Gaza: Quand la condamnation tourne à l’incitation (Behind the smoke and mirrors, guess who’s abetting Hamas’s carefully planned and orchestrated military operation to break through the border of a sovereign state and commit mass murder in the communities beyond using their own civilians as cover ?)

19 mai, 2018
Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur, et la douceur en amertume! Esaïe 5: 20
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie. Adolf Hitler
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey et Dominic Rohner
Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk. History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years. (…) Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos. While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch. At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models. Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic. As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades. James Alan Fox (Northeastern University)
Hélas les morts ne sont que d’un seul côté. Benoit Hamon
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)
Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur, daté du 8 novembre 2001, Sara Daniel a publié un reportage sur le « crime d’honneur » en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides. Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel, actuellement en reportage en Afghanistan, fait savoir qu’elle déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée. Une mise au point de Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 15 novembre 2001)
Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine. Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza. Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles. Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes. C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute. Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas. (…) Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité. Sara Daniel
En novembre 2004, des civils ivoiriens et des soldats français de la Force Licorne se sont opposés durant quatre jours à Abidjan dans des affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. À la suite d’une mission d’enquête sur le terrain, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force alors qu’elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers. Amnesty international (26.10.05)
Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l’hôtel ivoire de la grande tour que nous n’occupions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n’ont pas été de notre fait. Général Poncet (Canal Plus 90 minutes 14.02.05)
Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. Colonel Gérard Dubois (porte-parole de l’état-major français, le 15 novembre 2004)
On n’arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules étaient déjà immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d’intimidation dans sa direction ; l’individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L’ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d’intimidation ». (…) seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. (…) Mes hommes n’ont pu faire cela. Nous n’avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre. Colonel Destremau (Libération, 10.12.04)
In a surreal split-screen moment, the Israeli prime minister, Binyamin Netanyahu, was exulting over the opening of America’s embassy in Jerusalem, calling it a “great day for peace”. It is surely right to hold Israel, the strong side, to high standards. But Palestinian parties, though weak, are also to blame. Every state has a right to defend its borders. To judge by the numbers, Israel’s army may well have used excessive force. But any firm conclusion requires an independent assessment of what happened, where and when. The Israelis sometimes used non-lethal means, such as tear-gas dropped from drones. But then snipers went to work with bullets. What changed? Mixed in with protesters, it seems, were an unknown number of Hamas attackers seeking to breach the fence. What threat did they pose? Any fair judgment depends on the details. Just as important is the broader political question. The fence between Gaza and Israel is no ordinary border. Gaza is a prison, not a state. Measuring 365 square kilometres and home to 2m people, it is one of the most crowded and miserable places on Earth. It is short of medicine, power and other essentials. The tap water is undrinkable; untreated sewage is pumped into the sea. Gaza already has one of the world’s highest jobless rates, at 44%. The scene of three wars between Hamas and Israel since 2007, it is always on the point of eruption. Many hands are guilty for this tragedy. Israel insists that the strip is not its problem, having withdrawn its forces in 2005. But it still controls Gaza from land, sea and air. Any Palestinian, even a farmer, coming within 300 metres of the fence is liable to be shot. Israel restricts the goods that get in. Only a tiny number of Palestinians can get out for, say, medical treatment. Israeli generals have long warned against letting the economy collapse. Mr Netanyahu usually ignores them. Egypt also contributes to the misery. The Rafah crossing to Sinai, another escape valve, was open to goods and people for just 17 days in the first four months of this year. And Fatah, which administers the PA and parts of the West Bank, has withheld salaries for civil servants working for the PA in Gaza, limited shipments of necessities, such as drugs and baby milk, and cut payments to Israel for Gaza’s electricity. Hamas bears much of the blame, too. It all but destroyed the Oslo peace accords through its campaign of suicide-bombings in the 1990s and 2000s. Having driven the Israelis out of Gaza, it won a general election in 2006 and, after a brief civil war, expelled Fatah from the strip in 2007. It has misruled Gaza ever since, proving corrupt, oppressive and incompetent. It stores its weapons in civilian sites, including mosques and schools, making them targets. Cement that might be used for reconstruction is diverted to build underground tunnels to attack Israel. Hamas all but admitted it was not up to governing when it agreed to hand many administrative tasks to the PA last year as part of a reconciliation deal with Fatah. But the pact collapsed because Hamas is not prepared to give up its weapons. Israel, Egypt and the PA cannot just lock away the Palestinians in Gaza in the hope that Hamas will be overthrown. Only when Gazans live more freely might they think of getting rid of their rulers. Much more can be done to ease Gazans’ plight without endangering Israel’s security. But no lasting solution is possible until the question of Palestine is solved, too. Mr Netanyahu has long resisted the idea of a Palestinian state—and has kept building settlements on occupied land. It is hard to convince Israelis to change. As Israel marks its 70th birthday, the economy is booming. By “managing” the conflict, rather than trying to end it, Mr Netanyahu has kept Palestinian violence in check while giving nothing away. When violence flares Israel’s image suffers, but not much. The Trump administration supports it. And Arab states seeking an ally against a rising Iran have never had better relations with it. Israel is wrong to stop seeking a deal. And Mr Trump is wrong to prejudge the status of Jerusalem. But Palestinians have made it easy for Israel to claim that there is “no partner for peace”, divided as they are between a tired nationalist Fatah that cannot deliver peace, and an Islamist Hamas that refuses to do so. Palestinians desperately need new leaders. Fatah must renew itself through long-overdue elections. And Hamas must realise that its rockets damage Palestinian dreams of statehood more than they hurt Israel. For all their talk of non-violence, Hamas’s leaders have not abandoned the idea of “armed struggle” to destroy Israel. They refuse to give up their guns, or fully embrace a two-state solution; they speak vaguely of a long-term “truce”. With this week’s protests, Hamas’s leaders boasted of freeing a “wild tiger”. They found that Israel can be even more ferocious. If Hamas gave up its weapons, it would open the way for a rapprochement with Fatah. If it accepted Israel’s right to exist, it would expose Israel’s current unwillingness to allow a Palestinian state. If Palestinians marched peacefully, without guns and explosives, they would take the moral high ground. In short, if Palestinians want Israel to stop throttling them, they must first convince Israelis it is safe to let go. The Economist
Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste. « Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé. Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués. Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ». « Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ». Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum. Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré. Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ». La Libre Belgique
The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis. But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk? Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical. The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind? Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven? That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations. No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation. Bret Stephens
The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948. (…) Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union. (…) Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren. (…) Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.” (…) Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members. (…) as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas. (…) In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel. (…) despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. Yair Rosenberg
On the night of May 14, … headlines suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip. Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.” So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn. It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital. Shmuel Rosner
Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal. Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation. (…) Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it. (…) The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film. (…) About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60. (…) Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing. (…) The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for. (…) The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences (…) Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon. (…) Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand? These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better. For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times. Matti Friedman
Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période. Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs. Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens. (…) La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël. L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique. Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ». (…) Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils. Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens. (…) Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes. (…) Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois. Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjouées par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés. Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture. Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. (…) Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements. Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer. Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population. (…) Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière. La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves. Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). (…) Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité. (…) Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate. La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment. Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité. Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés. (…) – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger. (…) Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force. Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace. Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises. Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire. (…) Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier. (…) La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence. Richard Kemp

Attention: une effroyable imposture peut en cacher une autre !

En ces temps étranges où l’on voit des manipulations et des complots partout …

Et où à coup d’images juxtaposées nos médiasfaussaires notoires compris – et nos belles âmes rivalisent d’ingéniosité …

Pour noircir – jusqu’à regretter qu’il n’ait pas de morts de son côté – le seul pays que vous savez et son actuel et rare défenseur à la Maison Blanche …

Pendant que dans l’enthousiasme d’un « succès » médiatique aussi inespéré mais aussi la menace directe de frappes directes sur leurs bunkers dissimulés sous les hôpitaux de Gaza …

Les cyniques tireurs de ficelle du Hamas peuvent se payer le luxe de lever temporairement la mobilisation de leur chair à canon …

Et de révéler – en arabe pour motiver les troupes et ne pas trop effrayer leurs nombreux idiots utiles occidentaux – une partie même de la réalité de leur prétendues manifestations pacifiques …

Comment ne pas s’étonner …

Avec le colonel à la retraite britannique Richard Kemp …

Et l’un des rares militaires occidentaux à oser mettre, contrairement à tous les autres qui se taisent ou laissent dire n’importe quoi, ses compétences de professionnel au service de la vérité …

Du peu d’intérêt que semble soulever chez nos apprentis conspirationnistes …

L’effroyable – et bien réelle – imposture à laquelle se prêtent contre le seul Etat israélien nos médias et autres bonnes âmes des organisations internationales …

Mais aussi, sans compter l’effet directement incitatif, qui n’est pas sans rappeler tant d’autres phénomènes de nature mimétique comme les fusillades scolaires, de l’intérêt médiatique et de la présence des caméras elles-mêmes …

La proprement criminelle incitation, augmentant d’autant à chaque fois le nombre des victimes collatérales, …

Qu’une telle unanimité d’injustes condamnations ne peut que générer ?

Fumée et miroirs : six semaines de violence à la frontière de Gaza
Richard Kemp
Gatestone institute
14 mai 2018
Traduction du texte original: Smoke & Mirrors: Six Weeks of Violence on the Gaza Border

Depuis le 30 mars, le Hamas organise des violences à grande échelle à la frontière de Gaza et d’Israël. Ces embrasements majeurs ont généralement lieu le vendredi à la fin des prières dans les mosquées ; des actions concertées mobilisant des foules de 40 000 personnes ont été constatées dans cinq zones séparées le long de la frontière. Des violences et diverses actions agressives, y compris des actes de nature terroristes avec explosifs et armes à feu, ont également eu lieu à d’autres moments au cours de cette période.

Une tempête parfaite

Le Hamas avait prévu une culmination de la violence le 14 ou le 15 mai 2018. Le 15 est la date à laquelle ils commémorent le 70ème anniversaire de la « Nakba » (« Catastrophe ») qui a eu lieu au lendemain de la création de l’Etat d’Israël. Mais une recrudescence de violence a été constatée le 14, jour de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. La violence a donc culminé les 14 et 15, deux jours qui coïncident avec la Nakba et l’inauguration de l’ambassade américaine, mais qui marquent aussi le début du mois de Ramadan, une période où la violence augmente au Moyen-Orient et ailleurs.

Le Hamas avait prévu de mobiliser jusqu’à 200 000 personnes à la frontière de Gaza, soit un doublement et plus du nombre de manifestants constatés les années précédentes. Le Hamas semblait également déterminé à inciter à un niveau de violence jamais atteint auparavant, avec des pénétrations significatives de la barrière frontalière. Face à de tels projets, il est étonnant que les chiffres en pertes humaines ne soient pas plus élevés parmi les Palestiniens.

Outre la zone frontalière, les Palestiniens ont prévu de mener des actions violentes à la même période, à Jérusalem et en Cisjordanie. Bien que le 15 mai soit considéré comme le point culminant de six semaines de violence à la frontière de Gaza, les Palestiniens ont fait savoir qu’ils entendaient maintenir un niveau de violence frontalière élevé tout au long du mois de Ramadan.

Prétexte et réalité

La violence à Gaza a été orchestrée sous la bannière prétexte de la « Grande marche du retour », une façon d’attirer l’attention sur ce droit au retour dans leurs foyers d’origine que les dirigeants palestiniens promettent à leur peuple. L’intention affichée n’était pas de manifester, mais de franchir en masse la frontière et de cheminer par milliers à travers l’État d’Israël.

L’affirmation du « droit de retour » ne vise pas à l’exercice d’un tel « droit », lequel est fortement contesté et doit faire l’objet de négociations sur le statut définitif. Il s’inscrit dans une politique arabe de longue date destinée à éliminer l’Etat d’Israël, un projet à l’encontre duquel le gouvernement israélien s’inscrit de manière non moins systématique.

Le véritable objectif de la violence du Hamas est de poursuivre sa stratégie de longue date de création et d’intensification de l’indignation internationale, de la diffamation, de l’isolement et de la criminalisation de l’État d’Israël et de ses fonctionnaires. Cette stratégie passe par la mise en scène de situations qui obligent Tsahal à réagir avec une force meurtrière qui les place aussitôt en position de tortionnaires qui tuent et blessent des civils palestiniens « innocents ».

Les tactiques terroristes du Hamas

Dans le cadre de cette stratégie, le Hamas a mis au point différentes tactiques, qui passent par des tirs de roquettes depuis Gaza sur les villes israéliennes et la construction de tunnels d’attaque sophistiqués qui débouchent au-delà de la frontière, à proximité de villages israéliens voisins. Toutes ces tactiques ont pour particularité d’utiliser des boucliers humains palestiniens – des civils, des femmes et des enfants de préférence, forcés ou volontaires, présents toutes les fois que des attaques sont lancées ou commandées ; des civils présents au côté des combattants, à proximité des dépôts d’armes et de munitions. Toute riposte militaire israélienne engendre des dommages collatéraux chez les civils.

Dans certains cas, notamment à l’occasion de la vague de violence actuelle, le Hamas présente ses combattants comme des civils innocents ; de nombreux faux incidents ont été mis en scène et filmés pour faire état de civils tués et blessés par les forces israéliennes ; des scènes de violence filmées ailleurs, notamment en Syrie, ont été présentés comme des violences commises contre les Palestiniens.

Même stratégie, nouvelles tactiques

Après les roquettes et les tunnels d’attaque utilisés dans trois conflits majeurs (2008-2009, 2012 et 2014), sans oublier plusieurs incidents mineurs, de nouvelles tactiques ont été mises au point qui ont toutes le même objectif fondamental. Les « manifestations » à grande échelle combinées à des actions agressives sont destinées à provoquer une réaction israélienne qui conduit à tuer et à blesser les civils de Gaza, malgré les efforts énergiques des FDI (Forces de défense d’Israël) pour réduire les pertes civiles.

Cette nouvelle tactique s’avère plus efficace que les roquettes et les tunnels d’attaque. Les cibles visées – dirigeants politiques de pays tiers, organisations internationales (ONU, UE), groupes de défense des droits de l’homme et médias – n’admettent pas que l’on réponde par la force à des manifestations faussement pacifiques qu’ils sont tentés d’assimiler aux manifestations réellement pacifiques qui ont lieu dans leurs propres villes.

Comme à leur habitude, ces cibles-là se montrent toujours disposées à se laisser leurrer par ce stratagème. Depuis le début de cette vague de violence, des condamnations véhémentes ont été émises par l’ONU, l’UE et la CPI ; mais aussi plusieurs gouvernements et organisations des droits de l’homme, notamment Amnesty International et Human Rights Watch ; sans parler de nombreux journaux et stations de radio. Leurs protestations incluent des demandes d’enquête internationale sur les allégations de meurtres illégaux ainsi que des accusations de violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme par les FDI.

Les tactiques du Hamas sur le terrain

Ces manifestations sont en réalité des opérations militaires soigneusement planifiées et orchestrées. Des foules de civils auxquelles se mêlent des groupes de combattants sont rassemblées aux frontières. Combattants et civils ont pour mission de s’approcher de la clôture et de la briser. Des milliers de pneus ont été incendiés pour créer des écrans de fumée afin de dissimuler leurs mouvements en direction de la clôture (et sans grande efficacité, ils ont utilisé des miroirs pour aveugler les observateurs de la FDI et les tireurs d’élite). Les pneus enflammés et les cocktails Molotov ont également été utilisés pour briser la clôture dont certains éléments, à divers endroits, sont en en bois.

Le vendredi 4 mai, environ 10 000 Palestiniens ont participé à des manifestations violentes le long de la frontière et des centaines d’émeutiers ont vandalisé et incendié la partie palestinienne de Kerem Shalom, point de passage des convois humanitaires. Ils ont endommagé des canalisations de gaz et de carburant qui partent d’Israël en direction de la bande de Gaza. Ce raid contre Kerem Shalom a eu lieu à deux reprises le 4 mai. Le même jour, deux tentatives d’infiltration ont été déjoues par les troupes de Tsahal à deux endroits différents. Trois des infiltrés ont été tués par les soldats des FDI qui défendaient la frontière. Dans certains cas, les infiltrés ont été arrêtés.

Le Hamas et ses miliciens ont utilisé des grappins, des cordes, des pinces coupantes et d’autres outils pour briser la clôture. Ils ont utilisé des drones, de puissants lance-pierres capables de tuer et blesser gravement des soldats, des armes à feu, des grenades à main et des engins explosifs improvisés, à la fois pour tuer des soldats israéliens et pour passer à travers la clôture.

Cerfs-volants et ballons incendiaires

Des cerfs-volants ont été lâchés par-dessus la frontière de Gaza afin d’incendier les cultures et l’herbe du côté israélien dans le but de causer des dommages économiques mais aussi pour tuer et mutiler. Cela peut sembler une arme primitive et même risible, mais le 4 mai, les Palestiniens avaient préparé des centaines de bombes incendiaires volantes pour les déployer en essaim en Israël, afin d’exploiter au mieux une vague de chaleur intense. Seules des conditions de vent défavorables ont empêché le déploiement de ces cerfs-volants empêchant ainsi des dommages sérieux potentiels.

Dans plusieurs cas, les cerfs-volants en feu ont provoqué des incendies. Ainsi, le 16 avril, un champ de blé a été incendié côté israélien. Le 2 mai, un cerf-volant incendiaire parti de Gaza a provoqué un incendie majeur dans la forêt de Be’eri dévastant de vastes zones boisées. Dix équipes de pompiers ont été nécessaires pour juguler l’incendie. Des ballons incendiaires ont également été utilisés par le Hamas, notamment le 7 mai, l’un d’eux a réussi à incendier un champ de blé près de la forêt de Be’eri. Israël évalue à plusieurs millions de shekels, les dommages économiques résultants des incendies causés par les cerfs-volants et les ballons.

Si le Hamas a traversé

Jusqu’à présent, le Hamas n’a pas réussi de percée significative à travers la clôture. S’ils y arrivaient, il faut s’attendre à ce que des milliers de Gazaouis se déversent par ces brèches parmi lesquels des terroristes armés tenteraient d’atteindre les villages israéliens pour y commettre des assassinats de masse et des enlèvements.

Le Hamas a tenté d’ouvrir une brèche au point-frontière le plus proche du kibboutz Nahal Oz, objectif qui pourrait être atteint en 5 minutes ou moins par des hommes armés prêts à tuer.

Dans ce scénario, ou des terroristes armés sont indiscernables de civils non armés, qui eux-mêmes représentent une menace physique, il est difficile de voir comment les FDI pourraient éviter d’infliger de lourdes pertes pour défendre leur territoire et de leur population.

Forces de défense d’Israel (IDF) : une risposte graduée

Les FDI ont été obligées d’agir avec une grande fermeté – pour empêcher toute pénétration – y compris à l’aide de tirs réels (qui ont parfois été meurtriers) et malgré une condamnation internationale lourde et inévitable.

Compte tenu de leur expérience des violences passées, les FDI ont adopté une réponse graduée. Ils ont largué des milliers de tracts et ont utilisé les SMS, les médias sociaux, les appels téléphoniques et les émissions de radio pour informer les habitants de Gaza et leur demander de ne pas se rassembler à la frontière ni de s’approcher de la barrière. Ils ont contacté les propriétaires de compagnies de bus de Gaza et leur ont demandé de ne transporter personne à la frontière.

La coercition exercée par le Hamas à l’encontre de la population civile a rendu ces tentatives de dissuasion inutiles. Les FDI ont alors utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les foules qui approchaient de trop près la clôture. Dans un effort innovant pour atteindre à plus de précision et d’efficacité, des drones ont parfois été utilisés pour disperser les gaz lacrymogènes. Mais, les gaz lacrymogènes ont une efficacité limitée dans le temps, sont sensibles aux sautes de vent, et leur impact est également réduit quand la population ciblée sait comment en atténuer les effets les plus graves.

Ensuite, les forces de Tsahal ont utilisé des coups de semonce, des balles tirées au-dessus des têtes. Enfin, seulement lorsque c’était absolument nécessaire (selon leurs règles d’engagement), des munitions à balles ont été tirées dans le but de neutraliser plutôt que de tuer. Bien que tirer pour tuer eut pu passer pour une riposte légale dans certains cas, les FDI soutiennent que même dans ce cas, ils n’ont tiré que pour encapaciter (sauf dans les cas où ils avaient affaire à une attaque de type militaire, comme des tirs contre les forces de Tsahal). Dans tous les cas, les forces de Tsahal fonctionnent selon des procédures opérationnelles standard, rédigées en fonction des circonstances et compilées en collaboration avec diverses autorités des FDI.

Néanmoins, ces échanges de tirs ont généré des morts et de nombreux blessés. Les autorités palestiniennes affirment qu’une cinquantaine de personnes ont été tuées jusqu’à présent et que plusieurs centaines d’autres ont été blessées. Israël estime que 80% des personnes tuées étaient des terroristes ou des sympathisants actifs. Le prix – en vies humaines, en souffrance et réprobation de l’opinion publique internationale – a sans aucun doute été élevé ; mais la barrière n’a pas été pénétrée de manière significative et un prix encore plus élevé a donc été évité.

Condamnation internationale, aucune solution

Beaucoup ont estimé qu’Israël n’aurait pas dû répondre comme il l’a fait à la menace. Mladenov, envoyé des Nations Unies au Moyen-Orient, a jugé la riposte d’Israël « scandaleuse ». Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, a condamné l’usage d’une « force excessive ». Le Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a affirmé que « la violence contre les civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer un crime au regard du Statut de Rome de la CPI ».

Pourtant, en dépit de leurs condamnations, aucun de ces fonctionnaires et experts, n’a été en mesure de proposer une riposte adaptée viable pour empêcher le franchissement violent des frontières israéliennes.

Certains affirment que les troupes israéliennes ont fait un usage de la force disproportionné en tirant à balles réelles sur des manifestants qui ne menaçaient personne. L’UE a ainsi exprimé son inquiétude sur l’utilisation de balles réelles par les forces de sécurité israéliennes. Mais les soi-disant « manifestants » représentaient une menace vitale réelle.

Aujourd’hui, le droit international admet l’usage de munitions réelles face à une menace sérieuse de mort ou de blessure, et quand aucun autre moyen ne permet d’y faire face. Il n’y a aucune exigence que la menace soit « immédiate » – une telle force peut être utilisée quand elle apparait « imminente »; c’est-à-dire au moment où une action agressive doit être empêchée avant qu’elle ne mute en menace immédiate.

La réalité est que, dans les conditions créées délibérément par le Hamas, il n’existait aucune étape intermédiaire efficace pour éviter de tirer sur les manifestants les plus menaçants. Si ces personnes (qu’on peut difficilement appeler de simples « manifestants ») avaient été autorisées à atteindre la barrière, le risque vital serait passé d’imminent à immédiat ; il n’aurait pu être évité qu’en infligeant des pertes beaucoup plus grandes, comme il a été mentionné précédemment.

Échec de la compréhension par la communauté internationale

Ceux qui soutiennent que Tsahal n’aurait pas dû tirer à des balles réelles, exigent en fait que des dizaines de milliers d’émeutiers violents (et parmi eux, des terroristes) soient laissés libres de faire irruption en territoire israélien. Il aurait fallu attendre avant d’agir que des civils, des forces de sécurité et des biens matériels soient en danger, alors qu’une riposte précise et ciblée contre les individus les plus menaçants a permis d’éviter à ce scénario catastrophique de devenir réalité.

Certains ont également soutenu qu’ils n’existe aucune preuve de « manifestant » porteur d’une arme à feu. Ils ne comprennent pas que ce type de conflit n’oppose pas des soldats en uniforme qui s’affrontent ouvertement et en armes sur un champ de bataille. Dans ce contexte, les armes à feu ne sont pas nécessaires pour présenter une menace. En fait, c’est même le contraire compte tenu des objectifs et du mode de fonctionnement. Leurs armes sont des pinces coupantes, des grappins, des cordes, des écrans de fumée, du feu et des explosifs cachés.

Le Hamas a passé des années et dépensé des millions de dollars à creuser des tunnels d’attaque souterrains pour tenter d’entrer en Israël – une menace sérieuse qui implique des pelles, pas des armes à feu. Tout en continuant à creuser des tunnels, ils ont agi au grand jour mais fondus au sein d’une population civile utilisée couverture – les armes ne surgissant qu’une fois l’objectif de pénétration massive atteint. Un soldat qui attendrait de voir une arme à feu pour tirer signerait son propre arrêt de mort, et celui des civils qu’il ou elle a pour mission de protéger.

Des critiques ont été formulées (en particulier par Human Rights Watch) à l’encontre de responsables israéliens qui auraient sciemment accordé leur feu vert aux agissements illégaux des soldats. Par exemple, HRW cite comme preuve certains commentaires publics du chef d’état-major de Tsahal, du porte-parole du Premier ministre et du ministre de la Défense.

Il ne leur est sans doute pas venu à l’esprit que ces fonctionnaires exercent leur autorité par des canaux de communication privés et non à travers des médias publics. Par ailleurs, leurs commentaires ne sont pas des instructions aux troupes mais des avertissements lancés aux civils de Gaza pour réduire le niveau de violence et apaiser les craintes légitimes des Israéliens vivant en zone frontalière. Quand le chef d’état-major dit qu’il positionne « 100 tireurs d’élite à la frontière », il ne fait que verbaliser son devoir légal de défendre son pays ; il ne faut y voir aucun aveu d’une intention d’outrepasser l’usage légal de la force.

Certains groupes de défense des droits de l’homme (y compris à nouveau HRW) et nombre de journalistes ont critiqué l’usage de la force par l’armée israélienne au motif qu’aucun soldat n’a été blessé. Ils en ont publiquement conclu que la riposte de Tsahal avait été « disproportionnée ». Comme cela arrive souvent quand de soi-disant experts commentent les opérations militaires occidentales, les réalités des opérations de sécurité et les impératifs légaux sont mal compris – quand ils ne sont pas déformés -. En effet, il n’est pas nécessaire d’afficher une blessure pour démontrer l’existence d’une menace réelle. Le fait que les soldats de Tsahal n’aient pas été grièvement blessés démontre seulement leur professionnalisme militaire, et non l’absence de menace.

Il a également été affirmé qu’en l’absence de conflit armé, l’usage de la force à Gaza est régi par la charte internationale des droits de l’homme et non par les lois régissant les conflits militaires. Il s’agit là d’une interprétation erronée : toute la bande de Gaza est une zone de guerre définie comme telle par l’agression armée de longue date du Hamas contre l’Etat d’Israël. Par conséquent, dans cette situation, les deux types de loi sont applicables, en fonction des circonstances précises.

Il est licite pour Tsahal de combattre et de tuer tout combattant ennemi identifié comme tel, n’importe où dans la bande de Gaza conformément aux lois de la guerre, que cet ennemi soit en uniforme ou non, armé ou non, représentant ou non une menace imminente, attaquant ou fuyant. Dans la pratique cependant, il apparait que face à des émeutes violentes, les FDI ont agi en supposant que tous les acteurs sur le terrain étaient des civils (contre lesquels il n’est pas nécessaire de recourir à la force létale au premier recours) à moins que l’évidence démontre le contraire.

Faire le jeu du Hamas

Nombreux aussi ont été ceux qui ont affirmé que le gouvernement israélien a refusé de mener une enquête officielle sur les décès survenus. Encore une fois l’assertion est complètement fausse. Les Israéliens ont déclaré qu’ils examineraient les incidents sur la base de leur système juridique, lequel jouit d’un respect unanime au plan international. En revanche, le gouvernement israélien a explicitement refusé une enquête internationale, tout comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou toute autre démocratie occidentale l’aurait fait dans la même situation.

Toutes ces fausses critiques de l’action israélienne, ainsi que les menaces d’enquêtes internationales, de renvoi d’Israël devant la CPI et de recours à une juridiction universelle contre les responsables israéliens impliqués dans cette situation, font le jeu du Hamas. Ils valident l’utilisation de boucliers humains et la stratégie du Hamas d’obliger au meurtre de leurs propres civils. Les implications débordent largement ce conflit. Comme l’ont démontré de précédents épisodes de violence, les réactions internationales de ce type, y compris une condamnation injuste, généralisent ces tactiques et augmentent le nombre de morts parmi les civils innocents dans le monde entier.

Plus de violence à venir ?

Cette campagne du Hamas peut entraîner des pertes massives dans la population palestinienne. Il est non moins probable que la condamnation des médias, des organisations internationales et des groupes de défense des droits de l’homme va se généraliser. Ceux qui ont un agenda anti-américain et anti-israélien lieront inévitablement cette violence à la décision du président Trump d’ouvrir l’ambassade américaine à Jérusalem.

Action future

La nouvelle tactique du Hamas a eu beaucoup de succès en dressant contre Israël des personnalités de la communauté internationale et en endommageant sa réputation. Il est probable que les effets continueront à se faire sentir longtemps après la fin de cette vague de violence.

Il faut s’attendre à des condamnations supplémentaires de la part d’acteurs internationaux, tels que les divers organismes des Nations Unies, ainsi que des rapports spécifiques produits par des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Des tentatives d’inciter le Procureur de la CPI à examiner ces incidents auront lieu, ainsi que des initiatives de procédures judiciaires lancées par différents États (en utilisant la « compétence universelle ») pour tenter de diffamer et même d’arrêter des responsables militaires et des politiciens israéliens.

Inévitablement, le Hamas et d’autres groupes palestiniens vont renouveler cette tactique à l’avenir. Pour atténuer cela, Israël se prépare à renforcer la frontière de Gaza pour rendre toute tentative de pénétration plus difficile sans recourir à la force létale. (Ils travaillent déjà sur une barrière souterraine pour empêcher la pénétration par effet tunnel.) Cependant, il s’agit d’un projet à long terme et la possibilité d’étanchéifier la frontière au point de la rendre impénétrable demande à être clarifiée.

En outre, Tsahal porte aujourd’hui une attention accrue aux armes non létales. Mais en dépit d’importantes recherches menées au plan international, aucun système viable et efficace ne peut fonctionner dans de telles circonstances.

Les amis et alliés d’Israël peuvent agir pour contrer la propagande anti-israélienne du Hamas, et faire pression sur les dirigeants politiques, les groupes de défense des droits de l’homme, les organisations internationales et les médias pour éviter une fausse condamnation d’Israël ; il faut également lutter contre les réclamations d’une action internationale comme d’une enquête unilatérale des Nations Unies et ses résolutions. Un tel rejet, de préférence accompagné d’une forte condamnation de la tactique violente du Hamas, pourrait contribuer à décourager l’utilisation de tels plans d’action. Bien entendu, face à un agenda anti-israélien aussi profondément enraciné, de telles recommandations sont plus faciles à formuler qu’à mettre en pratique.

Le colonel Richard Kemp commandait les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Cette analyse a été publiée à l’origine sur le site Web de HIGH LEVEL MILITARY GROUP. Elle est reproduite ici avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Voir aussi:

Falling for Hamas’s Split-Screen Fallacy

Matti Friedman

Mr. Friedman, a journalist, is the author of the memoir “Pumpkinflowers: A Soldier’s Story of a Forgotten War.”

JERUSALEM — During my years in the international press here in Israel, long before the bloody events of this week, I came to respect Hamas for its keen ability to tell a story.

At the end of 2008 I was a desk editor, a local hire in The Associated Press’s Jerusalem bureau, during the first serious round of violence in Gaza after Hamas took it over the year before. That conflict was grimly similar to the American campaign in Iraq, in which a modern military fought in crowded urban confines against fighters concealed among civilians. Hamas understood early that the civilian death toll was driving international outrage at Israel, and that this, not I.E.D.s or ambushes, was the most important weapon in its arsenal.

Early in that war, I complied with Hamas censorship in the form of a threat to one of our Gaza reporters and cut a key detail from an article: that Hamas fighters were disguised as civilians and were being counted as civilians in the death toll. The bureau chief later wrote that printing the truth after the threat to the reporter would have meant “jeopardizing his life.” Nonetheless, we used that same casualty toll throughout the conflict and never mentioned the manipulation.

Hamas understood that Western news outlets wanted a simple story about villains and victims and would stick to that script, whether because of ideological sympathy, coercion or ignorance. The press could be trusted to present dead human beings not as victims of the terrorist group that controls their lives, or of a tragic confluence of events, but of an unwarranted Israeli slaughter. The willingness of reporters to cooperate with that script gave Hamas the incentive to keep using it.

The next step in the evolution of this tactic was visible in Monday’s awful events. If the most effective weapon in a military campaign is pictures of civilian casualties, Hamas seems to have concluded, there’s no need for a campaign at all. All you need to do is get people killed on camera. The way to do this in Gaza, in the absence of any Israeli soldiers inside the territory, is to try to cross the Israeli border, which everyone understands is defended with lethal force and is easy to film.

About 40,000 people answered a call to show up. Many of them, some armed, rushed the border fence. Many Israelis, myself included, were horrified to see the number of fatalities reach 60.

Most Western viewers experienced these events through a visual storytelling tool: a split screen. On one side was the opening of the American embassy in Jerusalem in the presence of Ivanka Trump, evangelical Christian allies of the White House and Israel’s current political leadership — an event many here found curious and distant from our national life. On the other side was the terrible violence in the desperately poor and isolated territory. The juxtaposition was disturbing.

The attempts to breach the Gaza fence, which Palestinians call the March of Return, began in March and have the stated goal of erasing the border as a step toward erasing Israel. A central organizer, the Hamas leader Yehya Sinwar, exhorted participants on camera in Arabic to “tear out the hearts” of Israelis. But on Monday the enterprise was rebranded as a protest against the embassy opening, with which it was meticulously timed to coincide. The split screen, and the idea that people were dying in Gaza because of Donald Trump, was what Hamas was looking for.

The press coverage on Monday was a major Hamas success in a war whose battlefield isn’t really Gaza, but the brains of foreign audiences.

Israeli soldiers facing Gaza have no good choices. They can warn people off with tear gas or rubber bullets, which are often inaccurate and ineffective, and if that doesn’t work, they can use live fire. Or they can hold their fire to spare lives and allow a breach, in which case thousands of people will surge into Israel, some of whom — the soldiers won’t know which — will be armed fighters. (On Wednesday a Hamas leader, Salah Bardawil, told a Hamas TV station that 50 of the dead were Hamas members. The militant group Islamic Jihad claimed three others.) If such a breach occurs, the death toll will be higher. And Hamas’s tactic, having proved itself, would likely be repeated by Israel’s enemies on its borders with Syria and Lebanon.

Knowledgeable people can debate the best way to deal with this threat. Could a different response have reduced the death toll? Or would a more aggressive response deter further actions of this kind and save lives in the long run? What are the open-fire orders on the India-Pakistan border, for example? Is there something Israel could have done to defuse things beforehand?

These are good questions. But anyone following the response abroad saw that this wasn’t what was being discussed. As is often the case where Israel is concerned, things quickly became hysterical and divorced from the events themselves. Turkey’s president called it “genocide.” A writer for The New Yorker took the opportunity to tweet some of her thoughts about “whiteness and Zionism,” part of an odd trend that reads America’s racial and social problems into a Middle Eastern society 6,000 miles away. The sicknesses of the social media age — the disdain for expertise and the idea that other people are not just wrong but villainous — have crept into the worldview of people who should know better.

For someone looking out from here, that’s the real split-screen effect: On one side, a complicated human tragedy in a corner of a region spinning out of control. On the other, a venomous and simplistic story, a symptom of these venomous and simplistic times.

Voir encore:

The cacophony that accompanies every upsurge in the Israeli-Palestinian conflict can make it seem impossible for outsiders to sort out the facts. Recent events in Gaza are no exception. The shrillest voices on each side are already offering their own mutually exclusive narratives that acknowledge some realities while scrupulously avoiding others.

But while certain facts about Gaza may be inconvenient for the loudest partisans on either side, they should not be inconvenient to the rest of us.

To that end, here are 13 complicated, messy, true things about what has been happening in Gaza. They do not conform to one political narrative or another, and they do not attempt to conclusively apportion all blame. Try, as best you can, to hold them all in your mind at the same time.

1. The protests on Monday were not about President Donald Trump moving the U.S. Embassy to Jerusalem, and have in fact been occurring weekly on the Gaza border since March. They are part of what the demonstrators have dubbed “The Great March of Return”—return, that is, to what is now Israel. (The Monday demonstration was scheduled months ago to coincide with Nakba Day, an annual occasion of protest; it was later moved up 24 hours to grab some of the media attention devoted to the embassy.) The fact that these long-standing Palestinian protests were mischaracterized by many in the media as simply a response to Trump obscured two disquieting realities: First, that the world has largely dismissed the genuine plight of Palestinians in Gaza, only bothering to pay attention to it when it could be tenuously connected to Trump. Second, that many Palestinians do not simply desire their own state and an end to the occupation and settlements that began in 1967, but an end to the Jewish state that began in 1948.

2. The Israeli blockade of Gaza goes well beyond what is necessary for Israel’s security, and in many cases can be capricious and self-defeating. Import and export restrictions on food and produce have seesawed over the years, with what is permitted one year forbidden the next, making it difficult for Gazan farmers to plan for the future. Restrictions on movement between Gaza, the West Bank, and beyond can be similarly overbroad, preventing not simply potential terrorist operatives from traveling, but families and students. In one of the more infamous instances, the U.S. State Department was forced to withdraw all Fulbright awards to students in Gaza after Israel did not grant them permission to leave. Today, official policy bars Gazans from traveling abroad unless they commit to not returning for a full year. It is past time that these issues be addressed, as outlined in part in a new letter from several prominent senators, including Bernie Sanders and Elizabeth Warren.

3. Hamas, which controls the Gaza Strip, is an authoritarian, theocratic regime that has called for Jewish genocide in its charter, murdered scores of Israeli civilians, repressed Palestinian women, and harshly persecuted religious and sexual minorities. It is a designated terrorist group by the United States, Canada, and the European Union.

4. The overbearing Israeli blockade has helped impoverish Gaza. So has Hamas’s utter failure to govern and provide for the basic needs of the enclave’s people. Whether it has been spending its manpower and millions of dollars on subterranean attack tunnels into Israel—including under United Nations schools for Gaza’s children—or launching repeated messianic military operations against Israel, the terrorist group has consistently prioritized the deaths of Israelis over the lives of its Palestinian brethren.

5. Many of the thousands of protesters on the Gaza border, both on Monday and in weeks previous, were peaceful and unarmed, as anyone looking at the photos and videos of the gatherings can see.

6. Hamas manipulated many of these demonstrators into unwittingly rushing the Israeli border fence under false pretenses in order to produce injuries and fatalities. As the New York Times reported, “After midday prayers, clerics and leaders of militant factions in Gaza, led by Hamas, urged thousands of worshipers to join the protests. The fence had already been breached, they said falsely, claiming Palestinians were flooding into Israel.” Similarly, the Washington Post recounted how “organizers urged protesters over loudspeakers to burst through the fence, telling them Israeli soldiers were fleeing their positions, even as they were reinforcing them.” Hamas has also publicly acknowledged deliberately using peaceful civilians at the protests as cover and cannon fodder for their military operations. “When we talk about ‘peaceful resistance,’ we are deceiving the public,” Hamas co-founder Mahmoud al-Zahar told an interviewer. “This is peaceful resistance bolstered by a military force and by security agencies.”

7. A significant number of the protesters were armed, which is how they did things like this:

Widely circulated Arabic instructions on Facebook directed protesters to “bring a knife, dagger, or gun if available” and to breach the Israeli border and kidnap civilians. (The posts have now been removed by Facebook for inciting violence but a cached copy can be viewed here.) Hamas further incentivized violence by providing payments to those injured and the families of those killed. Both Hamas and the Islamic Jihad terror group have since claimed many of those killed as their own operatives and posted photos of them in uniform. On Wednesday, Hamas Political Bureau member Salah Al-Bardawil announced that 50 of the 62 fatalities were Hamas members.

Contrary to certain Israeli talking points, however, these facts do not automatically justify any particular Israeli response or every Palestinian casualty or injury. They simply establish the reality of the threat.

8. It is facile to argue that Gazans should be protesting Hamas and its misrule instead of Israel. One, it is not a binary choice, as both actors have contributed to Gaza’s misery. Two, as the BBC’s Julia MacFarlane recalled from her time covering Gaza, any public dissent against Hamas is perilous: “A boy I met in Gaza during the 2014 war was dragged from his bed at midnight, had his kneecaps shot off in a square and was told next time it would be axes—for an anti-Hamas Facebook post.” The group has publicly executed those it deems “collaborators” and broken up rare protests with gunfire. Likewise, Gazans cannot “vote Hamas out” because Hamas has not permitted elections since it won them and took power in 2006. The group fares poorly in the polls today, but Gazans have no recourse for expressing their dissatisfaction. Protesting Israel, however, is an outlet for frustration encouraged by Hamas.

9. In that regard, Hamas has worked to increase chaos and casualties stemming from the protests by allowing rioters to repeatedly set fire to the Kerem Shalom crossing, Gaza’s main avenue for international and humanitarian aid, and by turning back trucks of needed food and supplies from Israel.

10. A lot of what you’re seeing on social media about what is transpiring in Gaza isn’t actually true. For instance, a video of a Palestinian “martyr” allegedly moving under his shroud that is circulating in pro-Israel circles is actually a 4-year old clip from Egypt. Likewise, despite the claims of viral tweets and the Hamas-run Gaza Health Ministry that were initially parroted by some in the media, Israel did not actually kill an 8-month old baby with tear gas. The Gazan doctor who treated her told the Associated Press that she died from a preexisting heart condition, a fact belatedly picked up by the New York Times and Los Angeles Times. In the era of fake news, readers should be especially vigilant about resharing unconfirmed content simply because it confirms their biases.

11. There are constructive solutions to Gaza’s problems that would alleviate the plight of its Palestinian population while assuaging the security concerns of Israelis. However, these useful proposals do not go viral like angry tweets ranting about how Palestinians are all de facto terrorists or Israelis are the new Nazis, which is one reason why you probably have never heard of them.

12. A truly independent, respected inquiry into Israel’s tactics and rules of engagement in Gaza is necessary to ensure any abuses are punished and create internationally recognized guidelines for how Israel and other state actors should deal with these situations on their borders. The United Nations, which annually condemns Israel in its General Assembly and Human Rights Council more than all other countries combined, and whose notorious bias against Israel was famously condemned by Obama ambassador to the U.N., Samantha Power, clearly lacks the credibility to administer such an inquiry. Between America, Canada, and Europe, however, it should be possible to create one.

13. But because the entire debate around Israel’s conduct has been framed by absolutists who insist either that Israel is utterly blameless or that Israel is wantonly massacring random Palestinians for sport, a reasonable inquiry into what it did correctly and what it did not is unlikely to happen.

***

You can help support Tablet’s unique brand of Jewish journalism. Click here to donate today.

Voir également:

Jerusalem Celebrates, Gaza Burns

On the night of May 14, the leading headline of The Washington Post said, “More than 50 killed in Gaza protests as U.S. opens its new embassy in Jerusalem.” Headlines of other newspapers were not much different.

There is no doubt the headlines were factually accurate. But so would a headline saying, “More than 50 killed in Gaza as the moon was a waning crescent,” or “More than 50 killed in Gaza as Arambulo named co-anchor of NBC4’s ‘Today in LA.’ ” Were they unbiased? Not quite. They suggested a causation: The U.S. opens an embassy and hence people get killed. But the causation is faulty: Gazans were killed last week, when the United States had not yet opened its embassy. Gazans were killed for a simple reason: Ignoring warnings, thousands of them decided to get too close to the Israeli border.

There are arguments one could make against President Donald Trump’s decision to move the American embassy to Jerusalem. People in Gaza getting killed is not one of them. A country such as the United States, a country such as Israel, cannot curb strategic decisions because of inconveniences such as demonstrations. Small things can be postponed to prevent anger. Small decisions can be altered to avoid violent incidents. But not important, historic moves.

At the end of this week, no matter the final tally of Gazans getting hurt, only one event will be counted as “historic.” The opening of a U.S. embassy in Jerusalem is a historic decision of great symbolic significance. Lives lost for no good reason in Gaza — as saddening as it is — is routine. Eleven years ago, on  May 16, 2007, I wrote this about Gaza: “The Gaza Strip is burning, drifting into chaos, turning into hell — and nobody seems to have a way out of this mess. Dozens of people were killed in Gaza in the last couple of weeks, the victims of lawlessness and power struggles between clans and families, gangsters and militias.” Sounds familiar? I assume it does. This is what routine looks like. This is what disregard for human life feels like. And that was 11 years to the week before a U.S. embassy was moved to Jerusalem.

Why were so many lives lost in Gaza? To give a straight answer, one must begin with the obvious: The Israel Defense Forces (IDF) has no interest in having more Gazans killed, yet its mission is not to save Gazans’ lives. Its mission — remember, the IDF is a military serving a country — is to defeat an enemy. And in the case of Gaza this past week, the meaning of this was preventing unauthorized, possibly dangerous people from crossing the fence separating Israel from the Gaza Strip.

As this column was written, the afternoon of May 15, the IDF had achieved its objective: No one was able to cross the border into Israel. The price was high. It was high for the Palestinians. Israel will get its unfair share of criticism from people who have nothing to offer but words of condemnation. This was also to be expected. And also to be ignored. Again, not because criticism means nothing, but rather because there are things of higher importance to worry about. Such as not letting unauthorized hostile people cross into Israel.

Of course, any bloodshed is regretful. Yet to achieve its objectives, the IDF had to use lethal force. Circumstances on the ground dictate using such measures. The winds made tear gas ineffective. The proximity of the border made it essential to stop Gazan demonstrators from getting too close, lest thousands of them flood the fence, thus forcing the IDF to use even more lethal means. Leaflets warned them not to go near the fence. Media outlets were used to clarify that consequences could be dire. Hence, an unbiased, sincere newspaper headline should have said, “More than 50 killed in Gaza while Hamas leaders ignored warnings.”

So, yes, Jerusalem celebrated while Gaza burned. Not because Gaza burned. And, yes, the U.S. moved its embassy while Gaza burned. But this is not what made Gaza burn.

It all comes down to legitimacy. Having embassies move to Jerusalem, Israel’s capital, is about legitimacy. Letting Israel keep the integrity of its borders is about legitimacy. President Donald Trump gained the respect and appreciation of Israelis because of his no-nonsense acceptance of a reality, and because of his no-nonsense rejection of delegitimization masqueraded as policy differences. A legitimate country is allowed to defend its border. A legitimate country is allowed to choose its capital.

Gaza’s Miseries Have Palestinian Authors
Bret Stephens

The New York Times
May 16, 2018

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

In 2007, Hamas took control of Gaza in a bloody coup against its rivals in the Fatah faction. Since then, Hamas, Islamic Jihad and other terrorist groups in the Strip have fired nearly 10,000 rockets and mortars from Gaza into Israel — all the while denouncing an economic “blockade” that is Israel’s refusal to feed the mouth that bites it. (Egypt and the Palestinian Authority also participate in the same blockade, to zero international censure.)

In 2014 Israel discovered that Hamas had built 32 tunnels under the Gaza border to kidnap or kill Israelis. “The average tunnel requires 350 truckloads of construction supplies,” The Wall Street Journal reported, “enough to build 86 homes, seven mosques, six schools or 19 medical clinics.” Estimated cost of tunnels: $90 million.

Want to understand why Gaza is so poor? See above.

Which brings us to the grotesque spectacle along Gaza’s border over the past several weeks, in which thousands of Palestinians have tried to breach the fence and force their way into Israel, often at the cost of their lives. What is the ostensible purpose of what Palestinians call “the Great Return March”?

That’s no mystery. This week, The Times published an op-ed by Ahmed Abu Artema, one of the organizers of the march. “We are intent on continuing our struggle until Israel recognizes our right to return to our homes and land from which we were expelled,” he writes, referring to homes and land within Israel’s original borders.

His objection isn’t to the “occupation” as usually defined by Western liberals, namely Israel’s acquisition of territories following the 1967 Six Day War. It’s to the existence of Israel itself. Sympathize with him all you like, but at least notice that his politics demand the elimination of the Jewish state.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

For the third time in two weeks, Palestinians in the Gaza Strip have set fire to the Kerem Shalom border crossing, through which they get medicine, fuel and other humanitarian essentials from Israel. Soon we’ll surely hear a great deal about the misery of Gaza. Try not to forget that the authors of that misery are also the presumptive victims.

There’s a pattern here — harm yourself, blame the other — and it deserves to be highlighted amid the torrent of morally blind, historically illiterate criticism to which Israelis are subjected every time they defend themselves against violent Palestinian attack.

In 1970, Israel set up an industrial zone along the border with Gaza to promote economic cooperation and provide Palestinians with jobs. It had to be shut down in 2004 amid multiple terrorist attacks that left 11 Israelis dead.

In 2005, Jewish-American donors forked over $14 million dollars to pay for greenhouses that had been used by Israeli settlers until the government of Ariel Sharon withdrew from the Strip. Palestinians looted dozens of the greenhouses almost immediately upon Israel’s exit.

Notice, also, the old pattern at work: Avow and pursue Israel’s destruction, then plead for pity and aid when your plans lead to ruin.

The world now demands that Jerusalem account for every bullet fired at the demonstrators, without offering a single practical alternative for dealing with the crisis.

But where is the outrage that Hamas kept urging Palestinians to move toward the fence, having been amply forewarned by Israel of the mortal risk? Or that protest organizers encouraged women to lead the charges on the fence because, as The Times’s Declan Walsh reported, “Israeli soldiers might be less likely to fire on women”? Or that Palestinian children as young as 7 were dispatched to try to breach the fence? Or that the protests ended after Israel warned Hamas’s leaders, whose preferred hide-outs include Gaza’s hospital, that their own lives were at risk?

Elsewhere in the world, this sort of behavior would be called reckless endangerment. It would be condemned as self-destructive, cowardly and almost bottomlessly cynical.

The mystery of Middle East politics is why Palestinians have so long been exempted from these ordinary moral judgments. How do so many so-called progressives now find themselves in objective sympathy with the murderers, misogynists and homophobes of Hamas? Why don’t they note that, by Hamas’s own admission, some 50 of the 62 protesters killed on Monday were members of Hamas? Why do they begrudge Israel the right to defend itself behind the very borders they’ve been clamoring for years for Israelis to get behind?

Why is nothing expected of Palestinians, and everything forgiven, while everything is expected of Israelis, and nothing forgiven?

That’s a question to which one can easily guess the answer. In the meantime, it’s worth considering the harm Western indulgence has done to Palestinian aspirations.

No decent Palestinian society can emerge from the culture of victimhood, violence and fatalism symbolized by these protests. No worthy Palestinian government can emerge if the international community continues to indulge the corrupt, anti-Semitic autocrats of the Palestinian Authority or fails to condemn and sanction the despotic killers of Hamas. And no Palestinian economy will ever flourish through repeated acts of self-harm and destructive provocation.

If Palestinians want to build a worthy, proud and prosperous nation, they could do worse than try to learn from the one next door. That begins by forswearing forever their attempts to destroy it.

Voir par ailleurs:

Un haut responsable du Hamas a affirmé mercredi que la très grande majorité des Palestiniens tués cette semaine lors de manifestations et heurts avec l’armée israélienne dans la bande de Gaza appartenaient au mouvement islamiste, qui dirige l’enclave.

L’armée et le gouvernement israéliens, confrontés à une vague de réprobation après la mort de 59 Palestiniens sous des tirs israéliens lundi, se sont saisis de ces propos pour contester le caractère pacifique des évènements et maintenir que ceux-ci étaient orchestrés par le Hamas.

Des milliers de Palestiniens ont débuté le 30 mars dans la bande de Gaza un mouvement de plus de six semaines contre le blocus israélien et pour le droit des Palestiniens à revenir sur les terres qu’ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Les violences de lundi ont coïncidé avec l’inauguration controversée à Jérusalem de la nouvelle ambassade américaine, démarche qui a rompu avec des décennies de consensus international.

Le Guatemala a également inauguré mercredi à Jérusalem sa nouvelle ambassade en Israël, s’attirant la colère de la direction palestinienne qui a accusé le gouvernement guatémaltèque de se placer du côté des « crimes de guerre israéliens ».

« Agression israélienne »

Les violences à Gaza lundi, journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014, ont continué à susciter l’inquiétude ou la colère à l’étranger.

Le pape François s’est dit « très préoccupé par l’escalade des tensions en Terre Sainte » et le président russe Vladimir Poutine a appelé à « renoncer à la violence ». Les ministres arabes des Affaires étrangères devaient tenir jeudi au Caire une réunion extraordinaire sur « l’agression israélienne contre le peuple palestinien ».

La tension est retombée dans la bande de Gaza à la veille du ramadan, le mois de jeûne musulman, mais la situation demeure hautement volatile.

Des chars israéliens ont frappé plusieurs positions du Hamas dans la bande de Gaza, en réponse à des tirs d’armes à feu, a dit notamment l’armée.

Le Hamas a dit soutenir la mobilisation, tout en assurant qu’elle émanait de la société civile et qu’elle était pacifique.

L’armée israélienne accuse de son côté le Hamas, qu’il considère comme « terroriste », de s’être servi du mouvement pour mêler à la foule des hommes armés ou disposer des engins explosifs le long de frontière.

Elle assure n’avoir fait que défendre les frontières, ses soldats et les civils contre une éventuelle infiltration de Palestiniens susceptibles de s’attaquer aux populations riveraines de l’enclave ou de prendre un otage.

Après la mort par balles des Palestiniens, Israël s’est retrouvé en butte aux condamnations et aux appels à une enquête indépendante.

Dans ce contexte, Salah al-Bardaouil, haut responsable du Hamas, a déclaré à une télévision palestinienne que 50 des 62 Palestiniens tués lundi mais aussi mardi appartenaient au mouvement islamiste.

La vérité « dévoilée »

« Cinquante des martyrs (des morts) étaient du Hamas, et 12 faisaient partie du reste de la population », a-t-il dit, interrogé sur les critiques selon lesquelles le Hamas tirait profit de la mobilisation. « Comment le Hamas pourrait-il récolter les fruits (du mouvement) alors qu’il a payé un prix aussi élevé », a-t-il demandé.

Il n’a pas fourni de détails sur l’appartenance de ces Palestiniens à la branche armée ou politique du Hamas, ni sur les circonstances dans lesquelles ils avaient été tués.

Salah al-Bardaouil « dévoile la vérité », a tweeté un porte-parole du gouvernement israélien, Ofir Gendelman, « ce n’était pas une manifestation pacifique, mais une opération du Hamas ».

« Nous avons les mêmes chiffres », a lancé de son côté le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avertissant que son pays continuerait « à se défendre par tous les moyens nécessaires ».

Un porte-parole du Hamas, Fawzy Barhoum, et un autre haut responsable, Bassem Naim, se sont gardés de confirmer les informations de M. Bardaouil. Le Hamas paie les funérailles de tous, « qu’ils soient membres ou supporters du Hamas, ou pas », a dit M. Barhoum.

Il est « naturel de voir de nombreux membres ou supporters du Hamas » à une telle manifestation, a dit M. Naim, en faisant référence à la forte présence du Hamas dans toutes les couches de la société. Ceux qui ont été tués « participaient pacifiquement » au mouvement, a-t-il assuré.

Sur la chaîne de télévision Al-Jazeera, l’homme fort du Hamas, Yahya Sinouar, a prévenu: « si le blocus (israélien à Gaza) continue, nous n’hésiterons pas à recourir à la résistance militaire ».

Voir de même:

Gaza, le massacre des oubliés

EDITO. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné le peuple palestinien.

Sara Daniel

Pendant qu’une petite fille palestinienne mourait d’avoir inhalé des gaz lacrymogènes à Gaza, à Jérusalem, à moins d’une heure et demie de là par la route, on sablait le champagne, lundi, pour fêter le déménagement de l’ambassade américaine.

Malgré les snipers israéliens, les Gazaouis auront donc continué à se presser devant la clôture de séparation de cette prison maudite et à ciel ouvert que représente l’enclave de Gaza, honte d’Israël et de la communauté internationale, pour achever la « Marche du grand retour », entamée le 30 mars et censée se conclure ce 15 mai. Une marche pour réclamer les terres perdues au moment de la création d’Israël, il y a soixante-dix ans, mais surtout la fin du blocus israélo-égyptien qui étouffe Gaza.

Au cours de ce lundi noir, 59 personnes ont été tuées, et plus de 2.400 ont été blessées par balles.

Une violence inouïe et inutile

Encore une fois le conflit israélo-palestinien a joué la guerre des images, au cours de ce jour si symbolique. Les Israéliens fêtaient les 70 ans de la naissance de leur Etat, le miracle de son existence, l’incroyable longévité de ce confetti minuscule entouré de nations hostiles. Les Palestiniens commémoraient, eux, leur « catastrophe », leur Nakba, qui les a poussés sur les routes de l’exil, dans l’indifférence d’une communauté internationale lassée par un conflit interminable, happée par d’autres hécatombes plus pressantes.

C’est avec cette Marche que les Gazaouis ont tenté de revenir sur la carte des préoccupations mondiales et de rappeler leur agonie à un monde qui les oublie. Pendant ce temps, Israéliens, Américains, Saoudiens et Egyptiens célèbrent leur alliance sur le dos de ces vaincus de l’histoire, les pressant d’accepter un accord, ce que Donald Trump a appelé le « deal ultime », dont les contours sont encore flous mais dont on peut être certain qu’il entérinerait leur déroute.

Mais pourquoi les Israéliens ont-ils cédé à cette violence inouïe et inutile alors que, de leur aveu même, le vrai sujet de leurs inquiétudes était le front du Nord avec le Hezbollah et l’Iran ? Est-ce l’hubris des vainqueurs ? En tout cas, Israël n’a pas entendu l’avertissement de Houda Naim, députée du Hamas.

« Nous considérons que ces marches pacifiques sont aujourd’hui le meilleur moyen d’atteindre les points faibles de notre ennemi », disait-elle au début du mouvement.

Une population excédée, désespérée

Dans le même esprit que les campagnes BDS qui prônent le boycott de produits israéliens, la nouvelle génération de militants a pensé que c’était par cette approche non violente dans la filiation de Gandhi que la cause palestinienne aurait une chance de revenir sur le devant de la scène internationale.

Alors, les manifestants ont-ils été manipulés par leurs organisations politiques ? La question est obscène lorsque que la marche, commencée il y a six semaines, a déjà fait plus de 100 morts. Bien sûr, le Hamas, débordé par cette manifestation civile et pacifique, a rejoint le mouvement. A-t-il encouragé les Gazaouis à provoquer les soldats israéliens, les conduisant à une mort certaine ? Peut-être, et le gouvernement israélien l’affirmera. Mais cela ne suffirait pas à expliquer la détermination d’une population excédée, désespérée par ses conditions d’existence. Ce qui vient de se passer à Gaza est un rappel à l’ordre, tragique, à une communauté internationale qui a abandonné ce peuple palestinien à la brutalité israélienne, à l’incurie de ses dirigeants engagés dans une guerre fratricide, à ses alliés arabes historiquement défaillants, à son sort dont nous portons tous la responsabilité.

Voir enfin:

Danger in overreacting to Santa Fe school shooting

School shootings, however horrific, are not the new normal. Santa Fe killings are part of a bloody contagion that will pass.

James Alan Fox

USA Today

May 18, 2018

Today’s ghastly shooting at a high school in Santa Fe, Texas, claiming the lives of at least 10 victims, has many Americans, including President Trump, wondering when and how the carnage will cease. Coming on the heels of two other multiple fatality school massacres earlier this year, it is no wonder that many are seeing this type of random gun violence as the “new normal.”

Amidst the national mourning for the many innocent lives lost in these senseless shooting sprees, it is critical not to overreact and overrespond to the menacing acts of a few. It is, of course, of little comfort to those families and communities impacted in Santa Fe as well as Parkland, Florida, and Benton, Kentucky, but this is not routine. Schools are not under siege. Rather, this more likely reflects a short-term contagion effect in which angry dispirited youngsters are inspired by others whose violent outbursts serve as fodder for national attention. That should subside once we stop obsessing over the risk.

History provides an important lesson about how crime contagions arise and eventually play themselves out. Over the five-year time span from 1997 through 2001, America witnessed seven multiple-fatality school rampages with a combined 32 killed and 85 others injured, more such incidents and casualties than during the past five years.

Following the March 2001 massacre at a high school in Santee, California, the venerable Dan Rather declared school shootings an “epidemic.” Then, after the September 11, 2001 terrorist attack on America, the nation turned its attention to a very different kind of threat, and the school shooting “epidemic” disappeared.

Summertime will soon bring a natural break to the heightened concern over school shootings. Hopefully, come September, we can deal with the underlying issues facing alienated adolescents who seek to follow in the bloody footsteps of their undeserving heroes, without inadvertently fueling the contagion of bloodshed.

Many observers have expressed concern for the excessive attention given to mass shooters of today and the deadliest of yesteryear. CNN’s Anderson Cooper has campaigned against naming names of mass shooters, and 147 criminologists, sociologists, psychologists and other human-behavior experts recently signed on to an open letter urging the media not to identify mass shooters or display their photos.

While I appreciate the concern for name and visual identification of mass shooters for fear of inspiring copycats as well as to avoid insult to the memory of those they slaughtered, names and faces are not the problem. It is the excessive detail — too much information — about the killers, their writings, and their backgrounds that unnecessarily humanizes them. We come to know more about them — their interests and their disappointments — than we do about our next door neighbors. Too often the line is crossed between news reporting and celebrity watch.

At the same time, we focus far too much on records. We constantly are reminded that some shooting is the largest in a particular state over a given number of years, as if that really matters. Would the massacre be any less tragic if it didn’t exceed the death toll of some prior incident? Moreover, we are treated to published lists of the largest mass shootings in modern US history. For whatever purpose we maintain records, they are there to be broken and can challenge a bitter and suicidal assailant to outgun his violent role models.

Although the spirited advocacy of students around the country regarding gun control is to be applauded, we need to keep some perspective about the risk. Slogans like, “I want to go to my graduation, not to my grave,” are powerful, yet hyperbolic.

As often said, even one death is one too many, and we need to take the necessary steps to protect children, including expanded funding for school teachers and school psychologists. Still, despite the occasional tragedy, our schools are safe, safer than they have been for decades.

James Alan Fox is the Lipman Professor of Criminology, Law and Public Policy at Northeastern University, a member of USA TODAY’s Board of Contributors and co-author of Extreme Killing: Understanding Serial and Mass Murder.

Publicités

« Marche du retour »: The show must go on (From Gaza to Iran, it’s all smoke and mirrors, stupid !)

9 mai, 2018

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le Parlement européen à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)
Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge. Le futur de l’Iran appartient à son peuple et les Iraniens méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire. (…) Nous n’allons pas laisser un régime qui scande « Mort à l’Amérique » avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre. Donald Trump
La paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée. Donald Trump
Un écran de fumée désigne, dans le domaine militaire, une tactique utilisée afin de masquer la position exacte d’unités à l’ennemi, par l’émission d’une fumée dense. Cette dernière peut-être naturelle mais est le plus souvent produite artificiellement à partir de grenades fumigènes (composées notamment d’acide chlorosulfurique). Certains véhicules blindés, en général des chars, disposent de lance-grenades spécifiquement conçus à cet effet, mais utilisent surtout l’injection de carburant Diesel dans l’échappement de leur moteur pour produire des écrans de fumée pouvant atteindre 400 m de long et persister plusieurs minutes. Par exemple, le T-72 soviétique injecte dix litres de carburant à la minute pour créer ses écrans de fumée. Dans les temps anciens, des simples feux de broussailles bien nourris suffisaient parfois à faire l’affaire.Wikipedia
More ink equals more blood, newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers. Bruno S. Frey and Dominic Rohner
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour. Mahmoud Abbas
 Récemment, un certain nombre de rabbins en Israël ont tenu des propos clairs, demandant à leur gouvernement d’empoisonner l’eau pour tuer les Palestiniens. Mahmoud Abbas
Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde. Communiqué Autorité palestinienne
Du XIe siècle jusqu’à l’Holocauste qui s’est produit en Allemagne, les juifs vivant en Europe de l’ouest et de l’est ont été la cible de massacres tous les 10 ou 15 ans. Mais pourquoi est-ce arrivé ? Ils disent: « parce que nous sommes juifs » (…) L’hostilité contre les juifs n’est pas due à leur religion, mais plutôt à leur fonction sociale, leurs fonctions sociales liées aux banques et intérêts. Mahmoud Abbas
Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses. Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Mahmoud Abbas
J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie. Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte. Sylvan Adams
Amer anniversaire. Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures. Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque. (…) Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré. La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe. Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie. Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine. Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne. La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque. (…) Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel. Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain. S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine. L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi. Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël. Libération
Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine. Libération
Le monde a basculé ce 8 mai 2018. Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, i l retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.  Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux. L’Obs
Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it. The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition. “The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015 (…) In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior. But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen. The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding? Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts. Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning. (…) Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sunday reported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston. The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied. (…) Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through. Bret Stephens
Hello ! Welcome to the show ! Al Jazeera
It was supposed to be a peaceful day. But as then. Unarmed protesters marched towards the border fence, Israeli soldiers opened fire. Al Jazeera journalist
We will continue to sacrifice the blood of our children. Hamas leader
All impure Jews are dogs. They should be burned. They are dirty. Palestinian woman
Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. Ahmed Abou Irtema
Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban. Moïn Abou Okal (ministère de l’intérieur de Gaza et membre du comité de pilotage de la marche)
 Les gens sont plein de fureur et de colère, dit  On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. Ghazi Hamad (responsable des relations internationales du Hamas)
Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza. Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. (…) En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre. Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression. L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais. Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. (…) Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités. (…) Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation. (…) de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage (…) affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. Le Monde
Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés». (…) Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme. Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies. À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas. Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé.Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable? Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué? En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler. Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux. Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa. Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens. L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement! Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants. Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars. Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent. Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas. Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables. Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition. Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin. Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place. Pierre Rehov
Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation. Pierre Rehov
I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts. Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. Pierre Rehov
Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations. The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty. It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people. It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers. Jerusalem Post
Pour ceux qui croyaient encore que les écrans ou rideaux de fumée étaient une tactique militaire
Infiltration de terroristes armés, sabotage de la barrière de sécurité, destruction de champs israéliens via l’envoi de cerf-volants enflammés, torture et incinération d’animaux, boucliers humains de femmes et d’enfants, miroirs, écran de fumée …
A l’heure où après avoir le mensonge de 70 ans du refus des ambassades étrangères à Jérusalem …
Et l’imposture entre une accusation d’empoisonnement de puits sous les ovations du Parlement européen et une justification de l’antisémitisme européen sous celles de son propre parlement …
D’un président d’une Autorité palestinienne et auteur enfin reconnu d’une thèse négationniste sur le génocide juif …
Le va-t-en-guerre de la Maison blanche vient, entre – excusez du peu – le retour nord-coréen à la table des négociations, la libération de trois otages américains et avec 57% le plus haut taux d’optimisme national depuis 13 ans, d’éventer la supercherie de 40 ans du programme prétendument pacifique …
D’un régime qui, sous couvert d’un accord jamais avalisé par le Congrès américain mais soutenu par les quislings et gros intérêts économiques européens et entre deux « Mort à l’Amérique ! » et menaces de rayement de la carte d’Israël, multiplie les essais balistiques et du Yemen au Liban met le Moyen-Orient à feu et à sang …
Pendant qu’entre dénonciation de son 70e anniversaire et médisance sur la première venue d’un grand évènement sportif dans la seule démocratie du Moyen-Orient …
Nos médias rivalisent dans la mauvaise foi et la désinformation
Bienvenue au grand barnum de la « Marche du retour » !
Cet incroyable de mélange de fête de l’Huma et kermesse bon enfant …
Qui monopolise depuis six semaines nos écrans et les unes de nos journaux …
Et qui comme le montre l’excellent petit documentaire du réalisateur franco-israélien Pierre Rehov
Se révèle être un petit joyau de propagande et de prestidigitation …
Miroirs et écrans de fumée compris …
Des maitres-illusionistes du Hamas et de nos médias !

WATCH: Exclusive footage from inside Gaza reveals true face of protests

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already. »

Juliane Helmhold
The Jerusalem Post
May 7, 2018 13:13

The short movie Behind the Smoke Screen by filmmaker Pierre Rehov shows exclusive images from inside the Gaza Strip, aimed at changing the international perception of the ongoing six-week protests dubbed the « Great March of Return » by Hamas.

« I shot the video because I observed many times first hand how Palestinians build their propaganda and I strongly believe that no peace will be possible as long as international media believe their narrative instead of seeing the facts, » the French filmmaker told The Jerusalem Post.

« Hamas knows that it can count on the international community when it launches initiatives such as those ‘peaceful protests’ which have claimed too many lives already, while Israel has no choice but to defend its borders. »

Rehov, who also writes regularly for the French daily Le Figaro, has been producing documentaries about the Arab-Israeli conflict for 18 years, many of which have aired on Israeli media outlets, including The Road to Jenin, debunking Mohammad Bakri’s claim of a massacre in Jenin, War Crimes in Gaza, demonstrating Hamas’ use of civilians as human shields and Beyond Deception Strategy, exploring the plight of minorities inside Israel and how BDS is hurting Palestinians.

Behind the Smoke Screen, which was shot in recent weeks by two Palestinian cameramen who work with Rehov on a regular basis, went viral and was published by many pro-Israel organizations.Behind The Smoke Screen (Pierre Rehov/Youtube)

« Welcome to the parade for the return – the latest big show organized by Hamas. Every day between 10,000 and 30,000 Muslim Arabs will participate in this smoke screen operation, » the video introduces the subject matter in the opening remarks.

The short movie then goes on to show shocking images of children being dragged to the front lines of the clashes as human shields and disturbing footage of animal cruelty.

It shows the contradictory tone of Palestinian leaders speaking in English in front of an international audience versus speaking in Arabic to their own people.

It shows the health and environmental risk of the burning tire protests and then asks rhetorically: « Where are the ecologist protests? »

It shows Hamas’ goals of crossing the border and carrying out attacks, and, if all else fails, trying to provoke soldiers, hoping for a stray bullet and making the front pages of international newspapers.

« I want to present facts, and one image is worth 1000 words, » the filmmaker emphasized.

Voir aussi:

Pierre Rehov : un autre regard sur Gaza

Pierre Rehov
Le Figaro
20/04/2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le reporter Pierre Rehov s’attaque, dans une tribune, à la grille de lecture dominante dans les médias français des événements actuels à Gaza. Selon lui, la réponse d’Israël est proportionnée à la menace terroriste que représentent les agissements du Hamas.

Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.

Les organisations islamistes qui s’attaquent à Israël ont toujours eu le sens du vocabulaire dans leur communication avec l’Occident. Convaincus à juste titre que peu parmi nous sont capables, ou même intéressés, de décrypter leurs discours d’origine révélateur de leurs véritables intentions, ils nous arrosent depuis des décennies de concepts erronés, tout en puisant à la source de notre propre histoire les termes qui nous feront réagir dans le sens qui leur sera favorable. C’est ainsi que sont nés, au fil des ans, des terminologies acceptées par tous, y compris, il faut le dire, en Israël même.

Prenons par exemple le mot «occupation». Le Hamas, organisation terroriste qui règne sur la bande de Gaza depuis qu’Israël a retiré ses troupes et déraciné plus de 10 000 Juifs tout en laissant les infrastructures qui auraient permis aux Gazaouites de développer une véritable économie indépendante, continue à se lamenter du «fait» que l’État Juif occupe des terres appartenant «de toute éternité au Peuple Palestinien». Il s’agit là, évidemment, d’un faux car les droits éventuels des Palestiniens ne sauraient être réalisés en niant ceux des Juifs sur leur terre ancestrale.

Le terme «occupation» étant associé de triste mémoire à l’Histoire européenne, lorsqu’un lecteur, mal informé, se le voit asséner à longueur d’année par les médias les ONG et les politiciens, la première image qui lui vient est évidemment celle de la botte allemande martelant au pas de l’oie le pavé parisien ou bruxellois.

Cette répétition infligée tout autant qu’acceptée d’un terme erroné a pour but d’occulter un fait essentiel, gravé dans l’Histoire: selon la loi internationale, ces territoires dits «occupés» ne sont que «disputés». Car, afin d’occuper une terre, encore eût-il fallu qu’elle appartînt à un pays reconnu au moment de sa conquête. La «Palestine», renommée ainsi par l’Empereur Hadrien en 127 pour humilier les Juifs après leur seconde révolte contre l’empire romain, n’était qu’une région de l’empire Ottoman jusqu’à la défaite des Turcs en 1917. Ce sont les pays Arabes dans leur globalité qui, en rejetant le plan de partition de l’ONU en 1947, ont empêché la naissance d’une «nation palestinienne» dont on ne retrouve aucune trace dans l’histoire jusqu’à sa mise au goût du jour, en 1964, par Nasser et le KGB.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire « pacifiste ».

Lorsqu’à l’issue d’une guerre défensive, Israël a «pris» la Cisjordanie et Gaza en 1967, ces deux territoires avaient déjà été conquis par la Jordanie et l’Égypte. Ce qui nous conduit à remettre en question une autre révision sémantique. Pourquoi des terres qui, pendant des siècles, se sont appelées Judée-Samarie deviendraient-elles, tout à coup, Cisjordanie ou Rive Occidentale, de par la seule volonté du pays qui les a envahies en 1948 avant d’en expulser tous les Juifs dans l’indifférence générale? Serait-ce pour effacer le simple fait que la Judée… est le berceau du judaïsme?

Mais revenons à Gaza.

Depuis deux semaines le Hamas et autres organisations terroristes ont repris à leur compte ce qu’ils veulent faire passer pour un soulèvement populaire «pacifiste». Une fois de plus, le détournement du vocabulaire est habile car ces manifestations à plusieurs couches – l’une pacifique et bon enfant, servant de couverture aux multiples tentatives de destruction de la barrière de séparation entre Gaza et Israël, d’enlèvement de soldats, et d’attentats terroristes heureusement avortés – voudraient promouvoir un «droit au retour» à l’intérieur d’Israël des descendants de descendants de «réfugiés».

J’ai déjà abondamment écrit, y compris dans ces pages, sur cette aberration tragique perpétuée au profit de l’UNWRA, une agence onusienne empêchant, dans sa forme actuelle, l’établissement et le développement des Arabes de Palestine sur leurs terres d’accueil. Je n’y reviendrai que par une phrase. Pourquoi un enfant, né à côté de Ramallah ou à Gaza, de parents nés au même endroit, ou pire encore, né à Brooklyn ou à Stockholm de parents immigrés, serait-il considéré comme «réfugié» – comme c’est le cas dans les statistiques de l’UNRWA – si un enfant Juif né à Tel Aviv, de parents nés à Bagdad, Damas ou Tripoli, et chassés entre 1948 et 1974 n’a jamais bénéficié du même statut?

Mais voici que des bus affrétés par le Hamas et la Jihad Islamique, et décorés de clés géantes et de noms enluminés de villages disparus censés symboliser ce «droit au retour» au sein d’un pays honni, viennent cueillir chaque vendredi devant les mosquées et les écoles de Gaza une population manipulée, prête aux derniers sacrifices afin de répondre à des mots d’ordre cyniques ou désuets.

Voici que des milliers de civils, hommes, femmes, enfants, se massent à proximité des zones tampons établies en bordure de la barrière de sécurité israélienne, dans une ambiance de kermesse destinée à nous faire croire qu’il s’agit là de manifestations au sens démocratique du terme.

Voici, également, que des milliers de pneus sont enflammés, dégageant une fumée noirâtre visible depuis les satellites, dans le but d’aveugler les forces de sécurité israéliennes qui ont pourtant prévenu: aucun franchissement sauvage de la barrière-frontière ne sera toléré. Toute tentative sera stoppée par des tirs à balle réelle – ce qui, n’en déplaise à beaucoup, est absolument légal dans toute buffer zone entre entités ennemies.

À cette annonce, les dirigeants du Hamas ont dû jubiler! Eux qui jouent gagnant-gagnant dans une stratégie impliquant l’utilisation de leurs civils comme boucliers humains, puisqu’il s’agit surtout d’une guerre d’influence, n’en espéraient pas autant. Dès lors ils allaient enfin pouvoir de nouveau compter leurs morts comme autant de victoires médiatiques. Et cela – au grand dam des Israéliens – s’est déroulé exactement comme prévu. Au moment où paraissent ces lignes, Gaza pleure plus de trente morts et les hôpitaux sont débordés par le nombre de blessés – même si les chiffres sont sujets à caution puisque seulement fournis par le Hamas.

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire.

Pour une fois, cependant, le Hamas s’est piégé lui-même, en publiant avec fierté l’identité de la majorité des victimes qui, de toute évidence appartiennent à ses troupes. C’est le cas du journaliste Yasser Mourtaja dont le double rôle de correspondant de presse et d’officier salarié du Hamas a également été dévoilé .

Mais aurait-il été possible pour Israël d’avoir recours à d’autres moyens? L’alignement de snipers parallèlement à l’utilisation de procédés antiémeutes, était-il vraiment indispensable?

Imaginons, un instant, que, dans les semaines à venir, comme annoncé par le dirigeant de l’organisation terroriste, Yahya Sinwar, la «marche du retour» permette à ses militants de détruire les barrières, tandis que des milliers de manifestants, femmes et enfants poussés en première ligne, se ruent à l’intérieur d’Israël, bravant non plus les tirs ciblés des soldats entraînés mais la riposte massive d’un peuple paniqué?

En menaçant d’avoir recours à des mesures extrêmes, et en tenant cet engagement, Israël ne fait que dissuader et empêcher le développement d’un cauchemar humanitaire dont les dirigeants du Hamas, acculés économiquement et politiquement, pourraient se régaler.

Contrairement aux images promues par d’autres abus du vocabulaire, Gaza n’est pas une «prison à ciel ouvert» mais une bande de 360 km² relativement surpeuplée, où vivent également nombre de millionnaires dans des villas fastueuses côtoyant des quartiers miséreux.

Chaque jour, environ 1 500 à 2 500 tonnes d’aide humanitaire et de biens de consommation sont autorisés à passer la frontière par le gouvernement israélien. Plusieurs programmes permettent aux habitants de Gaza de se faire soigner dans les hôpitaux de Tel Aviv et de Haïfa.

Un projet d’île portuaire sécurisée est à l’étude à Jérusalem, et des tonnes de fruits et légumes sont régulièrement achetés aux paysans gazaouis par les réseaux de distribution alimentaires israéliens.

L’Égypte contrôle toute la partie sud et fait souvent montre de beaucoup plus de rigueur qu’Israël pour protéger sa frontière, sachant que le Hamas est issu des Frères Musulmans, organisation interdite par le gouvernement de Abdel Fatah Al Sissi.

Mais Gaza souffre, en effet, et même terriblement!

Gaza souffre du fait que le Hamas détourne la majorité des fonds destinés à sa population pour creuser des tunnels et se construire une armée dont le seul but, ouvertement déclaré dans sa charte, est d’oblitérer Israël et d’exterminer ses habitants.

Gaza souffre des promesses d’aide financière non tenues par les pays Arabes et qui se chiffrent en milliards de dollars.

Gaza souffre de n’avoir que trois heures d’électricité par jour, car les terroristes du Hamas ont envoyé une roquette sur la principale centrale pendant le dernier conflit et l’Autorité Palestinienne, de son côté, refuse de payer les factures correspondant à son alimentation, espérant de la sorte provoquer une crise qui conduira à la perte de pouvoir de son concurrent.

Gaza souffre d’un taux de chômage de plus de 50 %, après que ses habitants, dans l’euphorie du départ des Juifs, aient saccagé et détruit les serres à légumes et les manufactures construites par Israël et donc jugées «impures» selon les théories islamistes qui les ont conduits, ne l’oublions pas non plus, à voter massivement pour le Hamas.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Gaza souffre enfin de ces détournements du vocabulaire, de ces concepts esthétiques manichéens conçus au détriment des êtres, qui empêchent les hommes de conscience de comprendre le cœur du problème et sont forcés de penser qu’Israël est l’unique cause du malheur de ses habitants.

C’est pour cela qu’il faut, une fois de plus, clamer quelques faits incontournables.

Israël ne peut faire la paix avec une organisation terroriste vouée à sa disparition.

Les habitants de Gaza seraient libres de circuler et de se construire un avenir à l’instant même où ils renonceraient à la disparition de leur voisin.

Le Hamas et autres organisations terroristes savent qu’ils peuvent compter sur la sympathie des Nations unies et de nombre d’ONG à prétention humanitaire et ne se privent donc pas d’exploiter la population qu’ils détiennent en otage puisqu’ils savent qu’Israël sera systématiquement condamné à leur place.

J’en veux, pour exemple, une anecdote affligeante.

En septembre 2017, une organisation regroupant des femmes arabes et israéliennes a organisé une marche en Cisjordanie (Judée-Samarie). Aucun parent n’aurait pu être indifférent aux images de ces mères juives et arabes qui avouent leur quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Durant la marche, aucun pneu brûlé, pas de lancement de pierres ou de cocktails Molotov, aucune tentative d’envahir Israël, aucun propos haineux. Tout le contraire. C’était une authentique manifestation pacifique.

Seulement, le Hamas a immédiatement condamné la marche en déclarant que «la normalisation est une arme israélienne».

L’ONU, de son côté, n’a pas cru bon promouvoir l’initiative. Pourquoi l’aurait-elle fait?

Il est davantage dans sa tradition, et certainement plus politiquement correct de condamner Israël pour ses «excès» en matière défensive tandis que le Moyen Orient, faute d’une vision honnête, bascule progressivement dans un conflit généralisé.

Voir encore:

Protestations sous haute tension prévues le long de la bande de Gaza

Vendredi, cinq zones, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande.

Piotr Smolar (Bande de Gaza, envoyé spécial)

Le Monde

Le décor est planté. Le vent puissant éparpille les émanations de gaz lacrymogène. Les sardines empêchent les tentes de s’envoler. On est à la veille du grand jour à Gaza, celui craint par Israël depuis des semaines.

En ce jeudi 29 mars, deux cents jeunes viennent faire leurs repérages près du poste frontière fermé de Karni, en claquettes ou pieds nus. Perchés sur des monticules de sable, ou bien s’avançant vers les soldats israéliens qui veillent à quelques centaines de mètres derrière la clôture, ils semblent leur lancer un avertissement muet.

Le 30 mars est coché de longue date dans le calendrier palestinien : c’est le jour de la Terre, en mémoire de la confiscation de terres arabes en Galilée, en 1976, et des six manifestants tués à l’époque. Mais cette année, il marque surtout le début d’un mouvement à la force et aux développements imprévisibles, intitulé la « marche du retour ».

« Un tournant »

Cette marche doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël). Il s’agit d’un appel à des manifestations pacifiques massives pour réclamer le retour vers les terres perdues. Et ce alors que l’Etat hébreu, soutenu par Washington, souhaite une restriction drastique de la définition du réfugié palestinien.

Vendredi, cinq zones ouvertes, toutes situées à au moins 700 mètres de la clôture, doivent accueillir les Gazaouis du nord au sud de la bande, de Jabaliya jusqu’à Rafah. Des mariages seront célébrés, des concerts et des danses organisés. On y parlera aussi politique, blessures familiales, droits historiques. Pour Bassem Naïm, haut responsable du Hamas :

« Ce rassemblement est un tournant. Malgré les divisions entre factions, malgré la politique américaine, nous pouvons être une nouvelle fois créatifs pour relancer la question palestinienne. Israël peut facilement s’en tirer dans un conflit militaire, contre les Palestiniens ou au niveau régional. Mais c’est un tigre de papier. Il est acculé face à la perspective d’une foule pacifique réclamant le respect de ses droits. »

Mélange de fébrilité et d’intoxication

« Acculé », le mot est excessif. Mais, depuis le début de la semaine, dans un mélange de fébrilité et d’intoxication, les autorités israéliennes n’ont cessé de dramatiser les enjeux de cette journée. Les compagnies de bus à Gaza ont reçu des coups de fil intimidants pour qu’elles ne transportent pas les manifestants. Le ministère des affaires étrangères a diffusé à ses ambassades des éléments de langage pour décrédibiliser l’événement. Il s’agirait d’une « campagne dangereuse et préméditée » par le Hamas, qui y consacrerait « plus de dix millions de dollars [plus de 8 millions d’euros] », notamment pour rémunérer les manifestants.

Du côté militaire, le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a averti dans la presse que « plus de cent snipers » seraient déployés le long de la clôture de sécurité frontalière, en plus des unités supplémentaires mobilisées pour l’occasion.

Il s’agit de justifier par avance l’usage possible de la violence, allant de moyens de dispersion classiques jusqu’aux balles réelles. Le cauchemar israélien se résume en une image : celle de dizaines de milliers de manifestants non armés, avançant vers la frontière, pour réclamer leur sortie de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Plusieurs alertes sérieuses

Les responsables sécuritaires israéliens ont averti : tout franchissement illégal sera considéré comme une menace. Plusieurs alertes sérieuses ont eu lieu ces derniers jours, des individus ayant passé la clôture trop aisément. L’armée, qui craint l’enfouissement d’engins explosifs, a prévu d’employer des drones pour larguer des canettes de gaz lacrymogène. Quant aux soldats, ils n’hésiteront pas à tirer à balles réelles si des Palestiniens se rapprochent. Huit personnes ont été ainsi tuées en décembre 2017.

En présentant les manifestants comme des personnes achetées, manipulées ou dangereuses, Israël réduit l’événement de vendredi à une question sécuritaire. Il prive ainsi les Gazaouis de leur intégrité comme sujets politiques, de leur capacité à formuler des espérances et à se mobiliser pour les défendre.

Or, l’initiative de ce mouvement n’est pas du tout le fruit de délibérations au bureau politique du Hamas, qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007. Le mouvement islamiste, affaibli et isolé, soutient comme les autres factions cette mobilisation, y compris par des moyens logistiques, parce qu’il y voit une façon de mettre enfin Israël sous pression.

L’idée d’un vaste rassemblement pacifique

L’idée originelle, c’est Ahmed Abou Irtema qui la revendique. C’était juste après l’annonce de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump, le 6 décembre 2017. La réconciliation entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas était dans l’impasse. La situation humanitaire, plus dramatique que jamais.

Ce journaliste de 33 ans, père de quatre garçons, a évoqué l’idée, sur Facebook, d’un vaste rassemblement pacifique. « Il y a eu énormément de réactions, les associations se sont emparées de la proposition, puis les factions. Un comité de pilotage a vu le jour. »

Ahmed Abou Irtema a une vision, celle d’une foule marchant un jour – pas vendredi – vers ses anciennes terres :

« Je crois dans la volonté d’un peuple. Ce qui m’inspire, c’est la destruction du mur de Berlin. On ne veut pas mourir. Notre message est pacifique, on ne veut jeter personne à la mer. Si les Israéliens nous tuent, ce sera leur crime. »

Le jeune homme, comme les autres activistes, ne parle pas d’un Etat palestinien, mais de leurs droits historiques sur des terrains précisément délimités.

« Les gens sont plein de fureur et de colère »

Qu’ils aient peu de chance d’obtenir gain de cause ne les interroge pas. Ils invoquent l’article 11 de la résolution 194, adoptée par les Nations unies (ONU) à la fin de 1948, sur le droit des réfugiés à retourner chez eux ou à obtenir compensation.

« Nous préférons mourir dans notre pays plutôt qu’en mer, comme les réfugiés syriens, ou enfermés à Gaza ou dans les camps au Liban », explique de son côté Moïn Abou Okal, fonctionnaire au ministère de l’intérieur et membre du comité de pilotage.

Ce dernier affirme que les manifestants ne tenteront de pénétrer en Israël que le 15 mai. La vérité est que rien n’est écrit. Tout dépendra de la force de la mobilisation et de l’ampleur de la réaction israélienne. « Les gens sont plein de fureur et de colère, dit Ghazi Hamad, responsable des relations internationales du Hamas. On n’a pris aucune décision pour pousser des centaines de milliers de personnes vers la frontière. On veut que cela reste une manifestation pacifique. Mais il n’y a ni négociations avec Israël ni réconciliation entre factions. Il faut laisser les gens s’exprimer. »

A l’aube du vendredi 30 mars, un Palestinien a été tué par une frappe israélienne avant le rassemblement prévu à Gaza.

Voir également:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

Le président américain a promis de « graves » conséquences à l’Iran s’il se dote de la bombe nucléaire ; l’Iran mérite un « meilleur gouvernement »

Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, qu’il a qualifié de « désastreux », et le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche.

Trump a démarré son discours par ces mots :

« Aujourd’hui, je veux informer les Américains de nos efforts afin d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur. Il exporte de dangereux missiles, alimente les conflits à travers le Moyen-Orient et soutient des groupes terroristes alliés et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les Talibans et Al-Qaïda. Au fil des années, l’Iran et ses mandataires ont bombardé des militaires et des installations américaines [et ont commis une série d’autres attaques contre les Américains et les intérêts américains]. »

« Le régime iranien a financé son long règne de chaos et de terreur en pillant la richesse de son peuple. Aucune mesure prise par le régime n’a été plus dangereuse que sa poursuite vers le nucléaire et ses efforts pour l’obtenir. »

Dans son discours, Trump a déclaré :

« En théorie, le soi-disant accord concernant l’Iran était censé protéger les Etats-Unis et leurs alliés de la folie d’une bombe nucléaire iranienne – une arme qui ne ferait que mettre en péril la survie du régime iranien.

« En fait, l’accord a permis à l’Iran de continuer à enrichir de l’uranium et, au fil du temps, d’atteindre un point de rupture en terme de nucléaire. Il a bénéficié de la levée de sanctions paralysantes en échange de très faibles efforts sur son activité nucléaire. Aucune autre limite n’a été fixé concernant ses autres activités malfaisantes.

« En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis disposaient d’un maximum de pouvoir, cet accord désastreux a apporté à ce régime – et c’est un régime de terreur – plusieurs milliards de dollars, dont une partie en espèces, ce qui représente un grand embarras pour moi en tant que citoyen et pour tous les citoyens des Etats-Unis. Un accord plus constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là. »

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche.

Retrait

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien ».

« Le fait est que c’est un accord horrible et partial qui n’aurait jamais dû être conclu. Il n’a pas apporté le calme. Il n’a pas apporté la paix. Et il ne le fera jamais ».

Sanctions

« Dans quelques instants, je vais signer un ordre présidentiel pour commencer à rétablir les sanctions américaines liées au programme nucléaire du régime iranien. Nous allons instituer le plus haut niveau de sanctions économiques ».

Et « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».

Le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, a de son côté indiqué que le rétablissement des sanctions américaines était effectif immédiatement pour les nouveaux contrats et que les entreprises étrangères auraient quelques mois pour « sortir » d’Iran.

Le Trésor américain a lui fait savoir que les sanctions concernant les anciens contrats conclus en Iran entreraient en vigueur après une période de transition de 90 à 180 jours.

« Vraie solution »

« Alors que nous sortons de l’accord iranien, nous travaillerons avec nos alliés pour trouver une vraie solution complète et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela comprendra des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques (de l’Iran), pour stopper ses activités terroristes à travers le monde et pour bloquer ses activités menaçantes à travers le Moyen-Orient ».

« Nous n’allons pas laisser un régime qui scande +Mort à l’Amérique+ avoir accès aux armes les plus meurtrières sur terre ».

« Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un accord nouveau et durable, un accord qui bénéficierait à tout l’Iran et au peuple iranien. Quand ils (seront prêts), je serai prêt et bien disposé. De belles choses peuvent arriver à l’Iran ».

« Preuve »

« Au coeur de l’accord iranien, il y avait un énorme mythe selon laquelle un régime meurtrier ne cherchait qu’un programme pacifique d’énergie nucléaire. Aujourd’hui nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge ».

Régime contre peuple

« Le futur de l’Iran appartient à son peuple » et les Iraniens « méritent une nation qui rende justice à leurs rêves, qui honore leur histoire ».

« Le régime iranien est le principal sponsor étatique de la terreur ». « Il soutient des terroristes et des milices comme le Hezbollah, le Hamas, les talibans et Al-Qaïda ».

L’ancien président américain Barack Obama a qualifié mardi de « grave erreur » la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, jugeant que ce dernier « fonctionne » et est dans l’intérêt de Washington.

« Je pense que la décision de mettre le JCPOA en danger sans aucune violation de l’accord de la part des Iraniens est une grave erreur, » a indiqué l’ex-président américain, très discret depuis son départ de la Maison Blanche, dans un communiqué au ton particulièrement ferme.

Voir de même:

Donald Trump furieux contre Mahmoud Abbas suite à un « mensonge »

 
Des sources palestiniennes ont réfuté cette publication

Le président américain Donald Trump aurait fustigé le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de leur réunion à Bethléem, rapporte dimanche Channel 2.

Selon la chaîne, citant des sources israéliennes, Trump aurait « crié » sur Abbas, car ce dernier lui aurait « menti ».

« Vous m’avez menti à Washington lorsque vous avez parlé de l’engagement pour la paix, mais les Israéliens m’ont montré que vous étiez personnellement responsable de l’incitation », aurait déclaré Trump.

Les sources palestiniennes ont cependant contredit la publication de Channel 2, affirmant que la rencontre entre les deux dirigeants avait été calme.

Dans son discours après la réunion avec Abbas, Trump a insisté sur le fait que « la paix ne peut être obtenue où la violence est récompensée ». Une déclaration considérée comme une critique du financement de l’Autorité palestinienne destiné aux familles de terroristes emprisonnés ou tués.

Ce rapport intervient alors que le président américain a affirmé hier que les deux parties sont prêtes à « parvenir à la paix ».

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, « m’a assuré qu’il est prêt à faire la paix avec Israël, et je le crois », a déclaré Trump ajoutant que Benyamin Netanyahou a de son coté « assuré qu’il était prêt à parvenir à la paix ».

Voir encore:

Territoires palestiniens: Abbas s’excuse après ses propos jugés antisémites

Ses propos ont fait l’objet de vives critiques dans le monde entier ces derniers jours. En début de semaine, dans un discours prononcé devant des représentants de l’Organisation de libération de la Palestine, Mahmoud Abbas avait estimé que les massacres dont les juifs avaient été victimes en Europe, et notamment l’Holocauste, étaient dus au « comportement social » des juifs et non à leur religion. Il évoquait notamment leurs activités bancaires. Des propos largement condamnés sur la scène internationale par les dirigeants israéliens, par les Etats-Unis, l’Union européenne, l’ONU et la France notamment.

De notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

Finalement, ce vendredi, le président de l’Autorité palestinienne a décidé de présenter ses excuses. Depuis mardi soir, les critiques se succédaient et les mots employés étaient parfois très forts. Le coordinateur de l’ONU pour le processus de paix avait condamné des propos « inacceptables ». Il s’agissait pour lui de « certaines des insultes antisémites les plus méprisantes ». Quant au Premier ministre israélien, il estimait pour sa part que « un négationniste reste un négationniste » et il disait souhaiter voir « disparaître » Mahmoud Abbas.

Face à ce tollé, le président de l’Autorité palestinienne n’a d’abord rien dit. Puis après deux jours de silence, ce vendredi, il a choisi de s’excuser. « Si des gens ont été offensés par ma déclaration (…), spécialement des personnes de confession juive, je leur présente mes excuses », écrit Mahmoud Abbas dans un communiqué. « Je réitère mon entier respect pour la foi juive et les autres religions monothéistes », poursuit-il.

Le président de l’Autorité palestinienne se défend de tout antisémitisme. « Nous le condamnons sous toutes ses formes » assure-t-il. Il tient également à « réitérer », dit-il, sa « condamnation de longue date de l’Holocauste » qu’il qualifie de « crime le plus odieux de l’Histoire ».

Voir de même:

Abbas revient sur ses propos relatifs aux rabbins voulant “empoisonner” les puits palestiniens

Après avoir été accusé de diffamation, le dirigeant de l’AP rétracte son affirmation “sans fondement”, et ajoute ne pas avoir voulu “offenser le peuple juif”

Le président du parlement européen Martin Schulz (à droite) avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au parlement de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2016. (Crédit : AFP/John Thys)

Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a retiré samedi ses propos concernant des rabbins ayant appelé à empoisonné l’eau des Palestiniens, disant qu’il n’avait pas eu l’intention d’offenser les juifs, après qu’Israël et des organisations juives ont affirmé qu’il faisait la promotion de tropes diffamatoires et antisémites.

« Après qu’il soit devenu évident que les déclarations supposées d’un rabbin, relayées par de nombreux médias, se sont révélées sans fondement, le président Mahmoud Abbas a affirmé qu’il n’avait pas pour intention de s’en prendre au judaïsme ou de blesser le peuple juif à travers le monde », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Pendant un discours prononcé devant le Parlement de l’Union européenne à Bruxelles jeudi, Abbas avait affirmé que les accusations d’incitations [à la violence] palestiniennes étaient injustes puisque « les Israéliens le font aussi… Certains rabbins en Israël ont dit très clairement à leur gouvernement que notre eau devait être empoisonnée afin de tuer des Palestiniens. »

Un article publié en juin dans la presse turque affirmait qu’un rabbin avait fait un tel appel, mais l’histoire s’était rapidement révélée fausse.

Son bureau a déclaré qu’il « rejetait toutes les accusations formulées à son encontre et à celle du peuple palestinien d’offense au judaïsme. [Il] a également condamné toutes les accusations d’antisémitisme. »

En revanche, Abbas n’a pas retiré son affirmation, également prononcée pendant son discours devant le Parlement européen, que le terrorisme mondial serait éradiqué si Israël se retirait de Cisjordanie et de Jérusalem Est.

Israël a dénoncé jeudi Abbas, le qualifiant de colporteur de mensonges, le bureau du Premier ministre déclarant qu’il « a montré son vrai visage », et qu’il « ment quand il affirme que ses mains sont tendues vers la paix. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accusé jeudi Abbas de « propager des diffamations au parlement européen ».

« Israël attend le jour où Abbas cessera de colporter des mensonges et d’inciter [à la haine contre Israël]. D’ici là, Israël continuera à se défendre contre les incitations palestiniennes, qui alimentent le terrorisme », pouvait-on lire dans le communiqué du bureau du Premier ministre.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), vitrine politique de la première communauté juive d’Europe, avait accusé vendredi Abbas de « propager les caricatures anti juives d’autrefois […] dont on sait qu’elles nourrissent la haine antisémite ».

Voir de plus:

« Jusqu’à son dernier jour », Abbas payera les « familles des martyrs prisonniers »

 Le président de l’Autorité palestinienne a rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré jeudi qu’il ne renoncera pas aux salaires reversés aux terroristes et aux familles des terroristes ayant été emprisonnés en Israël pour avoir mené des attentats, ou ayant tenté de tuer des Israéliens.

« Je n’ai pas l’intention de cesser de payer les familles des martyrs prisonniers, même si cela me coûte mon siège. Je continuerai à les payer jusqu’à mon dernier jour », a déclaré M. Abbas, d’après les médias israéliens.

Le financement par l’Autorité palestinienne de subventions pour les familles des terroristes est un point de discorde entre les Palestiniens et l’administration Trump. Pendant sa visite dans la région plus tôt cette année, le président des Etats-Unis avait souligné que son pays ne tolérerait pas ces rétributions.

Cette déclaration du président de l’AP survient alors que des émissaires américains conduits par Jared Kushner, proche conseiller du président américain, ont rencontré à nouveau cette semaine les dirigeants israéliens et palestiniens.

Après avoir rencontré des responsables saoudiens, émiratis, qataris, jordaniens et égyptiens, la délégation américaine a été reçue jeudi par Benyamin Netanyahou et a rencontré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah.

M. Trump « est déterminé à parvenir à une solution qui apportera la prospérité et la paix à tout le monde dans cette zone », a déclaré Jared Kushner, au début de ses entretiens avec le Premier ministre israélien à Tel-Aviv, selon une vidéo diffusée par l’ambassade américaine.

Le bureau de Benyamin Netanyahou a qualifié les discussions de « constructives et de substantielles » sans autre détail, indiquant qu’elles allaient se poursuivre « dans les prochaines semaines » et remerciant le président américain « pour son ferme soutien à Israël ».

Le président Abbas a pour sa part rendu hommage aux efforts déployés par Donald Trump et a affirmé que « cette délégation (américaine) œuvre pour la paix ». « Nous savons que c’est difficile et compliqué mais ce n’est pas impossible », a-t-il fait savoir.

(Avec agence)

Voir par ailleurs:

Israël a fêté mercredi son 70e anniversaire en brandissant sa puissance militaire et son improbable réussite économique face aux menaces régionales renouvelées et aux incertitudes intérieures.

Après s’être recueillis depuis mardi à la mémoire de leurs compatriotes tués au service de leur pays ou dans des attentats, les Israéliens ont entamé mercredi soir les célébrations marquant la création de leur Etat proclamé le 14 mai 1948, mais fêté en ce moment en fonction du calendrier hébraïque.

Lors d’une cérémonie à Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ce qu’il a appelé les «vrais germes de la paix» qui selon lui commençaient à pousser parmi certains pays arabes.

Il n’a pas donné plus de détails mais des signes de réchauffement, tout particulièrement avec Ryad, ont été récemment enregistrés, alors qu’Israël comme le royaume saoudien voit en l’Iran une grave menace.

Israël agite régulièrement le spectre d’une attaque de l’Iran, son ennemi juré.

La crainte d’un tel acte d’hostilité, à la manière de l’offensive surprise d’une coalition arabe lors des célébrations de Yom Kippour en 1973, a été attisée par un raid le 9 avril contre une base aérienne en Syrie, imputé à Israël par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés iranien et russe.

Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis que cette attaque ne resterait «pas sans réponse».

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, des dizaines de frappes à distance dans ce pays sont attribuées à Israël, qui se garde communément de les confirmer ou démentir. Elles visent des positions syriennes et des convois d’armes au Hezbollah libanais, qui comme l’Iran et la Russie, aide militairement le régime Assad.

– Les «conseils» de Lieberman –

Mais en février, Israël a admis pour la première fois avoir frappé des cibles iraniennes après l’intrusion d’un drone iranien dans son espace aérien. C’était la première confrontation ouvertement déclarée entre Israël et l’Iran en Syrie.

Israël martèle qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie voisine.

Les journaux israéliens ont publié mercredi des éléments spécifiques sur la présence en Syrie des Gardiens de la révolution, unité d’élite iranienne.

La publication de photos satellite de bases aériennes et d’appareils civils soupçonnés de décharger des armes, de cartes et même de noms de responsables militaires iraniens constitue un avertissement, convenaient les commentateurs militaires: Israël sait où et qui frapper en cas d’attaque.

L’armée a décidé par précaution de renoncer à envoyer des chasseurs F-15 à des manœuvres prévues en mai aux Etats-Unis, a rapporté la radio militaire.

Sans évoquer une menace iranienne immédiate, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu: «Nous ne cherchons pas l’aventure», mais «je conseille à nos voisins au nord (Liban et Syrie) et au sud (bande de Gaza) de tenir sérieusement compte» de la détermination à défendre Israël.

– «Forteresse» –

Le 70e anniversaire est l’occasion pour Israël de célébrer le «miracle» de son existence, sa force militaire, la prospérité de la «nation start-up» et son modèle démocratique.

Avec plus de 8,8 millions d’habitants, la population a décuplé depuis 1948, selon les statistiques officielles. La croissance s’est affichée à 4,1% au quatrième trimestre 2017. Le pays revendique une douzaine de prix Nobel.

Cependant, Israël accuse parmi les plus fortes inégalités des pays développés. L’avenir du Premier ministre, englué dans les affaires de corruption présumée, est incertain.

S’agissant du conflit israélo-palestinien, une solution a rarement paru plus lointaine.

L’anniversaire d’Israël coïncide avec «la marche du retour», mouvement organisé depuis le 30 mars dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis au blocus israélien. Après bientôt trois semaines de violences le long de la frontière qui ont fait 34 morts palestiniens, de nouvelles manifestations sont attendues vendredi.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé qu’un «puissant engin explosif», apparemment destiné à un attentat lors des fêtes israéliennes, avait été découvert dans un camion palestinien intercepté à un point de passage entre la Cisjordanie occupée et Israël.

«Israël a été établi pour que le peuple juif, qui ne s’est presque jamais senti chez soi nulle part au monde, ait enfin un foyer», a déclaré l’écrivain David Grossman lors d’une cérémonie mardi soir à Tel-Aviv troublée par des militants de droite protestant contre la présence de familles palestiniennes.

«Aujourd’hui, après 70 ans de réussites étonnantes dans tant de domaines, Israël, avec toute sa force, est peut-être une forteresse. Mais ce n’est toujours pas un foyer. Les Israéliens n’auront pas de foyer tant que les Palestiniens n’auront pas le leur».

Cyclisme

Giro : Israël, braquet à l’italienne

Le Giro d’Italia débute ce vendredi de Jérusalem, offrant à l’Etat hébreu son premier événement sportif d’envergure. Tracé qui esquive les Territoires palestiniens, équipes qui hésitent à s’engager, soupçons d’enveloppes d’argent… les autorités ont éteint toutes les critiques pour en faire une vitrine.

Pierre Carrey et Guillaume Gendron, correspondant à Tel-Aviv

Plus de doute, avec Benyamin Nétanyahou qui fait des acrobaties à vélo, le départ du Tour d’Italie (Giro d’Italia) de Jérusalem ce vendredi est bien une affaire politique. «Il faut que je m’entraîne», plaisante le Premier ministre dans une vidéo diffusée fin avril sur les réseaux sociaux où on le voit enfourcher un VTT bleu avec casque et costume-cravate. Etonnamment agile pour ses 68 ans, «Bibi» (en réalité, sa doublure) accomplit le tour d’un rond-point sur la roue arrière… Et exhorte l’équipe d’Israel Cycling Academy, dont deux coureurs sur les huit engagés sont israéliens : «Je vais vous aider à gagner !»

Le big start («grand départ») du Giro à Jérusalem est un big deal pour Israël. Trois jours de course : un contre-la-montre de 9,7 km dans les quartiers ouest de la ville «trois fois sainte», une étape de 167 km reliant le port de Haïfa, au nord, avec les plages de Tel-Aviv et enfin 226 km de canyons désertiques entre Beer Sheva et la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Le tracé s’arrête à la «ligne verte» et évite soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem (mais longera cependant ses murs) et sa partie Est, dont l’annexion par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale. En principe donc, pas de plans d’hélico des toits rouges des colonies de Cisjordanie ou du mur de séparation…

Cet événement d’envergure (évalué à 120 millions de shekels, soit 27 millions d’euros, l’équivalent de la somme dépensée mi-avril par l’Etat hébreu pour fêter ses 70 ans) est tout à la fois le premier départ d’un grand tour cycliste hors d’Europe, l’une des plus grandes manifestations sportives ou culturelles jamais organisées en Israël et potentiellement l’événement le plus sécurisé de son histoire (protégé par 6 000 policiers et agents privés). Plus encore que les funérailles d’Yitzhak Rabin, le Premier ministre assassiné en 1995. Question retombées, le gouvernement espère une hausse du tourisme grâce à une audience de la course complètement fantasmée, évaluée à un milliard de téléspectateurs.

De son côté, la société italienne RCS Sport, organisatrice de l’épreuve, entend tenir le Giro, simple «événement sportif», «à l’écart de toute discussion politique». Le consul général d’Italie à Tel-Aviv appuyait ces propos lundi, tout en répétant son attachement à l’antienne de la communauté internationale, soit la solution à deux Etats. A l’inverse, le milliardaire Sylvan Adams, qui a attiré le Giro à Jérusalem, envoie valser cette supposée neutralité et annonce la couleur : «On va contourner les médias traditionnels en s’adressant directement aux fans de sport qui n’en ont rien à faire du conflit et veulent juste admirer nos beaux paysages.»

«Un pays normal»

Ce riche héritier canadien de 59 ans s’est installé en Israël en 2016. Une alyah autant motivée par une fibre sioniste proclamée à tout instant que par une certaine affinité avec la fiscalité israélienne : le magnat de l’immobilier a fait sa valise en s’acquittant d’un redressement de 64 millions d’euros auprès du Trésor québécois. Depuis son arrivée, Adams, six fois champion cycliste canadien chez les vétérans, a décidé de financer une école de vélo, une équipe de deuxième division mondiale – celle que rencontre Nétanyahou dans la vidéo -, la construction d’un vélodrome olympique à Tel-Aviv et, point d’orgue, une grande partie du départ du Giro. Un programme supposé transformer Israël en nation de vélo, ce qu’elle n’était pas jusque-là, mais aussi destiné à soutenir l’effort de communication national, soit une version cycliste de l’hasbara (terme hébraïque signifiant «explication» et «propagande»).

Face à la presse, à Tel-Aviv, Sylvan Adams a dicté fin avril les éléments de langage : «J’espère que les journalistes diront qu’il s’agit de la seule démocratie pluraliste du Moyen-Orient, un pays libre, un pays sûr. Un pays normal, comme la France ou l’Italie.» Normal, il faut le dire vite. Lors de la présentation du tracé à Milan, fin 2017, l’emploi de l’appellation «Jérusalem-Ouest» avait suscité la fureur d’Israël, qui avait obtenu gain de cause (suscitant, en retour, l’indignation des Palestiniens). Désormais, sur les documents officiels, la distinction n’est plus faite. «Il n’y a aucune ville dans le monde qui s’appelle Jérusalem-Ouest, s’agace Adams. Il n’y a pas de Paris-Ouest ou de Rome-Ouest. La course part de la ville de Jérusalem, donc on écrit « Jérusalem » sur la carte.» Représentant de RCS en Israël, Daniel Benaim va dans le même sens : «Quand les hélicoptères vont filmer Jérusalem, ils vont filmer la beauté du tout, on ne va pas diviser la ville !»

Le mouvement propalestinien BDS («Boycott, désinvestissement, sanctions») accuse l’épreuve de «normaliser l’occupation» israélienne, en utilisant des images du Dôme du Rocher ou de la porte de Damas, symboles palestiniens de la Vieille Ville. Haussement d’épaules côté organisateurs. Benaim : «Le BDS a essayé de faire du bruit en Italie, mais ça ne prend pas. Nous sommes heureux de dire qu’il y a une participation totale des équipes.» Deux groupes sportifs ont néanmoins hésité à s’engager, Bahrain-Merida et le Team UAE (Emirats arabes unis), tous deux dirigés par des managers italiens mais financés par des pétromonarchies du Golfe, qui ne reconnaissent pas officiellement Israël. Elles seront finalement au départ. «Les équipes n’ont pas le choix, rappelle le patron d’une formation concurrente. Quand nous avons appris que le Tour d’Italie partait de Jérusalem [peu après les remous causés par la reconnaissance de la ville comme capitale israélienne par Donald Trump, ndlr], nous nous sommes demandé comment on osait envoyer nos coureurs dans cette zone instable. Hélas, les équipes WorldTour [première division mondiale] sont tenues de participer à toutes les épreuves du calendrier. C’est une règle à changer dans un futur proche pour éviter de subir ces parcours absurdes.»

En façade, le milieu du vélo s’attache à éteindre les controverses. Fabio Aru, coureur originaire de Sardaigne, membre du Team UAE qui aurait pu déclarer forfait, sur Sportfair.it : «On m’a demandé si j’avais peur. Au contraire, je suis enthousiaste […]. Le sport peut aider à réconcilier les peuples.» Le Néerlandais Tom Dumoulin (Team Sunweb), vainqueur sortant du Giro, sur Cyclingnews.com : «Je ne suis pas du genre à me mêler de politique ; je suis cycliste. Si une course démarre d’Israël, on doit être au départ.»

Prime secrète

En off, plusieurs concurrents expriment leurs craintes. Pas tant d’être pris pour cible (d’ailleurs, le dispositif de sécurité était en apparence allégé aux abords de leurs hôtels jeudi) mais inquiets de l’effort physique supplémentaire à consentir. Entre les quatre heures de vol retour qui vont entamer leur récupération lundi (direction la Sicile) et la chaleur attendue dimanche dans le désert. Daniel Benaim rejette : «Je les ai vu monter des cols en Sardaigne sous 36 degrés…» Le silence gêné du peloton s’explique peut-être par la récurrence des courses dans des environnements climatiques et politiques discutables. En particulier à Dubaï et Abou Dhabi, où RCS Sport met sur pied des épreuves, ou encore au Qatar qui fut de 2002 à 2016 le terrain de jeu d’Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour de France. Mais il est aussi possible que cette discrétion soit tenue par des arrangements financiers.

La tête d’affiche de l’épreuve, le Britannique Chris Froome (Team Sky, lire ci-contre) aurait ainsi empoché de 1,4 à 2 millions d’euros de prime de participation selon plusieurs médias spécialisés. Menacé de sanctions pour un contrôle positif, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle est accueilli à bras ouverts par des organisateurs misant sur sa notoriété. Théoriquement interdite par l’Union cycliste internationale (les coureurs étant rémunérés par leur équipe et non par les patrons d’épreuves), la pratique s’est banalisée. RCS est ainsi soupçonné d’avoir versé, en 2009, de 1 à 3 millions d’euros à Lance Armstrong, directement ou par l’intermédiaire de sa fondation contre le cancer. Par ailleurs, Libération a appris que l’organisateur italien gonfle depuis des années les frais de participation des équipes pour les inciter à aligner leurs stars sur le Giro.

RCS nie toute prime secrète. Ce qui pourrait laisser penser que, si chèque il y a, il a été signé par les Israéliens. Très excité, Sylvan Adams annonçait : «On espère avoir Froome, même si ça coûte cher. C’est comme faire jouer Messi dans sa ville, sauf que là on l’a pour trois jours avec notre beau pays en toile de fond et pas juste un stade anonyme.» Les images doivent être belles à tout prix. Même celles affichant un optimisme forcé (ou naïf), peu raccord avec l’enlisement actuel du processus de paix. Interrogé par le site Insidethegames.biz, le président de l’UCI, le Français David Lappartient veut y croire : «Espérons que le cyclisme permette de promouvoir la paix, comme les JO l’ont fait en Corée.»


Chris Froome, favori des soupçons

«Je n’ai rien fait de mal.» Christopher Froome va bouffer toujours les mêmes questions et répandre toujours la même odeur de petit scandale au long des 3 600 km du Tour d’Italie qui s’élance de Jérusalem ce vendredi. Le Britannique s’attaque à un exploit jamais vu, hors Eddy Merckx et Bernard Hinault : remporter trois grands tours d’affilée. S’il enlève l’épreuve italienne fin mai, Froome signerait un triplé après le Tour de France (en juillet) et celui d’Espagne (en septembre). A moins qu’il perde tout : le leader de l’équipe Sky est accusé d’abus médicamenteux – pour ne pas dire de dopage -, depuis que des doses élevées de salbutamol ont été retrouvées dans ses urines le 7 septembre. Il avance la prise de ventoline pour soigner son asthme et réussit pour le moment à gagner du temps avec ses avocats. Mais Froome devrait tôt ou tard être sanctionné. Donc certainement, si on s’en réfère au cas d’Alberto Contador en 2012, perdre le bénéfice de sa victoire au Tour d’Espagne. Et celle, peut-être à venir, au Tour d’Italie. Dès lors, pourquoi courir le Giro ? Froome le sait : le public retient les victoires acquises sur le terrain et oublie lorsqu’elles sont effacées a posteriori. Et puis, il y a cette histoire de prime de participation secrète que Froome aurait perçue de la part des organisateurs, pour lesquels le scandale constitue manifestement un argument marketing. P.C.

Voir aussi:

A Courageous Trump Call on a Lousy Iran Deal

Bret Stephens
New York Times

May 8, 2018

Of all the arguments for the Trump administration to honor the nuclear deal with Iran, none was more risible than the claim that we gave our word as a country to keep it.

“Our”?

The Obama administration refused to submit the deal to Congress as a treaty, knowing it would never get two-thirds of the Senate to go along. Just 21 percent of Americans approved of the deal at the time it went through, against 49 percent who did not, according to a Pew poll. The agreement “passed” on the strength of a 42-vote Democratic filibuster, against bipartisan, majority opposition.

“The Joint Comprehensive Plan of Action (J.C.P.O.A.) is not a treaty or an executive agreement, and it is not a signed document,” Julia Frifield, then the assistant secretary of state for legislative affairs, wrote then-Representative Mike Pompeo in November 2015, referring to the deal by its formal name. It’s questionable whether the deal has any legal force at all.

Build on political sand; get washed away by the next electoral wave. Such was the fate of the ill-judged and ill-founded J.C.P.O.A., which Donald Trump killed on Tuesday by refusing to again waive sanctions on the Islamic Republic. He was absolutely right to do so — assuming, that is, serious thought has been given to what comes next.

In the weeks leading to Tuesday’s announcement, some of the same people who previously claimed the deal was the best we could possibly hope for suddenly became inventive in proposing means to fix it. This involved suggesting side deals between Washington and European capitals to impose stiffer penalties on Tehran for its continued testing of ballistic missiles — more than 20 since the deal came into effect — and its increasingly aggressive regional behavior.

But the problem with this approach is that it only treats symptoms of a problem for which the J.C.P.O.A. is itself a major cause. The deal weakened U.N. prohibitions on Iran’s testing of ballistic missiles, which cannot be reversed without Russian and Chinese consent. That won’t happen.

The easing of sanctions also gave Tehran additional financial means with which to fund its depredations in Syria and its militant proxies in Yemen, Lebanon and elsewhere. Any effort to counter Iran on the ground in these places would mean fighting the very forces we are effectively feeding. Why not just stop the feeding?

Apologists for the deal answer that the price is worth paying because Iran has put on hold much of its production of nuclear fuel for the next several years. Yet even now Iran is under looser nuclear strictures than North Korea, and would have been allowed to enrich as much material as it liked once the deal expired. That’s nuts.

Apologists also claim that, with Trump’s decision, Tehran will simply restart its enrichment activities on an industrial scale. Maybe it will, forcing a crisis that could end with U.S. or Israeli strikes on Iran’s nuclear sites. But that would be stupid, something the regime emphatically isn’t. More likely, it will take symbolic steps to restart enrichment, thereby implying a threat without making good on it. What the regime wants is a renegotiation, not a reckoning.

Why? Even with the sanctions relief, the Iranian economy hangs by a thread: The Wall Street Journal on Sundayreported “hundreds of recent outbreaks of labor unrest in Iran, an indication of deepening discord over the nation’s economic troubles.” This week, the rial hit a record low of 67,800 to the dollar; one member of the Iranian Parliament estimated $30 billion of capital outflows in recent months. That’s real money for a country whose gross domestic product barely matches that of Boston.

The regime might calculate that a strategy of confrontation with the West could whip up useful nationalist fervors. But it would have to tread carefully: Ordinary Iranians are already furious that their government has squandered the proceeds of the nuclear deal on propping up the Assad regime. The conditions that led to the so-called Green movement of 2009 are there once again. Nor will it help Iran if it tries to start a war with Israel and comes out badly bloodied.

All this means the administration is in a strong position to negotiate a viable deal. But it missed an opportunity last month when it failed to deliver a crippling blow to Bashar al-Assad, Iran’s puppet in Syria, for his use of chemical weapons. Trump’s appeals in his speech to the Iranian people also sounded hollow from a president who isn’t exactly a tribune of liberalism and has disdained human rights as a tool of U.S. diplomacy. And the U.S. will need to mend fences with its European partners to pursue a coordinated diplomatic approach.

The goal is to put Iran’s rulers to a fundamental choice. They can opt to have a functioning economy, free of sanctions and open to investment, at the price of permanently, verifiably and irreversibly forgoing a nuclear option and abandoning their support for terrorists. Or they can pursue their nuclear ambitions at the cost of economic ruin and possible war. But they are no longer entitled to Barack Obama’s sweetheart deal of getting sanctions lifted first, retaining their nuclear options for later, and sponsoring terrorism throughout.

Trump’s courageous decision to withdraw from the nuclear deal will clarify the stakes for Tehran. Now we’ll see whether the administration is capable of following through.

Voir également:

Trump now needs to bring Iran’s economy to its knees

President Trump’s declaration Tuesday that he would exit the 2015 Iran nuclear deal was more than just a fulfillment of a campaign promise; it was a much-needed shift in US foreign policy. The message to the world: The era of appeasement is over.

The Joint Comprehensive Plan of Action was among the worst deals negotiated in modern times. In exchange for the suspension of America’s toughest economic sanctions, Iran needed only freeze its nuclear program for a limited amount of time — keeping its nuclear capabilities on standby while perfecting its missile arsenal, increasing support to terrorism and expanding its military footprint throughout the Middle East.By withdrawing from the agreement, Trump unshackled America’s most powerful economic weapons and restored US leverage to push back on the entire range of Iran’s malign activities. Trump must now implement a new strategy that forces Iran to withdraw from Syria and Yemen, verifiably and irreversibly dismantle its nuclear and missile programs, end its sponsorship of terrorism and improve its human-rights record.

Sustained political warfare, robust military deterrence and maximum economic pressure will all be necessary. Pressure will build steadily as our re-imposed sanctions take hold.

Under the laws passed by Congress before the nuclear deal, banks throughout the world risk losing their access to the US financial system if they do business with the Central Bank of Iran or in connection with Iran’s energy, shipping, shipbuilding and port sectors. Companies providing insurance and re-insurance for Iran-connected projects face US sanctions as well, as do gold and silver dealers to Iran.

Iran will see its oil-export revenue decline as importers are forced to significantly reduce their purchases. Worse than anything for the regime, Iran’s foreign-held reserves will be on lock-down. Money paid by its oil customers must sit in foreign escrow accounts. Banks that allow Iran to repatriate, transfer or convert these payments to other currencies face the full measure of US financial sanctions.

What happens to a country that is cut off from hard currency and faces declining export revenues? In 2013, we saw the result: a balance-of-payments crisis. What happens, however, when these sanctions are imposed amid a raging liquidity crisis while the Iranian currency is in free-fall and the regime is drawing down its foreign-exchange reserves? The Trump administration is hoping for a situation that makes the mullahs choose between economic collapse and wide-ranging behavioral change.

The strategy just might work, but it’ll take a lot more than just re-imposing sanctions to succeed. Sanctions are only effective if they are enforced. The sooner the Trump administration identifies a sanctions-evading bank and cuts it off from the international financial system, the sooner a global chilling effect will amplify the impact of American sanctions. The same goes for underwriters and gold-traders.

Beyond enforcement, the Trump administration will need key allies to fully implement this pressure campaign. The Saudis, under attack by Iranian missiles from Yemen, should be a willing partner in the effort to drive down Iran’s oil exports — ensuring Saudi production increases to replace Iranian contracts and stabilize the market. Saudi Arabia, the UAE and Bahrain should also combine their market leverage to force European and Asian investors to choose between doing business in their countries or doing business in Iran.Trump will also need Europeans to act on one key issue which, given their opposition to his withdrawal from the deal, may present a diplomatic challenge. Under US law, the president may impose sanctions on secure financial messaging services — like the Brussels-based SWIFT service — if they provide access to the Central Bank of Iran or other blacklisted Iranian banks.

In 2012, when Congress first proposed the idea, the European Union ordered SWIFT to disconnect Iranian banks, which closed a major loophole in US sanctions. Now that Trump has left the deal, SWIFT must once again disconnect Iran’s central bank. If SWIFT refuses, Trump should consider imposing sanctions on the group’s board of directors.

Trump’s Iran pivot from appeasement to pressure offers America the best chance to fundamentally change Iranian behavior and improve our national security. If his administration implements the strategy effectively, the Iranian regime will have a choice: meet America’s demands or face economic collapse.

Richard Goldberg, an architect of congressionally enacted sanctions against Iran, is a senior adviser at the Foundation for Defense of Democracies.

Voir encore:

Trump annonce le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien

OLJ/Agences
08/05/2018

Donald Trump a annoncé mardi soir  le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien au risque d’ouvrir une période de vives tensions avec ses alliés européens et d’incertitudes quant aux ambitions atomiques de Téhéran.

Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le 45e président des Etats-Unis a décidé, comme il l’avait promis en campagne, de sortir de cet accord emblématique conclu en 2015 par son prédécesseur démocrate Barack Obama après 21 mois de négociations acharnées. « J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis vont se retirer de l’accord nucléaire iranien », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche, annonçant le rétablissement des sanctions contre la République islamique qui avaient été levées en contrepartie de l’engagement pris par l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le locataire de la Maison Blanche n’a donné aucune précision sur la nature des sanctions qui seraient rétablies et à quelle échéance mais il a mis en garde: « tout pays qui aidera l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait aussi être fortement sanctionné par les Etats-Unis ».
Dénonçant avec force cet accord « désastreux », il a assuré avoir la « preuve » que le régime iranien avait menti sur ses activités nucléaires.

Un peu plus tard, le département du Trésor américain a précisé que les Etats-Unis allaient rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 et 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays. Dans un communiqué et un document publiés sur son site internet, le Trésor précise que le rétablissement des sanctions concerne également les exportations aéronautiques vers l’Iran, le commerce de métaux avec ce pays ainsi que toute tentative de Téhéran d’obtenir des dollars US.

(Lire aussi : Derrière l’accord nucléaire, l’influence de l’Iran en question)

Son allocution était très attendue au Moyen-Orient où beaucoup redoutent une escalade avec la République islamique mais aussi de l’autre côté de planète, en Corée du Nord, à l’approche du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un sur la dénucléarisation de la péninsule. A ce sujet, le chef de la Maison Blanche a également indiqué que le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo arrivera en Corée du Nord d’ici « une heure » pour préparer le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un. « En ce moment même, le secrétaire Pompeo est en route vers la Corée du Nord pour préparer ma future rencontre avec Kim Jong Un », a-t-il déclaré. « On en saura bientôt plus » sur le sort des trois prisonniers américains, a-t-il ajouté.

Réactions

L’Iran souhaite continuer à respecter l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, après l’annonce de la décision de Donald Trump, a réagi le président iranien, Hassan Rohani. « Si nous atteignons les objectifs de l’accord en coopération avec les autres parties prenantes de cet accord, il restera en vigueur  (…). En sortant de l’accord, l’Amérique a officiellement sabordé son engagement concernant un traité international », a dit le président iranien dans une allocution télévisée. »J’ai donn é pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur », a-t-il continué.
M. Rohani a ajouté que Téhéran était prêt à reprendre ses activités nucléaires si les intérêts iraniens n’étaient pas garantis par un nouvel accord après des consultations avec les autres parties signataires du « Plan d’action global conjoint » (JCPOA) de 2015.

La Syrie a également « condamné avec force » l’annonce du retrait des Etats-Unis, affirmant sa « totale solidarité » avec Téhéran et sa confiance dans la capacité de l’Iran à surmonter l’impact de la « position agressive » de Washington.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, dit « soutenir totalement » la décision « courageuse » du président américain. « Israël soutient totalement la décision courageuse prise aujourd’hui par le président Trump de rejeter le désastreux accord nucléaire » avec la République islamique, a dit M. Netanyahu en direct sur la télévision publique dans la foulée de la déclaration de M. Trump.

L’Arabie saoudite a également salué mardi soir la décision de Donald Trump de rétablir les sanctions contre l’Iran et de dénoncer l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, a fait savoir la télévision saoudienne. Les Emirats arabes unis et Bahreïn, alliés de l’Arabie saoudite dans le Golfe, ont emboîté le pas à Riyad en saluant par la voix de leur ministère des Affaires étrangères la décision de M. Trump. Bahreïn accueille la 5e flotte américaine.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni « regrettent » la décision américaine de se retirer de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, a, de son côté, réagi Emmanuel Macron sur Twitter, évoquant sa volonté de travailler collectivement à un « cadre plus large » sur ce dossier. « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu », a estimé le chef de l’Etat français, qui s’était entretenu au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et la Première ministre britannique Theresa May à 19h30 heure de Paris, peu avant la prise de parole de Donald Trump. « Nous travaillerons collectivement à un cadre plus large, couvrant l’activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak », a-t-il ajouté, toujours sur Twitter.

Un peu plus tard, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déclaré, depuis Rome, que l’UE est « déterminée à préserver » l’accord nucléaire iranien. L’accord de Vienne de 2015 « répond à son objectif qui est de garantir que l’Iran ne développe pas des armes nucléaires, l’Union européenne est déterminée à le préserver », a insisté Mme Mogherini, lors d’une brève déclaration à la représentation de la Commission européenne à Rome, en se disant « particulièrement inquiète » de l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran..

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a, quant à lui, appelé les six autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien « à respecter pleinement leurs engagements », après le retrait des Etats-Unis. « Je suis profondément préoccupé par l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord JCPOA (en référence à l’acronyme en anglais ndlr) et de la reprise de sanctions américaines », a aussi souligné le patron des Nations unies dans un communiqué.

Le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin a, de son côté, estimé que « le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire est une décision qui va causer de l’instabilité et de nouveaux conflits ». « La Turquie va continuer de s’opposer avec détermination à tous types d’armes nucléaires », a ajouté le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan.

Le ministère russe des Affaires étrangères a, pour sa part, déclaré que la Russie est « profondément déçue » par la décision du président américain.
« Nous sommes extrêmement inquiets que les Etats-Unis agissent contre l’avis de la plupart des Etats (…) en violant grossièrement les normes du droit international », selon le texte.  Selon Moscou, cette décision de Donald Trump « est une nouvelle preuve de l’incapacité de Washington de négocier » et les « griefs américains concernant l’activité nucléaire légitime de l’Iran ne servent qu’à régler les comptes politiques » avec Téhéran.

Quelles répercussions?

A l’exception des Etats-Unis, tous les signataires ont défendu jusqu’au bout ce compromis qu’ils jugent « historique », soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a régulièrement certifié le respect par Téhéran des termes du texte censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire. En contrepartie des engagements pris par Téhéran, Washington a suspendu ses sanctions liées au programme nucléaire iranien. Mais la loi américaine impose au président de se prononcer sur le renouvellement de cette suspension tous les 120 ou 180 jours, selon le type de mesures punitives. Certaines suspensions arrivent à échéance samedi, mais le gros d’entre elles restent en théorie en vigueur jusqu’à mi-juillet.

Dès mardi soir, le nouvel ambassadeur américain en Allemagne a écrit, sur Twitter, que les entreprises allemandes devraient immédiatement cesser leurs activités en Iran. Le président américain Donald Trump « a dit que les sanctions allaient viser des secteurs critiques de l’économie de l’Iran. Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a commenté Richard Grenell qui a pris ses fonctions hier.

Airbus a, de son côté, annoncé qu’il allait examiner la décision prise par Donald Trump avant de réagir. « Nous analysons attentivement cette annonce et évaluerons les prochaines étapes en cohérence avec nos politiques internes et dans le respect complet des sanctions et des règles de contrôle des exportations », a dit le responsable de la communication d’Airbus, Rainer Ohler. « Cela prendra du temps », a-t-il ajouté. Un peu plus tard, le secrétaire américain au Trésor, Steve Mnuchin, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer à Airbus et à Boeing les autorisations de vendre des avions de ligne à l’Iran.

En janvier, l’ancien magnat de l’immobilier avait lancé un ultimatum aux Européens, leur donnant jusqu’au 12 mai pour « durcir » sur plusieurs points ce texte signé par Téhéran et les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne). En ligne de mire: les inspections de l’AIEA; la levée progressive, à partir de 2025, de certaines restrictions aux activités nucléaires iraniennes, qui en font selon lui une sorte de bombe à retardement; mais aussi le fait qu’il ne s’attaque pas directement au programme de missiles balistiques de Téhéran ni à son rôle jugé « déstabilisateur » dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

L’annonce de mardi va avoir des répercussions encore difficiles à prédire. Les Européens ont fait savoir qu’ils comptent rester dans l’accord quoi qu’il advienne. Mais que vont faire les Iraniens?
Pour l’instant, Téhéran, où cohabitent des ultraconservateurs autour du guide suprême Ali Khamenei et des dirigeants plus modérés autour du président Hassan Rohani, ont soufflé le chaud et le froid.
La République islamique a menacé de quitter à son tour l’accord de 2015, de relancer et accélérer le programme nucléaire, mais a aussi laissé entendre qu’elle pourrait y rester si les Européens pallient l’absence américaine.

Voir de plus:

Accord sur le nucléaire iranien : 10 conséquences de la (folle) décision de Trump

Le monde a basculé le 8 mai 2018, avec la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Voici ce qui risque de se passer maintenant.

Vincent Jauvert

Le monde a basculé ce 8 mai 2018.

Rien n’y a fait. Ni les câlins d’Emmanuel Macron. Ni les menaces du président iranien. Ni les assurances des patrons de la CIA et de l’AIEA. Donald Trump a tranché : sous le prétexte non prouvé que l’Iran ne le respecte pas, il retire les Etats-Unis de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015. Une folle décision aux conséquences considérables.

  1. Après la dénonciation de celui de Paris sur le climat, voici l’abandon unilatéral d’un autre accord qui a été négocié par les grandes puissances pendant plus de dix ans. L’Amérique devient donc, à l’évidence, un « rogue state » – un Etat voyou qui ne respecte pas ses engagements internationaux et ment une fois encore ouvertement au monde. L’invasion de l’Irak n’était donc pas une exception malheureuse : Washington n’incarne plus l’ordre international mais le désordre.
  2. Si l’on en doutait encore, le monde dit libre n’a plus de leader crédible ni même de grand frère. Ce qui va troubler un peu plus encore les opinions publiques et les classes dirigeantes occidentales.
  3. Puisque l’Iran en est l’un des plus gros producteurs et qu’il va être empêché d’en vendre, le prix du pétrole, déjà à 70 dollars le baril, va probablement exploser, ce qui risque de ralentir voire de stopper la croissance mondiale – et donc celle de la France.
  4. D’ailleurs, de tous les pays occidentaux, la France est celui qui a le plus à perdre d’un retour des sanctions américaines – directes et indirectes. L’Iran a, en effet, passé commandes de 100 Airbus pour 19 milliards de dollars et a signé un gigantesque contrat avec Total pour l’exploitation du champ South Pars 11. Or Trump a choisi la version la plus dure : interdire de nouveau à toute compagnie traitant avec Téhéran de faire du business aux Etats-Unis. Pour continuer à commercer sur le marché américain, Airbus et Total devront donc renoncer à ces deals juteux.
  5. En Iran, le président « réformateur » Rohani, qui avait défendu bec et ongles l’accord en promettant des retombées économiques mirifiques pour son pays et accepté, par cet accord, que son pays démonte les deux tiers de ses centrifugeuses et se sépare de 98% de son uranium enrichi, est humilié. Tandis que le clan des « durs » pavoise.
  6. L’accord dénoncé, l’Iran va donc probablement relancer au plus vite son programme nucléaire militaire en commençant par réassembler les centrifugeuses et les faire tourner dans un bunker enterré très profondément.
  7. Ce qui devrait être le déclencheur d’une course folle à l’armement atomique dans tout le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, grâce au Pakistan, et la Turquie, grâce à son développement économique, ne voudront pas être dépassées par l’Iran et voudront, donc, devenir elles aussi des puissances nucléaires. Si bien qu’Emmanuel Macron a eu raison d’évoquer « un risque de guerre » (dans le « Spiegel » samedi dernier) si les Etats-Unis se retiraient de l’accord. De fait, le risque est grand que cette dénonciation unilatérale, alliée à un retour en force des « conservateurs » à Téhéran, ne précipite un affrontement militaire de grande envergure entre Israël et l’Iran – affrontement qui a déjà commencé à bas bruit, ces dernières semaines, par les frappes de Tsahal contre des bases du Hezbollah en Syrie.
  8. La milice chiite pro-iranienne qui vient de remporter les élections législatives au Liban pourrait profiter de cette victoire électorale inattendue et du retrait unilatéral américain – gros de menaces militaires – pour attaquer le nord d’Israël.
  9. Et, ainsi soutenu politiquement par le président américain, le gouvernement israélien pourrait décider de frapper ce qui reste des installations nucléaires iraniennes, ainsi qu’il l’avait sérieusement envisagé plusieurs fois avant l’accord de 2015. Autrement dit, la seule question est peut-être désormais de savoir lequel des deux pays, l’Iran ou Israël, va lancer la vaste offensive en premier. A moins que les Etats-Unis ne décident de frapper eux-mêmes « préventivement » la République islamique, avec les conséquences géopolitiques que l’on n’ose imaginer. Vous croyez cela impossible ? N’oubliez pas que Donald Trump vient de se choisir un nouveau conseiller à la sécurité. Il s’agit d’un certain John Bolton, un néoconservateur qui milite depuis le 11-Septembre pour que les Etats-Unis renversent le « régime des mollahs »…
  10. Evidemment, cette décision de Trump éloigne un peu plus encore l’espoir d’un règlement politique du conflit syrien. Et augmente les risques sur le terrain d’affrontements militaires entre milices iraniennes et soldats occidentaux – dont les forces spéciales françaises.

     Voir enfin:

    Remarks by President Trump on the Joint Comprehensive Plan of Action

    My fellow Americans: Today, I want to update the world on our efforts to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon.

    The Iranian regime is the leading state sponsor of terror. It exports dangerous missiles, fuels conflicts across the Middle East, and supports terrorist proxies and militias such as Hezbollah, Hamas, the Taliban, and al Qaeda.

    Over the years, Iran and its proxies have bombed American embassies and military installations, murdered hundreds of American servicemembers, and kidnapped, imprisoned, and tortured American citizens. The Iranian regime has funded its long reign of chaos and terror by plundering the wealth of its own people.

    No action taken by the regime has been more dangerous than its pursuit of nuclear weapons and the means of delivering them.

    In 2015, the previous administration joined with other nations in a deal regarding Iran’s nuclear program. This agreement was known as the Joint Comprehensive Plan of Action, or JCPOA.

    In theory, the so-called “Iran deal” was supposed to protect the United States and our allies from the lunacy of an Iranian nuclear bomb, a weapon that will only endanger the survival of the Iranian regime. In fact, the deal allowed Iran to continue enriching uranium and, over time, reach the brink of a nuclear breakout.

    The deal lifted crippling economic sanctions on Iran in exchange for very weak limits on the regime’s nuclear activity, and no limits at all on its other malign behavior, including its sinister activities in Syria, Yemen, and other places all around the world.

    In other words, at the point when the United States had maximum leverage, this disastrous deal gave this regime — and it’s a regime of great terror — many billions of dollars, some of it in actual cash — a great embarrassment to me as a citizen and to all citizens of the United States.

    A constructive deal could easily have been struck at the time, but it wasn’t. At the heart of the Iran deal was a giant fiction that a murderous regime desired only a peaceful nuclear energy program.

    Today, we have definitive proof that this Iranian promise was a lie. Last week, Israel published intelligence documents long concealed by Iran, conclusively showing the Iranian regime and its history of pursuing nuclear weapons.

    The fact is this was a horrible, one-sided deal that should have never, ever been made. It didn’t bring calm, it didn’t bring peace, and it never will.

    In the years since the deal was reached, Iran’s military budget has grown by almost 40 percent, while its economy is doing very badly. After the sanctions were lifted, the dictatorship used its new funds to build nuclear-capable missiles, support terrorism, and cause havoc throughout the Middle East and beyond.

    The agreement was so poorly negotiated that even if Iran fully complies, the regime can still be on the verge of a nuclear breakout in just a short period of time. The deal’s sunset provisions are totally unacceptable. If I allowed this deal to stand, there would soon be a nuclear arms race in the Middle East. Everyone would want their weapons ready by the time Iran had theirs.

    Making matters worse, the deal’s inspection provisions lack adequate mechanisms to prevent, detect, and punish cheating, and don’t even have the unqualified right to inspect many important locations, including military facilities.

    Not only does the deal fail to halt Iran’s nuclear ambitions, but it also fails to address the regime’s development of ballistic missiles that could deliver nuclear warheads.

    Finally, the deal does nothing to constrain Iran’s destabilizing activities, including its support for terrorism. Since the agreement, Iran’s bloody ambitions have grown only more brazen.

    In light of these glaring flaws, I announced last October that the Iran deal must either be renegotiated or terminated.

    Three months later, on January 12th, I repeated these conditions. I made clear that if the deal could not be fixed, the United States would no longer be a party to the agreement.

    Over the past few months, we have engaged extensively with our allies and partners around the world, including France, Germany, and the United Kingdom. We have also consulted with our friends from across the Middle East. We are unified in our understanding of the threat and in our conviction that Iran must never acquire a nuclear weapon.

    After these consultations, it is clear to me that we cannot prevent an Iranian nuclear bomb under the decaying and rotten structure of the current agreement.

    The Iran deal is defective at its core. If we do nothing, we know exactly what will happen. In just a short period of time, the world’s leading state sponsor of terror will be on the cusp of acquiring the world’s most dangerous weapons.

    Therefore, I am announcing today that the United States will withdraw from the Iran nuclear deal.

    In a few moments, I will sign a presidential memorandum to begin reinstating U.S. nuclear sanctions on the Iranian regime. We will be instituting the highest level of economic sanction. Any nation that helps Iran in its quest for nuclear weapons could also be strongly sanctioned by the United States.

    America will not be held hostage to nuclear blackmail. We will not allow American cities to be threatened with destruction. And we will not allow a regime that chants “Death to America” to gain access to the most deadly weapons on Earth.

    Today’s action sends a critical message: The United States no longer makes empty threats. When I make promises, I keep them. In fact, at this very moment, Secretary Pompeo is on his way to North Korea in preparation for my upcoming meeting with Kim Jong-un. Plans are being made. Relationships are building. Hopefully, a deal will happen and, with the help of China, South Korea, and Japan, a future of great prosperity and security can be achieved for everyone.

    As we exit the Iran deal, we will be working with our allies to find a real, comprehensive, and lasting solution to the Iranian nuclear threat. This will include efforts to eliminate the threat of Iran’s ballistic missile program; to stop its terrorist activities worldwide; and to block its menacing activity across the Middle East. In the meantime, powerful sanctions will go into full effect. If the regime continues its nuclear aspirations, it will have bigger problems than it has ever had before.

    Finally, I want to deliver a message to the long-suffering people of Iran: The people of America stand with you. It has now been almost 40 years since this dictatorship seized power and took a proud nation hostage. Most of Iran’s 80 million citizens have sadly never known an Iran that prospered in peace with its neighbors and commanded the admiration of the world.

    But the future of Iran belongs to its people. They are the rightful heirs to a rich culture and an ancient land. And they deserve a nation that does justice to their dreams, honor to their history, and glory to God.

    Iran’s leaders will naturally say that they refuse to negotiate a new deal; they refuse. And that’s fine. I’d probably say the same thing if I was in their position. But the fact is they are going to want to make a new and lasting deal, one that benefits all of Iran and the Iranian people. When they do, I am ready, willing, and able.

    Great things can happen for Iran, and great things can happen for the peace and stability that we all want in the Middle East.

    There has been enough suffering, death, and destruction. Let it end now.

    Thank you. God bless you. Thank you.


Terrorisme: Cet islam qui tue (Unsafe at any speed: why after decades and tens of thousands of wrongful deaths and injuries should we let Islam Inc. brazenly play on with our safety ?)

24 mars, 2018
/terrorism map
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Jésus (Jean 15: 13)
Je suis avec vous : affermissez donc les croyants. Je vais jeter l’effroi dans les coeurs des mécréants. Frappez donc au-dessus des cous et frappez-les sur tous les bouts des doigts. Ce, parce qu’ils ont désobéi à Allah et à Son messager. Le Coran (8: 12-13)
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Aujourd’hui, en Occident, nous faisons montre d’une certaine réticence à engager toute notre force militaire dans une guerre pour ne pas être taxés d’impérialisme; nous hésitons même à garantir nos frontières pour ne pas paraitre racistes. Ne voulant non plus paraitre xénophobes, nous faisons, également, preuve d’une réticence certaine à demander l’assimilation des nouveaux immigrés. Nous souffrons de voir l’enseignement donner la primauté à la civilisation occidentale : foin de la suprématie! L’Occident, de nos jours, vit sur la défensive, et, pour assurer la légitimité de ses sociétés actuelles, doit constamment se dissocier des péchés de son passé, tels le racisme, l’exploitation économique, l’impérialisme, etc. Son manque d’assurance empêche l’Ouest de voir les Palestiniens tels qu’ils sont. Il vaut mieux les voir tels qu’ils se présentent eux-mêmes, en peuple « occupé », privé de sa souveraineté et de sa simple dignité humaine par un pays de colonisateurs occidentaux et blancs. L’Occident ne voulant pas être qualifié de raciste, ne s’oppose donc pas à cette caractérisation « néo-coloniale ». Notre problème d’Occidentaux se comprend et s’explique : nous ne voulons pas perdre plus de notre autorité morale. Nous choisissons donc de fermer les yeux et d’ignorer par exemple que ce ne sont pas des doléances légitimes qui poussent les Palestiniens ainsi qu’une grande partie du Moyen-Orient au militantisme et à la guerre, mais bien un sentiment d’infériorité intériorisé. Que les Palestiniens se trouvent comblés en devenant une nation souveraine et indépendante avec une capacité nucléaire en sus, cela ne les empêchera pas de se réveiller le lendemain toujours hantés par ce sentiment d’infériorité. Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, l’homme s’évalue maintenant par sa modernité. Et la haine est le moyen le plus rapide pour masquer son infériorité. Le problème, « ce sont les autres et pas moi! ». Victimisé, j’atteins une grandeur morale et humaine. Peu importe l’intelligence et la modernité de mon ennemi, à moi l’innocence qui caractérise les victimes. Même pauvre, mes mains restent propres. Mon sous- développement et ma pauvreté témoignent de ma supériorité morale, alors que la richesse de mon ennemi est la preuve de son inhumanité. En d’autres termes, ma haine remplace mon amour-propre. Ce qui expliquerait pourquoi Yasser Arafat a rejeté l’offre d’Ehud Barak à « Camp David » en l’an 2000, alors que ce dernier offrait au premier plus de 90% des exigences des Palestiniens. Accepter cette offre aurait signifié renoncer à la haine, à sa consolation et à sa signification profonde. Les Palestiniens et par extension, la plupart des Musulmans auraient été forcés de se confronter à leur infériorité à l’égard de la modernité. Arafat savait fort bien que, sans la haine vis à vis des Juifs, le monde musulman perdrait la cohésion qui le définit. Il a donc dit non à la paix. Que ce soit dans les banlieues de Paris et de Londres, à Kaboul ou Karachi, dans le quartier du Queens à New York ou bien à Gaza, cette réticence du monde musulman, cette attirance pour les consolations qu’offre la haine, représentent l’un des plus graves problèmes du monde actuel. Si le monde musulman ne peut se définir par sa ferveur pour la haine, celle-ci est bien devenue sa drogue, son opium qui le console de sa concurrence avec l’Occident, un Occident qui, impuissant face à ce problème difficile à résoudre, ne trouve rien de mieux que de réprimander Israël en le prenant comme bouc-émissaire. Ainsi s’exprime notre propre vulnérabilité. Shelby Steele
Avec l’aide de Dieu, ce sommet marquera le début de la fin pour ceux qui pratiquent la terreur et répandent leur vile croyance. Les leaders religieux doivent être très clairs là-dessus: la barbarie n’apportera aucune gloire, l’adoration du mal ne vous apportera aucune dignité. Si vous choisissez le chemin de la terreur, votre vie sera vide, votre vie sera courte et votre âme sera condamnée à l’enfer. Chaque pays de cette région a un devoir absolu de s’assurer que les terroristes ne trouvent aucun abri sur leur sol. Cela veut dire affronter honnêtement la crise de l’extrémisme islamique et les groupes terroristes islamiques qu’il inspire. Et cela veut dire aussi se dresser ensemble contre le meurtre d’innocents musulmans, l’oppression des femmes, la persécution des juifs, et le massacre des chrétiens. Un meilleur futur n’est possible que si vos nations se débarrassent du terrorisme et des extrémistes. Jetez les dehors. Jetez-les hors de vos lieux de culte. Jetez-les hors de vos communautés. Jetez-les hors de vos terres saintes, et jetez-les hors de cette terre. Donald Trump
As the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers. Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997. The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. Jessica Kasmer-Jacob
Les événements dont nous sommes témoins sont la conséquence prévisible de décennies de propagande, d’une part, et de laxisme, de l’autre. Un affrontement est imminent à l’échelle mondiale. L’avancée rapide des mouvements terroristes, qui tuent dans des buts à la fois politiques et religieux, est en train de provoquer des vocations chez un nombre effarant de jeunes. Chaque attentat procure aux islamistes une publicité effrénée qui fait rêver beaucoup d’adolescents, partout dans le monde. Qui peut leur faire comprendre qu’ils sont exploités quand ils acceptent de se transformer en bombes humaines? (…) En 2005, un ancien directeur de la CIA évaluait les sommes dépensées par l’Arabie saoudite en prosélytisme wahhabite dans le monde, à 90 milliards de dollars. Ceci, sans compter l’argent versé à des organisations terroristes, comme celle de Ben Laden à ses débuts, ou celui utilisé pour tenter de déstabiliser d’autres pays, influer sur leurs élections et acheter leurs politiciens. Ce n’est pas grand-chose pour la dynastie saoudienne, qui exporte, chaque jour, 10 millions de barils de pétrole brut. Cela lui procurait 1,5 milliard de dollars par jour quand le baril était à 150 dollars (en 2014). Maintenant que le baril est à 50 dollars, elle encaisse 500 millions par jour. Et elle laisse le peuple saoudien dans la pauvreté. Depuis les années 2000, d’autres pays financent l’islamisme dans le monde, notamment le Qatar qui tire d’énormes revenus de l’exportation de son gaz naturel. (…) Les islamistes, comme Ben Laden et Baghdadi, sont francs et vous montrent le couteau. Les islamistes «polis» enveloppent des lames de rasoir dans des gâteaux à la crème. (…) Daech a promis de faire du Vatican une mosquée, de prendre la Maison-Blanche et de remplir de sang les rues de Paris et de Londres. Pour atteindre ce but, tous les moyens sont bons. L’immigration illégale en masse est, peut-être, l’un de ces moyens. Les islamistes «polis» disent aussi qu’ils prendront l’Europe, par la conquête démographique et les conversions. Mais dans quelle mesure ces conversions sont-elles volontaires, quand on sait la pression morale et financière qui s’exerce dans certains quartiers? Des dons appelés «aumônes» sont offerts aux convertis, aux prédicateurs et aux femmes qui acceptent de se voiler. Il n’y a pas de liberté quand il y a de l’argent. Il n’y en a pas non plus quand il y a une propagande phénoménale, surtout sur les réseaux sociaux. Lina Murr Nehmé
Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh. (…)  L’Arabie saoudite est un Daesh qui a réussi. Le déni de l’Occident face à ce pays est frappant: on salue cette théocratie comme un allié et on fait mine de ne pas voir qu’elle est le principal mécène idéologique de la culture islamiste. Les nouvelles générations extrémistes du monde dit « arabe » ne sont pas nées djihadistes. Elles ont été biberonnées par la Fatwa Valley, espèce de Vatican islamiste avec une vaste industrie produisant théologiens, lois religieuses, livres et politiques éditoriales et médiatiques agressives. (…) Il faut vivre dans le monde musulman pour comprendre l’immense pouvoir de transformation des chaines TV religieuses sur la société par le biais de ses maillons faibles : les ménages, les femmes, les milieux ruraux. La culture islamiste est aujourd’hui généralisée dans beaucoup de pays — Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Mali, Mauritanie. On y retrouve des milliers de journaux et des chaines de télévision islamistes (comme Echourouk et Iqra), ainsi que des clergés qui imposent leur vision unique du monde, de la tradition et des vêtements à la fois dans l’espace public, sur les textes de lois et sur les rites d’une société qu’ils considèrent comme contaminée. Il faut lire certains journaux islamistes et leurs réactions aux attaques de Paris. On y parle de l’Occident comme site de « pays impies »; les attentats sont la conséquence d’attaques contre l’Islam ; les musulmans et les arabes sont devenus les ennemis des laïcs et des juifs. On y joue sur l’affect de la question palestinienne, le viol de l’Irak et le souvenir du trauma colonial pour emballer les masses avec un discours messianique. Alors que ce discours impose son signifiant aux espaces sociaux, en haut, les pouvoirs politiques présentent leurs condoléances à la France et dénoncent un crime contre l’humanité. Une situation de schizophrénie totale, parallèle au déni de l’Occident face à l’Arabie Saoudite. Ceci laisse sceptique sur les déclarations tonitruantes des démocraties occidentales quant à la nécessité de lutter contre le terrorisme. Cette soi-disant guerre est myope car elle s’attaque à l’effet plutôt qu’à la cause. Daesh étant une culture avant d’être une milice, comment empêcher les générations futures de basculer dans le djihadisme alors qu’on n’a pas épuisé l’effet de la Fatwa Valley, de ses clergés, de sa culture et de son immense industrie éditoriale?  Kamel Daoud
Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. François Hollande (janvier 2012, Le Bourget)
Without TV coverage, the revolutions would never have assumed such proportions. When people followed the revolutions, to what extent did they use the Internet, versus the extent to which they watched them on the TV channels, which gave them continuous coverage? Clearly, there is no comparison…The best proof [of the impact of] the TV channels is that any popular activity that they do not cover, in any country, will die before it can get off the ground. Some Arab countries are currently seeing… protests and the beginnings of a revolution, but these [events] are not getting the necessary TV coverage, because of the focus on the escalating revolution in Libya. As a result, [these protests] will not gain much momentum… but will fade away and be forgotten. Some might argue that the images broadcast on the satellite channels were often taken from the Internet. That is true, but had the [channels] not repeatedly aired these images, their impact would have remained limited. I have yet to hear any [protesters]… complain of insufficient coverage of their activity on the Internet or on Facebook. But [some protesters are] very angry at the satellite channels, which, they claim, are not giving their activity the necessary media coverage… It is [the satellite channels] that truly fuel the revolutions – with image and sound, which remain more powerful than any other weapon… It is no exaggeration to say that one TV report on a certain country has an impact equal to that of all the websites visited by all the Arabs put together – so much so that [activists] have sometimes said, ‘Let’s postpone our protest, because some satellite channel is busy covering another revolution’…  Al-Sharq (Qatar,  March 13, 2011)
J’ai été très impressionnée par l’ouverture de ce pays. Par l’accueil, aussi, sans a priori. J’ai été frappée par l’ouverture, encore une fois, j’insiste, du Qatar.  Ségolène Royal
Les Occidentaux devraient respecter pleinement la dignité de l’Iran et reconnaître son droit souverain à maîtriser la technologie nucléaire civile. Des négociations réussies entre Européens et Iraniens renforceraient la position de l’Europe et de l’Iran sur la scène internationale… C’est inimaginable que l’on soit dans une telle nasse, dans une telle impasse. Il est de l’intérêt de tous de sortir de cette crise. Il faut négocier. J’ai dit aux Iraniens que si on sortait de cette situation, un boulevard allait s’ouvrir entre l’Iran et la France et l’Europe. Jack Lang (sep. 2006)
Quels sont les grands leaders du monde aujourd’hui ? Le président Xi, le président Poutine – on peut être d’accord ou pas, mais c’est un leader –, le grand prince Mohammed Ben Salman. Et que seraient aujourd’hui les Emirats sans le leadership de MBZ ? (…)  Ce matin, j’ai rencontré le prince héritier MBZ. Est-ce que vous croyez qu’on construit un pays comme ça, en deux ans ? Ici, en cinquante ans, vous avez construit un des pays les plus modernes qui soient. La question du leadership est centrale. La réussite du modèle émirien est sans doute l’exemple le plus important pour nous, pour l’ensemble du monde. J’ai été le chef de l’Etat qui a signé le contrat du Louvre à Abou Dhabi. J’y ai mis toute mon énergie. MBZ y a mis toute sa vision. On a mis dix ans ! En allant vite ! Sauf que MBZ est toujours là… Et moi ça fait six ans que je suis parti.  Nicolas Sarkozy


Islam: pourquoi les constructeurs peuvent encore jouer tranquillement avec notre sécurité

Au lendemain d’un énième attentat islamique

Et la mort ce matin d’un énième véritable héros

Mais surtout après un bilan qui depuis les années 70 dépasse les 20 000 morts et les 50 000 blessés …

Comment ne pas se poser la seule question qui vaille …

A savoir …

Et si à coup de centaines de procès à la Nader

On attaquait enfin la famille Saoud et leurs petits camarades du golfe

Comme de l’autre côté leurs ennemis perses …

Pour défaut majeur de conception et de fabrication …

Pour le produit frelaté

Qu’en toute connaissance de cause et depuis des décennies …

Ils continuent à déverser à coup de milliards (de nos dollars du pétrole) sur le reste du monde ?

Startling maps show every terrorist attack worldwide over the last 20 years

On October 31, New York saw the deadliest terrorist attack since September 11, 2001, when 29-year-old Sayfullo Saipov drove a truck down a bike lane, killing eight people and injuring more than a dozen.With fears of attacks around the world at a high, Carnegie Mellon researchers teamed up with Robert Muggah, a global security expert and director of the think tank Igarapé Institute, to visualize terror risks from a bird’s-eye view.

Together, they created Earth TimeLapse, an interactive platform that relies on data from the Global Terrorism Database to create maps of how many terrorism-related deaths occur annually worldwide. The larger the red circle, the more deaths in a given attack.

The project mapped attacks between 1997 and 2016 — here’s what 20 years of that data looks like.

1997: Suicide bombings in Israel killed more than a dozen people and injured more than 150. Bombings also took place in Sri Lanka and Egypt. A shooting took place in India, killing 23 and injuring 31.

1997: Suicide bombings in Israel killed more than a dozen people and injured more than 150. Bombings also took place in Sri Lanka and Egypt. A shooting took place in India, killing 23 and injuring 31. Earth TimeLapse

1998: The greatest losses of life due to terrorist activity came in Kenya and Tanzania. Members of Al-Qaeda bombed two US embassies, killing more than 200 and injuring over 4,000.

1998: The greatest losses of life due to terrorist activity came in Kenya and Tanzania. Members of Al-Qaeda bombed two US embassies, killing more than 200 and injuring over 4,000. Earth TimeLapse

1999: The worst activity occurred in the southwestern Dagestan region in Russia, just west of Kazakhstan. A series of bombings struck apartment buildings, killing nearly 300 and injuring more than 1,000. Debates still swirl about whether Chechen separatists carried out the attacks, or whether the Russian government staged them to foster support for electing Vladimir Putin.

1999: The worst activity occurred in the southwestern Dagestan region in Russia, just west of Kazakhstan. A series of bombings struck apartment buildings, killing nearly 300 and injuring more than 1,000. Debates still swirl about whether Chechen separatists carried out the attacks, or whether the Russian government staged them to foster support for electing Vladimir Putin. Earth TimeLapse

2000: The turn of the millennium was a relatively peaceful year. The world made it until December 30 before the first major attack: a wave of bombings in the Philippines that killed 22 and injured roughly 100.

2000: The turn of the millennium was a relatively peaceful year. The world made it until December 30 before the first major attack: a wave of bombings in the Philippines that killed 22 and injured roughly 100. Earth TimeLapse

2001: September 11, 2001 marked the US’ greatest loss of life from a foreign attack in the country’s history. More than 2,700 people were killed in the attacks on New York City’s Twin Towers. About 300 of those were firefighters and emergency responders.

2001: September 11, 2001 marked the US' greatest loss of life from a foreign attack in the country's history. More than 2,700 people were killed in the attacks on New York City's Twin Towers. About 300 of those were firefighters and emergency responders. Earth TimeLapse

2002: The year saw a consistent bundle of activity in Israel and South America. Sniper attacks in the mid-Atlantic region of the US killed 17 people and injured 10.

2002: The year saw a consistent bundle of activity in Israel and South America. Sniper attacks in the mid-Atlantic region of the US killed 17 people and injured 10. Earth TimeLapse

2003: Bombings spiked somewhat as attacks took place in Russia, Morocco, and Israel. As the Iraq War began, suicide bombings started to become more common around the country.

2003: Bombings spiked somewhat as attacks took place in Russia, Morocco, and Israel. As the Iraq War began, suicide bombings started to become more common around the country. Earth TimeLapse

2004: In March, the world witnessed the Madrid train bombings, which killed nearly 200 people and injured over 2,000. Attacks also proliferated in Iraq and Pakistan. The Taliban and Al-Qaeda were responsible for many of the attacks in Europe and the Middle East at this time.

2004: In March, the world witnessed the Madrid train bombings, which killed nearly 200 people and injured over 2,000. Attacks also proliferated in Iraq and Pakistan. The Taliban and Al-Qaeda were responsible for many of the attacks in Europe and the Middle East at this time. Earth TimeLapse

2005: Early in the year, the Iraqi city of Hillah experienced a devastating car bombing that took 127 lives and injured hundreds more. Later that July, four suicide bombers blew up a London bus. It killed more than 50 people and injured 700.

2005: Early in the year, the Iraqi city of Hillah experienced a devastating car bombing that took 127 lives and injured hundreds more. Later that July, four suicide bombers blew up a London bus. It killed more than 50 people and injured 700. Earth TimeLapse

2006: Unrest in the Middle East continued to produce monthly terror attacks in Iraq, Afghanistan, and Pakistan. In July, pressure-cooker bombs on a Mumbai train led to hundreds of deaths and injuries.

2006: Unrest in the Middle East continued to produce monthly terror attacks in Iraq, Afghanistan, and Pakistan. In July, pressure-cooker bombs on a Mumbai train led to hundreds of deaths and injuries. Earth TimeLapse

2007: Dual bombings in outdoor Iraqi markets took place in the first two months of the year. Then in August, a series of car-bomb attacks killed 800 people and injured 1,500. It’s the second-deadliest terror attack behind September 11.

2007: Dual bombings in outdoor Iraqi markets took place in the first two months of the year. Then in August, a series of car-bomb attacks killed 800 people and injured 1,500. It's the second-deadliest terror attack behind September 11. Earth TimeLapse

2008: A coordinated series of shootings took place in Mumbai in late November. Hundreds were killed and injured. Some terrorists relied on guns, while others planted an estimated eight bombs around the city.

2008: A coordinated series of shootings took place in Mumbai in late November. Hundreds were killed and injured. Some terrorists relied on guns, while others planted an estimated eight bombs around the city. Earth TimeLapse

2009: The first half of the year saw relatively little activity, but in the second half, Iraq and India fell victim to suicide bombings and shootings. Car bombings killed hundreds in Iraq and Pakistan in October of that year.

2009: The first half of the year saw relatively little activity, but in the second half, Iraq and India fell victim to suicide bombings and shootings. Car bombings killed hundreds in Iraq and Pakistan in October of that year. Earth TimeLapse

2010: The worst activity occurred in Pakistan, due primarily to suicide bombings. More than 500 people were injured over a span of three days in September, all due to bombings.

2010: The worst activity occurred in Pakistan, due primarily to suicide bombings. More than 500 people were injured over a span of three days in September, all due to bombings. Earth TimeLapse

2011: A particularly bloody year. Pakistan and India made up the bulk of the terrorist activity, while east Africa and South America also faced conflict.

2011: A particularly bloody year. Pakistan and India made up the bulk of the terrorist activity, while east Africa and South America also faced conflict. Earth TimeLapse

2012: With the Iraq War mostly over, new sources of conflict crossed the western border into Syria. Damascus and Aleppo became hotbeds for terrorist activity.

2012: With the Iraq War mostly over, new sources of conflict crossed the western border into Syria. Damascus and Aleppo became hotbeds for terrorist activity. Earth TimeLapse

2013: Conflict intensified in these Middle Eastern countries, with car bombings in Damascus in February claiming roughly 80 lives and injuring 250 people. The Boston Marathon bombings in April killed five and wounded more than 200.

2013: Conflict intensified in these Middle Eastern countries, with car bombings in Damascus in February claiming roughly 80 lives and injuring 250 people. The Boston Marathon bombings in April killed five and wounded more than 200. Earth TimeLapse

2014: Boko Haram attacks in Nigeria led to the deaths of more than 200 people and an unknown number of injuries in March, as well as hundreds more throughout the rest of the year. ISIS continued to ravage Syria and Iraq.

2014: Boko Haram attacks in Nigeria led to the deaths of more than 200 people and an unknown number of injuries in March, as well as hundreds more throughout the rest of the year. ISIS continued to ravage Syria and Iraq. Earth TimeLapse

2015: Unrest in Nigeria and Cameroon led to thousands of deaths when Boko Haram forces opened fire on civilians. Bombings in Turkey and Yemen also produced hundreds of deaths. In December, shooters claiming allegiance with the Islamic State killed a dozen people and wounded two dozen in San Bernardino, California.

2015: Unrest in Nigeria and Cameroon led to thousands of deaths when Boko Haram forces opened fire on civilians. Bombings in Turkey and Yemen also produced hundreds of deaths. In December, shooters claiming allegiance with the Islamic State killed a dozen people and wounded two dozen in San Bernardino, California. Earth TimeLapse

2016: More than 75% of the year’s attacks took place in 10 countries, including Iraq, Afghanistan, and India. Smaller attacks took place in Nice, France, Orlando, Florida, and New York City.

2016: More than 75% of the year's attacks took place in 10 countries, including Iraq, Afghanistan, and India. Smaller attacks took place in Nice, France, Orlando, Florida, and New York City. Earth TimeLapse

 Voir aussi:

Économie

General Motors: pourquoi les constructeurs peuvent encore jouer tranquillement avec notre sécurité

Et pourquoi il faut que ça cesse.

Un problème de conception d’un modèle automobile de General Motors provoque des dizaines d’accidents de la route et de nombreux décès. Arguant que l’entreprise n’a pas corrigé un défaut dont elle connaissait l’existence, des avocats intentent plus de cent procès au constructeur automobile. GM contre-attaque en engageant des enquêteurs pour mettre en cause les motivations de ses détracteurs. Les politiques et les médias finissent par s’intéresser de plus près à l’affaire. Au final, le dirigeant de GM finit par s’excuser au nom de son entreprise.

Si cette histoire vous donne comme une impression de déjà-lu, c’est sans doute parce que la presse a récemment parlé d’une affaire semblable. En réalité, cette histoire remonte à 1965, date de parution de Ces voitures qui tuent, de Ralph Nader. L’ouvrage accusait General Motors de vendre en toute connaissance de cause des voitures Corvairs dangereuses –et accusait l’industrie automobile dans son ensemble de préférer les profits à la sécurité de ses clients.

Près de cinquante ans ont passé. Pourquoi les Etats-Unis ont toujours du mal à garantir l’absence de dangerosité des véhicules conçus par les constructeurs automobiles? Et pourquoi en sommes-nous encore réduit à nous demander si les organismes de régulation prennent au sérieux leur mission de protection de la santé publique? En 1966, le mouvement des consommateurs a –peu après son apparition– convaincu le Congrès de voter le National Highway Safety and Transportation Act. Il s’agissait de corriger une partie des abus évoqués dans l’ouvrage de Nader.

Les routes suédoises, bien moins mortelles que les routes américaines

Au fil des décennies suivantes, la sécurité automobile s’est améliorée; aux Etats-Unis, le nombre des décès liés à l’automobile a chuté (de 25,9 pour 100.000 personnes en 1966 à 10,8 en 2012). Ces chiffres indiquent clairement qu’une nouvelle réglementation peut sauver des vies. Mais d’autres pays ont fait bien mieux. Selon le dernier rapport de l’International Transport Forum, organisation de surveillance de la sécurité routière mondiale, le taux d’accidents mortels de la circulation est trois fois plus élevé aux Etats-Unis qu’en Suède –un pays qui a fait de la sécurité automobile une priorité. Si les Etats-Unis avaient égalé les taux suédois, il y aurait eu 20.000 morts de moins sur les routes en 2011.

En France, en 2011, le taux était de 6,09 contre 3,4 en Suède et 10,4 aux Etats-Unis

Seulement, voilà: depuis son apparition, l’industrie automobile américaine s’est opposée à la réglementation, n’a pas jugé bon de révéler plusieurs problèmes, et a refusé de corriger les problèmes lorsque ces derniers ont été détectés.

General Motors a récemment rappelé 1,6 million de Chevrolet Cobalt (entre autres modèles de petite taille) afin de procéder à des réparations. En cause: un problème du commutateur d’allumage, qui aurait été à l’origine d’au moins douze morts. Le constructeur connaissait l’existence du problème –ainsi que celle d’autres anomalies– et ce depuis 2004, soit avant la sortie de la toute première Cobalt.

Le 17 mars 2014, Marry Barra, directrice générale de GM, s’est exprimée en ces termes:

«Dans le cas présent, nos processus internes ont connu un problème des plus graves; des évènements terribles en ont résulté.»

General Motors a par ailleurs rappelé 1,33 million de SUV: les airbags ne s’ouvraient pas lors des collisions. Selon une étude, les problèmes d’airbags de GM pourraient avoir contribué à la mort de 300 personnes entre 2003 et 2012. Les problèmes de sécurité ne sont pas l’apanage de GM. Toyota a récemment accepté de débourser 1,2 milliard de dollars pour mettre fin à une enquête criminelle concernant un problème d’accélération soudaines de ses véhicules.

Voilà cinquante ans qu’un –trop– grand nombre de chefs d’entreprises (automobile, alimentation, produits pharmaceutiques, armes à feu, entre autres secteurs) choisissent de suivre la voie tracée par l’industrie du tabac. Ils remettent en doute la validité des éléments de preuve qui justifient la mise en place de nouvelles réglementations. Ils exagèrent les coûts économiques de produits plus sûrs. Grâce à leur poids politique et financier, ils viennent à bout des politiques de santé publique et font en sorte que les organismes chargés de faire respecter la réglementation demeurent sous-financés. Ce sont là des comportements tellement banalisés qu’ils ne paraissent plus immoraux ou criminels, mais simplement inévitables.

Le refus de légiférer est mortel

Pour ce qui est de l’industrie automobile, le refus de respecter la réglementation a provoqué des morts, des maladies et des blessures qui auraient pu être évitées. Des années 1960 aux années 1980, les constructeurs se sont tout d’abord opposés à la mise en place de ceintures de sécurité, d’airbags de freins de meilleure facture et de meilleures normes d’émission. Pendant plus de quinze ans, les constructeurs américains ont réussi à faire obstacle à la réglementation imposant la mise en place d’airbags ou de ceintures de sécurité à fermeture automatique dans leurs automobiles.

Ce n’est qu’en 1986 que la Cour suprême a ordonné à la National Highway Transportation Safety Administration (NHTSA) de mettre en œuvre ces directives. Selon une étude publiée en 1988, ce retard aurait joué un rôle dans au moins 40.000 morts et un million de blessures et handicaps –soit par là même un coût de 17 milliards de dollars à la société.

Le refus d’appliquer la réglementation peut également tuer indirectement. Selon un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de morts dues à la pollution dans le monde est deux fois plus élevé qu’on ne le pensait. Et ce notamment en raison du rôle joué par de la pollution de l’air dans la mortalité d’origine cardiovasculaire. Aux Etats-Unis, l’automobile est l’une des principales sources de pollution, et les constructeurs américains refusent ou retardent la mise en place de normes d’émissions plus strictes.

Vous n’entendrez aucun dirigeant d’entreprise affirmer qu’il vaut mieux gagner de l’argent que sauver des vies humaines, mais leur action parlent pour eux. Les communicants des grands patrons semblent s’être passé le mot: lorsqu’un secret gênant est découvert, la stratégie est toujours la même: le PDG s’excuse platement et rapidement pour limiter au plus vite les dégâts. Mais accepter de voir les grandes sociétés et leurs alliés disposer d’un droit de veto sur les politiques de santé publique, c’est empêcher la prévention de nombreux décès, maladies et blessures sur le territoire américain.

Lors des récentes audiences consacrées à GM, le Congrès américain a eu raison de chercher à savoir qui (chez GM et à la NHTSA) savait quoi –et à quel moment ils l’ont appris. Mais il serait encore plus significatif de renforcer l’implication du gouvernement dans la protection de la santé publique –histoire de ne pas avoir à souffrir de ces problèmes pour cinquante années supplémentaires.

Le Congrès pourrait commencer par permettre à la NHTSA de faire correctement son travail, en lui allouant les ressources nécessaires. Pour 2014, cet organisme a reçu 10% de moins que la somme qu’il avait demandée. Le Congrès devrait également contrôler la mise en application des règles de sécurité par les organismes concernés, et le faire régulièrement –pas seulement lorsque l’existence d’un problème est révélée. Par ailleurs, lorsqu’il est prouvé qu’un dirigeant d’entreprise automobile a caché l’existence d’une anomalie, l’organisme chargé de la sécurité routière devrait être en mesure de le tenir responsable des morts et des décès qui en ont résulté. Au civil comme au pénal.

Nicholas Freudenberg

Traduit par Jean-Clément Nau

Voir enfin:

Profit Above Safety

 Slate
April 1, 2014

 

A design problem in a General Motors car contributes to dozens of automobile crashes and numerous deaths. Charging that the company failed to correct a known defect, lawyers file more than 100 lawsuits against the company. GM responds by hiring investigators to question the motives of its critics. Eventually, as congressional and media scrutiny increase, the head of GM apologizes for the company’s behavior. Sound familiar? You may have been reading about such a case over the past month. But actually, this story is from 1965 when Ralph Nader published Unsafe at Any Speed, a book that charged General Motors with knowingly selling unsafe Corvairs and the auto industry as a whole with putting profit above safety.

Now almost 50 years later, why is the United States still struggling to ensure that cars companies make safe cars? And why must we still question whether regulatory agencies take their mandate to protect public health seriously? In 1966, the emerging consumer movement persuaded Congress to pass the National Highway Safety and Transportation Act to correct some of the abuses Nader had documented. In the decades since, car safety has improved, with United States motor vehicle death rates falling from 25.9 per 100,000 people in 1966 to 10.8 per 100,000 in 2012. This is a clear indication that regulations save lives. But other nations have done much better. According to the latest report from the International Transport Forum, a body that monitors global road safety, the auto death rate in the United States is more than three times higher than the rate in Sweden, a country that has made auto safety a priority. If the United States had achieved Sweden’s rate, in 2011 more than 20,000 U.S. automobile deaths would have been averted.

Since its inception, however, the auto industry has resisted regulation, failed to disclose problems, and refused to correct problems when they were detected. In the past few weeks, General Motors has recalled 1.6 million Cobalts and other small cars to repair defective ignition switches that have been associated with at least 12 deaths. The company had first learned of this and other defects a decade ago—in 2004, before the first Cobalt was released. On March 17th, Mary Barra, the chief executive of GM, observed, “Something went very wrong in our processes in this instance, and terrible things happened.”

In a separate action, General Motors has recalled 1.33 million sports utility vehicles because air bags failed to deploy after crashes. Another review of GM air bag failures from 2003 to 2012 found that they may have contributed to more than 300 deaths. GM is not alone in its safety problems. Toyota recently agreed to pay $1.2 billion to settle federal criminal charges related to sudden acceleration of its vehicles.

For the past 50 years, too many corporate leaders in the auto industry as well as in the food, pharmaceutical, firearms, and other industries have chosen to follow the playbook written by the tobacco industry. They have challenged the evidence justifying regulation, exaggerated the economic costs of safer products, and used their political and financial clout to defeat public health policies and underfund the agencies charged with enforcement. These behaviors have become so normalized they seem inevitable rather than immoral or criminal.

In the case of the auto industry, resistance to regulation has caused preventable deaths, illnesses, and injuries. From the 1960s through the 1980s, the automobile industry initially opposed standard seatbelts, airbags, better brakes, and better emission standards. For more than 15 years, the U.S. auto industry successfully opposed regulations to require either airbags or automatically closing seat belts in automobiles. Finally, in 1986, the Supreme Court ordered the National Highway Transportation Safety Administration to implement the rules. A 1988 study estimated this delay contributed to at least 40,000 deaths and 1 million injuries at a cost to society of more than $17 billion. The auto industry’s resistance to regulation kills people indirectly as well. Earlier this week, the World Health Organization released a report showing that global deaths from air pollution were twice as high as previously thought, largely through air pollution’s role in in cardiovascular deaths. In the United States, automobiles are a primary source of air pollution, and the auto industry has long opposed or delayed stricter emission standards.

No corporate executives will say publicly that they prefer profits to preventing deaths, even though their actions prove otherwise. The damage control advice of the day seems to be to encourage CEOs to make rapid and profuse apologies for corporate cover-ups after they are disclosed. But as long as the public tolerates allowing corporations and their allies to have veto power over public health policy, our nation will continue to experience preventable deaths and avoidable illness and injuries. In the hearings into GM this week, Congress is correct to pursue who in GM and the NHTSA knew what when. But the deeper task should be to strengthen the visible hand of government in protecting public health so we aren’t still facing this issue 50 years from now. As a first step, Congress should provide the highway safety agency with the resources needed to meet its mandates fully; in 2014, the agency received 10 percent less than it requested. Congress should also monitor agency enforcement of safety standards regularly, not just when defects are publicly disclosed. In addition, the safety agency should hold auto executives who fail to disclose defects criminally as well as civilly liable for the resulting deaths and injuries.


Société: L’Apocalypse pour tous (Apocalypse for all: Ready for the fifty-shades-of-greyization of the world ?)

22 février, 2018

 
Note de la SNCF sur la présence de migrants
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L’anarchie se déchaîne sur le monde Comme une mer noircie de sang : partout On noie les saints élans de l’innocence …Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt … Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt. La Seconde Venue ! A peine dits ces mots, Une image, immense, du Spiritus Mundi Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert, Une forme avec corps de lion et tête d’homme Et l’oeil nul et impitoyable comme un soleil Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux… La ténèbre, à nouveau ; mais je sais, maintenant, Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar, – Et quelle bête brute, revenue l’heure, Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin ? Yeats (1919)
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par le Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured into Somalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993
In recent years, skewering the politically correct and the political correctness of those mocking political correctness has become a thriving journalistic enterprise. One of the more interesting examples of the genre was a cover-story essay by Robert Hughes, which appeared in the February 3, 1992, edition of Time magazine. The essay was entitled “The Fraying of America.”  In it, Hughes cast a cold eye on the American social landscape, and his assessment was summarized in the article’s subtitle: “When a nation’s diversity breaks into factions, demagogues rush in, false issues cloud debate, and everybody has a grievance.” “Like others, Hughes found himself puzzling over how and why the status of ‘victim’ had become the seal of moral rectitude in American society. He began his essay by quoting a passage from W. H. Auden’s Christmas oratorio, For the Time Being. The lines he quoted were ones in which King Herod ruminates over whether the threat to civilization posed by the birth of Christ is serious enough to warrant murdering all the male children in one region of the empire. (The historical Herod may have been a vulgar and conniving Roman sycophant, but Auden’s Herod, let’s not forget, is watching the rough beast of the twentieth century slouching toward Bethlehem.) Weighing all the factors, Herod decides that the Christ child must be destroyed, even if to do so innocents must be slaughtered. For, he argues in the passage that Hughes quoted, should the Child survive: Reason will be replaced by Revelation . . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal virtue, and all fear of retribution will vanish . . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. “Hughes quoted this passage from Auden in order to point out that Auden’s prophecy had come true. As Auden’s Herod had predicted, American society was awash in what Hughes termed the “all-pervasive claim to victimhood.” He noted that in virtually all the contemporary social, political, or moral debates, both sides were either claiming to be victims or claiming to speak on their behalf. It was clear to Hughes, however, that this was not a symptom of a moral victory over our scapegoating impulses. There can be no victims without victimizers. Even though virtually everyone seemed to be claiming the status of victim, the claims could be sustained only if some of the claims could be denied. (At this point, things become even murkier, for in the topsy-turvy world of victimology, a claimant denied can easily be mistaken for a victim scorned, the result being that denying someone’s claim to victim status can have the same effect as granting it.) Nevertheless, the algebraic equation of victimhood requires victimizers, and so, for purely logical reasons, some claims have to be denied. Some, in Hughes’s words, would have to remain “the butt of every farce and satire.” Hughes argued that all those who claim victim status share one thing in common, “they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class, white male.” “Hughes realized that a hardy strain of envy and resentment toward this one, lone nonvictim continued to play an important role in the squabbles over who would be granted victim status. Those whose status as victim was secure were glaring at this last nonvictim with something of the vigilante’s narrow squint. Understandably, the culprit was anxious to remove his blemish. “Since our new found sensitivity decrees that only the victim shall be the hero,” Hughes wrote, “the white American male starts bawling for victim status too.” Gil Bailie
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Les événements qui se déroulent sous nos yeux sont à la fois naturels et culturels, c’est-à-dire qu’ils sont apocalyptiques. Jusqu’à présent, les textes de l’Apocalypse faisaient rire. Tout l’effort de la pensée moderne a été de séparer le culturel du naturel. La science consiste à montrer que les phénomènes culturels ne sont pas naturels et qu’on se trompe forcément si on mélange les tremblements de terre et les rumeurs de guerre, comme le fait le texte de l’Apocalypse. Mais, tout à coup, la science prend conscience que les activités de l’homme sont en train de détruire la nature. C’est la science qui revient à l’Apocalypse. René Girard
La religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. (…) Oui, pour moi l’Apocalypse c’est la fin de l’histoire. (…) L’Apocalypse, c’est l’arrivée du royaume de Dieu. Mais on peut penser qu’il y a des « petites ou des demi-apocalypses » ou des crises c’est-à-dire des périodes intermédiaires… (…) Il faut prendre très au sérieux les textes apocalyptiques. Nous ne savons pas si nous sommes à la fin du monde, mais nous sommes dans une période-charnière. Je pense que toutes les grandes expériences chrétiennes des époques-charnières sont inévitablement apocalyptiques dans la mesure où elles rencontrent l’incompréhension des hommes et le fait que cette incompréhension d’une certaine manière est toujours fatale. Je dis qu’elle est toujours fatale, mais en même temps elle ne l’est jamais parce que Dieu reprend toujours les choses et toujours pardonne. (…) Je me souviens d’un journal dans lequel il y avait deux articles juxtaposés. Le premier se moquait de l’Apocalypse d’une certaine façon ; le second était aussi apocalyptique que possible. Le contact de ces deux textes qui se faisaient face et qui dans le même temps se donnaient comme n’ayant aucun rapport l’un avec l’autre avait quelque chose de fascinant. (…) Nous sommes encore proches de cette période des grandes expositions internationales qui regardait de façon utopique la mondialisation comme l’Exposition de Londres – la « Fameuse » dont parle Dostoievski, les expositions de Paris… Plus on s’approche de la vraie mondialisation plus on s’aperçoit que la non-différence ce n’est pas du tout la paix parmi les hommes mais ce peut être la rivalité mimétique la plus extravagante. On était encore dans cette idée selon laquelle on vivait dans le même monde : on n’est plus séparé par rien de ce qui séparait les hommes auparavant donc c’est forcément le paradis. Ce que voulait la Révolution française. Après la nuit du 4 août, plus de problème ! (…) L’Amérique connaît bien cela. Il est évident que la non-différence de classe ne tarit pas les rivalités mais les excite à mort avec tout ce qu’il y a de bon et de mortel dans ce phénomène. (…)  il n’y a plus de sacrifice et donc les hommes sont exposés à la violence et il n’y a plus que deux choix : soit on préfère subir la violence soit on cherche à l’infliger à autrui. Le Christ veut nous dire entre autres choses : il vaut mieux subir la violence (c’est le sacrifice de soi) que de l’infliger à autrui. Si Dieu refuse le sacrifice, il est évident qu’il nous demande la non-violence qui empêchera l’Apocalypse. René Girard
L’avenir apocalyptique n’est pas quelque chose d’historique. C’est quelque chose de religieux sans lequel on ne peut pas vivre. C’est ce que les chrétiens actuels ne comprennent pas. Parce que, dans l’avenir apocalyptique, le bien et le mal sont mélangés de telle manière que d’un point de vue chrétien, on ne peut pas parler de pessimisme. Cela est tout simplement contenu dans le christianisme. Pour le comprendre, lisons la Première Lettre aux Corinthiens : si les puissants, c’est-à-dire les puissants de ce monde, avaient su ce qui arriverait, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de la Gloire – car cela aurait signifié leur destruction (cf. 1 Co 2, 8). Car lorsque l’on crucifie le Seigneur de la Gloire, la magie des pouvoirs, qui est le mécanisme du bouc émissaire, est révélée. Montrer la crucifixion comme l’assassinat d’une victime innocente, c’est montrer le meurtre collectif et révéler ce phénomène mimétique. C’est finalement cette vérité qui entraîne les puissants à leur perte. Et toute l’histoire est simplement la réalisation de cette prophétie. Ceux qui prétendent que le christianisme est anarchiste ont un peu raison. Les chrétiens détruisent les pouvoirs de ce monde, car ils détruisent la légitimité de toute violence. Pour l’État, le christianisme est une force anarchique, surtout lorsqu’il retrouve sa puissance spirituelle d’autrefois. Ainsi, le conflit avec les musulmans est bien plus considérable que ce que croient les fondamentalistes. Les fondamentalistes pensent que l’apocalypse est la violence de Dieu. Alors qu’en lisant les chapitres apocalyptiques, on voit que l’apocalypse est la violence de l’homme déchaînée par la destruction des puissants, c’est-à-dire des États, comme nous le voyons en ce moment. Lorsque les puissances seront vaincues, la violence deviendra telle que la fin arrivera. Si l’on suit les chapitres apocalyptiques, c’est bien cela qu’ils annoncent. Il y aura des révolutions et des guerres. Les États s’élèveront contre les États, les nations contre les nations. Cela reflète la violence. Voilà le pouvoir anarchique que nous avons maintenant, avec des forces capables de détruire le monde entier. On peut donc voir l’apparition de l’apocalypse d’une manière qui n’était pas possible auparavant. Au début du christianisme, l’apocalypse semblait magique : le monde va finir ; nous irons tous au paradis, et tout sera sauvé ! L’erreur des premiers chrétiens était de croire que l’apocalypse était toute proche. Les premiers textes chronologiques chrétiens sont les Lettres aux Thessaloniciens qui répondent à la question : pourquoi le monde continue-t-il alors qu’on en a annoncé la fin ? Paul dit qu’il y a quelque chose qui retient les pouvoirs, le katochos (quelque chose qui retient). L’interprétation la plus commune est qu’il s’agit de l’Empire romain. La crucifixion n’a pas encore dissout tout l’ordre. Si l’on consulte les chapitres du christianisme, ils décrivent quelque chose comme le chaos actuel, qui n’était pas présent au début de l’Empire romain. (..) le monde actuel (…) confirme vraiment toutes les prédictions. On voit l’apocalypse s’étendre tous les jours : le pouvoir de détruire le monde, les armes de plus en plus fatales, et autres menaces qui se multiplient sous nos yeux. Nous croyons toujours que tous ces problèmes sont gérables par l’homme mais, dans une vision d’ensemble, c’est impossible. Ils ont une valeur quasi surnaturelle. Comme les fondamentalistes, beaucoup de lecteurs de l’Évangile reconnaissent la situation mondiale dans ces chapitres apocalyptiques. Mais les fondamentalistes croient que la violence ultime vient de Dieu, alors ils ne voient pas vraiment le rapport avec la situation actuelle – le rapport religieux. Cela montre combien ils sont peu chrétiens. La violence humaine, qui menace aujourd’hui le monde, est plus conforme au thème apocalyptique de l’Évangile qu’ils ne le pensent. René Girard
Dans le monde actuel, beaucoup de choses correspondent au climat des grands textes apocalyptiques du Nouveau Testament, en particulier Matthieu et Marc. Il y est fait mention du phénomène principal du mimétisme, qui est la lutte des doubles : ville contre ville, province contre province… Ce sont toujours les doubles qui se battent et leur bagarre n’a aucun sens puisque c’est la même chose des deux côtés. Aujourd’hui, il ne semble rien de plus urgent à la Chine que de rattraper les Etats-Unis sur tous les plans et en particulier sur le nombre d’autoroutes ou la production de véhicules automobiles. Vous imaginez les conséquences ? Il est bien évident que la production économique et les performances des entreprises mettent en jeu la rivalité. Clausewitz le disait déjà en 1820 : il n’y a rien qui ressemble plus à la guerre que le commerce. Souvent les chrétiens s’arrêtent à une interprétation eschatologique des textes de l’Apocalypse. Il s’agirait d’un événement supranaturel… Rien n’est plus faux ! Au chapitre 16 de Matthieu, les juifs demandent à Jésus un signe. « Mais, vous savez les lire, les signes, leur répond-t-il. Vous regardez la couleur du ciel le soir et vous savez deviner le temps qu’il fera demain. » Autrement dit, l’Apocalypse, c’est naturel. L’Apocalypse n’est pas du tout divine. Ce sont les hommes qui font l’Apocalypse. René Girard
Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements ». Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » . Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste ». Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ ». La Bible, notre « cahier de souvenirs », est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles ». Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons ». L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique ». Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice »: elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer ». L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre ». De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  », Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui ». Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre ». La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité ». D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile », qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles ». Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance ». Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance ». La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence ». A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer ». Marie Liénard
La concurrence entre États a pris une forme nouvelle et nous devons être prêts à y faire face. Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas à des milliers de kilomètres mais sont maintenant aux portes de l’Europe. Nous avons vu comment la guerre informatique peut être menée sur le champ de bataille et perturber la vie des gens. Au Royaume-Uni, nous ne sommes pas à l’abri de cela. Général Nick Carter
La menace du terrorisme international (…) s’est diversifiée et est plus dispersée, et nous voyons le phénomène que Daech représente émergeant dans d’autres parties du monde. Et bien sûr, nous avons appris que n’importe qui peut devenir un terroriste ces jours-ci – simplement en louant un véhicule ou à coups de machette. (…) Nous vivons aujourd’hui dans un monde beaucoup plus compétitif et multipolaire, et la nature complexe du système mondial a créé les conditions dans lesquelles les États sont en mesure d’affronter la concurrence de nouvelles façons, en deçà de ce que nous aurions défini comme une « guerre » dans le passé. Mais, ce qui est inquiétant, c’est que tous ces États sont passés maîtres dans l’exploitation des zones d’ombre entre la paix et la guerre. Ce qui constitue une arme dans cette zone d’ombre ne fait pas nécessairement “boum”. L’énergie, l’argent sous forme de pots-de-vin, les pratiques commerciales malhonnêtes, les cyberattaques, les assassinats, les fausses nouvelles, la propagande et même l’intimidation militaire sont autant d’exemples d’armes utilisées pour tirer profit de cette ère de « concurrence constante. L’architecture internationale fondée sur des règles qui a assuré notre stabilité et notre prospérité depuis 1945 est donc menacée. Il ne s’agit pas d’une crise, ni d’une série de crises auxquelles nous sommes confrontés. C’est un défi stratégique. Et cela nécessite une réponse stratégique. Gen Nick Carter (chef d’état-major des forces britanniques)
L’islamisme, c’est le FN du musulman déclassé. Hakim El Karoui
J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard. Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi. Victime des attentats du Bataclan
Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme (…) Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort. Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe. Catherine Millet
Les hébergements proposés ne le sont que pour quelques jours et on ballotte les gens d’un bout à l’autre de l’Ile-de-France. Beaucoup ne veulent pas quitter leur bout de trottoir de peur de perdre leur place et le peu d’affaires qu’ils conservent, mais aussi de couper les liens qu’ils ont pu nouer avec les riverains, les commerçants. Ils ont besoin de stabilité et on ne la leur offre pas. Nicolas Clément (collectif Les morts de la rue, bénévole au Secours catholique)
Pour ces jeunes gens, la rue, c’est d’abord le choix d’être en marge, souvent en groupe. Et même quand ce choix n’en est plus un, il reste le désir de ne pas être contraint par des horaires, la collectivité, la promiscuité ou la nécessité de quitter ses animaux, comme c’est le cas dans les centres d’accueil. Marie-Laurence Sassine
Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente. Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville. La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête. Le Parisien
This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.  (…) And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired. As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, but second-degree conservatism, metaconservatism. The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal. Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.” In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik. All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal. Eric Gans
One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated. Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim. This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat? Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away the sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero. The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all. The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim. People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy. The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem. The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues. Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers. Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet. Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve. Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world. The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally. Dwight Longenecker
In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats. Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate. Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly. Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror. Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim. (…) But what if the Christian story (…) proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international? It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’. Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers. It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder. It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability. The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing. It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal. (…) Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us. Rowan Williams (Archbishop of Canterbury)
In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent. Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims. One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim. The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there. The second problem is that the Cult of Victimhood creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victims as victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority. In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions. This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture. In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday. Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is too enticing. To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump. First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November. (…) The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness. The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Michael Boyle
Even his most sympathetic biographers acknowledge that, as an officer of the Indian Imperial Police in Burma, he paid regular visits to the waterfront brothels of Rangoon. After spending time in Morocco, he also confessed to his friend Harold Acton that he ‘seldom tasted such bliss as with certain Moroccan girls’. A friend recalled Orwell saying that ‘he found himself increasingly attracted by the young Arab girls’. He confessed to the same friend that he told his wife, Eileen, he ‘had to have one of these girls on just one occasion’. Eileen agreed, and so he went ahead. During his marriage to Eileen, Orwell made an improper advance to a young woman, Lydia Jackson. ‘He did not attract me as a man and his ill health even aroused in me a slight feeling of revulsion,’ she recalled. Once he was better, he wrote Lydia a suggestive letter, letting her know when his wife was away, and adding: ‘I know it’s indiscreet to write such things in letters, but you’ll be clever & burn this, won’t you?’ But Lydia had no wish to go along with this deceit. ‘His masculine conceit annoyed me,’ she said. After the sudden death of Eileen, Orwell made a pass at another young woman, who lived in the flat below. ‘I wonder if you were angry or surprised when I sort of made advances to you that night . . .’ he wrote to her. ‘It is only that I feel so desperately alone . . . Of course, it’s absurd to make love to someone of your age.’ A few years ago, letters were discovered in which a childhood friend, Jacintha Buddicom, revealed that when Orwell was 15 and she was 17, a bit of canoodling had accelerated into something more violent, and he had attempted to rape her. Jacintha shouted, kicked and screamed before running home with a bruised hip and a torn skirt. Afterwards, she broke off all contact with him. Nearly 60 years later, Jacintha wrote to a relative about the additional hurt she suffered when she realised he had turned her into a character in his most famous book. She wrote: ‘At least you have not had the public shame of being destroyed in a classic book as Eric did to me. Julia in Nineteen Eighty-Four is clearly Jacintha, of that I feel certain . . . in the end he absolutely destroys me, like a man in hobnailed boots stamping on a spider. ‘It hurt my mother so much when she read that book that we always thought it brought on her final heart attack a few days later. Be glad you have not been torn limb from limb in public.’ Does this mean the works of George Orwell should be removed from libraries and bookshops? Of course not. But if he is to be excused, then why not other literary heroes? The Daily Mail
What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect. Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID1. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas. Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing2 foreign donors comes first. What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’ On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good. Harriet Sergeant
Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050 ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir. De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique. Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels. La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde). Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période. Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles. (…) Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter. Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe. Michel Godet
Les pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. Jeremy Harding
La guerre, la faim et l’effondrement social n’ont pas causé des migrations massives au-delà de la frontière naturelle que constitue le Sahara. mais les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Jeremy Harding
Je dis ça sans affolement. Quand vous avez un voisin qui en 2050 sera 5 fois plus nombreux que toute l’Europe comprise, il y a une pression migratoire qui est très forte et il faut s’arranger entre voisins (européens), il faut négocier. Il faut prendre la mesure du réel d’abord. Puis il faut des négociations entre l’Europe et l’Afrique pour éviter notamment que ses forces vives quittent le continent. Tant que l’Afrique croit à ce rythme, c’est impossible (de juguler). Tous les progrès sont noyés par la progression démographique. Il faut à un moment maitriser cette croissance démographique. C’est un problème de long terme qui se jouera sur les deux générations à venir, pas avant 2050. Toutes les régions du monde ont migré. En Europe il y avait 300 millions d’habitants et 60 millions en sont partis, dont 40 millions vers les Etats-Unis. L’Afrique ne fait que reproduire des scenarii qui ont eu lieu en Europe et en Amérique latine. Et il est évident que l’Europe va faire face à une migration très forte depuis l’Afrique, c’est inévitable. [l’aide au développement] c’est une imposture. Nous allons développer un continent d’1,3 milliards, soit l’équivalent de la Chine. Et tous ceux qui se sont développés, les millions de personnes qui sont sortis de la pauvreté ces dernières décennies – les Chinois, les Indiens -, n’en sont jamais sortis par l’aide au développement. L’aide au développement va d’abord permettre à une classe moyenne qui émerge de migrer, de partir du continent. Toutes les volontés de fermer les frontières sont inutiles. Avec 6 milliards d’euros, les européens se sont achetés la paix de 2,5 millions de migrants, bloqués en Turquie. Mais c’est cynique de parler comme ça. Les gens passeront, par une porte ou une autre. C’est inévitable. Mettez-vous à la place des Africains qui voient de telles inégalités et qui pensent à leur vie ou à leurs enfants. Nous ferions pareil à leur place. Bien sûr qu’un moment l’Afrique arrivera à retenir ses forces vives, anticipe Stephen Smith. On oublie souvent qu’un tiers des européens partis en Amérique sont revenus en Europe. Ce n’est pas forcément le bonheur d’arriver en Europe, beaucoup de migrants sont déçus, et vous préférez toujours rester parmi les vôtres ». Stephen Smith
Le problème, c’est que quand vous aidez, dans un premier temps, vous créez un horizon qui est plus large: les gens commencent à penser qu’ils peuvent bouger puisqu’ils ont aussi les moyens – il faut plusieurs milliers d’euros pour entreprendre ce voyage – et donc ce ne sont pas les plus pauvres, les plus désespérés qui partent mais ceux qui commencent à sortir la tête de l’eau. Et c’est donc cet effet de seuil qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir. Stephen Smith
Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale. Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen. Stephen Smith

Vous avez dit cinquante-nuances-de-grisation du monde ?

« Fan fiction » parasite devenant succès mondial de librairie et du cinéma en fusionnant roman de gare et sadomasochisme; déboulonnage généralisé de tous nos maitres à penser, y compris les plus lucides; chef d’état-major annonçant, après l’avènement du terrorisme pour tous, la contamination de la guerre par « l’exploitation » systématiques par certains Etats « des zones d’ombre entre la paix et la guerre »;  migrants clandestins important la pratique anthropopagique au sein même des sociétés théoriquement les plus avancées; société nationale de chemin de fer ayant déjà connu des attaques terroristes sur ses passagers sommée de s’excuser pour avoir osé s’opposer à l’arrivée massive de clandestins dont on ne sait rien à bord de ses trains; conjonction annoncée d’un véritable suicide démographique d’une Europe vieillissante et d’une jeune Afrique à la démographie explosive; études montrant outre le détournement systématique et l’infiltration généralisée d’oeuvres caritatives par des pédophiles les effets contreproductifs d’une aide qui « aide en fait les gens à quitter leur pays »; intellectuelle regrettant de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable; culpabilisation entretenue d’une obligation charitable face à des gens qui au nom de leur droit à la liberté en abusent ou même la refusent; apologie de l’ouverture à tous crins et dénonciation du repli identitaire par des élites protégées des conséquences des décisions qu’elles imposent aux plus vulnérables; procès concernant des centaines de victimes tournant à la farce; hommage national d’un chanteur de rock se finissant en crêpage de chignons médiatique

En ces temps de plus en plus étranges …

Où avec la dénonciation comme fascisme ou repli de toute barrière ou protection …

La perte des repères se généralise et se mondialise …

Comment ne pas repenser aux prophéties à présent centenaires de nos poètes …

Annonçant la « dislocation de toutes choses et le déchainement de l’anarchie sur le monde » (Yeats) ou la « dégénérescence de la connaissance en une pagaille de visions subjectives », le  « remplacement de la justice par la pitié » et la « disparition de toute crainte de représailles » (Auden) …

Et  surtout ne pas voir avec René Girard …

Que loin des représentations fondamentalistes d’une brutale rétribution divine à venir …

Cette fameuse Apocalypse annoncée depuis plus de 2000 ans qui est avant tout et étymologiquement dévoilement …

Pourrait bien en fait sous l’effet de la privation, initiée par le Christ lui-même, du recours multimillénaire à la violence légitime …

Avoir tout simplement déjà commencé  ?

Migrations : « La Ruée vers l’Europe », le livre qui dérange
EXCLUSIF. Que dit Stephen Smith, spécialiste de l’Afrique, des migrations vers l’Europe ? Sa principale thèse : le développement économique du continent les alimente.
Le Point Afrique
01/02/2018

Ce n’est que dans les années 2000 que l’Europe grisonnante a pris conscience de son déclin démographique, du vieillissement de sa population et des effets à long terme sur l’emploi et les retraites. Dans le même temps, l’Afrique s’est mise à rimer avec boom démographique. Une explosion initiée dans les années 1930 par des politiques de développement de la France et de la Grande-Bretagne, qui entendaient recadrer leur « mission civilisatrice ». C’est récemment aussi que la « tragédie statistique » de l’Afrique a commencé à préoccuper sa voisine européenne en matière de politique migratoire. Cette exceptionnelle jeunesse, Stephen Smith, spécialiste de ce continent qui est à la fois à part et déjà mondialisé, en fait la matrice de l’avenir où viennent aussi se télescoper une pauvreté persistante, les conflits armés, la montée des extrémismes religieux, les défis sanitaires, urbains, économiques, l’affrontement entre les générations.

Mais la ruée vers l’Europe est-elle inéluctable ? Partant de cette « loi des grands nombres » démographique, Smith répond par l’affirmative. Tout en s’écartant des afro-pessimistes, il ne tombe pas dans l’optimisme béat des tenants de l’Afrique qui gagne. Pour lui, dans le cadre d’une telle explosion de population, c’est le développement économique de l’Afrique qui va nourrir cette levée en masse, ceux qui partent constituant le sel même de ce continent. Sur ce sujet complexe, qu’il traite du point de vue africain, il prend donc à rebrousse-poil certaines idées reçues, envisageant plusieurs scénarios, dont il évalue la probabilité et les conséquences. Au final, il signe un ouvrage indispensable pour bien comprendre l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies.

Extraits

Le codéveloppement alimente la ruée

Les pays du Nord subventionnent les pays du Sud, moyennant l’aide au développement, afin que les démunis puissent mieux vivre et – ce n’est pas toujours dit aussi franchement – rester chez eux. Or, ce faisant, les pays riches se tirent une balle dans le pied. En effet, du moins dans un premier temps, ils versent une prime à la migration en aidant des pays pauvres à atteindre le seuil de prospérité à partir duquel leurs habitants disposent des moyens pour partir et s’installer ailleurs. C’est l’aporie du « codéveloppement », qui vise à retenir les pauvres chez eux alors qu’il finance leur déracinement. Il n’y a pas de solution. Car il faut bien aider les plus pauvres, ceux qui en ont le plus besoin ; le codéveloppement avec la prospère île Maurice, sans grand risque d’inciter au départ, est moins urgent… Les cyniques se consoleront à l’idée que l’aide a rarement fait advenir le développement mais, plus souvent, servi de « rente géopolitique » à des alliés dans l’arrière-cour mondiale.

Dans un reportage au long cours titré The Uninvited, « les hôtes indésirables », Jeremy Harding, l’un des rédacteurs en chef de la London Review of Books, a pointé avec ironie le dilemme du codéveloppement : « des pays nantis – par exemple, les pays membres de l’UE – qui espèrent décourager la migration depuis des régions très pauvres du monde par un transfert prudent de ressources (grâce à des accords bilatéraux, des annulations de dettes et ainsi de suite) ne devraient pas être trop déçus en découvrant au bout d’un certain temps que leurs initiatives ont échoué à améliorer les conditions de vie dans les pays ciblés. Car un pays qui réussirait effectivement à augmenter son PIB, le taux d’alphabétisation de ses adultes et l’espérance de vie – soit un mieux à tout point de vue – produirait encore plus de candidats au départ qu’un pays qui se contente de son enterrement en bas du tableau de l’économie mondiale. » Les premiers rayons de prospérité pourraient bien motiver un plus grand nombre d’Africains à venir en Europe. Pourquoi ? Les plus pauvres parmi les pauvres n’ont pas les moyens d’émigrer. Ils n’y pensent même pas. Ils sont occupés à joindre les deux bouts, ce qui ne leur laisse guère le loisir de se familiariser avec la marche du monde et, encore moins, d’y participer. À l’autre extrême, qui coïncide souvent avec l’autre bout du monde, les plus aisés voyagent beaucoup, au point de croire que l’espace ne compte plus et que les frontières auraient tendance à disparaître ; leur liberté de circuler – un privilège – émousse leur désir de s’établir ailleurs. Ce n’est pas le cas des « rescapés de la subsistance », qui peuvent et veulent s’installer sur une terre d’opportunités. L’Afrique émergente est sur le point de subir cet effet d’échelle : hier dépourvues des moyens pour émigrer, ses masses sur le seuil de la prospérité se mettent aujourd’hui en route vers le « paradis » européen.

« La Ruée vers l’Europe », de Stephen Smith (Grasset, 272 pages, 19,50 euros). Parution le 7 février

Voir aussi:

Migrants : « L’aide au développement de l’Afrique aide les gens à partir »

Stephen Smith, journaliste, écrivain, enseignant, spécialiste de l’Afrique et qui publie La ruée vers l’Europe, est l’invité du Grand Soir 3 ce mardi 6 février.

France 3


L’Union européenne compte 510 millions d’habitants en 2018 et en comptera 450 en 2050. En parallèle, l’Afrique compte 1,25 milliard d’habitants et en comptera 2,5 milliards en 2050. Pour Stephen Smith, la jeune Afrique va se ruer sur le Vieux continent, c’est inscrit dans l’ordre des choses. « C’est la loi des grands nombres. l’Afrique crée des hôpitaux et des écoles pour la population actuelle, mais tous les quinze ans, il y a deux fois plus d’habitants« , explique l’auteur du livre La ruée vers l’Europe.

Les aides des pays occidentaux à l’Afrique « fonctionnent parfois, mais ce ne sont pas les plus pauvres ni les plus désespérés qui partent, ce qui fait que dans un premier temps l’aide aide les gens à partir », affirme l’enseignant spécialiste de l’Afrique.

« Il faut faire du tri »

Il rappelle que « 60 millions d’Européens sont partis au moment de la transition démographique du Vieux continent, dont 40 millions aux États-Unis. L’Afrique en est là. Il n’y a rien d’exceptionnel ».

Stephen Smith juge la politique envers les migrants d’Emmanuel Macron « cohérente, réaliste. Il faut faire du tri. Une frontière est là pour que la barrière se lève et se baisse. Les migrants comme leurs hôtes doivent pouvoir s’épanouir ».

Voir également:

Stephen Smith, journaliste et écrivain, spécialiste de l’Afrique était l’invité de Bourdin Direct ce jeudi. Pour lui, les États européens vont devoir négocier entre eux pour faire face à la forte pression migratoire en provenance de l’Afrique ces prochaines décennies.

Europe 2050 : ce suicide démographique que rien ne semble pouvoir arrêter

Quel silence assourdissant face au suicide démographique de l’Europe à l’horizon 2050[1] ! Les projections démographiques des grandes régions du monde d’ici là sont connues et réévaluées tous les deux ans par les Nations unies et régulièrement par Eurostat pour les Etats membres de l’Union européenne[2], mais il faut être un spécialiste des bases de données pour s’en servir.
Michel Godet

Atlantico
21 Février 2018

De fait, personne n’en parle, surtout à Bruxelles où l’on préfère produire des rapports sur les révolutions technologiques, le développement durable ou la transition énergétique.

Nous devons remplir notre fonction d’alerte, même si nous savons que nous ne serons plus là en 2050 pour regretter de ne pas avoir été entendus. Contrairement à l’Amérique du Nord qui verrait sa population augmenter de 75 millions d’habitants (soit deux fois moins que l’Amérique du Sud), l’Europe pourrait stagner autour de 500 millions d’habitants et perdre 49 millions de personnes en âge de travailler dans la tranche des 20-64 ans, dont 11 millions pour l’Allemagne. L’Espagne et l’Italie devraient aussi perdre de 7 à 8 millions d’actifs potentiels.

La France pourrait se réjouir de quasiment rattraper l’Allemagne, ce qu’en réalité le Royaume-Uni devrait réaliser avant elle. Il est illusoire de se réjouir d’une telle perspective car nos voisins sont aussi nos principaux débouchés : 87% de ce qui est produit en France est consommé en Europe dont 70% pour la France, et 17% pour les exportations (56% des 30% exportés dans le monde).

LA TECTONIQUE DÉMOGRAPHIQUE

Les autres enseignements de la tectonique démographique d’ici à 2050 ne sont pas moins interpellants : la Chine, le Japon et la Russie perdraient respectivement 38 millions, 20 millions et 15 millions d’habitants alors que l’Inde augmenterait de près de 400 millions d’habitants et dépasserait la Chine d’au moins 300 millions d’habitants. La saignée sera particulièrement forte pour la tranche d’âge des 20-64 ans d’ici à 2050 : – 22 millions pour la Russie, -20 millions pour le Japon et – 195 millions pour la Chine. Les Etats-Unis verraient leurs actifs potentiels augmenter de presque 20 millions dans la période.

Il faudra des bras et des cerveaux pour compenser ces pertes d’actifs. Chance ? Dans le même temps, la population de l’Afrique devrait augmenter de 1,3 milliard, dont 130 millions rien que pour l’Afrique du Nord. C’est dire que la pression migratoire sur l’Europe va être plus forte que jamais ! Ce choc démographique (implosion interne et explosion externe), l’Europe n’en parle pas et ne s’y prépare pas. Tout se passe comme si le tsunami démographique était moins important que la vague numérique. Pour que cesse l’omerta, nous invitons nos interlocuteurs à imaginer quelques millions de réfugiés climatiques en provenance d’Asie ou encore plus de réfugiés politiques et économiques en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Relevons que si 1% du surcroît de la population africaine s’installait en France d’ici à 35 ans (ce qui est aussi proche de nous que 1980), cela ferait quand même 13 millions d’habitants en plus dans l’hexagone d’ici à 2050, soit 20% de plus ! Quand on songe que l’Union européenne a été fragilisée et ébranlée en 2015 par un million de réfugiés dont les trois-quarts politiques, on se rend compte que l’Europe ne devrait pas attendre pour se préparer à de telles perspectives. Elle devrait s’inspirer du Canada qui n’hésite pas à pratiquer une politique de quotas en fonction des besoins du marché du travail. Et aussi encourager la relance de la fécondité dans le vieux continent. Car l’intégration se fait d’abord par le brassage des cultures dans les écoles.

En Europe et au Japon, la croissance du PIB a été supérieure dans les années 1980 à celle des années 1990 : 2.5% contre 2.3% en Europe et 4.6% contre 1.1% au Japon. Au cours de ces deux décennies, la croissance du PIB des États-Unis est supérieure d’environ un point à celle de l’Europe. L’explication est essentiellement (pour plus de la moitié) démographique, car l’écart de croissance du PIB par habitant n’est que de 0.2 point plus élevé outreAtlantique qu’en Europe sur les mêmes périodes. En effet, la croissance démographique, de l’ordre de 1% par an aux Etats-Unis, est depuis le début des années 60, deux à trois fois plus élevée qu’en Europe. Une autre partie de l’explication de la croissance du PIB plus élevée aux Etats-Unis est à rechercher du côté du taux d’emploi et de la durée annuelle du travail plus élevés[4]. Si les Américains avancent plus vite, c’est parce qu’ils sont plus nombreux et rament plus. Nous avons retenu un panel de 23 pays, membres depuis longtemps de l’OCDE : Belgique, Danemark, Allemagne, Irlande, Grèce, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Autriche, Portugal, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Islande, Norvège, Suisse, Etats-Unis, Japon, Canada, Australie et Nouvelle- Zélande. A partir de la base de données Ameco de la Commission européenne, nous avons calculé pour chaque pays et sur la période 1993-2015 la moyenne des variations annuelles (en %) de la population totale d’une part et la moyenne des variations annuelles (en %) du volume du PIB/habitant d’autre part. Le nuage de 23 couples de données que nous obtenons s’ordonne significativement d’un point de vue statistique autour d’une droite de régression avec un R2 de 0,42.

Quand il y a trop de sable, le ciment ne prend pas. Pour accueillir le maximum de sable, il faut plus de ciment, c’est-à-dire d’enfants parlant la langue du pays quelle que soit leur couleur. Bref, pour rester ouvert au monde, il faudrait relancer la fécondité en Europe dès maintenant. Mais qui parle de politique familiale dans une Europe qui permet qu’il y ait des hôtels et lieux de vacances réservés aux adultes, interdits aux enfants et tolérant seulement les animaux familiers ! Les médias commencent tout juste à s’alarmer du fait qu’en 2016 pour la première fois, en Europe, le nombre de cercueils a dépassé celui des berceaux. Il est intéressant de relever que c’est le cas en Allemagne depuis 1971, de l’Italie depuis 1991, de l’Espagne depuis 2016, de la Russie depuis 1991, du Japon depuis 2006. Le tour de la Chine viendra en 2028. Le phénomène ne devrait concerner la France, voire les Etats-Unis, qu’après 2050. On ne fabrique pas de berceaux avec des cercueils. Le suicide démographique de la vieille Europe est annoncé mais il est encore temps : la bonne prévision n’est pas forcément celle qui se réalise mais celle qui conduit à l’action pour l’éviter.

CHEVEUX GRIS ET CROISSANCE MOLLE[3] 

Il est classique d’attribuer la forte croissance économique de l’après-guerre en Europe à la reconstruction et au rattrapage par rapport aux Etats-Unis. Ces trente glorieuses ont coïncidé avec la vague démographique. Il est plus rare de relever que dans les années 50 et 60, l’augmentation de la productivité apparente du travail était deux à trois fois plus élevée que dans les années 80 et suivantes alors qu’à l’époque il n’y avait pas d’ordinateurs et qu’on ne parlait pas de révolution technologique. Comment ne pas voir dans cette productivité élevée, un effet de courbe d’expérience et de baisse des coûts unitaires de production dans des marchés en expansion continue ? A l’inverse, la croissance économique comme celle de la productivité n’ont cessé de ralentir aux Etats-Unis, en Europe et au Japon depuis le début des années 1980.

Les chercheurs s’interrogent sur les causes du ralentissement concomitant de la croissance et de la productivité alors que les révolutions technologiques de l’information et de la communication (TIC), des biotechnologies, des nanotechnologies ou des énergies (nouvelles et stockage) sont plus que jamais perceptibles. C’est le fameux paradoxe de Solow (on trouve des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de productivité). Curieusement, ces mêmes chercheurs ne s’interrogent pas sur le lien qu’il pourrait y avoir entre ce ralentissement de la croissance et le vieillissement démographique des anciennes zones développées : Etats-Unis, Japon, Europe.

QUAND LA VAGUE NUMÉRIQUE CACHE LE TSUNAMI DÉMOGRAPHIQUE

A la Commission européenne, mais aussi dans la plupart des instances internationales et nationales, la question du lien entre démographie et croissance est rarement évoquée. Les rapports sur la technologie, l’innovation, la compétitivité sont légions. L’homme n’est abordé que comme capital humain, et sous l’angle de la formation, considérée à juste titre comme un investissement et un facteur de croissance à long terme. La démographie n’est traitée qu’à travers le vieillissement par le haut et les problèmes qui en découlent pour l’équilibre des systèmes de retraites, les dépenses de santé, la prise en charge de la dépendance, mais quasiment jamais relativement aux conséquences du vieillissement par le bas sur la croissance et sur la place de l’Europe dans le monde. En 2000, l’ambitieuse stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi misait essentiellement sur les technologies de l’information et l’économie de la connaissance pour assurer à l’Europe son avenir et sa puissance sur la scène internationale à l’horizon 2010. A presque mi-parcours, le rapport Wim Kok (2004) maintenait le cap sur la société de la connaissance et un développement durable pour une Europe élargie et consacrait, fait nouveau, une petite page au vieillissement de l’Europe. Ce dernier pouvait faire baisser le potentiel de croissance de l’Union d’un point (autour de 1% au lieu de 2%) d’ici à 2040. Mais rien n’était dit des évolutions démographiques comparées de l’Europe avec les Etats-Unis. Oubli d’autant plus remarquable que les mêmes comparaisons sont systématiques pour l’effort de recherche, l’innovation et la mesure de la productivité.

LES EFFETS MULTIPLICATEURS DE LA DÉMOGRAPHIE

Comme le disait Alfred Sauvy, les économistes « refusent de voir » le lien entre croissance économique et dynamique démographique et ne cherchent donc pas à le vérifier. Pourtant, les Trente Glorieuses et le baby-boom sont allés de pair, et l’essor des Etats-Unis s’explique sans doute, aussi, par une meilleure santé démographique. Depuis trente ans, le taux de fécondité y est en moyenne de près de 2,1 enfants par femme, contre 1,5 dans l’Europe ; la population, du fait aussi d’importants flux migratoires, continue d’augmenter fortement. La comparaison des taux de croissance entre l’Europe et les Etats-Unis fait généralement appel à la technique pour expliquer des différences sur le long terme. On peut se demander s’il n’y a pas aussi un effet de « multiplicateur démographique». Cette hypothèse permet de mieux comprendre pourquoi la croissance et, surtout, les gains de productivité des années 1950 et 1960 ont été en moyenne deux fois plus élevés que dans les années 1980 et 1990, marquées pourtant par les révolutions techniques, sources théoriques de gains de productivité. Avec la nouvelle économie, la question paraissait résolue, les Etats-Unis connaissant une période de forte croissance économique avec des gains de productivité (apparente du travail) bien supérieurs à ceux de l’Europe. N’était-ce pas la preuve du décrochage technologique de l’Europe par rapport aux Etats-Unis ?

On peut douter de cette explication maintenant que l’on connaît les statistiques validées pour le passé. Dans les années 1980, la croissance du PIB par actif était comparable dans les deux zones (autour de 1.5%) avec un léger avantage pour l’Europe dans les années 1980. Cependant, depuis les années 1990, l’Europe semble décrocher par rapport aux Etats-Unis, dont la productivité apparente (PIB/actif occupé) a augmenté de plus de 2% par an dans les années 1990 et 1.5% par an jusqu’en 2007, 1% depuis la crise. Dans le même temps, la hausse de la productivité de l’Europe est passée de 1.7% dans les années 1990 à 1% par an entre 2000 et 2007 pour s’effondrer à 0.3% depuis 2008. La question est donc posée : faut-il attribuer cet écart au gap technologique ou au gap démographique ? Nous avançons l’hypothèse que ce dernier facteur joue un rôle déterminant car le fossé démographique se creuse plus que jamais. Tous les habitants ne sont pas actifs, mais le nombre d’heures travaillées explique l’essentiel de la différence de niveau de productivité apparente du travail par actif employé, puisque les Américains travaillent 46% de plus que les Français par an. S’ils travaillent, c’est qu’il y a une demande solvable à satisfaire, peut-être aussi plus soutenue qu’ailleurs pour cause d’expansion démographique. Si l’on renonce à l’hypothèse d’indépendance entre les deux variables « PIB par habitant » et « croissance démographique », alors nous pouvons avancer une nouvelle hypothèse, celle d’un multiplicateur démographique qui serait à l’origine d’une part importante des gains de productivité plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe. Généralement, les économistes (se référant à la fameuse fonction de production de Cobb-Douglas) expliquent la croissance par trois facteurs : le capital, le travail et le progrès technique. Revenons aux sources : la productivité est le résidu de croissance supplémentaire, qui ne s’explique pas par l’augmentation des facteurs de production (capital et travail). Faute de mieux, on attribue ce surcroît de croissance du PIB par actif au progrès technique (en l’occurrence la diffusion des technologies de l’information), ce qui est une manière positive de désigner le résidu non expliqué.

Voir de même:

Does aid do more harm than good?

The Oxfam abuse scandal has revealed a sinister side to international charities

The Spectator

17 February 2018

What a scandal for our times. Oxfam, that upholder of modern-day virtue, unassailable in its righteousness, buried for seven years that its aid workers exploited young girls. The men abused their power to have sex with desperate victims of the Haiti earthquake — the very people they were supposed to protect.

Michelle Russell of the Charity Commission is clear about the deception. ‘We were categorically told by Oxfam; there were no allegations of abuse of beneficiaries. We are very angry and cross about this.’

Nor was this a one-off. Helen Evans, the charity’s global head of safeguarding, begged senior staff, ministers and the Department for International Development to act. She had uncovered sexual abuse allegations both abroad — three in one day — and in Oxfam’s charity shops. Nothing was done.

This is the same Oxfam that recently blamed capitalism for world poverty and set up deck chairs in Trafalgar square to protest against corruption and tax havens. Now the virtue signallers are hoisted on the shard of their own fallibility. Compared with the emerging sins of our aid agencies, tax havens look almost benign.

Sadly Oxfam is not alone. Andrew Macleod, former chief operator of the UN Emerging Coordination Centre, contends paedophiles and ‘-predatory’ sex abusers use the halo of charity work to get close to desperate women and children. ‘You have the impunity to do whatever you want. It is endemic across the aid industry and across the world.’ He warns the infiltration of the aid industry by paedophiles is on the scale of the Catholic church — if not bigger. The difficult truth is that ‘child rape crimes are being inadvertently funded in part by the United Kingdom taxpayer’.

These revelations threaten to extinguish the virtuous glow that has protected the aid industry from scrutiny. We should seize the opportunity. Is the £13.5 billion we spend on aid each year doing its job? What is its impact on the countries it is supposed to transform at the local and on the national level?

Until now the aid industry has escaped such examination. It is astonishing to learn that aid effectiveness was not even seen as a priority until 2005. Evaluations still use dubious methods, Jonathan Foreman points out in his excellent report ‘Aiding and Abetting’ (Civitas 2013). One man recalls being told about a splendid school in a village in Pakistan. He had visited the village the week before. There had been no school.

The aid industry has manipulated public opinion with the help of celebrities and politicians eager for the glitz of poverty porn. It’s a powerful and cosy lobby. Oxfam and Save the Children are prime overseas contractors for the DfID. Many DfID workers are former activists from the NGO sector. Western media depend on aid agencies for access and transport in conflict areas.

Most of us would back humanitarian aid and international help when disaster strikes. Few would argue with aid that is there for a specific purpose and ends when that purpose is accomplished. But that is not the same as the open-ended commitment demanded by aid agencies. An Oxfam advert sums up the myth we have been sold: ‘Together we can end extreme poverty for good. Will you join in?’ Who can resist that exhortation? Who wants to sound like a spoilsport by questioning how much must be spent, for how long and how do we judge the job done?

Dambisa Moyo, a global economist from Zambia, points out the first world has sent more than $1 trillion to Africa over the past 50 years. Far from ending extreme poverty, this fabulous sum promoted it. Between 1970 and 1998, when aid flows to Africa were at their peak, poverty in Africa rose from 11 per cent to a staggering 66 per cent. Of course there are other factors. But in her book Dead Aid, Moyo states, ‘Aid has been and continues to be an unmitigated political, economic and humanitarian disaster for most parts of the developing world.’

Indeed the more development aid a country receives, the less likely it is to enjoy economic success. In 1957, Ghana boasted a higher per capita GDP than South Korea. Thirty years later, it was lower by a factor of ten — the toxic effect of official development aid being one factor. On the other hand, South Korea, Singapore and Malaysia, the recipients of relatively little aid, flourished. Aid distorts home markets. Food aid, for example, causes agricultural sectors to shrink and makes famine more rather than less likely. As Moyo puts it, in no other sector, business or politics, are such proven failures ‘allowed to persist in the face of such stark and unassailable evidence’.

Aid does little to promote peace, security, trade and good governance. If anything, it hinders effective government. The cascade of aid money permits government to abdicate its responsibility to fund health care, education and infrastructure. It promotes a disconnect between a government and its citizens. When foreign donors cover 40 per cent of the operating budgets of countries such as Kenya and Uganda, why would leaders listen to their citizens? Schmoozing foreign donors comes first. As Moyo says, ‘Long, long lines of people have stood in the sun to vote for a president who is effectively impotent because of foreign donors or because glamour aid [in the form of Bob Geldof or Bono] has decided to speak on behalf of a continent.’

What Africa needs is not more ‘Band Aid solutions’ but jobs for the 60 per cent of Africans under the age of 24. ’And aid,’ as Moyo says, ‘has never created a single job.’

If aid too often fails countries on the national level, what about locally? Surely local projects must be wholly beneficial? The problem is they come with a catch.

When Mary Wakefield wrote about the UN’s ‘sex for food’ scandal, she mentioned the 2006 report by Save the Children into the effect of the aid cavalcade in Liberia. The report is invaluable because it gives the actual recipients of our aid a voice. Mostly we only have the word of the charities.

The welcome distribution of aid, it soon became clear, went hand in hand with increasing numbers of children caught up, as their parents complained, in ‘man business’. The (mostly) girls ranged from eight to 18. Levels of desperation in the town and the nearby refugee camp meant ‘as soon as they see their “tete” [breasts] coming up then they jump into this man business’. Prostitution had not been common before, and certainly not among children. Teenage pregnancies soared.

All focus groups and individuals interviewed ‘without exception mentioned NGO workers’. As one girl said, ‘I have been asked more than 20 times by men to go with them for money. All are NGO workers.’ The report goes on, ‘It is clear that sex with underage girls by humanitarian workers continues openly.’ Communities were afraid to report NGO staff, ‘as they were concerned that the assistance provided by the NGO might be withdrawn’.

Save the Children noted an alarming trend. ‘Communities were increasingly resigned to the fact that sex in exchange for services was another method of survival.’ Like those African governments dependent on aid, the adults had lost all self-determination. They were rendered as helpless in the hands of the foreign donor as their politicians.

On Radio 4’s Today programme this week, Madeleine Rees, a human rights lawyer, insisted: ‘The majority of aid does good.’ She went on, ‘Who is going to get hurt if the aid budget is destroyed?’ Of course, like obedient children, we are meant to reply, ‘The poor.’ But as more and more stories emerge about waste and abuse, I wonder if aid doesn’t do more harm than good.

POLEMIQUE Cette note adressée aux contrôleurs leur demande notamment de recueillir le maximum d’informations sur les migrants. La direction de la SNCF affirme qu’elle n’en avait pas connaissance et qu’elle a été retirée…

Mickaël Bosredon

Une note interne de la SNCF, datée du 16 février et envoyée par l’établissement de Bordeaux aux 600 contrôleurs de la région, et que 20 Minutes s’est procurée, suscite l’indignation en interne depuis lundi.

Intitulée « Présence groupe de migrants à bord », cette note demande aux contrôleurs, s’ils remarquent « un groupe constitué de population migrante » à bord des trains ou sur les quais, d’en « aviser l’escale », « d’essayer, si la situation le permet, de recueillir le maximum d’informations [nombre de personnes, présence d’enfants, gare de destination, raison de cette mobilité…] » enfin « rédiger un rapport circonstancié et factuel. »

La SNCF fait marche arrière

Contactée mardi par 20 Minutes, Séverine Rizzi, du syndicat CGT des cheminots de Bordeaux, estime que cette directive revient à « demander aux contrôleurs, dont ce n’est pas le but, de classer les migrants et de se comporter comme une milice de la préfecture. Il faudrait ainsi identifier les groupes de migrants, avant même de savoir s’ils ont ou pas un billet. »

Dans un communiqué, la CGT ajoute qu’il s’agit « d’une incitation à des pratiques de discrimination et de délation vis à vis d’une population d’usagers de par leurs origines ou leur apparence physique (…) Pire, les préconisations sous entendent que des usagers d’origine étrangère qui voyageraient en groupes seraient soit disant dangereux et en situation de fraude. »

« Dans le contexte actuel, que les contrôleurs puissent s’entendre dire qu’ils feraient la chasse aux migrants est inacceptable », poursuit la syndicaliste. Une réunion entre direction et syndicats est prévue ce mercredi à 14h30. Mais mardi en fin d’après-midi, la SNCF a tenté de déminer l’affaire. Elle affirme que cette note est « le fruit d’une initiative personnelle » et que « la direction régionale n’en avait pas connaissance et ne l’a donc pas validée ».

Une nouvelle note sera diffusée

Par ailleurs, « il a été demandé, dès connaissance de cette note par la direction mardi en tout début d’après-midi, de ne plus la diffuser car elle est en effet incomplète et fait preuve de maladresses ». Enfin, « cette note ne reflète en aucun cas la politique nationale de SNCF qui se doit de communiquer les coordonnées des services pouvant aider les populations concernées par la crise migratoire. »

D’ici à mercredi, « une nouvelle note sera diffusée et portera sur les “gestes métiers” à tenir de manière globale pour toute personne non munie de billet ». La CGT demande effectivement la diffusion d’une note revenant sur ces préconisations, et rappelant les missions des contrôleurs.

Voir encore:

Clichy-sous-Bois : trois hommes arrêtés pour anthropophagie

Ils ont violemment mordu leur victime à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant de consommer les morceaux.

Julien Constant

Le Parisien
19 février 2018

Trois Capverdiens ont été interpellés, dimanche soir à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), pour violences volontaires, acte de barbarie et anthropophagie ayant entraîné une mutilation permanente.

Vers 18 heures, allée Hector-Berlioz, quatre hommes se disputent pour une histoire d’argent. Trois hommes se liguent pour en frapper un quatrième. Ils le mordent violemment à la lèvre inférieure et à l’oreille gauche avant d’ingérer les morceaux de chair arrachés. La victime se défend en portant des coups à ses agresseurs. Elle parvient à blesser l’un d’eux à une cheville.

La police et les secours sont finalement intervenus. Les trois agresseurs ont été arrêtés. Les deux blessés, victime et agresseur, ont été transportés à l’hôpital de Montfermeil (Seine Saint-Denis). Le commissariat est chargé de l’enquête.

Voir de plus:

Retraite : les fonctionnaires japonais pourront travailler jusqu’à 80 ans

Le gouvernement japonais vient d’annoncer que l’âge limite de la retraite des fonctionnaires sera repoussé à 80 ans, contre 70 ans actuellement.

Pour sauver son système de retraite, le Japon n’y va pas par quatre chemins. Le gouvernement conservateur du Premier ministre Shinzo Abe vient d’annoncer, selon la RTBF, que l’âge limite de départ à la retraite des fonctionnaires s’établira à 80 ans, contre 70 ans actuellement. Une solution extrême pour un problème radical : le taux de natalité du Japon est le deuxième plus faible du monde – après la Corée du Sud – avec 1,4 enfant par femme, très loin du seuil de renouvellement établi à 2,1 enfants par femme. Cette mesure de rallongement permettrait ainsi de contenir le déficit budgétaire des retraites.

Conscient de l’ampleur du chantier, le gouvernement a précisé que, pour le moment, cette réforme ne s’appliquerait que sur la base du volontariat. Et le nombre de candidats potentiels ne manque pas : 27,7% des Japonais ont plus de 65 ans selon le National institute of sopulation and social security research (NIPSSR), l’Insee japonais. Parmi eux, 20% sont encore actifs. Il faut dire qu’ils n’ont pas véritablement le choix : 19% des seniors vivent sous le seuil de pauvreté.

Un autre élément vient compliquer la situation : le taux de chômage dans le pays s’élève à 2,8 % de la population. Il n’y a donc plus assez de demandeurs d’emplois, notamment dans la fonction publique. Et toujours selon le NIPSSR, le pays devrait perdre 39 millions d’habitants dans les 50 prochaines années, soit près du tiers de sa population actuelle.

This election season, the candidacy of Donald Trump has provoked a crise de conscience in the ranks of conservatives. But whatever our sympathy for those who banded together to oppose Trump in the January 21 issue of The National Review or for the politicians who have brawled with him on stage, and of whatever use such gestures are politically, they surely have had little value in clarifying the crisis of conservatism that has led to Trump’s rise. Instead of focusing on Trump’s business practices and on the ignorance of his supporters, conservatives might do well to consider the possibility that his success reflects an objective political reality: the relative uselessness in a victimocracy of taking “conservative positions,” when the more urgent task is to relegitimize the liberal-conservative dialogue through which policy has traditionally gotten made in a democratic republic. In a word, restoring the art of the deal.


As the defense of the legitimacy, if not the perfection, of the status quo, conservatism is less a doctrine than a rule of thumb, the simplest version of which is no doubt William F. Buckley’s “standing athwart history yelling ‘Stop!’” In the left-right dichotomy born with the seating arrangement in the Assemblée Nationale in 1789, the left defends the moral model of reciprocal equality while the right defends the privileges of firstness in the service of the community. For the left, inequality of reward, if not of power, is in principle illegitimate, and can be tolerated only out of necessity. For the right, social hierarchy, the reward of firstness, is valid in principle. The right is not necessarily conservative; the far right can be as militant in its defense of privileges as the far left in its attack on them. The beginnings of the moderate right philosophy that can specifically be called conservatism were defined in Edmund Burke’s 1790 Reflections on the Revolution in France as what we might call a zero-based philosophy of social change: if it ain’t broke, don’t fix it; appreciate the fact that it works at all.

As this suggests, with the extremes removed, the two sides are not symmetrical. The left demands major changes in the system, and seeks to accrue more power to the government in order to implement them. The right tends to find the system basically acceptable and agrees to change it only reluctantly, except perhaps to walk back some of the left’s changes. Yet the very fact of sitting in the same chamber implies that the two sides hope to reach a compromise through negotiation—as was still the case in 1789. As applied to non-revolutionary parliamentary situations, the right realizes that the left can disrupt the social order if its demands are not met; the left realizes that when the disruption reaches a certain level, the state, even under a left-leaning administration, must defend this order by force. So long as both sides sit together, they tacitly agree, as Churchill put it in a different context, that jaw jaw is preferable to war war.

This system has functioned, not without crises, throughout the history of American democracy. In particular, from the late 19th century through the 1950s, the elected representatives of the various regional, industrial, occupational, and other interest groups, most notably the countervailing market forces of capital and labor, negotiated over specifics while largely confining their moral arguments to rhetoric to rally their supporters. Conservatism was never a major consideration throughout this period; the Republican party, representing large and small business interests, generally took a Burkean perspective (exception: Teddy Roosevelt), but was little concerned with doctrine as such.

But since 1989, the perspective of the New Left, which began in the 1960s as a campus-based opposition to the Vietnam War and came to attack liberal democracy itself, has gone mainstream. After the fall of the USSR, the left no longer needed affirm the superiority of liberal democracy over communism; it was the only game in town. And now that the market system is tacitly understood by both sides to be the final system—Fukuyama’s end of history—a permanent quasi-revolutionary situation is paradoxically reestablished. Since the system is in principle invulnerable, there is no a priori limit to the degree of unrest it can tolerate. The result is an attitude analogous to the behavior of naughty children secure in their parents’ care, one that flourishes more freely on university campuses than in serious workplaces, but which nonetheless increasingly sets the tone for the Democratic party, as Sanders’ surprising success has revealed. In particular, there has been a growing tendency on the left to replace its formerstructural focus—defending labor against capital—by a fight against inequality attributed toascriptive differences—seeking justice within the Nazi-Jew/master-slave/colonizer-colonized model.

Because even in the past the left tolerated but never truly embraced the model of politics as negotiation among countervailing interest groups, the right has remained largely unaware of the revolutionary potential of this new development. In political terms, it is far easier to justify wealth differentials along structural lines than to defend against the attribution of differentials among ascriptive groups to “white privilege.”

Traditional conservatives, unprepared for this change in configuration, have been blind-sided by the resulting accusations of race and gender prejudice. The term “PC,” by which conservatives refer to the victimary phenomenon when they do so at all, reduces it to a matter of etiquette, ignoring its deeper political implications. The Republican presidential candidates have almost entirely avoided victimary issues despite their preponderance in the Democratic program: reducing incarceration and criminal prosecution, restraining the police, raising women’s pay from “77 cents on the dollar” and granting women sex-related health benefits, granting “transgendered” boys access to women’s bathrooms, identifying voter-ID laws with “voter suppression,” and generally treating Wall Street, the “one percent,” “millionaires and billionaires” and “the Koch brothers” not merely as greedy cheats but as sustainers of “white privilege”—not to speak of encouraging the “crybullying” about racism and the “rape culture” that goes on at college campuses. Only Trump and, while he was active, Ben Carson (whose recent endorsement of Trump confirms their agreement on this point) have conspicuously denounced PC, and none have made it the focus of their campaigns, except on the point of limiting immigration, which Trump has made so to speak his trump card.

And it goes unmentioned on the right as well as the left that the result of the latter’s promotion of minority concerns not as group interests but in the guise of victimary social justice is that, while its bureaucratic saviors enrich themselves, the minority community has experienced previously unknown levels of social disintegration, with results clearly visible in Detroit, Baltimore, Washington DC, Saint Louis…. There are precious few fora to the left of the ominous “alt-right” where such concerns can be aired.


As I pointed out in Chronicle 508, Trump embodies far more than he articulates resistance to the victimocracy. Yet this is indeed an issue concerning which, at this historical moment, embodiment is more important than articulation. Although Trump rarely denounces PC by name, his demeanor loudly proclaims his rejection of White Guilt—unlike Bernie, he has no trouble telling Black Lives Matter protesters that “all lives matter.” Trump’s unexpected staying power—leading to his “presidential” performance at the March 10 debate—reflects to my mind far more than attractiveness to the benighted bearers of poor-white resentment. On the contrary, Trump’s continual emphasis on “deals” suggests a sharp intuition of how to adapt conservatism to the current victimocratic context. Before we can exercise Buckley’s Burkean resistance to unnecessary change, we have to return to the left-right dichotomy of the Assemblée Nationale. What is required at this moment is not conservatism as usual, butsecond-degree conservatism, metaconservatism.

The contempt of the voting public for Washington’s inability to “get anything done” reflects the fact that under the current administration, the shift of Democratic politics from liberalism to progressivism, from focusing on the concerns of the working class to those of ascriptive minorities, involves a fundamental change from defending interests to seeking justice. The first can be negotiated on a more or less level footing with opposing interests; the second can only be resisted by unregenerate evil-doers, which is more or less the way the current president and his potential Democratic successors characterize the representatives of the other party. In this noxious context, the (meta)conservative position is not to deny victimary claims, but tonormalize them: to turn them back into assertions of interests to be negotiated as political questions were in days of old—in a word, into issues that can be settled by making a deal.

Victimary activism should not in itself guarantee representative status for its leaders on campuses and elsewhere. But when university officials find it appropriate to hold discussions with representatives of the black or gay or Muslim student body, by making it clear that they view the latter as interest groups rather than as communities of the oppressed, they can avoid putting themselves, as such officials all too often do, in a situation of moral inferiority. There is no reason not to allow a group to express what it considers its legitimate interests; there is every reason not to consider the expression of these interests a priori as “demands for justice.”


In their preoccupation with denouncing Trump as a false conservative, the guardians of the flame forget that at a time when the victimary left seeks to portray the normal order of things in American society as founded on privilege and discrimination, Trump’s supporters turn to him as a figure of hope because his mind, unclouded by White Guilt, views the political battlefield, foreign as well as domestic, as a place for making deals. This used to be called Realpolitik.

All too often, to read today’s mainstream press, let alone more extreme publications such as the new New Republic or Salon, is to be subjected to the verbal equivalent of race war. The political discourse of Sanders and Clinton is deeply impregnated with this same rhetoric. Whether or not Trump is its nominee, I hope the Republican party does not need another general election loss to teach it that to articulate and defend a conservative position today, it is first necessary to reject the victimary moralization of politics and return to the liberal-democratic continuum within which conflicts can be mediated. At that point, regardless of the party in power, liberals and conservatives can argue their points, and then come together and make a deal.

Voir aussi:

The Archbishop of Canterbury tells why the Easter story can help humanity escape a lethal cycle of fear and resentment

A couple of weeks ago, there was a sadly predictable report of the reaction from some ultra-conservative Christian groups to the BBC’s advance publicity for its dramatisation of the passion of Jesus. The author and producer had underlined the fact that they were presenting a fairly nuanced view of the characters of the ‘villains’ of the story such as Judas and Pilate; the Christian critics responded by complaining that this was being unfaithful to the Bible. These characters were bad and that was an end of it.

Viewers of the series will have their own judgment. But the alarming thing is that anyone should think that the story of Jesus’s death is a story about the triumph of bad men over good ones, with the implication that if we’d been there we would have been on the side of the good ones.

It’s not only that the biblical story, especially St John’s Gospel, shows us just the mixed motives that can be seen in figures such as Pilate and the High Priest. Much more importantly, the entire message of the Bible on this point is that the problem begins with us, not them. Jesus is killed because people who think they are good are in fact trapped in self-deception and unable to get out of the groove of their self-justifying behaviour. And the New Testament invites every reader to recognise this in himself or herself.

In recent years, a number of Christian writers, inspired by French critic and philosopher René Girard, have stressed with new urgency how the Bible shows the way in which groups and societies work out their fears and frustrations by finding scapegoats.

Because we compete for the same goods and comforts, we need to sustain our competition with our rivals and maintain distance from them. But to stop this getting completely out of hand, we unite with our rivals to identify the cause of the scarcity that makes us compete against each other, with some outside presence we can all agree to hate.

Just as the BBC drama suggested, Jesus’s context was one where Judaeans and Romans equally lived in fear of each other, dreading an explosion of violence that would be destructive for everyone. Their leaders sweated over compromises and strategies to avoid this. In such a context, Jesus offered a perfect excuse for them to join in a liberating act of bloodletting which eliminated a single common enemy. The spiral of fear was halted briefly.

Frequently in this mechanism, the victim has little or nothing to do with the initial conflict itself. But in the case of Jesus, the victim is not only wholly innocent; he is the embodiment of a grace or mercy that could in principle change the whole frame of reference that traps people in rivalry and mutual terror.

Thus the scapegoat mechanism is exposed for what it is – an arbitrary release of tension that makes no difference to the underlying problem. And if you want to address the underlying problem, perhaps you should start listening to the victim.

For many of our contemporaries, the Christian message is either a matter of unwelcome moral nagging or a set of appealing but finally irrelevant legends. If it has a place in our public life or our national institutions, it is on the basis of a slightly grudging recognition that ‘it does a lot of good work’ and represents something about continuity with our past.

But what if the Christian story offered more than this? What if it proposed a way of understanding some of the most pervasive and dangerous mechanisms in human relationships, interpersonal or international?

It doesn’t take much imagination to see how internally divided societies find brief moments of unity when they have successfully identified some other group as the real source of their own insecurity. Look at any major conflict in the world at the moment and the mechanism is clear enough. Repressive and insecure states in the Islamic world demonise a mythical Christian ‘West’, while culturally confused, sceptical and frightened European and North American societies cling to the picture of a global militant Islam, determined to ‘destroy our way of life’.

Two fragile and intensely quarrelsome societies in the Holy Land find some security in at least knowing that there is an enemy they can all hate on the other side of the wall. A crumbling dictatorship in Zimbabwe steps up the rhetoric of loathing and resentment towards the colonial powers that create the poverty and the shortages. Nearer home, disadvantaged communities make sense of their situation by blaming migrants and asylum seekers.

It’s not that the fears involved are unreal. Global terrorism is a threat, Israel and Palestine really do menace each other’s existence, colonialism isn’t an innocent legacy and so on. But the exploitation of these real fears to provide a ‘solution’ to more basic problems both breeds collective untruthfulness and makes any rational handling of such external fears infinitely harder.

It breeds a mentality that always seeks to mirror the one who is threatening you. It generates the ‘zero-sum game’ that condemns so many negotiations to futility. Worst of all, it gives a fragile society an interest in keeping some sort of external conflict going. Consciously or not, political leaders in a variety of contexts are reluctant to let go of an enemy who has become indispensable to their own stability.

The claim of Christianity is both that this mechanism is universal, ingrained in how we learn to behave as human beings and that it is capable of changing.

It changes when we recognise our complicity and when we listen to what the unique divine scapegoat says: that you do not have to see the rival as a threat to everything, that it is possible to believe that certain values will survive whatever happens in this earth’s history because they reflect the reality of an eternal God; that letting go of the obsessions of memory and resentment is release, not betrayal.

People may or may not grasp what is meant by the resolution that the Christian message offers. But at least it is possible that they will see the entire scheme as a structure within which they – we – can understand some of what most lethally imprisons us in our relationships, individual and collective. We may acquire a crucial tool for exposing the evasions on which our lives and our political systems are so often built.

Yes, the Christian church has been guilty of colossal evasion, colluding in just those scapegoating mechanisms it exists to overcome. Its shameful record of anti-semitism is the most dramatic reversal of the genuine story it has to tell, the most dramatic example of claiming that the killing of Jesus was indeed about them and not us.

But it keeps alive that story. Every human society needs it to be told again and again, listening to the question it puts, whether or not people identify with Christianity’s answer. The point of the church’s presence in our culture is not to be a decorative annexe to the heritage industry, but to help us see certain things we’d rather not about common responsibility – and the costly way to a common hope.

Voir de plus:

The Rise of the Victim Bully

The imaginative conservative
Aug. 2, 2015

One of Christianity’s contributions to civilization has been a startling compassion for the victim. As René Girard has pointed out, from the beginning of time primitive peoples focused their animus on the outsider, the oddball, or the eccentric in their midst. It was the disabled, the alien, the poor, and the weak who most often took the blame for society’s ills. The crowd turned on them as the origin and cause of their problems. They became the scapegoat. As they were ostracized, excluded, persecuted, and killed, the source of the tribe’s problems was eliminated.

Consequently, the tribe felt cleansed. The violence unleashed a feeling of power and freedom. As the evil was purged, thrill surged. All was well. Life could continue and the tribe could prosper. Until, of course, another crisis developed—and at that point another victim would be needed. Because of the regularity of the crises, religions developed the ritual of regular sacrifice. Victims were found, throats were cut, blood was shed, and if animals were substituted, it did not mitigate the truth that the society still ran on the blood-fuel of the victim.

This may seem terribly primitive in a modern age, until one see videos of ISIS soldiers ritually beheading their victims. Modern Americans may think they are far removed from the barbarities of the Aztecs until they view a video of a wine-sipping high priestess of the cult of abortion describing how she dismembers children and harvests their organs. Is this so far removed from the haruspication of the ancients? When crazed and enraged young men—be they Islamist or racist extremists—open fire on their innocent victims, are we so far from Girard’s theory of the scapegoat?

Girard points out that Jesus of Nazareth turned the model on its head. He does so first by valuing the victim. The poor, the outcast, the crippled, diseased, blind, and demon-possessed are his prizes. He treasures children and magnifies women. He turns the sacrificial system upside down not only by valuing the victim, but by becoming the victim. He accepts the victim role and willingly becomes “the Lamb of God” who takes away sin of the world. He defeats the sacrificial system by embracing it. He breaks it from the inside. For the last two thousand years, the world has been learning that the victim is the hero.

The problem is that everyone is jumping on the bandwagon. Being a victim is fashionable—ironically, becoming bullied is now the best way to bully others. It works like this: If you want to move forward in the world, make progress for you and your tribe, further your ambitions, justify your immoral actions, grab a bigger piece of the pie, and elbow others away from the trough, simply present yourself and your tribe as victims. Once you successfully portray yourselves as a poor, outcast, persecuted, minority group you instantly gain the sympathy of all.

The first key to success in this campaign is to portray your victim condition as something over which you have no control. This is clear when the victim group is a racial or ethnic minority. The same sense of unjust destiny has to be produced for other groups. So the feminists have exploited the technique to portray all women as downtrodden. Homosexual campaigners have likewise insisted that their condition is something they were born with, and now anyone with a sexual proclivity that is other than heterosexual can be portrayed as a misunderstood and persecuted victim.

People suffering from any kind of illness, disability, or misfortune are victims of some sort of injustice, cruelty, or neglect. Those who suffer from poverty, addiction, broken families, psychological problems, emotional distress, or just plain unhappiness are victims too. The victim mentality is linked with an entitlement culture: Someone must be culpable for the unhappiness of the victims because someone should be responsible for making them happy.

The second step in effective victim-campaigning is to accumulate and disseminate the propaganda. Academic papers must be written. Sociological studies must be undertaken. Groundbreaking books must be published. Stories of the particular minority group being persecuted must make front page news. The whimpers of the persecuted must rise to heaven. The shock at their victimhood must be expressed as “sadness,” “concern,” and “regret.” If one is not sympathetic, if one is reticent to pour balm in the victim’s wounds, then the bullying begins. You must recognize the victim. You must be sympathetic. You must be tolerant. You must join the campaign to help the victim, solve their problems, and make them happy at last. If you do not, you are not only hard-hearted, you are part of the problem.

The third stage of the campaign is the release of anger. Once the victim is identified and the information is widespread, the rage can be released. The anger must be expressed because, without knowing it, a new cycle of tribal scapegoating has developed. As the tribe gathers around the victim in sympathy, they must find the culprit, and their search for the culprit (whether he is guilty or not does not matter) sends them on the same frantic scapegoating quest that created their victim in the first place. The supposed persecutors have now become the persecuted. The unhappiness of the tribe (which presents itself as sympathy for the victim) is now focused on violence against the new victim—and so the cycle of sin and irrational rage continues.

Observe American society today. Everywhere you look we are apportioning blame and seeking scapegoats. The blacks blame the whites. The whites blame the blacks. The homosexuals blame the Christians. The Christians blame the homosexuals. The Republicans blame the immigrants. The immigrants blame the residents. The workers blame the wealthy. The wealthy blame the workers.

Why has our society descended into the violence of scapegoating and blame? Because it is inevitable. The victimhood cycle will continue through cycles of revenge and further victimhood unless there is an outlet.

Where is there an end to the cycle of violence and victimization? There is only one solution: Find a constant victim—one who is the eternal victim and remains the victim. How is this done? It is done within the religion of a society. If a society has a religion of sacrifice the ritual victim becomes the focus of the tribal animus. The ritual victim becomes the constant scapegoat. The ritual victim becomes the psychological safety valve.

Catholicism, of course, is the only religion in the modern world which, astoundingly, still claims to be offering a sacrifice. This is why the ancient celebration of the Mass is still so vital in the modern world—because there the one, full, final sacrifice is re-presented for the salvation of the world.

The problem is that we are not a sacrificial and a sacramental people. We do not understand what the liturgy calls “these holy mysteries.” Most Catholics in America are embarrassed by the language of sacrifice. We are a blandly utilitarian race–shallow, and lacking in imagination. We are uncomfortable with blood sacrifices and cannot understand the rituals of redemption. American Catholics prefer their liturgy to be a banal family meal where they sing happy songs about making the world a better place. It is no longer a sacred sacrifice or a holy mystery, but a cross between a campfire and a pep rally.

Nevertheless, when the religion in a culture offers the mysteries of sacrifice the urge to lay blame is assuaged, the cycle of blame finds its proper resolution. As the eternal victim is offered the mystery unfolds, and the words, “Behold the Lamb of God who takes away the sin of the world” echo more profoundly than we ever could have imagined.

Voir encore:

As anyone who reads this blog knows, I am a hardcore devotee of the ideas of Rene Girard.  I’ve tried before to set out, in a big picture way, why I think his ideas are so important and so fruitful–not just in terms of Christianity or religion, but in general.  But those things I mentioned are big-picture concepts, and can be seen as somewhat abstract.  If you want some specific idea of Girard’s, one that is directly relevant to our current political and cultural situation, I think his most trenchant idea is his discussion of the Cult of Victimhood.

In Girard’s analysis, the Cult of Victimhood is, though unacknowledged by its practicioners, literally a Christian heresy (or more accurately, a Judeo-Christian heresy, if one can say that).  For Girard, the death and resurrection of Jesus Christ reveals to the world the mechanism of scapegoating–a victim is selected from among the people and sacrificed in order to discharge our rivalrous, imitative desires, and that sacrifice becomes both ritualized and camouflaged so that we are unaware of our participation.  Jesus, finishing a process begun at the beginning of the Hebrew Scriptures, comes to strip off the veil over our eyes, to reveal to us the truth.  Where once we held fast to the idea that the victim really deserved to be sacrificed, we now understand that the victim is innocent.

Girard insists that this bell cannot be un-rung, and society can never go back to the way it was prior to Easter Sunday.  But that does not mean that scapegoating is ended forever.  It simply means that we as a people cannot rely on the simplistic old versions of the sacred to sustain the Big Lie.  Instead, if we want to avoid the hard work of imitating Jesus, forgiving our enemies, and learning to live in peace, we have to construct a new version of the Big Lie.  This new narrative has to incorporate on some level what Alison calls the « Intelligence of the Victim » that is provided by Jesus’s life, death and resurrection (since that is now a permanent part of human understanding), while still finding a way to create space for sacrificing victims.

One way to do this, as Jean-Pierre Dupuy has explored in Marks of the Sacred and Economy and the Future, is to set up supposedly « neutral, » technocratic systems to, in essence, « do the dirty work for you » while keeping a clean conscience (« I’m not punishing the poor, it’s just ‘market forces’ that are leaving people destitute » etc.).  But the other way is through the Cult of Victimhood.  The Cult of Victimhood begins by appropriating the Intelligence of the Victim, recognizing the truth that discrete groups are often persecuted unjustly by virtue of being a discrete group, and not as a result of anything for which they are responsible.  And the Cult of Victimhood insists, correctly, that persecution of the particular discrete group at issue is unjust and should be stopped.  So far, so good.  But then the Cult of Victimhood turns being a victim into a status, defining itself in terms of the marker (either directly or indirectly) of having been through the experience of being a victim.

The Cult of Victimhood is thus an inversion of the normal, pre-Christian process of the Sacred–rather than the majority forming an identity over and against some identifiable minority victim or group of victims through the process of victimization, the minority forms an identity over and against the majority by virtue of being victimized, either presently or at some point in the past. This creates three serious problems.  First, the identity of the group is tied up in the status of being a victim.  Thus, perversely, there is an incentive for the minority to seek to be victimized, because it supports and reinforces the group identity, leading to counter-productive co-dependent relationships with the persecuting majority.  Or, at a minimum, the minority needs to perceive itself as being victimized in order to shore up its self-identity, leading to incentives to find persecution behind every rock or tree, even when it is not there.

The second problem is that the Cult of Victimhood is it creates a tempting platform to seize the moral high ground.  In light of the message of Jesus, we have an obligation to have special moral concern for victimsas victims.  But it does not follow that those that are victimized have some special moral qualities or status by virtue of being victims.  Being a victim does not necessarily make you wiser, or more just, or better able to discern moral realities in the world around you, because being a victim is ultimately and fundamentally arbitrary.  As the great Ta-Nehisi Coates says, « [w]e, too, are capable of fictions because, as it turns out, oppression confers no wisdom and is rarely self-improving. »  But the Cult of Victimhood seizes on being a victim to provide a kind of imputed righteousness.  Once again, this is an inversion for the old vision of the Sacred–whereas before the society explained that victims became victims through some narrative of moral failure, now the victims understand their victim status through a narrative of their own moral superiority.

In doing so, it sets up a purely binary, Manichean distortion of the Gospel message, dividing the world into fixed categories of victims who are righteous and victimizers who are unrighteous.  This binary system acts as a kind of moral shield for their own behavior.  The logical chain goes like this:  because I am a victim, I am righteous; because I am righteous, those that challenge or critique that righteousness (especially if the critique comes from those that victimized me) are per se wrong and their critique is per se illegitimate; thus, I can stay in a comfortable bubble of my own imputed righteousness.  Because I am an innocent victim, I don’t have to take seriously any critiques of my own actions.

This in turn leads to the third problem.  Because of the power of feature #1 and especially feature #2 of the Cult of Victimhood, everyone wants to get in on the action.  And, given both the pervasive nature of scapegoating and the cultural awareness of the phenomenon (even if inchoate) brought about by thousands of years of Judeo-Christian presence, everyone can get in on the action if they look hard enough.  Everyone can craft a story of why they are the « real » victims over and against some group of victimizers.  What results is an utterly intractable set of mutually incompatible victimhood narratives, in which every group is the righteous but persecuted minority over and against some nefarious overculture.

In an attempt to resolve this deadlock, the basic instinct (especially for the partisans of one competing narrative or another) is to try to adjudicate who are the « real » victims and who is the « fake » victims.  Girard would insist that this is an utterly futile activity, because all of these stories of victimhood are on some level true and on some level self-serving nonsense.  The fact of being the victim is true, but the narrative of why the victimization occurred, tied into to some group identity and moral status, is not.  And it is not true because, again, being a victim is arbitrary.  Sometimes you are victimized because of some trait you happen to have (like race or gender), sometimes it is because of some social group you happen to belong to that happens to be on the short end of the stick for whatever reason (like LGBT folks), sometimes it is for no reason at all.  The only real difference between the victim and the victimizer is circumstance.  Or, to put it another way, there has only been one truly innocent victim in all of history, and He was last seen outside of Jerusalem 2000 years ago and 40 days after Easter Sunday.

Again, it’s crucial, here and elsewhere, to draw a very clear line between the fact of victimization and the status as a victim.  People get victimized, and we have a moral obligation to try to end the victimization.  But the Cult of Victimization makes that project more difficult, because it weaponizes victimization and intermixes genuine victimization with dubious claims of moral righteousness.  It also incentivizes out-and-out bogus claims of victimization, because the power of victimhood status is to enticing.

To see an example of the Cult of Victimhood in action, consider this piece from Andrew Sullivan about Trump.  In the piece, Sullivan makes the point that one key dimension of why white, working-class voters have rallied to Trump is the disdain shown by cultural elites (mostly liberal but also conservative, to the extent those are still distinct categories) toward the culture and values of said white working-class people.  The reaction on social media to the piece was very telling.  Instead of pushing back on the thesis (i.e., « you are wrong, Andrew, we don’t disdain the values of these folks. »), or to admit the thesis and stand firm on the position (i.e. « yes, Andrew, we do disdain the values of these folks because these values are bad. »), the reaction was to criticize Sullivan for failing to assert that racism (and, to a lesser extent, homophobia) was the « real » reason why these voters were supporting Trump.

First off, Sullivan does talk about that in the piece.  But, more to the point, seizing on Sullivan’s purported failure to talk about race or homophobia is a way to side-step and de-legitimize the basic point that cultural elites disdain a big chunk of the population.  Because, if the « real » issue is race or homophobia, then in the Cult of Victimhood world the issues and objections of white working class folks are per se illegitimate, because they are the unrighteous victimizers.  In other words, yelling at Sullivan for failing to talk about race is another way of saying « their assertion of victimhood status is bogus because my victimhood status is real, and because my victimhood status is real their assertion of victimhood status must be bogus. »  And, of course, the same story can (and is) being said on the other side.  Which is why, along the lines of Sullivan’s piece, the 2016 U.S. Presidential election has been a heretofore unprecedented orgy of the Cult of Victimhood from all sides, and promises to become even more grotesque as we get closer to November.

Or, let’s take a perhaps less weighty example, from my geekdom of choice, tabletop role playing games.  To my utter shock, tabletop role-playing games are undergoing a renaissance.  A month or so ago, Slate, that bastion of middle-brow coastal opinion, published an article praising the Youtube show « Critical Role, » calling it « flat out great television. »  Now, I really like « Critical Role, » and it is a very well done show with interesting and engaging personalities, but at the end of the day it is an extended (usually four hours at a time!) video of a bunch of people playing Dungeons and Dragons.  If you told Middle School me that filmed D&D games would be covered and praised in the media, my head would have exploded.

My head would have exploded because when I was a kid there was a bias against geeky activities like D&D.  Now, I don’t want to oversell this–it would be grossly exaggerated to say most people into geeky stuff were persecuted, and it should never be compared to what is experienced by racial or sexual minorities.  But it was social disfavored, and the stigma was real.  For example, I kept my interests in this area mostly to myself as an adult, and kept the hobby at arms-length–I felt that people would perceive it as immature or weird.  I’ve shed that idea, partially out of a sense that letting what people think of your fun dictate what you do is lame and counter-productive, but also because it has become clear than no one cares anymore.

So, this should be a great time to be a tabletop RPG fan, and everyone should be happy, right?  Not quite.  It turns out there is a deeply toxic element of the tabletop RPG culture, one that has full-throatedly embraced the Cult of Victimhood.  Here’s a good example.  The basic claim is that there is a culture of sexual harassment in the hobby, directed an women in particular.  Immediately with the first commenter, we see the classic Cult of Victimhood push-back–« I am not the victimizer, because I am the victim of your persecution. »  Again, we see the clear binary, which is that if I am a victim, I cannot be a victimizer, and for me to be a victim, I need you, or someone else, to be the victimizer.

One theme, and this runs through much of the toxicity in geek culture (seen most clearly with « Gamergate »), is that the presence of women in the hobby is The Worst and is ruining it.  Here, I will simply restate my view that mixed gendered scenarios are basically always better than single gendered ones.  But the reflexive misogyny is not really about concrete experiences, but about the Cult of Victimhood.  A person who was rejected by the broader culture (which, to an adolescent male, is often identified with girls) builds an identity around the notion of being excluded and marginalized by « them. »  When « they » attempt to enter those spaces, this identity formed via perceived victimhood is threatened.  Thus, something which would logically be seen as a victory (« Girls once shunned me for playing tabletop RPGs, and now they want to play, too! ») becomes an existential threat.  By excluding these intruders, identity is maintained–at the cost, of course, of victimizing innocent women who just want to play a game.  But that reality doesn’t have to be faced, because it can be shunted aside in the binary narrative of the Cult of Victimhood.

My point in using these two examples is not pass judgment on the validity of the victimhood claims involved (though, from where I sit, the claims of victimization of racial and sexual minorities, as well as women in the RPG space, seem mostly real; the claims of male gamers seem mostly bogus; and the claims of white working class folks seem to be some combination of truth and self-serving fantasy).  The point is to talk about how the Cult of Victimhood works, and why it makes these kinds of debates so intractable.  No matter how real the persecution, the stories people tell regarding the persecution are fundamentally unreliable, especially if they divide the world into an « us » and a « them. »  And, once they are a « them, » we can stay safe in our bubble of righteousness.

The power of Girard’s ideas, for me, is the constant and destabilizing claim of a radical equality–we are all victims, and we are all victimizers.  This doctrine cuts through both our self-serving claims to goodness as well as the paralyzing guilt of our wickedness. Our only escape from the Cult of Victimhood is to find a way to embrace the hard teaching of Elder Zosima:

There is only one means of salvation, then take yourself and make yourself responsible for all men’s sins, that is the truth, you know, friends, for as soon as you sincerely make yourself responsible for all men, you will see at once that it is really so, and that you are to blame for everyone and all things.

The story of Donald Trump’s stunning upset victory, according to exit poll data, is very clear: He won the white working class by an unprecedented margin, and held on to a surprising majority of college-educated whites. That allowed him to flip heavily white areas of states like Wisconsin and Pennsylvania that had voted for Obama.

The big questions now are: Why this? And why now?

One answer you’ll hear is economic: that those white-working class voters were angry in the wake of the Great Recession and the ongoing job losses due to globalization, and were looking for someone to blame. This may end up being part of the general election story — we don’t have enough data to say for sure.

But preliminary data suggests it is hardly all of it. An analysis from USA Today’s Brad Heath found that Hillary Clinton got crushed in counties where unemployment had fallen in the late Obama years:

There’s something deeper going on here. And to understand this part of the story, you need to look beyond American borders. It’s tempting to think of Trump as something uniquely American, but the truth is that his rise is being repeated throughout the Western world, where far-right populists are rising in the polls. They’re not rising because of their economies. They’re gaining unprecedented strength because of their xenophobia.

In Hungary, the increasingly authoritarian prime minister, Viktor Orban, has started building a wall to keep out immigrants and holding migrants in detention camps where guards have been filmed flinging food at them as if they were zoo animals. In Italy, the anti-immigrant Northern League, led by a politician who has attacked the pope for calling for dialogue with Muslims, is polling at more than three times its 2013 level, making it the country’s third most popular party. And in Finland, the Finns Party — which wants to dramatically slash immigration numbers and keep out many non-Europeans — is part of the government. Its leader, Timo Soini, is the country’s foreign minister.

Those leaders were among the first to praise the president-elect. Marine Le Pen, who runs an increasingly popular French far-right party, tweeted in elation: “Congratulations to the new president of the United States Donald Trump and to the free American people!”

Politicians like Le Pen and Orban share Trump’s populist contempt for the traditional political elite. They share his authoritarian views on crime and justice. But most importantly, they share his deeply negative views of immigrants, his belief that Muslims are inherently dangerous, and his stated support for closing the borders to refugees and economic migrants alike.

These parties’ values are too similar, and their victories coming too quickly, for their success to be coincidental. Their platforms, a right-wing radicalism somewhere between traditional conservatism and the naked racism of the Nazis and Ku Klux Klan, have attracted widespread support in countries with wildly different cultures and histories.

A vast universe of academic research suggests the real sources of the far right’s appeal on both sides of the Atlantic are anger over immigration and a toxic mix of racial and religious intolerance. That conclusion is supported by an extraordinary amount of social science, from statistical analyses that examine data on how hundreds of thousands of Europeans to books on how, when, and why ethnic conflicts erupt.

We cannot understand Donald Trump’s victory, then, without understanding this global wave of what CNN anchor Van Jones memorably summed up as a “white lash.”

The resentment of the privileged

Political scientist Roger Petersen has argued, persuasively, that ethnic conflict around the world is often driven by something he calls “resentment”: the feeling of injustice on the part of a privileged portion of society when it sees power slipping into the hands of a group that hadn’t previously held it. Drawing on social psychology, he theorized that one of the underappreciated causes of ethnic violence was a change in the legal and political status of majority and minority ethnic groups.

In his book, Understanding Ethnic Violence, Petersen argues that his theory helps explain the causes of other cases of ethnic violence in Eastern Europe, including the carnage in the Balkans in the 1990s. Other scholars have since found that it could be used to understand communal violence elsewhere in the world.

A 2010 paper published in the journal World Politics tested Petersen’s theory, looking at 157 cases of ethnic violence in nations ranging from Chad to Lebanon. It found strong statistical correlations between a group’s decline in status and the likelihood that it turns to violence against another group.

What does any of this have to do with Donald Trump?

Petersen predicts that ethnic struggle should play out differently when governments are weak, as in the wake of a Nazi invasion, versus when they’re strong, as in modern France. In nations with strong and legitimate governments, the loss of status by a privileged group is extremely unlikely to produce large-scale ethnic slaughter.

But « resentment » on the part of the previously dominant group doesn’t just dissipate; it is simply channeled into another way of clinging to power and preventing another group from attaining it. Like, say, elections and government policies.

« Dominance, » Petersen writes, « is sought by shaping the nature of the state rather than through violence. »

While Petersen’s book focuses on Eastern Europe, his framework applies to all different kinds of countries. So when post–World War II Europe experienced a massive wave of immigration, in large part from nonwhite and Muslim countries, Petersen’s work would predict a major backlash. Ditto when the United States ended Jim Crow, allowing black people to participate as formal equals, and when it experienced a mass wave of Latino immigration.

What you saw in many of these countries was a very different kind of population moving in and occupying social roles that had previously been reserved for white Christians. This was the ultimate change in social hierarchy. Nonwhites, who had historically been Europe and America’s colonial subjects and slaves, were now becoming its citizens. They weren’t just moving in; they were changing its society.

The question wasn’t whether there would be a massive electoral backlash. It was when.

The rise of the European far right

For Jean-Marie Le Pen, arguably the father of Europe’s far-right political movement, the backlash began in earnest in 1984. His political party, the Front National (FN), won about 11 percent of the French national vote in the 1984 elections to the European Parliament. It was the first major electoral victory for a party of its kind.

Le Pen had founded the party 12 years earlier. It was a populist party, one that argued that ordinary people were being exploited by a corrupt class of cosmopolitan elites. They were also authoritarian, constantly warning of the dangers of crime and the need for a harsh state response.

But above all else, the FN was xenophobic. Its members believed the postwar wave of immigrants threatened the French nation itself; stopping more from coming in was the only thing that could save the country from being overrun. The party cleverly avoided labeling nonwhites “inferior,” but instead sold their xenophobia as a defense of “French culture” — rhetoric that functioned very similarly to Trump rhetoric about Latino crime.

« Immigration is the symbolic starting point for the debate of the future of the French nation, » FN politician Jean-Yves Le Gallou once said.

The FN’s success spawned imitators. In 1986, Jörg Haider — a firebrand who once praised Hitler for having a « proper employment policy » — took over Austria’s Freedom Party (FPO), transforming it into a xenophobic party along the FN’s lines. In 1999, the FPO came in second in Austria’s parliamentary elections, joining a government led by the center-right People’s Party.

In 2001, a Dutch sociology professor named Pim Fortuyn launched a new political movement — oriented entirely around opposition to Muslim immigration. « I don’t hate Islam, » he once said. « I consider it a backward culture. »

By 2002, Fortuyn’s new party, the Pim Fortuyn List, was second in the national polls. Fortuyn was assassinated by a far-left activist that year but was succeeded by another charismatic populist, Geert Wilders.

Wilders, who declared in July that « I don’t want more Muslims in the Netherlands and I am proud to say that, » leads the third-largest bloc in the Dutch parliament. Wilders’s party, the ironically named Party for Freedom, is consistently leading the polls ahead of the March 2017 national elections.

There are many others examples. The British far-right party, the United Kingdom Independence Party, played a crucial role in fueling the Brexit vote. In France, meanwhile, Le Pen’s daughter Marine has shed many of her father’s most controversial statements — his denial of the Holocaust, for instance — and turned herself into the kinder, gentler face of the party he founded decades earlier. Recent polling shows her near the top in the 2017 presidential election.

The rise of these parties has been studied extensively — and the evidence is quite conclusive. These parties’ success was driven by fear of immigrants.

« What unites the radical right is their focus on immigration, » Elisabeth Ivarsflaten, a professor at the University of Bergen in Norway who studies the far right, told me in a recent interview.

In a 2008 paper, she looked at data on vote shares for seven European far-right parties, to try to figure out why people voted for them. She found that a person’s support for restricting immigration was « close to a perfect predictor » of one’s likelihood of voting for a far-right party.

By contrast, people’s views on other political questions — like economics or trust in government — didn’t have nearly the same predictive value. You can see this in the following chart from her paper. The Y-axis is the probability of voting for a far-right party; the X-axis is the level of support for restrictive immigration policies, right-wing economic views, and the like. The difference between immigration policy preferences and the others is striking:

« This study therefore to a large extent settles the debate about which grievances unite all populist right parties, » Ivarsflaten concluded. « The answer is the grievances arising from Europe’s ongoing immigration crisis. »

Eight years later, after running tests on newer data for a forthcoming paper, Ivarsflaten believes the thesis still holds.

Crucially, the research also suggests that these people are driven by cultural grievances rather than economic ones — Petersen’s resentment theory, almost to a tee.

The most systematic effort to assess this, to date, comes from Harvard University’s Pippa Norris and the University of Michigan’s Ronald Inglehart. Norris and Inglehart looked at 12 years of European Social Survey data, surveying a whopping 294,000 respondents, to figure out the relationship between economic and cultural grievances and support for the European far right.

They found something startling: Earlier research suggesting the European far right draws support from globalization’s losers was simply wrong. Instead, it was from exactly the kind of people who voted for Donald Trump in the 2016 election.

« The strongest populist support, » they write, « remains among the petty bourgeoisie — typically small proprietors like self-employed plumbers, or family owned small businesses, and mom-and-pop shopkeepers — not among the category of low-waged, unskilled manual workers. »

Only one of the five economic variables they tested — employment status — correlated well with support for the populist right. That held true even when they controlled for variables like age, sex, ethnic identity, and minority status.

Then they set up an alternative model, one that tested whether five distinct cultural factors — like anti-immigrant attitudes and authoritarian values — would predict support for the far right. Every single one did.

In short: There was no good evidence that economic anxiety was driving cultural resentment. Economics played some contributing role, but it seems much more likely that the far-right backlash is about what the far-rightists say it’s about: immigration, race, and culture.

« [Populists’] greatest support is concentrated among the older generation, men, the religious, majority populations, and the less educated — sectors generally left behind by progressive tides of cultural value change, » they write.

You can’t understand Trump’s win without understanding this global movement

Far-right leaders like Le Pen have every reason to be elated by Trump’s win. He ran on an Americanized version of the European far-right platform. He essentially turned the Republican Party into a vehicle for their style of populism, and used it to win a national election in the world’s most powerful country.

Like his European counterparts, Trump has eschewed overt discussion of racial superiority during his campaign. He claims to have « a great relationship with the blacks » and tweets things like, « I love Hispanics! » He also claims to be an American nationalist standing up against a corrupt elite in hoc to « the false song of globalism. » One of his favorite descriptions of his worldview is « America First, » a slogan coined by World War II–era isolationists and anti-Semites.

Protestations aside, the bigotry that runs through Trump’s rhetoric is pretty blatant.

Trump first became a major political figure as leader of the birther movement — the people who questioned whether Barack Obama was really a natural-born US citizen — in 2011, taking advantage of racial anxieties about a black president to turn himself into a GOP power broker. He has claimed that a Mexican-American judge shouldn’t hear a case involving him because of the judge’s Hispanic background, described life in black communities as an unending hellscape of crime and poverty, and implied that all Muslim immigrants were potential terrorists. He deployed classic anti-Semitic rhetoric, warning of dark international banking conspiracies rigging the system against ordinary Americans.

Data from the primary shows that this kind of rhetoric was absolutely critical to his appeal. Over the summer, Michael Tesler, a professor at the University of California Irvine, took a look at racial resentment scores among Republican primary voters in the past three GOP primaries. In 2008 and 2012, Tesler found, Republican voters who scored higher were less likely to vote for the eventual winner. The more racial bias you harbored, the less likely you were to vote for Mitt Romney or John McCain.

With Trump, the opposite was the case. The more a person saw black people as lazy and undeserving, the more likely they were to vote for the self-proclaimed billionaire.

 

Tesler found similar effects on measures of anti-Hispanic and anti-Muslim prejudice. This shows that Trump isn’t drawing support from the same type of Republicans who were previously picking the party’s winners. He’s mobilizing a new Republican coalition, one dominated by the voters whose political attitudes are driven by prejudice.

« The party’s growing conservatism on matters of race and ethnicity provided fertile ground for Trump’s racial and ethnic appeals to resonate in the primaries, » Tesler wrote at the Washington Post in August. « So much so, in fact, that Donald Trump is the first Republican in modern times to win the party’s presidential nomination on anti-minority sentiments. »

It’s too soon to say how much, precisely, this explains about Trump’s stunning general election performance.

But we do have enough evidence to say that white resentment played a major role in fueling his support, even among the general population. Because the GOP nominee fit the mold of the European far right, rather than a traditional Republican, he was uniquely positioned to take advantage of racial anxieties produced by eight years of a black president and decades of mass Latino immigration.

Philip Klinkner, a political scientist at New York’s Hamilton College, found that factors like economic pessimism and income were statistically insignificant to Trump’s support. Instead, his research found that the leading driver was party identification, followed closely by racial resentment.

« Moving from the least to the most resentful view of African Americans increases support for Trump by 44 points, those who think Obama is a Muslim (54 percent of all Republicans) are 24 points more favorable to Trump, and those who think the word ‘violent’ describes Muslims extremely well are about 13 points more pro-Trump than those who think it doesn’t describe them well at all, » he writes.

He also set up an interaction variable between measures of economic pessimism and « racial resentment. » This tests whether people who were pessimistic about the economy were more likely to be racially resentful and support Trump.

Klinkner found bupkis. People who were racially resentful were more likely to support Trump regardless of their views of the economy.

Someone who was not very economically pessimistic but quite racially resentful was as likely to support Trump as someone who was equally resentful but much more pessimistic about the economy. Economic stress didn’t appear to be « activating » racial resentment.

Another study — whose findings were published by three researchers at Slate — took a different stab at this. They surveyed 2000 white Americans and asked them to say whether they thought whites were “more evolved” than blacks — that is, further away from apes.

They found very little differences in rates of prejudice by income. But, they write, “there is one group of whites that stands out in the degree to which it holds dehumanizing views of black people: Trump supporters.” Fifty-two percent of strong Trump supporters, they found, thought African Americans were less evolved — about twice as high as the rates among strong Trump opponents.

“We detected substantial levels of dehumanization among Trump supporters through additional survey questions as well,” they continue:

27 percent of Trump supporters said the phrase “lacking self-restraint, like animals” describes black people well, compared with 8 percent of Trump opponents. Trump supporters were also substantially more likely than Trump opponents to say that the terms “savage” and “barbaric” describe black people well.

Again, we do not know for sure how much of Trump’s astonishing general election performance this explains. Whereas the data is ironclad about Trump’s primary victory — it was clearly about racial resentment — the general election has yet to be analyzed in the same depth. There could end up being a bigger role for economic variables than there was in the primary, though the data about the European far-right militates against it.

Regardless, given these results and the broader international far-right wave, it is impossible to deny that white resentment against cultural change played a significant role in Donald Trump’s shocking victory.

The United States just elected a candidate who has employed the most racially charged language we’ve heard as a nation since the civil rights movement. And it looks like he won not in spite of his racism but because of it.

Voir aussi:

JUSTICE

Au procès de Jawad Bendaoud, les proches des victimes exigent du « respect »

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle. »

13-NOVEMBRE – Témoignage ahurissant, comparaisons grotesques, phrases choc… Depuis le début de son procès, l’attitude de Jawad Bendaoud ne cesse de choquer les familles des victimes, qui ont, au premier jour de leurs auditions ce mardi 30 janvier, appelé le « logeur » des jihadistes impliqués dans les attentats du 13-novembre à arrêter son « spectacle ».

Dès le deuxième jour du procès, la mère d’une des victimes avait fait part de sa « sidération » face aux propos de Jawad Bendaoud. Les parties civiles ont également fait part de leur indignation ce mardi, où ils sont venus à la barre pour la première fois.

Il y a eu Patrick, qui a perdu son fils au Bataclan, un autre Patrick dont la fille s’occupait de la lumière dans la salle de concert, Iordanka, dont le fils unique a été « abattu de sept balles », Abdallah dont les deux sœurs sont décédées, Sophie qui a raconté l’agonie de son mari…

Jawad Bendaoud et Mohamed Soumah, tous deux poursuivis pour « recel de malfaiteurs terroristes », ont pleuré quand une mère a raconté sa douleur. Son fils venait d’avoir 37 ans. « Chaque fois que je parle de mon fils, j’ai les larmes qui coulent », a commencé Iordanka. « Maintenant, c’est dur ma vie. (…) Ces trois personnes (les trois prévenus, y compris Youssef Aït Boulahcen, jugé pour « non-dénonciation de crime terroriste », ndlr) je voulais les voir en face », a-t-elle dit.

« C’est pas eux qui ont tué mon fils mais ils ont plus ou moins contribué. (…) J’attends que ces trois personnes soient jugées sévèrement », a-t-elle encore dit.

Le tribunal transformé en « théâtre de boulevard »

« J’ai perdu mes deux sœurs le 13 novembre. Ce qui me choque, c’est la légèreté avec laquelle M. Bendaoud et M. Soumah prennent ce procès », a expliqué à la barre Abdallah, très ému lui aussi. « Derrière ce qui se juge aujourd’hui, il y a des familles K.O ».

« Il y a un minimum de respect, de compassion à avoir. Ce n’est pas un show, pas un défilé de mode », a poursuivi cet homme qui a lui « aussi grandi dans une cité » et dont le père « a travaillé dur pour élever huit enfants ».

« J’étais outré lors des débats par les rires. Moi, ça ne me fait pas rire. Je ne suis pas ici au spectacle », a dit Patrick en lisant son texte poignant. « Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard », a déploré ce père, qui a cherché sa fille pendant 48 heures après le 13 novembre. « Ces énergumènes n’ont ni foi ni loi », a-t-il tranché.

Voir encore:

La mondialisation de l’inégalité

Avec un titre sous forme de conclusion, François Bourguignon reprend la plupart des clichés à la mode sur les inégalités. Et si les réalités (et les solutions) étaient bien différentes ?

Bogdan Calinescu.
Un article de l’aleps.

Ancien économiste de la Banque Mondiale, François Bourguignon apparaît comme le « spécialiste » des inégalités dans le monde. Son essai fait le tour du sujet mais n’apporte pas des réponses originales. Oui, il a raison de faire la différence entre les inégalités au sein d’un pays et celles d’un pays à l’autre. Il existe des inégalités entre les Américains mais on ne peut pas les comparer avec celles entre un Américain et un Somalien. L’auteur reconnaît aussi que le monde s’est enrichi, surtout depuis les années 1990. L’Inde et la Chine sont beaucoup plus riches qu’il y a 30 ans. La mondialisation a eu donc des effets bénéfiques. Néanmoins, il conclue à l’aggravation des inégalités depuis environ 30 ans. Et la mondialisation en est responsable. Au sein des pays, le phénomène inégalitaire se serait accru comme aux États-Unis. Et l’auteur de citer – inévitablement – les études des Thomas Piketty. Pour Bourguignon, « nos sociétés seraient de plus en plus inégalitaires et il faut corriger les injustices sociales ». Il faut « combattre la mondialisation des inégalités ». Vaste programme qui sent la hausse des impôts (même si l’auteur sait qu’elle peut avoir des effets néfastes sur l’économie) et du nombre de fonctionnaires, le clientélisme électoral et la redistribution aveugle. Cette politique interventionniste risque d’être faussée par la concurrence internationale. Bourguignon a la solution : il faut une « concertation internationale en matière de politiques redistributives ». Ça sent le gouvernement mondial…

Et si la réalité était différente ? D’abord, le monde s’est considérablement enrichi ces 20 dernières années. L’Amérique latine, l’Asie ont connu un développement économique impressionnant grâce à la mondialisation. En fait, les pays à la traîne sont surtout les pays qui ont fermé la porte à la mondialisation : la Corée du Nord, Cuba, la Bolivie, plusieurs pays africains… À moins d’être de (très) mauvaise foi, il est faux de dire que la mondialisation a accentué les inégalités. Elle a, au contraire, rendu les pays encore plus riches. Regardons les chiffres. Au début du XXe siècle, la différence moyenne entre les revenus les plus bas et les revenus les plus élevés étaient de 300. À la fin des années 2000, cette différence est de 50. C’est encore beaucoup mais c’est 6 fois moins qu’il y a un siècle. Il est vrai qu’il existe des salaires mirobolants comme ceux de certains footballeurs mais ce sont des exceptions. Oui, il existe des milliardaires. Mais il faudrait plus de Bill Gates et plus de Steve Jobs pour que les autres s’enrichissent et non pas l’inverse. Le système le plus « juste » c’est celui dans lequel les pauvres peuvent devenir riches et non pas l’inverse. Si les 1% des plus riches détiennent une très grosse fortune c’est qu’ils ont réussi. Et il faut rajouter que ces 1% payent 70% du total de l’impôt sur le revenu. Oui, on peut considérer que certaines inégalités se sont creusées, beaucoup plus dans des pays en développement rapide comme la Chine. Mais c’est aussi parce que les gens peuvent s’enrichir plus vite grâce aux opportunités économiques.

L’arme la plus efficace contre les inégalités n’est pas la redistribution mais la possibilité de s’enrichir. Les États-Unis montrent l’exemple. Dans le classement des milliardaires actuels, seulement 24% y figuraient en 1987. Le reste ce sont des entrepreneurs qui ont réussi et cela montre que la mobilité sociale est extrêmement importante car ça change tous les ans. C’est pareil pour les classes moyennes. La part des individus appartenant à la classe moyenne n’a cessé d’augmenter. La lutte contre les inégalités est devenue un véritable fonds de commerce qui ne tient pas compte des réalités économiques. Réduire les inégalités c’est d’abord offrir les opportunités pour réussir.

Voir enfin:

Pas si grave
France Soir
Mercredi 10 Janvier 2018
Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune « pour la liberté d’importuner » publiée dans « Le Monde » mardi. En décembre dernier, invitée sur France Culture, elle expliquait qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir montrer aux femmes qui l’avaient été que l’on « pouvait s’en sortir ».
L’auteure Catherine Millet a expliqué en décembre qu’elle regrettait de ne pas avoir été violée pour pouvoir prouver aux femmes que le traumatisme est surmontable.

Ses paroles de décembre dernier refont surface et créent la polémique. Catherine Millet est l’une des signataires de la tribune publiée dans Le Monde mardi 9 « pour la liberté d’importuner ». Avec, entre autres, Catherine Deneuve, elles disaient s’inquiéter pour « la libération de la parole » au sortir de l’affaire Weinstein suite aux dizaines d’accusations envers des hommes suspectés d’agressions sexuelles ou de viol.

Cette tribune a fortement divisé le public, une partie de celui-ci s’étant offusqué. « Cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire: on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses », était-il écrit en pointant du doigt le mouvement de contestation contre les violences sexuelles qui pourrait devenir « dangereux » selon les signataires.

Il semblerait pourtant qu’en décembre dernier à l’antenne de France Culture, Catherine Millet ait jouit de toute la liberté d’expression qu’elle voulait.

Ses paroles à propos du viol font d’ailleurs aujourd’hui débat. Elle expliquait ne pas pouvoir comprendre, et être « étonnée », que les victimes soient « traumatisées » après avoir vécu ces drames. « Alors d’abord, une femme ayant été violée considère qu’elle a été souillée, à mon avis elle intériorise le discours des autres autour d’elle. (…) Je pense que ça c’est un résidu d’archaïsme », a-t-elle tout d’abord expliqué.

Pour elle, « l’intégrité » des femmes n’est pas touchée après un viol puisque la conscience reste « intacte ». Elle a cependant souligné que « si la fille était vierge d’accord il lui manque désormais quelque chose » avant d’ajouter qu’elle considérait qu’il était « plus grave » de perdre un ou plusieurs membres dans un accident de voiture.

La journaliste Raphaëlle Rérolle lui a alors souligné que ce qui, entre autres, traumatisait les femmes victimes de viol c’était la violence de l’agression qu’elles avaient subie.

Catherine Millet, qui présentait alors son ouvrage La Vie sexuelle de Catherine M, lui a alors répondu: « Ça c’est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s’en sort ».

Son interlocutrice lui a alors rappelé la notion de consentement et lui a fait remarquer que les femmes violées avaient été agressées sans avoir voulu de rapport sexuel avec leur agresseur. Encore une fois l’auteure a répliqué, expliquant qu’elle aussi, elle avait parfois eu des rapports sexuels avec des gens qui ne lui plaisaient pas forcément, chose bien différente que la notion de consentement.

« Mais par contre ça m’est arrivé d’avoir des rapports sexuels avec des gens qui ne me plaisaient pas spécialement. Parce que voilà c’était plus facile de céder à la personne ou parce que c’était une partouze et qu’on était en groupe ».

Pour rappel, selon le code pénal, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle ». Un rapport publié en novembre par l’Ined (Institut national d’études démographiques) a dévoilé qu’en France, une femme sur sept avait été victime de violences sexuelles dans sa vie.


Mai 68/50e: Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es (1968 all over again or peaking leftism ? – After the silly and shallow “inequality” talk of the Obama years, the signs of progressivism in decadence are everywhere)

29 octobre, 2017
CRSS = SS
 
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need. A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country. Chuck Coughlin (Republican political consultant)
Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity. The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there. (…) Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest. But when many other Americans see it, and Americans of all races, they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem. there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans. Jay Heiler (lawyer)
The Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it … Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans). An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth. Roger Cohen
 Il faut se rappeler que les chefs militaires allemands jouaient un jeu désespéré. (…) Néanmoins, ce fut avec un sentiment d’effroi qu’ils tournèrent contre la Russie la plus affreuse de toutes les armes. Ils firent transporter Lénine, de Suisse en Russie, comme un bacille de la peste, dans un wagon plombé. Winston Churchill
Un des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech (« L’Ensauvagement: le retour de la barbarie au XXIe siècle », 2005)
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts… Annie Lacroix-Riz
“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity. » I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.” How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents? Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts? These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia. (…) they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan. (…) intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan. But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects. One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight. (…) It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are. Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.” A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt. Bret Stephens
A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. (…) We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation. If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. (…) With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be. It feels like time is running out. So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline. Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence. So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church.  (…) Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. (…) It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery. The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth. (…) What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. Kevin D. Williamson (24.06. 2015)
The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968 Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart. The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority. The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001. It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil. After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between. Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve. All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries. Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture. The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities. The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s. As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart. The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms. The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them. Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq. Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? (…) Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it? Victor Davis Hanson
I had to vote for Obama. I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president. Republican
The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism. All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. (…) America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us. White guilt (…) is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. (…) It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is. (…) Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.” For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist. Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. (…) Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. (…) Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. (…) Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption. Shelby Steele
For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens. But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance. The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice. The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored. First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. (…) in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades. So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline. As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits. Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.” The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. (…) The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons. Bruce Thornton
I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical — it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not on the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. Noam Chomsky
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Éveillées à des ambitions neuves, les générations qui étudient et qui naguère étaient étudiées, n’écoutent pas sans sarcasme ces discours flatteurs où ils croient reconnaître l’accent attendri des riches, quand ils expliquent aux pauvres que l’argent ne fait pas le bonheur. Roger Caillois
Il ne manque pas, parmi nous, de gens à qui ce Bourdieu-là ne manque pas (…) Des gens qui n’ont pas la mémoire courte – ou l’inculture profonde – au point d’avoir oublié que « la pensée au service de l’espace public », ça a donné, entre autres, l’aveuglement stupide de Sartre et de Beauvoir – parangons de l’« intellectuel engagé » – envers l’horreur des camps, nazis ou soviétiques. (…) De cet esprit-là, auquel le grand sociologue que fut, un temps, Pierre Bourdieu, a malheureusement ouvert un boulevard, nous sommes aujourd’hui saturés. Nathalie Heinich
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
La société est devenue d’abord plus tolérante vis-à-vis des déviances mineures. Nous sommes de plus en plus individualistes; le contrôle social s’est affaibli, on ne vit plus sous le regard d’une seule communauté comme autrefois. Et puis, l’opinion des parents sur la conduite de leurs enfants est devenue plus indulgente. Ils sont plus laxistes sur la morale quotidienne, et ce dans tous les milieux. (…) Pour être efficace, la réparation doit être immédiate. Or, dans les lycées, la norme veut que l’on ne répare les casiers abîmés qu’au troisième. Au prétexte que le coût unitaire est trop élevé. De même, tous les offices d’HLM ne sont pas convaincus de l’utilité des poubelles ignifugées ou des produits antitags. Sébastian Roché
N’est-on pas allé jusqu’à interpréter les tags qui maculaient les trains de banlieue comme « une revendication de vie », voire comme « une agression carnavalesque contre l’ordre établi »? Le Point
Avec l’appui de la télévision, les événements ont été instrumentalisés par les ennemis politiques du ministre de l’Intérieur, qui ont ressassé les termes de « racaille » et de « karcher », sans jamais les replacer dans leur contexte (le décès d’un enfant victime d’un règlement de comptes entre bandes à La Courneuve), ni préciser qu’ils ne désignaient qu’une infime minorité de délinquants et non toute une population respectable. Ainsi caricaturés, ces mots sont devenus un cri de ralliement pour des casseurs potentiels déjà fascinés par des images de violences. Le discours de l’excuse s’est alors trouvé survalorisé, les prises de position normatives ont été rejetées comme politiquement incorrectes et les policiers ont fait office de boucs émissaires. Lucienne Bui Trong (mars 2006)
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Toute notre action est un cri de guerre contre l’impérialisme et un appel vibrant à l’unité des peuples contre le grand ennemi du genre humain : les États-Unis d’Amérique du Nord. Che Guevara
La Corée du Nord est un modèle dont Cuba devrait s’inspirer. Che Guevara (Pyongyang, 1965)
Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. Che Guevara (ONU, 1964)
Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement; il faut la faire totalement. (avril 1967) Ernesto Guevara
Phnom Penh libéré par les Khmers Rouges Titre du Monde
Le drapeau de la Résistance flotte sur Phnom Penh Titre de Libération
Enfin le communisme peut être un matériau pour l’art. Antoine Vitez (sur l’opera maoiste de Badiou, Le foulard rouge, ecrit en 1972 et joue en 1984)
Les Khmers rouges s’emparent de Phnom Penh : une séquence historique s’achève parce qu’une contradiction est résolue (…). La résolution d’une contradiction exige que quelque chose disparaisse (…). Il n’est de pensée révolutionnaire véritable que celle qui mène la reconnaissance du nouveau jusqu’à son incontournable envers : de l’ancien doit mourir (…). La dialectique matérialiste affronte la perte et la disparition sans retour. Il y a des nouveautés radicales parce qu’il y a des cadavres qu’aucune trompette du Jugement ne viendra jamais réveiller. Au plus fort de la Révolution culturelle, on disait en Chine : l’essence du révisionnisme, c’est la peur de la mort. Alain Badiou
Kampuchea vaincra! Alain Badiou (Le Monde, 17/1/79)
Du temps de Staline, il faut bien dire que les organisations politiques ouvrières et populaires se portaient infiniment mieux, et que le capitalisme était moins arrogant. Il n’y a même pas de comparaison. Alain Badiou
La réalité (souvent déplorable) de la Terreur révolutionnaire doit-elle nous conduire à rejeter l’idée même de la Terreur? Ou existe-t-il un moyen de la répéter (…), de sauver son contenu virtuel de sa réalisation? Slavoj Zizek
Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l’utopie d’une société égalitaire, collective, débarrassée de l’Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitaliste. Alain Badiou
Faire vivre l’Idée communiste est une tâche de caractère idéologique (donc aussi philosophique), et non pas immédiatement une tâche politique. Il s’agit en effet que les individus puissent être préparés à accepter, si possible dans l’enthousiasme, qu’une autre vision du monde, radicalement opposée au capitalo-parlementarisme actuellement hégémonique (notamment sous le nom falsifié de « démocratie ») est non seulement souhaitable, mais possible. (…) Même des mouvements aussi confus que les immenses manifestations de décembre 1995 contre le plan Juppé, avec comme unique mot d’ordre « ensemble ! », portaient cette compatibilité. Il en va de même pour les actions organisées pour le droit des ouvriers sans-papiers, ou pour les manifestations, dans toute l’Europe, soit contre la guerre en Irak, soit contre la guerre à Gaza. Et bien d’autres choses. Je ne dis pas qu’il s’agit de politiques cohérentes inscrites dans l’horizon de l’Idée. Je dis seulement que l’existence de ces processus, prolongés ou sporadiques, atteste que l’Idée communiste n’est pas coupée de tout réel. Le retour actuel de la violence de classe (séquestrations de patrons, bagarres de rue, émeutes de la jeunesse populaire…) est lui aussi tout à fait confus, et parfois même a-politique. Il n’en est pas moins inscrit sous le signe potentiel de l’Idée, parce qu’il rompt avec le consensus parlementaire, et rend de nouveau acceptable qu’on puisse courir des risques au nom de ses convictions, au lieu de toujours s’en remettre à la médiation de l’Etat, lequel, aujourd’hui, est clairement anti-populaire, voire guerrier, tous partis politiques confondus. Alain Badiou
Le mot « communisme » a été durant environ deux siècles (depuis la « Communauté des Égaux » de Babeuf jusqu’aux années quatrevingt du dernier siècle) le nom le plus important d’une Idée située dans le champ des politiques d’émancipation, ou politiques révolutionnaires.
Il faut d’abord dire que ces leçons sur le siècle sont une réaction contre toute une série d’opinions dominantes et de campagnes menées sur la signification du XXe siècle. En France, cette question a été, dans son bilan officiel, dominée par l’idée du totalitarisme, des grands massacres, du communisme comme crime, du communisme identifié au fascisme. Le siècle a été désigné comme celui de l’horreur et du crime de masse. Ces leçons sur le XXe siècle veulent proposer un autre bilan. Différent, mais pas forcément contraire en ce qui concerne les faits. Il ne s’agit pas d’opposer des faits à d’autres faits. Il s’agit de trouver un chemin de pensée pour aborder le siècle. (…) A mon sens, une grande partie de la violence du siècle – l’extrême cruauté politique qui a dominé ses deux premiers tiers – s’enracine dans la conviction que, somme toute, un commencement absolu n’a pas de prix. Si réellement il s’agit de fonder un nouveau monde, alors le prix payé par l’ancien monde, fût-ce en nombre de morts ou en quantité de souffrance, est une question relativement secondaire. Alain Badiou
Le Nouvel Observateur’ et ‘Le Monde’ exercent une influence considérable sur les intellectuels du tiers monde. En prenant position comme collaborateur du Monde, je ne pense pas avoir poussé beaucoup de paysans cambodgiens à la révolte, mais j’ai pu lancer des intellectuels khmers sur une piste sanglante. Si j’ai écrit ce livre, ce n’est pas pour me faire pardonner mais pour appliquer un contre-poison à ce peuple empoisonné et lui faire prendre une tasse de lait après l’arsenic que j’ai contribué à lui administrer (…). Pour le Vietnam, je plaide coupable. Je m’accuse d’avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien (…) Je subissais l’influence écrasante de Sartre qui voyait dans toute critique de fond de la Russie soviétique une arme offerte aux réactionnaires et aux Américains. “Il ne fallait pas désespérer Billancourt”. Pendant vingt ans, j’ai participé à cette scandaleuse timidité à l’égard de la Russie communiste, que je considérais comme la capitale de la gauche et de la révolution mondiale. Jean Lacouture (novembre 1978)
Nous avons en Europe de l’Ouest, et particulièrement en France, une mémoire du communisme qui est souvent glorieuse, incontestable, indiscutable. C’est une légende, un véritable mythe, qui confine parfois à l’invraisemblable… (…) Il existe, en effet, chez nous une espèce de gauchisme culturel, très répandu, très bon chic bon genre. Il n’est pas tant le fait des bobos que des «bobobos» – bourgeois, bohèmes, bolchos – qu’on rencontre un petit peu tous les jours, dans l’Université, dans les médias, dans la politique, etc. On est confronté en permanence à ce politiquement correct. Alors le nazisme, c’est abominable, on est d’accord; Le Pen, c’est horrible, on est d’accord. Mais, dès qu’on parle d’autres problèmes, qui sont tout aussi importants, c’est un tollé! Cela tient au fait que la France a eu des expériences très différentes du communisme et du nazisme. Du nazisme, les Français ont conservé, et à juste titre, la mémoire tragique de la défaite de 40 et de l´occupation (fusillades, pillages, déportations etc.). Par contre, depuis 1936, et surtout depuis 1944-1945, les Français ont assez largement conservé une mémoire glorieuse qui repose sur la participation du PCF au front populaire, sur la participation des communistes à la Résistance et à la Libération du pays, et aussi au rôle de l´URSS dans l´écrasement du nazisme. Cette opposition entre mémoire tragique de l´un et mémoire glorieuse de l´autre explique cette « différence de méfiance ». (…) C´est d´ailleurs un des gros problèmes de la réunification européenne : la France, l´Italie, l´Espagne en particulier où l´on entretient une mémoire glorieuse du communisme, et les ex-démocraties populaires qui entretiennent une mémoire tragique (dont témoignent les remarquables films récents en Allemagne avec La vie des autres, ou en Roumanie avec la dernière palme d´or du festival de Cannes). Cela a mené devant le conseil de l´Europe en janvier 2006 à une véritable scission entre socialistes et communistes d´Europe de l´Ouest alliés aux nostalgiques communistes de l´Est pour s´opposer à l´adoption d´une résolution condamnant les crimes des régimes communistes. Stephane Courtois
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux. Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Nous crions d’un bout à l’autre de l’Afrique : Attention, l’Amérique a la rage. Tranchons tous les liens qui nous rattachent à elle, sinons nous serons à notre tour mordus et enragés. Sartre (1953)
La liberté de critique est totale en URSS et le citoyen soviétique améliore sans cesse sa condition au sein d’une société en progression continuelle. Sartre (1954)
Un anticommuniste est un chien, je ne sors pas de là, je n’en sortirai plus jamais. Sartre (1961)
Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé ; restent un homme mort et un homme libre. Sartre (1961)
Les Vietnamiens se battent pour tous les hommes, et les forces américaines contre tous. Sartre (1971)
On dit souvent que les définitions du gouvernement islamique sont imprécises. Elles m’ont paru au contraire d’une limpidité très familière, mais, je dois dire, assez peu rassurante. « Ce sont les formules de base de la démocratie, bourgeoise ou révolutionnaire, ai-je dit ; nous n’avons pas cessé de les répéter depuis le XVIIIe siècle, et vous savez à quoi elles ont mené. » Mais on m’a répondu aussitôt : « Le Coran les avait énoncées bien avant vos philosophes et si l’Occident chrétien et industriel en a perdu le sens, l’islam, lui, saura en préserver la valeur et l’efficacité ». Michel Foucault (1978)
A l’aurore de l’histoire, la Perse a inventé l’Etat et elle en a confié les recettes à l’Islam : ses administrateurs ont servi de cadres au Calife. Mais de ce même Islam, elle a fait dériver une religion qui a donné à son peuple des ressources indéfinies pour résister au pouvoir de l’Etat. Dans cette volonté d’un gouvernement islamique, faut-il voir une réconciliation, une contradiction, ou le seuil d’une nouveauté ? (…) J’entends déjà les Français qui rient. Mais je sais qu’ils ont tort. Michel Foucault (1978)
Impossible, disent aujourd’hui certains qui estiment en savoir long sur les sociétés islamiques ou sur la nature de toute religion. Je serai beaucoup plus modeste qu’eux, ne voyant pas au nom de quelle universalité on empêcherait les musulmans de chercher leur avenir dans un Islam dont ils auront à former, de leurs mains, le visage nouveau. Dans l’expression ‘gouvernement islamique’, pourquoi jeter d’emblée la suspicion sur l’adjectif ‘islamique’ ? Le mot ‘gouvernement’ suffit, à lui seul, à éveiller la vigilance. Michel Foucault (1978)
Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. Boumediene (mars 1974)
Un jour, des millions d’hommes quitteront le sud pour aller dans le nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. Houari Boumediene (ONU, 10.04.74)
Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe, sans épée, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union Européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L’Albanie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. La Bosnie est dans l’Union européenne, c’est un pays musulman. 50% de ses citoyens sont musulmans. L’Europe est dans une fâcheuse posture. Et il en est de même de l’Amérique. Elles [les nations occidentales] devraient accepter de devenir musulmanes avec le temps ou bien de déclarer la guerre aux musulmans. Kadhafi (10.04.06) 
Et si Raspail, avec « Le Camp des Saints », n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur? Jean Cau
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové à Karl Zéro, Canal plus, avril 2002
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières.Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
A la limite, c’est eux qui l’ont fait, mais c’est nous qui l’avons voulu. Jean Baudrillard
La plus grande oeuvre d’art jamais réalisée … Karlheinz Stockhausen
 J’aurais été bien plus content si, le 11 septembre, le Pentagone avait été mis à terre et s’ils n’avaient pas manqué la Maison Blanche – au lieu de voir s’effondrer les Twin Towers remplies de milliers de travailleurs américains, parmi lesquels, paraît-il, se trouvaient presqu’un millier de clandestins. Toni Negri
Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone. Thierry Meyssan
[Est-ce que tu penses que Bush peut être à l’origine de ces attentats (les attentats du 11-Septembre) ?] Je pense que c’est possible. Je sais que les sites qui parlent de ce problème sont des sites qui ont les plus gros taux de visites. (…) Et donc je me dis, moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l’information et de la communication, que cette expression de la masse et du peuple ne peut pas être sans aucune vérité. (…) Je ne te dis pas que j’adhère à cette posture, mais disons que je m’interroge quand même un petit peu sur cette question.(…) C’est la responsabilité de chaque blogueur de se faire son idée. Christine Boutin (Entretien avec Karl Zéro, Canal plus, nov. 2006)
« Je suis allée voir l’ambassadeur iranien à l’époque et il a dit que bien sûr c’était vrai. » (…) Elle affirme donc que la CIA et d’autres agences étaient au courant qu’il y aurait quelque chose le 11 septembre? « Absolument ». Doit-on comprendre qu’il s’agit d’un complot interne US ou que al-Qaïda est le responsable? « Tout le monde est responsable. Si seulement vous en saviez plus, c’est encore plus déprimant. » Juliette Binoche (Entretien pour the Telegraph, sept. 2007, après sa fameuse manifestation pro-palestinienne du 23/03/02 contre la « Juiverie internationale »)
Moi j’ai tendance à être plutôt souvent de l’avis de la théorie du complot.(…) Parce que  je pense qu’on nous ment sur énormément de choses: Coluche, le 11-Septembre. (…) c’était bourré d’or les tours du 11-Septembre, et puis c’était un gouffre à thunes parce ce que ça a été terminé, il me semble, en 73 et pour recâbler tout ça, pour mettre à l’heure de toute la technologie et tout, c’était beaucoup plus cher de faire les travaux que de les détruire. Marion Cotillard
We are stardust We are golden And we’ve got to get ourselves Back to the garden Joni Mitchell (Woodstock, 1970)
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre.Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. John Reed
2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. (…) Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste. Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes (…) C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ». Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal. Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968. Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos. L’Humanité (19.06.2017)
A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque. (…) La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite. Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur… (…) C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ». (…) C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait. Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles. (…) On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques. (…) Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! » (…) La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden! Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une. (…) Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde. (…) Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde. Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte. (…) Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »). L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes. (…) Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal. (…) Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles). Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents. (…) Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler. (…) Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu. (…) Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude. Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski. (…) L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir. Pascal Bruckner
Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968. Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. (…) Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer? Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté? Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe. Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail. On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages». Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement. Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu. La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968. Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun. Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles. Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes. On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence. (…) Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Attention: un cinquantenaire peut en cacher un autre !

A l’heure où entre le Brexit, l’élection de Donald Trump et de ses émules à travers l’Europe …

Mais aussi – énième épisode d’hystérie collective ou grande purge cinquantenaire ? – le dévoilement en cours de l’hypocrisie de nos donneurs de leçons professionnels de l’Obamamanie et d’Hollywood ou de Silicon Valley

Le lourd héritage des années 60 commence, entre perte des repères, déficits abyssaux et menaces terroristes et migratoires, à apparaitre pour ce qu’il est vraiment …

Devinez quelle énième commémoration qui était déjà elle-même cinquantenaire à un an près d’une des pires catastrophes de l’humanité …

Et dont s’apprêtent à fêter le centenaire nos habituels thuriféraires de la Révolution

L’auteur du hold up électoral du siècle veut ajouter …

A une année pourtant déjà bien chargée entre fin de la Première guerre mondiale, Déclaration universelle des droits de l’Homme et constitution de la Ve république …

Mais aussi lâche abandon de tant de peuples, de la Tchécoslovaquie au Vietnam et au Cambodge et avant la Chine, Cuba ou la Pologne  aux griffes de l’idéologie aux 100 millions de victimes

Sans compter, par leurs successeurs islamistes et chocs pétroliers obligent, le début du long processus de nettoyage ethnico-religieux des juifs et des chrétiens dans le Monde dit musulman, Iran compris ?

Commémorer mai 68 ? Épargnons-nous cette comédie

Le Figaro

FIGAROVOX/TRIBUNE – Emmanuel Macron envisage de commémorer les 50 ans de mai 68. Pour le candidat à la présidence des Républicains Maël de Calan la célébration officielle d’un événement aussi controversé serait ridicule et inappropriée.


Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et candidat à la présidence des Républicains.


Avec le centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, l’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et celui de notre constitution, 2018 s’annonce riche en célébrations. Ce n’est manifestement pas encore assez pour le Président de la République, qui souhaiterait engager une intense réflexion historico-politique, en vue de commémorer le 50ème anniversaire de mai 1968.

Dis-moi ce que tu commémores, je te dirai qui tu es. De quoi parlons-nous en l’espèce?

Si l’on s’en tient aux stricts événements, mai 1968 est une contestation étudiante et sociale ayant conduit, comme souvent dans notre histoire, à une paralysie généralisée.

Ce mois fut émaillé de grèves, de manifestations, de barricades et de violences, avant de se conclure par la paix sociale des accords de Grenelle, et le triomphe électoral de la droite aux législatives.

Qui sont donc les héros de cette période que nous serons amenés à célébrer?

Les étudiants gauchistes et leurs théories insensées, qui font aujourd’hui sourire mais qui résonnaient autrement dans le contexte géopolitique et idéologique des années 1960? Ou la foule qui défila le 30 mai derrière Malraux, Debré et Schumann pour défendre avec le général de Gaulle, l’État de droit, l’ordre et la liberté?

Au-delà des faits, les événements de 1968 sont bien sûr restés comme le symbole d’une émancipation culturelle, et de l’avènement de l’individu roi. Un mouvement entamé bien avant les barricades et dépassant largement nos frontières, mais qu’importe.

Sur le plan économique, l’esprit de 68 a favorisé l’essor de la consommation de masse. Il fallait «jouir sans entrave»: une société de consommation et de loisir allait ainsi définitivement supplanter une société de privation et de travail.

On pourrait désormais dépenser de plus en plus tout en travaillant de moins en moins, et tout était permis sur le plan politique pour financer la sacro-sainte «consommation des ménages».

Le bilan de cette politique est aujourd’hui navrant: une dette gigantesque, qui fait peser sur les générations futures le train de vie de la génération 68. Un modèle économique à bout de souffle, privilégiant la consommation sur l’investissement. Des écosystèmes dévastés, qui nous forcent à imaginer une nouvelle croissance sobre en ressources et circulaire, plus respectueuse de notre santé comme de notre environnement.

Sur le plan politique et social, 1968 a bousculé l’ordre ancien d’une société patriarcale et puritaine, et aboutit à de grandes lois mettant l’individu au centre du jeu.

La loi Veil, l’abaissement de l’âge de la majorité à 18 ans, l’abolition de la peine de mort sont sans conteste des lois nées en 1968.

Mais cette logique individualiste a déraillé. Puisqu’il était «interdit d’interdire», on a étendu sans cesse le périmètre des droits au détriment des devoirs, le périmètre de la liberté sur celui de la responsabilité, minant progressivement toute idée d’intérêt général ou de bien commun.

Mai 68 c’est la victoire de l’individu contre la famille, contre le collectif, contre l’autorité, contre les règles. On se rend compte aujourd’hui combien notre société souffre de la fragilisation des rapports sociaux, de l’isolement social, de l’absence d’autorité et de règles.

Sur le plan culturel, enfin, mai 68 qui voulait abattre le «vieux monde» a enfin sapé au nom de l’émancipation individuelle toute notion de transmission historique et culturelle, d’héritage, de valeurs communes.

On en mesure quotidiennement les dégâts dans les nouvelles générations, et le déclin de l’éducation nationale, mesuré chaque année par les enquêtes Pisa, témoigne parmi d’autres des méfaits d’une pensée relativiste, qui nie des valeurs aussi fondamentales que l’autorité ou l’excellence.

Le moins que l’on puisse dire, donc, c’est que le bilan de Mai 68 est tout sauf consensuel.

Que le Président qui a construit son identité politique sur le renouvellement et le dépassement du clivage gauche / droite, le réactive à travers mai 1968 est une contradiction majeure.

Marx, dont on célébrera également en 2018 le bicentenaire de la naissance, disait que «tous les grands événements se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce». Nous avons déjà eu Mai 68, avec ses fractures et ses échecs. Épargnons-nous la comédie d’une réunion de septuagénaires autocélébrant leur place dans l’histoire.

Voir aussi:

It’s 1968 All Over Again

Victor Davis Hanson

National Review

October 16, 2017

The United States and the world appear to be reliving the language, politics, and global instability of 1968.

Almost a half-century ago, in 1968, the United States seemed to be falling apart.

The Vietnam War, a bitter and close presidential election, antiwar protests, racial riots, political assassinations, terrorism, and a recession looming on the horizon left the country divided between a loud radical minority and a silent conservative majority.

The United States avoided a civil war. But America suffered a collective psychological depression, civil unrest, defeat in Vietnam, and assorted disasters for the next decade — until the election of a once-polarizing Ronald Reagan ushered in five consecutive presidential terms of relative bipartisan calm and prosperity from 1981 to 2001.

It appears as if 2017 might be another 1968. Recent traumatic hurricanes seem to reflect the country’s human turmoil.

After the polarizing Obama presidency and the contested election of Donald Trump, the country is once again split in two. But this time the divide is far deeper, both ideologically and geographically — and more 50/50, with the two liberal coasts pitted against red-state America in between.

Century-old mute stone statues are torn down in the dead of night, apparently on the theory that by attacking the Confederate dead, the lives of the living might improve.

All the old standbys of American life seem to be eroding. The National Football League is imploding as it devolves into a political circus. Multimillionaire players refuse to stand for the national anthem, turning off millions of fans whose former loyalties paid their salaries.

Politics — or rather a progressive hatred of the provocative Donald Trump — permeates almost every nook and cranny of popular culture.

The new allegiance of the media, late-night television, stand-up comedy, Hollywood, professional sports, and universities is committed to liberal sermonizing. Politically correct obscenity and vulgarity among celebrities and entertainers are a substitute for talent, even as Hollywood is wracked by sexual-harassment scandals and other perversities.

The smears “racist,” “fascist,” “white privilege,” and “Nazi” — like “Commie” of the 1950s — are so overused as to become meaningless. There is now less free speech on campus than during the McCarthy era of the early 1950s.

As was the case in 1968, the world abroad is also falling apart.

The European Union, model of the future, is unraveling. The EU has been paralyzed by the exit of Great Britain, the divide between Spain and Catalonia, the bankruptcy of Mediterranean nation members, insidious terrorist attacks in major European cities, and the onslaught of millions of immigrants — mostly young, male, and Muslim — from the war-torn Middle East. Germany is once again becoming imperious, but this time insidiously by means other than arms.

The failed state of North Korea claims that it has nuclear-tipped missiles capable of reaching America’s West Coast — and apparently wants some sort of bribe not to launch them.

Iran is likely to follow the North Korea nuclear trajectory. In the meantime, its new Shiite hegemony in the Middle East is feeding on the carcasses of Syria and Iraq.

Is the chaos of 2017 a catharsis — a necessary and long overdue purge of dangerous and neglected pathologies? Will the bedlam within the United States descend into more nihilism or offer a remedy to the status quo that had divided and nearly bankrupted the country?

Is the problem too much democracy, as the volatile and fickle mob runs roughshod over establishment experts and experienced bureaucrats? Or is the crisis too little democracy, as populists strive to dethrone a scandal-plagued, anti-democratic, incompetent, and overrated entrenched elite?

Neither traditional political party has any answers. Democrats are being overwhelmed by the identity politics and socialism of progressives. Republicans are torn asunder between upstart populist nationalists and the calcified establishment status quo.

Yet for all the social instability and media hysteria, life in the United States quietly seems to be getting better. The economy is growing. Unemployment and inflation remain low. The stock market and middle-class incomes are up. Business and consumer confidence are high. Corporate profits are up. Energy production has expanded. The border with Mexico is being enforced.

Is the instability less a symptom that America is falling apart and more a sign that the loud conventional wisdom of the past — about the benefits of a globalized economy, the insignificance of national borders, and the importance of identity politics — is drawing to a close, along with the careers of those who profited from it?

In the past, any crisis that did not destroy the United States ended up making it stronger. But for now, the fight grows over which is more toxic — the chronic statist malady that was eating away the country, or the new populist medicine deemed necessary to cure it.

Voir également:

The Exhaustion of American Liberalism
Shelby Steele

The Wall Street Journal

March 5, 2017

The recent flurry of marches, demonstrations and even riots, along with the Democratic Party’s spiteful reaction to the Trump presidency, exposes what modern liberalism has become: a politics shrouded in pathos. Unlike the civil-rights movement of the 1950s and ’60s, when protesters wore their Sunday best and carried themselves with heroic dignity, today’s liberal marches are marked by incoherence and downright lunacy—hats designed to evoke sexual organs, poems that scream in anger yet have no point to make, and an hysterical anti-Americanism.

All this suggests lostness, the end of something rather than the beginning. What is ending?

America, since the ’60s, has lived through what might be called an age of white guilt. We may still be in this age, but the Trump election suggests an exhaustion with the idea of white guilt, and with the drama of culpability, innocence and correctness in which it mires us.

White guilt is not actual guilt. Surely most whites are not assailed in the night by feelings of responsibility for America’s historical mistreatment of minorities. Moreover, all the actual guilt in the world would never be enough to support the hegemonic power that the mere pretense of guilt has exercised in American life for the last half-century.

White guilt is not angst over injustices suffered by others; it is the terror of being stigmatized with America’s old bigotries—racism, sexism, homophobia and xenophobia. To be stigmatized as a fellow traveler with any of these bigotries is to be utterly stripped of moral authority and made into a pariah. The terror of this, of having “no name in the street” as the Bible puts it, pressures whites to act guiltily even when they feel no actual guilt. White guilt is a mock guilt, a pretense of real guilt, a shallow etiquette of empathy, pity and regret.

It is also the heart and soul of contemporary liberalism. This liberalism is the politics given to us by white guilt, and it shares white guilt’s central corruption. It is not real liberalism, in the classic sense. It is a mock liberalism. Freedom is not its raison d’être; moral authority is.

When America became stigmatized in the ’60s as racist, sexist and militaristic, it wanted moral authority above all else. Subsequently the American left reconstituted itself as the keeper of America’s moral legitimacy. (Conservatism, focused on freedom and wealth, had little moral clout.) From that followed today’s markers of white guilt—political correctness, identity politics, environmental orthodoxy, the diversity cult and so on.

This was the circumstance in which innocence of America’s bigotries and dissociation from the American past became a currency of hardcore political power. Barack Obama and Hillary Clinton, good liberals both, pursued power by offering their candidacies as opportunities for Americans to document their innocence of the nation’s past. “I had to vote for Obama,” a rock-ribbed Republican said to me. “I couldn’t tell my grandson that I didn’t vote for the first black president.”
For this man liberalism was a moral vaccine that immunized him against stigmatization. For Mr. Obama it was raw political power in the real world, enough to lift him—unknown and untested—into the presidency. But for Mrs. Clinton, liberalism was not enough. The white guilt that lifted Mr. Obama did not carry her into office—even though her opponent was soundly stigmatized as an iconic racist and sexist.

Perhaps the Obama presidency was the culmination of the age of white guilt, so that this guiltiness has entered its denouement. There are so many public moments now in which liberalism’s old weapon of stigmatization shoots blanks—Elizabeth Warren in the Senate reading a 30-year-old letter by Coretta Scott King, hoping to stop Jeff Sessions’s appointment as attorney general. There it was with deadly predictability: a white liberal stealing moral authority from a black heroine in order to stigmatize a white male as racist. When Ms. Warren was finally told to sit, there was real mortification behind her glaring eyes.

This liberalism evolved within a society shamed by its past. But that shame has weakened now. Our new conservative president rolls his eyes when he is called a racist, and we all—liberal and conservative alike—know that he isn’t one. The jig is up. Bigotry exists, but it is far down on the list of problems that minorities now face. I grew up black in segregated America, where it was hard to find an open door. It’s harder now for young blacks to find a closed one.

This is the reality that made Ms. Warren’s attack on Mr. Sessions so tiresome. And it is what caused so many Democrats at President Trump’s address to Congress to look a little mortified, defiantly proud but dark with doubt. The sight of them was a profound moment in American political history.

Today’s liberalism is an anachronism. It has no understanding, really, of what poverty is and how it has to be overcome. It has no grip whatever on what American exceptionalism is and what it means at home and especially abroad. Instead it remains defined by an America of 1965—an America newly opening itself to its sins, an America of genuine goodwill, yet lacking in self-knowledge.

This liberalism came into being not as an ideology but as an identity. It offered Americans moral esteem against the specter of American shame. This made for a liberalism devoted to the idea of American shamefulness. Without an ugly America to loathe, there is no automatic esteem to receive. Thus liberalism’s unrelenting current of anti-Americanism.

Let’s stipulate that, given our history, this liberalism is understandable. But American liberalism never acknowledged that it was about white esteem rather than minority accomplishment. Four thousand shootings in Chicago last year, and the mayor announces that his will be a sanctuary city. This is moral esteem over reality; the self-congratulation of idealism. Liberalism is exhausted because it has become a corruption.

Mr. Steele, a senior fellow at Stanford University’s Hoover Institution, is author of “Shame: How America’s Past Sins Have Polarized Our Country” (Basic Books, 2015).

Voir encore:

The Beginning of the End of Progressive Domination?
The overreach of the Left’s response to Trump’s victory — and its consequences.
Bruce Thornton
October 16, 2017
Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

For over forty years the left has been successfully reshaping American culture. Social mores and government policies about sexuality, marriage, the sexes, race relations, morality, and ethics have changed radically. The collective wisdom of the human race that we call tradition has been marginalized or discarded completely. The role of religion in public life has been reduced to a private preference. And politics has been increasingly driven by the assumptions of progressivism: internationalism privileged over nationalism, centralization of power over its dispersal in federalism, elitist technocracy over democratic republicanism, “human sciences” over common sense, and dependent clients over autonomous citizens.

But the election of Donald Trump, and the overreach of the left’s response to that victory, suggest that we may be seeing the beginning of the end of the left’s cultural, social, and political dominance.

The two terms of Barack Obama seemed to be the crowning validation of the left’s victory. Despite Obama’s “no blue state, no red state” campaign rhetoric, he governed as the most leftist––and ineffectual–– president in history. Deficits exploded, taxes were raised, new entitlements created, and government expanded far beyond the dreams of center-left Democrats. Marriage and sex identities were redefined. The narrative of permanent white racism was endorsed and promoted. Tradition-minded Americans were scorned as “bitter clingers to guns and religion.” Hollywood and Silicon Valley became even more powerful cultural arbiters and left-wing publicists. And cosmopolitan internationalism was privileged over patriotic nationalism, while American exceptionalism was reduced to an irrational parochial prejudice.

The shocking repudiation of the establishment left’s anointed successor, Hillary Clinton, was the first sign that perhaps the hubristic left had overreached, and summoned nemesis in the form of a vulgar, braggadocios reality television star and casino developer who scorned the hypocritical rules of decorum and political correctness that even many Republicans adopted to avoid censure and calumny. Yet rather than learning the tragic self-knowledge that Aristotle says compensates the victim of nemesis, the left overreached yet again with its outlandish, hysterical tantrums over Trump’s victory. The result has been a stark exposure of the left’s incoherence and hypocrisy so graphic and preposterous that they can no longer be ignored.

First, the now decidedly leftist Democrats refused to acknowledge their political miscalculations. Rather than admit that their party has drifted too far left beyond the beliefs of the bulk of the states’ citizens, they shifted blame onto a whole catalogue of miscreants: Russian meddling, a careerist FBI director, their own lap-dog media, endemic sexism, an out-of-date

Electoral College, FOX News, and irredeemable “deplorables” were just a few. Still high on the “permanent majority” Kool-Aid they drank during the Obama years, they pitched a fit and called it “resistance,” as though comfortably preaching to the media, university, and entertainment choirs was like fighting Nazis in occupied France. The bathos and ridiculous hyperbole of their whining exposed for all to see their rank egotism and lack of discernment and judgment.

This childish behavior came hard on the whole “snowflake” and “microagression” phenomenon in colleges and universities. Normal people watched as some of the most privileged young people in history turned their subjective slights and bathetic discontents into weapons of tyranny, shouting down or driving away speakers they didn’t like, and calling for “muscle” to enforce their assault on the First Amendment. Relentlessly repeated on FOX News and on the Drudge Report, these antics galvanized large swaths of American voters who used to be amused, but now were disgusted by such displays of rank ingratitude and arrogant dismissal of Constitutional rights. And voters could see that the Democrats encouraged and enabled this nonsense. The prestige of America’s best universities, where most of these rites of passage for the scions of the well-heeled occurred, was even more damaged than it had been in the previous decades.

So too with the world of entertainment. Badly educated actors, musicians, and entertainers, those glorified jugglers, jesters, and sword-swallowers who fancy themselves “artists,” have let loose an endless stream of dull leftwing clichés and bromides that were in their dotage fifty years ago. The spectacle of moral preening coming from the entertainment industry––one that trades in vulgarity, misogyny, sexual exploitation, the glorification of violence, and, worst of all, the production of banal, mindless movies and television shows recycling predictable plots, villains, and heroes––has disgusted millions of voters, who are sick of being lectured to by overpaid carnies. So they vote with their feet for the alternatives, while movie grosses and television ratings decline.

As for the media, their long-time habit of substituting political activism for journalism, unleashed during the Obama years, has been freed from its last restraints while covering Trump. The contrast between the “slobbering love affair,” as Bernie Goldberg described the media’s coverage of Obama, and the obsessive Javert-like hounding of Trump has stripped the last veil of objectivity from the media. They’ve been exposed as flacks no longer seeking the truth, but manufacturing partisan narratives. The long cover-up of the Weinstein scandal is further confirmation of the media’s amoral principles and selective outrage. With numerous alternatives to the activism of the mainstream media now available, the legacy media that once dominated the reporting of news and political commentary are now shrinking in influence and lashing out in fury at their diminished prestige and profits.

Two recent events have focused this turn against the sixties’ hijacking of the culture. The preposterous “protests” by NFL players disrespecting the flag during pregame ceremonies has angered large numbers of Americans and hit the League in the wallet. The race card that always has trumped every political or social conflict has perhaps lost its power. The spectacle of rich one-percenters recycling lies about police encounters with blacks and the endemic racism of American society has discredited the decades-long racial narrative constantly peddled by Democrats, movies, television shows, and school curricula from grade-school to university. The endless scolding of white people by blacks more privileged than the majority of human beings who ever existed has lost its credibility. The racial good will that got a polished mediocrity like Barack Obama twice elected president perhaps has been squandered in this attempt of rich people who play games to pose as perpetual victims. These supposed victims appear more interested in camouflaging their privilege than improving the lives of their so-called “brothers” and “sisters.”

The second is the Harvey Weinstein scandal. A lavish donor to Democrats––praised by Hillary Clinton and the Obamas, given standing ovations at awards shows by the politically correct, slavishly courted and feted by progressive actors and entertainers, and long known to be a vicious sexual predator by these same progressive “feminists” supposedly anguished by the plight of women––perhaps will become the straw that breaks the back of progressive ideology. Just as ultrasounds, Planned Parenthood’s dismemberment of babies to harvest and sell their organs, and murderous ghouls like Kermit Gosnell have turned people against abortion, perhaps the lies, cover-ups, and rationalizations of Weinstein’s creepy assaults on more than 30 women will discredit Hollywood’s pompous posing and smug virtue-signaling on the part of self-proclaimed champions of women’s rights. The spectacle of a rich feminist and progressive icon like Jane Fonda whimpering about her own moral cowardice has destroyed the credibility we foolishly gave to Hollywood’s dunces and poltroons.

So do these signs portend at last the end of the leftist “fundamental transformation” of America? Will we begin to see even more pushback, and more reforms of our cultural and social institutions?

Other signs suggest we shouldn’t start celebrating. The lefts’ demolition of the American social and political order has reached deep into our schools, popular culture, and political policies. There are 66 million Millennials, the worst-educated cohort in American history, steeped in the progressive world-view since kindergarten. The shibboleths, clichés, mythemes, and transparent lies of that world view are second nature to them, signs of intellectual sophistication and class superiority. Their favorite oracles, Facebook, Google, Twitter, and YouTube, are morphing into Big Brother censors and manipulators of information on behalf of progressives. And these Millennials are going to be around for a long time, unlike the aging Boomers, among whom are most of the last remnants of the old America.

More ominous, the progressive redistributionist entitlement state and the habits of dependence it fosters are unlikely to be reformed, even as the increasing debt to finance this “kinder, gentler” Leviathan continues to drive us toward bankruptcy. The vast wealth and physical comfort we Americans enjoy fool us into thinking that all these cultural and political pathologies are affordable, nothing to worry about as long as the shelves of Costco are full, the cat videos keep coming on Facebook and YouTube, the new CGI superhero cartoons are showing at the Cineplex, and new Silicon Valley toys continue to be available. We can keep on enjoying our bread and circuses and not think about the Goths and Vandals gathering on the horizon.

So, beginning of the end of the leftist cultural regime, or a transient, doomed resistance? One thing for sure, we have a couple of national elections coming in 2018 and 2020 that will answer that question.

Voir de même:

We Have Officially Reached Peak Leftism

Kevin D. Williamson

The National Review

June 24, 2015

A progressive panic attack begins as the Obama era wanes. If it seems to you that the Left has, collectively, lost its damned mind as the curtain rises on the last act of the Obama administration, you are not imagining things. Barack Obama has been extraordinarily successful in his desire to — what was that phrase? — fundamentally transform the country, but the metamorphosis is nonetheless a good deal less than his congregation wanted and expected. We may have gone from being up to our knees in welfare-statism to being up to our hips in it, and from having a bushel of banana-republic corruption and incompetence to having a bushel and a peck of it, but the United States of America remains, to the Left’s dismay, plainly recognizable as herself beneath the muck.

Ergo, madness and rage.

We have seen an extraordinary outburst of genuine extremism — and genuine authoritarianism — in the past several months, and it will no doubt grow more intense as we approach the constitutional dethroning of the mock messiah to whom our progressive friends literally sang hymns of praise and swore oaths of allegiance. (“I pledge to be a servant to our president” — recall all that sieg heil creepiness.) There is an unmistakable stink of desperation about this, as though the Left intuits what the Right dares not hope: that the coming few months may in fact see progressivism’s cultural high-water mark for this generation.

If there is desperation, it probably is because the Left is starting to suspect that the permanent Democratic majority it keeps promising itself may yet fail to materialize. The Democrats won two resounding White House victories but can hardly win a majority in a state legislature (seven out of ten today are Republican-controlled) or a governorship (the Democrats are down to 18) to save their lives, while Republicans are holding their strongest position in Congress since the days of Herbert Hoover. The Democrats have calculated that their best bet in 2016 is Hillary Rodham Clinton, that tragic bag of appetites who couldn’t close the deal in the primary last time around. “Vote for me, I’m a lady” isn’t what they thought it was: Wendy Davis, running for governor of Texas, made all the proper ceremonial incantations and appeared in heroic postures on all the right magazine covers, but finished in the 30s on Election Day. With young people trending pro-life, that old black magic ain’t what it used to be.

For the Left, it feels like time is running out.

So it isn’t sufficient that same-sex marriages be legalized; bakers and florists must be locked in prison if they decline to participate in a gay couple’s ceremony. It isn’t sufficient that those wishing to undergo sex-change surgery be permitted to go their own way; the public must pay for it, and if Bruce Jenner is still “Bruce” to you, you must be driven from polite society. It isn’t enough that the Left dominate the media and pop culture; any attempt to compete with it must be criminalized in the name of “getting big money out of politics.” Not the New York Times’s money, or Hollywood’s money, or the CEO of Goldman Sachs’s money — just the wrong sort of people’s money. Every major Democratic presidential candidate and every Democratic senator is on record supporting the repeal of the First Amendment’s free-speech protections — i.e., carving the heart out of the Bill of Rights — to clear the way for putting all public debate under political discipline.

Like it or not, you will be shackled to hope and change. The hysterical shrieking about the fictitious rape epidemic on college campuses, the attempts to fan the unhappy events in Ferguson and Baltimore into a national racial conflagration, the silly and shallow “inequality” talk — these are signs of progressivism in decadence.

So is the brouhaha over the Confederate flag in South Carolina in the wake of the horrific massacre at Emanuel AME Church. For about 30 seconds, the political ghouls of the Left were looking to pick another gun-control fight, swooping in, in their habitually indecent fashion, before the bodies had even grown cold. But that turned out to be a dead end, since the killer acquired his gun after passing precisely the sort of background check that the Left generally hawks after a high-profile crime, regardless of whether it is relevant to the crime. We might have spent some time thinking about whether law enforcement was too lax in the matter of the murderer’s earlier encounters with them — the South Carolina killer had a drug arrest on his record but was able to buy a gun because he had been charged only with a misdemeanor. But the Left isn’t in any mood to talk about whether the cops aren’t being hard-assed enough. So, instead, we had a fight over a completely unrelated issue: the Confederate flag flying at the state capitol in Columbia.

You have to credit the Left: Its strategy is deft. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis. Never mind that the underlying argument — “Something bad has happened to somebody else, and so you must give us something we want!” — is entirely specious; it is effective. In the wake of the financial crisis, we got all manner of “reform,” from student-lending practices to the mandates of Elizabeth Warren’s new pet bureaucracy, involving things that had nothing at all to do with the financial crisis. Democrats argued that decency compelled us to pass a tax increase in the wake of the crisis, though tax rates had nothing to do with it. A crisis is a crisis is a crisis, and if a meteor hits Ypsilanti tomorrow you can be sure that Debbie Stabenow will be calling for a $15 national minimum wage because of the plight of meteor victims. If you can make enough noise that sounds approximately like a moral crisis, then you can in effect create a moral crisis.

I bear no brief for the peckerwood-trash cultural tendencies that led Fritz Hollings, then governor, and the rest of the loyal Democrats who ran segregation-era South Carolina to hoist the Confederate flag in 1962. My sympathies are more with John Brown than with John Calhoun. Yet Lost Cause romanticism was very much in fashion for a moment, and not only among Confederate revanchists; Joan Baez, no redneck she, made a great deal of money with her recording of “The Night They Drove Old Dixie Down” in 1971. About every third Western of the era had as its hero a conflicted Confederate veteran, his wounded honor and stoicism in defeat compelling him to roam westward in search of a new beginning. That story lives on into our own time: Who are Mal Reynolds and the Browncoats if not another remnant of the Lost Cause relocated from Virginia to the frontier in space?

Of course the Confederate flag is a symbol of Southern racism. It is a good many other things, too, none of which was the cause of the massacre at Emanuel AME. It is strange and ironic that adherents of the Democratic party — which was, for about 140 years, not only the South’s but the world’s leading white-supremacist organization — should work themselves up over one flag, raised by their fellow partisans, at this late a date; but, well, welcome to the party. Yet Democratic concern about racist totems is selective: The Democrats are not going to change the name of their party, cancel the annual Jefferson-Jackson dinner, or stop naming things after Robert Byrd, senator and Exalted Cyclops of the Ku Klux Klan. Hillary Clinton is not going to be made to answer for her participation in a political campaign that featured Confederate-flag imagery.

The Confederate flag, and other rebel iconography, is a marker of Southern distinctiveness, which, like American distinctiveness, is inextricably bound up with the enslavement and oppression of black people. But only the South is irredeemable in the Left’s view, and it has been so only since about 1994, when it went Republican. Which is to say, the Confederate flag is an emblem of regional distinctiveness disapproved of by 21st-century Democrats. Their reinvigorated concern is awfully nice: When the South actually was a segregationist backwater that African-Americans were fleeing by the million — when Democrats were running the show — they were ho-hum. Today the South is an economic powerhouse, dominated by Republicans, and attracting new African-American residents by the thousands. And so the Left and its creature, the Democratic party, insist that Southern identity as such must be anathematized. The horrific crime that shocked the nation notwithstanding, black life in Charleston remains very different, in attractive ways, from black life in such Left-dominated horror shows as Cleveland and Detroit, and the state’s governor is, in the parlance of identity politics, a woman of color — but she is a Republican, too, and therefore there must be shrieking, rending of garments, and gnashing of teeth.

This is a fraud, and some scales are starting to fall from some eyes. Americans believe broadly in sexual equality, but only a vanishing minority of us describe ourselves as “feminists.” “Social-justice warrior” is a term of derision. The Bernie Sanders movement, like the draft-Warren movement of which it is an offshoot, is rooted in disgust at the opportunistic politics of the Clinton claque. Young people who have heard all their lives that the Republican party and the conservative movement are for old white men — young people who may be not be quite old enough to remember Democrats’ boasting of their “double-Bubba” ticket in 1992, pairing the protégé of one Southern segregationist with the son of another — see before them Nikki Haley, Bobby Jindal, Susana Martinez, Carly Fiorina, Tim Scott, Mia Love, Marco Rubio, Ben Carson, Elise Stefanik. None of those men and women is bawling about “microaggressions” or dreaming up new sexless pronouns. None belongs to the party that hoisted Dixie over the capitol in South Carolina either. Governor Haley may be sensitive to the history of her state, but she is a member of the party of Lincoln with family roots in Punjab — it isn’t her flag.

What’s going to happen between now and November 8 of next year will be a political campaign on one side of the aisle only. On the other side, it’s going to be something between a temper tantrum and a panic attack. That’s excellent news if you’re Ted Cruz, Scott Walker, Marco Rubio, or Carly Fiorina. It’s less good news if you live in Baltimore or Philadelphia. —

Kevin D. Williamson is roving correspondent at National Review.

Voir encore:

PHOENIX — There are now two definitions of truth in the United States. The first is that a truthful statement is one that conforms to facts or reality. By this standard, President Trump is a serial liar.

The second is that truth is “telling it like it is,” or speaking in a direct, unvarnished way without regard to political correctness or the offense it may give. By this measure, for millions of supporters, Trump is the most honest president ever.

The United States has already become a post-truth society. Telling it like it isn’t has become a form of truth. That’s a nation in which chaos is more plausible because the ability to make rational decisions is diminished. Signal and noise can no longer be distinguished.

The center, where it was long held that elections are won, evaporates. Violence becomes more likely because incomprehension grows across hardening lines of fracture. It may well be that elections, as with the last presidential race, are now won at the extremes.

In Arizona, where Trump’s presidential campaign went from joke to winning proposition in July 2015 with a speech in which Trump said Mexicans were “taking our money” and “killing us,” the honest-man Trump view resonates. Trump was always about language. It didn’t matter that he was a loose cannon. He connected with the widespread disgust at the political class and the media. This was his winning intuition: that he could triumph as the subversive plain-speaking outsider.

Trump had that “kind of bluntness and occasionally even crass language which, if nothing else, at least meant authenticity,” said Jay Heiler, a lawyer considering a run against Senator Jeff Flake of Arizona, a rare Republican critic of Trump. “The president just hit a lot of nerves that a lot of conventional politicians didn’t even know were there.”

Those nerves still tingle. Nine months into the presidency, the support of Trump’s base remains fervid. I am often asked whether I believe that Trump will be impeached. I’ve taken to responding that it’s more likely he’ll be a two-term president. I’d put the chances of impeachment at under 10 percent and of his re-election at about 25 percent.

That’s partly because the Democratic Party has not yet begun a serious reckoning with its defeat last year. It hasn’t grasped the degree to which it lives, still, in a coastal echo chamber of identity politics and Trump-bashing. Just being anti-Trump won’t cut it. As Chuck Coughlin, a Republican political consultant who once worked for Senator John McCain, put it to me, “Somebody who speaks to common-sense American values — that is what the Democrats need.” I’m not sure who that person is, but I am pretty sure she or he does not reside in New York, Massachusetts or California.

Coughlin went on: “A Democratic Party that can’t tell me how many genders there are, that ain’t flying in this country.”

American fracture is the nation’s overriding condition. It keeps widening. Jeff DeWit, the Republican state treasurer of Arizona, picked up Trump at the airport for that 2015 Phoenix rally; he remains an ardent fan of Trump’s “movement of people dying for something different.”

His deputy, Mark Swenson, told me: “America was formed by a bunch of people who just wanted to be left alone.”

For that, guns help. “Bad guys have guns, so good guys should have guns, too,” DeWit said, rejecting my suggestion that the recent American carnage in Las Vegas showed the need for stricter gun laws.

Trump winks at white supremacists, thrives on confrontation and debases the Oval Office. But it would be a huge mistake to conclude from this that his defeat is inevitable; or that his supporters do not include millions of decent, smart Americans who just view the world differently. Americans who feel culturally alienated from the globalized metropolis (and sense that their worldview elicits contempt in a Democratic Party that often seems to have lost touch with ordinary Americans).

Heiler, the pro-Trump lawyer considering a Senate run, turned to the president’s campaign against football players, most of them black, who refuse to stand for the national anthem. “Many African-Americans are focused on a particular set of facts and circumstances” that “drive that conduct, that protest,” Heiler said. “But when many other Americans see it, and Americans of all races,” they think “gosh, these guys all have it pretty good. You know they make a really good living, playing football. This country’s been really good to them. And so, even if they have an ax to grind, they shouldn’t grind it against the country or its symbol or its anthem.”

Heiler said he wouldn’t condemn the protesting players’ choice, even if he disagreed, but “there’s simply no getting around that when you make that choice you’re going to alienate a lot of Americans.”

Now the vague particular “circumstances” alluded to by Heiler includes gross police brutality against black kids and the history of oppression of African-Americans. Players who protest are exercising a fundamental American right. But yes, they are “going to alienate a lot of Americans.” Trump, at some level, is going to win this argument.

An overriding lesson of 2016 for liberals is that without hard-nosed realism about the state of the country and Trump’s talents, you lose. And that’s the truth.

 Voir encore:

Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! »
propos recueillis par Dominique Simonnet
L’Express
28/08/2016 à 11:02

Avec la Révolution sexuelle, la sexualité est portée aux nues. Mais, au-delà de la libération, le sexe est alors, pour le romancier et essayiste Pascal Bruckner, une obligation. « On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte », analyse-t-il. Entretien.

Et soudain, l’explosion! Le lourd couvercle que des siècles de répression avaient posé sur la sexualité éclate sous la pression de Mai 68. Il est interdit d’interdire! Jouissons sans entraves! Du passé puritain faisons table rase! C’est le paradis sur Terre. Voire… La mystique du sexe a son revers. Priorité absolue au plaisir. Orgasme obligatoire. « T’es pas libérée! » oppose- t-on à celles qui se rebellent.

Le sentiment amoureux est nié, le mariage ridiculisé. Osons le dire: certains gentils révolutionnaires étaient de vrais Robespierre. L’écrivain Pascal Bruckner le reconnaît avec une nostalgie émue: de cet épisode angélique et pervers on n’a pas fini de ressentir les effets.
On parle des années 1960 et 1970 comme d’une « parenthèse enchantée » entre la pilule et le sida, un moment de grâce et de liberté sexuelle où tout était possible, tout était permis, comme si l’amour était enfin débarrassé de ses chaînes. La vision est un peu idyllique, non?

Elle est malgré tout assez exacte. A cette époque-là, il y avait une conjonction très propice à l’amour libre: une situation économique florissante (en plein milieu des Trente Glorieuses, la France redécouvrait la prospérité), un optimisme délirant (on allait écraser le cancer, liquider l’infarctus du myocarde), une absence de maladies vénériennes… Tout d’un coup, le sujet amoureux pouvait se penser vagabondant à travers ses désirs, sans freins, sans pénalités. La science avait vaincu la vieille idée du péché sexuel. La liberté semblait sans limites. Tel était le climat de l’époque.

C’était, comme nous le disait Anne-Marie Sohn concernant le sexe à la Belle époque, l’aboutissement d’un mouvement d’émancipation qui avait couvé pendant plusieurs décennies.

La contestation était en effet portée depuis un siècle par différentes avant-gardes artistiques et esthétiques, et une envie de plaisir s’était exprimée avec force chez les jeunes de l’après-guerre. A la fin des années 1950, nous sortions d’une société hypocrite où les hommes faisaient la loi dans les familles et les patrons, dans l’entreprise. Nous voulions en finir avec cette France corsetée, rigidifiée, fermée. Tout ce que nous pouvions happer de l’étranger -le rock, le blues, la soul, les hippies, les cheveux longs- était convoqué chez nous avec une avidité sans limite.

Les garçons et les filles se regardaient comme deux tribus qui allaient bientôt sauter l’une sur l’autre. Ils restaient encore séparés par quelques vieux tabous: la virginité des femmes avant le mariage (c’était presque une plaisanterie), la non-mixité dans les écoles, un certain ascendant des hommes sur les femmes, une forme de pudeur…

Des tabous qui sont tombés en Mai 68.

C’est parce qu’ils étaient déjà morts, rongés de l’intérieur par toute une mentalité démocratique et égalitaire. On s’était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c’est l’acte d’émancipation de l’individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n’a plus d’ordre à recevoir de personne. Ni de l’Eglise, ni de l’armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti…

Et puisque l’individu est libre, il n’a plus d’autre obstacle face à son désir que lui-même. « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »: c’est la merveilleuse promesse d’un nouveau monde. S’est alors manifestée une véritable jubilation à l’idée de terrasser l’ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c’est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d’un coup, l’irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait « je vous aime » pour dire « je vous désire ». Cette fois, on dit « je te désire » au lieu de dire « je t’aime ».

Que recouvrait vraiment ce terme de « révolution sexuelle »?

C’était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s’arrêtaient au dernier stade (« mes parents ne veulent pas », « je veux rester vierge pour le mariage »). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale… Tout basculait.
« On reconnaissait le désir des femmes »

Le désir ne se résumait pas simplement à la pulsion immonde de l’espèce masculine. On reconnaissait le désir des femmes. Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu’il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles.

Tout cela était enveloppé dans un discours intellectuel assez fumeux. On théorisait beaucoup la sexualité.

On lisait Freud, bien sûr, mais surtout Wilhelm Reich, dont les idées épousaient à merveille les lubies de l’époque. Selon lui, l’orgasme permettait d’expliquer le double phénomène du fascisme et du stalinisme: c’est parce que les gens ne jouissaient pas qu’ils se choisissaient un Hitler ou un Staline. L’orgasme avait donc des vertus non seulement hédoniques mais aussi politiques.

Dans le mouvement Sexpol, dont on ne relit pas aujourd’hui les publications sans éclater de rire, des trotskistes nous expliquaient comment l’émancipation de l’être humain passait par la grève mais aussi par le lit: la nuit, en copulant, l’ouvrier et l’ouvrière devaient atteindre ensemble l’extase pour hâter le grand soir. « Plus je fais l’amour, disait-on, plus je fais la révolution! » Raoul Vaneigem eut même ce jeu de mots, qui paraît consternant aujourd’hui: « Erection, insurrection! »

L’amour libre s’est alors constitué en véritable idéologie, et même en mystique. Le Graal du sexe allait apporter le bonheur…

… et la paix sur Terre. La révolution prolétarienne battait de l’aile, le tiers-monde était loin. La sexualité, elle, était pleine de promesses. Elle était la prolongation de la religion, la forme la plus immédiate et la plus accessible de la rédemption. Elle portait, croyait-on, un amour universel, une forme de franciscanisme. « Aimez-vous les uns sur les autres »: il y avait de la naïveté et de la bêtise dans tout cela, mais aussi une certaine générosité évangélique. On allait fabriquer un nouvel Adam. Le sexe, c’était le jardin d’Eden!

Chesterton a eu cette phrase géniale: « Le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles. » La révolution sexuelle en était une.

Cette folie n’était-elle pas le fait d’une minorité d’intellectuels et de babas cool passablement enfumés?

Il est difficile de le dire aujourd’hui. Le vent soufflait des Etats-Unis, mais aussi de l’Angleterre, de la Hollande. Le plus riche de 68, ce fut cette révolution désirante, qui sera ensuite théorisée par Foucault, Deleuze, Guattari… On baignait dans une bienveillance généralisée, naïve, mais féconde.

Mais cette drôle de révolution avait une face cachée: le discours normatif, la pression du groupe, les culpabilisations perverses… Il fallait adhérer au dogme, donner son corps sans rechigner, ou alors s’analyser, faire son autocritique, s’amender. En fait de libération, c’était aussi un terrorisme.

Absolument. Sans s’en apercevoir, on passe d’un dogme à l’autre. Le plaisir était prohibé, il devient obligatoire. L’ambiance est à l’intimidation. Un nouveau tribunal s’installe: non seulement il faut faire l’amour de toutes les façons, avec tout le monde, mais encore faut-il que le plaisir soit conforme. Quiconque s’y soustrait est vu comme une sorte d’épave réactionnaire, un résidu du vieux monde.

Quand les filles refusaient de coucher, on avait le moyen de les culpabiliser: « Ben dis donc, tu n’es pas libérée! » Peu à peu s’établit donc ce que nous avions appelé, avec Alain Finkielkraut, la dictature de l’orgasme obligatoire. L’érotisme entre dans le domaine de la prouesse. On gonfle le nombre de ses partenaires et de ses orgasmes comme on gonfle ses pectoraux. Le sexe devient contrainte.

Oublié le mariage, méprisé le sentiment! Deleuze et Guattari parlent même de « l’ignoble désir d’être aimé ».

Ils ont dit beaucoup de bêtises… Le corps apparaissant comme la métaphore de la subversion, le sentiment est mis sous le boisseau. On se dit que, pendant des siècles, les hommes avaient masqué leur désir derrière le rideau des beaux sentiments. Alors, il faut le déchirer! Le rock’n’roll et la pop poussent des cris d’appétit sexuel sauvage (« I can’t get no satisfaction », « I want you! »).

« L’amour devient obscène »

L’inhibition et la frustration sont montrées du doigt; l’amour, avec ses fantômes séculaires (possession, jalousie, secret), devient obscène. D’où le refus de la séduction, considérée comme une survivance du vieux monde: on est supposé aller vers son partenaire en toute franchise, sans recourir aux anciens et misérables stratagèmes.

Quant au couple, c’est l’abomination de la désolation.

Les gens qui se mariaient nous semblaient pathétiques, on leur faisait honte. La jalousie ne pouvait plus se dire. Si quelqu’un y succombait, le cercle des amis lui exprimait une sorte de compassion: « Pourquoi es-tu jaloux? Analyse bien. » Déjà, la parole thérapeutique se frayait un chemin. Alors, au lieu de creuser sa plaie comme on le fait de nos jours, on se raisonnait: « Après tout, j’ai peut-être tort. Pourquoi m’inquiéter si ma compagne s’envoie en l’air avec le voisin du dessous? Je n’ai qu’à faire les courses pendant ce temps-là. » Le couple était une forme transitoire qu’on empruntait pour aller vers la polygamie ou la polyandrie. A l’époque, il y avait un véritable terrorisme anticonjugal.

Même la sexualité des enfants est exaltée, jusqu’à, parfois, tolérer la pédophilie.

Les enfants, eux aussi, devaient être élevés dans l’éloge de leur désir. La pédophilie n’était pas admise, mais elle comptait un certain nombre de défenseurs. On se disait que le miracle sexuel était un don qui devait être équitablement distribué entre tous les âges, et toutes les générations. C’était une époque innocente, et naïve… Car le vieux monde restait présent sous les oripeaux du nouveau, comme dans le film Les Bronzés (où ce sont toujours les mêmes qui se tapent les jolies filles).

Derrière la parole libératrice et généreuse, il y avait une vraie brutalité, les lois de la sélection amoureuse subsistaient avec force. Petit à petit, on s’est aperçu qu’il y avait des perdants, des victimes, des laissés-pour-compte; on était en train de recréer un univers de mensonge que l’on avait pourtant tant dénoncé chez nos parents.

Les premières victimes, c’étaient les femmes.

Les femmes se sont senties niées. Tout était calqué sur la mécanique de l’orgasme masculin, sur la satisfaction unique qui balaie la pulsion. Elles ne souhaitaient pas devenir des objets sexuels manipulables à volonté par des hommes en chaleur, mais voulaient la reconnaissance de nouveaux droits: l’avortement, la contraception, le respect de leur propre désir… Et puis, il y avait toujours cette renaissance incessante, à chaque relation, du sentiment, sorte de nostalgie dont on n’osait pas parler.

Et puis, on a osé… Certains, tels Roland Barthes (Fragments d’un discours amoureux), Michel Foucault (Histoire de la sexualité), Alain Finkielkraut et vous-même (Le Nouveau Désordre amoureux), ont commencé à dénoncer cette grande illusion.

Nous avons voulu faire comprendre que la notion de révolution sexuelle n’avait aucun sens. Que l’amour n’était pas réformable. « Non, l’amour n’est pas honteux! » avance Barthes. Tout à coup, nous revendiquions le sentiment comme plus révolutionnaire que le désir sexuel. Ce qui n’empêchait pas une consommation sexuelle frénétique, notamment dans le monde homosexuel, mais elle n’était plus obligatoire. On s’est mis à redécouvrir Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. Le sentiment est revenu par la petite porte. Comme si une deuxième libération avait lieu.

Quel bilan tirez-vous de cet épisode pour le moins mouvementé?

Malgré tout, le bilan est positif. La révolution sexuelle que nous avons accomplie reste, pour de nombreux pays au monde, un extraordinaire idéal. Les femmes y ont gagné des droits indéniables… Mais si, depuis le Moyen Age, l’individu s’est lentement affranchi des tutelles féodales, administratives, religieuses, sociales, morales, sexuelles, nous découvrons maintenant en Occident que cette liberté a pour contrepartie la responsabilité et la solitude.

Résultat, la sexualité est peut-être libre, mais elle est devenue anxieuse. Sommes-nous de bons amants? De bons époux? De bons parents? La parole est passée du registre du diktat à celui de la plainte. « Nous avons fait Mai 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus », a dit justement Wolinski.

L’innocence des années 1970 est perdue?

Elle l’est. L’erreur que nous avons commise en 68, c’est de penser que l’Histoire est un héritage cumulatif et que, en supprimant les peurs d’antan, la nouvelle génération bénéficierait d’emblée d’une sexualité clefs en main. En réalité, le sexe reste un mystère obsédant et angoissant. Ce qui est mort depuis 68, c’est l’angélisme du désir, l’idée que tout ce qui touche au sexe est merveilleux. On sait aujourd’hui que l’amour n’est pas démocratique, qu’il ne répond pas à la justice ni au mérite, qu’il charrie la dépendance, l’abjection, la servitude aussi bien que le sacrifice et la transfiguration. C’est cette complexité de l’amour que nous devons redécouvrir.

Voir de même:

Communism Through Rose-Colored Glasses
Bret Stephens
NYT
Oct. 27, 2017

“In the spring of 1932 desperate officials, anxious for their jobs and even their lives, aware that a new famine might be on its way, began to collect grain wherever and however they could. Mass confiscations occurred all across the U.S.S.R. In Ukraine they took on an almost fanatical intensity.”

I am quoting a few lines from “Red Famine,” Anne Applebaum’s brilliant new history of the deliberate policy of mass starvation inflicted on Ukraine by Joseph Stalin in the early 1930s. An estimated five million or more people perished in just a few years. Walter Duranty, The Times’s correspondent in the Soviet Union, insisted the stories of famine were false. He won a Pulitzer Prize in 1932 for reportage the paper later called “completely misleading.”

How many readers, I wonder, are familiar with this history of atrocity and denial, except in a vague way? How many know the name of Lazar Kaganovich, one of Stalin’s principal henchmen in the famine? What about other chapters large and small in the history of Communist horror, from the deportation of the Crimean Tatars to the depredations of Peru’s Shining Path to the Brezhnev-era psychiatric wards that were used to torture and imprison political dissidents?

Why is it that people who know all about the infamous prison on Robben Island in South Africa have never heard of the prison on Cuba’s Isle of Pines? Why is Marxism still taken seriously on college campuses and in the progressive press? Do the same people who rightly demand the removal of Confederate statues ever feel even a shiver of inner revulsion at hipsters in Lenin or Mao T-shirts?

These aren’t original questions. But they’re worth asking because so many of today’s progressives remain in a permanent and dangerous state of semi-denial about the legacy of Communism a century after its birth in Russia.

No, they are not true-believing Communists. No, they are not unaware of the toll of the Great Leap Forward or the Killing Fields. No, they are not plotting to undermine democracy.

But they will insist that there is an essential difference between Nazism and Communism — between race-hatred and class-hatred; Buchenwald and the gulag — that morally favors the latter. They will attempt to dissociate Communist theory from practice in an effort to acquit the former. They will balance acknowledgment of the repression and mass murder of Communism with references to its “real advances and achievements.” They will say that true communism has never been tried. They will write about Stalinist playwright Lillian Hellman in tones of sympathy and understanding they never extend to film director Elia Kazan.

Progressive intelligentsia “is moralist against one half of the world, but accords to the revolutionary movement an indulgence that is realist in the extreme,” the French scholar Raymond Aron wrote in “The Opium of the Intellectuals” in 1955. “How many intellectuals have come to the revolutionary party via the path of moral indignation, only to connive ultimately at terror and autocracy?”

On Thursday, I noted that intellectuals have a long history of making fools of themselves with their political commitments, and that the phenomenon is fully bipartisan.

But the consequences of the left’s fellow-traveling and excuse-making are more dangerous. Venezuela is today in the throes of socialist dictatorship and humanitarian ruin, having been cheered along its predictable and unmerry course by the usual progressive suspects.

One of those suspects, Jeremy Corbyn, may be Britain’s next prime minister, in part because a generation of Britons has come of age not knowing that the line running from “progressive social commitments” to catastrophic economic results is short and straight.

Bernie Sanders captured the heart, if not yet the brain, of the Democratic Party last year by portraying “democratic socialism” as nothing more than an extension of New Deal liberalism. But the Vermont senator also insists that “the business model of Wall Street is fraud.” Efforts to criminalize capitalism and financial services also have predictable results.

It’s a bitter fact that the most astonishing strategic victory by the West in the last century turns out to be the one whose lessons we’ve never seriously bothered to teach, much less to learn. An ideology that at one point enslaved and immiserated roughly a third of the world collapsed without a fight and was exposed for all to see. Yet we still have trouble condemning it as we do equivalent evils. And we treat its sympathizers as romantics and idealists, rather than as the fools, fanatics or cynics they really were and are.

Winston Churchill wrote that when the Germans allowed the leader of the Bolsheviks to travel from Switzerland to St. Petersburg in 1917, “they turned upon Russia the most grisly of all weapons. They transported Lenin in a sealed truck like a plague bacillus.”

A century on, the bacillus isn’t eradicated, and our immunity to it is still in doubt.

Voir enfin:

Jean-Paul Piérot
19 Juin, 2017
L’Humanité

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n’en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s’abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d’octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d’exemplaires, a fait connaître l’épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s’empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d’Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d’une “aventure”. Eh bien, s’il faut parler d’aventure, ce fut l’une des plus merveilleuses où se soit engagée l’humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l’histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (…) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l’histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s’engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d’octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio, maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré, historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse), Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée, historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou, Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin, sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey, professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

U FIL DES PAGES…

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

 

Tuerie de Las Vegas: Attention, un déni peut en cacher un autre (Sow the wind: After nearly a year of calls and wishes for Trump’s death, guess whose supporters end up victims of the worst mass shooting in US history ?)

6 octobre, 2017

Amok headhunterhttps://pbs.twimg.com/media/CBFT8WZUUAAGlLX.jpg

Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. Matthieu 12 : 43-45
Il y a plus de larmes versées sur les prières exaucées que sur celles qui ne le sont pas. Thérèse d’Avila
Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières. Oscar Wilde
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers au poing, à descendre dans la rue et à tirer, au hasard, tant qu’on peut dans la foule. André Breton
Il faut avoir le courage de vouloir le mal et pour cela il faut commencer par rompre avec le comportement grossièrement humanitaire qui fait partie de l’héritage chrétien. (..) Nous sommes avec ceux qui tuent. Breton
Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Mini manuel de guérilla urbaine », 1969)
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Un des jeunes tueurs de Littleton, Eric Harris, avait passé une centaine d’heures à reprogrammer le jeu vidéo Doom pour que tout corresponde plus ou moins à son école (…) [jusqu’à] « incorporer le plan du rez-de-chaussée du lycée Columbine dans son jeu. En outre, il l’avait reprogrammé pour fonctionner « en mode Dieu », où le joueur est invincible. (…) Le 1er décembre 1997, à Paducah (Kentucky), Michael Carneal, alors âgé de 14 ans et armé de six pistolets, avait attendu la fin de la session quotidienne de prière à l’école pour tuer trois fillettes (…) et d’en blesser cinq autres. Lorsque la police a saisi son ordinateur, on a découvert qu’il en était un usager assidu, recherchant souvent sur Internet les films obscènes et violents. Parmi ses favoris, Basketball Diaries et Tueurs nés, film qui a influencé aussi les tueurs de Littleton. (…) En examinant l’ordinateur de Michael Carneal, la police a également découvert qu’il était un passionné de Doom, le fameux jeu qui consiste pour l’essentiel à passer rapidement d’une cible à l’autre et à tirer sur ses « ennemis » en visant surtout la tête. Le jeune Carneal, qui n’avait jamais utilisé d’arme auparavant, a réussi à toucher huit personnes, cinq à la tête, trois à la poitrine, avec seulement huit balles – un exploit considérable même pour un tireur bien entraîné. (…) Le colonel David Grossman, psychologue militaire, qui donne des cours sur la psychologie du meurtre à des Bérets verts et des agents fédéraux, est un témoin-expert dans ce procès. Il fait remarquer que les jeux vidéos consistant à viser et à tirer ont le même effet que les techniques d’entraînement militaire utilisées pour amener le soldat à surmonter son aversion à tuer. Selon lui, ces jeux sont encore plus efficaces que les exercices d’entraînement militaire, si bien que les Marines se sont procurés une version de « Doom » pour entraîner leurs soldats.  Helga Zepp-LaRouche
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers.  Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres.  En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
D’après les premiers éléments de l’enquête disponible, Andreas Lubitz, le co-pilote qui a réalisé la catastrophe, a toutes les caractéristiques du profil d’un tueur de masse. Par tueur de masse, faut-il entendre en criminologie tout individu qui tue au moins trois personnes, sans en viser spécifiquement une en particulier, en un même lieu et lors d’un événement unique, comme par exemple les auteurs de la tuerie sur le campus de Columbine Eric Harris et Dylan Klebold en 1999. Dernièrement, un article scientifique est paru dans le Justice Quaterly sur le sujet. L’auteur de l’article, le professeur Adam Lankford, fait une différence claire entre les tueurs de masse qui se donnent la mort au moment de l’acte et ceux qui cherchent à survivre afin de bénéficier « des profits » de leur acte, à savoir notamment bénéficier d’une « reconnaissance » médiatique. Dans la première catégorie, catégorie à laquelle appartient selon nous, Andreas Lubitz, et qui est une catégorie moins importante que la seconde, le criminologue tente de cerner le profil de ces tueurs sur la base d’un échantillon de 88 cas. En moyenne, ils sont relativement jeunes puisqu’ils ont au alentour de 37 ans. Le copilote était un peu plus jeune. Il avait 28 ans. Ce sont dans 96% des cas, des hommes ayant des symptômes de dépression (ce qui semble être le cas de celui-ci) et qui se serait senti victime d’injustice, souvent au travail (à l’heure actuelle nous n’avons aucun élément qui démontrerait que le copilote était en conflit avec des personnes de l’entreprise). Ce phénomène, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas nouveau. Par le passé, plusieurs pilotes se sont écrasés (ou ont tenté de s’écraser) de la sorte. 6 exemples au moins peuvent être recensés depuis 1982 et qui n’ont rien avoir avec des actes terroristes. Ainsi, pouvons nous citer par exemple trois événements marquants. Le premier qui s’est produit en 1994 sur un vol de Royal Air Maroc et qui entraina la mort de 44 personnes à bord. Le pilote aurait agi de manière intentionnelle suite à des problèmes sentimentaux. Le deuxième a eu lieu également en 1994. Un employé de la FedEx, qui allait se faire licencier, avait tenté de détourner un avion cargo de la compagnie pour le faire s’écraser. Il fut maîtrisé à temps par l’équipage. Enfin, le cas peut être le plus marquant fut certainement celui du crash provoqué par le pilote du vol Silk Air 185, le 19 décembre 1997. L’avion s’était écrasé dans une rivière, faisant 104 morts. Le pilote était un ancien aviateur militaire, traumatisé par un accident qui avait tué plusieurs de ses collègues lors d’un entrainement. Il connaissait des soucis financiers. Le crash n’a pas été reconnu comme intentionnel, mais des forts doutes subsistent. Ces actes n’ont donc rien avoir avec des actes terroristes, même si dans certains cas on peut se demander si les terroristes ne s’en inspirent pas (on pense naturellement au 11 septembre 2001). Mais ils se produisent, certes rarement, mais leur probabilité est non nulle. Tout porte à croire que le crash de l’A320 s’inscrive dans cette lignée de tuerie de masse que l’on appelle également « amok ». Olivier Hassid
Oui, je suis scandalisée. Oui, j’ai songé à de nombreuses reprises à faire exploser la Maison Blanche. Mais je sais que cela ne changera rien. Madonna
Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. James Hodgkinson
Le tireur accusé d’avoir ouvert le feu sur les élus républicains s’entraînant au baseball à Alexandria, se nommait James Hodgkinson, selon les informations des médias américains, confirmées par les services de police. Il avait 66 ans et venait de Belleville, dans l’État de l’Illinois.Une page Facebook portant son nom montre des photos du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders et une grande hostilité à Donald Trump et sa politique. Le 22 mars dernier, il publiait notamment un article avec le statut: « Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. » James Hodgkinson affichait ses idées sur les réseaux sociaux et signait activement des pétitions sur change.org, grande plateforme progressiste américaine en ligne. Fervent supporter du sénateur du Vermont, le tireur s’était même engagé dans sa campagne, comme le confirme Charles Orear, un autre volontaire au Washington Post. Il a d’ailleurs décrit son ami comme un « homme tranquille, très doux et très réservé. » Une information confirmée par Bernie Sanders, lui-même. The Huffington Post (14.06.2017)
Encore une chose à garder à l’esprit, je pense: beaucoup de ces supporters de country music étaient probablement des supporters de Donald Trump. Jeff Zeleny (CNN)
J’ai en fait aucune compassion vu que c’est souvent des Républicains porteurs d’armes. Hayley Geftman-Gold (vice-présidente de CBS)
Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt, ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président des États-Unis les aidera à occuper et il leur enverra des Mexicains pour nettoyer les chiottes. Charline Vanhoenacker 
Je ne resterai jamais allongé quand le président de ce grand pays vient me serrer la main ! Il a beau y avoir beaucoup de problèmes dans ce pays, je respecterai toujours mon pays, mon président et mon drapeau. Thomas Gunderson (survivant de la tuerie de Las Vegas)
Hodgkinson is the logical culmination of the campaign of demonization and dehumanization of Republicans and Trump-supporters that the left has been waging for decades, a campaign that leftists have been ratcheting up as of late, even since Trump and the Deplorables defied the world and defeated Hillary Clinton. Partisan differences aside, it is high time for all decent Americans, irrespectively of political affiliation, to have a sober dialogue as to why it is that the lion’s share of the violence, vitriol, and contempt in this country stems from the ideological left.  Hodgkinson is the second Sanders supporter in just a few weeks to go on a killing spree.  The first was Jeremy Christian, who the media tried to depict as a “white supremacist” Trump supporter (Christian stabbed three men on a Portland train, killing two of them).  What is it about the vision and message of Bernie Sanders that attracts homicidal followers? These are the sorts of questions that honest and good people who want to stop the hatred and violence must address at this time, for if not, and if the left continues with its reckless and venomous rhetoric, there will be more James Hodgkinsons in the future. Jack Kerwick (June 16, 2017)
Thirty thousand feet above, could be Oklahoma Just a bunch of square cornfields and wheat farms Man, it all looks the same Miles and miles of back roads and highways Connecting little towns with funny names Who’d want to live down there in the middle of nowhere? They’ve never drove through Indiana Met the man who plowed that earth Planted that seed, busted his ass for you and me Or caught a harvest moon in Kansas They’d understand why God made Those fly over states. Jason Aldean
Well, I won’t worry if the world don’t like me, I won’t let ’em waste my time There ain’t nothin’ goin’ to change my mind, I feel fine gettin’ by on Central time. Pokey Lafarge
Because we live in flyover country, we try to figure out what is going on elsewhere by subscribing to magazines. Thomas McGuane (Esquire)
This must have come from the time I worked in movies, an industry that seemed to acknowledge only two places, New York and Los Angeles. I recall being annoyed that the places I loved in America were places that air travel allowed you to avoid. Thomas McGuane
Ces Etats au-dessus desquels les avions ne font que passer en reliant la Côte Est et la Côte Ouest, mais où on n’imagine jamais s’arrêter. The Middle
The term « flyover country » is often used to derisively refer to the vast swath of America that’s not near the Atlantic or Pacific coasts. It sounds like the ultimate putdown to describe places best seen at cruising altitude, the precincts where political and cultural sophisticates visit only when they need to. But in fact, (…) “It’s a stereotype of other people’s stereotypes,” lexicographer Ben Zimmer says. But it’s not as if the stereotypes are entirely imagined. Zimmer says the concept behind flyover country is present in older phrases, like middle America, “which has been used to talk about, geographically, the middle part of the U.S. since 1924, but then also has this idea of not only the geographic middle but the economic and social middle of the country as well, that kind of middle-ness that’s associated with the Midwest.” Another term for the same place, Zimmer notes, is heartland, which is “for people who want to valorize a particular social or political value.” And the heartland gets a lot of attention when it has votes that can be won. Politicians across the spectrum paint this place as more real than the coasts. (…) All this is a way of championing a set of values that is imagined to exist outside of big urban centers. It treats middle America like a time capsule from a simpler era, which, when you consider the Dust Bowl, the circumstances that led to the existence of Rust Belt, and the Civil Rights struggles before and after the Great Migration, never really existed for many people. Romanticizing can also read as patronizing for people in the middle of the country. (…) Hence the self-coining of flyover country—it’s a way for Midwesterners (and Southerners and people from the plains and mountains) to define themselves relative to the rest of the country. It’s defensive but self-deprecating, a way of shouting out for attention but also a means for identifying yourself by your home region’s lack of attention. It’s the linguistic nexus of Minnesota nice and Iowa stubborn. This self-identification has become a celebration. (…) Aldean, LaFarge, Kendzior, and McGuane all come from different parts of the middle of the country, but they all belong to the same, self-identified place, a place rooted more in attitude than in soil. As a concept, flyover country can exist almost anywhere in the United States. As a phrase, it’s become almost a dare, a way for Midwesterners to cajole the coastal elites into paying attention to a place they might otherwise overlook. But it’s also a bond for Midwesterners—a way of forging an identity in a place they imagine being mocked for its lack of identity. It’s a response to an affront, real or imagined, and a way to say “Well, maybe we don’t think that much of you, either. National Geographic
What I was hearing was this general sense of being on the short end of the stick. Rural people felt like they’re not getting their fair share. (…)  First, people felt that they were not getting their fair share of decision-making power. For example, people would say: All the decisions are made in Madison and Milwaukee and nobody’s listening to us. Nobody’s paying attention, nobody’s coming out here and asking us what we think. Decisions are made in the cities, and we have to abide by them. Second, people would complain that they weren’t getting their fair share of stuff, that they weren’t getting their fair share of public resources. That often came up in perceptions of taxation. People had this sense that all the money is sucked in by Madison, but never spent on places like theirs. And third, people felt that they weren’t getting respect. They would say: The real kicker is that people in the city don’t understand us. They don’t understand what rural life is like, what’s important to us and what challenges that we’re facing. They think we’re a bunch of redneck racists. So it’s all three of these things — the power, the money, the respect. People are feeling like they’re not getting their fair share of any of that. (…)  It’s been this slow burn. Resentment is like that. It builds and builds and builds until something happens. Some confluence of things makes people notice: I am so pissed off. I am really the victim of injustice here. (…) Then, I also think that having our first African American president is part of the mix, too. (…) when the health-care debate ramped up, once he was in office and became very, very partisan, I think people took partisan sides. (…) It’s not just resentment toward people of color. It’s resentment toward elites, city people. (…) Of course [some of this resentment] is about race, but it’s also very much about the actual lived conditions that people are experiencing. We do need to pay attention to both. As the work that you did on mortality rates shows, it’s not just about dollars. People are experiencing a decline in prosperity, and that’s real. The other really important element here is people’s perceptions. Surveys show that it may not actually be the case that Trump supporters themselves are doing less well — but they live in places where it’s reasonable for them to conclude that people like them are struggling. Support for Trump is rooted in reality in some respects — in people’s actual economic struggles, and the actual increases in mortality. But it’s the perceptions that people have about their reality are the key driving force here. (…) One of the key stories in our political culture has been the American Dream — the sense that if you work hard, you will get ahead. (…) But here’s where having Bernie Sanders and Donald Trump running alongside one another for a while was so interesting. I think the support for Sanders represented a different interpretation of the problem. For Sanders supporters, the problem is not that other population groups are getting more than their fair share, but that the government isn’t doing enough to intervene here and right a ship that’s headed in the wrong direction. (…) There is definitely some misinformation, some misunderstandings. But we all do that thing of encountering information and interpreting it in a way that supports our own predispositions. Recent studies in political science have shown that it’s actually those of us who think of ourselves as the most politically sophisticated, the most educated, who do it more than others. So I really resist this characterization of Trump supporters as ignorant. There’s just more and more of a recognition that politics for people is not — and this is going to sound awful, but — it’s not about facts and policies. It’s so much about identities, people forming ideas about the kind of person they are and the kind of people others are. Who am I for, and who am I against? Policy is part of that, but policy is not the driver of these judgments. There are assessments of, is this someone like me? Is this someone who gets someone like me? (…) All of us, even well-educated, politically sophisticated people interpret facts through our own perspectives, our sense of what who we are, our own identities. I don’t think that what you do is give people more information. Because they are going to interpret it through the perspectives they already have. People are only going to absorb facts when they’re communicated from a source that they respect, from a source who they perceive has respect for people like them. And so whenever a liberal calls out Trump supporters as ignorant or fooled or misinformed, that does absolutely nothing to convey the facts that the liberal is trying to convey. Katherine Cramer

Attention: un déni peut en cacher un autre !

Alors que suite à la folle tuerie de Las Vegas du weekend dernier …

Nos médias et nos experts nous rebattent les oreilles avec le déni des Américains sur les armes à feu ou sur le terrorisme …

Et que l’on apprend qu’à l’instar du tueur d’élus républicains de Virginie de juin dernier …

Le tueur de las Vegas en question aurait lui aussi été filmé  dans une récente manifestation anti-Trump …

Et qu’à l’instar de ce tweet peut-être parodique d’une enseignante priant, à la Charlie hebdo, pour la mort des supporters de Trump parmi les victimes …

C’est un journaliste de CNN et une vice-présidente de CBS news qui se font rabrouer …

Pour avoir rappelé l’évidence de l’appartenance politique majoritairement pro-Trump des victimes du massacre en question …

Ces fans qui écoutaient justement, au moment où les balles ont commencé à pleuvoir, l’auteur-compositeur de la célèbre chanson « Flyover states » …

Comment ne pas voir …

Derrière cet acte digne des fameux accès de folie meurtrière dont nous parlaient déjà les sagas nordiques (le bersek) ou indonésiennes (l’amok) …

La récolte de la tempête que militants comme membres du show biz ou journalistes …

Ont semée ou laissé semer depuis l’élection-surprise du président Trump il y a bientôt un an ?

Et comment ne pas vouloir repenser …

A ces oubliés dont Jason Aldean comme le candidat Donald Trump s’étaient justement fait les champions …

Comme la revanche depuis si longtemps attendue …

Du « pays que l’on survole sans s’arrêter » ?

James Hodgkinson: Leftist Hate’s Poster Man

A quite standard “hard core” Democrat and “passionate progressive”.

In the early morning of Wednesday, June 14, while House Majority Whip Steve Scalise, Republican Congressman from Louisiana, was practicing with his GOP colleagues for the Congress’s annual baseball game, James Hodgkinson opened fire — hitting Scalise, a staffer, and two Capitol Hill police officers.

Thankfully, the brave police officers saved lives that would otherwise have been taken while sending the would-be assassin off to meet his maker.

Scalise and his cohorts were prey to the worst act of domestic political violence that this country has witnessed in a very long time.  Hodgkinson, you see, was “a passionate progressive,” as a neighbor, Aaron Mueller, described him, a “hard core Democrat” who avidly supported Bernie Sanders’ presidential campaign.

In fact, Hodgkinson worked on Sanders’ campaign.

A glimpse at Hodgkinson’s Facebook account reveals the depths of his hatred for all things Republican—particularly and especially President Donald J. Trump. Yet he clearly detested the GOP long before the rise of Trump.

Trump, Hodgkinson posted, is an “a**h***,” “Truly the Biggest A**h*** We Have Ever Had in the Oval Office.” He is “a Mean, Disgusting Person” who is “Guilty & Should Go to Prison for Treason.”

Georgia Republican Karen Handel, who is in a tight race in a special election, Hodgkinson referred to as a “Republican B**ch” who “Wants People to Work for Slave Wages [.]”

Republicans have turned America into a “Fascist State.”  The only way to save it is to “Vote Blue,” for “It’s Right for You!”  After all, this self-avowed proponent of “Democratic Socialism” assures us that the Republicans, who Hodgkinson characterizes as “the American Taliban,” “Hate Women, Minorities, Working Class People, & Most All (99%) of the People of the Country.”

In other words, Hodgkinson shares Hillary Clinton’s assessment that Republicans (at least of the Trump-supporting variety, i.e. most of them) are “irredeemables” and “deplorables.”

“Republican Law Makers,” he tells us elsewhere, “Don’t Give a Damn About the Working Class in this Country.”

Hodgkinson believed in anthropogenic “climate change” or “global warming” and exorbitant taxes “for the rich.”  He urged Senate Democrats to “filibuster” the confirmation of Neil Gorsuch and mocked what he called “trickle-down” economics.

He also belonged to an on-line group, “Terminate the Republican Party” (whose members are now celebrating their fallen comrade’s shooting spree).

The morning of June 14 wasn’t the first time that Hodgkinson took aim, so to speak, at Scalise.  On his Facebook wall, not long ago, Hodgkinson shared a cartoon designed to link Scalise with “white supremacy.”

Hodgkinson was an admirer of MSNBC’s Rachel Maddow, Bill Maher, and, generally, exactly those leftist talking heads and celebrities who have been routinely, incessantly, expressing precisely the same thoughts about Republicans and Trump that filled Hodgkinson with a murderous hatred toward his political opponents.

Politically or ideologically speaking, Hodgkinson is no different than the leftists in Washington D.C., the media, Hollywood, and academia.  His ideology is one and the same as that of the Obamas, Schumers, Pelosis, Clintons, Sanders, Maddows, Mahers, Robert DeNiros, Meryl Streeps, Kathy Griffins, Madonnas, Snoop Doggs, and so on ad infinitum.

In fact, it was first Barack Obama who tried to tie Scalise to “white supremacists.”

Obama’s Press Secretary, Josh Earnest, said in September of 2015 that Scalise, in effect, once admitted to being a KKK member of sorts. “You’ll recall,” Earnest proceeded, “that one Republican congressman told a reporter that he was ‘David Duke without the baggage.” Earnest brought this up in order to blast the whole GOP, but especially Trump, as “racist” and “white supremacist.”

“Mr. Trump isn’t the first Republican politician to countenance these kinds of views in order to win votes.”

Back in 2002, Scalise had addressed the European-American Unity and Rights Organization (EURO), where he made the remark in question. He subsequently referred to his comment as “a mistake” that he “regret[s].”

Nevertheless, as Charlie Spiering of Breitbart reminds us, it was with frequency that Obama’s administration “used Scalise as a punching bag” to advance its agenda.  If Republicans were blocking the “immigration reform” that the Democrats wanted, Obama’s team would hold up Scalise as the poster boy for the GOP’s “white supremacy” and “racism.”  This is the trick that Team Obama continued to pull from its collective sleeve, whether it was in order to remove the Confederate flag from military cemeteries or reauthorize the Voting Rights Act.

Less than a year ago, Earnest brought up Scalise’s David Duke comment to smear Trump.

James Hodgkinson was a leftist Democrat.  There was nothing unusual about him. He was not “mentally ill.”  Hodgkinson had imbibed hook, line, and sinker all of the DNC, left-wing talking points that “the Resistance” has been cranking out from long before its members began describing themselves in these terms.

Hodgkinson is the logical culmination of the campaign of demonization and dehumanization of Republicans and Trump-supporters that the left has been waging for decades, a campaign that leftists have been ratcheting up as of late, even since Trump and the Deplorables defied the world and defeated Hillary Clinton.

Partisan differences aside, it is high time for all decent Americans, irrespectively of political affiliation, to have a sober dialogue as to why it is that the lion’s share of the violence, vitriol, and contempt in this country stems from the ideological left.  Hodgkinson is the second Sanders supporter in just a few weeks to go on a killing spree.  The first was Jeremy Christian, who the media tried to depict as a “white supremacist” Trump supporter (Christian stabbed three men on a Portland train, killing two of them).  What is it about the vision and message of Bernie Sanders that attracts homicidal followers?

These are the sorts of questions that honest and good people who want to stop the hatred and violence must address at this time, for if not, and if the left continues with its reckless and venomous rhetoric, there will be more James Hodgkinsons in the future.

Voir aussi:

Wonkblog
A new theory for why Trump voters are so angry — that actually makes sense
Jeff Guo
The Washington Post
November 8, 2016

Regardless of who wins on Election Day, we will spend the next few years trying to unpack what the heck just happened. We know that Donald Trump voters are angry, and we know that they are fed up. By now, there have been so many attempts to explain Trumpism that the genre has become a target of parody.

But if you’re wondering about the widening fissure between red and blue America, why politics these days have become so fraught and so emotional, Kathy Cramer is one of the best people to ask. For the better part of the past decade, the political science professor has been crisscrossing Wisconsin trying to get inside the minds of rural voters.

Well before President Obama or the tea party, well before the rise of Trump sent reporters scrambling into the heartland looking for answers, Cramer was hanging out in dairy barns and diners and gas stations, sitting with her tape recorder taking notes. Her research seeks to understand how the people of small towns make sense of politics — why they feel the way they feel, why they vote the way they vote.

There’s been great thirst this election cycle for insight into the psychology of Trump voters. J.D. Vance’s memoir “Hillbilly Elegy” offers a narrative about broken families and social decay. “There is a lack of agency here — a feeling that you have little control over your life and a willingness to blame everyone but yourself,” he writes. Sociologist Arlie Hochschild tells a tale of perceived betrayal. According to her research, white voters feel the American Dream is drifting out of reach for them, and they are angry because they believe minorities and immigrants have butted in line.

Cramer’s recent book, “The Politics of Resentment,” offers a third perspective. Through her repeated interviews with the people of rural Wisconsin, she shows how politics have increasingly become a matter of personal identity. Just about all of her subjects felt a deep sense of bitterness toward elites and city dwellers; just about all of them felt tread on, disrespected and cheated out of what they felt they deserved.

Cramer argues that this “rural consciousness” is key to understanding which political arguments ring true to her subjects. For instance, she says, most rural Wisconsinites supported the tea party’s quest to shrink government not out of any belief in the virtues of small government but because they did not trust the government to help “people like them.”

“Support for less government among lower-income people is often derided as the opinions of people who have been duped,” she writes. However, she continues: “Listening in on these conversations, it is hard to conclude that the people I studied believe what they do because they have been hoodwinked. Their views are rooted in identities and values, as well as in economic perceptions; and these things are all intertwined.”

Rural voters, of course, are not precisely the same as Trump voters, but Cramer’s book offers an important way to think about politics in the era of Trump. Many have pointed out that American politics have become increasingly tribal; Cramer takes that idea a step further, showing how these tribal identities shape our perspectives on reality.

It will not be enough, in the coming months, to say that Trump voters were simply angry. Cramer shows that there are nuances to political rage. To understand Trump’s success, she argues, we have to understand how he tapped into people’s sense of self.

Recently, Cramer chatted with us about Trump and the future of white identity politics.

(As you’ll notice, Cramer has spent so much time with rural Wisconsinites that she often slips, subconsciously, into their voice. We’ve tagged those segments in italics. The interview has also been edited for clarity and length.)

For people who haven’t read your book yet, can you explain a little bit what you discovered after spending so many years interviewing people in rural Wisconsin?

Cramer: To be honest, it took me many months — I went to these 27 communities several times — before I realized that there was a pattern in all these places. What I was hearing was this general sense of being on the short end of the stick. Rural people felt like they’re not getting their fair share.

That feeling is primarily composed of three things. First, people felt that they were not getting their fair share of decision-making power. For example, people would say: All the decisions are made in Madison and Milwaukee and nobody’s listening to us. Nobody’s paying attention, nobody’s coming out here and asking us what we think. Decisions are made in the cities, and we have to abide by them.

Second, people would complain that they weren’t getting their fair share of stuff, that they weren’t getting their fair share of public resourcesThat often came up in perceptions of taxation. People had this sense that all the money is sucked in by Madison, but never spent on places like theirs.

And third, people felt that they weren’t getting respect. They would say: The real kicker is that people in the city don’t understand us. They don’t understand what rural life is like, what’s important to us and what challenges that we’re facing. They think we’re a bunch of redneck racists.

So it’s all three of these things — the power, the money, the respect. People are feeling like they’re not getting their fair share of any of that.

Was there a sense that anything had changed recently? That anything occurred to harden this sentiment? Why does the resentment seem so much worse now?

Cramer: These sentiments are not new. When I first heard them in 2007, they had been building for a long time — decades.

Look at all the graphs showing how economic inequality has been increasing for decades. Many of the stories that people would tell about the trajectories of their own lives map onto those graphs, which show that since the mid-’70s, something has increasingly been going wrong.

It’s just been harder and harder for the vast majority of people to make ends meet. So I think that’s part of this story. It’s been this slow burn.

Resentment is like that. It builds and builds and builds until something happens. Some confluence of things makes people notice: I am so pissed off. I am really the victim of injustice here.

So what do you think set it all off?

Cramer: The Great Recession didn’t help. Though, as I describe in the book, people weren’t talking about it in the ways I expected them to. People were like,Whatever, we’ve been in a recession for decades. What’s the big deal?

Part of it is that the Republican Party over the years has honed its arguments to tap into this resentment. They’re saying: “You’re right, you’re not getting your fair share, and the problem is that it’s all going to the government. So let’s roll government back.”

So there’s a little bit of an elite-driven effect here, where people are told: “You are right to be upset. You are right to notice this injustice.”

Then, I also think that having our first African American president is part of the mix, too. Now, many of the people that I spent time with were very intrigued by Barack Obama. I think that his race, in a way, signaled to people that this was different kind of candidate. They were keeping an open mind about him. Maybe this person is going to be different.

But then when the health-care debate ramped up, once he was in office and became very, very partisan, I think people took partisan sides. And truth be told, I think many people saw the election of an African American to the presidency as a threat. They were thinking: Wow something is going on in our nation and it’s really unfamiliar, and what does that mean for people like me?

I think in the end his presence has added to the anxieties people have about where this country is headed.

One of the endless debates among the chattering class on Twitter is whether Trump is mostly a phenomenon related to racial resentment, or whether Trump support is rooted in deeper economic anxieties. And a lot of times, the debate is framed like it has to be one or the other — but I think your book offers an interesting way to connect these ideas.

Cramer: What I heard from my conversations is that, in these three elements of resentment — I’m not getting my fair share of power, stuff or respect — there’s race and economics intertwined in each of those ideas.

When people are talking about those people in the city getting an “unfair share,” there’s certainly a racial component to that. But they’re also talking about people like me [a white, female professor]. They’re asking questions like, how often do I teach, what am I doing driving around the state Wisconsin when I’m supposed to be working full time in Madison, like, what kind of a job is that, right?

It’s not just resentment toward people of color. It’s resentment toward elites, city people.

And maybe the best way to explain how these things are intertwined is through noticing how much conceptions of hard work and deservingness matter for the way these resentments matter to politics.

We know that when people think about their support for policies, a lot of the time what they’re doing is thinking about whether the recipients of these policies are deserving. Those calculations are often intertwined with notions of hard work, because in the American political culture, we tend to equate hard work with deservingness.

And a lot of racial stereotypes carry this notion of laziness, so when people are making these judgments about who’s working hard, oftentimes people of color don’t fare well in those judgments. But it’s not just people of color. People are like: Are you sitting behind a desk all day? Well that’s not hard work. Hard work is someone like me — I’m a logger, I get up at 4:30 and break my back. For my entire life that’s what I’m doing. I’m wearing my body out in the process of earning a living.

In my mind, through resentment and these notions of deservingness, that’s where you can see how economic anxiety and racial anxiety are intertwined.

The reason the “Trumpism = racism” argument doesn’t ring true for me is that, well, you can’t eat racism. You can’t make a living off of racism. I don’t dispute that the surveys show there’s a lot of racial resentment among Trump voters, but often the argument just ends there. “They’re racist.” It seems like a very blinkered way to look at this issue.

Cramer: It’s absolutely racist to think that black people don’t work as hard as white people. So what? We write off a huge chunk of the population as racist and therefore their concerns aren’t worth attending to?

How do we ever address racial injustice with that limited understanding?

Of course [some of this resentment] is about race, but it’s also very much about the actual lived conditions that people are experiencing. We do need to pay attention to both. As the work that you did on mortality rates shows, it’s not just about dollars. People are experiencing a decline in prosperity, and that’s real.

The other really important element here is people’s perceptions. Surveys show that it may not actually be the case that Trump supporters themselves are doing less well — but they live in places where it’s reasonable for them to conclude that people like them are struggling.

Support for Trump is rooted in reality in some respects — in people’s actual economic struggles, and the actual increases in mortality. But it’s the perceptionsthat people have about their reality are the key driving force here. That’s been a really important lesson from this election.

I want to get into this idea of deservingness. As I was reading your book it really struck me that the people you talked to, they really have a strong sense of what they deserve, and what they think they ought to have. Where does that come from?

Cramer: Part of where that comes from is just the overarching story that we tell ourselves in the U.S. One of the key stories in our political culture has been the American Dream — the sense that if you work hard, you will get ahead.

Well, holy cow, the people I encountered seem to me to be working extremely hard. I’m with them when they’re getting their coffee before they start their workday at 5:30 a.m. I can see the fatigue in their eyes. And I think the notion that they are not getting what they deserve, it comes from them feeling like they’re struggling. They feel like they’re doing what they were told they needed to do to get ahead. And somehow it’s not enough.

Oftentimes in some of these smaller communities, people are in the occupations their parents were in, they’re farmers and loggers. They say, it used to be the case that my dad could do this job and retire at a relatively decent age, and make a decent wage. We had a pretty good quality of life, the community was thriving. Now I’m doing what he did, but my life is really much more difficult.

I’m doing what I was told I should do in order to be a good American and get ahead, but I’m not getting what I was told I would get.

The hollowing out of the middle class has been happening for everyone, not just for white people. But it seems that this phenomenon is only driving some voters into supporting Trump. One theme of your book is how we can take the same reality, the same facts, but interpret them through different frames of mind and come to such different conclusions.

Cramer: It’s not inevitable that people should assume that the decline in their quality of life is the fault of other population groups. In my book I talk about rural folks resenting people in the city. In the presidential campaign, Trump is very clear about saying: You’re right, you’re not getting your fair share, and look at these other groups of people who are getting more than their fair share. Immigrants. Muslims. Uppity women.

But here’s where having Bernie Sanders and Donald Trump running alongside one another for a while was so interesting. I think the support for Sanders represented a different interpretation of the problem. For Sanders supporters, the problem is not that other population groups are getting more than their fair share, but that the government isn’t doing enough to intervene here and right a ship that’s headed in the wrong direction.

One of the really interesting parts of your book is where you discuss how rural people seem to hate government and want to shrink it, even though government provides them with a lot of benefits. It raises the Thomas Frank question — on some level, are people just being fooled or deluded?

Cramer: There is definitely some misinformation, some misunderstandings. But we all do that thing of encountering information and interpreting it in a way that supports our own predispositions. Recent studies in political science have shown that it’s actually those of us who think of ourselves as the most politically sophisticated, the most educated, who do it more than others.

So I really resist this characterization of Trump supporters as ignorant.

There’s just more and more of a recognition that politics for people is not — and this is going to sound awful, but — it’s not about facts and policies. It’s so much about identities, people forming ideas about the kind of person they are and the kind of people others are. Who am I for, and who am I against?

Policy is part of that, but policy is not the driver of these judgments. There are assessments of, is this someone like me? Is this someone who gets someone like me?

I think all too often, we put our energies into figuring out where people stand on particular policies. I think putting energy into trying to understand the way they view the world and their place in it — that gets us so much further toward understanding how they’re going to vote, or which candidates are going to be appealing to them.

All of us, even well-educated, politically sophisticated people interpret facts through our own perspectives, our sense of what who we are, our own identities.

I don’t think that what you do is give people more information. Because they are going to interpret it through the perspectives they already have. People are only going to absorb facts when they’re communicated from a source that they respect, from a source who they perceive has respect for people like them.

And so whenever a liberal calls out Trump supporters as ignorant or fooled or misinformed, that does absolutely nothing to convey the facts that the liberal is trying to convey.

If, hypothetically, we see a Clinton victory on Tuesday, a lot of people have suggested that she should go out and have a listening tour. What would be her best strategy to reach out to people?

Cramer: The very best strategy would be for Donald Trump, if he were to lose the presidential election, to say, “We need to come together as a country, and we need to be nice to each other.”

That’s not going to happen.

As for the next best approach … well I’m trying to be mindful of what is realistic. It’s not a great strategy for someone from the outside to say, “Look, we really do care about you.” The level of resentment is so high.

People for months now have been told they’re absolutely right to be angry at the federal government, and they should absolutely not trust this woman, she’s a liar and a cheat, and heaven forbid if she becomes president of the United States. Our political leaders have to model for us what it’s like to disagree, but also to not lose basic faith in the system. Unless our national leaders do that, I don’t think we should expect people to.

Maybe it would be good to end on this idea of listening. There was this recent interview with Arlie Hochschild where someone asked her how we could empathize with Trump supporters. This was ridiculed by some liberals on Twitter. They were like, “Why should we try to have this deep, nuanced understanding of people who are chanting JEW-S-A at Trump rallies?” It was this really violent reaction, and it got me thinking about your book.

Cramer: One of the very sad aspects of resentment is that it breeds more of itself. Now you have liberals saying, “There is no justification for these points of view, and why would I ever show respect for these points of view by spending time and listening to them?”

Thank God I was as naive as I was when I started. If I knew then what I know now about the level of resentment people have toward urban, professional elite women, would I walk into a gas station at 5:30 in the morning and say, “Hi! I’m Kathy from the University of Madison”?

I’d be scared to death after this presidential campaign! But thankfully I wasn’t aware of these views. So what happened to me is that, within three minutes, people knew I was a professor at UW-Madison, and they gave me an earful about the many ways in which that riled them up — and then we kept talking.

And then I would go back for a second visit, a third visit, a fourth, fifth and sixth. And we liked each other. Even at the end of my first visit, they would say, “You know, you’re the first professor from Madison I’ve ever met, and you’re actually kind of normal.” And we’d laugh. We got to know each other as human beings.

ple from a different walk of life, from a different perspective. There’s nothing like it. You can’t achieve it through online communication. You can’t achieve it through having good intentions. It’s the act of being witThat’s partly about listening, and that’s partly about spending time with peoh other people that establishes the sense we actually are all in this together.

As Pollyannaish as that sounds, I really do believe it.

Voir aussi:

Anhony Berthelier
HuffPost
14/06/2017

ÉTATS-UNIS – Le président des Etats-Unis Donald Trump a annoncé que l’auteur de la fusillade ayant visé un élu républicain à Alexandria, près de Washington, était décédé. Le député Steve Scalise, touché à la hanche est actuellement à l’hôpital, dans un « état critique. »

Le tireur accusé d’avoir ouvert le feu sur les élus républicains s’entraînant au baseball à Alexandria, se nommait James Hodgkinson, selon les informations des médias américains, confirmées par les services de police. Il avait 66 ans et venait de Belleville, dans l’État de l’Illinois.

Une page Facebook portant son nom montre des photos du candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders et une grande hostilité à Donald Trump et sa politique. Le 22 mars dernier, il publiait notamment un article avec le statut: « Trump est un traître. Trump a détruit notre démocratie. Il est temps de détruire Trump et compagnie. »

James Hodgkinson affichait ses idées sur les réseaux sociaux et signait activement des pétitions sur change.org, grande plateforme progressiste américaine en ligne.

Fervent supporter du sénateur du Vermont, le tireur s’était même engagé dans sa campagne, comme le confirme Charles Orear, un autre volontaire au Washington Post. Il a d’ailleurs décrit son ami comme un « homme tranquille, très doux et très réservé. » Une information confirmée par Bernie Sanders, lui-même.

« Je viens d’être informé que le tireur présumé est quelqu’un qui s’est apparemment porté volontaire pour ma campagne présidentielle. Cet acte méprisable me rend malade. Permettez-moi d’être aussi clair que possible. La violence de quelque nature que ce soit est inacceptable dans notre société et je condamne cette action de la manière la plus ferme », a déclaré Bernie Sanders avant d’envoyer « ses prières » aux personnes blessées dans l’attaque.

Les photos présentes sur sa page Facebook montrent un homme au physique plutôt replet, au nez épaté, portant un bouc et des lunettes fumées. Toujours selon cette même page, James Hodgkinson est originaire de Belleville, une banlieue de la métropole de St. Louis. Il gérait là-bas une société d’inspection de travaux à domicile. Sa licence a expiré en novembre dernier.

Selon sa femme, citée par ABC, il s’était installé depuis deux mois à Alexandria, ville de l’Etat de Virginie située non loin de Washington.

Voir également:

‘He Was Surprised as Anyone’
Michael Kruse
Politico
November 11, 2016

It was supposed to be the year of the Latino voter. Unfortunately for Hillary Clinton, white rural voters had an even bigger moment.

Now Democrats are second-guessing the campaign’s decision to largely surrender the rural vote to the GOP. With their eyes turned anxiously toward 2018, they’re urging a new strategy to reach out to rural voters to stave off another bloodbath when a slew of farm-state Democrats face tough reelection battles.

« Hillary lost rural America 3 to 1, » said one Democratic insider, granted anonymity to speak candidly about the campaign. « If she had lost rural America 2 to 1, it would have broken differently. »

After years of declining electoral power, driven by hollowed-out towns, economic hardship and a sustained exodus, rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump, fueling the real estate mogul’s upset victory. The billionaire New Yorker never issued any rural policy plans, but he galvanized long-simmering anger by railing against trade deals, the Environmental Protection Agency and the « war on American farmers.”

When Trump’s digital team was analyzing early absentee returns in swing states, they weren’t fixated on what turned out to be an overhyped Latino voter surge. They were zeroing in on signs of an “extremely high” rural turnout, said Matthew Oczkowski, head of product at Cambridge Analytica, who led Trump’s digital team.

The Trump campaign had banked on a strong showing from what it called the “hidden Trump voters,” a demographic that’s largely white, disengaged and non-urban. Based on that premise, they weighted their polling predictions to reflect a higher rural turnout. The surge, as it turned out, exceeded even their expectations.

The rural voting bloc, long a Republican stronghold, has shrunk dramatically over the years, as farms have become more efficient and jobs have migrated to cities and suburbs. About 20 percent of the country, just less than 60 million people, live in rural America. This year, rural voters made up 17 percent of the electorate, according to exit polling.

But in a year with lackluster urban turnout for Clinton, the rural vote ended up playing a key role in Trump’s sweep of crucial Rust Belt swing states, which also tend to have much larger rural populations.

Voir encore:

In Michigan, Trump appears to have won rural and small towns 57 percent to 38 percent, exit polls analyzed by NBC show, faring much better than Mitt Romney in 2012, who won the same group 53-46. In Pennsylvania, Trump blew Clinton out of the water among rural and small-town voters, 71-26 percent, according to exit polls. In 2012, Romney pulled 59 percent. In Wisconsin, Trump won the demographic 63-34 percent.

It will be weeks before more granular data show the full extent of the rural-urban divide, but initial calculations from The Daily Yonder, a website dedicated to rural issues, shows Clinton’s support among rural voters declined more than 8 percentage points from President Barack Obama’s in 2012.

Obama’s support in rural America also eroded between 2008 and 2012, from a high of 41 percent to 38 percent. But Clinton took it to a new low: 29 percent.

« Trump supporters are more rural than even average Republicans,” Oczkowski said. “What we saw on Election Day is that they’re even more rural than we thought. »

But numerous Democrats in agriculture circles buzzed with frustration over what they regarded as halfhearted efforts to engage rural voters. Agriculture Secretary Tom Vilsack had urged the Clinton campaign to shore up rural outreach, multiple sources said, beating the same drum he has for several cycles as Democrats have seen their rural support steadily erode.

By all accounts, the Clinton campaign didn’t think it really needed rural voters, a shrinking population that’s reliably Republican. The campaign never named a rural council, as Obama did in 2012 and 2008. It also didn’t build a robust rural-dedicated campaign infrastructure. In 2008, Obama had a small staff at campaign headquarters dedicated to rural messaging and organizing efforts and had state-level rural coordinators in several battleground states throughout the Midwest and Rust Belt.

“There was an understanding that these were places where we needed to play and we needed to be close,” said a source familiar with the effort.

The Clinton campaign did not respond to questions about whether it had a rural strategy. One source said a staffer in Brooklyn was dedicated to rural outreach, but the assignment came just weeks before the election.

The campaign did some targeted mail and used surrogates like Vilsack to campaign in rural battlegrounds, a Clinton aide said. The aide noted that Trump got the same number of overall votes as Romney — although he did not dispute that Trump did far better in rural areas.

Voir de plus:

“The issue was, we did not see the turnout we needed in the cities and suburbs where our supporters were concentrated,” the aide said. “We underperformed in places like Bucks County in Pennsylvania and Wayne County in Michigan. We believe we were on pace for high turnout based on the opening weeks of early voting in states like Florida, Nevada, even Ohio. But it fell off on Election Day, based on — we think — the Comey letter dimming enthusiasm in the final week, » a reference to FBI Director James Comey’s announcement 11 days before the election that investigators were examining new evidence in the probe of Clinton’s email server. (Nine days later, Comey wrote a second letter saying the review had turned up nothing to change his earlier conclusion that there had been no criminal conduct.)

It’s not altogether surprising that Democratic campaign strategists might overlook the rural vote. In 2012, turnout in rural communities dropped off precipitously, and demographic shifts occurring largely in cities and suburbs have given Democrats a sense of a growing advantage. Also, rural communities are, almost by definition, not densely populated, so it requires much more time and effort to do outreach.

“It’s a tough slog,” lamented one young Democrat who asked for anonymity to talk candidly. “It’s hard to speak to rural America. It’s very regionally specific. It feels daunting. You have these wings of the party, progressives, and it’s hard to talk to those people and people in rural America, and not seem like you’re talking out of both sides of your mouth.”

But Trump’s blowout in rural America is seen as a warning sign for Democrats in 2018. Several farm-state lawmakers will be up for reelection, including Sens. Heidi Heitkamp of North Dakota, Joe Donnelly of Indiana, Debbie Stabenow of Michigan, Claire McCaskill of Missouri, Sherrod Brown of Ohio, Amy Klobuchar of Minnesota and Jon Tester of Montana.

Beyond 2018, there are deep concerns the party is losing the already weak support it had in rural America, and there don’t appear to be any serious efforts to stop the bleeding.

Advocates for more rural engagement say it’s not that Democrats have a real shot at winning in these communities, but they can’t let Republicans run up the score unchecked.

There’s been a sense that Democrats could largely write off the rural vote, as rural voters have left the party because the exodus was offset by demographic growth among urban and nonwhite voters, among others, said Tom Bonier, CEO of Target Smart, a Democratic data and polling firm.

« That calculus didn’t work this time,” he said. “The dropoff was steep. There does need to be a strategy to reach out to these rural and blue-collar white voters. »

The irony is that Clinton actually has a long track record of engaging rural voters. She was popular in rural New York when she served as senator. She dedicated tremendous staff resources and time visiting upstate communities, talking to farmers and working with rural development leaders. Over time, she won over even staunch Republicans who had been extremely skeptical of a « carpetbagging » former first lady coming to their neck of the woods.

Voir de même:

“She was so engaged on the details of the issues,” said Mark Nicholson, owner of Red Jacket Orchards in New York. Nicholson was a registered Republican but was so impressed with Clinton’s work that he campaigned for her this cycle. “She won me over.”

In the lead-up to the Iowa primary, Clinton unveiled her rural platform in a speech in front of a large green John Deere tractor parked inside a community college hall. She advocated for more investment in rural businesses, infrastructure and renewable energy and for increased spending on agriculture, health and education programs. She also slammed Republicans for not believing in climate change and for opposing a “real path to citizenship” for the undocumented workers upon which agriculture relies.

But while Clinton released policy plans, Trump did campaign stops in small towns.

Dee Davis, founder of the Center for Rural Strategies, a non-partisan organization, said he believes the Trump appeal across the heartland has almost nothing to do with policy.

“What Trump did in rural areas was try to appeal to folks culturally, » Davis said, contrasting that with Clinton’s comments about « deplorables » and putting coal mines out of business.

Those two slip-ups were particularly problematic in economically depressed communities that already felt dismissed by Washington and urban elites, he said.

« A lot of us in rural areas, our ears are tuned to intonation,” said Davis, who lives in Whitesburg, Kentucky, a Trump stronghold. “We think people are talking down to us. What ends up happening is that we don’t focus on the policy — we focus on the tones, the references, the culture. »

Voir par ailleurs:

Revenge of the rural voter

Rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump.

11/13/16

It was supposed to be the year of the Latino voter. Unfortunately for Hillary Clinton, white rural voters had an even bigger moment.

Now Democrats are second-guessing the campaign’s decision to largely surrender the rural vote to the GOP. With their eyes turned anxiously toward 2018, they’re urging a new strategy to reach out to rural voters to stave off another bloodbath when a slew of farm-state Democrats face tough reelection battles.

« Hillary lost rural America 3 to 1, » said one Democratic insider, granted anonymity to speak candidly about the campaign. « If she had lost rural America 2 to 1, it would have broken differently. »

After years of declining electoral power, driven by hollowed-out towns, economic hardship and a sustained exodus, rural voters turned out in a big way this presidential cycle — and they voted overwhelmingly for Donald Trump, fueling the real estate mogul’s upset victory. The billionaire New Yorker never issued any rural policy plans, but he galvanized long-simmering anger by railing against trade deals, the Environmental Protection Agency and the « war on American farmers.”

When Trump’s digital team was analyzing early absentee returns in swing states, they weren’t fixated on what turned out to be an overhyped Latino voter surge. They were zeroing in on signs of an “extremely high” rural turnout, said Matthew Oczkowski, head of product at Cambridge Analytica, who led Trump’s digital team.

The Trump campaign had banked on a strong showing from what it called the “hidden Trump voters,” a demographic that’s largely white, disengaged and non-urban. Based on that premise, they weighted their polling predictions to reflect a higher rural turnout. The surge, as it turned out, exceeded even their expectations.

The rural voting bloc, long a Republican stronghold, has shrunk dramatically over the years, as farms have become more efficient and jobs have migrated to cities and suburbs. About 20 percent of the country, just less than 60 million people, live in rural America. This year, rural voters made up 17 percent of the electorate, according to exit polling.

But in a year with lackluster urban turnout for Clinton, the rural vote ended up playing a key role in Trump’s sweep of crucial Rust Belt swing states, which also tend to have much larger rural populations.

In Michigan, Trump appears to have won rural and small towns 57 percent to 38 percent, exit polls analyzed by NBC show, faring much better than Mitt Romney in 2012, who won the same group 53-46. In Pennsylvania, Trump blew Clinton out of the water among rural and small-town voters, 71-26 percent, according to exit polls. In 2012, Romney pulled 59 percent. In Wisconsin, Trump won the demographic 63-34 percent.

It will be weeks before more granular data show the full extent of the rural-urban divide, but initial calculations from The Daily Yonder, a website dedicated to rural issues, shows Clinton’s support among rural voters declined more than 8 percentage points from President Barack Obama’s in 2012.

Obama’s support in rural America also eroded between 2008 and 2012, from a high of 41 percent to 38 percent. But Clinton took it to a new low: 29 percent.

« Trump supporters are more rural than even average Republicans,” Oczkowski said. “What we saw on Election Day is that they’re even more rural than we thought. »

But numerous Democrats in agriculture circles buzzed with frustration over what they regarded as halfhearted efforts to engage rural voters. Agriculture Secretary Tom Vilsack had urged the Clinton campaign to shore up rural outreach, multiple sources said, beating the same drum he has for several cycles as Democrats have seen their rural support steadily erode.

By all accounts, the Clinton campaign didn’t think it really needed rural voters, a shrinking population that’s reliably Republican. The campaign never named a rural council, as Obama did in 2012 and 2008. It also didn’t build a robust rural-dedicated campaign infrastructure. In 2008, Obama had a small staff at campaign headquarters dedicated to rural messaging and organizing efforts and had state-level rural coordinators in several battleground states throughout the Midwest and Rust Belt.

“There was an understanding that these were places where we needed to play and we needed to be close,” said a source familiar with the effort.

The Clinton campaign did not respond to questions about whether it had a rural strategy. One source said a staffer in Brooklyn was dedicated to rural outreach, but the assignment came just weeks before the election.

The campaign did some targeted mail and used surrogates like Vilsack to campaign in rural battlegrounds, a Clinton aide said. The aide noted that Trump got the same number of overall votes as Romney — although he did not dispute that Trump did far better in rural areas.

“The issue was, we did not see the turnout we needed in the cities and suburbs where our supporters were concentrated,” the aide said. “We underperformed in places like Bucks County in Pennsylvania and Wayne County in Michigan. We believe we were on pace for high turnout based on the opening weeks of early voting in states like Florida, Nevada, even Ohio. But it fell off on Election Day, based on — we think — the Comey letter dimming enthusiasm in the final week, » a reference to FBI Director James Comey’s announcement 11 days before the election that investigators were examining new evidence in the probe of Clinton’s email server. (Nine days later, Comey wrote a second letter saying the review had turned up nothing to change his earlier conclusion that there had been no criminal conduct.)

It’s not altogether surprising that Democratic campaign strategists might overlook the rural vote. In 2012, turnout in rural communities dropped off precipitously, and demographic shifts occurring largely in cities and suburbs have given Democrats a sense of a growing advantage. Also, rural communities are, almost by definition, not densely populated, so it requires much more time and effort to do outreach.

“It’s a tough slog,” lamented one young Democrat who asked for anonymity to talk candidly. “It’s hard to speak to rural America. It’s very regionally specific. It feels daunting. You have these wings of the party, progressives, and it’s hard to talk to those people and people in rural America, and not seem like you’re talking out of both sides of your mouth.”

But Trump’s blowout in rural America is seen as a warning sign for Democrats in 2018. Several farm-state lawmakers will be up for reelection, including Sens. Heidi Heitkamp of North Dakota, Joe Donnelly of Indiana, Debbie Stabenow of Michigan, Claire McCaskill of Missouri, Sherrod Brown of Ohio, Amy Klobuchar of Minnesota and Jon Tester of Montana.

Beyond 2018, there are deep concerns the party is losing the already weak support it had in rural America, and there don’t appear to be any serious efforts to stop the bleeding.

Advocates for more rural engagement say it’s not that Democrats have a real shot at winning in these communities, but they can’t let Republicans run up the score unchecked.

There’s been a sense that Democrats could largely write off the rural vote, as rural voters have left the party because the exodus was offset by demographic growth among urban and nonwhite voters, among others, said Tom Bonier, CEO of Target Smart, a Democratic data and polling firm.

« That calculus didn’t work this time,” he said. “The dropoff was steep. There does need to be a strategy to reach out to these rural and blue-collar white voters. »

The irony is that Clinton actually has a long track record of engaging rural voters. She was popular in rural New York when she served as senator. She dedicated tremendous staff resources and time visiting upstate communities, talking to farmers and working with rural development leaders. Over time, she won over even staunch Republicans who had been extremely skeptical of a « carpetbagging » former first lady coming to their neck of the woods.

“She was so engaged on the details of the issues,” said Mark Nicholson, owner of Red Jacket Orchards in New York. Nicholson was a registered Republican but was so impressed with Clinton’s work that he campaigned for her this cycle. “She won me over.”

In the lead-up to the Iowa primary, Clinton unveiled her rural platform in a speech in front of a large green John Deere tractor parked inside a community college hall. She advocated for more investment in rural businesses, infrastructure and renewable energy and for increased spending on agriculture, health and education programs. She also slammed Republicans for not believing in climate change and for opposing a “real path to citizenship” for the undocumented workers upon which agriculture relies.

But while Clinton released policy plans, Trump did campaign stops in small towns.

Dee Davis, founder of the Center for Rural Strategies, a non-partisan organization, said he believes the Trump appeal across the heartland has almost nothing to do with policy.

“What Trump did in rural areas was try to appeal to folks culturally, » Davis said, contrasting that with Clinton’s comments about « deplorables » and putting coal mines out of business.

Those two slip-ups were particularly problematic in economically depressed communities that already felt dismissed by Washington and urban elites, he said.

« A lot of us in rural areas, our ears are tuned to intonation,” said Davis, who lives in Whitesburg, Kentucky, a Trump stronghold. “We think people are talking down to us. What ends up happening is that we don’t focus on the policy — we focus on the tones, the references, the culture. »

Voir aussi:


Syrie/Irak: Attention, un triomphe peut en cacher un autre ! (Obama legacy: After the nuclear deal and the Islamic state, guess on whose doorstep Iranian troops are now being delivered ?)

3 juillet, 2017
https://i1.wp.com/www.longwarjournal.org/wp-content/uploads/2017/06/Masrgh-map-768x540.jpg
Les forces irakiennes affirment avoir délogé les combattants de l’Etat islamique de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, haut lieu symbolique de la ville mais également du pouvoir des djihadistes en Irak. Les forces irakiennes ont annoncé ce 29 juin avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l’Etat islamique – sa dernière apparition publique connue à ce jour. (…) Le général-brigadier Yahya Rasool se félicite de son côté d’une victoire qui, selon lui, marque un triomphe sur l’Etat islamique. «Leur Etat illusoire s’est effondré», s’est-il réjoui. «Nous assistons à la fin du faux Etat de Daesh», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter. RT
Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. […] Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie. Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli. L’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule. Emmanuel Macron
La mairie de Londres a autorisé la tenue dimanche d’un rassemblement anti-israélien organisé par des sympathisants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah. Selon les organisateurs de la Journée d’Al-Quds, les participants ont été autorisés par la mairie à manifester avec le drapeau du groupe terroriste car l’aile politique du Hezbollah n’est pas une organisation proscrite par les autorités britanniques. Les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Ligue arabe ont placé le Hezbollah sur leur liste officielle des organisations terroristes. L’Union européenne ne considère pas l’ensemble du groupe comme terroriste mais a inscrit la branche militaire de l’organisation chiite sur sa liste noire, car « liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen ». Instaurée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, la Journée mondiale d’Al-Quds est un événement anti-israélien annuel destiné à protester contre le contrôle israélien sur Jérusalem (Al-Quds en arabe) et à exprimer la solidarité avec le peuple palestinien. Au cours de cet événement, célébré dans le monde entier dans les communautés chiites, les manifestants scandent des slogans appelant à la destruction d’Israël et brûlent des drapeaux israéliens. Le Monde juif info
Un adage largement admis par la sagesse populaire est malmené depuis près de soixante dix ans au Moyen Orient. «On ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis». Car, encore faut-il être capable de définir l’ennemi. La nébuleuse terroriste étant multicéphale, le monde musulman ayant, dans son ensemble, rejeté Israël depuis sa fondation et l’Autorité Palestinienne ne symbolisant qu’un point d’achoppement d’un conflit bien plus large, le simple fait d’avoir rebaptisé le conflit israélo-arabe (qui s’étend à l’Iran depuis la révolution de 1979 ) en conflit israélo-palestinien, cache une réalité bien plus vaste à laquelle Israël ne cesse d’être confronté. S’il est tout à fait légitime de critiquer le gouvernement israélien, comme celui de n’importe quel pays, et même de s’insurger contre nombre de ses politiques, il serait dommageable de passer à coté de certaines vérités, qui font que les Israéliens s’inquiètent de la crédibilité du partenaire pour la paix que l’on tente de leur imposer. (…) la situation au Proche Orient s’affirmant de plus en plus volatile, un nouveau projet de processus plus global, impliquant les pays limitrophes semble se profiler à l’horizon. Trump et ses conseillers, sans se ranger complètement du coté de la position israélienne, ont fini par comprendre qu’Israël n’a aucun intérêt à accepter une paix telle que définie par l’Autorité Palestinienne, et qui n’impliquerait pas la participation intégrale du monde arabe. La confrontation décadaire pourrait bien de la sorte reprendre son identité de conflit israélo-arabe, duquel il ressortirait enfin un authentique projet de paix. Car on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis… dans leur ensemble et pas seulement avec la partie immergée de l’Iceberg. Pierre Rehov
En sus de la chute imminente de ces deux places fortes, l’EI a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses revenus, selon une évaluation divulguée jeudi par le cabinet de référence des questions militaires et de conflits, IHS Markit. A son apogée à l’été 2014, il assurait une souveraineté quasi étatique (armée, taxes, justice expéditive, versement d’allocations, administration) sur environ 8 millions de personnes et un territoire grand comme 4 régions françaises, quoique largement désertique. Depuis lors, il a perdu 60 % de ce territoire, estime IHS Markit (ex-Jane’s), dont 40 % depuis janvier. Son effondrement financier est encore plus spectaculaire. Les revenus de l’EI sont tombés à 16 millions au deuxième trimestre 2017, exactement 5 fois moins qu’il y a deux ans. Les salaires des combattants avaient été divisés par 2, à 400 dollars par mois pour les djihadistes étrangers, début 2016 et auraient encore été baissés cette année. IHS ne donne pas d’indication sur les réserves de l’EI, censées avoir atteint 1 milliard de dollars en 2014 à la suite du pillage (non confirmé) de la succursale de la Banque centrale d’Irak à Mossoul. Les revenus pétroliers de l’EI ont été divisés par 10 à cause de la chute mondiale des cours, de la destruction de ses puits par l’aviation russe et occidentale et des pertes de territoires. Les autres revenus de l’EI, trafic d’antiquités, racket et rançons, ont, pour leur part, été divisés par 5 en raison, là aussi, de la perte de territoires, souligne Ludovico Carlino, analyste à IHS Markit. « Le projet de gouvernance du califat a échoué », conclut Columb Strack, spécialiste du Moyen-Orient à IHS. Mais IHS estime que l’EI va tenter d’intensifier sa campagne terroriste en Occident pour compenser ses pertes territoriales. Les pressions des gouvernements égyptien et saoudien sur les religieux pour qu’ils interprètent le Coran dans un sens « plus moderne » risquent de pousser certains conservateurs à basculer dans la violence, avertit IHS, qui affirme que le « risque terroriste va augmenter ». Paris estime que 700 Français ont rejoint l’EI. Quelque 200 d’entre eux sont revenus et un nombre équivalent a été abattu. C’est de loin le plus fort contingent parmi les 3.000 djihadistes européens. Les Echos
Les principales puissances impliquées dans la guerre en Syrie sont engagés dans une course visant à engranger le maximum de bénéfices tirés de l’effondrement de l’Etat Islamique, dans l’Est et le Sud de la Syrie. Les avancées continues des forces du régime syrien et de milices appuyées par l’Iran vers la base d’Al-Tanf tenue par les forces spéciales américaines et occidentales – ainsi que les avancées potentielles des deux côtés de la frontière irakienne – élève le risque d’affrontements supplémentaires susceptibles d’entraîner lers Etats-Unis et la Russie, bien que cette dernière n’aient pas voulu défier les Etats-Unis, après leurs frappes délibérées contre un convoi et des avions de chasse syriens. Jforum
La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains. On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard. Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes. D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin. (…) L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée. On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficelles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.   « L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem. Mena press
Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population. Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions. (…) Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisés pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas (…) Mais (…)  (…) L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée. Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad. Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite. Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales. Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus. Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan. Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. (…) L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier. Mordechai Kedar

Attention: un triomphe peut en cacher un autre !

A l’heure où nos médias nous abreuvent quotidiennement d’images et de communiqués chaque fois plus triomphants de la chute programmée et en cours de l’Etat islamique …

Et où commence le retour lui aussi programmé en Europe des djihadistes aguerris s’apprêtant notamment à rejoindre les quelque 15 000 fichés S et leurs amis prieurs de rue répartis sur le territoire français …

Pendant que comme aux plus beaux jours du Londonistan et entre deux attentats islamistes, Londres laisse appeler dans ses rues drapeau du Hezbollah en tête à la destruction d’Israël …

Et que dans la bouche du néo-filloniste président Macron, Paris appelle en Syrie à la coopération avec Poutine …

Qui prend la peine de rappeler (merci Danilette) …

Derrière la course de vitesse qui est en train de se jouer entre les différentes forces sur le terrain, y compris russes et américaines …

Une autre conséquence jusqu’ici oubliée du funeste retrait des troupes américaines décidées par Obama à la veille de sa réélection de 2012 …

A savoir après celle du feu vert accordé à l’Iran pour l’arme nucléaire

Et le basculement – la nature ayant horreur du vide – de toute la partie sunnite de l’Irak et de la Syrie dans les bras des djihadistes de Rakka …

L’ultime triomphe iranien de la création d’une véritable autoroute Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth

Permettant au régime terroriste de Téhéran d’acheminer dorénavant en toute tranquillité par la route …

Non seulement les armes et missiles qu’il transférait jusque là par vols commerciaux déguisés à ses supplétifs libanais …

Mais toutes espèces d’armes lourdes, conseillers et soldats à la porte même d’Israël ?

L’Iran a conquis la Syrie
Mordechai Kedar
Adapté par Danilette
2 juillet 2017

Depuis les deux dernières années, nous nous sommes habitués au fait que la Russie a transporté des forces armées en Syrie et contrôle la bande côtière, ses ports et deux bases aériennes. Nous nous sommes également habitués à voir le Hezbollah et les milices libanaises chiites impliqués dans le conflit syrien apportant un renfort important à l’armée d’Assad. Nous avons entendu que d’autres milices chiites supplémentaires sont arrivées d’Irak, Afghanistan sous le commandement des Gardiens de la révolution et que de temps en temps ces forces chiites enregistrent des pertes sur le sol syrien. L’impression qui en résulte est que l’Iran a envoyé plusieurs gangs chiites combattre des gangs sunnites sur le sol syrien.

Mais la situation sur le terrain est totalement différente, car les forces iraniennes qui se trouvent en Syrie ne sont plus depuis longtemps des  gangs ou des milices mais une véritable armée à tout point de vue, dirigée par les Gardiens de la révolution, avec des unités d’infanterie, des commandos, des chars, de l’artillerie, une force aérienne, des unités de renseignements et de logistique et cela s’est construit peu à peu au cours des quatre années écoulées, pratiquement sans couverture médiatique.

L’opération militaire la plus importante effectuée par l’armée iranienne en Syrie a été la libération de la ville d’Alep dans le nord de la Syrie qui s’est terminé en décembre 2016. Cette opération a été une coopération entre la Russie et l’Iran, les forces aériennes russes bombardant alors que les forces iraniennes et le Hezbollah et les autres milices chiites d’infanterie avançaient sur le terrain pour transférer les zones libérées à l’armée d’Assad.

Depuis le début de 2017, l’Iran étend son contrôle sur les déserts central et méridional de la Syrie dont certaines parties étaient contrôlées par l’Etat islamique sunnite jusqu’à il y a quelques mois. Aujourd’hui, cette organisation se bat pour sa survie à trois endroits : dans la ville irakienne de Mossoul, dans sa « capitale », la ville de Raqqa en Syrie et à Deir ez-Zor en Syrie orientale. Quand Mossoul tombera aux mains de l’armée irakienne alors très probablement, Raqqa et Deir al-Zour tomberont à leur tour.

Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population.

Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions.

Israël était très préoccupé et cette année des cibles ont été attaquées dans la région de Palmyre. Selon des sources étrangères, les cibles visées étaient des dépôts de missiles importés d’Iran.

Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisées pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas, et selon des sources étrangères, Israël a attaqué à plusieurs reprises ces entrepôts dans l’aéroport et aux alentours. Les Iraniens en ont conclu que le renseignement israélien a recruté des citoyens syriens travaillant dans l’aéroport ou vivant à proximité qui lui servent de sources d’information. La proximité géographique de Damas permet à l’armée israélienne d’agir efficacement contre des cibles près de la capitale syrienne.

Cependant, l’aéroport de Palmyre se trouvent à des centaines de kilomètres d’Israël, la région est peu peuplée et il est plus difficile d’y trouver des sources d’information sur les transferts d’armes iraniennes. Mais Israël a quand même réussi à lancer une attaque sur Palmyre à partir d’autres sources d’information. Cette question montre comment la guerre des renseignements continue même si le public n’en a pas connaissance, ce qui est mieux.

Récemment des informations ont fait état du fait que l’Iran a mis en service un autre aéroport, Alsin qui se trouve dans le sud de la Syrie dans la région d’Al Tanaf proche de la frontière triangulaire entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie, dans cet endroit il y a un poste-frontière entre l’Irak et la Syrie et son contrôle permet aux Iraniens de déplacer des forces sans entrave jusqu’au Liban  qui est déjà depuis longtemps sous le contrôle effectif du Hezbollah, la branche libanaise de la pieuvre iranienne.

L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée.

Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad.

Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite.
Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales.

Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus.

Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. Le Hezbollah libanais est désormais relié avec l’Iran et c’est la raison pour laquelle Hassan Nasrallah se sent tellement sûr face à Israël qui hésite même à établir un mur de béton sur son territoire pour protéger ses citoyens contre les snipers du Hezbollah.

Il y a deux ans, alors que la Syrie était pleine désintégration, il y avait des Israéliens pour prétendre que la situation sécuritaire d’Israël s’était améliorée, qu’il n’y avait plus de menaces de la part de la Syrie et que le Hezbollah s’était profondément englué dans la boue syrienne !

Aujourd’hui l’évaluation est complètement différente : à la place de la Syrie, nous avons l’Iran comme voisin immédiat et le Hezbollah n’est plus une organisation isolée au Liban mais un bras important des forces iraniennes vraiment dures et menaçantes, stationnées à une courte distance de la frontière iranienne.

Le pire, c’est le fait que les média israéliens, même s’ils rapportent de temps en temps des nouvelles des forces iraniennes en Syrie, ne montrent pas une image de la situation menaçante résultant de la présence iranienne reliant les points sur la carte du pays qui était autrefois la Syrie.

L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier.

Voir aussi:

Syrie : le risque d’affrontement direct USA-Russie a soudainement augmenté
Stéphane Juffa
avec Jean Tsadik et Perwer Emmal
Mena press
21 juin 2017

L’US Air Force abat un Soukhoï syrien. Premiers combats entre les Kurdes et l’Armée gouvernementale.

Pendant que les Forces Démocratiques Syriennes, à forte prééminence kurde, combattent désormais à l’intérieur de Raqqa, où elles ont entamé une manœuvre en tenaille pour couper les quartiers nord de la capitale de l’Etat Islamique (DAESH) du reste de la cité de 200 000 habitants, nous avons assisté, ces trois derniers jours, à une extension majeure du conflit en Syrie.

D’abord, profitant de l’affaiblissement notoire de DAESH, qui se trouve acculé par les FDS et leurs alliés américains sur l’ensemble du front, l’Armée gouvernementale d’al Assad, soutenue par la milice chiite libanaise du Hezbollah, et de plus en plus massivement par des soldats réguliers iraniens, a, pour la première fois, attaqué les FDS.

Les combats se sont déroulés dimanche dans la localité de Ja’din (carte), à 40km au sud-ouest de Raqqa. A 17h43 GMT, ce jour-là, un Soukhoï-22 gouvernemental a largué des bombes sur les positions des FDS dans ce secteur, blessant plusieurs combattants.

L’appareil a immédiatement été abattu par un F/A-18 de l’U.S Air Force, en vertu des règles d’engagement au sein de la coalition et du principe de légitime défense, d’après un communiqué du commandement de la coalition.

« Les projets et les actes hostiles des forces pro-régime à l’encontre de la coalition et de ses partenaires en Syrie qui mènent des opérations anti-EI légitimes, ne seront pas tolérés », a précisé le communiqué.

On y lit encore que la coalition internationale « ne cherche pas à attaquer le régime syrien, les forces russes ou les forces pro-régime qui collaborent avec eux, mais elle n’hésitera pas à défendre la coalition ou ses partenaires face à toute menace éventuelle ».

L’incident a été suivi par des combats au sol opposant l’axe Assad-Iran-Hezbollah aux FDS. Ces dernières ont menacé explicitement le régime de Damas, au cas où les affrontements s’amplifieraient dans la périphérie de Raqqa, de s’emparer des quartiers et de l’aéroport de Qamishli, à 370km au nord-est, où des forces gouvernementales, complètement encerclées par les Peshmerga kurdes, sont encore tolérées. Le même sort serait réservé au minuscule détachement gouvernemental à Assaké.

Ja’din se trouve à proximité immédiate du carrefour stratégique de Resafa, pour l’instant toujours partiellement aux mains de DAESH, qui conduit à Raqqa au Nord, et à Deïr ez Zor au sud-est. Deïr ez-Zor, où la 104ème brigade d’élite aéroportée de la garde Républicaine gouvernementale, commandée par le Brigadier-Général Issam Zahreddine, se trouve complètement encerclée par DAESH depuis deux ans.

Depuis, selon nos informations, les affrontements entre les Forces Démocratiques Syriennes et l’alliance pro-Assad ont cessé, mais les deux armées se regardent en chiens de faïence à quelques kilomètres l’une de l’autre.

Les Russes menacent directement les Américains

En revanche, suite à l’interception du Soukhoï syrien, les relations entre les Russes et les Américains se sont dégradées, au point de courir le risque d’une confrontation armée entre eux. Tout d’abord, avant-hier, lundi, Moscou a déclaré la suspension du canal de communication militaire avec Washington. Car, pour les Russes, les Américains auraient dû l’utiliser afin de prévenir qu’ils s’apprêtaient à abattre le bombardier de leur allié.

Bien plus inquiétant encore, le ministère russe de la Guerre a annoncé que « ses moyens de défense antiaérienne et ses avions suivraient et prendraient pour cibles les appareils et les drones de la coalition évoluant à l’ouest [au sud, dans la région de Raqqa] de l’Euphrate ». Presqu’au même moment, le gouvernement de Vladimir Poutine avait annoncé, plus globalement encore, qu’ « il pointerait ses missiles vers tout avion de la coalition internationale survolant la Syrie ».

Rien ne dit que le Tzarévitch mettra sa menace à exécution, mais il y a lieu de la prendre au sérieux. C’est par exemple ce qu’ont déjà fait les Australiens, qui ont décidé, par mesure de précaution, d’interrompre leurs missions d’attaque en Syrie, après que le Kremlin a déclaré considérer à partir de maintenant les appareils de la coalition comme des « cibles ».

Le contingent australien compte trois cents hommes, six chasseurs-bombardiers F/A-18, un appareil de surveillance et d’alerte avancée E-7A, et un avion de transport et de ravitaillement aérien KC-30A.

Quant aux Américains, dans un souci d’apaisement, ils ont annoncé vouloir rétablir le canal de communication, mais ils ont également déclaré qu’ils réagiraient sans état d’âme à toute attaque visant leurs avions.

En sus de plusieurs douzaines de chasseurs et de bombardiers dont disposent les Russes en Syrie, et qui ont déjà tué des dizaines de milliers de personnes, ils ont également déployé des systèmes de défense antiaériens S-300 et S-400, qui passent pour très performants. Reste que notre analyse est sans appel : les Russes, malgré leur équipement, ne sont pas de taille à se mesurer aux Américains en Syrie ; ce, même si une confrontation armée ne serait assurément pas une partie de plaisir pour les fils de l’Oncle Sam et qu’ils y perdraient des plumes.

La vraie préoccupation est celle d’éviter un affrontement militaire ente les deux plus grandes puissances militaires du globe. Ce, alors que Vladimir Poutine bluffe manifestement, dans le plus pur style de ses prédécesseurs soviétiques, voulant donner l’impression qu’il n’hésiterait pas un instant avant d’actionner la détente de son pistolet. A Métula, nous pensons au contraire qu’il y réfléchira à plusieurs fois avant de se lancer dans une telle aventure dans laquelle il n’a rien à gagner.

L’Iran tire sept de ses missiles les plus précis sur Deïr ez-Zor, seulement deux y parviennent

L’autre nouvelle, c’est le lancement par l’Iran de sept missiles balistiques sol-sol de portée intermédiaire Zulfiqar [le nom du sabre recourbé d’Ali, qu’il aurait reçu des mains du Prophète Mahomet. Ali fut le 4ème calife de l’islam et le 1er imam du chiisme] sur les positions de l’Etat Islamique dans la ville de Deïr ez-Zor.

Ces fusées étaient considérées jusqu’à dimanche comme les plus précises de l’arsenal des ayatollahs, et capables de parcourir entre 7 et 800km. Dimanche, à partir de la ville perse de Kermanshah, ils n’avaient à survoler que 450km, pourtant rien ne s’est passé comme prévu par la dictature chiite. Seuls deux missiles ont atteint leur but, n’infligeant que des dommages mineurs aux islamistes, tandis que trois autres explosaient sur le territoire irakien, et que les deux restants manquaient leur cible de plusieurs kilomètres, explosant dans des zones non habitées de Syrie.

Ce qui devait constituer un message d’intimidation destiné aux USA, aux sunnites et à Israël, de l’aveu même de la presse téhéranaise, a tourné en eau de boudin. Il en faudra beaucoup plus pour impressionner Jérusalem, dont les missiles frappent leurs cibles au mètre près en Syrie. Les Hébreux sont parés pour administrer une correction aux apprentis sorciers iraniens, s’il leur prenait la très mauvaise idée de se frotter à Israël ; à Téhéran, les décideurs ont probablement tiré les leçons de ce fiasco. Tandis qu’à Jérusalem, on se contente, comme l’a répété Binyamin Netanyahu, « de surveiller l’activité de l’Iran en Syrie ».

Deux incidents graves pour un même enjeu

La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains.

On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard.

Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes.

D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth.

Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin.

Nous l’ignorons pour le moment, et ne sommes pas absolument certains que M. Trump ait déjà décidé. Nous sentons les conciliabules se multiplier à Washington et sommes fort intéressés à connaître la position finale qu’adopteront les Etats-Unis.

L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée.

On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficèles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.

« L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem.

Parmi les unités entretenues par Téhéran, la plus menaçante pour l’Etat h