaliste parmi les moines. « Il y a des liens fermement établis entre les nationalismes sud-asiatiques et le bouddhisme, depuis le mouvement de décolonisation du XIXe siècle, et dès le début du XXe siècle un peu partout en Asie du Sud-Est », explique l’anthropologue Lionel Obadia. En 2007, lors de la « Révolution de Safran », des manifestations de moines sont réprimées violemment par l’armée pour avoir protesté pacifiquement contre la hausse des prix initiée par la junte militaire. Pour l’universitaire britannique Paul Fuller, spécialisé dans l’étude du bouddhisme, cela participe encore à renforcer le lien entre nationalisme et bouddhisme. « Jusqu’alors, pour la majorité des Birmans, être un bon bouddhiste, c’était respecter les doctrines du calme mental, du non-attachement et de la compassion, explique Paul Fuller dans un entretien à Asialyst. La Révolution de Safran montre au grand jour l’implication politique des moines et fait naître une nouvelle idée : pour être un bon bouddhiste, il faut aussi agir pour le bien de son pays. » De là se répand une théorie : pour être un bon birman, il faut être un bon bouddhiste. « Les nationalistes s’appuient sur cette idée pour justifier leurs violences : ils luttent pour la protection du bouddhisme et donc, a fortiori, pour la culture birmane. » Enfin, depuis 2011 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Thein Sein puis, de façon encore plus frappante depuis 2015 et l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, les discours nationalistes se font de plus en plus visibles. Pour cause, les mutations politiques et l’ouverture du pays après des années de repli sur lui-même ont entraîné une perte de repères pour la population et renforce la peur d’une disparition progressive de la culture birmane. Par ailleurs, les discours nationalistes sont désormais diffusés beaucoup plus amplement au sein de la population du fait de la démocratisation de l’usage des réseaux sociaux, qui permet de faire transmettre des messages jusqu’alors passés sous silence. (…) En 2011, des affiches et des autocollants portant l’inscription « 969 » apparaissent un peu partout en Birmanie. Ces chiffres, qui font référence aux trois joyaux du Bouddha, donnent leur nom à un mouvement nationaliste et anti-islamique dirigé par un moine de Mandalay, Ashin Wirathu. À travers cette campagne d’affichage, le bonze incite les Birmans à acheter uniquement dans des magasins tenus par des bouddhistes et à boycotter ceux tenus par des musulmans. Alors que le mouvement se répand, des violences à l’encontre des musulmans touchent l’ensemble du pays. En mars 2013, des émeutes éclatent à Meiktila, dans le centre du pays. Pendant trois jours, des magasins et des habitations appartenant à des musulmans sont saccagés. 40 personnes sont tuées. D’autres émeutes similaires ont lieu dans la région de Bagan puis de Rangoun. Jugé responsable de ces violences, le mouvement « 969 » est interdit. Les leaders ne l’entendent pas de cette oreille. En 2013, peu après l’interdiction du mouvement 969, émerge un groupe nommé Ma Ba Tha, ou « Association pour la protection de la race ou de la religion ». Grâce à des centaines de cellules qui quadrillent le territoire national, Ma Ba Tha devient rapidement le plus important des groupes nationalistes bouddhistes. À l’approche des élections législatives de 2015, Ma Ba Tha parvient à développer un réel pouvoir politique. Grâce à un fort lobbying, il fait passer quatre lois entre mai et août, en pleine campagne pour les élections. Ces lois, qui visent clairement les musulmans, permettent un contrôle des naissances dans certaines régions et pour certaines minorités ethniques. Pour se convertir à une autre religion que le bouddhisme ou pour se marier avec une non bouddhiste, il faudra désormais l’accord des autorités locales. Enfin, la polygamie et l’infidélité sont interdites et passibles d’emprisonnement. Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch, dénoncent alors des lois « discriminatoires » qui « ignorent les droits humains fondamentaux ». En Birmanie, leur adoption entraîne un mois de festivités organisées par Ma Ba Tha. A noter que maintenant, il faut nommer Ma Ba Tha, la fondation philanthropique Buddhadhamma. L’été dernier, le conseil des grands maîtres du Sangha Maha Nayaka, dont les membres sont choisis par le gouvernement, a demandé à Ma Ba Tha de cesser toutes activités. Les moines leaders ont refusé d’obtempérer et ont simplement changé de nouveau le nom de leur organisation. (….) Une théorie persiste dans l’esprit de nombreux Birmans depuis le début des années 1990 : l’Islam mettrait en péril le bouddhisme. « De nombreux moines et politiciens birmans ont inlassablement répété ces dernières années que l’Islam, perçu comme expansionniste, est une menace. L’Islam écraserait une culture bouddhiste fragile et la société s’en retrouverait ébranlée », explique le journaliste Francis Wade à Asialyst, auteur de l’ouvrage Myanmar’s Enemy Within: Buddhist Violence and the Making of a Muslim « Other ». En mars 2011, la destruction des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, par des Talibans afghans, renforce encore cette thèse. Les Musulmans sont ainsi perçus comme un ennemi intérieur qui viole les femmes, qui les force à se marier et à se convertir à l’Islam, qui vole les terres des bouddhistes, etc. « Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam », explique l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. (…) Cette peur est exacerbée depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi. Ma Ba Tha considère que la Prix Nobel de la Paix est « soumise » aux désirs de la communauté internationale et qu’elle souhaite privilégier les minorités religieuses et ethniques au détriment de la foi bouddhiste et des « vrais » Birmans (…)  L’État de l’Arakan, où vivent des milliers de Rohingyas musulmans, symbolise la frontière entre l’Asie bouddhiste et l’Asie musulmane. De nombreux Birmans pensent ainsi que si les bouddhistes de l’Arakan ne protègent pas leurs frontières et n’empêchent pas les Musulmans d’entrer, alors la Birmanie et le reste de l’Asie du Sud-Est deviendra inévitablement musulmane. Depuis 1982, les Rohingyas sont d’ailleurs considérés comme des immigrés illégaux et on leur refuse la citoyenneté. Ils sont apatrides. En août dernier, le Haut-Commissariat de l’ONU dénonçait ainsi des décennies de « violations persistantes et systématiques des droits de l’homme » envers les Rohingyas. L’ethnie n’est pas la seule visée. Depuis 2011, le sentiment anti-musulman s’est développé sur l’ensemble du territoire comme l’ont montré les campagnes d’affichage du mouvements « 969 » et les violentes manifestations qui suivirent visant ouvertement les musulmans. La crise qui touche actuellement les Rohingyas n’est cependant pas qu’un conflit religieux. Les Rohingyas sont perçus comme une menace pour la sécurité intérieure du pays. L’attaque de postes-frontières par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, qui a fait douze morts en août dernier, a renforcé cette perception. C’est d’ailleurs cet événement qui a mis le feu aux poudres et entraîné une vague de répression sans précédent de la communauté. Au moins 354 villages rohingyas ont été partiellement ou entièrement détruits depuis le 25 août, selon Human Rights Watch. L’ONU, de son côté, dénonce des exactions perpétrées par l’armée birmane. Au total, près de 650 000 Rohingyas ont fui le pays et s’entassent désormais dans des camps au Bangladesh souffrant de malnutrition sévère. (…) Un « Ben Laden », un « Hitler », le « visage de la haine » : voilà les surnoms du moine Ashin Wirathu, une figure tutélaire de Ma Ba Tha. Depuis 2001, le moine de 48 ans déverse sa haine contre les musulmans. Très actif sur les réseaux sociaux, il inonde ses pages de messages où il accuse les musulmans de meurtre ou de viol sans la moindre preuve. (…) Le bonze n’est jamais avare en outrances. Cette réputation sulfureuse lui a valu de faire la Une du Time en 2013. Le journal titrait alors, à côté de son portrait, « Le visage de la terreur bouddhiste ». Plus récemment, Wirathu a été l’objet d’un documentaire de Barbet Schroeder, Le vénérable W, où le réalisateur essaie de comprendre comment un moine censé prôner la compassion et la tolérance peut tomber dans la haine. Dans le documentaire de Shroeder, le bonze apparaît en 2003 en train de distribuer des tracts à des jeunes à Kyauske, sa ville natale. Quelques semaines plus tard, des émeutes éclatent dans la ville faisant onze morts. Wirathu est arrêté et condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine. Il est amnistié en 2012 par le nouveau gouvernement civil du président Thein Sein. Dès sa sortie, il lance le mouvement « 969 ». S’appuyant sur des images d’archives et des interviews du bonze, le documentaire montre un Wirathu qui voue un quasi-culte à Donald Trump et espère convaincre des dangers de l’Islam à travers le monde. Cet été, alors que le documentaire sort en salles en France, Wirathu, lui, connaît des difficultés dans son pays. Fin janvier 2017, il est allé trop loin : après le meurtre d’un avocat musulman et conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, il a remercié les quatre suspects du meurtre sur sa page Facebook et s’est dit « soulagé pour l’avenir du bouddhisme dans son pays ». En mars dernier, le clergé bouddhiste a soumis le bonze au silence. Il a désormais interdiction de « se livrer à des sermons à travers la Birmanie jusqu’au 9 mars 2018 ». Depuis, le moine apparait en public la bouche recouverte d’un adhésif. (…) Il faut nuancer le pouvoir réel de Ma Ba Tha qui, même s’il est influent, reste un groupe minoritaire dans un pays où le clergé est, certes conservateur, mais pas ouvertement xénophobe. Il est perçu, avant tout, comme un mouvement destiné à la protection et à la promotion du bouddhisme dans un pays en pleine mutation et grâce à cela, il jouit d’une image positive au sein de la population. Dans un rapport de l’International Crisis Group publié en septembre dernier, le think tank américain rappelle que, pour beaucoup de Birmans, diffuser les valeurs du bouddhisme (compassion, charité, etc.) permettrait d’établir la paix entre les ethnies. C’est donc un paradoxe : les détracteurs dénoncent un groupe promouvant des discours de haine, tandis que les défenseurs vantent un mouvement promouvant la paix. Par ailleurs, beaucoup adhèrent au mouvement pour ses nombreuses actions sociales sans adhérer aux discours nationalistes qui y sont prêchés. Ma Ba Tha est en effet parvenu à rassembler de nombreux soutiens en s’affirmant comme un véritable acteur social en Birmanie. La charité a toujours été une valeur bouddhiste : les moines ont un rôle d’accueil et d’aide aux pauvres, aux personnes âgées et aux malades. Lors des importantes inondations dans le nord du pays en 2015, les membres de Ma Ba Tha ont apporté une aide conséquente aux populations en organisant des levée de fonds ou en se rendant au chevet des victimes. De même, le groupe a financé en partie la restauration de pagodes détruites à Bagan lors d’un tremblement de terre en 2016. L’association est aussi connue pour ses nombreuses actions en faveur de l’éducation. Elle a permis la construction de plusieurs écoles Dhamma. Ces « écoles du dimanche » délivrent un enseignement bouddhiste aux enfants, notamment à travers l’apprentissage du pâli, la langue des textes anciens. Enfin, cela peut étonner : Ma Ba Tha compte de nombreuses femmes dans ses rangs. Ces dernières sont engagées dans des grandes campagnes d’information pour sensibiliser les femmes des zones rurales sur leurs droits en matière de mariage et de pratiques religieuses. Beaucoup affirment donc intégrer Ma Ba Tha pour des raisons féministes. Dans certaines régions où les populations se sentent délaissées par le gouvernement sur l’éducation ou la santé, Ma Ba Tha devient ainsi la meilleure solution alternative. (…)  Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a mis en oeuvre des efforts considérables pour tenter de faire taire les voix nationalistes. Preuve en est, il a poussé le clergé birman à interdire le mouvement « 969 » puis plus récemment Ma Ba Tha. Il faut dire que la Prix Nobel de la Paix est souvent la cible des critiques de ces moines nationalistes qui lui reprochent de servir les intérêts de la communauté internationale avant ceux de son pays. Ils critiquent ses discours de réconciliation nationale qu’ils voient comme une porte ouverte aux dérives islamiques mettant en péril de bouddhisme. Lors des élections de 2015, la plupart des dirigeants de Ma Ba Tha n’ont pas officiellement affirmé leur soutien à un candidat. En revanche, le président de l’association de l’époque, Ashin Thiloka, avait appelé à voter pour le candidat qui « protégerait les lois sur la race et la religion ». Ashin Wirathu, lui, avait explicitement appelé à voter pour le Parti de l’Union et du Développement, principal rival de la Ligue nationale pour la Démocratie. Les efforts du gouvernement sont néanmoins restés inefficaces. Dès l’interdiction de Ma Ba Tha, le mouvement est réapparu sous un nouveau nom. Ashin Wirathu a interdiction de prêcher, il diffuse donc de vieux enregistrement de ses discours lors de meetings… Selon l’International Crisis Group, ces interdictions gouvernementales permettent même de mettre de l’eau au moulin de Wirathu. « Chaque fois que le gouvernement interdit un de ces groupes, la théorie du bouddhisme en danger se renforce donnant plus de légitimité aux discours nationalistes. Au lieu d’être sur la défensive, le gouvernement devrait redéfinir la place du bouddhisme dans la Birmanie actuelle », analyse le think tank. (…)  Lorsqu’Ashin Wirathu lance sa campagne « 969′, des moines créent au Sri Lanka le parti Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste ». Comme Ma Ba Tha, ils développent une rhétorique violente à l’encontre de l’Islam. Dans le pays, la plupart des bouddhistes appartiennent à l’ethnie cingalaise qui représente les trois quarts de la population. « Le pays appartient aux Cingalais, ce sont eux qui ont créé cette civilisation et sa culture ! explique un moine membre du mouvement à la BBC. Nous devons rendre le pays aux Cingalais. Nous nous battrons jusqu’au bout. » Ma Ba Tha et le BBS s’affichent d’ailleurs comme des alliés : en 2014, Wirathu avait reçu un accueil triomphal à Colombo de la part des moines du BBS. Les idées de Ma Ba Tha trouvent aussi un écho en Thaïlande où le sud du pays est en proie à une rébellion séparatiste musulmane. Certains moines ont ainsi à plusieurs reprises mis en avant le « danger de l’islam », appelant à faire du bouddhisme une religion d’État. Quelques-uns de ces religieux ont d’ailleurs appelé à réserver aux musulmans séparatistes du sud du pays « le même sort qu’aux Rohingyas ». (…) Figure iconique du bouddhisme et chef spirituel des bouddhistes tibétains, le Dalaï-lama n’a aucune autorité sur les pratiquants de l’école Theravâda. Il n’est donc qu’une voix de la communauté internationale parmi tant d’autres. En juillet 2014, il avait condamné Ma Ba Tha et son homologue sri-lankais BBS, exhortant « les bouddhistes de ces pays à avoir à l’esprit l’image du Bouddha avant de commettre ces crimes ». Et d’ajouter : « Le Bouddha prêche l’amour et la compassion. Si le Bouddha était là, il protégerait les musulmans des attaques des bouddhistes. » En septembre dernier, lui qui ne s’est pas rendu en Birmanie depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a explicitement pris la défense des Rohingyas, plaidant que Bouddha aurait « aidé ces pauvres Musulmans ». Un mois plus tard, une autre voix religieuse s’est exprimée sur le sujet : le Pape François. En visite pour la première fois en Birmanie, il a prononcé un discours très engagé devant des représentants politiques et de la société civile. Il a appelé à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantit « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison. (…) François avait au préalable accepté de ne pas prononcer le mot « Rohingya », sur la demande expresse des catholiques birmans, par peur des représailles. Cyrielle Cabot

Attention: une religion de paix peut en cacher une autre !

En ces temps proprement apocalyptiques

Où semblent vouloir se rappeler de plus en plus régulièrement à notre bon souvenir …

Tant le climat et son désormais légendaire « changement » ou, de la Californie à la Sicile, les plaques tectoniques elle-mêmes …

Que, précisément sur les lignes de fracture entre islam et les autres grandes religions, d’israël à la Birmanie mais aussi au Sri Lanka et en Thaïlande et sans compter chiisme et sunnisme, les mouvements tectoniques religieux …

A l’heure où du Yemen à la Syrie, au Liban et en Israël et entre deux annonces de rayage de la carte, la Révolution islamique continue à mettre l’ensemble du Moyen-Orient à feu et à sang …

Ou entre destructions de bouddhas ou d’églises, décapitations en direct, crucifixions et mise en esclavage sexuel et de la Syrie à l’Irak, l’Afghanistan ou le Sri Lanka, la religion d’amour, de tolérance et de paix poursuit sa marche expansionniste …

Et où en Occident, les mêmes parangons de vertu progressiste qui au nom de la défense de l’environnement appellent à la restriction démographique en Europe commanditent, entre mariage, PMA et bientôt GPA pour tous ou au nom des droits des animaux attaques de laboratoires ou de boucheries, des bateaux pour aider les trafiquants humains à approvisonner les eros centers de Rome ou de Berlin …

Ou les mêmes belles âmes qui vivent grassement de la représentation cinématographique, numérique ou médiatique de la violence …

Comme de l’exploitation de la main d’oeuvre bon marché qui avec leurs encouragements déferle désormais sans contrôle sur nos plages et nos frontières …

Nous font la morale sur nos prétendues crispations et manque d’ouverture face à la destruction non seulement, comme nous en avertissait tout récemment encore le Dalai Lama, de nombre de nos emploi mais, entre deux attentats ou agressons sexuelles, de nos modes de vie et cultures …

Comment ne pas voir …

Les limites des prétendues analyses de nos médias, anthropologues ou documentaristes

Qui après avoir, contre toute évidence historique, réduit le bouddhisme à la religion par excellence de la paix …

Nous présentent sauf rares exceptions l’actuel conflit interethnique en Birmanie …

Entre une majorité dont l’aversion au sang versé va jusqu’à la vénération de « vaches sacrées » …

Et une minorité éleveuse de bétail toujours adepte des sacrifices sanglants …

Comme au moment où la croix gammée bascule est sur le point de basculer du côté de sa forme inversée nazie, le simple dévoiement d’un bouddhisme par essence pacifique par la figure tristement célèbre du moine Ashin Wirathu

Tout récemment visé, après son instrumentalisation par la junte au pouvoir, par un mandat d’arrêt pour sédition par son propre gouvernement …

Et qualifié alternativement dans les médias occidentaux de « Ben Laden birman », « Hitler bouddhiste », « visage du terrorisme bouddhiste », « haine en robe safran » ou « fan de Trump » …

Face aux nouveaux juifs et victimes, entre deux attaques de postes-frontières par d’un groupe de rebelles dit « de l’Armée du salut »,  d’une « progression planétaire de l’islamophobie » ?

Cyrielle Cabot

Asialyst

Le lieu commun veut que le bouddhisme échappe à toute violence. Découvert en Occident au XIXème siècle, il y est surtout perçu comme une philosophie reposant sur des pratiques spirituelles. Pourtant, depuis plusieurs années, cette image est mise à mal. En Birmanie, pays peuplé à 90% de bouddhistes, des moines développent des discours violents et extrémistes à l’encontre des musulmans. Parmi eux, le bonze Ashin Wirathu, surnommé le « Ben Laden » birman et leader d’un groupe nationaliste appelé Ma Ba Tha, « l’Association pour la protection de la race et de la religion ». Depuis août dernier, ces moines sont sous le feu des projecteurs en raison des atrocités commises contre les Rohingyas, minorité ethnique musulmane et apatride qui vit majoritairement dans l’État de l’Arakan, dans l’ouest du pays. Quelles sont les caractéristiques du bouddhisme pratiqué en Birmanie ? Comment expliquer le développement de ce discours radical ? Quelle est la réponse du gouvernement d’Aung San Suu Kyi ?

1. Qu’est ce que le bouddhisme Theravada, la religion majoritaire de Birmanie ?

En Birmanie, 90% de la population est de confession bouddhiste. Partagée par 500 millions d’adeptes en Asie, cette religion, perçue en Occident de manière simpliste comme une philosophie non-violente reposant sur des pratiques comme la méditation, a en fait une réalité complexe.
On ne peut pas parler du bouddhisme au singulier. Il existe en fait trois grandes écoles correspondant à trois zones géographiques bien distinctes. L’école Vajrayana, très minoritaire, est pratiquée au Tibet. C’est la plus connue en Occident. L’école Mahayana ou « bouddhisme du grand véhicule » est implantée en Corée, en Chine, au Japon et dans une grande partie du Vietnam. En Birmanie, comme en Thaïlande, au Laos, au Cambodge ou encore au Sri Lanka, on pratique le bouddhisme Theravada ou « bouddhisme du petit véhicule ».
Le bouddhisme Theravada est aussi appelé « la voie des Anciens » : c’est l’école la plus ancienne et la plus proche du bouddhisme primitif. Ses adeptes suivent un enseignement traditionnel pour atteindre le Nirvana, étape de perfection ultime, qui se traduit par la capacité à se détacher de tout sentiment. Il s’agit de sortir du monde terrestre en se détachant des réalités « impermanentes », écrit Henri Tincq.« D’où le développement d’une spiritualité, dans le theravâda, du « non-attachement », puissante chez les moines, qui s’interdisent toute activité mondaine. » Les moines ne travaillent pas, ne se font pas à manger et dépendent ainsi complètement des dons de la population laïque.
Face à cette population bouddhiste majoritaire, 6% des 53 millions de Birmans sont chrétiens et 4% sont musulmans.

2. Comment le bouddhisme s’est-il radicalisé ?

Dans les pays de tradition Theravada, les nations se sont souvent constituées en s’appuyant sur une légitimité religieuse. La Birmanie ne fait pas exception. « En 1980, le régime de Ne Win a recréé le Sangha, le clergé birman. Il en a centralisé l’administration et l’a placé sous l’autorité du pouvoir politique, rappelle l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. Plus tard, les militaires ont utilisé la religion pour justifier leur présence au pouvoir. » Ainsi, quand bien même les moines birmans ne devraient pas participer à la vie politique du pays, leur clergé est bel et bien politisé.
Ce constat fait, il est plus simple de comprendre le développement d’un discours nationaliste parmi les moines. « Il y a des liens fermement établis entre les nationalismes sud-asiatiques et le bouddhisme, depuis le mouvement de décolonisation du XIXe siècle, et dès le début du XXe siècle un peu partout en Asie du Sud-Est », explique l’anthropologue Lionel Obadia. En 2007, lors de la « Révolution de Safran », des manifestations de moines sont réprimées violemment par l’armée pour avoir protesté pacifiquement contre la hausse des prix initiée par la junte militaire. Pour l’universitaire britannique Paul Fuller, spécialisé dans l’étude du bouddhisme, cela participe encore à renforcer le lien entre nationalisme et bouddhisme. « Jusqu’alors, pour la majorité des Birmans, être un bon bouddhiste, c’était respecter les doctrines du calme mental, du non-attachement et de la compassion, explique Paul Fuller dans un entretien à Asialyst. La Révolution de Safran montre au grand jour l’implication politique des moines et fait naître une nouvelle idée : pour être un bon bouddhiste, il faut aussi agir pour le bien de son pays. » De là se répand une théorie : pour être un bon birman, il faut être un bon bouddhiste. « Les nationalistes s’appuient sur cette idée pour justifier leurs violences : ils luttent pour la protection du bouddhisme et donc, a fortiori, pour la culture birmane. »
Enfin, depuis 2011 et l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Thein Sein puis, de façon encore plus frappante depuis 2015 et l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, les discours nationalistes se font de plus en plus visibles. Pour cause, les mutations politiques et l’ouverture du pays après des années de repli sur lui-même ont entraîné une perte de repères pour la population et renforce la peur d’une disparition progressive de la culture birmane. Par ailleurs, les discours nationalistes sont désormais diffusés beaucoup plus amplement au sein de la population du fait de la démocratisation de l’usage des réseaux sociaux, qui permet de faire transmettre des messages jusqu’alors passés sous silence.

3. Comment est né Ma Ba Tha, le principal groupe radical bouddhiste ?

*Matthew Walton and Susan Hayward, « Contesting Buddhist Narratives: Democratization, Nationalism, and Communal Violence in Myanmar », in Policy Studies n°71, East-West Center, Honolulu, Hawaï.

En 2011, des affiches et des autocollants portant l’inscription « 969 » apparaissent un peu partout en Birmanie. Ces chiffres, qui font référence aux trois joyaux du Bouddha, donnent leur nom à un mouvement nationaliste et anti-islamique dirigé par un moine de Mandalay, Ashin Wirathu. À travers cette campagne d’affichage, le bonze incite les Birmans à acheter uniquement dans des magasins tenus par des bouddhistes et à boycotter ceux tenus par des musulmans. Alors que le mouvement se répand, des violences à l’encontre des musulmans touchent l’ensemble du pays. En mars 2013, des émeutes éclatent à Meiktila, dans le centre du pays. Pendant trois jours, des magasins et des habitations appartenant à des musulmans sont saccagés. 40 personnes sont tuées. D’autres émeutes similaires ont lieu dans la région de Bagan puis de Rangoun. Jugé responsable de ces violences, le mouvement « 969 » est interdit. Les leaders ne l’entendent pas de cette oreille. En 2013, peu après l’interdiction du mouvement 969, émerge un groupe nommé Ma Ba Tha, ou « Association pour la protection de la race ou de la religion ». Grâce à des centaines de cellules qui quadrillent le territoire national, Ma Ba Tha devient rapidement le plus important des groupes nationalistes bouddhistes*.

À l’approche des élections législatives de 2015, Ma Ba Tha parvient à développer un réel pouvoir politique. Grâce à un fort lobbying, il fait passer quatre lois entre mai et août, en pleine campagne pour les élections. Ces lois, qui visent clairement les musulmans, permettent un contrôle des naissances dans certaines régions et pour certaines minorités ethniques. Pour se convertir à une autre religion que le bouddhisme ou pour se marier avec une non bouddhiste, il faudra désormais l’accord des autorités locales. Enfin, la polygamie et l’infidélité sont interdites et passibles d’emprisonnement. Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch, dénoncent alors des lois « discriminatoires » qui « ignorent les droits humains fondamentaux ». En Birmanie, leur adoption entraîne un mois de festivités organisées par Ma Ba Tha.
A noter que maintenant, il faut nommer Ma Ba Tha, la fondation philanthropique Buddhadhamma. L’été dernier, le conseil des grands maîtres du Sangha Maha Nayaka, dont les membres sont choisis par le gouvernement, a demandé à Ma Ba Tha de cesser toutes activités. Les moines leaders ont refusé d’obtempérer et ont simplement changé de nouveau le nom de leur organisation.

4. Pourquoi les bouddhistes birmans s’en prennent-ils aux Musulmans ?

Une théorie persiste dans l’esprit de nombreux Birmans depuis le début des années 1990 : l’Islam mettrait en péril le bouddhisme. « De nombreux moines et politiciens birmans ont inlassablement répété ces dernières années que l’Islam, perçu comme expansionniste, est une menace. L’Islam écraserait une culture bouddhiste fragile et la société s’en retrouverait ébranlée », explique le journaliste Francis Wade à Asialyst, auteur de l’ouvrage Myanmar’s Enemy Within: Buddhist Violence and the Making of a Muslim « Other ». En mars 2011, la destruction des bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, par des Talibans afghans, renforce encore cette thèse. Les Musulmans sont ainsi perçus comme un ennemi intérieur qui viole les femmes, qui les force à se marier et à se convertir à l’Islam, qui vole les terres des bouddhistes, etc.
« Il faut resituer ces discours dans le contexte planétaire, de la progression de l’islamophobie. Une idée s’est installée en Birmanie, selon laquelle le bouddhisme des origines s’inscrivait dans une aire géographique comprenant une large partie de l’Asie, de l’Afghanistan à la Malaisie, englobant l’Inde, et qu’il ne concerne plus aujourd’hui que l’Asie du Sud-Est et le Sri Lanka pour la branche du Theravada, du fait de la pression de l’Islam », explique l’anthropologue Bénédicte Brac de la Perrière. « Le groupe « 969 » fait partie de mouvements réactionnels liés à des problèmes identitaires. On a le sentiment d’être agressé par des marges, on réagit en se protégeant. C’est une manière de se définir contre l’autre. Le bouddhisme est dans ce cas une arme symbolique », résume ainsi Raphaël Logier, directeur de l’Observatoire du religieux à l’IEP d’Aix-en-Provence.
Cette peur est exacerbée depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi. Ma Ba Tha considère que la Prix Nobel de la Paix est « soumise » aux désirs de la communauté internationale et qu’elle souhaite privilégier les minorités religieuses et ethniques au détriment de la foi bouddhiste et des « vrais » Birmans.

5. Pourquoi les Rohingyas cristallisent-ils cette haine contre les musulmans ?

L’État de l’Arakan, où vivent des milliers de Rohingyas musulmans, symbolise la frontière entre l’Asie bouddhiste et l’Asie musulmane. De nombreux Birmans pensent ainsi que si les bouddhistes de l’Arakan ne protègent pas leurs frontières et n’empêchent pas les Musulmans d’entrer, alors la Birmanie et le reste de l’Asie du Sud-Est deviendra inévitablement musulmane. Depuis 1982, les Rohingyas sont d’ailleurs considérés comme des immigrés illégaux et on leur refuse la citoyenneté. Ils sont apatrides. En août dernier, le Haut-Commissariat de l’ONU dénonçait ainsi des décennies de « violations persistantes et systématiques des droits de l’homme » envers les Rohingyas. L’ethnie n’est pas la seule visée. Depuis 2011, le sentiment anti-musulman s’est développé sur l’ensemble du territoire comme l’ont montré les campagnes d’affichage du mouvements « 969 » et les violentes manifestations qui suivirent visant ouvertement les musulmans.
La crise qui touche actuellement les Rohingyas n’est cependant pas qu’un conflit religieux. Les Rohingyas sont perçus comme une menace pour la sécurité intérieure du pays. L’attaque de postes-frontières par des rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA) à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, qui a fait douze morts en août dernier, a renforcé cette perception. C’est d’ailleurs cet événement qui a mis le feu aux poudres et entraîné une vague de répression sans précédent de la communauté. Au moins 354 villages rohingyas ont été partiellement ou entièrement détruits depuis le 25 août, selon Human Rights Watch. L’ONU, de son côté, dénonce des exactions perpétrées par l’armée birmane. Au total, près de 650 000 Rohingyas ont fui le pays et s’entassent désormais dans des camps au Bangladesh souffrant de malnutrition sévère.

6. Qui est Ashin Wirathu, le « Ben Laden » birman ?

Un « Ben Laden », un « Hitler », le « visage de la haine » : voilà les surnoms du moine Ashin Wirathu, une figure tutélaire de Ma Ba Tha. Depuis 2001, le moine de 48 ans déverse sa haine contre les musulmans. Très actif sur les réseaux sociaux, il inonde ses pages de messages où il accuse les musulmans de meurtre ou de viol sans la moindre preuve. Lors de ses prêches au vitriol, on peut entendre : « Vaut-il mieux épouser un clochard ou un musulman ? » Réponse : « Un clochard ! » Et d’ajouter : « Et vaut-il mieux se marier avec un chien ou avec un musulman ? » Réponse : « Un chien, car, contrairement au musulman, un chien ne vous demandera jamais de changer de religion… » Le bonze n’est jamais avare en outrances. Cette réputation sulfureuse lui a valu de faire la Une du Time en 2013. Le journal titrait alors, à côté de son portrait, « Le visage de la terreur bouddhiste ». Plus récemment, Wirathu a été l’objet d’un documentaire de Barbet Schroeder, Le vénérable W, où le réalisateur essaie de comprendre comment un moine censé prôner la compassion et la tolérance peut tomber dans la haine.
Dans le documentaire de Shroeder, le bonze apparaît en 2003 en train de distribuer des tracts à des jeunes à Kyauske, sa ville natale. Quelques semaines plus tard, des émeutes éclatent dans la ville faisant onze morts. Wirathu est arrêté et condamné à 25 ans de prison pour incitation à la haine. Il est amnistié en 2012 par le nouveau gouvernement civil du président Thein Sein. Dès sa sortie, il lance le mouvement « 969 ». S’appuyant sur des images d’archives et des interviews du bonze, le documentaire montre un Wirathu qui voue un quasi-culte à Donald Trump et espère convaincre des dangers de l’Islam à travers le monde.
Cet été, alors que le documentaire sort en salles en France, Wirathu, lui, connaît des difficultés dans son pays. Fin janvier 2017, il est allé trop loin : après le meurtre d’un avocat musulman et conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, il a remercié les quatre suspects du meurtre sur sa page Facebook et s’est dit « soulagé pour l’avenir du bouddhisme dans son pays ». En mars dernier, le clergé bouddhiste a soumis le bonze au silence. Il a désormais interdiction de « se livrer à des sermons à travers la Birmanie jusqu’au 9 mars 2018 ». Depuis, le moine apparait en public la bouche recouverte d’un adhésif.

7. Ces groupes radicaux ont-ils beaucoup d’adeptes ?

Il faut nuancer le pouvoir réel de Ma Ba Tha qui, même s’il est influent, reste un groupe minoritaire dans un pays où le clergé est, certes conservateur, mais pas ouvertement xénophobe. Il est perçu, avant tout, comme un mouvement destiné à la protection et à la promotion du bouddhisme dans un pays en pleine mutation et grâce à cela, il jouit d’une image positive au sein de la population. Dans un rapport de l’International Crisis Group publié en septembre dernier, le think tank américain rappelle que, pour beaucoup de Birmans, diffuser les valeurs du bouddhisme (compassion, charité, etc.) permettrait d’établir la paix entre les ethnies. C’est donc un paradoxe : les détracteurs dénoncent un groupe promouvant des discours de haine, tandis que les défenseurs vantent un mouvement promouvant la paix.
Par ailleurs, beaucoup adhèrent au mouvement pour ses nombreuses actions sociales sans adhérer aux discours nationalistes qui y sont prêchés. Ma Ba Tha est en effet parvenu à rassembler de nombreux soutiens en s’affirmant comme un véritable acteur social en Birmanie. La charité a toujours été une valeur bouddhiste : les moines ont un rôle d’accueil et d’aide aux pauvres, aux personnes âgées et aux malades. Lors des importantes inondations dans le nord du pays en 2015, les membres de Ma Ba Tha ont apporté une aide conséquente aux populations en organisant des levée de fonds ou en se rendant au chevet des victimes. De même, le groupe a financé en partie la restauration de pagodes détruites à Bagan lors d’un tremblement de terre en 2016.
L’association est aussi connue pour ses nombreuses actions en faveur de l’éducation. Elle a permis la construction de plusieurs écoles Dhamma. Ces « écoles du dimanche » délivrent un enseignement bouddhiste aux enfants, notamment à travers l’apprentissage du pâli, la langue des textes anciens. Enfin, cela peut étonner : Ma Ba Tha compte de nombreuses femmes dans ses rangs. Ces dernières sont engagées dans des grandes campagnes d’information pour sensibiliser les femmes des zones rurales sur leurs droits en matière de mariage et de pratiques religieuses. Beaucoup affirment donc intégrer Ma Ba Tha pour des raisons féministes. Dans certaines régions où les populations se sentent délaissées par le gouvernement sur l’éducation ou la santé, Ma Ba Tha devient ainsi la meilleure solution alternative.

8. Que fait le gouvernement d’Aung San Suu Kyi pour lutter contre ces groupes ?

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi a mis en oeuvre des efforts considérables pour tenter de faire taire les voix nationalistes. Preuve en est, il a poussé le clergé birman à interdire le mouvement « 969 » puis plus récemment Ma Ba Tha. Il faut dire que la Prix Nobel de la Paix est souvent la cible des critiques de ces moines nationalistes qui lui reprochent de servir les intérêts de la communauté internationale avant ceux de son pays. Ils critiquent ses discours de réconciliation nationale qu’ils voient comme une porte ouverte aux dérives islamiques mettant en péril de bouddhisme.
Lors des élections de 2015, la plupart des dirigeants de Ma Ba Tha n’ont pas officiellement affirmé leur soutien à un candidat. En revanche, le président de l’association de l’époque, Ashin Thiloka, avait appelé à voter pour le candidat qui « protégerait les lois sur la race et la religion ». Ashin Wirathu, lui, avait explicitement appelé à voter pour le Parti de l’Union et du Développement, principal rival de la Ligue nationale pour la Démocratie.
Les efforts du gouvernement sont néanmoins restés inefficaces. Dès l’interdiction de Ma Ba Tha, le mouvement est réapparu sous un nouveau nom. Ashin Wirathu a interdiction de prêcher, il diffuse donc de vieux enregistrement de ses discours lors de meetings… Selon l’International Crisis Group, ces interdictions gouvernementales permettent même de mettre de l’eau au moulin de Wirathu. « Chaque fois que le gouvernement interdit un de ces groupes, la théorie du bouddhisme en danger se renforce donnant plus de légitimité aux discours nationalistes. Au lieu d’être sur la défensive, le gouvernement devrait redéfinir la place du bouddhisme dans la Birmanie actuelle », analyse le think tank.

9. Existe-t-il des mouvements similaires dans d’autres pays asiatiques ?

*Mikael Gravers, « Anti-Muslim Buddhist Nationalism in Burma and Sri Lanka », in Contemporary Buddhism.

Lorsqu’Ashin Wirathu lance sa campagne « 969′, des moines créent au Sri Lanka le parti Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste ». Comme Ma Ba Tha, ils développent une rhétorique violente à l’encontre de l’Islam. Dans le pays, la plupart des bouddhistes appartiennent à l’ethnie cingalaise qui représente les trois quarts de la population. « Le pays appartient aux Cingalais, ce sont eux qui ont créé cette civilisation et sa culture ! explique un moine membre du mouvement à la BBC. Nous devons rendre le pays aux Cingalais. Nous nous battrons jusqu’au bout. » Ma Ba Tha et le BBS s’affichent d’ailleurs comme des alliés : en 2014, Wirathu avait reçu un accueil triomphal à Colombo de la part des moines du BBS*.

Les idées de Ma Ba Tha trouvent aussi un écho en Thaïlande où le sud du pays est en proie à une rébellion séparatiste musulmane. Certains moines ont ainsi à plusieurs reprises mis en avant le « danger de l’islam », appelant à faire du bouddhisme une religion d’État. Quelques-uns de ces religieux ont d’ailleurs appelé à réserver aux musulmans séparatistes du sud du pays « le même sort qu’aux Rohingyas ».

10. Quelle est la position du Dalaï-lama ?

Figure iconique du bouddhisme et chef spirituel des bouddhistes tibétains, le Dalaï-lama n’a aucune autorité sur les pratiquants de l’école Theravâda. Il n’est donc qu’une voix de la communauté internationale parmi tant d’autres. En juillet 2014, il avait condamné Ma Ba Tha et son homologue sri-lankais BBS, exhortant « les bouddhistes de ces pays à avoir à l’esprit l’image du Bouddha avant de commettre ces crimes ». Et d’ajouter : « Le Bouddha prêche l’amour et la compassion. Si le Bouddha était là, il protégerait les musulmans des attaques des bouddhistes. » En septembre dernier, lui qui ne s’est pas rendu en Birmanie depuis l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a explicitement pris la défense des Rohingyas, plaidant que Bouddha aurait « aidé ces pauvres Musulmans ».
Un mois plus tard, une autre voix religieuse s’est exprimée sur le sujet : le Pape François. En visite pour la première fois en Birmanie, il a prononcé un discours très engagé devant des représentants politiques et de la société civile. Il a appelé à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantit « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison. (…) L’avenir de la Birmanie doit être la paix, une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de tout membre de la société, sur le respect de tout groupe ethnique et de son identité, sur le respect de l’Etat de droit et d’un ordre démocratique qui permette à chaque individu et à tout groupe – aucun n’étant exclu – d’offrir sa contribution légitime au bien commun », a insisté le Souverain Pontif. François avait au préalable accepté de ne pas prononcer le mot « Rohingya », sur la demande expresse des catholiques birmans, par peur des représailles.
A propos de l’auteur
Jeune journaliste diplômée de l’école du CELSA (Paris-Sorbonne), Cyrielle Cabot est passionnée par l’Asie du Sud-Est, en particulier la Thaïlande, la Birmanie et les questions de société. Elle est passée par l’Agence-France Presse à Bangkok, Libération et Le Monde.

Voir aussi:

Birmanie. Au cœur de la croisade antimusulmane des bouddhistes radicaux

Représentant à peine 5 % de la population, la minorité musulmane birmane fait l’objet d’une campagne de discrimination orchestrée par des bouddhistes radicaux. Ils réclament notamment la fermeture des abattoirs et commerces tenus par les musulmans.

En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf. Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible de l’islamophobie que propagent les extrémistes bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie.

Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha [association birmane “pour la protection de la race et de la religion”, créée en juin 2013 – lire aussi encadré à la fin de l’article] a forcé à fermer des dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady [région du sud de la Birmanie]. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer. Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’Etat révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade.

Lwin Tun, 49 ans, a investi dans les secteurs du bâtiment, de l’immobilier et de l’hôtellerie, à la fois dans le delta et dans la région de Rangoon. Selon lui, les actions de Ma Ba Tha menacent gravement ses intérêts. “La campagne appelant à un boycott des entreprises gérées par des musulmans dure depuis quelque temps, affirme-t-il. Des tracts sont distribués. La police le sait, mais ne fait rien.

En 2014, en raison de la pénurie de bétail et du renforcement des restrictions gouvernementales, les populations musulmanes du delta de l’Irrawaddy n’ont pas pu fêter l’Aïd el-Kébir, lors duquel des vaches sont sacrifiées selon la tradition islamique. “Ces actions sont une infraction directe à nos droits religieux fondamentaux, martèle Al Haji Aye Lwin, responsable du Centre islamique de Rangoon. D’après moi, les entreprises [musulmanes] perdent dans l’ensemble 30 % de leur chiffre d’affaires.

Kyaw Sein Win, un porte-parole de Ma Ba Tha au siège de Rangoon, affirme que sauver des vies est un aspect central de la philosophie bouddhiste. “Nous ne ciblons pas délibérément les entreprises [musulmanes]. Ils tuent des animaux car ils pensent que cela les rend méritants. C’est la principale différence entre eux et nous”, a-t-il déclaré à Myanmar Now.

Minorité musulmane

L’appel à un boycott des entreprises musulmanes a reçu peu d’écho dans les villes, mais la campagne contre les sacrifices, qui repose sur l’aversion traditionnelle des bouddhistes pour l’abattage des vaches, a porté auprès des fidèles du delta de l’Irrawaddy. Dans cette région, cœur de la riziculture birmane, des dizaines de milliers de musulmans, pour la plupart commerçants en ville, vivent aux côtés d’environ six millions de riziculteurs, bouddhistes en majorité.

Traditionnellement, les agriculteurs birmans utilisent les vaches et les bœufs comme animaux de trait. Ils ne les vendent aux abattoirs que pour gagner rapidement une importante somme d’argent, en vue d’un mariage ou pour payer un traitement médical. Ma Ba Tha n’a pas demandé aux agriculteurs de ne plus vendre leur bétail. Sa stratégie consiste à s’emparer des licences des abattoirs.

En 2014, les moines radicaux du delta de l’Irrawaddy ont créé l’organisation Jivitadana Thetkal (“Sauver des vies”), qui appelle les monastères de la région à collecter chacun environ 100 dollars dans leur congrégation afin de permettre le rachat des licences. “Nous soutenons cette campagne menée par Jivitadana Thetkal, a déclaré le porte-parole Kyaw Sein Win. La plupart de ses membres appartiennent aussi à Ma Ba Tha, mais le siège ne leur donne aucune instruction directe.

Moines radicaux

Les moines bouddhistes radicaux ont prononcé des sermons enflammés dans les villages du delta pour propager l’idée que l’abattage de vaches constitue un affront au bouddhisme et participe de l’objectif musulman d’exterminer le bétail. “Soyons vigilants, avertissent les paroles d’une chanson jouée lors de ces manifestations. Moines bouddhistes et civils, ne soyez plus passifs. Si vous le restez, notre race et notre religion disparaîtront.

Pyinyeinda, 65 ans soutient le mouvement. “Notre région est confrontée au risque de perdre son bétail. Les kalars ont déjà tué des milliers de vaches”, affirme ce moine d’Athoke, employant un terme péjoratif pour qualifier les personnes qui ont des origines indiennes [les nationalistes contestent aux musulmans leurs origines birmanes]. “Vous savez pourquoi ? Ils s’entraînent pour nous égorger ensuite.”

Assis à un bureau sur lequel sont entassés de nombreux livres pour enfants qui reprennent les préceptes du Ma Ba Tha, le chef du gouvernement de la région d’Ayeyarwady, Thein Aung, reconnaît qu’il a approuvé la réduction de moitié du prix de vente des licences des abattoirs à l’organisation radicale et qu’il a soutenu ces opérations. Cet ancien général nommé à son poste par le président Thein Sein en 2011 précise :

En tant que bouddhiste, je m’oppose au massacre de bétail. Par conséquent, j’ai accepté les demandes des moines qui mènent cette campagne. Je les ai aidés à obtenir les licences des abattoirs” .

Il explique que son administration envoie des unités spéciales pour mener des arrestations si les militants signalent des infractions. Les membres de Ma Ba Tha ont ainsi commencé à surveiller les abattoirs et le transport de bétail en vue d’y faire des descentes. Ils dénoncent des infractions présumées aux licences qui limitent le nombre d’animaux pouvant être tués.

Un document officiel de 2014 donne l’ordre aux agents administratifs de 26 localités de coopérer avec les membres de Ma Ba Tha qui surveillent les abattoirs. Dans les villages et les petites villes du delta de l’Irrawaddy, rares sont ceux qui s’aventurent dans le dédale de rizières et de cours d’eau après la tombée de la nuit. Mais à Kyonpyaw, à 150 kilomètres environ de Rangoon, Win Shwe, un secrétaire local de Ma Ba Tha, agit de nuit avec la coopération d’un groupe de moines et de civils.

En 2014, le groupe a collecté environ 25 000 dollars grâce à des dons publics pour racheter six licences d’abattoirs, mais la plus chère de la ville restait inabordable. Pour atteindre leur objectif, ils ont décidé de prouver que l’abattoir ne respectait pas les quotas de sa licence. “Cette usine n’était autorisée à abattre qu’une vache par jour. Quand nous voyions des signes suspects, comme un trop grand nombre de vaches menées à l’intérieur, nous courions vers le bâtiment depuis notre cachette pour vérifier ce qui se passait”, explique-t-il lors d’une interview dans un café local. Win Shwe raconte fièrement :

Lors de nos deux premières descentes, nous avons découvert que plus de vaches étaient tuées que ne l’autorise la loi. Nous avons donc fait pression sur les autorités municipales pour qu’elles mettent sur liste noire le propriétaire musulman. Elles ont fini par le faire et il a dû fermer son abattoir”.

Win Shwe et ses compagnons revendiquent également la saisie de plus de 4 000 animaux vivants dans le delta depuis début 2014. Beaucoup de ces bêtes ont ensuite été données à des agriculteurs pauvres de la région pour devenir des animaux de trait, à condition qu’ils s’engagent à ne pas les tuer ou les vendre.

Au milieu de l’année 2014, selon des documents obtenus par Myanmar Now, des militants ont toutefois reçu l’accord des autorités pour mettre en œuvre un nouveau plan visant à envoyer le bétail saisi à des populations bouddhistes de Maungdaw, dans l’Etat d’Arakan, à environ 500 km au nord-ouest du delta de l’Irrawaddy.

Cette localité très pauvre, la plus à l’ouest du pays, est située sur la frontière avec le Bangladesh. Les musulmans y sont plus nombreux que les bouddhistes. La frontière, que Ma Ba Tha se plaît à appeler “la porte occidentale” du pays, est sous le strict contrôle du gouvernement.

Pression démographique

Selon la presse, des centaines d’Arakanais qui vivaient dans l’est du Bangladesh se sont réinstallés de l’autre côté de la frontière depuis 2012. Les autorités birmanes ont envoyé les membres de cette ethnie bouddhiste vivre dans des “villages modèles” à Maungdaw, dans ce qui ressemble à une tentative d’accroître la population bouddhiste dans la zone.

Par un courrier daté d’août 2014, les autorités de la région d’Ayeyarwady ont notifié à plusieurs localités qu’elles avaient accepté une demande de l’Association des jeunes bouddhistes de Rangoon de rassembler une centaine de vaches pour les envoyer à Maungdaw depuis le port de Maubin, dans le delta. Cette mesure avait pour but de “protéger la porte occidentale contre l’afflux de musulmans”, selon Win Shwe.

Sans cette porte occidentale, le territoire sera inondé de Bengalis [musulmans du Bangladesh]”, déclare Sein Aung dans un bureau richement décoré d’emblèmes nationalistes, dont des drapeaux portant des swastikas bouddhistes. Sein Aung, qui se qualifie de bouddhiste arakanais, est un ancien agent du renseignement militaire. Il dirige à Shwepyithar la branche de l’Association des jeunes bouddhistes de Rangoon.

Pénurie de bœuf hallal

Sean Turnell, professeur d’économie à l’université Macquarie de Sydney, en Australie, explique que le boycott qui touche les entreprises musulmanes nuit à l’image de la Birmanie sur la scène internationale, notamment auprès des investisseurs potentiels qui s’inquiètent de l’instabilité politique. “A petite échelle, il semble que toutes sortes de sociétés soient touchées, des petits commerces aux transporteurs, en passant par des bailleurs de fonds”, précise-t-il.

Un restaurateur musulman de la ville de Kyaungon, dans le delta, affirme que son chiffre d’affaires est passé de 100 dollars à 20 dollars environ à la suite du boycott. Cet homme, qui souhaité garder l’anonymat, a expliqué qu’il ne pouvait plus fournir de bœuf halal à ses clients et confie :

On ne peut plus acheter de bœuf dans toute la région d’Ayeyarwady. Si on veut du bœuf halal, il faut que quelqu’un le fasse venir de Rangoon”.

Devant son restaurant, une immense affiche est placardée : une vache y est représentée, accompagnée d’un verset à la gloire du rôle mythique de l’animal en tant que “mère” de l’humanité. Une image probablement posée par des sympathisants de Ma Ba Tha. La plupart des musulmans qui vivent dans le delta de l’Irrawaddy n’osent pas dénoncer la campagne de peur de subir des représailles de Ma Ba Tha. Certains expliquent que la population musulmane ne peut que se faire discrète, dans l’espoir que la vague actuelle de nationalisme bouddhiste finisse par reculer. “Nous n’avons aucun pays où fuir, résume Khin Maung, responsable d’une mosquée à Kyaungon. Nous sommes tous nés ici, et c’est ici que nous avons grandi.”

Swe Win

POUR EN SAVOIR PLUS

L’Association pour la protection de la race et de la religion, Ma Ba Tha, a gagné du terrain avec l’avènement de la démocratie birmane. Elle a été créée en juin 2013 à la suite d’affrontements qui avaient opposé des bouddhistes et des musulmans, en 2012. Son deuxième congrès s’est tenu en juin 2015 et aurait, selon l’organisation, attiré 6 800 moines et civils. Ma Ba Tha a alors publié un communiqué affirmant qu’elle appellerait le gouvernement à interdire aux musulmans de sacrifier des animaux dans le cadre de manifestations religieuses. Les détracteurs de Ma Ba Tha font valoir que ses activités ne sont pas représentatives de l’ensemble du clergé bouddhiste en Birmanie, qui compte 250 000 membres, selon les données officielles. Les moines associés à Ma Ba Tha ont publiquement accusé le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), d’être incapable de protéger le bouddhisme.

Wirathu, le moine bouddhiste islamophobe visé par un mandat d’arrêt

Une plainte pour sédition a été déposée le 28 mai contre le moine bouddhiste U Wirathu. Le religieux encourt la prison à vie.

U Wirathu avait acquis une notoriété planétaire en 2013 quand le magazine américain Time avait décidé de publier son portrait en couverture sous le titre sans appel : “Le visage du terrorisme bouddhiste”. En rupture avec l’image de tolérance communément associée au bouddhisme, le moine assumait haut et fort ses propos haineux, pour ne pas dire ses appels au crime, dirigés contre les musulmans. En 2017, il avait été interdit de prêche pendant une année en raison de “ses discours de haine contre des religions”, selon le communiqué de l’autorité supervisant la sangha, la communauté des moines bouddhistes.

Aujourd’hui, ce sont des propos visant Aung San Suu Kyi qui semblent lui valoir ses ennuis avec la justice, rapporte le site Myanmar Now. “Mardi après-midi [28 mai], San Min, du Département de l’administration générale, a déposé une plainte contre le moine [pour sédition]”, précise le site. La loi sur la sédition, qui “interdit tout ce qui peut conduire à la haine ou à un outrage du gouvernement”, prévoit des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité.

Tournée de meetings

Myanmar Now dit ne pas connaître avec certitude les faits reprochés au moine. “Wirathu a animé récemment à travers le pays une série de meetings pour dénoncer la volonté du gouvernement civil d’amender la Constitution de 2008, qui octroie aux généraux des pouvoirs étendus.” Et, durant l’un de ces rassemblements à Myeik, dans l’extrême sud de la Birmanie, il s’en serait pris à Aung San Suu Kyi, de facto à la tête du pays :

Lorsque des commissions sont mises sur pied, elles le sont avec des étrangers. Ceux qui la conseillent sont tous des étrangers. Ceux qui l’accompagnent sont tous des étrangers.”

Avant d’ajouter : “Ceux qui couchent avec…” Wirathu se serait alors arrêté, provoquant des éclats de rire parmi les 300 personnes venues l’écouter.

U Wirathu est rattaché à un monastère de Mandalay. Myanmar Now dit ne pas savoir où il se trouve actuellement. Mais un juge aurait ordonné à la police de l’amener à Rangoun avant le 4 juin.

Voir par ailleurs:

« Le Vénérable W. », le bouddhiste qui avait la haine

Après ses documentaires consacrés à Idi Amin Dada et Jacques Vergès, l’étonnant Barbet Schroeder boucle sa «trilogie du mal» auprès de Wirathu, le moine birman qui appelle à l’extermination des musulmans

Barbet Schroeder est insaisissable, puisqu’il a touché avec une égal talent le documentaire (Koko le gorille qui parle), la série télé (Mad Men), le cinéma d’auteur (La ValléeMaîtresseLes Tricheurs…) et le cinéma hollywoodien (Le Mystère von BülowJ. F. partagerait appartement).

Barbet Schroeder est infatigable. More (1969), son premier long métrage, film culte, scrute la face d’ombre de l’utopie hippie, incarnée par un jeune couple sombrant à Ibiza dans l’enfer des paradis artificiels; en 2014, le dispensable Amnesia retourne où tout avait commencé, à Ibiza, comme un couvercle qui se referme.

A 76 ans, le cinéaste d’origine suisse a pourtant repris la route. Fasciné depuis toujours par le bouddhisme, cette «religion athée qui permet le pessimisme», il est allé en Birmanie, à la rencontre d’Ashin Wirathu. Auprès de ce bonze plein de haine zen qui appelle à l’extermination des populations musulmanes, il boucle sa trilogie du mal, entamée en 1974 avec Général Idi Amin Dada et poursuivie en 2007 avec L’Avocat de la terreur.

Selon Barbet Schroeder, le thème du mal est «inépuisable, inséparable de l’humanité, particulièrement pour le 20e siècle sans parler du 21e qui a l’air de vouloir faire de la haine et du mensonge des sujets incontournables». Au terme d’un tournage difficile, dangereux, prématurément interrompu par une situation de plus en plus instable en Birmanie, le cinéaste ramène Le Vénérable W., un documentaire édifiant et terrifiant.

Maisons incendiées

Contrairement à son habitude, Barbet Schroeder ne s’est pas contenté de filmer l’agent du mal et de laisser le spectateur découvrir la réalité dans son effrayante nudité. Parce que la Birmanie est méconnue, lointaine, et que la situation politique y est terriblement instable, entre la junte, la présidente Aung San Suu Kyi aux positions ambiguës, les Rohingyas, la minorité musulmane et une centaine d’autres ethnies, le cinéaste a rencontré des journalistes, des moines désapprouvant la croisade de Wirathu. Il a aussi ressemblé des documents d’archives, reportages TV ou fichiers de téléphone portables.

Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, suite à des émeutes musulmanes, il est condamné à 25 ans de prison, dont il sort en 2012, suite à une amnistie générale. A la tête du mouvement 969, interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news. Il affirme que les musulmans (4% de la population birmane) qui «se reproduisent comme des lapins» (slogan dans une manifestation) mettent en péril l’équilibre de la nation.

Religions tournant à l’horreur

Des foules de moines en robe safran défilent, chantent des chanson nationalistes, éructent de haine, incendient les mosquées et tabassent les gens à mort, pendant que l’armée regarde à côté… Les maisons brûlent par milliers, des corps s’entassent sur des bûchers funéraires. Lorsqu’elles tombent entre les mains des fanatiques, toutes les religions tournent à l’horreur.

Le film se termine sur les images d’une rue pakistanaise embrasée par la colère. Une guerre de religion entre bouddhiste et musulmans serait une belle façon de pepétuer au 21e siècle l’obscurantisme du Moyen Age…

Voir aussi:

Documentaire. “Le Vénérable W” : Barbet Schroeder scrute le doux visage de la haine

Après le dictateur ougandais Amin Dada et l’avocat de la terreur Jacques Vergès, le cinéaste Barbet Schroeder s’est rendu en Birmanie pour clore sa trilogie sur le mal. Il y a rencontré le moine Wirathu, à l’origine de violentes campagnes islamophobes dans le pays. Son fascinant documentaire, Le Vénérable W., sort le 7 juin, en partenariat avec Courrier international.

“Les caractéristiques des poissons-chats d’Afrique sont : ils grandissent très vite. Ils se reproduisent très vite aussi. Et puis ils sont violents. Ils mangent les membres de leurpropre espèce et détruisent les ressources naturelles de leur environnement. Les musulmans sont exactement comme ces poissons.”

Les mots sont assénés d’un ton calme, parfaitement assuré. Celui qui les prononce face caméra, en ouverture du Vénérable W., est loin d’être un obscur inconnu en Birmanie. Le moine Ashin Wirathu est aussi devenu célèbre à l’étranger quand, en 2013, Time, le célèbre magazine américain, l’a mis à sa une avec pour titre “Le visage du terrorisme bouddhiste”.

Le nettoyage ethnique en train de se faire

Présenté en séance spéciale au Festival de Cannes, le documentaire que lui consacre le cinéaste suisse Barbet Schroeder a laissé les critiques médusés. Comme le relève The Hollywood Reporter :

Face à la progression de l’islamophobie en Europe, aux États-Unis et ailleurs, [le] film rappelle que même la doctrine religieuse la plus pacifique risque, si elle est mal interprétée, d’être exploitée à des fins destructrices.”

Barbet Schroeder a pu suivre Wirathu et s’entretenir avec lui pendant une quinzaine d’heures. Il le montre déclamer ses prêches devant des ouailles fascinées et attentives. Alternant avec ces images, d’autres, insoutenables et provenant souvent de films tournés par des témoins indignés, donnent à voir le résultat de ses discours de haine : des quartiers incendiés, des magasins pillés et des hommes battus à mort lors des pogroms islamophobes qui ont éclaté dans le pays au cours des quinze dernières années. “C’est un documentaire à la fois excellent et dérangeant, qui montre le nettoyage ethnique en train de se faire”, commente le magazine spécialisé Screen international.

Comme le résume le quotidien suisse Le Temps, un implacable mécanisme s’est mis en branle à partir de celui qui dirige le mouvement xénophobe Ma Ba Tha : “Dès 2001, Wirathu prononce de virulents sermons islamophobes. En 2003, après des émeutes antimusulmanes, il est condamné à vingt-cinq ans de prison, dont il sort en 2012, à la suite d’une amnistie générale. À la tête du mouvement 969 [une référence aux trois joyaux du bouddhisme, présentée comme l’opposé cosmologique de 786, qui signifie pour les musulmans “Au nom d’Allah clément et miséricordieux”], interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news [“fausses informations”]. Il affirme que les musulmans (4 % de la population birmane) […] mettent en péril l’équilibre de la nation.”

En 2015, le mouvement Ma Ba Tha a obtenu l’adoption de quatre lois discriminatoires contre les musulmans, qui interdisent la polygamie, limitent les conversions et les mariages interreligieux et permettent le contrôle des naissances. La sangha, communauté des moines, a demandé, le 23 mai 2016, la dissolution de Ma Ba Tha. Wirathu lui-même est interdit de prêche depuis février 2017. Il avait remercié l’assassin de Ko Ni, un avocat musulman et proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, assassiné le 29 janvier à Rangoon.

En bref

AUNG SAN SUU KYI, L’INSOUTENABLE SILENCE

Certains espéraient que la prise de fonctions du premier gouvernement civil de l’histoire du pays, en avril 2016, appaiserait les tensions islamophobes. Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix et égérie des opposants à la junte, a été promue conseillère spéciale de l’État, déclarant vouloir faire de la résolution des conflits ethniques sa priorité. Mais, un an plus tard, la minorité musulmane désespère de l’entendre condamner les exactions dont elle est la cible. “L’héroïne de la démocratie apparaît incapable d’arrêter les atrocités commises par les forces de l’ordre”, dénonce The Irrawaddy, un journal fondé par la dissidence. “Aung San Suu Kyi n’est pas défenseuse des droits de l’homme, mais une femme politique. Raison pour laquelle elle reste silencieuse”, justifie pour sa part l’hebdomadaire Frontier Myanmar. L’armée conserve constitutionnellement son autonomie face aux autorités civiles.

Voir également:

Birmanie: mandat d’arrêt contre le moine extrémiste Wirathu

AFP/Le Point

Qui est Wirathu, le moine birman décrit comme « le visage du terrorisme bouddhiste » ?
Le bonze extrémiste a pour cible depuis des années la minorité musulmane de Birmanie, les Rohingyas, contre qui il multiplie les déclarations de haine. Il est aujourd’hui visé par un mandat d’arrêt des autorités birmanes.
M.F.
Nouvel Obs
29 mai 2019

Il est considéré comme le « visage du terrorisme bouddhiste ». Le moine ultranationaliste Ashin Wirathu est depuis mardi sous le coup d’un mandat d’arrêt pour incitation à la haine émis par les autorités birmanes. L’homme a fait de sa haine de l’islam et des musulmans un combat permanent. Mais qui se cache derrière ce sinistre moine ?

Malgré son visage calme et serein, il est décrit comme le « Ben Laden birman », ou encore le « Hitler bouddhiste ». Ashin Wirathu, 50 ans, a acquis une renommée internationale pour ses propos islamophobes durant le massacre des Rohingyas en Birmanie.

Le moine est en rupture totale avec l’image habituellement tolérante des bouddhistes. Il est le leader du mouvement 969 et un membre influent de l’association Ma Ba Tha, qui ont prôné le boycott des commerces musulmans et l’interdiction des mariages interreligieux, sans que le gouvernement birman ne réagisse.

Une haine sans limite pour les Rohingyas

Il avait déjà été arrêté et condamné à vingt-cinq ans de prison en 2003 pour avoir prêché l’extrémisme et distribué des livres interdits. Il a finalement été libéré en 2012, profitant de l’ouverture du pays et d’une amnistie nationale.

Depuis, il multiplie les déclarations haineuses à l’encontre des Rohingyas, ethnie musulmane minoritaire et persécutée en Birmanie. Son but : « protéger » son pays majoritairement bouddhiste d’une menace d’« islamisation », alors que les musulmans représentent moins de 5 % de sa population.

En 2013, le moine apparaît dans son habit grenat sur la couverture du magazine américain « Time », où il est décrit comme « le visage du terroriste bouddhiste ». Sans concession, il y déclare sa haine des Rohingyas :

« [Les musulmans] se reproduisent si vite, ils volent nos femmes et les violent […] Ils aimeraient occuper notre pays mais je ne les laisserai pas. » Sous couvert de séances d’éducation religieuse, le bonze distille son discours islamophobe sur les réseaux sociaux et en DVD. Pendant des années et au travers de multiples campagnes de diffamation, il a attisé la haine qui a conduit aux affrontements intercommunautaires et à ce que l’ONU qualifie de « génocide » des Rohingyas. Plus de 740 000 membres d’entre eux ont fui au Bangladesh voisin depuis août 2017.

« S’ils veulent m’arrêter, ils peuvent le faire »

Il n’a eu de cesse, depuis, de défier la hiérarchie bouddhiste et le gouvernement birman, au sein duquel se trouve Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix. De plus en plus influent, il a réussi à convaincre cette dernière de ne présenter aucun candidat musulman sur les listes de son parti pour les élections générales de 2015. L’image de celle-ci en a pris un coup.

L’homme, que rien ne semblait pouvoir arrêter, a finalement connu un revers en 2017 lorsque le clergé bouddhiste a interdit son mouvement Ma Ba Tha. Qu’à cela ne tienne : cinq jours plus tard, il revient avec la « Fondation Philanthropique Buddha Dhamma », copie conforme de son précédent mouvement à ceci près qu’il compte désormais des laïcs.

Fervent défenseur des militaires, il s’était insurgé en octobre dernier contre un possible procès des généraux birmans devant la justice internationale pour le drame rohingya.

« Le jour où la Cour pénale internationale vient ici, Wirathu aura un pistolet » à la main, avait-il assuré.Wirathu paraissait intouchable : ce mandat d’arrêt mettra peut-être fin à ses agissements. L’homme, qui vit la plupart du temps dans son monastère de Mandalay, dans le centre du pays, n’a pas encore été arrêté par la police : « S’ils veulent m’arrêter, ils peuvent le faire », a-t-il déclaré mercredi au média en ligne Irrawady.

Voir de plus:

‘The Venerable W’ (‘Le Venerable W’): Film Review | Cannes 2017

Director Barbet Schroeder (‘Barfly,’ ‘Terror’s Advocate’) documents the controversial Buddhist leader of a deadly anti-Muslim campaign in Myanmar.

The Hollywood reporter

5/20/2017 

Those who believe that all Buddhists respect their religion’s core principles of peace and tolerance should take a look at The Venerable W (Le Venerable W), director Barbet Schroeder’s eye-opening chronicle of one Burmese monk’s long campaign of racism and violence against his country’s minority Muslim population.

The third part in a “trilogy of evil” that began in 1974 with General Idi Amin Dada and continued in 2007 with a look at the controversial French lawyer Jacques Verges in Terror’s Advocate, this scathing portrait gets up close and personal with Ashin Wirathu, the self-appointed spiritual leader of Myanmar’s anti-Muslim crusade.

Speaking openly to the camera, Wirathu propagates xenophobia and bigotry against a group that represents only a fraction of the local population, yet have been subject to decades of persecution by both the monk’s followers and the military-controlled Burmese government. The result has been hundreds of deaths, thousands of homes burned to the ground and tens of thousands of Muslims displaced — all of it in the name of a religion that asks, according to one translation of the Metta Sutta, to “cultivate boundless love to all that live in the whole universe.”

The Venerable W, which consists of interviews with Wirathu and some of his most outspoken critics, as well as footage of riots, beatings, burnings and killings that have taken place since the 1970s, reveals that the 75-year-old Schroeder is still a fearless explorer of the darkest facets of our society. At a time when Islamophobia is on the rise in Europe, the U.S. and elsewhere, his film is a reminder that even the most peaceful of religious doctrines can, if twisted in the wrong way, be used as a veritable source of evil. A premiere in Cannes should give this vital documentary the attention it deserves.

Wirathu operates out of the city of Mandalay, a third of whose inhabitants consist of monks or monks-in-training. In the late 90s he formed the “969” movement and began delivering racist sermons to his disciples, referring to Muslims as “kalars” (the equivalent of the n-word) and claiming they are a subspecies who don’t deserve Myanmar citizenship, that their businesses should be boycotted and that they should be banned from intermarriage with Buddhists.

Although prejudice against the Rohingya Muslim community, which is based in the western part of Myanmar bordering Bangladesh, dates back to before Wirathu’s time, he has helped accelerate a campaign resulting in many, many deaths and the mass destruction of property. In order to fuel the fire, he often highlights incidents where Muslims have attacked Buddhists (in one case, the rape and murder of a woman), distributing propaganda videos on DVD and backing riots where Rohingyas are driven from their homes while the armed forces stand idly by.

What’s especially disturbing about Schroeder’s inquiry is how, on one hand, Wirathu can be seen expounding the peaceful tenets of Buddhism to his followers, while on the other he preaches a holy war meant to ostracize — and indirectly, destroy — an entire segment of the population. The man himself sees no contradiction in the two, simply believing that Muslims are a lesser race unworthy of the basic human rights accorded to Buddhists.

While the situation in Myanmar is particularly extreme, Schroeder reveals at one point how, even in a Western nation like France, the perception of Islam’s grip on society versus the reality of that grip is highly exaggerated. Terrorist attacks like those that occurred in Paris in 2015 only help to augment fears and nationalistic tendencies, which is why a candidate like Marine Le Pen was able to capture more than a third of the vote in France’s recent presidential runoff.

The Burmese authorities have made some attempts to quell the tide of Islamophobic sentiment, banning the “969” group and jailing Wirathu for several years. But after his release, the popular monk managed to form a new movement, promoting a series of “protection of race and religion bills” that seem to be the first step toward a modern version of the Nuremberg Laws of Nazi Germany. One of those laws has already been enacted, while the government continues to persecute the Rohingyas throughout the land.

Like in his portraits of Verges and Idi Amin, Schroeder has an unflinching way of capturing the propos and rationale of Wirathu without any filter whatsoever. Ace editor Nelly Quettier (Holy Motors) juxtaposes the lengthy one-on-one interview with found footage of devastated villages and grisly beatings, revealing how Wirathu’s teachings resonate through the widespread violence that has afflicted Myanmar for several decades now, and that will likely continue in the near future. In a place where Buddhists currently represent more than 90 percent of the populace, it’s unthinkable how a religion that preaches so much love can, in this case, yield so much hate.

Production companies: Les Films du Losange, Bande a Part Films
Director: Barbet Schroeder
Producer: Margaret Menegoz
Director of photography: Victoria Clay Mendoza
Editor: Nelly Quettier
Composer: Jorge Arriagada
Venue: Cannes Film Festival (Special Screenings)
Sales: Les Films du Losange

In French, Burmese, Rohingya, Spanish
107 minutes

‘The Venerable W’: Cannes Review

Dir Barbet Schroeder. France. Switzerland. 2017. 100mins.

Everyone knows that Buddhism is the religion of peace, love and understanding. So there’s something deeply wrong about a Buddhist monk who calmly spouts anti-Muslim hate speech and incites ethnic riots. The monk in question, an influential Burmese figure known as the Venerable Wirathu, is the subject of the powerful third and final installment of Swiss director Barbet Schroeder’s ‘Axis of Evil’ documentary trilogy, which began in 1974 with General Idi Amin Dada: A Self Portrait, and continued in 2007 with Terror’s Advocate, a portrait of controversial lawyer Jacques Vergès.

Shot on the hoof, under the noses of a repressive regime, The Venerable W is a fine, stirring documentary about ethnic cleansing in action

It’s the shocking disjunct between his religion and the rabid nationalism of his sermons, writings and declarations that powers Schroeder’s conventional but nevertheless effective long hard stare into the eyes of intolerance.

However, this is also a chilling corrective to accounts of Burma that paint its recent history simply as a fight between courageous pro-democracy forces led by Aung San Suu Kyi (by no means a heroine in this particular story) and a repressive military regime. In the era of Trump (Wirathu is a fan), Farage and Le Pen, it also shines timely light on the mechanisms of nationalistic rhetoric. That should be enough to guarantee The Venerable W some sort of foothold in mature, doc-friendly markets despite its potentially niche subject matter, and it appears ripe for VOD distribution.

Draped in saffron robes, his face rarely betraying any emotion, Wirathu is presented partly through outtakes from an interview Schroeder filmed with him in the library of the Mandalay monastery which he heads. The ‘venerable’ monk talks openly about what he sees to be the Muslim threat to Buddhist purity, calmly spouting racial slurs about their breeding capacity, the rape of ‘our women’, animalistic nature and accumulation of wealth that carry terrifying echoes of Nazi anti-Semitic slurs. He repeats the same message to the young monks he teaches and to the crowds of followers who turn out to watch him preach on tacky makeshift stages amidst garlands of flowers and gilt Buddhas.

Schroeder’s method at first is simply to dwell on the awful fascination of the ‘Fascist Buddhist’ paradox, with passages promoting the brotherhood of man from the religion’s sacred texts, voiced by veteran French actress Bulle Ogier, underlining the contradiction. Wirathu’s rise from provincial obscurity to ethnic rabble-rouser is then charted, mixing his own account with testimony from a mix of interviewees – who will include two Burmese Buddhist masters who have served prison time, like ‘W’, but for far more noble causes. Wirathu’s nine-year stretch for inciting ethnic hatred came after a spate of 2003 riots in his hometown of Kyaukse and elsewhere which involved lynchings and burnings of Muslim mosques, shops and houses.

The mood of the film turns darker in its second half, when Wirathu returns with even greater vitriol to the campaign trail after his release in 2012. News and mobile phone footage captures some of the pogroms launched against Burma’s persecuted Rohingya Muslim minority, mostly in Rakhine state: a scene in which a Buddhist monk beats a Musilm to a pulp with a makeshift club is difficult to erase.

By now we’ve worked out what the monk really is. Forget the robes: he’s a classic extremist politician, fanning tensions through the crudest of rhetoric (including a DVD restaging of the rape of a Buddhist girl produced under the aegis of his Ma Ba Tha nationalist movement), then visiting the affected regions to ‘restore order’ and guarantee security. Shot on the hoof, under the noses of a repressive regime, The Venerable W is a fine, stirring documentary about ethnic cleansing in action.

Production companies: Les Films du Losange, Bande à Part

International sales: Les Films di Losange, b.vincent@filmsdulosange.fr

Producers: Margaret Menegoz, Lionel Baier

Cinematography: Victoria Clay Mendoza

Editor: Nelly Quettier

Music: Jorge Arriagada

Narration: Bulle Ogier

Voir de plus:

Days of Discontent

  • The Irrawaddy
  • 30 March 2017

RANGOON — Burma’s first civilian government since 1962 is facing growing discontent at home and abroad. One year has passed since the National League for Democracy (NLD)-led administration was sworn in and serious soul searching by its leaders is urgently needed.

That is, if government leaders are actually willing to listen to the people who pinned all their hopes on them and elected them to office.

The country’s de facto leader Daw Aung San Suu Kyi and her cabinet ministers need to seriously tackle the country’s ills and work to repair past mistakes and blunders. If not, they will face tougher opposition as Burma’s people become disillusioned.

Under Daw Aung San Suu Kyi’s administration, the conflict in Burma’s North has intensified and confidence and trust between the State Counselor and ethnic leaders has greatly eroded. She has alienated ethnic groups and, as a result, the peace process is on the verge of derailment. When taking office, she claimed achieving peace was a priority of her government.

Daw Aung San Suu Kyi’s relations with the Burma Army commander-in-chief Snr-Gen Min Aung Hlaing are strained and her perceived lack of action to fix the country’s sluggish economy has increased widespread dissatisfaction.

Understandably, people are disappointed. But that doesn’t mean the public are unsympathetic. Many people understand that the new civilian government has faced daunting challenges as it inherited a country that languished under decades of repressive and corrupt military dictatorship.

Many NLD supporters have expressed concerns about the current state of affairs in good faith. They want this government to succeed and to move the country forward, as does the international community.

Once considered a darling of the West for her relentless pursuit of democratic reform in Burma, Daw Aung San Suu Kyi now faces an almost daily onslaught from international media.

The Nobel Peace Prize winner’s international image suffered a heavy blow when the UN reported evidence of crimes against humanity committed against Rohingya Muslims in northern Arakan State.

Burma’s democracy hero has appeared powerless to stop government security forces committing atrocities. Meanwhile, many people in Burma do not accept the Rohingya as one of Burma’s ethnic groups, insisting that they are illegal migrants from Bangladesh, and referring to them as “Bengali.”

The government’s lack of a clear economic policy and the appointment of loyal but ineffective cabinet ministers have caused concern among the business community inside and outside of Burma. Ministers have been accused of lacking experience and having no vision to push their ministries in a productive direction.

Burma is located between two giant neighbors, China and India, and it has great potential to move forward. But the economy is slowing and there is little action to intervene from those supposedly running the country.

Worryingly, under the democratically elected government, arrests and detention of critics, journalists, and activists have continued as both the military and the civilian government increasingly turn to the draconian Article 66(d) of Burma’s Telecommunications Act.

Government leaders have been accused of being media shy and even lacking respect for the media. They forget that it was local and independent media that played a major role in 2015’s historic elections.

Daw Aung San Suu Kyi, her “puppet” president U Htin Kyaw, and other senior government leaders have failed to hold one press conference in the first year of taking office.

Pundits have been questioning what has gone wrong with Daw Aung San Suu Kyi’s government and its policies: Was the NLD unprepared or did its leaders lose their vision and become complacent?

There is growing criticism the State Counselor acts haughtily and views herself as above others—including both political opposition members and important allies. She has burned a number of bridges and caused allies to flee.

Perhaps, as the daughter of Gen Aung San—independence hero, politician, and founding father of Burma’s armed forces—she feels entitled to solve the country’s issues and assumes everybody will follow her.

But this is not the case. She is not Gen Aung San and she has no control over the armed forces. There is a structural problem with Burma’s government—the military continues to control the key ministries of defense, home, and border affairs, as well as 25 percent of seats in all parliaments and the all-powerful General Administration Department.

In the eyes of some businesspeople and politicians, the NLD is operating a caretaker government with little executive power.

Members of the public, particularly everyday people such as farmers and workers, have not witnessed significant change in the first year of the new government.

It is time to stop living under the illusion that Daw Aung San Suu Kyi and her government will match expectations and bring about miraculous, concrete, change. It is time instead to ask the government to act decisively, and it is time to hold it accountable for its mistakes.

If the government has the will to listen, it will review its year of shabby governance, shake up its cabinet, and change its direction.

Living in blind hope for what the State Counselor and her government can achieve must stop here.

Voir encore:

Questioning the official line on Rakhine

The government’s blanket rejection of abuse allegations in Maungdaw and refusal to conduct a serious investigation may be popular in Myanmar, but will make it harder to address the issues underpinning the insurgency.

Oliver Slow

FRONTIER

January 19, 2017

JANUARY 9 marked three months since coordinated attacks were launched on police outposts in northern Rakhine State, leading to a heavy security crackdown, a block on humanitarian aid and a shift in the dynamics of what was already an incredibly complex issue.

In the months since the military “clearance operations” began in response to the attacks, security forces have killed an estimated 100 suspected attackers and arrested another 600, according to state media. Some have since been released and others sentenced, but no details of their charges, sentences or trials have been made public.

At the same time, about a dozen security forces have been killed by the militant group, which has been named as Harakah al-Yaqin (Faith Movement). Meanwhile, almost all humanitarian aid has been cut off to an already vulnerable population – about 150,000 people in the area were regular recipients of United Nations assistance.

Hundreds, possibly thousands, of properties have been burned to the ground and the UN says 34,000 Muslims, most of whom self-identify as Rohingya, have fled across the border into Bangladesh.

A number of those fleeing into Bangladesh have accused military personnel of using disproportionate force during their operations, including mass rape, arbitrary arrests, burning of homes and villages, and extra-judicial killings. The government and military have consistently denied all charges.

Daw Aye Aye Soe, spokesperson for Myanmar’s Ministry of Foreign Affairs, which is headed by Daw Aung San Suu Kyi, told IRIN in December that the security operation had been conducted “with very much restraint” and that “regarding rape, ethnic cleansing – it’s completely false.” She also questioned the number of people reported to have fled to Bangladesh, saying a figure of 20,000 or 30,000 is “blown out of proportion”.

But the government has come under significant pressure to allow independent observers into the region. In December, representatives from 13 private and state media organisations were given limited access to the affected area on a government-sponsored trip. Despite repeated requests, Frontier was refused permission to participate.

On December 23, two days after speaking with reporters who were part of the trip, the decapitated body of a Muslim man, U Shu Na Myar, was found near his home.

Just hours after his body was found, and before any suspects had been reported arrested, the Facebook page of the State Counsellor’s office, which is also headed by Aung San Suu Kyi, published a post with the headline “Truth teller beheaded” in English.

An accompanying article written in Myanmar said the man had “told media there was no case of arson by the military and police forces, no rape and no unjust arrests”.

This blanket denial of any wrongdoing by authorities has been typical of the approach taken by the military and the government since the security operations began.

It may well have been the case that Shu Na Myar was killed by the militants. But as Frontier has consistently stated in recent months, such vigorous denials do no one any favours; they only heap more suspicion on the security response and create further divisions in an already volatile region.

If there really has been no wrongdoing by the security forces then the government must allow an independent and credible investigation committee (and the committee formed in December and headed by vice president U Myint Swe is nothing of the sort) to look into the facts on the ground.

The blanket denial approach has been discredited by the emergence on December 31 of a video showing police abusing Muslim villagers. Shot on November 5 in Kotankauk village in Maungdaw, the video shows why the government should respond to abuse allegations seriously, rather than questioning the motives of those making the complaints, or those publishing them.

Local opinion

The government’s response to the October 9 attacks may have attracted criticism abroad, but at home its approach is supported overwhelmingly. Much of the Myanmar population believes that the security forces have committed no wrongdoing.

Any accusations of human rights abuses are regarded as lies made either by the international media or the Rohingya to elicit public sympathy for their plight.

The international media in particular has attracted the scorn of the Myanmar public and authorities. One opinion piece in state-controlled media accused international media of working “hand in glove” with the attackers, a frankly absurd accusation.

There has, however, been some sloppy reporting from some international outlets, most notably the story published by the UK’s Daily Mail in December about a video purporting to show a young Rohingya boy being tasered by a Tatmadaw soldier. The report was incorrect and the incident had in fact taken place in Cambodia.

Some said the report was proof that the international media was deliberately manipulating the situation to portray Myanmar in a negative light, but anyone who is familiar with the Daily Mail’s editorial values will no doubt be aware that it was just another example of the publication failing to adhere to the most basic journalistic principles.

At the same time, some have used doctored images to try and build support for the Rohingya cause. On January 3, the Global New Light of Myanmar carried a front-page article headlined “Fabricated stories, misleading pictures about Rakhine cause global criticism”.

It included five photos that it said were being incorrectly captioned and shared on social media “in an attempt to cause misunderstandings about Myanmar”. This has in fact done the cause a disservice, as it encourages sceptics to dismiss credible reports in mainstream media out of hand as pro-Rohingya propaganda.

In private conversations, Myanmar friends have told me that they view the international coverage of the issue as a deliberate attack on the country’s reputation. It is nothing of the sort. What is being questioned is the official narrative from an institution – that is, the Tatmadaw – that has a well-established track record of carrying out human rights abuses against ethnic minorities (as well as the majority Bamar) for many years.

As the International Crisis Group report, Myanmar: A New Muslim Insurgency in Rakhine State, noted, the clearance operations in northern Rakhine State appear to employ methods “akin to [the Tatmadaw’s] standard counter-insurgency ‘four cuts’ strategy developed in the 1960s to cut off rebel forces from their four main support sources” – namely food, funds, intelligence and recruits.

The tactic, the report said, involves cordoning off territory for concentrated operations, a “calculated policy of terror” to force populations to move, destruction of villages in sensitive areas, and the confiscation and destruction of food stocks that might support insurgents.

There is no conspiracy in the international media and no deliberate attempt to make Myanmar “look bad”. Many of the journalists questioning the government’s narrative have a deep fondness for the country, as do I. But that does not mean the claims from the government or the military should be accepted on face value, as the incontrovertible truth.

Questioning the official line

So why is the military’s version of events accepted by so much of the Myanmar public without question? After all, there remains a deeply held distrust of the military as a result of its decades of economic mismanagement and repressive rule.

A major reason is the support of Aung San Suu Kyi. The State Counsellor maintains significant domestic popularity and her apparent acceptance of the military’s narrative has given it much greater credibility.

While she has said very little about the situation in Rakhine State, on the rare occasions that she has publicly discussed it her language has been pro-military and dismissive of international “meddling” in Myanmar’s internal affairs. For those who held her in such high regard as a defender of human rights, it has been a disappointing response.

But as Aung San Suu Kyi has pointed out herself, she is a politician, not a human rights defender, and this forms another part of the reason she is not speaking out. There is of course the issue that the military still wields significant power, and to criticise it would put serious strains on an already fraught relationship. But it is also important to note that those who identify as Rohingya are generally disliked within the country.

As has been well documented, the Rohingya term is rejected by much of the population, who regard them as “Bengali” immigrants from Bangladesh. To be perceived as speaking out in defence of the Rohingya would potentially lose her party significant political support. More nationalistic parties – most notably the Union Solidarity and Development Party and the Arakan National Party – would be quick to exploit these perceptions.

There is the third theory, though: that, like much of the population, she simply does not believe that the accusations being made are true.

Another reason for the widespread support of the security operation is that the October 9 attacks are regarded as an attack on the country’s sovereignty by a “foreign” force. We saw a similar sentiment in February 2015 when the Myanmar National Democratic Alliance Army, a Kokang armed group, attacked military outposts in the north of the country.

While an official ethnic group, the Kokang are closely related to Han Chinese (some would say they are Han Chinese), and the offensive was launched from Chinese territory. Unsurprisingly, it was regarded as an attack by a foreign force on the country’s sovereignty – a view that the Tatmadaw encouraged – and support for the military spiked as a result.

Rape accusations

Human rights groups and international media outlets have reported accusations of rape being conducted by Tatmadaw soldiers on Rohingya women fleeing the violence.  The government has vehemently dismissed these allegations.

In fact, minutes after the December 23 post on the State Counsellor’s page about the decapitated Muslim man in Rakhine State, a new post was published accusing Rohingya women of fabricating stories of rape. The post was published under the headline “fake rape”.

Dozens, perhaps hundreds, of women have made the accusations and they should not be dismissed so flippantly by the government, especially given the Tatmadaw’s track record.

In 2014, the Women’s League of Burma released a report saying that more than 100 women and girls have been raped by Myanmar’s military since the 2010 election. “Due to restrictions on human rights documentation, WLB believes there are only a fraction of the actual abuses taking place,” the group said in a statement.

The report added that majority of the cases were reported in ethnic minority areas. For many years, civil society groups, particularly those operating in ethnic minority areas, have published reports of Tatmadaw soldiers raping women.

In 2011, Aung San Suu Kyi herself said that rape was being used as a tool of war in Myanmar. In a video for the Nobel Women’s Initiative, she said: “Rape is used in my country as a weapon against those who only want to live in peace, who only want to assert their basic human rights. It is used as a weapon by armed forces to intimidate the ethnic nationalities and to divide our country. This is how I see it. Every case of rape divides our country.”

Despite this, the rape accusations are now dismissed out of hand. In November, a Rakhine parliamentarian told the BBC that Myanmar soldiers couldn’t have possible raped Rohingya women because “they are very dirty” and have a “low standard of living”.

It is a viewpoint that has seeped into the public conscious too. In private conversations I have heard it uttered that the Rohingya women are “not attractive” and therefore would not be raped. Apart from being ugly language, it also ignores the fact that rape is more often about showing power over a particular person, or group of people, than sexual attraction.

There is no doubting that the situation in Rakhine State is incredibly complex, and the local Rakhine population understandably feel some fear about the new insurgency there. But progress needs to be made, and blanket denials do not help. A serious plan needs to be put in place to start to build trust between communities there again.

Voir encore:

 

 

Pâques sanglantes au Sri Lanka. Près de 300 morts et 500 blessés dans une série d’attentats quasi simultanés contre des cibles catholiques ou étrangères. Probablement un record de tous les temps — hormis le 11 Septembre — pour le nombre de tués par terrorisme, dans un seul pays et en une seule journée.

Dans un État insulaire pourtant dominé par les confessions bouddhiste et hindouiste, c’est la « piste islamiste » qui ressort ! Une fois de plus, et là où on ne l’attendait pas…

Trois ans après le carnage anti-chrétien de Lahore, au Pakistan (plus de 70 morts dans un parc, le jour de Pâques 2016), deux ans après le massacre du dimanche des Rameaux en Égypte (attentats anti-coptes dans deux villes, dont Alexandrie, plus de 40 morts), l’horreur pascale frappe à nouveau.

Dans tous ces cas, la majorité des victimes sont chrétiennes, et la main criminelle islamiste.

Avec des preuves qu’il dit détenir, le gouvernement de Colombo (épaulé par Interpol et le FBI) accuse un mouvement extrémiste musulman local, le National Thowheeth Jama’ath (sigle NTJ, ou « Association nationale monothéiste »). Mais devant le caractère finement coordonné des attentats, il ajoute aussitôt qu’il y a, derrière, « un réseau international sans lequel ces attaques n’auraient pas pu réussir ».

Les cibles choisies et le modus operandi pointent en effet dans cette direction.

Dans ce pays, les confessions chrétienne et musulmane sont plutôt marginales. Mais elles se retrouvent propulsées acteurs principaux du drame…

On trouve au Sri Lanka 7 ou 8 % de catholiques et quelque 10 % de musulmans. La majorité cingalaise, surtout associée au bouddhisme, représente près des trois quarts de la population totale, tandis que la minorité tamoule (hindouiste) fait entre 12 et 15 %.

Le Sri Lanka a un passé violent. De 1979 à 2009, ce fut un pays coupé en deux, avec un mouvement insurrectionnel qui terrorisait sa propre population. Face à celui-ci, un État central également féroce, à son tour impitoyable dans la victoire et la vengeance contre la minorité tamoule.

On dit que les Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE), qui voulaient séparer le nord du reste du pays, ont le douteux honneur d’avoir inventé, dans les années 1970, le kamikaze moderne avec sa ceinture explosive.

Aujourd’hui, les LTTE ne sont plus. Leur guerre avec Colombo était une affaire locale, nationale, territoriale. Assez peu religieuse, et non reliée à des réseaux, hormis le racket des communautés tamoules de l’étranger. Au XXIe siècle, la méthode du kamikaze a fait florès, reprise par la filière islamiste. Une filière qui, aujourd’hui, pénètre un territoire où elle n’existait pas encore il y a peu. Le Sri Lanka cingalo-tamoul, bouddhiste-hindouiste, avec une histoire périphérique et régionale… devient soudain le théâtre de l’une des plus grandes attaques islamistes de l’histoire moderne.

Autour du Sri Lanka, il y a tout un contexte en Asie, avec la remontée des tensions intercommunautaires et interconfessionnelles.

Il y a l’hindouisme radical, incarné par le premier ministre indien, Narendra Modi. Dans la campagne électorale qui s’achève, il a joué sa réélection en agitant la carte communautaire et confessionnelle. L’idéal laïque du « mahatma » Gandhi paraît bien éloigné…

En Birmanie, il y a des bouddhistes haineux — cela existe — qui appuient l’oppression militaire menée depuis des années contre la minorité musulmane des Rohingyas.

On le voit, aucune confession n’a le monopole de cette résurgence hideuse. Mais la palme de l’activisme, en ce début de XXIe siècle, revient sans conteste à l’islam radical.

En Indonésie, premier pays musulman du monde avec ses 265 millions d’habitants, longtemps terre d’une religion syncrétique et souple, les récentes élections ont donné à voir une ascension spectaculaire. Celle d’un islam militant, intolérant, qui « fait la police » contre les citoyens.

Cette remontée a infecté jusqu’aux grands partis politiques : le président, Joko Widodo, naguère une incarnation de la tolérance, vient de gagner sa réélection au prix de compromissions avec les radicaux.

Aux Philippines, l’insurrection islamiste du sud, violente et intransigeante, ne se dément pas malgré les rodomontades du président, Rodrigo Duterte. Au Bangladesh, la Ligue Awami, grand parti historique et laïque, s’allie maintenant aux religieux pour se maintenir…

Laïcité, laïcité, que deviens-tu ?

Voir aussi:

La montée de la rhétorique bouddhiste nationaliste en Asie

AFP/le Point

Birmanie : quand le bouddhisme prêche la haine

Le moine Ashin Wirathu est le plus influent des prêcheurs de haine en Birmanie. Une haine anti-Rohingya et plus largement islamophobe, loin des idéaux de non-violence et de tolérance attachés au bouddhisme. Alors que la police birmane a émis ce mardi un mandat d’arrêt à son encontre, nous publions ici l’intégralité de notre reportage sur le bouddhisme radical au pays d’Aung San Suu Kyi paru en avril 2017. Une enquête au cours de laquelle nos journalistes Manon Quérouil et Véronique de Viguerie ont rencontré l’énigmatique « Vénérable ».

Dans sa robe safran, face caméra, Ashin Wirathu ne se départit jamais de son petit sourire satisfait, même pour dire les pires atrocités. Barbet Schroeder le laisse déblatérer. Les musulmans ? « Comme les poissons-chats en Afrique, ils se reproduisent très vite et se mangent entre eux. » Le bouddhisme ? « Une armée dont naissent des combattants. Il doit agir comme un rempart contre l’islam. » Les Rohingya (minorité musulmane apatride persécutée en Birmanie depuis des décennies) ? « Il n’y a jamais eu d’ethnie rohingya dans l’histoire. Aussi, on le sait, c’est pour obtenir de l’aide internationale qu’ils brûlent leurs maisons. »

Images d’archives, images amateurs, entretiens, rapports et cartes à l’appui, Barbet Schroeder illustre et décortique avec finesse l’engrenage du mal : incitation à la haine et à la « protection de la race », propagande, culte de la personnalité… Une mécanique sidérante qui, en Birmanie, conduit aux persécutions dont sont victimes les minorités musulmanes, à commencer par les Rohingya. Glaçant (il est d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans), le documentaire n’en est pas moins captivant.

Notre journaliste Manon Querouil, elle, n’est pas près d’oublier sa rencontre avec Ashin Wirathu. Elle se souvient d’avoir commis une « belle bourde » en s’installant sur une chaise face à lui. « D’un geste du bras, il m’a signifié que je devais prendre place à terre, à un niveau inférieur au maître. J’ai dû mener toute mon interview à même le sol ! » En revanche, ce pro de la communication s’est prêté sans regimber à l’objectif de notre photographe, Véronique de Viguerie. Voici leur reportage.

Ces bouddhistes qui prêchent la haine

Septembre 2016. En un clin d’œil, le temple de Sulamuni est arraché à sa torpeur millénaire et transformé en fourmilière. Sur la pointe de leurs pieds nus, comme le veut la tradition bouddhiste, des centaines de fidèles bondissent pour échapper aux morsures du sol brûlant, franchissent en courant le cordon de sécurité et se précipitent au chevet du plus célèbre monument de Bagan, hélas privé de sa toiture et de sa flèche. La capitale du premier royaume birman, superbe site archéologique aux 2 000 pagodes construites entre le XIe et le XIIIe siècle, a été gravement endommagée par un tremblement de terre le mois précédent. Bientôt, les travaux officiels de reconstruction commenceront. En attendant, entonnant à pleins poumons l’air guilleret de l’hymne national birman, une foule prend d’assaut les échafaudages en bois et commence à déplacer de lourdes pierres sous un soleil de plomb. Juché sur un monticule de gravats, impérial dans sa robe safran, Ashin Wirathu joue avec naturel les chefs de chantier. Un téléphone à chaque oreille, le moine distribue ses consignes tout en prenant la pose pour les admirateurs qui l’accompagnent dans tous ses déplacements. Le leader charismatique de Ma Ba Tha, l’acronyme birman du Comité pour la protection de la race et de la religion, semble dans son élément sous les flashes qui crépitent et dans les forêts de portables qui s’érigent sur son passage.

Estrade, mégaphones, cameramen accrédités : chacune des apparitions publiques de Wirathu fait l’objet d’une mise en scène très éloignée de l’exigence ascétique de la religion. Ce jour-là, un drone sillonne même le ciel pour immortaliser l’événement – bourdonnement incongru dans la quiétude de ce lieu sacré. Pourtant, la consigne est de rester discret. C’est au terme de longues tractations que les portes du temple, fermées au public en attendant les travaux de rénovation, se sont ouvertes pour Wirathu et ses supporters. Et le gouvernement, visiblement soucieux que se propage la nouvelle de cette clique d’archéologues dilettantes sur un site candidat à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial, a simplement demandé au bonze adepte des réseaux sociaux de ne publier aucune photo sur son compte Facebook… Cet épisode en dit long sur l’influence de Wirathu, passé à la postérité en juillet 2013 en faisant la couverture du magazine Time, dont le numéro a été interdit de parution en Birmanie et au Sri Lanka. Titre du dossier : « Le visage de la terreur bouddhiste. » Des termes a priori antagonistes, pourtant réconciliés par le moine iconoclaste à coups de discours haineux et de déclarations islamophobes.

Synonyme, aux yeux du monde, de paix et de tolérance, le bouddhisme n’échappe pas à une dérive fondamentaliste qui s’est développée sur la base d’un rejet violent d’une autre religion : l’islam. En Birmanie, au Sri Lanka, en Thaïlande ou en Inde, certains moines incitent à la violence envers les musulmans, vandalisent leurs commerces et brûlent les mosquées. Une hostilité dont les racines plongent dans un lointain passé : « La destruction des grands centres bouddhistes par les musulmans aux XIIe et XIIIe siècles a été vécue comme un traumatisme historique qui a forcément laissé des traces », estime Sofia Stril-Rever, indianiste et biographe française du Dalaï-lama (avec lequel elle a cosigné l’ouvrage Nouvelle réalité, éd. des Arènes, 2016). L’université bouddhiste de Nalanda, dans le nord de l’Inde, rasée au XIe siècle par les musulmans, a d’ailleurs été récemment reconstruite. Mille ans plus tard. « Un besoin d’exorciser ce passé », explique Sofia Stril-Rever. Le dynamitage, il y a quinze ans en Afghanistan, des bouddhas de Bamyan par les talibans, et plus généralement l’essor de la mouvance islamiste radicale, ont contribué à l’émergence d’un courant fondamentaliste au sein du bouddhisme.

L’opinion occidentale ignore souvent tout des subtilités de cette religion traversée par trois courants principaux (le mahayana, le theravada et le vajrayana), eux-mêmes divisés en plusieurs écoles de pensée. En Birmanie où, d’après le recensement publié l’an dernier, 88 % de la population pratique le bouddhisme – essentiellement theravada – selon le recensement réalisé en 2014, religion et identité nationale sont étroitement liées. Les moines sont les gardiens du culte et de la nation. Et ce, depuis longtemps. Quand le pays se libéra de la tutelle britannique, en janvier 1948, les militaires qui accédèrent au pouvoir n’avaient qu’une obsession : préserver l’unité d’un pays caractérisé par sa pluralité ethnique, avec 137 minorités officiellement reconnues. Pour y parvenir, la junte s’est appuyée sur le sangha, la hiérarchie bouddhiste, en échange de la construction de monuments religieux et de dons publics particulièrement généreux.

Mais en 2007, la « révolution de safran », initiée par des milliers de moines en colère (contre la flambée des prix du pétrole, notamment) et réprimée dans le sang, a installé une distance avec le pouvoir et initié le processus de démocratisation. Tout en modifiant l’équilibre des forces au sein de la communauté monastique : « Au lendemain de la révolution, les religieux les plus progressistes ont été purgés du clergé ou se sont exilés pour échapper à la répression militaire, créant un vide au sein du sangha et permettant aux éléments les plus conservateurs de prendre le dessus », analyse Kirt Mausert, chercheur à l’Institut pour l’engagement politique et civique (iPACE), à Rangoun.

Dans les années 2000, des moines originaires de l’Etat Mon, dans le sud du pays, ont lancé une campagne baptisée 969 – un chiffre sacré faisant référence aux trois joyaux du Bouddha – qui appelait au boycottage des commerces musulmans. Ashin Wirathu, fils d’un chauffeur de bus et d’une femme au foyer originaire de la région de Mandalay, prit la tête du mouvement à sa sortie de prison en janvier 2012, après avoir purgé une peine de onze ans pour incitation à la haine raciale. 969 fut interdit un an plus tard suite à de violentes émeutes interraciales. Alors, Wirathu créa Ma Ba Tha pour poursuivre sa croisade contre les musulmans.

Surfant sur une peur millénaire de déclin de la société, le groupe ultranationaliste connaît une croissance spectaculaire : il revendique aujourd’hui plus de dix millions de sympathisants (sur cinquante et un millions de Birmans), ainsi que 300 bureaux régionaux. Ses sources de financement sont obscures. Officiellement, Ma Ba Tha tire l’essentiel de ses revenus de ses activités de prêche et des donations de la communauté bouddhiste. Mais en réalité, le groupe dispose de moyens colossaux que le denier du culte ne suffit pas à expliquer : « Il faut voir le faste déployé à chaque congrégation « , note Htet Khaung Linn. Ce reporter au Myanmar Now, un quotidien en ligne, estime la fortune du groupement à « plusieurs millions de dollars » – les moines ne possédant rien en leur nom propre – et pointe certains cronies, les businessmen richissimes proches de la junte, comme des mécènes importants, mais discrets.

Cet argent est mis au service d’une propagande qui cible principalement les 1 500 000 Rohingya de l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du pays. Depuis 1982, cette minorité musulmane ne fait plus partie des ethnies reconnues par la Constitution. Aujourd’hui, les enfants rohingya n’ont même plus droit à un certificat de naissance. Dans un silence assourdissant, ces apatrides survivent pour la plupart grâce à l’aide alimentaire internationale, dans un agglomérat de camps et de villages de désolation. L’emploi même du terme « Rohingya », qui signifie « habitant du Rohang », ancien nom de l’Arakan pour les musulmans de ces régions, est un point de contentieux. Selon les autorités, il s’agit de « Bengalis », des immigrés illégaux qui se seraient inventé une identité pour revendiquer des droits sur le sol birman. Certains historiens estiment qu’ils seraient de lointains descendants de soldats et de commerçants arabes, turcs ou bengalis convertis à l’islam au XVe siècle. Mais pour la majorité des Birmans, ils ont été importés du Bangladesh voisin par des colons britanniques à la fin du XIXe siècle.

Parmi la foule réunie à Bagan, plusieurs volontaires venus prêter main-forte au chantier arborent des tee-shirts avec un logo « No Rohingya ». « Personne n’en veut ici ! » affirme Ko Htein Lin, un petit commerçant de 36 ans qui a adhéré au mouvement 969 en 2012. A l’époque, des émeutes avaient secoué l’Arakan suite au viol d’une bouddhiste attribué à un musulman. Un point de fracture qui a marqué le début d’une série de massacres de Rohingya, accompagnés d’amalgames dangereux et de la crainte répandue d’une supposée progression de l’islam dans le pays. Les résultats du recensement de 2014, publiés en juillet dernier, montrent qu’en réalité la part de la population musulmane est restée plutôt stable en trente ans, passant de 3,9 % en 1983 à 4,3 % (simple estimation officielle, les Rohingya, apatrides, n’ayant pas été formellement recensés). Des chiffres têtus, qui ne suffisent pas à rassurer les bouddhistes. « Les musulmans se reproduisent à la vitesse de l’éclair pour mieux nous envahir. Nous avons besoin de Ma Ba Tha pour préserver notre race ! » La sentence émane d’une coquette octogénaire aux manières exquises, sanglée dans un sarong rose dans lequel elle tente de dissimuler un dos bossu. Mme Sadhama est une inconditionnelle de la première heure de Wirathu, qu’elle héberge gracieusement dans son petit hôtel de Bagan avec sa garde rapprochée.

Le Vénérable est là, comme un coq en pâte, sirotant un thé face à la jungle environnante, les yeux perdus dans le soleil couchant. Des joues rondes, l’œil pétillant et un sourire d’enfant, l’incarnation de la « terreur bouddhiste » n’a pas le physique de l’emploi. Comme pour mieux contredire cette étiquette d’extrémiste qui lui colle à la toge, le bonze ne se départit jamais d’un masque de bonté impénétrable. Contrairement à la plupart de ses coreligionnaires, il est entré en religion sur le tard, à l’âge de 16 ans : « Mes parents avaient d’autres ambitions pour moi, dit-il. Ils me rêvaient roi, pas moine. » Au fil des ans, Wirathu est parvenu à concilier ambitions personnelles et familiales, devenant en quelque sorte… le roi des moines. La formule le fait sourire, lui qui ne cache pas son appétence pour le pouvoir. Au monastère, le postulant délaissait volontiers les écrits de Bouddha pour des ouvrages de géopolitique, et se passionnait pour les manipulations et les coups tordus auxquels se livraient la CIA et le KGB au plus fort de la guerre froide. « Ces récits d’espionnage ont forgé mon sens tactique autant que ma conscience politique », confie-t-il.

Pas question de céder à l’attentisme. Wirathu cherche coûte que coûte à diffuser ses idées en occupant le terrain. Son opération de restauration du patrimoine en témoigne, mais également ses collectes de sang, ses programmes de microcrédits ou d’assistance juridique. Sous son patronage, le premier établissement d’enseignement supérieur entièrement gratuit du pays a vu le jour en juin dernier à Ngwe Nant Thar, dans le district de Rangoun. Cent cinquante élèves en uniforme impeccable y étudient dans un calme impressionnant. L’immense bâtiment flambant neuf, construit grâce à une donation d’un riche homme d’affaires, tranche avec les établissements scolaires publics insalubres qui remontent à l’époque coloniale. Ma Ba Tha étend ses tentacules dans toutes les sphères de la société birmane, distillant au passage ses mantras islamophobes (comme : « Il vaut mieux épouser un chien qu’un musulman. ») Son centre monastique de Mandalay, le plus grand du pays, accueille 2 800 élèves qui reçoivent les enseignements de Bouddha. Et ceux, plus personnels, du maître des lieux. A l’entrée, un panneau tapissé de photos d’exactions imputées à des groupes djihadistes accueille le visiteur (voir photo ci-dessous). Des images insoutenables de têtes coupées et de cadavres sanguinolents, devant lesquelles le ballet des novices passe, sans plus les remarquer.

Mais le goût de la provocation dont fait preuve Wirathu commence à embarrasser le comité de direction de Ma Ba Tha qui, depuis la victoire de la Ligue nationale démocratique – le parti dirigé par la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi – aux élections de novembre 2015, prend ses distances avec ce trublion médiatique. Aujourd’hui, le docteur U Thaw Parka, porte-parole officiel du groupe, tient à préciser que les déclarations de Wirathu « n’engagent que lui », et se désole de cette image d’ »extrémistes en robe » que ses partisans donnent dans les médias. Le groupe cherche à mettre en avant ses oeuvres sociales et délègue les actions politiques à des formations ultranationalistes comme l’Union des moines patriotes.

Ce groupe de jeunes bonzes virulents, qui reste discret sur ses effectifs, est à l’origine d’une série de manifestations organisées à Rangoun en septembre dernier. Leur but : protester contre la mission d’observation consacrée à la situation des Rohingya dans l’Etat d’Arakan, confiée à l’ancien secrétaire général de l’ONU. « Nous ne voulons pas de Kofi Annan, ce fils de p… », s’égosillait au micro, lors d’une de ces manifestations, U Thu Seikkta, secrétaire du mouvement et candidat sérieux à la réincarnation de la « terreur bouddhiste », sous des traits plus juvéniles. Le moine de 29 ans ne cache d’ailleurs pas son admiration pour Wirathu, son illustre aîné, et n’hésite pas à présenter les Moines patriotes comme le « bras armé » de Ma Ba Tha : « Bouddha a dit que nous devions protéger notre pays, explique-t-il. Je pense que c’est de la responsabilité des moines de défendre l’identité nationale. »

Quelques jours avant, le groupe a organisé le rachat et la libération de centaines de vaches et de moutons qui étaient destinés aux sacrifices pour l’Aïd el-Kébir. Depuis des années, cette fête religieuse, l’une des plus importantes pour les musulmans, cristallise les tensions entre communautés. Les lieux autorisés pour le sacrifice des moutons sont de plus en plus restreints et confinés en bordure des villes. C’est le cas à Meiktila. Dans cette ville endormie d’environ 900 000 habitants dans le centre du pays, l’importante communauté musulmane s’apprête à de discrètes célébrations pour l’Aïd. En 2013, elle a été au coeur d’une flambée de violence avec des citadins bouddhistes, causant la mort d’au moins une cinquantaine de personnes.

« La première nuit, une horde de bouddhistes armés de couteaux a débarqué dans notre quartier, se souvient Shansull Nisa, 70 ans. Ils jetaient des pierres contre nos fenêtres en hurlant, nous étions terrifiés. Nous avons été plus de 2 000 à fuir pour trouver refuge au stade de football. Si des moines ne nous avaient pas escortés, nous serions tous morts… » La vieille dame, les cheveux gris et les ongles orangés de henné, raconte son histoire, sans pathos. Cette nuit-là, elle a perdu son mari, son fils, son petit-fils de 6 ans et sa petite-fille de 9 ans, lynchés par une foule en furie. Elle n’a jamais regagné sa maison et vit toujours, comme une dizaine de familles, sous une tente près du stade, où elle ressasse son chagrin et son incompréhension. « Nos agresseurs sont les mêmes personnes avec lesquelles nous lavions chaque jour nos vêtements dans la rivière. » Aujourd’hui, la jungle a envahi la mosquée centenaire de Meiktila. Après les émeutes, le cimetière musulman a été rasé par des bulldozers pour y construire un centre d’affaires – resté vide depuis –, et des pans entiers de quartiers restent fantômes.

Depuis cette époque, la confiance n’est jamais revenue. Du côté des bouddhistes, elle a laissé place à un racisme ordinaire. Ti Ti Win, 55 ans, est professeure de mathématiques. Une femme sans histoires, habitée par la peur, mais aussi par la haine : « Les musulmans sont des fauteurs de troubles, affirme-t-elle. Ils prétendent garder des couteaux dans leurs mosquées pour les sacrifices d’animaux, mais nous, nous savons qu’ils peuvent s’en servir à tout moment contre nous. » Ti Ti Win rêve à voix haute d’une Birmanie débarrassée de ses musulmans. Sa voisine, Daw Puu Suu, 51 ans, aussi : « Nous n’avons rien à faire avec eux, dit-elle. Leur simple vision me met mal à l’aise. » Meiktila est désormais coupée en deux par une frontière invisible. Sur la vingtaine de mosquées que comptait la ville, seules trois restent autorisées.

« Depuis 2013, nous sommes traités comme une menace pour la sécurité nationale », se désole l’imam Mu Ishaquel, qui a vu trente et un des élèves de la madrasa du centre-ville où il enseignait brûlés vifs lors des attaques. L’homme se souvient de ce temps pourtant pas si lointain où il dormait dans les monastères et aidait les moines à traduire du sanskrit des textes sacrés. Aujourd’hui, le religieux dit avoir peur de marcher seul dans la rue avec sa barbe fournie. Il enlève sa calotte quand il voyage et rêve de quitter le pays. Des « cartes vertes » ont récemment été distribuées aux musulmans de Meiktila en remplacement de leurs papiers d’identité détruits lors des émeutes. Elles leur confèrent un statut de citoyen associé et les privent de nombreux droits, comme celui d’aller à l’université, de monter une entreprise ou encore de se présenter à des élections. « Nous sommes nés ici ! s’insurge l’imam. C’est une insulte, une façon de nous tuer une seconde fois. » Un racisme institutionnalisé.

Le signe, aussi, que les religieux bouddhistes extrémistes ont su se faire entendre du pouvoir. En 2015, dans l’indifférence générale, quatre lois ont été entérinées par le Parlement. Particularité : c’est le comité exécutif de Ma Ba Tha qui les a rédigées. Elles interdisent les conversions et les mariages entre une bouddhiste et un musulman, et imposent un délai minimum de trois ans entre chaque naissance dans les régions à majorité musulmane. Comme beaucoup de musulmans, Ismaël, un professeur de Rangoun (qui préfère rester anonyme), avait eu l’espoir que les choses s’améliorent avec la victoire écrasante de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, aux élections législatives en novembre 2015, pour laquelle la communauté a massivement voté.

Aujourd’hui, son constat est amer : « Nous ne sommes absolument pas protégés par ce nouveau gouvernement, qui cherche avant tout à ménager les militaires et les moines, dit-il. Les bouddhistes restent des citoyens de première classe, les chrétiens, de seconde classe, les musulmans, de troisième classe. Quant aux Rohingya, ils sont carrément en enfer ! » Perçue dans un premier temps comme un camouflet pour Ma Ba Tha, qui avait activement soutenu le gouvernement sortant, la victoire d’Aung San Suu Kyi ne constitue pas le rempart attendu contre les violences religieuses. Comme le prouve l’assassinat, le 29 janvier dernier, de Kyi Ko Ni, conseiller juridique de la « dame de Rangoun » et grande voix de la tolérance dans le pays. Cet avocat musulman cherchait notamment à faire réviser les quatre lois sur la race et la religion, et travaillait à la rédaction d’un texte législatif afin de criminaliser les discours de haine. Un rempart juridique pour barrer la route aux mouvements extrémistes, après la flambée de violence de la fin de l’année dernière.

Le 8 octobre 2016, des postes de police installés à la frontière avec le Bangladesh ont été pris pour cible par de petits groupes d’assaillants rohingya. L’attaque, qui a causé la mort de neuf policiers, a été revendiquée dans une vidéo reprenant les codes de l’Etat islamique. La violence djihadiste serait-elle en train de gagner le far west birman ? Aucune preuve n’en a été apportée, mais l’armée n’a pas attendu confirmation pour se livrer à des représailles, faisant des centaines de morts. En février, les Nations unies ont publié un rapport accablant sur les meurtres et les viols perpétrés contre les civils rohingya dans la région de Maungdaw, dans le nord de l’Etat d’Arakan. Lors de sa visite en France en septembre, le Dalaï-lama déclarait que « si la haine continue de répondre à la haine, la haine ne cessera jamais ». Les moines en robe safran feront-ils mine de l’ignorer ?

Voir enfin:

Pogroms that we cannot ignore

The  JC

April 21, 2013

The Holocaust, as we know, was not a sudden event and nor is it – as some well-meaning (mostly) religious people often suggest – incomprehensible. Its scale, its ambition was what was remarkable about it. How it came about is not amazing at all.

The most important precondition for the attempt to murder all of Europe’s Jews was successfully to depict them as a malign « other »- as not-quite-people who, by existing, represented an existential threat to the majority. So historic ideas about Jewish separateness and hostility to the « goodness » of Christ and Christianity became, in the modern era, ideas about the illegitimate accretion of power, the undermining of the natural community and conspiracies.

The tropes of ancient antisemitism slowly morphed into those of modern antisemitism and as they did, prepared the way for what came later. The early brickwork for the gas chambers was laid in the acts of exclusion and literal stigma: the word « Jew » in passports, laws about what jobs Jews could do, the boycotting of Jewish businesses, the depictions in cartoons and films.

Of course, you knew this and if you have to read another article about the Holocaust you’ll scream. Doesn’t he have anything else to write about etc? I understand. But I have a very specific reason for having tried your patience with the above. It is to compare the process of « othering » the Jews with what is happening to a group of Muslims in Burma.

To give a very brief recapitulation. In western Burma there are hundreds of thousands of « Rohingya » Muslims, originally from Bengal. The majority population is Buddhist and ethnically Burmese and for years Burmese governments have refused to recognize the Rohingya as Burmese citizens. They have, however, nowhere else to go and have built lives for themselves in the Arakan province.

For years there has been a campaign against them by Burmese nationalists, including that strange phenomenon, Buddhist extremists. But what have been dubbed « tensions » have become something else. In the last few months, in what can only be described as pogroms, Rohingyas have seen mosques and shops taken over and their houses burned. Some have been murdered. Hundreds of thousands have been displaced, many to internal refugee camps.

But what must worry any Jew with a memory is the language of the persecutors. One of the leaders of the anti-Rohingya campaign is a Buddhist monk from Mandalay, who preaches a message that is horribly familiar. Take these elements from a recent speech:

Wirathu warns that the Buddhist public needs to adopt a « nationalist mindfulness » in everything it does, otherwise the « Kalars » (a derogatory term for ethnic Bengalis) will take over. These « Kalars » and their influence have prevented Aung San Suu Kyi speaking out for true Burmese people. Muslims are taking over important positions in politics. Now Rangoon is at risk of falling into the Muslims’ hands. And, of course, Muslims only think of their own interests.

He cites examples of Buddhist religious sensitivities being assaulted by Muslims and Muslim businessmen and asserts that no-one « will protect the Buddhist faith ». So Buddhists must act. « We must do business or otherwise interact with only our kind: same race and same faith » shopping only at shops marked with the sign of a Buddhist owner. Buddhists must use Buddhist owned buses even when Muslim buses are cheaper, « otherwise the enemy’s power will rise ».

« Consider that extra you have to pay, » he exhorts, « as your contribution to your race and faith ». Finally, « once we have won this battle we will move on to other targets ».

Wirathu is a modern Nazi, is he not? Which means we know where this one is going and where, if nothing is done, it may end up.

Voir enfin:

Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Bernard Faure
Sciences humaines

Juin-Juillet-Août 2003

La cause semble entendue : le bouddhisme est une religion tolérante, sinon « la » religion de la tolérance. Mais cette tolérance – au demeurant discutable – est-elle liée à la nature du bouddhisme, ou est-elle le fruit de nécessités historiques et politiques ?

Dès son origine, le bouddhisme insiste sur la compassion envers autrui : le premier bouddhisme, dit Theravâda, toujours présent en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka, met l’accent sur une introspection personnelle qui doit permettre de comprendre la nature de nos rapports avec l’autre (pour les débuts du bouddhisme, voir l’article, pp. 22-25 ; pour son histoire, voir la carte p. 26 et l’encadré, pp. 30-31). Il n’y a pas de dogme fondamental, en dehors de quelques notions issues de l’hindouisme. Il n’existe pas non plus d’autorité ecclésiastique ultime. Ces deux traits font qu’il est de prime abord difficile de parler d’orthodoxie, et à plus forte raison de fondamentalisme bouddhique. Les bouddhismes, par nature pluriels, ont su accueillir en leur sein les doctrines les plus diverses.

Plus tard, le bouddhisme Mahâyâna (« grand véhicule »), aujourd’hui répandu en Chine, en Corée, au Japon et au Viêtnam, prône la compassion pour tous les êtres, même les pires. Ce sentiment de communion est fondé sur la croyance en la transmigration des âmes, laquelle conduit les êtres à renaître en diverses destinées, humaines et non-humaines. Le Mahâyâna insiste sur la présence d’une nature de bouddha en tout être.

Quant au bouddhisme Vajrayâna (ésotérique, tantrique), issu du Mahâyâna et aujourd’hui localisé au Tibet et en Mongolie, il offre une vision grandiose de l’univers tout entier, qui n’est autre que le corps du Bouddha cosmique. A l’époque contemporaine, compassion et tolérance sont devenues, en partie par la personne médiatique du dalaï-lama actuel, icône moderne du bouddhisme tibétain, l’image de marque même du bouddhisme dans son ensemble.

Les penseurs bouddhistes ont rapidement élaboré des concepts propres à expliquer divers degrés de vérité. Le Bouddha lui-même, selon un enseignement ultérieurement synthétisé, notamment par le Mahâyâna, prêchait ainsi une vérité conventionnelle (accessible à tous), adaptée aux facultés limitées de ses auditeurs, réservant la vérité ultime à une élite spirituelle. Ce recours constant à des expédients salvifiques (upâya), balisant des voies différentes et plus ou moins difficiles d’accès au salut, rend le dogmatisme difficile, car tout dogme relève du domaine de la parole, donc de la vérité conventionnelle.

Un syncrétisme militant

Ces théories vont faciliter diverses formes de syncrétisme ou de synthèse, comme celles de Zhiyi (539-597) et de Guifeng Zongmi (780-841) en Chine, de Kûkai (774-835) au Japon, et de Tsong-kha-pa (1357-1419) au Tibet. Il s’agit généralement d’une sorte de syncrétisme militant, par lequel les cultes rivaux (religion bön au Tibet, confucianisme et taoïsme en Chine, shinto au Japon…) sont intégrés à un rang subalterne dans un système dont le point culminant est la doctrine de l’auteur. Ces élaborations aboutissent rapidement à faire du bouddhisme un polythéisme, qui assimile et mêle dans ses panthéons les dieux des religions qui lui préexistaient (de l’hindouisme, du bön, du taoïsme…). Au demeurant, la pratique n’a pas toujours été aussi harmonieuse que la théorie. On observe par exemple dans le bouddhisme chinois et japonais, entre les viiie et xiiie siècles de notre ère, une tendance marquée par l’adoption d’une pratique unique (par exemple la méditation assise, ou la récitation du nom du bouddha Amida), censée subsumer toutes les autres. Ainsi de certaines écoles du courant de l’amidisme, chinois et japonais, qui postulent que celui qui récite simplement une formule cultuelle au moment de mourir se voit garantir sa réincarnation au paradis de la Terre pure.

Mais c’est surtout en raison de son évolution historique que le bouddhisme est conduit à faire des accrocs à ses grands principes. Le principal écueil réside dans les rapports de cette religion avec les cultures qu’elle rencontre au cours de son expansion. L’attitude des bouddhistes envers les religions locales est souvent décrite comme un exemple classique de tolérance. Il s’agit en réalité d’une tentative de mainmise : les dieux indigènes les plus importants sont convertis, les autres sont rejetés dans les ténèbres extérieures, ravalés au rang de démons et, le cas échéant, soumis ou détruits par des rites appropriés. Certes, le processus est souvent représenté dans les sources bouddhiques comme une conversion volontaire des divinités locales. Mais la réalité est fréquemment toute autre, comme en témoignent certains mythes, qui suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle.

C’est ainsi que le Tibet est « pacifié » au viiie siècle par le maître indien Padmasambhava, lorsque celui-ci soumet tous les « démons » locaux (en réalité, les anciens dieux) grâce à ses formidables pouvoirs. Un siècle auparavant, le premier roi bouddhique Trisong Detsen a déjà soumis les forces telluriques (énergies terrestres de nature « magique » qui influencent individus et habitats), symbolisées par une démone, dont le corps recouvrait tout le territoire tibétain, en « clouant » celle-ci au sol par des stûpas (monuments commémoratifs et souvent centres de pèlerinage) fichés aux douze points de son corps. Le temple du Jokhang à Lhasa, lieu saint du bouddhisme tibétain, serait le « pieu » enfoncé en la partie centrale du corps de la démone, son sexe.

Ce symbolisme, décrivant la « conquête » bouddhique comme une sorte de soumission sexuelle, se retrouve dans un des mythes fondateurs du bouddhisme tantrique, la soumission du dieu Maheshvara par Vajrapâni, émanation terrifiante du bouddha cosmique Vairocana. Maheshvara est l’un des noms de Shiva, l’un des grands dieux de la mythologie hindoue. Ce dernier, ravalé par le bouddhisme au rang de démon, n’a commis d’autre crime que de se croire le Créateur, et de refuser de se soumettre à Vajrapâni, en qui il ne voit qu’un démon. Son arrogance lui vaut d’être piétiné à mort ou, selon un pieux euphémisme, « libéré », malgré la molle intercession du bouddha Vairocana pour freiner la fureur destructrice de son avatar Vajrapâni. Pris de peur, les autres démons (dieux hindous) se soumettent sans résistance. Dans une version encore plus violente, le dieu Rudra (autre forme de Shiva) est empalé par son redoutable adversaire. Le mythe de la soumission de Maheshvara se retrouve au Japon, même si, dans ce dernier pays, les choses se passent dans l’ensemble de manière moins violente. Certes, on voit ici aussi de nombreux récits de conversions plus ou moins forcées des dieux autochtnones. Mais bientôt, une solution plus élégante est trouvée, avec la théorie dite « essence et traces » (honji suijaku). Selon cette théorie, les dieux japonais (kami) ne sont que des « traces », des manifestations locales dont l’« essence » (honji) réside en des bouddhas indiens. Plus besoin de conversion, donc, puisque les kamis sont déjà des reflets des bouddhas.

Paradoxalement, la notion d’absolu dégagée par la spéculation bouddhique va permettre aux théoriciens d’une nouvelle religion, le soi-disant « ancien » shinto, de remettre en question la synthèse bouddhique au nom d’une réforme purificatrice et nationaliste. A terme, ce fondamentalisme shinto mènera à la « révolution culturelle » de Meiji (1868-1873), au cours de laquelle le bouddhisme, dénoncé comme religion étrangère, verra une bonne partie de ses temples détruits ou confisqués. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la religion officielle japonaise réinvestit les mythes shintos et s’organise autour du culte de l’Empereur divinisé, descendant du plus important kami national, la déesse du Soleil. Par contre-coup, le bouddhisme à son tour se réfugie dans un purisme teinté de modernisme, qui rejette comme autant de « superstitions » les croyances locales.

Le bouddhisme, les femmes et les hérésies

Comme on l’a vu, la métaphore qui inspire les récits de conversions des divinités locales est souvent celle de la soumission sexuelle. Dans ces récits, le bouddhisme est fondamentalement mâle, tandis que les cultes locaux sont souvent féminisés. La question des rapports du bouddhisme et des femmes constitue un autre cas de dissonance entre la théorie et la pratique.

L’histoire commence d’ailleurs assez mal. La tradition rapporte que le Bouddha refusa initialement, dans l’ordre qu’il venait de fonder, sa propre tante et mère adoptive, Mahâprâjapati. C’est après l’intervention réitérée de son disciple et cousin bien-aimé Ânanda que le Bouddha aurait fini par consentir à accepter l’ordination des femmes, non sans imposer à celles-ci quelques règles particulièrement sévères (en raison de l’extrême imperfection féminine). En outre, il prédit que, du fait de leur présence, la Loi (Dharma) bouddhique était condamnée à décliner au bout de cinq siècles.

En théorie, le principe de non-dualité si cher au bouddhisme Mahâyâna semble pourtant impliquer une égalité entre hommes et femmes. Dans la réalité monastique, les nonnes restent inférieures aux moines, et sont souvent réduites à des conditions d’existence précaires. Avec l’accès des cultures asiatiques à la modernité, les nonnes revendiquent une plus grande égalité. Toutefois, leurs tentatives se heurtent à de fortes résistances de la part des autorités ecclésiastiques. Tout récemment, les médias ont rapporté le cas d’une nonne thaïe physiquement agressée par certains moines pour avoir demandé une amélioration du statut des nonnes.

Le bouddhisme a par ailleurs longtemps imposé aux femmes toutes sortes de tabous. La misogynie la plus crue s’exprime dans certains textes bouddhiques qui décrivent la femme comme un être pervers, quasi démoniaque. Perçues comme foncièrement impures, les femmes étaient exclues des lieux sacrés, et ne pouvaient par exemple faire de pèlerinages en montagne. Pire encore, du fait de la pollution menstruelle et du sang versé lors de l’accouchement, elles étaient condamnées à tomber dans un enfer spécial, celui de l’Etang de Sang. Le clergé bouddhique offrait bien sûr un remède, en l’occurrence les rites, exécutés, moyennant redevances, par des prêtres. Car le bouddhisme, dans sa grande tolérance, est censé sauver même les êtres les plus vils…

La notion d’hérésie n’est que rarement employée dans le bouddhisme, et elle ne déboucha pas sur les excès de fanatisme familiers à l’Occident. On parle parfois des « maîtres d’hérésie » vaincus par le Bouddha, et en particulier de l’« hérésie personnaliste » ou « substantialiste », qui remettait en question le principe de l’absence de moi. Mais ces événements ne donnèrent pas lieu à des autodafés – peut-être parce qu’ils se développèrent au sein de traditions orales.

Le bouddhisme chinois se caractérise par une forte tendance syncrétique. Une exception est celle du chan (qui deviendra le zen au Japon) de l’école dite du Sud. Cette dernière rejette l’approche doctrinale traditionnelle, qualifiée de gradualiste, selon laquelle la délivrance ne s’acquiert qu’à la suite d’un long processus de méditation, au nom d’un éveil subit qui postule que la délivrance peut intervenir à n’importe quel moment. Le chef de file de l’école du Sud, Shenhui (670-762), s’en prend violemment à ses rivaux de l’école Chan du Nord en 732. Son activisme, exceptionnel parmi les bouddhistes chinois, lui vaut d’être envoyé en exil.

Au Japon, où les courants doctrinaux ont eu tendance à se durcir en « sectes », on trouve des exemples d’intolérance plus familiers à un observateur occidental. Ainsi, la secte de la Terre pure (Nembutusu), fondée par Hônen Shônin (1133-1212), dont les disciples, dans leur dévotion exclusive au bouddha Amida, jugent inutiles les anciens cultes (aux autres bouddhas, mais surtout aux kamis japonais) – minant par là-même les fondements religieux de la société médiévale. C’est pour réagir contre cette intransigeance, qui a conduit certains des adeptes de cette secte à l’iconoclasme, que ses rivaux la dénoncent et cherchent à la faire interdire. Hônen Shônin est envoyé en exil en 1207, et sa tombe est profanée quelques années plus tard.

Quant au maître zen Dôgen (1200-1253), fondateur de la secte Sôtô, il s’en prend à l’« hérésie naturaliste » – terme sous lequel il désigne pêle-mêle l’hindouïsme, le taoïsme, le confucianisme, et un courant rival du sien, l’école de Bodhidharma (Darumashû). Les termes par lesquels il condamne deux moines chinois, assassins présumés du patriarche indien Bodhidharma, en les qualifiant notamment de « chiens », sont caractéristiques d’un nouvel état d’esprit polémique. Une telle attitude a de quoi surprendre chez un maître en principe « éveillé », que l’on a voulu présenter comme l’un des principaux philosophes japonais.

Cet esprit se retrouve chez Nichiren (1222-1282), fondateur de la secte du même nom, qui se prend pour un prophète persécuté. Nichiren dénonce en particulier le zen comme une « fausse doctrine » qui n’attire que les dégénérés. Mais aucune des autres écoles du bouddhisme japonais ne trouve grâce à ses yeux. A l’en croire, « les savants du Tendai et du Shingon flattent et craignent les patrons du nembutsu et du zen ; ils sont comme des chiens qui agitent la queue devant leurs maîtres, comme des souris qui ont peur des chats » (Georges Renondeau, La Doctrine de Nichiren, Puf, 1953).

Il faut enfin mentionner les luttes intestines qui opposent, au sein de la secte Tendai (tendance majoritaire du bouddhisme japonais du viiie au xiiie siècle), les factions du mont Hiei et du Miidera. A diverses reprises, les monastères des deux protagonistes sont détruits par les « moines-guerriers » du rival. Les raids périodiques de ces armées monacales sur la capitale, Kyôto, défrayent les chroniques médiévales. C’est seulement vers la fin du xvie siècle qu’un guerrier à bout de patience, Oda Nobunaga (1534-1582), décide de raser ces temples et de passer par le fil du sabre les fauteurs de troubles.

Fondamentalismes bouddhiques

Les rapports du bouddhisme et de la guerre sont complexes. Dans les pays où il constituait l’idéologie officielle, il fut tenu de soutenir l’effort de guerre. Il existe également dans le bouddhisme tantrique un arsenal important de techniques magiques visant à soumettre les démons. Il fut toujours tentant d’assimiler les ennemis à des hordes démoniaques, et de chercher à les soumettre par le fer et le feu rituel.

Avec la montée des nationalismes au xixe siècle, le bouddhisme s’est trouvé confronté à une tendance fondamentaliste. Certes, la chose n’était pas tout à fait nouvelle. Dans le Japon du xiiie siècle, lors des invasions mongoles (elles-mêmes légitimées par les maîtres bouddhiques de la cour de Kûbilaï Khân), les bouddhistes japonais invoquèrent les « vents divins » (kamikaze) qui détruisirent l’armada ennemie. Ils mirent également en avant la notion du Japon « terre des dieux » (shinkoku), qui prendra une importance cruciale dans le Japon impérialiste du xxe siècle. Durant la Seconde Guerre mondiale, les bouddhistes japonais devaient soutenir l’effort de guerre, mettant leur rhétorique au service de la mystique impériale. Même Daisetz T. Suzuki, le principal propagateur du zen en Occident, se fera le porte-parole de cette idéologie belliciste.

Plus récemment, c’est à Sri Lanka que cet aspect agonistique a pris le dessus, avec la revendication d’indépendance de la minorité tamoule, qui a conduit depuis 1983 à de sanglants affrontements entre les ethnies sinhala et tamoule. Le discours des Sinhalas constitue l’exemple le plus approchant d’une apologie bouddhique de la guerre sainte. Certes, il s’agit d’un fondamentalisme un peu particulier, puisqu’il repose sur un groupe ethnique plutôt que sur un texte sacré. Il existe bien une autorité scripturaire, le Mahâvamsa, chronique mytho-historique où sont décrits les voyages magiques du Bouddha à Sri Lanka, ainsi que la lutte victorieuse du roi Duttaghâmanî contre les Damilas (Tamouls) au service du bouddhisme. Le Mahâvamsa sert ainsi de caution à la croyance selon laquelle l’île et son gouvernement ont traditionnellement été sinhalas et bouddhistes. C’est notamment dans ses pages qu’apparaît le terme de Dharma-dîpa (île de la Loi bouddhique). Il ne restait qu’un pas, vite franchi, pour faire de Sri Lanka la terre sacrée du bouddhisme, qu’il faut à tout prix défendre contre les infidèles. Ce fondamentalisme est avant tout une idéologie politique.

Mentionnons pour finir un cas significatif, puisqu’il met en cause la personne même du dalaï-lama, le personnage qui personnifie aux yeux de la plupart l’image même de la tolérance bouddhique. Il s’agit du culte d’une divinité tantrique du nom de Dorje Shugden, esprit d’un ancien lama, rival du cinquième dalaï-lama, et assassiné par les partisans de celui-ci, adeptes des Gelugpa, au xviie siècle. Par un étrange retour des choses, cette divinité était devenue le protecteur de la secte des Gelugpa, et plus précisément de l’actuel Dalaï-Lama, jusqu’à ce que ce dernier, sur la base d’oracles délivrés par une autre divinité plus puissante, Pehar, en vienne à interdire son culte à ses disciples. Cette décision a suscité une levée de boucliers parmi les fidèles de Shugden, qui ont reproché au dalaï-lama son intolérance. Inutile de dire que les Chinois ont su exploiter cette querelle à toutes fins utiles de propagande. L’histoire a été portée sur les devants de la scène après le meurtre d’un partisan du dalaï-lama par un de ses rivaux, il y a quelques années. Par-delà les questions de personne et les dissensions politiques, ce fait divers souligne les relations toujours tendues entre les diverses sectes du bouddhisme tibétain.

Même s’il ne saurait être question de nier l’existence au coeur du bouddhisme d’un idéal de paix et de tolérance, fondé sur de nombreux passages scripturaux, ceux-ci sont contrebalancés par d’autres sources selon lesquelles la violence et la guerre sont permises lorsque le Dharma bouddhique est menacé par des infidèles. Dans le Kalacakra-tantra par exemple, texte auquel se réfère souvent le dalaï-lama, les infidèles en question sont des musulmans qui menacent l’existence du royaume mythique de Shambhala. A ceux qui rêvent d’une tradition bouddhique monologique et apaisée, il convient d’opposer, par souci de vérité, cette part d’ombre.

BERNARD FAURE

Professeur à l’université de Stanford, Californie. Auteur notamment de Bouddhisme , Liana Levi, 2001 ; Bouddhismes, philosophies et religions , Flammarion, 1998.

Vingt-cinq siècles de bouddhisme

Le bouddhisme est né d’une réforme de la religion védique. Les trois grandes traditions bouddhistes visent à atteindre la fin des douleurs, engendrées par la succession des vies sur terre, par l’accès à l’état de sainteté.

– La première version du bouddhisme (theravâda, ou voie des anciens, appelée par dérision « petit véhicule » par ses adversaires issus de la réforme mahâyâna) défend que seuls les moines peuvent accéder au salut. De l’Inde, le theravâda a conquis toute l’Asie du Sud-Est. S’il a survécu au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et au Myanmar, il a été supplanté par l’islam en Indonésie et Malaisie.

– La réforme mahâyâna (« grand véhicule ») stipule que chacun peut accéder au salut par une vie de mérites. Le mahâyâna a gagné la Chine, puis la Corée et le Japon, n’hésitant pas à se fondre dans de vastes systèmes syncrétiques destinés à lui assurer son succès par l’élaboration de cosmogonies compatibles avec les cultes qui lui préexistaient (taoïsme, confucianisme et culte des ancêtres en Chine ; taoïsme, confucianisme et chamanisme en Corée ; shinto – culte des esprits proche du chamanisme dans sa version d’origine – au Japon…).

– Quant au vajrayâna (« véhicule de diamant »), ou lamaïsme, ou encore bouddhisme tantrique, qui prône le salut par l’étude ésotérique, il est surtout présent au Tibet et en Mongolie. Issu du mahâyâna, il a souvent intégré dans son culte des éléments des religions indigènes : bön au Tibet, chamanisme en Mongolie.

Le bouddhisme compte aujourd’hui, selon les estimations, de 300 à 600 millions d’adeptes, dont 50 à 100 millions pour le theravâda (Sud-Est asiatique), le solde étant mahâyâna (dont la Chine, avec 100 à 250 millions d’adeptes). Le vajrayâna regroupe de 10 à 20 millions de pratiquants. La production littéraire des diverses écoles en Occident, par laquelle on peut se documenter sur le bouddhisme, est d’importance variée : l’essentiel est produit par une école tibétaine et une ou deux écoles du zen… des courants minoritaires au regard du bouddhisme tel qu’il est pratiqué dans le monde.

L’EXPANSION DU BOUDDHISME

Au départ limité au nord de l’Inde, le bouddhisme n’est alors présent que par la voie du theravâda. Sa doctrine se répand en Inde, à Sri Lanka et à l’ensemble du Sud-Est asiatique, tant continental qu’insulaire, mais aussi en Mongolie. Mais très vite, à partir du siècle suivant, une réforme le divise en deux grands courants qui vont eux-mêmes se fragmenter en multiples écoles, ou sectes. C’est donc le bouddhisme mahâyâna qui se répand en Chine dès le iie siècle de notre ère, par le biais des routes commerciales qui convergent vers Chang’an, capitale de l’empire Tang du viie au xe siècle). De là, il atteint rapidement la Corée et le Japon, des pays sous influence culturelle de l’empire du Milieu.

LE CAS JAPONAIS

Dans un premier temps, des moines chinois importent au pays du Soleil levant les doctrines de leurs écoles et fondent six sectes (copiées sur les modèles continentaux) à Nara, capitale impériale. L’empereur Kammu, au viiie siècle, désireux de contrer l’ascendant de ces sectes, déplace la capitale à Kyôto et favorise l’expansion de deux sectes « officielles », Tendai et Shingon, influencées par le tantrisme et le shinto.

Jusqu’au xiiie siècle, le bouddhisme reste réservé à l’élite, le peuple demeure shinto. Mais l’implantation de l’amidisme, propagé depuis la Chine, la fondation du nichirénisme et l’arrivée du zen propagent le bouddhisme dans toutes les couches sociales.

– L’amidisme postule que tout un chacun peut accéder au salut pour peu qu’il adhère à un credo très simple, qui parfois se rapproche de la magie (récitation d’une formule).

– Le nichirénisme voit dans les autres écoles un danger pour l’unité du bouddhisme, qu’il importe de combattre par tous les moyens. Il emprunte à l’amidisme son dogme simplifié.

– Le zen, plus élitiste, prône la recherche du salut par le dépouillement et la méditation.

Aujourd’hui, on estime approximativement que, sur 90 millions de Japonais officiellement bouddhistes, 30 sont amidistes, 30 sont nichirénistes, 14 sont shingon, 6 sont zen, 5 sont tendai, le solde se répartissant entre quelques dizaines d’autres mouvements.

LAURENT TESTOT


Iran: C’est la nature du régime, imbécile ! (Forty years on, will Europe finally understand the Islamic republic’s vital commitment to the revolutionary principle of permanent war on US interests and allies ?)

13 juin, 2019

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L’ennemi est ici, on nous ment que c’est l’Amérique ! Slogan du peuple iranien
Lâchez la Syrie occupez-vous de nous ! Slogan du peuple iranien
Mort aux paysans ! Vivent les oppresseurs ! Slogan (ironique) de manifestants paysans iraniens
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Le slogan du régime est : « L’énergie nucléaire est notre droit indéniable. » Je lui réponds: ce droit, nous l’avions, c’est vous et les vôtres qui nous en avez privés. (…) Mon père (…) a décidé, dès les années 1970, de lancer un programme de production d’énergie nucléaire à des fins exclusivement civiles. C’est pourquoi nous avons signé le traité de non-prolifération (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser. Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs. Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus? Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens? Mahnaz Shirali
On his watch, the Russians meddled in our democracy while his administration did nothing about it. The Mueller report flatly states that Russia began interfering in American democracy in 2014. Over the next couple of years, the effort blossomed into a robust attempt to interfere in our 2016 presidential election. The Obama administration knew this was going on and yet did nothing. In 2016, Obama’s National Security Adviser Susan Rice told her staff to « stand down » and « knock it off » as they drew up plans to « strike back » against the Russians, according to an account from Michael Isikoff and David Corn in their book « Russian Roulette: The Inside Story of Putin’s War on America and the Election of Donald Trump ». Why did Obama go soft on Russia? My opinion is that it was because he was singularly focused on the nuclear deal with Iran. Obama wanted Putin in the deal, and to stand up to him on election interference would have, in Obama’s estimation, upset that negotiation. This turned out to be a disastrous policy decision. Obama’s supporters claim he did stand up to Russia by deploying sanctions after the election to punish them for their actions. But, Obama, according to the Washington Post, « approved a modest package… with economic sanctions so narrowly targeted that even those who helped design them describe their impact as largely symbolic. » In other words, a toothless response to a serious incursion. Scott Jennings (CNN)
Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs. The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings. Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism. The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution. The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found. Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now. It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat. (…) It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks. The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer. Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.  But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle. Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015. In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell. (…) A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.” The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows. Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned. The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly. Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered. The Telegraph
There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both. The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization. America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement. The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies. Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.” Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.” The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing. It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.” In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world. Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.) Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage. Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown. Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens. Benny Avni
When it comes to countering terrorism: follow the money. The world fought the Taliban, al-Qaeda, and ISIL by cutting off their money. We must do the same today and acknowledge that the epicenter of modern terrorism is IRAN. Iran bankrolls a ‘coalition of terrorists’ around the world that further Iran‘s policy of expansionism. With Iran‘s backing of over $1 billion, Hezbollah has turned Lebanon into a launching pad for terror. Hezbollah’s funding, weaponry and even its food all come from Iran. Iranian money has landed directly in the pockets of Hamas and Islamic Jihad in the Gaza Strip and in Judea and Samaria. With Hamas’ help and the Palestinian branch of the Iranian Quds Force, Iran is trying to turn Judea and Samaria into a fourth military front against Israel. Danny Danon
Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis. En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance. L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigree de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance. (…) Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants. (…) Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français. (…) A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succedés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée. S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète. Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe. Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique. Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde. En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle. Iran-Resist

C’est la nature du régime, imbécile !

Alors que du Golfe d’Oman au Yemen et à la frontière syro-israélienne et à l’instar de son très probablement feu commandant des opérations extérieures, un régime iranien aux abois multiplie les provocations…

Et qu’entre deux manoeuvres d’apaisement ou de détournement des sanctions américaines, leurs idiots utiles européens ou asiatiques accusent le président Trump …

Pendant que se confirment pour préserver un accord nucléaire iranien plus que douteux

Tant l’insigne lâcheté d’une Administration Obama prête, entre deux actes de haute trahison avec les Iraniens ou les Russes, à tolérer une ingérence étrangère dans ses propres élections …

Que celle de dirigeants britanniques n’hésitant pas à taire la découverte de trois tonnes d’explosifs stockés sur leur propre sol par le mouvement terroriste Hezbollah  …

Comment ne pas voir avec nos amis du site de résistance iranien Iran-Resist …

Ou les quelques spécialistes encore un peu lucides comme Mahnaz Shirali ou Benny Avni

L’incroyable cécité d’un Occident …

Qui depuis 40 ans n’a toujours pas compris que la nature même d’un régime révolutionnaire comme la République islamique …

Pour faire oublier la corruption et l’incompétence à l’intérieur …

C’est la provocation et l’agression permanente à l’extérieur …

Du moins, après l’accident industriel Obama, jusqu’à l’arrivée au pouvoir à Washington …

De celui qui avec l’élimination de « l’ochlo-théocratie khomeyniste » et l’avènement enfin d’un « Iran libre, laïc et démocratique » …

Pourrait « entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle » ?

Mollahs : Endgame
Sam Safi
Iran-Resist
06.06.2019

Après des décennies de complaisance et de lâcheté occidentales avec le régime enturbanné, particulièrement sous les mandats du sinistre Barack « Imam » Hussein Obama, idole de l’établissement culturo-médiatique mondialiste, l’actuel président américain Donald Trump, au grand désespoir des Zéropéens, les Britanniques en tête en leur qualité de soutien traditionnel du clergé chiite, semble déterminé à prendre le taureau par les cornes et étouffer la principale tête de la Bête islamiste. Celle dont l’irruption en 1979 a été le point de départ de l’essor considérable de l’islam politique, cette idéologie mortifère, combinaison du nazisme et du communisme.

La récréation est terminée. Après quarante années de turpitudes et de sévices en tous genre infligés principalement au peuple iranien, mais également, par des voies directes ou indirectes, à l’ensemble du monde civilisé, le régime des turbans noirs et des turbans blancs est confronté à la plus grave crise de son histoire, déjà beaucoup trop longue. La pétro-mollahrchie ne peut plus exporter le pétrole iranien qui constitue sa source essentielle de revenus pour financer son activisme terroriste et ses sordides réseaux clientélistes dans la région. Les chiens de garde du régime sont désormais officiellement reconnus par la première puissance mondiale comme ce qu’ils ont toujours été depuis leur naissance, à savoir des terroristes fanatiques aux ordres de leurs maîtres enturbannés. Enfin, la théocratie milicienne n’arrive plus à dériver les colères et frustrations de la population vers l’extérieur. Les Iraniens ont aujourd’hui compris, dans leur immense majorité, que ceux qui les dirigent sont leurs plus grands ennemis.

En tout état de cause, les jours de la mafia ochlo-théocratique sont comptés. Quelle que soit l’issue de la présente crise, le désastre économique, la paupérisation générale de la population contrastant avec l’opulence insolente des mollahs au pouvoir, celle de leurs sbires, de leurs familles et de leurs clients, la corruption délirante de l’oligarchie khomeyniste dont l’ampleur insoupçonnée est révélée davantage chaque jour et le discrédit massif de la mollahrchie et de son idéologie condamnent ce régime cauchemardesque aux poubelles de l’Histoire à brève échéance.

Les molosses de Khamenei aux abois

L’inscription des « Gardiens de la Révolution » sur la liste des organisations terroristes établie par l’administration américaine a étonné nombre de prétendus « observateurs » et « experts » des affaires iraniennes, qui se sont émus notamment qu’une « armée régulière (sic) d’un pays » puisse être assimilée à une entité terroriste. C’est en réalité une décision d’une extrême logique au regard du pédigrée de cette sinistre milice dont la dénomination officielle (« Sépâh-é Pâsdârân-é Enghelâb-é Eslâmi » i.e « les Gardiens de la Révolution islamique) fait apparaître expressément que cette organisation paramilitaire n’est nullement en charge de la défense de l’Iran et du peuple iranien, mais de la seule « Révolution islamique » et, par suite, du régime qui en est le fer de lance.

L’Iran dispose en effet toujours de son armée nationale (« Artesh ») créée par la dynastie Pahlavi. Cependant, celle-ci a été volontairement appauvrie et affaiblie par les mollahs, depuis quatre décennies, en raison de son patriotisme persistant et de son lien historique avec le pouvoir impérial.

Contrairement à ce que tentent de faire croire aujourd’hui les cerbères des tyrans au turban et leurs lobbystes déguisés en « spécialistes » ou « experts », c’est bien l’armée régulière iranienne qui, durant la guerre Iran/Irak, a joué un rôle essentiel dans la libération du territoire national durant la première phase du conflit entre 1980 et 1982.

Ce n’est, en effet, qu’à compter de 1982 que les voyous fanatisés dénommés « Pasdarans » ont vu leur rôle accru, de manière importante, durant cette guerre, lorsque celle-ci a pris un virage intégralement idéologique, avec la volonté de Khomeyni de la prolonger indéfiniment sous le prétexte d’exporter son abjecte révolution dans la région, au mépris des vies gaspillées sur les théâtres d’opération, pour continuer d’asseoir son pouvoir tyrannique, museler toute critique de sa politique irresponsable et réprimer avec une férocité implacable tous ses opposants.

Soutenir le contraire serait méconnaître la réalité historique et surtout oublier que, loin de pouvoir rivaliser initialement avec l’armée nationale iranienne en termes de qualités et de compétences, les membres de cette milice, au début de la contre-révolution khomeyniste, étaient essentiellement issus des fanges les plus sordides de la population criminogène où se recrutaient traditionnellement les membres de la pègre, les loubards à couteau, les proxénètes et autres trafiquants de drogue, activités qu’ils continuent, au demeurant, de pratiquer sous leurs nouveaux habits, mais à une échelle bien plus importante avec des conséquences catastrophiques sur la société iranienne.

C’est, au demeurant, sur cette canaille en uniforme, avec laquelle il a noué une relation privilégiée durant ses années à la présidence du régime (1981-1989), que Khamenei s’est appuyé pour accéder au pouvoir suprême et éliminer ses principaux rivaux, à commencer par Montazeri, pourtant dauphin désigné de Khomeyni jusqu’aux dernières semaines ayant précédé la mort de l’ancien touriste de Neauphle-le-Château.

En contrepartie, le mollah collectionneur de pipes et de bagues, une fois au sommet du pouvoir clerico-mafieux, récompensera ses bouledogues en les autorisant à faire main basse sur la quasi-totalité des secteurs stratégiques de l’économie iranienne, leur permettant ainsi de constituer progressivement un véritable Etat dans l’Etat formant aujourd’hui un complexe militaro-industriel dans lequel réside le pouvoir profond de l’ochlo- théocratie.

Pour se faire une idée ce qui se passe en Iran depuis quarante ans, il faudrait se représenter une France dans laquelle la voyoucratie et la racaille islamisée de banlieue aurait réussi à s’accaparer la quasi-intégralité des ressources de l’Etat et le contrôle des grands groupes économiques nationaux, industriels et commerciaux, pour les utiliser à son profit exclusif, dans le but non seulement de mener grand train aux dépens du reste de la population, mais aussi de financer un gigantesque réseau clientéliste aux ramifications internationales, aux seules fins de bâtir un système d’influence fondé sur une idéologie mortifère, sans aucune considération de l’intérêt national du peuple français.

Quel avenir pour le Grand Timonier enturbanné ?

Outre l’effondrement économique, le mécontentement populaire et la pression militaire américaine, le régime peut également être sérieusement ébranlé par la disparition prochaine de son « Guide Suprême ». Il faut néanmoins rester prudent sur ce point. Ces dernières années, à chaque fois que la cléricature khomeyniste s’est senti sévèrement menacée, elle a fait courir le bruit de l’imminence de la mort de Khamenei pour tromper ses adversaires en leur laissant entrevoir, à court terme, un tournant majeur qui résulterait de cette disparition, conduisant ces derniers à apaiser leur colère ou modérer leurs revendications.

C’est ainsi que lors du soulèvement débuté à l’été 2009, consécutivement à la réélection grossièrement frauduleuse du pantin Ahmadinejad, le parrain de la mollahrchie, Rafsandjani, avait habilement manipulé Wikileaks en laissant fuiter une de ses déclarations prétendant que son ancien compagnon de lutte révolutionnaire, dont la légitimité était alors violemment et ouvertement contestée par les masses de manifestants, souffrait d’un cancer en phase terminale ne lui laissant plus que quelques mois à vivre…

Plusieurs années après la répression féroce de ce mouvement massif de contestation du régime, lors des négociations concernant le prétendu « Iran deal » (cet accord honteux au sujet duquel les mollahs se vantaient régulièrement dans leurs médias d’avoir enfumé les Occidentaux, avant qu’il ne soit dénoncé l’année dernière par le président des USA), les agents de la cléricature sont de nouveau parvenus, en février 2015, à intoxiquer les services et médias étrangers, dont le Figaro, en leur faisant croire que la mort du Guide de l’ochlo-théocratie, atteint d’un cancer de la prostate au stade métastatique, était imminente…

Une fois encore, les années ont passé et Khamenei est toujours vivant. Ce qui n’est plus le cas de son ancien comparse Rafsandjani, le co-fondateur du régime, décédé en janvier 2017 et de celui qui était, un temps, présenté comme son successeur au poste suprême, l’Irakien milliardaire fraîchement naturalisé Shahroudi, disparu en décembre 2018…

Cela dit, jusqu’à preuve du contraire, le Lider Maximo khomeyniste, qui sera octogénaire dans quelques semaines, n’est pas éternel et, si le régime parvient à survivre encore quelques temps, sa succession sera nécessairement ouverte. Elle devrait échoir à son fils Mojtaba ou au fidèle Ebrahim Raissi qui, par son profil de criminel de masse, de mollah borné et son titre de « seyyed », toujours de nature à faire tourner les têtes de sectateurs fidèles prêts à s’extasier à la vue d’un turban noir, semble tout désigné pour cette fonction.

Le scénario d’un coup d’état des Pasdarans paraît, en revanche, peu crédible. Ces miliciens n’ont vocation qu’à être les bras et les couteaux des mollahs. Il est consternant de lire les prédictions de prétendus « experts » annonçant l’avènement prochain parmi eux d’un « Reza Shah islamique » (sic !) en la personne de Ghassem Soleymani, chef de la section Al Qods des Gardiens de la Révolution, dont l’idéologie n’est autre que la variante chiite de celle de l’organisation terroriste Al Qaïda avec laquelle elle entretient du reste des relations très étroites.

Soleymani est un quasi-illettré sans aucune vision politique et stratégique pour l’Iran autre que celle d’être une base arrière de mouvements terroristes djihadistes anti-occidentaux dirigée par des mollahs fanatiques. A ces « experts », il convient de souligner que parler à son sujet d’un futur « Reza Shah islamique » est aussi pertinent que d’évoquer un « Emmanuel Macron communiste », un « Philippe de Villiers europhile », un « Adolf Hitler philosémite », ou un « Robespierre royaliste ».

A court terme, il est néanmoins préférable que Khamenei et les autres vieillards qui l’entourent restent en vie, ne serait-ce que pour répondre, très prochainement, de leurs innombrables crimes et forfaitures devant le peuple iranien.

Une prochaine Chute du Mur islamique ?

A la différence de ses prédécesseurs à la Maison Blanche et des nombreux dirigeants occidentaux qui se sont succédés depuis quarante ans, dont l’archétype fut l’Imam Hussein Obama, lequel a fait montre d’une complaisance et d’une lâcheté funeste dans la gestion du « cas iranien », Donald Trump a le mérite de ne pas se laisser intimider par la mafia enturbannée.

S’il devait persister dans cette attitude ferme, il pourrait être celui qui aura aidé le peuple iranien, allié naturel du monde libre et civilisé, à terrasser la Bête islamiste avant que les métastases de ce cancer ne finissent de se propager sur la planète.

Chasser cette Bête de la tanière qu’elle s’est aménagée, il y a quatre décennies, au détriment d’un pays martyr, serait pour la région un événement d’une portée équivalente à la chute du Mur de Berlin pour l’Europe.

Il s’agirait d’un coup décisif à cette synthèse idéologique du nazisme et du communisme que constitue l’islam politique.

Car n’en déplaisent aux fascistes tiers-mondistes, aux obsédés de l’« antisionisme » et autres anti-américains pavloviens qui fantasment sur la « résistance » de la dictature des turbans noirs et des turbans blancs, la disparition de l’ochlo-théocratie khomeyniste et l’avènement d’un Iran libre, laïque et démocratique, renouant avec le sillon tracé par la dynastie Pahlavi, serait un gage considérable de paix dans la région et le monde.

En s’alliant au peuple iranien dans ce combat, le président Donald Trump pourrait entrer dans l’Histoire comme le Roosevelt du 21e siècle.

Libérés de ce régime sordide qui vampirise leur pays, tous les Iraniens pourront alors entonner avec fierté le chant que nombre d’entre eux ont déjà le courage de scander devant le tombeau du fondateur de leur nation à l’occasion du jour de Cyrus le Grand, le 7 Aban (29 octobre), au grand dam des mollahs et de leurs mercenaires : « Iran vatan-é mâst, Kourosh pédar-é mâst ! » (« L’Iran est notre patrie, Cyrus est notre père ! »).

Voir aussi:

US allies’ sad Tehran wild-goose chase
Benny Avni
New York Post
June 11, 2019

America’s allies are lining up to mediate between Washington and the Tehran regime. But they’re jumping the gun.

Witness Japan’s President Shinzo Abe, who arrives in Tehran Wednesday for a two-day visit, marking the 90th anniversary of diplomatic relations between his country and Iran. Tokyo officials defend their soft-on-Tehran approach as a “balanced” way to deal with the Mideast. Whatever the merits of that claim, the Abe visit is mostly about oil.

The trip comes shortly after the Japanese leader hosted his golfing buddy President Trump in Tokyo. The symbolism is deliberate: Abe seeks to revive a US-Iranian channel of communication, per Japanese media. And he isn’t alone in his efforts. Germany’s foreign minister, Heiko Maas, was in Tehran this week, trying to buck up confidence in the nuclear deal that Trump ditched.

There is a reason America’s European and Asian allies are determined to end the US quarantine of Iranian businesses. Trump’s increasingly tough sanctions give countries and corporations an uncomfortable pair of options: Buy Iranian oil and invest there, or do business with the US — but you can’t do both.

The latest punishment came last Friday, when the administration vowed to sanction anyone doing business with Iran’s petrochemical industry, a lucrative exporting sector run by the Islamic Revolutionary Guard Corps, which is now rightly listed by Washington as a terror organization.

America’s allies are eager to revive the smooth flow of goods and business with Iran; their diplomacy is meant to put pressure on Washington to start a process that would lead to new direct talks. Iran, they claim, will behave better, now that its economy is strained. America should take advantage and aim for a fresh rapprochement.

The problem with the allies’ theory: No such hunger for reconciliation is in evidence in Tehran. Instead, the regime is still signaling obstinacy. The ayatollahs are as committed as ever to their revolutionary principles, the main one of which is waging war on US interests and allies.

Take Foreign Minister Javad Zarif, long touted as a symbol of moderation and openness and a welcome guest in Western TV studios. Yet defending Iran’s habit of hanging gay people in the public square, Zarif told the German newspaper Bild this week: “Our society has moral principles, and according to these principles we live.”

Hosting Germany’s Maas this week, Zarif also pushed back against Secretary of State Mike Pompeo’s recent offer of negotiations “without preconditions.” The Islamic Republic won’t talk to those who wage “economic war” against it, Zarif said, threatening for good measure that, as an Iranian enemy, America “cannot expect to stay safe.”

The theocracy is hardening, rather than softening, its line, notwithstanding entreaties from Tokyo, Berlin and Brussels. These well-meaning outsiders inevitably point to supposed moderates that America can do business with, and, as always, they urge Washington to ignore Tehran’s malign rhetoric and muscle-flexing.

It’s true that some Iranian politicians favor making cosmetic concessions to the West to ensure the Islamic Republic’s survival. But the ultimate decider, Supreme Leader Ali Khamenei, has long soured on such concessions. Negotiation, he recently said, “has no benefit and carries harm.”

In a perfect world, the global economy would be better off when everyone can do business with everyone without fear of punishment. But the existence of a militantly anti-Western regime like Iran’s is a reminder that ours isn’t a perfect world.

Abe, then, would be better off warning Iran about its joint missile development with Japan’s menacing neighbor, North Korea (a reminder that the regime’s behavior is destructive far beyond its immediate neighborhood.)

Talks may be worthwhile — but not before Khamenei leaves the stage. Once the old dictator is gone, the ensuing internal struggle may work to the West’s advantage.

Economic pressure may then embolden Iranians hoping to throw off the regime’s yoke. Or it may not. Either way, dealing with the regime as it exists is futile, as more than four decades of experience have shown.

Trump should turn a deaf ear to Abe and the rest of the world’s eager go-betweens.

Voir également:

Iran-linked terrorists caught stockpiling explosives in north-west London
Ben Riley-Smith
The Telegraph
9 June 2019

Terrorists linked to Iran were caught stockpiling tonnes of explosive materials on the outskirts of London in a secret British bomb factory, The Telegraph can reveal

Radicals linked to Hizbollah, the Lebanese militant group, stashed thousands of disposable ice packs containing ammonium nitrate – a common ingredient in homemade bombs.

The plot was uncovered by MI5 and the Metropolitan Police in the autumn of 2015, just months after the UK signed up to the Iran nuclear deal. Three metric tonnes of ammonium nitrate was discovered – more than was used in the Oklahoma City bombing that killed 168 people and damaged hundreds of buildings.

Police raided four properties in north-west London – three businesses and a home – and a man in his 40s was arrested on suspicion of plotting terrorism.

The man was eventually released without charge. Well-placed sources said the plot had been disrupted by a covert intelligence operation rather than seeking a prosecution.

The discovery was so serious that David Cameron and Theresa May, then the prime minister and home secretary, were personally briefed on what had been found.

Yet for years the nefarious activity has been kept hidden from the public, including MPs who were debating whether to fully ban Hizbollah, until now.

It raises questions about whether senior UK government figures chose not to reveal the plot in part because they were invested in keeping the Iran nuclear deal afloat.

The disclosure follows a three-month investigation by The Telegraph in which more than 30 current and former officials in Britain, America and Cyprus were approached and court documents were obtained.

One well-placed source described the plot as “proper organised terrorism”, while another said enough explosive materials were stored to do “a lot of damage”.

Ben Wallace, the security minister, said: “The Security Service and police work tirelessly to keep the public safe from a host of national security threats. Necessarily, their efforts and success will often go unseen.”

The Telegraph understands the discovery followed a tip-off from a foreign government. To understand what they were facing, agents from MI5 and officers from Metropolitan Police’s Counter Terrorism Command launched a covert operation.

It became clear, according to well-placed sources, that the UK storage was not in isolation but part of an international Hizbollah plot to lay the groundwork for future attacks.

The group had previously been caught storing ice packs in Thailand. And in 2017, two years after the London bust, a New York Hizbollah member would appear to seek out a foreign ice pack manufacturer.

Why ice packs?

Ice packs provide the perfect cover, according to sources – seemingly harmless and easy to transport. Proving beyond doubt they were purchased for terrorism was tricky.

But the most relevant case was in Cyprus, where a startlingly similar plot had been busted just months before the discovery in London. There, a 26-year-old man called Hussein Bassam Abdallah, a dual Lebanese and Canadian national, was caught caching more than 65,000 ice packs in a basement. During interrogation he admitted to being a member of Hizbollah’s military wing, saying he had once been trained to use an AK47 assault rifle.

Abdallah said the 8.2 tonnes of ammonium nitrate stored was for terrorist attacks. He pleaded guilty and was given a six-year prison sentence in June 2015.

In Abdallah’s luggage police found two photocopies of a forged British passport. Cypriot police say they were not the foreign government agency that tipped Britain off to the London cell.

But they did offer assistance when made aware of the UK case, meeting their British counterparts and sharing reports on what they had uncovered.

MI5’s intelligence investigation is understood to have lasted months. The aim was both to disrupt the plot but also get a clearer picture what Hizbollah was up to.

Such investigations can involve everything from eavesdropping on calls to deploying covert sources and trying to turn suspects.

The exact methods used in this case are unknown. Soon conclusions begun to emerge. The plot was at an early stage. It amounted to pre-planning. No target had been selected and no attack was imminent.

Well-placed sources said there was no evidence Britain itself would have been the target. And the ammonium nitrate remained concealed in its ice packs, rather than removed and mixed – a much more advanced and dangerous state. On September 30, the Met made their move.

Officers used search warrants to raid four properties in north-west London – three businesses and one residential address. That same day a man in his 40s was arrested on suspicion of terrorism offences under Section 5 of the Terrorism Act 2006. Neither his name nor his nationality have been disclosed.

His was the only arrest, although sources told The Telegraph at least two people were involved.  The man was released on bail. Eventually a decision was taken not to bring charges.

The exact reasons why remain unclear, but it is understood investigators were confident they had disrupted the plot and gained useful information about Hizbollah’s activities in Britain and overseas.

A UK intelligence source said: “MI5 worked independently and closely with international partners to disrupt the threat of malign intent from Iran and its proxies in the UK.”

The decision not to inform the public of the discovery, despite a major debate with Britain’s closest ally America about the success of the Iran nuclear deal, will raise eyebrows.

Keeping MPs in the dark amid a fierce debate about whether to designate the entire of Hezbollah a terrorist group – rather than just its militant wing – will also be questioned.

The US labelled the entire group a terrorist organisation in the 1990s. But in Britain, only its armed wing was banned. The set-up had led senior British counter-terrorism figures to believe there was some form of understanding that Hizbollah would not target the UK directly.

Hizbollah was only added to the banned terrorist group list in its entirety in February 2019 – more than three years after the plot was uncovered.

A spokesman for the press department of the Iranian Embassy in London said: « Iran has categorically rejected time and again any type of terrorism and extremism, has been victim of terrorism against its innocent people, and is in the forefront fighting this inhuman phenomenon.

« Any attempt to link Iran to terrorism, by claims from unknown sources, is totally rejected. »

Voir encore:

Comment la République islamique réprime les jeunes Iraniens

Malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques, leurs témoignages révèlent qu’ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Mahnaz Shirali Sociologue politique, directrice d’études à l’ICP et enseignante à Sciences-Po
Huffington Post
03/06/2019

Quarante ans de la République islamique ont profondément désislamisé la population. Plus la politique étrangère de Téhéran isole le pays, plus les Iraniens s’éloignent du régime et de sa religion, et plus ils adoptent la culture occidentale.

Les jeunes Iraniens, qu’ils vivent à Téhéran ou dans les villes de provinces, ressemblent davantage à leurs pairs en Europe ou aux Etats-Unis qu’à leurs parents. Ils écoutent la même musique, s’habillent de la même manière et regardent les mêmes séries que les jeunes Parisiens ou New-Yorkais. Sauf que ces derniers ne connaissent pas le même décalage entre la vie privée et l’espace public et n’ont jamais subi les humiliations que les “agents de mœurs” de la République islamique infligent aux jeunes de leur pays.

L’analyse des témoignages des jeunes des grandes villes iraniennes et l’observation de leurs comportements sur les réseaux sociaux montrent que la politique sociale répressive des ayatollahs a produit des effets inattendus. La nouvelle génération de 15 à 25 ans vit dans le rejet du système de valeurs, promulgué par l’école et les médias de la République islamique. Pendant ces dernières décennies, le décalage entre l’espace public, maîtrisé par les agents de mœurs, et l’espace privé, où presque tout est permis, n’a cessé de progresser.

Pourtant, malgré le non-respect que les jeunes citadins affichent pour les mesures islamiques – vestimentaires, alimentaires, sexuelles, … –, leurs témoignages révèlent qu’en dépit de leur apparence rebelle, ils ont en partie intériorisé l’image négative que la société leur inflige à cause du rejet de ses normes et valeurs.

Cette image devient doublement négative lorsqu’ils se reprochent leur inaction, comme si la capacité d’agir sur leur sort et de faire valoir leurs droits fondamentaux ne dépendait que d’eux et de la volonté individuelle. Les catastrophes naturelles qui dévastent le pays (comme le tremblement de terre, les inondations ou les sècheresses, etc.) et les situations politiques ingérables (comme la menace de guerre, les sanctions économiques, ou certaines décisions politiques jugées inacceptables, etc.) aiguisent leur conscience de l’impuissance et déclenchent chez eux une avalanche de reproches et de haine de soi. Peut-être cette auto culpabilisation relève-t-elle d’un besoin de se sentir responsable, de se procurer une semblable illusion de puissance. Peut-être est-elle un simple mécanisme d’auto-défense. Mais, elle n’en reste pas moins destructrice pour autant, car elle les empêche d’avoir une vision objective de leur situation. Dans un pays où la moindre critique et protestation sont violemment réprimées, et où l’on peut encourir de lourdes peines de prisons pour avoir contesté une décision politique, quelle est la marge de manœuvre des individus?

Quatre décennies de l’atteinte physique, l’atteinte juridique, et l’atteinte à la dignité humaine ont profondément privé les jeunes de reconnaissance sociale et les ont affectés dans le sentiment de leur propre valeur. La non reconnaissance du droit et de l’estime sociale en Iran ont créé des conditions collectives dans lesquelles les jeunes ne peuvent parvenir à une attitude positive envers eux-mêmes. En l’absence de confiance en soi, de respect de soi, et d’estime de soi, nul n’est en mesure de s’identifier à ses fins et à ses désirs en tant qu’être autonome et individualisé. Or, faut-il s’étonner si, aujourd’hui, l’émigration est devenue la seule perspective de l’avenir des jeunes Iraniens?

Voir par ailleurs:

Did Team Obama Warn Iranian Terror Commander about Israeli Assassination Attempt?

Debra Heine
PJ media
January 11, 2018

A Kuwaiti newspaper reported last week that Washington gave Israel the green light to assassinate terror mastermind Qassem Soleimani, commander of Iran’s Quds Force (which has been designated a terrorist organization).

New York Times columnist Bret Stephens pointed out a disturbing detail in the story that has long been rumored but has gone largely unreported in the American press:

Bret Stephens @BretStephensNYT

The story here, Kuwaiti-sourced, is that Obama team tipped Tehran to an Israeli attempt to assassinate Qassem Soleimani, the Iranian general who has the blood of hundreds of American troops in his hand. What says @brhodes? https://www.haaretz.com/israel-news/1.832387 

According to the report, Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago near Damascus, but the Obama administration warned Iranian leadership of the plan, effectively quashing the operation. The incident reportedly « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

Stephens tagged former Obama deputy national security adviser Ben Rhodes in his tweet, but it was ignored until Obama’s former National Security Council spokesman Tommy Vietor saw it on Wednesday:

Tommy Vietor @TVietor08

Yeah WTF Ben? Immediately confirm or deny this totally unsubstantiated claim and then tell us why you don’t support assassinations.

199

Stephens responded by noting dryly that the Iran Contra scandal started in a similar way, and that the Obama administration certainly had no objection to assassinations when it came to other terrorists:

Vieter, who drove Obama’s press van before he became president, responded thus:

Tommy Vietor  @TVietor08

Yeah @BretStephensNYT taking out Osama bin Laden is the same as assassinating an Iranian political leader. https://twitter.com/bretstephensnyt/status/951216401301299202 …Stephens seemed taken aback:

Stephens seemed taken aback:
Bret Stephens @BretStephensNYT

Seriously, @TVietor08? Suleimani is an “Iranian political leader”? Actually he’s head of the Quds Force, which is a US designated sponsor of terrorism. Suleimani is sanctioned by name. Here, read about it: https://www.treasury.gov/press-center/press-releases/Pages/hp644.aspx  https://twitter.com/tvietor08/status/951219021332074496 

Indeed, as the Washington Times reported in 2015, Shiite militants under Qassem Soleimani’s command are responsible for more than 500 U.S. service member deaths in Iraq between 2005-2011.

The Quds forces, led by Gen. Qassem Soleimani, set up factories to produce the weapon, which unleashes rocket-type projectiles that penetrate American armored vehicles. As head of the Islamic Revolutionary Guard Corps’ Quds Force, Gen. Soleimani is Iran’s top terrorist commander, committed to the downfall of Israel and the United States and the destabilization of governments in the region.

But Vieter wasn’t through digging. His next tweet all but confirmed the story.

Tommy Vietor @TVietor08

We were well aware of the dangers posed by QS and the IRGC. Obama sanctioned them repeatedly, among other deterrents. But an assassination of QS by Israel would be destabilizing to put it mildly.

Ben Rhodes finally weighed in, but it was too late.

Voir de même:

Report: U.S. Gives Israel Green Light to Assassinate Iranian General Soleimani
Al Jarida, a Kuwaiti newspaper which in recent years had broken exclusive stories from Israel, says Israel was ‘on the verge’ of assassinating Soleimani, but the U.S. warned Tehran and thwarted the operation
Haaretz
Jan 01, 2018

Washington gave Israel a green light to assassinate Qassem Soleimani, the commander of the Quds Force, the overseas arm of Iran‘s Revolutionary Guard, Kuwaiti newspaper Al-Jarida reported on Monday.

Al-Jarida, which in recent years had broken exclusive stories from Israel, quoted a source in Jerusalem as saying that « there is an American-Israeli agreement » that Soleimani is a « threat to the two countries’ interests in the region. » It is generally assumed in the Arab world that the paper is used as an Israeli platform for conveying messages to other countries in the Middle East.

The agreement between Israel and the United States, according to the report, comes three years after Washington thwarted an Israeli attempt to kill the general.

The report says Israel was « on the verge » of assassinating Soleimani three years ago, near Damascus, but the United States warned the Iranian leadership of the plan, revealing that Israel was closely tracking the Iranian general.

The incident, the report said, « sparked a sharp disagreement between the Israeli and American security and intelligence apparatuses regarding the issue. »

The Kuwaiti report also identified Iran’s second in command in Syria, known as « Abu Baker, » as Mohammad Reda Falah Zadeh. It said he also « might be a target » for Israel, as well as other actors in the region.

Voir enfin:

Iran appoints fiery general who vows to destroy Israel as new IRGC head
Hossein Salami takes command of hardline military force weeks after US blacklisted it as a terror group; Mohammed Ali Jafari pushed out after over a decade at the helm
The Times of Israel
21 April 2019

Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, right, arrives at a graduation ceremony of the Revolutionary Guard’s officers, while deputy commander of the Revolutionary Guard, Hossein Salami, second right, former commanders of the Revolutionary Guard Mohsen Rezaei, second left, and Yahya Rahim Safavi salute him, on May 20, 2015, in Tehran, Iran. (Official website of the Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Iran’s Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei shuffled the top ranks of the hard-line Islamic Revolutionary Guards Corps Sunday, appointing the deputy chief of the hardline force as its top leader.

Brig. Gen. Hossein Salami was made commander of the IRGC, replacing Maj. Gen. Mohammed Ali Jafari, who has headed the military force since 2007, according to Iranian media reports.

Salami has frequently vowed to destroy Israel and “break America.” Iran was “planning to break America, Israel, and their partners and allies. Our ground forces should cleanse the planet from the filth of their existence,” Salami said in February. The previous month, he vowed to wipe Israel off the “global political map,” and to unleash an “inferno” on the Jewish state.

Brig. Gen. Hossein Salami, the new head of Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps. (YouTube screen capture)

He also said “Iran has warned the Zionist regime not to play with fire, because they will be destroyed before the US helps them.” Any new war, he said, “will result in Israel’s defeat within three days, in a way that they will not find enough graves to bury their dead.”

The IRGC shakeup comes weeks after the US designated the group a terror organization, the first time it has ever blacklisted an entire military branch under the rule.

Tehran has raged against the move, and responded by labeling the US military a terror group under its own designation. It also rallied around the IRGC, with some lawmakers dressing in the division’s uniforms in parliament in reaction to the designation.

Jafari had called the American move “laughable,” even while warning of a possible retaliation.

The Islamic Revolutionary Guard Corps was formed after the 1979 Islamic Revolution, with a mission to defend the clerical regime, and the force has amassed strong power both at home and abroad.

The Guards’ prized unit is the Quds Force, headed by powerful general Qassem Soleimani, which supports Iran-backed forces around the region, including Syrian President Bashar Assad and Lebanese terrorist group Hezbollah.

It also oversees the country’s ballistic missile program and runs its own intelligence operations.

Jafari was demoted to the post of commander of a cultural and educational division, according to reports.

Agencies contributed to this report.


Immigration: Attention, une vérité qui dérange peut en cacher une autre ! (Better green than dead: What other unconvenient truth ?)

10 août, 2018

 
feux Quand les mille ans seront accomplis, Satan (…) sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Et ils montèrent sur la surface de la terre, et ils investirent le camp des saints et la ville bien-aimée. Jean (Apocalypse 20: 7-9)
Le titre m’est venu de la lecture de l’Apocalypse, du chapitre 20, qui annonce qu’au terme de mille ans, des nations innombrables venues des quatre coins de la Terre envahiront « le camp des saints et la Ville bien-aimée ». Jean Raspail
Le 17 février 2001, un cargo vétuste s’échouait volontairement sur les rochers côtiers, non loin de Saint-Raphaël. À son bord, un millier d’immigrants kurdes, dont près de la moitié étaient des enfants. Cette pointe rocheuse faisait partie de mon paysage. Certes, ils n’étaient pas un million, ainsi que je les avais imaginés, à bord d’une armada hors d’âge, mais ils n’en avaient pas moins débarqué chez moi, en plein décor du Camp des saints, pour y jouer l’acte I. Le rapport radio de l’hélicoptère de la gendarmerie diffusé par l’AFP semble extrait, mot pour mot, des trois premiers paragraphes du livre. La presse souligna la coïncidence, laquelle apparut, à certains, et à moi, comme ne relevant pas du seul hasard. Jean Raspail
Qu’est-ce que Big Other ? C’est le produit de la mauvaise conscience occidentale soigneusement entretenue, avec piqûres de rappel à la repentance pour nos fautes et nos crimes supposés –  et de l’humanisme de l’altérité, cette sacralisation de l’Autre, particulièrement quand il s’oppose à notre culture et à nos traditions. Perversion de la charité chrétienne, Big Other a le monopole du Vrai et du Bien et ne tolère pas de voix discordante. Jean Raspail
Ce qui m’a frappé, c’est le contraste entre les opinions exprimées à titre privé et celles tenues publiquement. Double langage et double conscience… À mes yeux, il n’y a pire lâcheté que celle devant la faiblesse, que la peur d’opposer la légitimité de la force à l’illégitimité de la violence. Jean Raspail
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme. (…) Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein. Robert Redeker
Si je regarde vers l’avenir, je suis empli de sombres présages ; tel le poète romain, il me semble voir le Tibre écumer d’un sang abondant. Enoch Powell (20 avril 1968)
La fonction suprême de l’homme d’Etat est de protéger la société de malheurs prévisibles. Il rencontre dans cette tâche des obstacles profondément ancrés dans la nature humaine. L’un d’entre eux est qu’il est d’évidence impossible de démontrer la réalité d’un péril avant qu’il ne survienne : à chaque étape de la progression d’un danger supposé, le doute et le débat sont possibles sur son caractère réel ou imaginaire. Ces dangers sont en outre l’objet de bien peu d’attention en comparaison des problèmes quotidiens, qui sont eux incontestables et pressants : d’où l’irrésistible tentation pour toute politique de se préoccuper du présent immédiat au détriment de l’avenir. Par-dessus tout, nous avons également tendance à confondre la prédiction d’un problème avec son origine, ou même avec le fauteur de trouble. Nous aimons à penser : « Si seulement personne n’en parlait, sans doute rien de tout cela n’arriverait…» Cette habitude remonte peut-être à la croyance primitive que le mot et la chose, le nom et l’objet, sont identiques. Dans tous les cas, l’évocation des périls à venir, graves mais évitables (si l’on s’attache à les résoudre), est la tâche la plus impopulaire de l’homme politique. La plus nécessaire aussi. (…) Sur la lancée actuelle, dans 15 ou 20 ans, il y aura en Grande-Bretagne, en comptant les descendants, 3,5 millions d’immigrés du Commonwealth. Ce chiffre n’est pas de moi : c’est l’évaluation officielle donnée au Parlement par les bureaux de l’état-civil. Il n’y a pas de prévision officielle semblable pour l’an 2000, mais le chiffre avoisinera les 5 à 7 millions, soit environ un dixième de la population, quasiment l’équivalent de l’agglomération londonienne. Cette population ne sera bien sûr pas uniformément répartie du nord au sud et d’est en ouest. Dans toute l’Angleterre, des régions entières, des villes, des quartiers, seront entièrement peuplés par des populations immigrées ou d’origine immigrée. Avec le temps, la proportion des descendants d’immigrés nés en Angleterre, et donc arrivés ici comme nous, augmentera rapidement. Dès 1985, ceux nés en Angleterre [par rapport à ceux nés à l’étranger] seront majoritaires. C’est cette situation qui demande d’agir avec la plus extrême urgence, et de prendre des mesures qui, pour un homme politique, sont parmi les plus difficiles à prendre, car ces décisions délicates sont à considérer dans le présent, alors que les dangers à écarter, ou à minimiser, ne se présenteront qu’aux élus des générations futures. Lorsqu’un pays est confronté à un tel danger, la première question qui se pose est celle-ci : « Comment réduire l’ampleur du phénomène ? » Puisqu’on ne peut entièrement l’éviter, peut-on le limiter, sachant qu’il s’agit essentiellement d’un problème numérique ? Car en effet, l’arrivée d’éléments étrangers dans un pays, ou au sein d’une population, a des conséquences radicalement différentes selon que la proportion est de 1% ou 10%. La réponse à cette simple question est d’une égale simplicité : il faut stopper, totalement ou presque, les flux d’immigration entrants et encourager au maximum les flux sortants. Ces deux propositions font partie de la plate-forme officielle du Parti Conservateur. Il est à peine concevable qu’en ce moment même, rien qu’à Wolverhampton, entre 20 et 30 enfants immigrés supplémentaires arrivent chaque semaine de l’étranger, soit 15 à 20 familles supplémentaires dans 10 ou 20 ans. « Quand les Dieux veulent détruire un peuple, ils commencent par le rendre fou » dit le dicton, et assurément nous devons être fous, littéralement fous à lier, en tant que nation, pour permettre chaque année l’arrivée d’environ 50 000 personnes à charge et qui plus tard accroîtront la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays élever frénétiquement son propre bûcher funéraire. (…) Le troisième volet de la politique du Parti Conservateur est l’égalité de tous devant la loi : l’autorité publique ne pratique aucune discrimination et ne fait aucune différence entre les citoyens. Ainsi que M. Heath [leader du parti conservateur] l’a souligné, nous ne voulons pas de citoyens de première ou de seconde «classe». Mais cela ne doit pas signifier pour autant qu’un immigré ou ses descendants doivent disposer d’un statut privilégié ou spécifique, ou qu’un citoyen ne soit pas en droit de discriminer qui bon lui semble dans ses affaires privées, ou qu’on lui dicte par la loi ses choix ou son comportement. Il n’y a pas plus fausse appréciation de la réalité que celle entretenue par les bruyants défenseurs des lois dites « contre les discriminations ». Que ce soit nos grandes plumes, toutes issues du même moule, parfois des mêmes journaux qui, jour après jour dans les années 30, ont tenté d’aveugler le pays face au péril croissant qu’il nous a fallu affronter par la suite. Ou que ce soit nos évêques calfeutrés dans leurs palais à savourer des mets délicats, la tête dissimulée sous les draps. Ces gens-là sont dans l’erreur, dans l’erreur la plus absolue, la plus complète. Le sentiment de discrimination, de dépossession, de haine et d’inquiétude, ce ne sont pas les immigrés qui le ressentent, mais bien ceux qui les accueillent et doivent continuer à le faire. C’est pourquoi voter une telle loi au Parlement, c’est risquer de mettre le feu aux poudres. Le mieux que l’on puisse dire aux tenants et aux défenseurs de cette loi, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. (…) alors qu’arriver en Grande-Bretagne signifie pour le migrant accéder à des privilèges et à des équipements ardemment recherchés, l’impact sur la population autochtone du pays est bien différent. Pour des raisons qu’ils ne comprennent pas, en application de décisions prises à leur insu, pour lesquelles ils ne furent jamais consultés, les habitants de Grande-Bretagne se retrouvent étrangers dans leur propre pays. Leurs femmes ne trouvent pas de lits d’hôpital pour accoucher, leurs enfants n’obtiennent pas de places à l’école, leurs foyers, leurs voisins, sont devenus méconnaissables, leurs projets et perspectives d’avenir sont défaits. Sur leurs lieux de travail, les employeurs hésitent à appliquer au travailleur immigré les mêmes critères de discipline et de compétence qu’au Britannique de souche. Ils commençent à entendre, au fil du temps, des voix chaque jour plus nombreuses qui leur disent qu’ils sont désormais indésirables. Et ils apprennent aujourd’hui qu’un privilège à sens unique va être voté au Parlement. Qu’une loi qui ne peut, ni n’est destinée à les protéger ni à répondre à leurs doléances, va être promulguée. Une loi qui donnera à l’étranger, au mécontent, à l’agent provocateur, le pouvoir de les clouer au pilori pour des choix d’ordre privé. Parmi les centaines de lettres que j’ai reçues après m’être exprimé sur ce sujet il y a 2 ou 3 mois, j’ai remarqué une nouveauté frappante, et je la trouve de très mauvaise augure. Les députés ont l’habitude de recevoir des lettres anonymes, mais ce qui me surprend et m’inquiète, c’est la forte proportion de gens ordinaires, honnêtes, avisés, qui m’écrivent une lettre souvent sensée, bien écrite, mais qui préfèrent taire leur adresse. Car ils craignent de se compromettre ou d’approuver par écrit les opinions que j’ai exprimées. Ils craignent des poursuites ou des représailles si cela se savait. Ce sentiment d’être une minorité persécutée, sentiment qui progresse parmi la population anglaise dans les régions touchées du pays, est quelque chose d’à peine imaginable pour ceux qui n’en ont pas fait directement l’expérience. (…) L’autre dangereuse chimère de ceux qui sont aveugles aux réalités peut se résumer au mot « intégration ». Être intégré, c’est ne pas se distinguer, à tous points de vue, des autres membres d’une population. Et de tout temps, des différences physiques évidentes, particulièrement la couleur de peau, ont rendu l’intégration difficile, bien que possible avec le temps. Parmi les immigrés du Commonwealth venus s’installer ici depuis 15 ans, il existe des dizaines de milliers de personnes qui souhaitent s’intégrer, et tous leurs efforts tendent vers cet objectif. Mais penser qu’un tel désir est présent chez une vaste majorité d’immigrés ou chez leurs descendants est une idée extravagante, et dangereuse de surcroît. Nous sommes arrivés à un tournant. Jusqu’à présent, la situation et les différences sociales ont rendu l’idée même d’intégration inaccessible : cette intégration, la plupart des immigrés ne l’ont jamais ni conçue ni souhaitée. Leur nombre et leur concentration ont fait que la pression vers l’intégration qui s’applique d’habitude aux petites minorités, n’a pas fonctionné. Nous assistons aujourd’hui au développement de forces qui s’opposent directement à l’intégration, à l’apparition de droits acquis qui maintiennent et accentuent les différences raciales et religieuses, dans le but d’exercer une domination, d’abord sur les autres migrants et ensuite sur le reste de la population. Cette ombre, au départ à peine visible, obscurcit le ciel rapidement. Et on la perçoit désormais à Wolverhampton. Elle donne des signes d’expansion rapide. (…) Le projet de Loi sur les Relations Raciales constitue le terreau idéal pour que ces dangereux éléments de discorde prospèrent. Car voilà bien le moyen de montrer aux communautés d’immigrants comment s’organiser et soutenir leurs membres, comment faire campagne contre leurs concitoyens, comment intimider et dominer les autres grâce aux moyens juridiques que les ignorants et les mal-informés leur ont fournis. Je contemple l’avenir et je suis rempli d’effroi. Comme les Romains, je vois confusément « le Tibre écumant de sang ». Ce phénomène tragique et insoluble, nous l’observons déjà avec horreur outre-Atlantique, mais alors que là-bas il est intimement lié à l’histoire de l’Amérique, il s’installe chez nous par notre propre volonté, par notre négligence. Il est déjà là. Numériquement parlant, il aura atteint les proportions américaines bien avant la fin du siècle. Seule une action résolue et immédiate peut encore l’empêcher. Je ne sais si la volonté populaire exigera ou obtiendra de telles mesures. Mais ce que je sais, c’est que se taire devant cette situation serait une trahison majeure. Enoch Powell (1968)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Jacques Benillouche
Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas. Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas. Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables. À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs. Les rapports indiquent que des milliers de dounams [1/10e d’hectare] de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole. Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie. Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux. La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues. Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium. Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ». Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ». Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour. Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie. Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits. Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger. Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées. Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger. (…) La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur. Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies. Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés. L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes. (…) Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires. Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains. Jean Vercors (Dreuz)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Comme au bon vieux temps de la Terreur, quand les gens venaient assister aux exécutions à la guillotine sur la place publique. Maintenant, c’est par médias interposés que la mort fait vibrer les émotions (…) Les médias filment la mort comme les réalisateurs de X filment les ébats sexuels. Bernard Dugué
Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. James Alan Fox (Northeastern University)
Voyez comme c’est devenu énorme, en seulement quelques jours… Voyez à quelle vitesse cet incendie du ‘Mendocino Complex’ est monté dans le classement des sinistres. Scott Mclean (Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie)
Holy Fire 2018: Man arrested on suspicion of arson as ‘DOOMSDAY’ fire spreads. California authorities have charged a 51-year-old man with felony arson for allegedly starting the Holy Fire that has been ripping through the Orange and Riverside counties in Southern California as locals describe « doomsday » scenario. » The Express
Deux foyers qui ravagent le nord de la Californie ont formé ensemble, lundi 6 août, le plus grand incendie de l’histoire de cet État de l’ouest des États-Unis, annoncent les autorités. Appelés « incendie du Mendocino Complex », les deux brasiers ont réduit en cendres plus de 114 850 hectares – une superficie proche de la taille de l’immense ville de Los Angeles – et ne sont maîtrisés qu’à 30% environ, a annoncé Calfire, le service californien de lutte contre les incendies. (…) Le « Mendocino Complex » a surpassé en superficie détruite l’incendie Thomas, qui avait détruit 114 078 hectares en décembre 2017. L’incendie Carr, qui sévit également dans le nord de la Californie, a tué sept personnes et détruit plus de 1 600 bâtiments, dont un millier de logements. (…) L’autre grand incendie de la région, surnommé « Ferguson », qui a provoqué la fermeture partielle du parc national de Yosemite, en pleine saison touristique, était contenu à 38%. Plus de 14 000 pompiers combattent les divers incendies en cours dans l’État de Californie. Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées depuis le début de cette série de sinistres. Francetv info
A wildland fire is devouring thousands of acres of grass and brush and some rustic cabins as well in Orange and Riverside counties. It’s dubbed the Holy fire, because it started in the Holy Jim Canyon area, near a road with that name. The Orange county register
Unlike hurricanes, wildfires are not named from a predetermined list. They are named by officials, who choose names based on “a geographical location, local landmark, street, lake, mountain, peak, etc.,” the California Department of Forestry and Fire Protection said. Officials said that quickly coming up with a label provides firefighters another way to locate the blaze and allows officials to track and prioritize incidents by name. A Twitter hashtag that identified the devastating fires in San Diego in 2007 — #sandiegofire — proved useful as people used it to organize information about road closures and evacuations, officials said. (…) Even names that would seem to have little to do with geography often tie back to location somehow. The 2007 Witch Fire, which destroyed about 1,650 structures, had nothing to do with sorcery, but it did originate in an area of San Diego County known as Witch Creek. (…) during the summer of 2015, there were so many fires, officials named one in southeast Idaho “Not Creative,” according to reports. A spokeswoman for the Idaho Department of Lands rationalized the choice to NPR, saying the name was selected after a long day of firefighting and after officials realized there were no significant landmarks nearby. Then there is the 416 Fire. The blaze, which has blackened more than 50,000 acres in Colorado since June, was named by the Durango Interagency Dispatch Center after its “system-generated number,” officials explained. The conflagration was the 416th “incident” in the San Juan National Forest — where the dispatch center is — this year, officials said. (…) The process of naming hurricanes is much more complicated. An international panel of meteorologists actually names the storms years in advance. Meteorologists use six lists of alphabetically arranged female and male names, which are used in rotation. (The 2018 list will be used again in 2024.) But if a storm is so destructive that using its name again would seem insensitive, a committee can remove the name from the list and select a replacement. For instance, Katrina will not be used again. The World Meteorological Organization said the names are never in reference to a particular person. Instead, the group said, the names are meant to be “familiar to the people in each region” because, just as with fires, the point is for the public to be able to remember them. NYT
Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans). Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers. Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou. Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis. A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité. Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs. Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent. (…) Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur… Xavier Raufer
Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a (…) découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place. L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph, elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post. (…) Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles».  (…) Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point. L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées. Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Le Figaro
Illegal and illiberal immigration exists and will continue to expand because too many special interests are invested in it. It is one of those rare anomalies — the farm bill is another — that crosses political party lines and instead unites disparate elites through their diverse but shared self-interests: live-and-let-live profits for some and raw political power for others. For corporate employers, millions of poor foreign nationals ensure cheap labor, with the state picking up the eventual social costs. For Democratic politicos, illegal immigration translates into continued expansion of favorable political demography in the American Southwest. For ethnic activists, huge annual influxes of unassimilated minorities subvert the odious melting pot and mean continuance of their own self-appointed guardianship of salad-bowl multiculturalism. Meanwhile, the upper middle classes in coastal cocoons enjoy the aristocratic privileges of having plenty of cheap household help, while having enough wealth not to worry about the social costs of illegal immigration in terms of higher taxes or the problems in public education, law enforcement, and entitlements. No wonder our elites wink and nod at the supposed realities in the current immigration bill, while selling fantasies to the majority of skeptical Americans. Victor Davis Hanson
Who are the bigots — the rude and unruly protestors who scream and swarm drop-off points and angrily block immigration authority buses to prevent the release of children into their communities, or the shrill counter-protestors who chant back “Viva La Raza” (“Long Live the Race”)? For that matter, how does the racialist term “La Raza” survive as an acceptable title of a national lobby group in this politically correct age of anger at the Washington Redskins football brand? How can American immigration authorities simply send immigrant kids all over the United States and drop them into communities without firm guarantees of waiting sponsors or family? If private charities did that, would the operators be jailed? Would American parents be arrested for putting their unescorted kids on buses headed out of state? Liberal elites talk down to the cash-strapped middle class about their illiberal anger over the current immigration crisis. But most sermonizers are hypocritical. Take Nancy Pelosi, former speaker of the House. She lectures about the need for near-instant amnesty for thousands streaming across the border. But Pelosi is a multimillionaire, and thus rich enough not to worry about the increased costs and higher taxes needed to offer instant social services to the new arrivals. Progressives and ethnic activists see in open borders extralegal ways to gain future constituents dependent on an ever-growing government, with instilled grudges against any who might not welcome their flouting of U.S. laws. How moral is that? Likewise, the CEOs of Silicon Valley and Wall Street who want cheap labor from south of the border assume that their own offspring’s private academies will not be affected by thousands of undocumented immigrants, that their own neighborhoods will remain non-integrated, and that their own medical services and specialists’ waiting rooms will not be made available to the poor arrivals. … What a strange, selfish, and callous alliance of rich corporate grandees, cynical left-wing politicians, and ethnic chauvinists who have conspired to erode U.S. law for their own narrow interests, all the while smearing those who object as xenophobes, racists, and nativists. Victor Davis Hanson
There is a small minority of Pakistani men who believe that white girls are fair game. And we have to be prepared to say that. You can only start solving a problem if you acknowledge it first. This small minority who see women as second class citizens, and white women probably as third class citizens, are to be spoken out against. (…) These were grown men, some of them religious teachers or running businesses, with young families of their own. Whether or not these girls were easy prey, they knew it was wrong. (…) In mosque after mosque, this should be raised as an issue so that anybody remotely involved should start to feel that the community is turning on them. Communities have a responsibility to stand up and say, ‘This is wrong, this will not be tolerated’. (…) Cultural sensitivity should never be a bar to applying the law. (…) Failure to be “open and front-footed” would “create a gap for extremists to fill, a gap where hate can be peddled.  (…) Leadership is about moving people with you, not just pissing them off. Baroness Warsi
The terrible story of the Oxford child sex ring has brought shame not only on the city of dreaming spires, but also on the local Muslim community. It is a sense of repulsion and outrage that I feel particularly strongly, working as a Muslim leader and Imam in this neighbourhood and trying  to promote genuine  cultural integration. (…) But apart from its sheer depravity, what also depresses me about this case is the widespread refusal to face up to its hard realities. The fact is that the vicious activities of the Oxford ring are bound up with religion and race: religion, because all the perpetrators, though they had different nationalities, were Muslim; and race, because they deliberately targeted vulnerable white girls, whom they appeared to regard as ‘easy meat’, to use one of their revealing, racist phrases. Indeed, one of the victims who bravely gave evidence in court told a newspaper afterwards that ‘the men exclusively wanted white girls to abuse’. But as so often in fearful, politically correct modern Britain, there is a craven unwillingness to face up to this reality. Commentators and politicians tip-toe around it, hiding behind weasel words. We are told that child sex abuse happens ‘in all communities’, that white men are really far more likely to be abusers, as has been shown by the fall-out from the Jimmy Savile case. One particularly misguided commentary argued that the predators’ religion was an irrelevance, for what really mattered was that most of them worked in the night-time economy as taxi drivers, just as in the Rochdale child sex scandal many of the abusers worked in kebab houses, so they had far more opportunities to target vulnerable girls. But all this is deluded nonsense. While it is, of course, true that abuse happens in all communities, no amount of obfuscation can hide the pattern that has been exposed in a series of recent chilling scandals, from Rochdale to Oxford, and Telford to Derby. In all these incidents, the abusers were Muslim men, and their targets were under-age white girls. Moreover, reputable studies show that around 26 per cent of those involved in grooming and exploitation rings are Muslims, which is around five times higher than the proportion of Muslims in the adult male population. To pretend that this is not an issue for the Islamic community is to fall into a state of ideological denial. But then part of the reason this scandal happened at all is precisely because of such politically correct thinking. All the agencies of the state, including the police, the social services and the care system, seemed eager to ignore the sickening exploitation that was happening before their eyes. Terrified of accusations of racism, desperate not to undermine the official creed of cultural diversity, they took no action against obvious abuse. (…) Amazingly, the predators seem to have been allowed by local authority managers to come and go from care homes, picking their targets to ply them with drink and drugs before abusing them. You can be sure that if the situation had been reversed, with gangs of tough, young white men preying on vulnerable Muslim girls, the state’s agencies would have acted with greater alacrity. Another sign of the cowardly approach to these horrors is the constant reference to the criminals as ‘Asians’ rather than as ‘Muslims’. In this context, Asian is a completely meaningless term.  The men were not from China, or India or Sri Lanka or even Bangladesh. They were all from either Pakistan or Eritrea, which is, in fact, in East Africa rather than Asia. What united them in their outlook was their twisted, corrupt mindset, which bred their misogyny and racism. (…) In the misguided orthodoxy that now prevails in many mosques, including several of those in Oxford, men are unfortunately taught that women are second-class citizens, little more than chattels or possessions over whom they have absolute authority. That is why we see this growing, reprehensible fashion for segregation at Islamic events on university campuses, with female Muslim students pushed to the back of lecture halls. There was a telling incident in the trial when it was revealed that one of the thugs heated up some metal to brand a girl, as if she were a cow. ‘Now, if you have sex with someone else, he’ll know that you belong to me,’ said this criminal, highlighting an attitude where women are seen as nothing more than personal property. The view of some Islamic preachers towards white women can be appalling. They encourage their followers to believe that these women are habitually promiscuous, decadent and sleazy — sins which are made all the worse by the fact that they are kaffurs or non-believers. Their dress code, from mini-skirts to sleeveless tops, is deemed to reflect their impure and immoral outlook. According to this mentality, these white women deserve to be punished for their behaviour by being exploited and degraded. On one level, most imams in the UK are simply using their puritanical sermons to promote the wearing of the hijab and even the burka among their female adherents. But the dire result can be the brutish misogyny we see in the Oxford sex ring. (…) It is telling, though, that they never dared to target Muslim girls from the Oxford area. They knew that they would be sought out by the girls’ families and ostracised by their community. But preying on vulnerable white girls had no such consequences — once again revealing how intimately race and religion are bound up with this case. (…) Horror over this latest scandal should serve as a catalyst for a new approach, but change can take place only if we abandon the dangerous blinkers of political correctness and antiquated multiculturalism. Dr. Taj Hargey (Imam of the Oxford Islamic Congregation)
Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français: ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites. Juan Pedro Quiñonero (ABC)
L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites. Comité d’orientation des retraites
Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques. Xavier Chojnicki
Maintenant, je me sens carrément isolée, je suis une toute petite minorité. C’est difficile de devenir une minorité chez soi, vous savez (…). Ce qui est nouveau, c’est que les Français d’origine étrangère se replient sur leur origine, ne se sentent plus français. Et moi, Française, je me sens mal (…) Même mes fils sont d’une autre culture que moi. Pour eux, être français, ça ne veut rien dire. Ils n’ont plus de nationalité, ils s’identifient de manière vague à une religion, celle qui est majoritaire. Ils observent les gestes de l’islam, une façon musulmane d’être et de parler, ils sont fiers d’appartenir à la majorité. Ils ne veulent pas être français, ils ne veulent pas s’intégrer dans la société, ils voudraient être blacks et beurs comme tout le monde, mais ils ne se comportent pas comme des musulmans. Tant de choses incohérentes. Christine C. (47 ans, cinq enfants, 28 ans de Courneuve, Le Monde, 12.11. 05)
L’explosion de l’immigration extra-européenne est venue paradoxalement des restrictions à l’entrée légale de travailleurs dans les années 1970. (…) à la fin des «Trente Glorieuses» (1944-1974), les gouvernements de droite comme de gauche, saisis de peur par la montée du chômage, ont multiplié les obstacles à l’entrée de nouveaux travailleurs au nom d’une certaine forme de «préférence nationale».(…) Depuis cette époque, les lois européennes organisent la prise en charge des étrangers qui se présentent au titre du regroupement familial ou de l’asile politique. Mais elles rejettent ceux qui prétendent travailler, créer des richesses et ne pas rester à la charge du pays d’accueil !… On convient d’appeler «clandestin» (ou plus pudiquement «sans-papier») un jeune Africain qui traverse au péril de sa vie le détroit de Gibraltar pour s’embaucher dans une exploitation agricole ou une entreprise de construction… Mais on considère comme immigrante régulière l’adolescente turque, nord-africaine ou noire qui est vendue par son père à un sien cousin déjà installé en Europe et présentée par ce dernier au consulat de son pays d’adoption comme son «épouse» légitime…(…)De la sorte, le mariage et le «regroupement familial» sont devenus le prétexte à une immigration clandestine déguisée. Cette immigration est de loin la plus importante et la plus pernicieuse car les femmes concernées et leurs enfants sont voués à la relégation dans des logements sociaux avec peu d’espoir d’assimiler un jour les valeurs et le mode de vie du pays d’accueil. L’assimilation est d’autant plus utopique que la majorité des enfants d’immigrants reviennent dans le pays d’origine de leurs parents pour y prendre un conjoint (98% des jeunes Turcs de France seraient dans ce cas). Chaque nouvelle génération effectue ainsi un retour à la case départ, vidant de son sens le concept de «deuxième ou troisième génération». Avec pour conséquence l’émergence de sociétés séparées et d’une ségrégation de fait. (…) La riche culture que les Français ont reçue en héritage est confrontée au développement d’une contre-culture archaïque (rejet de l’école, vocabulaire primaire, violence gratuite). Les chansons des rappeurs de banlieue expriment sans équivoque la montée de la haine. Ces paroles d’un racisme outrancier valent à leurs auteurs la compréhension énamourée de la bourgeoisie, comme si le mal-vivre excusait toutes les violences, y compris l’apologie du racisme et du meurtre ! (…) Ces violences sont attisées par l’attitude de la classe dominante, blanche, bourgeoise et bien-pensante. Celle-ci dénigre sa propre Histoire et jette Napoléon, Corneille et La Fontaine dans les poubelles de l’Histoire. Elle prive les nouveaux-venus d’un modèle dont ils pourraient tirer fierté. Elle «victimise» d’autre part les pauvres diables en peine de s’insérer dans le pays où ils ont cherché refuge. (…) La fracture nationale fait au moins l’affaire des classes supérieures qui tirent parti de leurs atouts (éducation, héritage) pour renforcer leur position sociale comme le démontre le chercheur Éric Maurin. Dans les «ghettos blancs» du VIIe arrondissement, de Neuilly, de Saint-Germain-en-Laye ou Chevreuse… les privilégiés considèrent avec détachement les troubles qui agitent le reste du pays. Qu’ont-ils à craindre ?… De l’École Alsacienne au lycée Henri IV, leurs enfants bénéficient d’un parcours fléché qui leur garantit de conserver leur statut social et les préserve de tout mélange. Les revenus de ces classes supérieures progressent à qui mieux mieux tandis que les classes moyennes voient les leurs stagner ou régresser sous le fardeau d’un État boulimique et impotent. À l’autre extrémité de l’échelle sociale, les enfants des classes populaires et immigrées n’ont plus guère l’espoir d’accéder un jour aux premières places de la fonction publique et des grandes entreprises. Depuis un quart de siècle, l’ascenseur social est en panne et les clivages culturels, religieux et linguistiques qui se mettent en place rendent plus minces encore leurs chances de promotion. (…) La très grande majorité des immigrants qui affluent en Europe par-dessus la Méditerranée ou le Bosphore n’ont pas de qualification professionnelle. Ils sont exclus des emplois légaux et grossissent l’économie souterraine (travail au noir, réseaux esclavagistes…), à moins qu’ils ne se cantonnent dans des emplois précaires (vigiles, nurses, aides-ménagères…). Quant aux diplômés du tiers monde qui quittent leur pays, ils choisissent unanimement les États-Unis et le Canada, assurés de pouvoir y travailler et développer leurs talents dans d’excellentes conditions et sans restrictions administratives (la moitié des 180.000 immigrants qu’a reçus le Canada en 2005 avaient un niveau d’études supérieures. Sans commentaire !). (…) Des démographes mandatés par l’ONU ont publié en 2000 un rapport mi-sérieux, mi-ironique où ils faisaient valoir que la France aurait besoin de 25 millions d’immigrants d’ici 2025 pour combler les postes vacants dans les entreprises… en l’absence de toute réforme d’envergure et à supposer que l’on trouve dans le tiers monde les compétences indispensables aux besoins d’une économie moderne. Il va de soi que l’entrée d’un aussi grand nombre d’immigrants ruinerait les fondations sociales, historiques et culturelles de la France et de l’Europe, et l’on comprend le désarroi des citoyens auxquels leurs leaders présentent cette éventualité comme une chance à saisir ! (…) Il est antinomique de faire venir de l’étranger des laveurs de carreaux, des infirmières ou des bûcherons et de prétendre résorber le chômage massif chez les jeunes Français issus des précédentes vagues de travailleurs immigrés. Les petits (et grands) patrons de la restauration jurent leurs grands dieux qu’ils ne trouvent personne à qui confier leur plonge ou même leur cuisine en-dehors d’Africains de la brousse n’ayant jamais touché la queue d’une poêle. Comment est-il possible dans ces conditions que McDonald’s arrive à recruter des jeunes dans les banlieues ou les milieux estudiantins pour des travaux similaires ? Les petits (et grands) patrons du bâtiment expliquent de la même façon qu’ils ne trouvent personne pour les emplois de manœuvres ou même de maçons et doivent recourir à des travailleurs africains. Mais comment se peut-il que les centres de tri d’ordures ménagères arrivent à recruter du personnel dans les milieux populaires pour des travaux autrement plus pénibles ? (…) Les sociétés de gardiennage recourent désormais de façon presque systématique à des immigrés africains… mais les entreprises de logistique trouvent bien à employer des jeunes Français dans des tâches autrement plus éprouvantes. Et que dire des musées ? La plupart, y compris les plus prestigieux, confient désormais la garde de leurs salles à des personnes étrangères qui souvent maîtrisent à peine la langue française. (…) La France n’échappera sans doute pas au retour des internats surveillés ni à l’apprentissage dès 14 ans (au lieu de 16) pour lutter contre la déscolarisation (pourquoi pas aussi des études surveillées dans les écoles jusqu’en fin de soirée pour dissuader les enfants de traîner dans les rues, selon une suggestion de feu Françoise Dolto ?). Un service civique obligatoire et universel devrait compenser la suppression hâtive du service militaire, qui était le seul lieu où les jeunes déclassés pouvaient rencontrer des Français d’autres milieux que le leur. Ce service civique devrait privilégier les échanges entre jeunes Français(es) de milieux différents, les plus favorisé(e)s instruisant les autres (alphabétisation, instruction civique, tenue d’un ménage, apprentissage de la conduite automobile, formation professionnelle…). André Larané
La version originale de cet article a donné une représentation inexacte de ce qui est arrivé à la petite fille après la photo. Elle n’a pas été emmenée en larmes par les patrouilles frontalières ; sa mère l’a récupérée et les deux ont été interpellées ensemble. Time
Sur le plateau de la NBCNews, l’ancien président du Comité national du parti Républicain, Michael Steele, vient de comparer les centres dans lesquels sont accueillis les enfants de clandestins aux Etats-Unis à des camps de concentration. Il s’adresse alors aux Américains : « Demain, ce pourrait être vos enfants ». La scène résume à elle seule la folie qui s’est emparée de la sphère politico-médiatique après que Donald Trump a ordonné aux autorités gardant la frontière mexicaine d’appliquer la loi et de séparer les parents de leurs enfants entrés illégalement aux Etats-Unis. Passons sur la comparaison. Aussi indécente que manipulatrice : ces enfants ne sont pas enfermés en attendant la mort. Quant à la mise en garde, elle est grotesque. Aucun Américain ne se verra subitement séparé de ses enfants. A moins d’avoir commis un crime ou un délit puni de prison. Quand un citoyen lambda est condamné à une peine de prison, personne ne s’offusque jamais de cette séparation … Jusqu’à ce que cela touche des clandestins. Leur particularité étant de n’avoir aucun logement dans le pays dont ils viennent de violer la frontière, leurs enfants sont donc pris en charge dans des camps, en attendant que la situation des adultes soit examinée. Aux frais des Américains. (…) Reste que les parents, prévenus de la loi que nul n’est censé ignorer, sont les premiers responsables du sort qui menace leurs enfants, en choisissant de la violer. Ce sont eux qui font payer leur délit à leur propre progéniture. Les clandestins sont des adultes tout aussi responsables que n’importe quel autre adulte : leur retirer leur capacité de décision, leur liberté et donc leur responsabilité n’est pas exactement les respecter. Mais (…) remontons à 2014, époque bénie du président Barack Obama. Cette année-là, 47.017 mineurs sont appréhendés, alors qu’ils traversent la frontière… seuls. Des enfants, envoyés par leurs parents qui n’ont apparemment pas eu peur de s’en séparer pour leur faire prendre des risques inconsidérés. Comment est-ce possible ? L’administration américaine d’alors avait affirmé que les étrangers envoyaient leurs enfants seuls, persuadés qu’ils seraient ainsi mieux traités que des adultes. Le New York Times avait donné raison à l’administration : « alors que l’administration Obama a évolué vers une attitude plus agressive d’expulsion des adultes, elle a, dans les faits, expulsé beaucoup moins d’enfants que par le passé. » Les clandestins le savent, tout comme ils connaissent aujourd’hui les risques qui pèsent sur leurs propres enfants. On apprend également qu’à l’époque, les enfants mexicains sont directement reconduits de l’autre côté de la frontière et que les autres sont « pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d’expulsion soit lancé. » En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Et ce, dans les mêmes conditions aujourd’hui dénoncées. Si similaires d’ailleurs que certains ont voulu critiquer la politique migratoire de Donald Trump en usant de photos datant de… 2014 ! Rien n’a changé. A un détail près. Les enfants dont on parle en ce mois de juin 2018 sont parfois accompagnés d’adultes. Comme sous l’administration Obama, les enfants sont séparés de ces adultes lorsqu’il y a un doute sur le lien réel de parenté, en cas de suspicion de trafic de mineurs ou par manque de place dans les centres de rétention pour les familles. Restent les enfants effectivement accompagnés de leurs parents et malgré tout séparés de ces derniers qui partent en prison. Chaque mois, 50.000 clandestins entrent aux Etats-Unis, parmi lesquels 15% de familles. Une fois arrêtés, les clandestins sont pénalement poursuivis avant toute demande d’asile. (…) Mais il a suffi de quelques images, publiées en même temps que la sortie du très attendu rapport sur la possible partialité du FBI lors des dernières élections présidentielles américaines, pour que l’opinion politico-médiatique hurle au scandale. Jusqu’à la première dame du pays, Mélania Trump, qui a confié « détester » voir les clandestins séparés de leurs enfants. Le Président lui-même a fini par douter publiquement : «Le dilemme est si vous êtes mou, ce que certaines personnes aimeraient que vous soyez, si vous êtes vraiment mou, pathétiquement mou… le pays va être envahi par des millions de gens. Et si vous êtes ferme, vous n’avez pas de coeur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préfère être ferme, mais c’est un dilemme difficile.» Donald Trump a subi l’indignation générale (à moins d’en profiter), au point de montrer au monde que même lui avait du cœur en annonçant la signature d’un décret mettant fin à cette séparation forcée. Tout le monde s’est félicité du résultat de la mobilisation : enfin, les enfants vont pouvoir rejoindre leurs parents en prison ! Quelle victoire… Charlotte d’Ornellas
L’humoriste Yassine Belattar (…) est venu à Nantes, pour rencontrer les proches d’Aboubakar Fofana, tué le 3 juillet par un tir policier, parler aux animateurs du quartier du Breil où a eu lieu le drame, aux avocats de la famille… Sans mettre en avant sa nouvelle casquette de membre du Conseil présidentiel des villes. L’humoriste issu des banlieues franciliennes a une voix qui porte, quitte à faire grincer des dents, et il n’est pas du genre à la fermer quand un sujet lui tient à cœur. « Ça sert à quoi, sinon, d’être artiste ? » Jordan, 24 ans, habitant du Breil et  «meilleur ami» d’Aboubakar se tient à ses côtés. Ils partagent la même indignation.  « Pendant 48 heures, notre ami s’est fait traiter de voyou. Il a été insulté sur les réseaux sociaux. Des commentaires racistes se sont réjouis de sa mort ! Une double peine pour sa famille,  se désole le jeune Nantais.  « Tout ça parce que la police – via les médias- a laissé croire qu’il avait été tué dans un acte de légitime défense »,  renchérit Yassine. Ils racontent : «  Ce garçon de 22 ans vivait à Nantes depuis un an et neuf mois. Ok, il avait fait des conneries à Garges-lès-Gonesses, difficile d’y échapper quand on grandit dans l’une des banlieues les plus mal famées de France. Mais, fort d’une famille très unie, aimante, il était parti à Nantes pour se reconstruire, trouver du travail. Et il est victime d’un fait divers affreux. »  Yassine Belattar ajoute : « Je suis tombé de ma chaise quand je me suis rendu compte que le policier avait menti ! » Le drame a provoqué cinq nuits d’émeutes à Nantes : 175 voitures brûlées, une trentaine de bâtiments public et commerces dégradés ou ravagés par des incendies… Un choc pour la ville.  « En banlieue parisienne, ça aurait été bien pire, affirme Belattar.  Ici, les habitants espèrent encore dans la justice, les associations sont présentes dans des quartiers qui ne sont pas éloignés du centre-ville. Mais la violence n’est pas une solution. Ce n’est pas en brûlant une bibliothèque qu’on va faire revivre Aboubakar. Le problème des émeutes, c’est qu’au bout d’un moment, ça devient comme une espèce de jeu pour des très jeunes gens. Et dans cinq ans, à cause de ça, le gamin qui aura marqué Breil sur son CV ne va pas forcément se faire rappeler ». Ils ne veulent pas évoquer les suites judiciaires de cette affaire, pour laisser le champ aux avocats de la famille. Mais l’humoriste, confirmant que le CRS auteur du tir est d’origine maghrébine, balaie l’hypothèse d’un homicide raciste :  « Pour nous, ce n’est pas un Rebeu qui a tué un Noir. C’est un policier qui a tué un jeune. Voilà le problème. »  Jordan et lui espèrent que le « mensonge » initial du policier, provoquera un déclic,  « un renouveau »,  dans les relations devenues détestables entre les forces de l’ordre et les jeunes.  « C’est peut-être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page. Il faut qu’ils se parlent. Qu’ils crèvent l’abcès pour de vrai. Oui, des policiers n’en peuvent plus de se faire insulter. Oui, certains peuvent friser le  burn-out . Oui, les gens des quartiers se font maltraiter, insultés eux aussi et ont peur de la police, contrairement aux gens des centres-villes, martèle l’humoriste. Ouest France
Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences. La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales. C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance. Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère. Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ». Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère. Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple. Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses. Gilles-William Goldnadel
Mais le peuple, c’est pas le peuple qui  gouverne, c’est pas le peuple qui décide de quelle loi on doit faire à un instant T. Si on écoutait le peuple on aurait encore la peine de mort, nous aurions l’alcool au volant et peut-être d’autres excèsC’est pas au peuple de décider si on doit recevoir ou pas ces migrants, c’est au gouvernement pour qui le peuple a voté. (…) Même s’il y a des manifestations contre les migrants, ça ne change rien au fait qu’on doit au moins les accueillir … Jimmy Mohamed (médecin urgentiste, RMC, 14.08.2018)
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith
Douglas Murray, qui vient de publier un livre remarquable appelé The Strange Death of Europe* (La mort étrange de l’Europe) (…) y décrit le suicide de son propre pays, et écrit que les choses a ses yeux sont devenues irréversibles. Il attribue cela à deux causes: l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’acceptation d’une immigration de masse musulmane, et l’imposition des idées politiquement correctes qui a créé une multitude de bombes à retardement en train d’exploser.Il serait très tard pour qu’un gouvernement britannique agisse : il faudrait au minimum enfermer en prison tous les gens qui sont sur les listes de suspects, expulser ceux qui ne sont pas de nationalité britannique, interdire le retour sur le territoire des Musulmans partis se former au djihad à l’étranger, fermer toutes les écoles musulmanes et la plupart des mosquées, armer la police, et ce ne serait qu’un début. Le gouvernement britannique n’agira pas. La situation est à peine meilleure en France (où il faudrait appliquer des mesures identiques), ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas désespérée, et Douglas Murray parle aussi de la France où existent près de six cent zones de non droit et plus de deux mille mosquées où on évoque positivement le djihad. Elle compte une proportion inquiétante de Musulmans antisémites et de Musulmans approuvant les actions de l’Etat Islamique. La situation est pire en Belgique qu’au Royaume Uni, et la situation s’aggrave en Scandinavie.  L’Europe est en guerre parce que l’islam radical lui a déclaré la guerre, et elle opte pour l’aveuglement volontaire, l’apaisement et la défaite préventive.  Dans les journaux de tous les pays d’Europe, on évoque en ce moment le ramadan, et on vante les charmes de celui-ci. Le ramadan est une phase de djihad exacerbé, et on le constatera cette année encore, mais il ne faut pas le dire, bien sûr. Ce qui s’est passé à Londres était une nuit de ramadan. Tuer des infidèles pour plaire à Allah et finir en shahid pour rejoindre le paradis d’Allah peut faire partie des joies du ramadan pour un Musulman. Il existe des Musulmans occidentalisés qui s’éloignent du Coran et qui vivent leur vie paisiblement, mais les Musulmans qui respectent pleinement le Coran peuvent légitimement tuer des infidèles. L’assimilation des Musulmans au monde occidental serait une vaste tâche, presque impossible à accomplir. Pour l’heure, en Europe, c’est l’Occident qui se fait avaler par l’islam. Parmi les aspects les plus abjects des pseudo-debats de ces derniers jours sur le climat, il y avait le fait qu’on mène ces débats comme si une semaine plus tôt des enfants n’avaient pas été assassinés à Manchester. Les gens rassemblés pour une minute de silence à Manchester avaient chanté une chanson appelée Don’t look back in anger (ne regarde pas en arrière avec colère). Ils n’étaient pas en colère et, avec leurs bougies, leurs fleurs et leurs petits cœurs en papier rose, ils faisaient acte de soumission. Ils ne regardaient pas en arrière vers les victimes. Les dirigeants européens réservaient, eux, leur colère à Donald Trump et ne regardaient pas en arrière eux non plus.  Parmi les aspects les plus grotesques des pseudo-débats de ces derniers jours sur le climat, il y avait cette prétention cuistre et arrogante des dirigeants européens de sauver la terre alors qu’ils sont totalement incapables de sauver leur propre civilisation et sont en train de la détruire. La terre, dont ils prétendent se préoccuper n’est pas en danger. La civilisation européenne, elle, est bien davantage qu’en danger : elle est quasiment morte, et les dirigeants européens d’aujourd’hui sont ses fossoyeurs. Guy Millière
Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines. Douglas Murray
Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray. Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016) Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient. Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien. « Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades ! Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela. Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ». Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ? La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation. Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark. Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ». Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ? (…) Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir. (…) La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés. (…) On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos. (…) Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. (…) Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis. (…) Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort. (…) Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires. Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème. On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école ! Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale ! Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. » Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne. L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés. Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient. (..) Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015. Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir. « Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ? Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe. (…) Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ?  En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles. (…) Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent. Michèle Tribalat
Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux. Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne. Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité. L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme. Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme. La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006. Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe. Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire. A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité. J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED. Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration. Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct. (…) L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire. (…) Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe. On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants. Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années. Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini. Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment. La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites. Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ». Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration. En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression. (…) D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe» Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes. L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir. Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue. Polemia
Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait. L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique. L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral. Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales). Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. (…) Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié. Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? Boulevard Voltaire
Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies. A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation. Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ? Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens. Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes. Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même. Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation. Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis. Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites. Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal. Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents. L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète. La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne. Europe-Etats-Unis-Israel-Australie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon. Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »… Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés. Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale. Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer. En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme. En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse. Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité. En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi. Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême ! Quoi ? Serait-ce possible ? Les Américains n’ont plus honte d’être américains ? Quoi! Les Juifs ne se cachent plus ! Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ? Sydney Touati
Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique. (…) Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore. Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth. Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui. (…) Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie. On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché. (…) Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui. Douglas Murray
We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly. (…)Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe. And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies. (…) And the people arriving are bringing a very literal faith with them. (…) Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now. Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem. (…) I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that. (…) everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism? (…) The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it? (…) And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us. (…) The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of. There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home. Douglas Murray
Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions ogayf pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.) But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs. (…) The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.) He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else. (…) Yet (…) For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines? More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”. The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. The Guardian
The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism. (…) But (…) he cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”. (…) Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp. The Economist

Cachez cette invasion que je ne saurai voir  !

A l’heure où de la Californie à Grèce et de la Suède au Portugal …

Oubliant commodément, entre cycles climatiques, sururbanisation et bétonisation, une myriade d’autres facteurs possibles …

Et sans compter, comme en Israël depuis des mois et dans la plus grande indifférence, les pyromanes

Ou en Iran nos amis les mollahs détourneurs et voleurs d’eau

On nous bassine ou nous anathémise avec un changement climatique encore largement hypothétique …

Entre deux égorgements (pardon: agressions au couteau), émeutes ou marches silencieuses

Ou retour aux pissotières comme  il y a 50 ans pendant qu’on exporte des sanisettes futuristes en Amérique …

Sans parler, entre deux « fake news » (pardon: « erreurs de formulation »), de l’effet contaminateur et incitatif comme pour les fusillades de lycées de nos apprentis-sorciers de médias, leurs interviews des suspects et leurs fascinantes listes de records (jusqu’à littéralement jouer avec le feu entre scénarios du jugement dernier et des noms d’incendies comme Holy fire !) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, on découvre par hasard un camp d’entrainement d’enfants, fusils d’assaut et champ de tir compris, pour futures fusillades scolaires créé par le fils d’un ancien membre de la Nation of islam de Farrakhan et  imam d’une mosquée de Brooklyn impliqué dans le premier attentat du World Trade Center

Retour avec la récente traduction française du bestseller de l’an dernier du journaliste britannique Douglas Murray …

Qui montre exemple après exemple et après les prophéties de Powell ou de Raspail

Comment à coups de prétendue inéluctabilité, politique du fait accompli, déni, complicité, camouflage des informations dérangeantes, diversion, chantage au racisme, propagande, intimidation ou répression

Et sans compter, derrière les intérêts bien compris de quelques uns, l’effet paradoxal de l’aide

L’Europe contribue à sa propre disparition …

Sidney Touati
Dreuz
4 août 2018
« Là où un musulman a prié, la terre appartient à l’islam »

Cet article est librement inspiré d’un ouvrage dont je recommande la lecture. Il s’agit du livre de Douglas Murray : L’étrange suicide de l’Europe*.

Somme magistrale (numéro 1 des ventes en Angleterre), ce livre documenté, rigoureux, fait le point sur la descente aux enfers d’une Union européenne qui aspire à faire de son espace civilisationnel, par l’immigration de masse, le bien du monde, la propriété de toutes les ethnies.

A lire impérativement pour tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à cette mécanique de l’auto-extinction d’une brillante civilisation.

Pourquoi les dirigeants, les élites européennes aspirent-elles à dissoudre leur peuple dans le grand brassage des peuples du monde ?

Près de 6 millions de juifs ont été méthodiquement exécutés avec la complicité active ou passive de la quasi-totalité des gouvernements européens.

Lorsque les horreurs de la Shoah ont été connues de tous, un intense sentiment de culpabilité s’est emparé des élites dirigeantes européennes.

Celles-ci ont répandu l’idée que les Etats-nation étaient responsables de ce drame (pas les nazis !) puis que les Européens étaient coupables de tous les malheurs de la planète (l’esclavage, le colonialisme, l’impérialisme…), enfin que l’homme blanc en général était l’ennemi de la nature dont la folie met en péril son existence même.

Se concevant comme des êtres foncièrement mauvais, porteurs d’une sorte de péché originel, les dirigeants européens ont mis en place des politiques fondées sur l’obsession de l’auto-flagellation.

Tous répètent en boucle : nous sommes coupables et nous devons payer pour tous les crimes commis.

Portons sur nos épaules toute la misère du monde. Accueillons tous les migrants victimes, pour l’essentiel, du fanatisme musulman, de la corruption de leurs élites.

Psychiatrisation de la politique de l’Union européenne.

Par un mécanisme bien connu en psychiatrie, il s’est produit un déplacement dans la représentation collective du vécu des événements passés et présents : à l’analyse, aux explications lucides et rationnelles des événements et des crimes réellement commis (le massacre organisé des populations juives ; les crimes commis ici ou là..), on a substitué une causalité diabolique par laquelle le coupable auto-proclamé est toujours l’Européen et uniquement lui, devenu ainsi l’incarnation universelle du mal.

Dans ce scénario délirant, les autres peuples sont par définition et a priori innocents.

L’esclavage est attribué aux seuls occidentaux. Oubliés les Africains qui y ont participé activement ; ignorés les Arabes qui ont été de grands esclavagistes… idem pour le colonialisme dépeint uniquement comme un tissu de crimes commis contre les peuples par les seuls européens. Oublié que tous les peuples dominants ont colonisé d’autres peuples ; oublié que les musulmans ont colonisé, envahi, converti par le glaive de très nombreux pays et qu’ils continuent à le faire ; oubliés les innombrables crimes perpétrés au nom de l’Islam et de son prophète.

La projection de ce scénario sur la scène mondiale a conduit à désigner les Américains comme coupables a priori (origine colonisation européenne) tout comme Israël dès lors qu’une partie de sa population est d’origine européenne.

Europe-Etats-Unis-Israel-Austalie-Canada… devaient se prosterner, se mettre à genoux devant tous les autres peuples et demander pardon.

Dans ce délire pathologique, on va jusqu’à inculquer l’idée que nous sommes responsables y compris lorsque nous sommes victimes : responsables des crimes terroristes islamiques ; responsables des viols commis par des « migrants »…

Ceux, rares, très rares, qui osent mettre en cause ce masochisme politique, sont exclus, marginalisés, traînés devant les tribunaux, persécutés, contraints à se cacher voire sont assassinés.

Pour les élites européennes, il n’existe qu’un seul remède, qu’une seule solution pour absoudre ses fautes : la mort, la disparition méthodique des peuples européens, la destruction totale de la civilisation occidentale.

La Renaissance

Et puis, la chape de plomb du sentiment de culpabilité qui pèse sur la conscience européenne a commencé à se fissurer.

En dépit d’une censure étouffante, d’une propagande digne des pays totalitaires, des voix de plus en plus nombreuses s’expriment. Des États refusent le suicide de masse que l’Union européenne a inscrit dans son programme.

En Hollande, en Hongrie, en Pologne, en Italie… on refuse d’absorber la pilule de cyanure que représente l’immigration de masse.

Aux États-Unis, ex bastion de la culture de la faute ayant atteint son point culminant sous Obama, le Président Trump opère une véritable révolution, libérant la politique du carcan de la culpabilité.

En Israël, le gouvernement Netanayou ose l’impensable aux yeux des masochistes professionnels de la faute : il fait inscrire dans le marbre de la loi, le caractère juif de l’Etat d’Israël, mettant fin ainsi à deux mille ans de honte de soi.

Pour les spécialistes de la repentance, le scandale est extrême !

Quoi ? Serait-ce possible ?

Les Américains n’ont plus honte d’être américains ?

Quoi! Les Juifs ne se cachent plus !

Ils n’ont plus honte d’exister ? Ils ont même un État dont ils sont fiers ?

Les dirigeants masochistes de France, d’Allemagne, d’Angleterre, de Suède et d’ailleurs continuent à courber l’échine et à demander que leur peuple respectif soit martyrisé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Puisque les dirigeants de l’Union européenne aspirent à mourir, alors qu’ils appliquent à eux-mêmes la thérapie qu’ils imposent par la contrainte aux autres. Qu’ils laissent enfin la place à ceux qui aiment sans complexe la vieille, la riche, la belle civilisation européenne, c’est-à-dire la grande majorité des citoyens.

Envoyons des fouets à Macron, à Merkel et autres masochistes.

Qu’ils se punissent puisque tel est le fondement de leur politique.

Qu’ils nous laissent vivre dans le cadre de notre culture européenne qui repose sur Jérusalem-Athènes-Rome.

Voir aussi:

DOUGLAS MURRAY

THE STRANGE DEATH OF EUROPE

IMMIGRATION, IDENTITY, ISLAM

Bloomsbury Continuum , 2017, 352 p.

UNE TRADUCTION FRANÇAISE EST SORTIE LE 25 AVRIL CHEZ L’ARTILLEUR

Michèle Tribalat

Dans ce livre, Douglas Murray analyse la situation actuelle de l’Europe dont son attitude à l’égard des migrations n’est que l’un des symptômes d’une fatigue d’être et d’un refus de persévérer dans son être. Advienne que pourra ! « Le Monde arrive en Europe précisément au moment où l’Europe a perdu de vue ce qu’elle est ». Ce qui aurait pu réussir dans une Europe sûre et fière d’elle-même, ne le peut pas dans une Europe blasée et finissante. L’Europe exalte aujourd’hui le respect, la tolérance et la diversité. Toutes les cultures sont les bienvenues sauf la sienne. « C’est comme si certains des fondements les plus indiscutables de la civilisation occidentale devenaient négociables… comme si le passé était à prendre », nous dit Douglas Murray.

Seuls semblent échapper à celle langueur morbide et masochiste les anciens pays de la sphère soviétique. Peut-être que l’expérience totalitaire si proche les a vaccinés contre l’oubli de soi. Ils ont retrouvé leur identité et ne sont pas prêts à y renoncer. Peut-être gardent-ils le sens d’une cohésion nationale qui leur a permis d’émerger de la tutelle soviétique, dont les Européens de l’Ouest n’ont gardé qu’un vague souvenir. Peut-être ont-ils échappé au complexe de culpabilité dont l’Europe de l’Ouest se délecte et sont-ils trop contents d’avoir survécu au soviétisme pour se voir voler leur destin. Cette attitude classée à droite par l’Europe occidentale est vue, à l’Est, comme une attitude de survie, y compris à gauche comme en témoigne Robert Fico, le Premier ministre de gauche slovaque : «  j’ai le sentiment que, nous, en Europe, sommes en train de commettre un suicide rituel… L’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Les migrants changent l’identité de notre pays. Nous ne voulons pas que l’identité de notre pays change. » (2016)

LA COMPLAISANCE DES EUROPÉENS DANS LA DÉTESTATION DE SOI

Il y a un orgueil à se présenter comme les seuls vraiment méchants de la planète. Tout ce qui arrive, l’Europe en est responsable directement ou indirectement. Comme avant lui Pascal Bruckner, Douglas Murray brocarde l’auto-intoxication des Européens à la repentance. Les gens s’en imbibent, nous dit-il, parce qu’ils aiment ça. Ça leur procure élévation et exaltation. Ça leur donne de l’importance. Supportant tout le mal, la mission de rédemption de l’humanité leur revient.

Ils s’autoproclament les représentants des vivants et des morts. Douglas Murray cite le cas d’Andrews Hawkins, un directeur de théâtre britannique qui, en 2006, au mi-temps de sa vie, se découvrit être le descendant d’un marchand d’esclaves du 16ème siècle. Pour se laver de la faute de son aïeul, il participa, avec d’autres dans le même cas originaires de divers pays, à une manifestation organisée dans le stade de Banjul en Gambie. Les participants enchainés, qui portaient des tee-shirts sur lesquels était inscrit « So Sorry », pleurèrent à genoux, s’excusèrent, avant d’être libérés de leurs chaines par  le Vice-Président  gambien.

« Happy end », mais cette manie occidentale de l’auto-flagellation, si elle procure un sentiment pervers d’accomplissement, inspire du mépris à ceux qui n’en souffrent pas et les incitent à en jouer et à se dédouaner de leurs mauvaises actions. Pourquoi disputer aux Occidentaux ce mauvais rôle. Douglas Murray raconte une blague de Yasser Arafat qui fit bien rire l’assistance, alors qu’on lui annonçait l’arrivée d’une délégation américaine. Un journaliste présent lui demanda ce que venaient faire les Américains. Arafat lui répondit que la délégation américaine passait par là à l’occasion d’une tournée d’excuses à propos des croisades !

Cette attitude occidentale facilite le report sur les pays occidentaux de la responsabilité de crimes dont ils sont les victimes. Ce fut le cas avec le 11 septembre. Les thèses négationnistes fleurirent, alors qu’on se demandait aux États-Unis qu’est-ce qu’on avait bien pu faire pour mériter cela.

Cette exclusivité dans le mal que les Occidentaux s’arrogent ruissèle jusques et y compris au niveau individuel. Après avoir été violé chez lui par un Somalien en avril 2016, un politicien norvégien, Karsten Nordal Hauken, exprima dans la presse la culpabilité qui était la sienne d’avoir privé ce pauvre Somalien, en le dénonçant, de sa vie en Norvège et renvoyé ainsi à un avenir incertain en Somalie. Comme l’explique Douglas Murray, si les masochistes ont toujours existé, célébrer une telle attitude comme une vertu est la recette pour fabriquer « une forte concentration de masochistes ». « Seuls les Européens sont contents de s’auto-dénigrer sur un marché international de sadiques ».

Les dirigeants les moins fréquentables sont tellement habitués à notre autodénigrement qu’ils y voient un encouragement. En septembre 2015, le président Rouhani a eu le culot de faire la leçon aux Hongrois sur leur manque de générosité dans la crise des réfugiés. Que dire alors de la richissime Arabie saoudite qui a refusé de prêter les 100 000 tentes climatisées qui servent habituellement lors du pèlerinage et n’a accueilli aucun Syrien, alors qu’elle offrait de construire 200 mosquées en Allemagne ?

La posture du salaud éternel, dans laquelle se complait l’Europe, la désarme complètement pour comprendre les assauts de violence dont elle fait l’objet et fonctionne comme une incitation.

LA CULPABILILITÉ OCCIDENTALE

Beaucoup d’Européens, ce fut le cas d’Angela Merkel, ont cru voir, dans la crise migratoire de 2015, une mise au défi de laver le passé : « Le monde voit dans l’Allemagne une terre d’espoir et d’opportunités. Et ce ne fut pas toujours le cas » (A. Merkel, 31 août 2015). N’était-ce pas là l’occasion d’une rédemption de l’Allemagne qu’il ne fallait pas manquer ?  Douglas Murray décrit ces comités d’accueils enthousiastes qui ressemblaient à ceux que l’on réservait jusque là aux équipes de football victorieuses ou à des combattants rentrant de la guerre. Les analogies avec la période nazie fabriquent à peu de frais des héros. Lorsque la crise migratoire de 2015 survient il n’y a pas de frontière entre le Danemark et la Suède. Il suffisait donc de prendre le train pour passer d’un pays à l’autre. Pourtant, il s’est trouvé une jeune politicienne danoise de 24 ans – Annika Hom Nielsen – pour transporter à bord de son yacht, en écho à l’évacuation des juifs en 1943, des migrants qui préféraient la Suède au Danemark mais qui, pourtant, ne risquaient pas leur vie en restant au Danemark.

Si beaucoup de pays expient l’expérience nazie, d’autres expient leur passé colonial. C’est ainsi que l’Australie a instauré le « National Sorry Day » en 1998. En 2008, les excuses du Premier ministre Kevin Rudd aux aborigènes furent suivies de celles du Premier ministre canadien aux peuples indigènes. Aux États-Unis, plusieurs villes américaines ont rebaptisé « Colombus Day » en « Indigenous People Day ». Comme l’écrit Douglas Murray, il n’y a rien de mal à faire des excuses, même si tous ceux à qui elles s’adressent sont morts. Mais, cette célébration de la culpabilité « transforme les sentiments patriotiques en honte ou à tout le moins, en sentiments profondément mitigés ».

GÉNÉRALISATION ET ESSENTIALISATION : DES CRIMES TYPIQUEMENT EUROPÉENS

Si l’Europe doit expier ses crimes passés, pourquoi ne pas exiger de même de la Turquie ? Si la diversité est si extraordinaire, pourquoi la réserver à l’Europe et ne pas l’imposer à, disons, l’Arabie saoudite ? Où sont les démonstrations de culpabilité des Mongols pour la cruauté de leurs ascendants ?

« il y a peu de crimes intellectuels en Europe pires que la généralisation et l’essentialisation d’un autre groupe dans le monde».  Mais le contraire n’est pas vrai. Il n’y a rien de mal à généraliser les pathologies européennes, et les Européens ne s’en privent pas eux-mêmes.

L’EXALTATION DES AUTRES

Le pendant à l’autodénigrement et à la culpabilité européens est l’exaltation de l’Autre, même dans les circonstances les plus invraisemblables. Le multiculturalisme, qui fait une place particulière aux cultures apportées par les migrants, s’il est vu comme LA seule solution au problème posé par l’immigration massive, a l’avantage de tenir à distance les prétentions hégémoniques des cultures européennes, dont il faut toujours se méfier.

Afin de devenir vraiment multiculturels, les pays européens ont insisté sur leurs mauvais côtés, exaltant par ailleurs les apports extérieurs : « Changer le passé pour qu’il s’adapte aux réalités présentes ».

C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité faisait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vanta les mérites passés des civilisations islamiques, notamment du temps de l’occupation du sud de l’Espagne présentée comme l’exemple même d’une société multiculturelle harmonieuse et heureuse !  Embellir le passé pour se donner des raisons d’espérer.

En 2010, une exposition londonienne, « 1001 Islamic Inventions », faisait l’inventaire de tout ce que le monde islamique avait apporté à l’Occident, c’est-à-dire à peu près tout.

Quelle chance pour les musulmans d’avoir une civilisation pareille ! Tout plutôt que la civilisation européenne. La Suède, à ce petit jeu, gagne le pompon.

Douglas Murray raconte que la ministre suédoise de l’intégration, Mona Sahlin, déclara en 2004, dans une mosquée kurde, que beaucoup de Suédois étaient jaloux des Kurdes parce qu’ils possèdent une culture riche et unificatrice quand les Suédois n’ont que des choses ridicules telles que le fête de la Nuit de la Saint-Jean.

Quand il fut demandé à Lise Bergh, la secrétaire d’État spécialisée sur les droits de l’homme, l’inclusion…, si cela valait le coup de préserver la culture suédoise, elle répondit : « Bon, qu’est-ce que la culture suédoise ? Et avec ça je pense que j’ai répondu à votre question. » Mais, nous dit Douglas Murray, généralement, ce type de question est soigneusement évité en Europe, en raison des difficultés sous-jacentes : « Quelles parts de leur culture les Européens devraient-ils abandonner volontairement ? Qu’est-ce qu’ils y gagneraient et à quelle échéance ? »

En 2015, Ingrid Lomfors, la patronne de l’équivalent suédois du Mémorial de la Shoa, déclarait lors d’une conférence en faveur de la politique du gouvernement « Sweden together », en présence du roi et de la reine, que l’immigration en Suède n’avait rien de neuf, que tout le monde était un migrant et que la culture suédoise n’existait pas. Le soir du 24 décembre 2014, le tout juste ex-Premier ministre de Suède, Fredrik Reinfeldt, déclarait à la télévision que les Suédois étaient sans intérêt et que les frontières étaient des constructions fictives.

Mais l’Allemagne pratique aussi, à l’excès, ce souci de l’Autre. Après l’attaque du train en Allemagne en juillet 2016, il s’est trouvé une parlementaire allemande du Parti vert pour demander pourquoi la police avait tué l’attaquant au lieu de le blesser.

LA CRISE MIGRATOIRE DE 2015

Douglas Murray, qui s’est rendu dans de nombreux points chauds, revient longuement sur cette crise migratoire. Sans entrer dans le détail, relevons un fait qui m’a frappé moi aussi : le rapport de masculinité élevé. On a su très vite qu’il s’agissait dans une grande majorité de jeunes hommes, y compris parmi les mineurs. Outre que cette arrivée de jeunes hommes et adolescents a modifié de façon visible le sex-ratio en Suède, on aurait pu se demander quel péril guettait les filles restées au pays. Pourquoi les familles étaient-elles si pressées de sauver leurs garçons et pas leurs filles ?

Les mesures prises pour sauver les étrangers en mer, au plus près des côtes libyennes ont été vite connues et intégrées par les passeurs, pour accélérer leur business et empiler toujours plus de migrants dans des embarcations dangereuses. L’information circule à grande vitesse, comme ce fut le cas avec les déclarations d’Angela Merkel ne fixant aucune limite au nombre d’étrangers qu’elle était prête à accueillir.

Le racisme dont les Européens s’enorgueillissent d’être les vrais coupables, n’épargne pas les frêles embarcations sur lesquelles sont entassés les migrants. Ce sont les Subsahariens qui sont mis aux endroits les plus périlleux et sont les premiers à se noyer. Des chrétiens ont été battus et jetés à la mer lorsque les autres passagers ont su qu’ils étaient chrétiens.

La traite est impitoyable. Les passeurs n’hésitent pas à envoyer des vidéos mettant en scène les abus et les tortures de migrants, via leurs smartphones, à destination des familles pour recueillir plus d’argent. L’identification des migrants est très difficile et le rythme des arrivées ne permet pas une vérification approfondie. Beaucoup arrivent sans papiers. Ceux qui débarquaient à Lesbos connaissaient le prix du taxi pour Moria. Et, à Malmö, c’est dans les poubelles en ville que l’on retrouvait nombre de papiers d’identité abandonnés.

L’exaltation suscitée par la crise migratoire de 2015 chez certains gouvernants, et tout particulièrement Mme Merkel, a conduit à certains retournements. En 2010, elle déclarait que le multikluti ne fonctionnait pas, mais en 2015, elle insistait sur le fait que tout allait bien se passer et que ce qui avait échoué par le passé avec des flux moins volumineux, allait réussir cette fois !

DE NOUVEAU UN PROBLÈME AVEC LA RELIGION : LES NOUVEAUX DISSIDENTS

Qui aurait pensé, il y a 20 ou 30 ans que l’Europe serait à nouveau déchirée par des débats sur la place de la religion ?

On a toléré de musulmans « offensés et en colère » beaucoup plus qu’on ne l’aurait fait pour d’autres. C’était déjà le cas en 1989, après la publication des versets sataniques de Salman Rushdie. Ainsi, Cat Stevens, « rebaptisé » Yusuf Islam après sa conversion, déclara lors d’une émission télévisée de la BBC que Salman Rushdie méritait la mort et qu’il regrettait que les portraits en flammes que l’on voyait lors des manifestations ne soient pas « la chose en vrai », autrement dit Salman Rushdie lui-même. Il ne fut pas poursuivi pour ses propos.

Peu de gens ont compris, en 1989, avec l’affaire Rushdie, que nous avions changé d’ère.

Partout en Europe, se trouvèrent des « idiots utiles » qui ont non seulement protégé et défendu l’indéfendable mais ont été des activistes de la cause. C’est ce qui causa l’assassinat de Pim Fortuyn par un Végan, défenseur de la cause animale, qui croyait ainsi venir en aide aux musulmans.  La radicalisation des propos à l’égard de Pim Fortuyn de la part de ses opposants, qui franchirent rapidement le point Godwin, l’ont, en quelque sorte, désigné à la vindicte. « Dans un entretien télévisé, peu de temps avant sa mort,  Fortuyn parla des menaces de mort qu’il recevait et déclara que, si quoi que soit lui arrivait, ses opposants politiques, qui l’avaient tellement démonisé, auraient leur part de responsabilité. »

Mais celle qui symbolise le mieux le malaise européen est sans doute Ayaan Hirsi Ali. Voilà une jeune femme qui incarne la résistance à l’extrémisme religieux, qui aurait dû être la coqueluche des intellectuels européens et qui a été lâchement abandonnée. Somalienne, réfugiée aux Pays-Bas, alors qu’elle fuyait un mariage forcé, Ayaan Hirsi Ali apprit la langue de son nouveau pays tout en travaillant et put ainsi entreprendre des études à l’Université de Leiden. Elle en sortit diplômée et devint chercheur. Sans parler de son engagement politique. Son parcours est d’autant plus remarquable qu’elle était, adolescente, favorable à l’exécution de Salman Rushdie. Le 11 septembre 2001 l’amena à remettre en cause ses convictions religieuses et à les abandonner. Le parcours exemplaire qu’elle avait construit depuis son arrivée en Hollande aurait dû en faire un modèle d’intégration. Menacée, Ayaan Hirsi Ali finit par se voir accorder une protection policière. Alors qu’elle représentait tout ce qu’un pays européen pouvait souhaiter de ses migrants, elle se vit retirer sa nationalité néerlandaise par la ministre de l’immigration et de l’intégration qui appartenait au même parti qu’elle, sous l’allégation de fausse déclaration. Décidément, la Hollande avait fait son choix. Elle refusait d’assurer la protection d’une femme qui défendait tout ce que les Européens avaient si précieusement acquis. Comme l’écrit Douglas Murray : « le pays qui avait laissé entrer des centaines de milliers de musulmans sans espérer d’eux qu’il s’intégrassent et qui abritait en son sein quelques spécimen des prêcheurs les plus radicaux en Europe, privait de sa citoyenneté l’un des seuls immigrants qui avait montré à quoi pourrait ressembler un immigrant pleinement intégré. » Ayaan Hirsi Ali, ne recevant finalement aucune de protection en Europe, finit par s’installer aux Etats-Unis.

Comme dans d’autres pays, c’est celui qui sonnait l’alarme qui fut considéré comme un gêneur. L’Europe semblait alors croire que le problème de l’extrémisme disparaîtrait avec ceux qui le dénonçaient, écrit Douglas Murray.

UN CLIMAT INTIMIDANT

La peur de se voir dénoncé comme raciste ou, pire, de risquer sa vie, conduit à faire silence sur des faits insoutenables.

Les viols collectifs d’enfants à Rotherham et à Oxfordshire ont été passés sous silence par la police par peur des accusations de racisme et par peur de nuire aux relations intercommunautaires. Ces situations de viols passés sous silence ou minimisés se sont multipliées en Europe dans la foulée de la vague migratoire de 2015. Un musulman du nord de l’Angleterre qui s’était insurgé contre  les viols collectifs de filles blanches par des membres de sa communauté a reçu des menaces de mort.

Avoir un avis sur la question peut être dangereux et cela ne concerne pas seulement les politiciens. La violence des réactions conduit à la clôture des débats. Toute vie peut être ruinée par la reconnaissance de ce qui arrive, sans parler de propositions visant à en changer le cours. Il est plus profitable d’ignorer le problème et de mentir. Il y a ce que les gens pensent et ce qu’ils croient qu’ils sont autorisés à penser. Mais, comme le fait remarquer Douglas Murray, il est périlleux d’ignorer ce que ressent la majorité des gens ou d’aller répétant qu’il est impossible d’y remédier.

Les opinions publiques ont bien compris que « ce qui se trouve en-dessous du terrorisme constitue un plus grand problème encore ». Cette prise de conscience effraie les élites pour lesquelles le pire ne peut appartenir qu’aux Européens. D’où la nécessité des les rééduquer. D’abord parce que c’est plus facile et que cela vous signale comme particulièrement vertueux. L’accusation de racisme si aisément dégainée et le parallèle avec le nazisme valorisent celui que s’y adonne et innocentent forcément la partie adverse. On ne peut qu’être innocent face à un nazi. Comme l’écrit Douglas Murray, « traiter quelqu’un de fasciste ou de raciste est un exercice sans risque qui ne peut apporter que des avantages politiques et personnels ».

DÉNI, MENSONGES ET CACHOTTERIES

L’immigration massive, sans toujours avoir été planifiée, est devenue une préoccupation des opinions publiques européennes. Pourtant, au Royaume-Uni, du temps de Tony Blair, il y eut une politique délibérée, du côté du Labour, de transformer la société. On apprit, plus tard, que Tony Blair avait favorisé l’immigration pour forcer les conservateurs à regarder la diversité en face (déclaration d’Andrew Neather, ancien porte-parole du gouvernement, en 2009). Toute idée de restriction de l’immigration était qualifiée de raciste. Au lieu de tenir compte des inquiétudes de l’opinion publique, les politiques ont répliqué en proférant des accusations en direction des inquiets. À des moments différents selon les pays, un éloge de la diversité et du multiculturalisme devint monnaie courante.

Le déni est le refuge de décideurs qui pensent qu’ils ne peuvent rien faire contre les arrivées massives de migrants. Ils cherchent donc à y accoutumer les opinions publiques et à présenter les choses sous un jour positif, tout en minimisant les inconvénients ou en les ignorant. Ce que ne peuvent faire les citoyens qui ont ce qu’ils ont sous les yeux.

Les dirigeants, qui ont pratiqué la politique du fait accompli, ne manquent pas d’arguments pour vanter une situation qu’ils n’ont rien fait pour éviter.

Les arguments bien connus en faveur du statu quo changent avec l’air du temps en fonction de la résistance qu’ils rencontrent. Et l’on passe sans mal d’un argument à l’autre : bénéfice économique, les emplois dont les natifs ne veulent pas, démographie… Et si tout cela ne marche pas vient l’argument de la diversité.

Il faut s’y faire / Rien de nouveau / Nous n’y pouvons rien

L’injonction « Adaptez-vous ! » peut très bien être teintée d’incitations à expier le passé : Tournez-la page, rien de nouveau, vous avez été horribles, maintenant vous n’êtes plus rien.

En Angleterre, la publication des résultats du recensement de 2011, qui montraient que les « White British » étaient désormais minoritaires à Londres, fit les délices « des trois quarts des participants » aux débats de NewsNight sur la BBC. Le maire de Londres Boris Johnson déclara : « Nous devons cesser de nous lamenter sur la digue qui a sauté (dam-burst). C’est arrivé. Il n’y a rien que l’on puisse y faire sauf faire en sorte que l’absorption soit la plus digeste possible. »

La diversité, c’est bon pour vous

Les Européens s’enrichissent en découvrant les cultures du monde. S’il y a une partie de vrai dans ce raisonnement, reste à prouver que tout cela n’est pas une question de dosage. Les Européens voyagent de plus en plus. Ils peuvent aimer découvrir les autres modes de vie sans que ceux-ci finissent par devenir les leurs. Rarement sont évoqués les côtés déplaisants et, lorsqu’ils le sont, ceux qui le font se voient rapidement voués aux gémonies. Douglas Murray résume la situation ainsi : « Ce n’est pas une si mauvaise affaire : s’il y a un peu plus de décapitations en Europe que de coutume, au moins bénéficierons nous d’un plus grand nombre de cuisines ».

L’Europe se dit heureuse de sa diversité et fière d’avoir des villes internationales. Mais qu’arrivera-t-il, se demande Douglas Murray, lorsque ce seront les pays qui seront internationaux ? De quoi le « nous » sera-t-il fait ?

Diversions et illusions

Si l’on intensifie l’aide au développement, on tarira à la source les flux migratoires nous dit-on. Qui peut être contre l’aide au développement ? Seulement, on sait aussi que lorsque le niveau de vie s’accroît les ressources pour partir aussi, favorisant ainsi les flux migratoires.

Après la tuerie de Nice, les débats en France se sont enflammés sur le burkini. Pour Douglas Murray, c’était une manière de faire diversion, pour parler de la chose, sans toucher à l’essentiel du problème.

On avait déjà fait la même chose en d’autres circonstances, avec la loi sur le voile à l’école par exemple. Au lieu de viser le voile, il avait fallu viser les autres religions en même temps, alors que tout le monde savait de quoi il retournait. Si l’on ne peut porter le voile à l’école, on ne peut pas non plus porter une grande croix en bois, dont personne ne se rappelait en avoir jamais vue à l’école !

Déni et camouflage des informations dérangeantes

Lorsque des « innocents » se conduisent mal, comme cela a été le cas par exemple avec les viols collectifs en Suède, en Allemagne ou en Autriche, des politiques et même des policiers, sans parler des médias, cherchent généralement à enterrer l’affaire. L’auto-défiance est telle que l’on craint plus la réaction à la chose que la chose en elle-même. « En Allemagne en 2016, comme en Grande-Bretagne au début des années 2000, la crainte des conséquences que pourrait avoir l’identification des origines raciales des agresseurs l’emporta sur la détermination des policiers de faire leur travail. » On ne peut pas ici ne pas évoquer l’affaire Sarah Halimi battue à mort, torturée et défenestrée le 4 avril 2017. Il a fallu plus de deux mois pour que l’affaire sorte dans la presse… et encore timidement. Il ne fallait pas perturber la période électorale !

La Suède est sans doute la championne du déni et de la politique anesthésiante.  Douglas Murray raconte la mésaventure d’Erik Mansson, rédacteur en chef de l’Expressen, en… 1993. Ce dernier rendit compte d’un sondage réalisé auprès des Suédois qui indiquait que 63 % des Suédois voulaient que les immigrants retournent chez eux. Erik Mansson écrivit que les Suédois avaient une opinion bien arrêtée sur la politique d’immigration et d’asile, différente de l’opinion de ceux qui les gouvernent et qu’il y avait là une bombe à retardement. Le principal résultat de cet article fut son licenciement par le journal.

Douglas Murray raconte sa rencontre avec un parlementaire allemand pour qui l’afflux des réfugiés se limite à une question de gestion bureaucratique. À part cela, accueillir 1 million de gens n’était pas un gros problème. D’ailleurs, d’après ce parlementaire, les réfugiés sont moins criminels que l’Allemand moyen. Lorsque Douglas Murray lui demanda pourquoi cette politique ne s’appliquait qu’aux Syriens et pas au reste du monde, le parlementaire lui dit que les flux avaient baissé et que, de toute façon, il refusait de répondre à une question purement théorique. Comme si ce flux s’était tari spontanément. Passer sous silence la fermeture des frontières et l’accord avec Erdogan permettait, écrit Douglas Murray, au parlementaire de ne pas s’écarter de sa rhétorique humanitaire.

Les méfaits du déni

Le déni creuse l’écart entre « les gens », comme dirait Jean-Luc Mélenchon, et les élites politiques et médiatiques. Les premiers savent que les élites leur mentent. Ils savent aussi ce qu’elles semblent ignorer : le nombre compte. Pour Douglas Murray, «  La radicalisation trouve ses origines dans une communauté particulière et tant que celle-ci s’accroît, la radicalisation fera de même ». « Les politiques européens ne peuvent admettre ce que chaque migrant traversant la méditerranée sait et que la plupart des Européens ont fini par comprendre : une fois en Europe, vous y restez. »

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation en bas. Il déresponsabilise aussi les migrants et les incite à plus d’audace. En octobre 2016, deux journaux allemands, Le Freitag et le Huffington Post Deutschland publiaient un article d’un jeune Syrien de 18 ans qui disait en avoir marre des Allemands en colère et des chômeurs racistes : « Nous, réfugiés, … ne voulons pas vivre dans le même pays que vous. Vous pouvez, et je pense que vous devriez, quitter l’Allemagne. L’Allemagne n’est pas faite pour vous. Pourquoi vivez-vous ici ?… Allez chercher une autre patrie. » Ce type d’arrogance est encouragé par des attitudes comme celles du président de district de Kassel qui, en octobre 2015, lors d’une réunion publique, déclara à ses concitoyens qui n’étaient pas d’accord avec l’accueil de 800 réfugiés, qu’ils étaient libres de quitter l’Allemagne.

RACE ET ANTIRACISME

L’obsession de la race est partout, chez les politiques, dans le sport, à la télévision. Douglas Murray raconte ce qu’ont donné à Londres, les répercussions du mouvement américain « Black Lives Matter ». Les manifestants chantaient le slogan « Hands Up, Don’t Shoot » lors de manifestations encadrées par des policiers sans arme. Quelques semaines plus tard, on vit dans les rues de Londres un type armé d’une machette juché sur les épaules de trois autres clamant les slogans de « Black Lives Matter ». Dans Hyde Park, la manifestation se termina par un policier poignardé et quatre autres blessés.

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement. Elles savaient bien que ce ne serait possible que si le problème n’était pas résolu. Ce qui a eu pour effet de faire croire que les discriminations s’étaient aggravées – et méritaient d’être plus vivement combattues – alors que les choses s’amélioraient.

DES SOCIÉTÉS EUROPÉENNES ÉPUISÉES ?

Avec l’effacement des croyances religieuses, les Européens sont livrés à l’incertitude, se posent des questions sans réponses toutes prêtes. Les Européens ont expérimenté la recherche de l’absolu ailleurs (fascisme, nazisme, communisme) et cela n’a donné rien de bon. « La plupart des souffrances de l’Europe pendant le 20ème siècle sont venues d’un effort profane de l’époque d’atteindre un absolu politique ». Le rêve fasciste n’a pas peu fait pour entretenir la ferveur communiste. Si deux idéologies apparemment opposées (comme c’était le cas à l’époque) pouvaient mener là où elles avaient conduit, alors, peut-être que n’importe quoi d’autre peut y conduire aussi. Peut-être que toute idéologie et toute certitude sont le problème.

Les Européens ont tout essayé : « la religion et l’anti-religion, la croyance et la non-croyance, le rationalisme et la foi dans la raison… ces idées ont fait des centaines de millions de morts, pas seulement en Europe, mais partout où ces idées ont été appliquées. » Que peut faire une société après cela ? Douter, se méfier d’elle même, ne pas juger les autres ? Cette attitude si courante en Europe est une solution de facilité qui ne garantit pas sa survie.

La plupart des habitants du reste de la planète ne partagent pas cette attitude. Ils ne craignent pas de poursuivre leur intérêt propre. C’est aussi le cas en Europe de l’Est.

Si penser aux migrants d’aujourd’hui, c’est penser aux juifs d’hier, et réparer à travers les premiers le crime vis-à-vis des seconds, alors l’Europe ne peut rien opposer à l’immigration massive. Même si cette dernière, et plus encore surtout si cette dernière, est vue comme une punition. « Se ranger du côté des migrants, c’est se mettre du côté des anges. Parler en faveur des Européens, c’est se mettre du côté du diable. »

Douglas Murray se demande combien de temps une société fondée sur ce qui est sorti de la tradition chrétienne peut survivre sans se référer aux croyances qui lui ont donné naissance. Pour les Églises d’Europe, le message de la religion est devenu une forme de politique de gauche, d’action en faveur de la diversité et du bien être social. Ainsi, en Suède, l’archevêque Antje Jeckelen a déclaré que Jésus se serait opposé aux restrictions que la Suède a fini par mettre à l’immigration après la ruée de 2015.

Après avoir perdu la croyance religieuse, et même le sens des métaphores bourrées de références à la religion, nous dit Douglas Murray, nous sommes sur le point d’abandonner le rêve d’une extension illimitée de valeurs que nous croyions universelles. Et, le trou creusé par la religion risque de s’agrandir.

« Les étrangers qui viennent en Europe apportent leur propre culture au moment précis où notre culture a perdu la confiance qui lui permettrait de plaider sa cause ». Combien de temps cela peut-il durer, se demande Douglas Murray, et qu’est-ce qui se profile après ?

QUE FAIRE, COMME AURAIT DIT LÉNINE ?

Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à porter les malheurs du monde ? Que deviendra l’Europe si cette fuite en avant continue ? Pourquoi les Européens devraient-ils être les seuls à ne pas pouvoir se préoccuper d’abord de leurs intérêts et de leur avenir, comme le font la plupart des autres peuples du monde ?

Il faudrait, nous dit Douglas Murray, que ceux qui gouvernent reconnaissent leurs erreurs, qu’ils cessent de dire qu’ils veulent changer de fond en comble la société, qu’ils reconnaissent enfin les problèmes que la société a perçu bien avant eux, que la diversité c’est bien, mais à dose raisonnable, sans quoi, en plus des problèmes vécus par les autochtones, ce sont les problèmes du monde entier qui se retrouvent en Europe.

Les politiciens devraient reconnaître le bien-fondé de certains griefs.

Alors que l’idée de grand remplacement de Renaud Camus est vouée aux gémonies, et quelquefois jugée à la 17ème chambre, le grand remplacement assumé et revendiqué par les Indigènes de la République et d’autres ne suscite pas la même désapprobation. Qu’ont dû penser les Allemands lorsque, lors d’une émission sur la télévision allemande, une jeune syrienne leur a dit qu’à l’avenir les Allemands ne seront plus blonds aux yeux bleus, mais d’origine immigrée ?

Ne faudrait-il pas réserver l’ostracisme aux vrais partis fascistes comme Aube dorée et permettre aux autres partis dits d’extrême droite d’évoluer ? Il serait bon, pour y arriver que le coût social lié à une fausse accusation de racisme, de nazisme… soit équivalent à celui encouru par ceux qui en sont vraiment coupables.

Il faudrait aussi une attitude plus juste à l’égard du passé européen : retenir les bons comme les mauvais moments.

CONCLUSION DE DOUGLAS MURRAY

Mais, ce qu’il faudrait faire ne ressemble guère à ce qui est le plus probable. Les politiciens continueront de préférer les bénéfices à court terme qu’ils tirent à paraître compatissants, généreux et ouverts, même si cela conduit, à long terme, à des problèmes nationaux. Ils continueront à garantir que l’Europe est le seul endroit au monde qui appartient à tout le monde. D’ici la moitié de ce siècle, alors que la Chine ressemblera encore à la Chine, l’Inde à l’Inde… L’Europe ressemblera, au mieux, à une version des Nations unies à grande échelle, écrit Douglas Murray.

En Hollande et au Danemark, les politiciens hostiles à l’immigration vivent sous protection policière. De quoi dissuader les vocations. C’est tellement plus facile et gratifiant de se montrer compatissant, généreux et ouvert. Les plus menacés sont ceux qui ont cru aux promesses de l’Europe (Hirsi Ali, Maajid Nawaz, Kamel Daoud…). Ceux qui défendent nos valeurs ont été abandonnés à leur sort. Ils paient l’addition du déni. Ce sont eux les premiers sacrifiés. Au lieu de représenter les modèles qu’ils auraient dû être, ils font figure d’anti-modèles.

De jour en jour, l’Europe perd toute possibilité d’un atterrissage en douceur en réponse à de tels changements. Une classe politique entière n’a pas réussi à apprécier ce que beaucoup d’Européens aiment dans ce qui a été notre Europe, écrit Douglas Murray. Prisonniers du passé et du présent, il semble que, pour les Européens, il n’y ait pas de réponse décente pour l’avenir. Mais, les Européens risquent de ne pas pardonner un changement complet de notre continent.

Voir de même:

« L’Etrange Mort de l’Europe : immigration, identité et islam » de Douglas Murray présenté par Michèle Tribalat (*)

Polemia

11 septembre 2017

♦ Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique. Il exprime régulièrement à la télévision, à la radio et dans de nombreux périodiques un point de vue critique envers l’islam.

En 2017, son livre The Strange Death of Europe: immigration, identity and islam, est un grand succès de librairie en Grande-Bretagne.


  • Culpabilisme et exaltation des autres : l’Europe a perdu de vue ce qu’elle était

Culpabilisme et détestation de soi

Les Européens se complaisent dans la détestation de soi, de leur civilisation, de leurs traditions et de leur Histoire. Celle-ci ne leur inspire que remords et aspiration à la repentance. Ils y trouvent élévation, exaltation et, au bout du compte, jouissance dans l’autoflagellation. C’est particulièrement vrai pour ce qui est de leur passé colonial pourtant glorieux.

Ce masochisme se retrouve chez ce politicien norvégien qui, violé chez lui par un Somalien, exprima sa culpabilité d’avoir privé ce malheureux, en le dénonçant, de sa vie en Norvège. Il n’est certainement pas étranger à Angela Merkel qui a vu dans la crise migratoire de 2015 une occasion de laver le passé de l’Allemagne.

Il y a cependant un point sur lequel nous souhaitons émettre une réserve. D. Murray parle des Européens. En fait pas tous, seulement certains. Une grande partie de nos populations ne partage pas ces sentiments. Ce sont les « élites », ou plutôt la caste dirigeante, qui frappent nos poitrines comme les deux présidents de la République française qui sont allés s’avilir outre-Méditerranée en dénonçant la colonisation française comme un crime contre l’humanité.

L’exaltation des autres

L’objectif est l’inclusion forcée de cultures qui ne sont pas celles de l’Europe, l’acceptation imposée de religions et de coutumes qui ne sont pas les nôtres, la soumission empressée à des règles juridiques et sociales qui nous sont étrangères, voire qui nous répugnent. C’est le refus de l’assimilation et une politique d’implantation sur notre territoire de communautés souvent hostiles qui mènera à des partitions. En un mot c’est le multiculturalisme.

Pour qu’il aboutisse il est indispensable d’exalter l’autre. C’est particulièrement vrai avec l’islam. Plus la réalité fait douter de la « religion de paix et de tolérance », plus on vante les mérites passés des civilisations islamiques. Comme l’a déclaré l’érudit Chirac à Philippe de Villiers stupéfait : l’Europe doit autant à l’islam qu’au christianisme.

La conséquence évidente et tragique est que l’Europe ne peut plus rien opposer à l’immigration massive. En particulier D. Murray se demande combien de temps une société fondée sur la tradition chrétienne peut survivre sans se référer à celle-ci. Or pour les Eglises d’Europe devenues des ONG compassionnelles, le message de religion est celui d’une forme de politique de gauche et d’action en faveur de la diversité et du bien-être social.

  • Les nouveaux dissidents

Les dissidents de D. Murray

  1. Murray cite à juste titre des noms de dissidents qui, ayant engagé leur propre vie, peuvent être qualifiés de résistants. C’est le cas de Salman Rushdie, victime d’une fatwa de mort, de Pim Fortuyn, assassiné par un défenseur de la cause animale (sic) et de Ayaan Hirsi Ali, Somalienne réfugiée aux Pays-Bas qui abandonna la religion islamique. Menacée, elle a bénéficié d’une protection policière.
  2. Murray aurait également pu citer le cas de Robert Redeker menacé de mort à la suite de l’une de ses tribunes consacrée à l’islam et à la liberté d’expression parue dans Le Figaro en 2006.

Les dissidents que D. Murray aurait pu citer

Il est un peu étonnant que D. Murray n’ait pas cité Enoch Powell, homme politique et écrivain britannique dont le célèbre discours du 20 avril 1958 marqua la fin de sa carrière politique, ainsi que Christopher Caldwell, journaliste américain, auteur de Une révolution sous nos yeux / Comment l’islam va transformer la France et l’Europe.

Mais surtout le contenu de l’ouvrage de D. Murray se retrouve depuis plusieurs années dans les nombreuses publications parues en France sur l’invasion migratoire.

A tout seigneur tout honneur, Jean Raspail fut et demeure un visionnaire stupéfiant de ce qui arrive à l’Europe, avec son Camp des saints. Renaud Camus, créateur du concept du Grand Remplacement, impose son talent littéraire et son intransigeance. Eric Zemmour ne fut pas pendu mais tout de même condamné pour avoir dit la vérité.

J.Y. Le Gallou, auteur de Immigration : la catastrophe. Que faire ?, Gérard Pince dans Le Choc des ethnies, Guillaume Faye dans Comprendre l’islam et Malika Sorel Sutter, auteur de Décomposition française peuvent être considérés comme les dissidents les plus marquants. Mais il existe beaucoup d’autres auteurs qui, en France, ont élevé ou élèvent leur voix sur le thème de l’invasion migratoire et de l’islam, à commencer par Michèle Tribalat elle-même, ce qui, semble-t-il, ne lui vaut pas que des éloges à l’INED.

Quant à l’évaluation du coût financier de l’immigration, sans citer Polémia, il faut évoquer les travaux de Pierre Milloz, qui fut un pionnier dans les années 1990, et l’excellent et dense petit ouvrage de G. Pince : Les Français ruinés par l’immigration.

Tous ces dissidents se heurtent aux obstacles et aux contraintes qu’élèvent les immigrationnistes et le politiquement correct.

  • La dissidence face aux obstacles et aux contraintes selon D. Murray

L’inéluctabilité

L’arrivée de migrants est inévitable, nous ne pouvons rien y faire, il faut se résigner car de toute façon la responsabilité nous incombe. C’est la version migratoire du sens de l’histoire.

La politique du fait accompli

Sans crier gare et sans consulter les populations des natifs au carré les dirigeants européens les mettent devant le fait accompli. D. Murray cite Tony Blair mais c’est la crise migratoire de 2015 qui vit Merkel appeler sans concertation à l’accueil d’un million de migrants en Europe.

Le déni

On appelle réfugiés syriens des migrants économiques érythréens. Les chiffres de l’immigration illégale sont ignorés. Il est affirmé que la France n’est plus une terre de forte immigration. On prétend, comme Lamassoure le fit dans le Figaro, que les terroristes, citoyens français de papier, sont au fond nos propres enfants.

  • Complicité et camouflage des informations dérangeantes

Pratique courante, les informations dérangeantes, même monstrueuses, sont occultées. L’affaire Sarah Halimi, les viols de la Saint-Sylvestre en Allemagne ont été cachés et ne sont apparus au grand jour que grâce à la réinfosphère. L’un des cas les plus graves fut celui de viols collectifs de nombreuses jeunes filles en Angleterre qui furent tus par les autorités britanniques pendant des années.

La diversion

Si des faits graves se produisent, on enflamme les débats sur des sujets secondaires. Après la tuerie de Nice ce fut l’affaire du burkini.

Vous n’aurez pas ma haine

Comme après Charlie-Hebdo et le Bataclan, on manipule l’opinion et on dérive les sentiments des parents et des témoins vers les marches blanches, les bougies, les pleurnicheries afin d’éviter le ressentiment et les appels à la résistance et au châtiment.

La propagande

La diversité est représentée comme un bien et indispensable pour combler le déficit démographique européen et permettre le paiement des retraites.

L’intimidation

Le racisme, quand ce n’est pas le nazisme, est soulevé face à la moindre objection. Et pourtant, comme l’a dit Harouel « Plutôt fasciste que mort ».

Douglas Murray s’inquiète du pouvoir pris par les associations antiracistes qui luttent contre les discriminations. Elles ont cherché à prendre de plus en plus d’influence et à gagner des sources de financement.

La répression

Murray cite le cas du journaliste suédois licencié pour avoir évoqué dans un article un sondage largement hostile à l’immigration.

En France, sur le fondement des lois mémorielles liberticides, les condamnations pénales pleuvent en contradiction avec la liberté d’expression.

Le déni, le mensonge venant d’en haut encouragent la radicalisation des envahisseurs.

  • Le « Que faire ?» de D. Murray

L’auteur ne semble guère proposer de solutions. Tout au plus il ne fait qu’inviter les politiciens à reconnaître le bien-fondé de certains griefs. C’est timide. Qu’il lise les propositions de R. Camus et des Identitaires. En fait il ne va pas au bout de ses constats.

Ces politiciens, en réalité, n’y peuvent pas grand-chose. Soit ils subissent, soit ils exécutent consciemment une politique venue d’ailleurs. Celle-ci, inspirée par l’oligarchie mondialiste, théorisée par l’ONU et toutes les organisations internationales périphériques, relayée par l’Europe de Bruxelles, appliquée délibérément et obstinément par les gouvernements français depuis 40 ans, est déterminée à faire disparaître les verrous des Etats nations et à établir au sein de l’Europe un magma humain de consommateurs sans frontières subventionnés par les autochtones pour le plus grand profit de cette oligarchie.

  • Conclusion.

D. Murray évoque « l’étrange mort de l’Europe»

Non. Si l’Europe et sa civilisation inégalée sont en grand danger elles ne sont pas encore mortes.

L’émergence du populisme, l’élection de D. Trump, le Brexit, la détermination de la Russie à défendre des valeurs traditionnelles et la résistance des pays de Visegrad laissent apparaître un réel espoir.

Mais le temps presse et la course contre la montre peut être perdue.

Douglas Murray, The Strange Death of Europe : Immigration, Identity, Islam, (Anglais)), éditions Bloomsbury Continuum, 4 mai 2017, 352 pages.

(*) Note : Voir le site de Michèle Tribalat : http://www.micheletribalat.fr/435549315

Voir également:

Livre/ L’Étrange Suicide de l’Europe, de Douglas Murray

Ce livre fondamental, passionnant, très bien écrit, qui est (à juste titre !) numéro 1 des ventes en Grande-Bretagne, vient d’être traduit en français. Douglas Murray, qui est journaliste, s’interroge sur les raisons du « suicide » de l’Europe, qui est le seul continent à avoir ouvert ses portes à des populations nouvelles qui n’ont pas été assimilées et qui sont en passe de bouleverser totalement sa vieille « civilisation », plus que la Seconde Guerre mondiale l’a fait.

L’auteur explique que, jusqu’en 1945, les migrations étaient soit faibles (comme en Italie), soit facilement absorbées (comme les Irlandais en Angleterre). Mais, ensuite, elles sont devenues massives et ont changé de nature. La Grande-Bretagne, notamment, a vu s’installer chez elle nombre de personnes originaires des Caraïbes et du Pakistan, au point que les « Anglais de souche » sont devenus minoritaires en 2015 à Londres (leur « ethnie « ne représente plus que 44 % des habitants de la capitale). Selon Murray, en Europe occidentale, deux phénomènes se conjuguent. Les « Blancs » ne font plus d’enfants (en moyenne 1,38 par femme alors qu’il en faudrait 2,1 pour que la population « caucasienne » ne diminue pas ), alors que l’immigration s’est accentuée ces dernières années. Il y a, chaque année en Grande-Bretagne, 770.000 naissances par an et 300.000 nouveaux migrants. Un démographe de l’université d’Oxford, cité dans le livre, avance même que si rien ne change, en 2060, les « Blancs » constitueront moins de 50 % de la population britannique.

L’auteur rappelle qu’en 1968, le député conservateur Enoch Powell avait prononcé un discours prémonitoire, dans lequel il prévoyait un avenir sombre à son pays si on n’arrêtait pas l’immigration. Mais alors qu’il était soutenu par 75 % des Britanniques, il avait été marginalisé et réduit au silence. Douglas Murray insiste sur ce paradoxe : en Europe occidentale, la majorité des citoyens ne supportent plus les problèmes liés aux migrants (dont les attentats), mais les gouvernements (même de droite !) n’agissent pas, car ceux qui s’opposent à l’immigration sont taxés de racistes et de fascistes et aucun gouvernement de l’Europe occidentale n’ose rejeter ce jugement moral.

Douglas Murray démonte les arguments des partisans de l’immigration : elle serait nécessaire, vu le manque d’enfants chez les « Blancs », et elle serait bénéfique sur le plan économique, car les nouveaux venus créeraient de la richesse. Mais M. Murray souligne que, selon les sondages, les « Blancs » feraient sans problème deux ou trois bébés s’ils étaient aidés financièrement. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, de 1995 à 2001, lorsqu’on fait les comptes, les immigrants auraient, au final, coûté de 125 à 170 milliards d’euros (pour les soins, la scolarisation des enfants et les aides sociales).

Autre argument faux selon l’auteur : il serait impossible d’arrêter l’immigration. La preuve du contraire est donnée par le Japon et les pays de l’Europe de l’Est, qui n’accueillent que très peu de réfugiés et contrôlent leurs frontières. Néanmoins, l’auteur est allé à la rencontre de migrants et, pour lui, certains d’entre eux ont des raisons valables de venir chez nous. Il comprend la réaction de Mme Merkel qui, en 2015, a fait preuve de générosité en ouvrant toutes grandes les frontières de l’Allemagne. Mais il fustige les pays du Golfe si riches qui n’accueillent aucun réfugié.

Pour Douglas Murray, il semble y avoir une prise de conscience des gouvernants et certains faits sont, désormais, mis en avant, alors qu’ils étaient systématiquement étouffés autrefois. Les viols de milliers d’adolescentes non musulmanes par des gangs de Pakistanais sont enfin réprimés et on reconnaît publiquement que 95 % des agressions sexuelles en Suède, en Allemagne ou en Autriche sont commis par des réfugiés. La parole est plus libre et ceux qui rejettent l’immigration ont maintenant le droit de s’exprimer. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Voir de même:

NPR

NPR’s Robert Siegel talks to Douglas Murray about his new book, The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. He argues that European civilization is dying as a result of immigration.

ROBERT SIEGEL, HOST:

The way the British writer Douglas Murray sees it, European civilization is in the process of suicide by immigration. Western Europe in particular, after encouraging immigration to fill low-wage jobs, now finds itself defending traditional values against those of largely Muslim immigrants and their descendants. Mr. Murray’s new book is called « The Strange Death Of Europe, » and he joins us from London. Welcome to the program.

DOUGLAS MURRAY: Very good to be with you.

SIEGEL: First, what does it mean in your view for Europe to die as opposed to change with changing populations?

MURRAY: We’re used to the idea of slow, incremental cultural and societal change. I use the famous example of the ship of Theseus. As bits fall off, you put bits on, but it remains recognizably the ship of Theseus. That isn’t the case when you have migration at the levels at which Europe has had it in recent decades, particularly not at the level of 2015, when Germany added an extra 2 percent of – to its population in a single year alone. And it’s also very unlikely, it seems to me, that people who come with very different attitudes are not going to change the continent significantly.

SIEGEL: Very different attitudes, you believe, being essentially Muslim attitudes, is what you’re – what you’re writing about here?

MURRAY: That is obviously the one that is – that Europe is finding it hardest to digest, yes.

SIEGEL: Let me cut to what, for me, is the chase here. As a Jew, I mean, I have to ask you – what is so different about contemporary opposition to Muslim immigrants from 19th and 20th century European anti-Semitism? Things were said about the Jews – that they wouldn’t fit in or would bring radical ideas from Eastern Europe with them into the West.

MURRAY: Well, the difference is the facts, isn’t it? That’s the first thing – and secondly, of course, the numbers. Take an example like – let’s say 2015 across the continent of Europe. The numbers that came that year from across sub-Saharan Africa, North Africa, the Middle East and the Far East were far in excess of any of the migration that was seen during the Jewish migrations into Europe.

And secondly, that the claims that were made about Jews were erroneous claims, whereas the people who did warn that some – obviously not all, but some – of the Muslim immigrants will bring serious security challenges with them has been demonstrated time and again by events. So, you know, you can hear ugly echoes whilst also being able to differentiate the difference between facts and lies.

SIEGEL: One fundamental difference that you write about is – you write that for, well, going on two centuries, in Britain and other parts of Europe, religious faith has been moving from the literal to the metaphorical.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And the people arriving are bringing a very literal faith with them.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: And that seems to be one of the basic dissonances that you’re writing about.

MURRAY: Yes.

SIEGEL: Do you feel that’s what makes you and the people you grew up with fundamentally different from many of the people arriving now?

MURRAY: Let me give you one very quick example. In Britain, we, some decades ago, came to a fairly straightforward accommodation and belief towards tolerance towards people who were of sexual minorities. If you – if you look now at all opinion surveys of the people who’ve come in most recently, they have very, very different views. A poll carried out a couple of years ago found that among U.K. Muslims there was zero – zero – belief that homosexuality was a permissible lifestyle choice. And a poll taken just last year in Britain found that 52 percent of British Muslims wanted being gay in the U.K. to be made illegal now.

Now, there are people who won’t bake your wedding cake if you’re gay. There are some ultra-Protestants who won’t marry you in their churches. But these are people who actually want to make it a crime punishable in law in the 21st century in Britain. So I’m afraid that everyone has to concede – liberal or conservative or whatever – that some of the people who the liberals and their attitude towards immigration have brought here have more illiberal attitudes than anyone else in the country. And this is a big problem.

SIEGEL: Yeah. And you represent the other side of that coin, which is someone taking what would be described as a very – your critics would say a very intolerant attitude of immigrants. But you’re openly gay and…

MURRAY: Well, I am intolerant – I have to say, I am intolerant of people who want to put me, as a gay man, in prison. Yeah. Yeah, I’m intolerant of that.

SIEGEL: Yeah, there’s no – fair enough. But as a gay man, one of the – one of the traditional values that you’re saying is under assault is a degree of tolerance that’s developed in Britain and other European societies.

MURRAY: Of course. We all – we all know – it’s a grade-school question of the level at which you can decide to be tolerant of an intolerant belief.

SIEGEL: Do you accept, though, that there’s something odd and almost comical about a Brit saying, we never asked for Pakistanis to come to our country en masse when, in fact, no one on the Indian subcontinent, to my knowledge, ever asked Britain to come and set up an empire there and decide that it was fit to rule over hundreds of millions of people in that part of the world?

MURRAY: It’s one interpretation and usage of the word comic. Ironic, perhaps, you’d say. But no, if that is the comparison you’d like to make, then I would throw a question back to you.

SIEGEL: Yeah.

MURRAY: Which is everyone agrees that the colonial era was wrong. I’m not an apologist for empire. But in that case, how long does the reverse colonialism happen for? And if you see it as some kind of blowback for colonialism, then what is the end point of this anti-colonialism?

SIEGEL: Well, you’re using the construct of punishment. I was saying it’s a fairly natural consequence, just as the French have a very large population that are – originates in North Africa, where they had decided for some time they should rule.

MURRAY: Yeah, but this doesn’t – this doesn’t work…

SIEGEL: It’s human nature to do that.

MURRAY: The problem is that this isn’t borne out by the facts across Europe. For instance, I mean, where was the Swedish empire across Africa or in the Middle East? Where was it?

SIEGEL: Fair enough. That’s not the same.

MURRAY: And so why did Sweden take in 2 percent of its population in addition in one year alone, 2015? It makes no sense. We can all find excuses and reasons for why this is happening. I think it’s much better to look at it in the round and see the very complex picture this actually presents and the very complex future it’s setting up for us.

SIEGEL: If what you call the strange death of Europe is – if it remains a process rather than a condition, what would be your solution to reverse the process?

MURRAY: The first solution is very straightforward. It is that you slow down the flow. I don’t say no migrants into Europe. I don’t say that at all. But you’ve got to massively slow down the flow because a society doesn’t have a hope of remaining cohesive when you have migration at these levels. The second thing is you work on the people who are already here more. The third thing is that you make it clear that as well as speaking the language of inclusion in our politics, we have to speak the language of exclusion – what it is that we won’t tolerate as well as what it is that we do and what it is we will be tolerant of.

There’s a whole set of other things. One of them is a very basic one, which is to try to shrug off what I diagnose as, among other things, the guilt-ridden complex that Europe has. I’m not advocating that we become sort of, you know, patriotic nationalists. You’ve got to find a balance here. And one of the balances has to be arrived at by recognizing a very simple fact, which is that Europe cannot be the home for everybody in the world who wants to move in and call it home.

SIEGEL: Douglas Murray, author of « The Strange Death Of Europe: Immigration, Identity, Islam. » Thanks for talking with us today.

MURRAY: Great pleasure.

Voir de plus:

Drawbridge up
Fearing the “suicide” of Europe
A polemic on Islam and migration hits on unhappy truths, but paints only a partial picture
The Economist
Jun 17th 2017

The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam. By Douglas Murray. Bloomsbury; 343 pages; $26.00 and £18.99.

“EUROPE is committing suicide,” says Douglas Murray in the opening words of his book. The British journalist thinks cities such as London or Malmo in Sweden have been irrevocably changed by migration. European culture has been diminished by a mixture of self-abnegation and political correctness, while declining Christian values have left most western European countries unmoored. Strands of Islam, he feels, are bringing with them the kinds of prejudices any liberal society should abhor. Terrorism, sexual assault and female genital mutilation are, in his telling, all on the rise.

Mr Murray backs up this bleak vision with reporting from squalid refugee camps in Greece; from asylum shelters in Germany; and from a conference held by the Sweden Democrats, a right-wing political party. The central event in the book is the migration crisis of 2015, in which over 1m asylum-seekers from Syria, Afghanistan, Iraq and elsewhere came to Europe (most to Germany and Sweden). But Mr Murray’s views have also been formed by four decades in Britain. The Muslim population of England and Wales increased from 1.5m in 2001 to 2.7m in 2011.

The author does hit on some unfortunate truths. The migrant crisis of 2015 was unexpected, but also badly managed by the European Union. Laws to combat anti-Islamic hate speech tend to clamp down on free expression, and worsen the tensions. The policy of isolating anti-migrant parties tended to make them even more popular: when the Sweden Democrats were first elected into parliament with 5% of the vote in 2010, other politicians “treated the new MPs as pariahs”. The party is now one of the most popular in Sweden, scoring 24% in recent opinion polls. In some places the police or social services have indeed failed to act against pathologies in Muslim communities, fearful of being tarred with racism.

The book would benefit, however, from far more reporting. Meeting an Afghan asylum-seeker who had been tortured and raped by the Taliban, Mr Murray momentarily seems to understand the “generous instinct” that led European politicians to welcome refugees two years ago. But in support of his idea that Islam has no place in Europe, he lets fear trump analysis. He cites polls showing that voters worry about the number of immigrants, but not those showing that people vastly overestimate those numbers. He is prone to exaggeration: housing shortages in Sweden are “largely caused by immigration”, rather than decades of under-construction; NGO boats rescuing migrants in the Mediterranean do so “minutes” after they leave the north African shore (in reality, it takes hours or even a day for refugee boats to be found, which is why around 5,000 died or went missing on that crossing last year). He puts nearly all of the blame for the migration crisis on the shoulders of Angela Merkel, the German chancellor, who in 2015 “opened a door that was already ajar”.

As a result, he shows an incomplete picture of Europe today. Mrs Merkel was indeed temporarily damaged by the migration crisis, with her poll ratings falling. But her party still looks set to win the elections this autumn, and allies have won local elections, while support for a far-right party has fallen. Mr Murray argues that Marine Le Pen’s National Front, one of a handful of “thoughtful and clearly non-fascist parties” often described as on the “far right”, should be accepted into the mainstream. Yet Ms Le Pen’s bleak vision did not convince France’s voters to make her president, while her party now looks much diminished. Mr Murray is right to point out that many European politicians have not yet come to grips with how to manage migration in the coming decades. But Europe is a long way off from its last gasp.

Voir encore:

The Manchester Attack and the Death of Europe

A new book by Douglas Murray sheds light on the passivity and exhaustion that characterized the recent terror attack in the U.K.The terror attack in Manchester had any number of new disturbing elements. The choice of target, a concert full of young girls and their parents was especially heinous. There was the sophistication of the bomb and the subsequent investigation, which suggest an active terror network that may strike again. But what’s most troubling is that the public reaction to the attack was one of such passivity, and resignation. It expressed itself in the thousands of faux-serious commentators who counseled people that there was nothing that could be done to stop soft-target terror attacks. It expressed itself in the way that people reached for dumb clichés about responding with “hope, not hate.” Or in the way the British chattering class redirected their anger at right-wing provocateurs such as Katie Hopkins, who gamely played the role of opportunistic demagogue when her countrymen needed someone safe to hate.

This frighteningly passive, and frightfully boring, set of responses contrasts with the presence of Douglas Murray’s lively new book, The Strange Death of Europe, on the bestseller charts in the U.K. At first blush it looks like the latest in a long series of books with “Islam and immigration” figuring in the subtitle. But Murray’s book is informed by actual reporting across the Continent, and a quality of writing that manages to be spritely and elegiac at the same time. Murray’s is also a truly liberal intellect, in that he is free from the power that taboo exerts over the European problem, but he doesn’t betray the slightest hint of atavism or meanspiritedness.

Yes, Murray is quite good at piling up the numbers that outline the collapse of European populations and the explosion of migration in the past decades and especially over the past two years. He’s also quite good at batting down the facile arguments for allowing migration on this scale. Why must Germany turn to Eritrea for a work force when youth unemployment around the European Mediterranean is between 25 and 30 percent? But he distinguishes his book from others on precisely the deformed spirit and mind of Europe.

In a chapter on “Tiredness,” Murray jumps from different attempts to diagnose European exhaustion. It is partly found in the frenzy of activity urged on us by modern capitalism. “If the burden of working for little reward in an isolating society stripped of any overriding purpose can be recognised to have an effect on individuals, how could it not also be said to have an effect on society as a whole?” Murray asks, “Or to put it the other way around, if enough people in a society are suffering from a form of exhaustion, might it not be that the society they are living in has become exhausted?”

But it is also found in the loss of faith in the Christian religion and the decomposition of all national myths before revisionist scholarship. Europe suffers from “an exhaustion caused by a loss of meaning, an awareness that the civilisation was ‘no longer accumulating’ but living off a dwindling cultural capital.” Substitute faiths, whether in the high cultural visions of Wagner or the political theories of Marx, have also failed and been discarded.

Murray is especially pungent when he looks at the doubt-plagued, death-haunted, and deconstructed edifice of contemporary European philosophy. He recalls a conference in which the “full catastrophe of German thought” dawned on him:

A group of academics and others had gathered to discuss the history of Europe’s relations with the Middle East and North Africa. It soon became clear that nothing would be learned because nothing could be said. A succession of philosophers and historians spent their time studiously attempting to say nothing as successfully as possible. The less that was successfully said, the greater the relief and acclaim. No attempt to address any idea, history or fact was able to pass without first being put through the pit-stop of the modern academy. No generality could be attempted and no specific could be uttered. It was not only history and politics that were under suspicion. Philosophy, ideas and language itself had been cordoned off as though around the scene of a crime.

It may seem like a long way from a conference of German academicians to the morning chat shows on the BBC, but the sentimentality and emptiness of the bubbly TV anchor after the Manchester bombing are directly related to the pseudo-sophisticated nullity of the former. Nothing of substance can be said, because nothing should be known, because to know anything is to become dangerous to oneself and the world. And thus Europe’s story is to enthrone all of its opposite values, where there was national self-assertion, now there is national abasement. Where there were dons who guarded the West’s knowledge, now there are professors who guard against the possibility of knowing anything, where religiosity meant the reign of peace and looking forward to the life to come, now it means a reign of terror and the death of civilization itself. Europe is in a bad way, and I fear that if terror cannot wake it from sleep, neither will elegant books.

Voir aussi:

Yanis Varoufakis and Douglas Murray: why Europe is weary
Juliet Samuel
The Telegraph
6 May 2017

Juliet Samuel reviews The Strange Death of Europe by Douglas Murray (Bloomsbury) and Adults in the Room by Yanis Varoufakis (Bodley Head)

Europe is tired. It’s tired of crisis, tired of sameness and tired of change, tired of its elites and tired of its voters. Even the revolutionaries in the May Day parade last week in London seemed tired, their cheerful banners of Stalin and bobbing rows of hammers and sickles held by grey-bearded men in macs.

It might seem odd for Europe’s exhaustion to be the central argument in a polemic about immigration. But it was when I reached the chapter titled simply “Tiredness” in Douglas Murray’s book, The Strange Death of Europe, that I understood the nature of the “strange death” he describes. European civilisation, Murray argues, has left behind the rock-solid moral certainties of empire, passed through the disillusionment brought by two world wars and totalitarianism, and emerged sad and unsure.

What’s left is just a vague belief in human rights and democracy for all – but since Europe now views its own history as a source of guilt, it has no sense of how it arrived at these praiseworthy values. This, in turn, has led the Continent’s ruling elite into the fatal mistake of believing their values can only be truly enacted by inviting “the world” to participate in them: not abroad in imperial ventures, as before in earlier centuries, but in the form of mass migration into Europe.

The problem, Murray points out, is that much of “the world” neither understands nor particularly wants to embrace these values that Europeans take to be so self-evidently good, and because we are so busy negating and apologising for our history, we have forgotten how to promulgate them. By contrast, he says, the Islamic beliefs that many migrants bring with them are held with conviction and confidence.

The likely outcome, in Murray’s view, is that European civilisation, faced with this influx of energetic religious fervour and startlingly quick demographic change, will keep failing to confront the problems it brings – over women’s rights or anti-Semitism, for example – and will instead accept defeat and wither away. It is a compelling argument and, for any readers inclined to liberal views on immigration, a challenging one.

For those already convinced that Europe is doomed, there is plenty of fodder here; and indeed, the book sometimes strays into alarmism. Murray cites, for example, the astounding rise in the number of rapes in Sweden over the period when its Muslim population increased, from 421 in 1975 to 6,620 in 2014, but he fails to mention that over this period Sweden also enormously broadened its legal definition of rape. The figures do show a steady rise, but perhaps not quite of the magnitude that he suggests.

Despite his critique of European lethargy, Murray himself is not tired. In fact, he’s furious, which seems to be the only available alternative to tiredness. His most blistering rage is reserved for elites in denial. Over decades, he points out, politicians have consistently underestimated the number of immigrants or refugees who will come as a result of their policies; how many will stay; how many of those without a right to stay will actually be deported; and how difficult it will be to integrate those who remain.

Instead, intellectuals and leaders invented the idea of multiculturalism – and clung to it long after it was discredited, shutting down critics with counter-accusations of racism. This way of thinking, in its hideous extreme, contributed to cases such as the Rotherham child abuse ring. Voters witnessing this saga are, Murray suggests, understandably cynical and anxious about the demographic changes taking place around them.

He has a tendency toward fatalism and his argument unfortunately attaches too little importance to the differences between European countries’ experiences and what that might teach us about integration – Britain’s Muslim population, for example, is manifestly more integrated than France’s. But his overall thesis, that a guilt-driven and exhausted Europe is playing fast and loose with its precious modern values by embracing migration on such a scale, is hard to refute.

The sense that a tired Europe has lost its way is also a pervasive theme of Adults in the Room, an account by former Greek finance minister Yanis Varoufakis of his six months in office. Readers might have encountered Varoufakis as the leather-jacket-wearing, motorcycle-riding heart-throb of the Greek Left, who drove Greece to the edge of a tumultuous exit from the euro by trying and failing to stand up to its EU creditors.

Having covered the eurozone crisis as a reporter for some years, I came to the book a sceptic, familiar with Varoufakis’s love of dramatic gestures and ultra-Left-wing economics. Undeniably, Varoufakis has axes to grind, and this book reads at times as though he were imagining himself as a movie hero. Its first 200 pages could be usefully condensed. But at heart, Adults in the Room is a convincing critique of Germany’s brutal ideological domination of Europe through the euro, and its sacrifice of Greece on the altar of “discipline”.

The most jaw-dropping segments are the accounts of phone calls and closed-door meetings – often verbatim, courtesy of his secret recordings – between ministers and technocrats, from IMF chief Christine Lagarde to German finance minister Wolfgang Schäuble. We see duplicity and cynicism ruling supreme, as all of Europe’s power players tiptoe around the iron-fisted Schäuble, feeling forced to defend their own mistakes. Senior figures privately admit to Varoufakis that Greece’s bail-out programme is unrealistic, but they won’t lend their public support to his battle against its creditors.

The institutions governing the EU are portrayed as deformed by the crisis, with those who are formally meant to wield authority, like EU economics commissioner Pierre Moscovici, yielding meekly to German demands.

Whenever Varoufakis tries to present his analysis of Greece’s debt or engage his opponents in substantive argument, he is either sent on bureaucratic wild goose chases or frozen out by blank stares. Simultaneously, a vicious Brussels media campaign paints him as an incompetent narcissist full of half-baked ideas. Our own government, having just received a similar battering, should take note.

Varoufakis is somewhat blind to his own faults, implying incorrectly that Greece, after living well beyond its means for years, could have escaped any austerity if everyone had been clever enough to listen to him. He downplays the way radical Left-wing colleagues’ incompetence undermined any trust Greece’s creditors might have had in him – and he ignores the atmosphere of confusion and panic that informed the choices made by EU leaders early on in the crisis.

By the time he took the reins, however, the bureaucrats and politicians had simply dug in to defend their mistakes. The book’s most revealing moments take place during private exchanges between Varoufakis and Schäuble, or the “big bad Wolf”, as he’s known. Schäuble suggests that Greece take a time out from the euro, only to find himself undermined by his own chancellor, Angela Merkel.

The finance minister, Varoufakis recalls, “looked as if he had had the wind knocked out of him… he has been overcome by a genuine helplessness”.

Exhausted, Schäuble seemed out of ideas, his logic going around in circles. It becomes clear that he, and EU policy, were driven not by a great ideal but by fear, as Schäuble says: “The only way I can hold this thing [the euro] together is by greater discipline.” This German commitment to discipline might have been sorely needed to make the euro work, but it has now taken over totally from the European dream of democracy.

It is no coincidence that both these books, from radically different perspectives, arrive at similar conclusions about Europe’s sickness. The continent is old and out of ideas. Its leaders have conducted huge experiments with their societies – the euro and mass immigration – and are now struggling to deal with the consequences while taking their voters with them. The EU will probably muddle through for now. But “muddling through” is no way to sustain a great civilisation.

Voir également:

The Strange Death of Europe by Douglas Murray review – gentrified xenophobia
The rightwing journalist and commentator cites Enoch Powell and wants to protect white Christian Europe from ‘outsiders’
Gaby Hinsliff
The Guardian
Gaby Hinsliff
6 May 2017

Gentrification comes for everything eventually. Down-at-heel neighbourhoods, peasant cuisines, football: all have been polished up for middle-class consumption. So perhaps it was only a matter of time before someone gave xenophobia the same treatment.

Naked racism may still be unacceptable in polite society. But post-Brexit vote there’s a clear market emerging for a slightly posher, better-read, more respectable way of saying that you’d rather not live next door to Romanians or think Muslims are coming to rape your womenfolk. Think Daily Mail columnist Katie Hopkins, but with longer words, and for people who wouldn’t be seen dead on an English Defence League march – although one of the more ridiculous contentions in this book by the journalist Douglas Murray is that the EDL are actually terribly misunderstood chaps, who have a point, and aren’t really to blame for the way their rallies regularly end in violence.

So here it is; a book for all those who found David Goodhart’s recent arguments about “white self-interest” – or preferring one’s own ethnic grouping, which he says is definitely not the same as racism – just too woolly liberal. A proper book, with footnotes and everything, about how godless Europe is dying in front of our eyes; and all because it’s too knackered and feeble to resist the barbarian hordes, welcomed in by idiots who’d gladly trade a few beheadings for some colourful ethnic restaurants. (I paraphrase, but barely.) And it probably won’t even matter, for true believers, that it is all so badly argued.

Murray begins with some sweeping stuff about European neighbourhoods becoming indistinguishable from their inhabitants’ native Pakistan, before narrowing things down to the fact that London is no longer a majority white British city. Before long, inevitably, we are reminded of the “prophetic foreboding” of Enoch Powell’s “rivers of blood” speech. Murray never quite spells out why it matters so terribly that people should come here from abroad – what is supposedly so awful about black and brown Londoners, including second or third generation immigrants, or indeed white people born overseas. There are token mentions of pressure on public services, and a grand assertion that the evidence suggesting immigration has economic benefits is all either wrong or fiddled by New Labour. (Anyone familiar with recent Labour history will find mildly surreal Murray’s account of how he imagines the party, and the immigration minister Barbara Roche in particular, tackled immigration.)

But this fearless scourge of political correctness seems oddly reluctant to pinpoint precisely why people coming from India, the Caribbean or eastern Europe was such a ghastly prospect. He has rather fewer inhibitions, however, regarding more recent immigrants from predominantly Muslim Middle Eastern countries. Chapter after chapter circles around the same repetitive themes: migrants raping and murdering and terrorising; paeans to Christianity; long polemics about how Europe is too “exhausted by history” and colonial guilt to face another battle, and is thus letting itself be rolled over by invaders fiercely confident in their own beliefs.
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Much of this is familiar Ukip territory, of course. The book regurgitates the same misleading myths as Nigel Farage about immigration turning Sweden into the rape capital of Europe. (The unexciting truth is that Swedish rape laws are among the strictest in the world, and that the numbers soared when these laws were tightened to change the way incidents were counted; the high number of rape allegations is best seen not as proof of Sweden being dragged into the gutter but of its radically feminist approach to prosecuting.)

He triumphantly dismisses any polling suggesting immigrants actually want to integrate by suggesting that pubs “very often close” when Muslim migrants move in – presumably in a different way than pubs all over Britain are closing, crippled by everything from cheap supermarket booze and stagnating wages to the smoking ban – and that if they really wanted to be British they would go out and “drink lukewarm beer like everybody else”. Be more Nigel Farage, or else.

Yet even Murray seems to acknowledge at one point that in recent years Europe has had little choice but to respond to a flow of desperate migrants in its direction. There are two chapters that barely seem to fit with the rest of the book and they are the ones in which he travels to Greece and Sicily to meet the boat people come ashore, interviewing some to hear stories of why they came.

The tone is quiet reportage rather than rage, and all the better for it. At the end, he concedes that German chancellor Angela Merkel did hit on at leastpart of the answer “by recognising that our continent is probably doing the only thing that a civilised people can do in rescuing such people, welcoming them and trying to give them safety”. But before long the book is ripping into Merkel for taking them in. What, exactly, does he want?

For a book that argues that Europe is in mortal danger, there are surprisingly few concrete suggestions for averting it. Murray proposes tougher curbs on immigration, suggests refugees should be given only temporary refuge and be sent home when it’s safe (a direction in which the Home Office is already moving) and bangs the drum for stronger Christian faith. But if he really does think Muslims are as inherently dangerous as his book suggests, why not a Trump-style ban? Why not refuse to take refugees at all, or do so only following an intensive programme of cultural re-education along his approved lines?

More surprising, however, is the author’s inability to define the culture supposedly in jeopardy. If Europe should more aggressively defend its unique identity, the least one might expect is a clear definition of this precious thing it’s supposed to be defending: the values, experiences and ideas in danger of being lost. But apart from beer and churchgoing, padded out with scorn for anyone trying to distinguish between Islam or Muslims in general and Islamist terrorists in particular, there’s little here to cling to. At one point the author is reduced to suggesting that he thinks the future Europe will stand or fall on its “attitude to church buildings”.

The frustrating thing is that Europe isn’t perfect. It has struggled to cope with unprecedented flows of migrants in recent years, and to integrate those already here. It is confused in some ways about what it stands for. It is politically fractured, most recently by Brexit – which this book doesn’t really cover – but before that by the euro crisis, its treatment of Greece and the alienation of many of its citizens from creaking, remote political EU institutions that do not seem up to the huge economic challenges ahead. Europe isn’t dying, but it isn’t ageing well, and all that is ripe for critical analysis. Sooner or later, someone will write a terrific book about that. This isn’t it.

• The Strange Death of Europe is published by Bloomsbury. To order a copy for £14.24 (RRP £18.99) go to bookshop.theguardian.com or call 0330 333 6846. Free UK p&p over £10, online orders only. Phone orders min p&p of £1.99.

Voir par ailleurs:

Explosion des attaques au couteau et de la criminalité au Royaume-Uni : comme un air de déjà vu de ce coté ci de La Manche
La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle.
Mêmes causes (taubiresques), mêmes effets
Atlantico
18 Juin 2018

La Grande-Bretagne subit une explosion criminelle. Etablissons-le *:

– du 1e janvier 2018 à fin mai, la métropole de Londres, fief de Scotland Yard (Metropolitan Police) recense 69 homicides, dont 43 à l’arme blanche. + 21 % sur les mêmes mois de 2017. Au même moment, New York enregistre  50 homicides.

– Londres encore : mai 2017 à mai 2018, 22 025 vols violents commis en scooter (moped crimes), 60 par jour, + 50% sur l’année d’avant. Le Far West disent les média

– De mai 2017 à mai 2018 (Pour tout le royaume) quelque 50 000 Robberies (vols à main armée plus vols avec violence), + 33% en un an.

– Selon l’Office for national Statistics, l’usage criminel d’arme blanche, ayant ou non provoqué la mort, est à + 22% de septembre 2016 à sept. 2017 ; usage d’arme à feu, + 11%. La criminalité en général, + 14% (au plus haut depuis 15 ans).

Pourquoi cette explosion criminelle dans un pays naguère paisible ?  Cause profonde, l’abolition des gouvernements vraiment « Libéraux » ou « conservateurs » en Europe, remplacés par de factices-unanimes petits soldats de la mondialisation heureuse façon DGSI (Davos-Goldman-Sachs-Idéologie). Ainsi Theresa May ou François Hollande, David Gauke ministre conservateur de la Justice à Londres aujourd’hui, ou la libertaire Mme Taubira à Paris naguère, mêmes politiques laxistes et effets pervers.

Car c’est la conservatrice Mme May qui, ministre de l’Intérieur, massacre dès 2010 la police britannique, amputant d’un coup son budget de – 18%. En 2015, Mme May dédaigne les alertes des syndicats et cadres de la police, les accusant avec mépris de « crier au loup ». Il y avait en 2010 144 353 policiers dans les rues (Angleterre + Galles) ; en 2015, il en restait 122 859,  – 21 494. Or sur 5 ans, cette décimation fait 4,5 millions de jours d’enquête en moins – à l’immense joie de bandits ainsi laissés la bride sur le cou.

Résultat, l’effondrement des taux d’élucidation des polices britanniques. En 2015 encore, Scotland Yard faisait inculper 26% des assaillants au poignard, 11% en 2018. Robberies (braquages, agressions) : 6% d’élucidation en 2017, 94% de crimes impunis.

A l’origine de l’explosion criminelle, des gangs toujours plus audacieux et structurés. Or paralysée par le « politiquement correct », Mme May interdit pour l’essentiel aux policiers de fouiller ces jeunes gangsters souvent issus de l’immigration africaine ou ouest-asiatique – comme la majorité des victimes d’homicides et 70 à 80% des gangsters en cause. Les bandits ne s’en cachent d’ailleurs pas, le principal gang juvénile de Londres s’étant lui même baptisé Mali Boys. Face à ce réel criminel, Mme May a empilé formalités absurdes et interdits bienséants – conférant aux gangsters une quasi-impunité.

Qui dit explosion dit explosif : c’est l’énorme retour de la cocaïne sur la scène branchée britannique, dans une jeunesse dorée post-crise certes vegan, bobo et fan de café équitable – mais carburant à la coke,  d’où, de mortelles guerres de territoires entre gangs.

Ultime cause de l’explosion criminelle : une justice laxiste. L’Angleterre ne poursuit désormais plus les vols en boutiques de moins de 250 euros ; déficit pour le commerce, 7 milliards d’euros – bien sûr répercutés sur les prix. Cette hugolienne mesure coûte à chaque ménage 300 euros par an – déjà l’insécurité dans leur cité, là encore, les pauvres trinquent.

Angleterre + Galles : 527 000 inculpations en 2016-2017, moins 65 000 sur 2015-2016 – alors que sur 2015-2017, les infractions connues y bondissent de + 750 000.

Et les infractions chaque jour plus nombreuses de possession et usage d’une arme

Voici les derniers chiffres (mars 2018) de l’ONS :

En 2017, la justice britannique a rendu 20 982 sentences pour infraction avec arme blanche (sous le niveau de la blessure physique) :

– 4 067 peines avec sursis,

– 7 628 peines de prison ferme (36% du total ; 43% des adultes et 14% des mineurs). Peine moyenne : 7,5 modestes mois en prison,

– 9 287 simples et platoniques « avertissements ».

Ultime folie: à des policiers abasourdis, le (conservateur) secrétaire d’Etat britannique aux prisons annonce une forte diminution des incarcérations de moins d’un an. Or on l’a vu, la peine réelle pour possession/usage d’une arme blanche est de sept mois et demi de prison ferme ; ce pour moins de 50% des condamnés adultes, et moins de 15% des mineurs – les autres échappant déjà à toute incarcération. Cherchez l’erreur…

________________

* D’usage, les statistiques criminelles de Londres concernent l’Angleterre et le Pays de Galles. Ecosse et Irlande du Nord publient leurs propres données qui aujourd’hui confirment les anglaises. Quand ces données concernent tout le royaume, nous précisons « ONS-Office for National Statistics« .

Voir de plus:

Gilles-William Goldnadel

Valeurs actuelles
6 août 2018

 

Edito. Chaque semaine, l’avocat Gilles-William Goldnadel livre aux lecteurs de Valeurs actuelles son regard sur l’actualité.

Les médias convenus n’aiment guère qu’on les critique : pour un peu, on en deviendrait complotiste. Mais sans voir aucunement de complot, on est bien obligé de trouver la trace de l’idéologie sommaire que l’on ne reconnaît que trop dans l’unanimisme de leurs mensonges et de leurs silences.

La première semaine d’août nous en apporte les preuves les plus caricaturales.

C’est ainsi que l’ensemble de la presse française aura rapporté uniment qu’une jeune athlète noire nommée Daisy Osakue, née à Turin de parents nigérians et qui avait reçu un jet d’œuf sur la cornée avait été victime « d’un attentat raciste ». La palme académique revenant au journal Le Monde qui, se saisissant de l’événement, y voyait dans un éditorial le signe définitif « d’une inquiétante montée du racisme en Italie » en imputant la responsabilité principale au vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur, le détesté par lui, Matteo Salvini. De là à penser, idéologiquement et politiquement, que l’occasion était trop belle pour la presse convenable de régler son compte au détestable, il n’y a qu’un pas qu’il est difficile de ne pas vouloir franchir. Rien n’explique sinon pourquoi la presse se serait saisie avec un si vorace appétit d’une affaire aussi modeste dans laquelle le procureur de Turin, dès le début avait fait montre d’une bien plus grande prudence en faisant observer que d’autres victimes blanches avaient fait l’objet du même type d’agression dans les mêmes moments. Mais on ne fait pas d’omelettes idéologiques sans casser quelques œufs sur la tête du public. C’est dans ces tristes conditions que le 3 août, les Décodeurs du Monde reconnaissaient que l’hypothèse raciste avait perdu grandement de sa consistance.

Simple question, en passant, n’appelle-t-on pas cela un fake, un peu infect ? et celui-ci, une fois encore, n’émane pas d’une télévision russe ou de la fâcheuse sphère, mais de la presse sévère.

Après le mensonger tumulte, la discrétion complice : le samedi soir 28 juillet, un jeune homme, Adrien Perez, fêtait son anniversaire dans une discothèque de Meylan près de Grenoble. À la sortie de l’établissement au petit matin celui-ci prêtait secours à un ami agressé par trois voyous dont deux frères, Younes et Yanis El Habib, et mourait sous leurs couteaux. La presse convenue a fait profil bien plus bas que pour un lancer d’œuf à l’étranger, mais le père d’Adrien n’a pu se retenir : « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie, je ne pardonnerai jamais. » Lorsque j’écris que la presse a fait profil bas, je suis trop bon : l’audiovisuel de service public s’est montré comme toujours très idéologique. C’est ainsi que France 3 Rhône-Alpes a voulu retenir que ce père ne voulait pas être catalogué comme « raciste » et ne désirait pas « que les politiques récupèrent cette affaire ».

Raciste ? Tiens ! C’est vrai, pourquoi non ? Si on doit questionner continûment la présence du racisme. Mais aucun danger : on aura fait un tintamarre pour rien à Turin, mais la question sera interdite d’être posée dans l’Isère.

Quant à la « récupération politique », que France 3 se rassure, aucun danger d’émeute, quand bien même le Juge de la Liberté a refusé de suivre les réquisitions du parquet et a laissé libre le troisième suspect, le peuple restera calme. Il ne bouge pas le peuple. Il regarde la télévision, le peuple.

Il n’y a que lorsque ce sont les délinquants qui sont victimes d’accidents du travail, que l’on brûle les édifices, que l’on blesse la police, et que l’on hurle au racisme. Tout de même, entre les marches blanches avec bougies victimaires et les saccages, il devrait désormais exister un juste milieu pour la juste colère. Les marches dignes ne seraient plus forcément silencieuses.

En mémoire d’Adrien.

Voir de même:

Plus de 20 incendies ont éclaté aujourd’hui en Israël, provoqués par des cerfs-volants incendiaires et des ballons à l’hélium envoyés par le Hamas depuis la bande de Gaza.
Jean Vercors
Dreuz
20 juin 2018

Depuis le lancement de la « marche du retour » (tentative d’invasion) par les Palestiniens et les 2 mois d’émeutes et de tentatives d’infiltration terroristes à la frontière de Gaza qui s’en sont suivis, l’attention médiatique a été à juste titre portée sur le bilan humain suite à l’agression du Hamas.

Dès le début des violences palestiniennes, Israël est universellement condamné pour le nombre de victimes, la grande majorité des personnes tuées étant pourtant des membres du Hamas.

Néanmoins, un autre aspect de l’histoire, qui a été rapporté mais dans une bien moindre mesure, est le phénomène des cerfs-volants incendiaires utilisés par le Hamas et ses membres. Le Hamas a adopté la politique de la terre brûlée, une tactique consistant à pratiquer les destructions les plus importantes possibles, détruire ou à endommager gravement ressources, moyens de production, infrastructures, bâtiments ou nature environnante, de manière à les rendre inutilisables.

À maintes et maintes reprises, les terroristes ont attaché des engins incendiaires à des cerfs-volants qui sont normalement des jouets pour enfants. En raison des vents soufflant habituellement d’ouest en est, beaucoup de ces engins ont en fait atterri dans les champs et les forêts israéliennes, les conditions météorologiques extrêmement chaudes et sèches favorisant le départ d’incendies massifs.

Les rapports indiquent que des milliers de dounams de cultures et de plantes ont été détruits à cause de cette forme de terrorisme – le terrorisme agricole.

Bien que le terrorisme agricole ne soit pas une nouvelle tactique, il a pris de l’ampleur, tant dans le sud à la frontière avec Gaza qu’au cours des dernières semaines dans toute la Judée et la Samarie.

Le Djihad des forêts : les Arabes palestiniens lancent des incendies de terreur depuis les années 1920. Il n’y a rien de nouveau dans l’utilisation des feux pour la terreur.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les incendies criminels palestiniens représentaient environ le tiers de tous les incendies de forêt en Israël. En 2016, de nombreux incendies se sont déclarés dans le nord d’Israël. Les Arabes célèbrent ces incendies sur les réseaux sociaux.

La plupart des incendies criminels à la fin des années 1980 étaient directement liés au soulèvement palestinien (la première Intifada). Dans les années 1920, 1930 et 1940, les Palestiniens ont brûlé des centaines d’hectares (Emek en 1936), des maisons et des juifs. En 1929, sous l’impulsion du Mufti pro nazi Al Husseini de nombreux pogroms anti Juifs eurent lieu et la forêt Balfurya dans le nord fut incendiée. Le New York times rapportait en octobre 1938 que plusieurs Juifs avaient été poignardés puis brûlés par un groupe terroriste arabe à Tibériade – Les victimes du massacre : Jacob Zaltz,  M. Kabin et sa soeur, Joshua Ben Arieh sa femme et son fils, les trois enfants de Shlomo Leimer, âgés de 8, 10 et 12 ans, Shimon Mizrahi, sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 12 ans. Lors du massacre d’Hébron de 1929, des Arabes tuèrent environ 67 Juifs, en blessèrent 53 et pillèrent des maisons et des synagogues.

Après avoir brûlé des centaines de pneus près de la clôture et tenté de pénétrer les kibboutz avoisinants dans l’unique but de massacrer des civils Israéliens, les terroristes de Gaza ont trouvé une nouvelle arme contre Israël : les cerfs-volants incendiaires et les ballons à l’hélium.

Les hôpitaux de Gaza fournissent de l’hélium médical pour les ballons de terreur équipés de bombes incendiaires.

Israël Hayom a cité la semaine dernière des personnes impliquées dans le domaine qui ont spéculé que, puisqu’il n’y a pas beaucoup de magasins de jouets à Gaza, la seule source logique pour cette quantité d’hélium seraient les hôpitaux de Gaza qui utilisent normalement l’hélium à des fins médicales. Utiliser les hôpitaux pour promouvoir le terrorisme n’est pas nouveau à Gaza. Durant l’Opération Bordure protectrice de 2014, l’hôpital Al-Shifa dans le quartier de North Rimal à Gaza a été décrit par le Washington Post comme un « quartier général de facto pour les dirigeants du Hamas ».

Depuis le début des manifestations dites pacifiques par les médias, Les dégâts causés à la flore, aux cultures et à la faune sont considérables, certaines estimations indiquant que les pertes se chiffrent à plusieurs millions de dollars. Selon un rapport du JNS, « les responsables de l’Autorité israélienne pour la nature et les parcs ont estimé qu’au moins un tiers de la réserve naturelle de Carmia a été détruite, avec des dommages significatifs pour les plantes et la faune locales ».

Le passage de Kerem Shalom a même été incendié à trois reprises. Ce passage voit quotidiennement passer plus de 6000 tonnes de marchandises et près de 190 camions chaque jour.

Selon un haut responsable local de la sécurité, éteindre les pneus en feu n’est pas si simple car ils sont souvent remplis d’explosifs, dans l’espoir de blesser ou de tuer des pompiers. En conséquence, l’armée doit intervenir pour aider les pompiers, ce qui retarde  les efforts de lutte contre l’incendie.

Une autre forme de terrorisme agricole est le vol. Deux semaines à peine avant l’incendie des vergers de cerisiers de Kfar Etzion, les Arabes des villages voisins, au milieu de la nuit, avaient pillé les récoltes près du même endroit, volant des tonnes de fruits.

Les estimations indiquent qu’environ 50,000 € de cerises ont été volés. Ces criminels ont envoyé un message clair, ils ont peint une croix gammée nazie sur un rocher dans le verger.

Ceci est encore une autre similitude avec les cerfs-volants dans le sud, souvent décorés avec des croix gammées.

Aussi horrible que soit le terrorisme agricole, les responsables de la sécurité sont conscients que ce type de terrorisme n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen plus sinistre et abjecte. La crainte est qu’une prochaine fois, l’un de ces incendies puisse se propager dans les communautés elles-mêmes, mettant des maisons et des vies en danger.

Bien que nous soyons extrêmement reconnaissants pour la protection fournie par les forces de défense d’Israël et les équipes d’intervention rapide dans chaque communauté, nous sommes conscients qu’il est impossible que ces héros soient partout à tout moment, couvrant de vastes territoires.

L’armée en particulier reste occupée à déjouer les attaques quotidiennes de jet de pierres et de bombes incendiaires sur nos routes, ce qui d’ailleurs justifie rarement une couverture quelconque dans les médias traditionnels.

Un habitant d’un kibboutz près de Gaza déclarait « Avec l’approche de l’été et les températures toujours plus élevées, nous espérons que nos ennemis n’utiliseront pas le terrorisme agricole pour perturber nos vies, afin de nous nuire et nous infliger la peur, qui est l’objectif du terrorisme dans toutes ses formes ».

Il y a soixante-dix ans, Kfar Etzion et les communautés environnantes du Gush ont été entièrement brûlées par les colons arabes et à l’époque il n’y avait ni peuple palestinien ni de territoires occupés. Nous n’avons pas l’intention de laisser cela se produire aujourd’hui.

Le terrorisme agricole a aussi atteint les champs du kibboutz Mizra dans la vallée de Jezreel le mois dernier, quand des dizaines de palettes de tuyaux d’irrigation qui devaient être répartis sur 300 dunams de champs de tournesols ont été incendiés.

Au 4 juin, entre 9 000 et 17 500 dounams de terre (900 à 1750 hectares) ont été incendiés par la dernière forme de terrorisme sortant de la bande de Gaza.

La nouvelle terreur de Gaza  est le cerf-volant. Les Gazaouis attachent des chiffons enflammés ou une sorte de bombe incendiaire à un cerf-volant ou à un ballon à l’hélium pour les laisser tomber en territoire israélien et brûler les cultures et habitations. On n’est pas dans dans la recherche scientifique ou médicale mais dans la recherche de la terreur.

Cela a été extrêmement efficace pour frapper les champs Israéliens dans le Néguev, devenant une arme terroriste dévastatrice. Ce phénomène de terrorisme agricole découle des violences qui ont eu lieu à la frontière de Gaza depuis le début des manifestations du mois de mars. Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis lancent régulièrement des cerfs-volants équipés d’objets incendiaires, comprenant souvent du charbon de bois et des sacs de sucre pour assurer une longue et lente brûlure. Plus de 700 cerfs-volants et ballons ont été lancés à partir de Gaza, déclenchant plus de 400 incendies.

Les dommages causés par ces incendies à l’agriculture israélienne près de la frontière de Gaza est estimée à 3 millions de dollars. Netanyahu a demandé l’avancement d’un plan pour utiliser les fonds de l’Autorité palestinienne pour payer les dommages causés.

L’objectif du Hamas est de détruire complètement Israël, et paralyser l’économie Israélienne en brûlant ses récoltes.

Le gouvernement israélien doit impérativement former une unité spéciale pour lutter contre le terrorisme agricole, ou du moins que le ministère de l’Agriculture finance des patrouilles de la même manière que les agents de sécurité protègent les bus, les centres commerciaux ou les écoles. Le terrorisme aux cerfs-volants n’est qu’une autre tentative des Palestiniens de détruire Israël avec une arme de choix différente. Les Palestiniens ont utilisé les bombes, les détournements d’avions, les roquettes, les mortiers, les bombes humaines, les armes automatiques, les couteaux, les bulldozers, les voitures béliers, les cocktails molotov, les pierres, les tunnels terroristes, les haches, maintenant ce sont des cerfs-volants et des ballons incendiaires.

Les provocations récentes du Hamas où des milliers de Gazaouis tentèrent de démolir la barrière frontalière et d’entrer en Israël avec des cocktails Molotov et d’autres armes improvisées font partie d’une tactique macabre du Hamas appelée « l’enfant mort » pour qu’Israël tue autant de Gazaouis que possible afin que les titres commencent toujours, et souvent se terminent, avec le nombre de Palestiniens tués. Le Hamas envoie délibérément des femmes et des enfants sur la ligne de front comme ce fut le cas avec l’infirmière Razzan Al Najjar (qui dans une vidéo reconnaissait être venu tenir un rôle de bouclier humain), tandis que leurs propres et vaillant combattants se planquent dans leurs bunkers ou derrière ces boucliers humains.

Là où il y a de la fumée, dit le dicton, il y a du feu. Mais si vous êtes Palestiniens et commettez des incendies de masse contre les Israéliens, il n’y aura pas de couverture médiatique. Aucun journaliste français en poste en Israël n’a rapporté le terrorisme agricole des Palestiniens.

La plupart des médias, malgré les dommages stupéfiants à l’économie et à la propriété d’Israël, ont ignoré ce qui devrait être une news de première page.

Les journalistes trop paresseux et surtout malhonnêtes ignorent les histoires qui illustrent la souffrance israélienne, préférant plutôt des reportages narratifs qui dépeignent les Israéliens comme des agresseurs et les Palestiniens comme des victimes éternelles. En effet, la presse semble souvent incapable d’écrire sur les crimes palestiniens lorsqu’Israël ne peut être blâmé.

Dans la même famille, je peux citer sans hésiter une seconde les hypocrites de l’Union Européenne, les diplomates des Nations Unies qui votent régulièrement des résolutions anti israéliennes mais aussi les écologistes fervents défenseurs des terroristes du Hamas et du mouvement d’inspiration nazie BDS qui n’ont toujours pas condamné cette pratique de la terre brûlée.

Avec les incendies qui font rage dans le sud d’Israël, il est devenu évident que de nombreux médias donnent aux lecteurs un bref reportage trop souvent biaisé sur le conflit israélo-palestinien et dansent autour d’histoires qui ne correspondent pas à leur récit préexistant. Ils soufflent de la fumée et ignorent le terrorisme agricole des Palestiniens envers « leur » prétendue terre qu’ils disent aimer.

Pendant qu’Israël investit pour faire fleurir le désert, le Hamas investit pour brûler la terre. C’est toute la différence !

Sources

Voir encore:

Un corps d’enfant retrouvé dans le campement sordide découvert aux États-Unis
Blandine Le Cain
Le Figaro
09/08/2018

Une perquisition de police pour retrouver un garçon disparu avait permis de découvrir un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans des conditions insalubres. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des enfants a expliqué avoir été entraîné au maniement des armes à feu.

L’histoire a débuté avec des soupçons d’enlèvement d’enfant par son père, elle s’est transformée en sordide affaire d’entraînement aux armes d’enfants et adolescents séquestrés. Dans le cadre d’une enquête pour retrouver un père suspecté d’avoir enlevé son enfant, la police du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a en effet découvert un campement dans lequel onze enfants étaient retenus dans de terribles conditions. Au moins l’un d’entre eux y a été entraîné à l’usage des armes à feu dans le but de le préparer à des tueries de masse, bien que l’objectif précis de cette préparation reste à établir. La dépouille d’un enfant de 4 ans a été retrouvée sur place.

L’enquête débute en décembre 2017, dans le comté de Jonesboro, en Géorgie, sur la côte est des États-Unis. Siraj Wahhaj, père de 39 ans, est recherché après la disparition de son fils. La mère affirme à la police que l’enfant, âgé de 3 ans, est allé au parc avec lui et n’en est jamais revenu. Le garçon souffre d’épilepsie, ainsi que de problèmes cognitifs et de développement, explique-t-elle. D’après le Telegraph , elle aurait également évoqué ses craintes d’un «exorcisme» que le père voudrait pratiquer sur son fils, avant de finalement revenir sur ces propos en évoquant une mauvaise traduction du terme. Plusieurs proches du garçonnet, dont son grand-père, imam d’une mosquée de Brooklyn, à New York, lancent une campagne via les réseaux sociaux pour le retrouver, raconte le National Post . En vain.

Au fil des mois, les enquêteurs soupçonnent pourtant la présence du père et de son fils dans une propriété située dans un tout autre lieu, au Nouveau-Mexique, un État situé dans le sud du pays. L’endroit, un «campement de fortune entouré de pneus et d’un chemin de terre», est surveillé après un signalement de voisins, précise NBC, mais la police ne détecte pas la présence du duo et ne dispose pas des éléments suffisants pour obtenir un mandat de perquisition. À ce stade, le FBI, le bureau d’enquête fédéral, est impliqué dans les investigations.

Des occupants lourdement armés

La situation change le 2 août, lorsque les enquêteurs reçoivent, par le biais d’un intermédiaire, un message envoyé depuis l’intérieur de la propriété, dont les auteurs disent être affamés et avoir besoin de nourriture et d’eau. Le shérif de Taos, le comté où se trouve la propriété, planifie alors une intervention sur les lieux, tout en sachant que «les occupants étaient probablement armés et considérés comme extrémistes», selon ses propos rapportés par le National Post.

Lors de l’opération de police, le père du garçonnet et un autre homme sont découverts à proximité du lieu, au milieu des buissons du désert, détaille l’AFP. Ils sont munis d’un fusil semi-automatique, de cinq chargeurs de 30 balles pleins et quatre pistolets chargés. Trois femmes sont également arrêtées. Au total, onze enfants seront retrouvés, âgés de 1 à 15 ans. Ils ont été pris en charge par les autorités.

L’enfant de Siraj Wahhaj, en revanche, n’a pas été retrouvé lors de l’opération. Le père a refusé de donner une quelconque information à son sujet, selon le document du tribunal que le Telegraph a pu consulter. À l’issue de l’interrogatoire des suspects, les policiers sont néanmoins retournés sur les lieux. Ils ont alors retrouvé les restes d’un enfant de 4 ans, le jour du quatrième anniversaire de l’enfant recherché. L’identité n’a pas encore été confirmée, mais les enquêteurs pensent qu’il pourrait s’agir de cet enfant.

Restés sans nourriture depuis plusieurs jours

Le campement était confectionné avec des palettes, des bâches en plastique et d’autres déchets, avec très peu de nourriture et d’eau. Les enfants y étaient vêtus de guenilles. Les enquêteurs y ont découvert une caravane à moitié enterrée et un tunnel d’une trentaine de mètres et d’un peu moins d’un mètre de diamètre. Des couchages avaient été installés dans certaines cavités. «Les conditions de vie, de santé et de bien-être des enfants étaient profondément déplorables», a expliqué le shérif, ajoutant qu’ils n’avaient accès ni à l’eau potable, ni à de la nourriture, ni à l’électricité et qu’ils n’avaient probablement pas été nourris depuis plusieurs jours.

Jeudi, de nouvelles informations sont venues ajouter au sordide de l’affaire: au moins un des onze enfants retrouvés a été entraîné à l’usage des armes à feu. «Un tuteur temporaire de l’un des enfants a déclaré que l’accusé avait entraîné l’enfant à tirer avec un fusil d’assaut pour se préparer à de futures fusillades en milieu scolaire», précise le bureau du procureur. Selon CNN, ce dernier mentionne par ailleurs, dans les motivations pour le maintien en prison de Siraj Wahhaj, sa «planification et sa préparation de futures tueries dans des écoles». Aucun autre détail précis n’a été donné sur ce point.

Cinq arrestations, le rôle de chacun en question

Le père, Siraj Wahhaj, a été immédiatement placé en détention en vertu du mandat d’arrêt émis en Géorgie pour enlèvement d’enfant. Il est «un danger pour la communauté», a par la suite indiqué le bureau du procureur dans un document de justice consulté par l’AFP.

Mardi, le shérif du comté de Taos a indiqué que le groupe était «considéré comme extrémiste de la foi musulmane», sans toutefois revenir plus en détails sur ce point.

L’homme arrêté avec Siraj Wahhaj, identifié comme Lucas Morten et âgé de 40 ans, a d’abord été inculpé pour hébergement de fugitif, avant que des charges liées à la maltraitance des enfants ne soient ajoutées.

Les trois femmes ont été libérées en attendant la suite de l’enquête. Leurs liens avec les protagonistes restent imprécis: selon les sources, elles sont présentées comme étant des mères de certains enfants, ou des sœurs de l’un des deux hommes, ou encore une épouse de l’un d’eux. Elles ont comparu devant le tribunal de Taos, tout comme Siraj Wahhaj, mercredi.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting
James Alan Fox
USA Today
May 20, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

More from USA TODAY opinion: Flashback: Here’s what it was like to watch my friends die in Room 1216

School shootings are not the new normal, despite statistics that stretch the truth

After Parkland shooting, reject ‘nothing can be done,’ look for new solutions: John Walsh

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


Polémique Médine au Bataclan: Vous avez dit syndrome de Stockholm ? (Taqiyya master: How would you like the very jihadi scum that mowed down your family to sing their scum in the very place the killing was done ?)

30 juin, 2018

911mosquecartoon
Le mensonge est mal, excepté pour trois choses: le mensonge d’un homme à son épouse pour la satisfaire; un mensonge à un ennemi, parce que la guerre est dissimulation; ou un mensonge pour règler un différend entre des personnes. Mahomet
Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer. Mahomet
De plus il ne faudrait pas oublier que la « taqiyya », la dissimulation de protection, est partie intégrante de l’islam chiite et rendue obligatoire (« Quiconque n’observe pas la taqiyyah n’a pas de foi: « man lâ taqiyyata lahu lâ dîna lahu »). Or, la taqiyyah est curieusement adoptée aussi par les musulmans sunnites, ce qui leur permet de nous «servir» un discours «light» pour mieux nous tromper sur la réalité de leur religion. Ils ne mentent pas vraiment, ils dissimulent pour faire avancer l’islam! L’avantage non négligeable c’est que des non musulmans pourront ainsi être attirés par cette religion abrahamique, présentée comme si proche du christianisme et du judaïsme et par le biais de ces conversions, l’islam progressera en Europe. Anne-Marie Delcambre
Les voleurs nous protègent contre la police. Otages du Crédit Suédois de Stockholm (le 23 août 1973)
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. L’expression « syndrome de Stockholm » a été inventée par le psychiatre Nils Bejerot en 1973. Ce comportement paradoxal des victimes de prise d’otage fut décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain Frank Ochberg, en relation avec un fait-divers qui eut lieu en cette même ville. Wikipedia
Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. G. K. Chesterton
L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. Victor Klemperer
La République islamique sera fondée sur la liberté d’expression et luttera contre toute forme de censure. Khomeini (Entretien avec Reuters, le 26 octobre 1978.)
Tout ce que vous avez entendu concernant la condition féminine dans la République islamique n’est qu’une propagande hostile. (Dans le futur gouvernement), les femmes seront complètement libres, dans leur éducation et dans tout ce qu’elles feront, tout comme les hommes. Khomeini (Entretien accordé à un groupe de reporters allemands à Paris, le 12 novembre 1978)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (Les Illusions de l’identité, 1992)
L’islamisme tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète. Azar Nafisi
En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur. Janet Afary et Kevin B. Anderson
En tant que citoyen, en tant que président, je crois que les musulmans ont autant le droit de pratiquer leur religion que quiconque dans ce pays. Cela inclut le droit de construire un lieu de culte et un centre socio-culturel sur un terrain privé dans le lower Manhattan, en respect des lois et décrets locaux. Nous sommes en Amérique. Notre engagement en faveur de la liberté de religion doit être inébranlable. Barack Hussein Obama
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, la basilique fut convertie en mosquée, conservant le même nom, Ayasofya, comme symbole de la conquête. À cette époque, le bâtiment était très délabré : plusieurs de ses portes ne tenaient plus. (…) Le sultan Mehmed II ordonna le nettoyage immédiat de l’église et sa conversion en une mosquée. Contrairement aux autres mosaïques et peintures murales des églises de la ville, la mosaïque de Marie dans l’abside de Sainte-Sophie ne fut pas, pour des raisons obscures, recouverte de lait de chaux par ordre de Mehmed II[. Pendant cent ans, elle fut couverte d’un voile puis eut le même traitement que les autres. Wikipedia
La Grande Mosquée des Omeyyades de Damas, construite entre 705 et 715, est un édifice religieux musulman édifié par le calife Omeyyade Al Walid Ier. Cette grande mosquée (…) se situe à l’emplacement de l’ancienne église Saint Jean le Baptiste (IVe siècle), qui elle-même avait été construite sur un ancien téménos romain dédié à Jupiter. On peut donc dire qu’elle a été bâtie sur l’endroit considéré comme le plus saint de la ville par ses habitants. Wikipedia
En 2004, la Commission islamique d’Espagne, soutenue par le parti socialiste espagnol, réclame officiellement au Vatican le droit pour les musulmans de prier au sein de la mosquée-cathédrale. Le Saint-Siège oppose un refus catégorique. En 2006, l’archevêque de Cordoue ne change pas de position. Il assure que «l’utilisation partagée de la cathédrale par les catholiques et par les musulmans ne contribuerait en rien à la coexistence pacifique des différentes confessions religieuses». En octobre 2007, c’est la Ligue arabe qui revendique ce droit à la conférence de l’OSCE, avant que la Commission Islamique d’Espagne n’appelle en novembre 2008, l’UNESCO à se prononcer, toujours sans succès. Le Figaro (29.04.10)
Des responsables de l’Eglise grecque orthodoxe qui essaient de reconstruire la seule église détruite dans les attentats du 11/9 ont exprimé leur consternation cette semaine en apprenant par Fox News que des officiels du gouvernement avait enterré un projet de reconstruire l’église un peu plus loin. Fox News
Personne n’a rien contre les centres culturels japonais, mais en construire un à Pearl Harbor serait une offense. (…) Le lieu choisi a son importance. (…) Pas de passerelle pour les touristes au-dessus de Gettysburg, pas de couvent à Auschwitz – et pas de mosquée à Ground Zero. Charles Krauthammer
Je n’arrive pas à imaginer que les musulmans veuillent réellement une mosquée à cet endroit particulier, parce que ce deviendra une arène pour les promoteurs de la haine et un monument à ceux qui ont commis ce crime. D’ailleurs, il n’y a pas de fidèles musulmans dans le quartier qui aient besoin d’un lieu de culte parce que c’est une zone commerciale. (…) Ce que les Américains n’arrivent pas à comprendre, c’est que la bataille contre les terroristes du 11/9 n’est pas leur bataille. C’est une bataille de musulmans – une bataille dont les flammes continuent à faire rage dans plus de 20 pays musulmans… Je ne pense pas que la majorité des musulmans veuillent bâtir un monument ou un lieu de culte qui demain peut devenir source de fierté pour les terroristes et leurs disciples musulmans, ni qu’ils veulent une mosquée qui deviendra un lieu de pèlerinage pour ceux qui haïssent l’islam… Ceci a déjà commencé à se produire: ils prétendent qu’une mosquée va être construite au-dessus des cadavres des 3 000 Américains qui furent enterrés vivants par des personnes criant Allah akbar’  – le même appel qu’on entendra dans la mosquée… Abd Al-Rahman Al-Rashed (PDG d’Al-Arabiya)
Au , la barbarie islamiste a coûté la vie à 90 de nos compatriotes. Moins de trois ans plus tard, s’y produira un individu ayant chanté « crucifions les laïcards » et se présentant comme une « islamo-caillera ». Sacrilège pour les victimes, déshonneur pour la France. Laurent Wauquiez
Les Blancs sont des démons, des cochons d’aucune moralité Lui était suffisamment black pour être décapité Ces incestueux nous ont barricadé Puis ils nous crèvent dans un tieks qu’ils ont fabriqué C’était un bon c’cousin, un fan de Black Panther Les Blancs des consanguins, lui lutte pour ses frères (Yeah) Ces porcs blancs vont loin Passe moi une arme de poing J’vais faire un pédophile de moins Impossible c’était un bon, un militant Quelques blancs préméditèrent comme le KK Klan Boitillant, une démarche arrogante Une manière de défier les autorités écrasantes Insolent, langage brute et brutal C’est le fantasme des pécheresses toubab Il incarnait l’image de tout ce que déteste la rue Un noir intelligent c’est un noir qu’on tue Voilà pourquoi des blancs l’auraient refroidi Lâchement, subitement, ces victimes, souvent.J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession. Médine
« Dieu est mort selon Nietzsche “Nietzsche est mort” signé Dieu On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu Nous sommes les gens du Livre Face aux évangélistes d’Eve Angeli Un genre de diable pour les anges de la TV Reality Je porte la barbe j’suis de mauvais poil Porte le voile t’es dans de beaux draps Crucifions les laïcards comme à Golgotha. Médine
Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. Médine
Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. Médine
Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. Médine Zaouiche
Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. Médine
Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? Médine
Une salle qui brûle, c’est une époque qui meurt Quand l’Elysée-Montmartre est partie en feu J’crois que j’ai vécu mon World Trade Center La Mecque des rappeurs, 72, boulevard Rochechouart En moins d’un quart d’heure, tous les MCs ont dû voir rouge (…) Pourquoi appelle-t-on ça la fosse si je n’y ai vu que des vrais? (…)Tout ce que je voulais faire, c’était l’Bataclan. Médine
Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création. Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme. Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ? Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime. Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : «J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? » (…) Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ? (…) Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. » Arthur Dreyfus
Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu. 20 minutes
The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015. NPR

A quand une mosquée au Bataclan ?

A l’heure où à la veille d’un concert annoncé …

D’un rappeur dénommé Médine et maitre ès taqiyya chantant le djihad (intérieur, s’il vous plait !) …

Dans la salle même où il y a à peine trois ans ledit djihad a fait plus d’une centaine de morts et de blessés …

Nos belles âmes se joignent à l’islamo-racaille auto-déclarée …

Pour accuser qui vous savez de vouloir « dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression » …

Pendant qu’à Toulouse un imam se voit mis au pilori pour avoir cité, dans sa propre mosquée, une simple parole du Prophète

Comment ne pas repenser …

Ultime avatar du fameux syndrome de Stockholm

A ces autres belles âmes le président Obama en tête …

Qui neuf ans à peine après les attentats djihadistes du 11 septembre …

Défendaient le droit de construire une mosquée à Ground zero même ?

Non, le rappeur Médine n’a pas utilisé une affiche « Jihad » pour son concert au Bataclan

FAKE OFF Il s’agit du visuel d’un album sorti en 2005…

Samba Doucouré
20 minutes
11/06/18

Plusieurs responsables politiques ont relayé une affiche du concert du rappeur Médine au Bataclan mettant en avant un visuel de sabre et le mot «Jihad»

Il s’agit d’un montage composé avec le visuel d’un album daté de 2005

Le rappeur Médine est au cœur d’une polémique depuis vendredi 9 juin et le lancement d’une campagne pour l’annulation de ses concerts au Bataclan prévu les 19 et 20 octobre prochain dans ce lieu où un attentat le 13 novembre 2015 a fait 90 morts et des centaines de blessés.

Plusieurs personnalités politiques telles que Marine Le Pen (Rassemblement national), Laurent Wauquiez (LR) se sont fait l’écho de cette campagne.

Un visuel affichant le rappeur du Havre portant un pull « Jihad » où un sabre jaune est apparent, circule sur Twitter et est présenté comme l’affiche du concert. Ce visuel a été relayé par plusieurs comptes dont celui de Marine Le Pen.

« Aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du #Bataclan. La complaisance ou pire, l’incitation au fondamentalisme islamiste, ça suffit ! MLP #PasDeMédineAuBataclan », affirme notamment Marine Le Pen.

FAKE OFF

La campagne « Pas de Médine au Bataclan » a été lancée par l’activiste identitaire Damien Rieu, membre du site Fdesouche. Il a tweeté cette image qui est en fait un montage, associant un visuel promotionnel d’un album de Médine datant de plusieurs années, et le visuel des prochains concerts de l’artiste au Bataclan. Jihad, le plus grand combat est contre soi-même est un projet paru en 2005 dans le contexte de l’après-guerre d’Irak. Le nom complet de l’album fait référence à la notion de « grand jihad » qui implique un effort de lutte intérieure pour chaque individu.

Le rappeur s’est déjà exprimé sur l’usage de ce terme. « J’ai volontairement joué avec des représentations et des iconographies dans le but de tendre un piège à ceux qui s’arrêtent à une origine ou à une confession » s’expliquait le Havrais lors d’une interview accordé à Clique en février 2017. Il ajoute que son message s’adressait alors « à ceux qui seraient tentés d’aller combattre et à ceux qui ont une connaissance complètement galvaudée de ce terme ». « Aujourd’hui, sortir un album avec ce titre-là serait impossible », confessait-il alors à Mouloud Achour.

Voir aussi:

Le rappeur Médine au Bataclan : la polémique en quatre questions

La venue du rappeur dans la célèbre salle parisienne en octobre déplaît à de nombreux élus de droite et d’extrême droite, qui réclament l’annulation des concerts.

 Gary Dagorn

Le Monde

Depuis samedi 9 juin, de nombreux élus de droite et d’extrême droite ont fait part de leur vif mécontentement concernant la programmation dans la célèbre salle parisienne du Bataclan du rappeur Médine, un auteur-interprète populaire, mais dont les textes engagés ont été critiqués par le passé.

  • Comment est née la polémique ?

Tout part du tweet d’un internaute daté du 7 juin, relayant un extrait des paroles d’une chanson du rappeur Médine, qui doit donner deux concerts les 19 et 20 octobre au Bataclan. La chanson en question, Don’t Laïk, sortie le 1er janvier 2015, six jours avant l’attentat contre Charlie Hebdo, et dans laquelle Médine dénonce l’instrumentalisation de la laïcité, comporte les paroles suivantes :

« Dieu est mort selon Nietzsche
“Nietzsche est mort” signé Dieu
On parlera laïcité entre l’Aïd et la Saint-Matthieu
Nous sommes les gens du Livre
Face aux évangélistes d’Eve Angeli
Un genre de diable pour les anges de la TV Reality
Je porte la barbe j’suis de mauvais poil
Porte le voile t’es dans de beaux draps
Crucifions les laïcards comme à Golgotha. »

Cette dernière phrase, qui fait référence au lieu où Jésus fut condamné à mort, selon les évangiles, est extraite et relayée les 7 et 8 juin dans quelques tweets critiquant la programmation de l’artiste au Bataclan, mais sans provoquer de réactions médiatiques, hormis un article de Russia Today le 8 juin au soir. Ce n’est que le lendemain que le sujet prend de l’ampleur, relayé dès le début d’après-midi par des élus et des cadres du Rassemblement national (dont Marine Le Pen). Ce sont ensuite des élus Les Républicains qui reprendront l’information (Isabelle Balkany, Valérie Boyer, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez), suivis par des élus La République en marche (Aurore Bergé, Blandine Brocard).

Sur la base de cet extrait (« Crucifions les laïcards comme à Golgotha ») et d’une affiche datant de 2005 de son album Jihad, le plus grand combat est contre soi-même, ces élus de droite et d’extrême droite réclament avec vigueur l’annulation des deux concerts de l’artiste au Bataclan, estimant que ces représentations entachent la mémoire des quatre-vingt-dix personnes qui périrent dans la salle lors de l’attaque de trois djihadistes, le 13 novembre 2015. Ne répondant à aucun appel, le Bataclan a maintenu sa programmation.

Lundi 11 juin, l’avocate Samia Maktouf, qui défend une vingtaine de victimes, a écrit au préfet de police de Paris afin de demander l’interdiction des concerts de Médine.

Depuis, la page Facebook du Bataclan a été inondée de messages violents, et plusieurs survivants du 13 novembre 2015 ont été harcelés en ligne pour avoir défendu la liberté de programmation de la salle de concert, selon LCI. Sophie, une survivante blessée lors de l’attaque, témoigne des nombreux messages haineux qu’elle a reçus pour avoir critiqué la récupération politique par Laurent Wauquiez : « “Dommage que tu n’aies pas crevé”, “tu as le syndrome de Stockholm”, de la part des mêmes qui, il y a deux ans, nous appelaient des héros… »

  • Que dit la loi ?

La liberté de réunion est régie par la loi du 30 juin 1881, qui dispose que « les réunions publiques sont libres » et qu’« elles peuvent avoir lieu sans autorisation préalable ». Il incombe toutefois aux organisateurs d’« empêcher toute infraction aux lois, d’interdire tout discours contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, ou contenant provocation à un acte qualifié crime ou délit ». En d’autres mots, les pouvoirs publics peuvent interdire un spectacle en invoquant un risque de « trouble à l’ordre public » ou dénoncer le contenu illégal dudit spectacle.

C’est ce premier motif que Me Maktouf a invoqué auprès du préfet de police de Paris. Mais selon Gilles Devers, avocat spécialiste des libertés fondamentales, qui s’exprimait dans le cadre des spectacles de Dieudonné M’Bala M’Bala, une telle interdiction ne pourrait avoir lieu « que si la police n’était pas capable d’assurer l’ordre public, ce qui ne saurait se justifier dans le cas d’une salle de spectacle fermée ». Le second motif invoqué par Me Maktouf, l’« atteinte à la mémoire des victimes », ne relève en revanche pas de la loi et ne peut être invoqué pour justifier une quelconque interdiction.

Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a rappelé ces principes, disant que « la seule réponse à apporter c’est (…) la réponse du droit et non pas répondre sous le coup de l’émotion ». « Les salles sont libres de programmer qui elles veulent » et « la liberté de l’artiste est totale sauf s’il y a incitation à la haine raciale, s’il y a trouble à l’ordre public et ça, c’est au droit de le dire », a-t-il dit sur CNews, ajoutant que le rappeur « n’a pas été à ce stade condamné, qu[’il le] sache ».

  • Médine a-t-il répondu aux critiques ?

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Médine a tenu à renouveler ses « condamnations passées à l’égard des abjects attentats du 13 novembre 2015 et de toutes les attaques terroristes ». L’interprète a également dénoncé le « détournement » du sens de ses chansons par « l’extrême droite et ses sympathisants » ainsi que leur instrumentalisation de « la douleur des victimes et de leur famille ». « Allons-nous laisser l’extrême droite dicter la programmation de nos salles de concerts, voire plus généralement limiter notre liberté d’expression ? », a-t-il conclu.

En janvier 2015, il s’était déjà expliqué sur son titre Don’t Laïk (un jeu de mots avec le I Don’t Like du rappeur américain Chief Keef) : « Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. »

Un an plus tard, le rappeur a eu l’occasion d’expliquer plus longuement son utilisation de la satire et de la provocation dans ces débats de société sur le plateau d’Arrêt sur images. « Crucifions les laïcards comme à Golgotha, c’est clairement un oxymore, dans ce qui est proposé comme image. On ne crucifiait pas les laïcards à Golgotha. Et d’ailleurs, il ne s’agit pas de crucifier à proprement dit les laïcards. (…) Parce qu’à la fin, je rappelle que la laïcité est possédée par un certain nombre de gargouilles de la République. »

Médine Zaouiche, de son vrai nom, n’a pas caché qu’il reconnaissait « le droit au blasphème » :

« Mon clip “Don’t Laïk” est un droit au blasphème de la laïcité dévoyée, donc je ne vais pas m’insurger face à un dessin quand moi-même, artistiquement, j’utilise les mêmes outils pour pouvoir dénoncer d’autres situations. »

Le rappeur est revenu à cette occasion sur les contresens frontaux sur son album Jihad. « Marianne, dix ans plus tard, dans un article intitulé “le marketing du Jihad”, a compris complètement à l’inverse le message de cet album. Alors qu’en réalité, (…) le but c’était redéfinir ce qu’était le djihad à destination de ceux qui pourraient mal le comprendre. »

En mars 2017, le rappeur a, cela dit, « eu la sensation d’être allé trop loin ». « La provocation n’a d’utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don’t Laïk, c’était inaudible, et le clip a accentué la polémique », a déclaré le chanteur.

  • Quelle est la position des victimes du Bataclan ?

Lire aussi :   Le rappeur Médine accuse l’extrême droite de « limiter notre liberté d’expression »

Life for Paris, une association qui représente sept cents victimes des attentats du 13 novembre 2015, a dit que la salle « a[vait] aussi été victime des attentats » et qu’elle était « complètement libre de sa programmation », ajoutant qu’elle ne « laissera[it] personne instrumentaliser la mémoire des victimes ».

13onze15, une autre association de victimes d’environ trois cent cinquante adhérents, a une position plus nuancée. Le président de l’association, Philippe Duperron, a dit que les adhérents étaient divisés. « Certains défendent la liberté d’expression, d’autres contestent vigoureusement le personnage de Médine », a-t-il déclaré aux Inrocks. « Il s’agit pour nous, au minimum, d’une maladresse », a-t-il ajouté. Emmanuel Domenach, ancien vice-président de l’association, a quant à lui dénoncé à titre personnel l’« hypocrisie la plus pure » et une « polémique stérile ». « Ces élus n’ont que faire des victimes 99 % de l’année et là on monte une affaire en épingle pour apparaître dans les médias. Qu’on laisse les victimes là où elles sont. Elles n’ont rien demandé », a-t-il ajouté.

Voir également:

« Cher Médine, comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? »

Présenté quelquefois comme une figure de la « génération Bataclan », l’écrivain Arthur Dreyfus, 32 ans, donne ici son point de vue sur la polémique mettant en cause le rappeur Médine.

Cher Médine,

Je te dis « tu » parce que nous appartenons, peu ou prou, à la même génération, et que nous sommes collègues. J’ai toujours considéré les auteurs-compositeurs comme des écrivains, en particulier les rappeurs, qui inventent, il me semble, une part importante de la poésie contemporaine. En tant qu’amateur de Trenet, de Queneau, de Gainsbourg, de raï – et bien sûr de jazz –, j’ai souvent du rap aux oreilles, entre deux titres de Juliette Armanet, de Barbara, ou avant le Quintette avec clarinette de Mozart.

Tu te trouves aujourd’hui au cœur d’une polémique, causée par deux concerts que tu as prévu de donner en octobre au Bataclan. On te reproche les paroles de tes albums passés. Pour ma part je ne les commenterai pas. Que tu rêves de « crucifier les laïcards » ou de « jeter des fatwas sur la tête des cons » est ton droit. Que tu considères les « élites » comme des « propagandistes ultra laïcs » est une opinion qui t’appartient. Que tu refuses de te « laisser laïciser » est un privilège que tu mérites ; vivant précisément dans un pays laïque. Je n’appartiens pas à la « fachosphère », je ne suis pas d’extrême droite – et tu l’auras compris, je ne t’appellerai pas, comme on peut le lire sur Internet, le « salaf en Stan Smith ». Je ne suis pas non plus un partisan de la censure. Je souhaite que puisses écrire les paroles de ton choix sans te soucier d’une quelconque morale, contraire à l’idée de création.

Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme.

Non, si je t’écris aujourd’hui, c’est d’écrivain à écrivain, ou peut-être d’homme à homme, pour t’interroger sur une chanson. Pas Don’t laïk, certes amplement critiquée, mais celle que tu utilises comme excuse pour te dédouaner de toute complaisance envers le terrorisme islamiste : Bataclan – issue de Storyteller, ton dernier album en date. Que les choses soient claires : tu affirmais hier condamner « les abjects attentats du 13 novembre 2015 et toutes les attaques terroristes. » Je ne demande qu’à te croire, seulement j’ai écouté ta chanson, et je bute toujours sur une énigme, pour ne pas dire une sidération : comment peut-on, moins de trois ans après l’un des pires massacres perpétrés à Paris, écrire une chanson sur le Bataclan où il se produisit, sans en faire la moindre mention ?

Tu me répondras que c’est un Bataclan rêvé que tu dépeins, détaché de l’actualité, qui remonte à ta jeunesse. Mais imaginerait-on tourner un remake de Coup de foudre à Notting Hill dans la jolie petite bourgade d’Auschwitz en 1948, qui fasse abstraction du camp nazi ? Raconter dans un poème une balade en amoureux dans Paris, le 17 octobre 1961, date de la répression sanglante par la police française contre les manifestants du FLN ? Concevoir une pièce de théâtre sur la beauté des locaux de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, où Mohammed Merah tua à bout portant quatre enfants juifs en 2012 ? Outré à raison, on appellerait cela du négationnisme. Car qui peut ignorer que certains lieux, que certaines dates – au-delà du symbole puisqu’on parle de sang –, sont porteurs d’une mémoire ? Tu ne l’ignores pas toi-même, puisque tu fais référence, dans cette même chanson, aux attentats du « World Trade Center », qui entraînèrent la mort de 2.977 personnes – pour les comparer toutefois à l’incendie accidentel de l’Élysée-Montmartre, qui ne fit aucune victime.

Ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles.

Mais tu vas plus loin. Toujours dans Bataclan, tu t’interroges : « Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? Si je n’y ai vu que des vrais. Pourquoi appelle-t-on ça la fosse ? » Là non plus, deux ans après les assassinats de masse dont je parle, ne t’a-t-il pas paru opportun de t’interroger sur la portée de ces punchlines ? Car moi, ce que la fosse m’évoque, c’est la fosse commune réservée aux corps transpercés, égorgés, de 90 jeunes gens venus faire la fête, et voyant, en gisant dans leur sang, périr leurs amis au fil des balles. C’est sans doute le sens caché de ton image : « J’aime que les balcons grondent comme des rototos ? »

Pour ma part, le soir du Bataclan, je suis resté enfermé dans un restaurant voisin jusqu’à trois heures du matin, rideau baissé, partagé entre la panique et l’angoisse. Pardon : je n’ai pas pu m’empêcher de panik – pour une certaine idée de la liberté qui se résume, tout simplement, au droit d’aller écouter de la musique sans se faire exterminer. Depuis Charlie Hebdo, depuis le 13 novembre 2015, notre génération vit dans une autre France. On peut certes prendre ses distances avec le réel, mais comment le Bataclan a-t-il pu, déjà, devenir un lieu neutre à tes yeux ? Grâce à quel splendide aveuglement parviens-tu à écrire une chanson sur cette salle de concert-cimetière sans songer une seconde aux cadavres qu’elle charrie ?

Chacun a sa définition de ce que peut signifier « être un artiste », mais si je ne devais retenir qu’un mot, ce serait : le doute. L’artiste est celui qui doute, qui s’interroge en permanence, qui consent à s’amender. Si tu es de bonne foi, ne serait-il pas temps de réfléchir à cette abstraction que tu fais des victimes dans un lieu si symbolique ? Est-ce l’islamisme ravageur que tu as peur de condamner ? En ce qui me concerne, je ne juge pas la validité d’une idée en fonction de Marine Le Pen, mais de mon propre idéal républicain. Et moi aussi, je doute, comme dans la si touchante chanson d’Anne Sylvestre, Les gens qui doutent. Chanson que Baptiste, le petit-fils de la chanteuse, ne peut plus fredonner : il fut assassiné le 13 novembre 2015 par trois garçons qui, s’il avait existé, auraient pu apprendre par cœur ton refrain tout-terrain : « Tout ce que je voulais faire, c’était le Bataclan. »

Dernier ouvrage paru : Je ne sais rien de la Corée. Gallimard. 272 pages. 19,50 euros

A Paris concert that’s still months away is generating controversy. Muslim rapper Médine is scheduled to play at the Bataclan, the concert hall where 89 people were killed by Islamist extremists in a terrorist attack two and a half years ago.

The concert is stoking outrage among France’s right wing. Laurent Wauquiez, the head of the mainstream right party Les Republicans, tweeted that holding this concert would be sacrilege for the victims of the 2015 attack and a dishonor for France. Far right leader Marine Le Pen gathered thousands of signatures on a petition to ban the concert.

« Is it normal that a militant, fundamentalist, Islamist goes to the Bataclan to express his hatred and defend ideas that I believe are inciting crimes? » she asked a reporter during an appearance on France’s BFM TV.

But Médine says he’s always fought against radicalization in his music. And in a statement released by his record company he asked, « When did we start letting the far right manage the country’s concert halls? »

The 35-year-old rapper grew up in the working-class port town of Le Havre, France, the son of Algerian immigrants. Médine has described himself as an « Islamo-hooligan. » His lyrics talk mostly about the French Muslim experience — living in the ghetto, facing discrimination. His tone toward French society is often hostile.

Médine’s critics are focusing on a song he wrote in 2015 called « Don’t Laïk. » It is a double play on words: on the French word laïcité, which means secularism, and on the English « don’t like. » A lot of French Muslims feel the country’s official policy of secularism is used as an excuse to target their faith.

YouTube

« Your beard, my brother, it’s don’t laïk / Your veil, my sister in this country, it’s don’t laïk, » Médine raps in the song.

The song, which talks of « crucifying the secularists like at Golgotha, » happened to come out just a week before terrorists killed 12 people at the satirical weekly magazine Charlie Hebdo in 2015.

Detractors are also criticizing one of Médine’s albums, entitled Jihad. In a recent TV interview, Médine said people are twisting his lyrics and taking them out of context.

« First of all, the album had a subtitle, which was, ‘The biggest battle is against oneself’ — because jihad signifies the internal struggle above all, » Médine said. « And secondly, this album came out in 2005 in a completely different context. It would be impossible to title an album Jihad today. »

Médine has also worked to diffuse the French culture war over Islam. He co-wrote a book with a historian about racism in France. And his record label sells a line of T-shirts with the slogan, « I’m Muslim, Don’t Panik. »

Karim Amellal is working on a presidential commission to fight anti-Semitism and Islamophobia in France. He says this controversy has gotten so big because every Muslim identifies with the accusations against Médine.

« Muslims have the feeling they are not recognized for their accomplishments and they are always [associated] with terrorists and jihadists, » Amellal says.

Some of the survivors of the Bataclan terrorist attack have defended Médine. One tweeted that right-wing politicians should not exploit the victims of the attack for their bogus controversy.

« Marine Le Pen is even talking about ‘our deaths,’  » attack survivor Emmanuel Domenach wrote on Twitter. « It’s shameful. »

One victims’ association, Life for Paris, defended the Bataclan, saying it was against censorship, and the venue should be free to book who it wants. « We will not let anyone use the memory of the victims for political ends, as is the case here, » the association said in an official statement.

The theater itself has refused to get involved in the fray. But when reached on the phone, a Bataclan employee said that Médine has nothing to do with the terrorists.

Amellal says other rappers have much more offensive lyrics than Médine and that Médine never caused much controversy because he’s actually an intellectual rapper with very complicated lyrics. Amellal believes this debate has galvanized public opinion because it involves two groups that are victims.

« It’s like a showdown between two legitimate symbols, » he says. « The Bataclan, which is a very symbolic place because of the terrorist attack, and Médine and Islam. »

This spring, Médine released a new song, a sentimental ballad about the Bataclan. He raps, « All I ever wanted was to play the Bataclan. »

The lyrics don’t mention the attack. Writing in left-wing weekly magazine Marianne, novelist Arthur Dreyfus, who describes himself as being from the same generation as Médine, says the omission stuns him.

« That you dream of crucifying secularists, that’s your right and privilege living in this country. … I’m not in favor of censorship and I’m surely not a fascist, » Dreyfus writes. « But how can you, less than three years after one of the worst massacres ever perpetrated in Paris, write a song about the Bataclan, where it took place, without even mentioning it? »

Médine’s concert at the Bataclan is not until October. This debate is far from over.

Voir enfin:

Quand l’imam de la Grande Mosquée de Toulouse appelle au meurtre

Valeurs actuelles

28 juin 2018

Islamisation. Un prêche de décembre 2017 de l’imam Mohamed Tatai appelle les musulmans – en citant un hadith – à tuer des juifs. Il a été traduit et mis en ligne par l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI).

Le 26 juin, l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI) a mis en ligne la traduction d’un prêche de l’imam Mohamed Tatai tenu le 15 décembre 2017. Dans ce «discours» prononcé dans la mosquée Ennour à Toulouse, l’imam cite un «hadith» qui appelle tout simplement à tuer des juifs. Voilà le hadith en question cité par Mohamed Tatai :

«[Le Prophète Muhammad] nous a parlé de la bataille finale et décisive: ”Le Jour du Jugement ne viendra pas jusqu’à ce que les Musulmans combattent les Juifs, les Juifs se cacheront derrière les pierres et les arbres, et les pierres et les arbres diront : Oh musulman, oh serviteur d’Allah, il y a un Juif qui se cache derrière moi, viens le tuer.»

L’imam n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait plus de trente ans –il est arrivé d’Algérie en 1987 – qu’il prêche uniquement en arabe. Un prêche du 4 février 2011 repéré et traduit par Islamineurope constitue une attaque directe contre notre régime politique : la démocratie est qualifiée de «religion bizarre» qui «sert à protéger les châteaux et à garder le dictateur». L’imam explique clairement attendre le retour du califat et défend la domination et la gouvernance des musulmans : «c’est la communauté à qui Allah a promis le retour du Califat, de la justice, de la victoire et de la gouvernance. C’est la communauté supérieure, Allah a dit : ‘Ne vous laissez pas battre, ne vous affligez pas alors que vous êtes les supérieurs, si vous êtes de vrais croyants.’» Rappelons que le retour du califat signifie la mise en place d’un Etat islamique dont le système juridique équivaut à la charia… Et tout ceci est prôné en France !

Dans ce même prêche, l’imam s’emploie aussi à une victimisation des musulmans. L’Occident est accusé de «falsifier la géographie et l’histoire» de la ville de Jérusalem. «Vous cherchez à emprisonner l’Islam, à l’enterrer, à le tuer», lance-t-il à destination de l’Occident. Loin, bien loin de l’Islam de la tolérance et de la paix…

Une drôle de coïncidence quand on sait que l’imam est le président du Cercle de dialogue civilisationnel, l’association porteuse du projet de construction de la Grande Mosquée de Toulouse. Cette dernière a été inaugurée samedi 23 juin dans le quartier d’Empalot. Le discours de l’imam Mohamed Tatai invoquait la paix et jugeait que la mosquée devait être un rempart contre l’extrémisme. Un double discours préoccupant…


Gaza: Quand la condamnation tourne à l’incitation (Behind the smoke and mirrors, guess who’s abetting Hamas’s carefully planned and orchestrated military operation to break through the border of a sovereign state and commit mass murder in the communities beyond using their own civilians as cover ?)

19 mai, 2018
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume! Esaïe 5: 20
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie. Adolf Hitler
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk. History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years. (…) Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades. James Alan Fox (Northeastern University)
Hélas les morts ne sont que d’un seul côté. Benoit Hamon
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine. Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza. Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles. Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes. C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute. Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas. (…) Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité. Sara Daniel
En novembre 2004, des civils ivoiriens et des soldats français de la Force Licorne se sont opposés durant quatre jours à Abidjan dans des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. À la suite d’une mission d’enquête sur le terrain, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu’elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers. Amnesty international (26.10.05)
Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l’hôtel ivoire de la grande tour que nous n’occupions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n’ont pas été de notre fait. Général Poncet (Canal Plus 90 minutes 14.02.05)
Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. Colonel Gérard Dubois (porte-parole de l’état-major français, le 15 novembre 2004)
On n’arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules étaient déjà immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d’intimidation dans sa direction ; l’individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L’ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d’intimidation ». (…) seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. (…) Mes hommes n’ont pu faire cela. Nous n’avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre. Colonel Destremau (Libération, 10.12.04)
Cinquante des martyrs étaient du Hamas et douze faisaient partie du reste de la population. Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé ? Salah al-Bardaouil (Hamas)
C’est le Hamas qui nous envoie des messages sur Facebook et sur WhatsApp pour que l’on vienne. (…) Dans les mosquées ils crient et distribuent des tracts appelant à se rendre à la barrière. C’est eux qui tiennent la bande, qui la contrôle. Tout ce qui s’y déroule se fait avec leur autorisation. (…) le Hamas organise les manifestations pour que les gens ne se retournent pas contre eux (…) Les dirigeants du Hamas se disent plutôt qu’on se fasse manger, et qu’ils se révoltent, on va les envoyer vers la barrière et là-bas ils pourront se révolter. (…) Lorsque nous avons de l’électricité et que la télévision fonctionne, tout ce que nous voyons c’est ‘la Marche du Retour’, la marche, la marche, la marche. Ce sont eux qui disent aux femmes d’avancer, ils disent aux femmes d’avancer car ce sont des femmes et que l’armée ne tirera pas sur des femmes. Ils disent aux petits enfants d’avancer car l’armée ne tirera pas sur des enfants. Detenu gazaoui
Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste. « Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé. Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués. Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ». « Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ». Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum. Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré. Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ». La Libre Belgique
In a surreal split-screen moment, the Israeli prime minister, Binyamin Netanyahu, was exulting over the opening of America’s embassy in Jerusalem, calling it a “great day for peace”. It is surely right to hold Israel, the strong side, to high standards. But Palestinian parties, though weak, are also to blame. Every state has a right to defend its borders. To judge by the numbers, Israel’s army may well have used excessive force. But any firm conclusion requires an independent assessment of what happened, where and when. The Israelis sometimes used non-lethal means, such as tear-gas dropped from drones. But then snipers went to work with bullets. What changed? Mixed in with protesters, it seems, were an unknown number of Hamas attackers seeking to breach the fence. What threat did they pose? Any fair judgment depends on the details. Just as important is the broader political question. The fence between Gaza and Israel is no ordinary border. Gaza is a prison, not a state. Measuring 365 square kilometres and home to 2m people, it is one of the most crowded and miserable places on Earth. It is short of medicine, power and other essentials. The tap water is undrinkable; untreated sewage is pumped into the sea. Gaza already has one of the world’s highest jobless rates, at 44%. The scene of three wars between Hamas and Israel since 2007, it is always on the point of eruption. Many hands are guilty for this tragedy. Israel insists that the strip is not its problem, having withdrawn its forces in 2005. But it still controls Gaza from land, sea and air. Any Palestinian, even a farmer, coming within 300 metres of the fence is liable to be shot. Israel restricts the goods that get in. Only a tiny number of Palestinians can get out for, say, medical treatment. Israeli generals have long warned against letting the economy collapse. Mr Netanyahu usually ignores them. Egypt also contributes to the misery. The Rafah crossing to Sinai, another escape valve, was open to goods and people for just 17 days in the first four months of this year. And Fatah, which administers the PA and parts of the West Bank, has withheld salaries for civil servants working for the PA in Gaza, limited shipments of necessities, such as drugs and baby milk, and cut payments to Israel for Gaza’s electricity. Hamas bears much of the blame, too. It all but destroyed the Oslo peace accords through its campaign of suicide-bombings in the 1990s and 2000s. Having driven the Israelis out of Gaza, it won a general election in 2006 and, after a brief civil war, expelled Fatah from the strip in 2007. It has misruled Gaza ever since, proving corrupt, oppressive and incompetent. It stores its weapons in civilian sites, including mosques and schools, making them targets. Cement that might be used for reconstruction is diverted to build underground tunnels to attack Israel. Hamas all but admitted it was not up to governing when it agreed to hand many administrative tasks to the PA last year as part of a reconciliation deal with Fatah. But the pact collapsed because Hamas is not prepared to give up its weapons. Israel, Egypt and the PA cannot just lock away the Palestinians in Gaza in the hope that Hamas will be overthrown. Only when Gazans live more freely might they think of getting rid of their rulers. Much more can be done to ease Gazans’ plight without endangering Israel’s security. But no lasting solution is possible until the question of Palestine is solved, too. Mr Netanyahu has long resisted the idea of a Palestinian state—and has kept building settlements on occupied land. It is hard to convince Israelis to change. As Israel marks its 70th birthday, the economy is booming. By “managing” the conflict, rather than trying to end it, Mr Netanyahu has kept Palestinian violence in check while giving nothing away. When violence flares Israel’s image suffers, but not much. The Trump administration supports it. And Arab states seeking an ally against a rising Iran have never had better relations with it. Israel is wrong to stop seeking a deal. And Mr Trump is wrong to prejudge the status of Jerusalem. But Palestinians have made it easy for Israel to claim that there is “no partner for peace”, divided as they are between a tired nationalist Fatah that cannot deliver peace, and an Islamist Hamas that refuses to do so. Palestinians desperately need new leaders. Fatah must renew itself through long-overdue elections. And Hamas must realise that its rockets damage Palestinian dreams of statehood more than they hurt Israel. For all their talk of non-violence, Hamas’s leaders have not abandoned the idea of “armed struggle” to destroy Israel. They refuse to give up their guns, or fully embrace a two-state solution; they speak vaguely of a long-term “truce”. With this week’s protests, Hamas’s leaders boasted of freeing a “wild tiger”. They found that Israel can be even more ferocious. If Hamas gave up its weapons, it would open the way for a rapprochement with Fatah. If it accepted Israel’s right to exist, it would expose Israel’s current unwillingness to allow a Palestinian state. If Palestinians marched peacefully, without guns and explosives, they would take the moral high ground. In short, if Palestinians want Israel to stop throttling them, they must first convince Israelis it is safe to let go. The Economist
The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis. But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk? Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical. The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind? Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven? That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations. No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation. Bret Stephens
The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948. (…) Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union. (…) Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren. (…) Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.” (…) Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members. (…) as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas. (…) In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel. (…) despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. Yair Rosenberg
On the night of May 14, … headlines suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip. Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.” So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn. It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital. Shmuel Rosner
Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal. Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation. (…) Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it. (…) The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film. (…) About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60. (…) Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing. (…) The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for. (…) The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences (…) Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon. (…) Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand? These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better. For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times. Matti Friedman
Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période. Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs. Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens. (…) La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël. L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique. Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ». (…) Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils. Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens. (…) Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes. (…) Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois. Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjouées par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés. Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture. Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. (…) Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements. Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer. Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population. (…) Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière. La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves. Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). (…) Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité. (…) Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate. La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment. Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité. Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés. (…) – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger. (…) Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force. Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace. Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises. Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire. (…) Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier. (…) La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence. Richard Kemp

Attention: une effroyable imposture peut en cacher une autre !

En ces temps étranges où l’on voit des manipulations et des complots partout …

Et où à coup d’images juxtaposées nos médiasfaussaires notoires compris – et nos belles âmes rivalisent d’ingéniosité …

Pour noircir – jusqu’à regretter qu’il n’ait pas de morts de son côté – le seul pays que vous savez et son actuel et rare défenseur à la Maison Blanche …

Pendant que dans l’enthousiasme d’un « succès » médiatique aussi inespéré mais aussi la menace directe de frappes directes sur leurs bunkers dissimulés sous les hôpitaux de Gaza …

Les cyniques tireurs de ficelle du Hamas peuvent se payer le luxe de lever temporairement la mobilisation de leur chair à canon …

Et de révéler – en arabe pour motiver les troupes et ne pas trop effrayer leurs nombreux idiots utiles occidentaux – une partie même de la réalité de leur prétendues manifestations pacifiques …

Comment ne pas s’étonner …

Avec le colonel à la retraite britannique Richard Kemp …

Et l’un des rares militaires occidentaux à oser mettre, contrairement à tous les autres qui se taisent ou laissent dire n’importe quoi, ses compétences de professionnel au service de la vérité …

Du peu d’intérêt que semble soulever chez nos apprentis conspirationnistes …

L’effroyable – et bien réelle – imposture à laquelle se prêtent contre le seul Etat israélien nos médias et autres bonnes âmes des organisations internationales …

Mais aussi, sans compter l’effet directement incitatif, qui n’est pas sans rappeler tant d’autres phénomènes de nature mimétique comme les fusillades scolaires, de l’intérêt médiatique et de la présence des caméras elles-mêmes …

La proprement criminelle incitation, augmentant d’autant à chaque fois le nombre des victimes collatérales, …

Qu’une telle unanimité d’injustes condamnations ne peut que générer ?

Fumée et miroirs : six semaines de violence à la frontière de Gaza
Richard Kemp
Gatestone institute
14 mai 2018
Traduction du texte original: Smoke & Mirrors: Six Weeks of Violence on the Gaza Border

Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période.

Une tempête parfaite

Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs.

Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens.

Outre la zone frontalière, les Palestiniens ont prévu de mener des actions violentes à la même période, à Jérusalem et en Cisjordanie. Bien que le 15 mai soit considéré comme le point culminant de six semaines de violence à la frontière de Gaza, les Palestiniens ont fait savoir qu’ils entendaient maintenir un niveau de violence frontalière élevé tout au long du mois de Ramadan.

Prétexte et réalité

La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël.

L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique.

Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ».

Les tactiques terroristes du Hamas

Dans le cadre de cette stratégie, le Hamas a mis au point différentes tactiques, qui passent par des tirs de roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes et la construction de tunnels d’attaque sophistiqués qui débouchent au-delà de la frontière, à proximité de villages israéliens voisins. Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils.

Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens.

Même stratégie, nouvelles tactiques

Après les roquettes et les tunnels d’attaque utilisés dans trois conflits majeurs (2008-2009, 2012 et 2014), sans oublier plusieurs incidents mineurs, de nouvelles tactiques ont été mises au point qui ont toutes le même objectif fondamental. Les « manifestations » à grande échelle combinées à des actions agressives sont destinées à provoquer une réaction israélienne qui conduit à tuer et à blesser les civils de Gaza, malgré les efforts énergiques des FDI (Forces de défense d’Israël) pour réduire les pertes civiles.

Cette nouvelle tactique s’avère plus efficace que les roquettes et les tunnels d’attaque. Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes.

Comme à leur habitude, ces cibles-là se montrent toujours disposées à se laisser leurrer par ce stratagème. Depuis le début de cette vague de violence, des condamnations véhémentes ont été émises par l’ONU, l’UE et la CPI ; mais aussi plusieurs gouvernements et organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch ; sans parler de nombreux journaux et stations de radio. Leurs protestations incluent des demandes d’enquête internationale sur les allégations de meurtres illégaux ainsi que des accusations de violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme par les FDI.

Les tactiques du Hamas sur le terrain

Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois.

Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjoues par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés.

Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture.

Cerfs-volants et ballons incendiaires

Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. Seules des conditions de vent défavorables ont empêché le déploiement de ces cerfs-volants empêchant ainsi des dommages sérieux potentiels.

Dans plusieurs cas, les cerfs-volants en feu ont provoqué des incendies. Ainsi, le 16 avril, un champ de blé a été incendié côté israélien. Le 2 mai, un cerf-volant incendiaire parti de Gaza a provoqué un incendie majeur dans la forêt de Be’eri dévastant de vastes zones boisées. Dix équipes de pompiers ont été nécessaires pour juguler l’incendie. Des ballons incendiaires ont également été utilisés par le Hamas, notamment le 7 mai, l’un d’eux a réussi à incendier un champ de blé près de la forêt de Be’eri. Israël évalue à plusieurs millions de shekels, les dommages économiques résultants des incendies causés par les cerfs-volants et les ballons.

Si le Hamas a traversé

Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements.

Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer.

Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population.

Forces de défense d’Israel (IDF) : une risposte graduée

Les FDI ont été obligées d’agir avec une grande fermeté – pour empêcher toute pénétration – y compris à l’aide de tirs réels (qui ont parfois été meurtriers) et malgré une condamnation internationale lourde et inévitable.

Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière.

La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves.

Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). Dans tous les cas, les forces de Tsahal fonctionnent selon des procédures opérationnelles standard, rédigées en fonction des circonstances et compilées en collaboration avec diverses autorités des FDI.

Néanmoins, ces échanges de tirs ont généré des morts et de nombreux blessés. Les autorités palestiniennes affirment qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées jusqu’à présent et que plusieurs centaines d’autres ont été blessées. Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité.

Condamnation internationale, aucune solution

Beaucoup ont estimé qu’Israël n’aurait pas dû répondre comme il l’a fait à la menace. Mladenov, envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, a jugé la riposte d’Israël « scandaleuse ». Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a condamné l’usage d’une « force excessive ». Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé que « la violence contre les civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer un crime au regard du Statut de Rome de la CPI ».

Pourtant, en dépit de leurs condamnations, aucun de ces fonctionnaires et experts, n’a été en mesure de proposer une riposte adaptée viable pour empêcher le franchissement violent des frontières israéliennes.

Certains affirment que les troupes israéliennes ont fait un usage de la force disproportionné en tirant à balles réelles sur des manifestants qui ne menaçaient personne. L’UE a ainsi exprimé son inquiétude sur l’utilisation de balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Mais les soi-disant « manifestants » représentaient une menace vitale réelle.

Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate.

La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment.

Échec de la compréhension par la communauté internationale

Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité.

Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés.

Le Hamas a passé des années et dépensé des millions de dollars à creuser des tunnels d’attaque souterrains pour tenter d’entrer en Israël – une menace sérieuse qui implique des pelles, pas des armes à feu. Tout en continuant à creuser des tunnels, ils ont agi au grand jour mais fondus au sein d’une population civile utilisée couverture – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger.

Des critiques ont été formulées (en particulier par Human Rights Watch) à l’encontre de responsables israéliens qui auraient sciemment accordé leur feu vert aux agissements illégaux des soldats. Par exemple, HRW cite comme preuve certains commentaires publics du chef d’état-major de Tsahal, du porte-parole du Premier ministre et du ministre de la Défense.

Il ne leur est sans doute pas venu à l’esprit que ces fonctionnaires exercent leur autorité par des canaux de communication privés et non à travers des médias publics. Par ailleurs, leurs commentaires ne sont pas des instructions aux troupes mais des avertissements lancés aux civils de Gaza pour réduire le niveau de violence et apaiser les craintes légitimes des Israéliens vivant en zone frontalière. Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force.

Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace.

Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises.

Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire.

Faire le jeu du Hamas

Nombreux aussi ont été ceux qui ont affirmé que le gouvernement israélien a refusé de mener une enquête officielle sur les décès survenus. Encore une fois l’assertion est complètement fausse. Les Israéliens ont déclaré qu’ils examineraient les incidents sur la base de leur système juridique, lequel jouit d’un respect unanime au plan international. En revanche, le gouvernement israélien a explicitement refusé une enquête internationale, tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou toute autre démocratie occidentale l’aurait fait dans la même situation.

Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier.

Plus de violence à venir ?

Cette campagne du Hamas peut entraîner des pertes massives dans la population palestinienne. Il est non moins probable que la condamnation des médias, des organisations internationales et des groupes de défense des droits de l’homme va se généraliser. Ceux qui ont un agenda anti-américain et anti-israélien lieront inévitablement cette violence à la décision du président Trump d’ouvrir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Action future

La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence.

Il faut s’attendre à des condamnations supplémentaires de la part d’acteurs internationaux, tels que les divers organismes des Nations Unies, ainsi que des rapports spécifiques produits par des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Des tentatives d’inciter le Procureur de la CPI à examiner ces incidents auront lieu, ainsi que des initiatives de procédures judiciaires lancées par différents États (en utilisant la « compétence universelle ») pour tenter de diffamer et même d’arrêter des responsables militaires et des politiciens israéliens.

Inévitablement, le Hamas et d’autres groupes palestiniens vont renouveler cette tactique à l’avenir. Pour atténuer cela, Israël se prépare à renforcer la frontière de Gaza pour rendre toute tentative de pénétration plus difficile sans recourir à la force létale. (Ils travaillent déjà sur une barrière souterraine pour empêcher la pénétration par effet tunnel.) Cependant, il s’agit d’un projet à long terme et la possibilité d’étanchéifier la frontière au point de la rendre impénétrable demande à être clarifiée.

En outre, Tsahal porte aujourd’hui une attention accrue aux armes non létales. Mais en dépit d’importantes recherches menées au plan international, aucun système viable et efficace ne peut fonctionner dans de telles circonstances.

Les amis et alliés d’Israël peuvent agir pour contrer la propagande anti-israélienne du Hamas, et faire pression sur les dirigeants politiques, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations internationales et les médias pour éviter une fausse condamnation d’Israël ; il faut également lutter contre les réclamations d’une action internationale comme d’une enquête unilatérale des Nations Unies et ses résolutions. Un tel rejet, de préférence accompagné d’une forte condamnation de la tactique violente du Hamas, pourrait contribuer à décourager l’utilisation de tels plans d’action. Bien entendu, face à un agenda anti-israélien aussi profondément enraciné, de telles recommandations sont plus faciles à formuler qu’à mettre en pratique.

Le colonel Richard Kemp commandait les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Cette analyse a été publiée à l’origine sur le site Web de HIGH LEVEL MILITARY GROUP. Elle est reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir aussi:

Falling for Hamas’s Split-Screen Fallacy

Matti Friedman

Mr. Friedman, a journalist, is the author of the memoir “Pumpkinflowers: A Soldier’s Story of a Forgotten War.”

JERUSALEM — During my years in the international press here in Israel, long before the bloody events of this week, I came to respect Hamas for its keen ability to tell a story.

At the end of 2008 I was a desk editor, a local hire in The Associated Press’s Jerusalem bureau, during the first serious round of violence in Gaza after Hamas took it over the year before. That conflict was grimly similar to the American campaign in Iraq, in which a modern military fought in crowded urban confines against fighters concealed among civilians. Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal.

Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation.

Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it.

The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film.

About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60.

Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing.

The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for.

The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences.

Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon.

Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand?

These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better.

For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times.

Voir encore:

The cacophony that accompanies every upsurge in the Israeli-Palestinian conflict can make it seem impossible for outsiders to sort out the facts. Recent events in Gaza are no exception. The shrillest voices on each side are already offering their own mutually exclusive narratives that acknowledge some realities while scrupulously avoiding others.

But while certain facts about Gaza may be inconvenient for the loudest partisans on either side, they should not be inconvenient to the rest of us.

To that end, here are 13 complicated, messy, true things about what has been happening in Gaza. They do not conform to one political narrative or another, and they do not attempt to conclusively apportion all blame. Try, as best you can, to hold them all in your mind at the same time.

1. The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948.

2. The Israeli blockade of Gaza goes well beyond what is necessary for Israel’s security, and in many cases can be capricious and self-defeating. Import and export restrictions on food and produce have seesawed over the years, with what is permitted one year forbidden the next, making it difficult for Gazan farmers to plan for the future. Restrictions on movement between Gaza, the West Bank, and beyond can be similarly overbroad, preventing not simply potential terrorist operatives from traveling, but families and students. In one of the more infamous instances, the U.S. State Department was forced to withdraw all Fulbright awards to students in Gaza after Israel did not grant them permission to leave. Today, official policy bars Gazans from traveling abroad unless they commit to not returning for a full year. It is past time that these issues be addressed, as outlined in part in a new letter from several prominent senators, including Bernie Sanders and Elizabeth Warren.

3. Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union.

4. The overbearing Israeli blockade has helped impoverish Gaza. So has Hamas’s utter failure to govern and provide for the basic needs of the enclave’s people. Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren.

5. Many of the thousands of protesters on the Gaza border, both on Monday and in weeks previous, were peaceful and unarmed, as anyone looking at the photos and videos of the gatherings can see.

6. Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.”

7. A significant number of the protesters were armed, which is how they did things like this:

Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members.

Contrary to certain Israeli talking points, however, these facts do not automatically justify any particular Israeli response or every Palestinian casualty or injury. They simply establish the reality of the threat.

8. It is facile to argue that Gazans should be protesting Hamas and its misrule instead of Israel. One, it is not a binary choice, as both actors have contributed to Gaza’s misery. Two, as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas.

9. In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel.

10. A lot of what you’re seeing on social media about what is transpiring in Gaza isn’t actually true. For instance, a video of a Palestinian “martyr” allegedly moving under his shroud that is circulating in pro-Israel circles is actually a 4-year old clip from Egypt. Likewise, despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. In the era of fake news, readers should be especially vigilant about resharing unconfirmed content simply because it confirms their biases.

11. There are constructive solutions to Gaza’s problems that would alleviate the plight of its Palestinian population while assuaging the security concerns of Israelis. However, these useful proposals do not go viral like angry tweets ranting about how Palestinians are all de facto terrorists or Israelis are the new Nazis, which is one reason why you probably have never heard of them.

12. A truly independent, respected inquiry into Israel’s tactics and rules of engagement in Gaza is necessary to ensure any abuses are punished and create internationally recognized guidelines for how Israel and other state actors should deal with these situations on their borders. The United Nations, which annually condemns Israel in its General Assembly and Human Rights Council more than all other countries combined, and whose notorious bias against Israel was famously condemned by Obama ambassador to the U.N., Samantha Power, clearly lacks the credibility to administer such an inquiry. Between America, Canada, and Europe, however, it should be possible to create one.

13. But because the entire debate around Israel’s conduct has been framed by absolutists who insist either that Israel is utterly blameless or that Israel is wantonly massacring random Palestinians for sport, a reasonable inquiry into what it did correctly and what it did not is unlikely to happen.

***

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Voir également:

Jerusalem Celebrates, Gaza Burns

On the night of May 14, the leading headline of The Washington Post said, “More than 50 killed in Gaza protests as U.S. opens its new embassy in Jerusalem.” Headlines of other newspapers were not much different.

There is no doubt the headlines were factually accurate. But so would a headline saying, “More than 50 killed in Gaza as the moon was a waning crescent,” or “More than 50 killed in Gaza as Arambulo named co-anchor of NBC4’s ‘Today in LA.’ ” Were they unbiased? Not quite. They suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.

There are arguments one could make against President Donald Trump’s decision to move the American embassy to Jerusalem. People in Gaza getting killed is not one of them. A country such as the United States, a country such as Israel, cannot curb strategic decisions because of inconveniences such as demonstrations. Small things can be postponed to prevent anger. Small decisions can be altered to avoid violent incidents. But not important, historic moves.

At the end of this week, no matter the final tally of Gazans getting hurt, only one event will be counted as “historic.” The opening of a U.S. embassy in Jerusalem is a historic decision of great symbolic significance. Lives lost for no good reason in Gaza — as saddening as it is — is routine. Eleven years ago, on  May 16, 2007, I wrote this about Gaza: “The Gaza Strip is burning, drifting into chaos, turning into hell — and nobody seems to have a way out of this mess. Dozens of people were killed in Gaza in the last couple of weeks, the victims of lawlessness and power struggles between clans and families, gangsters and militias.” Sounds familiar? I assume it does. This is what routine looks like. This is what disregard for human life feels like. And that was 11 years to the week before a U.S. embassy was moved to Jerusalem.

Why were so many lives lost in Gaza? To give a straight answer, one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip.

As this column was written, the afternoon of May 15, the IDF had achieved its objective: No one was able to cross the border into Israel. The price was high. It was high for the Palestinians. Israel will get its unfair share of criticism from people who have nothing to offer but words of condemnation. This was also to be expected. And also to be ignored. Again, not because criticism means nothing, but rather because there are things of higher importance to worry about. Such as not letting unauthorized hostile people cross into Israel.

Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.”

So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn.

It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital.

Gaza’s Miseries Have Palestinian Authors
Bret Stephens

The New York Times
May 16, 2018

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

In 2007, Hamas took control of Gaza in a bloody coup against its rivals in the Fatah faction. Since then, Hamas, Islamic Jihad and other terrorist groups in the Strip have fired nearly 10,000 rockets and mortars from Gaza into Israel — all the while denouncing an economic “blockade” that is Israel’s refusal to feed the mouth that bites it. (Egypt and the Palestinian Authority also participate in the same blockade, to zero international censure.)

In 2014 Israel discovered that Hamas had built 32 tunnels under the Gaza border to kidnap or kill Israelis. “The average tunnel requires 350 truckloads of construction supplies,” The Wall Street Journal reported, “enough to build 86 homes, seven mosques, six schools or 19 medical clinics.” Estimated cost of tunnels: $90 million.

Want to understand why Gaza is so poor? See above.

Which brings us to the grotesque spectacle along Gaza’s border over the past several weeks, in which thousands of Palestinians have tried to breach the fence and force their way into Israel, often at the cost of their lives. What is the ostensible purpose of what Palestinians call “the Great Return March”?

That’s no mystery. This week, The Times published an op-ed by Ahmed Abu Artema, one of the organizers of the march. “We are intent on continuing our struggle until Israel recognizes our right to return to our homes and land from which we were expelled,” he writes, referring to homes and land within Israel’s original borders.

His objection isn’t to the “occupation” as usually defined by Western liberals, namely Israel’s acquisition of territories following the 1967 Six Day War. It’s to the existence of Israel itself. Sympathize with him all you like, but at least notice that his politics demand the elimination of the Jewish state.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

Voir par ailleurs:

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et heurts avec l’armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l’enclave.

L’armée et le gouvernement israéliens, confrontés à une vague de réprobation après la mort de 59 Palestiniens sous des tirs israéliens lundi, se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des évènements et maintenir que ceux-ci étaient orchestrés par le Hamas.

Des milliers de Palestiniens ont débuté le 30 mars dans la bande de Gaza un mouvement de plus de six semaines contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens à revenir sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Les violences de lundi ont coïncidé avec l’inauguration controversée à Jérusalem de la nouvelle ambassade américaine, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international.

Le Guatemala a également inauguré mercredi à Jérusalem sa nouvelle ambassade en Israël, s’attirant la colère de la direction palestinienne qui a accusé le gouvernement guatémaltèque de se placer du côté des « crimes de guerre israéliens ».

« Agression israélienne »

Les violences à Gaza lundi, journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014, ont continué à susciter l’inquiétude ou la colère à l’étranger.

Le pape François s’est dit « très préoccupé par l’escalade des tensions en Terre Sainte » et le président russe Vladimir Poutine a appelé à « renoncer à la violence ». Les ministres arabes des Affaires étrangères devaient tenir jeudi au Caire une réunion extraordinaire sur « l’agression israélienne contre le peuple palestinien ».

La tension est retombée dans la bande de Gaza à la veille du ramadan, le mois de jeûne musulman, mais la situation demeure hautement volatile.

Des chars israéliens ont frappé plusieurs positions du Hamas dans la bande de Gaza, en réponse à des tirs d’armes à feu, a dit notamment l’armée.

Le Hamas a dit soutenir la mobilisation, tout en assurant qu’elle émanait de la société civile et qu’elle était pacifique.

L’armée israélienne accuse de son côté le Hamas, qu’il considère comme « terroriste », de s’être servi du mouvement pour mêler à la foule des hommes armés ou disposer des engins explosifs le long de frontière.

Elle assure n’avoir fait que défendre les frontières, ses soldats et les civils contre une éventuelle infiltration de Palestiniens susceptibles de s’attaquer aux populations riveraines de l’enclave ou de prendre un otage.

Après la mort par balles des Palestiniens, Israël s’est retrouvé en butte aux condamnations et aux appels à une enquête indépendante.

Dans ce contexte, Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste.

La vérité « dévoilée »

« Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé.

Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués.

Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ».

« Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ».

Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum.

Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré.

Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ».

Voir de même:

Gaza, le massacre des oubliés

EDITO. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné le peuple palestinien.

Sara Daniel

Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine.

Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza.

Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles.

Une violence inouïe et inutile

Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes.

C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute.

Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas.

« Nous considérons que ces marches pacifiques sont aujourd’hui le meilleur moyen d’atteindre les points faibles de notre ennemi », disait-elle au début du mouvement.

Une population excédée, désespérée

Dans le même esprit que les campagnes BDS qui prônent le boycott de produits israéliens, la nouvelle génération de militants a pensé que c’était par cette approche non violente dans la filiation de Gandhi que la cause palestinienne aurait une chance de revenir sur le devant de la scène internationale.

Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité.

Voir encore:

Gaza: le Hamas pousse sa population vers la frontière, révèle un gazaoui arrêté

Un terroriste palestinien arrêté mardi par l’armée israélienne alors qu’il tentait de violer la frontière israélienne a déclaré dans une vidéo publiée mercredi que le Hamas pousse volontairement la population de la bande de Gaza vers la barrière de sécurité avec Israël.

« C’est le Hamas qui nous envoie des messages sur Facebook et sur WhatsApp pour que l’on vienne », déclare anonymement le Palestinien ajoutant que l’organisation terroriste ne s’arrête pas là.

« Dans les mosquées ils crient et distribuent des tracts appelant à se rendre à la barrière », précise-t-il.

« C’est eux qui tiennent la bande, qui la contrôle », déplore l’homme.

« Tout ce qui s’y déroule se fait avec leur autorisation », indique le Palestinien expliquant que « le Hamas organise les manifestations pour que les gens ne se retournent pas contre eux » à cause de la situation dans la bande de Gaza.

« Les dirigeants du Hamas se disent plutôt qu’on se fasse manger, et qu’ils se révoltent, on va les envoyer vers la barrière et là-bas ils pourront se révolter », souligne-t-il.

L’homme déplore également le fait que le Hamas profite de la pénurie d’électricité pour inciter la population à se rendre à la frontière.

« Lorsque nous avons de l’électricité et que la télévision fonctionne, tout ce que nous voyons c’est ‘la Marche du Retour’, la marche, la marche, la marche », précise le détenu.

« Ce sont eux qui disent aux femmes d’avancer, ils disent aux femmes d’avancer car ce sont des femmes et que l’armée ne tirera pas sur des femmes. Ils disent aux petits enfants d’avancer car l’armée ne tirera pas sur des enfants », conclut-il.

Les révélations de ce Palestinien confirment les soupçons selon lesquels le Hamas utilise sa population à des fins politiques.

En effet, parti dimanche pour le Caire, le chef du Hamas à Gaza, Ismail Haniyeh aurait été sévèrement réprimandé par l’Egypte pour son leadership dans la bande de Gaza.

Réunis dans le bureau du chef des renseignements égyptien, Kamal Abbas, les officiels locaux auraient été stupéfaits par le nombre de victimes palestiniennes le long de la barrière de sécurité séparant Israël et l’enclave palestinienne.

Selon les renseignements israéliens qui auraient fourni des preuves à l’Egypte, une partie de la population gazaouïe a été forcée de participer aux violences dans l’enclave côtière, poussée par l’organisation terroriste à mettre sa vie en danger en s’approchant de la clôture de sécurité.

Selon les médias israélien, lorsqu’Ismail Haniyeh est entré dans le bureau de Kamal Abbas, de violentes réprimandes ont pu être entendues à l’extérieur de la pièce à l’encontre du chef du Hamas à Gaza.

Les représentants égyptiens lui auraient reproché d’être responsable de l’écoulement du sang palestinien, sortant des photos montrant des membres du mouvement terroriste payer des dizaines de dollars à de jeunes palestiniens pour qu’ils aillent se faire tuer le long de la barrière de sécurité entre Israël et la bande de Gaza.

Voir par ailleurs:

 

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting

School shootings, however horrific, are not the new normal. Santa Fe killings are part of a bloody contagion that will pass.

James Alan Fox

USA Today

May 18, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.


« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseron