Désinformation: Le Monde redécouvre l’enjuivement du monde (When in doubt, blame the Jews: 40 years after Entebbe, Le Monde rediscovers the good old blame-the-victim game)

6 décembre, 2016
Un soldat israélien, le 24 août, dans le village de Madama près de Naplouse.Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Les pilotes français s’étaient liés d’amitié aux pilotes israéliens qui avaient appris en même temps qu’eux, dans les mêmes écoles, à piloter des Mirages. L’armée française a toujours éprouvé un sentiment d’hostilité envers les Arabes. Ce sentiment, qui survit encore aujourd’hui, est beaucoup plus ancien que la sanglante aventure de l’indépendance algérienne. Comme le souligne l’hebdomadaire parisien, le Nouvel Observateur : ‘L’armée française est unanimement et totalement pro-Israël, et il est évident que les souvenirs de Suez et d’Algérie ne sont pas étrangers à cet état de chose. Mais il y a plus que cela. Il y a une immense admiration pour la technologie avancée de ce pays, sa faculté d’adaptation, son efficacité et le niveau intellectuel de ses officiers. Il y a une grande admiration pour son courage et son esprit de sacrifice à la cause de la nation. L’armée française n’a jamais adhéré aux termes de l’embargo de 1967.’ « Le président de Gaulle sentit la vague d’hostilité qui se développait à tous les niveaux de ses forces armées. Il s’en plaignit amèrement lors du Conseil des ministres du 7 janvier 1969 : « Notre armée s’est enjuivée », déclara-t-il. Dennis Eisenberg, Uri Dan, Eli Landa (Mossad, Les services secrets israéliens, 1977)
Que feraient les Israéliens et Margaret Thatcher dans un pareil cas ? Jacques Chirac
[Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ?] Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ?  Michel Bacos (commandant de l’Airbus d’Air France, Entebbe, 1976)
Championnat du terrorisme, Israël en tête  ! Libération
Israël attaque l’Ouganda L’Humanité
…Lorsque l’Occident développé applaudit, l’Afrique, elle, se réveille humiliée. Israël risque d’y perdre ses dernières amitiés africaines. Le « Blanc » a donné une gifle au tiers monde (…) Reste à savoir maintenant si l’action israélienne portera un coup d’arrêt aux prises d’otages internationales. Les optimistes le pensent. Les pessimistes craignent au contraire que, la prochaine fois, les pirates de l’air, instruits par l’expérience d’Entebbe, ne soient plus rapides et radicaux. Un journal du Koweït écrivait, dès mardi, que le commando de l’« Airbus » avait fait preuve d’une mollesse, qui lui avait retiré toute crédibilité. Les Israéliens, eux, estiment, comme les « chasseurs de pirates » du XIXe, qu’ils ont plus que jamais le droit de poursuite…Ils risquent de se retrouver plus seuls encore et d’être entraînés dans l’engrenage des « missions impossibles » – qu’ils réussiront jusqu’à quand ? » Hervé Chabalier (Le Nouvel Observateur, 12 juillet 1976)
…Les cris de joie, l’allégresse et l’hystérie collective des foules israéliennes ont peut-être permis provisoirement de colmater les profondes lézardes d’une classe dirigeante dont le désarroi était patent, mais ils sont, assurément, annonciateurs d’une violence accrue. Le recours désespéré aux détournements d’avion, condamné explicitement par l’O.L.P., ne saurait justifier, en dépit des problèmes politiques et humains angoissants qu’il pose, la légitimation pour les États, sous le couvert de la « lutte contre le terrorisme », d’un terrorisme « officiel » et de la politique du « coup de main ». En se plaçant sur le terrain même des détourneurs d’avions, mais avec des moyens incomparablement plus puissants, les « commandos » israéliens ont ainsi fait plusieurs dizaines de victimes qui auraient pu être épargnées mais ils ont surtout, ajouté un nouvel épisode à la liste des violations territoriales et des abus de puissance commis au nom de la « protection des ressortissants civils » et du « droit de suite ». Ces prétextes si souvent invoqués pour justifier les pires exactions coloniales. Afrique-Asie (France, 12 au 25 juillet 1976)
Mais pourquoi n’appelle-t-on pas ce mur, qui sépare les Gazaouites de leurs frères égyptiens « mur de la honte » ou « de l’apartheid »? Liliane Messika
After all, this barrier, although built by Mr. Sharon, was birthed by « shaheeds, » suicide bombers whom Palestinian leaders have glorified as martyrs. Qassam missiles can kill two or three people at a time. Suicide bombers lay waste to many more. Since the barrier went up, suicide attacks have plunged, which means innocent Arab lives have been spared along with Jewish ones. Does a concrete effort to save civilian lives justify the hardship posed by this structure? The humanitarian in me bristles, but ultimately answers yes. (…) I reflected on this question as I observed an Israeli Army jeep patrol the gap in Abu Dis. The vehicle was crammed with soldiers who, in turn, observed me filming the anti-Israel graffiti scrawled by Western activists — « Scotland hates the blood-sucking Zionists! » I turned my video camera on the soldiers. Nobody ordered me to shut it off or show the tape. My Arab taxi driver stood by, unprotected by a diplomatic license plate or press banner. Like all Muslims, I look forward to the day when neither the jeep nor the wall is in Abu Dis. So will we tell the self-appointed martyrs of Islam that the people — not just Arabs, but Arabs and Jews — « are one »? That before the barrier, there was the bomber? And that the barrier can be dismantled, but the bomber’s victims are gone forever? Irshad Manji
The leaders of Yemen and Saudi Arabia are due to meet today in an effort to settle a dispute over a security barrier the Saudis are building along their shared frontier. Saudi Arabia, which is battling against insurgents sympathetic to Osama bin Laden, says the barrier will stem the flow of militants and weapons from its southern neighbour. Yemeni opposition newspapers have likened it to the barrier that Israel is constructing in the West Bank – though in fact it is a simpler and even odder structure: a pipeline three metres (10ft) high, supported on posts and filled with concrete. The Guardian
What is being constructed inside our borders with Yemen is a sort of screen … which aims to prevent infiltration and smuggling, It does not resemble a wall in any way. Talal Anqawi (head of Saudi Arabia’s border guard)
Sauf que sans le « Judaïsme », le « Monde Occidental » n’aurait jamais existé ! J’explique : Le « Monde Occidental » avant l’arrivée du Christ, lui-même Juif, de sa mère Marie, mère juive par excellence, puisqu’elle a fait circoncire son fils dans la tradition. Elle lui a fait faire sa « Bar Mitzvah », … Ce « Monde » ne procédait d’aucune unité de cœur et de croyance. C’est l’avènement du Christianisme à Jérusalem, qui va produire le « Monde Occidental », celui dans lequel nous vivons actuellement, … Dans toute l’Europe, les deux Amériques, et sans oublier le continent Australien. Faire croire l’inverse, c’est-à-dire que le « Judaïsme » est venu se greffer sur et dans le « Monde Occidental » procède d’un formidable supercherie et d’un « Non sens historique ». Puisque le monothéisme date de 5777 ans, …Que le Christianisme n’a que 2016 ans. Il a même fallu attendre les années 1962, 1963, 1964 et 1965, … Avec la fin du Conseil oecuménique Vatican II, pour qu’enfin l’Eglise de Rome reconnaisse au Christianisme, le Judaïsme comme pilier principal de son essence. Il y a eu un AVANT et un APRES …. Vatican II Avant Vatican II, …. Existait un « Antisémitisme de religion » qu’entretenait l’Eglise à force de falsifications. Je passe sur la période qui a suivi la « Révolution Française » avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Puis sur la période Nazie avec l’antisémitisme de race. Pour en arriver au 8 Décembre 1965 (fin de Vatican II), à partir du quel on ne parle plus que de « Monde JUDÉO-CHRÉTIEN » pour désigner l’ensemble du monde Occidental. … En opposition au « Monde Arabo-Musulman » C. Hamon
« Attention, braves gens de l’Occident, ce n’est pas le terrorisme qui vous menace, c’est de devenir comme Israël. Se défendre comme le font les Israéliens quand on veut les tuer, c’est mal. Ils n’ont rien compris. Pensez donc: ils cherchent à prévenir les assassinats! Ils feraient mieux de changer de méthode. Bien entendu, le journaliste n’en propose aucune. » Jean-Claude Lafont
Il a grandi au Soudan, a vécu en Egypte, s’est passionné pour le sort des mineurs du Congo… Spécialiste du Moyen-Orient et arabophone , il connaît ces régions de l’intérieur et en fournit des analyses sans concession qui lui valent la reconnaissance de ses pairs et de ses lecteurs. Christophe Ayad aime les enquêtes au long cours, mais aussi les anecdotes: c’est ce goût pour les petites choses qui lui fait écrire un article sur le zoo de Gaza ou encore sur l’hypothétique gifle qui aurait déclenché la révolution égyptienne. Rencontre avec l’un des journalistes les plus brillants de sa génération. France Inter
Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies (…) Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques. Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile. (…) Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend. Christophe Ayad
Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi. (…) Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda. (…) Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976. Jacques Tarnero
Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui (…) vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture. Revenons à l’article lui-même. L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout. Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs. David Frankel
La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah. Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. (…) En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”. Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?” Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”. S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”. (…) L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme! Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde. En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident. Pierre Lurçat

Enjuivez, enjuivez, il en restera toujours quelque chose !

A l’heure où, Bataclan oblige, la France et l’Occident commencent à (re)découvrir …

Bien longtemps après le pasteur allemand Niemöller ou le psychologue américain Eric Hoffer…

Notre sort commun préfiguré dans celui d’Israël et des juifs

Devinez ce qu’en tire Le Monde …

Ou en tout cas l’un de ses « militants déguisés en journalistes » …

Qui oubliant commmodément et entre autres les murs marocain, koweitien, saoudien ou égyptien

Y dénonce une dangereuse « israélisation du monde occidental » !

Et alors qu’on vient justement d’en fêter le 40e anniversaire l’été dernier …

Qui fustigeait déjà à l’instar de Libération, l’Humanité ou l’ONU de Kurt Waldheim …

Un certain monde occidental suite au fameux raid israélien d’Entebbe qui devait libérer plus de 250 passagers et membres d’équipage d’un avion français …

 

L’israélisation du monde vue par Le Monde

Pierre Lurçat *

Vu de Jérusalem

02/12/2016

La vague d’attentats qui a frappé la France et le monde depuis le 11 septembre 2001, et depuis le Bataclan à Paris, a fini par faire comprendre, avec retard, à de nombreux observateurs occidentaux, ce qu’Israël répète depuis de nombreuses années. Le destin de l’Etat juif, en proie au terrorisme islamiste depuis sa création, préfigure celui de l’ensemble du monde libre face aux organisations terroristes (et aux Etats qui les soutiennent et les financent), qu’elles soient motivées par l’idéologie du djihad global, comme l’Etat islamique et Al-Qaida ou par sa variante islamo-nationaliste, comme le Hamas et le Fatah.

Ce constat simple et aujourd’hui banal, a même fini par gagner un journal comme Le Monde, qui publiait ainsi, vendredi 2 décembre, une chronique signée Christophe Ayad en dernière page, intitulée “L’israélisation du monde (occidental)”. Encore faut-il tirer de ce constat les bonnes conclusions… Ayad explique ainsi, en renvoyant à un autre article du Monde paru quelques jours auparavant, que “les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de “loup solitaire”. Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur 2,9 millions) de Cisjordanie”.

Cette information a de quoi impressionner et réjouir ceux qui se soucient de la sécurité d’Israël et de la France, face aux attentats menés par des “loups solitaires”, qui sont par définition imprévisibles et difficiles à contrer. Mais pour le chroniqueur du Monde, ce n’est pas une bonne nouvelle! Il déplore en effet “la cybersurveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe?”

Cette question est certes légitime, et on peut se demander quelle éducation les jeunes Palestiniens reçoivent de leurs enseignants et dans leurs manuels scolaires, et quelle incitation subissent-ils des réseaux sociaux, des programmes télévisés glorifiant les “martyrs” du djihad, et de l’environnement général où ils grandissent, pour en venir à de telles abominations? Mais la réponse de Christophe Ayad est tout autre : “Israël n’a cessé de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin “contre la terreur” [guillemets de C. Ayad], avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique”.

S’il observait la réalité israélienne de manière objective et sans la regarder à travers le prisme de l’idéologie, le chroniqueur du Monde écrirait plutôt que ce sont les Arabes qui adoptent une “approche essentialiste” des Juifs, approche qui apparaît déjà dans le Coran, où les Juifs sont dépeints comme “maudits” et comme des “singes et des porcs”. Mais sa lecture biaisée des événements ne concerne pas seulement Israël : pour étayer sa thèse, Ayad écrit aussi que “l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques”.

“Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israéliennes a pu donner l’illusion d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental… c’est en réalité le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend”, conclut Christophe Ayad. L’israélisation de l’Occident est ainsi, sous ses plumes, une marque d’infamie : en adoptant les techniques et le mode de pensée israéliens pour combattre le terrorisme, l’Occident deviendrait selon lui aussi criticable que l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme!

Cette description très tendancieuse de la réalité, tant israélienne que française, montre que certains observateurs n’ont rien appris des derniers attentats meurtriers qui ont frappé la France. Aux yeux du chroniqueur du Monde, de manière quasiment pathologique, c’est toujours la France, Israël et l’Occident qui sont coupables, même quand des terroristes islamistes tuent hommes, femmes et enfants dans les rues de Paris ou de Jérusalem… Mais il faut reconnaître que cette “culpabilité originelle” de l’Occident n’a pas été inventée par Christophe Ayad et par Le Monde.

En réalité, comme je le montre dans mon livre La trahison des clercs d’Israël, ce sont des intellectuels juifs qui ont, parmi les premiers, développé l’idée d’une faute consubstantielle à la naissance de l’Etat d’Israël (le “péché originel du sionisme”), en accusant systématiquement les Juifs et le sionisme d’être responsables de chaque vague de violence arabe en Eretz-Israël, depuis les années 1920 (avant la création de l’Etat et bien avant la soi-disant ‘occupation des territoires’…). Nous vivons aujourd’hui encore dans le paradigme trompeur de la culpabilité des Juifs et de l’Occident.

* Avocat et écrivain, vient de publier La trahison des clercs d’Israël, La Maison d’édition

Voir aussi:

Dans Le Monde, Christophe Ayad parle de l’enjuivement de la société, les nazis parlaient comme lui
Davvid Frankel

Dreuz Info

3 décembre 2016
Je fais de l’esclandre à Christophe Ayad pour son article intitulé « L’israélisation du monde (occidental) » qui a paru dans le journal Le Monde en date du 1er décembre 2016.
La langue française est suffisamment riche pour ne pas devoir user d’un néologisme lourd et de mauvais aloi.

« L’importation des méthodes israéliennes » aurait fort bien convenu pour titrer un propos empreint de partialité. En outre, vouloir dénoncer la soit-disant « israélisation de l’Occident » nous renvoie aux années noires lorsque les nazis dénonçaient l’ « enjuivement » de la culture.

Revenons à l’article lui-même.

L’idiotie partisane y atteint son paroxysme lorsque le signataire de celui-ci,  au lieu de vilipender ceux qui sèment la mort parmi leurs semblables, dénigre tout au long de son texte un pays où deux mille innocents ont déjà été sacrifiés sur l’autel du terrorisme. Et il est indigne de s’en prendre aux moyens de secours contre les risques terroristes qui foisonnent partout.

Il n’est pas étonnant qu’un tel article voit le jour dans un pays qui est toujours en proie à ses anciens démons. Cette France qui se dépêche à appliquer la discrimination des produits provenant de Judée-Samarie rappelle l’empressement dont le régime collaborationniste français de Vichy, a fait preuve pour étiqueter la mort des juifs.

Voir également:

L’israélisation du monde (occidental)

Chronique. Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’EI, l’Occident s’est mis à ressembler à Israël : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Christophe Ayad

Le Monde

01.12.2016

C’est une information passée inaperçue dans le tumulte politique qui gagne l’Europe après avoir submergé les Etats-Unis. Une nouvelle recouverte par le fracas de la guerre qui traverse le Proche-Orient, d’Alep à Mossoul. Et pourtant, cette histoire aurait pu faire la « une » car elle augure de l’avenir de l’Occident, pour le meilleur comme pour le pire.

Comme le révélait Le Monde dans l’édition du 28 novembre, les services de sécurité israéliens ont déjoué, en avril 2016, le projet d’attaque au couteau d’une jeune fille palestinienne de Jénine, avant qu’elle ne tente de passer à l’acte. Une attaque fomentée dans le secret de sa chambre d’adolescente, sans prendre d’ordre ni avertir personne, un projet parfait de « loup solitaire ».

Comment ? En croisant des renseignements humains avec les données de ses connexions Internet, analysées par de puissants algorithmes qui surveillent en permanence la quasi-totalité de la population palestinienne (2 millions sur un total de 2,9 millions de personnes) de Cisjordanie.

C’est une nouvelle considérable et dérisoire à la fois. La cyber-surveillance poussée à son point de sophistication le plus élevé et le refus de se poser la seule question qui vaille : pourquoi une jeune fille pas encore majeure en vient à projeter de poignarder des soldats ou des civils au lieu d’aller en classe ?

Israël a subi la violence terroriste bien avant qu’elle ne frappe les pays occidentaux et c’est pour cela qu’il faut observer de près ce qui s’est passé dans ce pays ces deux dernières décennies – depuis la vague d’attentats-suicides du Hamas au milieu des années 1990, qui a fait dérailler le processus de paix d’Oslo, déjà moribond après l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin par un extrémiste juif.

Forteresse assiégée

Depuis, Israël n’a eu de cesse de sophistiquer son arsenal technologique et ses moyens militaires dans sa lutte sans fin « contre la terreur », avec un succès réel mais en adoptant une approche essentialiste des Palestiniens, qui chercheraient par nature à tuer les juifs, et au détriment de toute possibilité de règlement politique.

Cette logique a entraîné un cercle vicieux, où chaque nouvelle mesure antiterroriste (le mur de séparation, les checkpoints, les permis de travail, etc.) a suscité la naissance de nouvelles formes de violence. Jusqu’aux plus rudimentaires comme les attaques au couteau.

Dopée par une opinion toujours plus sensible aux questions sécuritaires, la classe politique israélienne a fini par assimiler toute forme de violence à du terrorisme, prônant son éradication totale, dans une quête sans fin du « zéro faille ». Et c’est comme cela que les services de renseignement se retrouvent à surveiller les ordinateurs des adolescentes palestiniennes sans que jamais les politiques réfléchissent à une solution durable.

Tombant dans le piège tendu par Al-Qaida et l’organisation Etat islamique, comme naguère Israël est tombé dans celui du Hamas, l’Occident tout entier s’est mis à ressembler de plus en plus à l’Etat juif : une forteresse assiégée, cherchant des réponses sécuritaires à ses problèmes politiques.

Mais il n’y a pas que dans le domaine de la sécurité qu’Israël a été précurseur : ce fut aussi le cas sur la question des migrants. Dès 2011, le pays a commencé à élever un mur électronique à sa frontière avec l’Egypte pour empêcher les « infiltrations » de candidats africains à l’asile. De fait, Israël est devenu « l’avant-poste » d’un monde occidental qui se voit comme cerné, faible et en décadence face à un monde devenu hostile.

L’éloge de la force plutôt que la force du droit

Le débat sur le « grand remplacement », en vogue dans les milieux de droite et d’extrême droite en Europe mais aussi aux Etats-Unis (où les Latinos tiennent le rôle des communautés arabo-musulmanes de ce côté-ci de l’Atlantique), fait écho à celui sur le caractère juif et/ou démocratique d’Israël : pour protéger la nature juive d’Israël, il faudrait renoncer à certains de ses aspects démocratiques, sous peine d’être englouti sous la masse des Palestiniens, qu’ils soient citoyens ou maintenus sous le joug de l’occupation.

Autrement traduit : pour préserver notre modèle, il faudrait renoncer à certains des aspects de l’Etat de droit, un débat qui a des échos en France depuis l’instauration de l’état d’urgence. L’éloge de la force plutôt que la force du droit. D’où les innombrables attaques contre la Cour suprême et les ONG accusées de « trahison » des intérêts nationaux.

C’est aussi au nom de cette prétendue menace démographique et culturelle, que le discours de la majorité « blanche » s’est tribalisé. La question identitaire a fini par se substituer à toutes les autres, pourtant bien réelles, à commencer par celle des inégalités sociales.

Se souvient-on du « printemps israélien », qui vit des centaines de milliers de manifestants se mobiliser pendant tout l’été 2011 contre la cherté des logements, et plus généralement contre l’érosion méthodique de l’Etat-providence depuis le milieu des années 1990 ? Pourtant, les élections de 2015 ont débouché sur le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

Boucs émissaires

Ici comme là-bas, les pauvres votent non pas pour ceux qui défendent leurs intérêts mais pour ceux qui leur jettent en pâture des boucs émissaires. Outre les Palestiniens, les anciennes élites – essentiellement ashkénazes –, qui ont fondé le pays et ses valeurs, sont devenues l’objet d’un fort ressentiment des « dominés » de la société israélienne : les séfarades, les immigrants russes, etc.

Si la droitisation extrême de la vie politique et de l’opinion israélienne a pu donner l’illusion, ces dernières années, d’un isolement croissant de l’Etat juif par rapport au reste du monde occidental, fatigué de l’impossible règlement du conflit israélo-palestinien, c’est, en réalité, le contraire qui s’est passé : c’est l’Occident qui a rejoint Israël, devenu le symptôme avant-coureur de ce qui l’attend.

C’est pour cela, que malgré son caractère de « basse intensité » et son passage au second plan face au chaos régional, il est essentiel de régler le conflit israélo-palestinien d’une manière réaliste et rationnelle.

Voir encore:

Jacques Tarnero

28 Juin 2016

« La liberté a un prix » / « Freedom is not free »
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe 1976 ?
Il y a quarante ans, le 27 juin 1976 le vol 139 de la compagnie Air France était détourné de son trajet initial Tel Aviv – Paris vers l’aérodrome d’Entebbe en Ouganda par un commando terroriste allemand et palestinien. Une semaine plus tard dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, par un raid éclair, l’armée israélienne parvenait à libérer les otages et à les ramener libres en Israël.
Pourquoi faut-il se souvenir d’Entebbe ? Pourquoi faut il se souvenir de cette action terroriste en particulier et pourquoi faut-il se souvenir de l’opération menée par Israël ?
Parce que les germes du temps présent sont inscrits dans cette semaine de l’été 1976. Tout y est : la violence terroriste, l’alibi progressiste de cette violence, les gestes antisémites des terroristes, le courage de l’équipage, la solitude d’Israël, la couardise des nations, l’audace de l’attaque israélienne, les réactions à cette intervention, les masques de la bonne conscience .
Cette affaire d’Entebbe est exemplaire à plus d’un titre : bien sur il y a l’exploit militaire mais il y a surtout les autres parts réelles et symboliques de cette pièce : les terroristes : qui sont-ils, comment se sont-ils comportés ? Qui étaient les otages et en particulier l’équipage de l’Airbus et son commandant ? Qui composait la force israélienne ? Comment fut imaginée son action ? Quelle en était la part de risque ? Quelles furent les réactions du pouvoir en France ? Quels furent les discours des décideurs politiques, des diplomates ? Quels furent les réactions politiques et les commentaires médiatiques ?
Cette histoire représente à la fois une action politique, militaire et symbolique. Parce que ce fait d’armes mérite qu’on lui rende hommage d’une part pour son audace et sa performance et qu’il va rester comme l’une des actions les plus audacieuses de l’histoire militaire, d’autre part pour la leçon de choses qu’il donne. Cette action est emblématique d’un combat pour la liberté contre le fascisme contemporain fût-il grimé des oripeaux de la Révolution au service des déshérités.
Ceux qui ont la chance de vivre libres doivent rendre hommage à ceux qui ont permis cette liberté. L’hommage des vivants aux Résistants du Vercors, aux Justes des nations, à ceux qui sont venus de l’autre côté de l’Atlantique pour mourir à Omaha beach, au commando d’Entebbe qui est venu libérer des innocents retenus en otage. C’est une même histoire qui se raconte. Celle ci regroupe dans un temps réduit, limité, précis, tous les ingrédients des blessures, des impostures, des crimes du XXe siècle.
Quels sont les acteurs ?
Premier acteur: le commando terroriste 
Il est composé de deux palestiniens et  deux allemands de l’ex Fraction Armée Rouge. Que des palestiniens du FPLP détournent un avion civil, il n’y avait pas à l’époque matière à étonnement. Dès 1970, la piraterie aérienne et la prise d’otage révolutionnaire constituaient les moyens d’une fin mal définie. La cause palestinienne avait muté en mythe magnétique, attirant à elle tous les désirants planétaires de la radicalité anti impérialiste. Depuis le spectaculaire attentat aux jeux olympiques de Münich en 1972, la Palestine a envahi l’espace de l’imaginaire révolutionnaire. Après l’Algérie, Cuba et le Viet Nam, la cause des causes porte le keffieh. Arafat s’était substitué à Guevara pour une longue marche sanglante vers l’avenir radieux des masses opprimées. Peu importait si le massacre en 1974 d’écoliers israéliens à Maalot en était le prix : la fin justifiait des moyens auxquels les intellectuels gauchistes de l’époque trouvaient des vertus émancipatrices. Par la seule magie de son sigle, le FDPLP (qui avait donc ajouté le D de démocratique à ses initiales) trouvait grâce aux yeux de la LCR… C’est donc nourri de ces idéaux que ce commando transnational va opérer. La nouveauté réside dans le partage des tâches à l’intérieur même du groupe.
Ce sont les allemands et les palestiniens qui vont trier dans les passagers otages à Entebbe. Ils vont séparer ceux qui sont juifs ou israéliens de ceux qui ne le sont pas. Wilfried Boese et sa complice Brigitte Kuhlmann sont issus de la génération allemande née après guerre. Ils sont ou prétendent être anti fascistes, anti-impérialistes, anti nazis, mais ils vont symboliquement reconduire les gestes du nazisme, de la génération d’avant, de cette dont ils se veulent la rédemption. Pour de vieux otages juifs à l’avant bras tatoué, c’est un cauchemar déjà vécu qui refait surface.  La rédemption du geste nazi par son décalque révolutionnaire. C’est tout le rapport dévoyé à la mémoire du fascisme de la génération européenne de l’après guerre qui s’exprime dans ce geste. Les gauchismes nés de L’Allemagne post nazie, du Japon post impérial ou de l’Italie post fasciste prétendent se libérer de la faute de la génération d’avant, de leurs parents. Dans une dialectique folle, ils reconduisent symboliquement les mêmes gestes : ils vont tous avoir pour cible privilégiée les victimes du fascisme et du nazisme : à Lod, en 1972, à l’aérodrome de Tel Aviv, ce sont des japonais de l’Armée Rouge Japonaise qui ont massacré au nom de la Révolution mondiale. Ce sont groupes radicaux italiens qui vont prêter main forte à un attentat contre la grande synagogue de Rome. Le choix de l’Ouganda d’Amin Dada comme lieu refuge pour le commando palestino allemand ajoute à la confusion symbolique. Amin Dada est devenu un admirateur d’Hitler après avoir été un allié d’Israël. Sa brutalité inculte, son délire n’ont pas dégouté les gauchistes ni les commentateurs de l’époque déplorant qu’Israël soit intervenu comme un colonialiste humiliant un pauvre africain noir.
Ce renversement symbolique de la cible ne fait pas problème pur ces antifascistes. S’attaquer aux cibles juives labélisées « sionistes » est un geste progressiste dans les années 70, puisque les palestiniens sont considérés comme les nouveaux juifs et que le nouvel Hitler se nomme Israël. On pourra mesurer le succès ultérieur de cette mise en équivalence née dans les années rouges. Cette équation se déclinera avec le succès que l’on sait jusque dans les années 2000, de l’intifada  à la conférence de l’ONU de Durban (Aout 2001). C’est au nom des droits de l’homme et de l’antiracisme que s’exprime la haine des juifs. Elle trouve désormais sa légitimation au nom de l’émancipation du genre humain.
Deuxième acteur et élément de réflexion : les otages avec en particulier l’équipage de l’Airbus 
Le commandant Michel Bacos, ancien des Forces Françaises Libres fait le choix de rester avec ses passagers, avec les passagers juifs restants que le commando a gardés. Tout l’équipage partage la décision de son commandant qui veillera jusqu’au bout à ce que tous les otages soient bien embarqués dans les avions israéliens venus les secourir. Au cours de l’assaut israélien, Michel Bacos criera à ses passagers : « couchez vous, ce sont les israéliens … » Plus tard un journaliste lui posera cette question « comment aviez vous deviné que c’étaient des soldats israéliens ? » et Michel Bacos  eut cette réponse : « mais qui d’autre vouliez vous que ce soit ?» Cette parole lui sera reprochée. Cet équipage et son commandant sont des Justes au même titre que ces Justes qui ont protégé de leur vie des Juifs traqués sous Vichy ou le nazisme.
Tous les otages ne furent pas saufs. Trois furent tués pendant l’assaut et une otage âgée,  madame Dora Bloch, transportée à l’hopital de Kampala, fut assassinée par les sbires d’Amin Dada en vengeance de l’action israélienne.
Troisième acteur : la riposte israélienne
La décision de mener une action de force pour libérer les otages reste un choix politique d’une audace inouïe et d’une incroyable prise de risques. La complexité tactique de l’opération (la distance à parcourir, les risques sur place en Ouganda) donnait à sa réussite un pourcentage de chance réussite réduit. Cette action est exemplaire à plusieurs titres : celui du courage, celui de la solitude, celui de la solidarité d’un peuple qui ne compte que sur lui même. Loin d’être une action réduite à sa performance technique, l’opération est exemplaire pour les conditions psychologiques et culturelles qui lui ont permis de réussir. Elle est aussi humiliante pour ceux  qui ont fait la fine bouche sur son succès : la diplomatie française.
L’action militaire israélienne n’aura coûté qu’une seule vie aux soldats de Tsahal. Le chef opérationnel de la force d’intervention, le colonel Yonathan Netanyahu,  soldat d’élite et philosophe à la fois. La lecture de ses lettres met en valeur cette qualité particulière de ces hommes nourris d’un idéal spirituel éloigné de tout fanatisme. Cet intellectuel puise sa force dans autre chose que la force. On est bien loin des clichés militaristes. Jonathan Netanyahu est autant un soldat de l’An deux qu’un cadet de Saumur ou qu’un de ceux de l’Affiche rouge.
Mais qui peut entendre cela aujourd’hui ?
Quatrième acteur et élément : l’action diplomatique
Depuis novembre 1967, « la politique arabe de la France » constitue l’axiome de sa diplomatie proche orientale de la France. Même si les nostalgies de grandeur visant à damer le pion aux « anglo-saxons », même si les rêves d’un Levant chrétien inspiré par la France, se sont quelque peu estompés, une autre politique s’est bien mise en place : le temps du « Israël, notre ami, notre allié » (de De Gaulle à Ben Gourion) est bien révolu. Cette réorientation stratégique, apparaît désormais solidement établie au nom de ce qui est estimé correspondre à l’intérêt du pays : besoins en pétrole et des débouchés économiques de l’hexagone. Trois ans après le choc pétrolier de la guerre du Kippour (1973) il ne s’agit surtout pas d’alourdir la facture par des gestes inconsidérés. Ceci pourrait être éventuellement entendu au nom d’une politique à courte vue des intérêts supposés supérieurs du pays.
La diplomatie a besoin d’un supplément d’âme  qui va trouver chez Charles de Foucauld, Benoit Meschin ou Louis Massignon la source de son inspiration. Le Quai d’Orsay est en manque d’un Lawrence d’Arabie au petit pied. Des liens avec le futur « ami Saddam » se nouent. De Pompidou à Giscard  l’empathie pour Israël n’est pas de mise. Le Quai d’Orsay ne trouve rien à redire au boycott arabe et au mieux la France s’abstient pour le vote à nombre de résolutions d’organisations internationales de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OMS accablant Israël, au pire elle y consent. Dans l’affaire d’Entebbe quelle va être l’attitude de la France ? Il s’agit d’un avion français, d’un équipage français, pour partie de passagers français. Le président de la République est Valery Giscard d’Estang, son Premier Ministre est Jacques Chirac, son Ministre des Affaires étrangères, Jean Sauvagnargues et son Ministre de l’Intérieur Michel Poniatovsky.
Si l’Elysée se réjouit de la libération des otages (sans nommer leur libérateur ni même le remercier) la seule réaction où le nom « Israël » est prononcé vient du Quai d’Orsay qui regrette que la souveraineté de l’Ouganda ait été malmenée par Israël. On ne peut que rétrospectivement prendre la mesure de ce passé diplomatique, de ces choix politiques hasardeux (équipement nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein) et dans cette caution donnée à la part régressive du monde arabe sous couvert d’équilibre et de justice pour les faibles et les pauvres.
Le dernier élément de cette histoire réside dans son impact et les réactions qu’elle a provoquées
En Israël c’est l’euphorie d’un pays tout entier à la joie d’avoir vaincu l’adversité. Ce qui semblait impossible a été rendu possible grâce à l’audace et au courage. Israël est resté fidèle à sa formule matricielle : « ein brera », « il n’y a pas le choix ». En Occident, les réactions dépendent des inclinations idéologiques de chacun. Le 5 juillet Libération affiche ce titre : « championnat du terrorisme, Israël en tête » avec un éditorial de Serge July  dénonçant « le temps des hypocrites » et l’action néo coloniale contre un Ouganda souverain. L’Humanité n’est pas en reste et dénonce « l’attaque Israélienne contre l’Ouganda »…
L’histoire continue… mais la libération des otages à  Entebbe demeure comme un exemple d’énergie et de courage pour les nations, pour celles qui ne démissionnent pas devant le crime. Le 4 juillet 1976 le courage avait un nom : celui d’Israël. La liberté a un prix. Freedom is not free !
Un film racontant cette fabuleuse histoire est en cours de réalisation. Il a besoin de votre aide tant rapporter un exploit d’Israël ayant sauvé les passagers français d’un avion français, un équipage français, est quelque chose qui ne peut pas être dit ni montré selon les canons du politiquement correct.
 

Voir de même:

40 ans de l’Opération Yonathan
Jacques Tarnero : « A Entebbe, les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens »
Sandrine Szwarc

Actualité juive

30/06/2016

Si la liberté a un prix, l’exploit d’Israël à Entebbe en porte le témoignage. Pour le marteler, le sociologue, essayiste et documentariste Jacques Tarnero prépare un documentaire, “La liberté a un prix/Freedom is not free” dont la sortie est prévue au printemps 2017.

Actualité Juive : Vous travaillez actuellement sur un film documentaire concernant le raid d’Entebbe dont on célèbre ces jours-ci le quarantième anniversaire. Quelle en est l’origine ?
Jacques Tarnero : L’idée de faire un film sur Entebbe est née du souvenir que j’avais de cette affaire. Pour moi, il représente la plus parfaite illustration du code éthique de Tsahal à propos de la « pureté des armes ». Je ne connais pas beaucoup d’opérations militaires incarnant à ce point la lutte du Bien contre le Mal. Je pourrais intituler ce film : « Les salauds, les héros et les corniauds », tant chacun est dans un rôle exemplaire. Les salauds sont les terroristes, allemands et palestiniens. Ils vont trier entre les passagers, séparant les otages israéliens et juifs des autres otages non-juifs. Et ce sont des Allemands d’extrême gauche qui vont participer à ce tri ! Au nom de la libération des peuples et de la justice pour les Palestiniens ! Le salaud grotesque c’est Idi Amin Dada qui va héberger et protéger les terroristes. Les héros, ce sont les passagers otages, dignes jusqu’au bout. Ce sont les membres de l’équipage de l’Airbus d’Air France qui ont refusé d’abandonner leurs passagers. Ils méritent d’être nommés Justes parmi les Nations car ils ont protégé des Juifs au péril de leurs propres vies. Le commandant de l’Airbus d’Air France, Michel Bacos est un héros en Israël. Il a eu cette parole fabuleuse quand la télévision lui a demandé : « Comment saviez-vous que c’étaient les Israéliens qui venaient vous libérer ? ». Il a répondu : « Et qui d’autre vouliez-vous que cela fût ? ». Cette réponse a déplu à certains dans les hautes sphères françaises à l’époque. Les héros, ce sont enfin les soldats de ce commando de l’armée israélienne qui ont accompli cet invraisemblable exploit. Il faut nommer deux d’entre eux : Yoni Netanyahou qui commandait la force d’assaut et qui a été le seul soldat de Tsahal tué, et Sorin Hershko, qui est resté paralysé à vie après qu’une balle lui a sectionné la moelle épinière. Les pilotes des avions Hercule, sur qui reposait toute la réussite de cet exploit, sont aussi des personnages fabuleux de modestie. Ils ont réussi quelque chose d’invraisemblable. Les corniauds enfin ce sont tous ceux qui ont fait la fine bouche devant cet exploit : il s’agit d’un avion français, de passagers français, d’un équipage français et c’est Israël qui vient les libérer. La France de Giscard d’Estaing dit merci du bout des lèvres. La presse de gauche fait la grimace ou condamne : Libération titre « championnat du terrorisme, Israël en tête » !

A.J.: Le commando terroriste est-il une illustration du nazislamisme ?
J.T. : Le commando se définissait comme révolutionnaire d’extrême gauche. Il anticipe la conférence de l’ONU à Durban contre le racisme, en 2001 où l’on a crié des « mort aux Juifs » au nom de l’antiracisme. L’identité politique de ce commando est au contraire exemplaire du renversement du sens des mots. Il prétend agir pour la justice et il va trier entre les passagers, séparant juifs et non-juifs. Ainsi il va reconduire – au nom de la liberté – les gestes des bourreaux nazis de la génération d’avant. Personne n’a voulu comprendre à l’époque ce que symboliquement cela signifiait de la part de jeunes Allemands : la rédemption du crime nazi par le crime révolutionnaire. Joshka Fischer, gauchiste à l’époque (il deviendra ministre des Affaires étrangères du chancelier Shroeder) va dénoncer cette action. Elle constituera pour lui un révélateur et sa rupture avec l’extrême gauche. Ce n’est qu’au début des années 80, après la montée en puissance de l’islamisme que le gauchisme va virer à l’islamogauchisme.

« Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même »
A.J.: On ne le répète pas assez : en quoi l’action militaire israélienne pour libérer les otages a été exemplaire ?
J.T. : L’action militaire israélienne est exemplaire à plusieurs titres. D’abord la prise de décision. Celui qui décide est seul, et le Premier ministre Yitzhak Rabin a décidé. Tout repose sur lui, comme sur le pilote du premier avion Hercules qui va poser son appareil dans le noir. Cela aurait pu tourner à la catastrophe tant les risques étaient grands. Il a fallu une audace inouïe pour imaginer une telle opération. Il faut se remettre dans le contexte psychologique de l’époque. Il y a eu le traumatisme de la guerre de Kippour, celui de l’attentat des jeux olympiques de Munich, de Maalot, de Lod. Israël n’arrête pas de porter le deuil, et brusquement avec une énergie fabuleuse Israël renverse le cours de l’histoire et ceci grâce à une poignée d’hommes. Israël a utilisé la force armée pour combattre un terrorisme ignoble à tous points de vue qui avait pris des civils innocents en otage. Que l’Humanité et Libération à l’époque, aient condamné l’action d’Israël est aussi exemplaire de cette ignominie idéologique dont la gauche de la gauche est souvent friande.

A.J.: Et paradoxalement, le Quai d’Orsay a condamné les victimes. Entebbe serait-il une étape dans « la politique arabe de la France » ?
J.T. : Le Quai d’Orsay est resté fidèle à lui-même, c’est-à-dire un organe réactionnaire, perpétuant une vision absurde du rôle de la France au Proche-Orient, faisant les yeux doux à ses ennemis, alors qu’elle se prétend protectrice des Chrétiens d’Orient… Les locataires du Quai d’Orsay se rêvent en Lawrence d’Arabie illusoires. A l’époque le Quai qui est piloté par Jean Sauvagnargues, va déplorer l’action contre l’Ouganda tout en se félicitant de la libération des otages sans nommer leurs libérateurs. La « politique arabe » de Giscard d’Estaing a sans doute été la plus antipathique pour Israël, suivie de peu par celle de Chirac.

A.J.: En conclusion, quelles sont les leçons à retenir d’Entebbe que vous traiterez dans votre long-métrage ?
J.T. : Les leçons d’Entebbe se résument en une formule qui est celle gravée dans le monument à Washington, honorant les marines américains tombés à Omaha Beach : « freedom is not free ! », « la liberté n’est pas gratuite ». Elle a un prix, celui du courage, et Israël, cette nuit du 3 au 4 juillet 1976 était l’incarnation du courage, c’est-à-dire tout ce qui fait défaut à l’Europe aujourd’hui.

Voir enfin:
Raid sur EntebbeJacques Tarnero : « Un interdit de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël »
Lundi 4 juillet 2016 par Nicolas ZomersztajnIl y a 40 ans, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, un commando de l’armée israélienne lance un raid sur Entebbe (Ouganda) pour libérer les 103 passagers juifs du vol Air France Tel-Aviv-Paris détourné par un groupe de terroristes allemand et palestinien.Le film La liberté a un prix* du documentariste français Jacques Tarnero raconte cette histoire. Rencontre avec Jacques Tarnero qui revient sur cette opération exceptionnelle de Tsahal, ainsi que sur les difficultés d’en parler aujourd’hui en France.L’opération Entebbe menée par Tsahal fut-elle une véritable prouesse ?Jacques Tarnero : Bien-sûr. Les risques pris pour mener cette opération de sauvetage étaient immenses. Tout reposait sur les épaules du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et sur celles de l’officier pilote qui pose le premier Hercule C-130 à Entebbe dans le noir le plus total. Il aurait suffi qu’un pneu de l’avion éclate ou que les Ougandais ouvrent le feu pour que cela tourne au désastre. Il y a eu de la part des Israéliens une prise de risque d’une audace stupéfiante. Non seulement cette opération est une performance technique, mais il s’agit aussi d’une action éthique. Le chef du commando, Yoni Netanyahou, appartient à une classe de soldats israéliens pour qui la « pureté des armes » n’était pas un vain mot. J’ajoute qu’il faut aussi rendre hommage à l’équipage Air France du commandant Michel Bacos, pilote de l’Airbus A300 d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris. L’attitude de cet équipage est digne de celui des Justes parmi les nations pendant la Guerre : ils ont protégé des Juifs menacés de mort au péril de leur propre vie, alors que les terroristes leur avaient proposé de partir.Qu’apporte votre film sur cet événement déjà largement documenté ? J.T. : Ce film va d’abord rappeler cette histoire aujourd’hui largement et délibérément occultée tant le politiquement correct ne peut admettre une image positive d’Israël. Les témoignages que j’ai recueillis posent des questions qui n’ont pas été traitées jusqu’à présent : que viennent faire deux terroristes allemands de l’extrême gauche, de l’ex-Fraction Armée Rouge (Brigitte Kuhlmann et Wilfried Böse), dans ce détournement d’avion ? On peut légitimement se poser la question. Bien qu’ils soient mercenarisés par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ils pensent être du bon côté en combattant pour la cause palestinienne. Ils vont néanmoins participer à ce geste symbolique de la sélection en séparant les passagers juifs des non-juifs. Les preneurs d’otages ont ainsi libéré dans un premier temps les passagers non israéliens, ne gardant que les Juifs, qui étaient menacés de mort au cas où Israël n’accéderait pas à leur demande. Une otage juive parlant allemand a demandé à Wilfried Böse s’il avait conscience de ce qu’il était en train de faire. Il ne lui a pas répondu. C’est ce geste qui conduira Joschka Fischer (ministre allemand des Affaires étrangères de 1998 à 2005 et militant gauchiste dans les années 1970) à rompre brutalement avec le gauchisme. Au nom de la Révolution, il estime que ses camarades reproduisent les gestes que leurs parents ont accomplis au nom du nazisme.Après la libération des otages par le comando de Tsahal, c’est pourtant Israël qui est condamné par la Communauté internationale. Comment l’expliquez-vous ? J.T. : Tout le monde juge le dictateur ougandais Amin Dada grotesque. Alors que le détournement sur Entebbe est le commencement du déclin d’Amin Dada dont on savait à l’époque qu’il était le bourreau de son peuple. Près de 300.000 personnes ont été tuées sous son règne. Or, après le raid israélien, le Secrétaire général de l’ONU, l’ancien SA Kurt Waldheim, condamne Israël en l’accusant de violer la souveraineté ougandaise. Ce qui est pitoyable, mais pas étonnant de la part d’un ancien nazi.La diplomatie française n’est pas très brillante non plus… J.T. : Le Quai d’Orsay regrette qu’il y ait eu des dégâts. Le président Giscard d’Estaing se félicite de la libération des otages, mais ne dit jamais qui les a libérés. Il ne remercie même pas les autorités israéliennes d’avoir sauvé un avion Air France avec un équipage français et des passagers français. Lorsque les journalistes demandent au commandant Bacos comment il a su que le commando qui les sauvait était israélien, il a répondu « qui voulez-vous que ce fut d’autre ? ». Suite à cette déclaration, l’état-major français se fend d’un communiqué dans lequel il affirme que l’armée française aurait pu le faire. Toujours est-il qu’elle n’a rien fait. Il y avait tout simplement un véto politique. Il est clair que les forces françaises étaient capables d’agir, d’autant plus qu’elles ont des bases à Djibouti ou ailleurs en Afrique. La distance est moins longue qu’entre Tel-Aviv et l’Ouganda.N’avez-vous pas le sentiment qu’il y avait déjà un climat hostile à Israël qui préfigure ce que nous voyons aujourd’hui en termes d’antisionisme et d’antisémitisme ? J.T. : Il y a un début et une fin. Cela commence le 27 juin et cela finit quelques jours plus tard le 4 juillet 1976. Il y a une unité de temps et tous les acteurs sont dans leur rôle respectif. J’aurais pu intituler ce film Les salauds, les héros et les corniauds. Les terroristes sont les salauds, l’équipage du vol Air France et les soldats israéliens les héros, et les diplomates sont les corniauds. Mais pas les seuls parmi les corniauds. Il faut aussi y inclure les commentaires médiatiques et politiques de l’époque. Ainsi, le 5 juillet 1976, Libération titre de cette manière : « Championnat du terrorisme, Israël en tête », avec un éditorial de Serge July dont le titre est « Le temps des hypocrites ». Il condamne sans appel ce qu’il considère comme une euphorie occidentale néo-colonialiste où les Israéliens ont attaqué un pays africain. En revanche, il ne dit pas un mot sur le terrorisme. L’Humanité ne fait pas mieux en titrant « Israël attaque l’Ouganda ». La victime, c’est donc l’Ouganda, et non pas les passagers pris en otage. L’Humanité en rajoute une couche en sous-titrant que Tsahal emmène les otages en Israël, comme si c’était l’armée israélienne le preneur d’otages. On voit donc que toutes les dérives anti-israéliennes dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont déjà présentes en 1976.Avez-vous déjà un distributeur ? J.T. : Non. J’ai stocké des images, fait des interviews, mais le film n’est pas terminé, car il faut le pré-achat d’une chaine pour disposer des moyens financiers. Faire un film qui n’a d’autre prétention que de rappeler qu’Israël est allé sauver des passagers français d’un avion français oblige à faire des contorsions devant des comités de sélection pour intéresser des chaines de télévision françaises. La production est en train de prospecter, mais c’est très compliqué. Sortir un film sur une action héroïque et positive d’Israël qui sauve un avion, des passagers et un équipage français, ça ne peut pas être dit en France. Je suis confronté à une sorte de non-dit lorsqu’il s’agit de m’expliquer pourquoi on ne veut pas de ce film. Ainsi, j’avais introduit une demande de subvention auprès d’une région française. Elle m’a été refusée. J’ai donc demandé pourquoi. Il m’a été répondu que mon documentaire est « manichéen », de « parti-pris » et « unilatéral ». On me reproche de ne pas donner la parole à l’autre ! Mais qui est l’autre ? C’est hallucinant. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le point de vue démocratique. Comme s’il fallait donner la parole aux SS lorsqu’on parle de la Shoah. Le rapporteur de la commission de sélection des films m’a reproché de ne pas replacer les choses dans leur contexte. Mais je parle de Lod, Kiryat Shmona et de Maalot… Voilà le contexte. Et je sens aussi que les télévisions ont peur de diffuser un documentaire qui risque, dans leur esprit, de paraître comme islamophobe. Comme s’il y avait un interdit intériorisé de dire ou de montrer quelque chose de bien d’Israël et de démonter l’imposture du gauchisme. Si j’avais parlé de la Shoah, de Vichy ou du Front national, on m’aurait accueilli avec un tapis rouge.

*Cliquez sur La liberté a un prix pour consulter la bande annonce du film de Jacques Tarnero

Voir par ailleurs (par un conspirationniste patenté du Réseau Voltaire)

Le Monde trouve de nouveaux mensonges et en recycle d’anciens
Louis Denghien

Info Syrie

20 juin 2012

Christophe Ayad, une figure de la désinformation bobo-atlantiste (parmi un certain nombre d’autres)
Le quotidien français naguère de « référence« , Le Monde, publie dans la rubrique Idées de son site un article récapitulatif de la situation actuelle en Syrie. C’est intéressant bien que largement mensonger, ou d’ailleurs intéressant car largement mensonger. En effet, l’auteur, Christophe Ayad, du service international du quotidien, donne à peu près l’état de l’analyse désormais faite par nos élites franco-mondialisée, au terme de 16 mois d’échecs diplomatique de l’Occident atlantisé, sur la crise.

S’abritant derrière une toute récente déclaration d’Hervé Ladsous, en charge à l’ONU des opérations de maintien de la paix, Ayad officialise en quelque sorte la guerre civile syrienne. Plus exactement, précise l’homme du Monde, il y a trois guerres civiles en une.

– d’abord une « guerre (du pouvoir) contre les civils« , ayant débuté en mars 2011. C’est l’occasion pour Christophe Ayad de recycler un des clichés favoris de la propagande anti-Bachar, auquel les journalistes français ne renoncent pas volontiers : celui des « manifestants à mains nues« . Ce cliché a certes correspondu à un réalité dans les tous premiers temps de la révolte, à Deraa notamment. Mais très vite, les manifestants ont été doublés par des extrémistes armés qui ont enclenché le cycle provocation-répression. Ayad dit que cette « révolution pacifique » se poursuit aujourd’hui dans tout le pays, et que la persistance de ces manifestations infirme la thèse du pouvoir syrien selon laquelle il n’est confronté qu’à des bandes armées. Car, écrit Ayad, « les Syriens ne veulent pas renoncer à ce qui fait l’essence même de leur révolution ».

Tiens donc ! On touche là à  ce que nous avons déjà appelé le « stalinisme bobo » : des milliers, voire, dans le meilleur des cas, des dizaines de milliers de manifestants aux slogans fleurant bon le sectarisme religieux – dont un grand nombre d’enfants en bas âge – représentent donc LES Syriens dans leur ensemble, qui sont tout de même la bagatelle de 23 millions ! Et dont des centaines  milliers ont à plusieurs reprises manifesté dans plusieurs villes leur soutien au gouvernement, sans que Christophe Ayad leur accorde la plus fugitive allusion. Si l’on est indulgent, on dira que le plumitif du Monde est tellement auto-formaté dan sa bonne conscience « citoyenne »qu’il ne se rend plus compte de ce qu’il écrit, ni des réalités du rapport de forces politique en Syrie !

-la deuxième guerre civile, il fallait bien qu’Ayad y vienne assez vite, c’est le « conflit inégal mais meurtrier » qui oppose depuis la fin de l’été l’ASL  à l’armée régulière. Réactivant le mythe biblique du David rebelle contre le Goliath gouvernemental, Christophe Ayad explique que si l’ASL n’est pas de taille à battre l’armée de Bachar, sa tactique de guérilla, son implantation et les armes « qu’elle commence à recevoir » inquiètent de plus en plus le régime…

Non, M. Ayed, l’ASL inquiète surtout – pour reprendre votre rhétorique – LES Syriens, qui perçoivent dans leur grande majorité les bandes rebelles comme des terroristes qui multiplient les attentats contre les personnes et les destructions des biens et infrastructures, et prennent des populations entières en otage comme à Homs. Quant aux (ex)actions des bandes armées elles ont commencé plus tôt que vous ne le dites : c’est le 6 juin 2011 qu’une troupe d’islamistes armés, qui ne se recommandaient pas encore de l’ASL, ont pris d’assaut un QG de la police à Jisr al-Choughour, massacrant au moins cent membres des forces de l’ordre. Et si la lutte est inégale entre les bandes et les militaires, c’est aussi que les premiers recourent souvent à la tactique de l’assassinat ciblé ou de l’embuscade contre le seconds.

Propagande invérifiable encore (et pour cause) que l’affirmation, empruntée prudemment à un service de l’ONU, selon laquelle les rebelles contrôlent « 40% » du territoire syrien : c’est l »habitude de l’OSDH de déclarer qu »une ville ou une région est sous contrôle de l’ASl, dès lors qu’une bande y a fait une apparition ponctuelle, avant de devoir s’éparpiller au premier retour offensif de l’armée. Au début de l’année, les médias français, Monde en tête, nous ont fait le coup, rappelez-vous, de l’ASL contrôlant toute la périphérie est de Damas, au point pratiquement d’assiéger Bachar dans son palais. Cette légende urbaine a duré 48 heures, mais manifestement elle fait encre rêver un Christophe Ayad !

Ce qui serait cruel, à cet égard, ce serait de se repasser le fil d’un an de dépêches OSDH/AFP, et d »articles du Monde : car on y lirait une suite ininterrompue de succès militaires de l’insurrection, transformant presque toutes les villes de Syrie en bastions, recrutant un flot continu de soldats dissidents, à se demander comment il subsiste un État et une armée syro-bachariste à l »heure actuelle !

-troisième conflit en cours en Syrie selon l’analyse ayadienne, « la guerre de tous contre tous » : là, le collaborateur du Monde vise les massacres de civils, commis d’un communauté à l’autre. Et là, bien sûr, Ayad sort de son chapeau la tuerie de Houla, en mai dernier, l’attribuant avec une tranquille assurance aux chabihas alaouites. Sait-il, ou feint-il d’ignorer, ce bourreur de crânes bobos, que pratiquement toutes les victimes de ce massacre appartiennent justement à des famille alaouites, et que même une famille était celle d’un député bachariste ? Que la télévision russe (qu’un Ayad, formé à la rude école gaucho-atlantiste de Libération, évidemment méprise statutairement) mais aussi un grand reporter de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont recueilli assez de témoignages et d’indices pour conclure à la responsabilité des miliciens islamistes, ASL ou pas, puisque même notre Ayad reconnait, avec ses mots de Tartuffe, « une grande autonomie des groupes » censés constituer cette ASL, et aussi une possible « infiltration » de celle-ci « par une composante djihadiste » (Que galamment ces choses-là sont dites !)

Bien-pensance géostratégique, déni de réalité, franc mensonges, mythes propagandistes, Le Monde sera toujours le Monde, et ses collaborateurs des collabos de l’OTAN ! Quand bien même ils auraient reçu, comme Christophe Ayad, le prix Albert Londres (décerné par le gratin du journalisme français mainstream) Mais, au fond, c’est la réalité et l’avenir qui devraient fournir le meilleur démenti aux assertions de ces militants déguisés en journalistes.


Boucliers humains: A Alep comme à Gaza, la désinformation vaincra (After Beirut and Gaza, Aleppo: Will the West ever learn ?)

16 octobre, 2016
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Men and civil defence members look for survivors from under the rubble after an airstrike on the rebel held village of Taftanaz eastern countryside of Idlib, Syria, August 13, 2016. REUTERS/Ammar Abdullah

Quelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative, c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision. John Kerry
Bachar el Assad ne mériterait pas d’être sur la terre. Laurent Fabius
Al Nosra fait du bon boulot. Laurent Fabius
La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes. Jean-Marc Ayrault
La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision. Jean-Marc Ayrault
Si le choix est entre Bachar et DAECH, il n’y a pas de choix. Jean-Marc Ayrault
Le régime syrien a confirmé avec une brutalité inouïe son objectif. Objectif qui n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme, l’objectif c’est la capitulation d’Alep. Nous avons tous en mémoire Guernica, Srebrenica, Grozny. Ce qui se déroule à Alep est la répétition de cette tragédie. Jean-Marc Ayrault
A propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire. Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons. (…) À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU. (…) Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un. Vladimir Poutine (TF1)
Obama handling of Syria continues to become more incoherent and more damaging to American interests. Putin has not only, thanks to White House dithering and irresolution, managed to reinsert Russia into Middle East politics in a spoiler role and his gains have not just included a deepening and commercially beneficial relationship with Iran and the weakening of the European Union and Merkel’s leadership in it over the refugee issue; he has also, thanks to the incoherence of American policy, managed to drive a thick wedge into NATO by further alienating Turkey from the West and, especially Washington. As for what a naive and vainglorious President Obama once (back in those days when he collected Nobel Peace Prizes and was hailed as the second coming of Abraham Licoln by a clueless and infatuated press corps) identified as a central goal of his foreign policy—the reconciliation of America with the Muslim world—his callous abandonment of the Syrian Sunnis to their increasingly genocidal foes has done as much, if not more, to tarnish America’s reputation among Sunni Arabs than anything any of his predecessors managed to do going back to Harry Truman. The issues in Syria are difficult and the alternatives are few, but President Obama’s Syria policy is one of the shabbiest and sorriest displays of serial ineptitude that has unfolded in world politics in all these many years. That his emissaries and representatives attempt to cover the nakedness of their policy with grandiose rhetorical denunciation of the crimes that Obama’s incompetence has enabled merely underscores the horrifying moral and political emptiness of the President’s approach to world politics. Walter Russell Mead
Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental. Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. (…) Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde. Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée. Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN. La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche). Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver. A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine. La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes. Hadrien Desuin
Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community. The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict. While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace? Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different. The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza. Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians. Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia. And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.” The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian. One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties. The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy? Simon Plosker
Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexes: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik. Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. (…) Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles. (…) L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes. (…) Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants. (…) Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep.(…) En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli. L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique. Alexis Feertchak
Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation. Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant. Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré. Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie. Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? (…) L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? (…) Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens. (…) L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. (…) Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager. (…) La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir? Caroline Galactéros

Cachez ces boucliers humains que je ne saurai voir !

Après la pantalonnade que l’on sait de la visite annulée du chef d’Etat français avec son homologue russe …

Pendant que sans la moindre mise en perspective et jusqu’à susciter les vocations les plus fourvoyées …

 Nos belles âmes nous matraquent avec les tragiques images des victimes civiles des bombardements syro-russes …

Comment ne pas repenser …

Sans compter l’évident deux poids deux mesures (imaginez les manifestations qu’aurait provoqué, venant des forces israéliennes, ne serait-ce que le centième des dégâts collatéraux des actuels bombardements d’Alep !) …

Aux tristement fameuses campagnes de désinformation qui, sur fond d’usage massif de boucliers humains achetés ou forcés, avaient marqué les guerres d’Israël contre les forces terroristes du Liban ou de Gaza ?

Et surtout ne pas voir avec la politologue Caroline Galactéros …

L’incroyable mélange d’aveuglement et d’hypocrisie qui sert actuellement de politique étrangère aux dirigeants occidentaux …

Qui après avoir précipité l’émergence des djihadistes de l’Etat islamique suite à l’abandon criminel de l’Irak et de la Syrie par l’Administaration Obama …

Les voit aujourd’hui soutenir …

Contre une Russie plus que jamais revanchiste et un Iran à qui l’on vient par ailleurs de reconnaitre le droit à l’arme ultime …

Et avec, entre deux bombardements de civils au Yemen ou ailleurs, les habituels fourriers saoudiens et qataris du djiadisme …

Rien de moins que la prochaine génération de djihadistes ?

Caroline Galactéros : « La décision de Vladimir Poutine humilie la diplomatie française »
Caroline Galactéros
Le Figaro
11/10/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Vladimir Poutine a annoncé qu’il reportait sa visite à Paris où il devait rencontrer François Hollande. Pour Caroline Galactéros, cette décision n’est que la suite logique d’un amateurisme complet de la France en Syrie et ailleurs dans le monde.

Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Découvrant, mais un peu tard, que la guerre tue, qu’elle est laide, injuste et sans pitié, et surtout que l’on pourrait un jour peut-être, au tribunal de l’Histoire, venir demander à Paris des comptes sur son inaction face au drame – à moins que ce ne soit sur ses actions et ses options politiques-, la France a pris les devants. Accusant avec l’ONU le régime syrien et la Russie de crimes de guerre à Alep, elle a déposé en hâte un projet de résolution au Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant l’arrêt des combats et des bombardements sur l’est de la ville (dont elle feint de croire qu’il n’est peuplé que de civils innocents qui resteraient là de leur propre gré et que la Russie et le régime pilonneraient par pure cruauté), l’acheminement de l’aide humanitaire et la reprise du processus de négociation.

Que dire de cette initiative, apparemment inspirée par une indignation vertueuse face au drame bien réel vécu par la population d’Alep-Est, à un moment où la tension russo-américaine monte dangereusement et peut faire craindre un dérapage militaire sur le terrain que certains, à Washington et à l’OTAN, appellent ouvertement de leurs vœux? S’agit-il d’une nouvelle salve d’irénisme aveugle et de «pensée magique», funeste version 2016 de «Boucle d’or au Pays des trois ours» découvrant une intrusion dans sa maisonnette idyllique? Ou d’une gesticulation habile mais dangereuse qui n’a pour but, en prétendant débloquer la situation, que de jouer les utilités au profit de Washington en fossilisant un peu plus les positions des deux camps qui s’affrontent désormais ouvertement sur le corps exsangue de la nation syrienne? Difficile de démêler la part de négation du réel de celle de l’alignement sur ce que l’on présente comme «le camp du Bien» …et de nos intérêts nationaux, si mal évalués pourtant.

Ce cinéma diplomatique vient évidemment de se solder par un véto russe, attendu par Paris, Londres et Washington qui veulent faire basculer l’indignation internationale contre Moscou à défaut de mettre en cohérence leurs objectifs politiques et militaires avec leur prétendue volonté de paix. Mais prendre la tête du chœur des vierges ne suffit pas et ne trompe plus personne. L’évidence crève l’écran. «L’Occident» ne mène pas la guerre contre l’islamisme sunnite ou alors de façon très résiduelle: il le nourrit, le conseille, l’entraine. DAECH, dont la barbarie spectaculaire des modes d’action sert d’épouvantail opportun et de catalyseur de la vindicte occidentale, permet de juger par contraste «respectable» l’avalanche de djihadistes sunnites d’obédience wahhabite ou Frères musulmans qui ne combattent d’ailleurs pas plus que nous l’Etat islamique mais s’acharnent sur le régime syrien. Et l’Amérique comme la France cherchent avec une folle complaisance, dans ce magma ultraviolent, des interlocuteurs susceptibles d’être intronisés comme «légitimes» et capables de remplacer un autocrate indocile qui a le mauvais goût de résister à la marche de l’Histoire version occidentale et à la vague démocratique censée inonder de ses bienfaits un Moyen-Orient politiquement arriéré.

Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, cruels tyrans sans doute, n’ont pu y résister et croyaient encore pouvoir argumenter avec leurs adversaires occidentaux (longtemps leurs alliés) quand leur sort était en fait scellé depuis longtemps. Bachar el Assad a bien failli y passer lui aussi. Mais à notre grand dam, Moscou a vu dans cette nouvelle guerre occidentale de déstabilisation par procuration, une occasion inespérée de sécuriser ses bases militaires, de défier l’Amérique qui la méprisait trop ouvertement, de regagner une influence centrale dans la région et de traiter «à la source» le terrorisme qui menace son territoire et ses marges d’Asie centrale et du Caucase. Et l’a saisie.

Dans ce Grand jeu explosif de reconfiguration de l’équilibre du monde et notamment du nouveau duel cardinal, celui de Washington avec Pékin, la France, je le crains, s’est trompée du tout au tout et démontre à la face du monde mais surtout à l’ennemi – qui observe notre incohérence diplomatique et politique-, qu’elle pratique admirablement le grand écart stratégique… aux dépens toutefois, de nos concitoyens. Comment justifier en effet notre combat au Mali contre les djihadistes sunnites, notre soutien en Irak aux chiites contre les sunnites, et en Syrie notre appui aux groupuscules sunnites les plus extrémistes contre Bachar el Assad…tout en prétendant profiter du marché iranien entre ouvert ….et vendre des armes aux Saoudiens et Qataris sunnites qui sont by the way les financiers du djihadisme mondial dont nous subissons la haine et la violence terroriste sur notre sol désormais à un rythme soutenu? C’est de l’opportunisme à très courte vue, mais plus encore un hiatus stratégique béant et la manifestation d’une totale incompréhension du réel.

De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par notre entêtement à vouloir en finir avec le régime syrien actuel dont nul n’imaginait qu’il résisterait si longtemps aux feux croisés de l’Amérique et de ses alliés sunnites. L’exigence américaine – reprise à son compte par Paris – d’une cessation des bombardements aériens sur Alep-Est «pour raisons humanitaires» aurait permis en fait de laisser les islamistes de la ville (soit rien moins qu’Al Nosra et consorts) se refaire une santé militaire en se servant des civils comme de boucliers humains, de poursuivre leurs tirs d’obus sur la partie ouest de la ville et d’empêcher Damas et Moscou de faire basculer décisivement le rapport de force militaire en faveur de l’Etat syrien dans le cadre d’une négociation ultime. Qui a d’ailleurs fait échouer le cessez le feu signé le 9 septembre dernier à Genève? Les groupes terroristes qui n’en voulaient pas et les Etats-Unis qui ont bombardé les forces syriennes à Deir el Zor et ouvert la voie aux forces de l’Etat Islamique. Encore un accord de dupes.

Temps court versus temps long, individu versus groupe, froideur politique versus empathie médiatique (sélective): on se refuse à voir, dans nos démocraties molles, que la véritable action stratégique, pour être efficace, ne peut prendre en compte que des nombres, des masses, des ensembles, des mouvements, des processus, quand toute l’attention médiatique et la gestion politicienne des crises, elles, veulent faire croire que l’individu est central et se concentrent sur la souffrance et le sort des personnes, alors que celles-ci sont depuis toujours et sans doute pour encore longtemps sacrifiées à la confrontation globale et brutale entre Etats. Les images terrifiantes de la guerre au quotidien masquent la réalité d’un affrontement sans scrupules de part et d’autre, dont en l’espèce les malheureux Syriens ne sont même plus les enjeux mais de simples otages.

L’impensé du discours français n’en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l’expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d’autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d’Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l’œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom – Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n’attendent qu’un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l’Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles – apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps?

Croit-on sérieusement que l’on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l’agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu’ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu’entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l’herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait!

L’interview accordée le 5 octobre dernier par notre ministre des Affaires étrangères à la veille de son départ pour Moscou à Yves Calvi sur LCI est à cet égard, un morceau de bravoure édifiant, qui escamote la réalité et brosse un paysage surréaliste du conflit et de ce qu’il faudrait y comprendre et en attendre.

Florilège et exégèse….

«La guerre ne sert à rien. Elle ne fait que renforcer les djihadistes»

Est-ce à dire qu’il faut les laisser faire, leur donner les clefs du pays et prier peut-être, pour qu’ils ne massacrent pas les minorités qui y demeurent encore et instaurent la démocratie? Faut-il ne plus agir en espérant qu’ils vont s’arrêter? De qui se moque-t-on? Adieu Boucle d’Or. Nous sommes au Pays des rêves bleus de Oui-Oui…

Les Russes, qui se disent satisfaits de l’efficacité de leurs frappes contre les terroristes d’Alep-Est «sont cyniques» … Qui est cynique ici? Celui qui déforme la réalité d’un affrontement pour ne pas avouer qu’il est (avec d’autres) à la manœuvre d’une déstabilisation d’Etat par des groupuscules terroristes liés à Al-Qaïda (matrice de Daech) sous couvert d’aspiration à la démocratie? Ou ceux qui cherchent à réduire l’emprise djihadiste et à renforcer des structures d’Etat laïques avec ou sans Bachar?

«La politique de la France est claire… Nous avons une stratégie, une vision

Ah?! Laquelle? Nous avons depuis 5 ans une politique étrangère à contre-emploi et à contre temps, réduite à deux volets: action humanitaire et diplomatie économique. En gros vendre des armes à tout prix aux pays sunnites, les aider à faire la guerre et à s’emparer du pouvoir à Damas… et porter des couvertures aux victimes de cet activisme économico-militaire: les Syriens.

En dépit de l’excellence de nos forces armées, de la présence du Charles de Gaulle sur zone et de nos missions aériennes soutenues, Paris n’est diplomatiquement et stratégiquement plus nulle part en Syrie, et depuis longtemps. Par dogmatisme, par moralisme, par notre parti pris immodéré pour les puissances sunnites de la région, nous nous sommes engouffrés dans un alignement crédule sur la politique américaine qui s’est en plus retourné contre nous dès l’été 2013, lorsque Barack Obama a dû renoncer à frapper directement Damas au prétexte d’un usage d’armes chimiques qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé. Un camouflet d’autant plus lourd à porter que notre ancien ministre des affaires étrangères avait jugé bon, dès août 2012, de dire que «Bachar el Assad ne méritait pas d’être sur terre» et, en décembre 2012, «qu’Al Nosra faisait du bon boulot». L’Etat Français a d’ailleurs été poursuivi – en vain à ce jour -pour ces déclarations ministérielles qui ont de facto encouragé le prosélytisme islamiste et le terrorisme en présentant le départ pour la Syrie à des apprentis djihadistes français comme une œuvre politique salutaire, avec les résultats que l’on connait sur le territoire national. N’en déplaise à Monsieur Ayrault, la France n’est ni écoutée, ni considérée, ni attendue sur le dossier syrien. Elle en est réduite à servir de go between entre Washington et Moscou lorsque ceux-ci ne peuvent plus se parler et qu’il faut faire semblant, une fois encore, de rechercher un compromis et d’amener Moscou à lever le pied d’une implication trop efficace à notre goût.

«Si le choix est entre Bachar et Daech, il n’y a pas de choix

Mais c’est pourtant le cas, ne nous en déplaise. Nous combattons l’Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n’existe pas «d’islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l’EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c’est aujourd’hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l’Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l’Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l’immédiat, il faut choisir entre le soutien à l’Etat syrien – que le régime d’Assad incarne-, et DAECH et Cie.

Le sommet est atteint à la fin de l’intervention ministérielle, lorsque l’on apprend que «la Syrie future devra être unitaire, avoir des structures étatiques stables, être protectrice de toutes ses minorités, mettre en place des institutions solides, contrôler son armée et ses Services…» (sic)! Les bras nous en tombent. Voici décrite…la Syrie d’avant la guerre! Ce terrifiant carnage n’aurait-il donc été qu’un coup d’épée dans l’eau?

Mais le pire était à venir. Ce matin, nous avons franchi un nouveau seuil dans le ridicule et le suicide politique. Au moment où il est d’une extrême urgence de se parler enfin à cœur ouvert, de dire la vérité, d’abandonner les poses et les anathèmes, de ne plus se tromper d’ennemi, de faire front commun – comme l’ont proposé les Russes depuis des lustres -, contre l’islamisme qui a décidé notre perte et s’esclaffe de notre ahurissante naïveté et de notre faiblesse, le président de la République française s’interroge publiquement, de bon matin, dans une émission de divertissement, devant l’animateur Yann Barthes sur TMC, sur l’opportunité de recevoir Vladimir Poutine à Paris le 19 octobre prochain! «P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non …» La réponse de Moscou à cette insulte ne s’est pas fait attendre: le Président russe ne viendra pas. Nous sommes au fond du fond du fond de l’impuissance politique et l’on se laisse couler, saisis par l’ivresse des profondeurs en croyant surnager.

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l’Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C’est l’Etat qu’il faut aider à survivre à l’offensive islamiste au lieu d’encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l’Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d’Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?

Voir aussi:

Alep : pourquoi la tragédie humanitaire ne bouleverse pas la donne géopolitique
Alexis Feertchak
Le Figaro
29/09/2016

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que la crise humanitaire s’aggrave, le régime syrien soutenu par les Russes et les Iraniens reprend du terrain. Pour Fabrice Balanche, les rebelles sont plus que jamais liés à Al-Qaïda et Moscou ne saurait être le seul responsable du chaos.

Agrégé et docteur en Géographie, Fabrice Balanche est maître de conférences à l’Université Lyon-2 et chercheur invité au Washington Institute. Spécialiste du Moyen-Orient, il a publié notamment La région alaouite et le pouvoir syrien(éd. Karthala, 2006) et Atlas du Proche-Orient arabe (éd. RFI & PUPS, 2010).

FIGAROVOX. – À propos d’Alep, le politologue libanais Ziad Majed a déclaré au journal Le Monde: «Si on parle d’un point de vue de droit international, et de la convention de Genève, ce qui se passe commence même à dépasser le cadre des crimes de guerre, ce sont presque des crimes contre l’humanité». Quelle est aujourd’hui la situation humanitaire dans l’ancienne capitale économique de la Syrie?

Tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Mais les choses sont bien plus complexe: le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik.

Cela dit, il est évident que ce qui se déroule à Alep-Est est horrible pour les populations civiles qui sont sous les bombes. Ce que décrit l’ONU sur la situation humanitaire est exact: hôpitaux détruits, population terrée dans des abris, femmes et enfants prisonniers des décombres, etc. Mais tous les observateurs un peu réalistes avaient anticipé ce qui allait se passer si les rebelles ne quittaient pas Alep-Est, comme cela leur avait été proposé par la Russie. Je citerais tout simplement John Kerry au micro de la NPR le 14 septembre dernier:

«Quelle est l’alternative (en Syrie)? L’alternative est-elle d’ajouter encore des milliers de morts aux 450.000 personnes qui ont déjà été tuées. Qu’Alep soit complètement envahie? Que les Russes et Assad bombardent partout indistinctement dans les jours à venir pendant que nous regardons cela impuissant? L’alternative c’est essayer d’obtenir tout de même quelque chose puisque l’Amérique ne veut pas intervenir avec ses troupes. Or, l’Amérique a pris la décision de ne pas intervenir militairement en Syrie. Le Président a pris cette décision».

L’Armée syrienne soutenue par l’aviation russe a repris un quartier de la zone d’Alep contrôlée par les rebelles. De quels rebelles s’agit-il?

Les rebelles «modérés» ont refusé de se désolidariser du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. Au contraire, deux des principaux groupes rebelles d’Alep dit «modérés», la brigade al-Zinki et Suqour es-Sham, se sont même officiellement affiliés à la coalition (Jaysh al Naser) dirigée par le Front al-Nosra durant la dernière trêve. Cela indique que le Front al-Nosra domine davantage les différentes factions rebelles, y compris celles considérées comme «modérées». Le Front al Nosra n’est pas membre de Fatah Halep, la coalition des rebelles d’Alep, mais c’est lui qui sur le terrain dirige les opérations militaires. Son emprise sur Alep-Est n’a fait qu’augmenter depuis le printemps 2016, date à laquelle il a envoyé 700 combattants en renfort alors que des combattants des brigades modérées commençaient à quitter la zone avant que la dernière sortie ne soit coupée. L’ouverture provisoire d’une brèche dans le siège d’Alep, en août 2016 (bataille de Ramousseh), a encore augmenté son prestige et son emprise sur les rebelles.

L’accord de coopération militaire américano-russe, qui portait d’abord et avant tout sur Alep, semble avoir fait long feu. Comment expliquer cet échec?

L’Arabie Saoudite et autres bailleurs arabes de la rébellion syrienne n’ont aucun intérêt à voir se concrétiser l’accord entre les États-Unis et la Russie. Ils veulent que le combat continue car sinon cet accord russo-américain signifie la victoire du camp Assad en Syrie et notamment celle de l’Iran. Les Saoudiens n’ont que faire des civils syriens, ils bombardent quotidiennement depuis deux ans le Yémen sans aucune considération pour la population civile. Nous sommes dans une guerre régionale et les considérations humanitaires sont instrumentalisées sans scrupules. L’objectif pour l’Arabie Saoudite est précisément d’obliger les États-Unis à intervenir davantage en Syrie pour bloquer l’Iran et la Russie. Pour cela il faut influencer l’opinion publique, c’est-à-dire les électeurs des membres du Congrès, en vue d’infléchir la politique américaine. Cela fonctionne puisqu’Alep est devenu un mot-clé de l’élection présidentielle américaine et il faudra beaucoup de détermination au successeur de Barak Obama pour résister aux pressions interventionnistes.

Mais revenons aux faits. Depuis le printemps 2012, date de la militarisation à outrance de l’opposition syrienne, le régime syrien utilise une stratégie classique de contre-insurrection. Il s’agit moins de gagner les cœurs que de faire plus peur que l’adversaire et de prouver qu’il est le seul capable de ramener la paix en Syrie. Après cinq années de guerre, tout ce qui compte pour l’immense majorité des Syriens c’est précisément de vivre en paix, peu leur importe qui dirige le pays. Sur le plan psychologique, Bachar el Assad a donc gagné puisqu’il apparaît, au pire, comme le moindre mal. Il lui reste à éliminer les rebelles. Pour cela il faut les séparer de la population civile dans laquelle ils se dissimulent. La technique de contre-insurrection utilisée à Alep-Est consiste donc, depuis l’hiver 2013-2014, à bombarder sporadiquement pour faire fuir les civils, puis d’encercler le territoire rebelle. Résultat auquel l’armée syrienne est parvenue début septembre. La population d’Alep-Est est ainsi passée de plus d’un million d’habitants en 2011 à 200,000 aujourd’hui selon l’ONU, mais sans doute beaucoup moins. À titre de comparaison la partie occidentale d’Alep, sous contrôle gouvernemental, compte 800,000 habitants.

Quel semble être aujourd’hui l’objectif du Kremlin et de Damas?

Après trois années de bombardement, le camp de Bashar el Assad considère que ceux qui restent dans Alep-Est soutiennent les rebelles, car les autres ont eu tout le temps de fuir. C’est en partie vrai, car il s’agit pour l’essentiel des familles des combattants, qui sont donc payées pour rester. Désormais, la seule solution envisagée par les militaires pour les convaincre de quitter Alep-Est est de frapper aveuglément et massivement. Dans quelques jours, une trêve sera sans doute proclamée pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être évacués. Mais encore faut-il qu’ils le puissent, car les groupes radicaux empêchent les civils de partir pour les utiliser comme boucliers humains, comme ce fut le cas à Homs. Puis les bombardements reprendront jusqu’à la reconquête totale des quartiers rebelles d’Alep. Il faut noter que c’est la première fois depuis l’été 2012, que l’infanterie est engagée pour reprendre du terrain comme le quartier de Farafirah au centre-ville, Sheikh Saïd au sud, ou l’ex camp palestinien de Handarat au nord.

Ce que j’ai décrit était annoncé. La seule façon de l’empêcher est d’entrer dans une confrontation militaire avec la Russie en abattant les avions russes et syriens. Je doute que l’Occident souhaite une escalade de ce type. Certains évoquent la distribution de missiles sol-air aux rebelles, au risque de les voir tomber dans les mains d’Al-Qaïda ou de Daesh. Par ailleurs, il n’est pas sûr que cela soit efficace, car les Russes bombarderaient de plus haut avec du plus lourd et feraient donc plus de dégâts. La Russie pourrait aussi frapper avec des missiles de croisière depuis la mer Caspienne.

Au-delà d’Alep, le rapport de force est-il en train de changer entre le régime et les rebelles? Que change sur ce point l’intervention turque qui se poursuit tout au Nord de la Syrie?

La Russie ne croit plus à la possibilité d’un accord de coopération militaire avec les États-Unis. Le bombardement de l’armée syrienne à Deir ez Zor par l’aviation de la coalition internationale, le 17 septembre dernier, fut le coup de grâce donné à ses longues et laborieuses négociations. S’agit-il d’une erreur comme le prétendent les États-Unis? Ou d’une mauvaise information donnée sciemment par un membre de la coalition qui aurait intérêt à voir échouer l’accord? Erreur ou non, cet épisode risquerait d’entamer la crédibilité de la Russie si Vladimir Poutine ne réagissait pas énergiquement. En tout état de cause, le Président russe considère que les États-Unis sont incapables de convaincre leurs alliés de cesser le combat, il a donc décidé de les mettre devant le fait accompli.

L’exécutif américain est paralysé au moins jusqu’à la prise de fonction de la nouvelle administration en janvier 2017. Il s’agit donc de l’emporter à Alep d’ici trois mois. Recep Teyep Erdogan, a lui, anticipé ce qui allait se passer et il a trouvé plus judicieux de négocier avec Vladimir Poutine. Il a obtenu du maître du Kremlin la création d’une zone sous influence turque au Nord-Est d’Alep pour accueillir les futurs réfugiés, tout en bloquant l’avancée des Kurdes vers l’Ouest. En échange, le Président turc a dû s’engager à réduire son soutien aux rebelles syriens. Ce qui augure mal de l’avenir de la rébellion syrienne car la Turquie est indispensable pour son soutien logistique.

Voir également:

Hollande déboussolé face à Poutine

La France plus isolée que jamais

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Causeur

13 octobre 2016

Le report sine die de la visite du président russe à Paris, pourtant prévue de longue date, est un nouvel épisode du burlesque qui guide notre diplomatie depuis presque cinq ans. L’inauguration de la cathédrale orthodoxe du quai Branly était l’occasion pour la France de se replacer dans le jeu diplomatique alors que les relations américano-russes sont au plus bas. Mais François Hollande n’a pas eu le courage de préserver l’indépendance de la France. Il a préféré rallier in extremis les bons élèves du camp occidental.

Hollande improvise sur TMC

Dans une séquence improvisée, François Hollande a benoitement livré au micro de TMC ses hésitations. “Je me suis posé la question (…) Est-ce que c’est utile ? Est-ce que c’est nécessaire ? Est-ce que ça peut être une pression ?”  Il commence par confirmer au jeune journaliste qui se trouvait là qu’il va recevoir le président russe et il finit sa phrase en ânonnant “si je le reçois…” Il est tellement sincère, au fond, notre président. On le voit hésiter, trembler en direct. Comme une Léonarda diplomatique. Cet homme n’aime pas ce pour quoi il a été élu: décider et choisir. Il laisse la décision à Vladimir Poutine. Et Vladimir Poutine de lui répondre moqueur :  “je viendrai quand François Hollande sera prêt”. Comme si Hollande n’était pas vraiment dans son assiette. Pas vraiment maître de lui même. Après tout, la France doit parler à Moscou pour exister sur la scène internationale. Mais la Russie n’a pas besoin de Paris pour compter dans le monde.

Bluff présidentiel

Désireux de se ressaisir et de dissiper ce perpétuel sentiment de flou, François Hollande a tenté devant l’Assemblée du Conseil de l’Europe de prouver qu’il avait un cap, qu’il avait la carrure de Vladimir Poutine. Il a ainsi prétendu avoir reporté l’entrevue suite à ”un désaccord majeur entre la Russie et la France ». Mais c’est trop tard, le mal est fait. La France s’est humiliée.

Drapé dans une logique humanitaire à sens unique, Jean-Marc Ayrault semble, de son côté, avoir enfilé les bottes de Laurent Fabius. Après le départ de ce dernier au Conseil Constitutionnel, la diplomatie française semblait pouvoir prendre une tournure un poil plus réaliste. En particulier dans ces deux grandes crises ukrainienne et syrienne mais depuis c’est la rechute. Le retour des grandes déclarations, des coups de menton et des doigts levés; cette parodie d’Aristide Briand à la SDN.

La Russie a du mettre son véto à la résolution française de cessez le feu à Alep. Une gifle que le quai d’Orsay n’a pas digérée. Car Poutine est déterminé à terminer le siège des quartiers Est et à reprendre le contrôle de la Syrie septentrionale. Il s’agit pour Moscou, Téhéran et Damas d’infliger une cuisante défaite aux rebelles djihadistes alliés à la branche syrienne d’Al-Qaïda (leur « divorce blanc » n’a trompé personne pour reprendre l’expression de Fabrice Balanche).

Obama a besoin de Poutine

Moscou entend accélérer les choses avant les élections américaines. Les deux candidats promettent de replacer les Etats-Unis au rang de leader du monde libre mais ils ne prêteront serment que fin janvier. En attendant, Barack Obama n’a pas caché son souhait de reprendre Mossoul avant son départ de la Maison-Blanche. Sa priorité est la chute de Daech et il sait qu’il doit compter malgré tout sur Moscou pour atteindre son but. La course contre-la-montre est engagée. Tout doit être terminé pour l’hiver.

A l’initiative de Moscou et Damas, plusieurs cessez-le-feu ont déjà été négociés ou proposés à Alep, sous l’égide de l’ONU, afin que la population alépine puisse sortir de ce piège. Malheureusement, les groupes djihadistes ont interdit à la population d’en profiter. La population civile est le bouclier humain et la caution morale des djihadistes et de leur famille. Les hôpitaux abritent des QG, ils permettent aux grands chefs de la rébellion de se protéger mais aussi d’exposer les blessés aux bombardements de l’aviation russe (comme à Kunduz avec l’aviation américaine). Le but est de jouer sur la corde humanitaire occidentale et de provoquer une intervention sinon une pression occidentale sur Poutine.

La France se fait le porte-voix  de ses clients du Golfe. Lesquels relayent les cris des groupes djihadistes enfermés dans Alep. La France surjoue son rôle de patrie des droits de l’homme et de soldat de la paix. Mais en réalité, elle n’est plus maîtresse de son propre jeu. La France est entrée dans une confrontation avec la Russie qui la marginalise un peu plus. Plutôt que de réactiver une guerre froide inutile avec Moscou, et de multiplier les rebuffades, Paris ferait mieux d’assumer le dialogue. Pour combattre notre seul et vrai ennemi commun, les djihadistes.

Voir encore:

Interview intégrale du Président Poutine par TF1

Le 11 octobre, alors que le président Hollande, avec toute l’élégance de son rang et de son niveau, claironne alentour qu’il ne souhaite pas recevoir le Président Poutine, ce dernier accorde une interview à un journaliste de TF1. Cette interview bizarrement nous ne pouvons la trouver sur le site de la chaine française, ni à fortiori vérifier et préciser le nom de l’intervieweur. Il est vrai que ce n’est pas le moment pour les occidentaux de donner place aux points de vue russes…

Cette interview a évidemment eu une résonance minimale dans la presse française et plus largement européenne, alors que Poutine y précise des aspects très importants des évènements en cours. Et nous devons le souligner, avec un tact, une précision, et un vocabulaire extrêmement mesuré. Ceci alors que les hauts représentants du monde occidental ne renoncent ni aux excès de langage, ni à la grossièreté. Sans parler du non-respect des normes et convenances diplomatiques les plus élémentaires.

RI choisit ici de vous traduite le texte intégral de cette interview, sur base du texte officiel mis en ligne sur le site de la présidence russe http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

Mufasa

***

Interview du Président Poutine par la chaîne de télévision française TF1 le 11 octobre 2016.

Président Poutine: Mais comment êtes-vous arrivé ici [i]? Nous nous trouvons dans une toute petite ville de province. Maintenant partout où nous venons en Russie, dans n’importe quel village nous trouvons des Français. Mais c’est très bien comme ça, cela nous fait bien plaisir.

Question TF1 : Monsieur le Président pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous n’avez pas fait ce voyage à Paris ?

Président Poutine : C’est très simple,  il était supposé que nous allions solennellement inaugurer un centre récemment construit à Paris, un centre culturel et une cathédrale russes, mais nous avons pu observer que ce n’était pas le moment opportun pour un évènement de ce type.  D’autant moins si l’on considère notre incompréhension mutuelle sur ce qui se passe en Syrie et plus précisément autour de la ville d’Alep. Mais sinon nous sommes évidemment toujours ouverts  à ce que nous puissions nous consulter et dialoguer sur ce thème.

Question TF1: mais c’est exactement ce que voulaient les Français, utiliser le contexte de votre visite pour discuter de la situation en Syrie. Tandis que vous c’est pour cette même raison que vous renoncez à la visite.

Président Poutine: Mais sachez que nous n’avons pas réellement refusé, on nous a fait savoir que  la cause principale,  à savoir l’ouverture de ce centre culturel et religieux, n’est pas appropriée. Mais si la raison principale de mon déplacement à Paris n’est pas appropriée, alors nous trouverons certainement une autre possibilité qui soit plus appropriée pour discuter de la situation en Syrie.  Nous n’avons aucune limite à ce sujet nous sommes ouverts au dialogue.

Simplement on nous a fait savoir que ce n’est pas le moment le plus confortable pour de telles manifestations et puis c’est tout. Quant à nous, nous n’avons rien refusé.

Question TF1: De nombreux représentants officiels occidentaux parmi lesquels John Kerry, Jean-Marc Ayrault, même François Hollande, utilisent une rhétorique dure envers la Russie à propos des bombardements à Alep, sous lesquels tombent des cibles civiles, telles que des hôpitaux. Certains même recourent à l’expression « crimes de guerre ». Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Président Poutine: Je dirais que c’est une rhétorique politique qui n’a pas grand sens ni ne tient compte de la réalité de ce qui se passe dans ce pays. Et je dirai maintenant pourquoi. Je suis intimement convaincu que dans la situation qui s’est instaurée dans la région dans son ensemble et en Syrie en particulier la responsabilité incombe à tous nos partenaires occidentaux, et en premier lieu évidemment les États-Unis d’Amérique et leurs alliés, dont évidemment les pays leaders de l’Europe.

Rappelons-nous avec quel engouement tous là-bas soutenaient la révolution arabe. Où est-il ce bel optimisme ? Par quoi cela s’est-il terminé ? Souvenons-nous ce que représentaient la Libye et l’Irak avant la destruction de leurs états, de leurs gouvernements. Qui ont été anéantis  par les diverses forces armées de nos partenaires occidentaux.

Ce n’étaient pas bien sûr des modèles de démocratie tels que cela se comprend aujourd’hui. Certainement on pouvait influer sur les structures de ces sociétés, les structures de ces gouvernements et de ces pouvoirs. Par les forces autochtones. Mais dans tous les cas il n’y avait précisément pas de signes avant-coureurs de terrorisme dans ces pays. De ces territoires ne partaient pas de menaces, ni pour Paris, ni pour la Côte-d’Azur en France, ni pour la Belgique, la Russie ou pour les États-Unis d’Amérique.

Actuellement ce sont des sources de terrorisme. Et notre but consiste exactement à éviter qu’en Syrie ne se développe une telle situation.

J’anticipe votre question à propos des réfugiés. Je suppose que vous voulez en parler ? Même si ce n’est pas le cas je vais aborder cette question. Souvenons-nous que les problèmes des réfugiés sont apparus bien avant que la Russie n’entreprenne ses actions pour la normalisation et la stabilisation de la situation en Syrie. L’exode massif de personnes de ces énormes territoires du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Afghanistan, a commencé bien avant notre intervention en Syrie. Aucun reproche à la Russie à propos de l’augmentation du problème des réfugiés n’est acceptable. Notre but justement est de restaurer les conditions pour le retour des réfugiés sur leur lieu d’existence antérieure.

Maintenant à propos de la situation humanitaire autour d’Alep. Pensez-vous que nous avons oublié comment les forces aériennes des États-Unis ont bombardé un hôpital en Afghanistan, au cours duquel ont péri des collaborateurs de l’organisation Médecins sans frontières? Ou bombardé des fêtes de mariages où jusqu’à 100 personnes ont péri en Afghanistan, puis maintenant au Yémen ce qui vient de se passer, lorsque, avec une seule bombe, 170 personnes ont été tuées, 500 blessées lors d’une cérémonie funéraire.

Quoi qu’il en soit, partout où se déroulent des conflits armés, bien malheureusement meurent et souffrent des gens qui n’y sont pour rien. Mais nous ne pouvons permettre aux terroristes de se protéger derrière des civils qu’ils utilisent comme des boucliers humains, et nous ne pouvons permettre qu’ils fassent chanter le monde entier lorsqu’ils ont pris quelqu’un en otage, le tuent et le décapitent. Si nous voulons mener cette guerre à son terme avec les terroristes, il faut alors se battre contre eux, mais ne pas aller vers eux en s’inclinant, et se retirer à reculons.

Question TF1 : Monsieur le Président le fait est que les Français ne comprennent pas pourquoi vous faites subir des bombardements à ceux que vous appelez des terroristes. Nous avons été attaqués par l’EI,  qui ne se trouve pas dans Alep. C’est cela que les Français ne comprennent pas.

Président Poutine: Je vais vous expliquer. À Alep la situation est contrôlée par une autre organisation terroriste qui s’appelle Jabhat al Nusra. Elle a toujours été considérée comme une aile d’Al-Qaïda et figure dans la liste des organisations terroristes établie par l’ONU.

Ce qui choque et nous étonne c’est le fait que nos partenaires, et plus précisément américains, d’une façon ou d’une autre tentent sans cesse de sortir le dialogue sur le terrorisme de ses limites propres. Et je vais vous dire pourquoi. Il me semble que nos partenaires systématiquement et constamment reviennent sur les mêmes travers, ils veulent utiliser le potentiel militaire de ces organisations terroristes et radicales pour accomplir leurs buts politiques ; et dans ce cas pour combattre le président Assad et son gouvernement, ne comprenant pas que plus tard ils ne réussiront pas à mettre ces terroristes de côté, dans un coin, et les contraindre à vivre selon les lois et le droit civilisés, s’ils arrivaient à vaincre quelqu’un.

Nous avons à de multiples reprises convenu avec les Américains qu’ils procéderont à la séparation de l’organisation Jabhat al Nosra et de ses semblables des autres organisations que l’on appelle modérées de l’opposition, dont celles qui sont à Alep. Et les Américains ont convenu avec nous  que cela doit être fait. Je dirais même plus, nous avons convenu  de certains délais, mais mois après mois, rien n’a été fait.

Nous avons tout récemment convenu de ce que nous annoncerions le jour du cessez-le-feu  – le jour J comme disent les Américains-.  J’avais insisté pour que, auparavant, ils résolvent le problème de la séparation de Jabhat al Nosra et des autres organisations terroristes de ce que l’on appelle l’opposition modérée. Et que, alors seulement, soit annoncé le cesser le feu.

Mais les Américains insistèrent au contraire pour que l’on annonce d’abord un cessez-le-feu et seulement ensuite soit accomplie cette séparation entre terroristes et non terroristes. Finalement nous avons été à leur rencontre et nous avons accepté cela. Et c’est ainsi que le 12 septembre fut  annoncé le cessez-le-feu  et la cessation des activités militaires.  Mais le 16 septembre l’aviation américaine a bombardé les forces syriennes[ii] occasionnant la mort de 80 militaires syriens.

Au même moment, immédiatement après les bombardements, l’État islamique -et ici on parle bien de l’État islamique-, a entrepris une attaque terrestre sur la zone qui venait d’être bombardée. Nos collègues américains nous ont dit que ce bombardement était une erreur. Mais cette erreur a conduit à la mort de 80 personnes. C’est la première chose. Et la deuxième chose, c’est que c’est peut-être aussi par hasard que Daech est passé à l’offensive tout de suite après ces frappes.

Alors, simultanément, à un niveau inférieur, opérationnel, un des responsables militaires américains annonce très directement qu’ils avaient préparé pendant plusieurs jours cette attaque aérienne. Comment pouvaient-ils se tromper s’ils ont consacré plusieurs jours à la préparation?

Ainsi furent rompus nos accord sur un cesser le feu. Qui les a rompus ? Nous ? Non.

Question TF1: on parle du retour possible à la guerre froide mais il y a d’autre part un américain auquel vous plaisez, c’est Donald Trump. Comment le considérer vous? Est-ce qu’il vous plaît ?

Président Poutine: Écoutez, tout le monde nous plaît, l’Amérique est un grand pays, les Américains un grand peuple, intéressant, sympathique et talentueux. C’est une grande nation. Qui ils vont élire nous verrons, et c’est avec celui-ci ou celle-là que nous travaillerons. Bien sûr il est plus commode de travailler avec ceux qui souhaitent travailler avec nous.  Si Trump veut travailler avec la Russie alors on peut  seulement le saluer, mais il faut seulement que cette collaboration soit sincèrement équitable et mutuelle.

Mais, voyez-vous,  revenons au problème de Alep. Nous parlons de ce qu’il est indispensable de mener des convois humanitaires.  Tout le monde tente de nous convaincre de la nécessité de le faire.  Mais il ne faut pas nous convaincre, nous sommes du même avis, nous pensons qu’il est nécessaire d’organiser des convois humanitaires. Mais comment le faire ? Il n’y a qu’une seule route, par laquelle doit passer le convoi, d’un côté de la route il y a les combattants  rebelles et de l’autre il y a des régiments de l’armée arabe syrienne.  Nous avons connaissance des provocations et de tirs sur l’une de ces colonnes, et nous savons  par quel groupe terroriste ces tirs ont été provoqués.

Nous disons: Convenons d’évacuer les troupes rebelles d’un côté de la route, et l’armée régulière syrienne de l’autre côté de la route. Et nous libérons ainsi le passage et sécurisons cette route pour les convois humanitaires.

Tout le monde est d’accord avec nous et même plus, cela est consigné dans certains documents. Et puis, plus rien ne se passe, personne n’agit du côté de nos partenaires. Soit ils ne veulent pas retirer les troupes rebelles soit ils ne peuvent pas le faire, je ne le sais pas.

Ensuite arrive une proposition exotique. Je vais maintenant vous étonner, vous et vos téléspectateurs. Il nous a été proposé de placer nos forces armées -de l’armée russe- de part et d’autre de cette route. Et d’en assurer la sécurité. Nos militaires, qui sont des gens courageux et déterminés, sont venus me voir et m’ont dit : bien, on peut le faire nous sommes prêts.

J’ai dit non. Si nous le faisons, nous ferons avec les Américains, proposez-le leur. Nous avons proposé et les Américains ont immédiatement refusé : monter au front, ils ne veulent pas. Retirer les troupes rebelles, ils ne veulent pas non plus. Que fait-on dans cette situation ?

Nous devons simplement relever le niveau de confiance mutuelle et comprendre que ces menaces nous sont communes Et ce n’est qu’en travaillant ensemble que l’on peut écarter et éloigner ces menaces.

Avec les services français nous avons d’excellentes relations, nous travaillons concrètement en phase. Ainsi en est-il pour nos spécialistes de lutte antiterroriste avec les spécialistes tant français qu’européens. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Par exemple nous communiquons à nos partenaires américains une information. Très souvent elle reste sans aucune réaction. Il y a quelques temps nous avions envoyé une information sur les frères Tsarnaev[iii]. Le premier document a été envoyé, résultat zéro. Puis un second document a été envoyé et nous recevons en réponse « ce n’est pas votre affaire car ils sont déjà citoyens américains nous nous débrouillerons seuls». Résultat il y a eu un acte terroriste aux États-Unis.

N’est-ce pas un exemple de ce qu’en négligeant la coopération dans cette sphère extrêmement sensible nous subissons des pertes ? Il faut s’occuper non de rhétorique politique mais chercher des issues à cette situation qui s’est installée entre autres en Syrie. Quelle issue et quelle solution ? Il n’y en a qu’une : il faut convaincre toutes les parties impliquées dans ce conflit de suivre la voie de solutions politiques.

Ainsi nous avons convenu avec le président Assad, et il l’a accepté, de privilégier la solution d’une nouvelle constitution, puis de mener des élections sur la base de cette constitution. Mais on ne parvient à convaincre absolument personne de cette solution. Si le peuple ne vote pas pour le président Assad, cela veut dire que démocratiquement il y aura un changement de pouvoir, non par le recours à la force depuis l’extérieur, mais par un strict contrôle international et un contrôle de l’ONU. Je ne comprends pas que l’on ne puisse pas s’accommoder avec cette forme démocratique de résolution d’un problème de pouvoir. Mais nous ne perdons pas notre optimisme, et espérons que d’une manière ou d’une autre nous réussirons à convaincre tous nos collègues et partenaires que c’est l’unique moyen de résoudre les problèmes.

Traduction MufasaRéseau International

Source : http://www.kremlin.ru/events/president/news/53081

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[i] Le contexte de cette interview est un forum dans la petit ville de KOVROV, dans l’oblast de Vladimir.

[ii] Le bombardement des troupes syriennes par l’aviation US à Deir el Zor, suivit immédiatement d’un assaut de Daesh, EI et autres mercenaires. Assaut victorieux qui permet à ces derniers d’emporter une position très favorable dans l’est de la Syrie

[iii] Selon les autorités US ils seraient les auteurs de l’attentat de Boston.

Voir encore:

Double Standards for Aleppo and Gaza

Simon Plosker

Algemeiner

September 29, 2016

Make no mistake, the carnage taking place in Aleppo right now is a disgrace to the international community.

The Syrian government and Russian-backed forces are reportedly using chemical weapons, barrel bombs and increasingly powerful explosives to target innocent men, women and children. While rebel fighters have undoubtedly embedded themselves in the city in fortified positions, it appears that the civilian population is bearing the brunt of the conflict.

While there has been some condemnation from the UN, where are the protests on the streets of European capitals and where is the media frenzy about this disgrace?

Had Israel been involved, or had the IDF aimed one solitary munition at Aleppo, I think the response would be much different.

The international community’s condemnation of the Assad regime and Putin’s Russia is nothing compared to the vitriol leveled against Israel for its far more restrained (and completely justified) 2014 operation against Hamas in Gaza.

Unfortunately for the 250,000 residents of Aleppo, the city is not being attacked by the IDF. There are no leaflets being dropped warning civilians to evacuate areas in the line of fire. There is no “roof knocking” — where non-explosive devices are dropped on the roofs of targeted buildings to give civilians time to flee. And judging by the number of civilian casualties and the extent of the destruction in Syria, there is very little to no concern for the well-being of innocent civilians.

Aleppo is a testament to the double standards at play when it comes to the treatment of Israel’s military operations. There is, however, a caveat. The IDF should be held to higher standards than the militaries of both Syria and Russia.

And that is why The Sunday Times of London caught my eye recently. One story was headlined “Putin’s gigantic firebombs torch Aleppo.” Next to it was an article entitled, “RAF drone crew divert missile to save ‘civilian’ seconds from death.”

The dissonance between the two stories is striking. On one side, we have the alleged deployment by Russia of a weapon “capable of blasting a massive ball of flame across wide areas of Aleppo.” On the other, the release of a video by Britain’s Royal Air Force showing a drone missile aimed at ISIS terrorists being diverted at the last minute to avoid killing a civilian.

One side was indiscriminately firebombing, while the other was deliberately acting to prevent civilian casualties.

The RAF evidently felt that its tale was a positive story, which showed that its drone squadrons act both ethically and in accordance with international law. Why is this news? Israel released many videos from incidents where missiles targeting Hamas terrorists were diverted due to the presence of Palestinian civilians. So why then were Israel’s identical efforts not deemed newsworthy?

Granted, the Sunday Times is a British newspaper covering the British military, but the UK press has never been shy about devoting many column inches to Israel and the Palestinians.

Israeli efforts to minimize civilian casualties go unreported or even ignored by the press, and Israel instead finds itself regularly judged in the court of public opinion, which is led by a lazy or hostile media.

So Israel is subjected not only to a different standard than the deplorable militaries of Syria and Russia, but even to a different standard than other Western militaries.

If and when the Syrian conflict comes to an end, will anyone be held to account for what certainly appear, at face value, to be genuine war crimes? Will there be a UN investigation and a Goldstone-style report? Will the International Criminal Court issue indictments? Given Russian involvement and the lack of American global power projection, it is unlikely that anyone will be held to account.

The next time open conflict between Israel and Hamas breaks out, will the parameters of judgment have changed as a result of the carnage in Aleppo and other parts of Syria? Or will Israel continue to be held to a standard of behavior unlike any other military in the world?

The likelihood is that nothing will have changed when it comes to how Israel is treated, and we will be left to conclude that, ultimately, the world will be outraged by Israel defending itself and its citizens irrespective of how ethically it behaves.

Simon Plosker is Managing Editor of HonestReporting

Voir de plus:

Syrie : des horreurs commises par des groupes armés

Amnesty international

[04/07/2016]

Les groupes armés implantés à Alep, Idlib et dans les environs, dans le nord de la Syrie, se livrent à des séries d’enlèvements, de tortures et d’exécutions sommaires.

Depuis cinq ans, nous avons recensé en détail les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis à grande échelle par les forces gouvernementales syriennes. Nous avons également rendu compte des graves violations, y compris des crimes de guerre, imputables à l’EI et à d’autres groupes armés.

Si certains civils dans les zones contrôlées par les groupes armés de l’opposition ont pu au départ saluer le fait d’échapper au joug du régime syrien, l’espoir que ces groupes respecteraient les droits s’estompe au fur et à mesure qu’ils s’emparent des lois et commettent de graves violations.

Notre rapport Torture was my punishment: Abductions, torture and summary killings under armed group rule in Aleppo and Idleb, Syria, (anglais) offre un rare aperçu de ce qu’est la vie dans les zones contrôlées par les groupes armés d’opposition.

Les groupes armés en cause

Nous avons recensé les violences commises par cinq groupes armés qui contrôlent des régions des gouvernorats d’Alep et d’Idlib depuis 2012 :

  • Le mouvement Nour al Dine Zinki, du Front al Shamia et de la brigade 16, qui ont rejoint la coalition de groupes armés Conquête d’Alep (Fatah Halab) en 2015
  • Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham à Idlib, qui ont rejoint la coalition de l’Armée de la conquête, en 2015

Le rapport apporte aussi un éclairage sur les institutions administratives et quasi-judiciaires mises en place par les groupes armés pour gouverner ces régions.

Une dure réalité pour les civils

Beaucoup des civils sous contrôle des groupes armés d’opposition à Alep, à Idlib et dans les environs vivent dans la peur constante d’être enlevés s’ils critiquent le comportement des groupes armés en place ou ne respectent pas les règles strictes imposées par certains.

À Alep et Idlib aujourd’hui, les groupes armés ont les coudées franches pour commettre des crimes de guerre et bafouer le droit international humanitiare en toute impunité.

Un système judiciaire « sur mesure »

Des groupes armés non étatiques comme le Front al Nosra, le Front al Shamia et le Mouvement islamique Ahrar al Sham définissent leurs propres « systèmes judiciaires » fondés sur la charia (loi islamique) dans les zones qu’ils contrôlent.
Ils mettent sur pied des bureaux chargés des poursuites, des forces de police et des centres de détention non officiels.
Ils nomment également des juges, dont certains ne connaissent pas la charia.

Mauvais traitements et crimes de guerre

Le Front al Nosra et le Mouvement islamique Ahrar al Sham notamment appliquent une interprétation stricte de la charia et imposent des sanctions équivalant à des actes de torture ou à des mauvais traitements pour des infractions présumées.
Certains groupes bénéficieraient du soutien des gouvernements du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et des États-Unis notamment, alors que des éléments prouvent qu’ils violent le droit international humanitaire (les lois de la guerre).

Militants des droits humains, minorités et mineurs pris pour cibles

Nous avons recensé 24 cas d’enlèvements par des groupes armés dans les gouvernorats d’Alep et d’Idlib entre 2012 et 2016.

Parmi les victimes figurent des militants pacifiques et même des mineurs, ainsi que des membres de minorités pris pour cibles uniquement en raison de leur religion. Des membres de la minorité kurde à Sheikh Maqsoud, quartier à majorité kurde de la ville d’Alep, figurent parmi les personnes enlevées, ainsi que des prêtres chrétiens ciblés en raison de leur religion.

Plusieurs journalistes et militants utilisant les réseaux sociaux qui rendent compte des violations des droits humains ont déclaré à nos chercheurs avoir été enlevés parce qu’ils avaient critiqué le comportement des groupes armés au pouvoir.
Beaucoup ont ensuite été libérés, sous la pression exercée par la population sur le groupe armé qui les avait enlevés.

Issa, 24 ans, militant utilisant les médias, a déclaré qu’il avait cessé de publier sur Facebook toute information susceptible de lui faire courir des risques après avoir reçu des menaces du Front al Nosra :

Ils contrôlent ce que nous pouvons et ne pouvons pas dire. Soit vous êtes d’accord avec leurs règles sociales et leurs politiques, soit vous disparaissez. Au cours des deux dernières années, j’ai été menacé à trois reprises par le Front al Nosra pour avoir critiqué sur Facebook leur manière de diriger.»

Bassel, avocat installé à Idlib, a été enlevé chez lui, à Marat al Numan, en novembre 2015, pour avoir critiqué le Front al Nosra :

J’étais content d’être enfin libéré du joug inique du gouvernement syrien, mais c’est bien pire aujourd’hui. J’ai critiqué publiquement le Front al Nosra sur Facebook… Le lendemain matin, ils sont venus chez moi me kidnapper.»

Ses ravisseurs l’ont retenu captif dans une maison abandonnée pendant 10 jours, puis l’ont finalement libéré après l’avoir contraint à renoncer à sa profession, le menaçant de ne jamais revoir sa famille s’il n’obtempérait pas.

Exécutions sommaires

Les informations recueillies établissent que des exécutions sommaires sont imputables au Front al Nosra, au Front al Shamia et à leurs « tribunaux » affiliés, ainsi qu’au Conseil judiciaire suprême, entité dans le gouvernorat d’Alep reconnue par plusieurs groupes armés comme l’unique autorité judiciaire de la région.

Parmi les victimes figurent des civils, dont un adolescent de 17 ans accusé d’être homosexuel et une femme accusée d’adultère, ainsi que des soldats capturés des forces gouvernementales syriennes, des membres des milices chabiha pro-gouvernementales, du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) et d’autres groupes rivaux.

Dans certains cas, les groupes armés ont procédé à des exécutions sommaires en place publique. Or, le droit international humanitaire interdit l’homicide délibéré de prisonniers, acte qui constitue un crime de guerre.

Lire aussi : Syrie: le gouvernement bombarde et affame ses citoyens« Saleh », capturé par le Front al Nosra en décembre 2014, a déclaré avoir vu cinq femmes qui, selon un gardien, étaient accusées d’adultère et ne seraient pardonnées « que dans la mort ». Par la suite, il a vu une vidéo montrant des combattants du Front al Nosra tuer l’une de ces femmes, en place publique, dans le cadre de ce qui s’apparentait à une exécution.

Faire pression sur les groupes armés


Les États-Unis, la France, le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite
font partie des États membres du Groupe international de soutien à la Syrie, et participent à ce titre aux négociations sur la Syrie.
Ils doivent :
– faire pression sur les groupes armés pour qu’ils mettent fin aux violations et pour qu’ils respectent les lois de la guerre ;
– cesser tout transfert d’armes ou de soutien aux groupes qui se livrent à des crimes de guerre et à des violations flagrantes des droits fondamentaux.

La Russie et les États-Unis, ainsi que l’envoyé spécial des Nations unies en Syrie, doivent mettre l’accent, durant les pourparlers de paix de Genève, sur les détentions imputables aux forces gouvernementales et sur les enlèvements imputables aux groupes armés.

De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU doit imposer des sanctions ciblées aux dirigeants des groupes armés qui se livrent à des crimes de guerre.

Voir enfin:

Heckuva Job

What Erdogan’s Pivot to Putin Means


BDS ou la continuation de la Solution finale par d’autres moyens (Why do the heathen rage ? – From Judenrein to Zionistfrei, guess who holier-than-thou universities, unions, « human rights » groups and churches are targeting from among the 200 territorial disputes, from Tibet to Ukraine)

28 septembre, 2016
neonazisbdsPourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi les peuples? Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint? Psaumes 2: 1-2
L’antisionisme est le nouvel habit de l’antisémitisme. Demain, les universitaires qui boycottent Israël demanderont qu’on brûle les livres des Israéliens, puis les livres des sionistes, puis ceux des juifs. Roger Cukierman (président du CRIF, janvier 2003)
Boycotter Israël, c’est lutter pour une paix juste (…) Du Canada à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, l’Amérique latine et l’Europe, c’est un mouvement international, non-violent et populaire qui se développe. Syndicats, ONG, associations, Eglises, universités, municipalités, personnalités de renommée mondiale et simples citoyens se retrouvent pour défendre un même objectif : l’application du droit. (…)  Notre combat n’est pas fondé sur le rejet d’un peuple. Il s’agit d’exercer une réelle pression sur l’Etat d’Israël, en développant un boycott économique, diplomatique, et un boycott des institutions académiques, sportives et culturelles israéliennes. Ces institutions sont en effet trop souvent utilisées par Israël pour soigner son image et mieux masquer sa politique à l’égard des Palestiniens et son mépris des règles internationales. Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football (UEFA), l’a compris, menaçant d’exclure l’Etat d’Israël de l’UEFA s’il continuait d’entraver le développement du sport palestinien. Desmond Tutu, archevêque sud-africain récompensé par le prix Nobel de la paix en 1984 pour son combat contre l’apartheid, s’est de son côté élevé contre la visite prochainement prévue, en Israël, de la troupe de l’Opéra du Cap. En tant que soutien actif de la stratégie BDS, Desmond Tutu mérite-t-il aussi les titres de saboteur et de naufrageur d’espoir ? A ceux qui s’inquiètent de la dégradation de l’image d’Israël et qui accusent la campagne BDS d’en être responsable, nous disons qu’Israël est le seul auteur de cette dégradation. En violant chaque jour le droit international, en commettant des actes criminels comme les bombardements massifs sur Gaza en 2008-2009 ou l’assaut sanglant contre la Flottille de la liberté, en poursuivant le blocus de Gaza, la construction de colonies et l’arrachage des oliviers, Israël ne peut susciter qu’un rejet de plus en plus fort. (…) Nous savons, fort du précédent sud-africain et de la campagne victorieuse de boycott contre le régime d’apartheid, que cette arme, loin d’être indigne, peut être noble et efficace lorsque les circonstances l’exigent. C’est le cas aujourd’hui. Nicole Kiil-Nielsen (députée européenne, Les Verts)
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres. Charte du Hamas
Il n’y a aucun doute qu’à l’intérieur des territoires occupés palestiniens nous avons affaire à un exemple effarant d’apartheid. Jimmy Carter
En tant que membres du monde de la culture, notamment du cinéma, nous sommes troublés par la décision du TIFF de réserver une place de choix à Tel Aviv et de s’être ainsi rendu complice, intentionnellement ou pas, de la machine de propagande israélienne. Nous ne visons pas les cinéastes israéliens dont les œuvres sont inscrites au programme du festival. Mais nous dénonçons l’instrumentalisation du festival, par une campagne de propagande au service d’un régime d’apartheid. Ken Loach
La présentation sélective de la façade moderne et sophistiquée de Tel-Aviv, sans égard au passé et aux réalités de l’occupation israélienne des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ce serait comme si on glorifiait la beauté et la vie élégante chez les communautés exclusivement blanches au Cap ou à Johannesburg pendant l’apartheid, sans reconnaître les cantons noirs de Khayelitsha et de Soweto. Ken Loach, Jane Fonda, Naomi Klein, David Byrne, Alice Walker, Danny Glover, Harry Belafonte, Noam Chomsky, etc.
Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ?Mads Gilbert
L’Etat d’Israël est en train de mener une guerre de purification ethnique dans les territoires palestiniens. Nous avons passé 48 heures dans les camps d’internement de l’armée israélienne, où des centaines de Palestiniens, raflés en pleine nuit, sont emprisonnées, les yeux bandés. José Bové (Ramallah, avril 2002)
Il faut se demander à qui profite le crime. Je dénonce tous les actes visant des lieux de culte. Mais je crois que le gouvernement israélien et ses services secrets ont intérêt à créer une certaine psychose, à faire croire qu’un climat antisémite s’est installé en France, pour mieux détourner les regards. José Bové (de retour de Ramalah, Libération, avril 2002)
Vive le Hamas, le Hamas vaincra! Patrick Farbiaz (conseiller politique de Noël Mamère, 2003)
L’université est censée être un lieu où l’on apprend à utiliser son cerveau, à penser rationnellement, à examiner les preuves, à tirer des conclusions à partir de faits avérés, à vérifier ses sources, à comparer les points de vue. Si celle d’Edimbourg ne peut former que des étudiants qui n’ont pas la moindre notion de toutes ces choses, alors l’avenir est sombre. Je n’ai aucune objection à la critique argumentée contre Israël. Mais je m’oppose à ce que des gens supposés intelligents stigmatisent l’Etat juif comme celui qui traiterait sa population de la pire façon. (…) S’il y avait eu un Etat juif dans les années 1930 (ce n’était malheureusement pas le cas), vous ne croyez pas qu’Hitler aurait décidé de le boycotter ? Dr. Denis MacEoin
En Allemagne nazie,  c’était très à la mode de rendre sa ville Judenfrei – débarrassée des juifs-. Maintenant une nouvelle mode balaie l’Europe : rendre sa ville ce que l’on pourrait appeler ‘Zionistfrei’ – débarrassée des produits et de la culture de l’État juif. À travers tout le continent des villes se déclarent ‘zones débarrassées d’Israël,’ isolant leurs citoyens de tout ce qui est produit ou culture israéliens. On y trouve de hideux échos de ce qui s’est passé il y a soixante-dix ans. Brendan O’Neill
The Zionistfrei movement isn’t really about effecting any change in the Middle East. As Leicester Councillor Mohammed Dawood admits, Israel is hardly going to be “trembling in its shoes” over the city’s boycott. Rather, the movement is about making the chattering classes in Europe feel pure and righteous, unsullied by the poisonousness of the state it’s now so fashionable to hate. Where yesteryear’s creators of Judenfrei zones saw the Jewish people as a corrupting presence, today’s lobbyists for Zionistfrei territories see the Jewish state as corrupting, as a toxic entity whose fruit and technology and books must be shunned. No, Jews aren’t being physically expelled from Europe, but they are being made to feel unwelcome. Given that most Jews feel affinity with the state of Israel, what must they think when they see parts of Europe being cleansed of all things Israeli? They must think: “My culture and my people are not wanted here.” And European Jews are voting with their feet. In the first eight months of this year, 4,566 Jews left France for Israel, more than the total number that left in 2013 (3,228). Last year a European Union survey found that 29% of Europe’s Jews had considered emigrating because they no longer feel safe. BDS is one of the ugliest political movements of our time. It is shot through with double standards, treating Israel as more wicked than any other state. It is shrill and censorious, too. Its members boo and jeer and seek to expel from apparently civilized Europe not only Israeli military leaders and politicians but even Israeli violinists and actors. Now, the demand for Zionistfrei zones is taking BDS to its terrifying conclusion, that Israel and everyone associated with it (you know who) should be shunned by respectable communities everywhere. Brendan O’Neill (Spiked)
Aujourd’hui ces campagnes de haine et ces politiques nazies sont en grande partie le fait d’universités, de syndicats, d’entreprises et de groupes hypocrites, soi-disant militant pour les « droits de l’homme », ainsi que d’autres ONG. Et, ce qui est honteux, le fait d’églises. (…) Ils prétendent tous, à tort, être « pacifiques », utiliser des « moyens économiques » pour corriger « les injustices » dans les Territoires palestiniens. Cependant, ils semblent ne jamais essayer de remédier aux torts des gouvernements corrompus et répressifs de l’Autorité palestinienne et du Hamas à Gaza, ni même d’y promouvoir une presse libre, l’état de droit ou l’élaboration d’une économie stable. Leurs véritables motivations sont démasquées. Ils se coordonnent tout simplement avec la stratégie violente des Palestiniens et des fondamentalistes musulmans en Occident, ceux qui ont refusé encore et encore de faire la paix avec Israël depuis sept décennies et, au lieu de cela, ont choisi le terrorisme. (…) L’Union européenne a signé un accord avec le Maroc, qui a une dispute territoriale avec l’Algérie, lui garantissant néanmoins le droit d’exploiter les ressources du Sahara occidental ; il n’y a eu aucune campagne de protestation. Et nous n’avons entendu aucune protestation contre la Turquie pour son occupation du nord de Chypre ou son emprisonnement de masse de dissidents, de journalistes ou d’universitaires. Non, la politique de boycott n’est pratiquée que contre l’État juif qui peut se targuer des plus hauts niveaux de liberté académique, de liberté de presse et d’égalité devant devant la loi de la planète. (…) Ils soumettent aussi les universitaires israéliens à une campagne néo-nazie « de silence » de la part d’universités sans scrupules : envoyer moins d’invitations, rejeter plus d’articles et utiliser les critères des lois de Nuremberg du Troisième Reich pour exclure les juifs de toute participation. (…) Ces néo-nazis répandent leur message dans les universités, les églises, les entreprises et les municipalités. Ils adoptent des mesures comme des pétitions d’enseignants, le harcèlement public, des menaces de poursuites légales (guerre par la loi), des manifestations devant des magasins et, souvent, juste des cris stridents, de l’intimidation, des menaces et des sit-ins. (…) Des syndicats académiques au Royaume-Uni et au Canada, allant de médecins à architectes, ont également soutenu les nouvelles Lois de Nuremberg contre Israël. Des dizaines d’artistes – notamment des musiciens et des cinéastes – ont refusé, comme les premiers nazis avant eux, de se produire en Israël ou ont annulé leurs représentations. Nombre de fonds de pension ont retiré leurs investissements d’Israël.  (…) Les lignes d’avant ou après1967 ne sont qu’un alibi pour ces nouveaux nazis. Nombre d’entre eux considèrent que l’intégralité d’Israël est illégale, immorale ou les deux à la fois – bien que des juifs vivent sur cette terre depuis trois mille ans, une partie s’appelant même la Judée. L’appétit qu’ils mettent à accuser les juifs d’avoir l’audace « d’occuper » leur propre terre historique, biblique, ne fait que révéler leur collusion avec les mensonges les plus sombres des extrémistes islamiques qui essaient de détruire les coptes chrétiens autochtones dans leur terre natale d’Égypte et les Assyriens chrétiens autochtones que l’on voit massacrer dans tout le Moyen Orient. Les Français devraient-ils être accusés « d’occuper » la Gaule ? Il suffit de voir n’importe quelle carte de « Palestine », qui recouvre l’État d’Israël tout entier : pour nombre de Palestiniens, la totalité d’Israël est une seule colonie énorme qui doit être démantelée. À la place d’Israël, ils faciliteraient la création d’un autre État arabo-islamique qui supprimera la liberté d’expression des artistes, des journalistes et des écrivains, qui chassera les chrétiens de chez eux, qui lapidera à mort les homosexuels, qui torturera les détenus en prison, qui mettra à mort des innocents voulant simplement se convertir au christianisme, qui condamnera à des coups de fouet, à la prison ou la mort ceux dont il sera allégué qu’ils ont dit quelque chose que quelqu’un pourrait considérer comme une offense faite à l’islam, qui obligera les femmes à porter le voile et à vivre à part, qui glorifiera les terroristes, qui interdira l’alcool, qui arrêtera ceux qui exprimeront des opinions impopulaires, qui encouragera une nouvelle catégorie de réfugiés musulmans : ceux qui fuiraient volontiers un régime oppressif et meurtrier. Ces néo-nazis, en guise d’arguments, avancent des slogans faux et trompeurs tels que « état d’apartheid », « occupation », « répressif », « violateur des lois internationales » (toutes choses qu’Israël n’est scrupuleusement pas). Leur but, comme celui des nazis d’origine, est de manipuler les gens et de leur instiller préjugés et haine contre Israël, et juste derrière ce subterfuge, contre tous les juifs. Giulio Meotti (Il Foglio)

De Judenrein à Zionistfrei …

Devinez quel pays

Parmi les 200 conflits territoriaux du monde allant du Tibet à l’Ukraine …

Ont choisi comme cible …

Nos universités, syndicats, groupes des droits de l’homme et églises !


11-septembre/15e: Les djihadistes confirment Girard (It’s mimetism, stupid !)

11 septembre, 2016

Montage photo des kamikazes du Stade de France, dont l'identité reste à déterminer.

Khalid (à gauche) et Ibrahim El Bakraoui. kouchaisbro attashbro indonesianbros tsarnaevs aseel-muthanabro Les frères Abdeslam - Brahim, 31 ans, et Salah (à gauche), 26 ans, de nationalité française. Ils ont grandi à Molenbeek, à Bruxelles. Le premier a participé à la tuerie des terrasses avant de se faire exploser boulevard Voltaire. Le second, décrit comme le logisticien des attentats, a été arrêté vendredi en Belgique. Les frères Clain - Fabien (à gauche), radicalisé depuis les années 1990 et pilier de la mouvance djihadiste de Toulouse, et son frère Jean-Michel sont partis s'installer en Syrie en 2014. Leurs voix ont été authentifiées dans un enregistrement de l'État islamique qui revendique les attentats du 13 novembre. Les frères Mohamed-Aggad - Originaires du quartier de la Meinau, à Strasbourg, Foued (à gauche), 23 ans, et Karim, 25 ans, partent en Syrie fin 2013. L'aîné finit par rentrer en France, avant d'être incarcéré à Fleury-Mérogis. Foued reste sur place avec femme et enfant avant de se faire exploser le 13 novembre, au Bataclan.akchaahmidan belhoucineQue chacun se tienne en garde contre son ami, Et qu’on ne se fie à aucun de ses frères; Car tout frère cherche à tromper, Et tout ami répand des calomnies. Jérémie 9: 4
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13-20)
Le petit garçon manifeste un grand intérêt pour son père ; il voudrait devenir et être ce qu’il est, le remplacer à tous égards. Disons-le tranquillement, il fait de son père son idéal. cette attitude à l’égard du père (ou de tout autre homme en général) n’a rien de passif ni de féminin : elle est essentiellement masculine. Elle se concilie très bien avec le complexe d’Oedipe qu’elle contribue à préparer. Sigmund Freud, (Psychologie collective et analyse du moi, chapitre VII)
L’Occident s’achève en bermuda […] Craignez le courroux de l’homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.  Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c’est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s’y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s’attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s’effectuent en toute illégalité et s’attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c’est dans l’enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.  Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. Philippe Muray
 Seul l’adulte peut interpréter les mouvements de l’enfant comme un désir d’usurpation (le parricide et l’inceste) ; il les interprète au sein d’un système culturel qui n’est pas encore celui de l’enfant, à partir de significations culturelles dont l’enfant n’a pas la moindre idée (…) Le père prolonge en pointillés les mouvements à peine amorcés du fils et il constate sans peine que celui-ci se dirige droit vers le trône et vers la mère. Le désir du parricide et de l’inceste ne peut pas être une idée de l’enfant, c’est de toute évidence l’idée de l’adulte, l’idée du modèle. Dans le mythe, c’est l’idée que l’oracle souffle à Laïos, longtemps avant qu’Oedipe soit capable de désirer quoi que ce soit… […] L’élément mythique du freudisme, c’est la conscience du désir parricide et incestueux, conscience éclair assurément, entre la nuit des premières identifications et celle de l’inconscient, mais conscience réelle tout de même, conscience à laquelle Freud ne veut pas renoncer, ce qui l’oblige à trahir toute logique et toute vraisemblance, une première fois pour rendre possible cette conscience et une deuxième fois pour l’annuler, en imaginant l’inconscient réceptacle et le système de pompes aspirantes et refoulantes que l’on sait. Ce désir du parricide et de l’inceste, je le refoule parce que jadis, je l’ai vraiment voulu. Ergo sum. […] La rivalité mimétique présente sur le complexe freudien des avantages de tous ordres : elle élimine avec la conscience du désir parricide et incestueux, la nécessité encombrante du refoulement et de l’inconscient. Elle s’inscrit dans un système de lecture qui déchiffre le mythe oedipien ; elle assure à l’explication une cohérence dont le freudisme est incapable et ceci avec une économie de moyens que Freud ne soupçonne même pas. (…) Il y a une unité non seulement de toutes les mythologies et de tous les rituels, mais de la culture humaine dans sa totalité, religieuse et anti-religieuse, et cette unité des unités est toute entière suspendue à un unique mécanisme toujours opératoire parce que toujours méconnu, celui qui assure spontanément l’unumanité de la communauté contre la victime émissaire et autour d’elle. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement le confort, la sécurité, les heures de travail de courte durée, l’hygiène, le contrôle des naissances et, dans le bon sens commun. Ils ont également, au moins par intermittence, l’envie de lutte et de sacrifice de soi, pour ne pas mentionner les tambours, drapeaux et défilés. Peu importe comment sont leurs théories économiques, le fascisme et le nazisme sont plus sonores psychologiquement que toute conception hédoniste de la vie. Orwell
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Oui, ce jour-là, nous étions tous Américains. Mais avions-nous suffisamment mesuré et compris que nous étions tous concernés et que nous étions désormais confrontés à un terrorisme d’une autre nature que ce que jusque-là le monde avait connu ? Avions-nous saisi qu’au-delà d’Al quaïda et de ce groupe barbare qui s’était installé en Afghanistan, c’était une guerre qui nous était déclarée par le fondamentalisme ? Les réponses que l’administration américaine a apportées à ces attaques planifiées de l’intérieur et exécutées de façon méthodique, loin d’éradiquer la menace, l’ont élargie à un plus vaste espace. Et notamment en Irak. Et si la France, avec Jacques Chirac, a refusé légitimement de se joindre à l’intervention, et l’a même condamnée, elle n’en a pas moins été victime des conséquences du chaos qu’elle a engendré. François Hollande (11.09.2016)
Même aux pires moments de notre relation, quand le général De Gaulle a quitté l’OTAN, critiqué la guerre du Vietnam et voulu remplacer le dollar par l’étalon-or, il n’est jamais allé aussi loin. Il n’a jamais tenté, lui, de monter une coalition contre nous. Kissinger (Paris, automne 2003)
A senior U.S. official said France’s refusal to join in threatening force against Iraq doomed the united front assembled in November and convinced Iraqi President Saddam Hussein that he could split the international community and avert war without divulging his programs to develop weapons of mass destruction. (…) As the United States and Britain lobbied for a second U.N. resolution that would authorize the use of force, France played hardball, openly competing for Security Council votes and trying to intimidate supporters of the U.S. position among Eastern European countries. It wasn’t just France’s anti-war stance that Washington resented, but the « gleeful organizing against us, » a senior U.S. official said. This generated even more disfavor within the Bush administration than was reserved for Russia, which opposed the war less aggressively. (…) U.S.-French strains did not start with Iraq, and are unlikely to end anytime soon. Determined to act as a counterweight to American power in Europe and to preserve its influence among former colonies in Africa and the Middle East, France has long viewed the United States and its power with a mixture of gratitude, Old World disdain and sheer mischievousness. President Charles de Gaulle set the relationship on its rocky course in 1966 when he pulled France out of the military arm of the U.S.-led North Atlantic Treaty Organization while remaining part of its political umbrella, the North Atlantic Council, and providing troops and equipment for NATO missions. In the years since, France has refused to give unblinking support for U.S. actions, even blocking the use of its airspace when the United States, under President Ronald Reagan, bombed Libya in 1986. The Baltimore Sun (09.05.2003)
Il est maintenant clair que les assurances données par Chirac ont joué un rôle crucial, persuadant Saddam Hussein de ne pas offrir les concessions qui auraient pu éviter une guerre et le changement de régime. Selon l’ex-vice président Tareq Aziz, s’exprimant depuis sa cellule devant des enquêteurs américains et irakiens, Saddam était convaincu que les Français, et dans une moindre mesure, les Russes allaient sauver son régime à la dernière minute. Amir Taheri
Yes, France has suffered terror attacks. There’s no question on that score. But what I didn’t understand in 2003 and what Hollande should most certainly understand by now is that they were going to be attacked anyway. The horror of 9/11 wasn’t the start of anything. It was just the most shocking, visible symbol of a disease which had already taken hold in the global bloodstream. To think that the terrorist urges of Islam weren’t going to hit France sooner or later (being a western power within easy reach of their strongholds) is foolish. Blaming it on us is counterproductive and ignores both history and reality … Hot air
Relire aujourd’hui les principaux textes consacrés à ces attentats par des philosophes de renom constitue une étrange expérience. De manière prévisible, on y rencontre élaborations sophistiquées, affirmations grandioses ou péremptoires, performances rhétoriques bluffantes. Malgré tout, avec le recul, on ne peut qu’être saisi par un décalage profond entre ces performances virtuoses et la réalité rampante du terrorisme mondialisé que nous vivons à présent quotidiennement. Au fil des ans, un écart frappant s’est creusé entre discours subtils et réalités grossières, propos éthérés et faits massifs. Le 11 septembre devait être nécessairement considéré comme une énigme. Le philosophe français Jacques Derrida affirmait qu’« on ne sait pas, on ne pense pas, on ne comprend pas, on ne veut pas comprendre ce qui s’est passé à ce moment-là ». Il fallait d’abord récuser les évidences, considérées comme clichés idéologiques ou manipulations médiatiques. Ne parler donc ni de d’acte de guerre, ni de haine de l’Occident, ni de volonté de détruire les libertés fondamentales. Dialoguant à propos du 11 septembre avec Jürgen Habermas, qui centrait alors son analyse principalement sur la politique de l’Europe, Derrida, pour comprendre l’événement, s’attardait sur la notion d’Ereignis (« événement », ou « avenance ») dans l’histoire de l’être selon Heidegger et finissait par proposer une « hospitalité sans condition ». « C’est eux qui l’on fait, mais c’est nous qui l’avons voulu » soutenait pour sa part le sociologue Jean Baudrillard, attribuant aux rêves suicidaires de l’Occident l’effondrement des tours et la fascination des images des attentats. Pour celui voulait mettre en lumière « l’esprit du terrorisme », les « vrais » responsables étaient donc, au choix, les Etats-Unis, l’hégémonie occidentale ou chacun d’entre nous… D’autres se demandèrent aussitôt « à qui profite le crime » et conclurent que ce ne pouvait être qu’à la CIA, préparant ainsi les théories du complot qui firent florès. Ce ne sont que quelques exemples. Une histoire des lectures philosophiques du 11 septembre reste à écrire. Elle montrerait combien anti-américanisme et anti-capitalisme ont empêché tant d’esprits affutés de voir la nature religieuse du nouveau terrorisme comme les singularités de la nouvelle guerre. S’y ajoutaient la volonté de n’être pas dupe et la défiance envers les propagandes, transformées en déni systématique des informations de base. Les philosophes ont évidemment pour rôle indispensable d’être critiques, donc de démonter préjugés et fausses évidences, mais n’ont-ils pas pour devoir de ne jamais faire l’impasse sur les faits ? Au lieu de mettre en cause l’empire américain, l’arrogance des tours, le règne des images, il fallait scruter l’islamisme politique, les usages inédits de la violence, l’art terroriste de la communication. Quelques-uns l’ont fait, en parlant dans le désert. Aujourd’hui, il est urgent d’analyser ce qu’impliquent les changements intervenus depuis le 11 septembre. Car ce ne sont plus des symboles, comme les Twin Towers ou le Pentagone, qui sont ciblés, mais n’importe qui vivant chez les « impies » – dans la rue, aux terrasses, au concert, à l’école…. Les terroristes ne sont plus des commandos organisés d’ingénieurs formés au pilotage pour transformer des Boeing en bombes, mais de petits délinquants autogérés, s’emparant d’un couteau de cuisine ou d’un camion. Pour en venir à bout, il va falloir rattraper, au plus vite, le temps perdu à penser à côté de la plaque. Roger-Pol Droit
Le djihad est de toute évidence une affaire de famille. Il ne se fait pas contre la famille mais pour la famille. Dans sa logique, le jeune veut ramener la famille dans la tradition, vers un islam originel. Il se considère comme un sauveur. Il y a dans la fratrie un phénomène d’identification croisée entre frères ou sœurs. Un rapport de complémentarité se construit. Chacun développe des compétences qui s’amplifient. Dans une fratrie, l’aîné sert le plus souvent d’éclaireur. Il y a parfois une identification à l’aîné beaucoup plus forte qu’au père. (…) [Mais] J’ai l’exemple d’une famille française musulmane totalement insérée dont le fils s’est radicalisé. La sœur, elle, est totalement révulsée. (…) Les familles sont déchirées. S’installe alors un dialogue de sourds. Car chacun défend à sa façon une famille qui n’est pas la même. Serge Hefez (psychiatre et psychanalyste, Pitié-Salpêtrière, Paris).
C’est un phénomène tout à fait naturel. On développe son identité sociale d’abord en parlant à ses proches. Et les proches, ce sont bien entendu d’abord les frères et les amis d’enfance. C’est ce que j’appelle l’activation de l’identité sociale. C’est une question de proximité. C’est pour ça qu’il y a dans les groupes jihadistes tant de frères, parfois de sœurs, de copains de quartier. Ils grandissent ensemble. Ils rouspètent, s’inventent une identité de défenseurs d’un islam agressé, de femmes et d’enfants tués dans des bombardements aériens. Ils se radicalisent, se confortent les uns les autres. (…) Tu te fies à un proche, naturellement. Et quand il s’agit d’entraîner quelqu’un avec toi, la cible la plus logique est ton petit frère ou ton grand frère. Marc Sageman (psychiatre et ancien agent de la CIA )
Le recrutement se fait essentiellement par des pairs. C’est la parenté et l’amitié qui pèsent, beaucoup plus que la religion ou le quartier. Il y a un gros phénomène de groupe. Dr Rik Coolsaet (expert belge)
« La seule chose vraiment évidente que nombre de ces jeunes ont en commun, c’est un dysfonctionnement familial. Il y a eu des divorces dramatiques, des trahisons, des abandons, des abus sexuels, des pères qui sont partis, des pères pervers qui ont agressé leurs enfants. Ces frères se créent un fort univers commun, ils font famille autrement. (…) Ils s’enferment rapidement dans une sorte de confusion psychique. Il y a quelque chose d’un peu fou, d’un peu irrationnel dans ces processus. Une prise de risque un peu adolescente, même s’ils ne sont pas toujours adolescents. Patrick Amoyel (psychanalyste et professeur de psychopathologie)
Pour ces possibles orphelins symboliques le sang est une façon de laisser une trace, de faire un trou dans la mémoire des autres, l’acte terrorisant devant être inoubliable: à ces dates, 7 janvier, 13 novembre, c’est de leur haine que l’on se souviendra, pas du nom du père. Paul-Laurent Assoun
La radicalisation est  en  effet avant tout un processus de socialisation dans lequel la dynamique de groupe (amis, famille) est  bien  plus  importante  que  l’idéologie.  Ces  études  nous  ont  fourni  une  compréhension  plus  détaillée  des étapes de ce processus de socialisation. Avant d’en arriver à la violence, certaines étapes sont en  effet franchies, plus ou moins progressivement, et généralement à travers une dynamique de groupe  (de  véritables  « loups  solitaires » comme  Anders  Breivik  étant  très  rares).  Au  départ,  il  y  a  des  sentiments de frustration, d’injustice, de mécontentement. Ces sentiments sont ensuite intériorisés,  ce  qui  conduit  à  une  séparation  mentale  de  la  société,  considérée  comme  seule  responsable.  Subséquemment, les individus recherchent confirmation auprès d’autres personnes, qui partagent  les mêmes sentiments. Ainsi se  crée un  “ in – group ” , où la loyauté envers l’ensemble solidifie les liens  internes. A l’intérieur d’un tel groupe, les sentiments personnels d’origine se  politisent (« qu’allons – nous  faire  pour  réagir  ? » ).  La  pensée de  groupe  ( “ groupthink ” ) écarte  graduellement  toutes  les  objections éventuelles à la pensée unique qui commence à se cristalliser. Si  cette dernière s’oriente  dans  une  voie  extrémiste,  voire  violente,  les  membres  ont  – en  principe  – le choix soit d’y adhérer,  soit  de  quitter  le  groupe.  Mais  la  dynamique  de  groupe, et surtout le besoin qu’éprouvent les  membres de maintenir les liens créés dans ce processus, rend ce choix généralement aléatoire. A ce  stade, l’idéologie  – qui n’est généralement pas à l’origine du processus  – commence à jouer un rôle  bien spécifique : contribuer à déshumaniser l’ out – group , c’est – à – dire le reste de la société et dès lors  à  transformer  des  innocents  (qui  ne  portent  aucune  responsabilité  personnelle  dans  les sentiments  de frustration et d’injustice à l’origine du processus) en complices coupables.  Dans ce processus de socialisation dans l’extrémisme, ce n’est donc pas le narratif (à savoir,  l’idéologie) qui pousse un individu dans le terrorisme, mais le contexte et la dynamique de groupe. Il  n’y a en effet  aucun  automatisme  entre  l’acquisition  d’idées  dites  radicales  et  le  choix  délibéré  de  recourir à des actes terroristes. Les premières ne sont pas l’antichambre des secondes. Et pourtant,  les stratégies de déradicalisation sont presque toujours basées sur cette thèse, comme en témoigne  le  point  de  vue du  premier  ministre  belge  Charles  Michel:  « On  se  trompe  en  cherchant  des  causes  sociales à ce qui n’est rien d’autre qu’une idéologie fanatique qui veut imposer par la violence  extrême sa vision  obscurantiste. » L’accord  du gouvernement  Mich el d’octobre 2014 mentionne que : « La protection de l’Etat de droit  démocratique et la sécurité de nos citoyens constituent une priorité absolue pour le gouvernement. Aujourd’hui, elle se trouve sous la pression de la menace croissante de la r adicalisation  et  du  terrorisme. » Mais  il  se  garde  bien  de  définir  sur  quelle  base  a  pu  être  déterminé  qu’il  y  accroissement de radicalisation  – sauf à se référer au nombre de Belges partis pour la Syrie.  Mais la   « radicalisation » explique – t – elle   vraiment   le  phénomène   des combattants étrangers d’aujourd’hui ? Qu’est – ce  qui  pousse  des  jeunes  Belges  vers  la  Syrie  et  vers  le  groupe  le  plus  brutal  et  violent,  Daesh ? L’actuelle  génération de  candidats  combattants  étrangers  se  compare  difficilement  à leurs  ainés, partis dès les années 80 vers l’Afghanistan, la Bosnie, l’Irak et d’autres théâtres de guerre.  Tout  d’abord, leur  âge  moyen  est  maintenant  nettement  inférieur .  Auparavant, l’âge  moyen  était  de  27  ans, tandis  qu’à présent l’âge caractéristique se situe entre 20 et 24 ans (même en tenant compte du  fait qu’un tiers des belges partis pour la Syrie ont 30 ans ou plus). Des jeunes  candidats au départ  de  15 – 18 ans sont malheureuse ment  loin d’être des exceptions en Europe . Ensuite,  comparé  aux générations  antérieures de  combattants  étrangers,  leur  bagage politique  et  religieux  est souvent  fort léger. Pour  Alain  Grignard,  islamologue, chargé de cours à l’université de  Liège, et  commissaire à la division antiterrorisme de la police fédérale belge, la différence avec leurs  prédécesseurs est patente : « Auparavant, nous avions surtout affaire à des  “ islamistes radicaux ” – des individus qui étaient  poussés vers la violence par une interprétation extrémiste de l’Islam  – mais maintenant nous sommes  de plus en plus face à ce que l’on pourrait décrire des  “ radicaux islamisés ” . »  U ne  fois  arrivés en  Syrie  et  en  Irak,  ils  se  montrent en  outre  très  égocentriques et  conscients de  l’image qu’ils veulent afficher. Leur désir de se placer au centre des événements (avec de nombreux  selfies et  tweets dans  un  langage – jeune  sur  des thèmes  d’adolescents)  et  d’attirer  l’attention  reflètent un degré de narcissisme qui était largement absent parmi leurs prédécesseurs. De plus, leur décision de partir  est souvent le résultat d’ un  empressement , plutôt qu e d ’une décision  mûrement réfléchie.  Des  dynamiques de groupe jouent un rôle crucial, car ces jeunes se connaissent  et s’influencent les uns les autres à l’école, dans les parcs publics,  des clubs de sports, bref, leurs lieux de  vie  quotidiens.  Mais  leur  décision  de  rejoindre  la  Syrie  n’est  plus  lié  à  ce processus  de  radicalisation  plus ou  moins  long,  comme  ce  fut  typiquement  le  cas  des générations  antérieures  de combattants étrangers et  fut tant  étudié depuis 2004 . Elle est par contre généralement une réponse  plus – ou – moins impulsive aux défis quotidiens du milieu et des quartiers où ils sont nés et ont grandi  et avec lequel ils  cherchent à rompre. Pour une parti e des  candidats  au départ,  rejoindre  Daesh est  en effet  le passage  à une  autre  forme  de comportement déviant , à c ôté d’une appartenance à des  gangs, des émeutes de rue, de trafic de  drogue, la délinquance juvénile ou d’autres comportements déviants 12 . Mais  rejoindre Daesh  ajoute  une  dimension  aguichante à  leur mode  de  vie  – en  fait  les  transformant  de  délinquants  sans  avenir  en moudjahidines avec une cause. Mais  les  candidats  au  départ  ne  sont  pas  tous  connus  de  la  police  pour  un  comportement  déviant.  Une partie des partants européens ne semblait en rien se distinguer.  C eux – ci font par contre souvent  référence  à  une  absence  d’ avenir,  à  des  difficultés  personnelles  auxquels  ils  sont  confrontés  dans  leur  vie  quotidienne,  à  des  sentiments  d’exclusion  et  d’ absence  d’appartenance,  comme  s’ils ne  disposaient  pas  d’un  enjeu  de  société.  Souvent aussi,  ils  sont  solitaires,  des adolescents  isolés,  en  désaccord avec la famille et les amis, à la recherche d’ une  appartenance et  d’ une cause à  rejoindre . À  un  certain  moment,  la  succession  de  ces  ruptures  se  transforme  en  colère  et  en quête d’ une  échappatoire à cette vie sans perspective. Bien  que  différents  dans  leurs  motivations,  les  deux  groupes  partagent  certaines  caractéristiques  communes qui,  prises  ensemble,  constituent  la  « culture  jeune » dans  laquelle  la  force  d’attraction  de Daesh trouve un terreau fertile. Tout d’abord, la religion n’y joue qu’un rôle mineur.  Europol a fini  par  souscrire  à  la  thèse que la religion n’est plus un élément – clé  dans  la  radicalisation et  va jusqu’à  préférer abandonner le  concept même de « radicalisation » : “ Compte tenu de la diminution de la composante religieuse dans  la radicalisation, en particulier parmi  les jeunes recrues, il peut être plus exact de parler d’une ‘tendance sociale de type extrémisme  violent’ plutôt que d’utiliser le terme ‘radicalisation’ .” Un second trait commun est le sentiment largement partagé parmi les candidats au départ, que leur  vie n’offre pas de perspe ctives.  Le  “ no future” apparait  comme  un  élément  crucial  de  cette  culture  jeune qui pousse au départ vers la Syrie. Le moteur principal est le vécu d’une partie de la jeunesse,  qui a le sentiment que leur avenir ne leur appartient pas, qu’ils ne sont ni souhaités, ni acceptés, ni  respectés. Fragilité, frustration, une perception d’iniquité et le sentiment qu’en partant pour la Syrie,  ils n’ont rien à perdre et tout à gagner,  animent l’ensemble des partants. Troisièmement, comme le chercheur français Olivier Roy  le  soutient également, cette culture jeune  est  aussi le résultat d’une révolte générationnelle, contre leurs parents, contre la société et  contre  les  autorités.  Jusqu’à  un  certain  point,  les  mêmes  mécanismes  étaient  en  jeu  lors  des  mouvements  de contestation dans les années 1960 et les années 1970. Mais la société d’aujourd’hui contraste nettement avec la société de l’époque.  Dr Rik Coolsaet (expert belge)
Ceux qui partent faire le jihad agissent ainsi à 90 % pour des motifs personnels : pour en découdre,  pour l’aventure, pour se venger, parce qu’ils ne trouvent pas leur place dans la société… Et à 10 %  seulement pour des convictions religieuses: l’islam radical. La religion n’est pas le moteur de ce  mouvement et c’est ce qui en fait sa force. C’est pour cette même raison que placer la déradicalisation  sous ce seul filtre ne pourra pas fonctionner. Marc  Trévidic
Le Prof. Coolsaet indique que des études sur le terrorisme ont en effet révélé qu’un cercle d’amis constitue un média élémentaire pour la radicalisation d’un individu – plus crucial même que l’idéologie ou la religion. (…) Le Prof. Rik Coolsaet stipule que ce cas est un bel exemple d’auto-radicalisation ou d’autorecrutement. Muriel, Issam et les jeunes de Saint-Josse-Ten-Noode radicalisent presque entièrement par leur cercle d’amis ou leur famille. Un recrutement actif n’aurait pratiquement pas ou pas du tout joué un rôle. Il indique que les jeunes se prennent l’un l’autre pour modèle. Via l’Internet, ils ont construit une communauté virtuelle de personnes partageant les mêmes opinions. Il s’agissait entièrement d’un processus bottom-up (de bas en haut). Rapport Polarisation en radicalisation
Dans la nébuleuse des djihadistes, les frères qui se radicalisent, partent faire le djihad, et commettent parfois des attaques terroristes sont nombreux. On peut citer les al-Hamzi, pirates de l’air du 11 septembre 2001, les Oulad-Akcha, poseurs de bombes du 11 mars 2004 à Madrid, mais aussi la fratrie Merah, les frères Belhoucine, Karim et Foued Mohamed-Aggad ou encore les frères Clain. On se souvient aussi des frères Kouachi, qui ont préparé et perpétré les attentats de Charlies Hebdo. Du début à la fin, les deux hommes, dont la relation a été décrite comme «fusionnelle», ne se sont jamais quittés et sont morts ensemble à l’imprimerie de Dammartin-en-Goëlle, sous les balles du GIGN. Ces alliances fraternelles dans la radicalisation et dans le martyr se forgent plus facilement qu’entre amis. «Le sang ne ment pas. Quand on est frère, on ne peut pas se trahir», résume Farhad Khosrokhavar*, directeur d’études à l’EHESS, joint par Le Figaro. «Ils se connaissent très bien, peuvent se voir facilement et parfois communiquer d’un seul regard.» De quoi compliquer la tache des services de renseignement qui peinent à détecter ce genre de profils. «Deux frères qui se parlent, ça n’éveille pas forcément les soupçons», commente le spécialiste. «C’est une question de confiance», ajoute le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, interrogé par l’AFP. «Tu te fies à un proche, naturellement. Et quand il s’agit d’entraîner quelqu’un avec toi, la cible la plus logique est ton petit frère ou ton grand frère. C’est le même phénomène avec les gangs de rue. Il n’y a pas besoin de lavage de cerveau, d’endoctrinement.» «Nous sommes très proches (avec mon frère Mohamed, ndlr). S’il a besoin de quelque chose, je lui apporte mon aide et inversement», avait dit aux enquêteurs Medhi Belhoucine, apparu plus tard avec Hayat Boumeddiene – la compagne du tueur Amedy Coulibaly – à l’aéroport d’Istanbul. Bien que très solides, ces relations sont rarement égalitaires et le frère aîné n’est pas toujours celui qui entraîne l’autre dans sa dérive. Cherif Kouachi, le frère cadet, semblait avoir l’ascendant sur son frère aîné Saïd. Même hypothèse chez les frères Abdeslam. «C’est Salah qui connaît depuis l’enfance Abaaoud», expliquait à l’Express leur frère aîné Mohamed. «Je pense que c’est ce dernier qui lui a parlé des combats en Syrie. Brahim le connaît peu. Peut-être qu’ensuite Salah l’a convaincu à son tour». «Généralement, il y en a un qui commande et l’autre qui suit, ce qui facilite les opérations», synthétise Farhad Khosrokhavar. Les rapports entre parents et enfants peuvent avoir une incidence sur la radicalisation des fratries. Dans les familles patriarcales, où le père est en retrait, le grand frère prend souvent le relais et exerce une autorité sur les autres, quitte à les entraîner dans le sillage de la radicalisation. «Pour certains, il s’agit d’être plus musulmans que les parents. On essaie de racheter la défaillance du père et de sauver l’identité musulmane de la famille», estime le psychanalyste Patrick Amoyel, contacté par Le Figaro. Ces pactes familiaux peuvent toucher un cadre plus large et concerner les femmes, les cousins, les amis. Ainsi Souad Merah, la soeur du tueur de Toulouse, «avait clairement favorisé la radicalisation de son frère et est même aller jusqu’à déclarer qu’elle était fière de lui», rappelle le chercheur franco-iranien. «Les terroristes doivent sans cesse innover pour garder une longueur d’avance sur les services de sécurité», pense Farhad Khosrokhavar. «Je ne serai pas surpris qu’à l’avenir les femmes soient de plus en plus mises à contribution dans les projets d’attentats.» On se souvient notamment d’Abdelhamid Abaaoud qui s’était servi de sa cousine Hasna Ait Boulahcen pour se trouver une planque, après les attentats de Paris. Pour les spécialistes, il est compliqué de ramener ces fratries radicalisées vers la société. Patrick Amoyel en sait quelque chose. Au sein de l’association Entr’Autres, il suit une quinzaine de fratries radicalisées depuis plusieurs mois. «Leur prise en charge est plus difficile», constate le thérapeute. «Lorsqu’on commence à atteindre l’un des deux et à le déstabiliser dans ses convictions, l’autre revient à la charge et le rattrape. Et on doit repartir à zéro.» Le Figaro
Les terroristes s’appellent souvent entre eux « frère » ou se réfèrent aux « frères » de Syrie, d’Afghanistan ou de France. Un moyen d’indiquer une solidarité, un sentiment d’identité commune. Un jargon qui est d’ailleurs utilisé par les jeunes du monde entier et qui n’est pas réservé aux seuls terroristes ou jihadistes. Il est néanmoins troublant de constater que dans les filières terroristes, les liens de sang sont fréquents, fait remarquer le quotidien britannique The Guardian . Tout récemment, l’enquête sur les attentats de Paris , vendredi 13 novembre, a permis d’identifier deux frères, Brahim Abdeslam, 31 ans, le kamikaze qui s’est fait exploser boulevard Voltaire sans faire de victimes, et son frère Salah Abdeslam , toujours en fuite. Un troisième frère, Mohammed, a été arrêté lundi, a passé plusieurs heures en garde à vue, avant d’être finalement libéré. Abdelhamid Abaaoud , le cerveau présumé des attentats de Paris, avait, lui , fait la une des journaux belges dès 2014, après avoir enlevé son propre frère Younès, emmené en Syrie alors qu’il était âgé de 13 ans, et qui avait été surnommé « le plus jeune jihadiste du monde » par certains médias. Les frères Abdeslam et Abaaoud ne sont pas des cas isolés. Il existe de nombreux autres exemples identiques : les frères Kouachi , auteurs des attentats contre Charlie Hebdo en janvier dernier, ou bien les frères Tsarnaev, coupables des attentats de Boston en 2013. Il y a aussi le frère de Mohammed Merah, terroriste islamiste franco-algérien ayant perpétré les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban, qui aujourd’hui est encore en détention provisoire pour complicité d’assassinat. Les liens fraternels sont aussi fréquents parmi ceux se rendant en Syrie, en Irak ou d’autres zones de guerre. En Grande-Bretagne, trois frères âgés de 17 à 21 ans originaires de Brighton sont partis pour la zone de combat syrienne en s’engageant pour un groupe lié à Al Qaïda. En France, les frères Bons sont partis combattre à Alep en 2013. Ils sont aujourd’hui décédés. Des exemples comme ceux-là il y en a à la pelle. Ils sont choquants mais pas surprenants. Il y a dix ans, des responsables américains du renseignement militaire en Irak avaient déjà noté qu’un homme impliqué dans l’extrémisme violent se révélait être un prédicateur très efficace face aux membres de sa famille. Cela peut être un frère ou un père. Abdel-Majed Abdel Bary, un britannique recruté par Daech est par exemple le fils d’Adel Abdel Bary, un militant égyptien venu au Royaume-Uni en 1991 qui a été reconnu coupable à New York dans les attentats des ambassades américaines en Afrique de 1998. Une étude récente, de l’Université de Pennsylvanie, a analysé les interactions de 120 supposés «loups solitaires» parmi les terroristes de tous horizons idéologiques et religieux. Elle a constaté que même s’ils ont effectivement combattu seul, dans 64% des cas, famille et amis étaient au courant de ses intentions. Tout cela apporte quelques éclaircissements sur la nature des recrutements des terroristes et sur la radicalisation. Les deux sont souvent compris comme un processus impliquant une personne « normale » subissant un « lavage de cerveau » venant de l’extérieur. Les faits, cependant, contredisent cette explication. Le terrorisme est d’abord une affaire sociale. Plutôt qu’une influence extérieure, ce sont les idées, les idéologies et les activités, même celles terriblement destructrices, véhiculées par des membres de la famille ou des amis proches, qui intéressent et fascinent. Les Echos
Militants often call each other “brother”, and refer collectively to the “brothers” in Syria, Afghanistan, Iraq or France. Why? Partly this is to indicate solidarity, attachment to a common cause, a sense of shared identity and endeavour. Partly it’s because that’s how young men speak, all over the world, but particularly in the kind of environments from which many contemporary militants come. But it is also because, remarkably often, the term is entirely accurate. Those speaking of being “brothers” are indeed blood relatives, children of the same parents, who often grew up together. The Paris attackers are reported to have included Ibrahim Abdeslam – a suicide bomber who blew himself up outside the Comptoir Voltaire restaurant – and Salah Abdeslam, who is on the run. (…) Abdelhamid Abaaoud, the suspected mastermind of the attacks, recruited his own 13-year-old brother, who travelled to Syria and then was seen in a video in a pickup truck dragging bodies of Syrian army soldiers. (…) There are many other examples, in different countries, on different continents: the two Kouachis who attacked the Charlie Hebdo offices in January. The Tsarnaev brothers, who bombed the 2013 Boston Marathon. The brother of Mohammed Merah, who killed seven in south-west France in 2012, remains jailed, although his role in the murders and the radicalisation of the perpetrator is not entirely clear. Fraternal ties are also common among those who travel to Syria, Iraq or other war zones, even if they do not turn to terrorism at home. Few travel alone: almost all make the journey with close friends or family members. Three brothers aged 17 to 21, from Brighton, left the UK to join al-Nusra Front, an al-Qaida affiliate, in Syria. There was Aseel Muthana, a 17-year-old schoolboy who travelled with his elder brother, a medical student, to join Isis. In October, a British court found that two brothers of Iftekhar Jaman, who spoke of “five-star jihad” on the BBC, had spent two years giving help and advice to people seeking to travel to Syria to establish an Islamic state. Both were convicted of terrorist offences.This vision of “jihad by family” may be shocking, but it should not be surprising. Ten years ago, US military intelligence officials in Iraqi identified having a close family member already involved as the greatest predictor of an individual becoming involved in violent militancy, Islamic or otherwis. This may be a brother, or it may be a father. Abdel-Majed Abdel Bary, a British aspiring rapper turned Isis recruit, is the son of Adel Abdel Bary, an Egyptian militant who came to the UK in 1991 and was later convicted in New York for his role in al–Qaida’s attack on US embassies in east Africa in 1998. In the UK more recently, along with siblings, parents of jihadis have been detained and some charged with Syria-related offences. Research by New America, a nonpartisan thinktank in the United States, showed that more than a quarter of western fighters have a familial connection to jihad, whether through relatives who are also fighting in Syria and Iraq, through marriage or through some link to other jihads or terrorist attacks. The research also found that of those western fighters with familial ties to jihad, three-fifths had a relative who has also left for Syria. Another recent study, at Pennsylvania State University, examined the interactions of 120 supposed “lone wolf” terrorists from all ideological and faith backgrounds, and found that, even though they launched their attacks alone, in a large majority of the cases others were aware of the individual’s commitment to a specific extremist ideology. In an astonishing 64% of cases, family and friends were aware of the individual’s intent to engage in a terrorism-related activity because the offender verbally told them. All this offers an important window into the nature of recruitment and radicalisation. Both are often understood to be processes which involve someone who is previously “normal” being “brainwashed” by some outside influence that turns them into someone who behaves abnormally. An alternative explanation for how people are drawn into militancy blames propaganda, via the internet. The facts, however, contradict this. Terrorism, like any activism, is highly social, only its consequences are exceptional. People become interested in ideas, ideologies and activities, even appallingly destructive ones, because other people are interested in them. (…) The psychological and social barriers to involvement in violence are certainly higher than in other less nefarious activities, but the mechanics of the process that draws people into them are the same. The Guardian
L’annonce a eu un air de déjà vécu. Deux frères ont été identifiés parmi les kamikazes des attentats de Bruxelles. Il s’agit de deux Bruxellois, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, connus des services de police belges. Encore une fois, l’horreur a donc été commise en famille. Quelques mois plus tôt, on apprenait que deux frères faisaient partie des commandos ayant perpétré les attentats du 13 novembre à Paris: Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire et Salah Abdeslam, dont le rôle dans les attentats de Paris reste flou, arrêté à Bruxelles le 18 mars dernier. Les deux fratries, El Bakraoui et Abdeslam, étaient proches l’une de l’autre. Ce n’est pas la première fois que des frères de sang deviennent frères d’armes. Avant eux, les frères Kouachi se sont attaqués à Charlie Hebdo, les frères Tsarnaev ont été les auteurs des attentats de Boston en avril 2013, le frère de Mohammed Merah, responsable des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, est détenu pour complicité d’assassinat. Abdelhamid Abaaoud, « cerveau présumé » des attentats de Paris, est également connu pour avoir entraîné son plus jeune frère en Syrie alors qu’il n’avait que 13 ans. Selon une étude du think tank New America, plus d’un quart des jihadistes occidentaux ont un membre de leur famille ayant participé au jihad. Comment expliquer que tant de fratries se radicalisent ensemble et avancent main dans la main jusqu’au moment de passer à l’acte? Evidemment, le mode de recrutement dans les réseaux jihadistes « se fait essentiellement par des pairs », comme a pu le constater l’expert belge Rik Coolsaet. (…) Mais au-delà du fonctionnement presque « familial » du recrutement, le fait d’être du même sang, d’évoluer dans le même milieu, semble jouer un rôle important dans de nombreux cas de radicalisation. « C’est un phénomène tout à fait naturel », explique à l’AFP le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, l’un des premiers à avoir souligné le phénomène dans son livre Understanding Terror Networks. « On développe son identité sociale d’abord en parlant à ses proches. Et les proches, ce sont bien entendu d’abord les frères et les amis d’enfance ». (…) Ils se radicalisent, se confortent les uns les autres », dit-il. (…) Grandir ensemble, mais aussi et surtout avoir une confiance aveugle en quelqu’un, voici l’un des moteurs de ce phénomène. (…) De fil en aiguille, les frères s’influencent l’un et l’autre. (…) Jusqu’au moment fatidique, celui où ils décident de passer à l’acte ensemble, qui semble être pour eux un accomplissement. Huffington post
La confiance absolue qui existe entre deux frères est une garantie face aux services de renseignement. Même si un membre de la fratrie décide de ne pas participer, il ne va pas dénoncer son frère à la police. (…) Les frères s’unissent dans un pacte, recréent les liens familiaux sur une base de cohésion. Farhad Khosrokhavar
La diffusion d’un nouvel appel à témoins par la police Nationale, dimanche, a jeté le trouble sur l’identité de deux des trois kamikazes du Stade de France. Les similitudes physiques et le parcours quasi identique des deux terroristes interrogent quant aux liens qui les unissent. Dès lundi 16 novembre, dans un communiqué, le parquet affirmait avoir retrouvé un passeport syrien près d’un des corps des kamikazes. L’authenticité du document, au nom d’Ahmad Al Mohammad, 25 ans et né en Syrie, « reste à vérifier » mais « il existe une concordance entre les empreintes papillaires du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015 ». Si le nom d’Al Mohammad n’est pas certain, les enquêteurs ont une certitude : le jeune homme se serait enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce. Un premier appel à témoins est alors diffusé pour tenter d’obtenir la réelle identité du kamikaze. Ed Thomas, journaliste pour la BBC à Athènes, a enquêté sur le parcours emprunté par le supposé Al Mohammad. Le correspondant aurait découvert que le premier terroriste aurait voyagé avec un autre syrien nommé Al Mahmod. Les enquêteurs français de leur côté, ont précisé que le 3e kamikaze, dont la photo a été diffusée vendredi, a également été enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce. Si des traces de leur passage subsistent également aux camps de Presevo en Serbie puis d’Opatovac en Croatie, impossible de connaître la suite de leur itinéraire qui s’est achevé aux alentours de 21h20 ce vendredi 13 novembre, aux abords du Stade de France. En dehors de ces éléments, rien ne permet pour le moment d’affirmer un lien de parenté entre ces deux hommes. 20 minutes
Dans les enquêtes antiterroristes médiatisées, les fratries tiennent le haut du pavé. Les plus connus, les frères Merah, se sont radicalisés ensemble. Mais c’est le cadet qui est passé à l’acte. Bertrand Nzohabonayo, tué dans le commissariat de Joué-les-Tours alors qu’il s’apprêtait à porter des coups de couteau à des policiers, avait mis un drapeau de l’organisation de l’Etat islamique sur sa page Facebook. Deux jours après que son frère Brice eut posté le même drapeau… Saïd et Chérif Kouachi se sont formés et entraînés tantôt ensemble, tantôt chacun de leur côté, se rendant soit au Yémen, soit en Arabie saoudite. Mercredi 23 mars 2016, une nouvelle fois, ce sont des frères, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, qui ont été identifiés comme deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles, a indiqué le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw.  (…) Mimétisme, entraide, endoctrinement mutuel, surenchère… (…) La famille devient alors le premier cercle dans lequel le jeune radicalisé va exercer son argumentation et mettre à l’épreuve son prosélytisme. Ainsi, l’aîné des frères Merah, Abdelkhader, mis en examen pour complicité d’actes terroristes, semble avoir été à l’origine de l’endoctrinement de son cadet. Chez les frères Kouachi, Saïd, est le premier à être parti s’entraîner à manier les armes au Yémen. Pareil pour la fratrie Belhoucine, où l’aîné, Mohamed, est le premier à avoir été condamné dans le cadre d’une filière d’acheminement de combattants à destination de la zone pakistano-afghane. C’est son petit frère Mehdi, qui a accompagné dans sa fuite vers la Syrie Hayat Boumeddiene, la femme d’Amedy Coulibaly, auteur de la prise d’otage à Vincennes et de la fusillade à Montrouge. Pour autant, toutes les fratries confrontées à la radicalisation d’un des leurs, ne basculent pas forcément dans l’endoctrinement. Le passage à l’acte n’est pas forcément toujours décidé de concert. Alors que Mohamed Merah a décidé, a priori seul, de tuer des militaires et des juifs, les frères Kouachi, eux, sont sortis du bois en même temps. Et sont morts, côte à côte, les armes à la main. 20 minutes

Ben Attash (New York), Al-Shehri (New York), Al Hazmi (Washington), Nurhasyim (Bali), Oulad-Akcha (Madrid), Tsarnaev (Boston), Merah (Toulouse), Belhoucine, Mohamed-Aggad, Clain (Syrie), Kouachi (Paris), El Bakraoui (Paris), Abdeslam (Paris), Abaaoud (Paris), Al Mohammad (Paris) …

Après Harry Potter, les terroristes confirment Girard !

En ce 15e anniversaire des attentats du 11/9

Où, ultime perversion du message évangélique et sans compter les avanies de certains de nos beaux esprits, il s’agissait de donner sa vie non pour ses amis mais pour tuer à l’aveugle les premiers civils venus …

Et une semaine après un nouvel attentat à Paris (Notre-Dame ?) évité apparemment in extremis et organisé cette fois par un réseau de femmes dont une mère et sa propre fille …

Alors que la chaine américaine d’informations continue CNN confirme que les attentats du 13 novembre devaient toucher d’autres sites en France et même plusieurs pays européens, révèlant également la détention d’un  probable complice d’Abaaoud actuellement en Autriche …

Pendant que le président d’un pays qui avait déjà il y a 30 ans interdit son espace aérien aux bombardiers américains partant punir Kaddafi pour son soutien au terrorisme aérien profite de l’hommage aux victimes du 11/9 pour blamer la victime et réécrire l’histoire

Comment ne pas voir …

Dans cette surreprésentation des fratries terroristes

Et contre le misérabilisme social ou médical (les fameux « déséquilibrés » qui bien sûr existent aussi), les histoires de « loups solitaires » ou d’ « auto-radicalisation » dont on nous rebat les oreilles …

La dimension essentiellement sociale du phénomène comme le rappelle l’expert belge Rik Coolsaet …

Et surtout au-delà du cas particulier du terrorisme ou même d’ailleurs des fratries …

La confirmation des fameuses analyses de l’anthropologue français René Girard …

Sur la dimension proprement mimétique – qui Dieu merci marche aussi pour le bien – de la plupart de nos conduites ?

Radicalisation,  entre contexte et responsabilité individuelle
Rik Coolsaet
L’Observatoire
mars 2016
Le concept de  « radicalisation » célèbre cette année ses douze ans. Apparu pour la première fois  dans  un  document de travail de l’Union européenne en  mai  2004,  il  est  devenu  le  Saint  Graal  du contreterrorisme.  Il fait référence  à la trajectoire qu’un individu entreprend  en  quittant son  état  dit  « normal » pour  s’orienter vers l’acte  terroriste.  Mais  ce  processus  est  bien  plus  complexe  qu’il n’y paraît à première vue.
Comme l’a fait remarquer Farhad Khosrokhavar,  avant  les  attentats  du  11  septembre  la  notion  de  radicalisation  était marginale, tant dans les sciences sociales que dans les travaux sur l’extrémisme et  le   terrorisme. Suite   à   ces   attentats,   une   divergence   de   vues  s’est  dessinée entre   les   alliés  transatlantiques.  Les  Etats – Unis  ont  déclaré la  « guerre » au  terrorisme  international  et  ses  leaders,  tenus  pour  responsables  et  dev en ant dès  lors l’objet d’une  chasse à l’homme sans relâche.  Les  Européens  ont  quant  à  eux davantage  insisté  sur  les  « caus es  profondes » , qu’il faudrait  neutraliser  afin d’ éviter qu’à chaque arrestation d’un  leader terroriste, un autre  ne  prenne tout  simplement sa  place.  Cependant,  le  concept  même  de  « causes  profondes » est longtemps resté  inexploré en  Europe, la priorité étant tout naturellement donnée aux mesures de prévention des  attentats.
Vers 2004 – 2005, suite à des attentats à Madrid, La Haye et Londres, les comités spécialisés de l’Union  européenne  ont  été forcés à développer  davantage  leur  réflexion. En effet, ces attentats n’étaient  pas le fruit d’individus venus  expressément  de l’étranger pour perpétrer  leur  acte,  mais  bien  de  personnes ayant grandi en Europe  et  qui  souvent  y  étaient  nés. Comment  en  étaient – elles venues à  recourir au terrorisme ? Qu’est – ce qui les  attiraient dans les idéologies extrémistes et  les propos des recruteurs ?  En  mai  2004,  les  comités  tentèrent pour  la  première  fois  d’énumérer  les  facteurs  pouvant  expliquer  le  recrutement  de  jeunes  musulmans  européens  par  des  groupes  extrémistes  étrangers.  C’est dans ce cadre que le mot « radicalisation » fait son apparition, avec comme contenu  tout simplement « colère ».  C’est la première fois  que ce concept  était mentionné dans un document  européen  – et en plus une première dans le contreterrorisme européen.
En effet, dans la longue  histoire du contreterrorisme européen,  on  prêtait jadis  peu d’attention aux  trajectoires  individuelles. L’accent  était  davantage  mis  sur  le  « pourquoi » de  l’émergence  de  terrorisme que sur le « comment » des individus en arrivaient à choisir cette voie.  A titre d’ exemple,  la  notion  de  « radicalisation » n’était  pas  ou  peu  évoquée  dans  le contreterrorisme  en  Irlande  du  Nord .  Cette faible attention accordée aux trajectoires individuelles était d’ailleurs observable pour  toutes les formes d’acti visme ,  à quelques  exceptions  près,  comme  l’étude du sociologue  français  Yvon Bourdet. L es  travaux classiques sur le terrorisme et les  efforts  antiterroristes  se  concentraient ainsi  quasi exclusivement sur l e contexte  qui  expliquait l’émergence de violences politiques,  puisqu’il  était considéré comme le facteur principal  motivant les  individus  à recourir à la violence.
La nouveauté du concept  de radicalisation  explique pourquoi, en 2006, la Commission européenne  a  créé un Groupe d’Experts,  auquel  il fut  demandé  de  fournir  un  état  des  lieux des  connaissances  académiques  sur  « la  radicalisation  violente ». Dans  leur  rapport  de  2008, les  experts  mentionnent  que  le  concept  manque d’ assises  scientifiques.  Ils  le qualifient  de plus d’intrinsèquement  ambigu,  à  plus d’un égard.  Le  groupe  propose dès  lors  de  le  remplacer  par des  notions  qui  sont,  elles,  enraciné es  dans  les  sciences  sociales.  « Socialisation dans l’extrémisme qui  se  manifeste  dans  le  terrorisme » a été la formule proposée.
En  indiquant  que,  définie  ainsi,  la  « radicalisation » est un  processus  connu  depuis  toujours  et  présent  dans  toutes  les  formes  antérieures  de  terrorisme,  le  groupe  a  également voulu mettre  en  garde  les  décideurs  contre  tout  emploi  abusif,  en  particulier  la  tentation  de  la  lier  exclusivement  à  l’islam. Mais la notion  est vite  devenue  incontournable,  acquiérant le  statut  de Saint  Graal  du  contreterrorisme,  en  raison  de son  apparente  simplicité ,  mais  aussi de  son  ambiguïté.  Elle  s’est  immiscée dans le discours ambiant  sur l’immigration qui  s’est développé depuis les années 1980,  et  dans le malaise autour  de l’islam ( et  les  musulmans ) stimulé par  les attaques  du  11  septembre.  La  « radicalisation » permettait en  effet de parler  de  ces questions  d’une  manière apparemment différente de la rhétorique des mouvements d ’ extrême – droite.
Le  succès  rencontré  par la  notion  de  « radicalisation » a cependant  eu  un  prix.  Elle  a  placé la  responsabilité essentiellement sur l’individu , ses amis et sa famille, ainsi que sur l’ idéologie, tout en  diminuant  significativement  l’importance du  contexte  général  qui,  auparavant,  était considéré comme  fondamental pour  appréhender et combattre  le terrorisme .
De plus, et comme l’avait craint  le Groupe d’Experts européen, elle  a (quasi) exclusivement  été  appliquée à l’islam et aux mus ulmans .  L’islam  a en effet été consid éré comme l’unique et la seule « cause profonde » de la radicalisation et  du   terrorisme.  Ce qui eut comme   effet   de   renforcer , dans   les   populations   européennes,  la  polarisation  sur la soi – disant incompatibilité entre  islam  et valeurs européennes.  Du coup, une partie  de  la  population  « s’est vue renvoyée à son origine, à son apparence, à sa culture, à sa religion,  comme si elle était à part, mise à l’écart, à distance et en défiance ».
Malgré tous les efforts , au sein du monde académique et des forces de police et de renseignement ,  on n’est jamais  parvenu à  développer un  instrument qui  pourrait  déterminer si  oui  ou  non la radicalisation au sein d’une société  s’acc roit ou  au contraire se tasse. 
La kyrielle d’études sur la radicalisation produites depuis 2004 a néanmoins donné quelques résultats  fort  utiles.  Nous  déchiffrons  maintenant  mieux  les  trajectoires  individuelles.  La radicalisation est  en  effet avant tout un processus de socialisation dan s lequel la dynamique de groupe (amis, famille) est  bien  plus  importante  que  l’idéologie.  Ces  études  nous  ont  fourni  une  compréhension  plus  détaillée  des étapes de ce processus de socialisation. Avant d’en arriver à la violence, certaines étapes sont en  ef fet franchies, plus ou moins progressivement, et généralement à travers une dynamique de groupe  (d e  véritables  « loups  solitaires » comme  Anders  Breivik  étant  très  rares).  Au  départ,  il  y  a  des  sentiments de frustration, d’injustice, de mécontentement. Ces sentiments sont ensuite intériorisés,  ce  qui  conduit  à  une  séparation  mentale  de  la  société,  considérée  comme  seule  responsable.  Subséquemment, les individus recherchent confirmation auprès d’autres personnes, qui partagent  les même s sentiments. Ainsi se  crée un  “ in – group ” , où la loyauté envers l’ensemble solidifie les liens  internes. A l’intérieur d’un tel groupe, les sentim ents personnels d’origine se  politisent (« qu’allons – nous  faire  pour  réagir  ? » ).  La  pensée de  groupe  ( “ groupthink ” ) 9 écarte  graduellement  toutes  les  objections éventuelles à la pensée unique qui commence à se cristalliser. Si  cette dernière s’oriente  dans  une  voie  extrémiste,  voire  violente,  les  membres  ont  – en  principe  – le choix soit d’y adhérer,  soit  de  quitter  le  g roupe.  Mais  la  dynamique  de  groupe , et surtout le besoin qu’éprouvent les  mem bres de maintenir les liens créé s dans ce processus, rend ce choix généralement aléatoire. A ce  stade, l’idéologie  – qui n’est généralement pas à l’origine du processus  – commence à jouer un rôle  bien spécifique : contribuer à déshumaniser l’ out – group , c’est – à – dire le reste de la société et dès lors  à  transformer  des  innocents  (qui  ne  portent  aucune  responsabilité  personnelle  dans  les sentiments  de frustration et d’injustice à l’or igine du processus) en complices coupables.  Dans ce processus de socialisation dans l’extrémisme, ce n’est donc pas le narratif (à savoir,  l’idéologie) qui pousse un individu dans le terrorisme, mais le contexte et la dynamique de groupe. Il  n’y a en effe t  aucun  automatisme  entre  l’acquisition  d’idées  dites  radicales  et  le  choix  délibéré  de  recourir à des actes terroristes. Les premières ne sont pas l’antichambre des secondes. Et pourtant,  les stratégies de déradicalisation sont presque toujours basées sur cette thèse, comme en témoigne  l e  point  de  vue du  premier  ministre  belge  Charles  Michel:  « On  se  trompe  en  cherchant  des  causes  sociales à ce qui n’est rien d’autre qu’une idéologie fanatique qui veut imposer par la violence  extrême sa vision  obscurantiste. » 
L’accord  du gouvernement  Michel d’octobre 2014 mentionne que : « La protection de l’Etat de droit  démocratique et la sécurité de nos citoyens constituent une priorité absolue pour le gouvernement. Aujourd’hui, elle se trouve sous la pression de la menace croissante de la r adicalisation  et  du  terrorisme. » Mais  il  se  garde  bien  de  définir  sur  quelle  base  a  pu  être  déterminé  qu’il  y  accroissement de radicalisation  – sauf à se référer au nombre de Bel ges partis pour la Syrie.  Mais la   « radicalisation » explique – t – elle   vraiment   le  phénomène   des combattants étrangers d’aujourd’hui ? Qu’est – ce  qui  pousse  des  jeunes  Belges  vers  la  Syrie  et  vers  le  groupe  le  plus  brutal  et  violent,  Daesh ? L’actuelle  géné ration de  candidats  combattants  étrangers  se  compare  difficilement  à leurs  ainés, partis dès les années 80 vers l’Afghanistan, la Bosnie, l’Irak et d’autres théâtres de guerre.  Tout  d’abord, leur  âge  moyen  est  maintenant  nettement  inférieur.  Auparavant, l’âge  moyen  était  de  27  ans, tandis  qu’à présent l’âge caractéristique se situe entre 20 et 24 ans (même en tenant compte du  fait qu’un tiers d es belges partis pour la Syrie ont 30 ans ou plus). Des jeunes  candidats au départ  de  15 – 18 ans sont malheureuse ment  loin d’être des exceptions en Europe . Ensuite,  c omparé  aux générations  antérieures de  combattants  étrangers ,  leur  bagage politique  et  religieux  est souvent  fort léger. Pour  Alain  Grignard,  islamologue, chargé de cours à l’université de  Liège, et  commissaire à la division antiterrorisme de la police fédérale belge , la différence avec leurs  prédécesseurs est patente : « Auparavant, nou s avions surtout affaire à des  “ islamistes radicaux ” – des individus qui étaient  poussés vers la violence par une interprétation extrémiste de l’Islam  – mais maintenant nous sommes  de plus en plus face à ce que l’on pourrait décrire des  “ radicaux islamisés ” . » U ne  fois  a rrivé s en  Syrie  et  en  Irak,  ils  s e  montrent en  outre  très  égocentrique s et  conscient s de  l’image qu’ils veulent afficher. Leur désir de se placer au centre des événements (avec de nombreux  selfies et  tweets dans  un  langage – je une  sur  des thèmes  d’adolescent s)  et  d’attirer  l’attention  reflète nt un degré de narcissisme qui était largement absent parmi leurs prédécesseurs. De plus, leur décision de partir  est souvent le résultat d’ un  empressement , plutôt qu e d ’une décision  mûrement réfléchie.  Des  dynamiques de groupe jouent un rôle crucial, car ces jeunes se connaissent  et s’influencent les uns les autres à l’école, dans les parcs publics,  des cl ubs de sports, bref, leurs lieux de   vie  quotidiens. 
Mais  leur  décision  de  rejoindre  la  Syrie  n’est  plus  lié  à  ce p rocessus  de  radicalisation  plus ou  moins  long,  comme  ce  fut  typiquement  le  cas  des générations  antérieur e s  de combattants étrangers et  fut tant  étudié depuis 2004 . Elle est par contre généralement une réponse  plus – ou – moins impulsive aux défis quotidiens du milieu et des quartiers où ils sont nés et ont grandi  et avec lequel ils  cherchent à rompre. Pour une p arti e des  candidats  au départ,  rejoindre  Daesh est  en effet  le passage  à une  autr e  forme  de comportement déviant , à c ôté d’une appartenance à des  gangs, des émeutes de rue, de trafic de  drogue, la délinquance juvénile ou d’autres comportements déviants 12 . Mais  rejoindre Daesh  ajoute  une  dimension  aguichante à  leur mode  de  vie  – en  fait  les  transformant  de  délinquants  sans  avenir  en moudjahidines avec une cause. Mais  les  candidats  au  départ  ne  sont  pas  tous  connus  de  la  police  pour  un  comportement  déviant.  Une partie des partants européens ne semblait en rien se distinguer.  C eux – ci font par contre souvent  référence  à  une  absence  d’ avenir,  à  des  difficultés  personnelles  auxquels  ils  sont  confrontés  dans  leur  vie  quotidienne,  à  d es  sentiments  d’exclusion  et  d’ absence  d’appartenance,  comme  s’ils ne  dispos ai ent  pas  d’un  enjeu  de  société.  Souvent aussi ,  i ls  sont  solitaires,  des adolescents  isolés,  en  désaccord avec la famille et les amis, à la recherche d’ une  appa rtenance et  d’ une cause à  re joindre . À  un  certain  moment,  la  succession  de  ces  ruptures  se  transforme  en  colère  et  en quête d’ une  échappatoire à cette vie sans perspective.
Bien  que  différents  dans  leurs  motivations,  les  deux  groupes  partagent  cert aines  caractéristiques  communes qui,  prises  ensemble,  constituent  la  « culture  jeune » dans  laquelle  la  force  d’attraction  de Daesh trouve un terreau fertile. Tout d’abord, la religion n’y joue qu’un rôle mineur.  Europol a fini  par  souscrire  à  la  thèse que la religion n’est plus un élément – clé  dans  la  radicalisation et  va jusqu’à  préférer abandonner le  concept même de « radicalisation » : “ Compte tenu de diminution de la composante religieuse dans  la radicalisation, en particulier parmi  les jeunes recrues, il peut être plus exact de parler d’une ‘tendance sociale de type extrémisme  violent’ plutôt que d’utiliser le terme ‘radicalisation’ .”
Un second trait commun est le sentiment largement partagé parmi les candidats au départ, que leur  vie n’offre pas de perspe ctives.  Le  “ no future” apparait  comme  un  élément  crucial  de  cette  culture  jeune qui pousse au départ vers la Syrie. Le moteur principal est le vécu d’une partie de la jeunesse,  qui a le sentiment que leur avenir ne leur appartient pas, qu’ils ne sont ni souhaités, ni acceptés, ni  respectés. Fragilité, frustration, une perception d’iniquité et le sentiment qu’en partant pour la Syrie,  ils n’ont rien à perdre et tout à gagner,  animent l’ensemble des partants. Troisièmement, comme le chercheur français Olivier Roy  le  soutient également 14 , cette culture jeune  est  aussi le résultat d’une révolte générationnelle, contre leurs parents, contre la société et  contre  les  autorités.  Jusqu’à  un  certain  point,  les  mêmes  mécanismes  étaient  en  jeu  lors  des  mouvements  de contestation dans les années 1960 et les années 1970. Mais la société d’aujourd’hui contraste nettement ave c la société de l’époque. Pour les jeunes partis  de  France,  Marc  Trévidic  a  fait  le même  constat pour  le  contingent  belge en  juin  2015,  lors  de  son  départ du  pôle antiterroriste après  quinze années de travail  dans le domaine  :  « Ceux qui partent faire le jihad agissent ainsi à 90 % pour des motifs personnels : pour en découdre,  pour l’aventure, pour se venger, parce qu’ils ne trouvent pas leur place dans la société… Et à 10 %  seulement pour des convictions religieuses: l’islam radical. La religion n’est pas le moteur de ce  mouvement et c’est ce qui en fait sa force. C’est pour cette même raison que placer la déradicalisation  sous ce seul filtre ne pourra pas fonctionner. » L ’écrivain français Erik Orsenna, juste après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de  Vincennes,  a  pointé le  véritable  enjeu  en  évoquant  « le  terreau  de  désespérance » .  C’était  exactement le même sentiment que  Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un des  soldats  tués  par  Mohamed  Merah  en  2012,  avait  recueilli  dans  les  écoles  de  quartiers  difficiles:  « un sentiment d’abandon » .
Suite à l’assassinat de son fils, elle a commencé à plaider passionnément auprès des jeunes afin qu’ils  se  réconcilient « avec le pays qui  [les] a vu naître (et qui) est  [leur] patrie » . Mais, en même  temps,  elle s’ adresse également à la France : « La dignité : voilà la chose la plus importante que vous oubliez.

Voir aussi:

Pourquoi tant de fratries parmi les terroristes ?

Dans les filières terroristes, les liens de sang sont fréquents.
Florence Renard-Gourdon
Les Echos
17/11/2015
Les terroristes s’appellent souvent entre eux « frère » ou se réfèrent aux « frères » de Syrie, d’Afghanistan ou de France. Un moyen d’indiquer une solidarité, un sentiment d’identité commune. Un jargon qui est d’ailleurs utilisé par les jeunes du monde entier et qui n’est pas réservé aux seuls terroristes ou jihadistes.

Il est néanmoins troublant de constater que dans les filières terroristes, les liens de sang sont fréquents, fait remarquer le quotidien britannique The Guardian . Tout récemment, l’enquête sur les attentats de Paris , vendredi 13 novembre, a permis d’identifier deux frères, Brahim Abdeslam, 31 ans, le kamikaze qui s’est fait exploser boulevard Voltaire sans faire de victimes, et son frère Salah Abdeslam , toujours en fuite. Un troisième frère, Mohammed, a été arrêté lundi, a passé plusieurs heures en garde à vue, avant d’être finalement libéré.

Abdelhamid Abaaoud , le cerveau présumé des attentats de Paris, avait, lui , fait la une des journaux belges dès 2014, après avoir enlevé son propre frère Younès, emmené en Syrie alors qu’il était âgé de 13 ans, et qui avait été surnommé « le plus jeune jihadiste du monde » par certains médias.

Kouachi, Tsarnaev, Merah…

Les frères Abdeslam et Abaaoud ne sont pas des cas isolés. Il existe de nombreux autres exemples identiques : les frères Kouachi , auteurs des attentats contre Charlie Hebdo en janvier dernier, ou bien les frères Tsarnaev , coupables des attentats de Boston en 2013. Il y a aussi le frère de Mohammed Merah, terroriste islamiste franco-algérien ayant perpétré les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban, qui aujourd’hui est encore en détention provisoire pour complicité d’assassinat.

Les liens fraternels sont aussi fréquents parmi ceux se rendant en Syrie, en Irak ou d’autres zones de guerre. En Grande-Bretagne, trois frères âgés de 17 à 21 ans originaires de Brighton sont partis pour la zone de combat syrienne en s’engageant pour un groupe lié à Al Qaïda. En France, les frères Bons sont partis combattre à Alep en 2013. Ils sont aujourd’hui décédés.

Des exemples comme ceux-là il y en a à la pelle. Ils sont choquants mais pas surprenants. Il y a dix ans, des responsables américains du renseignement militaire en Irak avaient déjà noté qu’un homme impliqué dans l’extrémisme violent se révélait être un prédicateur très efficace face aux membres de sa famille.

Cela peut être un frère ou un père. Abdel-Majed Abdel Bary, un britannique recruté par Daech est par exemple le fils d’Adel Abdel Bary, un militant égyptien venu au Royaume-Uni en 1991 qui a été reconnu coupable à New York dans les attentats des ambassades américaines en Afrique de 1998.

Des « loups solitaires » pas si solitaires

Une étude récente, de l’Université de Pennsylvanie, a analysé les interactions de 120 supposés «loups solitaires» parmi les terroristes de tous horizons idéologiques et religieux. Elle a constaté que même s’ils ont effectivement combattu seul, dans 64% des cas, famille et amis étaient au courant de ses intentions.

Tout cela apporte quelques éclaircissements sur la nature des recrutements des terroristes et sur la radicalisation. Les deux sont souvent compris comme un processus impliquant une personne « normale » subissant un « lavage de cerveau » venant de l’extérieur.

Les faits, cependant, contredisent cette explication. Le terrorisme est d’abord une affaire sociale. Plutôt qu’une influence extérieure, ce sont les idées, les idéologies et les activités, même celles terriblement destructrices, véhiculées par des membres de la famille ou des amis proches, qui intéressent et fascinent. « Le recrutement est d’abord une affaire de parenté ou d’amitié bien plus que de religion ou de nationalité », résume le Dr Rik Coolsaet, un expert belge, pour The Guardian.

Voir également:

Merah, Kouachi, Abdeslam… Le djihad est souvent une affaire de fratrie

Dans la nébuleuse des djihadistes, les frères qui se radicalisent, partent faire le djihad, et commettent parfois des attaques terroristes sont nombreux. Plusieurs spécialistes analysent ce phénomène relativement ancien.

Au lendemain des attentats de Bruxelles, les enquêteurs ont réussi à identifier deux des kamikazes présumés, deux frères: Ibrahim et Khalid El Bakraoui, connus des services de police pour grand banditisme. Un nouveau cas qui montre que le terrorisme est souvent une affaire de fratrie. Leurs noms viennent s’ajouter à une longue liste de binômes. Avant eux, les frères Abdeslam avaient agi ensemble lors des attentats du 13 novembre dernier àParis et à Saint-Denis. L’aîné, Ibrahim, s’est fait exploser boulevard Voltaire tandis que Salah, présenté comme le logisticien de ces attaques, avait pris la fuite, renonçant à son projet de se faire exploser au stade de France.

Dans la nébuleuse des djihadistes, les frères qui se radicalisent, partent faire le djihad, et commettent parfois des attaques terroristes sont nombreux. On peut citer les al-Hamzi, pirates de l’air du 11 septembre 2001, les Oulad-Akcha, poseurs de bombes du 11 mars 2004 à Madrid, mais aussi la fratrie Merah, les frères Belhoucine, Karim et Foued Mohamed-Aggad ou encore les frères Clain. On se souvient aussi des frères Kouachi, qui ont préparé et perpétré les attentats de Charlies Hebdo. Du début à la fin, les deux hommes, dont la relation a été décrite comme «fusionnelle», ne se sont jamais quittés et sont morts ensemble à l’imprimerie de Dammartin-en-Goëlle, sous les balles du GIGN.

«Le sang ne ment pas»

Ces alliances fraternelles dans la radicalisation et dans le martyr se forgent plus facilement qu’entre amis. «Le sang ne ment pas. Quand on est frère, on ne peut pas se trahir», résume Farhad Khosrokhavar*, directeur d’études à l’EHESS, joint par Le Figaro. «Ils se connaissent très bien, peuvent se voir facilement et parfois communiquer d’un seul regard.» De quoi compliquer la tache des services de renseignement qui peinent à détecter ce genre de profils. «Deux frères qui se parlent, ça n’éveille pas forcément les soupçons», commente le spécialiste. «C’est une question de confiance», ajoute le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, interrogé par l’AFP. «Tu te fies à un proche, naturellement. Et quand il s’agit d’entraîner quelqu’un avec toi, la cible la plus logique est ton petit frère ou ton grand frère. C’est le même phénomène avec les gangs de rue. Il n’y a pas besoin de lavage de cerveau, d’endoctrinement.»

«Nous sommes très proches (avec mon frère Mohamed, ndlr). S’il a besoin de quelque chose, je lui apporte mon aide et inversement», avait dit aux enquêteurs Medhi Belhoucine, apparu plus tard avec Hayat Boumeddiene – la compagne du tueur Amedy Coulibaly – à l’aéroport d’Istanbul. Bien que très solides, ces relations sont rarement égalitaires et le frère aîné n’est pas toujours celui qui entraîne l’autre dans sa dérive. Cherif Kouachi, le frère cadet, semblait avoir l’ascendant sur son frère aîné Saïd. Même hypothèse chez les frères Abdeslam. «C’est Salah qui connaît depuis l’enfance Abaaoud», expliquait à l’Express leur frère aîné Mohamed. «Je pense que c’est ce dernier qui lui a parlé des combats en Syrie. Brahim le connaît peu. Peut-être qu’ensuite Salah l’a convaincu à son tour». «Généralement, il y en a un qui commande et l’autre qui suit, ce qui facilite les opérations», synthétise Farhad Khosrokhavar.

Des fratries difficiles à ramener vers la société

Les rapports entre parents et enfants peuvent avoir une incidence sur la radicalisation des fratries. Dans les familles patriarcales, où le père est en retrait, le grand frère prend souvent le relais et exerce une autorité sur les autres, quitte à les entraîner dans le sillage de la radicalisation. «Pour certains, il s’agit d’être plus musulmans que les parents. On essaie de racheter la défaillance du père et de sauver l’identité musulmane de la famille», estime le psychanalyste Patrick Amoyel, contacté par Le Figaro.

Ces pactes familiaux peuvent toucher un cadre plus large et concerner les femmes, les cousins, les amis. Ainsi Souad Merah, la soeur du tueur de Toulouse, «avait clairement favorisé la radicalisation de son frère et est même aller jusqu’à déclarer qu’elle était fière de lui», rappelle le chercheur franco-iranien. «Les terroristes doivent sans cesse innover pour garder une longueur d’avance sur les services de sécurité», pense Farhad Khosrokhavar. «Je ne serai pas surpris qu’à l’avenir les femmes soient de plus en plus mises à contribution dans les projets d’attentats.» On se souvient notamment d’Abdelhamid Abaaoud qui s’était servi de sa cousine Hasna Ait Boulahcen pour se trouver une planque, après les attentats de Paris.

Pour les spécialistes, il est compliqué de ramener ces fratries radicalisées vers la société. Patrick Amoyel en sait quelque chose. Au sein de l’association Entr’Autres, il suit une quinzaine de fratries radicalisées depuis plusieurs mois. «Leur prise en charge est plus difficile», constate le thérapeute. «Lorsqu’on commence à atteindre l’un des deux et à le déstabiliser dans ses convictions, l’autre revient à la charge et le rattrape. Et on doit repartir à zéro.»

» La fratrie Merah: Mohamed, le tueur, et son aîné Abdelkader, dont le parquet a requis son renvoi devant une cour d’assises spéciales pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs terroriste criminelle. L’aîné de la fratrie Merah, Abdelghani, est également convaincu qu’Abdelkader a joué un rôle crucial dans la radicalisation de Mohamed et son passage à l’acte. Mais pour son avocat, Eric Dupond-Moretti, aucun élément ne le relie aux crimes et rien ne justifie sa mise en examen pour complicité d’assassinats terroristes. Leur sœur Souad s’est dite «fière» de son frère avant de quitter la France pour la Syrie ou l’Algérie.

» Les frères Kouachi : les deux hommes, qui se sont radicalisés au début des années 2000, ont préparé et perpétré les attentats de Charlie Hebdo. Chérif a basculé en rencontrant Farid Benyettou, le leader du groupe dit des «Buttes Chaumont». Il a été arrêté en 2005 alors qu’il s’apprêtait à rallier la Syrie. Plus discret, son frère Saïd était parti au Yémen en 2011 dans un camp d’entraînement. Un temps placés sur écoutes, ils ont échappés aux services de renseignement.

» Les fères Abdeslam : Brahim, 31 ans et Salah, 26 ans. Le premier a participé à la tuerie des terrasses en novembre dernier avant de se faire exploser boulevard Voltaire, dans l’est parisien. Le second, décrit comme le logisticien des attentats, devait se faire exploser au Stade de France, avant de «faire machine arrière», comme l’a déclaré le procureur de la République de Paris, Fançois Molins.

» Les frères Abaaoud : Cerveau présumé des attentats de novembre et mort dans l’assaut mené par le Raid quelques jours plus tard, Abdelhamid Abaaoud avait recruté son petit frère, Younès, alors qu’il n’avait que 13 ans. Les médias l’avaient surnommé «le plus jeune djihadiste du monde».

» Les frères Clain : Fabien, radicalisé depuis les années 1990, et son frère Jean-Michel sont partis s’installer en Syrie en 2014. Leurs voix ont été toutes les deux authentifiées dans un enregistrement de l’État islamique qui revendique les attentats.

» Les frères Belhoucine : Ils ont aidé Hayat Boumedienne, l’ex-compagne d’Amedy Coulibaly, à fuir la France peu avant les attentats de Charlie Hebdo. L’aîné, Mohamed, 27 ans, a été condamné en 2014 pour avoir participé à une filière d’acheminement de combattants vers la zone pakistano-afghane. Medhi, son petit frère de 23 ans, l’avait aidé à intercepter des messages en provenance d’Afghanistan.

» Les frères Mohamed-Aggad : En décembre 2013, Foued, 23 ans, et Karim, 25 ans, sont partis ensemble en Syrie. L’aîné ne supportant plus la situation sur place a fini par rentrer en France, avant d’être incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis. Foued est en revanche resté sur place avec femme et enfant avant de participer au commando du Bataclan et de se faire exploser le 13 novembre.

* Auteur de Radicalisation, aux éditions de la maison des sciences de l’homme.

Voir aussi:

Attentats à Bruxelles: El Bakraoui, Merah, Kouachi… Le terrorisme islamiste, une affaire de frères?

SECURITE La famille et le premier cercle sont souvent impliqués dans le passage à l’acte…

William Molinié

20 minutes

23.03.2016

Mise à jour le 23/03/2016 : Alors que la Belgique a été frappée, le 22 mars 2016, par des attentats terroristes à Bruxelles, les premiers éléments de l’enquête impliquent de nouveau des frères : Khalid et Ibrahim El Bakraoui. 20 Minutes vous propose de relire cet article, paru après les attentats de janvier 2015 à Paris.

Dans les enquêtes antiterroristes médiatisées, les fratries tiennent le haut du pavé. Les plus connus, les frères Merah, se sont radicalisés ensemble. Mais c’est le cadet qui est passé à l’acte. Bertrand Nzohabonayo, tué dans le commissariat de Joué-les-Tours alors qu’il s’apprêtait à porter des coups de couteau à des policiers, avait mis un drapeau de l’organisation de l’Etat islamique sur sa page Facebook. Deux jours après que son frère Brice eut posté le même drapeau… Saïd et Chérif Kouachi se sont formés et entraînés tantôt ensemble, tantôt chacun de leur côté, se rendant soit au Yémen, soit en Arabie saoudite.

Mercredi 23 mars 2016, une nouvelle fois, ce sont des frères, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, qui ont été identifiés comme deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles, a indiqué le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw. Les deux hommes étaient connus des services de police pour grand banditisme.

Mimétisme, entraide, endoctrinement mutuel, surenchère… « Le djihad est de toute évidence une affaire de famille », explique Serge Hefez, psychiatre, psychanalyste et responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Habitué à travailler avec des parents confrontés à la radicalisation d’un de leur enfant, il explique auprès de 20 Minutes que ce phénomène, contrairement à ce qu’on pourrait penser, « ne se fait pas contre la famille mais pour la famille ». « Dans sa logique, le jeune veut ramener la famille dans la tradition, vers un islam originel. Il se considère comme un sauveur », poursuit-il.

« L’aîné sert le plus souvent d’éclaireur »

La famille devient alors le premier cercle dans lequel le jeune radicalisé va exercer son argumentation et mettre à l’épreuve son prosélytisme. « Il y a dans la fratrie un phénomène d’identification croisée entre frères ou sœurs », ajoute le docteur. « Un rapport de complémentarité se construit. Chacun développe des compétences qui s’amplifient. Dans une fratrie, l’aîné sert le plus souvent d’éclaireur », poursuit-il.

Ainsi, l’aîné des frères Merah, Abdelkhader, mis en examen pour complicité d’actes terroristes, semble avoir été à l’origine de l’endoctrinement de son cadet. Chez les frères Kouachi, Saïd, est le premier à être parti s’entraîner à manier les armes au Yémen. Pareil pour la fratrie Belhoucine, où l’aîné, Mohamed, est le premier à avoir été condamné dans le cadre d’une filière d’acheminement de combattants à destination de la zone pakistano-afghane. C’est son petit frère Mehdi, qui a accompagné dans sa fuite vers la Syrie Hayat Boumeddiene, la femme d’Amedy Coulibaly, auteur de la prise d’otage à Vincennes et de la fusillade à Montrouge. « Il y a parfois une identification à l’aîné beaucoup plus forte qu’au père », complète Serge Hefez.

« Les familles sont déchirées »

Pour autant, toutes les fratries confrontées à la radicalisation d’un des leurs, ne basculent pas forcément dans l’endoctrinement. « J’ai l’exemple d’une famille française musulmane totalement insérée dont le fils s’est radicalisé. La sœur, elle, est totalement révulsée. » Autre exemple, au sein même de la fratrie Merah, des scissions peuvent exister. Ainsi, le plus âgé, Abdelghani, ne partageait pas les convictions radicales de ses frères, Mohamed et Abdelkader, rejoints par leur sœur, Souad. « Les familles sont déchirées. S’installe alors un dialogue de sourds. Car chacun défend à sa façon une famille qui n’est pas la même », ajoute le psychiatre.

Le passage à l’acte n’est pas forcément toujours décidé de concert. Alors que Mohamed Merah a décidé, a priori seul, de tuer des militaires et des juifs, les frères Kouachi, eux, sont sortis du bois en même temps. Et sont morts, côte à côte, les armes à la main

Voir également:

Ibrahim et Karim El Bakraoui: pourquoi des frères deviennent-ils des terroristes ensemble?

 
23/03/2016

PSYCHOLOGIE – L’annonce a eu un air de déjà vécu. Deux frères ont été identifiés parmi les kamikazes des attentats de Bruxelles. Il s’agit de deux Bruxellois, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, connus des services de police belges.

Encore une fois, l’horreur a donc été commise en famille. Quelques mois plus tôt, on apprenait que deux frères faisaient partie des commandos ayant perpétré les attentats du 13 novembre à Paris: Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire et Salah Abdeslam, dont le rôle dans les attentats de Paris reste flou, arrêté à Bruxelles le 18 mars dernier. Les deux fratries, El Bakraoui et Abdeslam, étaient proches l’une de l’autre.

Ce n’est pas la première fois que des frères de sang deviennent frères d’armes. Avant eux, les frères Kouachi se sont attaqués à Charlie Hebdo, les frères Tsarnaev ont été les auteurs des attentats de Boston en avril 2013, le frère de Mohammed Merah, responsable des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, est détenu pour complicité d’assassinat. Abdelhamid Abaaoud, « cerveau présumé » des attentats de Paris, est également connu pour avoir entraîné son plus jeune frère en Syrie alors qu’il n’avait que 13 ans.

Selon une étude du think tank New America, plus d’un quart des jihadistes occidentaux ont un membre de leur famille ayant participé au jihad. Comment expliquer que tant de fratries se radicalisent ensemble et avancent main dans la main jusqu’au moment de passer à l’acte?

Confiance fraternelle aveugle

Evidemment, le mode de recrutement dans les réseaux jihadistes « se fait essentiellement par des pairs », comme a pu le constater l’expert belge Rik Coolsaet. « C’est la parenté et l’amitié qui pèsent, beaucoup plus que la religion ou le quartier. Il y a un gros phénomène de groupe », souligne-t-il au Guardian.

Mais au-delà du fonctionnement presque « familial » du recrutement, le fait d’être du même sang, d’évoluer dans le même milieu, semble jouer un rôle important dans de nombreux cas de radicalisation.

« C’est un phénomène tout à fait naturel », explique à l’AFP le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, l’un des premiers à avoir souligné le phénomène dans son livre Understanding Terror Networks. « On développe son identité sociale d’abord en parlant à ses proches. Et les proches, ce sont bien entendu d’abord les frères et les amis d’enfance ».

« C’est ce que j’appelle l’activation de l’identité sociale. C’est une question de proximité. C’est pour ça qu’il y a dans les groupes jihadistes tant de frères, parfois de sœurs, de copains de quartier. Ils grandissent ensemble. Ils rouspètent, s’inventent une identité de défenseurs d’un islam agressé, de femmes et d’enfants tués dans des bombardements aériens. Ils se radicalisent, se confortent les uns les autres », dit-il.

Grandir ensemble, mais aussi et surtout avoir une confiance aveugle en quelqu’un, voici l’un des moteurs de ce phénomène. « Tu te fies à un proche, naturellement. Et quand il s’agit d’entraîner quelqu’un avec toi, la cible la plus logique est ton petit frère ou ton grand frère », précise Marc Sageman. « La confiance absolue qui existe entre deux frères est une garantie face aux services de renseignement », explique au Parisien Magazine le sociologue Farhad Khosrokhavar, auteur du livre Radicalisation. « Même si un membre de la fratrie décide de ne pas participer, il ne va pas dénoncer son frère à la police », ajoute-t-il.

Contexte familial difficile

Certains psychiatres ou psychologues travaillant sur le sujet ont également pu constater qu’au-delà de la proximité et de la confiance, le contexte familial parfois chaotique était l’un des points communs de ces fratries, même s’il est difficile de dessiner un profil type des terroristes, qui viennent de tous les milieux.

« La seule chose vraiment évidente que nombre de ces jeunes ont en commun, c’est un dysfonctionnement familial. Il y a eu des divorces dramatiques, des trahisons, des abandons, des abus sexuels, des pères qui sont partis, des pères pervers qui ont agressé leurs enfants », analyse pour Le Point le psychanalyste et professeur de psychopathologie Patrick Amoyel, travaillant également pour l’association de déradicalisation des jeunes séduits par le jihad, Entr’autres. « Ces frères se créent un fort univers commun, ils font famille autrement », ajoute-t-il.

Le père de Mohamed Merah, par exemple, est un ex-trafiquant de cannabis. Les frères Kouachi étaient tous deux orphelins. Difficile d’établir un lien de cause à effet, mais pour Farhad Khosrokhavar, « les frères s’unissent dans un pacte, recréent les liens familiaux sur une base de cohésion ».

Laisser une trace

De fil en aiguille, les frères s’influencent l’un et l’autre. « Ils s’enferment rapidement dans une sorte de confusion psychique. Il y a quelque chose d’un peu fou, d’un peu irrationnel dans ces processus. Une prise de risque un peu adolescente, même s’ils ne sont pas toujours adolescents », explique Patrick Amoye à l’AFP.

Jusqu’au moment fatidique, celui où ils décident de passer à l’acte ensemble, qui semble être pour eux un accomplissement. « Pour ces possibles orphelins symboliques le sang est une façon de laisser une trace, de faire un trou dans la mémoire des autres, l’acte terrorisant devant être inoubliable: à ces dates, 7 janvier, 13 novembre, c’est de leur haine que l’on se souviendra, pas du nom du père », affirme au Point le psychanalyste Paul-Laurent Assoun.

Pour l’instant, on sait seulement des frères El Bakraoui qu’ils ont un passé criminel. Ibrahim a été condamné en 2010 pour avoir tiré à la kalachnikov sur la police, selon Libération. Son frère, Khalid, a été condamné à 5 ans de prison pour une affaire de car-jackings.

Attentats à Paris: Deux des kamikazes du Stade de France étaient-ils frères?

ENQUÊTE Les deux hommes ont été enregistrés le même jour sur l’île de Leros en Grèce…

20 minutes

23.11.2015

La diffusion d’un nouvel appel à témoins par la police Nationale, dimanche, a jeté le trouble sur l’identité de deux des trois kamikazes du Stade de France. Les similitudes physiques et le parcours quasi identique des deux terroristes interrogent quant aux liens qui les unissent.

Faux passeports mais vrais enregistrements

Dès lundi 16 novembre, dans un communiqué, le parquet affirmait avoir retrouvé un passeport syrien près d’un des corps des kamikazes. L’authenticité du document, au nom d’Ahmad Al Mohammad, 25 ans et né en Syrie, « reste à vérifier » mais « il existe une concordance entre les empreintes papillaires du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015 ».

Si le nom d’Al Mohammad n’est pas certain, les enquêteurs ont une certitude : le jeune homme se serait enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce. Un premier appel à témoins est alors diffusé pour tenter d’obtenir la réelle identité du kamikaze.

Ed Thomas, journaliste pour la BBC à Athènes, a enquêté sur le parcours emprunté par le supposé Al Mohammad. Le correspondant aurait découvert que le premier terroriste aurait voyagé avec un autre syrien nommé Al Mahmod. Les enquêteurs français de leur côté, ont précisé que le 3e kamikaze, dont la photo a été diffusée vendredi, a également été enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce.

Si des traces de leur passage subsistent également aux camps de Presevo en Serbie puis d’Opatovac en Croatie, impossible de connaître la suite de leur itinéraire qui s’est achevé aux alentours de 21h20 ce vendredi 13 novembre, aux abords du Stade de France. En dehors de ces éléments, rien ne permet pour le moment d’affirmer un lien de parenté entre ces deux hommes.

Voir

Voir également:

‘Jihad by family’: Why are terrorist cells often made up of brothers?
Use of the term ‘brother’ among extremists is frequently quite literal: terrorist recruitment is highly social, with parents and siblings often joining forces
Jason Burke
The Guardian
17 November 2015

Militants often call each other “brother”, and refer collectively to the “brothers” in Syria, Afghanistan, Iraq or France. Why?

Partly this is to indicate solidarity, attachment to a common cause, a sense of shared identity and endeavour. Partly it’s because that’s how young men speak, all over the world, but particularly in the kind of environments from which many contemporary militants come.

But it is also because, remarkably often, the term is entirely accurate. Those speaking of being “brothers” are indeed blood relatives, children of the same parents, who often grew up together.

The Paris attackers are reported to have included Ibrahim Abdeslam – a suicide bomber who blew himself up outside the Comptoir Voltaire restaurant – and Salah Abdeslam, who is on the run.

A third brother, Mohammed, was arrested in Brussels on Monday and spent several hours in custody before being released without charge. Speaking after his release, he denied any link to his brothers’ actions: “I was accused of committing an act of terrorism … but I have not in the slightest way been connected to the operation in Paris.

“My parents are completely shocked by the tragedy. My two brothers are normal and I have never noticed anything strange.”

Abdelhamid Abaaoud, the suspected mastermind of the attacks, recruited his own 13-year-old brother, who travelled to Syria and then was seen in a video in a pickup truck dragging bodies of Syrian army soldiers. And this is all within one – albeit complex – plot.

There are many other examples, in different countries, on different continents: the two Kouachis who attacked the Charlie Hebdo offices in January. The Tsarnaev brothers, who bombed the 2013 Boston Marathon. The brother of Mohammed Merah, who killed seven in south-west France in 2012, remains jailed, although his role in the murders and the radicalisation of the perpetrator is not entirely clear.

Fraternal ties are also common among those who travel to Syria, Iraq or other war zones, even if they do not turn to terrorism at home. Few travel alone: almost all make the journey with close friends or family members. Three brothers aged 17 to 21, from Brighton, left the UK to join al-Nusra Front, an al-Qaida affiliate, in Syria. There was Aseel Muthana, a 17-year-old schoolboy who travelled with his elder brother, a medical student, to join Isis. In October, a British court found that two brothers of Iftekhar Jaman, who spoke of “five-star jihad” on the BBC, had spent two years giving help and advice to people seeking to travel to Syria to establish an Islamic state. Both were convicted of terrorist offences.

This vision of “jihad by family” may be shocking, but it should not be surprising. Ten years ago, US military intelligence officials in Iraqi identified having a close family member already involved as the greatest predictor of an individual becoming involved in violent militancy, Islamic or otherwise.

This may be a brother, or it may be a father. Abdel-Majed Abdel Bary, a British aspiring rapper turned Isis recruit, is the son of Adel Abdel Bary, an Egyptian militant who came to the UK in 1991 and was later convicted in New York for his role in al–Qaida’s attack on US embassies in east Africa in 1998. In the UK more recently, along with siblings, parents of jihadis have been detained and some charged with Syria-related offences.

Research by New America, a nonpartisan thinktank in the United States, showed that more than a quarter of western fighters have a familial connection to jihad, whether through relatives who are also fighting in Syria and Iraq, through marriage or through some link to other jihads or terrorist attacks.

The research also found that of those western fighters with familial ties to jihad, three-fifths had a relative who has also left for Syria.

Another recent study, at Pennsylvania State University, examined the interactions of 120 supposed “lone wolf” terrorists from all ideological and faith backgrounds, and found that, even though they launched their attacks alone, in a large majority of the cases others were aware of the individual’s commitment to a specific extremist ideology. In an astonishing 64% of cases, family and friends were aware of the individual’s intent to engage in a terrorism-related activity because the offender verbally told them.

All this offers an important window into the nature of recruitment and radicalisation. Both are often understood to be processes which involve someone who is previously “normal” being “brainwashed” by some outside influence that turns them into someone who behaves abnormally. An alternative explanation for how people are drawn into militancy blames propaganda, via the internet.

The facts, however, contradict this. Terrorism, like any activism, is highly social, only its consequences are exceptional. People become interested in ideas, ideologies and activities, even appallingly destructive ones, because other people are interested in them.

“Recruitment is basically by peers. It is kinship and friendship which really matter, much more than religion or locality or whatever else. There is a strong group phenomenon,” said Dr Rik Coolsaet, a Belgian expert who has studied local militant networks in the country.

The psychological and social barriers to involvement in violence are certainly higher than in other less nefarious activities, but the mechanics of the process that draws people into them are the same.

The Outsize Role of Brothers in Terrorist Plots

In terrorist attacks around the world, brothers keep turning up as suspects. Sometimes one radicalizes the other; other times, they seem to join up in tandem.
The NYT

March 23, 2016

– Khalid and Ibrahim el-Bakraoui

Little is known about Khalid and Ibrahim el-Bakraoui, whom the authorities named on Wednesday as having been involved in the Brussels attacks the morning before. Ibrahim blew himself up at the city’s main airport, they said, and Khalid at a subway station.

Both had criminal records involving theft and firearms.

Khalid, 27, was sentenced to five years in prison in 2011 for his involvement in a carjacking ring and was caught with a Kalashnikov. Ibrahim, 29, was sentenced to nine years in prison in 2010 for attempted murder after he and two other men robbed a currency exchange and shot at the police. It was not clear when or how they were released.

– Salah and Ibrahim Abdeslam

Salah and Ibrahim Abdeslam, both involved in the Paris attacks of Nov. 13, 2015, seem to have become radicalized together. It happened over the last couple of years while they were running a bar in their hometown, Molenbeek, a district of Brussels.

Ibrahim, the older of the two, died when he detonated a suicide vest in Le Comptoir Voltaire, a cafe in the 11th arrondissement of Paris. Salah appears to have been principally a logistician and organizer, and the authorities say he was the sole surviving Paris attacker. He was captured on March 18 in Brussels after evading investigators for 125 days, and charged with terrorist murder.

– Chérif and Said Kouachi

Chérif and Said Kouachi entered the offices of the French satirical newspaper Charlie Hebdo in January 2015 and gunned down 12 people in and around its offices, including eight of its journalists and cartoonists. Charlie Hebdo had published cartoons lampooning the Prophet Muhammad. Chérif appears to have been the more hard-line of the two, and to have influenced his brother. They became radicalized gradually, over a 10-year period. Both died in a police shootout shortly after the attacks.

– Mohammed and Abdelkader Merah

Mohammed and Abdelkader Merah were raised in a tough neighborhood in Toulouse, France. Mohammed was the gunman in the 2011 attacks that killed seven people in three locations, two of them in Toulouse and one in Montauban.

Mohammed Merah had traveled to Egypt to learn Arabic and went to Afghanistan afterward. Before the attacks, he was a petty criminal, not a killer. He shot three children and a teacher at a Jewish school, as well as three members of the military.

Less is known about his brother, who prosecutors said had a hand in planning the attacks and who is now in prison in France.

– Tamerlan and Dzhokhar Tsarnaev

Tamerlan and Dzhokhar Tsarnaev carried out the 2013 bombings at the Boston Marathon, killed three people and injured more than 260. Dzhokhar, the younger brother, was a college student. Both were self-radicalized and had not traveled to wage jihad in the Middle East or elsewhere.

Tamerlan was killed in a shootout with the police, and Dzhokar was sentenced to death. He is in prison while his lawyers work on his appeal.

– Hassan and Walid bin Attash

Hassan and Walid bin Attash have been held at Guantánamo Bay, Cuba, for years. They also served time in C.I.A. prisons. They were once described as something like Qaeda royalty.

Walid, a former bodyguard for Osama bin Laden, faces a possible death sentence as a coordinator of the attacks of Sept. 11, 2001. He is accused of selecting and training attackers, but his case has been delayed in litigation, as have the cases of other detainees.
Hassan has been accused of planning attacks on American naval targets.

– Waleed and Wail al-Shehri

Waleed and Wail al-Shehri sat side by side on American Airlines Flight 11, which struck the World Trade Center’s North Tower on Sept. 11, 2001. Wail, the older brother, had suffered from psychological problems. The brothers are believed to have stabbed two unarmed flight attendants as the hijacking began.

After the attacks, it took time for the authorities to identify them as brothers. Their last name is common, and siblings don’t always use the same surname.

– Nawaf and Salem al Hazmi

Nawaf and Salem al Hazmi were among the hijackers who flew American Airlines Flight 77 into the Pentagon. The brothers were selected for extra scrutiny when they checked in for their flight at Dulles International Airport. But “the only consequence of their selection was that their checked bags were held off the plane until it was confirmed that they had boarded the aircraft,” the report by the 9/11 Commission found.

– Ali Imron, Amrozi and Mukhlas

These three brothers were involved in the 2002 bombings in Bali, Indonesia, that killed 202 people. Mukhlas – also known as Ali Ghufron – was the operational chief of Jemaah Islamiyah, a militant Islamist group in Southeast Asia. Ali Ghufron recruited his two younger brothers, Ali Imron and Amrozi. In 2003, Ali Imron was sentenced to life in jail. Amrozi and Ghufron were executed by firing squad in 2008.

Voir par ailleurs:

Paris n’était pas la seule cible le 13 novembre 2015, selon CNN
Raphaël Moury
Le Figaro
05/09/2016

VIDÉO – Les attentats du 13 novembre devaient toucher plusieurs pays européens et d’autres sites en France, selon la chaîne américaine. Les milliers de documents auxquels elle a eu accès évoquent également un probable complice d’Abaaoud actuellement détenu en Autriche.

Plusieurs pays européens auraient dû connaître un 13 novembre 2015 aussi tragique que celui de la France. C’est ce que révèle l’enquête de la chaîne américaine CNN qui a eu accès à des centaines de documents (comptes-rendus d’interrogatoires, photos, notes) auprès de sources proches de l’enquête sur les attentats de Paris. Selon ces documents, le groupe Etat islamique (EI) planifiait une opération bien plus vaste ce jour-là, devant toucher d’autres lieux en France et d’autres pays en Europe. Selon les interrogatoires menés par les enquêteurs européens, l’EI ciblait également les Pays-Bas et le Royaume-Uni. En France, un supermarché et une zone commerciale étaient visés.

Les 90.000 pages de l’enquête révèlent aussi des éléments de la communication au sein de Daech. Parmi eux, l’utilisation importante des réseaux sociaux ou d’applications comme Viber, WhatsApp ou encore Telegram. Le langage crypté sur cette dernière reste la principale frustration pour les services de sécurité européens, selon un agent anti-terroriste cité par CNN. Il permet aux responsables de l’EI de garder un certain avantage en Europe. CNN explique que les djihadistes reçoivent des pseudonymes lors de leurs «missions», et juste assez d’informations et d’argent pour leur permettre de passer chaque étape de leur voyage. Autre point révélé par la chaîne américaine, les terroristes échangent constamment entre eux des conseils logistiques comme la questions de donner ou non leurs vrais noms aux frontières ou encore les meilleurs moyens de les passer illégalement.

«Pour faire quelque chose de bien pour Dieu»

Le contenu des documents dévoilés par CNN révèle aussi des informations concernant le rôle d’un «quatrième commando» qui n’aurait pas réussi à atteindre la France. Retardés en Grèce en prenant la route des réfugiés, un Algérien identifié comme Adel Haddadi et son complice pakistanais Muhammad Usman sont arrivés en Autriche le lendemain des attaques de Paris, le 14 novembre. Les documents montrent comment l’EI a soutenu le voyage de ces deux hommes depuis la Syrie jusqu’en Europe.

Six semaines avant, ils avaient quitté Raqqa en compagnie de Ahmad al-Mohammad et Mohamad al-Mahmod, deux des kamikazes du Stade de France. L’équipe a traversé la frontière syrienne vers la Turquie début octobre et pris la direction des côtes turques. D’après CNN, les quatre hommes ne connaissaient pas leurs véritables noms et le but précis de leurs missions. Adel Haddadi savait tout juste qu’il devait se rendre en France «pour faire quelque chose de bien pour Dieu» précisent les documents.

L’opération était coordonnée depuis la Syrie par un homme, Abu Ahmad. C’est lui qui aurait recruté, financé et entraîné l’équipe. Les documents racontent que les quatre terroristes se sont fait passer pour des réfugiés pour atteindre la Grèce. Selon CNN, c’est à ce moment-là que Haddadi et Usman sont arrêtés par les autorités grecques qui découvrent leur faux passeport syrien. Le 14 novembre, le duo arrive à Salzbourg en Autriche. Selon les documents de CNN, ils attendaient l’arrivée d’un troisième homme pour prendre le train pour Paris. Ce troisième homme, c’est Abid Tabaouni, un djihadiste arrêté en juillet dernier à Bruxelles. Inconnu, il serait selon les enquêteurs lié à la cellule de l’attaque du 13 novembre. La preuve? Le numéro d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des responsables de l’attentat de Paris, était enregistré dans son téléphone ainsi qu’une photo de combattants devant un drapeau de l’Etat islamique. Abid Tabaouni est, depuis, empriconné en Autriche.

Voir encore:

Atten­tat à la bonbonne de gaz : qui sont les suspectes ?

Qui sont les 4 suspectes inter­pel­lées et soupçon­nées d’avoir voulu commettre un atten­tat à la bonbonne de gaz jeudi à Paris, à proxi­mité de la cathé­drale Notre-Dame et leurs 3 complices ? Eléments de répon­se…

Il s’agit d’« un commando de femmes télé­com­man­dées depuis la Syrie par l’Etat isla­mique », a déclaré le procu­reur de Paris François Molins, lors de sa confé­rence de presse vendredi soir, à propos de celles qui ont voulu commettre un atten­tat à Paris, près de la cathé­drale Notre-Dame.

Samedi 10 septembre au matin, ce sont 7 suspects qui étaient en garde à vue, parmi lesquelles les 3 membres du commando. C’est à Boussy Saint-Antoine, Essonne, que trois des suspectes, Inès M., Amel S. et Sarah H., ont été arrê­tées, non sans résis­tance.

Inès M., 19 ans, la meneuse

L’enquête en cours, depuis la décou­verte de la Peugeot 607 remplie de bonbonnes de gaz près de la cathé­drale pari­sienne, a d’abord permis de remon­ter jusqu’à Inès M. 19 ans. Fichée S, décrite comme « très radi­ca­li­sée », la jeune fille n’était pas rentrée au domi­cile fami­lial depuis plusieurs jours. C’est elle qui était en posses­sion des clés du véhi­cule piégé, appar­te­nant à son père.

Dans son sac à main, se trou­vait un docu­ment manus­crit, serment d’al­lé­geance à l’Etat isla­mique et à son calife, Abu Bakr al-Bagh­dadi. Selon la police belge, elle entre­te­nait des contacts avec plusieurs personnes mis en cause dans les atten­tats de Paris et Bruxelles.

Amel.S., mère de famille « discrète » mais déter­mi­née

Inès M. a été arrê­tée en compa­gnie de Amel H., mère de famille de 39 ans. C’est à son domi­cile qu’I­nès se rendait en compagne de la 3ème. Mère de 4 enfants dont une fille de 15 ans, égale­ment arrê­tée à Clichy-sous-bois, Amel S déte­nait, à son domi­cile, situé dans un quar­tier calme de cette petite commune de l’Es­sonne, trois couteaux et un shocker, 7 bouteilles de verre vides, du papier pouvant servir de mèche. Dans sa voiture, deux bidons de 5 litres vides, mais portant des traces de gasoil.

Mère de famille décrite comme discrète, quoique peu souriante, elle aurait glissé dans le radi­ca­lisme il y a 2 ou 3 ans, troquant ses tenues coquettes contre des vête­ments bien plus couvrants.

Sarah H. conver­tie, promise ultra­vio­lente

Quant à Sarah H., 23 ans, elle est la troi­sième membre du commando. Fana­ti­sée, « très forte­ment liée à la mouvance djiha­diste, cette femme née dans une famille catho­lique à Lisieux s’est conver­tie très jeune à l’is­lam sala­fiste. Son nom appa­raît dans tous les dossiers d’at­ten­tats menés ces derniers mois, notam­ment via des projets de mariage. Promise à Larossi Abdal­lah, assas­sin du couple de poli­ciers de Magnan­ville, en juin, Sarah H. aurait égale­ment été promise à Adel Kermiche, l’un des assas­sins du père Hamel, dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Norman­die, et à Moha­med Lamine A., jeune radi­ca­lisé de 22 ans et frère d’un complice de Larossi Abdal­lah. Le fiancé a égale­ment été arrêté, aux Mureaux, en Yvelines. Lors de son inter­pel­la­tion, Sarah. a violem­ment blessé un poli­cier à l’épaule à l’aide d’un couteau en hurlant, avant d’être neutra­li­sée par un autre poli­cier.

Ornella G. candi­date au djihad

Les quatre autres personnes gardées à vue ce samedi, avec les 3 femmes du commando sont la fille d’Amel S,  ainsi qu’Or­nella G., 29 ans. Arrê­tée dans le Vaucluse en compa­gnie de son conjoint, la jeune femme aurait aidé à prépa­rer l’at­ten­tat avorté de Notre-Dame, ses empreintes ayant été retrou­vées dans le véhi­cule piégé. Domi­ci­liée dans une petite commune près de Montar­gis, dans le Loiret, Ornella G. aurait été en rela­tion avec des proches d’Hayat Boumed­diene, compagne du tueur de l’Hyper Cacher, Amedy Couli­baly. Hayat Boumed­diene aurait, depuis la mort de son mari, réussi à quit­ter la France pour rejoindre la Syrie.

Gardées à vue et enten­dues par les enquê­teurs à Leval­lois-Perret, les 6 femmes et leur complice, compa­gnon d’Or­nella G., sont donc en lien avec tous les auteurs d’at­ten­tat ou suspects tris­te­ment célèbres dont le nom appa­raît dans les affaires terro­ristes. Leur soudaine média­ti­sa­tion met surtout en lumière le rôle de plus en plus impor­tant des femmes dans la mouvance terro­riste et djiha­diste. Plus rigo­ristes dans la pratique reli­gieuse, elles sont souvent celles par qui la radi­ca­li­sa­tion arrive dans un foyer, selon les experts, et n’at­tendent, sous leur voile inté­gral, que l’oc­ca­sion de prou­ver leur déter­mi­na­tion…

Voir de même:

Société
Affaire Merah: Le frère de Mohamed Merah mis en examen et incarcéré
Alors que sa compagne a été libérée..
20 minutes avec Reuters

25.03.2012

Le frère aîné de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Montauban et Toulouse, a été mis en examen dimanche pour «complicité d’assassinats», notamment, et placé en détention. Abdelkader Merah, âgé d’une trentaine d’années, est visé par les chefs de «complicité d’assassinats», «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme» et «vol en réunion» pour le vol du scooter qui a servi à Mohamed Merah pour l’exécution de ses crimes.

Le parquet de Paris avait ouvert dimanche matin une information judiciaire pour ces trois chefs, déclarant dans un communiqué disposer d’«indices graves ou concordants» à l’encontre d’Abdelkader Merah. Quatre juges antiterroristes ont été saisis de l’affaire. Le lieu d’incarcération d’Abdelkader Merah n’a pas été précisé. Son avocate Me Anne-Sophie Laguens, commise d’office, a déclaré à la presse qu’il condamnait les actes de son frère cadet, abattu par les policiers du Raid jeudi dernier à Toulouse, et qu’il espérait ne pas devenir le bouc émissaire de cette affaire sans précédent en France.

Fiché comme intégriste religieux
«Il y a eu des fuites dans la presse qui étaient fausses, à savoir qu’il aurait dit qu’il était « fier » des actes de son frère. Il tient aujourd’hui à bien exprimer le fait que c’est faux», a-t-elle rapporté. «Il les condamne fermement. Il a un peu l’impression que comme on n’a pas pu faire le procès de son frère qui n’est plus là aujourd’hui, peut-être qu’on se reporte sur la seule personne qu’on a». Fiché en France comme un intégriste religieux, il avait été inquiété pour sa participation présumée à une filière d’acheminement de djihadistes en Irak il y a quelques années, sans être mis en examen.

Abdelkader Merah avait été interpellé mercredi avec sa compagne à leur domicile d’Auterive, à 40 km de Toulouse, et transféré samedi matin à la sous-direction antiterroriste (SDAT) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris. Il avait été transféré au palais de justice de Paris dimanche matin après une garde à vue de 96 heures, durée maximale autorisée en matière d’affaires de terrorisme. Sa compagne a pour sa part été libérée vers 4h30, a-t-on appris auprès de son avocat toulousain, Me Guy Debuisson, qui assure que la jeune femme ignorait tout de la double vie présumée d’Abdelkader Merah.

A ce stade de l’enquête, aucune charge ne peut être retenue à l’encontre de Zoulikha Aziri, la mère des frères Merah dont la garde à vue avait été levée vendredi soir à Toulouse, et de la compagne d’Abdelkader Merah, a indiqué le parquet. Il a reconnu sa complicité dans le vol du scooter Yamaha T-Max tout en niant être au courant des projets meurtriers de son frère cadet, a-t-on ajouté de même source.

D’autres complicités?
Les enquêteurs cherchent à déterminer si Mohamed Merah a bénéficié d’autres complicités. La justice a la conviction que Merah était seul lors des tueries mais l’enquête doit déterminer s’il a agi pour le compte d’une organisation et s’il a bénéficié d’un soutien logistique. Sans emploi, Mohamed Merah disposait de nombreuses armes, avait effectué plusieurs voyages à l’étranger et loué deux voitures fin février en vue de perpétrer d’autres attentats, selon une source policière citée par Le Journal du Dimanche.

Selon un compte rendu publié dans le JDD, des échanges via talkie-walkie que Mohamed Merah a eus avec les policiers du Raid, le jeune homme affirmait avoir agi seul après avoir été entraîné par un instructeur unique au Waziristan, région pakistanaise limitrophe de l’Afghanistan. Il disait ne pas avoir confiance en son frère. Le directeur de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini, a déclaré qu’Abdelkader Merah avait effectué plusieurs séjours au Caire pour suivre des cours dans une école coranique.

Les taliban pakistanais (TTP) ont affirmé dimanche à Reuters par la voix d’un porte-parole que Mohamed Merah avait subi un entraînement dans un camp du groupe islamiste au Waziristan. Selon une source policière, la mère du tueur a épousé le père d’un homme qui appartenait à un groupe de l’Ariège dont les membres ont été condamnés pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» en 2009. Les services de police auraient mis en évidence à partir de 2008 les liens entre les frères Merah et ce groupe, hébergé par un chef religieux autoproclamé, un Français né en Syrie surnommé «l’émir blanc».

Voir de plus:

Ce que l’on sait des trois femmes qui voulaient commettre des attentats en région parisienne
RT
9 sept. 2016

Après leur arrestation à Boussy-Saint-Antoine dans l’Essonne, le profil des trois femmes qui projetaient des attentats en plein Paris commence à se dessiner et leurs revendications à être découvertes.

Elles voulaient venger le ministre des attentats de Daesh

En commettant un attentat en plein Paris, les trois femmes voulaient venger la mort d’Abou Mohamed Al Adnani, désigné comme le «ministre des attentats» de Daesh. Ce dernier a été tué en Syrie par une frappe russe fin août. Son décès a été confirmé au début du mois de septembre.

Le procureur de la République de Paris, François Molins a d’ailleurs indiqué en conférence de presse le 9 septembre que le commando avait été «téléguidé» par des djihadistes de Daesh depuis la Syrie.

Elles étaient sur le point de commettre un attentat, avorté de justesse

Agées de 39, 23 et 19 ans, les trois femmes «radicalisées, fanatisées […] préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes», a déclaré le 8 septembre le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le projet d’attentat des trois femmes a échoué durant le week-end du 3-4 septembre mais leur détermination était certaine. Si la voiture remplie de bonbonnes de gaz n’a pas été utilisée comme prévu initialement, ce serait, selon les enquêteurs, uniquement dû à une dispute survenue entre les trois jeunes femmes juste avant de passer à l’acte.

Elles auraient en effet garé le véhicule qu’elles auraient finalement abandonné avant de prendre la fuite. Cependant, cette hypothèse n’étant pas confirmée, rien pour le moment ne permet d’affirmer clairement les raisons de leur renoncement ni de connaître les causes de leur possible dispute qui a finalement contribué à éviter un véritable carnage dans ce quartier particulièrement fréquenté de la capitale.

Par ailleurs, selon une information publiée par Le Figaro, un torchon brûlé a été retrouvé à bord – un dispositif de mise à feu artisanal qui n’aurait pas réussi à faire exploser les bouteilles de gaz. Le parquet antiterroriste et la DGSI avaient, dans la foulée, été saisis.

Elles avaient prêté allégeance à L’Etat islamique

Au moment de leur interpellation, l’une des femmes, Inès Madani, a sorti un couteau avant de blesser légèrement un policier. Celle-ci a finalement été maîtrisée grâce à une intervention armée du RAID.

Plus tôt, la jeune-femme avait pris le temps d’écrire une lettre d’adieu à sa mère qu’elle a laissée sur place. Elle avait également, comme tous les terroristes de Daesh, pris le soin de garder sur elle une autre lettre, dans laquelle elle prêtait allégeance à l’Etat islamique.

Des gares parisiennes dans leur viseur

Les trois femmes étaient arrivées à un tel niveau de fanatisme qu’elles voulaient frapper à l’aveugle et à tout prix. Selon les policiers qui les surveillaient, elles voulaient s’en prendre à des gares, en l’occurrence la Gare de Lyon à Paris, ainsi que celle de Boussy Saint-Antoine – la ville de leur arrestation.

Elles connaissaient Hayat Boumeddiene

Certaines des femmes arrêtées connaissaient Hayat Boumeddiene, la compagne d’Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher, annonce RTL. Pour le moment, la nature des liens qu’elles entretenaient n’est pas connue.

Le père de l’une d’elle connu pour prosélytisme

Le propriétaire de la voiture, père de Inès Madani, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, a été relâché le 6 septembre au soir à l’issue de sa garde à vue, les policiers s’étant focalisés sur la recherche de deux de ses filles.

Inès Madani déjà connue des autorités belges

Le nom d’Inès Madani, 19 ans, interpellée jeudi soir dans des conditions mouvementées dans le cadre de l’enquête sur les bonbonnes de gaz découvertes à proximité de Notre-Dame de Paris, «apparaît dans un dossier du Parquet fédéral» belge, spécialisé dans les affaires de terrorisme, a affirmé vendredi la télévision belge RTBF.

«Selon nos informations, Inès Madani entretenait des contacts avec des Belges radicalisés issus de la région de Charleroi (sud), des Belges dont le nom se trouvait sur la liste de l’Ocam (l’Organe belge de coordination de l’analyse de la menace) comme des candidats potentiels au départ en Syrie. Certains ont depuis été arrêtés», a expliqué la chaîne publique francophone, sans citer de source

«Pas question ici chez nous (en Belgique) de projet d’attentat, mais Inès Madani semblait remplir un rôle de recruteuse et de facilitatrice pour ces départs. Elle aurait pu faire profiter les Belges de ses compétences», a assuré la RTBF, en estimant que «les connexions entre les deux pays ne sont, une nouvelle fois, pas étonnantes».

Voir par ailleurs:

First on CNN: ISIS planned for more operatives, targets during Paris attacks

Scott Bronstein, Nicole Gaouette, Laura Koran and Clarissa Ward, CNN Investigations

September 5, 2016

ISIS planned for more operatives during Paris attacks

The sophisticated ISIS network that plots foreign strikes had planned for the carnage in the November 2015 Paris attacks to be far worse, to occur in other European countries as well and, investigators believe, had planned to follow them up with strikes in several locations, CNN has learned.

CNN has obtained thousands of pages of documents and photos from internal European investigations and gathered information from sources close to the Paris investigation that together provide new details about the highly organized terror group intent on attacking overseas targets.

These documents reveal new information about two captured operatives who investigators believe intended to attack France. They also point, chillingly, to the existence of another suspected terrorist — never before named publicly — who authorities claim is linked to the Paris terror cell and was on the loose in Europe for months after that attack. That man, identified by authorities as Abid Tabaouni, was only arrested in July.
And the documents shed new light on the highly organized branch of ISIS devoted to plotting attacks inside Europe where, even now, sources told CNN, operatives await instructions from senior handlers in Syria.
« ISIS is increasing its international attack planning, » said Paul Cruickshank, a CNN terrorism analyst who contributed to CNN’s investigation and editor of CTC Sentinel, a publication issued by the Combating Terrorism Center at West Point. « It’s increasingly sophisticated in the way it does this. It’s set up an intricate, logistical support system for these terrorists … to launch these terrorist attacks. »
A CNN team spent months going through 90,000 pages of documents, most of them in French, that included a trove of interrogations, investigative findings and data pulled from cell phones offering insight into the external operations wing of ISIS known as the Amn al-Kharji.
The documents show:
  • a fuller portrait of the suspected terrorists’ extensive use of social media platforms such as Viber, Telegram and WhatsApp, many encrypted for secure communication. One app let them pick their own phone number, allowing them to disguise who was calling them and from where.
  • how ISIS handlers protect their missions by: giving operatives only as much information and money as they need to reach the next phase; contacting them on each leg of their journey; and insisting on pseudonyms, even within teams.
  • how the suspected terrorists constantly exchanged logistical advice with others in their network, including whether or not to use real names at border crossings and how to sneak across those borders illegally. One tip was to hide in train restrooms.
A senior European counter-terrorism official who spoke to CNN said that according to investigations into the network that carried out the Paris attacks, they were a slimmed-down version of an even more ambitious plan to hit Europe.
After interrogating suspects and gathering intelligence, European investigators now believe that ISIS initially planned for the operatives it sent last year to also attack the Netherlands, as well as other targets in France including shopping areas and possibly a supermarket in Paris, the official said.
In addition, recently obtained intelligence indicates that ISIS has stepped up efforts to infiltrate operatives into the UK to launch attacks there, an official told CNN.
The senior European counter-terrorism official told CNN that security services were « uncovering more and more ISIS operatives » on continental European soil. ISIS operatives dispatched back to Europe have taken advantage of encryption, especially the Telegram messenger app, to communicate securely, the official told CNN, frustrating European security services.
« Encrypted messaging groups have the potential to revolutionize terror plot planning by allowing entire cells to coordinate in real time without compromising themselves, » said CNN terrorism analyst Paul Cruickshank.
Europe’s security agencies have had important successes, though. One major breakthrough was the capture of two men who authorities believe intended to travel to France alongside the two suicide bombers who eventually blew themselves up outside a Paris stadium.

Investigators: Two ISIS attackers who never reached France

 Those two suspected ISIS operatives are identified in the documents as Algerian-born Adel Haddadi and his Pakistani travel partner, Muhammad Usman.
Documents that detail their capture and extensive interrogations, particularly with Haddadi, show how ISIS supported the attackers throughout their journey from Syria through Europe — and how future attacks might be organized. The following account of their journey to Europe is based on those documents, which include evidence gathered by investigators, and their conclusions.
Haddadi and Usman, who was identified by investigators as a suspected bombmaker for the Pakistani terror group Lashkar-e-Taiba, set out from the capital of the self-declared ISIS caliphate in Raqqa, Syria, six weeks before the Paris attacks.
They were part of a team, investigators concluded. The two others, Ahmad al-Mohammad and Mohamad al-Mahmod, would later blow themselves up outside the national stadium in Paris. The team crossed the border from Syria into Turkey in early October and headed for the Turkish coast.
The four men didn’t seem to know each other’s real names, or what their final mission would be. All Haddadi knew, he later told interrogators, was that they were being sent to France to do « something for the good of God. »
The documents show that their journey was directed by a shadowy ISIS leader in Syria, known only as Abu Ahmad. Operating like a puppet-master from afar, Abu Ahmad handled their logistics: connecting them with smugglers and cars for transport, providing pre-programmed cell phones and getting them fake Syrian passports.
He wired them money as they moved, using intermediaries who couldn’t be traced, and communicated using encrypted apps.
« Abu Ahmad … is key in sending those individuals, at least the foreigners, into the Paris attacks, » said Jean-Charles Brisard, president and chairman of the French Center for the Analysis of Terrorism, who reviewed the documents for CNN.
« He is the one who recruited them, who funds them, who trained them, » said Brisard. « He was always in contact with them. »
Throughout their journey, Abu Ahmad gave the men only enough money and information to get to the next stop, rarely if ever telling them what would happen next, the documents show.

Posing as Syrian refugees

The documents reveal fresh details about their journey and the way they posed as Syrian refugees, blending in with thousands fleeing the war-torn country.
They made the treacherous crossing from Izmir, Turkey, into Greece in a boat filled with dozens of refugees. But they were then intercepted by the Greek Navy.
The two who would go on to strike the Paris stadium passed through Greece and started moving across Europe toward their target in France. Greek officials declined to explain how the two got through.
But Greek authorities discovered Haddadi and Usman’s fake Syrian passports. The pair were arrested, their money was taken, and they were held for nearly a month.
Sources told CNN that investigators believe that delay was significant; as a result, they would not have a chance to become part of the Paris attacks.
The Greeks released Haddadi and Usman in late October. They immediately contacted their ISIS handler, Abu Ahmad, who arranged for someone to wire them 2,000 euros. Flush with cash, the pair continued along the refugee route.
It was likely a quiet journey.
The documents show that Usman spoke only Urdu, while Haddadi spoke mostly Arabic. And as they travelled north, Usman was preoccupied with a strikingly un-Islamic hobby — using his phone to peruse almost two dozen X-rated sites, including « sexxx lahur » and « Pakistani Lahore college girls … ImakeSex. »
Both men’s phones have given European officials rich investigative veins to mine, revealing dozens of contacts across Europe and the Middle East.
One of the people Haddadi reached out to for help was a technician at one of the most important nuclear research centers in Europe. That man was placed under immediate observation by French authorities, the documents show.
Data pulled from the phones also revealed how the operatives functioned both with extreme care and sometimes, seemingly, by the seat of their pants. In one exchange, Haddadi asks a contact for advice about what to do at a border crossing and whether a friend should use his real name. The friend is so worried about this, Haddadi gripes that he’s « driving me crazy. »
Other online conversations, notably with Abu Ahmad, are clearly in code. One message investigators pulled from Haddadi’s phone shows the ISIS handler counseling patience, though the exact meaning of his message isn’t clear. « Yes, but not yet, » it reads, « the drugs are not good. »
On November 14, the day after the Paris attacks, Haddadi and Usman arrived in Salzburg, Austria, applied for asylum and settled into one of the city’s refugee centers, where they waited for weeks.

Investigators: Planning for another strike

They were waiting with a purpose, according to the documents.
European investigators concluded that Haddadi and Usman were part of the same terror cell as the Paris bombers and, having failed to participate in that bloody day, were planning another strike.
Investigators found that in the days before their arrest, Haddadi and Usman were researching trains to Paris and making a flurry of phone calls overseas, including to contacts in Belgium and France.
The documents also reveal that investigators believe that Haddadi and Usman were waiting for a third man to join them — Abid Tabaouni.
Tabaouni’s name and his alleged role have never before been made public.
As investigators grilled Haddadi and pored through data they collected from cell phones, they asked European police to issue a continent-wide warrant for Tabaouni’s arrest.
Like Usman and Haddadi, Tabaouni traveled from Syria along the refugee route, arriving in Salzburg on December 10. He headed to the refugee center where Haddadi and Usman were staying.
The documents outline what happened next: The very day that Tabaouni arrived, Austrian security officials thundered into the center, arresting Haddadi, Usman and a few others suspected of being connected to the Paris attackers.
Tabaouni was nowhere to be seen. But investigators found his cell phone charging right beside Haddadi’s bed.
The documents show that Tabaouni had programmed into his phone a number linked to the terror cell of the ringleader of the Paris attacks, Abdelhamid Abaaoud. He had also saved a photo of ISIS fighters standing before their black-and-white flag.
Haddadi denied knowing Tabaouni, but investigators found Tabaouni had saved Haddadi’s phone number in his contacts. The phone also contained a photo taken just 30 minutes before security officials stormed the refugee center. It shows Tabaouni sitting on a bed in between where Haddadi and Usman slept.
The investigators lay out in the documents their belief that Tabaouni was coming to join Haddadi and Usman and that the three men were working on ISIS operations and planning possible attacks.
CNN sources and analysts agree about Tabaouni’s likely role.
« We can assume that Tabaouni was also part of the same plot, » said Brisard, the French terror expert. « And (that he) was instructed to carry out an attack. »
From the moment he slipped away in December, Tabaouni was a wanted man, according to several CNN sources.
An arrest is made
 The Belgian prosecutor’s office told CNN that Tabaouni, who is Moroccan, was only arrested in Brussels in July. He was taken into custody as soon as he was located, according to a senior European terrorism official. Following the publication of an earlier version of this story, Austrian media, citing prosecutors, have reported that Tabaouni has been extradited to Austria.
Haddadi and Usman were extradited to France, where they face terrorism charges, according to senior European counterterrorism sources, who also say they will be trying to tie Tabaouni to Haddadi and Usman and the Paris attackers.
While he was on the loose, Tabaouni was openly using a Facebook account that is identified in the documents by its unique ID number and was publicly posting updates from Belgium, where he was arrested. None of his postings indicate any apparent terrorist leanings or affiliations.
Investigators are now analyzing more than 1,600 pages of data from Tabaouni’s phone in hopes of learning more about his movements and contacts.
Several sources told CNN there are probably more sleeper cells and ISIS operatives coming into Europe using the same crowded, chaotic refugee route exploited by Haddadi, Usman and Tabaouni.
« We’ve seen that in the recent weeks, several of them, individuals who carry out individual attacks, inspired attacks, were coming back from Syria using the same route, » Brisard said.
« In addition to that, several jihadists have been arrested all around in France … in Belgium and Germany using the same route, for the same purpose, » Brisard said.
The treasure trove of information that investigators gained from the interrogations and the data extracted from the phones may help authorities better identify future plotters. Even after the arrests in Austria, Haddadi’s phone was still active.
On December 15, five days after the refugee center raid, the documents show that the team’s ISIS handler, Abu Ahmad, reached out to his operatives. He messaged Haddadi, perhaps wondering about their silence.
« How are you, » he wrote. « What has become of you? »
There was no reply.

Le 11 septembre et l’aveuglement des intellectuels

Les Echos
08/09/2016

Quinze ans après les attentats de New York, il est frappant de relire les commentaires des grands penseurs de l’époque. La nature religieuse du terrorisme était alors presqu’entièrement occultée

Ce week end, à New York, seront commémorés les attentats du 11 septembre 2001. Dans le monde entier, une kyrielle de dossiers, d’émissions et d’articles reviennent sur ces événements et dressent le bilan de ce qui a changé depuis quinze ans, dans leur sillage. Tout le monde, ou presque, s’accorde sur un constat : un pli de l’histoire mondiale s’est constitué ce jour-là, dont nous vivons encore, et pour longtemps, les prolongements. Toutefois, décrypter ce qu’on voit dans le rétroviseur est moins simple. Sur les causes profondes des attentats, les analyses divergent. Et plus encore les interprétations des répliques politiques et militaires, notamment celles de George W. Bush. Dans ce flot de discussions, un point demeure rarement aperçu : la cécité des philosophes. Elle mérite qu’on s’y arrête, et l’interroge.

Relire aujourd’hui les principaux textes consacrés à ces attentats par des philosophes de renom constitue une étrange expérience. De manière prévisible, on y rencontre élaborations sophistiquées, affirmations grandioses ou péremptoires, performances rhétoriques bluffantes. Malgré tout, avec le recul, on ne peut qu’être saisi par un décalage profond entre ces performances virtuoses et la réalité rampante du terrorisme mondialisé que nous vivons à présent quotidiennement. Au fil des ans, un écart frappant s’est creusé entre discours subtils et réalités grossières, propos éthérés et faits massifs.

Le 11 septembre devait être nécessairement considéré comme une énigme. Le philosophe français Jacques Derrida affirmait qu’« on ne sait pas, on ne pense pas, on ne comprend pas, on ne veut pas comprendre ce qui s’est passé à ce moment-là ». Il fallait d’abord récuser les évidences, considérées comme clichés idéologiques ou manipulations médiatiques. Ne parler donc ni de d’acte de guerre, ni de haine de l’Occident, ni de volonté de détruire les libertés fondamentales. Dialoguant à propos du 11 septembre avec Jürgen Habermas, qui centrait alors son analyse principalement sur la politique de l’Europe, Derrida, pour comprendre l’événement, s’attardait sur la notion d’Ereignis (« événement », ou « avenance ») dans l’histoire de l’être selon Heidegger et finissait par proposer une « hospitalité sans condition » (1).

« C’est eux qui l’on fait, mais c’est nous qui l’avons voulu » soutenait pour sa part le sociologue Jean Baudrillard, attribuant aux rêves suicidaires de l’Occident l’effondrement des tours et la fascination des images des attentats. Pour celui voulait mettre en lumière « l’esprit du terrorisme » (2), les « vrais » responsables étaient donc, au choix, les Etats-Unis, l’hégémonie occidentale ou chacun d’entre nous… D’autres se demandèrent aussitôt « à qui profite le crime » et conclurent que ce ne pouvait être qu’à la CIA, préparant ainsi les théories du complot qui firent florès.

Ce ne sont que quelques exemples. Une histoire des lectures philosophiques du 11 septembre reste à écrire. Elle montrerait combien anti-américanisme et anti-capitalisme ont empêché tant d’esprits affutés de voir la nature religieuse du nouveau terrorisme comme les singularités de la nouvelle guerre. S’y ajoutaient la volonté de n’être pas dupe et la défiance envers les propagandes, transformées en déni systématique des informations de base. Les philosophes ont évidemment pour rôle indispensable d’être critiques, donc de démonter préjugés et fausses évidences, mais n’ont-ils pas pour devoir de ne jamais faire l’impasse sur les faits ?

Au lieu de mettre en cause l’empire américain, l’arrogance des tours, le règne des images, il fallait scruter l’islamisme politique, les usages inédits de la violence, l’art terroriste de la communication. Quelques-uns l’ont fait, en parlant dans le désert. Aujourd’hui, il est urgent d’analyser ce qu’impliquent les changements intervenus depuis le 11 septembre. Car ce ne sont plus des symboles, comme les Twin Towers ou le Pentagone, qui sont ciblés, mais n’importe qui vivant chez les « impies » – dans la rue, aux terrasses, au concert, à l’école…. Les terroristes ne sont plus des commandos organisés d’ingénieurs formés au pilotage pour transformer des Boeing en bombes, mais de petits délinquants autogérés, s’emparant d’un couteau de cuisine ou d’un camion. Pour en venir à bout, il va falloir rattraper, au plus vite, le temps perdu à penser à côté de la plaque.

(1)Le « concept » du 11 septembre. Dialogue à New-York (octobre-décembre 2001) de Jacques Derrida et Jürgen Habermas avec Giovanna Borradori .(Galilée, 2004).

(2)Galilée, 2002.

Voir par ailleurs:

Les fratries dans l’histoire

Didier Lett

Historien

Peu étudiées, les fratries sont pourtant bien présentes dans les sources historiques du?roman familial. L’Occident chrétien voit même dans la fraternité la forme idéale du lien social. Plus diversifiées que celles d’aujourd’hui, les fratries d’hier révèlent parfois des similitudes?; les familles recomposées sont ainsi de toutes les époques. La relation entre un frère et une sœur, aussi proches que différents soient-ils, est la forme du lien fraternel qui fascine entre toutes.

1

Dans les mythologies antiques et chrétiennes, la tradition orale, les proverbes ou les contes, on rencontre de très nombreuses histoires et adages dans lesquels le lien entre frères et sœurs joue un rôle central. Ces mises en scène sont souvent l’occasion d’une réflexion sur le thème de l’identité, de l’autre et du semblable, mais aussi sur celui de sentiments exacerbés (de la haine farouche à l’amour excessif). Pourtant, malgré la forte présence de ce lien dans les sources historiques de la pratique comme de la fiction, force est de constater que l’histoire des frères et sœurs est encore balbutiante [1]. Elle s’inscrit dans une histoire de la famille et de la parenté, laquelle est pourtant un champ d’étude très fécond depuis une trentaine d’années. Dans une optique d’anthropologie structurale, les historiens de la parenté ont surtout centré leur attention sur la filiation et l’alliance, et les frères et les sœurs apparaissent comme les «?parents pauvres?» du roman familial. Or, on ne peut expliquer le silence des historiens sur le sujet par la pauvreté des sources. Il suffit d’observer les trajectoires des legs testamentaires, les principaux acteurs impliqués lors des transferts patrimoniaux ou auprès des miraculés dans la documentation hagiographique, les sentiments mis en scène dans la littérature, les journaux intimes, les correspondances, etc., pour se convaincre que les fratries sont bien présentes dans l’histoire.

2

Nous rappellerons d’abord que, dans les sociétés anciennes qui connaissent une très faible espérance de vie, la coexistence entre frères et sœurs se révèle plus fréquente que celle entre parents de générations différentes. Dans ces contextes de forte mortalité, la disparition précoce du père et de la mère ou du conjoint tend à renforcer les liens fraternels. Cette situation s’observe au moins jusqu’à la «?révolution démographique?», c’est-à-dire avant que l’Europe ne connaisse une baisse de la mortalité, puis de la fécondité, un phénomène qui en France s’amorce dès le début du XIXe siècle. Par ailleurs, la société occidentale chrétienne valorise à l’extrême le lien fraternel. Par son incarnation, le Christ se présente comme le frère aîné des chrétiens. Il est, comme l’écrit saint Paul, «?le premier né d’une multitude de frères?» (Épître aux Romains 8, 29). Dans l’Occident chrétien, la fraternité représente la forme idéale du lien social : les chevaliers se lient par une fraternité d’armes et les moines se vivent tous comme des frères, dans un rapport d’égalité à l’égard de l’abbé, père du monastère. À partir du XIIIe siècle, ce courant de fraternité religieuse s’accentue encore avec le mouvement des ordres mendiants, dont les membres sont des «?frères?», et l’essor des confréries. Le vocabulaire de la fraternité se retrouve plus tard chez les francs-maçons (les «?frères trois points?»), les Poilus de 1914-1918 qui, au sortir de la Grande Guerre, évoqueront la «?fraternité des tranchées?». Il occupe aujourd’hui les frontons de nos mairies. Le langage de la germanité déborde donc largement son champ d’application initiale pour s’étendre à d’autres formes de liens, toujours très positifs. C’est la raison pour laquelle l’emploi par le chercheur des termes «?fraternel?» ou «?fraternité?» pose problème, le même que nous rencontrons lorsque nous qualifions de «?puérile?» l’activité d’un enfant. C’est pourquoi nous lui préférons le terme plus neutre d’«?adelphique?»?: adelphos signifiant né de la même matrice. Nous pensons par ailleurs que le lexique utilisé par l’historien doit également tenir compte du sexe de la fratrie (mixte ou unisexuée). Il convient en effet de remettre en cause la très forte masculinisation des termes usités, sous couvert de neutralité?; il nous paraît ainsi particulièrement délicat d’utiliser «?fratrie?» pour désigner un ensemble de sœurs [2]. Nous lui préférons, quant à nous, le terme de «?sororie?».

3

Dans cette contribution, je me contenterai d’évoquer quatre points qui me paraissent essentiels : la taille des fratries, le rang dans la fratrie, l’importance très grande des fratries recomposées et la relation entre un frère et une sœur.

Fratries larges ou fratries étroites?

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Nous imaginons volontiers les groupes de germains d’autrefois comme des fratries très nombreuses. La réalité est-elle vraiment en conformité avec cette image?? Avant la révolution démographique (au début du XIXe siècle), parce que c’est la finalité du mariage et qu’il existe peu de moyens contraceptifs efficaces, le nombre de naissances par famille est très élevé. On sait par exemple qu’au XIIIe siècle, Blanche de Castille, épouse du roi de France Louis VIII et mère du futur Saint Louis, a accouché de douze enfants. Dans les deux derniers siècles médiévaux, les Florentines, mariées entre 15 et 19 ans et vivant au moins jusqu’à la fin de leur période de fécondité, ont onze enfants en moyenne (Klapisch-Zuber, 1988, p. 46). Les intervalles intergénésiques sont donc très courts. Mais, parallèlement à toutes ces naissances, beaucoup de nouveau-nés meurent?: on considère que le taux de mortalité infantile est de l’ordre de deux cents à quatre cents pour mille. Devant ces très forts taux de natalité et de mortalité, les historiens démographes s’accordent aujourd’hui pour dire que les fratries d’Ancien Régime, en moyenne, ne comportent pas beaucoup de membres. Les fratries occidentales «?traditionnelles?» se composent donc de deux à quatre enfants, en moyenne. Cela n’empêche pas qu’il existe des fratries beaucoup plus nombreuses lorsqu’elles sont épargnées par la mort. Avant le XIXe siècle, les fratries se différencient donc de celles d’aujourd’hui, surtout par leur plus grande diversité plus que par leurs effectifs. Si, lors d’une épidémie, la mort emporte plusieurs frères et sœurs à des âges très voisins, la fratrie peut apparaître comme «?coupée en plusieurs morceaux?». Le démographe Hervé Le Bras en arrive à se demander si, à cause de cette très forte mortalité, on peut parler de fratrie pour les époques anciennes. «?Il y a des liens entre frères et sœurs, écrit-il, mais il n’y a pas vraiment de constellation d’ensemble qui soit assez stable?» (Le Bras, 1981, p. 28).

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Il faut attendre l’extrême fin du XVIIIe siècle, et surtout le XIXe siècle, pour assister à un recul généralisé de la mortalité en Occident. Dans la mesure où, pendant quelques temps encore, et surtout dans les familles populaires et catholiques n’utilisant pas ou peu de moyens contraceptifs, la natalité est restée élevée, le nombre d’enfants vivant au sein d’une même famille s’accroît considérablement. C’est sans aucun doute à cette époque que l’Europe a connu les fratries les plus nombreuses, pour assister ensuite, on le sait, à une nouvelle et forte diminution au cours du XXe siècle.

La place dans la fratrie?: aînés, cadets, benjamins

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Au moins jusqu’aux IXe-Xe siècles, prévaut une relative égalité des enfants mâles face aux règles de transmission des biens (l’héritage) et des fonctions (la succession). Dans l’ensemble des lois barbares (code d’Euric, loi Gombette, loi salique, édit de Rothari, loi des Alamans, loi des Bavarois, etc.), l’habitude est de diviser l’héritage paternel en autant de parts qu’il existe d’enfants mâles. Certaines législations permettent aux filles de la fratrie d’obtenir une part du patrimoine familial à la seule condition qu’il n’y ait plus de mâles vivants en position d’hériter.

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Puis se met en place, entre les Xe et XVIIIe siècles (avec quelques nuances car les systèmes égalitaires persistent encore dans certaines régions), le système de la primogéniture?: les parents octroient à un seul héritier la majeure partie du patrimoine foncier et mobilier pour éviter que celui-ci ne se disperse et ne s’émiette de génération en génération. Le droit d’aînesse se retrouve dans la transmission des biens symboliques. À partir du Xe siècle, dans les milieux aristocratiques (ceux qu’éclaire majoritairement la documentation), l’aîné reçoit un prénom puisé dans la branche patrilinéaire, marqueur onomastique fortement porteur de mémoire familiale et lignagère. Ce choix explique pourquoi un prénom se répète sur plusieurs générations pour désigner le chef du lignage.

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Ainsi, la famille des Lusignan, de moyenne noblesse, a été dirigée par des Hugues pendant huit ou neuf générations successives entre 960 et 1200. Les ducs d’Aquitaine ont tous été des Guillaume entre 935 et 1136, et les comtes d’Anjou, des Foulques ou des Geoffroy, comme si le prénom était porteur d’autorité, générateur d’un charisme permettant d’occuper une fonction. Le triomphe de l’aîné mâle s’accompagne souvent de l’exclusion des cadets et des filles dotées. Attesté dès le Xe siècle dans les milieux aristocratiques, le principe de «?l’exclusion pour cause de dot?» (exclusio propter dotem) gagne rapidement les habitudes roturières. Durant les derniers siècles médiévaux et l’époque moderne, les pères rappellent souvent dans leur testament que leurs filles ont déjà reçu leur part en dot et qu’elles ne peuvent plus prétendre à une partie de l’héritage.

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Dans la fameuse nuit du 4 août 1789 est proclamée l’abolition de tous les privilèges. Il fallait donc que les révolutionnaires appliquent ces principes à la famille et suppriment le droit d’aînesse et l’exclusion des filles. La structure familiale doit être, à l’échelle de chaque individu, comme un microcosme de la nation tout entière et doit aussi, par conséquent, refléter l’égalité. Lors d’une réunion à la Constituante, Mirabeau s’écrie : «?Il n’y a plus d’aînés, plus de privilégiés dans la grande famille nationale?». Mais les lois nationales sont une chose, la réalité juridique en est une autre. La nouveauté d’une loi ne doit pas masquer la permanence des comportements, d’autant moins que le Code civil (1804) vient nuancer quelque peu l’égalité révolutionnaire. Au moins jusqu’au milieu du XXe siècle, cette unique législation égalitaire nationale n’a pas empêché la diversité des systèmes d’héritage dans les sociétés rurales. Les parents et les familles ont inventé des stratégies pour détourner la relative égalité du Code civil, de façon particulièrement nette en France du Sud et du Centre où le droit d’aînesse séculaire n’a pas vraiment été mis à mal (Collomp, 1994, p. 157-167). Désormais, en France, ni le sexe ni le rang dans la fratrie n’ont, en droit, d’incidence sur le montant de l’héritage.

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Cependant, n’allons pas trop rapidement conclure à une stricte égalité des frères et des sœurs car, en pratique, on se rend compte qu’en milieu rural l’attribution de l’exploitation va prioritairement aux garçons. Celui qui a pris en charge les vieux parents se voit aussi souvent avantagé, prérogative parfois reconnue et acceptée par les autres membres de la fratrie.

Fratries recomposées

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Les sociologues contemporains ont attiré notre attention sur le phénomène des familles recomposées. La fréquence des séparations et des divorces, dans l’Europe de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, multiplie en effet le nombre de «?demi-frères?» et de «?demi-sœurs?». Ce phénomène n’a rien de nouveau. Malgré les difficultés et les réticences et interdictions ecclésiastiques, il arrivait également autrefois que des couples se séparent. Les Coutumes de Beauvaisis de Philippe de Beaumanoir, rédigées vers 1283, consacrent ainsi un chapitre entier aux différentes formes d’animosité qui peuvent exister au sein de la cellule conjugale et aux raisons qui mettent parfois fin à cette union. Quelques articles examinent le sort des enfants en cas de séparation et stipulent que si les époux ont plusieurs enfants de plus de 7 ans, ils s’en partagent la garde par moitié. Par contre, si leur union n’a donné naissance qu’à un seul enfant de plus de 7 ans, le père en aura la garde s’il le souhaite, auquel cas la mère doit participer à sa «?nourriture?» par moitié. Si les frères et sœurs n’ont pas atteint l’âge de 7 ans, la garde doit en être confiée à la mère et c’est au père de «?payer la moitié de leur raisonnable subsistance?» (Philippe de Beaumanoir, 1899-1900, chap. LVII, article 1639). On voit ainsi qu’au Moyen-Âge, l’âge de raison (aetas discretionnis) et la taille de la fratrie sont deux éléments déterminants pour orienter la trajectoire d’un enfant à la suite de la séparation de ses parents?: il vivra, selon les cas, avec son père ou avec sa mère, séparés ou non de ses frères et sœurs. Les parents désunis, parfois encore jeunes, pourront procréer à nouveau (même si ces nouvelles naissances ne sont pas légitimées) et offrir ainsi, aux enfants du premier lit dont ils ont la garde, des «?demi-frères?» ou des «?demi-sœurs?».

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Toutefois, la recomposition des fratries d’autrefois tient essentiellement à la fréquence de la mort d’un des deux parents et du remariage de celui ou celle qui survit. Dès l’Antiquité, aux côtés du divorce et de l’adoption, la mortalité joue un très grand rôle dans l’origine de la recomposition des familles, et beaucoup d’enfants sont élevés par des personnes autres que leurs géniteurs. Au Moyen Âge, on sait que de très nombreux mariages ne dépassent pas une durée de dix à quinze ans à cause du décès d’un des deux conjoints. Au XVIIIe siècle, dans la région parisienne, 30 à 40?% des mariages célébrés sont des unions dans lesquelles l’un des deux conjoints au moins est veuf (Baulant, 1972, p.?968). Dans ce contexte démographique, rares sont les «?familles achevées?» (considérées comme telles par les démographes lorsqu’il ne peut plus y naître d’enfants, soit parce que l’un des deux conjoints est mort, soit parce que la femme a dépassé l’âge de 50 ans). Au hasard des morts, des naissances et des remariages, la cellule familiale d’autrefois apparaît donc très mouvante : de très nombreux enfants ont vécu avec des garçons et des filles issus d’un autre lit que le leur. Il peut arriver qu’un scripteur différencie les «?frères germains?» (nés de mêmes parents) des «?frères consanguins?» (nés du même père) et des «?frères utérins?» (nés de la même mère), mais cela est rare. On trouve également parfois, dans la documentation, les termes latins désignant les germains, soror et frater, flanqués de germanus ou de carnalis. Lorsque ces adjectifs n’apparaissent pas, il faut sans doute considérer les termes de «?frère?» et de «?sœur?» dans une large acception?: l’ensemble des enfants nés d’un même père et d’une même mère (siblings en anglais), mais aussi, à cause de la très forte mortalité parentale évoquée plus haut, ceux qui ne partagent qu’un parent biologique et qu’aujourd’hui nous appellerions «?demi-frères?» ou «?demi-sœurs?» (half-siblings). Ces derniers termes sont récents. Ils n’apparaissent sans doute pas avant le XIXe siècle, à un moment où, pour la première fois dans l’histoire, la conjonction d’un taux de mortalité et d’un taux de divorce et de remariage très bas rend nécessaire un vocabulaire nouveau pour désigner un phénomène devenu rare et qui était pourtant très répandu dans les siècles passés. Il est fort probable encore que les termes génériques de soror ou de frater désignent également ceux qui ne sont que des frères et sœurs sociaux, c’est-à-dire qui vivent ensemble comme des frères et sœurs. À cause de la fréquence de la mort des parents, ils se retrouvent sous le même toit sans aucun lien de sang. Cette distance par le sang ne crée pas nécessairement une distance affective entre des enfants amenés à vivre ensemble.

Le lien entre un frère et une sœur

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Au sein de la fratrie ancienne, il existe une relation très spécifique, fascinante, fusionnelle, parfois ambiguë et productrice de nombreux mythes et récits (comme celle des jumeaux) : celle qui unit un frère et une sœur. Il s’agit d’une relation centrale dans les systèmes de parenté, toujours très positive car, l’un et l’autre devant suivre une trajectoire sociale différente, ils entrent rarement en concurrence. Le lien entre un frère et une sœur possède «?cette caractéristique majeure au niveau de la parenté d’être à la fois une relation de l’identité et une relation de la différence absolue, alors que la relation entre germains de même sexe n’a que la première caractéristique et celle entre mari et femme la seconde?» (Jamous, 1991, p. 225).

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Voici, par exemple, au XVe siècle, le portrait qu’un Florentin, Giovanni Morelli, dresse dans son Journal de sa sœur aînée, Méa, morte prématurément à l’âge de 23 ans?: «?De taille normale, un teint admirable, fraîche et blonde, très bien faite de sa personne, elle n’était que charme. Entre autres perfections, elle avait ses mains, des mains d’ivoire, si bien faites qu’on les eût dites peintes par Giotto, mains longues, douces, aux doigts allongés, fuselés comme des cierges et terminés par de larges ongles galbés, brillants et vermeils?» (Giovanni di Pagolo Morelli, 1956, p. 178). Au cours de la période médiévale et moderne, il est fréquent qu’un moine, entré au couvent, cherche à préserver la relation entretenue avec sa sœur en lui offrant une règle ou en lui donnant des conseils de vie, qu’elle soit elle aussi devenue nonne ou qu’elle soit restée dans la vie laïque. Césaire d’Arles (vers 470-542) fonde devant les murs de la ville un monastère de religieuses (Saint-Jean d’Arles) qu’il confie à sa sœur pour laquelle il compose la plus ancienne règle féminine d’Occident. Saint Benoît, rédacteur de la règle bénédictine (entre 530 et 560), entretient lui aussi une relation très forte avec sa sœur Scolastique. Un récit rapporte qu’un jour, celle-ci reçoit la visite de son frère. Alors qu’il s’apprête à partir, elle lui demande avec insistance de demeurer la nuit auprès d’elle. Comme il refuse, elle implore le Ciel et se déclenche alors un orage si violent que Benoît est obligé de rester. Jacques de Voragine, un des nombreux hagiographes qui raconte l’événement, écrit : «?Et il en advint ainsi pour qu’ils puissent passer la nuit tout entière en s’édifiant mutuellement dans de saints entretiens?» (1967, p. 244). Ce sont les amants ou les maîtresses qui, en règle générale, prient pour passer une nuit avec l’être aimé. Quant au moine cistercien anglais Aelred de Rievaulx (vers 1109-1166), il rédige pour sa sœur un traité, De institutione inclusarum (De l’institution des recluses), qui a connu un relatif succès au Moyen Âge, dans lequel il n’hésite pas à s’adresser directement à sa sœur, à lui exprimer sa profonde affection et à rappeler des souvenirs d’enfance. Le traité commence ainsi?: «?Voilà déjà bien des années, ma sœur, que tu me réclames une formule de vie. (…) Je suis ton frère, tant par la chair que par l’esprit : comment refuser ? Je réponds donc à tes désirs?» (1961, p. 43). C’est donc bien au nom de leur «?fraternité?» qu’il accepte de rédiger cet opuscule. On sent dans cet écrit d’Aelred une forte jalousie et une volonté notamment de protéger sa sœur des visites intempestives, la réclusion lui apparaissant comme le mode le plus sûr de préservation de l’idéal adelphique. Il l’implore?: «?Je voudrais d’ailleurs que personne ne vînt te rendre visite trop souvent, et que tu ne te livres pas à des confidences avec un hôte trop assidu. En effet, à de trop fréquentes rencontres avec la même personne, la réputation d’une vierge (fama virginis) ne peut que perdre, et sa conscience de même?» (ibidem, p. 59-81).

15

Les correspondances des XIXe et XXe siècles entre un frère et une sœur livrent également de très beaux exemples d’affections adelphiques (Lett, 2009, p.?185-189).

16

* * *

17

Le taux de fécondité n’a cessé de baisser dans les pays européens. En 2010, il se situe en moyenne à 1,53 enfant par femme. Certains auteurs alarmistes vont jusqu’à se demander si les fratries survivront au XXIe siècle. Même en France, où la fécondité est aujourd’hui parmi les plus élevées d’Europe (2,02 en 2011), le taux de renouvellement des générations est à peine assuré et, aujourd’hui, près de la moitié des individus n’ont pas de frère ou de sœur. C’est sans doute en partie cette réduction de la taille moyenne de la fratrie qui explique l’intérêt récent manifesté par les sciences humaines pour l’étude des frères et sœurs. En outre, dans cette période de mutation sociale (avec l’érosion de l’autorité parentale) et de difficultés économiques des dernières décennies, l’entraide horizontale joue un rôle de plus en plus fort, et ce phénomène peut également nous aider à comprendre cette nouvelle valorisation de la fratrie.

Sources

18

? Aelred de Rievaulx, 1961, La Vie de recluse, la prière pastorale, traduit et présenté par Charles Dumont, Paris, Cerf.

19

? Giovanni di Pagolo Morelli, 1956, Ricordi, a cura di Vittore Branca, Florence, éd. Le Monnier.

20

? Jacques de Voragine, 1967, La Légende dorée, Paris, Flammarion, tome?1.

21

? Philippe de Beaumanoir, 1899-1900, Coutumes de Beauvaisis, publié par Amédée Salmon, Paris, éd. A. Picard.


  • ? Bannour W. et Berthier P. (dir.), 1992, Éros philadelphe, frère et sœur, passion secrète, Paris, éd. du Félin, coll. «?Le temps et les mots. Colloque de Cerisy?».
  • ? Baulant M., 1972, «?La “famille en miettes”?: sur un aspect de la démographie du XVIIe siècle?», Annales ESC, juillet-octobre, p.?959-968.
  • ? Buisson M., 2003, La fratrie, creuset de paradoxes, Paris, L’Harmattan, coll. «?Logiques sociales?».
  • ? Collomp A., 1994, «?Le statut des cadets en Haute-Provence avant et après le Code civil?», in Segalen M. et Ravis-Giordani G. (dir.), Les Cadets, Paris, CNRS Éditions, p. 157-167.
  • ? Godeau F. et Troubetzkoy W., 2003, Fratries. Frères et sœurs dans la littérature et les arts de l’Antiquité à nos jours, Paris, éd. Kimé, coll. «?Détours littéraires?».
  • ? Jamous R., 1991, La relation frère-sœur. Parenté et rites chez les Méo de l’Inde du Nord, Paris, École des hautes études en sciences sociales (EHESS).
  • ? Klapisch-Zuber C., 1988, «?La fécondité des Florentines (XIVe-XVIe siècles)?», Annales de démographie historique, p. 41-57.
  • ? Le Bras H., 1981, «?La démographie des frères et sœurs?», in Soulé M. (dir.), Frères et sœurs, Paris, éd. ESF, p. 16-29.
  • ? Lett D., 2005, «?Brothers and Sisters. New perspectives on Medieval Family History?», in Mustakallio K., Hanska J., Sainio H.-L. et Vuolanto V. (dir.), Hoping for Continuity. Childhood, Education and Death in Antiquity and the Middle Ages (Acta Instituti Romani Finlandiae, 33), Rome, p.?13-23 ; 2008, «?Les frères et sœurs, “parents pauvres” de la parenté?» (introduction), in Lett D. (dir.), Frères et sœurs. Ethnographie d’un lien de parenté, Médiévales, n° 54, p. 5-12?; 2009, Frères et sœurs. Histoire d’un lien, Paris, Payot, coll. «?Petite bibliothèque?».
  • ? Poitevin A., 2006, Enfants de familles recomposées. Sociologie des nouveaux liens fraternels, Rennes, Presses universitaires de Rennes (Pur).
  • ? Segalen M. et Ravis-Giordani G. (dir.), 1994, Les Cadets, Paris, CNRS Éditions.
  • ? Vernier B., 1991, La genèse sociale des sentiments. Aînés et cadets dans l’île grecque de Karpathos, Paris, École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

[1]

L’histoire n’a pas été la seule science sociale à négliger l’étude de cette relation. Voir Lett, 2008.

[2]

Certaines langues (l’italien par exemple) ne possèdent pas l’équivalent du mot «?fratrie?», un terme qui en français est très récent?: il apparaît dans Le Petit Robert vers 1970.

Français

Les liens adelphiques sont très présents dans l’histoire et dans la mythologie car, dans les sociétés anciennes, qui connaissent une très faible espérance de vie, la coexistence entre frères et sœurs se révèle plus fréquente que celle entre parents de générations différentes. De plus, la société occidentale chrétienne valorise à l’extrême le lien fraternel. L’article se propose de montrer que la taille de la fratrie n’a pas toujours été large au cours de l’histoire, que le droit d’aînesse s’est imposé tardivement et de manière relative, que les fratries recomposées, en particulier à cause des remariages, ont été très nombreuses et que la relation entre un frère et une sœur est une relation particulièrement valorisée.

Voir enfin:

L’histoire des frères et des sœurs

The history of brothers and sisters

Didier Lett
Clio
p. 182-202

Comme en témoigne la multiplication récente des colloques et des ouvrages collectifs depuis cinq ou six ans, l’histoire des frères et sœurs connaît un très fort développement. Cette partie de l’actualité de la recherche retrace la genèse de ce mouvement et propose un inventaire raisonné des principaux thèmes traités en insistant sur l’articulation entre genre et relations adelphiques. Grâce à l’essor très tardif de cette histoire, la dimension du genre y est relativement présente.

  • 39 « Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours », colloque organisé par le CERHIO et le FRAMESPA, http: (…)
  • 40 Certaines langues (l’italien par exemple) ne possède pas le mot « fratrie », terme qui, en français (…)
  • 41 À ma connaissance, le premier à avoir utilisé et défendu ce terme est Jacques Maître dans ses étude (…)

1En décembre 2011 à Rennes et en mars 2012 à Toulouse se tiendra un double colloque international ayant pour titre « Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours »39. La cinquantaine de contributions retenues a été classée en différents thèmes : la démographie de la fratrie, la fratrie comme ressource, fratries et trajectoires individuelles, solidarités et conflits, fratries et transmission, sentiments et affection, genre et fratrie, fraternité (lien rêvé). Cette manifestation révèle qu’au sein des études portant sur l’histoire de la famille et de la parenté, les relations adelphiques sont devenues aujourd’hui un thème à part entière du paysage historiographique. Même si, comme on le soulignera au cours de ce rapide bilan, l’intérêt des historiens pour les sœurs a été moins fort que celui porté aux frères et que rares sont encore les démarches de genre pour appréhender les liens adelphiques, on assiste à l’adoption d’un vocabulaire qui permet de remettre en cause la très forte masculinisation des termes usités, sous couvert de neutralité et, par conséquent, de tenir compte du féminin autant que du masculin. Ainsi, on a pris acte du fait que l’emploi des termes de « fratrie », « fraternel » ou « fraternité », formés sur la racine latine frater, posaient problème pour désigner ce qui est relatif aux frères et sœurs. C’est pourquoi, les historiens adoptent de plus en plus le mot plus neutre d’« adelphique » (adelphos, signifiant né de la même matrice). De même, lorsqu’ils cherchent à distinguer le sexe de la fratrie (mixte ou unisexuée), ils évitent, pour désigner un ensemble de sœurs, d’utiliser « fratrie »40et lui préfèrent le terme de « sororie »41.

2Dans cette actualité de la recherche, j’aimerais revenir sur la très récente et lente genèse du développement des travaux portant sur l’histoire des frères et sœurs avant de proposer, sans nullement prétendre à l’exhaustivité, un inventaire raisonné des principaux thèmes traités en insistant sur l’articulation entre genre et relations adelphiques.

Un intérêt très récent

  • 42 Pour un bilan historiographique récent sur les travaux des médiévistes, je me permets de renvoyer à (…)
  • 43 Ariès 1973 [1960].

3Comme de très nombreux chercheurs en sciences sociales, les historiens ayant travaillé sur la famille et la parenté, ont été, dans un premier temps, profondément influencés par l’anthropologie structurale des années 1960-1970 et se sont prioritairement intéressés aux relations verticales entre parents et enfants (la filiation) ou à celles, horizontales, entre deux parentés dans le cadre de l’alliance ou entre deux acteurs au sein du couple (relations conjugales). Le lien de germanité est donc resté le parent pauvre de l’histoire de la famille, toutes périodes confondues42. Les raisons de ce silence ne tiennent pas à la pauvreté des sources. Il suffit par exemple d’observer les trajectoires des legs testamentaires, les principaux acteurs présents au moment des transferts patrimoniaux ou auprès des miraculés dans la documentation hagiographique, les sentiments mis en scène dans la littérature ou dans les correspondances pour s’en convaincre. Il convient donc de chercher ailleurs les explications à ce manque d’intérêt. De nombreux historiens du début du xxie siècle, les médiévistes plus que les modernistes davantage tournés vers la démographie historique et l’étude des structures des ménages et de la résidence, inscrivent majoritairement leurs travaux dans le champ de l’anthropologie de la parenté qui, comme le montre ici Agnès Fine, a privilégié l’alliance et la filiation aux dépens de la germanité. Les nombreux travaux sur la grossesse, l’accouchement, la relation mère-enfants (auxquels l’histoire des femmes n’est pas étrangère) ou sur l’éducation ont mis l’accent sur les fonctions et l’affection paternelles et maternelles bien plus que sur les autres rôles ou statuts au sein de la cellule familiale. Pour les spécialistes des périodes antérieures aux xviie-xviiie siècles, il était aussi prioritaire durant les années 1970-1990, pour répondre à la thèse de Philippe Ariès sur l’absence d’un « sentiment de l’enfance » et d’un souci éducatif au Moyen Âge43, de privilégier l’étude des relations entre parents et enfants (affection, éducation).

  • 44 Cette situation s’observe au moins jusqu’à la « révolution démographique », c’est-à-dire avant que (…)
  • 45 Gouesse 1982.
  • 46 Pour la Hollande du début du xxe siècle, voir Bras & Van Tilburg 2007.

4Forts des acquis de la démographie historique (reconstitution des familles à partir des registres paroissiaux dans la longue durée) et de l’utilisation des travaux juridiques (règles d’héritage) au cours des années 1980-1990, les principales monographies régionales des modernistes ont apporté de précieux renseignements sur les intervalles intergénésiques, la taille et le sexe des fratries, la forte présence des frères et sœurs au moment du mariage ou du décès, la fréquence des liens entre frères et sœurs ou entre neveux-nièces et oncles-tantes, et le choix des frères et sœurs comme parrains et marraines. Ils ont attiré l’attention sur le fait que dans les sociétés anciennes où l’espérance de vie est faible, la coexistence entre frères et sœurs s’avère plus fréquente que celle entre parents de générations différentes44. Dans un contexte de forte mortalité, la disparition prématurée du père et de la mère ou du conjoint tend à renforcer les liens fraternels. Par ailleurs, la durée relativement longue du temps potentiel de fécondité d’une femme (vingt à vingt-cinq ans) et la fréquence des remariages entre conjoints d’âge très différent, produisent de forts écarts intergénésiques et de fréquentes recompositions des fratries. Dès 1982, Jean-Marie Gouesse étudiait les remariages des veufs et des veuves avec la sœur ou le frère du conjoint décédé à la fin du xviiie siècle en France. Il montrait que 15 à 20 % des frères ou des sœurs choisis comme nouveau conjoint avaient été sollicités comme parrains ou marraines d’un enfant du couple45. D’autres travaux ont souligné le lien entre taille de la fratrie et capacité des frères et sœurs à l’ascension sociale46.

  • 47 Bannour & Berthier 1992.
  • 48 Arru & Boesch Gajano 1993.
  • 49 Lett 1997 : chapitre IX ; Réal 2001 : 476-504.
  • 50 Lett 2001, 2003, 2004, 2006, 2008, 2009a, 2009b et 2008 (dir.).
  • 51 Godeau & Troubetzkoy 2003.

5Il faut attendre le début des années 1990 pour voir les deux premiers ouvrages collectifs sur les frères et sœurs. Le premier, Eros Philadelphe, organisé par des littéraires et publié en 1992, est centré spécifiquement sur les passions entre le frère et la sœur sur une large période, de l’Égypte romaine au xxe siècle47. Le second est un numéro de la revue Quaderni Storici de 1993, dirigé par Angiolina Arru et Sofia Boesch, intitulé Fratello/Sorella, couvrant les périodes du xiie au xixe siècle48. Les thèses d’histoire qui paraissent alors sur l’enfance et la famille consacrent quelques paragraphes, parfois un chapitre spécifique à ce thème49. Au cours de la première décennie du xxie siècle, j’ai moi-même publié quelques articles en histoire médiévale sur le rang dans la fratrie, la diversité des statuts et des rôles des sœurs au sein de la parenté et sur les solidarités adelphiques, avant de diriger un numéro de la revue Médiévales et de réaliser une synthèse sur l’ensemble des périodes de l’histoire50. Les spécialistes de la littérature n’ont pas été en reste dans ce domaine. Ainsi s’est tenu en 2002 à l’Université de Saint-Quentin-en-Yvelines un colloque sur les fratries publié en 2003 (auquel quelques historiens ont participé) qui couvre une période très large, de l’Antiquité à nos jours, et dont l’un des grands intérêts est de faire une très bonne place aux sorories et à la sororité51.

  • 52 Trévisi 2008.
  • 53 Cassagnes-Brouquet & Yvernault 2007.
  • 54 Miller & Yavneh 2006.
  • 55 Sibling relations… 2010.
  • 56 Bernard, Massol & Roulin 2010.

6Aujourd’hui, les historiens démographes continuent à exploiter leurs sources et leurs données. Sauf oubli ou erreur de ma part, ils n’ont pas encore livré une thèse ou un livre directement sur le sujet : ainsi, l’étude de Marion Trévisi, parue en 2008, sur les oncles et les tantes aborde le sujet indirectement52 car la force des liens avunculaires s’explique en partie par la puissance des relations entre les frères et les sœurs. Deux colloques récents organisés par des historiens, celui de Limoges (en septembre 2006, publié en 2007) qui couvre les périodes antique et médiévale53 et celui (à venir) de Rennes-Toulouse mentionné plus haut, embrassant une période plus vaste, montrent à l’évidence que le thème est en pleine expansion. En témoignent encore le numéro spécial de la Revue Renaissance Quarterly paru en 200654, celui de la Revue européenne d’histoire, paru en 2010, consacré à la solidarité, aux conflits et au genre dans les relations adelphiques entre xvie et xixe siècles55 et l’ouvrage collectif, Adelphiques, issu d’un colloque qui a eu lieu en février et octobre 2009 aux États-Unis et à Lyon, paru lui aussi en 2010 : ce dernier s’interroge sur la manière dont la littérature du xixe siècle représente les relations adelphiques, effectives ou fantasmées, littérales ou figurées et dont une partie entière est consacrée à la manière dont la relation adelphique met en jeu les catégories du masculin et du féminin56.

7Quels sont les thèmes qui ont retenu le plus l’attention des historiens et quelle est la part du genre dans ces études ?

La fraternité

  • 57 Pour la confusion et la hiérarchie entre fraternité biologique et fraternité spirituelle, voir le c (…)
  • 58 Fine 1994 : 126 ; voir, plus généralement, sur la « fraternité » entre compères le chapitre iv, « L (…)
  • 59 Vincent 1994.
  • 60 Hunt 1995, chapitre 2 « La bande des frères » : 69-104.
  • 61 David 1987.
  • 62 Hunt 1995 : 96.

8Quelques spécialistes en histoire politique ou culturelle ont abordé le thème par le biais de la fraternité, concept clé pour comprendre, en Occident, le lien social idéal, que ce soit dans les sociétés anciennes christianisées ou dans les sociétés modernes et contemporaines. La société chrétienne a en effet fortement valorisé le lien fraternel. Par son incarnation, le Christ se présente comme le frère aîné des chrétiens. Il est « le premier né d’une multitude de frères » (Épître aux Romains, 8, 29). Dès lors, la fraternité représente la forme idéale du lien social : les chevaliers se lient par une fraternité d’armes et les moines se vivent tous comme des frères, dans un rapport d’égalité à l’égard de l’abbé, père du monastère57. Dans les échanges verbaux, se donner du « Mon frère » ou du « Ma sœur » apparaît toujours comme le signe d’une profonde amitié. Au moment du baptême, le lien de compérage qui se noue entre le père et le parrain de l’enfant se décline sur le mode de la germanité. Il met les deux compères dans une position de stricte égalité l’un vis-à-vis de l’autre, créant entre eux un lien de parenté spirituelle perçu comme l’équivalent d’une relation fraternelle consanguine. Comme le fait remarquer Agnès Fine, « Si le parrainage incarne le bon amour parental, le compérage incarne le bon amour fraternel »58. À partir du xiiie siècle, ce courant de fraternité religieuse s’accentue avec le mouvement des Ordres mendiants dans lesquels les membres sont des « frères » et avec l’essor des confréries (confraternitas ou confratria) dont les statuts insistent sur l’égalité entre les membres et rappellent souvent la fraternité scripturaire : « Que l’amour fraternel vous lie d’affection entre vous » (Épître aux Romains, 12, 9)59. À l’époque moderne, le compagnonnage continue d’utiliser le vocabulaire de la fraternité. À la fin de l’Ancien Régime et surtout pendant la Révolution française, c’est l’ensemble du corps social qui est pensé comme une fratrie. Les deux ordres de la société, trop longtemps privilégiés, sont les aînés. Le Tiers-État, le laissé-pour-compte, c’est l’ensemble des cadets. Dès lors, le roi, père de la patrie, devient le symbole de la monarchie absolue et de l’Ancien Régime. Lorsqu’il est décapité, un rêve de société fraternelle, dont les membres seraient unis seulement par des liens horizontaux, souffle sur la France et bientôt sur toute l’Europe. Dans l’imagerie politique de la Révolution, les représentations des corps humains ou des figures insistent sur ces nouveaux rapports de famille fondés sur la fraternité, offrant un contre-modèle à la famille patriarcale traditionnelle que les Révolutionnaires ont symboliquement tuée en détruisant les corps du roi et de la reine60. Ainsi, Hercule jeune, mis en avant comme symbole du peuple, s’apparente davantage à un grand frère protecteur qu’à un père. La fraternité incarne un sentiment, une vertu, un devoir et un principe politique. Elle entretient des relations très étroites avec la liberté et l’égalité61. Reconnaissons cependant que dans le discours révolutionnaire qui vise à inventer un nouveau monde utopique, où les hommes, tous égaux comme des frères, ont remplacé le père, les sœurs n’ont guère leur place. Comme le constate Lynn Hunt, « les sœurs occupèrent une position équivoque dans le nouveau roman familial de la fraternité »62.

9Ce vent de fraternité se perpétue au cours des siècles suivants. Les francs-maçons s’appellent les « frères trois points » et les Poilus de 1914-1918, au sortir de la Grande Guerre, dans les associations d’anciens combattants, nostalgiques et meurtris, évoquent la « fraternité des tranchées ». Le langage de la germanité déborde donc largement son champ d’application initial, jusqu’à occuper aujourd’hui les frontons de nos mairies. Lien idéal et idyllique, il s’étend à d’autres formes de liens, toujours très positifs.

Solidarités, sentiments, affections

  • 63 Bannon 1997.
  • 64 Morin 2007.
  • 65 Réal 2001 ; Surget 2010.
  • 66 Blandeau 2007.
  • 67 Certin 2008 ; Bellavitis 2008 : 150-153.
  • 68 Hidalgo 2010 ; Bras & Neven 2007b ; Kesztenbaum 2008 ; Rosental 1995.
  • 69 Rares pour l’époque médiévale. Voir cependant Ledwige 1984.
  • 70 Broomhall & Van Gent 2009.
  • 71 Barbagli 2000 [1984] : 273-324, chapitre VI : Deferenza, distacco e intimità nelle relazioni famili (…)
  • 72 Voir article B. Borello, ce volume.
  • 73 Borello 2008, 2009 et 2010.

10La valorisation du lien fraternel et sa forte présence démographique dans les sociétés anciennes expliquent en partie la grande solidarité entre frères et sœurs et l’intérêt que les historiens ont porté à ce thème. De nombreux mythes fondateurs, le droit et la littérature antiques valorisent la pietas fraternelle63. Les tragédies grecques leur font toujours une grande place64. L’étude des textes hagiographiques médiévaux (récits de miracles ou vitae) permet de montrer les connivences fraternelles en enfance ou à l’âge adulte. Les chroniques médiévales sont également fréquemment le lieu de mises en scènes de fortes entraides et de solidarités, surtout entre frères65. Dans les textes anglais médiévaux, les mots brother et sister sont souvent utilisés pour exprimer l’amitié, la proximité et la connivence66. L’entraide fraternelle dans l’histoire se mesure encore à la fréquence des frérèches, communautés de biens et parfois de vie commune, entre des frères, souvent mariés, et, plus rarement, des sœurs, qui, après la mort de leur père, prolongent l’indivision du domaine et exploitent ensemble la terre. Dans le monde du commerce à la fin du Moyen Âge, les fratries (de frères) jouent également toujours un rôle essentiel, même si parfois les cadets acceptent mal d’être dirigés par leur aîné67. Les solidarités fraternelles ont également été beaucoup étudiées en contexte de migrations pour les époques moderne et contemporaine68. Au cours de ces périodes, la force des solidarités adelphiques se manifeste dans les correspondances69 ou les journaux intimes. Des études récentes ont été menées sur le langage des émotions au xvie siècle70. En étudiant les termes d’adresse au sein des correspondances familiales, en particulier des frères Leopardi au début du xixe siècle, Marzio Barbagli a le premier, dès 1984, mis à jour les degrés d’intimité entre frères et sœurs71. Benedetta Borello a insisté pour sa part, dans ce dossier de Clio72 et ailleurs73, sur la richesse des sources épistolaires de l’aristocratie romaine et siennoise des xviiie et xixe siècles pour l’étude des relations adelphiques, en particulier pour étudier les sentiments (mais aussi les rancœurs) qui peuvent naître des écarts entre les attentes liées à la force de la notion de fraternité et la réalité.

La relation entre un frère et une sœur

11S’il est un lien de solidarité et d’affection rarement démenti, c’est bien celui qui se noue entre un frère et une sœur. Comme le rappelle Raymond Jamous, ce lien possède

  • 74 Jamous 1991 : 225.

cette caractéristique majeure au niveau de la parenté d’être à la fois une relation de l’identité et une relation de la différence absolue, alors que la relation entre germains de même sexe n’a que la première caractéristique et celle entre mari et femme la seconde74.

  • 75 Barbichon 1994.
  • 76 Hamm 1992.

12Dans les systèmes de parenté, il s’agit d’une relation centrale, toujours très positive. Devant assumer une fonction sociale distincte, le frère et la sœur entrent rarement en concurrence. Ce lien, souvent passionnel, traverse l’histoire et se décline sous des formes différentes en fonction des époques et du type de documentation. Dans les tragédies antiques, Antigone se sacrifie pour donner une sépulture à son frère. Dans les contes et la littérature orale75 (Hänsel et Gretel par exemple) la sœur est très souvent une figure salvatrice, occupant le rôle le plus actif de l’histoire, subissant maintes épreuves pour sauver son ou ses frères. Durant l’époque médiévale et moderne, on retrouve souvent le thème de la sœur du moine : un moine cherche à préserver la relation entretenue avec sa sœur, en lui offrant une règle ou en lui donnant des conseils de vie, qu’elle soit elle aussi entrée en religion ou qu’elle soit restée dans la vie laïque. Mais c’est surtout dans la littérature et les correspondances du xixe siècle que ce lien est très visible (car les femmes aussi tiennent désormais souvent la plume)76. Dès 1987, dans l’Histoire de la vie privée, Michelle Perrot constate :

  • 77 Perrot 1987 : 168.

Entre frères et sœurs, la différence de sexe crée un rapport complexe, quelque peu initiatique : la première forme des rapports à l’autre sexe. Profondément refoulés par les interdits religieux ou sociaux, ces rapports sont rarement sexuels, mais possiblement amoureux77.

  • 78 Berchet 1992 ; Houbre 1993.

13Les échanges épistolaires à l’époque romantique permettent en effet d’exprimer l’amour, la tendresse, des confidences, des choses qu’on ne dit nulle part ailleurs. Ils débutent à l’adolescence, étape décisive souvent marquée dans les milieux bourgeois du xixe siècle par une douloureuse séparation entre le frère et la sœur qui vient rompre la fusion adelphique de l’enfance : le garçon va au collège et la fille est placée au pensionnat et chacun poursuivra désormais séparément dans un monde non mixte sa propre trajectoire sociale. Dans leur correspondance ou leurs journaux intimes, le frère et la sœur se composent chacun un monde imaginaire qui prolonge les paradis adelphiques de l’enfance et de l’adolescence en empruntant un langage amoureux. Les « couples » frère-sœur romantiques sont célèbres : François-René et Lucile de Chateaubriand, Henri et Pauline Beyle, Honoré et Laure de Balzac, Edgar et Blanche Quinet, Maurice et Marie de Flavigny, Maurice et Eugénie de Guérin, Ernest et Henriette Renan, Gustave et Caroline Flaubert78. Cette expression exceptionnelle des sentiments fraternels est à penser dans le contexte littéraire du romantisme qui valorise les amours transgressives.

  • 79 Lavocat 2003.
  • 80 Hamm 1992 ; Bannour & Berthier 1992 ; Bouchenafa 2004 ; Malinowski 2006 ; Houbre 1997 : 138-146.
  • 81 Gille 2006.

14Le thème de l’inceste adelphique, fantasmé ou réel, a été un sujet très souvent abordé. On le trouve ainsi mis en scène dans le théâtre des xvie et xviie siècles79 et surtout dans la littérature du xixe80 et du XXe siècle (qu’on pense aux Enfants terribles de Cocteau81, à L’Homme sans qualités, roman inachevé de Robert Musil (1932), ou à l’œuvre de Marguerite Duras).

Gémellité masculine et féminine

  • 82 Dasen 2003.

15Le beau livre de Véronique Dasen étudie la gémellité en Grèce et à Rome à partir d’un corpus de documents très vastes (écrits, iconographie, archéologie) en n’oubliant jamais de faire une place aux jumelles82. Dans la mythologie antique, la relation entre deux frères jumeaux est à l’origine de nombreuses fondations. Elle est parfois maléfique mais s’avère bien plus souvent bénéfique : les jumeaux guérissent, protègent les hommes ou fondent des villes (Rémus et Romulus). C’est d’ailleurs souvent la nature (bonne ou mauvaise) du lien qu’ils entretiennent qui détermine la protection ou la malédiction des hommes. Les jumelles, en revanche, sont beaucoup moins présentes et leurs relations proposent rarement des récits élaborés.

  • 83 Bohler 1995.

16Dans la littérature médiévale, là encore, ce sont surtout les couples de frères qui dominent. Leur mise en scène (Valentin et Orson, Lovel et Marin dans Guillaume d’Angleterre, Brac et Lyon dans La Belle Hélaine de Constantinople, Florent et Octavien dans Octavien ou encore Jehan et Gérard dans Gillion de Trazegnies), comme l’a montré Danielle Bohler, est l’occasion pour les auteurs de réfléchir sur les thèmes de l’altérité et de l’identité83.

  • 84 Gutierrez & Houdaille 1983 ; Brunet, Bideau & Foroni 2004 ; Bideau & Brunet 2007.
  • 85 Gélis 1984 : 371-377.
  • 86 On remarque une tendance à la baisse des naissances multiples entre la fin du xviie siècle et la pr (…)

17Les spécialistes de démographie historique se sont également penchés sur l’évolution de la fréquence des naissances multiples, sans hélas poser des problématiques de genre84. Dans les époques anciennes, avoir « plusieurs enfants d’une même ventrée » entre souvent dans la catégorie du merveilleux ou du monstrueux car ce type de naissance rapproche l’être humain de l’animal85. À partir du xvie siècle, les registres paroissiaux permettent de mieux connaître la part et l’évolution86 des accouchements multiples : 1 pour 50 à 60 naissances environ. Mais on a constaté un sous-enregistrement des naissances gémellaires car lorsqu’un des deux jumeaux mourait avant le baptême, on ne déclarait bien souvent qu’une naissance. Il serait intéressant de savoir si ces phénomènes de sous-enregistrement sont différents selon le sexe du jumeau décédé.

  • 87 Voir, entre autres, les articles de la partie IV, « Du Romantisme à la modernité » de Godeau & Trou (…)

18Les jumeaux (bien plus que les jumelles) ont été eux aussi mis en scène dans la littérature des xixe et xxe siècles, comme en témoigne le célèbre couple, Jean et Paul (que seule leur mère parvient vraiment à distinguer et qu’on appelle Jean-Paul), des Météores de Michel Tournier (1975)87.

Rivalités et conflits entre aînés et cadets, entre aînées et cadettes

  • 88 Voir par exemple les articles de la partie I, « Fratries mythologiques » de Godeau & Troubetzkoy 20 (…)
  • 89 Leleu 2008.
  • 90 Voir désormais la synthèse de Zwilling 2010.
  • 91 Barc 1994 : 51.
  • 92 Une riche iconographie étudiée par Voyer 2010.

19Les grands mythes, parfois les mêmes qui mettent en scène de fortes affections et solidarités entre frères peuvent aussi donner à voir des conflits très violents comme en témoigne l’histoire de Rémus et Romulus. Les historiens antiquisants attirent l’attention sur les fortes tensions à l’œuvre dans les tragédies grecques, entre raison d’État et liens de sang, et en particulier liens fraternels. Dans la mythologie, comme dans la littérature orale, les contes ou les sources de la pratique, les inimitiés les plus fréquentes sont celles qui éclatent entre deux membres de la fratrie du même sexe. Entre les frères, elles prennent parfois des proportions démesurées pouvant se terminer par un fratricide88. Les chroniques médiévales abondent en querelles fraternelles qui débouchent sur des faides souvent très violentes, conflits qui peuvent avoir des répercussions sur l’ensemble de la parenté et dans le champ politique89. Les études historiques portant sur la Bible90 ont montré que, dans l’Ancien Testament, l’aîné est largement avantagé par rapport aux autres enfants : il reçoit une part double sur l’héritage paternel (Deutéronome, xxi, 15-17). Cependant, dans les histoires vétérotestamentaires, cet avantage est sans cesse bafoué et on assiste à un « acharnement suspect de l’histoire à contredire la loi »91 car Abel est préféré à Caïn92, Isaac à Ismaël, Jacob à Esaü, Moïse à Aaron. Dans la Bible, les sœurs sont certes bien moins nombreuses mais le phénomène d’inversion est également présent. Des deux filles de Laban, Jacob préfère Rachel la cadette à Léa l’aînée.

  • 93 Lett 2011, à paraître.
  • 94 Lett 2006.
  • 95 Voir, à titre d’exemple, Macé 2007 ; Janneau 2007 ; Bastress-Dukehart 2008.

20Dans les exempla et l’iconographie de la fin du Moyen Âge, qui reposent souvent sur un fondement scripturaire, les rivalités à l’intérieur des fratries provoquent aussi souvent une inversion, soit entre les frères, soit entre les sœurs. La fratrie et la sororie (unisexuées) sont le lieu par excellence de cette inversion car elles permettent de comparer de l’identique. Mais l’inversion n’affecte pas les mêmes domaines et n’intervient pas au même moment dans le cycle de vie. Ce qui dévalorise le premier-né des garçons est sa perfidie et son ingratitude à l’égard de son père au moment de recevoir l’héritage, comme en témoigne par exemple le succès du thème du pseudo-jugement de Salomon93. Chez les filles, l’aînée se discrédite par son imprudence et son orgueil au moment de contracter une union matrimoniale. En position idéale pour se marier, elle se fait dérober son droit d’aînesse, perd l’avantage de contracter une union matrimoniale avant sa sœur cadette94. Dans l’un et l’autre cas, c’est bien au moment où se joue leur avenir qu’aîné(e) et cadet(te) entrent en concurrence et s’affrontent, mais il faut bien admettre une différence radicale : pour les sœurs tout se joue au moment de leur mariage ou de la fin de leur union (comment récupérer la dot ?) ; pour les frères, au moment de la mort du père. En d’autres termes c’est l’alliance qui est centre des préoccupations des sœurs et la filiation au centre de celle des frères. Agnès Fine a montré plus haut (inutile donc d’y revenir) que la place des frères et sœurs à l’égard de la transmission et du patrimoine matériel et symbolique des parents est un des thèmes les plus étudiés en sciences sociales (particulièrement en histoire) et que le temps de l’héritage ou de l’attribution de la dot étaient des moments cruciaux pour saisir le lien fraternel, étudier les conflits au sein des fratries, très variables en fonction des systèmes d’héritage95.

21Les études historiques sur les liens entre frères et sœurs sont donc bien en plein développement. La place qu’occupe le genre peut paraître encore insuffisante mais il me semble qu’il s’agit d’une dimension qui s’est invitée dans ces études très tôt (début des années 1990 pour les specialists, surtout anglo-saxons, de la littérature et début des années 2000 pour les historiens), presque dès l’origine donc de ces travaux. C’est sans doute une des chances de l’historiographie des frères et sœurs que de connaître un développement tardif, à un moment où historiens et littéraires, s’interrogeant sur les liens adelphiques, ont intégré, pour beaucoup, les bons réflexes qui consistent à ne pas oublier le féminin et à réfléchir sur les régimes de genre.

Bibliographie

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Notes

39 « Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours », colloque organisé par le CERHIO et le FRAMESPA, http://calenda.revues.org/nouvelle18312.html. L’appel à communications, lancé en novembre 2010, a rencontré un grand succès : 75 propositions ont été reçues, ce qui témoigne de l’intérêt des historiens aujourd’hui pour la question.

40 Certaines langues (l’italien par exemple) ne possède pas le mot « fratrie », terme qui, en français, est très récent : il apparaît dans le Petit Robert vers 1970.

41 À ma connaissance, le premier à avoir utilisé et défendu ce terme est Jacques Maître dans ses études sur Thérèse de Lisieux, Maître 1995 et 1999.

42 Pour un bilan historiographique récent sur les travaux des médiévistes, je me permets de renvoyer à Lett 2005. À ma connaissance, il n’en existe pas encore pour les autres périodes.

43 Ariès 1973 [1960].

44 Cette situation s’observe au moins jusqu’à la « révolution démographique », c’est-à-dire avant que l’Europe ne connaisse à la fois une baisse de la mortalité puis de la fécondité, phénomène qui, en France, s’amorce dès la fin du XVIIIe siècle.

45 Gouesse 1982.

46 Pour la Hollande du début du xxe siècle, voir Bras & Van Tilburg 2007.

47 Bannour & Berthier 1992.

48 Arru & Boesch Gajano 1993.

49 Lett 1997 : chapitre IX ; Réal 2001 : 476-504.

50 Lett 2001, 2003, 2004, 2006, 2008, 2009a, 2009b et 2008 (dir.).

51 Godeau & Troubetzkoy 2003.

52 Trévisi 2008.

53 Cassagnes-Brouquet & Yvernault 2007.

54 Miller & Yavneh 2006.

55 Sibling relations… 2010.

56 Bernard, Massol & Roulin 2010.

57 Pour la confusion et la hiérarchie entre fraternité biologique et fraternité spirituelle, voir le cas de Bernard de Clairvaux étudié par Maillet 2008.

58 Fine 1994 : 126 ; voir, plus généralement, sur la « fraternité » entre compères le chapitre iv, « L’amitié entre compères : la fraternité pour modèle » : 127-163.

59 Vincent 1994.

60 Hunt 1995, chapitre 2 « La bande des frères » : 69-104.

61 David 1987.

62 Hunt 1995 : 96.

63 Bannon 1997.

64 Morin 2007.

65 Réal 2001 ; Surget 2010.

66 Blandeau 2007.

67 Certin 2008 ; Bellavitis 2008 : 150-153.

68 Hidalgo 2010 ; Bras & Neven 2007b ; Kesztenbaum 2008 ; Rosental 1995.

69 Rares pour l’époque médiévale. Voir cependant Ledwige 1984.

70 Broomhall & Van Gent 2009.

71 Barbagli 2000 [1984] : 273-324, chapitre VI : Deferenza, distacco e intimità nelle relazioni familiari.

72 Voir article B. Borello, ce volume.

73 Borello 2008, 2009 et 2010.

74 Jamous 1991 : 225.

75 Barbichon 1994.

76 Hamm 1992.

77 Perrot 1987 : 168.

78 Berchet 1992 ; Houbre 1993.

79 Lavocat 2003.

80 Hamm 1992 ; Bannour & Berthier 1992 ; Bouchenafa 2004 ; Malinowski 2006 ; Houbre 1997 : 138-146.

81 Gille 2006.

82 Dasen 2003.

83 Bohler 1995.

84 Gutierrez & Houdaille 1983 ; Brunet, Bideau & Foroni 2004 ; Bideau & Brunet 2007.

85 Gélis 1984 : 371-377.

86 On remarque une tendance à la baisse des naissances multiples entre la fin du xviie siècle et la première moitié du xixe en corrélation avec la diminution de la fécondité des femmes et des naissances après 37 ans. Puis il semble que les années 1860-1960 connaissent une certaine stabilité de la fréquence des naissances gémellaires (Bideau & Brunet 2007) avant, on le sait, sous l’effet de la multiplication des FIV, de se multiplier après 1980. En France, le nombre d’enfants nés de grossesses multiples étaient de 21 000 en 1995. En 2001, il était de 33 000, ce qui représente une augmentation de 57%.

87 Voir, entre autres, les articles de la partie IV, « Du Romantisme à la modernité » de Godeau & Troubetzkoy 2003 : 200-260.

88 Voir par exemple les articles de la partie I, « Fratries mythologiques » de Godeau & Troubetzkoy 2003 : 19-65.

89 Leleu 2008.

90 Voir désormais la synthèse de Zwilling 2010.

91 Barc 1994 : 51.

92 Une riche iconographie étudiée par Voyer 2010.

93 Lett 2011, à paraître.

94 Lett 2006.

95 Voir, à titre d’exemple, Macé 2007 ; Janneau 2007 ; Bastress-Dukehart 2008

Voir par ailleurs:

11 Septembre: François Hollande rend hommage aux victimes
Le Figaro.fr avec AFP
11/09/2016

Le président français François Hollande, dont le pays est confronté à des menaces djihadistes, a rendu hommage aux victimes du 11 Septembre, tout en estimant que la réponse américaine à l’époque, avec l’intervention en Irak, n’avait fait qu’élargir la menace terroriste.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Ffrancoishollande.fr%2Fposts%2F10154565298572502&width=500
« Oui, ce jour-là, nous étions tous Américains », affirme M. Hollande dans un message paru dimanche sur Facebook. « Mais avions-nous suffisamment mesuré et compris que nous étions tous concernés et que nous étions désormais confrontés à un terrorisme d’une autre nature que ce que jusque-là le monde avait connu? », ajoute le président français. »Les réponses que l’administration américaine a apportées à ces attaques planifiées de l’intérieur et exécutées de façon méthodique, loin d’éradiquer la menace, l’ont élargie à un plus vaste espace. Et notamment en Irak. », poursuit M. Hollande, en faisant allusion à l’intervention dans ce pays menée par les Etats-Unis qui a conduit à la chute de Saddam Hussein. « Et, si la France, avec (le président français de l’époque) Jacques Chirac, a refusé légitimement de se joindre à l’intervention (en Irak), et l’a même condamnée, elle n’en a pas moins été victime des conséquences du chaos qu’elle a engendré », ajoute François Hollande. »Il est des dates et des actes dans l’histoire qui marquent un changement de monde autant qu’un changement de siècle », souligne le président français. Ainsi, « le 11 septembre 2001, ce jour funeste où près de 3000 personnes ont été tuées à New York, Washington et Shanksville, dans des attaques destinées par leur ampleur et par leurs cibles à jeter l’effroi sur l’Amérique ». « Le 11 Septembre, avec ses vies ensevelies, ses destins brisés et ses familles endeuillées, revient chaque fois qu’un attentat sanglant se produit dans le monde. Comme une répétition du malheur. Comme une reproduction de l’horreur. Comme une réplique de la terreur », souligne également M. Hollande.

 


Burkini: Aussi symbolique de l’islam que le col Mao de la culture chinoise (Look what they’ve done to our nuns’s coiffe, Ma !)

22 août, 2016
KabulIranFemale_hijab_in_Islamburkini-not-allowedcol-mao LangJack_Lang_MottakiFencingJe suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
Le tourisme halal est une sous-catégorie du tourisme religieux qui s’adresse aux familles musulmanes se conformant aux règles de l’islam. Les hôtels de ces destinations ne servent pas d’alcool et ont des piscines et spas séparés pour les hommes et les femmes. La Malaisie, la Turquie ainsi que beaucoup d’autres pays tentent d’attirer les touristes musulmans du monde entier en leur proposant des services conformes à leurs convictions religieuses. L’industrie du tourisme Halal offre aussi des vols où l’on ne sert ni alcool ni produits à base de porc, où les horaires de prière sont annoncés et où des émissions religieuses font partie des divertissements proposés à bord de l’avion. Wikipedia
En Turquie, les hôtels répondant aux règles islamiques voient leur fréquentation croître de façon exponentielle. Cet engouement va de pair avec l’enrichissement de classes sociales amatrices d’un tourisme de loisir mais aussi culturel. Saphir news
Austria‘s alpine towns of Zell am See and Kaprun have been criticised for producing an eight-page guide for Middle Eastern tourists, featuring « cultural advice » on how to behave. The booklet, in English and Arabic, features tips such as the idea that Austrian shopkeepers do not expect haggling over prices, and that eating on the floor in hotel rooms is a « no-no ». Drivers are informed that wearing seatbelts is compulsory, and they will be given guidance on understanding road signs, to reduce their risks while driving. Visitors are also advised not to wear burkas, and to « adopt the Austrian mentality ». (…) It explains that there are many restaurants where Halal meat is served, and with Arabic-speaking staff, but that Austrians also pride themselves on their food. (…) Alpine destinations are exceedingly popular in the summer with Middle Eastern travellers, who look to escape the extreme heat of their home countries. (…) Leo Bauernberger, executive director of the Salzburger Land Tourism company, told the Austria Press Agency that « Arabs are here in the summer for more than 470,000 nights, making them the second largest visitor group after Germans ». But Peter Padourek, mayor of Zell am See, said that tourists wearing the burka was a cause of friction in the area.(…) But other hotel operators have criticised the leaflets, saying that it unfairly stigmatised Arab visitors – who spend an average of £195 per person per day; more than double the daily amount dispensed with by European tourists. Telegraph
SURFERS Paradise and Broadbeach will convert to Islam and feature more prayer rooms, halal restaurants and extended trading hours, says Mayor Tom Tate. On his return from the Middle East, Cr Tate will meet with traders, restaurant owners, hotels and marketing bodies to look at how both tourism areas can better cater for high-yield Middle Eastern tourists. He also wants to extend trading hours during Ramadan to cater for the later rising and dining tourists as one of the major criticisms was the early closing hours of many Gold Coast restaurants. About 20,000 Gulf tourists visit the region each year, staying on average for about a month with combined spending of between $53 million and $75 million.  Gold coast.com
C’est en fait un bikini deux pièces islamique, ce qui peut sembler idiot. Aheda Zanetti 
Le climat politique actuel n’est pas facile, les musulmans sont scrutés à la loupe et j’espère que les gens comprennent à travers moi ce que veut dire être musulmane. Ibtihaj Muhammad
In 2009, a public swimming pool in Emerainville excluded a burkini-wearing woman, on the grounds that she violated pool rules by wearing street clothes. But burkinis only erupted into a national political issue on Aug. 12 when the mayor of Cannes, a resort town on the French Riviera, banned burkinis (without legally defining what exactly they are) on the Cannes beaches because it represents Islamism. (…) This development astonishes me, someone who has argued that the burqa (and the niqab, a similar article of clothing that leaves a slit for the eyes) needs to be banned from public places on security grounds. Those formless garments not only hide the face, permitting criminals and jihadis to hide themselves but they permit the wearer to hide, say, an assault rifle without anyone knowing. Men as well as women use burqas as accessories to criminal and jihadi purposes. Indeed, I have collected some 150 anecdotes of bank robberies, abductions, murders, and jihadi attacks since 2002; Philadelphia has become the Western capital of burqas and niqabs as criminal accessories, with at least 34 incidents in 9 years. In contrast, the burkini poses no danger to public security. Unlike the burqa or niqab, it leaves the face uncovered; relatively tight-fitting, it leaves no place to hide weapons. Men cannot wear it as a disguise. Further, while there are legitimate arguments about the hygiene of large garments in pools (prompting some hotels in Morocco to ban the garment), this is obviously not an issue on the coastal beaches of France.Accordingly, beach burkinis should be allowed without restriction. Cultural arguments, such as the one made by Valls, are specious and discriminatory. If a woman wishes to dress modestly on the beach, that is her business, and not the state’s. It’s also her prerogative to choose unflattering swimwear that waterlogs when she swims. The Islamist threat to the West is very real, from the Rushdie rules to sex gangs, taharrush, polygyny, honor killings, partial no-go zones, and beheadings. With the influx to Europe of millions of unvetted Muslim migrants, these problems will grow along with the number of Islamists. Nerves are on edge and the political scene is changing rapidly, as symbolized by half the vote for president of Austria recently going to a hardline anti-immigration politician.Issues concerning Islam are arguably Europe’s number-one concern, ahead even of the European Union and the financial crisis; they need to be dealt with by confronting real problems, not by focusing on symbolic irrelevancies such as burkinis, halal shops, and minarets. Burqas and niqabs must be banned (as the German government may soon do), freedom of speech about Islam and Muslims must be reconfirmed, Saudi and Iranian funding for religious purposes must be cut, and a single legal code must apply to all. So, my advice: focus on these real problems and let Muslims wear what they wish to the beach. Daniel Pipes
« What is it about Philadelphia, burqas, and robberies? » (…) The demographics of Philadelphia, whose Muslim population is among the largest in the U.S., make it particularly fertile ground. While only a very small percentage of Philadelphians wear niqabs, they are sufficiently numerous to be seen with regularity. Desensitizing the public to this radical attire opens many doors. (…) Simply put, the increasing prevalence of face-cloaking Islamic garb is rendering traditional masks obsolete. Both provide anonymity, but a niqab grants the wearer access that a mask does not. Whereas spotting a masked individual entering a bank or business strongly indicates a robbery, someone in a niqab doing so may represent just another patch in Philadelphia’s multicultural quilt. Indecision about the wearer’s motives — indeed, most women in niqabs do not have criminal intent — buys crucial time for a heist to unfold on the perpetrator’s terms. The relatively common sight of niqabs, as opposed to masks, also enables a robber to travel to the crime scene in the same face-blocking apparel, further lowering the chances of being identified. Moreover, they take advantage of political correctness, which cautions against scrutinizing people who don such clothes. (…) Islamists promote this cultural paralysis. Case in point: the victimhood narrative pushed in the wake of the latest Philadelphia robberies. One imam declared them « a hate crime against Muslims, » as they allegedly put Muslim women « in danger of being stereotyped, victimized, and ostracized. » City Councilman Curtis Jones Jr. doubled down on the persecution theme: « In many ways I’m reminded of the shooting of Trayvon Martin, stereotyped because of a garment called a hoodie. » Ibrahim Hooper of the Council on American-Islamic Relations (CAIR) chimed in as well. « Islamophobes love to see this sort of thing, because it gives them fuel to express their hatred, » he claimed. « Now they can say, ‘See, this is why Muslim women shouldn’t dress the way they do.' » Therefore, banks must run the gauntlet of « Islamophobia » charges if they pursue a seemingly obvious remedy: forbidding attire that hides customers’ faces from security cameras. Financial institutions nationwide have worked to deter more conventional robberies, reportedly with some success, by implementing dress codes that ban hats, hoods, and sunglasses, but Islamists have fought restrictions on headgear. When disputes arose several years ago over women being asked to remove headscarves or be served in alternate areas, CAIR characteristically demanded more sensitive policies and issued dubious calls for federal probes. Just as predictably, the banks and credit unions tended to cave and exempt hijabs. No doubt robbers note the deference toward Islam enforced by Islamists — a phenomenon exacerbated in cities like Philadelphia with copious Muslims and an aggressive CAIR chapter. (…) How to proceed? The ultimate solution would entail proscribing face-covering apparel everywhere in public, as France and Belgium have done. Yet American banks enjoy plenty of leeway to ban it on their premises right now, assuming that they ignore CAIR’s specious threats and frequently bogus tales of Muslim victimhood. The First Amendment may protect niqabs on the streets, but banks are private entities and thus not bound by it. They also are not listed in Title II of the 1964 U.S. Civil Rights Act among « places of public accommodation » where religiously discriminating against clients is illegal — not that faith-neutral dress codes are « discriminatory » anyway, regardless of Islamists’ pleas. In addition, though numerous states, including Pennsylvania, have civil rights laws that are more expansive than the federal version, the various requirements to accommodate religious practices of customers or employees are not absolute and typically must be balanced against the hardships imposed on others. One can debate whether banks should tolerate hijabs, which often obscure less of the face than hoodies or caps, but it is inconceivable that banks are somehow obligated to welcome niqabs that purposefully hide the face and burden others by undermining safety in a venue where security is paramount. If ski masks are not permitted, niqabs should not be either. Drawing the line with clear policies that prohibit all criminal-friendly garments on bank property would be a significant step in the appropriate direction — and almost certainly a legal one. Situated at the leading edge of this problem in the U.S., Philadelphians have a special responsibility to find effective solutions. Other American cities must stay alert as well, because the ingredients that make Philadelphia a prime target exist elsewhere; Detroit comes to mind. If Philadelphia manages to curtail the trend, its approach can be a template for comparable cities to follow. But if it fails, criminals in the country’s niqab-heavy metropolitan areas may soon thank the trailblazing burqa bandits of Philadelphia for having provided a successful model of their own. David J. Rusin
Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. (…) À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.» Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016. (…) D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues. Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants. Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020. Le Figaro
Contraction de « bikini » et « burqa », le burkini est un costume de bain qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. Son invention est attribuée à l’Australienne Aheda Zanetti, qui a lancé sa gamme de tenues pratiques pour le sport et « religieusement correctes » en 2003. En Australie, où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », expliquait-elle à l’Agence France-Presse en 2007. (…) Dans le livre sacré des musulmans, explique Franck Fregosi, spécialiste de l’islam, « il y a des éléments relatifs aux règles de pudeur, mais pas de codification ». Si plusieurs versets du Coran mentionnent le voile, son port n’est pas explicitement exigé, et les avis divergent quant à l’interprétation des textes. (…) Le burkini ne cache pas le visage. Comme le voile, il est donc autorisé en France dans les lieux publics. Seul le voile dissimulant le visage (niqab) est proscrit dans l’espace public depuis 2011. Les municipalités côtières qui ont récemment pris des arrêtés prohibant le burkini sur les plages ont mis en avant le risque de « troubles à l’ordre public » dans le contexte de menaces d’attentats. Le Point
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. … The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance. Christopher Hitchens
We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter. The Economist
They are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . It partakes henceforth of the internal history of the West. (…) It can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. (…) In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil. (…) In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. (…) It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union. Reuel Marc Gerecht
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ . (…) Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews). Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil. Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder. Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. » The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West. Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity. Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment. It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism. Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation. The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans. Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots. The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted. What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth. Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed. The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed. Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West. Ian Buruma
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear
Le multiculturalisme c’est justement accepter que l’autre soit culturellement différent, et l’on ne peut imposer une culture exclusive sans aliéner ceux qui s’en sentent exclus. Annika
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear. In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers. All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam. That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet. This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community. In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.) Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon. Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands. In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment. By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America. Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.) The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out. Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries. These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others. All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go topless.) Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam. This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization. It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it. It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war. The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab. Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law. (…) The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine. Amir Taheri

Attention: une coiffe peut en cacher une autre !

A l’heure où la température du débat sur le burkini va bientôt dépasser celle du soleil sur nos plages …

Et que de l’autre côté de l’Atlantique, l’on présente comme une grande avancée de l’émancipation féminine une musulmane qui pousse la pudeur jusqu’à porter le masque sous son masque d’escrimeuse …

Pendant que pour  fustiger une France qui a dix fois plus de musulmans, le NYT lui-même monte au créneau …

Pendant que de l’autre côté de la Méditerranée l’on interdit tranquillement dans les piscines des grands hôtels …

Ou qu’entre la Turquie et la Malaisie ou l’Autriche ou l’Australie se développe le « tourisme halal »

Peut-être faudrait-il aussi rappeler avec le politologue irano-américain Amir Taheri …

Qu’au-delà des radicaux qui récupèrent ou tirent plus ou moins les ficelles derrière …

Ou, contrairement au burkini légalement non-sanctionnable, des petits malins qui s’en servent pour commettre des délits

Et bien après les pratiques ancestrales qu’elles sont censées reprendre et sans compter les fantasmes de nos orientalistes …

Le hijab comme la version plage de la burkha (c’est l’étymologie proprement oxymorique – voire « idiote » du propre aveu de sa créatrice libano-australienne – du terme burkini) sont, comme l’islamisme, toutes des inventions récentes inspirées et imitées d’inventions occidentales (la tunique, le voile et la guimpe de nos religieuses, notamment au Liban pour le premier, les tenues de plongée moderne pour le second) …

Par des musulmans immigrés en Occident ou occidentalisés redécouvrant et faisant redécouvrir à leurs contemporains, en réaction avec l’Occident qui les fascine et donc comme nouveau marqueur identitaire à la manière de nos « born again » et avec le zèle du nouveau converti (voire, pour les plus intellos, comme l’équivalent féminin de la vareuse, de la casquette ou du col du Grand Timonier aux 30 millions de morts qu’appréciaient tant nos jeunes gens engagés des années 60 ou du keffieh des terroristes palestiniens si tendance d’aujourd’hui) …

Une pratique de l’islam largement et souvent volontairement oubliée comme rétrograde par la génération de leurs parents à leur âge, Iran comme Algérie ou Afghanistan compris …

Et donc que l’on est et que l’on reste effectivement en plein multiculturalisme, invention aussi occidentale que récente !

This is Not Islam

FRANCE’S Prime Minister Jean-Pierre Raffarin has just appointed a committee to draft a law to ban the Islamist hijab (headgear) in state-owned establishments, including schools and hospitals. The decision has drawn fire from the French “church” of Islam, an organization created by Raffarin’s government last spring.

Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear.

In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers.

All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam.

That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet.

This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community.

In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.)

Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon.

Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands.

In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment.

By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America.

Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.)

The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out.

Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries.
These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others.

All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go Topless.)

Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam.

This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization.

It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it.
It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war.

The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab.

Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law.

Last year, the Islamist regime authorized a number of girl colleges in Tehran to allow students to discard the hijab while inside school buildings. The experiment was launched after a government study identified the hijab as the cause of “widespread depression and falling academic standards” and even suicide among teenage girls.

The Ministry of Education in Tehran has just announced that the experiment will be extended to other girls schools next month when the new academic year begins. Schools where the hijab was discarded have shown “real improvements” in academic standards reflected in a 30 percent rise in the number of students obtaining the highest grades.

Meanwhile, several woman members of the Iranian Islamic Majlis (parliament) are preparing a draft to raise the legal age for wearing the hijab from six to 12, thus sparing millions of children the trauma of having their heads covered.

Another sign that the Islamic Republic may be softening its position on hijab is a recent decision to allow the employees of state-owned companies outside Iran to discard the hijab. (The new rule has enabled hundreds of women, working for Iran-owned companies in Paris, London, and other European capitals, for example, to go to work without the cursed hijab.)

The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine.

The hijab-wearing militants have a right to promote their political ideology. But they have no right to speak in the name of Islam.

Voir aussi:

France’s Burkini Bigotry

By THE EDITORIAL BOARD
The NYT

After bans on full-face veils, head scarves in schools and rules about students’ skirt lengths, France’s perennial problem with Muslim women’s attire has taken its most farcical turn yet with a new controversy over the “burkini,” body-covering swimwear whose name is an amalgam of burqa and bikini. As of Thursday, five French mayors had banned the burkini, calling it, variously, a threat to public order, hygiene, water safety and morality, tantamount to a new weapon of war against the French republic. Thierry Migoule, an official with the city of Cannes, the first to ban the burkini, declared the swimwear “clothing that conveys an allegiance to the terrorist movements that are waging war against us.”

This hysteria threatens to further stigmatize and marginalize France’s Muslims at a time when the country is listing to the Islamophobic right in the wake of a series of horrific terrorist attacks. And with presidential elections scheduled for next spring and the right-wing National Front’s popularity on the rise, French officials and politicians have leapt to support the mayors.

Prime Minister Manuel Valls on Wednesday called the burkini a symptom of “the enslavement of women” that “is not compatible with the values of France” and said “the nation must defend itself.” France’s women’s rights minister, Laurence Rossignol, declared the burkini “the beach version of the burqa” and said “it has the same logic: Hide women’s bodies in order to better control them.”

Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear.

The fact that French parents are increasingly dressing their toddlers in remarkably similar suits to protect them from the sun, or that a wet suit also covers the head and body, adds to the hypocrisy of this debate. But at the heart of the dispute is something far darker: French politicians’ paternalistic pronouncements on the republic’s duty to save Muslim women from enslavement — by dictating to them what they can and can’t wear. The burkini rumpus is also a convenient distraction from the problems France’s leaders have not been able to solve: high unemployment, lackluster economic growth and a still very real terrorist threat.

Voir également:

Burkini®, une marque déposée en 2006 en Australie

La société Ahiida a été créé en Australie en 2004 par Aheda Zanetti. Elle est aujourd’hui implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. D’autres marques se sont lancées sur ce créneau.

Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. En pleine polémique sur le burkini en France -qui s’étend en Espagne-, des voix s’élèvent pour demander une loi afin d’interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes. À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.»

Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016.

À l’international, Ahiida a désormais un pied sur chaque continent. L’entreprise est, d’après son site, implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. «Nous sommes ravis du volume de commandes internationales, passées par des femmes en quête de tenues de bain et de sports pudiques», commente Aheda Zanetti. «Nos marchés les plus importants sont les États-Unis, le Canada et l’Europe.» Selon elle, les ventes de l’entreprise ne souffrent pas des interdictions prononcées dans certains pays, comme cela a été le cas au Maroc. «Nous pensons que les femmes européennes, notamment, ont adhéré à nos lignes Burkini Swimwear et Hijood Sportwear et à ce qu’elles représentent.» D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues.

Boom de la consommation musulmane

Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants.

Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020.

Voir encore:

Histoire du burkini, des origines aux polémiques

Après la polémique, retour sur l’histoire du burkini : son invention, son apparition en France, et le marché qu’il représente aujourd’hui.

Source AFP

 Le Point
17/08/2016|

Chrislam: Attention, un syncrétisme peut en cacher un autre (If you can’t beat them, join them: Welcome to Chrislam, the latest mix-and-match solution to all our problems)

8 août, 2016
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Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux.  Le Coran (37, 101-102 & 112)
Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. (…) C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Jésus (Mat 7: 15-20)
The same sun that dries the clothes of Muslims also dries the clothes of Christians. I don’t believe God loves Christians any more than Muslims. Tela Tella (founder of « Chrislam »)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Je n’aime pas parler de violence islamique : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Les Chrétiens et les juifs parlent d’un livre «inspiré» par Dieu mais nullement une œuvre de Dieu. Pour les musulmans, le Coran est un «miracle» qui «éblouit le monde», c’est-à-dire une œuvre purement divine, incréée et présente depuis l’éternité. Il est donc par définition infaillible. Il n’a pas à être interprété ou analysé, la Parole de Dieu ne peut l’être, elle ne peut qu’être suivie. (…) Du point de vue coranique, un terroriste musulman n’est pas en contradiction avec les préceptes du Coran et reste donc un bon musulman. D’ailleurs les fatwas touchent des démocrates et tout à fait exceptionnellement des terroristes musulmans, il a fallu attendre jusqu’à mars 2005 pour qu’une fatwa soit lancée contre Oussama Ben Laden, émanant de la commission islamique d’Espagne. Louis Chagnon
 C’est une religion aux préceptes assez simples et convaincants. Un seul Dieu, qui ordonne toute chose dans le monde… Pour adhérer à l’islam, il suffit de prononcer une formule : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu et que Mahomet est son prophète. » Avec cela, vous êtes musulman. Il est de coutume de circoncire les nouveaux fidèles. Mais ce n’est pas obligatoire. Si les soldats de Napoléon ne se sont pas convertis à l’islam, c’est que les savants musulmans, en fait très ennuyés par la perspective d’une conversion aussi massive, ont imposé deux conditions : la circoncision et l’interdiction de boire du vin. Cette dernière était inacceptable. Et voilà pourquoi les Français sont chrétiens et pas musulmans.  Maxime Rodinson
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujoAurd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot
Comment a fait Dieu pour revenir dans nos sociétés. C’est le grand paradoxe : grâce aux musulmans. Ce sont les musulmans qui, devenus en Europe une minorité importante, ont demandé de l’espace pour Dieu dans la société. Cardinal Tauran
« 4 ou 5 chapitres du Coran sont assez agréablement tournés, j’en conviens ; mais… qu’est-ce que peuvent faire 5 chapitres pour racheter les prodigieuses niaiseries, les maximes jetées sans ordre, les hiéroglyphes bizarres, les non-sens habituels et les flagrantes contradictions qui remplissent les 114 chapitres de ce tome indigeste ? (…) Dans le Coran je n’ai rien trouvé de bien neuf. Presque tout, excepté les infamies, y est emprunté et contrefait. Ce qui est vrai se trouve dans le Pentateuque et dans l’Evangile ; ce qui est faux, dans le Talmud, dans les légendes arabes ou sabéennes, dans les évangiles apocryphes… Or, on voudrait faire descendre fraîchement du Ciel ce qui est déjà vieux sur la terre, et ce que je rencontre au fond de la boue !  (…) Parce que Jésus s’était choisi 12 apôtres parmi les fidèles, Mahomet en choisit 12 parmi ses sectateurs, ce qui l’a fait appeler par un écrivain du Moyen Age le ’copieur de Dieu’. »… A la place de la simplicité, de la douceur, de la bénignité, de l’esprit de paix et de pardon, de la pauvreté volontaire, de l’humilité, de l’amour des souffrances de Jésus, vous voyez éclater dans Mahomet la duplicité, la cruauté, la soif des jouissances, du butin, de la domination, de la vengeance et de l’orgueil, à leur paroxysme le plus élevé.  (…) Pourquoi suis-je obligé de taire ses 21 épouses qu’il se donne après s’être engagé à n’en avoir que 4, sans compter ses 4 concubines, et cette infâme loi qui lui accorde toute femme musulmane dont le coeur se sentira incliné vers lui », fût-ce une fillette de 8 ans ?… (…) Le Coran exprime, en de pompeuses paroles, les grandes idées des vertus naturelles, et lâche en même temps ouvertement la bride aux penchants les plus violents et les plus sulfureux… Il supprime les remords en introduisant le fatalisme… Mahomet, vaincu par la chair, accepte comme une loi divine sa domination absolue », par ses instincts les plus indignes. (…) Mahomet emprunte à chacune des religions existantes à son époque une portion de ses doctrines, et de cet amalgame incohérent qui prétend ménager le Chrétien, le juif, le sabéen, l’idolâtre, il forme son symbole et lui donne pour suprême couronnement son aphorisme : ’Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète’… Il se fonde sur l’amalgame des doctrines, et se couronne par l’orgueil de la personne »… « Mais la vérité n’est pas une propriété dont on puisse abandonner même une parcelle, dans l’intérêt prétendu de la paix. Monseigneur Louis Pavy (Alger, 1853)
Une certaine bourgeoisie belge traditionnelle n’a jamais vraiment accepté notre modernité capitaliste, individualiste, compétitive. Le prêtre Harpigny, qui fut certainement un bon élève, ne se sent pas à l’aise dans cette société belge laïque où les femmes sont trop libres et égoïstes. Alors, même inconsciemment, il trouve des beautés dans la civilisation musulmane traditionnelle, avec son esprit de partage, la chaleur des relations humaines, les femmes voilées et obéissantes. Et puis, surtout, «les musulmans, eux, ils croient». Et Guy Harpigny, comme tous les prêtres dialogueux massignoniens, estime qu’il vaut mieux croire à quelque chose que de ne rien croire du tout, et ils s’imaginent (ou veulent s’imaginer) que puisqu’ils croient, ils croient à peu près à la même chose. Ils confondent ainsi allègrement foi et religion dans une cécité volontaire ou involontaire. Anne-Marie Delcambre
Before Islam and Christianity arrived in Africa, people here « believed in deities being close » – in gods who resided in trees or rivers and helped or hurt locals daily. You in the West are satisfied with one hour of church on Sunday. But for people in Africa, who he says need so many solutions, « This is about a practical way of life, » about a willingness to combine Christianity or Islam with their own traditions to « see if they can make something new » – something that will help. Kamaldeen Balogun (Olabisi Onabanjo University, Nigeria)
The broader context here is Africa’s dramatic shift in recent decades to Christianity and Islam. During the 20th century, fully 40 percent of Africa’s population moved from traditional religions to « different shades of Christianity, » says Philip Jenkins, a history and religion professor at the University of Pennsylvania. It is, he adds, « the largest religious change that has ever occurred in history. » There are debates about whether Christianity or Islam is spreading faster in Africa, but clearly they’re both on the rise – and sometimes are the source of tension. In Nigeria’s religious city of Jos (short for « Jesus Our Savior ») the government says 50,000 people died between 1999 and 2004 in sectarian clashes. Until a peace deal last year, Sudan’s northern Muslims and southern Christians were at war for two decades. Clearly, the religious revolution is still shaking out. « People are converting rapidly, but they don’t necessarily have instruction » in the details of their faiths, says Boston University’s Professor Robert. Nor have they had « time for their belief system to solidify. » It is, she says, « still shifting. » She argues that eventually the faithful will choose one religion or another, and the hybrids will fade away. (…) Healing is a regularly promised feature of churches across Africa. It’s symbolic of a key element of the continent’s religious explorations – fusing faith and rationality, Professor Balogun says. According to Western thought, with its emphasis on rationality, « Everything that goes up must come down, » he says. But a more African approach is that, « By divine intervention it may not come down. » In fact, his university is initiating a degree focusing on the religion-science nexus. The Christian Science Monitor
L’appel à la violence ne tire pas son origine du Coran, qui est la loi divine, mais exclusivement de la jurisprudence, c’est-à-dire de l’interprétation du Coran, devenue tradition islamique au cours des siècles. Or les radicaux méconnaissent la loi. De même qu’il n’existe dans le Coran ni polygamie, ni injonction de porter le hidjab ou le niqab pour les femmes – autant de traditions pré-islamiques – ni lapidation. La jurisprudence islamique est tout bonnement une nouvelle religion. (…) J’ai lu le livre de Abdallah Azzam, le théoricien d’Al Qaida, sur le djihad. Tous ses arguments sont tirés de la jurisprudence islamique établie par des penseurs du 8ème et 9ème siècle. Cette tradition-là préconise de cultiver la haine à l’égard des gens qui ne croient pas comme eux. C’est malheureusement sur ces interprétations que se fonde la pratique religieuse actuelle. La plupart des imams ne lisent le Coran que pour la prière, et non pour le comprendre. Mon job, c’est de faire le travail qu’ils ne font pas. Car le Prophète a laissé le Coran pour que nous l’interprétions sans intermédiaires. (…) notre problème, c’est qu’à cette tradition issue de l’interprétation des paroles prophétiques a été donnée une dimension sacrée. Moi je prétends qu’elle n’est qu’humaine. Malheureusement, les musulmans n’ont pas compris cela. Comme ils n’ont pas compris qu’elle était instrumentalisée par des pouvoirs politiques. (…) Parce que les Etats arabes tirent leur légitimité de la religion. Raison pour laquelle l’interprétation qu’ils en font renforce leur pouvoir. Quand on ne veut pas d’opposition idéologique, on fait croire qu’il s’agit d’une opposition à Dieu. L’opposant devient un mécréant. C’était déjà le cas au 8ème siècle où les Byzantins avaient été désignés comme des ennemis de l’islam. Puis au temps des Croisades, l’accusation de mécréant s’est dirigée sur l’Occident. Elle y est restée figée depuis. Il ne manquait que la colonisation pour la renforcer encore un peu plus. Alors que si on revient au Coran, on y découvre que l’homme est libre de penser ce qu’il veut. (…) le Prophète n’a pas interprété le Coran, qui a été laissé à l’interprétation selon l’espace et l’époque! Il suffirait d’en faire une lecture contemporaine, et cela fait quarante-cinq ans que je m’y emploie! (…) On me marginalise afin que personne ne m’entende. Beaucoup de chaînes de télévision arabes me boycottent. Pourtant, j’observe que plusieurs de mes livres sont des best-sellers au Moyen-Orient. Ces populations se rendent compte que ces guerres et ces attentats sont le signe que quelque chose dans l’islam ne tourne pas rond. Elles sont en train de se réveiller, de constater la nécessité d’une réforme. Mais elles ne peuvent pas parler. [Mais les musulmans d’Europe] sont tiraillés entre deux forces, la jurisprudence islamique qu’on leur rabâche et la loi civile. Ils sont dans une forme de schizophrénie. Pour les en délivrer, il faut réformer la jurisprudence. Leur montrer que la pluralité est un principe du Coran, qu’il admet le judaïsme, le christianisme et toutes les sectes. Le Prophète a créé une constitution respectueuse des diversités. Il a créé un Etat civil dissocié de la religion. Le christianisme a attendu le 18ème siècle et la Révolution française pour cela. Mais après la mort du Prophète, on a échoué à la mettre en œuvre, à cause de l’esprit tribal de l’époque. Probablement était-elle trop avant-gardiste. Et l’islam a été instrumentalisé. (…) Il ne faut pas faire de concessions sur ce terrain. Seul l’Etat possède des outils de coercition, non la religion. La religion doit être spirituelle et non politique. L’autorité du Coran, c’est la conscience, l’autorité de l’Etat, c’est la loi. Il faut obéir à l’Etat, pas aux muftis. (…) Le salafisme, comme le mouvement des Frères musulmans, a assis son pouvoir sur l’ignorance des peuples. Après les indépendances des pays arabes, trois phénomènes ont obstrué les consciences du monde musulman: Le pan-islamisme, qui jugeait l’Occident comme au temps des croisades, le nationalisme pan-arabe, qui a assis sa haine de l’Occident sur le prétexte colonial, et le marxisme, qui a donné naissance à des gouvernements tyrans. Les deux derniers courants devenus ce que l’on sait, n’est resté que le pan-islamisme pour toute culture. Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée.  Muhammad Shahrour
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Il est utile de dissiper une opinion répandue, si souvent invoquée par les musulmans réformateurs comme par bon nombre d’intellectuels occidentaux: la Bible contiendrait encore plus de violence que le Coran, dans la mesure où elle contiendrait encore plus de passages où Dieu se montre cruel que le Livre saint de l’islam. C’est l’exemple type de l’incompréhension qui règne entre l’Occident et l’Orient, idée fixe que l’on retrouve tant dans le discours interreligieux que dans la doxa nihiliste. La Bible = le Coran est un faux-semblant qui suffit à illustrer l’impasse que constitue le « dialogue des civilisations ». Christian Makarian
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. A l’égard de l’islam, les chrétiens ont battu leur coulpe. Au point d’oublier que le Coran a récupéré et transposé leur patrimoine symbolique. Les figures bibliques majeures (Abraham, Moïse, Jésus) sont en effet totalement transformées, islamisées, dans le but d’accuser les  » juifs » et les  » chrétiens » d’être des falsificateurs de la Révélation, de s’être volontairement détournés de la vérité qu’ils avaient reçue à l’origine. Il y a, dans le Coran, à la fois imitation et rejet du judéo-christianisme. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de  » greffe » du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci. Et, au XXe siècle, les chrétiens ont eu une lucidité critique à l’égard du judaïsme, en reconnaissant qu’ils avaient pu faire une lecture abusive, antijuive de leurs Ecritures. Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial : certains éléments sont montés en épingle, d’autres sont occultés. La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard

Après le mariage, la religion pour tous !

En ces temps proprement apocalyptiques

Où pris à son tour sous la directe menace du totalitarisme musulman …

Lui-même emporté par le rouleau compresseur de la modernité et l’incroyable pouvoir dissolvant du judéo-christianisme

L’Occident se voit tenté de trouver des excuses à ses ennemis ou de se plier à tous les accommodements

Quel meilleur exemple de ce sansfrontiérisme devenu fou et de ce syndrome de Stockholm généralisé …

Que ces réformateurs auto-proclamés de l’islam qui  se défaussent de la dimension intrinsèquement violente de leur religion sur la seule jurisprudence post-Mahomet …

Ou de ceux qui  nous présentent comme solution à tout conflit des formes syncrétiques africaines du type Chrislam  …

Face à une religion issue elle-même justement d’un syncrétisme totalement remanié du corpus judéo-chrétien …

A laquelle, comme l’a montré René Girard, il manque l’essentiel …

A savoir le refus de réhabilitation guerrière de la victime que symbolise la croix

Où le Créateur lui-même accepte de donner sa vie pour sa créature ?

«Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée»
Exégète du Coran, le Syrien Muhammad Shahrour appelle à réformer l’islam. Car la jurisprudence islamique porte les germes de la violence. A 78 ans, il espère encore convaincre, même si de nombreux pays arabes ne tolèrent pas son discours

Le Temps

Voilà quarante-cinq ans qu’il tente de faire entendre sa voix. Celle d’un exégète du Coran qui s’inscrit en faux contre les islamistes. Né en 1938 à Damas, professeur de génie civil, Muhammad Shahrour publie en 1990 Le Livre et le Coran, dans lequel il propose une nouvelle lecture de celui-ci. Très critique vis-à-vis de l’interprétation jurisprudentielle du Coran perpétuée dans la tradition arabo-musulmane, il oppose à l’islam politique un islam spirituel. Ce qui lui vaut les foudres des traditionalistes dont certains le déclarent apostat.

Plusieurs de ses ouvrages sont même interdits à la vente dans certains pays arabes, ce qui n’empêche pas l’homme de s’exprimer, y compris sur les réseaux sociaux où il cartonne. Invité par l’Association de l’Appel spirituel de Genève, qui s’oppose à l’abus du religieux comme source de violence, il livre au Temps ses réflexions.

– Le Temps: L’islam porte-t-il en lui les germes de la violence?

– Muhammad Shahrour: Absolument. L’appel à la violence ne tire pas son origine du Coran, qui est la loi divine, mais exclusivement de la jurisprudence, c’est-à-dire de l’interprétation du Coran, devenue tradition islamique au cours des siècles. Or les radicaux méconnaissent la loi. De même qu’il n’existe dans le Coran ni polygamie, ni injonction de porter le hidjab ou le niqab pour les femmes – autant de traditions pré-islamiques – ni lapidation. La jurisprudence islamique est tout bonnement une nouvelle religion.

– Si l’islam n’est que miséricorde et tolérance, comment se fait-il qu’autant de musulmans se fourvoient?

– J’ai lu le livre de Abdallah Azzam, le théoricien d’Al Qaida, sur le djihad. Tous ses arguments sont tirés de la jurisprudence islamique établie par des penseurs du 8ème et 9ème siècle. Cette tradition-là préconise de cultiver la haine à l’égard des gens qui ne croient pas comme eux. C’est malheureusement sur ces interprétations que se fonde la pratique religieuse actuelle. La plupart des imams ne lisent le Coran que pour la prière, et non pour le comprendre. Mon job, c’est de faire le travail qu’ils ne font pas. Car le Prophète a laissé le Coran pour que nous l’interprétions sans intermédiaires.

– Au mépris de cette jurisprudence?

– Oui, car notre problème, c’est qu’à cette tradition issue de l’interprétation des paroles prophétiques a été donnée une dimension sacrée. Moi je prétends qu’elle n’est qu’humaine. Malheureusement, les musulmans n’ont pas compris cela. Comme ils n’ont pas compris qu’elle était instrumentalisée par des pouvoirs politiques.

Pourquoi la réflexion critique sur l’islam n’est-elle pas possible?

Parce que les Etats arabes tirent leur légitimité de la religion. Raison pour laquelle l’interprétation qu’ils en font renforce leur pouvoir. Quand on ne veut pas d’opposition idéologique, on fait croire qu’il s’agit d’une opposition à Dieu. L’opposant devient un mécréant. C’était déjà le cas au 8ème siècle où les Byzantins avaient été désignés comme des ennemis de l’islam. Puis au temps des Croisades, l’accusation de mécréant s’est dirigée sur l’Occident. Elle y est restée figée depuis. Il ne manquait que la colonisation pour la renforcer encore un peu plus. Alors que si on revient au Coran, on y découvre que l’homme est libre de penser ce qu’il veut.

– Mais alors, est-il possible de réformer l’islam de l’intérieur?

– Oui, absolument. Parce que le Prophète n’a pas interprété le Coran, qui a été laissé à l’interprétation selon l’espace et l’époque! Il suffirait d’en faire une lecture contemporaine, et cela fait quarante-cinq ans que je m’y emploie!

– Etes-vous l’objet de menaces?

– Oui, mais indirectes. On me marginalise afin que personne ne m’entende. Beaucoup de chaînes de télévision arabes me boycottent. Pourtant, j’observe que plusieurs de mes livres sont des best-sellers au Moyen-Orient. Ces populations se rendent compte que ces guerres et ces attentats sont le signe que quelque chose dans l’islam ne tourne pas rond. Elles sont en train de se réveiller, de constater la nécessité d’une réforme. Mais elles ne peuvent pas parler.

– Mais les musulmans d’Europe, eux, pourraient le faire!

– Ils sont tiraillés entre deux forces, la jurisprudence islamique qu’on leur rabâche et la loi civile. Ils sont dans une forme de schizophrénie. Pour les en délivrer, il faut réformer la jurisprudence. Leur montrer que la pluralité est un principe du Coran, qu’il admet le judaïsme, le christianisme et toutes les sectes. Le Prophète a créé une constitution respectueuse des diversités. Il a créé un Etat civil dissocié de la religion. Le christianisme a attendu le 18ème siècle et la Révolution française pour cela. Mais après la mort du Prophète, on a échoué à la mettre en œuvre, à cause de l’esprit tribal de l’époque. Probablement était-elle trop avant-gardiste. Et l’islam a été instrumentalisé.

– Faut-il que l’Occident admette les revendications d’un islam politique ou qu’il les combatte?

– Il ne faut pas faire de concessions sur ce terrain. Seul l’Etat possède des outils de coercition, non la religion. La religion doit être spirituelle et non politique. L’autorité du Coran, c’est la conscience, l’autorité de l’Etat, c’est la loi. Il faut obéir à l’Etat, pas aux muftis.

– Pour vous, le salafisme est-il à l’origine de cet islam terroriste?

– Le salafisme, comme le mouvement des Frères musulmans, a assis son pouvoir sur l’ignorance des peuples. Après les indépendances des pays arabes, trois phénomènes ont obstrué les consciences du monde musulman: Le pan-islamisme, qui jugeait l’Occident comme au temps des croisades, le nationalisme pan-arabe, qui a assis sa haine de l’Occident sur le prétexte colonial, et le marxisme, qui a donné naissance à des gouvernements tyrans. Les deux derniers courants devenus ce que l’on sait, n’est resté que le pan-islamisme pour toute culture. Le terrorisme est issu de l’ignorance sacrée.

Voir aussi:

In Africa, Islam and Christianity are growing – and blending
Abraham McLaughlin

The Christian Science Monitor

January 26, 2006

LAGOS, NIGERIA — At first, it seems a surprising sight: inside a two-story mosque in sub-Saharan Africa’s largest metropolis hangs a life-size portrait of Jesus Christ.

Yet worshipers at « The True Message of God Mission » say it’s entirely natural for Christianity and Islam to cexist, even overlap. They begin their worship by praying at the Jesus alcove and then « running their deliverance » – sprinting laps around the mosque’s mosaic-tiled courtyard, praying to the one God for forgiveness and help. They say it’s akin to Israelites circling the walls of Jericho – and Muslims swirling around the Ka’ba shrine in Mecca.

This group – originally called « Chris-lam-herb » for its mix-and-match approach to Christianity, Islam, and traditional medicine – is a window on an ongoing religious ferment in Africa. It’s still up for debate whether this group, and others like it, could become models for Muslim-Christian unity worldwide or whether they’re uniquely African. But either way, they are « part of a trend, » says Dana Robert, a Boston University religion professor.

Amid intense sectarian violence in this half- Muslim, half-Christian country, these groups serve as tolerant peacemakers. Also, with widespread poverty and health concerns here, people are seeking practical, profitable religion more than rigid doctrine.

Before Islam and Christianity arrived in Africa, people here « believed in deities being close » – in gods who resided in trees or rivers and helped or hurt locals daily, explains Kamaldeen Balogun, an Islamic studies professor at Olabisi Onabanjo University in southeastern Nigeria.

« You in the West are satisfied with one hour of church on Sunday, » says Mr. Balogun. But for people in Africa, who he says need so many solutions, « This is about a practical way of life, » about a willingness to combine Christianity or Islam with their own traditions to « see if they can make something new » – something that will help.

Worshipers at the « True Message » mission say unifying the two theologies has made a major difference in their lives.

A slight woman with a quick smile, Kuburat Hamzat says she came here in 1998 with a severe menstruation problem. She was embraced by the mission’s « man of God, » a soft-spoken, bald man named Samusideen Saka. He told her, « Dancing will not kill you » and prescribed 91 laps of « running deliverance » each day. He also explained the commonalities of the great faiths to Ms. Hamzat who had grown up in Islam. That understanding, she says, changed her. « Because I understood that in my mind, I got healed, » she says. Her problem hasn’t recurred, she says. Others say they’ve been cured of barrenness, mental illness, and other troubles.

Pastor Saka explains that his father was an herbalist and that both Muslims and Christians would come to him for healing. Although he grew up Muslim, and has been to Mecca on pilgrimage several times, he couldn’t comprehend Nigeria’s sectarian strife. He now considers himself a Christian, « but that doesn’t mean Islam is bad. »

Quite the opposite. Next to his mosque is a televangelist’s dream – an auditorium with 1,500 seats, banks of speakers, a live band, and klieg lights. On Sundays the choir switches easily between Muslim and Christian songs, and Pastor Saka preaches from both the Bible and the Koran. His sermons are often broadcast on local TV.

The broader context here is Africa’s dramatic shift in recent decades to Christianity and Islam. During the 20th century, fully 40 percent of Africa’s population moved from traditional religions to « different shades of Christianity, » says Philip Jenkins, a history and religion professor at the University of Pennsylvania. It is, he adds, « the largest religious change that has ever occurred in history. » There are debates about whether Christianity or Islam is spreading faster in Africa, but clearly they’re both on the rise – and sometimes are the source of tension.

In Nigeria’s religious city of Jos (short for « Jesus Our Savior ») the government says 50,000 people died between 1999 and 2004 in sectarian clashes. Until a peace deal last year, Sudan’s northern Muslims and southern Christians were at war for two decades.

Clearly, the religious revolution is still shaking out. « People are converting rapidly, but they don’t necessarily have instruction » in the details of their faiths, says Boston University’s Professor Robert. Nor have they had « time for their belief system to solidify. » It is, she says, « still shifting. » She argues that eventually the faithful will choose one religion or another, and the hybrids will fade away.

But the ferment is quite evident on the chaotic streets of Lagos, which is home to some 10 million people. Hundreds of church-sponsored banners scream out, « It’s your day of RECOVERY @ LAST where life’s pains are healed » or « Jesus Christ: A friend indeed! Even in times of need!! »

Healing is a regularly promised feature of churches across Africa. It’s symbolic of a key element of the continent’s religious explorations – fusing faith and rationality, Professor Balogun says. According to Western thought, with its emphasis on rationality, « Everything that goes up must come down, » he says. But a more African approach is that, « By divine intervention it may not come down. » In fact, his university is initiating a degree focusing on the religion-science nexus.

Meanwhile, it’s not just Saka who’s exploring the common ground between Christianity and Islam. Sitting in a wrought-iron throne, swathed in silky white fabric, the founder of « Chrislam » has these words for followers of the two great faiths: « The same sun that dries the clothes of Muslims also dries the clothes of Christians. » Stroking his beard, the man named Tela Tella says, « I don’t believe God loves Christians any more than Muslims. »

His followers calls him His Royal Holiness, The Messenger, Ifeoluwa or « The Will of God. » Since the religion’s founding two decades ago, this small band has been gathering almost daily to hear his message of inclusiveness – that Christians and Muslims, « who are sons of Abraham, can be one. »

Voir également:

Chrislam – the Bottom of the Slide

While Terry Jones wanted to burn the Qur’an there are pastors that want to read the Qur’an in church to their congregations. In response to a local Qur’an burning, Larry Reimer, a minister of the United Church of Gainesville, decided to read Scripture from the Qur’an as part of worship services on September 12, 2010, prodded further about religious relatives. “Christianity, Judaism, and Islam are all part of the Abrahamic tree of faith. We all believe in the same God, and in many aspects we are all trying to accomplish the same goals.”
http://www.freerepublic.com/focus/f-news/2584630/posts

Islam recital in Methodist church http://www.youtube.com/watch?v=ybSAinBMb_g

This GROWING TREND is a natural slide to the bottom for common ground to have a peaceful coexistence. There is a movement saying that other religions are as valid as “Christianity.” Unfortunately the way Christianity is practiced today, there may be some truth to this. But if one were to go by the Bible and live Christianity the way it was originally taught, it becomes as different as night and day (Christianity being the day.

Chrislam is an interfaith movement that is a dialogue with Islam – a syncretistic movement that speaks about “spirituality without boundaries.” These churches, softening John 14:6, are opening the door to allow the conversion of their people. Because to them it matters not what you are anymore. For the most part, the majority of these churches are already removed from the faith, so this is expected in the days we live in.

It was Robert Schuller, pastor of Crystal Cathedral, that began this process by housing the offices for « Christians and Muslims for Peace. » Schuller had told an Imam of the Muslim American Society that « if he came back in 100 years and found his descendants Muslims, it wouldn’t bother him…. » (The Berean Call (April 1998), -What’s Happening to the Faith? by Dave Hunt ). That should bother any authentic Christian, but not those who espouse the “new Christianity” of our modern times.

The assumption is that Christians and Muslims all worship the same God; they, along with the Jews, are all faiths from Abraham. This is something we have steadily warned about for years. When you see people make the name Allah acceptable, that it is suitable for a Christian to pray in his name because it is the same God, or that Muslim converts can continue to go into their Mosques and pray and worship as if nothing happened to them, this is leading Christians toward accepting the Qur’an as equal in inspiration as the Bible (both Old and New Testament) when it contradicts it more than it agrees.

Consider the story of Rev. Ann Holmes Redding, an Episcopal priest for about 21 years, who says, « I am both Muslim and Christian » On Sunday mornings, Redding puts on the white collar of an Episcopal priest. On Fridays, she ties on a black headscarf to pray with her Muslim group. She says both Islam and Christianity are compatible at the most basic level.

Are they? Can one be a Christian and a Muslim at the same time? Islam’s Jesus is not divine in the Qur’an; Jesus is not the only-begotten Son of God, nor the Messiah, God in human flesh; He did not die on the cross for our sins; He did not resurrect. Islam denies the gospel of Christianity – the core reason Jesus came to earth for. This is what these churches want to make peace with!

We have no commonality with Islam. The Bible says, “For what fellowship has righteousness with lawlessness? And what communion has light with darkness. This movement is apostasy in action, and we can expect more of this type of compromise.
A few years ago, 138 Muslim scholars and clerics sent an open letter to leaders of Christian churches, titled “A Common Word Between Us and You.” Many of America’s top Christian leaders and known scholars signed in support to find commonality between the religions, ignorant that it contained a rebuke and an Islamic warning.

Now we have Chrislam, which blends the minimalist parts of Christ with Islam, with the intention of making them as equal faiths. In some churches, the Qur’an is placed in the pews next to the Bible; all of this is promoted under “loving your neighbor,” which was part of this open letter that the unwary undiscerning Christians signed to have peace.

This is part of a Jihad: to expose those who normally would not be interested in the Islamic religion, (of course it will be all the peace quotes). Muslims certainly know how to take advantage of this new openness to convert the kafirs to Islam. Islam condemns the belief in the divinity of Jesus as shirk, so to an authentic Christian –born of the Sprit of God there is no debate in this matter.

But to others who name themselves as Christians but care little of Jesus as the truth, they want a peaceful coexistence with those that demean their religion.
The National Cathedral in Washington, D.C. along with 50 churches in 26 states have already joined the effort, As MORE THAN FIFTY CHURCHES AGREE TO HOLD QUR’AN READINGS “Faith Shared is a project of Interfaith Alliance and Human Rights First.”

My immediate reaction to the first line… is it faith SHARED?
Christian clergy at churches across the country hosted readings from the Qur’an and other sacred religious texts as they welcomed their Muslim and Jewish colleagues on Sunday, June 26, 2011. Their purpose was to counter the Anti-Muslim bigotry. On the website sponsoring this (faithshared.org): “Tensions around Islam in America have erupted throughout the country in the past year, leading to misconceptions, distrust and in some cases violence.”

I have to disagree with their premise. Bigotry is part of Islam, as they have no allowance for other religions, even those they call “people of the book.” Tensions and violence have come from Islam itself, not just in our country but all over the world. This becomes enigmatic when you are including the Jews of whom Islam has an open war with and the religious leaders in their most religious lands vow to eliminate. Are people deaf and blind to what is taking place? Leave it to those who accept everything to ignore the obvious. Liberal thinking rules over all logic and common sense.

So we need to ask: What would Jesus do? We know he NEVER once read or quoted from another religion of his day to promote his teaching. He instructed and rebuked when necessary those of his own religion that spoke incorrectly. Which certainly would be applicable in this case with those who profess to be his followers, who apply his name to themselves and call themselves a church.

 Stahnke, director of policy and programs for Human Rights First, stated, “We want to send a message to the world,” he said, “that Americans do respect religious differences and reject religious bigotry and the demonization of Islam or any other religion.”

If I may make sense of his false argument by allowing reality to intrude … America has always allowed all kinds of religions to worship in our country, including Islam. It is the Islamic countries that do not allow the other religions to freely worship. They have no integration in their lands or culture, and they certainly do not allow any integration with their religion.

We have a conundrum; they are the ones who are intolerant; they have bigotry thriving; but it is implied that we are the bigots and haters because we quote their own sermons and measure their actions.

Are we to intentionally put aside hundreds of statements like this to show we are not bigots?
Narrated Abu Huraira: Allah ’s Apostle said, “I have been ordered to fight with the people till they say, ‘None has the right to be worshipped but Allah,’ and whoever says, ‘None has the right to be worshipped but Allah,’ his life and property will be saved by me except for Islamic law, and his accounts will be with Allah, (either to punish him or to forgive him.)” (Bukhari, Hadith, Vol. 4, Book 52, 196)

It’s not whether we respect them, but do they respect us, or others? Do we see Islam asking for rights of other religions in their own land? Of course not. In fact, in most Islamic countries other religions are OUTLAWED. Once they live by Sharia law it becomes difficult for them to allow anything that is contrary. Let’s not overlook the obvious, which would be the things right in front of your nose in plain view (called the news). Of all the compromises made these days, this has got to be the most asinine, irrational, and ignorant.

We have freedom to worship any way we want in America. Go try to have the same freedom, or promote your interfaith in one of the countries that have Islam as the state religion. This is why the whole matter is self-defeating and an exercise in futility.

The fact is, the only religion that is being used for violence is Islam, so we must ask why? Why are the majority of terrorists throughout the world Muslim? It’s because of the Qur’an, not their ethnicity; it is their religion that can affect their person and culture.

The idea of appeasement may exhibit tolerance to Islam, but it exhibits disloyalty to Christ. It is these people who call themselves a church that are not going to stand up against the tide of persecution. You can’t uphold what you don’t know. They will probably convert, since they are halfway there already. They are Christian in name only because they will not stand up for Christ or his gospel. This shows who the head of their church is. For the Lord is not consulted, they have abandoned the head of the body for spiritual correctness and the way of the world.

This supposedly includes reaching out to the Jews. They want to read from each other’s “sacred texts.” Do we expect the Hebrew or Christian Scripture to be read or spoken well in the Mosques? Is it too much to ask to see them do the same for Israel that they do for Islam and stand up for their right to exist and practice their religion not only in their homeland but in Muslim lands.

The Berean Call: Even Atheists on occasion recognize that the real threat to them is not biblical Christianity, but Islam. Consider the comments below, prompted by an article from the Religion News Service printed in the Salt Lake Tribune.
“More than 50 Churches Agree to Hold Koran Readings!!”

In the past I have stated I am not religious, but my goal is to help educate and unite Atheists and members of non-Islamic religions against a common enemy. That enemy is Islam. The good news is that our voice against Islam is clearly getting louder, the bad news is that far too many Americans who identify themselves as « Christians » are taking the easy way out and bowing down to Islam, in an effort to avoid a conflict that has been raging for 1400 years.

Muslim Hadith Book 019, Number 4366: « It has been narrated by ‘Umar b. al-Khattib that he heard the Messenger of Allah (may peace be upon him) say: I will expel the Jews and Christians from the Arabian Peninsula and will not leave any but Muslim. »
A conflict in which Christians are clearly losing!

[The author then quotes the article from the Salt Lake Tribune.] Pulpit pals: Christians, Jews, Muslims plan shared worship « Religious and human rights activists are asking U.S. churches to invite Jewish and Muslim clergy to their sanctuaries to read from sacred texts next month in an initiative designed to counter anti-Muslim bigotry.

The June 26 initiative, called « Faith Shared: Uniting in Prayer and Understanding, » is co-sponsored by the Interfaith Alliance and Human Rights First. Leaders of the two Washington-based groups said the event hopes to demonstrate respect for Islam in the wake of Quran burnings in recent months….
(Adelle Banks, « Pulpit pals: Christians, Jews, Muslims plan shared worship, » Religion News Service, May 17 2011).

There are some trying to respect a religion that considers itself superior to all religions and challenges the Bible on nearly everything it says, giving untrue alternate stories.

Agenzia Fides (the information service of the Pontifical Mission Societies) Continental News reports an increase in rape and forced marriage to convert to Islam of Christian and Hindu girls in Pakistan, a Muslim nation. This has been taking place at a larger scale in Africa. This is what Islam allows with Sharia law? We see no repercussions for this from Islam. Is this what they want us to respect?

Modern History of the Chrislam Movement

Nigeria, like many other African countries, has been experiencing increased violence between Muslims and Christians; the answer came religiously not politically.

The most popular Chrislam movement in Lagos, Nigeria at present is called Oke Tude: Mountain of Loosing Bondage. The older Chrislam movement is called Ifeoluwa: The Will of God Mission.

Oke Tude was founded in 1999 by a Muslim man calling himself Prophet Dr. Samsindeen Saka who was born in a Muslim family. He believed in Allah and went on a pilgrimage to Mecca four times. “During Saka’s second hajj in 1990, he received a divine call by Allah, telling him that he had to unite Christians and Muslims by enlightening them that they are serving the same God, but in different ways:

“The vision to bring mutual understanding between Muslims and Christians was revealed to me by Almighty God, when I rested near the Ka‘aba. In a dream God showed me pictures of religious intolerance in Nigeria, and He assigned me to bridge the misunderstanding between the two religions, to stop the killings. Initially, I didn’t understand the dream. On New Year’s Eve I called several Muslim scholars to my house. They prayed and afterwards fell asleep. It turned out that they all had the same dream: in their dream they saw me bringing together Christians and Muslims. This is how it started.” (Chrislam: Forging Ties in a Multi-Religious Society)

As far back as January 26, 2006, Christian Science Monitor did an article on this movement stating:

“Pastor Saka explains that his father was an herbalist and that both Muslims and Christians would come to him for healing. Although he grew up Muslim, and has been to Mecca on pilgrimage several times, he couldn’t comprehend Nigeria’s sectarian strife. He now considers himself a Christian, ‘but that doesn’t mean Islam is bad.’ Quite the opposite. Next to his mosque is a televangelist’s dream – an auditorium with 1,500 seats, banks of speakers, a live band, and klieg lights. On Sundays the choir switches easily between Muslim and Christian songs, and Pastor Saka preaches from both the Bible and the Koran. His sermons are often broadcast on local TV.” (In Africa, Islam and Christianity are growing – and blending)

Think about what is being said. That God (Allah) told him that he is the same God of both religions and to stop the killing (which was from the Muslims initially). This new revelation from a Muslim started this new synthetic blend that has become the answer for their conflicts.
This is what is being termed “Muslim-Christian coexistence” to accept the premise and practice of the coexistence movement you must depart from faith in Jesus Christ and what He said in the word of God. These religions are not to be united but to stay separated. Clearly, we have prior examples for us today: “They are turned back to the iniquities of their forefathers, which refused to hear my words; and they went after other gods to serve them”(Jeremiah 11:10). Islam believes Christianity has another God but will feign being of a kindred source when it is advantageous to them.
See: http://www.pbs.org/wnet/religionandethics/episodes/february-13-2009/chrislam/2236/

The Modern Chrislam movement in Lebanon
The main Chrislam organization on the web has a minimal amount of content. On its home page, it has a quote by Malcom X. This organization is more about dialogue and recognition of equality with the Abrahamic religions. But it does have some interesting points made in its agenda. We are told that “The members of the Committee are de facto members of the Arab Group for Islamic-Christian Dialogue, affiliated to the Middle East Council of Churches. Some are founding members of this Group.”

It appears there are two main people involved; Emir Hares Chakib Chehab and Mr. Mohammad As- Sammak. Emir Hares Chakib Chehab is the General Secretary of the Committee. Emeritus President of the Maronite League. Emeritus President of the Union of Christian Leagues in Lebanon. Maronite Syriac Church of Antioch is an Eastern Catholic Church in full communion with the Holy See of Rome.
Emirs Chehab, jurist and lawyer, is a consultant in the field of public relations and the owner of the Arab News Agency, which he founded after leaving his key position in the Ministry of Information.

According to the Maronite Syriac Church, they believe in the human nature of Jesus Christ and the reality of the incarnation of the Son of God for our Salvation; they hold to the divinity of Christ. So how this can be reconciled with Islam that calls this blasphemy is perplexing.

Mr. Mohammad As – Sammak is listed as no.101 on the common word website. Sammaka Political scientist – Secretary General of the Islamic Spiritual Summit in Lebanon member in the National Lebanese Unesco Committee, Editor in Chief of the review Al-Ijtihad and writes in several other newspapers. He represents Dar Al-Fatwa on the Committee, which is a Sunni council upholding Sharia law.

Dar al-Fatwa has commissioned lawyers to prepare a lawsuit against Aoun leader of the Free Patriotic Movement who has taken “stances hostile to Islam and Arabism since he began interacting with public affairs.” They accuse him of inciting tensions among sects in Lebanon and of defamation against the Sunni sect:

http://www.nowlebanon.com/NewsArchiveDetails.aspx?ID=274837#ixzz1PYadEL7x

 http://www.naharnet.com/stories/en/7018-dar-al-fatwa-to-sue-aoun-for-inciting-strife-advises-him-to-treat-himself

Dr. Jean Salmanian is the Chancellor of the Armenian Prelacy of Lebanon, representing the Armenian Orthodox Church.

Mr. Camille Menassa is Director of “L’Orient- le Jour,” newspaper and CEO of the publishing house “L’Orient-le Jour.” He is a professor at Saint-Joseph University, Vice-President of the Arab World Cultural Council. He represents the Greek Catholic Partriachate of Antioch and all the East.

Judge Abbas Selim El-Halabi- Jurist and judge as a background, he is member of the Permanent Secretariat of the Islamic Spiritual Summit and in charge of the key responsibilities in the Druze Community who appointed him as her representative to the Vatican Synod for Lebanon in 1995.
He represents the Druze House of the Community on the Committee

Mr. Michel Elias Abs is Professor at Saint-Joseph University of Beirut, he is the former Chairman of Department and Sociology and Anthropology. He is the former Director of the Lebanon Emergency and Development Program of the Middle East Council of Churches. He represents the Greek Orthodox Patriarchate of Antioch and all the East.

Dr. Ali El-Hassan is the founder of “The Lebanese- German Friendship Society » in Germany, the founder and chairman of « The Graduates of German Speaking Universities » in Lebanon, the Vice-President of the « 5th of June society » and a Co-founder of « AMAL Organization,” Dr. El-Hassan was a close associate to Imam Moussa El-Sader in his various political and social endeavors. He represents the Chiite Islamic Supreme Council on the Committee.
See also: chrislam.org website : http://www.chrislam.org/actions.html

[Moussa El-Sader was a Lebanese Shiite religious and political leader who came from Iran to Lebanon. He founded the Amal Movement the “Brigades of the Lebanese Resistance,” the military wing of the movement of the Deprived, which fought alongside the Lebanese National Movement and the Palestinian Resistance.
Lebanon has a real potpourri of political parties at work. Progressive Socialist Party, Socialist Arab Union Lebanese Communist, Party Syrian Social Nationalist Party, Syrian Social Nationalist Party, Christian Democratic Party, Hezbolla, Islamic Gathering Movement, Islamic Jihad Movement, Union of Muslim Ulama, Free Patriotic Movement, Democratic Secular Party, Arab Democratic Party. Many other parties take part in politics and the landscape is constantly changing as new parties spring up and others become defunct.
On the Chrislam site: Under the link “actions” Islamic-Christian National Dialogue Committee- Unified Working Paper, The Islamic-Christian National Dialogue Committee

“On the basis of the fundamental principles on which the Lebanese are agreed, as enshrined in the Document of National Entente (1989), and which affirm the commitment to Lebanon as the definitive country of all its people in its internationally recognized borders, with its Arab identity and membership of the Arab world;

“As an ample human terrain for freedom and dialogue between the followers of the divinely revealed religions, a land of life shared in common between Christians and Muslims, in which the aspirations and goodwill of all Lebanese come together and interact to build their state and political entity on the basis of a free republican, parliamentary, democratic system, under the protection of complete equality in rights and duties between all the people of one single country;
A state committed to the principle of freedom of religion, thought and information, as well as economic freedom, without monopoly and anarchy.” (underline mine)

What they call Chrislamogy is coming from Lebanon. The Lebanese population consists of 28 percent Sunni Muslim, 28 percent Shi’a Muslim, 5 percent Druze, 22 percent Maronite Christian, 8 percent Greek Orthodox,  and 4 percent Greek Catholic. There are also very small numbers of Jews, Bahai’s, and Hindus.

On the site: 4-Christian-Muslim Dialogue

“The coexistence between all denominations of Muslims and Christians is Lebanon’s greatest value. It is Lebanon’s mission to the world, in that it is a pattern of life, as well as a relationship of constant dialogue between the Christian and Islamic worlds, a link of continuity to enrich the values imprinted on human character by these two divinely revealed messages. To safeguard this formula of civilization and emphasize its credibility are therefore both a Lebanese and a human responsibility. However, since the struggle of power is usually exercised in a way that harms this formula, the establishment of a balanced political system constitutes a bulwark to protect this formula from any evil exploitation.
“National fraternization between Christians and Muslims in Lebanon is not merely a commitment dictated by the essentials of coexistence or a necessity for avoiding sectarian strife, but also a destiny, a choice, and a noble human task which makes Lebanon have a world mission. For this purpose, we have to work to unify national oratory so that it transcends sectarian selfishness, rising to openness and the interest of one country, for all denominations and all Lebanese.

“This requires the establishment of a just and conscious national state, which will open up horizons for emerging national forces to participate in creating a better tomorrow, reassure citizens and encourage them to shift from the shadow of the sect to the protection of the state which is responsible for their security and stability, and for providing them with the essential elements of a life of freedom and dignity.”

We need to pay attention to these next statements:
“These include the necessary guarantees of work, education, medical treatment and other social guarantees. The return of all displaced persons to their villages and houses, and a halt to the exploitation of their agonies and sufferings, are considered an essential basis for strengthening the credibility of the state as the protector of all citizens.” (underline mine)

The coexistence movement is not only interfaith but has strong elements of communism. Those involved in Chrislam make Lebanon sound like a prototype for a new world model.

These concepts are lofty goals under the heading of “moving forward” to forge unity. Yet we need to have a better name for Chrislam – maybe Islam-ity, as it is part of the Islamization of Christianity in America.

Voir encore:

What is Chrislam?

Nick Peters

CARM

In an age of pluralism, it’s not really a surprise to see an attempt to mix Christianity and Islam. This has been attempted by Shamsuddin Saka, a pastor in Lagos, Nigeria. His church is highly unusual in that when one looks on the lectern in it, one will see both the Bible and the Qur’an.

The basis for this is Saka going on the Hajj, the pilgrimage to Mecca. According to Saka, this was nineteen years ago (from the time of this writing) when he was in prayer and told by God to make peace between the two religions. While there is nothing wrong with peace between the two religions, provided they are allowed to disagree and reasonably discuss their disagreements, there is a problem with trying to take two contrary worldviews and put them together.

In the services at Saka’s church, they begin with a Qur’anic prayer. The mood of the prayer is intense and like that of what we’d see in a Pentecostal service. There is nothing wrong with expressive worship of course, but one has to be on guard to make sure one’s mind is fully aware of what is going on and able to deal with the information that is coming in.

After this, the sermon speaks on prayerfulness and the commonality between Islam and Christianity. Of course, there are some similarities between the two religions. Both see Jesus as sinless, sent by God, Messiah, and born of a virgin. Both believe in a God who is omnipotent, omniscient, and omnipresent. It is where they differ that matters, such as Islam’s denial of the deity of Christ and the triune nature of God.

Also noteworthy of what happens in Saka’s church is that Christianity appears to be taught as a Word of Faith Christianity with an emphasis on miracles being done. There are reports of women who say that they were unable to conceive and then came to Saka’s church and conceived.

Saka himself drives a Hummer. While this raises some eyebrows, Saka assures those who question him that it does not come from the money he gets from the ministry, as not much is collected. Instead, this was a gift to Saka from some followers based on an answer to prayer. It is a wonder, however, why it is that those who have an answered prayer give a gift to the pastor instead.

How ought Christians to respond? First, it the major differences that exist between Islam and Christianity should be noted. Of course, each person has the freedom to hold his own views and we do not want to see Christianity spread by the sword. However, we also do not want the faiths to be seen as equally valid paths to the same God. Christians should familiarize themselves with the Qur’an. It would do no harm for many a Christian to actually read Islam’s holy book in order to better be able to dialogue with Muslims.

Second, Christians also need to be wary of people who say, “God told me.” Of course, there’s no denying that God can tell a message to someone if he desires, but that message should be authenticated somehow, be it by checking prior revelation given or by some kind of bona fide miracle, much like Jesus and the apostles did. Of course, we must also remember that according to Deuteronomy 13, doing a miracle is not enough. The checking of prior revelation is more important.

Third, Christians should be aware of the health and wealth gospel taught by the Word of Faith churches. Faithfulness to God is not measured by how much money is in one’s bank account, but about how much treasure one has built up for himself in Heaven, something we cannot see on this side of eternity.

Finally, Christians need to make sure they know the essentials of their own faith and how to share it. What difference does the Trinity make and how can it be demonstrated from Scripture? Why should it be important for a Christian to know that Islam does, in fact, teach the virgin birth? Can a Christian answer the questions that Muslims have for them on topics relevant to Christianity?

At the time, this is a small movement, but Christians do need to be aware of attempts to synchronize contrary faiths. While there are areas of disagreement allowable within Christian circles, Islam denies that which is essential to the Christian faith, so Christians cannot view Islam as a valid path to God.

Sources:

http://www.pri.org/theworld/?q=node/24682
http://www.pri.org/politics-society/religion/chrislam.html
http://www.pbs.org/newshour/extra/video/blog/2009/05/chrislam_combines_christian_an.html

Voir de plus:

Chrislam — What is it?
Chrislam is a modern-day attempt to blend the teachings and practices of Christianity and Islam. Historically, Chrislam began under a Nigerian leader named Tela Tella in the 1970s. It recognizes both the Bible and Qur’an as holy books and reads from both sources during its gatherings. Likewise, both Christian and Muslim holidays are celebrated as equal. God and Allah are considered the same god.

While the number of Chrislam adherents in Nigeria is few, the concepts of Chrislam have spread worldwide in recent years. Many have claimed that the interfaith movements that incorporate both Christian and Muslim teaching in the West are Chrislam, while some Eastern movements have used elements of both religions in blended, syncretistic movements. Some also wrongly confuse Chrislam with Christian-Islam dialogue since the website chrislam.org uses the term in this way in Lebanon. However, dialogue is a different matter than blending Christianity and Islam into one religion.

Both biblical Christianity and traditional Islam reject modern attempts of Chrislam. The Bible teaches there is one God (Genesis 1:1) and that Jesus Christ is the only way to God (John 14:6; Acts 4:12). Islam rejects the idea of Jesus as divine, rejects the Christian view of God as Triune, and rejects the Christian belief in salvation by faith alone. These two religions logically contradict one another in numerous ways. The only way in which these two belief systems can be blended into one is to choose only those beliefs that fit one’s preconceived notions or to reinterpret both the Bible and Qur’an to fit a particular agenda.

Chrislam came into particular spotlight in 2009 following megachurch pastor Rick Warren’s address at the ISNA 2009 gathering (a major Muslim national event). Accusations were made that Warren had preached a message of Chrislam, that both religions were one. Warren soon responded with a clear rejection of these Chrislam accusations and a reaffirmation of orthodox Christianity. However, the events surrounding this controversy led to much attention regarding the definition of Chrislam and its spread throughout America.

Some have begun calling interfaith gatherings in the U.S. that involve combined worship services with Muslim and Christian elements Chrislam. Theologically, this label is accurate, though these participants are not connected with the movement in Nigeria and would likely reject the label.

Ultimately, however, Christians must be aware that the blending of Islamic worship elements with Christian worship is to be rejected (Jude 3). Instead, Muslims need a clear example of Christians who stand firm in their faith, present the biblical view of Jesus Christ, and live the teachings of the Bible. Only then will the biblical gospel message be clear to Muslims who seek salvation.

Voir par ailleurs:

“If They Can Burn It, We Can Read It.”

A UCC Minister’s Response to Burning the Qur’an.

 Zachary

The Creative Seminole

August 19, 2010

There are some things that really get under my skin. One of those things is religious intolerance, be it from Christians, Muslims, Jews, Agnostics, Pagans, Pastafarians, or the like.

Larry Reimer, a minister of the United Church of Gainesville, has decided to read scripture from the Qur’an in worship service in response to a local Qur’an burning. It’s good to know that I’m not the only one, then, who sees Gainesville, Florida’s Dove World Outreach Center’s plan to burn as many copies of the Qur’an as possible a stab in the heart to groups of religious followers that care about tolerance. Larry Reimer is a minister at the United Church of Gainesville, a deep advocate of civil rights, and the man responsible for what seems to be a very intelligent response to Dove’s outlash at Islam.

“If they can burn it, then we can read it,” said Reimer from an armchair across from mine in his office, lined with bookshelves and photos from many events canvassing the years. On a side table next to me, there’s a statue of the Buddha, along with various other spiritually-themed trinkets that seem to indicate that this office does not belong to a spiritually firm-handed man.

Reimer, along with other Gainesville religious leaders, will read scripture from the Qur’an as part of worship services on Sunday, September 12.

When asked about how he came about with the idea, “Almost right away, members of the congregation here asked me, ‘what are we going to do about this?’ Originally, I had the intention of giving [Dove Center] no more attention in the media. But as I thought about it, I asked myself what we could do that would be effective and proactive in promoting cooperation among our religious relatives.”

I prodded further about religious relatives. “Christianity, Judaism, and Islam are all part of the Abrahamic tree of faith. We all believe in the same God, and in many aspects we are all trying to accomplish the same goals. And in Islam, there are things that I think any follower of any other religion could learn from. Take prayer, for example. In Islam, one prays at least five times a day. The discipline to do that? Few of us have it. And like Christianity and Judaism, there is a strong call to love God and your neighbor.”

We chat on for a bit about the differences and similarities that each of the Abrahamic religions have when he says to me, “You know, we learn best from our rival siblings. We might not always agree with them, but they always point out our shortcomings. And in the end, we have the most in common with them. We pull from one another and make each whole.

“Look at FSU and UF, or Michigan and Ohio State. All students who grew up together, went to the same high schools, and in reality should be the most understanding of one another. Now that they’re on opposite sides of the stadium, they act like they have nothing in common. But they do, and if each member stopped for a minute and thought about it, they would realize they’re the same students, with the same dreams, looking and hoping to do the same things when they graduate.”

Then I ask him why he thinks these negative attitudes toward Islam exist. “The average American inherently assumes that Islam is violent and decidedly anti-American because we haven’t taken the time to experience Islam from an individual perspective or as a faith up close. A friend of mine was in Egypt when news of Dove Outreach’s Qur’an burning hit, and he told me that it was represented as mainstream Christianity, much in the same way that the violent acts we hear about here are represented as mainstream Islam. Here, Islam is still associated with terrorism. The acts of September 11th were not acts that were Islamic in nature. They were acts of fanatical extremists. And fanaticism is not confined to any one faith. I think that there’s no better time than September 12th to remind ourselves of this, and to read from Qur’an in worship to point out how much we really do have in common.”

Then I asked him the big one. If you could preach to the members of Dove Outreach Center for even five minutes, what would you say? “The danger to our faith comes not most from outside, but from the shadows within. We must pay attention to our neglect to look at ourselves, instead of automatically pointing the finger elsewhere. God’s call is for constant opening.”

Already, Larry has been interviewed for the New York Times. As of now, Fifteen religious leaders in Gainesville have agreed to share verses from the Qur’an on Sunday, September 12th. And he thinks that more will follow. “I’m not trying to make this a national or international event, but I feel that those who understand that allowing [the Qur’an burning] to pass silently by allows Dove Outreach to win in the fight against tolerance and religious compassion will stand up and share scripture from the Qur’an.”

Not a moment too soon. In the words of German poet Heinrich Heine written in 1820, now enshrined on a plaque at the site of Nazi Propoganda Minster Joseph Goebbels’ book burnings, “There, where they burn books, they will in the end burn people.”

Voir encore:

Le Pape sur les terroristes de Bruxelles: «Ils venaient d’un ghetto»
C. TQ
Le Soir

17 mai 2016

Pour le souverain pontife, le pire accueil que l’Europe peut faire aux migrants est de les « ghettoïser » et préconise l’intégration.

Le 16 avril dernier, le pape François ramenait douze réfugiés de l’île grecque de Lesbos à Rome . Un geste symbolique prônant l’accueil des migrants sur le Vieux Continent. Dans un entretien accordé au journal La Croix ce mardi, le souverain pontife est revenu sur la vague de migration qui touche l’Europe. «  On ne peut pas ouvrir grand les portes de façon irrationnelle. Mais la question de fond à se poser est pourquoi il y a tant de migrants aujourd’hui.  »

« Le pire accueil ? Le ghetto »
Le Pape accuse les guerres au Moyen-Orient et le sous-développement de l’Afrique d’être le problème initial du phénomène migratoire et prône l’intégration pour vivre en harmonie. «  Le pire accueil est de ghettoïser les migrants alors qu’il faut au contraire les intégrer. À Bruxelles, les terroristes étaient des Belges, enfants de migrants, mais ils venaient d’un ghetto. À Londres, le nouveau maire (le musulman Sadiq Khan) a prêté serment dans une cathédrale et sera sans doute reçu par la reine. Cela montre pour l’Europe l’importance de retrouver sa capacité d’intégrer. »

Le Pape s’est également exprimé sur l’éventuelle crainte de certains Européens face à la religion islamique. «  Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. »

Tenir compte de chaque culture
Il rappelle l’importance du facteur culturel en géopolitique.« Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  »

Et de conclure : «  Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. »

Voir enfin:

Rémi Brague : ne pas renvoyer dos à dos islam et christianisme
Par Rémi Brague
Le Figaro
Publié le 01/08/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le pape a déclaré que s’« il devait parler de violence islamique, alors il devait (aussi) parler de violence catholique». Le philosophe Rémi Brague rappelle que les textes sacrés des deux religions ne justifient pas la violence de la même manière.
Le FigaroVox publie de nouveau cette tribune de Rémi Brague, parue le 24 mai dernier. Le philosophe, professeur émérite à la Sorbonne, était alors «perplexe» quand le pape relevait une similitude dans l’esprit de conquête de l’islam et du christianisme. Une perplexité qui fait écho aux propos tenus ce dimanche par le pape Français à propos de la violence islamique et de la violence catholique.

Rémi Brague est un philosophe français, spécialiste de la philosophie médiévale arabe et juive. Membre de l’Institut de France, il est professeur émérite de l’Université Panthéon-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages, notamment Europe, la voie romaine (éd. Criterion, 1992, rééd. NRF, 1999), il a dernièrement publié Le Règne de l’homme: Genèse et échec du projet moderne (éd. Gallimard, 2015) et Où va l’histoire? Entretiens avec Giulio Brotti (éd. Salvator, 2016).

Les déclarations publiques du pape François suscitent toujours l’intérêt. L’entretien accordé par le Souverain Pontife à deux journalistes de La Croix, publié dans ledit quotidien le 17 mai, contient ainsi une quantité de choses excellentes, et même réjouissantes. Par exemple, sa conception du rôle que le christianisme pourrait et devrait jouer envers les cultures, dont l’européenne, ou encore ses réflexions sur les causes de la crise migratoire et son traitement possible, enfin son amusante dénonciation du cléricalisme. Il y a là-dedans de quoi provoquer une réflexion approfondie, et l’on souhaite que nos décideurs en prennent de la graine.

D’autres points sont affaire de goût, et le mien ne coïncide pas toujours avec celui du Pape. Ainsi, nommer sur le même plan Maurice Blondel et Jean Guitton, et plus encore les deux jésuites Henri de Lubac et Michel de Certeau, me fait personnellement un peu sourire. Mais rien ne prouve que ce soit mon goût qui soit le bon…

En revanche, un passage suscite en moi une perplexité certaine, et c’est celui sur l’islam. Là aussi, il contient d’ailleurs de très bonnes choses, par exemple sur l’imprudence arrogante avec laquelle l’Occident a essayé d’imposer son régime politique à des régions mal préparées. Il est juste aussi de dire que la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible, même si les exemples de l’Argentine, avec son 1,5% de musulmans, et surtout du Liban, doivent être pris avec prudence. Tant qu’il s’agit de faire vivre ensemble des personnes, qu’il est déjà maladroit de réduire à leur seule affiliation religieuse, on a le droit d’espérer et le devoir d’agir en ce sens.

L’entreprise devient plus difficile là où l’on compare non plus des personnes, mais des systèmes religieux considérés dans leurs documents normatifs. De ce point de vue, un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)».

Le but du christianisme est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir.
On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens.

Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)».

Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu.

Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion.


Attentat de Nice: C’est les Israéliens dansants, imbécile ! (Damn if you do, damn if you don’t : Guess who got blamed again for rejoicing that the world would now understand them)

26 juillet, 2016
Le mythe des 4 000 Juifs absents du World Trade Center
RammingPoster

Cynthia McKinney
"Complotisme" : quelques remarques sur la querelle opposant Bernard Cazeneuve et Libération
Malheur à vous! parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Vous rendez donc témoignage aux oeuvres de vos pères, et vous les approuvez; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les autres, afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le temple … Jésus (Luc 11: 47-51)
L’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Jésus (Jean 16: 2)
Beat me, hate me
You can never break me
Will me, thrill me
You can never kill me
Jew me, sue me
Everybody do me
Kick me, kike me
Don’t you black or white me
All I wanna say is that
They don’t really care about us … Michael Jackson
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif … Martin Niemöller
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Le canari (…) fut longtemps élevé dans les mines où il était utilisé pour détecter le grisou. L’appareil respiratoire de l’oiseau étant fragile, le canari cessait de chanter et mourait dès l’apparition de ce gaz. Daniele
L’employé juif d’un coiffeur parisien va voir son patron et lui dit : « Patron, je dois démissionner ». « Mais pourquoi donc ? » lui répond le patron. « Parce que tous vos employés sont antisémites ! » « Allons bon, mon cher Jean-Claude. Je suis sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est ce qui vous fait penser cela ? » « C’est simple, patron. Lorsque je leur dit qu’Hitler a voulu tuer tous les juifs et les coiffeurs… » Le patron l’interrompt : « Mais Jean-Claude, pourquoi les coiffeurs ? » « Vous voyez patron, vous aussi ! » Blague juive
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Enveloppés dans leurs châles de prières, quatre fidèles s’effondrent sous les coups des tueurs opérant à visage découvert, qui seront ensuite tués par deux policiers israéliens accourus sur place. Trois des victimes israéliennes étaient également de nationalité américaine, la quatrième avait aussi la nationalité britannique. Huit fidèles ont été par ailleurs blessés, dont un se trouvait hier dans un état critique tandis que trois autres étaient sérieusement atteints. Les terroristes, des cousins âgés d’une vingtaine d’années, venaient du quartier arabe de Jabal Moukaber, à Jérusalem-Est (annexée). Ils sont parvenus jusqu’à la synagogue sans rencontrer la moindre difficulté. Les 270 000 Arabes de la Ville sainte, sur un total de 800 000 habitants, peuvent en effet circuler librement en Israël. À Gaza, des tirs de joie ont éclaté et le Hamas a salué « un acte héroïque ». Mais, à Ramallah (Cisjordanie), le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement condamné cet attentat « visant des civils, dans un lieu sanctifié ». Dans la foulée, il a aussi dénoncé « les attaques contre Al-Aqsa et les mosquées ». Le secrétaire d’État américain, John Kerry, s’est indigné contre l’attaque. « Ce matin à Jérusalem, des Palestiniens ont attaqué des juifs qui priaient dans une synagogue. Des gens venus prier Dieu dans le sanctuaire d’une synagogue (…) ont été assassinés dans ce qui constitue un acte de pure terreur, d’une brutalité insensée », a fustigé le chef de la diplomatie américaine. Invoquant l’intensification de la colonisation israélienne et les provocations de juifs radicaux à l’Esplanade des mosquées (troisième lieu saint de l’islam), appelé le Mont du Temple (de Salomon) par les juifs, les Palestiniens multiplient les manifestations et les attaques depuis l’été dernier. La Croix (19 novembre 2014)
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
Toujours viser les endroits fréquentés, tel que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences des partis politiques, les lieux de prêches des apostats, le but étant d’installer la peur dans leur coeur (…) avec n’importe quel moyen qui est à votre disposition, un simple couteau de cuisine ou un autre objet tranchant comme des cutters. Dar al Islam (magazine de l’Etat islamique, mars 2016)
Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde (…) Vous voyez de quoi ils sont capables… Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer (…) Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire. Israeliens interroges par le FBI (septembre 2001)
J’en avais les larmes aux yeux. Ces gars-là plaisantaient et ca m’a dérangé. Pour ces gars-là, c’était comme, ‘maintenant l’Amérique sait ce que nous vivons.’ Urban Moving worker
According to Cannistraro, many people in the U.S. intelligence community believed that some of the men arrested were working for Israeli intelligence. Cannistraro said there was speculation as to whether Urban Moving had been « set up or exploited for the purpose of launching an intelligence operation against radical Islamists in the area, particularly in the New Jersey-New York area. » Under this scenario, the alleged spying operation was not aimed against the United States, but at penetrating or monitoring radical fund-raising and support networks in Muslim communities like Paterson, N.J., which was one of the places where several of the hijackers lived in the months prior to Sept. 11. For the FBI, deciphering the truth from the five Israelis proved to be difficult. One of them, Paul Kurzberg, refused to take a lie-detector test for 10 weeks — then failed it, according to his lawyer. Another of his lawyers told us Kurzberg had been reluctant to take the test because he had once worked for Israeli intelligence in another country. Sources say the Israelis were targeting these fund-raising networks because they were thought to be channeling money to Hamas and Islamic Jihad, groups that are responsible for most of the suicide bombings in Israel. « [The] Israeli government has been very concerned about the activity of radical Islamic groups in the United States that could be a support apparatus to Hamas and Islamic Jihad, » Cannistraro said. The men denied that they had been working for Israeli intelligence out of the New Jersey moving company, and Ram Horvitz, their Israeli attorney, dismissed the allegations as « stupid and ridiculous. » (…) Despite the denials, sources tell ABCNEWS there is still debate within the FBI over whether or not the young men were spies. Many U.S. government officials still believe that some of them were on a mission for Israeli intelligence. But the FBI told ABCNEWS, « To date, this investigation has not identified anybody who in this country had pre-knowledge of the events of 9/11. » Sources also said that even if the men were spies, there is no evidence to conclude they had advance knowledge of the terrorist attacks on Sept. 11. The investigation, at the end of the day, after all the polygraphs, all of the field work, all the cross-checking, the intelligence work, concluded that they probably did not have advance knowledge of 9/11, » Cannistraro noted. As to what they were doing on the van, they say they read about the attack on the Internet, couldn’t see it from their offices and went to the parking lot for a better view. But no one has been able to find a good explanation for why they may have been smiling with the towers of the World Trade Center burning in the background. Both the lawyers for the young men and the Israeli Embassy chalk it up to immature conduct. According to ABCNEWS sources, Israeli and U.S. government officials worked out a deal — and after 71 days, the five Israelis were taken out of jail, put on a plane, and deported back home. While the former detainees refused to answer ABCNEWS’ questions about their detention and what they were doing on Sept. 11, several of the detainees discussed their experience in America on an Israeli talk show after their return home. Said one of the men, denying that they were laughing or happy on the morning of Sept. 11, « The fact of the matter is we are coming from a country that experiences terror daily. Our purpose was to document the event. » ABC News
Sur le Coran de La Mecque, je vais attaquer une église. Adel Kermiche
 Vers 9h25, deux hommes porteurs d’armes blanches ont surgi dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Ils ont pris en otages six personnes, le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. L’une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l’alerte. La brigade d’intervention (BRI) et une brigade anti-criminalité arrivées sur place ont tenté d’entamer une négociation avec les terroristes. Les policiers ont ensuite tenté une incursion, sans succès. Peu après, trois otages – les deux religieuses et une paroissienne – sont sortis de l’église suivis par les deux terroristes criant « Allah Akbar », dont l’un portait une arme de poing. Les deux assaillants ont été tués par la BRI. Selon le témoignage d’une religieuse parvenue à s’enfuir, les terroristes se sont « enregistrés » au moment du crime, l’un a fait « un peu comme un sermon autour de l’autel en arabe » avant l’assassinat du prêtre. Le Figaro
For many Israelis, the horrifying images of a truck plowing through crowds for more than a mile in the French resort town of Nice struck a macabrely familiar chord. (…)  Nice was an even more direct, if far deadlier, echo of a 2011 rampage in which an Arab-Israeli man’s truck barreled down a Tel Aviv street for a mile, killing one and wounding 17. These followed a spate of attacks with heavy construction vehicles and cars as weapons in 2008. And since October, according to Shin Bet, Israel’s domestic security agency, at least 32 Palestinians have rammed vehicles into people at bus stops, intersections and military checkpoints. The French prime minister said after the Nice attack, the nation’s third mass killing in 18 months, that France “must live with terrorism.” That is what Israelis have been doing for decades, through the plane hijackings of the 1970s; the suicide bombers of the second intifada, or Palestinian uprising, which began in 2000; and the lone-wolf stabbings and shootings of the past 10 months. In Israel, ordinary citizens, security officials and experts feel they have seen it all and say they have adapted to a perennial, if ever-changing, threat. They speak of constantly staying alert, exercising caution and growing accustomed to what some may find to be intrusive levels of security, but essentially carrying on.  (…) That routine includes opening bags for a check and passing through metal detectors at train or bus stations, shopping malls and movie complexes. At the height of the suicide bombings, customers paid a small surcharge at cafes and restaurants to subsidize the cost of a guard at the door. Hundreds of armed civilian guards have been deployed to protect public transportation in Jerusalem in recent months amid the wave of attacks, which have been glorified by some Palestinians on social media. The guards stand at bus and light-rail stops, and hop on and off buses along main routes, with the same powers to search and arrest as the police. Israel has also invested hugely in intelligence, its tactics evolving as its enemies change theirs. Several psychological studies in Israel have found that people habituate quickly to threats, making adjustments to daily life — keeping children at home, for example, rather than sending them to summer camp — and adopting dark humor about the randomness of the threat. (…) Some Israeli politicians have been disparaging about what they view as European negligence in security matters. After the attacks in March in Brussels, for example, a senior minister, Israel Katz, said Belgium would not be able to fight Islamist terrorism “if Belgians continue eating chocolate and enjoying life and looking like great democrats and liberals.” In a radio interview on Sunday, Yaakov Perry, a former Shin Bet chief now in Parliament, recommended deeper intelligence supervision of neighborhoods “where Muslims, refugees, Daesh supporters of various sorts live,” using an Arabic acronym to refer to the Islamic State. He also suggested that the French police were complacent, referring to news reports that the driver in Nice had told officers he was delivering ice cream. “If the driver says he has ice cream, open the truck and check if he has ice cream,” Mr. Perry said. That the attack occurred at a mass gathering for Bastille Day, France’s national holiday, had Israelis shaking their heads. Micky Rosenfeld, an Israeli police spokesman, said that to secure a major event like Independence Day celebrations, when tens of thousands of people gather along the Tel Aviv seafront to watch an air and naval display, officers gather intelligence for weeks beforehand, and erect a 360-degree enclosure of the area, with layers of security around the perimeter. Main roads are typically blocked off with rows of buses, and smaller side streets with patrol cars. In addition to a large uniformed and undercover police presence, counterterrorism teams are strategically placed to provide a rapid response if needed. For intelligence gathering, Shin Bet has used a “basic coverage” method, which involves homing in on a particular neighborhood or population sector that is considered a potential security risk. The agency then builds an intimate system of surveillance and a network of local informers who can point to any sign of suspicious or unusual activity.(…) But several security experts acknowledged that with citizens in a democracy, including Israel’s large Arab minority, these methods of intelligence gathering — “neighbors informing on neighbors,” as one put it — can be difficult to balance with civil liberties. These measures are also less effective, they say, in trying to prevent individual attacks that are not affiliated with any organization and that at times appear to have erupted spontaneously. The NYT
There, is of course, a very important reason why the mainstream media ignores radical Muslim persecution of Christians: if the full magnitude of this phenomenon was ever known, many cornerstones of the mainstream media—most prominent among them, that Israel is oppressive to Palestinians—would immediately crumble. Why? Because radical Muslim persecution of Christians throws a wrench in the media’s otherwise well-oiled narrative that “radical-Muslim-violence-is-a-product-of-Muslim-grievance”—chief among them Israel. Consider it this way: because the Jewish state is stronger than its Muslim neighbors, the media can easily portray Islamic terrorists as frustrated “underdogs” doing whatever they can to achieve “justice.” No matter how many rockets are shot into Tel Aviv by Hamas and Hezbollah, and no matter how anti-Israeli bloodlust is articulated in radical Islamic terms, the media will present such hostility as ironclad proof that Palestinians under Israel are so oppressed that they have no choice but to resort to terrorism. However, if radical Muslims get a free pass when their violence is directed against those stronger than them, how does one rationalize away their violence when it is directed against those weaker than them—in this case, millions of indigenous Christians? The media simply cannot portray radical Muslim persecution of Christians—which in essence and form amount to unprovoked pogroms—as a “land dispute” or a product of “grievance” (if anything, it is the ostracized and persecuted Christian minorities who should have grievances). And because the media cannot articulate radical Islamic attacks on Christians through the “grievance” paradigm that works so well in explaining the Arab-Israeli conflict, their main recourse is not to report on them at all. In short, Christian persecution is the clearest reflection of radical Islamic supremacism. Vastly outnumbered and politically marginalized Christians simply wish to worship in peace, and yet still are they hounded and attacked, their churches burned and destroyed, their women and children enslaved and raped. These Christians are often identical to their Muslim co-citizens, in race, ethnicity, national identity, culture, and language; there is no political dispute, no land dispute. The only problem is that they are Christian and so, Islamists believe according to their scriptural exegesis, must be subjugated. If mainstream media were to report honestly on Christian persecution at the hands of radical Islamists so many bedrocks of the leftist narrative currently dominating political discourse would crumble, first and foremost, the idea that radical Islamic intolerance is a product of “grievances,” and that Israel is responsible for all Jihadist terrorism against it. Raymond Ibrahim
The Maginot Line of “European values” won’t prevail over people who recognize none of those values. So much was made clear by French Prime Minister Manuel Valls, who remarked after the Nice attack that “France is going to have to live with terrorism.” This may have been intended as a statement of fact but it came across as an admission that his government isn’t about to rally the public to a campaign of blood, toil, tears and sweat against ISIS—another premature capitulation in a country that has known them before (…) Then there is Germany, site of three terror attacks in a week. It seems almost like a past epoch that Germans welcomed a million Middle Eastern migrants in an ecstasy of moral self-congratulation, led by Angela Merkel’s chant of “We can do it!” Last summer’s slogan now sounds as dated and hollow as Barack Obama’s “Yes we can!” Now Germany will have to confront a terror threat that will make the Baader-Meinhof gang of the 1970s seem trivial. The German state is stronger and smarter than the French one, but it also surrenders more easily to moral intimidation. The idea of national self-preservation at all costs will always be debatable in a country seeking to expiate an inexpiatable sin. Thus the question of whether Europe is helpless. At its 1980s peak, under François Mitterrand and Helmut Kohl, the European project combined German economic strength and French confidence in power politics. Today, it mixes French political weakness with German moral solipsism. This is a formula for rapid civilizational decline, however many economic or military resources the EU may have at its disposal. Can the decline be stopped? Yes, but that would require a great unlearning of the political mythologies on which modern Europe was built. Among those mythologies: that the European Union is the result of a postwar moral commitment to peace; that Christianity is of merely historical importance to European identity; that there’s no such thing as a military solution; that one’s country isn’t worth fighting for; that honor is atavistic and tolerance is the supreme value. People who believe in nothing, including themselves, will ultimately submit to anything. The alternative is a recognition that Europe’s long peace depended on the presence of American military power, and that the retreat of that power will require Europeans to defend themselves. Europe will also have to figure out how to apply power not symbolically, as it now does, but strategically, in pursuit of difficult objectives. That could start with the destruction of ISIS in Libya. More important, Europeans will have to learn that powerlessness can be as corrupting as power—and much more dangerous. The storm of terror that is descending on Europe will not end in some new politics of inclusion, community outreach, more foreign aid or one of Mrs. Merkel’s diplomatic Rube Goldbergs. It will end in rivers of blood. Theirs or yours? In all this, the best guide to how Europe can find its way to safety is the country it has spent the best part of the last 50 years lecturing and vilifying: Israel. For now, it’s the only country in the West that refuses to risk the safety of its citizens on someone else’s notion of human rights or altar of peace. Europeans will no doubt look to Israel for tactical tips in the battle against terrorism—crowd management techniques and so on—but what they really need to learn from the Jewish state is the moral lesson. Namely, that identity can be a great preserver of liberty, and that free societies cannot survive through progressive accommodations to barbarians. Bret Stephens
Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme». (…) Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme. Conspiracy watch
Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait, » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv. L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc. Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tapaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule. » Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations. On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers. Laurent Guyenot (Reseau Voltaire)
1/ Des résidus explosifs ont été retrouvés dans le fourgon des cinq Israéliens (1-7). Un chien affecté à la détection de bombes a également réagi lors de la fouille du véhicule (5-44).
 2/ Les trois Israéliens aperçus -avant et après l’impact du second avion- en train de se filmer et de se photographier, avec la première tour embrasée en arrière-plan, étaient joviaux (1-35, 1-65). 76 photos en noir et blanc ont été développées par les enquêteurs (1-80).
3/ La présence de leur véhicule sur le lieu des réjouissances est attestée par deux témoins vers 8h/8h15 du matin, ce mardi 11 septembre 2001, soit une demi-heure environ avant le crash du premier avion dans la Tour Nord (6-42, 5-25). Les trois Israéliens concernés affirmeront aux enquêteurs n’avoir débarqué qu’aux alentours de 9h -juste avant l’impact du second avion-et seulement après avoir appris l’information du premier crash sur Internet. Vers 9h20, soit une quinzaine de minutes après le crash du second avion, le van blanc aura déjà quitté les lieux.
4/ Un autre témoin raconte les avoir vus en action 5 mn après l’impact du premier avion (5-25). Les photos développées confirment qu’ils étaient déjà sur place : la fumée –visible sur leurs images- vient à peine de s’échapper de la Tour Nord (5-62).
5/ Plusieurs témoins ont rapporté avoir constaté l’usage d’une caméra vidéo qui n’aurait pas été retrouvée lors de l’arrestation des Israéliens (6-45). Ceux-ci ont démenti avoir eu recours à un tel appareil. Le FBI évoque pourtant une « tromperie » (5-56). Sur ce point crucial comme sur la question de leur emploi du temps, les enquêteurs ont déjà noté de nombreuses contradictions dans leurs témoignages (6-43).
6/ Lors de leur arrestation musclée et arme au poing, les policiers ont retrouvé des cartes d’étudiant falsifiées, aucun équipement relatif à leur activité de déménageur (5-45), un passeport allemand, près de 6000 dollars en cash ainsi que des billets d’avion pour un départ ouvert et immédiat à destination de l’étranger (5-44).
7/ Interrogés sur leur perception des attentats, les Israéliens ont tenu des propos très politiques : « Les Etats-Unis prendront des mesures pour stopper le terrorisme dans le monde » (5-86), « Vous voyez de quoi ils sont capables…Les Etats-Unis devront dorénavant s’impliquer » (5-20), « Israël a maintenant l’espoir que le monde nous comprendra. Les Américains sont naïfs et l’Amérique est facile à pénétrer. Il n’y a pas beaucoup de contrôles en Amérique. Et désormais l’Amérique sera plus dure à propos de ceux qui débarquent sur son territoire »
8/ Les enquêteurs du FBI ont appris de la part d’un ancien salarié de l’entreprise de déménagement que le dirigeant -nommé Dominic Suter et considéré depuis comme un fugitif (90-1)- avait un profond mépris pour les Etats-Unis ( 5-42). Un anti-américanisme partagé par ses employés israéliens dont l’un aurait jadis déclaré cette phrase stupéfiante : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays » (1-37).
9/ Le FBI a constaté dans son enquête plusieurs éléments troublants : la petite compagnie de déménagement disposait d’une quinzaine d’ordinateurs –soit un nombre disproportionné par rapport à la taille de l’entreprise (1-47) ; le personnel était essentiellement composé d’Israéliens, de Russes et d’Hongrois qui pratiquaient une forme de discrimination dans leurs réunions à l’encontre des employés non-Juifs (5-41) ; un des cinq détenus israéliens s’était fait passer pour un « ouvrier de chantier » le 10 septembre 2001 aux abords de l’endroit où il sera présent le lendemain lors de la capture photographique des tours embrasées (5-46) ; le chauffeur du van blanc était capable, selon un employé égyptien d’une station d’essence qui fut interrogé par le FBI, de s’exprimer en arabe (5-31).
10/ Pour conclure, une attention particulière mérite d’être consacrée à ces quatre extraits étonnants : les cinq employés d’Urban Moving Systems étaient en contact avec d’autres déménageurs israéliens exerçant pour une compagnie basée également dans le New Jersey et dénommée Classic International Movers. Chose étrange : le FBI a interrogé quatre de ses employés -tous issus de l’armée israélienne- en raison de leur lien avéré avec un des dix-neuf pirates de l’air présumés (1-39).
L’un d’entre eux sera visiblement mal à l’aise durant l’interrogatoire (6-47).
Un des cinq Israéliens disposa également du contact téléphonique d’un homme vivant en Amérique du Sud et lié aux « militants islamiques du Moyen-Orient » (6-40).
Les enquêteurs du FBI ont remarqué un fait qualifié de « bizarre » : un van appartenant à la compagnie Urban Moving Systems s’était dirigé -hors de son secteur régulier- le matin du 11 septembre 2001 en direction du site du crash du vol 93 (1-36).
Enfin, l’un des cinq Israéliens a exprimé, de retour ce matin-là dans l’entreprise, une phrase curieuse à la suite de la chute de la première tour : « Ils vont abattre le second bâtiment ». Interrogé sur le sens des mots employés, il s’est contenté d’affirmer aux enquêteurs qu’il avait d’abord envisagé que l’effondrement de la Tour Sud était une démolition contrôlée par les autorités afin d’éviter des dégâts colossaux (3-64).
Chacun pourra tirer ses propres déductions de cette sélection nécessairement parcellaire. Prochainement, Oumma continuera de soulever le voile en revenant notamment sur l’histoire de ce réseau américain d’espions israéliens dont la mission, en 2000/2001, aurait été uniquement de surveiller les cellules islamistes. En outre, nous aborderons également l’un des aspects les plus méconnus du 11-Septembre : l’existence de liens privilégiés entre les autorités de Tel Aviv et plusieurs responsables du World Trade Center. D’ici là, nous vous invitons à interpréter comme bon vous semblera cet autre passage issu du rapport sur les cinq Israéliens.
En date du 24 septembre 2001, soit 13 jours à peine après leur arrestation, le QG du FBI avait déjà transmis à l’antenne locale chargée de l’enquête -officiellement achevée en 2003- cette « recommandation » (5-59) : « Le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus ». Rapport du FBI (Extraits)
Les Afro-Américains ont toujours su qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal. Cynthia McKinney
J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas. Cynthia McKinney
Ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères. Cynthia McKinney
Le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique (…) les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès à deux reprises. Cynthia McKinney
Les Juifs ont acheté tout le monde. Bill McKinney (ancien représentant, père et plus proche conseiller politique de Cynthia McKinney)
L’occupation israélienne doit finir, y compris au Congrès. Raeed Tayeh (plume de Cynthia McKinney)
Le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … Cynthia McKinney
McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana (…) Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ». McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. (…) Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité (…) le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer. Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.  (…)  McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite (…) formation dissidente du Black Panther Party historique. (…) Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». (…) La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite. Le Southern Poverty Law Center (…) a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. (…) McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (…)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer. Conspiracy watch
Le 17 septembre 2001, la chaîne libanaise du Hezbollah ouvre son journal avec un scoop qu’elle attribue au journal jordanien Al-Watan, lui-même informé par « des sources diplomatiques arabes » : 4 000 Juifs ne sont pas venus travailler au World Trade Center, avertis par le Mossad de l’imminence d’une attaque menée par des agents israéliens. Dans les jours qui suivent, des dizaines de journaux arabes ou musulmans, à Londres, au Caire, à Téhéran, à Damas, à Riyad, rapportent l’affaire des 4 000 Juifs manquants.  Le 19 septembre 2001, en direct sur Al-Jazira, le présentateur vedette Faycal Al-Qassem avance qu’« aucun des 4 000 Juifs travaillant au WTC n’est venu travailler le 11 septembre ». La chaîne qatarie est potentiellement regardée par quarante millions de téléspectateurs. Al-Qassem sera suspendu quelques semaines par sa hiérarchie. Le 21 septembre, la Pravda russe emboîte le pas, sous la signature d’Irina Malenko, reprenant pratiquement mot pour mot les « révélations » d’Al-Manar. (…) Le chiffre de 4 000 Juifs est totalement imaginaire. Personne ne peut dire avec certitude combien de Juifs travaillaient dans les tours, dans la mesure où, fort heureusement, personne ne tenait de registre des Juifs du World Trade Center. Pour savoir combien sont morts dans les tours, on en est réduit à compter les noms à consonance juive parmi les patronymes des victimes. Ils sont nombreux, entre trois et quatre cents : Adler, Aron, Berger, Bernstein, Cohen, Eichler, Eisenberg, etc. La folie de certains esprits oblige à dresser des listes, une pratique de sinistre mémoire. Alors pourquoi précisément ce chiffre ? On en trouve trace dans une interview donnée par un diplomate israélien en poste à New York le matin des attentats. Celui-ci déclarait que ses services avaient reçu 4 000 appels téléphoniques d’Israéliens, inquiets pour leurs proches, citoyens israéliens vivant ou travaillant à Manhattan. Comment cette brève s’est métamorphosée en la théorie d’Al-Manar que l’on sait ? Insondables sont les mystères de l’imagination lorsqu’elle est en proie à la paranoïa, au dogmatisme et à la bêtise. Sans doute aussi les journalistes de la chaîne libanaise n’ont-ils vu que peu d’inconvénients à prendre des libertés avec la déontologie. Al-Manar TV est en effet la propriété d’un groupe en bonne place sur la liste des organisations terroristes du département d’État américain : le Hezbollah, le « parti de Dieu » télécommandé par l’Iran. Après avoir révélé le scoop prouvant l’implication du Mossad, le présentateur avait avancé un argument supplémentaire : « Les seuls à profiter de cet acte de terrorisme sont les Juifs ». Autrement dit : à qui profite le crime ? (…) Mahmud Bakri, le représentant officiel d’Al-Manar dans la capitale égyptienne (…) n’est pas directement à l’origine de l’information délirante sur les Juifs du WTC, puisqu’elle venait du siège de Beyrouth, mais il continue d’en défendre la véracité. (…) Pour preuve, il se livre à un jeu de questions-réponses : « Pourquoi pas le Mossad ? S’agit-il d’un simple accident normal effectué par de jeunes Arabes ou s’agit-il d’un complot ? Car il faut lier ces événements avec leur suite, la guerre contre le terrorisme et la destruction de pays arabes musulmans, dans le cadre d’un plan américain qui vise à servir les intérêts israéliens en premier lieu. Et si en plus on voit qu’il y a un soutien américain à Israël hors du commun, on peut arriver à la conclusion que le 11 septembre était un complot israélien ». Argument classique des aficionados du complot, à Paris comme au Caire, qui consiste à inverser les faits et les conséquences, au nom du non moins classique « à qui profite le crime ? ». Conspiracy watch

Vous souvenez-vous des Israéliens dansants ?

A l’heure où entre la France et l’Allemagne la série noire d’attaques islamistes (pas moins de six en à peine deux semaines)  …
Et malgré tant les dénégations de CNN (« pas de lien » entre elles mais pourquoi semblent-ils tous s’appeler – sauf rares exceptions – Mohamed ou Ali et apprecier les Allahu akbar ?) …
Ressemble de plus en plus furieusement, jusqu’aux attaques à l’intérieur de lieux de culte, à une intifada

Devinez sur qui courent les rumeurs  les plus folles …

Pour Nice comme pour les autres attentats depuis ceux de Charlie hebdo …

Ou même depuis le 11 septembre avec sans compter ceux qui –  à 300 ou 400 près – avaient été « prévenus »

Les fameux «Israéliens dansants» …

 Coupables de s’être réjouits un peu tôt qu’Israël allait avoir «maintenant l’espoir que le monde nous comprendra» ?

Une ex-membre du Congrès prétend qu’Israël est derrière les massacres européens
Cynthia McKinney a posté le lien d’une vidéo « prouvant » qu’Israël est responsable des attaques de Nice et Munich, car un photographe allemand aurait assisté aux deux drames et est marié à une ancien députée de la Knesset

25 juillet 2016

Une ancienne membre du Congrès des États-Unis a affirmé sur Twitter qu’un photographe israélien avait été sur place pour les massacres à Nice et Munich, prouvant qu’Israël avait un lien avec ces deux attaques.

Cynthia McKinney, une démocrate et ancienne membre de la Chambre des représentants de la Géorgie, a posté une vidéo sur Twitter avec le message : « le même photographe israélien prend en photo les tragédies de Nice et Munich. Quelle en était la probabilité ? Vous souvenez-vous des Israéliens qui dansent ? … »

La vidéo affirme que Richard Gutjahr, un journaliste allemand marié à une ancienne membre de la Knesset, l’Israélienne Einat Wilf, était présent à la fois sur les lieux du saccage par un chauffeur de camion à Nice, en France, au début du mois qui a fait 84 morts, et lors d’une fusillade dans un centre commercial à Munich, où neuf adolescents ont été tués.

Le profil Twitter de Gutjahr montre qu’il a posté des photos de Nice, mais pas de Munich. Il n’aurait pas pris la nationalité israélienne.

« Les Israéliens qui dansent » se réfère à une théorie du complot largement discréditée alléguant que cinq hommes israéliens ont été arrêtés dans le New Jersey, le 11 septembre 2001, après avoir été vus célébrant l’attaque terroriste.

Dans un tweet antérieur, McKinney avait demandé « pourquoi étaient-ils en train de danser dans le parc alors que les Américains étaient en train de mourir ? Pourquoi étaient-ils dans le parc en premier lieu ? »

McKinney, qui a été à la Chambre des représentants de la Géorgie de 1992 à 2002, a été connue pendant son mandat pour faire des remarques incendiaires et a été accusée d’antisémitisme par le passé. En 2002, elle a perdu la primaire démocrate, un jour après que son père soit apparu à la télévision disant que les « Juifs ont acheté tout le monde … J-E-W-S ».

Dans son message original, McKinney a posté un lien vers une vidéo intitulée « Richard Gutjahr le photographe allemand à Nice et à Munich – Connexions israéliennes » postée par une chaîne YouTube qui semble se spécialiser dans les théories du complot et les sentiments antisémites.

Dans la vidéo, dont la séquence d’ouverture est un symbole des Illuminati, le narrateur semble se demander comment « ils » pourraient être « tellement négligeants » qu’ils ont envoyé Gutjahr sur les deux attaques.

« Le fait que ce gars-là se trouvait aux deux endroits, il n’y a aucun moyen que ce soit une coïncidence », allègue l’homme, ajoutant qu’il est « clair à 100 % que les empreintes digitales d’Israël sont sur tous ces événements ».

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Cette conclusion est fondée sur une vérification joyeuse de la page Wikipedia de Wilf qui confirme qu’elle est Israélienne et a servi dans une unité de renseignement supérieur dans l’armée israélienne.

« Nice est une opération déguisée et Munich est soit une opération déguisée, soit un canular », dit l’homme, qui n’apparaît pas dans la vidéo.

Voir aussi:

 Ex-candidate du Green Party aux présidentielles américaines de 2008, Cynthia McKinney est aussi une figure incontournable du 9/11 Truth Movement. Peu connue en France, cette militante de 55 ans a pourtant une réputation sulfureuse outre-Atlantique. Elle a été récemment épinglée par le Southern Poverty Law Center pour son flirt poussé avec les milieux négationnistes.

9 octobre 2009. Le maire du 2ème Arrondissement de Paris accueille dans ses murs une conférence de presse de Cynthia McKinney. Rien d’exceptionnel à ce qu’un élu vert parisien reçoive la candidate du Green Party aux dernières élections présidentielles américaines. Comme son homologue héxagonal, le Green Party est signataire de la Charte des Verts mondiaux et partage ses préoccupations écologiques. Pourtant, Cynthia McKinney ne s’est pas attardée sur la protection de l’environnement ou le réchauffement climatique. Ce jour-là, cette ex-membre du Congrès est venue parler… du 11-Septembre. C’est d’ailleurs à l’initiative privée d’Alix Dreux-Boucard, alias AtMOH, fondateur et animateur du site conspirationniste ReOpen911, que la conférence a été organisée.

Cynthia McKinney est une pionnière du 9/11 Truth Movement. Le 25 mars 2002, elle suggère à l’antenne de la radio californienne KPFA que l’Administration Bush, parce qu’elle a tiré profit des attentats du 11 septembre 2001, les aurait en fait délibérément laissé se produire. Depuis plusieurs années, elle n’a de cesse d’apporter sa caution à des partisans de la thèse de l’inside job (complot interne), comme Michael C. Ruppert, un ancien inspecteur de la police de Los Angeles qui s’est rendu célèbre dans les années 1990 pour avoir accusé la CIA d’être derrière un vaste trafic de cocaïne au cœur même des Etats-Unis. Revenu sur le devant de la scène à la faveur des attentats du 11-Septembre, Ruppert a publié un livre intitulé The Truth and Lies of 9/11 dans lequel il défend l’idée que l’Administration Bush mais aussi, Enron, le Mossad et les services secrets pakistanais seraient directement impliqués dans les attentats de 2001.

Certes, en matière de conspirationnisme, McKinney est loin d’en être à son premier coup d’essai. Chris Suellentrop, du magazine en ligne Slate.com, constatait en 2002 que « sur les dix années qu’elle a passées au Congrès, il est difficile d’en trouver une seule où elle ne s’est pas livré à des accusations bizarres ou à de folles théories du complot ». Nourrissant une défiance quasi-paranoïaque à l’égard des autorités fédérales, McKinney est par exemple persuadée que le programme Cointelpro (acronyme d’un programme du FBI mis en œuvre entre 1956 et 1971) est toujours en vigueur et qu’il ne serait pas étranger aux assassinats de JFK, Martin Luther King, Bob Kennedy ou du chanteur de rap Tupac Shakur. Elle a même commencé une thèse sur le sujet.

Il y a deux ans, en pleine campagne présidentielle, à Oakland, le fief historique des Black Panthers, McKinney cite des « témoignages » – anonymes, cela va sans dire – selon lesquels l’armée américaine aurait profité de la confusion régnant durant l’ouragan Katrina pour assassiner d’une balle dans la tête pas moins de 5 000 prisonniers avant de se débarrasser de leurs cadavres dans un marais de Louisiane… Des propos qui portent un grave coup à la crédibilité du Green Party et expliquent, peut-être, le pourcentage dérisoire des suffrages qui se sont portés sur la candidature McKinney : 0,12%. Un score très inférieur à celui de Ralph Nader. Inférieur également aux scores des deux autres « petits » candidats, Bob Barr et Chuck Baldwin.

« Un peu de paranoïa ne peut pas nous faire de mal »

McKinney professe un internationalisme consistant, pour l’essentiel, à accuser le gouvernement de son pays et l’Etat d’Israël d’être à l’origine de tous les maux de la planète. A contrario, elle excelle à prendre la défense des régimes les plus liberticides, pourvus qu’ils « résistent à l’Empire ». Ainsi McKinney n’hésite-t-elle pas à chanter les louanges du régime de Robert Mugabe au Zimbabwe ou à exalter la « résistance » du Hamas et du Hezbollah. Concernant le génocide rwandais, l’ancienne membre du Congrès américain partage les thèses très controversées d’un Pierre Péan ou d’un Charles Onana, dont elle a préfacé, l’année dernière, un livre intitulé : Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise. Pour elle, « ce qui s’est passé au Rwanda n’est pas un génocide planifié par les Hutu. C’est un changement de régime. Un coup d’Etat terroriste perpétré par Kagame avec l’aide de forces étrangères ».

McKinney a également relayé sans scrupule la théorie du complot selon laquelle les Etats-Unis dissimulerait au monde l’existence d’immenses réserves de pétrole au large des côtes d’Haïti, une richesse qu’ils convoiteraient depuis des décennies, privant ainsi scandaleusement le peuple haïtien de ses ressources naturelles. Cette intox a été propagée sur internet à partir d’une interview de deux conférenciers haïtiens, Ginette et Daniel Mathurin . Sans surprise, McKinney s’appuie sur les prétendues « recherches » de ce couple de scientifiques – dont aucun n’a la moindre qualification en matière de prospection pétrolière – dans un article mis en ligne récemment sur le site du Green Party, et dont ReOpen911 a gracieusement assuré la traduction en français.

McKinney assume. « Les Afro-Américains ont toujours su, a-t-elle un jour répondu à un journaliste du mensuel de gauche The Progressive, qu’un petit peu de paranoïa ne pouvait pas nous faire de mal ». Se comparant souvent à Rosa Parks, Cynthia McKinney se voit elle-même en martyr de la liberté d’expression, en pasionaria de la Vérité : « J’aurai probablement des problèmes pour ce que je viens de vous dire ce soir, confie-t-elle un soir d’été de l’année 2003, devant un parterre de fidèles de l’Eglise baptiste abyssinienne de Harlem. Mais ce ne sera pas la première fois que j’aurai des problèmes pour avoir dit la vérité. Et je continuerai à dire la vérité. Comme je l’ai déjà dit auparavant, je ne m’assiérai pas et je ne me tairai pas ».

« Les sionistes ont réussi à me mettre à la porte du Congrès »

Dans son ouvrage A Culture of Conspiracy: Apocalyptic Visions in Contemporary America (University of California Press, 2003), le politologue Michael Barkun classe Cynthia McKinney parmi ces « rebelles de la politique » dont les outrances s’inscrivent dans une stratégie du dérapage n’ayant d’autre fin que de faire parler d’eux. En 2002, quelques mois après ses premières philippiques conspirationnistes sur le 11-Septembre, elle perd le siège qu’elle occupait à la Chambre des représentants depuis 1993 à l’occasion d’une primaire démocrate. La candidate malheureuse explique sa défaite par l’hostilité des « médias » à son encontre. Son père, l’ancien représentant Bill McKinney, qui est aussi le plus proche conseiller politique de Cynthia, fait valoir une toute autre interprétation : la veille du scrutin, interrogé sur l’un des soutiens de sa fille, il incrimine « les Juifs [qui] ont acheté tout le monde », avant d’épeler chacune des lettres du mot « Jews » pour s’assurer que chacun comprenne clairement ce qu’il est en train de dire. Une déclaration que Cynthia McKinney n’a jamais cru devoir désavouer.

Malaise au sein du Parti démocrate. D’autant plus palpable que quelques mois plus tôt, le porte-plume de Cynthia McKinney, Raeed Tayeh, l’auteur de la plupart de ses discours à l’époque, avait déclaré à la presse que « l’occupation israélienne [devait] finir, y compris au Congrès ». Une déclaration plus qu’ambigüe, qui s’ajoute à la réputation déjà sulfureuse de Cynthia McKinney : dès 1994, la deuxième année de son mandat à la Chambre des représentants, McKinney avait refusé, au nom de la liberté d’expression, de voter une résolution condamnant les propos haineux d’un ténor de la Nation of Islam, Khalid Abdul Muhammad. Peu après, elle était apparue aux côtés du chef de ce mouvement, le prédicateur antisémite Louis Farrakhan, lors d’une conférence organisée à l’Université Howard.

Les violentes diatribes anti-israéliennes dans lesquelles se lance Cynthia McKinney lui valent une popularité réelle au sein de la communauté arabo-musulmane américaine, particulièrement sensible à la cause palestinienne. En 2002, le Washington Post révèle ainsi que les trois-quarts des fonds levés par McKinney pour sa campagne proviennent de donateurs issus de la communauté musulmane ne résidant même pas dans le 4ème district de l’Etat de Géorgie dans lequel elle se présentait.

McKinney retrouve momentanément son siège de représentante de l’Etat de Géorgie en 2004 mais le perd à nouveau aux primaires démocrates d’août 2006, un scrutin marqué par la révélation de la présence, au sein de l’équipe chargée de sa sécurité et jusque dans son QG de campagne, de membres du New Black Panther Party, organisation suprématiste noir ouvertement antisémite dirigé par Malik Zulu Shabazz. Les New Black Panthers sont une formation dissidente du Black Panther Party historique. A l’heure actuelle, leur représentant en France n’est autre que Kémi Séba, le très médiatique fondateur de la Tribu Ka .

Pour McKinney, l’explication de cette seconde défaite tient en deux mots : « lobby sioniste ». Le 14 août dernier, lors d’un dîner organisé par le Council on American-Islamic Relations (CAIR), elle expliquait ainsi que le « le lobby sioniste dresse sa tête hideuse dans bien trop de facettes de la vie de ce pays, en particulier dans la vie politique » (sic) et que « les sionistes [avaient] réussi à [la] mettre à la porte du Congrès à deux reprises » (voir la vidéo).

Descente aux enfers

La mue de Cynthia McKinney s’est véritablement opérée au cours de ces dernières années. La décennie 2000-2010 l’a vu passer du respectable Parti démocrate – dont elle claqua la porte en 2007 – aux marges les plus nauséabondes de la scène politique américaine. Parallèlement à la fondation de son propre mouvement, « Dignity », sur le modèle de celui créé en Grande-Bretagne par son ami George Galloway, elle n’a eu de cesse de resserrer ses liens avec cette nébuleuse parfois qualifiée de « rouge-brune » où se croisent, se rencontrent et se mêlent militants pro-palestiniens radicaux, activistes islamistes, suprématistes noirs et racistes d’extrême droite.

Le Southern Poverty Law Center (SPLC) est l’une des organisation de défense des droits de l’homme les plus actives outre-Atlantique. Il publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité. A l’hiver 2009, il a consacré un article à Cynthia McKinney, soulignant ses flirts poussés avec le petit monde des négationnistes. L’ancienne élue démocrate a en effet fraternisé publiquement avec plusieurs figures notoires de l’antisémitisme contemporain. Parcourant le monde à l’invitation de l’ancien Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad , (« l’un de mes héros » écrit-elle à son propos sur le site du Green Party), elle a également fait l’éloge d’un livre de Matthias Chang sur la crise financière (voir ici ). Matthias Chang recycle ouvertement les écrits du propagandiste nazi américain Eustace Mullins et fût parmi les invités de la conférence négationniste organisée à Téhéran en 2006 à l’instigation du président Ahmadinejad. Cela ne semble pas ébranler McKinney. Tout comme elle n’est nullement gênée de se faire photographier bras dessus bras dessous en compagnie des négationnistes Michele Renouf (elle aussi présente à la conférence iranienne de 2006), Israël Shamir (de son vrai nom : Adam Ermash ; voir ici et ), ou encore du théoricien islamiste David Musa Pidcock (qu’elle affuble du petit nom affectueux de « My London friend »). Ce Britannique est le fondateur de l’Islamic Party of Britain. Son livre, Satanic Voices Ancient & Modern (1992), dénonce une conspiration séculaire impliquant la franc-maçonnerie, la famille Rockefeller, les grandes compagnies pétrolières, le Council on Foreign Relations (CFR), les Illuminati et les « Sionistes Lucifériens ».

Le 30 avril 2009, Cynthia McKinney passe pour la première fois dans une émission de radio diffusée sur internet animée par Ognir alias Noel Ryan. L’émission est consacrée obsessionnellement à la dénonciation des « Juifs sionistes ». Face à McKinney, Ognir explique que Rahm Emanuel, le chef des services administratifs de la Maison Blanche, a une « nationalité juive et une loyauté juive ». Il manipulerait même le président Obama à travers une grande conspiration sioniste internationale. Pendant l’interview, les « sionistes » sont accusés d’encourager le cannabis thérapeutique et le mariage gay dans le seul but d’« affaiblir » la société américaine, de la rendre moins résistante à leurs projets maléfiques. McKinney ne se démarque pas des propos d’Ognir, l’approuvant même lorsqu’il explique que les « sionistes » contrôlent la Maison Blanche et le Congrès et abondant dans son sens en expliquant que des espions « sionistes » ont infiltré sa propre campagne pour le Congrès. Pour McKinney, cette émission de radio n’est pas un dérapage. Elle y retourne un mois plus tard.

En juin 2009, McKinney continue sa descente aux enfers. Elle est reçue à trois reprises dans l’émission de radio de Daryl Bradford Smith (ici, et encore ). Elle le retrouve de nouveau le 14 janvier 2010, en compagnie d’Ognir cette fois-ci. Daryl Bradford Smith est un autre obsédé du complot juif. Son site web, où l’on trouve des interviews radio de David Pidcock, Israël Shamir et Eustace Mullins ainsi que les signatures de Christopher Bollyn et Eric Hufschmid (voir ici), fait la promotion des Protocoles des Sages de Sion – le célèbre faux antisémite –, du Juif International d’Henry Ford, ou encore de La Synagogue de Satan d’Andrew Carrington Hitchcock. On y trouve même des raretés comme la traduction d’un livre publié dans l’Allemagne hitlérienne sur la pratique du meurtre rituel chez les juifs ou encore un ouvrage de Leslie Fry intitulé La Guerre contre la Royauté du Christ, présentant le communisme comme un « complot judéo-bolchevique contre la Chrétienté »… Bref, la bibliothèque du parfait petit nazillon. La page d’accueil du site est bandée dans toute sa largeur par une phrase en majuscule indiquant : « LE MONDE DOIT DECLARER LA GUERRE A L’ETAT D’ISRAEL ! ».

L’interview avec McKinney prend un tour stupéfiant lorsque Daryl Bradford Smith suggère avec insistance que le Mossad est derrière les attentats du 11-Septembre et se met à citer plusieurs noms juifs – parmi lesquels ceux de Larry Silverstein (le propriétaire des immeubles du World Trade Centrer) et de Ari Fleischer (ancien porte-parole de la Maison Blanche sous Georges W. Bush) – avant de déclarer : « Tous ces gens, en fait, sont une cinquième colonne qui a envahi la structure de contrôle de notre gouvernement. Et ils sont fortement impliqués au Congrès, ils ont un contrôle complet de l’exécutif. Maintenant, comment est-ce que nous pouvons faire pour nous libérer de l’emprise de ce genre de gang criminel ? » Et Cynthia McKinney de répondre : « Eh bien… les gens doivent se lever ! L’une des choses que vous avez dite, je dois le dire, j’ai entendu un discours extraordinaire donné par Lord Levy, qui est, je crois, à la Chambre des Lords britannique. Et le langage qu’il a utilisé était absolument incroyable ! En gros, il a dit que seulement 3% des Israéliens ont voté pour la paix… il a parlé d’Israël comme d’un Etat indéfendable… En étant aux Etats-Unis, nous n’entendons jamais ce genre de discours. C’était un membre juif de la Chambre des Lords qui disait cela ».

« Je ne suis pas une conspirationniste ». C’est ce que Cynthia McKinney a déclaré devant la caméra de John-Paul Lepers lors de son dernier séjour parisien. McKinney est l’une des personnalités phares du 9/11 Truth Movement ; elle fréquente des antisémites notoires qui pensent que tous les maux de ce monde prennent leur source dans une vaste conspiration judéo-maçonnique ourdie depuis des siècles ; elle explique ses échecs électoraux par le pouvoir « impitoyable » du « lobby sioniste » ; elle considère que Barack Obama aspire à « créer un Etat policier » aux Etats-Unis (lire sa dernière déclaration)… Mais n’allez surtout pas dire à Cynthia McKinney qu’elle est une conspirationniste : elle croira que vous faites partie d’un complot visant à la discréditer.

Voir aussi:

Le rôle d’Israël dans les événements du 11 Septembre 2001 — qui déterminent le 21ème siècle — fait l’objet d’âpres controverses, ou plutôt d’un véritable tabou au sein même du « Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » (9/11 Truth Movement) provoquant la mise à l’écart de l’homme par qui le scandale arriva, Thierry Meyssan. La plupart des associations militantes, mobilisées derrière le slogan « 9/11 was an Inside Job » (Le 11-Septembre était une opération intérieure), restent discrètes sur les pièces à conviction mettant en cause les services secrets de l’État hébreux. Laurent Guyénot fait le point sur quelques données aussi incontestables que méconnues, et analyse les mécanismes du déni.

28 juin 2013

Tandis que le rôle d’Israël dans la déstabilisation du monde post-11-Septembre devient de plus en plus évident, l’idée qu’une faction de likoudniks, aidés par leurs alliés infiltrés dans l’appareil d’Etat US, sont responsables de l’opération sous fausse bannière du 11-Septembre devient plus difficile à refouler, et quelques personnalités ont le courage de l’énoncer publiquement. Francesco Cossiga, président d’Italie entre 1985 et 1992, déclara le 30 novembre 2007 au quotidien Corriere della Sera  : « On nous fait croire que Ben Laden aurait avoué l’attaque du 11 septembre 2001 sur les deux tours à New York — alors qu’en fait les services secrets américains et européens savent parfaitement que cette attaque désastreuse fut planifiée et exécutée par la CIA et le Mossad, dans le but d’accuser les pays arabes de terrorisme et de pouvoir ainsi attaquer l’Irak et l’Afghanistan [1]. » Alan Sabrosky, ancien professeur du U.S. Army War College et à la U.S. Military Academy, n’hésite pas à clamer sa conviction que le 11-Septembre est « une opération classiquement orchestrée par le Mossad » réalisée avec des complicités au sein du gouvernement états-unien, et sa voix est relayée avec force par quelques sites de vétérans de l’armée U.S., dégoutés par les guerres ignobles qu’on leur a fait faire au nom du mensonge du 11-Septembre ou de celui des armes de destruction massives de Saddam Hussein [2].

Les arguments en faveur de l’hypothèse du Mossad ne tiennent pas seulement à la réputation du service secret le plus puissant du monde, qu’un rapport de la U.S. Army School for Advanced Military Studies (cité par le Washington Times la veille du 11-Septembre), décrit comme : « Sournois. impitoyabe et rusé. Capable de commettre une attaque sur les forces américaines et de les déguiser en un acte commis par les Palestiniens/Arabes [3]. » L’implication du Mossad, associé à d’autres unités d’élite israéliennes, est rendue évidente par un certain nombre de faits peu connus.

Le livre électronique de Hicham Hamza, Israël et le 11-Septembre : le Grand Tabou (2013) réunit l’ensemble du dossier à charge d’Israël, avec une rigueur irréprochable et l’ensemble des sources aisément accessibles.

Les Israéliens dansants

Sait-on par exemple que les seules personnes arrêtées le jour même et en relation avec les attaques terroristes du 11-Septembre sont des Israéliens [4] ? L’information a été rapportée dès le lendemain par le journaliste Paulo Lima dans The Record, quotidien du comté de Bergen dans le New Jersey, d’après des sources policières. Immédiatement après le premier impact sur la tour Nord, trois individus furent aperçus par divers témoins sur le toit d’un van stationné à Liberty State Park dans Jersey City, « en train d’exulter » (celebrating), de « sauter de joie » (jumping up and down), et de se photographier avec les tours jumelles en arrière-plan. Ils déplacèrent ensuite leur van sur un autre parking de Jersey City, où d’autres témoins les virent se livrer aux mêmes réjouissances ostentatoires. La police émit aussitôt une alerte BOLO (be-on-the-look-out) : « Véhicule possiblement lié à l’attaque terroriste de New York. Van blanc Chevrolet 2000 avec une plaque du New Jersey et un signe ‘Urban Moving Systems’ à l’arrière, a été vu au Liberty State Park, Jersey City, NJ, au moment du premier impact d’avion de ligne dans le World Trade Center. Trois individus avec le van ont été vus se réjouissant après l’impact initial et l’explosion qui s’en suivit [5]. » Le van fut intercepté par la police quelques heures plus tard, avec à son bord cinq jeunes Israéliens : Sivan et Paul Kurzberg, Yaron Shmuel, Oded Ellner et Omer Marmari. Contraint physiquement de sortir du véhicule et plaqué à terre, le conducteur, Sivan Kurzberg, lança cette phrase étrange : « On est Israéliens. On n’est pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Les Palestiniens sont le problème [6]. » Les sources policières qui informèrent Paulo Lima étaient convaincues de l’implication de ces Israéliens dans les attentats de la matinée : « Il y avait des cartes de la ville dans le van avec certains points surlignés. On aurait dit qu’ils étaient au courant, […] qu’ils savaient ce qui allait se passer lorsqu’ils étaient à Liberty State Park [7]. » On trouva également sur eux des passeports de nationalités diverses, près de 6 000 dollars en espèces et des billets d’avion open pour l’étranger. Les frères Kurzberg furent formellement identifiés comme agents du Mossad. Les cinq Israéliens travaillaient officiellement pour une compagnie de déménagement nommée Urban Moving Systems, dont les employés étaient majoritairement israéliens. « J’étais en pleurs. Ces types blaguaient et ça me perturbait [8], » révéla au Record un des rares employés non-israéliens. Le 14 septembre, après avoir reçu la visite de la police, le propriétaire de l’entreprise, Dominik Otto Suter, quittait le pays pour Tel-Aviv.

L’information divulguée par le Record, confirmée par le rapport de police, a été reprise par des sites d’investigation comme le Wayne Madsen Report (14 septembre 2005) et Counterpunch (7 février 2007). Elle fut aussi rapportée dans quelques grands médias comme mais d’une façon qui minimisait sa portée : le New York Times (21 novembre 2001) omettait de préciser la nationalité des individus, tout comme Fox News et l’agence Associated Press. Le Washington Post (23 novembre 2001) disait bien qu’ils étaient Israéliens, mais passa sous silence leur apparente préconnaissance de l’événement. En revanche, The Forward (15 mars 2002), magazine de la communauté juive new-yorkaise, révéla, d’après une source anonyme du renseignement états-unien, qu’Urban Moving Systems était une antenne sous couverture du Mossad (ce qui ne l’empécha pas de bénéficier d’un prêt fédéral de 498 750 dollars, comme le révèlent les archives du fisc [9].

Le FBI diligenta sur cette affaire une enquête consignée dans un rapport de 579 pages, partiellement déclassifié en 2005 (il le sera totalement en 2035). Le journaliste indépendant Hicham Hamza a analysé ce rapport en détail dans son livre : Israël et le le 11-Septembre : le Grand Tabou. Il en ressort plusieurs éléments accablants. Tout d’abord, les photos prises par ces jeunes Israéliens les montrent effectivement dans des attitudes de célébration devant la tour Nord en feu : « Ils souriaient, ils s’embrassaient et ils se tappaient mutuellement dans les mains. » Pour expliquer cette attitude, les intéressés dirent qu’ils s’étaient simplement réjoui « que les États-Unis auraient maintenant à prendre des mesures pour arrêter le terrorisme dans le monde » (alors que, à ce point, une majorité de gens pensait à un accident plutôt qu’à un acte terroriste). Plus grâve, un témoin au moins les a vus positionnés dès 8 heures, soit avant qu’un avion ne percute la première tour, tandis que d’autres certifient qu’ils prenaient déjà des photos cinq minutes après, ce que confirment leurs photos. Un ancien employé confirma au FBI l’ambiance fanatiquement pro-israélienne et anti-américaine qui régnait dans l’entreprise, prêtant même à son directeur Dominik Otto Suter ces paroles : « Donnez-nous vingt ans et nous nous emparerons de vos médias et détruirons votre pays. » Les cinq Israéliens arrêtés étaient en contact avec une autre entreprise de déménagement dénommée Classic International Movers, dont quatre employés avaient été interrogés indépendamment pour leur liens avec les dix-neufs pirates de l’air présumés. L’un d’eux avait téléphoné à « un individu en Amérique du Sud possédant des liens authentiques avec les militants islamiques au Moyen Orient. » Enfin, « un chien renifleur donna un résultat positif pour la présence de traces d’explosifs dans le véhicule [10]. »

Comme le remarque Hamza, la conclusion du rapport laisse sonjeur : le FBI informe la police locale, qui détient les suspects, « que le FBI n’a plus aucun intérêt à enquêter sur les détenus et qu’il convient d’entamer les procédures d’immigration appropriées [11]. » Une lettre du Service fédéral de l’immigration et de la naturalisation prouve qu’en fait la direction du FBI avait recommandé la clôture de l’enquête dès le 24 septembre 2001. Les cinq Israéliens passèrent cependant 71 jours dans une prison de Brooklyn, au cours desquels ils refusèrent puis échouèrent plusieurs fois au détecteur de mensonge. Puis ils furent rapatriés sous la simple charge de visa violations.

Omer Marmari, Oded Ellner et Yaron Shmuel, trois des cinq « Israéliens dansants », sont invités à témoigner dans une émission israélienne dès leur retour en novembre 2001. Niant être membres du Mossad, l’un d’eux déclara candidement : « Notre but était d’enregistrer l’événement. »

On doit, pour finir, évoquer un détail essentiel de cette affaire, qui apporte peut-être une explication supplémentaire au comportement exhubérant de ces jeunes Isréaliens : certains témoins précisent, dans leurs appels à la police, que les individus se réjouissant sur le toit de leur van semblaient « arabes » ou « Palestiniens ». En particulier, peu après l’effondrement des tours, un appel anonyme à la police de Jersey City, rapporté le jour même par NBC News, signale « un van blanc, avec deux ou trois types à l’intérieur, ils ressemblent à des Palestiniens et ils tournent autour d’un bâtiment » ; l’un d’eux « mélange des choses et il a cet uniforme ‘sheikh’. […] Il est habillé comme un arabe [12]. » Tout porte à croire que ces individus étaient précisément les cinq Israéliens arrêtés plus tard. Deux hypothèses viennent à l’esprit : ou bien nos faux déménageurs se sont effectivement livrés à une mise en scène pour apparaître comme arabes/Palestiniens, ou bien le ou les témoins les ayant décrits comme tels étaient des complices. Dans un cas comme dans l’autre, il ressort que leur but était d’initier la rumeur médiatique qu’on avait repéré des musulmans qui non seulement se réjouissaient des attentats, mais en avaient préconnaissance. L’information fut effectivement diffusée sur certaines radios dès midi, et sur NBC News dans l’après-midi. Je penche personnellement pour la seconde hypothèse (les informateurs complices plutôt que de vrais déguisement arabes), car le rapport de police ne signale pas de vêtement exotique trouvé dans le van, mais surtout parce que l’informateur cité plus haut, qui insiste sur ce détail vestimentaire, semble avoir voulu induire en erreur la police sur la localisation exacte du van ; ce dernier ne fut intercepté que parce que la police, au lieu de se contenter de cette localisation, barra tous les ponts et souterrains entre New Jersey et New York. Mais l’important est ceci : Si les Israéliens n’avaient pas été interpelés en fin d’après-midi, l’histoire aurait probablement fait la une des journaux sous le titre : The Dancing Arabs. Au lieu de ça, elle fut totalement étouffée et ne circula que confidentiellement, sous le titre the dancing Israelis, ou the highfivers.

Ehud Barak, ancien chef du Renseignement militaire israélien (Sayeret Matkal), était premier ministre de juillet 1999 à mars 2001. Remplacé par Ariel Sharon, il s’installe aux États-Unis comme conseiller pour Electronic Data Systems et pour SCP Partners, une compagnie écran du Mossad spécialisée dans les questions de sécurité qui, avec ses partenaires Metallurg Holdings et Advanced Metallurgical, avait la capacité de produire de la nano-thermite. SCP Partners disposait d’un bureau à moins de dix kilomètres d’Urban Moving Systems. Une heure après la désintégration des tours, Ehud Barak est sur le plateau de BBC World pour désigner Ben Laden comme principal suspect(Bollyn, Solving 9-11, p. 278-280).

200 espions experts en explosifs

Peu de gens, même parmi les 9/11 Truthers, connaissent cette histoire d’ « Israéliens dansants » (on attend toujours, par exemple, que l’association Reopen 9/11 en parle sur son site francophone, pourtant très pointus sur tous les autres aspects du dossier). Peu de gens également savent qu’à la date des attentats, les polices fédérales US étaient occupées à démanteler le plus vaste réseau d’espionnage israélien jamais identifié sur le sol états-unien. En mars 2001, le National CounterIntelligence Center (NCIC) avait posté ce message sur son site web : « Durant les dernières six semaines, des employés des bureaux fédéraux situés dans tout les États-Unis ont signalé des activitées suspectes liées à des individus se présentant comme des étudiants étrangers vendant ou livrant des œuvres d’art. » Le NCIC précise que ces individus, de nationalité israélienne, « se sont également rendus aux domiciles privés d’officiers fédéraux sous le prétexte de vendre des objets artistiques [13]. »

Puis dans l’été, la Drug Enforcement Agency (DEA), après avoir été visée par un grand nombre d’incidents de ce type, compila un rapport qui sera révélé au public par le Washington Post le 23 novembre 2001, puis dans Le Monde le 14 mars 2002, avant d’être rendu entièrement accessible par le magazine français Intelligence Online. Ce rapport liste 140 Israéliens appréhendés depuis mars 2001. Âgés entre 20 et 30 ans et organisés en équipes de 4 à 8 membres, ils ont visité au moins « 36 sites sensibles du Département de la Défense ». Nombres d’entre eux furent identifiés comme membres du Mossad ou du Aman (renseignement militaire israélien), et six étaient en possession de téléphones payés par un ancien vice-consul israélien. Soixante arrestations eurent encore lieu après le 11-Septembre, ce qui porte à 200 le nombre d’espions Israéliens arrêtés. Tous furent finalement relâchés.

Michael Chertoff, citoyen israélien, fils d’un rabbin orthodoxe et d’une pionnière du Mossad, dirigeait la Criminal Division du Department of Justice en 2001, et fut à ce titre responsable de la rétention et destruction de toutes les preuves concernant le 11-Septembre — des caméras du Pentagone aux poutres du World Trade Center. C’est à lui également que les « Israéliens dansants » doivent leur discret rapatriement. En 2003, il fut nommé à la tête du nouveau Department of Homeland Security, chargé du contre-terrorisme sur le territoire états-unien, ce qui lui permet de contrôler la dissidence tout en continuant à restreindre l’accès au dossier du 11-Septembre à travers la loi Sensitive Security Information.

Le rapport de la DEA conclut que « la nature des comportements des individus […] nous conduit à penser que les incidents constituent peut-être une activité de collecte de renseignement [14]. » Mais la nature des renseignements collectés reste inconnue. Il se pourrait qu’en fait l’espionnage n’ait été qu’une couverture secondaire — un sous-vêtement — de ces Israeli art students, si l’on considère les formations militaires reçues par certains comme demolition/explosive ordnance expert, combat engineer, bomb disposal expert, electronic signal intercept operator, selon la DEA. L’un des agents arrêtés, Peer Segalovitz, « a reconnu qu’il était capable de faire exploser des bâtiments, des ponts, des voitures, et tout ce qu’il voulait [15]. » Pourquoi ces agents israéliens auraient-ils fait diversion sur leur véritable mission par une campagne d’espionnage aussi ostentatoire qu’improductive, curieusement concentrée sur la Drug Enforcement Agency ? La réponse à cette question est suggérée par un lien troublant, de nature géographique, entre ce réseau et les attentats du 11-Septembre.

Selon le rapport de la DEA, « La localité d’Hollywood en Floride semble être le point focal de ces individus [16]. » En effet, plus d’une trentaine des faux étudiants-espions israéliens arrêtés peu avant le 11 septembre vivaient dans ou près de la ville d’Hollywood en Floride, où s’étaient précisément regroupés 15 des 19 prétendus pirates de l’air islamistes (9 à Hollywood même, 6 à proximité). L’un d’eux, Hanan Serfaty, par qui transita au moins 100 000 dollars en trois mois, avait loué deux appartements à Hollywood à proximité immédiate de l’appartement et de la boite postale loués par Mohamed Atta, qu’on nous présentera comme le chef de la bande des pirates de l’air. Quels étaient les rapports entre les « espions israéliens » et les « terroristes islamistes » ? Selon l’explication embarrassée des médias alignés, les premiers ne faisaient que surveiller les seconds. Écoutons par exemple David Pujadas introduisant l’article d’Intelligence Online au journal télévisé du 5 mars 2002 sur France 2 : « Toujours à propos d’Israël, mais concernant l’Afghanistan maintenant, cette affaire d’espionnage, qui sème le trouble : un réseau israélien a été démantelé aux États-Unis, notamment en Floride : l’une de ses missions aurait été de pister les hommes d’Al-Qaïda (c’était avant le 11 septembre). Certaines sources vont même plus loin : elles indiquent que le Mossad n’aurait pas livré toutes les informations en sa possession. » Cette explication euphémique est un bel exemple de damage control. Israël en ressort à peine entachée, puisqu’on ne peut raisonnablement blâmer un service d’espionnage de ne pas partager ses informations. Tout au plus Israël pourra-t-il être accusé d’avoir « laissé faire », ce qui lui garantit l’impunité. Ainsi s’explique, à mon avis, la sous-couverture d’espions des faux étudiants israéliens, en réalité experts en attentats sous fausse bannière. En fait, leur couverture volontairement grossière d’étudiants était faite pour attirer l’attention sur leur couverture secondaire, celle d’espions, qui servirait d’alibi à leur proximité avec les pirates supposés.

Pourquoi Pujadas (propulsé au journal télévisé de France 2 tout juste une semaine avant le 11-Septembre) évoque-t-il l’Afghanistan, qui n’a aucun rapport avec l’information qu’il introduit ? Le lapsus ne peut être que volontaire et illustre « le grand tabou » dont parle Hicham Hamza : ne jamais mentionner le 11-Septembre et Israël dans la même phrase.

La vérité est probablement qu’ils n’espionnaient pas ces pirates, mais qu’ils les manipulaient, les finançaient, et probablement les ont éliminés peu avant le 11-Septembre. Un article du New York Times du 18 février 2009 a établi qu’Ali al-Jarrah, cousin d’un pirate présumé du vol UA93, Ziad al-Jarrah, avait été pendant 25 ans espion pour le Mossad, infiltré dans la résistance palestinienne et dans le Hezbollah depuis 1983. Il est actuellement en prison au Liban. Rappelons également que le Mohamed Atta de Floride était un faux. Le vrai Mohamed Atta, qui téléphona à son père au lendemain des attentats (comme ce dernier le confirma au magazine allemand Bild am Sonntag fin 2002), est décrit par sa famille comme réservé, pieux, évitant les femmes et ayant la phobie des avions. Il s’était fait voler son passeport en 1999 alors qu’il étudiait l’architecture à Hambourg. Le faux Mohamed Atta de Floride vivait avec une strip-teaseuse, mangeait du porc, aimait les voitures rapides, les casinos et la cocaïne. Comme l’a rapporté le South Florida Sun-Sentinel dès le 16 septembre (sous le titre « Suspects’ Actions Don’t Add Up » (« Les comportements des suspects ne collent pas »), suivi par de nombreux quotidiens nationaux, ce Atta s’est saoulé, drogué et a payé les services de plusieurs prostituées dans les semaines et les jours précédant le 11-Septembre, et quatre autres des terroristes suicidaires ont eu des comportements similaires peu compatibles avec des islamistes se préparant à la mort [17].

Le réseau new-yorkais

Selon l’agent renégat Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad tire son efficacité de son réseau international de sayanim (« collaborateurs »), terme hébreu désignant des juifs vivant hors d’Israël et prêts à accomplir sur demande des actions illégales, sans nécessairement connaître leur finalité. Ils se comptent par milliers aux États-Unis, et particulièrement à New York, où se concentre la communauté juive US. Larry Silverstein, titulaire du bail des tours jumelles depuis avril 2001, apparaît comme l’archétype du sayan du 11-Septembre. Il est membre dirigeant de la United Jewish Appeal Federation of Jewish Philanthropies of New York, le plus grand leveur de fonds américains pour Israël (après l’État US, qui verse chaque année trois milliards d’aide à Israël). Silverstein était aussi, au moment des attentats, l’ami intime d’Ariel Sharon et de Benjamin Netanyahou, avec qui il est en conversation téléphonique chaque dimanche, selon le journal israélien Haaretz. Le partenaire de Silverstein dans le bail du WTC était, pour le centre commercial du sous-sol, Frank Lowy, un autre « philanthrope » sioniste proche d’Ehud Barak et Ehud Olmert, ancien membre de la Haganah. Le chef de la New York Port Authority, qui privatisa le WTC en concédant le bail à Silverstein et Lowy, était Lewis Eisenberg, également membre de la United Jewish Appeal Federation et ancien vice-président de l’AIPAC. Silverstein, Lowy et Eisenberg furent sans aucun doute trois hommes clés dans la planification des attentats contre les tours jumelles.

Lucky Larry ! Chaque matin, sans exception, Larry Silverstein prenait son petit-déjeuner au Windows on the World au sommet de la tour Nord du WTC. Jusqu’au matin du 11 septembre, où il avait rendez-vous chez le dermatologue.

D’autres membres du réseau new-yorkais peuvent être identifiés. Selon le rapport du NIST, le Boeing qui s’encastra dans la tour Nord « a fait une entaille de plus de la moitié de la largeur du bâtiment et qui s’étendait du 93ème au 99ème étage. Tous ces étages étaient occupés par Marsh & McLennan, une compagnie d’assurance internationale qui occupait également le 100ème étage [18]. » Le PDG de Marsh & McLennan est alors Jeffrey Greenberg, membre d’une richissime famille juive qui contribua massivement à la campagne de George W. Bush. Les Greenberg étaient aussi les assureurs des tours jumelles et, le 24 juillet 2001, ils avaient pris la précaution de réassurer leur contrat auprès de concurrents, qui durent indemniser Silverstein et Lowy. Et comme le monde des néoconservateurs est petit, en novembre 2000, le conseil d’administration de Marsh & McLennan accueille Paul Bremer, président de la National Commission on Terrorism au moment des attentats, et nommé en 2003 à la la tête de la Coalition Provisional Authority (CPA) en 2003

Paul Bremer intervient le 11 septembre 2001 sur le plateau de NBC, calme et détendu, tandis que 400 employés de sa compagnie sont portés disparus (au final, 295 employés et plus de 60 collaborateurs du groupe seront officiellement dénombrés parmi les victimes).

Des complicités devront aussi être cherchées dans les aéroports et les compagnies aériennes impliquées dans les attentats. Les deux aéroports d’où sont partis les vols AA11, UA175 et UA93 (l’aéroport Logan à Boston et l’aéroport Newark Liberty près de New York) sous-traitaient leur sécurité à la compagnie International Consultants on Targeted Security (ICTS), une firme à capital israélien présidée par Menahem Atzmon, un des trésoriers du Likoud. Une enquête approfondie permettrait certainement de remonter à d’autres complicités. Elle devrait par exemple s’intéresser à Zim Israel Navigational, un géant du transport maritime détenu à 48 % par l’État hébreu (connu pour servir occasionnellement de couverture aux services secrets israéliens), dont l’antenne états-unienne quitta ses bureaux du WTC avec ses 200 employés le 4 septembre 2001, une semaine avant les attentats — « comme par un acte de Dieu [19] », commente le PDG Shaul Cohen-Mintz.

It’s the oil, stupid !

Tous ces faits donnent un sens nouveau aux propos du membre de la Commission sur le 11-Septembre Bob Graham, qui citait dans son interview à PBS en décembre 2002, « des preuves que des gouvernements étrangers ont contribué à faciliter les activités d’au moins certains des terroristes aux États-Unis [20]. » Graham, bien sûr, voulait parler de l’Arabie saoudite. Pourquoi la famille Saoud aurait-elle aidé Oussama Ben Laden, après l’avoir déchu de sa nationalité saoudienne et avoir mis sa tête à prix pour ses attentats sur leur sol ? La réponse de Graham, formulée en juillet 2011, est : « la menace de soulèvements sociaux contre la monarchie, conduits par Al-Qaïda [21]. » Les Saoud auraient aidé Ben Laden sous sa menace de fomenter une révolution. Cette théorie ridicule (que Graham, à court d’argument, développa dans un roman) [22] n’a qu’un seul but : détourner les soupçons loin du seul « gouvernement étranger » dont les liens avec les terroristes présumés sont démontrés, Israël, vers son ennemi l’Arabie Saoudite. On sourit pareillement en lisant, dans le résumé du livre La Guerre d’après (2003) de l’anti-saoudien Laurent Murawiec, que « Le pouvoir royal [saoudien] a réussi au fil des ans à infiltrer des agents d’influence au plus haut niveau de l’administration américaine et à organiser un efficace lobby intellectuel qui contrôle désormais plusieurs universités du pays parmi les plus prestigieuses [23]. »

En affirmant en outre que la piste saoudienne a été étouffée en raison de l’amitié entre les Bush et les Saoud, Graham et ses amis néconservateurs se servent de George W. Bush comme fusible ou paratonnerre. La stratégie paye, puisque le 9/11 Truth movement, dans son ensemble, s’acharne contre lui et renacle à prononcer le nom d’Israël. On reconnaît l’art de Machiavel : faire accomplir le sale boulot par un autre, puis diriger la vindicte populaire contre lui.

Comme je l’ai montré ailleurs, une dénomination plus appropriée pour les « néo-conservateurs » serait « machiavelo-sionistes ». Michael Ledeen en donne la preuve dans un article de la {Jewish World Review} du 7 juin 1999, où il défend la thèse que Machiavel était « secrètement juif » comme l’étaient à l’époque des milliers de familles nominalement converties au catholicisme sous menace d’expulsion (principalement les Marranes issus de la péninsule ibérique). « Écoutez sa philosophie politique et vous entendrez la musique juive » Par définition, le machiavélisme avance masqué par un discours vertueux (c.a.d. droit-de-l’hommiste), mais un nombre croissant de sionistes s’en réclament ouvertement : un autre exemple avec le livre d’Obadiah Shoher, « Samson Blinded : A Machiavellian Perspective on the Middle East Conflict ».

Le jour où, sous la pression de l’opinion publique, les grands médias seront forcés d’abandonner la thèse officielle, le mouvement constestataire aura déjà été soigneusement infiltré, et le slogan 9/11 is an inside job aura préparé les esprits à un déchaînement contre Bush, Cheney et quelques autres, tandis que les néonconservateurs resteront hors d’atteinte de toute Justice. Et si, par malheur, le jour du grand déballage, les médias sionisés ne parvenaient pas à maintenir Israël hors d’atteinte, l’État hébreu pourra toujours jouer la carte chomskienne : America made me do it. Noam Chomsky [24], qui campe à l’extrême gauche depuis que le trotskiste Irving Kristol virait à l’extrême droite pour former le mouvement néoconservateur, continue en effet d’asséner sans relâche la thèse éculée qu’Israël ne fait qu’exécuter la volonté des États-Unis, dont elle ne serait que le 51ème État et le gendarme au Proche-Orient.

Selon Chomsky et les figures médiatisées de la gauche radicale états-unienne comme Michael Moore, la déstabilisation du Proche-Orient serait la volonté de Washington avant d’être celle de Tel-Aviv. La guerre d’Irak ? Pour le pétrole évidemment : « Bien sûr que c’était les ressources énergétiques de l’Irak. La question ne se pose même pas [25]. » Signe des temps, voilà Chomsky rejoint dans ce refrain par Alan Greenspan, directeur de la Réserve Fédérale, qui dans son livre Le Temps des turbulences (2007) fait mine de concéder « ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région ».

« Je crois personnellement qu’il y a une relation profonde entre les événements du 11-Septembre et le pic pétrolier, mais ce n’est pas quelque-chose que je peux prouver, » énonce déjà Richard Heinberg, spécialiste de la déplétion énergétique, dans le documentaire {Oil, Smoke and Mirrors}{.} Autant dire que la thèse relève de la foi irrationnelle.

À cela il faut répondre, avec James Petras (Zionism, Militarism and the Decline of US Power), Stephen Sniegoski (The Transparent Cabal) ou Jonathan Cook (Israel and the Clash of Civilizations) : « Big Oil non seulement n’a pas encouragé l’invasion, mais n’a même pas réussi à contrôler un seul puits de pétrole, malgré la présence de 160 000 soldats états-uniens, 127 000 mercenaires payés par le Pentagone et le Département d’ État, et un gouvernement fantoche corrompu [26] ». Non, le pétrole n’explique pas la guerre en Irak, pas plus qu’il n’explique la guerre en Afghanistan, pas plus qu’il n’explique l’agression de la Syrie par mercenaires interposés, pas plus qu’il n’explique la guerre programmée contre l’Iran. Et ce n’est certainement pas le lobby du pétrole qui a le pouvoir d’imposer le « grand tabou » sur toute la sphère médiatique (de Marianne aux Échos, pour ce qui concerne la France).

La culture israélienne de la terreur sous fausse bannière

Un petit rappel s’impose ici, pour mieux situer le 11-Septembre dans l’histoire. Les Etats-uniens ont une longue pratique dans la fabrication des faux prétextes de guerre. On pourrait remonter à 1845 avec la guerre expansionniste contre le Mexique, déclenchée par des provocations américaines sur la zone contestée de la frontière avec le Texas (la rivière Nueces selon le Mexique, le Rio Grande selon les Texans) jusqu’à ce que des affrontements donnent au président James Polk (un Texan) l’occasion de déclarer que les Mexicains « ont versé le sang américain sur le sol américain. » Après la guerre, un député du nom d’Abraham Lincoln fit reconnaître par le Congrès le caractère mensonger de ce casus belli. Par la suite, toutes les guerres entreprises par les États-Unis l’ont été sous de faux prétextes : l’explosion du USS Maine pour la guerre contre l’Espagne à Cuba, le torpillage du Lusitania pour l’entrée dans la Première Guerre mondiale, Pearl Harbor pour la seconde, et le Golfe du Tonkin pour l’embrasement du Nord-Vietnam. Cependant, seule l’explosion du USS Maine, qui fit peu de morts, relève à proprement parler du stratagème de fausse bannière  ; encore n’est-ce pas certain.

Le paquebot transatlantique {RMS Lusitania} fut torpillé le 7 mai 1915 par les Allemands, alors qu’il naviguait dans une zone de guerre. C’est par le slogan {Remember the Lusitania} que le président Woodrow Wilson mobilisa ensuite l’opinion US en faveur de l’entrée en guerre. Le fait qu’une seule torpille ait suffi à couler le navire en quinze minutes suscite des questions. Dans son journal, le colonel Mendel Edward House, conseiller de Wilson, rapporte une conversation qu’il eut peu avant avec le ministre des Affaires étrangères britannique Edward Grey (qui deviendra en 1919 ambassadeur aux États-Unis). « Que feraient les Américains si les Allemands coulait un transatlantique avec des passagers américains à bord ? » demanda Grey. House lui répondit : « Je pense qu’un feu d’indignation balaierait les États-Unis et que cela suffirait à nous entraîner dans la guerre »

En revanche, c’est un fait qu’Israël a un passé chargé et une grande expertise des attaques et attentats sous faux drapeaux. Une histoire mondiale de ce stratagème devrait sans doute consacrer la moitié de ses pages à Israël, pourtant la plus jeune des nations modernes. Le pli a été pris avant même la création d’Israël, avec l’attentat du King David Hotel, quartier-général des autorités britanniques à Jérusalem. Le 22 juillet 1946 au matin, six terroristes de l’Irgun (la milice terroriste commandée par Menahem Begin, futur premier ministre) habillés en Arabes pénètrent dans le bâtiment et déposent autour du pillier central du bâtiment 225 kg d’explosif TNT cachés dans des bidons de lait, tandis que d’autres miliciens de l’Irgun répandent des explosifs le long des routes d’accès à l’hôtel pour empêcher l’arrivée des secours. Quand un officier britannique se montre suspicieux, une fusillade éclate dans l’hôtel et les membres du commando s’enfuient en allumant les explosifs. L’explosion tua 91 personnes, majoritairement des Britanniques, mais aussi 15 juifs.

Le stratagème fut répété en Égypte durant l’été 1954, avec l’Opération Susannah, dont le but était de compromettre le retrait des Britanniques du Canal de Suez exigé par le colonel Abdul Gamal Nasser avec le soutien du président Eisenhower. Cette opération fut également éventée et reste connu comme « l’Affaire Lavon », du nom du ministre israélien qui fut porté responsable. La plus célèbre et la plus calamiteuse des attaques israéliennes sous fausse bannière est celle du navire américain de la NSA USS Liberty, le 8 juin 1967 au large de l’Égypte, deux jours avant la fin de guerre des Six Jours ; on y voit déjà à l’œuvre une collaboration profonde entre Israël et les USA, l’administration Johnson ayant couvert et peut-être même incité ce crime contre ses propres ingénieurs et soldats. J’ai évoqué ces deux affaires dans un précédent article et n’y reviens pas [27].

En 1986, le Mossad a tenté de faire croire qu’une série d’ordres terroristes était transmise depuis la Libye à diverses ambassades libyennes dans le monde. Selon l’ancien agent Victor Ostrovsky (By Way of Deception, 1990), le Mossad utilisa un système spécial de communication nommé « Cheval de Troie » implanté par des commandos à l’intérieur du territoire ennemi. Le système agit comme station relais pour de fausses transmissions émises depuis un navire israélien et réémises instantanément sur une fréquence utilisée par l’État libyen. Ainsi que le Mossad l’avait espéré, la NSA capta et déchiffra les transmissions, qui furent interprétées comme une preuve que les Libyens soutenaient le terrorisme, ce que des rapports du Mossad venaient opportunément confirmer. Israël comptait sur la promesse de Reagan de représailles contre tout pays surpris en flagrant délit de soutien au terrorisme. Les États-uniens tombèrent dans le piège et entraînèrent avec eux les Britanniques et les Allemands : le 14 avril 1986, cent soixante avions US lâchèrent plus de soixante tonnes de bombes sur la Libye, ciblant principalement les aéroports et les bases militaires. Parmi les victimes civiles du coté libyen se trouvait la fille adoptive de Kadhafi, âgée de quatre ans. La frappe fit capoter un accord pour la libération des otages états-uniens détenus au Liban, ce qui permettait de conserver le Hezbollah comme ennemi numéro un aux yeux de l’Occident.

Isser Harel, fondateur des services secrets israéliens, aurait prédit au chrétien sioniste Michael Evans en 1980 que le terrorisme islamique finirait par frapper les USA. « Dans la théologie islamique, le symbole phallique est très important. Votre plus gros symbole phallique est New York City et le plus haut bâtiment sera le symbole phallique qu’ils frapperont » En rapportant cet entretien dans une interview en 2004, Evans, auteur de « The American Prophecies, Terrorism and Mid-East Conflict Reveal a Nation’s Destiny », espère faire passer Harel pour un prophète. Les esprits rationnels y verront plutôt l’indice que le 11-Septembre mûrissait depuis 30 ans au sein de l’État profond israélien.

La capacité de manipulation du Mossad à cette époque peut encore être illustrée par deux histoires analysées par Thomas Gordon. Le 17 avril 1986, une jeune irlandaise du nom d’Ann-Marie Murphy embarque, à son insue, 1,5 kilos de Semtex dans un vol Londres-Tel-Aviv. Son fiancé, un Pakistanais du nom de Nezar Hindaoui, est arrêté alors qu’il tente de se réfugier à l’ambassade de Syrie. Tous deux ont en fait été manipulés par le Mossad, qui obtient ainsi le résultat souhaité : le gouvernement Thatcher rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie. Mais la manipulation est éventée en haut lieu (comme Jacques Chirac le confiera au Washington Times) [28].

En janvier 1987, le Palestinien Ismaïl Sowan, une taupe du Mossad ayant infiltré l’OLP à Londres, se voit confier, par un inconnu soit-disant envoyé par son chef à l’OLP, deux valises bourrées d’armes et d’explosifs. Ismaïl en fait part à ses contacts au Mossad, qui lui font faire un aller-retour à Tel-Aviv, puis le dénonce à Scotland Yard comme suspect dans un projet d’attentat islamiste à Londres. Ismaïl est cueilli à son retour à l’aéroport d’Heathrow et inculpé sur la base des armes trouvées chez lui. Résultat : le Mossad rentre dans les faveurs du gouvernement Thatcher [29]. Après l’attentat du 26 février 1993 contre le WTC, le FBI arrêta le Palestinien Ahmed Ajaj et l’identifia comme un terroriste lié au Hamas, mais le journal israélien Kol Ha’ir démontra qu’Ajaj n’avait jamais été mêlé au Hamas ou à l’OLP. Selon le journaliste Robert Friedman, auteur d’un article dans The Village Voice le 3 août 1993, Ajaj n’était en réalité qu’un petit escroc arrêté en 1988 pour fabrication de faux dollars, condamné à deux ans et demi de prison et libéré au bout d’un an après un marché avec le Mossad, pour le compte duquel il devait infiltrer les groupes palestiniens. À sa libération, Ajaj subit un sheep-dipping classique en étant à nouveau brièvement emprisonné, cette fois pour avoir tenté de passer des armes en Cisjordanie pour le Fatah. On a donc, avec l’attentat de 1993 contre le WTC, un précédent et prototype du 11-Septembre, dans lequel sont démontrées la responsabilité d’Israël dans le terrorisme et sa volonté de faire accuser les Palestiniens.

L’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1992, qui fit 29 morts et 242 blessés, fut instantanément mis sur le compte de kamikazes du Hezbollah ayant utilisé un camion piégé. Mais le juge chargé de l’instruction révéla des pressions exercées par des délégués états-uniens et israéliens, ainsi que des manipulations de preuves et un faux témoignage destinés à orienter l’enquête vers l’hypothèse d’un camion piégé, alors que les faits indiquaient que l’explosion provenait de l’intérieur du bâtiment. Lorsque la Cour Suprême argentine confirma cette thèse, le porte-parole de l’ambassade d’Israël accusa les juges d’antisémitisme.

Il est intéressant de rappeler ce qu’écrivit Philip Zelikow avec John Deutch en décembre 1998 dans un article de Foreign Affairs intitulé « Catastrophic Terrorism », imaginant à propos de cet attentat de 1993 que la bombe fût nucléaire, et évoquant déjà un nouveau Pearl Harbor : « Un tel acte de ‘terrorisme catastrophique’ qui tuerait des milliers ou des dizaines de milliers et affecteraient les nécessités vitales de centaines de milliers, peut-être de millions, serait un point de non-retour dans l’histoire des États-Unis. Il pourrait provoquer des pertes humaines et matérielles sans précédent en temps de paix et réduirait à néant le sentiment de sécurité de l’Amérique à l’intérieur de ses frontières, d’une manière similaire au test atomique des Soviétique en 1949, ou peut-être pire. […]. Comme Pearl Harbor, cet événement diviserait notre histoire entre un avant et un après. Les États-Unis pourraient répondre par des mesures draconniennes, en réduisant les libertés individuelles, en autorisant une surveillance plus étroite des citoyens, l’arrestation des suspects et l’emploi de la force létale [30]. »

Le 12 janvier 2000, selon l’hebdomadaire indien The Week, des officiers des Renseignements indiens ont arrêté à l’aéroport de Calcutta onze prêcheurs islamistes qui s’apprêtaient à embarquer sur un vol à destination du Bengladesh. Ils étaient soupçonnés d’appartenir à Al-Qaïda et de vouloir détourner l’avion. Ils se présentèrent comme des Afghans ayant séjourné en Iran avant de passer deux mois en Inde pour prêcher l’islam. Mais on découvrit qu’ils possédaient tous des passeports israéliens. L’officier des services de Renseignement indien déclara à The Week que Tel Aviv « exerted considerable pressure » sur New Delhi pour les faire libérer.

Le 12 octobre 2000, dans les dernières semaines du mandat de Clinton, le destroyer USS Cole, en route vers le Golfe persique, reçoit l’ordre depuis son port d’attache de Norfolk de faire le plein dans le port d’Aden au Yémen, une procédure inhabituelle puisque ces destroyers sont généralement approvisionnés en mer par un pétrolier de la Navy. Le commandant du navire exprima sa surprise et son inquiétude : le USS Cole avait fait récemment le plein à l’entrée du Canal de Suez, et le Yémen est une zone hostile. Le USS Cole était en manœuvre d’amarrage lorsqu’il fut abordé par un dinghy destiné apparemment à l’évacuation des poubelles, qui explosa contre sa coque, tuant 17 marins et en blessant 50. Les deux « kamikazes » pilotant l’embarcation périrent aussi dans cet « attentat-suicide ». L’attaque fut aussitôt attribuée à Al-Qaïda, bien que Ben Laden ne l’ait pas revendiquée et que les Talibans nièrent que leur « hôte » ait pu être impliqué. L’accusation donna aux États-Unis un prétexte pour forcer le président yéménite Ali Abdullah Saleh à coopérer à la lutte contre l’islamisme anti-impérialiste, en fermant pour commencer treize camps paramilitaires sur son territoire. En plus de cela, quelques semaines avant les élections, l’attentat fut l’October Surprise qui porta Bush au pouvoir.

John O’Neill fut chargé de l’enquête. Au FBI depuis vingt ans, spécialiste expérimenté du contre-terrorisme, il avait déjà enquêté en 1993 sur l’attentat à la bombe au WTC. Son équipe en vint à soupçonner Israël d’avoir tiré un missile depuis un sous-marin : le trou était en effet indicatif d’une charge perforante et inexplicable par la seule explosion du dinghy. Les soupçons étaient partagés par le président Saleh, qui évoqua dans une interview à Newsweek la possibilité que l’attaque soit due à Israël, « essayant de nuire aux relations USA-Yémen [31]. » O’Neill et son équipe subirent l’hostilité de l’ambassadrice US, Barbara Bodine. Ils se virent interdire de plonger pour inspecter les dégâts. Finalement, profitant de leur retour à New York pour Thanksgiving, Bodine leur refusa l’entrée au Yémen. Les membres de l’équipage du Cole se virent ordonner de ne parler de l’attentat qu’au Naval Criminal Investigative Service (NCIS). En juillet 2001, O’Neill démissionna du FBI. Il se vit peu après offrir un poste de responsable de la sécurité au WTC, qu’il devait assurer à partir du 11 septembre 2001. Son corps fut retrouvé dans les décombres du WTC, après qu’il ait disparu depuis deux jours. Quant à Barbara Bodine, elle intégrera en 2003 l’équipe corrompue de la Coalition Provisional Authority (CPA) de Baghdad.

Où s’arrête la liste du faux terrorisme islamique de conception sioniste ? Le « New York Times » et d’autres journaux rapportèrent que le 19 septembre 2005, deux agents des forces spéciales britanniques (SAS) furent arrêtés après avoir forcé un barrage à bord d’une voiture remplie d’armes, munitions, explosifs et détonateurs, qu’ils conduisaient déguisés en Arabes. On soupçonne qu’ils planifiaient de commettre des attentats meurtriers dans le centre de Bassora durant un événement religieux, pour attiser les conflits entre shiites et sunnites. Le soir même, une unité du SAS libéra les deux agents en détruisant la prison à l’aide d’une dizaine de tanks assistés par des hélicoptères. Le capitaine Masters, chargé de l’enquête sur cette affaire embarrassante, mourut à Bassora le 15 octobre.

[1] Article original en italien : « Demystifying 9/11 : Israel and the Tactics of Mistake »,

[2] “Wildcard. Ruthless and cunning. Has capability to target U.S. forces and make it look like a Palestinian/Arab act” (Rowan Scarborough, « U.S. troops would enforce peace Under Army study », The Washington Times, 10 septembre 2001, ).

[3] Outre le livre de Hicham Hamza et celui de Christopher Bollyn, on consultera sur ce dossier : Justin Raimondo, The Terror Enigma : 9/11 and the Israeli Connection, iUniversal, 2003 ainsi qu’à un article de Christopher Ketcham, « What Did Israel Know in Advance of the 9/11 Attacks ? » CounterPunch, 2007, vol. 14, p. 1-10, ).

[4] « Vehicle possibly related to New York terrorist attack. White, 2000 Chevrolet van with New Jersey registration with ’Urban Moving Systems’ sign on back seen at Liberty State Park, Jersey City, NJ, at the time of first impact of jetliner into World Trade Center. Three individuals with van were seen celebrating after initial impact and subsequent explosion » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[5] « We are Israelis. We are not your problem. Your problems are our problems. The Palestinians are your problem » (Hicham Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[6] « There are maps of the city in the car with certain places highlighted. It looked like they’re hooked in with this. It looked like they knew what was going to happen when they were at Liberty State Park » (Raimondo, The Terror Enigma, p. xi).

[7] « I was in tears. These guys were joking and that bothered me » (Raimondo, The Terror Enigma, p. 19 ). Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2.

[8] « They smiled, they hugged each other and they appeared to ‘high five’ one another » ; « the United States will take steps to stop terrorism in the world » ; « Give us twenty years and we’ll take over your media and destroy your country » ; « an individual in South America with authentic ties to Islamic militants in the middle east » ; « The vehicule was also searched by a trained bomb-sniffing dog which yielded a positive result for the presence of explosive traces » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[9] « that the FBI no longer has any investigative interests in the detainees and they should proceed with the appropriate immigration proceedings » (Hamza, Le Grand Tabou, ch. 2).

[10] “Our purpose was to document the event” (voir sur Youtube, « Dancing Israelis Our purpose was to document the event »).

[11] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[12] « Yes, we have a white van, 2 or 3 guys in there, they look like Palestinians and going around a building. […] I see the guy by Newark Airport mixing some junk and he has those sheikh uniforms. […] He’s dressed like an Arab » (Bollyn, Solving 9-11, p. 278-80).

[13] In the past six weeks, employees in federal office buildings located throughout the United States have reported suspicious activities connected with individuals representing themselves as foreign students selling or delivering artwork.” “these individuals have also gone to the private residences of senior federal officials under the guise of selling art.” Le rapport comlet de la DEA est sur

[14] “The nature of the individuals’ conducts […] leads us to believe the incidents may well be an organized intelligence gathering activity” (Raimondo, The Terror Enigma, p. x).

[15] “acknowledged he could blow up buildings, bridges, cars, and anything else that he needed to” (Bollyn, Solving 9/11, p. 159).

[16] The Hollywood, Florida, area seems to be a central point for these individuals” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 3).

[17] David Ray Griffin, 9/11 Contradictions, Arris Books, 2008, p. 142-156, citant le Daily Mail, le Boston Herald, le San Francisco Chronicle et le Wall Street Journal.

[18] « The aircraft cut a gash that was over half the width of the building and extended from the 93rd floor to the 99th floor. All but the lowest of these floors were occupied by Marsh & McLennan, a worldwide insurance company, which also occupied the 100th floor » (p. 20). Ces éléments ont été analysés par Lalo Vespera dans La Parenthèse enchantée, chapitre 10.

[19] « Like an act of God, we moved » (USA Today, 17 septembre 2001).

[20] “evidence that there were foreign governments involved in facilitating the activities of at least some of the terrorists in the United States” (Raimondo, The Terror Enigma, p. 64).

[21] « the threat of civil unrest against the monarchy, led by al Qaeda » » (« Saudi Arabia : Friend or Foe ? », The Daily Beast, 11 juillet 2011).

[22] The Keys to the Kingdom, Vanguard Press, 2011.

[23] Résumé d’Amazon.ca

[24] « Le contrôle des dégâts : Noam Chomsky et le conflit israélo-israélien » et « Contrairement aux théories de Chomsky, les États-Unis n’ont aucun intérêt à soutenir Israël », par Jeffrey Blankfort, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 30 juillet et 21 août 2006,

[25] “Of course it was Iraq’s energy resources. It’s not even a question” (cité dans Stephen Sniegoski, The Transparent Cabal : The Neoconservative Agenda, War in the Middle East, and the National Interest of Israel, Enigma Edition, 2008, p. 333).

[26] « ‘Big Oil’ not only did not promote the invasion, but has failed to secure a single oil field, despite the presence of 160,000 US troops, 127,000 Pentagon/State Department paid mercenaries and a corrupt puppet régime » (James Petras, Zionism, Militarism and the Decline of US Power, Clarity Press, 2008, p. 18).

[27] http://www.voltairenet.org/article1…

[28] Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad : de 1951 à nos jours, Nouveau Monde éditions, 2006, p. 384-5.

[29] Thomas, Histoire secrète du Mossad, p. 410-41.

[30] “An act of catastrophic terrorism that killed thousands or tens of thousands of people and/or disrupted the necessities of life for hundreds of thousands, or even millions, would be a watershed event in America’s history. It could involve loss of life and property unprecedented for peacetime and undermine Americans’ fundamental sense of security within their own borders in a manner akin to the 1949 Soviet atomic bomb test, or perhaps even worse. […] Like Pearl Harbor, the event would divide our past and future into a before and after. The United States might respond with draconian measures scaling back civil liberties, allowing wider surveillance of citizens, detention of suspects and use of deadly force” (Griffin, 9/11 Contradictions, p. 295-6).

[31] trying to spoil the U.S.-Yemeni Relationship

21 juillet 2016

Dans une enquête publiée aujourd’hui, Libération accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir menti s’agissant de la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet dernier. Riposte immédiate de Bernard Cazeneuve : Libération utilise des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme» et cherche à l’atteindre «dans sa réputation». Dans un édito en forme de «c’est celui qui dit qui l’est», Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération, suggère que c’est Bernard Cazeneuve qui est victime d’«une poussée de complotisme».

Première observation : on peut regretter que le ministre de l’Intérieur ne se soit pas abstenu d’user du terme «complotisme» sans préciser la différence de nature qu’il peut y avoir entre un journal comme Libération et les médias authentiquement complotistes qui prolifèrent sur la Toile. Surtout dans un moment où la prévention «des risques d’emprise complotiste» est constitutive des actions que le Gouvernement cherche à mettre en oeuvre pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme.

Remarquons cependant que Bernard Cazeneuve n’accuse pas la rédaction de Libération d’être complotiste, comme le suggère le titre de l’édito de Johan Hufnagel. Dans un contexte où Libération lui reproche rien moins que d’avoir diffusé «un mensonge», de surcroît en une de son édition, le locataire de la place Beauvau a cru devoir dénoncer des «procédés qui empruntent aux ressorts du complotisme», ce qui n’est pas exactement la même chose que de mettre sur le même plan Libération et, mettons, Egalité & Réconciliation.

Le ministre a également laissé entendre que Libération était partie prenante «de campagnes politiques ou de presse qui visent à [l’] atteindre […] dans sa réputation». Etait-il vraiment nécessaire que Libération en tire prétexte pour accuser à son tour Bernard Cazeneuve de céder aux sirènes du complotisme ? Ne peut-on pas, là aussi, regretter l’usage d’un tel terme dirigé contre un ministre de la République qui ne saurait être confondu avec le premier théoricien du complot venu ? Ne peut-on, dans le même temps, trouver malvenue sa dénonciation de «campagnes de presse» là où, de toute évidence, Libération se contente d’assumer le rôle que lui assigne son statut d’acteur du quatrième pouvoir ?

Ni la presse ni le Gouvernement, cibles de choix des complotistes patentés, ne sortent grandis d’une telle séquence. Morale de l’histoire : cessons de gloser sur le complotisme présumé des uns et des autres à partir de matériaux aussi fragiles. Ne contribuons pas à faire du «complotisme» une étiquette infamante parmi d’autres. Utiliser ce mot de manière aussi peu fondée pour délégitimer un détracteur est en réalité une manière d’œuvrer à sa démonétisation et de rendre, au final, un fier service à tous ceux – vrais imposteurs et autres désinformateurs professionnels – qui prospèrent sur la montée contemporaine du complotisme.

Attentat de Nice : le retour des théories du complot

Metronews
16-07-2016 20:40