Antiterrorisme: Attention, un débaptème peut en cacher un autre ! (Before denaming US tallest peak, Obama had already denamed America’s enemies)

1 septembre, 2015

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In my language we called it anowara ko’wah which literally means the great turtle or more commonly translated turtle island. viewed from above, north america is roughly shaped like a turtle and it also refers back to our creation story. Kanien:kaha’ka-[]-[]-^-[]-[]
These extremists distort the idea of jihad into a call for terrorist murder against Christians and Hindus and Jews — and against Muslims, themselves, who do not share their radical vision. George Bush (November 11, 2005)
Personne ne souffre plus que le peuple palestinien. Barack Obama (Des Moines, le 27 avril 2007)
Nous cherchons à ouvrir un nouveau chemin en direction du monde musulman, fondé sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel. (…) Nous sommes une nation de chrétiens, de musulmans, de juifs, d’hindous et de non croyants. Barack Hussein Obama (discours d’investiture, le 20 janvier 2009)
… une nation de musulmans, de chrétiens et de juifs … Barack Hussein Obama (Entretien à la télévision saoudienne Al-Arabiya, 27 janvier, 2009)
Nous exprimerons notre appréciation profonde de la foi musulmane qui a tant fait au long des siècles pour améliorer le monde, y compris mon propre pays. Barack Hussein Obama (Ankara, avril 2009)
Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l’islam. D’ailleurs, si l’on compte le nombre d’Américains musulmans, on voit que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans de la planète. Barack Hussein Obama (entretien pour Canal +, le 2 juin 2009)
Salamm aleïkoum (…) Comme le dit le Saint Coran, « Crains Dieu et dis toujours la vérité ». (…) Je suis chrétien, mais mon père était issu d’une famille kényane qui compte des générations de musulmans. Enfant, j’ai passé plusieurs années en Indonésie où j’ai entendu l’appel à la prière (azan) à l’aube et au crépuscule. Jeune homme, j’ai travaillé dans des quartiers de Chicago où j’ai côtoyé beaucoup de gens qui trouvaient la dignité et la paix dans leur foi musulmane. Barack Hussein Obama (Prêche du Caire)
L’avenir ne doit pas appartenir à ceux qui calomnient le prophète de l’Islam. Barack Obama (siège de l’ONU, New York, 26.09.12)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Obama se croit apte, en raison de son profil, à engager un dialogue avec l’islam, que c’est la véritable raison pour laquelle il a placé les musulmans avant les juifs dans son discours inaugural, puis avant les chrétiens dans son interview du 27 janvier, et que c’est le sens de ses propos quand il dit que “l’Amérique n’est pas l’ennemie de l’islam” : il sous-entend que l’Amérique, sous l’administration d’un musulman de cœur, ou du moins d’un “vrai croyant”, ce qui selon la théologie islamique revient au même, appartenait désormais au Dar al-Sulh, à la “Maison de la Conciliation”, cette zone grise, ouverte à la prédication musulmane, qui sépare le Dar al-Islam, “Maison de la Soumission”, autrement dit le monde musulman, du Dar al-Harb, “Maison de la Guerre”, autrement dit le monde non-musulman. Michel Gurfinkiel
As Obama stated in Dreams From My Father, he spent his college years discussing “neocolonialism, Franz Fanon, Eurocentrism.” And President Obama has obviously attempted to undo many of McKinley’s accomplishments. In kowtowing to the Castros in Cuba, Obama has ensured that America’s Spanish-American War victory ends with perpetual communism in a country America once granted its freedom; in 2014, the Obama Department of the Interior sought to give Hawaiians the same status as Native Americans, forcing separate governance for them based on ethnicity. The only question now: when will President Obama change the name of the American Southwest to Aztlan? Breitbart

Attention: un débaptème peut en cacher un autre !

Alors que le Flagellant-en-chef qui après l’abandon de l’Irak et bientôt de l’Afghanistan et peut-être demain de la Corée  …

A séché l’an dernier à la fois la marche de Paris contre le terrorisme et le 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz que le centenaire du génocide des chrétiens turcs …

S’apprête, entre le don de la bombe atomique aux mollahs, la bénédiction à la prison à ciel ouvert cubaine et la porte ouverte à la polygamie, à débaptiser le Mont Blanc américain pour lui redonner son nom indigène …

Avant peut-être de redonner à la Grande Tortue son patronyme d’origine ?

Retour, avec une ancienne agente de la CIA, sur un autre, moins connu, débaptème …

Celui de la fameuse guerre contre le terrorisme du président précédent

Où l’on découvre qu’avec le premier président américain d’origine musulmane et entre deux assassinats ciblés, les Etats-Unis ont largement repris les objectifs de feu Ben Laden  …

Et tout simplement changé de bord !

Mideast expert: Obama switched sides in war on terror
‘America has moved toward its Muslim enemies’
08/28/2014

WASHINGTON – It’s an explosive charge, one that puts the president’s motives into question.

A former CIA officer bluntly told WND, America has switched sides in the war on terror under President Obama.

Clare Lopez was willing to say what a few members of Congress have confided to WND in private, but declined to say on-the-record.

She said the global war on terror had been an effort to “stay free of Shariah,” or repressive Islamic law, until the Obama administration began siding with such jihadist groups as the Muslim Brotherhood and its affiliates.

Why the switch?

Lopez explained, when the so-called Arab Spring appeared in late 2010, “It was time to bring down the secular Muslim rulers who did not enforce Islamic law. And America helped.”

And why would Obama want to do that?

As she told WND earlier this month, Lopez believed the Muslim Brotherhood has thoroughly infiltrated the Obama administration and other branches of the federal government.

She also came to the conclusion Obama had essentially the same goals in the Mideast as the late Osama bin Laden: “to remove American power and influence, including military forces, from Islamic lands.”

Why would Obama order the killing of bin Laden?

Because the president “couldn’t delay any longer,” once the opportunity was presented, Lopez told WND.

There were “no more excuses” available to avoid it and he “thought it might look good,” she mused.

The former CIA operative’s perspective affects her prescription for what the U.S. should do about the terror army ISIS, as she called for caution and restraint.

While there has been a sudden chorus of politicians and military experts calling for the immediate elimination of the terrorist army after it beheaded American journalist James Foley last week, Lopez believes the U.S. should have an overall strategy in place before fully re-engaging in the Mideast militarily.

Any military action would be further complicated, she told WND, if it were not clear which side the U.S. is on, either in the short term or in the overall war on terror.

Lopez’s insights are backed by an impressive array of credentials.

She spent two decades in the field as a CIA operations officer; was an instructor for military intelligence and special forces students; has been a consultant, intelligence analyst and researcher within the defense sector; and has published two books on Iran. Lopez currently manages the counter-jihad and Shariah programs at the Center for Security Policy, run by Frank Gaffney, former assistant secretary of defense for international security policy during the Reagan administration.

What do YOU think? What should be done about ISIS? Sound off in today’s WND poll.

In a previous interview with WND, Lopez described the stunning extent of infiltration of the administration and other branches of the federal government by the jihadist group the Muslim Brotherhood.

She said the infiltration began under former President Bill Clinton but really took hold under the Obama administration, which, she said, “includes various levels of understanding and misunderstanding of Islam and the Muslim Brotherhood.”

“Some in the administration genuinely appear to believe the Muslim Brotherhood can act as a foil or counterweight to al-Qaida, although with what’s going on in Syria, it’s hard to understand how they would still think that,” she observed.

Lopez felt it was impossible to understand why the president and some of his top appointees, such as CIA Director John Brennan, “consistently seem to apologize for Islam, even in the face of such atrocities as the Foley beheading,” adding, they “take pains to assure the world they don’t think IS, (or the Islamic State, also called ISIS) or whichever perpetrator it was, has anything to do with Islam. How can they possibly believe that genuinely when everything these jihadis do tracks directly to the literal text of Quran, hadiths and Shariah?”

“In any case, and for whatever motivations, there is no doubt this administration switched sides in what used to be called the Global War on Terror,” she said. “Even though President George W. Bush was obviously confused and mistaken when he called Islam a ‘religion of peace’ the day after 9/11, he wasn’t deliberately exonerating the perpetrators. Surrounded by Muslim Brotherhood agents of influence, he simply didn’t understand.”
She said Obama and his administration “have no excuse” for not knowing better, given the extensive investigation, research and studies done since Sept. 11.

Instead, Lopez maintained, it was the Obama administration “that actively purged truthful curriculum about the inspirational relationship between Islamic doctrine, law, and scripture and Islamic terrorism.”

In fact, she said, they were told what to purge by groups affiliated with the Muslim Brotherhood, and even allowed some of those same groups to supervise the purge. All of that, she observed, “would seem to indicate certain knowledge about the Islamic threat, and a determined effort to ignore that threat.”

Lopez chastised the Obama administration for what she called beating a hasty retreat, under fire, out of Afghanistan and Iraq, knowing full well they would both fall to Islam, the Taliban and Iran, respectively.

“But we’d already written their Shariah constitutions, so the actual ultimate physical domination was already prepared with the legal precedent and foundation,” she observed.

By 2014, she maintained, U.S. leadership had purged all its training curriculum and official discourse of any terminology that would accurately identify the Islamic enemy, “and the time was right. Al-Qaida receded and [ISIS] arose. The U.S. couldn’t tell the difference between jihadist militias to save its life anyway, quite literally.”

The former CIA operative said, “as Israel fought enemies on all sides to remain free, secure and Jewish, America began to move away from Israel and toward its Muslim enemies. And, as Iran moved inexorably toward a deliverable nuclear weapons capability, America helped.”

WND asked Lopez: How did America help Iran, the leading state sponsor of terrorism worldwide?

She said the Obama administration “consistently has engaged with this Iranian regime, pleaded with it to engage, and continue to engage, in obviously fruitless negotiations over their nuclear weapons program. The administration extended deadlines repeatedly, refused to hold Iran to account meaningfully for its terror support, including involvement in Sept. 11, lethal support to Iraqi militias in the 2000s and continuing harboring al-Qaida operations cell on its soil.”

Furthermore, Lopez insisted the administration refused to even broach certain key topics in negotiations (such as Iran’s intercontinental ballistic missile program) and failed to insist that earlier U.N. Security Council resolutions demanding Iran halt all nuclear enrichment be implemented before any further talks. Instead, she said the administration explicitly signaled, in the November 2013 Joint Plan of Action agreement, it would allow Iran to continue enrichment permanently.

After the ISIS threat first burst into public view, as the terrorist army sprang from Syria and shockingly began capturing great swaths of Iraqi territory with a savagery evidenced by its many massacres and beheadings, Lopez urged caution before the U.S. re-engaged in the area militarily.

She told WND the U.S. should protect its interests and those minorities facing genocide, but otherwise, let the warring parties sort it out, for the time being.

Obama briefly spoke to reporters Thursday about his options in dealing with ISIS, and sounded, at least on the surface, very much like he is doing as just Lopez has recommended, but with one big difference.

The president resisted calls to escalate airstrikes and destroy ISIS, emphasizing the U.S. is currently engaged in only limited efforts to protect American personnel and consulates, as well as providing humanitarian relief and protection of minorities where possible.

In fact, the president even admitted, “We don’t have a strategy yet. … We need to make sure that we’ve got clear plans. As our strategy develops, we will consult with Congress.”

Like Lopez, Obama said a broader strategy for the region was needed, but notably, he did not state what the goal should be.

The goal of the global war on terror, or GWOT, launched after Sept. 11, was understood to be the defeat of jihadism both in the Mideast and globally.

Obama articulated no such goal, and has, in fact, declared there no longer is a global war on terror.

That is where Lopez and Obama veer in entirely different directions.

She names the enemy as jihadis and states the goal should be their destruction.

“Above all, we must acknowledge that the enemy is supremacist forces of Islamic jihad,” Lopez told WND. “We must name, acknowledge, confront the enemy as he is – not as we wish him to be.”

She scoffed at the notion that what others call radical Islam was a “defeated ideology.”

“Oh? What ideology is that? The 1,400-year-old one that’s already made mincemeat out of six or seven major world empires? That one?”

In her previous interview with WND, Lopez explained what she thought was Obama’s real goal: Far from seeking the defeat of jihadism in the Mideast or globally, Obama preferred to let Sunni and Shiite jihadists each have their own spheres of influence in the Muslim world and America should withdraw its troops and influence from the region.

However, the ISIS crisis has caused Obama to re-engage militarily in Iraq, ordering airstrikes even while many commentators clamor for much more.

Ever since the video of the ISIS beheading of American journalist James Foley appeared last week, numerous military experts and political commentators have called upon the administration to wipe out ISIS before it makes good on its threat to attack the U.S. homeland.

Even Obama seemed to take the ISIS threat much more seriously than he did in January when he referred to jihadi factions in Syria as “jayvee teams.”

And, suddenly, an apparent ISIS emergency had set in, with these headlines appearing just over the weekend:

After that barrage, WND asked Lopez if she still believed the U.S. should protect just its interests and endangered minorities, or whether it should try to destroy ISIS (which she referred to as IS).

Lopez held firm, declaring, “It’s remarkable to me how unanimous our intelligence, media, military and political leadership all are about the need to ‘destroy [ISIS].’ It’s like they all were touched at the same moment by some magic wand, woke up to this threat, and fell into lock-step about the solution, without another thought. The epitome of groupthink, in my opinion.”

She did maintain Foley should be avenged, and other captives freed, if at all possible. In fact, she said the captors should be obliterated.

Furthermore, she recommended arming the Kurds and declaring them U.S. partners in the region, who should be supported in their national aspirations.

As for the terrorist army, “If [ISIS] makes one move against our regional partners – Israel, Jordan, the Kurds – we clobber them, then leave. If we determine that [ISIS] is plotting by itself or in conjunction with a nation-state, or other sub-national terror organization like Hezbollah, again – like Iran did with al-Qaida and Hezbollah – we clobber both of them, all of them, then leave. No nation building. They pick up the pieces, not us.”

But unless ISIS further threatens the interests of the U.S. or its allies, Lopez believes the U.S. should proceed only with extreme caution.

“I don’t think the USA should act as cats’ paw for either side of an intra-Islamic sectarian squabble, which has at least a 50-50 chance of winding up a pan-Islamic alliance against us, even as Iran and al-Qaida remain joined in an operational terrorist alliance that began in 1990, brought us Sept. 11, and continues to this day. No one is talking about Iran and its role, whatever it is, regarding [ISIS]. That concerns me.”

Other than protecting American interests and minorities, she recommended something Obama said on Thursday he would look into, inviting regional powers that feel threatened by ISIS to form a plan and deal with it. Lopez dryly noted, “We’ve already sold them enough advanced weaponry to take over the entire galaxy.”

One former Pentagon analyst, who wished to remain anonymous, appeared to speak for an emerging consensus in the defense community, when he told WND the ISIS threat needed to be addressed more vigorously, decisively and immediately, “considering that ISIS is now a full-blown army encompassing territory the size of Great Britain.”

“We, along with the regional powers, need to come up with a strategy to defeat them,” the analyst advised, echoing Lopez.

However, the analyst added, “In effect, we will have to go into full-blown warfare mode to do so, because they’re coming and nothing seems to be stopping them.”

The former Pentagon analyst then went a step further than many other commentators in suggesting, “the U.S. and allies may have to begin working with Syria and Iran to defeat a common threat. It isn’t the Shiites of Iran launching these jihadist groups. It’s the Sunnis under the control and financing of Saudi Arabia and a number of the other Gulf Arab states.”

Lopez disagreed on two fronts. She cited the danger in partnering with Iran, and she urged caution in implementing a short-term plan of confronting ISIS before developing a coherent long-term strategy for the Mideast and to defeat jihadism.

“I remain concerned that we not tip the balance in favor of either side in this essentially intra-Islamic sectarian fight between Shiites and Sunnis. Both sides are jihadist enemies of the U.S., our friends, allies and security interests,” said the former CIA operative.

She noted, at the moment, IS is occupied with taking and holding territory in what used to be Iraq and Syria, while establishing administration and governance (including enforcement of Shariah) in that territory.

Lopez pointed out how ISIS is also fighting at least six adversaries on multiple fronts at the same time: against the Iraqi and Syrian governments; al-Qaida militias in Syria, non-al-Qaida militias in Syria; the U.S. and U.K. airstrikes; the Kurds; and maybe the Iranian Revolutionary Guard Corps or Qods Force, too.

And, she previously told WND, while countries such as Saudi Arabia and Turkey may have initially instigated and bankrolled ISIS, those regimes and others, such as Iran and Qatar, “play all sides of the jihadi game” and have “enabled a monster in ISIS” they can no longer control, and “they should be allowed to reap what they’ve sown.”

Furthermore, she maintained, U.S. leadership has proven incapable of sorting out who’s who or who’s backing whom.

“Right now, I think the most serious threat to the homeland comes from individual or small groups of individual jihadis carrying U.S. or other Western passports, who return home or can easily cross borders, including our own collapsed southern border, and mount attacks in the West, including America.”

Lopez said she would like to see more consideration given to exactly who and what ISIS is, where it came from and what it represents. She wants to know if it is the leading edge, “the current violent vanguard,” of what she called the 1,400-year-old supremacist forces of Islamic jihad.

“In many ways, al-Qaida prepared the ground for the Islamic State. Al-Qaida, which means, ‘the base,’ did its job, which was to awaken the Muslim masses, to prod the ummah to action against the infidel after a long hiatus. It spawned off-shoot franchises across the globe, not to mention in the virtual spaces of the Internet. It did its job and may now be superseded by [ISIS]. We shall see about that.”

She described how Sept. 11 accomplished its mission of drawing the leader of the free world, “the greatest obstacle to establishment of a universal Caliphate,” into devastating and costly wars in Muslim lands.

Lopez said the steady infiltration of the Muslim Brotherhood into positions of advice and appointment at top levels of U.S. national security ensured maximum confusion about whom Americans were fighting, why, “and even whether we Americans have anything worth defending in the first place.”

Now, she sees the Organization of Islamic Cooperation, or OIC, a 57-member head of state organization of all Muslim states in the world plus Palestinians, as “sitting by idly as [ISIS] gobbles up its member states’ territory and threatens the borders of others.”

Lopez said Shiite Iran responded to some verbal threats and barbs by sends some Qods Force advisers to “prop up” what she called its Baghdad proxy, and to protect the Shiite shrines from ISIS attack, but not much else.

“Everybody waits for the U.S. to stumble into the scene once again like some deus ex machine, so the whole charade can begin all over again. American blood and treasure spent, amidst clamor for infidels to exit Muslim lands, boiling Muslim rage about the imperative to strike ‘the far enemy’ again, hit the kuffar (non-Muslim) in his homeland, even while the Caliphate consolidates its rule, begins to govern as the Islamic State it claims to be, and, all the while, the wealthy-beyond-imagination sheikhdoms supposedly most threatened by this ‘un-Islamic’ horde – and the emerging Shi’ite hegemon of the Persian Gulf – respond lackadaisically, if at all. What is wrong with this picture?”

Lopez told WND she was concerned that nobody in American leadership really sees or understands the big picture, and the U.S. seems to be manipulated to fulfill objectives not in its best interests.

“From my perspective, I’m seeing American national security interests steadily eroded, almost everywhere we look, and the forces of adversaries and enemies advancing. But, of course, to see this, it’s necessary first to know who we are as a people, what are our ‘first things’?”

She wondered whether Americans were still willing to fight and die for such principles as independence, individual liberty, Bill of Rights freedoms, consent of the governed under rule of man-made law, noting, “At the very least, we are badly off the track envisioned by our Founding Fathers.”

“Our current national policy doesn’t even seem to consider ‘first things,’ or know what they are, when formulating and implementing recent foreign policy.”

She cited such examples as providing guns to al-Qaida in Libya, backing jihadist rebels in Syria, and what she described as enabling the mullahs’ nuclear ambitions while ignoring the Iranian people’s desperate struggle for liberty.

Lopez argued, before U.S. leaders could deduce the right course of action on the other side of the world, first they must figure out the right things to do at home.

She asked, “When do we go back to fighting for ‘first things’ again?”

Voir aussi:

Obama Renames Mount McKinley ‘Denali’
Breitbart
Ben Shapiro

31 Aug 2015

On Sunday, President Obama’s administration announced that he would, by executive order, change the name of Mount McKinley to Mount Denali.
He did not explain the decision, which frustrated Ohio legislators upset at the slap at President William McKinley’s legacy; he is expected to speak on the topic today in Anchorage.

Sen. Lisa Murkowski (R-AK) thanked Obama, however, stating, “For centuries, Alaskans have known this majestic mountain as the ‘Great One.’ Today we are honored to be able to officially recognize the mountain as Denali.”

Why did Obama choose to change the name now? Presumably because Obama has now solved all the world’s problems, and decided against his second choice, Mt. Trayvon. But more seriously, Obama likely opposes the legacy of President McKinley, given that McKinley led America to victory in the Spanish-American War and rejected inflation by sticking with the gold standard. By the end of McKinley’s tenure, the United States had taken military control of Cuba, Puerto Rico, Guam, the Philippines, and annexed Hawaii.

Assassinated in 1901, McKinley, who presided over an economic boom and massive growth in American power, once stated, “We need Hawaii just as much and a good deal more than we did California. It is manifest destiny.” Regarding the Spanish-American War, McKinley explained that Cuba “ought to be free and independent.” Obama would have opposed both moves.

As Obama stated in Dreams From My Father, he spent his college years discussing “neocolonialism, Franz Fanon, Eurocentrism.” And President Obama has obviously attempted to undo many of McKinley’s accomplishments. In kowtowing to the Castros in Cuba, Obama has ensured that America’s Spanish-American War victory ends with perpetual communism in a country America once granted its freedom; in 2014, the Obama Department of the Interior sought to give Hawaiians the same status as Native Americans, forcing separate governance for them based on ethnicity.

The only question now: when will President Obama change the name of the American Southwest to Aztlan?

Ben Shapiro is Senior Editor-At-Large of Breitbart News and The New York Times bestselling author, most recently, of the book, The People vs. Barack Obama: The Criminal Case Against The Obama Administration (Threshold Editions, June 10, 2014).

Voir enfin:

Obama renomme le mont McKinley, les Républicains enragent

BFM TV

31/08/2015

Alors que doit débuter une conférence sur le climat  en Alaska, le président américain Barack Obama a décidé de renommer le plus haut sommet américain. Une décision qui fait débat.
Renommer une montagne ne se fait pas sans heurts. Barack Obama, qui doit se rendre à Anchorage (Alaska) aujourd’hui devrait en profiter pour annoncer le changement de nom du plus haut sommet des Etats-Unis.

Exit le président républicain
Culminant à 6.194 mètres d’altitude, le Mont McKinley, du nom du 25è Président des Etats-Unis, devrait donc désormais s’appeler le Mont Denali. Un mot athapascan utilisés par de nombreux dialectes indigènes qui signifie « le plus grand ». Une manière pour Barack Obama de rendre hommage aux peuples natifs américains avec lesquels les relations ont toujours été tendues.

Citée par le Washington Post, Julie Kitka, présidente de la Fédérations des Natifs d’Alaska, a salué l’initiative, estimant que « c’était un symbole » et que « toutes les cartes et les livres parleraient du Denali, ce qui est une chose magnifique ».

Une décision qui ne fait pas que des heureux
Problème: cette montagne portait le nom d’un président… républicain. William McKinley (29 janvier 1848 – 14 septembre 1901) est en effet le 25è président des Etats-Unis, mort assassiné lors de son second mandat.

Courtney Art Studio – Wikicommons –
Les Républicains estiment que le président Obama mène une vendetta politique sans aucun rapport avec la culture native. Sur Twitter, le Sénateur Rob Portman s’est ainsi déclaré « déçu » de la décision d’Obama.

De son côté, le sénateur Bob Gibbs a déclaré que cette décision était « une insulte » et une « attaque contre la Constitution » appelant tous ses collègues à « faire tout ce qui en leur pouvoir pour contrer cette action ».

La nouvelle a en tout cas rapidement fait le tour du monde puisque le moteur de recherche Google a déjà intégré ce nouveau nom à ses cartes, même si pour les recherches, il faudra encore attendre un peu, ce qui cause quelques incohérences dans les résultats.


Imperialisme musulman: Attention, un colonialisme peut en cacher un autre (No imperialism or colonialism, please, we’re Muslims !)

6 août, 2015

imageObama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Voilà plus de 60 ans que les gouvernements américains successifs s’opposent à la nation iranienne. En 1332 [1953] avec un coup d’Etat ils ont renversé le gouvernement national de l’Iran et l’ont remplacé par un régime dur, impopulaire et despotique. (…) Le 15 Khordad 1342 [5 juin 1963] ils ont humilié notre nation et ont tué 15 000 personnes de cette nation et ont exilé le chef de notre nation [Ajatollah Khomeini]. En 57 [1978] ils ont tué plus de 1 500 personnes sur la place des martyrs et les tueurs ont reçu le soutien du président américain. Ils ont soutenu la dictature jusqu’au dernier jour. Ils se sont opposés à la révolution de la nation iranienne en quête de liberté, indépendance et justice. Mahmoud Ahmadinejad (discours de Kermanshah, le 28 janvier 2009)
En pleine Guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Barack Hussein Obama
“We know they don’t need to have an underground, fortified facility like Fordo in order to have a peaceful program.” Obama (Dec. 7, 2013)
Iran has never intended and will never wish to develop nuclear weapons. Hassan Rouhani (Apr. 9, 2015)
Head of the Atomic Energy Organization of Iran (AEOI) Ali Akbar Salehi also (…) pointed to “unfounded allegations” by some world powers over the past 10 years against Iran’s nuclear program and said it has been proved that such false claims have aimed to “exert cruel and illegal pressure [on the country] to prevent the Iranian nation and government’s march on the path of all-out development and progress.” Presstv.ir
We’re not fixated on Iran specifically accounting for what they did at one point in time or another. We know what they did. We have no doubt. We have absolute knowledge with respect to the certain military activities they were engaged in. What we’re concerned about is going forward.” Kerry (Jun. 6, 2015)
Every one in the world knows that our Supreme Leader (Ayatollah Seyed Ali Khamenei) has placed a religious ban on the development, use or acquisition of military nuclear technology and Iran has never been after atomic bombs. » Hassan Rouhani (Jul. 14, 2015)
« I recognize that resorting to force may be tempting in the face of the rhetoric and behavior that emanates from parts of Iran. It is offensive. It is incendiary. We do take it seriously. But superpowers should not act impulsively in response to taunts, or even provocations that can be addressed short of war. Just because Iranian hard-liners chant ‘death to America’ does not mean that that’s what all Iranians believe. In fact, it’s those hard-liners who are most comfortable with the status quo. It’s those hard-liners chanting ‘death to America’ who have been most opposed to the deal. They’re making common cause with the Republican caucus.” Obama (Aug. 6, 2015)
A senior intelligence official, when asked about the satellite imagery, told us the IAEA was also familiar with what he called « sanitization efforts » since the deal was reached in Vienna, but that the U.S. government and its allies had confidence that the IAEA had the technical means to detect past nuclear work anyway. Bloomberg
What’s curious is that the deal that the Obama Administration now celebrates is based on the same principles that the White House now derides as fairy tales. Like parents putting their children to bed, the White House once sang lullabies to congress and U.S. allies to quiet their concerns about the administration’s diplomatic approach to the Iranian nuclear program. Comparing the administration’s past public statements about the deal with its current positions is a lesson in the political uses of fairy tales … Tablet
The French Revolution, he insists, was a continental attempt to imitate England’s Glorious Revolution, and as soon as it went beyond installing a constitutional monarchy and descended into Jacobinism it drowned democracy itself in blood. Jacobin democracy—populist, egalitarian, naturally inclined to see Marx as the heir of Robespierre—is European. Real democracy—an independent civil society, rule of law, constitutional checks and balances—is an invention of « Anglo-Celtic civilization. »
Britain was lucky, rather than predestined, to be free. Liberty, he argues, is a happy accident of England’s history: « Since the collapse of Rome, there has never been any significant period in Britain when the state was strong enough to enforce its will without considerable concessions to the rights and liberties of important sections of its subjects and without reliance upon consent. » In Britain—and in America—society created and controlled the state. In continental Europe, the state created and controlled both society and nation.
In Conquest’s view, South Africa, India, and democratic Nigeria share more with Canada, the US, and Britain than they do with African and Asian neighbors with political cultures of non-English origin. Common institutions—liberal constitutionalism, the rule of law, checks and balances, and common values like tolerance and individual rights—as well as a common language provide the basis for « a more fruitful unity » than, for example, common membership in the divided and generally impotent United Nations. Michael Ignatief
“The mere existence of the U.S.S.R., and its ideas, distorted the way in which many people over the whole world thought about society, the economy, human history. Many were seduced by the comfortable word ‘socialism,’ even to the extent of rejecting the Western ideas of free discussion, political compromise, plural society, piecemeal practicality, change without chaos.” Robert Conquest
« The Arab conquerors acted in a typically imperialist fashion from the start, subjugating indigenous populations, colonizing their lands, and expropriating their wealth, resources, and labor. (…) From the first Arab-Islamic empire of the mid-seventh century to the Ottomans, the last great Muslim empire, the story of Islam has been the story of the rise and fall of universal empires and, no less important, of imperialist dreams.” Ephraim Karsh
Whether it was the Romans in Gaul, the Arabs throughout the Mediterranean and Southern Asia, the Huns in Eastern Europe, the Mongols in China, the Turks in the Middle East and the Balkans, the Bantu in southern Africa, the Khmer in East Asia, the Aztecs in Mexico, the Iroquois in the Northeast, or the Sioux throughout the Great Plains, human history has been stained by man’s continual use of brutal violence to acquire land and resources and destroy or replace those possessing them. Scholars may find subtle nuances of evil in the European version of this ubiquitous aggression, but for the victims such fine discriminations are irrelevant. (…) Yet this ideologically loaded and historically challenged use of words like “colonial” and “colonialist” remains rife in analyses of the century-long disorder in the Middle East. Both Islamists and Arab nationalists, with sympathy from the Western left, have blamed the European “colonialists” for the lack of development, political thuggery, and endemic violence whose roots lie mainly in tribal culture, illiberal shari’a law, and sectarian conflicts … Bill Thornton

Cachez cet imperialisme et ce colonialisme que je ne saurai voir !

Au lendemain de la signature d’un accord historique …

Sur le programme nucleaire inexistant …

D’un pays en train d’en effacer les dernieres traces …

Par un president americain expurgeant une faute imaginaire

 Et combattant un ennemi sans nom

Quel meilleur hommage en cette disparition de celui qui fut si longtemps seul, pendant la guerre froide, a denoncer les mensonges du monde communiste …

Que ce rappel par l’islamologue Bruce Thornton et le site The Muslim issue …

Que l’imperialisme et le colonialisme occidentaux dont tant les islamistes que leurs idiots utiles nous rabattent les oreilles …

Ne sont non seulement pour rien dans la situation actuelle du Moyen-Orient …

Mais qu’ils ont historiquement peu a apprendre des quelque quinze siècles d’imperialisme musulman …

Y compris celui qui de Chypre a la Papouasie occidentale (respectivement depuis 41 et 49 ans) …

Et sans parler de la  pretendue et oxymorique Republique islamique d’Iran comme du soi-disant Etat islamique …

Continue a sevir dans la plus grande indifference, voire la complicite du pretendu Monde libre ?

MUSLIMS WORLDWIDE
West Papua: The small island where 15% of population have been killed by Muslims
The Muslim issue

August 2, 2015

Muslims are slaughtering the aboriginals of West Papua after taking occupation by force, and killing their dreams of independence granted onto them.

It’s so easy to forget that Muslim violence and oppression is an everyday reality in many small places around the world too.

The people of West Papua have been suffering under Indonesian occupation since 1962. Over 500,000 civilians have been killed, and thousands more have been raped, tortured and imprisoned by Muslims. Foreign media and human rights groups are banned from operating in West Papua, so people rarely hear about the situation there.

The Indonesian archipelago has been an important trade region since at least the 7th century, when Srivijaya and then later Majapahit traded with China and India. Local rulers gradually absorbed foreign cultural, religious and political models from the early centuries CE, and Hindu and Buddhist kingdoms flourished.

Indonesian history has been influenced by foreign powers drawn to its natural resources. Muslim traders brought the now-dominant Islam, while European powers brought Christianity and fought one another to monopolise trade in the Spice Islands of Maluku during the Age of Discovery. Following three and a half centuries of Dutch colonialism, Indonesia was granted its independence from the Dutch after World War II.The Dutch tried to avoid a Muslim takeover of the region and to prepare the natives for independence, the Dutch significantly raised development spending off its low base, began investing in Papuan education, and encouraged Papuan nationalism. But once the Dutch left freedom did not last long and the Muslims quickly moved in and took over.

Indonesia’s history has since been turbulent under its Muslim rule, with challenges posed by natural disasters, mass slaughter, corruption, separatism, a democratisation process, and periods of rapid economic change.

West Papua – The Secret War in Asia

The following short film gives a good introduction to what is happening in West Papua.

History

West Papua was colonised by the Netherlands in 1898, along with the islands that now make up Indonesia. When the Republic of Indonesia became an independent nation state in 1949, West Papua remained under Dutch control. The Dutch government began preparing West Papua for its own independence throughout the 1950s. At the end of 1961, West Papua held a Congress at which its people declared independence, and raised their new flag – the Morning Star.

But within months the dream was dead. The Indonesian Muslim military invaded West Papua and conflict broke out between the Netherlands, Indonesia and the indigenous population regarding control of the territory. The US intervened and engineered an agreement between Indonesia and the Netherlands, which in 1962 gave control of West Papua to the United Nations and one year later transferred control to Indonesia. The Papuans were never consulted. However, the agreement did promise them their right to self determination – a right which is guaranteed by the UN to all people in the world.

Act of No Choice

By 1969 there was widespread resistance to Indonesian rule. The Indonesian military had killed and imprisoned thousands of Papuans in the seven years it had occupied the country – yet it was under these conditions that the people were supposed to exercise their right to self determination. It was agreed that the UN should oversee a plebiscite of the people of West Papua, in which they would be given two choices: to remain part of Indonesia or to become an independent nation. This vote was to be called the ‘Act of Free Choice.’

Protests at Act of Free Choice

West Papuans holding placards, calling for UN assitance, after Indonesia’s invasion of West Papua in 1962

But the Act was a sham. Instead of overseeing a free and fair election, the UN stood by while Indonesia rigged the vote. Declaring that the Papuans were too ‘primitive’ to cope with democracy, the Indonesian military hand-picked just 1,026 ‘representative’ Papuans, out of a population of one million, bribed them and threatened to kill them and their families if they voted the wrong way. So strong was the intimidation that despite widespread opposition to Indonesian rule, all 1,026 voted to remain a part of Indonesia. Despite protests from the Papuans, a critical report by a UN official and condemnation of the vote in the international media, the UN shamefully sanctioned the result and West Papua has remained under control of the Indonesian state ever since. The Papuans now dub this episode ‘the Act of No Choice’.

Consigning the fate of a million people to live under the brutal occupation that ensued is one of the most shameful chapters in the history of the UN. Recently there have been a number of detailed reports that heavily criticise the actions of Indonesia, the UN, and its member states during this period. One of the aims of the Free West Papua Campaign is to persuade the UN to review its role in this event and allow the Papuans a true act of self determination.

The People and Land Under Attack

Freeport Mine

Since the first days of Indonesian occupation, the people and land of West Papua have been under relentless attack. In an attempt to control the Papuans, and to claim the land to make way for resource extraction, the Indonesian army has systematically murdered, raped and tortured people in numbers that could constitute a genocide. One of the worst examples of this is the displacement and killing of thousands of people to make way for the giant American- and British-owned Freeport mine, the largest gold mine in the world, which has reduced a sacred mountain to a crater and poisoned the local river system. In a further attempt to eradicate Papuan culture, around one million people from overcrowded shanty towns across Indonesia have been moved into ‘transmigration’ camps cut into the forests.

Resistance to Indonesian Colonialism

Resistance to the Indonesian occupation started from the first days after the invasion. An armed guerrilla group called the OPM (Free Papua Movement) was formed in 1970 to resist the colonisation of West Papua. The OPM carried out a number of guerrilla attacks on the Indonesian military and on the holdings of multinational companies who had taken Papuan land and resources – including a successful attempt to close down the Freeport gold and copper mine. Armed mostly with bows and arrows, the small, ragged but determined OPM fought an almost unknown war against the well-armed, Western-backed Indonesian military for decades.

Recent Years

Following the fall of the Indonesian military dictator, General Suharto, in 1998, a political space briefly opened up in West Papua. The Morning Star flag was flown again and a huge public congress was held in the year 2000 with hundreds of delegates from tribes all across Papua. The Congress rejected the result of the 1969 Act of Free Choice and reaffirmed West Papua as an independent nation. It also gave power to the newly formed Papuan Presidium Council (PDP) to gain world recognition for West Papua’s independence. But these hopes were soon dashed. Fearing secession, the army moved in, and hundreds of people were shot and arrested for public flag raisings and independence rallies. Then, in November 2001, the charismatic president of the PDP, Theys Eluay, was assassinated by Indonesian soldiers.

Independence aspirations continued to be publicly demonstrated and whilst on the ground the police and military continued to respond with violence and intimidation, the Indonesian state attempted to quell these hopes by passing special autonomy legislation. The legislation was supposed to devolve some power and distribute more resources to West Papua but it is widely regarded as a failure by the indigenous Papuans with corruption leading to money being hoarded or misspent.

In recent years a new independence organisation, the KNPB (National Committee for West Papua) has become prominent. Under its guidance huge independence rallies have been held across West Papua and the West Papuan’s voice is united more than ever. As a result, many of its members have been arrested, tortured and killed. In 2012, the KNPB chairman Mako Tabuni was killed by Indonesian police, whilst many others face lengthy jail sentences of up to fifteen years just for raising the West Papuan flag.

Today West Papua’s tragedy continues with ongoing reports of villages being burnt, Papuans being arrested, tortured and shot and the beautiful natural wilderness being devastated by logging, mining, agricultural and biofuel interests.

“I recognise the inalienable right of the indigenous people of West Papua to self-determination which was violated in the 1969 “Act of Free Choice”. The human rights of each of us are undermined if the human rights of others are denied.”

But there is good news too. The issue of West Papua is creeping up the international agenda as campaign groups, Papuan leaders-in-exile and concerned people all over the world alert their leaders to the injustice that is happening in West Papua.

Despite a ban on foreign journalists, media outlets are beginning to cover the story and have exposed leaked videos of West Papuans being tortured by their Muslim occupiers.

With the advent of the International Parliamentarians for West Papua (IPWP) and the International Lawyers for West Papua (ILWP) politicians and lawyers are beginning to engage with the issue. Things are moving in the right direction – but they need to move faster if more bloodshed is to be avoided, and the people of West Papua’s cry for freedom is finally to be heard.

Ahmad Zainuddin a member of the House of Representatives claims that West Papuan people voted to join Indonesia with the 1969 Act of free choice.

Ahmad Zainuddin, a member of the House of Representatives in Jakarta, Indonesia, claims that West Papuan people voted to join Indonesia with the 1969 Act of free choice.

West Papau occupied region filled with muslim violence

Herded up like cattle and led away onto Indonesian army trucks to be tortured and then murdered. This is the reality of life in occupied West Papua. A land where over 500,000 people have been murdered by the Indonesian army, and thousands more have ‘disappeared’, been raped, tortured and imprisoned.

Voir aussi:

The Truth About Western “Colonialism”

Bruce Thornton

Hoover
July 29, 2015

Language is the first casualty of wars over foreign policy. To paraphrase Thucydides, during ideological conflict, words have to change their ordinary meaning and to take that which is now given them.

One word that has been central to our foreign policy for over a century is “colonialism.” Rather than describing a historical phenomenon––with all the complexity, mixture of good and evil, and conflicting motives found on every page of history––“colonialism” is now an ideological artifact that functions as a crude epithet. As a result, our foreign policy decisions are deformed by self-loathing and guilt eagerly exploited by our adversaries.
The great scholar of Soviet terror, Robert Conquest, noted this linguistic corruption decades ago. Historical terms like “imperialism” and “colonialism,” Conquest wrote, now refer to “a malign force with no program but the subjugation and exploitation of innocent people.” As such, these terms are verbal “mind-blockers and thought-extinguishers,” which serve “mainly to confuse, and of course to replace, the complex and needed process of understanding with the simple and unneeded process of inflammation.” Particularly in the Middle East, “colonialism” has been used to obscure the factual history that accounts for that region’s chronic dysfunctions, and has legitimized policies doomed to fail because they are founded on distortions of that history.

The simplistic discrediting of colonialism and its evil twin imperialism became prominent in the early twentieth century. In 1902 J.A. Hobson’s influential Imperialism: A Study reduced colonialism to a malign economic phenomenon, the instrument of capitalism’s “economic parasites,” as Hobson called them, who sought resources, markets, and profits abroad. In 1917, Vladimir Lenin, faced with the failure of classical Marxism’s historical predictions of the proletarian revolution, in 1917 built on Hobson’s ideas in Imperialism: The Highest Stage of Capitalism. Now the indigenous colonized peoples would perform the historical role of destroying capitalism that the European proletariat had failed to fulfill.

These ideas influenced the anti-colonial movements after World War II. John-Paul Sartre, in his introduction to Franz Fanon’s anti-colonial screed The Wretched of the Earth, wrote, “Natives of the underdeveloped countries unite!” substituting the Third World for classic Marxism’s “workers of the world.” This leftist idealization of the colonial Third World and its demonization of the capitalist West have survived the collapse of the Soviet Union and the discrediting of Marxism, and have become received wisdom both in academe and popular culture. It has underwritten the reflexive guilt of the West, the idea that “every Westerner is presumed guilty until proven innocent,” as French philosopher Pascal Bruckner writes, for the West contains an “essential evil that must be atoned for,” colonialism and imperialism.

This leftist interpretation of words like colonialism and imperialism transforms them into ideologically loaded terms that ultimately distort the tragic truths of history. They imply that Europe’s explorations and conquests constituted a new order of evil. In reality, the movements of peoples in search of resources, as well as the destruction of those already in possession of them, is the perennial dynamic of history.

Whether it was the Romans in Gaul, the Arabs throughout the Mediterranean and Southern Asia, the Huns in Eastern Europe, the Mongols in China, the Turks in the Middle East and the Balkans, the Bantu in southern Africa, the Khmer in East Asia, the Aztecs in Mexico, the Iroquois in the Northeast, or the Sioux throughout the Great Plains, human history has been stained by man’s continual use of brutal violence to acquire land and resources and destroy or replace those possessing them. Scholars may find subtle nuances of evil in the European version of this ubiquitous aggression, but for the victims such fine discriminations are irrelevant.

Yet this ideologically loaded and historically challenged use of words like “colonial” and “colonialist” remains rife in analyses of the century-long disorder in the Middle East. Both Islamists and Arab nationalists, with sympathy from the Western left, have blamed the European “colonialists” for the lack of development, political thuggery, and endemic violence whose roots lie mainly in tribal culture, illiberal shari’a law, and sectarian conflicts.

Moreover, it is blatant hypocrisy for Arab Muslims to complain about imperialism and colonialism. As Middle East historian Efraim Karsh documents in Islamic Imperialism, “The Arab conquerors acted in a typically imperialist fashion from the start, subjugating indigenous populations, colonizing their lands, and expropriating their wealth, resources, and labor.” Indeed, if one wants to find a culture defined by imperialist ambitions, Islam fits the bill much better than do Europeans and Americans, latecomers to the great game of imperial domination that Muslims successfully played for a thousand years.

“From the first Arab-Islamic empire of the mid-seventh century to the Ottomans, the last great Muslim empire,” Karsh writes, “the story of Islam has been the story of the rise and fall of universal empires and, no less important, of imperialist dreams.”

A recent example of this confusion caused by careless language can be found in commentary about the on-going dissolution of Iraq caused by sectarian and ethnic conflicts. There is a growing consensus that the creation of new nations in the region after World War I sowed the seeds of the current disorder. Ignoring those ethnic and sectarian differences, the British fashioned the nation of Iraq out of three Ottoman provinces that had roughly concentrated Kurds, Sunni, and Shi’a in individual provinces.

There is much of value to be learned from this history, but even intelligent commentators obscure that value with misleading words like “colonial.” Wall Street Journal writer Jaroslav Trofimov, for example, recently writing about the creation of the Middle Eastern nations, described France and England as “colonial powers.” Similarly, columnist Charles Krauthammer on the same topic used the phrase “colonial borders.” In both instances, the adjectives are historically misleading.

France and England, of course, were “colonial powers,” but their colonies were not in the Middle East. The region had for centuries been under the sovereignty of the Ottoman Empire. Thus Western “colonialism” was not responsible for the region’s dysfunctions. Rather, it was the incompetent policies and imperialist fantasies of the Ottoman leadership during the century before World War I, which culminated in the disastrous decision to enter the war on the side of Germany, that bear much of the responsibility for the chaos that followed the defeat of the Central Powers.

Another important factor was the questionable desire of the British to create an Arab national homeland in the ruins of the Ottoman Empire, and to gratify the imperial pretensions of their ally the Hashemite clan, who shrewdly convinced the British that their self-serving and marginal actions during the war had been important in fighting the Turks.

Obviously, the European powers wanted to influence these new nations in order to protect their geopolitical and economic interests, but they had no desire to colonize them. Idealists may decry that interference, or see it as unjust, but it is not “colonialism” rightly understood.

No more accurate is Krauthammer’s use of “colonial borders” to describe the region’s nations. Like all combatants in a great struggle, in anticipation of the defeat of the Central Powers, the British and French began planning the settlement of the region in 1916 in a meeting that produced the Sykes-Picot agreement later that year. But there is nothing unexceptional or untoward in this. In February 1945, Churchill, Roosevelt, and Stalin met in Yalta to negotiate their spheres of influence in Germany and Eastern Europe after the war. It would be strange if the Entente powers had notlaid out their plans for the territories of the defeated enemy.

Thus as part of the peace treaties and conferences after World War I, the French and British were given, under the authority of negotiated treaties and the supervision of the League of Nations, the “mandates” over the former Ottoman territories lying between Egypt and Turkey. In 1924 the goal of the mandates was spelled out in Article 22 of the League of Nations Covenant: “Certain communities formerly belonging to the Turkish Empire have reached a stage of development where their existence as independent nations can be provisionally recognized subject to the rendering of administrative advice and assistance by a Mandatory until such time as they are able to stand alone. The wishes of these communities must be a principal consideration in the selection of the Mandatory.”

Thus the nations created in the old Ottoman territory were sanctioned by international law as the legitimate prerogative of the victorious Entente powers. There was nothing “colonial” about the borders of the new nations.

One can legitimately challenge the true motives of the mandatory powers, doubt their sincerity in protesting their concern for the region’s peoples, or criticize their borders for serving European interests rather than those of the peoples living there. But whatever their designs, colonizing was not one of them. Indeed, by 1924 colonialism had long been coming into question for many in the West, and at the time of the post-war settlement the reigning ideal was not colonialism, but ethnic self-determination as embodied in the nation-state, as Woodrow Wilson had called for in February 1918: “National aspirations must be respected; people may now be dominated and governed only by their own consent.” The Anglo-French Declaration issued a few days before the war ended on November 11, 1918 agreed, stating that their aims in the former Ottoman territories were “the establishment of National Governments and administrations deriving their authority from the initiative and free choice of the indigenous populations.”

Again, one can question the wisdom of trying to create Western nation-states and political orders in a region still intensely tribal, with a religion in which the secular nation is an alien import. That incompatibility continues to be an ongoing problem nearly a century later, as we watch the failure of nation-building in Iraq and Afghanistan, and the hopes of the Arab Spring dashed in the violence and disorder of the Arab Winter.

But whatever the sins of the Europeans in the Middle East, colonialism is not one of them. The misuse of the term may sound trivial, but it legitimizes the jihadist narrative of Western guilt and justified Muslim payback through terrorist violence, now perfumed as “anticolonial resistance.” It reinforces what Middle East scholar J.B. Kelly called the “preemptive cringe,” the willingness of the West to blame itself for the region’s problems, as President Obama did in his 2009 Cairo speech when he condemned the “colonialism that denied rights and opportunities to many Muslims.”

This apologetic stance has characterized our foreign policy and emboldened our enemies for half a century. Today the region is in more danger of collapse into widespread violence and more of a threat to our national interests than at any time in the last fifty years. Perhaps we should start crafting our foreign policy on the foundations of historical truth and precise language.

Voir aussi:

The Triumph of Robert Conquest
He chronicled the Soviet terror that so many in the West refused to see.

WSJ

Aug. 5, 2015

Robert Conquest was born in 1917, the year of the Russian Revolution, so it seems fitting that he outlived the Soviet Union by more than 25 years.

The indefatigable historian, and enemy, of Soviet totalitarianism died Tuesday at age 98.

Conquest’s major themes were reality and delusion. “The Great Terror” (1968) was the first and still definitive treatment of Stalin’s purges, gulags, show trials and secret police, meticulously documenting the enormity of the death toll. “Harvest of Sorrow” (1986) chronicled what he called the “terror famines” that followed agricultural collectivization.

When sources inside Russia were few and most Kremlinologists were oblivious, these classics contributed immensely to understanding the nature of the Communist project. They also helped shape the response that won the Cold War; Reagan and Thatcher were among his readers.

Still, until Moscow opened the archives post-1989, leftist intellectuals and especially academics denied the realities Conquest exposed, claiming he exaggerated Stalin’s evil. That debate is now closed beyond challenge.

Conquest dedicated his later years at Stanford’s Hoover Institution to plumbing delusion, which he defined as “massive reality denial,” or why Russia had so many apologists and sympathizers. He blamed the persistence of destructive beliefs and the bottomless human capacity for self-deception.

“The mere existence of the U.S.S.R., and its ideas, distorted the way in which many people over the whole world thought about society, the economy, human history,” Conquest wrote in these pages in 1992. “Many were seduced by the comfortable word ‘socialism,’ even to the extent of rejecting the Western ideas of free discussion, political compromise, plural society, piecemeal practicality, change without chaos.”

Conquest added that the lessons of the bloody 20th century “have not yet been learned, or not adequately so.” Many today across the world still offer solace to dictators and mass murderers, whatever their reasons, so Conquest’s insights into human deception remain and will always be relevant.

Right now the United States of America is being led by the ideological heir of Lenin and Stalin, Barack Hussein Obama. A man raised and mentored by hardcore Communists. I have not read the « Great Terror », but I have read and own « Harvest of Sorrow » and the level of abject depravity depicted is beyond description, reducing Ukraine to the cannibalization of children. A systemic war against « the peasantry and the Kulaks » so brutal that it led Stalin’s wife, Nadya, to commit suicide from guilt. This ideology, morphed and re-marketed to fit 21st Century America, is alive and well in the policies of Barack Obama, who has wrecked the greatest nation in the course of human history with his Third World Bolshevism, paraded as democratic socialism.
Let us use the work of Dr. Conquest as a catalyst and a warning of the detriment a cult of personality wedded to totalitarian ideology can have on a people and a society, so as to stop what happened in the Soviet Union and Nazi Germany from happening here, or else we are going to need historian’s like Robert Conquest to document Obama’s crimes and atrocities against America. You think we would have learned.

It is human nature not to want to believe the worst. It is what makes Leftism possible. To support Leftist causes, one is required to look away, to deny reality. One can only defend their extreme position on abortion if one does not look at sonograms or the recent videos of Planned Parenthood and refuse to hear the gruesome details of partial birth abortion. And so it is with the Iran peace ‘deal’; to support it one is required to ignore the anti-Semitic, anti American pronouncements of Iran’s leaders, their history of deception, their open support for terrorism, and the violent subjugation of their people . Obama argues that his critics are wrong to take things at face value and that the price of their misjudgment will be war. But if Obama is wrong, if the Ayatollah really means what he says, if history really does teach us, what will the price of Obama’s misjudgment be? Peace? Yep, you would have to believe that too.


Islam: Voici revenu le temps des Assassins ! (Marx on Islam: How, then, is the existence of Christian subjects of the Porte to be reconciled with the Koran?)

1 juillet, 2015
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Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire. Il devait subvenir aux ressources de la nouvelle communauté (umma) que formaient les émigrés (muhadjirun) mekkois et les « auxiliaires » (ansar) médinois qui se joignaient à eux. Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie où la notion d’État était inconnue. Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin. En mars 624, il remporta devant les puits de Badr une grande victoire sur une colonne mekkoise venue à la rescousse d’une caravane en danger. Cela parut à Muhammad une marque évidente de la faveur d’Allah. Elle l’encouragea sans doute à la rupture avec les juifs, qui se fit peu à peu. Le Prophète avait pensé trouver auprès d’eux un accueil sympathique, car sa doctrine monothéiste lui semblait très proche de la leur. La charte précisant les droits et devoirs de chacun à Médine, conclue au moment de son arrivée, accordait une place aux tribus juives dans la communauté médinoise. Les musulmans jeûnaient le jour de la fête juive de l’Expiation. Mais la plupart des juifs médinois ne se rallièrent pas. Ils critiquèrent au contraire les anachronismes du Coran, la façon dont il déformait les récits bibliques. Aussi Muhammad se détourna-t-il d’eux. Le jeûne fut fixé au mois de ramadan, le mois de la victoire de Badr, et l’on cessa de se tourner vers Jérusalem pour prier. Maxime Rodinson
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Cela fait un an maintenant qu’est apparu au grand jour l’Etat islamique (EI). Et l’on ne peut que constater qu’il a lancé les « festivités » de cet anniversaire, malgré les bombardements qu’il subit. Tout cela accompagne le début du ramadan la semaine dernière. L’EI a appelé la quasi-totalité de ses sympathisants à fêter cette première année par tous les moyens et partout dans le monde. Selon moi, les attentats perpétrés à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), à Sousse et à Koweït City s’inscrivent dans cette macabre célébration. C’est un terrible pied de nez adressé à la communauté internationale. Et ce n’est que le début.(…) Souvenons-nous : l’EI a commencé son offensive au début du ramadan 2014. Il a déclaré le califat le 30 juin 2014. Je pense donc que cela risque de culminer dans les semaines à venir. En outre, le mois de ramadan est considéré comme propice au jihad. Je crains donc que nous soyons face au lancement d’une campagne d’attentats. (…) on n’est pas assez conscients de la portée symbolique des dates et des lieux. Désormais, l’EI se considère comme un Etat, gère les territoires comme tel, avec un gouvernement, une administration et un agenda. Nous sommes bel et bien face à un Etat terroriste. Mathieu Guidère
Seifeddine Rezgui was high on cocaine as he murdered British tourists on the beach, it emerged today. A stimulant, believed to the class A drug or one similar to it, was detected by doctors during a post-mortem examination, the Daily Mail has been told. (…) IS fighters are known to take doses of cocaine to make them feel invincible on the battlefield. An informed source said: ‘The autopsy proves that the terrorist used some drugs before he did the attack – the same drug that IS gives to people who do terrorist attacks – so that he will not understand what he is doing.’ A hotel worker named Houssem told the Mail: ‘He was laughing as he was shooting. When he had finished and he had killed everyone, he did not care, he did not try to run. He was smiling, he was happy.’ The Daily Mail
Many scholars have argued, and demonstrated convincingly, that the attribution of the epithet « hashish eaters » or « hashish takers » is a misnomer derived from enemies of the Isma’ilis and was never used by Muslim chroniclers or sources. It was therefore used in a pejorative sense of « enemies » or « disreputable people ». This sense of the term survived into modern times with the common Egyptian usage of the term Hashasheen in the 1930s to mean simply « noisy or riotous ». It is unlikely that the austere Hassan-i Sabbah indulged personally in drug taking … there is no mention of that drug hashish in connection with the Persian Assassins – especially in the library of Alamut (« the secret archives »). Edward Burman
Le fascisme est bien plus sain que n’importe quelle conception hédoniste de la vie (…) Alors que le socialisme et même le capitalisme – plus à contrecoeur – ont dit aux gens: « Je vous offre du bon temps », Hitler leur a dit: « Je vous offre la lutte, le danger et la mort » et le résultat a été qu’un nation entière se jeta à ses pieds. Orwell
Le fait est qu’il y a quelque chose de profondément attirant chez lui. […] Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement du confort, de la sécurité, des journées de travail raccourcies, de l’hygiène, de la contraception et du bon sens en général ; ils souhaitent aussi, au moins de temps en temps, vivre de luttes et de sacrifice de soi, sans mentionner les tambours, les drapeaux et les défilés patriotiques. George Orwell
Nous étions cons et dangereux. Yves Montand
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos, 2004)
These extremists distort the idea of jihad into a call for terrorist murder against Christians and Hindus and Jews — and against Muslims, themselves, who do not share their radical vision. George Bush (November 11, 2005)
L’analogie que nous utilisons ici parfois, et je pense que c’est exact, c’est que si une équipe de juniors met l’uniforme des Lakers, cela n’en fait pas des Kobe Bryant. Obama (27 janvier 2014)
L’État islamique ne parle au nom d’aucune religion (…) Aucun Dieu ne soutiendrait leurs actes (…) l’État islamique n’a pas sa place au XXIe siècle. Barack Hussein Obama
Six weeks ago, Human Rights Watch documented a “system of organized rape and sexual assault, sexual slavery, and forced marriage by ISIS forces.” Their victims were mainly Yazidi women and girls as young as 12, whom they bought, sold, gang-raped, beat, tortured and murdered when they tried to escape. (…) and yet (…) the upcoming annual conference of the National Organization for Women does not list ISIS or Boko Haram on its agenda. While the most recent Women’s Studies annual conference did focus on foreign policy, they were only interested in Palestine, a country which has never existed, and support for which is often synonymous with an anti-Israel position. Privately, feminists favor non-intervention, non-violence and the need for multilateral action, and they blame America for practically everything wrong in the world. What is going on? Feminists are, typically, leftists who view “Amerika” and white Christian men as their most dangerous enemies, while remaining silent about Islamist barbarians such as ISIS. Feminists strongly criticize Christianity and Judaism, but they’re strangely reluctant to oppose Islam — as if doing so would be “racist.” They fail to understand that a religion is a belief or an ideology, not a skin color. The new pseudo-feminists are more concerned with racism than with sexism, and disproportionately focused on Western imperialism, colonialism and capitalism than on Islam’s long and ongoing history of imperialism, colonialism, anti-black racism, slavery, forced conversion and gender and religious apartheid … Phyllis Chesler
Ce sont des symptômes qui relèvent d’un désordre mental. Un mélange de haine personnelle, de marginalité, de frustration économique, d’Islam identitaire… une grande salade d’ingrédients confus avec un vernis islamique, symptomatique d’un Islam aujourd’hui atomisé, d’une doctrine éclatée – y compris le salafisme – d’un terrorisme individualisé. Cela montre une civilisation arabo-musulmane délabrée. Les Musulmans sont déroutés et ne maîtrisent plus rien, ni la base ni rien. Ceux qui prennent les armes ne connaissent même pas l’Islam. Ils mélangent le martyr avec le suicide. La théologie du martyr c’est de subir la mort ou la guerre, pas de la rechercher. Le problème c’est la lutte contre l’ignorance, la restauration du savoir et de la culture. La violence vient de l’absence de la démocratisation de la pensée en général et de la religion en particulier. Quand il n’y a pas de langage, eh bien il y a de la violence. Tareq Oubrou (recteur de la grande mosquée de Bordeaux)
Le qualificatif de terroriste est beaucoup trop général et générique. Nous avons affaire à la rencontre d’expériences personnelles et d’une figure contemporaine et mortifère de la révolte que la seule logique policière et militaire ne parviendra pas à anéantir. Les actes d’Amedy Coulibaly et des frères Kouachi, comme ceux de Mohammed Merah, viennent au terme d’histoires singulières, d’histoires françaises. Comme celles des quelque mille jeunes français partis en Syrie. Comme celle de ceux, bien plus nombreux, qui ne regardent pas forcément avec autant d’horreur que nous cette guerre annoncée contre l’occident corrupteur. De la même façon, les salafistes tunisiens dont sont issus les meurtriers du Bardo sont particulièrement bien implantés à Sidi Bouzid et Kasserine, dans le berceau de la révolution de décembre 2010-janvier 2011. Pire : nombre d’entre eux ont été les acteurs de cette révolution et n’étaient pas salafistes à l’époque.  (…) Je pense qu’il nous faut comprendre que nous n’avons pas affaire à un phénomène sectaire isolé, et surtout que nous n’avons pas affaire à une « radicalisation de l’Islam », mais plutôt à une islamisation de la révolte radicale. Alors que les salafistes tunisiens actuels les plus actifs ne l’étaient pas lorsqu’ils étaient mobilisés contre Ben Ali, on sait que les candidats français au djihad sont bien souvent des convertis ou, à l’instar de Coulibaly et des frères Kouachi, des pratiquants tardifs. La vérité de leurs mobiles et de leur pensée ne doit pas tant être cherchée dans la théologie, de l’Islam en général ou du wahhabisme en particulier, mais bien dans la cohérence contemporaine des propositions politiques qu’ils portent. Si la confessionnalisation du monde et des affrontements est bien au cœur de ces propositions, ils sont loin d’en avoir le monopole aujourd’hui. Cette confessionnalisation en a mobilisé d’autres, en France ou ailleurs, dans la rue (la « Manif pour tous ») comme dans les gouvernements. L’événement majeur qui nous a conduits là est sans aucun doute l’effondrement des États communistes et du communisme à la fin du 20e siècle et, de proche en proche, l’effondrement de la figure moderne de la politique qui faisait de la conquête du pouvoir le levier des transformations collectives. Nous avons perdu dans le même mouvement l’espoir révolutionnaire et le sens de la représentation élective. Nous avons perdu en même temps un certain rapport populaire et politique au temps historique, dans lequel le passé permettait de comprendre le présent et le présent de préparer l’avenir. (…) Pour toute une génération qui arrive aujourd’hui à l’âge adulte, une évidence s’impose : au bout du chemin emprunté par leurs parents, qu’ils aient immigré pour une vie meilleure, milité pour des lendemains qui chantent ou œuvré à leur propre « réussite », il y a une impasse. Plus d’espoir collectif de révolution ou de progrès social et peu d’espoir de réussite individuelle. Le compte à rebours de la planète semble commencé sans que rien n’arrête la course à la catastrophe. Avec la mondialisation financière, la vie publique est dominée par la corruption des États et le mensonge des gouvernements. Dans ces conditions, les valeurs de la République peuvent apparaître quelque peu désincarnées. La référence obsessionnelle à la mémoire s’est substituée à la réflexivité du récit historique. Et nous avons perdu le sens du passé parce que nous n’avons plus de subjectivité collective de l’avenir. Tout ceci, nous le savons peu ou prou. Mais il nous faut en réfléchir les articulations et les conséquences. Qu’est-ce qu’une révolte qui n’a plus ni avenir ni espoir ? Quand on a cela en tête, on comprend mieux la puissance subjective des propositions djihadistes. Le seul avenir proposé est la mort : celle « des mécréants, des juifs et des croisés » comme celle des martyres qui finiront au paradis en emmenant avec eux soixante-dix personnes. Quand on a cela en tête, on comprend mieux aussi la publicité faite par Daech autour des destructions des vestiges du passé et du patrimoine culturel. Si ce passé nous a menti sur notre avenir, il ne nous servirait plus qu’à mentir encore.(…) Le salafisme, puisque c’est de lui qu’il s’agit, repose sur un sens donné à la vie qui ne laisse aucune place à la liberté. C’est l’islam dans une version des plus totalisantes. Un de ses attraits repose sur sa maîtrise de l’intime, la répression des désirs et des plaisirs, un cadre proposé pour tous les actes et les moments de la vie comme un acte de résistance au capitalisme et à « l’occident corrupteur ». Dans toute organisation de la révolte, il y a une figure de la libération possible et une contrainte de lutte, une discipline, et une éthique. Nous vivons l’effondrement des constructions qui ont associé ces deux dimensions à la fois libératrices et contraignantes. Le communisme a été au 20e siècle sa forme majeure. Il donnait sens à la souffrance, à la vie quotidienne en même temps qu’il proposait une subversion. Nous sommes toujours dans ce moment qui suit l’effondrement du communisme, mais aussi celui du tiers-mondisme. Le cycle politique des 19e et 20e siècles se clôt. (…) Il y a une demande de politique et de cadre qui se retrouve dans le nom que se donne ce mouvement radical, l’État islamique. Il n’a rien d’un État au sens moderne du terme : il ne garantit ni la paix ni le respect de l’altérité. Il est au contraire entièrement fondé sur la guerre et le massacre de l’autre. Il n’est ni national ni territorial, mais à vocation universaliste et multi-situé avec le jeu des « allégeances » qui ne vont que se multiplier. Mais c’est une puissance de combat au service de cette radicalité mortifère, une puissance qui – à l’instar de la puissance malfaisante du Cinquième élément de Luc Besson – se renforce et gagne en influence quand on l’attaque. (…) L’effondrement de la catégorie d’avenir dont nous avons parlé, et que l’anthropologue Arjun Appadurai a mis au centre de son dernier livre The Future as Cultural Fact : Essays on the Global Condition, est sans doute une des dimensions de la vague émeutière qui a touché le monde entier depuis le début du siècle. Ces dernières années, cette vague a été prolongée par de grandes mobilisations collectives comme ce que l’on a appelé le printemps arabe, la mobilisation brésilienne contre la Coupe du monde, la mobilisation turque contre le projet urbain de la place Taksim… Nous venons de vivre une séquence mondiale d’affrontements entre les peuples et les pouvoirs, équivalente du « Printemps des peuples » de 1848, des révolutions communistes d’après la première guerre mondiale, de 1968. Il y a deux devenirs possibles à ses séquences : la construction d’une figure durable de la révolte et de l’espoir qui s’incarne dans des mouvements politiques organisés et des perspectives institutionnelles, ou la dérive vers le désespoir et la violence minoritaire. Après 1968, on a connu les Brigades rouges, la Bande à Baader, des dérives terroristes au Japon. Pendant ces dix dernières années, une génération s’est révoltée. Si rien ne semble bouger, comment s’étonner que certains décident de passer à la « phase 2 » ?  Alain Bertho
Professeur à l’Université de Paris VIII, il est directeur de l’École doctorale sciences sociales (2007-2013), directeur de la Maison des sciences de l’homme de Paris Nord (2013-..) et directeur du Master « Villes et nouveaux espaces européens de gouvernance » à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris-VIII. Il est membre du Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement (UMR 7218 – équipe AUS). Il est élu président de la 20e section du Conseil national des universités (anthropologie biologique, ethnologie, préhistoire) en novembre 2011. Après vingt-sept ans d’engagement au PCF, notamment dans le mouvement des Refondateurs, il se met en congé du parti en 2003 puis le quitte l’année suivante. En 2008, il fonde avec Sylvain Lazarus l’Observatoire international des banlieues et des périphéries au sein duquel il mène des enquêtes sur les banlieues au Brésil et au Sénégal. Son site recense quotidiennement les émeutes dans le monde depuis l’année 2007. Le temps des émeutes est le titre du livre qu’il a écrit à partir de ce travail de recensement. Cet ouvrage est une analyse anthropologique de ce phénomène qui connaît un développement exponentiel et planétaire depuis quelques années. Ses travaux intellectuels se rapprochent des travaux du sociologue Zygmunt Bauman et du philosophe Giorgio Agamben. Il partage avec eux leur regard singulier sur la forme contemporaine de la mondialisation et de l’État. Travaillant également sur les questions liées à la place des métropoles et des mouvements sociaux à l’aire de la mondialisation, il rejoint intellectuellement les travaux de la sociologue Saskia Sassen et de l’anthropologue Arjun Appadurai. Comme eux, il attache beaucoup d’importance aux « préoccupations « militantes » et (porte) donc une attention plus poussée aux formes collectives de subjectivité qui émergent ». Les travaux de son ami Toni Negri, notamment ceux engagés en collaboration avec Michael Hardt sur l’Empire et la Multitude, font également partis de ses références. En somme, il qualifie l’ensemble de ces intellectuels de « sentinelles du contemporain ». Wikipedia
Si nous prenons un peu de champ, je vois plusieurs raisons à cet invraisemblable aveuglement, à commencer par le fait que les esprits sont empoisonnés par plus d’une décennie de «trahison des clercs». Des élites passées maîtresses dans l’art positif et méthodique de se crever les yeux face à la montée du fondamentalisme musulman le plus agressif et le plus rétrograde, au motif que le Mal — la haine, la terreur, l’obscurantisme — ne saurait surgir de ce qu’elles croyaient être le camp du Bien, celui des anciens damnés de la terre. Ce catéchisme binaire et rance, qui remonte au tiers-mondisme des années 60 et qui consiste à opposer avec paresse un monde européen forcément coupable à un monde musulman ontologiquement innocent, est tout à fait obsolète. L’ensemble des musulmans éclairés, dont nous relayons bien peu la parole alors qu’il s’agirait d’épouser leur combat comme hier celui des dissidents du bloc soviétique, nous le répètent pourtant à longueur de journée. Mais peu importe pour nos bien-pensants de service, très présents dans les médias, qui ont préféré s’en tenir à une curieuse pratique de la pensée magique en interdisant aux faits toute incursion malvenue dans l’univers de leur croyance idéologique. En cela, oui, ils ont œuvré à notre désarmement intellectuel et moral. Cette couardise, doublée de la perte horrifiante de la lucidité la plus élémentaire, me fait penser au mot de Yves Montand à propos de sa génération, fascinée par la stalinisme: «Nous étions dangereux et cons». Avec un peu d’honnêteté, nombreux sont nos intellectuels qui, en France, seraient bien inspirés de s’approprier cette observation autocritique. J’ajouterais même un appendice: non contents d’être redevenus «dangereux et cons» depuis le 11-Septembre 2001, nos «beaux esprits» somnambules, particulièrement nombreux à gauche, se sont aussi distingués par leur insondable lâcheté. En effet, quelle est cette irresponsabilité qui, depuis des années, a poussé tant de faiseurs d’opinion — journalistes, politiques, sociologues vertueux — à s’enferrer à ce point dans le déni, à être incapables de mettre leur montre à l’heure, d’appeler un chat un chat et d’admettre que c’est l’islam radical qui, ces derniers temps, a un peu tendance à armer le bras des assassins et non des hordes de bouddhistes déchainés? N’oublions pas qu’entre le 6 et le 10, nous sommes subitement passés de la thèse, confortable mais fausse, des «loups solitaires» — et autres «enfants perdus du djihad», des formules partout reprises en cœur —, à la reconnaissance officielle d’un fléau planétaire. N’oublions pas qu’ Edwy Plenel parlait encore du terrorisme «dit islamiste» dans son livre récent, intitulé Pour les musulmans . Ou comment mélanger au passage, dans une même condescendance postcoloniale, les terroristes et leurs suppliciés. Et on pourrait multiplier les exemples à l’infini. D’ailleurs, le vendredi 26 juin au soir, les bandeaux «Encore un loup solitaire?» s’inscrivaient derechef sur nos écrans de télévision. Vertigineuse régression. Le dispositif global d’intimidation par l’«islamophobie» — l’intimidation étant caractéristique de la mentalité fasciste — a fait le reste: quiconque ne partageait pas cette vision irénique se voyait traité de raciste ou, plus à la mode, de «néo-réactionnaire». Brisons les avertisseurs d’incendie et le feu s’éteindra de lui-même. Tel est à peu près l’état d’esprit toxique qui domine depuis des années en France et nous empêche, aujourd’hui encore, de percuter l’ampleur du danger. On ne réadapte pas ses catégories mentales du jour au lendemain. Plus largement, il me semble que les Européens de bonne foi ont exorcisé depuis si longtemps le cauchemar des guerres de religion qu’ils ont du mal à en imaginer le retour. Or, on peine toujours à voir ce que l’on peine à concevoir. Alexandra Laignel-Lavastine
People want to absolve Islam. It’s this ‘Islam is a religion of peace’ mantra. As if there is such a thing as ‘Islam’! It’s what Muslims do, and how they interpret their texts. Those texts are shared by all Sunni Muslims, not just the Islamic State. And these guys have just as much legitimacy as anyone else. Slavery, crucifixion, and beheadings are not something that freakish [jihadists] are cherry-picking from the medieval tradition.  Islamic State fighters “are smack in the middle of the medieval tradition and are bringing it wholesale into the present day. (…) What’s striking about them is not just the literalism, but also the seriousness with which they read these text. There is an assiduous, obsessive seriousness that Muslims don’t normally have. The Wahhabis were not wanton in their violence. They were surrounded by Muslims, and they conquered lands that were already Islamic; this stayed their hand. ISIS, by contrast, is really reliving the early period. Early Muslims were surrounded by non-Muslims, and the Islamic State, because of its takfiri tendencies, considers itself to be in the same situation. (…) The only principled ground that the Islamic State’s opponents could take is to say that certain core texts and traditional teachings of Islam are no longer valid. That really would be an act of apostasy. Bernard Haykel (Princeton)
The reality is that the Islamic State is Islamic. Very Islamic. Yes, it has attracted psychopaths and adventure seekers, drawn largely from the disaffected populations of the Middle East and Europe. But the religion preached by its most ardent followers derives from coherent and even learned interpretations of Islam. Virtually every major decision and law promulgated by the Islamic State adheres to what it calls, in its press and pronouncements, and on its billboards, license plates, stationery, and coins, “the Prophetic methodology,” which means following the prophecy and example of Muhammad, in punctilious detail. Muslims can reject the Islamic State; nearly all do. But pretending that it isn’t actually a religious, millenarian group, with theology that must be understood to be combatted, has already led the United States to underestimate it and back foolish schemes to counter it. We’ll need to get acquainted with the Islamic State’s intellectual genealogy if we are to react in a way that will not strengthen it, but instead help it self-immolate in its own excessive zeal. Without acknowledgment of these factors, no explanation of the rise of the Islamic State could be complete. But focusing on them to the exclusion of ideology reflects another kind of Western bias: that if religious ideology doesn’t matter much in Washington or Berlin, surely it must be equally irrelevant in Raqqa or Mosul. When a masked executioner says Allahu akbar while beheading an apostate, sometimes he’s doing so for religious reasons.(…) Some observers have called for escalation, including several predictable voices from the interventionist right (Max Boot, Frederick Kagan), who have urged the deployment of tens of thousands of American soldiers. These calls should not be dismissed too quickly: an avowedly genocidal organization is on its potential victims’ front lawn, and it is committing daily atrocities in the territory it already controls.(…) It would be facile, even exculpatory, to call the problem of the Islamic State “a problem with Islam.” The religion allows many interpretations, and Islamic State supporters are morally on the hook for the one they choose. And yet simply denouncing the Islamic State as un-Islamic can be counterproductive, especially if those who hear the message have read the holy texts and seen the endorsement of many of the caliphate’s practices written plainly within them. Graeme Wood
We seem to have gone from one extreme to the other. Now that Islam is no longer demonised, it seems it can do no wrong. Perhaps the truth is that the two opposing strands need to be held together, instead of dismissing one or the other. The reality of Islam is more complex. Islam actually means « submission » – not quite the same as « peace ». Many horrific acts have been, and continue to be, perpetrated in the name of Islam, just as they have in the name of Christianity. But, unlike Islam, Christianity does not justify the use of all forms of violence. Islam does. (…)  The contradictory reactions to the terrorist attacks – official condemnation at leadership level and support among many people – are an indication that Islam is not always « a religion of peace ». There are so many Muslims rejoicing at the tragic loss of American lives and the humiliation of the American government that they cannot be dismissed as « a few extremists ». Sura 9, verse 5 of the Koran reads, « Then fight and slay the Pagans wherever ye find them. And seize them, beleaguer them, And lie in wait for them, In every stratagem (of war). » (…) In the Muslim faith, the Koran is believed to be the very word of God, applying to all people, in all times, in all places. It is the source of the Muslim faith and the law that orders the Islamic way of life. Killing is not totally forbidden: in fact, it was through conquest that Islam spread. In Indonesia today, non-Muslims are offered a choice of conversion to Islam or death. The argument that the above verse was written to refer only to a particular time and people is not valid. The Koran is considered immutable – a fact that has been repeatedly employed to justify verses that are discriminatory toward women, such as the unequal inheritance shares given to women in line with Sura 4, verse 11. The development of Shariah, Islamic law, created a society where non-Muslims lived as second-class citizens subject to and humiliated by numerous laws. Those who converted from Islam to another religion were killed, a practice that continues in Afghanistan, Iran and Saudi Arabia. Koran Sura 5, verse 85, which speaks of enmity between Muslims and non-Muslims, reads: « Strongest among men in enmity to the Believers wilt thou Find the Jews and Pagans. » The World Trade Centre attack cannot be dismissed as merely the work of a small group of extremists. The Muslims celebrating the tragedy in America are doubtless recalling the words of the Koran, urging Muslims to « fight a mighty nation, fight them until they embrace Islam ». Sheikh Omar Bakri Mohamed, leader of the radical Islamic organisation Al-Muhajiroun, last week indicated that civilian targets were wrong, but military and government targets are legitimate. The Kuwaiti paper Al-Watan argued in favour of the Islamic justification for killing non-combatants. It referred specifically to Jews, but its argument could apply to any non-combatants living in a democracy. Citizens vote for the government and pay taxes to support it. And so, the argument goes, citizens can be considered as potential soldiers or as being « involved in complementary activities ». To recognise that no culture or people are without fault and that all should be subject to criticism is not racism; it is an honesty that emphasises our common humanity. The way to increase respect between people of different faiths is not to gloss over our problems but to admit them, face up to them and together seek to deal with them. Violence occurs in all religions, but in most it is not sanctioned and although there might be moderate elements within Islam, it is the extremist elements that have tended to dominate the development of the religion, with often tragic consequences. Patrick Sookhdeo
The reality is that the Islamic State is Islamic. Very Islamic. Yes, it has attracted psychopaths and adventure seekers, drawn largely from the disaffected populations of the Middle East and Europe. But the religion preached by its most ardent followers derives from coherent and even learned interpretations of Islam. Virtually every major decision and law promulgated by the Islamic State adheres to what it calls, in its press and pronouncements, and on its billboards, license plates, stationery, and coins, “the Prophetic methodology,” which means following the prophecy and example of Muhammad, in punctilious detail. Muslims can reject the Islamic State; nearly all do. But pretending that it isn’t actually a religious, millenarian group, with theology that must be understood to be combatted, has already led the United States to underestimate it and back foolish schemes to counter it. We’ll need to get acquainted with the Islamic State’s intellectual genealogy if we are to react in a way that will not strengthen it, but instead help it self-immolate in its own excessive zeal. Without acknowledgment of these factors, no explanation of the rise of the Islamic State could be complete. But focusing on them to the exclusion of ideology reflects another kind of Western bias: that if religious ideology doesn’t matter much in Washington or Berlin, surely it must be equally irrelevant in Raqqa or Mosul. When a masked executioner says Allahu akbar while beheading an apostate, sometimes he’s doing so for religious reasons.(…) Some observers have called for escalation, including several predictable voices from the interventionist right (Max Boot, Frederick Kagan), who have urged the deployment of tens of thousands of American soldiers. These calls should not be dismissed too quickly: an avowedly genocidal organization is on its potential victims’ front lawn, and it is committing daily atrocities in the territory it already controls.(…) It would be facile, even exculpatory, to call the problem of the Islamic State “a problem with Islam.” The religion allows many interpretations, and Islamic State supporters are morally on the hook for the one they choose. And yet simply denouncing the Islamic State as un-Islamic can be counterproductive, especially if those who hear the message have read the holy texts and seen the endorsement of many of the caliphate’s practices written plainly within them. Graeme Wood
 Le Coran et la législation musulmane qui en résulte réduisent la géographie et l’ethnographie des différents peuples à la simple et pratique distinction de deux nations et de deux territoires ; ceux des Fidèles et des Infidèles. L’Infidèle est « harby », c’est-à-dire ennemi. L’islam proscrit la nation des Infidèles, établissant un état d’hostilité permanente entre le musulman et l’incroyant. Dans ce sens, les navires pirates des États Berbères furent la flotte sainte de l’Islam. Comment, donc, l’existence de chrétiens sujets de la Porte [l’empire turc] peut-elle être conciliée avec le Coran ?  Si une ville, dit la législation musulmane, se rend par capitulation, et que ses habitants deviennent « rayahs », c’est à dire sujets du prince musulmans sans abandonner leur foi, ils doivent payer le « kharatch » (capitation ou taxe par tête), quand ils obtiennent une trêve des fidèles, et il est alors interdit de confisquer leurs biens et de prendre leurs maisons … Dans ce cas, leurs églises deviennent une partie de leurs patrimoine, et ils ont le droit d’y prier. Mais ils n’ont pas le droit d’en construire de nouvelles. Ils ont seulement le droit de les réparer, et de reconstruire les parties détruites. A période régulière, des commissaires du gouverneur de la province doivent inspecter les églises et les sanctuaires des Chrétiens, afin de vérifier qu’aucune nouvelle construction n’a été érigée sous prétexte de réparation. Si une ville est conquise par la force, les habitants conservent leurs églises, mais seulement comme lieu de refuge, et ils n’ont plus le droit d’y prier »(…) Les Musulmans forment environ un quart de l’ensemble de la population composée de Turcs, d’Arabes et de Maures qui sont évidemment les maîtres à tous égards puisqu’ils ne sont aucunement affectés par la faiblesse de leur gouvernement situé à Constantinople. Rien n’égale la misère et les souffrances des Juifs de Jérusalem, qui résident dans le quartier le plus infect de la ville que l’on appelle le hareth-el-yahoud, ce quartier d’immondices compris entre les monts Sion et Moriah où sont situés leurs synagogues – objets constants de l’oppression et de l’intolérance des Musulmans, exposés aux insultes des Grecs, persécutés par les Latins, et ne vivant que des aumônes à peine suffisantes transmises par leurs frères d’Europe. Les Juifs ne sont cependant pas des indigènes et seuls les attirent à Jérusalem le désir d’habiter la Vallée de Josaphat ainsi que celui de mourir sur le lieu même où ils attendent la rédemption. ’Attendant leur mort’, écrit un auteur français, ’ils souffrent et ils prient. Leurs regards tournés vers ce Mont Moriah où s’éleva autrefois le Temple du Liban ( ?), et dont ils n’osent s’approcher, ils versent des larmes sur les infortunes de Sion et sur leur dispersion à travers le monde.  Karl Marx (New-York Herald Tribune, 15 avril 1854)

Cachez cette religion que je ne saurai voir !

En ce temps  revenu des assassins  et premier anniversaire de l’Etat Islamique …

Où l’on se gorge de cocaïne pour célébrer et faire respecter à coups de kalachnikovs le jeûne du Ramadan

Où, pour assouvir une vengeance personnelle dans son travail ou dans sa vie familiale, il faut dorénavant fracasser un avion entier

Ou, tout en criant Allah Akbar et en déployant son drapeau noir, découper son patron au couteau de boucher et faire sauter une usine à gaz ….

Et où, après avoir abandonné l’Irak et bientôt l’Afghanistan aux djihadistes et se refusant toujours à nommer la cible de ses discrètes éliminations ciblées, le prétendu chef du Monde libre n’a pas de mots assez durs pour ceux qui insultent l’islam tout  prônant, à condition qu’il soit arc-en-ciel, l’amour pour tous (robots compris !) …

Pendant qu’étrangement silencieuses face aux exactions djihadistes, nos féministes n’ont d’yeux que pour les nouveaux damnés de la terre palestiniens …

Et qu’après le court sursaut de janvier dernier, nos orphelins du communisme nous confirment que nous n’avons pas affaire à une « radicalisation de l’Islam » mais plutôt à une « islamisation de la révolte radicale » …

Comment ne pas repenser …

A la fameuse tribune du New York Herald de 1854 …

Où, au lendemain de la déclaration de la Guerre de Crimée, un certain Karl Marx posait la question de l’existence de chrétiens sujets de l’empire turc face à un Coran …

Qui, disait-il, reprenant largement des écrits du diplomate français César Famin, divise le monde en territoires, entre Fidèles et Infidèles et entre Paix et Guerre, et réduit chrétiens comme juifs à l’oppression et à la misère ?

Declaration of War. – On the History of the Eastern Question
Karl Marx
New-York Herald Tribune
March 28, 1854
First published: in the New-York Daily Tribune, April 15;
Transcribed: by Andy Blunden;
London, Tuesday, March 28, 1854

War has at length been declared. The Royal Message was read yesterday in both Houses of Parliament; by Lord Aberdeen in the Lords, and by Lord J. Russell in the Commons. It describes the measures about to be taken as “active steps to oppose the encroachments of Russia upon Turkey.” To-morrow The London Gazette will publish the official notification of war, and on Friday the address in reply to the message will become the subject of the Parliamentary debates.

Simultaneously with the English declaration, Louis Napoleon has communicated a similar message to his Senate and Corps Législatif.

The declaration of war against Russia could no longer be delayed, after Captain Blackwood, the bearer of the Anglo-French ultimatissimum to the Czar, had returned, on Saturday last, with the answer that Russia would give to that paper no answer at all. The mission of Capt. Blackwood, however, has not been altogether a gratuitous one. It has afforded to Russia the month of March, that most dangerous epoch of the year, to Russian arms.

The publication of the secret correspondence between the Czar and the English Government, instead of provoking a burst of public indignation against the latter, has – incredibile dictu – the signal for the press, both weekly and daily, for congratulating England on the possession of so truly national a Ministry. I understand, however, that a meeting will be called together for the purpose of opening the eyes of a blinded British public on the real conduct of the Government. It is to be held on Thursday next in the Music Hall, Store-st.; and Lord Ponsonby, Mr. Layard, Mr. Urquhart, etc., are expected to take part in the proceedings.

The Hamburger Correspondent has the following:

“According to advices from St. Petersburg, which arrived here on the 16th inst., the Russian Government proposes to publish various other documents on the Eastern question. Among the documents destined for publication are some letters written by Prince Albert.”

It is a curious fact that the same evening on which the Royal Message was delivered in the Commons, the Government suffered their first defeat in the present session; the second reading of the Poor-Settlement and Removal bill having, notwithstanding the efforts of the Government, been adjourned to the 28th of April, by a division of 209 to 183. The person to whom the Government is indebted for this defeat, is no other than my Lord Palmerston.

“His lordship,” says The Times of this day, “has managed to put himself and his colleagues between two fires (the Tories and the Irish party) without much prospect of leaving them to settle it between themselves.”

We are informed that on the 12th inst. a treaty of triple alliance was signed between France, England and Turkey, but that, notwithstanding the personal application of the Sultan to the Grand Mufti, the latter supported by the corps of the Ulemas, refused to issue his fetva sanctioning the stipulation about the changes in the situation of the Christians in Turkey, as being in contradiction with the precepts of the Koran. This intelligence must be looked upon as being the more important, as it caused Lord Derby to make the following observation:

“I will only express my earnest anxiety that the Government will state whether there is any truth in the report that has been circulated during the last few days that in this convention entered into between England, France and Turkey, there are articles which will be of a nature to establish a protectorate on our part as objectionable at least, as that which, on the part of Russia, we have protested against.”

The Times of to-day, while declaring that the policy of the Government is directly opposed to that of Lord Derby adds:

“We should deeply regret if the bigotry of the Mufti or the Ulemas succeeded in opposing any serious resistance to this policy.”

In order to understand both the nature of the relations between the Turkish Government and the spiritual authorities of Turkey, and the difficulties in which the former is at present involved, with respect to the question of a protectorate over the Christian subjects of the Porte, that question which ostensibly lies at the bottom of all the actual complications in the East, it is necessary to cast a retrospective glance at its past history and development.

The Koran and the Mussulman legislation emanating from it reduce the geography and ethnography of the various people to the simple and convenient distinction of two nations and of two countries; those of the Faithful and of the Infidels. The Infidel is “harby,” i.e. the enemy. Islamism proscribes the nation of the Infidels, constituting a state of permanent hostility between the Mussulman and the unbeliever. In that sense the corsair-ships of the Berber States were the holy fleet of Islam. How, then, is the existence of Christian subjects of the Porte to be reconciled with the Koran?

“If a town,” says the Mussulman legislation, “surrenders by capitulation, and its habitants consent to become rayahs, that is, subjects of a Mussulman prince without abandoning their creed, they have to pay the kharatch (capitation tax), when they obtain a truce with the faithful, and it is not permitted any more to confiscate their estates than to take away their houses…. In this case their old churches form part of their property, with permission to worship therein. But they are not allowed to erect new ones. They have only authority for repairing them, and to reconstruct their decayed portions. At certain epochs commissaries delegated by the provincial governors are to visit the churches and sanctuaries of the Christians, in order to ascertain that no new buildings have been added under pretext of repairs. If a town is conquered by force, the inhabitants retain their churches, but only as places of abode or refuge, without permission to worship.”

Constantinople having surrendered by capitulation, as in like manner has the greater portion of European Turkey, the Christians there enjoy the privilege of living as rayahs, under the Turkish Government. This privilege they have exclusively by virtue of their agreeing to accept the Mussulman protection. It is, therefore, owing to this circumstance alone, that the Christians submit to be governed by the Mussulmans according to Mussulman law, that the patriarch of Constantinople, their spiritual chief, is at the same time their political representative and their Chief Justice. Wherever, in the Ottoman Empire, we find an agglomeration of Greek rayahs; the Archbishops and Bishops are by law members of the Municipal Councils, and, under the direction of the patriarch, [watch] over the repartition of the taxes imposed upon the Greeks. The patriarch is responsible to the Porte as to the conduct of his co-religionists. Invested with the right of judging the rayahs of his Church, he delegates this right to the metropolitans and bishops, in the limits of their dioceses, their sentences being obligatory for the executive officers, kadis, etc., of the Porte to carry out. The punishments which they have the right to pronounce are fines, imprisonment, the bastinade, and exile. Besides, their own church gives them the power of excommunication. Independent of the produce of the fines, they receive variable taxes on the civil and commercial law-suits. Every hierarchic scale among the clergy has its moneyed price. The patriarch pays to the Divan a heavy tribute in order to obtain his investiture, but he sells, in his turn, the archbishoprics and bishoprics to the clergy of his worship. The latter indemnify themselves by the sale of subaltern dignities and the tribute exacted from the popes. These, again, sell by retail the power they have bought from their superiors, and traffic in all acts of their ministry, such as baptisms, marriages, divorces, and testaments.

It is evident from this exposé that this fabric of theocracy over the Greek Christians of Turkey, and the whole structure of their society, has its keystone in the subjection of the rayah under the Koran, which, in its turn, by treating them as infidels – i.e., as a nation only in a religious sense – sanctioned the combined spiritual and temporal power of their priests. Then, if you abolish their subjection under the Koran by a civil emancipation, you cancel at the same time their subjection to the clergy, and provoke a revolution in their social, political and religious relations, which, in the first instance, must inevitably hand them over to Russia. If you supplant the Koran by a code civil, you must occidentalize the entire structure of Byzantine society.

Having described the relations between the Mussulman and his Christian subject, the question arises, what are the relations between the Mussulman and the unbelieving foreigner?

As the Koran treats all foreigners as foes, nobody will dare to present himself in a Mussulman country without having taken his precautions. The first European merchants, therefore, who risked the chances of commerce with such a people, contrived to secure themselves an exceptional treatment and privileges originally personal, but afterward extended to their whole nation. Hence the origin of capitulations. Capitulations are imperial diplomas, letters of privilege, octroyed by the Porte to different European nations, and authorizing their subjects to freely enter Mohammedan countries, and there to pursue in tranquillity their affairs, and to practice their worship. They differ from treaties in this essential point, that they are not reciprocal acts contradictorily debated between the contracting parties, and accepted by them on the condition of mutual advantages and concessions. On the contrary, the capitulations are one-sided concessions on the part of the Government granting them, in consequence of which they may be revoked at its pleasure. The Porte has, indeed, at several times nullified the privileges granted to one nation, by extending them to others; or repealed them altogether by refusing to continue their application. This precarious character of the capitulations made them an eternal source of disputes, of complaints on the part of Embassadors, and of a prodigious exchange of contradictory notes and firmans revived at the commencement of every new reign.

It was from these capitulations that arose the right of a protectorate of foreign powers, not over the Christian subjects of the Porte – the rayahs – but over their co-religionists visiting Turkey or residing there as foreigners. The first power that obtained such a protectorate was France. The capitulations between France and the Ottoman Porte made in 1535, under Soliman the Great and Francis I; in 1604 under Ahmed I and Henry IV; and in 1673 under Mohammed IV and Louis XIV, were renewed, confirmed, recapitulated, and augmented in the compilation of 1740, called “ancient and recent capitulations and treaties between the Court of France and the Ottoman Porte, renewed and augmented in the year 1740, A.D., and 1153 of the Hegira, translated (the first official translation sanctioned by the Porte) at Constantinople by M. Deval; Secretary Interpreter of the King, and his first Dragoman at the Ottoman Porte.” Art. 32 of this agreement constitutes the right of France to a protectorate over all monasteries professing the Frank religion to whatever nation they may belong, and of the Frank visitors of the Holy Places.

Russia was the first power that, in 1774, inserted the capitulation, imitated after the example of France, into a treaty – the treaty of Kainardji. Thus, in 1802, Napoleon thought fit to make the existence and maintenance of the capitulation the subject of an article of treaty, and to give it the character of synallagmatic contract.

In what relation then does the question of the Holy Places stand with the protectorate?

The question of the Holy Shrines is the question of a protectorate over the religious Greek Christian communities settled at Jerusalem, and over the buildings possessed by them on the holy ground, and especially over the Church of the Holy Sepulcher. It is to be understood that possession here does not mean proprietorship, which is denied to the Christians by the Koran, but only the right of usufruct. This right of usufruct excludes by no means the other communities from worshipping in the same place; the possessors having no other privilege besides that of keeping the keys, of repairing and entering the edifices, of kindling the holy lamp, of cleaning the rooms with the broom, and of spreading the carpets, which is an Oriental symbol of possession. In the same manner now, in which Christianity culminates at the Holy Place, the question of the protectorate is there found to have its highest ascension.

Parts of the Holy Places and of the Church of the Holy Sepulcher are possessed by the Latins, the Greeks, the Armenians, the Abyssinians, the Syrians, and the Copts. Between all these diverse pretendents there originated a conflict. The sovereigns of Europe who saw, in this religious quarrel, a question of their respective influences in the Orient, addressed themselves in the first instance to the masters of the soil, to fanatic and greedy Pashas, who abused their position. The Ottoman Porte and its agents adopting a most troublesome système de basculea gave judgment in turns favorable to the Latins, Greeks, and Armenians, asking and receiving gold from all hands, and laughing at each of them. Hardly had the Turks granted a firman, acknowledging the right of the Latins to the possession of a contested place, when the Armenians presented themselves with a heavier purse, and instantly obtained a contradictory firman. Same tactics with respect to the Greeks, who knew, besides, as officially recorded in different firmans of the Porte and “hudjets” (judgments) of its agents, how to procure false and apocryph titles. On other occasions the decisions of the Sultan’s Government were frustrated by the cupidity and ill-will of the Pashas and subaltern agents in Syria. Then it became necessary to resume negotiations, to appoint fresh commissaries, and to make new sacrifices of money. What the Porte formerly did from pecuniary considerations, in our days it has done from fear, with a view to obtain protection and favor. Having done justice to the reclamations of France and the Latins, it hastened to make the same conditions to Russia and the Greeks, thus attempting to escape from a storm which it felt powerless to encounter. There is no sanctuary, no chapel, no stone of the Church of the Holy Sepulcher, that had been left unturned for the purpose of constituting a quarrel between the different Christian communities.

Around the Holy Sepulcher we find an assemblage of all the various sects of Christianity, behind the religious pretensions of whom are concealed as many political and national rivalries.

Jerusalem and the Holy Places are inhabited by nations professing religions: the Latins, the Greeks, Armenians, Copts, Abyssinians, and Syrians. There are 2,000 Greeks, 1,000 Latins, 350 Armenians, 100 Copts, 20 Syrians, and 20 Abyssinians = 3,490. In the Ottoman Empire we find 13,730,000 Greeks, 2,400,000 Armenians, and 900,000 Latins. Each of these is again subdivided. The Greek Church, of which I treated above, the one acknowledging the Patriarch of Constantinople, essentially differs from the Greco-Russian, whose chief spiritual authority is the Czar; and from the Hellens, of whom the King and the Synod of Athens are the chief authorities. Similarly, the Latins are subdivided into the Roman Catholics, United Greeks, and Maronites; and the Armenians into Gregorian and Latin Armenians – the same distinctions holding good with the Copts and Abyssinians. The three prevailing religious nationalities at the Holy Places are the Greeks, the Latins, and the Armenians. The Latin Church may be said to represent principally Latin races, the Greek Church, Slav, Turko-Slav, and Hellenic races; and the other churches, Asiatic and African races.

Imagine all these conflicting peoples beleaguering the Holy Sepulcher, the battle conducted by the monks, and the ostensible object of their rivalry being a star from the grotto of Bethlehem, a tapestry, a key of a sanctuary, an altar, a shrine, a chair, a cushion – any ridiculous precedence!

In order to understand such a monastical crusade it is indispensable to consider firstly the manner of their living, and secondly, the mode of their habitation.

“All the religious rubbish of the different nations,” says a recent traveler, “live at Jerusalem separated from each other, hostile and jealous, a nomade population, incessantly recruited by pilgrimage or decimated by the plague and oppressions. The European dies or returns to Europe after some years; the pashas and their guards go to Damascus or Constantinople; and the Arabs fly to the desert. Jerusalem is but a place where every one arrives to pitch his tent and where nobody remains. Everybody in the holy city gets his livelihood from his religion – the Greeks or Armenians from the 12,000 or 13,000 pilgrims who yearly visit Jerusalem, and the Latins from the subsidies and aims of their co-religionists of France, Italy, etc.”

Besides their monasteries and sanctuaries, the Christian nations possess at Jerusalem small habitations or cells, annexed to the Church of the Holy Sepulcher, and occupied by the monks, who have to watch day and night that holy abode. At certain periods these monks are relieved in their duty by their brethren. These cells have but one door, opening into the interior of the Temple, while the monk guardians receive their food from without, through some wicket. The doors of the Church are closed, and guarded by Turks, who don’t open them except for money, and close it according to their caprice or cupidity.

The quarrels between churchmen are the most venomous, said Mazarin. Now fancy these churchmen, who not only have to live upon, but live in, these sanctuaries together!

To finish the picture, be it remembered that the fathers of the Latin Church, almost exclusively composed of Romans, Sardinians, Neapolitans, Spaniards and Austrians, are all of them jealous of the French protectorate, and would like to substitute that of Austria, Sardinia or Naples, the Kings of the two latter countries both assuming the title of King of Jerusalem; and that the sedentary population of Jerusalem numbers about 15,500 souls, of whom 4,000 are Mussulmans and 8,000 Jews. The Mussulmans, forming about a fourth part of the whole, and consisting of Turks, Arabs and Moors, are, of course, the masters in every respect, as they are in no way affected with the weakness of their Government at Constantinople. Nothing equals the misery and the sufferings of the Jews at Jerusalem, inhabiting the most filthy quarter of the town, called hareth-el-yahoud, the quarter of dirt, between the Zion and the Moriah, where their synagogues are situated – the constant objects of Mussulman oppression and intolerance, insulted by the Greeks, persecuted by the Latins, and living only upon the scanty alms transmitted by their European brethren. The Jews, however, are not natives, but from different and distant countries, and are only attracted to Jerusalem by the desire of inhabiting the Valley of Jehosaphat, and to die in the very places where the redemptor is to be expected.

“Attending their death,” says a French author, “they suffer and pray. Their regards turned to that mountain of Moriah, where once rose the temple of Solomon, and which they dare not approach, they shed tears on the misfortunes of Zion, and their dispersion over the world.”

To make these Jews more miserable, England and Prussia appointed, in 1840, an Anglican bishop at Jerusalem, whose avowed object is their conversion. He was dreadfully thrashed in 1845, and sneered at alike by Jews, Christians and Turks. He may, in fact, be stated to have been the first and only cause of a union between all the religions at Jerusalem.

It will now be understood why the common worship of the Christians at the Holy Places resolves itself into a continuance of desperate Irish rows between the diverse sections of the faithful; but that, on the other hand, these sacred rows merely conceal a profane battle, not only of nations but of races; and that the Protectorate of the Holy Places which appears ridiculous to the Occident but all important to the Orientals is one of the phases of the Oriental question incessantly reproduced, constantly stifled, but never solved.

Voir aussi:

A religion that sanctions violence
Patrick Sookhdeo
The Daily Telegraph
September 17, 2001

UNTIL recently, Islam has had a negative and violent image in the West, but now the trend is to focus on Islam as a religion of peace. Since the World Trade Centre attack, there has been a flood of statements and articles making these assertions. A recent BBC2 series formed part of this trend, as did John Casey’s article in praise of Islam in this newspaper. These sentiments were echoed by Tony Blair: last week he said that « such acts of infamy and cruelty are wholly contrary to the Islamic faith ».

We are often told that the word Islam means « peace ». We seem to have gone from one extreme to the other. Now that Islam is no longer demonised, it seems it can do no wrong. Perhaps the truth is that the two opposing strands need to be held together, instead of dismissing one or the other. The reality of Islam is more complex. Islam actually means « submission » – not quite the same as « peace ». Many horrific acts have been, and continue to be, perpetrated in the name of Islam, just as they have in the name of Christianity.

But, unlike Islam, Christianity does not justify the use of all forms of violence. Islam does.There have been reports that Muslims fear revenge attacks. In America and Britain, there have been stories of intimidation. Attacks on Muslims and on peace can never be justified, but the answer is not to forfeit justice or to ignore truth.

The contradictory reactions to the terrorist attacks – official condemnation at leadership level and support among many people – are an indication that Islam is not always « a religion of peace ». There are so many Muslims rejoicing at the tragic loss of American lives and the humiliation of the American government that they cannot be dismissed as « a few extremists ».

Sura 9, verse 5 of the Koran reads, « Then fight and slay the Pagans wherever ye find them. And seize them, beleaguer them, And lie in wait for them, In every stratagem (of war). » The note that accompanies this verse in the respected A Yusuf Ali translation states that « when war becomes inevitable it must be pursued with vigour. The fighting may take the form of slaughter, or capture, or siege, or ambush and other stratagems.

« In the Muslim faith, the Koran is believed to be the very word of God, applying to all people, in all times, in all places. It is the source of the Muslim faith and the law that orders the Islamic way of life. Killing is not totally forbidden: in fact, it was through conquest that Islam spread. In Indonesia today, non-Muslims are offered a choice of conversion to Islam or death. The argument that the above verse was written to refer only to a particular time and people is not valid. The Koran is considered immutable – a fact that has been repeatedly employed to justify verses that are discriminatory toward women, such as the unequal inheritance shares given to women in line with Sura 4, verse 11.

The development of Shariah, Islamic law, created a society where non-Muslims lived as second-class citizens subject to and humiliated by numerous laws. Those who converted from Islam to another religion were killed, a practice that continues in Afghanistan, Iran and Saudi Arabia. Koran Sura 5, verse 85, which speaks of enmity between Muslims and non-Muslims, reads: « Strongest among men in enmity to the Believers wilt thou Find the Jews and Pagans. »

The World Trade Centre attack cannot be dismissed as merely the work of a small group of extremists. The Muslims celebrating the tragedy in America are doubtless recalling the words of the Koran, urging Muslims to « fight a mighty nation, fight them until they embrace Islam ». Sheikh Omar Bakri Mohamed, leader of the radical Islamic organisation Al-Muhajiroun, last week indicated that civilian targets were wrong, but military and government targets are legitimate. The Kuwaiti paper Al-Watan argued in favour of the Islamic justification for killing non-combatants. It referred specifically to Jews, but its argument could apply to any non-combatants living in a democracy. Citizens vote for the government and pay taxes to support it. And so, the argument goes, citizens can be considered as potential soldiers or as being « involved in complementary activities ».

To recognise that no culture or people are without fault and that all should be subject to criticism is not racism; it is an honesty that emphasises our common humanity. The way to increase respect between people of different faiths is not to gloss over our problems but to admit them, face up to them and together seek to deal with them. Violence occurs in all religions, but in most it is not sanctioned and although there might be moderate elements within Islam, it is the extremist elements that have tended to dominate the development of the religion, with often tragic consequences.

(Patrick Sookhdeo is the director of the Institute for the Study of Islam and Christianity)

Voir encore:

Alain Bertho : « Une islamisation de la révolte radicale »

Entretien par Catherine Tricot

Regards

11 mai 2015

Pour prendre la mesure des attentats de janvier et comprendre comment la révolte peut prendre de telles formes, Alain Bertho nous invite à appréhender le point de vue de leurs auteurs, et souligne l’absence actuelle de toute proposition de radicalité positive.

Le récent essai d’Emmanuel Todd Qui est Charlie ? a déjà fait couler beaucoup d’encre. Alain Bertho part de prémisses proches des siennes. Mais son cheminement ultérieur diffère sensiblement.

Alain Bertho est anthropologue, directeur de la Maison des sciences de l’homme de Paris-Nord. Il travaille depuis dix ans sur les émeutes urbaines dans le monde. Entretien extrait de L’Enquête sur l’engagement des jeunes du numéro de printemps de Regards.

Regards. Comment avez-vous interprété les attaques terroristes du début d’année à Paris ?

Alain Bertho. Quelques jours après les attentats des 7 et 9 janvier, j’ai lu Underground. Dans ce livre basé essentiellement sur des entretiens, le romancier japonais Haruki Murakami tente de comprendre l’attaque meurtrière au gaz sarin perpétrée par la secte Aum dans le métro de Tokyo en 1995. Il a pour cela interrogé des victimes, dont il restitue les témoignages singuliers, et des membres de la secte. Son travail montre à quel point, dans ce genre de situations, deux expériences subjectives irréconciliables sont en concurrence sur le sens de l’événement : celle des victimes et celles des meurtriers. En réalité, l’expérience des victimes est celle d’un pourquoi sans réponse. La répétition en boucle des témoignages et de l’extrême douleur ne produit pas de sens. Cette expérience de souffrance physique et subjective est la matière première possible pour construire des énoncés sur la période qui s’ouvre. On l’a vu en janvier en France, on l’a revu à Tunis en mars. Quand « les mots ne suffisent plus », voire quand « il n’y a pas de mots » pour le dire, c’est que l’événement est au sens propre « impensable ». C’est ce que nous montre Haruki Murakami dans les deux tiers de son livre consacrés aux passagers du métro dont la vie a été bouleversée, voire anéantie par l’attentat. Mais ce qui fait le sens de l’acte et assure sa continuité subjective avant, pendant et après, c’est ce que pensent ceux qui en ont été les acteurs ou auraient pu l’être. C’est ce qu’interroge Haruki Murakami en donnant la parole à des membres d’Aum. Il nous donne à lire une intellectualité en partage entre quelques assassins et de beaucoup plus paisibles Japonais au nom desquels les meurtres ont été commis. Il nous montre comment, si le passage à l’acte est toujours exceptionnel, il s’enracine dans une vision du monde et une expérience partagée. C’est l’élément qui nous manque aujourd’hui pour comprendre complètement les 7-8-9 janvier 2015.

« Nous n’avons pas affaire à un phénomène sectaire isolé ni à une « radicalisation de l’Islam » mais plutôt à une islamisation de la révolte radicale. »

Comment reconstituer, compléter le tableau ?

À notre tour, nous devons faire ce travail et comprendre le sens des meurtres de Paris. Notre subjectivité, et on peut le comprendre, s’y est refusée. Nous avons été sidérés, choqués. Pour faire le deuil de ce traumatisme, il a été nécessaire de construire un récit qui n’est pas celui des meurtriers. Mais malgré l’horreur que cela nous inspire, il faut pourtant comprendre le sens qu’ils ont donné à leur acte. Le qualificatif de terroriste est beaucoup trop général et générique. Nous avons affaire à la rencontre d’expériences personnelles et d’une figure contemporaine et mortifère de la révolte que la seule logique policière et militaire ne parviendra pas à anéantir. Les actes d’Amedy Coulibaly et des frères Kouachi, comme ceux de Mohammed Merah, viennent au terme d’histoires singulières, d’histoires françaises. Comme celles des quelque mille jeunes français partis en Syrie. Comme celle de ceux, bien plus nombreux, qui ne regardent pas forcément avec autant d’horreur que nous cette guerre annoncée contre l’occident corrupteur. De la même façon, les salafistes tunisiens dont sont issus les meurtriers du Bardo sont particulièrement bien implantés à Sidi Bouzid et Kasserine, dans le berceau de la révolution de décembre 2010-janvier 2011. Pire : nombre d’entre eux ont été les acteurs de cette révolution et n’étaient pas salafistes à l’époque.

Est-ce que des événements passés peuvent aider à comprendre ce qui s’enracine ici et maintenant ? Comment comprenez-vous la conversion à l’Islam de jeunes sans rapport aucun avec la culture arabe, parfois issus de milieux très engagés à gauche ?

Je pense qu’il nous faut comprendre que nous n’avons pas affaire à un phénomène sectaire isolé, et surtout que nous n’avons pas affaire à une « radicalisation de l’Islam », mais plutôt à une islamisation de la révolte radicale. Alors que les salafistes tunisiens actuels les plus actifs ne l’étaient pas lorsqu’ils étaient mobilisés contre Ben Ali, on sait que les candidats français au djihad sont bien souvent des convertis ou, à l’instar de Coulibaly et des frères Kouachi, des pratiquants tardifs. La vérité de leurs mobiles et de leur pensée ne doit pas tant être cherchée dans la théologie, de l’Islam en général ou du wahhabisme en particulier, mais bien dans la cohérence contemporaine des propositions politiques qu’ils portent. Si la confessionnalisation du monde et des affrontements est bien au cœur de ces propositions, ils sont loin d’en avoir le monopole aujourd’hui. Cette confessionnalisation en a mobilisé d’autres, en France ou ailleurs, dans la rue (la « Manif pour tous ») comme dans les gouvernements. L’événement majeur qui nous a conduits là est sans aucun doute l’effondrement des États communistes et du communisme à la fin du 20e siècle et, de proche en proche, l’effondrement de la figure moderne de la politique qui faisait de la conquête du pouvoir le levier des transformations collectives. Nous avons perdu dans le même mouvement l’espoir révolutionnaire et le sens de la représentation élective. Nous avons perdu en même temps un certain rapport populaire et politique au temps historique, dans lequel le passé permettait de comprendre le présent et le présent de préparer l’avenir.

« Qu’est-ce qu’une révolte qui n’a plus ni avenir ni espoir ? Quand on a cela en tête, on comprend mieux la puissance subjective des propositions djihadistes. »

Quelles formes prend la rupture de ce lien ?

Pour toute une génération qui arrive aujourd’hui à l’âge adulte, une évidence s’impose : au bout du chemin emprunté par leurs parents, qu’ils aient immigré pour une vie meilleure, milité pour des lendemains qui chantent ou œuvré à leur propre « réussite », il y a une impasse. Plus d’espoir collectif de révolution ou de progrès social et peu d’espoir de réussite individuelle. Le compte à rebours de la planète semble commencé sans que rien n’arrête la course à la catastrophe. Avec la mondialisation financière, la vie publique est dominée par la corruption des États et le mensonge des gouvernements. Dans ces conditions, les valeurs de la République peuvent apparaître quelque peu désincarnées. La référence obsessionnelle à la mémoire s’est substituée à la réflexivité du récit historique. Et nous avons perdu le sens du passé parce que nous n’avons plus de subjectivité collective de l’avenir. Tout ceci, nous le savons peu ou prou. Mais il nous faut en réfléchir les articulations et les conséquences. Qu’est-ce qu’une révolte qui n’a plus ni avenir ni espoir ? Quand on a cela en tête, on comprend mieux la puissance subjective des propositions djihadistes. Le seul avenir proposé est la mort : celle « des mécréants, des juifs et des croisés » comme celle des martyres qui finiront au paradis en emmenant avec eux soixante-dix personnes. Quand on a cela en tête, on comprend mieux aussi la publicité faite par Daech autour des destructions des vestiges du passé et du patrimoine culturel. Si ce passé nous a menti sur notre avenir, il ne nous servirait plus qu’à mentir encore.

Le problème est que ce choix se tourne vers un islam des plus rétrogrades, des plus intrusifs…

En effet… Le salafisme, puisque c’est de lui qu’il s’agit, repose sur un sens donné à la vie qui ne laisse aucune place à la liberté. C’est l’islam dans une version des plus totalisantes. Un de ses attraits repose sur sa maîtrise de l’intime, la répression des désirs et des plaisirs, un cadre proposé pour tous les actes et les moments de la vie comme un acte de résistance au capitalisme et à « l’occident corrupteur ». Dans toute organisation de la révolte, il y a une figure de la libération possible et une contrainte de lutte, une discipline, et une éthique. Nous vivons l’effondrement des constructions qui ont associé ces deux dimensions à la fois libératrices et contraignantes. Le communisme a été au 20e siècle sa forme majeure. Il donnait sens à la souffrance, à la vie quotidienne en même temps qu’il proposait une subversion. Nous sommes toujours dans ce moment qui suit l’effondrement du communisme, mais aussi celui du tiers-mondisme. Le cycle politique des 19e et 20e siècles se clôt.

« Pendant ces dix dernières années, une génération s’est révoltée. Si rien ne semble bouger, comment s’étonner que certains décident de passer à la « phase 2 » ? »

La demande ne s’exprime pas que sur le terrain spirituel ou religieux. Elle prend des formes politiques explicites, par exemple avec EI, l’État islamique.

Il y a une demande de politique et de cadre qui se retrouve dans le nom que se donne ce mouvement radical, l’État islamique. Il n’a rien d’un État au sens moderne du terme : il ne garantit ni la paix ni le respect de l’altérité. Il est au contraire entièrement fondé sur la guerre et le massacre de l’autre. Il n’est ni national ni territorial, mais à vocation universaliste et multi-situé avec le jeu des « allégeances » qui ne vont que se multiplier. Mais c’est une puissance de combat au service de cette radicalité mortifère, une puissance qui – à l’instar de la puissance malfaisante du Cinquième élément de Luc Besson – se renforce et gagne en influence quand on l’attaque.

Peut-on faire un parallèle entre l’extrême gauche hyperpolitisée passée au terrorisme dans les années 1970 et ces actes individuels sans revendication ?

L’effondrement de la catégorie d’avenir dont nous avons parlé, et que l’anthropologue Arjun Appadurai a mis au centre de son dernier livre The Future as Cultural Fact : Essays on the Global Condition, est sans doute une des dimensions de la vague émeutière qui a touché le monde entier depuis le début du siècle. Ces dernières années, cette vague a été prolongée par de grandes mobilisations collectives comme ce que l’on a appelé le printemps arabe, la mobilisation brésilienne contre la Coupe du monde, la mobilisation turque contre le projet urbain de la place Taksim… Nous venons de vivre une séquence mondiale d’affrontements entre les peuples et les pouvoirs, équivalente du « Printemps des peuples » de 1848, des révolutions communistes d’après la première guerre mondiale, de 1968. Il y a deux devenirs possibles à ses séquences : la construction d’une figure durable de la révolte et de l’espoir qui s’incarne dans des mouvements politiques organisés et des perspectives institutionnelles, ou la dérive vers le désespoir et la violence minoritaire. Après 1968, on a connu les Brigades rouges, la Bande à Baader, des dérives terroristes au Japon. Pendant ces dix dernières années, une génération s’est révoltée. Si rien ne semble bouger, comment s’étonner que certains décident de passer à la « phase 2 » ? C’est l’expérience biographique des meurtriers de janvier. Le 17 septembre 2000, Amedy Coulibaly, qui a alors dix-huit ans, vole des motos avec un copain, Ali Rezgui, dix-neuf ans. Ils sont poursuivis par la police… qui tire, et Ali meurt dans ses bras sur un parking de Combs-la-Ville. Aucune enquête n’est ouverte sur la bavure. Cela provoque deux jours d’émeute à la Grande-Borne. Où sont aujourd’hui tous les acteurs des émeutes de 2005 ? Et tous ceux qui les ont regardés faire avec sympathie ? Comment regardent-ils la vie et la politique ? Quel regard ont-ils porté sur les événements de janvier ? On ne les a pas écoutés avant, ni pendant, ni après, ni depuis le 7 janvier. Le 8 au soir, je ne me suis pas rendu à la République, mais au rassemblement devant la mairie de Saint-Denis, ville où j’habite. J’ai rarement vu autant de monde, aussi ému. Mais en même temps, j’y ai rarement vu aussi peu « tout le monde ». Il y avait certainement là tous les réseaux des militants. Mais si peu de gens ordinaires, d’inconnus, de gens et de jeunes « des quartiers », comme on dit. Pris dans notre émotion collective, avons-nous été attentifs au clivage silencieux qui était en train de prendre forme ?

« Les vraies valeurs d’une génération sont celles qu’elle se construit en retravaillant le passé à l’épreuve de sa propre expérience. La transmission n’y suffit pas. »

Comment avez-vous vécu la grande manifestation du 11 janvier ?

C’est un événement complexe. Je ne sais pas si nous avons déjà connu dans l’histoire une mobilisation aussi massive, construite sur du désarroi. Je l’ai un peu vécue comme une marche funèbre, l’enterrement de la génération de 68. C’est sur ce désarroi que l’État a pu construire un sens auquel il a donné un nom : « l’esprit du 11 janvier ». Il y a dans l’expression « Je suis Charlie » au moins deux choses qu’il nous faut éclaircir. D’abord le « je » qui n’est pas d’emblée un « nous » sommes Charlie. Car le nous ne préexiste pas au désarroi, il se construit dans le partage de l’émotion et dans les rassemblements. C’est pourquoi il est idéologiquement plastique. Ensuite il y a Charlie. Car il y a eu trois catégories de victimes : les « mécréants » (Charlie), les juifs (l’Hypercacher) et les « croisés » (le policier du 11e arrondissement et la policière de Montrouge). Mohammed Merah s’en était déjà pris aux juifs et aux « croisés » sans susciter tant d’émotion. Et gageons que si Coulibaly avait agi seul et si les frères Kouachi n’avaient pas attaqué Charlie, la mobilisation n’aurait absolument pas été la même. Quelque chose s’est noué autour de l’attaque d’un journal peu connu et peu lu, devenu plus sûrement le symbole d’une liberté collective que ne l’aurait été peut-être un autre organe de presse ayant beaucoup plus pignon sur rue. C’est aussi à une butte témoin des années 60-70 que s’en sont pris, sans le savoir, les assassins, à des souvenirs d’enfance et de jeunesse, aux dernières traces d’une révolte juvénile d’un autre âge. Car pour une part, comme l’ont dit des collégiens à leurs enseignants, on a aussi assassiné des « papys ». Mais une part du malentendu national est là. D’une certaine façon, une équipe héritière de mai 68 a mené jusqu’au bout des batailles devenues décalées par rapport aux enjeux d’aujourd’hui. Charlie a inscrit son irrévérence face à l’islam dans la lignée de son opposition aux églises et aux dogmes qui bloquent la libération de la société. Ils n’ont pas pris la mesure qu’en France au 21e siècle, s’en prendre ainsi à l’Islam, c’était aussi blesser les gens dominés dont c’était un point d’appui éthique pour faire face à la souffrance sociale.

« L’esprit du 11 janvier » n’a pas opéré sur vous…

Une fois encore, qui maîtrise le sens de l’événement ? Qui le construit ? C’est le pouvoir qui parle de « l’esprit du 11 janvier ». Je le redis, le consensus de l’émotion s’est construit sur un non-dit. Les incidents autour de la minute de silence ont été révélateurs de ce non-dit. Et plutôt que d’entendre le malaise qui s’exprimait alors, ils ont été au sens propre « réduits au silence », soumis à l’opprobre général, voire judiciarisés. On est ainsi passé de l’émotion partagée à l’émotion obligatoire. Pense-t-on inculquer par autorité les valeurs de la République ? On sait bien, depuis au moins une génération, que ces valeurs sont aussi des promesses non tenues. L’obligation d’y adhérer est une violence de plus. L’une des grandes faiblesses du monde institutionnel est de penser que l’on peut répondre par les valeurs du passé, par la transmission. Les vraies valeurs d’une génération sont celles qu’elle se construit en retravaillant le passé à l’épreuve de sa propre expérience. La transmission n’y suffit pas. Le propre des valeurs est de donner un sens éthique à l’expérience. C’est hélas ce qui fait, pour certains, le sens du djihad et son attrait.

« La conversion au djihadisme est aujourd’hui une figure possible de la révolte. »

Quel rapport entre les djihadistes d’ici, qui partent en Syrie, et ceux qui ont contesté la minute de silence ?

Nous sommes face à des trajectoires subjectives diverses et pour une part disjointes. C’est une erreur grossière d’assimiler ceux qui ont contesté la minute de silence à des candidats au djihad, ou même à ses thuriféraires. Et même tous ceux qui partent en Syrie ne sont pas forcément voués au meurtre individuel. Il y a dans ce passage à l’acte ultime une part de décrochage irrationnel. Mais il y a un contexte, des vécus en écho sinon en partage. Comme à d’autres époques, ce contexte est aujourd’hui assez puissant pour polariser des décrochages psychiques, voire donner un sens contemporain à la folie. Pour les jeunes de la Grande Borne, Amédy Coulibaly est identifié comme « perché », autrement dit un peu cassé dans sa tête. De quel contexte subjectif est-il question ici ? Il s’agit d’une expérience en partage, un désarroi et une révolte face à un monde politique, médiatique, institutionnel qui ne prend pas en compte le malaise ou la souffrance d’une partie des classes populaires, qui les confessionnalise et les stigmatise. C’est plus que l’expérience d’une « exclusion » objective. C’est l’expérience collective d’une négation subjective. Ce qu’ils ressentent n’a pas d’existence officielle.

Quelles sont les conséquences de ce déni d’existence ?

Il ne faut pas sous-estimer les effets dévastateurs de cette expérience populaire : l’expérience du mensonge permanent des discours politiques et journalistiques à leur propre endroit. Cette expérience est destructrice des repères sur la notion même de vérité et alimente toutes les rumeurs et tous les complotismes dont se repaissent Alain Soral et ses amis. Si le « système » gouverne avec le mensonge, toute parole autorisée fut-elle scientifique peut être frappée du sceau du soupçon. D’autre part, la négation de la souffrance alimente toutes les mises en concurrence victimaires. De ce point de vue, l’influence de Dieudonné comme héro “anti-système” aurait dû être davantage regardée comme un symptôme plus global et pas une dérive morale solitaire. Mais l’indifférence générale à l’islamophobie a aussi ouvert la voie à un un renouveau antisémite bien au-delà de ceux qui en étaient les victimes. N’en déplaise au président du Crif, les profanateurs du cimetière de Sarre-Union en février n’étaient pas musulmans. Le résultat, aujourd’hui, est que si l’islamophobie progresse, l’antisémitisme aussi. En vis-à-vis de l’extrême droite officiellement islamophobe du FN, un terreau est aujourd’hui prêt pour une autre extrême droite, “révolutionnaire” comme on disait, populaire et antisémite. En vis-à-vis de l’extrême droite classiquement islamophobe du FN, un terreau est aujourd’hui prêt pour une autre extrême droite, « révolutionnaire » comme on disait, populaire et antisémite.

Et maintenant ?

Une période s’achève… La conversion au djihadisme est aujourd’hui une figure possible de la révolte. La réponse à ce drame n’est certainement pas une figure de l’ordre, fût-elle républicaine. La réponse viendra d’une figure alternative et contemporaine de la révolte, une révolte qui ne se place pas sur le terrain de la négation de l’avenir, de la négation du passé et de la haine de la pensée. Les deux questions clefs qui sont devant nous sont celle du possible et celle de la paix. « Podemos », nous dit le mouvement d’Iglesias en Espagne. Quand la financiarisation au pouvoir nous enferme dans des calculs de probabilités et de risques, il est urgent d’ouvrir des possibles sans lesquels l’avenir n’est qu’un mot creux. Et quand la guerre ou la menace de guerre (ou de terrorisme) tend à devenir un mode de gouvernement, il est temps de redonner un sens à une perspective de paix collective qui ne passe pas par une politique sécuritaire ni par des frappes aériennes un peu partout dans le monde. C’est peut-être aussi cela que nous ont dit les manifestants du 11 janvier. Je ne suis pas sûr qu’ils aient été bien entendus sur ce point.

Voir encore:

Attentat en Isère : Yassin Salhi voulait « frapper les esprits »
Le Figaro
Christophe Cornevin
29/06/2015

VIDÉO – Trois jours après l’attaque de Saint-Quentin-Fallavier, le principal suspect affirme ne pas avoir agi au nom de la religion. Sa mère et sa soeur ont assuré qu’il était parti en Syrie en 2009.
Au terme de 72 heures de garde à vue, Yassin Salhi incarne en apparence la forme inédite d’un terroriste hybride qui applique les méthodes barbares d’un bourreau islamiste pour assouvir une vengeance personnelle, où se mêle crise de couple et conflit dans l’entreprise. Devant les policiers, Salhi a fini par reconnaître l’assassinat d’Hervé Cornara, directeur commercial de la société de transports qu’il avait rejointe en mars dernier.

Son plan aurait été prémédité en 48 heures, après s’être fait réprimander par son patron pour une histoire de palette renversée. Même si l’altercation est confirmée par un autre employé, l’explication est cependant prise avec retenue par les enquêteurs, comme s’il s’agissait d’un élément périphérique. La veille au soir de son effroyable équipée, Salhi aurait eu en outre un vif échange de mots avec celle qui est son épouse depuis dix ans. Lui, la considérant comme «pas assez religieuse». Elle, demandant le divorce. En audition, Salhi a commencé à livrer une amorce de scénario émaillé de zones opaques.

Lundi après-midi, Salhi refusait toujours de reconnaître la moindre coloration terroriste dans son acte
Porteur de deux drapeaux ornés de la «Chahada», la profession de foi musulmane, d’un couteau et d’une arme longue factice, le chauffeur-livreur se serait rendu vers 7h30 au siège de sa société avant de forcer son patron à monter dans le Peugeot Boxer de l’entreprise. Il l’aurait étranglé, ce que les légistes n’ont pas encore confirmé, sur la route menant à l’usine Air Products & Chemicals de Saint-Quentin-Fallavier. En chemin, sur un parking situé à 500 mètres à peine du site classé Seveso, il dit avoir stationné son véhicule afin de décapiter sa victime. Toujours selon lui, il aurait ensuite accroché la tête du directeur commercial aux grilles pour «frapper les esprits», sans pouvoir expliquer pourquoi il a cru bon de l’encadrer de deux bannières islamiques.

Lundi après-midi, Salhi refusait toujours de reconnaître la moindre coloration terroriste dans son acte tout comme il conteste, affirme une source informée, «toute religiosité dans son passage à l’acte». «Ce personnage peut avoir des problèmes personnels et une vie compliquée car chacun à son histoire, mais cela ne saurait occulter le caractère terroriste de sa démarche», affirme un policier de haut rang.

Qui est ce Français destinataire du «selfie» macabre?
Le mode opératoire de la décapitation et de la tête accrochée à une chaîne qui reprend le code des mises en scène de l’État islamique diffusées sur Internet est jugé, de même source, comme «dépourvus de toute ambiguïté». En outre, Yassin Salhi a envoyé deux clichés de ses exactions vers un numéro canadien via l’application Whatsapp, dont un selfie avec la tête de sa victime, à Sébastien alias Younes V., 30 ans, combattant volontaire français enrôlé sous la bannière de Daech, dans le fief de Raqqa. Or ce technicien en logistique converti au milieu des années 2000 est originaire de Besançon, à l’instar de Yassin Salhi qui le considère comme son «seul ami».

Les deux hommes se fréquentaient depuis 2006. L’un a quitté le Doubs avec femme et enfant de 18 mois pour la Syrie en novembre dernier, l’autre le mois suivant pour échouer dans l’Isère. Pendant leur garde à vue, la mère et la sœur de Salhi ont assuré que Yassin était parti lui aussi en Syrie en 2009, soit un an avant la guerre, sans qu’aucun élément matériel accrédite cette thèse. Son enracinement radical est aussi corroboré par son ex-appartenance à un groupe gravitant en 2006 à Pontarlier autour de Frédéric Jean Salvi, alias Ali ou «le Grand Ali», ex-trafiquant devenu gourou converti à l’islam radical en prison. En 2010, Les autorités indonésiennes l’avaient désigné comme suspect dans un projet d’attentat à la voiture piégée dans leur pays. Le Français avait toutefois échappé au coup de filet sur l’île de Java.

Aucun élément ne permet pour l’heure de le relier à l’assassinat et à l’action terroriste qui a endeuillé l’Isère. Aucune revendication ne permettait lundi soir d’établir que le tueur ait agi sous mandat d’une organisation terroriste.

Voir également:

Le scénario barbare de l’attentat de l’Isère
Christophe Cornevin
Le Figaro

26/06/2015

Yassin Salhi a décapité son employeur avant de tenter de faire sauter une usine de gaz industriels.
La nouvelle attaque terroriste qui a frappé la France, six mois après les attentats de janvier, vient de franchir une étape supplémentaire dans l’horreur. Elle témoigne d’une mise en scène effroyable et moyenâgeuse, inédite sur le territoire national et qui porte le sceau de la barbarie islamiste. Ce que redoutaient tant les services de renseignements, à savoir une décapitation perpétrée sur notre sol, est survenu vendredi dans l’Isère.

Yassin Salhi, chauffeur-livreur de 35 ans travaillant pour une société de transport de la région, se présente à 9 h 28 au volant de son Peugeot Boxer devant l’usine du groupe américain Air Products, spécialisée dans la production de gaz industriels, et située dans un site sensible classé Seveso, à Saint-Quentin-Fallavier, entre Lyon et Bourgoin-Jallieu, non loin de l’aéroport Saint-Exupéry. Arborant une courte barbe récemment taillée, Yassin Salhi est fiché des services de renseignements. S’illustrant par une brutale radicalisation au contact d’un prêcheur virulent originaire de Pontarlier (Doubs) d’où il est natif, ce père de trois enfants fait l’objet dès 2006 d’une fiche S (pour «Sûreté de l’État»). Classée niveau 13 sur une échelle de vigilance allant jusqu’à 16, elle n’avait pas été renouvelée en 2008. L’islamiste radical, qui n’a pas de casier judiciaire, était cependant toujours suivi en raison de sa proximité depuis 2013 avec la mouvance salafiste.

Il dévisse les bonbonnes de gaz avant d’y mettre le feu
Comme s’il effectuait sa maraude régulière, l’islamiste, connu des employés, sonne au portail et engage son véhicule badgé lui donnant l’autorisation de franchir un premier périmètre de sécurité. Salhi longe un mur, accélère soudain et percute de plein fouet les grilles d’une seconde zone plus protégée. Blessé dans la violence du choc, comme en témoignent des entailles assez profondes sur le visage, il parvient à descendre de sa voiture, à se rendre dans un hangar couvert rempli de bonbonnes d’Air liquide, de gaz et d’acétone qu’il dévisse tour à tour avant d’y mettre le feu. Alerté par une forte explosion et un début d’incendie, un sapeur-pompier des services d’incendie et de secours de l’Isère (Sdis) découvre le terroriste à 10 heures. Avec courage et sang-froid, il empoigne Yassin Salhi, qui résiste. Le soldat du feu le ceinture et le maintient au sol le temps de l’arrivée des renforts. Alertée, une patrouille de la gendarmerie départementale dépêchée sur place découvre, médusée, une tête décapitée, attachée à l’aide d’une chaîne au grillage d’enceinte de l’usine et encadrée de deux grandes bannières noire et blanche supportant des inscriptions en arabe, qui s’avéreront correspondre à la Shahada (profession de foi musulmane). À l’aplomb de la Peugeot Boxer partiellement détruite par le souffle de la déflagration, gît un corps démembré. Un couteau a été ramassé non loin.

La victime, Hervé C., âgée de 54 ans, n’est autre que le directeur commercial de la société ATC Transport où Yassin Salhi est salarié depuis mars dernier. Selon toute vraisemblance, le chef d’entreprise a été assassiné et décapité avant que Yassin Salhi ne pénètre dans l’usine et déclenche des explosions. Deux caméras de vidéosurveillance ont filmé de manière intermittente le chauffeur qui a préalablement placé la tête tranchée de son employeur avant de passer à l’action. Comme si l’ensemble de cette abjecte équipée avait été préméditée et scénarisée bien en amont.

Quatre personnes placées en garde à vue
Lancés aux trousses d’hypothétiques complices du terroriste, les policiers de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont mené une série d’opérations. Au total, quatre personnes ont été placées en garde à vue. Outre Yassin Salhi, un suspect de 33 ans a notamment été interpellé par un peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) dans la matinée après avoir été repéré alors qu’il passait et repassait à bord d’une camionnette devant l’usine d’Air Products comme s’il faisait une reconnaissance. Ce personnage intéresse d’autant plus les enquêteurs que son passé judiciaire comporte des antécédents liés à des menaces de type terroriste.

En milieu d’après-midi, les policiers d’élite du Raid ont mené à Saint-Priest une perquisition au domicile du bourreau présumé, et la sœur et l’épouse de ce dernier ont été à leur tour placées en garde à vue. «Tous les services sont mobilisés pour faire avancer l’enquête», a prévenu Bernard Cazeneuve, venu rapidement sur les lieux de l’attentat djihadiste puisqu’il était en déplacement devant la 65e promotion des élèves commissaires de police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, dans la périphérie de Lyon.

Alors qu’une vive émotion mêlée de dégoût s’est une fois encore emparée de la population, le branle-bas de combat a été déclenché au plus haut sommet de l’État. Le président François Hollande, qui participait à un sommet européen à Bruxelles, l’a écourté pour venir présider un conseil restreint à 15 h 30 dans la capitale. Le premier ministre, Manuel Valls, depuis l’Amérique du Sud, a, lui, ordonné une «vigilance renforcée» sur tous les sites sensibles de la région Rhône-Alpes, avant d’écourter lui aussi son voyage. Le plan Vigipirate a été hissé au seuil «alerte maximale» sur l’ensemble de la région pour trois jours. Les contrôles vont se multiplier dans les gares et autour des sites sensibles jusqu’à lundi, date symbolique du premier anniversaire de l’État islamique.

Voir encore:

Alexandra Laignel-Lavastine : «Face à l’islamisme, certains intellectuels «progressistes» sont dangereux»

propos recueillis par Alexandre Devecchio
Le Figaro

27/06/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN : Dans son essai La pensée égarée, Alexandra Laignel-Lavastine explore plus d’une décennie de capitulation des « élites » face à la montée de l’islamisme radical. Après l’attentat de Saint-Quentin- Fallavier, elle a accordé un entretien fleuve à FigaroVox.


Alexandra Laignel-Lavastine est philosophe et historienne des idées. Elle a publié chez Grasset La pensée égarée , Islamisme, populisme, antisémitisme: essai sur les penchants suicidaires de l’Europe.


FIGAROVOX: Dans votre dernier livre, La Pensée égarée, rédigé pour l’essentiel avant le traumatisme de Charlie, vous estimez que nous n’avons pas pris la mesure des attentats de janvier. Les événements vous donnent tragiquement raison. Ces nouvelles attaques vous ont- elles surprises?

ALEXANDRA LAIGNEL-LAVASTINE : C’est plutôt l’étonnement général qui me surprend. Un intellectuel musulman laïc et démocrate me lançait il y a quelques jours: «Les intellectuels progressistes européens se comportent à l’égard des islamistes comme des collabos!». Sévère, mais juste. Jusqu’à présent, les tenants du politiquement correct ont de loin préféré avoir tort avec les islamo-fascistes qu’avoir raison avec les réalistes. Et ce, au nom d’un antifascisme hors de saison, ce qui constitue le comble du paradoxe! Après avoir trop longtemps baissé les bras face au communautarisme et à l’islamisme par crainte de se voir traité d’«islamophobes», il y aurait urgence à ce que nous redescendions de la planète mars pour faire place au réel. Et au courage.

Que nous apprend le monde réel? Qu’une guerre ouverte a été déclarée au monde occidental et à ses valeurs humanistes et universalistes les plus précieuses, donc les plus fragiles. Que cette peste verte est désormais planétaire et que nous n’en sommes probablement qu’au début. Que cette guerre est menée sur notre sol et que l’ennemi, aujourd’hui, est aussi bien intérieur qu’extérieur. On savait que la menace djihadiste était à son comble en France — ou plutôt, nous aurions dû le comprendre. Depuis janvier, plusieurs attentats ont été déjoués, les uns dans une phase préparatoire, les autres de justesse. De nombreuses cellules djihadistes dormantes ont été réactivées et nous sommes également au courant des crimes de masse quotidiennement perpétrés par les nouveaux barbares sur les vastes territoires qu’ils contrôlent. Que nous faut-il de plus? Pourquoi cette étrange stupéfaction, au-delà de l’horreur évidemment justifiée que suscitent ces nouveaux attentats, après ceux de Merah en 2012, de Nemmouche en 2014, après les pancartes «Mort aux Juifs!» de l’été, les décapitations en série de Daesh cet automne, suivies des atroces tueries du début de l’année?

Oui, mais justement, pourquoi cette difficulté à percuter la menace? Sommes-nous désarmés intellectuellement et moralement?

Si nous prenons un peu de champ, je vois plusieurs raisons à cet invraisemblable aveuglement, à commencer par le fait que les esprits sont empoisonnés par plus d’une décennie de «trahison des clercs». Des élites passées maîtresses dans l’art positif et méthodique de se crever les yeux face à la montée du fondamentalisme musulman le plus agressif et le plus rétrograde, au motif que le Mal — la haine, la terreur, l’obscurantisme — ne saurait surgir de ce qu’elles croyaient être le camp du Bien, celui des anciens damnés de la terre.

Ce catéchisme binaire et rance, qui remonte au tiers-mondisme des années 60 et qui consiste à opposer avec paresse un monde européen forcément coupable à un monde musulman ontologiquement innocent, est tout à fait obsolète. L’ensemble des musulmans éclairés, dont nous relayons bien peu la parole alors qu’il s’agirait d’épouser leur combat comme hier celui des dissidents du bloc soviétique, nous le répètent pourtant à longueur de journée. Mais peu importe pour nos bien-pensants de service, très présents dans les médias, qui ont préféré s’en tenir à une curieuse pratique de la pensée magique en interdisant aux faits toute incursion malvenue dans l’univers de leur croyance idéologique. En cela, oui, ils ont œuvré à notre désarmement intellectuel et moral. Cette couardise, doublée de la perte horrifiante de la lucidité la plus élémentaire, me fait penser au mot de Yves Montand à propos de sa génération, fascinée par le stalinisme: «Nous étions dangereux et cons».

«Dangereux et cons»?

Avec un peu d’honnêteté, nombreux sont nos intellectuels qui, en France, seraient bien inspirés de s’approprier cette observation autocritique. J’ajouterais même un appendice: non contents d’être redevenus «dangereux et cons» depuis le 11-Septembre 2001, nos «beaux esprits» somnambules, particulièrement nombreux à gauche, se sont aussi distingués par leur insondable lâcheté. En effet, quelle est cette irresponsabilité qui, depuis des années, a poussé tant de faiseurs d’opinion — journalistes, politiques, sociologues vertueux — à s’enferrer à ce point dans le déni, à être incapables de mettre leur montre à l’heure, d’appeler un chat un chat et

d’admettre que c’est l’islam radical qui, ces derniers temps, a un peu tendance à armer le bras des assassins et non des hordes de bouddhistes déchainés?

N’oublions pas qu’entre le 6 et le 10, nous sommes subitement passés de la thèse, confortable mais fausse, des «loups solitaires» — et autres «enfants perdus du djihad», des formules partout reprises en cœur —, à la reconnaissance officielle d’un fléau planétaire. N’oublions pas qu’Edwy Plenel parlait encore du terrorisme «dit islamiste» dans son livre récent, intitulé Pour les musulmans. Ou comment mélanger au passage, dans une même condescendance postcoloniale, les terroristes et leurs suppliciés. Et on pourrait multiplier les exemples à l’infini. D’ailleurs, le vendredi 26 juin au soir, les bandeaux «Encore un loup solitaire?» s’inscrivaient derechef sur nos écrans de télévision. Vertigineuse régression.

Le dispositif global d’intimidation par l’«islamophobie» — l’intimidation étant caractéristique de la mentalité fasciste — a fait le reste: quiconque ne partageait pas cette vision irénique se voyait traité de raciste ou, plus à la mode, de «néo-réactionnaire». Brisons les avertisseurs d’incendie et le feu s’éteindra de lui-même. Tel est à peu près l’état d’esprit toxique qui domine depuis des années en France et nous empêche, aujourd’hui encore, de percuter l’ampleur du danger. On ne réadapte pas ses catégories mentales du jour au lendemain. Plus largement, il me semble que les Européens de bonne foi ont exorcisé depuis si longtemps le cauchemar des guerres de religion qu’ils ont du mal à en imaginer le retour. Or, on peine toujours à voir ce que l’on peine à concevoir.

Sommes-nous retombés dans l’avant-Charlie aussitôt après?

Force est de constater que le sursaut aura été de très courte durée. «Esprit du 11-Janvier, es-tu là?», en était-on à se demander un mois après les tueries. Tous les alibis étaient déjà bons pour penser à autre chose. Comment un événement aussi grave, porté par le contexte international radicalement nouveau et explosif que l’on sait, a-t-il pu déboucher sur des résultats aussi misérables? À ce degré d’absence de soi, on hésitait entre faire tourner la table ou la renverser. Car voilà qu’il nous a très vite fallu compter avec les revenants. On les avait d’abord cru tapis dans le remord et la honte, ceux qui n’avaient pas trouvé de termes assez durs pour condamner, entre autres prouesses, le Manifeste des Douze publié par Charlie Hebdo en mars 2006. Un texte salutaire qui énonçait sans détours ce qui crevait déjà les yeux, à savoir qu’après le fascisme, le nazisme et le stalinisme, l’islamisme est un totalitarisme religieux qui met la démocratie en danger.

Mais non. Il faudra à peine un jour ou deux aux esprits frappeurs pour resurgir de l’au-delà. Et pour nous expliquer quoi dans leur rhétorique tordue? Que l’islamisme n’est pas un cancer qui prolifère sur les maux qui ravagent le monde musulman, sur son arriération dramatique et sur ses propres échecs, mais qu’il procède d’un Occident très méchant qui n’aime pas les musulmans. Que les vrais auteurs des crimes de janvier ne seraient pas de sombres tueurs apocalyptiques, mais tous les «islamophobes» de France et de Navarre… Au moins, n’allaient-ils pas oser hurler, comme au lendemain des crimes de Merah, au «renforcement de l’arsenal sécuritaire»? Décence minimale oblige. Et bien si. Une semaine après la sidération et l’horreur, ces esprits faux devenus littéralement fous mettaient déjà en garde, non pas bien sûr contre la barbarie djihadiste, mais contre… «le triomphe du Parti de l’ordre». On apprendra dans la foulée que c’est le Front national qui, à force de «jouer sur les haines», serait indirectement responsable du carnage. Le président François Hollande en a même remis une couche dans son discours du Panthéon en évoquant, dans un pluriel hautement confusionniste, «le devoir de vigilance face aux haines de la démocratie» — soit trois poncifs en une proposition. Une prouesse. Ou comment annuler le courageux discours de Manuel Valls du 13 janvier. On se frotte les yeux.

Le livre d’Emmanuel Todd, Qui est Charlie?, vous paraît-il représentatif de cette dérive?

Oui, emblématique même. Nous sommes passés de l’hibernation à la perversion, et de la perversion à l’inversion. Surtout, aucun esprit sain n’aurait pu prévoir, dans ses plus pessimistes prophéties, le succès d’une thèse transformant, par un sinistre tour de magie, les meurtriers en «victimes» du racisme. Ni imaginer que tant de micros allaient lui être si avidement tendus. Voilà donc qu’avec ce best-seller au mois de mai, il ne s’agissait déjà plus de combattre l’islamisme radical, mais «le laïcisme radical» ; et voilà que le pire, à suivre Todd, aurait moins consisté dans les massacres sanglants que dans l’odieuse manifestation «totalitaire» (je vous laisse apprécier l’oxymore) et naturellement «islamophobe» du 11-Janvier… En vérité, un simple «non» opposé de façon massive, spontanée et responsable à des barbares qui venaient de s’en prendre à un minimum civilisationnel commun absolu.

En clair, la folle spirale du déni ne s’est pas atténuée, comme on aurait pu s’y attendre: elle s’est étrangement aggravée. On pense à la réplique d’un personnage de Skakespeare: «Je me suis si longtemps vautré dans l’erreur qu’il m’est plus facile de poursuivre dans cette voie que de m’arrêter en chemin». À ce niveau de déraison, on se demande à quel discours nous auront droit d’ici quelques jours… Attendons-nous à ce que la loi sur le Renseignement, adoptée en mai et qu’il était de bon ton de juger «liberticide» dans les salons parisiens, soit tenue pour la grande coupable des derniers attentats et qu’il aurait mieux valu ne pas la voter pour ne pas offusquer «les musulmans». Je relève à cet égard que pour d’incompréhensibles raisons, les «faucons» républicains ont voté contre avec l’extrême gauche. La lâcheté, de nos jours, traverse l’ensemble de l’échiquier politique.

Vous précisez dans votre livre que vous vivez dans le 93 depuis trente ans. Qu’en disent les musulmans eux-mêmes que vous côtoyer tous les jours?

Vous n’imaginez pas à quel point les musulmans «normaux» n’en peuvent plus de ce «Padamalgame»

absurde — et désormais criminogène — qui tient lieu de prêt-à-penser à une partie de nos élites. Beaucoup d’entre eux ne le comprennent même pas: «La vérité n’a jamais stigmatisé personne», me faisait ainsi remarquer mon voisin tunisien en janvier. Il ajoutait: «Il fallait au contraire qu’elle soit dite et que l’ennemi soit enfin désigné pour que nous ne nous sentions plus obligés de raser les murs de honte». Bref, un soulagement pour la majorité d’entre eux, armés d’un bon sens qu’on aimerait trouver chez nos énarques. Quant aux jeunes du coin, shootés aux sites internet de Dieudonné ou Soral, nous avions bien entendu affaire à un «complot sioniste» dès le lendemain matin…

Les politiques publiques conduites depuis janvier vous semblent-elles à la hauteur?

Le problème vient de ce que nous avons quinze ans de retard à l’allumage. Le plan Vigipirate est essentiel, mais sait-on que nos courageux soldats, dépourvus d’armes de poing, patrouillent avec des fusils de guerre inutilisables en milieu urbain au risque de provoquer un carnage? Sait-on que dans le 93, certaines mairies ont donné il y a quelques jours pour consigne à leur police municipale de ne plus verbaliser les femmes portant un voile intégral dissimulant leur visage, alors même qu’une loi a été votée et que la police est en principe chargée de la faire respecter? Ramadan oblige, sans doute… Que les mêmes élus locaux ne cessent de rhabiller des salafistes en militants associatifs par peur de perdre les prochaines élections? C’est dire si notre capitulation en rase campagne a persisté bien au-delà du 11-Janvier. Et nous revoilà à feindre de se demander sur tous les plateaux comment nous en sommes arrivés là!

Vous renvoyez dos à dos la montée de l’islamisme et celle du populisme. Mais les populismes respectent la règle du jeu démocratique tandis que les intégristes musulmans sème la terreur et la mort. Ne tombez-vous pas, à vôtre tour, dans le politiquement correct que vous dénoncez?

Non. Quand je dis que nous avons du souci à nous faire pour l’avenir de l’Europe — pris entre ceux qui ne pensent plus à force de bien-penser et ceux qui ne voient plus les limites du mal-penser sans penser à mal —, la logique qui gouverne mon raisonnement est celle de l’engendrement, pas du renvoi dos-à-dos. Je veux dire qu’à force de s’obstiner dans un «padamalgame» obtus, à force d’accorder à l’islamisme la clause de l’idéologie totalitaire et massacreuse la plus excusée, on fait chaque jour la campagne de Marine Le Pen, laquelle pourrait, à ce rythme, partir à la plage jusqu’aux prochaines présidentielles. En refusant de prendre en charge les angoisses identitaires, l’insécurité culturelle et le sentiment d’abandon exprimés par plus de la majorité des Européens, gauche et droite républicaines abandonnent le monde aux populistes. Pour leur plus grand bonheur et pour notre plus grand malheur à tous. Cette attitude est suicidaire et l’issue sera catastrophique car ce sont ces nouvelles formations qui, à coup sûr, emporteront la mise de toutes nos lâchetés.

En effet, ce n’est pas l’instauration de la charia qui menace en Europe à brève ou moyenne échéance, mais un «populisme patrimonial» d’autant plus présentable qu’il s’est habilement relooké. Il serait souhaitable, là aussi, d’entrouvrir un œil car ces partis mutants se sont mis à prospérer sur l’ensemble du Vieux Continent, comme on vient encore de s’en apercevoir au Danemark — mais s’en aperçoit-on vraiment? En cela, le politiquement correct n’a cessé, ces derniers temps, de nourrir le politiquement abject — en grande partie par réaction et par exaspération. C’est en ce sens qu’à mes yeux, ils font désormais cause commune. Il me semble qu’il existe pourtant un boulevard entre la xénophilie angélisante et la xénophobie diabolisante, entre la stratégie de l’enfouissement et l’apocalypse du «grand remplacement». Il serait grand temps de l’emprunter. À moins qu’on ne préfère secrètement le retour d’une bonne vieille «bête immonde» à l’ancienne, laquelle épargnerait à nos bonnes consciences d’épuisantes contorsions mentales face à cet islamo-fascisme qui ne cadre pas. Tel serait en tout cas l’objectif qu’on ne saurait mieux s’y prendre.

Voir de même:

Tareq Oubrou : «Les Musulmans sont déroutés et ne maîtrisent plus rien, ni la base ni rien»
Delphine de Mallevoüe

Le Figaro

30/06/2015

INTERVIEW – Après les attentats de janvier, le ministre de l’Intérieur a choisi Tareq Oubrou, recteur de la grande mosquée de Bordeaux, comme interlocuteur privilégié des pouvoirs publics dans sa volonté de relancer le dialogue avec les représentants musulmans. Entretien.

LE FIGARO. – Fermer les mosquées salafistes (89 en 2014 contre 44 en 2010), est-ce la solution pour tuer dans l’œuf le radicalisme?

Tareq OUBROU – C’est seulement une partie de la solution, car le problème est multifactoriel. Il faut traiter l’urgence, oui, mais s’occuper des conséquences ce n’est pas traiter les causes. Il faut s’attaquer à l’étiologie du mal, ne pas se contenter des sermons républicains mais agir et appliquer le droit. Sans quoi nous provoquerons la fragilisation de la démocratie et les tentations populistes. Au reste, ce ne sont pas les mosquées qu’il faut fermer – les fidèles n’ont pas à être pénalisés – ce sont les prédicateurs haineux qu’il faut expulser (40 imams et «prêcheurs de haine» ont été expulsés depuis 2012, dont une dizaine depuis début 2015, NDLR). Et ceux-là ne sont pas toujours ceux qu’on croit. …

/…/

Comment analysez-vous l’acte de décapitation commis par Yassin Salhi lors de l’attaque près de Lyon ?

Ce sont des symptômes qui relèvent d’un désordre mental. Un mélange de haine personnelle, de marginalité, de frustration économique, d’Islam identitaire… une grande salade d’ingrédients confus avec un vernis islamique, symptomatique d’un Islam aujourd’hui atomisé, d’une doctrine éclatée – y compris le salafisme – d’un terrorisme individualisé. Cela montre une civilisation arabo-musulmane délabrée. Les Musulmans sont déroutés et ne maîtrisent plus rien, ni la base ni rien.

Ceux qui prennent les armes ne connaissent même pas l’Islam. Ils mélangent le martyr avec le suicide. La théologie du martyr c’est de subir la mort ou la guerre, pas de la rechercher. Le problème c’est la lutte contre l’ignorance, la restauration du savoir et de la culture. La violence vient de l’absence de la démocratisation de la pensée en général et de la religion en particulier. Quand il n’y a pas de langage, eh bien il y a de la violence.

Vous comparez la laïcité à la charia…

Oui, tout le monde en parle, mais chacun dans sa définition ! Une sainte ignorance partagée par tout le monde, comme disait le politologue Olivier Roy. La laïcité, tout comme la charia, ne sont pas des lois, mais des principes un jour mis dans des lois.

Ce sont des mouvements qui ont été amorcés et qui doivent être continués par l’intelligence des hommes. Et aujourd’hui, en ce qui concerne l’Islam, il y a urgence à travailler une nouvelle doctrine. Qu’est-ce que c’est que Daesh ou al-Qaida à part des slogans ? Où est la doctrine là dedans ? Quant aux pratiques – foulard, barbe, hallal – elles relèvent d’un Islam identitaire, sociologique, d’un Islam «de fait» plus que d’un Islam théologique, d’une orthodoxie de masse plus que d’une doctrine… […]

Voir aussi:

As ISIS brutalizes women, a pathetic feminist silence
Phyllis Chesler
The New York Post

June 7, 2015

Oh, how the feminist movement has lost its way. And the deafening silence over ISIS’s latest brutal crimes makes that all too clear.

Fifty years ago, American women launched a liberation campaign for freedom and equality. We achieved a revolution in the Western world and created a vision for girls and women everywhere.

Second Wave feminism was an ideologically diverse movement that pioneered society’s understanding of how women were disadvantaged economically, reproductively, politically, physically, psychologically and sexually.

Feminists had one standard of universal human rights — we were not cultural relativists — and we called misogyny by its rightful name no matter where we found it.

As late as 1997, the Feminist Majority at least took a stand against the Afghan Taliban and the burqa. In 2001, 18,000 people, led by feminist celebrities, cheered ecstatically when Oprah Winfrey removed a woman’s burqa at a feminist event — but she did so safely in Madison Square Garden, not in Kabul or Kandahar.

Six weeks ago, Human Rights Watch documented a “system of organized rape and sexual assault, sexual slavery, and forced marriage by ISIS forces.” Their victims were mainly Yazidi women and girls as young as 12, whom they bought, sold, gang-raped, beat, tortured and murdered when they tried to escape.

In May, Kurdish media reported, Yazidi girls who escaped or were released said they were kept half-naked together with other girls as young as 9, one of whom was pregnant when she was released. The girls were “smelled,” chosen and examined to make sure they were virgins. ISIS fighters whipped or burned the girls’ thighs if they refused to perform “extreme” pornography-influenced sex acts. In one instance, they cut off the legs of a girl who tried to escape.

These atrocities are war crimes and crimes against humanity — and yet American feminists did not demand President Obama rescue the remaining female hostages nor did they demand military intervention or support on behalf of the millions of terrified Iraqi and Syrian civilian refugees.

An astounding public silence has prevailed.

The upcoming annual conference of the National Organization for Women does not list ISIS or Boko Haram on its agenda. While the most recent Women’s Studies annual conference did focus on foreign policy, they were only interested in Palestine, a country which has never existed, and support for which is often synonymous with an anti-Israel position. Privately, feminists favor non-intervention, non-violence and the need for multilateral action, and they blame America for practically everything wrong in the world.

What is going on?

Feminists are, typically, leftists who view “Amerika” and white Christian men as their most dangerous enemies, while remaining silent about Islamist barbarians such as ISIS.

Feminists strongly criticize Christianity and Judaism, but they’re strangely reluctant to oppose Islam — as if doing so would be “racist.” They fail to understand that a religion is a belief or an ideology, not a skin color.

The new pseudo-feminists are more concerned with racism than with sexism, and disproportionately focused on Western imperialism, colonialism and capitalism than on Islam’s long and ongoing history of imperialism, colonialism, anti-black racism, slavery, forced conversion and gender and religious apartheid.

And why? They are terrified of being seen as “politically incorrect” and then demonized and shunned for it.

The Middle East and Western Africa are burning; Iran is raping female civilians and torturing political prisoners; the Pakistani Taliban are shooting young girls in the head for trying to get an education and disfiguring them with acid if their veils are askew — and yet, NOW passed no resolution opposing this.

Twenty-first century feminists need to oppose misogynistic, totalitarian movements. They need to reassess the global threats to liberty, and rekindle our original passion for universal justice and freedom.

Phyllis Chesler (Phyllis-chesler.com) is emerita professor of psychology and the author of 16 books including “Living History: On the Front Line for Israel and the Jews, 2003-2015.”

Voir par ailleurs:

Sunbed gunman was high on COCAINE: Laughing fanatic took photos of his victims during tourist killing spree – as new pictures emerge of unexploded bomb found next to his dead body

Sam Greenhill In Kairouan and Emine Sinmaz In Sousse, Tunisia

The Daily Mail

 30 June 2015

Seifeddine Rezgui was high on cocaine as he murdered British tourists on the beach, it emerged today.

A stimulant, believed to the class A drug or one similar to it, was detected by doctors during a post-mortem examination, the Daily Mail has been told.

Tunisian police separately confirmed that an unexploded bomb was found on Rezgui’s body, meaning he could have murdered scores more. The detonator was just inches away.

Survivors said last night that Rezgui, who has been linked to Islamic State, was laughing and smiling as he massacred his 38 victims with an AK-47 assault rifle in Sousse last Friday.

‘At one point, the gunman was busy – with his gun on his back – with a phone out, taking photos of the bodies and laughing,’ said Paul Short.

IS fighters are known to take doses of cocaine to make them feel invincible on the battlefield.

An informed source said: ‘The autopsy proves that the terrorist used some drugs before he did the attack – the same drug that IS gives to people who do terrorist attacks – so that he will not understand what he is doing.’

A hotel worker named Houssem told the Mail: ‘He was laughing as he was shooting. When he had finished and he had killed everyone, he did not care, he did not try to run. He was smiling, he was happy.’

Voir enfin:

MAUVAISES (ET BONNES) RÉPUTATIONS DE L’ISLAM

André Cournouve

Connaissance ouverte
A / Moyen-Âge et Renaissance :

Pierre le Vénérable (vers 1093 – 1156), abbé de Cluny :

« Qu’on donne à l’erreur mahométane le nom honteux d’hérésie ou celui, infâme, de paganisme, il faut agir contre elle, c’est-à-dire écrire. Mais les latins et surtout les modernes, l’antique culture périssant, suivant le mot des Juifs qui admiraient jadis les apôtres polyglottes, ne savent pas d’autre langue que celle de leur pays natal. Aussi n’ont-ils pu ni reconnaître l’énormité de cette erreur ni lui barrer la route. Aussi mon cœur s’est enflammé et un feu m’a brûlé dans ma méditation. Je me suis indigné de voir les Latins ignorer la cause d’une telle perdition et leur ignorance leur ôter le pouvoir d’y résister ; car personne ne répondait, car personne ne savait. Je suis donc allé trouver des spécialistes de la langue arabe qui a permis à ce poison mortel d’infester plus de la moitié du globe. Je les ai persuadés à force de prières et d’argent de traduire d’arabe en latin l’histoire et la doctrine de ce malheureux et sa loi même qu’on appelle Coran. Et pour que la fidélité de la traduction soit entière et qu’aucune erreur ne vienne fausser la plénitude de notre compréhension, aux traducteurs chrétiens j’en ai adjoint un Sarrasin. Voici les noms des chrétiens : Robert de Chester, Hermann le Dalmate, Pierre de Tolède ; le Sarrasin s’appelait Mohammed. Cette équipe après avoir fouillé à fond les bibliothèques de ce peuple barbare en a tiré un gros livre qu’ils ont publié pour les lecteurs latins. Ce travail a été fait l’année où je suis allé en Espagne et où j’ai eu une entrevue avec le seigneur Alphonse, empereur victorieux des Espagnes, c’est-à-dire en l’année du Seigneur 1141. » (cité par Jacques le Goff, Les Intellectuels au Moyen Âge, « Le temps qui court », Paris : Le Seuil, 1957 ; merci à Jean-Baptiste de Morizur).

Hervé Martin (né en 1940) :

« [Aux XIIIe et XIVe siècles] le discours antisodomie se durcit. Ce péché, estime-t-on, appelle la vengeance du ciel. Le laïc qui s’y adonne doit être excommunié et le clerc réduit à l’état laïc (Concile de Latran III, 1179). L’homosexualité est d’autant plus vivement dénoncée qu’elle est très répandue chez les musulmans, que l’on accuse de sodomiser leurs prisonniers chrétiens et dont on estime qu’ils menacent l’Europe. »
Mentalités médiévales XIe-XVe siècle, chapitre XIII, Paris : PUF, 1996.

Michel de Montaigne (1533-1592) :

« Le grand Seigneur [le Grand Turc, Soliman le magnifique] ne permet aujourd’hui ni à Chrétien ni à Juif d’avoir cheval à soi, à ceux qui sont sous son empire. » (Essais, I, xlviii, page 289 de l’édition Villey/PUF/Quadrige)

« […] quand Mahomet promet aux siens un paradis tapissé, paré d’or et de pierrerie, peuplé de garçes d’excellente beauté, de vins et de vivres singuliers, je vois bien que ce sont des moqueurs qui se plient à notre bêtise pour nous emmiéler et attirer par ces opinons et espérances, convenables à notre mortel appétit. » (Essais, II, xii, page 518)

« Je ne m’étonne plus de ceux que les singeries d’Apollonius [de Tyane] et de Mahomet embufflarent. Leur sens et entendement est entièrement étouffé en leur passion. » (III, x, page 1013).
B / Grand-siècle, Lumières :

B / a) Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) :

« Mes Frères, cet objet lugubre d’un chrétien captif dans les prisons des mahométans, me jette dans une profonde considération des grands et épouvantables progrès de cette religion monstrueuse. O Dieu, que le genre humain est crédule aux imposture de Satan! O que l’esprit de séduction et d’erreur a d’ascendant sur notre raison! Que nous portons en nous-mêmes, au fond de nos cœurs, une étrange opposition à la vérité, dans nos aveuglements, dans nos ignorances, dans nos préoccupations opiniâtres. Voyez comme l’ennemi du genre humain n’a rien oublié pour nous perdre, et pour nous faire embrasser des erreurs damnables. Avant la venue du Sauveur, il se faisait adorer par toute la terre sous les noms de ces fameuses idoles devant lesquelles tremblaient tous les peuples; il travaillait de toute sa force à étouffer le nom du vrai Dieu. Jésus-Christ et ses martyrs l’ont fait retentir si haut depuis le levant jusqu’au couchant, qu’il n’y a plus moyen de l’éteindre ni de l’obscurcir. Les peuples qui ne le connaissaient pas, y sont attirés en foule par la croix de Jésus-Christ; et voici que cet ancien imposteur, qui dès l’origine du monde est en possession de tromper les hommes, ne pouvant plus abolir le saint nom de Dieu, frémissant contre Jésus-Christ qui l’a fait connaître à tout l’univers, tourne toute sa furie contre lui et contre son Évangile : et trouvant encore le nom de Jésus trop bien établi dans le monde par tant de martyrs et tant de miracles, il lui déclare la guerre en faisant semblant de le révérer, et il inspire à Mahomet, en l’appelant un prophète, de faire passer sa doctrine pour une imposture; et cette religion monstrueuse, qui se dément elle-même, a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa tyrannie, pour tout miracle ses armes, armes redoutables et victorieuses, qui font trembler tout le monde, et rétablissent par force l’empire de Satan dans tout l’univers.  »
Panégyrique de saint Pierre Nolasque.
B / b) Baron de Montesquieu (1689-1755) :

« Nous savons que les Mahométans, qui, pour se procurer des extases, se mettent dans des tombeaux où ils veillent et ne cessent de hurler, en sortent toujours avec l’esprit plus faible.» (Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, [Première partie]).

‎« On s’est aperçu que le zèle pour les progrès de la Religion est différent de l’attachement qu’on doit avoir pour elle, et que, pour l’aimer et l’observer, il n’est pas nécessaire de haïr et de persécuter ceux qui ne l’observent pas. Il serait à souhaiter que nos Musulmans pensassent aussi sensiblement sur cet article que les Chrétiens. » (Lettres persanes, 1721, lettre LX).

« Pendant que les princes mahométans donnent sans cesse la mort ou la reçoivent, la religion, chez les chrétiens, rend les princes moins timides, et par conséquent moins cruels. […] Sur le caractère de la religion chrétienne et celui de la mahométane, on doit, sans autre examen, embrasser l’une et rejeter l’autre : car il nous est bien plus évident qu’une religion doit adoucir les mœurs des hommes, qu’il ne l’est qu’une religion soit vraie. C’est un malheur pour la nature humaine, lorsque la religion est donnée par un conquérant. La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l’a fondée. […] La religion des Guèbres rendit autrefois le royaume de Perse florissant ; elle corrigea les mauvais effets du despotisme : la religion mahométane détruit aujourd’hui ce même empire. »
De l’Esprit des lois, 1748, livre XXIV, chapitres 3, 4 et 11.

B / c) Voltaire (1694-1778) et ENCYCLOPÉDIE :

« Il est à croire que Mahomet, comme tous les enthousiastes, violemment frappé de ses idées, les débita d’abord de bonne foi, les fortifia par des rêveries, se trompa lui-même en trompant les autres, et appuya enfin, par des fourberies nécessaires, une doctrine qu’il croyait bonne. » Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756, chapitre VI, « De l’Arabie et de Mahomet ».

« Sa définition de Dieu est d’un genre plus véritablement sublime. On lui demandait quel était cet Allah qu’il annonçait : « C’est celui, répondit-il, qui tient l’être de soi-même, et de qui les autres le tiennent ; qui n’engendre point et qui n’est point engendré, et à qui rien n’est semblable dans toute l’étendue des êtres. » Cette fameuse réponse, consacrée dans tout l’Orient, se trouve presque mot à mot dans l’antépénultième chapitre du Koran.
[…]
Une chose qui peut surprendre bien des lecteurs, c’est qu’il n’y eut rien de nouveau dans la loi de Mahomet, sinon que Mahomet était prophète de Dieu.

En premier lieu, l’unité d’un être suprême, créateur et conservateur, était très-ancienne. Les peines et les récompenses dans une autre vie, la croyance d’un paradis et d’un enfer, avaient été admises chez les Chinois, les Indiens, les Perses, les Égyptiens, les Grecs, les Romains, et ensuite chez les Juifs, et surtout chez les chrétiens, dont la religion consacra cette doctrine.

L’Alcoran reconnaît des anges et des génies, et cette créance vient des anciens Perses. Celle d’une résurrection et d’un jugement dernier était visiblement puisée dans le Talmud et dans le christianisme. Les mille ans que Dieu emploiera, selon Mahomet, à juger les hommes, et la manière dont il y procédera, sont des accessoires qui n’empêchent pas que cette idée ne soit entièrement empruntée. Le pont aigu sur lequel les ressuscités passeront, et du haut duquel les réprouvés tomberont en enfer, est tiré de la doctrine allégorique des mages.

C’est chez ces mêmes mages, c’est dans leur Jannat que Mahomet a pris l’idée d’un paradis, d’un jardin, où les hommes, revivant avec tous leurs sens perfectionnés, goûteront par ces sens mêmes toutes les voluptés qui leur sont propres, sans quoi ces sens leur seraient inutiles. C’est là qu’il a puisé l’idée de ces houris, de ces femmes célestes qui seront le partage des élus, et que les mages appelaient hourani, comme on le voit dans le Sadder. Il n’exclut point les femmes de son paradis, comme on le dit souvent parmi nous. Ce n’est qu’une raillerie sans fondement, telle que tous les peuples en font les uns des autres. Il promet des jardins, c’est le nom du paradis ; mais il promet pour souveraine béatitude la vision, la communication de l’Être suprême.

Le dogme de la prédestination absolue, et de la fatalité, qui semble aujourd’hui caractériser le mahométisme, était l’opinion de toute l’Antiquité : elle n’est pas moins claire dans l’Iliade que dans l’Alcoran.

À l’égard des ordonnances légales, comme la circoncision, les ablutions, les prières, le pèlerinage de la Mecque, Mahomet ne fit que se conformer, pour le fond, aux usages reçus. La circoncision était pratiquée de temps immémorial chez les Arabes, chez les anciens Égyptiens, chez les peuples de la Colchide, et chez les Hébreux. Les ablutions furent toujours recommandées dans l’Orient comme un symbole de la pureté de l’âme.

Point de religion sans prières. La loi que Mahomet porta, de prier cinq fois par jour, était gênante, et cette gêne même fut respectable. Qui aurait osé se plaindre que la créature soit obligée d’adorer cinq fois par jour son créateur ?

Quant au pèlerinage de la Mecque, aux cérémonies pratiquées dans le Kaaba et sur la pierre noire, peu de personnes ignorent que cette dévotion était chère aux Arabes depuis un grand nombre de siècles. Le Kaaba passait pour le plus ancien temple du monde ; et, quoiqu’on y vénérât alors trois cents idoles, il était principalement sanctifié par la pierre noire, qu’on disait être le tombeau d’Ismaël. Loin d’abolir ce pèlerinage, Mahomet, pour se concilier les Arabes, en fit un précepte positif.

Le jeûne était établi chez plusieurs peuples, et chez les Juifs, et chez les chrétiens. Mahomet le rendit très-sévère, en l’étendant à un mois lunaire, pendant lequel il n’est pas permis de boire un verre d’eau, ni de fumer, avant le coucher du soleil ; et ce mois lunaire, arrivant souvent au plus fort de l’été, le jeûne devint par là d’une si grande rigueur qu’on a été obligé d’y apporter des adoucissements, surtout à la guerre.

Il n’y a point de religion dans laquelle on n’ait recommandé l’aumône. La mahométane est la seule qui en ait fait un précepte légal, positif, indispensable. L’Alcoran ordonne de donner deux et demi pour cent de son revenu, soit en argent, soit en denrées.

On voit évidemment que toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et tous leurs rites les unes des autres.

Dans toutes ces ordonnances positives, vous ne trouverez rien qui ne soit consacré par les usages les plus antiques. Parmi les préceptes négatifs, c’est-à-dire ceux qui ordonnent de s’abstenir, vous ne trouverez que la défense générale à toute une nation de boire du vin, qui soit nouvelle et particulière au mahométisme. Cette abstinence, dont les musulmans se plaignent, et se dispensent souvent dans les climats froids, fut ordonnée dans un climat brillant, où le vin altérait trop aisément la santé et la raison. Mais, d’ailleurs, il n’était pas nouveau que des hommes voués au service de la Divinité se fussent abstenus de cette liqueur. Plusieurs collèges de prêtres en Égypte, en Syrie, aux Indes, les nazaréens, les récabites, chez les Juifs, s’étaient imposé cette mortification.

Elle ne fut point révoltante pour les Arabes : Mahomet ne prévoyait pas qu’elle deviendrait un jour presque insupportable à ses musulmans dans la Thrace, la Macédoine, la Bosnie, et la Servie. Il ne savait pas que les Arabes viendraient un jour jusqu’au milieu de la France, et les Turcs mahométans devant les bastions de Vienne.

Il en est de même de la défense de manger du porc, du sang, et des bêtes mortes de maladies ; ce sont des préceptes de santé : le porc surtout est une nourriture très-dangereuse dans ces climats, aussi bien que dans la Palestine, qui en est voisine. Quand le mahométisme s’est étendu dans les pays plus froids, l’abstinence a cessé d’être raisonnable, et n’a pas cessé de subsister.

La prohibition de tous les jeux de hasard est peut-être la seule loi dont on ne puisse trouver d’exemple dans aucune religion. Elle ressemble à une loi de couvent plutôt qu’à une loi générale d’une nation. Il semble que Mahomet n’ait formé un peuple que pour prier, pour peupler, et pour combattre.

Toutes ces lois qui, à la polygamie près, sont si austères, et sa doctrine qui est si simple, attirèrent bientôt à sa religion le respect et la confiance. Le dogme surtout de l’unité d’un Dieu, présenté sans mystère, et proportionné à l’intelligence humaine, rangea sous sa loi une foule de nations, et jusqu’à des nègres dans l’Afrique, et à des insulaires dans l’Océan indien.

Cette religion s’appela l’Islamisme, c’est-à-dire résignation à la volonté de Dieu ; et ce seul mot devait faire beaucoup de prosélytes. Ce ne fut point par les armes que l’Islamisme s’établit dans plus de la moitié de notre hémisphère, ce fut par l’enthousiasme, par la persuasion, et surtout par l’exemple des vainqueurs, qui a tant de force sur les vaincus. Mahomet, dans ses premiers combats en Arabie contre les ennemis de son imposture, faisait tuer sans miséricorde ses compatriotes pénitents. Il n’était pas alors assez puissant pour laisser vivre ceux qui pouvaient détruire sa religion naissante ; mais sitôt qu’elle fut affermie dans l’Arabie par la prédication et par le fer, les Arabes, franchissant les limites de leur pays, dont ils n’étaient point sortis jusqu’alors, ne forcèrent jamais les étrangers à recevoir la religion musulmane. Ils donnèrent toujours le choix aux peuples subjugués d’être musulmans, ou de payer tribut. Ils voulaient piller, dominer, faire des esclaves, mais non pas obliger ces esclaves à croire. Quand ils furent ensuite dépossédés de l’Asie par les Turcs et par les Tartares, ils firent des prosélytes de leurs vainqueurs mêmes ; et des hordes de Tartares devinrent un grand peuple musulman. Par là on voit en effet qu’ils ont converti plus de monde qu’ils n’en ont subjugué.

Le peu que je viens de dire dément bien tout ce que nos historiens, nos déclamateurs et nos préjugés nous disent ; mais la vérité doit les combattre.

Bornons-nous toujours à cette vérité historique : le législateur des musulmans, homme puissant et terrible, établit ses dogmes par son courage et par ses armes ; cependant sa religion devint indulgente et tolérante. L’instituteur divin du christianisme, vivant dans l’humilité et dans la paix, prêcha le pardon des outrages ; et sa sainte et douce religion est devenue, par nos fureurs, la plus intolérante de toutes, et la plus barbare. »
Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756, chapitre VII,  » De l’Alcoran, et de la loi musulmane. Examen si la religion musulmane était nouvelle, et si elle a été persécutante. ».

 » Comment dans ce temps-là même les mahométans, qui, sous Abdérame, vers l’an 734, subjuguèrent la moitié de la France, auraient-ils laissé subsister derrière les Pyrénées ce royaume des Asturies ? C’était beaucoup pour les chrétiens de pouvoir se réfugier dans ces montagnes et d’y vivre de leurs courses, en payant tribut aux mahométans. Ce ne fut que vers l’an 759 que les chrétiens commencèrent à tenir tête à leurs vainqueurs, affaiblis par les victoires de Charles Martel et par leurs divisions ; mais eux-mêmes, plus divisés entre eux que les mahométans, retombèrent bientôt sous le joug. Mauregat, à qui il a plu aux historiens de donner le titre de roi, eut la permission de gouverner les Asturies et quelques terres voisines, en rendant hommage et en payant tribut. Il se soumit surtout à fournir cent belles filles tous les ans pour le sérail d’Abdérame. Ce fut longtemps la coutume des Arabes d’exiger de pareils tributs ; et aujourd’hui les caravanes, dans les présents qu’elles font aux Arabes du désert, offrent toujours des filles nubiles. »
Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756, chapitre XXVII, « De l’Espagne et des musulmans maures aux viiie et ixe siècles. ».

Chevalier Louis de Jaucourt (1704-1779),

« MAHOMÉTISME, s. m. (Hist. des religions du monde.) religion de Mahomet. L’historien philosophe de nos jours [Voltaire] en a peint le tableau si parfaitement, que ce serait s’y mal connaître que d’en présenter un autre aux lecteurs.
Pour se faire, dit-il, une idée du Mahométisme, qui a donné une nouvelle forme à tant d’empires, il faut d’abord se rappeler que ce fut sur la fin du sixième siècle, en 570, que naquit Mahomet à la Mecque dans l’Arabie Pétrée. Son pays défendait alors sa liberté contre les Perses, et contre ces princes de Constantinople qui retenaient toujours le nom d’empereurs romains.
Les enfants du grand Noushirvan, indignes d’un tel père, désolaient la Perse par des guerres civiles et par des parricides. Les successeurs de Justinien avilissaient le nom de l’empire ; Maurice venait d’être détrôné par les armes de Phocas et par les intrigues du patriarche syriaque et de quelques évêques, que Phocas punit ensuite de l’avoir servi. Le sang de Maurice et de ses cins fils avait coulé sous la main du bourreau, et le pape Grégoire le grand, ennemis des patriarches de Constantinople, tâchaient d’attirer le tyran Phocas dans son parti, en lui proposant des louanges et en condamnant la mémoire de Maurice qu’il avait loué pendant sa vie. […] Après avoir connu le caractère de ses concitoyens, leur ignorance, leur crédulité, et leur disposition à l’enthousiasme, il vit qu’il pouvait s’ériger en prophète, il feignit des révélations, il parla : il se fit croire d’abord dans sa maison, ce qui était probablement le plus difficile. […]
Il enseignait aux Arabes, adorateurs des étoiles, qu’il ne fallait adorer que le Dieu qui les a faites, que les livres des Juifs et des Chrétiens s’étant corrompus et falsifiés, on devait les avoir en horreur : qu’on était obligé sous peine de châtiment éternel de prier cinq fois par jour, de donner l’aumône, et surtout, en ne reconnaissant qu’un seul Dieu, de croire en Mahomet son dernier prophète ; enfin de hasarder sa vie pour sa foi. […]
Sa religion était d’ailleurs plus assujettissante qu’aucune autre, par les cérémonies légales, par le nombre et la forme des prières et des ablutions, rien n’étant plus gênant pour la nature humaine que des pratiques qu’elle ne demande pas et qu’il faut renouveler tous les jours.
Il proposait pour récompense une vie éternelle, où l’âme ferait enivrée de tous les plaisirs spirituels, le où le corps ressuscité avec ses sens, goûterait par ses sens mêmes toutes les voluptés qui lui font propres.,
Cette religion s’appela l’islamisme qui signifie résignation à la volonté de Dieu. Le livre qui la contient s’appela coran, c’est-à-dire, le livre, ou l’écriture, ou la lecture par excellence. […]
On y voit surtout une ignorance profonde de la Physique la plus simple et la plus connue. C’est là la pierre de touche des livres que les fausses religions prétendent écrits par la Divinité. […]
Le nouveau prophète donnait le choix à ceux qu’il voulait subjuguer d’embrasser sa secte ou de payer un tribut. […] De tous les législateurs qui ont fondé des religions, il est le seul qui ait étendu la sienne par les conquêtes. […]
Le peuple hébreux avait en horreur les autres nations, et craignait toujours d’être asservi. Le peuple arabe au contraire voulut tout attirer à lui, et se crut fait pour dominer. »
Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, tome 9, pages 864-865, 1765.

Denis DIDEROT (1713-1784),

« SARRARINS ou ARABES, philosophie des, : Le saint prophète ne savait ni lire ni écrire : de-là la haine des premiers musulmans contre toute espèce de connaissance ; le mépris qui s’en est perpétué chez leurs successeurs ; et la plus longue durée garantie aux mensonges religieux dont ils sont entêtés.

Mahomet fut si convaincu de l’incompatibilité de la Philosophie et de la Religion, qu’il décerna peine de mort contre celui qui s’appliquerait aux arts libéraux : c’est le même pressentiment dans tous les temps et chez tous les peuples, qui a fait hasarder de décrier la raison.
Le peu de lumière qui restait s’affaiblit au milieu du tumulte des armes, et s’éteignit au sein de la volupté ; l’alcoran fut le seul livre ; on brûla les autres, ou parce qu’ils étaient superflus s’ils ne contenaient que ce qui est dans l’alcoran, ou parce qu’ils étaient pernicieux, s’ils contenaient quelque chose qui n’y fût pas. Ce fut le raisonnement d’après lequel un des généraux  »sarrazins » fit chauffer pendant six mois les bains publics avec les précieux manuscrits de la bibliothèque d’Alexandrie. On peut regarder Mahomet comme le plus grand ennemi que la raison humaine ait eu. Il y avait un siècle que sa religion était établie, et que ce furieux imposteur n’était plus, lorsqu’on entendait des hommes remplis de son esprit s’écrier que Dieu punirait le calife Almamon [Al-Ma’mūn calife de Bagdad de 813 à 833], pour avoir appelé les sciences dans ses États; au détriment de la sainte ignorance des fidèles croyants.  »
Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, tome 14, page 664, Neufchastel : Samuel Faulche et Compagnie, 1765.

VOLTAIRE : « Il était bien difficile qu’une religion si simple et si sage, enseignée par un homme toujours victorieux, ne subjugât pas une partie de la Terre. En effet les musulmans ont fait autant de prosélytes par la parole que par l’épée. Ils ont converti à leur religion les Indiens et jusqu’aux nègres. Les Turcs même leurs vainqueurs se sont soumis à l’islamisme. […] Les premiers musulmans furent animés par Mahomet de la rage de l’enthousiasme. Rien n’est plus terrible qu’un peuple qui, n’ayant rien à perdre, combat à la fois par esprit de rapine et de religion. »
Questions sur l’Encyclopédie, article « Alcoran, ou plutôt le Koran », section II.

B / d) Caron de Beaumarchais :

« Je me jette à corps perdu dans le théâtre ; me fussé-je mis une pierre au cou ! Je broche une comédie dans les mœurs du sérail ; auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l’instant un envoyé … de je ne sais où se plaint que j’offense dans mes vers la Sublime Porte [les Turcs], la Perse, une partie de la presqu’île de l’Inde, toute l’Égypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l’omoplate, en nous disant : « chiens de chrétiens » ! Ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant. »
Le Mariage de Figaro (1784), V, iii.
B / e) Marquis de CONDORCET (1743-1794 ) :

« J’exposerai comment la religion de Mahomet, la plus simple dans ses dogmes, la moins absurde dans ses pratiques, la plus tolérante dans ses principes, semble condamner à un esclavage éternel, à une incurable stupidité, toute cette vaste portion de la Terre où elle a étendu son empire ; tandis que nous allons voir briller le génie des sciences et de la liberté sous les superstitions les plus absurdes, au milieu de la plus barbare intolérance. La Chine nous offre le même phénomène, quoique les effets de ce poison abrutissant y aient été moins funestes. »
Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain,  » Sixième époque, Décadence des Lumières, jusqu’à leur restauration vers le  temps des croisades « , Paris : Masson, 1822 [1794].
C / XIXe siècle

C / a ) François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848) et Alfred de VIGNY (1797-1863) :

« Peut-on supposer que quelque imposteur, quelque nouveau Mahomet, sorti d’Orient, s’avance la flamme et le fer à la main, et vienne forcer les Chrétiens à fléchir le genou devant son idole ? La poudre à canon nous a mis à l’abri de ce malheur*. »
* Non pas si les gouvernements chrétiens ont la folie de discipliner les sectateurs du Coran. Ce serait un crime de lèse-civilisation que notre postérité, enchaînée peut-être, reprocherait avec des larmes de sang à quelques misérables hommes d’État de notre siècle. Ces prétendus politiques auraient appelé au secours de leurs petits systèmes les soldats fanatiques de Mahomet, et leur auraient donné les moyens de vaincre en permettant qu’on leur enseignât l’art militaire. Or, la discipline militaire n’est pas la civilisation ; avec des renégats chrétiens pour officiers, les brutes du Coran peuvent apprendre à vaincre dans les règles les soldats chrétiens.
« Le monde mahométan barbare a été au moment de subjuguer le monde chrétien barbare ; sans la vaillance de Charles Martel nous porterions aujourd’hui le turban : le monde mahométan discipliné pourrait mettre dans le même péril le monde chrétien discipliné. »
Essai sur les révolutions, 1797, IIe partie, chapitre LV.

« L’esprit du mahométisme est la persécution et la conquête : l’Évangile au contraire ne prêche que la tolérance et la paix […] Où en serions-nous si nos pères n’eussent repoussé la force par la force ? Que l’on contemple la Grèce et l’on apprendra ce que devient un peuple sous le joug des Musulmans. Ceux qui s’applaudissent tant aujourd’hui du progrès des Lumières auraient-ils donc voulu voir régner parmi nous une religion qui a brûlé la bibliothèque d’Alexandrie, qui se fait un mérite de fouler aux pieds les hommes et de mépriser souverainement les lettres et les arts ? Les croisades, en affaiblissant les hordes mahométanes au centre même de l’Asie, nous ont empêchés de devenir la proie des Turcs et des Arabes. »
Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1811.

« Considérée sous le double rapport des intérêts généraux de la société et de nos intérêts particuliers, la guerre de la Russie contre la Porte [l’empire turc] ne doit nous donner aucun ombrage. En principe de grande civilisation, l’espèce humaine ne peut que gagner à la destruction de l’empire ottoman : mieux vaut mille fois pour les peuples la domination de la Croix à Constantinople que celle du Croissant. Tous les éléments de la morale et de la société politique sont au fond du christianisme, tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet. On dit que le sultan actuel a fait des pas vers la civilisation : est-ce parce qu’il a essayé, à l’aide de quelques renégats français, de quelques officiers anglais et autrichiens, de soumettre ses hordes fanatiques à des exercices réguliers ? Et depuis quand l’apprentissage machinal des armes est-il la civilisation ? C’est une faute énorme, c’est presqu’un crime d’avoir initié les Turcs dans la science de notre tactique : il faut baptiser les soldats qu’on discipline, à moins qu’on ne veuille élever à dessein des destructeurs de la société.  »
Lettre à M. le comte de La Ferronnays, Rome, 30 novembre 1828, Mémoire, seconde partie.

VIGNY : « Croyez en Dieu et en son prophète qui ne sait ni lire ni écrire (dans le Coran). » Journal d’un poète, été-automne 1829.
« L’humanité a les mêmes droits sur elle-même qu’un homme sur son corps pour le guérir. Si l’on préfère la vie à la mort on doit préférer la civilisation à la barbarie. Nulle peuplade dorénavant n’aura le droit de rester barbare à côté des nations civilisées. L’Islamisme est le culte le plus immobile et le plus obstiné, il faut bien que les peuples qui le professent périssent s’ils ne changent de culte. »
Journal d’un poète, 1831 et été 1840.
« Je lui [à Lamartine] ai demandé s’il était toujours occupé de l’Orient. Il se montre enthousiasmé des malheurs des mahométans et les regarde comme plus civilisés que nous, à cause de la charité extrême en eux. – Cependant, lui dis-je, l’islamisme n’est qu’un christianisme corrompu, vous le pensez bien.
– Un christianisme purifié ! me dit-il avec chaleur.
Il ne m’a fallu que quelques mots pour lui rappeler que le Coran arrête toute science et toute culture ; que le vrai mahométan ne lit rien, parce que tout ce qui n’est pas dans le Coran est mauvais et qu’il renferme tout. – Les arts lui sont interdits parce qu’il ne doit pas créer une image de l’homme. » Journal d’un poète, 12 mars 1838.
« Mahomet eut le sentiment vrai du caractère de la religion lorsqu’il lui donna pour symbole le croissant de la lune dont la lumière est trompeuse et sans chaleur. » Journal d’un poète, 1849.
C / b) John Quincy Adams, 1767-1848 (6e président des U. S. A., 1825-1829) :

« In the seventh century of the Christian era, a wandering Arab of the lineage of Hagar [i.e., Muhammad], the Egyptian, […..] Adopting from the new Revelation of Jesus, the faith and hope [foi et espérance] of immortal life, and of future retribution, he humbled it to the dust by adapting all the rewards and sanctions of his religion to the gratification of the sexual passion. He poisoned the sources of human felicity at the fountain, by degrading the condition of the female sex, and the allowance of polygamy; and he declared undistinguishing and exterminating war, as a part of his religion, against all the rest of mankind [l’humanité]. THE ESSENCE OF HIS DOCTRINE WAS VIOLENCE AND LUST [le désir sexuel].- TO EXALT THE BRUTAL OVER THE SPIRITUAL PART OF HUMAN NATURE…. Between these two religions, thus contrasted in their characters, a war of twelve hundred years has already raged. The war is yet flagrant … While the merciless and dissolute dogmas of the false prophet shall furnish motives to human action, there can never be peace upon earth, and good will towards men. »
Cité dans Robert Spencer, From The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades).
C / c) Arthur Schopenhauer (1788-1860) :

« Que l’on considère, par exemple, le Coran ; ce méchant livre a suffi pour fonder une grande religion, satisfaire, pendant douze cents ans le besoin métaphysique de plusieurs millions d’hommes  ; il a donné un fondement à leur morale, leur a inspiré un singulier mépris de la mort et un enthousiasme capable d’affronter des guerres sanglantes, et d’entreprendre les plus vastes conquêtes. Or nous y trouvons la plus triste et la plus pauvre forme du théisme. Peut-être le sens nous en échappe-t-il en grande partie dans les traductions. Cependant je n’ai pu y découvrir une seule idée un peu profonde. »
Le Monde comme Vouloir et comme Représentation, 1844, Supplément au livre premier, seconde partie, § XVII « Sur le besoin métaphysique de l’humanité ». Traduction A. Burdeau revue et corrigée par Richard Roos, Paris : PUF, 1966, 1984.
C / d) Texte extrait d’un article de Friedrich Engels alors correspon­dant à Paris pour le journal anglais Northern Star, volume XI, 20 janvier 1848, n° 535, page 7 :

« En somme, à notre avis, c’est très heureux que ce chef arabe (Abd-el-­Kader) ait été capturé. La lutte des bédouins était sans espoir et bien que la manière brutale avec laquelle les soldats comme Bugeaux ont mené la guerre soit très blâmable, la conquête de l’Algérie est un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation.

Les pirateries des États barbaresques, jamais com­battues par le gouvernement anglais tant que leurs bateaux n’étaient pas molestés, ne pouvaient être sup­primées que par la conquête de l’un de ces États. Et la conquête de l’Algérie a déjà obligé les beys de Tunis et Tripoli et même l’empereur du Maroc à prendre la route de la civilisation. Ils étaient obligés de trouver d’autres emplois pour leurs peuples que la piraterie et d’autres méthodes pour remplir leurs coffres que le tribut payé par les petits­ États d’Europe.

Si nous pouvons regretter que la liberté des bédouins du désert ait été détruite, nous ne devons pas oublier que ces mêmes bédouins étaient une nation de voleurs dont les moyens de vie principaux étaient de faire des razzias contre leurs voisins ou contre les villages paisibles, prenant ce qu’ils trouvaient, tuant ceux qui résistaient et vendant les prisonniers comme esclaves.

Toutes ces nations de barbares libres paraissent très fières, nobles et glorieuses vues de loin, mais approchez seulement et vous trouverez que, comme les nations plus civi­lisées, elles sont motivées par le désir de gain et emploient seule­ment des moyens plus rudes et plus cruels.

Et après tout, le bourgeois moderne avec sa civilisation, son industrie, son ordre, ses « lumières » relatives, est préférable au seigneur féodal ou au voleur maraudeur, avec la société barbare à laquelle ils appartiennent. »
C / e) Alphonse de Lamartine

« La religion, surtout dans l’Orient, terre théocratique par excellence, est le mobile des peuples. Leur nationalité est dans leur dogme, leur destinée est dans leur foi ; l’esprit de migration et de conquête qui les soulève dans leurs steppes natales et qui les dissémine un livre dans une main, un sabre dans l’autre à travers le monde, est surtout l’esprit de prosélytisme. Un prophète, un révélateur, marche avec eux derrière le conquérant. »
Histoire de la Turquie, Paris : Aux bureaux du Constitutionnel, 1854, livre premier, I.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois; Ils n’ont fondé, quand ils ont fondé quelque chose, que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. »
Livre premier, XCIV.

« L’inspiration intérieure de Mahomet fut sa seule imposture. Il y avait deux hommes en lui, l’inspiré de la raison et le visionnaire de l’extase. Les inspirations du philosophe furent aidées à son insu par les visions du malade. Ses songes, ses délires, ses évanouissements pendant lesquels son imagination traversait le ciel et conversait avec des êtres imaginaires, lui faisaient à lui-même les illusions qu’il faisait aux autres. La crédulité arabe inventa le reste. »
Livre premier, XC.

« Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur des dogmes rationnels d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles ou l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? Il n’y a de plus grand que celui qui, en enseignant avant lui le même dogme, avait promulgué en même temps une morale plus pure, qui n’avait pas tiré l’épée pour aider la parole, seul glaive de l’esprit, qui avait donné son sang au lieu de répandre celui de ses frères, et qui avait été martyr au lieu d’être conquérant. Mais celui-là, les hommes l’ont jugé trop grand pour être mesuré à la mesure des hommes, et si sa nature humaine et sa doctrine l’ont fait prophète, même parmi les incrédules, sa vertu et son sacrifice l’ont proclamé Dieu ! »
Livre premier, XC.

C / f) Karl Marx (1818-1883), New-York Herald Tribune, 15 avril 1854 :

« Declaration of War. – On the History of the Eastern Question, London, Tuesday, March 28, 1854 » :

« The Koran and the Musulman legislation emanating from it reduce the geography and ethnography of the various people to the simple and convenient distinction of two nations and of two countries; those of the Faithful and of the Infidels. The Infidel is “harby,” i.e. the enemy. Islamism proscribes the nation of the Infidels, constituting a state of permanent hostility between the Musulman and the unbeliever. In that sense the corsair-ships of the Berber States were the holy fleet of Islam. How, then, is the existence of Christian subjects of the Porte to be reconciled with the Koran ? [« Le Coran et la législation musulmane qui en résulte réduisent la géographie et l’ethnographie des différents peuples à la simple et pratique distinction de deux nations et de deux territoires ; ceux des Fidèles et des Infidèles. L’Infidèle est « harby », c’est-à-dire ennemi. L’islam proscrit la nation des Infidèles, établissant un état d’hostilité permanente entre le musulman et l’incroyant. Dans ce sens, les navires pirates des États Berbères furent la flotte sainte de l’Islam. Comment, donc, l’existence de chrétiens sujets de la Porte [l’empire turc]  peut-elle être conciliée avec le Coran ? » ; voir, plus loin, la même idée chez Michel Onfray]

“If a town,” says the Musulman legislation, “surrenders by capitulation, and its habitants consent to become rayahs, that is, subjects of a Musulman prince without abandoning their creed, they have to pay the kharatch (capitation tax), when they obtain a truce with the faithful, and it is not permitted any more to confiscate their estates than to take away their houses … In this case their old churches form part of their property, with permission to worship therein. But they are not allowed to erect new ones. They have only authority for repairing them, and to reconstruct their decayed portions. At certain epochs commissaries delegated by the provincial governors are to visit the churches and sanctuaries of the Christians, in order to ascertain that no new buildings have been added under pretext of repairs. If a town is conquered by force, the inhabitants retain their churches, but only as places of abode or refuge, without permission to worship.”. »
C / g) Alexis de Tocqueville (1805-1859) :

 » Caractère des conquêtes de la Révolution. Il arriva alors quelques chose d’analogue à ce qu’on vit à la naissance de l’islamisme, quand les Arabes convertirent la moitié de la Terre en la ravageant.  » De la Constituante au 18 Brumaire.

 » L’architecture peint les besoins et les mœurs. Celle-ci ne résulte pas seulement de la chaleur du climat ; elle peint à merveille l’état social et politique des populations musulmanes et orientales : la polygamie, la séquestration des femmes, l’absence de toute vie publique, un gouvernement tyrannique et ombrageu qui force de cacher sa vie et rejette toutes les affections de cœur dans l’intérieur de la famille.  » Voyage en Algérie, 7 mai 1841.

 » Une dernière querelle et je vous quitte. En même temps que vous êtes si sévère pour cette religion qui a tant contribué cependant à nous placer à la tête de l’espèce humaine, vous me paraissez avoir un certain faible pour l’islamisme. Cela me rappelle un autre de mes amis que j’ai retrouvé en Afrique devenu mahométan. Cela ne m’a point entraîné. J’ai beaucoup étudié le Coran à cause surtout de notre position vis-à-vis des populations musulmanes en Algérie et dans tout l’Orient. Je vous avoue que je suis sorti de cette étude avec la conviction qu’il y avait eu dans le monde, à tout prendre, peu de religions aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet. Elle est, à mon sens, la principale cause de la décadence aujourd’hui si visible du monde musulman et quoique moins absurde que le polythéisme antique, ses tendances sociales et politiques étant, à mon avis, infiniment plus à redouter, je la regarde relativement au paganisme lui-même comme une décadence plutôt que comme un progrès. Voilà ce qu’il me serait possible, je crois, de vous démontrer clairement, s’il vous venait jamais la mauvaise pensée de vous faire circoncire… » Lettre à Gobineau, 22 octobre 1843,

« L’islam, c’est la polygamie, la séquestration des femmes, l’absence de toute vie publique, un gouvernement tyrannique et ombrageux qui force de cacher sa vie et rejette toutes les affections du coeur du côté de l’intérieur de la famille. »
Voyages en Angleterre, Irlande, Suisse et Algérie.

« Mahomet a fait descendre du ciel, et a placé dans le Coran, non-seulement des doctrines religieuses, mais des maximes politiques, des lois civiles et criminelles, des théories scientifiques. L’évangile ne parle au contraire que des rapports généraux des hommes avec Dieu, et entre eux. Hors de là, il n’enseigne rien et n’oblige à rien croire. Cela seul, entre mille autres raisons, suffit pour montreur que la première de ces deux religions ne saurait dominer longtemps dans des temps de lumières et de démocratie, tandis que la seconde est destinée à régner dans ces siècles comme dans tous les autres. »
De la Démocratie en Amérique, tome III, 1ère partie « Influence de la Démocratie sur le Mouvement intellectuel », chapitre V  » Comment, aux États-Unis, la religion sait se servir des instincts démocratiques « , Paris: Pagnerre, 1848.

« Dans leur correspondance de l’année 1843 [avec Gobineau], de Tocqueville s’affirme comme chrétien et dénigre l’islam, auquel il impute la « décadence du monde arabe, en disant s’appuyet sur sa lecture du « Koran » faite en relation avec son intéret pour l’Algérie et l’Orient (entendons le Proche-Orient).
On doit rappeler aussi que de Tocqueville a utilisé le modèle de la diffusion de l’islam pour rendre compte de la Révolution française, au passage et d’un seul mot, mais qui pèse. Il soutient que la Révolution française ne fut pas, essentiellement, un mouvement qui visait l’Église : elle avait pour but d’ « énerver » le pouvoir politique. Propagande, prosélytisme : la Révolution française a « opéré » par rapport à ce monde comme les religions par rapport à l’autre monde. Et c’est pourquoi elle eut un air de « révolution religieuse » qui a « épouvanté les contemporains, ou plutôt elle est devenue elle-même une sorte de religion nouvelle, religion imparfaite, il est vrai sans Dieu, sans culte et sans autre vie, mais qui néanmoins, comme l’islamisme, a inondé toute la Terre de ses soldats, de ses apôtres et de ses martyrs » (souligné par nous). Lorsque paraissent ces lignes, en 1856, le voyage de de Tocqueville en Algérie est loin, de même que sa première dépréciation de l’islam. Aussi se construit un nouveau paradoxe, celui d’un conflit entre deux entités similaires : la Révolution française qui, ayant propagé l’idée d’égalité universelle, légitime l’entreprise coloniale en Algérie musulmane est analogue à une autre révolution religieuse, celle qui a fait naître le monde musulman ; ce sont donc deux grandes religions qui s’affrontent, l’une qui a produit de la « grandeur », l’autre de la « décadence ».
Dominique Colas, article « Tocqueville », in François Pouillon, Dictionnaire des orientalistes de langue française, Paris : Karthala éditions, 2008.
C / h) Ernest RENAN (1823-1892) :

« La nature humaine, plus forte au fond que tous les systèmes religieux, sait trouver des secrets pour reprendre sa revanche. L’islamisme, par la plus flagrante contradiction, n’a-t-il pas vu dans son sein un développement de science purement rationaliste ? Kepler, Newton, Descartes et la plupart des fondateurs de la science moderne étaient des croyants. Étrange illusion, qui prouve au moins la bonne foi de ceux qui entreprirent cette œuvre, et plus encore la fatalité qui entraîne l’esprit humain engagé dans les voies du rationalisme à une rupture absolue, que d’abord il repousse, avec toute religion positive ! […] L’islamisme qui, par un étrange destin, à peine constitué comme religion dans ses premières années est allé depuis acquérant sans cesse un nouveau degré de force et de stabilité, l’islamisme périra par l’influence seule de la science européenne, et ce sera notre siècle qui sera désigné par l’histoire comme celui où commencèrent à se poser les causes de cet immense événement. La jeunesse d’Orient, en venant dans les écoles d’Occident puiser la science européenne, emportera avec elle ce qui en est le corollaire inséparable, la méthode rationnelle, l’esprit expérimental, le sens du réel, l’impossibilité de croire à des traditions religieuses évidemment conçues en dehors de toute critique. »
L’Avenir de la science, III, 1848.

« L’islamisme ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l’état de religion libre ou individuelle, il périra. L’islamisme n’est pas seulement une religion d’État, comme l’a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l’est encore en Espagne ; c’est la religion excluant l’État, c’est une organisation dont les États pontificaux seuls en Europe offraient le type. […] L’islam est la plus complète négation de l’Europe ; l’islam est le fanatisme […] le dédain de la science, la suppression de la société civile ; c’est l’épouvantable simplicité de l’esprit sémitique, rétrécissant le cerveau humain, le fermant à toute idée délicate, à tout sentiment fin, à toute recherche rationnelle, pour le mettre en face d’une éternelle tautologie : Dieu est Dieu. »
De la part des peuples sémitiques dans l’histoire de la civilisation, 1862.

« Toute personne un peu instruite des choses de notre temps voit clairement l’infériorité actuelle des pays musulmans, la décadence des États gouvernés par l’islam, la nullité intellectuelle des races qui tiennent uniquement de cette religion leur culture et leur éducation.[…] le musulman a le plus profond mépris pour l’instruction, pour la science, pour tout ce qui constitue l’esprit européen. […] l’islam est à mille lieues de tout ce qui peut s’appeler rationalisme ou science. {…] Le terrible coup de vent de l’islam arrêta net, pendant une centaine d’années, tout ce beau développement iranien. […]. Une ville qui a eu dans l’histoire de l’esprit humain un rôle tout à fait à part, la ville de Harran, était restée païenne et avait gardé toute la tradition scientifique de l’antiquité grecque ; toutes […] l’élément vraiment fécond de tout cela venait de la Grèce. […] L’astronomie n’est tolérée que pour la partie qui sert à déterminer la direction de la prière. […] , parmi les philosophes et les savants dits arabes, il n’y en a guère qu’un seul, Alkindi, qui soit d’origine arabe ; » […]
« Les libéraux qui défendent l’islam ne le connaissent pas. L’islam, c’est l’union indiscernable du spirituel et du temporel, c’est le règne d’un dogme, c’est la chaîne la plus lourde que l’humanité ait jamais portée. […] Faire honneur à l’islam de la philosophie et de la science qu’il n’a pas tout d’abord anéanties, c’est comme si l’on faisait honneur aux théologiens des découvertes de la science moderne. […] Faire honneur à l’islam d’Avicenne, d’Avenzoar, d’Averroès, c’est comme si l’on faisait honneur au catholicisme de Galilée [ou au judaïsme de la philosophie de Spinoza]. […] L’islam a réussi pour son malheur. En tuant la science, il s’est tué lui-même, et s’est condamné dans le monde à une complète infériorité. »
L’islamisme et la science, Conférence faite à la Sorbonne le 29 mars 1883, publiée dans Discours et conférences, 1887, texte repris dans : Œuvres complètes, tome 1, Calmann-Lévy, 1947, pages 947-965.
C / i) Gustave Flaubert (1821-1880) :

« Sans doute par l’effet de mon vieux sang normand, depuis la guerre d’Orient [1875-1878], je suis indigné contre l’Angleterre, indigné à en devenir Prussien ! Car enfin, que veut-elle ? Qui l’attaque ? Cette prétention de défendre l’Islamisme (qui est en soi une monstruosité) m’exaspère. Je demande, au nom de l’humanité, à ce qu’on broie la Pierre-Noire, pour en jeter les cendres au vent, à ce qu’on détruise la Mecque, et que l’on souille la tombe de Mahomet. Ce serait le moyen de démoraliser le Fanatisme. »
Lettre à Edma Roger des Genettes, 1er mars 1878.

Commentaire pris sur facebook en janvier 2015 :

 » Hollande se rend en Arabie séoudite. Va-t-il offrir au nouveau roi Salmane, en guise de cadeau pour son avènement, le tome V de la correspondance de Flaubert ? Il y lirait, page 366 (lettre du 1/3/1878) : « Cette prétention de défendre l’islam* (qui est, en soi, une monstruosité) m’exaspère. Je demande, au nom de l’Humanité, à ce qu’on broie la Pierre-Noire, pour en jeter les cendres au vent, à ce qu’on détruise La Mecque, et que l’on souille la tombe de Mahomet. Ce serait le moyen de démoraliser le Fanatisme. »
(* En fait Flaubert écrit « islamisme ». Mais au XIXe, ainsi qu’on le voit chez Renan et que l’atteste Littré, « islamisme », qui fait parallèle avec « christianisme », est couramment employé au sens d’ « islam ». Le sens moderne d’ « islamisme », désignant la conception intégriste et fanatique de l’islam, n’existe pas alors).  »
Pourtant, bien des critiques rapportées sur cette page de mon blog, y compris celles de Bossuet, Vigny et Renan, s’appliquent parfaitement à l’islamisme contemporain et à son obscurantisme.
C / j) Frédéric Nietzsche (1844-1900) :

Fragments posthumes, 1878-1888,

N I 3c, 1878 – juillet 1879 : 39[8] : — sur l’islam [—  über den Islam ?]
E. [Edmond] Schérer, études litteraires.
Ambros III Band (Renaissance bis Palestrina).
Peschel, Völkerkunde.
Renan usw.

M III 4a, automne 1881 : 5[17] :
« Mon orgueil consiste en ce que « j’ai une origine » – c’est pourquoi je n’ai pas besoin de gloire. En tout ce qui pouvait émouvoir Zoroastre, Moïse, Mahomet, Jésus, Platon, Brutus, Spinoza, Mirabeau, moi aussi d’ores et déjà j’étais vivant et pour maintes choses ce n’est qu’en moi que vient au jour ce qui nécessitait quelques millénaires pour passer de l’état embryonnaire à celui de pleine maturité. Nous sommes les premiers aristocrates de l’esprit – ce n’est qu’à partir de maintenant que commence l’esprit historien. »
[Im Alterthum hatte jeder höhere Mensch die Begierde nach dem Ruhme — das kam daher, daß jeder mit sich die Menschheit anzufangen glaubte und sich genügende Breite und Dauer nur so zu geben wußte, daß er sich in alle Nachwelt hinein dachte, als mitspielenden Tragöden der ewigen Bühne. Mein Stolz dagegen ist „ich habe eine Herkunft“ — deshalb brauche ich den Ruhm nicht. In dem, was Zarathustra, Moses, Muhamed Jesus Plato Brutus Spinoza Mirabeau bewegte, lebe ich auch schon, und in manchen Dingen kommt in mir erst reif an’s Tageslicht, was embryonisch ein paar Jahrtausende brauchte. Wir sind die ersten Aristokraten in der Geschichte des Geistes — der historische Sinn beginnt erst jetzt.]

W II 5, printemps 1888 : 14[180] : « le mahométisme, en tant que c’est une religion pour des hommes, a un profond mépris pour la sentimentalité et l’hypocrisie du christianisme … une religion de femmes, comme il la ressent – » [der Muhammedanismus, als eine Religion für Männer, hat eine tiefe Verachtung für die Sentimentalität und Verlogenheit des Christenthums… einer Weibs-Religion, als welche er sie fühlt —]

14[204] : [Muhammedanismus hat von den Christen wiederum gelernt : die Benutzung des „Jenseits“ als Straf-Organ.]
L’Antéchrist,
« Quel est tout ce que, plus tard, Mahomet prit au christianisme ? L’invention de Paul, son moyen de la tyrannie des prêtres, de la formation de troupeaux : la croyance en l’immortalité — cela s’appelle la doctrine du « Jugement ». » [Was allein entlehnte später Muhamed dem Christenthum? Die Erfindung des Paulus, sein Mittel zur Priester-Tyrannei, zur Heerden-Bildung den Unsterblichkeits-Glauben — das heisst die Lehre vom „Gericht“…]
§ 42.

« Le « saint mensonge » est commun à Confucius, aux lois de Manou, à Mahomet, à l’Église chrétienne – : il ne manque pas chez Platon. « La vérité est là » : partout où l’on entend ça, cela signifie que le prêtre ment … » [Die „heilige Lüge“ — dem Confucius, dem Gesetzbuch des Manu, dem Muhamed, der christlichen Kirche gemeinsam: sie fehlt nicht bei Plato. „Die Wahrheit ist da“: dies bedeutet, wo nur es laut wird, der Priester lügt…]
§ 55.

« Si l’Islam méprise le christianisme, il a là mille fois raison : l’Islam présuppose des hommes… » [Wenn der Islam das Christenthum verachtet, so hat er tausend Mal Recht dazu: der Islam hat Männer zur Voraussetzung…]
§ 59.
« Le christianisme nous a frustrés de la moisson de la culture antique, et, plus tard, il nous a encore frustrés de celle de la culture de l’islam. Le merveilleux monde culturel maure d’Espagne, au fond plus proche de nous, parlant plus à nos sens et à notre goût que Rome et la Grèce, a été foulée aux pieds (et je préfère ne pas penser par quels pieds !) — Pourquoi ? Parce qu’elle devait le jour à des instincts aristocratiques, à des instincts virils, parce qu’elle disait oui à la vie, avec en plus les exquis raffinements de la vie maure !… Les croisés combattirent plus tard quelque chose devant quoi ils auraient mieux fait de se prosterner dans la poussière — une civilisation en comparaison de laquelle même notre XIXe siècle semblerait pauvre et retardataire.[…] En soi, on ne devrait même pas avoir à choisir entre l’islam et le christianisme, pas plus qu’entre un Arabe et un Juif. La réponse est donnée d’avance : ici, nul ne peut choisir librement. Soit on est un tchandala, soit on ne l’est pas. « Guerre à outrance avec Rome ! Paix et amitié avec l’Islam. » C’est ce qu’a senti, c’est ce qu’a fait ce grand esprit fort, le seul génie parmi les empereurs allemands, Frédéric II. » [Das Christenthum hat uns um die Ernte der antiken Cultur gebracht, es hat uns später wieder um die Ernte der Islam-Cultur gebracht. Die wunderbare maurische Cultur-Welt Spaniens, uns im Grunde verwandter, zu Sinn und Geschmack redender als Rom und Griechenland, wurde niedergetreten — ich sage nicht von was für Füssen — warum? weil sie vornehmen, weil sie Männer-Instinkten ihre Entstehung verdankte, weil sie zum Leben Ja sagte auch noch mit den seltnen und raffinirten Kostbarkeiten des maurischen Lebens!… Die Kreuzritter bekämpften später Etwas, vor dem sich in den Staub zu legen ihnen besser angestanden hätte, — eine Cultur, gegen die sich selbst unser neunzehntes Jahrhundert sehr arm, sehr „spät“ vorkommen dürfte. — Freilich, sie wollten Beute machen: der Orient war reich… Man sei doch unbefangen! Kreuzzüge — die höhere Seeräuberei, weiter nichts! — Der deutsche Adel, Wikinger-Adel im Grunde, war damit in seinem Elemente: die Kirche wusste nur zu gut, womit man deutschen Adel hat… Der deutsche Adel, immer die „Schweizer“ der Kirche, immer im Dienste aller schlechten Instinkte der Kirche, — aber gut bezahlt… Dass die Kirche gerade mit Hülfe deutscher Schwerter, deutschen Blutes und Muthes ihren Todfeindschafts-Krieg gegen alles Vornehme auf Erden durchgeführt hat! Es giebt an dieser Stelle eine Menge schmerzlicher Fragen. Der deutsche Adelfehlt beinahe in der Geschichte der höheren Cultur: man erräth den Grund… Christenthum, Alkohol — die beiden grossen Mittel der Corruption… An sich sollte es ja keine Wahl geben, Angesichts von Islam und Christenthum, so wenig als Angesichts eines Arabers und eines Juden. Die Entscheidung ist gegeben, es steht Niemandem frei, hier noch zu wählen. Entweder ist man ein Tschandala oder man ist es nicht… „Krieg mit Rom auf’s Messer! Friede, Freundschaft mit dem Islam“: so empfand, so that jener grosse Freigeist, das Genie unter den deutschen Kaisern, Friedrich der Zweite. Wie? muss ein Deutscher erst Genie, erst Freigeist sein, um anständig zu empfinden? — Ich begreife nicht, wie ein Deutscher je christlich empfinden konnte…]
§ 60.

[Cf Julien Rochedy, 2 octobre 2014] :  » J’ai le tort d’être nietzschéen et de me rappeler des belles pages de mon maître sur l’Islam. J’ai le tort d’avoir lu et apprécié René Guénon. J’ai certainement le tort d’avoir beaucoup aimé le récit des Omeyyades et des Abbassides dans l’Histoire des civilisations de Will Durant, historien peu connu et pourtant absolument génial. J’ai le tort d’avoir des ami(e)s musulmans, dont certains étrangers qui déplorent d’ailleurs le comportement lamentable que peut avoir une partie de nos berbères à nationalité française qui se prétendent musulmans. Et puis il faut dire que j’ai un respect, un peu conventionnel peut-être, pour tout ce qui touche à la spiritualité des gens. C’est comme ça. Je dois sans doute tenir ce trait de ma propre éducation religieuse chez les bonnes sœurs. « ]. On a vu plus haut que Nietzsche n’est pas toujours tendre envers l’islam.

C / k) Jules Napoléon NEY (1849-1900, petit-fils du maréchal Ney) :

« Si nous ne nous étions limité à dessein le champ du présent travail, nous montrerions aux lecteurs de l’“Initiation” quelles éventualités redoutables menacent l’Europe chrétienne au courant du vingtième siècle. Il est à craindre qu’elle ne se trouve prise entre la marche en avant vers le nord des musulmans d’Afrique et la marche en avant vers l’ouest des musulmans d’Asie. Nous ne parlons pas de la réserve innombrable des peuples de race jaune qui, comme une invasion de sauterelles, viendra achever et clore l’œuvre destructive et dévastatrice si bien commencée par les Mahométans dans une Europe qui a oublié la solidarité qui devrait unir les nations menacées. »
(Napoléon Ney, Un danger européen : Les société secrètes musulmanes, V ; Paris : Georges Carré libraire-éditeur, 1890, page 20).

C / l) Winston Churchill (1874-1965) :

« How dreadful are the curses which Mohammedanism lays on its votaries ! Besides the fanatical frenzy, which is as dangerous in a man as hydrophobia in a dog, there is this fearful fatalistic apathy. The effects are apparent in many countries. Improvident habits, slovenly systems of agriculture, sluggish methods of commerce, and insecurity of property exist wherever the followers of the Prophet rule or live. A degraded sensualism deprives this life of its grace and refinement; the next of its dignity and sanctity. The fact that in Mohammedan law every woman must belong to some man as his absolute property – either as a child, a wife, or a concubine – must delay the final extinction of slavery until the faith of Islam has ceased to be a great power among men. Individual Moslems may show splendid qualities. Thousands become the brave and loyal soldiers of the Queen ; all know how to die; but the influence of the religion paralyses the social development of those who follow it. No stronger retrograde force exists in the world. Far from being moribund, Mohammedanism is a militant and proselytizing faith. It has already spread throughout Central Africa, raising fearless warriors at every step; and were it not that Christianity is sheltered in the strong arms of science – the science against which it had vainly struggled – the civilization of modern Europe might fall, as fell the civilization of ancient Rome. » (The River War : An Account of the Reconquest of the Sudan, volume II, 1999).
D / XXe siècle, avant la correction politique :

D / a) Jacob Burckhardt (1818-1897) :

« Celui qui ne cherche pas à exterminer les Musulmans ou n’en a pas les moyens, fait mieux de les laisser tranquilles ; on arrivera peut-être à s’emparer de leurs contrées désertiques, arides et dénudées, mais on ne pourra jamais les contraindre à se soumettre à une forme d’État non-coranique : leur sobriété leur assure une très grande indépendance individuelle, leur système d’esclavage et leur domination sur les Giaours leur permettent de maintenir intact leur mépris du travail – exception faite du travail agricole – mépris qui est nécessaire à leur pathos.

Le régime ottoman révèle une singulière continuité qui s’explique peut-être par un épuisement des forces destinées à une possible usurpation. Mais tout rapprochement avec la culture occidentale semble être absolument pernicieux pour les Musulmans, à commencer par les emprunts et les dettes d’État. »
Considérations sur l’histoire universelle (posthume, 1905), III, 3, « L’État conditionné par la religion ».

D / b) Alain Quellien, 1910 :

« L’Islamophobie. — Il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l’Islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne. Pour d’aucuns, le musulman est l’ennemi naturel et irréconciliable du chrétien et de l’Européen, l’islamisme est la négation de la civilisation, et la barbarie, la mauvaise foi et la cruauté sont tout ce qu’on peut attendre de mieux des mahométans. […] Il semble que cette prévention contre l’Islam soit un peu exagérée, le musulman n’est pas l’ennemi né de l’Européen (1), mais il peut le devenir par suite de circonstances locales et notamment lorsqu’il résiste à la conquête à main armée. » (Alain Quellien, La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française, seconde partie  » La politique musulmane « , chapitre premier  » Reproches adressés à l’Islam dans l’Afrique Occidentale « , pages 133-135, Paris, É. Larose, 1910).
1. On a vu plus haut que Karl Marx était d’un avis contraire.

André GIDE ;  » Ce jeune musulman, élève de [Louis] Massignon, qui vint un matin me parler et que j’envoyai à Marcel de Coppet : avec des larmes, des sanglots dans la voix, il racontait sa conviction profonde : l’Islam seul était en possession de la vérité qui pouvait apporter la paix au monde, résoudre les problèmes sociaux, concilier les plus irréductibles antagonismes des nations… Berdiaeff réserve ce rôle à l’orthodoxie grecque. De même le catholique ou le juif, chacun à sa religion propre. C’est au nom de Dieu qu’on se battra. Et comment en serait-il autrement, du moment que chaque religion prétend au monopole de la vérité révélée ? Car il ne s’agit plus ici de morale ; mais bien de révélation. C’est ainsi que les religions, chacune prétendant unir tous les hommes, les divisent. Chacune prétend être la seule à posséder la Vérité. La raison est commune à tous les hommes, et s’oppose à la religion, aux religions.  » (Journal, 14 avril 1933)
D / c) John M. Keynes (1883-1946) :

« My feelings about Das Kapital are the same as my feelings about the Koran. I know that it is historically important and I know that many people, not all of whom are idiots, find it a sort of Rock of Ages and containing inspiration. Yet when I look into it, it is to me inexplicable that it can have this effect. Its dreary, out-of-date, academic controversialising seems so extraordinarily unsuitable as material for the purpose. But then, as I have said, I feel just the same about the Koran. How could either of these books carry fire and sword round half the world? It beats me. Clearly there is some defect in my understanding. Do you believe both Das Kapital and the Koran? » (Lettre à George Bernard Shaw, 2 décembre 1934).
D / d) Claude Lévi-Strauss (1908-2009) :

« L’Islam me déconcertait par une attitude envers l’histoire contradictoire à la nôtre et contradictoire en elle-même : le souci de fonder une tradition s’accompagnait d’un appétit destructeur de toutes les traditions antérieures. (…)

Dans les Hindous, je contemplais notre exotique image, renvoyée par ces frères indo-européens évolués sous un autre climat, au contact de civilisations différentes, mais dont les tentations intimes sont tellement identiques aux nôtres qu’à certaines périodes, comme l’époque 19000, elles remontent chez nous aussi en surface.

Rien de semblable à Agra, où règnent d’autres ombres : celles de la Perse médiévale, de l’Arabie savante, sous une forme que beaucoup jugent conventionnelle. Pourtant, je défie tout visiteur ayant encore gardé un peu de fraîcheur d’âme de ne pas se sentir bouleversé en franchissant, en même temps que l’enceinte du Taj, les distances et les âges, accédant de plain-pied à l’univers des Mille et une Nuits […].

Pourquoi l’art musulman s’effondre-t-il si complètement dès qu’il cesse d’être à son apogée ? Il passe sans transition du palais au bazar. N’est-ce pas une conséquence de la répudiation des images ? L’artiste, privé de tout contact avec le réel, perpétue une convention tellement exsangue qu’elle ne peut être rajeunie ni fécondée. Elle est soutenue par l’or, ou elle s’écroule. […]

Si l’on excepte les forts, les musulmans n’ont construit dans l’Inde que des temples et des tombes. Mais les forts étaient des palais habités, tandis que les tombes et les temples sont des palais inoccupés. On éprouve, ici encore, la difficulté pour l’Islam de penser la solitude. Pour lui, la vie est d’abord communauté, et le mort s’installe toujours dans le cadre d’une communauté, dépourvue de participants. […]

N’est-ce pas l’image de la civilisation musulmane qui associe les raffinements les plus rares – palais de pierres précieuses, fontaines d’eau de rose, mets recouverts de feuilles d’or, tabac à fumer mêlé de perles pilées – servant de couverture à la rusticité des moeurs et à la bigoterie qui imprègne la pensée morale et religieuse ?

Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant à abolir la sensualité, s’est contenté de la réduire à ses formes mineures : parfums, dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d’une tolérance affichée en dépit d’un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident. En fait, le contact des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d’autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l’altérer par la seule contiguïté.

Plutôt que de parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation et de la pluralité des fois religieuses. Il y a là une situation paradoxale au sens « pavlovien » , génératrice d’anxiété d’une part et de complaisance en soi-même de l’autre, puisqu’on se croit capable, grâce à l’Islam, de surmonter un pareil conflit. En vain d’ailleurs : comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les musulmans tirent vanité de ce qu’ils professent la valeur universelle de grand principes – liberté, égalité, tolérance – et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu’ils sont les seuls à les pratiquer.

Un jour à Karachi, je me trouvais en compagnie de Sages musulmans, universitaires ou religieux. À les entendre vanter la supériorité de leur système, j’étais frappé de constater avec quelle insistance ils revenaient à un seul argument : sa simplicité. La législation islamique en matière d’héritage est meilleure que l’hindoue, parce qu’elle est plus simple. […] Tout l’Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l’esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d’une très grande (mais trop grande) simplicité. D’une main on les précipite, de l’autre on les retient au bord de l’abîme. Vous inquiétez-vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple, voilez-les et cloîtrez-les. C’est ainsi qu’on en arrive au burkah moderne, semblable à un appareil orthopédique […].

Chez les Musulmans, manger avec les doigts devient un système : nul ne saisit l’os de la viande pour en ronger la chair. De la seule main utilisable (la gauche étant impure, parce que réservée aux ablutions intimes) on pétrit, on arrache les lambeaux et quand on a soif, la main graisseuse empoigne le verre. En observant ces manières de table qui valent bien les autres, mais qui du point de vue occidental, semblent faire ostentation de sans-gêne, on se demande jusqu’à quel point la coutume, plutôt que vestige archaïque, ne résulte pas d’une réforme voulue par le Prophète – « ne faites pas comme les autres peuples, qui mangent avec un couteau » – inspiré par le même souci, inconscient sans doute, d’infantilisation systématique, d’imposition homosexuelle de la communauté par la promiscuité qui ressort des rituels de propreté après le repas, quand tout le monde se lave les mains, se gargarise, éructe et crache dans la même cuvette, mettant en commun, dans une indifférence terriblement autiste, la même peur de l’impureté associée au même exhibitionnisme. […]

[S]i un corps de garde pouvait être religieux, l’Islam paraîtrait sa religion idéale : stricte observance du règlement (prières cinq fois par jour, chacune exigeant cinquante génuflexions [sic]) ; revues de détail et soins de propreté (les ablutions rituelles) ; promiscuité masculine dans la vie spirituelle comme dans l’accomplissement des fonctions religieuses ; et pas de femmes.
[…]
Grande religion qui se fonde moins sur l’évidence d’une révélation que sur l’impuissance à nouer des liens au-dehors. En face de la bienveillance universelle du bouddhisme, du désir chrétien de dialogue, l’intolérance musulmane adopte une forme insconsciente chez ceux qui s’en rendent coupables ; car s’ils ne cherchent pas toujours, de façon brutale, à amener autrui à partager leur vérité, ils sont pourtant (et c’est plus grave) incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste dans une « néantisation » d’autrui, considéré comme témoin d’une autre foi et d’une autre conduite. La fraternité islamique est la converse d’une exclusive contre les infidèles qui ne peut pas s’avouer, puisque, en se reconnaissant comme telle, elle équivaudrait à les reconnaître eux-mêmes comme existants. […] Ce malaise ressenti au voisinage de l’Islam, je n’en connais que trop les raisons : je retrouve en lui l’univers d’où je viens ; l’Islam, c’est l’Occident de l’Orient. Plus précisément encore, il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. […] Si, pourtant, une France de quarante-cinq millions d’habitants s’ouvrait largement sur la base de l’égalité des droits, pour admettre vingt-cinq millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon. […] pari dont l’enjeu est aussi grave que celui que nous refusons de risquer.

Le pourrons-nous jamais ? En s’ajoutant, deux forces régressives voient-elles leur direction s’inverser ? (…) [I]ci, à Taxila, dans ces monastères bouddhistes que l’influence grecque a fait bourgeonner de statues, je suis confronté à cette chance fugitive qu’eut notre Ancien Monde de rester un ; la scission n’est pas encore accomplie. Un autre destin est possible, celui, précisément, que l’Islam interdit en dressant sa barrière entre un Occident et un Orient qui, sans lui, n’auraient peut-être pas perdu leur attachement au sol commun où ils plongent leurs racines. (…)
[…]
Aujourd’hui, c’est par-dessus l’Islam que je contemple l’Inde ; mais celle de Bouddha, avant Mahomet qui, pour moi européen et parce que européen, se dresse entre notre réflexion et des doctrines qui en sont les plus proches comme le rustique empêcheur d’une ronde où les mains prédestinées à se joindre, de l’Orient et de l’Occident ont été par lui désunies. Quelle erreur allais-je commettre, à la suite de ces musulmans qui se proclament chrétiens et occidentaux et placent à leur Orient la frontière entre les deux mondes ! […] L’évolution rationnelle est à l’inverse de celle de l’histoire : l’Islam a coupé en deux un monde plus civilisé. Ce qui lui paraît actuel relève d’une époque révolue, il vit dans un décalage millénaire. Il a su accomplir une œuvre révolutionnaire ; mais comme celle-ci s’appliquait à une fraction attardée de l’humanité, en ensemençant le réel il a stérilisé le virtuel : il a déterminé un progrès qui est l’envers d’un projet. » Tristes Tropiques, 9e partie, xxxix, Paris : Plon, 1955, collection Terre Humaine.
D / e) André MALRAUX (1901-1976) :

 » La nature d’une civilisation, c’est ce qui s’agrège autour d’une religion. Notre civilisation est incapable de construire un temple ou un tombeau. Elle sera contrainte de trouver sa valeur fondamentale, ou elle se décomposera.
C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. Les conséquences de ce phénomène sont encore imprévisibles. À l’origine de la révolution marxiste, on croyait pouvoir endiguer le courant par des solutions partielles. Ni le christianisme, ni les organisations patronales ou ouvrières n’ont trouvé la réponse. De même aujourd’hui, le monde occidental ne semble guère préparé à affronter le problème de l’islam. En théorie, la solution paraît d’ailleurs extrêmement difficile. Peut-être serait-elle possible en pratique si, pour nous borner à l’aspect français de la question, celle-ci était pensée et appliquée par un véritable homme d’État. Les données actuelles du problème portent à croire que des formes variées de dictature musulmane vont s’établir successivement à travers le monde arabe. Quand je dis « musulmane » je pense moins aux structures religieuses qu’aux structures temporelles découlant de la doctrine de Mahomet. Dès maintenant, le sultan du Maroc est dépassé et Bourguiba ne conservera le pouvoir qu’en devenant une sorte de dictateur. Peut-être des solutions partielles auraient-elles suffi à endiguer le courant de l’islam, si elles avaient été appliquées à temps. Actuellement, il est trop tard ! Les « misérables » ont d’ailleurs peu à perdre.
Ils préféreront conserver leur misère à l’intérieur d’une communauté musulmane. Leur sort sans doute restera inchangé. Nous avons d’eux une conception trop occidentale. Aux bienfaits que nous prétendons pouvoir leur apporter, ils préféreront l’avenir de leur race. L’Afrique noire ne restera pas longtemps insensible à ce processus. Tout ce que nous pouvons faire, c’est prendre conscience de la gravité du phénomène et tenter d’en retarder l’évolution.  »
3 juin 1956.
Elisabeth de Miribel, transcription par sténographie. Source Institut Charles de Gaulle. Valeurs Actuelles, n° 3395.

© http://www.malraux.org, 3 décembre 2009 et 24 février 2010

D / f) Elias Canetti (1905-1994) :

[Page 150 :] «  Il est quatre manières différentes de s’assembler pour les mahométans croyants.
1. Ils s’assemblent plusieurs fois par jour pour la prière, à laquelle les convoquent une voix venue d’en haut. – Il s’agit là de petits groupes rythmiques que l’on peut qualifier de meutes orantes. Le moindre mouvement est exactement prescrit et orienté dans une seule et unique direction, celle de La Mecque. Une fois par semaine, pour la prière du vendredi, ces meutes prennent les proportions de masses.
2. Ils s’assemblent pour la guerre sainte contre les incroyants.
[page 151] 3. Ils s’assemblent à La Mecque, lors du grand pèlerinage.
4. Ils s’assemblent pour le Jugement dernier.
Dans l’islam, comme dans toutes les religions, la plus grande importance revient aux masses invisibles. Mais plus nettement marquées que dans les autres religions universelles, ce sont ici des masses invisibles doubles qui se font face.
Dès que retentit la trompette du Jugement dernier, tous les morts sortent de leurs tombeaux et se rendent en tout hâte, comme à un commandement militaire, au champ du Jugement. Ils se présentent alors devant Dieu, en deux groupes immenses et séparés, d’un côté les croyants, les incroyants de l’autre, et Dieu les juge séparément.
Toutes les générations humaines sont ainsi rassemblées, et chacun a l’impression de n’avoir été mis au tombeau que la veille. Personne n’a la moindre idée des immenses espaces de temps pendant lesquels il a pu rester au tombeau. Sa mort fut sans rêve et sans mémoire. Mais tout le monde entend le son de la trompette. « Ce jour-là les hommes se présenteront par troupes. » Il est constamment question dans le Coran des troupes de ce grand moment. C’est la représentation de masse la plus vaste dont soit capable un mahométant croyant. Personne ne peut imaginer un nombre d’êtres humains plus grand que celui de tous ceux qui ont jamais vécu, poussés en rangs serrés en un seul endroit. C’est la seule masse qui ne s’accroisse plus, et sa densité est extrême, puisque chacun de ceux qui la constituent se présente à ce même endroit devant son juge.
Mais en dépit de son étendue et de sa densité, elle reste du début à la fin divisée en deux. Chacun sait parfaitement ce qui l’attend : l’espoir est chez les uns, l’effroi chez les autres. « Ce jour-là, il y aura des visages radieux, qui riront dans la joie ; et ce jour-là il y aura des visages couverts de poussière, recouverts de ténèbres, ce sont les incroyants, les impies. » Comme il s’agit d’une sentence absolument juste, – toute action est enregistrée et attestée par écrit –, nul ne saurait échapper à la moitié à laquelle il appartient de droit. Dans l’islam, la bipartition de la masse est inconditionnée, elle sépare la troupe des croyants de celle des incroyants. Leur destin, qui restera à jamais séparé, est de se combattre entre elles. La guerre sainte est un devoir sacré, et c’est ainsi que, dès cette vie, est préfigurée dans chaque bataille, quoique avec moins d’ampleur, la masse double du Jugement dernier.
Le mahométan garde sous les yeux l’image différente d’un devoir non moins sacré : le pélerinage à La Mecque. Il s’agit ici d’une masse lente, qui se forme progressivement par l’afflux venu de toutes les terres. Suivant la distance à laquelle le [page 152] croyant habite de La Mecque, elle peut s’étendre sur des semaines, des mois, voire des années. Le devoir d’accomplir ce pèlerinage au moins une fois dans sa vie colore toute l’existence terrestre de l’individu. Qui n’a pas été de ce pèlerinage n’a pas réellement vécu. C’est une expérience qui englobe pour ainsi dire le domaine tout entier qu’a recouvert la foi et le concentre en ce lieu unique d’où elle est partie. Cette masse de pèlerins est pacifique. Elle se consacre uniquement à atteindre son but. Sa tâche n’est pas de soumettre les incroyants, elle n’a que le devoir de parvenir à l’endroit prescrit et d’y avoir été.
C’est un singulier miracle qu’une ville de l’importance de La Mecque puisse contenir ces troupes innombrables de pèlerins. Le pèlerin espagnol Ibn Jubayr [1145-1217], qui fut à La Mecque vers la fin du XIIe siècle et en a laissé une description détaillée, est d’avis que même la plus grande ville du monde n’aurait pas assez de place pour tant de gens. Mais La Mecque, ajoute-t-il, a reçu en grâce une extensibilité particulière en faveur des masses ; on ne peut que la comparer à une femme enceinte qui se fait plus petite ou plus grande suivant la taille de l’embryon qu’elle porte.
Le grand moment du pèlerinage est la journée de la plaine d’Harafat. Sept cent mille hommes doivent s’y tenir debout. Les vides sont remplis par des anges qui se mêlent invisiblement aux hommes.
Mais quand le temps de paix est passé, la guerre sainte reprend ses droits. « Mahomet, dit un des meilleurs connaisseurs de l’Islam [Gobineau, dans Religions et philosophies dans l’Asie centrale, 1865], est le prophète de la lutte et de la guerre… Ce qu’il a commencé par faire dans son milieu arabe, c’est le testament qu’il laisse ensuite à l’avenir de sa communauté : guerre aux infidèles, extension non pas tellement de la foi que de sa sphère d’influence, qui est la sphère même de la puissance d’Allah. Ce qui compte pour les guerriers de l’Islam n’est pas tellement la conversion que la soumission des incroyants. »
Le Coran, le livre du prophète inspiré par Dieu, ne laisse aucun doute là-dessus. « Quand les mois saints sont passés, tuez les incroyants où que vous les trouviez ; saisissez-vous d’eux, refoulez-les et tendez-leur toutes les embuscades que vous pourrez. [Sourate IX, versets 4-5] » ».
[Masse und Macht [Foules et pouvoir , ou] Masse et puissance, (1960), chapitre III, « Meute et religion », § 6, « L’Islam, religion guerrière ». [Elias CANETTI, Masse et puissance, traduit de l’allemand par Robert Rovini, Paris : Gallimard, 1966, collection « Bibliothèque des Science Humaines »].

[Page 153 :] « Les religions de la lamentation funèbre ont marqué le visage de la Terre. Elles ont atteint dans le christianisme à une sorte de validité universelle. La meute qui leur sert de support n’a qu’une brève existence. […]
La légende autour de laquelle elle se forme est celle d’un homme ou d’un dieu qui a péri injustement. C’est toujours l’histoire d’une persécution, qu’il s’agisse d’une chasse ou d’une poursuite. Il peut s’y rattacher aussi un procès inique.

[Page 156 :] « […] La plus importante des religions funèbres est le christianisme. Nous aurons à reparler de sa forme catholique. Quant aux grands moments du christianisme, aux moments de véritable émotion de masse, ce n’est pas celui de la lamentation authentique, devenue rare, que nous décrirons, mais un autre : la solennité de la résurrection dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem..
La lamentation fuènbre elle-même, meute passionnée qui s’ouvre en véritable masse, la voici, imposante et inoubliable, dans la fête chiite du moharrem. »
Chapitre III, § 7, « Religions funèbres ».

« L’Islam, qui a tous les traits évidents d’une religion guerrière, a donné naissance, par scission, à une religion funèbre, celle des chiites. Il n’en est pas de plus concentrée, de plus extrême. C’est la religion officielle de l’Iran et du Yémen. Elle est très répandue aux Indes et en Irak.
Les chiites croient en un chef spirituel et temporel de leur communauté, qu’ils appellent l’iman. Sa position est plus marquante que celle du pape. Il est le dépositaire de la lumière divine. Il est infaillible. Seul le fidèle attaché à son iman peut être sauvé. « Qui meurt sans connaître le vrai iman de son temps, meurt de la mort de l’incroyant. ».
L’iman descend du prophète en ligne directe. Ali, gendre de Mahomet, marié à sa fille Fatima, passe pour le premier iman. Le prophète a confié à Ali certaines connaissances qu’il cachait à d’autres de ses adeptes, et elles se transmettent dans sa famille.Il a expressément nommé Ali son successeur, tant pour l’enseignement de la doctrine que pour le gouvernement. Le prophète lui-même a disposé qu’Ali est l’Élu ; à lui seul revient le titre de « souverain des croyants ». Les fils d’Ali, Hassan et Hussein, ont ensuite hérité cette fonction de lui ; ils étaient les petits-fils du prophète ; Hassan fut le deuxième iman, Hussein le troisième. Qui d’autre s’arrogeait le gouveernement des croyants était un usurpateur.
L’histoire politique de l’islam après la mort de Mahomet aida grandement à la formation d’une légende autour d’Ali et de ses fils. Ali ne fut pas tout de suite élu au califat. Au cours [page 157] des vingt-quatre années qui suivirent la mort de Mahomet, trois autres de ses frères d’armes revêtirent l’un après l’autre cette dignité suprême. Ali ne prit le pouvoir que lorsque le troisième fut mort, mais son gouvernement fut bref. Pendant un service divin du vendredi à la mosquée de Koufa, il fut assassiné par un fanatique de ses ennemis armé d’une épée empoisonnée. Son fils aîné Hassan vendit ses droits pour une somme de plusieurs millions de dirhams et se retira à Médine, ou il mourut quelques années plus tard des suites d’une vie dissolue.
La religion des chiites est centrée sur les souffrances de son cadet Hussein. Tout le contraire d’Hassan, il était réservé et sérieux, et menait une vie calme à Médine. Bien qu’il fut devenu chef du chiisme à la mort de son frère, il ne se mêla de longtemps à aucune agitation politique. Mais quand le calife de Damas mourut et que son fils voulut prendre sa succession, Hussein lui refusa sa soumission. Les habitants de la turbulente ville de Koufa en Irak écrivirent à Hussein, l’engageant à les rejoindre. Ils le voulaient pour calife et, une fois sur place, lui promettaient que tout lui reviendrait. Il se mit en route avec sa famille, ses femmes, ses enfants, et une petite troupe de partisans. Ce fut une longue route à travers le désert. Quand il parvint à proximité de la ville, elle avait déjà fait défection. Son gouverneur envoya à sa rencontre une forte troupe de cavaliers, qui lui demandèrent de se rendre. Il refusa, et on lui coupa l’accès des points d’eau. On le cerna avec sa petite troupe. Hussein et les siens, qui s’étaient courageusement mis sur la défensive, furent attaqués et écrasés dans la plaine de Kerbéla, le dixième jour du mois de moharrem, l’an 680 de notre ère. Quatre-vingt-sept hommes furent tués avec Hussein ; beaucoup étaient de sa famille et de celle de son frère. Son cadavre portait les marques de trente-trois coups de lance et de trente-quatre coups d’épée. Le commandant de la troupe ennemis donna l’ordre à ses gens de fouler le cadavre d’Hussein aux pieds de leurs chevaux. Le petit-fils du prophète fut piétiné par leurs sabots. Sa tête tranchée fut envoyée au calife de Damas. Celui-ci la frappa sur la bouche avec sa canne. Un ancien combattant de Mahomet, qui était présent, l’en réprimenda : « Ote ta canne, dit-il, j’ai vu la bouche du prophète baiser cette bouche ».
Les « épreuves de la race du prophète » sont devenues le thème propre de la littérature religieuse des chiites. « On reconnait, dit-on, les vrais croyants de ce proupe à leur corps amaigri de privations, à  leurs lèvres desséchées par la soif et à leurs yeux chassieux à force de pleurer. Le vrai chiite est persé- [page 158] cuté et misérable comme la famille pour laquelle il prend fait et cause et souffre. On considère bientot que c’est la vocation de la famille du prophète que de subir tourments et persécutions. »
Depuis la tragique journée de Kerbéla, l’histoire de cette famille est une suite continuelle de souffrances et de tourments. Une riche littérature de martyrologes s’attache à les narrer en poésie et en prose. Ils font l’objet des réunions de chiites pendant le premier tiers du mois de moharrem dont le dixième jour (achourah) est considéré comme l’anniversaire de la tragédie de Kerbéla. « Nos commémorations sont nos réunions funèbres » est la conclusion que donne un prince d’esprit chiite à un poème dans lequel il commémore les nombreuses épreuves de la famille du prophète. Pleurer, se lamenter et s’affliger à cause des malheurs et des persécutions de la famille d’Ali, de son martyrologe, voilà tout ce qui compte pour le vrai fidèle. […]
La contemplation de la personne et du destin d’Hussein est au centre sentimental de la foi. C’est la grande source de l’expérience religieuse. L’interprétation de sa mort en a fait un sacrifice volontaire, c’est par ses souffrances que les saints entrent au paradis. L’idée d’un médiateur est étrangère à l’islam, à l’origine. Elle est devenue prépondérante chez les chiites depuis la mort d’Hussein.
Le tombeau d’Hussein dans la plaine de Kerbéla a été très tôt le pèlerinage principal des chiites. […]
{Page 160 :] « Les vrais jeux de la passion, dans lesquels sont représentés dramatiquement les souffrances d’Hussein, ne sont devenus institution permanente que vers le début du XIXe siècle. [Joseph Arthur de ] Gobineau [1816-1882], qui a fait de longs séjours en Perse au milieu du siècle et plus tard, en a donné une relation captivante.
[…]
[Page 163 :] « Tout ce qui va se passer est de toute façon connu des spectateurs, il ne s’agit pas ici de tension dramatique, au sens que nous donnons à ce mot, mais d’une parfaite participation. […] Le cortège fait halte près d’un monastère chrétien : dès que l’abbé aperçoit la tête du martyr, il abjure sa foi et professe la religion de l’islam. […] Aucune religion n’a plus fortement insisté sur la lamentation. »
Chapitre III, « Meute et religion », §  8, « La fête du Moharrem chez les chiites ».

« Un examen sans prévention découvre dans le catholicisme une certaine lenteur, un calme, alliés à une grande ampleur. Sa principale maxime, offrir une place à tout le monde, est déjà contenue dans son nom.»
§ 9, «Masse et catholicisme »

« Une foule énorme de pèlerins (parfois six cent, sept cent mille) a pris position dans une cuvette entourée de hauteurs dénudées et se presse vers le « mont de la Commisération » qui en occupe le centre. Un prédicateur se tient en haut à l’endroit où se tint jadis le prophète, et fait un sermon solennel.
La foule lui répond en clamant : « Labbeika ya Rabbi, labbeika ! Nous attendons tes ordres, Seigneur, nous attendons tes ordres ! » Cet appel est répété sans arrêt au cours de la journée et atteint au délire. Puis, dans une sorte de subite peur collective – appelée ifâdha, fleuve –, tous s’enfuient, comme possédés, de l’Harafat jusqu’à la localité voisine, Mozdalifa, où ils passent la nuit, et le lendemain matin ils fuient Mozdalifa en direction de Mina. Tout le monde se précipite pêle-mêle, se heurte et se piétine, cette ruée coûte la vie à plusieurs pèlerins d’habitude. A Mina, on abat ensuite une énorme quantité d’animaux qui sont offerts en sacrifice ; leur chair est aussitôt consommée en commun. Le sol est imbibé de sang et parsemé de reliefs.
La station sur l’Harafat est le moment où l’attente d’ordres des masses de fidèles atteint son maximum d’intensité. C’est ce qu’exprime nettement la formule mille fois répétée dans sa concision : « Nous attendons tes ordres, Seigneur, nous attendons tes ordres ! » L’Islam, la résignation, est ici réduit à son plus simple dénominateur, état dans lequel les gens ne pensent plus qu’aux ordres du Seigneur et les appellent de toute leur force. Quant à la peut subite qui intervient à un signal et aboutit à une fuite en masse sans pareille, il y en a une explication probante : c’est le caractère ancien de l’ordre, qui est un ordre de fuite, qui perce en l’occurrence, mais sans que les croyants puissent savoir pourquoi il en est ainsi. L’intensité de leur attente en masse porte à son comble l’effet de l’ordre divin, jusqu’à ce qu’il redevienne soudain ce que tout ordre était à l’origine, un ordre de fuite. C’est l’ordre de Dieu qui met les hommes en fuite. La continuation de cette fuite le lendemain, après une nuit passée à Mozdalifa, montre que l’effet de l’ordre ne s’est toujours pas épuisé.
Selon la croyance de l’islam, c’est l’ordre direct de Dieu qui apporte la mort aux hommes. Ils essayent d’échapper à cette mort ; mais ils la reportent sur les animaux qu’ils abattent à Mina, terminus de leur fuite. Les animaux tiennent ici la place des hommes, substitution courante dans beaucoup de religions : pensons au sacrifice d’Abraham. Les hommes échappent ainsi au bain de sang que Dieu leur avait destiné. Ils se sont soumis à son ordre, si bien même qu’ils ont pris la fuite devant lui, et cependant ils ne l’ont pas frustré du sang qui lui revient : le sol est finalement imbibé du sang des animaux abattus en masse.
Il n’y a pas d’autre coutume religieuse qui montre plus concrètement la nature propre de l’ordre que la station sur l’Harafat, le wuqûf, et la fuite massive qui la suit, ifâdha. Dans cet Islam où le commandement religieux a beaucoup gardé de l’immédiateté de l’ordre lui-même, l’attente des ordres et l’ordre en général ont trouvé leur plus pure expression. »
Chapitre VIII, « L’ordre », § 6, « L’attente des ordres chez les pèlerins du mont Harafat ». [Merci à Jean-Baptiste de Morizur ; les indications entre crochets sont de Cl. C.]

E / Depuis la correction politique :
E / a) Claude Lévi-Strauss (1908-2009) :
« J’ai dit dans « Tristes Tropiques » ce que je pensais de l’islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n’était pas tellement éloigné de ce pourquoi on fait aujourd’hui un procès à [Michel] Houellebecq. Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l’idée de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu’on pense. […] Nous sommes contaminés par l’intolérance islamique. Il en va de même avec l’idée actuelle qu’il faudrait introduire l’enseignement de l’histoire des religions à l’école. J’ai lu que l’on avait chargé Régis Debray d’une mission sur cette question. Là encore, cela me semble être une concession faite à l’islam : à l’idée que la religion doit pénétrer en dehors de son domaine. Il me semble au contraire que la laïcité pure et dure avait très bien marché jusqu’ici. »
Visite à Lévi-Strauss, Le Nouvel Observateur, 10 octobre 2002.
« J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture. » (propos recueillis par Dominique-Antoine Grisoni, « Un dictionnaire intime », in Magazine littéraire, hors-série, 2003).
E / b) Samuel P. Huntington (1927-2008) :

« Muslim Arabs received, valued, and made use of their « Hellenic inheritance for essentially utilitarian reasons. Being mostly interested in borrowing [l’emprunt de] certain external forms or technical aspects, the knew how to disregard all elements in the Greek body of thought that would conflict with the ‘truth’ as established in their fundamental Koranic norms and precepts » [Adda B. Bozeman, « Civilizations under stress », Virginia Quarterly Review, Winter ’75 (51), page 7] »
(The Clash of Civilizations, New York : Simon and Schuster, 1996, chapter 3)
« The argument is made that Islam has from the start been a religion of the sword [l’épée] and that it glorifies military virtues. Islam originates among « warring Bedouin nomadic tribes » and this « violent origin is stamped in the foundation of Islam. Muhammad himself is remembered as a hard fighter and a skillfull military commander » [James L. Payne, Why Nations Arm, Oxford : B. Blckwell, 1989, pages 125, 127]. (No one would say this about Christ or Buddha.) The doctrines of Islam, it is argued, dictate war against unbelievers [incroyants], and when the initial expansion of Islam tapered off [se ralentit], Muslim groups, quite contrary to doctrine, then fought among themselves. The ratio of fitna or internal conflicts to jihad shifted drastically in favor of the former. The Koran and other statements of Muslim beliefs contain few [peu de] prohibitions on violence, and a concept of nonviolence is absent from Muslim doctrine and practice. » (The Clash …, chapter 10)
E / c) Michel Houellebecq (Michel Thomas, né en 1956, prix Goncourt 2010) :

« Depuis l’apparition de l’islam, plus rien. Le néant intellectuel absolu, le vide total. Nous sommes devenus un pays de mendiants pouilleux. Des mendiants pleins de poux, voilà ce que nous sommes. Racaille, racaille […], il faut vous souvenir cher monsieur que l’islam est né en plein désert, au milieu de scorpions, de chameaux et d’animaux féroces de toutes espèces. Savez-vous comment j’appelle les musulmans? Les minables du Sahara. Voilà le seul nom qu’ils méritent […]. L’islam ne pouvait naître que dans un désert stupide, au milieu de bédouins crasseux qui n’avaient rien d’autre à faire ­ pardonnez-moi ­ que d’enculer leurs chameaux. » (Plateforme, Paris : Flammarion, 2001)

Platerforme, 2001. Merci à @EugenieBastie
« La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l’islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Dans sa période hégémonique, il a pu apparaître comme raffiné et tolérant. Mais sa nature, c’est de soumettre. C’est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux. » Figaro Magazine, 25 août ­2001)

« Je me suis dit que le fait de croire à un seul Dieu était le fait d’un crétin, je ne trouvais pas d’autre mot. Et la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré … effondré ! La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire … ce qui peut excuser beaucoup de choses. […] L’islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D’une part, parce que Dieu n’existe pas, et que même si on est con, on finit par s’en rendre compte. À long terme, la vérité triomphe. D’autre part l’islam est miné de l’intérieur par le capitalisme. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l’islam. » (Lire, septembre 2001, pages 31-32).

M. H. fut accusé d’islamophobie ou de racisme anti-musulmans par des associations musulmanes ; à l’audience, il revendiqua le droit de critiquer les religions monothéistes : « Les textes fondamentaux monothéistes ne prêchent ni la paix, ni l’amour, ni la tolérance. Dès le départ, ce sont des textes de haine ». Le MRAP et la Ligue française des droits de l’homme (LDH) qui lui intentèrent un procès furent déboutés, le tribunal constatant que ces propos de relevaient du droit de critiquer des doctrines religieuses et que la critique d’une religion ne pouvait s’apparenter à des propos racistes (TGI de Paris, XVIIe chambre correctionnelle, 22 octobre 2002).

« The despair comes from saying good-bye to a civilization, however ancient. But in the end the Koran turns out to be much better than I thought, now that I’ve reread it—or rather, read it. The most obvious conclusion is that the jihadists are bad Muslims. Obviously, as with all religious texts, there is room for interpretation, but an honest reading will conclude that a holy war of aggression is not generally sanctioned, prayer alone is valid. So you might say I’ve changed my opinion. That’s why I don’t feel that I’m writing out of fear. I feel, rather, that we can make arrangements. The feminists will not be able to, if we’re being completely honest. But I and lots of other people will. » (« Scare Tactics: Michel Houellebecq on His New Book », interview par Jérôme Bourmeau, The Paris Review, 2 janvier 2015)
E / d) Robert Redeker (né en 1954) :

Texte de 2001 : « Aucune idéologie n’est plus rétrograde que l’islam, et, par rapport au capitalisme dont les Twin Towers, dans leur majestueuse beauté figuraient le symbole, la religion musulmane est une régression barbarisante. [..] Les Stoïciens nous ont légué, parmi leurs bienfaits, une logique des préférables. Est préférable, selon Zénon [de Citium] et Chrysippe, ce qui apporte le plus de bien, de beauté et de progrès. […] Le capitalisme, parce qu’il permet sans le nécessiter un plus ample développement de la liberté, parce qu’il a créé aussi de la richesse et de la beauté, est préférable à l’islam, tout comme la symbolique des Twin Towers est préférable aux discours proférés dans les mosquées. »
« Le discours de la cécité volontaire », Le Monde, 22 novembre 2001. Voir plus loin, § E / j), le texte de 2006.

E / e) Alain Finkielkraut (né en 1949) : « L’Occident vit sous le régime de la critique, et le monde musulman – élites laïques comprises – sous celui de la paranoïa. »
« Jamais les juifs ne se sont sentis aussi seuls », propos recueillis par Élisabeth Lévy, Marianne, 12 au 18 août 2002.
E / f) Philippe Nemo (né en 1949) : « Que l’esprit scienfique de l’Occident n’ait rien dû d’essentiel au monde musulman, on en a une preuve indirecte dans le fait que l’averroïsme n’eut guère de lendemains en islam même. Les sociétés musulmanes ne connurent pas, par la suite, le même développement du rationalisme et de la science, ni le même prométhéisme transformateur, caractéristiques des sociétés occidentales. C’est bien le signe qu’il régnait en islam un autre esprit. Ce qu’on peut lire à ce sujet dans la littérature anti-occidentaliste est intellectuellement bien faible. Le retard de l’islam, en termes de sciences, de techniques, de développement économique, serait dû à l’ « oppression » dont il aurait été victime de la part des puissances colonisatrices, qui auraient délibérément « bloqué » » son développement […]. Cette façon de présenter les choses n’est pas raisonnable. Si l’islam avait eu dans sa culture tous les éléments permettant un développement endogène, il se serait développé et n’aurait probablement pas, de ce fait, été colonisé. S’il n’y avait eu qu’un retard, la colonisation même lui aurait permis de le combler rapidement, selon le scénario qui s’est produit au Japon. Il faut donc croire qu’il y a, en matière de développement scientifique et économique, un problème de fond avec l’islam lui-même, je veux dire avec le rapport au monde que cette religion implique, avec le type de société qu’elle engendre. »
Qu’est-ce que l’Occident ?, Paris : PUF, 2004 (octobre), page 142, note 57.

E / g) Michel Onfray (né en 1959) :

Traité d’athéologie – Physique de la métaphysique, Paris : Grasset, 2005. Réédité en octobre 2006 en collection « Le Livre de Poche », n° 30 637.

« 1ère partie « Athéologie », III  » Vers une athéologie « , § 1  » Spectrographie du nihilisme « . […] revendication claire à presque toutes les pages du Coran d’un appel à détruire les infidèles, leur religion, leur culture, leur civilisation, mais aussi les juifs et les chrétiens — au nom d’un Dieu miséricordieux ! »
« II « Monothéismes », i « Tyrannies et servitudes des arrière-mondes », § 3 La kyrielle des interdits. […] Les Évangiles n’interdisent ni le vin ni le porc, ni aucun aliments, pas plus qu’ils n’obligent à porter des vêtements particuliers. L’appartenance à la communauté chrétienne suppose l’adhésion au message évangélique, pas aux détails de prescription maniaque. […] Juifs et musulmans obligent à penser Dieu dans chaque seconde de la vie quotidienne.
i, § 5. Tenir le corps en respect.  Comment comprendre ces séries d’interdits juifs et musulmans – si semblables – sinon par l’association systématique du corps à l’impureté ? Corps sale, malpropre, corps infecté, corps de matières viles, corps libidinal, corps malodorant, corps de fluides et de liquides, corps infectés, corps malades, corps de morts, de chiens et de femmes, corps de déchets, corps de saletés, corps sanguinolent, corps puant, corps sodomite, corps stérile, corps infécond, corps détestable …

ii  » Autodafés de l’intelligence », § 3 Haine de la science. L’instrumentalisation religieuse de la science soumet la raison à un usage domestique et théocratique. En terre d’islam, la science ne se pratique pas pour elle-même mais pour l’augmentation de la pratique religieuse. Depuis des siècles de culture musulmane on ne pointe aucune invention ou aucune recherche, aucune découverte notable sur le terrain de la science laïque.

IV « Théocratie », i « Petite théorie du prélèvement », § 7 Allah n’est pas doué pour la logique.
« L’interdit juif de tuer et simultanément l’éloge de l’holocauste par les mêmes ; l’amour du prochain chrétien et, en même temps, la légitimation de la violence par la colère prétendument dictée par Dieu, voilà deux problèmes spécifiquement bibliques. Et il en va de même avec le troisième livre monothéiste, le Coran, lui aussi chargé de potentialités monstrueuses. »
i, § 8 Inventaire des contradictions. Allah ne cesse d’apparaître dans le Coran comme un guerrier sans pitié.
iii « Pour une laïcité post-chrétienne »,
§ 1 « Le goût musulman du sang [et du feu !!]. En bonne synthèse des deux monothéismes qui le précèdent, qu’il acclimate au désert arabe régi par le tribal et le féodal, l’islam reprend à son compte le pire des dits juifs et chrétiens : la communauté élue, le sentiment de supériorité, le local transformé en global, le particulier élargi à l’universel, la soumission corps et âme à l’idéal ascétique, le culte de la pulsion de mort, la théocratie indexée sur l’extermination du divers – esclavage, colonialisme, guerre, razzia, guerre totale, expéditions punitives, meurtres, etc. […] l’islam refuse par essence l’égalité métaphysique, ontologique, religieuse, donc politique. Le Coran l’enseigne : au sommet les musulmans, en dessous les chrétiens […] Enfin, après le musulman, le chrétien et le juif, arrive en quatrième position, toutes catégories confondues dans la réprobation générale, le groupe des incroyants, infidèles, mécréants, polythéistes, et, bien sûr, athées … […] La loi coranique qui interdit de tuer ou de commettre des délits ou des massacres sur son prochain concerne seulement de manière restrictive les membres de la communauté : l’umma. Comme chez les juifs. »

iii, § 2 « Le local comme universel. En lecteurs de Carl Schmidt qu’ils ne sont pas, les musulmans coupent le monde en deux : les amis, les ennemis [voir plus haut la même idée chez Karl Marx]. D’un côté, les frères en islam, de l’autre, les autres, tous les autres. Dâr al-islam contre dar al-harb : deux univers irréductibles, incompatibles, régis par des relations sauvages et brutales : un prédateur une proie, un mangeur un mangé, un dominant un dominé. […] Une vision du monde pas bien éloignée de celle d’Hitler qui justifie les logiques de marquage, de possession, de gestion et d’extension de territoire.

IV, iii, 5 Du fascisme musulman. […] Le renversement du shah d’Iran en 1978 et la prise de tous les pouvoirs par l’ayatollah Khomeyni quelque temps plus tard avec cent quatre-vingt mille mollahs, inaugurent un réel fascisme musulman – toujours en place un quart de siècle plus tard, avec la bénédiction de l’Occident silencieux et oublieux. Loin de signifier l’émergence de la spiritualité politique qui fait défaut aux Occidentaux, comme le croit faussement Michel Foucault en octobre 1978, la révolution iranienne accouche d’un fascisme islamique inaugural dans l’histoire de cette religion.

IV, iii, 7 L’islam, structurellement archaïque.

IV, iii, 8 « Thématiques fascistes. Fascisme et et islamisme communient dans une logique mystique […] La théocratie islamique s’appuie, – comme tout fascisme – sur une logique hypermorale. […] Tout ce qui définit habituellement le fascisme se retrouve dans la proposition théorique et la pratique du gouvernement islamique : la masse dirigée par un chef charismatique, inspiré ; le mythe, l’irrationnel, la mystique promus au rang de moteur de l’Histoire ; la loi et le droit créés par la parole du chef ; l’aspiration à abolir un vieux monde pour en créer un nouveau – nouvel homme, nouvelles valeurs ; le vitalisme de la vision du monde doublé d’une passion thanatophilique sans fond ; la guerre expansionniste vécue comme preuve de la santé de la nation ; la haine des Lumières – raison, marxisme (1), science, matérialisme, livres ; le régime de terreur policière ; l’abolition de toute séparation entre sphère privée et domaine public ; la construction d’une société close ; la dilution de l’individu dans la communauté ; sa réalisation dans la perte de soi et le sacrifice salvateur ; la célébration des vertus guerrières – virilité, machisme, fraternité, camaraderie, discipline, misogynie ; la destruction de toute résistance ; la militarisation de la politique ; la suppression de toute liberté individuelle ; la critique foncière de l’idéologie des droits de l’homme ; l’imprégnation idéologique permanente ; l’écriture de l’histoire avec slogans négateurs – antisémites, antimarxistes (1), anticapitalistes, antiaméricains, antimodernes, antioccidentaux ; la famille promue premier maillon du tout organique. Peu ou prou, cette série autorise la définition d’un contenu pour le fascisme, les fascismes. La théocratie brode toujours avec des variations sur ce thème … »

1. Il est étonnant de voir un philosophe du XXIe siècle ranger cette idéologie totalitaire qu’est le marxisme parmi les Lumières, et l’antimarxisme dans le fascisme.

Traité d’athéologie – Physique de la métaphysique, Paris : Grasset, 2005. Réédité en 2006 en collection « Le Livre de Poche », n° 30 637.
E / h) Régis Debray : « Une religion qui a eu sa Renaissance d’abord et son Moyen-Âge ensuite. »
Intervention à « Culture et dépendances », France 3, 2 novembre 2005.

E / i) Velasio de Paolis : « Le problème est que l’islam est fermé au point de ne pas admettre la réciprocité. »
Mgr Velasio de Paolis, secrétaire du Tribunal de la signature apostolique, La Stampa, 22 février 2006.

E / j) Robert Redeker (né en 1954) :

Texte de 2006 :«  Les réactions suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence [discours de Ratisbonne, 12 septembre 2006] s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de « troubles à l’ordre public ». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à « troubler l’ordre public » que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet œil du Coran, comme ils incarnaient l’œil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des mœurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen « d’idiots utiles », les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence. Maxime Rodinson [1915-2004] énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, « Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (…) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (…) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin ».

D’autre part, « Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect » . Enfin, « après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages ».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes [Giordano] Bruno [1548-1600] et [Giulio Cesare] Vanini [1585-1619], ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre [1745-1766] pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident « le monde libre » par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce « monde libre », fonctionnaires zélés de l’œil du Coran, pullulent en son sein. » ( » Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? « , Le Figaro 19 septembre 2006). Voir plus haut, § E / d), le texte de 2001.

E / k) Nicolas Sarkozy : « L’Islam a porté l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses civilisations dans le monde. Le président de l’Institut du Monde arabe peut en porter lui-même témoignage.
C’est l’occasion pour les Français et tous les visiteurs étrangers du Louvre et de la France de voir que l’Islam c’est le progrès, la science, la finesse, la modernité et que le fanatisme au nom de l’Islam c’est un dévoiement de l’Islam. Tuer au nom de l’Islam c’est bafouer l’Islam. Ne pas respecter les droits de la femme au nom de l’Islam, c’est bafouer l’Islam. L’Islam a permis, et ces salles le montreront, des collections parmi les plus extraordinaires. Avec l’Islam, nos prédécesseurs étaient bien en avance sur le monde et il n’y a aucune raison que ce qui a été le cas il y a des siècles, ne soit pas le cas pour les siècles qui viennent. Ce sera une occasion, Altesse [le représentant du roi d’Arabie saoudite], pour chacun de découvrir la richesse et la finesse de ces arts de l’Islam. » (au musée du Louvre, le 16 juillet 2008).
F / Depuis 2012 :

F / a) Christine Tasin : « Oui je suis islamophobe, et alors (…) je suis contre l’islam qui pose problème ; moi je ne trouve pas normal qu’on tue des animaux, je ne trouve pas normal qu’on voile les femmes ; (…) C’est la France qui a un problème avec l’islam. (…) 60 % des animaux tués en France le sont selon le mode de l’abattage rituel ; donc les gens mangent halal sans le savoir (…) La haine de l’islam, bien sûr et j’en suis fière, l’islam est une saloperie, c’est un danger pour la France, absolument ; je suis désolée. » Belfort, 15 octobre 2013. Christine Tasin, poursuivie pour « incitation à la haine raciale », a été condamnée le vendredi 8 août 2014 à 3000 € d’amende dont 1500 € avec sursis par le T.G.I. de Belfort.

F / b) François Hollande :  » Votre constitution garantit la liberté de croyance, de conscience, et le libre exercice des cultes, et confirme ce que j’avais affirmé ici même, à avoir que l’islam est compatible avec la démocratie.  » Discours à l’Assemblée nationale constituante, Tunis, 7 février 2014.

On voit cependant dans les extraits qui suivent que la Tunisie n’est pas encore une démocratie :

 » Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux
PRÉAMBULE
Nous, représentants du peuple tunisien, membres de l’Assemblée nationale constituante ;
[…]
Exprimant l’attachement de notre peuple aux enseignements de l’Islam et à ses finalités caractérisées par l’ouverture et la modération, des nobles valeurs humaines et des hauts principes des droits de l’Homme universels, Inspirés par notre héritage culturel accumulé tout le long de notre histoire, par notre mouvement réformiste éclairé fondé sur les éléments de notre identité arabo-musulmane et sur les acquis universels de la civilisation humaine, et par attachement aux acquis nationaux que notre peuple a pu réaliser ;
[…]
Sur la base de la place qu’occupe l’être humain en tant qu’être digne ; Afin de consolider notre appartenance culturelle et civilisationnelle à la nation arabe et musulmane ; de l’unité nationale fondée sur la citoyenneté, la fraternité, la solidarité et la justice sociale ; En vue de soutenir l’Union maghrébine, qui constitue une étape vers l’union arabe et vers la complémentarité entre les peuples musulmans et les peuples africains et la coopération avec les peuples du monde ;
[…]
Article 1
La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime.
Il n’est pas permis d’amender cet article.
Article 6
L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane.
L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer.
Article 39
[…]
L’État veille aussi à enraciner l’identité arabo-musulmane et l’appartenance nationale dans les jeunes générations et à ancrer, à soutenir et à généraliser l’utilisation de la langue arabe, ainsi que l’ouverture sur les langues étrangères et les civilisations humaines et à diffuser la culture des droits de l’Homme.
Article 74
La candidature à la présidence de la République est un droit pour toute électrice et pour tout électeur jouissant de la nationalité tunisienne par la naissance, et étant de confession musulmane.
[…]

F / c) Manuel Carlos VALLS :  » L’islam est la seconde religion (1) de France. Mais au-delà des musulmans de France, c’est toute une nation qui reconnaît, ici, la grandeur, la finesse et la diversité de l’islam. C’est toute une nation qui dit aussi que l’islam a toute sa place en France, parce que l’islam est une religion de tolérance, de respect, une religion de lumière et d’avenir, à mille lieues de ceux qui en détournent et en salissent le message. Et c’est aux musulmans eux-mêmes d’agir, de refuser les intégrismes, les radicalismes qui utilisent la religion pour diffuser la haine et la terreur. […] La France est une terre de liberté qui respecte les croyances de chacun, et qui considère que le fait que l’islam est la deuxième religion (1) de France est une chance pour la France. » (Discours à l’Institut du Monde Arabe, 26 juin 2014 ; transcription d’après la vidéo sur le site gouvernement.fr).
1. Deuxième religion peut-être, mais troisième conviction, après les catholiques et les incroyants.

F / d) Abdennour BIDAR :  » Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position debarzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident !

Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’indignes devant une telle monstruosité, tu t’insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d’habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »
J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence… Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose – que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir… Et cela m’inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l’islam et pas un autre masque ? C’est qu’en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres – pires encore que celui-ci – aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l’admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu’ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l’étendue des ombres d’obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance ! […]  » Lettre ouverte au monde musulman, 15/10/2014, mis à jour: 09/01/2015,

F / e) Michel ONFRAY : « Que cette immigration apporte avec elle une religion qui est aussi une idéologie et que cette idéologie ne revendique pas pour valeurs « liberté, égalité, fraternité, féminisme, laïcité » est une évidence pour qui connaît la religion musulman autrement que par ouï-dire et propagande médiatique. Il suffit de lire le Coran, les hadiths du Prophète, une biographie, même hagiographique, de Mahomet pour s’en rendre compte. Mais on supporte ce qui vient de l’islam par tonnes, quand on refuse un gramme de ce qui vient du christianisme. Et c’est un athée qui vous le dit… […] Autre point d’accord avec Éric Zemmour, la question de l’islam, qui n’est pas une religion de paix, de tolérance et d’amour, contrairement à ce qui est rabâché sans cesse par les médias du politiquement correct. Ainsi, la moindre référence au caractère belliqueux du Coran passe pour de l’islamophobie assimilée au racisme, à la xénophobie, de la part de ceux qui confondent la critique d’une religion avec la haine de la couleur de certains peuples qui s’en réclament ! »
« Zemmour, la gauche et moi », propos recueillis par Daoud Boughézala, Causeur, N° 18, novembre 2014.

F / f) Michel Onfray : « Prétendre qu’il n’y a pas un choc des civilisations entre l’Occident localisé et moribond et l’Islam déterritorialisé en pleine santé est une sottise qui empêche de penser ce qui est advenu, ce qui est, et ce qui va advenir.

L’Islam est une civilisation, avec ses textes sacrés, ses héros, ses grands hommes, ses soldats, ses martyrs, ses artistes, ses poètes, ses penseurs, ses architectes, ses philosophes. Il suppose un mode de vie, une façon d’être et de penser qui ignore le libre arbitre augustinien, le sujet cartésien, la séparation kantienne du nouménal et du phénoménal, la raison laïque des Lumières, la philosophie de l’histoire hégélienne, l’athéisme feuerbachien, le positivisme comtien, l’hédonisme freudo-marxiste. Il ignore également l’iconophile et l’iconodulie (goût et défense des images religieuses) pour lui préférer la mathématique et l’algèbre des formes pures (mosaïques, entrelacs, arabesques, calligraphie), ce qu’il faut savoir pour comprendre pourquoi la figuration de Mahomet est un blasphème.

Refuser la réalité du choc des civilisations ne peut se faire que si l’on ignore ce qu’est une civilisation, si l’on méprise l’Islam en lui refusant d’en être une, si l’on déteste la nôtre par haine de soi, si l’on pense l’histoire avec les fadaises du logiciel chrétien et marxiste qui promet la parousie en ignorant les leçons de philosophie données par Hegel : les civilisations naissent, croissent, vivent, culminent, décroissent, s’effondrent, disparaissent pour laisser place à de nouvelles civilisations. Qu’on médite sur l’alignement de Stonehenge, les pyramides du Caire, le Parthénon d’Athènes ou les ruines de Rome comme on méditera plus tard sur les ruines des cathédrales !

Notre occident est en décomposition […]

Pendant ce temps, animé par la grande santé nietzschéenne, l’Islam planétaire propose une spiritualité, un sens, une conquête, une guerre pour ses valeurs, il a des soldats, des guerriers, des martyrs qui attendent à la porte du paradis. Refuser qu’il en aille, là, d’une civilisation qui se propose « le paradis à l’ombre de épées », un propos du Prophète, c’est persister dans l’aveuglement. Mais comment pourrait-il en être autrement ? L’aveuglement qui fait dire que le réel n’a pas eu lieu (ou n’a pas lieu) est aussi un signe de nihilisme. » (La chronique mensuelle de Michel Onfray | Mars 2015 – N° 118,  » LE CHOC DES CIVILISATIONS « )

Pascal Bruckner : « Ces interprétations [Todd, Plenel] ne sont ni pertinentes ni justes à mon sens. … ma stupéfaction devant ce genre de raisonnements. […] L’islam radical a réveillé la gauche anti-totalitaire … Il n’ a aucun compromis possible avec la gauche qui nous explique que l’opprimé, ou le fils d’opprimé, ou l’arrière-petit-fils d’opprimé, parce que son père a été colonisé, a absolument tous les droits … Attraction absolument folle que l’islam exerce sur les restes de l’armée trotskiste en France. […] Comment la critique d’une religion peut-elle être assimilée à un acte de racisme ? Il y a  un coup de force sémantique, il y a une dérive. […] Je ne suis pas sûr que nous ayons la patience d’attendre quatre siècles pour que l’islam se réforme [comme l’a fait le christianisme]  » […] Je n’utilise pas le mot « islamophobe » parce que je ne comprends pas ce qu’il veut dire  » […] Ce à quoi nous assistons, Brice Couturier parlait tout à l’heure des années 30, oui, il y a une victoire posthume de Hitler, mais pas là où on pensait  dans la fraction la plus radicale du monde musulman qui a importé sans aucune discrimination tous les préjugés antisémites de l’extrême droite fasciste européenne. C’est très très inquiétant. » (Les matins de France Culture, 1ère partie, 25 mai 2015).
Voir aussi Extraits du Coran sur le site de l’Union des Athées.

Publié par A. Claude Courouve à 21:53 Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
Libellés : fanatisme, ignorance, islam, laïcité, Marx, Montaigne, Nietzsche, philosophie, Renan, Vigny, Voltaire

2 commentaires:

Noxélios a dit…
Prédiction hallucinante et fascinante, en ce qui me concerne tout du moins : Au dix-neuvième siècle, un prophète, Jules Napoléon Ney (1849-1900), petit-fils du maréchal Ney, prédit que les Chinois gagneront la partie dans une Europe mise à mal par l’immigration musulmane.

« Si nous ne nous étions limité à dessein le champ du présent travail, nous montrerions aux lecteurs de l’“Initiation” quelles éventualités redoutables menacent l’Europe chrétienne au courant du vingtième siècle. Il est à craindre qu’elle ne se trouve prise entre la marche en avant vers le nord des musulmans d’Afrique et la marche en avant vers l’ouest des musulmans d’Asie. Nous ne parlons pas de la réserve innombrable des peuples de race jaune qui, comme une invasion de sauterelles, viendra achever et clore l’œuvre destructive et dévastatrice si bien commencée par les Mahométans dans une Europe qui a oublié la solidarité qui devrait unir les nations menacées. »
(Napoléon Ney, “Un danger européen : Les société secrètes musulmanes”, V ; Georges Carré libraire-éditeur, Paris, 1890, page 20.)
1 novembre 2014 21:13

Noxélios a dit…
Citons aussi Flaubert :

« Sans doute par l’effet de mon vieux sang normand, depuis la guerre d’Orient, je suis indigné contre l’Angleterre, indigné à en devenir Prussien ! Car enfin, que veut-elle ? Qui l’attaque ? Cette prétention de défendre l’Islamisme (qui est en soi une monstruosité) m’exaspère. Je demande, au nom de l’humanité, à ce qu’on broie la Pierre-Noire, pour en jeter les cendres au vent, à ce qu’on détruise La Mecque, et que l’on souille la tombe de Mahomet. Ce serait le moyen de démoraliser le Fanatisme. »
(Gustave Flaubert, lettre [n°1728] à madame Roger des Genettes, vendredi 1er mars 1878, dans les “Œuvres complètes de Gustave Flaubert”, Correspondance, huitième série [1877-1880], Louis Conard libraire-éditeur, Paris, 1930, page 112.)


Gaza: Ne jamais rappeler son imbécilité à un imbécile (Lesson in cartooning: Israeli Foreign Ministry pulls cartoon that angered foreign press)

24 juin, 2015
La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord. Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs.(…) Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques. L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen. Le Monde
What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed. “Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said. While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general. A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan. Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.” The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year. (…) The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate. Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. The NYT
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués. (…) Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. (…) Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza. Association de la presse étrangère en Israël et dans les territoires palestiniens
Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains. Le Point

Attention: une bêtise peut en cacher une autre !

Au lendemain de la publication d’un énième rapport de l’ONU dénonçant comme d’habitude les prétendus crimes de guerre de l’Armée israélienne lors de la guerre de Gaza de l’été dernier …

Et le retrait, suite aux moqueries et protestations de la presse étrangère, d’un petit film d’animation du ministère israélien des Affaires étrangères moquant un peu trop gentiment l’incroyable myopie et partialité de leur couverture de ladite guerre …

Pendant qu’à la tête du Monde libre et jusqu’à épuiser ses pilotes, le plus rapide prix Nobel de l’histoire mutliplie tranquillement, entre deux parties de golf et deux bavures, les éliminations ciblées

Petite leçon avec le caricaturiste israélo-américain Yaakov Kirschen …

Montrant que bien choisir sa cible et son objectif ne suffit pas toujours …

Et surtout, comme le rappellent tant la Bible que le Talmoud, qu’il ne faut jamais rappeler à un imbécile sa propre imbécilité !

A Lesson in Cartooning

Basic principles of successful activist cartooning
1. Target: Pick your « Target » audience.
2. Goal: Your goal should be a way to change, if only for a moment, the beliefs of your « Target » by cleverly slipping under their « defensive radar »
3. The Secret Sentence: The sentence that your cartoon will cause your « Target » to involuntarily say in his/her head (thus reaching your goal).

How the Foreign Ministry Cartoon Fails
1. Target: The « Target » is the foreign press (as revealed by the punchline « open your eyes »)
2. Goal: To change the beliefs of foreign reporters by cleverly slipping under their « defensive radar »???
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « the Israeli Foreign Ministry says I’m Stupid and Blind! »

* * *
I assume that readers would want to see an example of how the topic is taught in the Academy:

The analysis:
1. Target: The foreign press
2. Goal: Use humor to change reporters’ beliefs that their reports are believed
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « The public doesn’t believe us anymore »

Voir aussi:

PROCHE-ORIENT Le dessin animé indigne l’association représentant la presse étrangère en Israël 

VIDEO. Gaza: Les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

20 Minutes avec AFP

16.06.2015

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014.

Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule. Il explique comment les Gazaouis «tentent de vivre des vies tranquilles» alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui.

Retrouvez la vidéo intégrale en cliquant ici.«Un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués»

Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a «pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste», alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rue dont le stand est décoré du drapeau homosexuel.

Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots «Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza», s’inscrivent à l’écran. L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite «surprise» et «alarmée». «Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués», dit la FPA dans un communiqué.

17 journalistes sont morts en couvrant le conflit

Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. «Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza», dit-elle.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, «de façon criante et répétée», de civils comme boucliers humains.

Israël présente sa version de la guerre à Gaza
Cyrille Louis
Le Figaro

17/06/2015

VIDÉO – L’État hébreu vient de publier un rapport qui rejette sur le Hamas la responsabilité des immenses destructions perpétrées l’été dernier lors de l’Opération bordure protectrice.
Correspondant à Jérusalem

Un rapport et un dessin animé. En l’espace de quarante-huit heures, les autorités israéliennes ont dévoilé leurs moyens de défense face aux accusations qui s’accumulent à l’horizon. La commission des droits de l’homme de l’ONU, chargée d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, en juillet-août 2014 dans la bande de Gaza, doit publier sous peu ses conclusions. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, qui prête à cette instance un fort biais anti-israélien, a préféré tirer le premier. Sans surprise, il rejette sur le Hamas la responsabilité du déclenchement de la guerre ainsi que de son lourd bilan matériel et humain, non sans accuser au passage la presse internationale d’avoir dissimulé les exactions perpétrées par les factions palestiniennes.

Pièce maîtresse de ce système de défense, le rapport de 277 pages publié par le ministère israélien des Affaires étrangères revient tout d’abord sur le contexte dans lequel a éclaté ce nouvel épisode de violence. Un conflit armé, rappellent les auteurs, oppose depuis plus d’une décennie l’État hébreu aux groupes armés implantés dans la bande de Gaza. Plus de 1265 Israéliens ont été tués par des attaques du Hamas depuis l’an 2000 tandis que 15.200 roquettes ont été tirées depuis le territoire palestinien, y compris après le désengagement décidé en 2005 par Ariel Sharon.

« Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice »

Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien
Le 7 juillet 2014, l’armée israélienne a décidé de lancer une opération aérienne afin de faire cesser les tirs de projectiles qui, depuis l’arrestation récente de dizaines de cadres du Hamas en Cisjordanie, étaient en nette recrudescence. Plus de 4500 projectiles ont été tirés durant le conflit, rappellent les auteurs du rapport, si bien que 10.000 Israéliens ont été contraints de fuir la zone frontalière. Dix jours après le début des hostilités, Tsahal décidait de conduire une opération terrestre «limitée» dans l’enclave, afin de détruire les 32 tunnels offensifs percés par le mouvement islamiste pour conduire des infiltrations en territoire israélien. Cette confrontation, qui a duré 51 jours au total, s’est soldée par la mort d’environ 2200 palestiniens, ainsi que de 67 soldats israéliens et de six civils résidant près de la frontière.

Fidèles à l’argumentaire employé par Tsahal durant le conflit, les auteurs du rapport accusent le Hamas non seulement d’avoir visé de manière indiscriminée des civils israéliens, mais aussi d’avoir délibérément mis en danger la population palestinienne en dissimulant ses lance-roquettes et ses combattants au cœur de zones densément peuplées. 18.000 habitations ont été détruites par les bombardements israéliens, selon le décompte de l’ONU. «L’armée israélienne, plaident les rapporteurs, a été confrontée à des combattants déguisés en civils ou en soldats israéliens, à des habitations converties en postes de commandement militaire, à des immeubles de plusieurs étages employés comme points de surveillance, à des minarets utilisés par des snipers, à des écoles transformées en entrepôts d’armes, à des structures civiles piégées au moyen d’explosifs et à des ouvertures de tunnels situés au beau milieu de quartiers d’habitations.»

Les auteurs, qui accusent les factions palestiniennes d’avoir exploité avec cynisme l’émotion suscitée par les nombreuses victimes, citent des manuels du Hamas découverts par l’armée israélienne. Ces documents «démontrent que la stratégie était d’importer les hostilités en milieu urbain, et d’utiliser les zones bâties et la présence de population civile pour en tirer un avantage tactique et politique», précisent-ils, avant d’affirmer: «C’est dans ce contexte que les dommages infligés à la population et aux infrastructures civiles doivent être évalués».

S’appuyant sur les analyses conduites par l’armée israélienne, le rapport affirme que 44 % des tués palestiniens étaient des combattants affiliés au Hamas, au djihad islamique ou à d’autres factions. Cette estimation contredit de façon spectaculaire celle avancée par l’ONU, selon laquelle plus de 75 % des victimes étaient des civils non engagés dans les combats. «Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice, a déclaré Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. Ce document prouve de manière incontestable que les opérations conduites par l’armée israélienne étaient conformes au droit international.»

Les autorités israéliennes, qui attendent avec une certaine inquiétude le rapport de la commission des droits de l’homme de l’ONU, estiment avoir allumé un efficace contre-feu. Elles espèrent par ailleurs couper l’herbe sous le pied de la Cour pénale internationale, qui s’interroge sur l’opportunité d’ouvrir une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis l’été dernier à Gaza.

« Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre »

L’Association de la presse étrangère à Jérusalem
Pour faire bonne mesure, le ministère des Affaires étrangères a mis en ligne un dessin animé qui vise manifestement à discréditer la couverture du conflit par la presse internationale. Ce document d’une quarantaine de secondes met en scène un reporter de télévision présenté comme un doux imbécile, qui refuse de voir les exactions perpétrées par le Hamas. En l’absence de journalistes israéliens, qui ont interdiction d’entrer dans la bande de Gaza, le travail des journalistes étrangers durant le conflit a été régulièrement critiqué par les autorités israéliennes.

Ceux-ci se sont notamment vus reprocher de ne pas avoir diffusé d’images montrant les sites de lancements de roquettes ou les combattants du Hamas en milieu urbain. Mais des témoignages de militaires israéliens publiés par l’ONG Breaking the silence ont depuis lors confirmé que ceux-ci opéraient très largement à l’abri des regards. «Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre», a regretté l’Association de la presse étrangère à Jérusalem.

Voir aussi:

Gaza : Israël retire un dessin animé qui ridiculisait la presse étrangère
la Presse

21/06/2015

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche. « L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ». Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers. Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran. L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.
Par : AFP

Voir également:

Israël retire une vidéo qui ridiculisait la presse étrangère
Le dessin animé tournait en dérision la couverture dans la bande de Gaza de l’opération Bordure protectrice

i24news avec AFP

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche.

« L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ».

Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers.

Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien.

Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.

« Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », a annoncé la FPA dans un communiqué.

« Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press ». a-t-elle souligné.

« Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », pouvait-on encore lire dans le communiqué.

 Voir encore:

Gaza : les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

Le Point

17/06/2015

VIDÉO. Un dessin animé dénonce l’extrême naïveté supposée de la couverture médiatique de la guerre, à l’été 2014, par les journalistes étrangers.

La diffusion du film intervient peu avant la publication d’un rapport de l’Onu attendu comme très défavorable à Israël.

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014. Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères, met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule.

Il explique comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui. Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a « pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste », alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rues dont le stand est décoré du drapeau homosexuel. Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza », s’inscrivent à l’écran.

17 journalistes morts

L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite « surprise » et « alarmée ». « Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2 100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », dit la FPA dans un communiqué. Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. « Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », dit-elle. Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains.

Voir encore:

Guerre à Gaza : la commission d’enquête de l’ONU accuse Israël et le Hamas
Cyrille Louis
Le Figaro

22/06/2015

Un rapport dénonce les exactions commises par l’armée israélienne et l’organisation palestinienne lors de l’Operation bordure protectrice à Gaza en 2014.
Correspondant à Jérusalem

La commission indépendante chargée par l’ONU d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, du 7 juillet au 26 août 2014 dans la bande de Gaza, indique avoir recueilli «des informations substantielles mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis à la fois par Israël et par les groupes armés palestiniens». «L’étendue des dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent», a dénoncé lundi Mary McGowan Davis, la présidente de cette commission, au moment de publier son rapport. Ce document de 183 pages sera débattu le 29 juin devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

«L’étendue de dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent»

Les auteurs de l’enquête, qui n’ont été autorisés à se rendre ni à Gaza, ni en Israël, ni dans les territoires palestiniens occupés, ont néanmoins pu interroger plus de 280 victimes et témoins de cette guerre. Ils ont également exploité quelque 500 dépositions livrées par écrit. Le ministère israélien des Affaires étrangères a d’emblée rejeté leur rapport, jugeant qu’«il a été commandé par une institution notoirement partiale». «Il est regrettable que ce document ne tienne pas compte de la différence profonde entre le comportement moral d’Israël durant l’opération Bordure protectrice, et celui des organisations terroristes auquel nous avons été confrontées», dénonce un communiqué officiel du gouvernement.

Les auteurs du rapport d’enquête rappellent que les factions armées palestiniennes ont tiré de manière indiscriminée 4881 roquettes et 1753 obus de mortier en direction d’Israël durant les 51 jours de guerre, terrorisant la population, tuant six civils et en blessant plus de 1600. Ils dénoncent aussi l’utilisation de 14 tunnels offensifs creusés pour permettre des incursions militaires sur le sol israélien. «La présence de ces infrastructures a traumatisé les civils israéliens, qui ont eu peur de pouvoir être attaqués à tout moment par des hommes armés venus du sous-sol», précisent-ils.

Mais c’est incontestablement à l’armée et aux dirigeants israéliens que la commission d’enquête réserve ses flèches les plus acérées. Elle condamne notamment l’«usage intensif d’armes conçues pour tuer et blesser sur un large périmètre». «Bien qu’elles ne soient pas illégales, leur utilisation dans des zones densément peuplées a rendu hautement probable la mort indiscriminée de civils et de combattants», écrivent les auteurs. Ils soulignent que 142 familles ont perdu au moins trois de leurs membres dans ce type de frappes. Au total, la commission affirme que 1462 civils Palestiniens, dont 551 enfants, ont trouvé la mort durant ce conflit.

«Israël ne commet pas de crimes de guerre»

S’il ne lui appartient pas de caractériser d’éventuelles infractions au droit international, la commission d’enquête dénonce le manque d’empressement de l’Etat hébreu à sanctionner ces «violations». «Israël doit rompre avec son incapacité lamentable à poursuivre les auteurs d’infractions», insiste Mary McGowan Davis, qui dénonce un climat d’«impunité». «Nous avons été très déçus d’apprendre que l’enquête criminelle ouverte après la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014, avait été classée sans suite», a-t-elle notamment dénoncé, regrettant que les nombreux journalistes présents ce jour-là n’aient pas été interrogés par l’armée israélienne.

Sans surprise, les dirigeants israéliens ont repoussé ces accusations. «Israël ne commet pas de crimes de guerre», a déclaré lundi Benyamin Nétanyahou, qui a récemment invité les Israéliens à ne pas «perdre de temps» à lire ce rapport de l’ONU. Le premier ministre a mis en doute l’honnêteté de la commission d’enquête dès sa constitution, en septembre 2014. Son gouvernement a notamment pris pour cible et obtenu la démission de son président. William Schabas, un professeur de droit canadien, a été vilipendé pour d’anciennes prises de position anti-israéliennes. Les diplomates israéliens ont depuis lors continué de faire référence à la «commission Schabas», espérant ainsi discréditer un rapport dont ils redoutaient depuis plusieurs mois les conclusions.

Voir de plus:

Washington demande à l’ONU d’ignorer le rapport « partial » de la guerre de Gaza
Le porte-parole du Département d’Etat affirme qu’il n’est pas nécessaire que le Conseil de Sécurité débatte de ce rapport
Times of Israel Staff

24 juin 2015

Le rapport de l’ONU émis à propos des possibles crimes de guerre pendant le conflit de Gaza l’été dernier ne doit pas être présenté au Conseil de sécurité ou utilisé dans d’autres travaux des Nations unies, ont exhorté les Etats-Unis mardi contestant l’équité du Conseil des droits de l’Homme (CDH) à l’origine de l’enquête.

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Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, a déclaré que Washington considérait le CDH comme ayant un « parti pris évident » contre Israël, ce qui ternis le rapport publié lundi, qui a accusé Israël et les membres des groupes armés palestiniens de possibles crimes de guerre lors du conflit de 50 jours l’été dernier.

« [N] ous contestons le fondement même sur lequel ce rapport a été rédigé, et nous ne croyons pas qu’il y ait un appel ou une nécessité pour tout autre travail du Conseil de sécurité sur cette

», a déclaré Kirby lors d’une conférence de presse.

« [N] ous rejetons le fondement en vertu duquel cette commission particulière d’enquête a été établie en raison de sa partialité très nette contre Israël ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) devrait discuter du rapport le 29 juin et pourrait voter de l’envoyer au Conseil de sécurité qu’il poursuive l’action. Lundi, Kirby a déclaré que les Etats-Unis ne feraient pas partie de ce processus.

Lorsqu’on lui a demandé si le rapport devait être déférée à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour qu’elle d’enquête sur les deux parties pour crimes de guerre, Kirby a simplement répondu que les Etats-Unis ne « souten[aient] aucun autre travail de l’ONU sur ce rapport ».

La CPI a été créée par les Nations unies, mais pas directement sous son égide.

Kirby a également précisé que les États-Unis continuaient à évoquer avec Israël ses préoccupations sur la conduite de l’armée pendant la guerre de l’été dernier.

« Nous nous sommes montrés très clairs sur les problèmes que nous avions à l’époque avec l’usage de la force et nous nous sommes montrés très clairs auprès du gouvernement israélien sur nos préoccupations au sujet de ce qui se passait pendant ce conflit », a-t-il souligné.

« Nous avons un dialogue permanent avec le gouvernement d’Israël sur toutes ces sortes de choses ; le dialogue a continué et continue ».

Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a déclaré que l’administration étudiait le rapport.

Même si Israël a un « droit à l’auto-défense », les Etats-Unis « ont exprimé sa profonde préoccupation au sujet des civils dans la bande de Gaza qui étaient en danger [pendant la guerre].

« Et nous avons exhorté toutes les parties à faire tout leur possible pour protéger les civils innocents qui ont été essentiellement pris dans les échanges de tirs de ce conflit », a déclaré Earnest. « Nous attendons d’autres conclusions du gouvernement israélien sur cette question en particulier ».

Le rapport de l’ONU, qui a constaté que les frappes aériennes israéliennes sur les bâtiments résidentiels ont causé de nombreux morts parmi les civils et les a suggéré que les dirigeants israéliens les ont sciemment mis en danger, a été fermement rejeté par les responsables israéliens.

L’une des premières réponses au rapport étaient celle du ministère des Affaires étrangères qui a déclaré que le gouvernement israélien était en train d’examiner les conclusions, mais a rejeté le mandat « moralement vicié » donné à l’UNHRC pour enquêter sur la guerre.

« Il est regrettable que le rapport ne parvienne pas à reconnaître la profonde différence entre le comportement moral d’Israël lors de l’opération Bordure protectrice et les organisations terroristes auxquelles il s’est confronté », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Ce rapport a été commandé par une institution notoirement partiale, qui a donné un mandat évidemment partial, et a initialement été dirigé par un président grossièrement biaisé, William Schabas », a indiqué le communiqué, notant le traitement démesuré du CDH – par rapport aux principaux pays violant les droits de l’Homme comme l’Iran, la Corée du Nord et d’autres – des infractions alléguées d’Israël.

« Israël est une démocratie attachée à la primauté du droit, forcé de se défendre contre les terroristes palestiniens qui commettent un double crime de guerre : ils ciblent aveuglément des civils israéliens tout en mettant en danger de manière délibérée des civils palestiniens, dont des enfants, en les utilisant comme des boucliers humains », a conclu le communiqué israélien.

Le rapport a également constaté que des roquettes des « groupes armés palestiniens » avaient tiré aveuglément sur des civils israéliens, une constatation qui a été rejetée par le groupe terroriste du Hamas qui est de facto au pouvoir à Gaza.

Les responsables israéliens ont refusé de coopérer avec la commission d’enquête et l’ont rejetée depuis la formation du panel car ils l’ont considérée comme étant partiale et écrite à l’avance.

Schabas, le professeur juif canadien qui a d’abord dirigé la commission d’enquête du HRC, a démissionné en février en raison des accusations de partialité de la part d’Israël qui pesaient contre lui et a été remplacé par l’ancienne juge de New York Mary McGowan Davis.

AFP et Mitch Ginsburg ont contribué à cet article.

Voir par ailleurs:

Le « burn-out » des pilotes de drone de l’armée américaine
Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

17.06.2015

La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord.

Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs. Le responsable de la base de Creech, dans le Nevada, où sont conduites les missions à distance, le colonel James Cluff, avait expliqué en mai que cette réduction visait à maintenir le groupe constitué par ces pilotes « en bon état ». Le nombre de missions (« Combat Air Patrol ») a quasiment doublé entre 2008 et 2014. Selon les chiffres donnés par le quotidien new-yorkais, les Predator et Reaper ont effectué 3 300 sorties et tiré 875 missiles depuis le mois d’août.

Alors que la base de Creech est visée régulièrement par des manifestations pacifistes, le New York Times rappelle qu’un rapport du Pentagone, en 2013, avait montré que les pilotes de drones subissaient les mêmes pressions psychologiques que les pilotes d’avions de guerre.

Stress lié à la crainte des dommages collatéraux

Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques.

L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen.

Le recours massif aux frappes de drones avait été développé initialement par l’armée israélienne au cours de la seconde intifada. Il avait permis la mise hors combat de dizaines de miliciens et de responsables politiques, notamment à Gaza, sans pour autant parvenir à affaiblir durablement leurs organisations. La première frappe de drone répertoriée au Yémen avait été conduite le 3 novembre 2002. Elles se sont multipliées depuis sans contrecarrer l’implantation des djihadistes.

 Voir enfin:

CREECH AIR FORCE BASE, Nev. — After a decade of waging long-distance war through their video screens, America’s drone operators are burning out, and the Air Force is being forced to cut back on the flights even as military and intelligence officials are demanding more of them over intensifying combat zones in Iraq, Syria and Yemen.

The Air Force plans to trim the flights by the armed surveillance drones to 60 a day by October from a recent peak of 65 as it deals with the first serious exodus of the crew members who helped usher in the era of war by remote control.

Air Force officials said that this year they would lose more drone pilots, who are worn down by the unique stresses of their work, than they can train.

“We’re at an inflection point right now,” said Col. James Cluff, the commander of the Air Force’s 432nd Wing, which runs the drone operations from this desert outpost about 45 miles northwest of Las Vegas.

The reduction could also create problems for the C.I.A., which has used Air Force pilots to conduct drone missile attacks on terrorism suspects in Pakistan and Yemen, government officials said. And the slowdown comes just as military advances by the Islamic State have placed a new premium on aerial surveillance and counterattacks.

Some top Pentagon officials had hoped to continue increasing the number of daily drone flights to more than 70. But Defense Secretary Ashton B. Carter recently signed off on the cuts after it became apparent that the system was at the breaking point, Air Force officials said.

The biggest problem is that a significant number of the 1,200 pilots are completing their obligation to the Air Force and are opting to leave. In a recent interview, Colonel Cluff said that many feel “undermanned and overworked,” sapped by alternating day and night shifts with little chance for academic breaks or promotion.

At the same time, a training program is producing only about half of the new pilots that the service needs because the Air Force had to reassign instructors to the flight line to expand the number of flights over the past few years.

Colonel Cluff said top Pentagon officials thought last year that the Air Force could safely reduce the number of daily flights as military operations in Afghanistan wound down. But, he said, “the world situation changed,” with the rapid emergence of the Islamic State, and the demand for the drones shot up again.

Officials say that since August, Predator and Reaper drones have conducted 3,300 sorties and 875 missile and bomb strikes in Iraq against the Islamic State.

What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed.

“Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said.

While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general.

A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan.

Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.”

The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year.

Another former pilot, Bruce Black, was part of a team that watched Abu Musab al-Zarqawi, the founder of Al Qaeda in Iraq, for 600 hours before he was killed by a bomb from a manned aircraft.

“After something like that, you come home and have to make all the little choices about the kids’ clothes or if I parked in the right place,” said Mr. Black, who retired as a lieutenant colonel in 2013. “And after making life and death decisions all day, it doesn’t matter. It’s hard to care.”

Colonel Cluff said the idea behind the reduction in flights was “to come back a little bit off of 65 to allow some breathing room” to replenish the pool of instructors and recruits.

The Air Force also has tried to ease the stress by creating a human performance team, led by a psychologist and including doctors and chaplains who have been granted top-secret clearances so they can meet with pilots and camera operators anywhere in the facility if they are troubled.

Colonel Cluff invited a number of reporters to the Creech base on Tuesday to discuss some of these issues. It was the first time in several years that the Air Force had allowed reporters onto the base, which has been considered the heart of the drone operations since 2005.

The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate.

Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. Anti-drone protesters are periodically arrested as they try to block pilots from entering the base, where signs using the drone wing’s nickname say, “Home of the Hunters.”


Gaza: Attention, un silence peut en cacher un autre ! (Breaking the silence over why Israel’s view of the enemy is becoming more extreme)

9 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
https://pbs.twimg.com/media/CBc3Ks4UUAAtpYu.jpg:large
https://i2.wp.com/www.europe-israel.org/wp-content/uploads/2014/08/BH6.jpgLes frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Afghanistan: l’armée française tue par erreur quatre jeunes garçons Jean-Dominique Merchet (blog de journaliste, 24.04.10)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d’ »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu’ »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Ce qui est arrivé au quartier Dahiya de Beyrouth en 2006 arrivera à tous les villages qui servent de base à des tirs contre Israël. […] Nous ferons un usage de la force disproportionné et y causerons de grands dommages et destructions. De notre point de vue, il ne s’agit pas de villages civils, mais de bases militaires. […] Il ne s’agit pas d’une recommandation, mais d’un plan, et il a été approuvé.  Gadi Eisenkot (commandant israélien de la division nord)
Frapper un grand coup n’est pas nécessairement immoral. Parfois cela peut même sauver des vies à plus long terme, parce que si vous frappez un grand coup, vous réduisez les possibilités que la guerre dure longtemps ou d’un deuxième round. Avi Kober (expert israélien en affaires militaires)
Je ne crois pas qu’une armée ait jamais fait plus d’efforts dans l’histoire militaire pour réduire le nombre des civils blessés et des décès des personnes innocentes que ne le font actuellement les forces armées d’Israël à Gaza. Colonel Richard Kemp (ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan)
Je crois qu’en raison de l’énorme destruction, les habitants de Gaza ont compris que cela ne mène nulle part. Quand la construction commencera – avec des fonds de l’Europe, de l’Arabie Saoudite et d’autres endroits – et que les gens auront reconstruit leurs maisons, je ne crois pas qu’ils accepteront d’y remettre des lance-roquettes le jour suivant. Regardez ce qui s’est passé au lendemain de la deuxième guerre du Liban. Le Hezbollah a multiplié les menaces mais n’a pas envoyé la moindre roquette cette fois. Pourquoi? Parce que les habitants du Sud-Liban dont les maisons avaient été détruites ont dit: ‘Pour quoi faire ? Pourquoi recommencer tout ça?’. (…) Après les erreurs de la deuxième guerre du Liban, les soldats avaient peur, la population israélienne avait peur, les médias ont averti que ce serait une guerre dure et sans précédent. Hamas avait averti: ‘Si vous entrez dans Gaza, nous en ferons votre cimetière; il y aura des mines et des guet-apens partout’. Donc il y avait une vraie peur. Cette crainte nous a fait frapper trop fort. Il n’y a aucun doute que des choses dures se sont produites là-bas. Mais d’un autre côté, quand vous comparez aux batailles récentes de par le monde, cela n’a pas été si extraordinaire. A Fallujah, par exemple, environ 6 000 personnes ou 2,3 % de la population de cette ville irakienne ont été tuées par les forces américaines; et les Irakiens n’avaient jamais tiré sur Washington ou New York. En comparaison, le nombre de victimes à Gaza a été très bas. A.B. Yehoshua (écrivain israélien pacifiste)
With an outbreak of hostilities, the IDF will need to act immediately, decisively, and with force that is disproportionate to the enemy’s actions and the threat it poses. Such a response aims at inflicting damage and meting out punishment to an extent that will demand long and expensive reconstruction processes. The strike must be carried out as quickly as possible, and must prioritize damaging assets over seeking out each and every launcher. Punishment must be aimed at decision makers and the power elite. In Syria, punishment should clearly be aimed at the Syrian military, the Syrian regime, and the Syrian state structure. In Lebanon, attacks should both aim at Hizbollah’s military capabilities and should target economic interests and the centers of civilian power that support the organization. Moreover, the closer the relationship between Hizbollah and the Lebanese government, the more the elements of the Lebanese state infrastructure should be targeted. Such a response will create a lasting memory among Syrian and Lebanese decision makers, thereby increasing Israeli deterrence and reducing the likelihood of hostilities against Israel for a an extended period. At the same time, it will force Syria, Hizbollah, and Lebanon to commit to lengthy and resource-intensive reconstruction programs. Recent discussion of “victory” and “defeat” in a future war against Hizbollah has presented an overly simplistic approach. The Israeli public must understand that overall success cannot be measured by the level of high trajectory fire against Israel at the end of the confrontation. The IDF will make an effort to decrease rocket and missile attacks as much as possible, but the main effort will be geared to shorten the period of fighting by striking a serious blow at the assets of the enemy. Israel does not have to be dragged into a war of attrition with Hizbollah. Israel’s test will be the intensity and quality of its response to incidents on the Lebanese border or terrorist attacks involving Hizbollah in the north or Hamas in the south. In such cases, Israel again will not be able to limit its response to actions whose severity is seemingly proportionate to an isolated incident. Rather, it will have to respond disproportionately in order to make it abundantly clear that the State of Israel will accept no attempt to disrupt the calm currently prevailing along its borders. Israel must be prepared for deterioration and escalation, as well as for a full scale confrontation. Such preparedness is obligatory in order to prevent long term attrition. The Israeli home front must be prepared to be fired upon, possibly with even heavy fire for an extended period, based on the understanding that the IDF is working to reduce the period of fighting to a minimum and to create an effective balance of deterrence. This approach is applicable to the Gaza Strip as well. There, the IDF will be required to strike hard at Hamas and to refrain from the cat and mouse games of searching for Qassam rocket launchers. The IDF should not be expected to stop the rocket and missile fire against the Israeli home front through attacks on the launchers themselves, but by means of imposing a ceasefire on the enemy. Gabi Siboni
Il y n’y a que deux moyens d’aborder la question d’une manière efficace: occuper le territoire sur la durée et affaiblir systématiquement l’ennemi, ou entrer en force et porter un coup rapide mais fulgurant. A Gaza, l’armée israélienne a choisi la deuxième option, et donc, elle a eu tout-à-fait raison en termes militaires d’employer une puissance de feu massive. Vous devez frapper dur, entrer et sortir vite et prendre l’ennemi par surprise. Et surtout, vous ne devez jamais vous excuser. Parce que si vous le faites, vous démoralisez votre propre camp avant même de commencer. En dépit de toute les critiques, la guerre du Liban de 2006 a été un succès, parce que le Hezbollah n’a pas réattaqué depuis. En d’autres termes, nous sommes parvenus à casser la volonté de combattre du Hezbollah et je pense qu’il y a une possibilité raisonnable d’arriver au même résultat avec le Hamas à Gaza, où la performance de Tsahal était meilleure et les pertes inférieures. Martin van Creveld (historien militaire)

Nous  avons  réussi,  notre  récit  a  pris  le dessus !
Ismaël  Haniyeh (ancien premier  ministre  du  Hamas, Al-Jazeera, 29 août 2014)
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
While the testimonies include pointed descriptions of inappropriate behavior by soldiers in the field, the more disturbing picture that arises from these testimonies reflects systematic policies that were dictated to IDF forces of all ranks and in all zones. The guiding military principle of “minimum risk to our forces, even at the cost of harming innocent civilians,” alongside efforts to deter and intimidate the Palestinians, led to massive and unprecedented harm to the population and the civilian infrastructure in the Gaza Strip. This policy was evident first and foremost during the briefings provided to the forces before entering Gaza. Many soldiers spoke of a working assumption that Palestinian residents had abandoned the neighborhoods they entered due to the IDF’s warnings, thus making anyone located in the area a legitimate target – in some cases even by direct order. This approach was evident before the ground incursion, when the neighborhoods IDF forces entered suffered heavy shelling, as part of the “softening” stage. This included, among other things, massive use of statistical weapons, like cannons and mortars, which are incapable of precise fire. They are intended for broad area offensives, through the random distribution of shells over a range that can reach up to hundreds of meters from the original target (see testimonies 1, 88, and 96). In practice, during the preliminary shelling, the army pounded populated areas throughout the Strip with artillery shells in order to scare off enemy combatants who were in the area, and at times also to urge the civilian population to flee. (…) This policy changed for various reasons, including the dwindling of the target lists, the desire to prevent Hamas from, attaining a “display of victory” ahead of the ceasefires, and the desire to attack as many targets as possible before the ceasefires went into effect. The top echelons of the IDF command determined these changes in the open-fire policy. At least in some cases, the deliberations and circumstances that led to changes in this policy were not directly related to the combat itself or to defending the troops in the field – but rather served political and diplomatic interests. Breaking the silence
This is combat in an urban area, we’re in a war zone. The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved.’ In that situation, anyone there is involved. Everything is dangerous; there were no special intelligence warnings such as some person, or some white vehicle arriving… No vehicle is supposed to be there – if there is one, we shoot at it. Anything that’s not ‘sterile’ is suspect. There was an intelligence warning about animals. If a suspicious animal comes near, shoot it. In practice, we didn’t do that. We had arguments about whether or not to do it. But that was just a general instruction; in practice you learn to recognize the animals because they are the only ones wandering around. Israeli soldier
There isn’t a soul around, the streets are empty, no civilians. At no point did I see a single person who wasn’t a soldier. (…) To try and trigger a response, to deter. Our objective at that time was not to eliminate anyone we saw – our objective was to blow up the two tunnels we were sitting right on top of. We kept this line for five days and made sure no one came near. Why would anyone come near? To die? During the talk the unit commander explained that it wasn’t an act of revenge. That the houses situated on a high axis on this side of the ridge dominated the entire area between [the separation fence with] Israel and the neighborhood, and that is why they couldn’t be left standing. They also overlook the Israeli towns and allow for them to be shelled with mortars. At a certain point we understood it was a pattern: you leave a house and the house is gone – after two or three houses you figure out that there’s a pattern. The D9 (armored bulldozer)comes and flattens it. (…) Often there were reports that the tunnels (dug by Palestinian militants) were being dug inside greenhouses to camouflage them. Israeli soldier
We were staying in abandoned houses. The people’s stuff was left inside, but not things like electrical appliances. They must have taken everything – they fled. I did not see any casualties that were not clearly enemies there, because everyone was told to flee north from the very start. That’s what we knew. They left their houses closed up tight. It was clear that people had been preparing for our entry. [When we went in] we turned the houses upside down, because there was no other choice, you had to. We found weapons. Israeli soldier
They went over most of the things viewed as accomplishments. They spoke about numbers: 2,000 dead and 11,000 wounded, half a million refugees, decades worth of destruction. Harm to lots of senior Hamas members and to their homes, to their families. These were stated as accomplishments so that no one would doubt that what we did during this period was meaningful. Israeli soldier
There was this mentally handicapped girl in the neighborhood, apparently, and the fact that shots were fired near her feet only made her laugh (earlier in his testimony the soldier described a practice of shooting near
people’s feet in order to get them to distance themselves from the forces). She would keep getting closer and it was clear to everyone that she was mentally handicapped, so no one shot at her. No one knew how to deal with this situation. She wandered around the areas of the advance guard company and some other company – I assume she just wanted to return home, I assume she ran away from her parents, I don’t think they would have sent her there. It is possible that she was being taken advantage of – perhaps it was a show, I don’t know. I thought to myself that it was a show, and I admit that I really, really wanted to shoot her in the knees because I was convinced it was one. I was sure she was being sent by Hamas to test our alertness, to test our limits, to figure out how we respond to civilians. Later they also let loose a flock of sheep on us, seven or ten of whom had bombs tied to their bellies from below. I don’t know if I was right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get the message that ‘OK, maybe I shouldn’t be here,’ and she turned and walked away. The reason this happened is that earlier that day I was t know if׳I don right or wrong, but I was convinced that this girl was a test. Eventually, enough people fired shots near her feet for her to apparently get,OK׳ the message thatt be׳I shouldn maybe and she turned ׳,here and walked away. The reason this happened is that earlier that day we heard about an old man who went in the direction of a house held by a different force; [the soldiers] didn’t really know what to do so they went up to him. This guy, 70 or 80 years old, turned out to be booby-trapped from head to toe. From that moment on the protocol was very, very clear: shoot toward the feet. And if they don’t go away, shoot to kill. Israeli soldier
There was a mosque identified [as a hostile target] that we were watching over. This mosque was known to have a tunnel [opening] in it, and they thought that there were Hamas militants or something inside. We didn’t spot any in there – we didn’t detect anything, we didn’t get shot at. Nothing. They told us: “There aren’t supposed to be any civilians there. If you spot someone, shoot.” Israeli soldier
If the family had no phone and a ‘roof knocking’ was conducted, and after a few minutes no one came out, then the assumption was that there was no one there. You were working under the assumption that once a ‘roof knocking’ was conducted everyone leaves the building immediately, and if nobody leaves it means there was no one inside? People who are willing to sacrifice themselves, there’s nothing you can do. We have no way of knowing if there were people in there who decided not to get out. Israeli soldier
It’s like “Call of Duty” (a first-person shooter video game). Ninety-nine percent of the time I was inside a house, not moving around – but during the few times we passed from place to place I remember that the level of destruction looked insane to me. It looked like a movie set, it didn’t look real. Israeli soldier
We entered a neighborhood with orchards, which is the scariest. There were lots of stories going around about being surprised by tunnels or explosive devices in these orchards. When you go in you fire at lots of suspicious places. You shoot at bushes, at trees, at all sorts of houses you suddenly run into, at more trees. You fire a blast and don’t think twice about it. When we first entered [the Gaza Strip] there was this ethos about Hamas – we were certain that the moment we went in our tanks would all be up in flames. But after 48 hours during which no one shoots at you and they’re like ghosts, unseen, their presence unfelt – except once in a while the sound of one shot fired over the course of an entire day – you come to realize the situation is under control. And that’s when my difficulty there started, because the formal rules … they warned us, they told us that after a ceasefire the population might return, and then they repeated the story about the old man who asked for water (earlier in his testimony the testifier described a briefing in which an incident was described where an elderly Palestinian man asked soldiers for water and then threw grenades at the forces). Israeli soldier
We’re blowing up this house, but we can’t eat this bag of Bamba (peanut butter snacks)? Israeli soldier
I never saw anything like it, not even in Lebanon. There was destruction there, too – but never in my life did I see anything like this. When we got there, there were white flags on all the rooftops. We had been prepared for something very… For some very glorious combat, and in the end it was quiet. After three weeks in Gaza, during which you’re shooting at anything that moves – and also at what isn’t moving, crazy amounts – you aren’t anymore really … Israeli soldier
 « The rules of engagement are pretty identical: Anything inside [the Gaza Strip] is a threat, the area has to be ‘sterilized,’ empty of people – and if we don’t see someone waving a white flag, screaming ‘I give up’ or something, then he’s a threat and there’s authorization to open fire.” Haaretz
Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows. The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer. According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video. (…) An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. » In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm. Haaretz
During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive. (…) The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. (…) Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered. Haaretz
To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. IDF soldier
The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead. Haaretz
Il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les Palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires. Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste. Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés. De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle. Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au Moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant. Danilette

Frappes aveugles et aléatoires sur l’ensemble des villes; centaines de kilomètres de tunnels offensifs jusqu’aux zones habitées; enlèvements et menaces d’enlèvement de soldats; militaires sans uniformes déguisés en civils; guerre de rues où tous les coups sont permis; population civile et biens de caractère civil utilisés comme boucliers humains; installations de commandements, armements ou munitions dans maisons d’habitation, écoles, lieux de culte; piégeage de maisons, animaux, vieillards, femmes, enfants ou handicapés mentaux …

Attention: un silence peut en cacher un autre !

A l’heure où nos belles âmes se félicitent de l’élimination ô combien méritée du cerveau des récents attentats de Paris

Par les drones d’un prix Nobel de la paix qui tout en se refusant à prononcer le nom même de l’ennemi en est quand même bientôt …

Dans la plus grande indifférence et femmes et enfants compris à son 2 500e carton …

Et qu’après avoir courageusement abandonné l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Qui s’étonne …

De l’étrange acharnement des mêmes belles âmes sur les prétendus crimes de guerre

D’une armée tentant de défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas ?

Et qui prend la peine de se demander la raison

De la « vision israélienne » prétendument « extrême »  …

Derrière l’apparente disproportion des destructions …

 De ceux qui en avaient cyniquement transformées les cibles en objectifs militaires ?

Gaza : Brisons le silence ?
Ded Zep
Danilette
6 mai 2015

L’éthique de l’Armée Israélienne, une des plus rigoureuses, car créée et encadrée par des sociologues et des philosophes au sortir de la barbarie nazie ne serait plus ?

Israël aurait-elle surtout pensé à protéger ses propres soldats, au détriment de la population civile palestinienne, lors de la dernière guerre contre l’islamisme intégriste du Hamas ?

« Une ONG israélienne, Breaking The Silence, sur la foi d’entretiens avec une soixantaine d’anciens combattants du conflit, estime que Tsahal a infligé des ‘préjudices massifs et sans précédent’ aux civils palestiniens pendant ce conflit en tirant à l’aveugle et en négligeant ses règles d’engagement ».

Ce qu’il y a de bien en Israël, c’est la transparence politique et éthique des institutions et des corps sociaux : Tsahal n’est pas la « grande muette » française dont la guerre d’Algérie n’a pas encore révélé plus de 50 ans après tous les aspects d’une guerre forcément sale.

Mais revenons sur la guerre contre le Hamas. Il faut bien comprendre, comme nous le découvrons hélas en France, que l’ennemi est invisible et peut frapper à tout moment.

Retour sur l’escalade ayant mené à une nouvelle intervention israélienne.
1. Tout d’abord des frappes aveugles, aléatoires de missiles tirés de gaza vers les villes israéliennes. Les villes, pas des objectifs militaires.
2. Des tirs sporadiques, puis de plus en plus rapprochés, de plus en plus violents.
3. Le gouvernement israélien commence par prendre des contacts dans le monde arabe pour essayer de faire cesser ces tirs. Des réunions secrètes tripartites avec l’Égypte, mais aussi les pays du Golfe sont organisées pour « convaincre » le Hamas de ne pas s’engager dans une spirale ne pouvant déboucher sur un nouveau conflit : aucun État ne peut supporter que l’on tire délibérément sur son armée, encore moins sur sa population civile sans réagir.
4. Les négociations échouent du fait du Hamas enfermé dans une logique islamiste et des conflits d’intérêts internes à la politique palestinienne : qui sera le mouvement palestinien perçu comme le plus « dur » avec Israël.
5. Israël durcit officiellement le ton et parle de plus en plus d’une possible intervention face à ce casus-belli.
6. Le Hamas réplique en indiquant que gaza sera le tombeau des juifs, et que de nouveaux militaires seront enlevés comme Guilad Shalit (gardé comme otage par les palestiniens « pendant plus de cinq années, soustrait au monde et au droit » – Bertrand Delanoë, maire de Paris -).
7. Le Hamas réplique aussi en disant que dans cette guerre des rues, tout vivant sera un piège pour les soldats israéliens : un âne, un chien, un enfant, une femme, un vieillard seront des kamikazes, des martyrs contre les sionistes.

L’exigence du « principe de distinction » entre combattant et civil
La décision de Tsahal de minimiser au maximum les pertes humaines au niveau de ses propres hommes découle directement de ces avertissements explicites des djihadistes palestiniens.
Il y a aussi l’apprentissage des précédents engagements militaires contre les Palestiniens : ce ne sont pas des soldats identifiables par leurs uniformes contre qui les soldats israéliens ont eut à faire mais à des militaires sans uniformes déguisés en civils !
• Militaires déguisés en civils. Ce principe est dénoncé dans l’article 48 du 1er Protocole additionnel des conventions de Genève :

« En vue d’assurer le respect et la protection de la population civile et des biens de caractère civil, les Parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs militaires. »

• L’utilisation de ses civils comme boucliers humains par l’une des Parties est interdite.

« Aucun principe n’est plus central à la loi humanitaire en tant de guerre que l’obligation de respecter la distinction entre combattants et non-combattants. Ce principe est violé et la responsabilité pénale est donc engagée lorsque des organisations utilisent des civils comme boucliers ou manifestent une indifférence injustifiée pour la protection des non-combattants. »

• Le droit des conflits armés établit clairement qu’il est formellement interdit aux Parties d’un conflit armé d’utiliser la population civile ou des installations civiles pour protéger des infrastructures militaires. L’article 51-7 du 1er Protocole additionnel des Conventions de Genève stipule :

« La présence ou les mouvements de population civile, ou de personnes civiles, ne doivent pas être utilisés pour mettre certains points ou certaines zones à l’abri d’opérations militaires, notamment pour tenter de mettre des objectifs militaires à l’abri d’attaques ou de couvrir, favoriser ou gêner des opérations militaires. Les Parties au conflit ne doivent pas diriger les mouvements de la population civile ou des personnes civiles ».

Les palestiniens postent leurs unités de tir de missile dans les parcs d’habitation entourés d’enfants, devants des bâtiments de l’ONU, dans des hôpitaux mettant ainsi délibérément ces lieux sous le feu de la réplique israélienne avec des dégâts permettant une guerre des images destinée à soulever l’indignation:
• dans un monde occidental peu informé, toujours prompt à condamner Israël,
• dans le monde arabe pour susciter la formation de nouveaux djihadistes contre les juifs du monde entier : Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi en sont les exemples récents revendiquant leurs actes pour « venger la mort des enfants palestiniens ».

Conflit conventionnel ou guerre au nom de l’islam ?
À ce titre il n’existe plus de conflit conventionnel dont le cadre légal peut être à postériori analysé. Israël ne fait que s’adapter à une nouvelle forme de guerre totale mêlant le conflit conventionnel à la guerre au nom de l’islam : les palestiniens entrainent des enfants soldats (filles comme garçons) au « martyr », c’est-à-dire à des actions kamikazes de civils contre des unités militaires.
Des vidéos sur ces entrainements prolifèrent sur internet et sont un des moyens de propagande des mouvements palestiniens dans une surenchère djihadiste.
Ne pas en tenir compte de par son positionnement politique sur le conflit israélo-palestinien serait une grave erreur; et un appui tacite au développement d’idéologie tendant à exposer les populations civiles dans des conflits armés.
De ce fait, le respect du Droit est à la base vicié : toute action militaire entrainant la mort de « civil » se verra condamné par un droit n’ayant jamais envisagé l’utilisation de la population comme arme potentielle.

Brisons le silence !
Alors oui, brisons le silence ! Brisons le silence sur une fausse guerre au nom d’une revendication de « libération » (Gaza n’est pas occupée) mais bien sur une idéologie islamiste palestinienne basée sur la destruction définitive du peuple juif au moyen orient : les chrétiens d’orient pourtant massivement anti-israéliens en découvrent aujourd’hui l’autre pendant.

Voir aussi:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »

Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes

L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir également:

Investigate Israel’s political leadership over civilian deaths in Gaza
Probing specific incidents of civilian fatalities in last summer’s Gaza war won’t alone contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially politicians.
Haaretz Editorial

May 6, 2015

“Anyone located in an IDF area, in areas the IDF took over – is not [considered] a civilian. That is the working assumption.” That statement, which appears in a report by Breaking the Silence that includes testimony from more than 60 soldiers and officers who participated in last summer’s war in the Gaza Strip, does a lot to explain the large number of civilian fatalities during Operation Protective Edge.

This statement and others like it that appear in the report also reveal the policy set by high-level officials, especially the elected politicians. This policy includes a warped interpretation of the Israel Defense Forces’ Code of Ethics – which says the state has an obligation to protect its soldiers’ lives that outweighs its obligation to protect the lives of civilians “on the other side” who aren’t involved in the fighting – and permits indiscriminate harm to civilians.

“The saying was: ‘There’s no such thing there as a person who is uninvolved,’” another testimony said, revealing a prima facie disregard for the most fundamental principle of the laws of war – the distinction between combatants and civilians. The testimony exposes a de facto policy characterized by permission to “shoot anywhere, nearly freely,” which contradicts both international law and Israeli law. The orders given under this policy ought to be considered patently illegal.

The Supreme Court’s ruling on the 1956 Kafr Qasem massacre stated that “a black flag … like a warning sign saying ‘Stop!’” flies over any order to shoot indiscriminately even at the price of killing innocents. “The illegality is glaringly apparent to the eye and infuriating to the heart, if the eye isn’t blind and the heart isn’t stony or corrupt,” the ruling said.

The Breaking the Silence report also reveals that the IDF tried to create the impression that the number of civilians killed was smaller than it really was – for instance, by classifying women who didn’t participate in the fighting but were shot to death as “terrorists.” There is also testimony about prima facie breaches of the obligation to take precautions to avoid harming civilians, as well as breaches of the prohibition on attacking a military target if disproportionate harm to civilians can be anticipated.

What is especially troubling about the report is the impression that these weren’t exceptional incidents, but settled policy. Therefore, investigating these specific incidents alone won’t contribute to uncovering the truth. An external probe must be launched that examines every level of official involved, and especially the elected politicians, because they’re the ones who bear responsibility for the policy that was implemented.

In an interview last week with Haaretz, Fatou Bensouda, prosecutor of the International Criminal Court in The Hague, said that the ICC only gets involved when a country refuses or is unwilling to conduct its own investigations. This is one investigation that Israel can and must conduct by itself.

 Voir encore:

Gaza testimonies / Diverting the debate from the real issue
A new wave of damning testimonies by IDF soldiers who fought in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction.
Amos Harel

Jul. 16, 2009

A new wave of damning testimonies by Israel Defense Forces soldiers who took part in the recent fighting in Gaza has unleashed a knee-jerk reaction from the already sensitive Israeli public. (Leading the charge was Defense Minister Ehud Barak, who on Wednesday demanded that all criticism in military matters be directed at him, not the soldiers.)

The testimonies were released by « Breaking the Silence, » an organization of former soldiers who use personal experiences to illustrate what they perceive to be the folly of Israeli policies in the Palestinian territories. Once again, the organization has been singled out for rebuke.

The response to the testimonies was taken – admittedly very skillfully – in one very specific direction: the reliability of the witnesses and their betrayal of IDF and Israeli society as a whole.

The IDF Spokesman’s Office dismissed Breaking the Silence as a private body focused on media manipulation. Kadima MK Otniel Schneller, a resident of the Maaleh Michmas settlement, demanded the anonymous soldier witnesses identify themselves. This demand took center stage in the efforts to discredit the troops who had spoken out.

So, it was asked, why won’t Breaking the Silence give any identifying details in their accounts, tying them to a specific sector, date or unit? Who would know, reporters heard IDF officers wonder aloud, whether the testimonials were delivered by actors reading from a script?

The nay-sayers should simmer down. The men behind the testimonies are soldiers, that is certain. Three of them met with Haaretz, at the paper’s request. While there is no definite way of vouching for the credibility of their reports, it is safe to say that they did fight in Gaza and that they provided enough authentic detail to prove that they are not imposters.

The refusal to disclose their identities, especially for those witnesses still completing their mandatory military service, stems from a fear of possible retribution, both from their commanders and from their peers.

Telling their stories to outside organizations, in particular the media, is seen as tattling. It was enough for these soldiers to hear from graduates of a pre-army prep course about the onslaught they faced after previous Cast Lead testimonies – vehemently denied in the Military Advocate General’s subsequent report – to understand that their fears are not unfounded. It will be interesting to hear the full version of events once these soldiers are discharged.

On the flip side, Breaking the Silence, founded in 2004 by veterans of the second intifada, has a clear political agenda, and can no longer be classed as a « human rights organization. » Any organization whose website includes the claim by members to expose the « corruption which permeates the military system » is not a neutral observer.

The organization has a clear agenda: to expose the consequences of IDF troops serving in the West Bank and Gaza. This seems more of interest to its members than seeking justice for specific injustices. The fact that the material was published just six months after the end of the conflict will diminish its impact in the eyes of a public supportive of their troops.

But this does not mean that the documented evidence, some of which was videotaped, is fabricated. It goes without saying, however, that the vague contextual descriptions hamper the possibility that the IDF could use such testimonies in a criminal investigation.

During the conflict in Gaza earlier this year, Israel did not use even close to the amount of firepower the U.S. military unleashed on Iraq’s civilian population. The IDF, as can be concluded from the reports themselves, did not systematically kill innocent people. It did use intense fire in crowded areas and issued fairly loose rules of engagement in order to meet the unwritten goal of the operation – a minimum of IDF casualties.

Among the lower ranks of some units, this translated to a certain unraveling in the wake of eight years of Qassam rockets (a period in which, despite our celebrated policy of restraint, several thousand Palestinians were killed) and a sentiment among some soldiers that the time had come to settle the score with the Gazans.

So where can Israel draw the line between self-flagellation and introspection? A month ago, Colonel Hertzi Halevy of the IDF Paratroopers Brigade held a conference on battle values, in which all battalion and brigade commanders took part. It was an extensive and thorough discussion, which heard from legal experts, journalists, a philosophy professor and even (good heavens!) a bona fide leftwing activist.

The Paratroopers officers felt they had done nothing for which they should feel ashamed. Instead of curling up in a defensive ball, they listened to the criticism with interest, although they rejected much of it in their own detailed responses.

International criticism, including an upcoming harsh UN report, will continue regardless. We can and must lead a debate on the matter within Israeli society, instead of responding to every claim with a chorus of « The IDF is the most moral army in the world » – as if that issue had already been settled in an Olympic event in which nations’ armies compete in a moral high jump.

One would hope that the IDF as a whole can follow the Paratroopers? lead, not just in the way its soldiers behave during battle, but in how it examines itself once the battle is over.

Voir de plus:

ANALYSIS / Can Israel dismiss its own troops’ stories from Gaza?
Testimonies of IDF soldiers show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 19, 2009

The statements of the Israel Defense Forces soldiers from the Yitzhak Rabin preparatory course provide the first, uncensored look at what occurred in some of the combat units in Operation Cast Lead.

It seems that what soldiers have to say is actually the way things happened in the field, most of the time. And as usual, reality is completely different from the gentler version provided by the military commanders to the public and media during the operation and after.

The soldiers are not lying, for the simple reason that they have no reason to. If you read the transcript that will appear in Haaretz Friday, you will not find any judgment or boasting. This is what the soldiers, from their point of view, saw in Gaza. There is a continuity of testimony from different sectors that reflects a disturbing and depressing picture.

The IDF will do everyone, and most of all itself, a big favor if it takes these soldiers and allegations seriously and investigates itself in depth. When statements came only from Palestinian witnesses or « the hostile press, » it was possible to dismiss them as propaganda that served the enemy. But what can be done when the soldiers themselves tell the story?

It’s possible that somewhere in the stories there were a few mistakes or exaggerations, because a squad or platoon leader does not always see the entire picture. But this is evidence, first hand, of what most Israelis would prefer to repress. This is how the army carried out its war against armed terrorists, with a civilian population of a million and a half people stuck in the middle.

In response to a question from Haaretz Wednesday, Danny Zamir, the head of the preparatory course, said he had decided to publish the discussion in the newsletter only after speaking with and writing to senior IDF officers a number of times. Zamir was told by General Staff officers that the operational inquiries into the fighting in Gaza, including the ethical inquiry, were still far from completion. The officers also said they had not encountered evidence of incidents of the type the soldiers described.

If the IDF really never heard about these incidents, the reasonable assumption is that it did not want to know. The soldiers describe the reality in combat units, from the level of company commander down. In the debriefings, the participants usually include company commanders up. It seems that except for isolated incidents, the rule is « you don’t ask, we won’t tell. »

The ones who finally let the dark secrets out were the soldiers in the combat units themselves. Somewhere along the way their moral warning lights went off.

In the coming days, in an effort to rebuff the claims, we will certainly hear about those who « pulled one over » on Zamir. In 1990, as a company commander in the reserves, Zamir was tried and sentenced to prison for refusing to guard a ceremony where right-wingers brought Torah scrolls to Joseph’s Tomb in Nablus. But even though Zamir does not hide his political opinions, a reading of the transcript shows he acts out of a deep concern for the spirit of the IDF.

The IDF’s ethical problems did not start in 2009. Such discussions also followed the Six-Day War. But a reserve officer who looked at the transcript Wednesday said: « This is not the IDF we knew. »

The descriptions show that Israel’s view of the enemy is becoming more extreme. The deterioration has been continuous – from the first Lebanon war to the second, from the first intifada to the second, from Operation Defensive Shield to Operation Cast Lead.

Voir de même:

IDF in Gaza: Killing civilians, vandalism, and lax rules of engagement
Haaretz expose gathers testimony of Gaza op incidents; IDF: We’ll check info, investigate as required.
Amos Harel

Haaretz

Mar. 18, 2009

During Operation Cast Lead, Israeli forces killed Palestinian civilians under permissive rules of engagement and intentionally destroyed their property, say soldiers who fought in the offensive.

The soldiers are graduates of the Yitzhak Rabin pre-military preparatory course at Oranim Academic College in Tivon. Some of their statements made on Feb. 13 will appear Thursday and Friday in Haaretz. Dozens of graduates of the course who took part in the discussion fought in the Gaza operation.

The speakers included combat pilots and infantry soldiers. Their testimony runs counter to the Israel Defense Forces’ claims that Israeli troops observed a high level of moral behavior during the operation. The session’s transcript was published this week in the newsletter for the course’s graduates.

The testimonies include a description by an infantry squad leader of an incident where an IDF sharpshooter mistakenly shot a Palestinian mother and her two children. « There was a house with a family inside …. We put them in a room. Later we left the house and another platoon entered it, and a few days after that there was an order to release the family. They had set up positions upstairs. There was a sniper position on the roof, » the soldier said.

« The platoon commander let the family go and told them to go to the right. One mother and her two children didn’t understand and went to the left, but they forgot to tell the sharpshooter on the roof they had let them go and it was okay, and he should hold his fire and he … he did what he was supposed to, like he was following his orders. »

According to the squad leader: « The sharpshooter saw a woman and children approaching him, closer than the lines he was told no one should pass. He shot them straight away. In any case, what happened is that in the end he killed them.

« I don’t think he felt too bad about it, because after all, as far as he was concerned, he did his job according to the orders he was given. And the atmosphere in general, from what I understood from most of my men who I talked to … I don’t know how to describe it …. The lives of Palestinians, let’s say, is something very, very less important than the lives of our soldiers. So as far as they are concerned they can justify it that way, » he said.

Another squad leader from the same brigade told of an incident where the company commander ordered that an elderly Palestinian woman be shot and killed; she was walking on a road about 100 meters from a house the company had commandeered.

The squad leader said he argued with his commander over the permissive rules of engagement that allowed the clearing out of houses by shooting without warning the residents beforehand. After the orders were changed, the squad leader’s soldiers complained that « we should kill everyone there [in the center of Gaza]. Everyone there is a terrorist. »

The squad leader said: « You do not get the impression from the officers that there is any logic to it, but they won’t say anything. To write ‘death to the Arabs’ on the walls, to take family pictures and spit on them, just because you can. I think this is the main thing: To understand how much the IDF has fallen in the realm of ethics, really. It’s what I’ll remember the most. »

More soldiers’ testimonies will be published in Haaretz over the coming days.

Voir pareillement:

Israeli soldiers admit ‘shoot first’ policy in Gaza offensive

Anonymous testimonies collated by human rights group also contain allegations that Palestinians were used as human shields
Ian Black, Middle East editor
The Guardian
15 July 2009

Israeli soldiers who served in the Gaza Strip during the offensive of December and January have spoken out about being ordered to shoot without hesitation, destroying houses and mosques with a general disregard for Palestinian lives.

In testimony that will fuel international and Arab demands for war crime investigations, 30 combat soldiers report that the army’s priority was to minimise its own casualties to maintain Israeli public support for the three-week Operation Cast Lead.

One specific allegation is that Palestinians were used by the army as « human shields » despite a 2005 Israeli high court ruling outlawing the practice. « Not much was said about the issue of innocent civilians, » a soldier said. « There was no need to use weapons like mortars or phosphorous, » said another. « I have the feeling that the army was looking for the opportunity to show off its strength. »

The 54 anonymous testimonies were collated by Breaking the Silence, a group that collects information on human rights abuses by the Israeli military. Many of the soldiers are still doing their compulsory national service.

Palestinians counted 1,400 dead but Israel put the death toll at 1,166 and estimated 295 fatalities were civilians. Ten soldiers and three Israeli civilians were killed.

Israel launched the attack after the expiry of a ceasefire designed to halt rocket fire from Gaza and crush the Islamist movement Hamas, which controls the coastal strip.
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Witnesses described the destruction of hundreds of houses and many mosques without military reason, the firing of phosphorous shells into inhabited areas, the killing of innocents and the indiscriminate destruction of property.

Soldiers describe a « neighbour procedure » in which Palestinian civilians were forced to enter suspect buildings ahead of troops. They cite cases of civilians advancing in front of a soldier resting his rifle on the civilian’s shoulder.

« We did not get instructions to shoot at anything that moved, » said one soldier. « But we were generally instructed: if you feel threatened, shoot. They kept repeating to us that this is war and in war opening fire is not restricted. »

Many testimonies are in line with claims by Amnesty International and other human rights organisations that Israeli actions were indiscriminate and disproportionate.

Another soldier testified: « You feel like a stupid little kid with a magnifying glass looking at ants, burning them. A 20-year-old kid should not have to do these kinds of things to other people. »

The testimonies « expose significant gaps between the official army version of events and what really happened on the ground », Breaking the Silence said.

« This is an urgent call to Israeli society and its leaders to sober up and investigate anew the results of our actions. »

Ehud Barak, Israel’s defence minister, said: « Criticism directed at the IDF (Israel Defence Forces) by one organisation or another is inappropriate and is directed at the wrong place. The IDF is one of the most ethical armies in the world and acts in accordance with the highest moral code. »

An IDF spokesman told the Ha’aretz newspaper: « The IDF regrets the fact that a human rights organisation would again present to the country and the world a report containing anonymous, generalised testimony without checking the details or their reliability, and without giving the IDF, as a matter of minimal fairness, the opportunity to check the matters and respond to them before publication. »

An internal investigation by the Israeli military said troops fought lawfully although errors did take place, such as the deaths of 21 people in a house that had been wrongly targeted.

Voir encore:

Israeli soldiers killed unarmed civilians carrying white flags in Gaza, says report
Human Rights Watch says Israel has failed to properly investigate ‘white flag’ killings during Gaza offensive
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip
A shell fired by the Israeli military explodes in the northern Gaza Strip during the January offensive. Photograph: Bernat Armangue/AP

Peter Beaumont

The Guardian

13 August 2009

 Israeli soldiers shot dead 11 unarmed Palestinian civilians carrying white flags during Israel’s offensive in Gaza earlier this year, according to a report from Human Rights Watch, which said Israel had failed to investigate the killings adequately.

The deaths – including those of five women and four children – took place in seven separate incidents across Gaza in areas controlled by the Israeli Defence Forces (IDF), where there was no fighting and no Palestinian fighters were nearby.

Human Rights Watch, a New-York-based organisation, which published White Flag Deaths: Killings of Palestinian Civilians during Operation Cast Leadsaid it informed the Israeli military of the cases in February. But the cases were not examined in an IDF internal investigation, which concluded that they « operated in accordance with international law. » The group says at least three witnesses confirmed the details in each of the seven shootings.

Included among the cases is one first reported in detail by the Observer in Khuza’a, close to the fence surrounding Gaza. Rawiya al-Najjar, 47, was shot dead, and her relative Jasmin al-Najjar, 23, was wounded while the two women were attempting to escape an attack on the village that included the use of white phosphorus and the bulldozing of houses.

Three other incidents occurred around the northern Gaza village of al-Atatra, which had previously seen fighting between Israeli soldiers and Hamas fighters. By the time of the shootings, however, the fighting had stopped, and in each case the civilians were visible, unarmed, and displaying white flags, the report says.

In one case, the civilians were walking in a group on a street. In another, they were driving slowly on tractors and in cars, trying to leave the area with the wounded, according to the report.

« On the way we saw tanks and soldiers, » said Omar Abu Halima, 18. « When we saw them [the Israeli soldiers] they told us to stop. After we stopped they fired at us. They killed my cousin Mattar. My cousin Muhammad was wounded and later died. »

In another case – also in al-Atatra – two women holding white flags stepped out of a house that the IDF was demolishing to tell the soldiers that civilians were inside. « We opened the door and a sniper fired at us from a house, » said Zakiya al-Qanu, 55. « Ibtisam was hit and I turned to go back inside and another bullet grazed my back. Ibtisam died in the doorway. »

The Israeli military said that in some cases Hamas militants had used civilians with white flags for cover. It said yesterday the reports were based on « unreliable witnesses » whose testimony was « unproven ».

Human Rights Watch said it could find no evidence of misuse of white flags or the use of civilians as human shields in the cases detailed. « These casualties comprise a fraction of the Palestinian civilians wounded and killed, » the report says.

« But they stand out because, in each case, the victims were standing, walking or in slowly moving vehicles with other unarmed civilians, and were trying to convey their non-combatant status by waving a white flag. »

Along with the use of white phosphorus on civilian areas, the shooting of unarmed civilians has become the most controversial issue of January’s war. The report follows the publication last month of anonymous testimonies by more than two dozen soldiers who fought in Gaza, compiled by Breaking the Silence, an organisation of former Israeli servicemen, which accused the IDF of allowing an atmosphere of permissive violence against civilians.

The allegations of white flag deaths, collected by human rights groups and the media, have yet to be adequately responded to. Under the Geneva conventions, combatants are obliged to distinguish between soldiers and civilians (as well as fighters who are hors de combat) and also have a legal obligation to protect civilians. They are also required to investigate any alleged war crimes committed by their own troops.

Last month, the Israeli government released its own report defending its use of force in Gaza.

It said Israel was investigating five alleged cases in which soldiers killed civilians carrying white flags, incidents that it said resulted in 10 deaths. Two of the cases – the incident in Khuza’a and one in eastern Jabaliya – are among them.

War of words

While relations between Human Rights Watch and Israel have never been comfortable, the series of reports that HRW has released since the war in Gaza has brought both Israeli officials’ criticism of the group to a new pitch of intensity. They accuse the organisation of having an anti-Israeli bias, despite the fact that HRW has also forcefully criticised Palestinian rocket fire out of Gaza that targeted civilians. Israeli media commentators have tried to accuse the group of being part of a campaign to present Israel as « a primary perpetrator of war crimes ». More recently the group’s US and Israeli critics have suggested that a series of meetings to encourage human rights campaigning in Saudi Arabia was a fundraising trip underpinned by its record of criticising Israel, claims that the group has vigorously denied. The Israeli government spokesman Mark Regev referred to these allegations in an attempt to rebut the latest report and questioned the group’s « impartiality, professionalism and credibility ».

Voir aussi:

Israeli soldiers caught on camera pushing, throwing stone at photojournalists
‘The behavior seen in the video is reprehensible,’ an army spokesman said, ‘The matter will be investigated.’
Gili Cohen

Haaretz

Apr. 25, 2015

Israeli soldiers assaulted a pair of photojournalists near the West Bank town of Nabi Saleh on Friday, video footage of the incident shows.

The video shows a group of soldiers accosting two photojournalists clearly marked as members of the press, shouting at them « Get out of here. » Then one of the soldiers is seen pushing one of the photographers to the ground with his helmet. After this, another soldier knocks the other photographer to the ground. The same soldier then picks up a stone and hurls it at the photographer.

According to the army, the area was a closed military zone and some 70 Palestinians had assembled there and hurled stones at passing vehicles and the force itself. This demonstration is not seen in the video.

Two Palestinians were lightly wounded in the clashes. According to the demonstrators, one of the Palestinians suffered a head wound from Ruger fire, but the Israeli army said he was not wounded by a Ruger, but could not give any details on the circumstances of the man’s injury. The other wounded was hit by rubber bullets.

An Israeli soldier was also wounded by stones thrown by the demonstrators.

An Israel Defense Forces spokesman told Haaretz that « the behavior seen in the video is reprehensible and isn’t in line with the guidelines issued by the commanders in the region. The IDF guidelines allow for free press coverage in the territory under control of the Central Command in general, and specifically during demonstrations. The matter will be investigated. »

In 2012, an IDF officer was filmed throwing stones and firing at Palestinians in Nabi Saleh – contrary to regulations. He was relieved of his duties and was later charged with illegal use of a fire arm.

Video by Miki Kratsman:

Voir enfin:

Toute la vérité sur la guerre de Gaza (été 2014)
Freddy Eytan

Le CAPE

3/18/15

Le CAPE de Jérusalem – Centre des Affaires Publiques et de l’Etat (JCPA-CAPE) publie un document exclusif sur les crimes de guerre commis par le mouvement Hamas durant l’opération militaire Bordure Protectrice dans la bande de Gaza.

Ce document a été écrit par des diplomates, des experts et chercheurs, spécialistes en matière de Droit international, de Renseignement, et de stratégie concernant le Hamas.

Il présente un dossier complet, précieux et indispensable, au moment où une commission d’enquête de l’ONU s’apprête à publier des conclusions partiales et mensongères, en osant, sans scrupule, accuser Tsahal de « crimes contre l’Humanité ».

La récente démission du président de cette commission onusienne prouve justement l’absence de souci de justice et de vérité, et sa partialité en faveur de la cause palestinienne.

Cette étude offre au spécialiste comme au grand public un nouvel éclairage sur le combat inlassable que mène aujourd’hui l’Etat juif contre les mouvements terroristes palestiniens dans un contexte régional explosif face à une montée en puissance du djihad mondial, encouragé par l’Organisation de l’Etat islamique-Daesh, et avec la menace omniprésente de l’étendard chiite iranien.

Le Hamas est reconnu comme une organisation terroriste et sa charte appelle toujours à la destruction de l’Etat d’Israël.

L’Egypte, qui combat sans merci les groupes terroristes dans la péninsule du Sinaï, accuse le Hamas de participer activement aux activités terroristes sur son propre territoire, et vient de proclamer le mouvement palestinien « hors la loi », à l’instar de la confrérie des Frères musulmans.

Ce document analyse avec acuité les étapes qui ont abouti au déclenchement de la guerre, et le refus catégorique du Hamas d’accepter les différentes trêves proposées par l’Egypte.

Il explique la complexité du combat mené par un Etat démocratique contre une organisation terroriste dont les chefs n’ont aucun souci de leur propre population. D’une indifférence mortelle et capables des pires lâchetés, les dirigeants du Hamas se cachent systématiquement derrière des boucliers humains dans des hôpitaux, des écoles, des mosquées.

Cette étude révèle la politisation des organismes onusiens, notamment la connivence de l’UNRWA avec le mouvement palestinien. Elle dévoile le réseau des tunnels d’attaque et surtout les efforts de l’Etat d’Israël pour respecter les lois internationales et enquêter lui-même sur les bavures et les défaillances.

Au moment où les Palestiniens lancent une campagne de délégitimation de l’Etat juif, tout en désirant créer leur propre Etat unilatéralement, sans négociation préalable, nous devrions focaliser l’attention des chancelleries et de l’opinion internationale sur les réalités du terrain et révéler au grand jour toute la vérité sur la dernière guerre de Gaza.

Voir l’étude du JCPA-CAPE de Jérusalem “Toute la vérité sur la guerre de Gaza” avec ses illustrations.

Voir l’intégralité du document en anglais.


Good kill: Attention, un pilote de drones peut en cacher un autre (No kill lists and Terror Tuesdays, please, we’re Hollywood)

8 mai, 2015
https://i2.wp.com/www.thebureauinvestigates.com/wp-content/uploads/2012/07/All-Totals-Dash54.jpg
L’ennemi n’est pas identifiable en tant que tel dans le sens où ce sont des gens qui se mêlent à la population. Donc ils sont habillés comme n’importe qui. Il n’y a pas d’uniforme donc comment savoir si c’est l’ennemi ou juste des personnes normales ? C’est juste d’après le comportement qu’on peut le voir. Bernard Davin (pilote belge au retour d’Afghanistan, RTBF, 13.01.09)
La majorité du temps, ce n’est pas une décision qui est difficile puisque en fait, c’est l’ennemi qui nous met dans une situation difficile au sol. Didier Polomé (commandant belge)
On n’en saura pas plus. Les détails des opérations OTAN sont couvertes par le secret militaire pour éviter les représailles contre les pays impliqués et contre les familles des pilotes en mission en Afghanistan. Journaliste belge (RTBF, 13.01.09)
Le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo. Soldat israélien
Les frères Jonas sont ici ; ils sont là quelque part. Sasha et Malia sont de grandes fans. Mais les gars, allez pas vous faire des idées. J’ai deux mots pour vous: « predator drones ». Vous les verrez même pas venir. Vous croyez que je plaisante, hein ? Barack Obama (2010)
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
The drone operation now operates out of two main bases in the US, dozens of smaller installations and at least six foreign countries. There are « terror Tuesday » meetings to discuss targets which Obama’s campaign manager, David Axelrod, sometimes attends, lending credence to those who see naked political calculation involved. The New York Times
Foreign Policy a consacré la une de son numéro daté de mars-avril aux “guerres secrètes d’Obama”. Qui aurait pu croire il y a quatre ans que le nom de Barack Obama allait être associé aux drones et à la guerre secrète technologique ? s’étonne le magazine, qui souligne qu’Obama “est le président américain qui a approuvé le plus de frappes ciblées de toute l’histoire des Etats-Unis”. Voilà donc à quoi ressemblait l’ennemi : quinze membres présumés d’Al-Qaida au Yémen entretenant des liens avec l’Occident. Leurs photographies et la biographie succincte qui les accompagnait les faisaient ressembler à des étudiants dans un trombinoscope universitaire. Plusieurs d’entre eux étaient américains. Deux étaient des adolescents, dont une jeune fille qui ne faisait même pas ses 17 ans. Supervisant la réunion dédiée à la lutte contre le terrorisme, qui réunit tous les mardis une vingtaine de hauts responsables à la Maison-Blanche, Barack Obama a pris un moment pour étudier leurs visages. C’était le 19 janvier 2010, au terme d’une première année de mandat émaillée de complots terroristes dont le point culminant a été la tentative d’attentat évitée de justesse dans le ciel de Detroit le soir de Noël 2009. “Quel âge ont-ils ? s’est enquis Obama ce jour-là. Si Al-Qaida se met à utiliser des enfants, c’est que l’on entre dans une toute nouvelle phase.” La question n’avait rien de théorique : le président a volontairement pris la tête d’un processus de “désignation” hautement confidentiel visant à identifier les terroristes à éliminer ou à capturer. Obama a beau avoir fait campagne en 2008 contre la guerre en Irak et contre l’usage de la torture, il a insisté pour que soit soumise à son aval la liquidation de chacun des individus figurant sur une kill list [liste de cibles à abattre] qui ne cesse de s’allonger, étudiant méticuleusement les biographies des terroristes présumés apparaissant sur ce qu’un haut fonctionnaire surnomme macabrement les “cartes de base-ball”. A chaque fois que l’occasion d’utiliser un drone pour supprimer un terroriste se présente, mais que ce dernier est en famille, le président se réserve le droit de prendre la décision finale. (…) Une série d’interviews accordées au New York Times par une trentaine de ses conseillers permettent de retracer l’évolution d’Obama depuis qu’il a été appelé à superviser personnellement cette “drôle de guerre” contre Al-Qaida et à endosser un rôle sans précédent dans l’histoire de la présidence américaine. Ils évoquent un chef paradoxal qui approuve des opérations de liquidation sans ciller, tout en étant inflexible sur la nécessité de circonscrire la lutte antiterroriste et d’améliorer les relations des Etats-Unis avec le monde arabe. (…) C’est le plus curieux des rituels bureaucratiques : chaque semaine ou presque, une bonne centaine de membres du tentaculaire appareil sécuritaire des Etats-Unis se réunissent lors d’une visioconférence sécurisée pour éplucher les biographies des terroristes présumés et suggérer au président la prochaine cible à abattre. Ce processus de “désignation” confidentiel est une création du gouvernement Obama, un macabre “club de discussion” qui étudie soigneusement des diapositives PowerPoint sur lesquelles figurent les noms, les pseudonymes et le parcours de membres présumés de la branche yéménite d’Al-Qaida ou de ses alliés de la milice somalienne Al-Chabab. The New York Times (07.06.12)
Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones. (…) George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu. Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence. Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan. Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones. La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. (…) Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés. Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. (…) Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies. Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans. Le Monde (18.06.13)
Aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école. (…) Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront. (…) L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ? (…) J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu. Andrew Niccol
Tout ce que je montre est vrai: un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. Andrew Niccol
J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression. (…) J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire. (…) je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi. (…) Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires. (…) Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres. (…) L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures. Andrew Niccol
Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. Andrew Nicool
I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again. This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived. (…) We can’t have a serious conversation about a drone strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated. I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that? An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue. I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions. Ethan Hawke
Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious. There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games. The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly. But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next? Andrew Nicool
His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable. ‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’ “The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat. The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty. “If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.” Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand. “Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.” “That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.” He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.” National Post
Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.) Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality. For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family. It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart. Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction. Variety
Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard. (…) Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant planqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde. Aurélien Ferenczi
Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa [?] femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat. La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger. Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa [?] femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause. Le Monde
Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile… (…) Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. Paris Match

 Vous avez dit deux poids deux mesures ?

Au lendemain de l’annonce de l’élimination ô combien méritée, par un drone américain au Yémen, du commanditaire des attentats de Paris de janvier dernier …

Et après le courageux abandon l’Afghanistan à son triste sort, l’Europe a depuis longtemps oublié ce que ses soldats ont bien pu y faire …

Comment ne pas voir …

Alors que, pour défendre ses soldats face aux pires perfidies du Hamas, Israël se voit à nouveau soupçonné des pires crimes de guerre

L’étonnante retenue de nos journalistes comme de nos cinéastes (une seule allusion indirecte et non-nominative dans un film par ailleurs présenté absurdement comme l’anti-American sniper)  …

Qu’on avait naguère connus autrement plus virulants contre une certaine prison cubaine …

Depuis l’inauguration d’un certain prix Nobel 2009 …

Face à l’élimination, dans la plus grande discrétion, de quelque 2 500 cibles …

« Femmes et enfants » compris, comme le veut la formule …

Par quelqu’un qui peut même, cerise sur le gâteau, se permettre de plaisanter devant un parterre de journalistes …

D’une nouvelle arme pouvant abattre n’importe qui à 10 000  km de distance Américains inclus ?  …

Rencontre
Andrew Niccol : “’Good Kill’ dit une vérité inconfortable”

Aurélien Ferenczi
Télérama

22/04/2015
Œil pour œil, le débat des critiques ciné #331 : “Caprice” d’Emmanuel Mouret et “Good Kill” d’Andrew Niccol

“Good-Kill”, avec Ethan Hawke, son film-brûlot basé sur des faits réels, interroge le drone, une nouvelle arme de guerre. Andrew Niccol (“Bienvenue à Gattaca”, “Lord of war”) livre ses secrets de réalisation et revient sur sa carrière.
Il a toute prête une jolie citation de John Lennon, qu’il sort promptement au journaliste ayant tenté d’établir un lien entre son premier film, Bienvenue à Gattaca (1998) et son sixième – seulement –, Good Kill, sur les écrans cette semaine. « Plus vous mettez le doigt sur ce que vous faites, plus vous l’éloignez. Si je réfléchis trop à ce que je fais, j’ai peur de ne plus pouvoir le faire. » Andrew Niccol, 50 ans, costume chic de businessman, regard bleu, a l’air un peu fatigué (le jet lag ?) et la parole prudente. L’inquiétude, sans doute, d’avoir signé un film-brûlot, qui, en décrivant la vie d’un manipulateur de drone (Ethan Hawke), ex-pilote de l’armée de l’air cloué au sol sur une base du Nevada, raconte la guerre d’aujourd’hui : une guerre à distance, à armes inégales, un conflit sans fin où n’importe quel suspect – aux yeux de qui ? c’est tout le problème – peut être cliniquement dézingué d’un tir à la précision chirurgicale par un soldat en poste à l’autre bout du monde.

« Quand j’ai écrit le film, lâche-t-il, un de mes amis m’a tout de suite dit que je devrais réunir le budget en euros plutôt qu’en dollars. » De fait, le projet, qui n’a pas intéressé les majors d’Hollywood, est produit notamment par le Français Nicolas Chartier (qui avait financé Démineurs, de Kathryn Bigelow). Et quand la production est allée demander le soutien logistique de l’armée américaine, on lui a répondu un cinglant « Classifié »… « C’est ce qui nous différencie d’American Sniper, ajoute malicieusement Andrew Niccol, qui a reçu une aide conséquente de l’armée. »  Sur le film d’Eastwood, il refuse de porter un jugement, se contentant de signaler que le pilote de drone est « le sniper ultime, qui tue sans être vu… »

“Good Kill dit une vérité inconfortable”
Les infos, il les a trouvées alors auprès d’ex-pilotes de drone de l’US Air Force, et aussi dans les documents transmis par Bradley/Chelsea Manning à Wikileaks. « Tout ce que je montre est vrai, assure-t-il : un type près de Las Vegas peut détruire une maison pleine de talibans en Afghanistan. Encore faut-il être sûr que ceux qui y sont réunis sont vraiment des talibans. Et il est arrivé que des missiles américains soient lancés contre des enterrements. » Good kill dédouane un peu l’armée américaine, la soumettant aux ordres obscurs d’une mystérieuse agence gouvernementale – de fait, la CIA – pour qui la mort d’innocents ne semble pas un problème majeur. « Good Kill dit une vérité inconfortable. Après la première projection au Festival de Venise, j’ai entendu des échos contradictoires : certains spectateurs accusaient le film d’être anti-américain, d’autres d’être pro-américain. Moi, je ne juge pas. Et on ne peut pas être « anti-drone » : c’est l’usage qu’on en fait qui peut être répréhensible. »

En 2005, déjà, Andrew Niccol avait abordé un sujet sérieusement contemporain dans l’excellent (et souvent sous-estimé) Lord of war : les trafics d’armes internationaux et leur impact sur les guerres civiles africaines. Le personnage principal, joué par Nicholas Cage, était directement inspiré du trafiquant d’origine russe Victor Bout. Lequel, lors de son procès, se plaignit de la mauvaise image que le film donnait de lui… Après la sortie, Niccol reçut même la visite du FBI. « Parce que nous avions dû louer l’avion-cargo de Victor Bout, impossible autrement de trouver un Antonov en Afrique. Alors que nous mettions en soute des armes factices, l’équipage se fichait de nous : « Nous transportions de vraies armes il y a quelques jours, on aurait pu vous les garder »… Depuis, je sais que je suis sous surveillance ! »

Né en Nouvelle-Zélande, Andrew Niccol a débuté dans la publicité à Londres, qui fut, « comme pour Ridley Scott », son école de cinéma. Il part pour les Etats-Unis au début des années 90, écrit un premier script qu’il ne pourra réaliser, mais qui lui vaudra une nomination à l’Oscar : The Truman show. Sa version à lui, qui se situe entièrement à New York est plus noire que le film signé Peter Weir en 1998. Et à la place de Jim Carrey, Niccol aurait bien vu Jeff Bridges… Mais, dans la foulée, on le laisse réaliser son premier film, déjà avec Ethan Hawke, Bienvenue à Gattaca. « Je suppose que Sony a dit oui sur un malentendu. Une fois le film fini, ils ne savaient pas quoi en faire. Ils l’ont enterré. Cette année-là, ils croyaient beaucoup plus à un petit film d’horreur : Souviens-toi l’été dernier… »

“J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses”
Bienvenue à Gattaca est (presque) devenu un classique, et la science-fiction a gagné ses lettres de noblesse auprès des studios. Sans que Niccol en profite réellement. « J’ai des idées non conventionnelles et coûteuses. L’un ou l’autre – des idées conventionnelles exigeant un gros budget, ou des idées non conventionnelles bon marché – ça peut passer. Les deux ensemble, c’est plus dur. » Il a refusé de mettre en scène des films de super-héros, et écrit plusieurs scénarios qui n’ont jamais vu le jour. « Peut-être que je vais enfin pouvoir réaliser The Cross, l’histoire de personnages qui veulent échapper à la société dans laquelle ils vivent… » Le thème central de son œuvre ? Le film avait déjà failli se faire en 2009, avec Vincent Cassel. « Cinéaste aux Etats-Unis, c’est épuisant : il faut savoir faire tourner au-dessus de sa tête plusieurs assiettes en même temps », explique-t-il en empruntant une métaphore circassienne. « Si tant est qu’on ne me chasse pas du pays. Dans ce cas, j’irai au Canada, le pays de ma femme… »

Voir aussi:

‘Good Kill’ Review: Ethan Hawke Stars
Andrew Niccol takes on the topical issue of drone strikes in a tense war drama notable for its tact and intelligence.
Guy Lodge
Variety

September 5, 2014

Sci-fi futures characterized by complex moral and political architecture have long been writer-director Andrew Niccol’s stock-in-trade. Yet while there’s not a hint of fantasy in “Good Kill,” a smart, quietly pulsating contempo war drama, it could hardly feel more typical of Niccol’s strongest work. To many, after all, drone strikes — the controversial subject of this tense but appropriately tactful ethics study — still feel like something that should be a practical and legal impossibility. Those who haven’t considered its far-reaching implications, meanwhile, will be drawn into consciousness by Niccol’s film, which sees Ethan Hawke’s former U.S. fighter pilot wrestling with the psychological strain of killing by remote control. At once forward-thinking and exhilaratingly of the moment, this heady conversation piece could yield substantial commercial returns with the right marketing and release strategy.

Niccol has, of course, covered this kind of topical dramatic territory before in 2005’s Amnesty Intl.-approved underperformer “Lord of War,” which starred Nicolas Cage as a faintly disguised incarnation of Soviet arms dealer Viktor Bout. “Good Kill,” however, feels closer in tone and texture to the stately speculative fiction of his 1997 debut, “Gattaca,” and not merely because of Hawke’s presence in the lead. The spartan Las Vegas airbase where Major Thomas Egan (Hawke) wages war against the Taliban from the comfort of an air-conditioned cubicle seems, in terms of its bleak function and lab-like appearance, a faintly dystopian creation — one where distant life-and-death calls are made at the touch of a button. The perils of playing God, of course, were also explored in Niccol’s prescient screenplay for “The Truman Show,” with which “Good Kill” shares profound concerns about a growing culture of extreme surveillance that itself goes unmonitored.

Needless to say, however, this particular world is no product of Niccol’s imagination: The apparent future of warfare is in fact, as Bruce Greenwood’s hardened commander likes to bark at awestruck new arrivals, “the fucking here and now.” Pilots are recruited in shopping malls on the strength of their gaming expertise; joysticks are the new artillery. The film opens on the Afghan desert, as caught through a drone’s viewfinder and transmitted to Egan’s monitor. A terrorist target is identified, the missile order is given and, within 10 seconds of Egan hitting the switch 7,000 miles away, a life ends in a silent explosion of dust and rubble. (The title refers to Egan’s regular, near-involuntary verbal reaction to each successful hit.)

Another day’s work done, Egan hops in his sports car and heads home to his military McMansion, where his wife, Molly (January Jones), and two young children await. It’s an existence that theoretically combines the gung-ho ideals of American heroism and the domestic comforts of the American Dream. Niccol forges this connection with one elegantly ironic long shot of Egan’s car leaving the arid middle-of-nowhere surrounds of the control center (which have an aesthetic proximity to the Middle East, if nothing else) and approaching the glistening urban heights of Vegas — hardly the city to anchor this uncanny setup in any greater sense of reality.

For all intents and purposes, Egan, who previously risked life and limb flying F-16 planes in Iraq, has lucked out. It doesn’t feel that way to him, however, as he finds it increasingly impossible to reconcile the immense power he wields from his planeless cockpit with the lack of any attendant peril or consequence on his end. Niccol’s script and Hawke’s stern, buttoned-down performance keep in play the question of whether it’s adrenaline or moral accountability that he misses most in his new vocation, but either way, as new, more ruthless orders come in from the CIA, it’s pushing him to the brink of emotional collapse. Egan finds a measure of solidarity in rookie co-pilot Suarez (a fine, flinty Zoe Kravitz), who challenges authority more brazenly than he does, but can’t explain his internal crisis to his increasingly alienated family.

It’s the peculiar mechanics of drone warfare that enable “Good Kill” to be at once a combat film and a war-at-home film, two familiar strains of military drama given a bracing degree of tension by their parallel placement in Niccol’s tightly worked script: The pressures of Egan’s activity in the virtual field bounce off the volatile battles he fights in the bedroom and vice versa, as the film’s intellectual deliberations over the rights and wrongs of this new military policy are joined by the more emotive question of just what type of man, if any, is mentally fit for the task. (Or, indeed, woman: One thing to be said for the new technology is that it expands the demographic limits of combat.) Rife as it is with heated political questioning, this essentially human story steers clear of overt rhetorical side-taking: The Obama administration comes in for some implicit criticism here, but the film’s perspective on America’s ongoing Middle East presence isn’t one the right is likely to take to heart.

Just as Niccol’s narrative structure is at once fraught and immaculate in its escalation of ideas and character friction, so his arguments remain ever-so-slightly oblique despite the tidiness of their presentation: How much viewers wish to accept the pic as a single, tragic character study or a broader cautionary tale is up to them. He overplays his hand, however, with a needlessly melodramatic subplot that finds Egan growing personally invested in the fate of a female Afghan civilian living on their regular surveillance route, while Greenwood’s character is given one pithy slogan too many (“fly and fry,” “warheads on foreheads”) to underline the detachment of empathy from the act of killing. Happily, such instances of glib overstatement are rare in a film that trusts its audience both to recognize Niccol’s interpretations of current affairs as such, and to arrive at their own without instruction.

It can’t be a coincidence that Hawke’s styling — aviators, snug leather bomber, Ivy League haircut — gives him the appearance of Tom Cruise’s “Top Gun” hero Maverick Mitchell gone somewhat to seed. His nuanced, hard-bitten performance, too, bristles with cracked machismo and seething self-disappointment; the actor has had a good run of form recently, though his brittle, closed manner here still surprises. Supporting ensemble work is uniformly strong, with Jones, who has form when it comes to playing the repressed wives of inscrutable men, finally landing a film role worthy of her work in “Mad Men.”

The filmmaking here is as efficient and squared-off as the storytelling, with Amir Mokri’s sturdy lensing capturing the hard, unforgiving light of the Nevada desert, and foregrounding every sharp angle of Guy Barnes’ excellent production design — which makes equally alien spaces of a pod-like military boardroom and the beige, under-loved walls of Egan’s home. Sound work throughout is aces, making a virtue of the sound effects that are eerily absent as those present: In drone warfare, at least in Vegas, no one can hear you scream.

Venice Film Review: ‘Good Kill’
Reviewed at Venice Film Festival (competing), Sept. 3, 2014. (Also in Toronto Film Festival — Special Presentations.) Running time: 102 MIN.

Voir également:

Frame of drones: Ethan Hawke is a conflicted fighter pilot in Andrew Niccol’s Good Kill
Chris Knight

National Post

September 11, 2014

Andrew Niccol can remember a time when U.S. involvement in Iraq included televised media briefings in which Gen. Norman Schwarzkopf would show video clips that demonstrated the accuracy of so-called smart bombs. Then, they were launched from piloted aircraft. Now they’re as likely to be fired from unmanned aerial vehicles, or drones.

“Now that picture is a lot better, and there is obviously video for every one of the drone strikes,” he says. “But you haven’t seen one recently, have you?”

Ethan Hawke jumps in at this point. “Nobody has,” he says darkly. “They don’t want you to see this.”

Hawke is starring in Niccol’s Good Kill, which had its North American premiere this week at the Toronto International Film Festival after screening in Venice. The actor plays Maj. Thomas Egan, a former fighter pilot who now flies unmanned drones from a military base outside Las Vegas. His control bunker looks a bit like a shipping container from the outside, boxy and portable.

‘The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave’

“The reason is that they used to wheel them into a Hercules and fly them around the world,” says Niccol. “But then realized they didn’t have to go anywhere; they had satellites.” Hawke’s character kills enemies in Afghanistan from half a world away, but struggles with the moral implications of such precise, emotionless combat.

The cinematography in Good Kill calls attention to the similarities in geography between the U.S. and Afghan deserts, and the walled residences that exist in both locations. “It’s not my choice; it’s the military’s choice,” says Niccol. They can train drone pilots locally over terrain similar to what they’ll see while on duty.

“If you’re going on a weekend trip to Vegas in your car,” he adds, “you may not know it — in fact you won’t know it — but they’ll follow a car with a drone just as practice.”

Good Kill airs both sides of the debate over unmanned drone strikes — on the one hand, it risks fewer American lives; on the other, it risks dehumanizing war — but it’s clear on which side Niccol and Hawke stand.

“Say what you like about the United States,” says the New Zealand-born Niccol, “but you’re allowed to make that movie. Some people are going to hate it and think it’s unpatriotic, and some people are going to love it, but if it causes some kind of debate — great.”

“That’s the point of making a movie like this,” says Hawke, “is to not let all this stuff happen in our name without us having any awareness or knowledge or interest in what’s being done.”

He likes the idea of a war film “that isn’t glorifying the past; something that shows us where we are right now. The troops are going to withdraw from Afghanistan, but the drones won’t leave.”

Niccol and Hawke have worked together, albeit sporadically, on Gattaca (1997) and Lord of War (2005), before this film. They share a favourite movie (One Flew Over the Cuckoo’s Nest) and a shorthand that the writer/director says was invaluable given the movie’s tight budget and timeline.

That extended to Hawke’s agreement to star in the film, which took place over the phone. “I was walking my dog and I called you after reading the script,” he recalls. “I think I walked my dog for two hours as we talked. We were already making the movie that night!”

Voir également:

Entertainment & Arts
Good Kill: Tackling the ethics of drone warfare on film
Genevieve Hassan Entertainment reporter
BBC

10 April 2015

Ethan Hawke’s drone pilot begins to question his orders – and his job
Actor Ethan Hawke and director Andrew Niccol discuss their latest film, Good Kill, about an Air Force drone pilot who begins to question the ethics of his job.

The first time Hawke worked with Niccol, they made 1997 sci-fi film Gattaca. The second occasion, they made 2005’s Lord of War, about an arms dealer with a conscience. Now they’ve made it a hat-trick, reuniting once again to tackle the timely issue of using drones in modern warfare.

Set in 2010, Good Kill sees Hawke play Air Force pilot Tom Egan, who spends eight hours a day fighting the Taliban. But instead of being out on the front line, he’s in a Las Vegas bunker remotely dropping bombs in the Middle East as part of the US’s War on Terror.

Distanced from close combat from the safety of his joystick control half a world away, when the civilian casualties start mounting up, Egan begins to question his orders – and his job.

Hawke and Niccol spoke to the BBC News website about the inspiration behind the film and the moral questions it raises.

Why did you decide to make this project now?
Andrew Niccol: Now is almost a few years too late. I could have made this film a few years ago because this war has been going on in Afghanistan for 13 years. It’s stunning to me it’s America’s longest war and still counting – it beats Vietnam, the first Iraq war and World War Two.

It was all in response to 9/11 and I completely understand why we began it because that’s where Bin Laden was. But it gets to a point where it’s overkill. Are we ever going to leave that part of the planet? Are we really going to stay over the top of the Middle East forever?

Ethan Hawke: The troops are going to come out of Afghanistan, but the drones will still be there. It’s not a question of right or wrong, or how I feel about it – it’s the truth. This is the nature of warfare right now.

Do we want drones to be the international police? Is it a good idea? Is it creating more terror than stopping? They’re valuable questions.

For me as an actor and a fan of storytelling, I get to play a character I’ve never seen on screen before. He’s spending the bulk of the day fighting the Taliban; leaves work, picks up some eggs and orange juice, helps his son with his homework and fights with his wife about what TV show to watch. And then the next day does the same thing again.

This is a new situation we’ve never been in: Soldiers who take people’s lives whose own life isn’t in danger. A lot of these people go into the military because they have the mentality of a warrior. They want to put their life on the line for their beliefs to make people safe, but what does it mean when your life isn’t on the line? It seems like the stuff of sci-fi but it’s arrived.

Did you intend to push a specific political agenda with this film?
Ethan Hawke: No, I’m allergic to that. We can’t have a serious conversation about a drones strike unless people have more information. Most people don’t know what a drone looks like, or how it’s operated.

I learned a lot – I had no idea [the US] would strike a funeral or rescuers. There’s a certain logic to doing it – you could say perhaps it is proportionate. Perhaps we’re stopping more death than we’re creating, but we are killing innocent people. Am I sure I want our soldiers doing that?

An interesting example is on Obama’s third day in office he ordered a drone strike – it was surgical, but they had the wrong information and they murdered a family that had nothing to do with anything. When these tools are available accidents happen. It’s ripe for dialogue.

I’m not in politics, I don’t have an agenda for the audience, but I think it’s a really interesting conversation. I don’t think we should let our governments run willy-nilly and kill whoever and spy on whoever they want to without asking any questions.

Andrew Niccol: I’m not anti or pro, I’m just saying this is what is, and now you have that information perhaps it can provoke thought and conversation.

The US military want computer gamers to join the Air Force because they are equipped with the dexterity and speed needed to operate a drone efficiently, like Ethan Hawke’s character in Good Kill
Are all the events depicted in the film real?
Andrew Niccol: Every strike Tom does in the movie there is a precedent for, but his character is fictitious.

There were some things I didn’t put in the movie because I thought they were too outrageous. I was told about drone pilots who were younger than Ethan’s character – they would work with a joystick for 12 hours over Afghanistan, take out a target and go home to their apartment and play video games.

The military modelled the workstation on computer games because it’s the joystick that’s the easiest to use. They want gamers to join the Air Force because they’re good and can manoeuvre a drone perfectly.

But how can they possibly separate playing one joystick game one moment, and then playing real war the next?

Good Kill is released in UK cinemas on 10 April.

Voir encore:

Barack Obama, président des drones
LE MONDE GEO ET POLITIQUE

Philippe Bernard

18.06.2013

De même que George W. Bush restera dans l’histoire comme le  » président des guerres  » de l’après-11-Septembre en Afghanistan et en Irak, Barack Obama pourrait passer à la postérité comme le  » président des drones « , autrement dit le chef d’une guerre secrète, menée avec des armes que les Etats-Unis sont, parmi les grandes puissances, les seuls à posséder.

Rarement moment politique et innovation technologique auront si parfaitement correspondu : lorsque le président démocrate est élu en 2008 par des Américains las des conflits, il dispose d’un moyen tout neuf pour poursuivre, dans la plus grande discrétion, la lutte contre les « ennemis de l’Amérique » sans risquer la vie de citoyens de son pays : les drones.

L’utilisation militaire d’engins volants téléguidés par les Américains n’est pas nouvelle : pendant la guerre du Vietnam, des drones de reconnaissance avaient patrouillé. Mais l’armement de ces avions sans pilote à partir de 2001 en Afghanistan marque un changement d’époque. Au point que le tout premier Predator armé à avoir frappé des cibles après les attaques du 11-Septembre, immatriculé 3034, a aujourd’hui les honneurs du Musée de l’air et de l’espace, à Washington. Leur montée en puissance aura été fulgurante : alors que le Pentagone ne disposait que de 50 drones au début des années 2000, il en possède aujourd’hui près de 7 500. Dans l’US Air Force, un aéronef sur trois est sans pilote.

George W. Bush, artisan d’un large déploiement sur le terrain, utilisera modérément ces nouveaux engins létaux. Barack Obama y recourra six fois plus souvent pendant son seul premier mandat que son prédécesseur pendant les deux siens. M. Obama, qui, en recevant le prix Nobel de la paix en décembre 2009, revendiquait une Amérique au « comportement exemplaire dans la conduite de la guerre », banalisera la pratique des « assassinats ciblés », parfois fondés sur de simples présomptions et décidés par lui-même dans un secret absolu.

LES FRAPPES OPÉRÉES PAR LA CIA SONT « COVERT »

Tandis que les militaires guident les drones dans l’Afghanistan en guerre, c’est jusqu’à présent la très opaque CIA qui opère partout ailleurs (au Yémen, au Pakistan, en Somalie, en Libye). C’est au Yémen en 2002 que la campagne d' »assassinats ciblés » a débuté. Le Pakistan suit dès 2004. Barack Obama y multiplie les frappes. Certaines missions, menées à l’insu des autorités pakistanaises, soulèvent de lourdes questions de souveraineté. D’autres, les goodwill kills (« homicides de bonne volonté »), le sont avec l’accord du gouvernement local. Tandis que les frappes de drones militaires sont simplement « secrètes », celles opérées par la CIA sont « covert », ce qui signifie que les Etats-Unis n’en reconnaissent même pas l’existence.

Dans ce contexte, établir des statistiques est difficile. Selon le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique, les attaques au Pakistan ont fait entre 2 548 et 3 549 victimes, dont 411 à 884 sont des civils, et 168 à 197 des enfants. En termes statistiques, la campagne de drones est un succès : les Etats-Unis revendiquent l’élimination de plus d’une cinquantaine de hauts responsables d’Al-Qaida et de talibans. D’où la nette diminution du nombre de cibles potentielles et du rythme des frappes, passées de 128 en 2010 (une tous les trois jours) à 48 en 2012 au Pakistan.

Car le secret total et son cortège de dénégations ne pouvaient durer éternellement. En mai 2012, le New York Times a révélé l’implication personnelle de M. Obama dans la confection des kill lists. Après une décennie de silence et de mensonges officiels, la réalité a dû être admise. En particulier au début de l’année, lorsque le débat public s’est focalisé sur l’autorisation, donnée par le ministre de la justice, Eric Holder, d’éliminer un citoyen américain responsable de la branche yéménite d’Al-Qaida. L’imam Anouar Al-Aulaqi avait été abattu le 30 septembre 2011 au Yémen par un drone de la CIA lancé depuis l’Arabie saoudite. Le droit de tuer un concitoyen a nourri une intense controverse. D’autant que la même opération avait causé des « dégâts collatéraux » : Samir Khan, responsable du magazine jihadiste Inspire, et Abdulrahman, 16 ans, fils d’Al-Aulaqui, tous deux américains et ne figurant ni l’un ni l’autre sur la kill list, ont trouvé la mort. Aux yeux des opposants, l’adolescent personnifie désormais l’arbitraire de la guerre des drones.

La révélation par la presse des contorsions juridiques imaginées par les conseillers du président pour justifier a posteriori l’assassinat d’un Américain n’a fait qu’alimenter les revendications de transparence. La fronde s’est concrétisée par le blocage au Sénat, plusieurs semaines durant, de la nomination à la tête de la CIA de John Brennan, auparavant grand ordonnateur à la Maison Blanche de la politique d’assassinats ciblés. Une orientation pourfendue, presque treize heures durant, le 6 mars, par le spectaculaire discours du sénateur libertarien Rand Paul.

UN IMPORTANT DISCOURS SUR LA « GUERRE JUSTE »

Très attendu, le grand exercice de clarification a eu lieu le 23 mai devant la National Defense University de Washington. Barack Obama y a prononcé un important discours sur la « guerre juste », affichant enfin une doctrine en matière d’usage des drones. Il était temps : plusieurs organisations de défense des libertés publiques avaient réclamé en justice la communication des documents justifiant les assassinats ciblés.

Une directive présidentielle, signée la veille, précise les critères de recours aux frappes à visée mortelle : une « menace continue et imminente contre la population des Etats-Unis », le fait qu' »aucun autre gouvernement ne soit en mesure d'[y] répondre ou ne la prenne en compte effectivement » et une « quasi-certitude » qu’il n’y aura pas de victimes civiles. Pour la première fois, Barack Obama a reconnu l’existence des assassinats ciblés, y compris ceux ayant visé des Américains, assurant que ces morts le « hanteraient » toute sa vie. Le président a annoncé que les militaires, plutôt que la CIA, auraient désormais la main. Il a aussi repris l’idée de créer une instance judiciaire ou administrative de contrôle des frappes. Mais il a renvoyé au Congrès la mission, incertaine, de créer cette institution. Le président, tout en reconnaissant que l’usage des drones pose de « profondes questions » – de « légalité », de « morale », de « responsabilité « , sans compter « le risque de créer de nouveaux ennemis » -, l’a justifié par son efficacité : « Ces frappes ont sauvé des vies. »

Six jours après ce discours, l’assassinat par un drone de Wali ur-Rehman, le numéro deux des talibans pakistanais, en a montré les limites. Ce leader visait plutôt le Pakistan que « la population des Etats-Unis ». Tout porte donc à croire que les critères limitatifs énoncés par Barack Obama ne s’appliquent pas au Pakistan, du moins aussi longtemps qu’il restera des troupes américaines dans l’Afghanistan voisin. Et que les « Signature strikes », ces frappes visant des groupes d’hommes armés non identifiés mais présumés extrémistes, seront poursuivies.

Les drones n’ont donc pas fini de mettre en lumière les contradictions de Barack Obama : président antiguerre, champion de la transparence, de la légalité et de la main tendue à l’islam, il a multiplié dans l’ombre les assassinats ciblés, provoquant la colère de musulmans.

Or les drones armés, s’ils s’avèrent terriblement efficaces pour éliminer de véritables fauteurs de terreur et, parfois, pour tuer des innocents, le sont nettement moins pour traiter les racines des violences antiaméricaines. Leur usage opaque apparaît comme un précédent encourageant pour les Etats (tels la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan ou l’Iran) qui vont acquérir ces matériels dans l’avenir. En paraissant considérer les aéronefs pilotés à distance comme l’arme fatale indispensable, le « président des drones » aura enclenché l’engrenage de ce futur incertain.

Voir encore:

US national security
Obama’s secret kill list – the disposition matrix
The disposition matrix is a complex grid of suspected terrorists to be traced then targeted in drone strikes or captured and interrogated. And the British government appears to be colluding in it
US President Barack Obama
Barack Obama, chairing the ‘Terror Tuesday’ meetings, agrees the final schedule of names on the disposition matrix. Photograph: Saul Loeb/AFP/Getty Images

Ian Cobain

The Guardian

14 July 2013

When Bilal Berjawi spoke to his wife for the last time, he had no way of being certain that he was about to die. But he should have had his suspicions.

A short, dumpy Londoner who was not, in the words of some who knew him, one of the world’s greatest thinkers, Berjawi had been fighting for months in Somalia with al-Shabaab, the Islamist militant group. His wife was 4,400 miles away, at home in west London. In June 2011, Berjawi had almost been killed in a US drone strike on an al-Shabaab camp on the coast. After that he became wary of telephones. But in January last year, when his wife went into labour and was admitted to St Mary’s hospital in Paddington, he decided to risk a quick phone conversation.

A few hours after the call ended Berjawi was targeted in a fresh drone strike. Perhaps the telephone contact triggered alerts all the way from Camp Lemmonier, the US military’s enormous home-from-home at Djibouti, to the National Security Agency’s headquarters in Maryland. Perhaps a few screens also lit up at GCHQ in Cheltenham? This time the drone attack was successful, from the US perspective, and al-Shabaab issued a terse statement: « The martyr received what he wished for and what he went out for. »

The following month, Berjawi’s former next-door neighbour, who was also in Somalia, was similarly « martyred ». Like Berjawi, Mohamed Sakr had just turned 27 when he was killed in an air strike.

Four months later, the FBI in Manhattan announced that a third man from London, a Vietnamese-born convert to Islam, had been charged with a series of terrorism offences, and that if convicted he would face a mandatory 40-year sentence. This man was promptly arrested by Scotland Yard and is now fighting extradition to the US. And a few weeks after that, another of Berjawi’s mates from London was detained after travelling from Somalia to Djibouti, where he was interrogated for months by US intelligence officers before being hooded and put aboard an aircraft. When 23-year-old Mahdi Hashi next saw daylight, he was being led into a courtroom in Brooklyn.

That these four men had something in common is clear enough: they were all Muslims, all accused of terrorism offences, and all British (or they were British: curiously, all of them unexpectedly lost their British citizenship just as they were about to become unstuck). There is, however, a common theme that is less obvious: it appears that all of them had found their way on to the « disposition matrix ».

The euphemisms of counter-terrorism

When contemplating the euphemisms that have slipped into the lexicon since 9/11, the adjective Orwellian is difficult to avoid. But while such terms as extraordinary rendition, targeted killing and enhanced interrogation are universally known, and their true meanings – kidnap, assassination, torture – widely understood, the disposition matrix has not yet gained such traction.

Since the Obama administration largely shut down the CIA’s rendition programme, choosing instead to dispose of its enemies in drone attacks, those individuals who are being nominated for killing have been discussed at a weekly counter-terrorism meeting at the White House situation room that has become known as Terror Tuesday. Barack Obama, in the chair and wishing to be seen as a restraining influence, agrees the final schedule of names. Once details of these meetings began to emerge it was not long before the media began talking of « kill lists ». More double-speak was required, it seemed, and before long the term disposition matrix was born.

In truth, the matrix is more than a mere euphemism for a kill list, or even a capture-or-kill list. It is a sophisticated grid, mounted upon a database that is said to have been more than two years in the development, containing biographies of individuals believed to pose a threat to US interests, and their known or suspected locations, as well as a range of options for their disposal.

It is a grid, however, that both blurs and expands the boundaries that human rights law and the law of war place upon acts of abduction or targeted killing. There have been claims that people’s names have been entered into it with little or no evidence. And it appears that it will be with us for many years to come.

The background to its creation was the growing realisation in Washington that the drone programme could be creating more enemies than it was destroying. In Pakistan, for example, where the government estimates that more than 400 people have been killed in around 330 drone strikes since 9/11, the US has arguably outstripped even India as the most reviled foreign country. At one point, Admiral Mike Mullen, when chairman of the US joint chiefs of staff, was repo rted to be having furious rows over the issue with his opposite number in Pakistan, General Ashfaq Kayani.
matrix mike mullen and ashfaq Kayani

The term entered the public domain following a briefing given to the Washington Post before last year’s presidential election. « We had a disposition problem, » one former counter-terrorism official involved in the development of the Matrix told the Post. Expanding on the nature of that problem, a second administration official added that while « we’re not going to end up in 10 years in a world of everybody holding hands and saying ‘we love America' », there needed to be a recognition that « we can’t possibly kill everyone who wants to harm us ».

Drawing upon legal advice that has remained largely secret, senior officials at the US Counter-Terrorism Center designed a grid that incorporated the existing kill lists of the CIA and the US military’s special forces, but which also offered some new rules and restraints.

Some individuals whose names were entered into the matrix, and who were roaming around Somalia or Yemen, would continue to face drone attack when their whereabouts become known. Others could be targeted and killed by special forces. In a speech in May, Obama suggested that a special court could be given oversight of these targeted killings.

An unknown number would end up in the so-called black sites that the US still quietly operates in east Africa, or in prisons run by US allies in the Middle East or Central Asia. But for others, who for political reasons could not be summarily dispatched or secretly imprisoned, there would be a secret grand jury investigation, followed in some cases by formal arrest and extradition, and in others by « rendition to justice »: they would be grabbed, interrogated without being read their rights, then flown to the US and put on trial with a publicly funded defence lawyer.

Orwell once wrote about political language being « designed to make lies sound truthful and murder respectable ». As far as the White House is concerned, however, the term disposition matrix describes a continually evolving blueprint not for murder, but for a defence against a threat that continues to change shape and seek out new havens.

As the Obama administration’s tactics became more variegated, the British authorities co-operated, of course, but also ensured that the new rules of the game helped to serve their own counter-terrorism objectives.

Paul Pillar, who served in the CIA for 28 years, including a period as the agency’s senior counter-terrorism analyst, says the British, when grappling with what he describes as a sticky case – « someone who is a violence-prone anti-western jihadi », for example – would welcome a chance to pass on that case to the US. It would be a matter, as he puts it, of allowing someone else to have their headache.

« They might think, if it’s going to be a headache for someone, let the Americans have the headache, » says Pillar. « That’s what the United States has done. The US would drop cases if they were going to be sticky, and let someone else take over. We would let the Egyptians or the Jordanians or whoever take over a very sticky one. From the United Kingdom point of view, if it is going to be a headache for anyone: let the Americans have the headache. »

The four young Londoners – Berjawi, Sakr, Hashi and the Vietnamese-born convert – were certainly considered by MI5 and MI6 to be something of a headache. But could they have been seen so problematic – so sticky – that the US would be encouraged to enter their names into the Matrix?
The home secretary’s special power

Berjawi and Sakr were members of a looseknit group of young Muslims who were on nodding terms with each other, having attended the same mosques and schools and having played in the same five-a-side football matches in west London.

A few members of this group came to be closely scrutinised by MI5 when it emerged that they had links with the men who attempted to carry out a wave of bombings on London’s underground train network on 21 July 2005. Others came to the attention of the authorities as a result of their own conduct. Mohammed Ezzouek, for example, who attended North Westminster community school with Berjawi, was abducted in Kenya and interrogated by British intelligence officers after a trip to Somalia in 2006; another schoolmate, Tariq al-Daour, has recently been released from jail after serving a sentence for inciting terrorism.

As well as sharing their faith and, according to the UK authorities, jihadist intent, these young men had something else in common: they were all dual nationals. Berjawi was born in Lebanon and moved to London with his parents as an infant. Sakr was born in London, but was deemed to be a British-Egyptian dual national because his parents were born in Egypt. Ezzouek is British-Moroccan, while al-Daour is British-Palestinian.

This left them vulnerable to a little-known weapon in the government’s counter-terrorism armoury, one that Theresa May has been deploying with increasing frequency since she became home secretary three years ago. Under the terms of a piece of the 2006 Immigration, Asylum and Nationality Act, and a previous piece of legislation dating to 1981, May has the power to deprive dual nationals of their British citizenship if she is « satisfied that deprivation is conducive to the public good ».

This power can be applied only to dual nationals, and those who lose their citizenship can appeal. The government appears usually to wait until the individual has left the country before moving to deprive them of their citizenship, however, and appeals are heard at the highly secretive special immigration appeals commission (SIAC), where the government can submit evidence that cannot be seen or challenged by the appellant.

The Home Office is extraordinarily sensitive about the manner in which this power is being used. It has responded to Freedom of Information Act requests about May’s increased use of this power with delays and appeals; some information requested by the Guardian in June 2011 has still not been handed over. What is known is that at least 17 people have been deprived of their British citizenship at a stroke of May’s pen. In most cases, if not all, the home secretary has taken action on the recommendation of MI5. In each case, a warning notice was sent to the British home of the target, and the deprivation order signed a day or two later.

One person who lost their British citizenship in this way was Anna Chapman, a Russian spy, but the remainder are thought to all be Muslims. Several of them – including a British-Pakistani father and his three sons – were born in the UK, while most of the others arrived as children. And some have been deprived of their citizenship not because they were assessed to be involved in terrorism or any other criminal activity, but because of their alleged involvement in Islamist extremism.

Berjawi and Sakr both travelled to Somalia after claiming that they were being harassed by police in the UK, and were then stripped of their British citizenship. Several months later they were killed. The exact nature of any intelligence that the British government may have shared with Washington before their names were apparently entered into the disposition matrix is deeply secret: the UK has consistently refused to either confirm or deny that it shares intelligence in support of drone strikes, arguing that to do so would damage both national security and relations with the US government.

More than 12 months after Sakr’s death, his father, Gamal, a businessman who settled in London 37 years ago, still cannot talk about his loss without breaking down and weeping. He alleges that one of his two surviving sons has since been harassed by police, and suspects that this boy would also have been stripped of his citizenship had he left the country. « It’s madness, » he cries. « They’re driving these boys to Afghanistan. They’re making everything worse. »

Last year Gamal and his wife flew to Cairo, formally renounced their Egyptian citizenship, and on their return asked their lawyer to let it be known that their sons were no longer dual nationals. But while he wants his family to remain in Britain, the manner in which his son met his death has shattered his trust in the British government. « It was clearly directed from the UK, » he says. « He wasn’t just killed: he was assassinated. »
The case of Mahdi Hashi

Mahdi Hashi was five years old when his family moved to London from Somalia. He returned to the country in 2009, and took up arms for al-Shabaab in its civil war with government forces. A few months earlier he had complained to the Independent that he been under pressure to assist MI5, which he was refusing to do. Hashi was one of a few dozen young British men who have followed the same path: in one internet video clip, an al-Shabaab fighter with a cockney accent can be heard urging fellow Muslims « living in the lands of disbelief » to come and join him. It is thought that the identities of all these men are known to MI5.

After the deaths of Berjawi and Sakr, Hashi was detained by al-Shabaab, who suspected that he was a British spy, and that he was responsible for bringing the drones down on the heads of his brothers-in-arms. According to his US lawyer, Harry Batchelder, he was released in early June last year. The militants had identified three other men whom they believed were the culprits, executing them shortly afterwards.

Within a few days of Hashi’s release, May signed an order depriving him of his British citizenship. The warning notice that was sent to his family’s home read: « The reason for this decision is that the Security Service assess that you have been involved in Islamist extremism and present a risk to the national security of the United Kingdom due to your extremist activities. »

Hashi decided to leave Somalia, and travelled to Djibouti with two other fighters, both Somali-Swedish dual nationals. All three were arrested in a raid on a building, where they had been sleeping on the roof, and were taken to the local intelligence agency headquarters. Hashi says he was interrogated for several weeks by US intelligence officers who refused to identify themselves. These men then handed him over to a team of FBI interrogators, who took a lengthy statement. Hashi was then hooded, put aboard an aircraft, and flown to New York. On arrival he was charged with conspiracy to support a terrorist organisation.

Hashi has since been quoted in a news report as saying he was tortured while in custody in Djibouti. There is reason to doubt that this happened, however: a number of sources familiar with his defence case say that the journalist who wrote the report may have been misled. And the line of defence that he relied upon while being interrogated – that Somalia’s civil war is no concern of the US or the UK – evaporated overnight when al-Shabaab threatened to launch attacks in Britain.

When Hashi was led into court in Brooklyn in January, handcuffed and dressed in a grey and orange prison uniform, he was relaxed and smiling. The 23-year-old had been warned that if he failed to co-operate with the US government, he would be likely to spend the rest of his life behind bars. But he appeared unconcerned.

At no point did the UK government intervene. Indeed, it cannot: he is no longer British.

When the Home Office was asked whether it knew Hashi was facing detention and forcible removal to the US at the point at which May revoked his citizenship, a spokesperson replied: « We do not routinely comment on individual deprivation cases, nor do we comment on intelligence issues. »

The Home Office is also refusing to say whether it is aware of other individuals being killed after losing their British citizenship. On one point it is unambiguous, however. « Citizenship, » it said in a statement, « is a privilege, not a right. »

The case of ‘B2’

A glimpse of even closer UK-US counter-terrorism co-operation can be seen in the case of the Vietnamese-born convert, who cannot be named for legal reasons. Born in 1983 in the far north of Vietnam, he was a month old when his family travelled by sea to Hong Kong, six when they moved to the UK and settled in London, and 12 when he became a British citizen.

While studying web design at a college in Greenwich, he converted to Islam. He later came into contact with the banned Islamist group al-Muhajiroun, and was an associate of Richard Dart, a fellow convert who was the subject of a TV documentary entitled My Brother the Islamist, and who was jailed for six years in April after travelling to Pakistan to seek terrorism training. In December 2010, this man told his eight-months-pregnant wife that he was going to Ireland for a few weeks. Instead, he travelled to Yemen and stayed for seven months. MI5 believes he received terrorism training from al-Qaida in the Arabian peninsula and worked on the group’s online magazine, Inspire.

He denies this. Much of the evidence against him comes from a man called Ahmed Abdulkadir Warsame, a Somali who once lived in the English midlands, and who was « rendered to justice » in much the same way as Hashi after being captured in the Gulf of Aden two years ago. Warsame is now co-operating with the US Justice Department.

On arrival back at Heathrow airport, the Vietnamese-born man was searched by police and arrested when a live bullet was found in his rucksack. A few months later, while he was free on bail, May signed an order revoking his British citizenship. Detained by immigration officials and facing deportation to Vietnam, he appealed to SIAC, where he was given the cipher B2. He won his case after the Vietnamese ambassador to London gave evidence in which he denied that he was one of their citizens. Depriving him of British citizenship at that point would have rendered him stateless, which would have been unlawful.

Within minutes of SIAC announcing its decision and granting B2 unconditional bail, he was rearrested while sitting in the cells at the SIAC building. The warrant had been issued by magistrates five weeks earlier, at the request of the US Justice Department. Moments after that, the FBI announced that B2 had been charged with five terrorism offences and faced up to 40 years in jail. He was driven straight from SIAC to Westminster magistrates’ court, where he faced extradition proceedings.

B2 continues to resist his removal to the US, with his lawyers arguing that he could have been charged in the UK. Indeed, the allegations made by the US authorities, if true, would appear to represent multiple breaches of several UK laws: the Terrorism Act 2000, the Terrorism Act 2006 and the Firearms Act 1968. Asked why B2 was not being prosecuted in the English courts – why, in other words, the Americans were having this particular headache, and not the British – a Crown Prosecution Service spokesperson said: « As this is a live case and the issue of forum may be raised by the defence in court, it would be inappropriate for us to discuss this in advance of the extradition hearing. »

The rule of ‘imminent threat’

In the coffee shops of west London, old friends of Berjawi, Sakr, Hashi and B2 are equally reluctant to talk, especially when questioned about the calamities that have befallen the four men. When they do, it is in a slightly furtive way, almost in whispers.

Ezzouek explains that he never leaves the country any more, fearing he too will be stripped of his British citizenship. Al-Daour is watched closely and says he faces recall to prison whenever he places a foot wrong. Failing even to tell his probation officer that he has bought a car, for example, is enough to see him back behind bars. A number of their associates claim to have learned of the deaths of Berjawi and Sakr from MI5 officers who approached them with the news, and suggested they forget about travelling to Somalia.

Last February, a 16-page US justice department memo, leaked to NBC News, disclosed something of the legal basis for the drone programme. Its authors asserted that the killing of US citizens is lawful if they pose an « imminent threat » of violent attack against the US, and capture is impossible. The document adopts a broad definition of imminence, saying no evidence of a specific plot is needed, and remains silent on the fate that faces enemies who are – or were – citizens of an allied nation, such as the UK.
matrix drone in flight

But if the Obama administration is satisfied that the targeted killing of US citizens is lawful, there is little reason to doubt that young men who have been stripped of their British citizenship, and who take up arms in Somalia or Yemen or elsewhere, will continue to find their way on to the disposition matrix, and continue to be killed by missiles fired from drones hovering high overhead, or rendered to courts in the US.

And while Obama says he wants to curtail the drone programme, his officials have been briefing journalists that they believe the operations are likely to continue for another decade, at least. Given al-Qaida’s resilience and ability to spread, they say, no clear end is in sight.

Voir encore:

La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Le Monde

04.05.2015

Eté 2014, bande de Gaza. Un vieux Palestinien gît à terre. Il marchait non loin d’un poste de reconnaissance de l’armée israélienne. Un soldat a décidé de le viser. Il est grièvement blessé à la jambe, ne bouge plus. Est-il vivant ? Les soldats se disputent. L’un d’eux décide de mettre fin à la discussion. Il abat le vieillard.

Cette histoire, narrée par plusieurs de ses acteurs, s’inscrit dans la charge la plus dévastatrice contre l’armée israélienne depuis la guerre, lancée par ses propres soldats. L’organisation non gouvernementale Breaking the Silence (« rompre le silence »), qui regroupe des anciens combattants de Tsahal, publie, lundi 4 mai, un recueil d’entretiens accordés sous couvert d’anonymat par une soixantaine de participants à l’opération « Bordure protectrice ».

Une opération conduite entre le 8 juillet et le 26 août 2014, qui a entraîné la mort de près de 2 100 Palestiniens et 66 soldats israéliens. Israël a détruit trente-deux tunnels permettant de pénétrer clandestinement sur son territoire, puis a conclu un cessez-le-feu avec le Hamas qui ne résout rien. L’offensive a provoqué des dégâts matériels et humains sans précédent. Elle jette, selon l’ONG, « de graves doutes sur l’éthique » de Tsahal.

« Si vous repérez quelqu’un, tirez ! »

Breaking the Silence n’utilise jamais l’expression « crimes de guerre ». Mais la matière que l’organisation a collectée, recoupée, puis soumise à la censure militaire comme l’exige toute publication liée à la sécurité nationale, est impressionnante. « Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG depuis dix ans. J’espère qu’il y aura un débat, mais j’ai peur qu’on parle plus du messager que du message. Les Israéliens sont de plus en plus autocentrés et nationalistes, intolérants contre les critiques. »

Environ un quart des témoins sont des officiers. Tous les corps sont représentés. Certains étaient armes à la main, d’autres dans la chaîne de commandement. Cette diversité permet, selon l’ONG, de dessiner un tableau des « politiques systémiques » décidées par l’état-major, aussi bien lors des bombardements que des incursions au sol. Ce tableau contraste avec la doxa officielle sur la loyauté de l’armée, ses procédures strictes et les avertissements adressés aux civils, pour les inviter à fuir avant l’offensive.

« Ce travail soulève le soupçon dérangeant de violations des lois humanitaires, explique l’avocat Michael Sfard, qui conseille l’ONG Breaking the Silence. J’espère qu’il y aura un débat »
Les témoignages, eux, racontent une histoire de flou. Au nom de l’obsession du risque minimum pour les soldats, les règles d’engagement – la distinction entre ennemis combattants et civils, le principe de proportionnalité – ont été brouillées. « Les soldats ont reçu pour instructions de leurs commandants de tirer sur chaque personne identifiée dans une zone de combat, dès lors que l’hypothèse de travail était que toute personne sur le terrain était un ennemi », précise l’introduction. « On nous a dit, il n’est pas censé y avoir de civils, si vous repérez quelqu’un, tirez ! », se souvient un sergent d’infanterie, posté dans le nord.

Les instructions sont claires : le doute est un risque. Une personne observe les soldats d’une fenêtre ou d’un toit ? Cible. Elle marche dans la rue à 200 mètres de l’armée ? Cible. Elle demeure dans un immeuble dont les habitants ont été avertis ? Cible. Et quand il n’y a pas de cible, on tire des obus ou au mortier, on « stérilise », selon l’expression récurrente. Ou bien on envoie le D-9, un bulldozer blindé, pour détruire les maisons et dégager la vue.

« Le bien et le mal se mélangent »
Un soldat se souvient de deux femmes, parlant au téléphone et marchant un matin à environ 800 mètres des forces israéliennes. Des guetteuses ? Un drone les survole. Pas de certitude. Elles sont abattues, classées comme « terroristes ». Un sergent raconte le « Bonjour Al-Bourej ! », adressé un matin par son unité de tanks à ce quartier situé dans la partie centrale du territoire. Les tanks sont alignés puis, sur instruction, tirent en même temps, au hasard, pour faire sentir la présence israélienne.

Beaucoup de liberté d’appréciation était laissée aux hommes sur le terrain. Au fil des jours, « le bien et le mal se mélangent un peu (…) et ça devient un peu comme un jeu vidéo », témoigne un soldat. Mais cette latitude correspondait à un mode opérationnel. Au niveau de l’état-major, il existait selon l’ONG trois « niveaux d’activation », déterminant notamment les distances de sécurité acceptées par rapport aux civils palestiniens. Au niveau 3, des dommages collatéraux élevés sont prévus. « Plus l’opération avançait, et plus les limitations ont diminué », explique l’ONG. « Nos recherches montrent que pour l’artillerie, les distances à préserver par rapport aux civils étaient très inférieures à celles par rapport à nos soldats », souligne Yehuda Shaul, cofondateur de Breaking the Silence.

Un lieutenant d’infanterie, dans le nord de la bande de Gaza, se souvient : « Même si on n’entre pas [au sol], c’est obus, obus, obus. Une structure suspecte, une zone ouverte, une possible entrée de tunnel : feu, feu, feu. » L’officier évoque le relâchement des restrictions au fil des jours. Lorsque le 3e niveau opératoire est décidé, les forces aériennes ont le droit à un « niveau raisonnable de pertes civiles, dit-il. C’est quelque chose d’indéfinissable, qui dépend du commandant de brigade, en fonction de son humeur du moment ».

Fin 2014, le vice-procureur militaire, Eli Bar-On, recevait Le Monde pour plaider le discernement des forces armées. « On a conduit plus de 5 000 frappes aériennes pendant la campagne. Le nombre de victimes est phénoménalement bas », assurait-il. A l’en croire, chaque frappe aérienne fait l’objet d’une réflexion et d’une enquête poussée. Selon lui, « la plupart des dégâts ont été causés par le Hamas ». Le magistrat mettait en cause le mouvement islamiste pour son utilisation des bâtiments civils. « On dispose d’une carte de coordination de tous les sites sensibles, mosquées, écoles, hôpitaux, réactualisée plusieurs fois par jour. Quand on la superpose avec la carte des tirs de roquettes, on s’aperçoit qu’une partie significative a été déclenchée de ces endroits. »

Treize enquêtes pénales ouvertes
L’armée peut-elle se policer ? Le parquet général militaire (MAG) a ouvert treize enquêtes pénales, dont deux pour pillages, déjà closes car les plaignants ne se sont pas présentés. Les autres cas concernent des épisodes tristement célèbres du conflit, comme la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014. Six autres dossiers ont été renvoyés au parquet en vue de l’ouverture d’une enquête criminelle, après un processus de vérification initial.

Ces procédures internes n’inspirent guère confiance. En septembre, deux ONG israéliennes, B’Tselem et Yesh Din, ont annoncé qu’elles cessaient toute coopération avec le parquet. Les résultats des investigations antérieures les ont convaincues. Après la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza (près de 1 400 Palestiniens tués), 52 enquêtes avaient été ouvertes. La sentence la plus sévère – quinze mois de prison dont la moitié avec sursis – concerna un soldat coupable du vol d’une carte de crédit. Après l’opération « Pilier de défense », en novembre 2012 (167 Palestiniens tués), une commission interne a été mise en place, mais aucune enquête ouverte. Le comportement de l’armée fut jugé « professionnel ».

Voir par ailleurs:

“Good Kill”, ce film digne qu’Eastwood n’a pas signé

Aurélien Ferenczi
Cinécure

24/02/2015

L’unique statuette ramassée l’autre nuit par American Sniper, le dernier Clint Eastwood, a valeur de symbole : l’Oscar du meilleur montage son est allé comme une médaille du courage aux deux types qui ont passé de longues semaines à recueillir, puis à caler sur les images du film des bruits de fusils d’assaut, mitraillettes, fusils de chasse, lance-roquettes, grenades, etc. Des techniciens à l’ouïe fine, sans doute capables de différencier le son d’une balle amie à celui d’une balle ennemie…

Mais ce sont aussi les petits malins responsables (sous les ordres de Papy Clint) de la première faute de goût du film, impardonnable péché originel : dès la première seconde de projection, sur le logo de la Warner (pas encore passée sous contrôle qatari pourtant), une voix psalmodie « Allah Akbar ». Une prière qui ouvre clairement les hostilités, dit à qui on aura affaire, jouerait presque à faire peur. Pas très digne, vraiment…

American Sniper cartonne des deux côtés de l’Atlantique (plus d’un million de spectateurs en France au terme de sa première semaine d’exploitation) : les « eastwoodiens » de longue date s’en félicitent (à tous lessens du mot), sans s’apercevoir que c’est l’un des films les plus faibles de leur auteur-fétiche. Outre les libertés bien commodes qu’il prend avec la vraie biographie de Chris Kyle (un type assez malin pour penser que des séances de tir sont le meilleur remède au syndrome post-traumatique des soldats éclopés), le scénario alterne mécaniquement scènes de guerre banales – moins spectaculaires que celles de La Chute du Faucon noir, par exemple – et vie de famille troublée, montrée avec une finesse éléphantesque. Exemple : Intérieur jour. Chris Kyle est assis dans son fauteuil, inerte. La télévision est éteinte, mais il entend des rafales d’armes automatiques (merci les monteurs son). C’est comme s’il était encore à la guerre… Non, vraiment ? Difficile de reconnaître l’auteur de Josey Wales dans ces gros sabots bellicistes.

Eastwood parachute un héros américain dans une époque où le manichéisme n’est plus possible. Chacun sait qu’il n’y a plus de guerre propre et que le défi « à l’ancienne » que s’impose le héros eastwoodien – avoir la peau du sniper adverse, et puis rentrer chez lui – est pure fiction. L’impossibilité de l’héroïsme est au cœur d’un autre film sur les conflits d’aujourd’hui, qui sonne autrement juste. Good Kill, d’Andrew Niccol (le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of War), qui sortira en France le 22 avril, raconte la guerre d’un type qui tue de très loin. Un ancien pilote de chasse de l’US Air force, désormais aux commandes de drones qu’il dirige à des milliers de kilomètres de distance.

Il agit depuis sa base de Las Vegas, au sein de petites cabines frappées d’extra-territorialité, des habitacles immobiles comme ceux des jeux vidéos, et il appuie sur le lance-roquettes quand les cibles se précisent. Quelles cibles ? C’est le problème, a fortiori quand la CIA s’en mêle, réquisitionnant les unités d’élite de l’armée pour éliminer des suspects : les drones survolent par exemple le Waziristan, au nord-ouest du Pakistan, et il faut obéir aux ordres, imaginer que ces villageois réunis sont bien des terroristes en puissance, et les éliminer, tant pis si des femmes ou des enfants sont dans la zone de tir.

Implacable et documenté, Good kill décrit avec précision les pratiques de l’armée américaine : par exemple, le principe de la double frappe. Vous éliminez d’un missile un foyer de présumés terroristes, mais vous frappez dans les minutes qui suivent au même endroit pour éliminer ceux qui viennent les secourir, et tant pis si ce sont clairement des civils. L’un des sommets du film est le récit d’une opération visant l’enterrement d’ennemis tués plus tôt dans la journée, la barbarie à son maximum – et on est sûr que Andrew Niccol, scénariste et réalisateur, n’a rien inventé. Bien sûr, à tuer quasiment à l’aveugle, ou sur la foi de renseignements invérifiables, on crée une situation de guerre permanente, et on fabrique les adversaires que l’on éliminera plus tard.

Le personnage joué par Ethan Hawke, avec autrement d’intensité que la bonhomie irresponsable de Bradley Cooper chez Eastwood, peut difficilement ne pas être traversé d’un trouble terrible – a fortiori en retrouvant sa femme et ses enfants le soir chez lui, juste après avoir détruit des familles dans la journée.

Good Kill est un film important parce qu’il montre pour la première fois le vrai visage des guerres modernes, et à quel point ont disparu les notions de patriotisme et d’héroïsme – que risque ce combattant plaqué à part de se détruire lui-même ? C’est aussi un réquisitoire courageux contre l’american way of life, symbolisée ici par Las Vegas, ville sans âme que les personnages traversent sur leur chemin entre base militaire et pavillon sinistre. Ce n’est pas un film d’anticipation. L’horreur que l’on fait subir aux victimes et, en un sens, à leurs bourreaux, c’est ici et maintenant. Une sale guerre, un sale monde.

Voir aussi:

Good Kill », un film édifiant sur l’utilisation des drones
Nicolas Schaller

L’Obs
26-04-2015
« Good Kill », c’est l’anti-« American Sniper ». Rencontre avec son réalisateur, Andrew Niccol

L’OBS. « Good Kill » suit un pilote de l’U.S. Air Force, interprété par Ethan Hawke, qui pilote des drones et bombarde le Moyen-Orient depuis une base de Las Vegas, à plus de 10.000 km.

Andrew Niccol. Tout ce que vous voyez dans le film est réel. L’utilisation militaire des drones a commencé après le 11-Septembre et n’a jamais cessé depuis. Les Républicains comme les Démocrates y sont favorables. Cela leur évite d’envoyer des soldats dans la zone de conflit. Les stations de contrôle des drones sont à l’intérieur de remorques. Avant, ces remorques étaient emmenées sur place par hélicoptère. Puis ils se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas besoin d’y être. « Good Kill » se déroule en 2010, année où les frappes de drones ont atteint des proportions jamais connues.

Une manière de dire aux familles : « nous n’envoyons pas vos enfants là-bas ».

– C’est sans danger. On ne voit pas revenir de cercueils.

En revanche, les morts de l’autre côté sont hasardeuses.

– Les drones sont très précis. Si vous voulez détruire tel immeuble, vous l’aurez sans problème. Reste à savoir si c’est le bon. Trois jours après son accession au pouvoir, Obama a ordonné une frappe sur un repaire taliban. Qui s’est avéré ne pas en être un. Neuf civils sont morts. Au moment où on tournait, l’armée américaine a accidentellement bombardé une cérémonie de mariage au Yémen. On en a à peine parlé aux infos. Ce n’était pas le premier mariage pris pour cible par erreur. Là-bas, la tradition veut que l’on tire des coups de feu durant la fête et il est arrivé à plusieurs reprises que les Américains prennent ça pour des attaques.

Avez-vous bénéficié du concours de l’armée américaine ?

– Non. Le film raconte une vérité trop dérangeante. Mais j’ai pu parler à d’ex-pilotes de drones tels que Brandon Bryant…

… lequel a déclaré dans les médias américains avoir tué plus de 1600 personnes. Cela n’a choqué personne ?

– Pas vraiment. Les Etats-Unis sont le seul pays où la guerre menée par drones est plus populaire que l’inverse. WikiLeaks m’a été très précieux : c’est le seul moyen de voir des images de frappes de drones. Grâce à Chelsea Manning [ex-analyste militaire condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir divulguer des documents classés Secret Défense, ndlr].

« Good Kill » se focalise sur les missions confidentielles menées par l’armée sous le commandement de la C.I.A.

– Je n’ai rien inventé. Comme on le voit dans mon film, l’armée américaine a délibérément bombardé un enterrement. La CIA ne fait plus dans l’espionnage mais dans l’assassinat. Depuis le 11 septembre et la guerre contre le terrorisme, tout lui est permis. Mais comme elle n’a pas de pilotes, elle doit faire appel à l’armée. Bien sûr, l’assassinat est illégal aux Etats-Unis. Sauf qu’ils emploient des termes différents. Ils ont mis au point tout un lexique qui ferait bien rire George Orwell. Ils parlent d’ « auto-défense préventive ». Comme dans « Minority Report » : on tue le coupable présumé avant qu’il n’ait agi ! Il y a aussi la « frappe signature » qui consiste à tirer sur tout un groupe de gens dont vous ne connaissez pas forcément l’identité. Ils justifient cela par l’idée de « proportionalité ». Traduction : il est si important d’éliminer la personne ciblée que peu importe si on tue les types d’à côté. Et puis d’ailleurs, que font-ils là ? S’ils ne sont pas loin d’un terroriste, c’est qu’ils ne doivent pas être innocents.

On imagine les répercussions au Moyen Orient.

– Dans le film, j’ai choisi de ne montrer que le point de vue du drone, si j’ose dire, car c’est le seul à la portée du pilote qu’interprète Ethan Hawke. Une chose m’a marqué : aujourd’hui, les habitants des pays du Moyen-Orient où l’Amérique est en guerre détestent le ciel bleu. Ils sont heureux quand la météo se couvre : cela signifie que les drones ne peuvent pas voler. Cette guerre est une usine à terroristes. A chaque innocent qu’elle tue, l’armée américaine crée dix nouveaux terroristes.

Il est dit dans le film que la console de jeu X-Box a servi de modèle pour les drones. Vrai ?

– Oui, l’armée s’en est inspirée pour concevoir les joysticks de téléguidage. Elle ne veut plus de vrais pilotes, elle les embauche dans les salles d’arcades des centres commerciaux. Comme ce sont des civils, ils n’ont pas le droit d’actionner la bombe. Un officier doit être là pour appuyer sur le bouton de tir. Il y a une chose que je n’ai pas mise dans le film car cela n’aurait pas eu l’air crédible et pourtant, c’est vrai : des jeunes pilotes de drones m’ont raconté qu’après leur journée à tuer des talibans de derrière leur joystick, ils rentraient chez eux et jouaient aux jeux vidéo !

On imagine que la guerre menée avec des drones est moins onéreuse ?

– Un tir de drone coûte 68.000 $. C’est bien moins cher qu’un tir de jet. Un drone est très lent mais il peut tenir en l’air 24 heures d’affilée. On en produit davantage aujourd’hui que des jets. Et bientôt, il y aura des drones-jets. Le personnage d’Ethan Hawke souffre de ça. Il a grandi avec l’image de « Top Gun », rêvait d’être Tom Cruise dans le film et voilà à quoi il en est réduit.

Le syndrome de stress post-traumatique dont il souffre est très particulier.

– Parce qu’aucun soldat n’avait vécu cela jusqu’ici. Avant, on se rendait dans le pays avec lequel on était en conflit. Aujourd’hui, plus besoin : la guerre est télécommandée. Avant, le pilote prenait son jet, lâchait une bombe et rentrait. Aujourd’hui, il lâche sa bombe, attend dans son fauteuil et compte le nombre de morts. Il passe douze heures à tuer des talibans avant d’aller chercher ses enfants à l’école.

« J’ai tué six talibans cet après-midi et là, je rentre chez moi préparer un barbecue », dit le personnage d’Ethan Hawke à l’épicier auquel il achète sa bouteille de vodka quotidienne.

– Et le type croit qu’il blague. Le fait que les pilotes soient basés près du clinquant Las Vegas est obscène. Vous savez pourquoi ils ont choisi cette zone ?Parce que le paysage et les montagnes alentour ressemblent à ceux d’Afghanistan. Cela facilite l’entraînement.

L’héroïsme, la famille, le fantasme d’une Amérique gendarme du monde… « Good Kill » traite des mêmes sujets qu’ « American Sniper ». Jusqu’à sa fin ambiguë. Est-ce la version démocrate du film de Clint Eastwood ?

– Même pas : Obama est démocrate. Et l’emploi des drones a augmenté depuis qu’il est au pouvoir. Mon film parle de l’ »American sniper » ultime. J’ai juste tenté d’être honnête vis-à-vis du sujet. De montrer les choses telles qu’elles sont sans imposer une manière de penser. Il serait naïf de dire « je suis anti-drone ». Ce serait comme dire « je suis anti-internet ». Mais avec cette technologie, la guerre peut être infinie. Le jour où l’armée américaine quittera le Moyen-Orient, les drones, eux, y resteront.

Qu’avez-vous pensé d’ « American Sniper » ?

– J’ai pour règle de ne jamais m’exprimer sur les films des autres, mais son succès m’a un peu surpris. En fait, il est tombé pile au bon moment et a permis aux Américains de se sentir mieux vis-à-vis d’eux-mêmes. Mon « sniper » est très différent. Ce qui m’intéresse chez lui, c’est sa schizophrénie. L’état-major américain était sur le point d’attribuer une médaille à certains pilotes de drones. Cela a soulevé un tel tollé de la part des vrais pilotes qu’ils ont abandonné l’idée. Ces médailles sont censées célébrer les valeurs et le courage. Comment les décerner à des types qui tuent sans courir le moindre danger ?

Je crains que « Good Kill » ne rencontre pas le même succès qu’ « American Sniper » aux Etats-Unis.

– Je n’en doute pas.

Votre film est moins roublard que celui d’Eastwood.

– Et c’est une petite compagnie indépendante qui le sort, pas la Warner.

Avez-vous utilisé de vrais drones lors du tournage ?

– On peut effectuer des prises de vue aériennes à l’aide de drones mais, étrangement, ils sont trop petits et pas assez stables pour soutenir une caméra de cinéma. J’ai donc utilisé un hélicoptère ainsi qu’une grue de 60 mètres en balançant légèrement la caméra pour donner l’impression qu’elle vole. J’ai aussi pas mal filmé les scènes extérieures au conflit, celles de la vie quotidienne du personnage à Las Vegas, d’un point de vue culminant, pour créer une continuité et un sentiment de paranoïa. Comme si un drone le suivait en permanence. Ou le point de vue de Dieu.

Salle de contrôle (Voltage Pictures / Sobini films)

« Truman Show », « S1m0ne », « Lord of War » : dans tous vos films, les hommes sont prisonniers de la technologie…

– L’interaction entre les humains et la technologie me passionne.

… Et un individu se retrouve doté du pouvoir d’un dieu.

– Dans « Bienvenue à Gattaca » aussi : la manipulation génétique, c’est jouer à être Dieu. J’ai toujours vu le personnage de Nicolas Cage dans « Lord of War » comme quelqu’un d’invincible. Je l’imaginais traversant un champ de bataille sans baisser la tête, inatteignable. C’est sa malédiction.

Vous aimez gratter les sujets qui fâchent ?

– Je suis sur la « watch list » des autorités américaines depuis « Lord of War ».

Comment le savez-vous ?

– Le FBI m’a rendu visite pour savoir pourquoi j’avais fait jouer un vrai trafiquant d’armes dans le film. Parce que le seul moyen d’obtenir un avion-cargo russe en Afrique est de passer par un trafiquant d’armes. Celui que l’on voit dans « Lord of War » transportait de vraies armes au Congo une semaine avant qu’on le filme rempli de fausses armes. L’équipage russe se foutait de moi en me disant : « Pourquoi t’es pas venu la semaine dernière, on t’en aurait filées des vraies ». Vous vous souvenez du plan avec tous les tanks ? Les cinquante ont été vendus à Kadhafi un mois plus tard.

Propos recueillis par Nicolas Schaller

Voir de même:

« Good Kill » : au temps des drones, un nouvel art de la guerre
Thomas Sotinel
Le Monde

21.04.2015

L’American Sniper de Clint Eastwood était capable d’abattre sa cible à plusieurs centaines de mètres de distance. Le major Tom Egan peut le faire à des milliers de kilomètres. Le major est un as de l’US Air Force, le descendant des pilotes de biplan de la première guerre mondiale, qui fascinaient les Howard, Hawks et Hughes, des héros que filmait John Ford pendant la bataille de Midway en 1942. Mais la vie de guerrier de Tom Egan n’a rien à voir avec celle de ses ancêtres chevaleresques, qui ne savaient jamais le matin s’ils reverraient un jour leur patrie. Le soir, quand le service est fini, le major du XXIe siècle pousse la porte de l’espèce de container dans lequel il a passé sa journée, marche jusqu’au parking, monte dans sa voiture et regagne la périphérie de Las Vegas, sa maison entourée d’un carré de pelouse aussi verte que le désert est poussiéreux. Tom Egan ne pilote plus d’avions depuis longtemps mais dirige des drones qui survolent l’Afghanistan, le Waziristan, le Yémen, la Somalie pour surveiller et punir les ennemis des Etats-Unis.

Andrew Niccol, le réalisateur de Good Kill, est fasciné par les mutations de l’humanité : l’intervention de la génétique dans la définition des rapports sociaux (Bienvenue à Gattaca), la mondialisation – vue à travers le commerce des armes (Lord of War). Ici, il se lance dans une entreprise presque impossible : la mise en scène de la guerre contemporaine, dont l’asymétrie repose sur la disparition physique de l’une des parties en présence, remplacée par des machines. Comme cette ambition s’accompagne d’un souci très américain d’offrir un spectacle correspondant au prix du billet, Good Kill n’est pas tout à fait le film analytique, froid et fascinant que l’on entrevoit lors des premières séquences.

Elles montrent Tom Egan (Ethan Hawke) abruti d’ennui, devant un écran qui offre des images d’une netteté et d’une platitude presque insupportables. On y voit des cours orientales dans lesquelles des gens sans intérêt vaquent à des occupations triviales. Une fois que le renseignement a assigné à ces silhouettes la qualité d’ennemi, Egan peut faire tomber la foudre sur elles. Ce processus clinique, à l’opposé de la fureur guerrière que chérit le cinéma, trouve sa contrepartie civile dans le paysage synthétique de Las Vegas que traverse le soldat pour rentrer chez lui.

Une volonté d’analyse froide
Ethan Hawke est parfait pour le rôle, trouvant un nouvel emploi à cette faille constitutive qui fait qu’on sait toujours qu’il ne sera pas le héros qu’on attendait. Ici, sa frustration d’ancien combattant de terrain (on suppose qu’il a mitraillé et bombardé en Irak et en Afghanistan) honteux de son travail de bourreau à distance qu’il ressent comme une espèce d’impuissance martiale.

Cette description clinique, photographiée avec un soin maniaque du détail et un refus admirable de l’esthétique habituelle des films situés à Las Vegas, est assez vigoureuse et singulière pour empêcher Good Kill de succomber à ses nombreux défauts. Telles les figures dramatiques usées – les disputes conjugales en écho aux drames guerriers (Ethan Hawke a pour épouse January Jones, qui incarne Betty Draper dans la série « Mad Men ») –, la galerie sommaire de stéréotypes qui entourent le major Egan à la base de l’US Air Force, répartis équitablement entre militaires soucieux de leur honneur et ruffians qui voient des ennemis partout.

Malgré ces maladresses (et une fin qui menace de saper le travail intellectuel qui a précédé), Good Kill reste un film passionnant, soulevant (parfois avec beaucoup de raideur) une bonne part des questions posées par les mutations de l’art de la guerre.

On voit les contrôleurs de drones se soumettre aux ordres des services secrets, on les voit tentés par la toute-puissance que leur confère ce pouvoir de voir et de tuer sans être vus ni menacés. Dans les moments où la mise en scène s’accorde avec cette volonté d’analyse froide, Good Kill devient comme une version réaliste de ce qui reste à ce jour le meilleur film d’Andrew Niccol, le cauchemar futuriste de Bienvenue à Gattaca : le portrait d’un monde dont l’homme a exclu sa propre humanité.
Film américain d’Andrew Niccol avec Ethan Hawke, January Jones, Zoë Kravitz (1 h 42).

Toronto: le drame de drones d’Andrew Niccol

Thomas Sotinel

10 septembre 2014

« Good Kill », c’est l’interjection qu’éructent les pilotes de drones une fois leur objectif détruit. Coincés à l’intérieur d’une espèce de caravane, dans le désert du Nevada, ils contrôlent à distance de petits avions sans pilotes qui frappent sans relâches les ennemis des Etats-Unis, en Afghanistan, au Waziristan, au Yemen. Good Kill, le film, raconte le voyage dans la folie d’un ces pilotes, incarné par Ethan Hawke, qui n’arrive pas à faire le deuil de la guerre, la vraie, celle qui révèle la vérité d’un homme.

Ethan Hawke dans Good Kill, d’Andrew Niccol
Andrew Niccol a présenté son film à la Mostra, comme vous l’avez peut-être lu sur ce site. Je ne partage pas la répulsion de ma camarade vénitienne, au contraire. De Bienvenue à Gattaca en Lord of War, Niccol a toujours mis en scène avec précision l’interaction entre l’homme et les machines qu’il crée. Il est peut-être moins à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer les relations entre humains, mais comme l’essentiel de Good Kill est consacré à ces machines invisibles dont les victimes n’apprennent la présence qu’au moment exact de leur mort, ce n’est pas très grave.

Pour l’instant, le film n’a pas trouvé de distributeur en France. En attendant, voici ce que le réalisateur a à en dire.

Qu’est ce qui vous a intéressé dans les drones?

J’étais plus intéressé par le personnage, par cette nouvelle manière de faire la guerre. On n’a jamais demandé à un soldat de faire ça. De combattre douze heures et de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants, il n’y a plus de sas de décompression.

Vous avez imaginé la psychologie de ces pilotes?

J’ai engagé d’anciens pilotes de drones comme consultants, puisque l’armée m’avait refusé sa coopération. J’en aurais bien voulu, ç’aurait été plus facile si on m’avait donné ces équipements, ces installations. J’ai dû les construire.

Vous pensez que ce souci de discrétion, de secret même, fait partie la stratégie d’emploi des drones?

Oui, je me suis souvenu aujourd’hui d’une conférence de presse du général Schwartzkopf pendant la première guerre d’Irak, il avait montré des vidéos en noir et blanc, avec une très mauvaise définition, de frappes de précision et on voyait un motocycliste échapper de justesse à un missile. Il l’avait appelé « l’homme le plus chanceux d’Irak ». On le voit traverser un pont, passer dans la ligne de mire et sortir du champ au moment où le panache de l’explosion éclot. Aujourd’hui on sait qu’il existe une vidéo pour chaque frappe de drone, c’est la procédure. Mais on ne les montre plus comme au temps du général Schwartzkopf. Expliquez-moi pourquoi.

Je préfèrerais que vous le fassiez.

Je vais vous dire pourquoi. Les humains ont tendance à l’empathie – et même si vous êtes mon ennemi, même si vous êtes une mauvaise personne, si je vous regarde mourir, je ressentirai de l’empathie. Ce qui n’est pas bon pour les affaires militaires.

Vous pensez que l’emploi des drones permet de surmonter cet inconvénient?

Je crois que ça a tendance à insensibiliser. On n’entend jamais une explosion, on ne sent jamais le sol se soulever. On est à 10 000 kilomètres.

Il doit y avoir plusieurs bases de pilotages de drones aux Etats-Unis, pourquoi avez vous situé celle du film près de Las Vegas?

L’armée l’a mise là pour des raisons de commodité: les montagnes autour de Las Vegas ressemblent à l’Afghanistan, ce qui permet aux pilotes de drones à l’entraînement de se familiariser avec le terrain. Ils s’exercent aussi à suivre des voitures.

« Good Kill », par Andrew Niccol, en salles actuellement

« The Good Kill » à la Mostra de Venise : le film américain de trop
Isabelle Regnier (Venise, envoyée spéciale)

Le Monde

06.09.2014

(…)

LA QUESTION DES DRONES

Mais il a fallu attendre vendredi 5 septembre pour découvrir, en compétition, le plus problématique des films américains. Très attendu, The Good Kill d’Andrew Niccol (auteur du très élégant Bienvenue à Gattacca, et du plus englué Master of War) promettait d’interroger la question hautement politique et morale des drones, en suivant un ancien pilote de chasse reconverti en pilote à distance de ces machines meurtrières.

Le film est si mauvais qu’on peine à y croire. À partir d’un scénario qui lorgne du côté de la série Homeland (malaise du pilote de guerre de retour dans la vie civile, cynisme de la CIA, suprématie de la raison d’Etat dans la guerre contre le terrorisme…), Andrew Niccol met en scène des personnages sans épaisseur, sans qualité. Enveloppe vide qui tire la gueule du début à la fin du film, celui d’Ethan Hawke est défini par les rasades de vodka qu’il s’envoie en douce dans la salle de bains ; déambulant en robe cocktail et talons aiguilles dans son pavillon de la banlieue de Las Vegas comme si elle n’était pas tout à fait sortie de la série Mad Men, sa femme, interprétée par l’actrice January Jones, répète en boucle la même réplique : « tu as l’air d’être à des kilomètres… » ; quant à la jeune Zoe Kravitz, qui restera peut-être dans l’histoire comme la femme officier la plus sexy de toute l’histoire de l’armée, elle s’adonne, faute d’avoir plus intéressant à faire, à un festival de moues boudeuses qui pourrait lui valoir un prix dans un festival un peu en pointe. Le reste – monologues didactiques sur l’enjeu militaire et moral des drones, dialogues téléphonés, blagues pas drôles, musique de bourrin – est à l’avenant.

CRITIQUE COSMÉTIQUE

Ce qui pose vraiment problème n’est toutefois pas d’ordre artistique, mais politique. Paré des oripeaux de la fiction de gauche, The Good Kill s’inscrit pleinement (comme le faisait la troisième saison de « Homeland ») dans le paradigme de la guerre contre le terrorisme telle que la conduisent les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. Les Afghans ne sont jamais représentés autrement que sous la forme des petites silhouettes noires mal définies, évoluant erratiquement sur l’écran des pilotes de drones qui les surveillent. La seule action véritablement lisible se déroule dans la cour d’une maison, où l’on voit, à plusieurs reprises, un barbu frapper sa femme et la violer. C’est l’argument imparable, tranquillement anti-islamiste, de la cause des femmes, que les avocats de la guerre contre le terrorisme ont toujours brandi sans vergogne pour mettre un terme au débat.

La critique que fait Andrew Niccol, dans ce contexte, de l’usage des drones ne pouvait qu’être cosmétique. Elle est aussi inepte, confondant les questions d’ordre psychologique (comment se débrouillent des soldats qui rentrent le soir dans leur lit douillet après avoir tué des gens – souvent innocents), et celles qui se posent sur le plan du droit de la guerre (que Grégoire Chamayou a si bien expliqué dans La Théorie du drone, La Fabrique, 2013), dès lors que ces armes autorisent à détruire des vies dans le camp adverse sans plus en mettre aucune en péril dans le sien. Si l’ancien pilote de chasse ne va pas bien, explique-t-il à sa femme, ce n’est pas parce qu’il tue des innocents, ce qu’il a toujours fait, c’est qu’il les tue sans danger.

RÉDEMPTION AHURISSANTE

Pour remédier à son état, s’offre une des rédemptions les plus ahurissantes qu’il ait été donné à voir depuis longtemps au cinéma. S’improvisant bras armé d’une justice totalement aveugle, il dégomme en un clic le violeur honni, rendant à sa femme, après un léger petit suspense, ce qu’il imagine être sa liberté. La conscience lavée, le pilote peut repartir le cœur léger, retrouver sa famille et oublier toutes celles, au loin, qu’il a assassinées pour la bonne cause.

Good Kill
Thriller réalisé en 2014 par Andrew Niccol
Avec Ethan Hawke , Stafford Douglas , Michael Sheets …
Date de sortie : 22 avril 2015

Good Kill – Bande Annonce VOST
SYNOPSIS
Le commandant Tom Egan est un ancien pilote de chasse de l’US Army qui, après de nombreuses missions sur le terrain, se retrouve en service dans une petite base du Nevada où il s’est reconverti en pilote de drones, des machines meurtrières guidées à distance. Derrière sa télécommande Tom opère ses missions douze heures par jour : surveillance des terrains à risque, protection des troupes et exécution des cibles terroristes. Mais de retour chez lui, ses relations avec sa famille sont exécrables. Progressivement confronté à des problèmes de conscience, Tom remet bientôt sa mission en question…

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 22/04/2015

Pour

Un héros américain déchu : pilote de chasse, le commandant Tommy Egan ne fait plus voler que des drones. Enfermé dans un conteneur banalisé, sur une base militaire près de Las Vegas, son écran de contrôle lui montre la Terre, quelque part au Moyen-Orient, filmée de si haut qu’elle en devient presque abstraite. Mais pas pour lui. On lui ­désigne des cibles à bombarder, il voit des humains qu’il doit détruire. Et ça le détruit, comme l’alcool dont il abuse… Il est beau, ce personnage, cet oiseau blessé interprété par Ethan Hawke avec un désenchantement fiévreux digne de Montgomery Clift. Pour mener la guerre d’aujourd’hui, technologique et furtive, il faudrait que le commandant Egan devienne lui-même une machine. Au lieu de quoi, il résiste, pense, souffre. Le film trouve là une dimension mentale séduisante et pleine de tension. Car les états d’âme du militaire surgissent dans une réalité qui semble simplifiée, géométrique, comme les maisons du lotissement où il vit avec sa famille.

La superbe mise en scène d’Andrew Niccol donne toute sa complexité au personnage. Filmé à plusieurs reprises avec un crucifix derrière lui, accroché au mur de la chambre à coucher, il est désigné comme un croyant possible. En tout cas, un homme honnête qui veut rester fidèle à sa femme — alors que tout le pousse vers une charmante collègue — et à son idée du bien. Les autres pilotes de drones, après avoir fait feu, s’exclament « Good kill ! » (« en plein dans le mille ! »). Pour lui, cette logique entre le « good » et le « kill » soulève des interrogations morales. Nobles, assurément, mais qui, dans ce monde explosif et martial, passent par la violence. La guerre, c’est ça. — Frédéric Strauss

Contre

La guerre moderne qui transforme les soldats en snipers de jeux vidéo : un sujet en or pour le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Lord of war. Hélas, Andrew Niccol accumule les archétypes : l’ancien pilote, partagé entre le devoir et la cul­pabilité, sa collègue féminine qui verse une larme en gros plan en appuyant sur le bouton de la mort, le ­supérieur galonné qui débite des discours lourdement explicatifs… Dans American Sniper, Clint Eastwood filmait un homme formé à obéir et à tuer sans chercher à définir ce qu’est un « bon » ou un « mauvais » soldat. Andrew Niccol, lui, s’arroge ce droit et plonge dans la complaisance. Pendant tout le film, il prépare le terrain, il montre plusieurs fois, sur l’écran de contrôle, un salaud, un violeur, la pire des ordures. Enfin une cible que le sniper pourra dégommer sans remords — depuis son scénario du Truman Show, il n’a qu’une obsession : l’homme qui se prend pour Dieu. Mais à aucun moment, ici, il ne condamne le geste de ce soldat qui, à force d’exercer le droit de vie et de mort à distance, se change en justicier. Le film réquisitoire contre la sale guerre devient, dès lors, un thriller qui crée le malaise et met en rage. — Guillemette Odicino

Frédéric Strauss;Guillemette Odicino

Ethan Hawke et Andrew Niccol
« Good Kill », une drone de guerre
Ethan et Andrew posent pour Paris Match. © Patrick Fouque
Le 23 avril 2015 | Mise à jour le 23 avril 2015
Christine Haas

Dans «Good Kill», tuer à distance provoque des dégâts qui n’ont rien de virtuel…

«Good Kill ! » est la phrase glaçante que prononce le pilote de drone en atteignant sa cible quelque part en Afghanistan, à 11 000 kilomètres de la base militaire de Las Vegas où il « combat » douze heures par jour, installé dans un compartiment climatisé. Semblable à l’œil de Dieu, sa caméra voit tout lorsqu’elle descend du ciel : la femme qui se fait violer par un taliban sans qu’il puisse intervenir, les marines dont il assure la sécurité durant leur sommeil, mais aussi l’enfant qui surgit à vélo là où il vient d’envoyer son missile…

Face à cette inconfortable vérité, l’armée américaine n’a pas soutenu le projet du subversif Andrew Niccol, qui avait déjà agacé avec sa leçon de géopolitique dans « Lord of War ». Pour son scénario, le cinéaste s’est nourri des conseils d’anciens pilotes de drone. « Je voulais montrer que plus on progresse technologiquement, plus on régresse humainement, explique-t-il. Derrière sa télécommande, le pilote n’entend rien, ne sent pas le sol trembler, ne respire pas l’odeur de brûlé… Il fait exploser des pixels sans jamais être dans le concret de la chair et du sang. »

Dans cet univers orwellien où toutes sortes d’euphémismes – « neutraliser », « incapaciter », « effacer » – sont utilisés pour éviter de prononcer le mot « tuer », le décalage entre la réalité et le virtuel prend encore plus de sens quand on apprend que les très jeunes pilotes de drone sont repérés dans les arcades de jeux vidéo. D’autres, comme l’ancien pilote de chasse interprété par Ethan Hawke, culpabilisent d’être si loin du danger. « Il combat les talibans tout l’après-midi, explique l’acteur, puis il rentre chez lui, passe la soirée en famille et, le lendemain matin, retourne faire la guerre. Sa psychose traumatique s’accentue lorsqu’il se demande si l’Amérique ne suscite pas plus le terrorisme qu’elle ne l’éradique. C’est la triste possibilité d’une guerre sans fin qui semble se dessiner… »

«Good Kill», en salle actuellement.

Voir encore:

« Good Kill », les drones noyés sous le pathos
Andrew Niccol fait mine de s’attaquer aux questions posées par la suprématie technologique de l’armée américaine, mais déçoit avec un film caricatural.
La Croix
21/4/15

GOOD KILL

d’Andrew Niccol Film américain, 1 h 42

Présenté lors de la dernière Mostra de Venise, au mois de septembre 2014, Good Kill avait, sur le papier, de quoi retenir l’attention. D’abord pour son thème – l’utilisation massive de drones par l’armée américaine –, encore très peu exploité par le cinéma hollywoodien.

Ensuite pour la personnalité de son réalisateur, Andrew Niccol, scénariste de The Truman Show à ses débuts, à qui l’on doit un film d’anticipation très réussi, Bienvenue à Gattaca (1998), mais aussi Simone (2002), Lord of War (2005), Les Ames Vagabondes (2013)…

Autant de longs-métrages qui, s’ils ne révèlent pas à toute force la personnalité d’un auteur, proposent de réfléchir par-delà le simple divertissement. Dans le cas présent, il faut hélas déchanter.

Voici donc l’histoire du commandant Tommy Egan (Ethan Hawke), pilote de chasse de l’armée de l’air américaine, affecté au guidage de drones en attendant de retrouver une affectation digne de son rang. Depuis sa base située dans les environs de Las Vegas, avec des horaires de fonctionnaire, il traque les Talibans afghans à l’aide de ces aéronefs sans équipage, concentrés de technologies censés permettre des « frappes chirurgicales ».

Supportant mal de délivrer la mort sans être lui-même engagé physiquement, Tommy Egan vit des heures d’autant plus difficiles que les services secrets américains s’immiscent souvent dans son travail, désignant des cibles sans donner de raisons et faisant peu de cas des éventuels dommages collatéraux.

Le questionnement moral du soldat se trouve décuplé par la toute-puissance et l’omniscience dont il semble jouir derrière ses manettes. Son malaise, son impuissance à agir, l’incitent à se transformer en justicier solitaire, en dépit de sa hiérarchie et des procédures d’encadrement existantes.

Un scénario caricatural

Good Kill ne fait pas longtemps illusion : si le sujet autorisait une réflexion intéressante sur la guerre technologique, ses risques et limites, le scénario se charge de la caricaturer et de l’étouffer sous une épaisse couche de pathos.

Le pilote de drone cache ses bouteilles de vodka et, incapable de s’extraire de ses obsessions, voit son couple et sa famille se déliter sous ses yeux. Sempiternelle rengaine. Hollywood, dont on connaît la capacité à s’emparer du réel, donne ici plutôt l’impression de faire du vieux avec du neuf. La portée critique du film s’en trouve considérablement réduite.

Voir enfin:

«Charlie Hebdo»: un chef d’al-Qaïda tué par un drone au Yémen
RFI
07-05-2015

Nasser bin Ali al-Ansi avait revendiqué l’attentat de «Charlie Hebdo» en janvier 2015. AFP PHOTO / HANDOUT / SITE Intelligence Group
Un haut responsable d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a été tué par un tir de drone américain au Yémen. L’information est donnée par l’organisation elle-même, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes. Nasser al-Ansi est connu pour avoir revendiqué l’attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier en France.

Nasser al-Ansi, stratège militaire du réseau extrémiste, était apparu dans plusieurs vidéos d’Aqpa. C’est lui qui, le 14 janvier, affirmait que son groupe avait mené, par l’intermédiaire des frères Kouachi, la tuerie de Charlie Hebdo une semaine plus tôt, pour « venger » Mahomet, caricaturé par le journal satirique français. L’homme est aussi connu pour ses discours faisant l’apologie des attaques en Europe et aux Etats-Unis. Il avait rendu Barack Obama responsable de la mort de deux otages occidentaux que son groupe détenait, lors d’une tentative de libération.

La mort d’Ansi a été annoncée par un responsable d’Aqpa, Abou al-Miqdad al-Kindi dans une vidéo diffusée sur Twitter, selon SITE. Le centre américain de surveillance des sites islamistes précise que « selon des informations de presse, Ansi a été tué par un raid de drone à Moukalla, une ville du gouvernorat du Hadramout au Yémen, en avril avec son fils et six autres combattants ». Le Pentagone, comme à l’habitude, n’a pas souhaité commenter ces informations.

Selon une biographie fournie en novembre 2014 par Aqpa, Nasser ben Ali al-Ansi est né en octobre 1975 à Taëz, au Yémen. Il a participé au « jihad » en Bosnie en 1995, avant de retourner au Yémen puis de se rendre au Cachemire et en Afghanistan. Il avait rencontré Oussama ben Laden qui l’avait chargé de questions administratives, avant de participer à davantage de camps d’entraînement où il avait excellé. Il a été emprisonné six mois au Yémen puis avait rejoint Aqpa en 2011.

Sa mort, pour laquelle Washington offrait une récompense de cinq millions de dollars, est un coup réel porté à l’organisation, qui a profité de la guerre civile au Yémen pour reprendre des positions. Cela signifie aussi que le Pentagone a continué de recevoir des informations en provenance de ce pays malgré la crise, et le retrait de ses marines.


Nucléaire iranien: Plus ça change … (Surprise! Iran’s Persian statement on ‘deal’ turns out to contradict Obama’s claims)

5 avril, 2015
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Les faucons affirment (…) que le président Ahmadinejad a déclaré vouloir “rayer Israël de la carte”. Mais cet argument repose sur une mauvaise traduction de ses propos. La traduction juste est qu’Israël “devrait disparaître de la page du temps”. Cette expression (empruntée à un discours de l’ayatollah Khomeiny) n’est pas un appel à la destruction physique d’Israël. Bien que très choquant, son propos n’était pas un appel à lancer une attaque, encore moins une attaque nucléaire, contre Israël. Aucun État sensé ne peut partir en guerre sur la foi d’une mauvaise traduction. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt (2007)
Si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront une main tendue de notre part. Barack Hussein Obama (27.01.09)
Let there be no doubt: America is determined to prevent Iran from getting a nuclear weapon, and I will take no options off the table to achieve that goal. Barack Hussein Obama (24.01.12)
 Aujourd’hui, les estimations indiquent que l’Iran est à seulement deux ou trois mois de l’acquisition des matières premières qui pourraient être utilisées pour produire une seule bombe nucléaire. En vertu de cet accord, l’Iran a accepté de ne pas stocker les matériaux nécessaires pour construire une arme. Même s’il violait l’accord, pour les dix prochaines années au moins, l’Iran serait à un minimum d’un an de l’acquisition d’assez de matériaux pour fabriquer une bombe. (…) L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires. Si l’Iran triche, le monde le saura. (…)  C’est un bon accord qui répond à nos objectifs fondamentaux, y compris des limites strictes sur le programme de l’Iran afin de couper toutes les voies que Téhéran pourrait prendre pour développer une arme nucléaire. (…) Puisque le chef suprême de l’Iran a émis une fatwa contre le développement des armes nucléaires, ce cadre donne à l’Iran la possibilité de vérifier que son programme est bien pacifique. Barack Hussein Obama (2015)
In return for Iran’s actions, the international community, including the United States, has agreed to provide Iran with phased relief from certain sanctions. If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place (…) —even though that’s always led to Iran making more progress in its nuclear program … Barack Hussein Obama
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
Israël doit disparaître (…) Israël est une vieille blessure sur le corps du monde musulman. Hassan Rohani (2013)
Les grandes puissances ont reconnu à l’Iran le droit à l’enrichissement (…) Certains pensent qu’il faut soit se battre avec le monde, soit se rendre face aux grandes puissances. Nous croyons à une troisième option, nous pouvons coopérer avec le monde. Hassan Rohani (2015)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry spokeswoman, 26.11.13)
The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments (…) Why don’t we all stick to what we agreed to ? Why do we need to produce different texts ? (…) The terminology is different. The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again (…) And I urge you to read the entire text. If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. (…) What Iran has agreed is not to enrich above 5%. We did not agree to dismantle anything. Javad Zarif (Iranian foreign minister, 23.01.14)
We expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. Senior Obama administration official (23.01.14)
La victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations. Javan (journal iranien proche des Gardiens de la révolution)
Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main. NYT
Just hours after the announcement of what the United States characterized as a historic agreement with Iran over its nuclear program, the country’s leading negotiator lashed out at the Obama administration for lying about the details of a tentative framework. Iranian Foreign Minister Javad Zarif accused the Obama administration of misleading the American people and Congress in a fact sheet it released following the culmination of negotiations with the Islamic Republic. (…) The pushback from Iran’s chief diplomat follows a pattern of similar accusations by senior Iranian political figures after the announcement of previous agreements. Following the signing of an interim agreement with Iran aimed at scaling back its nuclear work, Iran accused the United States of lying about details of the agreement. Free Beacon
It only took North Korea 12 years to get a nuclear weapon from the time we reached the agreed framework in 1994 to the time they tested their first weapon in 2006. Tom Cotton
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie. (…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. (…) Following the war (…) The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. (…) And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt. Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. In practice, Saddam (…) pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode. (…) Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia. In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program. (…) Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians. (…) If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin. Charles Duelfer
Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis. A year may simply not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations. Michael Hayden, Olli Heinonen and Ray Takeyh (former CIA director, former IAEA deputy chief and Iran expert)
After negotiations with North Korea (shortened here to “NK”)—and after the CIA reports that NK has separated enough plutonium for one or two nuclear weapons—the U.S. and NK in 1994 sign the Agreed Framework in Geneva. With NK promising to eliminate its ability to produce nuclear weapons, the Agreed Framework is hailed as a major diplomatic triumph for the Clinton presidency. Through 1996-97, the U.S. negotiates with NK over ballistic-missile proliferation. (…) In October 2002, the U.S. says North Korea has admitted it has had a secret program to enrich weapons-grade uranium. (…) North Korea then cuts the IAEA seals on its nuclear factories, withdraws from the Non-Proliferation treaty and restarts a nuclear reactor. Talks resume in Beijing in April 2003. North Korea says it possesses nuclear weapons—but will dismantle its “nuclear facility” in return for fuel oil and food. In February 2005, NK’s foreign ministry says again that it has produced nuclear weapons. Months later, the Koreans now say they are willing to abandon “all nuclear weapons” and rejoin the nonproliferation treaty. A new round of talks begin. (…) In October, North Korea explodes a nuclear device in an underground test. (…)  NK says it is no longer “bound” by any agreements. On May 25, 2009, North Korea conducts its second underground nuclear test. (…) In November 2010, NK announces it has a 2,000-centrifuge uranium enrichment factory. In early 2012, the Obama administration offers to give 240,000 metric tons of food in return for “strict monitoring.” (…) In early 2013, a monitoring group detects activity with “explosion-like characteristics” at North Korea’s underground test site. (…) Last November, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said that North Korea is ready to the resume six-party talks. Every member of the Senate should read the full 81-page chronology. North Korea proves, irrefutably, that the “talks” model, absent credible measures of coercion or threat, won’t work. Iran knows it has nuclear negotiators’ immunity: No matter how or when Iran debauches any agreement, the West, abjectly, will request—what else?—more talks. Iran’s nuclear-bomb and ballistic-missile programs will go forward, as North Korea’s obviously did, no matter what. Bret Stephens
Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (…), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? (…) La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres. (…) Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (…) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain. Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (…) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran. Dedefensa
Les résolutions du Conseil de sécurité exigeaient l’arrêt des centrifugeuses. Aujourd’hui, on accorde à l’Iran le droit d’en conserver 6 000. Donc, petit à petit, les Iraniens, qui ne sont pas sur une même échelle du temps que les démocraties occidentales, obtiennent des concessions diplomatiques réelles et cruciales, tout en violant les lois internationales. Jean-Sylvestre Mongrenier
The first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw. All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner. (…) It is not only in their length that the texts differ. They amount to different, at times starkly contradictory, narratives. The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin. The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions. The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details. » (…) Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran. He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains. Amir Taheri

Attention: un déjà vu peut en cacher un autre !

Différences de longueur (291 en anglais pour la version irano-européenne, 512 pour la version persane, 231 pour la française, 1,318 pour l’américaine), différences de contenu (modèle de vacuité pour les versions irano-européenne ou française, « étonnantes spécificité et exhaustivité » du côté américain), différences d’étiquetage (simple « communiqué de presse » pour les Iraniens, « Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif » pour les Américains), différences syntaxiques (réduction, dans la version persane, de tout ce que la version américaine présente comme des « décisions » à des spéculations impersonnelles pour ce qui pourrait apparaitre comme des concessions iraniennes, précision persane au contraire pour les concessions occidentales), oppositions diamétrales (arrêt contre continuation de l’utilisation de centrifugeuses avancées, démantèlement contre modernisation du réacteur d’Arak, levée progressive contre immédiate des sanctions), disparitions pures et simples (supervision sur 10, 15 ou même 25 ans annoncées par les Obama et Kerry eux-même disparaissant totalement des versions persane, italienne et française), flagrantes contre-vérités (les 800 centrifugeuses iraniennes du début du premier mandat du président américain passant mystérieusement dans sa bouche à 6 000, toutes les voies coupées pour atteindre une bombe atomique qui pourraient néanmoins permettre l’obtention de celle-ci en un an, la fausse alternative entre la reddition préemptive actuelle et la guerre) …

Au lendemain d’un prétendu accord

Que tant le prétendu chef du Monde libre que ses thuriféraires …

Nous avaient vendu comme « historique » et « modèle de succès de la diplomatie multilatérale » ayant « toutes les chances d’être encore enseigné dans trente ans au sein des universités de sciences politiques du monde entier »  …

A coup de « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde » et d’ « aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire » …

Avec son imparable pièce maitresse de sanctions qu’il suffit en cas de tricherie de remettre en place même si bien sûr on sait qu’elles sont inefficaces

Et contre lequel étaient censés se « déchainer » les conservateurs de tout poil alors que « les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin »…

Alors que quelques heures à peine après ledit accord, les négociateurs iraniens accusaient déjà comme ils l’avaient fait il y a deux ans la Maison Blanche de mensonges sur la teneur exacte des termes du prétendu accord …

Et que Moscou attend son tour pour demander le démantèlement du bouclier antimissile européen et renforcer contre d’éventuelles frappes israéliennes ou occidentales la défense anti-aérienne iranienne …

Comment ne pas voir avec l’iranologue Tamer Aheri …

Derrière l’étrange impression de déjà vu munichois que les plus indécrottables des néoconservateurs avaient osé évoquer …

Comme d’un certain accord-cadre nord-coréen dont un certain président Clinton nous avait il y a onze ans dit tant de bien …

Et sans parler, concernant l’autre pièce maitresse du système, du fiasco lui aussi historique des inspections contre l’Irak de Saddam

La routine à présent bien rodée, après bientôt treize ans d’âpres négociations et pas moins de six résolutions contraignantes de l’ONU, de maitres-casuistes …

A qui on s’en souvient on devait déjà l’incomparable poésie d’un Israël …

Qui ne devait pas être « rayé de la carte » comme une traduction fautive nous l’avait un temps fait croire …

Mais tout simplement… « disparaitre de la page du temps » ?

Iran’s Persian statement on ‘deal’ contradicts Obama’s claims

Amir Taheri

April 4, 2015

“Iran Agrees to Detailed Nuclear Outline,” The New York Times headline claimed on Friday. That found an echo in the Washington Post headline of the same day: “Iran agrees to nuclear restrictions in framework deal with world powers.”

But the first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw.

All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner.

First, we have a joint statement in English in 291 words by Iranian Foreign Minister Muhammad Javad Zarif and the European Union foreign policy point-woman Federica Mogherini, who led the so-called P5+1 group of nations including the US in the negotiations.

Next we have the official Iranian text, in Persian, which runs into 512 words. The text put out by the French comes with 231 words. The prize for “spinner-in-chief” goes to US Secretary of State John Kerry who has put out a text in 1,318 words and acts as if we have a done deal.

It is not only in their length that the texts differ.

They amount to different, at times starkly contradictory, narratives.

The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin.

The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions.

The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details.”

When referring to what Iran is supposed to do, the Iranian text uses a device of Persian grammar known as “nakarah,” a form of verbs in which the authorship of a deed remains open to speculation.

For example: “ It then happened that . . .” or “that is to be done.”

But when it comes to things the US and allies are supposed to do, the grammatical form used is “maerfah” which means the precise identification of the author.

This is an example of the first form: “The nuclear facilities at Fordow shall be developed into a center for nuclear research and advanced Physics.” It is not clear who is going to do those things, over what length of time, and whether that would be subject to any international supervision

An example of the second form: “The United Nations shall abrogate its previous resolutions while the United States and the European Union will immediately lift sanctions [imposed on] financial, banking, insurance, investment and all services related to oil, gas, petrochemicals and car industry.”

The Iranian text opens by insisting that it has absolutely no “legal aspect” and is intended only as “a guideline for drafting future accords.”

The American text claims that Iran has agreed to do this or that, for example reducing the number of centrifuges from 19,000 to 6,500.

The Iranian text, however, says that Iran “shall be able to . . .” or “qader khahad boud” in Farsi to do such a thing. The same is true about enrichment in Fordow. The Americans say Iran has agreed to stop enrichment there for 15 years. The Iranian text, however, refers to this as something that Iran “will be able to do,” if it so wished.

Sometimes the two texts are diametrically opposed.

The American statement claims that Iran has agreed not to use advanced centrifuges, each of which could do the work of 10 old ones. The Iranian text, however, insists that “on the basis of solutions found, work on advanced centrifuges shall continue on the basis of a 10-year plan.”

The American text claims that Iran has agreed to dismantle the core of the heavy water plutonium plant in Arak. The Iranian text says the opposite. The plant shall remain and be updated and modernized.

In the past two days Kerry and Obama and their apologists have been all over the place claiming that the Iranian nuclear project and its military-industrial offshoots would be put under a kind of international tutelage for 10, 15 or even 25 years.

However, the Persian, Italian and French texts contain no such figures.

The US talks of sanctions “ relief” while Iran claims the sanctions would be “immediately terminated.”

The American text claims Tehran has agreed to take measures to reassure the international community on military aspects of its nuclear project, an oblique reference to Iran’s development, with help from North Korea, of missiles designed to carry nuclear warheads. There is absolutely no echo of that in the Iranian and other non-American texts.

In his jubilatory remarks in the Rose Garden Thursday, Obama tried to sell the Americans a bill of goods.

He made three outrageous claims.

The first was that when he became president Iran had “ thousands of centrifuges” which would now be cut down to around 6,000. In fact, in 2008, Iran had only 800 centrifuges. It was on Obama’s watch and because of his perceived weakness that Iran speeded up its nuclear program.

The second claim was that thanks to the scheme he is peddling “all of Iran’s paths” to developing a nuclear arsenal would be blocked. And, yet, in the same remarks he admitted that even if the claimed deal is fully implemented, Iran would still be able to build a bomb in just a year, presumably jumping over the “blocked paths.”

Obama’s worst claim was that the only alternative to his attempts at surrendering to the obnoxious Khomeinist regime would be US involvement in “another ground war in the Middle East.”

He ignores the fact that forcing Iran through diplomatic action, sanctions and proximity pressures to abide by six UN resolutions could also be regarded as an alternative. In other words, preemptive surrender is not the only alternative to war.

Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran.

He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains.

Voir aussi:

Iranian official on nuke deal: ‘We did not agree to dismantle anything’
Tom Cohen

CNN
January 23, 2014

(CNN) — Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif insisted Wednesday that the Obama administration mischaracterizes concessions by his side in the six-month nuclear deal with Iran, telling CNN in an exclusive interview that « we did not agree to dismantle anything. »

Zarif told CNN Chief National Security Correspondent Jim Sciutto that terminology used by the White House to describe the agreement differed from the text agreed to by Iran and the other countries in the talks — the United States, Britain, France, Russia, China and Germany.

« The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments » under the agreement that took effect Monday, Zarif said in Davos, Switzerland, where he was attending the World Economic Forum.

As part of the accord, Iran was required to dilute its stockpile of uranium that had been enriched to 20%, well above the 5% level needed for power generation but still below the level for developing a nuclear weapon.

In addition, the deal mandated that Iran halt all enrichment above 5% and « dismantle the technical connections required to enrich above 5%, » according to a White House fact sheet issued in November after the initial agreement was reached.

Zarif accused the Obama administration of creating a false impression with such language.

« The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again, » he said, urging Sciutto to read the actual text of the agreement. « If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. »

He repeated that « we are not dismantling any centrifuges, we’re not dismantling any equipment, we’re simply not producing, not enriching over 5%. »

« You don’t need to over-emphasize it, » Zarif said of the White House language. A separate summary sent out by the White House last week did not use the word dismantle.

In an interview with CNN’s Fareed Zakaria on Wednesday, Iranian President Hassan Rouhani echoed Zarif’s statement, saying the government will not destroy existing centrifuges. However, he added: « We are ready to provide confidence that there should be no concern about Iran’s program. »

Responding to Zarif’s comments to CNN, a senior administration official said « we expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. »

Iranian and U.S. officials have tried to sell the nuclear agreement to domestic opponents in their respective countries who could scuttle it.

Iranian officials have called the interim pact a victory and said it failed to halt the nation’s nuclear development program, while U.S. officials say the agreement essentially froze Iran’s nuclear program and rolled back some capabilities.

Zarif noted the political pressure facing both sides, which includes a push in Congress for more sanctions against Iran that Tehran warns would destroy any chance for success in talks on a long-range nuclear agreement intended to prevent development of an Iranian nuclear weapon.

« All of us are facing difficulties and oppositions and concerns and misgivings, » he said, noting he had been summoned Wednesday to Iran’s parliament to answer questions.

Asked about his relationship with Secretary of State John Kerry, Zarif called it « very difficult because we’re both going into these negotiations with a lot of baggage. »

Progress has been made, he said, but « it’s yet too early to talk about trust. »

Zarif and Rouhani traveled to Switzerland for annual gathering of world political and business leaders in Davos as a new round of Syrian talks started in Montreux before moving to Geneva.

Iran, a major backer of Syrian President Bashar al-Assad, was invited to the Syrian talks by U.N. Secretary General Ban Ki-moon, then disinvited under pressure from the United States because Tehran refused to endorse conditions in a previous agreement setting up the talks.

« We do not like the way Iran was treated, » he said, adding « it did not enhance the credibility of the United Nations or the office of the Secretary General. »

Zarif expressed hope that the Syrian talks could succeed, but he criticized Syrian opposition groups and their supporters that opposed Iran’s participation in the talks for what he called spreading extremism and trying to impose their will on the Syrian people.

He explained Iran’s support for the Syrian government, a longtime ally, by saying « Iran finds itself in a situation where we see the very prominent and serious danger of terrorism, extremism, sectarian tension being fed from outside and creating a very dangerous environment in Syria. »

To Zarif, an agreement among Syrians that brings a democratically elected government is the only solution, and he dismissed concerns that a free and fair vote would be impossible with al-Assad in power and running as a candidate.

Kerry said earlier Wednesday in Montreux that there was « no way » al-Assad will be part of a transitional government sought by the Geneva talks.

« Why don’t we talk about it? » Zarif asked. « And why don’t we allow the Syrians to talk about how they can conduct a free and fair election? Why do people need to set an agenda and impose their agenda on the Syrian people? »

Sciutto also asked Zarif about his visit last week to lay a wreath at the grave of Hezbollah leader Imad Mugniyah in Lebanon.

The United States condemned the gesture, saying Mugniyah was « responsible for heinous acts of terrorism that killed hundreds of innocent people, including Americans, » said a statement by National Security Council spokesperson Caitlin Hayden.

Zarif responded that his visit should be seen in the same context as the U.S. delegation that attended the recent funeral of Ariel Sharon, the former Israeli leader who was defense minister when mass killings occurred at refugee camps under his command in 1982.

« It’s a decision based on national perceptions and national beliefs, » he said, describing Mugniyah as a revered figure for resisting Israeli occupation while calling Sharon responsible for the massacre of Palestinians and Lebanese in the Sabra and Shatila camps.

« I believe Sabra and Shatila were crimes against humanity, » Zarif said.

 Voir également:

Prominent Iranian Analyst, Author, And Columnist Amir Taheri: Nobody Has Actually Seen Khamenei’s Anti-Nuclear Fatwa, Which Obama Often Quotes
In a March 14, 2014 article in the London daily Al-Sharq Al-Awsat, titled « Obama, the Bomb and the Fatwa, » prominent Iranian Middle East analyst, author, and columnist Amir Taheri berates U.S. President Barack Obama for citing an anti-nuclear fatwa allegedly issued by Iranian Supreme Leader Ali Khamenei and presenting it as proof that Iran’s nuclear program is peaceful.[1]

MEMRI

March 17, 2014

Taheri, who was editor of the Iranian daily Kayhan before the Islamic revolution and today resides in Europe, notes that neither Obama nor anyone else has ever seen this fatwa, and that, even if it exists, it is likely to be phrased so ambiguously as to be open to countless interpretations. Moreover, he says, Iranian clerics recently voiced opinions suggesting that the religious ban on nuclear weapons is by no means absolute. One ayatollah even implied that building a nuclear bomb is a necessary condition for the return of the Mahdi, the Shi’ite messiah.

Taheri concludes that, before touting this fatwa, Obama should at least demand to see it. He also advises him to remember that Khamenei is not considered a big religious authority in Iran, so his fatwa, if it exists, does not necessarily carry much weight.

The following is the article, as it appeared in the English edition of Al-Sharq Al-Awsat:[2]

Amir Taheri

« When lobbying to prevent further sanctions against Iran over its nuclear program, US President Barack Obama often refers to a fatwa, an Islamic religious opinion. According to Obama, the fatwa supposedly issued by ‘Supreme Guide’ Ali Khamenei, confirms Tehran’s claims that its nuclear program is entirely peaceful. Obama does not quote the text of the mysterious fatwa, nor does he tell us where and when he saw it.

« The trouble is that no one has actually seen the fatwa, although many people comment on it. In a bizarre twist, some mullahs even quote Obama as the source that confirms the existence of the fatwa. ‘Our Supreme Guide has issued a fatwa against the use of nuclear weapons, as confirmed by the President of the United States,’ Ayatollah Mahmoud Yussefwand told the official Islamic Republic News Agency (IRNA) last week.

« Presented as a ‘Theological Expert of the Scientific Center,’ the ayatollah was one of more than 100 mullahs and government officials who attended a two-day conference in Tehran on ‘A Theological View of Nuclear Weapons.’ None of the speakers claimed that he had seen the text of the fatwa. Nor did anyone suggest that the fatwa—if there were such a thing—was meant to stop the Islamic Republic from securing the means of making a bomb.

« A few speakers, including Yussefwand, suggested that the use, though not the building and/or stockpiling of such weapons, might be haram, or forbidden. ‘Islam uses the term ifsad [corruption] to ban a number of weapons of mass destruction,’ Yussefwand said. ‘The term specifically designates poisoning water resources, the cutting down of forests and the use of arson as a weapon of war.’ The ayatollah then wondered whether the principle could also apply to nuclear weapons. He did not offer a definite opinion. In other words, no such ban exists at the moment.

« Another theologian, Ali-Reza Qorban-Nia, explained that adopting an ‘Islamic position’ on nuclear weapons would not be easy. On the one hand, he argued, such weapons could be banned because they ‘are blind in targeting,’ in the sense that they could ‘wipe out believers and kuffar [infidels] alike.’ On the other hand, ‘Shi’ite Islamic rules of war’ strongly recommend the use of any weapon that could accelerate the destruction of the enemies of the Umma. According to Qorban-Nia, this is indicated in the principle of ma-yarji bel-fatah, or ‘that which creates hopes of victory.’ Thus, if a nuclear bomb could ensure ultimate victory for the believers, it should not be shunned.

« To confuse matters further, Ayatollah Bahman Akbari claimed that Khamenei’s statements, though not the fatwa, which may not even exist, show that the Islamic Republic sees nuclear weapons as ‘a deterrent that assures the reciprocal destruction of the adversary.’ In other words, developing a nuclear arsenal for deterrent purposes could be licit. Akbari also suggested that the issue of a nuclear arsenal be examined ‘in the context of other weapons of mass destruction, including chemical and biological.’ This means that nuclear weapons should not be discussed as a special category, presumably the ultimate evil.

« During the seminar, two theologians, Mahmoud Hekmati-Nia and Hashem Zaafarani, criticized Akbari for not actually referring to Khamenei’s fatwa. The reason, of course, was that neither Akbari nor anyone else had seen the non-existent document.

« The closest reference to Khamenei’s fatwa came in a speech by the spokesman for the Iranian Atomic Energy Agency, Behruz Kamalvand, when he said: ‘Our Supreme Leader has fixed our slogan: ‘Nuclear weapons for no nation, nuclear energy for all nations! » In other words, the Islamic Republic would be prepared to abandon the military aspects of its nuclear program only in the context of global nuclear disarmament. And, if others had nuclear weapons, why should Iran deny itself such an instrument?

« While the conference was under way, Ayatollah Hassan Mamduhi, a member of the Assembly of (Clerical) Experts, offered an enigmatic quotation from the late Ayatollah Aziz-Allah Khoshwaqt to the effect that the Hidden Imam would conclude his Grand Occultation only when his ‘sword’ was ready. ‘The Return of the Mahdi is conditional on what our nuclear scientists are doing,’ Mamduhi said, without elaborating. The Tehran media, however, claimed that ‘The Sword of the Imam’ in the modern world could only mean a nuclear arsenal.

« A week later, Ayatollah Ahmad Jannati, head of the Council of the Guardians of the Constitution, claimed in a Friday sermon that the return of the Hidden Imam was ‘ imminent’ thanks to ‘fantastic progress’ achieved by the Islamic Republic in Iran. Ayatollah Khoshwaqt, who died last year, was regarded as Khamenei’s teacher and ‘guru’ and a strong opponent of negotiations to limit any aspect of the Islamic Republic’s nuclear program. His views have found echoes among a number of Khomeinist clerics who argue that, with the US in retreat under Obama, there is no reason to make concessions to the P5+1 group.

« One prominent cleric, Ayatollah Mahmoud Nabawian, has published a 40-page essay arguing that Tehran is now in a position to tell the rest of the world to ‘get lost.’ Another critic is Muhammad-Javad Larijani, son of an ayatollah and brother of Chief Justice Sadeq Larijani. He argues that Islamic powers should only ask non-Islamic nations to ‘submit’ to God’s ‘Final Word.’ In 1988, he carried a letter from Ayatollah Khomeini to Mikhail Gorbachev, inviting him to convert to Shi’ism.

« Obama would do well to consider three points before beating the drums for the mullahs. The first is that the famous fatwa either does not exist or is couched in the style of obfuscation that would open it to countless interpretations. The least that Obama should do is demand to see the fatwa that he is defending as a text that trumps even international law. The second point is that Khamenei, though a major political figure in Tehran, is not generally regarded as a theological heavyweight. In religious terms, any of the 10 or 12 grand ayatollahs and hundreds of lower-ranked clerics could overrule Khamenei’s fatwas.

Finally, Obama should know that the Iran nuclear project is a political issue and not a religious issue to be settled with a fatwa, which is, in any case, just an opinion and in no way legally binding on any individual, let alone the Islamic Republic as a nation-state. »

Endnotes:

[1] On the fatwa and Obama’s endorsement of it, see:

Special Dispatch No. 5406, « Release Of Compilation Of Newest Fatwas By Iranian Supreme Leader Khamenei – Without Alleged Fatwa About Nuclear Bomb, » August 13, 2013;

MEMRI Special Dispatch No. 5461, « President Obama Endorses The Lie About Khamenei’s ‘Fatwa’ Against Nuclear Arms, » September 29, 2013;

MEMRI Inquiry & Analysis No. 1022, « The Official Iranian Version Regarding Khamenei’s Alleged Anti-Nuclear Weapons Fatwa Is A Lie, » October 4, 2013.
[2] Aawsat.net, March 14, 2014.

Fact Checker
Did Iran’s supreme leader issue a fatwa against the development of nuclear weapons?
Glenn Kessler

Washington Post

November 27, 2013

A handout picture released by the official website of Iran’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, shows him delivering a speech in Tehran on November 20, 2013. (AFP PHOTO/ KHAMENEI.IR)

“Iran’s supreme leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons.”

– President Obama, statement regarding conversation with President Rouhani, Sept. 27, 2013

“The supreme leader of Iran has said that there is a fatwa to development of a nuclear weapon.”

– Senior administration official, background briefing, Nov. 24, 2013

“So I close by saying to all of you that the singular objective that brought us to Geneva remains our singular objective as we leave Geneva, and that is to ensure that Iran does not acquire a nuclear weapon. In that singular object, we are resolute. Foreign Minister [Mohammad Javad] Zarif emphasized that they don’t intend to do this, and the supreme leader has indicated there is a fatwa, which forbids them to do this.”

– Secretary of State John F. Kerry, remarks to the media, Geneva, Nov. 24, 2013

As part of the administration’s diplomacy with Iran, senior officials have claimed that the supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, has issued a fatwa against the development of nuclear weapons. A fatwa is a ruling by a religious authority, often with judicial implications. As Khamenei is the ultimate authority in Iran, his statements would seem to carry significant weight.

But there is a fine line between a fatwa and mere statements made by the leader to the media. As Abbas Milani of Stanford University put it, “The issue of the fatwa is complicated. Whether it actually exists and even whether Mr. Khamenei is entitled to issue fatwas and finally how changeable are fatwas are all contested matters.”

It may not even matter if the fatwa exists. Karim Sadjadpour, an expert on Khamenei at the Carnegie Endowment for International Peace, said that it appears that Obama is referencing the fatwa in order to give the Iranians an easier route to compromise — because of their religious beliefs, not because of U.S.-led sanctions.

“I don’t think Ayatollah Khamenei’s fatwa reassures Obama that Iran doesn’t seek a nuclear weapons capability,” Sadjadpour said. “But if he can offer Khamenei a graceful way to stand down, that’s in his interests.”

With that in mind, let’s explore what is known about the alleged fatwa.
The Facts

Caitlin Hayden, a spokeswoman for the White House National Security Council, said the Iranian government was the best source for information. But she added: “Many Iranian officials have spoken of the fatwa publicly, and their comments are publicly available. There are various descriptions of it in the public domain. And importantly, the Iranians have also referenced the fatwa in our negotiations.”

Indeed, the Iranian government’s slick new Web site on its nuclear program, http://www.nuclearenergy.ir, includes an entire section on the nuclear fatwa.

The Iranian Web site appears to trace the roots of Khamenei’s fatwa, which it claims was first issued in 2003, to a fatwa uttered by his predecessor, Ayatollah Ruhollah Khomeini, concerning a ban on the production and use of chemical weapons during the Iran-Iraq war.

But there’s one problem: Iran admitted to chemical weapons production after it ratified the Chemical Weapons Convention (CWC) in 1997, and U.S. intelligence agencies suspected Iran of maintaining a chemical weapons stockpile at least until 2003. So what does it say if the origin of the supposed fatwa is based on an apparently misleading statement?

[Update: Gareth Porter, in a rebuttal to this column, says that Iran only said that it had « chemical weapons capability, while maintaining the policy not to resort to these weapons. » He argues that the distinction between production and capability had been lost through years of inaccurate reporting. He is certainly correct we should have linked to an original document, but we could not find one, and are pleased to do so now. One of the Wikileaks cables included a statement from Iran to the United States in 2004 that chemical weapons agents were produced but not weaponized.]

Khamenei also has referred to Iran not having produced chemical weapons. Here is an excerpt from a March 2003 speech, as translated from the Persian by Mehdi Khalaji of the Washington Institute for Near East Studies.

“Nuclear technology is different than producing nuclear bomb. Nuclear technology is considered to be a scientific progress in a field that has lots of benefits. Those who want nuclear bomb can pursue that field and get the bomb. We do not want bomb. We are even against chemical weapons. Even when Iraq attacked us by chemical weapons, we did not produce chemical weapons.”

Khalaji, who in 2011 collaborated with Michael Eisenstadt on an in-depth look at the supposed fatwa, notes that on many occasions, Khomeini abruptly shifted course, despite a previously issued ruling. Khalaji says this is quite common among senior Shiite religious figures. So Khomeini said the modern tax system in Iran was against Islam — until he came to power and said such laws should be obeyed. He also was against women’s suffrage when the shah was in power — and then after the revolution urged women to vote. He was also against the eating of sturgeon — until he was for it.

Oddly, the Iranian Web site does not provide the text of the original fatwa — and then mostly cites Western news reports as evidence that Khamenei has reiterated it on several occasions. The fatwa does not appear to be written, but in the Shiite tradition equal weight is given to oral and written opinions.

The most definitive written account of the fatwa appears in a statement that an Iranian official read at an emergency meeting of the International Atomic Energy Agency in 2005: “The Leader of the Islamic Republic of Iran, Ayatollah Ali Khamenei, has issued the fatwa that the production, stockpiling, and use of nuclear weapons are forbidden under Islam and that the Islamic Republic of Iran shall never acquire these weapons.”

But Khalaji also documents an interesting evolution in Khamenei’s statements over time. Whereas in 2005 Khamenei said that the “production of an atomic bomb is not on our agenda,” more recent statements have focused on use of nuclear weapons, often dropping references to the “development” of such weapons.

There is also an issue of translation, often a problem when dealing with Iran. One English language account has Khamenei saying this in 2012:

“We do not pursue to build nuclear weapons. In reality, having nuclear weapons is not to our benefit. From the viewpoint of ideology, theory, and the Islamic jurisprudence, we consider this as forbidden and proliferation of nuclear weapons as a wrong decision. We consider the use of such weapons a great sin while stockpiling it is not only pointless, but also harmful and hazardous. Therefore, we will never try to acquire such weapons.”

But Khalaji looked up the actual speech, as displayed in Persian on Khamenei’s official Web site, and rendered his own translation. There’s quite a difference:

“In fact, nuclear weapon is not economically useful for us. Furthermore, intellectually, theoretically and juridically [from Sharia point of view] we consider it wrong and consider this action wrong. We believe using such weapons are a great sin and stockpiling them are futile and harmful and dangerous and never go after it. They [big powers] know this too but they pressure on this point in order to stop this action [the nuclear program].”

The Pinocchio Test

Just about every Alfred Hitchcock thriller had what he called a “MacGuffin” — a plot device that gets the action going but is unimportant to the overall story. The Iranian fatwa thus appears to be a diplomatic MacGuffin — something that gives the Americans a reason to begin to trust the Iranians and the Iranians a reason to make a deal. No one knows how this story will end, but just as in the movies, the fatwa likely will not be critical to the outcome.

Even if one believes the fatwa exists — and will not later be reversed — it clearly appears to have evolved over time. U.S. officials should be careful about saying the fatwa prohibits the development of nuclear weapons, as that is not especially clear anymore. The administration’s statements at this point do not quite rise to the level of earning Pinocchios, but we will keep an eye on this issue.

Verdict Pending

Ces non-dits de l’Iran qui plombent les pourparlers
Nucléaire Les négociations à Lausanne ont du mal à aboutir. Le passé dissimulateur de Téhéran n’y est pas pour rien.
Andrés Allemand

La Tribune de Genève

01.04.2015

Faut-il se fier à Téhéran? Peut-on vraiment être sûr qu’un accord nucléaire à Lausanne permettrait de s’assurer que l’Iran ne se dotera jamais de l’arme atomique? Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’en croit pas un mot. La monarchie saoudienne non plus. Même parmi les puissances occidentales, le doute est permis. Mercredi, un accord nucléaire paraissait introuvable, même au lendemain de la date butoir. Difficile de lever toute sanction contre un pays qui a souvent dissimulé ses installations sensibles. Voyez plutôt.

1. Le secret de Natanz

Le premier choc a lieu en 2002. Un dissident iranien révèle l’existence de deux sites nucléaires: une installation d’enrichissement d’uranium à Natanz (en partie souterraine) et un réacteur à eau lourde à Arak, susceptible de fournir à terme du plutonium. Il s’agit des deux voies possibles pour fabriquer l’arme atomique.

En 2003, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confir­me que depuis dix-huit ans l’Iran développe en secret son programme nucléaire. Téhéran jure qu’il est destiné à un usage strictement civil et qu’il était caché parce que les Etats-Unis voulaient priver la République islamique de l’accès à l’énergie nucléaire. Pour rétablir la confiance, l’Iran suspend l’enrichissement d’uranium. En 2005, le président Mahmoud Ahmadinejad le redémarre.

2. Fordo sous la montagne

En 2009, l’Iran annonce à l’AIEA qu’un autre site d’enrichissement d’uranium est en construction, sans préciser où. En fait, Téhéran limite les dégâts: les services occidentaux observaient depuis 2006 le chantier clandestin de Fordo, creusé sous la montagne près de la ville de Qom. Assez grand pour accueillir 3000 centrifugeuses et produire une tête nucléaire par an, à l’abri de frappes aériennes.

3. L’uranium très enrichi

En 2010 l’Iran, qui sait enrichir l’uranium à 3,5% (pour un usage civil), annonce qu’il est capable d’aller jusqu’à 20%, officiellement pour servir de combustible à un réacteur de recherche médicale à Téhéran. Mais techniquement, cela permet aussi de monter très vite à 90% (pour une bombe).

4. L’inquiétant Lavizan

En février dernier, des opposants iraniens en exil ont dénoncé «l’existence d’un programme nucléaire parallèle et secret» enterré sous une base militaire dans les faubourgs de Téhéran. Baptisé «Lavizan-3», ce site caché servirait depuis 2008 à développer des centrifugeuses plus sophistiquées pour l’enrichissement d’uranium. Impossible de confirmer. Mais le même groupe avait dévoilé l’existence de Natanz et de Fordo.

Accords sur le nucléaire iranien: pourquoi cette question pose problème à l’Occident depuis plus de 10 ans
Le HuffPost

Maxime Bourdeau

02/04/2015

INTERNATIONAL – Après un an et demi de marathon diplomatique et plus d’une décennie de conflit, les négociations internationales sur le nucléaire iranien ont enfin débouché sur un accord ce jeudi 2 avril. Les grandes puissances et l’Iran sont en effet parvenus à s’entendre à Lausanne sur les « paramètres clés » pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin, ont annoncé les dirigeants occidentaux et iranien.

C’est sur twitter que les Occidentaux et Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu’un accord cadre avait été conclu à l’issue de plusieurs journées de négociations marathon.

« Des solutions sur les paramètres clés du dossier nucléaire de l’Iran ont été trouvées. L’écriture (d’un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d’ici le 30 juin », a écrit Hassan Rohani. On a « maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d’Etat américain John Kerry. « Grand jour (…) Retour au travail bientôt sur un accord final », a-t-il tweeté.

Le président Barack Obama a quant à lui salué la conclusion d’une entente « historique » et annoncé un sommet à Camp David avec les pays du Golfe au printemps.

Mais pourquoi États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne ont eu tant de mal pour trouver un accord? Quel est le problème avec le nucléaire en Iran? Le HuffPost vous propose de faire le tour de la question revenant sur 5 périodes clés depuis le début du conflit.

2002 : La découverte

Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran a signé en 1968 le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) des Nations unies qui a pour objectif principal d’empêcher les États dotés d’armes nucléaires d’en transférer ou d’aider ceux qui n’en ont pas à en produire tout en garantissant le droit à chaque pays de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

La différence entre ces deux types de produit (civil et militaire) et leur utilisation potentielle repose sur leur niveau d’enrichissement en uranium 235. Pour être utilisé dans des centrales nucléaires l’uranium a besoin d’être faiblement enrichi, c’est-à-dire entre 3 et 5 %. Au-delà de 20 %, l’uranium est considéré comme hautement enrichi et peut-être utilisé, en théorie, pour concevoir des bombes atomiques. En pratique, ce métal lourd radioactif est enrichi à plus de 85% lors d’utilisations militaires.

Le conflit avec l’Iran démarre en 2002, sur cette distinction. Alors que le pays se démène depuis 1975 pour terminer la construction de sa première centrale nucléaire à Bouchehr, un dissident révèle l’existence de deux sites nucléaires inconnus du reste du monde à Natanz et à Arak. Washington accuse alors Téhéran de chercher à hautement enrichir de l’uranium et de construire des armes de destruction massive et Téhéran décide d’autoriser les agents de l’AIEA à inspecter ces installations.

2003 – 2004 : Premier pas vers les négociations

Après la visite de l’AIEA — qui trouve des traces d’uranium enrichi et qui annonce que Natanz est en train de construire plus de 1000 centrifugeuses —, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France demandent durant l’été 2003 à l’Iran de négocier sur le nucléaire.

Ces trois pays, surnommés « UE3 », envoient sur place chacun leur chef de la diplomatie pour une réunion historique qui débouche sur un accord: l’Iran accepte des inspections surprises de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les sites nucléaires.

L’année suivante, Téhéran signe avec l’UE3 un nouvel accord et annonce au mois de novembre 2004 suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium.

2005 – 2010 : Ahmadinejad ferme la porte aux discussions

Mahmoud Ahmadinejad remporte l’élection présidentielle en juin 2005 et change radicalement la ligne diplomatique du pays sur ce dossier. Deux mois plus tard, l’Iran reprend l’enrichissement d’uranium dans son usine d’Ispahan. Le nouveau président défend devant l’ONU le droit du pays à développer un programme nucléaire civil.

Au mois de janvier 2006, l’Iran lève des scellés de l’AIEA sur plusieurs centres de recherche nucléaire ce qui déclenche le transfert de cette affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU qui décrète quelques mois plus tard la suspension obligatoire de « toutes les activités liées à l’enrichissement » dans le pays.

Face à cette décision qu’elle juge « illégale » et aux premières sanctions économiques qui tombent, Téhéran réduit sa coopération avec l’AIEA à partir de 2007. A la fin de cette même année, Mahmoud Ahmadinejad assure que le pays abrite maintenant plus de 3000 centrifugeuses. Ce qui lui permettrait en théorie d’obtenir suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique en moins d’un an.

En 2008, les cinq membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne — surnommé le groupe des 5+1 — lancent une nouvelle salve de négociations qui prend vite fin quand l’Iran inaugure à Ispahan sa première usine de combustible nucléaire.

Les discussions ne reprennent qu’en 2009 et la diplomatie internationale propose alors à l’Iran un accord prévoyant que le faible enrichissement de l’uranium iranien se fasse à l’étranger. Mais Téhéran refuse de se faire transiter ce métal lourd radioactif en dehors de ses frontières. En 2010, l’Iran commence à enrichir de l’uranium à 20 %.

2011 – 2012 : Accélération des sanctions internationales

Si en 2010 de nouvelles sanctions sont votées par l’ONU mais aussi par les États-Unis et l’Union Européenne, c’est à partir de 2011 que les répercussions prennent de l’ampleur.

Un renforcement des sanctions est décidé avant que plusieurs nouveaux rapports de l’AIEA ne soient publiés, dont un faisant mention de « sérieuses inquiétudes » sur la situation et évoquant une « possible dimension militaire du programme nucléaire » qui se développe dans le pays.

En guise de représailles, un embargo sans précédent sur le pétrole iranien décidé par l’Union Européenne entre en vigueur au 1er juillet, accompagné de suppressions de visas et de gels d’avoirs. Les négociations entre les 5+1 et l’Iran reprennent plusieurs fois mais n’avancent pas.

L’année 2012 se termine avec un nouveau rapport de l’AIEA prévenant que le site de Fordo fonctionne et permet à l’Iran d’augmenter significativement sa capacité d’enrichissement.

2013 – aujourd’hui : L’espoir d’un (difficile) accord

La situation prend un tournant nouveau en juin 2013 avec l’élection du président modéré Hassan Rohani. Ce dernier affirme être ouvert à des « négociations sérieuses ». Symbole de ce changement de ton, le coup de fil historique entre Obama et Rohani, premier contact d’un président américain avec un président iranien depuis 1979.

Les négociations reprennent à Genève quelques semaines plus tard entre l’Iran et le groupe des 5+1. Téhéran se dit alors prêt à accepter de nouveau le principe d’inspections surprises de ses sites nucléaires, comme en 2003. Un accord provisoire est enfin établi: l’arrêt du programme d’enrichissement contre la levée d’une partie des sanctions économiques.

Commence ensuite une longue série de sessions de négociations pour se mettre d’accord sur les détails du projet définitif. D’un commun accord, l’échéance fixée à juillet 2014 est repoussée car certains points clés posent problème comme la réduction du nombre de centrifugeuses et de stocks d’uranium en Iran.

La nouvelle échéance est maintenant fixée au 30 juin 2015 et les P5+1 et l’Iran étaient censés parvenir mardi 31 mars avant minuit à un premier compromis fondamental sur ce dossier inextricable pour tenir cette date butoir. Avec ce « cadre commun » décidé aujourd’hui, ce dossier a franchi une étape majeure.

Voir également:

US, Iran publicly at odds over 6 key aspects of nuke deal, Israeli expert finds
Declared differences over what was agreed in Lausanne relate to issues such as when sanctions will be lifted and how long enrichment restrictions will apply
Times of Israel

April 4, 2015

Two days after the US-led powers and Iran hailed a historic framework understanding designed to ensure Iran’s nuclear program not enable it to build nuclear weapons, a leading Israeli analyst on Saturday highlighted six gaping areas of discrepancy between American and Iranian accounts of what the agreement actually entails.

Ehud Ya’ari, Middle East analyst for Israel’s Channel 2 News and an international fellow at the Washington Institute think tank, said the six discrepancies represent “very serious gaps” at the heart of the framework accord. They relate to issues as basic as when sanctions will be lifted, and how long restrictions on uranium enrichment will remain in place.

Referring to Thursday’s American-issued “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action,” on the one hand, and the “fact sheet” issued Friday by the Iranian Foreign Ministry, on the other, Ya’ari noted that no deal was actually signed on Thursday, and that the leaders’ statements and the competing fact sheets were thus critical to understanding what had been agreed.

Ya’ari also highlighted the highly similar language used by President Barak Obama to hail the framework agreement as a good deal that would make the world safer, on Thursday, and president Bill Clinton in presenting the failed US framework deal aimed at thwarting North Korea’s nuclear program in 1994.

Ya’ari cited the following central gulfs between the two sides’ accounts of what was resolved at the Lausanne negotiations last week:

1. Sanctions: Ya’ari said the US has made clear that economic sanctions will be lifted in phases, whereas the Iranian fact sheet provides for the immediate lifting of all sanctions as soon as a final agreement is signed, which is set for June 30.

(In fact, the US parameters state that sanctions will be suspended only after Iran has fulfilled all its obligations: “US and EU nuclear-related sanctions will be suspended after the IAEA has verified that Iran has taken all of its key nuclear-related steps.” By contrast, the Iranian fact sheet states: “all of the sanctions will be immediately removed after reaching a comprehensive agreement.”)

2. Enrichment: The American parameters provide for restrictions on enrichment for 15 years, while the Iranian fact sheet speaks of 10 years.

3. Development of advanced centrifuges at Fordo: The US says the framework rules out such development, said Ya’ari, while the Iranians say they are free to continue this work.

4. Inspections: The US says that Iran has agreed to surprise inspections, while the Iranians say that such consent is only temporary, Ya’ari said.

5. Stockpile of already enriched uranium: Contrary to the US account, Iran is making clear that its stockpile of already enriched uranium — “enough for seven bombs” if sufficiently enriched, Ya’ari said — will not be shipped out of the country, although it may be converted.

6. PMD: The issue of the Possible Military Dimensions of the Iranian program, central to the effort to thwart Iran, has not been resolved, Ya’ari said.

(The US parameters make two references to PMD. They state, first: “Iran will implement an agreed set of measures to address the IAEA’s concerns regarding the Possible Military Dimensions (PMD) of its program.” And they subsequently add: “All past UN Security Council resolutions on the Iran nuclear issue will be lifted simultaneous with the completion, by Iran, of nuclear-related actions addressing all key concerns (enrichment, Fordo, Arak, PMD, and transparency).” The Iranian fact sheet does not address PMD.)

The differences between the sides became apparent almost as soon as the framework agreement was presented in Lausanne on Thursday night. Iran’s Foreign Minister Mohammad Javad Zarif issued a series of tweets late Thursday, for instance, that protested the US State Department’s assertion that the nuclear deal struck between Iran and world powers would only see sanctions on the Islamic Republic removed “in phases.”

Nonetheless, the White House expressed optimism on Friday that the June 30 deadline for a final deal would be met, and Obama reiterated that the deal reached Thursday represented a “historic understanding.”

Israel has castigated the framework as a bad deal, and a dangerous capitulation, that paves the way to an Iranian nuclear bomb.

Voir de plus:

L’accord-cadre nucléaire suscite des interrogations en Iran
L’agence Fars a souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par les Américains
AFP

5 avril 2015

L’accord-cadre conclu entre les grandes puissances et Téhéran sur le dossier nucléaire suscitait samedi de multiples interrogations dans la presse iranienne, notamment sur le calendrier toujours vague de la levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie.

La presse conservatrice affichait son scepticisme sur les résultats obtenus en Suisse, profitant du silence observé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’ultime décisionnaire dans ce dossier.

La presse réformatrice et modérée saluait le travail des négociateurs iraniens mené par le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, mais les journaux conservateurs pointaient les différentes interprétations possibles, au détriment de la République islamique, du document publié à Lausanne.

L’agence de presse Fars a également souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par le département d’Etat américain.

« Qui est le véritable gagnant ? » s’interrogeait en Une le quotidien anglophone Iran News. Vatan-Emrooz (conservateur) se chargeait d’apporter une réponse en affirmant qu’ »il y a une grande différence entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit de l’accord de Lausanne ». Pour Javan, réputé proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime, « la victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations » du texte.

L’ultra-conservateur Kayhan reprenait avec ironie l’expression d’un « accord gagnant-gagnant: le nucléaire va partir, les sanctions vont rester ».

L’Iran veut une levée totale et immédiate des sanctions imposées par l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne, contre une levée graduelle évoquée par les grandes puissances.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a souligné vendredi que cette question était « un point qui est encore très compliqué » et « pas encore tout à fait réglé ».

Les sanctions imposées les Etats-Unis seront levées « par étapes », à mesure que Téhéran respecte ses engagements dans le cadre de l’accord final censé être conclu d’ici fin juin, a affirmé jeudi soir le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

« L’accord de Lausanne montre que les choses que l’Iran a acceptées sont claires et vérifiables, mais ce que l’autre côté a accepté est vague et sujet à interprétation », estimait samedi dans un éditorial le directeur de Kayhan, Hossein Shariatmadari. « L’accord parle de suspension des sanctions et pas de leur levée », ajoute le responsable, directement nommé à son poste par l’ayatollah Khamenei.

Mansour Haghighatpour, vice-président de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a estimé que les négociateurs avaient outrepassé leurs prérogatives.

« Nous avons offert une clé pour des inspections occidentales sur les installations militaires et le protocole additionnel (du traité de non-prolifération nucléaire), alors que les décisions sur ces questions sont la compétence du Parlement », a-t-il dit, cité par l’agence Tasnim.

Voir par ailleurs:

The Iran Deal’s Fatal Flaw

Nothing can work without tough inspections and enforcement. And for that we must rely on … Vladimir Putin.

Charles Duelfer

Politico

April 02, 2015

We don’t yet know all the details of the nuclear agreement that Iran, the United States and five other world powers announced Thursday they are aiming to complete by June 30. What we do know is that any acceptable final deal will depend on a strong weapons inspection element. In his remarks in the Rose Garden, President Obama declared Tehran had agreed to precisely that. “If Iran cheats, the world will know,” he said.

Yet weapons inspectors can be no tougher than the body that empowers them—in this instance the UN Security Council. And herein lies the agreement’s fundamental weakness—and perhaps its fatal flaw. Do we really want to depend on Vladimir Putin? Because Russia will be able to decide what to enforce in any deal—and what not to.

Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. Certainly Tehran will have learned from Saddam’ s experience in trying to evade the scrutiny of the UN Security Council, weapons inspectors, sanctions, and individual governments.

Sanctions were imposed on Iraq when Saddam invaded Kuwait in 1990. Washington led a response in the UN Security Council that produced a broad coalition unified around the objective of getting Saddam out of Kuwait. Ultimately this required military action—the Gulf War—despite the back-channel efforts of Russia’s special Iraq liaison, Yevgeny Primakov, to broker a deal.

Following the war, the Security Council passed a ceasefire resolution that retained the sanctions on Iraq, but linked them to additional requirements; Iraq must verifiably disclose and account for all its WMD, and Iraq must accept a monitoring system to assure they would not reconstitute their WMD programs in the future.

The Security Council created a new body of weapons inspectors (dubbed UNSCOM) who reported directly to the council. The IAEA also had a role in accounting for the extensive nuclear aspects of Saddam’s programs. This was a case of coercive disarmament as distinct from an arms control agreement like the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT). It was akin to the disarmament provisions of the Versailles Treaty and ultimately suffered a similar fate.

The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. Moreover, the chairman or his deputy had authority to designate any location in Iraq as a site for inspection. And that included “no-notice’ inspections.

UNSCOM and the IAEA operated helicopters from a base inside Iraq. We had dedicated missions of the US U-2 aircraft (todays drones would be a cheaper more effective tool to provide aerial surveillance). UNSCOM operated a full-time monitoring center in a dedicated building in Baghdad.

Backing up the inspectors was the threat of force—at least on paper. The resolutions empowering the inspections were passed under Chapter 7 of the UN Charter. The key resolution, UNSCR 687, was a ceasefire resolution. If the Security Council found Iraq in material breech of its provisions, i.e. if Saddam did not comply with the inspectors, military actions could resume. On a few occasions over the ensuing years, some bombing strikes occurred.

And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. It would be interesting to ask Saddam if he thought the IAEA inspectors given the intrusive access we had in Iraq, would be sufficient to detect and deter Iranian cheating.

Does anyone believe such access will be agreed, voluntarily, by Tehran?

In practice, Saddam regularly obstructed and delayed inspectors. He tested, from the start, the will of the Security Council. He cooperated only when he had no other option. And the only reason he cooperated at all, was to get out of sanctions. Saddam pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode.

Critically, it is important to recall that as the inspection process went on, the unity of in the Security Council decayed. This is natural. As time goes on the objectives and priorities of fifteen nations will evolve and diverge. Saddam recognized and accelerated this trend. Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia.

In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program.

At the same time as inspectors were struggling to gain access to sites in Iraq, some members of the Security Council were strategizing with Baghdad on how to get rid of sanctions. Saddam knew that some members of the Security Council would not vote to authorize force against Iraq. His downside was thus limited. He worked to maximize his upside, i.e. get the sanctions officially removed, but alternatively cause them to collapse. The role of Russia stands out in this regard.

Russia (and to a lesser extent France), were the key advocates in the Security Council for Iraq. We now know unequivocally, that Saddam was buying influence. When I ran the Iraq Survey Group in 2004, we created a team to collect as much information about Iraq’s resources and how it expended them. The broad goal was to understand Iraq’s strategic intentions and understand where WMD fit in. We had a unique opportunity to record how his regime operated and how it managed to manipulate the international environment. As a priority, we obtained all the Iraqi records of the oil transactions.

Over some political objections, I published these records in the so-called Duelfer Report in 2004 (see “Comprehensive Report of the Special Advisor to the DCI on Iraq’s WMD,” Volume 1, section 2, “Regime Finance and Procurement.” These records (and extensive debriefings of top Iraqi officials) clearly show that Iraq was compensating Russian officials, and other individuals. Included among the beneficiaries in the list of Iraqi oil allocations were “the Russian Communist Party,” “the son of the Russian ambassador,” “the Russian Foreign Ministry,” and, “the Russian Presidential Office.” Putin was also a key actor in many of the Russian commercial entities that were engaged in oil transactions and the illicit export of weapons to Iraq while sanctions were in place.

The list of benefactors is long and includes three or four Americans as well as many foreign governments. But Russia dominated the list. Ultimately the UN sponsored an investigation (chaired by former Federal Reserve Chairman Paul Volcker). Many countries conducted their own prosecutions, but notably Russia did not.

It is also worth remembering that the Russian ambassador to the UN during most of this period was Sergei Lavrov—now foreign minister and negotiating with the P-5 + 1 on the Iran deal. Lavrov, in my judgment, was by far the sharpest ambassador in the Security Council. And like Putin, he is not especially friendly toward the United States.

Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians.

The IAEA inspectors will be reporting whatever evidence they are permitted to collect to a Council that will have competing aims. They will be pressed to make judgments that suit various members. Iran would have to do something incredibly blatant for some Council members to not be able to debate the meaning of the evidence. Council members coached Saddam; they will coach Tehran as well.

Inspectors are also subject to direct actions by interested parties—for and against the inspected country. Iraqi weapons inspectors encountered active steps being taken by Council members to warn Iraq of upcoming inspections. This is to say nothing of the measures Iraq took to penetrate UNSCOM inspection planning and actions. IAEA will also be a prime target for Iranian intelligence. In my experience in Iraq, even with all the measures UNSCOM took, I doubt there was ever a truly “surprise” inspection. The IAEA will be a similar target.

If and when a detailed verification plan is agreed for an Iran nuclear agreement, the inspectors will have less access than in Iraq. The world may point to them as credible investigators—and they are. But whatever they report will go through the kaleidoscope of the Security Council. It will not be the IAEA that decides to re-impose sanctions. It will be the Security Council.

Putin will not give up his right to a veto. Nor will other members. Russia (and others) will have a stake in sustaining access to Iran’s markets, not re-imposing sanctions. The track record of Putin and Lavrov in the Iraq case suggests that they will be working bi-lateral deals with Tehran. Director of National Intelligence James Clapper will get tough questions in closed hearings, not just on whether American intelligence and IAEA inspectors can reliably detect prohibited Iranian nuclear activities, also what deals Moscow or Beijing or others may have with Tehran.

If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin.

Charles Duelfer served as special advisor to the Director of Central Intelligence for Iraq’s weapons of mass destruction and led the Iraq Survey Group, which conducted the investigation of the scope of Iraq’s WMD. Later, at the UN, Duelfer served as the deputy executive chairman and acting chairman of the UN Special Commission on Iraq (UNSCOM) from 1993 until its termination in 2000.

Voir de plus:

Nucléaire iranien: Obama salue une «entente historique»
Laure Mandeville
Le Figaro

03/04/2015

VIDÉOS – Très critiqué par Israël, l’accord d’étape sur le programme nucléaire iranien est une victoire diplomatique pour le président américain, et valide toute sa stratégie de négociation avec l’Iran.

Correspondante à Washington

Moment sobre mais savouré pour Barack Obama, ce jeudi, dans le jardin aux roses de la Maison Blanche, après ce qu’il a solennellement qualifié «d’entente historique» avec l’Iran sur le nucléaire. Le président a annoncé qu’un accord cadre avait fini par être trouvé entre Téhéran et le groupe P5+1 – donnant l’espoir d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire si la négociation aboutit à un accord final d’ici au 30 juin.

Ce succès inespéré, fruit de longs mois de négociations, largement supervisés par la diplomatie américaine, représente l’aboutissement d’une politique de négociation défendue par Obama depuis le début de sa présidence. «Les négociations iraniennes ont réussi, exactement comme nous l’avions prévu», a-t-il souligné, non sans satisfaction. Pour lui, ce n’est pas une mince affaire, même si de nombreux points obscurs restent problématiques, comme celui concernant le sort qui sera réservé aux stocks d’uranium enrichi dont dispose l’Iran.

«C’est toute la philosophie de politique étrangère d’Obama qui se trouve validée» – une théorie selon laquelle il est possible de parler et de trouver des compromis avec des pays adversaires, a noté le journal Politico. Dès son discours d’investiture en janvier 2009, le patron de l’Amérique avait appelé l’Iran au dialogue, se disant prêt à «tendre sa main si l’autre partie est prête à desserrer le poing». Accusé de naïveté et d’irresponsabilité, il n’a jamais vraiment dévié de cette ligne, et pourrait aujourd’hui être en passe d’engranger un vrai succès, concret, de politique étrangère. S’il est confirmé le 30 juin, l’accord pourrait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre l’Iran et l’Occident. C’est en tout cas, clairement, l »espoir que caresse la Maison Blanche d’Obama. «C’est un moment de vérité», a noté ce jeudi le New York Times parlant «d’un pari» qui n’est pas encore gagné. «Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main», ajoute le grand journal new-yorkais.

«Si l’Iran triche, le monde le saura»
Soucieux de prévenir les attaques et le scepticisme qui ont déjà commencé de fuser chez les républicains du Congrès, persuadés qu’on ne peut faire confiance aux Iraniens, Obama a affirmé qu’il s’agissait «d’un bon accord» car «si l’Iran triche, le monde le saura». «L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires», a expliqué le président américain qui martèle depuis des mois sa conviction que la voie diplomatique est «de loin, la meilleure».

Les sanctions américaines et européennes seront levées en fonction du respect de ses engagements par l’Iran. Elles seront rétablies «si l’accord n’est pas appliqué». Autant d’assurances que le président Obama s’est empressé de donner au roi d’Arabie Saoudite Salman puis au Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de coups de fils successifs. Bien sûr, de nombreuses interrogations pèsent encore sur le processus. Les détails techniques devront être mis noir sur blanc. Le Congrès devra renoncer à mettre en péril les trois mois de négociations qui doivent mener à l’accord final, et l’Iran respecter ses engagements à la lettre. Autant de conditions difficiles à remplir. «Le travail n’est pas fini», a d’ailleurs souligné le président avec force. Mais un processus vient de s’engager, faisant naître un espoir.

Nucléaire iranien : les principaux points de l’accord-cadre
Le Point

02/04/2015

Voici les principaux « paramètres » de l’accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, les détails de la mise en oeuvre étant « encore à négocier ».

Les grandes puissances – États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Russie – et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne, à l’issue de négociations marathons, un accord cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin. Voici les principaux « paramètres » de cet accord-cadre tels que présentés par les autorités américaines qui soulignent cependant que « les détails de leur mise en oeuvre sont encore à négocier » et que « rien n’est accepté tant que tout n’est pas accepté ».

Enrichissement

– Le nombre de centrifugeuses de l’Iran passera de 19 000 à 6 104 (réduction de deux tiers). Sur les 6 104, seules 5 060 auront le droit de produire de l’uranium enrichi pendant dix ans. Il s’agira de centrifugeuses de la première génération.

– Téhéran va réduire son stock d’uranium faiblement enrichi (LEU) de 10 000 kg à 300 kg enrichi à 3,67 % pendant quinze ans.

– L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium à plus de 3,67 % pendant au moins quinze ans.

– Le matériel excédentaire sera entreposé sous surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et ne pourra servir qu’à des remplacements.

– Téhéran a accepté de ne pas construire de nouvelles installations d’enrichissement d’uranium pendant quinze ans.

Breakout time

Le « breakout time » est dans le jargon des experts le temps nécessaire pour fabriquer assez d’uranium enrichi pour produire une arme atomique. Ce « breakout time », qui est actuellement de deux à trois mois, sera d’un an au moins, et ce, pendant au moins dix ans.

Fordo, Natanz

– L’Iran accepte de ne plus enrichir d’uranium pendant au moins quinze ans dans le site de Fordo, enfoui sous la montagne et de ce fait impossible à détruire par une action militaire. Il n’y aura plus de matières fissiles à Fordo pendant au moins quinze ans. Le site restera ouvert mais n’enrichira pas d’uranium. Environ deux tiers des centrifugeuses de Fordo seront retirées du site.

– Natanz : c’est la principale installation d’enrichissement iranienne, avec quelque 17 000 centrifugeuses IR-1 de la première génération, un millier d’IR-2M plus rapides et une capacité d’en accueillir au total 50 000. Téhéran a accepté que Natanz devienne son unique installation d’enrichissement. Elle devra être dotée de seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de la première génération pendant dix ans. Les centrifugeuses IR-2M seront enlevées et placées sous contrôle de l’AIEA.
Contrôle

– L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sera chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens.

– Les inspecteurs de l’AIEA pourront accéder aux mines d’uranium et aux lieux où l’Iran produit le « yellowcake » (un concentré d’uranium) pendant vingt-cinq ans.
Arak

– Le coeur de ce réacteur à eau lourde, qui aurait pu produire du plutonium, sera détruit ou sera déplacé en dehors du territoire iranien. Le réacteur sera reconstruit pour se limiter à la recherche et à la production de radio-isotopes médicaux, sans production de plutonium à capacité militaire. Le combustible utilisé sera envoyé à l’étranger pendant toute la vie du réacteur.

– Téhéran ne pourra pas construire de nouveau réacteur à eau lourde pendant quinze ans.
Sanctions

Les sanctions américaines et européennes seront levées dès que le respect de ses engagements par l’Iran aura été certifié par l’AIEA. Elles seront rétablies si l’accord n’est pas appliqué. Les résolutions de l’ONU seront levées dès que l’Iran respectera tous les points-clés de l’accord. Une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU maintiendra les interdictions de transfert de technologies sensibles et soutiendra l’application de cet accord.

Périodes d’application

Elles varient de dix à quinze ans selon les activités et sont valables pendant vingt-cinq ans pour les inspections de la chaîne d’approvisionnement en uranium.

Voir encore:

Lausanne et les antimissiles

Dedefensa

04/04/2015

Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (gardons l’appellation BMDE pour Ballistic Missile Defense in Europe), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? Alors que les travaux et les initiatives en faveur du BMDE se poursuivent, avec il y a quelques jours la visite du général Breedlove, le SACEUR de l’OTAN, en Roumanie, pour convaincre les Roumains d’accepter l’installation d’un élément du BMDE sur leur sol, – toujours pour nous protéger encore mieux de la menace iranienne ?

(Les USA avaient parlé accessoirement de la menace nord-coréenne, mais le ridicule de l’argument, bien plus encore que l’argument iranien déjà proche du grotesque, fait qu’on ne l’a plus guère évoqué. Nous parlons d’argument de pure communication, c’est-à-dire pour le cas des USA de pure narrative, qui constituent des arguments aussi piètres que de circonstance pour justifier le BMDE. Il n’empêche, puisqu’ils ont toujours été avancés officiellement par les USA, il importe de les accepter comme tels, surtout au moment où la narrative se défait dangereusement. Ce cas est d’abord une affaire de communication et l’affrontement, la guerre” du bloc BAO avec la Russie est d’abord une “guerre de communication”.)

Les grands groupes russes de communication ont donc aussitôt rouvert le dossier BMDE. RT consacre un article à la question, le 4 avril 2015. La réaction de l’OTAN au premier abord est significative, du type très pavlovien “l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord…” Si, il y a tout de même un argument, époustouflant de puissance, “la menace posée par la prolifération des missiles balistiques contre la pays de l’OTAN continue à s’accroître…” («The threat to NATO countries posed by the proliferation of ballistic missiles continues to increase… the framework [of the Iran nuclear program] agreement does not change that fact.») En matière d’activités de ses porte-parole, l’OTAN a, depuis longtemps, dépassé son maître en la matière, l’URSS brejnévienne au plus haut de sa dialectique relevant d’une sorte de parler automatique.

Sputnik-français a eu l’idée intéressante d’interviewer plusieurs experts de différents pays d’Europe et de l’Iran, en évitant comme la peste les experts en fonction des pays du bloc BAO dont il n’y a rien à attendre puisque tout est dit de leur pensée profonde dans la réaction de la porte-parole de l’OTAN telle qu’on l’a lue plus haut. Ces experts travaillent en général pour des think tank, y compris et surtout européens, qui peuvent continuer leur travail si nécessaire grâce à des donations qui vont bien, essentiellement US mais pas seulement… (Sputnik-français, le 3 avril 2015).

• Miroslav Lazanski, analyste militaire, éditorialiste du journal Politika (Belgrade): «Dès le moment où le déploiement du bouclier antimissile en Europe a été évoqué pour la première fois, j’ai toujours affirmé qu’il n’était lié ni au programme nucléaire iranien, ni aux missiles nord-coréens. Son unique vocation est de neutraliser le potentiel nucléaire russe.

»Les négociations avec l’Iran constituent le meilleur test pour l’Occident. A l’heure actuelle, il n’existe plus de raisons formelles pour poursuivre la création de ce bouclier. Cependant, les Etats-Unis continuent de le faire, car cela s’inscrit dans leur politique visant à «encercler» la Russie. Le danger principal du bouclier consiste dans le fait que les missiles intercepteurs peuvent être facilement remplacés par des missiles offensifs dotés d’ogives nucléaires.»

• Orhan Gafarli, expert en matière de sécurité eurasiatique, Centre analytique d’études stratégiques (Turquie): «Suite à la conclusion de l’accord de Lausanne, la nécessité d’installer des systèmes antimissiles américains en Europe de l’Est a disparu. Si le déploiement de ces systèmes près des frontières russes se poursuit, il sera clair pour tout le monde qu’ils sont dirigés contre la Russie. Dans ce cas, les Etats-Unis ne réussiront plus à induire l’opinion mondiale en erreur concernant leurs véritables intentions.»

• Marek Toczek, contre-amiral polonais à la retraite: «L’Iran n’est plus considéré aujourd’hui comme une menace, et je ne pense pas que la Pologne ait vraiment besoin de ce prétendu bouclier antimissile. Toute décision concernant le système de ce gendre profiterait à quelqu’un d’autre, mais pas à la Pologne. Si des structures et des sites de ce type étaient mis en place en Pologne, cela provoquerait manifestement une dissonance. Il fut un temps où nous étions fiers de voir les troupes étrangères quitter le territoire de notre pays. Nous sommes accédés à l’indépendance, tout au moins dans le domaine militaire. Si soutenons ce projet, cela signifie que nous n’avons tiré aucune leçon du passé. Nous accepterons donc une dictature qui nous causera à l’avenir un préjudice beaucoup plus important.»

• Emad Abshenass, expert en géopolitique, rédacteur en chef du journal Iran Press: «L’accord de Lausanne n’a pas apporté de changements fondamentaux aux relations irano-américaines. Mais les responsables politiques du monde entier savent que dans certains cas, des ennemis politiques jurés peuvent devenir amis et vice versa. Les dirigeants iraniens et américains continuent de se haïr. Des notes négatives à l’adresse de la République islamique se sont fait entendre hier dans le discours de Barack Obama. Il y a quelques jours, l’ayatollah Khamenei a pour sa part de nouveau employé sa formule habituelle “Mort à l’Amérique!” Donc, rien n’a changé dans les relations entre les deux pays. Washington n’a pas l’intention de démanteler ses éléments de défense antimissile en Europe de l’Est. Ces systèmes sont toujours dirigés à la fois contre l’Iran et la Russie.»

La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres.

• Le premier point est une confirmation. Il s’agit de l’importance stratégique pour les Russes du réseau antimissiles US/OTAN, d’un point de vue stratégique. Cela explique en bonne partie la rapidité de leurs réactions au niveau de la communication. Les Russes n’abandonneront jamais cette affaire et n’accepteront jamais un compromis qui laisse passer la moindre possibilité que ce réseau BMDE représente pour eux une menace stratégique non contrôlée (quitte à prendre des contre-mesures draconiennes si le BMDE est tout de même installé). L’affaire du BMDE est, du point de vue stratégique nucléaire, aussi importante que la crise ukrainienne du point de vue de la stratégie géographique. Ce sont des domaines sur lesquels les Russes ne transigeront pas…. Ils transigeront d’autant moins que la crise ukrainienne a rendu d’autant plus importante, même si l’on n’en a guère parlé, la ”crise des antimissiles”. Les deux crises s’exacerbent l’une l’autre.

• Cela nous conduit au second point, qui est, justement, celui de l’interconnectivité des crises. On ne peut, aujourd’hui, traiter la crise iranienne sans prendre en considération ses connexions avec d’autres crises, dont certaines qui nous conduisent au cœur de la crise haute qui est celle de l’affrontement entre le bloc BAO et la Russie. Le cas du BMDE en est l’exemple-type, avec dans ce cas, la connexion avec la crise ukrainienne, ce qui lie indirectement la crise iranienne avec la crise ukrainienne. De ce point de vue, on ne peut donc considérer l’accord de Lausanne comme une démarche diplomatique achevée, qui clôt un chapitre crisique important. Tout juste peut-on parle d’une étape, qui peut conduire à d’autres développements qui ne seront pas nécessairement apaisés, tant s’en faut.

• Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (Voir le 24 février 2015.) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain.

• Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (le 1er avril 2015) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran.

Voir encore:

Statement by the President on the Framework to Prevent Iran from Obtaining a Nuclear Weapon

Rose Garden

April 02, 2015

THE PRESIDENT:  Good afternoon, everybody.  Today, the United States — together with our allies and partners — has reached a historic understanding with Iran, which, if fully implemented, will prevent it from obtaining a nuclear weapon.

As President and Commander-in-Chief, I have no greater responsibility than the security of the American people.  And I am convinced that if this framework leads to a final, comprehensive deal, it will make our country, our allies, and our world safer.

This has been a long time coming.  The Islamic Republic of Iran has been advancing its nuclear program for decades.  By the time I took office, Iran was operating thousands of centrifuges, which can produce the materials for a nuclear bomb — and Iran was concealing a covert nuclear facility.  I made clear that we were prepared to resolve this issue diplomatically, but only if Iran came to the table in a serious way.  When that did not happen, we rallied the world to impose the toughest sanctions in history — sanctions which had a profound impact on the Iranian economy.

Now, sanctions alone could not stop Iran’s nuclear program. But they did help bring Iran to the negotiating table.  Because of our diplomatic efforts, the world stood with us and we were joined at the negotiating table by the world’s major powers — the United Kingdom, France, Germany, Russia, and China, as well as the European Union.

Over a year ago, we took the first step towards today’s framework with a deal to stop the progress of Iran’s nuclear program and roll it back in key areas.  And recall that at the time, skeptics argued that Iran would cheat, and that we could not verify their compliance and the interim agreement would fail. Instead, it has succeeded exactly as intended.  Iran has met all of its obligations.  It eliminated its stockpile of dangerous nuclear material.  Inspections of Iran’s program increased.  And we continued negotiations to see if we could achieve a more comprehensive deal.

Today, after many months of tough, principled diplomacy, we have achieved the framework for that deal.  And it is a good deal, a deal that meets our core objectives.  This framework would cut off every pathway that Iran could take to develop a nuclear weapon.  Iran will face strict limitations on its program, and Iran has also agreed to the most robust and intrusive inspections and transparency regime ever negotiated for any nuclear program in history.  So this deal is not based on trust, it’s based on unprecedented verification.

Many key details will be finalized over the next three months, and nothing is agreed to until everything is agreed.  But here are the basic outlines of the deal that we are working to finalize.

First, Iran will not be able to pursue a bomb using plutonium, because it will not develop weapons-grade plutonium.  The core of its reactor at Arak will be dismantled and replaced. The spent fuel from that facility will be shipped out of Iran for the life of the reactor.  Iran will not build a new heavy-water reactor.  And Iran will not reprocess fuel from its existing reactors — ever.

Second, this deal shuts down Iran’s path to a bomb using enriched uranium. Iran has agreed that its installed centrifuges will be reduced by two-thirds.  Iran will no longer enrich uranium at its Fordow facility.  Iran will not enrich uranium with its advanced centrifuges for at least the next 10 years.  The vast majority of Iran’s stockpile of enriched uranium will be neutralized.

Today, estimates indicate that Iran is only two or three months away from potentially acquiring the raw materials that could be used for a single nuclear bomb.  Under this deal, Iran has agreed that it will not stockpile the materials needed to build a weapon.  Even if it violated the deal, for the next decade at least, Iran would be a minimum of a year away from acquiring enough material for a bomb.  And the strict limitations on Iran’s stockpile will last for 15 years.

Third, this deal provides the best possible defense against Iran’s ability to pursue a nuclear weapon covertly — that is, in secret.  International inspectors will have unprecedented access not only to Iranian nuclear facilities, but to the entire supply chain that supports Iran’s nuclear program — from uranium mills that provide the raw materials, to the centrifuge production and storage facilities that support the program.  If Iran cheats, the world will know it.  If we see something suspicious, we will inspect it.  Iran’s past efforts to weaponize its program will be addressed.  With this deal, Iran will face more inspections than any other country in the world.

So this will be a long-term deal that addresses each path to a potential Iranian nuclear bomb.  There will be strict limits on Iran’s program for a decade.  Additional restrictions on building new facilities or stockpiling materials will last for 15 years.  The unprecedented transparency measures will last for 20 years or more.  Indeed, some will be permanent.  And as a member of the Nuclear Non-Proliferation Treaty, Iran will never be permitted to develop a nuclear weapon.

In return for Iran’s actions, the international community has agreed to provide Iran with relief from certain sanctions — our own sanctions, and international sanctions imposed by the United Nations Security Council.  This relief will be phased as Iran takes steps to adhere to the deal.  If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place.  Meanwhile, other American sanctions on Iran for its support of terrorism, its human rights abuses, its ballistic missile program, will continue to be fully enforced.

Now, let me reemphasize, our work is not yet done.  The deal has not been signed.  Between now and the end of June, the negotiators will continue to work through the details of how this framework will be fully implemented, and those details matter.  If there is backsliding on the part of the Iranians, if the verification and inspection mechanisms don’t meet the specifications of our nuclear and security experts, there will be no deal.  But if we can get this done, and Iran follows through on the framework that our negotiators agreed to, we will be able to resolve one of the greatest threats to our security, and to do so peacefully.

Given the importance of this issue, I have instructed my negotiators to fully brief Congress and the American people on the substance of the deal, and I welcome a robust debate in the weeks and months to come.  I am confident that we can show that this deal is good for the security of the United States, for our allies, and for the world.

For the fact is, we only have three options for addressing Iran’s nuclear program.  First, we can reach a robust and verifiable deal — like this one — and peacefully prevent Iran from obtaining a nuclear weapon.

The second option is we can bomb Iran’s nuclear facilities, thereby starting another war in the Middle East, and setting back Iran’s program by a few years — in other words, setting it back by a fraction of the time that this deal will set it back.  Meanwhile we’d ensure that Iran would race ahead to try and build a bomb.

Third, we could pull out of negotiations, try to get other countries to go along and continue sanctions that are currently in place or add additional ones, and hope for the best — knowing that every time we have done so, Iran has not capitulated but instead has advanced its program, and that in very short order, the breakout timeline would be eliminated and a nuclear arms race in the region could be triggered because of that uncertainty.  In other words, the third option leads us very quickly back to a decision about whether or not to take military action, because we’d have no idea what was going on inside of Iran.
Iran is not going to simply dismantle its program because we demand it to do so.  That’s not how the world works, and that’s not what history shows us.  Iran has shown no willingness to eliminate those aspects of their program that they maintain are for peaceful purposes, even in the face of unprecedented sanctions.  Should negotiations collapse because we, the United States, rejected what the majority of the world considers a fair deal, what our scientists and nuclear experts suggest would give us confidence that they are not developing a nuclear weapon, it’s doubtful that we can even keep our current international sanctions in place.

So when you hear the inevitable critics of the deal sound off, ask them a simple question:  Do you really think that this verifiable deal, if fully implemented, backed by the world’s major powers, is a worse option than the risk of another war in the Middle East?  Is it worse than doing what we’ve done for almost two decades, with Iran moving forward with its nuclear program and without robust inspections?  I think the answer will be clear.

Remember, I have always insisted that I will do what is necessary to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon, and I will.  But I also know that a diplomatic solution is the best way to get this done, and offers a more comprehensive — and lasting — solution.  It is our best option, by far.  And while it is always a possibility that Iran may try to cheat on the deal in the future, this framework of inspections and transparency makes it far more likely that we’ll know about it if they try to cheat — and I, or future Presidents, will have preserved all of the options that are currently available to deal with it.

To the Iranian people, I want to reaffirm what I’ve said since the beginning of my presidency.  We are willing to engage you on the basis of mutual interests and mutual respect.  This deal offers the prospect of relief from sanctions that were imposed because of Iran’s violation of international law.  Since Iran’s Supreme Leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons, this framework gives Iran the opportunity to verify that its program is, in fact, peaceful.  It demonstrates that if Iran complies with its international obligations, then it can fully rejoin the community of nations, thereby fulfilling the extraordinary talent and aspirations of the Iranian people.  That would be good for Iran, and it would be good for the world.

Of course, this deal alone — even if fully implemented — will not end the deep divisions and mistrust between our two countries.  We have a difficult history between us, and our concerns will remain with respect to Iranian behavior so long as Iran continues its sponsorship of terrorism, its support for proxies who destabilize the Middle East, its threats against America’s friends and allies — like Israel.  So make no mistake: We will remain vigilant in countering those actions and standing with our allies.

It’s no secret that the Israeli Prime Minister and I don’t agree about whether the United States should move forward with a peaceful resolution to the Iranian issue.  If, in fact, Prime Minister Netanyahu is looking for the most effective way to ensure Iran doesn’t get a nuclear weapon, this is the best option.  And I believe our nuclear experts can confirm that.

More importantly, I will be speaking with the Prime Minister today to make clear that there will be no daylight, there is no daylight, when it comes to our support for Israel’s security and our concerns about Iran’s destabilizing policies and threats toward Israel.  That’s why I’ve directed my national security team to consult closely with the new Israeli government in the coming weeks and months about how we can further strengthen our long-term security cooperation with Israel, and make clear our unshakeable commitment to Israel’s defense.

Today, I also spoke with the King of Saudi Arabia to reaffirm our commitment to the security of our partners in the Gulf.  And I’m inviting the leaders of the six countries who make up the Gulf Cooperation Council — Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Kuwait, Oman, Qatar, and Bahrain — to meet me at Camp David this spring to discuss how we can further strengthen our security cooperation, while resolving the multiple conflicts that have caused so much hardship and instability throughout the Middle East.

Finally, it’s worth remembering that Congress has, on a bipartisan basis, played a critical role in our current Iran policy, helping to shape the sanctions regime that applied so much pressure on Iran and ultimately forced them to the table.  In the coming days and weeks, my administration will engage Congress once again about how we can play — how it can play a constructive oversight role.  I’ll begin that effort by speaking to the leaders of the House and Senate today.

In those conversations, I will underscore that the issues at stake here are bigger than politics.  These are matters of war and peace, and they should be evaluated based on the facts and what is ultimately best for the American people and for our national security.  For this is not simply a deal between my administration and Iran.  This is a deal between Iran, the United States of America, and the major powers in the world — including some of our closest allies.  If Congress kills this deal — not based on expert analysis, and without offering any reasonable alternative — then it’s the United States that will be blamed for the failure of diplomacy.  International unity will collapse, and the path to conflict will widen.

The American people understand this, which is why solid majorities support a diplomatic resolution to the Iranian nuclear issue.  They understand instinctively the words of President Kennedy, who faced down the far greater threat of communism, and said:  “Let us never negotiate out of fear, but let us never fear to negotiate.”  The American people remember that at the height of the Cold War, Presidents like Nixon and Reagan struck historic arms control agreements with the Soviet Union, a far more dangerous adversary — despite the fact that that adversary not only threatened to destroy our country and our way of life, but had the means to do so.  Those agreements were not perfect.  They did not end all threats.  But they made our world safer.  A good deal with Iran will do the same.

Today, I’d like to express my thanks to our international partners for their steadfastness and their cooperation.  I was able to speak earlier today with our close allies, Prime Minister Cameron and President Hollande and Chancellor Merkel, to reaffirm that we stand shoulder-to-shoulder in this effort.

And most of all, on behalf of our nation, I want to express my thanks to our tireless — and I mean tireless — Secretary of State John Kerry and our entire negotiating team.  They have worked so hard to make this progress.  They represent the best tradition of American diplomacy.  Their work — our work — is not yet done and success is not guaranteed.  But we have an historic opportunity to prevent the spread of nuclear weapons in Iran, and to do so peacefully, with the international community firmly behind us.  We should seize that chance.

Thank you.  God bless you.  God bless the United States of America.

Voir enfin:

La Maison Blanche sur les paramètres d’un plan d’action relatif au programme nucléaire iranien
03 avril 2015

La Maison Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Washington, D.C.
Le 2 avril 2015

Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran

Nous présentons ci-dessous les paramètres du Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran, décidés à Lausanne (Suisse). Ces éléments serviront de fondation au texte définitif du Plan d’action conjoint, qui sera rédigé d’ici au 30 juin. Ils sont la manifestation des importants progrès réalisés dans le cadre des discussions entre le groupe P5+1, l’Union européenne et l’Iran. D’importants détails de mise en œuvre sont encore sujets à négociation, et rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu. Nous allons travailler afin de conclure le plan d’action conjoint sur la base de ces paramètres pendant les mois à venir.

Enrichissement

• L’Iran a accepté de réduire d’environ deux tiers son parc de centrifugeuses installées. L’Iran passera d’environ 19 000 centrifugeuses installées aujourd’hui à 6 104 unités dans le cadre de l’accord, dont 5 060 seulement enrichiront de l’uranium pendant les 10 années à venir. Ces 6 104 centrifugeuses seront du type IR-1, c’est-à-dire de première génération en Iran.

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium au-delà d’une teneur de 3,67 % pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de réduire son stock actuel, qui est d’environ 10 tonnes d’uranium faiblement enrichi (UFE), à 300 kilos d’UFE enrichi à 3,67 %, pendant une période de 15 années.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement surnuméraires seront placées dans des entrepôts surveillés par l’AIEA ; elles seront affectées exclusivement au remplacement de centrifugeuses et équipements en exploitation.

• L’Iran a accepté de ne construire aucune nouvelle installation aux fins d’enrichir de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• Le « break-out time » de l’Iran, c’est-à-dire le temps qui lui serait nécessaire pour obtenir une quantité de matière fissile suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, est actuellement estimé entre deux et trois mois. Ce délai sera allongé à un an au minimum dans le cadre prévu, et cela pendant une période d’au moins dix ans.

L’Iran va reconvertir ses installations de Fordo afin qu’elles ne soient plus utilisées aux fins d’enrichir l’uranium

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium dans ses installations de Fordo pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de reconvertir ses installations de Fordo de façon à qu’elles ne soient utilisées qu’à des fins pacifiques, sous forme d’un centre de recherche sur la physique et la technologie nucléaires.

• L’Iran a accepté de ne conduire à Fordo aucune activité de recherche et développement liée à l’enrichissement de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• L’Iran ne détiendra aucune matière fissile à Fordo pendant 15 ans.

• Près des deux tiers des centrifugeuses et infrastructures de Fordo seront enlevées. Les centrifugeuses restantes n’enrichiront pas d’uranium. Toutes les centrifugeuses et infrastructures connexes seront soumises aux contrôles de l’AIEA.

L’Iran n’enrichira l’uranium que dans ses installations de Natanz, avec seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de première génération pendant dix ans.

• L’Iran a accepté de n’enrichir l’uranium qu’avec ses centrifugeuses de première génération (type IR-1) à Natanz, et ce pendant dix ans, en enlevant ses centrifugeuses de technologie plus avancée.

• L’Iran enlèvera les mille centrifugeuses de type IR-2M déjà installées à Natanz et les mettra pendant dix ans dans un entrepôt soumis aux contrôles de l’AIEA.

• Pendant dix ans au moins, l’Iran s’abstiendra d’utiliser ses centrifugeuses de type IR-2, IR-4, IR-5, IR-6 ou IR-8 pour produire de l’uranium enrichi. L’Iran utilisera ses centrifugeuses de technologie avancée pour des activités de recherche et développement limitées, selon un calendrier et des paramètres convenus par le groupe P5+1.

• Pendant dix ans, l’enrichissement et les activités de recherche et développement dans le domaine de l’enrichissement seront limités de façon à assurer un break-out time d’au moins un an. Au-delà de ces dix années, l’Iran devra respecter son plan d’enrichissement et de R&D en matière d’enrichissement, tel que soumis à l’AIEA, et, conformément au Plan d’action, le Protocole additionnel induisant certaines limitations en termes de capacités d’enrichissement.

Inspections et transparence

• L’AIEA disposera d’un accès régulier à toutes les installations nucléaires d’Iran, y compris aux installations iraniennes d’enrichissement de Natanz et aux anciennes installations d’enrichissement de Fordo, et pourra utiliser les technologies modernes de contrôle les plus récentes.

• Les inspecteurs auront accès à la chaine d’approvisionnement qui alimente le programme nucléaire iranien. Les nouveaux mécanismes de transparence et d’inspection assureront un contrôle étroit des matériaux et/ou composants, afin de prévenir tout détournement au profit d’un programme secret.

• Les inspecteurs auront accès aux mines d’uranium et assureront un contrôle continu des usines de traitement où l’Iran produit ses concentrés d’uranium, et cela pendant une période de 25 ans.

• Pendant 20 ans, les inspecteurs assureront un contrôle continu des installations de production et stockage des rotors et cylindres de centrifugeuses. La filière iranienne de fabrication des centrifugeuses sera gelée et soumise à une surveillance continue.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement retirées des installations de Fordo et de Natanz seront placées sous surveillance continue de l’AIEA.

• À titre de mesure de transparence supplémentaire, un canal d’approvisionnement dédié sera mis en place pour le programme nucléaire iranien, afin de surveiller et d’approuver au cas par cas la fourniture, la vente ou le transfert à l’Iran de certaines matières et technologies liées au nucléaire ou à double usage.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Protocole additionnel de l’AIEA, donnant à cette dernière un bien meilleur accès au programme nucléaire iranien, et à des informations beaucoup plus développées à cet égard, au titre des installations déclarées comme non déclarées.

• L’Iran sera tenu de donner accès à l’AIEA pour lui permettre d’enquêter sur les sites suspects ou les allégations d’existence d’une installation clandestine de production de concentrés d’uranium, de conversion ou d’enrichissement d’uranium, ou de fabrication de centrifugeuses, et cela en tout lieu dans le pays.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Code 3.1 modifié, qui impose une notification accélérée en cas de construction de nouvelles installations.

• L’Iran déploiera une série de mesures convenues pour répondre aux inquiétudes de l’AIEA en ce qui concerne le volet militaire possible du programme iranien.

Réacteurs et retraitement

• L’Iran a accepté de modifier la conception et de reconstruire un réacteur de recherche à eau lourde à Arak, sur la base d’un modèle validé par le groupe P5+1, lequel réacteur ne produira pas de plutonium de qualité militaire et contribuera à la recherche nucléaire et à la production d’isotopes à des fins pacifiques.

• Le cœur d’origine du réacteur, qui aurait permis de produire des quantités significatives de plutonium de qualité militaire, sera détruit ou retiré du pays.

• Pendant toute la durée de vie du réacteur, l’Iran expédiera à l’étranger la totalité du combustible usé du réacteur.

• L’Iran s’est engagé indéfiniment à ne conduire aucune activité de retraitement de combustible irradié ou de recherche et développement relative au combustible irradié.

• L’Iran s’interdit d’accumuler de l’eau lourde au-delà des besoins du réacteur d’Arak tel que modifié, et vendra pendant quinze ans sur le marché international toute quantité d’eau lourde résiduelle.

• L’Iran s’interdit de construire de nouveaux réacteurs à eau lourde pendant une période de 15 ans.

Sanctions

• L’Iran bénéficiera de mesures de levée des sanctions si le pays respecte ses engagements de manière vérifiable.

• Les sanctions des États-Unis et de l’Union européenne liées au nucléaire seront suspendues lorsque l’AIEA aura vérifié que l’Iran a pris toutes les mesures clés de sa responsabilité en matière nucléaire. Ces sanctions s’appliqueront à nouveau immédiatement si l’Iran manque à ses engagements à quelque moment que ce soit.

• L’architecture des sanctions américaines liées au nucléaire à l’égard de l’Iran sera maintenue pendant une grande partie de la durée de l’accord et permet le rétablissement immédiat des sanctions en cas de non-respect significatif.

• Toutes les résolutions adoptées dans le passé par le Conseil de sécurité de l’ONU sur la question nucléaire iranienne seront abrogées simultanément lorsque l’Iran aura pris dans le domaine nucléaire les mesures réglant tous les principaux problèmes (enrichissement, Fordo, Arak, volet militaire possible, et transparence).

• Toutefois, les dispositions fondamentales des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir celles traitant des transferts de technologies et d’activités à caractère sensible, seront reprises dans une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, validant le Plan d’action conjoint et appelant à sa mise en œuvre intégrale. Elle créera également le canal d’approvisionnement mentionné ci-dessus, qui constituera une mesure de transparence essentielle. Cette nouvelle résolution intégrera également d’importantes restrictions relatives aux armes conventionnelles et aux missiles balistiques, ainsi que des dispositions permettant l’inspection des expéditions correspondantes et des gels d’actifs.

• Un mécanisme de résolution des différends sera prévu, afin de permettre à tout participant au Plan d’action conjoint de chercher une solution aux différends pouvant concerner l’exécution des engagements figurant audit Plan d’action conjoint.

• Toutes les sanctions préexistantes de l’ONU pourront être réimposées si un désaccord portant sur une non-performance significative ne peut être résolu dans le cadre de ce mécanisme.

• Les sanctions prises par les États-Unis à l’égard de l’Iran au titre du terrorisme, des missiles balistiques et des violations des droits de l’homme restent en vigueur dans le cadre de l’accord.

Calendrier

• Pendant dix ans, l’Iran limitera ses capacités d’enrichissement domestiques et ses activités de recherche et développement, de façon à assurer un break-out time d’au minimum un an. Au delà, l’Iran sera tenu par son plan à plus long terme pour l’enrichissement et la R&D dans le domaine de l’enrichissement, qui a été partagé avec le groupe P5+1.

• Pendant quinze ans, l’Iran limitera d’autres aspects de son programme. À titre d’exemple, l’Iran ne saurait construire de nouvelles installations d’enrichissement ou de nouveaux réacteurs à eau lourde, limitera ses stocks d’uranium enrichi et accepte des procédures de transparence renforcées.

• Des mesures importantes en matière d’inspection et de transparence seront maintenues bien au-delà de 15 années.

• Le respect par l’Iran du Protocole additionnel de l’AIEA est une mesure permanente, y compris en ce qui concerne les importantes obligations prévues en matière d’accès et de transparence. Les mesures vigoureuses prévues en matière d’inspection de la chaine d’approvisionnement en uranium de l’Iran s’appliqueront pendant 25 ans.

• Même après la période d’application des mesures de limitation les plus sévères à l’égard du programme nucléaire iranien, l’Iran restera partie au Traité de non-prolifération (TNP), qui interdit le développement ou l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran et soumet son programme nucléaire au régime de contrôle de l’AIEA.


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