Djihadisme: La méthode derrière la folie (There is method to the madness)

1 mars, 2015
https://i0.wp.com/breakthrough.turing.com/images/elements/PlanesTrainsCarBombs_cover.jpegDe la folie, mais qui ne manque pas de méthode. Polonius (Hamlet II, 2)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…) Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. (…) Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner.(…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. (…) Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ».(…) Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. René Girard
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Dans le monde moderne, même les ennemis de la raison ne peuvent être ennemis de la raison. Même les plus déraisonnables doivent être, d’une façon ou d’une autre, raisonnables. (…) En cohérence avec cette idée, les socialistes regardaient ce qui se passait outre-Rhin et refusaient simplement de croire que ces millions d’Allemands avaient adhéré à un mouvement politique dont les principes conjuguaient théories paranoïaques du complot, haines à glacer le sang, superstitions moyenâgeuses et appel au meurtre. (…) Les kamikazés étaient certes fous, mais la faute en incombait à leurs ennemis, pas à leurs dirigeants ni à leurs propres doctrines. (…) le nihilisme palestinien ne pouvait signifier qu’une chose: que leur souffrance était encore pire Paul Berman (2001)
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Kidnapper des personnages célèbres pour leurs activités artistiques, sportives ou autres et qui n’ont pas exprimé d’opinions politiques peut vraisemblablement constituer une forme de propagande favorable aux révolutionnaires. ( …) Les médias modernes, par le simple fait qu’ils publient ce que font les révolutionnaires, sont d’importants instruments de propagande. La guerre des nerfs, ou guerre psychologique, est une technique de combat reposant sur l’emploi direct ou indirect des médias de masse.( …) Les attaques de banques, les embuscades, les désertions et les détournements d’armes, l’aide à l’évasion de prisonniers, les exécutions, les enlèvements, les sabotages, les actes terroristes et la guerre des nerfs sont des exemples. Les détournements d’avions en vol, les attaques et les prises de navires et de trains par les guérilleros peuvent également ne viser qu’à des effets de propagande. Carlos Marighela (« Minimanuel de guerilla urbaine », 1969)
Je suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos, 2004)
Lorsque Boris Savinkov, chef du parti socialiste révolutionnaire russe avant la Première Guerre mondiale, a publié son autobiographie, il n’a pas hésité à l’intituler Souvenirs d’un terroriste. Aujourd’hui, cela serait impensable – le terroriste moderne veut qu’on l’appelle partisan, guérillero, militant, insurgé, rebelle, révolutionnaire, tout sauf terroriste, tueur d’enfants innocents. William Laqueur
Cela consiste à donner de la respectabilité aux comportements répréhensibles et à réduire la responsabilité personnelle en s’y référant en termes impersonnels. C’est ainsi, par exemple, qu’Al-Qaïda parle toujours des événements du 11 septembre comme étant des attaques contre les symboles de la puissance et du consumérisme américains, en passant sous silence l’assassinat de quelque 3.000 hommes, femmes et enfants. Gabriel Weimann
More ink equals more blood,  newspaper coverage of terrorist incidents leads directly to more attacks. It’s a macabre example of win-win in what economists call a « common-interest game. Both the media and terrorists benefit from terrorist incidents, » their study contends. Terrorists get free publicity for themselves and their cause. The media, meanwhile, make money « as reports of terror attacks increase newspaper sales and the number of television viewers ». Bruno S. Frey (University of Zurich) et Dominic Rohner (Cambridge)
Les lions d’Allah qui sont présents partout de par le monde – certains les appellent les « loups solitaires » – doivent savoir qu’ils sont le pire des cauchemars de l’Ouest. Ainsi, ne sous-estimez pas vos opérations. Ne minimisez pas votre djihad. Cheikh Nasser bin Ali al-Ansi d’Al-Qaida dans la péninsule arabique, Inspire)
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) Le fascisme en Italie est arrivé au pouvoir en 1922 et il est demeuré puissant jusqu’à ce qu’il soit renversé par les Américains et les Anglais. L’islamisme est arrivé au pouvoir en divers endroits, commençant en 1979 avec l’Ajatollah Khomeini en Iran. Le baasisme est encore une autre variante de la même chose, et probablement que dans les jours à venir, en Irak, il sera renversé par les mêmes Américains et Anglais qui ont renversé Mussolini. L’islamisme est arrivé au pouvoir en Iran en 1979, et la révolution islamique en Iran était une vraie force mondiale. Alors l’islamisme est arrivé au pouvoir au Soudan et en Afghanistan, et pendant un moment il a semblé progressé tout à fait bien. Les Iraniens sont chi’ites et les autres pays sont sunnites, donc ce sont des dénominations différentes de l’Islam. Mais, cependant, c’était un mouvement qui jusqu’à récemment semblait avancer d’une manière traditionnelle — c’est-à-dire par la capture d’Etats. (…) Ce qui s’est produit avec Al-Qaida est une situation compliquée parce que l’slamisme force politique de capture d’états est sur le déclin parce que les Taliban ont été défaits militairement. En outre, nous pouvons voir les commencements d’une révolution libérale prenant si tout va bien racine en Iran. L’islamisme au Soudan est tombé. Mais malgré cela, Al-Qaida représente une structure extrêmement puissante avec des bases sociales multiples et le soutien de banques et d’associations caritatives et de grands intellectuels, bien qu’il ne commande plus un Etat. Malgré tout, il est devenu évident qu’Al-Qaida est soutenu ou à demi soutenu par une variété d’états et d’élites régnantes. (…) Leur désir est très clairement de régner sur le monde. Ce n’est pas un grand secret. Un grand philosophe du radicalisme islamiste, Sayyid Qutb, qui a été pendu par [le président égyptien ] Nasser en 1966, ne s’en est pas caché. Le but de l’islamisme est de recréer ce que Mahomet avait fait au septième siècle, c’est à dire de fonder un état islamique et de l’imposer au monde entier. Le but de l’islamisme n’est pas de résoudre un problème social particulier ici ou là, ou de régler un certain conflit de frontières entre Israel et la Palestine ou entre le Pakistan et l’Inde ou le Tchéchénie et la Russie, bien que ce soit des questions réelles. Le but est absolument grandiose et global. (…) Le baasisme est peu un plus modeste parce que c’est explicitement un nationalisme arabe. Ainsi le baasisme veut recréer l’empire arabe du septième siècle dans une certaine version moderne mais il n’est pas tout à fait aussi global et grandiose que l’islamisme. En outre, le baasisme est dans un état d’affaiblissement profond. Il ne rend pas Saddam Hussein moins effrayant parce qu’un état d’affaiblissement profond peut être extrêmement dangereux… (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) De même que les progressistes européens et américains doutaient des menaces de Hitler et de Staline, les Occidentaux éclairés sont aujourd’hui en danger de manquer l’urgence des idéologies violentes issues du monde musulman. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. (…) Un des scandales est que nous avons eu des millions de personnes dans la rue protestant contre la guerre en Irak, mais pas pour réclamer la liberté en Irak. Personne n’a marché dans les rues au nom des libertés kurdes. Les intérêts des dissidents libéraux de l’Irak et les démocrates kurdes sont en fait également nos intérêts. Plus ces personnes prospèrent, plus grande sera notre sécurité. C’est un moment où ce qui devrait être nos idéaux — les idéaux de la démocratie libérale et de la solidarité sociale — sont également objectivement notre intérêt. Bush n’a pas réussi à l’expliquer clairement, et une grande partie de la gauche ne l’a même pas perçu. (…) Ce dont nous avons besoin est un nouveau radicalisme contre le prétendu réalisme cynique du conservatisme américain et de la politique américaine traditionnelle, dans lequel les idées libérales sont considérées non pertinentes pour la politique étrangère. Et également contre la cécité et la tête-dans-le-sable d’une grande partie de la gauche américaine, qui peut seulement penser que tous les problèmes de par le monde sont provoqués par l’impérialisme américain et qu’il n’y a rien d’autre dont il faudrait s’inquiéter. Paul Berman
Despite the perennial warnings about exotic weapons and targets (warnings that, ironically, offer terrorists tantalizing clues about how and where the United States is vulnerable), members and allies of al Qaeda’s hirabi (AKA ‘jihadi’) movement continue to carry out the same sorts of attacks they executed in the decades before 9/11. In 1993, hirabis used a truck bomb in an attempt to topple the World Trade Center, the same tactic they used in 1996 to bomb the Khobar Towers barracks in Saudi Arabia, and in 1998 to bomb US Embassies in Kenya and Tanzania. In 2000, they used a different vehicle – a small boat – to approach their target when they bombed the USS Cole in the port of Aden, Yemen. A year later, they used different vehicles again, airplanes, to bomb the World Trade Centers and the Pentagon. Months later a hirabi named Richard Reid attempted to bomb a plane itself with a chemical explosive hidden in his shoe. In May 2002, a car bomb killed 14 people at a Karachi hotel frequented by Westerners. In October of that year, another bomb, placed in a Bali nightclub, killed 202 mostly Australian citizens. In 2004, hirabis detonated ten bombs on four trains in Madrid, killing nearly 200 people. A year later, hirabis attacked three trains and a bus in London. Later in 2005, bombs placed at American hotels in Amman, Jordan killed 57 people. In 2007, British police uncovered a car-bomb plot targeting Glasgow airport. In 2008, a car bomb killed six people and injured dozens more outside Pakistan’s Danish Embassy. Al Qaeda claimed the attack was retaliation for an offensive political cartoon. In September 2009, Najibullah Zazi was arrested in the final stages of a plan to replicate the Madrid attacks of 2004 in New York City’s subway system. On Christmas Day of the same year, Nigerian Umar Farouk Abdulmutallab attempted and failed to down a passenger plane over Detroit by detonating a chemical bomb concealed under his clothes. The next spring, Faisal Shahzad tried to detonate a car bomb in Times Square, but failed. Months later, in October 2010, al Qaeda in the Arabian Peninsula placed explosive devices in cargo planes, but cooperating international intelligence agencies foiled their plans before they could detonate the bombs. Most recently, Rezwan Ferdaus has been charged with a plot to use remote controlled planes to deliver bombs to the Pentagon. All of these and other al Qaeda directed, financed, or inspired attacks have targeted planes, trains, buses, government and symbolic buildings, and western hotels with bombs (and sometimes assault weapons). The stark contrast between the hirabi repertoire of targets and tactics and the expansive and expanding concerns of journalists, politicians, experts, and academics begs explanation. We find that the pattern of hirabi attacks is not accidental. It is well-suited to their primary strategy — one attempting to iteratively grow support for their cause so they can one day gain political power and govern territory. That their goals are likely delusional does not diminish the rationality of their strategy, the tactics they use, or the targets they select, all of which are chosen to manipulate the governments they seek to change and the publics they seek to recruit. Various internal and external constraints on hirabi organizations also limit their capability, and thereby, the range of tactics and strategies they can pursue. The Breakthrough
The medical field puts a great deal of emphasis on learning lessons from events that have occurred. There has been a long tradition of conducting “M&M” (Morbidity and Mortality) conferences on a frequent basis, often weekly. During these conferences poor outcomes and near misses (often referred to as “sentinel events”) are reviewed in order to learn lessons and devise strategies for prevention and avoidance of similar events in the future. Although often difficult to foster, creating an open atmosphere to discuss errors actually serves to improve outcomes in the long run. The airline industry, also relentlessly focused on safety, has worked to create this type of environment. It is also important to note that successful efforts need to receive detailed reviews; equally important is to understand why they were successful as these evaluations assist in creating critically important best practices. (…) Quality improvement has also moved into an era that no longer focuses on blame. Where in the past a nurse or physician might be fired for a mistake that led to a patient death, a more sophisticated and nuanced understanding of errors, human nature, and systems has evolved. An environment not focused on blame is one that promotes open discussions and identification of problems and leads to productive actions for improvement. Short of malicious intent, prohibited behaviour, illegal activity, or a pattern of irresponsible behaviour, errors need to be looked at as opportunities for understanding what factors led to a mistake and how these types of errors can be avoided in the future. (…) Another core tenant of quality improvement is a relentless focus on the customer. Customers are any persons affected by an industry’s activities and should always be kept in mind in decision-making to ensure best results. Although, the identity of the customer(s) is obvious in many fields (e.g. the patient in healthcare), customers can be identified in counterterrorism, as well. Potential “customers” can be proposed for the counterterrorism field. The first are a nation’s citizens. Although many counterterrorism activities are clandestine, the public is aware of many activities (e.g. drone strikes and Guantanamo Bay) and many programs affect the public directly (e.g. 3 oz. bottles of liquid at the airport and domestic surveillance programs). For these reasons, public opinion has a large influence on how the government goes about fighting terror. A case in point is the public uproar over the detailed images of the body that airport screeners were producing that led to all scanners being removed and replaced with new ones using a different technology [92] as well as the discovery of the secret NSA phone and Internet surveillance programs that has lead to greater public discussion about how these sorts of programs should function. With consideration of the customer in decisions about security, implementation can often be better planned and potential issues dealt with up front. In addition, it is believed that one of the main impediments to creating a more proactive (vs. the typical reactive) counterterrorism response is that it is difficult to garner public support (and, in the US context, bipartisan government support for that matter) to spend money on things the public is not worried about or on something that has not happened. It is the hope that with the use of evidence-based practices, the accumulated evidence can help sway stakeholders to the acceptance of appropriate proactive approaches. Lum and Kennedy support the notion of the public as a customer by noting that counterterrorism program effectiveness is not only important in terms of outcomes but “also as to how citizens view the legitimacy of government actions.” Other critical customers are the local population where terrorists and their organisation reside and those individuals susceptible to radicalisation. The battle against terrorism is often believed to be a battle of perception and legitimacy. With this is mind, it seems quite clear that these individuals are indeed “customers” in counterterrorism efforts. Close attention must be paid to how counterterrorism tactics affect and are perceived by this group of people. Focusing consistently on the customer(s) will help the overall success and effectiveness of counterterrorism efforts. Lastly, in order for a quality improvement program to be successful, it must have full support of top leadership and direct involvement of key leadership officials. This can provide the much needed legitimacy to the program and its activities. Although strong leadership is needed, most of the more progressive organisations today are taking on a more flat (vs. hierarchical) organisational structure. This environment is conducive to quality improvement because it empowers employees. Members of the organisation at all levels can have a critical impact in identifying areas for improvement and this atmosphere drives innovation and practical solutions for many of the obstacles that will help drive the field forward. In many operating room environments, it is no longer only the surgeon who runs the show. Many hospitals are empowering everyone from medical students, to nurses, to surgical technicians to speak up if they believe something might be wrong or could be done better. Rebecca Freese
Il convient aussi de prendre en compte l’effet d’entraînement provoqué par le mimétisme médiatique. Un acte terroriste qui tourne en boucle sur les chaînes de télévision peut donner le courage à des personnes isolées de passer à leur tour à l’action. Ainsi, la méthode qui consiste à faucher des passants avec un véhicule, prônée par Daesh, a été employée à plusieurs reprises en Israël et deux fois au Canada à l’automne 2014. L’usage d’armes blanches comme à Joué-lès-Tours avait déjà eu lieu en mai 2013 contre un soldat patrouillant dans le cadre du plan Vigipirate dans la gare RER de la Défense et, deux jours auparavant, deux individus avaient assassiné un militaire britannique de la même manière à Londres. (…) L’idéologie (dans le cas des islamistes, l’interprétation maximaliste du salafisme djihadiste guerrier) n’est pas, dans la plupart des cas, l’élément déclencheur du passage à l’acte. Elle n’en n’est que le prétexte avancé pour le justifier. C’est une sorte d’« idéologie de la validation » qui permet de transférer toutes les frustrations personnelles dans la transgression des règles. Les mouvements islamiques radicaux ont toujours tenté de profiter de ce facteur pour enrôler de nouveaux activistes. Le discours consiste à affirmer que l’islam est le seul à même de résoudre les problèmes personnels de leurs futurs adeptes tout en satisfaisant leur besoin de vengeance vis-à-vis de ce qu’ils ressentent comme étant une injustice. Il est fait appel à l’esprit de compassion en montrant les « horreurs » que subissent les populations musulmanes de par le monde. La théorie du complot est aussi largement répandue avec, en particulier la diffusion des Protocoles des Sages de Sion et l’insinuation que les attaques du 11 septembre 2001 ont été commises par la CIA et le Mossad… L’ennemi est toujours désigné clairement : les « croisés » qui sont des « idolâtres car ils adorent la croix et attribuent un enfant au Seigneur des cieux et de la terre », les juifs, qui sont les « agresseurs », et les « apostats » qui sont des traîtres à l’islam. (…) Al-Qaida « canal historique » a tout d’abord utilisé des agents recruteurs que l’on pouvait rencontrer dans des mosquées, des écoles coraniques, des clubs de sport, des associations, etc. Puis, la nébuleuse, diminuée par des années de luttes, s’est servi du net qui présente l’avantage de pouvoir toucher des populations (majoritairement jeunes) bien plus importantes et ce, à moindres risques, du moins pour les recruteurs. (…) Daesh a encore davantage professionnalisé sa communication en tenant compte des attentes des jeunes dans le domaine cinématographique et des jeux vidéo. En effet, ses sites de propagande rappellent l’imaginaire, le morbide et la violence qui sont souvent présents dans de nombreux jeux vidéo. (…) Les « loups solitaires » et apparentés sont à ranger dans les « moyens » du terrorisme qui n’est qu’une technique de combat du faible au fort. Même si, par miracle, la cause de l’islam radical venait à s’estomper, la méthode terroriste serait alors employée par d’autres adeptes d’idéologies extrêmes : extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc. (…) Il fut un temps dans l’Histoire où la communauté internationale n’a pas voulu croire qu’Hitler appliquerait ce qu’il éructait. Le problème avec les islamistes radicaux islamiques, c’est qu’ils disent ce qu’ils vont faire et font ce qu’ils ont dit : « Allah a jeté l’effroi dans les cœurs et ils sont terrorisés par le retour du Califat et la bannière noire du Tawhid (monothéisme) qui bientôt flottera sur la Mecque, Médine, Bagdad, Constantinople jusqu’à Rome » (…) toutefois (…) ce phénomène peut être combattu avec efficacité. En effet, les volontaires désireux de lancer un acte violent isolé souhaitent généralement laisser leur empreinte dans l’Histoire. Leur ego leur commande que l’on se souvienne d’eux car leur objectif principal est de sortir de l’anonymat et d’une vie qu’ils jugent stérile. Pour ce faire, ils préparent et diffusent, parfois à l’avance, des messages destinés à revendiquer leurs actions. Ils offrent alors ainsi l’opportunité aux services de lutte de les découvrir avant même d’avoir pu passer à l’acte. De plus, leur manque de professionnalisme est un handicap à leur dangerosité même s’ils font de malheureuses victimes. Et en aucun cas, ils ne peuvent mettre en danger les sociétés qu’ils attaquent. Au contraire, ils provoquent des sursauts d’union nationale en montrant que la Démocratie a un prix. Alain Rodier

De la folie qui ne manque pas de méthode …

Profils des recrues (psychologies sensibles, vrais « solitaires » auto-radicalisés en ligne, « loups solitaires » radicalisés par des activistes via les réseaux sociaux, « meutes de loups » par radicalisation mutuelle,  « attaquants solitaires » « télécommandés », rapatriés du champ de bataille dits « returnees ») …

Instances de recrutement (mosquées, écoles coraniques, clubs de sport, associations, prisons, internet, réseaux sociaux, journaux et recettes en ligne: le tristement fameux « Comment fabriquer une bombe dans la cuisine de votre maman » qui permettra aux frères Tsarnaev de faire, avec une simple cocotte-minute, 3 morts et 264 blessés au marathon de Boston) …

Idéologie de validation » (l’islam et le Coran dans sa version la plus littérale avec application modernisée via les théories du complot) …

Désignation de l’action (la guerre sainte) et des cibles prioritaires (juifs, croisés et apostats) …

Mimétisme médiatique pour l’effet d’entraînement (via le matraquage complice des chaines de télévision en mal de contenu et d’audience à la fois des actions et des images de propagande calquées sur « l’imaginaire, le morbide et la violence » des jeux vidéo de nos enfants) ….

A l’heure où nombre de nos dirigeants et médias, à commencer par le prétendu chef de file du Monde libre, n’ont toujours pas réussi à nommer l’ennemi

L’idéologie qui le motive …

Ou même leurs victimes désignées …

Excellente remise des pendules à l’heure avec la note d’actualité du Centre français sur le renseignement du mois dernier sur les loups solitaires …

Qui a l’immense mérite de rappeler, contre l’indécrottable culture de l’excuse de nos belles âmes, qu’il y a de la méthode derrière l’apparente folie djiahdiste …

A savoir que nous avons affaire à un projet organisé et à un choix stratégique proprement terroristes (massacrer quelques uns pour terrifier l’ensemble afin d’imposer à des populations entières leur projet de domination totale) …

Repris largement, tout en les modernisant, des groupes terroristes précédents et donc réutilisables dans l’avenir par les probablement inévitables successeurs (extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc.) …

Par des groupes prêts à faire feu de tout bois pour recruter, valider et entrainer leurs tueurs et chair à canon …

Mais que si cette nouvelle stratégie pose effectivement des problèmes jusque là inédits, elle n’est pas sans parade …

A condition bien sûr, sans compter les financements de nos prétendus amis, de la prendre au sérieux tout en ne s’en faisant pas les propagateurs complices ou même en lui donnant des idées

Notamment via le désir des adeptes de marquer l’histoire et donc de laisser des traces …

Sans compter l’effet « sursaut d’union nationale » « montrant que la Démocratie a un prix  » …

NOTE D’ACTUALITÉ N°378
QU’EST-CE QU’UN LOUP SOLITAIRE ?
Alain Rodier

CF2R

01-01-2015

L’expression « loup solitaire » est souvent employée pour désigner des personnes isolées qui se livrent à un ou plusieurs actes de violence dont la majorité peut être caractérisée de « terroriste ». Différentes études ont tenté d’approfondir ce concept pour essayer de comprendre le fonctionnement de ce phénomène. Le but est d’entraver, autant que faire se peut, tout passage à l’acte. En effet, de marginal avant les années 1990, le phénomène des tueurs solitaires a tendance à se développer depuis ces dernières années.

Définitions
Tout d’abord, l’appellation de « loup solitaire » est trop réductrice. Selon les observations qui ont pu être faites, particulièrement aux Etats-Unis qui ont connu le plus d’attaques de ce type, il est possible de distinguer quatre catégories d’individus qui peuvent répondre à ce concept.

- Les « solitaires » qui n’ont aucun contact avec une organisation terroriste en dehors d’aller consulter sur le net les pages de propagande. Ils n’ont pas non plus de liaisons avec des activistes via les réseaux sociaux ou d’autres moyens de communication. Deux cas récents répondent à ces critères. Celui de Man Haron Monis, un ancien chiite iranien converti au sunnisme radical, auteur en décembre 2014, de la prise d’otages du café Lindt de Sydney qui s’est terminée tragiquement (trois morts). Peu après, celui de Bertrand « Biläl » Nzohabonano, qui a attaqué un commissariat à Joué-Lès-Tours (trois blessés et le suspect abattu par la police). L’étudiant américain d’origine iranienne Mohammad Reza Taheri qui a précipité sa jeep Cherokee dans la foule de l’Université de Caroline du Nord de Chapel Hill en 2006 pour « venger la mort de musulmans de par le monde » en est aussi un exemple (9 blessés).

- Les « loups solitaires » à proprement parler. Ces derniers ont des contacts avec des activistes, essentiellement via les réseaux sociaux. Ainsi, le major Nidal Malik Hassan, responsable du massacre de Fort Hood (13 morts, 30 blessés) en 2009, correspondait régulièrement avec le prêcheur américain d’origine yéménite Anwar Al Awlaki. Il l’avait rencontré alors que ce dernier occupait les fonctions de recteur de la mosquée Dar al-Hijrah de Falls Church, dans l’Etat de Washington. Bien qu’indirectement impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001 (plusieurs des kamikazes fréquentaient sa mosquée), il est parvenu à quitter les Etats-Unis en 2002 et s’est installé au Yémen. En 2006, il a commencé à sévir sur le net pour le compte d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQAP), un mouvement affilié à Al-Qaida « canal historique ». Sa mort, lors d’un bombardement ciblé de la CIA, le 30 septembre 2011, a interrompu ses prêches mais ses discours continuent à circuler sur la toile, influençant d’autres activistes. Il semble que cela ait été le cas des frères Dkokhar et Tamerlan Tsarnaev, d’origine daghestanaise, auteurs de l’attentat dirigé contre le marathon de Boston, le 15 avril 2013 (3 morts, 264 blessés). Ils ont également assassiné un policier sur le campus du Massachusetts Institute of Technology (MIT) avant d’être neutralisés. Toutefois, parce que les deux frères Tsarnaev agissaient ensemble, ils sont plutôt à ranger dans la catégorie suivante : les « meutes de loups ».

- Les « meutes de loups » sont des groupuscules de quelques individus (il en faut au moins deux) qui s’auto-radicalisent mutuellement dans une sorte de fuite en avant. A cette catégorie appartiennent, en dehors du cas cité précédemment, John Allen Muhammad né Williams et Lee Malvo, qui ont tué 10 personnes au hasard en 2002 avec un fusil à lunette depuis le coffre aménagé d’une limousine. John Allen Muhammad, un vétéran de la première guerre du Golfe avait entraîné son jeune compagnon dans sa cavale sanglante. Il était l’objet de problèmes psychiatriques (« syndrome de la guerre du Golfe »). Il avait aussi connu deux divorces et des déboires professionnels (carrière ratée dans l’armée puis deux échecs dans le civil). Il a été exécuté en 2009. Son compagnon qu’il considérait un peu comme son fils, mineur au moment des faits, a écopé de six condamnations à perpétuité sans possibilité de réduction de peine. Il semble que l’intention des deux tueurs était d’exiger une rançon de la part du gouvernement américain pour ensuite financer le recrutement d’adeptes qui auraient déclenché d’autres tueries aux Etats-Unis.

- Les « attaquants solitaires » sont des individus directement activés par la hiérarchie d’une organisation terroriste avec laquelle ils n’entretiennent volontairement plus de contact par souci de clandestinité. Ils n’entrent alors plus vraiment dans la catégorie des « loups solitaires », mais dans celle des « activistes télécommandés ». En l’état actuel des enquêtes, Mohammed Merah et Medhi Nemouche, ayant eu des contacts directs avec des djihadistes – le premier au Pakistan avec Al-Qaida « canal historique », le deuxième en Syrie avec Daesh – semblent entrer dans cette catégorie. A savoir qu’il leur aurait été demandé de passer à l’action une fois de retour en Europe. Toutefois, aucune opération précise n’avait été programmée, leurs mentors leur laissant décider des modalités d’exécution de leurs crimes. Les victimes n’étaient pas choisies au hasard : il s’agissait soit de militaires, soit de membres de la communauté juive. Globalement, les returnees, ceux qui reviennent d’une terre de djihad, sont des « attaquants solitaires » en puissance même si, heureusement, tous ne passeront pas à l’action. Le rôle des enquêteurs qui les débriefent est primordial. Ce sont eux qui peuvent déterminer parmi des dizaines d’individus lesquels représentent réellement un risque.

Un peu de psychologie
Il y aurait une grande différence entre les activistes agissant isolément (les trois premières catégories évoquées ci-avant) et ceux qui vont mener le djihad à l’étranger. Les premiers cités présenteraient souvent une pathologie psychiatrique ainsi qu’une inaptitude à la socialisation. Ainsi, le passé de ces individus a révélé qu’ils se mettaient volontairement à l’écart, que beaucoup avaient été les témoins – et parfois les acteurs – de crises familiales et qu’ils étaient souvent confrontés au chômage. Certains faisaient usage de drogue quand ils ne participaient pas directement à son trafic. Tout cela provoque des désordres psychologiques importants ; ainsi beaucoup sont dépressifs et certains présentent des caractères obsessionnels-compulsifs. Les deux « conducteurs fous » qui ont percuté volontairement la foule à Dijon et à Nantes peu avant Noël 2014 semblent en être l’illustration parfaite. Celui de Dijon était passé 147 fois en hôpital psychiatrique au cours des quatre années précédentes. Quant à celui de Nantes, en dehors du fait qu’il avait 1,8 gramme d’alcool/litre de sang (quatre fois la dose minimale tolérée), il avait laissé un carnet dans lequel il exprimait sa « haine de la société […], le risque d’être tué par les services secrets […], le dénigrement de sa famille sur internet ».

Quand on regarde le parcours des personnes citées dans les trois catégories définies plus haut, il est frappant de constater que beaucoup d’entre elles présentaient des problèmes psychologiques importants. De là à affirmer que leurs actes n’étaient pas « terroristes », nous entrons dans une polémique politicienne bien franco-française… Quant au degré de responsabilité des suspects (encore en vie) en fonction de leur état mental, cela promet d’âpres batailles d’experts dans les tribunaux devant lesquels ils seront éventuellement traduits.

Il convient aussi de prendre en compte l’effet d’entraînement provoqué par le mimétisme médiatique. Un acte terroriste qui tourne en boucle sur les chaînes de télévision peut donner le courage à des personnes isolées de passer à leur tour à l’action. Ainsi, la méthode qui consiste à faucher des passants avec un véhicule, prônée par Daesh, a été employée à plusieurs reprises en Israël et deux fois au Canada à l’automne 2014. L’usage d’armes blanches comme à Joué-lès-Tours avait déjà eu lieu en mai 2013 contre un soldat patrouillant dans le cadre du plan Vigipirate dans la gare RER de la Défense et, deux jours auparavant, deux individus avaient assassiné un militaire britannique de la même manière à Londres.

Le rôle de la propagande
Au début, les futurs activistes ne sont généralement pas affiliés à une quelconque idéologie. Ce sont leurs problèmes personnels qui les poussent à en adopter une. D’ailleurs, plus leurs problèmes augmentent en intensité, plus la radicalisation s’accélère. Et plus ils se radicalisent, plus ils s’isolent et sont animés d’un mal-être qui ne peut être résolu que par le passage à l’acte. C’est un véritable cercle vicieux.

L’idéologie (dans le cas des islamistes, l’interprétation maximaliste du salafisme djihadiste guerrier) n’est pas, dans la plupart des cas, l’élément déclencheur du passage à l’acte. Elle n’en n’est que le prétexte avancé pour le justifier. C’est une sorte d’« idéologie de la validation » qui permet de transférer toutes les frustrations personnelles dans la transgression des règles.

Les mouvements islamiques radicaux ont toujours tenté de profiter de ce facteur pour enrôler de nouveaux activistes. Le discours consiste à affirmer que l’islam est le seul à même de résoudre les problèmes personnels de leurs futurs adeptes tout en satisfaisant leur besoin de vengeance vis-à-vis de ce qu’ils ressentent comme étant une injustice. Il est fait appel à l’esprit de compassion en montrant les « horreurs » que subissent les populations musulmanes de par le monde. La théorie du complot est aussi largement répandue avec, en particulier la diffusion des Protocoles des Sages de Sion[1] et l’insinuation que les attaques du 11 septembre 2001[2] ont été commises par la CIA et le Mossad… L’ennemi est toujours désigné clairement : les « croisés » qui sont des « idolâtres car ils adorent la croix et attribuent un enfant au Seigneur des cieux et de la terre », les juifs, qui sont les « agresseurs », et les « apostats » qui sont des traîtres à l’islam[3]. Ces discours connaissent un grand retentissement auprès de certains Français qui n’hésitent pas à déclarer sur Tweeter : « nous continuerons à frapper vos civils comme vous le faîtes dans nos pays en Irak ou en Syrie. L’islam se réveille malgré vous ».

Al-Qaida « canal historique » a tout d’abord utilisé des agents recruteurs que l’on pouvait rencontrer dans des mosquées, des écoles coraniques, des clubs de sport, des associations, etc. Puis, la nébuleuse, diminuée par des années de luttes, s’est servi du net qui présente l’avantage de pouvoir toucher des populations (majoritairement jeunes) bien plus importantes et ce, à moindres risques, du moins pour les recruteurs. Un des plus célèbre a été Anwar Al Awlaqi. En dehors des réseaux sociaux, il utilisait une revue en ligne dénommée Inspire. Cette dernière offrait encore une vision « journalistique » du djihad et détaillait des recettes de terrorisme et de guérilla. Le premier numéro comportait un article intitulé « Comment fabriquer une bombe dans la cuisine de votre maman », ce qui a permis aux frères Tsarnaev de confectionner un engin explosif improvisé dans une cocotte-minute.

Dans le dernier numéro d’Inspire, le cheikh Nasser bin Ali al-Ansi d’Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQAP) parle sans détour : « les lions d’Allah qui sont présents partout de par le monde – certains les appellent les « loups solitaires » – doivent savoir qu’ils sont le pire des cauchemars de l’Ouest. Ainsi, ne sous-estimez pas vos opérations. Ne minimisez pas votre djihad ». En outre, la revue Inspire désigne les grandes compagnies aériennes occidentales comme des objectifs prioritaires.

Daesh a encore davantage professionnalisé sa communication en tenant compte des attentes des jeunes dans le domaine cinématographique et des jeux vidéo. En effet, ses sites de propagande rappellent l’imaginaire, le morbide et la violence qui sont souvent présents dans de nombreux jeux vidéo. Il utilise lui la revue Dabiq. En décembre, il a lancé via le Centre médiatique al-Hayat (son organe de propagande) sa première publication en français Dar al-Islam (« Terre d’islam »).

Moins tourné vers l’action en dehors du Proche-Orient, Daesh a comme objectif principal de faire venir dans l’Etat islamique un maximum de volontaires étrangers et des familles entières. Les premiers sont destinés à compléter les rangs de son armée dont les effectifs restent limités en regard de ses ambitions. Les secondes permettent de peupler le califat. Elles y trouvent la possibilité de pratiquer « en toute liberté » leur religion. Pour cela, selon les mots de la revue Dar al-Islam, il fait état de l’« immense bienfait qu’est celui de vivre sous la foi d’Allah au milieu de croyants. Et pour rappeler à ceux qui n’ont pas accompli l’obligation d’émigrer de la terre de mécréance et de guerre vers celle de l’Islam qu’ils sont en immense danger dans ce monde et dans l’autre ».

Selon Abou Bakr al-Baghdadi, l’émir de Daech, tout musulman doit lui faire allégeance (Bay’ah) et a le devoir de le rejoindre (Hijrah) pour renforcer l’Etat islamique qu’il est en train de fonder. Mais ceux qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent gagner le front syro-irakien doivent déclencher des actions offensives là où ils se trouvent et comme ils le peuvent. C’est un appel clair à tous les solitaires qui souhaitent passer à l’action. Là également le message est limpide: « tuez-les, crachez-leur au visage, et écrasez-les avec vos voitures ». Il fut un temps dans l’Histoire où la communauté internationale n’a pas voulu croire qu’Hitler appliquerait ce qu’il éructait. Le problème avec les islamistes radicaux islamiques, c’est qu’ils disent ce qu’ils vont faire et font ce qu’ils ont dit : « Allah a jeté l’effroi dans les cœurs et ils sont terrorisés par le retour du Califat et la bannière noire du Tawhid (monothéisme) qui bientôt flottera sur la Mecque, Médine, Bagdad, Constantinople jusqu’à Rome ».

*

Il convient toutefois de rester prudent sur les conclusions de ces études qui ne portent que sur quelques dizaines de cas connus. Il faut aussi partir du principe que, comme ailleurs, il y a de nombreuses « exceptions qui confirment la règle ». Même si la majorité des cas d’actions terroristes relèvent de l’islam radical, il est aussi important de constater que les milieux d’extrême-droite sont aussi concerné – particulièrement aux Etats-Unis -, sans oublier le cas d’Andrea Behring Breivik qui a tué 77 personnes et en a blessé 151 autres, le 22 juillet 2011 en Norvège.

Les « loups solitaires » et apparentés sont à ranger dans les « moyens » du terrorisme qui n’est qu’une technique de combat du faible au fort. Même si, par miracle, la cause de l’islam radical venait à s’estomper, la méthode terroriste serait alors employée par d’autres adeptes d’idéologies extrêmes : extrême-droite, extrême-gauche, écologie radicale, anarchisme, etc.

Enfin, il convient de ne pas verser dans le pessimisme du style « les loups solitaires sont indétectables car non connus des services de renseignement ». En effet, ce phénomène peut être combattu avec efficacité. En effet, les volontaires désireux de lancer un acte violent isolé souhaitent généralement laisser leur empreinte dans l’Histoire. Leur ego leur commande que l’on se souvienne d’eux car leur objectif principal est de sortir de l’anonymat et d’une vie qu’ils jugent stérile. Pour ce faire, ils préparent et diffusent, parfois à l’avance, des messages destinés à revendiquer leurs actions. Ils offrent alors ainsi l’opportunité aux services de lutte de les découvrir avant même d’avoir pu passer à l’acte. De plus, leur manque de professionnalisme est un handicap à leur dangerosité même s’ils font de malheureuses victimes. Et en aucun cas, ils ne peuvent mettre en danger les sociétés qu’ils attaquent. Au contraire, ils provoquent des sursauts d’union nationale en montrant que la Démocratie a un prix.

[1] C’est un faux qui prétend que les juifs et les francs-maçons ont un plan de conquête du monde. Ecrit en 1901 à Paris par un informateur des services secrets russes, il a été repris par les nazis et par tous les antisémites voulant donner une raison « historique » à leurs abominations.
[2] A l’heure actuelle, force est de constater que la grande majorité de ce que l’on appelle « la rue arabe », croit fermement en cette thèse. La propagande islamique radicale a été particulièrement efficace pour faire passer cette intoxication.
[3] L’immense majorité des victimes du terrorisme islamique sont des musulmans. Il n’y a pas une semaine qui se passe sans que des attentats de masse n’aient lieu au Pakistan, en Irak ou ailleurs. Les chiites sont particulièrement visés car, dans l’esprit des théoriciens de l’islam radical sunnite, ils sont encore « pires » que les chrétiens et les juifs, appelés « les gens du Livre » car adeptes des religions monothéistes. En effet, ces derniers sont des « ennemis » qui peuvent éventuellement être convertis, ou payer un impôt spécifique (dhimma), sinon ils sont tués. En revanche, les chiites sont des traîtres qui doivent être massacrés.

Voir aussi:

Planes, Trains, and Car Bombs: The Method Behind the Madness of Terrorism
Michael Shellenberger, Ted Nordhaus, Nick Adams
The Breakthrough
January 13, 2012

As we marked the ten-year anniversary of 9/11, we also marked the expiration date of countless predictions that other devastating al Qaeda (inspired, financed, or directed) attacks would occur on US soil within a decade of that fateful day. Little more than a week after the atrocities, Attorney General John Ashcroft worried aloud « that terrorist activity against the United States may increase once this country responds to [the] attacks. » Ten days later, Democratic Senator Carl Levin told Fox News that « biological and chemical threats … are real. We ought to put resources there. » Republican Representative Chris Shays of Connecticut was more trenchant: « I am absolutely certain that terrorists, if they don’t have access to biological weapons now, will; and I am absolutely certain that they will use them. The expertise exists. The potential that it has been shared with a terrorist is almost a no brainer. » President Bush pushed the possibility of catastrophe to its logical extreme: « these terrorists … are seeking chemical, biological, and nuclear weapons. Given the means, our enemies would be a threat to every nation and, eventually, to civilization itself. »

Such dire predictions were not confined to the political class. Terrorism experts and academics like Walter Laqueur, Jessica Stern, Bruce Hoffman, Mark Juergensmeyer, and many others had seized upon the notion that a « new terrorism » was emerging. Even before 9/11, Laqueur wrote that « yesterday’s nuisance has become one of the gravest dangers facing mankind. » Many proponents of the « new terrorism » meme became even more emphatic after the attacks, arguing that religiously-inspired terrorism had become divorced from rationality. Laqueur lamented that « until recently, terrorism was, by and large, discriminate, selecting its victims carefully… It was, more often than not, ‘propaganda by deed.’ Contemporary terrorism has increasingly become indiscriminate in the choice of its victims. Its aim is no longer to conduct propaganda but to effect maximum destruction. » Laqueur described the new terrorists as « paranoiac » and driven by « all-consuming, » « nonexistent hidden motives » leading to « a loss of the sense of reality. » « The outlook, » he concluded, « is poor; there are no known cures for fanaticism and paranoia. »

With the political and expert classes significantly aligned in their description of insane, religiously fanatical terrorists determined to kill millions with weapons of mass destruction, journalists and the public could do little but wait for the next heavy shoe to drop. As they looked around them, they saw vulnerabilities everywhere. After rumors of the potential for biological or chemical attacks on America’s water supply raced through the internet, The New York Times reported on local governments’ efforts to secure reservoirs and other sources of drinking water: « Helicopters, patrol boats and armed guards sweep across the watershed feeding New York City, enforcing a temporary ban on fishing, hunting, and hiking. Massachusetts has sealed commuter roads that run atop dams or wind down to the water’s edge. And Utah has enlisted the help of the Federal Bureau of Investigation to peer down at reservoirs from planes and satellites, hoping to spot any weak points. » By November 1st, USA Today was reporting that « scientists and politicians are growing increasingly worried about another possible target for terrorists: the food supply. » Several authors over the years have also flagged America’s vulnerability to internet attacks that could significantly disrupt the critical infrastructure upon which our economy depends. In a recent report, Washington’s Bipartisan Policy Center recommended that « defending the U.S. against such attacks must be an urgent priority. » « This is not science fiction, » they wrote, « It is possible to take down cyber systems and trigger cascading disruptions and damage. »

Even as our greatest fears have not come to pass, the drive to promote measures eliminating even the impression of risk or threat has hardly lost momentum. Despite the fact that the United States has developed enough vaccine to inoculate its entire population against the two most deadly biological agents that terrorists might conceivably learn to produce someday, The New York Times Magazine recently published a long article suggesting that more should be done — that billions should be spent developing and stockpiling vaccine for every disease that terrorists could possibly use to harm Americans. Never mind that terrorists have shown no capacity to successfully develop and weaponize any of them.

Despite the perennial warnings about exotic weapons and targets (warnings that, ironically, offer terrorists tantalizing clues about how and where the United States is vulnerable), members and allies of al Qaeda’s hirabi (AKA ‘jihadi’) movement continue to carry out the same sorts of attacks they executed in the decades before 9/11. In 1993, hirabis used a truck bomb in an attempt to topple the World Trade Center, the same tactic they used in 1996 to bomb the Khobar Towers barracks in Saudi Arabia, and in 1998 to bomb US Embassies in Kenya and Tanzania. In 2000, they used a different vehicle – a small boat – to approach their target when they bombed the USS Cole in the port of Aden, Yemen. A year later, they used different vehicles again, airplanes, to bomb the World Trade Centers and the Pentagon. Months later a hirabi named Richard Reid attempted to bomb a plane itself with a chemical explosive hidden in his shoe. In May 2002, a car bomb killed 14 people at a Karachi hotel frequented by Westerners. In October of that year, another bomb, placed in a Bali nightclub, killed 202 mostly Australian citizens.

In 2004, hirabis detonated ten bombs on four trains in Madrid, killing nearly 200 people. A year later, hirabis attacked three trains and a bus in London. Later in 2005, bombs placed at American hotels in Amman, Jordan killed 57 people. In 2007, British police uncovered a car-bomb plot targeting Glasgow airport. In 2008, a car bomb killed six people and injured dozens more outside Pakistan’s Danish Embassy. Al Qaeda claimed the attack was retaliation for an offensive political cartoon. In September 2009, Najibullah Zazi was arrested in the final stages of a plan to replicate the Madrid attacks of 2004 in New York City’s subway system. On Christmas Day of the same year, Nigerian Umar Farouk Abdulmutallab attempted and failed to down a passenger plane over Detroit by detonating a chemical bomb concealed under his clothes. The next spring, Faisal Shahzad tried to detonate a car bomb in Times Square, but failed. Months later, in October 2010, al Qaeda in the Arabian Peninsula placed explosive devices in cargo planes, but cooperating international intelligence agencies foiled their plans before they could detonate the bombs. Most recently, Rezwan Ferdaus has been charged with a plot to use remote controlled planes to deliver bombs to the Pentagon. All of these and other al Qaeda directed, financed, or inspired attacks have targeted planes, trains, buses, government and symbolic buildings, and western hotels with bombs (and sometimes assault weapons).

The stark contrast between the hirabi repertoire of targets and tactics and the expansive and expanding concerns of journalists, politicians, experts, and academics begs explanation. We find that the pattern of hirabi attacks is not accidental. It is well-suited to their primary strategy — one attempting to iteratively grow support for their cause so they can one day gain political power and govern territory. That their goals are likely delusional does not diminish the rationality of their strategy, the tactics they use, or the targets they select, all of which are chosen to manipulate the governments they seek to change and the publics they seek to recruit. Various internal and external constraints on hirabi organizations also limit their capability, and thereby, the range of tactics and strategies they can pursue. This paper explores in depth all of these factors shaping hirabi activity.

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Read the debate surrounding our report here.

 Voir également:

Evidence-Based Counterterrorism or Flying Blind? How to Understand and Achieve What Works

Rebecca Freese

Perpectives on terrorism

Terrorism analysts

2014

Abstract

Many counterterrorism efforts in last decades, and especially since 9/11, have been plagued with doubts as to whether or not they actually make us safer. Unfortunately, the terrorism research that is needed to better plan and evaluate counterterrorism efforts has suffered from both a lack of sufficient rigour and lack of influence on policy-making. This article reviews the state of terrorism research and evidence-based practice in counterterrorism, and the challenges to both. A framework is proposed for the kind of research that needs to be conducted in order to develop evidence-based counterterrorism programs as well as the subsequent evaluative research on existing programs as part of a wider quality improvement program. The argument is made that there is a need for a concrete infrastructure of evidence-based practice and quality improvement in counterterrorism to ensure the best outcomes for national security. The components of a full spectrum quality improvement program in counterterrorism are described. Insights are garnered from the field of medicine, which has recently delved full force into evidence-based practice and quality improvement.

Keywords: counterterrorism, research, evaluation

Introduction

“Without big data, you are blind and deaf and in the middle of the freeway.”[1] This is how we need to think about the risks of not collecting and analyzing the extensive amount of data available in our modern world today. Data is the raw information that is transformed through analysis into “evidence.” And it is this evidence that paints the picture of what is truly happening in the environment so that one can make enlightened decisions to achieve the desired end results (and not get hit by that truck).

Evidence-based practice (EBP) refers to those practices, actions, and decisions that are grounded in objective evidence obtained from sound, scientific research and analysis. It works to eliminate the element of opinion, gut-instinct, guesswork, or emotion, which can be poisonous to the decision-making process. The goal of using EBP is simply to arrive at those decisions that can produce the most successful outcomes.

The concept of evidence-based practice originated in the field of medicine in the 1990s with what is known as “evidence-based medicine”[2], but its philosophical origins go back to at least the mid-19th century.[3] Evidence-based medicine is defined as the “conscientious, explicit and judicious use of current best evidence in making decisions about the care of individual patients.”[4] Medical practitioners aim to treat patients with methods that have been shown to work and the concept and use of evidence-based medicine has become a deep part of the medical culture. Although there are still significant gaps within the medical field between the knowledge of evidence-based medicine and its universal use,[5] the momentum is always in the direction of using research to guide practice. Because of its importance, hospitals, training programs, and practitioners tout the use of evidence-based medicine as a badge of honor when communicating to their audiences. It has become accepted that in order to participate in the modern arena of medicine, practitioners must be focused on the application of available evidence as to what works in the daily care of their patients. This is not to say that individual patient scenarios and practitioner experience and judgment do not mix with the available evidence to ultimately lead to final decisions, but when possible, subjectivity and guesswork are removed from the equation.

Because of the benefits of this informed and structured approached to decision-making, EBP has extended to many other fields such as psychology, criminology, and education. Although each field, whether a physical or social science, has its own individual characteristics, inherent nature, and unique challenges (as is true when comparing counterterrorism and the practice of medicine), the underlying principles of EBP are the same. That is to say, in any field, one searches for and employs the “conscientious, explicit, and judicious use of current best evidence” in deciding the most appropriate course of action for the purpose of arriving at the best outcomes. With the concept of evidence-based practice in mind, this article explores the state of counterterrorism (CT) efforts in relation to research, evidence, and practice and proposes infrastructure modifications that assist in EBP and the achievement of best outcomes in counterterrorism.

Counterterrorism in Action

Terrorism is not a new phenomenon and one can see prototypes, albeit with differing characteristics and tactics, throughout history. Modern terrorism of the 1960s and 1970s, which was mostly hierarchical, secular, and more discriminate has evolved and enveloped in religious ideology, become more decentralised, and manifests a greater determination to create large-scale death and destruction to achieve its goals. Unfortunately, the future of terrorism could be even more worrisome. The wave of suicide terrorism that began in the 1980s has the potential to morph into ever more destructive chemical, biological, radiologic, nuclear (CBRN), and cyber attacks. Therefore, it is prudent to understand how terrorism threats can most effectively be countered.

Although national governments have always invested in protecting their citizens’ way of life, resources and energy devoted to counterterrorism have grown substantially since the attacks of 11 September 2001 on New York and Washington DC. In the wake of 9/11, the United States government created an entirely new agency, the Department of Homeland Security, to deal with the increasing threat. The range of counterterrorism efforts fall all along the spectrum from law enforcement, security of potential targets, emergency response systems, and treatment of victims to economic aid and sanctions, international resolutions, and media relations.[6] In the United States, one can see the results of counterterrorism policies everywhere, from the security checkpoints at airports to targeted killings via drone attacks in South Asia on the Al-Qaeda leadership to worldwide surveillance programs. Yet how can one really know whether or not these counter-measures are truly effective and achieve the desired outcome – enhanced security?

Recently in Foreign Affairs, two security studies experts debated whether drone attacks actually work in achieving counterterrorism goals. The argument for the use of drone attacks focused on the benefit of eliminating key Al Qaeda leadership figures, interruption of terrorist safe havens, and the fewer civilian deaths caused by drones in comparison to alternative modes of warfare.[7] The counterargument highlighted the damage the drone program causes to U.S. legitimacy, the loss of key intelligence during a strike, the enabling of jihadi recruitment, and the short-term perspective that hinders long-term strategy.[8] What was striking about this debate is that it was not based on much more than informed opinions. Frustratingly, it seems that much of our counterterrorism policy today is based on such hypotheses and speculation. How much more productive would the conversation be if determinations of when, where, and how to use targeted killings could be supported by actual evidence produced from objective scientific research? It is much easier to make an argument for or against something when you have evidence on your side.

Analysis

Terrorism Research

Since research is the foundation for the evidence needed to make informed decisions when developing and evaluating counterterrorism programs, it is imperative to understand the state of research in the field of terrorism studies (for the purpose of this article, “terrorism research” refers to both research on terrorism and its associated counterterrorism response).

For research results to be valuable and useful to decision-makers who formulate policies that drive counterterrorism programs, the research must be of high quality, with conclusions that are informative, applicable, based on factual data, and have sufficiently high validity and reliability. Much of the research that is most useful in creating this type of evidence is empirical research. Empirical research is a form of rigorous research that is “based on observed and measured phenomena and derives knowledge from actual experience rather than from theory or belief.”[9] The remarkable shortage of studies that are empirical in nature has been one of the most salient features of terrorism research.[10,11] Based on a comprehensive literature search of all peer-reviewed articles related to terrorism or political violence, Lum et al. found in 2008 that a mere 3% involved empirical analyses (either quantitative or qualitative); 1% were case studies, and 96% were what the authors described as “thought pieces.”[12]

Other shortcomings have been noted. Reviewing literature between 1995 and 2000, Silke found in 2001 that the use of statistical analyses in terrorism research in major journals was exceedingly low while the use of inferential statistics specifically never exceeded 4% of all articles [13]. The use of inferential statistics allows predictions to be made about the entire population based on the analysis of a sample studied [14] and therefore is important for justifying whether research conclusions should be used as evidence when formulating policy. Optimistically, the amount of terrorism research using inferential statistics has slowly been on the rise, with an almost quadrupling in the 7 years since 9/11, although still representing fewer than 12% of all articles examined.[15,16] Silke has also noted a conspicuous lack of methodological range being used in terrorism research, finding the counterterrorism field to be dominated by secondary data analysis using easily accessible sources of data (e.g. books, journals, and media) [17] with the creation of new knowledge only representing approximately 20 percent of the research conducted.[18] A follow-up analysis revealed that literature reviews continue to be the main mode of research in terrorism studies.[19] Schuurman and Eijkman also note the lack of primary research in the terrorism field as an impediment for progress, describing reliable primary data as “vital if we are to truly advance our understanding of terrorism: from its causes and precipitating dynamics to the best way to counter or prevent it.”[20] This is not to say that all research needs to involve primary data, be quantitative or involve sophisticated statistical analyses but it is crucial for published research to represent a range of methodologies. Such variation produces the most meaningful insights about terrorism and therefore can best guide practice.

The quality of terrorism research can also be examined as to whether or not it qualifies as “explanatory research.” Silke, expounding on work by Psychologist Colin Robson, describes research as progressing from exploratory (which helps start the process of building a foundation of knowledge and frequently consists of case studies) to descriptive and then finally to explanatory research, the later being the most scientifically rigorous, reliable, and applicable.[21] Silke notes that, “field areas which fail to make this final transition [to explanatory research] are left with constant gaps in their knowledge base and a fatal uncertainty over the causes of events and what are the truly significant factors at work”[22] and therefore cannot make the leap to producing results that are of predictive value.[23] Thus, without explanatory research, there is little upon which evidence-based counterterrorism practice can be formulated.

Another issue of concern in terrorism research has been the researchers themselves. In 2001, Silke found that 90 percent of all terrorism research was done by a single individual, making the creation of time-intensive statistics needed for more substantive research exceedingly difficult.[24] During the entire decade of the 1990s, he found that 80% of all the researchers who contributed to terrorism journals only wrote one article pertaining to the field during that time.[25] To a large degree this can be explained by the fact that many of the articles have been written by researchers whose primary concentration was in another field, such as psychology or sociology.[26,27,28] Although, terrorism research benefits greatly from a multidisciplinary approach, researchers are needed who research repeatedly and consistently in the field. Since 9/11, there has in fact been an upward trend in these types of dedicated researchers as well as a greater degree of collaborative research.[29,30]

These weaknesses in terrorism research may be why Sageman laments that although there has been an increase in energy and commitment to terrorism research since 9/11, there are still fundamental questions about terrorism for which we have no good answers, particularly why an individual turns to political violence.[31] He argues that one of the problems is that the United States government has not provided sufficient support for the methodical accumulation of detailed and comprehensive data that is critical for answering many of these questions. Without sufficiently extensive, and varied databases and empirical, explanatory research utilizing varied methodologies, along with numerous, dedicated researchers in the field, the evidence needed for the formulation of evidence-based counterterrorism programs will continue to falter.

Evaluative Research

Not only are there weaknesses in the research needed to formulate counterterrorism programs, but there is also a lack of research that evaluates the effectiveness of these programs once they are in effect. Most research in the field tends to focus on the explanations, causes, and sociology of terrorism.[32] Lum, et al. determined that of the already small percentage of counterterrorism publications that met the criteria for empirical research, only a fraction of these were actually evaluative in nature.[33] Even as research in terrorism ramps up, it appears that very little research is being done to scrutinize whether or not established counterterrorism efforts are in fact achieving their intended goals.

By way of illustration, the University of Maryland’s START (National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism) program, which is a Center of Excellence for the United States Department of Homeland Security, states on its website that their mission is to “advance science-based knowledge about the human causes and consequences of terrorism as a leading resource for homeland security policymakers and practitioners.”[34] Evaluation of the effectiveness of counterterrorism programs is not explicitly stated in this mission statement. Horgan and Stern also do not emphasize evaluative research when discussing the goals of terrorism research. They claim that, “our role as scholars is to discover and understand what influences the changing nature of terrorism and the impact it will have.”[35] Determining whether or not implemented counterterrorism programs actually work is conspicuously absent from this statement on the responsibility of academia. In their article they defend the slowly but steadily improving field of terrorism research by citing examples of the solid research that is occurring in understanding “who becomes a terrorist, why, and how many there are in the West.”[36] None of the examples provided by them referred to evaluative research. Lum and Kennedy suggest that “even the most liberal governments are resistant to self-evaluation,”[37] which is likely due to the clandestine nature of national security and may largely account for why research remains invested in the etiologies of terrorism and not the evaluation of how we respond to terrorism. What results is an environment with less focus and interest by researchers on evaluative research despite the crucial importance it plays in overall counterterrorism strategy and its success.

Evidence-Based Counterterrorism

The paucity of research articles that address the question of whether or not counterterrorism efforts are evidence-based is in itself evidence of the lack of prevalence of this important concept within the field. The same handful of authors write repeatedly on this topic and the overall consensus appears to be that many of our counterterrorism efforts are, in fact, not effective. Sageman describes the “disappointing state of the field, largely consisting of wild speculations without foundation.”[38]

Most research that studies whether counterterrorism programs are effective has focused predominately on the effectiveness of existing programs [39,40] and not whether policy-makers are using research on terrorism as evidence to drive counterterrorism program development and implementation. Furthermore, the evaluative research that has been performed in the field of counterterrorism seems to have focused mainly on outcomes and not on processes or resource use. Very little is known about the cost-effectiveness of our counterterrorism efforts and how they can be improved.[41] It is about moving beyond whether or not our efforts work to understanding how they work. The lack of evaluation on resources and processes could be due to the fact that the data needed for this research has not been easily attainable. It is also likely that these measurements have taken a backseat to the more important measurement of outcomes as states struggle to come to grips with terrorism.

When Lum et al. performed an analysis of the limited but available evaluative research that was of sufficient rigour, it was found that most interventions either had no effect or were harmful (i.e. terrorism increased)[42], leading the authors to conclude that “programs are being used without any knowledge, understanding, or even attempts to determine whether they are effective.”[43] Interestingly, no study showed that military strikes worked. This highlights our need to better understand what works since there has been a propensity by states to rely on military means and force to fight terrorism. Another finding by Lum et al. underscores an important point. The results of studies conducted on the success of metal detectors and security screening were evenly split between either working and being harmful.[44] This disparity was likely due to how outcomes were defined in the different studies. If the outcome was defined as the level of hijackings, then the intervention was considered beneficial. However, if the outcome was defined as the level of non-hijacking attacks, then terrorism was found to increase. Once these security measures were put in place, it is likely that terrorists just resorted to different avenues for attacks. This stresses both the importance of defining goals when developing counterterrorism programs so that effectiveness can be measured against those specific goals as well as taking into account how unintended consequences can result from implementation of counterterrorism programs.

Adams et al. make the point that counterterrorism initiatives since 9/11 have focused more on questions of morality and legality (e.g. enhanced interrogation and ethnic profiling) with less scrutiny into whether the initiatives actually work.[45] The authors also note that evaluation has tended to focus predominantly on the success of overarching government policies and strategies with less attention to individual counterterrorism programs or tactics, making it difficult to decipher more precisely what works and what does not. In their own evaluative research, the authors determined whether the counterterrorism method met its particular aim as well as whether it was aligned with, or counterproductive to, overarching counterterrorism strategies such as “gathering useful information [favorable signal: noise ratio], prioritizing and coordinating intelligence, promoting state legitimacy, encouraging community-generated tips and support of bystanders, and undermining terrorists’ narratives.”[46] This second dimension of measurement is a useful way to tackle the question of effectiveness without having to necessarily measure the end goal of an increase or decrease in terrorist plots or attacks, which is often hard due to the relative infrequency of these events as well as the difficulty in determining causal relationships between interventions and levels of terrorism. In examining specific U.S. counterterrorism activities since 9/11, Adams et al. determined that there was no credible evidence that the use of controversial counterterrorism tactics such as enhanced interrogation, preventative detention, and expanded search and surveillance powers have contributed to thwarting any terrorist plots since 9/11.[47] On the contrary, the most effective measures appear to be those that are least controversial like thwarting terrorism fundraising, denying safe havens, preventing access to port and border crossings, and bolstering state legitimacy.

After publishing their initial research, Adams, Nordhaus, and Shellenberger wrote in an article that indeed many of the controversial “War on Terror” tactics of the post-9/11 era were in fact “abandoned or dramatically scaled back based on overwhelming evidence”[48] after they were found not to be promoting the overall goal of greater U.S. security. The authors describe tactics like preventative detentions, pain-based interrogation and ethnic and religious profiling as being replaced with more “discerning and sophisticated practices.”[49] The authors appear somewhat optimistic that this transition occurred although recognize the long, messy and unstructured process upon which these conclusion were finally drawn, they noted that forgetting lessons from history contributed to many of the more impulsive and reckless tactics. However, when the authors state that overwhelming “evidence” led to the abandonment of many of the controversial tactics, one must question the nature of this evidence. Certainly it does not seem that it was objective, scientific evidence that led to these conclusions but more of an overall sense that things were not working out. The problem with not relying on scientific evidence is that even if it is determined that a tactic is not working as intended, an opportunity is missed to understand why the tactic was ineffective. This understanding is what helps guide informed decisions going forward. Interestingly, the 2011 article states that, “multiple NSA data-mining programs have been abandoned as independent reports, most notably from the National Academies of Sciences, concluded that they simply push terrorist activity further underground.”[50] In light of what was learned in June, 2013 about the widespread, clandestine phone and Internet surveillance programs run by the NSA, it serves as a reminder of the extent to which little is known or understood about the use of evidence-based practices in counterterrorism. Adams et al. state that “national security is still practiced more as a craft than a science” [51] and that the “House and Senate Intelligence committees…have never established any formal process to consistently evaluate and improve the effectiveness of U.S. counterterrorism measures.”[52]

The reason that development of counterterrorism programs has not been evidence-based may be due to the lack of research of sufficient rigour and applicability to drive practice and/or that a sufficiently large disconnect remains between academia and policy-makers. It may also be due to the continued emotion-driven response to terrorism and an overreliance on unfounded assumptions based on gut-feelings about what “should” work. Furthermore, the fact that many existing counterterrorism efforts have not retrospectively been found to be effective is problematic, but not the main concern. What is more important for evidence-based counterterrorism is whether or not these finding are driving change in how one approaches the fight against terrorism.

Challenges to Conducting Terrorism Research

There are many pitfalls to conducting research in both the social and physical sciences and although researchers develop strategies to avoid these pitfalls and try to obtain results that approach the truth to the greatest extent possible, results are never perfect. There has been much criticism as to the state of research in terrorism but in discussing its shortcomings and areas for improvement, it is important to understand the additional, unique challenges faced by terrorism research that makes the search for the truth particularly difficult.

One of the main challenges in conducting terrorism research is the clandestine and adversarial nature of the object of study that makes it difficult to collect reliable and systematic data.[53] Data collection through interviews or surveys, which is common in the social sciences, is extremely challenging in terrorism research. For those who do desire to work directly with terrorists, terrorist organisations, and local populations to gather information, it can be a risky and unpredictable endeavour. Another monumental challenge is that the nature of the field is extremely dynamic and diverse. The players and environment are in constant flux, especially as terrorist organisations work to continually adapt themselves to counterterrorism efforts.[54] Rigorous studies can often take a great deal of time to complete and it is possible that by the time results are published, the environment and therefore applicability may have changed. Other challenges for conducting research in terrorism is the lack of access by researchers to classified information,[55] the continued lack of a generally accepted (legal) definition of terrorism [56,57] and political obstacles that have prevented a full commitment, including financial funding and long-term perspectives, to terrorism studies.[58,59] Despite the challenges of terrorism research, it is argued that the field still lends itself to systematic, sound scientific methodology.[60]

Looking Forward

How do we get to Evidence-Based Counterterrorism?

Charles F. Kettering, the US electrical engineer and inventor once said, “A problem well stated is a problem half solved.” With a grasp on the deficiencies and challenges of terrorism research and the pitfalls of not having sufficient formal structures to connect research and practice, many of the solutions needed are better understood. In fact, some of the solutions have already begun to emerge.

First, it is clear that a commitment to conducting quality, rigorous, scientific research in the field of terrorism with university, government, and private program involvement is required. The START program at the University of Maryland is an example of progress on this front. The START program aims to tackle many of the shortcomings that have existed in this field of research by creating new databases and developing a range of rigorous methodologies. An increasing number of universities are also focusing on research in security studies such as CREATE (National Center for Risk and Economic Analysis of Terrorism Events) at the University of Southern California, and the Center for Terrorism and Security Studies (CTSS) at the University of Massachusetts Lowell.[61] In addition, the RAND Corporation is an institution that has created a significant body of knowledge in the field of terrorism to inform the public, first responders, and policy-makers.[62]

Research funding is also critical for facilitating the production of high quality research that will drive evidence-based counterterrorism. In 2011, the Department of Homeland Security awarded $3.6 million to Maryland’s START program [63] and the National Institute of Justice has also awarded a total of $3 million to 6 universities to conduct research on domestic radicalisation.[64] US federal financing of terrorism research is facilitated when academia can “demonstrate its relevance to policy and operational concerns”[65] and this connection between research and policy makers is another critical component of evidence-based counterterrorism. In order to prevent what Sageman calls “stagnation” in meaningful research on terrorism and its causes due to a disharmonious relationship between academia and government, an infrastructure of coordination, collaboration, and communication must be maintained between researchers, policy-makers, and practitioners.[66] In fact, many of the academic organisations engaging in terrorism research are aiming to influence policy with the results of their work. One of STARTS’s goals is to engage in outreach to policy and practitioner communities in counterterrorism. [67] Programs at Northeastern University and the University of Massachusetts at Lowell (CTSS) are also being developed to “bridge the academic-practitioner divide.”[68] Merari, in analysing the disconnect between academia and government, stresses the importance of promoting influence not just indirectly, but with direct, consistent contact as well.[69] He also suggests the bilateral movement of professionals between academia and government as a means by which the two worlds can be better melded.

Researchers and academics themselves will also help advance the field of terrorism studies in critical ways and ensure that the research is relevant and applicable for decision makers. Merari notes that, “before we complain that the client does not appreciate our merchandise, we must be sure that the goods are good…”[70] Therefore, to improve the product, not only are more dedicated researchers, primary data and empirical studies needed, but researchers need to explore new and innovative methodologies and approaches for conducting terrorism research that will deal with many of its unique challenges. For example, Porter, White, and Mazerolle have developed sophisticated models in which to measure terrorism, accounting for both the frequency and impact of a terrorist attack as well as for determining the effectiveness of a given counterterrorism intervention.[71] Other work has included development of models for assessing counterterrorism policies by applying political uncertainty and complexity theory[72] and advances in the databases needed for evaluating both terrorism and counterterrorism. [73] English advocates the use of new procedures and technology to overcome many of the challenges in data collection to ensure “Information Quality Management.”[74] In addition, Horgan and Stern have advocated interviewing former terrorists as a way to better understand why individuals turn to terrorism as opposed to inferring motivations from observed actions. They believe that this can be done both safely and effectively.[75] Having research associations and conferences,[76] especially international conferences, are a beneficial way for the research community to learn, collaborate and innovate to move the field forward.

Christakis takes a very interesting and important view on how to advance the social sciences that would have important implications for studying terrorism.[77] Christakis argues that it is time to move past the traditional social science subjects of sociology, economics, anthropology, psychology, and political science and “create new social science departments that reflect the breath and complexity of the problems we face as well as the novelty of the 21st century” – similar to the strides already taken in the physical sciences.[78] With what he calls changing “the basic DNA of the social sciences,” new fields like biosocial science, network science, behavioral genetics and computational social science need to be created.[79] These new fields hold great promise for helping tackle many of the challenges of understanding terrorism. One can only imagine what sort of counterterrorism programs can be developed for better understanding terrorism with the assistance of input from fields such as behavioral genetics.

In order to advance evidence-based counterterrorism, a push for more evaluative research is needed. A better balance must be struck between investing efforts in research to understand terrorism and evaluative research; both are necessary for evidence-based practice and better outcomes. Evaluative research would also be facilitated if national security agencies created an infrastructure that incorporates research and researchers into clandestine programs. Processes that would allow researchers to obtain security clearance more easily could help achieve this goal.[80] In general, there needs to be a greater receptivity to research by security agencies.[81]

The Future of Evidence-Based Practice

The trend towards evidence-based practice is not going away. If anything, it is intensifying. In the field of medicine, the US government has taken strides to firmly embed itself in the world of evidence-based practice. In the field of medicine, the Centers for Medicare and Medicaid Services (CMS) have begun to base reimbursements on the use of best practices developed from research evidence. The Physician Quality Reporting System (PQRS) is a program that uses both incentive payments and payment adjustments to promote reporting of quality information by healthcare practitioners.[82]

In a sign of things to come, the US Office of Management and Budget has now planned to put in place a process in which dispersal of funds to agencies will depend in part on how the agencies evaluate the effectiveness of their programs. Bornstein reports that, according to the office, approval for budget requests will be more likely when evidence-based practice is in force [83] and goes on to ask, “could this be the coming of age of ‘evidence-based policy making’?”[84] It seems clear that evidence-based counterterrorism is the way to go.

The Evidence-Based Counterterrorism Framework

Two stages of evidence-based practice (Figure 1) are proposed for studying and applying terrorism research. The first part (“Stage 1”) is the scientific research, both qualitative and quantitative, that builds the foundation of knowledge. This foundation answers questions such as “what,” “how” and “why” and helps provide the necessary insights about terrorism, its causes, and its impacts, that assist in decisions on how best to develop and implement specific counterterrorism (CT) programs that have the greatest chance of success in the short and long-term.

Figure 1. Evidence-Based Counterterrorism Framework

The second part (“Stage 2”) of evidence-based practice entails evaluative research. Evaluative research focuses on performing research on already existing programs to determine their overall effectiveness in practice so that new decisions can be made as to how to change, alter, or improve tactics and strategies going forward. Measurements in evaluative research focus on resources, processes and, most importantly, on outcomes (Figure 2).

Figure 2. Measurements in Evaluative Research

What evaluative research is essential for, and has not been fully appreciated or described as such in the counterterrorism literature, is “quality improvement.” Quality improvement is a concept being used with increasing fervour in healthcare but is also prominent in fields such as Industry and Administration. Duke University Medical Center defines quality improvement as “a formal approach to the analysis of performance and systemic efforts to improve it.”[85] It needs to be an ongoing effort. With changing environments and new information, the cycle of quality improvement keeps practices adapting and advancing to consistently attain the most advantageous results possible.

Lum, et al. point out that, similar to the physical sciences, evidence-based social policy needs to be based on the use of scientific studies not only to determine the relative benefit of implementation of particular programs (Stage 1 above) but also to evaluate the effectiveness of existing programs (Stage 2 above).[86] To take this one step further, quality improvement then uses the knowledge gained from evaluative research to make proactive changes to improve resource use, processes, and outcomes. Therefore, evaluative research is part of a cycle that continuously assesses and looks for opportunities for improvement and then works to implement them. Agencies involved in counterterrorism both at the State and Federal level should have Quality Improvement departments, with dedicated leadership and agency staff, that would help bring greater structure and focus into the achievement of best practices. An infrastructure of quality improvement within the four walls of an agency would drive the effort to connect research evidence and practice and ensure that resources, processes, and outcomes are appropriately evaluated. Given the human life, economic, social, and international stability that are at stake, it seems that evidence-based practice and quality improvement should become a standard part of counterterrorism efforts.

Quality Improvement 2.0: A Full Spectrum Approach for Counterterrorism
The focus on fact-based evidence to drive continuous improvement in resource utilization, processes and outcomes is at the core of quality improvement. However, there are also other fundamental quality improvement principles (Figure 3) that can help by building an organisational environment that fosters best results. In this respect, practices can be garnered from the field of healthcare, a field that strives to use quality improvement principles in its quest to achieve patient safety, efficiency, and best outcomes.

Figure 3. Quality Improvement Principles

Lessons Learned

The medical field puts a great deal of emphasis on learning lessons from events that have occurred. There has been a long tradition of conducting “M&M” (Morbidity and Mortality) conferences on a frequent basis, often weekly. During these conferences poor outcomes and near misses (often referred to as “sentinel events”) are reviewed in order to learn lessons and devise strategies for prevention and avoidance of similar events in the future. Although often difficult to foster, creating an open atmosphere to discuss errors actually serves to improve outcomes in the long run. The airline industry, also relentlessly focused on safety, has worked to create this type of environment. It is also important to note that successful efforts need to receive detailed reviews; equally important is to understand why they were successful as these evaluations assist in creating critically important best practices.

Governments have been known to form commissions and perform lengthy investigations into events where there have been bad outcomes (e.g. the 9/11 Commission), particularly those bad outcomes that are of a large scale and highly public. What is less clear is whether these types of reviews occur in the absence of such large and public failures, whether they occur on a regular basis, and whether near misses also receive thorough review. Near misses can point to faults in the system that if corrected can avoid errors and resulting failures in the future.

When it comes to counterterrorism efforts, learning contemporary lessons is important but not forgetting historical lessons learned when creating counterterrorism policy is also critically important. Silke notes that post-9/11, research with an historical focus decreased [87] and that, although understandable given the gravity of current terrorism threats, a diversion that lasts too long may lead to missed opportunities to spot important trends.[88] Historical cases applied to present-day contexts can offer valuable lessons that could drive astute strategic and tactical decisions on how to fight terrorism in the 21st century.

Focus from Blame to Systems

Quality improvement has also moved into an era that no longer focuses on blame. Where in the past a nurse or physician might be fired for a mistake that led to a patient death, a more sophisticated and nuanced understanding of errors, human nature, and systems has evolved. An environment not focused on blame is one that promotes open discussions and identification of problems and leads to productive actions for improvement. Short of malicious intent, prohibited behaviour, illegal activity, or a pattern of irresponsible behaviour, errors need to be looked at as opportunities for understanding what factors led to a mistake and how these types of errors can be avoided in the future. In the Hillary Clinton Senate Hearing on Benghazi to review the events surrounding the death of Ambassador Chris Stevens and three other Americans at the consulate in Benghazi, Libya by those believed to be radical Sunni Islamists, Senator Rand Paul stated:[89]

One of the things that disappointed me most about the original 9/11 was no one was fired. We spent trillions of dollars, but there were a lot of human errors. These are judgment errors and the people who make judgment errors need to be replaced, fired, and no longer in a position of making these judgment calls.… Had I been president at the time, and I found that you [Hillary Clinton] did not read the cables from Benghazi, you did not read the cables from Ambassador Stevens, I would have relieved you of your post. I think it’s inexcusable.

Contemporary facets of quality improvement would argue this mentality is counterproductive to the goal of creating effective counterterrorism measures and that in this incident, focusing on system failures is more useful than a focus on human failures. In fact, Senator Rand Paul mentioned that in investigating the incident, a review board found 64 things that could be changed about the way things were done. One of the goals of quality improvement is to proactively identify cracks in the system and fix them. It is often said that, “every system is perfectly designed to get the results it gets.”[90] This is to say that changes must actually be made to the structure of the system and the way it functions in order to expect different results. Dr. Nielsen sums it up well by saying that humans are “an incredibly error-prone species. It’s very hard to change human nature. It’s really easy to change design, if you bother doing so.”[91] In fact, it is more often the system that is bad, not the people. What this means for agencies involved in national security is that tremendous efforts should be made to examine and design their systems for counterterrorism so that it is much less likely that mistakes can be made (e.g. improved communication systems).

Focus on the Customer

Another core tenant of quality improvement is a relentless focus on the customer. Customers are any persons affected by an industry’s activities and should always be kept in mind in decision-making to ensure best results. Although, the identity of the customer(s) is obvious in many fields (e.g. the patient in healthcare), customers can be identified in counterterrorism, as well.

Potential “customers” can be proposed for the counterterrorism field. The first are a nation’s citizens. Although many counterterrorism activities are clandestine, the public is aware of many activities (e.g. drone strikes and Guantanamo Bay) and many programs affect the public directly (e.g. 3 oz. bottles of liquid at the airport and domestic surveillance programs). For these reasons, public opinion has a large influence on how the government goes about fighting terror. A case in point is the public uproar over the detailed images of the body that airport screeners were producing that led to all scanners being removed and replaced with new ones using a different technology [92] as well as the discovery of the secret NSA phone and Internet surveillance programs that has lead to greater public discussion about how these sorts of programs should function. With consideration of the customer in decisions about security, implementation can often be better planned and potential issues dealt with up front.

In addition, it is believed that one of the main impediments to creating a more proactive (vs. the typical reactive) counterterrorism response is that it is difficult to garner public support (and, in the US context, bipartisan government support for that matter) to spend money on things the public is not worried about or on something that has not happened. It is the hope that with the use of evidence-based practices, the accumulated evidence can help sway stakeholders to the acceptance of appropriate proactive approaches. Lum and Kennedy support the notion of the public as a customer by noting that counterterrorism program effectiveness is not only important in terms of outcomes but “also as to how citizens view the legitimacy of government actions.”[93]

Other critical customers are the local population where terrorists and their organisation reside and those individuals susceptible to radicalisation. The battle against terrorism is often believed to be a battle of perception and legitimacy. With this is mind, it seems quite clear that these individuals are indeed “customers” in counterterrorism efforts. Close attention must be paid to how counterterrorism tactics affect and are perceived by this group of people. Focusing consistently on the customer(s) will help the overall success and effectiveness of counterterrorism efforts.

Leadership and Employee Empowerment

Lastly, in order for a quality improvement program to be successful, it must have full support of top leadership and direct involvement of key leadership officials. This can provide the much needed legitimacy to the program and its activities. Although strong leadership is needed, most of the more progressive organisations today are taking on a more flat (vs. hierarchical) organisational structure. This environment is conducive to quality improvement because it empowers employees. Members of the organisation at all levels can have a critical impact in identifying areas for improvement and this atmosphere drives innovation and practical solutions for many of the obstacles that will help drive the field forward. In many operating room environments, it is no longer only the surgeon who runs the show. Many hospitals are empowering everyone from medical students, to nurses, to surgical technicians to speak up if they believe something might be wrong or could be done better.

Discussion

In 1988, Schmid and Jongman estimated that “perhaps as much as 80 per cent of the literature is not research-based in any rigorous sense.”[94] Almost two decades later, many experts have come to similar conclusions.[95,96] Although some of the more recent literature has shown some positive trends, it is hard to arrive at concrete conclusions about the most current state of counterterrorism research as little data is available regarding empirical and evaluative research that has been done in recent years. With the steep upward trajectory in counterterrorism research since 9/11, it is reasonable to conclude that analysis of research in the last few years may lead us to draw different conclusions. Further studies need to be conducted on the most current environment of terrorism research.

It is also important to note that one of the biggest pitfalls that seems to afflict counterterrorism tactics is that many tactics that are developed to achieve a particular aim, end up having other unintended consequences that have the potential to threaten the success of the overall effort. Much of this problem stems from only focusing on the connection between three points in decision-making. For example, since Al-Qaeda and its affiliates are responsible for a great deal of the terrorism threat today and targeted killings eliminate most of Al-Qaeda original leaders, then it is assumed that targeted killing will decrease the threat of terrorism. What is less clear, and what hopefully rigorous research can help elucidate in these circumstance, is whether the tactic is causing other results that are counterproductive, resulting in a net negative effect. These other results may be an increase in jihadi recruitment, greater sympathy for Al-Qaeda, or collateral civilian deaths that lead to decreased state legitimacy and an inability to recruit informants. The same argument can be made for the logic behind the decision to use enhanced interrogation techniques (i.e. information is needed to stop terrorist plots, enhanced interrogation leads to information, thus enhanced interrogation should help stop terrorist plots). By way of analogy, healthcare practitioners often prescribe medications to treat diseases, such as high blood sugar or blood pressure, expecting a beneficial end result because these physiological states are bad for the body. Yet often further research reveals that use of these medications are also associated with an increase in other ailments such as heart complications or even death, thus mitigating the assumed beneficial effect. This is why research and evidence is so important. When analysed in an objective and scientific manner, sometimes things that appear to work in an obvious way and are expected to lead to a certain result, in fact do not do so.

Another reason why governments should be investing in evidence-based practice and evaluative research, is that finding out what works is not just important for counterterrorism. In a world where money and resources are limited, it is important to compare effectiveness across all areas of spending. The current state of evaluative research in counterterrorism does not allow any discernable connection to be made between money spent and increases in national security. Pegors, pessimistic whether counterterrorism efforts are truly making an impact, concluded “if we are truly concerned with protecting the lives of US citizens, then we must reallocate our resources to areas that have a greater impact on a larger number of people.”[97] He compares the approximate 3,000 lives lost from the attacks on 9/11, to the greater than 500,000 lives lost to cancer, 40,000 from car accidents, and 700,00 from heart disease that same year.[98] In fact, an estimated 26,100 people between the ages of 25 and 64 died prematurely in the U.S. due to lack of health care coverage in 2010.[99] Therefore, evidence-based counterterrorism is essential not only to achieving optimal national security but in terms of resources, understanding how to get the best outcomes as a society.

In writing about evidence-based practice it is vitally important to recognise its limits. Evidence-based practice is not a panacea. Research results do not prove anything with 100 percent certainty nor are they always perfectly applicable. In addition, researchers often come to conflicting conclusions and research designs can be flawed. Anyone in the field of medicine can tell you the limits of evidence-based practice. All too often, a recommendation will come out as to how best to treat a patient or prevent a particular disease, only to have a different recommendation come out a few years later because of new or conflicting evidence. This often leaves medical practitioners at a loss for how best to proceed. Things can be even more complicated in a field like terrorism where situations change with extraordinary rapidity due to adaptations and evolution by the enemy as well as environments in the midst of political change and conflict as can be seen currently in the Middle East. Rigorous research studies often take time and can possibly be less relevant by the time they are published. Because of the dynamism and challenges of doing research in the field of terrorism, it is even more crucial to conduct evaluative research of those counterterrorism programs that have already been implemented. If programs must be put into place quickly or without scientific evidence of their ability to effectively address the current security risk, then, as the program is implemented, evaluative research should be begun to verify whether it is accomplishing its intended goals. It is a sort of retrospective safety check. And even this evaluative research is not perfect. However, despite its faults, having evidence that is not perfect is better than functioning without any evidence at all.

Although it may be difficult to push for evidence-based practice before sufficiently rigorous research is available to drive these practices, we should recognize that, just as in business, demand drives supply. If national security agencies prioritise evidence-based practice and express a genuine desire for empirical research and primary data, the research needed will more likely materialise (especially if government funding is forthcoming).

Overall a quality improvement infrastructure can help ensure that resources are being applied to the tactics and strategies that lead to the best outcomes while eliminating or altering counterterrorism programs that are found to be counterproductive or harmful. The determination of the effectiveness of counterterrorism efforts ultimately needs a long-term perspective and therefore an ongoing cycle of quality improvement is necessary. Creating a full spectrum quality improvement program incorporating many of the principles discussed is crucial for making the much-needed leap forward to achieving better outcomes in national security. It is an in-depth and lengthy endeavor that requires commitment and perseverance. The healthcare field has really only just begun to incorporate many of these principles into their practices and they still have a long way to go.

There are significant substantive differences between the fields of medicine and counterterrorism. Medicine (mutating bacteria that evolve to resist our antibiotics aside) mostly involves unilateral decision-making. Counterterrorism is decision-making in a game theory environment, where the terrorist side is trying to strategise, innovate, and outsmart the authorities at every move. Research in human biology and disease states and examining responses to interventions is inherently different than researching terrorism and evaluating effects of counterterrorism efforts. However, overarching strategies used in healthcare, as well as in other fields, in attempts to achieve the best outcomes, can indeed provide insights for fields like counterterrorism. Marrin and Clemente examined how practices in medicine could help improve intelligence analysis and described how looking at analogous professions, such as journalism, law and law enforcement can spark ideas that can prove beneficial to the field of intelligence.[100] In fact, important ideas can often come from seemingly unrelated fields. A.J. Jacobs, an author who read the Encyclopedia Britannica in an 18-month experiment, derived what he believed to be the six most important business lessons from all of history.[101] One of these was to “take ideas from far outside your field.” He writes how Isaac Newton came up with the idea that gravity worked at a distance and not like billiard balls colliding by reading about alchemy and magic and that Bill Gates often explores disparate fields to generate ideas. Hence, looking at analogous fields, and even some that do not appear so, may be a beneficial way to precipitate innovative and successful ideas and practices that will push the counterterrorism field forward, providing better end results.

Conclusion

The field of counterterrorism has suffered from a number of deficiencies in both Stage 1 and Stage 2 research as well as a lack of policy formation guided by objective, scientific evidence. The Evidence-Based Counterterrorism Framework presented here offers a promising approach for research, evidence, and quality improvement for entities involved in counterterrorism. Although there will never be one perfect answer as to how to best conduct counterterrorism operations, evidence will hopefully help guide practitioners as to which solutions are likely better than others.

What is needed is a greater awareness and a strong culture of evidence-based practice and quality improvement within the field of counterterrorism. It is time for the phrase « evidence-based counterterrorism » to be as familiar a concept to those in the field of counterterrorism as “evidence-based medicine” is to those in healthcare.

About the Author: Rebecca Freese, MD is an anesthesiologist and has worked on quality improvement in the healthcare field. She received her M.B.A. from Johns Hopkins University and her M.A. in Government with a specialization in Counterterrorism and Homeland Security from the Interdisciplinary Center in Herzliya, Israel.

Notes
[1] Quote by Geoffrey Moore, author and consultant.

[2] Hjorland, B. (2011). Evidence-based practice: an analysis based on the philosophy of science. Journal of the American Society for Information Science and Technology, 62 (7), p. 1301.

[3] Sacket, D.L., Rosenberg, W.M, Gray, J.A., Haynes, R.B., and Richardson, W.S. (1996). Evidence based medicine: what it is and what it isn’t. BMJ, 312(7023), p. 71.

[4] Ibid, p.71.

[5] Glasziou, P., Ogrinc, G., Goodman, S. (2011). Can evidence-based medicine and clinical quality improvement learn from each other? BMJ Qual Saf, 20 (Suppl 1), i13-
i17. doi:10.1136/bmjqs.2010.046524 .

[6] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35.

[7] Byman, D. (2013). Why drones work. Foreign Affairs. Retrieved from http://www.foreignaffairs.com/articles/139453/daniel-byman/why-drones-work

[8] Cronin, A.K. (2013). Why drones fail. Foreign Affairs. Retrieved from http://www.foreignaffairs.com/articles/139454/audrey-kurth-cronin/why-drones-fail .

[9] Penn State University Libraries. (n.d.). What is empirical research? Empirical Research. Retrieved from http://www.libraries.psu.edu/psul/researchguides/edupsych/empirical.html .

[10] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35-42.

[11] Schulze, F. (2004). Breaking the cycle: Empirical research and postgraduate studies on terrorism. In A. Silke (Ed.), Research on Terrorism: Trends, achievements, and
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[12] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 35-42.

[13] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), 1-14.

[14] Crossman, A. (n.d.) Descriptive vs. inferential statistics. About.com. Retrieved from http://sociology.about.com/od/Statistics/a/Descriptive-inferential-statistics.htm

[15] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.), Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[16] Silke, A. (2009). Contemporary terrorism studies: Issues in research. In R. Jackson, M.B. Smyth, and J. Gunning (Eds.) Critical Terrorism Studies: A New Research
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[17] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp.1-14.

[18] Ibid, p. 8.

[19] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.), Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[20] Schuurman, B. and Eijkman Q. (2013). Moving terrorism research forward: the crucial role of primary sources. International Centre for Counter-Terrorism – The
Hague, p. 8 Retrieved from http://www.icct.nl/download/file/Schuurman-and-Eijkman-Moving-Terrorism-Research-Forward-June-2013.pdf

[21] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[22] Ibid, p. 1.

[23] Ibid, p. 2.

[24] Ibid.

[25] Ibid.

[26] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[27] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14

[28] Merari, A. (1991). Academic research and government policy on terrorism.  Terrorism and Political Violence, 3(1), pp. 88-102.

[29] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.),  Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76 – 93). New York, NY: Routledge.

[30] Silke, A. (2009). Contemporary terrorism studies: Issues in research. In R. Jackson,  M.B. Smyth, and J. Gunning (Eds.) Critical Terrorism Studies: A New Research Agenda (pp. 34 – 48). New York, NY: Routledge.

[31] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[32] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), p. 38.

[33] Ibid.

[34] START website. (n.d.). National Consortium for the Study of Terrorism and Responses to Terrorism. A Center of Excellence of the U.S. Department of Homeland Security based at the University of Maryland. START. Retrieved from http://www.start.umd.edu/start/about/overview/mission/ and http://www.start.umd.edu/start/publications/START_Brochure_WEB.pdf

[35] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, para. 4 Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/ .

[36] Ibid, para. 9.

[37] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C.  Lum and L.W. Kennedy (eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 5). New York, NY: Springer.

[38] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education, para. 5. Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/ .

[39] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20(1), pp. 35 – 42.

[40] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Counterterrorism since 9/11; Evaluating the efficacy of controversial tactics. Breakthrough Institute. pp.1- 64.

[41] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy. New York, NY: Springer.

[42] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidencebased? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35-42.

[43] Ibid, p. 41.

[44] Ibid.

[45] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Counterterrorism since 9/11; Evaluating the efficacy of controversial tactics. Breakthrough Institute. pp. 1- 64.

[46] Ibid, p. 8.

[47] Ibid.

[48] Adams, N. Nordhaus, T., Shellenberger, M. (2011). Who killed the war on terror? The Atlantic, para. 3. Retrieved from
http://www.theatlantic.com/national/archive/2011/08/who-killed-the-war-on-terror/244273/?single_page=true .

[49] Ibid, para. 12.

[50] Ibid, para. 16.

[51] Ibid, para. 22.

[52] bid, para. 25.

[53] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[54] Brun, I. (2010). ‘While you’re busy making other plans’ – The ‘Other RMA.’ The Journal of Strategic Studies, 33(4), pp. 535-565.

[55] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidencebased? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[56] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13(4), pp. 1-14.

[57] Crenshaw, M. (1992). Current research on terrorism: The academic perspective. Studies in Conflict and Terrorism, 15(1), pp. 1-11.

[58] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14

[59] Sageman, M. (2013). The stagnation of research on terrorism. The Chronicle of Higher Education, Retrieved May 12, 2013 from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/04/30/the-stagnation-of-research-on-terrorism/.

[60] Horgan, J. (1997). Issues in terrorism research. The Police Journal, 70, p. 193.

[61] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/ .

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[68] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education, para. 16. Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/.

[69] Merari, A. (1991). Academic research and government policy on terrorism
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[70] Ibid, p. 99.

[71] Porter, M.D., White, G., Mazerolle, L. (2012). Innovative methods for terrorism and counterterrorism data. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (pp. 91-112). New York, NY: Springer

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[74] English, L.P. (2005). Information quality: Critical ingredient for national security.  Journal of Database Management, 16(1), pp. 18 – 32.

[75] Horgan, J. and Stern, J. (2013). Terrorism research has not stagnated. The Chronicle of Higher Education. Retrieved from http://chronicle.com/blogs/conversation/2013/05/08/terrorism-research-has-not-stagnated/

[76] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp. 1-14.

[77] Christakis, N.A. (2013). Let’s shake up the social sciences. The New York Times.  Retrieved from http://www.nytimes.com/2013/07/21/opinion/sunday/lets-shake-up-the-social-sciences.html?_r=0andpagewanted=print

[78] Ibid, para. 17.

[79] Ibid, para. 18.

[80] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20(1), pp. 35-42.

[81] Lum, C. and Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C.Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 373).
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[82] CMS website. (n.d.). Physician Quality Reporting System. Centers for Medicare and Medicaid Services. Retrieved from http://www.cms.gov/Medicare/Quality-Initiatives-Patient-Assessment-Instruments/PQRS/index.html?redirect=/PQRS/

[83] Bornstein, D. (2012). The dawn of the evidence-based budget. The New York Times, para. 2. Retrieved from http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/05/30/worthy-of-government-funding-prove-it/?_r=0andpagewanted=print

[84] Ibid, para. 3.

[85] Duke University Medical Center. (2005). What is Quality Improvement? Patient Safety-Quality Improvement. Retrieved from http://patientsafetyed.duhs.duke.edu/module_a/introduction/introduction.html .

[86] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[87] Silke, A. (2007). The impact of 9/11 on research on terrorism. In M. Ranstorp (Ed.),  Mapping Terrorism Research: State of the art, gaps and future direction (pp. 76-93). New York, NY: Routledge.

[88] Ibid, pp. 88 – 89.

[89] CNN website. (2013). Transcripts: Hillary Clinton Senate hearing on Benghazi. CNN. Retrieved from http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/1301/23/se.01.html .

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[93] Lum, C. & Kennedy, L.W. (2012). Evidence-based counterterrorism policy. In C. Lum and L.W. Kennedy (Eds.), Evidence-Based Counterterrorism Policy (p. 4). New York, NY: Springer .

[94] As cited in Horgan, J. (1997). Issues in terrorism research. The Police Journal, 70, p.193.

[95] Lum, C., Kennedy, L.W., Sherley, A. (2008). Is counter-terrorism policy evidence based? What works, what harms, and what is unknown. Psicothema, 20 (1), pp. 35 – 42.

[96] Silke, A. (2001). The devil you know: continuing problems with research on terrorism. Terrorism and Political Violence, 13 (4), pp.1-14.

[97] Pegors, T. (2012). Over defense: Taking another look at American counterterrorism spending. Columbia Political Review, para. 9. Retrieved from http://cpreview.org/2012/12/over-defense/ .

[98] Ibid, para. 9.

[99] FamilyUSA website. (2012). Dying for coverage: The deadly consequences of being uninsured. FamilyUSA. Retrieved from http://www.familiesusa.org/resources/publications/reports/dying-for-coverage-findings.html .

[100] Marrin, S. & Clemente, J.D. (2006). Improving intelligence by looking to the medical profession. International Journal of Intelligence and CounterIntelligence, 18 (4), p. 727.

[101] Jacobs, A.J. (2013). The six most important business lessons from all of history. LinkedIn. Retrieved from http://www.linkedin.com/today/post/article/20130911124325-4061630-the-six-most-important-business-lessons-from-all-of-history .


Obama: Le national-socialisme n’a rien à voir avec l’Allemagne ou le peuple allemand (President Franklin Delano Obama: Imagine Obama as an American president in 1939)

28 février, 2015

Photo via PJMedia

Sack cartoon: Obama's Islamic State strategy
 Mes bons amis, voici la seconde fois que nous rentrons d’Allemagne à Downing Street avec une paix honorable. Je crois qu’il s’agit de la paix pour notre temps. Nous vous remercions du fond du cœur. À présent, je vous conseille de rentrer chez vous, et dormez en paix. Neville Chamberlain
Je sais que c’est horrible à dire, mais je ne pense pas que le président aime l’Amérique. Il ne vous aime pas, il ne m’aime pas. Il n’a pas été élevé comme vous et moi dans l’amour de ce pays. Il critique l’Amérique. Il parle des croisades en disant que les chrétiens étaient des barbares, oubliant de finir sa phrase en disant que les musulmans étaient aussi des barbares. Rudolph Giuliani
Je ne remets pas en cause son patriotisme, je suis sûr qu’il est patriote. Mais dans sa rhétorique, je l’entends très rarement dire les choses que j’avais l’habitude d’entendre chez Ronald Reagan ou Bill Clinton concernant leur amour pour l’Amérique. Je l’entends critiquer l’Amérique beaucoup plus que d’autres présidents américains. Rudolph Giuliani
L’agenda de ces négociations a été fixé en novembre 2013. Les deux précédentes dates butoirs, de juin 2014 et novembre 2014, n’ont pas permis d’arriver à un compromis. La nouvelle échéance est celle de juin 2015. Je ne suis pas optimiste car le dossier capotera toujours sur un détail ou sur un autre. Le programme nucléaire iranien répond au besoin hégémonique régional des mollahs. Il faut empêcher à tout prix ce régime d’arriver au seuil du nucléaire militaire. (…) La France est plus intransigeante que les États-Unis. Heureusement! Il y a chez les Américains une certaine forme de naïveté. Ils cherchent, en quelque sorte, à faire un nouveau Camp David, du nom des accords qu’ils ont obtenus en 1978 entre Israéliens et Égyptiens. Ils oublient que le nouveau président iranien, Hassan Rohani, présenté comme plus conciliant, n’a pas la main. C’est le guide Khamenei qui est important, et je ne pense pas que celui-ci acceptera que son programme nucléaire soit placé sous contrôle international. (…) Il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié. N’oublions pas que ces deux radicalismes ont un ennemi commun: la liberté, la démocratie, les droits de l’homme… Toutes les valeurs portées par l’Occident sont, pour eux, des poisons. N’oublions pas non plus que, bien avant al-Qaida et l’État islamique, Khomeyni a été le premier à lancer une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. (…) Encore une fois, le régime n’y a aucun intérêt parce que sa survie en dépendrait à long terme, à quatre ou cinq ans. À court terme, les relations ne se réchaufferaient pas pour autant. Tout le monde marcherait sur des œufs et seuls les affairistes profiteraient de la situation. (…) Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer mon pays: un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique. Mais un soulèvement n’est possible que si la population se sent soutenue. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une volonté politique des grandes démocraties pour soutenir les Iraniens dans leurs aspirations démocratiques. Les Iraniens ont en tête l’exemple de la révolution syrienne qui a débouché sur le chaos car les Occidentaux n’ont pas répondu présent. Que reste-t-il d’ailleurs de l’espoir placé dans les printemps arabes? Pas grand-chose malheureusement. (…) Je souhaite que la France et la communauté internationale mettent davantage la pression sur le régime à propos des droits de l’homme. Depuis l’arrivée d’Hassan Rohani, la situation s’est nettement détériorée. Beaucoup de prisonniers politiques me contactent et demandent que le monde libre fasse davantage. Je veux évoquer le cas de l’ayatollah Boroujerdi, torturé régulièrement en prison depuis sept ans car il défend la laïcité. Il faut se mobiliser pour sa libération, et aussi pour l’ensemble des prisonniers politiques. (…) Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes et contribueront à assurer la sécurité de tous partout dans le monde. Ces attentats montrent une fois encore à quel point nos destins sont liés. Reza Pahlavi
The real sticking point isn’t the speech; the sticking point is the deal.(…) Republican House Speaker John Boehner went around the Democratic White House to invite Mr. Netanyahu to speak to a joint session of Congress about the threat from Iran. The speech will come two weeks before Mr. Netanyahu is running for a new term at home, and three weeks before the deadline for the talks the U.S. and five other world powers are holding with Iran over a possible deal to curb its nuclear program.(…) The administration believes the deal it’s negotiating will reduce Iran’s capacity to enrich uranium so much that Tehran’s leaders would need a year to break out of the agreement and produce enough fissile material to build a bomb—sufficient time to allow the U.S. and its allies to stop any such breakout. Mr. Netanyahu thinks that the residual enrichment capability granted Iran would still leave it as a threshold nuclear state, and would in any case be too large to adequately monitor and inspect with any certainty. Gerald F. Seib
As the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers. Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997. The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. Jessica Kasmer-Jacob
Let me be perfectly clear: Mr. Hitler is playing to a domestic audience. He adopts a sort of macho shtick, as a cut-up in the back of the class who appeals to disaffected countrymen. Our task is to demonstrate to Mr. Hitler that his current behavior is not really in his own interest, and brings neither security nor profit to Germany. As for acts of violence in Germany itself, we must express our worry to the German government over apparent extremism, but at the same time we must not overreact. As far as these sporadic attacks on random civilians, as, for example, during the recent Kristallnacht violence, we must keep things in perspective, when, for example, some terrorists randomly targeted some folks in a store. (…) We must not overestimate the SS, a sort of jayvee organization that remains a manageable problem. (…) These terrorists are desperate for legitimacy, and all of us have a responsibility to refute the notion that groups like the SS somehow represent socialism because that is a falsehood that embraces the terrorist narrative. So make no mistake about it: National Socialism has nothing to do with Germany or the German people but is rather a violent extremist organization that has perverted the culture of Germany. It is an extremist ideology that thrives on the joblessness of Germany and can be best opposed by the international community going to the root of German unemployment and economic hard times. Let us not confuse Nazism with legitimate expressions of German nationalism. Stiff-arm saluting and jack boots are legitimate tenets of Germanism, and the German Brotherhood, for example, is a largely peaceful organization. So we Americans must not get on our own high horse. We, too, have bullied our neighbors and invaded them. We, too, have struggled with racism and anti-Semitism, slavery and Jim Crow. And our own culture has at times treated American citizens in the same callous way as the National Socialist do Germans. Before we castigate the Nazis, let us remember the Inquisition and the Crusades. (…) Germany has always been a part of America, always a part of the American story. The future will not belong to those who slander German culture. I made clear that America is not — and never will be — at war with Germany. President Franklin Delano Obama
No radical ideology, religious or otherwise, starts out coherently, much less representing the majority; but it eventually can if appeased and left unchallenged. Does Obama think that National Socialism could never have represented the Germany of Goethe and Schiller just because it only appealed to a minority of Germans in the 1932 election or was clearly a perversion of traditional German values? All that was true, but irrelevant two years later when Germans who once laughed at the barbarity of National Socialism suddenly were willing to look the other way at its thuggery, killings, and ethnic cleansing in exchange for the sense of pride it lent a public that felt itself victimized. (…) Hitler rose to power not because most Germans favored euthanasia and rounding up Jews, but because they were willing to overlook that and a lot more if Hitler were able to win back respect for traditional German influence and status. It matters little right now that most Muslims in theory reject ISIS and find its barbarity a perversion of what they see as traditional Islam, in the way National Socialism distorted classical socialism and German values and history. The key instead is to what degree by its success in gaining territory and numbers, and in humiliating the West, will ISIS gain adherents among Muslims? ISIS assumes that most Muslims, despite their present reservations over its methodology and religious contortions, harbor some quiet admiration that at least radical Islam strikes back at Muslims’ supposed oppressors. ISIS like Hitler expects that in time it will win psychological resonance for a large minority of Muslims — at least in sufficient numbers to ensure its existence and growth. The abyss from Bismarck and Hegel to Auschwitz was not inherently greater than from the Koran to ISIS, given the unchanging nature of humankind. Psychoanalyzing Hitler or declaring that National Socialism was a betrayal of classical Germany or fearing conflating Nazism with Germany itself was a useless parlor game in the 1930s. All that mattered was whether Hitler’s thuggery could be humiliated — its bluff called in the Rhineland or at Munich — and shown to be weak and a prescription for disaster before it became too strong. Victor Davis Hanson

Vous avez dit « paix pour notre temps » ?

A l’heure où le prétendu Monde libre pourrait s’acheminer vers un accord nucléaire que tout le monde sait incontrolable fin mars …

Avec un pays qui, du Liban à l’Irak et au Yemen, étend chaque jour un peu plus son influence mortifère …

Et qu’un leader dudit  prétendu Monde libre se refusant, devant la menace djihadiste, à prononcer même le nom de son ennemi …

N’a pas de mots assez durs pour le dirigeant d’un Etat qui refuse de faire les frais d’un accord qui pourrait signifier pour son pays rien de moins que son rayage, depuis longtemps claironné, de la carte du monde …

Pendant que face au secret de polichinelle de l’organisation et du financement du terrorisme par l’Autorité palestinienne depuis des décennies, une cour de justice américaine est contrainte de se substituer à la pusillanimité de ses dirigeants politiques qui financent ladite Autorité …

Comment ne pas voir avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …

Via l’exemple, hypothétique mais ô combien parlant, d’un President Franklin Delano Obama …

La véritable catastrophe que nous prépare une telle approche ?

President Franklin Delano Obama Addresses the Threat of 1930s Violent Extremism
Imagine Obama as an American president in 1939

Victor Davis Hanson

PJMedia

February 23, 2015

“The United States has made significant gains [2] in our struggle against violent extremism in Europe. We are watching carefully aggressions in Czechoslovakia, Austria, and in Eastern Europe. My diplomatic team has made it very clear that aggression against neighbors is inappropriate and unacceptable. We live in the 20th century, where the 19th century practice [3] of changing borders by the use of force has no place in the present era.

“Let me be perfectly clear: Mr. Hitler is playing to a domestic audience. He adopts a sort of macho shtick, as a cut-up in the back of the class who appeals to disaffected countrymen. Our task is to demonstrate to Mr. Hitler that his current behavior is not really in his own interest, and brings neither security nor profit to Germany.

“As for acts of violence in Germany itself, we must express our worry to the German government over apparent extremism, but at the same time we must not overreact. As far as these sporadic attacks on random civilians, as, for example, during the recent Kristallnacht violence, we must keep things in perspective, when, for example, some terrorists randomly targeted [4] some folks in a store. My job is sort of like a big-city mayor, to monitor these terrorist acts that are said to be done in the name of the German people. Let us not overreact and begin to listen to radio commentators who whip us up into a frenzy as if we were on the verge of war. We must not overestimate the SS, a sort of jayvee organization [5] that remains a manageable problem.

“Here let me just say that we must never fall into the trap of blaming the German people abroad, but especially our German community here at home. National Socialism by no means has anything to do with socialism [6]. These terrorists are desperate for legitimacy, and all of us have a responsibility to refute the notion that groups like the SS somehow represent socialism because that is a falsehood that embraces the terrorist narrative. It is true that America and Germany have a complicated history, but there is no clash of civilizations. The notion that America would be at war with Germany is an ugly lie.

“So make no mistake about it: National Socialism has nothing to do with Germany or the German people [7] but is rather a violent extremist organization that has perverted the culture of Germany. It is an extremist ideology that thrives on the joblessness of Germany [8] and can be best opposed by the international community going to the root of German unemployment and economic hard times. Let us not confuse Nazism with legitimate expressions of German nationalism. Stiff-arm saluting and jack boots are legitimate tenets of Germanism, and the German Brotherhood, for example, is a largely peaceful organization [9].

“So we Americans must not get on our own high horse [10]. We, too, have bullied our neighbors and invaded them. We, too, have struggled with racism and anti-Semitism, slavery and Jim Crow. And our own culture has at times treated American citizens in the same callous way as the National Socialist do Germans. Before we castigate the Nazis, let us remember the Inquisition and the Crusades [11].

“In the face of Nazi challenge, we must stand united internationally and here at home — opposing workplace violence and man-caused disasters. We know that overseas contingency operations [12] alone cannot solve the problem of Nazi aggression. Nor can we simply take out [13] SS troopers who kill innocent civilians. We also have to confront the violent extremists — the propagandists working for Dr. Goebbels and Herr Himmler, recruiters and enablers — who may not directly engage in man-caused disasters themselves, but who radicalize, recruit and incite others to do so. One of the chief missions of our new aeronautics board will be to reach out to Germans to make them feel proud [14] of German achievement. I want to remind Americans that Germans fostered the Renaissance, and helped create sophisticated navigation, mathematics, and medicine. This week, we will take an important step forward, as governments, civil society groups and community leaders from more than 60 nations will gather in Washington for a global summit on countering violent extremism. We hope that the efforts of those like Mr. Chamberlain, Mr. Daladier and others will focus on empowering local communities, especially in Britain and France.

“Groups like the SS offer a twisted interpretation of German culture that is rejected by the overwhelming majority of the world’s German-speaking communities. The world must continue to lift up the voices of moderate German pastors and scholars who teach the true peaceful nature of German culture. We can echo the testimonies of former SS operatives and storm troopers who know how these terrorists betray Germany. We can help German entrepreneurs and youths work with the private sector to develop media tools to counter extremist Nazi narratives on radio and in newspapers.

“We know from experience that the best way to protect all people, especially young people, from falling into the grip of violent extremists like the SS and the National Socialists is the support of their family, friends, teachers and faith leaders throughout Germany and Western Europe in general.

“More broadly, groups like those headed by Herr Hitler and the National Socialists exploit the anger that festers when people in Germany feel that injustice and corruption leave them with no chance of improving their lives. The world has to offer today’s youth something better. Here I would remind ourselves of our past behavior in waging wars near the homeland of Germany. I opposed the Great War, and further opposed the Versailles Treaty that disturbed the region and stirred up violent passions and extremism.

“Governments like those in Europe that deny human rights play into the hands of extremists who claim that violence is the only way to achieve change. Efforts to counter such violent extremism will only succeed if citizens can address legitimate grievances [15] through the democratic process and express themselves through strong civil societies. Those efforts must be matched by economic, educational and entrepreneurial development so people have hope for a life of dignity. It does no good to talk of wars against Germany or Italy, or to demonize particular political movements as if they are monolithic or in any way represent the feeling of the majority of Germans and Italians.

“Finally — with Nazism and fascism peddling the lie that the United States is at war with Germany and Italy — all of us have a role to play by upholding the pluralistic values that define us as Americans. This week we’ll be joined by people of many faiths, including German and Italian Americans who make extraordinary contributions to our country every day. It’s a reminder that America is successful because we welcome people of all faiths and backgrounds. Germany has always been a part of America [16], always a part of the American story. The future will not belong to those who slander German culture. I made clear that America is not — and never will be — at war with Germany.

“That pluralism has at times been threatened by hateful ideologies and individuals from various nations. We’ve seen tragic killings directed at particular groups in our country, among them German Americans.

“We do not yet know why at times Germans have been attacked here in the United States.  But we know that many German Americans across our country are worried and afraid. Americans of all faiths and backgrounds must continue to stand united with the German community in mourning and insist that no one should ever be targeted because of who they are, what they look like, or how they worship.

“Our campaign to prevent people around the world from being radicalized to violence is ultimately a battle for hearts and minds. With this week’s summit here at Washington, we’ll show once more that — unlike terrorists who only offer misery and death — it is our free societies and diverse communities that offer the true path to opportunity, justice and dignity.”

URLs in this post:

[1] Image: http://pjmedia-new.pjmedia.netdna-cdn.com/victordavishanson/user-content/2/files/2015/02/obama_fdr_fireside_chat_2-22-15-1.jpg

[2] has made significant gains: http://www.latimes.com/opinion/op-ed/la-oe-obama-terrorism-conference-20150218-story.html

[3] the 19th century practice: http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=8&ved=0CEMQFjAH&url=http%3A%2F%2Fwww.wsj.com%2Farticles%2FSB10001424052702304914904579441752139339602&ei=QD3qVP-rBYHEggTJxIHYBg&usg=AFQjCNHwHv2jKDxUqKjGWG_KMLNjUrI7BQ&sig2=dblN6k69fR9hAM6wwfbscQ&

[4] randomly targeted: http://pjmedia.com/eddriscoll/2015/02/11/jewishlivesmatter/

[5] jayvee organization: http://www.nationalreview.com/campaign-spot/384723/remember-when-obama-called-isis-jayvee-jim-geraghty

[6] with socialism: http://pjmedia.com/eddriscoll/2008/01/11/long-live-mussolini-long-live-socialism/

[7] or the German people: http://blogs.news.com.au/dailytelegraph/timblair/index.php/dailytelegraph/peaceful_majority_irrelevant/

[8] the joblessness of Germany: http://pjmedia.com/eddriscoll/2014/11/01/ezra-klein-gleichschaltung/

[9] is a largely peaceful organization: http://www.realclearpolitics.com/video/2011/02/10/dni_james_clapper_muslim_brotherhood_a_largely_secular_group.html

[10] on our own high horse: https://www.commentarymagazine.com/2015/02/09/get-off-high-horse-mr-obama/

[11] the Crusades: http://tinyurl.com/kftmprc

[12] overseas contingency operations: http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/24/AR2009032402818.html

[13] simply take out: http://www.breitbart.com/video/2015/02/16/harf-we-cant-kill-our-way-out-of-war-against-isis/

[14] to make them feel proud: http://michellemalkin.com/2010/07/06/the-left-stuff-nasas-muslim-outreach/

[15] legitimate grievances: http://townhall.com/tipsheet/katiepavlich/2015/02/18/obama-extremists-have-legitimate-grievances-you-know-n1958902

[16] has always been a part of America: http://www.breitbart.com/big-government/2015/02/20/obama-islam-woven-into-the-fabric-of-our-country-since-founding/

Voir aussi:

The Administration’s Adolescent Rants about ISIS
Victor Davis Hanson

NRO- The Corner

February 23, 2015

It is disheartening to listen to Obama and his administration voices childishly reiterating that ISIS has nothing to do with Islam because it does not represent the majority of Muslims or what Westerners perceive as normative values distilled from the Koran.

No radical ideology, religious or otherwise, starts out coherently, much less representing the majority; but it eventually can if appeased and left unchallenged.

Does Obama think that National Socialism could never have represented the Germany of Goethe and Schiller just because it only appealed to a minority of Germans in the 1932 election or was clearly a perversion of traditional German values?

All that was true, but irrelevant two years later when Germans who once laughed at the barbarity of National Socialism suddenly were willing to look the other way at its thuggery, killings, and ethnic cleansing in exchange for the sense of pride it lent a public that felt itself victimized.

Western European observers of the 1930s who were worried at what was going on in Germany did not, like our president, insist that National Socialism had nothing to with socialism or Germany, but rather feared that it might exploit both and end up not just representing Germany, but enthusiastically embraced by a majority of Germans. They were right. Hitler rose to power not because most Germans favored euthanasia and rounding up Jews, but because they were willing to overlook that and a lot more if Hitler were able to win back respect for traditional German influence and status.

It matters little right now that most Muslims in theory reject ISIS and find its barbarity a perversion of what they see as traditional Islam, in the way National Socialism distorted classical socialism and German values and history. The key instead is to what degree by its success in gaining territory and numbers, and in humiliating the West, will ISIS gain adherents among Muslims?

ISIS assumes that most Muslims, despite their present reservations over its methodology and religious contortions, harbor some quiet admiration that at least radical Islam strikes back at Muslims’ supposed oppressors. ISIS like Hitler expects that in time it will win psychological resonance for a large minority of Muslims — at least in sufficient numbers to ensure its existence and growth. The abyss from Bismarck and Hegel to Auschwitz was not inherently greater than from the Koran to ISIS, given the unchanging nature of humankind.

Psychoanalyzing Hitler or declaring that National Socialism was a betrayal of classical Germany or fearing conflating Nazism with Germany itself was a useless parlor game in the 1930s. All that mattered was whether Hitler’s thuggery could be humiliated — its bluff called in the Rhineland or at Munich — and shown to be weak and a prescription for disaster before it became too strong.

Voir également:

The Palestinian Authority’s Bad Day in Court
The government of the West Bank, which receives hundreds of millions in U.S. foreign aid, is found liable for financing terrorism in Israel.
Jessica Kasmer-Jacobs
WSJ
Feb. 26, 2015

For the better part of a decade, Congress has annually allocated $400 million to the Palestinian Authority in foreign aid, ostensibly to build schools, renovate hospitals and repair roads. On Monday in a U.S. federal court, a Manhattan jury found that this same Palestinian government financed and supported six terrorist acts that killed dozens of people in 2002-04 during the Second Intifada against Israel.

The verdict held the Palestinian Authority and the Palestine Liberation Organization liable for $218.5 million in damages. Under the 1992 Anti-Terrorism Act, the sum automatically triples to $655.5 million, roughly 15% of the Palestinian Authority’s annual budget. The Palestinian groups said they will appeal.

For the 10 American families who were injured or lost relatives more than a decade ago in the terrorist attacks, the ruling is overdue justice. Mark Sokolow, the lead plaintiff, had narrowly escaped the south tower of the World Trade Center on 9/11 and was in Jerusalem four months later. He and his family were outside a shoe store when a suicide bomb detonated. Mr. Sokolow’s wife, Rena, recalled in testimony hearing “a whoosh, and I started spinning around like I was in a washing machine.” She looked at her leg and saw “the bone sticking out.” Nearby, Ms. Sokolow said, “I saw a severed head of a woman.”

The families in the lawsuit were represented by Kent Yalowitz of Arnold & Porter, and Nitsana Darshan-Leitner of Shurat Ha’Din, an Israeli law firm. Representing the Palestinians was Mark Rochon of Miller & Chevalier, who told the jury that the attacks were carried out by agents “acting on their own for their own reasons” and not by the government he was defending. Those agents were “crazy, wrong, contemptible,” said Mr. Rochon, “but not my clients.”

Yet as the six-week trial revealed, the Palestinian Authority provided backing for terrorists—and continues to do so today. Palestinian military and intelligence officials, Mr. Yalowitz calculated, spend $50 million a year to keep terrorists on the payroll while they are held in Israeli jails. The Palestinian government also awards “martyr payments” to the families of suicide bombers.

Monday’s verdict comes as something of a vindication for the family of Leon Klinghoffer, the wheelchair-bound American who in 1985 was murdered by Palestine Liberation Organization terrorists aboard the hijacked Italian cruise liner Achille Lauro. The Klinghoffer family filed a lawsuit, but U.S. federal courts had no jurisdiction over acts of terrorism outside the country. The case was dropped, and the PLO settled with the Klinghoffers out of court for an undisclosed sum in 1997.

The 1992 Anti-Terrorism Act provides federal courts “with an explicit grant of jurisdiction over international terrorism” and a private right of action for “any national of the United States injured in his or her person, property, or business by reason of an act of international terrorism.” The act also has the virtue of allowing American citizens to assign blame for supporting terrorism, even if politicians are reluctant to do so. A jury in New York has spoken about the Palestinian Authority and the Palestine Liberation Organization. Congress might want to consider that fact as it prepares next year’s foreign-aid budget.

Ms. Kasmer-Jacobs is an assistant books editor at the Journal.

Voir encore:

Capital Journal
White House-Netanyahu Rift Isn’t Over the Speech, but the Deal
Israeli leader seems almost certain to oppose deal the U.S. is negotiating with Iran on nuclear program
Gerald F. Seib
WSJ
Feb. 27, 2015

As Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu heads to Washington for a controversial speech to Congress next week, the immediate problem isn’t that he and the Obama administration disagree. At the moment, the problem actually is that they seem to agree on this: As things stand now, the Israeli leader seems almost certain to oppose and try to block the deal the U.S. is negotiating with Iran over its nuclear program.

That is a change, and a significant one, from just a few months ago, when it seemed possible there could be a negotiated deal that both Mr. Netanyahu and President Barack Obama could embrace, if not exactly love. This change is why Mr. Netanyahu thinks it’s worth undermining his entire relationship with an American president by making a speech the White House didn’t know about and fumed about once it became known. And it’s why the White House has taken on Mr. Netanyahu so directly.

In short, the real sticking point isn’t the speech; the sticking point is the deal.

All of which raises a broader question: Does it have to be this way, or is there still hope of closing the rift? Despite all the tension, the possibility of common ground may not have disappeared entirely.

But first consider the immediate situation in Washington, where the controversy in coming days will be more about a speech rather than the substance of the Iran question. By now, the saga is well known. Republican House Speaker John Boehner went around the Democratic White House to invite Mr. Netanyahu to speak to a joint session of Congress about the threat from Iran. The speech will come two weeks before Mr. Netanyahu is running for a new term at home, and three weeks before the deadline for the talks the U.S. and five other world powers are holding with Iran over a possible deal to curb its nuclear program.

The White House was miffed. Very. But not, as is commonly assumed, simply because the speech represented a breach of diplomatic protocol, in which world leaders deal with each other rather than through their countries’ respective opposition parties.

The deeper cause for concern within the administration was a feeling that the speech means Mr. Netanyahu has concluded that there is no version of the deal currently being negotiated with Iran that he can endorse—and that he is embarked on a strategy of using his strong connections with Republicans in Congress to find a way to use the legislative branch to block an agreement negotiated by the executive branch.

“He’s advocating against any deal. That’s just not diplomacy,” a senior administration official said. “And he’s not putting forward an alternative deal.”

Little that Mr. Netanyahu has done in recent weeks suggests otherwise. He said this week that it appears the “world powers” negotiating with Iran “have given up” on their commitment to stop Iran from getting a nuclear weapon.

In a nutshell, here’s the substantive disagreement. The administration believes the deal it’s negotiating will reduce Iran’s capacity to enrich uranium so much that Tehran’s leaders would need a year to break out of the agreement and produce enough fissile material to build a bomb—sufficient time to allow the U.S. and its allies to stop any such breakout. Mr. Netanyahu thinks that the residual enrichment capability granted Iran would still leave it as a threshold nuclear state, and would in any case be too large to adequately monitor and inspect with any certainty.

There was a time, not long ago, when Mr. Netanyahu appeared to be pleased enough with the economic pressure the U.S. and the West were putting on Iran that he thought it might produce a deal he considered good enough. By all appearances, that’s what has changed.

Is there any alternative to this impasse? Dennis Ross, a Middle East diplomat under several American presidents, including Mr. Obama, thinks there might be. He suggests a new kind of anywhere, any-time inspections regime, enshrined in both a deal and legislation passed by Congress. If that legislation also mandated explicit consequences for Iranian violations, including use of military force, it might create the kind of American assurance Mr. Netanyahu could accept.

“There is a way to bridge the difference,” Mr. Ross says. Next week, though, that may be hard to see.

Voir enfin:

Reza Pahlavi: «Face au terrorisme, nos destins sont liés»
Le Figaro
06/02/2015
Reza Pahlavi, fils aîné du dernier chah d’Iran, mercredi à Paris. Crédits photo : FRANCOIS BOUCHON
INTERVIEW – Le fils aîné du dernier chah d’Iran a été reçu cette semaine par des députés français, à Paris. Selon lui, «il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié».

Le dernier chah d’Iran a été chassé de Téhéran en février 1979, sans avoir abdiqué officiellement. Il est mort en 1980. Son fils aîné a été reçu mercredi par la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, présidée par Élisabeth Guigou. Il a exposé, à cette occasion, son analyse des négociations sur le programme nucléaire iranien et son point de vue sur la situation dans son pays. Âgé de 54 ans, Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis, prône la désobéissance civile pour venir à bout du régime des mollahs.

LE FIGARO – Les négociations engagées par le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien ont-elles une chance d’aboutir?

Reza PAHLAVI – L’agenda de ces négociations a été fixé en novembre 2013. Les deux précédentes dates butoirs, de juin 2014 et novembre 2014, n’ont pas permis d’arriver à un compromis. La nouvelle échéance est celle de juin 2015. Je ne suis pas optimiste car le dossier capotera toujours sur un détail ou sur un autre. Le programme nucléaire iranien répond au besoin hégémonique régional des mollahs. Il faut empêcher à tout prix ce régime d’arriver au seuil du nucléaire militaire.

Quel rôle joue la France dans ces négociations?

La France est plus intransigeante que les États-Unis. Heureusement! Il y a chez les Américains une certaine forme de naïveté. Ils cherchent, en quelque sorte, à faire un nouveau Camp David, du nom des accords qu’ils ont obtenus en 1978 entre Israéliens et Égyptiens. Ils oublient que le nouveau président iranien, Hassan Rohani, présenté comme plus conciliant, n’a pas la main. C’est le guide Khamenei qui est important, et je ne pense pas que celui-ci acceptera que son programme nucléaire soit placé sous contrôle international.

Certains Occidentaux pensent qu’il faut se rapprocher de l’Iran pour contrer l’État islamique en Irak et en Syrie. Qu’en pensez-vous?

Il est illusoire de penser que, face à la menace du radicalisme sunnite, la théocratie chiite iranienne peut être un allié. N’oublions pas que ces deux radicalismes ont un ennemi commun: la liberté, la démocratie, les droits de l’homme… Toutes les valeurs portées par l’Occident sont, pour eux, des poisons. N’oublions pas non plus que, bien avant al-Qaida et l’État islamique, Khomeyni a été le premier à lancer une fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie.

«Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer l’Iran : un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique»
Si accord il y a, que se passera-t-il?

Encore une fois, le régime n’y a aucun intérêt parce que sa survie en dépendrait à long terme, à quatre ou cinq ans. À court terme, les relations ne se réchaufferaient pas pour autant. Tout le monde marcherait sur des œufs et seuls les affairistes profiteraient de la situation.

La population iranienne souffre des sanctions économiques infligées à son pays, peut-elle encore tenir longtemps ainsi?

Il n’y a qu’une seule bonne solution pour libérer mon pays: un mouvement populaire. Toute intervention militaire ne peut mener qu’à une situation encore plus catastrophique. Mais un soulèvement n’est possible que si la population se sent soutenue. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une volonté politique des grandes démocraties pour soutenir les Iraniens dans leurs aspirations démocratiques. Les Iraniens ont en tête l’exemple de la révolution syrienne qui a débouché sur le chaos car les Occidentaux n’ont pas répondu présent. Que reste-t-il d’ailleurs de l’espoir placé dans les printemps arabes? Pas grand-chose malheureusement.

Quel rôle jouez-vous personnellement?

J’essaye précisément de créer les conditions de ce soulèvement intérieur. Je milite pour la désobéissance civile dans la non-violence. Cela pourrait commencer par une grève générale qui mettrait à mal le régime. Pour cela, il faut des moyens, réunir des fonds, obtenir des soutiens. En avril 2013, j’ai créé le Conseil national iranien pour des élections libres que je préside.

Que demandez-vous à la France?

Je souhaite que la France et la communauté internationale mettent davantage la pression sur le régime à propos des droits de l’homme. Depuis l’arrivée d’Hassan Rohani, la situation s’est nettement détériorée. Beaucoup de prisonniers politiques me contactent et demandent que le monde libre fasse davantage. Je veux évoquer le cas de l’ayatollah Boroujerdi, torturé régulièrement en prison depuis sept ans car il défend la laïcité. Il faut se mobiliser pour sa libération, et aussi pour l’ensemble des prisonniers politiques.

«Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes»
Êtes-vous encore entendu dans votre pays?

Je bénéficie d’un capital politique auprès de la génération des nostalgiques de mon père. Dans la nouvelle génération, beaucoup me voient comme un recours pour une transition vers un avenir meilleur.

Après les mollahs, à quoi voudriez-vous que ressemble l’Iran?

Je milite pour une démocratie laïque. Mais, avant des élections libres, nous devrons passer par une phase de réconciliation nationale. J’ai rédigé une charte en dix-sept points avec des activistes politiques menant la résistance à l’intérieur de l’Iran. Ce texte prévoit notamment la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, le respect du traité de non-prolifération des armes nucléaires, l’abolition de la peine de mort…

Comment avez-vous réagi aux attaques islamistes de ce début d’année à Paris?

Dès le 7 janvier, jour de l’attaque contre Charlie Hebdo, j’ai écrit à François Hollande. Je lui disais que ce drame devait nous engager dans une politique volontariste de soutien aux démocrates des pays du Moyen-Orient, premières victimes du radicalisme religieux. Seuls des changements significatifs dans cette région permettront l’élimination à la source des réseaux djihadistes et contribueront à assurer la sécurité de tous partout dans le monde. Ces attentats montrent une fois encore à quel point nos destins sont liés.


Polémique Cukierman: Contrairement au christianisme, c’est en se rapprochant de ses textes que l’islam est sanglant et meurtrier (It’s islam, stupid !)

27 février, 2015
https://i2.wp.com/www.washingtonpost.com/rw/2010-2019/WashingtonPost/2015/01/27/Foreign/Graphics/foreignFighters-Jan14-GS.jpgsaudiflagQu’est ce qui porte plus préjudice à l’islam, ces caricatures ou bien les images d’un preneur d’otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d’un mariage à Amman? Jihad Momani (hedomadaire jordanien Shihane, 2006)
Nous montons sur nos grands chevaux mais souvenons-nous que pendant les croisades et l’Inquisition, des actes terribles ont été commis au nom du Christ. Dans notre pays, nous avons eu l’esclavage, trop souvent justifié par le Christ. Barack Hussein Obama
Le président de la République condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye. Il dénonce l’appel au meurtre et à la haine religieuse des terroristes. Communiqué de l’Elysée
Quand on porte atteinte à des juifs danois ou français, il est bien sûr important de rappeler qu’ils sont danois ou français, mais il faut aussi souligner qu’ils ont été tués parce que juifs. En Libye, il est très clair que c’est contre des chrétiens que Daech a voulu agir, que leur foi était visée. Mgr Pascal Gollnisch (l’Œuvre d’Orient)
Il y a quatre-vingts ans, en Allemagne, le régime nazi persécutait les Juifs, et la volonté d’Hitler était de les supprimer tous. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison. Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison. Au cas où on en aurait douté, ceux qui ont vu la vidéo diffusée sur internet pouvaient y lire que ces 21 malheureux étaient mis à mort parce qu’ils faisaient partie, je cite, « du peuple de la croix fidèle à l’Église égyptienne ennemie. » C’est pourquoi personne ne peut être fier du communiqué de l’Élysée condamnant, je cite, « avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens ». Non, personne ne peut être fier de ce communiqué, parce qu’il ne fait pas honneur à notre pays. (…) D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ? Reconnaître cela serait-ce attentatoire à la laïcité ? J’affirme aujourd’hui haut et fort que si – ce qu’à Dieu ne plaise – certaines personnes le pensent, même et surtout si elles ont de hautes responsabilités au sommet de l’État, ce n’est pas à leur honneur, ni à l’honneur de la France. Et la situation du monde est trop grave en ce moment pour que, chrétiens ou non, nous puissions nous résigner à avoir honte de notre pays. Diocèse de Blois
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
Toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans, et bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. Roger Cukierman
Il y a bien, autre tabou, un rapport particulier de l’islam avec la violence. A l’origine, Mahomet fut un chef religieux et militaire allant de succès en succès par les armes, tandis que Jésus fut un homme seul et pourchassé ayant comme seule arme le verbe. Cette ambiguïté persiste avec la présence de nombreux versets du Coran appelant au meurtre des non-musulmans, versets sans équivalents dans les textes judéo-chrétiens. Ce qui se traduit par une dissymétrie fondamentale: les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s’éloignant de leurs textes tandis que l’islam le fut en se rapprochant des siens. (…) D’où le non-dit sur les caricatures représentant le Prophète en guerrier: elles correspondent bien à une facette historique de Mahomet à laquelle Al-Qaeda et consorts restent fidèles et il n’est pas douteux que les images télévisées répétées d’égorgements au nom d’Allah l’entretiennent auprès du plus grand nombre (…) Car, depuis la défaite des partisans des «Lumières de l’islam», puis la chute de l’Empire ottoman, la réaction fondamentaliste n’a cessé de se répandre, bénéficiant depuis les années 1970 du renfort des pétrodollars. (…) Et l’un de ses vecteurs – la volonté d’imposer ses tabous et ses croyances aux autres – s’oppose radicalement au principe de relativisation religieuse des Lumières et ne cesse de progresser, puisqu’il ne vaut plus seulement pour les pays de culture musulmane, mais revendique désormais son application dans les pays issus des Lumières, comme vient de le symboliser l’affaire de la représentation du Prophète: comprenons bien que les manifestants islamistes sont hostiles non aux caricatures des religions (qu’ils pratiquent régulièrement au détriment du christianisme et du judaïsme dans leurs journaux et leurs sites avec un sens de l’ignominie sans commune mesure avec les pauvres croquis danois), mais aux caricatures de l’islam, qui, seul, mérite d’être défendu. Le paradoxe tragique est de voir les responsables européens céder du terrain à ceux qui combattent les valeurs des Lumières, au détriment des musulmans condamnés à vivre en Occident parce qu’ils souhaitent une modernisation de l’islam. (…) si l’Europe avait fini par reconnaître et aider les dissidents du communisme, les dissidents de l’islam ne bénéficient pas de la même attention: ils ne sont pas écoutés, à l’instar de la députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, dont le discours récemment prononcé à Berlin fut sans doute la parole la plus fidèle aux Lumières ayant émané d’un élu européen ces dernières années. De même, cette Europe, qui n’a cessé de dire, à la suite de Raymond Aron, que le sous-développement du bloc de l’Est s’expliquait par l’absence de liberté, estime inconvenant de reconnaître que celui des pays musulmans résulte aussi de cette absence de liberté, malgré les énormes revenus du pétrole. D’où l’usage rhétorique de la responsabilité du colonialisme dans ces pays qui constituent aujourd’hui la seule partie du monde uniformément résistante à la démocratie, à l’écart des échanges scientifiques et culturels, celle qui possède le moins de chercheurs et où l’on traduit le moins de livres.  Alors que les élites européennes entretiennent «une forme d’autocensure par rapport à la critique de l’islam», comme l’observe Stéphane Rozès, de l’institut CSA, les populations européennes viennent de découvrir son influence liberticide sur le sol européen. Il y a bien «opposition de valeurs» entre l’Occident et la littéralité du Coran, estime Yves Charles Zarka, professeur à la Sorbonne et l’un des rares à écrire publiquement ce que la plupart de ses collègues disent en privé. Deux conceptions antagonistes de la vie dans la cité et de la liberté individuelle, ainsi que l’a formulé lui-même le Premier ministre turc en dénonçant l’ «arrogance culturelle» de l’Europe, qui aurait cherché, selon lui, avec les caricatures, à «mettre à l’épreuve la patience du monde islamique et sa conception de la liberté». Eric Conan

C’est l’islam, imbécile !

Au lendemain de la polémique surréaliste qui a suivi les propos du président du CRIF sur l’origine principalement musulmane des violences intercommunautaires actuelles …

Comme celle visant un chercheur rappelant la part des sympathisants de l’extrême-gauche dans les opinions antisémites …

Et où, avec leur nouveau saccage du musée de Mossoul et contre les « tués au hasard » et croisés et inquisiteurs de Barack Obama comme les « Egyptiens égorgés » de François Hollande, nos djihadistes ne savent plus quoi inventer pour démontrer l’origine religieuse de leurs exactions …

Pendant qu’en Grande-Bretagne, on découvre l’identité, nouvelle victime de l’islamophobie occidentale, de l’égorgeur en chef de l’Etat islamique, informaticien anglo-koweiti issu d’une famille aisée de Londres …

Comme l‘attrait et l’étendue – quelque 20 000 combattants d’une cinquantaine de pays – de la mondialisation du djihad

Comment ne pas voir avec  le magistral article de l’Express d’Eric Conan il y a neuf ans …

Qu’il y a bien un « tabou » du « rapport particulier de l’islam avec la violence » …

A savoir que, contrairement au christianisme, c’est bien « en se rapprochant de ses textes » que l’islam est « sanglant et meurtrier » ?

N’éteignons pas les Lumières
Eric Conan
L’Express
27/04/2006

A l’heure où la Bibliothèque nationale de France leur consacre une remarquable exposition, comment se portent les idées qui ont fondé nos sociétés de liberté? Force est de constater que ces dernières les oublient, voire les renient, comme le montre l’actualité récente, des polémiques sur le blasphème à l’affaire Ilan Halimi

La grande exposition Lumières! Un héritage pour demain, présentée actuellement à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, réjouit le visiteur par sa qualité et sa richesse. Mais elle l’inquiète aussi un peu, sachant la propension de l’époque à muséifier et à commémorer ce qu’elle ne parvient plus à faire vivre dans le présent: les Lumières deviendraient-elles assez lointaines et exotiques pour se voir mises sous vitrines et visitées ainsi que d’autres merveilles du passé, comme on le fait pour Bonnard ou les Splendeurs de la cour de Saxe?

Les précisions de l’historien Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF, renforcent cette inquiétude: «Notre intention est de faire sortir les documents exposés du champ de l’érudition; et de les faire servir à l’examen de notre temps, pour la lucidité et pour l’action.» Au moins l’aveu est franc: devenus affaire d’érudits, les grands textes des Lumières auraient déserté la vie publique et manqueraient aussi bien à la lucidité qu’à l’action. L’actualité récente – affaire des caricatures de Mahomet, martyre d’Ilan Halimi, procès d’Outreau, voyage de Jacques Chirac en Arabie saoudite, etc. – confirme cruellement cette analyse.

Les nombreuses pièces rassemblées par cette exposition – lettres de Rousseau, édition originale de Critique de la faculté de juger, de Kant, fiche de police de Voltaire, gravures anticléricales – témoignent de la rupture que représenta le mouvement des Lumières, volonté de s’émanciper des contraintes de la religion et de la tradition avec cette conviction nouvelle que la connaissance, la curiosité et la critique ne détruisaient pas mais libéraient. Ces documents révèlent la naissance d’un individu qui se veut autonome, animé par une finalité propre et non plus seulement divine, recherchant le «bonheur» et non plus seulement le salut. Ces traces émouvantes montrent aussi que, pendant longtemps, ces idées luttaient, frémissaient, se cachaient, souffraient face à des ennemis qu’elles ne désarmèrent qu’au terme d’un long combat.

L’intérêt de cette exposition – le roman national dût-il en souffrir – est aussi d’insister sur la dimension européenne de cette «révolution des droits de l’homme». D’un bout à l’autre de l’Europe, ses acteurs et ses militants échangeaient, s’aidaient et s’accueillaient au gré de leurs incessants exils de dissidents et de proscrits: les Lumières s’appelèrent aussi Enlightenment, Aufklärung, Iluminismo.

Mais revenir aux sources et aux exigences des Lumières, c’est aussi mesurer leur oubli croissant dans nos sociétés habituées à la paix qu’elles nous ont longtemps garantie. En concevant cette exposition, son commissaire, le philosophe Tzvetan Todorov, déjà sensibilisé aux bienfaits pratiques des Lumières par son passé d’exilé de l’Est, avait l’intuition de l’urgence de rappeler les conditions non négociables de leur respect à «un moment historique marqué par le 11 septembre, par les attaques d’un certain fanatisme religieux contre la laïcité, contre l’égalité des hommes et des femmes».

Sa lucidité se voit malheureusement vérifiée depuis quelques mois: revenir en détail, à la lumière des Lumières et de leurs principes (liberté d’expression, autonomie de l’individu, universalité et égalité entre humains), sur ce qui a été fait, dit et écrit par les garants de ces principes en Europe et en France permet de constater l’importance des dégâts: oubli, trahison, reniement.
L’abandon de la liberté d’expression, attaquée dans son principe mais guère défendue

«L’idée de critique est consubstantielle aux Lumières», rappelle Tzvetan Todorov. Et elle ne peut pas avoir de limites, puisqu’elle repose sur le subjectivisme: par définition, l’usage, par les uns, de leur liberté d’expression déplaira aux autres, mais ce déplaisir, qui peut aller jusqu’à la souffrance morale, est le prix de cette liberté pour tous. La liberté d’expression est un droit mais aussi un devoir: supporter celle des autres. Une partie non négligeable de la vie culturelle doit beaucoup à l’usage illimité de cette liberté, certains mouvements, comme le surréalisme, ayant largement sollicité le blasphème et la provocation anticatholique.

Se contenter de réclamer, comme l’a fait Jacques Chirac, d’exercer cette liberté d’expression «dans un esprit de responsabilité» – formulation typiquement soviétique, c’est donc la nier dans son principe. En 1989, Jacques Chirac avait déjà traité de «fumistes» Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, et Martin Scorsese, auteur de La Dernière Tentation du Christ. Mais parler de «provocation», à propos de l’initiative de Charlie Hebdo de publier des caricatures de Mahomet, atteste la nouveauté: cet hebdomadaire qui a fait depuis des décennies de la provocation un style et un fonds de commerce jusqu’alors toléré par tous se voit soudainement condamné au plus haut niveau et ses responsables se retrouvent, en plein Paris, sous protection policière. Cette position nouvelle – «Les croyants doivent avoir droit au respect de leur croyance», selon la formule de Jean-Marie Le Pen – a été partagée par l’immense majorité de la classe politique française, à quelques exceptions près: Nicolas Sarkozy à droite («Je préfère l’excès de caricature à l’excès de censure») ou Jean Glavany à gauche («Rien ne doit nous amener à composer avec cette liberté fondamentale»).

Même recul au niveau européen. Se comportant d’emblée en coupable, Javier Solana, chargé des Affaires extérieures de l’Union européenne, a fait une tournée dans les pays arabes pour enregistrer sans un mot d’objection la demande de l’Organisation de la conférence islamique (rassemblement de pays qui, pour la plupart, n’ont jamais connu de liberté d’expression) d’un «code de conduite pour les médias européens» définissant «les limites de la liberté d’expression dans le domaine des symboles religieux».

Le président en exercice de l’Union européenne, l’Autrichien Wolfgang Schüssel, a renvoyé dos à dos dessinateurs danois et foules hystériques appelant à leur décapitation en parlant de «spirales des provocations» et le Parlement européen a voté, le 20 février, une résolution stigmatisant la responsabilité première des dessinateurs dans les violences en assurant sa «sympathie à l’égard de ceux qui se sont sentis offensés par les caricatures du Prophète Mahomet». En ajoutant que la liberté d’expression devait désormais se fonder «sur le respect pour les droits et les sensibilités des autres». Même ligne pour le Conseil des ministres, qui a fini, après quelques longues semaines de réflexion, par adopter le 27 février un texte expliquant: «Le Conseil est conscient que ces caricatures ont blessé et choqué des musulmans dans le monde entier, et il le déplore.»

Ces résolutions officielles constituent pour l’Europe un tournant historique: ainsi la liberté d’expression ne devrait plus seulement être encadrée par les lois de chaque pays et les textes européens issus des Lumières mais désormais limitée par la sensibilité de tous. Cette restriction nouvelle, dans un monde ou la communication devient mondiale et immédiate, vide de tout sens le principe de la liberté d’expression. C’est en effet à la dynamique même de l’affaire danoise – des musulmans s’estimant agressés à des dizaines de milliers de kilomètres par des dessins publiés au Danemark – que les dirigeants européens veulent soumettre leur continent. Au lieu de réaffirmer les principes de la liberté d’expression, ils manifestent de la «sympathie» pour ceux qui les nient. Ce qui signifie un reniement de la ligne défendue par la Cour européenne des droits de l’homme, dont la jurisprudence précisait jusqu’alors: «La liberté d’expression vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives et indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction quelconque de la population.»

La panique aura été le ressort de toute cette histoire, comme l’a souligné la voix minoritaire de José Manuel Barroso: «N’acceptons pas la peur dans notre société.» Car, on l’a vite oublié, la publication des dessins danois ne constituait pas une provocation mais une réaction à une peur déjà là: c’est parce qu’un éditeur pour enfants ne trouvait plus, comme dans le passé, de dessinateurs osant dessiner Mahomet qu’un quotidien a demandé à une association d’illustrateurs de relever le défi, n’obtenant, d’ailleurs, que 12 volontaires sur ses 40 membres.

Retour à la responsabilité collective contre l’autonomie de la liberté individuelle

«Un gouvernement démocratique ne peut jamais s’excuser au nom d’un journal libre et indépendant.» La réaction immédiate et restée invariable d’Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois, position typique des Lumières, aurait dû entraîner un mouvement de solidarité européen autour des Danois agressés en tant que danois et tenus responsables de ce que fait chaque Danois. Il ne vient à l’idée de personne dans une démocratie de faire l’amalgame entre les assassins du 11 septembre 2001, des attentats de Londres, Madrid, Amman ou Bali et tous les musulmans. Mais les responsables européens ont trouvé normal que le gouvernement danois, les diplomates danois, les touristes danois, les entreprises laitières danoises, les fabriques de jouets danoises subissent les lourdes conséquences d’un boycott justifié par le ressort archaïque de la haine collective – «Tu es responsable de ce que ton semblable a fait» – qui anime racismes et antisémitisme. «On ne peut plus tolérer ne serait-ce que le mot « danois »», comme l’explique Kazem Jalali, porte-parole de la Commission parlementaire iranienne des Affaires étrangères pour justifier le boycott lancé le 23 janvier en Arabie saoudite et suivi par les chambres de commerce de Dubaï, du Qatar et d’Egypte.

Au lieu de se solidariser financièrement et symboliquement avec le Danemark en déclarant que tous les produits danois étaient des marchandises européennes, l’Europe a baissé la tête en abandonnant un petit pays dont l’histoire, dans les périodes tragiques, aurait à en remontrer à beaucoup d’autres.

Au lieu de condamner les violations du droit international que constituèrent les mises à sac des représentations diplomatiques danoises – dont chaque Etat membre de l’ONU doit assurer la protection – et de rappeler ses représentants en signe de solidarité, l’Union européenne a préféré manifester sa compréhension pour la «souffrance» des casseurs et boycotteurs.

Cette démission faite de peur et d’intérêts mélangés s’est accompagnée de lâchetés du type de celles dont on se gaussait jusqu’ici avec mépris dans les livres d’histoire consacrés aux heures sombres de l’Europe. La firme Nestlé a pris les devants en publiant un encart publicitaire en première page du quotidien panarabe Asharq al-Awsat pour préciser que son lait en poudre Nido, très diffusé au Moyen-Orient, «n’est ni produit au Danemark ni importé du Danemark», comme le faisaient sous l’Occupation certains commerçants affichant «magasin non juif» sur leur devanture. Et Carrefour a laissé 18 de ses supermarchés franchisés des pays arabes (Arabie saoudite, Egypte, Qatar, Oman, Emirats arabes unis) souiller sa marque en annonçant que leurs rayons avaient été purifiés de tout produit danois et en se lavant les mains de cette infamie par un communiqué avalisant ces «décisions commerciales adaptées à leurs situations locales afin de mieux répondre aux attentes de leurs clients».

Retour de l’obscurantisme contre la Raison: les croyances mises à égalité avec la vérité

L’un des fondements des Lumières a été brutalement contesté par l’affaire danoise: la distinction entre les réalités et les croyances, le discours religieux et le discours scientifique, opposition devenue une évidence en Europe, mais qui anima le XVIIIe siècle, ainsi que le montrent nombre de documents de l’exposition Lumières! témoignant d’une lutte alors vive entre le raisonnement scientifique et l’obscurantisme, dont nous avons perdu le souvenir.

L’exemple le plus clair – et le plus odieux – de cette différence culturelle a été fourni par l’argument lancé par l’Iran (mais repris partout, y compris dans certains journaux européens) selon lequel, puisqu’on pouvait plaisanter sur Mahomet, on pouvait plaisanter sur l’existence d’Auschwitz. Ce sophisme permet de mesurer le gouffre d’incompréhension qui sépare les sociétés issues des Lumières – où la réalité et sa critique constituent les principales sources du débat – des sociétés où tout relève de la croyance et où la croyance la plus absolue reste la foi religieuse: le travail de la Raison lui étant subordonné, la vérité n’a guère de statut. Et la certitude que le judéocide est un mythe et Auschwitz une supercherie n’appartient pas aux seuls islamistes militants, mais constitue une croyance quasi générale dans les sociétés du Moyen-Orient, devenues les principaux lieux d’édition des Protocoles des Sages de Sion, faux antisémite utilisé par les nazis et aujourd’hui sanctifié par la charte du Hamas.

Cette incompréhension envers le principe de la Raison n’est plus simplement une particularité exotique. En effet, elle a resurgi au cour de l’espace scolaire européen, certains élèves contestant le contenu des cours d’histoire, de sciences, de lettres ou de philosophie au nom du primat de leurs croyances religieuses. Un nouvel exemple de cette absence de limite entre réalité et mensonge vient d’être fourni par le film turc La Vallée des loups – Irak mettant en scène un médecin juif prélevant des organes sur les détenus de la prison américaine d’Abou Ghraib au profit de patients juifs de New York, Londres et Tel-Aviv. Ce film, qui connaît un énorme succès en Turquie, est projeté depuis quelques semaines sur les écrans français après avoir obtenu du Centre national du cinéma une autorisation exceptionnelle de projection.

La confiance dans la Raison décline au sein même des élites, qui ont de plus en plus tendance à vouloir protéger la vérité par la loi et la justice plus que par le débat. Cela a commencé en France avec la loi Gayssot, donnant l’impression que l’argumentation était impuissante face à Faurisson et, depuis, le débat public laisse de plus en plus la place à des procédures judiciaires d’excommunication.

L’universalisme décline sous l’influence du relativisme culturel: le principe de l’égalité devant la loi s’applique à géométrie variable

C’est le grand retour du maurassisme: la tribu, le groupe, le sang, la race priment de plus en plus sur l’individu autonome, émancipé de toute dépendance, qu’avaient voulu les Lumières. Le «droit à la différence» en vogue dans les années 1980 en Europe – y compris en France, où le modèle républicain fut quasiment mis entre parenthèses – a conforté la dynamique communautaire d’Européens d’immigration récente et venus d’horizons étrangers aux principes des Lumières. La suspension de ces principes pour certaines parties de la population en raison de leurs origines s’est ainsi répandue, de la polygamie reconnue par le Conseil d’Etat en 1980 au refus des organisations musulmanes de respecter la liberté de conscience (droit de changer de religion) accepté par le ministère de l’Intérieur en 1999.

L’ «origine» prend de plus en plus le pas sur la volonté: l’individu ne s’appartient plus, il est renvoyé à une détermination étouffante. La petite-fille de Maurice Papon perd son emploi parce que son ascendance pèse plus lourd que ses mérites et talents. Le Figaro nous annonce que TF 1 confie la présentation du journal de 20 heures «à une « minorité visible »». Des élèves allemands venus dans des collèges de Seine-Saint-Denis dans le cadre d’échanges pédagogiques viennent d’être rapidement et discrètement rapatriés par le rectorat de Créteil après avoir été agressés à coups de pierres aux cris de «sales Boches!», expression qui avait disparu du paysage depuis quelques décennies.

Cette lecture par les origines, qui défait l’unicité du genre humain proclamée par les Lumières, s’insinue partout, au point de modifier des réactions qui ne devraient obéir qu’au prisme des droits de l’homme. Le comportement très variable de la presse et des politiques selon l’origine des auteurs ou victimes de faits divers constituent un bon indicateur de cette dérive. Sohane Benziane, 17 ans, qui a été brûlée vive par des machos, le 4 octobre 2002, dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry, n’a eu droit ni à une manifestation de la Ligue des droits de l’homme ni à un communiqué de l’Elysée. Comme s’il était définitivement admis que les droits de la femme étaient culturellement contingents et que le sort barbare de Sohane correspondait à une manière de traiter les femmes relevant d’une jurisprudence qui ne nous regardait pas.

L’affaire Ilan Halimi aura illustré, de manière inverse, ce même empire de la lecture par les origines. Parce que, au contraire de celui de Sohane, le martyre d’Ilan Halimi a bénéficié d’un émoi communautaire, la dimension antisémite du crime a été mise en avant au travers d’un hommage officiel rendu à la synagogue. Les responsables de l’Etat se sont d’autant plus associés à cette lecture qu’ils se sentent désarmés – et peut-être davantage responsables – face à la dimension barbare du crime, révélatrice d’une culture de la violence brute qui s’est installée dans certaines parties du territoire. L’échec de la manifestation qui a suivi pourrait s’expliquer par cette communautarisation: si les Français juifs sont malheureusement habitués à l’inquiétude que provoque chez eux depuis quelques années l’installation d’un antisémitisme désormais banalisé, beaucoup de non-juifs peuvent avoir le sentiment que la menace de violences est désormais générale mais que les victimes qui ne peuvent être rattachées à un syndicat de défense des origines sont délaissées et oubliées. «Les juifs doivent résister à la tentation paranoïaque et mégalomaniaque de se croire les victimes exclusives de la nouvelle férocité», comme le souhaite Alain Finkielkraut.

Ainsi, l’agression d’une assistante sociale dans un centre d’IVG de Schiltigheim, qui a subi réellement ce que la mythomane du RER D avait inventé (violemment frappée, elle a eu son tee-shirt arraché, «Mohamed» a été écrit sur son ventre et «sale juive» sur le mur de son bureau), n’a plus guère suscité d’intérêt après qu’un enquêteur eut précisé étrangement: «Cette affaire ne s’inscrit pas dans un contexte raciste, l’assistante sociale n’est pas juive.» De même, Chahrazad, brûlée à 60% par un amoureux éconduit en novembre 2005, ne comprend pas que «des policiers soient allés jusqu’en Côte d’Ivoire pour chercher le meurtrier d’Ilan Halimi», alors que son agresseur est toujours en fuite: «Les enquêteurs sont venus me voir une seule fois, en janvier, et, depuis, plus rien. C’est comme si ce n’était qu’une voiture qui avait brûlé.»

A tous les niveaux, attitudes, jugements ou sanctions varient désormais en toute incohérence en fonction de l’origine des protagonistes. Victimes, mais aussi auteurs. David Irving a été lourdement condamné (trois ans de prison ferme) le 21 février dernier à Vienne pour des propos négationnistes tenus il y a dix-sept ans, alors qu’il avait plaidé coupable et les avait reniés et regrettés à l’audience. Mais, dans le même temps, radios, télés satellitaires et sites Internet islamistes déversent, à flot continu et en toute impunité, des insanités négationnistes bien pires.

C’est le règne du deux poids, deux mesures. Un père catholique refusant une liaison entre sa fille et un jeune musulman sera, à juste titre, voué aux gémonies de l’inhumanité raciste, tandis qu’un père musulman interdisant à la sienne de fréquenter un catholique ou un juif ou refusant de serrer la main d’une enseignante bénéficiera d’une tolérance bienveillante justifiée par sa différence culturelle. De même, le président de l’Association des imams de France peut exposer sans problème dans Libération l’infériorité naturelle de la femme et sa nécessaire soumission à l’homme, tandis que pour avoir simplement défendu le respect des femmes au foyer Christine Boutin fut renvoyée illico à Vichy.

Les Lumières savaient identifier leur ennemi («Ecrasons l’infâme»), l’Europe pense qu’il suffit d’affirmer n’avoir plus d’ennemis pour qu’ils disparaissent

Les textes et les lettres des acteurs des Lumières attestent leur inquiétude et leur attention à tout ce qui s’oppose à leurs idées. La faiblesse intrinsèque des sociétés européennes qui vivent sur leur héritage consiste à projeter régulièrement leurs propres valeurs (négociation, délibération, raison et démocratie) en direction de ceux qui les nient. Qu’il s’agisse de la politique d’ «apaisement» face au nazisme ou du pacifisme face au bloc soviétique, la tendance à l’aveuglement sur la réalité ou la dangerosité de ses ennemis semble constituer le revers d’une confiance en soi européenne faite d’un mélange d’arrogance universaliste et d’inconscience naïve.

Une nouvelle illustration en est fournie par le débat sur le «vrai islam» ou l’ «islam des Lumières». Cette préférence pour un islam rêvé est une manière de détourner les yeux de l’islam réel, comme une partie des élites détournèrent longtemps les yeux du communisme réel. Or la dynamique de l’islam mondial, depuis une vingtaine d’années, le pousse à une radicalisation et la tendance actuelle n’est pas au rapprochement, mais à l’éloignement, ainsi que le rappelle Abdelwahab Meddeb dans un texte passionnant mais pessimiste du catalogue de l’exposition Lumières!

Il y eut un mouvement des Lumières au sein des élites musulmanes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Epoque où, parmi bien d’autres, le mufti d’Egypte Muhammad Abduh affirmait que, en cas de conflit entre la Raison et la tradition religieuse, «c’est à la Raison qu’appartient le droit de décider». De même, Qasim Amin revendiqua l’égalité de l’homme et de la femme dans une société totalement mixte. Et Ali Abderraziq proposa de renoncer au système de pouvoir de l’Etat islamique pour adopter la forme des Etats européens, séparant pouvoirs spirituel et temporel. Ce mouvement des Lumières a échoué. Abdelwahab Meddeb souligne que la rupture nécessaire, trop forte, fut d’autant plus considérée comme une trahison qu’elle consistait à s’aligner sur un univers européen de culture chrétienne censé être en retard par rapport à l’islam, qui se voit comme la forme ultime du monothéisme.

Et il y a bien, autre tabou, un rapport particulier de l’islam avec la violence. A l’origine, Mahomet fut un chef religieux et militaire allant de succès en succès par les armes, tandis que Jésus fut un homme seul et pourchassé ayant comme seule arme le verbe. Cette ambiguïté persiste avec la présence de nombreux versets du Coran appelant au meurtre des non-musulmans, versets sans équivalents dans les textes judéo-chrétiens. Ce qui se traduit par une dissymétrie fondamentale: les religions chrétiennes furent sanglantes et meurtrières en s’éloignant de leurs textes tandis que l’islam le fut en se rapprochant des siens. C’est pourquoi les partisans d’un islam pacifique proposent de réformer le Coran en le purgeant de ses versets violents contre les infidèles. Mais, pour l’instant, ces réformateurs y laissent souvent leur vie.

D’où le non-dit sur les caricatures représentant le Prophète en guerrier: elles correspondent bien à une facette historique de Mahomet à laquelle Al-Qaeda et consorts restent fidèles et il n’est pas douteux que les images télévisées répétées d’égorgements au nom d’Allah l’entretiennent auprès du plus grand nombre, comme le souligne Pascal Bruckner: «Si tous les musulmans ne sont pas terroristes, une majorité de terroristes se réclament de l’islam, entachent la réputation de leurs coreligionnaires, traînent leur religion dans la boue, le sang, les massacres.»

Car, depuis la défaite des partisans des «Lumières de l’islam», puis la chute de l’Empire ottoman, la réaction fondamentaliste n’a cessé de se répandre, bénéficiant depuis les années 1970 du renfort des pétrodollars. «L’islamisme, c’est l’islam quand il fonctionne comme une idéologie et une stratégie de pouvoir», selon la formule de Jean Daniel. Et l’un de ses vecteurs – la volonté d’imposer ses tabous et ses croyances aux autres – s’oppose radicalement au principe de relativisation religieuse des Lumières et ne cesse de progresser, puisqu’il ne vaut plus seulement pour les pays de culture musulmane, mais revendique désormais son application dans les pays issus des Lumières, comme vient de le symboliser l’affaire de la représentation du Prophète: comprenons bien que les manifestants islamistes sont hostiles non aux caricatures des religions (qu’ils pratiquent régulièrement au détriment du christianisme et du judaïsme dans leurs journaux et leurs sites avec un sens de l’ignominie sans commune mesure avec les pauvres croquis danois), mais aux caricatures de l’islam, qui, seul, mérite d’être défendu.

Le paradoxe tragique est de voir les responsables européens céder du terrain à ceux qui combattent les valeurs des Lumières, au détriment des musulmans condamnés à vivre en Occident parce qu’ils souhaitent une modernisation de l’islam. Ainsi du philosophe Abdennour Bidar, qui demande que le «choix de sa pratique, de sa croyance, de sa religion, de son mode de vie, bénéficie d’une véritable et entière reconnaissance dans la culture musulmane, ce qui n’est pas le cas»: «Aucune légitimité réelle n’a jamais été donnée à l’initiative individuelle de celui qui choisirait de ne pas respecter telle ou telle prescription de la charia.»

Mais si l’Europe avait fini par reconnaître et aider les dissidents du communisme, les dissidents de l’islam ne bénéficient pas de la même attention: ils ne sont pas écoutés, à l’instar de la députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, dont le discours récemment prononcé à Berlin fut sans doute la parole la plus fidèle aux Lumières ayant émané d’un élu européen ces dernières années. De même, cette Europe, qui n’a cessé de dire, à la suite de Raymond Aron, que le sous-développement du bloc de l’Est s’expliquait par l’absence de liberté, estime inconvenant de reconnaître que celui des pays musulmans résulte aussi de cette absence de liberté, malgré les énormes revenus du pétrole. D’où l’usage rhétorique de la responsabilité du colonialisme dans ces pays qui constituent aujourd’hui la seule partie du monde uniformément résistante à la démocratie, à l’écart des échanges scientifiques et culturels, celle qui possède le moins de chercheurs et où l’on traduit le moins de livres.

Alors que les élites européennes entretiennent «une forme d’autocensure par rapport à la critique de l’islam», comme l’observe Stéphane Rozès, de l’institut CSA, les populations européennes viennent de découvrir son influence liberticide sur le sol européen. Il y a bien «opposition de valeurs» entre l’Occident et la littéralité du Coran, estime Yves Charles Zarka, professeur à la Sorbonne et l’un des rares à écrire publiquement ce que la plupart de ses collègues disent en privé. Deux conceptions antagonistes de la vie dans la cité et de la liberté individuelle, ainsi que l’a formulé lui-même le Premier ministre turc en dénonçant l’ «arrogance culturelle» de l’Europe, qui aurait cherché, selon lui, avec les caricatures, à «mettre à l’épreuve la patience du monde islamique et sa conception de la liberté».

Car cette revendication d’une différence de valeurs n’est pas niée: il suffit d’écouter, ou de lire. Ainsi de cette invraisemblable Déclaration islamique universelle des droits de l’homme, régulièrement invoquée par les organisations islamiques mais rarement consultée. Adoptée le 19 septembre 1981 à Paris, lors d’une réunion organisée par l’Unesco, cette déclaration parle pourtant d’or. C’est la négation de celle de 1789: «Les droits de l’homme de l’islam sont fortement enracinés dans la conviction que Dieu, et Dieu seul, est l’auteur de la Loi et la source de tous les droits de l’homme.» Elle se borne donc, dans la plupart des domaines, à s’en remettre à la charia.

Ce qui empêche de la lire pour ce qu’elle est, c’est un refus permanent de voir ce qui est sous les yeux. Un journal télévisé peut ainsi expliquer que les «protestations contre les caricatures dégénèrent en violences interconfessionnelles» parce que, dans plusieurs pays, les manifestants s’en sont pris à des chrétiens pour se venger des Danois. Les Verts allemands, très pointilleux sur l’homophobie, protestent contre une question posée aux nouveaux immigrés turcs pour s’assurer de leur tolérance envers les homosexuels. L’AFP, Canal + et France 2, qui ne nous avaient pas habitués à ces pudeurs, décident de censurer les «paroles provocatrices» de Fofana et les images le montrant faisant le signe de la victoire. Et, après la punition par le feu de Chahrazad, à Neuilly-sur-Marne, la Ligue des droits de l’homme publie un communiqué dénonçant «la violence et l’archaïsme des rapports de sexe dans lesquels vit encore la société française» ?
Les Lumières, fragiles, peuvent s’éteindre si elles ne sont pas défendues

Dernière différence qui nous sépare des artisans des Lumières: ils avaient conscience de la fragilité et de la contingence de leurs valeurs, parce qu’ils avaient connu l’absolutisme et le poids des préjugés qui lui préexistaient. Ils savaient qu’il fallait défendre avec conviction, et en permanence, l’esprit des Lumières. En Grande-Bretagne, où une chaîne de télévision a récemment annulé la diffusion d’un documentaire sur les abus contre les filles musulmanes pour éviter d’ «augmenter la tension communautaire», Tony Blair vient d’expliquer que son action politique était «dictée par sa conscience religieuse» et que «Dieu seul le jugerait», ce qui constitue une négation de la représentation politique se soumettant à la délibération démocratique et à la Raison.

Nous n’en sommes pas encore là en France. Mais dans ce pays où la prétention du religieux à primer ne fut défaite, non sans violence, que par la loi de 1905, l’oubli des politiques, à commencer par le président de la République, de célébrer solennellement le centenaire de cette loi – afin de «ne pas heurter les sensibilités religieuses», comme on l’expliquerait en haut lieu – constitue le signe évident d’un déficit de conviction. Dans un pays ou un directeur de journal peut désormais être licencié pour blasphème et où le producteur d’Arte Daniel Leconte, qui a reçu plusieurs fois Salman Rushdie, en vient à avouer qu’il «serait aujourd’hui difficile de refaire ces émissions», l’attitude de Jacques Chirac à l’égard de Charlie Hebdo ainsi que son pathétique périple de VRP en Arabie saoudite sans un mot contre le boycott des produits danois, confirme cette défaillance. Il n’est donc pas étonnant que le président de la République vienne de recevoir – non pas d’islamistes, mais de l’intégralité des représentants de l’ «islam modéré» du Conseil français du culte musulman mis en place par Nicolas Sarkozy – une pétition lui demandant une loi rétablissant l’interdiction du blasphème, abrogée en 1791. Cette demande que soit réprimée «l’insulte et la diffamation sur Dieu et ses prophètes» n’est d’ailleurs pas dénuée de menaces, puisqu’elle précise qu’une telle loi est désormais nécessaire pour empêcher la «diffusion d’un esprit malsain risquant de porter atteinte à l’ordre public». Un député UMP s’est déjà empressé de traduire cette requête en proposition de loi édictant que «tout discours, cri, menace, écrit imprimé, dessin ou affiche outrageant, portant atteinte volontairement aux fondements des religions, est une injure».

Voltaire n’est plus là pour répliquer. Qui reprendra sa réponse, que l’on peut lire sous une vitrine à l’exposition Lumières!: «Le droit de dire et d’imprimer ce que nous pensons est le droit de tout homme libre, dont on ne saurait le priver sans exercer la tyrannie la plus odieuse»?

Voir aussi:

Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison.

Blois, le 20 février 2015

D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ?

« Nommer les victimes »

Il y a quatre-vingts ans, en Allemagne, le régime nazi persécutait les Juifs, et la volonté d’Hitler était de les supprimer tous. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils étaient juifs, et pour aucune autre raison.

Il y a trois jours, le groupe Daech en Lybie décapitait froidement 21 coptes égyptiens. Pourquoi ? Pas parce qu’ils étaient égyptiens, mais parce qu’ils étaient coptes, c’est-à-dire chrétiens, et pour aucune autre raison.

Au cas où on en aurait douté, ceux qui ont vu la vidéo diffusée sur internet pouvaient y lire que ces 21 malheureux étaient mis à mort parce qu’ils faisaient partie, je cite, « du peuple de la croix fidèle à l’Église égyptienne ennemie. »

C’est pourquoi personne ne peut être fier du communiqué de l’Élysée condamnant, je cite, « avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens ». Non, personne ne peut être fier de ce communiqué, parce qu’il ne fait pas honneur à notre pays.

Comme l’a rappelé Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient : « Quand on porte atteinte à des juifs danois ou français, il est bien sûr important de rappeler qu’ils sont danois ou français, mais il faut aussi souligner qu’ils ont été tués parce que juifs. En Libye, il est très clair que c’est contre des chrétiens que Daech a voulu agir, que leur foi était visée ».

D’où vient le fait qu’il paraît impossible à certains de nos dirigeants de reconnaître qu’il y a des pays où les chrétiens sont persécutés ou même assassinés parce qu’ils sont chrétiens, et non parce qu’ils sont égyptiens ou libyens ? Reconnaître cela serait-ce attentatoire à la laïcité ? J’affirme aujourd’hui haut et fort que si – ce qu’à Dieu ne plaise – certaines personnes le pensent, même et surtout si elles ont de hautes responsabilités au sommet de l’État, ce n’est pas à leur honneur, ni à l’honneur de la France. Et la situation du monde est trop grave en ce moment pour que, chrétiens ou non, nous puissions nous résigner à avoir honte de notre pays.

Voir encore:

Qui est Mohammed Emwazi, le bourreau anglais qui se cachait derrière « Jihadi John » ?
Métronews

26-02-2015 21:03

TERRORISME – Le bourreau masqué qui apparaît dans plusieurs vidéos d’exécutions de l’Etat Islamique et se faisait surnommer « Jihadi John » a été identifié par la presse. Diplômé en informatique, il est issu d’une famille aisée de Londres.

Il se cachait derrière le surnom « Jihadi John », un pseudo qu’on lui a attribué alors qu’il surveillait des otages occidentaux, à la tête d’un petit groupe de djihadistes se faisant appeler « Les Beatles ». Depuis août 2014, il est apparu dans de nombreuses vidéos d’assassinats revendiquées par l’Etat Islamique (EI), proférant des menaces avec un fort accent de la banlieue de Londres. Ce jeudi, les journaux britanniques et américains ont révélé son identité. Il s’agit de Mohammed Emwazi.

Âgé de 26 ans, le djihadiste présumé né au Koweit a été élevé dans l’ouest de Londres, au sein d’une famille aisée. Diplômé en informatique de la faculté de Westminster, il aurait gagné la Syrie en 2012 avant de rejoindre l’Etat Islamique. Mais la première fois qu’il est repéré par les autorités britanniques, c’est en 2009, lors d’un voyage en Tanzanie au cours duquel il est soupçonné de vouloir se rendre en Somalie. Il n’y parviendra pas : rattrapé par la police, il est emprisonné et ramené vers la Grande-Bretagne.

Figure incontournable

Ce que l’on connait surtout de lui, à présent, c’est sa silhouette. Toujours vêtu de noir et armé d’un couteau, le visage couvert, il apparaît dans au moins sept vidéos d’exécutions. Décidément pas à cours d’alias, il adopte pour nom de guerre Jalman Al-Britani dès sa première apparition dans une vidéo : celle de l’assassinat de James Foley. Suivent celles de Steven J. Sotloff, de David Cawthorne Haines, du chauffeur de taxi britannique Alan Henning et du travailleur social américain Peter Kassig. Devenu figure incontournable du groupe EI, on l’a vu dernièrement dans la vidéo avec les otages japonais, peu avant qu’ils ne soient tués.

Son identification par la presse a été confirmée par Shiraz Maher, l’un des experts britanniques des mouvements djihadistes. Pour lui, le parcours de Mohammed Emwazi démontre que les djihadistes ne sont pas uniquement issus de la pauvreté et de l’exclusion.

Du côté de Scotland Yard, on se refuse à confirmer le nom du suspect, faisant valoir que « l’enquête est toujours en cours » et ne voulant pas compromettre la traque d’un des combattants les plus recherchés de l’EI.


Polémiques Reynié-Cukierman: Ils ont dit la vérité, ils doivent être exécutés (French researcher and community leader castigated for spilling the beans on the reality of Muslim and leftist antisemitism)

25 février, 2015

Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Le Président de la République condamne avec la plus grande fermeté l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye. Il dénonce l’appel au meurtre et à la haine religieuse des terroristes. Il exprime sa préoccupation face à l’extension des opérations de Daech en Libye et rappelle la détermination de la France et de ses alliés à lutter contre ce groupe. Le Président de la République présente ses sincères condoléances au peuple égyptien et s’associe au deuil national que le président Sissi a décrété en République Arabe d’Egypte. François Hollande (commuiniqué de l’Elysée, 15.02.15)
C’est le comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Jean-Luc Mélenchon (sur Pierre Moscovici, 23.03.13)
Je pense qu’à partir du moment où un mouvement d’extrême droite fait 45% et professe la haine de l’autre ce n’est pas anodin. (…) Il faut bien comprendre qu’à partir du moment où l’on stigmatise tel ou tel dans la vie, dans la société, eh bien, ça se termine comme ça. Jean-Christophe Cambadélis
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
Toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulmans, et bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane et les musulmans en sont les premières victimes. Roger Cukierman
En octobre 2004, dans son rapport intitulé Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Jean-Christophe Rufin notait une diminution du rôle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites et, en revanche, une augmentation de celui d’une frange de la jeunesse issue de l’immigration. (…) L’intérêt de la seconde enquête est de vérifier l’hypothèse d’un nouvel antisémitisme, avancée il y a presque quinze ans par Pierre-André Taguieff et reprise par Jean-Christophe Rufin dans son rapport de 2004. Il s’agit donc de savoir si les musulmans vivant en France sont plus ou moins susceptibles que la moyenne de la population nationale à partager des préjugés contre les Juifs, voire à développer une vision antisémite. (…) Enfin, pour comprendre ce regain des mauvaises pensées, il faut compter avec l’influence majeure d’un nouvel acteur, le Web, dont le rôle est rapidement devenu déterminant dans le domaine de l’information mais aussi de l’engagement politique, de la mobilisation militante et de la prise de parole en général et de type protestataire en particulier. La force du Web est décuplée par ses vertus apparentes et pour partie réelles: égalitarisme, spontanéisme, authenticité, immédiateté, universalité… Mais ce nouvel espace public est fortement porté par la possibilité singulière d’émettre des messages, des opinions, de les recevoir, de les partager, sans avoir nécessairement à décliner son identité, c’est-à-dire sans devoir engager sa responsabilité. Dans toute l’histoire de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion, c’est une situation inédite. Ces outils offrent aux antisémites et aux racistes un statut d’extraterritorialité et, finalement, une impunité de fait, qui ne permet plus aux États de droit ni d’assurer la défense des valeurs humanistes ni de punir ceux qui se rendent coupables de les transgresser. (…) Il y a les opinions et il y a les agressions. En France, jamais nous n’avons réussi à descendre au-dessous de la barre de 400 actes antisémites par an depuis le début des années 2000, et l’année 2014 connaît une augmentation impressionnante (+ 91 %). Ainsi, de janvier à juillet 2014, comparativement à la même période en 2013, on a relevé 527 actes antisémites contre 276. La moitié des actes racistes sont des actes contre les Juifs, qui représentent probablement moins de 1 % de la population. Sur le Web, on note l’installation d’un antisémitisme déchaîné. Au cours de l’été 2014, lors des manifestations contre l’intervention israélienne dans la bande de Gaza, des slogans «Mort aux Juifs !» ont été entendus à Paris, place de la République; à Sarcelles, ces cris ont débouché sur la mise à sac de commerces au motif qu’ils appartenaient à des Juifs. Une synagogue a été attaquée. Il en va de même pour les actes atroces commis récemment: l’assassinat, en 2006, d’Ilan Halimi par le gang de Youssouf Fofana; celui, en 2012, de Jonathan Sandler et des enfants Gabriel Sandler, Arieh Sandler et Myriam Monsonego par Mohammed Merah, également meurtrier des malheureux Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf; puis, en 2014, la tuerie de Bruxelles perpétrée par Mehdi Nemmouche. Ne confondons pas ces drames avec des faits sans cause. Ils sont de notre époque et nous disent donc nécessairement de quoi elle est faite. (…) Parmi les informations que nous apporte cette enquête, l’un des points à retenir est certainement le fait que 16 % seulement des personnes interrogées se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle, en France, «il y a plus de problèmes d’antisémitisme que de problèmes de racisme». Autrement dit, 59 % des personnes estiment le contraire, ce qui s’oppose à l’évidence des données sur les agressions antisémites. En France, les actes antisémites constituent 50 % de tous les actes racistes, tandis que la communauté juive représente moins de 1 % de la population nationale. Il faut donc noter que, du point de vue du public, les agressions antisémites ne suscitent pas l’écho et la mémorisation auxquelles on pourrait s’attendre compte tenu de la nature des faits et de leur gravité (…) Selon notre enquête, de tous les partis politiques et des publics qu’ils fédèrent autour d’eux, les sympathisants du Front national et les électeurs de Marine Le Pen constituent l’univers politique et partisan où l’on trouve, et de très loin, le plus d’opinions antisémites et xénophobes. Les sympathisants du FN et ses électeurs ressemblent davantage au discours du fondateur du parti qu’au discours plus policé que sa nouvelle présidente s’efforce de mettre en scène. (…) Les musulmans répondants sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne à partager des préjugés contre les Juifs. La proportion est d’autant plus grande que la personne interrogée déclare un engagement plus grand dans la religion. Ainsi, lorsque 19 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent adhérer à l’idée selon laquelle «les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique», le taux grimpe à 51 % pour l’ensemble des musulmans. Cette question permet d’illustrer les effets de la pratique religieuse sur l’adhésion aux items antisémites: en effet, l’adhésion à cet item est de 37 % chez les personnes qui déclarent une «origine musulmane», de 49 % chez les musulmans croyants» et de 63 % chez les «musulmans croyants et pratiquants». (…) l’idée selon laquelle le sionisme « est une organisation internationale qui vise à influencer le monde», si typique de la vision antisémite, suscite un niveau d’approbation très élevé parmi les musulmans interrogés (44 %), contre 16 % en moyenne de la population âgée de 16 ans et plus. On voit encore ici que la proportion croît avec le degré d’implication religieuse. L’existence d’un complot sioniste est de 30 % chez ceux qui déclarent une «origine musulmane», de 42 % chez les « musulmans croyants » et de 56% chez les «musulmans croyants et pratiquants ». (…) Les préjugés contre les Juifs sont plus répandus au sein de la mouvance du Front de gauche que dans l’ensemble de la société française, mais ils sont moins répandus que dans la mouvance du Front national. Dominique Reynié
Les musulmans sont pris pour cible, ça suffit ! L »‘islamo-fascisme » cautionné par Roger Cukierman, c’est une « terminologie d’une autre siècle et d’autres horizons que les nôtres. Dalil Boubakeur
Considérer que toutes les violences aujourd’hui sont commises par des jeunes musulman sont des déclarations irresponsables et inadmissibles quii contreviennent au principe même du vivre ensemble. Communiqué du Conseil français du Culte Musulman (CFCM)
Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons d’être méfiant à l’égard de Dominique Reynié, politocrate omniprésent, et de sa tambouille sondagière. Ses attaques assez ignobles contre Mélenchon, proférées sur le complaisant plateau de France Inter (1) sans déclencher d’autre réaction qu’une timide objection de Thomas Legrand. Les questions à la mords moi le noeud de son sondage Internet. Ses phrases qu’il faudrait découper au scalpel pour en analyser les manipulations, comme par exemple sa dénonciation de « cette idée que les juifs contrôlent l’économie, qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite ». Ces trois propositions (relisez-les bien) énoncées toutes les trois dans la même phrase, passez muscade, sans déclencher, cette fois, la moindre objection de Patrick Cohen. Daniel Schneidermann
Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson, après Dumas, voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère. Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses. Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».(…) Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ». Daniel Schneidermann
Et voilà que Roger Cukierman s’avise soudainement (…) de dire des banalités : d’abord, les violences antijuives sont très majoritairement commises par des musulmans, deuxio que Marine Le Pen, sur ce point est irréprochable – bon, je n’aurais peut-être pas dit irréprochable, mais je dois être plus politique que lui. Ces propos déclenchent un charivari indescriptible et la défection bruyante de Boubakeur. Mais le véritable scandale, celui qui déclenche des réactions furibardes de Jack Lang à Sarkozy, c’est le quitus accordé à Cukierman à Marine Le Pen, comme si, en la lavant du soupçon d’antisémitisme, il risquait de faire sauter la dernière digue qui empêche pas mal d’électeurs, et pas seulement les juifs, de voter FN. L’indignation enfle de toutes parts jusqu’à ce que, le lendemain, Cukierman fasse piteusement repentance en jurant qu’on l’a mal compris et en affirmant que Marine Le Pen n’est finalement pas si irréprochable que cela. La franchise de Cukierman me semble à vrai dire plus honorable que sa reddition. Qu’il ait été lynché pour avoir dit des vérités ou en tout cas des choses raisonnables prouve, si besoin est, que le déni de réel est en passe de devenir un devoir civique. Elisabeth Lévy
The Toulouse massacre did not bring French anti-Semitism to a halt. It actually increased. (…) The immediate reason for Jewish pessimism in France (…) may be the Toulouse massacre last March: the murder in cold blood of three Jewish children and a Jewish teacher by Mohamed Merah, a Muslim terrorist, on their school’s premises. This crime, instead of instilling more compassion and understanding towards the Jewish community, has actually generated more anti-Jewish violence and hate talk, as if Merah was not seen as a vile thug but rather as a model by parts of the population. There were no less than six cases of aggravated assault on Jewish youths or rabbis in France from March 26 to July 5, including one case in Toulouse again. According to the Representative Council of French Jewish Organizations (CRIF), anti-Semitic incidents of all sorts have increased by 53% compared to the same period last year. (…) The connection between Muslim immigration — or Muslim-influenced Third World immigration — and the rise of a new anti-Semitism is a fact all over Europe. Muslims come from countries (or are culturally attuned to countries) where unreconstructed, Nazi-style Jew-bashing dominates. They are impervious to the ethical debate about the Holocaust and the rejection of anti-Jewish stereotypes that were gradually incorporated into the European political discourse and consciousness in the second half of the 20th century (to the point that lessons on the Holocaust are frequently dropped from the curriculum at schools with a plurality or a majority of Muslim pupils), and are more likely than non-Muslims to engage in assaults, attacks, or harassment practices directed at Jews. Moreover, Muslim anti-Semitism reactivates in many places a dormant, but by no means extinct, non-Muslim European anti-Semitism. Once Muslims are unopposed, or at least unprosecuted, when they challenge the historical veracity of the Holocaust or when they refer to the The Protocols of the Elders of Zion as an authentic document, a growing number of non-Muslims feel free to do the same. (…) Muslim immigration is nurturing European anti-Semitism in more surprising ways as well. One unintended and ironic consequence of European Islam’s demographic growth is that Jews are frequently amalgamated with Muslims. Many people use a widespread concern about a growing influence of Islam in Europe as a way to hurt Jews as well, or to hit them first. (…)  to wrest Europe or any historically Christian part of the world from Christianity; recognizes the supremacy of state law over religious law in non-ritual matters; and sees Western democracy — a polity based on the rule of law — as the most legitimate political system. But Europeans are not culturally equipped to understand such nuances or to keep them in mind (far less than the Americans, who are more religious-minded, more conversant in Biblical matters, and more familiar with the Jewish way of life). (…) And what usually originates as a reaction against difficulties linked to radical brands of Islam quickly evolves into a primarily anti-Jewish business. (…) Earlier this year in France, during the last months of the conservative Sarkozy administration, a debate about the rapidly growing halal meat industry led to attacks against the kosher meat industry as well, complete with uncomely remarks about “old-fashioned rituals” by then-Prime Minister François Fillon. While Fillon subsequently “clarified” his views, the Sarkozy administration upheld its support for some kind of “tagging” of “ritually slaughtered meat,” a European Union-promoted practice that would prompt commercial boycott of such food and thus make it financially unaffordable for most prospective buyers. Since kosher meat regulations are much stricter than halal meat regulations, religious Jews would be more hurt at the end of the day than religious Muslims. (…) In Germany, a rare case of malpractice by a German Muslim doctor in a Muslim circumcision led a court in Cologne to ban circumcision on children all over Germany on June 19, on the quite extravagant grounds that only legal adults may decide on issues irreversibly affecting their body, except for purely medical reasons. Which is tantamount, in the considered issue, to denying parents the right to pass their religion to their children. Conservative Chancellor Angela Merkel immediately filled a bill to make religious circumcision legal in Germany, and it was passed on July 19 by the Bundestag (somehow, German conservatives are nowadays more genuinely conservative than, say, their French counterparts). But according to a YouGov poll for the DPA news agency released at about the same moment, 45% of Germans support the ban, while only 42% oppose it. In an even more ominous instance, Judaism has been singled out in a protracted intellectual debate in France since early June, as the fountainhead, past and present, of totalitarianism and political violence and thus as a more dangerous religion than radical Islam. Michel Gurfinkiel
Le président du CRIF crève, enfin, l’abcès (…) Aujourd’hui, il n’y a pas de tuerie au nom de Jésus ou de YHVH, ni même au nom d’Israël puisque si morts d’enfants il y a eu à Gaza comme le dénoncent les tueurs de juifs en France, à Copenhague, à Bruxelles, ces morts n’ont jamais été fait sciemment mais par accidents non voulus suite au refus forcené des Arabes à refuser le fait juif pensé en tant que Nation indépendante et non pas seulement en tant que peuple du « livre » qui doit être toléré mais dominé parce que déviant comme l’indiquent les textes coraniques ; rappelons que c’est bien les arabo-musulmans qui ont refusé la partition de 1947 et non les Juifs, et, aujourd’hui, en Syrie il y aurait 210.000 tués, 3 millions de Syriens exilés, 10 millions en exode au sein même du pays, soit une situation bien pire qu’en 47 en Palestine ; aussi, dire déjà cette vérité, là, de la part de ces dirigeants musulmans seraient un bien grand pas en avant vers ce fameux « vivre ensemble » dont se réclament ces dirigeants musulmans français. Car si, en effet, il n’y a pas eu, en France, de délation opérée par des musulmans sous Vichy contre les Juifs, il ne s’ensuit pas qu’en Algérie, en Égypte, en Syrie, en Irak, au Maroc, et ce sous loi islamique, il n’y ait pas eu des délations et des meurtres de Juifs ; la preuve ? Outre ces divers pogromes dont a parlé un Albert Memmi, des centaines de milliers ont dû s’enfuir d’Algérie parce qu’ils ne voulaient pas devenir des citoyens de seconde zone comme le sont devenus les Algériens eux-mêmes qui l’ont prouvé en venant massivement en France (…). N’oublions pas tous les juifs qui ont été jetés dehors des pays arabo-musulmans depuis la naissance d’Israël. Lucien Oulahbib
Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ? Brice Couturier
Roger Cukierman (…) n’a fait que dire une triste évidence – tous les islamistes étant musulmans (…) Je vis ce qui s’est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l’islamo-gauchisme. La détestation d’Israël ( comme l’a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L’antisémitisme issu de l’extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c’est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l’idéologie gauchisante: depuis qu’elle est présidente du FN, Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c’est se montrer, en creux , nostalgique de l’extrême droite d’antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN , en revanche, celui ci n’a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir. (…) Le CRIF (…) paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d’avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J’exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui c’est passé, que le Parti Communiste (dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d’honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts ( dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives ) soient invités et pas le FN! Gilles-William Goldnadel 

Attention: un scandale peut en cacher un autre  !

A l’heure où contre les clients d’une épicerie parisienne « tués au hasard » de Barack Obama et les « Egyptiens égorgés » de François Hollande …

Nos djihadistes ne savent plus quoi inventer pour démontrer l’origine religieuse de leurs barbaries …

Pendant qu’en France comme Grande-Bretagne, il semble bien que contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, ce soit non l’incitation du FN que les attaques djihadistes comme les déchainements de violence verbale des manifestations anti-israéliennes qui entrainent les regains d’actes antisémites …

Et qu’un chercheur et un responsable communautaire se voient mis au pilori pour avoir, dix ans après le Rapport Rufin, rappelé l’évidence …

A savoir la surreprésentation des musulmans dans les violences intercommunautaires …

Comme, sans compter le quitus ô combien coupable accordé sur ce point précis à la présidente du FN, celle des Français d’origine musulmane et des proches de l’extrême-gauche dans les opinions antisémites …

Comment ne pas se demander avec le journaliste de radio Brice Couturier …

Si ce n’est pas « parce que le nouvel anti-judaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité » ?

Et ne pas voir, avec l’avocat Gilles-William Goldnadel, le vrai scandale que « de tels propos puissent faire encore scandale » ?

Goldnadel : le scandale est que les propos de Cukierman fassent encore scandale !
Propos recueillis par Vincent Tremolet de Villers
Le Figaro
24/02/2015

FIGAROVOX/ENTRETIEN- L’avocat Gilles-William Goldnadel réagit aux polémiques provoquées par les déclarations de Roger Cukierman sur le Front National et les musulmans. Il revient sur le dîner du Crif.

Gilles- William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Le diner du Crif a provoqué une sérieuse polémique entre Roger Cukierman et le CFCM. M. Boubakeur a-t-il eu raison de ne pas se rendre au dîner? Roger Cukierman a-t-il eu tort de pointer du doigt les musulmans?

Il me semble que Roger Cukierman avait pris la précaution de préciser que les jeunes musulmans visés étaient ultra minoritaires. Dès l’instant ou il n’a fait que dire une triste évidence – tous les islamistes étant musulmans – et dans les circonstances actuelles, la décision de M. Boubakeur est déplorable et étonnante venant d’une personnalité aussi respectable.

En ce qui concerne l’antisémitisme Marine Le Pen est elle selon vous «irréprochable» comme l’a dit Roger Cukierman?

Je vis ce qui s’est passé hier comme une régression intellectuelle et politique surréaliste après une saignée de janvier qui a montre dramatiquement ce que je dis depuis des lustres: la violence anti-juive est le produit de l’islamo-gauchisme. La détestation d’Israël ( comme l’a reconnu enfin Hollande hier) est son moteur moderne. L’antisémitisme issu de l’extrême droite, pour exister encore, est subalterne. Ce qui est scandaleux, c’est que les propos de Roger Cukierman fassent encore scandale: cela prouve la force de frappe de l’idéologie gauchisante: depuis qu’elle est présidente du FN, Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père, elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah. Ne pas en prendre acte c’est se montrer, en creux , nostalgique de l’extrême droite d’antan et des petits frissons shoatiques. En ce qui concerne le FN , en revanche, celui ci n’a pas achevé son aggiornamento. Il conserve en son sein des personnalités notoirement antisémites ou proches du Hezbollah. Il doit choisir.

Depuis qu’elle est présidente du FN , Marine Le Pen n’a fait effectivement aucune déclaration anti juive qu’on puisse lui reprocher. Au rebours de son père , elle est sortie définitivement de l’ambiguïté a l’égard de la réalité et des horreurs de la Shoah.

François Bayrou refuse de s’y rendre, le FN n’y est jamais invité, Nicolas Sarkozy y est resté une demi heure…Ce qui devait être un dîner de rassemblement n’est-il pas devenu un rendez vous politicien et même polémique?

Je ne me rends plus aux dîners du CRIF depuis trois ans. Celui-ci paie a présent son tribut au politiquement correct et au fait d’avoir choisi de faire, à chaque fois, un pas en avant, un pas en arrière. J’exhorte depuis trop longtemps la communauté organisée à sortir de son hémiplégie morale et politique. Il est littéralement insensé après tout ce qui c’est passé, que le Parti Communiste ( dont de nombreuses municipalités ont fait citoyens d’honneur des terroristes tueurs de juifs) et les Verts ( dont certains membres ont participé aux manifestations sur Gaza qui ont viré a la haine et aux exactions anti juives ) soient invités et pas le FN! J’ai toujours dit a Roger Cukierman: «ou tous les extrêmes ou aucun!»… Quand on est incohérent et louvoyant, on le paye. La facture est arrivée.

Voir aussi:

A nouveau, l’antisémitisme tue en France 
Brice Couturier

France Culture

23.02.2015

Après la destruction du Temple et de la ville de Jérusalem par le général romain Titus, fils de l’empereur Vespasien, en l’an 70 de notre ère, et l’extermination d’un quart de la population vivant alors en Palestine, les Juifs survivants furent dispersés aux quatre coins de la Méditerranée. Comment un peuple peut-il survivre à 19 siècles de dispersion, « comme autant de fines gouttelettes d’huile sur les eaux profondes des autres civilisations », selon l’expression de Fernand Braudel ? Par quel miracle, a-t-il ensuite réchappé à l’entreprise d’extermination hitlérienne ? Puis à son expulsion, au cours des années 50 et 60, des pays arabes où les Juifs vivaient depuis des siècles ? Shmuel Trigano a une explication : les Juifs sont à la fois un peuple et une église – le judaïsme. Ca aide à persister. « Quand le peuple se dispersa dans l’exil, c’est l’église qui prédomina et assura l’unité des dispersés. » (Quinze ans de solitude, p. 31) Et réciproquement.

Les Juifs de France furent émancipés par la Révolution à titre individuels, en tant que citoyens. C’était sous-entendre qu’ils allaient se fondre dans cette humanité sans appartenances dont avaient rêvée nos philosophes. Comme on sait, les choses se passèrent autrement : les citoyens devinrent des patriotes et notre Révolution déboucha sur une idéologie toute nouvelle, le nationalisme. Toute l’Europe s’y convertit au cours du XIX° siècle, amenant les Juifs à se demander où était leur place au juste dans cette configuration nouvelle, l’Etat-nation. L’empereur Napoléon 1°, en tirant les conséquences, leur commanda de s’organiser, face à son Etat, sous la forme d’un Consistoire. C’est à cette occasion que naît, d’après vous, la légende du « complot juif mondial ».

Si on ajoute le fait que les Juifs, après avoir longtemps hésité sur la meilleure façon d’échapper aux persécutions – ont été le dernier peuple en Europe à vouloir s’émanciper par la construction d’un Etat-nation, mais qu’ils y sont parvenus au moment même où en Europe, cette conception avait du plomb dans l’aile pour cause de guerres mondiales, on conçoit que la situation n’est pas simple.

C’est que nous vivons sous l’empire de l’idéologie de la déconstruction, que vous avez remarquablement décrite dans un petit livre à recommander, « La nouvelle idéologie dominante ». Et que cette idéologie sape de manière prioritaire la démocratie représentative dans le cadre de l’Etat-nation, pour lui substituer le dialogue entre des communautés, la « démocratie participative » qui offre une prime aux minorités. Minorités, qui « ne sont plus définies en fonction d’un critère quantitatif, mais qualitatif : elles désignent une situation réputée dominée et victime ».

Les Juifs pourraient facilement s’intégrer dans ce jeu nouveau, eux que l’histoire européenne reconnaît depuis quelques temps comme les victimes les plus absolues du XX° siècle. C’est un jeu que vous refusez, Shmuel Trigano, car il enclenche un processus de concurrence victimaire avec d’autres « minorités ». Et qu’une telle histoire, outre qu’elle confinerait les Juifs à ce statut de victimes, ferait d’eux les simples objets d’une histoire écrite par leurs persécuteurs.

En outre, comme vous le montrez, la Shoah, en passant du registre de l’histoire des Juifs d’Europe à une forme de sacralité occidentale, est devenue une abstraction qu’on se jette à la tête. Le plus formidable paradoxe de notre époque « post-moderniste » étant qu’elle puisse aujourd’hui resservir contre l’Etat d’Israël, devenu, pour l’idéologie dominante, « le paria des nations », alors qu’il s’agit sans doute de la seule démocratie pluriculturelle du Moyen Orient.

Pour en revenir à notre pays, il y a eu une montée des actes antisémites depuis une quinzaine d’années. Elle fut d’abord niée, afin, disait un ancien ministre de l’Intérieur, de « ne pas jeter de l’huile sur le feu ». Puis, il y eut l’enlèvement, la torture et le meurtre d’Ilan Halimi. Les enfants et professeurs assassinés par Mohamed Merah, à l’école Ozar Hatorah Toulouse. Le crime du musée juif de Bruxelles, commis par un Français, Mehdi Nemmouche. Le dernier en date, celui de Amedi Coulibaly, contre des clients du supermarché cacher de la Porte de Vincennes. La semaine dernière, 250 tombes d’un cimetière juif alsacien ont été profanées. Selon Le Monde, le meneur de la bande est connu comme « militant anti-fasciste ». Dans quel monde vivons-nous pour que l’antifascisme new look puisse inspirer un regain d’antisémitisme ?

Longtemps, on a nié que l’antisémitisme puisse tuer en France. Longtemps, on l’a guetté du côté de l’extrême droite, qui avait, en effet, une longue tradition de haine des Juifs. Est-ce parce que le nouvel antijudaïsme criminel ne vient plus de ce côté, qu’on a tant cherché à en nier la réalité ?

 Voir aussi:

Le président du CRIF crève, enfin, l’abcès
Lucien SA Oulahbib

Resiliencetv

Le 24/2/2015
Car il y en a plus qu’assez d’entendre, pratiquement, de la part de certains dirigeants musulmans français que ce serait en quelque sorte à cause de certains (là-aussi) de leurs concitoyens juifs français qu’il y aurait eu des meurtres opérés par des individus se réclamant de l’islam.

Parce que s’offusquer des propos du Président du CRIF revient dire à cela. Déjà en niant l’évidence : ces individus qui ont tué l’on fait systématiquement au nom de l’islam, et ils ne sont pas les seuls à le faire ces temps-ci dans le monde ; or, rétorquer, et ce principalement, et avec colère en plus, ce qui est un comble, que l’on n’est pas concerné, revient en fait à s’en laver les mains, surtout en mettant en équivalence le fracas de stèles, des insultes verbales et écrites, et la balle qui fracasse la tête d’un enfant comme ce fut le cas à Toulouse.

Si tant de gens de part le monde tuent au nom de l’islam, c’est bien parce qu’ils cherchent à légitimer leur acte, or, indiquer que d’autres tuent aussi bien au nom d’autres légitimations n’effacent en rien ces actes effectués au nom de l’islam. Simplement celui-ci, et d’ailleurs son histoire le prouve amplement, n’est pas exempt de tels conflits et contradictions, surtout lorsque toute réforme en son sein a été tuée dans l’oeuf, à la différence des autres religions qui ont dû évoluer. Au tour de l’islam de le faire ou de se démettre puisque sa « paix » ne peut être celle des cimeterres comme naguère…

Il ne faut donc quand même pas pousser, car, aujourd’hui, il n’y a pas de tuerie au nom de Jésus ou de YHVH, ni même au nom d’Israël puisque si morts d’enfants il y a eu à Gaza comme le dénoncent les tueurs de juifs en France, à Copenhague, à Bruxelles, ces morts n’ont jamais été fait sciemment mais par accidents non voulus suite au refus forcené des Arabes à refuser le fait juif pensé en tant que Nation indépendante et non pas seulement en tant que peuple du « livre » qui doit être toléré mais dominé parce que déviant comme l’indiquent les textes coraniques ; rappelons que c’est bien les arabo-musulmans qui ont refusé la partition de 1947 et non les Juifs, et, aujourd’hui, en Syrie il y aurait 210.000 tués, 3 millions de Syriens exilés, 10 millions en exode au sein même du pays, soit une situation bien pire qu’en 47 en Palestine ; aussi, dire déjà cette vérité, là, de la part de ces dirigeants musulmans seraient un bien grand pas en avant vers ce fameux « vivre ensemble » dont se réclament ces dirigeants musulmans français.

Car si, en effet, il n’y a pas eu, en France, de délation opérée par des musulmans sous Vichy contre les Juifs, il ne s’ensuit pas qu’en Algérie, en Égypte, en Syrie, en Irak, au Maroc, et ce sous loi islamique, il n’y ait pas eu des délations et des meurtres de Juifs ; la preuve ? Outre ces divers pogromes dont a parlé un Albert Memmi, des centaines de milliers ont dû s’enfuir d’Algérie parce qu’ils ne voulaient pas devenir des citoyens de seconde zone comme le sont devenus les Algériens eux-mêmes qui l’ont prouvé en venant massivement en France (alors que les Marocains et Tunisiens leur étaient préférés concernant l’embauche comme l’a démontré Daniel Lefeuvre dans son livre Pour en finir avec la repentance coloniale). N’oublions pas tous les juifs qui ont été jetés dehors des pays arabo-musulmans depuis la naissance d’Israël.

Aussi ces dirigeants musulmans français qui refusent de voir la réalité de leurs ouailles devraient cesser de montrer la paille nichée dans l’oeil de leur voisin au lieu de se préoccuper de la poutre qui se trouve plantée dans leur propre oeil. Aussi « pacifique » soit-il.

Voir aussi:

Les vieillards se lâchent : contrer Cukierman
Daniel Schneidermann
Rue 89

24.02.15

Dans la série « les grands vieillards se lâchent », après Tesson (1), après Dumas (2), voici Roger Cukierman. Roger Cukierman, 79 ans, est le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France. Qui représente-t-il exactement ? Qui l’a élu ? Qui le renouvelle à son poste ? Personne ne le sait exactement, mais il est là, il a micro ouvert, et une fois l’an, c’est lui qui invite à un dîner de gala les huiles de la République (largement aux frais du contribuable, d’ailleurs. Le carton d’invitation, mentionnant le prix de 900 euros par couvert, ouvrant droit à une déduction fiscale de 800 euros, fait les délices d’une partie de l’islamosphère (3)).
Cukierman, lundi matin, est donc invité d’Elkabbach. Et entre autres énormités, il dit deux choses (4). Premièrement que sur le plan de l’antisémitisme, Marine Le Pen est « personnellement irréprochable », même si quelques légers antécédents dans son parti empêchent malencontreusement son invitation au dîner annuel. Deuxièmement, que les violences antisémites sont toutes « commises par des jeunes musulmans », même si c’est « une toute petite minorité des musulmans français ». N’empêche qu’il faut absolument que « les musulmans eux-mêmes se mobilisent pour les contrer ».
Toutes les violences commises par de jeunes musulmans ? On attend les réactions. On est sûrs qu’elles ne vont pas manquer. Après tout, Zemmour a été poursuivi pour une déclaration à peu près similaire, sur « les Noirs et les arabes » (5). Les intellectuels, les politiques, le MRAP, la LICRA, tous ceux qui ont réagi la semaine dernière après le dérapage antisémite coproduit par Bourdin et Dumas sur RMC (6), tous ceux qui ont expliqué sans même en examiner le bienfondé, que ce genre de phrase est tout bonnement inacceptable, tous ceux-là vont forcément réagir une fois de plus. Pas possible qu’il en soit autrement.
Mais non. Personne. Un tweet réprobateur immédiat de…Laurence Parisot, un dessin bienvenu de Johann Sfar posté sur Instagram, et c’est à peu près tout. Le soir, au dîner du CRIF, Hollande prononce le discours prévu. Tout juste prend-il soin de rappeler que le saccage du cimetière de Sarre-Union était le fait de « Français de souche, comme on dit », première occurence remarquable du terme (7) dans une bouche officielle, qui peut, à la limite, en tendant bien l’oreille, s’intepréter comme une réponse polie à Cukierman. Pour le reste, tout le monde est là, sauf le recteur de la Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, qui s’est décommandé. Mais, à en croire Cukierman, c’est un accès de mauvaise humeur passagère, ça va s’arranger. Si on était très mauvais esprit, on serait tenté de conclure que « tous les dérapages islamophobes sont commis par des gérontes juifs ». Ce n’est certes « qu’une toute petite minorité de la communauté juive française ». N’empêche qu’il serait bienvenu « que les Juifs eux-même se mobilisent pour les contrer ».

Antisémitisme : le nommer, hélas
Daniel Schneidermann
Rue 89

19.02.15

Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons d’être méfiant à l’égard de Dominique Reynié, politocrate omniprésent, et de sa tambouille sondagière. Ses attaques assez ignobles contre Mélenchon, proférées sur le complaisant plateau de France Inter (1) sans déclencher d’autre réaction qu’une timide objection de Thomas Legrand. Les questions à la mords moi le noeud de son sondage Internet. Ses phrases qu’il faudrait découper au scalpel pour en analyser les manipulations, comme par exemple sa dénonciation de « cette idée que les juifs contrôlent l’économie, qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite ». Ces trois propositions (relisez-les bien) énoncées toutes les trois dans la même phrase, passez muscade, sans déclencher, cette fois, la moindre objection de Patrick Cohen.
Bien sûr, on a toutes les bonnes raisons de se boucher les oreilles aux cris d’orfraie du CRIF, à sa manière de délégitimer toute critique de la politique israélienne en la faisant passer pour de l’antisémitisme. Et si ce n’était que le CRIF ! On se souvient des discours gouvernementaux français contre les manifs pro Gaza, l’été dernier. Manifester contre les bombardements de Netanyahu, bien entendu, c’était faire preuve d’un antisémitisme exacerbé.
Bien sûr bien sûr bien sûr. Tous ces « bien sûr », c’étaient nos Bien sûr d’avant Charlie. Et d’avant l’Hyper Kacher -car il ne faut pas oublier l’Hyper Kacher, derrière Charlie. Epoque confortable, où on pouvait s’abriter derrière des Bien sûr. Mais il y a eu Charlie. L’inconcevable est advenu. On ne l’imaginait même pas, et c’est là. Il y a mille leçons à en tirer, dont une : on n’a plus le droit de s’abriter derrière des Bien sûr, quels qu’ils soient, où qu’ils soient. L’après Charlie nous oblige, dans notre appréhension du paysage, à une certaine humilité du regard. Et notamment, à regarder en face ce que nous mettent sous les yeux même ceux que l’on avait toutes les bonnes raisons de ne pas vouloir écouter. A admettre, par exemple, que les cinq ados du cimetière de Sarre-Union ont bien crié Heil Hitler dans le cimetière, si l’on en croit, selon le procureur, leurs aveux de garde à vue (attention aux aveux de garde à vue, je sais, mais en attendant le procès, on n’a pas d’autres éléments pour l’instant). Heil Hitler. Cinq ados, dont la veille encore, leurs copains de classe expliquaient à toutes les caméras du pays à quel point ils étaient sympas, bons camarades, travailleurs en classe, et tout et tout.
Admettre, donc, que se développe bien un antisémitisme mutant, certainement pour une part borborygmatique, inconscient de lui-même, certainement aussi pour une part provoqué par le CRIF et ses hurlements au loup, par les démonstrations tarabiscotées à la Reynié, donc créé, en coproduction avec les soralo-dieudonnistes, par ceux-là même qui voulaient le combattre, oui. Mais tout de même admettre qu’il est là, maintenant, installé, stagnant, incrusté, sur des territoires évidemment limités, sans doute très distincts les uns des autres, mais solidement tenus. L’admettre, et le nommer, puisqu’on ne peut pas nommer autrement le fait de détruire des tombes juives en criant « Heil Hitler ». Le regarder en face comme un des fléaux de la société, pas le seul, parmi bien d’autres, mais avec toute sa glorieuse place, conquise de haute lutte, sur le podium des bonnes raisons de poursuivre le combat. Comme dit un bon auteur, on n’a pas fini de rire.

Tribune libre
« Devrais-je faire semblant ? »
Azzouzi Abdel-Rahmène

Le Monde des religions

10/02/2015

Abdel-Rahmène Azzouzi est urologue, chef de service au CHU d’Angers. Membre du Conseil municipal de la ville d’Angers, il a décidé de mettre fin au mandat qu’il occupait depuis 2008. Dans une lettre ouverte – que nous publions ici et qui n’engage que son auteur – à ses collègues et amis élus de la ville, il explique sa décision : celle d’un élu de confession musulmane qui ne se reconnaît plus dans la lecture des valeurs républicaines que font nos dirigeants successifs.

Chers collègues et amis,

Il faudrait peut-être que je continue à faire semblant de partager un chemin commun avec vous dans une France qui chaque jour renie un peu plus ses valeurs républicaines. Je ne le ferai pas car beaucoup trop nous sépare. Devrais-je faire semblant d’accepter votre absence de réaction, alors que toute une partie de nos concitoyens vit déjà dans une situation d’exception et que des lois visant implicitement les Français musulmans se succèdent ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre adhésion religieuse à une laïcité qui est devenue en réalité l’arme ultime et exclusive contre les musulmans de France ? Devrais-je faire semblant d’accepter votre mutisme lorsque l’école de la République s’attaque avec violence à des enfants de 8 et 10 ans parce que musulmans ? Devrais-je faire semblant d’accepter que vous détourniez le regard lorsque la police française, institution républicaine où le racisme est endémique, tout comme dans l’armée française, interroge ces mêmes enfants, comme on interroge des criminels, sous la bienveillance de la ministre de l’Éducation ? Devrais-je faire semblant d’accepter qu’une mère de famille, parce que musulmane, se voit retirer brutalement ces cinq enfants un matin, à 6h00, par ces mêmes forces de police qui vont jusqu’à refuser qu’elle allaite son bébé de 3 mois ? Devrais-je accepter dans la mort de Bertrand Bilal à Joué-les-Tours que le parquet fasse obstruction à la justice en refusant de nommer un juge d’instruction, empêchant ainsi de réfuter la version officielle de djihadisme reprise machiavéliquement par le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer la politique islamophobe de l’État français qui, premier pourfendeur de la laïcité, s’immisce en permanence dans la gestion du culte musulman pour mieux l’empêcher de s’organiser, tel que le fait le préfet Burdeyron qui privilégie la gestion du culte musulman angevin par le consulat du Maroc plutôt que par les dignitaires angevins d’obédience musulmane ? Devrais-je faire semblant d’ignorer cette lecture de la laïcité à géométrie variable par le gouvernement français qui demande aux musulmans d’être invisibles dans l’espace sociétal français, mais qui termine ce merveilleux élan républicain du 11 janvier dans la synagogue de la Victoire, en présence des Premier ministre et ministre des Affaires Étrangères du gouvernement israélien sous les cris de « Bibi » et de nombreux drapeaux israéliens agités dans un lieu de culte par des citoyens français de confession juive ? Devrais-je continuer de feindre l’approbation lorsqu’à longueur de temps, et malgré le tsunami qui vient de s’abattre sur la France, les médias continuent, comme si de rien n’était, à inviter les mêmes Zemmour, Finkelkrault, Fourest et autre Pelloux pour nous prodiguer les règles d’un vivre-ensemble dont ils n’auront jamais le secret ? Devrais-je faire semblant d’accepter l’ostracisation permanente de Tariq Ramadan, intellectuel contemporain hors norme, pendant que Zemmour sature les plateaux des médias, mais aussi les salles municipales de France et de Navarre ? Devrais-je faire semblant d’ignorer l’apartheid médiatique et politique dans lequel sont tenus des milliers d’intellectuels et d’experts français de confession musulmane qui pourraient apporter la contradiction, voire la construction, dans les innombrables débats et questions qui les concernent directement et dont les Français sont  abreuvés jusqu’à plus soif ? Devrais-je faire semblant d’ignorer que la discrimination à l’emploi et aux logements dont sont victimes les Français de confession musulmane est la règle plutôt que l’exception ? Devrais-je faire semblant de soutenir aux prochaines élections cantonales la nuée de candidats et candidates locaux tous plus blancs les uns que les autres, comme pour mieux signifier, génération après génération, que les minorités n’auront jamais vocation à représenter l’ensemble de leurs concitoyens, ce qui me donnent la nausée ?

Insidieusement, la France est probablement devenue la nation démocratique la plus islamophobe du monde et vous, élus du peuple de France, vous en portez, que vous le vouliez ou non, que vous en soyez conscients ou inconscients, une part de responsabilité. Parce que vous avez trop longtemps détourné le regard, des millions de Français de confession musulmane vivent quotidiennement dans le malaise et l’incertitude. Je vous reproche, toutes ces années, d’avoir laissé vos hauts responsables politiques, mais également les grands médias nationaux installer progressivement le poids d’une culpabilité imaginaire sur les épaules, déjà chargées par l’Histoire, de vos concitoyens français d’obédience musulmane majoritairement issus des colonies de feu l’Empire français.

Honte sur ces puissants, mais lâches, de jeter en pâture toute une partie de la population française, parce que musulmane, à la vindicte populaire. Et si ce n’était cet attachement viscéral aux véritables valeurs de la République, qui n’ont plus cours dans notre présente société asservie par l’argent, mais également à cette incompressible volonté de donner corps à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, véritable patrimoine génétique du digne et généreux peuple de France, alors notre lien à la France serait pour le moins conflictuel. Je n’ai, en effet, aucune appétence pour les États malveillants et ceux qui les servent.

Parce que la France est cette nation particulière dans laquelle vivent pacifiquement de citoyens athées, chrétiens, juifs et musulmans, pendant longtemps, j’ai cru que nous finirions, à force de bonne volonté, par construire une Terre d’Andalousie, fruit du génie français qui aurait pu servir de modèle de société dans un monde en perte de repères et de sérénité. Mais le camp des éradicateurs est activement à l’œuvre et couvre les voix et actes du camp des conciliateurs. Ce qui en ressortira sera le fruit de vos actions ou inactions et celui de vos combats ou capitulations. Ceux qui ne s’obstinent pas à construire la paix obtiennent la guerre. Aussi petite fut ma contribution, mon retrait n’est pas une défaite pour moi mais pour vous. À présent, je m’en lave les mains et après toutes ces années de luttes et d’avertissements sans succès, je m’en retourne à mon épouse, à mes enfants et à mes deux ânes. Fraternellement.

Pr Azzouzi Abdel-Rahmène,
Chef de service d’urologie – CHU d’Angers,
Ex-conseiller municipal de la ville d’Angers.

Perspectives
Il y a dix ans, un rapport entendait lutter contre le racisme et l’antisémitisme : le rapport Rufin

Marc Knobel, Historien, directeur des Etudes au CRIF

Trop libre

octobre 24, 2014

C’est dans une actualité bouillonnante qu’en juin 2004, le ministre de l’Intérieur confie à Jean-Christophe Rufin, écrivain, médecin, ancien président de Médecins sans frontières et président d’Action contre la faim, une mission : approfondir la connaissance des mécanismes qui peuvent conduire à des actes ou à des menaces de caractère raciste ou antisémite. En octobre suivant, Rufin remet à Dominique de Villepin, ministre de l’Intérieur de l’époque, son rapport, intitulé « Lutte contre le racisme et l’antisémitisme ». Il y recense les dispositifs existants de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, et s’interroge sur la façon de les faire évoluer pour répondre à l’accroissement des violences au cours des dernières années. Il propose notamment de revoir la publication des chiffres consacrés aux violences antisémites et racistes : une concurrence entre des chiffres « notablement différents » publiés par les ministères concernés, qui n’utilisent pas les mêmes instruments de mesure, est nocive, soutient-il. Il suggère de mettre en œuvre des médiations aux niveaux politique, policier, judiciaire et scolaire, pour agir contre les manifestations du racisme, et notamment contre le « racisme organisé ».

A l’occasion du dixième anniversaire de la publication de ce rapport, nous revenons succinctement sur ce rapport, en exposant les grandes lignes concernant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

Racisme : les grandes lignes du rapport

Constat opéré par Jean-Christophe Ruffin : les formes d’expression du racisme sont nombreuses et complexes. Les violences, insultes et actes d’intimidation sont les plus spectaculaires, ceux qui laissent des traces et peuvent être confirmés par des témoins. Mais d’autres phénomènes, plus silencieux, constituent une forme aussi grave, parfois plus, du racisme : la discrimination dans le travail, l’accès au logement, l’éducation. Ainsi va le racisme, qui en fait un sujet déroutant, à aborder avec prudence. Les « frottements » de la vie en société, particulièrement dans les grandes villes, peuvent faire exploser des paroles à caractère raciste et provoquer un grand tapage, constate le rapporteur (page 37).

La réponse politique

Selon le rapporteur, il faudrait à tout prix équilibrer soigneusement les réactions politiques lorsqu’un acte grave est porté à la connaissance des autorités. « La réactivité aux actions antisémites a été forte », écrit-il, « trop forte sans doute si l’on observe les affaires survenues pendant l’été », précise-t-il. « Au contraire, l’impression chez beaucoup de membres de communautés qui subissent elles aussi des agressions est que l’attention qui leur est portée n’est pas suffisante ». Mais, ajoute-t-il aussitôt, en réalité, ces démarches politiques « à chaud » n’ont que peu d’influence sur les actions de fond qui doivent être menées. « L’essentiel est ailleurs : dans le symbole. Les victimes ne voient dans la réaction politique ni une protection (il est en général trop tard), ni une condamnation des coupables (il est en général trop tôt) mais plutôt comme le baromètre du respect que leur témoigne la nation. Le politique ne doit pas se mobiliser seulement en fonction de la gravité des actes commis ; il doit surtout rassurer ceux qui, dans l’épreuve, mesurent la fragilité de leur intégration citoyenne » (p.38).

La réponse policière

Jean-Christophe Ruffin le souligne d’emblée : « ce n’est pas faire injure aux forces de police que de leur rappeler qu’en matière de racisme, ils se doivent d’être irréprochables ». De grands efforts de formation et d’information ont été menés ces dernières années, rappelle-t-il et la police est consciente de ces impératifs déontologiques. C’est ainsi que l’amélioration de l’accueil et de l’écoute a permis aux policiers d’accompagner la mutation de plus en plus sociale de leur métier. « Reste que la création dans les postes d’un référent anti discrimination, demandée conjointement par nous et par le chantier « égalité des chances » devrait encore améliorer la prise en charge des victimes du racisme » (p.39). Reste également qu’il y aurait certainement beaucoup à attendre de la poursuite « d’un recrutement policier plus diversifié au regard des origines ethniques. Le programme des « Cadets de la République » ouvre ainsi les carrières policières à des jeunes issus des quartiers difficiles. La mixité d’origine dans le recrutement policier semble avoir, à terme, des effets favorables ».

La réponse judiciaire

C’est certainement dans ce domaine que la législation actuelle montre ses limites (non pas dans les principes mais dans les procédures), selon Jean-Christophe Ruffin. En effet, toute injure, diffamation ou incitation à la haine raciale, dès lors qu’elles sont publiques, tombent sous le coup de la loi de 1972 et de ce fait se trouvent placées dans le cadre procédural très particulier de la loi sur la presse de 1881. « On aboutit ainsi à des résultats paradoxaux : pour des événements relativement bénins (ce qui ne veut pas dire tolérables) on enclenche une procédure d’une grande lourdeur vu les protections qu’elle garantit, qui aboutit trop souvent à l’abandon des poursuites pour diverses raisons de nullité ». « On prend un marteau pour écraser une mouche et finalement on se tape sur le doigt », ironise le rapporteur.

La réponse scolaire

Là encore, il faut faire preuve de discernement dans la judiciarisation des comportements racistes à l’école. Il est capital de distinguer ce qui est superficiel, tel que les injures proférées entre groupes dans le cours de la vie scolaire et ce qui peut devenir une véritable persécution par la mise à l’écart, la stigmatisation violente et parfois l’agression physique d’un élève ou d’un groupe minoritaire et vulnérable. Cette dimension de protection est essentielle dans la réponse scolaire et la judiciarisation qui s’y attache, souligne le rapporteur.

Lutter contre l’organisation raciste

Premier point développé par Jean-Christophe Ruffin : contrairement aux actes antisémites, où la participation de ce courant est devenue minoritaire, l’extrême droite continue de porter une importante responsabilité dans des actes de violence raciste. Un certain partage des tâches existe en la matière entre les idéologues qui stigmatisent l’étranger et les hommes de main prêts à passer à l’acte.

Le pôle légaliste composé des grands partis d’extrême droite se garde évidemment de toute participation directe à des violences. L’action est menée sur les marges, par des éléments isolés ou groupusculaires. Même au sein de ces groupuscules, il faut encore distinguer entre doctrinaires et activistes. On parvient ainsi à tracer les contours de la subtile géographie de ces milieux. L’absence de coordination centralisée donne à ces réseaux une large autonomie et une spécificité locale. Pour agir sur ces activistes d’extrême droite, une approche très locale est donc nécessaire, élaborée en référence aux situations particulières, note Jean-Christophe Ruffin.

Le cas des violences racistes en Corse fait l’objet d’un chapitre spécifique : pour Rufin comme pour Villepin, elle est le fait de microgroupes mafieux se livrant à des rackets, «très isolés dans l’ensemble de la population».

Sur les réseaux virtuels, Internet constitue, en matière de racisme, un réseau de tags planétaires autrement plus dangereux. En matière d’organisation du racisme, au sens du regroupement et de l’articulation d’opinions d’origines diverses, la « toile » constitue sans doute le principal défi, note avec justesse Ruffin.

Le rapport propose enfin un débat national sur la migration économique afin de «sortir du mythe de l’immigration zéro». L’idée étant de «décriminaliser l’image de l’étranger nourrie de stéréotypes désastreux à base de parasitisme, fraude et paresse».

Antisémitisme : les grandes lignes du rapport

Selon Rufin, trois formes d’antisémitisme soulignent des responsabilités spécifiques et appellent des réponses individuelles. Les chiffres représentent la partie visible, quantifiable, de la violence antisémite. Mais que recouvrent ces actes ? Qui les commet ? Qui les inspire ? Qui en tire profit ? Pourquoi se sont-ils multipliés ces dernières années ? Et surtout, comment les réduire et restaurer un climat de confiance ? Les explications généralement mises en avant sont les suivantes :

-          la baisse tendancielle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites ;

-          la montée d’un « nouvel » antisémitisme qui serait le propre de jeunes issus de l’immigration, en particulier maghrébine. Leurs passages à l’acte semblent étroitement corrélés aux évènements du Moyen-Orient.

Le rapport avance que ces explications, sans être fausses, ne rendent pas compte de la complexité des faits. Surtout, elles ne permettent pas de tirer de conclusions pour l’action. C’est pourquoi, il préfère aborder ces questions selon trois niveaux de responsabilités :

1)      L’antisémitisme comme pulsion :

Les auteurs des violences, dont la majorité « ne peut être cataloguée ni à l’extrême droite, ni parmi les délinquants connus des quartiers difficiles » (la plupart des jeunes interpellés dans ces quartiers pour actes antisémites ne sont pas d’origine maghrébine, mais originaires de pays sans lien avec la question israélo-arabe), selon le rapporteur. « Le trait commun semble plutôt à rechercher du cote du déracinement, de la perte de repère, de l’échec social et de la confusion identitaire. ≫ Cette affirmation soulève la question des sources utilisées par le rapporteur, en particulier concernant les pays d’origine des agresseurs ? Si ces derniers n’ont aucun lien avec le conflit israélo-palestinien, comment expliquer alors que les agressions se multiplient chaque fois que les tensions s’intensifient en Israël ?

2)      Les manipulateurs : l’antisémitisme comme stratégie et par procuration

Selon Rufin, les manipulateurs sont l’extrême droite et les milieux terroristes. Que dit-il à ce sujet ? Que l’on peut être « agacé par les jugements à l’emporte-pièce, en particulier à l’étranger, « quand ils font de la France un pays globalement antisémite ». Il a raison. De plus, les Juifs sont admirablement intégrés dans la société française: « la République a su secréter quand il le fallait les anticorps nécessaires pour combattre l’antisémitisme. Cela ne signifie pas pour autant que les préjugés aient disparu », certes. La nouveauté selon Rufin est que ces préjugés « n’ont plus à s’exprimer directement par des propos, des écrits ou des actes. Il suffit de laisser agir les jeunes irresponsables des banlieues difficiles », écrit-il. Ainsi Rufin veut-il définir un « antisémitisme par procuration ». Selon lui, « il est le fait de personnes qui ne se rendront elles-mêmes coupables d’aucune exaction, qui ne manipuleront pas directement des auteurs de passage à l’acte, ne les inciteront pas ouvertement à agir, mais dont pourtant les opinions, les propos et quelquefois simplement le silence viendront a l’appui de ces violences ». Par ailleurs, il soutient ensuite que l’antisémitisme menace la République car il la frappe en son cœur : ses valeurs : la fraternité et le vivre ensemble.

A toutes ces questions et réflexions, Rufin apporte les réponses suivantes :

« La création d’un observatoire national de l’antisémitisme, doté de compétences universitaires pluralistes, serait un moyen d’approfondir ces questions et de nourrir le débat public sur des bases plus sérieuses. » L’idée est intéressante, mais pas nouvelle. Un tel observatoire a déjà été créé par SOS Racisme en 1989 en vue d’analyser et de répertorier les comportements antisémites en France, et présidé par le politologue et historien des idées Pierre-André Taguieff. Mais, celui-ci a quitté son poste en 1991, en raison de désaccords avec l’institution sur la conception de l’antiracisme.
Une réflexion d’ensemble doit également être menée sur l’enseignement de la Shoah, avec les associations et fondations qui œuvrent dans ce domaine. Il est à la fois nécessaire de le renforcer et, peut-être de le réorienter en fonction des circonstances présentes, de façon a mieux rendre sensible en quoi, que l’on soit juif ou non, chacun est concerné.
Lutter contre « l’esprit de Durban » et Rufin a bien raison. Durban a officialisé, légitimé l’antisémitisme. Lutter contre l’esprit de Durban, c’est pointer du doigt l’esprit criminel qui prévalait lors de cette conférence, et qui a prévalu depuis, faisant d’Israël, des Juifs, des sionistes, les responsables de tous les maux de l’Humanité, la quintessence du mal, d’un mal absolu.
Sur « l’esprit de Durban », Rufin fait l’analyse suivante : qu’un discours dominant émerge : l’antisionisme. Pour Rufin « cet antisionisme revêt différentes formes d’expression qui servent d’écran les unes aux autres et contribuent à le banaliser. » Cet antisionisme moderne « est né au confluent des luttes anticoloniales, antimondialisation, antiracistes, tiers-mondistes et écologistes ». Un antisionisme qui est fortement représenté « au sein d’une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte », explique-t-il. Dans cette représentation du monde, « Israël, assimilé aux Etats-Unis et à la mondialisation libérale, est présenté comme un Etat colonial et raciste qui opprime sans fondement un peuple innocent du Tiers-Monde. »

Il précise aussitôt que cet antisionisme « n’est pas la simple critique d’une politique, mais bien une remise en cause des fondements même de l’Etat d’Israël. » L’antisionisme est en effet amalgamé à des thématiques auxquelles les jeunes sont sensibles: l’avenir de la mondialisation, les dangers écologiques, la pauvreté croissante du Tiers-Monde. Par ailleurs, l’intervention de penseurs « islamistes modérés », dont le « discours reste ambigu complète cette identification et la prolonge ». Derrière les critiques violentes qui assimilent le sionisme au nazisme, « on entend, en écho subliminal, la voix interdite mais bien relayée des terroristes islamistes qui généralisent le combat et affirment « qu’il faut attaquer les Juifs partout où ils se trouvent ». Ainsi se trouve constitué l’une des mécanique les plus redoutables aujourd’hui qui fait d’un antisionisme en apparence politique et antiraciste l’un des facteurs facilitateurs du passage à l’acte, l’un des instruments de l’antisémitisme par procuration ».

De fait, quelle est l’attitude à adopter face à l’antisionisme ? Ruffin répond qu’elle est difficile à déterminer et les Juifs sont sans doute les plus mal places pour agir. « Il a été maintes fois souligne qu’on ne devait ni ne pouvait assimiler les Juifs de France à Israël. Le soupçon de double allégeance est un des thèmes classiques de l’antisémitisme. Beaucoup de juifs français se sentent mal à l’aise lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur Israël. Ce d’autant qu’ils sont souvent divises quant à leur jugement sur la politique de son gouvernement. Autant l’antisémitisme les trouve mobilisés, autant l’antisionisme les prend au dépourvu car il joue sur le caractère complexe, intime et à certains égards paradoxal du lien entre Israël et les Juifs de France », précise-t-il. De fait, l’antisionisme radical « enferme les Juifs dans un piège redoutable : il les désigne ici à la vindicte de ceux qui s’identifient aux victimes de l’Etat d’Israël », observe-t-il.

Ce serait alors une grande lâcheté que de laisser la communauté juive se débattre seule dans ces sables mouvants. « Si l’on estime que l’antisémitisme a reculé grâce au droit (en particulier la loi de 1972), il faut tenter d’appliquer la même méthode à la nouvelle judéophobie et il revient aux autorités politiques d’en prendre l’initiative. »

Les réactions au rapport Ruffin et la polémique

Les associations, globalement favorables au rapport Rufin sont divisées néanmoins sur l’une de ses propositions: la pénalisation de l’antisionisme radical au même titre que l’antisémitisme. Les critiques, notamment de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et du MRAP, portent sur un point très particulier : la proposition de « punir les accusations de racisme » portées contre « des groupes, institutions ou Etats ≫, à commencer par Israël. Cet « antisionisme radical » peut en effet, selon Rufin, s’apparenter a de l’antisémitisme.

Dans l’édition de Libération du 22 octobre 2004, le président de la LDH, Michel Tubiana, parle d’un vrai « dérapage ». Jean-Christophe Rufin, dit-il, « joue au pompier pyromane », et son rapport instaure un déséquilibre au profit du problème de l’antisémitisme. Reprochant à l’auteur de « ne prendre aucune distance » et de « réintroduire le débat sur le conflit du Proche-Orient », Tubiana souligne que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) tomberait sous le coup de la loi si cette proposition était adoptée. Le MRAP, qui se dit pourtant globalement satisfait de l’analyse et des propositions du rapport, émet également de fortes réserves sur ce point. Enfin, dans Le Monde diplomatique du 21 octobre 2004, le journaliste Dominique Vidal tout en reconnaissant dans le rapport Rufin « un certain nombre de suggestions positives » (en particulier celles qui prennent en compte les propositions de la CNDCH et des associations antiracistes –, souligne selon lui deux erreurs: « séparer radicalement l’antisémitisme des autres formes de racisme » par « une hiérarchisation implicite des racismes » visant à présenter l’antisémitisme comme « un “racisme” en quelque sorte supérieur aux autres ». Et « assimiler antisémitisme, “antisionisme radical” et critique de la politique du gouvernement israélien, pour placer sur le banc des accusés “l’extrême gauche altermondialiste et verte” » directement visée par la partie du rapport qui propose le vote, par le Parlement, d’une nouvelle loi destinée à punir « ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme ≫. En conclusion, Vidal trouve paradoxal que Jean-Christophe Rufin se fasse ainsi « le héraut du délit d’opinion ».

Dans Le Monde du 2 novembre 2004, Jean-Christophe Rufin s’efforce de désamorcer la polémique naissante avec les associations par une mise au point : il appelle à « pacifier le débat sur le racisme et l’antisémitisme » : « En France, aujourd’hui, il existe un nombre important de personnes, la plupart du temps jeunes, voire très jeunes, souvent issues de l’immigration – pas nécessairement maghrébine, contrairement aux idées reçues –, que la perte de repères, la frustration sociale et de nombreuses discriminations rendent vulnérables à des idéologies dangereuses qui les mènent vers la violence. L’existence de ce public chauffe a blanc doit nous inciter tous a la responsabilité. Les mots, dans ce contexte, peuvent tuer… Ceux qui ont l’oreille des jeunes, parce qu’ils traitent de questions qui les passionnent, telles que l’écologie, l’avenir du tiers monde et de la mondialisation, me paraissent avoir un devoir de vigilance dans leurs propos. Sans doute la formalisation de cette idée a-t-elle pris, dans mon rapport, une manière trop abrupte. Le fait d’évoquer la possibilité de créer de nouveaux outils juridiques était probablement maladroit. La présentation simplifiée de cette proposition a pu laisser croire, a tort, qu’il s’agissait d’attenter à la liberté d’opinion. Je m’en excuse auprès de ceux qui ont pu être abusés de bonne foi. »

En revanche, dans la communauté juive et a SOS Racisme, le rapport est accueilli avec satisfaction, qualifié de « travail d’analyse important », dont « l’auteur a essayé de comprendre et de trouver des propositions originales, juge Haïm Musicant, directeur général du CRIF. Il dénonce d’une manière très fine les antisémites par procuration qui se cachent derrière une forme d’antisionisme ». L’UEJF approuve surtout le fait que soient analysées les « différences d’origine, de nature et d’expression » entre racisme et antisémitisme, « qui doivent donc faire l’objet de traitements spécifiques ». « Ce rapport permet de sortir une fois pour toute du discours simpliste et inopérant de la lutte contre l’intolérance », selon son président, Yonathan Arfi. « C’est une bonne analyse de ce nouvel antisémitisme qu’on voit poindre dans la société française, un antisémitisme d’extrême-gauche qu’on ne connaissait pas il y a quelques années ≫, affirme Assane Fall, secrétaire général de SOS-Racisme, qui regrette par ailleurs que le rapport occulte « les discriminations, alors que c’est la réalité quotidienne de millions de personnes dans notre pays ».

Au-delà de cette polémique, que reste-t-il du rapport Ruffin, dix ans plus tard ?

A notre connaissance, ce rapport ne donnera lieu à aucune mesure concrète, comme toujours (ou presque) en France. Car, et en vérité, nous souffrons dans ce pays de cette étrange « maladie » : une surabondance de rapport sur toutes sortes de sujets mais qui, au final, se retrouvent dans quelques tiroirs fermés de ou des ministères et par là-même sont totalement oubliés.


Expositions: Après le sexe, la violence s’expose à Paris ! (Life imitates art far more than art imitates life: Paris art exhibitions spill the beans on Islamic state’s emotional appeal)

20 février, 2015
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Le Dieu d’Israël, à qui tu as rendu ce témoignage qu’il tire vengeance de ses ennemis, a tranché lui-même cette nuit, par ma main, la tête du chef de tous les infidèles. Et pour te convaincre qu’il en est ainsi, voici la tête d’Holoferne qui, dans l’insolence de son orgueil, méprisait le Dieu d’Israël et t’a menacé de mort, en disant: Lorsque le peuple d’Israël sera vaincu, je te ferai passer au fil de l’épée. Judith (13: 27-28)
Le fascisme est bien plus sain que n’importe quelle conception hédoniste de la vie (…) Alors que le socialisme et même le capitalisme – plus à contrecoeur – ont dit aux gens: « Je vous offre du bon temps », Hitler leur a dit: « Je vous offre la lutte, le danger et la mort » et le résultat a été qu’un nation entière se jeta à ses pieds. Orwell
Le fait est qu’il y a quelque chose de profondément attirant chez lui. […] Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement du confort, de la sécurité, des journées de travail raccourcies, de l’hygiène, de la contraception et du bon sens en général ; ils souhaitent aussi, au moins de temps en temps, vivre de luttes et de sacrifice de soi, sans mentionner les tambours, les drapeaux et les défilés patriotiques. George Orwell
There is a slogan repeated continuously by apologetic ‘du’at’ [callers for Islam] when flirting with the West and that is their statement: ‘Islam is the religion of peace,’ and they mean pacifism by the word peace. They have repeated this slogan so much to the extent that some of them alleged that Islam calls [for] permanent peace with kufr and the kafirin [unbelievers]. How far is their claim from the truth, for Allah has revealed Islam to be the religion of the sword, and the evidence for this is so profuse that only a zindiq (heretic) would argue otherwise. Islamic State
Aucune passion ne prive autant l’esprit de tous ses pouvoirs d’action et de raisonnement que la peur. Car la peur étant une appréhension de la souffrance et de la mort, elle opère d’une façon qui ressemble à la vraie douleur. De ce fait, tout ce qui est terrible à la vue est sublime. [Mais] l’obscurité semble généralement nécessaire. Les gouvernements despotiques qui s’appuient sur les passions humaines, et en premier lieu sur la passion de la peur, cachent autant que possible leur chef aux yeux du peuple.
Edmund Burke
Beaucoup de films hollywoodiens apparaissent aujourd’hui prophétiques ou prémonitoires avec leur atmosphère de terreur et de panique, débris d’acier et de béton, gravats et nuages de poussières. Le 11 septembre 2001, en prenant pour cible le World Trade Center et le Pentagone, les terroristes ont réalisé le pire des scénarios-catastrophe. Hérodote.net
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
Dans l’après-midi du jeudi 12 février, les cinq garçons se trouvent une occupation pendant leurs vacances scolaires : aller au cimetière juif. Ils commencent à jouer et là, selon le procureur de Saverne, « le jeu a dérapé ». Un premier acte déclenche « une sorte de frénésie collective ». Les stèles sont lourdes, mais anciennes et fragiles : ils les cassent une à une. Ils font des saluts nazis. Ils crachent sur les symboles juifs. En guise d’accompagnement sonore, ils crient ces mots : « Sales juifs », « Sale race », « Heil Hitler », « Sieg Heil ». (…) Les cinq mineurs n’ont aucun antécédent judiciaire. La justice ne leur connaît pas « de convictions idéologiques qui pourraient expliquer leur comportement », note le procureur. Ils sont issus de « familles bien », qui « ne posent pas de problèmes particuliers et ne sont pas dans le besoin », affirme-t-on à la mairie de Sarre-Union. L’un est le fils d’une institutrice, l’autre le petit-fils d’un proviseur. Tous sont « calmes, discrets, pas bagarreurs, n’ont rien de spécial », disent leurs camarades. Quatre sur les cinq habitent Sarre-Union, trois y sont scolarisés dans l’unique lycée. Les élèves de catégorie socio-professionnelle (CSP) favorisée y sont légèrement en dessous de la moyenne académique, les CSP défavorisés sont légèrement au-dessus, mais le taux de réussite au bac se situe entre 90 % et 100 %. « Un établissement sans problème particulier », assure Jacques-Pierre Gougeon, recteur de l’académie de Strasbourg. Pierre B. avait étrangement un ennemi déclaré : « le fascisme ». Il portait des slogans antifascistes sur ses vêtements. « On ne parlait pas politique mais si on évoquait le Front national, il se mettait sur ses deux pattes arrière et se mettait à grogner, raconte Gaëtan. Il prétendait se battre contre le fascisme et était très remonté contre la police. Il traitait les policiers et les militaires de fascistes, avec une hargne qui me mettait mal à l’aise. » Pierre était parti au lycée de Sarrebourg (Moselle) mais il passait voir ses copains à Sarre-Union. La mort récente de son père l’avait rendu un peu plus distant. (…)  L’Alsace, région limitrophe de l’Allemagne et ballottée par l’Histoire, est « l’une des régions où le travail sur le passé et la mémoire est le plus important », souligne M. Gougeon. Cours de religion, conférences de témoins de la Shoah, parfois voyages à Auschwitz… (…) Le profil des cinq jeunes n’est pas la seule énigme. Le petit cimetière de Sarre-Union, joli et discret, en est à sa sixième profanation depuis la Libération. Les précédents les plus marquants ont eu lieu en 1988 et 2001. Le sociologue Freddy Raphaël relève que « les trois quarts des cimetières juifs de la campagne alsacienne ont été profanés à un moment ou à un autre ». Il constate presque à chaque fois les mêmes stratégies de défense : réduire la profanation au rang du vandalisme. Les cinq mineurs de Sarre-Union ont usé du même argument : « On croyait que c’était abandonné », « on ne savait pas que c’était un cimetière juif… » Dans les villages d’Alsace, les cimetières juifs présentent il est vrai un avantage pour les profanateurs : ils sont toujours situés un peu à l’écart du village. Un double effet de l’existence d’un « judaïsme rural », spécifique en France à l’Alsace, et de la Révolution française, qui donna aux juifs le statut de citoyens français et leur permit enfin de bénéficier d’un cimetière de proximité. A une condition toutefois : que celui-ci se situe à la marge du bourg, et à un endroit que personne n’aurait envie de leurs disputer : là où l’équarrisseur enterrait ses bêtes crevées, ou sur ce terrain en pente près d’une rivière, donc humide et difficilement constructible, comme à Sarre-Union. Si l’on est vandale et antisémite, il y a ici un autre avantage : les cimetières juifs ruraux d’Alsace sont peu fréquentés. La Shoah et, pour les survivants, l’exode vers les villes, ont fait disparaître des villages la population juive. Il reste trois juifs à Sarre-Union, dont le « représentant de la communauté juive de Sarre-Union », Jacques Wolff. Ils étaient 400 familles au XVIIIe siècle. Les cimetières juifs ont toujours l’air vieux. Il n’y a plus de descendants pour entretenir les tombes et contrairement aux cimetières chrétiens, les concessions sont perpétuelles. Les morts ne s’en vont pas. « Cela joue dans l’inconscient collectif », souligne Claude Heymann, adjoint au grand rabbin de Strasbourg. Le cimetière se dit en hébreu « la maison des vivants » (Beth Ha’Haym). C’est l’image du juif qui est toujours là, qui aurait dû disparaître et qui revient. Encore de l’eau au moulin des antisémites : « Le juif est toujours celui qui s’en sort. » Pour le rabbin Heymann, la profanation du cimetière de Sarre-Union va au-delà de l’antisémitisme. « Cet acte est représentatif de l’incapacité pour les jeunes d’entrevoir un avant eux-mêmes. Ils vivent dans un monde virtuel et autocentré. Il n’y a qu’eux, le présent, leurs parents, leurs grands-parents s’ils les voient. En cela, c’est emblématique d’une époque. » Le Monde
No religion is responsible for terrorism — people are responsible for violence and terrorism. Obama
Le monde entier est un théâtre et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Tous ont leurs entrées et leurs sorties et chacun y joue successivement les différents rôles d’un drame en sept âges.  Shakespeare (Comme il vous plaira, II, 7 )
La vie imite l’art bien plus que l’art imite la vie.  Oscar Wilde
Dostoievski a prédit que d’abord l’art imiterait la vie, qu’ensuite la vie imiterait l’art et que finalement la vie tirerait sa raison d’être de l’art. Ravi Zacharias
Le phénomène est déjà fabuleux en soi. Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes lèvres, boire -, pour que dans votre cerveau les mêmes zones s’allument, de la même façon que dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord, cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite, cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais, vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, de vous donner la même envie. Si je baille, il est très probable que vos neurones miroir vont vous faire bailler – parce que ça n’entraîne aucune conséquence – et que vous allez rire avec moi si je ris, parce que l’empathie va vous y pousser. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit faire explique ainsi l’apprentissage. Mais aussi… la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui ! (…) C’est la vérification expérimentale de la théorie du « désir mimétique » de René Girard ! Voilà une théorie basée au départ sur l’analyse de grands textes romanesques, émise par un chercheur en littérature comparée, qui trouve une confirmation neuroscientifique parfaitement objective, du vivant même de celui qui l’a conçue. Un cas unique dans l’histoire des sciences ! (…) Notre désir est toujours mimétique, c’est-à-dire inspiré par, ou copié sur, le désir de l’autre. L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient donc à la fois mon modèle et mon rival. De cette rivalité naît la violence, évacuée collectivement dans le sacré, par le biais de la victime émissaire. À partir de ces hypothèses, Girard et moi avons travaillé pendant des décennies à élargir le champ du désir mimétique à ses applications en psychologie et en psychiatrie. En 1981, dans Un mime nommé désir, je montrais que cette théorie permet de comprendre des phénomènes étranges tels que la possession – négative ou positive -, l’envoûtement, l’hystérie, l’hypnose… L’hypnotiseur, par exemple, en prenant possession, par la suggestion, du désir de l’autre, fait disparaître le moi, qui s’évanouit littéralement. Et surgit un nouveau moi, un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur. (…)  et ce qui est formidable, c’est que ce nouveau « moi » apparaît avec tous ses attributs : une nouvelle conscience, une nouvelle mémoire, un nouveau langage et des nouvelles sensations. Si l’hypnotiseur dit : « Il fait chaud » bien qu’il fasse frais, le nouveau moi prend ces sensations suggérées au pied de la lettre : il sent vraiment la chaleur et se déshabille. De toutes ces applications du désir mimétique, j’en suis venu à la théorie plus globale d’une « psychologie mimétique » – qui trouve également une vérification dans la découverte des neurones miroirs et leur rôle dans l’apprentissage. Le désir de l’autre entraîne le déclenchement de mon désir. Mais il entraîne aussi, ainsi, la formation du moi. En fait, c’est le désir qui engendre le moi par son mouvement. Nous sommes des « moi du désir ». Sans le désir, né en miroir, nous n’existerions pas ! Seulement voilà : le temps psychologique fonctionnant à l’inverse de celui de l’horloge, le moi s’imagine être possesseur de son désir, et s’étonne de voir le désir de l’autre se porter sur le même objet que lui. Il y a là deux points nodaux, qui rendent la psychologie mimétique scientifique, en étant aussi constants et universels que la gravitation l’est en physique : la revendication du moi de la propriété de son désir et celle de son antériorité sur celui de l’autre. Et comme la gravitation, qui permet aussi bien de construire des maisons que de faire voler des avions, toutes les figures de psychologie – normale ou pathologique – ne sont que des façons pour le sujet de faire aboutir ces deux revendications. On comprend que la théorie du désir mimétique ait suscité de nombreux détracteurs : difficile d’accepter que notre désir ne soit pas original, mais copié sur celui d’un autre. (…) Qu’est-ce que l’impossible ? Ce que vous ne pouvez avoir. Pourquoi ? Parce que quelqu’un ou quelque chose, la société ou la culture par exemple, vous l’interdit. Or, en vous l’interdisant, on vous le désigne ! C’est l’arbre du Jardin d’Eden, ou le secret de l’attirance pour les femmes inaccessibles. Chaque psychologie est unique, le mécanisme se décore de tous les fantasmes, de tous les habillages normaux, névrotiques ou psychotiques, mais il est toujours mimétique. (…) Ce rôle de la pression sociale est extraordinairement bien expliqué dans Les Bienveillantes, de Jonathan Littel. Il montre qu’en fait, ce sont des modèles qui rivalisent : révolté dans un premier temps par le traitement réservé aux prisonniers, le personnage principal, officier SS, finit par renoncer devant l’impossibilité de changer les choses. Ses neurones miroirs sont tellement imprégnés du modèle SS qu’il perd sa sensibilité aux influences de ses propres perceptions, et notamment à la pitié. Il y a lutte entre deux influences, et les neurones miroirs du régime SS l’emportent. La cruauté envers les prisonniers devient finalement une habitude justifiée. Plutôt qu’une absence ou carence des neurones miroirs, cela indique peut-être simplement la force du mimétisme de groupe. Impossible de rester assis quand la « ola » emporte la foule autour de vous lors d’un match de football – même si vous n’aimez pas le foot ! Parce que tous vos neurones miroirs sont mobilisés par la pression mimétique de l’entourage. De même, les campagnes publicitaires sont des luttes acharnées entre marques voisines pour prendre possession, par la suggestion, des neurones miroirs des auditeurs ou spectateurs. Et c’est encore la suggestion qui explique pourquoi les membres d’un groupe en viennent à s’exprimer de la même façon. (…) Il semblerait normal que les neurones miroirs soient dotés, comme les autres, d’une certaine plasticité. Ils agissent en tout cas tout au long de la vie. Et la pression du groupe n’a pas besoin d’être totalitaire : dans nos sociétés, c’est de façon « spontanée » que tout le monde fait la même chose. Jean-Michel Oughourlian

Attention: une brutalisation peut en cacher une autre !

Kama sutra: spiritualité et érotisme dans l’art indien, Sade: attaquer le soleil, Zizi sexuel, Au temps de Klimt: la sécession à Vienne …

En ces temps étranges où nos terroristes prennent leur idées dans le cinéma et la littérature de leurs victimes …

Et où devant la touchante application du puritanisme et de la pruderie comme on dit si anglo-saxonnes de nos Obama et de nos médias américains ou britanniques …

A cacher, tout en multipliant discrètement les éliminations ciblées, cette violence de l’islam qu’on ne saurait voir …

Nos amis musulmans …

De la Syrie-Irak-Lybie de l’Etat islamique à l’Afrique sahélienne de Boko Haram …

Comme leurs émules de Paris à Copenhague et d’Ottawa à Sydney …

Ou même, d’Alsace, de Guyane ou d’aileurs poussés par nos pompiers-pyromanes de la politique et des médias, nos apprentis « tomb raiders »  …

Semblent redoubler d’efforts pour nous faire découvrir ou redécouvrir …

Toutes les subtilités, snuff video après snuff video, de leur art du pillage, du viol et de la mise à mort …

Qui remarque encore sur tous les murs de nos métros …

Après la révélation l’an dernier (les ébats d’un couple de pigeons inspirant le désir d’une jeune femme juchée sur une table basse) de la nature mimétique de nos désirs …

Cette véritable apologie du terrorisme et biblique (mais non retenue par les canons juif et protestant qui retienne nénanmoins l’histoire similaire de Yaël) de surcroit…

Que nous propose avec la fameuse et si sensuelle Judith de Klimt

(qu’avait d’ailleurs déjà reprise, avec celle de Von Stuck, l’expo d’Orsay sur Sade, bien loin, il est vrai, de la laborieuse fureur Artemisia Gentilesci découpant laborieusement la tête de son mentor-violeur)  …

Et sa tête, qu’elle vient si artistiquement de découper, du chef assyrien Holopherne à la main …

La Pinacothèque de Paris  ?

Et qui compatit à l’insigne difficulté …

De nos pauvres artistes et musées …

A se faire encore entendre ?

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meilleur expo paris 3
Culture

Les trois expos hot de la rentrée

16 octobre 2014

Les expositions parisiennes riment souvent avec longues files d’attente et touristes en tongs. Mais aujourd’hui, nous allons vous donner envie d’aller au musée avec les trois expositions sexuelles de la rentrée ! Au programme, Kama Sutra à la Pinacothèque, Marquis de Sade au Musée d’Orsay et Zizi sexuel à la Cité des Sciences. C’est parti mon kiki !

1 – Le sexe pour les spirituels – « Le Kâma-Sûtra » : spiritualité et érotisme dans l’art indien » à la Pinacothèque

Il s’agit de la première exposition à mettre en avant ce célèbre livre. Attribué à un brahmane qui l’aurait écrit au IVe siècle de notre ère, il est (trop) souvent considéré, à tort, comme un livre pornographique. Pourtant, c’est un des textes majeurs de l’hindouisme médiéval, censé servir de guide à l’homme et la femme afin d’atteindre le salut.

La Pinacothèque de Paris utilise cette exposition pour faire prendre conscience au spectateur occidental que le Kâma-Sûtra n’est pas qu’un livre d’illustrations et d’énumération des positions sexuelles mais aussi et surtout un texte spirituel. Aussi, l’exposition tente de comprendre le pourquoi du comment de cette œuvre : le contexte dans lequel il a été écrit, les raisons, ses destinataires et sa pertinence actuelle. Pour répondre à ces questions, la Pinacothèque s’est dotée de sculptures, peintures, miniatures et objets et d’une centaine d’œuvres d’art de la Collection Beroze et Michel Sabatier.

La Pinacothèque
du 2 octobre 2014 au 11 janvier 2015
8 rue Vignon – Paris 75009
Métro : Madeleine

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2 – Le sexe pour les intellos – « Sade, Attaquer le soleil » au Musée d’Orsay

A l’occasion du bicentenaire de la mort du Marquis de Sade, le Musée d’Orsay consacre une exposition à l’homme de lettres et à son influence sur les auteurs d’hier et d’aujourd’hui. Parce que l’auteur a fait autant parler de lui de son vivant que depuis sa mort, il semble normal qu’un musée national s’intéresse à l’impact des écrits du sulfureux marquis sur ses et nos contemporains.

Le commissariat de l’exposition est confié à Annie Le Brun, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont l’incontournable « Soudain, un bloc d’abîme, Sade ». Pour elle, le propos de l’exposition est de montrer aux visiteurs comment l’œuvre de Sade a influé les écrits et la pensée de ses pairs, autant au XIXème qu’au XXème siècle. Elle cite notamment Baudelaire, Flaubert mais aussi Picasso ou Moreau. Tous ces artistes reconnus se sont inspirés du marquis de Sade, parfois sans le vouloir, dans la représentation des corps et du désir.

Musée d’Orsay
du 2 octobre 2014 au 11 janvier 2015
1 Rue de la Légion d’Honneur – Paris 75007
Métro : Musée d’Orsay

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3 – Le sexe pour les enfants – « Zizi sexuel l’expo » à la Cité des sciences et de l’industrie

C’est le grand retour de l’exposition culte « Zizi Sexuel l’expo » après son succès en 2007 puis un voyage de sept ans en Europe et dans toute la France. Toujours inspirée par l’album éponyme de Zep et Hélène Bruller, elle tente d’expliquer à nos chères têtes blondes l’amour et la sexualité.

Car même si les temps ont (un peu) changé, les questions des pré-ados sur le sujet restent les mêmes et c’est à ça que souhaite servir l’exposition : apporter des réponses aux interrogations de cette tranche d’âge difficile. Au programme, un « amouromètre » pour savoir si on aime, un « pubertomatic » pour se voir transformé(e) par la puberté, un « rallye des spermatos » ou une « course à l’ovule » ainsi que des animations et des quiz. Bien que l’ambiance du lieu soit décalée, l’approche n’en reste pas moins sérieuse puisque l’exposition a été conçue sous le contrôle d’experts adultes et juniors.

Cité des sciences et de l’industrie
du 14 octobre 2014 au 2 août 2015
30 Avenue Corentin Cariou – Paris 75019
Métro : Porte de la Villette

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Voir aussi:

L’amour au musée : trois expositions parisiennes plongent dans la volupté

Publié le 25/11/2014 à 15H15, mis à jour le 25/11/2014 à 15H48

"Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien"  à la Pinacothèque de Paris<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

« Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien »  à la Pinacothèque de Paris

© France 3 / Culturebox

Automne 2014, Paris devient l’empire des sens. La capitale propose actuellement trois expositions autour de l’amour. La Pinacothèque explore le thème sous ses angles ancestraux et spirituels avec deux expositions, le Kâma Sûtra et l’art de l’amour au temps des geishas. Quant au musée d’Orsay, il plonge dans les écrits sulfureux de Sade.

L’automne parisien est au comble de la sensualité. Trois expositions explorent l’art d’aimer chez nos ancêtres. Dans le cadre de sa saison « Art et Érotisme en Orient », la Pinacothèque de Paris présente deux visions du désir et de l’accomplissement sexuel avec une première exposition consacrée au Kâma Sûtra et une seconde à l’art d’aimer au temps des Geishas. Avec « Sade, attaquer le soleil », le musée d’Orsay propose une analyse cinglante des textes de l’auteur du XVIIe siècle illustrée par des oeuvres de sa collection permanente.

Reportage : D. Morel / P. Aliès / R. Edgell 

Avec cette exposition « Le Kâma Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien » revient aux racines mêmes du texte. Celui constitue l’un des textes majeurs de l’hindouisme médiéval. Loin d’être un livre pornographique comme la société occidentale l’a classifié, il apporte souvent un éclairage sur la société hindoue du Moyen-Age. Il est divisé en sept sections (adhikarana) : la société et les concepts sociaux, l’union sexuelle, à propos de l’épouse, à propos des relations extra-maritales, à propos des courtisanes, à propos des arts de la séduction. Près de 350 œuvres exceptionnelles sont exposées à la Pinacothèque.

L’exposition « L’Art de l’amour au temps des Geishas : les chefs-d’œuvre interdits de l’art japonais » est la première jamais présentée en France sur ces fameuses estampes qui relèvent de tous nos fantasmes et de l’imaginaire extrême-oriental.

L’exposition du Musée d’Orsay « Sade ; Attaquer le soleil » met en lumière la révolution de la représentation ouverte par les textes de l’écrivain. Une déambulation à travers des oeuvres de Goya, Géricault, Ingres, Rops, Rodin, Picasso permet d’aborder les thèmes de la férocité et de la singularité du désir, de l’écart, de l’extrême, du bizarre et du monstrueux, du désir comme principe d’excès et de recomposition imaginaire du monde. Annie Lebrun spécialiste de Sade a coordonné l’exposition pour le musée d’Orsay

« Le Kâma-Sûtra : spiritualité et érotisme dans l’art indien » à la Pinacothèque de Paris du 2 octobre au 11 janvier 2015
– « L’Art de l’amour au temps des Geishas : les chefs-d’œuvre interdits de l’art japonais » à la Pinacothèque de Paris du 06 novembre 2014 au 15 février 2015
– « Sade ; Attaquer le soleil » au Musée d’Orsay du 14 octobre 2014 – 25 janvier 2015

Voir encore:

Les diverses représentations de Judith
Tania Albin 07, Littérature anglaise/Histoire de l’art 151, Préraphaélites, Esthètes, et Décadents, Brown Université, 2006

[Traduction par Vanessa Ly, Paris; formatage et liens hypertextes par George P. Landow.]

Durant la période dite fin de siècle, la figure biblique de Judith a renforcé l’image de la femme fatale comme celle d’un bourreau des hommes. L’histoire biblique parle de la ville de Bethulia, assiégée par Holopherne, un général envoyé par Nabuchodonosor. Judith, une audacieuse femme juive, réussit à pénétrer dans le camp ennemi, à séduire Holopherne puis à le décapiter alors qu’il était ivre. Comme le raconte le Livre de Judith, 13 :6-9 :

Elle s’avança alors vers la traverse du lit proche de la tête d’Holopherne, en détacha son cimeterre, puis s’approchant de la couche elle saisit la chevelure de l’homme et dit : Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d’Israël. Par deux fois elle le frappa au cou, de toute sa force, et détacha sa tête. Elle fit ensuite rouler le corps loin du lit et enleva la draperie des colonnes. Peu après elle sortit et donna la tête d’Holopherne à sa servante.

Judith a ainsi sauvé la ville et son peuple.

Judith a été de nombreuses fois représentée dans l’art ; Michel-Ange, Caravage et Rembrandt, pour n’en nommer que quelques-uns, l’ont dépeinte en martyr idéalisé. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les représentations idéalisées traditionnelles de Judith comme adolescente dominatrice ont prédominé dans l’art. Mais, comme l’écrit Bram Dijkstra, l’image de Judith change pendant la fin de siècle : «Dans la Bible, Judith a été le parangon du martyre offert en sacrifice pour une noble cause. Les peintres de la fin du XIXe siècle, eux, l’ont vue comme une prédatrice luxurieuse, une tigresse anorexique ». (377)

Le peintre symboliste allemand Franz von Stuck a représenté Judith dans plusieurs tableaux, portant tous le même titre (« Judith et Holopherne »), comme s’il cherchait à décrire chaque étape de la rencontre fatale entre cette femme et cet homme, son ennemi. Dans toutes les représentations, Judith se tient nue, debout au-dessus d’Holopherne qui est, quant à lui, couché sur un lit à sa droite. Cependant, chaque tableau montre un moment différent de la décapitation d’Holopherne par Judith. Dans l’un d’entre eux, elle lève l’épée d’Holopherne à une main, et regarde Holopherne d’en haut avec un air de mépris absolu. Dans une deuxième version, elle se tient au-dessus d’Holopherne qui a levé ses bras sur les côtés, comme s’il était en train d’être crucifié. Judith tient l’épée près de son visage avec ses deux mains et semble rire avec arrogance face au visage prostré d’Holopherne. Dans une autre représentation, elle semble balancer l’épée en arrière, prête à lui donner le coup fatal. La représentation obsessionnelle que fait von Stuck de Judith comme d’une femme dangereusement séductrice et meurtrière permet de caractériser l’obsession plus générale pour la femme fatale existant dans l’imaginaire de la fin de siècle.

Les représentations les plus célèbres de Judith sont probablement celles du peintre symboliste autrichien Gustav Klimt. La paire de peintures extrêmement décoratives, typiques de la fin de siècle autrichienne, montre Judith comme un personnage féminin très sexuel. Comme le remarque Margaret Stocker dans son livre Judith: Sexual Warrior (« Judith, guerrière sexuelle »), dans les peintures de Klimt, Judith est fétichisée :

Dans Judith I, son visage exprime une joie orgasmique à la castration symbolique de l’homme. Un de ses seins est nu, sa chair teintée magnifiée par le dur placage doré qui métamorphose ses vêtements et ses bijoux. Toutes les surfaces ont des textures d’une grande densité, comme celle, inanimée, suggérée par ses pierres précieuses. C’est un orgasme à la fois brillant et cruel, symbolisé par le corps féminin lui-même. Dans Judith II, l’effet de cruauté est intensifié par son air de malice vorace, les mains sont des griffes. Les deux peintures montrent la « fatalisation » de la femme chère au décadentisme. [Stocker 175-176]

Judith II est renommée dans de nombreux catalogues d’art Salomé, bien qu’il soit incertain que telle ait été l’intention de Klimt. Dans cette peinture, le personnage se tient presque de profil, la poitrine entièrement nue, tandis qu’elle tient par les cheveux la tête d’Holopherne (ou de Jean-Baptiste) entre ses doigts semblables à des griffes, garnies de bijoux. Bram Dijkstra remarque que «la Salomé/Judith de Klimt est un mélange enivrant de traditions de vampires, de haute couture, et de cette obsession de l’époque que la chasseuse de tête avait désiré avoir une connaissance pragmatique de la tête de Jean-Baptiste» (Dijkstra 388). Très typique du Décadentisme, la représentation de Judith par Klimt a servi à avilir l’héroïne biblique et s’est en effet mêlée à l’image plus sombre, plus assoiffée de sang de Salomé.

Voir par ailleurs:

Terrorisme et cinéma
Quand Hollywood annonçait Ben Laden
Pierre Le Blavec de Crac’h

Hérodote

Voici un recensement des films-catastrophe des dernières années prémonitoires des événements tragiques du 11 septembre 2001…

Une enquête qui fait frémir… Beaucoup de films hollywoodiens apparaissent aujourd’hui prophétiques ou prémonitoires avec leur atmosphère de terreur et de panique, débris d’acier et de béton, gravats et nuages de poussières.
Le 11 septembre 2001, en prenant pour cible le World Trade Center et le Pentagone, les terroristes ont réalisé le pire des scénarios-catastrophe. Le drame survenu ce jour-là a donné lieu à des avant-premières involontaires («sneak previews») dans les cinémas du monde entier.

Beaucoup de films hollywoodiens apparaissent aujourd’hui prophétiques ou prémonitoires avec leur atmosphère de terreur et de panique, débris d’acier et de béton, gravats et nuages de poussières.

Hyperréalisme impressionnant
Le film The Towering Inferno (La Tour infernale, États-Unis, 1974, 164 min) est l’un de ceux-là. Il a été réalisé par John Guillermin sur un scénario de Stirling Silliphant, inspiré de deux romans intitulés The Tower (Richard Martin Stern) et The Glass Inferno (Thomas N. Scortia et Frank M. Robinson).

Quand le sapeur-pompier Michael O’Hallorhan (Steve McQueen) et l’architecte Doug Roberts (Paul Newman) tentent de sauver les otages du feu bloqués aux derniers étages de la tour, on pense aux corps qui, dans une ultime tentative, sautent des fenêtres – telles des virgules dans le vide – pour échapper désespérément aux flammes infernales.

La réalisation très efficace du premier épisode de la trilogie Die Hard (Piège de Cristal, John Mc Tiernan, États-Unis, 1988, 127 min), sur un scénario de Jeb Stuart tiré du roman de Roderick Thorp, nous présente l’inspecteur new-yorkais John McClane (Bruce Willis) venu rejoindre sa femme Holly (Bonnie Bedelia) dont il est séparé, dans l’espoir de se réconcilier avec elle pour les fêtes de Noël à Los Angeles.

Au Nakatomi plazza, grande tour de verre et siège de la compagnie pour laquelle elle travaille, son patron M. Takagi donne une soirée en l’honneur de ses employés. Au même moment, une douzaine de terroristes, menés par Hans Gruber (Alan Rickman), s’infiltrent dans l’immeuble et bouclent tous les accès.

Ils projettent de repartir avec 600 millions de dollars en bons négociables enfermés dans les coffres et prennent l’ensemble du personnel en otage… hormis John McClane, passé inaperçu mais décidé à contrecarrer leur plan par tous les moyens.

Sept ans plus tard, Die Hard 3 : with a Vengeance (Une Journée en enfer, John McTiernan, États-Unis, 1995, 131 min) se signale par des scènes spectaculaires d’explosions dans le Bonwit Teller department store, à la base d’un gratte-ciel de New York.

Dans ce film, sur un scénario de Jonathan Hensleigh et Roderick Thorp, et avec un sous-titre prémonitoire – «It’s boomtime in the big apple» – le lieutenant John McClane (Bruce Willis) et Zeus Carver (Samuel L. Jackson) affrontent un terroriste allemand, Simon Peter Gruber (Jeremy Irons), qui fait régner la terreur dans les rues new-yorkaises.

Protéger Manhattan
Conçu sur un scénario de Lawrence Wright et Menno Meyjes, The Siege (Couvre-Feu, Edward Zwick, États-Unis, 1998, 115 min) raconte une vague d’attentats islamistes à New York.

L’agent du FBI Anthony Hubbard (Denzel Washington), son adjoint Samir Nazhde (Sami Bouajila), et Elise (Annette Bening), agente de la CIA, défendent les valeurs de la démocratie américaine face à l’armée, en charge de l’ordre public.

Car pour arriver à ses fins et maintenir l’état de siège sur Brooklyn, le général en chef William Devereaux (Bruce Willis) a recours à des méthodes contraires aux droits de l’homme.

Certains dialogues écrits trois ans avant les attentats contre les Twin Towers laissent songeur. Ainsi, comme les conseillers du président se réunissent, l’un d’eux s’exclame : «Messieurs, il va falloir sortir vos atlas ».

Elise explique aussi à Anthony Hubbard que «le cheikh – responsable des attentats – était notre allié et il s’est retourné contre nous, mais il faut les comprendre, on les a aidés et puis on les a laissés tomber».

Bio-terrorisme
Quelques jours après les attentats du 11 septembre, l’envoi aux médias et au Congrès américain de lettres empoisonnées par le bacille anthrax rappelle étrangement un épisode de la célèbre série britannique The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir).

En effet, malicieusement intitulé You’ll Catch Your Death: Aka Atishoo, Atishoo… All Fall Down (A Vos Souhaits!, épisode n°10 de la 7ème session, 52 min, diffusé le 16 octobre 1968 sur la chaîne anglaise ITV), le scénario de Jeremy Burnham et R. Paul Dickson nous présente un facteur (Douglas Black-well) circulant en Rolls Royce, distribuant des courriers dans la boîte aux lettres de célèbres oto-rhino laryngologues londoniens.

Victimes pré-sélectionnées à travers le monde, les docteurs Camrose (Hamilton Dyce), Padley (Willoughby Gray) et Herrick (Andrew Laurence) reçoivent leur lettre, l’ouvrent et éternuent si fort qu’ils en meurent. Lorsqu’on retrouve les enveloppes sur les lieux du crime, elles sont désespérément vides. Il s’agit en réalité de la vengeance d’un scientifique dénommé Glover (Fulton Mackay) qui s’est servi du virus de la grippe, biologiquement renforcé, comme d’une arme fatale.

A une plus grande échelle et sur un scénario de Laurence Dworet et Robert Roy Pool, le film Outbreak (Alerte, Wolfgang Petersen, États-Unis, 1995, 127 min) raconte les efforts conjugués du colonel Sam Daniels (Dustin Hoffman), responsable de l’Institut de Recherche médicale de l’US Army, et de son ex-femme, le docteur Robby Keough (Rene Russo) du Centre de contrôle des épidémies pour contenir tant bien que mal, l’infection virale aérienne qui s’est abattue par contagion sur une petite ville de province des États-Unis.

Dans ce film, l’armée américaine impose médicalement la quarantaine et civilement la loi martiale. Tout ceci a aujourd’hui un petit air de déjà vu.

Des scénaristes à la caserne
Après les attaques terroristes, les studios d’Hollywood ont pris conscience que les pires prophéties ne sont pas très loin de la réalité.

Ils ont choisi de s’autocensurer en annulant la sortie de films-catastrophe, en revoyant ceux en cours de tournage pour gommer en urgence les références au terrorisme, aux avions qui explosent, aux immeubles qui s’effondrent.

Enfin, des projets ont été purement et simplement annulés comme World War III, le film de Jerry Bruckheimer où les villes de San Diego et Seattle sont détruites par une bombe nucléaire. Il en va de même pour Nose Bleed où Jackie Chan aurait dû jouer le rôle d’un laveur de carreau qui démasque un complot visant à détruire le World Trade Center !

Décrypter les scénarios
Quelques semaines après les événements du 11 septembre, l’Institute for Creative Technologies (ICT) de l’université de Californie du Sud (USC) organisait, le 9 octobre 2001 avec le soutien du Pentagone, une série de séminaires avec des scénaristes hollywoodiens.

Coordonnés par le général Kenneth Bergquist, les scénaristes Steven E. De Souza (Die Hard, Piège de Cristal ; Die Hard 2, 58 minutes pour vivre) et David Engelbach (série télévisée MacGyver), le réalisateur Joseph Zito (Delta Force One : the Lost Patrol, Invasion USA, Missing in Action, Portés disparus) devaient imaginer des scénarios d’attaques terroristes et mettre au point d’éventuelles répliques.

Le film de Phil Alden Robinson intitulé The Sum of All Fears (La Somme de toutes les peurs, États-Unis, 2002, 124 min) plonge le spectateur dans le spectre de la guerre nucléaire avec un scénario de politique-fiction de Paul Attanasio et Daniel Pyne tiré d’un roman à succès de Tom Clancy. Sous-titré «27.000 nuclear weapons, one is missing», ce quatrième volet cinématographique des aventures de l’agent de la CIA, Jack Ryan, a bénéficié du concours technique de la CIA et du Pentagone.

Alors que le président russe vient de décéder, un groupe terroriste néonazi décide de jouer sur les tensions entre les États-Unis et la Russie et s’empare d’une bombe atomique, retrouvée par hasard dans le désert de Syrie après avoir été abandonnée, en 1973, par un avion israélien durant la guerre de Kippour.

Les terroristes la font exploser sur Grozny, anéantissant ainsi la capitale tchétchène au nom du gouvernement russe. Afin de faire la lumière sur les derniers événements, le directeur de la CIA, Bill Cabot (Morgan Freeman) engage les services de Jack Ryan (Ben Affleck), jeune recrue spécialiste de la Russie.

Selon ce dernier, les principaux responsables ne sont pas les autorités russes, mais bien des terroristes qui espèrent provoquer la panique générale et relancer la défunte guerre froide.

Leur prochaine cible est la ville américaine de Baltimore où doit se dérouler le Superbowl – la finale de football américain – et auquel assistera le personnel de la CIA et de la Maison Blanche.

Le monde sera finalement sauvé du chaos par la coopération des présidents américain Fowler (James Cromwell) et russe Nemeroy (Ciaran Hinds).

Dans la bataille globale de la communication qui a suivi les événements du 11 septembre 2001, l’usage politique de tels films n’a pas longtemps tardé. En effet, l’attorney général John Ashcroft a spécialement attendu le lundi suivant le deuxième week-end d’exploitation du film pour annoncer publiquement de Moscou, l’arrestation du terroriste Abdullah al-Mujahir – de son vrai nom José Padilla -, lié au réseau Al-Qaida de Ben Laden.

Fiction anticipatrice
Au vu de ces similitudes, les services de renseignement ont demandé aux cinéastes d’Hollywood et aux romanciers de «techno-thriller» (Tom Clancy, Maud Tabachnik, Chuck Palahniuk, William Diehl) d’imaginer la lutte antiterroriste de demain.

Cette méthode d’investigation – bookish researcher – a déjà fait l’objet d’une intrigue de film d’espionnage puisque dans le film de Sydney Pollack, Three Days of the Condor (Les Trois Jours du Condor, États-Unis, 1975, 117 min), Joseph Turner (Robert Redford) travaille dans une cellule de la CIA où il épluche les romans d’espionnage étrangers pour découvrir d’éventuels scénarios.

Entre réalité et virtualité, il ne nous reste plus qu’à nous demander qui sera le réalisateur du prochain épisode… Nostradamus peut être.

Voir enfin:

Etat islamique: l’illusion du sublime

Anthropologie
Scott Atran est anthropologue et psychologue, directeur de recherche au CNRS UMR 8129 à l’Institut Jean Nicod à Paris, professeur adjoint à l’Université du Michigan et senior fellow à l’Université d’Oxford.

L’État Islamique séduirait en France un jeune sur quatre. Parce que ces jeunes y trouvent ce que nos sociétés n’offrent plus : le frisson lié au combat pour une cause qui leur fait croire qu’ils ont un pouvoir sans limites, un pouvoir divin.

«Quoi que ces meurtriers espèrent obtenir en assassinant des innocents, ils ont déjà échoué », déclarait Barack Obama à propos de l’exécution de journalistes occidentaux et de travailleurs humanitaires par l’État islamique, une organisation que le président François Hollande et d’autres mentionnent sous le nom de Daesh (désignation arabe de l’ancien acronyme ISIS – Islamic State in Iraq and Syria), afin de minimiser les ambitions de ce mouvement.

Est-ce bien vrai ? En réalité, les faits indiquent plutôt le contraire. La publicité, l’État islamique le sait, est l’oxygène du terrorisme. Et de la publicité, cette organisation en a eu à foison grâce à la décapitation de deux journalistes américains et, plus récemment encore, du Français Hervé Gourdel. À tel point que ce mouvement que tout le monde ignorait il y a encore quelques mois est devenu aujourd’hui le premier sujet des préoccupations générales et politiques. Pour un temps, elle relègue au second plan la nucléarisation de l’Iran et de la Corée du Nord, la menace d’une prolifération des armes nucléaires, et même l’ambition de la Russie de restaurer l’Empire des tsars. Ainsi seraient relancés les jeux de pouvoir et le système mondial anarchique des rivalités qui ont autrefois donné le jour à deux guerres mondiales et rendent aujourd’hui possible – ne fût-ce qu’un peu– une troisième, bien plus dévastatrice encore.

Le but des spectacles mis en scène par l’État islamique, aussi atroces que captivants, est de terroriser et de fasciner l’opinion publique. Les émois de celle-ci, tout particulièrement sur la scène politique des démocraties libérales occidentales rythmée par les médias, a pour effet invariable de précipiter l’action (ou plutôt la réaction) politique. Comme ce fut le cas avec la réaction inconséquente et indifférenciée déployée par la Grande-Bretagne et les États-Unis, qui a fait passer Al Qaida d’un groupe restreint, mais résolu, d’extrémistes relativement éduqués et violents à un mouvement social capable d’attirer des milliers d’immigrés musulmans d’Occident désœuvrés, et des millions d’autres qui, retournés au pays, n’y ont trouvé que frustration politique et désillusion économique. En Europe, même ceux qui sont le plus opposés à la violence me disent que « sans Al Qaida, on nous aurait oubliés », et dans l’ensemble du monde musulman l’héritage du « Cheikh Oussama » est souvent synonyme de reconnaissance et de respect.

Une cause à défendre

Toutefois, à la différence d’Al Qaida dont il a été exclu en début d’année, l’État islamique ne tolère aucun compromis sur l’interprétation des moyens et des buts de l’Islam, encore moins sur la mission de l’Islam : gouverner le monde. À la fin de sa vie, le chef terroriste et fondateur de l’État islamique, Abou Moussab al-Zarkawi, déclarait que « les Chiites sont le plus grand mal de l’humanité, les plus dangereux moralement, et qu’il faut les détruire en priorité ». Dans cette vision du monde, proclamée aujourd’hui par Abou Bakar al-Baghdadi, Les États-Unis et le Royaume-Uni sont trop faibles dans leur conviction envers leurs idéaux pour représenter un ennemi sérieux. Aux yeux des « adeptes fervents » que sont les djihadistes, la justesse d’une cause prévaudra toujours sur un avantage matériel apparent, à condition que la cause dispose de ressources suffisantes pour perdurer. De fait, depuis la Seconde Guerre mondiale, des groupes rebelles et révolutionnaires ont vaincu des armées disposant d’une puissance de feu et d’effectifs jusqu’à dix fois supérieurs, grâce à la dévotion à leur cause, plutôt qu’en raison de systèmes de récompense, tels que rémunération ou promotion. Cependant, en s’appuyant sur l’histoire récente, l’État islamique espère pouvoir compter sur les États-Unis et la Grande-Bretagne pour l’aider à déclencher une spirale de guerres civiles et transnationales débouchant sur le grand Armageddon, retour à un Âge d’Or imaginaire de domination arabe dans tous les pays musulmans et de domination musulmane à travers l’Eurasie et l’Afrique. Et ce, bien que les cinq siècles – de 750 à 1258 – où la dynastie des Abbassides a gouverné le monde musulman, aient marqué une période de relative tolérance sociale, de diversité philosophique et de remarquables progrès scientifiques en médecine et en mathématiques.

Le frisson de la terreur
La violence exercée par l’État islamique est tout sauf gratuite ou nihiliste – des accusations souvent portées par ceux qui refusent de prendre en compte le pouvoir d’attraction de leurs ennemis. La vision morale du monde des adeptes fervents est dominée par ce que le philosophe politicien irlandais Edmund Burke (1729-1797) appelait le « sublime » : une attirance puissante et passionnée pour ce qu’il nommait la « terreur exquise », un sentiment singulier éprouvé face à la terreur d’autrui. Selon lui, l’être humain éprouve un sentiment de délice particulier face au spectacle de la terreur, car il y voit la manifestation de forces supérieures, sans limites, inconnues et incompréhensibles. La terreur exercée sur les victimes est alors proche de la terreur de Dieu.

« Aucune passion ne prive autant l’esprit de tous ses pouvoirs d’action et de raisonnement que la peur », notait Burke, « Car la peur étant une appréhension de la souffrance et de la mort, elle opère d’une façon qui ressemble à la vraie douleur. De ce fait, tout ce qui est terrible à la vue est sublime. » Mais pour que la terreur réussisse au nom du sublime, « l’obscurité semble généralement nécessaire » poursuivait-il. « Les gouvernements despotiques qui s’appuient sur les passions humaines, et en premier lieu sur la passion de la peur, cachent autant que possible leur chef aux yeux du peuple. » Al-Baghdadi remplit sans nul doute ces conditions.
Le sublime est profondément physique et viscéral, ancré dans l’émotion et l’identité, et non un concept-clé de nos idéologies modernes, pour qui la raison et l’esprit sont maîtres (et non esclaves) des passions. Il n’y a là aucun lavage de cerveau, contrairement à ce qu’a voulu faire croire un vieux mythe sur les soldats alliés, dont on avait prétendu qu’ils avaient été brisés par les experts en manipulation mentale de la Chine communiste durant la Guerre de Corée. Les volontaires occidentaux qui s’enrôlent dans l’État islamique sont souvent des jeunes à des périodes de transition dans leur vie : des immigrés, entre deux emplois ou entre deux petites amies, ayant quitté leur foyer et cherchant une nouvelle famille. Pour la plupart ils n’ont reçu aucune éducation religieuse et sont « nés de nouveau » à la religion à travers le djihad. Ces jeunes en quête d’eux-mêmes qui ont trouvé leur voie dans le djihad font tache d’huile de multiples façons, lors de barbecues, de relations sexuelles d’un soir, sur Internet. Ils se radicalisent quand ils voient leurs parents se faire humilier par des fonctionnaires pour remplir des formulaires administratifs, ou leur sœur se faire insulter parce qu’elle porte un voile. La plupart ne franchissent pas le pas ; mais quelques-uns le font, et ils entraînent leurs amis avec eux.

Ainsi que j’en ai témoigné devant le Comité des forces armées du Sénat des États-Unis, ce qui inspire au plus haut point les terroristes aujourd’hui n’est pas tant le Coran ou les enseignements religieux, qu’une cause excitante et un appel à l’action qui promet la gloire et l’estime au yeux des amis, ainsi que le respect éternel et le souvenir au yeux du monde, même si la plupart ne vivront pas pour goûter cette reconnaissance. Le Djihad est un employeur égalitaire qui propose les mêmes opportunités à tous : fraternel, rapide, glorieux et motivant. Et le danger qui fait bouillir le sang dans les veines est encore ce qu’il y a de plus stimulant, surtout pour celui qui n’en a encore jamais fait l’expérience. Selon un sondage réalisé en juillet 2014 par l’institut de sondage britannique ICM Research, 16 pour cent des Français, et plus d’un adolescent sur quatre (27 pour cent exactement) auraient une opinion favorable ou très favorable de l’État islamique, alors que moins de six pour cent des Français sont musulmans. Ces chiffres tranchent avec les 13 pour cent de soutiens à l’État islamique à Gaza, si l’on en croit un sondage réalisé en août 2014 par le Centre palestinien de l’opinion publique.

Se sentir vivre dans le combat
Dans Mein Kampf, Adolf Hitler déclarait : « Tous les grands mouvements sont des mouvements populaires, des éruptions volcaniques de passions humaines et de sentiments émotionnels suscités soit par la cruelle déesse de la détresse, soit par la puissance incendiaire du verbe déversé sur les foules. » Mais le verbe doit être mis en scène sur le théâtre du sublime. Dans les années 1930, Charlie Chaplin et le réalisateur français René Clair virent ensemble un film de l’actrice et réalisatrice Leni Riefenstahl à la gloire du national-socialisme. Chaplin en rit, mais Clair fut terrorisé par le film, affolé à l’idée que si celui-ci était vu à l’Ouest, tout serait perdu. George Orwell, dans son analyse de Mein Kampf en 1940, l’avait compris : « Alors que le socialisme et même le capitalisme – plus à contrecoeur – ont dit aux gens : « Je vous offre du bon temps », Hitler leur a dit : « Je vous offre la lutte, le danger et la mort » et le résultat a été qu’un nation entière se jeta à ses pieds. »

Les volontaires de l’État islamique surfent sur le sublime, et sur ce qui va avec et fait défaut dans le monde fatigué du libéralisme démocratique, tout particulièrement aux marges de la société où vivent la plupart des immigrés en Europe. Nombre d’entre eux ne sont que des touristes du djihad, qui se rendent en Syrie pendant des vacances scolaires ou des congés pour le frisson de l’aventure et un semblant de gloire, et qui retournent ensuite à leurs vies plus confortables, mais sans âme, à l’Ouest. Mais les succès de l’État islamique vont croissant et l’engagement des adeptes aussi. Les décapitations font aujourd’hui ce que les images du World Trade Center ont réalisé en leur temps, c’est-à-dire transformer la terreur en démonstration de triomphe sur fond de mort et de destruction. Dans l’acception de Burke, il s’agit d’une manifestation du sublime. Comme le philosophe espagnol Javier Goma Lanzon l’a récemment souligné : ce sens du sublime constitue-t-il une part du pouvoir d’attraction de l’État Islamique, lié à une quête de grandeur et de gloire dans une camaraderie dangereuse et aventureuse ? Le désintérêt de l’Occident pour le sublime – souvent considéré avec scepticisme et cynisme – est-il notre erreur ?

La crainte de Dieu et ses représentations innombrables dans l’art et les rituels ont consitué autrefois le sublime de l’Occident, suivi par une lutte violente pour la liberté et l’égalité. L’historien anglais Arnold Toynbee (1852-1883) a soutenu que les civilisations prospèrent et déclinent au gré de la vita¬lité de leurs idéaux culturels, et non de leurs richesses matérielles. Dans des études menées avec le soutien de la Fondation scientifique américaine, du Département de la défense et du CNRS, mes collègues et moi-même avons trouvé que la plupart des sociétés ont des « valeurs sacrées » pour lesquelles leurs membres sont prêts à se battre, à sacrifier beaucoup, voire à mourir, plutôt que d’accepter un compromis. En 1776, les colons américains avaient le meil-leur niveau de vie dans le monde. Toutefois, menacés, non pas sur le plan économique, mais sur le plan de leurs « valeurs sacrées » (selon les termes de Thomas Jefferson dans son brouillon initial de la Déclaration d’in-dépendance), ils se montèrent prêts à sacri-fier « leur vies, leur fortune et leur honneur sacré » contre l’empire britannique, alors le plus puissant du monde. Notre idéal est-il seulement un idéal « de confort, de sécu¬rité et d’évitement de la douleur », comme Orwell le supposa pour expliquer la capacité du nazisme, du fascisme et du stalinisme à susciter l’engagement notamment de la jeunesse aventureuse et en quête d’horizons nouveaux ? Pour le futur des démocraties libérales, même au-delà de la menace de djihadistes violents, cela pourrait constituer la question centrale.

Les êtres humains définissent en des termes abstraits les groupes auxquels ils appartiennent. Ils aspirent souvent à des liens intellectuels et émotionnels durables avec des personnes qu’ils ne connaissent pas encore, et sont prêts à tuer ou mourir, non pas pour préserver leur propre vie ou celles de leurs familles ou amis, mais au nom d’une idée – la conception morale transcendante qu’ils ont d’eux-mêmes, de « qui nous sommes ». C’est là « le privilège de l’absurde, auquel nulle créature vivante n’est sujette sinon l’homme », que décrivit Thomas Hobbes (1588-1679) dans son Léviathan. Dans la Filiation de l’homme, Charles Darwin (1809-1882) y a vu la vertu de « la moralité, […] l’esprit de patrio¬tisme, la fidélité, l’obéissance, le courage et la sympathie », dont les communautés victorieuses sont dotées dans la compétition pour la survie et la domination. À travers les cultures, les formes les plus robustes d’iden¬tité de groupe sont cimentées par les valeurs sacrées, souvent sous forme de croyances religieuses ou d’idéologies trancendantales, qui conduisent certains groupes à dominer les autres grâce à l’engagement irrationnel d’une poignée de leurs membres dans des actions qui mènent au succès, au-delà de toute attente. Dans le monde que nous souhaitons – celui de la démocratie libé¬rale, de la tolérance, de la diversité et de la justice distributive –, la violence (particuliè¬rement les formes extrêmes que constituent les tueries de masse) sont généralement considérées comme pathologiques, comme des facettes sombres d’une nature humaine détraquée, ou comme des dommages colla-téraux d’intentions justes. Mais tout au long de l’histoire et dans toutes les cultures, la violence exercée à l’encontre des autres groupes a été unanimement invoquée par ses auteurs comme un acte sublime de vertu morale. Car sans une prétention à la vertu, il est très difficile de souhaiter tuer un grand nombre d’innocents.

En bref
• Les jeunes exclus ou sans but des démocraties occidentales semblent trouver dans le djihad un frisson particulier lié à l’action, à la défense d’une cause et à l’appartenance à un groupe de frères unis.
• La terreur qu’ils peuvent observer ou exercer est pour eux le signe de puissances supérieures dont ils seraient le bras armé.
• Aujourd’hui, le sublime a disparu des sociétés occidentales désenchantées.Au contraire, les djihadistes redonnent aux « valeurs sacrées » une place prééminente.

3. L’engagement des Etats-Unis
dans des opérations militaires contre l’Etat Islamique est-elle la solution? Si l’on ne s’attaque pas aux racines de la moti¬vation des «adeptes fervents», rien n’est moins sûr.
4. Dans Mein Kampf,_ Hitler pro-posait à son peuple la lutte, le danger et la mort – selon l’analyse de George Orwell. Il s’avéra que le pouvoir d’engagement de ces notions était supérieur à celui des valeurs de confort et de sécurité.
Bibliographie
http://www.jjay.cuny. edu/us_senate_hea-ring_on_violent_extre-mism.pdf
http://www.terroris-manalysts.com/pt/in-dex.php/pot/article/ view/95/html


Attentats de Copenhague: Vous avez dit socialisme des imbéciles ? (Socialism of the stupid man: When anti-semitism becomes the ultimate in anti-racism)

17 février, 2015
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L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles. Ferdinand Kronawetter ? (attribué à August Bebel)
Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. Adorno (1959)
[Et tu penses qu’en France le Mossad pourrait attaquer les synagogues …?] Je ne sais pas si c’est le cas. Simplement, ce que je dis, c’est qu’il faut savoir à qui peut profiter le crime. José Bové (avril 2002)
Ce que le communisme avait tenté de faire, une guerre vraiment mondiale, est maintenant réalisé, c’est l’actualité. Minimiser le 11 Septembre, c’est ne pas vouloir voir l’importance de cette nouvelle dimension. (…) Mais la menace actuelle va au-delà de la politique, puisqu’elle comporte un aspect religieux. Ainsi, l’idée qu’il puisse y avoir un conflit plus total que celui conçu par les peuples totalitaires, comme l’Allemagne nazie, et qui puisse devenir en quelque sorte la propriété de l’islam, est tout simplement stupéfiante, tellement contraire à ce que tout le monde croyait sur la politique. (…) Le problème religieux est plus radical dans la mesure où il dépasse les divisions idéologiques – que bien sûr, la plupart des intellectuels aujourd’hui ne sont pas prêts d’abandonner.(…) Il s’agit de notre incompréhension du rôle de la religion, et de notre propre monde ; c’est ne pas comprendre que ce qui nous unit est très fragile. Lorsque nous évoquons nos principes démocratiques, parlons-nous de l’égalité et des élections, ou bien parlons-nous de capitalisme, de consommation, de libre échange, etc. ? Je pense que dans les années à venir, l’Occident sera mis à l’épreuve. Comment réagira-t-il : avec force ou faiblesse ? Se dissoudra-t-il ? Les occidentaux devraient se poser la question de savoir s’ils ont de vrais principes, et si ceux-ci sont chrétiens ou bien purement consuméristes. Le consumérisme n’a pas d’emprise sur ceux qui se livrent aux attentats suicides. (…) Allah est contre le consumérisme, etc. En réalité, le musulman pense que les rituels de prohibition religieuse sont une force qui maintient l’unité de la communauté, ce qui a totalement disparu ou qui est en déclin en Occident. Les gens en Occident ne sont motivés que par le consumérisme, les bons salaires, etc. Les musulmans disent : « leurs armes sont terriblement dangereuses, mais comme peuple, ils sont tellement faibles que leur civilisation peut être facilement détruite ».(…) Cela dit, de plus en plus de gens en Occident verront la faiblesse de notre humanisme ; nous n’allons pas redevenir chrétiens, mais on fera plus attention au fait que la lutte se trouve entre le christianisme et l’islam, plus qu’entre l’islam et l’humanisme. Avec l’islam je pense que l’opposition est totale. Dans l’islam, si l’on est violent, on est inévitablement l’instrument de Dieu. René Girard
Carpentras, c’était une manipulation. Hubert Védrine
[Yves Bertrand, le patron des RG] explique que au départ, les gens du CRIF (…) ne voulaient pas en faire une grande manifestation et que c’est Mitterrand lui-même qui a imposé la grande manifestation publique, qui a imposé l’itinéraire classique de gauche c’est-à-dire République-Bastille-Nation. Pour bien mettre ce combat dans les combats de la gauche et qui a ainsi manipulé tout le monde. Tout ça, pour empêcher évidemment une alliance entre  la droite – Chirac pour parler vite – et le Front national évidemment parce que si le Front national devenait une espèce de monstre nazi, évidemment on pouvait plus s’allier à lui. Et c’est la grande stratégie de Mitterrand sur quinze ans qui a permis à la gauche de rester au pouvoir pendant toutes ces années. Eric Zemmour
L’affaire avait provoqué une vive émotion au sein de la classe politique. Jacques Chirac avait condamné « avec force cet acte inqualifiable » et exprimé sa solidarité avec la communauté juive de France. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s’était aussitôt rendu sur les lieux et avait rappelé que l’auteur de ce genre de fait encourait vingt ans de prison. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait même parlé de « barbares » . Quant au ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, il avait exhorté les autorités françaises à se montrer « plus dures » face aux actes antisémites. On sait désormais que l’incendie qui, dans la nuit du 21 au 22 août, a ravagé le centre social juif de la rue Popincourt, dans le 11e arrondissement de Paris, n’est pas un acte antisémite. Son auteur, Raphaël Ben Moha, est un juif séfarade de 52 ans, originaire de Casablanca, au Maroc, qui aurait agi par vengeance. Comme dans l’affaire de la fausse agression antisémite du RER D, il y a deux mois, les policiers ont tout de suite eu la puce à l’oreille au vu des indices retrouvés dans les décombres : les croix gammées dessinées à l’envers et la quarantaine d’inscriptions incohérentes taguées au feutre rouge. (…). Fait troublant : un feuilleton de la série « PJ » a été tourné pendant un week-end dans le centre de la rue Popincourt. L’épisode mettait en scène un incendie criminel perpétré par un juif dans une école israélite. Sauf que cela se passait il y a un an et demi et qu’à l’époque Raphaël Ben Moha ne fréquentait pas encore le centre. Apparemment, Ben Moha en voulait à sa communauté, à laquelle il reprochait de ne pas l’avoir suffisamment aidé. (…) Une fois encore, la classe politique a fait preuve de précipitation pour dénoncer un acte antisémite, alors que les premiers éléments d’enquête incitaient à la prudence. Si nul ne peut mettre en doute la montée des actes antisémites en France – déjà 298 enregistrés depuis début 2004, contre 108 en 2003 -, qualifier d’antisémites des affaires qui ne le sont pas contribue à semer la confusion dans les esprits. D’où la réaction, lundi 30 août, du président du consistoire de Paris, Moïse Cohen, qui a appelé les juifs et les politiques « à un peu plus de raison » . Et d’insister : « C’est une erreur de réagir à un fait divers sans appliquer le principe de précaution. »  Le Point
Si les profanations de cimetières juifs sont aussi nombreuses en Alsace, ce n’est pas parce qu’il y aurait plus de groupes néonazis qu’ailleurs, bien au contraire, il y a un dialogue interreligieux qui fonctionne très bien dans la région. Non, s’il y a régulièrement des profanations de cimetières juifs dans la région c’est tout simplement parce que l’Alsace a été durant de nombreux siècles une terre d’accueil pour la communauté juive et qu’il y a de nombreux cimetières juifs. Thierry Legrand (historien)
La première communauté alsacienne remonte en effet aux alentours de l’an mille. Les juifs installés en Alsace n’ont jamais eu à subir d’expulsion comme dans le reste de la France car la région a longtemps été une terre d’Empire. Le judaïsme a toutefois pris une forme très spéciale en Alsace car les juifs n’étaient pas admis dans les villes. Raison pour laquelle le judaïsme alsacien se caractérisait, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, par une forme originale avec une multitude de petites communautés rurales. Reste que les profanations, selon les chiffres avancés par le ministère de l’Intérieur, concernent davantage des sites de sépultures chrétiennes. En 2012, 80 % des profanations recensées visent des tombes chrétiennes. Une large proportion qui s’explique là encore par le fait que les lieux de culte catholique sont beaucoup plus nombreux que les autres. D’après l’Observatoire des profanations de lieux religieux, 94 % des lieux de culte sont des monuments catholiques. France 24
Croix renversées et souillées de symboles nazis au sanctuaire dédié à la Vierge Marie à Saint-Loup (Jura), tombes et chapelle vandalisée au cimetière d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), statues arrachées dans l’église Saint-Géry de Valenciennes (Nord), lustres réduits en miettes et chemin de croix incendié à Saint-Pierre de Pouan-les-Vallées (Aube), classé et datant du XIIIe siècle… Dans l’indifférence, la France est le théâtre d’une profanation tous les deux jours. Selon une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, que s’est procurée Le Figaro, pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l’année dernière, soit à peine dix-neuf de moins qu’en 2008. Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours. «Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l’essentiel des dégradations de stèles, d’ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes – qui couvrent 95 % du territoire – touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises ». Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer. «Les départements du Bas-Rhin (11 faits), la Somme (9 faits), l’Ille-et-Vilaine (7 faits) et enfin la Gironde, le Gard et les Vosges (6 faits) concentrent le plus grand nombre de profanations», précise le document, qui détaille ainsi une série de périodes à risques. Ainsi, les profanateurs passent plus volontiers à l’action le 30 avril qui est à la fois l’anniversaire d’Adolf Hitler et de la fondation de l’Église de Satan aux États-Unis. Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d’Halloween et jour de l’An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d’équinoxes. Plus globalement, 50 % des actes de vandalisme se produisent le week-end et sans témoin, ce qui rend les investigations difficiles. L’année dernière, les gendarmes ont cependant réussi à résoudre une cinquantaine d’affaires et à confondre 106 profanateurs présumés. En décryptant leur profil, la note de la DGGN révèle que 83 % d’entre eux sont des mineurs et que 79 % sont de sexe masculin. Certains n’ont reculé devant aucune limite, allant jusqu’à improviser le 18 juillet dernier un rodéo à scooter dans la nef moyenâgeuse de l’église d’Échillais, près de La Rochelle, où un Christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé. (…). « D’une manière générale, les investigations ne permettent toujours pas de déterminer les motivations réelles des auteurs, concèdent les gendarmes. En effet, les éléments de preuves découverts engendrent parfois des confusions (exemple, des croix gammées accompagnant des tags satanistes).» «Les personnes interpellées indiquent la plupart du temps avoir agi sans motivation idéologique, par jeu, défi, mimétisme ou désœuvrement» , estime le rapport, qui rappelle que huit profanations sont imputables à des «individus isolés souffrant de troubles psychiatriques». Si deux faits sont imputables à des «adorateurs du démon», qualifiés de « minoritaires », les analystes du Bureau des affaires criminelles (BAC) notent que « sur la totalité des faits recensés en 2009, la commission d’actes à caractère sataniste (croix brisées ou renversées) est supposée dans de nombreux cas ». Enfin, la présence d’alcool est un «facteur important de passage à l’acte particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes ». Le Figaro (2010)
Un bilan périodique des atteintes aux édifices religieux et aux sépultures, perpétrées à l’encontre des religions chrétienne, israélite et musulmane, est réalisé depuis 2008 grâce à la mise en place d’une méthode de recensement constante, permettant de quantifier ces exactions. Les statistiques sont les suivantes : 304 atteintes en 2008 dont 275 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 129 ; sépultures : 146), 15 pour les sites israélites (édifices religieux : 12 ; sépultures : 3) et 14 pour les sites musulmans (édifices religieux : 12 dans des lieux de culte ; sépultures : 2) ; 474 atteintes en 2009 dont 390 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 209 ; sépultures : 181), 66 pour les sites israélites (édifices religieux : 52 ; sépultures : 14) et 18 pour les sites musulmans (édifices du culte : 15 ; sépultures : 3) ; 621 atteintes en 2010 dont 522 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 308 ; sépultures : 214), 42 pour les sites israélites (édifices religieux : 30 ; sépultures : 12) et 57 pour les sites musulmans (édifices religieux : 50 ; sépultures : 7) ; 620 atteintes en 2011 dont 527 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 336 ; sépultures : 191), 44 pour les sites israélites (édifices religieux : 40 ; sépultures : 4) et 49 pour les sites musulmans (édifices religieux : 44 ; sépultures : 5) ; 667 atteintes en 2012 dont 543 pour les sites chrétiens (édifices religieux : 352 ; sépultures : 191), 40 pour les sites israélites (édifices religieux : 31 ; sépultures : 9) et 84 pour les sites musulmans (édifices religieux : 83 ; sépultures : 1). Ainsi, de 2008 à 2012, il a été constaté une augmentation globale du nombre d’atteintes touchant les édifices religieux et les sépultures (+ 55,9 % entre 2008 et 2009, + 31 % de 2009 à 2010, 0 % entre 2010 et 2011 et + 7,6 % entre 2011 et 2012). Durant cette période, les atteintes aux sites chrétiens sont majoritaires mais proportionnellement en baisse (90,5 % en 2008, 82,3 % en 2009, 84 % en 2010, 85 % en 2011 et 81,4 % en 2012), comparativement aux atteintes commises au préjudice des sites israélites et des sites musulmans. Le bilan 2012 des atteintes aux sites chrétiens (édifices religieux et sépultures) marque une légère augmentation du nombre des actes commis par rapport à l’année précédente : 543 en 2012 au lieu de 527 en 2011, soit + 3 %. La plupart sont des dégradations, des vols d’objets ou encore des actes de simple vandalisme, dont les motivations apparaissent rarement fondées sur une idéologie précise. L’ensemble du territoire est concerné par ces actes qui ont donné lieu à l’interpellation de 67 personnes, dont 50 mineurs. Ministère de l’Intérieur (avril 2013)
Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler. Voltaire (Dictionnaire philosophique, 1769)
Victime en tous temps de son fanatisme, de sa religion insociable, de sa loi insensée, [le peuple juif] est maintenant dispersé dans toutes les nations, pour lesquelles il est un monument durable des effets terribles de l’aveuglement superstitieux […]. Ose donc enfin, ô Europe, secouer le joug insupportable des préjugés qui t’affligent ! Laisse à des Hébreux stupides, à de frénétiques imbéciles, à des Asiatiques lâches et dégradés, ces superstitions aussi avilissantes qu’insensées. Paul Henri Thiry d’Holbach (L’esprit du judaïsme, 1770)
La nation juive n’est pas civilisée, elle est patriarchale, n’ayant point de souverain, n’en reconnaissant aucun en secret, et croyant toute fourberie louable, quand il s’agit de tromper ceux qui ne pratiquent pas sa religion. Elle n’affiche pas ses principes, mais on les connaît assez. Un tort plus grave chez cette nation, est de s’adonner exclusivement au trafic, à l’usure, et aux dépravations mercantiles […] Tout gouvernement qui tient aux bonnes mœurs devrait y astreindre les Juifs, les obliger au travail productif, ne les admettre qu’en proportion d’un centième pour le vice: une famille marchande pour cent familles agricoles et manufacturières; mais notre siècle philosophe admet inconsidérément des légions de Juifs, tous parasites, marchands, usuriers, etc.Charles Fourier (Analyse de la civilisation, 1848)
Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. Pierre-Joseph Proudhon (1849)
Observons le Juif de tous les jours, le Juif ordinaire et non celui du sabbat. Ne cherchons point le mystère du Juif dans sa religion, mais le mystère de sa religion dans le Juif réel. Quelle est donc la base mondaine du judaïsme ? C’est le besoin pratique, l’égoïsme. Quel est le culte mondain du Juif ? C’est le trafic. Quelle est la divinité mondaine du Juif ? C’est l’argent. Karl Marx
L’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister. Karl Marx
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. Jean Jaurès (La question juive en Algérie, Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895)
Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. Jean Jaurès (Discours au Tivoli, 1898)
J’espère que l’Allemand vaincra ; car il ne faut pas que le général de Gaulle l’emporte chez nous. Il est remarquable que la guerre revient à une guerre juive, c’est-à-dire à une guerre qui aura des milliards et aussi des Judas Macchabées. Alain (Journal, 1940)
Vous constatez là, l’influence puissante et nocive du lobby juif en France. François Mitterrand (à Jean D’ormesson, 1995)
La nouvelle judéophobie se présente comme une saine réaction à l’injustice – la “spoliation” des Palestiniens, des musulmans, de tous les peuples victimes de l’“arrogance” occidentale. Aussi est-elle assez largement partagée par les multiples héritiers du communisme, du gauchisme et du tiers-mondisme. D’autant plus qu’elle se veut – spécificité nauséeuse – un rejet de la discrimination. «L’antijuif de notre temps ne s’affirme plus raciste », il dénonce au contraire le racisme comme il condamne l’islamophobie et, en stigmatisant les sionistes en tant que racistes, il s’affirme antiraciste et propalestinien. Les antijuifs ont retrouvé le chemin de la bonne conscience. (…) Autrefois rejetés comme venus d’Orient puis comme apatrides, les juifs sont à présent “désémitisés”, fustigés comme sionistes et occidentaux. L’antisémitisme refusait la présence des juifs au sein de la nation; l’antisionisme leur dénie le droit d’en constituer une. La rhétorique a changé. L’anathème demeure. Atila Ozer
Que veut, en fait, Dieudonné ? Il veut un ‘Holocauste’ pour les Arabes et pour les noirs aussi. (…) La noble idée de « la guerre contre le racisme » se transforme graduellement en une idéologie hideusement mensongère. Et cet antiracisme sera, pour le XXIe siècle, ce qu’a été le communisme pour le XXe. Alain Finkielkraut
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, suite à des manifestations anti-guerre d’Irak marquées par nombre de cris d’ »A mort les juifs! », avril 2003)
Juifs et musulmans pour moi, ça n’existe pas. Donc, antisémite n’existe pas, parce que juif n’existe pas. Ce sont deux notions aussi stupides l’une que l’autre. Personne n’est juif ou alors tout le monde … pour moi, les juifs, c’est une secte, une escroquerie. C’est une des plus graves parce que c’est la première. Certains musulmans prennent la même voie en ranimant des concepts comme « la guerre sainte » … Dieudonné (Lyon Capitale, 23 janvier 2002)
Nous tentons d’éviter de décrire quelqu’un comme un terroriste, ou un geste comme étant terroriste. (…) Les Nations unies ont tenté pendant une décennie de définir ce mot, sans y parvenir. C’est très délicat. Nous savons ce qu’est la violence politique, nous savons ce que sont les meurtres, les attentats et les fusillades et nous pouvons les décrire. Et cela explique bien plus de choses, à nos yeux, qu’utiliser le mot ‘terrorisme’. » Tarik Kafala (service arabophone de la BBC)
Il est tout à fait légitime pour le peuple américain d’être profondément préoccupé quand vous avez un tas de fanatiques vicieux et violents qui décapitent les gens ou qui tirent au hasard dans un tas de gens dans une épicerie à Paris. Barack Hussein Obama
Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d’administrations internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s’est en quelques années institué et dont le pouvoir s’exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre. Cette sorte de Big Brother invisible, qui s’est doté de fichiers interconnectés sur toutes les institutions économiques et culturelles, est déjà là, agissant, efficient, décidant de ce que nous pourrons manger ou ne pas manger, lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir à la télévision et au cinéma, et ainsi de suite (…). A travers la maîtrise quasi absolue qu’ils détiennent sur les nouveaux instruments de communication, les nouveaux maîtres du monde tendent à concentrer tous les pouvoirs, économiques, culturels et symboliques, et ils sont ainsi en mesure d’imposer très largement une vision du monde conforme à leurs intérêts. Pierre Bourdieu
C’est le comportement de quelqu’un qui ne pense plus en français… qui pense dans la langue de la finance internationale. Jean-Luc Mélenchon (sur Moscovici, 23.03.13)
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un dégré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique  Reynié
Ce sont des jeunes en quête d’aventure, en quête d’une contestation radicale de l’ordre établi. On le voit statistiquement par le nombre de convertis (…)  On a oublié notre passé. En Europe, depuis les années 1960, on a un espace de radicalisation de la jeunesse. C’était le maoïsme, c’était le trotskisme, c’était Che Guevara. Et les jeunes allaient dans les guérillas. Le grand mot, c’était la révolution avec un grand « R ». Tantôt c’était le Vietnam, tantôt c’était Castro, tantôt c’était la révolution culturelle chinoise. (…) la révolution avec un grand « R » a été remplacée par le djihad avec un grand « Dj »». C’est la même «fascination de type romantique, même si c’est violent et sanglant (…) Les Khmers rouges et la révolution culturelle n’étaient pas très humanistes. Et on a certainement « romantisé » des figures comme Che Guevara qui était dans ses pratiques militaires plus brutales que ce qu’on en dit maintenant. C’était la violence qui fascinait. C’était la révolution pour soi-même. Olivier Roy
La profanation est une outrance que s’octroie les abrutis en mal de célébrité médiatique. L’excès de communication entre l’ancien ministre Roland Dumas et la star de l’interview politique Jean-Jacques Bourdin est une autre forme de dérapage qui pourrait tout autant provoquer des actes antisémites de la part de simples d’esprit. Toute la journée de lundi nous nous sommes interrogés: à une expression criminelle de la profanation, est-il judicieux de réagir par des outrances médiatiques qui flirtent souvent avec la récupération? En effet, à l’heure où ce texte est commis par vos dévoués plumitifs ; alors que la meute des loups a joué toute la journée à associer l’augmentation du vote d’extrême droite avec ces actes odieux, nous apprenons que cinq mineurs seraient incriminés. Il n’est en rien prouvé que l’acte revendique une action antisémite. (…) Les opinions risquant de se «cristalliser» autour d’une situation médiatique extrêmement malsaine. D’un côté des vauriens qui, l’enquête le dira, veulent se faire peur en outrageant nos morts. De l’autre, d’autres galopins qui jouent à se faire peur en dégoupillant dans l’espace public la grenade d’un complot juif influençant jusqu’au chef du gouvernement. Instrumentalisation, amalgame, raccourcis, erreurs de confirmation comme le dirait les philosophes. Toute la palette des faiblesses réflexives vont y passer. Jacky Isabello et Pierre Alibert 
Oui, il y a eu des lâchetés. En octobre 2012 [à] Bagnolet (…) on recrutait des brigands de grand chemin pour lesquels on a retrouvé des armes automatiques sur leur lieu de travail, dans les véhicules de la municipalité des grandes quantités de drogue. Et le fait de flatter le communautarisme pour des objectifs électoraux (…) Concrètement, c’est par exemple de tenter des accords électoraux en fonction des communautés, c’est par exemple de faire en sorte que sur des questions religieuses, on négocie la mosquée contre des voix. (…) Ca s’est passé à gauche et à droite. Razzy Hammadi (député PS, Seine-Saint-Denis, 19.01.15)
Les choses seraient tellement simples si l’extrême-droite était derrière les actes antisémites qui se multiplient, en France et en Europe ! Les professionnels de l’antiracisme auraient beau jeu d’appeler à manifester et exiger le rejet collectif d’un tel mouvement répugnant. Mais leur logiciel idéologique ne fonctionne plus : il se révèle inapte à désigner les réalités. Celles-ci font apparaître que le totalitarisme islamiste, qui a une nouvelle fois fait couler le sang à Copenhague (Danemark) ce week-end, est à la source de la nouvelle haine anti-juive et anti-occidentale. Or cet antisémitisme-là, apparu dans les cités françaises dès le début des années 2000, ne suscite pas l’indignation attendue des « consciences », qui ont pris sous leurs ailes la minorité musulmane, y compris pour le pire. Ni le meurtre atroce d’Ilan Halimi en 2006, ni les tueries abjectes de Mehra contre des militaires et dans une école juive de Toulouse ou de Nemmouche dans un musée juif de Bruxelles n’ont jamais suscité chez les belles âmes d’appels à descendre massivement dans les rues. Les assassinats commis le 9 janvier par Amedy Coulibaly dans l’Hyper-Cacher n’auraient pas suscité davantage de mobilisations s’ils n’avaient été précédés du carnage à Charlie-Hebdo, qui a réveillé l’opinion. L’antisémitisme, qui fait fuir des Français juifs, est d’autant plus scandaleux qu’il est édulcoré par ceux qui trouvent des excuses à ces barbaries, mises sur le compte de la France ou d’Israël. La première est accusée de favoriser des apartheids, des racismes, des relégations. Le second est jugé coupable d’avoir voulu renaître et d’exister encore . Ce faisant, c’est toute une partie de la gauche qui en vient à cautionner un nazislamisme qu’elle se refuse à voir. Ce sont ces mouvements « antiracistes » qui, par exemple, jugent inconvenants de demander aux Français musulmans de dénoncer l’horreur islamiste, au prétexte qu’ils n’en sont pas solidaires. Cette rhétorique, reprise en abondance chez les commentateurs, rend impossible l’indispensable critique de l’islamisme à laquelle se prêtent quelques rares intellectuels musulmans éclairés. Cette attitude de refus est une fuite en avant ambiguë. Elle consolide les amalgames que recherchent les djihadistes, qui veulent désorganiser les démocraties ouvertes en attisant les guerres civiles.  Plus que jamais, il est au contraire indispensable que les démocrates musulmans partent en guerre contre ce totalitarisme qui veut les embrigader. De ce point de vue, Manuel Valls a eu raison, ce lundi sur RTL, d’appeler l’Islam de France à prendre « totalement ses responsabilités » pour combattre ce que le premier ministre appelle « l’islamo-fascisme ». Mais la gauche doit, elle-même, se regarder dans une glace. Au-delà des discours convenus sur la lutte contre l’antisémitisme, ce sont des actes qui sont attendus contre les nazilllons des cités, contre leurs protecteurs, leurs défenseurs, leurs tuteurs. C’est également la politique vis-à-vis d’Israël, qui lutte seul contre ce même totalitarisme islamique qui débarque en Europe, qui doit être rééquilibrée en sa faveur. Roland Dumas, ancien ministre socialiste, a estimé ce matin sur RMC que Valls devait être « probablement sous influence juive », évoquant sans la nommer son épouse, Anne Gravoin. Cette gauche-là, représentée par l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, reste prisonnière d’un idéologie qui s’achève dans la honte. Ivan Rioufol
Pas d’amalgame! Évidemment, ce cri de panique de la gauche multiculturelle devant l’islamisme a tout de suite retenti. Car chaque fois que l’islamisme frappe, d’une manière ou d’une autre, la gauche multiculturelle s’inquiète d’abord de la montée de l’islamophobie. Elle craint qu’un attentat comme celui-là ne réveille le racisme latent qu’elle prête aux sociétés occidentales. D’ailleurs, les médias relaient cette formule mécaniquement, en mettant en garde tout à la fois contre le «radicalisme» et «l’islamophobie». On met les deux concepts sur le même pied, et surtout, on proscrit à l’avance toute réflexion sérieuse sur l’islamisme ou la difficile intégration de l’Islam en Occident en l’assimilant à une forme de racisme. Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble». Ce qui pourrait compromettre le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences n’y a pas sa place. Lorsqu’il faut pourtant consentir à montrer une part désagréable du réel, on multipliera les mises en garde, on forgera un nouveau vocabulaire qui deviendra la novlangue des sociétés fonctionnant sous l’orthodoxie multiculturaliste. D’une société à l’autre, c’est le même logiciel du déni qui opère et qui pousse les peuples à la défiance politique. L’attentat commis par Omar Abdel Hamid El-Hussein n’est malheureusement pas un cas isolé. En Grande-Bretagne en 2005 comme en France, récemment, il s’agissait d’enfants du pays. Ou à tout le moins, d’enfants nés au pays, mais qui ne s’y sentaient pas appartenir, et qui plus encore, se voulaient profondément hostiles à son endroit. Se contenter de dire d’Omar Abdel Hamid El-Hussein qu’il s’agissait d’un Danois, et croire possible de fermer dès ce moment la réflexion, cela consiste à s’enfermer dans une illusion idéologique, que la réalité perce pourtant de toute part. Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier. Il ne suffit manifestement plus d’avoir vécu toute sa vie dans un pays pour en être. La nationalité, pensée comme un concept strictement juridique, se révèle trop souvent une coquille vide. En fait, elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus. Elle référait à une histoire, une identité. Mais cela allait tellement de soi qu’il n’était pas nécessaire de le préciser. Ou du moins, on le précisait de mille manières sans avoir toujours à l’expliciter. La citoyenneté universaliste s’enracinait pratiquement dans une identité historique. Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme, qui a consisté à vider les institutions du pays d’accueil de sa culture et à faire de la prédominance de celle-ci dans les relations sociales la marque d’une discrimination qu’il fallait désormais déconstruire. Conséquemment, lutter contre les discriminations, généralement, consistera simplement à démanteler les mécanismes sociologiques qui conduisaient naturellement à l’assimilation des immigrés. C’est dans ce contexte que se pose la question de l’immigration qui a révolutionné l’Europe en quelques décennies. L’immigration massive ne concerne plus des individus, mais des peuples, des religions, qui migrent, sans nécessairement reproduire intégralement la culture de leur pays d’origine, mais sans non plus s’approprier celle du pays d’accueil, contre laquelle ils se définiront même souvent -en fait, un islam revendiqué et radical servira souvent d’identité de substitution aux populations immigrées. Et ce n’est pas faire injure à l’islam que de constater que ce n’est pas sa meilleure part qui s’exprime dans les banlieues européennes, chez des populations mal intégrées qui se l’approprient de manière polémique pour défier la société d’accueil. On aura beau chercher à s’adapter à cette situation en théorisant une citoyenneté multiculturelle censée annoncer l’avènement d’un paradis diversitaire, la réalité ne se laisse pas changer par des slogans. Malgré le déni des cultures, il faut bien convenir que ces dernières cohabitent d’autant moins bien qu’elles sont radicalement étrangères -la chose est encore plus vraie lorsqu’elles appartiennent à des civilisations distinctes. Ce n’est pas qu’elles sont méchantes l’une ou l’autre. Mais entre elles, ce sont des rapports de force qui jouent en bonne partie. Et les peuples européens ne savent manifestement plus faire preuve de force, tellement ils ont mutilé eux-mêmes leur identité. Mathieu Bock-Côté
Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel a adressé ce jeudi 15 mises en garde et 21 mises en demeure aux médias français pour la couverture des attentats contre Charlie Hebdo et leurs suites. Sept chaînes de TV et six radios, dont France Info et France Inter, se voient reprocher d’avoir annoncé l’assaut contre les frères Kouachi. Radio France fait part de sa surprise et envisage des recours. Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), a adressé ce jeudi 15 mises en garde et – plus grave – 21 mises en demeure aux principaux médias audiovisuels français pour des « manquements graves » lors de la couverture des attentats de Paris, du 7 au 9 janvier dernier. Le CSA estime avoir relevé de nombreux dérapages dans les comptes-rendus de la traque des suspects, puis les prises d’otages et enfin les assauts contre les frères Kouachi en Seine-et-Marne puis contre Amedy Coulibaly à Paris. L’instance dénonce tout d’abord la diffusion par une chaîne de télévision de l’assassinat du policier Ahmed Merabet, près du siège de Charlie Hebdo. Le CSA estime que, bien que sa mort en elle-même n’ait pas été montrée, le bruit des armes à feu et la voix de la victime n’auraient pas dû être mis à l’antenne. Sept chaînes de télévision et six radios, dont France Info et France Inter, se voient par ailleurs reprocher d’avoir annoncé l’assaut mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële, alors qu’Amedy Coulibaly était encore retranché dans l’hyper Cacher de la porte de Vincennes, ce qui, estime le CSA, a mis en danger la vie des otages. Le groupe Radio France a fait part de sa surprise et de son étonnement face à cette mise en demeure et examine toutes les possibilités de recours contre cette sanction : « Ils nous reprochent d’avoir dit sur l’antenne de France Info : il se passe quelque-chose à Dammartin-en-Goële, il y a des coups de feu », explique Erik Kervellec, directeur de la rédaction de France Info. « C’est l’un des reporters de France Info qui a décrit la scène. Si on nous avait dit ‘Il va y avoir une intervention’, nous sommes des gens responsables. Nous n’aurions pas communiqué et dit des choses qui étaient de nature à faire dégénérer la situation. Mais à aucun moment nous n’avons reçu une consigne de ce type de la part des autorités compétentes. France info
[Manuel Vals]  a des alliances personnelles, chacun sait qu’il est marié avec quelqu’un – quelqu’un de très bien du reste – qui a de l’influence sur lui. Roland Dumas
Je peux le dire aujourd’hui, les comptes de campagne d’Édouard Balladur et ceux de Jacques Chirac étaient manifestement irréguliers. Que faire? C’était un grave cas de conscience. J’ai beaucoup réfléchi. Annuler l’élection de Chirac aurait eu des conséquences terribles. J’ai pensé à mon pays. Je suis un homme de devoir. Nous avons finalement décidé, par esprit républicain, de confirmer, à l’unanimité au deuxième tour, son élection présidentielle. Je suis convaincu que j’ai sauvé la République en 1995. Roland Dumas
Profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République. Ce n’est pas la première fois que ce lieu du judaïsme alsacien est ainsi dévasté, 1998 et 2001, mais jamais avec cet acharnement, jamais avec cette intensité, jamais avec cette frénésie. La justice dira ce qui relève de l’inconscience, de l’ignorance ou de l’intolérance. Mais le mal est d’ores et déjà fait. François Hollande
Le second épisode de la partielle dans la 4e circonscription du Doubs est encore plus riche d’enseignements que le premier. Le candidat socialiste, qui avait perdu tant de voix par rapport à 2012, est quand même élu ; la candidate du Front national, qui n’en a jamais réuni autant, est quand même battue. Multipliez les résultats du scrutin par mille et vous obtenez à peu près 30 millions de votants, 15,5 millions de voix pour le candidat de la gauche et 14,6 millions pour celle du Front national. Un écart de moins de 900 000 voix (inférieur à celui qui séparait Hollande de Sarkozy en 2012 — 1,2 million de voix). Pour Hollande, c’est le scénario idéal en 2017 : éliminer la droite au premier tour, se retrouver en face de Marine Le Pen au second — et la battre. C’est ce qui s’est passé dans le Doubs ; reste à “nationaliser” la petite partielle, mille fois plus petite que la présidentielle. Qu’a donc fait le candidat PS dans le Doubs pour arriver deuxième au premier tour et affronter ensuite la représentante du FN ? Il était le suppléant du ministre de l’Économie, donc solidaire de toute la politique gouvernementale, petit soldat discipliné du parti et par conséquent tout aussi responsable du chômage, de la délinquance, de l’islamisme, du laisser-aller général. À l’image de François Hollande. On le disait en perdition ; il l’était. Et puis les attentats du mois de janvier ont agi comme un sérieux coup d’épée dans les reins de la gauche, donc de Hollande, de Valls et de notre suppléant. De quoi faire penser (à la marge, mais souvent la marge suffit) qu’ils avaient peut-être compris ce qui se passait, de quoi leur donner un peu de nerfs et arrêter la chute — sans qu’ils n’aient rien fait ! Ajoutez à cela la baisse du prix du pétrole, celle de l’euro, la mode grecque contre l’austérité, et les commentaires médiatiques, toujours sensibles au baromètre de gauche, devenaient soudain optimistes, bien que sur le fond rien ne se soit amélioré ! La candidate du Front national n’en a pas fait plus que son adversaire du PS : l’actualité a fait campagne à sa place, le djihadisme transporté sur le sol français, la tolérance à l’égard de l’islamisme sous le prétexte de ne pas faire d’“amalgame”, le marché des kalachnikovs, les statistiques du chômage, etc. Cette circonscription ouvrière et populaire place le FN en tête au premier tour et lui fournit 16 points de plus au second, mais pas au point de le faire gagner. Sa candidate est très déçue, mais pas Marine Le Pen qui, elle, crie victoire — elle sait que, pendant deux ans, elle continuera d’être au centre du jeu en comptant bien faire face à Hollande en 2017. Grande perdante de ce double épisode, la droite. Aphone avant le premier, pathétique avant le second. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui a posé la seule question qui vaille et qui fâche au conseil national de l’UMP, le 7 février (veille du second tour), en s’adressant à Alain Juppé : « Il ne suffit pas de dire que le Front national n’est pas un parti comme les autres, d’appeler à voter contre lui, il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national… » Sarkozy ne se trompait que sur un point : ce ne sont pas 30 % des électeurs UMP du premier tour qui ont voté FN au second, mais 40 %, si ce n’est plus. La question était bien posée. De la droite au sens large dépend qu’elle soit ou non au second tour de 2017. Elle y a toujours été, même fracturée en deux, voire en trois candidatures de premier plan (en négligeant les autres). Mais elle ne risquait rien — Le Pen arrivait derrière. Tout a changé depuis 2002 ; Marine Le Pen est maintenant classée première dans les sondages. Si la droite ne devance pas Hollande, c’est lui qui sera élu.  François d’Orcival
Les synagogues de Wuppertal avaient été détruites dans la « nuit de cristal ». Lorsque la guerre s’est finie, le nombre de 3 000 juifs vivant dans cette ville allemande était tombé à une communauté de 60 âmes. 75 ans après la nuit de cristal, la synagogue de Bergische a commencé à brûler après que trois musulmans y ont lancé six cocktails molotov. Les Juifs de Wuppertal n’ont cependant rien à craindre. Le Juge Jörg Sturm a trouvé que l’attaque n’était pas antisémite, mais qu’elle n’avait été qu’un moyen d’attirer  » l’attention sur le conflit de Gaza « . Ce n’était pas de l’antisémitisme mais de l’antisionisme. Les trois musulmans, deux nommés Mohammed et un autre Ismail, ont reçu un sursis et 200 heures de service communautaire. Pour leur défense, ils ont affirmé qu’ils voulaient lancer « un signal », mais qu’ils n’avaient pas voulu mettre le feu à la synagogue quand ils ont lancé les bombes incendiaires.(…) Lorsque les Nazis brûlaient une synagogue, c’était de l’antisémitisme. Quand les musulmans le font, c’est de l’antisionisme. (…) Bien qu’il semble historiquement unique pour l’Allemagne d’être le premier pays en Europe où un juge a justifié une attaque contre une synagogue, les médias l’avaient déjà fait bien avant. Il y a une dizaine d’années Matthew Chance de CNN a justifié la destruction musulmane d’une synagogue en Israël en la qualifiant de « très controversée » et les synagogues comme des symboles « de haïne de l’occupation israélienne ». Le Los Angeles Times a écrit qu’une synagogue comstruite « en forme d’étoile de David » a été détruite par des musulmans évacuant « leur fureur de l’occupation sur la synagogue ». Le Telegraph de Londres avec lyrisme décrit une scène poétique de la synagogue qui brûle. « Les cieux étaient éclairés par le soleil levant lors de la combustion des synagogues le feu de la première pouvait être vu, incendiées par des Palestiniens exaspérés par l’occupation de l’armée israélienne qui impitoyablement défend les colonies. »(…) Si tenter d’incendier une synagogue est juste bonne action antisioniste, il n’y a pas d’antisémitisme. Ou plutôt, ce sont les mêmes choses. Brûlez une synagogue, battez un juif et envoyez un message sur le Moyen-Orient. Et le gentil juge vous donnera un petit service communautaire. Étant donné que la gauche insiste sur le fait que le sionisme est du racisme, l’antisémitisme devient le summum de la lutte contre le racisme. Battre des Juifs et brûler des synagogues sont la meilleure façon d’être un raciste tolérant. Prenez l’exemple de l’Allemagne. L’histoire n’est pas nouvelle. Hitler et Goebbels avaient orchestré la nuit de cristal comme une « évacuation » de la colère populaire contre les crimes des Juifs. C’est la même défense que Lynne Stewart et Stanley Cohen ont utilisée. Goebbels écrivait, « En rentrant à l’hôtel […] Des vitres volent en éclats. Bravo, bravo ! Dans toutes les grandes villes, les synagogues brûlent comme des vielles cabanes ». Le ministre Nazi de la propagande ressemblait beaucoup au journaliste de CNN ou du Telegraph. Les idées maléfiques ne disparaissent pas. Elles renaissent sous de nouveaux noms. L’antisémitisme est maintenant l’antisionisme. Les synagogues deviennent « très controversées ». Brûler n’est pas un crime, c’est une déclaration. Un message. Les nouveaux nazis sont divers. Ils sont multiculturels. Ils ne sont pas le Reich, ils sont un califat. Et quand ils brûlent les synagogues, il ne sont pas réactionnaires. Leurs incendies de synagogues sont le dernier cri du progressisme. Daniel Greenfield
Les allégations fausses et répétées accusant l’Etat israélien de ‘crimes de guerre’, de ‘massacre d’enfants’ et même de ‘génocide’ que profèrent des groupes politiques se faisant passer pour des organisations humanitaires ou de défense des droits de l’homme ont sans aucun doute contribué aux violences antisémites en Europe. De nombreux médias et représentants officiels européens reprennent ces appels au meurtre rituel des Juifs sans prendre la peine de vérifier leurs informations ou de souligner leur inégalité de traitement. Gerald Steinberg (université Bar-Ilan)
Au lendemain de l’Holocauste, le philosophe allemand Theodor Adorno expliquait la persistance des violences antisémites en affirmant : « Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. » Le nazisme d’hier a été largement mis au ban des sociétés européennes et a cédé la place à un antisémitisme islamique qui a pu se développer dans l’indifférence des opinions publiques et face à l’agressivité croissante de la gauche. Les mouvements antijuifs ont tiré à boulets rouges sur Israël. (…) En Allemagne, au début du mois de février, un tribunal de Wuppertal n’a rien trouvé à redire à trois Palestiniens qui avaient incendié une synagogue prétendument en signe de protestation contre l’opération Bordure protectrice lancée par l’armée israélienne pour mettre fin aux tirs de roquette du Hamas. Les accusés ont été condamnés à 200 heures de travaux d’intérêt public. L’Europe avait déjà montré son incompréhension de la menace djihadiste en 2012 lorsque des hommes du Hezbollah, organisation terroriste soutenue par Téhéran, avaient fait exploser un bus de touristes israéliens en Bulgarie. L’attentat avait coûté la vie à cinq Israéliens ainsi qu’au chauffeur de bus, un Bulgare de confession musulmane. Rappelons que les agents du Hezbollah sont particulièrement bien implantés au Danemark. En Europe, le Hezbollah est considéré comme une organisation politique légale capable de répandre les idées antisémites. Certains reprochent à l’Union européenne d’avoir fait une distinction mais pas une réelle différence en interdisant l’aile militaire de l’organisation en 2013. (…) Le Danemark fait partie des quatre pays européens les plus représentés dans les rangs des djihadistes en Syrie. En juillet, un imam danois, Abou Bilal Ismail, a appelé à l’extermination des Juifs depuis la mosquée Al-Nour de Berlin. Il faut « détruire les Juifs sionistes, a-t-il déclaré, les compter et les tuer jusqu’au dernier. N’en épargnez aucun. Faites-leur endurer d’horribles souffrances. » Il est ensuite retourné prêcher au Danemark. Benjamin Weinthal

Attention: un socialisme des imbéciles peut en cacher un autre !

Au lendemain, suite aux diffamations que l’on sait de l’image du Prophète et de la religion d’amour et de paix, d’un nouveau coup d’éclat d’un jeune militant danois d’origine palestinienne

Alors que malgré ses 93 ans, un ancien ministre et président du Conseil constitutionnel français dénonce courageusement l’influence juive de la femme de l’actuel premier ministre Manuel Vals …

Et qu’après ses 21 points en plus dans les sondages post-11 janvier et 25 ans après la manipulation de Carpentras, le président Hollande n’a pas de mots assez durs pour dénoncer …

Le véritable rite de passage pour collégiens ou lycéens désoeuvrés que semble être devenue la profanation des abondants mais quelque peu délaissés cimetières juifs des campagnes alsaciennes …

Pendant que de l’autre côté de l’Atlantique ou de la Manche, on pinaille sur l’origine ethnique des clients de l’Hyper cacher ou célèbre le roman érotique sur fond de Shoah

Comment ne pas voir avec les tribunes de Benjamin Weinthal dans le Jerusalem Post et de Daniel Greenfield dans Front page magazine …

Autre chose que les fruits, de la part d’une certaine gauche politico-médatique, du long travail de délégitimation de l’Etat d’Israël …

Comme de l’apaisement démagogique de toute une classe de nouveaux damnés de la terre

Pour qui après avoir été le dernier cri du progressisme…

Les atteintes à la communauté juive ne sont désormais plus que celui du coup médiatique ou… politique ?

Pourquoi l’antisémitisme persiste en Europe
Les attentats au Danemark, qui ont fait deux morts, dont un homme de confession juive, sont symboliques du haut niveau d’antisémitisme qui règne en Europe, estime dans un éditorial à charge The Jerusalem Post, quotidien de la droite libérale israélienne.

Benjamin Weinthal

The Jerusalem Post

15 février 2015
Le spectre de l’antisémitisme plane à nouveau au-dessus de l’Europe après le meurtre d’un Danois de confession juive, Dan Uzan, qui montait la garde devant la grande synagogue de Copenhague.

Sa mort, ainsi que celle d’un autre ressortissant danois, a été attribuée à un homme prénommé Omar Abdel Hamid El-Hussein, qui aurait agi au nom de l’islam radical.

Au lendemain de l’Holocauste, le philosophe allemand Theodor Adorno expliquait la persistance des violences antisémites en affirmant : « Nous ne tournerons la page du passé que lorsque les causes de ces événements cesseront d’agir. C’est uniquement parce qu’elles continuent d’agir que les fantômes du passé ressurgissent. »

Le nazisme d’hier a été largement mis au ban des sociétés européennes et a cédé la place à un antisémitisme islamique qui a pu se développer dans l’indifférence des opinions publiques et face à l’agressivité croissante de la gauche. Les mouvements antijuifs ont tiré à boulets rouges sur Israël.

Des exemples frappants

Pour Gerald Steinberg, professeur de sciences politiques à l’université Bar-Ilan,

« les allégations fausses et répétées accusant l’Etat israélien de ‘crimes de guerre’, de ‘massacre d’enfants’ et même de ‘génocide’ que profèrent des groupes politiques se faisant passer pour des organisations humanitaires ou de défense des droits de l’homme ont sans aucun doute contribué aux violences antisémites en Europe. De nombreux médias et représentants officiels européens reprennent ces appels au meurtre rituel des Juifs sans prendre la peine de vérifier leurs informations ou de souligner leur inégalité de traitement. »

L’Autriche nous en a fourni un exemple frappant mardi dernier [le 10 février]. D’après le porte-parole du bureau du procureur de Linz, un citoyen turc appelant à détruire l’Etat hébreu et à annihiler les Juifs ne fait qu’exprimer son « mécontentement face à Israël ».

En Allemagne, au début du mois de février, un tribunal de Wuppertal n’a rien trouvé à redire à trois Palestiniens qui avaient incendié une synagogue prétendument en signe de protestation contre l’opération Bordure protectrice lancée par l’armée israélienne pour mettre fin aux tirs de roquette du Hamas. Les accusés ont été condamnés à 200 heures de travaux d’intérêt public.

Passer à l’offensive

L’Europe avait déjà montré son incompréhension de la menace djihadiste en 2012 lorsque des hommes du Hezbollah, organisation terroriste soutenue par Téhéran, avaient fait exploser un bus de touristes israéliens en Bulgarie. L’attentat avait coûté la vie à cinq Israéliens ainsi qu’au chauffeur de bus, un Bulgare de confession musulmane.

Rappelons que les agents du Hezbollah sont particulièrement bien implantés au Danemark. En Europe, le Hezbollah est considéré comme une organisation politique légale capable de répandre les idées antisémites. Certains reprochent à l’Union européenne d’avoir fait une distinction mais pas une réelle différence en interdisant l’aile militaire de l’organisation en 2013.

Auteur de nombreux écrits sur l’Europe, Steinberg estime que « les gouvernements européens doivent immédiatement passer à l’offensive contre les terroristes en renforçant leur surveillance et leurs actions préventives. Si les services de renseignements ne reçoivent pas des renforts importants, notamment pour suivre les djihadistes qui reviennent de Syrie, d’Irak et d’ailleurs, les attaques continueront. »

Souveraineté et autodétermination des Juifs

Le Danemark fait partie des quatre pays européens les plus représentés dans les rangs des djihadistes en Syrie. En juillet, un imam danois, Abou Bilal Ismail, a appelé à l’extermination des Juifs depuis la mosquée Al-Nour de Berlin. Il faut « détruire les Juifs sionistes, a-t-il déclaré, les compter et les tuer jusqu’au dernier. N’en épargnez aucun. Faites-leur endurer d’horribles souffrances. » Il est ensuite retourné prêcher au Danemark.

Alors que la polémique monte à la suite des déclarations du Premier ministre israélien invitant les Juifs du Danemark à émigrer, le Pr Steinberg offre une perspective historique :

« Depuis l’époque du Hongrois Theodor Herzl (1860-1904), l’un des principes fondamentaux du sionisme consiste à dire que la souveraineté et l’autodétermination des Juifs sont une nécessité pour la défense de leurs droits et de leur existence. Il existe bien sûr d’autres raisons de faire l’alya, mais si les Juifs ne sont pas à l’abri en Europe, Israël peut les accueillir. Sur ce point, il n’y a pas de divergence entre le Likoud et les travaillistes, le Premier ministre Nétanyahou et Isaac Herzog (leader de l’opposition) sont sur la même ligne. »

Voir aussi:

Le Guide anti-sioniste pour incendier des Synagogues
Daniel Greenfield

Front page

Adaptation Mordeh’aï pour malaassot.com

Les Synagogues de Wuppertal avaient été détruites dans la « nuit de cristal ». Lorsque la guerre s’est finie, le nombre de 3 000 juifs vivant dans cette ville allemande était tombé à une communauté de 60 âmes. 75 ans après la nuit de cristal, la Synagogue de Bergische a commencé à brûler lorsque que trois musulmans ont lancé six cocktails molotov.

Les Juifs de Wuppertal n’ont cependant rien à craindre. Le Juge Jörg Sturm a trouvé que l’attaque n’était pas antisémite, mais qu’elle n’avait été qu’un moyen d’attirer  » l’attention sur le conflit de Gaza « .

Ce n’était pas de l’antisémitisme mais de l’antisionisme.

Les trois hommes musulmans, deux nommés Mohammed et un autre Ismail, ont reçu un sursis et 200 heures de service communautaire. Pour leur défense, ils ont affirmé qu’ils voulaient lancer « un signal », mais qu’ils n’avaient pas voulu mettre le feu à la synagogue quand ils ont lancé les bombes incendiaires.

L’homme a affirmé  « qu’ils ne savaient pas que de jeter des bombes incendiaires, ils pouvaient brûler la synagogue ou blesser des personnes.»

À l’intérieur de la synagogue, un bâtiment en briques benoîtement anonyme dont le seul signe distinctif que c’est une synagogue est une petite ligne de lettres hébraïques sur les portes contenant le message prophétique d’Isaïe,  « ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples », il y a des caméras de sécurité, des verres pare-balles et un garde de sécurité derrière une vitre. Le bâtiment est cossu avec de hautes fenêtres étroites. Sa construction est bien loin des dômes oignon baroque de la synagogue de Barmen détruite la nuit de cristal, et qui était destinée à la remplacer, il n’en est restée que la prophétie d’Isaïe sur les portes.

Mais les trois hommes musulmans ne sont pas venus pour y prier. Ils sont venus pour la brûler. Et à l’automne, les musulmans étaient en marche autour de la ville portant sur des gilets « Police de la charia ».

Il y a une ligne ténue entre l’antisémitisme et l’antisionisme. Son nom est  » déni plausible « . Les Étudiants pour la Justice en Palestine et dans les groupes haineux d’Association des étudiants musulmans ont dans le passé affirmé que leur perturbation des événements de la mémoire de l’Holocaust était anti-sioniste, pas antisémite.

Les Attaques antisémites en Europe ont été vues comme de l’antisionisme et pas seulement par les européens.

L’Ambassadeur Howard Gutman a obtenu son détachement en Belgique après avoir levé $ 500 000 pour Obama. Il a affirmé que la violence musulmane contre les Juifs n’était pas de l’antisémitisme, mais une « tension » imputable à Israël. Gutman, qui sera plus tard accusé de pédophilie par un dénonciateur, faisait valoir que les attaques par les Européens contre les Juifs  était antisémites tandis que les attaques contre les Juifs par des musulmans, étaient elles  antisionistes.

Lorsque les Nazis brûlaient une synagogue, c’était de l’antisémitisme. Quand les musulmans le font, c’est de l’antisionisme.

L’état de la synagogue reste le même qu’il en soit, mais les auteurs s’en sortent avec une tape sur la main. Et les Juifs sont responsables de la violence perpétrée par des musulmans contre eux-mêmes.

Bien qu’il semble historiquement unique pour l’Allemagne d’être le premier pays en Europe où un juge a justifié une attaque contre une synagogue, les médias l’avaient déjà fait bien avant.

Il y a une dizaine d’années Matthew Chance de CNN a justifié la destruction musulmane d’une synagogue en Israël en la qualifiant de « très controversée » et les synagogues comme des symboles « de haïne de l’occupation israélienne ». Le Los Angeles Times a écrit qu’une synagogue comstruite « en forme d’étoile de David » a été détruite par des musulmans évacuant « leur fureur de l’occupation sur la synagogue ».

Le Telegraph de Londres avec lyrisme décrit une scène poétique de la synagogue qui brûle. « Les cieux étaient éclairés par le soleil levant lors de la combustion des synagogues le feu de la première pouvait être vu, incendiées par des palestiniens exaspérés par l’occupation de l’armée israélienne qui impitoyablement défend les colonies. »

« Antisioniste » — Les incendies des synagogue ne sont pas seulement qu’en Israël. Une fois que l’incendie d’une synagogue est justifiée, alors elle peut et va se passer n’importe où.

En 2000, quatre musulmans ont essayé d’enflammer une synagogue de New York avant le Yom Kippour. Comme son homologue actuel en Allemagne, Mazin Assi a affirmé qu’il avait voulu « faire une annonce » sur Israël. Assi était représenté par des avocats du terrorisme Lynne Stewart, qui sera plus tard envoyée en prison pour avoir conspiré avec le cheikh du terrorisme lié à l’origine à l’attentat du World Trade Center, et Stanley Cohen, un partisan du Hamas, récemment condamné à la prison pour évasion fiscale.

Stewart décrit pour sa défense un homme qui a essayé de brûler une synagogue comme « un outsider luttant contre les grands obstacles. » On se demande si elle voulait dire les mesures de la lutte contre des bâtiments ou des Juifs.

« Je veux que mon client soit jugé par un jury composé de gens qui comprennent la différence entre la colère et la haine, un peuple qui comprend la légitimité de riposter, » Stanley Cohen a dit la voix du Village.

Il a accusé le District.Attorney de courtiser la « synagogue » et l’antichambre des « pro-sionistes dans le Bronx ».

Le lobby pro-sioniste  ne voulait plus voir les synagogues brûler.

L’avocat du terrorisme fait le même argument que son client n’avait pas voulu « l’incendie », mais envoyer un message. « Les procureurs ont voulu garder que cela avait quelque chose à voir avec les Juifs », bien qu’il a prétendu que la tentative d’incendie criminel de la synagogue , n’avait vraiment à faire qu’avec Israël.

Le New York Times a même demandé si tout cela n’était pas « un message peu judicieux et critique de la politique israélienne contre les Palestiniens ». Mais après le 11 septembre, aucun jury n’a pu être trouvé, qui soutiendrait la « légitimité » de riposter par l’incendie des synagogues.

Stanley a revendiqué, « c’est une période laide… Je crois que le jury a été influencé par 11/9. »

Mais même les plus tordus des arguments tôt ou tard trouvent racines quelque part. C’est que la leçon de ce qui est arrivé à la vieille synagogue de Barmen la nuit de cristal et ce qui lui est arrivée maintenant par les terroristes musulmans qui ont lancé des cocktails Molotov à la Synagogue de Bergische dans la salle d’audience du juge Sturm.

Le Juge George Bathurst-Norman au Royaume-Uni a ouvert la voie en désactivant les activistes anti-Israël d’une attaque contre une usine. Mais le juge Strum est allé un peu plus loin, en ratifiant une mini-nuit de cristal comme une protestation politique.

Si en essayant d’incendier une synagogue c’est juste bonne action antisioniste, il n’y a pas d’antisémitisme. Ou plutôt, ce sont les mêmes choses. Brûlez une synagogue, battez un juif et envoyez un message sur le Moyen-Orient. Et le gentil juge vous donnera un petit service communautaire.

Étant donné que la gauche insiste sur le fait que le sionisme est du racisme, l’antisémitisme devient le summum de la lutte contre le racisme. Battre des Juifs et brûler des synagogues sont la meilleure façon d’être un raciste tolérant. Prenez exemple de l’Allemagne.

L’histoire n’est pas nouvelle. Hitler et Goebbels avaient orchestré la nuit de cristal comme une « évacuation » de la colère populaire contre les crimes des Juifs. C’est la même défense que Lynne Stewart et Stanley Cohen ont utilisée. Goebbels écrivait, « En rentrant à l’hôtel […] Des vitres volent en éclats. Bravo, bravo ! Dans toutes les grandes villes, les synagogues brûlent comme des vielles cabanes ». Le ministre Nazi de la propagande ressemblait beaucoup au journaliste de CNN ou du Telegraph.

Les idées maléfiques ne disparaissent pas. Elles renaissent sous de nouveaux noms. L’antisémitisme est maintenant l’antisionisme. Les synagogues deviennent « très controversées ». Brûler n’est pas un crime, c’est une déclaration. Un message.

Les nouveaux nazis sont divers. Ils sont multiculturels. Ils ne sont pas le Reich, ils sont un califat. Et quand ils brûlent les synagogues, il ne sont pas réactionnaires. Leurs incendies de synagogues sont aussi progressistes qu’ils peuvent l’être.

Voir aussi:

ROYAUME-UNI

L’antisémitisme à son plus haut niveau outre-Manche
Les incidents contre la communauté juive britannique ont plus que doublé entre 2013 et 2014, atteignant un nombre record pour le pays.

Courrier international

5 février 2015

Les actes antisémites s’accroissent en Europe, et le Royaume-Uni n’est pas épargné. Selon le quotidien britannique The Guardian, le nombre d’incidents contre la communauté juive a atteint son plus haut niveau durant l’année 2014, avec des reports de violence, de dommages de biens, d’insultes et de menaces contre des membres de la communauté juive britannique.

La Community Security Trust (CST), association qui s’assure de la sûreté et de la protection des 291 000 Juifs du pays, a rapporté 1 168 incidents antisémites dans le pays en 2014, contre 535 en 2013, soit une augmentation de 118 % en un an. « L’importante augmentation d’incidents antisémites enregistrés montre comment les comportements antisémites peuvent se transformer en insultes racistes, en menaces et en attaques », analyse David Delew, président de la CST, cité par The Guardian. « Heureusement, la majorité de ces incidents n’étaient pas des actes violents, mais ils restent choquants et inquiétants pour ceux qui les ont subis et pour la communauté juive dans son ensemble. »

Réseaux sociaux

The Guardian explique que les attaques antisémites se sont multipliées durant l’été 2014, en pleine opération israélienne dans la bande de Gaza, qui a causé la mort de 2 131 Palestiniens et de 71 Israéliens, d’après les chiffres de l’ONU. Les actes malveillants à l’égard de la communauté juive ont également connu une forte augmentation depuis les attentats à Paris en janvier 2015, où quatre personnes ont été tuées dans un magasin d’alimentation casher.

Enfin, un cinquième des incidents relatés par le CST seraient des menaces et insultes proférées sur les réseaux sociaux, rapporte The Guardian. La députée travailliste Luciana Berger, elle-même victime d’insultes antisémites sur Twitter en août 2014, a demandé une surveillance accrue de ces dérapages : « Les réseaux sociaux, particulièrement Twitter, ont besoin d’améliorer leurs actions et d’être plus rapides pour supprimer les comptes qui répandent la haine. Jusqu’à maintenant, ils ont été trop laxistes, ils ont agi trop lentement, ce qui a permis aux racistes de régner librement sur ces plateformes. »

Voir les articles originaux :

Denmark Terror: Making sense of the continuation of European lethal anti-Semitism

Analysis: The specter of lethal anti-Semitism has once again engulfed Europe, with the latest murder of the Danish Jew Dan Uzan who was guarding the Copenhagen synagogue.
Danish police respond to shooting

Benjamin  Weinthal

The Jerusalem Post

02/15/2015

BERLIN – The specter of lethal anti-Semitism has once again engulfed Europe, with the latest murder of the Danish Jew Dan Uzan who was guarding the Copenhagen synagogue. His death along with another Dutch civilian has been attributed to a Danish terrorist Omar Abdel Hamid El-Hussein believed to have been animated by radical Islam.

To understand the continuation of violent anti-Semitism, the German philosopher Theodor W. Adorno said in post-Holocaust Europe, “We will not have come to terms with the past until the causes of what happened then are no longer active. Only because these causes live on does the spell of the past remain, to this very day, unbroken.”

What has filled the vacuum since Europe has relegated Nazism to a largely meaningless status, is the rise of Islamic-animated anti-Semitism enabled by an indifferent mainstream public coupled with an aggressive European Left. Anti-Jewish forces have turned Israel into a human punching bag.

Prof. Gerald Steinberg, a political scientist at Bar-Ilan University, told The Jerusalem Post on Sunday, “The repeated and false allegations of Israeli ‘war crimes,’ ‘child killer’ and even ‘genocide’ from political groups under the facade of human rights and humanitarian assistance has certainly contributed to the lethal European anti-Semitism. And many European media platforms and government officials repeat these modern blood libels without bothering to verify the facts or the double standards that are employed.”

A telling example came from Austria on Tuesday. A spokesman for the prosecutor’s office in Linz declared a Turkish man’s call to annihilate the Jewish state and kill Jews merely an expression of “displeasure with Israel.”
In early February, a German court in Wuppertal agreed with the explanation offered by three Palestinians that their torching of the local synagogue was a form of protest against Israel’s Operation Protective Edge to stop Hamas rocket fire. The men received a penalty of 200 hours community service.

Europe’s failure to internalize the threat of jihadist organizations was on display in 2012. The Iranian-backed Lebanese terrorist organization Hezbollah blew up an Israeli tour bus in Bulgaria, resulting in the deaths of five Israelis and their Bulgarian Muslim bus driver.

Denmark, it should be noted, has served as a meeting location for Hezbollah operatives. Hezbollah – as a legal political organization in Europe – promotes lethal anti-Semitism. The EU made a distinction without a difference, critics say, by merely outlawing Hezbollah’s military wing in 2013.

Steinberg, who has written extensively on Europe, said “European governments must immediately take the offense against terrorism by increased monitoring and preemptive action. Without adding major resources to intelligence gathering, particularly regarding jihadists returning from Syria, Iraq and elsewhere, the attacks will grow.”

Denmark falls into the top four EU countries in terms of jihadist output for the Syrian war theater. In July, Sheikh Abu Bilal Ismail, a Danish imam, called for the extermination of the Jews at Berlin’s al-Nur mosque in July.

Ismail said it was necessary to “destroy the Zionist Jews…” and to “count them and kill them to the very last one. Don’t spare a single one of them…. Make them suffer terribly.” He returned to Denmark to continue to preach.

While controversy in Europe surrounds Prime Minister Benjamin Netanyahu’s remarks about encouraging Danish Jews to immigrate, Steinberg offered a historical perspective.

“From the time of Herzl, one of the core principles of Zionism is that in order to defend our rights and our lives, Jews must have sovereignty and self-determination. There are of course other reasons for making aliya, but if Jewish lives cannot be protected in Europe, Israel provides a haven. On this, there is no difference between Likud and Labor; between Netanyahu and [Isaac] Herzog,” he said.

Benjamin Weinthal reports on European affairs for The Jerusalem Post and is a fellow at the Foundation for Defense of Democracies.

Antisemitic attacks in UK at highest level ever recorded

Community Security Trust recorded 1,168 incidents against Britain’s Jewish population in 2014, more than double that of the previous year

Robert Booth

5 February 2015

The number of antisemitic incidents in the UK has reached the highest level ever recorded, with reports of violence, property damage, abuse and threats against members of Britain’s Jewish population more than doubling last year .

The Community Security Trust, a Jewish security charity which runs an incident hotline, recorded 1,168 antisemitic incidents against Britain’s 291,000 Jews in 2014, against 535 in 2013 and 25% up on the previous record in 2009.

Theresa May, the home secretary, described the figures as “deeply concerning” and “a warning to everyone to do more to stop antisemitism in Britain”, while Yvette Cooper, the shadow home secretary, said they were “appalling”.

The Association of Chief Police Officers revealed the figures were consistent with an increase in antisemitic crimes reported in recent weeks following last month’s terror attacks in Paris when four shoppers were killed by an Islamist attacker at a kosher supermarket.

CST said in 2014 there were 81 violent assaults, 81 incidents of damage and desecration of Jewish property, and 884 cases of abusive behaviour, more than double the number in 2013, several hundred of which involved social media platforms like Facebook and Twitter. CST’s logs include a letter sent to a Jewish organisation which read: “Gaza is the Auschwitz. The inmates are fighting back. The Jew wears the jackboot and armband now.”

The charity said the surge in antisemitism was fuelled by reactions to the conflict in Gaza in July and August that claimed the lives of 2,131 Palestinians and 71 Israelis, according to the UN. It appears to reflect an international trend. Last year in France and Austria the number of incidents doubled, according to reports by the Service de Protection de la Communauté Juive and the Vienna-based Forum Against Antisemitism.

In the UK in July alone there were more antisemitic incidents in one month than the previous six months put together, but 2014 was already set to eclipse the previous year as a worse period for antisemitism, CST said. Jewish people were directly abused in the street at a rate of more than one a day, particularly if wearing religious or traditional clothes or a Jewish school uniform. Incidents reported to the CST included a man shouting at a group of Jewish schoolchildren who had boarded a bus in London: “Get the Jews off the bus” and “I’m going to burn the bus.”
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On 18 November, the day that worshippers at a synagogue in the Har Nof neighbourhood of Jerusalem were killed by Palestinian attackers, there was a spike of 11 incidents in a day. The SCT logs record that in Birmingham “four south Asian males, one possibly carrying a knife, tried to gain entry to a masonic hall that was formerly a synagogue while shouting: ‘Kill the infidels, you are Satan-worshippers, are there any fucking Jews in there’.” On the same day a rabbi driving through London reportedly had “slaughter the Jews” shouted at him in Arabic by a man running his finger across his throat in a cutting action.

“Last year’s large increase in recorded incidents shows just how easily antisemitic attitudes can erupt into race-hate abuse, threats and attacks,” said David Delew, chief executive of the CST, which started recording antisemitic incidents in 1984. “Thankfully most of the incidents were not violent but they were still shocking and upsetting for those who suffered them, and for the wider Jewish community.”

Prominent Jewish figures have recently talked openly about rising antisemitism and the CST said increased concern about antisemitism could have led to a rise in reporting. Last month the actor Maureen Lipman said she has considered moving to New York or Israel. However, a survey for Jewish Policy Research published last July found only 18% of British Jews had ever considered leaving the UK because they didn’t feel safe, and that fewer British Jews consider antisemitism a problem than their counterparts in France, Germany, Italy or Belgium.

Eric Pickles, the communities secretary, said: “These attacks are not only an attack on British Jews, but an attack on all of us and our shared values. This is totally unacceptable. Those who perpetrate hate crimes of any kind will be punished with the full force of the law.”

One in five of the incidents were threats or abuse on social media, fuelling claims that Twitter, among others, is not cracking down hard enough on hate-speech. In August, Luciana Berger, the shadow health minister, received a message on Twitter from a 21-year-old neo-Nazi, Garron Helm, that showed her with the Star of David on her head. It used the hashtag #Hitlerwasright and called her a “communist Jewess”. Helm was jailed for four weeks.

Berger was then bombarded with more than 2,500 hate messages tagged #filthyjewbitch. After Helm’s release, more antisemitic tweets began to emerge from his Twitter account. When Ed Miliband tweeted a link to his article about Holocaust Memorial Day, the user of the account tweeted back “Burrrn! lol”.

Berger said she was horrified by the CST figures. “I know from the online hate campaign directed at me by neo-Nazis at home and abroad, that antisemites are using every digital platform to intimidate and harass Britain’s Jews,” she said. “Digital media companies, particularly Twitter, need to sharpen up their acts and move faster to remove accounts being used to spread and incite hate. To date, they have been too lax, and moved too slowly, allowing racists a free rein.”

Cooper called on “companies like Twitter to take stronger action against hate crimes on their platforms”. Next week she is expected to outline Labour’s hate-crime strategy which will urge Twitter to speed up its removal of racist and antisemitic tweets, improve its communication of criminal activity online to the police, and prevent offenders simply restarting abuse from fresh accounts from the same IP address.
Antisemitic incidents

Manchester, February 2014

Swastikas and the phrase “Jewish slag” daubed on gravestones at a Jewish cemetery.

Manchester, March 2014

An identifiably Jewish man was cycling to synagogue when youths jumped out at him, causing him to wobble on his bike. They then surrounded him and called him a “Jew”. He slipped and the group kicked him while he was on the ground. He did not suffer serious injury.

London, March 2014

A university student took a photograph of an identifiably Jewish person on a bus and them posted it on Twitter with the comment, “50 retweets and I’ll knock this Jew out”.

Norfolk, July 2014

A leaflet found among Israeli produce in a supermarket featured an image of the Israeli flag with the title “The flag of Zionist racist scum”. It read: “Deny the Holocaust? Of course there was a holocaust. What a pity Adolf and Co didn’t manage to finish the job properly!”

London, October 2014

Five girls from a Jewish secondary school were approached by a man at a London underground station who said: “Being Jewish is wrong. You are going to die if you carry on being Jewish,” and “I will kill you all after school.” He grabbed one of the girls by the wrist and said: “Come with me and be a Christian”. She kicked him and ran away.

Voir également:

Pourquoi les cimetières juifs alsaciens sont les plus profanés
Aude Mazoué

France 24

17/02/2015

Quelque 200 tombes d’un cimetière juif du Bas-Rhin ont été profanées, suscitant une vive émotion en France, jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Retour sur un phénomène criminel qui ne date pourtant pas d’hier.
« C’est une image de désolation », décrit Philippe Richert, le président de la région Alsace devant les 250 tombes profanées jeudi 12 février dans le cimetière juif de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin. « De nombreuses stèles sont à terre, des dalles horizontales ont même été soulevées », c’est un véritable « acharnement » surenchérit l’élu alsacien.

Malgré les récents attentats de Paris et au lendemain de l’attaque contre un centre culturel et la grande synagogue de Copenhague, les observateurs refusent de tirer des conclusions sur les motivations des profanateurs. « Il faut être très prudent avant de faire de cet acte de vandalisme un crime politique, note Thierry Legrand, maître de conférences en Histoire des religions à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. La tentation est grande d’établir des liens de cause à effet entre la profanation du cimetière juif de Sarre-Union et les récents événements antisémites ».

« Profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République »

Un acte politique d’autant plus difficile à démontrer qu’ »aucune inscription n’a été constatée ». Lors des premiers interrogatoires, les cinq mineurs placés en garde à vue se sont défendus de tout antisémitisme. Leurs motivations restent floues, mais ils sont « sans antécédents judiciaires » et la justice ne leur connaissait pas « de convictions idéologiques qui pourraient expliquer leur comportement », avait indiqué lundi après-midi le procureur de Saverne Philippe Vannier, précisant qu’ils « considéraient le cimetière comme étant abandonné ».

Au-delà des intentions, les actes suffisent à soulever l’indignation. Le président François Hollande s’est rendu sur place, mardi 17 février, accompagné de l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal, de responsables de la communauté juive française et de représentants politiques de tous bords. Le déplacement du chef de l’État est « un signe très fort », a estimé Sacha Reingewirtz, président de l’Union des étudiants juifs de France, estimant que cette profanation relève d’une « bêtise extrémiste ». « Ce que ces jeunes ont fait là, même s’ils n’ont pas conscience de la gravité, ça veut dire que les préjugés antisémites viennent s’installer dans énormément de couches de notre pays », a-t-il ajouté.

« Inconscience, ignorance ou intolérance », c’est la justice qui tranchera, a déclaré François Hollande à Sarre-Union,rappelant que « profaner, c’est insulter toutes les religions et souiller la République ». Mardi matin, les gardes à vue de deux des cinq jeunes étaient prolongées de 24 heures. Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement.

Hollande à Sarre-Union : « la justice dira ce qui relève de l’inconscience, de l’ignorance ou de l’intolérance »

Les tombes chrétiennes, premières victimes des profanations en France

Ce n’est pas la première fois que le cimetière juif de Sarre-Union fait l’objet de profanations. En 1988, une soixantaine de stèles juives ont été renversées, et en 2001, 54 tombes ont été saccagées. De manière générale, l’Alsace reste la région la plus touchée par les profanations de cimetières juifs avec dix profanations majeures en trente ans.

Est-ce à dire que l’Alsace est une région plus touchée par l’antisémitisme ? Rien n’est moins sûr. « Si les profanations de cimetières juifs sont aussi nombreuses en Alsace, explique l’historien Thierry Legrand, ce n’est pas parce qu’il y aurait plus de groupes néonazis qu’ailleurs, bien au contraire, il y a un dialogue interreligieux qui fonctionne très bien dans la région, précise-t-il. Non, s’il y a régulièrement des profanations de cimetières juifs dans la région c’est tout simplement parce que l’Alsace a été durant de nombreux siècles une terre d’accueil pour la communauté juive et qu’il y a de nombreux cimetières juifs. »

La première communauté alsacienne remonte en effet aux alentours de l’an mille. Les juifs installés en Alsace n’ont jamais eu à subir d’expulsion comme dans le reste de la France car la région a longtemps été une terre d’Empire. Le judaïsme a toutefois pris une forme très spéciale en Alsace car les juifs n’étaient pas admis dans les villes. Raison pour laquelle le judaïsme alsacien se caractérisait, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, par une forme originale avec une multitude de petites communautés rurales.

Reste que les profanations, selon les chiffres avancés par le ministère de l’Intérieur, concernent davantage des sites de sépultures chrétiennes. En 2012, 80 % des profanations recensées visent des tombes chrétiennes. Une large proportion qui s’explique là encore par le fait que les lieux de culte catholique sont beaucoup plus nombreux que les autres. D’après l’Observatoire des profanations de lieux religieux, 94 % des lieux de culte sont des monuments catholiques.

Voir encore:

Sarre-Union – Cimetière juif Un cimetière déjà profané six fois
Le cimetière juif de Sarre-Union a déjà été pris pour cible six fois depuis la Libération. Les profanations les plus marquantes se sont produites en 1988 et 2001.

Dernière nouvelles d’Alsace

16.02.15

Le 26 avril 1988, le cimetière israélite de Weiterswiller, en Alsace Bossue, était profané : 90 pierres tombales avaient été renversées. Les auteurs des faits, trois mineurs, avaient été appréhendés le soir-même.

A peine un mois plus tard, sans doute le week-end des 21 et 22 mai 1988, le cimetière israélite de Sarre-Union était touché. Une soixantaine de pierres tombales avaient été renversées et onze d’entre elles avaient été brisées. Le président de la communauté juive de Sarre-Union, Jacques David, avait alors alerté les autorités et porté plainte après du procureur de la République de Saverne. Il avait exprimé son « indignation » devant de tels actes, d’autant qu’une profanation avait déjà eu lieu dans la même nécropole deux ans plus tôt, en 1986. D’autres dégradations avaient aussi eu lieu dans les années 70 – deux auteurs avaient alors été identifiés.

En mai 1988, les réactions avaient été nombreuses dans toute l’Alsace : « indignation écœurée » de l’archevêque-évêque de Strasbourg, Mgr Brand, constat amer que « l’antisémitisme n’est pas mort », de la part des églises protestantes d’Alsace et de Moselle, dénonciation d’une « recrudescence des sentiments racistes et antisémites dans notre région » par les socialistes du Bas-Rhin.

Cérémonie de recueillement et de protestation
Le 29 juin 1988, une cérémonie « à la fois de recueillement et de protestation » s’était tenue au cimetière de Sarre-Union, en présence du grand rabbin, de représentants du consistoire et de personnalités politiques et religieuses alsaciennes.

L’histoire se répète pourtant en 2001… Pendant le week-end des 13 et 14 janvier, 54 tombes sont profanées, toujours dans ce même cimetière de Sarre-Union. Daniel Weill, ministre-officiant de la communauté, découvre le triste spectacle le dimanche matin : socles descellés, stèles renversées, colonnes brisées… Au-delà de l’affront fait aux morts, c’est aussi une « énorme perte d’un point de vue patrimonial », s’attriste Jacques Wolff, représentant de la communauté israélite de Sarre-Union, qui s’était évertué à déchiffrer les inscriptions anciennes en hébreu.

Les auteurs de la profanation de ces tombes avaient été interpellés par les gendarmes de Sarre-Union dans la journée du 30 janvier. Il s’agissait de quatre mineurs, âgés de 13 à 15 ans, trois garçons et une fille. Ils avaient agi dans la journée du 30 décembre. Trois d’entre avaient reconnu être de plus les auteurs d’une autre profanation, en juin 2000, où une dizaine de pierres tombales avaient été brisées. Tout ceci sans aucune idéologie, simplement par désoeuvrement. Les dégâts avaient été estimés à 75000F. Les jeunes profanateurs, en compagnie de leurs parents, effondrés, avaient été déférés devant le parquet de Saverne avant d’être présentés au juge des enfants. Ils avaient été placés sous liberté surveillée préjudicielle (c’est-à-dire sous la surveillance d’un éducateur) en attendant leur jugement. « C’est un beau travail de police judiciaire », avait estimé Madeleine Simoncello, procureur du tribunal de Saverne. Une cinquantaine de jeunes avaient en effet été interrogés dans le cadre de cette enquête.

Les origines de la nécropole de Sarre-Union remontent au XVIIIe siècle. Ce cimetière était alors l’un des plus importants d’Alsace et la communauté israélite de Sarre-Union comptait quelque 400 familles.

Voir de plus:

Profanation : ne pas reproduire les excès de Carpentras
Jacky Isabello, Pierre Alibert
Le Figaro
17/02/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Jacky Isabello et Pierre Alibert soulignent l’inquiétant télescopage entre la profanation du cimetière juif de Sarre-Union et la polémique autour des propos de l’ancien minsitre Roland Dumas.

Jacky Isabello et Pierre Alibert sont associés à CorioLink, une agence de communication et de relations publiques

La profanation est une outrance que s’octroie les abrutis en mal de célébrité médiatique.

L’excès de communication entre l’ancien ministre Roland Dumas et la star de l’interview politique Jean-Jacques Bourdin est une autre forme de dérapage qui pourrait tout autant provoquer des actes antisémites de la part de simples d’esprit.

Toute la journée de lundi nous nous sommes interrogés: à une expression criminelle de la profanation, est-il judicieux de réagir par des outrances médiatiques qui flirtent souvent avec la récupération? En effet, à l’heure où ce texte est commis par vos dévoués plumitifs ; alors que la meute des loups a joué toute la journée à associer l’augmentation du vote d’extrême droite avec ces actes odieux, nous apprenons que 5 mineurs seraient incriminés. Il n’est en rien prouvé que l’acte revendique une action antisémite. Mais la peur est là pour la communauté juive de France. On le serait à moins.

Lorsque l’émotion s’en mêle, les spécialistes de la communication savent que la réflexion n’a plus sa place.

Un déficit de réflexion qui ne saura être compensé puisque, l’instrumentalisation qu’a connu l’acte de profanation du cimetière juif de Sarre-Union s’est télescopé dans la journée de lundi avec un événement inattendu ; un pilier cacochyme de la «mittérrandie», se prend les pieds dans le tapis d’insinuations à propos d’un complot judaïque qui toucherait les plus hautes sphères de l’état français. Le premier Ministre Manuel Valls serait sous influence.

Il n’en faut pas moins pour s’interroger et comparer. De telles attitudes, celles des gamins alsaciens, ou d’autres gamins en costumes trois pièces connus de tous les Français, sont-elles de nature à apaiser le procès qui est fait à l’Europe en ce moment par certains, de ne plus savoir offrir la sérénité et assurer la sécurité de nos concitoyens «Juifs de France». Le premier ministre israélien lui-même incite régulièrement les Juifs de France à s’expatrier vers la terre d’Israël.

Les opinions risquant de se «cristalliser» autour d’une situation médiatique extrêmement malsaine. D’un côté des vauriens qui, l’enquête le dira, veulent se faire peur en outrageant nos morts. De l’autre, d’autres galopins qui jouent à se faire peur en dégoupillant dans l’espace public la grenade d’un complot juif influençant jusqu’au chef du gouvernement.

Instrumentalisation, amalgame, raccourcis, erreurs de confirmation comme le dirait les philosophes. Toute la palette des faiblesses réflexives vont y passer.

Certes il est clair que les leçons des excès de la profanation du cimetière de Carpentras n’ont pas été retenues. Il est certain, qu’avec la profanation odieuse de plusieurs centaines de tombes du cimetière de Sarre-Union dans le Bas-Rhin, la France renoue avec ses vieux démons, ceux qui avaient mis le feu à notre nation républicaine lorsqu’en 1990 nous découvrîmes avec effroi, le saccage du cimetière de Carpentras et les mises en scène symboliques qui ajoutaient à la profanation un sadisme sans nom.

Mais intellectuellement plus cruel, Dumas a donné, à tous les amateurs de la théorie du complot, un jeu de cartes qui cache des règles du jeu bien plus insidieuses vis-à-vis de la communauté juive de France, que nous tentons de convaincre par tous les efforts, de ne pas s’éloigner de leur pays, la France.

Nous en sommes certains désormais, l’esprit du 11 janvier est bien rentré dans sa boite.

Voir encore:

Une profanation tous les deux jours en France
Christophe Cornevin
Le Figaro
22/09/2010

Les cimetières et lieux de culte catholiques demeurent les plus visés.

Croix renversées et souillées de symboles nazis au sanctuaire dédié à la Vierge Marie à Saint-Loup (Jura), tombes et chapelle vandalisée au cimetière d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), statues arrachées dans l’église Saint-Géry de Valenciennes (Nord), lustres réduits en miettes et chemin de croix incendié à Saint-Pierre de Pouan-les-Vallées (Aube), classé et datant du XIIIe siècle… Dans l’indifférence, la France est le théâtre d’une profanation tous les deux jours. Selon une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, que s’est procurée Le Figaro, pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l’année dernière, soit à peine dix-neuf de moins qu’en 2008.

Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours. «Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l’essentiel des dégradations de stèles, d’ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes – qui couvrent 95 % du territoire – touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises ». Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer. «Les départements du Bas-Rhin (11 faits), la Somme (9 faits), l’Ille-et-Vilaine (7 faits) et enfin la Gironde, le Gard et les Vosges (6 faits) concentrent le plus grand nombre de profanations», précise le document, qui détaille ainsi une série de périodes à risques. Ainsi, les profanateurs passent plus volontiers à l’action le 30 avril qui est à la fois l’anniversaire d’Adolf Hitler et de la fondation de l’Église de Satan aux États-Unis. Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d’Halloween et jour de l’An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d’équinoxes. Plus globalement, 50 % des actes de vandalisme se produisent le week-end et sans témoin, ce qui rend les investigations difficiles. L’année dernière, les gendarmes ont cependant réussi à résoudre une cinquantaine d’affaires et à confondre 106 profanateurs présumés. En décryptant leur profil, la note de la DGGN révèle que 83 % d’entre eux sont des mineurs et que 79 % sont de sexe masculin. Certains n’ont reculé devant aucune limite, allant jusqu’à improviser le 18 juillet dernier un rodéo à scooter dans la nef moyenâgeuse de l’église d’Échillais, près de La Rochelle, où un Christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé.

Un site créé en juin 2005
Le nombre des actes de vandalisme visant les lieux de culte a atteint une telle cote d’alerte qu’un site entier en recense l’étourdissante litanie. Il est animé par le comité Indignations, créé en juin 2005 au lendemain d’une parodie de mariage homosexuel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le simulacre, ressenti comme «blessant» par les fidèles, avait été à l’origine d’une pétition recueillant 27.000 signatures. « D’une manière générale, les investigations ne permettent toujours pas de déterminer les motivations réelles des auteurs, concèdent les gendarmes. En effet, les éléments de preuves découverts engendrent parfois des confusions (exemple, des croix gammées accompagnant des tags satanistes).» «Les personnes interpellées indiquent la plupart du temps avoir agi sans motivation idéologique, par jeu, défi, mimétisme ou désœuvrement» , estime le rapport, qui rappelle que huit profanations sont imputables à des «individus isolés souffrant de troubles psychiatriques». Si deux faits sont imputables à des «adorateurs du démon», qualifiés de « minoritaires », les analystes du Bureau des affaires criminelles (BAC) notent que « sur la totalité des faits recensés en 2009, la commission d’actes à caractère sataniste (croix brisées ou renversées) est supposée dans de nombreux cas ». Enfin, la présence d’alcool est un «facteur important de passage à l’acte particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes »

Voir de même:

Couverture médiatique des attentats : France Info proteste contre la mise en demeure du CSA
Grégoire Lecalot

France info

12 février 2015

Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel a adressé ce jeudi 15 mises en garde et 21 mises en demeure aux médias français pour la couverture des attentats contre Charlie Hebdo et leurs suites. Sept chaînes de TV et six radios, dont France Info et France Inter, se voient reprocher d’avoir annoncé l’assaut contre les frères Kouachi. Radio France fait part de sa surprise et envisage des recours.
Le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA), a adressé ce jeudi 15 mises en garde et – plus grave – 21 mises en demeure aux principaux médias audiovisuels français pour des « manquements graves » lors de la couverture des attentats de Paris, du 7 au 9 janvier dernier. Le CSA estime avoir relevé de nombreux dérapages dans les comptes-rendus de la traque des suspects, puis les prises d’otages et enfin les assauts contre les frères Kouachi en Seine-et-Marne puis contre Amedy Coulibaly à Paris.

L’instance dénonce tout d’abord la diffusion par une chaîne de télévision de l’assassinat du policier Ahmed Merabet, près du siège de Charlie Hebdo. Le CSA estime que, bien que sa mort en elle-même n’ait pas été montrée, le bruit des armes à feu et la voix de la victime n’auraient pas dû être mis à l’antenne.

Assaut à Dammartin-en-Goële
Sept chaînes de télévision et six radios, dont France Info et France Inter, se voient par ailleurs reprocher d’avoir annoncé l’assaut mené contre les frères Kouachi à Dammartin-en-Goële, alors qu’Amedy Coulibaly était encore retranché dans l’hyper Cacher de la porte de Vincennes, ce qui, estime le CSA, a mis en danger la vie des otages.

Radio France proteste
Le groupe Radio France a fait part de sa surprise et de son étonnement face à cette mise en demeure et examine toutes les possibilités de recours contre cette sanction : « Ils nous reprochent d’avoir dit sur l’antenne de France Info : il se passe quelque-chose à Dammartin-en-Goële, il y a des coups de feu », explique Erik Kervellec, directeur de la rédaction de France Info. « C’est l’un des reporters de France Info qui a décrit la scène. Si on nous avait dit ‘Il va y avoir une intervention’, nous sommes des gens responsables. Nous n’aurions pas communiqué et dit des choses qui étaient de nature à faire dégénérer la situation. Mais à aucun moment nous n’avons reçu une consigne de ce type de la part des autorités compétentes. Nous contestons cette mise en demeure, nous ne la comprenons pas. Et nous envisageons des recours pour faire revenir le CSA sur cette sanction que nous jugeons parfaitement injustifiée ».

Voir de même:

Les attentats de Copenhague vus du Québec
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro

7/02/2015 à 20:07

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Pour Matthieu Bock-côté, les réactions suscitées par les attentats qui ont frappé Copenhague ce week-end soulignent l’échec du multiculturalisme et le déni du réel entretenu par une partie de la classe politique et médiatique.

Mathieu Bock-Côté est sociologue (Ph.D). Il est chargé de cours à HEC Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal ainsi qu’à la radio de Radio-Canada. Il est l’auteur de plusieurs livres, parmi lesquels «Exercices politiques» (VLB, 2013), «Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois» (Boréal, 2012) et «La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire» (Boréal, 2007).

Pendant toute une journée, on a cherché son nom, sans vraiment le trouver. D’un site de nouvelles à l’autre, on évoquait seulement un tueur né au Danemark, et ayant passé sa vie au Danemark. Le propos était vague, nébuleux. Et il a fallu attendre que des sites de nouvelles s’inscrivant à la périphérie du système médiatique et ne s’encombrant pas de la censure propre au politiquement correct, pour qu’on puisse enfin le nommer. Il s’appelait Omar Abdel Hamid El-Hussein. Personne n’a vraiment été surpris.

Il a fallu attendre que des sites de nouvelles s’inscrivant à la périphérie du système médiatique et ne s’encombrant pas de la censure propre au politiquement correct, pour qu’on puisse enfin le nommer.
Pas d’amalgame! Évidemment, ce cri de panique de la gauche multiculturelle devant l’islamisme a tout de suite retenti. Car chaque fois que l’islamisme frappe, d’une manière ou d’une autre, la gauche multiculturelle s’inquiète d’abord de la montée de l’islamophobie. Elle craint qu’un attentat comme celui-là ne réveille le racisme latent qu’elle prête aux sociétés occidentales. D’ailleurs, les médias relaient cette formule mécaniquement, en mettant en garde tout à la fois contre le «radicalisme» et «l’islamophobie». On met les deux concepts sur le même pied, et surtout, on proscrit à l’avance toute réflexion sérieuse sur l’islamisme ou la difficile intégration de l’Islam en Occident en l’assimilant à une forme de racisme.

Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble». Ce qui pourrait compromettre le récit enchanté de la cohabitation harmonieuse des différences n’y a pas sa place. Lorsqu’il faut pourtant consentir à montrer une part désagréable du réel, on multipliera les mises en garde, on forgera un nouveau vocabulaire qui deviendra la novlangue des sociétés fonctionnant sous l’orthodoxie multiculturaliste. D’une société à l’autre, c’est le même logiciel du déni qui opère et qui pousse les peuples à la défiance politique.

Le système médiatique agit ainsi à la manière d’une machine à lessiver le réel, n’en montrant que les parts compatibles avec l’idéologie officielle du «vivre-ensemble».
L’attentat commis par Omar Abdel Hamid El-Hussein n’est malheureusement pas un cas isolé. En Grande-Bretagne en 2005 comme en France, récemment, il s’agissait d’enfants du pays. Ou à tout le moins, d’enfants nés au pays, mais qui ne s’y sentaient pas appartenir, et qui plus encore, se voulaient profondément hostiles à son endroit. Se contenter de dire d’Omar Abdel Hamid El-Hussein qu’il s’agissait d’un Danois, et croire possible de fermer dès ce moment la réflexion, cela consiste à s’enfermer dans une illusion idéologique, que la réalité perce pourtant de toute part.

Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier. Il ne suffit manifestement plus d’avoir vécu toute sa vie dans un pays pour en être. La nationalité, pensée comme un concept strictement juridique, se révèle trop souvent une coquille vide. En fait, elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus. Elle référait à une histoire, une identité. Mais cela allait tellement de soi qu’il n’était pas nécessaire de le préciser. Ou du moins, on le précisait de mille manières sans avoir toujours à l’expliciter. La citoyenneté universaliste s’enracinait pratiquement dans une identité historique.

Cela illustre terriblement le désaccouplement de plus en plus net entre la citoyenneté d’appartenance et la citoyenneté de papier.
Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme, qui a consisté à vider les institutions du pays d’accueil de sa culture et à faire de la prédominance de celle-ci dans les relations sociales la marque d’une discrimination qu’il fallait désormais déconstruire. Conséquemment, lutter contre les discriminations, généralement, consistera simplement à démanteler les mécanismes sociologiques qui conduisaient naturellement à l’assimilation des immigrés.

C’est dans ce contexte que se pose la question de l’immigration qui a révolutionné l’Europe en quelques décennies. L’immigration massive ne concerne plus des individus, mais des peuples, des religions, qui migrent, sans nécessairement reproduire intégralement la culture de leur pays d’origine, mais sans non plus s’approprier celle du pays d’accueil, contre laquelle ils se définiront même souvent -en fait, un islam revendiqué et radical servira souvent d’identité de substitution aux populations immigrées. Et ce n’est pas faire injure à l’islam que de constater que ce n’est pas sa meilleure part qui s’exprime dans les banlieues européennes, chez des populations mal intégrées qui se l’approprient de manière polémique pour défier la société d’accueil.

Nous avons assisté à une déconnection du pays officiel et du pays historique. Le premier s’est même retourné contre le second: c’est l’histoire du multiculturalisme.
On aura beau chercher à s’adapter à cette situation en théorisant une citoyenneté multiculturelle censée annoncer l’avènement d’un paradis diversitaire, la réalité ne se laisse pas changer par des slogans. Malgré le déni des cultures, il faut bien convenir que ces dernières cohabitent d’autant moins bien qu’elles sont radicalement étrangères -la chose est encore plus vraie lorsqu’elles appartiennent à des civilisations distinctes. Ce n’est pas qu’elles sont méchantes l’une ou l’autre. Mais entre elles, ce sont des rapports de force qui jouent en bonne partie. Et les peuples européens ne savent manifestement plus faire preuve de force, tellement ils ont mutilé eux-mêmes leur identité.

Voir enfin:

Comment faire réélire François Hollande
François d’Orcival
Valeurs actuelles

12 Février 2015

Sarkozy à Juppé : “Il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national.” Ils ont été plus de 40 %…

Le second épisode de la partielle dans la 4e circonscription du Doubs est encore plus riche d’enseignements que le premier. Le candidat socialiste, qui avait perdu tant de voix par rapport à 2012, est quand même élu ; la candidate du Front national, qui n’en a jamais réuni autant, est quand même battue. Multipliez les résultats du scrutin par mille et vous obtenez à peu près 30 millions de votants, 15,5 millions de voix pour le candidat de la gauche et 14,6 millions pour celle du Front national. Un écart de moins de 900 000 voix (inférieur à celui qui séparait Hollande de Sarkozy en 2012 — 1,2 million de voix). Pour Hollande, c’est le scénario idéal en 2017 : éliminer la droite au premier tour, se retrouver en face de Marine Le Pen au second — et la battre. C’est ce qui s’est passé dans le Doubs ; reste à “nationaliser” la petite partielle, mille fois plus petite que la présidentielle.

Qu’a donc fait le candidat PS dans le Doubs pour arriver deuxième au premier tour et affronter ensuite la représentante du FN ? Il était le suppléant du ministre de l’Économie, donc solidaire de toute la politique gouvernementale, petit soldat discipliné du parti et par conséquent tout aussi responsable du chômage, de la délinquance, de l’islamisme, du laisser-aller général. À l’image de François Hollande. On le disait en perdition ; il l’était. Et puis les attentats du mois de janvier ont agi comme un sérieux coup d’épée dans les reins de la gauche, donc de Hollande, de Valls et de notre suppléant. De quoi faire penser (à la marge, mais souvent la marge suffit) qu’ils avaient peut-être compris ce qui se passait, de quoi leur donner un peu de nerfs et arrêter la chute — sans qu’ils n’aient rien fait ! Ajoutez à cela la baisse du prix du pétrole, celle de l’euro, la mode grecque contre l’austérité, et les commentaires médiatiques, toujours sensibles au baromètre de gauche, devenaient soudain optimistes, bien que sur le fond rien ne se soit amélioré !

La candidate du Front national n’en a pas fait plus que son adversaire du PS : l’actualité a fait campagne à sa place, le djihadisme transporté sur le sol français, la tolérance à l’égard de l’islamisme sous le prétexte de ne pas faire d’“amalgame”, le marché des kalachnikovs, les statistiques du chômage, etc. Cette circonscription ouvrière et populaire place le FN en tête au premier tour et lui fournit 16 points de plus au second, mais pas au point de le faire gagner. Sa candidate est très déçue, mais pas Marine Le Pen qui, elle, crie victoire — elle sait que, pendant deux ans, elle continuera d’être au centre du jeu en comptant bien faire face à Hollande en 2017.

Grande perdante de ce double épisode, la droite. Aphone avant le premier, pathétique avant le second. C’est finalement Nicolas Sarkozy qui a posé la seule question qui vaille et qui fâche au conseil national de l’UMP, le 7 février (veille du second tour), en s’adressant à Alain Juppé : « Il ne suffit pas de dire que le Front national n’est pas un parti comme les autres, d’appeler à voter contre lui, il faudrait aussi, cher Alain, se demander pourquoi 30 % de nos électeurs s’apprêtent à voter pour le Front national… » Sarkozy ne se trompait que sur un point : ce ne sont pas 30 % des électeurs UMP du premier tour qui ont voté FN au second, mais 40 %, si ce n’est plus. La question était bien posée.

De la droite au sens large dépend qu’elle soit ou non au second tour de 2017. Elle y a toujours été, même fracturée en deux, voire en trois candidatures de premier plan (en négligeant les autres). Mais elle ne risquait rien — Le Pen arrivait derrière. Tout a changé depuis 2002 ; Marine Le Pen est maintenant classée première dans les sondages. Si la droite ne devance pas Hollande, c’est lui qui sera élu.

Comment peut-elle retenir ses électeurs tout en évitant une fracture qui verrait deux leaders se présenter en même temps et déchirer l’électorat (hypothèse suicidaire) ? C’est la question à laquelle la droite doit répondre. Un défi, certes. Mais cela l’invite surtout à travailler sur elle-même, et sur la France : son identité, son unité, sa singularité qui ont fait son destin dans l’Histoire. C’est beaucoup demander. Mais après tout, ce ne devrait pas être si difficile, quand on fait de la politique, de comprendre ce que vous disent les gens.

P.-S. Nos lecteurs apprendront, en page 6, que notre journal a été condamné pour avoir publié en couverture une “Marianne voilée”. Certes, la loi prévoit que seul le directeur de la publication, Yves de Kerdrel, est condamné. Cette hypocrisie n’empêchera pas que nous soyons tous solidaires et que nous nous sentions tous condamnés au même titre que lui, au mépris de la plus élémentaire liberté d’expression.


Caricatures danoises: C’est la démocratie, imbécile ! (Flemming Rose: The cartoons are including, rather than excluding, Muslims)

16 février, 2015
https://i0.wp.com/cartoons.internet-share.com/wp-content/uploads/sites/16/2015/01/tumblr_nhuhtoZ97o1u7jsm4o1_500.jpg03.02.06: Steve Bell on Muslim outrage at Mohammed cartoonshttps://i0.wp.com/zombietime.com/mohammed_image_archive/extreme_mohammed/Crybaby_Muhammad.jpg

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Soyez fils de votre Père qui est dans les cieux (qui) fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et (…) pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 45)
Il n’y a que l’Occident chrétien qui ait jamais trouvé la perspective et ce réalisme photographique dont on dit tant de mal: c’est également lui qui inventé les caméras. Jamais les autres univers n’ont découvert ça. Un chercheur qui travaille dans ce domaine me faisait remarquer que, dans le trompe l’oeil occidental, tous les objets sont déformés d’après les mêmes principes par rapport à la lumière et à l’espace: c’est l’équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes. On cesse de représenter en grand les gens importants socialement et en petit les autres. C’est l’égalité absolue dans la perception. René Girard 
En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres: c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté. Il faut vous y faire, vos concitoyens ont le droit de caricaturer votre prophète. Sinon, il existe des tas de pays où on ne court aucun risque de tomber sur Charlie Hebdo… (…) les quelques semaines de lucidité qui ont suivi les attentats nous ont révélé que l’antisémitisme, le complotisme et le rejet de la France étaient bien plus répandus que ce que je croyais moi-même. (…) L’origine de notre interminable crise identitaire, ce n’est pas l’islam mais notre incapacité collective à définir ce qui nous rassemble et à le défendre. Ainsi refuse-t-on avec constance qu’un pays puisse avoir une politique migratoire conforme à ses intérêts. Nous aimons l’Autre, se récrie-t-on. Qui oserait dire le contraire? Seulement, quand il arrive que l’Autre, lui, nous aime moins que ce qu’on voudrait, on fait mieux que le comprendre, on l’approuve. On l’applaudit. Pourquoi aimerait-on un pays qui, non content d’avoir commis des crimes effroyables dans le passé, s’acharne à les répéter? Quelques semaines après des attentats islamistes, de quoi débat la France? Du mal qu’elle a fait à ses enfants d’immigrés. De ses promesses non tenues. De ses idées rances. Et bien sûr, de son «islamophobie», au point qu’on finit par penser que l’islamophobie a tué à Paris. Le président nous a appelés à être «fiers d’être français». Avec un mot Manuel Valls a clos la séquence: «apartheid», le mot a été répété avec gourmandise par des journalistes ravis de tant d’audace. Et le plus consternant est que le Premier ministre l’ait prononcé pour câliner son aile gauche et faire plaisir aux intéressés. Que certains membres d’un parti de gouvernement exigent, comme prix de leur loyauté, que leur chef se livre au dénigrement public de leur pays, ne semble surprendre personne. Pas plus que le fait que l’on caresse une communauté dans le sens du poil en lui expliquant qu’elle est faite de sous-citoyens. Oh oui, je t’ai fait mal…, c’est bon, non? La France a fabriqué Merah, Nemouche et les autres. La faute à l’apartheid. Vous verrez, certains exigeront bientôt qu’on organise «Vérité et Réconciliation» pour leur demander pardon d’avoir si mal accueillis leurs parents. (…) ce n’est pas en leur apprenant l’arabe qu’on va régler le problème. Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française – ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu «à la dure», en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés – on aura pas mal avancé. Mais le plus important, c’est d’arrêter d’entretenir la jeunesse, notamment musulmane, dans l’illusion qu’on lui devait quelque chose qu’on ne lui a pas donné. Rien n’est plus délétère que ce ressentiment, encouragé et légitimé par le discours public. Est-il si insupportable d’envisager que les intéressés aient une part de responsabilité dans ce qui leur arrive? Si beaucoup ont du mal à trouver leur place dans la société française, est-ce exclusivement à cause du racisme congénital des Français? Oui, c’est difficile de trouver du boulot et c’est plus difficile pour la jeunesse immigrée. Comment peut-on oublier les milliards investis dans la politique de la ville, l’arsenal juridique qui sanctionne le racisme et les discriminations, les repentances diverses et variées? Personne n’est colonisé en France. En réalité, les pleureuses professionnelles et les donneurs de leçons qui adorent se battre la coulpe sur la poitrine des autres méprisent nos concitoyens musulmans en les supposant incapables d’intégrer le monde des Lumières. Pour ces humiliés, disent-ils, l’islam est la dernière source de dignité. C’est aimable pour tous ceux dont la dignité réside dans leur contribution au bien commun. Cette condescendance parée de générosité me révolte. (…) Très vite, il est devenu clair que cette unanimité ne faisait que masquer de profonds malentendus. La gauche et les médias sont revenus à leur ritournelle habituelle: le FN, voilà l’ennemi! Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les «intentions funestes de ce parti pour la démocratie» et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue. Oui, la France pourrait être une chance pour l’islam comme elle a été une chance pour les juifs. Dire cela, ce n’est pas insulter les musulmans, mais simplement les inviter à réaliser la synthèse entre le public et le privé, le laïque et le religieux, l’individu et le groupe, que beaucoup d’autres ont faite avant eux. C’est en leur mentant qu’on les insulte. (…)  Voilà des années que certains débats sont interdits: en apparence ils ont lieu, mais tout point de vue contraire à la doxa est d’emblée criminalisé. On vous laisse parler en agitant la clochette «Attention, salaud!» Du coup, les mots n’ont plus de sens: par exemple, il est communément admis que la proposition «être contre l’immigration» (ou pour une réduction drastique des flux migratoires) est synonyme de «être raciste». C’est totalement stupide d’un point de vue logique, mais peu importe, le journaliste standard le répètera comme il a répété que si on était contre le mariage homo on était contre l’égalité. Cette fois, le journaliste standard a décidé, enchanté de sa trouvaille, que l’existence d’un apartheid en France était une vérité scientifique et que les attentats islamistes n’avaient rien à voir avec l’islam. On est en train de monter d’un cran dans la censure: on n’interdit pas seulement des opinions mais des réalités déplaisantes. Ainsi Arno Klarsfeld est-il mis en examen pour avoir dit: «Une partie des jeunes de banlieue est antisémite». Cela aurait dû au moins nous faire hurler de rire, et j’attends l’audience avec impatience au cas où la Justice se donnerait le ridicule de statuer sur le droit d’affirmer que la pluie mouille. Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel: d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable… (…) je suis atterrée par les condamnations à des peines fermes pour «apologie du terrorisme». En France, on ne va pas en prison pour ses idées, même si elles sont atroces. Et je préfèrerais qu’on arrête les aspirants-terroristes plutôt que les grandes gueules. Que Dieudonné soit condamné quand il va trop loin (c’est-à-dire souvent…) et surtout qu’on l’oblige à payer ses amendes). Mais je ne veux pas qu’on l’empêche de parler. Je veux vivre dans un monde où je peux être heurtée par les propos des autres. La loi qui pénalise les délits d’opinion doit être appliquée avec sagesse. Or, je le répète, aujourd’hui, certains nous somment de ne pas voir ce que nous voyons. Eh bien moi, je ne renoncerai jamais au droit de voir – ni d’ailleurs à celui de parler et de penser. Elisabeth Lévy
Culpabilisés par leur niveau de vie (…) taraudés par la mauvaise conscience d’être des nantis, [les Scandinaves] ont ouvert les vannes de l’immigration. (..) Le problème est de sauvegarder la laïcité face à une religion turbulente. Dès lors, l’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine. Emeutes au Danemark en 2008, quasi-émeutes en Norvège en 2009, aux cris de «mort aux Juifs» ; émeutes en Suède en 2013. Les pays scandinaves ont déjoué plusieurs tentatives d’attentats. (…) Le royaume danois fut donc pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman. Ce profil bas n’a pas payé, car il brosse de l’Occident un tableau dont la noirceur et la pusillanimité justifient révolte et violence. Les frères Kouachi étaient d’anciens combattants des émeutes des banlieues de 2005 et l’un des deux auteurs des attentats de Boston, du printemps 2013, avait écrit sur son Facebook: «Je ne discute pas avec les idiots qui disent que l’islam c’est du terrorisme». Cette phrase, exacte au pied de la lettre, est discutable dans son esprit, puisqu’elle vise à rabaisser ceux qui doutent que l’on puisse découpler complètement le djihadisme de l’islam. (…) L’intégration existe (…) ce n’est pas forcément une question de modèle. C’est une question d’affirmation de soi. Le Royaume-Uni s’est repris en main. En Allemagne, Espagne et Italie, l’immigration choisie freine les processus de sécession agressive. Le djihadisme offre à de jeunes adultes le mythe du guérillero à cartouchière dans une variante proche de celle qui poussait les jeunes de 20 ans des années 30 vers le communisme ou le catholicisme politique: la défense d’un grand récit savant injustement calomnié et mal-aimé. C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, «religion de paix mal interprétée», que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main. Alexandre Devecchio
It was a project for the art world I noticed that you can’t criticize the Muslim world.  You can make jokes about religion, especially if you don’t have any unpleasant motives. Lars Vilks
In every art exhibition, you’ll see that you have a political statement against Bush and against Israel, but you never have any sort questioning about Islam. Which actually then were more interesting subject after the caricatures. So I wanted to add something to that discussion. Why are you so one sided again, in the art world. Lars Vilks
La liberté de publier ne signifie pas la liberté de publier n’importe quoi. Jyllands-Posten ne publierait jamais d’images pornographiques ou des images montrant en détail des cadavres; des jurons trouvent rarement leur place dans nos pages. Nous ne sommes donc pas des fondamentalistes dans notre support de la liberté d’expression. Mais l’histoire des caricatures est différente. Les exemples précédents sont liés à l’exercice d’une retenue pour des raisons éthiques et de bon goût; appelons cela la mise en page. Par contraste, j’ai lancé l’histoire des caricatures pour répondre à plusieurs incidents d’autocensure en Europe, incidents causés par les peurs croissantes et les sentiments d’intimidation ressentis en adressant des problèmes liés à l’Islam. Et je suis plus que toujours persuadé que c’est un thème que nous, Européens, devons confronter, afin de pousser les Musulmans modérés à s’exprimer. L’idée n’était pas de provoquer gratuitement – et certainement, notre intention n’était pas de provoquer des manifestations violentes dans le monde musulman. Notre but était simplement de faire reculer des limites que nous nous imposons nous-mêmes et qui semblaient devenir de plus en plus étroites. Fin septembre, un humoriste danois a dit dans une interview avec Jyllands-Posten qu’il n’avait aucun problème à uriner sur une Bible devant une caméra, mais qu’il n’oserait pas faire la même chose avec le Coran. Cet aveu a été le point culminant d’une série d’instances troublantes d’autocensure. En septembre dernier, un écrivain pour enfants danois avait de la peine à trouver un illustrateur pour publier un livre sur la vie de Mahomet. Trois personnes ont refusé le travail par peur des conséquences. La personne qui a finalement accepté a insisté pour garder son anonymat, ce qui, selon moi, est une forme d’autocensure. Des traducteurs européens d’un livre critique de l’Islam ne voulaient pas que leur nom apparaisse à côté du nom de l’auteur, une politicienne néerlandaise née en Somalie qui, elle-même, vit cachée. Environ à la même époque, la galerie d’art Tate à Londres a retiré une oeuvre par l’artiste d’avant- garde John Latham montrant le Coran, la Bible et le Talmud déchirés en morceaux. Le musée a expliqué qu’ils ne voulaient pas envenimer la situation après les attentats de Londres. (Quelques mois plus tôt, un musée de Göteborg en Suède, a enlevé une peinture contenant un motif sexuel et des citations du Coran afin de ne pas offenser les Musulmans.) Finalement, fin septembre, le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen a rencontré un groupe d’imams dont l’un d’entre eux a demandé au premier ministre d’intervenir auprès de la presse afin de produire une présentation plus positive de l’Islam. Ainsi, au cours de deux semaines, nous avons observé une demi-douzaine de cas d’autocensure, opposant la liberté d’expression à la peur de confronter des questions concernant l’Islam. Tout celà constituait une information légitime à publier, et Jyllands-Posten a décidé de le faire en adoptant le principe journalistique bien connu: montrer mais ne rien dire. J’ai écrit à des membres de l’association danoise des caricaturistes, leur demandant de “dessiner Mahomet comme ils le voyaient”. Nous ne leur avons certainement pas demandé de se moquer du prophète. Douze des 25 membres actifs ont répondu. Nous avons une tradition satirique lorsque nous parlons de la famille royale et d’autres personnes publiques et ceci est visible dans les caricatures. Les caricaturistes ont traité l’Islam comme ils traitent le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres religions. Et en traitant les Musulmans au Danemark comme des égaux, ils ont démontré un point: nous vous intégrons dans la tradition danoise de la satire parce que vous faites partie de notre société, et vous n’êtes pas des étrangers. Les caricatures incluent, plutôt qu’excluent les Musulmans. (…) Une caricature – montrant le prophète avec une bombe dans son turban – a attiré les critiques les plus sévères. Des voix furieuses prétendent que la caricature dit que le prophète est un terroriste ou que tous les musulmans sont des terroristes. Je lis cette caricature différemment: certains individus ont pris la religion musulmane en otage en commettant des actes terroristes au nom du prophète. Ce sont ceux-ci qui ont donné une mauvaise image à cette religion. (…) Je reconnais que certaines personnes ont été offensées par la publication des caricatures, et Jyllands-Posten s’en est excusé. Mais nous ne pouvons pas nous excuser pour notre droit à publier certains sujets, même des sujets offensifs. On ne peut pas publier un journal si on est paralysé par la crainte d’une insulte. Je suis offensé par des sujets dans le journal chaque jour: traductions des discours de Osama bin Laden, photos de Abu Ghraib, de personnes qui insistent pour qu’Israël soit effacé de la surface de la terre, de gens qui prétendent que l’Holocauste n’a pas existé. Mais cela ne signifie pas que j’hésiterai à publier ces sujets, pour autant qu’ils respectent la loi et le code éthique du journal. Le fait que d’autres rédacteurs feraient d’autres choix fait partie de l’essence même du pluralisme. En tant qu’ancien correspondant en Union Soviétique, je suis très sensible à des demandes de censure basées sur la notion d’insulte. C’est un truc populaire des mouvements totalitaires: taxer chaque critique ou appel au débat d’insulte et punir les offenseurs. C’est ce qui est arrivé aux activistes des droits de l’homme et a des écrivains comme Andrei Sakharov, Vladimir Bukovsky, Alexander Soljenitsyne, Natan Sharansky, Boris Pasternak. Le régime les a accusés de propagande anti-Soviétique, de la même manière que certains Musulmans décrivent 12 caricatures parues dans un journal danois comme anti-Islamiques. La leçon de la guerre froide est la suivante: si vous cédez a des impulsions totalitaires une seule fois, de nouvelles demandes suivront. L’Occident a prévalu dans la guerre froide, parce que nous avons défendu nos valeurs fondamentales et n’avons pas apaisé des tyrans totalitaires. Flemming Rose
The tragic events also expose our own hypocrisies, the delusions and evasion we take to keep peace in the short term, along with the destructive culture of grievance that politicians have been eager to exploit. (…) The crisis began innocently enough. A children’s writer could not find an illustrator for a book about the Prophet Mohammed. Several illustrators declined to do it due to fear; then the one who agreed insisted on anonymity. We observed several more examples of self-censorship or calls for censorship when it came to the treatment of Islam in the public domain. Theatres, comedians, translators and museums were censoring themselves. My point was not to provoke or mock anyone, but simply to start a debate about self-censorship in our treatment of Islam compared with other religions. By proposing a practical demonstration – Show, Don’t Tell, a time-honoured journalistic principle – we wanted to let readers form their own opinion. As we soon found out, fears of violence for ridiculing a religious symbol were far from fantasy. I could never have imagined being condemned as a racist and finding myself on an Al Qaeda hit list. I was constantly asked to apologise for subsequent events, finding myself blamed for the lethal over-reaction of others. Following the French tragedy, I have been asked again and again my reaction. And the harsh truth is that mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’. I find it strange that people who welcome diversity when it comes to culture, religion and ethnicity fail to welcome the same diversity when it comes to expressing ourselves. These people are basically saying that the more multicultural society becomes, the less freedom of expression we need. This seems a twisted stance. It should be the other way round – the more different we are, it seems to me, the more we need an open and free exchange of opinions. Unfortunately, governments defend restrictions on free speech on the grounds of keeping the peace and avoiding clashes between different groups. So they ban hate speech and blasphemy. In 2004, Theo van Gogh was killed in Amsterdam after making a controversial film about Islamic culture. The Dutch minister of justice responded by saying his life could have been saved if Holland had tougher laws on hate speech. But it is not only governments that advocate this blinkered approach. The human rights industry also defends limitations on speech, referring to the protection of human dignity and vulnerable identities. I was once asked to join a panel discussion organised by Amnesty International and the Danish Institute of Human Rights under the banner Victims of Free Speech. I suggested there were only victims of crime in a society based on the rule of law and the idea that people exerting long-held statutory rights were ‘victims’ was nonsense. There was anger at my comments. Westergaard’s cartoon of the Prophet has been criticised for being racist or stigmatising Muslims. I strongly disagree. He depicted Mohammed as representative of Islam in the same way images of Jesus refer to Christianity, Karl Marx to Marxism, and Uncle Sam to the US. Portraying Marx with blood on his hands, the crucified Christ holding a beer, or the Christian God armed with a bomb does not mean you think that all Marxists are bloodthirsty murderers or that Christians are drunkards or terrorists. Westergaard’s cartoon attacks a hardline religious doctrine, not a particular group within society. I would make a similar point about cartoons lampooning the Prophet Mohammed in Charlie Hebdo. Philippe Val, former editor-in-chief of Charlie Hebdo, was once asked if they hadn’t crossed a line with cartoons mocking the Prophet. ‘What kind of civilisation are we if we cannot ridicule those who bomb trains and airplanes and commit mass murder against innocent civilians?’ he responded. Yes indeed, what kind of civilisation are we? This is the key question for the coming days, weeks and months of hot debate. Do we want to live in a tyranny of silence – or do we defend the right to offend? These cartoons can be offensive to some; they are designed to stir debate. But labelling such images racist – an opinion aired in the US and UK – is misleading and dangerous. If you characterise race and religion as similar, you risk supporting those sinister forces who claim that apostasy is impossible and abandonment of religion a capital offence. Many Muslims believe they are born into their faith and it would be a serious crime to quit Islam. They treat religion as if it is a race. We should not accept that logic. Flemming Rose

Nous étions danois et nous ne le savions pas !

Au lendemain d’une nouvelle démonstration

Dans l’un des pays à la politique d’immigration la plus généreuse mais aussi, par habitant, aux djihadistes les plus nombreux …

Que sans compter les discours de l’excuse des sociologues, les mêmes haines et les mêmes textes finissent immanquablement par produire les mêmes effets

Qui se souvient un mois à peine après le prétendu sursaut parisien du mois dernier …

De l’insidieuse chape d’autocensure et la véritable « tyrannie du silence » qui étaient alors en train de s’installer au Danemark et en Europe ?

Et qui ne voit derrière leur dénonciation de l’instrumentalisation criminelle de la religion …

Comme de la véritable assignation à résidence religieuse et identitaire dans laquelle on enfermait ainsi les immigrés …

Que, comme le rappellent tant Flemming Rose que Lars Vilks, les premières caricatures ne revendiquaient pas autre chose …

Que la base et l’essence de toute démocratie …

A savoir, à l’instar de cet équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes dont parlait René Girard à propos de la découverte occidentale de la perspective …

L’égalité absolue de traitement et la pleine intégration des musulmans dans la tradition danoise et occidentale ?

‘Jihadis want to assassinate me. But I refuse to be condemned to a tyranny of deathly silence': Cry of defiance from Danish editor who printed first controversial cartoons
Flemming Rose is the Foreign Editor of Jyllands-Posten in Denmark
He was put on a jihadi hit-list after publishing anti-Islam cartoons in 2005
His cartoonist colleague survived an assassination attempt in his home
Here, he reflects on the Charlie Hebdo massacre in Paris
Flemming Rose, Foreign Editor Of Jyllands-posten

The Mail On Sunday

11 January 2015

It was late on a Tuesday afternoon six years ago when the phone rang. A voice that had become familiar from Denmark’s Security and Intelligence Service said two men planning to assassinate me had been arrested in Chicago.

The FBI had foiled another planned attack on my paper Jyllands-Posten, which specifically targeted myself and the cartoonist Kurt Westergaard.

The terrorists turned out to be an American and a Canadian, both of Pakistani origin.

One was linked to atrocities the previous year in Mumbai; he had already visited Denmark twice on planning missions and had purchased his ticket back to Copenhagen.

A year later, Westergaard was fortunate to escape the next attempt on his life.

The 73-year-old artist was watching a film with his young granddaughter when a Somali man with an axe broke in to his home to kill him.

They dived into a safe room he had been forced to put in his house. His assailant was shot and captured by police.

For a decade we have had to live in the shadow of such threats after I commissioned a dozen cartoons depicting the Prophet Mohammed.

This was a decision that provoked a storm around the world, with republication of the cartoons in scores of other papers. Yet in spite of the assassination attempts, it was all too easy to be lulled into thinking the threat was abstract, as life continued.

All that changed last week. People were killed in Paris because of cartoons mocking Islam. Our worst nightmare has come true.

These murders challenge democracies in the most sickening style. They present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy.

But the tragic events also expose our own hypocrisies, the delusions and evasion we take to keep peace in the short term, along with the destructive culture of grievance that politicians have been eager to exploit.

I knew two of the killed cartoonists at Charlie Hebdo. I had appeared on a panel about threats to free speech with Stephane Charbonnier (aka Charb) and worked on a comic project with Georges Wolinski. I liked them a lot. They were funny and easy-going. Now they are dead.

I also appeared as a witness in a 2007 court case after two Muslim organisations in France accused Charlie Hebdo of inciting religious hatred by publishing cartoons of the Prophet Mohammed.

Among them was the one by Westergaard that became the most infamous of our cartoons – a simple image of the Prophet with a bomb tucked in his turban.

Yet I stumbled almost accidentally into sparking what came to be known as the cartoon crisis, leading to riots, protests and dozens of deaths around the world.

I had taken a post as cultural editor of my paper after years on the road as a foreign correspondent. Among my postings was Moscow, where I was struck by dissidents who stood apart from Soviet society on the strength of their belief in freedom.

The crisis began innocently enough. A children’s writer could not find an illustrator for a book about the Prophet Mohammed. Several illustrators declined to do it due to fear; then the one who agreed insisted on anonymity.

We observed several more examples of self-censorship or calls for censorship when it came to the treatment of Islam in the public domain. Theatres, comedians, translators and museums were censoring themselves.

My point was not to provoke or mock anyone, but simply to start a debate about self-censorship in our treatment of Islam compared with other religions.

These murders…present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy.
By proposing a practical demonstration – Show, Don’t Tell, a time-honoured journalistic principle – we wanted to let readers form their own opinion. As we soon found out, fears of violence for ridiculing a religious symbol were far from fantasy.

I could never have imagined being condemned as a racist and finding myself on an Al Qaeda hit list. I was constantly asked to apologise for subsequent events, finding myself blamed for the lethal over-reaction of others.

Following the French tragedy, I have been asked again and again my reaction. And the harsh truth is that mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’. I find it strange that people who welcome diversity when it comes to culture, religion and ethnicity fail to welcome the same diversity when it comes to expressing ourselves.

These people are basically saying that the more multicultural society becomes, the less freedom of expression we need. This seems a twisted stance. It should be the other way round – the more different we are, it seems to me, the more we need an open and free exchange of opinions.

Unfortunately, governments defend restrictions on free speech on the grounds of keeping the peace and avoiding clashes between different groups. So they ban hate speech and blasphemy.

In 2004, Theo van Gogh was killed in Amsterdam after making a controversial film about Islamic culture.

The Dutch minister of justice responded by saying his life could have been saved if Holland had tougher laws on hate speech.

The harsh truth is that the mass murder in Paris has exposed hypocrisy, even as all those good people declare ‘Je Suis Charlie’
But it is not only governments that advocate this blinkered approach. The human rights industry also defends limitations on speech, referring to the protection of human dignity and vulnerable identities.

I was once asked to join a panel discussion organised by Amnesty International and the Danish Institute of Human Rights under the banner Victims of Free Speech.

I suggested there were only victims of crime in a society based on the rule of law and the idea that people exerting long-held statutory rights were ‘victims’ was nonsense. There was anger at my comments.

We need to grow thicker skins if freedom of speech is to survive in a multicultural world.
Westergaard’s cartoon of the Prophet has been criticised for being racist or stigmatising Muslims. I strongly disagree. He depicted Mohammed as representative of Islam in the same way images of Jesus refer to Christianity, Karl Marx to Marxism, and Uncle Sam to the US.

Portraying Marx with blood on his hands, the crucified Christ holding a beer, or the Christian God armed with a bomb does not mean you think that all Marxists are bloodthirsty murderers or that Christians are drunkards or terrorists.

Westergaard’s cartoon attacks a hardline religious doctrine, not a particular group within society. I would make a similar point about cartoons lampooning the Prophet Mohammed in Charlie Hebdo.

Philippe Val, former editor-in-chief of Charlie Hebdo, was once asked if they hadn’t crossed a line with cartoons mocking the Prophet. ‘What kind of civilisation are we if we cannot ridicule those who bomb trains and airplanes and commit mass murder against innocent civilians?’ he responded.

Yes indeed, what kind of civilisation are we? This is the key question for the coming days, weeks and months of hot debate.

Do we want to live in a tyranny of silence – or do we defend the right to offend? These cartoons can be offensive to some; they are designed to stir debate.

But labelling such images racist – an opinion aired in the US and UK – is misleading and dangerous.

If you characterise race and religion as similar, you risk supporting those sinister forces who claim that apostasy is impossible and abandonment of religion a capital offence.

‘These murders challenge democracies in the most sickening style. They present a terrible threat to the free speech that is the foundation of true democracy': Above, tributes to victims of the Paris terror attacks
Many Muslims believe they are born into their faith and it would be a serious crime to quit Islam. They treat religion as if it is a race. We should not accept that logic.

Identity is a key issue in the modern world. It is no longer easy to answer questions such as: Who am I? Who are we as a community? How do we protect our identity?

But identity politics has become a growing challenge to free speech. We seem more concerned with protecting the sensibilities of groups rather than defending the historic democratic rights that we are entitled to as human beings.

The killers in Paris sincerely believed that human beings at Charlie Hebdo deserved to die because of their offensive cartoons. They felt this was justified by their militant interpretation of Islam.

But the killings were also taking place within a grievance culture that incites people to take offence every time somebody says something they do not like.

The assumption is that there isn’t any REAL difference between words and deeds, between a verbal insult and physical violence.

Yet I believe those who support this point of view are playing into the hands of both Islamists and the growing swathe of xenophobic political parties across Europe.

Instead of sending people to sensitivity training when they say something offensive, perhaps we should all be sent to insensitivity training.

We need to grow thicker skins if freedom of speech is to survive in a multicultural world.

Flemming Rose is author of The Tyranny Of Silence: How One Cartoon Ignited A Global Debate On The Future Of Free Speech.

Voir aussi:

Cartoonist: Art World One-Sided Against Israel, Bush, Avoids Islam
Lars Vilks
Breitbart
Pam Key
15 Feb 201528
Sunday on CNN, artist Lars Vilks discussed the Copenhagen terror attack that killed two and injured three others. In a free speech debate held by the cartoonist who has been under death threats since his 2007 caricatures of Muhammad, he said the art world is one sided.

Vilks said, “In every art exhibition, you’ll see that you have a political statement against Bush and against Israel, but you never have any sort questioning about Islam. Which actually then were more interesting subject after the caricatures. So I wanted to add something to that discussion. Why are you so one sided again, in the art world.”

When Vilks was asked if he feels he “contributed to this sentiment that has inspired some people to resort to violence to express their anger,” he replied, “Well, when you pose a question on the political responsibility, I mean, the religious symbols they are carrying, at least in this case, they’re carrying political decisions, certain dogmas, so if you question the basic symbols of this, it’s part of a political conversation. If you have people that want to go out and have guns and start murdering people, the thing is, you should put these people in prison. Because you cannot accept people murdering and trying in that way to stop the discussion you have concerning our questions about what you do with the freedom of speech in a democracy.”

Artist says Prophet picture meant to stir debate
Reuters

Sep 18, 2007
(Reuters) – A Swedish artist threatened with death over his drawing of a dog with the head of Islam’s Prophet Mohammad said on Tuesday he drew the picture to spark debate about freedom of expression in the art world.

Showing the original picture at a debate in the Swedish capital, Lars Vilks said he had wanted to test the boundaries of freedom in art.

« It was a project for the art world, » Vilks said.

« I noticed that you can’t criticize the Muslim world. »

Muslim countries including Iran and Pakistan have expressed anger over the drawing, and Sweden’s prime minister has met ambassadors from 22 Muslim countries to defuse the row.

Abu Omar al-Baghdadi, leader of the self-styled Islamic State in Iraq, offered up to $150,000 on Saturday for the murder of Vilks.

In an audiotape posted on the Internet, Baghdadi offered a lower bounty for the death of the editor of daily Nerikes Allehanda, which published the drawing last month.

Vilks, who has been told by police he is no longer safe living at home, said the response to his drawing had been much bigger than he had anticipated.

He said the drawing was humorous and that he did not see it as negative.

« You can make jokes about religion, especially if you don’t have any unpleasant motives, » he said.

Top Swedish firms such as truck maker Volvo, mobile network builder Ericsson and retailer Ikea were also threatened unless an apology was forthcoming for the drawing.

The controversy follows violent protests in the Muslim world last year over the publication by a Danish newspaper of cartoons some Muslims felt insulted the Prophet Mohammad. More than 50 people died across Asia, Africa and the Middle East.

Pourquoi j’ai publié ces caricatures
Flemming Rose
The Washington Post
19 février 2006

Puéril. Irresponsable. Expression haineuse. Une provocation juste pour le plaisir de provoquer. Un gag de pub. Les critiques des douze caricatures du prophète Mahomet que j’ai décidé de publier dans le journal Jyllands-Posten n’ont pas mâché leurs mots.

Ils disent que la liberté d’expression n’implique pas la permission d’insulter les sentiments religieux de personnes et, de plus, ils ajoutent que les médias s’autocensurent constamment. En conséquence de quoi, “nous vous prions de ne pas nous donner de leçons en ce qui concerne la liberté d’expression sans limites”. Je suis d’accord pour dire que la liberté de publier ne signifie pas la liberté de publier n’importe quoi. Jyllands-Posten ne publierait jamais d’images pornographiques ou des images montrant en détail des cadavres; des jurons trouvent rarement leur place dans nos pages. Nous ne sommes donc pas des fondamentalistes dans notre support de la liberté d’expression.

Mais l’histoire des caricatures est différente.

Les exemples précédents sont liés à l’exercice d’une retenue pour des raisons éthiques et de bon goût; appelons cela la mise en page. Par contraste, j’ai lancé l’histoire des caricatures pour répondre à plusieurs incidents d’autocensure en Europe, incidents causés par les peurs croissantes et les sentiments d’intimidation ressentis en adressant des problèmes liés à l’Islam. Et je suis plus que toujours persuadé que c’est un thème que nous, Européens, devons confronter, afin de pousser les Musulmans modérés à s’exprimer. L’idée n’était pas de provoquer gratuitement – et certainement, notre intention n’était pas de provoquer des manifestations violentes dans le monde musulman.

Notre but était simplement de faire reculer des limites que nous nous imposons nous-mêmes et qui semblaient devenir de plus en plus étroites. Fin septembre, un humoriste danois a dit dans une interview avec Jyllands-Posten qu’il n’avait aucun problème à uriner sur une Bible devant une caméra, mais qu’il n’oserait pas faire la même chose avec le Coran. Cet aveu a été le point culminant d’une série d’instances troublantes d’autocensure. En septembre dernier, un écrivain pour enfants danois avait de la peine à trouver un illustrateur pour publier un livre sur la vie de Mahomet. Trois personnes ont refusé le travail par peur des conséquences. La personne qui a finalement accepté a insisté pour garder son anonymat, ce qui, selon moi, est une forme d’autocensure. Des traducteurs européens d’un livre critique de l’Islam ne voulaient pas que leur nom apparaisse à côté du nom de l’auteur, une politicienne néerlandaise née en Somalie qui, elle-même, vit cachée.

Environ à la même époque, la galerie d’art Tate à Londres a retiré une oeuvre par l’artiste d’avant- garde John Latham montrant le Coran, la Bible et le Talmud déchirés en morceaux. Le musée a expliqué qu’ils ne voulaient pas envenimer la situation après les attentats de Londres. (Quelques mois plus tôt, un musée de Göteborg en Suède, a enlevé une peinture contenant un motif sexuel et des citations du Coran afin de ne pas offenser les Musulmans.)

Finalement, fin septembre, le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen a rencontré un groupe d’imams dont l’un d’entre eux a demandé au premier ministre d’intervenir auprès de la presse afin de produire une présentation plus positive de l’Islam. Ainsi, au cours de deux semaines, nous avons observé une demi-douzaine de cas d’autocensure, opposant la liberté d’expression à la peur de confronter des questions concernant l’Islam. Tout celà constituait une information légitime à publier, et Jyllands-Posten a décidé de le faire en adoptant le principe journalistique bien connu: montrer mais ne rien dire. J’ai écrit à des membres de l’association danoise des caricaturistes, leur demandant de “dessiner Mahomet comme ils le voyaient”. Nous ne leur avons certainement pas demandé de se moquer du prophète. Douze des 25 membres actifs ont répondu. Nous avons une tradition satirique lorsque nous parlons de la famille royale et d’autres personnes publiques et ceci est visible dans les caricatures. Les caricaturistes ont traité l’Islam comme ils traitent le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme et d’autres religions. Et en traitant les Musulmans au Danemark comme des égaux, ils ont démontré un point: nous vous intégrons dans la tradition danoise de la satire parce que vous faites partie de notre société, et vous n’êtes pas des étrangers. Les caricatures incluent, plutôt qu’excluent les Musulmans.

Les caricatures en aucun cas ne démonisent les Musulmans, et ne veulent pas créer de stéréotype. En fait, elles diffèrent l’une de l’autre tant dans la manière dont elles représentent le prophète que dans leur but. Une caricature se moque de Jyllands-Posten, représentant ses rédacteurs culturels comme une bande de provocateurs réactionnaires. Une autre suggère que l’auteur du livre pour enfants, ne pouvant pas trouver d’illustrateur, a rendu ce problème public juste pour se faire de la publicité à bon marché. Une troisième a mis la tête de la présidente du parti “Danish People’s Party “, parti au programme anti-immigratoire, dans une rangée de personnages, comme si elle était suspectée d’activités criminelles.Une caricature – montrant le prophète avec une bombe dans son turban – a attiré les critiques les plus sévères. Des voix furieuses prétendent que la caricature dit que le prophète est un terroriste ou que tous les musulmans sont des terroristes. Je lis cette caricature différemment: certains individus ont pris la religion musulmane en otage en commettant des actes terroristes au nom du prophète. Ce sont ceux-ci qui ont donné une mauvaise image à cette religion. La caricature évoque aussi le conte d’Aladin et l’orange qui est tombée dans son turban, lui assurant ainsi la fortune. Cela suggère que la bombe vient du monde extérieur et n’est donc pas une caractéristique inhérente au prophète. Parfois, Jyllands-Posten a refusé de publier des caricatures satiriques de Jésus, mais pas parce que nous appliquons des règles différentes. En fait, le même caricaturiste qui a dessiné Mahomet avec une bombe dans son turban a dessiné une caricature de Jésus sur la croix avec des billets de dollars dans ses yeux et une autre avec l’étoile de David attachée à la mèche d’une bombe. Cependant, lors de leur publication, nous n’avons pas vu d’ambassades incendiées ni reçu de menaces de mort.

Jyllands-Posten a-t-il insulté l’Islam ou manqué de respect? Ce n’était certainement pas son intention. Mais que signifie “respect”? Lorsque je visite une mosquée, je montre mon respect en enlevant mes chaussures. Je suis les coutumes de la même manière que je le ferais dans une église, une synagogue ou tout autre lieu saint. Mais lorsqu’un croyant demande que moi, non croyant, je respecte ses tabous sur le domaine public, il ne demande pas mon respect, mais ma soumission. Et ceci est incompatible avec une démocratie laïque. C’est exactement à cause de cela que Karl Popper dans son ouvrage « La Société ouverte et ses ennemis » insiste sur le fait qu’il ne faut pas être tolérant avec l’intolérant. Nulle part d’autre que dans une démocratie, où la liberté d’expression est un droit fondamental, ne coexistent autant de religions de manière pacifique. En Arabie Saoudite, vous pouvez être arrêté pour avoir porté une croix ou pour avoir une Bible dans votre valise, alors qu’au Danemark, pays laïque, les Musulmans peuvent avoir leurs propres mosquées, cimetières, écoles, stations de télévision et de radio.

Je reconnais que certaines personnes ont été offensées par la publication des caricatures, et Jyllands-Posten s’en est excusé. Mais nous ne pouvons pas nous excuser pour notre droit à publier certains sujets, même des sujets offensifs. On ne peut pas publier un journal si on est paralysé par la crainte d’une insulte. Je suis offensé par des sujets dans le journal chaque jour: traductions des discours de Osama bin Laden, photos de Abu Ghraib, de personnes qui insistent pour qu’Israël soit effacé de la surface de la terre, de gens qui prétendent que l’Holocauste n’a pas existé. Mais cela ne signifie pas que j’hésiterai à publier ces sujets, pour autant qu’ils respectent la loi et le code éthique du journal. Le fait que d’autres rédacteurs feraient d’autres choix fait partie de l’essence même du pluralisme. En tant qu’ancien correspondant en Union Soviétique, je suis très sensible à des demandes de censure basées sur la notion d’insulte. C’est un truc populaire des mouvements totalitaires: taxer chaque critique ou appel au débat d’insulte et punir les offenseurs. C’est ce qui est arrivé aux activistes des droits de l’homme et a des écrivains comme Andrei Sakharov, Vladimir Bukovsky, Alexander Soljenitsyne, Natan Sharansky, Boris Pasternak. Le régime les a accusés de propagande anti-Soviétique, de la même manière que certains Musulmans décrivent 12 caricatures parues dans un journal danois comme anti-Islamiques.
La leçon de la guerre froide est la suivante: si vous cédez a des impulsions totalitaires une seule fois, de nouvelles demandes suivront. L’Occident a prévalu dans la guerre froide, parce que nous avons défendu nos valeurs fondamentales et n’avons pas apaisé des tyrans totalitaires.

Depuis la publication des caricatures, le 30 septembre, un débat constructif concernant la liberté d’expression, la liberté de religion, ainsi que le respect pour les immigrants et les croyances individuelles s’est instauré au Danemark et en Europe. Jamais auparavant, autant de Musulmans danois ont participé à un dialogue public – dans des rencontres communales, lettres aux rédacteurs, opinions de lecteurs et débats à la radio et à la télévision. Nous n’avons pas eu d’émeutes anti-musulmanes, de Musulmans fuyant le pays et nous n’avons pas vu de Musulmans commettant des actes violents. Les imams radicaux qui ont informé leurs collègues au Moyen-Orient de manière erronnée concernant la situation des Musulmans au Danemark ont été marginalisés. Ils ne sont plus les porte-paroles de la communauté Musulmane au Danemark, parce que des Musulmans modérés ont eu le courage de s’exprimer contre eux. En janvier, Jyllands-Posten a publié trois pages complètes d’interviews et de photos de Musulmans modérés, disant ne pas être représentés par les imams. Ils insistent sur le fait que leur foi est compatible avec une démocratie laïque moderne. Un réseau de Musulmans modérés, respectant pleinement la constitution, a été établi, et le parti anti-immigration “People’s Party” a appelé ses membres à faire la différence entre les Musulmans radicaux et modérés, c’est à dire entre les Musulmans propageant la charia et les musulmans acceptant la tradition de la loi laïque. La face du Danemark musulman a changé, et il devient clair que ce n’est pas un débat entre “eux” et “nous”, mais entre ceux qui sont attachés à la démocratie au Danemark et ceux qui ne le sont pas.

Ceci est le genre de débat que Jyllands-Posten a espéré produire, lorsqu’il a choisi d’explorer les limites de l’autocensure en appelant des caricaturistes à remettre en question un tabou musulman. Avons nous réussi? Oui et non. Certaines défenses de notre liberté d’expression faites avec esprit, nous ont inspirés. Mais les tragiques manifestations à travers le Moyen-Orient et l’Asie ne sont pas ce que nous avions attendu et encore moins désiré. De plus, le journal a reçu 104 menaces, 10 personnes ont été arrêtées, des caricaturistes ont été forcés de se cacher à cause de menaces pesant sur leur vie et les bureaux de Jyllands-Posten ont été évacués plusieurs fois à cause d’alertes à la bombe. Ceci est un climat qui encourage peu à modérer l’autocensure.

Je pense cependant que les caricatures ont leur place dans deux histoires différentes, l’une en Europe et l’autre au Moyen-Orient. La politicienne néerlendaise d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, dit que l’intégration des Musulmans dans les sociétés européennes a été accélérée de 300 ans par la parution des caricatures; peut-être ne devrons nous pas rééditer la bataille du Siècle des Lumières en Europe. L’histoire du Moyen-Orient est plus complexe, mais a en fait très peu à voir avec les caricatures.

Flemming Rose est le rédacteur culturel du journal danois Jyllands-Posten

Elisabeth Lévy : « la France peut être une chance pour l’islam comme elle l’ a été pour les juifs »
Alexandre Devecchio
Le Figaro

13/02/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Charlie Hebdo, marche du 11 janvier, liberté d’expression : à l’occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur intitulé , Islam de France est-il trop tard ?, Elisabeth Lévy répond aux questions de FigaroVox.

Elisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction du magazine «Causeur». Dans son numéro de Février, le magazine revient sur les attentats qui ont frappé la France et s’interroge sur le rapport entre Islam et République.
PROPOS RECUEILLIS PAR: ALEXANDRE DEVECCHIO

FigaroVox: Le nouveau numéro de Causeur s’intitule Islam de France est-il trop tard?. Selon vous, tout est foutu?

Elisabeth Lévy: Si je pensais que c’est foutu je serais en train de préparer ma valise, pas le prochain Causeur!

Ah bon, vous aussi vous allez faire votre alyah?

Oui, à Melbourne ou en Patagonie. Blague à part, j’ai le sentiment, comme beaucoup de Français, y compris beaucoup de Français de souche récente, qu’il est minuit moins le quart et que, si nous ne changeons pas de discours et de politique très vite, il sera effectivement trop tard: le pays, c’est-à-dire la culture que nous habitons disparaîtra et cèdera la place à un territoire morcelé dont les habitants ne sauront plus imaginer un avenir commun, faute d’une histoire volontairement partagée.

Vous y allez fort, chère Elisabeth! Si on vous comprend, et en paraphrasant Manuel Valls, la France avec les musulmans ne serait plus la France!

Pardon, mais c’est vous qui charriez grave! Je n’ai rien dit de tel! Je crois au contraire que même les Français les plus à cran sur les questions identitaires seraient atterrés s’ils se réveillaient demain dans la France blanche et catholique dont ils sont soupçonnés de rêver. La pluralité des origines et des croyances de nos concitoyens atteste de la capacité du génie national à fabriquer des Français avec n’importe qui. Encore faut-il être d’accord sur les modalités de la coexistence des cultures dont seuls les ravis de la crèche sans-frontiéristes croient qu’elle est un conte de fées. Que la France soit une nation «multiethnique», ce n’est pas une question, qu’elle soit un pays multiculturel, c’est une autre affaire: l’égalité entre les individus, ne suppose nullement l’égalité des pratiques et des modes de vie sur notre sol. Autrement dit, n’importe quelle citoyenne française jouit des mêmes droits que moi, mais ma minijupe a plus de droits que ta burqa. En conséquence, ce n’est pas «l’islam», et encore moins «les» musulmans, qui menacent l’identité française, mais notre incapacité à énoncer fermement et clairement la règle du jeu: qui s’adapte à qui, quels sont les principes et les règles sur lesquels nous ne transigerons pas, quelles sont les différences qui nous enrichissent et celles que nous refusons…

je connais pas mal de juifs religieux qui préfèreraient ne pas voir sur nos murs des dames en petite tenue mais qui ne demandent pas qu’on interdise la publicité pour la lingerie. En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres : c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté.
Rien que ça! Vous ne croyez pas qu’on en a soupé des séminaires, des débats et des discussions?

D’abord, si vous êtes satisfait par le débat public, vous n’êtes pas difficile – j’y reviendrai. Cela dit, je ne parle pas de débat, je parle de loi et de règles, et aussi de modes de vie. La laïcité, qui impose à tous les citoyens, croyants en premier lieu, une gymnastique mentale permanente. Il faut vivre sur deux pieds, accepter que ce que l’on tient pour une vérité sacrée à la maison soit à l’extérieur un objet de libre examen, donc de critique, voire de moquerie: je connais pas mal de juifs religieux qui préfèreraient ne pas voir sur nos murs des dames en petite tenue mais qui ne réclament pas qu’on interdise la publicité pour la lingerie. En France, on peut être choqué, agressé, blessé par l’opinion ou les mœurs des autres: c’est ce qu’Alain Finkielkraut appelle la douleur de la liberté. Il faut vous y faire, vos concitoyens ont le droit de caricaturer votre prophète. Sinon, il existe des tas de pays où on ne court aucun risque de tomber sur Charlie Hebdo… Je ne m’attarde pas sur l’égalité hommes-femmes qui impose de tolérer, même si c’est douloureux, que sa fille ou sa sœur mène la vie qui lui plaît. De même, on n’impose pas ses croyances et son mode de vie, même aux membres de son groupe: on a le droit d’être musulman ou d’origine musulmane et de manger pendant le ramadan. Enfin, il faut évoquer l’antisémitisme, non pas parce qu’il concerne les juifs, mais parce qu’il révèle la difficulté de nombreux musulmans (qui trouvent au minimum qu’ «on en fait trop sur la Shoah») à «changer de généalogie» pour reprendre l’expression de Malika Sorel. On en fait peut-être trop et surtout on fait certainement mal: il reste que l’extermination des juifs est un événement central de l’histoire européenne. Vous voulez entrer dans la famille, soyez les bienvenus. Mais alors, cet héritage est aussi le vôtre, ce qui n’a rien à voir avec la culpabilité.

Mais sur tous ces points, la majorité des musulmans de France est d’accord avec vous!

La majorité, j’aimerais en être sûre, un très grand nombre c’est indéniable: ce sont ceux-là que nous devons aider. En attendant, les quelques semaines de lucidité qui ont suivi les attentats nous ont révélé que l’antisémitisme, le complotisme et le rejet de la France étaient bien plus répandus que ce que je croyais moi-même. Certes, l’entre-soi et la progression de la pratique religieuse – qui se traduit par un certain séparatisme de fait – ne sont pas l’apanage des musulmans. Cela me désole que beaucoup de jeunes juifs vivent dans un milieu exclusivement juif. Mais le mélange culturel ne se décrète pas ; le respect de la loi et de la règle commune, si. Or, une certaine interprétation de l’islam, intolérante et teintée de ressentiment, devenue la norme dans nos banlieues, a tendance à transformer le séparatisme en sécession. On n’est pas obligé d’aimer nos valeurs libérales. Mais l’Etat doit garantir à tous ses citoyens le bénéfice de ces valeurs. Un très grand nombre de nos concitoyens musulmans savent ce qu’ils y ont gagné, il nous faut convaincre les autres – ou les obliger à respecter les formes républicaines, au besoin en adoptant l’excellente idée de Malek Boutih, qui propose de mettre «les quartiers» sous tutelle de l’Etat afin d’en finir avec les accommodements déraisonnables concédés par des élus locaux dépassés.

Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu « à la dure », en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés on aura pas mal avancé.
Une partie des élites françaises et des musulmans eux-mêmes n’ont-ils pas été trop longtemps trop soumis face au communautarisme et à l’islamisme? Dans ce contexte, le scénario du livre de Houellebecq vous paraît-il crédible?

Je dirais que Houellebecq est au moins plausible et vous renvoie à un excellent texte de Causeur consacré au duo Plenel/Ramadan. Ce qui est sûr c’est que, comme Zemmour, il frappe là où ça fait mal: sur notre ventre mou. L’origine de notre interminable crise identitaire, ce n’est pas l’islam mais notre incapacité collective à définir ce qui nous rassemble et à le défendre. Ainsi refuse-t-on avec constance qu’un pays puisse avoir une politique migratoire conforme à ses intérêts. Nous aimons l’Autre, se récrie-t-on. Qui oserait dire le contraire? Seulement, quand il arrive que l’Autre, lui, nous aime moins que ce qu’on voudrait, on fait mieux que le comprendre, on l’approuve. On l’applaudit. Pourquoi aimerait-on un pays qui, non content d’avoir commis des crimes effroyables dans le passé, s’acharne à les répéter? Quelques semaines après des attentats islamistes, de quoi débat la France? Du mal qu’elle a fait à ses enfants d’immigrés. De ses promesses non tenues. De ses idées rances. Et bien sûr, de son «islamophobie», au point qu’on finit par penser que l’islamophobie a tué à Paris. Le président nous a appelés à être «fiers d’être français». Avec un mot Manuel Valls a clos la séquence: «apartheid», le mot a été répété avec gourmandise par des journalistes ravis de tant d’audace. Et le plus consternant est que le Premier ministre l’ait prononcé pour câliner son aile gauche et faire plaisir aux intéressés. Que certains membres d’un parti de gouvernement exigent, comme prix de leur loyauté, que leur chef se livre au dénigrement public de leur pays, ne semble surprendre personne. Pas plus que le fait que l’on caresse une communauté dans le sens du poil en lui expliquant qu’elle est faite de sous-citoyens. Oh oui, je t’ai fait mal…, c’est bon, non? La France a fabriqué Merah, Nemouche et les autres. La faute à l’apartheid. Vous verrez, certains exigeront bientôt qu’on organise «Vérité et Réconciliation» pour leur demander pardon d’avoir si mal accueillis leurs parents.

Dans ce dossier, vous vous insurgez contre «le lamento de la relégation». Sans tomber dans l’idéologie victimaire, ces attentats doivent-il néanmoins nous conduire à nous interroger sur notre propre modèle de civilisation? Le fait que l’islam soit si attractif pour une partie de la jeunesse, y compris pour ceux qui ne sont pas de culture musulmane, ne vous interpelle-t-il pas?

Bien sûr, mais ce n’est pas en leur apprenant l’arabe qu’on va régler le problème. Le jour où l’école sera capable de transmettre à tous ce cadeau qu’est la culture française – ce qui suppose d’enseigner un tout petit peu «à la dure», en arrêtant de se demander si Balzac n’est pas discriminatoire pour nos enfants d’immigrés – on aura pas mal avancé. Mais le plus important, c’est d’arrêter d’entretenir la jeunesse, notamment musulmane, dans l’illusion qu’on lui devait quelque chose qu’on ne lui a pas donné. Rien n’est plus délétère que ce ressentiment, encouragé et légitimé par le discours public. Est-il si insupportable d’envisager que les intéressés aient une part de responsabilité dans ce qui leur arrive? Si beaucoup ont du mal à trouver leur place dans la société française, est-ce exclusivement à cause du racisme congénital des Français? Oui, c’est difficile de trouver du boulot et c’est plus difficile pour la jeunesse immigrée. Comment peut-on oublier les milliards investis dans la politique de la ville, l’arsenal juridique qui sanctionne le racisme et les discriminations, les repentances diverses et variées? Personne n’est colonisé en France. En réalité, les pleureuses professionnelles et les donneurs de leçons qui adorent se battre la coulpe sur la poitrine des autres méprisent nos concitoyens musulmans en les supposant incapables d’intégrer le monde des Lumières. Pour ces humiliés, disent-ils, l’islam est la dernière source de dignité. C’est aimable pour tous ceux dont la dignité réside dans leur contribution au bien commun. Cette condescendance parée de générosité me révolte.

Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les « intentions funestes de ce parti pour la démocratie » et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue.
Vous affirmez que la France peut être une chance pour l’islam. Mais le pays des Lumières a-t-il aujourd’hui autre chose à proposer qu’un suicide collectif? La grande manifestation du 11 janvier qui aurait pu devenir dans l’imaginaire collectif l’équivalent du sacre de Reims ou de la Fête de la Fédération a été réduite à un slogan: «Je suis Charlie». Vous-êtes-vous sentie Charlie?

Tant qu’ «être Charlie» signifiait qu’on était prêt à se battre pour défendre la possibilité du monde commun et des libertés qui vont avec, sans aucun doute. Et puis je l’avoue, je me fais facilement avoir par ces moments de fusion collective sur fond de drapeau tricolore et de Marseillaise. Très vite, il est devenu clair que cette unanimité ne faisait que masquer de profonds malentendus. La gauche et les médias sont revenus à leur ritournelle habituelle: le FN, voilà l’ennemi! Que l’on combatte le FN, fort bien, mais quand j’entends les mêmes dénoncer les «intentions funestes de ce parti pour la démocratie» et traiter de racistes tous ceux qui demandent à l’islam de France fasse son aggiornamento, je me demande qui est dingue. Oui, la France pourrait être une chance pour l’islam comme elle a été une chance pour les juifs. Dire cela, ce n’est pas insulter les musulmans, mais simplement les inviter à réaliser la synthèse entre le public et le privé, le laïque et le religieux, l’individu et le groupe, que beaucoup d’autres ont faite avant eux. C’est en leur mentant qu’on les insulte.

Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel : d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable…
On pouvait penser que le choc des attentats allait déciller certains regards, que le réel ne pouvait plus être reporté à une date ultérieure, pour reprendre la formule de Philippe Muray. Un mois plus tard qu’en est-il?

Eh bien justement, il est de nouveau reporté sine die. Et c’est la seule chose qui pourrait finir par me décourager. Voilà des années que certains débats sont interdits: en apparence ils ont lieu, mais tout point de vue contraire à la doxa est d’emblée criminalisé. On vous laisse parler en agitant la clochette «Attention, salaud!» Du coup, les mots n’ont plus de sens: par exemple, il est communément admis que la proposition «être contre l’immigration» (ou pour une réduction drastique des flux migratoires) est synonyme de «être raciste». C’est totalement stupide d’un point de vue logique, mais peu importe, le journaliste standard le répètera comme il a répété que si on était contre le mariage homo on était contre l’égalité. Cette fois, le journaliste standard a décidé, enchanté de sa trouvaille, que l’existence d’un apartheid en France était une vérité scientifique et que les attentats islamistes n’avaient rien à voir avec l’islam. On est en train de monter d’un cran dans la censure: on n’interdit pas seulement des opinions mais des réalités déplaisantes. Ainsi Arno Klarsfeld est-il mis en examen pour avoir dit: «Une partie des jeunes de banlieue est antisémite». Cela aurait dû au moins nous faire hurler de rire, et j’attends l’audience avec impatience au cas où la Justice se donnerait le ridicule de statuer sur le droit d’affirmer que la pluie mouille. Cependant, le plus rigolo, c’est Plenel: d’après lui, rien ne serait arrivé si on n’avait pas laissé Finkielkraut dire qu’il y a un problème avec l’islam. En somme, il aurait suffi de ne jamais nommer le problème pour qu’il n’existe pas. Et on continue à lui parler comme s’il était raisonnable…

Mais vous ne voudriez pas qu’on autorise l’expression du racisme ou de l’antisémitisme?

Certes, mais pour autant, je suis atterrée par les condamnations à des peines fermes pour «apologie du terrorisme». En France, on ne va pas en prison pour ses idées, même si elles sont atroces. Et je préfèrerais qu’on arrête les aspirants-terroristes plutôt que les grandes gueules. Que Dieudonné soit condamné quand il va trop loin (c’est-à-dire souvent…) et surtout qu’on l’oblige à payer ses amendes). Mais je ne veux pas qu’on l’empêche de parler. Je veux vivre dans un monde où je peux être heurtée par les propos des autres. La loi qui pénalise les délits d’opinion doit être appliquée avec sagesse. Or, je le répète, aujourd’hui, certains nous somment de ne pas voir ce que nous voyons. Eh bien moi, je ne renoncerai jamais au droit de voir – ni d’ailleurs à celui de parler et de penser.

Voir enfin:

Attentats de Copenhague : pourquoi le modèle d’intégration danois a lui aussi échoué
Le Figaro
16/02/2015

FIGAROVOX/ANALYSE – Marc Crapez explique pourquoi le modèle multiculturel danois n’a pas suffit à préserver le pay scandinave du terrorisme.

Marc Crapez est chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris-X). Son dernier ouvrage, Un besoin de certitude a été publié chez Michalon. Vous pouvez également retrouver ses chroniques sur son site.
Après la France, c’est le Danemark qui est touché par le terrorisme islamiste. A première vue, ce «petit» pays peut apparaître comme une cible inattendue. Pourquoi a-t-il été visé selon vous?

Marc Crapez: Les islamistes ne font pas plus de différence entre petit et grand pays qu’entre petit et grand Satan. C’est d’abord un individu en particulier, un dessinateur suédois, qui était visé. Et ce n’était pas la première fois. Les caricaturistes rendent fous de rage les fondamentalistes, la représentation de leur prophète étant prohibée.

Ensuite, n’oublions pas que des attentats ont récemment été déjoués en Belgique et au Canada. Il existe toutefois une spécificité danoise, ou plutôt scandinave, voire au-delà si l’on inclut le Canada dans la liste des pays culpabilisés par leur brutalité passée envers les peuples Lapons ou Esquimaux (le Danemark possédait le Groënland). Conjoncturellement, la Scandinavie est aussi culpabilisée par le fou nazi Breivik. Et le Danemark par son fort parti populiste (voir le portrait au vitriol d’un politicien de cette obédience dans la série télévisée Borgen). Enfin, il suffit de regarder les télévisions scandinaves pour constater que ces pays sont culpabilisés par leur niveau de vie. Taraudés par la mauvaise conscience d’être des nantis, ils ont ouvert les vannes de l’immigration.

Néanmoins, la police paraît efficace: cible ratée et assassins (ou une partie d’entre eux) rapidement mis hors d’état de nuire. Aux Etats-Unis, c’est une femme, officier de police américaine qui, malgré une blessure, avait neutralisé le terroriste Nidal Malik Hasan en 2009…

L’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine.
Après les attentats qui ont frappé Paris, certains ont mis en cause le modèle d’intégration français, allant parfois jusqu’à suggérer que celui-ci était fondé sur une forme de discrimination institutionnelle . Le Danemark, pourtant réputé pour son modèle multiculturel et son ouverture à l’immigration, est lui aussi victime de l’islamisme. Les Français et plus largement les Européens ont-ils vraiment fait le bon diagnostic face à l’islam radical? L’intégration est-elle réellement le problème?

L’intégration républicaine peut mieux convenir à un pays, et le multiculturalisme à un autre. Le problème est de sauvegarder la laïcité face à une religion turbulente. Dès lors, l’intégration ne fonctionne plus si les flux d’arrivants sont trop massifs et si la propagande victimaire domine. Emeutes au Danemark en 2008, quasi-émeutes en Norvège en 2009, aux cris de «mort aux Juifs» ; émeutes en Suède en 2013.

Les pays scandinaves ont déjoué plusieurs tentatives d’attentats. Au Danemark, ce fut notamment le cas en 2010 et 2012, avec l’arrestation de Somaliens, dont un djihadiste formé chez les Shebab. Le royaume danois fut donc pionnier des structures d’accueil de dé-radicalisation, avec psychologues aux petits soins et réinsertion par l’emploi de type discrimination positive à la clé. En prime, les autorités politiques et les élites prenaient avec des pincettes les caricaturistes «droitisés» de 2005, et des manifestants avaient brandi des pancartes «Sorry» pour amadouer le monde musulman.

Ce profil bas n’a pas payé, car il brosse de l’Occident un tableau dont la noirceur et la pusillanimité justifient révolte et violence. Les frères Kouachi étaient d’anciens combattants des émeutes des banlieues de 2005 et l’un des deux auteurs des attentats de Boston, du printemps 2013, avait écrit sur son Facebook: «Je ne discute pas avec les idiots qui disent que l’islam c’est du terrorisme». Cette phrase, exacte au pied de la lettre, est discutable dans son esprit, puisqu’elle vise à rabaisser ceux qui doutent que l’on puisse découpler complètement le djihadisme de l’islam.

C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, « religion de paix mal interprétée », que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main
Peut-on néanmoins totalement nier que l’extrémisme prospère sur l’échec de l’Intégration? Dans ces conditions, quel modèle, faut-il défendre?

L’intégration existe. En Suède, une présentatrice vedette est d’origine somalienne ; au Danemark, d’origine palestinienne (et voilée) ; en Norvège une femme d’origine pakistanaise est devenue ministre de la Culture. Ce n’est pas forcément une question de modèle. C’est une question d’affirmation de soi. Le Royaume-Uni s’est repris en main. En Allemagne, Espagne et Italie, l’immigration choisie freine les processus de sécession agressive.

Le djihadisme offre à de jeunes adultes le mythe du guérillero à cartouchière dans une variante proche de celle qui poussait les jeunes de 20 ans des années 30 vers le communisme ou le catholicisme politique: la défense d’un grand récit savant injustement calomnié et mal-aimé. C’est parce que des sociologues nous font sans arrêt la leçon sur l’islam, «religion de paix mal interprétée», que des jeunes hommes croient devoir se porter à son secours les armes à la main.

Voir enfin:

DANEMARK Sur les 28 allocataires, 15 auraient été enjoints de rembourser…
Le Danemark a payé des allocations chômage à des combattants de Daesh
20 Minutes avec AFP
28.11.2014

Le Danemark a payé des allocations chômage à 28 personnes parties combattre en Syrie pour le groupe Daesh, ont affirmé jeudi les services de renseignements danois (PET).

Ces services ont indiqué au quotidien BT que sur ces 28 allocataires, 15 ont été enjoints de rembourser, huit font encore l’objet d’une enquête, et cinq ont échappé à cette injonction faute de preuves suffisantes. «C’est incroyablement important que nous ne soyons pas naïfs», a déclaré au journal la ministre de la Justice Mette Frederiksen, interrogée sur des données provenant du recoupement de fichiers de plusieurs administrations.

L’une des plus grosses proportions de djihadistes dans la population
Le Danemark est l’un des pays les plus généreux au monde dans l’indemnisation du chômage, qui peut atteindre 801 couronnes (108 euros) par jour pendant deux ans. Il n’a pas été précisé si les bénéficiaires en question touchaient autant, ni s’ils étaient tous Danois ou si certains étaient étrangers.

Parmi les pays occidentaux comportant le plus grand nombre de djihadistes par rapport à leur population totale, le Danemark se situe en deuxième place, derrière la Belgique. Selon le PET, «plus de 100» habitants du pays l’ont quitté dans le but de combattre en Syrie, mais un spécialiste danois du Moyen-Orient, Naser Khader, a appelé à revoir à la hausse cette estimation qui date de juin.

«Le nombre augmente dans beaucoup de pays, donc pourquoi ce ne serait-il pas le cas au Danemark?», a-t-il déclaré au quotidien Berlingske. La Belgique estime à 300 le nombre de ses ressortissants dans les rangs de Daesh, et la France, à un millier.

Voir encore:

Attentats de Copenhague et Paris : deux attaques, des similitudes frappantes
Nouvel Obs
15-02-2015

Entre les attentats de Copenhague et de Paris, les similitudes sont frappantes. Même s’il faudra attendre d’en savoir plus sur le profil du tireur de la capitale danoise pour évoquer un éventuel mimétisme, la police soupçonne le tueur, dont elle n’a pas encore révélé l’identité, d’avoir voulu imiter les attentats parisiens.

François Hollande estime ce dimanche 15 février que « les mêmes cibles » ont été frappées au Danemark et lors des attentats de Paris en janvier, événements entre lesquels il y a, selon lui, « un lien qui n’établit pas un réseau mais une même détermination des terroristes à frapper les valeurs de la liberté, du droit, de la protection que chaque citoyen, quelle que soit sa religion, doit pouvoir trouver ».

Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d’abord une attaque contre le symbole de la liberté d’expression, ensuite une attaque contre des Juifs, et puis l’affrontement par rapport aux policiers », relève, lui aussi, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.
Deux attaques, des cibles identiques
Première similitude : cibler la liberté d’expression
Comme les frères Kouachi qui ont tué à la kalachnikov le 7 janvier à Paris 12 personnes au siège de « Charlie Hebdo », l’hebdomadaire satirique qui avait publié des caricatures de Mahomet, un assaillant a mitraillé samedi à Copenhague un centre culturel où se tenait un débat intitulé « Art, blasphème et liberté », tuant un homme. Parmi les invités, un artiste suédois qui a, lui aussi, caricaturé le prophète de l’islam.

C’était la même intention que ‘Charlie Hebdo’, sauf qu’ils n’ont pas réussi à entrer », résume l’ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, présent lors du débat.
Deuxième similitude : cibler la communauté juive
Comme Amedy Coulibaly qui a tué quatre Juifs le 9 janvier dans un supermarché casher parisien, l’assaillant du Danemark s’en est pris ensuite à une synagogue. Il y a mortellement blessé un Juif, avant d’être abattu quelques heures plus tard par la police, comme les forces de l’ordre françaises ont tué les trois tireurs parisiens, au terme d’une traque plus longue.

Troisième similitude : mourir en martyr
Enfin, comme Amedy Coulibaly et les frères Kouachi qui s’étaient préparés à mourir en martyr en tirant sur la police avant d’être abattus, l’auteur présumé des attentats de Copenhague a été tué, après avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre dans le quartier populaire de Nørrebro.

« Des cibles à haute valeur symbolique »
Le mode opératoire semble similaire, les cibles aussi, on peut penser qu’il s’agit du même genre de djihad individuel », explique une source proche des forces d’élite françaises.
« Il y a des similitudes », acquiesce Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, « mais elles relèvent de tendances lourdes qu’on observe depuis plusieurs années ». Parmi elles, « des cibles à haute valeur symbolique » qui remplacent les « attentats aveugles », des « armements de moins en moins sophistiqués » au lieu d’explosifs « dont les terroristes se méfient car ils sont davantage surveillés par les services de renseignement ».

Pour ce spécialiste, ce type d’attaques « nécessite beaucoup moins de préparatifs que les attentats » commis par le passé, ce qui les rend plus difficiles à détecter. Pour autant, « il faut faire attention aux raccourcis » car « on ne sait pas grand-chose du tireur de Copenhague », prévient la source proche des forces d’élite.

L’imitation, un phénomène redouté
Les tueurs français se réclamaient de mouvements djihadistes, Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique (EI). Les enquêteurs n’excluent pas qu’ils se soient rendus en Syrie, et au moins un des Kouachi est allé en 2011 au Yémen, autre bastion du djihadisme international.

Quant à l’assaillant du Danemark, lui aussi déjà connu des services de renseignement, les enquêteurs ignorent s’il a été en Syrie ou en Irak mais pensent qu’il « peut avoir été inspiré par la propagande militante islamiste diffusée par l’Etat islamique ou d’autres organisations terroristes ». Le Danemark est un des pays les plus concernés par les départs pour le jihad en Syrie en proportion de sa population.

Selon la source proche des forces d’élite, le risque « d’imitation » est une crainte réelle des services antiterroristes.

C’est d’ailleurs l’intention des organisations djihadistes : par leur vidéos de propagande et leurs recrutements sur internet ils veulent que des personnes se reconnaissent dans les actions comme les attentats de Paris, qu’elles les reproduisent. »
Avant même les attaques parisiennes, plusieurs hommes convertis aux thèses djihadistes étaient passés à l’acte, comme le Français Mehdi Nemmouche qui a tué quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai, le Canadien Michael Zehaf-Bibeau qui a tué un militaire à Ottawa en octobre, ou encore Man Haron Monis, auteur en décembre d’une prise d’otages à Sydney qui s’est soldée par la mort de deux personnes et de l’attaquant.

Qu’ils aient agi seuls ou qu’ils se revendiquent d’un groupe, ces hommes semblent avoir mis en pratique les consignes diffusées par Al-Qaïda ou l’EI : passez à l’action là où vous vivez, en faisant le plus de bruit possible.

G.S. avec AFP

Voir enfin:

Attentats de Paris et Copenhague : les mêmes racines de la terreur
Céline Lussato
Nouvel Obs
16-02-2015

« Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d’abord une attaque contre le symbole de la liberté d’expression, ensuite une attaque contre des Juifs, et puis l’affrontement par rapport aux policiers ». A l’instar du ministre Français des Affaires étrangères Laurent Fabius, la plupart des commentateurs auront dressé ces deux derniers jours un parallèle entre les attaques qui ont frappé, à Paris puis Copenhague, des défenseurs de la liberté d’expression puis des membres ou des symboles de la communauté juive.

Mais au-delà des cibles elles-mêmes, et dans la limite de ce que l’enquête de police a pour le moment dévoilé, de nombreuses similitudes rapprochent les deux pays, faisant d’eux des cibles pour le terrorisme.

#La défense de la liberté d’expression, le droit au blasphème
Le caricaturiste Lars Vilks qui, un an après les dessins qui ont enflammé le monde lors de leur publication en 2005 dans le « Jyllands-Posten » avait lui-même caricaturé le prophète Mahomet, était, semble-t-il, la cible de l’attentat de samedi à Copenhague.

« La France comme le Danemark ont une conception assez solide de la liberté d’expression », souligne Xavier Landes, chercheur en philosophie politique et économique au Centre for the Study of Equality and Multiculturalism (CESEM) de l’Université de Copenhague.

Le Danemark comporte encore dans son corpus une loi sur le blasphème. Mais celle-ci n’a plus donné lieu à condamnation depuis 1938. La France et le Danemark sont deux pays qui, dans les dernières années, se sont moins retenus que d’autres en matière de liberté d’expression : le Danemark en 2005 au travers les caricatures de Mahomet publiées dans le ‘Jyllands Posten’, la France via « Charlie Hebdo » depuis des années. Et c’est cette liberté d’expression poussée à l’extrême qui est, semble-t-il, l’étincelle qui a déclenché les deux fusillades. »
Ce, même si, depuis 2005 et les réactions très violentes dans le monde contre le Danemark, beaucoup de Danois considéraient avoir fait la preuve de la liberté d’expression et, conscients aussi de la volonté de provocation du quotidien conservateur de droite, n’avaient pas spécialement poussé à renouveler ce genre de caricatures.

Lire
Copenhague : à Paris, des centaines de « Je suis Danois »
#La cible affichée de mouvements islamistes
Un certains nombres de caricaturistes avaient déjà été la cible d’attaques dans le pays. En 2010, Kurt Westergaard, un dessinateur du « Jyllands Posten », avait été agressé par un homme armé d’une hache qui s’était introduit chez lui avant d’être arrêté à temps par la police danoise. Et Lars Vilks était sur la liste des « Most Wanted » du magazine d’Aqpa (al-Qaïda dans la Péninsule arabique) à la gauche de Charb de « Charlie Hebdo ».

« Les caricaturistes danois ont été exposés depuis des années. Mais, le pays lui-même l’est aussi en raison de sa participation à beaucoup de coalitions internationales qui sont intervenues au Moyen-Orient », ajoute Xavier Landes. « Le Danemark », explique le chercheur, « est un paradoxe : il apparaît comme un pays à la limite du pacifisme mais qui, au regard de sa taille, intervient beaucoup à l’étranger ». Et la presse se fait d’ailleurs régulièrement écho d’attentats déjoués sur le sol danois :

Le plus connu est celui, évité à quelques heures près, contre la plus grande station de métro de la ville, il y a quelques années ».
Lire
Copenhague : ne pas « répondre à la haine par la haine »
#L’échec de la lutte contre les discriminations
S’il on veut s’attarder sur les causes socio-économiques des passages à l’acte, on peut, là aussi, établir un parallèle entre la France et le Danemark. « Les facteurs de discriminations, d’inégalité socio-économique, d’inégalité d’opportunité présents en France et dont on a parlé au lendemain des attentats jouent aussi au Danemark. Les populations récemment arrivées dans le pays ont toutes les peines du monde à s’intégrer dans la société », affirme Xavier Landes. « Le Danemark est resté en effet un pays très homogène ethniquement jusque dans les années 1960 et l’est devenu moins en 40 ans. Or la communauté danoise est très soudée, ce qui a créé une barrière de verre qui a rendue plus difficile l’intégration des derniers arrivés ». Un parallèle avec la France limité par le fait que l’hexagone n’a pas une vision ethnique de l’intégration. « Mais le problème d’intégration est pourtant bien réel également en France, même si ses ressorts ne sont pas les mêmes ».

#Le départ de djihadistes au combat
« Le Danemark est, en proportion de sa population, le pays d’Europe qui envoie le plus de djihadistes en Syrie », affirme Xavier Landes. Un point à malheureusement porter également à l’actif de la France d’où partent de nombreux jeunes vers la Syrie ou l’Irak pour combattre. « Ces départs en masse doivent nous pousser à nous questionner : pour avoir la démarche de partir d’un pays riche ou la santé et l’éducation sont gratuites pour aller se battre dans une guerre d’un tel sommet de barbarie, il faut qu’il y ait eu un puissant ressort qui ait conduit ces hommes et ces femmes ». Un ressort, semble-t-il, présent dans les deux pays.

LA LIMITE DU PARALLELE
#La manifestation d’un violent antisémitisme
Le parallèle entre les deux pays est là beaucoup plus compliqué. Si l’antisémitisme est ancien en France, avec une manifestation à droite comme à gauche avant la seconde guerre mondiale et une résurgence ces dernières années, il n’est historiquement pour ainsi dire pas présent au Danemark. « S’il y a eu de l’antisémitisme dans les têtes au Danemark, cela n’a jamais empêché les Danois de considérer les juifs comme leurs concitoyens », explique Xavier Landes, soulignant que « durant la seconde guerre mondiale, quoi que le Danemark soit sous protectorat allemand, presqu’aucun juif n’a été déporté, la population les ayant aidé à s’échapper en masse ». Aujourd’hui encore, et alors que la communauté juive comporte moins de 10.000 personnes dans tout le pays, les manifestations d’antisémitisme sont rarissimes en dehors de quelques incidents liés à l’actualité proche-orientale. Même le parti d’extrême droite ne tient guère de propos antisémites. « S’en prendre à une synagogue au Danemark est du mimétisme. Ce n’est pas comme s’il y avait des tensions inter-communautaires très fortes : il n’y en a pas ! », appuie le chercheur.

#Un sécularisme à deux vitesses
Tandis que la France revendique et applique son modèle laïc, le Danemark présente lui un modèle plus séculier tout en ayant une préférence pour la religion historique du peuple danois : « l’Eglise luthérienne nationale danoise ».

« Une situation qui peut attiser de l’incompréhension ou des crispations. Il y a eu notamment des tensions autour de la construction d’une grande mosquée à Copenhague : comment se fait-il qu’un Etat qui se dit séculier mais finance une Eglise en particulier au travers du système de taxation, traine les pieds – sans parler de financer – pour autoriser la construction de cette mosquée ? », raconte Xavier Landes. De quoi développer des rancœurs.


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