Attentat de Nice: C’est les Israéliens dansants, imbécile ! (Damn if you do, damn if you don’t : Guess who got blamed again for rejoicing that the world would now understand them)

26 juillet, 2016
Le mythe des 4 000 Juifs absents du World Trade Center
RammingPoster

Cynthia McKinney
"Complotisme" : quelques remarques sur la querelle opposant Bernard Cazeneuve et Libération
Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux oeuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple … Jésus (Luc 11: 47-51)
L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Jésus (Jean 16: 2)
Beat me, hate me
You can never break me
Will me, thrill me
You can never kill me
Jew me, sue me
Everybody do me
Kick me, kike me
Don’t you black or white me
All I wanna say is that
They don’t really care about us … Michael Jackson
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Le canari (…) fut longtemps élevé dans les mines où il était utilisé pour détecter le grisou. L’appareil respiratoire de l’oiseau étant fragile, le canari cessait de chanter et mourait dès l’apparition de ce gaz. Daniele
L’employé juif d’un coiffeur parisien va voir son patron et lui dit : « Patron, je dois démissionner ». « Mais pourquoi donc ? » lui répond le patron. « Parce que tous vos employés sont antisémites ! » « Allons bon, mon cher Jean-Claude. Je suis sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est ce qui vous fait penser cela ? » « C’est simple, patron. Lorsque je leur dit qu’Hitler a voulu tuer tous les juifs et les coiffeurs… » Le patron l’interrompt : « Mais Jean-Claude, pourquoi les coiffeurs ? » « Vous voyez patron, vous aussi ! » Blague juive
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Enveloppés dans leurs châles de prières, quatre fidèles s’effondrent sous les coups des tueurs opérant à visage découvert, qui seront ensuite tués par deux policiers israéliens accourus sur place. Trois des victimes israéliennes étaient également de nationalité américaine, la quatrième avait aussi la nationalité britannique. Huit fidèles ont été par ailleurs blessés, dont un se trouvait hier dans un état critique tandis que trois autres étaient sérieusement atteints. Les terroristes, des cousins âgés d’une vingtaine d’années, venaient du quartier arabe de Jabal Moukaber, à Jérusalem-Est (annexée). Ils sont parvenus jusqu’à la synagogue sans rencontrer la moindre difficulté. Les 270 000 Arabes de la Ville sainte, sur un total de 800 000 habitants, peuvent en effet circuler librement en Israël. À Gaza, des tirs de joie ont éclaté et le Hamas a salué « un acte héroïque ». Mais, à Ramallah (Cisjordanie), le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement condamné cet attentat « visant des civils, dans un lieu sanctifié ». Dans la foulée, il a aussi dénoncé « les attaques contre Al-Aqsa et les mosquées ». Le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est indigné contre l’attaque. « Ce matin à Jérusalem, des Palestiniens ont attaqué des juifs qui priaient dans une synagogue. Des gens venus prier Dieu dans le sanctuaire d’une synagogue (…) ont été assassinés dans ce qui constitue un acte de pure terreur, d’une brutalité insensée », a fustigé le chef de la diplomatie américaine. Invoquant l’intensification de la colonisation israélienne et les provocations de juifs radicaux à l’Esplanade des mosquées (troisième lieu saint de l’islam), appelé le Mont du Temple (de Salomon) par les juifs, les Palestiniens multiplient les manifestations et les attaques depuis l’été dernier. La Croix (19 novembre 2014)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Toujours viser les endroits fréquentés, tel que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences des partis politiques, les lieux de prêches des apostats, le but étant d’installer la peur dans leur coeur (…) avec n’importe quel moyen qui est à votre disposition, un simple couteau de cuisine ou un autre objet tranchant comme des cutters. Dar al Islam (magazine de l’Etat islamique, mars 2016)
Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde (…) Vous voyez de quoi ils sont capables… Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer (…) Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire. Israeliens interroges par le FBI (septembre 2001)
J’en avais les larmes aux yeux. Ces gars-là plaisantaient et ca m’a dérangé. Pour ces gars-là, c’était comme, ‘maintenant l’Amérique sait ce que nous vivons.’ Urban Moving worker
According to Cannistraro, many people in the U.S. intelligence community believed that some of the men arrested were working for Israeli intelligence. Cannistraro said there was speculation as to whether Urban Moving had been « set up or exploited for the purpose of launching an intelligence operation against radical Islamists in the area, particularly in the New Jersey-New York area. » Under this scenario, the alleged spying operation was not aimed against the United States, but at penetrating or monitoring radical fund-raising and support networks in Muslim communities like Paterson, N.J., which was one of the places where several of the hijackers lived in the months prior to Sept. 11. For the FBI, deciphering the truth from the five Israelis proved to be difficult. One of them, Paul Kurzberg, refused to take a lie-detector test for 10 weeks — then failed it, according to his lawyer. Another of his lawyers told us Kurzberg had been reluctant to take the test because he had once worked for Israeli intelligence in another country. Sources say the Israelis were targeting these fund-raising networks because they were thought to be channeling money to Hamas and Islamic Jihad, groups that are responsible for most of the suicide bombings in Israel. « [The] Israeli government has been very concerned about the activity of radical Islamic groups in the United States that could be a support apparatus to Hamas and Islamic Jihad, » Cannistraro said. The men denied that they had been working for Israeli intelligence out of the New Jersey moving company, and Ram Horvitz, their Israeli attorney, dismissed the allegations as « stupid and ridiculous. » (…) Despite the denials, sources tell ABCNEWS there is still debate within the FBI over whether or not the young men were spies. Many U.S. government officials still believe that some of them were on a mission for Israeli intelligence. But the FBI told ABCNEWS, « To date, this investigation has not identified anybody who in this country had pre-knowledge of the events of 9/11. » Sources also said that even if the men were spies, there is no evidence to conclude they had advance knowledge of the terrorist attacks on Sept. 11. The investigation, at the end of the day, after all the polygraphs, all of the field work, all the cross-checking, the intelligence work, concluded that they probably did not have advance knowledge of 9/11, » Cannistraro noted. As to what they were doing on the van, they say they read about the attack on the Internet, couldn’t see it from their offices and went to the parking lot for a better view. But no one has been able to find a good explanation for why they may have been smiling with the towers of the World Trade Center burning in the background. Both the lawyers for the young men and the Israeli Embassy chalk it up to immature conduct. According to ABCNEWS sources, Israeli and U.S. government officials worked out a deal — and after 71 days, the five Israelis were taken out of jail, put on a plane, and deported back home. While the former detainees refused to answer ABCNEWS’ questions about their detention and what they were doing on Sept. 11, several of the detainees discussed their experience in America on an Israeli talk show after their return home. Said one of the men, denying that they were laughing or happy on the morning of Sept. 11, « The fact of the matter is we are coming from a country that experiences terror daily. Our purpose was to document the event. » ABC News
Sur le Coran de La Mecque, je vais attaquer une église. Adel Kermiche
 Vers 9h25, deux hommes porteurs d’armes blanches ont surgi dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Ils ont pris en otages six personnes, le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. L’une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l’alerte. La brigade d’intervention (BRI) et une brigade anti-criminalité arrivées sur place ont tenté d’entamer une négociation avec les terroristes. Les policiers ont ensuite tenté une incursion, sans succès. Peu après, trois otages – les deux religieuses et une paroissienne – sont sortis de l’église suivis par les deux terroristes criant « Allah Akbar », dont l’un portait une arme de poing. Les deux assaillants ont été tués par la BRI. Selon le témoignage d’une religieuse parvenue à s’enfuir, les terroristes se sont « enregistrés » au moment du crime, l’un a fait « un peu comme un sermon autour de l’autel en arabe » avant l’assassinat du prêtre. Le Figaro
For many Israelis, the horrifying images of a truck plowing through crowds for more than a mile in the French resort town of Nice struck a macabrely familiar chord. (…)  Nice was an even more direct, if far deadlier, echo of a 2011 rampage in which an Arab-Israeli man’s truck barreled down a Tel Aviv street for a mile, killing one and wounding 17. These followed a spate of attacks with heavy construction vehicles and cars as weapons in 2008. And since October, according to Shin Bet, Israel’s domestic security agency, at least 32 Palestinians have rammed vehicles into people at bus stops, intersections and military checkpoints. The French prime minister said after the Nice attack, the nation’s third mass killing in 18 months, that France “must live with terrorism.” That is what Israelis have been doing for decades, through the plane hijackings of the 1970s; the suicide bombers of the second intifada, or Palestinian uprising, which began in 2000; and the lone-wolf stabbings and shootings of the past 10 months. In Israel, ordinary citizens, security officials and experts feel they have seen it all and say they have adapted to a perennial, if ever-changing, threat. They speak of constantly staying alert, exercising caution and growing accustomed to what some may find to be intrusive levels of security, but essentially carrying on.  (…) That routine includes opening bags for a check and passing through metal detectors at train or bus stations, shopping malls and movie complexes. At the height of the suicide bombings, customers paid a small surcharge at cafes and restaurants to subsidize the cost of a guard at the door. Hundreds of armed civilian guards have been deployed to protect public transportation in Jerusalem in recent months amid the wave of attacks, which have been glorified by some Palestinians on social media. The guards stand at bus and light-rail stops, and hop on and off buses along main routes, with the same powers to search and arrest as the police. Israel has also invested hugely in intelligence, its tactics evolving as its enemies change theirs. Several psychological studies in Israel have found that people habituate quickly to threats, making adjustments to daily life — keeping children at home, for example, rather than sending them to summer camp — and adopting dark humor about the randomness of the threat. (…) Some Israeli politicians have been disparaging about what they view as European negligence in security matters. After the attacks in March in Brussels, for example, a senior minister, Israel Katz, said Belgium would not be able to fight Islamist terrorism “if Belgians continue eating chocolate and enjoying life and looking like great democrats and liberals.” In a radio interview on Sunday, Yaakov Perry, a former Shin Bet chief now in Parliament, recommended deeper intelligence supervision of neighborhoods “where Muslims, refugees, Daesh supporters of various sorts live,” using an Arabic acronym to refer to the Islamic State. He also suggested that the French police were complacent, referring to news reports that the driver in Nice had told officers he was delivering ice cream. “If the driver says he has ice cream, open the truck and check if he has ice cream,” Mr. Perry said. That the attack occurred at a mass gathering for Bastille Day, France’s national holiday, had Israelis shaking their heads. Micky Rosenfeld, an Israeli police spokesman, said that to secure a major event like Independence Day celebrations, when tens of thousands of people gather along the Tel Aviv seafront to watch an air and naval display, officers gather intelligence for weeks beforehand, and erect a 360-degree enclosure of the area, with layers of security around the perimeter. Main roads are typically blocked off with rows of buses, and smaller side streets with patrol cars. In addition to a large uniformed and undercover police presence, counterterrorism teams are strategically placed to provide a rapid response if needed. For intelligence gathering, Shin Bet has used a “basic coverage” method, which involves homing in on a particular neighborhood or population sector that is considered a potential security risk. The agency then builds an intimate system of surveillance and a network of local informers who can point to any sign of suspicious or unusual activity.(…) But several security experts acknowledged that with citizens in a democracy, including Israel’s large Arab minority, these methods of intelligence gathering — “neighbors informing on neighbors,” as one put it — can be difficult to balance with civil liberties. These measures are also less effective, they say, in trying to prevent individual attacks that are not affiliated with any organization and that at times appear to have erupted spontaneously. The NYT
There, is of course, a very important reason why the mainstream media ignores radical Muslim persecution of Christians: if the full magnitude of this phenomenon was ever known, many cornerstones of the mainstream media—most prominent among them, that Israel is oppressive to Palestinians—would immediately crumble. Why? Because radical Muslim persecution of Christians throws a wrench in the media’s otherwise well-oiled narrative that “radical-Muslim-violence-is-a-product-of-Muslim-grievance”—chief among them Israel. Consider it this way: because the Jewish state is stronger than its Muslim neighbors, the media can easily portray Islamic terrorists as frustrated “underdogs” doing whatever they can to achieve “justice.” No matter how many rockets are shot into Tel Aviv by Hamas and Hezbollah, and no matter how anti-Israeli bloodlust is articulated in radical Islamic terms, the media will present such hostility as ironclad proof that Palestinians under Israel are so oppressed that they have no choice but to resort to terrorism. However, if radical Muslims get a free pass when their violence is directed against those stronger than them, how does one rationalize away their violence when it is directed against those weaker than them—in this case, millions of indigenous Christians? The media simply cannot portray radical Muslim persecution of Christians—which in essence and form amount to unprovoked pogroms—as a “land dispute” or a product of “grievance” (if anything, it is the ostracized and persecuted Christian minorities who should have grievances). And because the media cannot articulate radical Islamic attacks on Christians through the “grievance” paradigm that works so well in explaining the Arab-Israeli conflict, their main recourse is not to report on them at all. In short, Christian persecution is the clearest reflection of radical Islamic supremacism. Vastly outnumbered and politically marginalized Christians simply wish to worship in peace, and yet still are they hounded and attacked, their churches burned and destroyed, their women and children enslaved and raped. These Christians are often identical to their Muslim co-citizens, in race, ethnicity, national identity, culture, and language; there is no political dispute, no land dispute. The only problem is that they are Christian and so, Islamists believe according to their scriptural exegesis, must be subjugated. If mainstream media were to report honestly on Christian persecution at the hands of radical Islamists so many bedrocks of the leftist narrative currently dominating political discourse would crumble, first and foremost, the idea that radical Islamic intolerance is a product of “grievances,” and that Israel is responsible for all Jihadist terrorism against it. Raymond Ibrahim
The Maginot Line of “European values” won’t prevail over people who recognize none of those values. So much was made clear by French Prime Minister Manuel Valls, who remarked after the Nice attack that “France is going to have to live with terrorism.” This may have been intended as a statement of fact but it came across as an admission that his government isn’t about to rally the public to a campaign of blood, toil, tears and sweat against ISIS—another premature capitulation in a country that has known them before (…) Then there is Germany, site of three terror attacks in a week. It seems almost like a past epoch that Germans welcomed a million Middle Eastern migrants in an ecstasy of moral self-congratulation, led by Angela Merkel’s chant of “We can do it!” Last summer’s slogan now sounds as dated and hollow as Barack Obama’s “Yes we can!” Now Germany will have to confront a terror threat that will make the Baader-Meinhof gang of the 1970s seem trivial. The German state is stronger and smarter than the French one, but it also surrenders more easily to moral intimidation. The idea of national self-preservation at all costs will always be debatable in a country seeking to expiate an inexpiatable sin. Thus the question of whether Europe is helpless. At its 1980s peak, under François Mitterrand and Helmut Kohl, the European project combined German economic strength and French confidence in power politics. Today, it mixes French political weakness with German moral solipsism. This is a formula for rapid civilizational decline, however many economic or military resources the EU may have at its disposal. Can the decline be stopped? Yes, but that would require a great unlearning of the political mythologies on which modern Europe was built. Among those mythologies: that the European Union is the result of a postwar moral commitment to peace; that Christianity is of merely historical importance to European identity; that there’s no such thing as a military solution; that one’s country isn’t worth fighting for; that honor is atavistic and tolerance is the supreme value. People who believe in nothing, including themselves, will ultimately submit to anything. The alternative is a recognition that Europe’s long peace depended on the presence of American military power, and that the retreat of that power will require Europeans to defend themselves. Europe will also have to figure out how to apply power not symbolically, as it now does, but strategically, in pursuit of difficult objectives. That could start with the destruction of ISIS in Libya. More important, Europeans will have to learn that powerlessness can be as corrupting as power—and much more dangerous. The storm of terror that is descending on Europe will not end in some new politics of inclusion, community outreach, more foreign aid or one of Mrs. Merkel’s diplomatic Rube Goldbergs. It will end in rivers of blood. Theirs or yours? In all this, the best guide to how Europe can find its way to safety is the country it has spent the best part of the last 50 years lecturing and vilifying: Israel. For now, it’s the only country in the West that refuses to risk the safety of its citizens on someone else’s notion of human rights or altar of peace. Europeans will no doubt look to Israel for tactical tips in the battle against terrorism—crowd management techniques and so on—but what they really need to learn from the Jewish state is the moral lesson. Namely, that identity can be a great preserver of liberty, and that free societies cannot survive through progressive accommodations to barbarians. Bret Stephens
Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme». (…) Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme. Conspiracy watch
Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait, » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv. L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc. Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tapaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule. » Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations. On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers. Laurent Guyenot (Reseau Voltaire)
1/ Des résidus explosifs ont été retrouvés dans le fourgon des cinq Israéliens (1-7). Un chien affecté à la détection de bombes a également réagi lors de la fouille du véhicule (5-44).
 2/ Les trois Israéliens aperçus -avant et après l’impact du second avion- en train de se filmer et de se photographier, avec la première tour embrasée en arrière-plan, étaient joviaux (1-35, 1-65). 76 photos en noir et blanc ont été développées par les enquêteurs (1-80).
3/ La présence de leur véhicule sur le lieu des réjouissances est attestée par deux témoins vers 8h/8h15 du matin, ce mardi 11 septembre 2001, soit une demi-heure environ avant le crash du premier avion dans la Tour Nord (6-42, 5-25). Les trois Israéliens concernés affirmeront aux enquêteurs n’avoir débarqué qu’aux alentours de 9h -juste avant l’impact du second avion-et seulement après avoir appris l’information du premier crash sur Internet. Vers 9h20, soit une quinzaine de minutes après le crash du second avion, le van blanc aura déjà quitté les lieux.
4/ Un autre témoin raconte les avoir vus en action 5 mn après l’impact du premier avion (5-25). Les photos développées confirment qu’ils étaient déjà sur place : la fumée –visible sur leurs images- vient à peine de s’échapper de la Tour Nord (5-62).
5/ Plusieurs témoins ont rapporté avoir constaté l’usage d’une caméra vidéo qui n’aurait pas été retrouvée lors de l’arrestation des Israéliens (6-45). Ceux-ci ont démenti avoir eu recours à un tel appareil. Le FBI évoque pourtant une « tromperie » (5-56). Sur ce point crucial comme sur la question de leur emploi du temps, les enquêteurs ont déjà noté de nombreuses contradictions dans leurs témoignages (6-43).
6/ Lors de leur arrestation musclée et arme au poing, les policiers ont retrouvé des cartes d’étudiant falsifiées, aucun équipement relatif à leur activité de déménageur (5-45), un passeport allemand, près de 6000 dollars en cash ainsi que des billets d’avion pour un départ ouvert et immédiat à destination de l’étranger (5-44).
7/ Interrogés sur leur perception des attentats, les Israéliens ont tenu des propos très politiques : « Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde » (5-86), « Vous voyez de quoi ils sont capables…Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer » (5-20), « Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire »
8/ Les enquêteurs du FBI ont appris de la part d’un ancien salarié de l’entreprise de déménagement que le dirigeant -nommé Dominic Suter et considéré depuis comme un fugitif (90-1)- avait un profond mépris pour les Etats-Unis ( 5-42). Un anti-américanisme partagé par ses employés israéliens dont l’un aurait jadis déclaré cette phrase stupéfiante : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays » (1-37).
9/ Le FBI a constaté dans son enquête plusieurs éléments troublants : la petite compagnie de déménagement disposait d’une quinzaine d’ordinateurs –soit un nombre disproportionné par rapport à la taille de l’entreprise (1-47) ; le personnel était essentiellement composé d’Israéliens, de Russes et d’Hongrois qui pratiquaient une forme de discrimination dans leurs réunions à l’encontre des employés non-Juifs (5-41) ; un des cinq détenus israéliens s’était fait passer pour un « ouvrier de chantier » le 10 septembre 2001 aux abords de l’endroit où il sera présent le lendemain lors de la capture photographique des tours embrasées (5-46) ; le chauffeur du van blanc était capable, selon un employé égyptien d’une station d’essence qui fut interrogé par le FBI, de s’exprimer en arabe (5-31).
10/ Pour conclure, une attention particulière mérite d’être consacrée à ces quatre extraits étonnants : les cinq employés d’Urban Moving Systems étaient en contact avec d’autres déménageurs israéliens exerçant pour une compagnie basée également dans le New Jersey et dénommée Classic International Movers. Chose étrange : le FBI a interrogé quatre de ses employés -tous issus de l’armée israélienne- en raison de leur lien avéré avec un des dix-neuf pirates de l’air présumés (1-39).
L’un d’entre eux sera visiblement mal à l’aise durant l’interrogatoire (6-47).
Un des cinq Israéliens disposa également du contact téléphonique d’un homme vivant en Amérique du Sud et lié aux « militants islamiques du Moyen-Orient » (6-40).
Les enquêteurs du FBI ont remarqué un fait qualifié de « bizarre » : un van appartenant à la compagnie Urban Moving Systems s’était dirigé -hors de son secteur régulier- le matin du 11 septembre 2001 en direction du site du crash du vol 93 (1-36).
Enfin, l’un des cinq Israéliens a exprimé, de retour ce matin-là dans l’entreprise, une phrase curieuse à la suite de la chute de la première tour : « Ils vont abattre le second bâtiment ». Interrogé sur le sens des mots employés, il s’est contenté d’affirmer aux enquêteurs qu’il avait d’abord envisagé que l’effondrement de la Tour Sud était une démolition contrôlée par les autorités afin d’éviter des dégâts colossaux (3-64).
Chacun pourra tirer ses propres déductions de cette sélection nécessairement parcellaire. Prochainement, Oumma continuera de soulever le voile en revenant notamment sur l’histoire de ce réseau américain d’espions israéliens dont la mission, en 2000/2001, aurait été uniquement de surveiller les cellules islamistes. En outre, nous aborderons également l’un des aspects les plus méconnus du 11-Septembre : l’existence de liens privilégiés entre les autorités de Tel Aviv et plusieurs responsables du World Trade Center. D’ici là, nous vous invitons à interpréter comme bon vous semblera cet autre passage issu du rapport sur les cinq Israéliens.
En date du 24 septembre 2001, soit 13 jours à peine après leur arrestation, le QG du FBI avait déjà transmis à l’antenne locale chargée de l’enquête -officiellement achevée en 2003- cette « recommandation » (5-59) : « Le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus ». Rapport du FBI (Extraits)
Les Afro-Américains ont toujours su qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal. Cynthia McKinney
J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas. Cynthia McKinney
Ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères. Cynthia McKinney
Le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique (…) les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès à deux reprises. Cynthia McKinney
Les Juifs ont acheté tout le monde. Bill McKinney (ancien représentant, père et plus proche conseiller politique de Cynthia McKinney)
L’occupation israélienne doit finir, y compris au Congrès. Raeed Tayeh (plume de Cynthia McKinney)
Le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … Cynthia McKinney
McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana (…) Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ». McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. (…) Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité (…) le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer. Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.  (…)  McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite (…) formation dissidente du Black Panther Party historique. (…) Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». (…) La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite. Le Southern Poverty Law Center (…) a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. (…) McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (…)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer. Conspiracy watch
Le 17 septembre 2001, la chaîne libanaise du Hezbollah ouvre son journal avec un scoop qu’elle attribue au journal jordanien Al-Watan, lui-même informé par « des sources diplomatiques arabes » : 4 000 Juifs ne sont pas venus travailler au World Trade Center, avertis par le Mossad de l’imminence d’une attaque menée par des agents israéliens. Dans les jours qui suivent, des dizaines de journaux arabes ou musulmans, à Londres, au Caire, à Téhéran, à Damas, à Riyad, rapportent l’affaire des 4 000 Juifs manquants.  Le 19 septembre 2001, en direct sur Al-Jazira, le présentateur vedette Faycal Al-Qassem avance qu’« aucun des 4 000 Juifs travaillant au WTC n’est venu travailler le 11 septembre ». La chaîne qatarie est potentiellement regardée par quarante millions de téléspectateurs. Al-Qassem sera suspendu quelques semaines par sa hiérarchie. Le 21 septembre, la Pravda russe emboîte le pas, sous la signature d’Irina Malenko, reprenant pratiquement mot pour mot les « révélations » d’Al-Manar. (…) Le chiffre de 4 000 Juifs est totalement imaginaire. Personne ne peut dire avec certitude combien de Juifs travaillaient dans les tours, dans la mesure où, fort heureusement, personne ne tenait de registre des Juifs du World Trade Center. Pour savoir combien sont morts dans les tours, on en est réduit à compter les noms à consonance juive parmi les patronymes des victimes. Ils sont nombreux, entre trois et quatre cents : Adler, Aron, Berger, Bernstein, Cohen, Eichler, Eisenberg, etc. La folie de certains esprits oblige à dresser des listes, une pratique de sinistre mémoire. Alors pourquoi précisément ce chiffre ? On en trouve trace dans une interview donnée par un diplomate israélien en poste à New York le matin des attentats. Celui-ci déclarait que ses services avaient reçu 4 000 appels téléphoniques d’Israéliens, inquiets pour leurs proches, citoyens israéliens vivant ou travaillant à Manhattan. Comment cette brève s’est métamorphosée en la théorie d’Al-Manar que l’on sait ? Insondables sont les mystères de l’imagination lorsqu’elle est en proie à la paranoïa, au dogmatisme et à la bêtise. Sans doute aussi les journalistes de la chaîne libanaise n’ont-ils vu que peu d’inconvénients à prendre des libertés avec la déontologie. Al-Manar TV est en effet la propriété d’un groupe en bonne place sur la liste des organisations terroristes du département d’État américain : le Hezbollah, le « parti de Dieu » télécommandé par l’Iran. Après avoir révélé le scoop prouvant l’implication du Mossad, le présentateur avait avancé un argument supplémentaire : « Les seuls à profiter de cet acte de terrorisme sont les Juifs ». Autrement dit : à qui profite le crime ? (…) Mahmud Bakri, le représentant officiel d’Al-Manar dans la capitale égyptienne (…) n’est pas directement à l’origine de l’information délirante sur les Juifs du WTC, puisqu’elle venait du siège de Beyrouth, mais il continue d’en défendre la véracité. (…) Pour preuve, il se livre à un jeu de questions-réponses : « Pourquoi pas le Mossad ? S’agit-il d’un simple accident normal effectué par de jeunes Arabes ou s’agit-il d’un complot ? Car il faut lier ces événements avec leur suite, la guerre contre le terrorisme et la destruction de pays arabes musulmans, dans le cadre d’un plan américain qui vise à servir les intérêts israéliens en premier lieu. Et si en plus on voit qu’il y a un soutien américain à Israël hors du commun, on peut arriver à la conclusion que le 11 septembre était un complot israélien ». Argument classique des aficionados du complot, à Paris comme au Caire, qui consiste à inverser les faits et les conséquences, au nom du non moins classique « à qui profite le crime ? ». Conspiracy watch

Vous souvenez-vous des Israéliens dansants ?

A l’heure où entre la France et l’Allemagne la série noire d’attaques islamistes (pas moins de six en à peine deux semaines)  …
Et malgré tant les dénégations de CNN (« pas de lien » entre elles mais pourquoi semblent-ils tous s’appeler – sauf rares exceptions – Mohamed ou Ali et apprecier les Allahu akbar ?) …
Ressemble de plus en plus furieusement, jusqu’aux attaques à l’intérieur de lieux de culte, à une intifada

Devinez sur qui courent les rumeurs  les plus folles …

Pour Nice comme pour les autres attentats depuis ceux de Charlie hebdo …

Ou même depuis le 11 septembre avec les fameux «Israéliens dansants» …

 Coupables de s’être réjouits un peu tôt qu’Israël allait avoir «maintenant l’espoir que le monde nous comprendra» ?

Une ex-membre du Congrès prétend qu’Israël est derrière les massacres européens
Cynthia McKinney a posté le lien d’une vidéo « prouvant » qu’Israël est responsable des attaques de Nice et Munich, car un photographe allemand aurait assisté aux deux drames et est marié à une ancien députée de la Knesset

25 juillet 2016

Une ancienne membre du Congrès des États-Unis a affirmé sur Twitter qu’un photographe israélien avait été sur place pour les massacres à Nice et Munich, prouvant qu’Israël avait un lien avec ces deux attaques.

Cynthia McKinney, une démocrate et ancienne membre de la Chambre des représentants de la Géorgie, a posté une vidéo sur Twitter avec le message : « le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … »

La vidéo affirme que Richard Gutjahr, un journaliste allemand marié à une ancienne membre de la Knesset, l’Israélienne Einat Wilf, était présent à la fois sur les lieux du saccage par un chauffeur de camion à Nice, en France, au début du mois qui a fait 84 morts, et lors d’une fusillade dans un centre commercial à Munich, où neuf adolescents ont été tués.

Le profil Twitter de Gutjahr montre qu’il a posté des photos de Nice, mais pas de Munich. Il n’aurait pas pris la nationalité israélienne.

« Les Israéliens qui dansent » se réfère à une théorie du complot largement discréditée alléguant que cinq hommes israéliens ont été arrêtés dans le New Jersey, le 11 septembre 2001, après avoir été vus célébrant l’attaque terroriste.

Dans un tweet antérieur, McKinney avait demandé « pourquoi étaient-ils en train de danser dans le parc alors que les Américains étaient en train de mourir ? Pourquoi étaient-ils dans le parc en premier lieu ? »

McKinney, qui a été à la Chambre des représentants de la Géorgie de 1992 à 2002, a été connue pendant son mandat pour faire des remarques incendiaires et a été accusée d’antisémitisme par le passé. En 2002, elle a perdu la primaire démocrate, un jour après que son père soit apparu à la télévision disant que les « Juifs ont acheté tout le monde … J-E-W-S ».

Dans son message original, McKinney a posté un lien vers une vidéo intitulée « Richard Gutjahr le photographe allemand à Nice et à Munich – Connexions israéliennes » postée par une chaîne YouTube qui semble se spécialiser dans les théories du complot et les sentiments antisémites.

Dans la vidéo, dont la séquence d’ouverture est un symbole des Illuminati, le narrateur semble se demander comment « ils » pourraient être « tellement négligeants » qu’ils ont envoyé Gutjahr sur les deux attaques.

« Le fait que ce gars-là se trouvait aux deux endroits, il n’y a aucun moyen que ce soit une coïncidence », allègue l’homme, ajoutant qu’il est « clair à 100 % que les empreintes digitales d’Israël sont sur tous ces événements ».

)

Cette conclusion est fondée sur une vérification joyeuse de la page Wikipedia de Wilf qui confirme qu’elle est Israélienne et a servi dans une unité de renseignement supérieur dans l’armée israélienne.

« Nice est une opération déguisée et Munich est soit une opération déguisée, soit un canular », dit l’homme, qui n’apparaît pas dans la vidéo.

Voir aussi:

 Ex-candidate du Green Party aux présidentielles américaines de 2008, Cynthia McKinney est aussi une figure incontournable du 9/11 Truth Movement. Peu connue en France, cette militante de 55 ans a pourtant une réputation sulfureuse outre-Atlantique. Elle a été récemment épinglée par le Southern Poverty Law Center pour son flirt poussé avec les milieux négationnistes.

9 octobre 2009. Le maire du 2ème Arrondissement de Paris accueille dans ses murs une conférence de presse de Cynthia McKinney. Rien d’exceptionnel à ce qu’un élu vert parisien reçoive la candidate du Green Party aux dernières élections présidentielles américaines. Comme son homologue héxagonal, le Green Party est signataire de la Charte des Verts mondiaux et partage ses préoccupations écologiques. Pourtant, Cynthia McKinney ne s’est pas attardée sur la protection de l’environnement ou le réchauffement climatique. Ce jour-là, cette ex-membre du Congrès est venue parler… du 11-Septembre. C’est d’ailleurs à l’initiative privée d’Alix Dreux-Boucard, alias AtMOH, fondateur et animateur du site conspirationniste ReOpen911, que la conférence a été organisée.

Cynthia McKinney est une pionnière du 9/11 Truth Movement. Le 25 mars 2002, elle suggère à l’antenne de la radio californienne KPFA que l’Administration Bush, parce qu’elle a tiré profit des attentats du 11 septembre 2001, les aurait en fait délibérément laissé se produire. Depuis plusieurs années, elle n’a de cesse d’apporter sa caution à des partisans de la thèse de l’inside job (complot interne), comme Michael C. Ruppert, un ancien inspecteur de la police de Los Angeles qui s’est rendu célèbre dans les années 1990 pour avoir accusé la CIA d’être derrière un vaste trafic de cocaïne au cœur même des Etats-Unis. Revenu sur le devant de la scène à la faveur des attentats du 11-Septembre, Ruppert a publié un livre intitulé The Truth and Lies of 9/11 dans lequel il défend l’idée que l’Administration Bush mais aussi, Enron, le Mossad et les services secrets pakistanais seraient directement impliqués dans les attentats de 2001.

Certes, en matière de conspirationnisme, McKinney est loin d’en être à son premier coup d’essai. Chris Suellentrop, du magazine en ligne Slate.com, constatait en 2002 que « sur les dix années qu’elle a passées au Congrès, il est difficile d’en trouver une seule où elle ne s’est pas livré à des accusations bizarres ou à de folles théories du complot ». Nourrissant une défiance quasi-paranoïaque à l’égard des autorités fédérales, McKinney est par exemple persuadée que le programme Cointelpro (acronyme d’un programme du FBI mis en œuvre entre 1956 et 1971) est toujours en vigueur et qu’il ne serait pas étranger aux assassinats de JFK, Martin Luther King, Bob Kennedy ou du chanteur de rap Tupac Shakur. Elle a même commencé une thèse sur le sujet.

Il y a deux ans, en pleine campagne présidentielle, à Oakland, le fief historique des Black Panthers, McKinney cite des « témoignages » – anonymes, cela va sans dire – selon lesquels l’armée américaine aurait profité de la confusion régnant durant l’ouragan Katrina pour assassiner d’une balle dans la tête pas moins de 5 000 prisonniers avant de se débarrasser de leurs cadavres dans un marais de Louisiane… Des propos qui portent un grave coup à la crédibilité du Green Party et expliquent, peut-être, le pourcentage dérisoire des suffrages qui se sont portés sur la candidature McKinney : 0,12%. Un score très inférieur à celui de Ralph Nader. Inférieur également aux scores des deux autres « petits » candidats, Bob Barr et Chuck Baldwin.

« Un peu de paranoïa ne peut pas nous faire de mal »

McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana, dont elle a préfacé, l’année dernière, un livre intitulé : Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise. Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ».

McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. Cette intox a été propagée sur internet à partir d’une interview de deux conférenciers haïtiens, Ginette et Daniel Mathurin . Sans surprise, McKinney s’appuie sur les prétendues « recherches » de ce couple de scientifiques – dont aucun n’a la moindre qualification en matière de prospection pétrolière – dans un article mis en ligne récemment sur le site du Green Party, et dont ReOpen911 a gracieusement assuré la traduction en français.

McKinney assume. « Les Afro-Américains ont toujours su, a-t-elle un jour répondu à un journaliste du mensuel de gauche The Progressive, qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal ». Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité : « J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas ».

« Les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès »

Dans son ouvrage A Culture of Conspiracy: Apocalyptic Visions in Contemporary America (University of California Press, 2003), le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer.

Malaise au sein du Parti démocrate. D’autant plus palpable que quelques mois plus tôt, le porte-plume de Cynthia McKinney, Raeed Tayeh, l’auteur de la plupart de ses discours à l’époque, avait déclaré à la presse que « l’occupation israélienne [devait] finir, y compris au Congrès ». Une déclaration plus qu’ambigüe, qui s’ajoute à la réputation déjà sulfureuse de Cynthia McKinney : dès 1994, la deuxième année de son mandat à la Chambre des représentants, McKinney avait refusé, au nom de la liberté d’expression, de voter une résolution condamnant les propos haineux d’un ténor de la Nation of Islam, Khalid Abdul Muhammad. Peu après, elle était apparue aux côtés du chef de ce mouvement, le prédicateur antisémite Louis Farrakhan, lors d’une conférence organisée à l’Université Howard.

Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.

McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite dirigé par Malik Zulu Shabazz. Les New Black Panthers sont une formation dissidente du Black Panther Party historique. A l’heure actuelle, leur représentant en France n’est autre que Kémi Séba, le très médiatique fondateur de la Tribu Ka .

Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». Le 14 août dernier, lors d’un dîner organisé par le Council on American-Islamic Relations (CAIR), elle expliquait ainsi que le « le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique » (sic) et que « les sionistes [avaient] réussi à [la] mettre à la porte du Congrès à deux reprises » (voir la vidéo).

Descente aux enfers

La mue de Cynthia McKinney s’est véritablement opérée au cours de ces dernières années. La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) est l’une des organisation de défense des droits de l’homme les plus actives outre-Atlantique. Il publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité. A l’hiver 2009, il a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. L’ancienne élue démocrate a en effet fraternisé publiquement avec plusieurs figures notoires de l’antisémitisme contemporain. Parcourant le monde à l’invitation de l’ancien Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad , (« l’un de mes héros » écrit-elle à son propos sur le site du Green Party), elle a également fait l’éloge d’un livre de Matthias Chang sur la crise financière (voir ici ). Matthias Chang recycle ouvertement les écrits du propagandiste nazi américain Eustace Mullins et fût parmi les invités de la conférence négationniste organisée à Téhéran en 2006 à l’instigation du président Ahmadinejad. Cela ne semble pas ébranler McKinney. Tout comme elle n’est nullement gênée de se faire photographier bras dessus bras dessous en compagnie des négationnistes Michele Renouf (elle aussi présente à la conférence iranienne de 2006), Israël Shamir (de son vrai nom : Adam Ermash ; voir ici et ), ou encore du théoricien islamiste David Musa Pidcock (qu’elle affuble du petit nom affectueux de « My London friend »). Ce Britannique est le fondateur de l’Islamic Party of Britain. Son livre, Satanic Voices Ancient & Modern (1992), dénonce une conspiration séculaire impliquant la franc-maçonnerie, la famille Rockefeller, les grandes compagnies pétrolières, le Council on Foreign Relations (CFR), les Illuminati et les « Sionistes Lucifériens ».

Le 30 avril 2009, Cynthia McKinney passe pour la première fois dans une émission de radio diffusée sur internet animée par Ognir alias Noel Ryan. L’émission est consacrée obsessionnellement à la dénonciation des « Juifs sionistes ». Face à McKinney, Ognir explique que Rahm Emanuel, le chef des services administratifs de la Maison Blanche, a une « nationalité juive et une loyauté juive ». Il manipulerait même le président Obama à travers une grande conspiration sioniste internationale. Pendant l’interview, les « sionistes » sont accusés d’encourager le cannabis thérapeutique et le mariage gay dans le seul but d’« affaiblir » la société américaine, de la rendre moins résistante à leurs projets maléfiques. McKinney ne se démarque pas des propos d’Ognir, l’approuvant même lorsqu’il explique que les « sionistes » contrôlent la Maison Blanche et le Congrès et abondant dans son sens en expliquant que des espions « sionistes » ont infiltré sa propre campagne pour le Congrès. Pour McKinney, cette émission de radio n’est pas un dérapage. Elle y retourne un mois plus tard.

En juin 2009, McKinney continue sa descente aux enfers. Elle est reçue à trois reprises dans l’émission de radio de Daryl Bradford Smith (ici, et encore ). Elle le retrouve de nouveau le 14 janvier 2010, en compagnie d’Ognir cette fois-ci. Daryl Bradford Smith est un autre obsédé du complot juif. Son site web, où l’on trouve des interviews radio de David Pidcock, Israël Shamir et Eustace Mullins ainsi que les signatures de Christopher Bollyn et Eric Hufschmid (voir ici), fait la promotion des Protocoles des Sages de Sion – le célèbre faux antisémite –, du Juif International d’Henry Ford, ou encore de La Synagogue de Satan d’Andrew Carrington Hitchcock. On y trouve même des raretés comme la traduction d’un livre publié dans l’Allemagne hitlérienne sur la pratique du meurtre rituel chez les juifs ou encore un ouvrage de Leslie Fry intitulé La Guerre contre la Royauté du Christ, présentant le communisme comme un « complot judéo-bolchevique contre la Chrétienté »… Bref, la bibliothèque du parfait petit nazillon. La page d’accueil du site est bandée dans toute sa largeur par une phrase en majuscule indiquant : « LE MONDE DOIT DECLARER LA GUERRE A L’ETAT D’ISRAEL ! ».

L’interview avec McKinney prend un tour stupéfiant lorsque Daryl Bradford Smith suggère avec insistance que le Mossad est derrière les attentats du 11-Septembre et se met à citer plusieurs noms juifs – parmi lesquels ceux de Larry Silverstein (le propriétaire des immeubles du World Trade Centrer) et de Ari Fleischer (ancien porte-parole de la Maison Blanche sous Georges W. Bush) – avant de déclarer : « Tous ces gens, en fait, sont une cinquième colonne qui a envahi la structure de contrôle de notre gouvernement. Et ils sont fortement impliqués au Congrès, ils ont un contrôle complet de l’exécutif. Maintenant, comment est-ce que nous pouvons faire pour nous libérer de l’emprise de ce genre de gang criminel ? » Et Cynthia McKinney de répondre : « Eh bien… les gens doivent se lever ! L’une des choses que vous avez dite, je dois le dire, j’ai entendu un discours extraordinaire donné par Lord Levy, qui est, je crois, à la Chambre des Lords britannique. Et le langage qu’il a utilisé était absolument incroyable ! En gros, il a dit que seulement 3% des Israéliens ont voté pour la paix… il a parlé d’Israël comme d’un Etat indéfendable… En étant aux Etats-Unis, nous n’entendons jamais ce genre de discours. C’était un membre juif de la Chambre des Lords qui disait cela ».

« Je ne suis pas une conspirationniste ». C’est ce que Cynthia McKinney a déclaré devant la caméra de John-Paul Lepers lors de son dernier séjour parisien. McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (lire sa dernière déclaration)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer.

Voir aussi:

Le rôle d’Israël dans les événements du 11 Septembre 2001 — qui déterminent le 21ème siècle — fait l’objet d’âpres controverses, ou plutôt d’un véritable tabou au sein même du « Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » (9/11 Truth Movement) provoquant la mise à l’écart de l’homme par qui le scandale arriva, Thierry Meyssan. La plupart des associations militantes, mobilisées derrière le slogan « 9/11 was an Inside Job » (Le 11-Septembre était une opération intérieure), restent discrètes sur les pièces à conviction mettant en cause les services secrets de l’État hébreux. Laurent Guyénot fait le point sur quelques données aussi incontestables que méconnues, et analyse les mécanismes du déni.

28 juin 2013

Tandis que le rôle d’Israël dans la déstabilisation du monde post-11-Septembre devient de plus en plus évident, l’idée qu’une faction de likoudniks, aidés par leurs alliés infiltrés dans l’appareil d’Etat US, sont responsables de l’opération sous fausse bannière du 11-Septembre devient plus difficile à refouler, et quelques personnalités ont le courage de l’énoncer publiquement. Francesco Cossiga, président d’Italie entre 1985 et 1992, déclara le 30 novembre 2007 au quotidien Corriere della Sera  : « On nous fait croire que Ben Laden aurait avoué l’attaque du 11 septembre 2001 sur les deux tours à New York — alors qu’en fait les services secrets américains et européens savent parfaitement que cette attaque désastreuse fut planifiée et exécutée par la CIA et le Mossad, dans le but d’accuser les pays arabes de terrorisme et de pouvoir ainsi attaquer l’Irak et l’Afghanistan [1]. » Alan Sabrosky, ancien professeur du U.S. Army War College et à la U.S. Military Academy, n’hésite pas à clamer sa conviction que le 11-Septembre est « une opération classiquement orchestrée par le Mossad » réalisée avec des complicités au sein du gouvernement états-unien, et sa voix est relayée avec force par quelques sites de vétérans de l’armée U.S., dégoutés par les guerres ignobles qu’on leur a fait faire au nom du mensonge du 11-Septembre ou de celui des armes de destruction massives de Saddam Hussein [2].

Les arguments en faveur de l’hypothèse du Mossad ne tiennent pas seulement à la réputation du service secret le plus puissant du monde, qu’un rapport de la U.S. Army School for Advanced Military Studies (cité par le Washington Times la veille du 11-Septembre), décrit comme : « Sournois. impitoyabe et rusé. Capable de commettre une attaque sur les forces américaines et de les déguiser en un acte commis par les Palestiniens/Arabes [3]. » L’implication du Mossad, associé à d’autres unités d’élite israéliennes, est rendue évidente par un certain nombre de faits peu connus.

Le livre électronique de Hicham Hamza, Israël et le 11-Septembre : le Grand Tabou (2013) réunit l’ensemble du dossier à charge d’Israël, avec une rigueur irréprochable et l’ensemble des sources aisément accessibles.

Les Israéliens dansants

Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens [4] ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit [5]. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème [6]. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park [7]. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait [8], » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv.

L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc [9].

Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tappaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule [10]. »

Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées [11]. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations.

Omer Marmari, Oded Ellner et Yaron Shmuel, trois des cinq « Israéliens dansants », sont invités à témoigner dans une émission israélienne dès leur retour en novembre 2001. Niant être membres du Mossad, l’un d’eux déclara candidement : « Notre but était d’enregistrer l’événement. »

On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe [12]. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers.

Ehud Barak, ancien chef du Renseignement militaire israélien (Sayeret Matkal), était premier ministre de juillet 1999 à mars 2001. Remplacé par Ariel Sharon, il s’installe aux États-Unis comme conseiller pour Electronic Data Systems et pour SCP Partners, une compagnie écran du Mossad spécialisée dans les questions de sécurité qui, avec ses partenaires Metallurg Holdings et Advanced Metallurgical, avait la capacité de produire de la nano-thermite. SCP Partners disposait d’un bureau à moins de dix kilomètres d’Urban Moving Systems. Une heure après la désintégration des tours, Ehud Barak est sur le plateau de BBC World pour désigner Ben Laden comme principal suspect(Bollyn, Solving 9-11, p. 278-280).

200 espions experts en explosifs

Peu de gens, même parmi les 9/11 Truthers, connaissent cette histoire d’ « Israéliens dansants » (on attend toujours, par exemple, que l’association Reopen 9/11 en parle sur son site francophone, pourtant très pointus sur tous les autres aspects du dossier). Peu de gens également savent qu’à la date des attentats, les polices fédérales US étaient occupées à démanteler le plus vaste réseau d’espionnage israélien jamais identifié sur le sol états-unien. En mars 2001, le National CounterIntelligence Center (NCIC) avait posté ce message sur son site web : « Durant les dernières six semaines, des employés des bureaux fédéraux situés dans tout les États-Unis ont signalé des activitées suspectes liées à des individus se présentant comme des étudiants étrangers vendant ou livrant des œuvres d’art. » Le NCIC précise que ces individus, de nationalité israélienne, « se sont également rendus aux domiciles privés d’officiers fédéraux sous le prétexte de vendre des objets artistiques [13]. »

Puis dans l’été, la Drug Enforcement Agency (DEA), après avoir été visée par un grand nombre d’incidents de ce type, compila un rapport qui sera révélé au public par le Washington Post le 23 novembre 2001, puis dans Le Monde le 14 mars 2002, avant d’être rendu entièrement accessible par le magazine français Intelligence Online. Ce rapport liste 140 Israéliens appréhendés depuis mars 2001. Âgés entre 20 et 30 ans et organisés en équipes de 4 à 8 membres, ils ont visité au moins « 36 sites sensibles du Département de la Défense ». Nombres d’entre eux furent identifiés comme membres du Mossad ou du Aman (renseignement militaire israélien), et six étaient en possession de téléphones payés par un ancien vice-consul israélien. Soixante arrestations eurent encore lieu après le 11-Septembre, ce qui porte à 200 le nombre d’espions Israéliens arrêtés. Tous furent finalement relâchés.

Michael Chertoff, citoyen israélien, fils d’un rabbin orthodoxe et d’une pionnière du Mossad, dirigeait la Criminal Division du Department of Justice en 2001, et fut à ce titre responsable de la rétention et destruction de toutes les preuves concernant le 11-Septembre — des caméras du Pentagone aux poutres du World Trade Center. C’est à lui également que les « Israéliens dansants » doivent leur discret rapatriement. En 2003, il fut nommé à la tête du nouveau Department of Homeland Security, chargé du contre-terrorisme sur le territoire états-unien, ce qui lui permet de contrôler la dissidence tout en continuant à restreindre l’accès au dossier du 11-Septembre à travers la loi Sensitive Security Information.

Le rapport de la DEA conclut que « la nature des comportements des individus […] nous conduit à penser que les incidents constituent peut-être une activité de collecte de renseignement [14]. » Mais la nature des renseignements collectés reste inconnue. Il se pourrait qu’en fait l’espionnage n’ait été qu’une couverture secondaire — un sous-vêtement — de ces Israeli art students, si l’on considère les formations militaires reçues par certains comme demolition/explosive ordnance expert, combat engineer, bomb disposal expert, electronic signal intercept operator, selon la DEA. L’un des agents arrêtés, Peer Segalovitz, « a reconnu qu’il était capable de faire exploser des bâtiments, des ponts, des voitures, et tout ce qu’il voulait [15]. » Pourquoi ces agents israéliens auraient-ils fait diversion sur leur véritable mission par une campagne d’espionnage aussi ostentatoire qu’improductive, curieusement concentrée sur la Drug Enforcement Agency ? La réponse à cette question est suggérée par un lien troublant, de nature géographique, entre ce réseau et les attentats du 11-Septembre.

Selon le rapport de la DEA, « La localité d’Hollywood en Floride semble être le point focal de ces individus [16]. » En effet, plus d’une trentaine des faux étudiants-espions israéliens arrêtés peu avant le 11 septembre vivaient dans ou près de la ville d’Hollywood en Floride, où s’étaient précisément regroupés 15 des 19 prétendus pirates de l’air islamistes (9 à Hollywood même, 6 à proximité). L’un d’eux, Hanan Serfaty, par qui transita au moins 100 000 dollars en trois mois, avait loué deux appartements à Hollywood à proximité immédiate de l’appartement et de la boite postale loués par Mohamed Atta, qu’on nous présentera comme le chef de la bande des pirates de l’air. Quels étaient les rapports entre les « espions israéliens » et les « terroristes islamistes » ? Selon l’explication embarrassée des médias alignés, les premiers ne faisaient que surveiller les seconds. Écoutons par exemple David Pujadas introduisant l’article d’Intelligence Online au journal télévisé du 5 mars 2002 sur France 2 : « Toujours à propos d’Israël, mais concernant l’Afghanistan maintenant, cette affaire d’espionnage, qui sème le trouble : un réseau israélien a été démantelé aux États-Unis, notamment en Floride : l’une de ses missions aurait été de pister les hommes d’Al-Qaïda (c’était avant le 11 septembre). Certaines sources vont même plus loin : elles indiquent que le Mossad n’aurait pas livré toutes les informations en sa possession. » Cette explication euphémique est un bel exemple de damage control. Israël en ressort à peine entachée, puisqu’on ne peut raisonnablement blâmer un service d’espionnage de ne pas partager ses informations. Tout au plus Israël pourra-t-il être accusé d’avoir « laissé faire », ce qui lui garantit l’impunité. Ainsi s’explique, à mon avis, la sous-couverture d’espions des faux étudiants israéliens, en réalité experts en attentats sous fausse bannière. En fait, leur couverture volontairement grossière d’étudiants était faite pour attirer l’attention sur leur couverture secondaire, celle d’espions, qui servirait d’alibi à leur proximité avec les pirates supposés.

Pourquoi Pujadas (propulsé au journal télévisé de France 2 tout juste une semaine avant le 11-Septembre) évoque-t-il l’Afghanistan, qui n’a aucun rapport avec l’information qu’il introduit ? Le lapsus ne peut être que volontaire et illustre « le grand tabou » dont parle Hicham Hamza : ne jamais mentionner le 11-Septembre et Israël dans la même phrase.

La vérité est probablement qu’ils n’espionnaient pas ces pirates, mais qu’ils les manipulaient, les finançaient, et probablement les ont éliminés peu avant le 11-Septembre. Un article du New York Times du 18 février 2009 a établi qu’Ali al-Jarrah, cousin d’un pirate présumé du vol UA93, Ziad al-Jarrah, avait été pendant 25 ans espion pour le Mossad, infiltré dans la résistance palestinienne et dans le Hezbollah depuis 1983. Il est actuellement en prison au Liban. Rappelons également que le Mohamed Atta de Floride était un faux. Le vrai Mohamed Atta, qui téléphona à son père au lendemain des attentats (comme ce dernier le confirma au magazine allemand Bild am Sonntag fin 2002), est décrit par sa famille comme réservé, pieux, évitant les femmes et ayant la phobie des avions. Il s’était fait voler son passeport en 1999 alors qu’il étudiait l’architecture à Hambourg. Le faux Mohamed Atta de Floride vivait avec une strip-teaseuse, mangeait du porc, aimait les voitures rapides, les casinos et la cocaïne. Comme l’a rapporté le South Florida Sun-Sentinel dès le 16 septembre (sous le titre « Suspects’ Actions Don’t Add Up » (« Les comportements des suspects ne collent pas »), suivi par de nombreux quotidiens nationaux, ce Atta s’est saoulé, drogué et a payé les services de plusieurs prostituées dans les semaines et les jours précédant le 11-Septembre, et quatre autres des terroristes suicidaires ont eu des comportements similaires peu compatibles avec des islamistes se préparant à la mort [17].

Le réseau new-yorkais

Selon l’agent renégat Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad tire son efficacité de son réseau international de sayanim (« collaborateurs »), terme hébreu désignant des juifs vivant hors d’Israël et prêts à accomplir sur demande des actions illégales, sans nécessairement connaître leur finalité. Ils se comptent par milliers aux États-Unis, et particulièrement à New York, où se concentre la communauté juive US. Larry Silverstein, titulaire du bail des tours jumelles depuis avril 2001, apparaît comme l’archétype du sayan du 11-Septembre. Il est membre dirigeant de la United Jewish Appeal Federation of Jewish Philanthropies of New York, le plus grand leveur de fonds américains pour Israël (après l’État US, qui verse chaque année trois milliards d’aide à Israël). Silverstein était aussi, au moment des attentats, l’ami intime d’Ariel Sharon et de Benjamin Netanyahou, avec qui il est en conversation téléphonique chaque dimanche, selon le journal israélien Haaretz. Le partenaire de Silverstein dans le bail du WTC était, pour le centre commercial du sous-sol, Frank Lowy, un autre « philanthrope » sioniste proche d’Ehud Barak et Ehud Olmert, ancien membre de la Haganah. Le chef de la New York Port Authority, qui privatisa le WTC en concédant le bail à Silverstein et Lowy, était Lewis Eisenberg, également membre de la United Jewish Appeal Federation et ancien vice-président de l’AIPAC. Silverstein, Lowy et Eisenberg furent sans aucun doute trois hommes clés dans la planification des attentats contre les tours jumelles.

Lucky Larry ! Chaque matin, sans exception, Larry Silverstein prenait son petit-déjeuner au Windows on the World au sommet de la tour Nord du WTC. Jusqu’au matin du 11 septembre, où il avait rendez-vous chez le dermatologue.

D’autres membres du réseau new-yorkais peuvent être identifiés. Selon le rapport du NIST, le Boeing qui s’encastra dans la tour Nord « a fait une entaille de plus de la moitié de la largeur du bâtiment et qui s’étendait du 93ème au 99ème étage. Tous ces étages étaient occupés par Marsh & McLennan, une compagnie d’assurance internationale qui occupait également le 100ème étage [18]. » Le PDG de Marsh & McLennan est alors Jeffrey Greenberg, membre d’une richissime famille juive qui contribua massivement à la campagne de George W. Bush. Les Greenberg étaient aussi les assureurs des tours jumelles et, le 24 juillet 2001, ils avaient pris la précaution de réassurer leur contrat auprès de concurrents, qui durent indemniser Silverstein et Lowy. Et comme le monde des néoconservateurs est petit, en novembre 2000, le conseil d’administration de Marsh & McLennan accueille Paul Bremer, président de la National Commission on Terrorism au moment des attentats, et nommé en 2003 à la la tête de la Coalition Provisional Authority (CPA) en 2003

Paul Bremer intervient le 11 septembre 2001 sur le plateau de NBC, calme et détendu, tandis que 400 employés de sa compagnie sont portés disparus (au final, 295 employés et plus de 60 collaborateurs du groupe seront officiellement dénombrés parmi les victimes).

Des complicités devront aussi être cherchées dans les aéroports et les compagnies aériennes impliquées dans les attentats. Les deux aéroports d’où sont partis les vols AA11, UA175 et UA93 (l’aéroport Logan à Boston et l’aéroport Newark Liberty près de New York) sous-traitaient leur sécurité à la compagnie International Consultants on Targeted Security (ICTS), une firme à capital israélien présidée par Menahem Atzmon, un des trésoriers du Likoud. Une enquête approfondie permettrait certainement de remonter à d’autres complicités. Elle devrait par exemple s’intéresser à Zim Israel Navigational, un géant du transport maritime détenu à 48 % par l’État hébreu (connu pour servir occasionnellement de couverture aux services secrets israéliens), dont l’antenne états-unienne quitta ses bureaux du WTC avec ses 200 employés le 4 septembre 2001, une semaine avant les attentats — « comme par un acte de Dieu [19] », commente le PDG Shaul Cohen-Mintz.

It’s the oil, stupid !

Tous ces faits donnent un sens nouveau aux propos du membre de la Commission sur le 11-Septembre Bob Graham, qui citait dans son interview à PBS en décembre 2002, « des preuves que des gouvernements étrangers ont contribué à faciliter les activités d’au moins certains des terroristes aux États-Unis [20]. » Graham, bien sûr, voulait parler de l’Arabie saoudite. Pourquoi la famille Saoud aurait-elle aidé Oussama Ben Laden, après l’avoir déchu de sa nationalité saoudienne et avoir mis sa tête à prix pour ses attentats sur leur sol ? La réponse de Graham, formulée en juillet 2011, est : « la menace de soulèvements sociaux contre la monarchie, conduits par Al-Qaïda [21]. » Les Saoud auraient aidé Ben Laden sous sa menace de fomenter une révolution. Cette théorie ridicule (que Graham, à court d’argument, développa dans un roman) [22] n’a qu’un seul but : détourner les soupçons loin du seul « gouvernement étranger » dont les liens avec les terroristes présumés sont démontrés, Israël, vers son ennemi l’Arabie Saoudite. On sourit pareillement en lisant, dans le résumé du livre La Guerre d’après (2003) de l’anti-saoudien Laurent Murawiec, que « Le pouvoir royal [saoudien] a réussi au fil des ans à infiltrer des agents d’influence au plus haut niveau de l’administration américaine et à organiser un efficace lobby intellectuel qui contrôle désormais plusieurs universités du pays parmi les plus prestigieuses [23]. »

En affirmant en outre que la piste saoudienne a été étouffée en raison de l’amitié entre les Bush et les Saoud, Graham et ses amis néconservateurs se servent de George W. Bush comme fusible ou paratonnerre. La stratégie paye, puisque le 9/11 Truth movement, dans son ensemble, s’acharne contre lui et renacle à prononcer le nom d’Israël. On reconnaît l’art de Machiavel : faire accomplir le sale boulot par un autre, puis diriger la vindicte populaire contre lui.

Comme je l’ai montré ailleurs, une dénomination plus appropriée pour les « néo-conservateurs » serait « machiavelo-sionistes ». Michael Ledeen en donne la preuve dans un article de la {Jewish World Review} du 7 juin 1999, où il défend la thèse que Machiavel était « secrètement juif » comme l’étaient à l’époque des milliers de familles nominalement converties au catholicisme sous menace d’expulsion (principalement les Marranes issus de la péninsule ibérique). « Écoutez sa philosophie politique et vous entendrez la musique juive » Par définition, le machiavélisme avance masqué par un discours vertueux (c.a.d. droit-de-l’hommiste), mais un nombre croissant de sionistes s’en réclament ouvertement : un autre exemple avec le livre d’Obadiah Shoher, « Samson Blinded : A Machiavellian Perspective on the Middle East Conflict ».

Le jour où, sous la pression de l’opinion publique, les grands médias seront forcés d’abandonner la thèse officielle, le mouvement constestataire aura déjà été soigneusement infiltré, et le slogan 9/11 is an inside job aura préparé les esprits à un déchaînement contre Bush, Cheney et quelques autres, tandis que les néonconservateurs resteront hors d’atteinte de toute Justice. Et si, par malheur, le jour du grand déballage, les médias sionisés ne parvenaient pas à maintenir Israël hors d’atteinte, l’État hébreu pourra toujours jouer la carte chomskienne : America made me do it. Noam Chomsky [24], qui campe à l’extrême gauche depuis que le trotskiste Irving Kristol virait à l’extrême droite pour former le mouvement néoconservateur, continue en effet d’asséner sans relâche la thèse éculée qu’Israël ne fait qu’exécuter la volonté des États-Unis, dont elle ne serait que le 51ème État et le gendarme au Proche-Orient.

Selon Chomsky et les figures médiatisées de la gauche radicale états-unienne comme Michael Moore, la déstabilisation du Proche-Orient serait la volonté de Washington avant d’être celle de Tel-Aviv. La guerre d’Irak ? Pour le pétrole évidemment : « Bien sûr que c’était les ressources énergétiques de l’Irak. La question ne se pose même pas [25]. » Signe des temps, voilà Chomsky rejoint dans ce refrain par Alan Greenspan, directeur de la Réserve Fédérale, qui dans son livre Le Temps des turbulences (2007) fait mine de concéder « ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région ».

« Je crois personnellement qu’il y a une relation profonde entre les événements du 11-Septembre et le pic pétrolier, mais ce n’est pas quelque-chose que je peux prouver, » énonce déjà Richard Heinberg, spécialiste de la déplétion énergétique, dans le documentaire {Oil, Smoke and Mirrors}{.} Autant dire que la thèse relève de la foi irrationnelle.

À cela il faut répondre, avec James Petras (Zionism, Militarism and the Decline of US Power), Stephen Sniegoski (The Transparent Cabal) ou Jonathan Cook (Israel and the Clash of Civilizations) : « Big Oil non seulement n’a pas encouragé l’invasion, mais n’a même pas réussi à contrôler un seul puits de pétrole, malgré la présence de 160 000 soldats états-uniens, 127 000 mercenaires payés par le Pentagone et le Département d’ État, et un gouvernement fantoche corrompu [26] ». Non, le pétrole n’explique pas la guerre en Irak, pas plus qu’il n’explique la guerre en Afghanistan, pas plus qu’il n’explique l’agression de la Syrie par mercenaires interposés, pas plus qu’il n’explique la guerre programmée contre l’Iran. Et ce n’est certainement pas le lobby du pétrole qui a le pouvoir d’imposer le « grand tabou » sur toute la sphère médiatique (de Marianne aux Échos, pour ce qui concerne la France).

La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière

Un petit rappel s’impose ici, pour mieux situer le 11-Septembre dans l’histoire. Les Etats-uniens ont une longue pratique dans la fabrication des faux prétextes de guerre. On pourrait remonter à 1845 avec la guerre expansionniste contre le Mexique, déclenchée par des provocations américaines sur la zone contestée de la frontière avec le Texas (la rivière Nueces selon le Mexique, le Rio Grande selon les Texans) jusqu’à ce que des affrontements donnent au président James Polk (un Texan) l’occasion de déclarer que les Mexicains « ont versé le sang américain sur le sol américain. » Après la guerre, un député du nom d’Abraham Lincoln fit reconnaître par le Congrès le caractère mensonger de ce casus belli. Par la suite, toutes les guerres entreprises par les États-Unis l’ont été sous de faux prétextes : l’explosion du USS Maine pour la guerre contre l’Espagne à Cuba, le torpillage du Lusitania pour l’entrée dans la Première Guerre mondiale, Pearl Harbor pour la seconde, et le Golfe du Tonkin pour l’embrasement du Nord-Vietnam. Cependant, seule l’explosion du USS Maine, qui fit peu de morts, relève à proprement parler du stratagème de fausse bannière  ; encore n’est-ce pas certain.

Le paquebot transatlantique {RMS Lusitania} fut torpillé le 7 mai 1915 par les Allemands, alors qu’il naviguait dans une zone de guerre. C’est par le slogan {Remember the Lusitania} que le président Woodrow Wilson mobilisa ensuite l’opinion US en faveur de l’entrée en guerre. Le fait qu’une seule torpille ait suffi à couler le navire en quinze minutes suscite des questions. Dans son journal, le colonel Mendel Edward House, conseiller de Wilson, rapporte une conversation qu’il eut peu avant avec le ministre des Affaires étrangères britannique Edward Grey (qui deviendra en 1919 ambassadeur aux États-Unis). « Que feraient les Américains si les Allemands coulait un transatlantique avec des passagers américains à bord ? » demanda Grey. House lui répondit : « Je pense qu’un feu d’indignation balaierait les États-Unis et que cela suffirait à nous entraîner dans la guerre »

En revanche, c’est un fait qu’Israël a un passé chargé et une grande expertise des attaques et attentats sous faux drapeaux. Une histoire mondiale de ce stratagème devrait sans doute consacrer la moitié de ses pages à Israël, pourtant la plus jeune des nations modernes. Le pli a été pris avant même la création d’Israël, avec l’attentat du King David Hotel, quartier-général des autorités britanniques à Jérusalem. Le 22 juillet 1946 au matin, six terroristes de l’Irgun (la milice terroriste commandée par Menahem Begin, futur premier ministre) habillés en Arabes pénètrent dans le bâtiment et déposent autour du pillier central du bâtiment 225 kg d’explosif TNT cachés dans des bidons de lait, tandis que d’autres miliciens de l’Irgun répandent des explosifs le long des routes d’accès à l’hôtel pour empêcher l’arrivée des secours. Quand un officier britannique se montre suspicieux, une fusillade éclate dans l’hôtel et les membres du commando s’enfuient en allumant les explosifs. L’explosion tua 91 personnes, majoritairement des Britanniques, mais aussi 15 juifs.

Le stratagème fut répété en Égypte durant l’été 1954, avec l’Opération Susannah, dont le but était de compromettre le retrait des Britanniques du Canal de Suez exigé par le colonel Abdul Gamal Nasser avec le soutien du président Eisenhower. Cette opération fut également éventée et reste connu comme « l’Affaire Lavon », du nom du ministre israélien qui fut porté responsable. La plus célèbre et la plus calamiteuse des attaques israéliennes sous fausse bannière est celle du navire américain de la NSA USS Liberty, le 8 juin 1967 au large de l’Égypte, deux jours avant la fin de guerre des Six Jours ; on y voit déjà à l’œuvre une collaboration profonde entre Israël et les USA, l’administration Johnson ayant couvert et peut-être même incité ce crime contre ses propres ingénieurs et soldats. J’ai évoqué ces deux affaires dans un précédent article et n’y reviens pas [27].

En 1986, le Mossad a tenté de faire croire qu’une série d’ordres terroristes était transmise depuis la Libye à diverses ambassades libyennes dans le monde. Selon l’ancien agent Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad utilisa un système spécial de communication nommé « Cheval de Troie » implanté par des commandos à l’intérieur du territoire ennemi. Le système agit comme station relais pour de fausses transmissions émises depuis un navire israélien et réémises instantanément sur une fréquence utilisée par l’État libyen. Ainsi que le Mossad l’avait espéré, la NSA capta et déchiffra les transmissions, qui furent interprétées comme une preuve que les Libyens soutenaient le terrorisme, ce que des rapports du Mossad venaient opportunément confirmer. Israël comptait sur la promesse de Reagan de représailles contre tout pays surpris en flagrant délit de soutien au terrorisme. Les États-uniens tombèrent dans le piège et entraînèrent avec eux les Britanniques et les Allemands : le 14 avril 1986, cent soixante avions US lâchèrent plus de soixante tonnes de bombes sur la Libye, ciblant principalement les aéroports et les bases militaires. Parmi les victimes civiles du coté libyen se trouvait la fille adoptive de Kadhafi, âgée de quatre ans. La frappe fit capoter un accord pour la libération des otages états-uniens détenus au Liban, ce qui permettait de conserver le Hezbollah comme ennemi numéro un aux yeux de l’Occident.

Isser Harel, fondateur des services secrets israéliens, aurait prédit au chrétien sioniste Michael Evans en 1980 que le terrorisme islamique finirait par frapper les USA. « Dans la théologie islamique, le symbole phallique est très important. Votre plus gros symbole phallique est New York City et le plus haut bâtiment sera le symbole phallique qu’ils frapperont » En rapportant cet entretien dans une interview en 2004, Evans, auteur de « The American Prophecies, Terrorism and Mid-East Conflict Reveal a Nation’s Destiny », espère faire passer Harel pour un prophète. Les esprits rationnels y verront plutôt l’indice que le 11-Septembre mûrissait depuis 30 ans au sein de l’État profond israélien.

La capacité de manipulation du Mossad à cette époque peut encore être illustrée par deux histoires analysées par Thomas Gordon. Le 17 avril 1986, une jeune irlandaise du nom d’Ann-Marie Murphy embarque, à son insue, 1,5 kilos de Semtex dans un vol Londres-Tel-Aviv. Son fiancé, un Pakistanais du nom de Nezar Hindaoui, est arrêté alors qu’il tente de se réfugier à l’ambassade de Syrie. Tous deux ont en fait été manipulés par le Mossad, qui obtient ainsi le résultat souhaité : le gouvernement Thatcher rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie. Mais la manipulation est éventée en haut lieu (comme Jacques Chirac le confiera au Washington Times) [28].

En janvier 1987, le Palestinien Ismaïl Sowan, une taupe du Mossad ayant infiltré l’OLP à Londres, se voit confier, par un inconnu soit-disant envoyé par son chef à l’OLP, deux valises bourrées d’armes et d’explosifs. Ismaïl en fait part à ses contacts au Mossad, qui lui font faire un aller-retour à Tel-Aviv, puis le dénonce à Scotland Yard comme suspect dans un projet d’attentat islamiste à Londres. Ismaïl est cueilli à son retour à l’aéroport d’Heathrow et inculpé sur la base des armes trouvées chez lui. Résultat : le Mossad rentre dans les faveurs du gouvernement Thatcher [29]. Après l’attentat du 26 février 1993 contre le WTC, le FBI arrêta le Palestinien Ahmed Ajaj et l’identifia comme un terroriste lié au Hamas, mais le journal israélien Kol Ha’ir démontra qu’Ajaj n’avait jamais été mêlé au Hamas ou à l’OLP. Selon le journaliste Robert Friedman, auteur d’un article dans The Village Voice le 3 août 1993, Ajaj n’était en réalité qu’un petit escroc arrêté en 1988 pour fabrication de faux dollars, condamné à deux ans et demi de prison et libéré au bout d’un an après un marché avec le Mossad, pour le compte duquel il devait infiltrer les groupes palestiniens. À sa libération, Ajaj subit un sheep-dipping classique en étant à nouveau brièvement emprisonné, cette fois pour avoir tenté de passer des armes en Cisjordanie pour le Fatah. On a donc, avec l’attentat de 1993 contre le WTC, un précédent et prototype du 11-Septembre, dans lequel sont démontrées la responsabilité d’Israël dans le terrorisme et sa volonté de faire accuser les Palestiniens.

L’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992, qui fit 29 morts et 242 blessés, fut instantanément mis sur le compte de kamikazes du Hezbollah ayant utilisé un camion piégé. Mais le juge chargé de l’instruction révéla des pressions exercées par des délégués états-uniens et israéliens, ainsi que des manipulations de preuves et un faux témoignage destinés à orienter l’enquête vers l’hypothèse d’un camion piégé, alors que les faits indiquaient que l’explosion provenait de l’intérieur du bâtiment. Lorsque la Cour Suprême argentine confirma cette thèse, le porte-parole de l’ambassade d’Israël accusa les juges d’antisémitisme.

Il est intéressant de rappeler ce qu’écrivit Philip Zelikow avec John Deutch en décembre 1998 dans un article de Foreign Affairs intitulé « Catastrophic Terrorism », imaginant à propos de cet attentat de 1993 que la bombe fût nucléaire, et évoquant déjà un nouveau Pearl Harbor : « Un tel acte de ‘terrorisme catastrophique’ qui tuerait des milliers ou des dizaines de milliers et affecteraient les nécessités vitales de centaines de milliers, peut-être de millions, serait un point de non-retour dans l’histoire des États-Unis. Il pourrait provoquer des pertes humaines et matérielles sans précédent en temps de paix et réduirait à néant le sentiment de sécurité de l’Amérique à l’intérieur de ses frontières, d’une manière similaire au test atomique des Soviétique en 1949, ou peut-être pire. […]. Comme Pearl Harbor, cet événement diviserait notre histoire entre un avant et un après. Les États-Unis pourraient répondre par des mesures draconniennes, en réduisant les libertés individuelles, en autorisant une surveillance plus étroite des citoyens, l’arrestation des suspects et l’emploi de la force létale [30]. »

Le 12 janvier 2000, selon l’hebdomadaire indien The Week, des officiers des Renseignements indiens ont arrêté à l’aéroport de Calcutta onze prêcheurs islamistes qui s’apprêtaient à embarquer sur un vol à destination du Bengladesh. Ils étaient soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda et de vouloir détourner l’avion. Ils se présentèrent comme des Afghans ayant séjourné en Iran avant de passer deux mois en Inde pour prêcher l’islam. Mais on découvrit qu’ils possédaient tous des passeports israéliens. L’officier des services de Renseignement indien déclara à The Week que Tel Aviv « exerted considerable pressure » sur New Delhi pour les faire libérer.

Le 12 octobre 2000, dans les dernières semaines du mandat de Clinton, le destroyer USS Cole, en route vers le Golfe persique, reçoit l’ordre depuis son port d’attache de Norfolk de faire le plein dans le port d’Aden au Yémen, une procédure inhabituelle puisque ces destroyers sont généralement approvisionnés en mer par un pétrolier de la Navy. Le commandant du navire exprima sa surprise et son inquiétude : le USS Cole avait fait récemment le plein à l’entrée du Canal de Suez, et le Yémen est une zone hostile. Le USS Cole était en manœuvre d’amarrage lorsqu’il fut abordé par un dinghy destiné apparemment à l’évacuation des poubelles, qui explosa contre sa coque, tuant 17 marins et en blessant 50. Les deux « kamikazes » pilotant l’embarcation périrent aussi dans cet « attentat-suicide ». L’attaque fut aussitôt attribuée à Al-Qaïda, bien que Ben Laden ne l’ait pas revendiquée et que les Talibans nièrent que leur « hôte » ait pu être impliqué. L’accusation donna aux États-Unis un prétexte pour forcer le président yéménite Ali Abdullah Saleh à coopérer à la lutte contre l’islamisme anti-impérialiste, en fermant pour commencer treize camps paramilitaires sur son territoire. En plus de cela, quelques semaines avant les élections, l’attentat fut l’October Surprise qui porta Bush au pouvoir.

John O’Neill fut chargé de l’enquête. Au FBI depuis vingt ans, spécialiste expérimenté du contre-terrorisme, il avait déjà enquêté en 1993 sur l’attentat à la bombe au WTC. Son équipe en vint à soupçonner Israël d’avoir tiré un missile depuis un sous-marin : le trou était en effet indicatif d’une charge perforante et inexplicable par la seule explosion du dinghy. Les soupçons étaient partagés par le président Saleh, qui évoqua dans une interview à Newsweek la possibilité que l’attaque soit due à Israël, « essayant de nuire aux relations USA-Yémen [31]. » O’Neill et son équipe subirent l’hostilité de l’ambassadrice US, Barbara Bodine. Ils se virent interdire de plonger pour inspecter les dégâts. Finalement, profitant de leur retour à New York pour Thanksgiving, Bodine leur refusa l’entrée au Yémen. Les membres de l’équipage du Cole se virent ordonner de ne parler de l’attentat qu’au Naval Criminal Investigative Service (NCIS). En juillet 2001, O’Neill démissionna du FBI. Il se vit peu après offrir un poste de responsable de la sécurité au WTC, qu’il devait assurer à partir du 11 septembre 2001. Son corps fut retrouvé dans les décombres du WTC, après qu’il ait disparu depuis deux jours. Quant à Barbara Bodine, elle intégrera en 2003 l’équipe corrompue de la Coalition Provisional Authority (CPA) de Baghdad.

Où s’arrête la liste du faux terrorisme islamique de conception sioniste ? Le « New York Times » et d’autres journaux rapportèrent que le 19 septembre 2005, deux agents des forces spéciales britanniques (SAS) furent arrêtés après avoir forcé un barrage à bord d’une voiture remplie d’armes, munitions, explosifs et détonateurs, qu’ils conduisaient déguisés en Arabes. On soupçonne qu’ils planifiaient de commettre des attentats meurtriers dans le centre de Bassora durant un événement religieux, pour attiser les conflits entre shiites et sunnites. Le soir même, une unité du SAS libéra les deux agents en détruisant la prison à l’aide d’une dizaine de tanks assistés par des hélicoptères. Le capitaine Masters, chargé de l’enquête sur cette affaire embarrassante, mourut à Bassora le 15 octobre.

[1] Article original en italien : « Demystifying 9/11 : Israel and the Tactics of Mistake »,

[2] “Wildcard. Ruthless and cunning. Has capability to target U.S. forces and make it look like a Palestinian/Arab act” (Rowan Scarborough, « U.S. troops would enforce peace Under Army study », The Washington Times, 10 septembre 2001, ).

[3] Outre le livre de Hicham Hamza et celui de Christopher Bollyn, on consultera sur ce dossier : Justin Raimondo, The Terror Enigma : 9/11 and the Israeli Connection, iUniversal, 2003 ainsi qu’à un article de Christopher Ketcham, « What Did Israel Know in Advance of the 9/11 Attacks ? » CounterPunch, 2007, vol. 14, p. 1-10, ).

[4] « Vehicle possibly related to New York terrorist attack. White, 2000 Chevrolet van with New Jersey registration with ’Urban Moving Systems’ sign on back seen at Liberty State Park, Jersey City, NJ, at the time of first impact of jetliner into World Trade Center. Three individuals with van were seen celebrating after initial impact and subsequent explosion » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[5] « We are Israelis. We are not your problem. Your problems are our problems. The Palestinians are your problem » (Hicham Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[6] « There are maps of the city in the car with certain places highlighted. It looked like they’re hooked in with this. It looked like they knew what was going to happen when they were at Liberty State Park » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[7] « I was in tears. These guys were joking and that bothered me » (Raimondo, The Terror Enigma, p. 19 ). Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2.

[8] « They smiled, they hugged each other and they appeared to ‘high five’ one another » ; « the United States will take steps to stop terrorism in the world » ; « Give us twenty years and we’ll take over your media and destroy your country » ; « an individual in South America with authentic ties to Islamic militants in the middle east » ; « The vehicule was also searched by a trained bomb-sniffing dog which yielded a positive result for the presence of explosive traces » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[9] « that the FBI no longer has any investigative interests in the detainees and they should proceed with the appropriate immigration proceedings » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[10] “Our purpose was to document the event” (voir sur Youtube, « Dancing Israelis Our purpose was to document the event »).

[11] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[12] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[13] In the past six weeks, employees in federal office buildings located throughout the United States have reported suspicious activities connected with individuals representing themselves as foreign students selling or delivering artwork.” “these individuals have also gone to the private residences of senior federal officials under the guise of selling art.” Le rapport comlet de la DEA est sur

[14] “The nature of the individuals’ conducts […] leads us to believe the incidents may well be an organized intelligence gathering activity” (Raimondo, The Terror Enigma, p. x).

[15] “acknowledged he could blow up buildings, bridges, cars, and anything else that he needed to” (Bollyn, Solving 9/11, p. 159).

[16] The Hollywood, Florida, area seems to be a central point for these individuals” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 3).

[17] David Ray Griffin, 9/11 Contradictions, Arris Books, 2008, p. 142-156, citant le Daily Mail, le Boston Herald, le San Francisco Chronicle et le Wall Street Journal.

[18] « The aircraft cut a gash that was over half the width of the building and extended from the 93rd floor to the 99th floor. All but the lowest of these floors were occupied by Marsh & McLennan, a worldwide insurance company, which also occupied the 100th floor » (p. 20). Ces éléments ont été analysés par Lalo Vespera dans La Parenthèse enchantée, chapitre 10.

[19] « Like an act of God, we moved » (USA Today, 17 septembre 2001).

[20] “evidence that there were foreign governments involved in facilitating the activities of at least some of the terrorists in the United States” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 64).

[21] « the threat of civil unrest against the monarchy, led by al Qaeda » » (« Saudi Arabia : Friend or Foe ? », The Daily Beast, 11 juillet 2011).

[22] The Keys to the Kingdom, Vanguard Press, 2011.

[23] Résumé d’Amazon.ca

[24] « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien » et « Contrairement aux théories de Chomsky, les États-Unis n’ont aucun intérêt à soutenir Israël », par Jeffrey Blankfort, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 30 juillet et 21 août 2006,

[25] “Of course it was Iraq’s energy resources. It’s not even a question” (cité dans Stephen Sniegoski, The Transparent Cabal : The Neoconservative Agenda, War in the Middle East, and the National Interest of Israel, Enigma Edition, 2008, p. 333).

[26] « ‘Big Oil’ not only did not promote the invasion, but has failed to secure a single oil field, despite the presence of 160,000 US troops, 127,000 Pentagon/State Department paid mercenaries and a corrupt puppet régime » (James Petras, Zionism, Militarism and the Decline of US Power, Clarity Press, 2008, p. 18).

[27] http://www.voltairenet.org/article1…

[28] Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad : de 1951 à nos jours, Nouveau Monde éditions, 2006, p. 384-5.

[29] Thomas, Histoire secrète du Mossad, p. 410-41.

[30] “An act of catastrophic terrorism that killed thousands or tens of thousands of people and/or disrupted the necessities of life for hundreds of thousands, or even millions, would be a watershed event in America’s history. It could involve loss of life and property unprecedented for peacetime and undermine Americans’ fundamental sense of security within their own borders in a manner akin to the 1949 Soviet atomic bomb test, or perhaps even worse. […] Like Pearl Harbor, the event would divide our past and future into a before and after. The United States might respond with draconian measures scaling back civil liberties, allowing wider surveillance of citizens, detention of suspects and use of deadly force” (Griffin, 9/11 Contradictions, p. 295-6).

[31] trying to spoil the U.S.-Yemeni Relationship

21 juillet 2016

Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme».

Première observation : on peut regretter que le ministre de l’Intérieur ne se soit pas abstenu d’user du terme «complotisme» sans préciser la différence de nature qu’il peut y avoir entre un journal comme Libération et les médias authentiquement complotistes qui prolifèrent sur la Toile. Surtout dans un moment où la prévention «des risques d’emprise complotiste» est constitutive des actions que le Gouvernement cherche à mettre en oeuvre pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Remarquons cependant que Bernard Cazeneuve n’accuse pas la rédaction de Libération d’être complotiste, comme le suggère le titre de l’édito de Johan Hufnagel. Dans un contexte où Libération lui reproche rien moins que d’avoir diffusé «un mensonge», de surcroît en une de son édition, le locataire de la place Beauvau a cru devoir dénoncer des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme», ce qui n’est pas exactement la même chose que de mettre sur le même plan Libération et, mettons, Egalité & Réconciliation.

Le ministre a également laissé entendre que Libération était partie prenante «de campagnes politiques ou de presse qui visent à [l’] atteindre […] dans sa réputation». Etait-il vraiment nécessaire que Libération en tire prétexte pour accuser à son tour Bernard Cazeneuve de céder aux sirènes du complotisme ? Ne peut-on pas, là aussi, regretter l’usage d’un tel terme dirigé contre un ministre de la République qui ne saurait être confondu avec le premier théoricien du complot venu ? Ne peut-on, dans le même temps, trouver malvenue sa dénonciation de «campagnes de presse» là où, de toute évidence, Libération se contente d’assumer le rôle que lui assigne son statut d’acteur du quatrième pouvoir ?

Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme.

Attentat de Nice : le retour des théories du complot

Metronews
16-07-2016 20:40

Attentat de Nice: L’Apocalypse, c’est maintenant ! (From 9/11 to Nice: Slouching towards the Apocalypse, one massacre at a time)

21 juillet, 2016
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.
L’anarchie se déchaîne sur le monde
Comme une mer noircie de sang : partout
On noie les saints élans de l’innocence …
Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt …
Yeats (1919)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
For many Israelis, the horrifying images of a truck plowing through crowds for more than a mile in the French resort town of Nice struck a macabrely familiar chord. (…)  Nice was an even more direct, if far deadlier, echo of a 2011 rampage in which an Arab-Israeli man’s truck barreled down a Tel Aviv street for a mile, killing one and wounding 17. These followed a spate of attacks with heavy construction vehicles and cars as weapons in 2008. And since October, according to Shin Bet, Israel’s domestic security agency, at least 32 Palestinians have rammed vehicles into people at bus stops, intersections and military checkpoints. The French prime minister said after the Nice attack, the nation’s third mass killing in 18 months, that France “must live with terrorism.” That is what Israelis have been doing for decades, through the plane hijackings of the 1970s; the suicide bombers of the second intifada, or Palestinian uprising, which began in 2000; and the lone-wolf stabbings and shootings of the past 10 months. In Israel, ordinary citizens, security officials and experts feel they have seen it all and say they have adapted to a perennial, if ever-changing, threat. They speak of constantly staying alert, exercising caution and growing accustomed to what some may find to be intrusive levels of security, but essentially carrying on.  (…) That routine includes opening bags for a check and passing through metal detectors at train or bus stations, shopping malls and movie complexes. At the height of the suicide bombings, customers paid a small surcharge at cafes and restaurants to subsidize the cost of a guard at the door. Hundreds of armed civilian guards have been deployed to protect public transportation in Jerusalem in recent months amid the wave of attacks, which have been glorified by some Palestinians on social media. The guards stand at bus and light-rail stops, and hop on and off buses along main routes, with the same powers to search and arrest as the police. Israel has also invested hugely in intelligence, its tactics evolving as its enemies change theirs. Several psychological studies in Israel have found that people habituate quickly to threats, making adjustments to daily life — keeping children at home, for example, rather than sending them to summer camp — and adopting dark humor about the randomness of the threat. (…) Some Israeli politicians have been disparaging about what they view as European negligence in security matters. After the attacks in March in Brussels, for example, a senior minister, Israel Katz, said Belgium would not be able to fight Islamist terrorism “if Belgians continue eating chocolate and enjoying life and looking like great democrats and liberals.” In a radio interview on Sunday, Yaakov Perry, a former Shin Bet chief now in Parliament, recommended deeper intelligence supervision of neighborhoods “where Muslims, refugees, Daesh supporters of various sorts live,” using an Arabic acronym to refer to the Islamic State. He also suggested that the French police were complacent, referring to news reports that the driver in Nice had told officers he was delivering ice cream. “If the driver says he has ice cream, open the truck and check if he has ice cream,” Mr. Perry said. That the attack occurred at a mass gathering for Bastille Day, France’s national holiday, had Israelis shaking their heads. Micky Rosenfeld, an Israeli police spokesman, said that to secure a major event like Independence Day celebrations, when tens of thousands of people gather along the Tel Aviv seafront to watch an air and naval display, officers gather intelligence for weeks beforehand, and erect a 360-degree enclosure of the area, with layers of security around the perimeter. Main roads are typically blocked off with rows of buses, and smaller side streets with patrol cars. In addition to a large uniformed and undercover police presence, counterterrorism teams are strategically placed to provide a rapid response if needed. For intelligence gathering, Shin Bet has used a “basic coverage” method, which involves homing in on a particular neighborhood or population sector that is considered a potential security risk. The agency then builds an intimate system of surveillance and a network of local informers who can point to any sign of suspicious or unusual activity.(…) But several security experts acknowledged that with citizens in a democracy, including Israel’s large Arab minority, these methods of intelligence gathering — “neighbors informing on neighbors,” as one put it — can be difficult to balance with civil liberties. These measures are also less effective, they say, in trying to prevent individual attacks that are not affiliated with any organization and that at times appear to have erupted spontaneously. The NYT
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. Paul Berman
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays,des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
(Le 11 septembre,) je le vois comme un événement déterminant, et c’est très grave de le minimiser aujourd’hui. Le désir habituel d’être optimiste, de ne pas voir l’unicité de notre temps du point de vue de la violence, correspond à un désir futile et désespéré de penser notre temps comme la simple continuation de la violence du XXe siècle. Je pense, personnellement, que nous avons affaire à une nouvelle dimension qui est mondiale. Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…) Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. (…) Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner.(…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. (…) Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ».
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent.
(la Guerre Froide est) complètement dépassée. (…) Et la rapidité avec laquelle elle a été dépassée est incroyable. L’Union Soviétique a montré qu’elle devenait plus humaine lorsqu’elle n’a pas tenté de forcer le blocus de Kennedy, et à partir de cet instant, elle n’a plus fait peur. Après Khrouchtchev on a eu rapidement besoin de Gorbatchev. Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, les oppositions ne se trouvaient plus à l’intérieur de l’humanisme. (…) Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. Cela veut donc dire que la violence apocalyptique vient de Dieu. Aux États-Unis, les fondamentalistes disent cela, mais les grandes églises ne le disent pas. Néanmoins, ils ne poussent pas suffisamment leur pensée pour dire que si la violence ne vient pas de Dieu, elle vient de l’homme, et que nous en sommes responsables. Nous acceptons de vivre sous la protection d’armes nucléaires. Cela a probablement été la plus grande erreur de l’Occident. Imaginez-vous les implications. (…) Nous croyons que la violence est garante de la paix. Mais cette hypothèse ne me paraît pas valable. Nous ne voulons pas aujourd’hui réfléchir à ce que signifie cette confiance dans la violence. (Avec un autre événement tel que le 11 Septembre) Je pense que les gens deviendraient plus conscients. Mais cela serait probablement comme la première attaque. Il y aurait une période de grande tension spirituelle et intellectuelle, suivie d’un lent relâchement. Quand les gens ne veulent pas voir, ils y arrivent. Je pense qu’il y aura des révolutions spirituelles et intellectuelles dans un avenir proche. Ce que je dis aujourd’hui semble complètement invraisemblable, et pourtant je pense que le 11 Septembre va devenir de plus en plus significatif. René Girard
Deux romans français prestigieux, dissemblables dans le temps et le ton, décrivent deux visions influentes de la France dans l’avenir. Non seulement intéressants à lire (et toutes deux traduits en anglais), ils stimulent ensemble la réflexion sur les crises de l’immigration et du changement culturel dans le pays. Jean Raspail (1925-) imagine une invasion raciale venant de la mer par canots et bateaux depuis le sous-continent indien et se dirigeant lentement, inexorablement vers le Sud de la France (…) dans le « Camp des Saints », publié en1973   (…) Michel Houellebecq (1956-) raconte l’histoire non pas d’un pays (la France) mais d’un individu (François) dans « Soumission » (2015). (…) Si le roman de 1973 ne mentionne jamais les mots islam ou musulman, sa contrepartie de 2013 insiste sur les deux – à commencer par le titre : Islam signifie en Arabe soumission. A l’inverse, le premier livre est centré sur la race alors que le second la note à peine (la prostituée favorite de François est Nord-Africaine). Un récit s’achève diaboliquement, l’autre agréablement. Le premier livre est un traité politique apocalyptique déguisé en amusement, le second livre une vue littéraire et sardonique de la perte de volonté de l’Europe sans exprimer d’hostilité envers l’islam ou les Musulmans. Le premier documente une agression, l’autre une consolation. Les romans décrivent deux courants croisés majeurs presque contradictoires d’après-guerre. L’attrait d’une Europe libre et riche pour des peuples lointains et pauvres, en particulier des Musulmans. ; et l’attrait d’un islam vigoureux pour une Europe affaiblie, postchrétienne. Dans les deux cas, l’Europe – représentant seulement 7 % des terres émergées du monde mais la région dominante pendant cinq siècles, de 1450 à 1950 – s’apprête à perdre ses coutumes, sa culture et ses mœurs, en devenant une simple extension, voire une dépendance de l’Afrique du Nord. Les romans impliquent que le souci alarmant exprimé depuis des décennies (des masses de peuples sombres, violents, en colère) est devenu familier et même bénin (les universités du Moyen Orient offrent de meilleurs salaires). Ils suggèrent que le temps de la panique est passé, remplacé par le temps d’une capitulation progressive. « Camp » a éclaboussé la Droite quand il a paru mais les deux livres traitent de préoccupations plus largement partagées aujourd’hui : la réimpression de « Camp » en 2011 a atteint le sommet de la liste des meilleures ventes en France et « Soumission » est devenu simultanément la meilleure vente quatre ans plus tard en France, en Italie et en Allemagne. Quarante-deux ans séparent ces deux livres ; en sautant 42 ans de plus dans le futur, quelle histoire un roman futuriste publié en 2057 pourrait-il raconter ? Des penseurs comme Oriana Fallaci, Bat Ye’or et Mark Steyn s’attendent à un compte-rendu présumant la victoire de l’islam et raconte la chasse des quelques croyants Chrétiens restant. Mais je prédis le contraire pour bientôt : un rapport qui présume le grand remplacement de Camus a échoué et imagine une violente répression des Musulmans (selon les mots de Claire Berlinski) « titubant hors des brumes de l’histoire européenne » accompagnée d’une réaffirmation nativiste. Dqniel Pipes

L’Apocalypse, c’est maintenant !

Et si au lendemain de Nice

Sur fond d’israelisation de plus en plus avancee du reste du ronde …

Derriere cette guerre vraiment mondiale revée par le communisme …

Et cette tentative de  refondation qu’on trouvait autrefois dans le marxisme …

Loin des slogans creux de nos Obama et de nos Hollande …

Comme des Grands soirs ou lendemains qui chantent de nos communistes …

Ou meme le grand feu d’artifice final de nos fondamentalistes …

Ce n’etait pas ca comme le suggerait Rene Girard …

La révélation (premier sens du mot apocalypse) qui arrivait …

Ou plutot qui rampait comme l’avait vu Yeats …

Massacre apres massacre …

Ou alors comme Houellebecq …

Soumission apres soumission ?

Qui écrira l’avenir de la France?
Daniel Pipes
Washington Times
7 juin 2016

Version originale anglaise: Who Will Write France’s Future?
Adaptation française: Sentinelle 5776

Deux romans français prestigieux, dissemblables dans le temps et le ton, décrivent deux visions influentes de la France dans l’avenir. Non seulement intéressants à lire (et toutes deux traduits en anglais), ils stimulent ensemble la réflexion sur les crises de l’immigration et du changement culturel dans le pays.

Jean Raspail (1925-) imagine une invasion raciale venant de la mer par canots et bateaux depuis le sous-continent indien et se dirigeant lentement, inexorablement vers le Sud de la France. Dans le « Camp des Saints », publié en1973, il documente d’abord la réaction française impuissante, paniquée face à la horde (mot utilisé 34 fois) « continuant de venir rejoindre les foules gonflées ».

Dans une puissante fantaisie dystopique sur la race blanche et la vie européenne correspondant aux peurs décrites par Charles de Gaulle, le politicien dominant de la France d’après-guerre, qui faisait bon accueil à des citoyens français non blancs « à la condition qu’ils demeurent une petite minorité. Faute de quoi, la France ne serait plus la France. Nous sommes après tout, d’abord un peuple européen de race blanche ».

« Camp » anticipe aussi la notion du « Grand Remplacement », conceptualisé par l’intellectuel français Renaud Camus, qui prédit le remplacement rapide « du peuple historique de notre pays par des peuples d’origine immigrée et non Européens dans leur immense majorité ». Globalement la même peur – des immigrants repoussant le peuple français indigène pour s’emparer du pays – inspire le Front National atteignant désormais près de 30 % des suffrages et il poursuit sa croissance.

Michel Houellebecq (1956-) raconte l’histoire non pas d’un pays (la France) mais d’un individu (François) dans « Soumission » (2015). François est un professeur blasé, quelque peu décadent, du mouvement décadent de la littérature française. Il n’a pas de famille, d’amis, ni d’ambition ; bien qu’arrivé seulement à la mi-quarantaine, sa volonté de vivre s’est érodée dans l’ennui d’une nourriture à emporter et d’une procession de partenaires sexuelles interchangeables.

Quand un politicien musulman ostensiblement modéré devient de façon inattendue président de la France en 2022, beaucoup de changements radicaux s’ensuivent rapidement dans la vie française. Dans un mouvement surpris, ce qui commence de façon menaçante (un cadavre dans une station d’essence) se transforme assez vite de façon inoffensive (délicieuse nourriture du Moyen Orient). Attiré par un job satisfaisant et bien payé avec l’avantage d’un accès à de nombreuses étudiantes jolies et couvertes, François abandonne facilement sa vie d’avant pour se convertir à l’islam, qui lui offre les récompenses du luxe, de l’exotisme et du patriarcat.

Si le roman de 1973 ne mentionne jamais les mots islam ou musulman, sa contrepartie de 2013 insiste sur les deux – à commencer par le titre : Islam signifie en Arabe soumission. A l’inverse, le premier livre est centré sur la race alors que le second la note à peine (la prostituée favorite de François est Nord-Africaine). Un récit s’achève diaboliquement, l’autre agréablement. Le premier livre est un traité politique apocalyptique déguisé en amusement, le second livre une vue littéraire et sardonique de la perte de volonté de l’Europe sans exprimer d’hostilité envers l’islam ou les Musulmans. Le premier documente une agression, l’autre une consolation.

Les romans décrivent deux courants croisés majeurs presque contradictoires d’après-guerre. L’attrait d’une Europe libre et riche pour des peuples lointains et pauvres, en particulier des Musulmans. ; et l’attrait d’un islam vigoureux pour une Europe affaiblie, postchrétienne. Dans les deux cas, l’Europe – représentant seulement 7 % des terres émergées du monde mais la région dominante pendant cinq siècles, de 1450 à 1950 – s’apprête à perdre ses coutumes, sa culture et ses mœurs, en devenant une simple extension, voire une dépendance de l’Afrique du Nord.

Les romans impliquent que le souci alarmant exprimé depuis des décennies (des masses de peuples sombres, violents, en colère) est devenu familier et même bénin (les universités du Moyen Orient offrent de meilleurs salaires). Ils suggèrent que le temps de la panique est passé, remplacé par le temps d’une capitulation progressive.

« Camp » a éclaboussé la Droite quand il a paru mais les deux livres traitent de préoccupations plus largement partagées aujourd’hui : la réimpression de « Camp » en 2011 a atteint le sommet de la liste des meilleures ventes en France et « Soumission » est devenu simultanément la meilleure vente quatre ans plus tard en France, en Italie et en Allemagne.

Quarante-deux ans séparent ces deux livres ; en sautant 42 ans de plus dans le futur, quelle histoire un roman futuriste publié en 2057 pourrait-il raconter ? Des penseurs comme Oriana Fallaci, Bat Ye’or et Mark Steyn s’attendent à un compte-rendu présumant la victoire de l’islam et raconte la chasse des quelques croyants Chrétiens restant. Mais je prédis le contraire pour bientôt : un rapport qui présume le grand remplacement de Camus a échoué et imagine une violente répression des Musulmans (selon les mots de Claire Berlinski) « titubant hors des brumes de l’histoire européenne » accompagnée d’une réaffirmation nativiste

Voir aussi

To France From Israel: Lessons on Living With Terror

JERUSALEM — For many Israelis, the horrifying images of a truck plowing through crowds for more than a mile in the French resort town of Nice struck a macabrely familiar chord.

“We had tractors!” said Ami Zini, 49, who runs a boutique on the shopping street of the leafy German Colony neighborhood of Jerusalem. “One of them flipped over a bus with its bucket.”

He was referring to a 2014 attack, by a Palestinian resident of the city, that killed an Israeli pedestrian. Nice was an even more direct, if far deadlier, echo of a 2011 rampage in which an Arab-Israeli man’s truck barreled down a Tel Aviv street for a mile, killing one and wounding 17.

These followed a spate of attacks with heavy construction vehicles and cars as weapons in 2008. And since October, according to Shin Bet, Israel’s domestic security agency, at least 32 Palestinians have rammed vehicles into people at bus stops, intersections and military checkpoints.

The French prime minister said after the Nice attack, the nation’s third mass killing in 18 months, that France “must live with terrorism.” That is what Israelis have been doing for decades, through the plane hijackings of the 1970s; the suicide bombers of the second intifada, or Palestinian uprising, which began in 2000; and the lone-wolf stabbings and shootings of the past 10 months.

“There were times when we were afraid to stop our cars at a red light next to a bus,” Mr. Zini, whose clothing store is named Rendezvous, to lend an air of French chic, recalled of the years in which buses were a frequent bombing target. “We live with terrorism. But we are not fearful. It is part of our daily routine.”

That routine includes opening bags for a check and passing through metal detectors at train or bus stations, shopping malls and movie complexes. At the height of the suicide bombings, customers paid a small surcharge at cafes and restaurants to subsidize the cost of a guard at the door.

Hundreds of armed civilian guards have been deployed to protect public transportation in Jerusalem in recent months amid the wave of attacks, which have been glorified by some Palestinians on social media. The guards stand at bus and light-rail stops, and hop on and off buses along main routes, with the same powers to search and arrest as the police.

Israel has also invested hugely in intelligence, its tactics evolving as its enemies change theirs.

Several psychological studies in Israel have found that people habituate quickly to threats, making adjustments to daily life — keeping children at home, for example, rather than sending them to summer camp — and adopting dark humor about the randomness of the threat.

“If I don’t get blown up, I will meet you at Dizengoff Center in about 45 minutes,” a Tel Aviv bus rider told a friend over a cellphone, in a conversation overheard by Israeli psychologists researching the aftermath of the second intifada.

The survey of 458 people, led by Yechiel Klar of Tel Aviv University, found that 55 percent had changed their behavior — spending less time outside the house, for instance, or making fewer long trips by public transportation. The other 45 percent said they had made no changes.

A separate study, done in 2003-4 at Ben Gurion University, found that residents close to attack sites — in this case, those living in Israeli settlements then in the Gaza Strip — reported a lower sense of personal threat and stress than those in two other communities, one in a Tel Aviv suburb and one in a larger settlement near the occupied West Bank city of Hebron. The research suggested that the religious fervor of the Gaza residents might have been a key factor.

In a radio interview on Sunday, Yaakov Perry, a former Shin Bet chief now in Parliament, recommended deeper intelligence supervision of neighborhoods “where Muslims, refugees, Daesh supporters of various sorts live,” using an Arabic acronym to refer to the Islamic State. He also suggested that the French police were complacent, referring to news reports that the driver in Nice had told officers he was delivering ice cream. “If the driver says he has ice cream, open the truck and check if he has ice cream,” Mr. Perry said.

That the attack occurred at a mass gathering for Bastille Day, France’s national holiday, had Israelis shaking their heads. Micky Rosenfeld, an Israeli police spokesman, said that to secure a major event like Independence Day celebrations, when tens of thousands of people gather along the Tel Aviv seafront to watch an air and naval display, officers gather intelligence for weeks beforehand, and erect a 360-degree enclosure of the area, with layers of security around the perimeter.

Main roads are typically blocked off with rows of buses, and smaller side streets with patrol cars. In addition to a large uniformed and undercover police presence, counterterrorism teams are strategically placed to provide a rapid response if needed.

For intelligence gathering, Shin Bet has used a “basic coverage” method, which involves homing in on a particular neighborhood or population sector that is considered a potential security risk. The agency then builds an intimate system of surveillance and a network of local informers who can point to any sign of suspicious or unusual activity.

Lior Akerman, a former Shin Bet division head, said that while an attack like the one in Nice could certainly happen in Israel, “it should be emphasized that the French, like the rest of the European countries, do not conduct themselves intelligence-wise in this way at all.”

But several security experts acknowledged that with citizens in a democracy, including Israel’s large Arab minority, these methods of intelligence gathering — “neighbors informing on neighbors,” as one put it — can be difficult to balance with civil liberties. These measures are also less effective, they say, in trying to prevent individual attacks that are not affiliated with any organization and that at times appear to have erupted spontaneously.

“The bad news is that even Israel doesn’t have good experience in preventing lone-wolf attacks,” said Boaz Ganor, who heads the International Institute for Counterterrorism at the Interdisciplinary Center in Herzliya, Israel, “or local network attacks, because traditional intelligence is almost nonrelevant in those cases.”

Many here said that even if Israel’s security apparatus could not have prevented an attack like the one in Nice, they imagine it would have been ended far sooner — with many fewer casualties.

“It would be impossible here because there is good security,” said Muhammad Anati, 18, a Palestinian resident of the Shuafat refugee camp in East Jerusalem.

Inbal Berner, 37, an Israeli school librarian who was sipping an iced coffee at a nearby bus stop, gave voice to the new normal the French may now face.

“I look around; I don’t go to crowded places if I don’t have to,” she said. It has been that way “forever,” Ms. Berner added, or at least since the bus bombings of more than a decade ago. Because while people do get used to terrorism to some extent, she said, “something always remains.”


Attentat de Nice: C’est du théâtre, imbécile ! (It’s theater, stupid !)

17 juillet, 2016
RammingPostertruck
Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes. Il a usé de la violence et l’a prêchéeMohammed Bouyeri (assassin de Theo Van Gogh, 2 février 2006)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Lorsque Boris Savinkov, chef du parti socialiste révolutionnaire russe avant la Première Guerre mondiale, a publié son autobiographie, il n’a pas hésité à l’intituler Souvenirs d’un terroriste. Aujourd’hui, cela serait impensable – le terroriste moderne veut qu’on l’appelle partisan, guérillero, militant, insurgé, rebelle, révolutionnaire, tout sauf terroriste, tueur d’enfants innocents. William Laqueur
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI, 2015)
Ce n’est pas la bataille d’Israël, c’est la bataille de la France, car s’ils réussissent ici et que nous ne sommes pas solidaires, et bien cette peste du terrorisme viendra chez vous. C’est une question de temps mais elle viendra en France. Et c’est déjà le cas. Benjamin Netanyahou (2014)
Lorsqu’on entend les réactions musulmanes actuelles selon lesquelles ce ne sont pas des vrais musulmans qui ont commis ces actes ou que ce n’est pas l’islam, cela reviendrait à dire que ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont mené la Guerre au Vietnam parce que ce n’est pas cela les vrais Américains, ou encore que le Congo n’a pas été colonisé par les Belges parce que ce n’est pas cela la vraie belgitude, etc. Il faut cesser de dire l’Etat islamique (Daesh), ce n’est pas l’islam. Il suffit d’écouter les discours et les prêches d’Abou Bakr al-Baghdadi ou d’autres responsables de cette organisation pour comprendre qu’ils ont une bonne connaissance des sources coraniques. L’Etat islamique publie sur internet une revue en anglais, Dabiq, et même en français, Dar al-Islam, dans laquelle l’ensemble des articles sont truffés de références au Coran, à des Hadith, et à un nombre considérable de penseurs particulièrement conservateurs comme Ibn Taymiyya ou Mohammed Ben Abdelwahhab, le fondateur du wahhabisme. Ces textes sont cités avec les références de la même manière qu’un article pour une revue scientifique occidentale. Xavier Luffin
A un certain moment, le seuil de résilience sera atteint. Après un ou plusieurs autres attentats massifs commis par la mouvance islamiste, une réaction violente se produira. Je ne crois pas que la population d’un pays puisse indéfiniment digérer des attaques massives et les exorciser par des commémorations. Je le crois d’autant moins que le schéma d’une confrontation violente à caractère ethnique existe de longue date à l’extrême droite. (…) Ce schéma était en quelque sorte le match retour de la guerre d’Algérie. (…) J’ajoute que cette confrontation est voulue par les deux parties. Car pour les islamistes radicaux, elle est aussi un moyen de souder autour d’une identité commune des gens dont les rapports à l’islam sont parfois différents. Des gens qu’il s’agit de convaincre que, vivant une répression commune, ils ont aussi une destinée commune dans le jihad. (…) Dans cette famille, les mots ont toujours été plus forts que le risque terroriste. Pour l’instant, tous les actes terroristes venant de l’ultradroite étaient extrêmement «artisanaux», de basse intensité, à l’image de la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par Maxime Brunerie ou des actes antimusulmans, malheureusement de plus en plus nombreux. Pour l’instant, on n’a pas dépassé le stade du cocktail Molotov ou du tir de carabine, à chaque fois par des individus isolés. Et, à mon avis, aucun groupe constitué et publiquement visible ne représente, à l’heure actuelle, un danger terroriste. (…)  Depuis les années 80, existe aux Etats-Unis la théorie de la «résistance sans chef», qui a notamment inspiré les auteurs de l’attentat d’Oklahoma City en 1995. Dans ce schéma, les terroristes agissent individuellement ou par petites cellules décentralisées, ce qui rend très difficile leur détection. Autre risque : l’ancien militaire politisé, qui a le savoir-faire technique et veut continuer ici un conflit auquel il a participé ailleurs. Jean-Yves Camus
We still don’t have many details about last night’s attacker. But we know that the man driving the truck was called Mohammed. Of course that doesn’t mean there is any connection to Mohammed Atta, Mohammed Merah, Mohammed Bouyeri, Mohammed Sadiq Khan, Mohammed Abrini or the most famous Mohammed of all – Mohammed. On the contrary, the striking prevalence of people called Mohammed going nuts and slaughtering everyone is just an unhappy coincidence. It could just have easily been people called Gary or Nigel … Douglas Murray
Israël est confronté depuis des décennies à une menace multiforme et diffuse. Le pays a connu une série d’attaques terroristes, dont le mode opératoire n’a cessé d’évoluer. L’antiterrorisme israélien a dû s’adapter en permanence en adoptant une approche fondée sur l’anticipation et la rapidité d’intervention. Le bilan est contrasté mais l’expérience accumulée est observée à la loupe par les pays confrontés à un risque terroriste élevé. L’antiterrorisme israélien est fondé sur des modes d’action défensifs (« barrière de sécurité », barrages militaires filtrants…) et offensifs (infiltrations, arrestations préventives, assassinats ciblés…). Cette double approche couplée à la coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne a permis à l’Etat hébreu de faire baisser de manière substantielle le nombre d’attentats de grande ampleur, même si les attaques palestiniennes de basse intensité menées à l’aide de moyens rudimentaires ont pris le relais ces derniers mois. David Khalfa
« La sensibilisation et la résilience du grand public constituent un atout maître », souligne Boaz Ganor, le directeur exécutif de l’Institut international du contre-terrorisme (ICT) du Centre interdisciplinaire d’Herzliya. Tout comme les mesures préventives mises en place par les pouvoirs publics.(…) Ponctué par plus de 140 attaques palestiniennes à l’arme blanche, à l’arme à feu ou à la voiture-bélier, ce cycle de violences initié en majorité par de jeunes Palestiniens, considérés comme des « loups solitaires », n’a certes pas eu le même impact psychologique que la vague d’attentats suicide de la seconde Intifada. « Nous avons connu pire mais l’Intifada des couteaux est venue briser six années de calme sécuritaire relatif », observe Ely Karmon, directeur de recherches au sein de l’ICT. De fait, les forces de l’ordre israéliennes se sont retrouvées démunies face à des assaillants palestiniens âgés de treize à vingt ans, agissant le plus souvent seuls, et sur lesquels les services de renseignement ne disposent pas d’informations. Mais là encore, l’ajustement opérationnel a été rapide. Pour parer les attaques à la voiture-bélier contre les piétons exposés aux stations de bus, des blocs de ciment ou des piliers en métal ont été posés pour protéger les usagers. Et la population a été sensibilisée à ce risque. Autre axe défensif en pleine mutation : la veille sur les réseaux sociaux. « Israël a beaucoup investi dans ce domaine », relève encore David Khalfa, « notamment depuis que l’influence de l’Etat islamique se fait ressentir auprès de certains jeunes Palestiniens autoradicalisés, dont le combat s’inscrit davantage dans une logique djihadiste, comme on a pu l’observer récemment lors de l’attaque perpétuée à Tel-Aviv dans le marché de Sarona ». Les Echos
Aucun dispositif physique ne permet d’éviter ces attaques, même si on peut « compliquer la vie » des terroristes. C’est en amont qu’il faut agir, en amplifiant le renseignement, la difficulté étant que les individus isolés passent facilement sous le radar des services. En sus d’une politique claire et ample de répression des djihadistes, sur notre territoire ou en Syrie et Irak, il faut aussi, mais cela prendra des années, s’engager dans un effort de contre-propagande. Un effort inexistant actuellement, car vous pensez bien que la diffusion de messages de type « stop djihadisme » sous l’adresse « gouv.fr » fait bien ricaner les recrues potentielles. C’est un effort qui nécessiterait de véritables « brigades » de guerre psychologique, agissant sous couverture sur les réseaux sociaux pour démotiver et décrédibiliser le djihad, contrer les prêcheurs de haine. Différents projets sont en discussion mais rien d’opérationnel pour l’instant. (…) Cela représente plusieurs dizaines de milliers de cibles potentielles. En outre, si ces cibles sont protégées cela ne fera que déplacer le problème, les djihadistes viseront alors des marchés, des trains, métros, des plages, des stades de foot. Plus vous durcissez, plus la menace se redéploie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas sécuriser des évènements importants, comme l’a été l’Euro 2016, mais c’est illusoire de croire qu’on peut protéger les dizaines de milliers d’endroits où, chaque jour, des foules se concentrent. (…) Le terme de guerre mondiale est une expression, mais pas une réalité, Daech et consorts n’ont pas la capacité d’action d’un grand pays, seulement d’inspirer directement ou indirectement des attentats dans de nombreux pays, France hier, Etats-Unis il y a peu, avec Orlando, Bangladesh, Irak, etc. C’est une menace multinationale, oui, où la France est, avec le Royaume Uni , la Russie et les Etats-Unis, en première ligne pour des raisons spécifiques liées à sa position sur la laïcité, à son soutien à l’Algérie contre le GIA dans les années 90, à son implication en Afghanistan, au Sahel, aujourd’hui en Irak et Syrie. Le Royaume Uni est plus difficile à frapper, disposant d’une partie de diaspora complaisante moins nombreuse et d’un faible nombre de points d’entrée sur son territoire, guère plus d’une dizaine. Il ne faut évidemment pas croire que nous serions préservés si nous nous abstenions de toute implication au Proche Orient. L’essor de Daech constitue en soi une menace terrible en raison de son pouvoir de mobilisation et d’attraction. Face à cela, nos gouvernements semblent avoir une guerre de retard sur l’Etat islamique, en nous attachant notamment à essayer de rétablir des Etats irakien et syrien qui n’existent de facto plus et n’existeront certainement plus jamais dans la forme sous laquelle nous les avons connus jusqu’en 2014. Claude Moniquet
Comme l’a de nouveau montré l’attaque de Nice, il n’est plus forcément question pour les terroristes de mener des opérations avec de grands moyens, du type 11-Septembre. « On est dans un mode opératoire qui a évolué vers de plus en plus de simplicité dans l’action » : « Si vous préparez un attentat avec des armes, il faut les acheter, il faut aller les chercher ; avec des explosifs, ça ne marche pas toujours, comme on l’a vu au Stade de France ». Là, on n’a même plus un couteau, on a un camion, un véhicule utilitaire, qui est simplement lancé sur la foule, ce qui provoque « un effet d’horreur et un état de sidération qui est incommensurable avec la médiocrité des moyens utilisés ». Dans la « continuité » des tueries précédentes, « c’est la signature de l’Etat islamique et de ce djihadisme de troisième génération », ou de « proximité », porté par des individus qui suivent « la même feuille de route » mais à qui on laisse « une assez grande latitude d’action ». Contrairement, là encore, au 11-Septembre qu’Oussama Ben Laden avait entièrement planifié. Le problème, c’est que « le logiciel de ce terrorisme-là n’a toujours pas été compris par le pouvoir politique, quel qu’il soit (…) On est dans une autre dimension, il ne s’agit pas de dire qu’on va faire appel à la réserve, tout le monde sait que les forces de l’armée et de la police sont épuisées. Et c’est du reste l’objectif des textes mis en ligne depuis 2005 par ce djihadisme de troisième génération : il faut épuiser les forces de l’ordre et il faut faire en sorte que la société, qui est totalement déboussolée, se prépare à une logique de guerre civile entre enclaves de confessions différentes » La solution, « c’est la mobilisation de la société. Ce n’est pas seulement l’Etat français qui est attaqué, c’est la société française dans son essence et la pluralité de ses composantes ». Gilles Kepel
Un terroriste ne raisonne pas comme un général d’armée, mais comme un metteur en scène de théâtre (…)  Le terrorisme, c’est du théâtre, nous le comprenons intuitivement – et c’est pourquoi nous le jugeons à l’aune de son impact émotionnel plus que matériel. (…) À l’instar des terroristes,eux qui les combattent devraient aussi penser en metteurs en scène plutôt qu’en généraux. Pour commencer, si l’on veut combattre le terrorisme efficacement, il faut prendre conscience que rien de ce que les terroristes font ne peut vraiment nous détruire. C’est nous seuls qui nous détruisons nous-mêmes, si nous surréagissons et donnons les mauvaises réponses à leurs provocations. Les terroristes s’engagent dans une mission impossible, quand ils veulent changer l’équilibre des pouvoirs politiques par la violence, alors qu’ils n’ont presque aucune capacité militaire. Pour atteindre leur but, ils lancent à nos États un défi tout aussi impossible : prouver qu’ils peuvent protéger tous leurs citoyens de la violence politique, partout et à tout moment. Ce qu’ils espèrent, c’est que, en s’échinant à cette tâche impossible, ils vont rebattre les cartes politiques, et leur distribuer un as au passage. Certes, quand l’État relève le défi, il parvient en général à écraser les terroristes. En quelques dizaines d’années, des centaines d’organisations terroristes ont été vaincues par différents États. En 2002-2004, Israël a prouvé qu’on peut venir à bout, par la force brute, des plus féroces campagnes de terreur. Les terroristes savent parfaitement bien que, dans une telle confrontation, ils ont peu de chance de l’emporter. Mais, comme ils sont très faibles et qu’ils n’ont pas d’autre solution militaire, ils n’ont rien à perdre et beaucoup à gagner. Il arrive parfois que la tempête politique déclenchée par les campagnes de contre-terrorisme joue en faveur des terroristes: c’est pour cette raison que cela vaut le coup de jouer. Un terroriste, c’est un joueur qui, ayant pioché au départ une main particulièrement mauvaise, essaye de convaincre ses rivaux de rebattre les cartes. Il n’a rien à perdre, tout à gagner. (…) Au cours de l’époque moderne, les États centralisés ont peu à peu réduit le niveau de violence politique sur leur territoire, et depuis quelques dizaines d’années les pays occidentaux l’ont pratiquement abaissé à zéro. En Belgique, en France ou aux États-Unis, les citoyens peuvent se battre pour le contrôle des villes, des entreprises et autres organisations, et même du gouvernement lui-même sans recourir à la force brute. Le commandement de centaines de milliards d’euros, de centaines de milliers de soldats, de centaines de navires, d’avions et de missiles nucléaires passe ainsi d’un groupe d’hommes politiques à un autre sans que l’on ait à tirer un seul coup de feu. Les gens se sont vite habitués à cette façon de faire, qu’ils considèrent désormais comme leur droit le plus naturel. Par conséquent, des actes, même sporadiques, de violence politique, qui tuent quelques dizaines de personnes, sont vus comme une atteinte fatale à la légitimité et même à la survie de l’État. Une petite pièce, si on la lance dans une jarre vide, suffit à faire grand bruit. C’est ce qui explique le succès des mises en scène terroristes. L’État a créé un immense espace vide de violence politique – un espace qui agit comme une caisse de résonance, amplifiant l’impact de la moindre attaque armée, si petite soit-elle. Moins il y a de violence politique dans un État, plus sa population sera choquée face à un acte terroriste. Tuer trente personnes en Belgique attire bien plus d’attention que tuer des centaines de personnes au Nigeria ou en Iraq. Paradoxalement, donc, c’est parce qu’ils ont réussi à contenir la violence politique que les États modernes sont particulièrement vulnérables face au terrorisme. Un acte de terreur qui serait passé inaperçu dans un royaume médiéval affectera bien davantage les États modernes, touchés au cœur. L’État a tant martelé qu’il ne tolérerait pas de violence politique à l’intérieur de ses frontières qu’il est maintenant contraint de considérer tout acte de terrorisme comme intolérable. Les citoyens, pour leur part, se sont habitués à une absence totale de violence politique, de sorte que le théâtre de la terreur fait naître en eux une peur viscérale de l’anarchie, comme si l’ordre social était sur le point de s’effondrer. Après des siècles de batailles sanglantes, nous nous sommes extraits du trou noir de la violence, mais ce trou noir, nous le sentons, est toujours là, attendant patiemment le moment de nous avaler à nouveau. Quelques atrocités, quelques horreurs – et nous voilà, en imagination, en train de retomber dedans. Afin de soulager ces peurs, l’État est amené à répondre au théâtre de la terreur par un théâtre de la sécurité. La réponse la plus efficace au terrorisme repose sans doute sur de bons services secrets et sur une action discrète contre les réseaux financiers qui alimentent le terrorisme. Mais ça, les gens ne peuvent pas le voir à la télévision. Or ils ont vu le drame terroriste de l’effondrement des tours du World Trade Center. L’État se sent donc obligé de mettre en scène un contre-drame aussi spectaculaire, avec plus de feu et de fumée encore. Alors au lieu d’agir calmement et efficacement, il déclenche une énorme tempête qui, bien souvent, comble les rêves les plus chers des terrorists. Comment l’État devrait-il faire face au terrorisme ? Pour réussir, la lutte devrait être menée sur trois fronts. Les gouvernements, d’abord, devraient se concentrer sur une action discrète contre les réseaux terroristes. Les médias, ensuite, devraient relativiser les événements et éviter de basculer dans l’hystérie. Le théâtre de la terreur ne peut fonctionner sans publicité. Or malheureusement, les médias ne font souvent que fournir cette publicité gratuitement: ils ne parlent que des attaques terroristes, de façon obsessionnelle, et exagèrent largement le danger, parce que de tels articles sensationnels font vendre les journaux, bien mieux que les papiers sur le réchauffement climatique. Le troisième front, enfin, est celui de notre imagination à tous. Les terroristes tiennent notre imagination captive, et l’utilisent contre nous. Sans cesse, nous rejouons les attaques terroristes dans notre petit théâtre mental, nous repassant en boucle les attaques du 11 Septembre ou les attentats de Bruxelles. Pour cent personnes tuées, cent millions s’imaginent désormais qu’il y a un terroriste tapi derrière chaque arbre. Il en va de la responsabilité de chaque citoyen et de chaque citoyenne de libérer son imagination, et de se rappeler quelles sont les vraies dimensions de la menace. C’est notre propre terreur intérieure qui incite les médias à traiter obsessionnellement du terrorisme et le gouvernement à réagir de façon démesurée. Yuval Harari

Alors qu’avec leur nouvelle attaque au camion bélier de Nice …

Et qu’après les mois de nouvelle intifada des couteaux et des voitures bélier en Israel …

Pendant qu’en Turquie, ils descendent dans la rue pour « défendre la démocratie » …

Les islamistes se tuent littéralement à nous démontrer qu’ils peuvent désormais confier leurs basses oeuvres au premier venu …

 Et que l’israélisation du monde est désormais complète …

Comment expliquer l’aveuglement persistant de nos gouvernants et de nos médias …

Multipliant les débats oiseux sur les prétendues raisons métaphysiques ou états d’ame de gens dont le seul but est de maximiser les victimes  avec le minimum de préparation ?
Et comment ne pas voir avec le lumineux texte de Yuval Harari …
Qu’étant pour l’essentiel du théâtre le terrorisme ne tient sa force que de notre propre faiblesse
D’ou la nécessité de s’inspirer de l’exemple des pays qui comme Israel ont réussi à le contenir …
A savoir avec un mélange de discrétion de la part des autorités et des medias
Comme d’une vigilance et d’une mobilisation de tous les instants de la part de la population ?
Il fait relativement peu de victimes, n’endommage pas les infrastructures de l’ennemi. Et pourtant, ça marche. Par Yuval Noah Harari, auteur de “Sapiens”.
Yuval Harari

Le théâtre de la terreur

Un terroriste, c’est comme une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. Petite, faible, la mouche est bien incapable de déplacer ne serait-ce qu’une tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique. C’est ainsi, par exemple, que la mouche Al-Qaeda a amené l’éléphant américain à détruire le magasin de porcelaine du Moyen-Orient.

Comme son nom l’indique, la terreur est une stratégie militaire qui vise à modifier la situation politique en répandant la peur plutôt qu’en provoquant des dommages matériels. Ceux qui l’adoptent sont presque toujours des groupes faibles, qui n’ont pas, de toute façon, la capacité d’infliger d’importants dommages matériels à leurs ennemis. Certes, n’importe quelle action militaire engendre de la peur. Mais dans la guerre conventionnelle, la peur n’est qu’un sous-produit des pertes matérielles, et elle est généralement proportionnelle à la force de frappe de l’adversaire. Dans le cas du terrorisme, la peur est au cœur de l’affaire, avec une disproportion effarante entre la force effective des terroristes et la peur qu’ils parviennent à inspirer.

Modifier une situation politique en recourant à la violence n’est pas chose aisée. Le premier jour de la bataille de la Somme, le 1er juillet 1916, l’armée britannique a déploré 19.000 morts et 40.000 blessés. À la fin de la bataille, en novembre, les deux camps réunis comptaient au total plus d’un million de victimes, dont 300.000 morts. Pourtant, ce carnage inimaginable ne changea quasiment pas l’équilibre des pouvoirs en Europe. Il fallut encore deux ans et des millions de victimes supplémentaires pour que la situation bascule.

En comparaison, le terrorisme est un petit joueur. Les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016 ont fait trente et un morts. En 2002, en plein cœur de la campagne de terreur palestinienne contre Israël, alors que des bus et des restaurants étaient frappés tous les deux ou trois jours, le bilan annuel a été de 451 morts dans le camp israélien. La même année, 542 Israéliens ont été tués dans des accidents de voiture. Certaines attaques terroristes, comme l’attentat du vol Pan Am 103 de 1988, qui a explosé au-dessus du village de Lockerbie, en Écosse, font parfois quelques centaines de victimes. Les 3.000 morts des attentats du 11 Septembre constituent un record à cet égard. Mais cela reste dérisoire en comparaison du prix de la guerre conventionnelle.

Faites le compte de toutes les victimes (tuées ou blessées) d’attaques terroristes en Europe depuis 1945 (qu’elles aient été perpétrées par des groupes nationalistes, religieux, de gauche ou de droite…), vous resterez toujours très en-deçà du nombre de victimes de n’importe quelle obscure bataille de l’une ou l’autre guerre mondiale, comme la 3e bataille de l’Aisne (250.000 victimes) ou la 10e bataille de l’Isonzo (225.000 victimes). Aujourd’hui, pour chaque Européen tué dans une attaque terroriste, au moins un millier de personnes meurent d’obésité ou des maladies qui lui sont associées. Pour l’Européen moyen, McDonalds est un danger bien plus sérieux que l’État islamique.

Comment alors les terroristes peuvent-ils espérer arriver à leurs fins ? À l’issue d’un acte de terrorisme, l’ennemi a toujours le même nombre de soldats, de tanks et de navires qu’avant. Ses voies de communication, routes et voies ferrées, sont largement intactes. Ses usines, ses ports et ses bases militaires sont à peine touchées. Ce qu’espèrent pourtant les terroristes, quand bien même ils n’ébranlent qu’à peine la puissance matérielle de l’ennemi, c’est que, sous le coup de la peur et de la confusion, ce dernier réagira de façon disproportionnée et fera un mauvais usage de sa force préservée.

Leur calcul est le suivant: en tournant contre eux son pouvoir massif, l’ennemi, fou de rage, déclenchera une tempête militaire et politique bien plus violente que celle qu’eux-mêmes auraient jamais pu soulever. Et au cours de ces tempêtes, ce qui n’était jamais arrivé arrive: des erreurs sont faites, des atrocités sont commises, l’opinion publique se divise, les neutres prennent position, et les équilibres politiques sont bouleversés. Les terroristes ne peuvent pas prévoir exactement ce qui sortira de leur action de déstabilisation, mais ce qui est sûr, c’est que la pêche a plus de chance d’être bonne dans ces eaux troubles que dans une mer politique calme.

Voilà pourquoi un terroriste ressemble à une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. Petite, faible, la mouche est incapable de déplacer ne serait-ce qu’une simple tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique. C’est ce qui est arrivé au Moyen-Orient ces dix dernières années. Les fondamentalistes islamiques n’auraient jamais pu renverser eux-mêmes Saddam Hussein. Alors ils s’en sont pris aux États-Unis, et les États-Unis, furieux après les attaques du 11 Septembre, ont fait le boulot pour eux: détruire le magasin de porcelaine du Moyen-Orient. Depuis, ces décombres leur sont un terreau fertile.

Rebattre les cartes

Le terrorisme est une stratégie militaire peu séduisante, parce qu’elle laisse toutes les décisions importantes à l’ennemi. Comme les terroristes ne peuvent pas infliger de dommages matériels sérieux, toutes les options que l’ennemi avait avant une attaque terroriste sont encore à sa disposition après, et il est complètement libre de choisir entre elles. Les armées régulières cherchent normalement à éviter une telle situation à tout prix. Quand elles attaquent, leur but n’est pas d’orchestrer un spectacle terrifiant qui attise la colère de l’ennemi et l’amène à répliquer.

Au contraire, elles essaient d’infliger à leur ennemi des dommages matériels sérieux afin de réduire sa capacité à répliquer. Elles cherchent notamment à le priver de ses armes et de ses solutions tactiques les plus dangereuses. C’est, par exemple, ce qu’a fait le Japon en décembre 1941, avec l’attaque surprise qui a coulé la flotte américaine à Pearl Harbor. Ce n’était pas un acte terroriste; c’était un acte de guerre. Les Japonais ne pouvaient prévoir avec certitude quelle seraient les représailles, à part sur un point : quel que soit ce qu’ils décideraient de faire, il ne leur serait plus possible d’envoyer une flotte dans le Sud-Est asiatique en 1942.

Provoquer l’ennemi sans le priver d’aucune de ses armes ou de ses possibilités de répliquer est un acte de désespoir, un dernier recours. Quand on a la capacité d’infliger de gros dommages matériels à l’ennemi, on n’abandonne pas cette stratégie pour du simple terrorisme. Imaginez que, en décembre 1941, les Japonais aient, pour provoquer les États-Unis, torpillé un navire civil sans toucher à la flotte du Pacifique à Pearl Harbor: ç’aurait été de la folie !

Mais les terroristes n’ont pas trop le choix. Ils sont si faibles qu’ils n’ont pas les moyens de couler une flotte ou de détruire une armée. Ils ne peuvent pas mener de guerre régulière. Alors, ils choisissent de faire dans le spectaculaire pour, espèrent-ils, provoquer l’ennemi, et le faire réagir de façon disproportionnée. Un terroriste ne raisonne pas comme un général d’armée, mais comme un metteur en scène de théâtre: c’est là un constat intuitif, qu’illustre bien, par exemple, ce que la mémoire collective a conservé des attentats du 11 Septembre. Si vous demandez aux gens ce qu’il s’est passé le 11 Septembre, ils répondront probablement que les tours jumelles du World Trade Center sont tombées sous le coup d’une attaque terroriste d’Al-Qaeda. Pourtant, en plus des attentats contre les tours, il y a eu ce jour-là deux autres attaques, notamment une attaque réussie contre le Pentagone. Comment se fait-il qu’aussi peu de gens s’en souviennent?

Si l’opération du 11-Septembre avait relevé d’une campagne militaire conventionnelle, l’attaque du Pentagone aurait retenu la plus grande attention. Car elle a permis à Al-Qaeda de détruire une partie du QG ennemi, tuant et blessant au passage des dirigeants et des experts de haut rang. Comment se fait-il que la mémoire collective accorde bien plus d’importance à la destruction de deux bâtiments civils et à la disparition de courtiers, de comptables et d’employés de bureaux?

C’est que le Pentagone est un bâtiment relativement plat et arrogant, tandis que le World Trade Center était un grand totem phallique dont l’effondrement a produit un énorme effet audiovisuel. Qui a vu les images de cet effondrement ne pourra jamais les oublier. Le terrorisme, c’est du théâtre, nous le comprenons intuitivement – et c’est pourquoi nous le jugeons à l’aune de son impact émotionnel plus que matériel. Rétrospectivement, Oussama ben Laden aurait peut-être préféré trouver à l’avion qui a frappé le Pentagone une cible plus pittoresque, comme la statue de la Liberté. Il y aurait certes eu peu de morts, et aucun atout militaire de l’ennemi n’aurait été détruit, mais quel puissant geste théâtral !

À l’instar des terroristes, ceux qui les combattent devraient aussi penser en metteurs en scène plutôt qu’en généraux. Pour commencer, si l’on veut combattre le terrorisme efficacement, il faut prendre conscience que rien de ce que les terroristes font ne peut vraiment nous détruire. C’est nous seuls qui nous détruisons nous-mêmes, si nous surréagissons et donnons les mauvaises réponses à leurs provocations.

Les terroristes s’engagent dans une mission impossible, quand ils veulent changer l’équilibre des pouvoirs politiques par la violence, alors qu’ils n’ont presque aucune capacité militaire. Pour atteindre leur but, ils lancent à nos États un défi tout aussi impossible : prouver qu’ils peuvent protéger tous leurs citoyens de la violence politique, partout et à tout moment. Ce qu’ils espèrent, c’est que, en s’échinant à cette tâche impossible, ils vont rebattre les cartes politiques, et leur distribuer un as au passage.

Certes, quand l’État relève le défi, il parvient en général à écraser les terroristes. En quelques dizaines d’années, des centaines d’organisations terroristes ont été vaincues par différents États. En 2002-2004, Israël a prouvé qu’on peut venir à bout, par la force brute, des plus féroces campagnes de terreur. Les terroristes savent parfaitement bien que, dans une telle confrontation, ils ont peu de chance de l’emporter. Mais, comme ils sont très faibles et qu’ils n’ont pas d’autre solution militaire, ils n’ont rien à perdre et beaucoup à gagner. Il arrive parfois que la tempête politique déclenchée par les campagnes de contre-terrorisme joue en faveur des terroristes: c’est pour cette raison que cela vaut le coup de jouer. Un terroriste, c’est un joueur qui, ayant pioché au départ une main particulièrement mauvaise, essaye de convaincre ses rivaux de rebattre les cartes. Il n’a rien à perdre, tout à gagner.

Une petite pièce dans une jarre vide

Pourquoi l’État devrait-il accepter de rebattre les cartes ? Puisque les dommages matériels causés par le terrorisme sont négligeables, l’État pourrait théoriquement en faire peu de cas, ou bien prendre des mesures fermes mais discrètes loin des caméras et des micros. C’est d’ailleurs bien souvent ce qu’il fait. Mais d’autres fois, les États s’emportent, et réagissent bien trop vivement et trop publiquement, faisant ainsi le jeu des terroristes. Pourquoi les États sont-ils aussi sensibles aux provocations terrorists?

S’ils ont souvent du mal à supporter ces provocations, c’est parce que la légitimité de l’État moderne se fonde sur la promesse de protéger l’espace public de toute violence politique. Un régime peut survivre à de terribles catastrophes, voire s’en laver les mains, du moment que sa légitimité ne repose pas sur le fait de les éviter. Inversement, un problème mineur peut provoquer la chute d’un régime, s’il est perçu comme sapant sa légitimité. Au XIVe siècle, la peste noire a tué entre un quart et la moitié de la population européenne, mais nul roi n’a perdu son trône pour cela, nul non plus n’a fait beaucoup d’effort pour vaincre le fléau. Personne à l’époque ne considérait que contenir les épidémies faisait partie du boulot d’un roi. En revanche, les monarques qui laissaient une hérésie religieuse se diffuser sur leurs terres risquaient de perdre leur couronne, voire d’y laisser leur tête!

Aujourd’hui, un gouvernement peut tout à fait fermer les yeux sur la violence domestique ou sexuelle, même si elle atteint de hauts niveaux, parce que cela ne sape pas sa légitimité. En France, par exemple, plus de mille cas de viols sont signalés chaque année aux autorités, sans compter les milliers de cas qui ne font pas l’objet de plaintes. Les violeurs et les maris abusifs, au demeurant, ne sont pas perçus comme une menace existentielle pour l’État parce que historiquement ce dernier ne s’est pas construit sur la promesse d’éliminer la violence sexuelle. A contrario, les cas, bien plus rares, de terrorisme, sont perçus comme une menace fatale, parce que, au cours des siècles derniers, les États occidentaux modernes ont peu à peu construit leur légitimité sur la promesse explicite d’éradiquer la violence politique à l’intérieur de leurs frontières.

Au Moyen Âge, la violence politique était omniprésente dans l’espace public. La capacité à user de violence était de fait le ticket d’entrée dans le jeu politique; qui en était privé n’avait pas voix au chapitre. Non seulement de nombreuses familles nobles, mais aussi des villes, des guildes, des églises et des monastères avaient leurs propres forces armées. Quand la mort d’un abbé ouvrait une querelle de succession, il n’était pas rare que les factions rivales – moines, notables locaux, voisins inquiets – recourent aux armes pour résoudre le problème.

Le terrorisme n’avait aucune place dans un tel monde. Qui n’était pas assez fort pour causer des dommages matériels substantiels était insignifiant. Si, en 1150, quelques musulmans fanatiques avaient assassiné une poignée de civils à Jérusalem, en exigeant que les Croisés quittent la terre sainte, ils se seraient rendus ridicules plutôt que d’inspirer la terreur. Pour être pris au sérieux, il fallait commencer par s’emparer d’une ou deux places fortes. Nos ancêtres médiévaux se fichaient bien du terrorisme: ils avaient trop de problèmes bien plus importants à régler.

Au cours de l’époque moderne, les États centralisés ont peu à peu réduit le niveau de violence politique sur leur territoire, et depuis quelques dizaines d’années les pays occidentaux l’ont pratiquement abaissé à zéro. En Belgique, en France ou aux États-Unis, les citoyens peuvent se battre pour le contrôle des villes, des entreprises et autres organisations, et même du gouvernement lui-même sans recourir à la force brute. Le commandement de centaines de milliards d’euros, de centaines de milliers de soldats, de centaines de navires, d’avions et de missiles nucléaires passe ainsi d’un groupe d’hommes politiques à un autre sans que l’on ait à tirer un seul coup de feu. Les gens se sont vite habitués à cette façon de faire, qu’ils considèrent désormais comme leur droit le plus naturel. Par conséquent, des actes, même sporadiques, de violence politique, qui tuent quelques dizaines de personnes, sont vus comme une atteinte fatale à la légitimité et même à la survie de l’État. Une petite pièce, si on la lance dans une jarre vide, suffit à faire grand bruit.

C’est ce qui explique le succès des mises en scène terroristes. L’État a créé un immense espace vide de violence politique – un espace qui agit comme une caisse de résonance, amplifiant l’impact de la moindre attaque armée, si petite soit-elle. Moins il y a de violence politique dans un État, plus sa population sera choquée face à un acte terroriste. Tuer trente personnes en Belgique attire bien plus d’attention que tuer des centaines de personnes au Nigeria ou en Iraq. Paradoxalement, donc, c’est parce qu’ils ont réussi à contenir la violence politique que les États modernes sont particulièrement vulnérables face au terrorisme. Un acte de terreur qui serait passé inaperçu dans un royaume médiéval affectera bien davantage les États modernes, touchés au cœur.

L’État a tant martelé qu’il ne tolérerait pas de violence politique à l’intérieur de ses frontières qu’il est maintenant contraint de considérer tout acte de terrorisme comme intolérable. Les citoyens, pour leur part, se sont habitués à une absence totale de violence politique, de sorte que le théâtre de la terreur fait naître en eux une peur viscérale de l’anarchie, comme si l’ordre social était sur le point de s’effondrer. Après des siècles de batailles sanglantes, nous nous sommes extraits du trou noir de la violence, mais ce trou noir, nous le sentons, est toujours là, attendant patiemment le moment de nous avaler à nouveau. Quelques atrocités, quelques horreurs – et nous voilà, en imagination, en train de retomber dedans.

Désormais, nous serons gouvernés par la peur et les bons sentiments

Afin de soulager ces peurs, l’État est amené à répondre au théâtre de la terreur par un théâtre de la sécurité. La réponse la plus efficace au terrorisme repose sans doute sur de bons services secrets et sur une action discrète contre les réseaux financiers qui alimentent le terrorisme. Mais ça, les gens ne peuvent pas le voir à la télévision. Or ils ont vu le drame terroriste de l’effondrement des tours du World Trade Center. L’État se sent donc obligé de mettre en scène un contre-drame aussi spectaculaire, avec plus de feu et de fumée encore. Alors au lieu d’agir calmement et efficacement, il déclenche une énorme tempête qui, bien souvent, comble les rêves les plus chers des terroristes.

Comment l’État devrait-il faire face au terrorisme ? Pour réussir, la lutte devrait être menée sur trois fronts. Les gouvernements, d’abord, devraient se concentrer sur une action discrète contre les réseaux terroristes. Les médias, ensuite, devraient relativiser les événements et éviter de basculer dans l’hystérie. Le théâtre de la terreur ne peut fonctionner sans publicité. Or malheureusement, les médias ne font souvent que fournir cette publicité gratuitement: ils ne parlent que des attaques terroristes, de façon obsessionnelle, et exagèrent largement le danger, parce que de tels articles sensationnels font vendre les journaux, bien mieux que les papiers sur le réchauffement climatique.

Le troisième front, enfin, est celui de notre imagination à tous. Les terroristes tiennent notre imagination captive, et l’utilisent contre nous. Sans cesse, nous rejouons les attaques terroristes dans notre petit théâtre mental, nous repassant en boucle les attaques du 11 Septembre ou les attentats de Bruxelles. Pour cent personnes tuées, cent millions s’imaginent désormais qu’il y a un terroriste tapi derrière chaque arbre. Il en va de la responsabilité de chaque citoyen et de chaque citoyenne de libérer son imagination, et de se rappeler quelles sont les vraies dimensions de la menace. C’est notre propre terreur intérieure qui incite les médias à traiter obsessionnellement du terrorisme et le gouvernement à réagir de façon démesurée.

Que dire encore du terrorisme nucléaire ou bio-terrorisme? Que se passerait-il si ceux qui prédisent l’Apocalypse avaient raison? si les organisations terroristes venaient à acquérir des armes de destruction massive, susceptibles, comme dans la guerre conventionnelle, de causer d’immenses dommages matériels? Quand cela arrivera (si cela arrive), l’État tel que nous le connaissons sera dépassé. Et du même coup, le terrorisme tel que nous le connaissons cessera également d’exister, comme un parasite meurt avec son hôte.

Si de minuscules organisations représentant une poignée de fanatiques peuvent détruire des villes entières et tuer des millions de personnes, l’espace public ne sera plus vierge de violence politique. La vie politique et la société connaîtront des transformations radicales. Il est difficile de savoir quelle forme prendront les batailles politiques, mais elles seront certainement très différentes des campagnes de terreur et de contre-terreur du début du XXIe siècle. Si en 2050 le monde est plein de terroristes nucléaires et de bio-terroristes, leurs victimes songeront au monde occidental d’aujourd’hui avec une nostalgie teintée d’incrédulité: comment des gens qui jouissaient d’une telle sécurité ont-ils pu se sentir aussi menacés ?

Voir aussi

Etat islamique

Nicolas Zomersztajn
Regards n°829

Mardi 17 novembre 2015

Pour Xavier Luffin, professeur de littérature arabe à l’Université libre de Bruxelles (ULB), les musulmans doivent se demander pourquoi le texte coranique peut être si souvent utilisé pour revendiquer des actes meurtriers et cesser de s’enfermer dans des schémas victimaires qui sont encore repris suite aux tueries de Paris du 13 novembre 2015.

Quel regard portez-vous sur cette réaction musulmane selon laquelle la violence de l’Etat islamique n’a rien à voir avec l’islam ? Xavier Luffin : Cela nous renvoie à un problème récurrent dans le monde arabo-musulman : le refus d’assumer la part de responsabilité des maux qu’il connaît et une grande propension à souligner la responsabilité de l’autre, que ce soit l’Occident, Israël ou le monde chrétien. On voit bien qu’il existe une réelle difficulté à assumer une responsabilité dans son propre chef, même quand un parallèle peut être établi. Ainsi les conquêtes coloniales et l’esclavage ne seraient des questions que seul l’Occident doit assumer, alors qu’on trouve des phénomènes similaires dans l’histoire arabo-musulmane. Outre les facteurs historiques qui expliquent cette incapacité d’assumer, il y a aussi des facteurs religieux. Le Coran étant considéré par les musulmans comme un texte révélé, le texte ne peut donc être remis en question. Or, le Coran contient des passages problématiques, et notamment belliqueux. Par ailleurs, ces passages sont utilisés par les extrémistes religieux et les propagandistes de l’Etat islamique. Il faut bien comprendre que ces passages existent. On peut certes décider de les expliquer, et c’est ce que font les exégètes du Coran. Mais le problème, c’est que bien souvent ce travail d’exégèse est trop proche du sens littéral du texte. Je n’ignore pas non plus les approches visant à replacer ces passages problématiques dans un contexte historique bien précis remontant aux périodes conflictuelles de l’expansion de l’islam au 7e siècle. En réalité, on trouve de tout dans ces approches exégétiques et il n’existe aucune hiérarchisation. Personne n’indique clairement quel texte il faut suivre ni celui qu’il faut abandonner une fois pour toutes. Les musulmans se retrouvent donc avec un discours qui n’est pas suffisamment remis en question. Il est donc urgent que les musulmans s’interrogent, se demandent pourquoi le texte coranique peut être si souvent utilisé pour revendiquer des actes aussi violents que les tueries de Paris.

Cela signifie-t-il que l’Etat islamique n’est pas un repère d’ignorants des sources coraniques ? X.L. : Tout à fait. Il faut cesser de dire l’Etat islamique (Daesh), ce n’est pas l’islam. Il suffit d’écouter les discours et les prêches d’Abou Bakr al-Baghdadi ou d’autres responsables de cette organisation pour comprendre qu’ils ont une bonne connaissance des sources coraniques. L’Etat islamique publie sur internet une revue en anglais, Dabiq, et même en français, Dar al-Islam, dans laquelle l’ensemble des articles sont truffés de références au Coran, à des Hadith, et à un nombre considérable de penseurs particulièrement conservateurs comme Ibn Taymiyya ou Mohammed Ben Abdelwahhab, le fondateur du wahhabisme. Ces textes sont cités avec les références de la même manière qu’un article pour une revue scientifique occidentale. On ne peut donc pas du tout affirmer que ces gens ne connaissent rien aux textes coraniques qu’ils citent abondamment.

Que faut-il faire alors ? X.L. : Commencer par entamer un travail critique au sein même de l’islam. Car lorsqu’on entend les réactions musulmanes actuelles selon lesquelles ce ne sont pas des vrais musulmans qui ont commis ces actes ou que ce n’est pas l’islam, cela reviendrait à dire que ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont mené la Guerre au Vietnam parce que ce n’est pas cela les vrais Américains, ou encore que le Congo n’a pas été colonisé par les Belges parce que ce n’est pas cela la vraie belgitude, etc. Il y a un moment où un groupe humain, quel qu’il soit, doit pouvoir dire qu’il assume la responsabilité des actes commis par les siens au nom des références dont se revendique l’ensemble du groupe, même si ces références ne sont pas claires. C’est un travail que les musulmans doivent aussi entreprendre, sinon ils resteront enfermés dans ce discours de la victimisation et de la déresponsabilisation. Quand on regarde de nombreux discours de prédicateurs musulmans vivant en Europe, on s’aperçoit qu’ils ne remettent nullement en cause des passages belliqueux du Coran.

Des tentatives d’approches critiques ont pourtant été initiées… X.L. : Oui, mais elles posent deux problèmes majeurs. Tout d’abord, ces réouvertures de la tradition exégétique du Coran depuis le début du 20e siècle, comme celle de Mohammed Arkoun, sont certes très intéressantes, mais elles restent prisonnières du texte. Puisque le Coran est censé être une parole divine révélée, elles doivent tenter de critiquer le texte sans pour autant l’invalider, ce qui est un exercice périlleux. Mais cette explication critique est toujours littéraliste. Le deuxième problème de ce mouvement de pensée réside dans son impact réel. Ces nouveaux penseurs de l’islam existent bel et bien, ils publient énormément par ailleurs, mais leurs travaux sont surtout lus par des intellectuels occidentaux ou par une frange marginale d’intellectuels du monde arabo-musulman. Ainsi, je n’ai jamais entendu un imam bruxellois se référer aux écrits de Nasr Hamid Abou Zayd, ce théologien égyptien cherchant à interpréter le Coran à travers une herméneutique humaniste. Je n’affirme pas que l’impact de ces penseurs musulmans humanistes soit inexistant, mais il demeure malgré tout très faible. Quand on franchit la porte d’une librairie musulmane du boulevard Lemonnier à Bruxelles, les livres qu’on vend sont surtout des traités médiévaux conservateurs et des manuels d’une pauvreté intellectuelle et spirituelle n’abordant que la question du licite et de l’illicite ! Il n’est jamais question de remettre en cause certains préceptes problématiques ni de les contextualiser historiquement. Or, le discours ambiant répétant que l’Etat islamique n’est pas l’islam minimise complètement la portée des textes qui sont réels et qui sont utilisés par les fondamentalistes les plus violents et les plus rétrogrades, comme par les plus modérés et les plus humanistes.

Les musulmans doivent-ils manifester leur désapprobation des exactions perpétrées par l’Etat islamique ?

Certes, rien ne les y oblige. Mais rappelons que manifester sa solidarité avec des victimes est avant tout un acte altruiste, et responsable, et non un quelconque aveu de culpabilité. Par le passé, les Américains opposés à la guerre du Vietnam ne se sont pas abstenus de manifester sous prétexte qu’ils n’avaient pas à se justifier pour des actes d’un gouvernement dans lequel ils ne se reconnaissaient pas parce que son message n’était pas celui des Pères fondateurs, les Européens hostiles à l’apartheid ne se sont pas abstenus de manifester contre le régime de Pretoria sous prétexte qu’être Blanc ne signifiait pas être forcément en faveur d’un régime ségrégationniste. Ceux qui manifestaient le faisaient d’abord et avant tout pour montrer aux gouvernements concernés que le monde ne restait pas immobile devant leurs exactions, qu’eux-mêmes n’étaient pas d’accord avec ces actes, commis ou non en leur nom, et qu’ils voulaient qu’ils cessent, peu importe leur lien religieux, ethnique ou politique avec les régimes critiqués. Les musulmans d’Occident, mais aussi ceux qui vivent au Proche-Orient et au Maghreb lorsqu’ils le peuvent, ne doivent donc pas manifester contre l’Etat islamique, contre les atrocités innommables commises contre les Yézidis, contre les destructions d’églises en Irak, en Egypte et ailleurs, ou contre la destruction des mausolées soufis de Tombouctou. Ils ne le doivent pas, certes, mais ils le peuvent, comme ils l’ont fait à plusieurs reprises en solidarité avec les Palestiniens.

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Israël a connu 43 attaques « comme celles de Nice » en 8 mois… Mais le dites pas à France 2 !

Cyril Berthier

avec la RTBF – JSSNews

15 juillet 2016
Dans un reportage sur les attaques à la voiture bélier, comme celle qui a fait au moins 84 morts à Nice, un journaliste donne l’exemple de ces attaques: « il y en a eu au Canada… Il y en a eu à Londres… » et rien, pas un mot, sur Israël…

Denis Ducarme, chef de groupe d’un parti de droite à la Chambre et membre de la commission terrorisme (en Belgique) a affirmé, pour sa part, qu’il faut maintenant prendre en compte la nouvelle donne concernant la menace terroriste afin d’anticiper des modes attaques qui évoluent sans cesse: « Par rapport aux véhicules béliers, des mesures ont déjà été prises en Belgique pour protéger certaines cibles à la veille de la fête nationale. Nous devons élargir les possibilités et prendre un certains nombres de décisions pour anticiper et ne pas subir puis réagir par après« .

Denis Ducarme
Et en dehors de la collaboration déjà poussée avec les services français depuis les attentats deParis et de Bruxelles, Denis Ducarme plaide pour des liens renforcés avec des pays qui vivent depuis longtemps avec une menace permanente: « Des pays comme les Etats-Unis ou Israël ont l’expérience que nous n’avons pas vu qu’il vivent sous la menace de terroristes depuis parfois 20 ou 30 ans. Israël a connu 43 attaques de ce type en 8 mois. L’Etat islamique préconise ce type d’attaque (à la voiture ou au camion bélier). Nous devons anticiper ce type d’attaque plutôt que subir et ensuite seulement réagir« .

« Horrifié comme plusieurs fois par an depuis 2014 et l’attentat au musée juif« , Denis Ducarme n’est pourtant pas dépité face à l’enchaînement des actes terroristes chez nous ou à nos portes: « Nous devons intégrer ces nouveaux schémas opérationnels utilisé par les terroristes. On échange avec les Français sur les méthodes de lutte pour élever le niveau de sécurité. Si nous n’avions pas relevé le niveau de sécurité, n’aurions nous pas connus plus d’attaques? C’est ce que nous allons faire pour les prochains événements comme la fête nationale. Des mesures supplémentaires qui vont être prises« .

Voir enfin

Comment Israël est devenu la référence dans la lutte antiterroriste
Nathalie Hamou

Les Echos

17/07/2016

Le maire Cannes appel services d’un ancien brigadier général l’armée israélienne aider autorités locales préparer éventuelle attaque

Depuis sa création, l’Etat hébreu a su s’adapter en permanence à la menace terroriste. Grâce à un modèle dynamique dont les clefs de voûte sont le renseignement, et l’implication de la société civile.

Au lendemain du carnage de Nice comme dans la foulée des attentats du 13 novembre, le scénario se répète : « l’exemple israélien », où la menace terroriste fait partie de la vie quotidienne, est mis en avant. Les experts militaires sollicités sur les plateaux de télévision à Tel-Aviv ont beau se montrer modestes, voire éviter toute référence à un « modèle israélien de lutte antiterroriste », il n’empêche. L’Etat hébreu, dont la population a connu sept guerres et deux Intifada depuis sa création, est bel est bien devenu un cas d’école, dans sa façon de gérer une situation d’insécurité permanente. Une expertise dans la mire des décideurs européens.

Signe qui ne trompe pas : dans la foulée des attentats du 13 novembre, le maire de Cannes, David Lisnard, a fait appel aux services d’un ancien brigadier général de l’armée israélienne, Nitzan Nuriel, pour aider les autorités locales et les équipes d’intervention d’urgence à se préparer à une éventuelle attaque lors du Festival phare de la Croisette.

En avril dernier, cet ancien chef du bureau de lutte contre le terrorisme en Israël (entre 2007 et 2012) avait notamment dirigé une attaque terroriste simulée au Palais des festivals pour tester les mesures de sécurité renforcées dans la ville. Auparavant, il avait mené un audit, en s’inspirant des leçons tirées des attentats menés contre des palaces à Bombay et dans les gares de Madrid, les deux scénarios catastrophes les plus retenus par les professionnels.

L’une de ses préconisations : « la sécurisation du front de mer » ainsi qu’un contrôle renforcé de tous les accès de la ville de Cannes, y compris maritimes. Interrogé sur l’attentat de Nice, il confiait ce week-end aux « Echos » : « J’ai le sentiment que la France n’était pas vraiment prête à envisager ce scénario catastrophe. »

Ben Gourion, l’aéroport le plus sûr du monde

En fait, cela fait dix-huit mois maintenant que les délégations de dirigeants de pays frappés par la menace djihadiste débarquent en nombre à l’aéroport international de Ben Gourion, considéré comme le plus sûr du monde, pour prendre la mesure du système de lutte antiterroriste en vigueur sur le sol israélien. Un pays où la sécurité intérieure relève non pas de l’armée, mais des services de renseignement et de la police.

En février, l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, s’est par exemple rendu en Israël, où il a rencontré notamment le PDG de la société Eagle Security and Defense, Giora Eiland, par ailleurs ex-directeur du Conseil de sécurité nationale israélien. Lors de cette visite, Christian Estrosi avait insisté sur la nécessité « d’être à la pointe de la lutte par le renseignement contre la cybercriminalité lorsqu’on sait que la radicalisation se fait par le biais des réseaux sociaux ». Un domaine dans lequel l’Etat hébreu excelle puisqu’il se classe dans le Top 5 des cyberpuissances, aux côtés des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie et du Royaume-Uni.

Intensification des attentats à la voiture-bélier ou des attaques au couteau

A quoi tient l’efficacité de l’approche israélienne ? « Israël est confronté depuis des décennies à une menace multiforme et diffuse. Le pays a connu une série d’attaques terroristes, dont le mode opératoire n’a cessé d’évoluer. L’antiterrorisme israélien a dû s’adapter en permanence en adoptant une approche fondée sur l’anticipation et la rapidité d’intervention. Le bilan est contrasté mais l’expérience accumulée est observée à la loupe par les pays confrontés à un risque terroriste élevé », décrypte David Khalfa, chercheur associé du think tank IPSE, (Institut prospective et sécurité en Europe).

A l’en croire, cette menace a connu d’importantes transformations au cours de quatre grandes périodes. Avec d’une part, les années 1970 caractérisées par des attaques de fedayin palestiniens ; l’époque des Accords israélo-palestiniens d’Oslo (1993) ponctuée d’attentats suicide ; les années post-Oslo durant lesquelles Israël, confronté à la seconde Intifada, s’est retrouvé sous le feu des tirs de roquettes ou de missiles du Hamas et du Hezbollah, avant de connaître plus récemment une intensification des attentats à la voiture-bélier ou des attaques au couteau.

« L’antiterrorisme israélien est fondé sur des modes d’action défensifs (« barrière de sécurité », barrages militaires filtrants…) et offensifs (infiltrations, arrestations préventives, assassinats ciblés…). Cette double approche couplée à la coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne a permis à l’Etat hébreu de faire baisser de manière substantielle le nombre d’attentats de grande ampleur, poursuit David Khalfa, même si les attaques palestiniennes de basse intensité menées à l’aide de moyens rudimentaires ont pris le relais ces derniers mois. »

La clé de voûte : le renseignement

Restent les fondamentaux. La clef de voûte du système antiterroriste israélien est le renseignement qui fonctionne « en cercles concentriques » : en Cisjordanie, aux frontières d’Israël et à l’intérieur du pays. Dans les villes israéliennes, l’Etat hébreu s’appuie sur des unités d’élite antiterroristes d’intervention placées sous le commandement de la police ; à l’exception de Yasam, une unité anciennement dédiée à la lutte antiémeutes qui depuis quelques années, patrouille en moto à l’intérieur d’Israël, et dépend directement des services de sécurité intérieure (Shin Bet).

Israël peut donc faire preuve d’une capacité de réaction ultra rapide lorsqu’un attentat se produit. D’autant que la société civile israélienne est très impliquée dans le combat antiterroriste. Et ce, en raison du rôle central joué par l’armée puisque chaque jeune Israélien doit passer trois ans (deux pour les femmes) sous les drapeaux. Mais aussi, du fait que le port d’armes est facilité, ce qui permet aux civils de riposter plus rapidement en cas d’attaques. Sans oublier l’importance des sociétés de protection privées qui se sont multipliées au début de la seconde Intifada et de la vague des attaques suicide.

« La sensibilisation et la résilience du grand public constituent un atout maître », souligne Boaz Ganor, le directeur exécutif de l’Institut international du contre-terrorisme (ICT) du Centre interdisciplinaire d’Herzliya. Tout comme les mesures préventives mises en place par les pouvoirs publics. Lors d’événements ou de rassemblements de grande ampleur, des zones entières peuvent être totalement interdites aux véhicules, outre la mise en place de barrages filtrants et de barricades. Un dispositif qui a été renforcé lors de la dernière vague de terreur qui a déferlé depuis l’automne 2015 et a coûté la vie à plus de 31 Israéliens, 4 étrangers, et 207 Palestiniens (dont plus de 130 assaillants).

La population sensibilisée au risque

Ponctué par plus de 140 attaques palestiniennes à l’arme blanche, à l’arme à feu ou à la voiture-bélier, ce cycle de violences initié en majorité par de jeunes Palestiniens, considérés comme des « loups solitaires », n’a certes pas eu le même impact psychologique que la vague d’attentats suicide de la seconde Intifada. « Nous avons connu pire mais l’Intifada des couteaux est venue briser six années de calme sécuritaire relatif », observe Ely Karmon, directeur de recherches au sein de l’ICT. De fait, les forces de l’ordre israéliennes se sont retrouvées démunies face à des assaillants palestiniens âgés de treize à vingt ans, agissant le plus souvent seuls, et sur lesquels les services de renseignement ne disposent pas d’informations. Mais là encore, l’ajustement opérationnel a été rapide. Pour parer les attaques à la voiture-bélier contre les piétons exposés aux stations de bus, des blocs de ciment ou des piliers en métal ont été posés pour protéger les usagers. Et la population a été sensibilisée à ce risque.

Autre axe défensif en pleine mutation : la veille sur les réseaux sociaux. « Israël a beaucoup investi dans ce domaine », relève encore David Khalfa, « notamment depuis que l’influence de l’Etat islamique se fait ressentir auprès de certains jeunes Palestiniens autoradicalisés, dont le combat s’inscrit davantage dans une logique djihadiste, comme on a pu l’observer récemment lors de l’attaque perpétuée à Tel-Aviv dans le marché de Sarona ».

Cet attentat du 8 juin a été commis par deux cousins originaires d’un village du Sud-Hébron (en Cisjordanie), qui ont mitraillé les clients attablés à la terrasse d’un bar à chocolat, faisant quatre victimes et une quinzaine de blessés. Selon l’enquête du Shin Bet, les deux terroristes avaient décidé de mener une attaque inspirée par l’EI ; mais sans avoir été officiellement recrutés par l’organisation terroriste et sans avoir reçu d’aide. Un mode opératoire contre lequel Israël n’a pas encore trouvé de solution imparable.


Attentat d’Orlando: Cherchez l’erreur ! (While America still can’t name its enemies, France proposes Palestinian terrorist for next Nobel peace prize)

13 juin, 2016

Orlando

L'HumanitéBarghoutiUn-enfant-passe-pres-d-un-mur-peint-representant-Marwan-Barghouti_inside_full_content_pm_v8
Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.
Charles Péguy (1934)
Ô musulman, ô serviteur d’Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer. Mahomet
L’envoyé d’Allah – Bénédiction d’Allah et Salut sur Lui – a dit: Qui que vous trouviez qui agit à la manière des gens de Loth, tuez l’actif et le passif. Hadith du Prophète
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous.  Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle.  Bat Ye’or
What is significant in all these comparisons is, again, the contrast between the randomness of the pattern of Israeli fatalities and the more non-random distribution of Palestinian deaths. The random distribution is typical of terrorist attacks, which, though sometimes carried out in places frequented by young people, e.g. the Dolphinarium disco attack, may equally target restaurants or buses which are used by a wide spectrum of the population. Some of the most frequent targets of Palestinian terror attacks, such as open-air markets and public buses, are used disproportionately by the most vulnerable segments of society: women, the elderly, and the poor. The fact that Palestinian deaths caused by Israeli actions do not, as a rule, follow the same pattern would seem to undermine claims that Israel deliberately targets Palestinian civilians. Don Radlauer
Tuez-les, crachez-leur au visage, et écrasez-les avec vos voitures. Djhadiste français (Etat islamique)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Ramadan, mois de la conquête et du djihad. Préparez-vous, soyez prêts… pour en faire un mois de calamité partout pour les non-croyants … Surtout pour les combattants d’Europe et d’Amérique … Abou Mohammed al Adnani (22 mai 2016)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Des douzaines d’innocents ont été massacrés, nous soutenons le peuple d’Orlando. L’enquête débute seulement mais il s’agit bien d’un acte de terreur et de haine. Je viens d’avoir une réunion avec le FBI, toutes les ressources du gouvernement fédéral seront mises à disposition. On ne connaît pas les motivations de cet homme, mais il s’agissait d’un homme rempli de haine, nous allons essayer de savoir pourquoi et comment cela s’est passé. Barack Hussein Obama
In 2013, we learned that Mateen had been questioned by the FBI but that the inquiries were subsequently closed. We were not made aware of any alleged connections between Mateen and terrorist activities, and were unaware of any further FBI investigations. G4S spokesman
Officials said Mateen had a gun license by virtue of his work as a security officer and that he legally purchased the weapons used in the attack. Mateen had been employed since 2007 as a security guard with G4S, a large multinational security company that provides services to more than two-dozen juvenile-detention facilities in Florida. Heavy.com
Gilroy, a former Fort Pierce police officer, said Mateen frequently made homophobic and racial comments. Gilroy said he complained to his employer several times but it did nothing because he was Muslim. Florida today
Le Nobel de la Paix à Marwan Barghouti, une exigence qui gagne la planète. Desmond Tutu, archevêque sud-africain, prix Nobel de la Paix 1984, s’est adressé au comité du Nobel pour proposer la nomination de Marwan Barghouti. Les parlementaires belges se sont exprimés dans ce sens et les britanniques interpellent Israël pour la libération du dirigeant palestinien. L’Humanité (13.06. 2016
Tout comme l’ancien président sud-africain, Marwan Barghouti est tout d’abord un ardent défenseur de la résistance pacifique. (…) La visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem met le feu aux poudres et provoque la seconde Intifada, bien plus violente que la première. Marwan Barghouti en est l’un des leaders. Cette fois, il dirige le Tanzim, branche populaire du Fatah, dont certains éléments luttent militairement contre Tsahal. (…) Ce basculement vers la lutte armée a également été observé chez Nelson Mandela en 1960, face à son incapacité à répondre à la répression exercée par le régime de l’apartheid. À la tête de l’Umkhonto we Sizwe (« Le fer de lance de la nation »), branche armée de l’ANC, il se lance dans des activités de sabotages de sites militaro-industriels, première étape avant, dit-il, de mener des actions de « guérilla ». Très vite, Madiba se voit accuser de « terrorisme » par les autorités de Pretoria. Lors de son arrestation en 1963, le futur président expliquera que le recours au terrorisme n’était qu’une réponse à la violence du régime. Après avoir échappé à une tentative d’assassinat en 2001, Marwan Barghouti est finalement arrêté par Tsahal en 2002, à Ramallah. Inculpé pour avoir commandité cinq meurtres, dont l’attentat du Sea Food Market à Tel-Aviv dans lequel périrent trois civils, le député palestinien écope le 6 juin 2004 de cinq condamnations à la réclusion à perpétuité. Une peine à laquelle la justice israélienne ajoute 40 ans d’emprisonnement pour une tentative de meurtre déjouée par l’armée israélienne. Lors de son procès, le leader palestinien refuse de se défendre, le tribunal israélien étant à ses yeux illégitime. Il en profite au contraire pour se livrer à plaidoyer contre l’occupation, exactement comme Nelson Mandela lors du procès de Rivonia, en 1963. Le Point
Condamné cinq fois à la prison à vie pour avoir commandité cinq meurtres, dont l’attentat du SeaFood Market à Tel-Aviv dans lequel trois civils ont perdu la vie, il a écopé en plus de 40 ans de réclusion pour une tentative de meurtre déjouée par l’armée israélienne. Il a cependant été acquitté de 21 autres chefs d’inculpation pour meurtres. Depuis, sa femme, Fadwa, se bat pour faire libérer son époux et les autres prisonniers palestiniens. La semaine dernière, elle était à Paris afin de présenter la grande campagne internationale, lancée depuis la cellule de Nelson Mandela, à Robben Island en 2013, soutenue notamment par l’évêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancien président américain Jimmy Carter, ou encore Michel Rocard. Stéphane Hessel s’était lui aussi engagé dans cette campagne. (…) Depuis le début de son engagement dans la lutte pour la Palestine, Marwan Barghouti est surnommé le «Mandela palestinien», en raison de la similarité de leurs parcours. Tous deux ont formé le mouvement de la jeunesse au sein de leur faction politique, tous deux on défendu le droit de résister, même par les armes (Mandela a dirigé l’aile armée de l’ANC lors de son arrestation et Barghouti est considéré comme l’un des principaux dirigeants des deux Intifada), tous deux ont refusé de reconnaître la légitimé des tribunaux devant lesquels ils étaient jugés, et tous deux sont devenus des symboles de la lutte de leur peuple. Depuis sa cellule d’ Hadarim, à l’annonce de la mort du leader sud-africain, Barghouti lui a d’ailleurs écrit une lettre: «Vous disiez: « Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas complète car il lui manque la liberté des Palestiniens. » Et depuis l’intérieur de ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez atteint la vôtre. L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine». Paris Match
Israel Prison Services released a film Wednesday, Aug. 18, filmed by a hidden camera that shows a man, apparently Barghouti, eating in his cell with the door and window covered by a cloth. Barghouti, the highest-ranking Palestinian in Israeli custody, is serving five consecutive life terms after being convicted of involvement in fatal attacks. The West Bank leader of Yasser Arafat’s Fatah movement was one of the organizers of the hunger strike. The black-and-white film carries a date of Aug. 17 in the lower right corner. It shows a bare-chested man who looks exactly like Barghouti washing his hands and then eating. Prison Services spokesman Ofer Lefler said Barghouti asked wardens for the food and ate without knowing that a camera was filming from a small hole in the wall. Israel wanted to show fasting prisoners how their leader was behaving, Lefler said. « I want to show the world and the Palestinians that we are dealing with terrorists, » Lefler said. « Barghouti is sitting on a pot of meat and he sends his friends to die. » Jerusalem Post
Some Palestinians, however, remain skeptical regarding Barghouti’s chances  of winning in a presidential election. They point out that Barghouti was at  the head of the Fatah list that lost to Hamas in the January 2005  legislative election. Unlike many in the Western media, Palestinian journalists and writers have  rarely – if ever – referred to Barghouti as a « charismatic » leader or as the  « Palestinian Nelson Mandela. » Cynics and conspiracy theorists in the  Palestinian territories go further by arguing that Barghouti is actually  part of a US-Israeli scheme aimed at turning him into the next leader of the  Palestinians. To back up their argument, they ask simple questions such as:  Since when does Israel allow a security prisoner to give media interviews or  hold meetings with Israeli, Palestinian, European and American officials in  his prison cell?  Undoubtedly, Barghouti is respected by many Palestinians. Yet, this is not  because he’s the Palestinian Nelson Mandela or Salah Eddin – the Muslim  warrior who drove the Crusaders out of Jerusalem – but because he’s sitting  in Israeli jail.  Barghouti is respected by many in Fatah, but his popularity among the  faction’s cadres is surely not as enormous as it’s being portrayed by many  Western journalists. Dahlan and Rajoub are believed to enjoy much more  support among Fatah members and supporters in the West Bank and Gaza Strip.  Some Fatah operatives have even complained that the public opinion polls  that have been predicting a sweeping victory for Barghouti were part of an  EU-funded campaign designed to bolster his image among Palestinians as their  only hope for the future. Khaled Abu Toameh
Sur un total d’1,3 milliard environ [de musulmans], 930 millions à peu près vivent en Asie, dont 240 millions au Moyen-Orient (Croissant fertile, Iran, Péninsule arabe et Turquie) et 690 millions environ en Asie méridionale centrale, 320 millions résident en Afrique, dont 130 environ en Afrique du Nord et 190 en Afrique sub-saharienne. L’Europe, enfin, compte environ 35 millions de fidèles d’Allah, l’Amérique du nord guère plus de 5 millions et l’Amérique latine un million et demi. Le pays musulman le plus peuplé est l’Indonésie avec environ 200 millions de citoyens, équivalents à 90 % de la population, qui professent une foi en Allah. Les 10 % restants sont composés de chrétiens de diverses confessions et d’hindous. Dans le sous continent indien, par contre, l’islam est la religion de la quasi totalité de la population au Pakistan et au Bangladesh, alors qu’en Inde c’est une minorité telle (130 millions) que, bien que n’étant que 13 % de la population, elle fait de l’Union indienne le troisième pays musulman du monde. (…) Le seul pays musulman qui ne garantit même pas la liberté religieuse de parole est l’Arabie Saoudite, où les non musulmans ne peuvent pas ouvrir de lieux de culte et professer librement leur religion. Le Royaume wahhabite adopte une attitude plutôt discriminatoire même envers les chiites qui, étant musulmans, peuvent avoir leurs mosquées mais sont sans arrêt sous contrôle et où on leur interdit de pratiquer leurs propres rites (par exemple dans le cas de la fête de la ashura, une des fêtes chiites les plus importantes). (…) Le Pakistan est en tête du classement : le sectarisme entre sunnites et chiites, minorité dans le « pays des purs », a causé, de janvier 89 jusqu’aujourd’hui, plus de 2000 morts et environ 4 mille blessés lors de presque 1900 incidents : une moyenne de 100 morts par an qui, en 2004, a dépassé la barre des 200. Dans les Moluques, la guerre entre chrétiens et musulmans (1999-2002) a causé entre 5 et 9 000 morts et plus de 500 000 réfugiés. Des manifestations sectaires sont signalées actuellement à Poso, dans les Sulawesi. Dans les états du nord de la Fédération nigériane, l’introduction de la charia a causé de violents affrontements entre musulmans et chrétiens. (…) Dans les autres pays musulmans [que l’Arabie saoudite] la liberté religieuse est officiellement garantie. Mais la pratique ne respecte pas toujours les règles. Différentes formes de discriminations sont donc possibles, par exemple en rendant l’accès à l’instruction supérieure compliqué pour les non musulmans, ou en augmentant les contrôles de manière à empêcher les conversions de l’islam à d’autres religions. La même chose vaut cependant à l’égard des musulmans dans les pays où ceux-ci représentent une minorité. Par exemple en Inde, où justement les lois anti-conversion (cette fois de l’hindouisme à l’islam ou au christianisme) ont réduit de façon drastique les possibilités d’un libre exercice de choix religieux. [pour les caricatures] Les « méchants » sont connus, un peu moins ceux qui ont essayé de jeter de l’eau sur le feu : Yusuf al Qaradawi, le très écouté représentant de l’islamisme modéré qui dans sa rubrique Charia et vie sur Al Jazeera a condamné les assauts contre les ambassades comme « inacceptables », ce qu’a fait aussi l’ayatollah libanais Fadlallah et Mohammed Mahdi Akef, guide suprême des Frères musulmans égyptiens. Mahmoud A-Zahar, leader du Hamas, a rendu visite à la paroisse catholique de Gaza pour offrir sa protection. Condamnations sévères aussi de la part de nombreux chefs d’états : en premier lieu, le Turc Erdogan mais aussi l’Indonésien Yudhoyono et le Malaisien Abdullah Badawi. ((…) Cela fait deux ans que participer au Hadj a quelques conséquences au Nigeria. L’année dernière l’Arabie Saoudite protesta formellement contre le gouvernement nigérian parce que, selon Riyad, 27 000 pèlerins nigérians environ étaient restés illégalement à l’intérieur des frontières saoudiennes après y être entrés pour le pèlerinage annuel, qui devenait ainsi une nouvelle route de l’immigration clandestine. Cette année, afin peut-être d’éviter les problèmes survenus en 2005, les pèlerins nigérians qui avaient obtenus un permis pour partir en Arabie Saoudite ont été laissés à terre en attente, dans leurs aéroports, si longtemps qu’ils sont arrivés trop tard pour le pèlerinage et qu’ils ont donc été renvoyés dès qu’ils sont arrivés dans l’espace aérien saoudien. Irene Panozzo et Emanuele Giordana
Il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain». Geraldine Smith

Cherchez l’erreur !

Auteurs d’une fusillade ayant fait quatre morts et 16 blessés qualifiés avec les guillemets de rigueur de « terroristes », Afghan-Américain aux près de 100 victimes qui après deux voyages en Arabie saoudite et l’allégeance à l’Etat islamique et sans compter les enquêtes du FBI et les plaintes de ses collègues se voit réduit au statut de « loup solitaire » et victime de la NRA, cerveau de pas moins de cinq attentats sanglants « donné » selon toute vraisemblance aux Israéliens par ses propres compagnons d’arme du Fatah et faux gréviste de la faim surnommé « Mandela palestinien » et baptisé citoyen d’honneur de nombre de villes françaises voire proposé comme prochain prix Nobel de la paix

A l’heure où avec son moins d’un pourcent de musulmans et derrière ses deux océans et sans compter son premier président de culture coranique …

Une Amérique en plein déni nous refait avec Orlando et malgré Garland ou San Bernardino le coup de l’incompréhensible tuerie de masse ou du jusqu’ici insoupçonné loup solitaire …

Alors qu’à l’instar de l’Etat islamique et de Tel Aviv à Ankara ou Bagdad, nos djihadistes qui multiplient non seulement les revendications mais les appels à la guerre sainte pour tous se tuent littéralement à démontrer leur détermination …

Comment ne pas voir derrière l’incroyable sens de l’à propos et  le coup de génie de la une de l’Humanité de ce matin …

Proposant au monde l’attribution du prix Nobel de la paix …

A un prétendu « Mandela palestinien » qui ne compte pas moins de cinq attentats sanglants à son actif …

L’étrange légèreté d’un pays qui avec ses pas loin de 10% de musulmans …

Et malgré ses Charlie hebdo et Bataclan ou les prochains comme dans les Yvelines ce soir même n’arrive toujours pas à comprendre la réalité quotidienne …

D’un confetti de 8 millions de juifs noyés sans compter leurs 20 % intérieurs dans un océan de 240 millions de djihadistes potentiels ?

Serveuse musulmane giflée à Nice : comment les islamistes imposent un nouvel ordre moral
Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
10/06/2016

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Une serveuse a été giflée à Nice parce qu’elle servait de l’alcool durant le ramadan. Pour Géraldine Smith, la pression montante d’une minorité peut transformer la vie quotidienne.

Géraldine Smith est l’auteur de Rue Jean-Pierre Timbaud, une vie de famille entre bobos et barbus (Stock, 2016).

Lire «Entre bobos et barbus, ma rue Jean-Pierre Timbaud».
FIGAROVOX. – Une serveuse a été giflée à Nice parce qu’elle servait de l’alcool durant le ramadan. Dans votre ouvrage sur laRue Jean-Pierre Timbaud (Stock) vous racontiez des petits événements qui témoignaient de l’installation d’une loi religieuse dans votre quartier. Comment s’exprimaient-ils?

Géraldine SMITH. – J’ai chroniqué, dans le microcosme qu’est la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris, la pression montante exercée par une minorité de musulmans radicaux dans la vie quotidienne. Un ordre moral inspiré par l’Islam a été imposé chaque jour un peu plus. Dans l’immédiat, ce n’était jamais rien de bien dramatique mais, dans le cumul, l’atmosphère a totalement changé. Par exemple pour les femmes, du fait des regards lourds portés sur toute tenue jugée «indécente», à commencer par des bras nus. Pour les jeunes, c’était des sollicitations à répétition pour aller à la mosquée, pour rejoindre des groupes militants, pour faire du prosélytisme. Puis, un jour, le boulanger s’est mis à servir les hommes en premier… A l’école, les classes vertes ont été annulées parce que trop de parents musulmans refusaient de laisser leurs petites filles partir avec les garçons. Les principales victimes de ces changements étaient les plus vulnérables du quartier, ceux qui n’avaient pas les moyens de partir avec leurs enfants en vacances ou, encore, les commerçants musulmans trop «mous» aux yeux des intégristes. Dans mon livre, je raconte l’histoire d’un pizzaiolo tunisien qui a grandi dans la rue mais qui a fini par déménager pour ne plus être harcelé par des islamistes qui exigeaient qu’il ferme boutique aux heures de prière, que sa femme se voile et qu’il ne vende que du «Coca arabe». Avec chaque départ, un endroit modeste mais convivial où des riverains de toutes origines s’étaient fréquentés sans barrières insurmontables, ressemblait un peu plus à un fief, au bastion d’un seul groupe qui faisait régner sa loi fondamentale non écrite mais bien réelle.

Le ramadan, était-ce un moment particulier?

J’y ai vu le visage d’un islam modéré, qui s’affirmait sans avoir besoin de nier l’Autre. Je n’ai découvert que plus tard, en enquêtant pour mon livre, que c’était aussi le moment de l’année pendant lequel les plus zélés redoublaient d’efforts pour imposer leurs règles à leurs coreligionnaires.
Je ne sais pas ce qu’il en est ces jours-ci mais, quand je vivais rue Jean-Pierre Timbaud, la période du ramadan était un moment que je trouvais, dans l’ensemble, plutôt sympathique. Autour du métro Couronnes, devant les vitrines d’habitude austères des librairies et commerces islamiques, des étals sur le trottoir débordaient de crêpes feuilletées, de pâtisseries, de fruits… En fin de journée, il y avait foule pour acheter de quoi rompre le jeûne et festoyer une bonne partie de la nuit. On sentait une certaine fébrilité, la tension née de l’épreuve physique mais aussi la fierté d’avoir «tenu» et, de ce fait, d’avoir renouvelé l’appartenance à une communauté. J’y ai vu le visage d’un islam modéré, qui s’affirmait sans avoir besoin de nier l’Autre. Je n’ai découvert que plus tard, en enquêtant pour mon livre, que c’était aussi le moment de l’année pendant lequel les plus zélés redoublaient d’efforts pour imposer leurs règles à leurs coreligionnaires, certains se postant au rayon alcool des supermarchés pour «dissuader», c’est-à-dire menacer, la clientèle musulmane.

Des incidents comme l’agression de la serveuse à Nice provoquent toujours une grande gêne, comme si nous ne voulions pas y croire. Quels sont les ressorts de cet aveuglement volontaire?

On est gêné quand la réalité ressemble à une caricature. Dans le premier jet de mon livre figurait une histoire tellement scabreuse que j’ai fini par l’enlever – aussi pour protéger la personne qui me l’avait racontée. Un imam intégriste, marié et père de famille, avait offert des dessous sexy, à motif léopard, à une enseignante dans la classe où se trouvait son fils. Cette anecdote me gênait tant elle exposait l’hypocrisie sous le masque figé de la vertu. En la rapportant, j’aurais eu l’impression de fournir un argument facile à ceux qui n’attendaient que ça pour mettre tous les musulmans dans le même sac, comme des «frustrés», des bigots enragés. Or, je n’aurais peut-être pas pris autant de pincettes pour «bouffer du curé». En France, personne ne se dirait que dénoncer des prêtres pédophiles risque de stigmatiser l’Église catholique. Il y a un fond de mauvaise conscience par rapport à la «mission civilisatrice» de l’Occident qui nous empêche d’appliquer la même mesure aux anciens colonisés. Donc, on évite de parler de «terroristes islamistes», comme si l’Islam n’avait rien à voir dans le jihadisme. Dans le cas de la serveuse agressée, comme pour les immigrés violeurs de Cologne, on préfère ne voir que des «actes isolés», par peur de généralisations abusives. C’est une crainte justifiée mais faut-il aller jusqu’à s’interdire de réfléchir à une culture de la frustration ou de la violence sexuelle? Que dirait-on de quelqu’un qui expliquerait le colonialisme comme un enchaînement d’actes individuels?

En quoi l’antiracisme né de SOS Racisme dans les années 1980 participe-t-il de ce déni?

Très simplement et de bonne foi: pour qu’on ne touche pas à son «pote», qui était noir ou arabe, l’antiraciste a célébré l’immigré et le musulman au point d’en faire des icônes, des souffre-douleurs historiques qu’il fallait enfin «respecter» tels qu’ils étaient. Comme le racisme existait bel et bien, cette défense de ses victimes – a priori une noble cause – n’a pas été perçue pour ce qu’elle était paradoxalement devenue, à savoir un déni des hommes et des femmes en chair et en os vivant parmi nous. Personne, en effet, n’a pour voisin «l’immigré» ou «le» musulman! Or, tout désaccord avec un immigré ou un musulman en particulier était stigmatisé comme du «racisme». Des interdits de pensée ont été érigés et la liberté d’expression a été amputée. En 1989, l’affaire Salman Rushdie a cristallisé ces contradictions. Les esprits se sont divisés autour de l’auteur britannique condamné à mort par une fatwa pour ses écrits «blasphématoires» mais, pour beaucoup, l’intolérance n’avait pas changé de camp. Rushdie «l’avait cherché en insultant l’Islam». Après Charlie Hebdo et le massacre du Bataclan, cette position est devenue plus difficile à tenir en France. Mais il y a toujours une tendance à trouver des excuses, à culpabiliser plutôt que de se défendre.

La personne agressée était une femme. Avez-vous le sentiment que le féminisme craint d’aborder de front le problème de l’islam et des femmes?

Les féministes sont divisées face à l’Islam, on le voit bien au sujet du voile intégral. Aux yeux de certaines, l’interdire revient à imposer un «modèle» culturel et nier le libre-arbitre de celles qui le portent par conviction religieuse. Pour d’autres, l’autoriser, c’est accepter qu’en France des femmes puissent se couvrir de pied en cap pour se soumettre à la volonté de leurs maris, pères ou frères. Personnellement, je suis en colère quand je vois une femme en burqa, ou des jeunes filles portant plusieurs couches de voiles sombres qui ne laissent découvert que l’ovale du visage. Et, pourtant, je me demande s’il n’est pas préférable de se passer d’interdiction, pour ne pas faire des «martyres» et, aussi, par l’impossibilité pratique d’appliquer la mesure. Au demeurant, comment criminaliser le voile intégral sans interdire la tenue des bonnes sœurs? Cependant, je pense qu’il faudrait être bien plus strict pour faire respecter nos principes républicains, les lois qui fondent le contrat de citoyenneté en France: l’égalité des sexes, la laïcité, la liberté. En clair, chacun s’habille comme il l’entend mais rien, aucun «droit à la différence culturelle» ne justifie qu’une fille ne puisse pas participer à un cours de gym, partir en classe verte, ou doive accepter un mariage arrangé sans son accord.

La serveuse est musulmane. Dans le cadre qui a été celui de votre ouvrage, diriez-vous que les musulmans sont les premières victimes des plus fanatiques?

Il y a rarement un seul critère qui détermine la vulnérabilité de quelqu’un face à l’œuvre de « désintégration » des islamistes. Cela dit, les musulmans constituent une cible de choix.
Il y a rarement un seul critère qui détermine la vulnérabilité de quelqu’un face à l’œuvre de «désintégration» des islamistes. Cela dit, les musulmans constituent une cible de choix. Dans mon livre, je raconte l’histoire d’une mère tunisienne d’un camarade de classe de mon fils. Elle avait inscrit son garçon à l’école catholique Saint-Paul pour le sauver de mauvaises fréquentations et d’une scolarité catastrophique. Elle sacrifiait 50 euros de son salaire mensuel, mais les résultats étaient là. Les notes du garçon remontaient, il se faisait des copains. Mais un imam intégriste est venu la trouver chez elle pour lui dire qu’elle ne pouvait pas laisser son fils dans un établissement catholique. Cette femme était illettrée, elle n’avait pas de réseaux de solidarité en dehors de la petite communauté tunisienne qu’elle fréquentait. Autrement dit, elle n’avait pas les moyens de se fâcher avec l’imam. Elle a retiré son fils de Saint-Paul, quitte à compromettre son avenir. Mais personne n’est à l’abri, les voies du prosélytisme étant souvent surprenantes. Je connais un ado, rue Jean-Pierre Timbaud, qui a d’abord été embauché pour comme dealer parce que «les petits blancs se font moins contrôler». Quelques années plus tard, certains des garçons avec qui il traînait sont devenus des aspirants djihadistes. Il a commencé à recevoir des vidéos, des messages visant à l’entraîner dans leur sillage. Sa mère, née à Belleville où son père vendait du tissu au mètre, s’est épuisée à vouloir protéger son fils. Elle en est venue à haïr son quartier.

Vous habitez désormais aux États-Unis. Quel regard ont les Américains sur les tensions qui peuvent exister en France au sujet de l’islam?

Bien sûr, «les» Américains n’existent pas mais, face à l’Islam en France, on peut schématiquement distinguer deux positions aux antipodes. Les uns, souvent des gens ordinaires, ne trouvent depuis le 11 novembre 2001 rien de bon dans l’Islam et ne se soucient guère du sort des musulmans en France. Pour eux, tout musulman est un terroriste potentiel… Les autres, qui appartiennent plutôt à l’élite américaine, sont d’autant plus soupçonneux à l’égard de l’universalisme normatif dans la tradition française qu’en Amérique le communautarisme est une attitude normale, jugée positive. À partir de là, les musulmans de France sont facilement perçus comme les victimes de stigmatisation collective. D’où une certaine propension à faire la morale et à vouloir donner des leçons, pas forcément à tort mais à bon compte. Car il y a à peine plus de 3 millions de musulmans aux Etats-Unis, soit 1 pour cent de la population. C’est donc un peu comme si l’on assistait à l’inversion de la situation qui prévalait dans les années 1920, quand la France comptait à peine 5.000 Noirs et la «négrophilie» tenait le haut du pavé à Paris. À l’époque, l’élite française ne trouvait pas de mots assez durs pour fustiger le «racisme américain».

Voir aussi:

LES MUSULMANS DANS LE MONDE

Brève géographie sociale de l’Islam, avec un schématisme inévitable, beaucoup de simplification et un peu d’ironie

Irene Panozzo e Emanuele Giordana

Lunedi’ 13 Febbraio 2006

Lettra

13/2/06

Combien sont-ils ?
Sur un total d’1,3 milliard environ, 930 millions à peu près vivent en Asie, dont 240 millions au Moyen-Orient (Croissant fertile, Iran, Péninsule arabe et Turquie) et 690 millions environ en Asie méridionale centrale, 320 millions résident en Afrique, dont 130 environ en Afrique du Nord et 190 en Afrique sub-saharienne. L’Europe, enfin, compte environ 35 millions de fidèles d’Allah, l’Amérique du nord guère plus de 5 millions et l’Amérique latine un million et demi.

Les pays les plus peuplés
Le pays musulman le plus peuplé est l’Indonésie avec environ 200 millions de citoyens, équivalents à 90 % de la population, qui professent une foi en Allah. Les 10 % restants sont composés de chrétiens de diverses confessions et d’indous. Dans le sous continent indien, par contre, l’islam est la religion de la quasi totalité de la population au Pakistan et au Bangladesh, alors qu’en Inde c’est une minorité telle (130 millions) que, bien que n’étant que 13 % de la population, elle fait de l’Union indienne le troisième pays musulman du monde.

Les chiites
Les chiites constituent la confession religieuse majoritaire en Iran (94%), Irak (62,5 %) et Liban (34,1 %, par rapport à 23,4 % de maronites, 21,2 % de sunnites et 11,2 % d’orthodoxes), alors qu’il représentent des minorités importantes au Koweït (30,3 % contre 45 % de sunnites), dans les Emirats Arabes (15,9 %) et en Syrie (12 %). A Oman, par contre, la majorité de la population est de foi ibadite (73,6 %), une secte hétérodoxe musulmane. Les sunnites demeurent la majorité dans tous les autres pays musulmans.

Minorités inconnues
Il en existe au Népal (3,9 %) considéré à tort comme une monarchie bouddhiste (la majorité est hindoue), au Sri Lanka (9 %), où ils ont protesté parce qu’écrasés dans la guerre entre tamul et cingalais. Et jusqu’en Corée. En Chine, ils sont nombreux et considérés comme un risque de sécession par Pékin.

Minorités persécutées
Le Mouvement de la Ahmadiyya, minorité d’environ 200 millions de musulmans dispersés en 178 pays où ils vivent assez mal. Disciples, considérés comme hérétiques, du prophète panjab Mirza Ghulam Ahmad, qu’ils prennent pour une réincarnation de Jésus et le messie annoncé. Les groupes sunnites les plus radicaux ont demandé au Pakistan un amendement constitutionnel pour qu’ils soient déclarés non musulmans. En Indonésie, ils ont récemment été la cible de violentes attaques.

Le plus rigoureux
Le seul pays musulman qui ne garantit même pas la liberté religieuse de parole est l’Arabie Saoudite, où les non musulmans ne peuvent pas ouvrir de lieux de culte et professer librement leur religion. Le Royaume wahhabite adopte une attitude plutôt discriminatoire même envers les chiites qui, étant musulmans, peuvent avoir leurs mosquées mais sont sans arrêt sous contrôle et où on leur interdit de pratiquer leurs propres rites (par exemple dans le cas de la fête de la ashura, une des fêtes chiites les plus importantes).

Guerre de religions
Le Pakistan est en tête du classement : le sectarisme entre sunnites et chiites, minorité dans le « pays des purs », a causé, de janvier 89 jusqu’aujourd’hui, plus de 2 mille morts et environ 4 mille blessés lors de presque 1900 incidents : une moyenne de 100 morts par an qui, en 2004, a dépassé la barre des 200.
Dans les Moluques, la guerre entre chrétiens et musulmans (1999-2002) a causé entre 5 et 9 mille morts et plus de 500 mille réfugiés. Des manifestations sectaires sont signalées actuellement à Poso, dans les Sulawesi. Dans les états du nord de la Fédération Nigériane, l’introduction de la charia a causé de violents affrontements entre musulmans et chrétiens.

Madrassas
Les écoles coraniques les plus connues sont celles du Pakistan, aux alentours de 13 mille . Le groupe le plus important est celui des Deobandi Wafaq al –Madaris, avec plus de 7 mille écoles, les plus radicales. Barelvi Tanzeem al Madaris, qui en accueille environ 170, représente par contre la ligne modérée et ouverte de l’islam pakistanais. La construction de centaines de madrassas et mosquées a été financée, pendant cette dernière décennie, surtout par l’Arabie Saoudite, en Asie comme en Afrique.

Les lois anti-conversion
Dans les autres pays musulmans la liberté religieuse est officiellement garantie. Mais la pratique ne respecte pas toujours les règles. Différentes formes de discriminations sont donc possibles, par exemple en rendant l’accès à l’instruction supérieure compliqué pour les non musulmans, ou en augmentant les contrôles de manière à empêcher les conversions de l’islam à d’autres religions. La même chose vaut cependant à l’égard des musulmans dans les pays où ceux-ci représentent une minorité. Par exemple en Inde, où justement les lois anti-conversion (cette fois de l’indouisme à l’islam ou au christianisme) ont réduit de façon drastique les possibilités d’un libre exercice de choix religieux.

Les plus riches (et les plus petits)
Les 2 .400 habitants des Emirats arabes (21.500 dollars par habitant) , les 1 million et 500 mille habitants du Koweït (15.700) et les 350 mille habitants du Brunei (12 mille), petit état de Bornéo, grand de 5 mille kms carrés.

Les plus pauvres
La Somalie, avec 7 millions d’habitants et seulement 110 dollars de revenu annuel par habitant et le Burkina Fasso avec 110 millions d’habitants (dont la moitié de musulmans) et 331 dollars par habitant.

Les caricatures et les plus modérés
Les « méchants » sont connus, un peu moins ceux qui ont essayé de jeter de l’eau sur le feu : Yusuf al Qaradawi, le très écouté représentant de l’islamisme modéré qui dans sa rubrique Charia et vie sur Al Jazeera a condamné les assauts contre les ambassades comme « inacceptables », ce qu’a fait aussi l’ayatollah libanais Fadlallah et Mohammed Mahdi Akef, guide suprême des Frères Musulmans égyptiens. Mahmoud A-Zahar, leader du Hamas, a rendu visite à la paroisse catholique de Gaza pour offrir sa protection. Condamnations sévères aussi de la part de nombreux chefs d’états : en premier lieu, le turc Erdogan mais aussi l’indonésien Yudhoyono et le malaisien Abdullah Badawi.

Les plus sévères
Une autre forme de restriction de la liberté religieuse est celle opérée par certains gouvernements de pays musulmans à l’égard de l’islam lui-même, par exemple en imposant à toutes, ou presque toutes, les mosquées du pays des sermons préparés par les autorités pour la prière publique du vendredi. Cela arrive en Egypte, où s’est accrue au même moment la répression contre les conversions au christianisme, dans une attitude plutôt contradictoire qui ressemble fort à un instrument de contrôle sociopolitique de la part du régime bien plus qu’à un réel choix de politique religieuse.

Les plus courus
La Mecque et Médine sont visitées chaque année par au moins deux millions de personnes pour le Hadj, le pèlerinage aux lieux saints, un des piliers de l’islam. Les autres destinations fondamentales pour les sunnites sont Jérusalem, et Kairouan en Tunisie. Pour les chiites, les villes saintes sont Kerbala et Najaf en Irak, et Mashad en Iran.

Les plus … malchanceux
Cela fait deux ans que participer au Hadj a quelques conséquences au Nigeria. L’année dernière l’Arabie Saoudite protesta formellement contre le gouvernement nigérian parce que, selon Riyad, 27 mille pèlerins nigérians environ étaient restés illégalement à l’intérieur des frontières saoudiennes après y être entrés pour le pèlerinage annuel, qui devenait ainsi une nouvelle route de l’immigration clandestine. Cette année, afin peut-être d’éviter les problèmes survenus en 2005, les pèlerins nigérians qui avaient obtenus un permis pour partir en Arabie Saoudite ont été laissés à terre en attente, dans leurs aéroports, si longtemps qu’ils sont arrivés trop tard pour le pèlerinage et qu’ils ont donc été renvoyés dès qu’ils sont arrivés dans l’espace aérien saoudien.

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Voir également:

Marwan Barghouti – A Nelson Mandela or a PR gimmick?

Khaled Abu Toameh

The Jerusalem Post

Nov. 26, 2009

It’s not clear at this stage whether top Fatah operative Marwan Barghouti,  who is serving five life sentences in prison for masterminding a series of  terror attacks on Israel, would be part of a prisoner exchange agreement  between Hamas and Israel.  But what is clear is that Barghouti, 50, is already planning, from his  prison cell, how to succeed Mahmoud Abbas as president of the Palestinian  Authority.  Barghouti himself made it clear in a newspaper interview published on  Wednesday that he intends to run in a new presidential election. Earlier  this week, his wife, Fadwa, also stated that her husband has his eyes set on  the PA presidency.

Barghouti has been in prison since 2002 and there’s a feeling that the PA  leadership and many Fatah officials would prefer to see him remain behind  bars.  Recent public opinion polls suggesting that Barghouti was the Palestinians’  favorite choice for the job of PA president may be inaccurate or baseless.  Nonetheless, these polls have left many PA and Fatah representatives  worried. Old guard officials like Abbas are worried because Barghouti  represents a young generation of disgruntled Palestinians eager for regime  change.  This is a generation that has long been struggling for a larger role in the  decision-making process, but to no avail.  Yasser Arafat and his old-time colleagues who returned with him to the West  Bank and Gaza Strip after the signing of the Oslo Accords prevented the  young guard representatives from rising to power.  Abbas, who succeeded Arafat in January 2005, endorsed his predecessor’s  policy, keeping the young leaders away from bases of power in Fatah, the PLO  and the PA.  Barghouti was one of the few Fatah operatives who dared to speak out against  the policy of « marginalizing » him and the young guard, grassroots figures in  the West Bank and Gaza Strip. He was also one of the few Palestinians who  openly criticized rampant financial corruption in the Palestinian Authority.  Some of Barghouti’s supporters in Fatah are convinced that senior officials  in Arafat’s office had tipped-off the Israelis about his hiding place.

Yet Barghouti is also seen as a threat by some leading young guard  representatives in Fatah like Mohammed Dahlan and Jibril Rajoub, the two  former security commanders who served under Arafat. Both Dahlan and Rajoub  also see themselves as suitable candidates to succeed Abbas.  The release of Barghouti or, alternately, a decision by him to run in a new  election is therefore likely to aggravate tensions in the ruling Fatah  faction.  Barghouti is said to have close ties with the Hamas leadership, both in the  Gaza Strip and Syria. Over the past two years, Barghouti has come out in  support of unity between Fatah and Hamas. His release would not only  undermine the status of the current Fatah and PA leaders, but it could also  expedite the process of reconciliation between his faction and Hamas.

Some Palestinians, however, remain skeptical regarding Barghouti’s chances  of winning in a presidential election. They point out that Barghouti was at  the head of the Fatah list that lost to Hamas in the January 2005  legislative election.  Unlike many in the Western media, Palestinian journalists and writers have  rarely – if ever – referred to Barghouti as a « charismatic » leader or as the  « Palestinian Nelson Mandela. » Cynics and conspiracy theorists in the  Palestinian territories go further by arguing that Barghouti is actually  part of a US-Israeli scheme aimed at turning him into the next leader of the  Palestinians. To back up their argument, they ask simple questions such as:  Since when does Israel allow a security prisoner to give media interviews or  hold meetings with Israeli, Palestinian, European and American officials in  his prison cell?  Undoubtedly, Barghouti is respected by many Palestinians.

Yet, this is not  because he’s the Palestinian Nelson Mandela or Salah Eddin – the Muslim  warrior who drove the Crusaders out of Jerusalem – but because he’s sitting  in Israeli jail.  Barghouti is respected by many in Fatah, but his popularity among the  faction’s cadres is surely not as enormous as it’s being portrayed by many  Western journalists. Dahlan and Rajoub are believed to enjoy much more  support among Fatah members and supporters in the West Bank and Gaza Strip.  Some Fatah operatives have even complained that the public opinion polls  that have been predicting a sweeping victory for Barghouti were part of an  EU-funded campaign designed to bolster his image among Palestinians as their  only hope for the future.

Voir encore:

Video shows Barghouti breaking hunger strike
Yaakov Katz

The Jerusalem post

August 20, 2004

During the Palestinian security prisoner hunger strike, which began Sunday, Aug. 15, a number of cases of strike-breaking have been reported. Among those allegedly consuming food are imprisoned Fatah leader Marwan Barghouti and other strike leaders, who have been put in separate cells.

Israel Prison Services released a film Wednesday, Aug. 18, filmed by a hidden camera that shows a man, apparently Barghouti, eating in his cell with the door and window covered by a cloth.

Barghouti, the highest-ranking Palestinian in Israeli custody, is serving five consecutive life terms after being convicted of involvement in fatal attacks.

The West Bank leader of Yasser Arafat’s Fatah movement was one of the organizers of the hunger strike.

The black-and-white film carries a date of Aug. 17 in the lower right corner. It shows a bare-chested man who looks exactly like Barghouti washing his hands and then eating.

Prison Services spokesman Ofer Lefler said Barghouti asked wardens for the food and ate without knowing that a camera was filming from a small hole in the wall. Israel wanted to show fasting prisoners how their leader was behaving, Lefler said.

« I want to show the world and the Palestinians that we are dealing with terrorists, » Lefler said. « Barghouti is sitting on a pot of meat and he sends his friends to die. »

The Palestinian security prisoner hunger strike intensified on its fourth day Aug. 18, with the number of inmates striking rising from 1,400 to more than 2,200.

The strike started Aug. 15, started with low numbers, but prison officials explained that the inmates were set to gradually join the strike with the peak set to be at the end of the week.

Arafat joined the strike on Aug. 18, in a display of solidarity with the prisoners’ struggle.

« Together we will continue fighting until the establishment of our own state with Jerusalem as its capital, » Arafat said. « [Internal Security Minister Tzachi] Hanegbi says that he doesn’t care if you starve to death. I say to him that he does not scare us. »

Voir par ailleurs:

Marwan Barghouti, le nouveau Mandela ?
PORTRAIT. Le leader palestinien, incarcéré depuis 11 ans en Israël pour terrorisme, possède un parcours étonnamment semblable à celui de Madiba.
Armin Arefi

Le Point

10/12/2013

Parmi le concert de réactions à la mort de Nelson Mandela, une voix était particulièrement inattendue. Depuis la cellule 28 du centre de détention de Hadarim, au nord de Tel-Aviv, Marwan Barghouti, prisonnier palestinien incarcéré depuis onze ans, a rendu un vibrant hommage au père de la nation arc-en-ciel. « De ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez obtenu la vôtre. (…) L’apartheid ne l’a pas emporté en Afrique du Sud et il ne l’emportera pas en Palestine. »

L’auteur de la missive a été condamné à cinq peines de perpétuité pour son implication dans des meurtres visant des civils israéliens. Mais loin d’être un simple prisonnier palestinien de droit commun, Marwan Barghouti est en réalité la figure politique la plus connue en Palestine. L’homme, âgé de 54 ans, est même surnommé le « Mandela palestinien » en raison de sa longue détention ainsi que de sa capacité à fédérer. « La comparaison est hors de propos, Mandela n’ayant pas de sang sur les mains », souligne Yaron Gamburg, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France. Les similitudes entre les deux parcours sont pourtant frappantes.

Ardent défenseur de la lutte pacifique

À l’âge de 15 ans, celui que l’on décrit volontiers comme un enfant « désobéissant et rebelle » rejoint le mouvement palestinien Fatah, dont il fondera la branche des jeunes, le Shabiba. Premier point commun avec Nelson Mandela, qui a oeuvré chez les jeunes de l’ANC. Or, dès l’âge de 18 ans, Marwan Barghouti est arrêté par l’État hébreu pour « appartenance à une organisation terroriste ». C’est donc dans une prison israélienne qu’il achève ses études et apprend l’hébreu, qu’il parle aujourd’hui couramment. Deuxième point commun avec Mandela qui, durant ses vingt-sept années de détention, a appris l’afrikaans (langue de l’apartheid), pour mieux comprendre ses ennemis d’alors.

Tout comme l’ancien président sud-africain, Marwan Barghouti est tout d’abord un ardent défenseur de la résistance pacifique. À sa libération de prison, il est élu président du conseil des étudiants de l’université de Birzeit. Apprécié pour ses talents d’orateur, il joue un rôle de premier plan lorsqu’éclate en 1987 la première Intifada (soulèvement en arabe, NDLR), un mouvement de protestation populaire majoritairement pacifique contre l’occupation israélienne. Tsahal s’en rend compte et l’arrête au cours de la même année. Marwan Barghouti est expulsé manu militari vers la Jordanie. Il ne reviendra au pays qu’en 1994, à la faveur des accords d’Oslo.

Basculement vers la lutte armée

Cet exil de sept ans ne le dissuade en rien de conclure une paix durable avec Israël. Convaincu de l’importance de l’Autorité palestinienne, entité intérimaire censée proclamer au bout de cinq ans la création d’un État souverain, le petit homme chauve au visage rond devient en 1996 député au sein du Conseil législatif de Palestine, et secrétaire général du Fatah pour la Cisjordanie. Or, malgré le renoncement à la lutte armée, l’État promis ne voit jamais le jour, ajoutant à la frustration des Palestiniens. L’année 2000 sonne comme un tournant.

La visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem met le feu aux poudres et provoque la seconde Intifada, bien plus violente que la première. Marwan Barghouti en est l’un des leaders. Cette fois, il dirige le Tanzim, branche populaire du Fatah, dont certains éléments luttent militairement contre Tsahal. « Marwan Barghouti n’est pas un chef militaire mais un leader politique », souligne Majed Bamya, diplomate palestinien en charge du dossier des prisonniers. « S’il a invoqué la légitimité de la résistance contre l’occupation, y compris par des moyens militaires, il a toujours privilégié la voie diplomatique et s’est toujours opposé à des attentats contre des civils. » Une affirmation que conteste fermement le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France. « Le Tanzim est impliqué dans des actes terroristes contre des civils, que Marwan Barghouti organisait », assure Yaron Gamburg.

« Terrorisme »

Ce basculement vers la lutte armée a également été observé chez Nelson Mandela en 1960, face à son incapacité à répondre à la répression exercée par le régime de l’apartheid. À la tête de l’Umkhonto we Sizwe (« Le fer de lance de la nation »), branche armée de l’ANC, il se lance dans des activités de sabotages de sites militaro-industriels, première étape avant, dit-il, de mener des actions de « guérilla ». Très vite, Madiba se voit accuser de « terrorisme » par les autorités de Pretoria. Lors de son arrestation en 1963, le futur président expliquera que le recours au terrorisme n’était qu’une réponse à la violence du régime.

Après avoir échappé à une tentative d’assassinat en 2001, Marwan Barghouti est finalement arrêté par Tsahal en 2002, à Ramallah. Inculpé pour avoir commandité cinq meurtres, dont l’attentat du Sea Food Market à Tel-Aviv dans lequel périrent trois civils, le député palestinien écope le 6 juin 2004 de cinq condamnations à la réclusion à perpétuité. Une peine à laquelle la justice israélienne ajoute 40 ans d’emprisonnement pour une tentative de meurtre déjouée par l’armée israélienne. Lors de son procès, le leader palestinien refuse de se défendre, le tribunal israélien étant à ses yeux illégitime. Il en profite au contraire pour se livrer à plaidoyer contre l’occupation, exactement comme Nelson Mandela lors du procès de Rivonia, en 1963.

Symbole

« Le procès de Marwan Barghouti était hautement politique », assure Majed Bamya, qui rappelle que le rapport de la commission des droits de l’homme de l’Union interparlementaire (l’organisation mondiale des Parlements des États souverains, NDLR) a conclu à un procès non équitable. « Marwan Barghouti a été arrêté parce qu’il était le symbole de la seconde Intifada », affirme le diplomate palestinien. « Marwan Barghouti a reconnu les faits et s’est même dit fier de ses agissements », prétend au contraire Yaron Gamburg. « Ce n’est pas un homme de paix mais un grand terroriste. »

La prison ne va pourtant pas le faire taire, bien au contraire. Malgré des périodes d’isolement allant jusqu’à mille jours, le député palestinien va même asseoir son autorité. « Comme Nelson Mandela dans la prison de Robben Island, Marwan Barghouti va servir de modèle à ses codétenus », note Majed Bamya. « Il a beaucoup oeuvré pour leur éducation, et ses prises de position sont très écoutées », souligne le diplomate palestinien. Son aura dépasse largement les murs de sa prison.

« Apartheid »
Depuis sa cellule n° 28, il invite les Palestiniens à la réconciliation nationale et initie le Document des prisonniers palestiniens, proposant de former un gouvernement de coalition afin de surmonter l’impasse de la victoire du Hamas aux législatives de 2006. L’initiative appelle également à un cessez-le-feu et à la négociation avec Israël sur la base des frontières de 1967. Fait sans précédent, Barghouti parvient à faire adopter le document par les leaders en prison de tous les partis palestiniens, y compris le Hamas, alors que celui-ci prône dans sa charte la destruction de l’État hébreu. « Cela témoigne de la capacité unificatrice et modératrice de Marwan Barghouti », souligne Majed Bamya.

Son sens aigu de la politique lui vaut de recevoir de régulières visites d’émissaires israéliens comme palestiniens. Extrêmement populaire chez une jeunesse désenchantée par l’inaction de sa classe politique vieillissante, Marwan Barghouti est souvent présenté comme un possible successeur au président Mahmoud Abbas. C’est « un homme qui, de sa prison, joue et jouera, c’est certain, une fois libéré, un rôle majeur pour bouger les lignes et ouvrir de nouvelles relations avec Israël », prédit même en avril dernier la vice-présidente du Parlement européen, Isabelle Durant.

Si le plus populaire des Palestiniens est à l’heure actuelle toujours emprisonné dans sa cellule Hadarim, son portrait trône fièrement sur le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie, surnommé « mur de l’apartheid » par les Palestiniens. En décembre 1997, Nelson Mandela avait marqué les esprits en annonçant que sa liberté était « incomplète sans la liberté des Palestiniens ». Alors que l’âme de Madiba s’est éteinte jeudi dernier, une campagne pour la libération de Marwan Barghouti et de l’ensemble des prisonniers palestiniens est née le 27 octobre dernier dans la cellule qui a enfermé pendant tant d’années le leader de la lutte anti-apartheid.

Voir aussi:

Emprisonné en Israël depuis 12 ans  Marwan Barghouti, le « Mandela palestinien » ?
Clémentine Rebillat

Paris Match

18/04/2014

L’épouse de Marwan Barghouti, incarcéré depuis 2002 en Israël, était la semaine dernière à Paris pour présenter la campagne internationale de libération de son mari et de tous les prisonniers politiques palestiniens.

Jeudi avait lieu la journée Internationale des prisonniers politiques. Parmi eux, Marwan Barghouti, figure influente du Fatah. Arrêté à Ramallah par les forces israéliennes le 15 avril 2002, il a été le tout premier parlementaire palestinien détenu. Condamné cinq fois à la prison à vie pour avoir commandité cinq meurtres, dont l’attentat du SeaFood Market à Tel-Aviv dans lequel trois civils ont perdu la vie, il a écopé en plus de 40 ans de réclusion pour une tentative de meurtre déjouée par l’armée israélienne. Il a cependant été acquitté de 21 autres chefs d’inculpation pour meurtres. Lors de son procès, Marwan Barghouti a refusé de se défendre, ne reconnaissant pas la légitimité du tribunal israélien et affirmant être innocent des chefs d’accusation portés contre lui.

Depuis, sa femme, Fadwa, se bat pour faire libérer son époux et les autres prisonniers palestiniens. La semaine dernière, elle était à Paris afin de présenter la grande campagne internationale, lancée depuis la cellule de Nelson Mandela, à Robben Island en 2013, soutenue notamment par l’évêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancien président américain Jimmy Carter, ou encore Michel Rocard. Stéphane Hessel s’était lui aussi engagé dans cette campagne. «Marwan est un symbole de la résistance et sa non-libération est avant tout motivée par des questions politiques», a expliqué Fadwa Barghouti, qui a rappelé que «l’enlèvement» de son mari avait été «un choc pour tout le monde».

« C’est soit la paix, soit l’Apartheid »
Initiateur du Document national de la réconciliation des prisonniers, sur la base duquel le gouvernement d’union nationale s’est formé en 2007, Marwan Barghouti est rapidement devenu une figure populaire et unificatrice en Palestine. «Israël lui a tout infligé, 100 jours d’isolement, 100 jours d’interrogatoire. Mais face à la volonté d’Israël de le faire taire, lui a la volonté de se faire entendre», affirme son épouse. «La pression que nous subissons nous rendra encore plus déterminés à obtenir la libération nationale», ajoute-t-elle, lançant cette formule choc: «C’est soit la paix, soit l’Apartheid».

«Il faut qu’Israël comprenne que l’oppression ne fait pas régner la sécurité. Au lieu de placer ses efforts ailleurs, Israël préfère gérer l’occupation», affirme Fadwa Barghouti. Celle qui a rencontré son mari alors qu’elle était encore étudiante et militait déjà en faveur des droits des prisonniers palestiniens regrette qu’Israël ne tienne pas ses engagements, «même les plus simples». «Avec les accords d’Oslo, en 1993, nous sommes tombés dans le piège de croire que la paix permettrait la libération des prisonniers. Mais aujourd’hui, Israël refuse de libérer les prisonniers palestiniens. Quel signal donne-t-elle? La libération des prisonniers doit venir avant les négociations, et non comme un aboutissement», explique cette mère de quatre enfants. Pour elle, le refus de libérer les prisonniers, dont son mari, empêche le processus de paix d’avancer. «Il devrait être libre, pour que nous puissions aller plus loin. Mais lorsqu’on exige un prix en retour, nous sommes alors dans une situation de prise d’otage», lance-t-elle.

Et c’est avec l’aide d’autres pays que Fadwa Barghouti espère gagner son combat. «Il faut que la France agisse, parce que la cause est belle et juste. La France comprend le rôle que pourra jouer Marwan une fois libre. Mais il est également important que Monsieur Kerry, secrétaire d’État des Etats-Unis, nous dise enfin qui est responsable du non-avancement des négociations», explique-t-elle. Selon elle, «ne pas libérer les prisonniers est une humiliation pour le peuple palestinien».

Depuis le début de son engagement dans la lutte pour la Palestine, Marwan Barghouti est surnommé le «Mandela palestinien», en raison de la similarité de leurs parcours. Tous deux ont formé le mouvement de la jeunesse au sein de leur faction politique, tous deux on défendu le droit de résister, même par les armes (Mandela a dirigé l’aile armée de l’ANC lors de son arrestation et Barghouti est considéré comme l’un des principaux dirigeants des deux Intifada), tous deux ont refusé de reconnaître la légitimé des tribunaux devant lesquels ils étaient jugés, et tous deux sont devenus des symboles de la lutte de leur peuple. Depuis sa cellule d’ Hadarim, à l’annonce de la mort du leader sud-africain, Barghouti lui a d’ailleurs écrit une lettre: «Vous disiez: « Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas complète car il lui manque la liberté des Palestiniens. » Et depuis l’intérieur de ma cellule, je vous dis que notre liberté semble possible parce que vous avez atteint la vôtre. L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine».

Mais si Marwan et Fadwa Barghouti ne perdent pas espoir, les années de lutte commencent à se faire sentir. «Cela a été pour moi douze longues années, j’ai faibli. J’ai faibli face aux questions de mes enfants. Ils voient leur père très rarement, il n’a même pas encore pu voir sa petite-fille», confie Fadwa. Elle ne le voit que 45 minutes, une fois toutes les deux semaines. «Mais cette visite derrière une vitre ne m’appartient pas, explique-t-elle. Je dois jongler entre tant de questions. Celles de nos enfants, les questions politiques, les messages que l’on veut envoyer…» Pourtant, Fadwa Barghouti ne regrette pas d’avoir pris la décision de le suivre dans ce combat. «Lorsqu’il a demandé ma main, il m’a dit: « prend une semaine pour réfléchir, avec moi la route sera longue et pénible. Je peux finir assassiné, arrêté. Mais un fois que le pays sera libre, je me consacrerai à vous ». Mais je n’ai pas eu besoin de temps pour réfléchir», assure-t-elle, certaine que ces souffrances seront un jour un lointain souvenir. «Parce que le message que nous portons est un message de paix, et d’humanité»

Voir encore:

Magnanville : le meurtrier de deux policiers abattu, la piste terroriste pas exclue
M.L. avec J.C, M.G et St.S.

Le Parisien

13 juin 2016

Vers minuit, les forces de l’ordre ont donné l’assaut et abattu le forcené qui avait tué un policier devant son domicile quelques heures plus tôt

Le dénouement est violent et le bilan terrible. Vers minuit, les forces de l’ordre ont donné l’assaut contre la maison où s’était retranché à Magnanville (Yvelines) le forcené qui, vers 20h30, avait poignardé à mort un policier en civil avant de se réfugier dans la maison du fonctionnaire. De nombreux tirs, et une ou deux explosions, ont alors été entendus.

En pénétrant dans le pavillon, Le Raid et la BRI  ont abattu le forcené. Mais, à l’intérieur, ils ont découvert le cadavre de la compagne du policier. Ils sont parvenus cependant à sauver le fils du couple âgé de trois ans qui a été pris en charge par des médecins. Selon certains témoins, le forcené, un voisin de la famille du policier, aurait crié «Allah Akbar»

Le commandant de police en civil, numéro deux du commissariat des Mureaux, a été tué de neuf coups de couteau à l’abdomen, lundi soir, vers 20 h 30 allée des Perdrix, un quartier résidentiel de Magnanville (Yvelines). Le tueur, dont on ignore encore l’identité, s’était ensuite retranché dans la maison du fonctionnaire où il avait pris en otage sa compagne et son fils âgé de trois ans.

Les policiers du Raid et de la BRI de Versailles se sont rapidement rendus sur les lieux pour tenter de négocier la reddition du meurtrier. Le quartier a alors été totalement bouclé, plongé dans le noir et le gaz a été coupé dans le périmètre. Plusieurs maisons voisines ont été vidées de leurs occupants.

En fin de soirée, le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, le préfet et le maire de la commune se sont rendus sur place, ainsi que le directeur général de la police nationale.

Peu avant minuit, toutes les tentatives de dialogue avec le forcené ayant échoué, l’ordre a été donné de lancer l’assaut. D’autant que le forcené avait, semble-t-il, annoncé sur les réseaux sociaux, le meurtre de la compagne du policier.

L’émotion est très forte dans les rangs de la police. Le ministre de l’Intérieur a fait part lundi soir de son «infinie tristesse». Le commandant assassiné était âgé de 42 ans. Il était chef adjoint de la Police judiciaire au commissariat des Mureaux. Il était auparavant en poste au commissariat de Mantes-la-Jolie. « C’était un policier très sympathique qui avait très bonne réputation », souligne un de ses collègues. Sa compagne était, elle aussi, fonctionnaire de police au commissariat  de Mantes-la-Jolie.

Bernard Cazeneuve se rendra ce mardi aux commissariats des Mureaux et de Mantes-la-Jolie pour témoigner de la solidarité du gouvernement.

Voir enfin:

Déclin et chute du mouvement nationaliste palestinien
Barry RubinBarry Rubin, directeur du Global Research in International Affairs Center (GLORIA) (Herzliya, Israël, Université interdisciplinaire), dirige les éditions française et anglaise de la Middle East Review of International Affairs. Son dernier ouvrage s’intitule The Long War for Freedom: The Arab Struggle for Democracy in the Middle East (New York, Wiley, 2005).
Texte traduit de l’américain par Déborah Touboul

Cairn

2002

1La victoire du Hamas aux élections de janvier 2006 eut l’effet d’un tremblement de terre, alors qu’il n’aurait pas dû être une surprise. En plus de révéler la montée du Hamas et des islamistes, cette victoire a confirmé l’effondrement du mouvement nationaliste palestinien. Au bout du compte, le Fatah et les nationalistes auront survécu à leur utilité. Promettant et parfois même proclamant la victoire, ils ne connurent que défaite sur défaite, chassés de Jordanie en 1970, du Liban en 1982 et en 1983, Israël se renforçant au lieu de s’effondrer et les États arabes réduisant progressivement leur aide à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) [1][1] Pour une histoire de l’OLP jusqu’en 1994, voir B. Rubin,….
2L’OLP revint en Cisjordanie et à Gaza en 1994, mais seulement grâce à un accord avec Israël. Après le retour de 200 000 Palestiniens, la formation d’un gouvernement, et avec l’aide massive de la communauté internationale, la situation palestinienne ne s’améliora que de très peu et Yasser Arafat dirigea en fait un régime corrompu et oppressif [2][2] Voir B. Rubin, The Transformation of Palestinian Politics:…. En 2000, Arafat rejeta à deux reprises une solution incluant la création d’un État palestinien, ainsi que des milliards de dollars de compensation, menant son peuple à cinq ans de guerre désastreuse. Paradoxalement pourtant, demandes maximalistes, méthodes dictatoriales et moyens terroristes, qui sont les vraies causes de l’échec, semblent acceptés par le Fatah et le Hamas, et appuyés par la majorité des Palestiniens. Face à l’extrémisme du Hamas, les nationalistes du Fatah furent pris d’une arrogante suffisance. Persuadés de leur propre slogan, selon lequel leur mouvement est le seul représentant légitime des Palestiniens, ils ne pouvaient concevoir d’être remplacés. La seule solution aurait été de développer un programme nouveau, fondé sur l’autocritique du passé et l’analyse de la réalité présente. Les nationalistes auraient pu se concentrer sur des mesures d’amélioration du niveau de vie, convaincre les réfugiés de revenir dans un État palestinien (au lieu d’exiger un retour en Israël), créer une économie solide, des écoles ou un système de santé.
3Certes, des causes immédiates eurent aussi leur rôle dans la chute des nationalistes :

l’OLP a pratiquement cessé d’exister et les populations palestiniennes du Liban et de Jordanie, convaincues que le Fatah ne pourrait jamais les ramener en Palestine, se sont progressivement tournées vers les partis islamistes ;
la direction de l’Autorité palestinienne (AP), surtout Mahmoud Abbas, s’est montrée faible et inefficace, et plus apte à piller les masses qu’à les défendre ;
les perspectives économiques étaient si mauvaises que la Banque mondiale estima en 2006 que dix années seraient nécessaires pour seulement retrouver le niveau de 2000 [3][3] « The Palestinian Economy and the PA’s Fiscal Situation:…. Fin 2005, le seul responsable jouissant de la confiance des investisseurs occidentaux, le ministre des Finances Salam Fayyad, démissionna, à la suite de l’augmentation irresponsable des salaires de l’AP. L’aide européenne fut suspendue [4][4] Reuters, 15 novembre 2005.. Fayyad forma son propre parti, mais son score aux élections parlementaires – deux sièges – dénonce la faiblesse des vrais modérés de la politique palestinienne ;
le Fatah s’est divisé avec, d’un côté, la faction intransigeante au pouvoir, contrôlant l’OLP, l’AP et les services de sécurité, et, de l’autre une jeune faction intransigeante, dirigeant les Tanzim (organisation populaire du Fatah) ainsi que les Brigades d’Al-Aqsa. Une majorité des sympathisants d’Abbas rejoignirent cette dernière faction ;
l’AP ne sut pas gérer la chance offerte par le retrait d’Israël de la bande de Gaza. Les zones palestiniennes se retrouvèrent plongées dans la violence des factions, l’anarchie et la corruption grandissantes. Le Fatah incarnait la continuité de cette situation.
Le Fatah aurait pu maintenir son contrôle pendant encore des années, en l’absence d’élections. Mais la victoire du Hamas représente un virage politique fondamental : il aura déjà fallu dix ans après le scrutin de 1996 pour renouveler le mandat « de quatre ans » du premier parlement. Le Fatah a dirigé le mouvement palestinien pendant presque 40 ans : le Hamas peut s’attendre à garder les rênes un moment. Pour ses dirigeants, il s’agit bien de la troisième ère politique palestinienne, après celle de l’OLP-cliente de l’Égypte (1964-1967) et l’ère Arafat (1968-2006).
Le legs Arafat
4Yasser Arafat a réussi à garder l’unité du mouvement palestinien, en lui évitant de devenir la marionnette d’un État arabe, et à lui gagner un large soutien international. En dépit de ces succès, une grande part de sa carrière dut être consacrée à survivre aux débâcles dont il était lui-même la cause.
5En 1993, Arafat signa les accords d’Oslo, dans lesquels il promit de mettre un terme au terrorisme et de négocier une sortie pacifique au conflit avec Israël. Il revint alors en Palestine et prit la direction de l’AP, alors convaincue qu’elle réussirait à créer un État. Mais, en plus de onze ans de pouvoir quasi incontesté sur plus de 2 millions de Palestiniens, Arafat ne fit presque aucun effort pour fonder des institutions solides, une économie productive ou un électorat favorable à la modération. En 2000, en rejetant les propositions de Camp David et du plan Clinton, Arafat choisit de continuer la guerre, convaincu que la violence lui permettrait de parvenir à ses fins : avec, pour résultat, quatre années de carnage et plusieurs milliers de morts inutiles.
6Le Fatah n’a jamais été un groupe nationaliste ordinaire : sa priorité principale n’a jamais été d’obtenir un État où son peuple vivrait en paix, mais une victoire totale détruisant Israël et transformant les terres contestées en un État arabe. L’exigence « non négociable » du retour de tous les réfugiés palestiniens en Israël est révélatrice. Aucun véritable mouvement nationaliste ne voudrait « renoncer » à ses citoyens potentiels de la sorte, en exigeant qu’ils aillent vivre dans un autre pays. Le concept de « retour » est simplement un moyen de renverser Israël de l’intérieur [5][5] Farouk Kaddoumi, qui fut pendant longtemps ce qu’il…. Seule une stratégie intégrant les compromis nécessaires aurait pu mener à une solution à deux États et à une paix réelle. Les dirigeants palestiniens ont préféré poursuivre le conflit plutôt que de le résoudre [6][6] Voir le document du Fatah : « 44 Readers why Fateh…. Pour Arafat et ses collègues, l’État palestinien ne pouvait être qu’une solution intérimaire, n’interférant pas avec la lutte prolongée qui déboucherait un jour sur les buts fixés. Les nationalistes redoutaient en réalité qu’un État palestinien ne les éloigne de leur ambition fondamentale. Ceci garantissait aussi que le conflit ne se terminerait pas par un compromis. Sinon, une solution négociée eût pu mener à un État palestinien dès les années 1970, 1980 ou 1990, ainsi qu’en 2000 [7][7] Voir les accords de Camp David entre l’Égypte et Israël,….
7L’acceptation par Arafat des méthodes terroristes n’est pas annexe mais centrale dans sa stratégie. En ciblant délibérément des civils israéliens, il pensait causer la chute d’Israël, alors qu’il discréditait les Palestiniens [8][8] Cf. B. Rubin, « The Origins of PLO Terrorism », in…. À l’issue de sa carrière, en dépit de son influence en Europe, de son don pour les relations publiques et de son image révolutionnaire, Arafat apparaissait de plus en plus comme une partie du problème et non comme sa solution. Le 11 septembre 2001 aggrava cette perception, en exhibant concrètement le coût du terrorisme. Alors que le monde s’engageait dans la guerre contre le terrorisme, Arafat continua à l’organiser et à le pratiquer [9][9] Voir par exemple la participation d’Arafat à Karine-A,…. Désillusionnés par son incompétence, son manque de fiabilité et sa stratégie violente, les États-Unis et Israël refusèrent de traiter avec lui [10][10] George W. Bush : « J’ai vu ce qu’il a fait au président…. Arafat était plus critiqué que jamais en Europe et dans le monde arabe, et, à sa mort, il était même plus populaire en France que parmi les Palestiniens [11][11] « Poll: French see Arafat as hero », Jerusalem Post,…. En 2004, les institutions palestiniennes se trouvaient dans un état critique. Le système Arafat assurait sa domination directe, mais de façon très laxiste, sans construire de véritables institutions, sans culture de la discipline et sans vraie chaîne de commandement. Rien ne fonctionnait sans Arafat, et le consensus n’était atteint que par le statu quo ou l’adoption du plus petit dénominateur commun entre les factions rivales, milices, groupes nationalistes ou islamistes. Les ressources finançaient, pour l’essentiel, les forces de sécurité ou l’achat du soutien de telle ou telle partie de la population, sans grande préoccupation d’une politique économique ou sociale. Stratégiquement, le mouvement se retrouvait dans une position fragilisée. L’aide étrangère, la bonne volonté israélienne et le soutien international s’étaient épuisés.
8Les Palestiniens peuvent bien proclamer leurs victoires, comme ils le firent récemment en affirmant qu’Israël s’était retiré de la bande de Gaza grâce à la lutte armée : ils font face, dans les faits, aux conséquences de leurs défaites. Les dirigeants palestiniens estiment qu’ils doivent continuer la lutte armée car elle leur rapporte, surestimant le soutien de l’Occident et du monde arabe, ainsi que la faiblesse d’Israël. Cette tendance à mal évaluer les conditions réelles et l’équilibre des forces porte le sceau d’Arafat. Quand Abbas et quelques autres réalisèrent l’étendue du désastre, ils furent à peine capables de dire la vérité et encore moins d’effectuer les changements nécessaires [12][12] Pour sa déclaration la plus intéressante, voir Al-Rai,…. Idéologiquement parlant, le prestige de la lutte armée, la légitimité du terrorisme et l’exaltation de la victoire totale sont devenus centraux. Israël est présenté comme le diable, un diable pouvant capituler devant un terrorisme fort et prolongé, chacune de ses propositions pour en arriver à la paix ou au compromis étant minimisée. Cette culture politique véhiculée par les écoles contrôlées par l’AP, les mosquées et les médias, est maintenant reprise par une nouvelle génération, toute base de compromis avec Israël étant définie fondamentalement comme une trahison. Peu de Palestiniens savent aujourd’hui qu’en 2000, les États-Unis et Israël ont offert une solution négociée sous tous ses aspects, comprenant un État palestinien indépendant sur la totalité de Gaza, presque l’intégralité de la Cisjordanie et une grande partie de Jérusalem-Est, dont la souveraineté sur la mosquée d’Al-Aqsa [13][13] Pour un compte rendu des négociations se basant sur…. Désinformés, les Palestiniens pensent qu’Israël a empoisonné Arafat, qu’elle compte exterminer les Palestiniens, qu’elle est l’ennemi de l’Islam, et donc que la lutte armée est le seul choix possible de long terme.
9Tous ces facteurs ont favorisé l’ascension du Hamas, qui promettait des institutions fortes et vertueuses. Stratégiquement et idéologiquement, il offrait implicitement de poursuivre dans la ligne du Fatah, mais plus efficacement. En chantant les louanges de l’extrémisme, le Fatah a semé les graines, et le Hamas a récolté les fruits.
L’échec de Mahmoud Abbas
10Ce qu’Arafat avait mis en place pouvait difficilement être modifié par Abbas, bureaucrate expérimenté mais ne jouissant pas d’un fort soutien personnel et aux moyens politiques limités [14][14] Une analyse du Comité exécutif de l’OLP et du Comité…. Il ne réussit ni à faire progresser les négociations avec Israël, ni à résoudre les problèmes de l’AP, ni à soigner les maux du Fatah, ni à stopper l’ascension du Hamas. Dépassé par les extrémistes et la nouvelle génération, il n’était soutenu que par moins de 20 % du Fatah et ses quelques supporters se disputaient avec lui et entre eux [15][15] Le Premier ministre Ahmed Qoraï (Abou Alla) s’opposa….
11Abbas dut affronter une division croissante du Fatah entre factions et le pouvoir demeura aux mains d’un establishment qui considérait que la seule issue acceptable du conflit était l’installation d’un État palestinien en lieu et place d’Israël [16][16] Un bon exemple de cette école est Sakhr Habash, chef…. Satisfaits par le statu quo, ces dirigeants ne trouvèrent aucune raison d’abandonner la politique et les pratiques traditionnelles. Au contraire, ils s’opposèrent au changement – une situation objectivement catastrophique pour les Palestiniens, et très profitable aux responsables en place. En dépit de son rejet des réformes, l’establishment avait de bonnes raisons de garder Abbas comme dirigeant. Il était des leurs, un homme qui soutiendrait leurs intérêts face à la nouvelle génération et aux islamistes, présenterait une façade modérée, et s’assurerait ainsi du soutien et de l’aide financière de l’Occident [17][17] La politique occidentale consistant à « soutenir les…. Parallèlement, il était trop faible pour représenter une menace. Un groupe de jeunes militants du Fatah, composé en partie des Brigades d’Al-Aqsa et du groupe des Tanzim, représentait un défi pour cet establishment. Le dirigeant le plus connu de ce groupe, Marwan Barghouti, est aujourd’hui dans une prison israélienne à vie pour avoir été l’organisateur principal de la campagne terroriste de 2000-2005. Les trois groupes palestiniens les plus puissants, l’establishment du Fatah, la jeune garde du Fatah et le Hamas, ont pourtant tous essentiellement la même vision, les mêmes buts et la même stratégie. Face à une telle convergence, la foi chancelante d’Abbas en la nécessité d’une position modérée n’avait que peu de chance de concrétiser quoi que ce soit [18][18] Abbas, même s’il voulait négocier avec Israël, était…. Après avoir aidé à l’échec de l’Administration Abbas, la jeune garde du Fatah et le Hamas apparurent dès lors comme des alternatives. Mais, en présentant trop de candidats rivaux aux législatives de janvier 2006, la jeune garde du Fatah garantissait sa défaite et une victoire écrasante du Hamas.
12Abbas parut particulièrement impuissant lors des campagnes locale de 2005 et législative de 2006. L’anarchie s’installa dans la bande de Gaza suite au retrait des Israéliens. Des factions armées du Fatah kidnappèrent à plusieurs reprises des représentants de l’AP et prirent le contrôle de différents services, pour exprimer leur mécontentement, exiger des emplois ou protester contre le non-paiement des salaires. Un des chefs les plus puissants des forces de sécurité, Moussa Arafat, neveu de Yasser, fut assassiné lors d’un violent accrochage près de la résidence d’Abbas [19][19] Bloomberg, 7 septembre 2005. Il y eut beaucoup d’autres…. Le 4 janvier 2006, les Brigades d’Al-Aqsa tuèrent deux soldats égyptiens et en blessèrent 30, en tentant de prendre le contrôle de la frontière entre Gaza et l’Égypte, pour exiger la libération d’un de leurs officiers, arrêté par l’AP pour avoir enlevé une famille britannique. Le lendemain, l’AP le libérait [20][20] Pour la forte réaction égyptienne, voir Al-Quds, 17…. Huit jours plus tard, une bande armée attaquait la résidence du ministre de l’Intérieur Nasser Youssef [21][21] Associated Press, 12 janvier 2006.. Vu l’anarchie régnant dans les zones contrôlées par les Palestiniens, la violence croissante entre les factions, la récession économique, la corruption grandissante et l’absence totale de perspective d’avenir, les Palestiniens se tournèrent alors vers le Hamas : le Fatah avait réussi son propre suicide politique.
La victoire du Hamas
13Trois élections différentes, entre 2005 et 2006, indiquèrent la tendance : les primaires du Fatah, au cours desquelles les intransigeants supplantèrent les modérés, les élections locales, où le Hamas triompha du Fatah, les législatives, dont les résultats furent semblables aux votes municipaux.
14Lors des primaires, la jeune garde réussit dans sa quête de places en tête de la liste législative du Fatah. Mais Mahmoud Abbas gardait, selon les règles du Fatah, toute latitude pour nommer qui il voulait aux hauts postes de responsabilité et ses collègues ne l’auraient de toute façon pas laissé les déloger de leur pouvoir. La jeune garde resta insatisfaite. Alors que Marwan Barghouti se laissait décourager de former son propre parti, plusieurs membres de la jeune garde, ainsi que d’autres éléments indisciplinés du Fatah, se présentèrent localement de leur propre initiative, fractionnant ainsi le vote du Fatah. Aux élections locales, le Hamas réussit remarquablement bien. Le Fatah gagna peut-être davantage de conseils, mais les islamistes triomphèrent dans ceux qui comptaient le plus, avec une nette majorité à Naplouse, Al-Bireh, Djénine et Ramallah. À l’issue des quatre tours, près de la moitié des Palestiniens vivaient sous des assemblées locales contrôlées par le Hamas [22][22] « Élections Palestine », Programme des Nations unies…. Ces résultats constituaient un avertissement évident pour le Fatah, mais restèrent sans effet. Les membres du Parlement devaient être élus en janvier de deux manières. La moitié des sièges étaient pourvus au scrutin de liste national : victoire impressionnante, la liste du Hamas obtint 29 sièges contre 28 pour le Fatah. Au niveau local, le Hamas réussit encore mieux, en raison du fractionnement du vote du Fatah. La Cisjordanie a élu 41 députés, 30 du Hamas, 10 du Fatah et 1 indépendant. Encore ces chiffres minorent-ils la victoire du Hamas : sur les 10 élus du Fatah, 4 l’ont été sur des sièges chrétiens. À Gaza, le Hamas a fait élire 15 candidats contre 6 pour le Fatah, et 4 indépendants. Soit un total de 74 sièges pour le Hamas, contre 44 au Fatah.
Le sens d’un tremblement de terre
15Dans le passé, 20 à 25 % des Palestiniens s’identifiaient au Hamas. Il est donc vraisemblable que la moitié des électeurs du Hamas ont approuvé son programme, l’autre moitié étant mue par la désillusion vis-à-vis du Fatah.
16Le Hamas n’a donc sans doute pas mandat d’appliquer un programme purement islamiste, mais cela ne signifie pas que ses électeurs soient modérés sur les autres questions. En dépit des opinions personnelles d’Abbas et des positions officielles du Fatah, les électeurs sont conscients que, concernant Israël et le terrorisme, les deux partis sont pratiquement identiques. Le Hamas peut donc considérer que son mandat est d’appliquer la plus grande part de son programme. D’aucuns pensent que le Hamas au pouvoir deviendra plus modéré. Mais une telle prévision va à l’encontre de ce que l’histoire, la logique politique et le comportement du Hamas lui-même nous enseignent. Historiquement, l’idée que des groupes radicaux deviennent modérés au pouvoir ne se vérifie pas dans la plupart des cas, et certainement pas dans les cas des communistes, fascistes, nationalistes arabes et groupes islamistes. C’est en général le contraire – l’échec dans l’accession au pouvoir – qui inspire les révisions, comme pour les mouvements eurocommunistes des années 1970, ou plus récemment les islamistes en Turquie. Mais le Hamas a obtenu une large victoire à partir de son programme : il n’a aucune raison de se modérer. D’autres facteurs importants militent aussi contre l’idée de la modération. Les dirigeants du Hamas croient passionnément en leur idéologie et la croient conforme à la volonté de Dieu, ce qui rend difficile son abandon [23][23] Voir le texte de la Charte du Hamas dans W. Laqueur…. Ils ne sont guère sensibles à l’avis des masses ; même le Fatah, dont la doctrine est plus populiste, put ignorer les doléances des victimes de sa politique. Les dirigeants du Hamas seront aussi détournés de la modération par la pression de leurs pairs : quiconque est accusé de modération voit sa carrière ruinée. Le fait qu’ils se pensent sur le chemin de la victoire les encourage peu aux concessions.
17Dans leurs discours et interviews en arabe, les dirigeants du Hamas ne révèlent aucun changement réel quant aux positions historiques de leur organisation. Lorsqu’ils s’expriment en anglais, ils empruntent un langage prudent, mélangeant une image modérée à des positions intransigeantes [24][24] Au mieux, la position du Hamas équivaut à celle de…. Le « plan de paix » du Hamas consiste à contraindre Israël à se retirer derrière toutes les frontières de 1967 et à permettre aux réfugiés palestiniens qui le souhaitent de retourner y vivre. En échange, le Hamas dit seulement qu’il n’attaquera pas Israël tant qu’il n’y sera pas prêt [25][25] Par exemple, lors d’une entrevue avec la chaîne de…. La haine profonde de l’organisation vis-à-vis des Juifs et ses visées génocidaires sont présentes dans ses déclarations quotidiennes. En dehors du choix des cibles prioritaires, peu d’éléments distinguent le Hamas d’Oussama Ben Laden, du Hezbollah ou du gouvernement iranien [26][26] Les groupes comme les Frères musulmans ou le Hamas…. Dans une cassette vidéo officielle du Hamas, retransmise en décembre pendant la campagne, Raed Said Hussein Saad (Abou Mouadh), commandant des activités militaires du Hamas au nord de Gaza, explique que la lutte continuera jusqu’à ce que « pas un pouce de notre terre sacrée ne reste aux mains des Juifs » [27][27] Reuters, 12 janvier 2006.. Deux autres cassettes vidéos officielles rendues publiques en février, après l’élection, montrent des kamikazes terroristes du Hamas, l’un d’entre eux proclamant dans un message aux Juifs : « Nous vous détruirons, vous ferons exploser, nous vengerons contre vous [et] purifierons la terre de vous, cochons qui avez sali notre pays ». « Le Djihad est le seul moyen de libérer la Palestine, toute la Palestine, de l’impureté des Juifs. » [28][28] Traduit par le Palestinian Media Watch Bulletin, 14… Ces cas ne sont pas isolés ; ils expriment le point de vue de tous les dirigeants du Hamas. Certes, l’organisation se réserve le droit de lancer des attaques terroristes au moment et à l’endroit de son choix, ce qui permet de faire le parallèle avec l’opinion du Fatah selon laquelle le terrorisme est légitime si le choix du moment, conforme aux intérêts du mouvement, est fait par la direction.
18La structure du processus électoral et les fractures du Fatah ont permis au Hamas d’obtenir plus de sièges qu’il n’en aurait eus sur une base purement proportionnelle. À moins que le Fatah ne transforme miraculeusement sa direction et sa politique, sa chute pourrait renforcer encore la position du Hamas et son contrôle sur la pensée et la vie palestiniennes [29][29] Sur la manière dont une victoire peut se renforcer…. Mais le Hamas pourrait demeurer dépourvu des deux types d’influence les plus communs qui accompagnent généralement une position de pouvoir. L’un des premiers leviers donnés par le pouvoir est le contrôle des finances. Un contrôle particulièrement important en l’occurrence : 140 000 Palestiniens travaillent pour l’AP et, chaque mois, 100 millions de dollars d’aide sont nécessaires pour leurs salaires. L’aide internationale étant très élevée, aucun impôt général n’est collecté. Mais, la victoire du Hamas provoquant une interruption partielle de l’aide de l’Occident et des reversements israéliens, il risque de ne pas bénéficier de ce puissant moyen d’influence [30][30] Jusqu’à maintenant, les États-Unis fournissaient à…. L’autre atout clé d’un régime est le contrôle des moyens de répression, ici les services de sécurité de l’AP. Toute tentative du Hamas de contrôler directement ces institutions, privant ainsi d’emploi 58 000 personnes, presque toutes supporters du Fatah, pourrait causer une guerre civile.
19Si l’on ajoute qu’Abbas demeurera président de l’AP, le résultat pourrait être un pouvoir divisé plus qu’une dictature du Hamas. Au mieux, c’est l’impasse : ni progrès, ni paix, sans doute plus d’extrémisme et de haine, et moins d’attention aux problèmes économiques et sociaux.
Un conflit de long terme : vue interne et externe
20Il existe un grand décalage entre l’idée que l’Occident se fait du mouvement palestinien, et l’identité que ce dernier définit lui-même. Une grande partie de l’Occident pense que le conflit israélo-palestinien traduit simplement une résistance nationaliste contre une occupation. Ce n’est pas ce que disent les dirigeants palestiniens lorsqu’ils parlent entre eux, ou s’adressent à leur public et au monde arabe.
21Si cette perception extérieure était exacte, le conflit aurait pu être rapidement résolu, avant 1948, après la guerre de 1967, quand l’Égypte fit la paix à la fin des années 1970 ou lors de la campagne diplomatique de 1988-1990. La meilleure indication est ici l’expérience du processus de paix des années 1990. En termes pragmatiques, les dirigeants palestiniens devraient penser : « Violence, radicalisme et demandes maximalistes ne nous ont rien rapporté. Acceptons l’existence d’Israël, obtenons notre propre État, faisons des réfugiés des citoyens productifs et concentrons-nous sur les développements économiques, sociaux et culturels. » Ceci semble si évident que le monde suppose, en gros, que telle est la logique de la position palestinienne. Mais la vraie position de la direction est : « Notre lutte armée gagne. Continuons la bataille, ne faisons aucune concession, affichons une image modérée et nous gagnerons à la longue ; Israël s’écroulera, peu importe combien d’années cela prendra, combien de vies cela coûtera. » Les dirigeants du Hamas ont intégré cette logique et, convaincus de bénéficier d’une autorisation divine, ils ne se préoccupent guère du temps, de l’opinion internationale ou des souffrances infligées aux Palestiniens. Le Hamas est cependant conscient d’être confronté à deux barrières internes importantes. Même si son programme visant à la destruction d’Israël par l’utilisation du terrorisme est populaire, la majorité palestinienne est bien moins favorable à une islamisation de la société. Il est donc probable que les mesures d’islamisation ne pourront s’imposer que de façon graduelle, d’abord à travers les conseils locaux.
22Le second problème du Hamas, la compétition avec le Fatah, est plus sérieux. Comment le Hamas peut-il contrôler les mécanismes du pouvoir sans provoquer une guerre civile avec le Fatah ? Le renvoi d’un sympathisant du Fatah, surtout s’il appartient à des forces de sécurité surnuméraires, ou l’arrestation et le passage en jugement de représentants du Fatah, pourrait entraîner une crise majeure. Comment le Hamas pourra-t-il alors lutter contre la corruption ? Dans ce contexte, il misera sans doute sur ce qui unit les Palestiniens : l’identification de leurs problèmes à Israël et la nécessité de la combattre. Les opérations terroristes co-organisées par le Fatah et le Hamas sont courantes depuis 2000. Plutôt que de se combattre, Hamas et Fatah pourraient coopérer contre l’ennemi commun.
23Cette stratégie conviendrait au Hamas, qui ambitionne de représenter la cause « nationale », plutôt que de demeurer un simple parti islamiste. D’une certaine façon, les communistes chinois, cubains et vietnamiens sont, quant à eux, parvenus à réaliser une telle ambition. En attendant, le Hamas restera fidèle à sa voie radicale, afin de consolider et de guider ses soutiens. Comme l’explique Mahmoud Zahar : « Ceux qui ont bâti sur la base du Coran […] ne peuvent changer pour des promesses venant d’Amérique ou de l’argent venant d’Europe. […] Notre programme consiste à libérer la Palestine, toute la Palestine. [31][31] Jerusalem Post, 14 février 2006. » Pourtant, le Hamas essaiera sans doute de donner aux étrangers l’illusion de la modération. Son plan actuel « modéré » affirme que si Israël cède sur tout – se retire de toute la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, laisse tous les réfugiés palestiniens venir vivre en Israël – le Hamas, en échange, ne l’attaquera pas tant qu’il ne sera pas prêt à le faire [32][32] Entretien de Moussa Abou Marzouq avec la chaîne de…. Cette offre ne signifie même pas que le Hamas s’efforcera d’empêcher les autres, le Fatah, le Djihad islamique, ou des militants du Hamas agissant « non officiellement », d’orchestrer des attaques terroristes durant ce temps. En d’autres termes, pour Mahmoud Zahar, ministre des Affaires étrangères : « Quiconque pense que le calme signifie une capitulation se trompe. Le calme signifie une préparation à une nouvelle vague de résistance et de victoire. » Le Hamas entre, pour ce dernier, au Parlement « afin d’éliminer toute trace » des accords d’Oslo. Cela signifie simplement que les concessions israéliennes n’auront pas eu d’équivalent du côté palestinien [33][33] Jerusalem Post, 14 février 2006.. La stratégie du Fatah est aussi ambiguë, mais elle est dans un triste état. La défaite électorale n’a résolu aucun problème. Les dirigeants de l’establishment sont toujours en place, le conflit entre factions dure et le Fatah n’a, avec Abbas, qu’un porte-drapeau faible et discrédité. Le Fatah réussira-t-il à conserver ses appuis, sans le contrôle du budget ni des organismes gouvernementaux ? Miné par les divisions, il risque de ne jamais arriver à se rétablir, et une grande partie de ses militants pourraient s’allier au Hamas. Au minimum, les forces « nationalistes » sont en forte crise ; au pire, elles deviendront une minorité permanente tentant de rivaliser avec le Hamas dans les limites établies par lui.
24Faiblesse et échec semblent garantis pour le mouvement palestinien, avec les divisions internes et l’incapacité à prendre des décisions clés d’un côté, de l’autre l’absence d’objectifs raisonnables et de toute stratégie viable. La victoire militaire est impossible. Le mouvement sera donc sans doute incapable de parvenir à un État, de stopper l’occupation israélienne, d’assurer le bien-être de son peuple, de mettre fin à la violence ou de consolider de bonnes relations avec l’Occident.
Notes
[1] Pour une histoire de l’OLP jusqu’en 1994, voir B. Rubin, Revolution Until Victory?: the Politics and History of the PLO, Cambridge, Harvard University Press, 1994.
[2] Voir B. Rubin, The Transformation of Palestinian Politics: from Revolution to State-building, Cambridge, Harvard University Press, 1999.
[3] « The Palestinian Economy and the PA’s Fiscal Situation: Current Status », Banque mondiale, 1er février 2006.
[4] Reuters, 15 novembre 2005.
[5] Farouk Kaddoumi, qui fut pendant longtemps ce qu’il y avait de plus proche d’un numéro deux dans l’OLP, et qui prit plus tard la tête du Fatah, expliqua : « Le droit au retour à Haïfa et à Jaffa des réfugiés est plus important que d’avoir un État », Wall Street Journal, 29 mars 2002.
[6] Voir le document du Fatah : « 44 Readers why Fateh [sic] Movement Rejects the Proposals Made by U.S. President Clinton », Our Opinion, Fatah Movement Central Publication, 1-7 janvier 2001.
[7] Voir les accords de Camp David entre l’Égypte et Israël, le plan Reagan, les négociations entre la Jordanie et l’OLP dans les années 1980, le dialogue entre les États-Unis et l’OLP de 1988 à 1990, ainsi que les discussions à l’occasion du processus de paix d’Oslo.
[8] Cf. B. Rubin, « The Origins of PLO Terrorism », in B. Rubin (dir.), Terrorism and Politics, New York, St. Martins Press, 1991.
[9] Voir par exemple la participation d’Arafat à Karine-A, opération de contrebande d’armes en décembre 2001 et janvier 2002.
[10] George W. Bush : « J’ai vu ce qu’il a fait au président Clinton », Associated Press, 24 avril 2003.
[11] « Poll: French see Arafat as hero », Jerusalem Post, 9 novembre 2004. Comparer avec le sondage n° 51, Jerusalem Media and Communication Center, juin 2004 ; et le sondage n° 13, Palestinian Center for Policy and Survey Research in the West Bank and the Gaza Strip, 23 et 26 septembre 2004.
[12] Pour sa déclaration la plus intéressante, voir Al-Rai, 27 septembre 2004. Traduit dans MEMRI, n° 793, 5 octobre 2004, téléchargé sur <www. memri. org>.
[13] Pour un compte rendu des négociations se basant sur des interviews avec plusieurs participants, voir B. Rubin et J. Colp Rubin, Yasir Arafat, A Political Biography, New York, Oxford University Press, 2003. Pour un exemple des distorsions délibérées d’Arafat sur ce sujet, voir p. 210. Voir aussi les comptes rendus dans B. Clinton, My Life, New York, Knopf, 2004, et D. Ross, The Missing Peace, New York, Farrar, Straus and Giroux, 2004.
[14] Une analyse du Comité exécutif de l’OLP et du Comité central du Fatah montre qu’aucun membre ne lui est réellement dévoué.
[15] Le Premier ministre Ahmed Qoraï (Abou Alla) s’opposa souvent à Abbas ; voir, aussi, la rivalité entre Mohamed Dahlan, chef de la sécurité de la bande de Gaza, et son concurrent en Cisjordanie, Jibril Rajoub.
[16] Un bon exemple de cette école est Sakhr Habash, chef des activités d’éducation et idéologiques du Fatah ; mais presque tous les hauts représentants du Fatah font de semblables déclarations.
[17] La politique occidentale consistant à « soutenir les modérés » ne pouvait se maintenir que tant qu’Abbas dirigeait l’AP, ses homologues du Fatah, à l’exception d’Abou Alla, de Dahlan et de Fayyad, ne manifestant pratiquement aucune modération.
[18] Abbas, même s’il voulait négocier avec Israël, était très attaché à l’idée du « droit de retour », ce qui rendait un tel accord impossible. Voir par exemple sa déclaration du 26 janvier 2001, dans Al-Ayyam.
[19] Bloomberg, 7 septembre 2005. Il y eut beaucoup d’autres attaques contre des hauts fonctionnaires : par exemple, une bombe explosa devant la maison du ministre de la Justice à Gaza. Associated Press, 1er août 2005.
[20] Pour la forte réaction égyptienne, voir Al-Quds, 17 février 2006, et Al-Hayat al-Jadida, 18 février 2006.
[21] Associated Press, 12 janvier 2006.
[22] « Élections Palestine », Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
[23] Voir le texte de la Charte du Hamas dans W. Laqueur et B. Rubin, The Israel-Arab Reader, New York, Penguin, 2001.
[24] Au mieux, la position du Hamas équivaut à celle de l’OLP de 1974 ; il a fallu 20 ans pour que l’OLP exprime un changement. Pour des informations sur le plan « en deux phases » de l’OLP, voir Laqueur et Rubin, op. cit. [23], p. 162-163, et Rubin et Rubin, op. cit. [13], p. 69-70.
[25] Par exemple, lors d’une entrevue avec la chaîne de télévision Dream-2, le 13 février 2006, le chef adjoint du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouq, expliqua : « Nous affirmons que toute la Palestine, depuis le fleuve [Jourdain] jusqu’à la mer [Méditerranée], appartient aux Palestiniens. […] Un État indépendant palestinien qui posséderait la souveraineté totale sur la Cisjordanie, Jérusalem et la bande de Gaza ne serait qu’une solution temporaire […] non une solution permanente. » Il compara l’opinion du Hamas à celle des États arabes entre 1948 et 1967, lorsqu’ils attendaient le bon moment pour entrer en guerre contre Israël, mais utilisèrent plutôt le terrorisme et d’autres moyens, document disponible sur <www. memritv. org>.
[26] Les groupes comme les Frères musulmans ou le Hamas ont pour objectif premier de faire la révolution là où ils se trouvent, les groupes djihadistes se concentrent sur l’attaque de l’Occident.
[27] Reuters, 12 janvier 2006.
[28] Traduit par le Palestinian Media Watch Bulletin, 14 février 2006.
[29] Sur la manière dont une victoire peut se renforcer d’elle-même, voir le sondage d’opinion réalisé peu de temps après l’élection par le Jerusalem Media and Communication Center, sondage n° 57, février 2006. Selon ce dernier, quelques jours après l’élection, 44,1 % des Palestiniens affirmaient qu’ils voteraient pour le Hamas, contre 31 pour le Fatah, soit une marge plus grande que celle du scrutin.
[30] Jusqu’à maintenant, les États-Unis fournissaient à eux seuls 8 fois plus d’aide que l’ensemble du monde arabe ; et la totalité des contributions arabes demeurent au même niveau que les subventions bilatérales de la Suède, de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou de l’Italie, bien derrière celle de la Norvège. Il ne sera pas facile de remplacer les dotations occidentales. Voir le rapport de l’OCDE sur <www. oecd. org>.
[31] Jerusalem Post, 14 février 2006.
[32] Entretien de Moussa Abou Marzouq avec la chaîne de télévision Dream-2, 13 février 2006, traduite par MEMRI, n° 1098, 22 février 2006. Voir <memri.org>.
[33] Jerusalem Post, 14 février 2006.


Présidentielle américaine: Attention, un extrémisme peut en cacher un autre ! (Trump stays in the news by taking extreme positions on issues that are already extreme)

9 juin, 2016

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Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. Ce, parce qu’ils ont désobéi à barbariansAllah et à Son messager. Le Coran (sourate 8: 12-13)
Ramadan, mois de la conquête et du djihad. Préparez-vous, soyez prêts… pour en faire un mois de calamité partout pour les non-croyants … Surtout vous, les combattants et les soutiens  du caliphat en Europe et en Amérique. Abou Mohammed al Adnani (porte-parole de l’Etat islamique, 22 mai 2016)
Le nom Ramadan a été le nom du neuvième mois dans le monde arabe bien avant l’arrivée de l’islam ; le mot lui-même est dérivé de la racine rmḍ, comme dans les mots ramiḍa ou ar-ramâḍ, dénotant une chaleur intense, un sol brûlant, le manque de rations. Dans le Coran, Dieu proclame que le jeûne a été prescrit aux musulmans, comme il le fut auparavant aux Juifs, se référant ainsi à la pratique du jeûne durant Yom Kippour. Wikipedia
L’opération Badr (عملية بدر ; Amaliyat Badr), ou le plan Badr (خطة بدر ; Khitat Badr), est une opération militaire lancée par l’Égypte le 6 octobre 1973 avec pour objectif la reconquête d’une partie du désert du Sinaï grâce à une traversée du canal de Suez et la prise des fortifications israéliennes de la ligne Bar-Lev. Elle est lancée en parallèle avec une offensive syrienne sur le plateau du Golan, et marque ainsi le début de la guerre israélo-arabe de 1973. (…) La date coïncide avec le Yom kippour, le jour du Grand Pardon pour les Juifs. C’est un des facteurs importants dans le choix de la date car les Juifs jeûnent durant la journée et s’abstiennent d’utiliser le feu ou l’électricité (ce qui veut dire que les transports sont à l’arrêt). De plus, une grande partie de l’armée israélienne est démobilisée. Octobre coïncide aussi avec le mois du Ramadan dans le calendrier musulman, ce qui signifie que les soldats musulmans engagés dans l’armée israélienne jeûnent aussi — c’est en effet pendant le Ramadan que les musulmans ont gagné leur première victoire à la bataille de Badr en l’an 634. Optant pour quelque chose de plus significatif que le mot « Minarets », les commandants égyptiens choisissent le nom d’« opération Badr » (pleine lune en arabe) pour nommer l’assaut sur le canal de Suez et le Sinaï. Wikipedia
Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire. Il devait subvenir aux ressources de la nouvelle communauté (umma) que formaient les émigrés (muhadjirun) mekkois et les « auxiliaires » (ansar) médinois qui se joignaient à eux. Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie où la notion d’État était inconnue. Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin. En mars 624, il remporta devant les puits de Badr une grande victoire sur une colonne mekkoise venue à la rescousse d’une caravane en danger. Cela parut à Muhammad une marque évidente de la faveur d’Allah. Elle l’encouragea sans doute à la rupture avec les juifs, qui se fit peu à peu. Le Prophète avait pensé trouver auprès d’eux un accueil sympathique, car sa doctrine monothéiste lui semblait très proche de la leur. La charte précisant les droits et devoirs de chacun à Médine, conclue au moment de son arrivée, accordait une place aux tribus juives dans la communauté médinoise. Les musulmans jeûnaient le jour de la fête juive de l’Expiation. Mais la plupart des juifs médinois ne se rallièrent pas. Ils critiquèrent au contraire les anachronismes du Coran, la façon dont il déformait les récits bibliques. Aussi Muhammad se détourna-t-il d’eux. Le jeûne fut fixé au mois de ramadan, le mois de la victoire de Badr, et l’on cessa de se tourner vers Jérusalem pour prier. Maxime Rodinson
Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Paul (2T hessaloniciens 3: 10)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec une gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille filnale, mais avec une dernière marche du retour. C’est une réussite extraordinaire, qui a pris presque neuf ans. Et aujourd’hui nous nous souvenons de tout ce que vous avez fait pour le rendre possible. (…) Dur travail et sacrifice. Ces mots décrivent à peine le prix de cette guerre, et le courage des hommes et des femmes qui l’ont menée. Nous ne connaissons que trop bien le prix élevé de cette guerre. Plus d’1,5 million d’Américains ont servi en Irak. Plus de 30.000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles. Près de 4.500 Américains ont perdu la vie, dont 202 héros tombés au champ d’honneur venus d’ici, Fort Bragg. (…) Les dirigeants et les historiens continueront à analyser les leçons stratégiques de l’Irak. Et nos commandants prendront en compte des leçons durement apprises lors de campagnes militaires à l’avenir. Mais la leçon la plus importante que vous nous apprenez n’est pas une leçon en stratégie militaire, c’est une leçon sur le caractère de notre pays, car malgré toutes les difficultés auxquelles notre pays fait face, vous nous rappelez que rien n’est impossible pour les Américains lorsqu’ils sont solidaires. Obama (14.12.11)
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama
L’establishment républicain pense que Donald manque trop d’expérience en politique étrangère pour être président. Mais il faut rappeler qu’il a passé des années à rencontrer des dirigeants du monde entier : Miss Suède, Miss Argentine, Miss Azerbaïdjan… » [Donald Trump a présidé les concours Miss Univers pendant 20 ans] (…) Je ne voudrais pas en faire trop. Car on est d’accord que depuis le début, il [Trump] a reçu juste ce qu’il faut de couverture médiatique, une couverture adaptée au sérieux de cette candidature… [silence] Vous pouvez être fiers de vous. Le mec voulait juste donner un coup de pouce à son business immobilier, et maintenant tout le monde prie pour qu’il ne passe pas le mois de juillet ! » (…)  Je voudrais ici rendre hommage à plusieurs journalistes récompensés présents ici ce soir : Rachel McAdams, Mark Ruffalo, Liev Schreiber… [les acteurs du film oscarisé « Spotlight »] Merci pour tout ce que vous avez fait. (…) Je plaisante. Comme vous le savez, ‘Spotlight’ est un film. Un film sur des journalistes d’investigation dont le talent et l’indépendance leur ont permis de traquer la vérité et de faire tomber des têtes… Meilleur film de science-fiction depuis « Star Wars ». Barack Hussein Obama
All these newspapers used to have foreign bureaus. Now they don’t. They call us to explain to them what’s happening in Moscow and Cairo. Most of the outlets are reporting on world events from Washington. The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing. Ben Rhodes
There are sort of these force multipliers. We have our compadres, I will reach out to a couple people.(…) And I’ll give them some color, and the next thing I know, lots of these guys are in the dot-com publishing space, and have huge Twitter followings, and they’ll be putting this message out on their own. Ned Price (Rhodes’s assistant)
Rhodes’s innovative campaign to sell the Iran deal is likely to be a model for how future administrations explain foreign policy to Congress and the public. The way in which most Americans have heard the story of the Iran deal presented — that the Obama administration began seriously engaging with Iranian officials in 2013 in order to take advantage of a new political reality in Iran, which came about because of elections that brought moderates to power in that country — was largely manufactured for the purpose for selling the deal. Even where the particulars of that story are true, the implications that readers and viewers are encouraged to take away from those particulars are often misleading or false. Obama’s closest advisers always understood him to be eager to do a deal with Iran as far back as 2012, and even since the beginning of his presidency. David Samuels
C’est le mois sacré du ramadan, un moment où les mosquées ouvrent leurs portes, les centres communautaires accueillent leurs voisins, et même les églises et les synagogues offrent leurs espaces aux musulmans pour la rupture du jeûne et les gens de toutes les religions ainsi que ceux qui n’en ont pas sont souvent invités à s’y joindre […]   Continuons de nous réunir pour l’iftar et les événements communautaires.  Célébrons la fierté, la multi-race et la multi-foi de la démocratie ! David Cameron
A tous les citoyens musulmans, je souhaite un ramadan béni et paisible. Angela Merkel
A l’heure où  les Américains musulmans célèbrent le mois sacré, je me rappelle que nous sommes une famille américaine. Comme les communautés musulmanes américaines, je rejette fermement les voix qui cherchent à nous diviser ou limiter nos libertés religieuses. Nous continuerons d’accueillir des immigrants et des réfugiés dans notre pays, y compris ceux qui sont musulmans. Barack Hussein Obama
Le ramadan nous rappelle à tous de témoigner de notre reconnaissance pour les innombrables bénédictions dont nous jouissons et de faire passer les besoins des autres avant les nôtres. Prenons le temps de reconnaître, et de montre notre gratitude pour les contributions inestimables de nos communautés musulmanes qui enrichissent notre tissu national chaque jour. La diversité culturelle du Canada est l’une de nos plus grandes forces et sources de fierté. Au nom de notre famille, Sophie et moi souhaitons à tous ceux qui observent ce mois sacré un ramadan béni et paisible. Justin Trudeau
« Commencé le 6 juin et s’achevant aux alentours du 5 juillet, le ramadan (période de jeûne annuel des musulmans) ne sera pas pratiqué par les Bleus durant leur parcours à l’Euro. La décision a été prise par le staff en accord avec les joueurs concernés (dont Paul Pogba, N’Golo Kanté, Bacary Sagna). En effet, les joueurs étant confrontés à une activité physique intense, leur alimentation doit être régulière, de même que l’hydratation. Ils pourront «rattraper» cette période après l’Euro » rapporte le site sport24.com. Rappelons que la jurisprudence musulmane qui a toujours fait montre d’une grande souplesse, permet des adaptations en autorisant la rupture du jeûne dans certaines situations. Dans une autre situation, le Conseil Théologique Musulman de France a émis récemment une fatwa (avis religieux) permettant la rupture du jeûne du mois de Ramadan aux élèves candidats aux différents examens, en été pour le rattraper plus tard. Oummah.com
Contrairement aux fausses idées, les joueurs des équipes nationnaux ne jeunent pas si les compétitions internationnales concident avec ramadan, c’est comme pour l’armée au front. Hassan Nejjar (Le Petit-Paris, France)
To the ayatollahs of Iran and every terrorist you enable: Listen up. You might have met our fresh-faced flower child president and his weak-kneed, Ivy League friends. But you haven’t met America… Charlie Daniels
En politique américaine, le terme ville sanctuaire désigne une ville des États-Unis appliquant une politique de protection des migrants sans-papiers. Ces pratiques peuvent être définie par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Dans la pratique, ces villes ne permettent pas que les fonds municipaux servent à faire respecter les lois fédérales sur l’immigration, ni que la police ou les employés municipaux interrogent une personne sur la légalité de sa présence sur le territoire national. En 1979, Los Angeles fut la première ville à empêcher la police d’enquêter sur le statut migratoire des personnes arrêtées. En 2012, une trentaine de ville sont qualifiées de sanctuaire : Washington, D.C., New York, Los Angeles, Chicago, San Francisco, Santa Ana, San Diego, San Jose, Salt Lake City, El Paso, Houston, Détroit, Jersey City, Minneapolis, Miami, Denver, Baltimore, Seattle, Portland, New Haven, Somerville, Cambridge et Portland. Wikipedia
Just last year over 300 Mexicans died in their attempt to enter the United States, the vast majority if not all of them in search of a job. The Mexican government obviously has an obligation to take all actions possible in order to avoid the loss of life. It is a natural and fair response to consider this as an attempt to promote undocumented immigration, but that is absolutely not the intent of the Mexican government. Gerónimo Gutiérrez (Sous-secrétaire d’Etat mexicain pour les Affaires nord-américaines)
In 2008 it was gauche to bring up the vicious racist Rev. Jeremiah Wright, whose trite cast-off slogan “audacity of hope” inspired the title of Barack Obama’s campaign primer. In 2012, it would have apparently been rude for Mitt Romney to have fired back at Candy Crowley, “How dare you hijack a presidential debate!” Yes, Trump may be creepy, but the reluctance to challenge our present naked emperors is just as creepy. Is the so-called establishment going to warn us that Trump would be capable of running up $10 trillion in debt, socializing our medical system, unleashing the IRS and EPA on perceived enemies, and weakening friends and empowering enemies abroad, as he offers the world historically challenged pop riffs on Islam, Hiroshima, and global geography? For each take-down of NeverTrump, can we at least have commensurate analysis of how and why a monstrosity like the Clinton cash operation was allowed to thrive without audit; or how it is that the secretary of state and her minions snubbed the law and behaved in a fashion that would have put any other federal employees in jail (…) Turn on an evening cable show and ask which interviewer is married to which anchor on another channel, or which of the pundits are former politicos, or how many in the White House worked for Big News or are married or related to someone who does. How many pundits were advisers to political candidates or related to someone who was? How does Ben Rhodes do an interview on CBS News or George Stephanopoulos interview Hillary Clinton or a writer expound on the primaries when he is also an adviser to a particular campaign? The problem is not just that all this is incestuous or unethical, but that it blinds a tiny elite to what millions of quite different Americans value and experience. (…) I wish that the high IQs of the establishment class had taken Murray’s sage advice eight years ago and just listened to what Obama had said in denigration of the Pennsylvania working classes or the “typical white person” grandmother who raised him; or to his pseudo-macho references to guns and knives, and “get in their face”; or to the hokey promises to lower global temperatures and stop the seas from rising; and all the other Vero possumus tripe. Or that they had used their presumably formidable mental powers to review Obama’s public record as a state legislator and a U.S. senator — which presaged everything from Obamacare and the unconstitutional undermining of federal law to the apology tours and the near-destruction of 70 years of bipartisan foreign policy. (…) Did a high IQ prevent an infatuated David Brooks (whom he quotes approvingly) from fathoming presidential success as if he were a sartorial seancer, from the crease of Senator Obama pants leg? What was the IQ of the presidential historian who declared Obama the smartest man ever to be elevated to the White House? Or the Newsweek editor who envisioned an apotheosized Obama? Or the MSNBC host who motor-mouthed about the tingle in his leg at the sound of an Obama speech? Or, yes, the conservative policy analyst (and self-confessed “Starry-eyed Obama groupie”) who wrote approvingly (“flat-out plain brilliant”) of the Obama race speech in March 2008, in which Obama revealed to the world that his own grandmother — the sole steady working breadwinner of Obama’s extended family, whose labors sent him to prep school — was a supposedly “typical white person” in her prejudices, while he further contextualized the abject racism and anti-Semitism of the Rev. Jeremiah Wright — a speech renounced by Obama himself when Wright later felt empowered to double down on his racism. Or perhaps the conservative wit who once wrote that Obama has a “first-class temperament and a first-class intellect,” and that he is the rare politician who “writes his own books,” which were “first rate”? Victor Davis Hanson
Many Middle Easterners want to relocate to Europe for its material and civilizational advantages over their homes in Algeria, Iraq, Libya, Morocco, or Syria. Yet many new arrivals are highly critical of Western popular culture, permissiveness, and religion — to the extent of not wanting to assimilate into the very culture into which they rushed. Apparently, like their ancient counterparts, modern migrants on the poorer or less stable side of a border are ambiguous about what they want. They seek out the security and bounty of mostly Western systems — whether European or American — but not necessarily to surrender their own cultural identities and values.(…) Mexico is often critical of the United States and yet encourages millions of its own people to emigrate to a supposedly unattractive America. Some protesters in turn wave the flag of the country that they do not wish to return to more often than the flag of the country they are terrified of being deported from. Signs at rallies trash the United States but praise Mexico (…) Rome worked when foreigners crossed through its borders to become Romans. It failed when newcomers fled into the empire and adhered to their own cultures, which were at odds with the Roman ones they had ostensibly chosen. (…) There were no walls between provinces of the Roman Empire — just as there are no walls between the individual states of America — because common language, values, and laws made them all similar. But fortifications gradually arose all over the outer ring of the Roman world, once Rome could no longer afford to homogenize societies antithetical to their own. Victor Davis Hanson
Trump stays in the news not just by taking extreme positions, but also by taking extreme positions on issues that are already extreme. When Mexico prints comic books advising its own citizens on how to enter the U.S. illegally, when the major illegal-alien lobbying group is called The National Council of La Raza (“The Race”), and when major U.S. cities, in Confederate-style, declare themselves “sanctuaries” in which U.S. federal immigration law does not apply, then we long ago entered zones of extremism. (…) Trump sounds crazy—and dangerous—in his idiotic idea to ban entry into the U.S. on the basis of religion. But is that inanity any less extreme than the administration’s European-style wish to welcome in tens of thousands of mostly young males from the war-torn Middle East without any proper method of identification and audit—at a time of spikes in radical Islamic terrorism in the West? Again, Trump cannot predicate immigration on the basis of religion, but he certainly could place a temporary moratorium of all immigration from particular Middle East countries like Syria, Iraq, Yemen, and Libya, in the way that we do not open our arms to mass influxes of Iranians and North Koreans. (…) Ignoring candidate Trump’s crude bombast for conservatives is analogous to liberals tuning out Obama’s campaign calls for supporters to take their knives to a gun fight or to get in their opponents’ faces, or his arrogant put-downs of lower middle-class Pennsylvanians or his flat-out prevarications about his relationship with mentor and personal pastor, the racist and anti-Semitic Rev. Jeremiah Wright. Trump’s memoirs are often vulgar; Obama’s largely fictional. Trump’s selfish womanizing was consensual; former President Bill Clinton’s often allegedly coerced. Victor Davis Hanson

Attention: un extrémisme peut en cacher un  autre !

A l’heure où après avoir appelé à sa propre invasion par des migrants illégaux et leur avoir appris la position du missionnaire, l’Allemagne propose l‘exemption de taxes des commerces musulmans pour le ramadan …

Et où après la bénédiction papale de ladite invasion, c’est directement en haute mer que les flottes européennes vont prendre leurs livraisons desdits migrants illégaux que leur apportent quotidiennement les réseaux de passeurs turcs et pour lesquels Ankara encaisse les milliards censés les empêcher de partir …

Pendant qu’après la bénédiction Washington, Londres et Ottawa, les fidèles de Mahomet ouvrent, comme vient le rappeler l’Etat islamique, le « mois de la conquête et de la guerre sainte » avec des attaques sur Amman, Istanbul et Tel Aviv

Et que sur fond de prise en otage des citoyens et de saccage des établissements bancaires par le premier militant ou syndicaliste venu et après le mariage et les enfants, nos belles âmes proposent rien de moins que le revenu garanti pour tous

Comment encore s’étonner avec l’éditorialiste et historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Face à une Administration américaine qui se vante de ses abandons de l’Irak et de la Syrie ou d’avoir trompé la presse pour l’accord sur le nucléaire iranien …

Et à un Etat mexicain qui il y a encore quelques années publiait un manuel du migrant illégal

Pendant qu’au mépris des lois fédérales sur l’immigration illégale des villes entières se déclarent villes-sanctuaires

D’une candidature aux élections présidentielles américaines aussi extrémiste que celle d’un Trump ?

Why Republicans Will Vote For Trump
Victor Davis Hanson
Hoover.org
May 24, 2016

If Donald Trump manages to curb most of his more outrageous outbursts by November, most Republicans who would have preferred that he did not receive the nomination will probably hold their noses and vote for him.

How could that be when a profane Trump has boasted that he would limit Muslim immigration into the United States, talked cavalierly about torturing terrorist suspects and executing their relatives, promised to deport all eleven-million Mexican nationals who are residing illegally in the U.S., and threatened a trade war with China by slapping steep tariffs on their imports?

A number of reasons come to mind.

First, Trump stays in the news not just by taking extreme positions, but also by taking extreme positions on issues that are already extreme. When Mexico prints comic books advising its own citizens on how to enter the U.S. illegally, when the major illegal-alien lobbying group is called The National Council of La Raza (“The Race”), and when major U.S. cities, in Confederate-style, declare themselves “sanctuaries” in which U.S. federal immigration law does not apply, then we long ago entered zones of extremism.

Of course, Trump would be wiser to become both more specific and reasonable about solutions to illegal immigration. “Making Mexico pay for the wall” could be finessed not by a trade war, but perhaps by slapping surcharges on remittances sent to Mexico, at higher rates for those in the U.S. who could not prove legal residency. Deportation certainly sounds like a reasonable punishment for the likely more than 1 million illegal aliens who either have committed serious crimes inside the United States or who have no history of being employed—then, once the border is secure, he could propose granting green card status to the illegal aliens who are employed, long-time residents, without criminal convictions, and willing to pay a fine and learn English.

Trump sounds crazy—and dangerous—in his idiotic idea to ban entry into the U.S. on the basis of religion. But is that inanity any less extreme than the administration’s European-style wish to welcome in tens of thousands of mostly young males from the war-torn Middle East without any proper method of identification and audit—at a time of spikes in radical Islamic terrorism in the West? Again, Trump cannot predicate immigration on the basis of religion, but he certainly could place a temporary moratorium of all immigration from particular Middle East countries like Syria, Iraq, Yemen, and Libya, in the way that we do not open our arms to mass influxes of Iranians and North Koreans.

Trump was bashed for suggesting NATO’s tenure is nearing an end—again another ridiculous and dangerous idea. But that trial balloon remains an unhinged corrective to the present unhinged nature of the alliance, in which few members honor their contractual defense spending obligations, and the alliance has both expanded far beyond anything that its founders envisioned, and conducted optional and sometimes failed operations abroad that had nothing to do with trans-Atlantic security. During the Cold War, we sometimes forgot that NATO members occasionally allowed fly-over rights to Soviet Union air lifts headed to the Middle East, while denying fellow NATO member the United States the use of European NATO air space to resupply Israel.

Many conservatives tune out Trump’s adolescent solutions, but not necessarily the haywire issues he has raised. Most believe that he will back down from his original, headline-grabbing positions, and eventually offer more studied and reasonable solutions to an ignored problem that otherwise might not have been aired. And though the results may not be what his supporters have cheered on in rallies or what his critics have hoped for, they will, to many Republican voters, be preferable to President Obama’s current and Hillary Clinton’s future positions. Ignoring candidate Trump’s crude bombast for conservatives is analogous to liberals tuning out Obama’s campaign calls for supporters to take their knives to a gun fight or to get in their opponents’ faces, or his arrogant put-downs of lower middle-class Pennsylvanians or his flat-out prevarications about his relationship with mentor and personal pastor, the racist and anti-Semitic Rev. Jeremiah Wright. Trump’s memoirs are often vulgar; Obama’s largely fictional. Trump’s selfish womanizing was consensual; former President Bill Clinton’s often allegedly coerced.

A second reason why many conservatives will vote for Trump is that they, like everyone else, are cynical about what candidates say and what they, as presidents, actually do. In 2000, George W. Bush ran as the realist alternative to neocon interventionist John McCain. Obama in 2008 never uttered the word “transgendered.” Instead, he ran against gay marriage, outlined a health plan to the right of Hillary’s that protected patients’ existing coverage and physicians, predicted a new era of presidential transparency, promised post-racial reconciliation, insisted that he could not subvert immigration law or grant amnesties by executive orders, harked on balancing the budget and reducing the national debt, and, as a former law lecturer, vowed to confine the presidency within its constitutional limits.

Third, we have become so inured to the outrageous, that many conservatives are not quite sure whether Trump is just a more in-your-face version of current politicians or if he truly is an outlier in his vulgarity. Consider, after all, the last month in politics. Recently, news stories noted that a White House guest rapper, paroled on a pending felony charge, had his ankle bracelet go off. The White House deputy national security advisor and senior speechwriter Ben Rhodes bragged about how he more or less lied and perpetuated a con to ram through the Iran deal without Senate oversight. Former Obama speechwriters joked on television about writing the lie, “If you like your insurance, you can keep it.” Obama himself threatened to cut off federal funds to states that did not share his reinterpretation of the 1972 Title IX Amendments to include bathroom access of their choice for the transgendered. Meanwhile, the FBI weighs a federal felony indictment against Hillary Clinton, just as stories have resurfaced of Bill Clinton’s frequent and unescorted flights on convicted sex offender Jeffrey Epstein notorious “Lolita Express.” If that is a typical month in the life of the current administration and ongoing presidential campaign, then what exactly are the norms by which we can judge Trump as a renegade?  The proper critique of Trump is that he would not restore decorum to political discourse and behavior that long ago were debased.

Trump should release all his tax records, but probably will not because they would show he pays taxes at a low rate, is not quite the philanthropist he poses to be, and is certainly not worth $10-11 billion. Candidates do not release data that they know prove they are lying or hypocritical—including Hillary Clinton, who has not released thousands of her now deleted emails she claimed were personal and the transcripts of her Wall Street speeches that earned her millions of dollars in campaign quid-pro-quo donations. Obama was never going to release his college transcripts, his personal medical records, or a video clip of his encomium of Rashid Khalidi, former PLO advisor to Yasser Arafat—most likely because he was a lackadaisical B- student who would have never been accepted to law schools without affirmative action, could have been embarrassed about prior medical issues, and at one time might have sounded as if he were a rabid Palestinian supporter. In other words, the shady Trump is now caught gambling in Casablanca.

Fourth, most Republicans do not quite buy the #NeverTrump argument that Trump is running to the left of Hillary Clinton. His critique of Bush’s nation-building is not analogous to Obama’s outreach to Iran and Cuba, and it will not lead to another Benghazi or an apology tour. Rather, his opportunistic attacks on nation-building is more akin to Jacksonian realism—dangerous perhaps in the fragile U.S.-led postwar world and lacking in idealism, but a position to the right, not to the left, of George W. Bush. He is also a crude nationalist on trade and immigration, not a naïve utopian. Deporting some illegal aliens is seen as preferable to never deporting any or protecting criminals in sanctuary cities. Insisting, for example, that Japan treats imported California rice or beef in the manner that the U.S. handles Hondas, is not protectionism or inherently anti-free-trade.

On other issues, such as Supreme Country appointments, the military, abortion, or the budget, Trump will likely be judged as more conservative than Hillary Clinton. After the shock wears off for most Republicans that Trump is only half or two-thirds conservative, they will probably shrug and see him as preferable to Clinton, who has little to no conservative propensities whatsoever.  Trump may have moved the Republican Party to the center, but Clinton moved the Democratic Party much farther from the center—and to the left. The campaign will be long, heated, and polarizing, and Clinton will be attacking conservative positions far more than will Trump. The #NeverTrump crowd will increasingly have nowhere to go, given that their criticism of the Republican nominee will only empower the liberal Clinton as the race grows close. As Republican fence-sitters and dissenters in the next five months watch conservative values serially trashed by the Clinton campaign, their patience will probably wear thin by November.

Finally, Republicans might embrace a democratic fatalism—or the opinion, in other words, that “if that’s what the people want, that’s what the people get.” They may well vote for Trump as loyal party members, but also retreat to the fallback position that they never wished him to win the nomination in the first place. Some Republicans who vow to stay home in November will—but the vast majority will bite their lip and likely vote Trump.

Voir aussi:

Class, Trump, and the Election
If the ‘high IQs’ of the establishment have let America down, where is a voter to turn?
Victor Davis Hanson
National Review Online
May 31, 2016

Donald Trump seems to have offended almost every possible identity group. But the New York billionaire still also seems to appeal to the working classes (in part no doubt precisely because he has offended so many special-interest factions; in part because he was seen in the primaries as an outsider using his own money; in part because he seems a crude man of action who dislikes most of those of whom Middle America is tired). At this point, his best hope in November, to the extent such a hope exists, rests on turning 2016 into a referendum on class and a collective national interest that transcends race and gender — and on emphasizing the sad fact that America works now mostly for an elite, best epitomized by Clinton, Inc.

We should not underestimate the opportunities for approaching traditional issues from radically different perspectives. The National Rifle Association is running the most effective ads in its history, hitting elites who wish to curtail gun ownership on the part of those who are not afforded the security blankets of the wealthy. Why should not an inner-city resident wish to buy a legal weapon, when armed security guards patrol America’s far safer gated communities? For most of the Clintons’ adult lives, they have been accompanied by men and women with concealed weapons to ensure their safety — on the premise that firearms, not mace, not Tasers, not knives or clubs, alone would ultimately keep the two safe.

Fracking provides jobs and cheaper fuel; the elites of the Democratic party care about neither. Indeed, Barack Obama and Energy Secretary Steven Chu proclaimed their desire for spiraling gas and electricity prices. Boutique environmentalism is a losing issue for the Democrats. The very wealthy can afford to be more concerned for a three-inch smelt than for irrigation water that will ensure that there are jobs for tractor drivers and affordable food for the less-well-off. When Hillary Clinton talks about putting miners out of work, she’s talking about people she has no desire to see unless she needs their votes.

Illegal immigration is another issue that offers class leverage. Middle-class Mexican-Americans cannot afford to put their kids in private schools when local districts are overwhelmed with non-English-speaking students. Trying to provide parity for 11 million or more illegal aliens naturally comes at the expense of fewer safety-net protections for minority citizens, just as driving down wages is good for the employer but hardly for the citizen who competes with illegal aliens for entry-level jobs. And what about lower-middle-class communities that are overwhelmed with foreign nationals whose backgrounds were never checked.

Outsourcing jobs affects predominantly the lower middle classes; no pundit, D.C. staffer, or New York lawyer is replaced by some cheaper English-speaker from the Punjab. Obamacare follows the same pattern. Elites who praise it to the skies either have the money or the Cadillac plans to navigate around it. I doubt that Rahm Emanuel and his brothers queue up at a surgery center, hoping to win five minutes with an ophthalmologist who now treats 70 patients a day to survive under Obamacare.

Donald Trump is unlikely to defeat Hillary Clinton unless he, an insider billionaire with little political knowledge, can appeal to the concerns of millions that cut across the Democratic firewalls of race and class. If a mom in Orange County thinks that Benghazi did make a difference and ISIS is a murderous Islamic terrorist enterprise, if an African-American youth believes that someone should try to hire him on a building site in preference to an illegal alien, and if a cosmetician believes that one violation of a federal law will land her in jail while many violations may land Hillary in the White House, then class trumps identity politics.

The entire establishments of both political parties are losing the illusion that they are clothed. The Clintons and their appendages famously became rich by monetizing their public positions through shakedowns of the international corporate set, under the patina of egalitarian progressivism. No one in the media for a decade has said a word about their criminal enterprise; commentators were more likely to donate to the Clinton Foundation as a sort of business investment or indemnity insurance. And how in the world does a middle-class ex-teacher and congressman with a 20-year tenure like Dennis Hastert end up with millions to pay hush money to the victims of his alleged pederastic assaults? How did a Harry Reid become a Nevada multimillionaire? How many middle-class workers’ annual incomes does Hillary Clinton trump in a single 20-minute Wall Street speech, whose content is vacuous? Where, then, is Occupy Wall Street?

Why the NeverTrump movement has so far failed is in part a matter of class as well, defined not so much in terms of cash, as of influence, education, and lifestyle. In 2008 it was gauche to bring up the vicious racist Rev. Jeremiah Wright, whose trite cast-off slogan “audacity of hope” inspired the title of Barack Obama’s campaign primer. In 2012, it would have apparently been rude for Mitt Romney to have fired back at Candy Crowley, “How dare you hijack a presidential debate!” Yes, Trump may be creepy, but the reluctance to challenge our present naked emperors is just as creepy. Is the so-called establishment going to warn us that Trump would be capable of running up $10 trillion in debt, socializing our medical system, unleashing the IRS and EPA on perceived enemies, and weakening friends and empowering enemies abroad, as he offers the world historically challenged pop riffs on Islam, Hiroshima, and global geography? For each take-down of NeverTrump, can we at least have commensurate analysis of how and why a monstrosity like the Clinton cash operation was allowed to thrive without audit; or how it is that the secretary of state and her minions snubbed the law and behaved in a fashion that would have put any other federal employees in jail; or how it is that 155 years after the start of the Civil War over 300 cities, counties, and states have declared federal law null and void in their jurisdictions — and with complete impunity?

Turn on an evening cable show and ask which interviewer is married to which anchor on another channel, or which of the pundits are former politicos, or how many in the White House worked for Big News or are married or related to someone who does. How many pundits were advisers to political candidates or related to someone who was? How does Ben Rhodes do an interview on CBS News or George Stephanopoulos interview Hillary Clinton or a writer expound on the primaries when he is also an adviser to a particular campaign? The problem is not just that all this is incestuous or unethical, but that it blinds a tiny elite to what millions of quite different Americans value and experience.

Charles Murray recently wrote in anger, addressing those who would vote for Trump because “Hillary is even worse”: “I know that I am unlikely to persuade any of my fellow Establishmentarians to change their minds. But I cannot end without urging you to resist that sin to which people with high IQs (which most of you have) are unusually prone: Using your intellectual powers to convince yourself of something despite the evidence plainly before you. Just watch and listen to the man. Don’t concoct elaborate rationalizations. Just watch and listen.”

I wish that the high IQs of the establishment class had taken Murray’s sage advice eight years ago and just listened to what Obama had said in denigration of the Pennsylvania working classes or the “typical white person” grandmother who raised him; or to his pseudo-macho references to guns and knives, and “get in their face”; or to the hokey promises to lower global temperatures and stop the seas from rising; and all the other Vero possumus tripe. Or that they had used their presumably formidable mental powers to review Obama’s public record as a state legislator and a U.S. senator — which presaged everything from Obamacare and the unconstitutional undermining of federal law to the apology tours and the near-destruction of 70 years of bipartisan foreign policy.

Murray has a point that Trump’s crudity and buffoonery should be taken seriously, but when he says establishmentarians have “high IQs,” what exactly does he mean? Did a high IQ prevent an infatuated David Brooks (whom he quotes approvingly) from fathoming presidential success as if he were a sartorial seancer, from the crease of Senator Obama pants leg? What was the IQ of the presidential historian who declared Obama the smartest man ever to be elevated to the White House? Or the Newsweek editor who envisioned an apotheosized Obama? Or the MSNBC host who motor-mouthed about the tingle in his leg at the sound of an Obama speech? Or, yes, the conservative policy analyst (and self-confessed “Starry-eyed Obama groupie”) who wrote approvingly (“flat-out plain brilliant”) of the Obama race speech in March 2008, in which Obama revealed to the world that his own grandmother — the sole steady working breadwinner of Obama’s extended family, whose labors sent him to prep school — was a supposedly “typical white person” in her prejudices, while he further contextualized the abject racism and anti-Semitism of the Rev. Jeremiah Wright — a speech renounced by Obama himself when Wright later felt empowered to double down on his racism. Or perhaps the conservative wit who once wrote that Obama has a “first-class temperament and a first-class intellect,” and that he is the rare politician who “writes his own books,” which were “first rate”?

Establishmentarian high IQs? The point is not to castigate past poor judgment, but to offer New Testament reminders about hubris and the casting of first stones — and why hoi polloi are skeptical of their supposed intellectual betters.

So how did a blond comb-over real-estate dealer destroy an impressive and decent Republican field and find himself near dead even with Hillary Clinton — to the complete astonishment, and later fury, of the Washington establishment?

Simply because lots of people have become exhausted by political and media elites who have thought very highly of themselves — but on what grounds it has become increasingly impossible to figure out.

Voir également:

A Mexican Manual for Illegal Migrants Upsets Some in U.S.
James C. Mckinley jr.

The NYT

Jan. 6, 2005

MEXICO CITY, Jan. 5 – The Mexican government drew fire from American advocates of tighter borders on Wednesday for publishing a pamphlet that instructs migrants how to safely enter the United States illegally and live there without being detected.

Officials here say the small booklet, illustrated in comic-book style, is not intended to encourage illegal immigration, but to reduce the loss of life. Last year, more than 300 migrants died while crossing rivers and deserts to reach the United States.

The guidebook also advises would-be migrants to avoid hiring professional immigrant-smugglers and to refuse to carry packages for others. It also instructs people never to lie to border officials, carry false documents or resist arrest.

But groups favoring stricter immigration controls said the pamphlet amounted to a how-to manual for illegal immigrants. The booklet gives advice on what clothes to wear when fording a river and how to cross a desert without getting dehydrated.

It also counsels migrants to keep a low profile once in the United States, telling them, for instance, to stay away from loud parties or discos that might be raided by the police and to stay out of domestic disputes, which might lead to an arrest. Finally, it lists what rights migrants have if caught, among them safe transport home, medical care, food and water.

« This is not the action of a friendly neighbor, » said Representative Tom Tancredo, the Colorado Republican who chairs the Congressional Immigration Reform Caucus. « What would the Mexican government say if we encouraged our citizens to violate Mexican law? »

Mexico’s Foreign Ministry, however, said its intent in publishing the « Guide for the Mexican Migrant » was to warn migrants of the dangers they might face if they choose to slip illegally into the United States.

Gerónimo Gutiérrez, Mexico’s under secretary for North American affairs, said the guide was written to dissuade people from making a clandestine journey or at least to warn them of the perils and legal risks should they decide to go. About 1.5 million copies of the guide were printed and distributed throughout the country in December.

« Just last year over 300 Mexicans died in their attempt to enter the United States, the vast majority if not all of them in search of a job, » Mr. Gutiérrez said. « The Mexican government obviously has an obligation to take all actions possible in order to avoid the loss of life. »

He added, « It is a natural and fair response to consider this as an attempt to promote undocumented immigration, but that is absolutely not the intent of the Mexican government. »

But groups seeking stricter immigration laws argued that Mexican officials were being disingenuous in asserting that the pamphlet does not encourage illegal migration. They say that Mexico wants to continue exporting unemployed people and reaping the benefits of money sent home to their families.

« If the Mexican government were really very concerned about their citizens dying in the desert, why doesn’t it use its army and police to prevent people from crossing in those areas? » said Steven Camarota, director of research at the Center for Immigration Studies, which favors tighter borders.

Others said the pamphlet only highlighted the need to revamp the American immigration system, which seems to have no effective response to the yearly flood of Mexican migrants seeking jobs. « The publication is nothing more than another symptom of a broken immigration system, » said Paul L. Zulkie, president of American Immigration Lawyers Association.

Voir encore:

The Aspiring Novelist Who Became Obama’s Foreign-Policy Guru

How Ben Rhodes rewrote the rules of diplomacy for the digital age.

David Samuel

The NYT

May 5, 2016

Picture him as a young man, standing on the waterfront in North Williamsburg, at a polling site, on Sept. 11, 2001, which was Election Day in New York City. He saw the planes hit the towers, an unforgettable moment of sheer disbelief followed by panic and shock and lasting horror, a scene that eerily reminded him, in the aftermath, of the cover of the Don DeLillo novel “Underworld.”

Everything changed that day. But the way it changed Ben Rhodes’s life is still unique, and perhaps not strictly believable, even as fiction. He was in the second year of the M.F.A. program at N.Y.U., writing short stories about losers in garden apartments and imagining that soon he would be published in literary magazines, acquire an agent and produce a novel by the time he turned 26. He saw the first tower go down, and after that he walked around for a while, until he ran into someone he knew, and they went back to her shared Williamsburg apartment and tried to find a television that worked, and when he came back outside, everyone was taking pictures of the towers in flames. He saw an Arab guy sobbing on the subway. “That image has always stayed with me,” he says. “Because I think he knew more than we did about what was going to happen.” Writing Frederick Barthelme knockoffs suddenly seemed like a waste of time.

“I immediately developed this idea that, you know, maybe I want to try to write about international affairs,” he explained. “In retrospect, I had no idea what that meant.” His mother’s closest friend growing up ran the Carnegie Endowment for International Peace, which then published Foreign Policy. He sent her a letter and included what would wind up being his only piece of published fiction, a short story that appeared in The Beloit Fiction Journal. It was titled “The Goldfish Smiles, You Smile Back.” The story still haunts him, he says, because “it foreshadowed my entire life.”

It’s the day of President Obama’s final State of the Union address, Jan. 12, and the news inside the White House is not good. Luckily, the reporters on the couch in the West Wing waiting room don’t know it yet. The cream of the crop are here this early p.m. for a private, off-the-record lunch with the president, who will preview his annual remarks to Congress over a meal that is reported to be among the best in the White House chef’s repertoire.

“Blitzer!” a man calls out. A small figure in a long navy cashmere overcoat turns around, in mock surprise.

“You don’t write, you don’t call,” Wolf Blitzer, the CNN anchorman, parries.

“Well, you can call,” shoots back his former colleague Roland Martin. Their repartee thus concluded, they move on to the mutually fascinating subject of Washington traffic jams. “I used to have a 9:30 hit on CNN,” Martin reminisces. “The office was 8.2 miles from my home. It took me 45 minutes.” The CBS News anchor Scott Pelley tells a story about how members of the press destroyed the lawn during the Monica Lewinsky scandal and were told that they would be allowed back once the grass was replanted. The National Park Service replanted the grass outside the White House, but the journalists weren’t allowed back on the lawn.

Unnoticed by the reporters, Ben Rhodes walks through the room, a half-beat behind a woman in leopard-print heels. He is holding a phone to his ear, repeating his mantra: “I’m not important. You’re important.”

The Boy Wonder of the Obama White House is now 38. He heads downstairs to his windowless basement office, which is divided into two parts. In the front office, his assistant, Rumana Ahmed, and his deputy, Ned Price, are squeezed behind desks, which face a large television screen, from which CNN blares nonstop. Large pictures of Obama adorn the walls. Here is the president adjusting Rhodes’s tie; presenting his darling baby daughter, Ella, with a flower; and smiling wide while playing with Ella on a giant rug that says “E Pluribus Unum.”

For much of the past five weeks, Rhodes has been channeling the president’s consciousness into what was imagined as an optimistic, forward-looking final State of the Union. Now, from the flat screens, a challenge to that narrative arises: Iran has seized two small boats containing 10 American sailors. Rhodes found out about the Iranian action earlier that morning but was trying to keep it out of the news until after the president’s speech. “They can’t keep a secret for two hours,” Rhodes says, with a tone of mild exasperation at the break in message discipline.

As the deputy national security adviser for strategic communications, Rhodes writes the president’s speeches, plans his trips abroad and runs communications strategy across the White House, tasks that, taken individually, give little sense of the importance of his role. He is, according to the consensus of the two dozen current and former White House insiders I talked to, the single most influential voice shaping American foreign policy aside from Potus himself. The president and Rhodes communicate “regularly, several times a day,” according to Denis McDonough, Obama’s chief of staff, who is known for captaining a tight ship. “I see it throughout the day in person,” he says, adding that he is sure that in addition to the two to three hours that Rhodes might spend with Obama daily, the two men communicate remotely throughout the day via email and phone calls. Rhodes strategized and ran the successful Iran-deal messaging campaign, helped negotiate the opening of American relations with Cuba after a hiatus of more than 50 years and has been a co-writer of all of Obama’s major foreign-policy speeches. “Every day he does 12 jobs, and he does them better than the other people who have those jobs,” Terry Szuplat, the longest-tenured member of the National Security Council speechwriting corps, told me. On the largest and smallest questions alike, the voice in which America speaks to the world is that of Ben Rhodes.

Like Obama, Rhodes is a storyteller who uses a writer’s tools to advance an agenda that is packaged as politics but is often quite personal. He is adept at constructing overarching plotlines with heroes and villains, their conflicts and motivations supported by flurries of carefully chosen adjectives, quotations and leaks from named and unnamed senior officials. He is the master shaper and retailer of Obama’s foreign-policy narratives, at a time when the killer wave of social media has washed away the sand castles of the traditional press. His ability to navigate and shape this new environment makes him a more effective and powerful extension of the president’s will than any number of policy advisers or diplomats or spies. His lack of conventional real-world experience of the kind that normally precedes responsibility for the fate of nations — like military or diplomatic service, or even a master’s degree in international relations, rather than creative writing — is still startling.

Part of what accounts for Rhodes’s influence is his “mind meld” with the president. Nearly everyone I spoke to about Rhodes used the phrase “mind meld” verbatim, some with casual assurance and others in the hushed tones that are usually reserved for special insights. He doesn’t think for the president, but he knows what the president is thinking, which is a source of tremendous power. One day, when Rhodes and I were sitting in his boiler-room office, he confessed, with a touch of bafflement, “I don’t know anymore where I begin and Obama ends.”

Standing in his front office before the State of the Union, Rhodes quickly does the political math on the breaking Iran story. “Now they’ll show scary pictures of people praying to the supreme leader,” he predicts, looking at the screen. Three beats more, and his brain has spun a story line to stanch the bleeding. He turns to Price. “We’re resolving this, because we have relationships,” he says.

Price turns to his computer and begins tapping away at the administration’s well-cultivated network of officials, talking heads, columnists and newspaper reporters, web jockeys and outside advocates who can tweet at critics and tweak their stories backed up by quotations from “senior White House officials” and “spokespeople.” I watch the message bounce from Rhodes’s brain to Price’s keyboard to the three big briefing podiums — the White House, the State Department and the Pentagon — and across the Twitterverse, where it springs to life in dozens of insta-stories, which over the next five hours don formal dress for mainstream outlets. It’s a tutorial in the making of a digital news microclimate — a storm that is easy to mistake these days for a fact of nature, but whose author is sitting next to me right now.

Rhodes logs into his computer. “It’s the middle of the [expletive] night in Iran,” he grumbles. Price looks up from his keyboard to provide a messaging update: “Considering that they have 10 of our guys in custody, we’re doing O.K.”

With three hours to go until the president’s address to Congress, Rhodes grabs a big Gatorade and starts combing through the text of the State of the Union address. I peek over his shoulder, to get a sense of the meta-narrative that will shape dozens of thumb-suckers in the days and weeks to follow. One sentence reads: “But as we focus on destroying ISIL, over-the-top claims that this is World War III just play into their hands.” He retypes a word, then changes it back, before continuing with his edit. “Masses of fighters on the back of pickup trucks, twisted souls plotting in apartments or garages — they pose an enormous danger to civilians; they have to be stopped. But they do not threaten our national existence.”

Watching Rhodes work, I remember that he is still, chiefly, a writer, who is using a new set of tools — along with the traditional arts of narrative and spin — to create stories of great consequence on the biggest page imaginable. The narratives he frames, the voices of senior officials, the columnists and reporters whose work he skillfully shapes and ventriloquizes, and even the president’s own speeches and talking points, are the only dots of color in a much larger vision about who Americans are and where we are going that Rhodes and the president have been formulating together over the past seven years. When I asked Jon Favreau, Obama’s lead speechwriter in the 2008 campaign, and a close friend of Rhodes’s, whether he or Rhodes or the president had ever thought of their individual speeches and bits of policy making as part of some larger restructuring of the American narrative, he replied, “We saw that as our entire job.”

Having recently spent time working in Hollywood, I realize during our conversations that the role Rhodes plays in the White House bears less resemblance to any specific character on Beltway-insider TV shows like “The West Wing” or “House of Cards” than it does to the people who create those shows. And like most TV writers, Rhodes clearly prefers to imagine himself in the company of novelists.

“What novel is this that you are living in now and will exit from in eight months and be like, ‘Oh, my God’?” I ask him.

“Who would be the author of this novel?” he asks.

“The one you are a character in now?”

“Don DeLillo, I think,” Rhodes answers. “I don’t know how you feel about Don DeLillo.”

“I love Don DeLillo,” I answer.

“Yeah,” Rhodes answers. “That’s the only person I can think of who has confronted these questions of, you know, the individual who finds himself negotiating both vast currents of history and a very specific kind of power dynamics. That’s his milieu. And that’s what it’s like to work in the U.S. foreign-policy apparatus in 2016.”

It has been rare to find Ben Rhodes’s name in news stories about the large events of the past seven years, unless you are looking for the quotation from an unnamed senior official in Paragraph 9. He is invisible because he is not an egotist, and because he is devoted to the president. But once you are attuned to the distinctive qualities of Rhodes’s voice — which is often laced with aggressive contempt for anyone or anything that stands in the president’s way — you can hear him everywhere.

Rhodes’s mother and father are not interested in talking about Rhodes. Neither is his older brother, David, who is president of CBS News, an organization that recently revived the effort to declassify the contents of the redacted 28 pages of the Sept. 11 report on the eve of Obama’s visit to Saudi Arabia, on which Rhodes, as usual, accompanied the president. The brothers are close, but they often go months without seeing each other. “He was like the kid who carried the briefcase to school,” Ben says of his brother, who worked at Fox News and Bloomberg before moving to CBS. “I actually didn’t do that great in high school because I was drinking and smoking pot and hanging out in Central Park.”

Rhodes’s impassioned yet depressive vibe, which I feel in his stray remarks and in the strangeness of his decision to allow me to roam around the White House, stems in part from feeling overloaded; he wishes he had more time to think and write. His mother is Jewish from the Upper East Side, and worships John Updike, and reads The New Yorker. His father is a Texan lawyer who took his sons to St. Thomas Episcopal Church once a month, where Rhodes felt like the Jewish kid in church, the same way he felt like a “Jewish Christian” at Passover Seders. His New York City prep-school-kid combination of vulnerability, brattiness and passionate hatred for phonies suggests an only slightly updated version of what Holden Caulfield might have been like if he grew up to work in the West Wing.
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Rhodes at a nuclear-security summit meeting in March, where President Obama met with President Xi Jinping of China. Credit Doug Mills/The New York Times

Rhodes’s windowless back office, which doesn’t have a TV screen, is an oasis of late-night calm in a building devoted to the performance of power. The walls are painted a soft creamy color, which gives it the feel of an upscale hotel room with the drapes closed. He arrives here every morning between 8 and 9 from a modest two-bedroom apartment in a grad-student-type building in an unpretentious Washington neighborhood around the corner from his favorite post-collegiate bar. Before coming to work, he walks his 1-year-old daughter to day care. Then he drives to work in his Beamer, which appears to be the one grown-up luxury he and his wife, Ann Norris, who works in the State Department and longs to return to her childhood home of California, can afford. When his wife takes the car, he rides the bus, which offers him a touch of the anonymity he craves. His days at the White House start with the president’s daily briefing, which usually includes the vice president, National Security Adviser Susan Rice, Deputy National Security Adviser Avril Haines and Homeland Security Adviser Lisa Monaco.

The books on his shelves are a mix of DeLillo novels, history books, recondite tomes on Cuba and Burma and adventure-wonk stuff like Mark Mazzetti’s “The Way of the Knife.” C. S. Lewis makes an appearance here, alongside a volume of Lincoln speeches (Obama tells all his speechwriters to read Lincoln) and George Orwell’s “All Art Is Propaganda.” I have seen the same books on the shelves of plenty of Brooklyn apartments. Yet some large part of the recent history of America and its role in the world turns on the fact that the entirely familiar person sitting at the desk in front of me, who seems not unlike other weed-smokers I know who write Frederick Barthelme-type short stories, has achieved a “mind meld” with President Obama and used his skills to help execute a radical shift in American foreign policy.

So I wonder: How did he get from there to here?

The story that Rhodes published in The Beloit Fiction Journal is a good place to start.

The goldfish idea, I’m told, had been Ms. Wellberg’s.
“Why?” I ask. She is dyed blond, slim, petite, attractive.
“You take meticulous notes,” she slurs.

The editor at Foreign Policy who read “Goldfish,” which Rhodes attached with his query letter, said that the young M.F.A. would be bored with fact-checking. Instead, he suggested that he apply for a job with Lee Hamilton, the onetime congressman from Indiana, who was looking for a speechwriter.

“I was surprised,” Hamilton remembered. “What the hell does a guy who wanted to write fiction come to me for?” But he had always found writers useful, and Rhodes’s writing sample was the best in the pile. So he hired him on at the Wilson Center, a nonpartisan think tank. Though Rhodes never said a word in meetings, Hamilton says, he had a keen understanding of what was going on and a talent for putting the positions of distinguished participants down on paper. “I immediately understood that it’s a very important quality for a staffer,” Hamilton explained, “that he could come into a meeting and decide what was decided.” I suggested that the phrase “decide what was decided” is suggestive of the enormous power that might accrue to someone with Rhodes’s gifts. Hamilton nodded. “Absolutely,” he said.

The notes go on and on. They have ideas with subsets of ideas and reactions to ideas indented beneath the original ideas. The handwriting is perfect. The representation of what happened in the meetings immaculate, like a mirror’s reflection after it has been scrubbed clean. I have a reputation for my notes.

Rhodes served as Hamilton’s staff member on the 9/11 Commission, where he met Denis McDonough, another Hamilton protégé, who had gone on to work for Tom Daschle in the Senate. Rhodes then became the chief note-taker for the Iraq Study Group, the bipartisan commission that excoriated George Bush’s war in Iraq. He accompanied Hamilton and his Republican counterpart on the group, former secretary of state and Bush family intimate James Baker, to their meetings with Colin Powell, Condoleezza Rice, Stephen Hadley, David Petraeus and many others (Vice President Dick Cheney met with the group but didn’t say a word). According to both Hamilton and Edward Djerejian, Baker’s second on the I.S.G., Rhodes’s opinions were helpful in shaping the group’s conclusions — a scathing indictment of the policy makers responsible for invading Iraq. For Rhodes, who wrote much of the I.S.G. report, the Iraq war was proof, in black and white, not of the complexity of international affairs or the many perils attendant on political decision-making but of the fact that the decision-makers were morons.

One result of this experience was that when Rhodes joined the Obama campaign in 2007, he arguably knew more about the Iraq war than the candidate himself, or any of his advisers. He had also developed a healthy contempt for the American foreign-policy establishment, including editors and reporters at The New York Times, The Washington Post, The New Yorker and elsewhere, who at first applauded the Iraq war and then sought to pin all the blame on Bush and his merry band of neocons when it quickly turned sour. If anything, that anger has grown fiercer during Rhodes’s time in the White House. He referred to the American foreign-policy establishment as the Blob. According to Rhodes, the Blob includes Hillary Clinton, Robert Gates and other Iraq-war promoters from both parties who now whine incessantly about the collapse of the American security order in Europe and the Middle East.

Boost thinks very highly of me. My notes are so impressive that they have taken on the form of ideas, he feels. I capture other people’s words in a manner that not only organizes them, but inserts a clarity and purpose that was not present in the original idea. Connections are made between two opposing ideas that were not apparent in the meeting. I have gotten at not only the representation of things, but the way that the mind actually works.

Jon Favreau, then the campaign’s lead speechwriter, felt as if he could use a foreign-affairs expert who could write. “Foreign-policy advisers kept changing all the language that made Obama sound like he wasn’t part of the Democratic foreign-policy establishment,” he remembers. “The idea of someone with a masters in fiction who had also co-authored the Iraq Study Group and 9/11 Commission reports seemed perfect for a candidate who put so much emphasis on storytelling.” The two young speechwriters quickly found themselves to be in sync. “He truly gives zero [expletive] about what most people in Washington think,” Favreau says admiringly of Rhodes. “I think he’s always seen his time there as temporary and won’t care if he’s never again invited to a cocktail party, or asked to appear on ‘Morning Joe,’ or inducted into the Council on Foreign Relations hall of fame or whatever the hell they do there.”

I sit next to Boost in the meetings. The ideas fly like radio waves. I am silent in these meetings, taking notes.

“He was easily underestimatable,” Samantha Power recalls, of Rhodes’s arrival on the Obama campaign in 2007. Herself a writer, whose history of America’s responses to genocide, “A Problem From Hell,” won the Pulitzer Prize, Power went to work in Obama’s Senate office in 2005. Power is now the American ambassador to the United Nations. Her attire suggests a disingenuous ambivalence about her role in government that appears to be common among her cohort in the Obama administration, with a cardigan made of thick, expensive-looking cashmere worn over a simple frock, along with silver spray-painted rock ’n’ roll sneakers. See, I’m sympatico, the sneakers proclaim.

Early on, what struck her about Rhodes was how strategic he was. “He was leading quietly, initially, and mainly just through track changes, like what to accept and reject,” she says. When I ask her where Rhodes’s control over drafts of the candidate’s speeches came from, she immediately answers, “Obama,” but then qualifies her answer. “But it was Hobbesian,” she adds. “He had the pen. And he understood intuitively that having the pen gave him that control.” His judgment was superior to that of his rivals, and he refused to ever back down. “He was just defiant,” she recalls. “He was like: ‘No, I’m not. That’s bad. Obama wouldn’t want that.’ ”

Obama relies on Rhodes for “an unvarnished take,” in part, she says, because “Ben just has no poker face,” and so it’s easy to see when he is feeling uncomfortable. “The president will be like, ‘Ben, something on your mind?’ And then Ben will have this incredibly precise lay-down of why the previous half-hour has been an utter waste of time, because there’s a structural flaw to the entire direction of the conversation.”

The literary character that Rhodes most closely resembles, Power volunteers, is Holden Caulfield. “He hates the idea of being phony, and he’s impetuous, and he has very strong views.”

In Afghanistan the Taliban dynamites enormous statues of Buddha, the ancient material imploding and crumbling to the ground, small specks of men can be seen watching in the foreground. This is somewhere else. Far away.

On his first day in the West Wing, Rhodes remembers thinking how remarkably small the space was, and noticing that the same few dozen people he worked with at campaign headquarters in Chicago were now wearing suits instead of jeans. The enormousness of the endeavor sank in on that first day, and he realized that for all the prep work, there was no manual for how to be on the staff of the person who is running the country, particularly at a time when the global economy was in free fall and 180,000 Americans were fighting in Iraq and Afghanistan. He became aware of two things at once: the weight of the issues that the president was confronted with, and the intense global interest in even the most mundane presidential communications.

‘He truly gives zero [expletive] about what most people in Washington think. I think he’s always seen his time there as temporary and won’t care if he’s never again invited to a cocktail party.’

The job he was hired to do, namely to help the president of the United States communicate with the public, was changing in equally significant ways, thanks to the impact of digital technologies that people in Washington were just beginning to wrap their minds around. It is hard for many to absorb the true magnitude of the change in the news business — 40 percent of newspaper-industry professionals have lost their jobs over the past decade — in part because readers can absorb all the news they want from social-media platforms like Facebook, which are valued in the tens and hundreds of billions of dollars and pay nothing for the “content” they provide to their readers. You have to have skin in the game — to be in the news business, or depend in a life-or-death way on its products — to understand the radical and qualitative ways in which words that appear in familiar typefaces have changed. Rhodes singled out a key example to me one day, laced with the brutal contempt that is a hallmark of his private utterances. “All these newspapers used to have foreign bureaus,” he said. “Now they don’t. They call us to explain to them what’s happening in Moscow and Cairo. Most of the outlets are reporting on world events from Washington. The average reporter we talk to is 27 years old, and their only reporting experience consists of being around political campaigns. That’s a sea change. They literally know nothing.”

In this environment, Rhodes has become adept at ventriloquizing many people at once. Ned Price, Rhodes’s assistant, gave me a primer on how it’s done. The easiest way for the White House to shape the news, he explained, is from the briefing podiums, each of which has its own dedicated press corps. “But then there are sort of these force multipliers,” he said, adding, “We have our compadres, I will reach out to a couple people, and you know I wouldn’t want to name them — ”

“I can name them,” I said, ticking off a few names of prominent Washington reporters and columnists who often tweet in sync with White House messaging.

Price laughed. “I’ll say, ‘Hey, look, some people are spinning this narrative that this is a sign of American weakness,’ ” he continued, “but — ”

“In fact it’s a sign of strength!” I said, chuckling.

“And I’ll give them some color,” Price continued, “and the next thing I know, lots of these guys are in the dot-com publishing space, and have huge Twitter followings, and they’ll be putting this message out on their own.”

This is something different from old-fashioned spin, which tended to be an art best practiced in person. In a world where experienced reporters competed for scoops and where carrying water for the White House was a cause for shame, no matter which party was in power, it was much harder to sustain a “narrative” over any serious period of time. Now the most effectively weaponized 140-character idea or quote will almost always carry the day, and it is very difficult for even good reporters to necessarily know where the spin is coming from or why.

When I later visited Obama’s former campaign mastermind David Axelrod in Chicago, I brought up the soft Orwellian vibe of an information space where old media structures and hierarchies have been erased by Silicon Valley billionaires who convinced the suckers that information was “free” and everyone with access to Google was now a reporter. Axelrod, a former newspaperman, sighed. “It’s not as easy as standing in front of a press conference and speaking to 70 million people like past presidents have been able to do,” he said. The bully pulpit by and large doesn’t exist anymore, he explained. “So more and more, over the last couple of years, there’s been an investment in alternative means of communication: using digital more effectively, going to nontraditional sources, understanding where on each issue your constituencies are going to be found,” he said. “I think they’ve approached these major foreign-policy challenges as campaign challenges, and they’ve run campaigns, and those campaigns have been very sophisticated.”

Rhodes’s innovative campaign to sell the Iran deal is likely to be a model for how future administrations explain foreign policy to Congress and the public. The way in which most Americans have heard the story of the Iran deal presented — that the Obama administration began seriously engaging with Iranian officials in 2013 in order to take advantage of a new political reality in Iran, which came about because of elections that brought moderates to power in that country — was largely manufactured for the purpose for selling the deal. Even where the particulars of that story are true, the implications that readers and viewers are encouraged to take away from those particulars are often misleading or false. Obama’s closest advisers always understood him to be eager to do a deal with Iran as far back as 2012, and even since the beginning of his presidency. “It’s the center of the arc,” Rhodes explained to me two days after the deal, officially known as the Joint Comprehensive Plan of Action, was implemented. He then checked off the ways in which the administration’s foreign-policy aims and priorities converged on Iran. “We don’t have to kind of be in cycles of conflict if we can find other ways to resolve these issues,” he said. “We can do things that challenge the conventional thinking that, you know, ‘AIPAC doesn’t like this,’ or ‘the Israeli government doesn’t like this,’ or ‘the gulf countries don’t like it.’ It’s the possibility of improved relations with adversaries. It’s nonproliferation. So all these threads that the president’s been spinning — and I mean that not in the press sense — for almost a decade, they kind of all converged around Iran.”

In the narrative that Rhodes shaped, the “story” of the Iran deal began in 2013, when a “moderate” faction inside the Iranian regime led by Hassan Rouhani beat regime “hard-liners” in an election and then began to pursue a policy of “openness,” which included a newfound willingness to negotiate the dismantling of its illicit nuclear-weapons program. The president set out the timeline himself in his speech announcing the nuclear deal on July 14, 2015: “Today, after two years of negotiations, the United States, together with our international partners, has achieved something that decades of animosity has not.” While the president’s statement was technically accurate — there had in fact been two years of formal negotiations leading up to the signing of the J.C.P.O.A. — it was also actively misleading, because the most meaningful part of the negotiations with Iran had begun in mid-2012, many months before Rouhani and the “moderate” camp were chosen in an election among candidates handpicked by Iran’s supreme leader, the Ayatollah Ali Khamenei. The idea that there was a new reality in Iran was politically useful to the Obama administration. By obtaining broad public currency for the thought that there was a significant split in the regime, and that the administration was reaching out to moderate-minded Iranians who wanted peaceful relations with their neighbors and with America, Obama was able to evade what might have otherwise been a divisive but clarifying debate over the actual policy choices that his administration was making. By eliminating the fuss about Iran’s nuclear program, the administration hoped to eliminate a source of structural tension between the two countries, which would create the space for America to disentangle itself from its established system of alliances with countries like Saudi Arabia, Egypt, Israel and Turkey. With one bold move, the administration would effectively begin the process of a large-scale disengagement from the Middle East.

The nerve center for the selling of the Iran deal to Congress, which took place in a concentrated three-month period between July and September of last year, was located inside the White House, and is referred to by its former denizens as “the war room.” Chad Kreikemeier, a Nebraskan who had worked in the White House Office of Legislative Affairs, helped run the team, which included three to six people from each of several agencies, he says, which were the State Department, Treasury, the American delegation to the United Nations (i.e., Samantha Power), “at times D.O.D.” (the Department of Defense) and also the Department of Energy and the National Security Council. Rhodes “was kind of like the quarterback,” running the daily video conferences and coming up with lines of attack and parry. “He was extremely good about immediately getting to a phrase or a way of getting the message out that just made more sense,” Kreikemeier remembers. Framing the deal as a choice between peace and war was Rhodes’s go-to move — and proved to be a winning argument.

The person whom Kreikemeier credits with running the digital side of the campaign was Tanya Somanader, 31, the director of digital response for the White House Office of Digital Strategy, who became known in the war room and on Twitter as @TheIranDeal. Early on, Rhodes asked her to create a rapid-response account that fact-checked everything related to the Iran deal. “So, we developed a plan that was like: The Iran deal is literally going to be the tip of everything that we stand up online,” Somanader says. “And we’re going to map it onto what we know about the different audiences we’re dealing with: the public, pundits, experts, the right wing, Congress.” By applying 21st-century data and networking tools to the white-glove world of foreign affairs, the White House was able to track what United States senators and the people who worked for them, and influenced them, were seeing online — and make sure that no potential negative comment passed without a tweet.
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Rhodes (center) and Josh Earnest, the White House press secretary, listening as President Obama spoke to reporters during an off-the-record discussion. Credit Stephen Crowley/The New York Times

As she explained how the process worked, I was struck by how naïve the assumption of a “state of nature” must seem in an information environment that is mediated less and less by experienced editors and reporters with any real prior knowledge of the subjects they write about. “People construct their own sense of source and credibility now,” she said. “They elect who they’re going to believe.” For those in need of more traditional-seeming forms of validation, handpicked Beltway insiders like Jeffrey Goldberg of The Atlantic and Laura Rozen of Al-Monitor helped retail the administration’s narrative. “Laura Rozen was my RSS feed,” Somanader offered. “She would just find everything and retweet it.”

Rhodes’s messaging campaign was so effective not simply because it was a perfectly planned and executed example of digital strategy, but also because he was personally involved in guiding the deal itself. In July 2012, Jake Sullivan, a close aide to Hillary Clinton, traveled to Muscat, Oman, for the first meeting with the Iranians, taking a message from the White House. “It was, ‘We’re prepared to open a direct channel to resolve the nuclear agreement if you are prepared to do the same thing and authorize it at the highest levels and engage in a serious discussion on these issues,’ ” Sullivan remembers. “Once that was agreed to, it was quickly decided that we resolve the nuclear agreement in two steps, the interim agreement and the final agreement.” Subsequent meetings with the Iranians followed, during which he was joined by Deputy Secretary of State Bill Burns. “Bill and I had a huge amount of license to explore what the terms would look like, within the negotiating parameters,” Sullivan says. “What the precise trade-offs would be, between forms of sanctions relief and forms of restraints on their programs, that was left to us to feel out.”

The fact that the president largely let his surrogates do the talking and the selling of the Iran deal — and even now, rarely talks about it in public — does not reflect his level of direct engagement. Sullivan and Burns spent hours before and after every session in Oman with the president and his closest advisers in the White House. When the president wasn’t present, Rhodes always was. “Ben and I, in particular, the two of us, spent a lot of time thinking through all the angles,” Sullivan says. “We spent three, four, five hours together in Washington talking things through before the meetings.” In March 2013, a full three months before the elections that elevated Hassan Rouhani to the office of president, Sullivan and Burns finalized their proposal for an interim agreement, which became the basis for the J.C.P.O.A.

The White House point person during the later stage of the negotiations was Rob Malley, a favored troubleshooter who is currently running negotiations that could keep the Syrian dictator Bashar al-Assad in power. During the course of the Iran talks, Malley told me, he always kept in close contact with Rhodes. “I would often just call him and say, ‘Give me a reality check,’ ” Malley explained. “He could say, ‘Here is where I think the president is, and here is where I think he will be.’ ” He continued, “Ben would try to anticipate: Does it make sense policywise? But then he would also ask himself: How do we sell it to Congress? How do we sell it to the public? What is it going to do to our narrative?”

Malley is a particularly keen observer of the changing art of political communication; his father, Simon Malley, who was born in Cairo, edited the politics magazine Afrique Asie and proudly provided a platform for Fidel Castro and Yasir Arafat, in the days when the leaders’ words might take weeks to travel from Cuba or Cairo to Paris. “The Iran experience was the place where I saw firsthand how policy, politics and messaging all had to be brought together, and I think that Ben is really at the intersection of all three,” Malley says. “He reflects and he shapes at the same time.”

As Malley and representatives of the State Department, including Wendy Sherman and Secretary of State John Kerry, engaged in formal negotiations with the Iranians, to ratify details of a framework that had already been agreed upon, Rhodes’s war room did its work on Capitol Hill and with reporters. In the spring of last year, legions of arms-control experts began popping up at think tanks and on social media, and then became key sources for hundreds of often-clueless reporters. “We created an echo chamber,” he admitted, when I asked him to explain the onslaught of freshly minted experts cheerleading for the deal. “They were saying things that validated what we had given them to say.”

When I suggested that all this dark metafictional play seemed a bit removed from rational debate over America’s future role in the world, Rhodes nodded. “In the absence of rational discourse, we are going to discourse the [expletive] out of this,” he said. “We had test drives to know who was going to be able to carry our message effectively, and how to use outside groups like Ploughshares, the Iran Project and whomever else. So we knew the tactics that worked.” He is proud of the way he sold the Iran deal. “We drove them crazy,” he said of the deal’s opponents.

Yet Rhodes bridled at the suggestion that there has been anything deceptive about the way that the agreement itself was sold. “Look, with Iran, in a weird way, these are state-to-state issues. They’re agreements between governments. Yes, I would prefer that it turns out that Rouhani and Zarif” — Mohammad Javad Zarif, Iran’s foreign minister — “are real reformers who are going to be steering this country into the direction that I believe it can go in, because their public is educated and, in some respects, pro-American. But we are not betting on that.”

In fact, Rhodes’s passion seems to derive not from any investment in the technical specifics of sanctions or centrifuge arrays, or any particular optimism about the future course of Iranian politics and society. Those are matters for the negotiators and area specialists. Rather, it derived from his own sense of the urgency of radically reorienting American policy in the Middle East in order to make the prospect of American involvement in the region’s future wars a lot less likely. When I asked whether the prospect of this same kind of far-reaching spin campaign being run by a different administration is something that scares him, he admitted that it does. “I mean, I’d prefer a sober, reasoned public debate, after which members of Congress reflect and take a vote,” he said, shrugging. “But that’s impossible.”

Getting Rhodes to speak directly about the man whose gestalt he channels is a bit like asking someone to look into a mirror while describing someone else’s face. The Obama he talks about in public is, in part, a character that he has helped to create — based on a real person, of course — and is embedded in story lines that he personally constructs and manages. At the same time, he believes very deeply in Obama, the man and the president, and in the policies that he has helped to structure and sell on his behalf.

Obama’s particular revulsion against a certain kind of global power politics is a product, Rhodes suggests, of his having been raised in Southeast Asia. “Indonesia was a place where your interaction at that time with power was very intimate, right?” Rhodes asks. “Tens or hundreds of thousands of people had just been killed. Power was not some abstract thing,” he muses. “When we sit in Washington and debate foreign policy, it’s like a Risk game, or it’s all about us, or the human beings disappear from the decisions. But he lived in a place where he was surrounded by people who had either perpetrated those acts — and by the way, may not have felt great about that — or else knew someone who was a victim. I don’t think there’s ever been an American president who had an experience like that at a young age of what power is.”

The parts of Obama’s foreign policy that disturb some of his friends on the left, like drone strikes, Rhodes says, are a result of Obama’s particular kind of globalism, which understands the hard and at times absolute necessity of killing. Yet, at the same time, they are also ways of avoiding more deadly uses of force — a kind of low-body-count spin move.

‘We created an echo chamber,’ he admitted, when I asked him to explain the onslaught of freshly minted experts cheerleading for the deal. ‘They were saying things that validated what we had given them to say.’

He leans back and opens a drawer in the file cabinet behind his desk, and removes a folder. “I was going to show you something,” he says, removing a sheaf of yellow legal paper covered in longhand. “Just to confirm for you that he really is a writer.” He shows me the president’s copy of his Nobel Peace Prize acceptance speech, a revision of an original draft by Favreau and Rhodes whose defining tension was accepting a prize awarded before he had actually accomplished anything. In his longhand notes, Obama relocated the speech’s tension in the fact that he was accepting a peace prize a week after ordering 30,000 more troops to Afghanistan. King and Gandhi were the author’s heroes, yet he couldn’t act as they did, because he runs a state. The reason that the author had to exercise power was because not everyone in the world is rational.

We sit for a while, and I examine the president’s thoughts unfolding on the page, and the lawyerly, abstract nature of his writing process. “Moral imagination, spheres of identity, but also move beyond cheap lazy pronouncements,” one note reads. Here was the new American self — rational, moral, not self-indulgent. No longer one thing but multiple overlapping spheres or circles. Who is described here? As usual, the author is describing himself.

Valerie Jarrett has been called the president’s work wife and is the only member of the West Wing staff who knew Obama before he began contemplating a run for the presidency. What I want to understand better, I tell her, are the swirls of the president’s emotional fingerprint, which I saw in the longhand draft of his Nobel speech. We talk for a while about being American and at the same time being from somewhere else, and the split-screen experience of reality that experience allows. Jarrett was born in Iran and spent her early childhood there.

“Was it a point of connection between you and the president that you had each spent some substantial part of your childhoods living in another country?” I ask. Her face lights up.

“Absolutely,” she answers. The question is important to her. “The first conversation we had over dinner, when we first met, was about what it was like for both of us to live in countries that were predominantly Muslim countries at formative parts of our childhood and the perspective it gave us about the United States and how uniquely excellent it is,” she says. “We talked about what it was like to be children, and how we played with children who had totally different backgrounds than our own but you would find something in common.” She recalls her very first dinner together with the new fiancé of her protégée Michelle Robinson. “I remember him asking me questions that I felt like no one else has ever asked me before,” she says, “and he asked me from a perspective of someone who knew the same experience that I had. So it felt really good. I was like, ‘Oh, finally someone who gets it.’ ”

Barack Obama is not a standard-issue liberal Democrat. He openly shares Rhodes’s contempt for the groupthink of the American foreign-policy establishment and its hangers-on in the press. Yet one problem with the new script that Obama and Rhodes have written is that the Blob may have finally caught on.

“He is a brilliant guy, but he has a real problem with what I call the assignment of bad faith,” one former senior official told me of the president. “He regards everyone on the other side at this point as being a bunch of bloodthirsty know-nothings from a different era who play by the old book. He hears arguments like, ‘We should be punching Iran in the nose on its shipments of arms, and do it publicly,’ or ‘We should sanction the crap out of them for their ballistic-missile test and tell them that if they do it again we’re going to do this or we’re going to do that,’ and he hears Dick Cheney in those arguments.”

Another official I spoke to put the same point more succinctly: “Clearly the world has disappointed him.” When I asked whether he believed that the Oval Office debate over Syria policy in 2012 — resulting in a decision not to support the uprising against Assad in any meaningful way — had been an honest and open one, he said that he had believed that it was, but has since changed his mind. “Instead of adjusting his policies to the reality, and adjusting his perception of reality to the changing realities on the ground, the conclusions he draws are exactly the same, no matter what the costs have been to our strategic interests,” he says. “In an odd way, he reminds me of Bush.” The comparison is a startling one — and yet, questions of tone aside, it is uncomfortably easy to see the similarities between the two men, American presidents who projected their own ideas of the good onto an indifferent world.

One of the few charter members of the Blob willing to speak on the record is Leon Panetta, who was Obama’s head of the C.I.A. and secretary of defense and also enough of a product of a different culture to give honest answers to what he understands to be questions of consequence. At his institute at the old Fort Ord in Seaside, Calif., where, in the days before he wore Mr. Rogers sweaters, he served as a young Army intelligence officer, I ask him about a crucial component of the administration’s public narrative on Iran: whether it was ever a salient feature of the C.I.A.’s analysis when he ran the agency that the Iranian regime was meaningfully divided between “hard-line” and “moderate” camps.

“No,” Panetta answers. “There was not much question that the Quds Force and the supreme leader ran that country with a strong arm, and there was not much question that this kind of opposing view could somehow gain any traction.”

I ask Panetta whether, as head of the C.I.A., or later on, as secretary of defense, he ever saw the letters that Obama covertly sent to Khamenei, in 2009 and in 2012, which were only reported on by the press weeks later.

“No,” he answers, before saying he would “like to believe” that Tom Donilon, national security adviser since 2010, and Hillary Clinton, then secretary of state, had a chance to work on the offer they presented.
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Rhodes in his White House office. Credit Doug Mills/The New York Times

As secretary of defense, he tells me, one of his most important jobs was keeping Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel and his defense minister, Ehud Barak, from launching a pre-emptive attack on Iran’s nuclear facilities. “They were both interested in the answer to the question, ‘Is the president serious?’ ” Panetta recalls. “And you know my view, talking with the president, was: If brought to the point where we had evidence that they’re developing an atomic weapon, I think the president is serious that he is not going to allow that to happen.”

Panetta stops.

“But would you make that same assessment now?” I ask him.

“Would I make that same assessment now?” he asks. “Probably not.”

He understands the president’s pivot toward Iran as the logical result of a deeply held premise about the negative effects of use of American military force on a scale much larger than drone strikes or Special Forces raids. “I think the whole legacy that he was working on was, ‘I’m the guy who’s going to bring these wars to an end, and the last goddamn thing I need is to start another war,’ ” he explains of Obama. “If you ratchet up sanctions, it could cause a war. If you start opposing their interest in Syria, well, that could start a war, too.”

In Panetta’s telling, his own experience at the Pentagon under Obama sometimes resembled being installed in the driver’s seat of a car and finding that the steering wheel and brakes had been disconnected from the engine. Obama and his aides used political elders like him, Robert Gates and Hillary Clinton as cover to end the Iraq war, and then decided to steer their own course, he suggests. While Panetta pointedly never mentions Rhodes’s name, it is clear whom he is talking about.

“There were staff people who put themselves in a position where they kind of assumed where the president’s head was on a particular issue, and they thought their job was not to go through this open process of having people present all these different options, but to try to force the process to where they thought the president wanted to be,” he says. “They’d say, ‘Well, this is where we want you to come out.’ And I’d say ‘[expletive], that’s not the way it works. We’ll present a plan, and then the president can make a decision.’ I mean, Jesus Christ, it is the president of the United States, you’re making some big decisions here, he ought to be entitled to hear all of those viewpoints and not to be driven down a certain path.”

But that can’t be true, I tell Panetta, because the aides he is talking about had no independent power aside from the authority that the president himself gave them.

“Well, that’s a good question,” Panetta allows. “He’s a smart guy, he’s not dumb.” It’s all part of the Washington blame game. Just as Panetta can blame young aides in order to avoid blaming the president for his actual choices, the president used his aides to tell Panetta to take a hike. Perhaps the president and his aides were continually unable to predict the consequences of their actions in Syria, and made mistake after mistake, while imagining that it was going to come out right the next time. “Another read, which isn’t necessarily opposed to that,” I continue, “is that their actual picture is entirely coherent. But if they put it in blunt, unnuanced terms — ”

Panetta completes my sentence: “ — they’d get the [expletive] kicked out of them.” He looks at me curiously. “Let me ask you something,” he says. “Did you present this theory to Ben Rhodes?”

“Oh, God,” Rhodes says. “The reason the president has bucked a lot of establishment thinking is because he does not agree with establishment thinking. Not because I or Denis McDonough are sitting here.” He pushes back in his chair. “The complete lack of governance in huge swaths of the Middle East, that is the project of the American establishment,” he declares. “That as much as Iraq is what angered me.”

There is something dangerously naïve about this kind of talk, in which words like “balance,” “stakeholders” and “interests” are endlessly reshuffled like word tiles in a magnetic-poetry set, with little regard for the immutable contingencies that shaped America’s role in the world. But that’s hardly fair. Ben Rhodes wanted to do right, and maybe, when the arc of history lands, it will turn out that he did. At least, he tried. Something scared him, and made him feel as if the grown-ups in Washington didn’t know what they were talking about, and it’s hard to argue that he was wrong.

What has interested me most about watching him and his cohort in the White House over the past seven years, I tell him, is the evolution of their ability to get comfortable with tragedy. I am thinking specifically about Syria, I add, where more than 450,000 people have been slaughtered.

“Yeah, I admit very much to that reality,” he says. “There’s a numbing element to Syria in particular. But I will tell you this,” he continues. “I profoundly do not believe that the United States could make things better in Syria by being there. And we have an evidentiary record of what happens when we’re there — nearly a decade in Iraq.”

Iraq is his one-word answer to any and all criticism. I was against the Iraq war from the beginning, I tell Rhodes, so I understand why he perpetually returns to it. I also understand why Obama pulled the plug on America’s engagement with the Middle East, I say, but it was also true as a result that more people are dying there on his watch than died during the Bush presidency, even if very few of them are Americans. What I don’t understand is why, if America is getting out of the Middle East, we are apparently spending so much time and energy trying to strong-arm Syrian rebels into surrendering to the dictator who murdered their families, or why it is so important for Iran to maintain its supply lines to Hezbollah. He mutters something about John Kerry, and then goes off the record, to suggest, in effect, that the world of the Sunni Arabs that the American establishment built has collapsed. The buck stops with the establishment, not with Obama, who was left to clean up their mess.

It is clearly time for me to go. Rhodes walks me out into the sunlight of the West Wing parking lot, where we are treated to the sight of the aged Henry Kissinger, who has come to pay a visit. I ask Rhodes if he has ever met the famous diplomat before, and he tells me about the time they were seated together at a state dinner for the president of China. It was an interesting encounter to imagine, between Kissinger, who made peace with Mao’s China while bombing Laos to bits, and Rhodes, who helped effect a similar diplomatic volte-face with Iran but kept the United States out of a civil war in Syria, which has caused more than four million people to become refugees. I ask Rhodes how it felt being seated next to the embodiment of American realpolitik. “It was surreal,” he says, looking off into the middle distance. “I told him I was going to Laos,” he continues. “He got a weird look in his eye.”

There is nothing snarky about his delivery. Rhodes just was bothered by seeing legless kids and unexploded cluster bombs in the jungle. He is not Henry Kissinger, or so his logic runs, even as the underlying realist suspicion — or contempt — for the idea of America as a moral actor is eerily similar. He is torn. As the president himself once asked, how are we supposed to weigh the tens of thousands who have died in Syria against the tens of thousands who have died in Congo? What power means is that the choice is yours, no matter who is telling the story.

David Samuels last wrote for the magazine about Susan Lindauer, an activist who tried to stop the Iraq war by serving as an intermediary between Saddam Hussein and George W. Bush.

International
Non massif à un revenu minimum garanti en Suisse
Radio Canada

5 juin 2016

Une grande majorité des électeurs suisses ont rejeté dimanche l’idée d’imposer un revenu minimum garanti, un concept d’aide sociale étudié par de nombreux pays.
Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Quelque 76,9 % des citoyens ont voté non, selon les résultats définitifs d’un référendum au taux de participation de 46 %.

Avec le « revenu de base inconditionnel », le gouvernement aurait versé un montant mensuel à tous les Suisses et à tous les étrangers vivant au pays depuis au moins 5 ans. Les adultes auraient reçu chaque mois 2500 francs suisses (3309 $) et les mineurs, 625 francs (827 $), dans un pays où le salaire médian est de 6000 francs (7941 $).

Le revenu de base inconditionnel avait suscité de vifs débats en Suisse, où, en 2012, les électeurs ont rejeté l’idée de faire passer leurs congés payés de 4 à 6 semaines. Le projet, d’initiative populaire, était uniquement soutenu par le parti des Verts. Les autres formations, dont le gouvernement, y voyaient un projet utopique et trop coûteux.

Les organisateurs de la consultation ont célébré ce qu’ils ont vu comme une « demi-victoire. » Seuls quelques communes et certains quartiers de Genève et de Zurich ont appuyé la proposition.

En Finlande et au Canada

La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national sur l’idée d’avoir un revenu minimum garanti pour tous.

D’autres pays, comme la Finlande, étudient des projets de ce genre. Au Canada, un projet-pilote a eu lieu dans les années 1970 à Dauphin, au Manitoba. L’Ontario a promis dans son budget de février dernier d’en lancer un. Le Québec entend étudier la question.
Demandes d’asile et sélection d’embryons

D’autres sujets faisaient aussi l’objet d’une consultation populaire dimanche, dont l’idée d’accélérer les procédures d’asile et celle d’autoriser le « diagnostic préimplantatoire ». Il s’agit d’une technique de sélection et de congélation d’embryons réservée aux couples porteurs de maladies héréditaires graves ou incapables d’enfanter par voie naturelle.

Les électeurs ont appuyé à 66,8 % le projet de loi qui propose d’achever les procédures d’asile en 140 jours maximum, au lieu de 400 actuellement. Ils ont aussi dit oui à 62,4 % au diagnostic préimplantatoire, une loi qualifiée d’eugéniste par ses adversaires.

Grâce à leur système de démocratie directe, les Suisses se prononcent trois à quatre fois l’an sur diverses questions. Celles-ci sont proposées par le gouvernement, ou à travers des initiatives populaires qui ont cumulé un minimum de 100 000 signatures.

Voir de même:

La France oppose son silence à la célébration du Ramadan, hormis Alain Juppé qui porte plainte contre X…

Oumma.com

7 juin 2016

Alors que l’on a vainement tendu l’oreille pour percevoir, depuis l’Elysée, les vœux de Bon Ramadan du président Hollande, et que l’on a cherché en pure perte le moindre communiqué ou encore vidéo qui aurait illustré en images cette scène en tout point mémorable, à Londres, Berlin, Washington ou encore Ottawa, les homologues de notre chef de l’Etat ne se sont pas fait prier pour saluer l’arrivée de ce mois béni dans leur contrée respective.

Cette singulière posture, laïque à l’extrême, de notre monarchie républicaine n’est pas du meilleur effet à l’échelle internationale, et tandis que David Cameron, Angela Merkel, Barack Obama et Justin Trudeau, pour ne citer que ceux-là, ont rivalisé de paroles bienveillantes, François Hollande s’est muré dans un silence assourdissant des plus éloquents…

« C’est le mois sacré du ramadan, un moment où les mosquées ouvrent leurs portes, les centres communautaires accueillent leurs voisins, et même les églises et les synagogues offrent leurs espaces aux musulmans pour la rupture du jeûne et les gens de toutes les religions ainsi que ceux qui n’en ont pas sont souvent invités à s’y joindre […]   Continuons de nous réunir pour l’iftar et les événements communautaires.  Célébrons la fierté, la multi-race et la multi-foi de la démocratie ! », a déclaré le Premier ministre britannique, pendant qu’au même moment la chancelière allemande tweetait « A tous les citoyens musulmans, je souhaite un ramadan béni et paisible », après avoir annoncé sa décision d’exempter les propriétaires des marchés et des restaurants islamiques des impôts tout au long du mois sacré.

Depuis son bureau ovale et alors qu’il amorce la dernière ligne droite de son mandat, Barack Obama s’est fait un devoir de perpétuer la grande tradition des voeux adressés à ses concitoyens musulmans, en ces termes : « A l’heure où  les Américains musulmans célèbrent le mois sacré, je me rappelle que nous sommes une famille américaine. Comme les communautés musulmanes américaines, je rejette fermement les voix qui cherchent à nous diviser ou limiter nos libertés religieuses. Nous continuerons d’accueillir des immigrants et des réfugiés dans notre pays, y compris ceux qui sont musulmans », a-t-il insisté, en soulignant qu’avec son épouse, ils ont  « hâte d’ouvrir les portes de la Maison Blanche pour les Américains musulmans pendant cette occasion spéciale ».

Propulsé au sommet du pays de l’érable depuis un an, Justin Trudeau, le Premier ministre canadien qui s’inscrit dans la lignée des autres dirigeants cités précédemment, s’est empressé de renouveler par écrit les vœux formulés l’année  dernière, en y apportant sa touche toute personnelle  : « Le ramadan nous rappelle à tous de témoigner de notre reconnaissance pour les innombrables bénédictions dont nous jouissons et de faire passer les besoins des autres avant les nôtres. Prenons le temps de reconnaître, et de montre notre gratitude pour les contributions inestimables de nos communautés musulmanes qui enrichissent notre tissu national chaque jour. La diversité culturelle du Canada est l’une de nos plus grandes forces et sources de fierté », a-t-il assuré, avant d’ajouter : « Au nom de notre famille, Sophie et moi souhaitons à tous ceux qui observent ce mois sacré un ramadan béni et paisible ».

Dans ce désert de souhaits ramadaniens si typiquement français, le seul et unique communiqué officiel ayant trait au mois béni a pris la forme d’une plainte contre X signée Alain Juppé !  En effet, le maire de Bordeaux, outré par la diffusion d’un faux tweet (voir ci-dessous) dans lequel on lui a prêté des vœux qu’il n’a jamais formulés, a réagi promptement en saisissant la justice de ce « piratage », tout en rassurant le bon peuple sur son inclination spirituelle : «  Je vous confirme que je suis toujours catholique, même si je ne suis pas très pratiquant ! », a-t-il affirmé avec une pointe d’ironie.

Ce sont bien là les seuls mots de la langue Molière qui auront rompu le vœu de silence officiel à l’égard du Ramadan, et il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser à la lueur des vœux présentés dans toutes les langues et depuis différents centres névralgiques du pouvoir politique, aux quatre coins du globe !

Pragmatisme ou abandon?

Violette Soriano

Le gouvernement mexicain a publié un guide illustré à l’usage des migrants illégaux !…

« Le but de ce guide est de te donner quelques conseils pratiques qui pourraient être utiles au cas où tu aurais pris la décision difficile de rechercher de nouvelles opportunités d’emploi hors de ton pays”

Certains mouvements politiques modernes parlent d’un système qui serait plus proche de ce que l’on appelle le “sens commun” ou le “pragmatisme”. En effet, on pourrait se demander pourquoi tout doit toujours être compliqué lorsqu’on en vient à la politique. L’Afrique a besoin de nourriture, nous en avons trop, le problème devrait être simple, mais il ne l’est pas. La première fois que j’ai été confrontée au « Guide du migrant », publié en 2004 par le gouvernement Mexicain, j’ai pensé qu’il pourrait être le résultat d’une nouvelle sorte de politique pragmatique qui aiderait les citoyens à arriver sains et saufs dans un autre pays et non pas à essayer de les garder à tout prix, quand ils veulent partir. Il m’a semblé qu’il pourrait s’agir d’une tentative assez intelligente. Les citoyens Mexicains essaient toujours de passer la frontière américaine, presque dix ans après la publication de ce guide…donc, peut être que leur fuite est inévitable ? Cela pourrait être un acte courageux, une confrontation à la dure vérité.
Mais après une lecture plus attentive, j’ai été frappée par le fait que ce guide était en fait un acte d’abandon, le signe d’un gouvernement qui ne se concentre pas sur la bonne question. Le gouvernement ne devrait pas s’intéresser au “comment” les mexicains quittent le pays, mais à la question de savoir pourquoi ils fuient. Là devrait être leur attention. Ce document inspire donc deux sentiments contradictoires. Quoiqu’il en soit, il possède indéniablement une qualité unique et en dit beaucoup sur l’Amérique Latine d’aujourd’hui. Le guide du migrant est symbolique de ces gens dépourvus de mobilité économique, des différences grandissantes entre les riches et les pauvres en Amérique Latine. Le néo-libéralisme, la globalisation, le libre échange, ont certes été bénéfiques dans une certaine mesure à l’Amérique Latine, mais ils sont surtout synonymes d’une répartition inégale de la richesse.
La première étape de la destruction des communautés agricoles qui est à l’origine de la fuite des sud-américains aux Etats Unis sont les accords sur le libre échange. La signature du NAFTA ( North American Free Trade Agreements) le 1er Janvier 1994 a promis beaucoup de choses à l’Amérique Latine, mais l’ égalité et une distribution égale de la richesse n’était certainement pas l’une d’entre elle. Après l’implantation du NAFTA et la crise économique, les agriculteurs mexicains ne pouvaient plus vivre de manière stable et se contentaient de survivre dans les villages . L’introduction du NAFTA et du néolibéralisme au Mexique a été une catastrophe économique pour un grand nombre des habitants des zone rurales. L’urbanisation et l’industrialisation ont aussi contribué à affaiblir la capacité économique des fermiers ruraux. C’est ainsi que les paysans et les fermiers mexicains sont partis au Nord en quête d’une vie meilleure. Cela n’est pas arrivé seulement au Mexique mais dans une grande partie de l’Amérique centrale également. Les effets du NAFTA ont complètement déstabilisé le système économique de l’Amérique Latine et il est indispensable de comprendre le rôle qu’il a joué sur la communauté agricole et les communautés rurales qui ont été forcées de migrer vers le Nord. Pour bien appréhender ce guide, il faut également comprendre que si 10,6 millions de mexicains n’avaient pas tenté de migrer aux Etats Unis, la situation économique du Mexique aurait été catastrophique.

Le guide du Migrant est écrit en forme d’historieta, une forme bon marché de bande dessinée souvent destinée à une population pauvre et illettrée. D’une certaine façon, ce guide pourrait être compris comme un autoportrait social du Mexique et peut-être d’une partie de l’Amérique Latine. Les migrants mexicains sont représentés de façon très sexuée, ce qui témoigne d’une vision encore très traditionnelle des genres. Les hommes sont des caricatures, forts, musclés, larges, traversant de dangereuses rivières, comme dans les contes héroïques. Les femmes sont représentées cambrées, avec des courbes et des chemises échancrées révélant leurs poitrines et leurs fesses saillantes. Il me semble que c’est assez révélateur de la culture populaire latine. En outre, tout est mis en oeuvre par le gouvernement mexicain pour faire apparaitre favorablement cette quête du pays nouveau . La traversée est présentée comme excitante, presque amusante, un conte, une aventure dans laquelle le migrant se bat pour une vie pleine de succès et d’argent. Le ton infantilisant du guide (“ traverser la rivière peut être dangereux”) me semble complètement déplacé. Des Mexicains meurent tous les jours en traversant la frontière, ce n’est pas une aventure. La mort peut être le prix à payer du départ.

L’histoire du guide du migrant, c’est l’histoire d’un peuple qui fait face à l’incapacité de son gouvernement de lui fournir assez d’espoir en un lendemain meilleur et en des conditions matérielles meilleures. C’est ce que révèle vraiment ce guide. Un gouvernement dos au mur, incapable de fournir les moyens matériels nécessaires à ces situations. Le fait qu’il se concentre sur le “comment” n’a en fait rien à voir avec le pragmatisme. C’est une mesure désespérée, qui montre l’abandon du gouvernement, qui préfère envoyer ses citoyens à l’abattoir. Face à cette réalité, ils n’ont en effet plus qu’ à imprimer ce petit guide pour espérer que certains survivent dans l’illégalité aux Etats-Unis. Voeux pieux pour un Etat, qui connait parfaitement les risques encourus par les candidats à la traversée.

“Pour entrer dans un autre pays en toute sécurité, tu devras obtenir ton passeport qui est émis par les Délégations du Secrétariat des Relations Etrangères, ainsi que ton visa, que tu pourras demander à l’Ambassade ou au Consulat du pays où tu désireras te rendre ». Pourtant, nombre de Mexicains essaient de franchir la frontière nord sans les papiers nécessaires, en passant par des zones extrêmement dangereuses, particulièrement dans les régions désertiques ou encore en traversant des rivières avec des courants forts, difficiles à repérer.
Le gouvernement mexicain est en effet parfaitement au courant que le filet de sécurité américain est très dangereux. Et si je devais trouver une image, ce serait celle du mouvement que font les parents quand ils veulent dire quelque chose d’important à leur jeune enfant : ils se mettent à leur hauteur et leur parle dans les yeux et de très près. Le guide du migrant montre que le gouvernement mexicain tente désespérément de se mettre à la hauteur du peuple pour aider le plus possible, à la manière d’une figure patriarcale. Cela montre que L’Amérique Latine a encore beaucoup à faire. Traiter ses citoyens comme des enfants ne semble pas être une solution intelligente et efficace. En fait, cela sonne plus comme une attitude lâche et populiste.
On pourrait donc dire que ce guide est pertinent dans la mesure où il indique à quel point le NAFTA a entamé la souveraineté du Mexique sur ses propres ressortissants et a créé une forte immigration illégale. Puisque comme le dit clairement le guide, l’immigration légale n’est pas une option viable. Ce traité a poussé un gouvernement à promouvoir en quelque sorte l’immigration illégale et cela en dit beaucoup sur la réalité économique de L’Amérique latine moderne et de sa dépendance aux Etats Unis. Ce guide du migrant raconte l’histoire d’un abandon de l’Etat.

Violette Soriano est étudiante en 5ème année de Sciences Politiques à Paris

Voir enfin:

GUIDE FOR THE MEXICAN MIGRANT

Translation into English from Spanish provided by INFOMUNDO.US as a public service.

Original document GUIA DEL MIGRANTE MEXICANO, accessible on the website http://www.sre.gob.mx/tramites/consulares/guiamigrante/default.htm

FIRST PAGE

Audio (Windows Media)

Track 1: Mexican Consulates

Track 2: Services of Mexican Consulates

Track 3: Rights of Migrants

INTRODUCTION, PAGES 0 – 1

Dear fellow citizen:

This guide tries to provide you with some practical advice that may be useful to you in case you have made the difficult decision to seek new work opportunities outside of your own country.

The safe way to enter another country is by first obtaining your passport, which is issued by the Delegations of the Secretariat of Foreign Relations, and your visa, which you request at the Embassy or Consulate of the country to where you wish to travel.

However, we actually see many cases of Mexicans who try to cross the northern border without the necessary documentation, crossing high-risk zones that are very dangerous, especially in desert areas or rivers with strong and not always noticeable currents.

INTRODUCTION, PAGES 2 – 3

As you read this guide you can also learn some basic questions about legal consequences of your stay in the United States of America without appropriate immigration documents, as well as the rights you have in that country once you are there, independent of your immigration status.

Always keep in mind that there are mechanisms for you to enter the United States of America legally.

In any case, if you encounter problems or difficulties, remember that Mexico has 45 Consulates at its disposal in that country, whose contact information you also can find in this publication.

Identify your Consulate and go to it.

RISKS, PAGES 4 – 5

DANGERS OF CROSSING IN HIGH-RISK ZONES

Crossing the river can be very risky, especially if you cross alone and at night..

Thick clothing weighs you down when it’s wet and makes it hard to swim or float.

RISKS, PAGES 6 – 7

If you cross in the desert, try to travel when the heat is not so intense.

Highways and towns are very far apart, so that it could take you several days to find roads and you will not be able to carry food or water for that long. You could even get lost.

Salted water helps you retain body fluids. Although you get more thirsty, if you drink salted water the risk of dehydration is lessened.

Dehydration symptoms are:

  • Little or no perspiration
  • Dryness of eyes and mouth
  • Headache
  • Fatigue and exhaustion
  • Difficulty in walking and reasoning
  • Hallucinations and mirages

If you get lost follow utility poles, railroad tracks or furrows.

BE CAREFUL OF ALIEN SMUGGLERS, PAGES 8 – 09

BE CAREFUL OF “POLLEROS”, “COYOTES” OR “PATEROS” [Various names for alien smugglers)

They can deceive you by assuring you they’ll cross you [smuggle you across the border] at certain times over mountains or through deserts. This is not true! They can put your life in danger leading you through rivers, irrigation canals, desert areas, along railroad tracks or freeways. This has caused the death of hundreds of people.

If you decide to use the services of a “pollero”, “coyote” or “patero” to cross the border, consider the following precautions to take:

Don’t let him out of your sight; remember that he’s the only one that knows the terrain and therefore is the only one that can guide you safely.

Do not trust anyone who offers to cross you over to the “other side” and asks you to drive a vehicle or carry a package for him. Regularly those…

BE CAREFUL OF ALIEN SMUGGLERS, PAGES 10 – 11

…packages contain drugs or other prohibited substances. For that reason many people have ended up in jail.

If you transport other people you can be confused with an alien smuggler and be accused of alien smuggling yourself or even vehicle theft.

Don’t hand over your minor children to strangers that offer to cross them to the United States.

DO NOT USE FALSE DOCUMENTS, PAGES 12 – 13

DO NOT USE FALSE DOCUMENTS OR DOCUMENTS OF OTHER PEOPLE, NOR DECLARE A FALSE NATIONALITY

If you try to cross with documents that are false or that belong to someone else, keep the following in mind:

The use of documents that are false or that belong to someone else is a Federal crime in the United States, for which you can be criminally prosecuted and end up in jail; the same as if you give a false name or say you are a U.S. citizen when you are not.

Do not lie to U.S. border crossing or inspection booth agents.

IF YOU ARE DETAINED, PAGES 14 – 15

Do not resist arrest.

Do not assault or insult the officer.

Do not throw stones or other objects at the officers nor at the patrol cars, because this is considered a form of provocation.

If the officers feel they’ve been assaulted they will probably use force to detain you.

Raise your hands slowly for them to see you’re unarmed.

Do not carry or hold any objects that could be construed as weapons, such as: lanterns, screwdrivers, blades, knives or stones.

IF YOU ARE DETAINED, PAGE 16 / YOUR RIGHTS, PAGE 17

IF YOU ARE DETAINED

Don’t run or try to escape.

Don’t hide in dangerous places.

Don’t cross freeways.

It’s better for you to be detained for a few hours and be repatriated to Mexico than to get lost in the desert.

YOUR RIGHTS

IF YOU ARE ARRESTED, YOU HAVE RIGHTS!

Give your true name.

If you are a minor and are accompanied by an adult, tell the authorities so they do not separate you.

YOUR RIGHTS / YOUR RIGHTS, PAGES 18 – 19

Your rights are:

To know where you are.

To request to speak to the nearest Mexican Consulate representative in order to receive help.

To not make statements or sign documents, especially if they are in English, without the aid of a defense attorney or Mexican Government Consulate representative.

To receive medical attention if you are injured or in poor health.

To receive respectful treatment regardless of your immigration status.

To be transported safely.

To have water and food when you need it.

You are not obligated to disclose your immigration status when you are detained.

YOUR RIGHTS, PAGES 20 – 21

To not be hit or insulted.

To not be held incommunicado.

In case they take away your personal effects, request a voucher in order to claim them when you are released.

If there is any violation of these rights, it’s important for you to inform your attorney or Mexican Consulate representative that visits you or even the nearest Delegation of the Secretariat of Foreign Relations within Mexico.

If you wish more information and you live in Texas or in Ciudad Acuña, Coahuila, tune in to “The Powerful Station” at AM 1570.

IF YOU ARE ARRESTED / DETAINED, PAGES 22 – 23

IF YOU ARE ARRESTED / DETAINED

If you have already been sentenced for some crime or you are in jail facing criminal prosecution, you have the following rights:

To not be discriminated against by the police, the courts or prison authorities.

To receive visits from consular officials and family members.

To receive appropriate legal counsel without conditions or obstructions.

If you being criminally prosecuted and have not yet been sentenced, ask your attorney or consular representative what the “Plea Agreement” consists of.

Do not plead guilty without first consulting your attorney about the possibilities of winning your case if you go to trial.

It’s important they you know the laws of the American state where you live and work, since each state’s laws are different. Bear in mind the following information:

If you drink don’t drive, since if you do not have papers you can be detained and deported [a bit of INFOMUNDO editorializing here: no word about maiming or killing yourself or others as a drunk driver!].

If a legal resident is cited more than two times for drunk driving, he can be deported.

Do not drive without a driver’s license.

Observe traffic signs and signals and use your seatbelt.

Do not drive without auto insurance nor drive an unknown vehicle.

[THINGS TO] AVOID, PAGES 24 – 25

Do not pick up strangers.

If you commit some traffic violation and are detained by the police, place your hands on the steering wheel and do not get out of the car until the officer requests you to do so.

Avoid calling attention to yourself, at least while you are arranging your residence papers to live in the United States.

The best formula is not to alter your routine of going between work and home.

Avoid noisy parties because the neighbors can get upset and call the police, and you could be arrested.

Avoid fighting.

If you go to a bar or night club and a fight starts, leave immediately, since in the confusion you could be arrested even if you did not do anything wrong.

Avoid family or domestic violence. As in Mexico, it is a crime in the United States.

[THINGS TO] AVOID, PAGES 26 – 27

Domestic violence does not consist solely of hitting others but also can be threats, shouting or mistreatment.

If you are accused of domestic violence against your children, your mate or someone else who lives with toy, you could go to jail. In addition, Child Protective Services authorities could take away your children.

Do not carry firearms, bladed weapons or other dangerous objects.

Keep in mind that many Mexicans have died or are in prison because of these things.

If the police enter your house or apartment, do not resist, but ask to see a search warrant. It’s better to cooperate with them and ask to speak to the nearest Mexican Consulate.

CONSULATES, PAGES 28 – 29

The Secretariat of Foreign Relations has 45 consular representatives within the U.S and on its southern border, which are designed to help you. Remember: if you have been detained or are serving a sentence, you have the right to speak with the nearest Mexican Consulate. Always carry your “Guide to Consular Protection” with you at all times.

Get Near to the Consulate…

Embrace Mexico.

It’s your home, fellow countryman!

  • Secretariat of Foreign Relations
  • General Administration of Protection and Consular Matters.

CONSULATES OF MEXICO IN THE UNITED STATES, PAGES 29 – 30

List of U.S. Cities and phone numbers.

STATES – [MEXICAN] STATE GOVERNMENT OFFICES – DIRECTORY OF OFFICES GIVING ATTENTION TO MIGRANTS IN THE REPUBLIC OF MEXICO, PAGES 31 – END

List of Mexican cities and phone numbers.

BOX ON LAST PAGE:

This consular protection guide is not promoting the crossing [of the border] of Mexicans without legal documentation required by the government of the United States; its objective is to make known the risks implied and to inform about the rights of migrants regardless of their legal residence.


Terrorisme: Devinez quel pays n’a jamais ses couleurs nationales projetées sur les monuments du monde (Guess what country never gets its national colors projected onto world monuments)

3 avril, 2016
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L’Europe a agi comme une « conne » avec Israël: peut-être qu’avec les attentats de Bruxelles, les européens éprouveront un peu plus de sympathie envers l’Etat hébreu. Les Nations Unies et son Conseil des Droits de l’Homme ont, en 2015, adressé plus de condamnations officielles à Israël qu’à toutes les autres nations combinées. Je me demande si maintenant qu’elle a subi une quatrième attaque en un peu plus d’un an, et qu’elle est en proie à plus de 400 combattants de l’Etat Islamique sur le retour, l’Europe comprend aujourd’hui ce que traverse le peuple hébreu au quotidien. Bill Maher
Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique. (…) Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore. Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth. Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui. (…) Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie. On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché. (…) Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui. Douglas Murray

Attention: un retard peut en cacher un autre !

A l’heure où, après la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et à présent la Belgique, nos rues et nos lieux publics se mettent de plus en plus à ressembler à ceux de Tel Aviv ou de Jérusalem …

Et qu’alors que le FBI lui-même se voit contraint de faire appel à une société israélienne pour débloquer le téléphone d’un terroriste qu’Apple refuse d’ouvrir, les langues commencent à se délier sur notamment les manifestations de joie qui ont salué dans certains quartiers les attentats de Bruxelles …

Pendant qu’à Washington on en est apparemment à censurer les mots d’un président étranger pour avoir osé évoquer le « terrorisme islamiste » …

Et qu’à Londres, on s’étonne des 24 heures qu’il a fallu au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique et les projeter solidarité sur ses édifices publics …

Comment ne pas s’étonner avec le chroniqueur Douglas Murray …

De ces plus de soixante ans d’absence, entre une énième résolution ou appel au boycott, de toute illumination des couleurs nationales …

D’un pays qui a pourtant connu plus que tous la violence terroriste islamiste ?

Des « Excuses » pour les Terroristes
Douglas Murray
Gatestone institute

3 avril 2016

Traduction du texte original: « Excuses » for Terrorists

Les faits montrent que toutes les « excuses » données pour expliquer le terrorisme sont erronées. Israël, par exemple, n’est pas coupable de « crimes de guerre », « d’apartheid » ou de « génocide » comme des propagandistes en ont persuadé les Européens. Israël se bat contre un ennemi qui viole toutes les règles des conflits armés et Israël réplique avec une telle précision et une telle éthique que les nations alliées redoutent de ne pouvoir être à la hauteur des normes morales des forces armées israéliennes la prochaine fois qu’ils feront la guerre.
Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade ».
La question n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique et les projeter par solidarité, mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé de simples lumières bleues et blanches pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public.
Le lendemain de l’attentat terroriste de Bruxelles, les couleurs du drapeau belge ont illuminé des monuments au Royaume-Uni. Une partie de la presse britannique a critiqué le pays. Pourquoi, a-t-elle demandé, cette cérémonie bien-pensante, devenue traditionnelle, s’est-elle tenue le lendemain de ces attaques et pas le soir-même ? Pourquoi avons-nous eu un jour de retard alors que d’autres villes avaient pu faire immédiatement un geste de « solidarité » ? Voici ce qu’est notre époque. Voici ce que sont nos questions.

Si on peut se poser une question ici, ce n’est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n’a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu’il faudrait pour projeter le drapeau d’Israël sur un espace public.

Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu des tas d’occasions. Les ennemis d’Israël nous ont donné bien plus d’occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l’État Islamique.

On pourrait soutenir qu’au cours des sept dernières décennies l’attitude du public a changé, que les gestes futiles de « solidarité » font fureur mais que ce n’était pas le cas pour les générations précédentes. Cela aurait peut-être été du jamais vu pour une institution britannique de projeter un faisceau de lumières aux couleurs du drapeau israélien sur des édifices en 1948, 1967 ou 1973. Mais quand le sentimentalisme est arrivé en Grande-Bretagne, il est arrivé en force. Si cela ne nous avait pas encore atteints lors de la première Intifada (1987-1993), c’était certainement devenu le cas lors de la seconde Intifada (2000-2005).

Pendant cette période des milliers d’Israéliens ont été tués et blessés par des terroristes palestiniens. Il n’y eut pourtant aucune projection du drapeau israélien sur des édifices publics. À nouveau, pendant la guerre du Hezbollah de 2006 les monuments n’ont pas été éclairés, il en a été de même après chaque tir de roquette lancé sur Israël depuis la bande de Gaza, évacuée récemment pour permettre aux Arabes qui s’y trouvent de créer le Singapour ou la Côte d’Azur du Moyen-Orient.

Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d’Israël à Londres ou dans d’autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d’ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d’Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d’antagonisme encore.

Il est possible que certains pensent qu’Israël n’est tout simplement pas sur le même continent que l’Europe et que, bien qu’elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu’une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth.

Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c’est parce qu’en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C’est qu’Israël est considéré comme différent parce que lorsqu’Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n’est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d’une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui.

Les soi-disant excuses données pour cette opinion peuvent varier, allant d’objections au fait qu’il y a des fermes sur les hauteurs du Golan au refus par Israël de permettre que des armes destinées à le détruire soient déversées dans la bande de Gaza. D’autres incluent les « colonies » israéliennes en Cisjordanie, tout en ne tenant pas compte du fait que pour la plupart des Palestiniens la totalité d’Israël, « de la rivière – du Jourdain- à la mer –Méditerranée- », est, comme ils le disent, une grande « colonie », qui doit être exterminée, comme cela est ouvertement exprimé dans la charte du Hamas et celle de l’OLP. Ni l’une ni l’autre n’a été abrogée. Si l’on regarde n’importe quelle carte de « Palestine », on voit en fait une carte d’Israël, mais avec « al-Qods » au lieu de « Jérusalem » et « Jaffa » au lieu de « Tel Aviv ». Pour ces Palestiniens, il n’y a, en fait, qu’un seul délit fondamental : l’existence de l’État d’Israël elle-même.

Cette parcelle de terre, pourtant, que cela ait été Canaan, le Croissant Fertile et la Judée Samarie, est la patrie des Juifs depuis près de 4000 ans, en dépit des Romains, de Saladin, de l’Empire ottoman et du Mandat britannique.

Ce qui demeure, ce sont les faits. Et ce que montrent ces faits est que toutes ces « excuses » données pour expliquer le terrorisme sont erronées. Israël, par exemple, n’est pas coupable des « crimes de guerre », « d’apartheid » ou de « génocide » comme des propagandistes en ont persuadé les Européens. Israël, bien au contraire, se bat contre un ennemi qui viole toutes les règles des conflits armés et Israël réplique avec une telle précision et une telle éthique (comme l’a conclu le Groupe Militaire de Haut Niveau dans son évaluation du conflit de Gaza de 2014) que les nations alliées redoutent aujourd’hui de ne pouvoir être à la hauteur des normes morales des forces armées israéliennes la prochaine fois qu’ils feront la guerre.

Israël, comme le reste de l’Occident, essaie de trouver une façon légale et morale de répondre à un ensemble de tactiques terroristes illégales et immorales. Il est également faux de dire que les ennemis d’Israël ont un contentieux territorial légitime. Ils ont déjà la totalité de la bande de Gaza et, s’ils voulaient la plus grande partie de la Cisjordanie, ils auraient pu l’obtenir à peu près à n’importe quel moment depuis 1948, y compris à Camp David en 2000. Chaque fois ce sont les Palestiniens qui ont refusé toutes les offres, sans même faire de contre-propositions.

Pourtant, aux yeux de nombreux Européens, Israël est considéré comme ayant fait quelque chose qui justifierait les attentats suicide. Que cela soit dit ou pas, c’est cet argument qui fait que le terrorisme contre Israël est un délit moins grave que le terrorisme partout ailleurs.

Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu’une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d’extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l’État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d’être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l’État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d’attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie.

On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l’ont bien cherché.

Les ennemis d’Israël et les ennemis du reste du monde civilisé ont des différences mineures mais ils ont beaucoup plus en commun. Ils sont motivés, non seulement par les mêmes idéologies djihadistes mais aussi par le fait qu’ils insistent sur le fait que leur vision politique et religieuse du monde ne vaut pas que pour eux mais doit être mise en œuvre contre tous les autres.

Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd’hui.

Douglas Murray est analyste et chroniqueur, il est basé à Londres.

Voir aussi:

Bruxelles : après les attentats, des célébrations pro-jihad cachées par les médias

Europe Israël

Mar 31, 2016

Le vice-premier ministre belge reconnaît que suite aux attentats de Bruxelles, des célébrations de rue et d’incitation au terrorisme ont eu lieu en plusieurs endroits de Belgique et qu’aucun média belge n’a relayé cette information.

Jan Jambon a évoqué mercredi la question des attentats du 22 mars, lors d’un colloque à la Haye intitulé «Le terrorisme, Israël et le droit international », organisé par le groupe de pression néerlandais antiraciste et pro-israélien CIDI, ou Centre d’Information et de Documentation sur Israël.

Jambon, un homme politique de droite, a reconnu à l’occasion de cette remarque, que la Belgique a un problème de jihadisme.

CNN définit d’ailleurs la Belgique en ces termes : l’un des plus petits pays d’Europe, qui au niveau du continent, constitue la plus grande source par habitant de jihadistes combattant en Syrie et en Irak.

Jambon a révélé qu’en février, les services de renseignement belges avaient signalé 451 citoyens jihadistes, mais que le profilage des jihadistes est inefficace.

Il n’y a qu’un jihadiste sur six qui vienne d’un milieu pauvre

Il a précisé que les jihadistes viennent de divers horizons, «y compris des médecins, avocats et criminels de droit commun», et pas seulement de milieux pauvres. Il n’y a qu’un jihadiste sur six qui vienne d’un milieu pauvre en Belgique.

Jambon réclame une meilleure coopération pan-européenne sur le terrorisme.

Jan Jambon s’en est pris aux médias belges pour ne pas avoir couvert les manifestations pro-jihadistes qui ont suivi les attentats du 22 mars.

Mais il y avait déjà eu des manifestations islamiques avant les attentats, plus précisément entre l’arrestation de Salah Abdeslam et le 22 mars, et les médias belges avaient gardé le silence.

D’où les vives critiques du premier ministre de la Région flamande, Geer Bourgeois, qui a souligné que peu de temps avant les attentats, censés être causés par des terroristes de l’Etat islamique, il y a eu des émeutes musulmanes qui n’ont pas été relayées par les médias publics.

Les attaques terroristes ont eu lieu quatre jours après l’arrestation de Salah Abdelslam, soupçonné d’avoir été impliqué dans des attentats terroristes qui ont tué 130 personnes à Paris en novembre dernier.

«Il est, pour moi, très choquant qu’après l’arrestation de Abdelslam, 200 jeunes d’origine étrangère lancent spontanément des bouteilles et des pierres sur notre police», a dit Bourgeois.

«Il est regrettable que nous n’ayons vu aucune de ces images aux informations de la télévision nationale.»

VRT, le radiodiffuseur public flamand, a déclaré qu’il n’a pas signalé l’incident pour des raisons techniques et non par une volonté de taire l’évènement…..

Source : Traduction, adaptation © Nancy Verdier pour Dreuz.info.


Doctrine Obama: Attention, un angélisme peut en cacher un autre (Passionless presidency: A hundred years on, Hobbesian optimist Obama comes up with his own version of Angell’s Great Illusion of the supposed futility of hard power)

25 mars, 2016
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Speak softlyNe croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Si j’étais juif et étais né en Allemagne et y gagnais ma vie, je revendiquerais l’Allemagne comme ma patrie au même titre que le plus grand des gentils Allemands et le défierais de m’abattre ou de me jeter au cachot; je refuserais d’être expulsé ou soumis à toute mesure discriminatoire. Et pour cela, je n’attendrais pas que mes coreligionaires se joignent à moi dans la résistance civile mais serais convaincu qu’à la fin ceux-ci ne manqueraient pas de suivre mon exemple. Si un juif ou tous les juifs acceptaient la prescription ici offerte, ils ne pourraient être en plus mauvaise posture que maintenant. Et la souffrance volontairement subie leur apporterait une force et une joie intérieures que ne pourraient leur apporter aucun nombre de résolutions de sympathie du reste du monde. Gandhi (le 26 Novembre 1938)
Il vous faut abandonner les armes que vous avez car elles n’ont aucune utilité pour vous sauver vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions…. Si ces messieurs choisissent d’occuper vos maisons, vous les évacuerez. S’ils ne vous laissent pas partir librement, vous vous laisserez abattre, hommes, femmes et enfants, mais vous leur refuserez toute allégeance. Gandhi (conseil aux Britanniques, 1940)
Des juifs sont persécutés, volés, maltraités, torturés, assassinés. Et vous, Mahatma Gandhi, dites que leur position dans le pays où ils souffrent tout ceci est un parallèle exact avec la position des Indiens en Afrique du sud au moment où vous inauguriez votre célèbre « force de la vérité » ou « force de la campagne d’âme » (Satyagraha) (…) Mais, Mahatma, savez-vous ou ne savez-vous pas ce qu’est un camp de concentration et ce qui s’y passe? Martin Buber
Les Etats-Unis étaient allés au Viêt-nam pour porter un coup d’arrêt à ce qu’ils estimaient être un complot communiste centralisé, et ils échouèrent. De l’échec de l’Amérique, Moscou déduisit ce que les tenants de la théorie des dominos avaient tant redouté, à savoir que la corrélation historique des forces avait tourné en sa faveur. En conséquence, l’URSS essaya d’étendre son hégémonie au Yémen, en Angola, en Ethiopie, et enfin en Afghanistan. Mais elle découvrit, ce faisant, que les réalités géopolitiques s’appliquaient autant aux sociétés communistes qu’à leurs soeurs capitalistes. De fait, étant moins élastique, le surengagement soviétique n’engendra pas une catharsis, comme en Amérique, mais la désintégration. Les événements auraient-ils évolué dans la même direction si l’Amérique s’était contentée de rester passive en comptant sur l’évolution de l’histoire pour se charger du défi communiste ? Ou bien cette démission aurait-elle créé un élan et une certitude de l’inéluctabilité de la victoire, chez les communistes, suffisants pour retarder, voire conjurer, l’effondrement soviétique ? La question reste posée. Quelle que soit la réponse des experts, l’homme d’Etat ne peut adopter la démission comme principe d’action politique. Il peut apprendre à modérer sa confiance dans ses évaluations et à faire la part des imprévus; mais compter sur la chute éventuelle d’un adversaire menaçant est une politique qui n’offre aucun réconfort aux millions de victimes immédiates et transforme l’art de gouverner en un pari téméraire sur l’intuition. Henry Kissinger (Diplomatie, 1994)
Norman Angell establishes this apparent paradox, in so far as the economic problem is concerned, by showing that wealth in the economically civilized world is founded upon credit and commercial contract (these being the outgrowth of an economic interdependence due to the increasing division of labour and greatly developed communication). If credit and commercial contract are tampered with in an attempt at confiscation, the credit-dependent wealth is undermined, and its collapse involves that of the conqueror; so that if conquest is not to be self-injurious it must respect the enemy’s property, in which case it becomes economically futile. Thus the wealth of conquered territory remains in the hands of the population of such territory. When Germany annexed Alsace, no individual German secured a single mark’s worth of Alsatian property as the spoils of war. Conquest in the modern world is a process of multiplying by x, and then obtaining the original figure by dividing by x. For a modern nation to add to its territory no more adds to the wealth of the people of such nation than it would add to the wealth of Londoners if the City of London were to annex the county of Hertford. Wikipedia
La Grande Illusion (titre original : The Great Illusion) est un livre de Norman Angell paru en 1910. Une première version est publiée en 1909 en Angleterre sous le titre Europe’s Optical Illusion. Cet essai défend la thèse selon laquelle une guerre ne peut plus éclater grâce au poids du crédit présent partout dans le monde ou que, si elle éclate, elle serait courte. Cela contribua au fait que la population européenne n’était pas prête à la guerre. Traduit simultanément dans de très nombreux pays, cette analyse de Norman Angell est contredite par le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cependant en 1933, Angell fait paraître une nouvelle version de son livre qui lui vaut le prix Nobel de la paix la même année. Il y modifie son analyse d’avant-guerre : selon lui, une nation ne gagne pas à déclarer la guerre pour des raisons économiques. Wikipedia
A sa sortie en 1937, le long métrage est jugé comme un film de gauche pacifiste en faveur du rapprochement entre les peuples. Le personnage du juif Rosenthal est apprécié parce qu’il est censé battre en brèche les antisémites en montrant que les Juifs font la guerre comme tout le monde. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, certains journalistes se déchaînent contre le film. Le personnage cupide de Rosenthal révèle l’antisémitisme banal et populaire des Français de l’entre-deux-guerres. Les gestes d’amitié entre soldats français et allemands sont vécus comme annonciateurs du régime de Vichy et comme une invitation à la collaboration. Il faudra attendre la Nouvelle Vague pour voir le film réhabilité et porté aux nues par des cinéastes comme François Truffaut, grand admirateur de Jean Renoir. Le jeune metteur en scène interprète alors le film de façon rétrospective, à la lumière de la Seconde Guerre mondiale. Il pense que la grande illusion est de penser en 1918 que c’est la dernière guerre. Et de citer les derniers dialogues du film :  Maréchal : Il faut bien qu’on la finisse cette putain de guerre… en espérant que c’est la dernière. Rosenthal : Ah, tu te fais des illusions ! Marc Ferro
La Grande illusion évoque la fin du règne de l’aristocratie dans l’armée en soulignant le déclin de la cavalerie à l’issue de la Première Guerre mondiale. Les portraits croisés du Capitaine de Boeldieu et de Von Rauffenstein illustrent admirablement cette idée. (…) A la sortie du film aux Usa en 1938, Jean Renoir déclara : parce que je suis pacifiste, j’ai réalisé La Grande illusion. Pour moi, un vrai pacifiste, c’est un Français, un Américain, un Allemand authentique. Ce pacifisme fut parfois interprété à tort comme un antimilitarisme. (…) La Grande illusion fut nommé aux Oscar dans la catégorie meilleur film en 1939. Un fait rarissime pour un film étranger. Le jury du Festival de Venise (1937) n’osa attribuer que le prix de la Meilleure contribution artistique à La Grande illusion. Mais cette récompense provoqua tout de même la colère des autorités mussoliniennes et nazies. Le film fut même censuré en Italie et en Allemagne. Le titre du film a été emprunté au livre homonyme de Norman Angell datant de 1911. Cet auteur, prix Nobel de la paix en 1933, y développait la théorie que la guerre n’apporte aucun avantage, même aux vainqueurs. Suite à l’interdiction en France du film à partir de 1940 pour son absence d’idéologie patriotique, Jean Renoir prend la décision d’en modifier certains segments. En 1946, il décide de couper la scène d’amour entre Jean Gabin et Dita Parlo, ainsi qu’une autre séquence où le personnage juif de Rosenthal donne du chocolat à une sentinelle allemande. Il est vraisemblable que le couple formé par un Français et une Allemande semblait insupportable après l’occupation allemande et la collaboration. Quant à la scène de Rosenthal, elle a dû paraître antisémite. Jean Renoir et Charles Spaak ont été attaqués en justice par l’écrivain Jean des Vallières (10), ancien aviateur et prisonnier, pour le plagiat de son œuvre Kavalier Scharnhorst. Trame ressemblante, même scène de prisonniers travestis, même utilisation de la chanson Il était un petit navire et de l’expression streng verboten, entre autres coïncidences. Finalement, les deux scénaristes furent blanchis de cette accusation. A noter que l’affaire se régla toutefois par le versement à Jean des Vallières d’une somme dont le montant demeure secret. La Grande illusion fut très apprécié aux Usa à sa sortie. Jean Renoir affirme que le bon accueil qui lui fut réservé lors de son exil Outre-atlantique en 1940 est dû à ce film. La Grande illusion reçut un accueil mitigé dans les démocraties occidentales. Tandis que le Ministre socialiste Paul-Henri Spaak (qui se trouve être le frère de Charles Spaak, scénariste de ce film) l’interdit en Belgique, Winston Churchill le condamne en Grande-Bretagne. A l’inverse, le président des Etats-Unis Roosevelt se fait projeter le long métrage le 11 novembre 1937 et déclare : tous les démocrates du monde devraient voir ce film. Citebd
Il y a des rencontres parfois inopportunes, souvent gênantes. Celles qui laissent des taches indélébiles dans les mémoires d’un chef d’Etat. Ces dîners avec le diable pour lesquels, en dépit de toutes les longues cuillères utilisées, les démocraties perdent chaque fois un peu de leur éclat. On se souvient de la réception par François Mitterrand du dictateur polonais Wojciech Jaruzelski, en 1985, une visite qui avait“troublé” le Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius, ou celle de Fidel Castro, en 1995. Dans les carnets de bal présidentiels, figurent aussi (entre autres) la longue amitié entre la France de Jacques Chirac et Saddam Hussein, l’ancien maître de l’Irak, l’invitation du très contesté président zimbabwéen Robert Mugabe, la tente de Kadhafi plantée dans les jardins de l’hôtel de Marigny, en 2007, ou la venue de Bachar El-Assad au défilé du 14-Juillet, en 2008… Sans parler de la longue liste des voyages présidentiels dans ces pays où les droits des citoyens sont bafoués mais les contrats commerciaux convoités, comme ceux menés tambour battant par Manuel Valls en Egypte et en Arabie Saoudite début octobre. La chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union soviétique, le décollage économique de la Chine ou les “printemps arabes” avaient pu donner l’illusion que la démocratie était au coin de la rue. Erreur. Les carrefours de l’Histoire sont jonchés d’embûches. La montée des peurs et les nouveaux désordres mondiaux incitent aujourd’hui nos régimes à de nouvelles alliances, à de nouveaux compromis. Quitte à être moins regardants sur la qualité de nos amis. Pis, au nom d’une prétendue stabilité, il faudrait non seulement dîner mais aussi passer de petits arrangements avec les autocrates. Mais ce retour à la mode de la realpolitik ne doit pas faire illusion : si celle-ci a pour objet de nous rassurer, elle a aussi ses limites, précisément celles qu’exposait Benjamin Franklin il y a deux siècles et demi : “Ceux qui abandonnent la liberté pour acheter une sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité. » Cette phrase datée de 1855 (sic) est inscrite sur une plaque du socle de la statue de la Liberté.  Courrier international
Le président améri­cain Barack Obama s’est rendu à Cuba, accom­pa­gné de sa femme, Michelle et de ses deux filles, Sasha et Malia, 14 et 17 ans, pour offi­cia­li­ser la norma­li­sa­tion des rela­tions entre les deux pays. Au cours de ce dépla­ce­ment symbo­lique et histo­rique, la famille Obama est appa­rue plus complice que jamais. Dès la descente de l’avion prési­den­tiel, ce dimanche 20 mars, les quatre membres de la famille Obama étaient déten­dus et souriant. Leur visite de trois jours à Cuba, censée offi­cia­li­ser le réchauf­fe­ment des rela­tions entre l’île et les Etats-Unis, montre une nouvelle fois leur capa­cité à rester spon­ta­nés au milieu des rigueurs proto­co­laires. Les robes fleu­ries de Michelle, l’en­thou­siasme de Barack au match de base­ball, les talents de traduc­trice de Malia, l’aî­née de leurs filles… Chacun de leurs gestes étaient scru­tés, mais ils ont sans conteste réussi l’exer­cice de séduc­tion, toujours avec leur décon­trac­tion légen­daire. Barack Obama est ainsi devenu le premier président améri­cain en exer­cice à se rendre à Cuba depuis près de 90 ans. C’était l’oc­ca­sion pour lui, à 10 mois de la fin de son mandat, de confir­mer le dégel avec La Havane, engagé fin 2014, mais aussi pour le président cubain, Raul Castro, de plai­der une nouvelle fois pour la suppres­sion de l’em­bargo écono­mique qui péna­lise son île depuis 1962. A côté de ce contexte diplo­ma­tique solen­nel, la famille Obama s’est égale­ment adon­née avec une joie non dissi­mu­lée à la décou­verte de l’île ; de la vieille ville de La Havane, avec ses monu­ments histo­riques et ses jardins, à l’équipe de base­ball natio­nale cubaine. (…) En voyant les photos de la famille Obama à Cuba, on croi­rait presque assis­ter aux vacances d’une famille comme les autres, si ce n’est les jour­na­listes et les offi­ciels cubains que l’on aperçoit parfois à leurs côtés. Malia et Sasha profi­taient de quelques jours de Spring break (vacances de prin­temps), avant de retour­ner en cours. C’était d’ailleurs peut être les dernières vacances en famille pour Malia, qui devrait quit­ter les siens pour entrer à l’uni­ver­sité, à l’au­tomne prochain. Gala
En visite offi­cielle en Argen­tine, le président Obama s’est livré à une démons­tra­tion de tango au bras d’une grande danseuse, tandis que sa femme Michelle esquis­sait elle aussi quelques pas avec un danseur profes­sion­nel. (…) Après avoir conquis les médias en famille lors de leur visite histo­rique à Cuba, les Obama ont laissé leur deux filles retour­ner en cours, et ont rejoint l’Ar­gen­tine pour une visite offi­cielle de deux jours. Ce jeudi 24 mars, le couple devrait assis­ter aux commé­mo­ra­tions du 40e anni­ver­saire du coup d’Etat de 1976. Là encore, la présence du président améri­cain est forte­ment symbo­lique, puisque les Etats-Unis soute­naient à l’époque l’ins­tau­ra­tion de la dicta­ture mili­taire en Argen­tine. S’il n’a pas prononcé de mea-culpa offi­ciel, Barack Obama a souli­gné que l’in­gé­rence améri­caine était révo­lue, et que son pays n’était pas « à court d’au­to­cri­tique ». Il a aussi dit préfé­rer « la démo­cra­tie à la dicta­ture ». Alter­ner décla­ra­tions fortes et petits happe­nings média­tiques, voici la diplo­ma­tie selon Obama. Gala
Par conséquent, tout ce qui résulte d’un temps de guerre, où tout homme est l’ennemi de tout homme, résulte aussi d’un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle que leur propre force et leur propre capacité d’invention leur donneront. Dans un tel état, il n’y a aucune place pour un activité laborieuse, parce que son fruit est incertain; et par conséquent aucune culture de la terre, aucune navigation, aucun usage de marchandises importées par mer, aucune construction convenable, aucun engin pour déplacer ou soulever des choses telles qu’elles requièrent beaucoup de force; aucune connaissance de la surface de la terre, aucune mesure du temps; pas d’arts, pas de lettres, pas de société, et, ce qui le pire de tout, la crainte permanente, et le danger de mort violente; et la vie de l’homme est solitaire, indigente, dégoûtante, animale et brève. Thomas Hobbes
Ceux qui abandonnent la liberté pour acheter une sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité. Benjamin Franklin
The choice is not between order and liberty. It is between liberty with order and anarchy without either. There is danger that, if the Court does not temper its doctrinaire logic with a little practical wisdom, it will convert the constitutional Bill of Rights into a suicide pact. Justice Robert Jackson (1949)
En ce qui concerne notre défense commune, nous refusons de faire le choix erroné entre notre sécurité, d’une part, et nos idéaux, de l’autre. Barack Hussein Obama (discours d’investiture, 21 janvier 2009)
We are powerful enough to be able to test these propositions without putting ourselves at risk. And that’s the thing … people don’t seem to understand. You take a country like Cuba. For us to test the possibility that engagement leads to a better outcome for the Cuban people, there aren’t that many risks for us. It’s a tiny little country. It’s not one that threatens our core security interests, and so [there’s no reason not] to test the proposition. And if it turns out that it doesn’t lead to better outcomes, we can adjust our policies. The same is true with respect to Iran, a larger country, a dangerous country, one that has engaged in activities that resulted in the death of U.S. citizens, but the truth of the matter is: Iran’s defense budget is $30 billion. Our defense budget is closer to $600 billion. Iran understands that they cannot fight us. … You asked about an Obama doctrine. The doctrine is: We will engage, but we preserve all our capabilities.” The notion that Iran is undeterrable — “it’s simply not the case,” he added. “And so for us to say, ‘Let’s try’ — understanding that we’re preserving all our options, that we’re not naïve — but if in fact we can resolve these issues diplomatically, we are more likely to be safe, more likely to be secure, in a better position to protect our allies, and who knows? Iran may change. If it doesn’t, our deterrence capabilities, our military superiority stays in place. … We’re not relinquishing our capacity to defend ourselves or our allies. In that situation, why wouldn’t we test it? Barack Hussein Obama
It’s the dreamers — no matter how humble or poor or seemingly powerless — that are able to change the course of human events. We saw it in South Africa, where citizens stood up to the scourge of apartheid. We saw it in Europe, where Poles marched in Solidarity to help bring down the Iron Curtain. In Argentina, where mothers of the disappeared spoke out against the Dirty War. It’s the story of my country, where citizens worked to abolish slavery, and establish women’s rights and workers’ rights, and rights for gays and lesbians. It’s not to say that my country is perfect — we are not. And that’s the point. We always have to have citizens who are willing to question and push our government, and identify injustice. We have to wrestle with our own challenges — from issues of race to policing to inequality. But what makes me most proud about the extraordinary example of the United States is not that we’re perfect, but that we struggle with it, and we have this open space in which society can continually try to make us a more perfect union. (…) As the United States begins a new chapter in our relationship with Cuba, we hope it will create an environment that improves the lives of the Cuban people -– not because it’s imposed by us, the United States, but through the talent and ingenuity and aspirations, and the conversation among Cubans from all walks of life so they can decide what the best course is for their prosperity. As we move toward the process of normalization, we’ll have our differences, government to government, with Cuba on many issues — just as we differ at times with other nations within the Americas; just as we differ with our closest allies. There’s nothing wrong with that. (…) And whether it’s crackdowns on free expression in Russia or China, or restrictions on freedom of association and assembly in Egypt, or prison camps run by the North Korean regime — human rights and fundamental freedoms are still at risk around the world. And when that happens, we believe we have a moral obligation to speak out. (…) As you work for change, the United States will stand up alongside you every step of the way. We are respectful of the difference among our countries. The days in which our agenda in this hemisphere so often presumed that the United States could meddle with impunity, those days are past. (…) We have a debt to pay, because the voices of ordinary people have made us better. That’s a debt that I want to make sure we repay in this hemisphere and around the world. (…) God bless you. Barack Hussein Obama (Sommet des Amériques, Panama city, April 10, 2015)
Nous vivons dans une époque de changement extraordinaire – le changement qui est le remodelage de la façon dont nous vivons, la façon dont nous travaillons, notre planète et de notre place dans le monde. Il est le changement qui promet d’étonnantes percées médicales, mais aussi des perturbations économiques qui grèvent les familles de travailleurs. Cela promet l’éducation des filles dans les villages les plus reculés, mais aussi relie des terroristes qui fomentent séparés par un océan de distance. Il est le changement qui peut élargir l’occasion, ou élargir les inégalités. Et que cela nous plaise ou non, le rythme de ce changement ne fera que s’accélérer. L’Amérique s’est faite par le biais de grands changements avant – la guerre et la dépression, l’afflux d’immigrants, les travailleurs qui luttent pour un accord équitable, et les mouvements pour les droits civiques. Chaque fois, il y a eu ceux qui nous disaient de craindre l’avenir; qui prétendaient que nous ne pourrions freiner le changement, promettant de restaurer la gloire passée si nous venons de quelque groupe ou une idée qui menaçait l’Amérique sous contrôle. Et à chaque fois, nous avons surmonté ces craintes. Nous ne sommes pas, selon les mots de Lincoln, à adhérer aux « dogmes du passé calme. » Au lieu de cela nous avons pensé de nouveau, et de nouveau agi. Nous avons fait le travail de changement pour nous, étendant toujours la promesse de l’Amérique vers l’extérieur, à la prochaine frontière, à de plus en plus de gens. Et parce que nous l’avons fait – parce que nous avons vu des opportunités là où d’autres ne voyaient que péril – nous sommes sortis plus forts et mieux qu’avant. Ce qui était vrai, alors peut être vrai aujourd’hui. Nos atouts uniques en tant que nation – notre optimisme et notre éthique de travail, notre esprit de découverte et d’innovation, notre diversité et de l’engagement à la règle de droit – ces choses nous donnent tout ce dont nous avons besoin pour assurer la prospérité et la sécurité pour les générations à venir. En fait, il est cet esprit qui a fait le progrès de ces sept dernières années possible. Il est comment nous avons récupéré de la pire crise économique depuis des générations. Il est comment nous avons réformé notre système de soins de santé, et réinventé notre secteur de l’énergie; comment nous avons livré plus de soins et les avantages pour nos troupes et les anciens combattants, et comment nous avons obtenu la liberté dans tous les états d’épouser la personne que nous aimons. Mais ces progrès ne sont pas inévitables. Il est le résultat de choix que nous faisons ensemble. Et nous sommes confrontés à ces choix en ce moment. Allons-nous répondre aux changements de notre temps avec la peur, le repli sur soi en tant que nation, et en nous tournant les uns contre les autres en tant que peuple ? Ou allons-nous affronter l’avenir avec confiance dans ce que nous sommes, ce que nous représentons, et les choses incroyables que nous pouvons faire ensemble ? Donc, nous allons parler de l’avenir, et de quatre grandes questions que nous avons en tant que pays à répondre – peu importe qui sera le prochain président, ou qui contrôlera le prochain Congrès. Tout d’abord, comment pouvons-nous donner à chacun une chance équitable de l’occasion et de la sécurité dans cette nouvelle économie ? Deuxièmement, comment pouvons-nous mettre la technologie pour nous, et non contre nous – surtout quand cela concerne la résolution de problèmes urgents comme le changement climatique? Troisièmement, comment pouvons-nous garder l’Amérique en sécurité et conduire le monde sans en devenir le policier ? (…) Il y a soixante ans, quand les Russes nous ont battus dans l’espace, nous ne niions pas que Spoutnik était là-haut. Nous ne disputions pas sur la science, ou aller à réduire notre budget de recherche et développement. Nous avons construit un programme spatial presque du jour au lendemain, et douze ans plus tard, nous marchions sur la lune. Cet esprit de découverte est dans notre ADN. Nous sommes Thomas Edison et Carver les frères Wright et George Washington. Nous sommes Grace Hopper et Katherine Johnson et Sally Ride. Nous sommes tous les immigrants et entrepreneurs de Boston à Austin à la Silicon Valley dans la course à façonner un monde meilleur. Et au cours des sept dernières années, nous avons nourri cet esprit. (…) Je vous ai dit plus tôt tous les discours sur le déclin économique de l’Amérique est de l’air chaud politique. Eh bien, il en est pareil de toute la rhétorique d’entendre dire que nos ennemis deviennent plus forts et que l’Amérique est en train de devenir plus faible. Les Etats-Unis d’Amérique sont la nation la plus puissante de la Terre. Point final. Ce n’ est même pas proche. Nous dépensons plus sur nos militaires que les huit pays suivants combinés. Nos troupes sont la force de combat la plus belle dans l’histoire du monde. Aucune nation n’ose nous défier ou nos alliés attaquer parce qu’ils savent que ce serait leurn perte. Les enquêtes montrent notre position dans le monde est plus élevée que lorsque je fus élu à ce poste, et quand il vient à chaque question internationale importante, les gens du monde ne regardent pas Pékin ou Moscou  – ils nous appellent. Comme quelqu’un qui commence chaque journée par un briefing sur le renseignement, je sais que cela est un moment dangereux. Mais cela ne cause de la puissance américaine diminution ou une superpuissance imminente. Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes moins menacés par les empires du mal et plus par les Etats défaillants. Le Moyen-Orient passe par une transformation qui va se jouer pour une génération, enracinée dans les conflits qui remontent à des millénaires. Les difficultés économiques soufflent d’une économie chinoise en transition. Même que leurs contrats de l’économie, la Russie verse des ressources pour soutenir l’Ukraine et la Syrie – Unis qu’ils voient glisser hors de leur orbite. Et le système international que nous avons construit après la Seconde Guerre mondiale a maintenant du mal à suivre le rythme de cette nouvelle réalité. Il est à nous pour aider à refaire ce système. Et cela signifie que nous devons établir des priorités. La priorité numéro un est de protéger le peuple américain et aller après les réseaux terroristes. Les deux d’Al-Qaïda et maintenant ISIL posent une menace directe pour notre peuple, parce que dans le monde d’aujourd’hui, même une poignée de terroristes qui ne donnent aucune valeur à la vie humaine, y compris leur propre vie, peut faire beaucoup de dégâts. Ils utilisent l’Internet pour empoisonner l’esprit des individus à l’intérieur de notre pays; ils sapent nos alliés. Mais comme nous nous concentrons sur la destruction ISIL, over-the-top on affirme que cela est la troisième guerre mondiale qui vient jouer dans leurs mains. Messes de combattants à l’arrière de camionnettes et âmes tordues traçage dans des appartements ou des garages posent un énorme danger pour les civils et doivent être arrêtés. Mais ils ne menacent pas notre existence nationale. Voilà ce que l’histoire ISIL veut dire; Voilà le genre de propagande qu’ils utilisent pour recruter. Nous ne devons pas les faire augmenter pour montrer que nous sommes sérieux, et nous ne devons repousser nos alliés essentiels dans ce combat en faisant l’écho  du mensonge que ISIL est représentant d’une des plus grandes religions du monde. Nous avons juste besoin de les appeler ce qu’ils sont – des tueurs et des fanatiques qui doivent être extirpés, traqués et détruits. (…) Nous ne pouvons pas essayer de prendre le relais et de reconstruire tous les pays qui tombent dans la crise. Cela ne se veut pas le leadership; qui est une recette pour un bourbier, déversant du sang américain et le trésor qui nous affaiblit finalement. C’ est la leçon du Vietnam, de l’Irak – et nous devrions avoir appris par l’entreprise. Heureusement, il y a une approche plus intelligente, une stratégie patiente et disciplinée qui utilise tous les éléments de notre puissance nationale. Elle dit que l’Amérique agira toujours, seule si nécessaire, pour protéger notre peuple et nos alliés; mais sur des questions d’intérêt mondial, nous mobiliserons le monde pour travailler avec nous, et s’assurer que les autres pays fassent leur part. Voilà notre approche de conflits comme la Syrie, où nous travaillons en partenariat avec les forces locales et conduisant efforts internationaux pour aider cette société brisée à poursuivre une paix durable. Voilà pourquoi nous avons construit une coalition mondiale, avec des sanctions et la diplomatie de principe, pour empêcher un Iran nucléaire. A l’heure où nous parlons, l’Iran a réduit son programme nucléaire, expédié ses stocks d’uranium, et le monde a évité une autre guerre. (…) Voilà la force. Voilà le leadership. Et ce genre de leadership dépend de la puissance de notre exemple. (…) Voilà pourquoi nous devons rejeter toute politique qui vise les personnes en raison de la race ou de la religion. Ce ne sont pas une question de politiquement correct. Il est une question de comprendre ce qui nous rend forts. Le monde nous respecte pas seulement pour notre arsenal; il nous respecte pour notre diversité et notre ouverture et de la façon dont nous respectons toutes les religions. Sa Sainteté, François, dit ce corps de l’endroit même je me tiens ce soir que « d’imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est le meilleur moyen de prendre leur place. » Quand les politiciens insultent les musulmans, quand une mosquée est vandalisée, ou un enfant victime d’intimidation, qui ne nous rend pas plus sûr. Cela ne la raconte comme il est. Il est tout simplement faux. Il nous diminue dans les yeux du monde. Il rend plus difficile à atteindre nos objectifs. Et il trahit qui nous sommes en tant que pays. (…) Ce ne sera pas facile. Notre modèle de démocratie est difficile. Mais je peux vous promettre que dans un an à partir de maintenant, quand je ne tiens plus ce bureau, je serai là avec vous en tant que citoyen – inspiré par ces voix de l’équité et de la vision, de courage et de bonne humeur et de gentillesse qui ont aidé l’Amérique voyager si loin. Voix qui nous aident à nous voyons pas en premier lieu comme noir ou blanc ou asiatique ou latino, non pas comme gay ou hétéro, immigrant ou natifs; pas tant que démocrates ou républicains, mais en tant que premier Américains, liés par une croyance commune. La Voix du Dr King aurait cru avoir le dernier mot – voix de la vérité désarmée et l’amour inconditionnel. Ils sont là, ces voix. Ils ne reçoivent pas beaucoup d’attention, ils ne sollicitent pas, mais ils sont en train de faire le travail ce pays a besoin de faire. (…) Voilà l’Amérique que je connais. Voilà le pays que nous aimons. Lucide. Grand coeur. Optimiste que la vérité désarmée et l’amour inconditionnel auront le dernier mot. Voilà ce qui me rend si optimiste sur notre avenir. À cause de toi. Je crois en toi. Voilà pourquoi je suis ici convaincu que l’état de notre Union est forte. Merci, que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique. Barack Hussein Obama
C’est un bon jour parce qu’une nouvelle fois nous voyons ce qu’il est possible de faire grâce à une diplomatie américaine forte. Ces choses nous rappellent ce que nous pouvons obtenir quand nous agissons avec force et sagesse. Barack Hussein Obama
Les démocraties doivent avoir le courage de reconnaître quand elles ne sont pas à la hauteur de leurs idéaux. Et nous avons mis du temps à donner de la voix pour la défense des droits de l’homme. Barack Hussein Obama
Surtout, nous voyons comment le récent débat a été brouillé par deux buts opposés pris comme absolus. D’un côté, on trouve ceux qui n’ont cure des défis nouveaux posés par le terrorisme et qui n’accepteraient guère de faire passer la sécurité nationale avant la transparence. De l’autre, il y a ceux dont l’opinion peut se résumer en deux mots : « Tout est permis ». Leurs arguments suggèrent que le but de la lutte antiterroriste peut être utilisé pour justifier tous les moyens utilisés et que le président devrait avoir tout pouvoir pour faire ce qu’il veut, à condition, bien sûr, que ce soit un président ayant les mêmes idées qu’eux… Ces deux camps peuvent défendre sincèrement leurs opinions, mais ni l’un ni l’autre n’a raison. Le peuple américain n’est pas partisan d’un absolu et il ne m’a pas élu pour plaquer une idéologie rigide sur nos problèmes. Il sait que nous ne devons ni sacrifier notre sécurité à nos valeurs, ni sacrifier nos valeurs à notre sécurité, dans la mesure où nous traitons les questions difficiles avec honnêteté, soin et une dose de bon sens. Barack Hussein Obama (Musée des archives nationales, 21 mai 2009)
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama
Dans le passé, il y avait une division entre droite et gauche, entre capitalisme et communisme. Soyez plus pragmatiques, choisissez ce qui fonctionne. Barack Hussein Obama
Parce que la société israélienne a tellement bien réussi économiquement, elle a je pense, à partir d’une position de force, été moins fondée à faire des concessions. D’un autre côté, les Palestiniens, à cause de leur faiblesse, n’ont pas la cohésion politique et l’organisation pour entrer en négociations et se sentir capables d’obtenir ce qu’ils veulent — et ainsi chacune des parties reste à part dans son coin. Barack Hussein Obama
We were ready to step into the strong current of history and answer a new call for our country, but the call never came. Instead of a call to service, we were asked to shop. Barack Hussein Obama (2008)
One of my proudest moments as president was watching Boston respond after the Boston Marathon attack because they taught America a lesson. They grieved; I was there for the memorial. We apprehended those who had carried this out, but a few days later folks were out shopping. Barack Hussein Obama (2016)
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. François Hollande (janvier 2012, Le Bourget)
Moi, président de la République, les ministres ne pourraient pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local…  …parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leurs tâches. François Hollande
Légion d’honneur pour le prince héritier Saoudien. 154 exécutions l’an dernier dans son pays. (…) Voilà pourquoi j’ai refusé la Légion d’Honneur. Sophie Marceau
Like Carter in the 1970s, Obama comes from the old-fashioned Jeffersonian wing of the Democratic Party, and the strategic goal of his foreign policy is to reduce America’s costs and risks overseas by limiting U.S. commitments wherever possible. He’s a believer in the notion that the United States can best spread democracy and support peace by becoming an example of democracy at home and moderation abroad. More than this, Jeffersonians such as Obama think oversize commitments abroad undermine American democracy at home. Large military budgets divert resources from pressing domestic needs; close association with corrupt and tyrannical foreign regimes involves the United States in dirty and cynical alliances; the swelling national-security state threatens civil liberties and leads to powerful pro-war, pro-engagement lobbies among corporations nourished on grossly swollen federal defense budgets. (…) Obama seeks a quiet world in order to focus his efforts on domestic reform — and to create conditions that would allow him to dismantle some of the national-security state inherited from the Cold War and given new life and vigor after 9/11. Preferring disarmament agreements to military buildups and hoping to substitute regional balance-of-power arrangements for massive unilateral U.S. force commitments all over the globe, the president wishes ultimately for an orderly world in which burdens are shared and the military power of the United States is a less prominent feature on the international scene. While Wilsonians believe that no lasting stability is possible in a world filled with dictatorships, Jeffersonians like Obama argue that even bad regimes can be orderly international citizens if the incentives are properly aligned. Syria and Iran don’t need to become democratic states for the United States to reach long-term, mutually beneficial arrangements with them. And it is North Korea’s policies, not the character of its regime, that pose a threat to the Pacific region. At this strategic level, Obama’s foreign policy looks a little bit like that of Richard Nixon and Henry Kissinger. In Afghanistan and Iraq, he hopes to extract U.S. forces from costly wars by the contemporary equivalent of the « Vietnamization » policy of the Nixon years. He looks to achieve an opening with Iran comparable to Nixon’s rapprochement with communist China. Just as Nixon established a constructive relationship with China despite the radical « Red Guard » domestic policies Chinese leader Mao Zedong was pursuing at the time, Obama does not see ideological conflict as necessarily leading to poor strategic relations between the United States and the Islamic Republic. Just as Nixon and Kissinger sought to divert international attention from their retreat in Indochina by razzle-dazzle global diplomacy that placed Washington at the center of world politics even as it reduced its force posture, so too the Obama administration hopes to use the president’s global popularity to cover a strategic withdrawal from the exposed position in the Middle East that it inherited from the Bush administration. (…) Yet as Obama is already discovering, any president attempting such a Jeffersonian grand strategy in the 21st century faces many challenges. In the 19th-century heyday of Jeffersonian foreign policy in American politics, it was easier for U.S. presidents to limit the country’s commitments. Britain played a global role similar to that of the United States today, providing a stable security environment and promoting international trade and investment. Cruising as a free rider in the British world system allowed Americans to reap the benefits of Britain’s world order without paying its costs. As British power waned in the 20th century, Americans faced starker choices. With the British Empire no longer able to provide political and economic security worldwide, the United States had to choose between replacing Britain as the linchpin of world order with all the headaches that entailed or going about its business in a disorderly world. In the 1920s and 1930s, Americans gave this latter course a try; the rapid-fire series of catastrophes — the Great Depression, World War II, Stalin’s bid for Eurasian hegemony — convinced virtually all policymakers that the first course, risky and expensive as it proved, was the lesser of the two evils. Indeed, during Franklin D. Roosevelt’s first two terms, the United States pursued essentially Jeffersonian policies in Europe and Asia, avoiding confrontations with Germany and Japan. The result was the bloodiest war in world history, not a stable condominium of satisfied powers. (…) It is not only Americans who will challenge the new American foreign policy. Will Russia and Iran respond to Obama’s conciliatory approach with reciprocal concessions — or, emboldened by what they interpret as American weakness and faltering willpower, will they keep pushing forward? Will the president’s outreach to the moderate majority of Muslims around the world open an era of better understanding, or will the violent minority launch new attacks that undercut the president’s standing at home? Will the president’s inability to deliver all the Israeli concessions Arabs would like erode his credibility and contribute to even deeper levels of cynicism and alienation across the Middle East? Can the president execute an orderly reduction in the U.S. military stake in Iraq and Afghanistan without having hostile forces fill the power vacuum? Will Venezuelan leader Hugo Chávez be so impressed with American restraint under Obama that he moderates his own course and ceases to make anti Yanquismo a pillar of his domestic and international policy? Will other countries heed the president’s call to assume more international responsibility as the United States reduces its commitments — or will they fail to fulfill their obligations as stakeholders in the international system, A Jeffersonian policy of restraint and withdrawal requires cooperation from many other countries, but the prospect of a lower American profile may make others less, rather than more, willing to help the United States. There is an additional political problem for this president, one that he shares with Carter. In both cases, their basic Jeffersonian approach was balanced in part by a strong attraction to idealistic Wilsonian values and their position at the head of a Democratic Party with a distinct Wilsonian streak. A pure Jeffersonian wants to conserve the shining exceptionalism of the American democratic experience and believes that American values are rooted in U.S. history and culture and are therefore not easily exportable. For this president, that is too narrow a view. Like Abraham Lincoln, Woodrow Wilson, and Martin Luther King Jr., Barack Obama doesn’t just love the United States for what it is. He loves what it should — and can — be. Leadership is not the art of preserving a largely achieved democratic project; governing is the art of pushing the United States farther down the road toward the still-distant goal of fulfilling its mission and destiny. Obama may well believe what he said in his inaugural speech — « we reject as false the choice between our safety and our ideals » — but as any president must he is already making exactly those tradeoffs. Why else refuse to meet the Dalai Lama? Why else pledge support to the corrupt regime of President Hamid Karzai in Afghanistan or aid Pakistan despite the dismal track record of both the civil and military arms of the Pakistani government when it comes to transparent use of U.S. resources? Did the administration not renew its efforts to build a relationship with the regime in Tehran even as peaceful democratic protesters were being tortured and raped in its jails? Is Obama not taking « incentives » to Khartoum, a regime that has for more than a decade pursued a policy in Darfur that the U.S. government has labeled genocidal? It is hard to reconcile the transcendent Wilsonian vision of America’s future with a foreign policy based on dirty compromises with nasty regimes. If the government should use its power and resources to help the poor and the victims of injustice at home, shouldn’t it do something when people overseas face extreme injustice and extreme peril? The Obama administration cannot easily abandon a human rights agenda abroad. The contradiction between the sober and limited realism of the Jeffersonian worldview and the expansive, transformative Wilsonian agenda is likely to haunt this administration as it haunted Carter’s, most fatefully when he rejected calls to let the shah of Iran launch a brutal crackdown to remain in power. Already the Wilsonians in Obama’s camp are muttering darkly about his failure to swiftly close the Guantánamo prison camp, his fondness for government secrecy, his halfhearted support for investigating abuses of the past administration, and his failure to push harder for a cap-and-trade bill before the Copenhagen summit. In the 21st century, American presidents have a new set of questions to consider. The nature of the international system and the place of the United States in it will have to be rethought as new powers rise, old ones continue to fade, and attention shifts from the Atlantic to the Pacific. The rapid technological development that is the hallmark of our era will reshape global society at a pace that challenges the ability of every country in the world to manage cascading, accelerating change. (…) At their best, Jeffersonians provide a necessary element of caution and restraint in U.S. foreign policy, preventing what historian Paul Kennedy calls « imperial overstretch » by ensuring that America’s ends are proportionate to its means. We need this vision today more than ever: If Obama’s foreign policy collapses — whether sunk by Afghanistan or conflicts not yet foreseen — into the incoherence and reversals that ultimately marked Carter’s well-meaning but flawed approach, it will be even more difficult for future presidents to chart a prudent and cautious course through the rough seas ahead. Walter Russell Mead
President Obama (…) believes history follows some predetermined course, as if things always get better on their own. Obama often praises those he pronounces to be on the “right side of history.” He also chastises others for being on the “wrong side of history” — as if evil is vanished and the good thrives on autopilot. When in 2009 millions of Iranians took to the streets to protest the thuggish theocracy, they wanted immediate U.S. support. Instead, Obama belatedly offered them banalities suggesting that in the end, they would end up “on the right side of history.” Iranian reformers may indeed end up there, but it will not be because of some righteous inanimate force of history, or the prognostications of Barack Obama. Obama often parrots Martin Luther King Jr.’s phrase about the arc of the moral universe bending toward justice. But King used that metaphor as an incentive to act, not as reassurance that matters will follow an inevitably positive course. Another of Obama’s historical refrains is his frequent sermon about behavior that doesn’t belong in the 21st century. At various times he has lectured that the barbarous aggression of Vladimir Putin or the Islamic State has no place in our century and will “ultimately fail” — as if we are all now sophisticates of an age that has at last transcended retrograde brutality and savagery. In Obama’s hazy sense of the end of history, things always must get better in the manner that updated models of iPhones and iPads are glitzier than the last. In fact, history is morally cyclical. Even technological progress is ethically neutral. It is a way either to bring more good things to more people or to facilitate evil all that much more quickly and effectively. In the viciously modern 20th century — when more lives may have been lost to war than in all prior centuries combined — some 6 million Jews were put to death through high technology in a way well beyond the savagery of Attila the Hun or Tamerlane. Beheading in the Islamic world is as common in the 21st century as it was in the eighth century — and as it will probably be in the 22nd. The carnage of the Somme and Dresden trumped anything that the Greeks, Romans, Franks, Turks, or Venetians could have imagined. (…) What explains Obama’s confusion? A lack of knowledge of basic history explains a lot. (…) Obama once praised the city of Cordoba as part of a proud Islamic tradition of tolerance during the brutal Spanish Inquisition — forgetting that by the beginning of the Inquisition an almost exclusively Christian Cordoba had few Muslims left. (…) A Pollyannaish belief in historical predetermination seems to substitute for action. If Obama believes that evil should be absent in the 21st century, or that the arc of the moral universe must always bend toward justice, or that being on the wrong side of history has consequences, then he may think inanimate forces can take care of things as we need merely watch. In truth, history is messier. Unfortunately, only force will stop seventh-century monsters like the Islamic State from killing thousands more innocents. Obama may think that reminding Putin that he is now in the 21st century will so embarrass the dictator that he will back off from Ukraine. But the brutish Putin may think that not being labeled a 21st-century civilized sophisticate is a compliment. In 1935, French foreign minister Pierre Laval warned Joseph Stalin that the Pope would admonish him to go easy on Catholics — as if such moral lectures worked in the supposedly civilized 20th century. Stalin quickly disabused Laval of that naiveté. “The Pope?” Stalin asked, “How many divisions has he got?” There is little evidence that human nature has changed over the centuries, despite massive government efforts to make us think and act nicer. What drives Putin, Boko Haram, or ISIS are the same age-old passions, fears, and sense of honor that over the centuries also moved Genghis Khan, the Sudanese Mahdists, and the Barbary pirates. Obama’s naive belief in predetermined history — especially when his facts are often wrong — is a poor substitute for concrete moral action. Victor Davis Hanson
In fact, there is a predictable pattern to Obama’s foreign policy. The president has an adolescent, romantic view of professed revolutionary societies and anti-Western poseurs — and of his own ability uniquely to reach out and win them over. In the most superficial sense, Obama demonstrates his empathy for supposedly revolutionary figures of the non-Western world through gratuitous, often silly remarks about Christianity and Western colonial excesses, past and present. He apologizes with talk of our “own dark periods” and warns of past U.S. “dictating”; he contextualizes; he ankle-bites the very culture he grew up and thrived in, as if he can unapologetically and without guilt enjoy the West’s largesse only by deriding its history and values. (…) Reminiscent of college naïfs with dorm-room posters of Che Guevara, Obama mythologizes about the underappreciated multicultural “Other” that did everything from fuel the Western Renaissance and Enlightenment to critique Christian excesses during the Inquisition. In truth, what he delivers is only a smoother and more refined version of Al Sharpton’s incoherent historical riff on “astrology” and “Greek homos.” Obama refuses to concede that Islam can become a catalyst for radical killers and terrorists, and he has a starry-eyed crush on those who strike anti-Western poses and have turned their societies upside down on behalf of the proverbial people. Keep that in mind, and it makes sense that, during the Egyptian turmoil, Obama was intent on ousting the pro-Western kleptocrat Hosni Mubarak and investing in the Muslim Brotherhood, despite the dark anti-democratic history of Mohamed Morsi and the Brothers and their agenda of Islamicizing the most populous country in the Arab world. For Obama, such zealotry is evidence of their legitimacy and the justice of their efforts to overturn the established hierarchies of old Egypt. Moammar Qaddafi was a monster and a thug. But in fear both of radical Islamists and of the implications for Libya of the Western military action in Iraq and Afghanistan, and eager to have Western knowhow rehabilitate his ailing oil and gas industry, he had reached out to the West and ceased his support for international terrorists. But ridding Libya of the cartoonish and geriatric Qaddafi and allowing it to be overrun by stern revolutionary Islamists was again in tune with Obama’s rose-colored view of the Middle East. One of the many reasons why Obama pulled all U.S. troops out of a stable and secure Iraq at the end of 2011 was that its democracy was, in his eyes, tainted by its American birthing and its associations with George W. Bush. Such a hazy belief that Western influence and power are undeserved and inordinate made it initially impossible for Obama to condemn ISIS as growing and dangerous rather than dismiss it as “jayvees.” Putin perhaps should study Iran’s PR effort and its aggression in Lebanon and Yemen. If he would only cut out the guns, tigers, and “macho shtick,” and instead mouth shibboleths about the oppressed minorities in Crimea and Ukraine and the need for revolutionary fairness, he might be reset yet again. His crimes were not so much naked invasions of his neighbors, as aggression in the most un-Iranian fashion of a right-wing kleptocrat and thug. Again, nothing Putin has done is all that different from what Iran did in Iraq, Lebanon, Syria, and Yemen. No one could quite figure out why Obama bragged of his “special relationship” with Turkey’s prime minister Recep Erdogan. Erdogan, after all, is systematically destroying free expression in Turkey. He has bragged that he got off the bus of democracy when he no longer found any utility in it — and he has openly romanticized the Ottoman imperialists. A once-staunch NATO ally, Turkey has turned into a virulently anti-Israeli and anti-American society that has spiked tensions in the eastern Mediterranean with Cyprus, Greece, and Israel. But, again, the redeeming virtue was that Erdogan was taking Turkey in a new and revolutionary direction, trying to massage the Arab Revolution as its spiritual mentor, and becoming point nation in hatred of Israel. In other words, Turkey was churning and evolving, and, for Obama, that apparently was a good thing. Without asking anything in return from Cuba — such as releasing political prisoners or allowing free expression — Obama by executive order is normalizing relations with the Castro brothers, who are allied with fascist Iran, North Korea, and Venezuela. He keeps saying that 50 years of containment have “failed,” as if successfully curbing Cuba’s revolutionary aspirations abroad was a bad thing, and siding with dissidents in its gulags was counterproductive. For Obama, the Castros are authentic anti-colonialists. They perhaps may have broken a few too many eggs to make their egalitarian omelets, but their regime is certainly preferable to what is envisioned by loud Cuban exiles in America or troublemakers like imprisoned Cuban refuseniks. (…) Keep in mind this juvenile view of the revolutionary non-West, and there is a clarity of sorts in American foreign policy. Honduran leftist president Manuel Zelaya, when he tried to overturn the constitution and earned the wrath of the Honduran Supreme Court, the military, and the National Congress, nonetheless won the support of the Obama administration. For Obama, in the struggle between the Palestinian Authority and Israel, Israel is a Westernized colonial construct and a proponent of Western neo-liberal capitalism. The PA and Hamas, in contrast, are seen both as the downtrodden in need of community-organizing help and as authentic peoples whose miseries are not self-induced and the wages of tribalism, statism, autocracy, fundamentalism, misogyny, and anti-Semitism, but rather the results of Israeli occupation, colonialism, and imperialism. Obama may not articulate this publicly, but these are the assumptions that explain his periodic blasts against Netanyahu and his silence about the autocratic Palestinian Authority and the murderous Hamas. In such a landscape, the current Iranian talks make perfect sense. Obama was in no mood in the spring of 2009 to vocally support a million, pro-Western Iranian dissidents who took to the streets in anger over the theocracy’s rigged elections, calling for transparency and human rights. He snubbed them as if they were neoconservative democracy zealots. In his eyes, their false consciousness did not allow them to fully appreciate their own suffering at the hands of past American imperialists. In Obama’s worldview, the Iranian mullahs came to power through revolution and were thus far more authentic anti-Western radicals, with whom only someone like Obama — prepped by the Harvard Law Review, Chicago organizing, the Rev. Jeremiah Wright’s pulpit, and the most liberal voting record during a brief stint in the U.S. Senate — could empathize and negotiate. Why would Iranian idealists and democrats be foolish enough to spoil Obama’s unique diplomatic gymnastics? Traditional analyses deconstruct the Obama administration’s negotiations over Iran’s nuclear program and are aghast at the naïveté — no stop to ongoing uranium enrichment, no open or surprise inspections, no conditions to be met before sanctions are scaled back, no prohibitions against the marriage of nuclear-weapon technology and intercontinental-missile development. But that is to misunderstand the Obama worldview. He is less worried about a nuclear Iran and what it will do to a mostly pro-Western Gulf or Israel, or to other traditional U.S. interests, than about the difficulties he faces in bringing Iran back into the family of nations as an authentic revolutionary force that will school the West on regional justice. (“There’s incredible talent and resources and sophistication inside of Iran, and it would be a very successful regional power that was also abiding by international norms and international rules, and that would be good for everybody.”) Iran will assume its natural revolutionary role as regional power broker in the Middle East; and, almost alone, it is not beholden to any Western power. In some sense, Obama views the rest of the world in the same way as he views America: a rigged order in which the oppressed who speak truth to power are systematically mischaracterized and alienated — and in need of an empathetic voice on the side of overdue revolutionary accounting. The chief danger in Obama’s romantic view of revolutionary societies is that nothing in their histories suggests that these regimes will ever cease aggression or adopt internal reforms. Cuba will still stir up revolution in Latin America and ally itself with anti-American regimes. Iran will still subsidize Hezbollah and Hamas — and, soon, in the fashion of a nuclear power. Turkey will still try to carve out Mediterranean and Middle Eastern influence at someone else’s expense and destroy secular traditions. And one-election, one-time Islamic movements will still attempt to set up theocracies the moment they snatch power. And at no point does Obama ever empathize with thousands of dissidents rotting in Cuban and Palestinian jails, or homosexuals and feminists persecuted in Iran or journalists in Turkey. The only distinction between these illiberal movements and the unromantic Putin’s Russia is their more wily professions of revolutionary fervor, which apparently have fooled or captivated the Obama administration. For Obama, in the struggle between the Palestinian Authority and Israel, Israel is a Westernized colonial construct and a proponent of Western neo-liberal capitalism. The PA and Hamas, in contrast, are seen both as the downtrodden in need of community-organizing help and as authentic peoples whose miseries are not self-induced and the wages of tribalism, statism, autocracy, fundamentalism, misogyny, and anti-Semitism, but rather the results of Israeli occupation, colonialism, and imperialism. Obama may not articulate this publicly, but these are the assumptions that explain his periodic blasts against Netanyahu and his silence about the autocratic Palestinian Authority and the murderous Hamas. In such a landscape, the current Iranian talks make perfect sense. Obama was in no mood in the spring of 2009 to vocally support a million, pro-Western Iranian dissidents who took to the streets in anger over the theocracy’s rigged elections, calling for transparency and human rights. He snubbed them as if they were neoconservative democracy zealots. In his eyes, their false consciousness did not allow them to fully appreciate their own suffering at the hands of past American imperialists. In Obama’s worldview, the Iranian mullahs came to power through revolution and were thus far more authentic anti-Western radicals, with whom only someone like Obama — prepped by the Harvard Law Review, Chicago organizing, the Rev. Jeremiah Wright’s pulpit, and the most liberal voting record during a brief stint in the U.S. Senate — could empathize and negotiate. Why would Iranian idealists and democrats be foolish enough to spoil Obama’s unique diplomatic gymnastics? Traditional analyses deconstruct the Obama administration’s negotiations over Iran’s nuclear program and are aghast at the naïveté — no stop to ongoing uranium enrichment, no open or surprise inspections, no conditions to be met before sanctions are scaled back, no prohibitions against the marriage of nuclear-weapon technology and intercontinental-missile development. But that is to misunderstand the Obama worldview. He is less worried about a nuclear Iran and what it will do to a mostly pro-Western Gulf or Israel, or to other traditional U.S. interests, than about the difficulties he faces in bringing Iran back into the family of nations as an authentic revolutionary force that will school the West on regional justice. (“There’s incredible talent and resources and sophistication inside of Iran, and it would be a very successful regional power that was also abiding by international norms and international rules, and that would be good for everybody.”) Iran will assume its natural revolutionary role as regional power broker in the Middle East; and, almost alone, it is not beholden to any Western power. In some sense, Obama views the rest of the world in the same way as he views America: a rigged order in which the oppressed who speak truth to power are systematically mischaracterized and alienated — and in need of an empathetic voice on the side of overdue revolutionary accounting. The chief danger in Obama’s romantic view of revolutionary societies is that nothing in their histories suggests that these regimes will ever cease aggression or adopt internal reforms. Cuba will still stir up revolution in Latin America and ally itself with anti-American regimes. Iran will still subsidize Hezbollah and Hamas — and, soon, in the fashion of a nuclear power. Turkey will still try to carve out Mediterranean and Middle Eastern influence at someone else’s expense and destroy secular traditions. And one-election, one-time Islamic movements will still attempt to set up theocracies the moment they snatch power. And at no point does Obama ever empathize with thousands of dissidents rotting in Cuban and Palestinian jails, or homosexuals and feminists persecuted in Iran or journalists in Turkey. The only distinction between these illiberal movements and the unromantic Putin’s Russia is their more wily professions of revolutionary fervor, which apparently have fooled or captivated the Obama administration. Victor Davis Hanson
The phrase “hostile symbiosis” has been used to describe the state of our own tissues all of the same parentage, all thriving best when working for the common good, and yet each ready to take advantage of the rest, should opportunity offer. There is a profound truth embodied in the  phrase. Every symbiosis is in its degree underlain by hostility, and only by proper regulation and often elaborate adjustment, can the state of mutual benefit be maintained. Even in human affairs, partnerships for mutual benefit are not so easily kept up, in spite of men being endowed with intelligence and so being able to grasp the meaning of such a relation. But in lower organisms, there is no such comprehension to help keep the relationship going. Mutual partnerships are adaptations as blindly entered into and as unconsciously brought about as any others. They work by virtue of complicated physical and chemical adjustments between the two partners and between the whole partnership and its environment; alter that adjustment, and the partnership may dissolve, as blindly and automatically as it was entered into. Wells, Herbert George, Julian S. Huxley, and George Philip Wells
There is a virtually universal conviction that the constitutional rights of the People and the powers of the State exist along an axial spectrum. An increase in one means a diminution of the other. On this spectrum we imagine a needle oscillating between two poles, moving toward the pole of the State’s power in times of national emergency or toward the pole of the People’s liberty in times of tranquility. . . . A corollary to this conviction is the widely held belief that intelligence and law enforcement agencies constitute a threat to civil liberties. (…) If we are to protect our civil rights and civil liberties against such threats, the aggressive use of informants, surveillance, wiretaps, searches, interrogations, and even group-based profiling must be measured not only against the liberties these practices constrict, but also with respect to the liberties they may protect. (…) the question here, in the Wars against Terror as with any discussion to prosecute a war, becomes: Are the rights of the People greater or lesser than they would otherwise have been if the decision to go to war had not been taken? It is obvious, but no less a half-truth for being obvious, that the rights of the British peoplewere less in 1940 than in 1936, owing to the decision of their government to oppose Nazi aggression in Europe. The appropriate analysis, however, asks whether the rights of the British were less in 1940, not than they were in 1936, but than they would have been in 1940 if their government had decided to give Hitler a free hand in Europe. Philip Bobbit
B. Franklin n’affirmait rien de ce que nous pensons lorsque nous citons ses mots. Ils apparaissent originellement dans une lettre de 1755 que B. Franklin est censé avoir écrit au nom de l’Assemblée de Pennsylvanie à l’intention du gouverneur colonial durant la Guerre de Conquête. La lettre était une salve dans la lutte de pouvoir entre le gouverneur et l’Assemblée à propos du financement de la sécurité à la frontière, alors que l’Assemblée souhaitait taxer les terres de la famille Penn, qui gouvernait la Pennsylvanie de loin, de manière à lever des fonds pour la défense contre les attaques des Français et des Indiens. À la demande de la famille, le gouverneur émit son veto contre les actions de l’Assemblée. Donc pour commencer, B. Franklin n’écrivait pas dans la situation d’un sujet à qui il serait demandé de céder sa liberté à un gouvernement, mais en sa qualité de législateur à qui il est demandé de renoncer à son pouvoir de taxer des terres théoriquement sous sa juridiction. En d’autres termes, la « liberté essentielle » à laquelle se réfère B. Franklin n’est pas ce à quoi nous nous référons aujourd’hui à propos des libertés civiles mais, plutôt, au droit de l’auto-gouvernance d’un corps législatif dans l’intérêt de la sécurité collective. De plus, l’« [obtention] d’une petite sécurité temporaire » que récrimine B. Franklin n’est pas la cession d’un pouvoir à un gouvernement Leviathan en échange de quelque promesse de protection envers une menace extérieure ; car dans la lettre de B. Franklin, le mot « acquérir » ne semble pas être une métaphore. En insistant pour assujettir les terres Penn aux impôts, l’Assemblée était accusée par le gouverneur de bloquer l’affectation des fonds pour la défense de la frontière — ce qui justifiait ainsi son intervention. Par ailleurs, la famille Penn offrit plus tard de l’argent pour la défense de la frontière aussi longtemps que l’Assemblée voulait reconnaître qu’elle n’avait pas le pouvoir de taxer ses terres. B. Franklin a donc contesté le choix qui s’imposait au corps législatif, entre d’un côté être capable de rassembler des fonds pour défendre la frontière et, de l’autre, conserver son droit à l’auto-gouvernance — et il critiqua le gouverneur d’avoir suggéré qu’on devait être prêt à renoncer au second pour obtenir le premier. En somme, B. Franklin n’évoquait pas la tension entre le pouvoir du gouvernement et la liberté individuelle. Il faisait plutôt référence à l’auto-gouvernance efficace au service de la sécurité en tant que liberté même, réfractaire à la marchandisation. Nonobstant la manière dont la citation est arrivée jusqu’à nous, B. Franklin conçevait sur le même plan les droits à la liberté et à la sécurité de la Pennsylvanie. Benjamin Wittes
The balance metaphor lives, paradoxically enough, even in our attempts to reject it. Opponents of new security measures will often vocally eschew the balance metaphor — insisting that we can be both “safe and free” or, as President Obama put it in his inaugural address, that we can “reject as false the choice  between our safety and our ideals.” (…) Indeed, the idea that we retain security by holding fast to our ideals, not by compromising on them, is a recurrent theme in Obama’s rhetoric — and in a lot of rhetoric on the political Left. Yet in these very attempts to reject a “choice” between the two goods and to assert their  congruence, Obama tends to end up describing the very balancing he seems to reject. The balance metaphor has a way of rising out of the ashes of its very rejection. The image of balance arises especially vividly in the context of surveillance, where every augmentation of government power is said to come at some cost to liberty. The relationship between surveillance and liberty has taken on special importance as the internet has continued its exponential growth and as personal data concerning individuals has proliferated. The question of how aggressively governments can police and monitor the use of communications and other technological architectures has necessarily arisen alongside these platforms — with the balance metaphor invariably hovering over the discussion. Proponents of more aggressive surveillance justify such steps as necessary and imposing only allowable costs in light of some compelling governmental or societal security need. Opponents criticize them as excessive enhancements of governmental power, which we take at the expense of freedom or privacy. We seldom stop and ask the question of whether and when our surveillance programs are really coming at the expense of liberty at all; or whether the relationship might be more complicated than that — indeed, whether some of these programs might even enhance liberty. (…) In place of balance, I wish to propose a different, more complicated, metaphor, one drawn not from the scales of justice but from evolutionary biology — albeit from an archaic source in that field. We should think of liberty and security, I shall argue, as existing in a kind of a “hostile symbiosis” with one another — that is, mutually dependent and yet also, under certain circumstances, mutually threatening. This vision of the relationship offers greater analytical clarity than does the balance metaphor. As we shall see, it also offers an important degree of policy guidance as to what sort of enhancements of government security powers will and will not threaten liberty. (….) Having opened this paper with a famed quotation on the liberty-security relationship that, in context, means something very different from the meaning its many quoters assume, let me conclude with another: Justice Robert Jackson’s warning that “There is danger that, if the [Supreme] Court does not temper its doctrinaire logic with a little practical wisdom, it will convert the constitutional Bill of Rights into a suicide pact.” Jackson’s quotation is often cited as a kind of flip side of Franklin’s — with Franklin assumed to have been warning that one should not give up liberty in the name of security and Jackson assumed to have been warning conversely that one protects liberty too strongly at great risk to security. The trouble is that just as Franklin was saying something else entirely, Jackson was not saying anything this crude either — which is probably why the rest of his remarkable passage tends to get left out of the quotation (…) In other words, like Franklin, Jackson was actually denying a stark balancing of liberty interests and security interests and asserting an essential congruence between them. He was, in fact, critiquing the court for assuming that allowing the government leeway would necessarily come at the expense of meaningful freedom. His critique of the court was that by denying authorities the ability to maintain minimal conditions of order, it was empowering people who disbelieved in both freedom and order. The suicide pact to which he referred was the choice of anarchy with neither liberty nor security over a regime of ordered freedom. That’s actually much more similar to than different from what Franklin was asking for two hundred years earlier. Both were, after all, arguing for the ability of local democratic communities to protect their security — and liberty — through reasonable self-government. First Amendment law has long since passed by Jackson’s specific point about what sort of utterances should and should not trigger liability for their propensity to cause violence. But his larger point stands. In the hostile symbiosis between liberty and security, one doesn’t maximize one partner at the other’s expense. They are locked together — embracing, choking, supporting each other, endangering each other. The doctrinaire embrace of one to the other’s detriment will always ultimately disserve both. Benjamin Wittes
Nous sommes au début du XXe siècle, au cœur de cette période que nombre d’éco­nomistes qualifient de « première mon­dialisation», une période d’expansion du commerce et d’intensification des échanges de capitaux. Jamais les liens économiques entre la France et l’Alle­magne n’ont été aussi importants. La guerre est donc devenue impossible où, si par malheur, elle éclatait, elle ne pour­rait qu’être brève. C’est juste du bon sens nous sommes tellement civilisés et nous avons tellement besoin les uns des autres ! La thèse est en vogue ; elle conduit, du moins jusqu’en 1910, à un affaiblissement de la défense française. La France est elle-aussi aujourd’hui frappée du syndrome de Norman Angell, cet homme politique britannique qui, dans sa Grande illusion, développe la thèse fallacieuse de la paix par l’impé­ratif économique ? En 1945, 80 millions de morts plus tard, après le double suicide collectif d’une partie de l’humanité, le bon sens revient, tel que Freud l’avait exprimé quelques décennies auparavant « On ne peut pas guérir l’homme de la guerre.» Nous devons remercier l’Europe. Sincèrement. Parce que l’idée même de l’Europe a donné aux peuples européens soixante-dix ans de paix, ce qui n’était ja­mais arrivé dans l’Histoire. Mais nous devons désormais nous réveiller de ce rêve parce qu’il porte désormais en lui le germe même de sa mort. Le rêve européen, c’est de croire qu’il est universel, c’est de croire qu’il est l’idéal qui dépasse les autres et étouffe toutes les vieilles raisons de la guerre – toujours les mêmes depuis que Thucydite les recensaient: la peur, l’honneur et l’intérêt, c’est de croire que les ressources du monde sont pour tous infinies comme elles semblent l’être pour nous. Le rêve européen, c’est de croire qu’il fait tache d’huile. Et bien non : il s’arrête à nos limes au-delà desquelles force est désormais de reconnaître que notre civilisation n’a pas eu les effets escomptés, au-delà desquelles la barbarie existe dans ses formes les plus obscènes ! Le rêve européen est par lui-même une Grande Illusion. La paix européenne n’a pas tué la guerre, loin de là, mais elle a donné aux Européens – et particulièrement aux Français si bien protégés du monde extérieur au bout de la péninsule Europe – l’idée qu’elle l’était.Et donc que les dépenses liées à la guerre, les dépenses de défense étaient au mieux inutiles, au pire illégitimes. À quoi peut bien servir de conserver une défense solide puisque, d’évidence, la guerre ne menace plus et que nous sommes protégés ? Général Vincent Desportes
It really is the case that the character of presidents shape their policy. And when you read the interview a second time, you realize that the driving force isn’t Obama’s worldview on foreign policy. It’s Obama himself. And in particular, there’s one consistent theme, whatever issue or trouble spot you’re talking about: It’s somebody else’s fault. (…) None of these viewpoints are indefensible on their own merits, and all of them have at least a grain of truth in them (except for the last one). But together, they paint quite the picture — of someone disconnected from reality and sure of his own perfection. (…) there’s always been something grating and, at the end of the day, unseemly, about Obama’s performance of himself as The Most Thoughtful Man in Washington. Obama came to national prominence vowing to heal our partisan divide. He did it through a rhetorical style that can be summed up as « I have understood you. » He was so good at making speeches where he could restate opponents’ views that they thought he really could see things from their own perspective; only later did people catch on that the whole sentence is « I have understood you, but I’m not going to budge. » (…) In a similar way, Obama’s performance of his own thoughtfulness and rumination becomes unbearable once you realize that he will turn around thoughts in his head, but never end up changing them. There’s an almost dizzying feeling when you realize something you thought was profound turns out to be incredibly shallow. (…) The cake is taken by the part of the piece that drove the most headlines: Obama’s statement that he was « very proud » of one of the most indefensible moments in his presidency, the moment when he refused to enforce his « red line » in Syria and stood by while Assad gassed his own people. (…) Nevermind the merits of the action. Why is Obama proud of his decision? Because it had the best outcome? No, because of the way he thought through the decision. Obama thinks his decision was good because of the way he reached it. The most salient aspect of the decision is not how it affected millions of Syrians, or the international norm against the use of weapons of mass destruction in warfare (and the credibility of the United States as the lone superpower and guarantor of international norms writ large), with incalculable potential ripple effects, it is how the whole thing played out in the theater that is the mind of Barack Obama. Pascal-Emmanuel Gobry

Attention: un angélisme peut en cacher un autre !

A l’heure où obsédé par son fameux héritage dans les derniers mois de son deuxième et dernier mandat …

Un leader du monde libre aux accents messianiques mutiplie les danses avec les dictateurs

Comme, en ce vendredi saint et entre un pas de tango et une absolution du communisme, les gestes de repentance

Pendant qu’entre le laissez venir à moi les petits migrants de son homologue allemande en novembre dernier, la bénédiction par le pape François de l’invasion arabe qui en a résulté et les légions d’honneur aux décapiteurs de Ryad, l’Europe paie à nouveau au prix fort l’irresponsabilité de ses dirigeants et se voit livrée aux pires chantages  du maitre du double langage turc  …

Comment ne pas repenser, suite au dernier d’une série d’entretiens que le président américain vient d’accorder au magazine The Atlantic

Où il se vante notamment d’avoir finalement rompu avec le « manuel de stratégie de Washington », abandonnant, après l’Irak il y a cinq ans, la Syrie au chaos que l’on sait …

A la thèse qui avait assuré il y a un siècle à la veille de la première des Grandes guerres son éternelle place dans l’histoire au si bien nommé économiste britannique Norman Angell …

A savoir, sous un titre qui donnera à Renoir l’un des ses plus grands chefs d’oeuvre, celle de la futilité de toute guerre … ?

The All-Spock-No-Kirk President
Obama talks foreign policy—revealing that he misunderstands the office he occupies.
William A. Galston
WSJ
March 15, 2016

Sen. Marco Rubio has argued repeatedly that President Obama “knows exactly what he’s doing.” Mr. Rubio does not intend that as a compliment. Now, thanks to a remarkable series of presidential interviews with Jeffrey Goldberg, we see that the Florida senator is correct, at least when it comes to foreign policy. The real issue is how we and future historians will judge Mr. Obama’s world view and the policies it undergirds.

In a striking phrase, Mr. Goldberg characterizes the president as a “Hobbesian optimist.” On the one hand, Mr. Goldberg says, Mr. Obama has a “tragic realist’s understanding of sin, cowardice, and corruption, and a Hobbesian appreciation of how fear shapes human behavior.” On the other, he “consistently . . . professes optimism that the world is bending toward justice.”

The question is whether Hobbesian optimism is a remarkable synthesis of apparent opposites or an elegant oxymoron. If you genuinely believe, as did theologian Reinhold Niebuhr, whom President Obama admires, that original sin is “the only empirically verifiable doctrine of the Christian faith,” then you cannot believe that human nature progresses toward justice. At most you can hope that our species gradually becomes wiser about institutional arrangements that constrain the evils of which we are capable.

History has been cruel to many such hopes. In 1910, the British journalist and politician Norman Angell published “The Great Illusion,” a book arguing that the integration of European economies had grown to an extent that rendered war among them futile and self-defeating. In 1920, the League of Nations was designed to preserve the peace in the aftermath of the “war to end all wars.”

More recently, the European Union was supposed to create inexorable momentum toward ever greater prosperity and solidarity throughout a continent dedicated to democracy and human rights. Against this backdrop, we cannot know whether the Middle Eastern “tribalism” that Mr. Obama deplores is an atavism or a harbinger.

Consistent with his progressivist understanding of history, the president offers a strong defense of what we have come to call soft power: “Diplomacy and technocrats and bureaucrats . . . are helping to keep America safe.” He is right, but he carries the point much too far. “Real power,” he asserts, means that “you can get what you want without having to exert violence.” Not so; military power is just as real as diplomatic and economic power, and sometimes it is the only thing than can work. Unlike Vladimir Putin, Mr. Obama has consistently ignored the ways in which the military balance on the ground shapes what is diplomatically possible.

Progressives typically think of themselves as rationalists, and Mr. Obama is no exception. He prides himself on his ability to maintain a stance of cool, impartial reflection even when others are succumbing to emotion and prejudice. According to Mr. Goldberg, the president frequently reminds his staff that “terrorism takes far fewer lives in America than handguns, car accidents, and falls in bathtubs.” This is true enough, but one wonders whether it is the right way for someone in Mr. Obama’s position to approach the issue.

His advisers are said to worry that their boss will seem “insensitive to the fears of the American people.” And well they might, because many Americans experience his dispassion in precisely that manner. In the one moment of presidential self-criticism Mr. Goldberg reveals in his lengthy Atlantic article, Mr. Obama reflects that “there are times where I have not been attentive enough to feelings and emotions and politics in communicating what we’re doing.” Regrettably, the all-Spock-no-Kirk formula has had the effect of vacating political space now being seized by its antithesis.

I was surprised (perhaps I should not have been) by Mr. Goldberg’s report that the president “secretly disdains” the Washington foreign-policy establishment. Mr. Obama seems to believe that because he was right about Iraq while most of the establishment was wrong, it follows that he will be right in every other instance of disagreement.

But not all conventional wisdom is false, just because it is widely held. Credibility is important, for example. Saying one thing and then doing another has consequences.

If Mr. Goldberg’s narrative is accurate, the president’s announcement of a “red line” against the use of chemical weapons by Syria’s president surprised his advisers, including the secretary of defense. And when he announced that there would be no attack without prior congressional authorization, his senior aides—including his national security adviser and his secretary of state—were shocked, as were the leaders of our closest allies throughout the world.

These events exemplify a sentiment that pervades Mr. Goldberg’s entire article—Mr. Obama’s belief that the conduct of foreign policy involves little more than correct judgments by the president. This is a fundamental misunderstanding of the office he occupies. Our greatest presidents have understood that a sustainable foreign policy requires persuasion directed to political and intellectual elites and, most important, to the American people.

In an era characterized by deep distrust of government, Mr. Obama’s failure to take public explanation seriously stands out in high relief.

Voir encore:

The Clueless Presidency
Stephen Hayward
Powerline
March 16, 2016

If you cast your mind back to 1979 or so, one of the signs that Jimmy Carter was washed up was a long cover story in The Atlantic by James Fallows, who had been one of Carter’s speechwriters, called “The Passionless Presidency.” “[T]here was a mystery to be explained about Jimmy Carter,” Fallows wrote, “the contrast between the promise and popularity of his first months in office and the disappointment so widely felt later on.”

I’ve been waiting for someone on the center-left like Fallows to write a similar long-form treatment of what’s wrong with Obama for a long while now. I think we have a short version of it today from Bill Galston in the Wall Street Journal. Galston is a smart, moderate liberal. (The fact that he’s said nice things about me—see below— does not affect my judgment at all! No! It doesn’t!)

Galston’s column today, “The All-Spock-No-Kirk President” (here’s a Google portal for non-WSJ subscribers), is the rough equivalent of the old Fallows piece. Galston, who was a student of political philosophy with Allan Bloom among others, is clearly appalled by Obama’s naïvete, if you read carefully between the lines here (heh—an inside joke), especially the thought that Obama is a “Hobbesian optimist,” as revealed in the now notorious Jeffrey Goldberg interview from last week:

The question is whether Hobbesian optimism is a remarkable synthesis of apparent opposites or an elegant oxymoron. If you genuinely believe, as did theologian Reinhold Niebuhr, whom President Obama admires, that original sin is “the only empirically verifiable doctrine of the Christian faith,” then you cannot believe that human nature progresses toward justice. At most you can hope that our species gradually becomes wiser about institutional arrangements that constrain the evils of which we are capable.

History has been cruel to many such hopes. In 1910, the British journalist and politician Norman Angell published “The Great Illusion,” a book arguing that the integration of European economies had grown to an extent that rendered war among them futile and self-defeating. In 1920, the League of Nations was designed to preserve the peace in the aftermath of the “war to end all wars.” . . .

Consistent with his progressivist understanding of history, the president offers a strong defense of what we have come to call soft power: “Diplomacy and technocrats and bureaucrats . . . are helping to keep America safe.” He is right, but he carries the point much too far. “Real power,” he asserts, means that “you can get what you want without having to exert violence.” Not so; military power is just as real as diplomatic and economic power, and sometimes it is the only thing than can work. Unlike Vladimir Putin, Mr. Obama has consistently ignored the ways in which the military balance on the ground shapes what is diplomatically possible.
Galston’s final judgment is:

In an era characterized by deep distrust of government, Mr. Obama’s failure to take public explanation seriously stands out in high relief.

Welcome back to the “passionless presidency.” Except that Mr. Obama’s real passion was to move the country left, at which he has had some success.

LE SYNDROME DE NORMAN ANGELL

Le général Vincent Desportes dénonce ici l’utopie de l’Europe qui la conduit à dés­armer alors que la guerre est loin d’être morte.
Eté 2015

Nous sommes au début du XXe siècle, au cœur de cette période que nombre d’éco­nomistes qualifient de « première mon­dialisation», une période d’expansion du commerce et d’intensification des échanges de capitaux. Jamais les liens économiques entre la France et l’Alle­magne n’ont été aussi importants. La guerre est donc devenue impossible où, si par malheur, elle éclatait, elle ne pour­rait qu’être brève. C’est juste du bon sens nous sommes tellement civilisés et nous avons tellement besoin les uns des autres ! La thèse est en vogue ; elle conduit, du moins jusqu’en 1910, à un affaiblissement de la défense française.

La France est elle-aussi aujourd’hui frappée du syndrome de Norman Angell, cet homme politique britannique qui, dans sa Grande illusion, développe la thèse fallacieuse de la paix par l’impé­ratif économique ? En 1945, 80 millions de morts plus tard, après le double suicide collectif d’une partie de l’humanité, le bon sens revient, tel que Freud l’avait exprimé quelques décennies auparavant « On ne peut pas guérir l’homme de la guerre.»

Nous devons remercier l’Europe. Sincèrement. Parce que l’idée même de l’Europe a donné aux peuples européens soixante-dix ans de paix, ce qui n’était ja­mais arrivé dans l’Histoire.

Mais nous devons désormais nous réveiller de ce rêve parce qu’il porte désormais en lui le germe même de sa mort. Le rêve européen, c’est de croire qu’il est universel, c’est de croire qu’il est l’idéal qui dépasse les autres et étouffe toutes les vieilles raisons de la guerre – toujours les mêmes depuis que Thucydite les recensaient : la peur, l’honneur et l’intérêt, c’est de croire que les ressources du monde sont pour tous infinies comme elles semblent l’être pour nous. Le rêve européen, c’est de croire qu’il fait tache d’huile. Et bien non : il s’arrête à nos limes au-delà desquelles force est désormais de reconnaître que notre civilisation n’a pas eu les effets escomptés, au-delà desquelles la barbarie existe dans ses formes les plus obscènes !

Le rêve européen est par lui-même une Grande Illusion. La paix européenne n’a pas tué la guerre, loin de là, mais elle a donné aux Européens – et particulièrement aux Français si bien protégés du monde extérieur au bout de la péninsule Europe – l’idée qu’elle l’était. Et donc que les dépenses liées à la guerre, les dépenses de défense étaient au mieux inutiles, au pire illégitimes.

À quoi peut bien servir de conserver une défense solide puisque, d’évidence, la guerre ne menace plus et que nous sommes protégés ?

L’Europe semble être passée au-delà de son « point culminant » – pour reprendre le concept de Clausewitz -, cette ligne immatérielle au-delà de laquelle son idéal l’affaiblit et porte en lui-même le germe de sa mort.

Un récent rapport parlementaire britannique condamnait le «somnambulisme » de l’Europe face aux risques portés par la crise ukrainienne : le mot, hélas, est juste ..

Obama: L’Arabie Saoudite impatiente d’entrainer les États Unis dans des guerres sectaires

Intellivoire

10 mars 2016

Le président Barack Obama estime que l’Arabie saoudite,  a besoin d’apprendre à «partager» la région avec son ennemi juré, l’Iran, et que les deux pays sont  coupables d’avoir alimenté des guerres par procuration en Syrie, en Irak et au Yémen.

« La concurrence entre les Saoudiens et les Iraniens, a contribué à alimenter les guerres par procuration et le chaos en Syrie et en Irak et au Yémen, nous oblige à dire à nos amis, ainsi qu’aux Iraniens, qu’ils ont besoin de trouver une voie efficace pour partager la région et instituer une sorte de paix froide « , a déclaré Obama

Dans une série d’entretiens avec le magazine Atlantic qui a été publiée jeudi, Obama a déclaré qu’un certain nombre d’alliés américains dans le golfe Persique – ainsi qu’en Europe -sont des  «profiteurs  »  qui sont impatients d’entrainer les  Etats-Unis dans des conflits sectaires qui ne sont pas nécessairement liés aux  intérêts américains.

Il a affiché peu de sympathie pour les Saoudiens, qui se sont dit menacés par l’accord nucléaire conclu avec Iran. Au cours de l’interview avec Jeffrey Goldberg, correspondant national du magazine, Obama a déclaré que les Saoudiens « ont besoin de trouver un mécanisme efficace pour partager la région et instituer une sorte de paix froide ». S’exprimant sur l’idée de les soutenir contre l’Iran, le président a déclaré “cela signifierait que nous devons intervenir et utiliser notre pouvoir militaire pour régler des comptes.  Et cela ne serait pas dans l’intérêt des États-Unis, ni du Moyen-Orient. »

« Vous avez des pays qui ne parviennent pas à fournir la prospérité et des opportunités à leurs peuples. Vous avez une violence, l’idéologie extrémiste, ou des idéologies, qui sont diffusées à volonté sur les médias sociaux », at-il dit. « Vous avez des pays qui ont très peu de traditions civiques, de sorte que lorsque les régimes autocratiques commencent à s’effriter, le seul principe d’organisation qui reste est le sectarisme  »

La frustration d’Obama avec une grande partie du monde arabe n’est pas nouvelle, mais rarement elle a été si brutale. Il a inscrit ses observations dans le cadre de sa stratégie pour extraire les États-Unis du bourbier sanglant du Moyen-Orient afin que la nation puisse se concentrer sur les parties les plus prometteuses, à croissance plus rapide du monde, comme l’Asie et l’Amérique latine.

Obama a également déclaré que son soutien à l’intervention militaire de l’Otan en Libye avait été une « erreur », en partie à cause de son jugement erroné sur le fait que la Grande-Bretagne et la France allaient fournir plus de soutien à l’opération. Il a défendu son refus de ne pas appliquer sa propre ligne rouge contre le président syrien, Bachar el-Assad.

« Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser », a déclaré Obama. « Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. »

Ce consensus, selon le Président Obama peut conduire à de mauvaises décisions. « Au milieu d’un défi international comme la Syrie, » at-il dit, « vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. »

Obama a aussi commenté sa décision d’annuler les frappes militaires annoncées contre la Syrie. « Je suis très fier de ce moment, » tout en mentionnant « Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était aller assez loin. » «La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu » . « Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement », at-il ajouté. «Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre « , at-il poursuivi. Selon Obama , Ce fut le moment qu’ il croit  avoir finalement rompu avec le « manuel de stratégie de Washington. »

« Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde », at-il dit. Obama s’est décrit comme un internationaliste et un idéaliste. Par-dessus tout, Obama est apparu fatigué des demandes constantes et les attentes placées sur les États-Unis. . . « Les profiteurs m’exaspèrent » a-t-il dit .

Il a mis la France et la Grande-Bretagne dans cette catégorie, tout au moins dans le cadre  l’opération en Libye. Le Premier ministre David Cameron, de la Grande-Bretagne, at-il dit, était distrait par d’autres questions, alors que le président Nicolas Sarkozy de France « voulait se vanter de sa campagne aérienne, en dépit du fait que nous avions neutralisé les défenses aériennes. »

Voir également:

Victor Davis Hanson
April 14, 2015
His foreign-policy errors result not from incompetence but from a conscious agenda. Lots of questions arise about the muddled foreign policy of the Obama administration. Critics suggest that America’s friends have now become enemies, and enemies friends. Others cite incompetence and naïveté rather than deliberate agendas as the cause of American decline, and of growing global chaos from Libya to Ukraine. But, in fact, there is a predictable pattern to Obama’s foreign policy. The president has an adolescent, romantic view of professed revolutionary societies and anti-Western poseurs — and of his own ability uniquely to reach out and win them over. In the most superficial sense, Obama demonstrates his empathy for supposedly revolutionary figures of the non-Western world through gratuitous, often silly remarks about Christianity and Western colonial excesses, past and present. He apologizes with talk of our “own dark periods” and warns of past U.S. “dictating”; he contextualizes; he ankle-bites the very culture he grew up and thrived in, as if he can unapologetically and without guilt enjoy the West’s largesse only by deriding its history and values.
In lieu of reading or speaking a foreign language, or knowing much about geography (Austrians speak Austrian, the death camps were Polish, the Indian Ocean Maldives are the politically correct name of the Falklands, cities along the U.S. Atlantic Coast are Gulf ports, etc.), Obama adopts, in the manner of a with-it English professor, hokey accentuation to suggest an in-the-know fides anytime he refers to the Taliban, Pakistan, or Teheran. Reminiscent of college naïfs with dorm-room posters of Che Guevara, Obama mythologizes about the underappreciated multicultural “Other” that did everything from fuel the Western Renaissance and Enlightenment to critique Christian excesses during the Inquisition. In truth, what he delivers is only a smoother and more refined version of Al Sharpton’s incoherent historical riff on “astrology” and “Greek homos.” Obama refuses to concede that Islam can become a catalyst for radical killers and terrorists, and he has a starry-eyed crush on those who strike anti-Western poses and have turned their societies upside down on behalf of the proverbial people. Keep that in mind, and it makes sense that, during the Egyptian turmoil, Obama was intent on ousting the pro-Western kleptocrat Hosni Mubarak and investing in the Muslim Brotherhood, despite the dark anti-democratic history of Mohamed Morsi and the Brothers and their agenda of Islamicizing the most populous country in the Arab world. For Obama, such zealotry is evidence of their legitimacy and the justice of their efforts to overturn the established hierarchies of old Egypt. Moammar Qaddafi was a monster and a thug. But in fear both of radical Islamists and of the implications for Libya of the Western military action in Iraq and Afghanistan, and eager to have Western knowhow rehabilitate his ailing oil and gas industry, he had reached out to the West and ceased his support for international terrorists. But ridding Libya of the cartoonish and geriatric Qaddafi and allowing it to be overrun by stern revolutionary Islamists was again in tune with Obama’s rose-colored view of the Middle East. One of the many reasons why Obama pulled all U.S. troops out of a stable and secure Iraq at the end of 2011 was that its democracy was, in his eyes, tainted by its American birthing and its associations with George W. Bush. Such a hazy belief that Western influence and power are undeserved and inordinate made it initially impossible for Obama to condemn ISIS as growing and dangerous rather than dismiss it as “jayvees.” Putin perhaps should study Iran’s PR effort and its aggression in Lebanon and Yemen. If he would only cut out the guns, tigers, and “macho shtick,” and instead mouth shibboleths about the oppressed minorities in Crimea and Ukraine and the need for revolutionary fairness, he might be reset yet again. His crimes were not so much naked invasions of his neighbors, as aggression in the most un-Iranian fashion of a right-wing kleptocrat and thug. Again, nothing Putin has done is all that different from what Iran did in Iraq, Lebanon, Syria, and Yemen.
No one could quite figure out why Obama bragged of his “special relationship” with Turkey’s prime minister Recep Erdogan. Erdogan, after all, is systematically destroying free expression in Turkey. He has bragged that he got off the bus of democracy when he no longer found any utility in it — and he has openly romanticized the Ottoman imperialists. A once-staunch NATO ally, Turkey has turned into a virulently anti-Israeli and anti-American society that has spiked tensions in the eastern Mediterranean with Cyprus, Greece, and Israel. But, again, the redeeming virtue was that Erdogan was taking Turkey in a new and revolutionary direction, trying to massage the Arab Revolution as its spiritual mentor, and becoming point nation in hatred of Israel. In other words, Turkey was churning and evolving, and, for Obama, that apparently was a good thing. Without asking anything in return from Cuba — such as releasing political prisoners or allowing free expression — Obama by executive order is normalizing relations with the Castro brothers, who are allied with fascist Iran, North Korea, and Venezuela. He keeps saying that 50 years of containment have “failed,” as if successfully curbing Cuba’s revolutionary aspirations abroad was a bad thing, and siding with dissidents in its gulags was counterproductive. For Obama, the Castros are authentic anti-colonialists. They perhaps may have broken a few too many eggs to make their egalitarian omelets, but their regime is certainly preferable to what is envisioned by loud Cuban exiles in America or troublemakers like imprisoned Cuban refuseniks. When the aging Nicaraguan Communist Daniel Ortega — of $3,000 Manhattan sunglasses fame — dressed Obama down in a 50-minute rant about Yanqui imperialism and neo-colonialism, Obama offered a lame, “I’m grateful that President Ortega did not blame me for things that happened when I was three months old.” Note the message: The problem was not Ortega’s conspiracist diatribe, or his scapegoating the United States for his own self-inflicted pathologies. Ortega’s error was instead having the audacity to suggest that Obama, an American, was guilty by association. Obama thus corrected him only in the sense that the current American president was too young to have abetted American sin, not that America was not sinful. A more savvy Raul Castro, who unleashed another rambling rant reminiscent of Ortega’s, at least made it a point to exempt Obama from association with all his usual anti-American targets. Keep in mind this juvenile view of the revolutionary non-West, and there is a clarity of sorts in American foreign policy. Honduran leftist president Manuel Zelaya, when he tried to overturn the constitution and earned the wrath of the Honduran Supreme Court, the military, and the National Congress, nonetheless won the support of the Obama administration.

For Obama, in the struggle between the Palestinian Authority and Israel, Israel is a Westernized colonial construct and a proponent of Western neo-liberal capitalism. The PA and Hamas, in contrast, are seen both as the downtrodden in need of community-organizing help and as authentic peoples whose miseries are not self-induced and the wages of tribalism, statism, autocracy, fundamentalism, misogyny, and anti-Semitism, but rather the results of Israeli occupation, colonialism, and imperialism. Obama may not articulate this publicly, but these are the assumptions that explain his periodic blasts against Netanyahu and his silence about the autocratic Palestinian Authority and the murderous Hamas. In such a landscape, the current Iranian talks make perfect sense. Obama was in no mood in the spring of 2009 to vocally support a million, pro-Western Iranian dissidents who took to the streets in anger over the theocracy’s rigged elections, calling for transparency and human rights. He snubbed them as if they were neoconservative democracy zealots. In his eyes, their false consciousness did not allow them to fully appreciate their own suffering at the hands of past American imperialists. In Obama’s worldview, the Iranian mullahs came to power through revolution and were thus far more authentic anti-Western radicals, with whom only someone like Obama — prepped by the Harvard Law Review, Chicago organizing, the Rev. Jeremiah Wright’s pulpit, and the most liberal voting record during a brief stint in the U.S. Senate — could empathize and negotiate. Why would Iranian idealists and democrats be foolish enough to spoil Obama’s unique diplomatic gymnastics? Traditional analyses deconstruct the Obama administration’s negotiations over Iran’s nuclear program and are aghast at the naïveté — no stop to ongoing uranium enrichment, no open or surprise inspections, no conditions to be met before sanctions are scaled back, no prohibitions against the marriage of nuclear-weapon technology and intercontinental-missile development. But that is to misunderstand the Obama worldview. He is less worried about a nuclear Iran and what it will do to a mostly pro-Western Gulf or Israel, or to other traditional U.S. interests, than about the difficulties he faces in bringing Iran back into the family of nations as an authentic revolutionary force that will school the West on regional justice. (“There’s incredible talent and resources and sophistication inside of Iran, and it would be a very successful regional power that was also abiding by international norms and international rules, and that would be good for everybody.”) Iran will assume its natural revolutionary role as regional power broker in the Middle East; and, almost alone, it is not beholden to any Western power. In some sense, Obama views the rest of the world in the same way as he views America: a rigged order in which the oppressed who speak truth to power are systematically mischaracterized and alienated — and in need of an empathetic voice on the side of overdue revolutionary accounting. The chief danger in Obama’s romantic view of revolutionary societies is that nothing in their histories suggests that these regimes will ever cease aggression or adopt internal reforms. Cuba will still stir up revolution in Latin America and ally itself with anti-American regimes. Iran will still subsidize Hezbollah and Hamas — and, soon, in the fashion of a nuclear power. Turkey will still try to carve out Mediterranean and Middle Eastern influence at someone else’s expense and destroy secular traditions. And one-election, one-time Islamic movements will still attempt to set up theocracies the moment they snatch power. And at no point does Obama ever empathize with thousands of dissidents rotting in Cuban and Palestinian jails, or homosexuals and feminists persecuted in Iran or journalists in Turkey. The only distinction between these illiberal movements and the unromantic Putin’s Russia is their more wily professions of revolutionary fervor, which apparently have fooled or captivated the Obama administration. — NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution and the author, most recently, of The Savior Generals.

AFP
24 Mar 2016

 

Le président des Etats-Unis Barack Obama à Buenos Aires, le 23 mars 2016

 

Pour la première fois, un président des Etats-Unis rend hommage aux victimes de la dictature militaire, qui a fait régner la terreur de 1976 à 1983: Barack Obama se recueille jeudi au Parc de la mémoire de Buenos Aires.

La visite d’Obama coïncide avec les 40 ans du coup d’Etat du 24 mars 1976, difficile à avaler pour les militants anti-dictature. La controverse a été apaisée par une promesse de la Maison-Blanche d’ouvrir des archives de la CIA et de l’armée américaine sur cette période sombre de l’histoire du pays sud-américain.

Pensant que les militaires étaient le meilleur rempart contre l’avancée de mouvements de gauche, Washington a soutenu de nombreuses dictatures en Amérique latine, et en Argentine, avant que le démocrate Jimmy Carter imprime un virage démocratique.

Mercredi, Barack Obama n’a pas explicitement fait de mea culpa, demandé pardon ou admis le lien de son pays avec la dictature.

Il a cependant souligné que l’époque des changements forcés était révolue, que les Etats-Unis, n’étaient « pas à court d’autocritique » et dit préférer « la démocratie à la dictature ».

Au Parc de la mémoire, la liste des noms des personnes tuées ou portées disparues est interminable pour l’année 1976, année d’une répression.

Au total, près de 9.000 noms sont gravés sur les murs du Parc de la Mémoire, qui borde l’estuaire du Rio de la Plata, où des opposants ont été jetés, parfois vivants, depuis des avions militaires.

– Epilogue dans les Andes –

Lors de la précédente visite d’un chef d’Etat américain à Buenos Aires, Bill Clinton en 1997, la question de la dictature n’était pas au programme de la visite. Les militaires bénéficiaient à l’époque d’une loi d’amnistie.

Depuis, les ex-présidents Nestor et Cristina Kirchner ont imposé en Argentine un devoir de mémoire. Ils ont été jugés depuis, et des centaines purgent actuellement des peines de prison.

Le président des Etats-Unis Barack Obama (à gauche) et le président argentin Mauricio Macri lors d’une conférence de presse commune, à Buenos Aires le 23 mars 2016

Avant Obama, le président français François Hollande s’était rendu au Parc de la Mémoire, fin février.

La dictature argentine, la plus sanglante d’Amérique du sud, a duré sept ans. Les deux premières années ont été marquées par la répression féroce de militants de l’ERP ou des Montoneros, deux mouvements de guérilla qui avaient opté pour la lutte armée contre le pouvoir.

La visite officielle se terminera au Parc de la Mémoire. Obama s’envolera à la mi-journée pour Bariloche, dans la Cordillère des Andes, où il a prévu une randonnée en montagne.

Jeudi soir il repartira pour Washington, concluant une visite de quatre jours en Amérique latine, placée sous le signe de la réconciliation.

A Cuba, il a plaidé pour la levée de l’embargo, appelant le Congrès américain dominé par les républicains à rallier sa position, et pour plus de liberté à Cuba, l’île communiste dirigée par les frères Castro depuis 1959.

En Argentine, après douze années d’une présidence qu’il a jugée « anti-américaine », Barack Obama a apporté son soutien au président de centre-droit Mauricio Macri, au pouvoir depuis trois mois, qui a déjà remis l’Argentine sur les rails de l’économie internationale.

Pour le président américain, ces mesures vont permettre à la 3e économie d’Amérique latine de retrouver la croissance, après deux ans de stagnation.

Barack Obama danse un tango lors d’un dîner au centre culturel Kirchner à Buenos Aires, le 23 mars 2016

Mercredi à Buenos Aires, il a bu un maté, l’infusion traditionnelle prisée des Argentins, assisté à un spectacle de tango, mais regretté de ne pas pouvoir rencontrer la vedette du football argentin Lionel Messi.

Lors d’un échange avec de jeunes Argentins, le président américain a conseillé de s’émanciper des doctrines politiques: « Dans le passé, il y avait une division entre droite et gauche, entre capitalisme et communisme ». « Soyez plus pragmatiques, choisissez ce qui fonctionne ».

 

Nos amis autocrates

Courrier international
11/11/2015

Il y a des rencontres parfois inopportunes, souvent gênantes. Celles qui laissent des taches indélébiles dans les mémoires d’un chef d’Etat. Ces dîners avec le diable pour lesquels, en dépit de toutes les longues cuillères utilisées, les démocraties perdent chaque fois un peu de leur éclat. On se souvient de la réception par François Mitterrand du dictateur polonais Wojciech Jaruzelski, en 1985, une visite qui avait“troublé” le Premier ministre de l’époque, Laurent Fabius, ou celle de Fidel Castro, en 1995. Dans les carnets de bal présidentiels, figurent aussi (entre autres) la longue amitié entre la France de Jacques Chirac et Saddam Hussein, l’ancien maître de l’Irak, l’invitation du très contesté président zimbabwéen Robert Mugabe, la tente de Kadhafi plantée dans les jardins de l’hôtel de Marigny, en 2007, ou la venue de Bachar El-Assad au défilé du 14-Juillet, en 2008…

Sans parler de la longue liste des voyages présidentiels dans ces pays où les droits des citoyens sont bafoués mais les contrats commerciaux convoités, comme ceux menés tambour battant par Manuel Valls en Egypte et en Arabie Saoudite début octobre. La chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’Union soviétique, le décollage économique de la Chine ou les “printemps arabes” avaient pu donner l’illusion que la démocratie était au coin de la rue. Erreur. Les carrefours de l’Histoire sont jonchés d’embûches.

La montée des peurs et les nouveaux désordres mondiaux incitent aujourd’hui nos régimes à de nouvelles alliances, à de nouveaux compromis. Quitte à être moins regardants sur la qualité de nos amis. Pis, au nom d’une prétendue stabilité, il faudrait non seulement dîner mais aussi passer de petits arrangements avec les autocrates. Mais ce retour à la mode de la realpolitik ne doit pas faire illusion : si celle-ci a pour objet de nous rassurer, elle a aussi ses limites, précisément celles qu’exposait Benjamin Franklin il y a deux siècles et demi : “Ceux qui abandonnent la liberté pour acheter une sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité.*”

* Cette phrase datée de 1755 est inscrite sur une plaque du socle de la statue de la Liberté.  

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L’Occident tenté par les despotes

Face à une instabilité grandissante, les Occidentaux semblent prêts à soutenir n’importe quel autocrate au nom de la sécurité. Une stratégie à courte vue, estime l’ancienne responsable de la diplomatie espagnole.

 Ana Palacio
Courrier international
12/11/2015
Autrefois interrogé sur le soutien de l’Amérique au dictateur nicaraguayen Anastasio Somoza, le président Franklin D. Roosevelt aurait dit-on répondu :“Somoza est peut-être un salopard, mais c’est notre salopard.” Qu’il soit authentique ou non, ce trait d’esprit résume l’approche adoptée depuis bien longtemps par l’Occident dans une grande partie du monde – et qui a sous-tendu la politique étrangère américaine tout au long de la guerre froide.

Mais plus récemment, une approche encore plus troublante semble avoir émergé, consistant pour les dirigeants occidentaux à se contenter non pas de leur “propre salopard”, mais tout simplement de n’importe quel salopard en mesure d’imposer une stabilité, quel qu’en soit le prix.

On se serait attendu à ce que l’expérience oriente les dirigeants occidentaux vers une direction opposée. Après tout, les années passant, le clientélisme de la guerre froide s’est révélé loin d’être idéal. En effet, dans bien des situations – chah d’Iran, Lon Nol au Cambodge, Augusto Pinochet au Chili, ou encore Mobutu Sese Seko en république démocratique du Congo, pour ne citer que quelques exemples –, ce choix n’a engendré à long terme qu’insécurité et désordre.

Désespoir

Seulement voilà, nous vivons une époque de désespoir. Incapables de contenir les violences, les souffrances et le chaos qui engloutissent le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique du Nord – et dont les conséquences se font de plus en plus ressentir en Europe –, les dirigeants occidentaux retombent aujourd’hui dans le piège de la guerre froide. Ils ne souhaitent plus qu’une seule chose : pouvoir compter sur la présence d’un acteur – et désormais quasiment n’importe qui – capable de faire respecter l’ordre.

C’est sans doute dans le cas de la Syrie que ce désespoir apparaît le plus clairement. Après avoir insisté pendant des années sur le problème que représentait le président syrien Bachar El-Assad, de plus en plus de responsables et stratèges occidentaux estiment finalement qu’il pourrait bien faire partie de la solution – ou du moins participer à une transition.

Le mois dernier, la chancelière allemande Angela Merkel a souligné la nécessité d’intégrer Assad aux discussions sur l’avenir de la Syrie. De même, le secrétaire d’Etat John Kerry et le Premier ministre britannique David Cameron attribuent tous deux un rôle à Assad dans le cadre d’une éventuelle transition. Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy est allé jusqu’à déclarer que le monde devrait“compter sur” Assad dans la lutte contre l’Etat islamique.

Anarchie

Qu’il découle du réalisme ou de la résignation, ce changement d’approche illustre un profond désir de stabilité – désir accentué, notamment en Europe, par l’existence d’un nouveau vide de gouvernance en Libye. Ce même désir a d’ores et déjà conduit l’Occident à soutenir le régime d’Abdel Fattah Al-Sissi en Egypte, sans exercer de véritable pression en direction de réformes de la part du régime.  

Face à un contexte d’anarchie, cet empressement visant l’instauration d’une stabilité par tous les moyens nécessaires est compréhensible. Il s’agit néanmoins d’une pente glissante. Et cette tentation se fonde en réalité sur une fausse dichotomie entre autocratie et instabilité.Bien entendu, les personnalités autoritaires telles que le président russe Vladimir Poutine ont profondément intérêt à promouvoir cette dichotomie. Comme l’a récemment expliqué l’analyste politique bulgare Ivan Krastev, le président Poutine – depuis longtemps allié d’Assad – fait activement valoir l’idée selon laquelle les efforts occidentaux de promotion d’une bonne gouvernance n’auraient conduit qu’à l’instabilité.

Mais la tyrannie n’est jamais véritablement stable, et certainement pas à long terme. Le désir de respect et de dignité humaine – pierre angulaire d’une bonne gouvernance – ne peut être étouffé, et encore moins à l’heure où les populations bénéficient d’un accès sans précédent à l’information via Internet et les technologies mobiles.

Ainsi la bonne gouvernance constitue-t-elle la clé d’une stabilité à long terme.

Cultiver une société civile dynamique

Néanmoins, tout comme la stabilité, la bonne gouvernance ne peut être imposée depuis l’extérieur ; il lui faut se développer de manière organique, et reposer sur les racines solides d’une société.

Cela ne signifie pas que les gouvernements occidentaux ne peuvent agir en la matière. Au contraire, en contribuant à cultiver une société civile dynamique au niveau local et national, les forces externes peuvent jouer un rôle important dans la construction de solides fondations sous-tendant une bonne gouvernance dans les pays en crise.

Le Quartet du dialogue national en Tunisie – groupement d’organisations de la société civile, récompensé cette année par un prix Nobel de la paix – démontre toute l’efficacité que peut produire une société civile énergique dans le soutien à la stabilité. Si elle entend faire réellement la différence dans la stabilisation des régions les plus troublées du monde actuel, la communauté aurait tout intérêt à prendre pour modèle la Tunisie (et à demeurer engagée dans le maintien du cap entrepris par le pays en direction d’une démocratie stable) plutôt que tomber dans le piège des mises en garde formulées par Poutine autour de la Syrie et de la Libye.  

Ana Palacio

Ana Palacio a été ministre des Affaires étrangères de l’Espagne de 2002 à 2004 et première vice-présidente de la Banque mondiale. La tribune ci-dessus a été publiée par la plateforme Project Syndicate, traduite de l’anglais par Martin Morel.

Photos – Obama à Cuba : une visite histo­rique et des vacances fami­liales

Gala
23 mars 2016

Le président améri­cain Barack Obama s’est rendu à Cuba, accom­pa­gné de sa femme, Michelle et de ses deux filles, Sasha et Malia, 14 et 17 ans, pour offi­cia­li­ser la norma­li­sa­tion des rela­tions entre les deux pays. Au cours de ce dépla­ce­ment symbo­lique et histo­rique, la famille Obama est appa­rue plus complice que jamais.

Dès la descente de l’avion prési­den­tiel, ce dimanche 20 mars, les quatre membres de la famille Obama étaient déten­dus et souriant. Leur visite de trois jours à Cuba, censée offi­cia­li­ser le réchauf­fe­ment des rela­tions entre l’île et les Etats-Unis, montre une nouvelle fois leur capa­cité à rester spon­ta­nés au milieu des rigueurs proto­co­laires. Les robes fleu­ries de Michelle, l’en­thou­siasme de Barack au match de base­ball, les talents de traduc­trice de Malia, l’aî­née de leurs filles… Chacun de leurs gestes étaient scru­tés, mais ils ont sans conteste réussi l’exer­cice de séduc­tion, toujours avec leur décon­trac­tion légen­daire.

Barack Obama est ainsi devenu le premier président améri­cain en exer­cice à se rendre à Cuba depuis près de 90 ans. C’était l’oc­ca­sion pour lui, à 10 mois de la fin de son mandat, de confir­mer le dégel avec La Havane, engagé fin 2014, mais aussi pour le président cubain, Raul Castro, de plai­der une nouvelle fois pour la suppres­sion de l’em­bargo écono­mique qui péna­lise son île depuis 1962. A côté de ce contexte diplo­ma­tique solen­nel, la famille Obama s’est égale­ment adon­née avec une joie non dissi­mu­lée à la décou­verte de l’île ; de la vieille ville de La Havane, avec ses monu­ments histo­riques et ses jardins, à l’équipe de base­ball natio­nale cubaine.

Malia Obama, 17 ans, s’est même amusée à servir de traduc­trice à son père, qui n’était visi­ble­ment pas aussi à l’aise qu’elle en espa­gnol. Le photo­graphe offi­ciel de la Maison-Blanche, Pete Souza, a immor­ta­lisé l’un de ces moments de compli­cité dans un restau­rant de la Havane, avant de le poster sur son compte Insta­gram. « Le président et sa fille Malia partagent un fou rire, alors que Malia traduit l’es­pa­gnol pour son père dans un restau­rant de la vieille ville » a-t-il indiqué en légende.

En voyant les photos de la famille Obama à Cuba, on croi­rait presque assis­ter aux vacances d’une famille comme les autres, si ce n’est les jour­na­listes et les offi­ciels cubains que l’on aperçoit parfois à leurs côtés. Malia et Sasha profi­taient de quelques jours de Spring break (vacances de prin­temps), avant de retour­ner en cours. C’était d’ailleurs peut être les dernières vacances en famille pour Malia, qui devrait quit­ter les siens pour entrer à l’uni­ver­sité, à l’au­tomne prochain.

The biggest problem with U.S. foreign policy? Obama’s own preening self-regard
Pascal-Emmanuel Gobry
The Week
March 14, 2016

The Barack Obama show is in town again. The president likes nothing so much as to demonstrate how profound and thoughtful he is, and he recently decided to do it by granting an interview to one of his favorite journalists, The Atlantic‘s Jeffrey Goldberg, to whom he explained his thinking and legacy on foreign policy. The long interview is full of great nuggets and quotes and has been the talk of DC. One cannot help but read it and feel that the biggest problem with U.S. foreign policy in the Obama era has been what can only be called Obama’s preening self-regard.

Let’s get some things out of the way first. I’ve always tried to shy away from the character attacks that so many of my fellow conservatives engage in when it comes to Obama. Although I disagree with him on many, many issues of policy, he has always seemed like a smart, likeable, well-intentioned guy, which is already saying a lot for a politician. And it’s certainly the case that some conservatives haven’t had a very good critique of the Obama era, seeing everything through the lens of a worldview that sees force and confrontation as the answer to every problem.

But it really is the case that the character of presidents shape their policy. And when you read the interview a second time, you realize that the driving force isn’t Obama’s worldview on foreign policy. It’s Obama himself. And in particular, there’s one consistent theme, whatever issue or trouble spot you’re talking about: It’s somebody else’s fault.

Why has Libya been such a disaster? Because the Europeans didn’t pull their weight.

Why are America’s Sunni allies so discontented with the Obama administration? Because they’re free riders who want to use American military might to solve their sectarian gripes. (Another way to phrase it might be: « Expect their main ally to help them in their struggle with their adversaries. » Have they no shame?)

Why are Sunni and Shia at each other’s throats all over the Middle East? Did the United States embolden Iran by negotiating the nuclear deal or by failing to sign a new status of forces agreement with Iraq? Surely you jest! No, the Middle East is on fire because of « tribalism. » The president can’t do anything about that, can he?

Why didn’t the reset with Russia work? Well, Putin is too dumb to realize that it’s in his own self-interest to play nice with America. (Although Obama generously grants that « he’s not completely stupid. »)

Why was the West wrong-footed in Ukraine? Well, Ukraine is always going to be vulnerable to Russia anyway.

Any regrets over calling ISIS a « JV team »? Well, intelligence analysts said ISIS was « marginal. »

Why isn’t there peace between Israelis and Palestinians? Because Netanyahu is too scared to reach out to the Palestinians. Forget the fact that Fatah has rejected every serious peace overture by the Israelis, and that Hamas, which controls the Gaza Strip, is quite intent on genocide against Jews.

None of these viewpoints are indefensible on their own merits, and all of them have at least a grain of truth in them (except for the last one). But together, they paint quite the picture — of someone disconnected from reality and sure of his own perfection.

To be sure, all presidents have very large egos — it’s a requirement of aspiring to the job. And politicians will never admit to a mistake unless they have a metaphorical gun to their head. But there’s always been something grating and, at the end of the day, unseemly, about Obama’s performance of himself as The Most Thoughtful Man in Washington.

Obama came to national prominence vowing to heal our partisan divide. He did it through a rhetorical style that can be summed up as « I have understood you. » He was so good at making speeches where he could restate opponents’ views that they thought he really could see things from their own perspective; only later did people catch on that the whole sentence is « I have understood you, but I’m not going to budge. » (Which isn’t to say that Obama is wholly to blame for the partisan rancor of his years.) In a similar way, Obama’s performance of his own thoughtfulness and rumination becomes unbearable once you realize that he will turn around thoughts in his head, but never end up changing them. There’s an almost dizzying feeling when you realize something you thought was profound turns out to be incredibly shallow.

The cake is taken by the part of the piece that drove the most headlines: Obama’s statement that he was « very proud » of one of the most indefensible moments in his presidency, the moment when he refused to enforce his « red line » in Syria and stood by while Assad gassed his own people. His rationale is worth quoting in full:

« I’m very proud of this moment, » he told me. « The overwhelming weight of conventional wisdom and the machinery of our national-security apparatus had gone fairly far. The perception was that my credibility was at stake, that America’s credibility was at stake. And so for me to press the pause button at that moment, I knew, would cost me politically. And the fact that I was able to pull back from the immediate pressures and think through in my own mind what was in America’s interest, not only with respect to Syria but also with respect to our democracy, was as tough a decision as I’ve made — and I believe ultimately it was the right decision to make. »

This was the moment the president believes he finally broke with what he calls, derisively, the »Washington playbook. » [The Atlantic]

Nevermind the merits of the action. Why is Obama proud of his decision? Because it had the best outcome? No, because of the way he thought through the decision. Obama thinks his decision was good because of the way he reached it. The most salient aspect of the decision is not how it affected millions of Syrians, or the international norm against the use of weapons of mass destruction in warfare (and the credibility of the United States as the lone superpower and guarantor of international norms writ large), with incalculable potential ripple effects, it is how the whole thing played out in the theater that is the mind of Barack Obama.

Ultimately, Obama’s legacy will be written by history, and we will not be able to appreciate it until many years hence, if then. But we can at least be certain of one thing: For as long as he lives, Barack Obama will feel good about it. And that doesn’t make me feel good at all.

Voir par ailleurs:

The Syrian Civil War
Kurds to Declare “Federal Region” in Syria Syria’s dominant Kurdish party, the PYD, declared that it will announce plans for a federal, autonomous region as early as Thursday. Reuters has more:

The announcement had been expected on Wednesday but was postponed for “logistical reasons” and because of demands from local Arab and Assyrian communities for reassurances that the federal arrangement will not mean separation from Syria, according to the Britain-based Syrian Observatory for Human rights, which monitors the Syrian conflict.[..]

Syrian Kurdish groups and their allies have already carved out three autonomous zones, or cantons, known as Jazeera, Kobani and Afrin. Their capture of the town of Tel Abyad from Islamic State last year created territorial contiguity between the Jazeera and Kobani areas.

Afrin is separated from the other two cantons by roughly 100 km of territory, much of it still held by Islamic State.
So there’s more fighting ahead. And while they’re not (yet) talking about secession, there is a fair bit of autonomy envisaged:

Nassan said a federal arrangement would widen “the framework of self-administration which the Kurds and others have formed”, and the political system would represent all ethnic groups living in the area of its authority.

The system envisions “areas of democratic self-administration” that will manage their own economic, security and defense affairs, according to a document drafted by a committee in preparation for the meeting and seen by Reuters.
But how pluralistic and how democratic an autonomous Syrian Kurdistan is will have a lot to do with who shepherds it into being. On that front, some bad news: as TAI Editor Adam Garfinkle recently noted, the PYD has ties to the KGB going back to the Cold War, and of late the Russians have in many ways been the best friends of the Syrian Kurds, who already have a “mission” in Moscow. The Kremlin reportedly welcomed the recent news.

The U.S. has been relatively supportive of the Syrian Kurds as well, but that support has basically boiled down to “please would you fight ISIS for us? Thanks.” Our eroded credibility in the region, and Russia’s elevated profile, will make dealing with this news tricky. So too will our essentially ambivalent attitude toward Kurdish independence aspirations, and our official support for the fantastic goal of seeing united, peaceful, democratic Syria and Iraq restored to their ante bellum borders.

Our relationship with the Syrian Kurds is, of course, complicated by our NATO ally Turkey. Ankara is not at all pleased with the Syrian Kurdish announcement:

Turkey, whose conflict with the Kurdish PKK has escalated in recent months, said such moves were not acceptable. “Syria’s national unity and territorial integrity is fundamental for us. Outside of this, unilateral decisions cannot have validity,” a Turkish Foreign Ministry official told Reuters.

The PYD has been left out of the Geneva peace talks, in line with the wishes of Turkey, which sees it as an extension of the PKK group that is waging an insurgency in southeastern Turkey.
This Turkish hostility could take many forms; few of them are likely to be conducive to regional harmony. Even worse: in the course of a recent speech speech in which he compared the Kurds to the Armenians in 1915, Turkish PM Ahmet Davutoglu pointedly conflated the Syrian Kurdish cooperation with Moscow with internal disloyalty by Turkish Kurds. The spectre of worsened internal ethnic violence in Turkey haunts this announcement.

Then there’s the Syrian regime’s reaction (so far negative, but deals may be possible). Iraq and Iran also have Kurdish minorities and will have an interest in the precedent set by the newest attempt at a Kurdish semi-state. And the Kurdish move will complicate the calculations of the Sunni Gulf Arabs, ISIS, and the other Syrian rebels in ways that can’t yet fully be foreseen.

So anyone who thought that the Russians pulling out of Syria, combined with the Geneva peace talks getting under way, meant that we could finally forget about the bloody mess that is the Syrian Civil War probably doesn’t appreciate just what a complicated mess the conflict has left in its wake. This thing is far from over, and lasting peace is anything but assured.

Voir de même:

Et les Kurdes créèrent les Hauts-de-Syrie
La Turquie voit son cauchemar prendre forme
Gil Mihaely
est historien et directeur de la publication de Causeur
Causeur

Moscou a donné le coup d’envoi du démantèlement de la Syrie, dont les premiers bénéficiaires seront les Kurdes. Et les Turcs risquent de payer la facture plein pot.

Il y a quelques jours, une source que la presse a qualifiée de « diplomate du Conseil de sécurité des Nations-Unies » a fait cette déclaration : « Tout en insistant sur la préservation de l’intégrité territoriale de la Syrie, en la maintenant ainsi comme un seul pays, il y a naturellement toutes sortes de modèles différents de structure fédérale qui pourraient, dans certains cas, reposer sur un centre très, très faible et beaucoup d’autonomie pour différentes régions ».

Puisque cette source anonyme est très probablement membre de la délégation russe auprès de l’ONU, cette phrase dessine les possibles contours de la solution politique de la guerre civile syrienne. Et, comme pour le prouver,  quelques jours après la publication de cette indiscrétion, Poutine a annoncé le début du retrait de ses troupes déployées en Syrie : un message clair adressé à Assad lui signifiant que son rêve d’un retour à la Syrie d’avant ne faisait pas partie des objectifs russes. Et voilà qu’aujourd’hui nous apprenons – quelle coïncidence ! – l’existence d’un projet de fédéralisation des trois zones contrôlées par les Kurdes au nord-est de la Syrie. Cette région que les Arabes nomment Jezireh et les Kurdes Rojava sera dirigée par un gouvernement ayant charge la gestion de l’économie et la sécurité, mais aussi une fonction plus régalienne : la défense.

Un responsable kurde a également indiqué qu’une conférence se tenait actuellement à Rmeilanv (dans la région de Hassaké, nord-est de la Syrie, à 700 kilomètres de Damas), pour approuver ce système d’autonomie officiellement baptisé « Fédération démocratique du Rojava ». Cerise sur le baklawa, l’initiative – qui n’est pas pour déplaire à Moscou – s’est immédiatement attiré les foudres d’Ankara. Pour la Turquie, le PYD (Parti de l’union démocratique), parti des Kurdes syriens à la manœuvre, ne diffère guerre du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qu’Ankara considère comme une organisation terroriste. Dans le même temps, une grande partie de l’Est turc, à dominante kurde, vit sous état de siège depuis la crispation des rapports entre Erdogan et le PKK.

Sur le front diplomatique syrien, si Ankara a pu empêcher la participation du PYD aux négociations de Genève, les Turcs voient se réaliser leur pire cauchemar sur le terrain : la constitution d’un Kurdistan syrien autonome. Déjà, à l’été 2014, lorsqu’elles tergiversaient pendant l’assaut de l’Etat islamique contre la ville kurde syrienne de Kobané, les autorités turques avaient préféré choisir un moindre mal : plutôt Daech qu’un Kurdistan quasi-indépendant de Damas qui donneraient des idées aux Kurdes de Turquie !

Aujourd’hui, presque la moitié de la frontière syro-turque se trouve sous contrôle kurde, mais, ce qui est encore plus important, le coup d’envoi quasi officiel du démantèlement de la Syrie vient d’être donné. Reste à trouver les Sykes-Picot du XXe siècle : Lavrov et Kerry ? En tout cas, la Turquie d’Erdogan n’a aucune envie de jouer le rôle autrefois dévolu aux Kurdes : le dindon de la farce diplomatique

Voir enfin:

The Obama Doctrine

The U.S. president talks through his hardest decisions about America’s role in the world.

Jeffrey Goldberg

The Atlantic
April 2016

Friday, August 30, 2013, the day the feckless Barack Obama brought to a premature end America’s reign as the world’s sole indispensable superpower—or, alternatively, the day the sagacious Barack Obama peered into the Middle Eastern abyss and stepped back from the consuming void—began with a thundering speech given on Obama’s behalf by his secretary of state, John Kerry, in Washington, D.C. The subject of Kerry’s uncharacteristically Churchillian remarks, delivered in the Treaty Room at the State Department, was the gassing of civilians by the president of Syria, Bashar al-Assad.
Obama on …

Why he’s proud of not striking Assad in 2013
The necessity of pivoting from the Middle East to Asia and other regions
Why Ukraine will always be vulnerable to Russian domination
Resisting John Kerry’s requests to attack Syrian-regime targets
Why Saudi Arabia should share the Middle East with Iran
How ISIS is like the Joker
Why Putin is “not completely stupid”
How France and Great Britain contributed to the mess in Libya
Why ISIS isn’t an existential threat, but climate change is
Why he resents Netanyahu’s lectures

Obama, in whose Cabinet Kerry serves faithfully, but with some exasperation, is himself given to vaulting oratory, but not usually of the martial sort associated with Churchill. Obama believes that the Manichaeanism, and eloquently rendered bellicosity, commonly associated with Churchill were justified by Hitler’s rise, and were at times defensible in the struggle against the Soviet Union. But he also thinks rhetoric should be weaponized sparingly, if at all, in today’s more ambiguous and complicated international arena. The president believes that Churchillian rhetoric and, more to the point, Churchillian habits of thought, helped bring his predecessor, George W. Bush, to ruinous war in Iraq. Obama entered the White House bent on getting out of Iraq and Afghanistan; he was not seeking new dragons to slay. And he was particularly mindful of promising victory in conflicts he believed to be unwinnable. “If you were to say, for instance, that we’re going to rid Afghanistan of the Taliban and build a prosperous democracy instead, the president is aware that someone, seven years later, is going to hold you to that promise,” Ben Rhodes, Obama’s deputy national-security adviser, and his foreign-policy amanuensis, told me not long ago.

But Kerry’s rousing remarks on that August day, which had been drafted in part by Rhodes, were threaded with righteous anger and bold promises, including the barely concealed threat of imminent attack. Kerry, like Obama himself, was horrified by the sins committed by the Syrian regime in its attempt to put down a two-year-old rebellion. In the Damascus suburb of Ghouta nine days earlier, Assad’s army had murdered more than 1,400 civilians with sarin gas. The strong sentiment inside the Obama administration was that Assad had earned dire punishment. In Situation Room meetings that followed the attack on Ghouta, only the White House chief of staff, Denis McDonough, cautioned explicitly about the perils of intervention. John Kerry argued vociferously for action.

“As previous storms in history have gathered, when unspeakable crimes were within our power to stop them, we have been warned against the temptations of looking the other way,” Kerry sai