Gaza: Attention, un silence peut en cacher un autre ! (Breaking the silence over why Israel’s view of the enemy is becoming more extreme)

9 mai, 2015
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https://i2.wp.com/www.europe-israel.org/wp-content/uploads/2014/08/BH6.jpgLes frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons Jean-Dominique Merchet (blog de journaliste, 24.04.10)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d’ »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu’ »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera à tous les villages qui servent de base à des tirs contre Israël. […] Nous ferons un usage de la force disproportionné et y causerons de grands dommages et destructions. De notre point de vue, il ne s’agit pas de villages civils, mais de bases militaires. […] Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais d’un plan, et il a été approuvé.  Gadi Eisenkot (commandant israélien de la division nord)
Frapper un grand coup n’est pas nécessairement immoral. Parfois cela peut même sauver des vies à plus long terme, parce que si vous frappez un grand coup, vous réduisez les possibilités que la guerre dure longtemps ou d’un deuxième round. Avi Kober (expert israélien en affaires militaires)
Je ne crois pas qu’une armée ait jamais fait plus d’efforts dans l’histoire militaire pour réduire le nombre des civils blessés et des décès des personnes innocentes que ne le font actuellement les forces armées d’Israël à Gaza. Colonel Richard Kemp (ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan)
Je crois qu’en raison de l’énorme destruction, les habitants de Gaza ont compris que cela ne mène nulle part. Quand la construction commencera – avec des fonds de l’Europe, de l’Arabie Saoudite et d’autres endroits – et que les gens auront reconstruit leurs maisons, je ne crois pas qu’ils accepteront d’y remettre des lance-roquettes le jour suivant. Regardez ce qui s’est passé au lendemain de la deuxième guerre du Liban. Le Hezbollah a multiplié les menaces mais n’a pas envoyé la moindre roquette cette fois. Pourquoi? Parce que les habitants du Sud-Liban dont les maisons avaient été détruites ont dit: ‘Pour quoi faire ? Pourquoi recommencer tout ça?’. (…) Après les erreurs de la deuxième guerre du Liban, les soldats avaient peur, la population israélienne avait peur, les médias ont averti que ce serait une guerre dure et sans précédent. Hamas avait averti: ‘Si vous entrez dans Gaza, nous en ferons votre cimetière; il y aura des mines et des guet-apens partout’. Donc il y avait une vraie peur. Cette crainte nous a fait frapper trop fort. Il n’y a aucun doute que des choses dures se sont produites là-bas. Mais d’un autre côté, quand vous comparez aux batailles récentes de par le monde, cela n’a pas été si extraordinaire. A Fallujah, par exemple, environ 6 000 personnes ou 2,3 % de la population de cette ville irakienne ont été tuées par les forces américaines; et les Irakiens n’avaient jamais tiré sur Washington ou New York. En comparaison, le nombre de victimes à Gaza a été très bas. A.B. Yehoshua (écrivain israélien pacifiste)
With an outbreak of hostilities, the IDF will need to act immediately, decisively, and with force that is disproportionate to the enemy’s actions and the threat it poses. Such a response aims at inflicting damage and meting out punishment to an extent that will demand long and expensive reconstruction processes. The strike must be carried out as quickly as possible, and must prioritize damaging assets over seeking out each and every launcher. Punishment must be aimed at decision makers and the power elite. In Syria, punishment should clearly be aimed at the Syrian military, the Syrian regime, and the Syrian state structure. In Lebanon, attacks should both aim at Hizbollah’s military capabilities and should target economic interests and the centers of civilian power that support the organization. Moreover, the closer the relationship between Hizbollah and the Lebanese government, the more the elements of the Lebanese state infrastructure should be targeted. Such a response will create a lasting memory among Syrian and Lebanese decision makers, thereby increasing Israeli deterrence and reducing the likelihood of hostilities against Israel for a an extended period. At the same time, it will force Syria, Hizbollah, and Lebanon to commit to lengthy and resource-intensive reconstruction programs. Recent discussion of “victory” and “defeat” in a future war against Hizbollah has presented an overly simplistic approach. The Israeli public must understand that overall success cannot be measured by the level of high trajectory fire against Israel at the end of the confrontation. The IDF will make an effort to decrease rocket and missile attacks as much as possible, but the main effort will be geared to shorten the period of fighting by striking a serious blow at the assets of the enemy. Israel does not have to be dragged into a war of attrition with Hizbollah. Israel’s test will be the intensity and quality of its response to incidents on the Lebanese border or terrorist attacks involving Hizbollah in the north or Hamas in the south. In such cases, Israel again will not be able to limit its response to actions whose severity is seemingly proportionate to an isolated incident. Rather, it will have to respond disproportionately in order to make it abundantly clear that the State of Israel will accept no attempt to disrupt the calm currently prevailing along its borders. Israel must be prepared for deterioration and escalation, as well as for a full scale confrontation. Such preparedness is obligatory in order to prevent long term attrition. The Israeli home front must be prepared to be fired upon, possibly with even heavy fire for an extended period, based on the understanding that the IDF is working to reduce the period of fighting to a minimum and to create an effective balance of deterrence. This approach is applicable to the Gaza Strip as well. There, the IDF will be required to strike hard at Hamas and to refrain from the cat and mouse games of searching for Qassam rocket launchers. The IDF should not be expected to stop the rocket and missile fire against the Israeli home front through attacks on the launchers themselves, but by means of imposing a ceasefire on the enemy. Gabi Siboni
Il y n’y a que deux moyens d’aborder la question d’une manière efficace: occuper le territoire sur la durée et affaiblir systématiquement l’ennemi, ou entrer en force et porter un coup rapide mais fulgurant. A Gaza, l’armée israélienne a choisi la deuxième option, et donc, elle a eu tout-à-fait raison en termes militaires d’employer une puissance de feu massive. Vous devez frapper dur, entrer et sortir vite et prendre l’ennemi par surprise. Et surtout, vous ne devez jamais vous excuser. Parce que si vous le faites, vous démoralisez votre propre camp avant même de commencer. En dépit de toute les critiques, la guerre du Liban de 2006 a été un succès, parce que le Hezbollah n’a pas réattaqué depuis. En d’autres termes, nous sommes parvenus à casser la volonté de combattre du Hezbollah et je pense qu’il y a une possibilité raisonnable d’arriver au même résultat avec le Hamas à Gaza, où la performance de Tsahal était meilleure et les pertes inférieures. Martin van Creveld (historien militaire)

Nous  avons  réussi,  notre  récit  a  pris  le dessus !
Ismaël  Haniyeh (ancien premier  ministre  du  Hamas, Al-Jazeera, 29 août 2014)
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
While the testimonies include pointed descriptions of inappropriate behavior by soldiers in the field, the more disturbing picture that arises from these testimonies reflects systematic policies that were dictated to IDF forces of all ranks and in all zones. The guiding military principle of “minimum risk to our forces, even at the cost of harming innocent civilians,” alongside efforts to deter and intimidate the Palestinians, led to massive and unprecedented harm to the population and the civilian infrastructure in the Gaza Strip. This policy was evident first and foremost during the briefings provided to the forces before entering Gaza. Many soldiers spoke of a working assumption that Palestinian residents had abandoned the neighborhoods they entered due to the IDF’s warnings, thus making anyone located in the area a legitimate target – in some cases even by direct order. This approach was evident before the ground incursion, when the neighborhoods IDF forces entered suffered heavy shelling, as part of the “softening” stage. This included, among other things, massive use of statistical weapons, like cannons and mortars, which are incapable of precise fire. They are intended for broad area offensives, through the random distribution of shells over a range that can reach up to hundreds of meters from the original target (see testimonies 1, 88, and 96). In practice, during the preliminary shelling, the army pounded populated areas throughout the Strip with artillery shells in order to scare off enemy combatants who were in the area, and at times also to urge the civilian population to flee. (…) This policy changed for various reasons, including the dwindling of the target lists, the desire to prevent Hamas from, attaining a “display of victory” ahead of the ceasefires, and the desire to attack as many targets as possible before the ceasefires went into effect. The top echelons of the IDF command determined these changes in the open-fire policy. At least in some cases, the deliberations and circumstances that led to changes in this policy were not directly related to the combat itself or to defending the troops in the field – but rather served political and diplomatic interests. Breaking the silence
This is combat in an urban area, we’re in a war zone. The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved.’ In that situation, anyone there is involved. Everything is dangerous; there were no special intelligence warnings such as some person, or some white vehicle arriving… No vehicle is supposed to be there – if there is one, we shoot at it. Anything that’s not ‘sterile’ is suspect. There was an intelligence warning about animals. If a suspicious animal comes near, shoot it. In practice, we didn’t do that. We had arguments about whether or not to do it. But that was just a general instruction; in practice you learn to recognize the animals because they are the only ones wandering around. Israeli soldier
There isn’t a soul around, the streets are empty, no civilians. At no point did I see a single person who wasn’t a soldier. (…) To try and trigger a response, to deter. Our objective at that time was not to eliminate anyone we saw – our objective was to blow up the two tunnels we were sitting right on top of. We kept this line for five days and made sure no one came near. Why would anyone come near? To die? During the talk the unit commander explained that it wasn’t an act of revenge. That the houses situated on a high axis on this side of the ridge dominated the entire area between [the separation fence with] Israel and the neighborhood, and that is why they couldn’t be left standing. They also overlook the Israeli towns and allow for them to be shelled with mortars. At a certain point we understood it was a pattern: you leave a house and the house is gone – after two or three houses you figure out that there’s a pattern. The D9 (armored bulldozer)comes and flattens it. (…) Often there were reports that the tunnels (dug by Palestinian militants) were being dug inside greenhouses to camouflage them. Israeli soldier
We were staying in abandoned houses. The people’s stuff was left inside, but not things like electrical appliances. They must have taken everything – they fled. I did not see any casualties that were not clearly enemies there, because everyone was told to flee north from the very start. That’s what we knew. They left their houses closed up tight. It was clear that people had been preparing for our entry. [When we went in] we turned the houses upside down, because there was no other choice, you had to. We found weapons. Israeli soldier
They went over most of the things viewed as accomplishments. They spoke about numbers: 2,000 dead and 11,000 wounded, half a million refugees, decades worth of destruction. Harm to lots of senior Hamas members and to their homes, to their families. These were stated as accomplishments so that no one would doubt that what we did during this period was meaningful. Israeli soldier
There was this mentally handicapped girl in the neighborhood, apparently, and the fact that shots were fired near her feet only made her laugh (earlier in his testimony the soldier described a practice of shooting near
people’s feet in order to get them to distance themselves from the forces). She would keep getting closer and it was clear to everyone that she was mentally handicapped, so no one shot at her. No one knew how to deal with this situation. She wandered around the areas of the advance guard company and some other company – I assume she just wanted to return home, I assume she ran away from her parents, I don’t think they would have sent her there. It is possible that she was being taken advantage of – perhaps it was a show, I don’t know. I thought to myself that it was a show, and I admit that I really, really wanted to shoot her in the knees because I was convinced it was one. I was sure she was being sent by Hamas to test our alertness, to test our limits, to figure out how we respond to civilians. Later they also let loose a flock of sheep on us, seven or ten of whom had bombs tied to their bellies from below. I don’t know if I was right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get the message that ‘OK, maybe I shouldn’t be here,’ and she turned and walked away. The reason this happened is that earlier that day I was t know if׳I don right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get,OK׳ the message thatt be׳I shouldn maybe and she turned ׳,here and walked away. The reason this happened is that earlier that day we heard about an old man who went in the direction of a house held by a different force; [the soldiers] didn’t really know what to do so they went up to him. This guy, 70 or 80 years old, turned out to be booby-trapped from head to toe. From that moment on the protocol was very, very clear: shoot toward the feet. And if they don’t go away, shoot to kill. Israeli soldier
There was a mosque identified [as a hostile target] that we were watching over. This mosque was known to have a tunnel [opening] in it, and they thought that there were Hamas militants or something inside. We didn’t spot any in there – we didn’t detect anything, we didn’t get shot at. Nothing. They told us: “There aren’t supposed to be any civilians there. If you spot someone, shoot.” Israeli soldier
If the family had no phone and a ‘roof knocking’ was conducted, and after a few minutes no one came out, then the assumption was that there was no one there. You were working under the assumption that once a ‘roof knocking’ was conducted everyone leaves the building immediately, and if nobody leaves it means there was no one inside? People who are willing to sacrifice themselves, there’s nothing you can do. We have no way of knowing if there were people in there who decided not to get out. Israeli soldier
It’s like “Call of Duty” (a first-person shooter video game). Ninety-nine percent of the time I was inside a house, not moving around – but during the few times we passed from place to place I remember that the level of destruction looked insane to me. It looked like a movie set, it didn’t look real. Israeli soldier
We entered a neighborhood with orchards, which is the scariest. There were lots of stories going around about being surprised by tunnels or explosive devices in these orchards. When you go in you fire at lots of suspicious places. You shoot at bushes, at trees, at all sorts of houses you suddenly run into, at more trees. You fire a blast and don’t think twice about it. When we first entered [the Gaza Strip] there was this ethos about Hamas – we were certain that the moment we went in our tanks would all be up in flames. But after 48 hours during which no one shoots at you and they’re like ghosts, unseen, their presence unfelt – except once in a while the sound of one shot fired over the course of an entire day – you come to realize the situation is under control. And that’s when my difficulty there started, because the formal rules … they warned us, they told us that after a ceasefire the population might return, and then they repeated the story about the old man who asked for water (earlier in his testimony the testifier described a briefing in which an incident was described where an elderly Palestinian man asked soldiers for water and then threw grenades at the forces). Israeli soldier
We’re blowing up this house, but we can’t eat this bag of Bamba (peanut butter snacks)? Israeli soldier
I never saw anything like it, not even in Lebanon. There was destruction there, too – but never in my life did I see anything like this. When we got there, there were white flags on all the rooftops. We had been prepared for something very… For some very glorious combat, and in the end it was quiet. After three weeks in Gaza, during which you’re shooting at anything that moves – and also at what isn’t moving, crazy amounts – you aren’t anymore really … Israeli soldier
 « The rules of engagement are pretty identical: Anything inside [the Gaza Strip] is a threat, the area has to be ‘sterilized,’ empty of people – and if we don’t see someone waving a white flag, screaming ‘I give up’ or something, then he’s a threat and there’s authorization to open fire.” Haaretz
Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows. The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer. According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video. (…) An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. » In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm. Haaretz
During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive. (…) The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. (…) Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered. Haaretz
To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. IDF soldier
The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead. Haaretz
Il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les Palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires. Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste. Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés. De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle. Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au Moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant. Danilette

Frappes aveugles et aléatoires sur l’ensemble des villes; centaines de kilomètres de tunnels offensifs jusqu’aux zones habitées; enlèvements et menaces d’enlèvement de soldats; militaires sans uniformes déguisés en civils; guerre de rues où tous les coups sont permis; population civile et biens de caractère civil utilisés comme boucliers humains; installations de commandements, armements ou munitions dans maisons d’habitation, écoles, lieux de culte; piégeage de maisons, animaux, vieillards, femmes, enfants ou handicapés mentaux …

Attention: un silence peut en cacher un autre !

A l’heure où nos belles âmes se félicitent de l’élimination ô combien méritée du cerveau des récents attentats de Paris

Par les drones d’un prix Nobel de la paix qui tout en se refusant à prononcer le nom même de l’ennemi en est quand même bientôt …

Dans la plus grande indifférence et femmes et enfants compris à son 2 500e carton …

Et qu’après avoir courageusement abandonné l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Qui s’étonne …

De l’étrange acharnement des mêmes belles âmes sur les prétendus crimes de guerre

D’une armée tentant de défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas ?

Et qui prend la peine de se demander la raison

De la « vision israélienne » prétendument « extrême »  …

Derrière l’apparente disproportion des destructions …

 De ceux qui en avaient cyniquement transformées les cibles en objectifs militaires ?

Gaza : Brisons le silence ?
Ded Zep
Danilette
6 mai 2015

L’éthique de l’Armée Israélienne, une des plus rigoureuses, car créée et encadrée par des sociologues et des philosophes au sortir de la barbarie nazie ne serait plus ?

Israël aurait-elle surtout pensé à protéger ses propres soldats, au détriment de la population civile palestinienne, lors de la dernière guerre contre l’islamisme intégriste du Hamas ?

« Une ONG israélienne, Breaking The Silence, sur la foi d’entretiens avec une soixantaine d’anciens combattants du conflit, estime que Tsahal a infligé des ‘préjudices massifs et sans précédent’ aux civils palestiniens pendant ce conflit en tirant à l’aveugle et en négligeant ses règles d’engagement ».

Ce qu’il y a de bien en Israël, c’est la transparence politique et éthique des institutions et des corps sociaux : Tsahal n’est pas la « grande muette » française dont la guerre d’Algérie n’a pas encore révélé plus de 50 ans après tous les aspects d’une guerre forcément sale.

Mais revenons sur la guerre contre le Hamas. Il faut bien comprendre, comme nous le découvrons hélas en France, que l’ennemi est invisible et peut frapper à tout moment.

Retour sur l’escalade ayant mené à une nouvelle intervention israélienne.
1. Tout d’abord des frappes aveugles, aléatoires de missiles tirés de gaza vers les villes israéliennes. Les villes, pas des objectifs militaires.
2. Des tirs sporadiques, puis de plus en plus rapprochés, de plus en plus violents.
3. Le gouvernement israélien commence par prendre des contacts dans le monde arabe pour essayer de faire cesser ces tirs. Des réunions secrètes tripartites avec l’Égypte, mais aussi les pays du Golfe sont organisées pour « convaincre » le Hamas de ne pas s’engager dans une spirale ne pouvant déboucher sur un nouveau conflit : aucun État ne peut supporter que l’on tire délibérément sur son armée, encore moins sur sa population civile sans réagir.
4. Les négociations échouent du fait du Hamas enfermé dans une logique islamiste et des conflits d’intérêts internes à la politique palestinienne : qui sera le mouvement palestinien perçu comme le plus « dur » avec Israël.
5. Israël durcit officiellement le ton et parle de plus en plus d’une possible intervention face à ce casus-belli.
6. Le Hamas réplique en indiquant que gaza sera le tombeau des juifs, et que de nouveaux militaires seront enlevés comme Guilad Shalit (gardé comme otage par les palestiniens « pendant plus de cinq années, soustrait au monde et au droit » – Bertrand Delanoë, maire de Paris -).
7. Le Hamas réplique aussi en disant que dans cette guerre des rues, tout vivant sera un piège pour les soldats israéliens : un âne, un chien, un enfant, une femme, un vieillard seront des kamikazes, des martyrs contre les sionistes.

L’exigence du « principe de distinction » entre combattant et civil
La décision de Tsahal de minimiser au maximum les pertes humaines au niveau de ses propres hommes découle directement de ces avertissements explicites des djihadistes palestiniens.
Il y a aussi l’apprentissage des précédents engagements militaires contre les Palestiniens : ce ne sont pas des soldats identifiables par leurs uniformes contre qui les soldats israéliens ont eut à faire mais à des militaires sans uniformes déguisés en civils !
• Militaires déguisés en civils. Ce principe est dénoncé dans l’article 48 du 1er Protocole additionnel des conventions de Genève :

« En vue d’assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires. »

• L’utilisation de ses civils comme boucliers humains par l’une des Parties est interdite.

« Aucun principe n’est plus central à la loi humanitaire en tant de guerre que l’obligation de respecter la distinction entre combattants et non-combattants. Ce principe est violé et la responsabilité pénale est donc engagée lorsque des organisations utilisent des civils comme boucliers ou manifestent une indifférence injustifiée pour la protection des non-combattants. »

• Le droit des conflits armés établit clairement qu’il est formellement interdit aux Parties d’un conflit armé d’utiliser la population civile ou des installations civiles pour protéger des infrastructures militaires. L’article 51-7 du 1er Protocole additionnel des Conventions de Genève stipule :

« La présence ou les mouvements de population civile, ou de personnes civiles, ne doivent pas être utilisés pour mettre certains points ou certaines zones à l’abri d’opérations militaires, notamment pour tenter de mettre des objectifs militaires à l’abri d’attaques ou de couvrir, favoriser ou gêner des opérations militaires. Les Parties au conflit ne doivent pas diriger les mouvements de la population civile ou des personnes civiles ».

Les palestiniens postent leurs unités de tir de missile dans les parcs d’habitation entourés d’enfants, devants des bâtiments de l’ONU, dans des hôpitaux mettant ainsi délibérément ces lieux sous le feu de la réplique israélienne avec des dégâts permettant une guerre des images destinée à soulever l’indignation:
• dans un monde occidental peu informé, toujours prompt à condamner Israël,
• dans le monde arabe pour susciter la formation de nouveaux djihadistes contre les juifs du monde entier : Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi en sont les exemples récents revendiquant leurs actes pour « venger la mort des enfants palestiniens ».

Conflit conventionnel ou guerre au nom de l’islam ?
À ce titre il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires.
Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste.
Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés.
De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle.

Brisons le silence !
Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant.

Voir aussi:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes

L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir également:

Investigate Israel’s political leadership over civilian deaths in Gaza
Probing specific incidents of civilian fatalities in last summer’s Gaza war won’t alone contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially politicians.
Haaretz Editorial

May 6, 2015

“Anyone located in an IDF area, in areas the IDF took over – is not [considered] a civilian. That is the working assumption.” That statement, which appears in a report by Breaking the Silence that includes testimony from more than 60 soldiers and officers who participated in last summer’s war in the Gaza Strip, does a lot to explain the large number of civilian fatalities during Operation Protective Edge.

This statement and others like it that appear in the report also reveal the policy set by high-level officials, especially the elected politicians. This policy includes a warped interpretation of the Israel Defense Forces’ Code of Ethics – which says the state has an obligation to protect its soldiers’ lives that outweighs its obligation to protect the lives of civilians “on the other side” who aren’t involved in the fighting – and permits indiscriminate harm to civilians.

“The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved,’” another testimony said, revealing a prima facie disregard for the most fundamental principle of the laws of war – the distinction between combatants and civilians. The testimony exposes a de facto policy characterized by permission to “shoot anywhere, nearly freely,” which contradicts both international law and Israeli law. The orders given under this policy ought to be considered patently illegal.

The Supreme Court’s ruling on the 1956 Kafr Qasem massacre stated that “a black flag … like a warning sign saying ‘Stop!’” flies over any order to shoot indiscriminately even at the price of killing innocents. “The illegality is glaringly apparent to the eye and infuriating to the heart, if the eye isn’t blind and the heart isn’t stony or corrupt,” the ruling said.

The Breaking the Silence report also reveals that the IDF tried to create the impression that the number of civilians killed was smaller than it really was – for instance, by classifying women who didn’t participate in the fighting but were shot to death as “terrorists.” There is also testimony about prima facie breaches of the obligation to take precautions to avoid harming civilians, as well as breaches of the prohibition on attacking a military target if disproportionate harm to civilians can be anticipated.

What is especially troubling about the report is the impression that these weren’t exceptional incidents, but settled policy. Therefore, investigating these specific incidents alone won’t contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially the elected politicians, because they’re the ones who bear responsibility for the policy that was implemented.

In an interview last week with Haaretz, Fatou Bensouda, prosecutor of the International Criminal Court in The Hague, said that the ICC only gets involved when a country refuses or is unwilling to conduct its own investigations. This is one investigation that Israel can and must conduct by itself.

 Voir encore:

Gaza testimonies / Diverting the debate from the real issue
A new wave of damning testimonies by IDF soldiers who fought in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction.
Amos Harel

Jul. 16, 2009

A new wave of damning testimonies by Israel Defense Forces soldiers who took part in the recent fighting in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction from the already sensitive Israeli public. (Leading the charge was Defense Minister Ehud Barak, who on Wednesday demanded that all criticism in military matters be directed at him, not the soldiers.)

The testimonies were released by « Breaking the Silence, » an organization of former soldiers who use personal experiences to illustrate what they perceive to be the folly of Israeli policies in the Palestinian territories. Once again, the organization has been singled out for rebuke.

The response to the testimonies was taken – admittedly very skillfully – in one very specific direction: the reliability of the witnesses and their betrayal of IDF and Israeli society as a whole.

The IDF Spokesman’s Office dismissed Breaking the Silence as a private body focused on media manipulation. Kadima MK Otniel Schneller, a resident of the Maaleh Michmas settlement, demanded the anonymous soldier witnesses identify themselves. This demand took center stage in the efforts to discredit the troops who had spoken out.

So, it was asked, why won’t Breaking the Silence give any identifying details in their accounts, tying them to a specific sector, date or unit? Who would know, reporters heard IDF officers wonder aloud, whether the testimonials were delivered by actors reading from a script?

The nay-sayers should simmer down. The men behind the testimonies are soldiers, that is certain. Three of them met with Haaretz, at the paper’s request. While there is no definite way of vouching for the credibility of their reports, it is safe to say that they did fight in Gaza and that they provided enough authentic detail to prove that they are not imposters.

The refusal to disclose their identities, especially for those witnesses still completing their mandatory military service, stems from a fear of possible retribution, both from their commanders and from their peers.

Telling their stories to outside organizations, in particular the media, is seen as tattling. It was enough for these soldiers to hear from graduates of a pre-army prep course about the onslaught they faced after previous Cast Lead testimonies – vehemently denied in the Military Advocate General’s subsequent report – to understand that their fears are not unfounded. It will be interesting to hear the full version of events once these soldiers are discharged.

On the flip side, Breaking the Silence, founded in 2004 by veterans of the second intifada, has a clear political agenda, and can no longer be classed as a « human rights organization. » Any organization whose website includes the claim by members to expose the « corruption which permeates the military system » is not a neutral observer.

The organization has a clear agenda: to expose the consequences of IDF troops serving in the West Bank and Gaza. This seems more of interest to its members than seeking justice for specific injustices. The fact that the material was published just six months after the end of the conflict will diminish its impact in the eyes of a public supportive of their troops.

But this does not mean that the documented evidence, some of which was videotaped, is fabricated. It goes without saying, however, that the vague contextual descriptions hamper the possibility that the IDF could use such testimonies in a criminal investigation.

During the conflict in Gaza earlier this year, Israel did not use even close to the amount of firepower the U.S. military unleashed on Iraq’s civilian population. The IDF, as can be concluded from the reports themselves, did not systematically kill innocent people. It did use intense fire in crowded areas and issued fairly loose rules of engagement in order to meet the unwritten goal of the operation – a minimum of IDF casualties.

Among the lower ranks of some units, this translated to a certain unraveling in the wake of eight years of Qassam rockets (a period in which, despite our celebrated policy of restraint, several thousand Palestinians were killed) and a sentiment among some soldiers that the time had come to settle the score with the Gazans.

So where can Israel draw the line between self-flagellation and introspection? A month ago, Colonel Hertzi Halevy of the IDF Paratroopers Brigade held a conference on battle values, in which all battalion and brigade commanders took part. It was an extensive and thorough discussion, which heard from legal experts, journalists, a philosophy professor and even (good heavens!) a bona fide leftwing activist.

The Paratroopers officers felt they had done nothing for which they should feel ashamed. Instead of curling up in a defensive ball, they listened to the criticism with interest, although they rejected much of it in their own detailed responses.

International criticism, including an upcoming harsh UN report, will continue regardless. We can and must lead a debate on the matter within Israeli society, instead of responding to every claim with a chorus of « The IDF is the most moral army in the world » – as if that issue had already been settled in an Olympic event in which nations’ armies compete in a moral high jump.

One would hope that the IDF as a whole can follow the Paratroopers? lead, not just in the way its soldiers behave during battle, but in how it examines itself once the battle is over.

Voir de plus:

ANALYSIS / Can Israel dismiss its own troops’ stories from Gaza?
Testimonies of IDF soldiers show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 19, 2009

The statements of the Israel Defense Forces soldiers from the Yitzhak Rabin preparatory course provide the first, uncensored look at what occurred in some of the combat units in Operation Cast Lead.

It seems that what soldiers have to say is actually the way things happened in the field, most of the time. And as usual, reality is completely different from the gentler version provided by the military commanders to the public and media during the operation and after.

The soldiers are not lying, for the simple reason that they have no reason to. If you read the transcript that will appear in Haaretz Friday, you will not find any judgment or boasting. This is what the soldiers, from their point of view, saw in Gaza. There is a continuity of testimony from different sectors that reflects a disturbing and depressing picture.

The IDF will do everyone, and most of all itself, a big favor if it takes these soldiers and allegations seriously and investigates itself in depth. When statements came only from Palestinian witnesses or « the hostile press, » it was possible to dismiss them as propaganda that served the enemy. But what can be done when the soldiers themselves tell the story?

It’s possible that somewhere in the stories there were a few mistakes or exaggerations, because a squad or platoon leader does not always see the entire picture. But this is evidence, first hand, of what most Israelis would prefer to repress. This is how the army carried out its war against armed terrorists, with a civilian population of a million and a half people stuck in the middle.

In response to a question from Haaretz Wednesday, Danny Zamir, the head of the preparatory course, said he had decided to publish the discussion in the newsletter only after speaking with and writing to senior IDF officers a number of times. Zamir was told by General Staff officers that the operational inquiries into the fighting in Gaza, including the ethical inquiry, were still far from completion. The officers also said they had not encountered evidence of incidents of the type the soldiers described.

If the IDF really never heard about these incidents, the reasonable assumption is that it did not want to know. The soldiers describe the reality in combat units, from the level of company commander down. In the debriefings, the participants usually include company commanders up. It seems that except for isolated incidents, the rule is « you don’t ask, we won’t tell. »

The ones who finally let the dark secrets out were the soldiers in the combat units themselves. Somewhere along the way their moral warning lights went off.

In the coming days, in an effort to rebuff the claims, we will certainly hear about those who « pulled one over » on Zamir. In 1990, as a company commander in the reserves, Zamir was tried and sentenced to prison for refusing to guard a ceremony where right-wingers brought Torah scrolls to Joseph’s Tomb in Nablus. But even though Zamir does not hide his political opinions, a reading of the transcript shows he acts out of a deep concern for the spirit of the IDF.

The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »

The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead.

Voir de même:

IDF in Gaza: Killing civilians, vandalism, and lax rules of engagement
Haaretz expose gathers testimony of Gaza op incidents; IDF: We’ll check info, investigate as required.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 18, 2009

During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive.

The soldiers are graduates of the Yitzhak Rabin pre-military preparatory course at Oranim Academic College in Tivon. Some of their statements made on Feb. 13 will appear Thursday and Friday in Haaretz. Dozens of graduates of the course who took part in the discussion fought in the Gaza operation.

The speakers included combat pilots and infantry soldiers. Their testimony runs counter to the Israel Defense Forces’ claims that Israeli troops observed a high level of moral behavior during the operation. The session’s transcript was published this week in the newsletter for the course’s graduates.

The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. « There was a house with a family inside …. We put them in a room. Later we left the house and another platoon entered it, and a few days after that there was an order to release the family. They had set up positions upstairs. There was a sniper position on the roof, » the soldier said.

« The platoon commander let the family go and told them to go to the right. One mother and her two children didn’t understand and went to the left, but they forgot to tell the sharpshooter on the roof they had let them go and it was okay, and he should hold his fire and he … he did what he was supposed to, like he was following his orders. »

According to the squad leader: « The sharpshooter saw a woman and children approaching him, closer than the lines he was told no one should pass. He shot them straight away. In any case, what happened is that in the end he killed them.

« I don’t think he felt too bad about it, because after all, as far as he was concerned, he did his job according to the orders he was given. And the atmosphere in general, from what I understood from most of my men who I talked to … I don’t know how to describe it …. The lives of Palestinians, let’s say, is something very, very less important than the lives of our soldiers. So as far as they are concerned they can justify it that way, » he said.

Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered.

The squad leader said he argued with his commander over the permissive rules of engagement that allowed the clearing out of houses by shooting without warning the residents beforehand. After the orders were changed, the squad leader’s soldiers complained that « we should kill everyone there [in the center of Gaza]. Everyone there is a terrorist. »

The squad leader said: « You do not get the impression from the officers that there is any logic to it, but they won’t say anything. To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. »

More soldiers’ testimonies will be published in Haaretz over the coming days.

Voir pareillement:

Israeli soldiers admit ‘shoot first’ policy in Gaza offensive

Anonymous testimonies collated by human rights group also contain allegations that Palestinians were used as human shields
Ian Black, Middle East editor
The Guardian
15 July 2009

Israeli soldiers who served in the Gaza Strip during the offensive of December and January have spoken out about being ordered to shoot without hesitation, destroying houses and mosques with a general disregard for Palestinian lives.

In testimony that will fuel international and Arab demands for war crime investigations, 30 combat soldiers report that the army’s priority was to minimise its own casualties to maintain Israeli public support for the three-week Operation Cast Lead.

One specific allegation is that Palestinians were used by the army as « human shields » despite a 2005 Israeli high court ruling outlawing the practice. « Not much was said about the issue of innocent civilians, » a soldier said. « There was no need to use weapons like mortars or phosphorous, » said another. « I have the feeling that the army was looking for the opportunity to show off its strength. »

The 54 anonymous testimonies were collated by Breaking the Silence, a group that collects information on human rights abuses by the Israeli military. Many of the soldiers are still doing their compulsory national service.

Palestinians counted 1,400 dead but Israel put the death toll at 1,166 and estimated 295 fatalities were civilians. Ten soldiers and three Israeli civilians were killed.

Israel launched the attack after the expiry of a ceasefire designed to halt rocket fire from Gaza and crush the Islamist movement Hamas, which controls the coastal strip.
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Witnesses described the destruction of hundreds of houses and many mosques without military reason, the firing of phosphorous shells into inhabited areas, the killing of innocents and the indiscriminate destruction of property.

Soldiers describe a « neighbour procedure » in which Palestinian civilians were forced to enter suspect buildings ahead of troops. They cite cases of civilians advancing in front of a soldier resting his rifle on the civilian’s shoulder.

« We did not get instructions to shoot at anything that moved, » said one soldier. « But we were generally instructed: if you feel threatened, shoot. They kept repeating to us that this is war and in war opening fire is not restricted. »

Many testimonies are in line with claims by Amnesty International and other human rights organisations that Israeli actions were indiscriminate and disproportionate.

Another soldier testified: « You feel like a stupid little kid with a magnifying glass looking at ants, burning them. A 20-year-old kid should not have to do these kinds of things to other people. »

The testimonies « expose significant gaps between the official army version of events and what really happened on the ground », Breaking the Silence said.

« This is an urgent call to Israeli society and its leaders to sober up and investigate anew the results of our actions. »

Ehud Barak, Israel’s defence minister, said: « Criticism directed at the IDF (Israel Defence Forces) by one organisation or another is inappropriate and is directed at the wrong place. The IDF is one of the most ethical armies in the world and acts in accordance with the highest moral code. »

An IDF spokesman told the Ha’aretz newspaper: « The IDF regrets the fact that a human rights organisation would again present to the country and the world a report containing anonymous, generalised testimony without checking the details or their reliability, and without giving the IDF, as a matter of minimal fairness, the opportunity to check the matters and respond to them before publication. »

An internal investigation by the Israeli military said troops fought lawfully although errors did take place, such as the deaths of 21 people in a house that had been wrongly targeted.

Voir encore:

Israeli soldiers killed unarmed civilians carrying white flags in Gaza, says report
Human Rights Watch says Israel has failed to properly investigate ‘white flag’ killings during Gaza offensive
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip during the January offensive. Photograph: Bernat Armangue/AP

Peter Beaumont

The Guardian

13 August 2009

 Israeli soldiers shot dead 11 unarmed Palestinian civilians carrying white flags during Israel’s offensive in Gaza earlier this year, according to a report from Human Rights Watch, which said Israel had failed to investigate the killings adequately.

The deaths – including those of five women and four children – took place in seven separate incidents across Gaza in areas controlled by the Israeli Defence Forces (IDF), where there was no fighting and no Palestinian fighters were nearby.

Human Rights Watch, a New-York-based organisation, which published White Flag Deaths: Killings of Palestinian Civilians during Operation Cast Leadsaid it informed the Israeli military of the cases in February. But the cases were not examined in an IDF internal investigation, which concluded that they « operated in accordance with international law. » The group says at least three witnesses confirmed the details in each of the seven shootings.

Included among the cases is one first reported in detail by the Observer in Khuza’a, close to the fence surrounding Gaza. Rawiya al-Najjar, 47, was shot dead, and her relative Jasmin al-Najjar, 23, was wounded while the two women were attempting to escape an attack on the village that included the use of white phosphorus and the bulldozing of houses.

Three other incidents occurred around the northern Gaza village of al-Atatra, which had previously seen fighting between Israeli soldiers and Hamas fighters. By the time of the shootings, however, the fighting had stopped, and in each case the civilians were visible, unarmed, and displaying white flags, the report says.

In one case, the civilians were walking in a group on a street. In another, they were driving slowly on tractors and in cars, trying to leave the area with the wounded, according to the report.

« On the way we saw tanks and soldiers, » said Omar Abu Halima, 18. « When we saw them [the Israeli soldiers] they told us to stop. After we stopped they fired at us. They killed my cousin Mattar. My cousin Muhammad was wounded and later died. »

In another case – also in al-Atatra – two women holding white flags stepped out of a house that the IDF was demolishing to tell the soldiers that civilians were inside. « We opened the door and a sniper fired at us from a house, » said Zakiya al-Qanu, 55. « Ibtisam was hit and I turned to go back inside and another bullet grazed my back. Ibtisam died in the doorway. »

The Israeli military said that in some cases Hamas militants had used civilians with white flags for cover. It said yesterday the reports were based on « unreliable witnesses » whose testimony was « unproven ».

Human Rights Watch said it could find no evidence of misuse of white flags or the use of civilians as human shields in the cases detailed. « These casualties comprise a fraction of the Palestinian civilians wounded and killed, » the report says.

« But they stand out because, in each case, the victims were standing, walking or in slowly moving vehicles with other unarmed civilians, and were trying to convey their non-combatant status by waving a white flag. »

Along with the use of white phosphorus on civilian areas, the shooting of unarmed civilians has become the most controversial issue of January’s war. The report follows the publication last month of anonymous testimonies by more than two dozen soldiers who fought in Gaza, compiled by Breaking the Silence, an organisation of former Israeli servicemen, which accused the IDF of allowing an atmosphere of permissive violence against civilians.

The allegations of white flag deaths, collected by human rights groups and the media, have yet to be adequately responded to. Under the Geneva conventions, combatants are obliged to distinguish between soldiers and civilians (as well as fighters who are hors de combat) and also have a legal obligation to protect civilians. They are also required to investigate any alleged war crimes committed by their own troops.

Last month, the Israeli government released its own report defending its use of force in Gaza.

It said Israel was investigating five alleged cases in which soldiers killed civilians carrying white flags, incidents that it said resulted in 10 deaths. Two of the cases – the incident in Khuza’a and one in eastern Jabaliya – are among them.

War of words

While relations between Human Rights Watch and Israel have never been comfortable, the series of reports that HRW has released since the war in Gaza has brought both Israeli officials’ criticism of the group to a new pitch of intensity. They accuse the organisation of having an anti-Israeli bias, despite the fact that HRW has also forcefully criticised Palestinian rocket fire out of Gaza that targeted civilians. Israeli media commentators have tried to accuse the group of being part of a campaign to present Israel as « a primary perpetrator of war crimes ». More recently the group’s US and Israeli critics have suggested that a series of meetings to encourage human rights campaigning in Saudi Arabia was a fundraising trip underpinned by its record of criticising Israel, claims that the group has vigorously denied. The Israeli government spokesman Mark Regev referred to these allegations in an attempt to rebut the latest report and questioned the group’s « impartiality, professionalism and credibility ».

Voir aussi:

Israeli soldiers caught on camera pushing, throwing stone at photojournalists
‘The behavior seen in the video is reprehensible,’ an army spokesman said, ‘The matter will be investigated.’
Gili Cohen

Haaretz

Apr. 25, 2015

Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows.

The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer.

According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video.

Two Palestinians were lightly wounded in the clashes. According to the demonstrators, one of the Palestinians suffered a head wound from Ruger fire, but the Israeli army said he was not wounded by a Ruger, but could not give any details on the circumstances of the man’s injury. The other wounded was hit by rubber bullets.

An Israeli soldier was also wounded by stones thrown by the demonstrators.

An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. »

In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm.

Video by Miki Kratsman:

Voir enfin:

Toute la vérité sur la guerre de Gaza (été 2014)
Freddy Eytan

Le CAPE

3/18/15

Le CAPE de Jérusalem – Centre des Affaires Publiques et de l’Etat (JCPA-CAPE) publie un document exclusif sur les crimes de guerre commis par le mouvement Hamas durant l’opération militaire Bordure Protectrice dans la bande de Gaza.

Ce document a été écrit par des diplomates, des experts et chercheurs, spécialistes en matière de Droit international, de Renseignement, et de stratégie concernant le Hamas.

Il présente un dossier complet, précieux et indispensable, au moment où une commission d’enquête de l’ONU s’apprête à publier des conclusions partiales et mensongères, en osant, sans scrupule, accuser Tsahal de « crimes contre l’Humanité ».

La récente démission du président de cette commission onusienne prouve justement l’absence de souci de justice et de vérité, et sa partialité en faveur de la cause palestinienne.

Cette étude offre au spécialiste comme au grand public un nouvel éclairage sur le combat inlassable que mène aujourd’hui l’Etat juif contre les mouvements terroristes palestiniens dans un contexte régional explosif face à une montée en puissance du djihad mondial, encouragé par l’Organisation de l’Etat islamique-Daesh, et avec la menace omniprésente de l’étendard chiite iranien.

Le Hamas est reconnu comme une organisation terroriste et sa charte appelle toujours à la destruction de l’Etat d’Israël.

L’Egypte, qui combat sans merci les groupes terroristes dans la péninsule du Sinaï, accuse le Hamas de participer activement aux activités terroristes sur son propre territoire, et vient de proclamer le mouvement palestinien « hors la loi », à l’instar de la confrérie des Frères musulmans.

Ce document analyse avec acuité les étapes qui ont abouti au déclenchement de la guerre, et le refus catégorique du Hamas d’accepter les différentes trêves proposées par l’Egypte.

Il explique la complexité du combat mené par un Etat démocratique contre une organisation terroriste dont les chefs n’ont aucun souci de leur propre population. D’une indifférence mortelle et capables des pires lâchetés, les dirigeants du Hamas se cachent systématiquement derrière des boucliers humains dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées.

Cette étude révèle la politisation des organismes onusiens, notamment la connivence de l’UNRWA avec le mouvement palestinien. Elle dévoile le réseau des tunnels d’attaque et surtout les efforts de l’Etat d’Israël pour respecter les lois internationales et enquêter lui-même sur les bavures et les défaillances.

Au moment où les Palestiniens lancent une campagne de délégitimation de l’Etat juif, tout en désirant créer leur propre Etat unilatéralement, sans négociation préalable, nous devrions focaliser l’attention des chancelleries et de l’opinion internationale sur les réalités du terrain et révéler au grand jour toute la vérité sur la dernière guerre de Gaza.

Voir l’étude du JCPA-CAPE de Jérusalem “Toute la vérité sur la guerre de Gaza” avec ses illustrations.

Voir l’intégralité du document en anglais.


Good kill: Attention, un pilote de drones peut en cacher un autre (No kill lists and Terror Tuesdays, please, we’re Hollywood)

8 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
Les frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école. (…) Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront. (…) L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ? (…) J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu. Andrew Niccol
Tout ce que je montre est vrai: un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. Andrew Niccol
J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression. (…) J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire. (…) je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi. (…) Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires. (…) Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres. (…) L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures. Andrew Niccol
Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. Andrew Nicool
I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again. This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived. (…) We can’t have a serious conversation about a drone strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated. I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that? An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue. I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions. Ethan Hawke
Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious. There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games. The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly. But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next? Andrew Nicool
His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable. ‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’ “The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat. The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty. “If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.” Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand. “Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.” “That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.” He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.” National Post
Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.) Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality. For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family. It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart. Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction. Variety
Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard. (…) Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant planqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde. Aurélien Ferenczi
Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa [?] femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat. La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger. Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa [?] femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause. Le Monde
Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile… (…) Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. Paris Match

 Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Au lendemain de l’annonce de l’élimination ô combien méritée, par un drone américain au Yémen, du commanditaire des attentats de Paris de janvier dernier …

Et après le courageux abandon l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Comment ne pas voir …

Alors que, pour défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas, Israël se voit à nouveau soupçonné des pires crimes de guerre

L’étonnante retenue de nos journalistes comme de nos cinéastes (une seule allusion indirecte et non-nominative dans un film par ailleurs présenté absurdement comme l’anti-American sniper)  …

Qu’on avait naguère connus autrement plus virulants contre une certaine prison cubaine …

Depuis l’inauguration d’un certain prix Nobel 2009 …

Face à l’élimination, dans la plus grande discrétion, de quelque 2 500 cibles …

« Femmes et enfants » compris, comme le veut la formule …

Par quelqu’un qui peut même, cerise sur le gâteau, se permettre de plaisanter devant un parterre de journalistes …

D’une nouvelle arme pouvant abattre n’importe qui à 10 000  km de distance Américains inclus ?  …

Rencontre
Andrew Niccol : “’Good Kill’ dit une vérité inconfortable”

Aurélien Ferenczi
Télérama

22/04/2015
Œil pour œil, le débat des critiques ciné #331 : “Caprice” d’Emmanuel Mouret et “Good Kill” d’Andrew Niccol

“Good-Kill”, avec Ethan Hawke, son film-brûlot basé sur des faits réels, interroge le drone, une nouvelle arme de guerre. Andrew Niccol (“Bienvenue à Gattaca”, “Lord of war”) livre ses secrets de réalisation et revient sur sa carrière.
Il a toute prête une jolie citation de John Lennon, qu’il sort promptement au journaliste ayant tenté d’établir un lien entre son premier film, Bienvenue à Gattaca (1998) et son sixième – seulement –, Good Kill, sur les écrans cette semaine. « Plus vous mettez le doigt sur ce que vous faites, plus vous l’éloignez. Si je réfléchis trop à ce que je fais, j’ai peur de ne plus pouvoir le faire. » Andrew Niccol, 50 ans, costume chic de businessman, regard bleu, a l’air un peu fatigué (le jet lag ?) et la parole prudente. L’inquiétude, sans doute, d’avoir signé un film-brûlot, qui, en décrivant la vie d’un manipulateur de drone (Ethan Hawke), ex-pilote de l’armée de l’air cloué au sol sur une base du Nevada, raconte la guerre d’aujourd’hui : une guerre à distance, à armes inégales, un conflit sans fin où n’importe quel suspect – aux yeux de qui ? c’est tout le problème – peut être cliniquement dézingué d’un tir à la précision chirurgicale par un soldat en poste à l’autre bout du monde.

« Quand j’ai écrit le film, lâche-t-il, un de mes amis m’a tout de suite dit que je devrais réunir le budget en euros plutôt qu’en dollars. » De fait, le projet, qui n’a pas intéressé les majors d’Hollywood, est produit notamment par le Français Nicolas Chartier (qui avait financé Démineurs, de Kathryn Bigelow). Et quand la production est allée demander le soutien logistique de l’armée américaine, on lui a répondu un cinglant « Classifié »… « C’est ce qui nous différencie d’American Sniper, ajoute malicieusement Andrew Niccol, qui a reçu une aide conséquente de l’armée. »  Sur le film d’Eastwood, il refuse de porter un jugement, se contentant de signaler que le pilote de drone est « le sniper ultime, qui tue sans être vu… »

“Good Kill dit une vérité inconfortable”
Les infos, il les a trouvées alors auprès d’ex-pilotes de drone de l’US Air Force, et aussi dans les documents transmis par Bradley/Chelsea Manning à Wikileaks. « Tout ce que je montre est vrai, assure-t-il : un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. » Good kill dédouane un peu l’armée américaine, la soumettant aux ordres obscurs d’une mystérieuse agence gouvernementale – de fait, la CIA – pour qui la mort d’innocents ne semble pas un problème majeur. « Good Kill dit une vérité inconfortable. Après la première projection au Festival de Venise, j’ai entendu des échos contradictoires : certains spectateurs accusaient le film d’être anti-américain, d’autres d’être pro-américain. Moi, je ne juge pas. Et on ne peut pas être « anti-drone » : c’est l’usage qu’on en fait qui peut être répréhensible. »

En 2005, déjà, Andrew Niccol avait abordé un sujet sérieusement contemporain dans l’excellent (et souvent sous-estimé) Lord of war : les trafics d’armes internationaux et leur impact sur les guerres civiles africaines. Le personnage principal, joué par Nicholas Cage, était directement inspiré du trafiquant d’origine russe Victor Bout. Lequel, lors de son procès, se plaignit de la mauvaise image que le film donnait de lui… Après la sortie, Niccol reçut même la visite du FBI. « Parce que nous avions dû louer l’avion-cargo de Victor Bout, impossible autrement de trouver un Antonov en Afrique. Alors que nous mettions en soute des armes factices, l’équipage se fichait de nous : « Nous transportions de vraies armes il y a quelques jours, on aurait pu vous les garder »… Depuis, je sais que je suis sous surveillance ! »

Né en Nouvelle-Zélande, Andrew Niccol a débuté dans la publicité à Londres, qui fut, « comme pour Ridley Scott », son école de cinéma. Il part pour les Etats-Unis au début des années 90, écrit un premier script qu’il ne pourra réaliser, mais qui lui vaudra une nomination à l’Oscar : The Truman show. Sa version à lui, qui se situe entièrement à New York est plus noire que le film signé Peter Weir en 1998. Et à la place de Jim Carrey, Niccol aurait bien vu Jeff Bridges… Mais, dans la foulée, on le laisse réaliser son premier film, déjà avec Ethan Hawke, Bienvenue à Gattaca. « Je suppose que Sony a dit oui sur un malentendu. Une fois le film fini, ils ne savaient pas quoi en faire. Ils l’ont enterré. Cette année-là, ils croyaient beaucoup plus à un petit film d’horreur : Souviens-toi l’été dernier… »

“J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses”
Bienvenue à Gattaca est (presque) devenu un classique, et la science-fiction a gagné ses lettres de noblesse auprès des studios. Sans que Niccol en profite réellement. « J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses. L’un ou l’autre – des idées conventionnelles exigeant un gros budget, ou des idées non conventionnelles bon marché – ça peut passer. Les deux ensemble, c’est plus dur. » Il a refusé de mettre en scène des films de super-héros, et écrit plusieurs scénarios qui n’ont jamais vu le jour. « Peut-être que je vais enfin pouvoir réaliser The Cross, l’histoire de personnages qui veulent échapper à la société dans laquelle ils vivent… » Le thème central de son œuvre ? Le film avait déjà failli se faire en 2009, avec Vincent Cassel. « Cinéaste aux Etats-Unis, c’est épuisant : il faut savoir faire tourner au-dessus de sa tête plusieurs assiettes en même temps », explique-t-il en empruntant une métaphore circassienne. « Si tant est qu’on ne me chasse pas du pays. Dans ce cas, j’irai au Canada, le pays de ma femme… »

Voir aussi:

‘Good Kill’ Review: Ethan Hawke Stars
Andrew Niccol takes on the topical issue of drone strikes in a tense war drama notable for its tact and intelligence.
Guy Lodge
Variety

September 5, 2014

Sci-fi futures characterized by complex moral and political architecture have long been writer-director Andrew Niccol’s stock-in-trade. Yet while there’s not a hint of fantasy in “Good Kill,” a smart, quietly pulsating contempo war drama, it could hardly feel more typical of Niccol’s strongest work. To many, after all, drone strikes — the controversial subject of this tense but appropriately tactful ethics study — still feel like something that should be a practical and legal impossibility. Those who haven’t considered its far-reaching implications, meanwhile, will be drawn into consciousness by Niccol’s film, which sees Ethan Hawke’s former U.S. fighter pilot wrestling with the psychological strain of killing by remote control. At once forward-thinking and exhilaratingly of the moment, this heady conversation piece could yield substantial commercial returns with the right marketing and release strategy.

Niccol has, of course, covered this kind of topical dramatic territory before in 2005’s Amnesty Intl.-approved underperformer “Lord of War,” which starred Nicolas Cage as a faintly disguised incarnation of Soviet arms dealer Viktor Bout. “Good Kill,” however, feels closer in tone and texture to the stately speculative fiction of his 1997 debut, “Gattaca,” and not merely because of Hawke’s presence in the lead. The spartan Las Vegas airbase where Major Thomas Egan (Hawke) wages war against the Taliban from the comfort of an air-conditioned cubicle seems, in terms of its bleak function and lab-like appearance, a faintly dystopian creation — one where distant life-and-death calls are made at the touch of a button. The perils of playing God, of course, were also explored in Niccol’s prescient screenplay for “The Truman Show,” with which “Good Kill” shares profound concerns about a growing culture of extreme surveillance that itself goes unmonitored.

Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.)

Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality.

For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family.

It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart.

Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction.

It can’t be a coincidence that Hawke’s styling — aviators, snug leather bomber, Ivy League haircut — gives him the appearance of Tom Cruise’s “Top Gun” hero Maverick Mitchell gone somewhat to seed. His nuanced, hard-bitten performance, too, bristles with cracked machismo and seething self-disappointment; the actor has had a good run of form recently, though his brittle, closed manner here still surprises. Supporting ensemble work is uniformly strong, with Jones, who has form when it comes to playing the repressed wives of inscrutable men, finally landing a film role worthy of her work in “Mad Men.”

The filmmaking here is as efficient and squared-off as the storytelling, with Amir Mokri’s sturdy lensing capturing the hard, unforgiving light of the Nevada desert, and foregrounding every sharp angle of Guy Barnes’ excellent production design — which makes equally alien spaces of a pod-like military boardroom and the beige, under-loved walls of Egan’s home. Sound work throughout is aces, making a virtue of the sound effects that are eerily absent as those present: In drone warfare, at least in Vegas, no one can hear you scream.

Venice Film Review: ‘Good Kill’
Reviewed at Venice Film Festival (competing), Sept. 3, 2014. (Also in Toronto Film Festival — Special Presentations.) Running time: 102 MIN.

Voir également:

Frame of drones: Ethan Hawke is a conflicted fighter pilot in Andrew Niccol’s Good Kill
Chris Knight

National Post

September 11, 2014

Andrew Niccol can remember a time when U.S. involvement in Iraq included televised media briefings in which Gen. Norman Schwarzkopf would show video clips that demonstrated the accuracy of so-called smart bombs. Then, they were launched from piloted aircraft. Now they’re as likely to be fired from unmanned aerial vehicles, or drones.

“Now that picture is a lot better, and there is obviously video for every one of the drone strikes,” he says. “But you haven’t seen one recently, have you?”

Ethan Hawke jumps in at this point. “Nobody has,” he says darkly. “They don’t want you to see this.”

Hawke is starring in Niccol’s Good Kill, which had its North American premiere this week at the Toronto International Film Festival after screening in Venice. The actor plays Maj. Thomas Egan, a former fighter pilot who now flies unmanned drones from a military base outside Las Vegas. His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable.

‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’

“The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat.

The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty.

“If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.”

Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand.

“Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.”

“That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.”

He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.”

Niccol and Hawke have worked together, albeit sporadically, on Gattaca (1997) and Lord of War (2005), before this film. They share a favourite movie (One Flew Over the Cuckoo’s Nest) and a shorthand that the writer/director says was invaluable given the movie’s tight budget and timeline.

That extended to Hawke’s agreement to star in the film, which took place over the phone. “I was walking my dog and I called you after reading the script,” he recalls. “I think I walked my dog for two hours as we talked. We were already making the movie that night!”

Voir également:

Entertainment & Arts
Good Kill: Tackling the ethics of drone warfare on film
Genevieve Hassan Entertainment reporter
BBC

10 April 2015

Ethan Hawke’s drone pilot begins to question his orders – and his job
Actor Ethan Hawke and director Andrew Niccol discuss their latest film, Good Kill, about an Air Force drone pilot who begins to question the ethics of his job.

The first time Hawke worked with Niccol, they made 1997 sci-fi film Gattaca. The second occasion, they made 2005’s Lord of War, about an arms dealer with a conscience. Now they’ve made it a hat-trick, reuniting once again to tackle the timely issue of using drones in modern warfare.

Set in 2010, Good Kill sees Hawke play Air Force pilot Tom Egan, who spends eight hours a day fighting the Taliban. But instead of being out on the front line, he’s in a Las Vegas bunker remotely dropping bombs in the Middle East as part of the US’s War on Terror.

Distanced from close combat from the safety of his joystick control half a world away, when the civilian casualties start mounting up, Egan begins to question his orders – and his job.

Hawke and Niccol spoke to the BBC News website about the inspiration behind the film and the moral questions it raises.

Why did you decide to make this project now?
Andrew Niccol: Now is almost a few years too late. I could have made this film a few years ago because this war has been going on in Afghanistan for 13 years. It’s stunning to me it’s America’s longest war and still counting – it beats Vietnam, the first Iraq war and World War Two.

It was all in response to 9/11 and I completely understand why we began it because that’s where Bin Laden was. But it gets to a point where it’s overkill. Are we ever going to leave that part of the planet? Are we really going to stay over the top of the Middle East forever?

Ethan Hawke: The troops are going to come out of Afghanistan, but the drones will still be there. It’s not a question of right or wrong, or how I feel about it – it’s the truth. This is the nature of warfare right now.

Do we want drones to be the international police? Is it a good idea? Is it creating more terror than stopping? They’re valuable questions.

For me as an actor and a fan of storytelling, I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again.

This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived.

Did you intend to push a specific political agenda with this film?
Ethan Hawke: No, I’m allergic to that. We can’t have a serious conversation about a drones strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated.

I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that?

An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue.

I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions.

Andrew Niccol: I’m not anti or pro, I’m just saying this is what is, and now you have that information perhaps it can provoke thought and conversation.

The US military want computer gamers to join the Air Force because they are equipped with the dexterity and speed needed to operate a drone efficiently, like Ethan Hawke’s character in Good Kill
Are all the events depicted in the film real?
Andrew Niccol: Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious.

There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games.

The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly.

But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next?

Good Kill is released in UK cinemas on 10 April.

Voir encore:

Barack Obama, président des drones
LE MONDE GEO ET POLITIQUE

Philippe Bernard

18.06.2013

De même que George W. Bush restera dans l’histoire comme le  » président des guerres  » de l’après-11-Septembre en Afghanistan et en Irak, Barack Obama pourrait passer à la postérité comme le  » président des drones « , autrement dit le chef d’une guerre secrète, menée avec des armes que les Etats-Unis sont, parmi les grandes puissances, les seuls à posséder.

Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones.

L’utilisation militaire d’engins volants téléguidés par les Américains n’est pas nouvelle : pendant la guerre du Vietnam, des drones de reconnaissance avaient patrouillé. Mais l’armement de ces avions sans pilote à partir de 2001 en Afghanistan marque un changement d’époque. Au point que le tout premier Predator armé à avoir frappé des cibles après les attaques du 11-Septembre, immatriculé 3034, a aujourd’hui les honneurs du Musée de l’air et de l’espace, à Washington. Leur montée en puissance aura été fulgurante : alors que le Pentagone ne disposait que de 50 drones au début des années 2000, il en possède aujourd’hui près de 7 500. Dans l’US Air Force, un aéronef sur trois est sans pilote.

George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu.

LES FRAPPES OPÉRÉES PAR LA CIA SONT « COVERT »

Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence.

Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan.

Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones.

La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. Une orientation pourfendue, presque treize heures durant, le 6 mars, par le spectaculaire discours du sénateur libertarien Rand Paul.

UN IMPORTANT DISCOURS SUR LA « GUERRE JUSTE »

Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés.

Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. Le président a annoncé que les militaires, plutôt que la CIA, auraient désormais la main. Il a aussi repris l’idée de créer une instance judiciaire ou administrative de contrôle des frappes. Mais il a renvoyé au Congrès la mission, incertaine, de créer cette institution. Le président, tout en reconnaissant que l’usage des drones pose de « profondes questions » – de « légalité », de « morale », de « responsabilité « , sans compter « le risque de créer de nouveaux ennemis » -, l’a justifié par son efficacité : « Ces frappes ont sauvé des vies. »

Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies.

Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans.

Or les drones armés, s’ils s’avèrent terriblement efficaces pour éliminer de véritables fauteurs de terreur et, parfois, pour tuer des innocents, le sont nettement moins pour traiter les racines des violences antiaméricaines. Leur usage opaque apparaît comme un précédent encourageant pour les Etats (tels la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan ou l’Iran) qui vont acquérir ces matériels dans l’avenir. En paraissant considérer les aéronefs pilotés à distance comme l’arme fatale indispensable, le « président des drones » aura enclenché l’engrenage de ce futur incertain.

Voir encore:

US national security
Obama’s secret kill list – the disposition matrix
The disposition matrix is a complex grid of suspected terrorists to be traced then targeted in drone strikes or captured and interrogated. And the British government appears to be colluding in it
US President Barack Obama
Barack Obama, chairing the ‘Terror Tuesday’ meetings, agrees the final schedule of names on the disposition matrix. Photograph: Saul Loeb/AFP/Getty Images

Ian Cobain

The Guardian

14 July 2013

When Bilal Berjawi spoke to his wife for the last time, he had no way of being certain that he was about to die. But he should have had his suspicions.

A short, dumpy Londoner who was not, in the words of some who knew him, one of the world’s greatest thinkers, Berjawi had been fighting for months in Somalia with al-Shabaab, the Islamist militant group. His wife was 4,400 miles away, at home in west London. In June 2011, Berjawi had almost been killed in a US drone strike on an al-Shabaab camp on the coast. After that he became wary of telephones. But in January last year, when his wife went into labour and was admitted to St Mary’s hospital in Paddington, he decided to risk a quick phone conversation.

A few hours after the call ended Berjawi was targeted in a fresh drone strike. Perhaps the telephone contact triggered alerts all the way from Camp Lemmonier, the US military’s enormous home-from-home at Djibouti, to the National Security Agency’s headquarters in Maryland. Perhaps a few screens also lit up at GCHQ in Cheltenham? This time the drone attack was successful, from the US perspective, and al-Shabaab issued a terse statement: « The martyr received what he wished for and what he went out for. »

The following month, Berjawi’s former next-door neighbour, who was also in Somalia, was similarly « martyred ». Like Berjawi, Mohamed Sakr had just turned 27 when he was killed in an air strike.

Four months later, the FBI in Manhattan announced that a third man from London, a Vietnamese-born convert to Islam, had been charged with a series of terrorism offences, and that if convicted he would face a mandatory 40-year sentence. This man was promptly arrested by Scotland Yard and is now fighting extradition to the US. And a few weeks after that, another of Berjawi’s mates from London was detained after travelling from Somalia to Djibouti, where he was interrogated for months by US intelligence officers before being hooded and put aboard an aircraft. When 23-year-old Mahdi Hashi next saw daylight, he was being led into a courtroom in Brooklyn.

That these four men had something in common is clear enough: they were all Muslims, all accused of terrorism offences, and all British (or they were British: curiously, all of them unexpectedly lost their British citizenship just as they were about to become unstuck). There is, however, a common theme that is less obvious: it appears that all of them had found their way on to the « disposition matrix ».

The euphemisms of counter-terrorism

When contemplating the euphemisms that have slipped into the lexicon since 9/11, the adjective Orwellian is difficult to avoid. But while such terms as extraordinary rendition, targeted killing and enhanced interrogation are universally known, and their true meanings – kidnap, assassination, torture – widely understood, the disposition matrix has not yet gained such traction.

Since the Obama administration largely shut down the CIA’s rendition programme, choosing instead to dispose of its enemies in drone attacks, those individuals who are being nominated for killing have been discussed at a weekly counter-terrorism meeting at the White House situation room that has become known as Terror Tuesday. Barack Obama, in the chair and wishing to be seen as a restraining influence, agrees the final schedule of names. Once details of these meetings began to emerge it was not long before the media began talking of « kill lists ». More double-speak was required, it seemed, and before long the term disposition matrix was born.

In truth, the matrix is more than a mere euphemism for a kill list, or even a capture-or-kill list. It is a sophisticated grid, mounted upon a database that is said to have been more than two years in the development, containing biographies of individuals believed to pose a threat to US interests, and their known or suspected locations, as well as a range of options for their disposal.

It is a grid, however, that both blurs and expands the boundaries that human rights law and the law of war place upon acts of abduction or targeted killing. There have been claims that people’s names have been entered into it with little or no evidence. And it appears that it will be with us for many years to come.

The background to its creation was the growing realisation in Washington that the drone programme could be creating more enemies than it was destroying. In Pakistan, for example, where the government estimates that more than 400 people have been killed in around 330 drone strikes since 9/11, the US has arguably outstripped even India as the most reviled foreign country. At one point, Admiral Mike Mullen, when chairman of the US joint chiefs of staff, was repo rted to be having furious rows over the issue with his opposite number in Pakistan, General Ashfaq Kayani.
matrix mike mullen and ashfaq Kayani

The term entered the public domain following a briefing given to the Washington Post before last year’s presidential election. « We had a disposition problem, » one former counter-terrorism official involved in the development of the Matrix told the Post. Expanding on the nature of that problem, a second administration official added that while « we’re not going to end up in 10 years in a world of everybody holding hands and saying ‘we love America' », there needed to be a recognition that « we can’t possibly kill everyone who wants to harm us ».

Drawing upon legal advice that has remained largely secret, senior officials at the US Counter-Terrorism Center designed a grid that incorporated the existing kill lists of the CIA and the US military’s special forces, but which also offered some new rules and restraints.

Some individuals whose names were entered into the matrix, and who were roaming around Somalia or Yemen, would continue to face drone attack when their whereabouts become known. Others could be targeted and killed by special forces. In a speech in May, Obama suggested that a special court could be given oversight of these targeted killings.

An unknown number would end up in the so-called black sites that the US still quietly operates in east Africa, or in prisons run by US allies in the Middle East or Central Asia. But for others, who for political reasons could not be summarily dispatched or secretly imprisoned, there would be a secret grand jury investigation, followed in some cases by formal arrest and extradition, and in others by « rendition to justice »: they would be grabbed, interrogated without being read their rights, then flown to the US and put on trial with a publicly funded defence lawyer.

Orwell once wrote about political language being « designed to make lies sound truthful and murder respectable ». As far as the White House is concerned, however, the term disposition matrix describes a continually evolving blueprint not for murder, but for a defence against a threat that continues to change shape and seek out new havens.

As the Obama administration’s tactics became more variegated, the British authorities co-operated, of course, but also ensured that the new rules of the game helped to serve their own counter-terrorism objectives.

Paul Pillar, who served in the CIA for 28 years, including a period as the agency’s senior counter-terrorism analyst, says the British, when grappling with what he describes as a sticky case – « someone who is a violence-prone anti-western jihadi », for example – would welcome a chance to pass on that case to the US. It would be a matter, as he puts it, of allowing someone else to have their headache.

« They might think, if it’s going to be a headache for someone, let the Americans have the headache, » says Pillar. « That’s what the United States has done. The US would drop cases if they were going to be sticky, and let someone else take over. We would let the Egyptians or the Jordanians or whoever take over a very sticky one. From the United Kingdom point of view, if it is going to be a headache for anyone: let the Americans have the headache. »

The four young Londoners – Berjawi, Sakr, Hashi and the Vietnamese-born convert – were certainly considered by MI5 and MI6 to be something of a headache. But could they have been seen so problematic – so sticky – that the US would be encouraged to enter their names into the Matrix?
The home secretary’s special power

Berjawi and Sakr were members of a looseknit group of young Muslims who were on nodding terms with each other, having attended the same mosques and schools and having played in the same five-a-side football matches in west London.

A few members of this group came to be closely scrutinised by MI5 when it emerged that they had links with the men who attempted to carry out a wave of bombings on London’s underground train network on 21 July 2005. Others came to the attention of the authorities as a result of their own conduct. Mohammed Ezzouek, for example, who attended North Westminster community school with Berjawi, was abducted in Kenya and interrogated by British intelligence officers after a trip to Somalia in 2006; another schoolmate, Tariq al-Daour, has recently been released from jail after serving a sentence for inciting terrorism.

As well as sharing their faith and, according to the UK authorities, jihadist intent, these young men had something else in common: they were all dual nationals. Berjawi was born in Lebanon and moved to London with his parents as an infant. Sakr was born in London, but was deemed to be a British-Egyptian dual national because his parents were born in Egypt. Ezzouek is British-Moroccan, while al-Daour is British-Palestinian.

This left them vulnerable to a little-known weapon in the government’s counter-terrorism armoury, one that Theresa May has been deploying with increasing frequency since she became home secretary three years ago. Under the terms of a piece of the 2006 Immigration, Asylum and Nationality Act, and a previous piece of legislation dating to 1981, May has the power to deprive dual nationals of their British citizenship if she is « satisfied that deprivation is conducive to the public good ».

This power can be applied only to dual nationals, and those who lose their citizenship can appeal. The government appears usually to wait until the individual has left the country before moving to deprive them of their citizenship, however, and appeals are heard at the highly secretive special immigration appeals commission (SIAC), where the government can submit evidence that cannot be seen or challenged by the appellant.

The Home Office is extraordinarily sensitive about the manner in which this power is being used. It has responded to Freedom of Information Act requests about May’s increased use of this power with delays and appeals; some information requested by the Guardian in June 2011 has still not been handed over. What is known is that at least 17 people have been deprived of their British citizenship at a stroke of May’s pen. In most cases, if not all, the home secretary has taken action on the recommendation of MI5. In each case, a warning notice was sent to the British home of the target, and the deprivation order signed a day or two later.

One person who lost their British citizenship in this way was Anna Chapman, a Russian spy, but the remainder are thought to all be Muslims. Several of them – including a British-Pakistani father and his three sons – were born in the UK, while most of the others arrived as children. And some have been deprived of their citizenship not because they were assessed to be involved in terrorism or any other criminal activity, but because of their alleged involvement in Islamist extremism.

Berjawi and Sakr both travelled to Somalia after claiming that they were being harassed by police in the UK, and were then stripped of their British citizenship. Several months later they were killed. The exact nature of any intelligence that the British government may have shared with Washington before their names were apparently entered into the disposition matrix is deeply secret: the UK has consistently refused to either confirm or deny that it shares intelligence in support of drone strikes, arguing that to do so would damage both national security and relations with the US government.

More than 12 months after Sakr’s death, his father, Gamal, a businessman who settled in London 37 years ago, still cannot talk about his loss without breaking down and weeping. He alleges that one of his two surviving sons has since been harassed by police, and suspects that this boy would also have been stripped of his citizenship had he left the country. « It’s madness, » he cries. « They’re driving these boys to Afghanistan. They’re making everything worse. »

Last year Gamal and his wife flew to Cairo, formally renounced their Egyptian citizenship, and on their return asked their lawyer to let it be known that their sons were no longer dual nationals. But while he wants his family to remain in Britain, the manner in which his son met his death has shattered his trust in the British government. « It was clearly directed from the UK, » he says. « He wasn’t just killed: he was assassinated. »
The case of Mahdi Hashi

Mahdi Hashi was five years old when his family moved to London from Somalia. He returned to the country in 2009, and took up arms for al-Shabaab in its civil war with government forces. A few months earlier he had complained to the Independent that he been under pressure to assist MI5, which he was refusing to do. Hashi was one of a few dozen young British men who have followed the same path: in one internet video clip, an al-Shabaab fighter with a cockney accent can be heard urging fellow Muslims « living in the lands of disbelief » to come and join him. It is thought that the identities of all these men are known to MI5.

After the deaths of Berjawi and Sakr, Hashi was detained by al-Shabaab, who suspected that he was a British spy, and that he was responsible for bringing the drones down on the heads of his brothers-in-arms. According to his US lawyer, Harry Batchelder, he was released in early June last year. The militants had identified three other men whom they believed were the culprits, executing them shortly afterwards.

Within a few days of Hashi’s release, May signed an order depriving him of his British citizenship. The warning notice that was sent to his family’s home read: « The reason for this decision is that the Security Service assess that you have been involved in Islamist extremism and present a risk to the national security of the United Kingdom due to your extremist activities. »

Hashi decided to leave Somalia, and travelled to Djibouti with two other fighters, both Somali-Swedish dual nationals. All three were arrested in a raid on a building, where they had been sleeping on the roof, and were taken to the local intelligence agency headquarters. Hashi says he was interrogated for several weeks by US intelligence officers who refused to identify themselves. These men then handed him over to a team of FBI interrogators, who took a lengthy statement. Hashi was then hooded, put aboard an aircraft, and flown to New York. On arrival he was charged with conspiracy to support a terrorist organisation.

Hashi has since been quoted in a news report as saying he was tortured while in custody in Djibouti. There is reason to doubt that this happened, however: a number of sources familiar with his defence case say that the journalist who wrote the report may have been misled. And the line of defence that he relied upon while being interrogated – that Somalia’s civil war is no concern of the US or the UK – evaporated overnight when al-Shabaab threatened to launch attacks in Britain.

When Hashi was led into court in Brooklyn in January, handcuffed and dressed in a grey and orange prison uniform, he was relaxed and smiling. The 23-year-old had been warned that if he failed to co-operate with the US government, he would be likely to spend the rest of his life behind bars. But he appeared unconcerned.

At no point did the UK government intervene. Indeed, it cannot: he is no longer British.

When the Home Office was asked whether it knew Hashi was facing detention and forcible removal to the US at the point at which May revoked his citizenship, a spokesperson replied: « We do not routinely comment on individual deprivation cases, nor do we comment on intelligence issues. »

The Home Office is also refusing to say whether it is aware of other individuals being killed after losing their British citizenship. On one point it is unambiguous, however. « Citizenship, » it said in a statement, « is a privilege, not a right. »

The case of ‘B2′

A glimpse of even closer UK-US counter-terrorism co-operation can be seen in the case of the Vietnamese-born convert, who cannot be named for legal reasons. Born in 1983 in the far north of Vietnam, he was a month old when his family travelled by sea to Hong Kong, six when they moved to the UK and settled in London, and 12 when he became a British citizen.

While studying web design at a college in Greenwich, he converted to Islam. He later came into contact with the banned Islamist group al-Muhajiroun, and was an associate of Richard Dart, a fellow convert who was the subject of a TV documentary entitled My Brother the Islamist, and who was jailed for six years in April after travelling to Pakistan to seek terrorism training. In December 2010, this man told his eight-months-pregnant wife that he was going to Ireland for a few weeks. Instead, he travelled to Yemen and stayed for seven months. MI5 believes he received terrorism training from al-Qaida in the Arabian peninsula and worked on the group’s online magazine, Inspire.

He denies this. Much of the evidence against him comes from a man called Ahmed Abdulkadir Warsame, a Somali who once lived in the English midlands, and who was « rendered to justice » in much the same way as Hashi after being captured in the Gulf of Aden two years ago. Warsame is now co-operating with the US Justice Department.

On arrival back at Heathrow airport, the Vietnamese-born man was searched by police and arrested when a live bullet was found in his rucksack. A few months later, while he was free on bail, May signed an order revoking his British citizenship. Detained by immigration officials and facing deportation to Vietnam, he appealed to SIAC, where he was given the cipher B2. He won his case after the Vietnamese ambassador to London gave evidence in which he denied that he was one of their citizens. Depriving him of British citizenship at that point would have rendered him stateless, which would have been unlawful.

Within minutes of SIAC announcing its decision and granting B2 unconditional bail, he was rearrested while sitting in the cells at the SIAC building. The warrant had been issued by magistrates five weeks earlier, at the request of the US Justice Department. Moments after that, the FBI announced that B2 had been charged with five terrorism offences and faced up to 40 years in jail. He was driven straight from SIAC to Westminster magistrates’ court, where he faced extradition proceedings.

B2 continues to resist his removal to the US, with his lawyers arguing that he could have been charged in the UK. Indeed, the allegations made by the US authorities, if true, would appear to represent multiple breaches of several UK laws: the Terrorism Act 2000, the Terrorism Act 2006 and the Firearms Act 1968. Asked why B2 was not being prosecuted in the English courts – why, in other words, the Americans were having this particular headache, and not the British – a Crown Prosecution Service spokesperson said: « As this is a live case and the issue of forum may be raised by the defence in court, it would be inappropriate for us to discuss this in advance of the extradition hearing. »

The rule of ‘imminent threat’

In the coffee shops of west London, old friends of Berjawi, Sakr, Hashi and B2 are equally reluctant to talk, especially when questioned about the calamities that have befallen the four men. When they do, it is in a slightly furtive way, almost in whispers.

Ezzouek explains that he never leaves the country any more, fearing he too will be stripped of his British citizenship. Al-Daour is watched closely and says he faces recall to prison whenever he places a foot wrong. Failing even to tell his probation officer that he has bought a car, for example, is enough to see him back behind bars. A number of their associates claim to have learned of the deaths of Berjawi and Sakr from MI5 officers who approached them with the news, and suggested they forget about travelling to Somalia.

Last February, a 16-page US justice department memo, leaked to NBC News, disclosed something of the legal basis for the drone programme. Its authors asserted that the killing of US citizens is lawful if they pose an « imminent threat » of violent attack against the US, and capture is impossible. The document adopts a broad definition of imminence, saying no evidence of a specific plot is needed, and remains silent on the fate that faces enemies who are – or were – citizens of an allied nation, such as the UK.
matrix drone in flight

But if the Obama administration is satisfied that the targeted killing of US citizens is lawful, there is little reason to doubt that young men who have been stripped of their British citizenship, and who take up arms in Somalia or Yemen or elsewhere, will continue to find their way on to the disposition matrix, and continue to be killed by missiles fired from drones hovering high overhead, or rendered to courts in the US.

And while Obama says he wants to curtail the drone programme, his officials have been briefing journalists that they believe the operations are likely to continue for another decade, at least. Given al-Qaida’s resilience and ability to spread, they say, no clear end is in sight.

Voir encore:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »
Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes
L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir par ailleurs:

“Good Kill”, ce film digne qu’Eastwood n’a pas signé

Aurélien Ferenczi
Cinécure

24/02/2015

L’unique statuette ramassée l’autre nuit par American Sniper, le dernier Clint Eastwood, a valeur de symbole : l’Oscar du meilleur montage son est allé comme une médaille du courage aux deux types qui ont passé de longues semaines à recueillir, puis à caler sur les images du film des bruits de fusils d’assaut, mitraillettes, fusils de chasse, lance-roquettes, grenades, etc. Des techniciens à l’ouïe fine, sans doute capables de différencier le son d’une balle amie à celui d’une balle ennemie…

Mais ce sont aussi les petits malins responsables (sous les ordres de Papy Clint) de la première faute de goût du film, impardonnable péché originel : dès la première seconde de projection, sur le logo de la Warner (pas encore passée sous contrôle qatari pourtant), une voix psalmodie « Allah Akbar ». Une prière qui ouvre clairement les hostilités, dit à qui on aura affaire, jouerait presque à faire peur. Pas très digne, vraiment…

American Sniper cartonne des deux côtés de l’Atlantique (plus d’un million de spectateurs en France au terme de sa première semaine d’exploitation) : les « eastwoodiens » de longue date s’en félicitent (à tous lessens du mot), sans s’apercevoir que c’est l’un des films les plus faibles de leur auteur-fétiche. Outre les libertés bien commodes qu’il prend avec la vraie biographie de Chris Kyle (un type assez malin pour penser que des séances de tir sont le meilleur remède au syndrome post-traumatique des soldats éclopés), le scénario alterne mécaniquement scènes de guerre banales – moins spectaculaires que celles de La Chute du Faucon noir, par exemple – et vie de famille troublée, montrée avec une finesse éléphantesque. Exemple : Intérieur jour. Chris Kyle est assis dans son fauteuil, inerte. La télévision est éteinte, mais il entend des rafales d’armes automatiques (merci les monteurs son). C’est comme s’il était encore à la guerre… Non, vraiment ? Difficile de reconnaître l’auteur de Josey Wales dans ces gros sabots bellicistes.

Eastwood parachute un héros américain dans une époque où le manichéisme n’est plus possible. Chacun sait qu’il n’y a plus de guerre propre et que le défi « à l’ancienne » que s’impose le héros eastwoodien – avoir la peau du sniper adverse, et puis rentrer chez lui – est pure fiction. L’impossibilité de l’héroïsme est au cœur d’un autre film sur les conflits d’aujourd’hui, qui sonne autrement juste. Good Kill, d’Andrew Niccol (le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of War), qui sortira en France le 22 avril, raconte la guerre d’un type qui tue de très loin. Un ancien pilote de chasse de l’US Air force, désormais aux commandes de drones qu’il dirige à des milliers de kilomètres de distance.

Il agit depuis sa base de Las Vegas, au sein de petites cabines frappées d’extra-territorialité, des habitacles immobiles comme ceux des jeux vidéos, et il appuie sur le lance-roquettes quand les cibles se précisent. Quelles cibles ? C’est le problème, a fortiori quand la CIA s’en mêle, réquisitionnant les unités d’élite de l’armée pour éliminer des suspects : les drones survolent par exemple le Waziristan, au nord-ouest du Pakistan, et il faut obéir aux ordres, imaginer que ces villageois réunis sont bien des terroristes en puissance, et les éliminer, tant pis si des femmes ou des enfants sont dans la zone de tir.

Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard.

Le personnage joué par Ethan Hawke, avec autrement d’intensité que la bonhomie irresponsable de Bradley Cooper chez Eastwood, peut difficilement ne pas être traversé d’un trouble terrible – a fortiori en retrouvant sa femme et ses enfants le soir chez lui, juste après avoir détruit des familles dans la journée.

Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant plaqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde.

Voir aussi:

Good Kill », un film édifiant sur l’utilisation des drones
Nicolas Schaller

L’Obs
26-04-2015
« Good Kill », c’est l’anti-« American Sniper ». Rencontre avec son réalisateur, Andrew Niccol

L’OBS. « Good Kill » suit un pilote de l’U.S. Air Force, interprété par Ethan Hawke, qui pilote des drones et bombarde le Moyen-Orient depuis une base de Las Vegas, à plus de 10.000 km.

Andrew Niccol. Tout ce que vous voyez dans le film est réel. L’utilisation militaire des drones a commencé après le 11-Septembre et n’a jamais cessé depuis. Les Républicains comme les Démocrates y sont favorables. Cela leur évite d’envoyer des soldats dans la zone de conflit. Les stations de contrôle des drones sont à l’intérieur de remorques. Avant, ces remorques étaient emmenées sur place par hélicoptère. Puis ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas besoin d’y être. « Good Kill » se déroule en 2010, année où les frappes de drones ont atteint des proportions jamais connues.

Une manière de dire aux familles : « nous n’envoyons pas vos enfants là-bas ».

– C’est sans danger. On ne voit pas revenir de cercueils.

En revanche, les morts de l’autre côté sont hasardeuses.

– Les drones sont très précis. Si vous voulez détruire tel immeuble, vous l’aurez sans problème. Reste à savoir si c’est le bon. Trois jours après son accession au pouvoir, Obama a ordonné une frappe sur un repaire taliban. Qui s’est avéré ne pas en être un. Neuf civils sont morts. Au moment où on tournait, l’armée américaine a accidentellement bombardé une cérémonie de mariage au Yémen. On en a à peine parlé aux infos. Ce n’était pas le premier mariage pris pour cible par erreur. Là-bas, la tradition veut que l’on tire des coups de feu durant la fête et il est arrivé à plusieurs reprises que les Américains prennent ça pour des attaques.

Avez-vous bénéficié du concours de l’armée américaine ?

– Non. Le film raconte une vérité trop dérangeante. Mais j’ai pu parler à d’ex-pilotes de drones tels que Brandon Bryant…

… lequel a déclaré dans les médias américains avoir tué plus de 1600 personnes. Cela n’a choqué personne ?

– Pas vraiment. Les Etats-Unis sont le seul pays où la guerre menée par drones est plus populaire que l’inverse. WikiLeaks m’a été très précieux : c’est le seul moyen de voir des images de frappes de drones. Grâce à Chelsea Manning [ex-analyste militaire condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir divulguer des documents classés Secret Défense, ndlr].

« Good Kill » se focalise sur les missions confidentielles menées par l’armée sous le commandement de la C.I.A.

– Je n’ai rien inventé. Comme on le voit dans mon film, l’armée américaine a délibérément bombardé un enterrement. La CIA ne fait plus dans l’espionnage mais dans l’assassinat. Depuis le 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, tout lui est permis. Mais comme elle n’a pas de pilotes, elle doit faire appel à l’armée. Bien sûr, l’assassinat est illégal aux Etats-Unis. Sauf qu’ils emploient des termes différents. Ils ont mis au point tout un lexique qui ferait bien rire George Orwell. Ils parlent d’ « auto-défense préventive ». Comme dans « Minority Report » : on tue le coupable présumé avant qu’il n’ait agi ! Il y a aussi la « frappe signature » qui consiste à tirer sur tout un groupe de gens dont vous ne connaissez pas forcément l’identité. Ils justifient cela par l’idée de « proportionalité ». Traduction : il est si important d’éliminer la personne ciblée que peu importe si on tue les types d’à côté. Et puis d’ailleurs, que font-ils là ? S’ils ne sont pas loin d’un terroriste, c’est qu’ils ne doivent pas être innocents.

On imagine les répercussions au Moyen Orient.

– Dans le film, j’ai choisi de ne montrer que le point de vue du drone, si j’ose dire, car c’est le seul à la portée du pilote qu’interprète Ethan Hawke. Une chose m’a marqué : aujourd’hui, les habitants des pays du Moyen-Orient où l’Amérique est en guerre détestent le ciel bleu. Ils sont heureux quand la météo se couvre : cela signifie que les drones ne peuvent pas voler. Cette guerre est une usine à terroristes. A chaque innocent qu’elle tue, l’armée américaine crée dix nouveaux terroristes.

Il est dit dans le film que la console de jeu X-Box a servi de modèle pour les drones. Vrai ?

– Oui, l’armée s’en est inspirée pour concevoir les joysticks de téléguidage. Elle ne veut plus de vrais pilotes, elle les embauche dans les salles d’arcades des centres commerciaux. Comme ce sont des civils, ils n’ont pas le droit d’actionner la bombe. Un officier doit être là pour appuyer sur le bouton de tir. Il y a une chose que je n’ai pas mise dans le film car cela n’aurait pas eu l’air crédible et pourtant, c’est vrai : des jeunes pilotes de drones m’ont raconté qu’après leur journée à tuer des talibans de derrière leur joystick, ils rentraient chez eux et jouaient aux jeux vidéo !

On imagine que la guerre menée avec des drones est moins onéreuse ?

– Un tir de drone coûte 68.000 $. C’est bien moins cher qu’un tir de jet. Un drone est très lent mais il peut tenir en l’air 24 heures d’affilée. On en produit davantage aujourd’hui que des jets. Et bientôt, il y aura des drones-jets. Le personnage d’Ethan Hawke souffre de ça. Il a grandi avec l’image de « Top Gun », rêvait d’être Tom Cruise dans le film et voilà à quoi il en est réduit.

Le syndrome de stress post-traumatique dont il souffre est très particulier.

– Parce qu’aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école.

« J’ai tué six talibans cet après-midi et là, je rentre chez moi préparer un barbecue », dit le personnage d’Ethan Hawke à l’épicier auquel il achète sa bouteille de vodka quotidienne.

– Et le type croit qu’il blague. Le fait que les pilotes soient basés près du clinquant Las Vegas est obscène. Vous savez pourquoi ils ont choisi cette zone ?Parce que le paysage et les montagnes alentour ressemblent à ceux d’Afghanistan. Cela facilite l’entraînement.

L’héroïsme, la famille, le fantasme d’une Amérique gendarme du monde… « Good Kill » traite des mêmes sujets qu’ « American Sniper ». Jusqu’à sa fin ambiguë. Est-ce la version démocrate du film de Clint Eastwood ?

– Même pas : Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront.

Qu’avez-vous pensé d’ « American Sniper » ?

– J’ai pour règle de ne jamais m’exprimer sur les films des autres, mais son succès m’a un peu surpris. En fait, il est tombé pile au bon moment et a permis aux Américains de se sentir mieux vis-à-vis d’eux-mêmes. Mon « sniper » est très différent. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est sa schizophrénie. L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ?

Je crains que « Good Kill » ne rencontre pas le même succès qu’ « American Sniper » aux Etats-Unis.

– Je n’en doute pas.

Votre film est moins roublard que celui d’Eastwood.

– Et c’est une petite compagnie indépendante qui le sort, pas la Warner.

Avez-vous utilisé de vrais drones lors du tournage ?

– On peut effectuer des prises de vue aériennes à l’aide de drones mais, étrangement, ils sont trop petits et pas assez stables pour soutenir une caméra de cinéma. J’ai donc utilisé un hélicoptère ainsi qu’une grue de 60 mètres en balançant légèrement la caméra pour donner l’impression qu’elle vole. J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu.

Salle de contrôle (Voltage Pictures / Sobini films)

« Truman Show », « S1m0ne », « Lord of War » : dans tous vos films, les hommes sont prisonniers de la technologie…

– L’interaction entre les humains et la technologie me passionne.

… Et un individu se retrouve doté du pouvoir d’un dieu.

– Dans « Bienvenue à Gattaca » aussi : la manipulation génétique, c’est jouer à être Dieu. J’ai toujours vu le personnage de Nicolas Cage dans « Lord of War » comme quelqu’un d’invincible. Je l’imaginais traversant un champ de bataille sans baisser la tête, inatteignable. C’est sa malédiction.

Vous aimez gratter les sujets qui fâchent ?

– Je suis sur la « watch list » des autorités américaines depuis « Lord of War ».

Comment le savez-vous ?

– Le FBI m’a rendu visite pour savoir pourquoi j’avais fait jouer un vrai trafiquant d’armes dans le film. Parce que le seul moyen d’obtenir un avion-cargo russe en Afrique est de passer par un trafiquant d’armes. Celui que l’on voit dans « Lord of War » transportait de vraies armes au Congo une semaine avant qu’on le filme rempli de fausses armes. L’équipage russe se foutait de moi en me disant : « Pourquoi t’es pas venu la semaine dernière, on t’en aurait filées des vraies ». Vous vous souvenez du plan avec tous les tanks ? Les cinquante ont été vendus à Kadhafi un mois plus tard.

Propos recueillis par Nicolas Schaller

Voir de même:

« Good Kill » : au temps des drones, un nouvel art de la guerre
Thomas Sotinel
Le Monde

21.04.2015

L’American Sniper de Clint Eastwood était capable d’abattre sa cible à plusieurs centaines de mètres de distance. Le major Tom Egan peut le faire à des milliers de kilomètres. Le major est un as de l’US Air Force, le descendant des pilotes de biplan de la première guerre mondiale, qui fascinaient les Howard, Hawks et Hughes, des héros que filmait John Ford pendant la bataille de Midway en 1942. Mais la vie de guerrier de Tom Egan n’a rien à voir avec celle de ses ancêtres chevaleresques, qui ne savaient jamais le matin s’ils reverraient un jour leur patrie. Le soir, quand le service est fini, le major du XXIe siècle pousse la porte de l’espèce de container dans lequel il a passé sa journée, marche jusqu’au parking, monte dans sa voiture et regagne la périphérie de Las Vegas, sa maison entourée d’un carré de pelouse aussi verte que le désert est poussiéreux. Tom Egan ne pilote plus d’avions depuis longtemps mais dirige des drones qui survolent l’Afghanistan, le Waziristan, le Yémen, la Somalie pour surveiller et punir les ennemis des Etats-Unis.

Andrew Niccol, le réalisateur de Good Kill, est fasciné par les mutations de l’humanité : l’intervention de la génétique dans la définition des rapports sociaux (Bienvenue à Gattaca), la mondialisation – vue à travers le commerce des armes (Lord of War). Ici, il se lance dans une entreprise presque impossible : la mise en scène de la guerre contemporaine, dont l’asymétrie repose sur la disparition physique de l’une des parties en présence, remplacée par des machines. Comme cette ambition s’accompagne d’un souci très américain d’offrir un spectacle correspondant au prix du billet, Good Kill n’est pas tout à fait le film analytique, froid et fascinant que l’on entrevoit lors des premières séquences.

Elles montrent Tom Egan (Ethan Hawke) abruti d’ennui, devant un écran qui offre des images d’une netteté et d’une platitude presque insupportables. On y voit des cours orientales dans lesquelles des gens sans intérêt vaquent à des occupations triviales. Une fois que le renseignement a assigné à ces silhouettes la qualité d’ennemi, Egan peut faire tomber la foudre sur elles. Ce processus clinique, à l’opposé de la fureur guerrière que chérit le cinéma, trouve sa contrepartie civile dans le paysage synthétique de Las Vegas que traverse le soldat pour rentrer chez lui.

Une volonté d’analyse froide
Ethan Hawke est parfait pour le rôle, trouvant un nouvel emploi à cette faille constitutive qui fait qu’on sait toujours qu’il ne sera pas le héros qu’on attendait. Ici, sa frustration d’ancien combattant de terrain (on suppose qu’il a mitraillé et bombardé en Irak et en Afghanistan) honteux de son travail de bourreau à distance qu’il ressent comme une espèce d’impuissance martiale.

Cette description clinique, photographiée avec un soin maniaque du détail et un refus admirable de l’esthétique habituelle des films situés à Las Vegas, est assez vigoureuse et singulière pour empêcher Good Kill de succomber à ses nombreux défauts. Telles les figures dramatiques usées – les disputes conjugales en écho aux drames guerriers (Ethan Hawke a pour épouse January Jones, qui incarne Betty Draper dans la série « Mad Men ») –, la galerie sommaire de stéréotypes qui entourent le major Egan à la base de l’US Air Force, répartis équitablement entre militaires soucieux de leur honneur et ruffians qui voient des ennemis partout.

Malgré ces maladresses (et une fin qui menace de saper le travail intellectuel qui a précédé), Good Kill reste un film passionnant, soulevant (parfois avec beaucoup de raideur) une bonne part des questions posées par les mutations de l’art de la guerre.

On voit les contrôleurs de drones se soumettre aux ordres des services secrets, on les voit tentés par la toute-puissance que leur confère ce pouvoir de voir et de tuer sans être vus ni menacés. Dans les moments où la mise en scène s’accorde avec cette volonté d’analyse froide, Good Kill devient comme une version réaliste de ce qui reste à ce jour le meilleur film d’Andrew Niccol, le cauchemar futuriste de Bienvenue à Gattaca : le portrait d’un monde dont l’homme a exclu sa propre humanité.
Film américain d’Andrew Niccol avec Ethan Hawke, January Jones, Zoë Kravitz (1 h 42).

Toronto: le drame de drones d’Andrew Niccol

Thomas Sotinel

10 septembre 2014

« Good Kill », c’est l’interjection qu’éructent les pilotes de drones une fois leur objectif détruit. Coincés à l’intérieur d’une espèce de caravane, dans le désert du Nevada, ils contrôlent à distance de petits avions sans pilotes qui frappent sans relâches les ennemis des Etats-Unis, en Afghanistan, au Waziristan, au Yemen. Good Kill, le film, raconte le voyage dans la folie d’un ces pilotes, incarné par Ethan Hawke, qui n’arrive pas à faire le deuil de la guerre, la vraie, celle qui révèle la vérité d’un homme.

Ethan Hawke dans Good Kill, d’Andrew Niccol
Andrew Niccol a présenté son film à la Mostra, comme vous l’avez peut-être lu sur ce site. Je ne partage pas la répulsion de ma camarade vénitienne, au contraire. De Bienvenue à Gattaca en Lord of War, Niccol a toujours mis en scène avec précision l’interaction entre l’homme et les machines qu’il crée. Il est peut-être moins à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer les relations entre humains, mais comme l’essentiel de Good Kill est consacré à ces machines invisibles dont les victimes n’apprennent la présence qu’au moment exact de leur mort, ce n’est pas très grave.

Pour l’instant, le film n’a pas trouvé de distributeur en France. En attendant, voici ce que le réalisateur a à en dire.

Qu’est ce qui vous a intéressé dans les drones?

J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression.

Vous avez imaginé la psychologie de ces pilotes?

J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire.

Vous pensez que ce souci de discrétion, de secret même, fait partie la stratégie d’emploi des drones?

Oui, je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi.

Je préfèrerais que vous le fassiez.

Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires.

Vous pensez que l’emploi des drones permet de surmonter cet inconvénient?

Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres.

Il doit y avoir plusieurs bases de pilotages de drones aux Etats-Unis, pourquoi avez vous situé celle du film près de Las Vegas?

L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures.

« Good Kill », par Andrew Niccol, en salles actuellement

« The Good Kill » à la Mostra de Venise : le film américain de trop
Isabelle Regnier (Venise, envoyée spéciale)

Le Monde

06.09.2014

(…)

LA QUESTION DES DRONES

Mais il a fallu attendre vendredi 5 septembre pour découvrir, en compétition, le plus problématique des films américains. Très attendu, The Good Kill d’Andrew Niccol (auteur du très élégant Bienvenue à Gattacca, et du plus englué Master of War) promettait d’interroger la question hautement politique et morale des drones, en suivant un ancien pilote de chasse reconverti en pilote à distance de ces machines meurtrières.

Le film est si mauvais qu’on peine à y croire. À partir d’un scénario qui lorgne du côté de la série Homeland (malaise du pilote de guerre de retour dans la vie civile, cynisme de la CIA, suprématie de la raison d’Etat dans la guerre contre le terrorisme…), Andrew Niccol met en scène des personnages sans épaisseur, sans qualité. Enveloppe vide qui tire la gueule du début à la fin du film, celui d’Ethan Hawke est défini par les rasades de vodka qu’il s’envoie en douce dans la salle de bains ; déambulant en robe cocktail et talons aiguilles dans son pavillon de la banlieue de Las Vegas comme si elle n’était pas tout à fait sortie de la série Mad Men, sa femme, interprétée par l’actrice January Jones, répète en boucle la même réplique : « tu as l’air d’être à des kilomètres… » ; quant à la jeune Zoe Kravitz, qui restera peut-être dans l’histoire comme la femme officier la plus sexy de toute l’histoire de l’armée, elle s’adonne, faute d’avoir plus intéressant à faire, à un festival de moues boudeuses qui pourrait lui valoir un prix dans un festival un peu en pointe. Le reste – monologues didactiques sur l’enjeu militaire et moral des drones, dialogues téléphonés, blagues pas drôles, musique de bourrin – est à l’avenant.

CRITIQUE COSMÉTIQUE

Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat.

La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger.

RÉDEMPTION AHURISSANTE

Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause.

Good Kill
Thriller réalisé en 2014 par Andrew Niccol
Avec Ethan Hawke , Stafford Douglas , Michael Sheets …
Date de sortie : 22 avril 2015

Good Kill – Bande Annonce VOST
SYNOPSIS
Le commandant Tom Egan est un ancien pilote de chasse de l’US Army qui, après de nombreuses missions sur le terrain, se retrouve en service dans une petite base du Nevada où il s’est reconverti en pilote de drones, des machines meurtrières guidées à distance. Derrière sa télécommande Tom opère ses missions douze heures par jour : surveillance des terrains à risque, protection des troupes et exécution des cibles terroristes. Mais de retour chez lui, ses relations avec sa famille sont exécrables. Progressivement confronté à des problèmes de conscience, Tom remet bientôt sa mission en question…

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 22/04/2015

Pour

Un héros américain déchu : pilote de chasse, le commandant Tommy Egan ne fait plus voler que des drones. Enfermé dans un conteneur banalisé, sur une base militaire près de Las Vegas, son écran de contrôle lui montre la Terre, quelque part au Moyen-Orient, filmée de si haut qu’elle en devient presque abstraite. Mais pas pour lui. On lui ­désigne des cibles à bombarder, il voit des humains qu’il doit détruire. Et ça le détruit, comme l’alcool dont il abuse… Il est beau, ce personnage, cet oiseau blessé interprété par Ethan Hawke avec un désenchantement fiévreux digne de Montgomery Clift. Pour mener la guerre d’aujourd’hui, technologique et furtive, il faudrait que le commandant Egan devienne lui-même une machine. Au lieu de quoi, il résiste, pense, souffre. Le film trouve là une dimension mentale séduisante et pleine de tension. Car les états d’âme du militaire surgissent dans une réalité qui semble simplifiée, géométrique, comme les maisons du lotissement où il vit avec sa famille.

La superbe mise en scène d’Andrew Niccol donne toute sa complexité au personnage. Filmé à plusieurs reprises avec un crucifix derrière lui, accroché au mur de la chambre à coucher, il est désigné comme un croyant possible. En tout cas, un homme honnête qui veut rester fidèle à sa femme — alors que tout le pousse vers une charmante collègue — et à son idée du bien. Les autres pilotes de drones, après avoir fait feu, s’exclament « Good kill ! » (« en plein dans le mille ! »). Pour lui, cette logique entre le « good » et le « kill » soulève des interrogations morales. Nobles, assurément, mais qui, dans ce monde explosif et martial, passent par la violence. La guerre, c’est ça. — Frédéric Strauss

Contre

La guerre moderne qui transforme les soldats en snipers de jeux vidéo : un sujet en or pour le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of war. Hélas, Andrew Niccol accumule les archétypes : l’ancien pilote, partagé entre le devoir et la cul­pabilité, sa collègue féminine qui verse une larme en gros plan en appuyant sur le bouton de la mort, le ­supérieur galonné qui débite des discours lourdement explicatifs… Dans American Sniper, Clint Eastwood filmait un homme formé à obéir et à tuer sans chercher à définir ce qu’est un « bon » ou un « mauvais » soldat. Andrew Niccol, lui, s’arroge ce droit et plonge dans la complaisance. Pendant tout le film, il prépare le terrain, il montre plusieurs fois, sur l’écran de contrôle, un salaud, un violeur, la pire des ordures. Enfin une cible que le sniper pourra dégommer sans remords — depuis son scénario du Truman Show, il n’a qu’une obsession : l’homme qui se prend pour Dieu. Mais à aucun moment, ici, il ne condamne le geste de ce soldat qui, à force d’exercer le droit de vie et de mort à distance, se change en justicier. Le film réquisitoire contre la sale guerre devient, dès lors, un thriller qui crée le malaise et met en rage. — Guillemette Odicino

Frédéric Strauss;Guillemette Odicino

Ethan Hawke et Andrew Niccol
« Good Kill », une drone de guerre
Ethan et Andrew posent pour Paris Match. © Patrick Fouque
Le 23 avril 2015 | Mise à jour le 23 avril 2015
Christine Haas

Dans «Good Kill», tuer à distance provoque des dégâts qui n’ont rien de virtuel…

«Good Kill ! » est la phrase glaçante que prononce le pilote de drone en atteignant sa cible quelque part en Afghanistan, à 11 000 kilomètres de la base militaire de Las Vegas où il « combat » douze heures par jour, installé dans un compartiment climatisé. Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile…

Face à cette inconfortable vérité, l’armée américaine n’a pas soutenu le projet du subversif Andrew Niccol, qui avait déjà agacé avec sa leçon de géopolitique dans « Lord of War ». Pour son scénario, le cinéaste s’est nourri des conseils d’anciens pilotes de drone. « Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement, explique-t-il. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. »

Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. « Il combat les talibans tout l’après-midi, explique l’acteur, puis il rentre chez lui, passe la soirée en famille et, le lendemain matin, retourne faire la guerre. Sa psychose traumatique s’accentue lorsqu’il se demande si l’Amérique ne suscite pas plus le terrorisme qu’elle ne l’éradique. C’est la triste possibilité d’une guerre sans fin qui semble se dessiner… »

«Good Kill», en salle actuellement.

Voir encore:

« Good Kill », les drones noyés sous le pathos
Andrew Niccol fait mine de s’attaquer aux questions posées par la suprématie technologique de l’armée américaine, mais déçoit avec un film caricatural.
La Croix
21/4/15

GOOD KILL

d’Andrew Niccol Film américain, 1 h 42

Présenté lors de la dernière Mostra de Venise, au mois de septembre 2014, Good Kill avait, sur le papier, de quoi retenir l’attention. D’abord pour son thème – l’utilisation massive de drones par l’armée américaine –, encore très peu exploité par le cinéma hollywoodien.

Ensuite pour la personnalité de son réalisateur, Andrew Niccol, scénariste de The Truman Show à ses débuts, à qui l’on doit un film d’anticipation très réussi, Bienvenue à Gattaca (1998), mais aussi Simone (2002), Lord of War (2005), Les Ames Vagabondes (2013)…

Autant de longs-métrages qui, s’ils ne révèlent pas à toute force la personnalité d’un auteur, proposent de réfléchir par-delà le simple divertissement. Dans le cas présent, il faut hélas déchanter.

Voici donc l’histoire du commandant Tommy Egan (Ethan Hawke), pilote de chasse de l’armée de l’air américaine, affecté au guidage de drones en attendant de retrouver une affectation digne de son rang. Depuis sa base située dans les environs de Las Vegas, avec des horaires de fonctionnaire, il traque les Talibans afghans à l’aide de ces aéronefs sans équipage, concentrés de technologies censés permettre des « frappes chirurgicales ».

Supportant mal de délivrer la mort sans être lui-même engagé physiquement, Tommy Egan vit des heures d’autant plus difficiles que les services secrets américains s’immiscent souvent dans son travail, désignant des cibles sans donner de raisons et faisant peu de cas des éventuels dommages collatéraux.

Le questionnement moral du soldat se trouve décuplé par la toute-puissance et l’omniscience dont il semble jouir derrière ses manettes. Son malaise, son impuissance à agir, l’incitent à se transformer en justicier solitaire, en dépit de sa hiérarchie et des procédures d’encadrement existantes.

Un scénario caricatural

Good Kill ne fait pas longtemps illusion : si le sujet autorisait une réflexion intéressante sur la guerre technologique, ses risques et limites, le scénario se charge de la caricaturer et de l’étouffer sous une épaisse couche de pathos.

Le pilote de drone cache ses bouteilles de vodka et, incapable de s’extraire de ses obsessions, voit son couple et sa famille se déliter sous ses yeux. Sempiternelle rengaine. Hollywood, dont on connaît la capacité à s’emparer du réel, donne ici plutôt l’impression de faire du vieux avec du neuf. La portée critique du film s’en trouve considérablement réduite.

Voir enfin:

«Charlie Hebdo»: un chef d’al-Qaïda tué par un drone au Yémen
RFI
07-05-2015

Nasser bin Ali al-Ansi avait revendiqué l’attentat de «Charlie Hebdo» en janvier 2015. AFP PHOTO / HANDOUT / SITE Intelligence Group
Un haut responsable d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a été tué par un tir de drone américain au Yémen. L’information est donnée par l’organisation elle-même, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes. Nasser al-Ansi est connu pour avoir revendiqué l’attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier en France.

Nasser al-Ansi, stratège militaire du réseau extrémiste, était apparu dans plusieurs vidéos d’Aqpa. C’est lui qui, le 14 janvier, affirmait que son groupe avait mené, par l’intermédiaire des frères Kouachi, la tuerie de Charlie Hebdo une semaine plus tôt, pour « venger » Mahomet, caricaturé par le journal satirique français. L’homme est aussi connu pour ses discours faisant l’apologie des attaques en Europe et aux Etats-Unis. Il avait rendu Barack Obama responsable de la mort de deux otages occidentaux que son groupe détenait, lors d’une tentative de libération.

La mort d’Ansi a été annoncée par un responsable d’Aqpa, Abou al-Miqdad al-Kindi dans une vidéo diffusée sur Twitter, selon SITE. Le centre américain de surveillance des sites islamistes précise que « selon des informations de presse, Ansi a été tué par un raid de drone à Moukalla, une ville du gouvernorat du Hadramout au Yémen, en avril avec son fils et six autres combattants ». Le Pentagone, comme à l’habitude, n’a pas souhaité commenter ces informations.

Selon une biographie fournie en novembre 2014 par Aqpa, Nasser ben Ali al-Ansi est né en octobre 1975 à Taëz, au Yémen. Il a participé au « jihad » en Bosnie en 1995, avant de retourner au Yémen puis de se rendre au Cachemire et en Afghanistan. Il avait rencontré Oussama ben Laden qui l’avait chargé de questions administratives, avant de participer à davantage de camps d’entraînement où il avait excellé. Il a été emprisonné six mois au Yémen puis avait rejoint Aqpa en 2011.

Sa mort, pour laquelle Washington offrait une récompense de cinq millions de dollars, est un coup réel porté à l’organisation, qui a profité de la guerre civile au Yémen pour reprendre des positions. Cela signifie aussi que le Pentagone a continué de recevoir des informations en provenance de ce pays malgré la crise, et le retrait de ses marines.


Nucléaire iranien: Plus ça change … (Surprise! Iran’s Persian statement on ‘deal’ turns out to contradict Obama’s claims)

5 avril, 2015
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Les faucons affirment (…) que le président Ahmadinejad a déclaré vouloir “rayer Israël de la carte”. Mais cet argument repose sur une mauvaise traduction de ses propos. La traduction juste est qu’Israël “devrait disparaître de la page du temps”. Cette expression (empruntée à un discours de l’ayatollah Khomeiny) n’est pas un appel à la destruction physique d’Israël. Bien que très choquant, son propos n’était pas un appel à lancer une attaque, encore moins une attaque nucléaire, contre Israël. Aucun État sensé ne peut partir en guerre sur la foi d’une mauvaise traduction. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt (2007)
Si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront une main tendue de notre part. Barack Hussein Obama (27.01.09)
Let there be no doubt: America is determined to prevent Iran from getting a nuclear weapon, and I will take no options off the table to achieve that goal. Barack Hussein Obama (24.01.12)
 Aujourd’hui, les estimations indiquent que l’Iran est à seulement deux ou trois mois de l’acquisition des matières premières qui pourraient être utilisées pour produire une seule bombe nucléaire. En vertu de cet accord, l’Iran a accepté de ne pas stocker les matériaux nécessaires pour construire une arme. Même s’il violait l’accord, pour les dix prochaines années au moins, l’Iran serait à un minimum d’un an de l’acquisition d’assez de matériaux pour fabriquer une bombe. (…) L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires. Si l’Iran triche, le monde le saura. (…)  C’est un bon accord qui répond à nos objectifs fondamentaux, y compris des limites strictes sur le programme de l’Iran afin de couper toutes les voies que Téhéran pourrait prendre pour développer une arme nucléaire. (…) Puisque le chef suprême de l’Iran a émis une fatwa contre le développement des armes nucléaires, ce cadre donne à l’Iran la possibilité de vérifier que son programme est bien pacifique. Barack Hussein Obama (2015)
In return for Iran’s actions, the international community, including the United States, has agreed to provide Iran with phased relief from certain sanctions. If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place (…) —even though that’s always led to Iran making more progress in its nuclear program … Barack Hussein Obama
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
Israël doit disparaître (…) Israël est une vieille blessure sur le corps du monde musulman. Hassan Rohani (2013)
Les grandes puissances ont reconnu à l’Iran le droit à l’enrichissement (…) Certains pensent qu’il faut soit se battre avec le monde, soit se rendre face aux grandes puissances. Nous croyons à une troisième option, nous pouvons coopérer avec le monde. Hassan Rohani (2015)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry spokeswoman, 26.11.13)
The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments (…) Why don’t we all stick to what we agreed to ? Why do we need to produce different texts ? (…) The terminology is different. The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again (…) And I urge you to read the entire text. If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. (…) What Iran has agreed is not to enrich above 5%. We did not agree to dismantle anything. Javad Zarif (Iranian foreign minister, 23.01.14)
We expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. Senior Obama administration official (23.01.14)
La victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations. Javan (journal iranien proche des Gardiens de la révolution)
Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main. NYT
Just hours after the announcement of what the United States characterized as a historic agreement with Iran over its nuclear program, the country’s leading negotiator lashed out at the Obama administration for lying about the details of a tentative framework. Iranian Foreign Minister Javad Zarif accused the Obama administration of misleading the American people and Congress in a fact sheet it released following the culmination of negotiations with the Islamic Republic. (…) The pushback from Iran’s chief diplomat follows a pattern of similar accusations by senior Iranian political figures after the announcement of previous agreements. Following the signing of an interim agreement with Iran aimed at scaling back its nuclear work, Iran accused the United States of lying about details of the agreement. Free Beacon
It only took North Korea 12 years to get a nuclear weapon from the time we reached the agreed framework in 1994 to the time they tested their first weapon in 2006. Tom Cotton
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie. (…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. (…) Following the war (…) The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. (…) And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt. Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. In practice, Saddam (…) pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode. (…) Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia. In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program. (…) Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians. (…) If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin. Charles Duelfer
Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis. A year may simply not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations. Michael Hayden, Olli Heinonen and Ray Takeyh (former CIA director, former IAEA deputy chief and Iran expert)
After negotiations with North Korea (shortened here to “NK”)—and after the CIA reports that NK has separated enough plutonium for one or two nuclear weapons—the U.S. and NK in 1994 sign the Agreed Framework in Geneva. With NK promising to eliminate its ability to produce nuclear weapons, the Agreed Framework is hailed as a major diplomatic triumph for the Clinton presidency. Through 1996-97, the U.S. negotiates with NK over ballistic-missile proliferation. (…) In October 2002, the U.S. says North Korea has admitted it has had a secret program to enrich weapons-grade uranium. (…) North Korea then cuts the IAEA seals on its nuclear factories, withdraws from the Non-Proliferation treaty and restarts a nuclear reactor. Talks resume in Beijing in April 2003. North Korea says it possesses nuclear weapons—but will dismantle its “nuclear facility” in return for fuel oil and food. In February 2005, NK’s foreign ministry says again that it has produced nuclear weapons. Months later, the Koreans now say they are willing to abandon “all nuclear weapons” and rejoin the nonproliferation treaty. A new round of talks begin. (…) In October, North Korea explodes a nuclear device in an underground test. (…)  NK says it is no longer “bound” by any agreements. On May 25, 2009, North Korea conducts its second underground nuclear test. (…) In November 2010, NK announces it has a 2,000-centrifuge uranium enrichment factory. In early 2012, the Obama administration offers to give 240,000 metric tons of food in return for “strict monitoring.” (…) In early 2013, a monitoring group detects activity with “explosion-like characteristics” at North Korea’s underground test site. (…) Last November, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said that North Korea is ready to the resume six-party talks. Every member of the Senate should read the full 81-page chronology. North Korea proves, irrefutably, that the “talks” model, absent credible measures of coercion or threat, won’t work. Iran knows it has nuclear negotiators’ immunity: No matter how or when Iran debauches any agreement, the West, abjectly, will request—what else?—more talks. Iran’s nuclear-bomb and ballistic-missile programs will go forward, as North Korea’s obviously did, no matter what. Bret Stephens
Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (…), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? (…) La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres. (…) Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (…) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain. Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (…) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran. Dedefensa
Les résolutions du Conseil de sécurité exigeaient l’arrêt des centrifugeuses. Aujourd’hui, on accorde à l’Iran le droit d’en conserver 6 000. Donc, petit à petit, les Iraniens, qui ne sont pas sur une même échelle du temps que les démocraties occidentales, obtiennent des concessions diplomatiques réelles et cruciales, tout en violant les lois internationales. Jean-Sylvestre Mongrenier
The first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw. All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner. (…) It is not only in their length that the texts differ. They amount to different, at times starkly contradictory, narratives. The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin. The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions. The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details. » (…) Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran. He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains. Amir Taheri

Attention: un déjà vu peut en cacher un autre !

Différences de longueur (291 en anglais pour la version irano-européenne, 512 pour la version persane, 231 pour la française, 1,318 pour l’américaine), différences de contenu (modèle de vacuité pour les versions irano-européenne ou française, « étonnantes spécificité et exhaustivité » du côté américain), différences d’étiquetage (simple « communiqué de presse » pour les Iraniens, « Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif » pour les Américains), différences syntaxiques (réduction, dans la version persane, de tout ce que la version américaine présente comme des « décisions » à des spéculations impersonnelles pour ce qui pourrait apparaitre comme des concessions iraniennes, précision persane au contraire pour les concessions occidentales), oppositions diamétrales (arrêt contre continuation de l’utilisation de centrifugeuses avancées, démantèlement contre modernisation du réacteur d’Arak, levée progressive contre immédiate des sanctions), disparitions pures et simples (supervision sur 10, 15 ou même 25 ans annoncées par les Obama et Kerry eux-même disparaissant totalement des versions persane, italienne et française), flagrantes contre-vérités (les 800 centrifugeuses iraniennes du début du premier mandat du président américain passant mystérieusement dans sa bouche à 6 000, toutes les voies coupées pour atteindre une bombe atomique qui pourraient néanmoins permettre l’obtention de celle-ci en un an, la fausse alternative entre la reddition préemptive actuelle et la guerre) …

Au lendemain d’un prétendu accord

Que tant le prétendu chef du Monde libre que ses thuriféraires …

Nous avaient vendu comme « historique » et « modèle de succès de la diplomatie multilatérale » ayant « toutes les chances d’être encore enseigné dans trente ans au sein des universités de sciences politiques du monde entier »  …

A coup de « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde » et d’ « aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire » …

Avec son imparable pièce maitresse de sanctions qu’il suffit en cas de tricherie de remettre en place même si bien sûr on sait qu’elles sont inefficaces

Et contre lequel étaient censés se « déchainer » les conservateurs de tout poil alors que « les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin »…

Alors que quelques heures à peine après ledit accord, les négociateurs iraniens accusaient déjà comme ils l’avaient fait il y a deux ans la Maison Blanche de mensonges sur la teneur exacte des termes du prétendu accord …

Et que Moscou attend son tour pour demander le démantèlement du bouclier antimissile européen et renforcer contre d’éventuelles frappes israéliennes ou occidentales la défense anti-aérienne iranienne …

Comment ne pas voir avec l’iranologue Tamer Aheri …

Derrière l’étrange impression de déjà vu munichois que les plus indécrottables des néoconservateurs avaient osé évoquer …

Comme d’un certain accord-cadre nord-coréen dont un certain président Clinton nous avait il y a onze ans dit tant de bien …

Et sans parler, concernant l’autre pièce maitresse du système, du fiasco lui aussi historique des inspections contre l’Irak de Saddam

La routine à présent bien rodée, après bientôt treize ans d’âpres négociations et pas moins de six résolutions contraignantes de l’ONU, de maitres-casuistes …

A qui on s’en souvient on devait déjà l’incomparable poésie d’un Israël …

Qui ne devait pas être « rayé de la carte » comme une traduction fautive nous l’avait un temps fait croire …

Mais tout simplement… « disparaitre de la page du temps » ?

Iran’s Persian statement on ‘deal’ contradicts Obama’s claims

Amir Taheri

April 4, 2015

“Iran Agrees to Detailed Nuclear Outline,” The New York Times headline claimed on Friday. That found an echo in the Washington Post headline of the same day: “Iran agrees to nuclear restrictions in framework deal with world powers.”

But the first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw.

All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner.

First, we have a joint statement in English in 291 words by Iranian Foreign Minister Muhammad Javad Zarif and the European Union foreign policy point-woman Federica Mogherini, who led the so-called P5+1 group of nations including the US in the negotiations.

Next we have the official Iranian text, in Persian, which runs into 512 words. The text put out by the French comes with 231 words. The prize for “spinner-in-chief” goes to US Secretary of State John Kerry who has put out a text in 1,318 words and acts as if we have a done deal.

It is not only in their length that the texts differ.

They amount to different, at times starkly contradictory, narratives.

The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin.

The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions.

The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details.”

When referring to what Iran is supposed to do, the Iranian text uses a device of Persian grammar known as “nakarah,” a form of verbs in which the authorship of a deed remains open to speculation.

For example: “ It then happened that . . .” or “that is to be done.”

But when it comes to things the US and allies are supposed to do, the grammatical form used is “maerfah” which means the precise identification of the author.

This is an example of the first form: “The nuclear facilities at Fordow shall be developed into a center for nuclear research and advanced Physics.” It is not clear who is going to do those things, over what length of time, and whether that would be subject to any international supervision

An example of the second form: “The United Nations shall abrogate its previous resolutions while the United States and the European Union will immediately lift sanctions [imposed on] financial, banking, insurance, investment and all services related to oil, gas, petrochemicals and car industry.”

The Iranian text opens by insisting that it has absolutely no “legal aspect” and is intended only as “a guideline for drafting future accords.”

The American text claims that Iran has agreed to do this or that, for example reducing the number of centrifuges from 19,000 to 6,500.

The Iranian text, however, says that Iran “shall be able to . . .” or “qader khahad boud” in Farsi to do such a thing. The same is true about enrichment in Fordow. The Americans say Iran has agreed to stop enrichment there for 15 years. The Iranian text, however, refers to this as something that Iran “will be able to do,” if it so wished.

Sometimes the two texts are diametrically opposed.

The American statement claims that Iran has agreed not to use advanced centrifuges, each of which could do the work of 10 old ones. The Iranian text, however, insists that “on the basis of solutions found, work on advanced centrifuges shall continue on the basis of a 10-year plan.”

The American text claims that Iran has agreed to dismantle the core of the heavy water plutonium plant in Arak. The Iranian text says the opposite. The plant shall remain and be updated and modernized.

In the past two days Kerry and Obama and their apologists have been all over the place claiming that the Iranian nuclear project and its military-industrial offshoots would be put under a kind of international tutelage for 10, 15 or even 25 years.

However, the Persian, Italian and French texts contain no such figures.

The US talks of sanctions “ relief” while Iran claims the sanctions would be “immediately terminated.”

The American text claims Tehran has agreed to take measures to reassure the international community on military aspects of its nuclear project, an oblique reference to Iran’s development, with help from North Korea, of missiles designed to carry nuclear warheads. There is absolutely no echo of that in the Iranian and other non-American texts.

In his jubilatory remarks in the Rose Garden Thursday, Obama tried to sell the Americans a bill of goods.

He made three outrageous claims.

The first was that when he became president Iran had “ thousands of centrifuges” which would now be cut down to around 6,000. In fact, in 2008, Iran had only 800 centrifuges. It was on Obama’s watch and because of his perceived weakness that Iran speeded up its nuclear program.

The second claim was that thanks to the scheme he is peddling “all of Iran’s paths” to developing a nuclear arsenal would be blocked. And, yet, in the same remarks he admitted that even if the claimed deal is fully implemented, Iran would still be able to build a bomb in just a year, presumably jumping over the “blocked paths.”

Obama’s worst claim was that the only alternative to his attempts at surrendering to the obnoxious Khomeinist regime would be US involvement in “another ground war in the Middle East.”

He ignores the fact that forcing Iran through diplomatic action, sanctions and proximity pressures to abide by six UN resolutions could also be regarded as an alternative. In other words, preemptive surrender is not the only alternative to war.

Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran.

He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains.

Voir aussi:

Iranian official on nuke deal: ‘We did not agree to dismantle anything’
Tom Cohen

CNN
January 23, 2014

(CNN) — Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif insisted Wednesday that the Obama administration mischaracterizes concessions by his side in the six-month nuclear deal with Iran, telling CNN in an exclusive interview that « we did not agree to dismantle anything. »

Zarif told CNN Chief National Security Correspondent Jim Sciutto that terminology used by the White House to describe the agreement differed from the text agreed to by Iran and the other countries in the talks — the United States, Britain, France, Russia, China and Germany.

« The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments » under the agreement that took effect Monday, Zarif said in Davos, Switzerland, where he was attending the World Economic Forum.

As part of the accord, Iran was required to dilute its stockpile of uranium that had been enriched to 20%, well above the 5% level needed for power generation but still below the level for developing a nuclear weapon.

In addition, the deal mandated that Iran halt all enrichment above 5% and « dismantle the technical connections required to enrich above 5%, » according to a White House fact sheet issued in November after the initial agreement was reached.

Zarif accused the Obama administration of creating a false impression with such language.

« The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again, » he said, urging Sciutto to read the actual text of the agreement. « If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. »

He repeated that « we are not dismantling any centrifuges, we’re not dismantling any equipment, we’re simply not producing, not enriching over 5%. »

« You don’t need to over-emphasize it, » Zarif said of the White House language. A separate summary sent out by the White House last week did not use the word dismantle.

In an interview with CNN’s Fareed Zakaria on Wednesday, Iranian President Hassan Rouhani echoed Zarif’s statement, saying the government will not destroy existing centrifuges. However, he added: « We are ready to provide confidence that there should be no concern about Iran’s program. »

Responding to Zarif’s comments to CNN, a senior administration official said « we expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. »

Iranian and U.S. officials have tried to sell the nuclear agreement to domestic opponents in their respective countries who could scuttle it.

Iranian officials have called the interim pact a victory and said it failed to halt the nation’s nuclear development program, while U.S. officials say the agreement essentially froze Iran’s nuclear program and rolled back some capabilities.

Zarif noted the political pressure facing both sides, which includes a push in Congress for more sanctions against Iran that Tehran warns would destroy any chance for success in talks on a long-range nuclear agreement intended to prevent development of an Iranian nuclear weapon.

« All of us are facing difficulties and oppositions and concerns and misgivings, » he said, noting he had been summoned Wednesday to Iran’s parliament to answer questions.

Asked about his relationship with Secretary of State John Kerry, Zarif called it « very difficult because we’re both going into these negotiations with a lot of baggage. »

Progress has been made, he said, but « it’s yet too early to talk about trust. »

Zarif and Rouhani traveled to Switzerland for annual gathering of world political and business leaders in Davos as a new round of Syrian talks started in Montreux before moving to Geneva.

Iran, a major backer of Syrian President Bashar al-Assad, was invited to the Syrian talks by U.N. Secretary General Ban Ki-moon, then disinvited under pressure from the United States because Tehran refused to endorse conditions in a previous agreement setting up the talks.

« We do not like the way Iran was treated, » he said, adding « it did not enhance the credibility of the United Nations or the office of the Secretary General. »

Zarif expressed hope that the Syrian talks could succeed, but he criticized Syrian opposition groups and their supporters that opposed Iran’s participation in the talks for what he called spreading extremism and trying to impose their will on the Syrian people.

He explained Iran’s support for the Syrian government, a longtime ally, by saying « Iran finds itself in a situation where we see the very prominent and serious danger of terrorism, extremism, sectarian tension being fed from outside and creating a very dangerous environment in Syria. »

To Zarif, an agreement among Syrians that brings a democratically elected government is the only solution, and he dismissed concerns that a free and fair vote would be impossible with al-Assad in power and running as a candidate.

Kerry said earlier Wednesday in Montreux that there was « no way » al-Assad will be part of a transitional government sought by the Geneva talks.

« Why don’t we talk about it? » Zarif asked. « And why don’t we allow the Syrians to talk about how they can conduct a free and fair election? Why do people need to set an agenda and impose their agenda on the Syrian people? »

Sciutto also asked Zarif about his visit last week to lay a wreath at the grave of Hezbollah leader Imad Mugniyah in Lebanon.

The United States condemned the gesture, saying Mugniyah was « responsible for heinous acts of terrorism that killed hundreds of innocent people, including Americans, » said a statement by National Security Council spokesperson Caitlin Hayden.

Zarif responded that his visit should be seen in the same context as the U.S. delegation that attended the recent funeral of Ariel Sharon, the former Israeli leader who was defense minister when mass killings occurred at refugee camps under his command in 1982.

« It’s a decision based on national perceptions and national beliefs, » he said, describing Mugniyah as a revered figure for resisting Israeli occupation while calling Sharon responsible for the massacre of Palestinians and Lebanese in the Sabra and Shatila camps.

« I believe Sabra and Shatila were crimes against humanity, » Zarif said.

 Voir également:

Prominent Iranian Analyst, Author, And Columnist Amir Taheri: Nobody Has Actually Seen Khamenei’s Anti-Nuclear Fatwa, Which Obama Often Quotes
In a March 14, 2014 article in the London daily Al-Sharq Al-Awsat, titled « Obama, the Bomb and the Fatwa, » prominent Iranian Middle East analyst, author, and columnist Amir Taheri berates U.S. President Barack Obama for citing an anti-nuclear fatwa allegedly issued by Iranian Supreme Leader Ali Khamenei and presenting it as proof that Iran’s nuclear program is peaceful.[1]

MEMRI

March 17, 2014

Taheri, who was editor of the Iranian daily Kayhan before the Islamic revolution and today resides in Europe, notes that neither Obama nor anyone else has ever seen this fatwa, and that, even if it exists, it is likely to be phrased so ambiguously as to be open to countless interpretations. Moreover, he says, Iranian clerics recently voiced opinions suggesting that the religious ban on nuclear weapons is by no means absolute. One ayatollah even implied that building a nuclear bomb is a necessary condition for the return of the Mahdi, the Shi’ite messiah.

Taheri concludes that, before touting this fatwa, Obama should at least demand to see it. He also advises him to remember that Khamenei is not considered a big religious authority in Iran, so his fatwa, if it exists, does not necessarily carry much weight.

The following is the article, as it appeared in the English edition of Al-Sharq Al-Awsat:[2]

Amir Taheri

« When lobbying to prevent further sanctions against Iran over its nuclear program, US President Barack Obama often refers to a fatwa, an Islamic religious opinion. According to Obama, the fatwa supposedly issued by ‘Supreme Guide’ Ali Khamenei, confirms Tehran’s claims that its nuclear program is entirely peaceful. Obama does not quote the text of the mysterious fatwa, nor does he tell us where and when he saw it.

« The trouble is that no one has actually seen the fatwa, although many people comment on it. In a bizarre twist, some mullahs even quote Obama as the source that confirms the existence of the fatwa. ‘Our Supreme Guide has issued a fatwa against the use of nuclear weapons, as confirmed by the President of the United States,’ Ayatollah Mahmoud Yussefwand told the official Islamic Republic News Agency (IRNA) last week.

« Presented as a ‘Theological Expert of the Scientific Center,’ the ayatollah was one of more than 100 mullahs and government officials who attended a two-day conference in Tehran on ‘A Theological View of Nuclear Weapons.’ None of the speakers claimed that he had seen the text of the fatwa. Nor did anyone suggest that the fatwa—if there were such a thing—was meant to stop the Islamic Republic from securing the means of making a bomb.

« A few speakers, including Yussefwand, suggested that the use, though not the building and/or stockpiling of such weapons, might be haram, or forbidden. ‘Islam uses the term ifsad [corruption] to ban a number of weapons of mass destruction,’ Yussefwand said. ‘The term specifically designates poisoning water resources, the cutting down of forests and the use of arson as a weapon of war.’ The ayatollah then wondered whether the principle could also apply to nuclear weapons. He did not offer a definite opinion. In other words, no such ban exists at the moment.

« Another theologian, Ali-Reza Qorban-Nia, explained that adopting an ‘Islamic position’ on nuclear weapons would not be easy. On the one hand, he argued, such weapons could be banned because they ‘are blind in targeting,’ in the sense that they could ‘wipe out believers and kuffar [infidels] alike.’ On the other hand, ‘Shi’ite Islamic rules of war’ strongly recommend the use of any weapon that could accelerate the destruction of the enemies of the Umma. According to Qorban-Nia, this is indicated in the principle of ma-yarji bel-fatah, or ‘that which creates hopes of victory.’ Thus, if a nuclear bomb could ensure ultimate victory for the believers, it should not be shunned.

« To confuse matters further, Ayatollah Bahman Akbari claimed that Khamenei’s statements, though not the fatwa, which may not even exist, show that the Islamic Republic sees nuclear weapons as ‘a deterrent that assures the reciprocal destruction of the adversary.’ In other words, developing a nuclear arsenal for deterrent purposes could be licit. Akbari also suggested that the issue of a nuclear arsenal be examined ‘in the context of other weapons of mass destruction, including chemical and biological.’ This means that nuclear weapons should not be discussed as a special category, presumably the ultimate evil.

« During the seminar, two theologians, Mahmoud Hekmati-Nia and Hashem Zaafarani, criticized Akbari for not actually referring to Khamenei’s fatwa. The reason, of course, was that neither Akbari nor anyone else had seen the non-existent document.

« The closest reference to Khamenei’s fatwa came in a speech by the spokesman for the Iranian Atomic Energy Agency, Behruz Kamalvand, when he said: ‘Our Supreme Leader has fixed our slogan: ‘Nuclear weapons for no nation, nuclear energy for all nations! » In other words, the Islamic Republic would be prepared to abandon the military aspects of its nuclear program only in the context of global nuclear disarmament. And, if others had nuclear weapons, why should Iran deny itself such an instrument?

« While the conference was under way, Ayatollah Hassan Mamduhi, a member of the Assembly of (Clerical) Experts, offered an enigmatic quotation from the late Ayatollah Aziz-Allah Khoshwaqt to the effect that the Hidden Imam would conclude his Grand Occultation only when his ‘sword’ was ready. ‘The Return of the Mahdi is conditional on what our nuclear scientists are doing,’ Mamduhi said, without elaborating. The Tehran media, however, claimed that ‘The Sword of the Imam’ in the modern world could only mean a nuclear arsenal.

« A week later, Ayatollah Ahmad Jannati, head of the Council of the Guardians of the Constitution, claimed in a Friday sermon that the return of the Hidden Imam was ‘ imminent’ thanks to ‘fantastic progress’ achieved by the Islamic Republic in Iran. Ayatollah Khoshwaqt, who died last year, was regarded as Khamenei’s teacher and ‘guru’ and a strong opponent of negotiations to limit any aspect of the Islamic Republic’s nuclear program. His views have found echoes among a number of Khomeinist clerics who argue that, with the US in retreat under Obama, there is no reason to make concessions to the P5+1 group.

« One prominent cleric, Ayatollah Mahmoud Nabawian, has published a 40-page essay arguing that Tehran is now in a position to tell the rest of the world to ‘get lost.’ Another critic is Muhammad-Javad Larijani, son of an ayatollah and brother of Chief Justice Sadeq Larijani. He argues that Islamic powers should only ask non-Islamic nations to ‘submit’ to God’s ‘Final Word.’ In 1988, he carried a letter from Ayatollah Khomeini to Mikhail Gorbachev, inviting him to convert to Shi’ism.

« Obama would do well to consider three points before beating the drums for the mullahs. The first is that the famous fatwa either does not exist or is couched in the style of obfuscation that would open it to countless interpretations. The least that Obama should do is demand to see the fatwa that he is defending as a text that trumps even international law. The second point is that Khamenei, though a major political figure in Tehran, is not generally regarded as a theological heavyweight. In religious terms, any of the 10 or 12 grand ayatollahs and hundreds of lower-ranked clerics could overrule Khamenei’s fatwas.

Finally, Obama should know that the Iran nuclear project is a political issue and not a religious issue to be settled with a fatwa, which is, in any case, just an opinion and in no way legally binding on any individual, let alone the Islamic Republic as a nation-state. »

Endnotes:

[1] On the fatwa and Obama’s endorsement of it, see:

Special Dispatch No. 5406, « Release Of Compilation Of Newest Fatwas By Iranian Supreme Leader Khamenei – Without Alleged Fatwa About Nuclear Bomb, » August 13, 2013;

MEMRI Special Dispatch No. 5461, « President Obama Endorses The Lie About Khamenei’s ‘Fatwa’ Against Nuclear Arms, » September 29, 2013;

MEMRI Inquiry & Analysis No. 1022, « The Official Iranian Version Regarding Khamenei’s Alleged Anti-Nuclear Weapons Fatwa Is A Lie, » October 4, 2013.
[2] Aawsat.net, March 14, 2014.

Fact Checker
Did Iran’s supreme leader issue a fatwa against the development of nuclear weapons?
Glenn Kessler

Washington Post

November 27, 2013

A handout picture released by the official website of Iran’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, shows him delivering a speech in Tehran on November 20, 2013. (AFP PHOTO/ KHAMENEI.IR)

“Iran’s supreme leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons.”

– President Obama, statement regarding conversation with President Rouhani, Sept. 27, 2013

“The supreme leader of Iran has said that there is a fatwa to development of a nuclear weapon.”

– Senior administration official, background briefing, Nov. 24, 2013

“So I close by saying to all of you that the singular objective that brought us to Geneva remains our singular objective as we leave Geneva, and that is to ensure that Iran does not acquire a nuclear weapon. In that singular object, we are resolute. Foreign Minister [Mohammad Javad] Zarif emphasized that they don’t intend to do this, and the supreme leader has indicated there is a fatwa, which forbids them to do this.”

– Secretary of State John F. Kerry, remarks to the media, Geneva, Nov. 24, 2013

As part of the administration’s diplomacy with Iran, senior officials have claimed that the supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, has issued a fatwa against the development of nuclear weapons. A fatwa is a ruling by a religious authority, often with judicial implications. As Khamenei is the ultimate authority in Iran, his statements would seem to carry significant weight.

But there is a fine line between a fatwa and mere statements made by the leader to the media. As Abbas Milani of Stanford University put it, “The issue of the fatwa is complicated. Whether it actually exists and even whether Mr. Khamenei is entitled to issue fatwas and finally how changeable are fatwas are all contested matters.”

It may not even matter if the fatwa exists. Karim Sadjadpour, an expert on Khamenei at the Carnegie Endowment for International Peace, said that it appears that Obama is referencing the fatwa in order to give the Iranians an easier route to compromise — because of their religious beliefs, not because of U.S.-led sanctions.

“I don’t think Ayatollah Khamenei’s fatwa reassures Obama that Iran doesn’t seek a nuclear weapons capability,” Sadjadpour said. “But if he can offer Khamenei a graceful way to stand down, that’s in his interests.”

With that in mind, let’s explore what is known about the alleged fatwa.
The Facts

Caitlin Hayden, a spokeswoman for the White House National Security Council, said the Iranian government was the best source for information. But she added: “Many Iranian officials have spoken of the fatwa publicly, and their comments are publicly available. There are various descriptions of it in the public domain. And importantly, the Iranians have also referenced the fatwa in our negotiations.”

Indeed, the Iranian government’s slick new Web site on its nuclear program, http://www.nuclearenergy.ir, includes an entire section on the nuclear fatwa.

The Iranian Web site appears to trace the roots of Khamenei’s fatwa, which it claims was first issued in 2003, to a fatwa uttered by his predecessor, Ayatollah Ruhollah Khomeini, concerning a ban on the production and use of chemical weapons during the Iran-Iraq war.

But there’s one problem: Iran admitted to chemical weapons production after it ratified the Chemical Weapons Convention (CWC) in 1997, and U.S. intelligence agencies suspected Iran of maintaining a chemical weapons stockpile at least until 2003. So what does it say if the origin of the supposed fatwa is based on an apparently misleading statement?

[Update: Gareth Porter, in a rebuttal to this column, says that Iran only said that it had « chemical weapons capability, while maintaining the policy not to resort to these weapons. » He argues that the distinction between production and capability had been lost through years of inaccurate reporting. He is certainly correct we should have linked to an original document, but we could not find one, and are pleased to do so now. One of the Wikileaks cables included a statement from Iran to the United States in 2004 that chemical weapons agents were produced but not weaponized.]

Khamenei also has referred to Iran not having produced chemical weapons. Here is an excerpt from a March 2003 speech, as translated from the Persian by Mehdi Khalaji of the Washington Institute for Near East Studies.

“Nuclear technology is different than producing nuclear bomb. Nuclear technology is considered to be a scientific progress in a field that has lots of benefits. Those who want nuclear bomb can pursue that field and get the bomb. We do not want bomb. We are even against chemical weapons. Even when Iraq attacked us by chemical weapons, we did not produce chemical weapons.”

Khalaji, who in 2011 collaborated with Michael Eisenstadt on an in-depth look at the supposed fatwa, notes that on many occasions, Khomeini abruptly shifted course, despite a previously issued ruling. Khalaji says this is quite common among senior Shiite religious figures. So Khomeini said the modern tax system in Iran was against Islam — until he came to power and said such laws should be obeyed. He also was against women’s suffrage when the shah was in power — and then after the revolution urged women to vote. He was also against the eating of sturgeon — until he was for it.

Oddly, the Iranian Web site does not provide the text of the original fatwa — and then mostly cites Western news reports as evidence that Khamenei has reiterated it on several occasions. The fatwa does not appear to be written, but in the Shiite tradition equal weight is given to oral and written opinions.

The most definitive written account of the fatwa appears in a statement that an Iranian official read at an emergency meeting of the International Atomic Energy Agency in 2005: “The Leader of the Islamic Republic of Iran, Ayatollah Ali Khamenei, has issued the fatwa that the production, stockpiling, and use of nuclear weapons are forbidden under Islam and that the Islamic Republic of Iran shall never acquire these weapons.”

But Khalaji also documents an interesting evolution in Khamenei’s statements over time. Whereas in 2005 Khamenei said that the “production of an atomic bomb is not on our agenda,” more recent statements have focused on use of nuclear weapons, often dropping references to the “development” of such weapons.

There is also an issue of translation, often a problem when dealing with Iran. One English language account has Khamenei saying this in 2012:

“We do not pursue to build nuclear weapons. In reality, having nuclear weapons is not to our benefit. From the viewpoint of ideology, theory, and the Islamic jurisprudence, we consider this as forbidden and proliferation of nuclear weapons as a wrong decision. We consider the use of such weapons a great sin while stockpiling it is not only pointless, but also harmful and hazardous. Therefore, we will never try to acquire such weapons.”

But Khalaji looked up the actual speech, as displayed in Persian on Khamenei’s official Web site, and rendered his own translation. There’s quite a difference:

“In fact, nuclear weapon is not economically useful for us. Furthermore, intellectually, theoretically and juridically [from Sharia point of view] we consider it wrong and consider this action wrong. We believe using such weapons are a great sin and stockpiling them are futile and harmful and dangerous and never go after it. They [big powers] know this too but they pressure on this point in order to stop this action [the nuclear program].”

The Pinocchio Test

Just about every Alfred Hitchcock thriller had what he called a “MacGuffin” — a plot device that gets the action going but is unimportant to the overall story. The Iranian fatwa thus appears to be a diplomatic MacGuffin — something that gives the Americans a reason to begin to trust the Iranians and the Iranians a reason to make a deal. No one knows how this story will end, but just as in the movies, the fatwa likely will not be critical to the outcome.

Even if one believes the fatwa exists — and will not later be reversed — it clearly appears to have evolved over time. U.S. officials should be careful about saying the fatwa prohibits the development of nuclear weapons, as that is not especially clear anymore. The administration’s statements at this point do not quite rise to the level of earning Pinocchios, but we will keep an eye on this issue.

Verdict Pending

Ces non-dits de l’Iran qui plombent les pourparlers
Nucléaire Les négociations à Lausanne ont du mal à aboutir. Le passé dissimulateur de Téhéran n’y est pas pour rien.
Andrés Allemand

La Tribune de Genève

01.04.2015

Faut-il se fier à Téhéran? Peut-on vraiment être sûr qu’un accord nucléaire à Lausanne permettrait de s’assurer que l’Iran ne se dotera jamais de l’arme atomique? Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’en croit pas un mot. La monarchie saoudienne non plus. Même parmi les puissances occidentales, le doute est permis. Mercredi, un accord nucléaire paraissait introuvable, même au lendemain de la date butoir. Difficile de lever toute sanction contre un pays qui a souvent dissimulé ses installations sensibles. Voyez plutôt.

1. Le secret de Natanz

Le premier choc a lieu en 2002. Un dissident iranien révèle l’existence de deux sites nucléaires: une installation d’enrichissement d’uranium à Natanz (en partie souterraine) et un réacteur à eau lourde à Arak, susceptible de fournir à terme du plutonium. Il s’agit des deux voies possibles pour fabriquer l’arme atomique.

En 2003, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confir­me que depuis dix-huit ans l’Iran développe en secret son programme nucléaire. Téhéran jure qu’il est destiné à un usage strictement civil et qu’il était caché parce que les Etats-Unis voulaient priver la République islamique de l’accès à l’énergie nucléaire. Pour rétablir la confiance, l’Iran suspend l’enrichissement d’uranium. En 2005, le président Mahmoud Ahmadinejad le redémarre.

2. Fordo sous la montagne

En 2009, l’Iran annonce à l’AIEA qu’un autre site d’enrichissement d’uranium est en construction, sans préciser où. En fait, Téhéran limite les dégâts: les services occidentaux observaient depuis 2006 le chantier clandestin de Fordo, creusé sous la montagne près de la ville de Qom. Assez grand pour accueillir 3000 centrifugeuses et produire une tête nucléaire par an, à l’abri de frappes aériennes.

3. L’uranium très enrichi

En 2010 l’Iran, qui sait enrichir l’uranium à 3,5% (pour un usage civil), annonce qu’il est capable d’aller jusqu’à 20%, officiellement pour servir de combustible à un réacteur de recherche médicale à Téhéran. Mais techniquement, cela permet aussi de monter très vite à 90% (pour une bombe).

4. L’inquiétant Lavizan

En février dernier, des opposants iraniens en exil ont dénoncé «l’existence d’un programme nucléaire parallèle et secret» enterré sous une base militaire dans les faubourgs de Téhéran. Baptisé «Lavizan-3», ce site caché servirait depuis 2008 à développer des centrifugeuses plus sophistiquées pour l’enrichissement d’uranium. Impossible de confirmer. Mais le même groupe avait dévoilé l’existence de Natanz et de Fordo.

Accords sur le nucléaire iranien: pourquoi cette question pose problème à l’Occident depuis plus de 10 ans
Le HuffPost

Maxime Bourdeau

02/04/2015

INTERNATIONAL – Après un an et demi de marathon diplomatique et plus d’une décennie de conflit, les négociations internationales sur le nucléaire iranien ont enfin débouché sur un accord ce jeudi 2 avril. Les grandes puissances et l’Iran sont en effet parvenus à s’entendre à Lausanne sur les « paramètres clés » pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin, ont annoncé les dirigeants occidentaux et iranien.

C’est sur twitter que les Occidentaux et Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu’un accord cadre avait été conclu à l’issue de plusieurs journées de négociations marathon.

« Des solutions sur les paramètres clés du dossier nucléaire de l’Iran ont été trouvées. L’écriture (d’un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d’ici le 30 juin », a écrit Hassan Rohani. On a « maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d’Etat américain John Kerry. « Grand jour (…) Retour au travail bientôt sur un accord final », a-t-il tweeté.

Le président Barack Obama a quant à lui salué la conclusion d’une entente « historique » et annoncé un sommet à Camp David avec les pays du Golfe au printemps.

Mais pourquoi États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne ont eu tant de mal pour trouver un accord? Quel est le problème avec le nucléaire en Iran? Le HuffPost vous propose de faire le tour de la question revenant sur 5 périodes clés depuis le début du conflit.

2002 : La découverte

Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran a signé en 1968 le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) des Nations unies qui a pour objectif principal d’empêcher les États dotés d’armes nucléaires d’en transférer ou d’aider ceux qui n’en ont pas à en produire tout en garantissant le droit à chaque pays de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

La différence entre ces deux types de produit (civil et militaire) et leur utilisation potentielle repose sur leur niveau d’enrichissement en uranium 235. Pour être utilisé dans des centrales nucléaires l’uranium a besoin d’être faiblement enrichi, c’est-à-dire entre 3 et 5 %. Au-delà de 20 %, l’uranium est considéré comme hautement enrichi et peut-être utilisé, en théorie, pour concevoir des bombes atomiques. En pratique, ce métal lourd radioactif est enrichi à plus de 85% lors d’utilisations militaires.

Le conflit avec l’Iran démarre en 2002, sur cette distinction. Alors que le pays se démène depuis 1975 pour terminer la construction de sa première centrale nucléaire à Bouchehr, un dissident révèle l’existence de deux sites nucléaires inconnus du reste du monde à Natanz et à Arak. Washington accuse alors Téhéran de chercher à hautement enrichir de l’uranium et de construire des armes de destruction massive et Téhéran décide d’autoriser les agents de l’AIEA à inspecter ces installations.

2003 – 2004 : Premier pas vers les négociations

Après la visite de l’AIEA — qui trouve des traces d’uranium enrichi et qui annonce que Natanz est en train de construire plus de 1000 centrifugeuses —, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France demandent durant l’été 2003 à l’Iran de négocier sur le nucléaire.

Ces trois pays, surnommés « UE3″, envoient sur place chacun leur chef de la diplomatie pour une réunion historique qui débouche sur un accord: l’Iran accepte des inspections surprises de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les sites nucléaires.

L’année suivante, Téhéran signe avec l’UE3 un nouvel accord et annonce au mois de novembre 2004 suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium.

2005 – 2010 : Ahmadinejad ferme la porte aux discussions

Mahmoud Ahmadinejad remporte l’élection présidentielle en juin 2005 et change radicalement la ligne diplomatique du pays sur ce dossier. Deux mois plus tard, l’Iran reprend l’enrichissement d’uranium dans son usine d’Ispahan. Le nouveau président défend devant l’ONU le droit du pays à développer un programme nucléaire civil.

Au mois de janvier 2006, l’Iran lève des scellés de l’AIEA sur plusieurs centres de recherche nucléaire ce qui déclenche le transfert de cette affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU qui décrète quelques mois plus tard la suspension obligatoire de « toutes les activités liées à l’enrichissement » dans le pays.

Face à cette décision qu’elle juge « illégale » et aux premières sanctions économiques qui tombent, Téhéran réduit sa coopération avec l’AIEA à partir de 2007. A la fin de cette même année, Mahmoud Ahmadinejad assure que le pays abrite maintenant plus de 3000 centrifugeuses. Ce qui lui permettrait en théorie d’obtenir suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique en moins d’un an.

En 2008, les cinq membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne — surnommé le groupe des 5+1 — lancent une nouvelle salve de négociations qui prend vite fin quand l’Iran inaugure à Ispahan sa première usine de combustible nucléaire.

Les discussions ne reprennent qu’en 2009 et la diplomatie internationale propose alors à l’Iran un accord prévoyant que le faible enrichissement de l’uranium iranien se fasse à l’étranger. Mais Téhéran refuse de se faire transiter ce métal lourd radioactif en dehors de ses frontières. En 2010, l’Iran commence à enrichir de l’uranium à 20 %.

2011 – 2012 : Accélération des sanctions internationales

Si en 2010 de nouvelles sanctions sont votées par l’ONU mais aussi par les États-Unis et l’Union Européenne, c’est à partir de 2011 que les répercussions prennent de l’ampleur.

Un renforcement des sanctions est décidé avant que plusieurs nouveaux rapports de l’AIEA ne soient publiés, dont un faisant mention de « sérieuses inquiétudes » sur la situation et évoquant une « possible dimension militaire du programme nucléaire » qui se développe dans le pays.

En guise de représailles, un embargo sans précédent sur le pétrole iranien décidé par l’Union Européenne entre en vigueur au 1er juillet, accompagné de suppressions de visas et de gels d’avoirs. Les négociations entre les 5+1 et l’Iran reprennent plusieurs fois mais n’avancent pas.

L’année 2012 se termine avec un nouveau rapport de l’AIEA prévenant que le site de Fordo fonctionne et permet à l’Iran d’augmenter significativement sa capacité d’enrichissement.

2013 – aujourd’hui : L’espoir d’un (difficile) accord

La situation prend un tournant nouveau en juin 2013 avec l’élection du président modéré Hassan Rohani. Ce dernier affirme être ouvert à des « négociations sérieuses ». Symbole de ce changement de ton, le coup de fil historique entre Obama et Rohani, premier contact d’un président américain avec un président iranien depuis 1979.

Les négociations reprennent à Genève quelques semaines plus tard entre l’Iran et le groupe des 5+1. Téhéran se dit alors prêt à accepter de nouveau le principe d’inspections surprises de ses sites nucléaires, comme en 2003. Un accord provisoire est enfin établi: l’arrêt du programme d’enrichissement contre la levée d’une partie des sanctions économiques.

Commence ensuite une longue série de sessions de négociations pour se mettre d’accord sur les détails du projet définitif. D’un commun accord, l’échéance fixée à juillet 2014 est repoussée car certains points clés posent problème comme la réduction du nombre de centrifugeuses et de stocks d’uranium en Iran.

La nouvelle échéance est maintenant fixée au 30 juin 2015 et les P5+1 et l’Iran étaient censés parvenir mardi 31 mars avant minuit à un premier compromis fondamental sur ce dossier inextricable pour tenir cette date butoir. Avec ce « cadre commun » décidé aujourd’hui, ce dossier a franchi une étape majeure.

Voir également:

US, Iran publicly at odds over 6 key aspects of nuke deal, Israeli expert finds
Declared differences over what was agreed in Lausanne relate to issues such as when sanctions will be lifted and how long enrichment restrictions will apply
Times of Israel

April 4, 2015

Two days after the US-led powers and Iran hailed a historic framework understanding designed to ensure Iran’s nuclear program not enable it to build nuclear weapons, a leading Israeli analyst on Saturday highlighted six gaping areas of discrepancy between American and Iranian accounts of what the agreement actually entails.

Ehud Ya’ari, Middle East analyst for Israel’s Channel 2 News and an international fellow at the Washington Institute think tank, said the six discrepancies represent “very serious gaps” at the heart of the framework accord. They relate to issues as basic as when sanctions will be lifted, and how long restrictions on uranium enrichment will remain in place.

Referring to Thursday’s American-issued “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action,” on the one hand, and the “fact sheet” issued Friday by the Iranian Foreign Ministry, on the other, Ya’ari noted that no deal was actually signed on Thursday, and that the leaders’ statements and the competing fact sheets were thus critical to understanding what had been agreed.

Ya’ari also highlighted the highly similar language used by President Barak Obama to hail the framework agreement as a good deal that would make the world safer, on Thursday, and president Bill Clinton in presenting the failed US framework deal aimed at thwarting North Korea’s nuclear program in 1994.

Ya’ari cited the following central gulfs between the two sides’ accounts of what was resolved at the Lausanne negotiations last week:

1. Sanctions: Ya’ari said the US has made clear that economic sanctions will be lifted in phases, whereas the Iranian fact sheet provides for the immediate lifting of all sanctions as soon as a final agreement is signed, which is set for June 30.

(In fact, the US parameters state that sanctions will be suspended only after Iran has fulfilled all its obligations: “US and EU nuclear-related sanctions will be suspended after the IAEA has verified that Iran has taken all of its key nuclear-related steps.” By contrast, the Iranian fact sheet states: “all of the sanctions will be immediately removed after reaching a comprehensive agreement.”)

2. Enrichment: The American parameters provide for restrictions on enrichment for 15 years, while the Iranian fact sheet speaks of 10 years.

3. Development of advanced centrifuges at Fordo: The US says the framework rules out such development, said Ya’ari, while the Iranians say they are free to continue this work.

4. Inspections: The US says that Iran has agreed to surprise inspections, while the Iranians say that such consent is only temporary, Ya’ari said.

5. Stockpile of already enriched uranium: Contrary to the US account, Iran is making clear that its stockpile of already enriched uranium — “enough for seven bombs” if sufficiently enriched, Ya’ari said — will not be shipped out of the country, although it may be converted.

6. PMD: The issue of the Possible Military Dimensions of the Iranian program, central to the effort to thwart Iran, has not been resolved, Ya’ari said.

(The US parameters make two references to PMD. They state, first: “Iran will implement an agreed set of measures to address the IAEA’s concerns regarding the Possible Military Dimensions (PMD) of its program.” And they subsequently add: “All past UN Security Council resolutions on the Iran nuclear issue will be lifted simultaneous with the completion, by Iran, of nuclear-related actions addressing all key concerns (enrichment, Fordo, Arak, PMD, and transparency).” The Iranian fact sheet does not address PMD.)

The differences between the sides became apparent almost as soon as the framework agreement was presented in Lausanne on Thursday night. Iran’s Foreign Minister Mohammad Javad Zarif issued a series of tweets late Thursday, for instance, that protested the US State Department’s assertion that the nuclear deal struck between Iran and world powers would only see sanctions on the Islamic Republic removed “in phases.”

Nonetheless, the White House expressed optimism on Friday that the June 30 deadline for a final deal would be met, and Obama reiterated that the deal reached Thursday represented a “historic understanding.”

Israel has castigated the framework as a bad deal, and a dangerous capitulation, that paves the way to an Iranian nuclear bomb.

Voir de plus:

L’accord-cadre nucléaire suscite des interrogations en Iran
L’agence Fars a souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par les Américains
AFP

5 avril 2015

L’accord-cadre conclu entre les grandes puissances et Téhéran sur le dossier nucléaire suscitait samedi de multiples interrogations dans la presse iranienne, notamment sur le calendrier toujours vague de la levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie.

La presse conservatrice affichait son scepticisme sur les résultats obtenus en Suisse, profitant du silence observé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’ultime décisionnaire dans ce dossier.

La presse réformatrice et modérée saluait le travail des négociateurs iraniens mené par le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, mais les journaux conservateurs pointaient les différentes interprétations possibles, au détriment de la République islamique, du document publié à Lausanne.

L’agence de presse Fars a également souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par le département d’Etat américain.

« Qui est le véritable gagnant ? » s’interrogeait en Une le quotidien anglophone Iran News. Vatan-Emrooz (conservateur) se chargeait d’apporter une réponse en affirmant qu’ »il y a une grande différence entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit de l’accord de Lausanne ». Pour Javan, réputé proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime, « la victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations » du texte.

L’ultra-conservateur Kayhan reprenait avec ironie l’expression d’un « accord gagnant-gagnant: le nucléaire va partir, les sanctions vont rester ».

L’Iran veut une levée totale et immédiate des sanctions imposées par l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne, contre une levée graduelle évoquée par les grandes puissances.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a souligné vendredi que cette question était « un point qui est encore très compliqué » et « pas encore tout à fait réglé ».

Les sanctions imposées les Etats-Unis seront levées « par étapes », à mesure que Téhéran respecte ses engagements dans le cadre de l’accord final censé être conclu d’ici fin juin, a affirmé jeudi soir le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

« L’accord de Lausanne montre que les choses que l’Iran a acceptées sont claires et vérifiables, mais ce que l’autre côté a accepté est vague et sujet à interprétation », estimait samedi dans un éditorial le directeur de Kayhan, Hossein Shariatmadari. « L’accord parle de suspension des sanctions et pas de leur levée », ajoute le responsable, directement nommé à son poste par l’ayatollah Khamenei.

Mansour Haghighatpour, vice-président de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a estimé que les négociateurs avaient outrepassé leurs prérogatives.

« Nous avons offert une clé pour des inspections occidentales sur les installations militaires et le protocole additionnel (du traité de non-prolifération nucléaire), alors que les décisions sur ces questions sont la compétence du Parlement », a-t-il dit, cité par l’agence Tasnim.

Voir par ailleurs:

The Iran Deal’s Fatal Flaw

Nothing can work without tough inspections and enforcement. And for that we must rely on … Vladimir Putin.

Charles Duelfer

Politico

April 02, 2015

We don’t yet know all the details of the nuclear agreement that Iran, the United States and five other world powers announced Thursday they are aiming to complete by June 30. What we do know is that any acceptable final deal will depend on a strong weapons inspection element. In his remarks in the Rose Garden, President Obama declared Tehran had agreed to precisely that. “If Iran cheats, the world will know,” he said.

Yet weapons inspectors can be no tougher than the body that empowers them—in this instance the UN Security Council. And herein lies the agreement’s fundamental weakness—and perhaps its fatal flaw. Do we really want to depend on Vladimir Putin? Because Russia will be able to decide what to enforce in any deal—and what not to.

Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. Certainly Tehran will have learned from Saddam’ s experience in trying to evade the scrutiny of the UN Security Council, weapons inspectors, sanctions, and individual governments.

Sanctions were imposed on Iraq when Saddam invaded Kuwait in 1990. Washington led a response in the UN Security Council that produced a broad coalition unified around the objective of getting Saddam out of Kuwait. Ultimately this required military action—the Gulf War—despite the back-channel efforts of Russia’s special Iraq liaison, Yevgeny Primakov, to broker a deal.

Following the war, the Security Council passed a ceasefire resolution that retained the sanctions on Iraq, but linked them to additional requirements; Iraq must verifiably disclose and account for all its WMD, and Iraq must accept a monitoring system to assure they would not reconstitute their WMD programs in the future.

The Security Council created a new body of weapons inspectors (dubbed UNSCOM) who reported directly to the council. The IAEA also had a role in accounting for the extensive nuclear aspects of Saddam’s programs. This was a case of coercive disarmament as distinct from an arms control agreement like the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT). It was akin to the disarmament provisions of the Versailles Treaty and ultimately suffered a similar fate.

The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. Moreover, the chairman or his deputy had authority to designate any location in Iraq as a site for inspection. And that included “no-notice’ inspections.

UNSCOM and the IAEA operated helicopters from a base inside Iraq. We had dedicated missions of the US U-2 aircraft (todays drones would be a cheaper more effective tool to provide aerial surveillance). UNSCOM operated a full-time monitoring center in a dedicated building in Baghdad.

Backing up the inspectors was the threat of force—at least on paper. The resolutions empowering the inspections were passed under Chapter 7 of the UN Charter. The key resolution, UNSCR 687, was a ceasefire resolution. If the Security Council found Iraq in material breech of its provisions, i.e. if Saddam did not comply with the inspectors, military actions could resume. On a few occasions over the ensuing years, some bombing strikes occurred.

And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. It would be interesting to ask Saddam if he thought the IAEA inspectors given the intrusive access we had in Iraq, would be sufficient to detect and deter Iranian cheating.

Does anyone believe such access will be agreed, voluntarily, by Tehran?

In practice, Saddam regularly obstructed and delayed inspectors. He tested, from the start, the will of the Security Council. He cooperated only when he had no other option. And the only reason he cooperated at all, was to get out of sanctions. Saddam pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode.

Critically, it is important to recall that as the inspection process went on, the unity of in the Security Council decayed. This is natural. As time goes on the objectives and priorities of fifteen nations will evolve and diverge. Saddam recognized and accelerated this trend. Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia.

In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program.

At the same time as inspectors were struggling to gain access to sites in Iraq, some members of the Security Council were strategizing with Baghdad on how to get rid of sanctions. Saddam knew that some members of the Security Council would not vote to authorize force against Iraq. His downside was thus limited. He worked to maximize his upside, i.e. get the sanctions officially removed, but alternatively cause them to collapse. The role of Russia stands out in this regard.

Russia (and to a lesser extent France), were the key advocates in the Security Council for Iraq. We now know unequivocally, that Saddam was buying influence. When I ran the Iraq Survey Group in 2004, we created a team to collect as much information about Iraq’s resources and how it expended them. The broad goal was to understand Iraq’s strategic intentions and understand where WMD fit in. We had a unique opportunity to record how his regime operated and how it managed to manipulate the international environment. As a priority, we obtained all the Iraqi records of the oil transactions.

Over some political objections, I published these records in the so-called Duelfer Report in 2004 (see “Comprehensive Report of the Special Advisor to the DCI on Iraq’s WMD,” Volume 1, section 2, “Regime Finance and Procurement.” These records (and extensive debriefings of top Iraqi officials) clearly show that Iraq was compensating Russian officials, and other individuals. Included among the beneficiaries in the list of Iraqi oil allocations were “the Russian Communist Party,” “the son of the Russian ambassador,” “the Russian Foreign Ministry,” and, “the Russian Presidential Office.” Putin was also a key actor in many of the Russian commercial entities that were engaged in oil transactions and the illicit export of weapons to Iraq while sanctions were in place.

The list of benefactors is long and includes three or four Americans as well as many foreign governments. But Russia dominated the list. Ultimately the UN sponsored an investigation (chaired by former Federal Reserve Chairman Paul Volcker). Many countries conducted their own prosecutions, but notably Russia did not.

It is also worth remembering that the Russian ambassador to the UN during most of this period was Sergei Lavrov—now foreign minister and negotiating with the P-5 + 1 on the Iran deal. Lavrov, in my judgment, was by far the sharpest ambassador in the Security Council. And like Putin, he is not especially friendly toward the United States.

Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians.

The IAEA inspectors will be reporting whatever evidence they are permitted to collect to a Council that will have competing aims. They will be pressed to make judgments that suit various members. Iran would have to do something incredibly blatant for some Council members to not be able to debate the meaning of the evidence. Council members coached Saddam; they will coach Tehran as well.

Inspectors are also subject to direct actions by interested parties—for and against the inspected country. Iraqi weapons inspectors encountered active steps being taken by Council members to warn Iraq of upcoming inspections. This is to say nothing of the measures Iraq took to penetrate UNSCOM inspection planning and actions. IAEA will also be a prime target for Iranian intelligence. In my experience in Iraq, even with all the measures UNSCOM took, I doubt there was ever a truly “surprise” inspection. The IAEA will be a similar target.

If and when a detailed verification plan is agreed for an Iran nuclear agreement, the inspectors will have less access than in Iraq. The world may point to them as credible investigators—and they are. But whatever they report will go through the kaleidoscope of the Security Council. It will not be the IAEA that decides to re-impose sanctions. It will be the Security Council.

Putin will not give up his right to a veto. Nor will other members. Russia (and others) will have a stake in sustaining access to Iran’s markets, not re-imposing sanctions. The track record of Putin and Lavrov in the Iraq case suggests that they will be working bi-lateral deals with Tehran. Director of National Intelligence James Clapper will get tough questions in closed hearings, not just on whether American intelligence and IAEA inspectors can reliably detect prohibited Iranian nuclear activities, also what deals Moscow or Beijing or others may have with Tehran.

If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin.

Charles Duelfer served as special advisor to the Director of Central Intelligence for Iraq’s weapons of mass destruction and led the Iraq Survey Group, which conducted the investigation of the scope of Iraq’s WMD. Later, at the UN, Duelfer served as the deputy executive chairman and acting chairman of the UN Special Commission on Iraq (UNSCOM) from 1993 until its termination in 2000.

Voir de plus:

Nucléaire iranien: Obama salue une «entente historique»
Laure Mandeville
Le Figaro

03/04/2015

VIDÉOS – Très critiqué par Israël, l’accord d’étape sur le programme nucléaire iranien est une victoire diplomatique pour le président américain, et valide toute sa stratégie de négociation avec l’Iran.

Correspondante à Washington

Moment sobre mais savouré pour Barack Obama, ce jeudi, dans le jardin aux roses de la Maison Blanche, après ce qu’il a solennellement qualifié «d’entente historique» avec l’Iran sur le nucléaire. Le président a annoncé qu’un accord cadre avait fini par être trouvé entre Téhéran et le groupe P5+1 – donnant l’espoir d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire si la négociation aboutit à un accord final d’ici au 30 juin.

Ce succès inespéré, fruit de longs mois de négociations, largement supervisés par la diplomatie américaine, représente l’aboutissement d’une politique de négociation défendue par Obama depuis le début de sa présidence. «Les négociations iraniennes ont réussi, exactement comme nous l’avions prévu», a-t-il souligné, non sans satisfaction. Pour lui, ce n’est pas une mince affaire, même si de nombreux points obscurs restent problématiques, comme celui concernant le sort qui sera réservé aux stocks d’uranium enrichi dont dispose l’Iran.

«C’est toute la philosophie de politique étrangère d’Obama qui se trouve validée» – une théorie selon laquelle il est possible de parler et de trouver des compromis avec des pays adversaires, a noté le journal Politico. Dès son discours d’investiture en janvier 2009, le patron de l’Amérique avait appelé l’Iran au dialogue, se disant prêt à «tendre sa main si l’autre partie est prête à desserrer le poing». Accusé de naïveté et d’irresponsabilité, il n’a jamais vraiment dévié de cette ligne, et pourrait aujourd’hui être en passe d’engranger un vrai succès, concret, de politique étrangère. S’il est confirmé le 30 juin, l’accord pourrait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre l’Iran et l’Occident. C’est en tout cas, clairement, l »espoir que caresse la Maison Blanche d’Obama. «C’est un moment de vérité», a noté ce jeudi le New York Times parlant «d’un pari» qui n’est pas encore gagné. «Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main», ajoute le grand journal new-yorkais.

«Si l’Iran triche, le monde le saura»
Soucieux de prévenir les attaques et le scepticisme qui ont déjà commencé de fuser chez les républicains du Congrès, persuadés qu’on ne peut faire confiance aux Iraniens, Obama a affirmé qu’il s’agissait «d’un bon accord» car «si l’Iran triche, le monde le saura». «L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires», a expliqué le président américain qui martèle depuis des mois sa conviction que la voie diplomatique est «de loin, la meilleure».

Les sanctions américaines et européennes seront levées en fonction du respect de ses engagements par l’Iran. Elles seront rétablies «si l’accord n’est pas appliqué». Autant d’assurances que le président Obama s’est empressé de donner au roi d’Arabie Saoudite Salman puis au Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de coups de fils successifs. Bien sûr, de nombreuses interrogations pèsent encore sur le processus. Les détails techniques devront être mis noir sur blanc. Le Congrès devra renoncer à mettre en péril les trois mois de négociations qui doivent mener à l’accord final, et l’Iran respecter ses engagements à la lettre. Autant de conditions difficiles à remplir. «Le travail n’est pas fini», a d’ailleurs souligné le président avec force. Mais un processus vient de s’engager, faisant naître un espoir.

Nucléaire iranien : les principaux points de l’accord-cadre
Le Point

02/04/2015

Voici les principaux « paramètres » de l’accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, les détails de la mise en oeuvre étant « encore à négocier ».

Les grandes puissances – États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Russie – et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne, à l’issue de négociations marathons, un accord cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin. Voici les principaux « paramètres » de cet accord-cadre tels que présentés par les autorités américaines qui soulignent cependant que « les détails de leur mise en oeuvre sont encore à négocier » et que « rien n’est accepté tant que tout n’est pas accepté ».

Enrichissement

– Le nombre de centrifugeuses de l’Iran passera de 19 000 à 6 104 (réduction de deux tiers). Sur les 6 104, seules 5 060 auront le droit de produire de l’uranium enrichi pendant dix ans. Il s’agira de centrifugeuses de la première génération.

– Téhéran va réduire son stock d’uranium faiblement enrichi (LEU) de 10 000 kg à 300 kg enrichi à 3,67 % pendant quinze ans.

– L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium à plus de 3,67 % pendant au moins quinze ans.

– Le matériel excédentaire sera entreposé sous surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et ne pourra servir qu’à des remplacements.

– Téhéran a accepté de ne pas construire de nouvelles installations d’enrichissement d’uranium pendant quinze ans.

Breakout time

Le « breakout time » est dans le jargon des experts le temps nécessaire pour fabriquer assez d’uranium enrichi pour produire une arme atomique. Ce « breakout time », qui est actuellement de deux à trois mois, sera d’un an au moins, et ce, pendant au moins dix ans.

Fordo, Natanz

– L’Iran accepte de ne plus enrichir d’uranium pendant au moins quinze ans dans le site de Fordo, enfoui sous la montagne et de ce fait impossible à détruire par une action militaire. Il n’y aura plus de matières fissiles à Fordo pendant au moins quinze ans. Le site restera ouvert mais n’enrichira pas d’uranium. Environ deux tiers des centrifugeuses de Fordo seront retirées du site.

– Natanz : c’est la principale installation d’enrichissement iranienne, avec quelque 17 000 centrifugeuses IR-1 de la première génération, un millier d’IR-2M plus rapides et une capacité d’en accueillir au total 50 000. Téhéran a accepté que Natanz devienne son unique installation d’enrichissement. Elle devra être dotée de seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de la première génération pendant dix ans. Les centrifugeuses IR-2M seront enlevées et placées sous contrôle de l’AIEA.
Contrôle

– L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sera chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens.

– Les inspecteurs de l’AIEA pourront accéder aux mines d’uranium et aux lieux où l’Iran produit le « yellowcake » (un concentré d’uranium) pendant vingt-cinq ans.
Arak

– Le coeur de ce réacteur à eau lourde, qui aurait pu produire du plutonium, sera détruit ou sera déplacé en dehors du territoire iranien. Le réacteur sera reconstruit pour se limiter à la recherche et à la production de radio-isotopes médicaux, sans production de plutonium à capacité militaire. Le combustible utilisé sera envoyé à l’étranger pendant toute la vie du réacteur.

– Téhéran ne pourra pas construire de nouveau réacteur à eau lourde pendant quinze ans.
Sanctions

Les sanctions américaines et européennes seront levées dès que le respect de ses engagements par l’Iran aura été certifié par l’AIEA. Elles seront rétablies si l’accord n’est pas appliqué. Les résolutions de l’ONU seront levées dès que l’Iran respectera tous les points-clés de l’accord. Une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU maintiendra les interdictions de transfert de technologies sensibles et soutiendra l’application de cet accord.

Périodes d’application

Elles varient de dix à quinze ans selon les activités et sont valables pendant vingt-cinq ans pour les inspections de la chaîne d’approvisionnement en uranium.

Voir encore:

Lausanne et les antimissiles

Dedefensa

04/04/2015

Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (gardons l’appellation BMDE pour Ballistic Missile Defense in Europe), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? Alors que les travaux et les initiatives en faveur du BMDE se poursuivent, avec il y a quelques jours la visite du général Breedlove, le SACEUR de l’OTAN, en Roumanie, pour convaincre les Roumains d’accepter l’installation d’un élément du BMDE sur leur sol, – toujours pour nous protéger encore mieux de la menace iranienne ?

(Les USA avaient parlé accessoirement de la menace nord-coréenne, mais le ridicule de l’argument, bien plus encore que l’argument iranien déjà proche du grotesque, fait qu’on ne l’a plus guère évoqué. Nous parlons d’argument de pure communication, c’est-à-dire pour le cas des USA de pure narrative, qui constituent des arguments aussi piètres que de circonstance pour justifier le BMDE. Il n’empêche, puisqu’ils ont toujours été avancés officiellement par les USA, il importe de les accepter comme tels, surtout au moment où la narrative se défait dangereusement. Ce cas est d’abord une affaire de communication et l’affrontement, la guerre” du bloc BAO avec la Russie est d’abord une “guerre de communication”.)

Les grands groupes russes de communication ont donc aussitôt rouvert le dossier BMDE. RT consacre un article à la question, le 4 avril 2015. La réaction de l’OTAN au premier abord est significative, du type très pavlovien “l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord…” Si, il y a tout de même un argument, époustouflant de puissance, “la menace posée par la prolifération des missiles balistiques contre la pays de l’OTAN continue à s’accroître…” («The threat to NATO countries posed by the proliferation of ballistic missiles continues to increase… the framework [of the Iran nuclear program] agreement does not change that fact.») En matière d’activités de ses porte-parole, l’OTAN a, depuis longtemps, dépassé son maître en la matière, l’URSS brejnévienne au plus haut de sa dialectique relevant d’une sorte de parler automatique.

Sputnik-français a eu l’idée intéressante d’interviewer plusieurs experts de différents pays d’Europe et de l’Iran, en évitant comme la peste les experts en fonction des pays du bloc BAO dont il n’y a rien à attendre puisque tout est dit de leur pensée profonde dans la réaction de la porte-parole de l’OTAN telle qu’on l’a lue plus haut. Ces experts travaillent en général pour des think tank, y compris et surtout européens, qui peuvent continuer leur travail si nécessaire grâce à des donations qui vont bien, essentiellement US mais pas seulement… (Sputnik-français, le 3 avril 2015).

• Miroslav Lazanski, analyste militaire, éditorialiste du journal Politika (Belgrade): «Dès le moment où le déploiement du bouclier antimissile en Europe a été évoqué pour la première fois, j’ai toujours affirmé qu’il n’était lié ni au programme nucléaire iranien, ni aux missiles nord-coréens. Son unique vocation est de neutraliser le potentiel nucléaire russe.

»Les négociations avec l’Iran constituent le meilleur test pour l’Occident. A l’heure actuelle, il n’existe plus de raisons formelles pour poursuivre la création de ce bouclier. Cependant, les Etats-Unis continuent de le faire, car cela s’inscrit dans leur politique visant à «encercler» la Russie. Le danger principal du bouclier consiste dans le fait que les missiles intercepteurs peuvent être facilement remplacés par des missiles offensifs dotés d’ogives nucléaires.»

• Orhan Gafarli, expert en matière de sécurité eurasiatique, Centre analytique d’études stratégiques (Turquie): «Suite à la conclusion de l’accord de Lausanne, la nécessité d’installer des systèmes antimissiles américains en Europe de l’Est a disparu. Si le déploiement de ces systèmes près des frontières russes se poursuit, il sera clair pour tout le monde qu’ils sont dirigés contre la Russie. Dans ce cas, les Etats-Unis ne réussiront plus à induire l’opinion mondiale en erreur concernant leurs véritables intentions.»

• Marek Toczek, contre-amiral polonais à la retraite: «L’Iran n’est plus considéré aujourd’hui comme une menace, et je ne pense pas que la Pologne ait vraiment besoin de ce prétendu bouclier antimissile. Toute décision concernant le système de ce gendre profiterait à quelqu’un d’autre, mais pas à la Pologne. Si des structures et des sites de ce type étaient mis en place en Pologne, cela provoquerait manifestement une dissonance. Il fut un temps où nous étions fiers de voir les troupes étrangères quitter le territoire de notre pays. Nous sommes accédés à l’indépendance, tout au moins dans le domaine militaire. Si soutenons ce projet, cela signifie que nous n’avons tiré aucune leçon du passé. Nous accepterons donc une dictature qui nous causera à l’avenir un préjudice beaucoup plus important.»

• Emad Abshenass, expert en géopolitique, rédacteur en chef du journal Iran Press: «L’accord de Lausanne n’a pas apporté de changements fondamentaux aux relations irano-américaines. Mais les responsables politiques du monde entier savent que dans certains cas, des ennemis politiques jurés peuvent devenir amis et vice versa. Les dirigeants iraniens et américains continuent de se haïr. Des notes négatives à l’adresse de la République islamique se sont fait entendre hier dans le discours de Barack Obama. Il y a quelques jours, l’ayatollah Khamenei a pour sa part de nouveau employé sa formule habituelle “Mort à l’Amérique!” Donc, rien n’a changé dans les relations entre les deux pays. Washington n’a pas l’intention de démanteler ses éléments de défense antimissile en Europe de l’Est. Ces systèmes sont toujours dirigés à la fois contre l’Iran et la Russie.»

La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres.

• Le premier point est une confirmation. Il s’agit de l’importance stratégique pour les Russes du réseau antimissiles US/OTAN, d’un point de vue stratégique. Cela explique en bonne partie la rapidité de leurs réactions au niveau de la communication. Les Russes n’abandonneront jamais cette affaire et n’accepteront jamais un compromis qui laisse passer la moindre possibilité que ce réseau BMDE représente pour eux une menace stratégique non contrôlée (quitte à prendre des contre-mesures draconiennes si le BMDE est tout de même installé). L’affaire du BMDE est, du point de vue stratégique nucléaire, aussi importante que la crise ukrainienne du point de vue de la stratégie géographique. Ce sont des domaines sur lesquels les Russes ne transigeront pas…. Ils transigeront d’autant moins que la crise ukrainienne a rendu d’autant plus importante, même si l’on n’en a guère parlé, la ”crise des antimissiles”. Les deux crises s’exacerbent l’une l’autre.

• Cela nous conduit au second point, qui est, justement, celui de l’interconnectivité des crises. On ne peut, aujourd’hui, traiter la crise iranienne sans prendre en considération ses connexions avec d’autres crises, dont certaines qui nous conduisent au cœur de la crise haute qui est celle de l’affrontement entre le bloc BAO et la Russie. Le cas du BMDE en est l’exemple-type, avec dans ce cas, la connexion avec la crise ukrainienne, ce qui lie indirectement la crise iranienne avec la crise ukrainienne. De ce point de vue, on ne peut donc considérer l’accord de Lausanne comme une démarche diplomatique achevée, qui clôt un chapitre crisique important. Tout juste peut-on parle d’une étape, qui peut conduire à d’autres développements qui ne seront pas nécessairement apaisés, tant s’en faut.

• Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (Voir le 24 février 2015.) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain.

• Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (le 1er avril 2015) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran.

Voir encore:

Statement by the President on the Framework to Prevent Iran from Obtaining a Nuclear Weapon

Rose Garden

April 02, 2015

THE PRESIDENT:  Good afternoon, everybody.  Today, the United States — together with our allies and partners — has reached a historic understanding with Iran, which, if fully implemented, will prevent it from obtaining a nuclear weapon.

As President and Commander-in-Chief, I have no greater responsibility than the security of the American people.  And I am convinced that if this framework leads to a final, comprehensive deal, it will make our country, our allies, and our world safer.

This has been a long time coming.  The Islamic Republic of Iran has been advancing its nuclear program for decades.  By the time I took office, Iran was operating thousands of centrifuges, which can produce the materials for a nuclear bomb — and Iran was concealing a covert nuclear facility.  I made clear that we were prepared to resolve this issue diplomatically, but only if Iran came to the table in a serious way.  When that did not happen, we rallied the world to impose the toughest sanctions in history — sanctions which had a profound impact on the Iranian economy.

Now, sanctions alone could not stop Iran’s nuclear program. But they did help bring Iran to the negotiating table.  Because of our diplomatic efforts, the world stood with us and we were joined at the negotiating table by the world’s major powers — the United Kingdom, France, Germany, Russia, and China, as well as the European Union.

Over a year ago, we took the first step towards today’s framework with a deal to stop the progress of Iran’s nuclear program and roll it back in key areas.  And recall that at the time, skeptics argued that Iran would cheat, and that we could not verify their compliance and the interim agreement would fail. Instead, it has succeeded exactly as intended.  Iran has met all of its obligations.  It eliminated its stockpile of dangerous nuclear material.  Inspections of Iran’s program increased.  And we continued negotiations to see if we could achieve a more comprehensive deal.

Today, after many months of tough, principled diplomacy, we have achieved the framework for that deal.  And it is a good deal, a deal that meets our core objectives.  This framework would cut off every pathway that Iran could take to develop a nuclear weapon.  Iran will face strict limitations on its program, and Iran has also agreed to the most robust and intrusive inspections and transparency regime ever negotiated for any nuclear program in history.  So this deal is not based on trust, it’s based on unprecedented verification.

Many key details will be finalized over the next three months, and nothing is agreed to until everything is agreed.  But here are the basic outlines of the deal that we are working to finalize.

First, Iran will not be able to pursue a bomb using plutonium, because it will not develop weapons-grade plutonium.  The core of its reactor at Arak will be dismantled and replaced. The spent fuel from that facility will be shipped out of Iran for the life of the reactor.  Iran will not build a new heavy-water reactor.  And Iran will not reprocess fuel from its existing reactors — ever.

Second, this deal shuts down Iran’s path to a bomb using enriched uranium. Iran has agreed that its installed centrifuges will be reduced by two-thirds.  Iran will no longer enrich uranium at its Fordow facility.  Iran will not enrich uranium with its advanced centrifuges for at least the next 10 years.  The vast majority of Iran’s stockpile of enriched uranium will be neutralized.

Today, estimates indicate that Iran is only two or three months away from potentially acquiring the raw materials that could be used for a single nuclear bomb.  Under this deal, Iran has agreed that it will not stockpile the materials needed to build a weapon.  Even if it violated the deal, for the next decade at least, Iran would be a minimum of a year away from acquiring enough material for a bomb.  And the strict limitations on Iran’s stockpile will last for 15 years.

Third, this deal provides the best possible defense against Iran’s ability to pursue a nuclear weapon covertly — that is, in secret.  International inspectors will have unprecedented access not only to Iranian nuclear facilities, but to the entire supply chain that supports Iran’s nuclear program — from uranium mills that provide the raw materials, to the centrifuge production and storage facilities that support the program.  If Iran cheats, the world will know it.  If we see something suspicious, we will inspect it.  Iran’s past efforts to weaponize its program will be addressed.  With this deal, Iran will face more inspections than any other country in the world.

So this will be a long-term deal that addresses each path to a potential Iranian nuclear bomb.  There will be strict limits on Iran’s program for a decade.  Additional restrictions on building new facilities or stockpiling materials will last for 15 years.  The unprecedented transparency measures will last for 20 years or more.  Indeed, some will be permanent.  And as a member of the Nuclear Non-Proliferation Treaty, Iran will never be permitted to develop a nuclear weapon.

In return for Iran’s actions, the international community has agreed to provide Iran with relief from certain sanctions — our own sanctions, and international sanctions imposed by the United Nations Security Council.  This relief will be phased as Iran takes steps to adhere to the deal.  If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place.  Meanwhile, other American sanctions on Iran for its support of terrorism, its human rights abuses, its ballistic missile program, will continue to be fully enforced.

Now, let me reemphasize, our work is not yet done.  The deal has not been signed.  Between now and the end of June, the negotiators will continue to work through the details of how this framework will be fully implemented, and those details matter.  If there is backsliding on the part of the Iranians, if the verification and inspection mechanisms don’t meet the specifications of our nuclear and security experts, there will be no deal.  But if we can get this done, and Iran follows through on the framework that our negotiators agreed to, we will be able to resolve one of the greatest threats to our security, and to do so peacefully.

Given the importance of this issue, I have instructed my negotiators to fully brief Congress and the American people on the substance of the deal, and I welcome a robust debate in the weeks and months to come.  I am confident that we can show that this deal is good for the security of the United States, for our allies, and for the world.

For the fact is, we only have three options for addressing Iran’s nuclear program.  First, we can reach a robust and verifiable deal — like this one — and peacefully prevent Iran from obtaining a nuclear weapon.

The second option is we can bomb Iran’s nuclear facilities, thereby starting another war in the Middle East, and setting back Iran’s program by a few years — in other words, setting it back by a fraction of the time that this deal will set it back.  Meanwhile we’d ensure that Iran would race ahead to try and build a bomb.

Third, we could pull out of negotiations, try to get other countries to go along and continue sanctions that are currently in place or add additional ones, and hope for the best — knowing that every time we have done so, Iran has not capitulated but instead has advanced its program, and that in very short order, the breakout timeline would be eliminated and a nuclear arms race in the region could be triggered because of that uncertainty.  In other words, the third option leads us very quickly back to a decision about whether or not to take military action, because we’d have no idea what was going on inside of Iran.
Iran is not going to simply dismantle its program because we demand it to do so.  That’s not how the world works, and that’s not what history shows us.  Iran has shown no willingness to eliminate those aspects of their program that they maintain are for peaceful purposes, even in the face of unprecedented sanctions.  Should negotiations collapse because we, the United States, rejected what the majority of the world considers a fair deal, what our scientists and nuclear experts suggest would give us confidence that they are not developing a nuclear weapon, it’s doubtful that we can even keep our current international sanctions in place.

So when you hear the inevitable critics of the deal sound off, ask them a simple question:  Do you really think that this verifiable deal, if fully implemented, backed by the world’s major powers, is a worse option than the risk of another war in the Middle East?  Is it worse than doing what we’ve done for almost two decades, with Iran moving forward with its nuclear program and without robust inspections?  I think the answer will be clear.

Remember, I have always insisted that I will do what is necessary to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon, and I will.  But I also know that a diplomatic solution is the best way to get this done, and offers a more comprehensive — and lasting — solution.  It is our best option, by far.  And while it is always a possibility that Iran may try to cheat on the deal in the future, this framework of inspections and transparency makes it far more likely that we’ll know about it if they try to cheat — and I, or future Presidents, will have preserved all of the options that are currently available to deal with it.

To the Iranian people, I want to reaffirm what I’ve said since the beginning of my presidency.  We are willing to engage you on the basis of mutual interests and mutual respect.  This deal offers the prospect of relief from sanctions that were imposed because of Iran’s violation of international law.  Since Iran’s Supreme Leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons, this framework gives Iran the opportunity to verify that its program is, in fact, peaceful.  It demonstrates that if Iran complies with its international obligations, then it can fully rejoin the community of nations, thereby fulfilling the extraordinary talent and aspirations of the Iranian people.  That would be good for Iran, and it would be good for the world.

Of course, this deal alone — even if fully implemented — will not end the deep divisions and mistrust between our two countries.  We have a difficult history between us, and our concerns will remain with respect to Iranian behavior so long as Iran continues its sponsorship of terrorism, its support for proxies who destabilize the Middle East, its threats against America’s friends and allies — like Israel.  So make no mistake: We will remain vigilant in countering those actions and standing with our allies.

It’s no secret that the Israeli Prime Minister and I don’t agree about whether the United States should move forward with a peaceful resolution to the Iranian issue.  If, in fact, Prime Minister Netanyahu is looking for the most effective way to ensure Iran doesn’t get a nuclear weapon, this is the best option.  And I believe our nuclear experts can confirm that.

More importantly, I will be speaking with the Prime Minister today to make clear that there will be no daylight, there is no daylight, when it comes to our support for Israel’s security and our concerns about Iran’s destabilizing policies and threats toward Israel.  That’s why I’ve directed my national security team to consult closely with the new Israeli government in the coming weeks and months about how we can further strengthen our long-term security cooperation with Israel, and make clear our unshakeable commitment to Israel’s defense.

Today, I also spoke with the King of Saudi Arabia to reaffirm our commitment to the security of our partners in the Gulf.  And I’m inviting the leaders of the six countries who make up the Gulf Cooperation Council — Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Kuwait, Oman, Qatar, and Bahrain — to meet me at Camp David this spring to discuss how we can further strengthen our security cooperation, while resolving the multiple conflicts that have caused so much hardship and instability throughout the Middle East.

Finally, it’s worth remembering that Congress has, on a bipartisan basis, played a critical role in our current Iran policy, helping to shape the sanctions regime that applied so much pressure on Iran and ultimately forced them to the table.  In the coming days and weeks, my administration will engage Congress once again about how we can play — how it can play a constructive oversight role.  I’ll begin that effort by speaking to the leaders of the House and Senate today.

In those conversations, I will underscore that the issues at stake here are bigger than politics.  These are matters of war and peace, and they should be evaluated based on the facts and what is ultimately best for the American people and for our national security.  For this is not simply a deal between my administration and Iran.  This is a deal between Iran, the United States of America, and the major powers in the world — including some of our closest allies.  If Congress kills this deal — not based on expert analysis, and without offering any reasonable alternative — then it’s the United States that will be blamed for the failure of diplomacy.  International unity will collapse, and the path to conflict will widen.

The American people understand this, which is why solid majorities support a diplomatic resolution to the Iranian nuclear issue.  They understand instinctively the words of President Kennedy, who faced down the far greater threat of communism, and said:  “Let us never negotiate out of fear, but let us never fear to negotiate.”  The American people remember that at the height of the Cold War, Presidents like Nixon and Reagan struck historic arms control agreements with the Soviet Union, a far more dangerous adversary — despite the fact that that adversary not only threatened to destroy our country and our way of life, but had the means to do so.  Those agreements were not perfect.  They did not end all threats.  But they made our world safer.  A good deal with Iran will do the same.

Today, I’d like to express my thanks to our international partners for their steadfastness and their cooperation.  I was able to speak earlier today with our close allies, Prime Minister Cameron and President Hollande and Chancellor Merkel, to reaffirm that we stand shoulder-to-shoulder in this effort.

And most of all, on behalf of our nation, I want to express my thanks to our tireless — and I mean tireless — Secretary of State John Kerry and our entire negotiating team.  They have worked so hard to make this progress.  They represent the best tradition of American diplomacy.  Their work — our work — is not yet done and success is not guaranteed.  But we have an historic opportunity to prevent the spread of nuclear weapons in Iran, and to do so peacefully, with the international community firmly behind us.  We should seize that chance.

Thank you.  God bless you.  God bless the United States of America.

Voir enfin:

La Maison Blanche sur les paramètres d’un plan d’action relatif au programme nucléaire iranien
03 avril 2015

La Maison Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Washington, D.C.
Le 2 avril 2015

Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran

Nous présentons ci-dessous les paramètres du Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran, décidés à Lausanne (Suisse). Ces éléments serviront de fondation au texte définitif du Plan d’action conjoint, qui sera rédigé d’ici au 30 juin. Ils sont la manifestation des importants progrès réalisés dans le cadre des discussions entre le groupe P5+1, l’Union européenne et l’Iran. D’importants détails de mise en œuvre sont encore sujets à négociation, et rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu. Nous allons travailler afin de conclure le plan d’action conjoint sur la base de ces paramètres pendant les mois à venir.

Enrichissement

• L’Iran a accepté de réduire d’environ deux tiers son parc de centrifugeuses installées. L’Iran passera d’environ 19 000 centrifugeuses installées aujourd’hui à 6 104 unités dans le cadre de l’accord, dont 5 060 seulement enrichiront de l’uranium pendant les 10 années à venir. Ces 6 104 centrifugeuses seront du type IR-1, c’est-à-dire de première génération en Iran.

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium au-delà d’une teneur de 3,67 % pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de réduire son stock actuel, qui est d’environ 10 tonnes d’uranium faiblement enrichi (UFE), à 300 kilos d’UFE enrichi à 3,67 %, pendant une période de 15 années.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement surnuméraires seront placées dans des entrepôts surveillés par l’AIEA ; elles seront affectées exclusivement au remplacement de centrifugeuses et équipements en exploitation.

• L’Iran a accepté de ne construire aucune nouvelle installation aux fins d’enrichir de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• Le « break-out time » de l’Iran, c’est-à-dire le temps qui lui serait nécessaire pour obtenir une quantité de matière fissile suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, est actuellement estimé entre deux et trois mois. Ce délai sera allongé à un an au minimum dans le cadre prévu, et cela pendant une période d’au moins dix ans.

L’Iran va reconvertir ses installations de Fordo afin qu’elles ne soient plus utilisées aux fins d’enrichir l’uranium

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium dans ses installations de Fordo pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de reconvertir ses installations de Fordo de façon à qu’elles ne soient utilisées qu’à des fins pacifiques, sous forme d’un centre de recherche sur la physique et la technologie nucléaires.

• L’Iran a accepté de ne conduire à Fordo aucune activité de recherche et développement liée à l’enrichissement de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• L’Iran ne détiendra aucune matière fissile à Fordo pendant 15 ans.

• Près des deux tiers des centrifugeuses et infrastructures de Fordo seront enlevées. Les centrifugeuses restantes n’enrichiront pas d’uranium. Toutes les centrifugeuses et infrastructures connexes seront soumises aux contrôles de l’AIEA.

L’Iran n’enrichira l’uranium que dans ses installations de Natanz, avec seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de première génération pendant dix ans.

• L’Iran a accepté de n’enrichir l’uranium qu’avec ses centrifugeuses de première génération (type IR-1) à Natanz, et ce pendant dix ans, en enlevant ses centrifugeuses de technologie plus avancée.

• L’Iran enlèvera les mille centrifugeuses de type IR-2M déjà installées à Natanz et les mettra pendant dix ans dans un entrepôt soumis aux contrôles de l’AIEA.

• Pendant dix ans au moins, l’Iran s’abstiendra d’utiliser ses centrifugeuses de type IR-2, IR-4, IR-5, IR-6 ou IR-8 pour produire de l’uranium enrichi. L’Iran utilisera ses centrifugeuses de technologie avancée pour des activités de recherche et développement limitées, selon un calendrier et des paramètres convenus par le groupe P5+1.

• Pendant dix ans, l’enrichissement et les activités de recherche et développement dans le domaine de l’enrichissement seront limités de façon à assurer un break-out time d’au moins un an. Au-delà de ces dix années, l’Iran devra respecter son plan d’enrichissement et de R&D en matière d’enrichissement, tel que soumis à l’AIEA, et, conformément au Plan d’action, le Protocole additionnel induisant certaines limitations en termes de capacités d’enrichissement.

Inspections et transparence

• L’AIEA disposera d’un accès régulier à toutes les installations nucléaires d’Iran, y compris aux installations iraniennes d’enrichissement de Natanz et aux anciennes installations d’enrichissement de Fordo, et pourra utiliser les technologies modernes de contrôle les plus récentes.

• Les inspecteurs auront accès à la chaine d’approvisionnement qui alimente le programme nucléaire iranien. Les nouveaux mécanismes de transparence et d’inspection assureront un contrôle étroit des matériaux et/ou composants, afin de prévenir tout détournement au profit d’un programme secret.

• Les inspecteurs auront accès aux mines d’uranium et assureront un contrôle continu des usines de traitement où l’Iran produit ses concentrés d’uranium, et cela pendant une période de 25 ans.

• Pendant 20 ans, les inspecteurs assureront un contrôle continu des installations de production et stockage des rotors et cylindres de centrifugeuses. La filière iranienne de fabrication des centrifugeuses sera gelée et soumise à une surveillance continue.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement retirées des installations de Fordo et de Natanz seront placées sous surveillance continue de l’AIEA.

• À titre de mesure de transparence supplémentaire, un canal d’approvisionnement dédié sera mis en place pour le programme nucléaire iranien, afin de surveiller et d’approuver au cas par cas la fourniture, la vente ou le transfert à l’Iran de certaines matières et technologies liées au nucléaire ou à double usage.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Protocole additionnel de l’AIEA, donnant à cette dernière un bien meilleur accès au programme nucléaire iranien, et à des informations beaucoup plus développées à cet égard, au titre des installations déclarées comme non déclarées.

• L’Iran sera tenu de donner accès à l’AIEA pour lui permettre d’enquêter sur les sites suspects ou les allégations d’existence d’une installation clandestine de production de concentrés d’uranium, de conversion ou d’enrichissement d’uranium, ou de fabrication de centrifugeuses, et cela en tout lieu dans le pays.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Code 3.1 modifié, qui impose une notification accélérée en cas de construction de nouvelles installations.

• L’Iran déploiera une série de mesures convenues pour répondre aux inquiétudes de l’AIEA en ce qui concerne le volet militaire possible du programme iranien.

Réacteurs et retraitement

• L’Iran a accepté de modifier la conception et de reconstruire un réacteur de recherche à eau lourde à Arak, sur la base d’un modèle validé par le groupe P5+1, lequel réacteur ne produira pas de plutonium de qualité militaire et contribuera à la recherche nucléaire et à la production d’isotopes à des fins pacifiques.

• Le cœur d’origine du réacteur, qui aurait permis de produire des quantités significatives de plutonium de qualité militaire, sera détruit ou retiré du pays.

• Pendant toute la durée de vie du réacteur, l’Iran expédiera à l’étranger la totalité du combustible usé du réacteur.

• L’Iran s’est engagé indéfiniment à ne conduire aucune activité de retraitement de combustible irradié ou de recherche et développement relative au combustible irradié.

• L’Iran s’interdit d’accumuler de l’eau lourde au-delà des besoins du réacteur d’Arak tel que modifié, et vendra pendant quinze ans sur le marché international toute quantité d’eau lourde résiduelle.

• L’Iran s’interdit de construire de nouveaux réacteurs à eau lourde pendant une période de 15 ans.

Sanctions

• L’Iran bénéficiera de mesures de levée des sanctions si le pays respecte ses engagements de manière vérifiable.

• Les sanctions des États-Unis et de l’Union européenne liées au nucléaire seront suspendues lorsque l’AIEA aura vérifié que l’Iran a pris toutes les mesures clés de sa responsabilité en matière nucléaire. Ces sanctions s’appliqueront à nouveau immédiatement si l’Iran manque à ses engagements à quelque moment que ce soit.

• L’architecture des sanctions américaines liées au nucléaire à l’égard de l’Iran sera maintenue pendant une grande partie de la durée de l’accord et permet le rétablissement immédiat des sanctions en cas de non-respect significatif.

• Toutes les résolutions adoptées dans le passé par le Conseil de sécurité de l’ONU sur la question nucléaire iranienne seront abrogées simultanément lorsque l’Iran aura pris dans le domaine nucléaire les mesures réglant tous les principaux problèmes (enrichissement, Fordo, Arak, volet militaire possible, et transparence).

• Toutefois, les dispositions fondamentales des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir celles traitant des transferts de technologies et d’activités à caractère sensible, seront reprises dans une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, validant le Plan d’action conjoint et appelant à sa mise en œuvre intégrale. Elle créera également le canal d’approvisionnement mentionné ci-dessus, qui constituera une mesure de transparence essentielle. Cette nouvelle résolution intégrera également d’importantes restrictions relatives aux armes conventionnelles et aux missiles balistiques, ainsi que des dispositions permettant l’inspection des expéditions correspondantes et des gels d’actifs.

• Un mécanisme de résolution des différends sera prévu, afin de permettre à tout participant au Plan d’action conjoint de chercher une solution aux différends pouvant concerner l’exécution des engagements figurant audit Plan d’action conjoint.

• Toutes les sanctions préexistantes de l’ONU pourront être réimposées si un désaccord portant sur une non-performance significative ne peut être résolu dans le cadre de ce mécanisme.

• Les sanctions prises par les États-Unis à l’égard de l’Iran au titre du terrorisme, des missiles balistiques et des violations des droits de l’homme restent en vigueur dans le cadre de l’accord.

Calendrier

• Pendant dix ans, l’Iran limitera ses capacités d’enrichissement domestiques et ses activités de recherche et développement, de façon à assurer un break-out time d’au minimum un an. Au delà, l’Iran sera tenu par son plan à plus long terme pour l’enrichissement et la R&D dans le domaine de l’enrichissement, qui a été partagé avec le groupe P5+1.

• Pendant quinze ans, l’Iran limitera d’autres aspects de son programme. À titre d’exemple, l’Iran ne saurait construire de nouvelles installations d’enrichissement ou de nouveaux réacteurs à eau lourde, limitera ses stocks d’uranium enrichi et accepte des procédures de transparence renforcées.

• Des mesures importantes en matière d’inspection et de transparence seront maintenues bien au-delà de 15 années.

• Le respect par l’Iran du Protocole additionnel de l’AIEA est une mesure permanente, y compris en ce qui concerne les importantes obligations prévues en matière d’accès et de transparence. Les mesures vigoureuses prévues en matière d’inspection de la chaine d’approvisionnement en uranium de l’Iran s’appliqueront pendant 25 ans.

• Même après la période d’application des mesures de limitation les plus sévères à l’égard du programme nucléaire iranien, l’Iran restera partie au Traité de non-prolifération (TNP), qui interdit le développement ou l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran et soumet son programme nucléaire au régime de contrôle de l’AIEA.


Nucléaire iranien: L’Iran sera plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde (Peace in our time: All the hallmarks of the Munich negotiations)

3 avril, 2015
Chamberlain Obama
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Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Ce jour même, Pilate et Hérode devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. Luc 23: 12
Je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Jésus (Jean 14: 27)
 Il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Jésus (Matthieu 24: 24)
Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra … Paul (I Thessaloniciens 5: 3)
En pleine semaine sainte, la polémique ne pouvait passer inaperçue. Mgr Di Falco a révélé que la RATP avait exigé que soient retirées des affiches annonçant le prochain concert du groupe «Les Prêtres» la mention «au profit des Chrétiens d’Orient» (…) Si la RATP a exigé que soit supprimée la mention des Chrétiens d’Orient, c’est parce que «la RATP et sa régie publicitaire ne peuvent prendre parti dans un conflit de quelque nature qu’il soit» selon leur communiqué commun. «Toute atteinte à ce principe ouvrirait la brèche à des prises de positions antagonistes sur notre territoire». Annoncer que ce concert était offert au profit de ces chrétiens d’Orient est «une information se situant dans le contexte d’un conflit armé à l’étranger et (…) le principe de neutralité du service public qui régit les règles de fonctionnement de l’affichage par Métrobus, trouve en effet dans ce cas à s’appliquer.» Vous avez bien lu. Pour la RATP, les Chrétiens d’Orient sont juste un camp face à l’autre, un camp pour lequel on ne peut pas prendre parti. Alors que la France, par la voix de Laurent Fabius, se démène à l’ONU pour que cesse le génocide dont sont victimes ces minorités d’Irak et d’ailleurs, alors que le Président de la République a reçu des Chrétiens obligés de fuir leur pays pour ne pas être massacrés par Daesh, la RATP -elle- refuse de choisir. Entre Daesh et ses victimes, elle veut rester «neutre».. Cette neutralité-là est impossible. Cette neutralité est une complicité avec celui qui massacre, contre l’innocent qui est massacré. Cette neutralité rappelle celle de Pilate et de tous ceux qui l’ont suivi depuis 2000 ans, se lavant les mains des massacres commis, et fermant les yeux sur le sort des victimes, pour ne pas faire de vagues ni perdre leur poste. Abbé Pierre-Hervé Grosjean (curé de Saint Cyr l’Ecole)
Le carême chrétien, qui en parle ? Il est coutumier de voir les politiques et les médias accompagner le ramadan. Cependant, personne n’aura dit un mot, en symétrie, du rituel catholique qui vient de s’achever. Les fêtes de Pâques ne sont pas davantage commentées.L’excès de discrétion des catholiques accélère leur effacement. La RATP vient ainsi  de refuser d’apposer la mention « Au bénéfice des chrétiens d’Orient » sur une affiche du métro parisien. Elle annonce le prochain concert du groupe « Les Prêtres ». La RATP fait valoir la laïcité. Mais elle-même  accepte fréquemment des publicités rappelant le ramadan. Le deux poids deux mesures saute au yeux. La RATP fait honte. Mais tendre l’autre joue a aussi ses limites. C’est la protestation des Chrétiens qui doit se faire entendre. Ivan Rioufol
Mes bons amis, pour la deuxième fois de notre histoire, un premier ministre britannique revient d’Allemagne apportant la paix dans l’honneur. Je crois que c’est la paix pour notre temps… Rentrez-chez vous et dormez en paix. Neville Chamberlain
Nous avons subi une défaite totale et sans mélange (…). Notre peuple doit savoir que nous avons subi une défaite sans guerre, dont les conséquences nous accompagneront longtemps sur notre chemin. (…) Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront le déshonneur et la guerre. Churchill (1938)
Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit. Goebbels
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Les lamentations sur ce qui est advenu de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient passent à côté de l’essentiel. Le plus remarquable concernant la diplomatie du président Obama dans la région, c’est qu’elle est revenue au point de départ – jusqu’au début de sa présidence. La promesse d’ « ouverture » vers l’Iran, l’indulgence envers la tyrannie de Bashar Assad en Syrie, l’abandon des gains américains en Irak et le malaise systématique à l’égard d’Israël — tels étaient les traits distinctifs de l’approche du nouveau président en politique étrangère. A présent, nous ne faisons qu’assister aux conséquences alarmantes d’une perspective aussi malavisée que naïve. Fouad Ajami (oct. 2013)
J’annonce au monde entier que si les infidèles font obstacle à notre religion, nous nous opposerons au monde entier et nous ne cesserons pas avant leur anéantissement, nous en sortirons tous libérés ou nous obtiendrons une plus grande liberté qui est le martyr. Soit nous nous serrerons les uns aux autres pour célébrer la victoire de l’islam sur le monde ou bien nous aurons tous la vie éternelle grâce au martyr. Dans les deux cas, la victoire et le succès seront à nous. Khomeiny
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
Les camps d’entraînement du Hezbollah sous contrôle iranien ou sous le nom du Hezbollah sont disséminés sur les quatre continents, dont l’Argentine, le Paraguay, la Colombie et probablement au Venezuela, en Asie Pacifique, l’Indonésie intéresse les mollahs. Il ne faut surtout pas oublier l’Afrique où les mollahs comptent de nombreux alliés parmi lesquels au premier rang se trouve l’Afrique du Sud, pays phare de ce continent et intermédiaire diplomatique dans de nombreux conflits régionaux. (…) Mais, il y a aussi les Etats-Unis, où le régime compte des nombreux partisans débarqués dans ce pays avec des passeports iraniens et des titres de professeurs ou chercheurs. L’Europe compte aussi d’importants centres (d’études et de recherches) gérés par le Hezbollah et selon la presse allemande, le nombre des partisans du Hezbollah sera de 900 dans ce pays. L’ensemble des ces réseaux internationaux qui sont présent en Amérique Latine, dans les pays du Golfe Persique, aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie Pacifique font état d’une éclatante santé idéologique. (…) Dans ces conditions, nous songeons au dernier article d’Antoine Sfeir dans le Figaro. Sfeir qui est un des agents du lobby des mollahs en France et se rend souvent en Iran écrit naïvement : L’Iran possèdera tôt ou tard l’arme nucléaire. La véritable question est de savoir s’il l’aura avec nous ou contre nous ?” Iran-Resist
Une chose est claire, c’est que le USS Vincennes était en état de légitime défense. Cet accident tragique s’est produit dans un contexte d’attaques illégales iraniennes répétées, injustifiées et non-provoquées contre la marine marchande et les forces armées des Etats-Unis. Et il s’est produit au cours d’une attaque navale lancée par des navires iraniens contre un navire neutre et plus tard contre le Vincennes quand il est venu secourir le bateau innocent en perdition. Vice-président George H.W. Bush (Siège des Nations-Unies, le 14 juillet 1988)
Iran is a major sponsor of terrorism, striking Israel, U.S. Arab allies, and at times Americans. (…) Since the 1979 Islamic revolution, Iran has backed an array of terrorist groups. These groups have fostered unrest in Iraq and the oil-rich Gulf Kingdoms, killed Iran’s enemies in Europe, and struck at enemies like Israel and the United States. Most infamously for Americans, Iran has backed the Lebanese Hizballah, providing it with hundreds of millions of dollars, sophisticated arms, and advanced training. Among its many operations, Hizballah in 1983 bombed the U.S. embassy and the Marine barracks hosting U.S. peacekeepers in Beirut, killing 17 embassy officials and 241 Marines. Iran has also backed Hizballah in its numerous operations against Israel, including a 2012 bus bombing in Bulgaria that killed five Israeli tourists and the bus driver, and has given money and weapons to Hamas, which has used these to attack Israel in repeated clashes. Tehran has also quietly maintained links to Al Qaeda itself, hosting several important figures though also restricting their activities. For Iran, ties to terrorists served multiple purposes. Ideologically, Tehran often believed that the terrorists’ goals – to spread an Iranian-style Islamic state, to overthrow an apostate regime, to battle Israel, and so on – were the right ones, and thus it was supporting the “good guys.” But strategic considerations also proved vital. Ties to terrorist groups enabled Iran to extend its influence around the world, something its weak military and struggle economy could not accomplish. With ties to groups like Hamas, Iran was also able to establish itself as an important actor against Israel – always a popular cause in the Middle East – and, in so doing, live up to its self-image of being an Islamic revolutionary power, not a champion of the Shi’a community, which is a minority in most Arab countries. (…) Especially as talks over Iran’s nuclear program appear close to bearing fruit, the United States should make clear it condemns terrorism of all stripes, regardless of who the victim is. Daniel L. Byman (Brookings, 2013)
L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie). (…) Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. (…) Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. (…) On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent : La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand Badie), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou. La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori). Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure … Frédéric Charillon
Sur le long terme, Obama et son entourage ont toujours fantasmé sur une réconciliation globale entre les Etats-Unis et l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme sunnite des Frères musulmans ou de l’islamisme chiite iranien. C’était le sens, dès 2009, du discours-manifeste du Caire, prononcé, il ne faut pas l’oublier, au moment même où le pouvoir des mollahs écrasait dans le sang un « printemps iranien ». Cela a été également le sens, par la suite, de la temporisation d’Obama sur la question du nucléaire iranien : Washington s’est prononcé en faveur de sanctions économiques de plus en plus lourdes, mais n’a pas envisagé sérieusement une action militaire contre l’Iran ni accordé de feu vert à une éventuelle action militaire israélienne.(…) Des négociations discrètes ont été menées au début de l’été entre Washington et Téhéran, et elles avaient suffisamment abouti dès le mois d’août – quand Rouhani a pris officiellement ses fonctions – pour que plusieurs revues américaines influentes diffusent presque immédiatement des articles préparant l’opinion à cette « détente », sinon à ce renversement d’alliance. La New York Review of Books publie dans sa livraison datée du 15 août un long article en faveur d’un « nouvelle approche envers l’Iran » cosigné, de manière significative – l’union sacrée, pourrait-on dire -, par un universitaire pro-iranien, William Luers, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, Thomas Pickering et un homme politique républicain, Jim Walsh. Quant à Foreign Affairs, elle consacre sa couverture de septembre-octobre au chef véritable du régime iranien, l’ayatollah et Guide spirituel Ali Khamenei. Akbar Ganji, un journaliste prestigieux, souvent présenté comme le « Soljénitsyne iranien », y affirme à la fois que Rouhani ne peut se rapprocher des Etats-Unis sans l’accord préalable et l’appui de Khamenei, ce qui est vrai ; et que les Etats-Unis doivent saisir cette « chance », ce qui est plus discutable. (…) A un autre niveau, à plus court terme, Obama a sans doute vu dans un rapprochement avec l’Iran le moyen d’effacer ou de faire oublier ses échecs répétés au Moyen-Orient : en Libye, en Egypte et finalement en Syrie. Une Grande Puissance, c’est un pays qui peut faire la guerre et qui, par voie de conséquence, est en mesure d’imposer sa volonté à d’autres pays. Et « pouvoir faire la guerre », en amont, cela suppose à la fois des moyens techniques (une armée, des armements, des technologies), et des moyens politiques ou moraux (une vision du monde, des objectifs, une détermination). L’Amérique d’Obama a toujours les moyens techniques d’une Très Grande Puissance, mais elle s’est comportée en Syrie, à travers ses tergiversations et finalement sa capitulation diplomatique devant la Russie de Poutine, comme si elle n’en avait plus les moyens politiques ou moraux. Ce que les alliés traditionnels des Etats-Unis ne sont pas près de pardonner au président sur le plan international (des Etats du Golfe à la France de Hollande), ni les Américains eux-mêmes en politique intérieure.(…) Les clés d’Obama se trouvent dans son livre autobiographique, Les Rêves de mon père. Deux faits, qu’il rapporte avec beaucoup de franchise : d’abord, un drame intime : il n’a pratiquement pas connu son père ; ensuite, un drame identitaire : l’Amérique traditionnelle – anglo-saxonne, judéo-chrétienne, blanche – est pour lui une sorte de pays étranger. Il est certes né aux Etats-Unis, mais il n’y a pas passé son enfance. Il n’a pas été élevé dans la foi chrétienne, mais dans un mélange d’humanisme athée et d’islam libéral. Et bien que sa mère soit blanche, il a toujours été considéré comme un Noir. Comment surmonte-t-il ces deux drames ? A travers l’action politique en vue d’une Amérique nouvelle, multiraciale, multireligieuse, multiculturelle. En fait, il veut enfanter cette nouvelle Amérique qui lui ressemblerait, être à la fois son propre père et celui d’une nation remodelée à son image. Ce qui passe, entre autre choses, par une réconciliation – fusionnelle – avec un islam qui est le contraire même de l’Amérique traditionnelle. Ce n’est là qu’un fantasme. La politique rationnelle d’Obama se réfère à d’autres considérations, d’autres raisonnements. Mais les fantasmes sont souvent aussi puissants ou plus puissants que la rationalité. Et qui plus est, les fantasmes personnels du président actuel recoupent ceux d’une bonne partie de la société américaine : les Noirs, les non-Blancs en général, mais aussi les milieux blancs d’extrême-gauche, une partie des élites intellectuelles… (…) Qui peut encore soutenir sérieusement qu’Israël est au cœur de tous les problèmes du Proche Orient et que tout passe, dans cette région, par la « résolution » du « problème palestinien » ? Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah. Michel Gurfinkiel
The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran. (…) The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. (…) Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. (…) Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. David Petraeus
Iran is already in violation of a number of Security Council resolutions demanding it cease all uranium enrichment and heavy water activity – a process used to create weapons-grade plutonium. Furthermore, none of this activity is even remotely necessary if Iran, as it claims, only wants a peaceful nuclear program.There are many countries that have nuclear power that do not have the capability to enrich their own fuel. They buy it from abroad and that’s what Iran could do. And that’s what the media are neglecting to tell you. There are over thirty countries around the world that have nuclear power programs but according to the World Nuclear Association, only eleven have the capacity to enrich their own fuel. Here are some of the countries that have nuclear energy but don’t enrich their own nuclear fuel: Argentina, Armenia, Belgium, Bulgaria, Canada, Czech Republic, Finland, Hungary, South Korea, Lithuania, Mexico, Romania, Slovakia, Slovenia, South Africa, Spain, Sweden, Switzerland, Ukraine. The fact is that, of countries that have enrichment capabilities, the majority also possess nuclear weapons. Countries that enrich nuclear materials but do not have nuclear weapons include Germany, Japan and the Netherlands. Countries that enrich and do have nuclear weapons include Pakistan, Russia and China. When you think of Iran, do you think it fits in with Germany, Japan and the Netherlands? Or, does it fit better with Pakistan, Russia and China? If that isn’t enough to make you uncomfortable, in a speech to the Supreme Cultural Revolutionary Council in 2005, Rouhani himself said: A country that could enrich uranium to about 3.5 percent will also have the capability to enrich it to about 90 percent. Having fuel cycle capability virtually means that a country that possesses this capability is able to produce nuclear weapons. Since Argentina, Armenia, Sweden and Spain can buy nuclear fuel from abroad, why can’t Iran? Since our neighbors Canada and Mexico can pursue this policy, why can’t Iran? Camera
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie.(…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry Spokeswoman)
The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments (…) Why don’t we all stick to what we agreed to ? Why do we need to produce different texts ? (…) The terminology is different. The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again (…) And I urge you to read the entire text. If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. (…) What Iran has agreed is not to enrich above 5%. We did not agree to dismantle anything. Javad Zarif (Iranian foreign minister, 23.01.14)
Mort à l’Amérique, parce que l’Amérique est la source d’origine de cette pression. Ils insistent à mettre la pression sur l’économie de nos chères personnes. Quel est leur objectif ? Leur objectif est de monter les gens contre le système. Ayatollah Ali Khamenei  (20.03.15)
L’armement de la Cisjordanie a commencé et les armes seront fournies aux habitants de cette région. Les sionistes doivent savoir que la prochaine guerre ne sera pas limitée aux frontières actuelles et les Moudjahidine les repousseront. Mohammad Reza Naqdi (commandant de la milice Basij des Gardiens de la Révolution de l’Iran, 2014)
Effacer Israël de la carte est non négociable. Mohammad Reza Naqdi (2015)
https://twitter.com/JZarif/status/583723860522115072

Là, c’est une étape importante, très importante même, mais le bout du chemin, c’est la fin juin (…) Il est écrit dans ce qu’on a signé: rien n’est acté tant que tout n’a pas été acté. (…)  Les Américains et les Iraniens nous avaient proposé un texte, mais nous avions dit ‘non’ parce que le Président et moi avions estimé qu’il n’était pas assez solide. L’Iranien avait menacé de rentrer chez lui et de démissionner. Mais il est finalement resté à la table. (…) il faut « lever les sanctions au fur et à mesure que l’Iran respecte ses engagements. (…) la France « n’a rien contre l’Iran » : « nous voulons juste que l’accord soit perçu comme solide pour éviter que les autres pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite se lancent dans la prolifération nucléaire. Laurent Fabius
We know they don’t need to have an underground, fortified facility like Fordo in order to have a peaceful program They certainly don’t need a heavy-water reactor at Arak in order to have a peaceful nuclear program. They don’t need some of the advanced centrifuges that they currently possess in order to have a limited, peaceful nuclear program. Barack Hussein Obama (December 07, 2013)
Je suis convaincu que si cet accord-cadre mène à un accord total et définitif, notre pays, nos alliés et le monde seront plus en sécurité. L’Iran sera « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde. Si l’Iran triche, le monde le saura. Si nous voyons quelque chose de louche, nous mènerons des inspections. Barack Hussein Obama
Le programme nucléaire civil iranien et l’usage d’un réacteur de recherche (à Arak) sont acceptés par les 5+1, y compris l’enrichissement, ce qui n’était pas le cas auparavant. En face, Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses capacités nucléaires ainsi que la mise en oeuvre du protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP) qui facilitera les contrôles des inspecteurs de l’AIEA. L’Iran a aussi accepté que la levée des sanctions soit progressive et conditionnées au rythme de l’application de l’accord (diminution du nombre de centrifugeuses, fermeture de Fordo, etc.) (…) Grâce à l’accord de Lausanne, le programme nucléaire iranien est très sérieusement encadré. Il sera surveillé à la loupe. Les différentes clauses concernant l’enrichissement, ou les sites sensibles de Fordo, d’Arak ou de Natanz, permettront de limiter de façon drastique toute possibilité d’accès à l’arme atomique. Aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire. Au-delà même des 10 à 15 ans prévus par les paramètres de l’accord, l’Iran continuera en outre à être soumis aux contrôles prévus par l’AIEA. (…) Il s’agit maintenant de « mettre en musique » les lignes générales présentées jeudi soir par la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif ; d’affiner les détails de leur mise en oeuvre. Certains points de la déclaration commune sont très clairs, d’autres plus flous. Parallèlement à cette déclaration, les Etats-Unis ont diffusé un document comprenant une liste de « paramètres ». Celle-ci n’est pas formellement acceptée par les Iraniens, mais il semble qu’elle servira de ligne directrice pour la rédaction de l’accord détaillé.  (…) La voie de la diplomatie est un pari. Les partisans du dialogue considèrent que le retour de la prospérité en Iran, après la levée des sanctions, va contribuer à détendre l’atmosphère. Certains craignent l’inverse, c’est vrai. L’aboutissement de ces longues discussions devrait, selon moi, renforcer le président Hassan Rohani, élu sur la promesse d’ouverture au monde. A l’intérieur comme en ce qui concerne la politique extérieure. De quoi renforcer le camp des modérés dont il est le chef de file, à l’occasion des prochaines législatives, en 2016. Réintroduire l’Iran dans le jeu international, faire en sorte qu’il se sente moins menacé, peut, je le crois, conforter la voie de la modération dans sa relation au monde.  François Nicoullaud (ancien ambassadeur de France en Iran)
L’accord nucléaire avec l’Iran : un succès inespéré Obtenu après un marathon de huit jours et huit nuits de négociations à Lausanne, l’accord du 2 avril 2015 entre l’Iran et les grandes puissances de la «communauté internationale» (représentées par les ministres des Affaires étrangères des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’Allemagne et de l’Union européenne) a toutes les chances d’être encore enseigné dans trente ans au sein des universités de sciences politiques du monde entier comme un modèle de succès de la diplomatie multilatérale. Car s’il n’est pas saboté d’ici le 30 juin (date prévue officiellement pour sa signature définitive incluant tous les protocoles techniques) par les extrémistes des deux bords (les faucons du Congrès américain et les conservateurs du Majlis iranien), ce deal sur le dossier atomique iranien mettra fin aux risques de prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Mieux, pour la stabilité de cette région, il pourra faire de l’Iran un partenaire de l’Occident, et non plus un rival ou un ennemi. Renaud Girard (Le Figaro)
Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis. A year may simply not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations. Michael Hayden, Olli Heinonen and Ray Takeyh (former CIA director, former IAEA deputy chief and Iran expert)
Les négociations nucléaires avec la Corée du Nord prouvent que le programme de l’Iran ne manquera pas de se poursuivre, qu’il y ait ou pas un accord. Si l’on se fie aux critères de bonne foi nucléaire de Barak Obama et de John Kerry, la Corée du Nord était un État modèle-en 1992. En 1985, la Corée du Nord avait signé le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. En 1992, elle cosignait en compagnie de la Corée du Sud une déclaration conjointe proclamant la «dénucléarisation» de la péninsule coréenne. La Corée du Nord signa par la suite un accord de contrôle avec l’Agence internationale pour l’Énergie atomique (AIEA). Dans les mois qui suivirent, l’AIEA décelait des «irrégularités» dans le programme nucléaire de la Corée du Nord. (…) Après des négociations avec la Corée du Nord, et suite à des rapports de la CIA révélant que ce pays avai séparé assez de plutonium pour une ou deux armes nucléaires, les États-Unis et la Corée du Nord signaient en 1994 un Accord-Cadre à Genève. Comme la Corée du Nord promettait de renoncer à ses capacités de production d’armes nucléaires, l’Accord-Cadre est célébré comme un succès diplomatique majeur de la présidence Clinton. En 1996-97, les États-Unis négocient avec la Corée du Nord sur la prolifération des missiles balistiques. (…) En octobre 2002, les États-Unis déclarent que la Corée du Nord admet l’existence d’un programme secret d’enrichissement militaire de l’uranium. (…) La Corée du Nord interdit alors tout accès de l’AIEA à ses installations nucléaires, quitte le Traité de non-prolifération et relance un réacteur nucléaire. Les négociations reprennent à Pékin en avril 2003. La Corée du Nord déclare qu’elle possède des armes nucléaires mais qu’ elle démantèlera ses «installations nucléaires» en contrepartie de pétrole et de nourriture. En février 2005, le ministre des affaires étrangères de la Corée du Nord déclare à nouveau que son pays a produit des armes nucléaires. Quelques mois plus tard, les Coréens affirment qu’ils sont prêts à abandonner «toute arme nucléaire» et à rejoindre le Traité de non-prolifération. Un nouveau cycle de négociations commence. (…) En octobre, la Corée du Nord procède à l’essai d’un engin nucléaire souterrain. (…) La Corée du Nord déclare qu’elle n’est  plus « liée » par les accords antérieurs. Le 25 mai 2009, la Corée du Nord procède à un second essai nucléaire souterrain. (…) Début 2013, un groupe de contrôle détecte une activité ayant « toutes les caractéristiques d’une explosion » sur le site des essais nucléaires souterrains de la Corée du Nord. (…) En novembre dernier, le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov déclare que la Corée du Nord est prête à reprendre les négociations à six. —- Il faut que tous les membres du Sénat lisent les 81 pages de la chronologie. La Corée du Nord prouve, de façon irréfutable, que le modèle des «négociations» ne fonctionne pas s’il n’est pas associé à des actes crédibles de menace et de coercition. L’Iran sait que ses négociateurs nucléaires lui procurent l’immunité. La question n’est pas quand ou comment l’Iran violera un accord quelconque. L’Occident lui demandera platement – quoi d’autre? – davantage de négociations. Les programmes nucléaires et balistiques de l’Iran se poursuivront à l’image de la Corée du Nord, c’est l’évidence, quoi qu’on dise. Daniel Henninger
À peine les négociateurs avaient-ils annoncé l’accord avec l’Iran sur le nucléaire que les conservateurs dégainaient leurs tweets vengeurs annonçant, avec leur ton mesuré légendaire, la fin du monde. Ils accusent le président Obama de s’être aplati devant les Iraniens et d’avoir lâché trop de concessions. Peu importe si les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin, ils sont convaincus que cet accord est une catastrophe majeure. Leur comparaison favorite, ce sont évidemment les accords de Munich en 1938. « Neville Chamberlain a obtenu d’Adolf Hitler un meilleur accord », a déclaré le sénateur Mark Kirk de l’Illinois. « Arrêtez toute cette négativité sur l’accord avec l’Iran, mes chers conservateurs. Les Iraniens n’ont pas eu la région des Sudètes », ironise Ed Morrissey, un blogueur de droite. Dans le magazine National Review, l’historien Victor Davis Hanson écrit : « Notre déshonneur à Lausanne, comme à Munich, peut éviter une confrontation aujourd’hui, mais notre honte garantit une guerre dans l’avenir proche. » Les néoconservateurs, qu’on croyait enterrés avec le fiasco de la guerre en Irak, ont repris du poil de la bête et sont de nouveau très influents chez les républicains. Malgré leurs échecs répétés, ils ont conservé leur vision belliqueuse du monde et leur credo : pas de compromis avec les ennemis de l’Amérique, même si cela doit mener à une autre guerre et mettre la planète à feu et à sang. « Pour stopper la bombe de l’Iran, bombardez l’Iran, » écrivait récemment John Bolton, l’ambassadeur aux Nations unies de George W. Bush, dans le New York Times. Les conservateurs ont vraiment tout fait ces derniers mois pour torpiller les négociations avec Téhéran. Ils ont invité début mars le Premier ministre israélien, sans le dire à la Maison-Blanche. Benjamin Netanyahu, en plein Congrès, a attaqué la politique d’Obama en disant que tout accord « ouvrirait la voie » à une bombe atomique iranienne. Quelques jours plus tard, 47 sénateurs ont signé une lettre qu’ils ont envoyée directement à Téhéran à l’instigation du sénateur Tom Cotton de l’Arkansas. Objectif : rappeler au régime iranien que le Congrès pouvait faire machine arrière sur tout accord. Du jamais-vu dans les annales de la diplomatie. Hélène Vissière (Le Point)
Just hours after the announcement of what the United States characterized as a historic agreement with Iran over its nuclear program, the country’s leading negotiator lashed out at the Obama administration for lying about the details of a tentative framework. Iranian Foreign Minister Javad Zarif accused the Obama administration of misleading the American people and Congress in a fact sheet it released following the culmination of negotiations with the Islamic Republic. (…) The pushback from Iran’s chief diplomat follows a pattern of similar accusations by senior Iranian political figures after the announcement of previous agreements. Following the signing of an interim agreement with Iran aimed at scaling back its nuclear work, Iran accused the United States of lying about details of the agreement. Free Beacon
Barack Obama has been compared to British Prime Minister Neville Chamberlain, who concluded the ill-fated Munich Pact with Hitler in 1938. But Chamberlain acted out of a sincere belief that he was avoiding a greater evil. Chamberlain was not thinking of his place in history. He was thinking only of the Britain that he loved, a Britain that was all but disarmed, exhausted, and vulnerable. He was dealing with a nation that had been decimated by the Great War, a nation whose “best and brightest” five years earlier had declared in the infamous Oxford Oath that they would not fight for king or country, and a nation that was as materially unprepared for war as Germany was prepared to fight. Chamberlain dealt from a position of weakness, one that Hitler continually exploited in the negotiations, even by changing the time and place to make it more inconvenient for the British leader to attend them. In sharp contrast, Mr. Obama is acting out of personal aggrandizement. He believes he is replicating President Richard Nixon’s historic opening of China. For Mr. Obama, the Iranian nuclear arms deal is about his place in history. Mr. Obama is dealing from a position of strength that he refuses to use. The sanctions have hurt Iran. Falling oil prices only add to Iran’s vulnerability. Instead of using the sanctions to pursue his original promise that Iran would not get the bomb, Mr. Obama has moved the goal post. Iran would not get the bomb immediately. It would be permitted to enrich uranium well beyond the 5 percent need for generating nuclear energy and be left with a breakout capacity to create a bomb. Meanwhile, Iran is refusing surprise inspections, the hallmark of any such agreement, and has ruled its military facilities, such as the enrichment plant at Fordo, off limits to any inspections, period. Iran continues to showcase public displays of Israel being obliterated by an Iranian nuclear bomb, and even in the midst of negotiations government-orchestrated mass rallies cry out, “Death to America.” If Chamberlain possessed America’s strength and was dealing with Iran’s weakness, would he be negotiating as Mr. Obama is? Would he be more concerned about a Jew building an extra bedroom in Jerusalem than an Iranian building a bomb at Fordo? (…) It is unrealistic to hope that Mr. Obama could emerge as a modern Churchill in this chaotic and dangerous chapter in human history. But even Chamberlain would not have made the disastrous agreement that Mr. Obama seems so eager to conclude. Mr. Obama is an amateur who is enthralled with the sound of his own voice and is incapable of coming to grips with the consequences of his actions. He is surrounded by sycophants, second-rate intellectuals, and a media that remains compliant and uncritical in the face of repeated foreign policy disasters. As country after country in the world’s most dangerous region fall into chaos—Libya and Yemen are essentially anarchic states, even as Syria and Iraq continue to devolve—Mr. Obama puzzlingly focuses much of his attention and rhetoric on Israel, childishly refusing to accept the mandate its people have given their prime minister in an election that, by the way, added three additional seats to the country’s Arab minority. We can debate whether we should ever have been in Iraq, but Mr. Obama’s hasty withdrawal to make good on a campaign promise created the power vacuum filled by the Islamic State. In Syria, he vacillated over the enforcement of red lines and whom to arm. There too, he created a vacuum filled by the Islamic State. In Egypt, he withdrew support for President Hosni Mubarack, who for thirty years kept the peace with Israel and turned Egypt into a stable and reliable ally. Obama permitted the tyrannical Muslim Brotherhood to come to power failing to realize that one election, one time, resulting in a tyranny is not democracy. In Libya, President Muammar al-Gaddafi, once an international pariah, had reversed course as far back as 1999 and attempted to reenter the community of nations, even giving up his nuclear program. Libya was a stable dictatorship that was willing to engage in economic and diplomatic relations with the West. Its revolutionary ambitions of pan-Arabism and its expansionist tendencies had abated. When revolutionary forces rose up against Gaddafi, Mr. Obama not only verbally supported the revolutionaries, he sent NATO war planes to assist them. Gaddafi was defeated and murdered. Libya is now in chaos and another hot house for Islamic extremism. The deal with Iran follows in the wake of these foreign policy disasters. Among our traditional Sunni allies in the region, it is seen as a betrayal not simply because it advances Iran’s nuclear ambitions but also because it encourages Iran’s support for the Houthi Shiite militia in Yemen and Iran’s adventurism in Iraq. The lifting of sanctions means more resources for Iran to transfer to its meddlesome proxies like Lebanon’s Hezbollah, the assassin of Lebanon’s democratic aspirations.  The nuclear deal gives Iran an unacceptable nuclear umbrella that will compel the Gulf State Sunnis to launch their own nuclear programs, setting off a disastrous proliferation in the region. The Iran deal is a march toward the nuclear abyss hand-in-hand with the world’s largest exporter of terrorism– the patron of Hezbollah, Hamas, Houthi militias in Yemen, Shiite militias in Iraq, and operatives killing Jews in Argentina. Regrettably, a naïve, petulant President Obama sees this as a crowning part of his legacy and nothing will stand in his way. Until Mr. Obama released a 1987 classified report detailing Israel’s nuclear program, we believed that the president’s Iranian policy was motivated by a different vision of America’s interests in the Middle East. Admittedly, it is one that would be difficult to dissect, let alone to explain. But Mr. Obama’s latest petulant act shows that this is not a president motivated by policy but by personal feelings. He sacrificed the security of our close ally and its seven million citizens because he felt slighted. How else does one explain that Israel’s nuclear program is made public while the report’s description of the programs of our NATO partners is redacted? (…) Ultimately, this deal will come back to haunt Mr. Obama’s legacy far more than Munich haunted Chamberlain’s. The Observer
The current negotiations with the Iranians in Lausanne, Switzerland, have all the hallmarks of the Munich negotiations. Most Westerners accept that the Iranian government funds terrorist groups such as Hezbollah and Hamas. It has all but taken over Iraq, Lebanon, Syria, and Yemen. Yet the idea of stronger sanctions, blockades, or even force to stop Iranian efforts to get a bomb are considered scarier than Iran getting a bomb that it just possibly might not threaten to use. The U.S. and its NATO partners are far stronger than Iran in every imaginable measure of military and economic strength. The Iranian economy is struggling, its government is corrupt, and its conventional military is obsolete. Iran’s only chance of gaining strength is to show both its own population and the world at large that stronger Western powers backed down in fear of its threats and recklessness. Iran is not united. It is a mishmash nation in which over a third of the population is not Persian. Millions of protestors hit the streets in 2009. An Iranian journalist covering the talks defected in Switzerland — and said that U.S. officials at the talks are there mainly to speak on behalf of Iran. By reaching an agreement with Iran, John Kerry and Barack Obama hope to salvage some sort of legacy — in the vain fashion of Chamberlain — out of a heretofore failed foreign policy. Victor Davis Hanson

La paix pour notre temps !

En ce début de la Pâque juive, véritable contre-histoire, quoi qu’en dise Hollywood il y a plus de 3 000 ans, de la mère de toutes les épurations ethniques

Et de Vendredi saint chrétien qui vit, on s’en souvient il y a  2 000 ans, une énième tentative de pacification et de réconciliation sur le dos d’un tiers exclu se retourner en sa dénonciation …

En ces temps étranges où une affiche de concert pour les Chrétiens d’Orient semblent plus choquants que leurs découpages à présent presque quotidiens au couteau de boucher …

A l’heure où du haut de six années de reculades et de lignes rouges, le faux Messie noir de la Maison Blanche nous assure sans rire …

Qu’un pays qui a passé les douze dernières années à mentir et tricher …

Et, de Beyrouth à Khobar et de Gaza à Paris ou Buenos Aires, les trente dernières années à alimenter le terrorisme mondial

Pour finir aujourd’hui, du Golan à Gaza et de la Syrie au Yémen, à faire main basse sur plus de la moitié du Moyen-Orient …

Sera « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde »

Et que le plus sérieusement du monde nos experts nous confirment qu’ « aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire »

Saluant à qui mieux mieux un « succès inespéré » ayant « toutes les chances d’être encore enseigné dans trente ans au sein des universités de sciences politiques du monde entier comme un modèle de succès de la diplomatie multilatérale » …

Et ne trouvant pas de mots assez durs pour dénoncer, pour un pré-accord dont « les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin », les républicains qui « se déchainent « et les « néoconservateurs, qu’on croyait enterrés avec le fiasco de la guerre en Irak » …

Pendant que comme à leur habitude quelques heures à peine après les négociateurs iraniens …

Accusaient déjà la Maison Blanche de mensonges sur la teneur exacte des termes du prétendu accord …

Comment ne pas avoir avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Comme une étrange impression de déjà vu …

Jusqu’à l’indispensable tiers exclu, juifs ou chrétiens africains  ou arabes (tant qu’ils ne sont pas… palestiniens !) remplaçant avantageusement la Tchécoslovaquie d’antan  …

D’un tristement fameux accord dans une certaine ville de Bavière il y a quelque 77 ans ?

The Shadow of Munich Haunts the Iran Negotiations
Victor Davis Hanson
The National Review
April 2, 2015
Once again our leaders are needlessly appeasing a hostile state that shows them nothing but contempt. The Western capitulation to Adolf Hitler in the 1938 Munich Agreement is cited as classic appeasement that destroyed Czechoslovakia, backfired on France and Britain, and led to World War II.
All of that is true.
But there was much more that caused the Munich debacle than simple Western naiveté. The full tragedy of that ill-fated agreement should warn us on the eve of the Obama’s administration’s gullible agreement with Iran on nuclear proliferation.
Fable one is the idea that most people saw right through the Munich folly. True, Europeans knew that Hitler had never once told the truth and was already murdering German citizens who were Jews, Communists, or homosexuals. But Europeans did not care all that much.
Instead, the Western world was ecstatic over the agreement. After the carnage of World War I, Europeans would do anything to avoid even a small confrontation — even if such appeasement all but ensured a far greater bloodbath than the one that began in 1914.
Another myth was that Hitler’s Wehrmacht was strong and the democracies were weak. In fact, the combined French and British militaries were far larger than Hitler’s. French Char tanks and British Spitfire fighters were as good as, or superior to, their German counterparts.
Czechoslovakia had formidable defenses and an impressive arms industry. Poland and perhaps even the Soviet Union were ready to join a coalition to stop Hitler from dissolving the Czech state.
It is also untrue that the Third Reich was united. Many of Hitler’s top generals did not want war. Yet each time Hitler successfully called the Allies’ bluff — in the Rhineland or with the annexation of Austria — the credibility of his doubters sank while his own reckless risk-taking became even more popular.
Munich was hardly a compassionate agreement. In callous fashion it immediately doomed millions of Czechs and put Poland on the target list of the Third Reich. Munich was directly tied to the vanity of Neville Chamberlain. In the first few weeks after Munich, Chamberlain basked in adulation, posing as the humane savior of Western civilization. In contrast, loud skeptic Winston Churchill was dismissed by the media and public as an old warmonger.
Hitler failed to appreciate the magnanimity and concessions of the French and British. He later called his Munich diplomatic partners “worms.” Hitler said of the obsequious Chamberlain, “I’ll kick him downstairs and jump on his stomach in front of the photographers.”
The current negotiations with the Iranians in Lausanne, Switzerland, have all the hallmarks of the Munich negotiations.
Most Westerners accept that the Iranian government funds terrorist groups such as Hezbollah and Hamas. It has all but taken over Iraq, Lebanon, Syria, and Yemen. Yet the idea of stronger sanctions, blockades, or even force to stop Iranian efforts to get a bomb are considered scarier than Iran getting a bomb that it just possibly might not threaten to use.
The U.S. and its NATO partners are far stronger than Iran in every imaginable measure of military and economic strength. The Iranian economy is struggling, its government is corrupt, and its conventional military is obsolete. Iran’s only chance of gaining strength is to show both its own population and the world at large that stronger Western powers backed down in fear of its threats and recklessness.
Iran is not united. It is a mishmash nation in which over a third of the population is not Persian. Millions of protestors hit the streets in 2009. An Iranian journalist covering the talks defected in Switzerland — and said that U.S. officials at the talks are there mainly to speak on behalf of Iran.
By reaching an agreement with Iran, John Kerry and Barack Obama hope to salvage some sort of legacy — in the vain fashion of Chamberlain — out of a heretofore failed foreign policy.
There are more Munich parallels. The Iranian agreement will force rich Sunni nations to get their own bombs to ensure a nuclear Middle East standoff. A deal with Iran shows callous disagreed for our close ally Israel, which is serially threatened by Iran’s mullahs. The United States is distant from Iran. But our allies in the Middle East and Europe are within its missile range. Supporters of the Obama administration deride skeptics such as Democratic senator Robert Menendez and Israeli prime minister Benjamin Netanyahu as if they were doubting old Churchills.
Finally, the Iranians, like Hitler, have only contempt for the administration that has treated them so fawningly. During the negotiations in Switzerland, the Iranians blew up a mock U.S. aircraft carrier. Their supreme leader, Ayatollah Khamenei, did his usual “death to America” shtick before adoring crowds. Our dishonor in Lausanne, as with Munich, may avoid a confrontation in the present, but our shame will guarantee a war in the near future.
— Victor Davis Hanson is a classicist and historian at the Hoover Institution, Stanford University, and the author, most recently, of The Savior Generals. You can reach him by e-mailing author@victorhanson.com. © 2015 Tribune Media Services, Inc.

Voir aussi:

L’Express
03/04/2015
Au terme de plusieurs mois de négociations, un accord cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien a été conclu jeudi à Lausanne. François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, spécialiste du dossier, revient sur les avancées de ce compromis « historique ».
Barack Obama a parlé d’un accord « historique ». Est-ce vraiment le cas?
Oui. Cela faisait plus de 35 ans que les deux pays étaient en conflit. L’accord intervient douze ans après les premières négociations. Les détails de l’accord restent à formaliser, mais on vient de franchir une étape extrêmement importante pour la résolution de cette crise.
L’accord vous semble-t-il équilibré ?
Les deux parties ont chacune fait des concessions, mais chacune a su préserver des aspects essentiels de ses objectifs. Le programme nucléaire civil iranien et l’usage d’un réacteur de recherche (à Arak) sont acceptés par les 5+1, y compris l’enrichissement, ce qui n’était pas le cas auparavant. En face, Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses capacités nucléaires ainsi que la mise en oeuvre du protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP) qui facilitera les contrôles des inspecteurs de l’AIEA. L’Iran a aussi accepté que la levée des sanctions soit progressive et conditionnées au rythme de l’application de l’accord (diminution du nombre de centrifugeuses, fermeture de Fordo, etc.)
Les opposants à l’accord estiment qu’il encourage l’Iran dans sa course au nucléaire; le gouvernement israélien évoque un « pas dans une direction très très dangereuse »…
Les opposants aux négociations n’ont jamais présenté d’alternative crédible. Depuis 12 ans, ils ont évoqué des solutions radicales, sans résultat. L’usage de la force, la destruction des installations iraniennes était pour eux la seule option envisageable. Cela n’aura contribué qu’à l’aggravation des tensions dans une région qui n’en n’a guère besoin. Le compromis n’est peut-être pas parfait; mais c’est la nature même d’un compromis.Il constitue pourtant un véritable soulagement. Grâce à l’accord de Lausanne, le programme nucléaire iranien est très sérieusement encadré. Il sera surveillé à la loupe. Les différentes clauses concernant l’enrichissement, ou les sites sensibles de Fordo, d’Arak ou de Natanz, permettront de limiter de façon drastique toute possibilité d’accès à l’arme atomique. Aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire. Au-delà même des 10 à 15 ans prévus par les paramètres de l’accord, l’Iran continuera en outre à être soumis aux contrôles prévus par l’AIEA.
L’accord de Lausanne peut-il encourager la prolifération dans la région, comme le craignent ses adversaires ?
Je ne vois pas pourquoi un accord qui ferme toutes les voies d’accès à la bombe serait encourageant pour quiconque.Certains observateurs ont relevé que les termes de cet accord sont moins favorables que celui négocié en 2003 entre l’Iran et l’Union européenne…Il est clair qu’en 2003, au moment des premières discussions, Téhéran ne disposait que de quelques dizaines de centrifugeuses contre près de 20.000 aujourd’hui. L’Iran était prêt à accepter des contraintes plus fortes qu’aujourd’hui. Si on avait accepté de discuter sérieusement alors, la République islamique se serait probablement contentée d’un millier de centrifugeuse, tandis que l’accord cadre du 2 avril en prévoit près de 6000.
Que va-t-il se passer d’ici l’accord final du 30 juin?
Il s’agit maintenant de « mettre en musique » les lignes générales présentées jeudi soir par la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif ; d’affiner les détails de leur mise en oeuvre. Certains points de la déclaration commune sont très clairs, d’autres plus flous. Parallèlement à cette déclaration, les Etats-Unis ont diffusé un document comprenant une liste de « paramètres ». Celle-ci n’est pas formellement acceptée par les Iraniens, mais il semble qu’elle servira de ligne directrice pour la rédaction de l’accord détaillé.
La France a tenu une position souvent plus ferme que les Etats-Unis…
Elle a poussé à des solutions « robustes », selon le terme employé par Laurent Fabius. On trouve en effet la marque des exigences de Paris dans l’accord cadre: la levée des sanctions par phases, le démantèlement du coeur du réacteur à eau lourde d’Arak (remplacé par un réacteur destiné à la recherche). Je ne crois pas que les demandes de la France ont véritablement gêné les discussions. Elles ont pu générer des tensions, pas un blocage.Les détracteurs des négociations craignent que cet accord ne conforte le sentiment hégémonique de l’Iran dans la région…La voie de la diplomatie est un pari. Les partisans du dialogue considèrent que le retour de la prospérité en Iran, après la levée des sanctions, va contribuer à détendre l’atmosphère. Certains craignent l’inverse, c’est vrai. L’aboutissement de ces longues discussions devrait, selon moi, renforcer le président Hassan Rohani, élu sur la promesse d’ouverture au monde. A l’intérieur comme en ce qui concerne la politique extérieure. De quoi renforcer le camp des modérés dont il est le chef de file, à l’occasion des prochaines législatives, en 2016. Réintroduire l’Iran dans le jeu international, faire en sorte qu’il se sente moins menacé, peut, je le crois, conforter la voie de la modération dans sa relation au monde.
Voir également:

Iran Accuses U.S. of Lying About New Nuke Agreement

Says White House misleading Congress, American people with fact sheet

Free Beacon

April 2, 2015

LAUSANNE, Switzerland — Just hours after the announcement of what the United States characterized as a historic agreement with Iran over its nuclear program, the country’s leading negotiator lashed out at the Obama administration for lying about the details of a tentative framework.

Iranian Foreign Minister Javad Zarif accused the Obama administration of misleading the American people and Congress in a fact sheet it released following the culmination of negotiations with the Islamic Republic.

Zarif bragged in an earlier press conference with reporters that the United States had tentatively agreed to let it continue the enrichment of uranium, the key component in a nuclear bomb, as well as key nuclear research.

Zarif additionally said Iran would have all nuclear-related sanctions lifted once a final deal is signed and that the country would not be forced to shut down any of its currently operating nuclear installations.

Following a subsequent press conference by Secretary of State John Kerry—and release of a administration fact sheet on Iranian concessions—Zarif lashed out on Twitter over what he dubbed lies.

“The solutions are good for all, as they stand,” he tweeted. “There is no need to spin using ‘fact sheets’ so early on.”

Zarif went on to push back against claims by Kerry that the sanctions relief would be implemented in a phased fashion—and only after Iran verifies that it is not conducting any work on the nuclear weapons front.

Zarif, echoing previous comments, said the United States has promised an immediate termination of sanctions.

“Iran/5+1 Statement: ‘US will cease the application of ALL nuclear-related secondary economic and financial sanctions.’ Is this gradual?” he wrote on Twitter.

He then suggested a correction: “Iran/P5+1 Statement: ‘The EU will TERMINATE the implementation of ALL nuclear-related economic and financial sanctions’. How about this?”

The pushback from Iran’s chief diplomat follows a pattern of similar accusations by senior Iranian political figures after the announcement of previous agreements.

Following the signing of an interim agreement with Iran aimed at scaling back its nuclear work, Iran accused the United States of lying about details of the agreement.

On Thursday evening, Zarif told reporters the latest agreement allows Iran to keep operating its nuclear program.

“None of those measures” that will move to scale back Iran’s program “include closing any of our facilities,” Zarif said. “We will continue enriching; we will continue research and development.”

“Our heavy water reactor will be modernized and we will continue the Fordow facility,” Zarif said. “We will have centrifuges installed in Fordow, but not enriching.”

The move to allow Iran to keep centrifuges at Fordow, a controversial onetime military site, has elicited concern that Tehran could ramp up its nuclear work with ease.

Zarif said that once a final agreement is made, “all U.S. nuclear related secondary sanctions will be terminated,” he said. “This, I think, would be a major step forward.”

Zarif also revealed that Iran will be allowed to sell “enriched uranium” in the international market place and will be “hopefully making some money” from it.

Voir encore:

President Obama Must Not Complete a Disastrous Deal With Iran
Forget Churchill—Obama Isn’t Measuring up to Neville Chamberlain
The Editors

The Observer

03/31/15

With the US on the brink of signing an agreement that will lift the crippling economic sanctions on Iran in exchange for alleged guarantees that Iran will limit its nuclear ambitions to peaceful means, the Observer urges President Obama not to place his personal hunger for a legacy issue ahead of his most solemn duty – protecting America’s national security.

Barack Obama has been compared to British Prime Minister Neville Chamberlain, who concluded the ill-fated Munich Pact with Hitler in 1938. But Chamberlain acted out of a sincere belief that he was avoiding a greater evil. Chamberlain was not thinking of his place in history. He was thinking only of the Britain that he loved, a Britain that was all but disarmed, exhausted, and vulnerable. He was dealing with a nation that had been decimated by the Great War, a nation whose “best and brightest” five years earlier had declared in the infamous Oxford Oath that they would not fight for king or country, and a nation that was as materially unprepared for war as Germany was prepared to fight. Chamberlain dealt from a position of weakness, one that Hitler continually exploited in the negotiations, even by changing the time and place to make it more inconvenient for the British leader to attend them.
In sharp contrast, Mr. Obama is acting out of personal aggrandizement. He believes he is replicating President Richard Nixon’s historic opening of China.

In sharp contrast, Mr. Obama is acting out of personal aggrandizement. He believes he is replicating President Richard Nixon’s historic opening of China. For Mr. Obama, the Iranian nuclear arms deal is about his place in history. Mr. Obama is dealing from a position of strength that he refuses to use. The sanctions have hurt Iran. Falling oil prices only add to Iran’s vulnerability. Instead of using the sanctions to pursue his original promise that Iran would not get the bomb, Mr. Obama has moved the goal post. Iran would not get the bomb immediately. It would be permitted to enrich uranium well beyond the 5 percent need for generating nuclear energy and be left with a breakout capacity to create a bomb.

Meanwhile, Iran is refusing surprise inspections, the hallmark of any such agreement, and has ruled its military facilities, such as the enrichment plant at Fordo, off limits to any inspections, period. Iran continues to showcase public displays of Israel being obliterated by an Iranian nuclear bomb, and even in the midst of negotiations government-orchestrated mass rallies cry out, “Death to America.”

If Chamberlain possessed America’s strength and was dealing with Iran’s weakness, would he be negotiating as Mr. Obama is? Would he be more concerned about a Jew building an extra bedroom in Jerusalem than an Iranian building a bomb at Fordo?

Before becoming prime minister, Chamberlain held two ministerial portfolios. He was considered a thoughtful and effective cabinet member. Upon becoming Prime Minister in 1940, Winston Churchill appointed Chamberlain to the new War Cabinet.

History has debated whether Chamberlain was the reckless appeaser that he is stereotyped as or the man who dealt from a position of extreme weakness against a foe he was unprepared to go to war against and who sacrificed part of Czechoslovakia to buy Britain time to rearm. Even Churchill, who filleted Chamberlain with his famous “choice between war and dishonor and now will get both” zinger, understood that Chamberlain was acting in good faith and kept his vanquished predecessor in his War cabinet.

On Iran, No Deal Is Better Than A Good Deal

It is unrealistic to hope that Mr. Obama could emerge as a modern Churchill in this chaotic and dangerous chapter in human history. But even Chamberlain would not have made the disastrous agreement that Mr. Obama seems so eager to conclude.

It is unrealistic to hope that Mr. Obama could emerge as a modern Churchill in this chaotic and dangerous chapter in human history. But even Chamberlain would not have made the disastrous agreement that Mr. Obama seems so eager to conclude.

Mr. Obama is an amateur who is enthralled with the sound of his own voice and is incapable of coming to grips with the consequences of his actions. He is surrounded by sycophants, second-rate intellectuals, and a media that remains compliant and uncritical in the face of repeated foreign policy disasters. As country after country in the world’s most dangerous region fall into chaos—Libya and Yemen are essentially anarchic states, even as Syria and Iraq continue to devolve—Mr. Obama puzzlingly focuses much of his attention and rhetoric on Israel, childishly refusing to accept the mandate its people have given their prime minister in an election that, by the way, added three additional seats to the country’s Arab minority.

We can debate whether we should ever have been in Iraq, but Mr. Obama’s hasty withdrawal to make good on a campaign promise created the power vacuum filled by the Islamic State. In Syria, he vacillated over the enforcement of red lines and whom to arm. There too, he created a vacuum filled by the Islamic State.

In Egypt, he withdrew support for President Hosni Mubarack, who for thirty years kept the peace with Israel and turned Egypt into a stable and reliable ally. Obama permitted the tyrannical Muslim Brotherhood to come to power failing to realize that one election, one time, resulting in a tyranny is not democracy.

In Libya, President Muammar al-Gaddafi, once an international pariah, had reversed course as far back as 1999 and attempted to reenter the community of nations, even giving up his nuclear program. Libya was a stable dictatorship that was willing to engage in economic and diplomatic relations with the West. Its revolutionary ambitions of pan-Arabism and its expansionist tendencies had abated. When revolutionary forces rose up against Gaddafi, Mr. Obama not only verbally supported the revolutionaries, he sent NATO war planes to assist them. Gaddafi was defeated and murdered. Libya is now in chaos and another hot house for Islamic extremism.

The Iran deal is a march toward the nuclear abyss hand-in-hand with the world’s largest exporter of terrorism

The deal with Iran follows in the wake of these foreign policy disasters. Among our traditional Sunni allies in the region, it is seen as a betrayal not simply because it advances Iran’s nuclear ambitions but also because it encourages Iran’s support for the Houthi Shiite militia in Yemen and Iran’s adventurism in Iraq. The lifting of sanctions means more resources for Iran to transfer to its meddlesome proxies like Lebanon’s Hezbollah, the assassin of Lebanon’s democratic aspirations.  The nuclear deal gives Iran an unacceptable nuclear umbrella that will compel the Gulf State Sunnis to launch their own nuclear programs, setting off a disastrous proliferation in the region.

The Iran deal is a march toward the nuclear abyss hand-in-hand with the world’s largest exporter of terrorism– the patron of Hezbollah, Hamas, Houthi militias in Yemen, Shiite militias in Iraq, and operatives killing Jews in Argentina. Regrettably, a naïve, petulant President Obama sees this as a crowning part of his legacy and nothing will stand in his way.

Until Mr. Obama released a 1987 classified report detailing Israel’s nuclear program, we believed that the president’s Iranian policy was motivated by a different vision of America’s interests in the Middle East. Admittedly, it is one that would be difficult to dissect, let alone to explain.

But Mr. Obama’s latest petulant act shows that this is not a president motivated by policy but by personal feelings. He sacrificed the security of our close ally and its seven million citizens because he felt slighted. How else does one explain that Israel’s nuclear program is made public while the report’s description of the programs of our NATO partners is redacted?

We might call for Mr. Obama to find his inner Churchill and walk away from this tragedy, but we would be happy if he would simply find the character of the “real” Neville Chamberlain, who when dealing from a position of America’s strength would never have signed a deal with the devil. Ultimately, this deal will come back to haunt Mr. Obama’s legacy far more than Munich haunted Chamberlain’s.

Voir également:

Surrender to Tehran

The Editors

The National Review

April 2, 2015

We now have a definitive answer to the oft-asked but hardly challenging question of whether President Obama wanted a deal with Iran so badly he would accept a truly awful bargain. The answer: Of course he did.

Iranian negotiators have triumphed on nearly every substantive point: They will get complete sanctions relief and U.N. legitimacy all at once, while keeping thousands of centrifuges, multiple nuclear sites, the right to develop new, more advanced enrichment equipment — even permission to continue nuclear research at a highly reinforced underground facility that was kept secret from international inspectors for years. In exchange, the West got promises of a new, tough inspections regime, even though there is already a long record of Iran’s developing nuclear facilities in secret. The White House says the deal pushes the time it would take Iran to acquire a nuclear weapon to a year, but widely respected arms-control experts have said, given the difficulty of performing good inspections and of building consensus around violations, that this is not enough.

The Iranians’ success has little to do with the ability of the Iranian negotiators and a lot to do with the Obama administration’s zeal for an agreement at any cost. The president wanted a deal because he has been desperate to forge a opening to the Iranian regime since the beginning of his presidency, and unenforceable international agreements that damage American interests are his favorite form of laurel. (Winning wars seems to rank a good bit lower.)

The White House has made it more and more clear that it believes an agreement with Iran, and the rapprochement presumed to follow, will create an Iran we can deal with and will be a big step toward solving many of the region’s problems, such as the rise of ISIS.

This idea is, of course, fantastical. The enemy of our enemy and all, but legitimizing and strengthening a totalitarian, terrorist regime that happens to appear to be loosely on the same side of one battle (in Iraq, Iranian-backed Shia militias aren’t really the answer to Sunni radicals) isn’t much of a long-term strategy. The Islamic Republic of Iran’s founding doctrine renders the United States its mortal enemy. This regime is never going to be a partner, and this deal is premised not just on the idea that we think they could be, but that we should give them just about every concession possible to make it happen.

Obama’s plan is not necessarily a fait accompli. There are months until the final deal will be hammered out, and sanctions relief may not start for some time. The president suggested today that he will consult Congress about the deal, though it is almost inconceivable that he will voluntarily submit it for approval. It falls to Congress, then, to pass new legislation to set requirements for a final agreement with Iran and empower itself to vote a deal down, although it will take a veto-proof majority to get such a measure into law. The situation demands serious resistance from Congress, in any case, and from our sometimes-wiser allies, France chief among them. Yet it is also quite possible that this charade will proceed, and that Obama, elevating strategic naïveté to an art form, has committed one of the great diplomatic blunders of our time. An emboldened Iran will be a very dangerous thing for the Middle East and Israel; the nuclear-arms race that this deal could spark would be even worse. We hope the president and our allies will come to recognize the folly of the tentative deal before it is formally complete. If not, Congress must do everything it can to scuttle it, and show the world — and our allies — that U.S. policy has some adult supervision.

Voir de même:

Not a Good Deal

Fred Fleitz

April 2, 2015

It legitimizes and advances Iran’s uranium-enrichment program. At a press conference this afternoon, President Obama lauded the preliminary agreement reached with Iran to reduce the risk of an Iranian nuclear weapon, saying “this is a good deal.” He claimed it will keep Iran at least a year away from constructing a nuclear weapon and will be subject to intrusive and unprecedented inspections and verification. This preliminary agreement is the outline for a comprehensive agreement due by June 30.
The details of the framework agreement as spelled out in a White House fact sheet and President Obama’s speech raise many questions about a final deal. It is troubling that no final agreed-upon text has been released and that Iranian and EU officials were vague in their statements about the framework.
Earlier today on National Review, Patrick Brennan wrote about tweets by Abas Aslani, the head of an Iranian government news agency, that show how the Iranian view of the agreement differs from the Obama administration’s view. Aslani tweeted, for instance, that Iran will continue to develop advanced centrifuges during the duration of the deal and “all economic sanctions by EU, US will be lifted immediately including financial, banking, insurance, oil.”
Here are my initial thoughts about the preliminary agreement, based on our knowledge of it at this hour.
Uranium Enrichment
According to the White House fact sheet, Iran will go from 9,000 operational centrifuges to 6,104. Of these, 5,060 will enrich uranium for ten years. All centrifuges will be Iran’s first-generation IR-1 design. The remaining 10,000 operational and non-operational centrifuges will be put in storage and monitored by the IAEA. These machines will be used to replace operating centrifuges.
. For 15 years, Iran has agreed not to enrich over 3.67% U-235 and not to build additional enrichment facilities.
. Iran also has agreed to “reduce” its current enriched-uranium stockpile of about 10,000 kilograms (enough to fuel eight or more nuclear weapons if enriched to weapons-grade) to 300 kilograms. President Obama said in his speech today that Iran’s enriched uranium would be “neutralized.”
. The U.S. fact sheet says Iran will not use advanced centrifuge models for ten years and will develop them according to a schedule worked out under the agreement. However, an Iranian spokesman tweeted that Iran will continue its R&D on advanced centrifuges during the agreement and will do “the beginning and completing process” of IR-4, IR-5, IR-6 to IR-8 centrifuges during the ten-year span of the agreement.
. Iran will move most of its centrifuges out of its underground Fordow enrichment facility and will not enrich uranium there for at least 15 years. Two-thirds of Fordow’s centrifuges will be put in storage, and the facility will be used for peaceful purposes.
Comment
This agreement will allow Iran to continue uranium enrichment, an activity that the United States has refused to agree to in nuclear-technology cooperation agreements with its friends and allies because it is so easy to use a peaceful enrichment program to make weapons fuel. There is no practical reason for Iran to conduct uranium enrichment with 6,000 centrifuges. It would take about 200,000 centrifuges for Iran to enrich enough uranium to fuel its Bushehr power reactor. 5,000 centrifuges are far too many for other peaceful purposes such as producing medical isotopes or fuel plates for the Tehran research reactor. Moreover, it would be far more economical for Iran to purchase reactor fuel rods, fuel plates, and medical isotopes from other countries.
The Obama administration hopes to address the risks of Iranian uranium enrichment by having intrusive IAEA inspections and by requiring Iran to “reduce” or “neutralize” its enriched-uranium stockpile. From the president’s statement and the White House fact sheet, it appears that Iran is refusing to send its enriched uranium to Russia as the U.S. had proposed. Also, the U.S. fact sheet says only that Iran’s current enriched-uranium stockpile will be reduced; it does not say what will happen to uranium enriched during the agreement.
We also don’t know what the words “reduced” or “neutralized” mean. The Obama administration previously claimed that the risk of Iran’s enriched-uranium stockpile had been reduced because some of it had been converted to uranium powder. Experts later discounted this claim because this process can be reversed in about two weeks.
If Iran’s enriched-uranium stockpile remains in the country and is only reduced to powder, Iran will retain the capability to make eight or more nuclear weapons in about three months. Former IAEA deputy director Olli Heinonen recently published a chart on Iran’s nuclear “breakout” time that shows how Iran could make enough enriched uranium for one weapon in twelve weeks from reactor-grade uranium using 6,000 centrifuges, and how it could do so in 16 weeks using only 1,000 centrifuges. Click here to view.
The decision to let Iran keep its previously secret, heavily fortified Fordow enrichment facility is a major American cave. President Obama said in 2012 about this facility: “We know they don’t need to have an underground, fortified facility like Fordow in order to have a peaceful [nuclear] program.”
Bottom line
The preliminary agreement legitimizes — and even allows the advancement of — Iran’s uranium-enrichment program. It does not appear to delay the breakout time for an Iranian nuclear weapon. Incredibly, no enrichment equipment or facilities will be disassembled or destroyed. Given Iran’s long history of cheating on nuclear agreements and covert nuclear activities, allowing it to do any uranium enrichment is very dangerous. This is why Prime Minister Benjamin Netanyahu of Israel has said that Iran’s enrichment program has only one purpose: to make nuclear bombs. This is reason enough for the U.S. Congress to reject this agreement and impose new sanctions until Iran complies with U.N. Security Council resolutions requiring it to halt all uranium enrichment.
Inspections and Verification
President Obama said today: “Iran will face strict limitations on its program, and Iran has also agreed to the most robust and intrusive inspections and transparency regime ever negotiated for any nuclear program in history. So this deal is not based on trust. It’s based on unprecedented verification.” According to Obama, “If Iran cheats, the world will know it.”
. The president also said, “Iran has agreed to give the IAEA access to the entire supply chain that supports Iran’s nuclear program, from uranium mills that provide the raw materials to the centrifuge production and storage facilities that support the program.”
. According to the White House fact sheet, the IAEA will have access to these facilities for 20 to 25 years. According to the fact sheet, Iran has agreed to implement the IAEA additional protocol, which requires it to provide the IAEA with information on declared and undeclared nuclear sites. Iran also “will be required” to give the IAEA access to possible covert sites related to uranium enrichment.
. The president said “Iran’s past efforts to weaponize its program will be addressed.” The fact sheet says “Iran will implement an agreed set of measures to address the IAEA’s concerns regarding the possible military dimensions of its program.”
Comment
Although the verification measures detailed by the president go beyond what Iran is currently subject to, Tehran has never fully cooperated with IAEA inspectors. Moreover, this verification plan does not permit snap inspections and unfettered access to all Iranian nuclear facilities, including military bases where Iran is believed to have conducted nuclear-weapons work. The agreement also is vague on requiring Iran to answer questions about past weapons-related work. Iran agreed to a twelve-step program with IAEA in late 2013 to address these questions but has addressed only one of them.
It is hard to trust the Obama administration and Iran on verification and compliance. Iran violated the terms of the interim agreement that set up the nuclear talks, but the Obama administration repeatedly has claimed it was in compliance. President Obama again made this false claim in his speech today.
Bottom line
Verification of a final agreement must require Iran to answer all outstanding questions about weapons-related work and allow unfettered access by the IAEA to all facilities where nuclear activities are believed to have taken place. The preliminary agreement appears to give Iran a pass on previous nuclear-weapons work and set up a verification plan that will not detect all weapons-related activities.
Arak Heavy-Water Reactor
According to the White House fact sheet, Iran will remove the core of this reactor and install a new core so this reactor will not produce weapons-grade plutonium. This reactor will remain a heavy-water reactor and will be operated for peaceful purposes.
Iran has agreed not to reprocess the spent fuel of this reactor to produce plutonium indefinitely, will sell its excess heavy water not needed for the redesigned reactor, and will not build more heavy-water reactors for 15 years.
Comment
Heavy-water reactors are a very serious proliferation risk because they are a source of plutonium. If this reactor remains a heavy-water reactor, it will be a plutonium source. Iran constructed this reactor in defiance of IAEA resolutions. Allowing Tehran to operate it undermines the credibility of the Western states who pushed these resolutions and increases Iran’s expertise in operating and building plutonium-producing reactors.
Sanctions
According to the fact sheet, U.S. and EU sanctions will be lifted after the IAEA verifies that Iran has complied with “all of its key nuclear-related steps.”
. These sanctions will “snap back” if Iran fails to comply with its commitments.
. Previous U.N. Security Council resolutions on Iran will mostly be lifted if Iran complies with key nuclear-related steps, including resolving possible nuclear-weapons-related activities.
. As stated above, the Iranian government appears to believe all sanctions will be lifted immediately.
. U.S. sanctions on Iran for terrorism, human-rights abuses, and ballistic missiles will remain in place.
Comment
Iranian cheating on nuclear agreements has usually been slow and subtle. It is unlikely to engage in any unambiguous cheating that will force the Obama administration to restore sanctions if they are lifted. Moreover, once sanctions are lifted — especially EU and U.N. sanctions — it will be very difficult to reimpose them. The framework seems to set fairly easy benchmarks that would allow most sanctions against Iran to be lifted quickly. This would be a boon for the Iranian economy and would generate significantly more funds that Iran could use to bolster its ever-increasing efforts to interfere with its neighbors and spread its influence in the Middle East.
An American Capitulation
This framework appears certain to lead to a deal that will significantly advance Iran’s uranium-enrichment program, though agreement is supposed to reduce the threat from Iran’s nuclear program. By allowing Iran to improve its expertise in uranium enrichment and plutonium production and by legitimizing its nuclear program, a deal based on this framework will increase the risk from an Iranian nuclear weapon. Such an agreement will probably further destabilize the Middle East and could lead to a regional nuclear-arms race.
President Obama’s claim that the only alternative to this agreement is war with Iran is false. Continuing the status quo would be a much better outcome than an agreement that paves the way to an Iranian nuclear bomb.
The president claimed that the United States will be blamed for the failure of diplomacy if Congress kills this deal. I believe the opposite is the case. Our Middle East friends and allies are likely to reject this preliminary agreement as a sell-out to the Iranian mullahs that puts their security at risk at a time when Iranian influence is growing in the region.
For the sake of American security and the security of America’s Middle East friends and allies, Congress must do what it can to kill any nuclear agreement with Iran based on the deeply flawed framework unveiled today.
— Fred Fleitz, a former CIA analyst, is senior vice president for policy and programs for the Center for Security Policy. He worked on the Iranian nuclear issue for the CIA, the State Department, and the House Intelligence Committee.

Voir encore:

We Have a Deal with Iran, and It Looks Like They Got Almost Everything They Wanted

Patrick Brennan

The National Review

April 2, 2015

Western powers and Iran have announced that the framework for an eventual long-term deal on Iran’s nuclear program has been reached, defying expectations that they might just entirely blow past the end-of-March deadline.

A bit of good news: Iran does appear to have agreed to ship most of its enriched uranium (which is a couple, relatively short steps from being weapons material) out of the country, to Russia. Not great, but there had been rumors they would insist on keeping the material.

The bad news: pretty much everything else.

There isn’t really a deal, there are just “parameters” (in the words of the EU representative today), and the explicit wording of them won’t even be made public.

The details of the deal are supposed to be decided by the end of June, and it’s not clear that they will become public then, either. The actual interim agreement under which Iran, the U.S., international agencies, and others have been operating under for a year and a half now has never been made public. The details, such as they are, are seriously worrisome.

Tweets by the head of an Iranian government news agency, along with some (skeptical) context:

: More than 5000 centrifuges will continue to enrich 3.67% in Natanz .

For lack of better phrasing, that is a lot of centrifuges — Iran has more than that now, but it’s a huge number. Once upon a time, the West’s position was that Iran should have no centrifuges. Arak is a plutonium plant that many worry could provide an alternative path to a nuclear weapon (though Iran has long said it will convert it into a harmless facility).

Summary of solutions: None of Iran’s nuclear facilities or activities will not be suspended or shut down.

Fordow is a highly reinforced nuclear research facility that would be very difficult to destroy in the event that Iranian efforts to “break out” and build a bomb are detected — although Iran says it will not use those centrifuges for enrichment, just research. Perhaps Iran’s best scientists just don’t like sunlight and have a thing for heavy doors. Perhaps.

In R&D, will do the beginning & completing process of IR-4، IR-5 ،6IR- و IR-8 centrigues during 10 yrs.

In terms of R&D, Iran will continue its R&D on advanced centrifuges.

The U.S., Europe, and others had wanted the deal to be 20 years. The hope was that sanctions would be lifted gradually, as Iran demonstrates compliance.

Heckuva job, John.

UPDATE: A summary of the parameters is here. As with the interim deal that it replaces, though, this is, oddly, not an official text of an international agreement — just a description of it. (Sorta like a Vox-splainer, except, you know, with nuclear consequences.)

Voir de plus:

World News
Concessions Fueled Iran Nuclear Talks
U.S. gave up on eliminating most of Iran’s nuclear program, while Tehran took steps such as agreeing to mothball centrifuges
The Wall Street Journal

April 2, 2015

The White House decided a less ambitious agreement would be pursued. “As soon as we got into the real negotiations with them, we understood that any final deal was going to involve some domestic enrichment capability,” a senior U.S. official said, referring to the production of nuclear fuel, which has both civilian and military uses. “But I can honestly tell you, we always anticipated that.”

Crucially, the goal of the talks shifted—away from dismantling structures and toward a more complex set of limitations designed to extend the time Iran would need to “break out” and make a dash toward a nuclear weapon.

That early yield would set the tone of the negotiations to come, with the U.S. making steady concessions over the course of the talks. But the Iranians also took steps—mothballing thousands of centrifuge machines, expanding the role of U.N. inspectors and diminishing its stockpile of fissile material—that many experts doubted they would.

The deal announced Thursday followed months of negotiation, topped off by marathon negotiating sessions in the last few days. U.S. officials called it a historic success because it places limits on all elements of Iran’s program, and introduces a system to verify them. “This framework would cut off every pathway that Iran could take to develop a nuclear weapon,” President Barack Obama said.

But he added: “Iran is not going to simply dismantle its program because we demand it to do so. That’s not how the world works, and that’s not what history shows us.” Iranian Foreign Minister Javad Zarif, for his part, said that while Iran will abide by the deal, “our facilities will continue.”

The framework now has to be turned into a final and formal agreement, by a deadline of June 30. Meanwhile, it will be at the core of bitter debate—at home and abroad—over whether the U.S. conceded too much, particularly by allowing Iran to retain its basic nuclear infrastructure, though in shrunken form.

“I’m a little puzzled by the political agreement,” said Olli Heinonen, a previous inspections chief at the U.N.’s nuclear watchdog, the International Atomic Energy Agency. “You’re going to leave Iran as a threshold state. There isn’t much room to maneuver.”

A recounting of some 19 months of direct negotiations between Washington and Tehran, through interviews with American, European and Iranian diplomats, reveals a president single-minded in his focus on forging a landmark nuclear agreement with Iran.

Talks have been going on almost continuously—and through three extensions—since negotiators reached an interim agreement in November 2013 that capped parts of Iran’s nuclear program in exchange for an easing of some Western economic sanctions.

At that time, Mr. Obama said U.S. negotiators were still focused on dismantling much of Iran’s nuclear infrastructure, including a heavy-water reactor in the city of Arak, a fortified underground enrichment facility called Fordow and advanced centrifuge machines which spin uranium gas into nuclear fuel.

But in the resumed negotiations, many of which were held in Vienna, Iran’s diplomats stuck to the line that none of the country’s nuclear facilities would be dismantled. Mr. Araghchi, the deputy foreign minister, told American officials that his country’s nuclear pursuit was equivalent to the U.S.’s space program during the height of the Cold War. But he denied, as have all Iranian officials, that the nuclear program had any military dimensions.

Tehran’s unbending position succeeded in substantially shifting Washington’s overall objective for the talks by early 2014, according to current and former U.S. negotiators.

While negotiations initially focused on substantially reshaping Iran’s overall program, the aim shifted to trying to deny Iran the ability to quickly “break out” from any restrictions and accumulate enough weapons-grade fuel for a bomb. U.S. scientists concluded that 12 months was enough time for the West to detect any moves by Tehran to assemble a bomb and to respond. Negotiators began focusing on that goal.

“We understood as soon as we got into a serious negotiation with them that at the end of the day they were going to have to have some domestic capacity because there’s no other deal that they’d say ‘yes’ to,” said the senior U.S. official who was briefed on negotiations.

As talks proceeded past two deadlines last year, the U.S. agreed to a stream of concessions. The American positions at times drew ire from other negotiating powers, particularly France, and U.S. officials acknowledged publicly for the first time that a final deal would leave many of Iran’s nuclear sites in place.

Talks centered on reducing the nearly 20,000 centrifuges Iran had assembled at its two main enrichment facilities in the cities of Natanz and Qom. Secretary of State John Kerry’s chief interlocutor was Mr. Zarif, a U.S.-educated diplomat who was appointed by Iran’s newly elected President Hasan Rouhani. But the White House knew Supreme Leader Ali Khamenei was the ultimate arbiter on the nuclear issue, and that he held deep reservations about any engagement with Washington.

Mr. Obama decided to write a secret letter to Mr. Khamenei in October arguing that Washington and Tehran could cooperate in fighting Islamic State rebels if a nuclear accord was reached, according to people briefed on the correspondence.

In early November, the U.S. delegation passed on an eight-page document to Mr. Zarif’s team at meetings in Oman that they believed showed flexibility in solving the technical aspects of the nuclear dispute. It focused on the number of centrifuges Iran could run and the types of nuclear research it could pursue. A week later, the chairman of an Iranian parliamentary committee, Ibrahim Karkhaneh, made the proposal public and blasted it as aimed at bringing the country’s nuclear program “back to zero.”

This discord caused Washington and Tehran to miss a second deadline, on Nov. 24, to reach a comprehensive agreement. The White House decided to extend the talks again.

By January, opposition in Congress had gained steam as lawmakers saw the White House’s initial demands for the talks continue to slip. Mr. Obama, trying to manage the pressure to take a harder line, decided that month to tell lawmakers that the U.S. wouldn’t agree to another extension.

At the same time, during a series of meetings in Europe, Iran signaled a willingness to make a vital shift, according to senior Western diplomats.
The Road to a Deal

January 2003: The International Atomic Energy Agency begins to investigate Iran’s nuclear program.

December 2006: U.N. Security Council imposes first of several sanctions on Iran, including a ban on nuclear-related trade.

July 2010: President Barack Obama signs a law banning from the U.S. financial system foreign companies that do business with sanctioned Iranian entities.

November 2013: After three rounds of talks in five weeks, Iran and the six powers reach an interim deal offering Iran modest sanctions relief in exchange for curtailing the most advanced parts of its nuclear program.

Sept. 2, 2014: After talks in Tehran, Iran agrees to allow U.N. atomic experts additional access to nuclear-related sites and pledges to address Western suspicions that Iran worked on weaponizing its program.

Feb. 24, 2015: After talks in Geneva, a senior U.S. official says there has been progress toward a deal.

March 26-April 2, 2015: Iran and the six world powers agree on the parameters of a deal to block Iran from developing nuclear weapons in exchange for the lifting of sanctions.

The U.S. had for more than a year insisted that a final deal needed to put Iran at least a year away from being able to amass enough nuclear fuel for a bomb. In those January meetings, Iranian officials began asking questions about exactly what such a condition would entail.

By the time the world’s top diplomats gathered in Munich in early February for a security conference, the U.S. got clear word that Iran was willing to accept a deal structured around the one-year demand, said one of the diplomats in the talks.

From there, other stalled pieces began to fall into place.

Negotiators homed in on the number of centrifuges Iran would be allowed to operate—and Iran finally agreed to reduce them to 5,060. U.S. officials acknowledged in February that while they were aiming for a deal that would last 15 years or more, Iran would be able to scale up its enrichment activities and possibly its nuclear research in the final years of a deal.

When negotiators gathered in Switzerland in mid-March, enrichment had been pushed down the list of issues to resolve. But political pressure on Mr. Obama was as intense as it had been since talks began in 2013. U.S. lawmakers were moving toward a veto-proof bipartisan majority to override Mr. Obama’s promised veto of legislation that would give Congress the authority to approve or reject a deal. Mr. Obama’s relations with Israel were in tatters after its increasingly shrill denunciation of the deal being negotiated.

By the time they arrived in Lausanne on March 26, Mr. Kerry and his team had developed an increasingly close relationship with the Iranian delegation. In addition to Mr. Zarif, it included President Rouhani’s brother, Hossein Fereydoun, and Ali Akbar Salehi, the head of Iran’s Atomic Energy Organization. The nuclear scientist received his Ph.D. from the Massachusetts Institute of Technology in the 1970s at the same time U.S. Energy Secretary Ernes Moniz was teaching there, though they never met. Mr. Moniz joined the U.S. delegation.

The primary issues during the final round were the pace at which U.N. sanctions would be lifted on Iran and the future scope of Iran’s nuclear research and development, according to U.S. and European officials. Messrs. Kerry and Zarif went into talks almost immediately upon arriving at Lausanne’s Beau-Rivage Palace, an 18th century estate.

The crunch point came on Wednesday, more than a day after the March 31 deadline passed. The two men met for more than eight hours in a conference in a bid to resolve their differences.

One of the final sticking points was over Iran’s future nuclear research and development, U.S. officials said. Negotiators met at 9 p.m. that Wednesday, Switzerland time, and continued until Messrs. Salehi and Moniz reached an agreement on it at 6 a.m. Thursday.

It was midnight in Washington when Mr. Obama got a call from National Security Adviser Susan Rice. Mr. Obama gave them the go-ahead to close out a deal. “People know what my bottom lines are,” he said.

Mr. Obama signed off Thursday morning around 10 during his daily presidential briefing in the Oval Office. He began calling world leaders, first talking to British Prime Minister David Cameron, German Chancellor Angela Merkel and President François Hollande of France. He also spoke with King Salman bin Abdulaziz al-Saud of Saudi Arabia, but left a phone call with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu for later in the day because, a senior administration official said, that conversation “is going to take longer.”

Voir de même:

The Iran time bomb
Michael Hayden, Olli Heinonen and Ray Takeyh

The Washington Post

March 22

Michael Hayden led the Central Intelligence Agency from 2006 to 2009 and the National Security Agency from 1999 to 2005. Olli Heinonen is a senior fellow at Harvard’s Belfer Center for Science and International Affairs and a former deputy director general of the International Atomic Energy Agency. Ray Takeyh is a senior fellow at the Council on Foreign Relations.

As negotiations between Iran and the great powers press forward, Secretary of State John F. Kerry seems to have settled on this defense of any agreement: The terms will leave Iran at least a year away from obtaining a nuclear bomb, thus giving the world plenty of time to react to infractions. The argument is meant to reassure, particularly when a sizable enrichment capacity and a sunset clause appear to have already been conceded. A careful assessment, however, reveals that a one-year breakout time may not be sufficient to detect and reverse Iranian violations.

Once the United States had an indication that Iran was violating an agreement, a bureaucratic process would be necessary to validate the information. It could be months before the director of national intelligence would be confident enough to present a case for action to the president. Several U.S. intelligence agencies, the Energy Department and national nuclear laboratories would need a chance to sniff the data to be convinced that a technical breach had occurred. Only after this methodical review was finished could the director go to the White House with conclusions and recommendations.

Given that the International Atomic Energy Agency (IAEA) would be the on-site inspection organization responsible for the verification of an agreement, the United States’ scoop would have to be forwarded to that body. Of course, both the speed and the extent of U.S. sharing would be affected by the need to protect sensitive human or technical sources of information. Only then would IAEA representatives begin talking with their Iranian counterparts about gaining access to disputed sites or activities. History suggests the Iranians would engage in protracted negotiations and much arcane questioning of the evidence. Iran could eventually offer some access while holding back key data and personnel. It would be only after tortured discussions that the IAEA could proclaim itself dissatisfied with Iran’s reaction. This process also could take months.

Should the indication of infractions originate with the IAEA, the United States would likewise want to validate the findings itself, which would also be time-consuming.

Once the IAEA arrived at a verdict of noncompliance, it would forward its grievances to the U.N. Security Council for adjudication. The United States would have to convince the other member states invested in the agreement — including veto-wielding Russia and China — that the accord was being violated and that forceful action was needed. Time would be spent quarrelling over divergent views, with several outcomes possible, including a Security Council presidential statement or a resolution whose content would need to be agreed upon. And only then could new economic sanctions be imposed on Iran. So, add at least a few more months.

Could sanctions really make a meaningful impact on Iran in whatever time, if any, remained in a one-year scenario? Any sanctions would take time to stress Iran’s economy, particularly in the aftermath of an agreement that paved the way for the return of trade and investment. Of course, the United States would not have to wait for the economic pressure to work and could use force against Iran without U.N. endorsement. However, since the advent of nuclear weapons, the United States has negotiated arms-control agreements with an entire spectrum of adversaries and has never used force in response to violations.

And the reality is that any cheating by Iran would always be incremental and never egregious. Throughout the duration of an agreement, there would be occasional reports of Iran enriching to unacceptably high levels and revelations of unreported nuclear installations and experimentation in weapon designs. Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis. In the end, a year simply may not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations.

In the midst of all the typical Washington political cacophony about the progress of the negotiations, what is lost is that an accord between the United States and Iran would be the most consequential arms-control agreement of the post-Cold War period. It would determine the level of stability in the Middle East and impact global nuclear nonproliferation norms. With stakes so high, we need a national debate about the nature and parameters of any agreement. The right venue for that debate is the halls of Congress. No agreement can be considered viable or enduring without such legislative approbation.

Voir aussi:

Wonder Land
Why the Iran Deal Is Irrelevant
Nuclear talks with North Korea prove Iran’s program will go forward—deal or no deal.
Daniel Henninger
The WSJ

April 1, 2015

By the nuclear compliance standards of Barack Obama and John Kerry, North Korea was a model state—in 1992. In 1985, North Korea joined the Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons. In 1992 it and South Korea jointly declared the “denuclearization” of the Korean peninsula. North Korea next signed a safeguards agreement with the International Atomic Energy Agency. Within months, the IAEA reported “inconsistencies” in North Korea’s nuclear program.

What follows is a quarter-century summary of arms negotiations with North Korea, based on the chronology assembled by the Arms Control Association. What happens in Lausanne doesn’t matter. No agreement is going to stop Iran. Agreements, and a lot of talk, did not stop North Korea.

After negotiations with North Korea (shortened here to “NK”)—and after the CIA reports that NK has separated enough plutonium for one or two nuclear weapons—the U.S. and NK in 1994 sign the Agreed Framework in Geneva. With NK promising to eliminate its ability to produce nuclear weapons, the Agreed Framework is hailed as a major diplomatic triumph for the Clinton presidency.

Through 1996-97, the U.S. negotiates with NK over ballistic-missile proliferation. On Aug. 31, 1998, NK launches the Taepo Dong-1 missile with a range of about 1,200 miles. The missile flies over Japan. U.S. intelligence admits “surprise” at the new third stage on the Paekdosan-1 launch vehicle.

Nonetheless, talks are held in December over a suspected underground nuclear factory. A U.S. inspection team visits the facility at Kumchang-ni and finds no violation of the Agreed Framework.

American Enterprise Institute Senior Fellow John Bolton on whether the Iranian Supreme Leader will sign off on the nuclear deal in time for Tuesday’s deadline. Photo credit: Associated Press.

In 2000, the Clinton administration relaxes economic sanctions. Kim Jong Il tells visiting Secretary of State Madeleine Albright he won’t test the Taepo Dong-1 long-range missile again. The seventh round of missile talks is held in Malaysia.

In 2001, new U.S. President George W. Bush commits to “comprehensive” talks. In October 2002, the U.S. says North Korea has admitted it has had a secret program to enrich weapons-grade uranium. The State Department’s Richard Boucher calls it a “serious violation” of the Agreed Framework.

North Korea then cuts the IAEA seals on its nuclear factories, withdraws from the Non-Proliferation treaty and restarts a nuclear reactor. Talks resume in Beijing in April 2003. North Korea says it possesses nuclear weapons—but will dismantle its “nuclear facility” in return for fuel oil and food.

In February 2005, NK’s foreign ministry says again that it has produced nuclear weapons. Months later, the Koreans now say they are willing to abandon “all nuclear weapons” and rejoin the nonproliferation treaty. A new round of talks begin.

On July 4, 2006, North Korea fires seven ballistic missiles, including the new, long-range Taepo Dong-2. The State Department calls this “provocative.” U.N. Security Council Resolution 1695 condemns the Koreans.

In October, North Korea explodes a nuclear device in an underground test. The Security Council adopts Resolution 1718. Six-party talks resume in Beijing. North Korea says it will stop if it receives massive shipments of fuel oil. It gets the fuel oil.

In March 2007, the U.S. agrees to North Korea’s primary demand: that the U.S. unfreeze $25 million of its assets held in Banco Delta Asia in Macau. In 2008 President Bush removes NK as a state sponsor of terrorism.

In January 2009, North Korea says its stockpile of plutonium is “already weaponized.” We are now into the Obama presidency.

That April, NK launches the Unha-2 long-range ballistic missile, which the Security Council condemns. NK says it is no longer “bound” by any agreements.

On May 25, 2009, North Korea conducts its second underground nuclear test. The Security Council unanimously passes Resolution 1874. The State Department says the U.S. wants “a bilateral discussion with North Korea.” In November 2010, NK announces it has a 2,000-centrifuge uranium enrichment factory.

In early 2012, the Obama administration offers to give 240,000 metric tons of food in return for “strict monitoring.” Late that year, NK launches a long-range ballistic missile, which the Security Council condemns, citing violations of Resolutions 1718 and 1874.

In early 2013, a monitoring group detects activity with “explosion-like characteristics” at North Korea’s underground test site. The Security Council passes Resolution 2094.

Last November, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said that North Korea is ready to the resume six-party talks.
***

Every member of the Senate should read the full 81-page chronology. North Korea proves, irrefutably, that the “talks” model, absent credible measures of coercion or threat, won’t work.

Iran knows it has nuclear negotiators’ immunity: No matter how or when Iran debauches any agreement, the West, abjectly, will request—what else?—more talks. Iran’s nuclear-bomb and ballistic-missile programs will go forward, as North Korea’s obviously did, no matter what.

The next U.S. president has to find an alternative to the existing nuclear negotiations model. Hillary will not. That unavoidable job falls to her opposition.

Iran is not North Korea.

It exists in a totally different geopolitical milieu.

North Korea has three neighbors, two of which (China and Russia) can and will make sure that its idiocy doesn’t get out of hand.

Iran is proud, an imperial aspirant, and more than a little embarrassed that the world tolerates a nuclear Pakistan, India, and Israel in its neighborhood but insists for it otherwise.

Voir de même:

Global View
The Capitulationist
The Obama administration refuses to negotiate openly, lest the extent of its diplomatic surrender to Iran be prematurely and fatally exposed.
Bret Stephens
WSJ

March 30, 2015

For a sense of the magnitude of the capitulation represented by Barack Obama’s Iran diplomacy, it’s worth recalling what the president said when he was trying to sell his interim nuclear agreement to a Washington, D.C., audience in December 2013.

“We know they don’t need to have an underground, fortified facility like Fordo in order to have a peaceful program,” Mr. Obama said of the Iranians in an interview with Haim Saban, the Israeli-American billionaire philanthropist. “They certainly don’t need a heavy-water reactor at Arak in order to have a peaceful nuclear program. They don’t need some of the advanced centrifuges that they currently possess in order to have a limited, peaceful nuclear program.”

Hardly more than a year later, on the eve of what might be deal-day, here is where those promises stand:

Fordo: “The United States is considering letting Tehran run hundreds of centrifuges at a once-secret, fortified underground bunker in exchange for limits on centrifuge work and research and development at other sites.”—Associated Press, March 26.

Arak: “Today, the six powers negotiating with Iran . . . want the reactor at Arak, still under construction, reconfigured to produce less plutonium, the other bomb fuel.”—The New York Times, March 7.

Advanced centrifuges: “Iran is building about 3,000 advanced uranium-enrichment centrifuges, the Iranian news media reported Sunday, a development likely to add to Western concerns about Tehran’s disputed nuclear program.”—Reuters, March 3.

But the president and his administration made other promises, too. Consider a partial list:

Possible military dimensions: In September 2009 Mr. Obama warned Iran that it was “on notice” that it would have to “come clean” on all of its nuclear secrets. Now the administration is prepared to let it slide.

“Under the new plan,” The Wall Street Journal’s Jay Solomon and Laurence Norman reported last week, “Tehran wouldn’t be expected to immediately clarify all the outstanding questions raised by the IAEA in a 2011 report on Iran’s alleged secretive work. A full reckoning of Iran’s past activities would be demanded in later years as part of a nuclear deal that is expected to last at least 15 years.”

Verification: Another thing the president said in that interview with Mr. Saban is that any deal would involve “extraordinary constraints and verification mechanisms and intrusive inspections.”
Foundation for Defense of Democracies Executive Director Mark Dubowitz on the Secretary of State’s concessions to Tehran as the nuclear-deal deadline nears. Photos: Getty Images

Iran isn’t playing ball on this one, either. “An Iranian official on Tuesday [March 24] rebuked the chief of the U.N. atomic agency for demanding snap inspections of Iran’s nuclear sites, saying the request hindered efforts to reach an agreement with the world powers,” reports the AP. But this has done nothing to dent the administration’s enthusiasm for an agreement.

“It was never especially probable that a detailed, satisfactory verification regime would be included in the sort of substantive framework agreement that the Americans have been working for,” the Economist noted last week.

Ballistic missiles: In February 2014, Wendy Sherman, the lead U.S. negotiator, testified to Congress that while the interim agreement was silent on Iran’s production of ballistic missiles, “that is indeed going to be part of something that has to be addressed as part of a comprehensive agreement.” This point is vital because ballistic missiles are a central component of a robust nuclear arsenal.

Except missiles are off the table, too. “Diplomats say the topic [of missiles] has not been part of formal discussions for weeks,” the AP reported Monday.

Break-out: President Obama has repeatedly insisted that the U.S. will only sign a deal that gives the U.S. and its allies a year’s notice if Iran decides to “break out” and go for a bomb.

But if the Iranians won’t come clean on their past weapons’ work, it’s impossible to know how long they would really need to assemble a bomb once they have sufficient nuclear material.

Nor does the one-year period square with the way Iran would try to test the agreement: “Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis,” Michael Hayden, the former CIA director, wrote with former IAEA deputy chief Olli Heinonen and Iran expert Ray Takeyh in a recent Washington Post op-ed. “A year may simply not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations.”
***

Some readers may object that Iran has made its own significant concessions. Except it hasn’t. They may also claim that the U.S. has no choice but to strike a deal. Except we entered these negotiations with all the strong cards. We just chose to give them up.

Finally, critics may argue that I’m being unfair to the administration, since nobody knows the agreement’s precise terms. But that’s rich coming from an administration that refuses to negotiate openly, lest the extent of its diplomatic surrender be prematurely and fatally exposed.

Nearly a century ago Woodrow Wilson insisted on “open covenants of peace, openly arrived at, after which there shall be no private international understandings of any kind but diplomacy shall proceed always frankly and in public view.” Barack Obama prefers to capitulate to tyrants in secret. Judging from the above, it’s no wonder.

Voir encore:

Laurent Fabius : « La France est ferme » sur le nucléaire iranien
Barthélémy Gaillard
Europe 1

03 avril 2015
INTERVIEW E1 – De retour de Lausanne où il a participé aux négociations sur le nucléaire iranien, le ministre des Affaires étrangères reste prudent après qu’un accord de principe a été trouvé.
Rester prudent malgré les avancées. Visage de la France autour de la table des négociations sur le nucléaire iranien à Lausanne, Laurent Fabius refuse de s’enthousiasmer après qu’un accord de principe a été trouvé jeudi soir entre l’Iran et les six Etats (Chine, Russie, Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne) qui participaient aux discussions.

Et pour cause, si l’idée d’une levée des sanctions économiques infligées à Téhéran et l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien ont été actés, le texte signé ne définit pas précisément les modalités de mise en œuvre de ces deux chantiers d’envergure. C’est pourquoi Laurent Fabius s’était montré parmi les négociateurs les plus stricts envers Téhéran lors des pourparlers.

>> Une position qui avait été critiquée par une partie de la presse internationale. Au micro d’Europe 1, le ministre des Affaires étrangères s’en justifie.

Les termes de l’accord. Laurent Fabius résume les enjeux de l’accord qui vient d’être conclu en trois points. « L’énergie nucléaire civile, c’est 100% oui, la bombe atomique, c’est non. Le problème c’est que les mêmes machines permettent de créer les deux. C’est pourquoi le cœur des négociations porte sur les centrifugeuses. Et c’est pourquoi, sur les 9.200 centrifugeuses en marche en Iran, Téhéran a accepté de passer à 5.060. Le deuxième point porte sur les ressources en uranium et sur son taux d’enrichissement. Le ministre affirme que les négociations ont conclu que « l’Iran ne pourra plus avoir que 300 kilos d’uranium contre 8 tonnes actuellement, enrichi à 3.27% contre 20% actuellement ».

Dernier point, le plus flou pour l’instant, la durée du contrôle exercé par l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) : « l’accord porte sur 10 ans au minimum, mais sur certains autres points elle porte sur 12, 13, 15 et même 25 ans. Tout cela reste à préciser ». Enfin, sur la levée des sanctions économiques, Laurent Fabius estime que « 150 milliards de dollars sont en jeu pour l’Iran ». Mais ce point-là « n’est pas le plus facile », conclut-il.

Le rôle de la France dans les négociations. « La France, elle est ferme », annonce d’emblée Laurent Fabius, qui assume sans ambages le rôle de garde-fou du Quai d’Orsay dans les négociations, quitte parfois à ralentir le processus, comme il l’explique au micro d’Europe 1 : « Les Américains et les Iraniens nous avaient proposé un texte, mais nous avions dit ‘non’ parce que le Président et moi avions estimé qu’il n’était pas assez solide. L’Iranien avait menacé de rentrer chez lui et de démissionner. Mais il est finalement resté à la table. Depuis, la France est regardée de manière particulière parce qu’on sait que nous voulons l’accord mais sur une base ferme. »

C’est pourquoi la prudence est de mise pour Laurent Fabius, qui résume la situation : « Rien n’est acté tant que tout n’a pas été acté. » Sur la levée des sanctions économiques à l’encontre de l’Iran, Laurent Fabius estime qu’il faut « lever les sanctions au fur et à mesure que l’Iran respecte ses engagements ». Mais là-dessus, « il n’y a pas encore un accord », tempère-t-il.

Pourquoi il faut « un accord solide et vérifiable » selon le Quai d’Orsay. « Notre position a toujours été de dire il faut un accord, mais il ne peut être conclu que s’il est solide et vérifiable », martèle sans relâche Laurent Fabius. S’il reconnaît que cet accord de principe « est une étape importante, très importante même », le ministre des Affaires étrangères rappelle que « le bout du chemin, c’est la fin juin », en faisant allusion à la signature d’un texte définitif aux contours plus précis.

Cette fermeté française se justifie pour Laurent Fabius qui assure que la France « n’a rien contre l’Iran » : « nous voulons juste que l’accord soit perçu comme solide pour éviter que les autres pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite se lancent dans la prolifération nucléaire ».

Voir de plus:

Accord sur le nucléaire iranien : les républicains se déchaînent
Le Point

03/04/2015

Les détails n’étaient pas encore connus que les conservateurs étrillaient sur Twitter l’accord conclu à Lausanne, le « Munich » d’Obama, selon eux.

De notre correspondante à Washington, Hélène Vissière
À peine les négociateurs avaient-ils annoncé l’accord avec l’Iran sur le nucléaire que les conservateurs dégainaient leurs tweets vengeurs annonçant, avec leur ton mesuré légendaire, la fin du monde. Ils accusent le président Obama de s’être aplati devant les Iraniens et d’avoir lâché trop de concessions. Peu importe si les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin, ils sont convaincus que cet accord est une catastrophe majeure. Leur comparaison favorite, ce sont évidemment les accords de Munich en 1938. « Neville Chamberlain a obtenu d’Adolf Hitler un meilleur accord », a déclaré le sénateur Mark Kirk de l’Illinois. « Arrêtez toute cette négativité sur l’accord avec l’Iran, mes chers conservateurs. Les Iraniens n’ont pas eu la région des Sudètes », ironise Ed Morrissey, un blogueur de droite. Dans le magazine National Review, l’historien Victor Davis Hanson écrit : « Notre déshonneur à Lausanne, comme à Munich, peut éviter une confrontation aujourd’hui, mais notre honte garantit une guerre dans l’avenir proche. »

« Bombardez l’Iran »

Les néoconservateurs, qu’on croyait enterrés avec le fiasco de la guerre en Irak, ont repris du poil de la bête et sont de nouveau très influents chez les républicains. Malgré leurs échecs répétés, ils ont conservé leur vision belliqueuse du monde et leur credo : pas de compromis avec les ennemis de l’Amérique, même si cela doit mener à une autre guerre et mettre la planète à feu et à sang. « Pour stopper la bombe de l’Iran, bombardez l’Iran, » écrivait récemment John Bolton, l’ambassadeur aux Nations unies de George W. Bush, dans le New York Times.

Les conservateurs ont vraiment tout fait ces derniers mois pour torpiller les négociations avec Téhéran. Ils ont invité début mars le Premier ministre israélien, sans le dire à la Maison-Blanche. Benjamin Netanyahu, en plein Congrès, a attaqué la politique d’Obama en disant que tout accord « ouvrirait la voie » à une bombe atomique iranienne. Quelques jours plus tard, 47 sénateurs ont signé une lettre qu’ils ont envoyée directement à Téhéran à l’instigation du sénateur Tom Cotton de l’Arkansas. Objectif : rappeler au régime iranien que le Congrès pouvait faire machine arrière sur tout accord. Du jamais-vu dans les annales de la diplomatie.

Jeudi, ils se sont aussitôt déchaînés pour dénoncer ce que le président Obama a qualifié d' »accord historique ». « Il n’y a pas d’accord avec l’Iran. Il y a seulement une liste de concessions américaines dangereuses », a clamé Tom Cotton. Jeb Bush, le candidat non officiel à la Maison-Blanche, a renchéri : « Je ne peux pas soutenir un tel accord foireux. » Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, autre présidentiable, a lancé sur Twitter : « L’accord dangereux d’Obama avec l’Iran récompense un ennemi, sape la sécurité de nos alliés et menace la nôtre. »
La bataille du Congrès

Mais ils ont aussi beaucoup insisté sur le fait que le Congrès devait examiner l’accord et avoir le dernier mot. « Le Congrès doit être autorisé à revoir tous les détails de n’importe quel accord avant que les sanctions ne soient levées, » a affirmé John Boehner, le speaker de la Chambre des représentants, qui a invité Netanyahu et est allé lui rendre visite en Israël la semaine dernière.

Le sénateur Bob Corker a ajouté qu’il allait faire pression pour faire voter une loi qui donne au Congrès le pouvoir de modifier l’accord. Le président Obama a dit et redit qu’il mettrait son veto à toute législation qui donne au Congrès la possibilité d’approuver ou de rejeter un accord. L’avenir des négociations avec l’Iran dépend donc de la capacité de Barack Obama à convaincre tous les démocrates et quelques républicains de lui laisser les mains libres d’ici la fin juin.

Signe encourageant pour la Maison-Blanche : le soutien étonnant de Bill O’Reilly, l’un des commentateurs vedettes de la chaîne conservatrice Fox News, connu pour ses positions farouchement anti-Obama. Il a déclaré à l’antenne que l’on devait donner à la diplomatie une chance. « Vous ne voulez pas une guerre avec l’Iran, vous ne voulez pas bombarder ce pays » parce que « ça va enflammer le monde ». « Donc, si l’on peut obtenir quelque chose de correct, il faut tenter le coup », a-t-il lâché à la stupéfaction de la présentatrice de la chaîne qui l’écoutait.

Voir également:

Reza Naqdi : La destruction d’Israël est « non négociable »
Le commandant du Basij menace aussi les Saoudiens et déclare qu’ils connaîtront le même destin que Saddam Hussein
Lazar Berman

The Times of Israel

31 mars 2015

Le commandant de la milice Basij des Gardiens de la Révolution de l’Iran a déclaré qu’ « effacer Israël de la carte » est « non négociable », a rapporté mardi, Radio Israel.

Mohammad Reza Naqdi a également menacé l’Arabie saoudite, en affirmant que l’offensive menée au Yémen « aura le même destin que celui de Saddam Hussein ».

Les commentaires de Naqdi ont été rendus publics alors que l’Iran et les six puissances mondiales se préparent, mardi, à présenter une déclaration générale acceptant de poursuivre les négociations nucléaires en entrant dans une nouvelle phase qui vise à parvenir à un accord global à la fin du mois de juin.

En 2014, Naqdi avait déclaré que l’Iran intensifiait ses efforts pour armer les Palestiniens de Cisjordanie dans sa bataille contre Israël, en ajoutant que cette manœuvre conduirait à l’anéantissement d’Israël, avait indiqué l’agence de presse iranienne Fars.

« L’armement de la Cisjordanie a commencé et les armes seront fournies aux habitants de cette région », a déclaré Naqdi.

« Les sionistes doivent savoir que la prochaine guerre ne sera pas limitée aux frontières actuelles et les Moudjahidine les repousseront », a-t-il ajouté.

Naqdi a affirmé que la majeure partie de l’arsenal du Hamas, la formation technique et le savoir-faire dans le conflit de l’été dernier avec Israël provenait de l’Iran.

Le Basij est une force armée religieuse composée de volontaires, mise en place en 1979 par les dirigeants révolutionnaires du pays. Elle sert de police morale et d’outil de répression des dissidents.

En janvier, un projet de loi qui aurait donné plus de pouvoirs à la Basij pour faire respecter le port obligatoire du voile par les femmes a été jugé anticonstitutionnel.

Cette milice fait des manœuvres annuelles, parfois aux côtés des unités de l’armée iranienne.

Jonathan Beck et l’AFP ont contribué à cet article.

Voir de plus:

Téhéran n’a cédé sur aucun point par rapport à ses positions initiales 
Y. Carmon et A. Savyon *

MEMRI

1 avril 2015

Au vu de leur incapacité à parvenir à un accord en novembre 2014, l’Iran et le groupe des P5 + 1 ont décidé de prolonger la validité du plan d’action conjoint conclu à Genève le 24 novembre de six mois supplémentaires, jusqu’à juin 2015.

Suite à cet arrangement, les Etats-Unis ont prévu une poursuite des négociations en deux temps :

1. Trois mois (jusqu’à fin mars 2015) pour parvenir à un accord-cadre

2. Trois mois supplémentaires (jusqu’à fin juin 2015) pour s’entendre sur les points techniques de cet accord.

Toutefois, dans un discours prononcé en février 2015, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé qu’il était en total désaccord avec cette procédure, affirmant qu’il n’y aurait pas deux, mais une seule étape, que l’accord devait être conclu en juin 2015, et qu’il comprendrait la levée de toutes les sanctions contre l’Iran. Cela signifie que la date limite du 31 mars 2015 ne signifie rien pour Khamenei.

De leur côté, les États-Unis ne tiennent pas compte de l’annonce de Khamenei, et s’efforcent, sans grand succès, de placer l’Iran dans cette logique de processus en deux temps qu’ils ont instituée. Mais l’Iran refuse de signer un document provisoire ; c’est pourquoi les ministres des Affaires étrangères occidentaux impliqués dans les négociations, comme le ministre des Affaires étrangères britannique Phillip Hammond, ont précisé que les arrangements qui seraient conclus à ce stade seraient uniquement oraux.

Il convient de souligner que l’Iran n’a rien cédé, à aucun moment, sur ses exigences initiales :

1. Téhéran refuse le retrait de son uranium enrichi d’Iran.

2. Téhéran refuse une levée progressive des sanctions.

3. Téhéran refuse toute restriction du nombre de ses centrifugeuses.

4. Téhéran refuse les inspections intrusives et les inspections inopinées.

5. Téhéran refuse toute interruption de ses recherches et activités de développement.

6. Téhéran refuse tout changement relatif à la nature de son réacteur à eau lourde d’Arak.

7. Téhéran refuse la fermeture de son site secret d’enrichissement de Fordow.

8. Téhéran refuse toutes les restrictions à ses activités nucléaires après l’expiration de l’accord.

9. Téhéran refuse que son programme de missiles à longue portée soit inclus dans les négociations.

10. Téhéran refuse de rendre des comptes sur ses anciennes activités nucléaires militaires clandestines.

11. Téhéran refuse d’autoriser des inspections de sites militaires soupçonnés de mener des activités nucléaires.

Dans sa déclaration du 18 février 2015, Khamenei a précisé qu’il accepterait uniquement un accord en une étape, et que cet accord devait inclure la levée de toutes les sanctions contre l’Iran et clairement établir que l’Occident ne profiterait pas d’un accord-cadre pour imposer sa position à l’Iran lors d’une seconde étape, lorsque les détails seraient discutés.

Ci-dessous la déclaration du 18 février de Khamenei sur les négociations nucléaires : [1]

« Les mains de la nation iranienne et de ses hauts responsables n’ont jamais été liées, ce que nous avons bien montré. A partir de maintenant, nous allons également le démontrer avec nos initiatives et notre courage. C’est l’Amérique qui est coincée et empêtrée dans un problème, et la réalité à l’intérieur et à l’extérieur de la région le prouve.

C’est vous [les Américains] qui avez subi défaite sur défaite pendant de nombreuses années ; c’est la République islamique d’Iran qui progresse, et qui ne peut en aucune façon être comparée à [l’Iran] d’il y a 30 et quelques années…

L’Iran va de l’avant, tandis que les Américains, qui n’ont pas réussi à déraciner [la République islamique d’Iran], sont maintenant forcés de tolérer le régime de la République islamique. Leurs plans politiques, sécuritaires, économiques et culturels ne nous empêcheront pas d’avancer…

[Dans le cadre des négociations nucléaires,] je vais accepter un plan réalisable, mais je ne vais pas accepter un mauvais accord. Comme les Américains, je pense que pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord, et je crois qu’il vaut mieux ne pas parvenir à un accord que de conclure un accord qui nuira aux intérêts nationaux de l’Iran et ouvrira la voie à l’humiliation de la nation iranienne.

La conduite des États-Unis au cours des négociations, et de certains pays européens qui lui obéissent, est illogique. Ils ont de multiples attentes et pensent que l’on va satisfaire toutes leurs exigences. Mais ce n’est pas ainsi que l’on mène des négociations. La nation iranienne ne tolérera pas le harcèlement, la cupidité et une conduite irrationnelle. J’accepte de poursuivre les négociations afin de parvenir à un bon accord… Les négociations doivent préserver l’honneur de la nation iranienne, et la poursuite [de son programme nucléaire]…

Le scénario d’un accord sur les grands principes, suivi d’un accord sur les détails, n’est pas recommandé, car notre expérience avec la partie adverse nous a appris qu’un accord-cadre leur servira à inventer une série d’excuses dans [la suite des négociations sur] les détails. Si un accord doit être atteint, ce sera un accord en une seule étape, et il doit comprendre le cadre général ainsi que les détails. Le contenu de l’accord doit être clair, et ne pas donner lieu à [diverses] interprétations. Les paragraphes de l’accord ne doivent pas permettre à la partie adverse, habituée à marchander, de chercher des excuses au sujet des différents points. Les sanctions doivent être complètement levées. »

En outre, Khamenei a menacé d’imposer des sanctions avec le gaz naturel : « S’il doit y avoir des sanctions, la nation iranienne peut également imposer des sanctions, et elle le fera. »

* Y. Carmon est président fondateur de MEMRI ; A. Savyon est directrice du Projet sur les médias iraniens.

Note:

[1] Leader.ir, 18 février 2015.

Voir par ailleurs:

Iran’s Terrorism Problem

Daniel L. Byman

Brookings

November 21, 2013

Iran is a major sponsor of terrorism, striking Israel, U.S. Arab allies, and at times Americans. The twin blasts on Tuesday that destroyed the Iranian embassy in Lebanon and killed at least twenty people, however, should remind us that Iran faces a serious terrorism problem of its own. It is tempting to enjoy Iran getting a taste of its own medicine, but the growing violence risks further destabilizing the Middle East and harming U.S. interests there.

A History of Violence

Since the 1979 Islamic revolution, Iran has backed an array of terrorist groups. These groups have fostered unrest in Iraq and the oil-rich Gulf Kingdoms, killed Iran’s enemies in Europe, and struck at enemies like Israel and the United States. Most infamously for Americans, Iran has backed the Lebanese Hizballah, providing it with hundreds of millions of dollars, sophisticated arms, and advanced training. Among its many operations, Hizballah in 1983 bombed the U.S. embassy and the Marine barracks hosting U.S. peacekeepers in Beirut, killing 17 embassy officials and 241 Marines. Iran has also backed Hizballah in its numerous operations against Israel, including a 2012 bus bombing in Bulgaria that killed five Israeli tourists and the bus driver, and has given money and weapons to Hamas, which has used these to attack Israel in repeated clashes. Tehran has also quietly maintained links to Al Qaeda itself, hosting several important figures though also restricting their activities.

For Iran, ties to terrorists served multiple purposes. Ideologically, Tehran often believed that the terrorists’ goals – to spread an Iranian-style Islamic state, to overthrow an apostate regime, to battle Israel, and so on – were the right ones, and thus it was supporting the “good guys.” But strategic considerations also proved vital. Ties to terrorist groups enabled Iran to extend its influence around the world, something its weak military and struggle economy could not accomplish. With ties to groups like Hamas, Iran was also able to establish itself as an important actor against Israel – always a popular cause in the Middle East – and, in so doing, live up to its self-image of being an Islamic revolutionary power, not a champion of the Shi’a community, which is a minority in most Arab countries.

A Two-Edged Sword

Yet Iran has long suffered from terrorism as well. Since the revolution, the Mujahedin-e Khalq has used violence against the regime, assassinating senior officials and waging a guerrilla war from nearby Iraq during the Iran-Iraq war. (The United States listed the MEK as a terrorist organization in 1997 but delisted it in 2012). In response, Iran has engaged in a vendetta against MEK members, trying to kill its leaders around the world.

Iran has also suffered violence at home from other groups. Jundullah, which champions Iran’s Baluch community, which is also Sunni, has caused dozens of casualties in the last decade. Tehran also considers the assassination of its nuclear scientists and attacks on senior security officials, which it blames on Israel and the United States, as part of a terrorist campaign against the state.

The Syrian conflict, however, has shattered Iran’s careful plans and raised the risk from Sunni jihadist terrorist groups. In the eyes of Al Qaeda and local Sunni jihadist groups, Iran is very much on the wrong side of this war. They tie Iran, correctly, to Bashar al-Asad’s regime in Syria and the Nuri al-Maliki regime next door in Iraq. Iran is blamed for the Syrian regime’s atrocities in particular, and as the conflict has morphed from largely peaceful protest to sectarian civil war, Tehran, a Shi’a power, is lumped in with Asad’s regime, which is dominated by the Alawite community, which has similarities to Shiism. As such, Iran and Hizballah have become high on the list, at times at the very top, of the broader Sunni jihadist movement, with funders, suicide bombers, recruiters, and ideologues all decrying the apostates. Throughout the Arab world, Iran’s malevolent role is decried – a painful reversal for a regime that has long tried to lead this region. Israel, and even the United States, are still hated but are seen as less immediate threats. The Abdullah Azzam Brigades, which has links to Al Qaeda, claimed credit for the bombing of the embassy in Lebanon.

Indeed, that the bombing occurred in Lebanon is a symbol of Iran’s dangerous position. Lebanon is often portrayed as Iran’s playground, where its minion Hizballah holds sway. But Lebanon is also home to Sunni jihadists and an array of more secular and anti-Iran Lebanese groups. As Syria dominates the regional consciousness, Iran’s status in Lebanon has fallen.

The blows to Iran’s regional stature are good for U.S. influence, but anti-Iranian terrorism is not. In addition to the loss of innocent life, growing terrorism exacerbates Iran’s sense of isolation and grievance, leading it to double down on groups like Hizballah and Hamas. In addition, the skyrocketing sectarianism in the region also poses risks for U.S. interests, threatening to destabilize already precarious countries like Iraq and drag U.S. allies into proxy confrontations and self-defeating interventions, including support for jihadists who hate both Iran and the United States. Especially as talks over Iran’s nuclear program appear close to bearing fruit, the United States should make clear it condemns terrorism of all stripes, regardless of who the victim is.

Daniel L. Byman

Research Director, Center for Middle East Policy

Senior Fellow, Foreign Policy, Center for Middle East Policy

Daniel Byman is the director of research and a senior fellow in the Center for Middle East Policy at Brookings. His research focuses on counterterrorism and Middle East security. He is also a professor at Georgetown University’s Security Studies Program. He served as a staff member on the 9/11 Commission and worked for the U.S. government. His most recent book is A High Price: The Triumphs and Failures of Israeli Counterterrorism (Oxford University Press, 2011).

Voir enfin:

Abbé Grosjean : «Entre Daech et les Chrétiens d’Orient, la RATP doit choisir»
Pierre-Hervé Grosjean
Le Figaro

01/04/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Au nom de la laïcité, la RATP a exigé le retrait de la mention «au profit des Chrétiens d’Orient» sur des affiches promotionnelles placardées dans le métro. Pour l’abbé Grosjean, cette neutralité devient une complicité avec ceux qui massacrent.

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean, curé de Saint Cyr l’Ecole, est Secrétaire Général de la Commission «Ethique et Politique» du Diocèse de Versailles. Il a récement publié Aimer en vérité (Artège, 2014). Il est l’un des animateurs du Padreblog.

En pleine semaine sainte, la polémique ne pouvait passer inaperçue. Mgr Di Falco a révélé que la RATP avait exigé que soient retirées des affiches annonçant le prochain concert du groupe «Les Prêtres» la mention «au profit des Chrétiens d’Orient». Aux premières demandes d’explication, le groupe répond par le principe de «laïcité».

Ce député vient au secours de son évêque en dénonçant une décision de la RATP qui relève selon lui d’un véritable «intégrisme laïc».

La bêtise de l’argument va jusqu’à mettre en colère le député Joël Giraud, dont le Parti Radical de Gauche est pourtant connu pour sa vision souvent restrictive de la laïcité. Ce député vient au secours de son évêque en dénonçant une décision de la RATP qui relève selon lui d’un véritable «intégrisme laïc».

Les réseaux sociaux s’enflamment, et la RATP promet une nouvelle réaction, en lien avec sa régie publicitaire Metrobus. Cette nouvelle réaction est encore pire et révèle au choix une ignorance crasse de la situation ou un mépris incroyable des minorités persécutées dont il est question.

Si la RATP a exigé que soit supprimée la mention des Chrétiens d’Orient, c’est parce que «la RATP et sa régie publicitaire ne peuvent prendre parti dans un conflit de quelque nature qu’il soit» selon leur communiqué commun. «Toute atteinte à ce principe ouvrirait la brèche à des prises de positions antagonistes sur notre territoire». Annoncer que ce concert était offert au profit de ces chrétiens d’Orient est «une information se situant dans le contexte d’un conflit armé à l’étranger et (…) le principe de neutralité du service public qui régit les règles de fonctionnement de l’affichage par Métrobus, trouve en effet dans ce cas à s’appliquer.»

Pour la RATP, les Chrétiens d’Orient sont juste un camp face à l’autre, un camp pour lequel on ne peut pas prendre parti.
Vous avez bien lu. Pour la RATP, les Chrétiens d’Orient sont juste un camp face à l’autre, un camp pour lequel on ne peut pas prendre parti. Alors que la France, par la voix de Laurent Fabius, se démène à l’ONU pour que cesse le génocide dont sont victimes ces minorités d’Irak et d’ailleurs, alors que le Président de la République a reçu des Chrétiens obligés de fuir leur pays pour ne pas être massacrés par Daesh, la RATP -elle- refuse de choisir. Entre Daesh et ses victimes, elle veut rester «neutre»..

Cette neutralité est une complicité avec celui qui massacre, contre l’innocent qui est massacré. Cette neutralité rappelle celle de Pilate et de tous ceux qui l’ont suivi depuis 2000 ans, se lavant les mains des massacres commis.
Cette neutralité-là est impossible. Cette neutralité est une complicité avec celui qui massacre, contre l’innocent qui est massacré. Cette neutralité rappelle celle de Pilate et de tous ceux qui l’ont suivi depuis 2000 ans, se lavant les mains des massacres commis, et fermant les yeux sur le sort des victimes, pour ne pas faire de vagues ni perdre leur poste. Cette neutralité est indigne d’un groupe comme la RATP, elle révolte sans aucun doute nombre de ses agents qui ont pleuré avec tous nos compatriotes les victimes de l’horreur terroriste. Cette neutralité-là est une insulte à la France, qui a toujours mis sa fierté à défendre les droits de l’homme, et particulièrement des minorités persécutées, partout dans le monde. Plutôt que de reconnaître humblement et simplement une erreur d’appréciation, la RATP s’enfonce et finit par justifier l’injustifiable. Quel aveuglement et quelle mépris a-t-il fallu à celui qui a donné l’ordre de rayer de l’affiche cette mention des Chrétiens d’Orient! Et à ceux qui ont rédigé ce communiqué? Pensaient-ils faire taire la voix des persécutés, réduire au silence la communauté chrétienne, et au delà des Chrétiens, tous ceux qui sont émus par le sort des minorités martyrisées en Orient, en invoquant le principe de «neutralité»?

Je repense à la supplication des Chrétiens réfugiés rencontrés à Erbil en Irak, en accompagnant Mgr Barbarin qui venait les visiter et les soutenir. «Ne nous oubliez pas!» disaient-ils aux français. «Ne nous effacez pas!» sera leur nouveau cri du cœur, en apprenant cette histoire qui nous fait honte.

Pierre Mongin, président de la RATP, se retrouve ce jour devant trois questions auxquelles il doit répondre pour faire cesser le trouble:

-valide-t-il ce communiqué ou reconnaît-il une erreur bien regrettable mais du coup pardonnable?

-pense-t-il qu’on puisse être «neutre» devant le massacre des chrétiens persécutés? Entre Daesh et ses victimes, la RATP peut-elle revendiquer un principe de neutralité?

-serait-ce le mot «chrétiens» qui gêne certains, comme pourrait le laisser penser, dans un premier temps, le recours à l’argument de la laïcité?

Il faut espérer qu’il aura à cœur de nous rassurer et de réparer ce scandale, avant qu’il ternisse pour nous tous la joie de Pâques!


Crash de l’A320: Attention, un pilote amok peut en cacher un autre (Warning: an amok runner can hide another)

28 mars, 2015
Amok headhunter

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Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Matthieu 12 : 43-45
Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson. Jésus (Matthieu 13: 30)
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
L’offensive de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) dans le nord de l’Irak a été accompagnée d’une campagne de propagande inédite. Destiné à frapper d’effroi ses adversaires autant qu’à recruter des volontaires, ce djihad médiatique a déferlé via Twitter et les réseaux sociaux simultanément à l’avancée des combattants de l’EIIL sur le terrain. Au lieu des rares apparitions d’un Ben Laden, et de ses déclarations sentencieuses et statiques, ses héritiers ont adopté un langage et des codes de communication modernes. Les images et les films diffusés par l’EIIL sont une extraordinaire et terrible plongée dans le cœur de cette nouvelle entité installée aujourd’hui au cœur du Moyen-Orient.Un film en particulier mérite à lui seul un visionnage. Intitulé Le Son des épées , il a été réalisé pendant la prise de Mossoul et de Tikrit. Esthétiquement, l’ensemble évoque un mélange de superproductions hollywoodiennes comme Zero Dark Thirty ou Jason Bourne, de jeux vidéo comme Grand Theft Auto, et de propagande hypnotique à la Leni Riefensthal, la cinéaste du régime nazi. L’horreur n’est jamais loin, filmée comme par un Tarantino islamiste, avec gros plans et ralentis. Comme au cinéma, le film commence par une plongée depuis une carte satellite du Moyen-Orient vers Faloudja, première ville à être tombée entre les mains des combattants de l’EIIL en janvier dernier. Une caméra montée sur un drone filme d’en haut des combattants en armes. Tout bascule vite dans le «snuff movie». Des djihadistes en voiture lancés à toute vitesse massacrent à la mitrailleuse comme des gangsters des automobilistes dont le véhicule va verser sur le bas-côté. La caméra s’attarde avec complaisance sur les corps ensanglantés des passagers. Un survivant qui s’enfuit à pied est poursuivi par les djihadistes qui l’assassinent malgré ses supplications contre une clôture. En surimpression apparaît la carte d’identité du malheureux, membre de la police irakienne recrutée par le régime chiite de Maliki. Les plans de coupe sont sonorisés par le bruit sinistre d’une épée que l’on sort de son fourreau. Les djihadistes filment à travers la lunette d’un tireur d’élite les soldats irakiens qu’ils abattent à distance. Ils déclenchent les explosifs placés sous la route au passage des véhicules blindés irakiens qui sont projetés en l’air. Les scènes sont rejouées au ralenti jusqu’à l’écœurement. (…) Mais le plus frappant est le mimétisme évident des djihadistes inspirés par l’armée américaine. Une armée contre laquelle les insurgés sunnites ont combattu pendant l’occupation de l’Irak. Masqués et équipés comme des forces spéciales américaines, ils montent des barrages routiers volants. Les automobilistes sont sortis des véhicules. Leurs identités sont contrôlées par un djihadiste muni d’un ordinateur portable où sont enregistrées les listes des membres des forces de sécurités irakiennes. Ceux qui sont identifiés sont aussitôt tués d’une balle dans la tête. L’EIIL adopte aussi certaines méthodes de l’ennemi américain à l’instar du Hezbollah libanais, qui avait formé ses combattants au contact de l’armée israélienne pendant l’occupation du Sud-Liban dans les années 1990. Comme la guerre contre la drogue a contribué à la création d’empires mafieux, la guerre contre le terrorisme a créé à son tour un monstre d’une nouvelle dimension. L’idéologie djihadiste d’al-Qaida s’est nourrie en Irak de la vieille rivalité entre chiites et sunnites. L’occupation américaine a servi à recruter les combattants, et à leur donner une école de guérilla ; comme dans un processus darwinien, ceux qui ont survécu sont les plus adaptés. La guerre civile syrienne a fourni une expérience supplémentaire à des milliers de djihadistes. La perte de contrôle de Damas sur l’est de son territoire a enfin fourni au mouvement la base territoriale qui lui a permis de se lancer à l’attaque du nord de l’Irak. Le Figaro
D’après les premiers éléments de l’enquête disponible, Andreas Lubitz, le co-pilote qui a réalisé la catastrophe, a toutes les caractéristiques du profil d’un tueur de masse. Par tueur de masse, faut-il entendre en criminologie tout individu qui tue au moins trois personnes, sans en viser spécifiquement une en particulier, en un même lieu et lors d’un événement unique, comme par exemple les auteurs de la tuerie sur le campus de Columbine Eric Harris et Dylan Klebold en 1999. Dernièrement, un article scientifique est paru dans le Justice Quaterly sur le sujet. L’auteur de l’article, le professeur Adam Lankford, fait une différence claire entre les tueurs de masse qui se donnent la mort au moment de l’acte et ceux qui cherchent à survivre afin de bénéficier « des profits » de leur acte, à savoir notamment bénéficier d’une « reconnaissance » médiatique. Dans la première catégorie, catégorie à laquelle appartient selon nous, Andreas Lubitz, et qui est une catégorie moins importante que la seconde, le criminologue tente de cerner le profil de ces tueurs sur la base d’un échantillon de 88 cas. En moyenne, ils sont relativement jeunes puisqu’ils ont au alentour de 37 ans. Le copilote était un peu plus jeune. Il avait 28 ans. Ce sont dans 96% des cas, des hommes ayant des symptômes de dépression (ce qui semble être le cas de celui-ci) et qui se serait senti victime d’injustice, souvent au travail (à l’heure actuelle nous n’avons aucun élément qui démontrerait que le copilote était en conflit avec des personnes de l’entreprise). Ce phénomène, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas nouveau. Par le passé, plusieurs pilotes se sont écrasés (ou ont tenté de s’écraser) de la sorte. 6 exemples au moins peuvent être recensés depuis 1982 et qui n’ont rien avoir avec des actes terroristes. Ainsi, pouvons nous citer par exemple trois événements marquants. Le premier qui s’est produit en 1994 sur un vol de Royal Air Maroc et qui entraina la mort de 44 personnes à bord. Le pilote aurait agi de manière intentionnelle suite à des problèmes sentimentaux. Le deuxième a eu lieu également en 1994. Un employé de la FedEx, qui allait se faire licencier, avait tenté de détourner un avion cargo de la compagnie pour le faire s’écraser. Il fut maîtrisé à temps par l’équipage. Enfin, le cas peut être le plus marquant fut certainement celui du crash provoqué par le pilote du vol Silk Air 185, le 19 décembre 1997. L’avion s’était écrasé dans une rivière, faisant 104 morts. Le pilote était un ancien aviateur militaire, traumatisé par un accident qui avait tué plusieurs de ses collègues lors d’un entrainement. Il connaissait des soucis financiers. Le crash n’a pas été reconnu comme intentionnel, mais des forts doutes subsistent. Ces actes n’ont donc rien avoir avec des actes terroristes, même si dans certains cas on peut se demander si les terroristes ne s’en inspirent pas (on pense naturellement au 11 septembre 2001). Mais ils se produisent, certes rarement, mais leur probabilité est non nulle. Tout porte à croire que le crash de l’A320 s’inscrive dans cette lignée de tuerie de masse que l’on appelle également « amok ». Olivier Hassid
On peut pas trouver des parades à tout (…) On pourrit la vie des passagers, on pourrit la vie des aviateurs à cause des terroristes, à cause de la folie. Souvenez vous de l’époque où on allait sur les terrasses d’Orly le dimanche matin comme le chantait Gilbert Bécaud. Souvenez vous de l’époque où on voyait les stars arriver, descendre des passerelles des avions. Aujourd’hui, les aéroports sont des bunkers, les avions deviennent des bunkers, les cockpits vont devenir des bunkers. On peut rien y faire. Le monde nous y condamne sans doute  … Michel Bilacco
Le manque de soutien des Américains aux Français est, en vérité, la marque de fabrique de Barack Obama (…) Le Président américain avait trouvé une stratégie d’évitement pour ne pas intervenir, à condition que le gouvernement syrien renonce à son arsenal chimique : toutes les autres formes d’assassinat de masse restaient donc tolérées par le Président américain. Un million de morts et deux millions de réfugiés plus tard n’empêchent apparemment pas Barack Obama de dormir la nuit : il a d’autres priorités, tel lutter contre un hypothétique déréglement du climat ou faire fonctionner une assurance maladie, moralement juste et pratiquement dysfonctionnelle. On connaît les arguments pour ne pas intervenir en Syrie : il serait difficile de distinguer les bons et les mauvais Syriens, les démocrates authentiques et les islamistes cachés. Mais ce n’est pas l’analyse du sénateur John Mc Cain, plus compétent qu’Obama sur le sujet : lui réclame, en vain, que les États-Unis arment décemment les milices qui se battent sur les deux fronts, hostiles au régime de Assad et aux Islamistes soutenus par l’Iran. Par ailleurs, se laver les mains face au massacre des civils, comme les Occidentaux le firent naguère au Rwanda – et longtemps en Bosnie et au Kosovo – n’est jamais défendable. Il est parfaitement possible, aujourd’hui encore en Syrie, d’interdire le ciel aux avions de Assad qui bombardent les civils, de créer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils, d’instaurer des zones de sécurité humanitaire. C’est ce que Obama refuse obstinément à Hollande. Comment expliquer cette obstination et cette indifférence d’Obama : ne regarde-t-il pas la télévision ? Il faut en conclure qu’il s’est installé dans un personnage, celui du Président pacifiste, celui qui aura retiré l’armée américaine d’Irak, bientôt d’Afghanistan et ne l’engagera sur aucun autre terrain d’opérations. Obama ignorerait-il qu’il existe des « guerres justes » ? Des guerres que l’on ne choisit pas et qu’il faut tout de même livrer, parce que le pacifisme, passé un certain seuil, devient meurtrier. « À quoi sert-il d’entretenir une si grande armée, si ce n’est pas pour s’en servir ? », avait demandé Madeleine Albright, Secrétaire d’État de Bill Clinton, au Général Colin Powell, un militaire notoirement frileux. Les États-Unis sont le gendarme du monde, la seule puissance qui compte : les armées russes et chinoises, par comparaison, sont des nains. On posera donc à Obama – si on le pouvait – la même question que celle de Madeleine Albright : « À quoi sert l’armée américaine et à quoi sert le Président Obama ? ». Il est tout de même paradoxal que Hollande, un désastre en politique intérieure, pourrait passer dans l’Histoire comme celui qui aura dit Non à la barbarie et Barack Obama, Prix Nobel de la Paix, pour celui qui se sera couché devant les Barbares. Guy Sorman
There are some of them (Javanese) who if they fall ill of any severe illness vow to God that if they remain in health they will of their … and as soon as they get well they take a dagger in their hands, and go out into the streets and kill as many persons as they meet, … These are called amuco.  Duarte Barbosa (1516)
To run amock is to get drunk with opium… to sally forth from the house, kill the person or persons supposed to have injured the Amock, and any other person that attempts to impede his passage. Captain James Cook (1772)
C’est de la folie, une sorte de rage humaine… une crise de monomanie meurtrière et insensée. C’est lié sans doute, d’une certaine façon, au climat, à cette atmosphère dense et étouffante qui oppresse les nerfs comme un orage, jusqu’à ce qu’ils craquent… Un Malais, n’importe quel brave homme plein de douceur, est en train de boire paisiblement son breuvage… il est là, apathiquement assis, indifférent et sans énergie… et soudain il bondit, saisit son poignard et se précipite dans la rue… il court tout droit devant lui, toujours devant lui, sans savoir où… Ce qui passe sur son chemin, homme ou animal, il l’abat avec son kris, et l’odeur du sang le rend encore plus violent… Tandis qu’il court, la bave lui vient aux lèvres, il hurle comme un possédé… mais il court, court, court, ne regarde plus à gauche, ne regarde plus à droite, ne fait plus que courir avec un hurlement strident, en tenant dans cette course épouvantable, droit devant lui, son kris ensanglanté… Les gens des villages savent qu’aucune puissance au monde ne peut arrêter un amok… et quand ils le voient venir, ils vocifèrent, du plus loin qu’ils peuvent, en guise d’avertissement: « Amok! Amok! » et tout s’enfuit… Mais lui, sans entendre, poursuit sa course; il court sans entendre, il court sans voir, il assomme tout ce qu’il rencontre… jusqu’à ce qu’on l’abatte comme un chien enragé ou qu’il s’effondre, anéanti et tout écumant. Stefan Zweig (1922)
Alors que la pression de la communauté internationale se faisait de plus en plus forte en Indonésie afin de mettre fin à la montée des violences au Timor oriental, les analystes demeuraient perplexes face à deux questions fondamentales: qui est en train d’orchestrer ce carnage et pourquoi. Seth Mydals (NYT, le 8 septembre 1999)
Si nous nous sommes penchés par le passé sur les conditions de travail et la sécurité de nos bureaux de poste quand les employés (entre 1986 et 1997) ont craqué sous le prétexte du stress au travail et si nous avons étudié la connexion jeux vidéo, drogues, cultes et aliénation de la contre-culture quand les jeunes de nos banlieues pavillonnaires ont été pris de crises de folie meurtrière, alors il semble légitime de rechercher des correlations quand quelqu’un se qualifie lui-même de musulman plutôt radical et ouvre le feu au cri d’ »Allah Akbar!  » – de la même manière que le conducteur fou de Caroline du Nord ou le tueur de Seattle ou le conducteur meurtrier de San Francisco ont dit après coup qu’ils avaient agi au nom de leur ferveur religieuse islamique contre les juifs ou les occidentaux. Victor Davis Hanson
We’re gonna rock this house until we knock it down So turn the volume loud, cause it’s mayhem ’til the a.m. So crank the bass up like crazy and let yourself go, let yourself go Say fuck it before we kick the bucket Life’s too short to not go for broke So everybody, everybody (go berserk) shake your body … Eminem
Rabiosa, if you don’t get enough of my… Shakira
L’Irak (…) pourrait être l’un des grands succès de cette administration. Joe Biden (10.02.10)
We think a successful, democratic Iraq can be a model for the entire region. Obama
Last month, the US released documentation from 1987 of its assessment of Israel’s nuclear weapons capabilities, required to do so by law after receiving a request filed under the Freedom of Information Act. (…) The document appears to have been categorized as “declassified” upon its submission, suggesting an assessment within the US government that its findings would be low-impact if made public. That, too, must have been the assessment of the Israeli government in 2014, as it had the opportunity to keep the document secret but declined. (…) Israeli officials declined to comment for this report, neither confirming nor denying concerns over the document, the contents of its assessment or the politics surrounding its release. While the Freedom of Information Act request was made years ago, the release of the document was first discussed in recent months – in the shadow of debate over Iran’s nuclear weapons work. Iranian President Hassan Rouhani has called at the United Nations for a nuclear-free zone in the Middle East, suggesting that his country’s nuclear program may be in response to Israel’s own. (…) Privately, those who acknowledge Israel’s nuclear weapons program tout its effect as a deterrent. Israel’s program is understood to have been developed in the late 1960s, after the young country had already been at war with the forces of eight Arab nations. The Israeli government fears that Iran’s program serves a different purpose: Not deterrence, but embodiment of aggressive behavior and the protection of a regime that calls for the destruction of the Jewish state. The Iranian government says its right to develop homegrown nuclear technology – guaranteed by the United Nations – is a point of national pride. Conservative Israeli and American media, including Fox News, the Drudge Report and The Washington Examiner, have suggested that the timing of the document’s release was an intentional move by the Obama administration to undermine Netanyahu. The document was indeed released when Israel’s concerns over an Iran deal were first raised at high pitch. The White House considers Netanyahu’s behavior, including his March 3 speech to a joint meeting of Congress attacking Obama’s Iran policy, as disrespectful of the presidency and a politicization of the US-Israel relationship. US President Barack Obama does not review Freedom of Information Act requests, nor does any president, for unclassified documents. While Israel has not discussed the document or its release, one official did acknowledge that discussion over the matter began in 2014. Jerusalem Post
L’accès de colère de la Maison-Blanche après la réélection de Benyamin Nétanyahou, le 17 mars, s’est manifesté à travers le discours prononcé le 23 par son secrétaire général Denis McDonough, qui a déclaré qu’il fallait “mettre fin à une occupation qui dure depuis près de cinquante ans”.(…)  Le discours était d’autant plus difficile à entendre que M. McDonough tenait sur Israël des propos généralement associés aux groupes terroristes palestiniens. Ces déclarations n’étaient que l’une des manifestations de l’irritation présidentielle ; quelques jours plus tôt, il y avait eu la menace sans précédent de ne plus soutenir Israël aux Nations unies et la révélation dans nos pages [mardi 24 mars] qu’Israël avait espionné les négociations nucléaires des Etats-Unis avec l’Iran. (Israël a démenti cette information, mais, si l’on ne peut excuser de tels actes, il ne faut pas non plus que les Etats-Unis maintiennent leurs alliés et le Congrès dans l’ignorance.) M. Obama comptait sur une défaite de M. Nétanyahou et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’elle se concrétise. Mais cette hostilité déclarée s’est retournée contre lui. Aussi, bien que le Premier ministre israélien ait nuancé sa déclaration sur son opposition à la création d’un Etat palestinien (il se dit favorable à la solution des deux Etats mais pas dans l’immédiat) et qu’il ait présenté ses excuses aux Israéliens arabes pour ses propos sur leur vote quelques heures avant la clôture du scrutin, le président et son équipe sont allés encore plus loin. Mais la crise de colère de la Maison-Blanche contre Israël pourrait aussi signifier autre chose. A savoir que le président Obama pense ce que lui et son équipe disent : que l’occupation israélienne est injuste et que les Israéliens sont un obstacle à la paix régionale et ne méritent plus le soutien total qu’ils ont toujours attendu de l’Oncle Sam. Pourtant (…) comment pourraient-ils ne pas se sentir menacés alors que la guerre civile fait rage en Syrie, que l’Etat islamique et un groupe issu d’Al-Qaida sont tout près du plateau du Golan, que le général iranien Qasem Soleimani est à la tête de milices chiites en Irak et que le gouvernement américain agit comme si l’Iran pouvait être un partenaire plus constructif pour la paix qu’Israël ? The WSJ
L’amok est le fait d’une personne agissant seule. C’est un accès subit de violence meurtrière qui prend fin par la mise à mort de l’individu après que ce dernier a lui-même atteint un nombre plus ou moins considérable de personnes. Cette forme de l’amok observée par des voyageurs et des ethnologues notamment en Malaisie, Inde, Philippines, Polynésie, Terre de feu, Caraïbes, Région arctique ou Sibérie est un comportement exclusivement masculin. Si les causes du déclenchement sont socialement déterminées et de l’ordre des frustrations importantes (humiliations, échecs en public) induisant un désir de vengeance, le mécanisme est celui de la décompensation brutale. Parfois simplement qualifiée de « folie meurtrière », la course d’amok est assimilée à une forme de suicide. Bien qu’elle soit ordinairement perpétrée à l’arme blanche dans les sociétés traditionnelles, on peut en trouver un équivalent dans le monde contemporain avec certaines des tueries massives par arme à feu perpétrées par un individu seul, s’achevant par sa capture ou sa mort concrète parfois même auto-administrée, ou bien par sa mort sociale volontaire quand l’auteur de la tuerie se rend à la justice pour y être condamné ce qui dans certains cas le conduit à l’exécution. Le schéma central est alors similaire : forme de suicide accompagnée d’une libération des pulsions homicides. On trouve également le récit de décompensations correspondant à cette définition, dans des journaux personnels rédigés par des soldats dans les tranchées lors de la Grande Guerre. Dans de telles scènes l’auteur raconte comment un de ses camarades, de façon imprévisible, se dirige seul spontanément jusqu’à la tranchée ennemie dans l’intention d’en finir lui-même tout en supprimant autant d’ennemis qu’il lui sera possible. En correspondance avec la typologie des suicides établie par Durkheim, cette forme de la décompensation sous contrainte d’engagement patriotique est au comportement criminel ce que le suicide altruiste ou fataliste est au suicide égoïste. Andreas Lubitz, le copilote qui semble avoir volontairement crashé l’Airbus A320 du Vol 9525 Germanwings dans les Alpes en mars 2015, a été qualifié de « pilote amok » par la presse allemande. Introduit dans la langue française vers 1830, le terme « amok » provient du mot malais amuk qui signifie « rage incontrôlable » pouvant désigner aussi bien la personne atteinte que l’accès lui-même. Le mot a été utilisé par les Britanniques pour décrire un comportement meurtrier sans discernement. Il a ensuite été utilisé en Inde pendant l’Empire britannique, pour décrire un éléphant devenu incontrôlable et causant des dégâts importants dans sa fureur. Le mot a été rendu populaire par les récits coloniaux de Rudyard Kipling. Mais il est aussi usuellement utilisé en anglais pour désigner les comportements animaux insensés et destructeurs, même ceux des animaux domestiques. Le mot est toujours usité aujourd’hui, dans l’expression « to run amok », décrivant de manière plus large un comportement ou une situation devenant hors de contrôle. Wikipedia
Le berserk (ou berzerk) (en vieux norrois berserkr, pluriel berserkir) désigne, selon Régis Boyer, un guerrier-fauve qui entre dans une fureur sacrée (en vieux norrois berserksgangr, « marche, allure du guerrier-fauve ») le rendant surpuissant (« Et la Terre elle-même ressentit la peur devant sa rage… ») et capable des plus invraisemblables exploits, dignes des dieux. Quoique le personnage apparaisse surtout dans les sagas, et les mythologies nordiques et germaniques (exemples : Arnwulf, Bernhari, Berthramm, Gundhramm, Haimric, Hlodwig, Richari, Theudberga, Warinhari, Wilhem, etc.), il est néanmoins attesté dans des sources plus historiques, comme le Haraldskvæði2 (voir le récit de la bataille du Hafrsfjördr) où les berserkers sont également appelés úlfheðnar4, ou encore l’Histoire de Saint Olaf, dans la Heimskringla.Le terme a été adjectivé en anglais, où « to go berserk » signifie en langage familier « devenir fou furieux », « perdre le contrôle de soi », un peu l’équivalent du québécois « péter sa coche » ou du français « péter les plombs ». Wikipedia
Une forme distincte de trouble dissociatif inexistant dans les cultures occidentales est l’amok […] et la plupart des victimes sont de sexe masculin. Ce trouble a attiré l’attention parce que les personnes se trouvant en état d’amok, qui s’apparente à une transe, sont souvent prises de fureurs durant lesquelles elles agressent brutalement, voire parfois tuent des animaux ou des personnes et ne s’en souviennent généralement pas. Courir en amok n’est qu’un des nombreux syndromes consistant pour un individu à se trouver en état de transe et, soudainement empli d’une mystérieuse énergie, se mettre à courir ou à fuir pendant un long moment. David H. Barlow et V. Mark Durand
Depuis le XIXe siècle, il y a un consensus autour du fait que l’amok est un phénomène lié à la culture et qu’en Asie du Sud-Est, sur la péninsule malaisienne ou à Java, il suit un protocole particulier: de sourdes ruminations, un coup de sang, suivi par les attaques meurtrières, puis un suicide ou une perte de mémoire. Ce que l’on peut observer pour l’heure, en particulier en ce qui concerne les fusillades dans les établissements scolaires, me semble être, dans ce format nouveau et particulier, de la même façon limité à des environnements culturels, à l’Europe centrale et du Nord et à l’Amérique du Nord. Joseph Vogl (philosophe allemand)
Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra. Andreas Lubitz (cité par son ex-petite amie)
Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible. Maria (ancienne petite amie d’Andreas Lubitz)
Amok est un mot d’origine malaise pour désigner un «coup de folie meurtrière». La presse allemande l’utilise d’habitude pour qualifier les gens qui commettent des massacres dans les écoles. Ce matin, Bild titre «Der Amok-Pilot». C’est le tabloïd qui révèle les preuves de ce qu’on pressentait, après avoir eu accès à son dossier médical: Andreas Lubitz souffrait de graves troubles psychiatriques. Le Figaro
Bild revient longuement sur la personnalité du jeune homme, décrit comme dépressif, obsédé par les Alpes, et qui pourrait avoir été pris d’amok, cette «rage incontrôlable» qui pousse parfois certains hommes à commettre des tueries. Le mot, qui tire son origine du malais amuk, désigne un état soudain et explosif de folie meurtrière, souvent causé par une forte émotion. Cette transe furieuse, observée pour la première fois par les ethnologues en Indonésie, est toujours individuelle. Elle prend fin généralement par la mise à mort de l’individu. En cela, elle s’assimile à une forme de suicide. Selon la culture indonésienne, l’amok est causé par un esprit maléfique, qui s’empare de l’âme des hommes pour libérer leurs pulsions morbides, alors même qu’ils n’ont jamais montré de signe de colère particulier. Libération
« Andreas Lubitz. LE PILOTE AMOK» Voilà le titre qui s’étale, ce vendredi 27 mars, sur la une du tabloïd allemand Bild, qui publie sur la totalité de la page une photo du copilote de Germanwings fortement soupçonné d’être à l’origine du crash aérien. Un cliché pris en 2013 lors d’un semi-marathon organisé par la Lufthansa à Francfort. En le montrant en train de courir, le journal appuie son propos, le terme d’«amok» étant habituellement utilisé par la presse allemande et anglophone dans l’expression «Amok laufen» ou «to run amok», que l’on pourrait traduire par «courir en amok», en référence à des actes commis par des personnes sous l’emprise d’une folie meurtrière, tels les tueries d’Oslo et de l’île d’Utoeya ou les massacres commis par des adolescents dans les établissements scolaires. En allemand, les auteurs de ces bains de sang sont donc communément désignés sous le terme d’«Amokläufer», qui signifie «coureur d’amok». Ce terme est une retranscription approximative du mot indonésien et malais «amuk», qui désigne selon l’Urban Dictionary «une activité agressive qui tend à tout détruire», mais que l’on pourrait tout aussi bien traduire par les termes plus génériques de «folie furieuse» ou « rage incontrôlée ». Slate

Après la poste, l’école, le bureau, la route, l’air, le vélo, le caddy, l’ordinateur, les anabolisants, les emballages, l’islam

Fureur sacrée, fureur criminelle, frénésie meurtrière, crise de folie meurtrière, rage incontrôlable, accès subit de violence meurtrière, décompensation brutale, pétage de plombs,  fuite en avant, perte de contrôle …

En ces temps étranges …

Où entre les massacres toujours plus réalistes de nos films ou des jeux vidéos de nos enfants et les snuff movies quasi-quotidiens de nos djihadistes

La brutalisation guerrière comme la victimisation la plus échevelée sont désormais à la portée du premier venu …

Et, mimétisme et effet cliquet et naturellement médias aidant et après tant les postiers et écoliers américains que nos djihadistes d’hier comme d’aujourd’hui sans oublier bien sûr nos pirates de l’air-suicide du 11/9, il faut à présent pour réussir son suicide entrainer pas moins de 150 personnes dans sa mort …

Pendant qu’après s’être longtemps demandé à la tête du monde libre s’il y avait un pilote dans l’avion

On découvre armé des meilleures intentions et du plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire …

Un pompier pyromane qui aura éliminé, ni vu ni connu avec ses drones et ses kill lists, plus de terroristes que Guantanamo n’en aura jamais incarcéré …

Et qui, dans son obsession de laisser sa marque dans l’Histoire avec les pourparlers avec l’Iran, est prêt en un coup de colère à sacrifier les intérêts de ses alliés ou au contraire par excès de passivité à mettre la totalité du Moyen-Orient à feu et sang …

Comment ne pas repenser, avec cette espèce de retour du refoulé d’une violence archaïque dans un monde que l’on croyait débarrassé enfin de ses superstitions anciennes, à ce vieux mot malais de amok (ou son cousin nordique de berserk) couramment utilisé en anglais ou en allemand et ressorti avec les tout récents « exploits » du pilote fou de l’Airbus A320 de Germanwings par la presse allemande ?

Mais aussi au fameux ô combien mot prophétique de l’écrivain britannique C.K. Chesterton …

Décrivant dès le début du siècle dernier ce « monde moderne plein d’idées chrétiennes devenues folles » ?

En Allemagne, la presse s’interroge sur Andreas Lubitz, le «pilote amok»
David Philippot
Le Figaro
27/03/2015

Les journaux allemands livrent ce matin de nombreuses informations sur le lourd passé psychiatrique du copilote de Germanwings.

Amok est un mot d’origine malaise pour désigner un «coup de folie meurtrière». La presse allemande l’utilise d’habitude pour qualifier les gens qui commettent des massacres dans les écoles. Ce matin, Bild titre «Der Amok-Pilot». C’est le tabloïd qui révèle les preuves de ce qu’on pressentait, après avoir eu accès à son dossier médical: Andreas Lubitz souffrait de graves troubles psychiatriques.

En 2009, il s’agissait bien «d’ attaques de peur-panique» qui l’avaient poussé à interrompre sa formation de pilote. Le centre aéromédical de la Lufthansa contacté par Bild, confirme cette information et affirme avoir signalé aux autorités fédérales du transport aérien ( Luftfahrt Bundesamt) que l’élève-pilote avait subi un «épisode dépressif profond mais décroissant». Lors du stage de Phoenix (Arizona), passage obligé des futurs pilotes de la Lufthansa, les Américains l’avaient listé dans la catégorie inapte au vol. Dans son dossier figure la mention «SIC», un acronyme signifiant la nécessité d’un «suivi médical régulier spécial».

«Épisode dépressif profond mais décroissant»
Plusieurs journaux reprennent des informations provenant de sources proches de l’enquête selon lesquelles le pilote de la Germanwings traversait en ce moment «une grave crise personnelle liée à la situation du couple» qu’il formait avec sa petite amie. Les journaux allemands font tous leur une sur ce «copilote qui a provoqué la chute de l’avion» (Frankfurter Allgemeine Zeitung), cet «homme à risques» (Tageszeitung). Le Tagesspiegel titre «Enquêteurs, c’était le copilote». Sidérée, la société allemande a du mal à réaliser que ce ce garçon «sain, poli, sympathique, drôle» puisse être l’auteur de ce drame invraisemblable.

Dans la presse allemande, il est également fait écho du talk-show de la première chaine mercredi soir. L’ancien ministre des Transports Peter Ramsauer a remis en cause les révélations de la journée car «l’interprétation d’un procureur peut-être démentie par l’enquête» et un expert en aviation disait que «les enquêteurs avaient déjà accusé des pilotes pour protéger les intérêts d’Airbus». Des propos tenus avant les informations sur le lourd passé psychiatrique d’Andreas Lubitz.

Voir aussi:

Andreas Lubitz, pilote « amok »?
Tristan Berteloot
Libération
27 mars 2015

FOCUS Selon les médias allemands, le copilote de l’A320 de Germanwings pourrait avoir été victime de folie meurtière.

«Andreas Lubitz, Der Amok-Pilot» («le pilote amok»), titre vendredi le quotidien allemand Bild, au sujet du copilote de l’A320 de Germanwings, qui s’est écrasé mardi avec 150 personnes à son bord. Selon l’analyse d’une partie des données d’une des boîtes noires de l’appareil, Andreas Lubitz a volontairement «actionné la descente de l’appareil», alors qu’il était enfermé seul dans le cockpit. Bild revient longuement sur la personnalité du jeune homme, décrit comme dépressif, obsédé par les Alpes, et qui pourrait avoir été pris d’amok, cette «rage incontrôlable» qui pousse parfois certains hommes à commettre des tueries.
Le mot, qui tire son origine du malais amuk, désigne un état soudain et explosif de folie meurtrière, souvent causé par une forte émotion. Cette transe furieuse, observée pour la première fois par les ethnologues en Indonésie, est toujours individuelle. Elle prend fin généralement par la mise à mort de l’individu. En cela, elle s’assimile à une forme de suicide. Selon la culture indonésienne, l’amok est causé par un esprit maléfique, qui s’empare de l’âme des hommes pour libérer leurs pulsions morbides, alors même qu’ils n’ont jamais montré de signe de colère particulier.

«L’Amok court, le regard vide; il ne voit pas où il se précipite», écrit au sujet de ce comportement l’écrivain autrichien Stefan Zweig, dans Der Amokläufer (littéralement «le coureur en amok», mais traduit en France Amok ou le fou de Malaisie). Publiée en 1922, la nouvelle conte la chute délirante d’un médecin allemand en fuite, qui a quitté la Malaisie après un épisode tragique dû à son obsession soudaine et déraisonnée pour une jeune femme l’ayant humilié. Pris d’une démence paranoïaque, obsédé par la frustration d’un rejet, l’homme se laisse peu à peu happer par un espoir fanatique de domination. Dans sa course aliénée pour arracher à la jeune femme empathie et estime, il s’enfonce peu à peu dans une fureur égocentrique qu’il nomme Amok. Cet état psychotique le poussera finalement à se donner la mort. «L’Amok ne se lance pas impunément dans sa course; à la fin, quelqu’un l’abat», fait dire Zweig à son personnage.

Voici comme il définit cet état: «C’est de la folie, une sorte de rage humaine… une crise de monomanie meurtrière et insensée. C’est lié sans doute, d’une certaine façon, au climat, à cette atmosphère dense et étouffante qui oppresse les nerfs comme un orage, jusqu’à ce qu’ils craquent… Un Malais, n’importe quel brave homme plein de douceur, est en train de boire paisiblement son breuvage… il est là, apathiquement assis, indifférent et sans énergie… et soudain il bondit, saisit son poignard et se précipite dans la rue… il court tout droit devant lui, toujours devant lui, sans savoir où… Ce qui passe sur son chemin, homme ou animal, il l’abat avec son kris [poignard malais ndlr], et l’odeur du sang le rend encore plus violent… Tandis qu’il court, la bave lui vient aux lèvres, il hurle comme un possédé… mais il court, court, court, ne regarde plus à gauche, ne regarde plus à droite, ne fait plus que courir avec un hurlement strident, en tenant dans cette course épouvantable, droit devant lui, son kris ensanglanté… Les gens des villages savent qu’aucune puissance au monde ne peut arrêter un amok… et quand ils le voient venir, ils vocifèrent, du plus loin qu’ils peuvent, en guise d’avertissement: « Amok! Amok! » et tout s’enfuit… Mais lui, sans entendre, poursuit sa course; il court sans entendre, il court sans voir, il assomme tout ce qu’il rencontre… jusqu’à ce qu’on l’abatte comme un chien enragé ou qu’il s’effondre, anéanti et tout écumant.»

Voir également:

Crash du vol Germanwings: qu’est-ce qu’un «pilote amok»?
Annabelle Georgen
Slate
27.03.2015

«Andreas Lubitz (27). LE PILOTE AMOK» Voilà le titre qui s’étale, ce vendredi 27 mars, sur la une du tabloïd allemand Bild, qui publie sur la totalité de la page une photo du copilote de Germanwings fortement soupçonné d’être à l’origine du crash aérien. Un cliché pris en 2013 lors d’un semi-marathon organisé par la Lufthansa à Francfort.

En le montrant en train de courir, le journal appuie son propos, le terme d’«amok» étant habituellement utilisé par la presse allemande et anglophone dans l’expression «Amok laufen» ou «to run amok», que l’on pourrait traduire par «courir en amok», en référence à des actes commis par des personnes sous l’emprise d’une folie meurtrière, tels les tueries d’Oslo et de l’île d’Utoeya ou les massacres commis par des adolescents dans les établissements scolaires. En allemand, les auteurs de ces bains de sang sont donc communément désignés sous le terme d’«Amokläufer», qui signifie «coureur d’amok».

Ce terme est une retranscription approximative du mot indonésien et malais «amuk», qui désigne selon l’Urban Dictionary «une activité agressive qui tend à tout détruire», mais que l’on pourrait tout aussi bien traduire par les termes plus génériques de «folie furieuse» ou «rage incontrôlée».

Dans leur ouvrage Psychopathologie. Une perspective multidimensionnelle, les psychologues américains David H. Barlow et V. Mark Durand livrent une description détaillée de l’«amok», qu’ils classent dans la pathologie de la «fugue dissociative», sans pour autant lui reconnaître un caractère universel:

«Une forme distincte de trouble dissociatif inexistant dans les cultures occidentales est l’amok […] et la plupart des victimes sont de sexe masculin. Ce trouble a attiré l’attention parce que les personnes se trouvant en état d’amok, qui s’apparente à une transe, sont souvent prises de fureurs durant lesquelles elles agressent brutalement, voire parfois tuent des animaux ou des personnes et ne s’en souviennent généralement pas. Courir en amok n’est qu’un des nombreux syndromes consistant pour un individu à se trouver en état de transe et, soudainement empli d’une mystérieuse énergie, se mettre à courir ou à fuir pendant un long moment.»
L’écrivain autrichien Stefan Zweig s’est également intéressé à ces accès de folie mystérieux, qu’il rapproche de l’obsession amoureuse, dans sa nouvelle Amok ou le Fou de Malaisie, où il raconte l’histoire d’un médecin allemand en poste en Indonésie pris d’un vif tourment pour une femme qui vient lui demander son aide.

Interviewé en 2009 par l’hebdomadaire Die Zeit au sujet des auteurs de tueries dans des espaces publics tels que les écoles, les universités, les centres commerciaux –auxquels il faut désormais ajouter les transports–, le philosophe allemand Joseph Vogl estimait cependant qu’il faut distinguer ces actes de l’amok:

«Depuis le XIXe siècle, il y a un consensus autour du fait que l’amok est un phénomène lié à la culture et qu’en Asie du Sud-Est, sur la péninsule malaisienne ou à Java, il suit un protocole particulier: de sourdes ruminations, un coup de sang, suivi par les attaques meurtrières, puis un suicide ou une perte de mémoire. Ce que l’on peut observer pour l’heure, en particulier en ce qui concerne les fusillades dans les établissements scolaires, me semble être, dans ce format nouveau et particulier, de la même façon limité à des environnements culturels, à l’Europe centrale et du Nord et à l’Amérique du Nord.»

Voir encore:

Le copilote du Crash Germanwings avait le profil type d’un tueur de masse

Olivier Hassid

Directeur de la revue Sécurité & Stratégie, chargé de cours à l’Université Paris Ouest Nanterre

Huffington Post

27/03/2015

CRASH DE L’A320 – Brice Robin, le procureur de la République de Marseille en charge du dossier du Crash Germanwings, expliquait en conférence de presse le 26 mars que « quand on a la responsabilité de 150 personnes, on n’appelle pas ça un suicide ». On pourrait ajouter que l’on pourrait appeler cela une « tuerie de masse ». En effet, d’après les premiers éléments de l’enquête disponible, Andreas Lubitz, le co-pilote qui a réalisé la catastrophe, a toutes les caractéristiques du profil d’un tueur de masse.

Par tueur de masse, faut-il entendre en criminologie tout individu qui tue au moins trois personnes, sans en viser spécifiquement une en particulier, en un même lieu et lors d’un événement unique, comme par exemple les auteurs de la tuerie sur le campus de Columbine Eric Harris et Dylan Klebold en 1999. Dernièrement, un article scientifique est paru dans le Justice Quaterly sur le sujet. L’auteur de l’article, le professeur Adam Lankford, fait une différence claire entre les tueurs de masse qui se donnent la mort au moment de l’acte et ceux qui cherchent à survivre afin de bénéficier « des profits » de leur acte, à savoir notamment bénéficier d’une « reconnaissance » médiatique. Dans la première catégorie, catégorie à laquelle appartient selon nous, Andreas Lubitz, et qui est une catégorie moins importante que la seconde, le criminologue tente de cerner le profil de ces tueurs sur la base d’un échantillon de 88 cas. En moyenne, ils sont relativement jeunes puisqu’ils ont au alentour de 37 ans. Le copilote était un peu plus jeune. Il avait 28 ans. Ce sont dans 96% des cas, des hommes ayant des symptômes de dépression (ce qui semble être le cas de celui-ci) et qui se serait senti victime d’injustice, souvent au travail (à l’heure actuelle nous n’avons aucun élément qui démontrerait que le copilote était en conflit avec des personnes de l’entreprise).

Ce phénomène, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas nouveau. Par le passé, plusieurs pilotes se sont écrasés (ou ont tenté de s’écraser) de la sorte. 6 exemples au moins peuvent être recensés depuis 1982 et qui n’ont rien avoir avec des actes terroristes. Ainsi, pouvons nous citer par exemple trois événements marquants. Le premier qui s’est produit en 1994 sur un vol de Royal Air Maroc et qui entraina la mort de 44 personnes à bord. Le pilote aurait agi de manière intentionnelle suite à des problèmes sentimentaux. Le deuxième a eu lieu également en 1994. Un employé de la FedEx, qui allait se faire licencier, avait tenté de détourner un avion cargo de la compagnie pour le faire s’écraser. Il fut maîtrisé à temps par l’équipage. Enfin, le cas peut être le plus marquant fut certainement celui du crash provoqué par le pilote du vol Silk Air 185, le 19 décembre 1997. L’avion s’était écrasé dans une rivière, faisant 104 morts. Le pilote était un ancien aviateur militaire, traumatisé par un accident qui avait tué plusieurs de ses collègues lors d’un entrainement. Il connaissait des soucis financiers. Le crash n’a pas été reconnu comme intentionnel, mais des forts doutes subsistent.

Ces actes n’ont donc rien avoir avec des actes terroristes, même si dans certains cas on peut se demander si les terroristes ne s’en inspirent pas (on pense naturellement au 11 septembre 2001). Mais ils se produisent, certes rarement, mais leur probabilité est non nulle. Tout porte à croire que le crash de l’A320 s’inscrive dans cette lignée de tuerie de masse que l’on appelle également « amok ».

Crash de l’A320 : les précédents cas de suicides en vol
William Plummer
Le Figaro
26/03/2015

La thèse d’un suicide du copilote semble envisagée par les enquêteurs après le crash mardi d’un Airbus A320 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Un acte qui n’est pas inédit dans l’aviation.

La boîte noire de l’Airbus A320 qui s’est crashé mardi dans les Alpes-de-Haute-Provence a parlé. Brice Robin, procureur de la république de Marseille a expliqué, jeudi matin, que le copilote de la compagnie allemande Germanwings, seul aux commandes, avait «volontairement permis la chute de l’avion» et avait vraisemblablement «la volonté de détruire» l’appareil. Le procureur français en charge de l’enquête judiciaire a ainsi confirmé que l’un des deux pilotes de l’Airbus A320 avait quitté le cockpit et n’avait pas pu y retourner. Sans utiliser le terme suicide, Brice Robin a indiqué avoir demandé des renseignements à la justice allemande sur le copilote. Si la thèse du suicide se confirmait, ce ne serait pas la première fois qu’un tel acte serait commis à bord d’un vol commercial.

• Vol 470 LAM Mozambique Airlines

Le 29 novembre 2013, le vol 470 LAM quitte Maputo – la capitale du Mozambique- avec trente-trois personnes à son bord. Après avoir atteint son altitude de croisière, l’appareil perd de l’altitude à une vitesse très élevée puis disparait des écrans radars au-dessus de la Namibie. L’analyse des boîtes noires révèle que le pilote a sciemment effectué une série de manœuvres causant le crash. Le commandant de bord, qui avait à son actif plus de 9000 heures de vol, s’est enfermé seul dans la cabine de pilotage. «On peut entendre des signaux d’alarme de diverses intensités, des coups contre la porte du cockpit, et des demandes pour y entrer», déclare le chef de l’Institut mozambicain de l’aviation civile, Joao Abreu. Des circonstances similaires à celles révélées jeudi matin.

• Vol 990 Egypt Air

Le 31 octobre 1999, le vol 990 d’EgyptAir s’abime au beau milieu de l’océan Atlantique lors d’un vol reliant Los Angeles (Etats-Unis) à l’aéroport du Caire, en Egypte. Quelques minutes après une escale à l’aéroport J-F Kennedy de New York, l’appareil transportant deux cent dix-sept personnes pique du nez subitement. Les enquêteurs chargés de l’affaire révèlent, après analyse des données de vol, que suite à la sortie du cockpit du commandant de bord, le copilote a entamé une plongée abrupte vers l’océan tout en récitant à plusieurs reprises «Je m’en remets à Dieu». Après quelques minutes de chute libre – l’avion perd plus de 10.000 pieds en cinquante seconde -, l’autre pilote revient dans la cabine de commandement et tente ensuite de redresser le Boeing. En vain. A la suite de cet accident, une vive polémique éclate entre les autorités américaines et égyptiennes – ces dernières réfutant l’hypothèse d’un acte suicidaire.

• Vol 630 Royal Air Maroc

Le 21 août 1994, le vol 630 de Royal Air Maroc s’écrase une dizaine de minute après son décollage de l’aéroport d’Agadir, au Maroc, avec à son bord quarante-quatre personnes. L’examen des enregistreurs de vol montre que le pilote a intentionnellement débranché le pilotage automatique et dirigé l’appareil vers le sol. La commission en charge de l’investigation a conclu à un suicide. Une version des faits contestée par un syndicat de vol, qui penche plutôt pour un incident mécanique.

•Vol 185 Silkair

Le 19 décembre 1997, le vol 185 SilkAir reliant Jakarta à Singapour s’écrase dans le sud de l’île de Sumatra, en Indonésie. Les boîtes noires sont rapidement retrouvées mais inutilisables. Celles-ci ont été déconnectées peu avant l’accident qui a causé la mort de cent quatre personnes. Aucun enregistrement de vol n’était donc exploitable. Les enquêteurs privilégient la piste du suicide, sans toutefois la confirmer.

Voir de même:

Crash de l’A320 : le suicide d’un pilote, un cas pas si isolé…
Les Echos

27/03

Depuis 1979, il y a eu une dizaine de crashs aériens causés par le suicide de l’un des pilotes. Revue de détail
Le 24 mars 2015, le vol 4U9525 s’est écrasé dans les Alpes-de-Haute-Provence avec 150 personnes à son bord. Il paraît désormais acquis que le co-pilote, Andreas Lubitz, très perturbé psychologiquement , aurait volontairement actionné la descente de l’avion, alors que le commandant de bord était en dehors du cockpit.

Ce crash n’est malheureusement pas un cas isolé. Aviation Safety Network a recensé une dizaine de drames aériens attribués à une volonté de l’un des pilotes de faire s’écraser l’avion.

26 septembre 1976 : 12 morts
Après avoir divorcé, un pilote russe aux commandes d’un Antonov2 s’est volontairement écrasé sur des immeubles de Novosibirsk où son ex-femme vivait. Le pilote a été tué ainsi que 11 personnes habitant dans ces immeubles. Son ex-femme n’a pas fait partie des victimes.

22 août 1979: 4 morts
Un HS-748 s’écrase le 22 août 1979 dans la banlieue de Bogota peu après le décollage. Le pilote est tué ainsi que trois personnes sur le terrain. L’avion avait été volé par un homme de 23 ans, un ancien mécanicien qui avait travaillé à l’aéroport pendant deux ans et qui avait été congédié.

9 février 1982 : 24 morts
Un pilote d’un DC-8 de la Japan Airlines, transportant 174 personnes, s’écrase peu avant l’atterrissage près de Tokyo. L’accident a fait relativement peu de victimes, tuant 24 personnes, le pilote ayant été arrêté à temps par des membres de l’équipage. Le pilote a survécu. L’enquête a conclu à une crise de folie suicidaire.

7 avril 1994 : pas de victime
Le vol 705 FedEx est un McDonnell Douglas DC-10 cargo qui effectuait la liaison entre Memphis et San José aux États-Unis. Le vol a subi une tentative de détournement pour un attentat-suicide près de Memphis, Tennessee. Auburn Calloway, le pirate de l’air, était un employé de FedEx sur le point d’être licencié qui a pu monter à bord d’un vol régulier avec plusieurs armes dissimulées. Une fois en vol, il essaya de neutraliser les membres de l’équipage pour écraser le DC-10 sur le siège social de FedEx.

Le détournement a échoué, l’équipage de trois personnes réussissant à maîtriser le pirate malgré de graves blessures, et l’avion a pu se poser en sécurité malgré une surcharge en carburant. Auburn Calloway, après avoir subi des soins appropriés, a été condamné à la prison à vie. Il a expliqué avoir voulu se venger de sa compagnie et permettre à son ex-femme et à ses deux enfants de bénéficier de son assurance-vie d’un montant de 2,5 millions de dollars en cas d’accident mortel durant son travail.

13 juillet 1994 : 1 mort
Un ingénieur russe a volé un Antonov 26 de la Russian Air Force à l’aéroport de Kubinka, en Russie, pour se suicider. L’homme a fait plusieurs cercles autour de la ville avant de s’écraser lorsqu’il n’avait plus de fuel.

21 août 1994 : 44 morts
Un ATR-42 de la Royal air Maroc s’est écrasé dans les montagnes de l’Atlas peu après son décollage d’Agadir. D’après l’enquête, l’accident a été causé par le commandant de bord qui aurait débranché le pilotage automatique et laisser filer délibérément l’avion vers le sol. Ces conclusions ont été contestées par l’Union des pilotes marocains selon laquelle le pilote était en pleine possession de ses moyens avant le départ et ne présentait aucun signe de frustration ou de déséquilibre tant au niveau personnel que professionnel.

19 décembre 1997 : 104 morts
Un Boeing 737 de la compagnie Silkair parti de l’aéroport de Jakarta, en Indonésie, pour Singapour s’est écrasé en Indonésie après une descente rapide. Les autorités indonésiennes n’ont pas été capables de déterminer les causes de l’accident. Il a été suggérée, notamment par les Etats-Unis, qui le pilote s’était suicidé en éteignant les deux enregistreurs de vol et en faisant plonger intentionnellement l’avion, peut-être lorsque le copilote était absent du poste de pilotage. Le commandant venait de connaître des difficultés professionnelles. Il semblerait aussi qu’il était confronté à d’importantes difficultés financières, ce qui a été contesté par les enquêteurs indonésiens.

11 octobre 1999: 1 mort
Un commandant d’Air Botswana est monté à bord d’un ATR-42 stationné dans l’aéroport de Gaborone et a décollé. L’homme est entré en contact avec les contrôleurs aériens et déclaré qu’il voulait parler au président de Botswana, au directeur général d’Air Botswana, à la police et à sa petite amie, notamment. Le président étant en voyage, c’est le vice-président qui a été dépêché pour tenter de négocier. Malgré les efforts déployés pour qu’il accepte de se poser, le commandant a finalement choisi de s’écraser, au bout de deux heures de vol, sur deux avions présents sur le tarmac. Peu auparavant, Air Botswana, évoquant des raisons médicales, aurait refusé de réintégrer le pilote jusqu’en février 2000.

31 octobre 1999 : 217 morts
Le vol 990 de la compagnie aérienne égyptienne Egyptair volait de l’aéroport international de Los Angeles vers l’aéroport international du Caire avec une escale prévue à l’aéroport John F. Kennedy, à New York. Sur la deuxième étape de son itinéraire, il s’est écrasé dans l’océan Atlantique au sud de Nantucket. Parmi les 203 passagers figuraient notamment 100 Américains, 89 Egyptiens, et 22 Canadiens. 14 personnes composaient l’équipage. Les enquêteurs américains et égyptiens n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les causes du crash. Les premiers ont conclu que l’accident avait été sciemment provoqué par le copilote, les deuxièmes que l’avion s’était écrasé suite à une défaillance mécanique.

29 novembre 2013 : 33 morts
Le vol 470 LAM Mozambique Airlines était un vol opéré par un Embraer 190 de la compagnie publique mozambicaine LAM partant de l’aéroport international de Maputo en Mozambique à destination de l’aéroport de Luanda-Quatro de Fevereiro en Angola. Le 29 novembre 2013, l’appareil s’est écrasé dans le nord de la Namibie, coûtant la vie aux 33 personnes à bord. L’enquête a conclu que le commandant de bord avait volontairement crashé l’avion. Selon des rumeurs, le commandant aurait perdu son fils un an avant l’accident.

Voir encore:

Etats-Unis. La rage d’Obama contre Nétanyahou
The Wall Street Journal
traduit par Courrier international

25/03/2015

Il faut pardonner au président Obama. Le leader du monde libre a encore du mal à accepter l’idée que le peuple israélien puisse choisir son propre Premier ministre, sans se préoccuper de ses préférences.

L’accès de colère de la Maison-Blanche après la réélection de Benyamin Nétanyahou, le 17 mars, s’est manifesté à travers le discours prononcé le 23 par son secrétaire général Denis McDonough, qui a déclaré qu’il fallait “mettre fin à une occupation qui dure depuis près de cinquante ans”.

Quand un secrétaire général s’exprime en public, en particulier lors d’un rassemblement programmé à l’avance, il a le blanc-seing du président. En l’espèce, l’auditoire était lui aussi soigneusement choisi : il s’agissait de J Street, un lobby juif de gauche qui a toujours été favorable à toute concession d’Israël [aux Palestiniens]. Le discours était d’autant plus difficile à entendre que M. McDonough tenait sur Israël des propos généralement associés aux groupes terroristes palestiniens.

Espionnage
Ces déclarations n’étaient que l’une des manifestations de l’irritation présidentielle ; quelques jours plus tôt, il y avait eu la menace sans précédent de ne plus soutenir Israël aux Nations unies et la révélation dans nos pages [mardi 24 mars] qu’Israël avait espionné les négociations nucléaires des Etats-Unis avec l’Iran. (Israël a démenti cette information, mais, si l’on ne peut excuser de tels actes, il ne faut pas non plus que les Etats-Unis maintiennent leurs alliés et le Congrès dans l’ignorance.)

M. Obama comptait sur une défaite de M. Nétanyahou et il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’elle se concrétise. Mais cette hostilité déclarée s’est retournée contre lui. Aussi, bien que le Premier ministre israélien ait nuancé sa déclaration sur son opposition à la création d’un Etat palestinien (il se dit favorable à la solution des deux Etats mais pas dans l’immédiat) et qu’il ait présenté ses excuses aux Israéliens arabes pour ses propos sur leur vote quelques heures avant la clôture du scrutin, le président et son équipe sont allés encore plus loin.

Peut-être est-ce le signe que les négociations nucléaires n’avancent pas aussi bien que M. Obama l’escomptait, même s’il est prêt à laisser l’Iran conserver une bonne partie de son infrastructure nucléaire. Les Etats-Unis tiennent tellement à conclure un accord avec Téhéran qu’en comparaison la France paraît intransigeante.

Un soutien moins inconditionnel à Israël ?
Mais la crise de colère de la Maison-Blanche contre Israël pourrait aussi signifier autre chose. A savoir que le président Obama pense ce que lui et son équipe disent : que l’occupation israélienne est injuste et que les Israéliens sont un obstacle à la paix régionale et ne méritent plus le soutien total qu’ils ont toujours attendu de l’Oncle Sam.

Pourtant, même si le principal défi dans la région était d’obtenir d’Israël qu’il cède davantage de territoires aux Palestiniens, ce jour n’arrivera pas tant que les Israéliens ne se sentiront pas en sécurité. Et comment pourraient-ils ne pas se sentir menacés alors que la guerre civile fait rage en Syrie, que l’Etat islamique et un groupe issu d’Al-Qaida sont tout près du plateau du Golan, que le général iranien Qasem Soleimani est à la tête de milices chiites en Irak et que le gouvernement américain agit comme si l’Iran pouvait être un partenaire plus constructif pour la paix qu’Israël ?

Voir de plus:

Israel allowed for the release of a document detailing past nuclear weapons work

The Jerusalem Post

28.03.15

Document summarizes in detail Washington’s understanding of the nature and purpose of Israel’s nuclear program as it stood in the 1980s.
israel nuclear

The 1987 Pentagon document, a « Critical Technological Assessment in Israel and NATO Nations, » details several technical components of Israel’s nuclear work. (photo credit:screenshot)

LAUSANNE, Switzerland – Last month, the US released documentation from 1987 of its assessment of Israel’s nuclear weapons capabilities, required to do so by law after receiving a request filed under the Freedom of Information Act.

The document, “Critical Technological Assessment in Israel and NATO Nations,” was written by Leading Technologies Inc. for the Institute for Defense Analyses, and commissioned by the US Department of Defense. Its contents are based on visits by US experts, in coordination with the embassy in Tel Aviv and with the guidance of the Pentagon, to facilities and laboratories across Israel.

While Israel has never publicly acknowledged having nuclear weapons, foreign sources say it does. Israel is not a signatory of the Nuclear Non-Proliferation Treaty.

This document summarizes in detail Washington’s understanding of the nature and purpose of that program as it stood in the 1980s.

Two of Israel’s nuclear facilities at the time, the Soreq Nuclear Research Center near Yavne and the Negev Nuclear Research Center in Dimona, “are the equivalent of our Los Alamos, Lawrence Livermore and Oak Ridge National Laboratories,” the US document reads.

“The Soreq center runs the full nuclear gamut of activities from engineering, administration, and nondestructive testing to electro-optics, pulsed power, process engineering and chemistry and nuclear research and safety,” the paper continues.

“This is the technology base required for nuclear weapons design and fabrication.”

The report goes on to detail Israel’s experimentation with various nuclear fuels, laserbased nuclear weapons detonation devices and the effects of radiation propagation.

While the assessment concluded that, at the time, Israel’s weapons design was “extremely conservative,” it said the Jewish state was experimenting with coding “which will enable them to make hydrogen bombs.”

The document appears to have been categorized as “declassified” upon its submission, suggesting an assessment within the US government that its findings would be low-impact if made public.

That, too, must have been the assessment of the Israeli government in 2014, as it had the opportunity to keep the document secret but declined.

“We did inform the Israeli government of our planned release of the documents and they did not object,” US Army Col. Steven Warren, director of Pentagon press operations, confirmed to The Jerusalem Post.

Upon receiving a Freedom of Information Act request concerning information sensitive to foreign governments, the US informs the relevant partner, giving it the opportunity to formally object.

“The US government was by law required to release the report upon such a FOIA request unless we had a written request from the relevant foreign government – Israel – that the information continue to be withheld,” one senior administration official told the Post on Friday. “Israel did not object to the release of this information.”

Israeli officials declined to comment for this report, neither confirming nor denying concerns over the document, the contents of its assessment or the politics surrounding its release.

While the Freedom of Information Act request was made years ago, the release of the document was first discussed in recent months – in the shadow of debate over Iran’s nuclear weapons work.

Iranian President Hassan Rouhani has called at the United Nations for a nuclear-free zone in the Middle East, suggesting that his country’s nuclear program may be in response to Israel’s own.

Prime Minister Benjamin Netanyahu adamantly opposes a working proposal under discussion here in Switzerland that would aim to cap, restrict, monitor and roll back much of Tehran’s nuclear program for a limited period. The deadline for a framework agreement in those negotiations falls on Tuesday.

Privately, those who acknowledge Israel’s nuclear weapons program tout its effect as a deterrent. Israel’s program is understood to have been developed in the late 1960s, after the young country had already been at war with the forces of eight Arab nations.

The Israeli government fears that Iran’s program serves a different purpose: Not deterrence, but embodiment of aggressive behavior and the protection of a regime that calls for the destruction of the Jewish state.

The Iranian government says its right to develop homegrown nuclear technology – guaranteed by the United Nations – is a point of national pride.

Conservative Israeli and American media, including Fox News, the Drudge Report and The Washington Examiner, have suggested that the timing of the document’s release was an intentional move by the Obama administration to undermine Netanyahu.

The document was indeed released when Israel’s concerns over an Iran deal were first raised at high pitch. The White House considers Netanyahu’s behavior, including his March 3 speech to a joint meeting of Congress attacking Obama’s Iran policy, as disrespectful of the presidency and a politicization of the US-Israel relationship.

US President Barack Obama does not review Freedom of Information Act requests, nor does any president, for unclassified documents.

While Israel has not discussed the document or its release, one official did acknowledge that discussion over the matter began in 2014.

Voir par ailleurs:

Le Son des épées, macabre apologie du djihad en ligne
Adrien Jaulmes
Le Figaro
26/06/2014

L’offensive de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) dans le nord de l’Irak a été accompagnée d’une campagne de propagande inédite.

Destiné à frapper d’effroi ses adversaires autant qu’à recruter des volontaires, ce djihad médiatique a déferlé via Twitter et les réseaux sociaux simultanément à l’avancée des combattants de l’EIIL sur le terrain.

Au lieu des rares apparitions d’un Ben Laden, et de ses déclarations sentencieuses et statiques, ses héritiers ont adopté un langage et des codes de communication modernes. Les images et les films diffusés par l’EIIL sont une extraordinaire et terrible plongée dans le cœur de cette nouvelle entité installée aujourd’hui au cœur du Moyen-Orient.Un film en particulier mérite à lui seul un visionnage. Intitulé Le Son des épées , il a été réalisé pendant la prise de Mossoul et de Tikrit.

Esthétiquement, l’ensemble évoque un mélange de superproductions hollywoodiennes comme Zero Dark Thirty ou Jason Bourne, de jeux vidéo comme Grand Theft Auto, et de propagande hypnotique à la Leni Riefensthal, la cinéaste du régime nazi. L’horreur n’est jamais loin, filmée comme par un Tarantino islamiste, avec gros plans et ralentis. Comme au cinéma, le film commence par une plongée depuis une carte satellite du Moyen-Orient vers Faloudja, première ville à être tombée entre les mains des combattants de l’EIIL en janvier dernier. Une caméra montée sur un drone filme d’en haut des combattants en armes.

Des scènes rejouées au ralenti jusqu’à l’écœurement.
Tout bascule vite dans le «snuff movie». Des djihadistes en voiture lancés à toute vitesse massacrent à la mitrailleuse comme des gangsters des automobilistes dont le véhicule va verser sur le bas-côté. La caméra s’attarde avec complaisance sur les corps ensanglantés des passagers. Un survivant qui s’enfuit à pied est poursuivi par les djihadistes qui l’assassinent malgré ses supplications contre une clôture. En surimpression apparaît la carte d’identité du malheureux, membre de la police irakienne recrutée par le régime chiite de Maliki. Les plans de coupe sont sonorisés par le bruit sinistre d’une épée que l’on sort de son fourreau. Les djihadistes filment à travers la lunette d’un tireur d’élite les soldats irakiens qu’ils abattent à distance. Ils déclenchent les explosifs placés sous la route au passage des véhicules blindés irakiens qui sont projetés en l’air. Les scènes sont rejouées au ralenti jusqu’à l’écœurement.

Le film est autant destiné à effrayer ses adversaires qu’à attirer des partisans. Les djihadistes qui attaquent des postes de l’armée irakienne tuent froidement les soldats chiites qui se rendent. Le film les désigne sous l’appellation de «Safavides», du nom de la dynastie perse qui se convertit au chiisme, et est considérée comme l’ennemi héréditaire par les salafistes sunnites. Mais ils se montrent pleins de mansuétude avec ceux qui se rallient à eux. Dans des mosquées, des combattants sunnites du Mouvement du réveil, ces milices tribales retournées par les Américains pour combattre al-Qaida, l’un des rares succès de la contre-guérilla du général Petraeus, rejoignent ainsi ostensiblement les djihadistes en jurant allégeance à l’État islamique.

Des djihadistes inspirés par l’armée américaine
Mais le plus frappant est le mimétisme évident des djihadistes inspirés par l’armée américaine. Une armée contre laquelle les insurgés sunnites ont combattu pendant l’occupation de l’Irak. Masqués et équipés comme des forces spéciales américaines, ils montent des barrages routiers volants. Les automobilistes sont sortis des véhicules. Leurs identités sont contrôlées par un djihadiste muni d’un ordinateur portable où sont enregistrées les listes des membres des forces de sécurités irakiennes. Ceux qui sont identifiés sont aussitôt tués d’une balle dans la tête.

L’EIIL adopte aussi certaines méthodes de l’ennemi américain à l’instar du Hezbollah libanais, qui avait formé ses combattants au contact de l’armée israélienne pendant l’occupation du Sud-Liban dans les années 1990. Comme la guerre contre la drogue a contribué à la création d’empires mafieux, la guerre contre le terrorisme a créé à son tour un monstre d’une nouvelle dimension. L’idéologie djihadiste d’al-Qaida s’est nourrie en Irak de la vieille rivalité entre chiites et sunnites. L’occupation américaine a servi à recruter les combattants, et à leur donner une école de guérilla ; comme dans un processus darwinien, ceux qui ont survécu sont les plus adaptés. La guerre civile syrienne a fourni une expérience supplémentaire à des milliers de djihadistes. La perte de contrôle de Damas sur l’est de son territoire a enfin fourni au mouvement la base territoriale qui lui a permis de se lancer à l’attaque du nord de l’Irak.

Pour contrer l’effet de cette vidéo, le gouvernement irakien a diffusé un clip montrant un djihadiste jouant avec un serpent apprivoisé qui disparaît dans des flammes à l’arrivée d’un soldat irakien.

Voir par ailleurs:

Iran’s Shiite Militias Are Running Amok in Iraq…Obama is still pretending he hasn’t unleashed demons on the country it once could have saved
Curt 1
Mar, 2nd, 2015

Countless memories haunt me after a decade of service in Iraq. Gripping the hands of an assassin-felled member of the provisional government as the life slipped out of her body in 2003; watching al Qaeda’sbeheadings of American hostages in 2004; seeing photos of young Sunni prisoners raped and tortured by Iran-backed Shiite militias serving within the Iraqi police in 2005; and sitting helplessly at the U.S. Embassy in Baghdad as news came in of al Qaeda’s 2006 bombing of al-Askari Mosque, one of the holiest sites for Shiite Islam, ushering in the civil war.

But after countless visits to Arlington National Cemetery and Walter Reed Medical Center, nothing upsets me more than the fact that thousands of American soldiers, diplomats, intelligence officers, and contractors are now enabling and emboldening a government in Baghdad that is simply beyond redemption.

It took the fall of Iraq’s second-largest city, Mosul, for Western elites to finally begin to understand what many of us saw firsthand in the years since 2003:

The Iraqi government is hopelessly sectarian, corrupt, and generally unfit to govern what could be one of the world’s most prosperous nations. Washington’s response to the Islamic State’s (IS) advance, however, has been disgraceful: The United States is now acting as the air force, the armory, and the diplomatic cover for Iraqi militias that are committing some of the worst human rights abuses on the planet. These are “allies” that are actually beholden to our strategic foe, the Islamic Republic of Iran, and which often resort to the same vile tactics as the Islamic State itself.

The dictatorship of Saddam Hussein was branded the “Republic of Fear” due to its wanton disregard for the sanctity of human life. Saddam’s abuses were legendary: The invasion of Iran in 1980, where his forces employed chemical and biological weapons; the genocide of more than 100,000 Kurds during theAnfal campaign; the invasion of Kuwait in 1990; and 1991’s massacre of Shiites in Karbala are only a few examples of his gruesome handiwork.

Post-2003 Iraq was supposed to be different. Throughout the past decade, however, countless NGOs and international news organizations have borne witness to the accelerating pace of abuses. The Republic of Fear is being reborn.

Perhaps the most vivid and disturbing evidence that the Iraqi government simply does not share America’s core values emerged on Feb. 6. In a grainy video posted on YouTube, a three-minute horror show plays out on the front lines somewhere in Iraq. Iraqi military officers and presumably Shiite militiamen — dressed in black, skull-adorned “Sons of Anarchy” shirts — crowd an ambulance emblazoned with the Iraqi state seal. Inside, a blindfolded and hog-tied man in military fatigues pleads for mercy as the Iraqi vigilantes beat him over the head, taunting him with expletives.

“We will f— your sisters,” they shout.

“No, God,” the prisoner weeps.

One of the vigilantes picks up a metal toolbox and slams it down on the crying man, as others enter the ambulance to beat and kick the helpless prisoner. A minute into the video, the man is dragged out of the ambulance and onto the ground, still blindfolded, arms bound behind his back. A dozen fighters surround him and begin kicking him until he lies motionless, blood dripping from his head. With some yelling “enough,” a man in camouflaged trousers walks up to the prisoner and beats him over the head repeatedly with a sandal, a gesture of monumental insult. Another man, also in camouflaged trousers, leaps up twice and lands with his full weight on the detainee’s skull. A third man, in full military uniform, kicks and punches the hemorrhaging man, whose blood spills across the sand below.

In the final horrific minute, the vigilantes carry the man a few feet away and drop him to the ground. Several men armed with U.S.-supplied M4 rifles then empty several magazines — perhaps more than 100 rounds — into the man.

The video concludes with one man chillingly yelling, “Enough! What’s wrong with you?”

Any viewer capable of understanding the dialogue overlaying the savage imagery is left in utter shock. But that emotion should soon be replaced by rage, as the realization sets in that countless American lives, families, and taxpayer dollars were sacrificed — and are being risked today — to facilitate such brazen cruelty.

Twitter is abuzz with speculation about the victim’s identity. A Kurdish Peshmerga fighter? An Islamic State spy? Regardless, one thing is clear: These were 196 vivid seconds of a lynching, a field execution, an Iraqi government and Shiite militia-orchestrated war crime broadcast around the world. And the sad reality is that this killing was facilitated by the White House.

Since assuming office in 2009, President Barack Obama and his national security team have turned a blind eye toward the growing crisis in Iraq. They seem to have simply hoped that Bush’s “dumb war,” as Obama oncedescribed it, would not distract them from a domestic-driven agenda. Even as the cancer at the heart of the Iraqi government metastasized, senior American officials ignored the countless classified and open sources implicating the Iraqi government in theft, torture, rape, and ethnic cleansing — insisting that the country remained on the right track.

In 2010, Vice President Joe Biden confidently insisted that Iraq “is going to be one of the great achievements of this administration,” lauding Iraqis for “us[ing] the political process, rather than guns, to settle their differences.”

 Voir enfin:

Running Amok: A Modern Perspective on a Culture-Bound Syndrome
Manuel L. Saint Martin, M.D., J.D.
Prim Care Companion J Clin Psychiatry.
999 Jun; 1(3): 66–70.
Abstract
Running amok is considered a rare culture-bound syndrome by current psychiatric classification systems, but there is evidence that it occurs frequently in modern industrialized societies. The historical origins of running amok as a psychiatric condition are reviewed in this article, and its relevance to modern day episodes of violent behavior is discussed. Psychotic illnesses, personality disorders, and mood disorders are all possible causes of amok, and the identification and treatment of patients who are at risk for manifesting violent behavior are discussed.
The general public and the medical profession are familiar with the term running amok, the common usage of which refers to an irrational-acting individual who causes havoc. The term also describes the homicidal and subsequent suicidal behavior of mentally unstable individuals that results in multiple fatalities and injuries to others. Except for psychiatrists, few in the medical community realize that running amok is a bona fide, albeit antiquated, psychiatric condition. Although episodes of multiple homicides and suicide by individuals with presumed or known mental disorders occur with alarming regularity today, there are virtually no recent discussions in the medical literature about the recognition and treatment of these individuals before their suicidal and homicidal behavior occurs.

The psychiatric literature classifies amok as a culture-bound syndrome based on its discovery 2 centuries ago in remote primitive island tribes where culture was considered the predominant factor in its pathogenesis. The primitive groups’ geographic isolation and spiritual beliefs were thought to produce a mental illness not observed elsewhere in the world. DSM-IV,1 which is the current consensus opinion on psychiatric diagnosis, depicts amok as a cultural phenomenon that rarely occurs today. However, characterizing amok as a culture-bound syndrome ignores the fact that similar behavior has been observed in virtually all Western and Eastern cultures, having no geographical isolation. Furthermore, the belief that amok rarely occurs today is contrary to evidence that similar episodes of violent behavior are more common in modern societies than they were in the primitive cultures where amok was first observed.

HISTORICAL BACKGROUND
Amok, or running amok, is derived from the Malay word mengamok, which means to make a furious and desperate charge. Captain Cook is credited with making the first outside observations and recordings of amok in the Malay tribesmen in 1770 during his around-the-world voyage. He described the affected individuals as behaving violently without apparent cause and indiscriminately killing or maiming villagers and animals in a frenzied attack. Amok attacks involved an average of 10 victims and ended when the individual was subdued or “put down” by his fellow tribesmen, and frequently killed in the process. According to Malay mythology, running amok was an involuntary behavior caused by the “hantu belian,” or evil tiger spirit entering a person’s body and compelling him or her to behave violently without conscious awareness. Because of their spiritual beliefs, those in the Malay culture tolerated running amok despite its devastating effects on the tribe.

Shortly after Captain Cook’s report, anthropologic and psychiatric researchers observed amok in primitive tribes located in the Philippines, Laos, Papua New Guinea, and Puerto Rico. These observers reinforced the belief that cultural factors unique to the primitive tribes caused amok, making culture the accepted explanation for its pathogenesis in these geographically isolated and culturally diverse people. Over the next 2 centuries, occurrences of amok and interest in it as a psychiatric condition waned. The decreasing incidence of amok was attributed to Western civilization’s influence on the primitive tribes, thereby eliminating the cultural factors thought to cause the violent behavior. Modern occurrences of amok in the remaining tribes are almost unheard of, and reports in the psychiatric literature ceased around the mid-20th century. Inexplicably, while the frequency of and interest in amok among primitive tribes were decreasing, similar occurrences of violence in industrial societies were increasing. However, since the belief that amok is culturally induced had become deeply entrenched, its connection with modern day episodes of mass violence went unnoticed.

The following case reports illustrate the typical violent behavior reported in amok episodes in Malay tribes:

In 1846, in the province of Penang, Malaysia, a respectable elderly Malay man suddenly shot and killed 3 villagers and wounded 10 others. He was captured and brought to trial where evidence revealed that he had suddenly lost his wife and only child, and after his bereavement, he became mentally disturbed.2

In 1901, in the province of Phang, Malaysia, a 23-year-old Muslim man who was formerly a member of the police force stole a Malay sword and attacked 5 individuals while they were sleeping or smoking opium. He killed 3, almost decapitating 1 victim, and he seriously wounded the others.2
Contemporary descriptions of multiple homicides by individuals are comparable to the case reports of amok. In the majority of contemporary cases, the slayings are sudden and unprovoked and committed by individuals with a history of mental illness. News media, witnesses, and police reports describe the attackers as being odd or angry persons, suggesting personality pathology or a paranoid disorder; or brooding and suffering from an acute loss, indicating a possible depressive disorder. The number of victims in modern episodes is similar to the number in amok despite the fact that handguns and rifles are used in contrast to the Malay swords of 2 centuries ago. The outcome for the attacker is also analogous to amok, being death, suicide, and less commonly, apprehension. The following report demonstrates the resemblance between amok and contemporary violent behavior:

In 1998 in Los Angeles, Ronald Taylor, aged 46, killed 4 of his family members and a friend, and then jumped to his death from a freeway overpass. The police discovered Taylor’s victims when they went to his home to inform them of his death. Court records revealed that Taylor was experiencing financial problems, was filing for bankruptcy, and had debts of more than $64,000, including a $21,302 personal loan from his employer and a $5,547 Sears credit card debt.3
Amok was first classified as a psychiatric condition around 1849 on the basis of anecdotal reports and case studies revealing that most individuals who ran amok were mentally ill. Prior to that time, amok was studied and reported as an anthropological curiosity. Historically, observers described 2 forms of amok, but DSM-IV does not differentiate between them. The more common form, beramok, was associated with a personal loss and preceded by a period of depressed mood and brooding; while the infrequent form, amok, was associated with rage, a perceived insult, or vendetta preceding the attack. Based on these early case reports, beramok is plausibly linked to a depressive or mood disorder, while amok appears to be related to psychosis, personality disorders, or a delusional disorder.

The early case reports suggest that amok in all likelihood is not a psychiatric condition, but simply a description of violent behavior resulting from another mental illness. The multiple homicides and injuries that occur in amok may represent an unusual manifestation of a depressive condition, a psychotic illness, or a severe personality disorder. It is also probable that certain individuals are predisposed to exhibiting extremely violent behavior when they are suffering from mood disorders or personality disorders.

CONTEMPORARY EXPLANATIONS OF AMOK
From a modern perspective, amok should not be considered a culture-bound syndrome, because the only role that culture plays is in how the violent behavior is manifested. An individual’s behavior is influenced by environment and culture even in situations where those actions are the product of a mental illness. Thus, the behavior observed in amok 200 years ago in the primitive tribes will necessarily differ from that seen in contemporary cases of violent behavior. Characterizing the violent behavior in amok as the product of another mental illness dispenses with its culture-bound origins and reconciles it with the violent behavior observed in contemporary cases.

Previous psychiatric investigators also questioned the culture-bound classification of amok, indicating disagreement with the consensus opinion that was developing circa the first edition of the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM). Pow Meng Yap,4 a psychiatrist for the Hong Kong Government, wrote in 1951 that amok behavior was preceded by a period of brooding, and if the attacker was not killed in the process, it ended when the individual became exhausted and collapsed (and frequently had amnesia for the event). Yap’s description of amok suggests a psychotic type of depressive disorder or a dissociative disorder. By the time of Yap’s comments, violent behavior similar to amok had been observed in most countries. For a condition to truly be culture bound, it could not be found in other distinct cultures, and culture must be indispensable to its pathogenesis. This has never been the case with amok, or for that matter, with most other psychiatric conditions.

Jin-Inn Teoh, a professor of psychiatry at the University of Aberdeen in London, reported in 1972 that amok behavior existed in all countries, differing only in the methods and weapons used in the attacks.5 According to Teoh, culture was a modulating factor that determined how amok was manifested, but not whether or not it occurred. The individual’s culture and the weapons available naturally influenced the method of the attack. Teoh’s report of amok was one of the last in the psychiatric literature. In the subsequent quarter century, the incidence of violent behavior similar to amok has increased dramatically in industrialized countries, surpassing its incidence in primitive cultures. This increase may be the result of better case reporting and heightened public awareness and interest in violence, combined with an increase in the psychopathology responsible for amok. Teoh’s findings and the increase in violent behavior in industrialized societies are further evidence against characterizing amok as a culture-bound syndrome.

Amok was thought to be related to suicide, a violent behavior that has never been considered a culturally bound psychiatric condition. In fact, suicide and suicidal behavior are not considered psychiatric conditions at all under present psychiatric classification systems. Suicide is a self-destructive behavior that can occur in a variety of psychopathologic states such as psychotic depression, personality disorders, and schizophrenia. In 1934, John Cooper, a professor of anthropology at Catholic University in Washington, D.C., analogized amok to suicide in an attempt to disprove its classification as a culture-bound syndrome.6 Cooper stated that neither racial, ethnic, nor environmental factors played a role in the pathogenesis of mental diseases and that amok had the same etiology in primitive and industrialized people. Cooper postulated that running amok in primitive tribes was an indirect means of committing suicide.6 Suicide was a rare occurrence in primitive cultures as opposed to industrialized societies. He thought that the same psychosocial stressors leading an industrialized European to commit suicide caused amok in the Malay tribesman.

However, Cooper’s conceptualization of amok as an expression of suicidal urges does not explain why violent behavior similar to amok is so common in Western cultures like the United States, where societal prohibitions against suicide are not strong. Cooper’s theory also implies that suicide and amok are alternate phenomena where culture determines which behavior the individual will manifest. Thus, Cooper’s characterization of amok makes culture a necessary factor in its pathogenesis, which is the premise he was attempting to disprove. Suicide and amok share common features and risk factors, but they are nevertheless distinct behaviors.

PREVENTING AMOK
Today, amok should be viewed as one possible outcome of an individual’s undiagnosed and/or untreated psychiatric condition with psychosis or severe personality pathology. Considering the large number of individuals who have psychotic psychiatric conditions, mood disorders, and personality disorders, amok is still a statistically uncommon occurrence. Nevertheless, the emotional damage that it causes to the victims, their families, and communities goes beyond its small numbers and has an enduring effect. Since it is virtually impossible to stop an amok attack without risking one’s life or limb, prevention is the only method of avoiding the damage that it causes. Table 1 shows the characteristics found in contemporary individuals who run amok.

Table 1.
Common Characteristics of Individuals Who Run Amok
Viewing amok from this new perspective dispels the commonly held perception that episodes of mass violence are random and unpredictable, and thus not preventable. Characterizing amok as the end result of a psychiatric condition reveals that, like suicidal behavior, there are risk factors that can be used to assess a patient’s potential for amok and for planning treatment.

Identification
Preventing episodes of amok requires early recognition of susceptible individuals and prompt treatment of the underlying psychopathologic condition. Medical intervention is virtually impossible once an individual is running amok, and the outcome of his or her violent behavior is no different today than it was 200 years ago before the advent of modern psychiatric diagnosis and treatment. The first step in intervention is identifying those individuals whose psychiatric conditions or psychosocial stressors predispose them to running amok. Identification entails assessing patients for risk factors that are known to be related to violent behavior.

General and family practitioners are in a unique position as frontline clinicians to identify these patients. Most individuals who manifest violent behavior similar to amok have had recent contact with medical practitioners preceding their homicidal and suicidal behavior.7 Many of these patients preferentially consult general and family practitioners instead of psychiatrists owing to the perceived stigma attached to consulting a psychiatrist, denial of their mental illness, or fear of validating their suspicion that they have a mental disorder.

The limited literature on amok concludes that psychiatric conditions, personality, pathology, and/or recent losses are all important factors in its pathogenesis. However, none of the reports has determined which particular psychiatric conditions or personality disorders are responsible for this susceptibility. Based on the psychiatric literature reports and evidence from contemporary case reports of violent behavior, the factors that should be considered as creating a risk for amok are as follows: a history of a psychotic condition, prior episodes of violent behavior or making violent threats, recent personal losses, violent suicide attempts, and significant personality traits or personality disorders. The more risk factors that a patient has, the greater that patient’s potential for acting violently. These risk factors are presented in more detail in Table 2.

Table 2.
Risk Factors for Running Amok
Each risk factor should be assessed through a history taken from the patient supplemented by information collected from family members or observations from those persons familiar with the patient and his or her situation such as friends, neighbors, coworkers, and employers. Medical records obtained from prior health care providers are also useful for uncovering precursors of amok behavior. Patients with psychotic disorders may not be capable of providing reliable and coherent information, while those with personality disorders may minimize or conceal their violent impulses and past behavior. An ongoing interpersonal conflict, especially occurring in school or at work, should be regarded as a significant warning sign for a potential amok episode. Many of the risks factors for amok are similar to those for suicide, and the 2 behaviors frequently converge when the individual’s intent is to kill himself or herself following a homicidal spree. The most significant risk factors for suicide are presented in Table 3 for comparison.

Table 3.
Risk Factors for Suicide
Treatment of Underlying Conditions
The second step in intervention is treating the patient’s underlying psychiatric condition or personality disorder so that running amok never occurs. A primary care practitioner can initiate medical intervention in patients who are susceptible to running amok, but it should be supplemented with a prompt referral for psychiatric or psychological evaluation and treatment, because these patients pose complicated and challenging clinical management cases. The treatment can also be initiated by a nonmedical source through a referral to an employee assistance program, the patient’s health insurance provider, or a community mental health clinic. Involuntary psychiatric hospitalization is an option for those patients who are imminently suicidal or homicidal as a result of their mental condition, but patients whose risk factors do not include a major mental illnesses may not qualify for involuntary treatment. This is typically the case with patients who have personality disorders.

Proper treatment of the patient at risk for running amok requires that the clinician make an accurate diagnosis that can be used to determine which treatment modalities are best suited for each patient. To date, there is no medication that has been proven to specifically treat violent behavior, and since violence results from multiple factors, it is unlikely that any such medication will be developed in the near future. The mass violence observed in running amok may be caused by a variety of psychiatric conditions, and medical treatment should therefore be aimed at a diagnosable mental disorder or a personality disorder. In general, depressive disorders can be treated with antidepressants and supportive psychotherapy. Antidepressants are effective in alleviating depressive symptoms and depressive disorders in 85% of cases.7 Antidepressants should be started in therapeutic doses, and the patient should be monitored for symptom improvement within 6 to 8 weeks. The selective serotonin reuptake inhibitors should be the first-line treatment choice because of their rapid therapeutic response as compared with tricyclic antidepressants and evidence that serotonin depletion plays a role in suicidal and violent behavior.8 The supportive psychotherapeutic goal is to prevent violent behavior, and the clinician should take an active role in the therapy and enlist the help of the patient’s family and social support network. If the patient has signs of psychosis along with the depressive disorder, then an initial treatment period with antipsychotic medications may be necessary until the antidepressant’s mood-elevating effect is achieved. While most patients can be managed in outpatient settings, those with severe psychotic symptoms or with homicidal or suicidal urges occurring during their depressive illness may require hospitalization.

Patients who have psychotic disorders such as paranoid schizophrenia or delusional disorder should be treated with antipsychotic medications. Antipsychotic agents are effective in reducing the thought disorder, hallucinations, and delusions in schizophrenia, mania, and nonspecific psychotic disorders.9 The antipsychotic agents are only modestly effective in controlling violent behavior resulting from nonpsychotic conditions such as borderline personality and antisocial personality disorders.10 Anticonvulsants have been used and found effective to control violent behavior in limited series of patients.11 However, their use, like that of the other medications discussed for treating violent behavior, is still considered experimental and off-label.12 The only exception to the general statement regarding off-label usage is when anticonvulsants such as valproate or carbamazepine are used to treat violent behavior associated with mania. The antimanic agent lithium is still the first line of treatment for bipolar disorder and mania. Hospitalization may be necessary to prevent these patients from harming themselves or others, and most state laws provide for involuntary commitments. After hospitalization, or if the symptoms do not warrant it, partial hospitalization and day treatment programs are useful as a means of monitoring patients’ behavior and adjusting their medications in response to it.
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SUMMARY
In summary, running amok should no longer be considered an archaic culture-bound syndrome. A more useful and modern approach is that amok represents an extreme form of violent behavior occurring as a result of a mental disorder, personality pathology, and psychosocial stressors. Early recognition of the risk factors for amok and prompt treatment of the underlying psychiatric condition or personality disorder offer the best chance of preventing it. Finally, conceptualizing the mass violence of amok as the manifestation of another mental disorder provides a framework in which future occurrences of mass violence can be analyzed.

Drug names: carbamazepine (Tegretol and others), lithium (Eskalith and others).
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REFERENCES
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COMPLEMENT:

Germanwings : le “suicide selfie”, une création du XXIe siècle

Politiken – Copenhague

31/03/2015

En précipitant son avion contre la montagne, le copilote allemand a peut-être voulu se faire remarquer, tout comme les auteurs d’attentats suicides, écrit un éditorialiste danois.

Tout porte à croire que le crash de l’avion de la compagnie Germanwings sur une montagne le 24 mars est dû au suicide du jeune pilote allemand. C’est également un meurtre collectif, puisque cet homme de 29 ans a entraîné 149 autres personnes dans la mort.

Alors que l’enquête se poursuit (et pourrait aboutir à de nombreuses autres conclusions), on pense à la phrase qui ouvre Le Mythe de Sisyphe, l’essai d’Albert Camus : “Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide.”

Sisyphe poussait inlassablement son rocher jusqu’au sommet de la montagne. Et il recommençait encore et encore, comme nous le faisons tous si nous avons le courage et la grandeur de vivre, écrit Albert Camus. Nous assumons l’absurdité de la vie et continuons de pousser. Si nous n’osons pas, si nous n’avons pas la grandeur nécessaire, nous laissons le rocher à sa place.

Mais si nous sommes dans le cockpit d’un avion, nous faisons peut-être tout autre chose que pousser un rocher jusqu’au sommet de la montagne : nous fonçons droit sur la montagne et mourons.

C’est de l’insensé et de l’absurde que naissent les réflexions de Camus sur le suicide :

“Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue.”

Il y a quelque chose d’intemporel dans ces pensées et dans le sentiment d’absurdité, comme le décrit Camus : “Tous les hommes sains ayant songé à leur propre suicide, on pourra reconnaître, sans plus d’explications, qu’il y a un lien direct entre ce sentiment et l’aspiration vers le néant.”

Mais lorsqu’un jeune pilote entraîne dans son suicide 149 personnes, il révèle peut-être une singularité de notre époque, qu’il pourrait avoir en commun avec les auteurs d’attentats suicides au Moyen-Orient ou avec les tueurs de Charlie Hebdo [le 7 janvier]. Ou encore, avec le jeune homme qui a commis les deux attentats de Copenhague [le 14 février]. Ces meurtriers ont-ils un point commun ? Faut-il déceler derrière leurs gestes un trait symptomatique de notre époque ?

Narcissisme
Il existe peut-être aujourd’hui un narcissisme particulièrement menaçant : il ne s’agit pas simplement de l’égocentrisme incurable qui pousse le suicidaire à se jeter sous un train sans penser au choc psychologique qu’il fait subir au conducteur du train. Ni de l’infinie détresse qui empêche le suicidaire de penser aux traumatismes infligés à ses proches, qui, eux, continueront de vivre.

Un suicide est toujours un acte de violence. Ici, c’est d’un autre narcissisme qu’il est question. En effet, quand un fanatique désespéré fait détonner sa ceinture d’explosifs sur un marché au Pakistan ou en Irak, emportant avec lui dans la mort des centaines de personnes, ou quand un pilote tout aussi désespéré, gravement dépressif, précipite son avion sur une montagne, quelque chose de spectaculaire et d’exhibitionniste vient s’ajouter au tourment intérieur. Comme s’il voulait, par sa mort, se faire remarquer.

Le suicide selfie serait-il la contribution de ce début du XXIe siècle au mythe de Sisyphe ?


Nucléaire iranien: Attention, une gifle peut en cacher une autre ! (Dangerously naive: After Israeli slap, Obama gets French tap on wrist)

21 mars, 2015
https://thebsreport.files.wordpress.com/2010/04/obambi.jpg?w=450&h=448
As for their accusations of terrorizing the innocent, the children, and the women, these are in the category of ‘accusing others with their own affliction in order to fool the masses.’ The evidence overwhelmingly shows America and Israel killing the weaker men, women and children in the Muslim world and elsewhere. A few examples of this are seen in the recent Qana massacre in Lebanon, and the death of more than 600,000 Iraqi children because of the shortage of food and medicine which resulted from the boycotts and sanctions against the Muslim Iraqi people, also their withholding of arms from the Muslims of Bosnia-Herzegovina leaving them prey to the Christian Serbians who massacred and raped in a manner not seen in contemporary history. Not to forget the dropping of the H-bombs on cities with their entire populations of children, elderly, and women, on purpose, and in a premeditated manner as was the case with Hiroshima and Nagasaki. Osama bin Laden (Nida’ul Islam magazine October-November 1996)
Allah has ordered us to glorify the truth and to defend Muslim land, especially the Arab peninsula … against the unbelievers. After World War II, the Americans grew more unfair and more oppressive towards people in general and Muslims in particular. … The Americans started it and retaliation and punishment should be carried out following the principle of reciprocity, especially when women and children are involved. Through history, American has not been known to differentiate between the military and the civilians or between men and women or adults and children. Those who threw atomic bombs and used the weapons of mass destruction against Nagasaki and Hiroshima were the Americans. Can the bombs differentiate between military and women and infants and children? America has no religion that can deter her from exterminating whole peoples. Your position against Muslims in Palestine is despicable and disgraceful. America has no shame. … We believe that the worst thieves in the world today and the worst terrorists are the Americans. Nothing could stop you except perhaps retaliation in kind. We do not have to differentiate between military or civilian. As far as we are concerned, they are all targets, and this is what the fatwah says … . The fatwah is general (comprehensive) and it includes all those who participate in, or help the Jewish occupiers in killing Muslims. Osama bin Laden (May 1998)
La CIA a intercepté l’année dernière un message sibyllin mais qui fait froid dans le dos d’un membre d’al-Qaeda se vantant qu’Oussama Ben Laden préparait un ‘Hiroshima’ contre l’Amérique, selon des sources officielles. Le NYT (le 14 octobre 2001)
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
Des photos et des vidéos amateur prouvent que Qassem Soleimani, le commandant des forces d’élites iraniennes, est en Irak et se bat au côté des forces irakiennes – soutenues et armées par les États-unis – contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique. (…) Les preuves de la présence de ce commandant iranien en Irak se multiplient donc alors même que l’Iran refuse d’admettre sa participation dans la guerre en Irak contre l’organisation de l’État islamique, ce qui reviendrait à officialiser sa collaboration militaire de fait avec les États-Unis. France 24 (04.09.14)
The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran. (…) The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. (…) Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. (…) Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. David Petraeus
Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans. (…) Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix. (…) L’objectif (…) est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens. (…) Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation. Alain Rodier
L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie). (…) Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. (…) Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. (…) On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent : La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand Badie), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou. La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori). Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure … Frédéric Charillon
Les opérations-suicide sont le sommet de la bravoure du peuple iranien … Le chef suprême Khamenei appelle les citoyens de toutes les régions d’Iran à se joindre volontairement aux forces qui luttent contre les ennemis de l’Islam. Les membres des saintes brigades suicidaires de la République islamique suivront une formation spéciale et partiront combattre Israël et les Américains… Ayatollah Messbah-Yazdi (annonce dans un journal iranien)
Si les Etats-Unis devaient attaquer l’Iran, le seul pays dirigé par Dieu, nous contre-attaquerions en Amérique latine et même à l’intérieur des Etats-Unis eux-mêmes. Nous avons les moyens et le savoir-faire. Nous saboterons le transport du pétrole de l’Amérique latine aux USA. Vous êtes prévenus. Commandante Teodoro (Chef de la filiale vénézuélienne du Hezbollah)
Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où un président français montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes. Le WSJ
Nous avons raison de parler de l’avenir (…) mais nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. (…) le Président Obama a même dit : « je rêve d’un monde où il n’y en aurait plus ». Et sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire, en ce moment. L’Iran a violé, depuis 2005, cinq résolutions du Conseil de Sécurité. (…) Monsieur le Président Obama, je soutiens la main tendue des Américains. Qu’ont amené à la communauté internationale ces propositions de dialogue ? Rien. Plus d’uranium enrichi, plus de centrifugeuses et de surcroît, une déclaration des dirigeants iraniens proposant de rayer de la carte un membre de l’Organisation des Nations Unies. Nicolas Sarkozy (Conseil de sécurité, 24.09.09)
I think anyone who is going to build a Palestinian state today will be freeing up space to give an attack area to radical Islam against Israel. This is the reality created here in recent years. Anyone who ignores this sticks his head in the sand. The left does this, burying its head in the sand again and again. We are realistic and understand… [If you are elected head of state, no Palestinian state will come to fruition?] Indeed. [Construction in Jerusalem and the West Bank will renew?] We are continuing all the time, but that’s not a question about additional building. There is a real threat that the government of the left will join the international community and do their bidding…. Benjamin Netanyahu
I haven’t changed my policy. I never changed my speech in Bar-Ilan University six years ago calling for a demilitarized Palestinian state that recognizes the Jewish state. What has changed is the reality. Abu Mazen [Mahmoud Abbas], the Palestinian leader, refuses to recognize the Jewish state and has made a pact with Hamas that calls for the destruction of the Jewish state. And every territory that is vacated in the Middle East is taken up by Islamist forces… We want that to change, so we can realize a vision of real, sustained peace. And I don’t want a one-state solution. I want a sustainable, peaceful two-state solution. But for that, circumstances have to change. Benjamin Netanyahu
Il y a deux semaines, Benyamin Nétanyahou défiait Barack Obama depuis le Congrès, le présentant comme un naïf et un opportuniste, prêt à négocier avec l’Iran un «mauvais et dangereux accord» pour la sécurité d’Israël et du monde. Mais si le président américain, furieux de ce défi, espérait se débarrasser de lui à la faveur des élections israéliennes, le voilà bien déçu. La claire victoire de «Bibi» est un violent camouflet politique et stratégique pour Barack Obama, vu l’état catastrophique des relations bilatérales entre les deux hommes. D’anciens conseillers électoraux du président avaient même fait le voyage de Jérusalem pour tenter d’éviter sa réélection… «Ils détestent Bibi, et ils prient pour qu’il quitte le pouvoir», avait confié à Politico un ancien responsable de l’Administration Obama, mardi, juste avant les résultats. Les nouvelles n’en sont que plus «amères», note le Wall Street Journal. Signe des temps, les républicains ont été les premiers à se réjouir du succès de Nétanyahou, pavoisant bruyamment. «Félicitations au premier ministre Nétanyahou pour sa réélection. Il est un vrai leader qui continuera à assurer la sécurité et la force d’Israël», a écrit Jeb Bush, candidat quasi officiel à la Maison-Blanche sur Twitter. «Son succès électoral est d’autant plus impressionnant que des forces puissantes ont tenté de l’affaiblir, notamment, tristement, tout le poids de l’équipe politique d’Obama», a réagi le sénateur Ted Cruz, soutenu par les Tea Party. «Il aurait été ironique qu’Obama ait réussi à sortir Bibi mais pas Assad», a carrément plaisanté le représentant républicain, Steve King. Le maintien de Nétanyahou aux affaires va sérieusement compliquer la politique iranienne d’Obama, prévoit Martin Indyk, l’un des anciens conseillers du président pour la région. Avec la volte-face de dernière minute de Nétanyahou sur le fait qu’il n’accepterait jamais d’État palestinien – alors qu’il avait toujours affirmé soutenir ce projet défendu par Washington – «assainir ses relations empoisonnées avec le président sera encore plus difficile», écrit le New York Times dans un éditorial, dénonçant aussi la «vilaine campagne» menée par Bibi contre les électeurs arabes d’Israël. «C’est une claque à la face des États-Unis», confiait mardi au Figaro un ancien ambassadeur à Washington, évoquant les décennies passées par les présidents américains successifs à tenter d’arracher un État palestinien. (…)  L’opinion israélienne n’a pas été suffisamment choquée par la détérioration des relations avec Washington pour en faire une raison de renvoyer son premier ministre, semblant indiquer qu’elle compte plus sur lui pour défendre sa sécurité que sur l’alliance avec le grand ami américain. En filigrane, ce vote révèle les doutes que suscite aujourd’hui la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. La question est maintenant de savoir comment les deux alliés américain et israélien vont pouvoir fonctionner dans ce contexte de «guerre» politique ouverte. Le Figaro
France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end. (…) French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target. Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary. (…) In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials. France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials. Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy. Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past. In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program. (…)  Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive. Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years. French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. WSJ
French leaders think the U.S. president is dangerously naïve on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and « amateurish. » When Claude Angéli says that both France’s Foreign Minister, Laurent Fabius, and its President, François Hollande, have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it is the kind of quote you can take to the bank. French diplomats worry that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe that the Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen. The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3. Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. » This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran. Anne-Elisabeth Moutet

Après la leçon d’hébreu, la leçon de français !

A l’heure où un monde atterré commence à deviner toute l’étendue du véritable accident industriel que de bien imprudents électeurs américains ont remis il y a deux ans à la tête du Monde libre …

Et où face à une administration américaine qui n’a toujours pas compris qu’emporté par sa volonté mimétique de revanche, un régime totalitaire ne peut tout simplement pas renoncer, sous peine d’effondrement immédiat, à sa vitale capacité de nuisance …

La machine infernale lâchée sur le monde il y a quarante ans par Khomeny peut aujourd’hui se vanter, du Golan au Yemen et sans parler de son réseau terroriste mondial comme l’a tout récemment rappelé l’assassinat d’un juge argentin, d’une quasi-continuité territoriale avec ses pires ennemis israéliens ou saoudiens …

Comment s’étonner encore …

Après le double camouflet du discours au Congrès et de la réélection contre toute attente du Premier ministre israélien …

De cette nouvelle gifle, française de surcroît, à la veille de la fin supposée des négociations sur le nucléaire iranien …

Qu’évoque, à nouveau et à la suite du Canard enchainé comme le rappelle Anne-Elisabeth Moutet, le Wall Street Journal  ?

What France Really Thinks of U.S. Iran Policy
Anne-Elisabeth Moutet
Gateson institute

March 17, 2015

The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3.

Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. »

This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran.

Le Canard Enchaîné (« The Manacled Mallard ») is France’s best-informed political gossip weekly. Long before the rest of the French press, away from General de Gaulle’s paralyzing shadow, started investigative reports of their own, Le Canard, using a contact network second to none, used to break scoops only rarely picked up by the rest of a servile media pack.

We owe it the story of conservative President Giscard d’Estaing’s ill-gotten gifts of diamonds (from Central Africa’s self-styled Emperor Bokassa). An equal-opportunity hitter, Le Canard also broke the story of the Socialist Mitterrand’s wiretaps of some 5,000 journalists and personalities, only stopping short of explaining why: Mitterrand wanted to hide from the public the existence of his mistress and their daughter Mazarine. Newer brash French tabloids have only very recently started to examine the private lives of politicians, and Le Canard still doesn’t care to do so. More recently, it revealed that the head of France’s Communist union CGT had his new luxury apartment entirely refurbished at the ailing union’s expense, complete with a home cinema: this cost him his job after an undignified couple of weeks of useless stonewalling.

So when Claude Angéli says that both Fabius and President François Hollande have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it’s the kind of quote you can take to the bank. French leaders think the U.S. president is dangerously « naïve » on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and amateurish.

The French are still smarting from the last-minute reprieve Obama granted Syria, as the French air force was about to bomb the Assad regime’s military positions back in 2013, because the U.S. President had been convinced by Russia that they had succeeded in making Syrian President Bashar al-Assad give up on the use of his chemical weapons. « Our Rafale fighters were about to scramble, » a French air force officer is quoted as saying; « Hollande was furious. »

When Laurent Fabius briefed members of the French parliament last week, he was, according to Angéli, quite precise, mentioning as conditions necessary in any agreement a « reconfiguration » of the Arak nuclear site, where Iran enriches the heavy water necessary to produce plutonium bombs, as well as a sharp limit to the number of Iranian centrifuges, and complete access to all nuclear sites for International Atomic Energy Agency (IAEA) inspections.

French diplomats are no angels, and they haven’t suddenly turned 180 degrees from their usual attitude of reflexive dislike toward Israel. They worry, however, that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen.

Voir aussi:

Middle East News
France Takes Toughest Line at Iran Nuclear Talks
Negotiations move closer to March 31 cutoff without a breakthrough
Jay Solomon and Laurence Norman
The Wall Street Journal

March 20, 2015

LAUSANNE, Switzerland—France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end.

President Barack Obama called French President François Hollande on Friday to discuss the Iran diplomacy and try to unify their positions. The presidents “reaffirmed their commitment” to a deal “while noting that Iran must take steps to resolve several remaining issues,” the White House said.

French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target.

Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary.

Obama administration officials have said that expected moves by the U.S. Congress to put new sanctions on Iran as soon as next month limit their ability to extend the diplomacy. But French officials took exception.

“Making the end of March an absolute deadline is counterproductive and dangerous,” France’s ambassador to the U.S., Gérard Araud, said via Twitter after the latest round of negotiations in Switzerland concluded Friday.

“No agreement without concrete decisions on issues beyond the enrichment capability question,” he said a day earlier, specifically mentioning the need for extensive monitoring and clarity on Iran’s past research work. Western officials believe they included the pursuit of nuclear-weapon capabilities.

In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials.

France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials.

Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy.

Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past.

In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program.

Western officials in recent days have stressed that Washington and the other powers negotiating with Iran—France, the U.K., Germany, Russia and China—remain united. Still, Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive.

‘Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come.’
—U.S. President Barack Obama.

Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years.

French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. By remaining one of the world’s few nuclear powers, France can maintain an independent role in global affairs.

Secretary of State John Kerry wrapped up five days of direct talks with his Iranian counterpart, Javad Zarif, in Lausanne without a breakthrough. Mr. Kerry is traveling to London on Saturday to meet with Mr. Fabius and the foreign ministers of the U.K. and Germany.

These countries will return to Switzerland as soon as Wednesday to resume the negotiations.

“We’ve had a series of intensive discussions with Iran this week, and given where we are in the negotiations, it’s an important time for high-level consultations with our partners in these talks,” said State Department spokeswoman Marie Harf.

While U.S., Russian, Chinese and Iranian diplomats have stressed the progress made in the talks, others have been more cautious. One European diplomat said on Thursday: “I don’t think we have made sufficient progress. A lot of issues remain on the table.”

Wang Qun, China’s senior diplomat at the talks, said Friday there had been “good progress” this past week. “I do see some novelties in this round of negotiations,” he said, adding that both sides had shown “very strong political will.”

Failure to reach a political understanding on time could firm up political opposition to the negotiations in Washington.

On Thursday, Senators Bob Corker (R.-Tenn.) and Robert Menendez (D.-N.J.) said the Senate Foreign Relations Committee will vote April 14 on a bill that would give U.S. lawmakers an up-and-down vote on the agreement.

U.S. officials initially believed the negotiations could stretch until Sunday. But Iran’s delegation abruptly left on Friday, citing the death of the mother of President Hasan Rouhani. Iranian officials also said they wanted to return to Tehran for the beginning of the Persian New Year, called Nowruz.

In a meeting with his Iranian counterpart on Friday, Mr. Kerry expressed his condolences for the death of the president’s mother and called for “progress and peace” at the start of Nowruz.

Mr. Zarif responded: “I hope this new day will be a new day for the entire world.”

Both sides had hoped to wrap up the talks before the start of the Iranian holiday.

Mr. Obama also sent a Nowruz message to Iranians on Thursday. He stressed the importance of a deal in potentially opening a new era of cooperation between Washington and Tehran, who have been staunch adversaries since Iran’s 1979 Islamic revolution.

“Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come,” Mr. Obama said.

Voir également:

WorldViews
Five thoughts Petraeus has about the future of the Middle East
Liz Sly

The Washington Post

March 20

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops during the 2007-2008 surge, was back in Iraq last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

Here are the five key takeaways from the interview.

1. Shiite militias and Iran now pose a bigger regional threat than the Islamic State

The Islamic State is already “on a path to defeat,” at least in Iraq, thanks to international, regional and Iraqi effort to rally against them. The biggest threat now is the Shiite militias taking over former Islamic State territories, with Iranian support.

“The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.”

“The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State.”

2. You can’t find a solution to the Islamic State without empowering capable local Sunni forces

It will not be enough to have Shiite units of the Iraqi army or militias conquer territory. Capable Sunni forces that will be regarded “as liberators, not conquerors” will have to be identified before battles are launched. And that will require broad political reconciliation between Iraq’s Shiite-dominated government and the country’s Sunnis.

“The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.”

As it is, reports of atrocities committed by Shiite militias against Sunnis in areas they conquer “constitute Daesh’s best hope for survival, pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas.”

3. Syria is a « geopolitical Chernobyl » and needs to be addressed immediately

Though the Obama administration is embarking on a program to train and equip moderate Syrian rebels to fight the Islamic State, the effort falls short. If the new force is to function effectively, steps will also be required to halt airstrikes by the Syrian government of President Bashar al-Assad against areas under opposition control.

“Legitimate questions … can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed and resourcing of this effort.”

It is also not enough to focus on Iraq and set aside the problem of Syria’s war to be solved later.

“I am profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.”

4. America’s influence is waning in the Middle East

The withdrawal of U.S. troops from Iraq, indications from the Obama administration that its priorities lay elsewhere and the lack of attention paid to Syria’s war have created the impression that American influence is waning.

“Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East,” he says. “This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches.”

“Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. »

5. Petraeus told Iranian general Qasem Soleimani to “pound sand”

In 2008, as fierce battles raged in Baghdad between U.S. troops and Shiite militias – including those fighting against the Islamic State today – an Iraqi intermediary conveyed a message to Petraeus from Iran’s top general in Iraq, Qasem Soleimani, the head of the Quds Force of the powerful Iranian Revolutionary Guard Corps.

« General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan, » the message said.

Petraeus says he responded by telling the interlocutor to tell Soleimani to « pound sand. »

These days, Maj. Gen. Soleimani regularly visits the front lines in Iraq, much as Petraeus used to when he commanded troops in the country. Photos of his former adversary’s battlefield tours, widely posted on social media, provoke thoughts that Petraeus said he could not share.

“I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper.”

Liz Sly is the Post’s Beirut bureau chief. She has spent more than 15 years covering the Middle East, including the Iraq war. Other postings include Africa, China and Afghanistan.

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WorldViews
Petraeus: The Islamic State isn’t our biggest problem in Iraq
Liz Sly

The Washington Post

March 20 2015

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops in Iraq during the 2007-2008 surge, was back in that country last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, also known as ISIS, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

How does it feel to be back in Iraq after four years away?

Iraq is a country I came to know well and the place where I spent some of the most consequential years of my life. So it has been a bit of an emotional experience to return here after my last visit in December 2011 as director of the CIA. I was very grateful for the chance to be back to see old friends and comrades from the past.

That said, it is impossible to return to Iraq without a keen sense of opportunities lost. These include the mistakes we, the U.S., made here, and likewise the mistakes the Iraqis themselves have made. This includes the squandering of so much of what we and our coalition and Iraqi partners paid such a heavy cost to achieve, the continuing failure of Iraq’s political leaders to solve longstanding political disputes, and the exploitation of these failures by extremists on both sides of the sectarian and ethnic divides.

Having said that, my sense is that the situation in Iraq today is, to repeat a phrase I used on the eve of the surge, hard but not hopeless. I believe that a reasonable outcome here is still achievable, although it will be up to all of us — Iraqis, Americans, leaders in the region and leaders of the coalition countries — to work together to achieve it.

You oversaw the gains of the surge in 2007-08. How does it make you feel to see what is happening today, with ISIS having taken over more of Iraq than its predecessor, AQI [al-Qaeda in Iraq], ever did?

What has happened in Iraq is a tragedy — for the Iraqi people, for the region and for the entire world. It is tragic foremost because it didn’t have to turn out this way. The hard-earned progress of the Surge was sustained for over three years. What transpired after that, starting in late 2011, came about as a result of mistakes and misjudgments whose consequences were predictable. And there is plenty of blame to go around for that.

Yet despite that history and the legacy it has left, I think Iraq and the coalition forces are making considerable progress against the Islamic State. In fact, I would argue that the foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State; rather, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.

These militia returned to the streets of Iraq in response to a fatwa by Shia leader Grand Ayatollah Sistani at a moment of extreme danger. And they prevented the Islamic State from continuing its offensive into Baghdad. Nonetheless, they have, in some cases, cleared not only Sunni extremists but also Sunni civilians and committed atrocities against them. Thus, they have, to a degree, been both part of Iraq’s salvation but also the most serious threat to the all-important effort of once again getting the Sunni Arab population in Iraq to feel that it has a stake in the success of Iraq rather than a stake in its failure. Longer term, Iranian-backed Shia militia could emerge as the preeminent power in the country, one that is outside the control of the government and instead answerable to Tehran.

Beyond Iraq, I am also profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.

Any strategy to stabilize the region thus needs to take into account the challenges in both Iraq and Syria. It is not sufficient to say that we’ll figure them out later.

[Related: ‘Daesh’: John Kerry starts calling the Islamic State a name they hate]

What went wrong?

The proximate cause of Iraq’s unraveling was the increasing authoritarian, sectarian and corrupt conduct of the Iraqi government and its leader after the departure of the last U.S. combat forces in 2011. The actions of the Iraqi prime minister undid the major accomplishment of the Surge. [They] alienated the Iraqi Sunnis and once again created in the Sunni areas fertile fields for the planting of the seeds of extremism, essentially opening the door to the takeover of the Islamic State. Some may contend that all of this was inevitable. Iraq was bound to fail, they will argue, because of the inherently sectarian character of the Iraqi people. I don’t agree with that assessment.

The tragedy is that political leaders failed so badly at delivering what Iraqis clearly wanted — and for that, a great deal of responsibility lies with Prime Minister Maliki.

As for the U.S. role, could all of this have been averted if we had kept 10,000 troops here? I honestly don’t know. I certainly wish we could have tested the proposition and kept a substantial force on the ground.

For that matter, should we have pushed harder for an alternative to PM Maliki during government formation in 2010? Again, it is impossible to know if such a gambit might have succeeded. But certainly, a different personality at the top might have made a big difference, depending, of course, on who that individual might have been.

Where I think a broader comment is perhaps warranted has to do with the way we came to think about Iraq and, to a certain extent, the broader region over the last few years. There was certainly a sense in Washington that Iraq should be put in our rearview mirror, that whatever happened here was somewhat peripheral to our national security and that we could afford to redirect our attention to more important challenges. Much of this sentiment was very understandable given the enormous cost of our efforts in Iraq and the endless frustrations that our endeavor here encountered.

In retrospect, a similar attitude existed with respect to the civil war in Syria — again, a sense that developments in Syria constituted a horrible tragedy to be sure, but a tragedy at the outset, at least, that did not seem to pose a threat to our national security.

But in hindsight, few, I suspect, would contend that our approach was what it might — or should — have been. In fact, if there is one lesson that I hope we’ve learned from the past few years, it is that there is a linkage between the internal conditions of countries in the Middle East and our own vital security interests.

Whether fair or not, those in the region will also offer that our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. This has been all the more frustrating because, of course, in objective terms, we remain deeply engaged across the region and our power here is still very, very significant.

Neither the Iranians nor Daesh are 10 feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now.

What are your thoughts when you see Qasem Soleimani, the IRGC’s Quds Force commander who funded and armed the militias who blew up U.S. troops and shelled the U.S. Embassy while you were in it, taking battlefield tours like you used to?

Yes, « Hajji Qasem, » our old friend. I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper like yours. What I will say is that he is very capable and resourceful individual, a worthy adversary. He has played his hand well. But this is a long game, so let’s see how events transpire.

It is certainly interesting to see how visible Soleimani has chosen to become in recent months — quite a striking change for a man of the shadows.

Whatever the motivations, though, they underscore a very important reality: The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. While the U.S. and Iran may have convergent interests in the defeat of Daesh, our interests generally diverge. The Iranian response to the open hand offered by the U.S. has not been encouraging.

Iranian power in the Middle East is thus a double problem. It is foremost problematic because it is deeply hostile to us and our friends. But it is also dangerous because, the more it is felt, the more it sets off reactions that are also harmful to our interests — Sunni radicalism and, if we aren’t careful, the prospect of nuclear proliferation as well.

You have had some interactions with Qasem Soleimani in the past. Could you tell us about those?

In the spring of 2008, Iraqi and coalition forces engaged in what emerged as a decisive battle between the Iraqi Security Forces and the Iranian-supported Shiite militias.

In the midst of the fight, I received word from a very senior Iraqi official that Qasem Soleimani had given him a message for me. When I met with the senior Iraqi, he conveyed the message: « General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan. » The point was clear: He owned the policy and the region, and I should deal with him. When my Iraqi interlocutor asked what I wanted to convey in return, I told him to tell Soleimani that he could « pound sand. »

If you look back at what happened when the surge of U.S. troops under your command turned the tide of the war, is there anything you would have done differently? What are your regrets?

There are always actions that, with the benefit of hindsight, you realize you misjudged or would have done differently. There are certainly decisions, in the course of my three deployments to Iraq, that I got wrong. Very candidly, there are several people who are causing enormous harm in Iraq today whom I wish we had taken off the battlefield when we had the chance to do so. Beyond that, there certainly were actions taken in the first year in Iraq, in particular, that made our subsequent effort that vastly more difficult that it needed to be. But those are well known.

What would be (or is, assuming people must be asking) your main advice on how best to prosecute the war against ISIS now?

In general terms, what is needed in Iraq at this point is all of the elements of the comprehensive, civil-military counterinsurgency campaign that achieved such significant progress during the Surge, with one huge difference — that Iraqis must perform a number of the critical tasks that we had to perform. Iraqis must, for example, provide the « boots on the ground, » albeit enabled by advisers and U.S. air assets, with tactical air controllers if necessary.

If the Iraqis cannot provide such forces, we should increase efforts to develop them. Iraqis must also be the ones who pursue reconciliation with Sunni leaders and the Sunni Arab community. We may help in various ways, but again, sustainable results can only be achieved by Iraqis — who clearly have the ability to do so, even if the will is sometimes not fully evident.

In more specific terms, I would offer the following:

First, it is critical that Iraqi forces do not clear areas that they are not able or willing to hold. Indeed, the « hold » force should be identified before the clearance operation begins. This underscores the need for capable, anti-Daesh Sunni forces that can go into Sunni-majority areas and be viewed as liberators, not conquerors or oppressors.

Second, the Iraqi forces that conduct(s) operations have to demonstrate much greater care in their conduct. I am deeply concerned by reports of sectarian atrocities — in particular by the Shiite militias as they move into Sunni areas previously held by the Islamic State. Kidnappings and reprisal killings, mass evictions of civilians from their homes — these kinds of abuses are corrosive to what needs to be accomplished. Indeed, they constitute Daesh’s best hope for survival — pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas. The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.

Third, as I explained earlier, we need to recognize that the #1 long term threat to Iraq’s equilibrium — and the broader regional balance — is not the Islamic State, which I think is on the path to being defeated in Iraq and pushed out of its Iraqi sanctuary. The most significant long term threat is that posed by the Iranian-backed Shiite militias. If Daesh is driven from Iraq and the consequence is that Iranian-backed militias emerge as the most powerful force in the country — eclipsing the Iraqi Security Forces, much as Hezbollah does in Lebanon — that would be a very harmful outcome for Iraqi stability and sovereignty, not to mention our own national interests in the region.

Fourth, as long as we are talking about difficult problems, there is Syria. Any acceptable outcome [in Syria] requires the build-up of capable, anti-Daesh opposition forces whom we support on the battlefield. Although it is encouraging to see the administration’s support for this initiative, I think there are legitimate questions that can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed, and resourcing of this effort. It will, for example, be impossible to establish a headquarters inside Syria to provide command and control of the forces we help train and equip as long as barrel bombs are dropped on it on a regular basis.

Voir de plus:

La présidente argentine Kirchner accusée d’avoir couvert les suspects iraniens d’un attentat
Libération/AFP

14 février 2015

Un procureur l’accuse d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires.

La présidente argentine Cristina Kirchner a été formellement accusée par un procureur d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires, accusation formulée avant sa mort par le procureur Alberto Nisman.

Vingt ans après, l’attentat contre la mutuelle juive AMIA qui a fait 85 morts et 300 blessés, n’a toujours pas été élucidé.

Avant Cristina  Kirchner, au pouvoir depuis 2007, un autre président, Carlos Menem (1989-1999), a été mis en cause et doit être jugé pour entrave, dans les années 1990, à l’enquête sur l’attentat contre l’AMIA.

Le procureur Nisman, en charge du dossier AMIA depuis 2004, a été retrouvé mort le 18 janvier dernier. Les premiers éléments de l’enquête indiquent un suicide, thèse à laquelle ne croient pas les Argentins. Le magistrat assurait que le pouvoir avait mis en place un plan pour protéger l’Iran de poursuites judiciaires en Argentine.

Pour Alberto Nisman, l’Iran avait commandité l’attentat et des hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah ont fait sauter le bâtiment abritant les principales institutions juives d’Argentine.

Le procureur Gerardo Pollicita a requis vendredi l’inculpation de Cristina Kirchner et de son ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman, pour «les délits d’entrave à la justice et manquement au devoir d’un fonctionnaire».

Gerardo Pollicita a donné un nouvel élan au retentissant dossier d’accusation contre Cristina Kirchner, rendu public le 14 janvier par Alberto Nisman.

Le juge Daniel Rafecas devra désormais examiner le dossier de 300 pages, complété d’écoutes téléphoniques, et devra décider s’il ouvre ou non une procédure judiciaire contre Cristina Kirchner.

«Coup d’Etat judiciaire»
Cet ultime rebondissement dans le dossier Nisman/Kirchner intervient près d’un mois après la disparition non élucidée du procureur, dont la mort alors qu’il était sous le feu des projecteurs a consterné les Argentins.

Alberto Nisman, en charge de l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive AMIA, a été retrouvé mort dans son appartement à la veille de son allocution devant le Congrès où il comptait étayer son accusation.

Avant l’attentat contre l’AMIA en 1994, une autre attaque menée avec un véhicule piégé avait visé l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, tuant 29 personnes en mars 1992.

En 2013, Cristina Kirchner avait scellé avec Téhéran un mémorandum prévoyant l’audition en Iran des suspects iraniens dont l’Argentine demandait en vain l’extradition depuis 2007, pour les juger à Buenos Aires.

La communauté juive, l’opposition à Kirchner, les Etats-Unis et Israël estiment que cette initiative est une entrave à l’élucidation car elle écarte l’éventualité d’un procès en Argentine.

La procédure judiciaire contre Cristina Kirchner a peu de chances d’aboutir. Sa coalition de centre-gauche, le Front pour la victoire (FPV), détient la majorité dans les deux chambres du parlement, qui seraient éventuellement sollicitées pour lever son immunité.

Réagissant à un article du journal Clarin anticipant la mise en cause de Cristina Kirchner, le chef du gouvernement argentin Jorge Capitanitch a dénoncé «un coup d’état judiciaire».

«C’était prévisible et grave d’un point de vue politique et institutionnel. Je ne sais pas quel sera l’impact sur l’opinion publique. Les anti-Kirchner seront confortés dans leur position alors que ses sympathisants vont dénoncer une «tentative de déstabilisation», estime Matias Carugati, de l’institut de sondage Management & Fit.

L’enquête sur l’attentat de 1994 a été émaillée d’irrégularités. Des suspects sont arrêtés puis remis en liberté, dont des policiers et le fournisseur présumé du fourgon piégé Carlos Telleldin.

Le juge chargé de l’instruction du dossier de 1994 à 2003, Juan José Galeano, inculpé pour avoir remis 400000 dollars à Carlos Telleldin pour qu’il incrimine un suspect, l’ancien patron des services secrets et l’ex-président Carlos Menem doivent être jugés pour avoir freiné ou dévié l’enquête, mais la date du procès n’a pas encore été fixée.

Vendredi, la procureure générale argentine Alejandra Gils Carbo a annoncé la nomination d’une équipe de trois magistrats, Roberto Salum, Patricio Sabadini, Sabrina Namer, et d’un un coordinateur, à la tête du parquet spécial AMIA que dirigeait Alberto Nisman depuis 2004.

Mercredi, une marche silencieuse en hommage à Alberto Nisman, a été convoquée par des magistrats. Divers secteurs de l’opposition et les dirigeants de la communauté juive ont d’ores et déjà annoncé leur participation à la manifestation.

Voir encore:

NOTE D’ACTUALITÉ N°203
LE SOUTIEN DE L’IRAN AU TERRORISME INTERNATIONAL

Alain Rodier

F2R

21-01-2010

Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans.

Parfois cette manière d’opérer a considérablement nuit à l’efficacité opérationnelle des actions entreprises. Ainsi, des « premiers couteaux » ont été arrêtés, mais jamais aucun système judiciaire de pays démocratique n’a réussi à prouver formellement l’implication du régime dans des actions répréhensibles. Seuls de forts soupçons concordants ont permis de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du régime, mais comme ces derniers ne se sont évidemment pas présentés devant les juridictions concernées, leur responsabilité n’a pu être établie légalement. Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix.

Les buts poursuivis par Téhéran ont été multiples. En tête d’entre eux se trouve la lutte contre toute opposition. Suit la guerre contre les « grand et le petit Satan » (Etats-Unis et Israël), puis le règlement de litiges, comme cela a été le cas au milieu des années 1980 avec la France.

La lutte contre les opposants
La lutte acharnée contre les opposants au régime a toujours été une préoccupation majeure des mollahs. La liste des victimes d’attentats terroristes ciblés organisés par la Savama puis par le Vevak – les services spéciaux iraniens – et la force Al-Qods des Pasdaran est longue [1]. Elle comporterait plus d’une centaine de victimes, dont certaines sont particulièrement connues.

– Le 13 juillet 1989, Abdul Raman Gassemlou, le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) est assassiné à Vienne en compagnie d’Abdullah Ghaderi Azar et d’Amir Mansur Bozorgian. Ils avaient été attirés dans un piège par de « pseudos négociations » initiées par le régime des mollahs qui avait exprimé son souhait de « régler une fois pour toutes » le problème kurde en Iran.

– Le professeur Kazem Radjavi, ancien ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU et surtout frère aîné de Massoud Radjavi, le leader du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), est assassiné par balles à Genève, le 24 avril 1990. Suite à cette affaire qui a mis en cause pas moins de treize agents iraniens couverts par l’immunité diplomatique, la justice suisse a lancé en 1996 un mandat d’arrêt contre Ali Fallahian qui était alors le chef du Vevak.

– Le 7 août 1991, Chapour Bakhtiar, le dernier Premier ministre du Shah, est assassiné à l’arme blanche avec son secrétaire à son domicile en banlieue parisienne. Le commando de trois hommes a fait preuve à l’occasion d’un professionnalisme et d’un sang froid extraordinaires. En effet, Chapour Bakhtiar était alors protégé par une section de CRS qui n’y a vu que du feu ! Il avait fait l’objet d’une première tentative de meurtre en juillet 1980 qui avait coûté la vie à un policier et à une voisine de son appartement de Suresnes.

– Le 4 juin 1992, le représentant en Turquie du CNRI, Ali Akbar Ghorbani, est enlevé à Istanbul. Son corps est retrouvé quelques mois plus tard dans un parc de la ville. Il porte de nombreuses marques de torture qui laissent entendre qu’il a été interrogé avant d’être exécuté. Le lendemain, un attentat à la voiture piégée échoue de peu devant le siège de l’OMPI à Istanbul.

– Le 16 mars 1993, Mohammad-Hussein Naghdi, le représentant du CNRI en Italie, est assassiné par balles à Rome.

– Le 17 septembre 1992, le secrétaire général du PDKI (et successeur d’Abdul Rahman Gassemlou), Mohammad Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi sont assassinés dans le restaurant Mykonos à Berlin. Depuis 1997, Ali Fallahian fait l’objet d’un autre mandat d’arrêt international pour son rôle de commanditaire dans cette affaire.

– Le 20 février 1996, Zahra  Rajabi, une responsable du CNRI résidant en France, est assassinée alors qu’elle effectue un voyage à Istanbul.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. De nombreux autres Iraniens ayant fui le pays ont été rattrapés par les tueurs du régime et froidement assassinés, souvent « pour l’exemple ».

La lutte contre les Etats-Unis et Israël

Les attentats contre les intérêts ou ressortissants américains et israéliens ont également été nombreux :

– Le 18 avril 1983, une voiture kamikaze bourrée d’explosifs s’encastre dans l’immeuble abritant l’ambassade des Etats-Unis au Liban. 17 morts sont décomptés.

– Le 23 octobre de la même année, un camion explose dans le cantonnement des Marines à Beyrouth. 241 militaires américains sont tués lors de cette opération. Non seulement les expertises américaines prouvent que le camion Mercedes Benz qui a servi de vecteur à l’explosion provenait bien d’Iran, mais Hachemi Rafsandjani, alors représentant de l’ayatollah Khomeiny au sein du Conseil de la guerre, a revendiqué quasi-ouvertement cette opération.

Le but de ces deux attentats était de saper l’influence des Etats-Unis au Proche-orient en général et au Liban en particulier. La mission a été remplie car Washington a alors ordonné le départ des Marines de Beyrouth et Téhéran a ainsi pu étendre son influence sur le pays en passant par l’intermédiaire de son allié syrien et du Hezbollah libanais.

– Le 17 mars 1992, l’ambassade d’Israël en Argentine est visée par une attaque terroriste. 29 personnes sont tuées et 235 autres blessées. Ni les exécutants ni les commanditaires ne seront identifiés.

– Le 25 juin 1993, une bombe détruit de complexe d’Al Khobar en Arabie saoudite qui abrite des militaires américains. 19 Américains sont tués ainsi que 147 Saoudiens. Il semble que cette opération a été menée en liaison avec l’organisation naissante Al-Qaida [2]. Oussama Ben Laden, alors réfugié au Soudan entretenait, à cette époque les meilleures relations avec le Hezbollah libanais. Un certain nombre d’activistes ont ainsi été formés par le mouvement chiite libanais, particulièrement aux attentats suicide. L’objectif poursuivi par cet attentat était de mettre à mal le régime saoudien considéré comme un adversaire par Téhéran et comme un ennemi personnel par Oussama Ben Laden, qui venait de se faire retirer en mai sa nationalité saoudienne.

– Le 18 juillet 1994, le centre juif d’Amia à Buenos Aires est détruit par une voiture piégée. 84 morts et 230 blessés sont relevés. L’enquête révèle que cette opération a été décidée par Rafsandjani lors d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale [3] qui s’est tenue le 14 août 1993 dans la ville de Mashad. Selon l’institution judiciaire argentine, le but poursuivi consistait à punir Buenos Aires d’avoir arrêté sa coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire. L’opération aurait été menée par la force Al-Qods des Pasdaran, alors commandée par le général Ahmad Vahidi. Cette unité d’élite composée de fanatiques est une sorte de « service action » qui se charge de toutes les opérations sales déclenchées à l’étranger. L’enquête amènera le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Hashemi Rasfandjani, ancien président de la république islamique d’Iran et actuellement président du Conseil de discernement du bien de l’Etat ; Ali Akbar Velayati, à l’époque ministre des Affaires étrangères ; Mohsen Rezaï, alors commandant les Pasdaran et aujourd’hui secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et soit disant « opposant » au président Ahmadinejad ; Ahmad Vahidi, actuel vice-ministre de la Défense ; Ahmad Reza Askari, ancien troisième secrétaire auprès de la représentation diplomatique iranienne en Argentine, en fait officier supérieur des Pasdaran ; Mohsen Rabbani, chef des écoles théologiques à l’étranger et proche conseiller de Khamenei ; et Ali Fallahian, actuel conseiller en sécurité du Guide suprême de la révolution.

En Irak et en Afghanistan, Téhéran est fortement soupçonné avoir soutenu certains mouvements rebelles. Même Al-Qaida aurait servi de paravent à certaines opérations. En effet, une « branche iranienne » de l’organisation semble être active. Elle est commandée par l’ancien colonel des forces spéciales égyptiennes, Saif al-Adel. De plus, des membres de la famille d’Oussama Ben Laden y sont « accueillis » et servent en quelque sorte de « monnaie d’échange ». Même le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, tué le 7 juin 2006, aurait été, du moins à l’origine, un agent recruté par les services iraniens. Il se serait ensuite affranchi des liens l’unissant à ses mentors et se serait lancé dans les attentats à grande échelle contre les populations chiites d’Irak. Cela expliquerait sa fin : il aurait tout simplement été « donné » aux Américains par les services iraniens.

L’objectif dans ces deux Etats est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens.

Cette liste d’opérations terroristes ne prend pas en compte les attentats ciblés dirigés contre des membres des services Américains ou des Israéliens. Ces derniers font partie de la guerre secrète que se livrent les services concernés [4], mais ne peuvent être qualifiés d’« actes terroristes » qui, par définition, visent pour leur part à un maximum de publicité.

Litiges avec la France
Bien que la France ait accueilli l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en France, à Neauphle-le-Château, d’octobre à 1978 à janvier 1979, le régime des mollahs ne montrera aucune sympathie à l’égard de Paris. Il faut dire qu’aux yeux de Téhéran, la France sera rapidement considérée comme un pays hostile. En effet, les opposants au régime trouveront en France la terre d’exil qui leur convient. Ensuite, Paris soutiendra l’Irak dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, particulièrement en fournissant des armes, dont des Mirages F1, des Super étendards, des missiles Exocet et de nombreuses munitions.

La réponse de Téhéran sera énergique. Elle se traduit par des prises d’otages au Liban et des attaques terroristes. La plus spectaculaire est l’attentat au camion piégé qui a lieu à Beyrouth contre l’immeuble Drakkar , le 23 octobre 1983, qui fait 61 victimes françaises.

De nombreux attentats à la bombe ont également lieu sur le sol français, particulièrement en région parisienne, au cours de la période 1985-86 : 23 février 1985, magasin Marks & Spencer : un mort, 14 blessés ; 9mars 1985 cinéma Rivoli Beaubourg, 18 blessés ; 7 décembre 1985, double attentat contre les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann, 43 blessés ; 3 février 1986, hôtel Claridge, 8 blessés ; 4 février, magasin Gibert Jeune, 5 blessés ; FNAC Sport du Forum des Halles, 22 blessés ; 17 mars 1986, une bombe dans le TGV Paris-Lyon à hauteur de Brunoy, 29 blessés ; 8 septembre, bureau de poste de l’hôtel de ville à Paris, un mort et 21 blessés ; 12 septembre, cafétéria du super marché Casino à la Défense, 54 blessés ; 14 septembre, Pub Renault sur les Champs-Elysées, deux policiers et un maître d’hôtel sont tués alors qu’ils ont détecté l’engin explosif ; 15 septembre, locaux des services du permis de conduire de la Préfecture de police, un mort et 56 blessés ; 17 septembre, magasin Tati rue de Rennes, sept morts et 55 blessés.

La DST découvrira que le réseau Ali Fouad Saleh responsable de ces vagues de terreur était placé sous les ordres du Hezbollah libanais. L’officier traitant d’Ali Fouad Saleh aurait été Hussein Mazbou, un haut responsable du Hezbollah proche collaborateur d’Imad Fayez Mughniah, le responsable opérationnel pour l’étranger du mouvement [5].

Un autre litige provient du problème d’Eurodif, projet de production d’uranium enrichi dans lequel Téhéran était partie prenante depuis le Shah. Sous la pression, la France finira par rembourser Téhéran à hauteur de 1,6 milliard de dollars. A noter qu’à ce propos, un mystère entoure encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault mais également ancien président du directoire d’Eurodif. Il est abattu le 17 novembre 1986, jour du premier remboursement de la France à l’Iran. Certains experts avancent l’idée que le groupe Action Directe, qui a commis puis revendiqué cette opération, était en fait manipulé par les services secrets iraniens. Cela est du domaine du possible puisque les services iraniens ont toujours privilégié l’utilisation d’intermédiaires qui servaient de « fusibles ».

Aujourd’hui, les relations politiques bilatérales entre les deux Etats sont exécrables car Paris insiste sur le respect des Droits de l’Homme en Iran et occupe une place de premier rang au sein des pays qui s’opposent au développement du programme nucléaire iranien. Nul doute que si le besoin s’en fait sentir, Téhéran pourra utiliser de nouveau l’arme du terrorisme contre les intérêts français.

Les liens de Téhéran avec les mouvements terroristes étrangers

Téhéran a toujours maintenu secrètement des relations avec les mouvements terroristes étrangers de manière à pouvoir les utiliser à son profit. Cependant, les preuves formelles sont rares.

En 1995, une conférence secrète aurait eu lieu en Iran sous l’égide des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Elle a rassemblé des représentants des mouvements terroristes suivants : l’Armée rouge japonaise, l’Armée secrète arménienne, le PKK, le parti irakien Dawah, le Font islamique de libération du Bahrain et le Hezbollah libanais. Le but poursuivi à l’époque était la déstabilisation des Etats du Golfe persique. Téhéran aurait alors proposé son aide à ces différents mouvements, notamment en matière d’entraînement.

Aujourd’hui, Téhéran utilise surtout le Hezbollah libanais (voir ci-dessous) mais aurait également des contacts au sein de différents mouvements révolutionnaires sud-américains. Ces derniers auraient lieu au Venezuela – le président Hugo Chavez ne cache pas sa profonde sympathie pour le régime iranien – et dans la région des trois frontières (Foz de Iguaçu) située entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

Le Hezbollah libanais

Le Hezbollah libanais, fondé en juin 1982, est un mouvement chiite libanais qui possède une branche armée appelée la Résistance islamique. En fait, depuis l’origine, ce mouvement est infiltré, rémunéré et dirigé en sous-main par Téhéran. Il est utilisé non seulement au Liban, mais aussi à l’étranger pour servir les intérêts du régime des mollahs.

Son chef, le Cheikh Hassan Nasrallah, qui est sorti vainqueur, du moins sur le plan psychologique du conflit qui a opposé son mouvement à l’Etat d’Israël en juillet-août 2006, réorganise son mouvement et se prépare à de nouvelles opérations destinées à reprendre le combat si l’ordre lui en est donné.

Parallèlement, sur instructions de Téhéran, le Hezbollah fournirait armements et formations au Hamas et au Djihad islamique palestiniens (qui sont pourtant des mouvements sunnites) en vue d’un prochain conflit. En effet, la tactique envisagée par Téhéran en cas de frappes israéliennes sur ses installations nucléaires consiste à ouvrir d’autres fronts qui obligeraient l’adversaire à disperser ses forces. De l’aveu même de Galeb Abou Zeinab, un membre dirigeant du Hezbollah, «  la coopération avec le Hamas est la meilleure possible. Nous discutons en permanence ensembles et échangeons nos expériences. Le Hezbollah tente d’aider le Hamas du mieux qu’il le peut  ». La Cisjordanie n’est pas oubliée et le Hezbollah serait en train d’y déployer des activistes afin d’y constituer un front supplémentaire. Même les services de sécurité israéliens reconnaissent que la menace représentée par le Hezbollah dans cette zone y est supérieure à celle du Hamas et du Fatah ! Un autre front pourrait s’ouvrir dans le Golan, un nouveau mouvement ayant fait son apparition : le « Front de libération du Golan » qui serait en fait une émanation du Hezbollah libanais appuyé par des conseillers iraniens et syriens.

Le Hezbollah profite de l’importante communauté libanaise expatriée pour tisser ses réseaux à l’étranger. Très présent sur le continent africain, sud-américain, ce mouvement est capable d’apporter une aide logistique, voire opérationnelle, à des actions terroristes qui pourraient viser les intérêts occidentaux sur ces continents.

Le rôle des ambassades iraniennes
Bien qu’il s’en défende, l’Iran peut également fournir un appui logistique à des activistes à l’étranger, grâce à ses nombreuses représentations diplomatiques, culturelles ou même des ONG. Il est à remarquer que partout où des changements politiques ont amené au pouvoir des responsables hostiles aux Etats-Unis – tout particulièrement en Amérique latine – les représentations diplomatiques iraniennes ont été considérablement renforcées sans que les échanges politiques, économiques ou culturels avec ces Etats ne le justifie. Washington soupçonne Téhéran de mettre en fait en place un réseau logistique destiné à nuire aux Etats-Unis, peut-être en utilisant l’arme du terrorisme. C’est ainsi que des filières d’infiltration d’agents clandestins à destination de l’Amérique du Nord auraient été mises en place à partir du Nicaragua et du Venezuela.

Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation.

[1] Voir les Notes d’actualité n°194 de novembre 2009 et n°200 de janvier 2010.
[2] Al-Qaida a été officiellement créée en 1991.
[3] CSSN, la plus haute juridiction en matière de défense en Iran.
[4] Voir les Notes d’actualité n°107 de novembre 2007 et n°117 de février 2008.
[5] Il a été assassiné à Damas le 12 février 2008, vraisemblablement par le Mossad.

http://www.iran-resist.org/mot102.html
« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran

Frédéric Charillon

Carnets internationaux

29 novembre 2012

« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran, Choiseul, Paris, 2012

L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie).

Le caractère systématique de l’ouvrage permet de passer en revue, pour différents pays, la liste des actions connues et répertoriées par la presse sur des points donnés. Exemple : la liste des opposants iraniens liquidés en Turquie, p.167-170.

Des dimensions mal connues du grand public sont analysées avec précision, ainsi la force des liens avec le Pakistan (p.107 et sqq.), le rôle des militaires pakistanais (p.123 et sqq.). D’autres dimensions pourtant mieux repérées sont tout de même éclairées avec pertinence également, par exemple sur le dossier nucléaire (p.86 et sqq.) ou sur l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique (p.70 et sqq.).

Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. Même si pour un lecteur français, le fait de traiter l’activité iranienne au Canada ou en Scandinavie, presque sur même pied que les passages consacrés au Liban, à la Syrie (p.261-262) ou à l’Irak (p.175-80), étonne.

Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. Sur ces points, on se tournera plutôt, pour des sources françaises, vers les travaux de Sabrina MERVIN, Mona HARB, ou surtout, sur le dossier libanais, ceux de Bernard ROUGIER. Ou, pour des sources anglaises, vers Hala JABER ou Eitan AZANI.

Ce livre constitue néanmoins un document à consulter comme aide mémoire, pays par pays, sur la question de l’action extérieure iranienne. On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent :
– – La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand BADIE), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou.
– – La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori).
– – Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure (pour des exemples de travaux récents sur des cas comparés en monde musulman, on regardera Amélie BLOM sur le Pakistan ou Delphine ALLES sur l’Indonésie).

Voir également:

Un rapport US exclut le Hezbollah et l’Iran du chapitre sur les menaces terroristes

Dans la presse

Remis en février au Sénat, le document annuel du Renseignement national vient d’être rendu public.

L’Orient le jour
17/03/2015

L’Iran et le Hezbollah ont été exclus cette année du chapitre consacré aux menaces terroristes dans le rapport annuel remis en février au Sénat américain par le directeur du Renseignement national, James Clapper, et qui vient d’être rendu public.

Dans le rapport, intitulé « Worldwide Threat Assessment of the US Intelligence Community » (évaluation des  menaces mondiales par l’ensemble des services de renseignements) de 2015, la section terrorisme est largement consacrée aux mouvements sunnites extrémistes, notamment le groupe Etat islamique et le Front al-Nosra (en Irak et en Syrie), et la menace que représente leur montée en puissance pour les alliés des Etats-Unis, leurs partenaires et leurs intérêts.

En 2014, il était écrit dans le rapport que le Hezbollah et l’Iran continuaient de menacer directement les intérêts des alliés de Washington et que le parti chiite avait augmenté son « activité terroriste globale ». L’Iran et le Hezbollah figuraient également dans les éditions des années précédentes, dans la section terrorisme.

A noter que de manière générale, le rapport n’est pas l’équivalent de la liste officielle américaine des organisations considérées comme terroristes. La plupart des organisations inscrites sur la liste officielle ne sont, en effet, pas citées dans le rapport du Renseignement national.

Dans le document du Renseignement national, le Hezbollah, impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar el-Assad, est cité dans la section intitulée « menaces régionales », en rapport avec l’activité des groupes jihadistes sunnites. « Le Liban subit la menace grandissante des groupes terroristes, dont l’EI et al-Nosra. Les extrémistes sunnites essaient d’établir des réseaux au Liban où ils ont multiplié les attaques contre des positions de l’armée libanaise et du Hezbollah à la frontière libano-syrienne »,  peut-on lire.

Quant à l’Iran, il est mentionné dans la section « menaces régionales » pour les Etats-Unis en raison de son soutien au président Bachar el-Assad, du développement de capacités militaires avancées et de la poursuite de son programme nucléaire. Le rapport note cependant l’aide de Téhéran dans la lutte contre l’expansion de l’EI en Irak. Téhéran est également cité dans les sections consacrées à la cybermenace et aux armes de destruction massive.

En 2013, l’Union européenne avait inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Dans leur décision, les Européens n’étaient pas allés aussi loin que les Etats-Unis qui ont placé sur leur liste noire le Hezbollah dans toutes ses déclinaisons, estimant qu’il était impossible de distinguer entre ses branches politique et militaire.

A noter par ailleurs que la Russie et la Corée du nord sont mentionnées dans plusieurs parties du rapport.
Le rapport de James Clapper intervient alors que l’Iran et les grandes puissances sont dans la dernière ligne droite de leurs négociations en vue de résoudre la crise du programme nucléaire controversé de Téhéran et discuter de la levée des sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne.

Après 12 ans de tensions entre l’Iran et les Occidentaux et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, et Allemagne) se sont donné jusqu’au 31 mars pour sceller un règlement politique qui garantirait que l’Iran n’aura jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions.


Etat islamique: C’est la faute à Bush et aux i-phones ! (ISIS horrors: Blame it all on Bush and… i-phones !)

5 mars, 2015
Irak_wmd1_1

If we fail to respond today, Saddam and all those who would follow in his footsteps will be emboldened tomorrow. Some day, some way, I guarantee you, he’ll use the arsenal. President Clinton (February 1998)
[La mission des forces armées américaines et britanniques est d’]attaquer les programmes d’armement nucléaires, chimiques et biologiques de l’Irak et sa capacité militaire à menacer ses voisins (…) On ne peut laisser Saddam Hussein menacer ses voisins ou le monde avec des armements nucléaires, des gaz toxiques, ou des armes biologiques. » (…) Il y a six semaines, Saddam Hussein avait annoncé qu’il ne coopérerait plus avec l’Unscom [la commission chargée du désarmement en Irak (…). D’autres pays [que l’Irak possèdent des armements de destruction massive et des missiles balistiques. Avec Saddam, il y a une différence majeure : il les a utilisés. Pas une fois, mais de manière répétée (…). Confronté au dernier acte de défiance de Saddam, fin octobre, nous avons mené une intense campagne diplomatique contre l’Irak, appuyée par une imposante force militaire dans la région (…). J’avais alors décidé d’annuler l’attaque de nos avions (…) parce que Saddam avait accepté nos exigences. J’avais conclu que la meilleure chose à faire était de donner à Saddam une dernière chance (…).  Les inspecteurs en désarmement de l’ONU ont testé la volonté de coopération irakienne (…). Hier soir, le chef de l’Unscom, Richard Butler, a rendu son rapport au secrétaire général de l’ONU [Kofi Annan. Les conclusions sont brutales, claires et profondément inquiétantes. Dans quatre domaines sur cinq, l’Irak n’a pas coopéré. En fait, il a même imposé de nouvelles restrictions au travail des inspecteurs (…). Nous devions agir et agir immédiatement (…).  J’espère que Saddam va maintenant finalement coopérer avec les inspecteurs et respecter les résolutions du Conseil de sécurité. Mais nous devons nous préparer à ce qu’il ne le fasse pas et nous devons faire face au danger très réel qu’il représente. Nous allons donc poursuivre une stratégie à long terme pour contenir l’Irak et ses armes de destruction massive et travailler jusqu’au jour où l’Irak aura un gouvernement digne de sa population (…). La dure réalité est qu’aussi longtemps que Saddam reste au pouvoir il menace le bien-être de sa population, la paix de la région et la sécurité du monde. La meilleure façon de mettre un terme définitif à cette menace est la constitution d’un nouveau gouvernement, un gouvernement prêt à vivre en paix avec ses voisins, un gouvernement qui respecte les droits de sa population. Bill Clinton (16.12.98)
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech
Les inspecteurs n’ont jamais pu vérifier ce qu’il était advenu de 3,9 tonnes de VX (…) dont la production entre 1988 et 1990 a été reconnue par l’Irak. Bagdad a déclaré que les destructions avaient eu lieu en 1990 mais n’en a pas fourni de preuves. En février 2003 (…) un document a été fourni [par Bagdad] à l’Unmovic pour tenter d’expliquer le devenir d’environ 63 % du VX manquant. Auparavant, les Irakiens prétendaient ne pas détenir un tel document. » Idem pour l’anthrax, dont l’Irak affirmait avoir détruit le stock en 1991. Mais, « en mars 2003, l’Unmovic concluait qu’il existait toujours, très probablement, 10 000 litres d’anthrax non détruits par l’Irak... Comme pour le VX, l’Irak a fourni à l’ONU, en février 2003, un document sur ce sujet qui ne pouvait permettre de conclure quelles quantités avaient été détruites … Thérèse Delpech
Je pense que c’est à cause de l’unanimité, tout le monde était contre la guerre, les gens étaient contents de lire dans les journaux combien la guerre était mauvaise, comme le président français l’avait prédit. (…) Dans la phase du Saddamgrad Patrice Claude et Rémy Ourdan du Monde ont inventé des atrocités, produit des témoignages en phase avec ce qu’ils ne pouvaient voir. (…) Sur les fedayyin de Saddam, les gardes les plus brutaux du dictateur, ses SS, Ourdain a dit que les fedayyin n’ont pas combattu parce qu’ils étaient effrayés de la façon dont les GI’s tuaient tout le monde, dont un grand nombre de civils. Alain Hertoghe
Even when viewed through a post-war lens, documentary evidence of messages are consistent with the Iraqi Survey Group’s conclusion that Saddam was at least keeping a WMD program primed for a quick re-start the moment the UN Security Council lifted sanctions. Iraqi Perpectives Project (March 2006)
Captured Iraqi documents have uncovered evidence that links the regime of Saddam Hussein to regional and global terrorism, including a variety of revolutionary, liberation, nationalist, and Islamic terrorist organizations. While these documents do not reveal direct coordination and assistance between the Saddam regime and the al Qaeda network, they do indicate that Saddam was willing to use, albeit cautiously, operatives affiliated with al Qaeda as long as Saddam could have these terrorist operatives monitored closely. Because Saddam’s security organizations and Osama bin Laden’s terrorist network operated with similar aims (at least in the short term), considerable overlap was inevitable when monitoring, contacting, financing, and training the same outside groups. This created both the appearance of and, in some ways, a de facto link between the organizations. At times, these organizations would work together in pursuit of shared goals but still maintain their autonomy and independence because of innate caution and mutual distrust. Though the execution of Iraqi terror plots was not always successful, evidence shows that Saddam’s use of terrorist tactics and his support for terrorist groups remained strong up until the collapse of the regime.  Iraqi Perspectives Project (Saddam and Terrorism, Nov. 2007, released Mar. 2008)
Beginning in 1994, the Fedayeen Saddam opened its own paramilitary training camps for volunteers, graduating more than 7,200 « good men racing full with courage and enthusiasm » in the first year. Beginning in 1998, these camps began hosting « Arab volunteers from Egypt, Palestine, Jordan, ‘the Gulf,’ and Syria. » It is not clear from available evidence where all of these non-Iraqi volunteers who were « sacrificing for the cause » went to ply their newfound skills. Before the summer of 2002, most volunteers went home upon the completion of training. But these camps were humming with frenzied activity in the months immediately prior to the war. As late as January 2003, the volunteers participated in a special training event called the « Heroes Attack. » This training event was designed in part to prepare regional Fedayeen Saddam commands to « obstruct the enemy from achieving his goal and to support keeping peace and stability in the province.  » Study (Joint Forces Command in Norfolk, Virginia)
The information that the Russians have collected from their sources inside the American Central Command in Doha is that the United States is convinced that occupying Iraqi cities are impossible, and that they have changed their tactic. Captured Iraqi document  (« Letter from Russian Official to Presidential Secretary Concerning American Intentions in Iraq », March 25, 2003)
Est-ce que les peuples du Moyen-Orient sont hors d’atteinte de la liberté? Est-ce que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont condamnés par leur histoire et leur culture au despotisme? Sont-ils les seuls à ne pouvoir jamais connaître la liberté ou même à ne pas avoir le choix? Bush (2003)
La raison pour laquelle je continue de dire qu’il y a un lien entre l’Irak, Saddam et Al-Qaida est parce qu’il y a un lien entre l’Irak et Al-Qaida. (…) Cette administration n’a jamais dit que les attentats du 11/9 ont été orchestrés entre Saddam et Al Qaeda. Nous avons dit qu’il y avait de nombreux contacts entre Saddam Hussein et Al Qaeda. George W. Bush (Washington Post, 2004)
Avec notre aide, les peuples du Moyen-Orient s’avancent maintenant pour réclamer leur liberté. De Kaboul à Bagdad et à Beyrouth, il y a des hommes et des femmes courageux qui risquent leur vie chaque jour pour les mêmes libertés que nous apprécions. Et elles ont une question pour nous : Avons-nous le courage de faire  au Moyen-Orient ce que nos pères et grands-pères ont accompli en Europe et en Asie ? En prenant position avec les chefs et les réformateurs démocratiques, en donnant notre voix aux espoirs des hommes et des femmes décents, nous leur offrons une voix hors du radicalisme. Et nous enrôlons la force la plus puissante pour la paix et la modération au Moyen-Orient : le désir de millions d’être libres. (…) En ce tout début de siècle, l’Amérique rêve au jour où les peuples du Moyen-Orient quitteront le désert du despotisme pour les jardins fertiles de la liberté – et reprendront leur place légitime dans un monde de paix et de prospérité. Nous rêvons au jour où les nations de cette région reconnaitront que leur plus grande ressource n’est pas le pétrole de leur sous-sol – mais le talent et la créativité de leurs populations. Nous rêvons au jour où les mères et les pères de tout le Moyen-Orient verront un avenir d’espoir et d’opportunités pour leurs enfants. Et quand ce beau jour viendra, les nuages de la guerre seront balayés, l’appel du radicalisme diminuera… et nous laisserons à nos enfants un monde meilleur et plus sûr. Bush (11/9/2006)  
Le projet de révolution démocratique mondiale peut faire sourire. Mais ce n’est pas totalement sans raison que les néoconservateurs, qui l’ont inspiré, se targuent d’avoir contribué, sous le deuxième mandat de M. Reagan, à la démocratisation en Asie, en Amérique latine et en Europe. Ils souhaitent aujourd’hui mettre un terme à «l’exception moyen-orientale» : à la fois par intérêt et par idéalisme, l’Administration américaine veut rompre avec des décennies d’accommodement avec les dictatures de la région au nom de la stabilité (condition nécessaire, notamment, à l’accès régulier à un pétrole bon marché). Il s’agirait en effet de gagner la «quatrième guerre mondiale», comme a été gagnée la «troisième», c’est-à-dire la guerre froide. Le pari est évidemment difficile. Pour des raisons tactiques, les États-Unis doivent aujourd’hui ménager des régimes autoritaires tels que l’Arabie saoudite, dont ils ont besoin pour la lutte antiterroriste. (…) De ce fait, Paul Wolfowitz n’a pas tort de suggérer que le combat engagé par les États-Unis durera plus longtemps que la guerre froide et sera plus dur que la Seconde Guerre mondiale. Mais, si le résultat est incertain, le mouvement lui est bien engagé. Les révolutions pacifiques en Géorgie et en Ukraine ont été appuyées discrètement par des organisations publiques et privées américaines. Certes, ce qu’il est convenu d’appeler le «printemps arabe» repose aussi sur des dynamiques locales et a bien sûr bénéficié d’événements imprévus tels que la mort de Yasser Arafat ou l’assassinat de Rafic Hariri. Mais la pression américaine a joué un rôle non négligeable. En mai 2004, choisissant de «se couper les cheveux avant que les Américains ne les tondent» – selon les termes d’un diplomate, les dirigeants de la Ligue arabe se sont engagés à étendre les pratiques démocratiques, à élargir la participation des citoyens à la vie publique et à renforcer la société civile. Même le président Assad semble aux abois lorsqu’il dit publiquement qu’il «n’est pas Saddam Hussein» et qu’il «veut négocier»… (…). La question géopolitique centrale de notre temps reste donc bien celle qui avait été au coeur de l’affrontement franco-américain de 2002-2003 : faut-il préférer la stabilité au risque de l’injustice, ou la démocratisation au risque du chaos ? Optimiste et risqué, le pari américain n’en reste pas moins éthiquement défendable et met du coup l’Europe, qui se veut une «puissance morale» (si l’on en croit le président de la Commission, M. Barroso), en porte-à-faux. L’Union européenne s’est révélée être une force capable de promouvoir simultanément la stabilité et la démocratisation, mais seulement dans son environnement immédiat. Pour le reste, elle n’a pas de stratégie alternative, le «processus de Barcelone» ayant eu du point de vue politique des résultats plus que mitigés. Il lui reste donc à choisir entre approuver, s’opposer ou accompagner le combat américain. Bruno Tertrais (mars 2005)
By late 2003, even the Bush White House’s staunchest defenders were starting to give up on the idea that there were weapons of mass destruction in Iraq. But WikiLeaks’ newly-released Iraq war documents reveal that for years afterward, U.S. troops continued to find chemical weapons labs, encounter insurgent specialists in toxins and uncover weapons of mass destruction. Wired magazine (2010)
It’s more than a little ironic that, with its newest document dump from the Iraq campaign, WikiLeaks may have just bolstered one of the Bush administration’s most controversial claims about the Iraq war: that Iran supplied many of the Iraq insurgency’s deadliest weapons and worked hand-in-glove with some of its most lethal militias. The documents indicate that Iran was a major combatant in the Iraq war, as its elite Quds Force trained Iraqi Shiite insurgents and imported deadly weapons like the shape-charged Explosively Formed Projectile bombs into Iraq for use against civilians, Sunni militants and U.S. troops. A report from 2006 claims “neuroparalytic” chemical weapons from Iran were smuggled into Iraq. (It’s one of many, many documents recounting WMD efforts in Iraq.) Others indicate that Iran flooded Iraq with guns and rockets, including the Misagh-1 surface-to-air missile, .50 caliber rifles, rockets and much more. As the New York Times observes, Iranian agents plotted to kidnap U.S. troops from out of their Humvees — something that occurred in Karbala in 2007, leaving five U.S. troops dead. (It’s still not totally clear if the Iranians were responsible.) Wired
A partir de la Guerre Froide, cette région est devenue stratégique de par ses ressources nécessaires au premier consommateur mondial d’énergie, mais aussi de par la rivalité idéologique entre l’URSS et les Etats-Unis. Cette époque fut dominée par la pensée de Kissinger qui prôna en conformité avec la « Realpolitik », l’immobilisme politique des régimes arabes comme option nécessaire à la consolidation de l’influence américaine. En échange d’une approbation de la diplomatie américaine, les régimes se voyaient soutenus. Les limites de cette politique ont commencé à se faire sentir lorsque les Etats-Unis en 1979 ont continué à appuyer le Shah d’Iran, ignorant alors qu’une population était en train de se soulever, donnant naissance à l’islamisme politique. Dans les années 80, le président Reagan introduisit une vision opposée au réalisme, attenant à une vision idéaliste d’une mission américaine d’exporter les justes valeurs au reste du monde. C’est dans son discours de Juin 1982 que Reagan parla « d’une croisade pour la liberté qui engagera la foi et le courage de la prochaine génération». Le président Bush père et Clinton reprirent une vision plus « réaliste » dans un nouveau contexte de sortie de Guerre Froide. Malgré « le nouvel ordre mondial » prôné par Bush père, son action n’alla pas jusqu’à Bagdad et préféra laisser un régime connu en place. Le 11 Septembre 2001 a révélé les limites de l’immobilisme politique des pays arabes, lorsque certains régimes soutenus n’ont pu s’opposer aux islamistes radicaux. Les néo-conservateurs qui participaient alors au gouvernement de G.W Bush, décidèrent de passer à l’action et de bousculer l’ordre établi dans la région, afin de pérenniser leur accès aux ressources énergétiques, mais aussi probablement pour d’autres raisons. Notamment selon G. Ayache « pour montrer (leur) force par rapport à la Chine dont le statut international ne cesse de croître et dont les besoins énergétiques sont appelés à concurrencer ceux des Etats-Unis(…), et dans l’objectif proclamé de lutte contre le terrorisme.» Les néo-conservateurs se sont dès le début prononcés pour la redistribution des cartes politiques dans cette région, donc un changement de régimes. Le nouveau président américain voulut se poser dans la lignée des présidents qui ont marqué l’histoire. Lors de son discours du 11 Septembre 2006, il s’est adressé en ces termes au peuple américain : « Ayez la patience de faire ce que nos pères et nos grands-pères ont fait pour l’Europe et pour l’Asie.» En fait, le vieux projet de Reagan d’exportation de la démocratie fut remis au goût du jour à travers l’annonce du projet de Grand Moyen-Orient en Novembre 2003 qui prôna la nécessité d’une démocratisation sans limites. Les néo-conservateurs qui avaient participé au deuxième mandat de Reagan revendiquèrent leur apport à la démocratisation en Asie, en Amérique latine et en Europe dans les années 80 et 90. Il était donc temps selon eux de mettre fin à la situation stagnante au Moyen-Orient. La théorie des dominos était censée s’appliquer à la région en partant de l’Irak, même si elle pouvait mettre un certain temps à se réaliser selon les dynamiques locales. Alia Al Jiboury
Depuis la chute de la dictature de Ben Ali en Tunisie, les dictateurs et autres despotes arabes tremblent devant le vent de liberté, transformé en tempête. Les peuples arabes, compressés depuis des décennies, rêvent de liberté et de démocratie. Ils finissent, à tour de rôle, par réaliser le projet de George W. Bush, qu’ils avaient tant dénoncé. Mediarabe.info (février 2011)
L’analogie que nous utilisons ici parfois, et je pense que c’est exact, c’est que si une équipe de juniors met l’uniforme des Lakers, cela n’en fait pas des Kobe Bryant. Obama (27 janvier 2014)
Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes ! Barack Obama
Avant mon départ, j’ai prévenu et rencontré les conseillers diplomatiques de quatre autorités : l’Elysée, les ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur. L’information a donc dû être remontée à François Hollande (ce dernier a affirmé, jeudi depuis Manille, ne pas avoir été informé, Ndlr). Par ailleurs, nous avons proposé à de nombreux députés de partir avec nous. La plupart ne pouvait pas pour des raisons d’agenda. Gérard Bapt (député PS)
Even if you’d left Saddam in place in 2003, then when 2011 happened, and you had the Arab revolutions going through Tunisia and Libya and Yemen and Bahrain and Egypt and Syria, you would have still had a major problem in Iraq. Indeed, you can see what happens when you leave the dictator in place, as has happened with Assad now. The problems don’t go away. So, one of the things I’m trying to say is, you know, we can rerun the debates about 2003, and there are perfectly legitimate points on either side but where we are now in 2014, we have to understand this is a regional problem, but it’s a problem that will affect us. Tony Blair
This is not the work of neophyte enthusiasts inspired by their imagined rewards of martyrdom, it is clearly the result of detailed planning by people who know Iraq well, have prior experience and training, and are able to manage an organization with discipline and secrecy; all characteristics of Saddam Hussein’s Baathist supporters. Richard Barrett 
What the Baathists probably get out of it is a way back into Iraq. Brian Fishman
Had Saddam’s men had I-phones around to record their atrocities, the results would have been just as horrific. There would, however, have been one important difference. In Saddam’s case, the footage of those toppling into mass graves wouldn’t have just been a few dozen or hundred, but hundreds of thousands. (…) Take the sun-parched fields just outside the town of Hillah, south of Baghdad, for example, which I visited as a reporter in Baghdad in May 2003, just after the Ba’athist regime’s fall. Scattered around there were dozens of mass graves, some holding up to 2,000 skeletons at a time, all of them the victims of massacres carried out by Ba’athist troops in the aftermath of the first Gulf War in 1991. It’s estimated that Saddam killed around 300,000 people at that time – all in the name of putting down an uprising against his rule. No, one can’t be certain that he would have done the same in the event of an Arab Spring ten years later. But it does rather suggest he had it in him. (…) The mass graves aren’t just around the south. The Kurds, who are now fighting ISIS in the north, lost at least 50,000 people during Saddam’s Anfal campaign in the late 1980s, including 5,000 massacred in the gas attack at Halabja. And then there’s the hundreds of thousands who didn’t actually die at Saddam’s own hands, but were sent to near-certain deaths in his endless wars. (…)  Half a million people on either side perished in the eight year war that Saddam started with neighbouring Iran, a campaign of trench warfare far more brutal and senseless than anything in World War One. Another 100,000 were killed by the Allied armies as they repelled his equally foolhardy invasion of Kuwait in 1991. And this is before you take into account all those he tortured and killed in secret. Colin Freeman

C’est la faute à Bush et aux i-phones !

Alors que contre le déni de nos dirigeants, l’Etat islamique redouble de barbarie pour démontrer son attachement à la religion d’amour, de tolérance et de paix …

Et que les mêmes qui ont applaudi à l’abandon de l’Irak par lesdits dirigeants ne manquent pas aujourd’hui d’en accuser la prétendue guerre de Bush et Blair contre des mythiques, on le sait, ADM …

Tout en appelant à présent, après les échecs irakien et libyen, à la reprise des contacts avec le Saddam syrien …

Pendant qu’un récent rapport montrait l’indéniable apport, pour les surprenantes prouesses militaires d’une prétendue bande de fanatiques, des anciens officiers de Saddam …

Petite remise des pendules à l’heure avec un article de l’an dernier du correspondant diplomatique du Telegraph Colin Freeman …

Montrant qu’avec quelque 300, 000 victimes au compteur …

Et sans compter les quelque 50 000 kurdes dont 5 000 passés par les gaz à Halabja …

Et les centaines de milliers de ses guerres avec l’Iran …

M. Saddam Hussein était bien parti, les i-phones en moins, pour marquer l’histoire …

Tony Blair’s Iraq critics should remember that Saddam filled far more mass graves than ISIS
Colin Freeman

The Telegraph

June 18th, 2014

Reading some of the recent coverage of the latest atrocities in Iraq, it’s hard to make who the real villain is. Is it the fanatics of ISIS, with their YouTube snuff movies showing mass executions of Iraqi soldiers?

Or is the real man to blame one Tony Blair, whose decision to help America bring down Saddam Hussein is the root cause of it all? Certainly, judging by some of the headlines from earlier this week, one could have forgiven for thinking that it was Mr Blair himself who was pulling the trigger on those hapless Iraqi troops.

Numerous articles have carried graphic images of the massacre, alongside denunciations of Mr Blair and insinuations that this barbarity is his legacy and his fault.

The former prime minister has always been a handy lightning rod for Britain’s unease over Iraq. But in this case, he incurred particular ire for having argued, via interviews and newspaper articles, that it was not just West’s fault that Iraq had gone into meltdown. He pointed out that had Saddam still been in power when the Arab Spring began, Iraq would likely have been a far bigger, scarier mess than it is.

Like every other argument about the rights and wrongs of the Iraq war, this can, of course, be debated endlessly. Without the Iraq invasion, the Arab Spring, for better or worse, might never even happened, for example.

But one point that is not in debate is that Saddam Hussein was just as brutal a killer as ISIS’s thugs are, and had Saddam’s men had I-phones around to record their atrocities, the results would have been just as horrific. There would, however, have been one important difference. In Saddam’s case, the footage of those toppling into mass graves wouldn’t have just been a few dozen or hundred, but hundreds of thousands.

Take the sun-parched fields just outside the town of Hillah, south of Baghdad, for example, which I visited as a reporter in Baghdad in May 2003, just after the Ba’athist regime’s fall. Scattered around there were dozens of mass graves, some holding up to 2,000 skeletons at a time, all of them the victims of massacres carried out by Ba’athist troops in the aftermath of the first Gulf War in 1991. It’s estimated that Saddam killed around 300,000 people at that time – all in the name of putting down an uprising against his rule. No, one can’t be certain that he would have done the same in the event of an Arab Spring ten years later. But it does rather suggest he had it in him.

The mass graves aren’t just around the south. The Kurds, who are now fighting ISIS in the north, lost at least 50,000 people during Saddam’s Anfal campaign in the late 1980s, including 5,000 massacred in the gas attack at Halabja. And then there’s the hundreds of thousands who didn’t actually die at Saddam’s own hands, but were sent to near-certain deaths in his endless wars.

Half a million people on either side perished in the eight year war that Saddam started with neighbouring Iran, a campaign of trench warfare far more brutal and senseless than anything in World War One. Another 100,000 were killed by the Allied armies as they repelled his equally foolhardy invasion of Kuwait in 1991. And this is before you take into account all those he tortured and killed in secret.

The figures I’ve quoted above are well-known, of course. But standing in a mass grave in southern Iraq brings it home to you – as did working with my old translator, a former army colonel who had commanded of one of Saddam’s tank brigades. I hired on him on the spot one day in Baghdad shortly after Saddam’s fall, when he’d been reduced to driving a taxi rather than a tank for a living, and remembered being struck by how different our two lives were. He was only four years older than me, yet had fought in five different wars in 20 years: Iran-Iraq, the campaign against the Kurds, the invasion of Kuwait, the quelling of the post-1991 uprising and lastly, Operation Iraqi Freedom, in which he’d deserted along with the rest of his men. Occasionally he used to hint at dark things he’d done in the line of duty, never saying what they were but simply mentioning that it in the Saddam’s armies, you « followed orders and that was that ».

Like many Iraqis, he had mixed views about Saddam’s departure, describing him as « a dog » in one breath, and saying Iraq desperately needed a strongman in the other. One thing, though, always seemed clear to me: if Saddam had already directed his armies to kill a million people in the course of my translator’s 20 years’ service, he might well have done another few hundred thousand had he been left in power. And for that reason alone, we should remember that it is him, not Tony Blair, that is the real villain alongside ISIS.

Voir aussi:

Iraq crisis: anger at Tony Blair over Middle East conflict blame game
Tony Blair is heavily criticised for putting blame on the current generation of British political leaders for the renewed conflict in Iraq
Matthew Holehouse, Political Correspondent
The Telegraph

15 Jun 2014

Tony Blair has been criticised over his claim that the current generation of political leaders is to blame for the violence engulfing Iraq.
He said that the refusal last year to intervene in Syria’s civil war had created the conditions for the al-Qaeda aligned ISIS movement to flourish in that country before advancing into Iraq’s major cities.

The former Prime Minister insisted that his decision to intervene in Iraq in 2003 was not the cause of the fresh wave of bloodshed. The turmoil across the region has been caused by the Arab Spring, Mr Blair said, which would have swept Saddam from power and caused chaos if Britain and the United States had not intervened in 2003.
He called for air strikes or drone assaults, saying that the ISIS fighters posed a threat to British national security. “They are going to pull us into this whether we like it or not,” he said.

The claims were met with anger and ridicule from former allies and from MPs who voted against last year’s proposed strikes on Bashar al-Assad’s regime.

John Baron, a back-bench Conservative who led opposition to the strikes, said Mr Blair’s analysis of the crisis was “wrong”. “Old habits die hard,” he said. “There is no doubt we went to war in Iraq on a false premise and made grave errors in the immediate aftermath in leaving a power vacuum. A large part of the troubles today can be traced back to that period.”

He added: “Arming the rebels or intervening militarily in Syria would have helped extremist factions linked to al-Qaeda. We were right not to intervene.”

Lord Prescott, the former deputy prime minister, ridiculed his former boss. “Put on a white sheet and a red cross and we are back to the Crusades,” he said. “It is all about religion. In these countries it has gone on for a thousand years.”

Sir Malcolm Rifkind, chairman of the parliamentary intelligence and security committee, said: “Tony Blair is preoccupied with the assumption that people will say that he, his actions, had at least some part in this.” Sir Malcolm said the situation in Iraq was an “utter disaster” and there was little that Britain or the US could do to resolve the deeper crisis.

Sir Christopher Meyer, Britain’s ambassador to the US from 1997 to 2003, said the handling of the campaign against Saddam was “perhaps the most significant reason” for the sectarian violence now ripping through Iraq. “We are reaping what we sowed in 2003. This is not hindsight. We knew in the run-up to war that the overthrow of Saddam Hussein would seriously destabilise Iraq after 24 years of his iron rule,” he said.

David Cameron pressed for air strikes against Syria after President Assad used chemical weapons against civilians in the battle against rebel forces. However, the plan was vetoed in the Commons. Asked whether Britain made the “wrong call”, Mr Blair said: “In my judgment, as I said at the time, yes.”

Mr Blair called for the RAF and US to apply the “selective use of air power”, such as that used against Muammar Gaddafi in Libya, to help topple the Assad regime and bring the war in Syria to an end. Mr Blair said that ISIS will attack Britain unless it is stopped as “the people who are causing this instability and this chaos … they are also prepared to fight us and they will if they are not stopped”.

Voir encore:

Tony Blair denies Iraq invasion caused current crisis
Speaking to the BBC’s Andrew Marr, former Prime Minister Tony Blair claims there would still be a « major problem » in Iraq even without the toppling of Saddam Hussein in 2003

The Telegraph

15 Jun 2014

The former prime minister Tony Blair has rejected arguments that Iraq would be more stable and peaceful today if the US-backed war, which claimed the lives of 179 UK personnel, had not happened.
He claimed that the violent insurgency in Iraq is the result of the West’s failure to intervene in Syria, not of the 2003 invasion to topple Saddam Hussein.
Speaking on the BBC’s Andrew Marr Show, Mr Blair said: « Even if you’d left Saddam in place in 2003, then when 2011 happened, and you had the Arab revolutions going through Tunisia and Libya and Yemen and Bahrain and Egypt and Syria, you would have still had a major problem in Iraq.
« Indeed, you can see what happens when you leave the dictator in place, as has happened with Assad now. The problems don’t go away. »
He added: « So, one of the things I’m trying to say is, you know, we can rerun the debates about 2003, and there are perfectly legitimate points on either side but where we are now in 2014, we have to understand this is a regional problem, but it’s a problem that will affect us. »

Voir de plus:

How Saddam’s Former Soldiers Are Fueling the Rise of ISIS
Jason M. Breslow

PBS

October 28, 2014

As the Islamic State continues its march through Syria and Iraq, the jihadist group is quietly utilizing a network of former members of Saddam Hussein’s Baath Party to help militarize a fighting force that has effectively erased the border between both nations and left roughly 6 million people under its rule.

The extent of this seemingly mismatched alliance is detailed in a new report by the New York-based intelligence firm, The Soufan Group. Despite a deep philosophical divide between ISIS and the Baath Party, the two sides have found “sufficient coincidence of interest to overcome any ideological disagreement,” the analysis, which will be released on Wednesday, found.

This “marriage of convenience,” as the report’s author, Richard Barrett describes it, can be seen throughout the ISIS hierarchy. The current head of the group’s military council, for example, is believed to be Abu Ahmad al Alwani, an ex-member of Saddam Hussein’s army. So too was al Alwani’s predecessor. Another member of the military council, Abu Muhanad al Sweidawi, was once a lieutenant colonel in Hussein’s air defense intelligence, but by early 2014 was heading ISIS operations in western Syria, according to the report.

Similarly, two deputies to the Islamic State’s self-proclaimed caliph, Abu Bakr al Baghdadi, are former Baathists: Abu Muslim al Afari al Turkmani is believed to have been a senior special forces officer and a member of military intelligence in Hussein’s army. Today, as Baghdadi’s number two, he supervises ISIS operations in Iraq. The second deputy, Abu Ali al Anbari oversees operations in Syria. Both men are also thought to serve on the Islamic State’s main governing body, known as the Shura Council.

Even the appointment of al Baghdadi to lead the Islamic State of Iraq in 2010 is reported by an ISIS defector to have been engineered by a former Baathist: Haji Bakr, an ex-colonel from the Iraqi Revolutionary Guard. Bakr “initially attracted criticism from fellow members of the group for his lack of a proper beard and lax observance of other dictates of their religious practice,” the report notes, “But his organizational skills, knowledge of the Iraqi Army and network of fellow ex-Baathists made him a valuable resource.”

It’s this type of expertise and network of connections that has made former Baathists so valuable to the Islamic State, says Barrett. Case in point, he says, is the long-term planning and preparation seen in the Islamic State’s capture of Nineveh Province and its capital, Mosul, in June 2014. As he writes of the campaign:

This is not the work of neophyte enthusiasts inspired by their imagined rewards of martyrdom, it is clearly the result of detailed planning by people who know Iraq well, have prior experience and training, and are able to manage an organization with discipline and secrecy; all characteristics of Saddam Hussein’s Baathist supporters.

The incentives for ex-Baathists may be equally opportunistic.

“What the Baathists probably get out of it is a way back into Iraq,” says Brian Fishman, a counterterrorism research fellow at the New America Foundation. Before the Islamic State’s emergence, Fishman notes, many Baathists had been effectively forced out of Iraq to neighboring Syria. Today, they’re back home, slowly acquiring influence and territory.

The question is, how long can the alliance last? One of the few points the two groups agree on, analysts say, is restoring Sunni rule in Iraq. Fundamentally, however, ISIS is focused on expanding the Islamic caliphate that it declared on June 29, 2014. For its part, the Baath Party in Iraq has been a largely secular, nationalist movement.

Some fissures have already begun to surface. In July, for example, Reuters reported that Sunni militants that helped ISIS capture Mosul rounded up as many as 60 senior ex-military officers and other onetime members of the Baath Party. That same month, a rival Sunni group made up of many former Baathists issued a statement denouncing the Islamic State’s persecution of Iraq’s religious minorities.

But predicting just how deep any split may go is hard to tell. On the one hand, says Barrett, ex-Baathists may decide it’s in their interest to continue harnessing the energy of ISIS in order to regain prominence in Iraq. Barrett says its easy to see ex-Baathists then tell themselves, “Once we achieve our objectives, our political objectives, then we’ll sort out all this business about these crazies who believe in a caliphate.”

On the other hand, Baathists may simply come to the conclusion that there is nowhere else for them to go. “They’re going to make the best of a bad job in a way,” Barrett says.

Fishman sees a similar decision facing former Baathists, but he warns against assuming the block will act in concert. It’s important to remember, he notes, that beginning in late 2006, Baathists faced a comparable scenario, and while some opted to continue their involvement in the Iraqi insurgency, others chose to align themselves with the U.S. against Sunni militants.

For the Islamists, meanwhile, their view of the alliance may end up being guided more by politics than it is by ideology, says Fishman.

“ISIS at the end of the day is a political actor, and they have this sort of extreme, even ideological perspective, but that is all framed through who is helping us on the battlefield and who’s not,” he says. “If you’re helping them on the battlefield, they’re going to find a reason to think you’re a good guy. If you are not helping them on the battlefield, they’re going to find a reason to think you’re a bad guy.

Voir également:

My Stages of Grief for Iraq
The Country I Loved Died in 1990. The Rise of the Islamic State Is My Worst Nightmare.
Saif Al-Azzawi

Socalo public square

September 8, 2014

When people ask me how I feel about the latest events in Iraq, I tell them I feel sad. All these people—both Americans and Iraqis who have died since 2003—died for nothing. And as the Islamic State insurgency unfolds, and as Iraq tries once again for a peaceful political transition, I’m mourning not just those who have died over the past decade, but for a country that I haven’t been able to recognize for a very long time.

I grew up in Baghdad in a middle-class family. My father served in the Iraqi Air Force and often traveled internationally; my mother was a math teacher; my siblings all attended college. I graduated from the most prestigious high school in Baghdad before getting my degree at pharmacy school.

I grew up reading Superman and Batman comics, playing with Legos, and swimming at the pools of the fancy clubs where my parents were members. I was 12 during the first Gulf War in 1990. And until then, my childhood was uneventful: I was a happy kid.

Until 1990, I never heard a mosque call for prayer. I almost never saw a woman covering her hair with a hijab. My mom wore make-up, skirts, blouses with shoulder pads, and Bermuda shorts. She never covered her hair.

Since moving to Los Angeles in 2009, I’ve realized that most Americans don’t understand that Iraq used to be a modern, Westernized, and secular country. From the 1930s to the 1980s, Iraq’s neighbors looked to it as the example. People from different Arab countries came to Iraq to attend university. The country had an excellent education system, great healthcare, and Iraq was rich—not the richest, but rich.

Of course, Iraq is not like this today.

After Iraq invaded Kuwait, 24 years ago last month, the United States destroyed most of Iraq’s infrastructure during the Persian Gulf War. Bridges were bombed, along with power stations, railroads, dams, and oil refineries.

I remember that we would turn on the faucet, and barely any water would come out. It was worse during the summer. In order to take showers, we had to rely on water tanks on the roof, which supplied extra water to our home. To keep the tanks full, we had to fill containers with dripping water from a hose. Sometimes it would take hours for one container to fill because there was so little water. Then we would have to carry each container up and down the roof in many shifts. To make things worse, the water would come out boiling hot because it had been sitting in the sun. We also had limited electricity—which remains a problem, even 20 years later. Sleeping was difficult. You would wake up, sweating, in the middle of the night. You couldn’t open the windows because of mosquitoes. I would sleep in my underwear on the marble floor because it was cooler.

In 1990, an embargo was imposed, which prohibited Iraq from exporting oil. Iraqis suddenly found themselves poor.

Prices became inflated, and everything cost more. Before the war, you could buy a flat of eggs for two Iraqi dinars. By 2003, when the U.S. invaded Iraq again, those eggs cost several thousand dinars. (My monthly paycheck after I graduated from pharmacy school was 50,000 dinars a month.)

People’s values changed after 1990, too. Robberies increased. Houses were even built differently. There used to be low fences separating one house from another. But after the war, people built high fences and covered their windows with bars. Our home was robbed three times over 10 years. If you parked your car by the street—even for just three minutes—you risked your hubcaps being stolen.

Gradually, people also began turning to religion as a result of all the hardships. Religion changed the country: more censorship, more rules, more rigidity. Alcohol, which was once widely accepted, was frowned upon. Mainstream TV shows and movies—even cartoons—were censored to remove kissing scenes, partial nudity, and other elements viewed as immoral.

Neither of the United States wars changed life in Iraq the way the U.S. government had intended.

I think the United States wanted Iraqis to revolt against Saddam Hussein and depose him. That wasn’t going to happen.

In the movie Stargate, scientists go back in time to ancient Egypt, where an alien is enslaving the Egyptians. The scientists try to convince the Egyptians to claim their freedom. The Egyptians look at one another and say something like, “Yes, that makes sense. Freedom.”

If only it were that easy.

The notion of democracy is foreign to the Arab world. Although the West saw the “Arab Spring” protests as movements for democracy, they were really uprisings against various dictators, which are not the same thing. What we know is that for countless generations, we’ve lived in a hierarchical society. It’s not about individualism or personal freedoms. It’s about following your father, your family, and your tribe. There’s no culture of respecting different opinions.

As a college student, I looked to the West in awe of the personal freedoms and human rights that let people follow their dreams. In the U.S., even animals had rights.

But many Iraqis I know don’t see freedom the way Americans do: a political right afforded to everyone who lives in the U.S. I’ve heard crazy comments that equate freedom with loose morals and women having sex without being married.

The very idea of freedom rocks the whole foundation of Iraqi culture. So, when Iraqis were given their freedom, instead of turning to democracy, they, like many other in the region, turned to religion—and religious leaders for guidance, and political advice.

Shiites voted for Shiite candidates. Sunnis voted for Sunnis. The Shiites came to power because they were the majority.

What’s happening in Iraq today is merely a continuation of the failure of democracy. And a failure of the United States to understand the psyche of Iraqis.

The people who might have been able to change Iraq—the educated, the artists, the moderates—began leaving in 1990, after the embargo was imposed and their comfortable lifestyles came to an end. People with connections fled to friends and family in other countries. Almost all of them left the country illegally.

In 2003, Saddam Hussein fell and the floodgates opened up, with even more leaving the country for good at a time when they were most needed. Until that year, I was barred from traveling along with other pharmacists, doctors, and certain professionals.

I wanted to leave, but what would I do? Where would I go? Only a handful of countries even allowed travel on an Iraqi passport. My parents and siblings fled to Syria, and later to Jordan. I stayed in Baghdad, where I worked at the International Republican Institute, a non-governmental organization that promotes democracy in post-conflict countries. Later, I got a job as a translator at the Los Angeles Times.

With my friends and family gone, I felt very isolated and alone. It also became unsafe to move around, even to do simple things like go to a restaurant or the market.

In 2009, I managed to come to the U.S. as a refugee, and I was happy to leave Iraq behind. But even though I’d given up on my country, I had hope that things would not get as bad as they have today. It is my worst nightmare that an extremist group like the Islamic State has support in Iraq and, though it pains me to say this, the aftermath of the U.S. invasions has brought us to this point.

After the U.S. toppled Saddam Hussein in 2003, some even dared to dream that the country would become as rich as Gulf States like Kuwait. There was no Iraqi government in place for a long time and, for several months, life in Baghdad was free of bombings and attacks.

To make things worse, the U.S. dissolved the Iraqi army and started a process to remove those politically aligned with Saddam, which ended up taking jobs away from thousands of Sunnis and seemed like an unfair witch hunt. Add to these political actions poverty and a lack of basic services, and you end up with a deep, sectarian divide in Iraq that I believe led to the insurgency and the problems that exist today.

I despised Saddam, but I don’t think an extremist group like the Islamic State would exist under his rule. Even if Saddam had gone crazy and killed a bunch of people, it wouldn’t be anywhere near the number who have died since he was overthrown. I see a civil war coming, and an Iraq divided into states.

So as I read the news on CNN Arabic and the BBC while pacing around the house, I feel as if I’m experiencing a death in the family. I’m going through the stages of grief: denial, anger, sadness, depression. Lately, I’ve even tried to avoid reading the news at all.

Sometimes, I watch old YouTube videos that show the way Iraq used to be. The Iraq I loved and was proud of—the country I lived in before 1990—doesn’t exist anymore. And I don’t see that changing in my lifetime.

 Voir enfin:

Gérard Bapt : « Avant mon départ en Syrie, j’ai prévenu l’Elysée »
INTERVIEW – Interrogé par leJDD.fr au lendemain de son retour de Syrie, le socialiste Gérard Bapt dresse un bilan provisoire de son voyage en Syrie, où, contrairement aux trois autres élus français, il n’a pas rencontré Bachar el-Assad. Il regrette toutefois la « déferlante » de réactions qui ont suivies son initiative.

Vendredi, le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a affirmé que « ni l’exécutif, ni le PS, ni l’Assemblée n’était au courant » de votre projet de voyage en Syrie. Confirmez-vous?
C’est faux. Avant mon départ, j’ai prévenu et rencontré les conseillers diplomatiques de quatre autorités : l’Elysée, les ministères des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur. L’information a donc dû être remontée à François Hollande (ce dernier a affirmé, jeudi depuis Manille, ne pas avoir été informé, Ndlr). Par ailleurs, nous avons proposé à de nombreux députés de partir avec nous. La plupart ne pouvait pas pour des raisons d’agenda.

La commission des Affaires étrangères, présidée par Elisabeth Guigou, a-t-elle été informée?
Pas officiellement. Mon assistant a contacté celui d’Elisabeth Guigou, mais de toute façon, nous avions proposé à la majorité des élus de la commission de participer au voyage. Tout le monde, au sein de celle-ci, était en connaissance de cause. Quant à Bruno Le Roux (le patron du groupe PS, Ndlr), je n’ai pas eu le temps de l’informer car il devait alors gérer la loi Macron.

«Je n’ai pas rencontré Bachar el-Assad, mais son ministre.»

François Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis ont condamné votre initiative, et notamment la rencontre avec Bachar el-Assad…
Avant tout, je tiens à préciser que je n’ai pas rencontré le président syrien, à la différence de mes trois collègues. Il était convenu que je reste à mon hôtel à ce moment. Depuis mercredi soir, de nombreuses informations inexactes circulent.

Qui avez-vous personnellement rencontré sur place?
J’ai visité des camps de réfugiés et des hôpitaux. J’ai rencontré les professeurs et élèves du lycée français de Damas, les autorités religieuses du pays ainsi que des responsables d’associations comme la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge.

Vous n’avez pas rencontré de responsables politiques?
Si, mais pas Bachar el-Assad lui-même. Je me suis entretenu avec le ministre des Affaires étrangères syrien ainsi qu’avec le président de l’Assemblée nationale.

«Damas évoque le chiffre de 2.000 Français dans les rangs de Daech.»

François Hollande et Manuel Valls ont martelé jeudi qu’on ne peut parler avec le régime d’un dictateur, « d’un boucher », a même dit le Premier ministre. Comprenez-vous cette position?
Le Président et le Premier ministre sont dans leur rôle par rapport à la ligne politique qu’ils se sont donnés, par rapport à la ligne morale qu’ils souhaitent tenir. Mais leurs réactions et celles de l’ensemble du personnel politique prouvent qu’il y a beaucoup d’interrogations sur place. Je ne m’attendais pas une telle déferlante de réactions à mon retour.

Quel bilan tirez-vous de votre visite?
Je fais partie de la majorité socialiste. Aussi je partagerai d’abord mes analyses avec les représentants de l’Etat. Mais je peux souligner la gravité de la situation sur place. La souffrance civile est réelle là-bas. Le régime syrien doit résister aux assauts continus de Daech au Nord comme au Sud du pays. Jeudi encore, des centaines de chrétiens ont été enlevés par les islamistes.

Faut-il renouer un lien avec Bachar el-Assad pour lutter contre l’Etat islamique?
Ce n’est pas à moi de le dire, mais à l’exécutif. J’observe seulement des faits. L’armée régulière syrienne lutte chaque jour contre Daech, qui compte, nous a-t-on dit en Syrie, des ressortissants de 83 nationalités. A Damas, les autorités ont évoqué le chiffre de 2.000 Français dans les rangs des terroristes (le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve évoque 1.400 personnes, Ndlr). Si les Kurdes ont réussi à résister à l’Etat islamique à Kobané, ce n’est pas grâce au seul parachutage d’armes américaines. Ce constat fait, je note que plusieurs pays occidentaux ont rouvert leur ambassade à Damas, comme l’Espagne récemment. Et j’ai pu observer que les Américains y sont encore présents. J’ai ainsi croisé Ramsey Clark, ex-ministre de la Justice américain, dans un ascenseur. Ces éléments méritent d’être apportés au débat.


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