Syrie/Irak: Attention, un triomphe peut en cacher un autre ! (Obama legacy: After the nuclear deal and the Islamic state, guess on whose doorstep Iranian troops are now being delivered ?)

3 juillet, 2017
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Les forces irakiennes affirment avoir délogé les combattants de l’Etat islamique de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, haut lieu symbolique de la ville mais également du pouvoir des djihadistes en Irak. Les forces irakiennes ont annoncé ce 29 juin avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l’Etat islamique – sa dernière apparition publique connue à ce jour. (…) Le général-brigadier Yahya Rasool se félicite de son côté d’une victoire qui, selon lui, marque un triomphe sur l’Etat islamique. «Leur Etat illusoire s’est effondré», s’est-il réjoui. «Nous assistons à la fin du faux Etat de Daesh», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter. RT
Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. […] Nous avons besoin de la coopération de tous pour les éradiquer, en particulier de la Russie. Deux : la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d’un État failli. L’utilisation d’armes chimiques donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule. Emmanuel Macron
La mairie de Londres a autorisé la tenue dimanche d’un rassemblement anti-israélien organisé par des sympathisants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah. Selon les organisateurs de la Journée d’Al-Quds, les participants ont été autorisés par la mairie à manifester avec le drapeau du groupe terroriste car l’aile politique du Hezbollah n’est pas une organisation proscrite par les autorités britanniques. Les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Ligue arabe ont placé le Hezbollah sur leur liste officielle des organisations terroristes. L’Union européenne ne considère pas l’ensemble du groupe comme terroriste mais a inscrit la branche militaire de l’organisation chiite sur sa liste noire, car « liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen ». Instaurée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, la Journée mondiale d’Al-Quds est un événement anti-israélien annuel destiné à protester contre le contrôle israélien sur Jérusalem (Al-Quds en arabe) et à exprimer la solidarité avec le peuple palestinien. Au cours de cet événement, célébré dans le monde entier dans les communautés chiites, les manifestants scandent des slogans appelant à la destruction d’Israël et brûlent des drapeaux israéliens. Le Monde juif info
Un adage largement admis par la sagesse populaire est malmené depuis près de soixante dix ans au Moyen Orient. «On ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis». Car, encore faut-il être capable de définir l’ennemi. La nébuleuse terroriste étant multicéphale, le monde musulman ayant, dans son ensemble, rejeté Israël depuis sa fondation et l’Autorité Palestinienne ne symbolisant qu’un point d’achoppement d’un conflit bien plus large, le simple fait d’avoir rebaptisé le conflit israélo-arabe (qui s’étend à l’Iran depuis la révolution de 1979 ) en conflit israélo-palestinien, cache une réalité bien plus vaste à laquelle Israël ne cesse d’être confronté. S’il est tout à fait légitime de critiquer le gouvernement israélien, comme celui de n’importe quel pays, et même de s’insurger contre nombre de ses politiques, il serait dommageable de passer à coté de certaines vérités, qui font que les Israéliens s’inquiètent de la crédibilité du partenaire pour la paix que l’on tente de leur imposer. (…) la situation au Proche Orient s’affirmant de plus en plus volatile, un nouveau projet de processus plus global, impliquant les pays limitrophes semble se profiler à l’horizon. Trump et ses conseillers, sans se ranger complètement du coté de la position israélienne, ont fini par comprendre qu’Israël n’a aucun intérêt à accepter une paix telle que définie par l’Autorité Palestinienne, et qui n’impliquerait pas la participation intégrale du monde arabe. La confrontation décadaire pourrait bien de la sorte reprendre son identité de conflit israélo-arabe, duquel il ressortirait enfin un authentique projet de paix. Car on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis… dans leur ensemble et pas seulement avec la partie immergée de l’Iceberg. Pierre Rehov
En sus de la chute imminente de ces deux places fortes, l’EI a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses revenus, selon une évaluation divulguée jeudi par le cabinet de référence des questions militaires et de conflits, IHS Markit. A son apogée à l’été 2014, il assurait une souveraineté quasi étatique (armée, taxes, justice expéditive, versement d’allocations, administration) sur environ 8 millions de personnes et un territoire grand comme 4 régions françaises, quoique largement désertique. Depuis lors, il a perdu 60 % de ce territoire, estime IHS Markit (ex-Jane’s), dont 40 % depuis janvier. Son effondrement financier est encore plus spectaculaire. Les revenus de l’EI sont tombés à 16 millions au deuxième trimestre 2017, exactement 5 fois moins qu’il y a deux ans. Les salaires des combattants avaient été divisés par 2, à 400 dollars par mois pour les djihadistes étrangers, début 2016 et auraient encore été baissés cette année. IHS ne donne pas d’indication sur les réserves de l’EI, censées avoir atteint 1 milliard de dollars en 2014 à la suite du pillage (non confirmé) de la succursale de la Banque centrale d’Irak à Mossoul. Les revenus pétroliers de l’EI ont été divisés par 10 à cause de la chute mondiale des cours, de la destruction de ses puits par l’aviation russe et occidentale et des pertes de territoires. Les autres revenus de l’EI, trafic d’antiquités, racket et rançons, ont, pour leur part, été divisés par 5 en raison, là aussi, de la perte de territoires, souligne Ludovico Carlino, analyste à IHS Markit. « Le projet de gouvernance du califat a échoué », conclut Columb Strack, spécialiste du Moyen-Orient à IHS. Mais IHS estime que l’EI va tenter d’intensifier sa campagne terroriste en Occident pour compenser ses pertes territoriales. Les pressions des gouvernements égyptien et saoudien sur les religieux pour qu’ils interprètent le Coran dans un sens « plus moderne » risquent de pousser certains conservateurs à basculer dans la violence, avertit IHS, qui affirme que le « risque terroriste va augmenter ». Paris estime que 700 Français ont rejoint l’EI. Quelque 200 d’entre eux sont revenus et un nombre équivalent a été abattu. C’est de loin le plus fort contingent parmi les 3.000 djihadistes européens. Les Echos
Les principales puissances impliquées dans la guerre en Syrie sont engagés dans une course visant à engranger le maximum de bénéfices tirés de l’effondrement de l’Etat Islamique, dans l’Est et le Sud de la Syrie. Les avancées continues des forces du régime syrien et de milices appuyées par l’Iran vers la base d’Al-Tanf tenue par les forces spéciales américaines et occidentales – ainsi que les avancées potentielles des deux côtés de la frontière irakienne – élève le risque d’affrontements supplémentaires susceptibles d’entraîner lers Etats-Unis et la Russie, bien que cette dernière n’aient pas voulu défier les Etats-Unis, après leurs frappes délibérées contre un convoi et des avions de chasse syriens. Jforum
La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains. On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard. Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes. D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth. Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin. (…) L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée. On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficelles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.   « L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem. Mena press
Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population. Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions. (…) Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisés pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas (…) Mais (…)  (…) L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée. Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad. Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite. Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales. Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus. Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan. Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. (…) L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier. Mordechai Kedar

Attention: un triomphe peut en cacher un autre !

A l’heure où nos médias nous abreuvent quotidiennement d’images et de communiqués chaque fois plus triomphants de la chute programmée et en cours de l’Etat islamique …

Et où commence le retour lui aussi programmé en Europe des djihadistes aguerris s’apprêtant notamment à rejoindre les quelque 15 000 fichés S et leurs amis prieurs de rue répartis sur le territoire français …

Pendant que comme aux plus beaux jours du Londonistan et entre deux attentats islamistes, Londres laisse appeler dans ses rues drapeau du Hezbollah en tête à la destruction d’Israël …

Et que dans la bouche du néo-filloniste président Macron, Paris appelle en Syrie à la coopération avec Poutine …

Qui prend la peine de rappeler (merci Danilette) …

Derrière la course de vitesse qui est en train de se jouer entre les différentes forces sur le terrain, y compris russes et américaines …

Une autre conséquence jusqu’ici oubliée du funeste retrait des troupes américaines décidées par Obama à la veille de sa réélection de 2012 …

A savoir après celle du feu vert accordé à l’Iran pour l’arme nucléaire

Et le basculement – la nature ayant horreur du vide – de toute la partie sunnite de l’Irak et de la Syrie dans les bras des djihadistes de Rakka …

L’ultime triomphe iranien de la création d’une véritable autoroute Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth

Permettant au régime terroriste de Téhéran d’acheminer dorénavant en toute tranquillité par la route …

Non seulement les armes et missiles qu’il transférait jusque là par vols commerciaux déguisés à ses supplétifs libanais …

Mais toutes espèces d’armes lourdes, conseillers et soldats à la porte même d’Israël ?

L’Iran a conquis la Syrie
Mordechai Kedar
Adapté par Danilette
2 juillet 2017

Depuis les deux dernières années, nous nous sommes habitués au fait que la Russie a transporté des forces armées en Syrie et contrôle la bande côtière, ses ports et deux bases aériennes. Nous nous sommes également habitués à voir le Hezbollah et les milices libanaises chiites impliqués dans le conflit syrien apportant un renfort important à l’armée d’Assad. Nous avons entendu que d’autres milices chiites supplémentaires sont arrivées d’Irak, Afghanistan sous le commandement des Gardiens de la révolution et que de temps en temps ces forces chiites enregistrent des pertes sur le sol syrien. L’impression qui en résulte est que l’Iran a envoyé plusieurs gangs chiites combattre des gangs sunnites sur le sol syrien.

Mais la situation sur le terrain est totalement différente, car les forces iraniennes qui se trouvent en Syrie ne sont plus depuis longtemps des  gangs ou des milices mais une véritable armée à tout point de vue, dirigée par les Gardiens de la révolution, avec des unités d’infanterie, des commandos, des chars, de l’artillerie, une force aérienne, des unités de renseignements et de logistique et cela s’est construit peu à peu au cours des quatre années écoulées, pratiquement sans couverture médiatique.

L’opération militaire la plus importante effectuée par l’armée iranienne en Syrie a été la libération de la ville d’Alep dans le nord de la Syrie qui s’est terminé en décembre 2016. Cette opération a été une coopération entre la Russie et l’Iran, les forces aériennes russes bombardant alors que les forces iraniennes et le Hezbollah et les autres milices chiites d’infanterie avançaient sur le terrain pour transférer les zones libérées à l’armée d’Assad.

Depuis le début de 2017, l’Iran étend son contrôle sur les déserts central et méridional de la Syrie dont certaines parties étaient contrôlées par l’Etat islamique sunnite jusqu’à il y a quelques mois. Aujourd’hui, cette organisation se bat pour sa survie à trois endroits : dans la ville irakienne de Mossoul, dans sa « capitale », la ville de Raqqa en Syrie et à Deir ez-Zor en Syrie orientale. Quand Mossoul tombera aux mains de l’armée irakienne alors très probablement, Raqqa et Deir al-Zour tomberont à leur tour.

Les forces régulières iraniennes ont profité du vide créé par le retrait de l’Etat islamique et ont conquis les étendues désertiques de la Syrie centrale et orientale. J’estime que l’Iran contrôle maintenant plus de 60% de la Syrie, à la fois directement par les forces régulières des Gardiens de la révolution et indirectement par le Hezbollah et d’autres milices chiites, il s’agit de terrains désertiques à faible densité de population.

Les forces militaires iraniennes en Syrie ont des bases importantes qui leur donnent toute liberté d’action. D’abord et avant tout parmi ces bases se trouve l’aéroport de Palmyre qui permet à l’Iran de transférer vers la Syrie par voie aérienne, par des vols directs en provenance d’Iran n’importe quel équipement militaire en particulier des missiles, des obus et d’autres types de munitions.

Israël était très préoccupé et cette année des cibles ont été attaquées dans la région de Palmyre. Selon des sources étrangères, les cibles visées étaient des dépôts de missiles importés d’Iran.

Cela met en évidence un changement fondamental dans le comportement iranien: jusqu’à récemment, l’Iran utilisait des vols commerciaux déguisées pour transférer des armes et des missiles à l’aéroport international de Damas, et selon des sources étrangères, Israël a attaqué à plusieurs reprises ces entrepôts dans l’aéroport et aux alentours. Les Iraniens en ont conclu que le renseignement israélien a recruté des citoyens syriens travaillant dans l’aéroport ou vivant à proximité qui lui servent de sources d’information. La proximité géographique de Damas permet à l’armée israélienne d’agir efficacement contre des cibles près de la capitale syrienne.

Cependant, l’aéroport de Palmyre se trouvent à des centaines de kilomètres d’Israël, la région est peu peuplée et il est plus difficile d’y trouver des sources d’information sur les transferts d’armes iraniennes. Mais Israël a quand même réussi à lancer une attaque sur Palmyre à partir d’autres sources d’information. Cette question montre comment la guerre des renseignements continue même si le public n’en a pas connaissance, ce qui est mieux.

Récemment des informations ont fait état du fait que l’Iran a mis en service un autre aéroport, Alsin qui se trouve dans le sud de la Syrie dans la région d’Al Tanaf proche de la frontière triangulaire entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie, dans cet endroit il y a un poste-frontière entre l’Irak et la Syrie et son contrôle permet aux Iraniens de déplacer des forces sans entrave jusqu’au Liban  qui est déjà depuis longtemps sous le contrôle effectif du Hezbollah, la branche libanaise de la pieuvre iranienne.

L’Iran est en train de devenir dans les faits une puissance régionale qui contrôle militairement un immense territoire, de l’Asie centrale à la Méditerranée.

Le détail important dans ce contexte est que tout cela se déroule sous l’œil vigilant des deux puissances mondiales, la Russie et les États-Unis, chacune selon son intérêt. Pour les Russes, il s’agit de renforcer le régime d’Assad et d’éliminer toutes les organisations sunnites financées et conseillées par l’Arabie saoudite et les autres Etats arabes sunnites y compris la Turquie. Poutine a réussi à apprivoiser Erdogan qui désormais craint davantage les Kurdes de Syrie qu’il ne déteste Assad et ses alliés iraniens et il est ainsi devenu un maillon important dans la coalition russo-iranienne qui soutient Assad.

Les Etats-Unis ont observé le renforcement militaire de l’Iran en Syrie, qui a commencé il y a quatre ans sans s’y être opposés sérieusement, sauf récemment en abattant des drones, un petit coup pour l’Iran. Jusqu’en janvier 2017, les États-Unis ont laissé faire parce qu’Obama a voulu favorisé l’hégémonie des Chiites arabes et iraniens sur le Mashreq, monde arabe situé à l’Est d’Israël, alors que le Maghreb resterait une zone sunnite.
Depuis que Trump est entré dans la Maison Blanche, l’objectif principal de l’action américaine en Syrie est la destruction de l’Etat islamique. Les Forces américaines sont engagées principalement dans la formation de forces rebelles modérées et dans l’alliance avec les Kurdes qui avec l’aide des forces aériennes américaines vont éliminer Abou Bakar Al Bagdadi et son Etat. La raison a été la crainte des Américains et des Européens que le modèle politique terroriste de l’Etat islamique devienne un modèle de réussite dans la conscience des musulmans ce qui pourrait conduire à la multiplication de colonies d’Etats islamiques à travers le monde, y compris en Europe, sur la base des communautés musulmanes locales.

Il est également possible qu’il y ait une entente entre le gouvernement Trump et les Russes permettant à l’Iran de contrôler les parties centrale et orientale de la Syrie  qui n’intéressent pas les Russes afin que ces zones ne deviennent pas un asile pour l’Etat islamique suivant l’amère expérience des Américains en Afghanistan où les Talibans ont repris le contrôle de vastes territoires alors qu’ils avaient été vaincus.

Les forces de la coalition chiite qui ont envahi la Syrie (Iraniens, Libanais, Irakiens, Afghans) sont en train d’effectuer un nettoyage ethnique visant les citoyens syriens sunnites dans différentes régions du pays en les expulsant pour installer dans leurs maisons et dans leurs communautés des immigrants chiites de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

Ainsi, suite aux mauvaises intentions de l’administration Obama et aux choix prioritaires de l’administration Trump, l’Iran est devenu le vainqueur manifeste de la guerre en Syrie. Personne dans le monde ne réussira à chasser l’armée iranienne de Syrie et nous devons – en Israël, en Europe et aux Etats-Unis – s’habituer au fait que l’Iran s’étend désormais sur une grande partie de l’Irak, de la Syrie et du Liban. Le Hezbollah libanais est désormais relié avec l’Iran et c’est la raison pour laquelle Hassan Nasrallah se sent tellement sûr face à Israël qui hésite même à établir un mur de béton sur son territoire pour protéger ses citoyens contre les snipers du Hezbollah.

Il y a deux ans, alors que la Syrie était pleine désintégration, il y avait des Israéliens pour prétendre que la situation sécuritaire d’Israël s’était améliorée, qu’il n’y avait plus de menaces de la part de la Syrie et que le Hezbollah s’était profondément englué dans la boue syrienne !

Aujourd’hui l’évaluation est complètement différente : à la place de la Syrie, nous avons l’Iran comme voisin immédiat et le Hezbollah n’est plus une organisation isolée au Liban mais un bras important des forces iraniennes vraiment dures et menaçantes, stationnées à une courte distance de la frontière iranienne.

Le pire, c’est le fait que les média israéliens, même s’ils rapportent de temps en temps des nouvelles des forces iraniennes en Syrie, ne montrent pas une image de la situation menaçante résultant de la présence iranienne reliant les points sur la carte du pays qui était autrefois la Syrie.

L’Iran est le vainqueur éclatant, ultime de la guerre civile en Syrie, et le plus tôt, nous en Israël et dans le monde, nous le reconnaitrons, le mieux sera pour nous et pour le monde entier.

Voir aussi:

Syrie : le risque d’affrontement direct USA-Russie a soudainement augmenté
Stéphane Juffa
avec Jean Tsadik et Perwer Emmal
Mena press
21 juin 2017

L’US Air Force abat un Soukhoï syrien. Premiers combats entre les Kurdes et l’Armée gouvernementale.

Pendant que les Forces Démocratiques Syriennes, à forte prééminence kurde, combattent désormais à l’intérieur de Raqqa, où elles ont entamé une manœuvre en tenaille pour couper les quartiers nord de la capitale de l’Etat Islamique (DAESH) du reste de la cité de 200 000 habitants, nous avons assisté, ces trois derniers jours, à une extension majeure du conflit en Syrie.

D’abord, profitant de l’affaiblissement notoire de DAESH, qui se trouve acculé par les FDS et leurs alliés américains sur l’ensemble du front, l’Armée gouvernementale d’al Assad, soutenue par la milice chiite libanaise du Hezbollah, et de plus en plus massivement par des soldats réguliers iraniens, a, pour la première fois, attaqué les FDS.

Les combats se sont déroulés dimanche dans la localité de Ja’din (carte), à 40km au sud-ouest de Raqqa. A 17h43 GMT, ce jour-là, un Soukhoï-22 gouvernemental a largué des bombes sur les positions des FDS dans ce secteur, blessant plusieurs combattants.

L’appareil a immédiatement été abattu par un F/A-18 de l’U.S Air Force, en vertu des règles d’engagement au sein de la coalition et du principe de légitime défense, d’après un communiqué du commandement de la coalition.

« Les projets et les actes hostiles des forces pro-régime à l’encontre de la coalition et de ses partenaires en Syrie qui mènent des opérations anti-EI légitimes, ne seront pas tolérés », a précisé le communiqué.

On y lit encore que la coalition internationale « ne cherche pas à attaquer le régime syrien, les forces russes ou les forces pro-régime qui collaborent avec eux, mais elle n’hésitera pas à défendre la coalition ou ses partenaires face à toute menace éventuelle ».

L’incident a été suivi par des combats au sol opposant l’axe Assad-Iran-Hezbollah aux FDS. Ces dernières ont menacé explicitement le régime de Damas, au cas où les affrontements s’amplifieraient dans la périphérie de Raqqa, de s’emparer des quartiers et de l’aéroport de Qamishli, à 370km au nord-est, où des forces gouvernementales, complètement encerclées par les Peshmerga kurdes, sont encore tolérées. Le même sort serait réservé au minuscule détachement gouvernemental à Assaké.

Ja’din se trouve à proximité immédiate du carrefour stratégique de Resafa, pour l’instant toujours partiellement aux mains de DAESH, qui conduit à Raqqa au Nord, et à Deïr ez Zor au sud-est. Deïr ez-Zor, où la 104ème brigade d’élite aéroportée de la garde Républicaine gouvernementale, commandée par le Brigadier-Général Issam Zahreddine, se trouve complètement encerclée par DAESH depuis deux ans.

Depuis, selon nos informations, les affrontements entre les Forces Démocratiques Syriennes et l’alliance pro-Assad ont cessé, mais les deux armées se regardent en chiens de faïence à quelques kilomètres l’une de l’autre.

Les Russes menacent directement les Américains

En revanche, suite à l’interception du Soukhoï syrien, les relations entre les Russes et les Américains se sont dégradées, au point de courir le risque d’une confrontation armée entre eux. Tout d’abord, avant-hier, lundi, Moscou a déclaré la suspension du canal de communication militaire avec Washington. Car, pour les Russes, les Américains auraient dû l’utiliser afin de prévenir qu’ils s’apprêtaient à abattre le bombardier de leur allié.

Bien plus inquiétant encore, le ministère russe de la Guerre a annoncé que « ses moyens de défense antiaérienne et ses avions suivraient et prendraient pour cibles les appareils et les drones de la coalition évoluant à l’ouest [au sud, dans la région de Raqqa] de l’Euphrate ». Presqu’au même moment, le gouvernement de Vladimir Poutine avait annoncé, plus globalement encore, qu’ « il pointerait ses missiles vers tout avion de la coalition internationale survolant la Syrie ».

Rien ne dit que le Tzarévitch mettra sa menace à exécution, mais il y a lieu de la prendre au sérieux. C’est par exemple ce qu’ont déjà fait les Australiens, qui ont décidé, par mesure de précaution, d’interrompre leurs missions d’attaque en Syrie, après que le Kremlin a déclaré considérer à partir de maintenant les appareils de la coalition comme des « cibles ».

Le contingent australien compte trois cents hommes, six chasseurs-bombardiers F/A-18, un appareil de surveillance et d’alerte avancée E-7A, et un avion de transport et de ravitaillement aérien KC-30A.

Quant aux Américains, dans un souci d’apaisement, ils ont annoncé vouloir rétablir le canal de communication, mais ils ont également déclaré qu’ils réagiraient sans état d’âme à toute attaque visant leurs avions.

En sus de plusieurs douzaines de chasseurs et de bombardiers dont disposent les Russes en Syrie, et qui ont déjà tué des dizaines de milliers de personnes, ils ont également déployé des systèmes de défense antiaériens S-300 et S-400, qui passent pour très performants. Reste que notre analyse est sans appel : les Russes, malgré leur équipement, ne sont pas de taille à se mesurer aux Américains en Syrie ; ce, même si une confrontation armée ne serait assurément pas une partie de plaisir pour les fils de l’Oncle Sam et qu’ils y perdraient des plumes.

La vraie préoccupation est celle d’éviter un affrontement militaire ente les deux plus grandes puissances militaires du globe. Ce, alors que Vladimir Poutine bluffe manifestement, dans le plus pur style de ses prédécesseurs soviétiques, voulant donner l’impression qu’il n’hésiterait pas un instant avant d’actionner la détente de son pistolet. A Métula, nous pensons au contraire qu’il y réfléchira à plusieurs fois avant de se lancer dans une telle aventure dans laquelle il n’a rien à gagner.

L’Iran tire sept de ses missiles les plus précis sur Deïr ez-Zor, seulement deux y parviennent

L’autre nouvelle, c’est le lancement par l’Iran de sept missiles balistiques sol-sol de portée intermédiaire Zulfiqar [le nom du sabre recourbé d’Ali, qu’il aurait reçu des mains du Prophète Mahomet. Ali fut le 4ème calife de l’islam et le 1er imam du chiisme] sur les positions de l’Etat Islamique dans la ville de Deïr ez-Zor.

Ces fusées étaient considérées jusqu’à dimanche comme les plus précises de l’arsenal des ayatollahs, et capables de parcourir entre 7 et 800km. Dimanche, à partir de la ville perse de Kermanshah, ils n’avaient à survoler que 450km, pourtant rien ne s’est passé comme prévu par la dictature chiite. Seuls deux missiles ont atteint leur but, n’infligeant que des dommages mineurs aux islamistes, tandis que trois autres explosaient sur le territoire irakien, et que les deux restants manquaient leur cible de plusieurs kilomètres, explosant dans des zones non habitées de Syrie.

Ce qui devait constituer un message d’intimidation destiné aux USA, aux sunnites et à Israël, de l’aveu même de la presse téhéranaise, a tourné en eau de boudin. Il en faudra beaucoup plus pour impressionner Jérusalem, dont les missiles frappent leurs cibles au mètre près en Syrie. Les Hébreux sont parés pour administrer une correction aux apprentis sorciers iraniens, s’il leur prenait la très mauvaise idée de se frotter à Israël ; à Téhéran, les décideurs ont probablement tiré les leçons de ce fiasco. Tandis qu’à Jérusalem, on se contente, comme l’a répété Binyamin Netanyahu, « de surveiller l’activité de l’Iran en Syrie ».

Deux incidents graves pour un même enjeu

La bataille de Raqqa, du point de vue stratégique, est une affaire classée. L’unique inconnue consiste à savoir combien de temps les 3 000 miliciens islamistes de DAESH acculés et encerclés dans la ville résisteront aux 20 000 combattants kurdes, à leurs 4 000 alliés tribaux arabes dans les FDS, et à l’extraordinaire puissance de feu des avions, des canons et des commandos américains.

On ne voit pas les Alaouites, les Syriens, les chiites libanais ou les Russes se risquer à déranger la ripaille ; pour Raqqa, ils arrivent trop tard.

Le véritable enjeu des incidents de dimanche se nomme Deïr ez-Zor, la ville située à 125km en aval de Raqqa sur l’Euphrate. Pour l’Armée d’Assad, appuyée par ses acolytes perses et libanais, qui, depuis l’offensive victorieuse des FDS face à l’Etat Islamique – mais uniquement à partir de ce moment – progresse sur trois fronts, nord, centre et sud, l’objectif est d’arriver à Deïr ez-Zor avant les Américains et leurs alliés kurdes.

D’abord pour libérer les soldats gouvernementaux encerclés, mais c’est secondaire, car la finalité stratégique de cette course poursuite, c’est l’occupation de la frontière avec l’Irak afin de permettre la consolidation du corridor terrestre chiite : Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth.

Pour l’Amérique, ses alliés européens, arabes et israéliens, le but stratégique est bien sûr inverse. Nombre d’analystes se demandent cette semaine si les menaces russes et les tirs de missiles iraniens, n’avait pas pour but de tester les Américains et Donald Trump. Pour savoir jusqu’où le nouveau président U.S est prêt à impliquer son armée pour empêcher les Iraniens de parvenir à leur fin.

Nous l’ignorons pour le moment, et ne sommes pas absolument certains que M. Trump ait déjà décidé. Nous sentons les conciliabules se multiplier à Washington et sommes fort intéressés à connaître la position finale qu’adopteront les Etats-Unis.

L’enjeu du questionnement est considérable. De l’ « autoroute chiite » dépend par exemple l’avenir du Liban, déjà sous le joug impitoyable de Téhéran mais que les ayatollahs doivent entretenir. Et aussi la confiance que Riyad, Le Caire, les Etats du Golfe et toute l’arabité sunnite ont placée en Donald Trump qui est venu la leur demander. Simplement dit : si Trump laisse les Iraniens et le régime prendre Deïr ez-Zor, la brève lune de miel entre le monde arabe et Trump sera déjà terminée.

On comprend soudain le rôle de contrepoids que jouait l’Etat Islamique (sunnite) dans l’est syrien pour contrecarrer l’expansion iranienne (chiite), bien plus menaçante pour les Occidentaux au niveau stratégique que la présence des djihadistes salafistes dans la région. Pendant que la coalition leur assène les derniers coups de boutoir à Raqqa, on réalise à Washington qu’il va falloir remplir le vide que va laisser DAESH le long de la frontière irakienne si l’on ne veut pas perdre la Guerre de Syrie et d’Irak et participer à la création d’un empire persan au Proche et au Moyen-Orient. La neutralisation de l’Etat Islamique, qu’on accusait à tort de tirer les ficèles des attentats terroristes en Europe à partir de Raqqa et Mossoul, a été une erreur. Il suffisait de le circonscrire à l’Est et de couper son cordon ombilical avec Recep Erdogan pour que DAESH continue à servir nos intérêts sans avoir à risquer une confrontation avec les Russes et la régionalisation du conflit. Mais Obama, Catherine Ashton, Federica Mogherini, et les pleutres dirigeants de l’Europe avaient peur de froisser le dictateur constitutionnel turc et l’ont laissé agir. Or les arrangements diplomatiques ne justifient jamais de ne pas prendre les décisions qui s’imposent du point de vue stratégique. L’Occident, qui est en train de s’empêtrer en Syrie, en fait une nouvelle fois l’expérience. Comme s’il était incapable de retenir les leçons de l’histoire.

« L’autoroute chiite » permettrait, premièrement, pour Téhéran, de maintenir le contrôle des territoires conquis. Ensuite de fournir des armes lourdes et encombrantes, dans ces pays, à ses supplétifs. Et pour finir, de dépêcher des conseillers et des soldats dans tout le Moyen-Orient, y compris à la frontière d’Israël, afin d’y instiller l’instabilité et d’y combattre les alliés sunnites de Jérusalem.

Parmi les unités entretenues par Téhéran, la plus menaçante pour l’Etat hébreu est probablement celle du « Régiment du Golan ». Une petite organisation pestilentielle, initialement organisée par l’archi-terroriste assassin d’enfants Samir Kuntar, neutralisé par les Israéliens en plein cœur de Damas en décembre 2015, qui regroupe des commandos des Gardiens de la Révolution khomeyniste, des chefs du Hezbollah libanais et des Druzes égarés, qui ont déjà changé plusieurs fois de camp.

Eh bien la Ména livre en exclusivité à ses lecteurs l’information qu’elle a reçue de ses amis du côté syrien du Golan : Majid Hammoud, le chef du « Régiment du Golan » et successeur de Kuntar, aurait été liquidé samedi dernier dans la ville de Khan Arnabeh, à 6km d’Israël, qui abrite le quartier général de cette organisation. La neutralisation de Hammoud succède à celle, le 19 mars dernier, de Yasser Hussein al-Sayyed, qui avait précédé Majid Hammoud à son poste, où on ne vit ostensiblement pas jusqu’à l’âge de la retraite. Il avait été stoppé net dans son automobile par un drone alors qu’il se rendait à Damas. Deux ans plus tôt, le 18 janvier 2015, le jeune chef militaire du Hezbollah, Jihad Morgnieh, cinq autres membres de son organisation criminelle, de même qu’un général iranien de la Force al Quds [Jérusalem], Mohammad Ali Allahdadi, avaient également été éliminés alors qu’ils participaient à des activités du « Régiment du Golan », non loin de la frontière israélienne.

A noter que le weekend dernier, le Wall Street Journal a donné des indications concernant la coopération entre Tsahal et certaines unités de la rébellion, côté syrien du Golan, afin de contrer l’expansion iranienne et de préserver notre frontière. Des informations que les lecteurs de la Ména connaissent de manière bien plus détaillée que ce qu’a publié le WSJ depuis plusieurs années.

Voir également:

L’Iran teste les USA dans le Sud-Syrien
Jforum
Juin 7, 2017

Les principales puissances impliquées dans la guerre en Syrie sont éngagés dans une course visant à engranger le maximum de bénéfices tirés de l’effondrement de l’Etat Islamique, dans l’Est et le Sud de la Syrie. Les avancées continues des forces du régime syrien et demilices appuyées par l’Iran vers la base d’Al-Tanf tenue par les forces spéciales américaines et occidentales – ainsi que les avancées potentielles des deux côtés de la frontière irakienne – élève le risque d’affrontements supplémentaires susceptibles d’entraîner lers Etats-Unis et la Russie, bien que cette dernière n’aient pas voulu défier les Etats-Unis, après leurs frappes délibérée contre un convoi et des avions de chasse syriens.

Les brigades Sayyid al Shuhada contrôlées par Téhéran ont reconnu un mort et six blessés à la suite de cette frappe et ont posté une vidéo en ligne, faisant de cette frappe la première de la part des Etats-Unis contre de telles ms irakiennes pro-iraniennes au cours de cette guerre qui dure depuis 6 ans. 

La milice classe son appartenance aux Forces de Mobilisation Populaire (FMP) comme représentant sa 14ème Brigade.

Des forces spéciales américaines, britanniques et norvégiennes opèrent dans cette zone, aux côtés de groupes appartenant à l’Armée Libre Syrienne, depuis des mois.

Les forces soutenues, d’une part, par l’Iran, de l’autre par les Etats-Unis se sont confrontées du côté du carrefour de Zaza, près d’Al-Tanf, selon la  Brigade de l’Imam Ali et des groupes paramilitaires soutenus par les USA. Le mois dernier, des forces du régime avaient arraché le contrôle du carrefour aux forces appuyées par l’Amérique, plusieurs jours avant la frappe américaine.

Les groupes portant le label de l’Armée Libre Syrienne accusent la Russie d’avoir frappé leurs forces au cours d’une offensive sur Zaza. L’un d’eux prétend auprès de Reuters que des avions russes les auraient touchés alors qu’ils déferlaient sur les défenses des milices appuyées par l’Iran. Les responsables américains doivent encore se prononcer publiquement sur cette assertion. Si elle s’avérait vraie, cette frappe indiquerait que la Russie est décidée à passer à l’action contre les forces soutenues par les Etats-Unis, mais jusqu’à quelle point Moscou souhaite aller reste difficile à déterminer.

Voir encore:

Londres : le maire musulman Sadiq Khan autorise le drapeau du groupe terroriste Hezbollah à une marche anti-israélienne
La mairie de Londres a autorisé la tenue dimanche d’un rassemblement anti-israélien organisé par des sympathisants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah.
Monde juif info
18 Juin 2017

Selon les organisateurs de la Journée d’Al-Quds, les participants ont été autorisés par la mairie à manifester avec le drapeau du groupe terroriste car l’aile politique du Hezbollah n’est pas une organisation proscrite par les autorités britanniques.

Les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Ligue arabe ont placé le Hezbollah sur leur liste officielle des organisations terroristes. L’Union européenne ne considère pas l’ensemble du groupe comme terroriste mais a inscrit la branche militaire de l’organisation chiite sur sa liste noire, car « liée à des actes terroristes perpétrés sur le territoire européen ».

Instaurée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, la Journée mondiale d’Al-Quds est un événement anti-israélien annuel destiné à protester contre le contrôle israélien sur Jérusalem (Al-Quds en arabe) et à exprimer la solidarité avec le peuple palestinien.

Au cours de cet événement, célébré dans le monde entier dans les communautés chiites, les manifestants scandent des slogans appelant à la destruction d’Israël et brûlent des drapeaux israéliens.

Voir encore:

Pourquoi la paix continue d’être impossible entre Israël et Palestine
Pierre Rehov
Le Figaro
30/06/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Après dix ans de présence du Hamas dans la bande de Gaza, le reporter Pierre Rehov fait le point sur le conflit Israélo-Palestinien. Il rappelle quelles sont les raisons principales qui rendent la paix toujours aussi improbable.


Pierre Rehov est reporter, écrivain et réalisateur de documentaires, dont le dernier, «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte.


Un adage largement admis par la sagesse populaire est malmené depuis près de soixante dix ans au Moyen Orient. «On ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis». Car, encore faut-il être capable de définir l’ennemi.

La nébuleuse terroriste étant multicéphale, le monde musulman ayant, dans son ensemble, rejeté Israël depuis sa fondation et l’Autorité Palestinienne ne symbolisant qu’un point d’achoppement d’un conflit bien plus large, le simple fait d’avoir rebaptisé le conflit Israélo-Arabe (qui s’étend à l’Iran depuis la révolution de 1979 ) en conflit Israélo-Palestinien, cache une réalité bien plus vaste à laquelle Israël ne cesse d’être confronté.

S’il est tout à fait légitime de critiquer le gouvernement Israélien, comme celui de n’importe quel pays, et même de s’insurger contre nombre de ses politiques, il serait dommageable de passer à coté de certaines vérités, qui font que les israéliens s’inquiètent de la crédibilité du partenaire pour la paix que l’on tente de leur imposer.

1- L’Autorité Palestinienne verse des pensions aux responsables d’attentats terroristes et à leurs familles.

Tout en affirmant avoir une main tendue vers la réconciliation, Mahmud Abbas continue de consacrer une partie du budget de l’autorité palestinienne à la rémunération des terroristes enfermés dans les prisons israéliennes, de leurs familles et de celles dont les membres ont été éliminés au cours d’un attentat. La loi palestinienne est claire dans ce sens. Le montant des allocations et des pensions versées est proportionnel à la lourdeur de la peine, autrement dit au nombre des victimes, juives ou non juives, entrainé par le terroriste bénéficiaire.

Il s’agit d’une pratique décriée depuis longtemps par les gouvernements israéliens successifs et, depuis peu, par la Maison Blanche et certains gouvernements européens.

Pour l’Autorité Palestinienne, s’infiltrer dans une maison et assassiner une jeune fille endormie dans son sommeil, tirer à vue sur des consommateurs attablés à la terrasse d’un restaurant, ou se faire exploser au milieu d’adolescents devant une boite de nuit, est un acte de résistance contre l’occupation israélienne. Soit dit en passant, ces «actes contre l’occupation» étaient monnaie courante avant 1967 et la conquête par Israël des territoires préalablement occupés par l’Egypte et la Jordanie.

Selon le code civil palestinien, ces terroristes bénéficient du titre de mujahid (combattants) lorsqu’ils sont vivants, ou de shahid (martyrs) lorsqu’ils ont perdu la vie au cours de leur «mission».

Très récemment, Mahmud Abbas a été jusqu’à traiter le premier ministre israélien de «raciste» pour avoir osé affirmer que ces sommes monstrueuses, (7% du budget de l’AP) finançaient et incitaient au terrorisme. Interrogé sur la nécessité et la raison de cette pratique, il a répondu que c’était son «obligation sociale inscrite dans la loi».

Imaginons un instant la France voulant faire la paix avec Daesh, tandis que Daesh continue à promettre des retraites à vie et autres récompenses, à quiconque renouvellerait le massacre du Bataclan ou de la promenade des Anglais à Nice.

Impensable.

C’est pourtant la situation à laquelle est confrontée Israël, tant que son seul interlocuteur reste l’Autorité Palestinienne.

2 – Mahmud Abbas, élu pour 4 ans en 2005, est toujours au pouvoir

Ce simple fait affaiblit la position du Président de l’Autorité Palestinienne qui n’a donc aucune légitimité démocratique. Un moindre mal dans une région accoutumée aux dictatures. Mais si les dirigeants occidentaux continuent de lui accorder leur soutien total, c’est qu’il est talonné dans les sondages par l’organisation terroriste Hamas. En acceptant la moindre concession en faveur d’Israël, qui lui permettrait de retourner à la table de négociations, Abbas risque de perdre le peu de légitimité dont il bénéficie encore et peut-être même de se faire assassiner. Il ne souhaite pas, non plus, entrer dans l’histoire comme le premier dirigeant palestinien ayant normalisé ses relations avec l’ennemi sioniste.

3 – Les Arabes de Palestine ne sont pas prêts à renoncer au «droit au retour»

Si nombre d’exigences arabes sont négociables, il va sans dire que le droit au retour des descendants de descendants des «réfugiés» de 48, maintenus dans des camps par les pays arabes avoisinant, et privés de la quasi totalité de leurs droits, notamment au Liban et en Syrie, est une impossibilité majeure, qui entrainerait la disparition d’Israël sous un flot incontrôlable d’individus sans qualification et nourris dans la haine d’Israël.

Interrogé sur ce point, Abbas répond systématiquement que c’est leur droit inaliénable.

Sa vision de la paix, issue du concept «deux pays pour deux peuples» se résume à une Palestine judenrein ( dans laquelle aucun Juif ne serait toléré) d’un coté, et une nation multiculturelle de l’autre, que la démographie musulmane rendrait rapidement majoritaire.

Autrement dit, deux pays pour un peuple. Un concept inscrit dans la Charte du Fatah et de l’OLP, déclaré caduque par Yasser Arafat, mais qui n’en a jamais été retiré.

Incidemment, aucune mention n’est jamais faite du million de Juifs spoliés et chassés des pays arabes après 1948.

4 – Les manuels scolaires palestiniens ne reconnaissent pas l’existence de l’état d’Israël

Un rapport publié par l’Institut de Suivi de la Paix et de la Tolérance Culturelle, établit que «le programme pour les écoles élémentaires de l’AP, apprend aux élèves à être des martyrs, diabolise et nie l’existence d’Israël, et se concentre sur un retour à un pays exclusivement palestinien». Parmi les documents cités dans le rapport, il y a notamment des cartes dans lesquelles Israël ne figure pas et des passages qui semblent glorifier les attaquants. Récemment, l’UNRWA, organisation créée par l’ONU en 1948 pour venir au secours des réfugiés palestiniens, que l’on ne peut soupçonner de sympathie à l’égard d’Israël, s’est même insurgé contre le contenu des nouveaux manuels scolaires, provoquant l’ire de l’Autorité Palestinienne qui refuse d’en changer le contenu.

5 – L’Autorité Palestinienne voudrait faire annuler la declaration Balfour de 1917

En demandant à l’Angleterre de s’excuser un siècle plus tard pour la déclaration Balfour, qui promettait aux Juifs d’établir un foyer national sur leur terre ancestrale, et en manipulant l’UNESCO et autres organisations dépendant de l’ONU pour systématiquement diaboliser Israël, grâce à la majorité arabe automatique dont elle dispose et aux abstentions européennes, l’AP se met en porte à faux vis à vis des Accords d’Oslo, qui lui interdisent de tenter de résoudre le conflit en dehors de négociations directes.

6 – Yasser Arafat et Mahmud Abbas n’ont jamais accepté les propositions de paix faites par Israël

Arafat l’avait indiqué le 10 mai 1994, à la grande mosquée de Johannesburg, juste après avoir signé les accords d’Oslo. «Ce compromis n’a d’autre valeur que l’agrément accordé à la tribu Koraichi par le prophète Mahomet.» Autrement dit, tout accord avec Israël ne peut être que provisoire et avoir pour but sa disparition.

En août et septembre 2000, en réponse à la proposition de Ehud Barak de reconnaître un état Palestinien démilitarisé, sur 94% des territoires, avec Jérusalem Est pour capitale, et le partage des lieux saints, Yasser Arafat s’est enfui de Camp David, pour annoncer avec fierté à son peuple qu’il avait rejeté les pressions israéliennes et américaines. Résultat: la seconde indifada, avec son concert d’attentats terroristes et de représailles, faisant des milliers de victimes des deux cotés, et laissant à tout jamais deux peuples meurtris et méfiants.

Le successeur d’Arafat, considéré comme modéré comparativement à l’ancien chef terroriste, a également rejeté la proposition encore plus généreuse d’Ehud Olmert en 2006, qui lui aurait accordé le contrôle absolu de 98% des territoires, un droit au retour limité et le contrôle total du Mont du Temple, rebaptisé «Esplanade des mosquées». De fait, Mahmud Abbas n’a même jamais daigné répondre à Olmert, et s’en vante sous divers prétextes chaque fois qu’il en a l’occasion.

7 – Le retrait de Gaza a entrainé la prise de pouvoir du Hamas, et trois guerres meurtrières

La restitution du Sinaï à l’Egypte ayant abouti à un fragile accord de paix entre les deux pays, scrupuleusement respecté depuis, le Premier Ministre Ariel Sharon a voulu retenté l’expérience, en offrant l’intégralité de Gaza à l’Autorité Palestinienne en 2005, déracinant par la même occasion plus de 10,000 habitants juifs de la bande. L’idée était de faire de cette ancienne enclave égyptienne un nouveau Singapour, avec l’aide de la communauté internationale. Un coup d’état suivi d’une purge sanguinaire ont malheureusement conduit l’organisation terroriste Hamas au pouvoir. Les roquettes ont commencé de pleuvoir sur Israël, provoquant trois confrontations, en 2009, 2012 et 2014.

8 – L’Autorité Palestinienne voudrait obtenir en préalable à toute négociation l’intégralité de ce qui pourrait lui accordé en cas d’accord final

Mahmud Abbas le répète à l’envie. Toute négociation avec Israël doit être basée sur la création d’un Etat Palestinien dans les frontières de 67, avec Jérusalem pour capitale et une juste résolution du problème des réfugiés.

Autrement dit, en préalable à tout nouveau processus de paix, l’AP doit être garantie d’obtenir ce qu’elle souhaite, sans faire de son coté aucune concession.

Chaque fois qu’Israël s’insurge contre son intransigeance, l’AP l’accuse de détruire le processus de paix, ce qui la justifie d’avoir recour au terrorisme.

Ces huit points étant des faits incontestables, ont conduit l’actuelle administration américaine à reconsidérer son implication au Moyen Orient, après la visite expresse de Jason Greenblatt et Jared Kushner auprès des deux parties.

Mais la situation au Proche Orient s’affirmant de plus en plus volatile, un nouveau projet de processus plus global, impliquant les pays limitrophes semble se profiler à l’horizon.

Trump et ses conseillers, sans se ranger complètement du coté de la position israélienne, ont fini par comprendre qu’Israël n’a aucun intérêt à accepter une paix telle que définie par l’Autorité Palestinienne, et qui n’impliquerait pas la participation intégrale du monde arabe.

La confrontation décadaire pourrait bien de la sorte reprendre son identité de conflit Israelo-Arabe, duquel il ressortirait enfin un authentique projet de paix. Car on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis… dans leur ensemble et pas seulement avec la partie immergée de l’Iceberg.

Voir de plus:

L’Irak annonce la fin de «l’Etat illusoire» de Daesh après la prise de la mosquée Al-Nouri à Mossoul
Russia Today
29 juin 2017

Les forces irakiennes affirment avoir délogé les combattants de l’Etat islamique de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, haut lieu symbolique de la ville mais également du pouvoir des djihadistes en Irak.

Les forces irakiennes ont annoncé ce 29 juin avoir pris le contrôle de la mosquée Al-Nouri de Mossoul, où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’Etat islamique, avait donné en juillet 2014 son premier prêche en tant que chef de l’Etat islamique – sa dernière apparition publique connue à ce jour.

L’annonce a été faite par l’armée irakienne selon qui les Forces spéciales avaient pris la mosquée aux djihadistes. Un commandant des Forces spéciales a cependant précisé à l’AFP que le site n’avait pas encore été repris mais que ses forces étaient sur le point de le faire. «Le Service du contre-terrorisme (CTS) contrôle la mosquée Al-Nouri et (le minaret) Al-Hadba», a déclaré le Commandement des opérations conjointes dans un communiqué.

Mais le général Abdelwahab al-Saadi a, lui, affirmé que les forces irakiennes étaient près de s’emparer de la mosquée, et qu’elles se trouvaient à une vingtaine de mètres des lieux. Le général-brigadier Yahya Rasool se félicite de son côté d’une victoire qui, selon lui, marque un triomphe sur l’Etat islamique. «Leur Etat illusoire s’est effondré», s’est-il réjoui.

«Nous assistons à la fin du faux Etat de Daesh», a déclaré le Premier ministre irakien Haider al-Abadi en anglais sur son compte Twitter.

Ce bâtiment construit au XIIe siècle, ainsi que le minaret penché, connu sous le nom de «Hadba» (la bossue), détruits la semaine dernière par les djihadistes, étaient des monuments emblématiques de Mossoul, mais aussi symboliques du règne des terroristes dans la ville. C’est dans cette mosquée qu’Al-Baghdadi était apparu peu après que les djihadistes se furent emparés de la deuxième ville d’Irak, appelant dans un prêche les musulmans à lui obéir.

Le 22 juin dernier, la Russie annonçait la mort «très probable» d’Abou Bakr al-Baghdadi. «Il est hautement probable que le chef de l’Etat islamique [Abou Bakr] al-Baghdadi ait été éliminé par une frappe de l’aviation russe sur un centre de commandement situé dans la banlieue sud de la ville de Raqqa, à la fin du mois de mai», avait déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Oleg Syromolotov, citant des données collectées par le ministère de la Défense.

Voir enfin:

L’Etat islamique au bord de l’effondrement militaire et financier
L’EI a vu ses revenus divisés par 5 en quelques mois et est en passe de perdre ses capitales syrienne et irakienne
Yves Bourdillon
Les Echos
02/07/2017

Daech est aux abois. L’armée irakienne a repris jeudi, symbole fort, le site quasi détruit de la mosquée Al Nouri, où le chef de l’Etat islamique en Syrie et Irak (EI, Daech) avait proclamé le « califat » islamiste il y a exactement trois ans dans la ville irakienne de Mossoul. Vendredi, l’armée irakienne a annoncé que la victoire sur l’EI serait proclamée dans les prochains jours. Il ne resterait plus que 200-300 djihadistes dans un carré de quelques centaines de mètres de côté dans la vieille ville. Un général américain a confirmé le même jour que la reprise totale de Mossoul était « une question de jours ».

Parallèlement, les djihadistes sont désormais encerclés à Raqqa, la capitale syrienne de leur califat. Les forces kurdo-arabes soutenues par des commandos et l’aviation des Occidentaux ont coupé jeudi leur dernière voie de sortie. Londres estime que l’EI dispose encore de 2.500 combattants dans Raqqa.

60 % de territoire perdu

En sus de la chute imminente de ces deux places fortes, l’EI a perdu la plus grande partie de son territoire et de ses revenus, selon une évaluation divulguée jeudi par le cabinet de référence des questions militaires et de conflits, IHS Markit. A son apogée à l’été 2014, il assurait une souveraineté quasi étatique (armée, taxes, justice expéditive, versement d’allocations, administration) sur environ 8 millions de personnes et un territoire grand comme 4 régions françaises, quoique largement désertique. Depuis lors, il a perdu 60 % de ce territoire, estime IHS Markit (ex-Jane’s), dont 40 % depuis janvier.

Son effondrement financier est encore plus spectaculaire. Les revenus de l’EI sont tombés à 16 millions au deuxième trimestre 2017, exactement 5 fois moins qu’il y a deux ans. Les salaires des combattants avaient été divisés par 2, à 400 dollars par mois pour les djihadistes étrangers, début 2016 et auraient encore été baissés cette année. IHS ne donne pas d’indication sur les réserves de l’EI, censées avoir atteint 1 milliard de dollars en 2014 à la suite du pillage (non confirmé) de la succursale de la Banque centrale d’Irak à Mossoul.

Les revenus pétroliers de l’EI ont été divisés par 10 à cause de la chute mondiale des cours, de la destruction de ses puits par l’aviation russe et occidentale et des pertes de territoires. Les autres revenus de l’EI, trafic d’antiquités, racket et rançons, ont, pour leur part, été divisés par 5 en raison, là aussi, de la perte de territoires, souligne Ludovico Carlino, analyste à IHS Markit.

700 Français dans ses rangs

« Le projet de gouvernance du califat a échoué », conclut Columb Strack, spécialiste du Moyen-Orient à IHS. Mais IHS estime que l’EI va tenter d’intensifier sa campagne terroriste en Occident pour compenser ses pertes territoriales. Les pressions des gouvernements égyptien et saoudien sur les religieux pour qu’ils interprètent le Coran dans un sens « plus moderne » risquent de pousser certains conservateurs à basculer dans la violence, avertit IHS, qui affirme que le « risque terroriste va augmenter ». Paris estime que 700 Français ont rejoint l’EI. Quelque 200 d’entre eux sont revenus et un nombre équivalent a été abattu. C’est de loin le plus fort contingent parmi les 3.000 djihadistes européens.


Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

14 juin, 2017

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a "pro-Israel" light.

https://pbs.twimg.com/media/DB0mAGsWsAA2hM3.jpghttps://pbs.twimg.com/media/DBESLQyXsAENEuf.jpg

The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings. The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves. The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003. The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ (…) In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation. In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts. That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation. By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum. (…) The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact. Amy Elman
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Mais est ce-que quelqu’un peut penser raisonnablement que élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, car ce serait un hold-up. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Corinne Lepage (2004)
« Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire. Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires. Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique. Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite. Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique. C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. (…) Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus. « On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ». De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles. La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. (…) Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul. Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019? Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen. The Huffington Post
The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives. These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us. Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities? In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges. Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all? The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance. In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent. Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.” Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists). But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”. (…) We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations. Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society. So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood. We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all. The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives. Melanie Phillips
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Souvenez-vous, le 25 mars dernier, un camion avait roulé sur une dizaine de tombes juives dans le cimetière de Pantin. Des sites communautaires avaient alors crié au scandale, même s’il avait été clairement établi qu’il ne s’agissait que d’un simple accident. Le 4 avril, soit une semaine plus tard, on apprend la mort de cette femme. Cette affaire intervient dans un moment de doute et de peur du FN. Les sites communautaires basculent en faveur de Macron. Médias et institution judiciaire se montrent alors extrêmement prudents sur ce meurtre. Au fond, tout le monde redoute que cette affaire ne fasse exploser les votes en faveur du FN. Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption. (…) L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits. (…) Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister… Céline Pina
L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules. C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée. Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables. C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».  (…) Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière… Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public. Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…» Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes». Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république. Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique» On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire. (…) Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique. Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…» Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche. C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier. Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés. Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter. Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs. À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive». De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux. Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison. Gilles-William Goldnadel 
Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. Ahmad Mansour (psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé)
Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. Marco Nassivera (directeur de l’information d’Arte)
Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé. Alain Le Diberder (directeur des programmes d’Arte)
Ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.(…) cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter. Catherine Dupeyron
La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders. Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes. Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (…)  Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord (…) Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (…), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris… Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune… (…) Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle … Luc Rosenzweig
Je vais donner un exemple français. Parce qu’on ne voit plus que la Shoah, on ne comprend pas que l’antisémitisme qui se développe en France n’est pas de même nature. Ca n’est pas nazi, ça n’est pas la Nuit de Cristal, c’est autre chose. Je vous donnerai un exemple. Dans ce domaine, qui illustre mon propos au moment du meurtre d’Ilan Halimi en 2006, qui est un meurtre crapuleux mais aussi un meurtre antisémite. Non, on a du mal à comprendre que l’histoire ne se répète jamais, absolument jamais, et que donc que les formes de l’antisémitisme et ou de tout autre phénomène d’ailleurs, sont toujours nouvelles. Ca nous empêche de penser le présent, si vous voulez. C’est ça, le paradoxe. Ce qui était normalement une leçon d’histoire qui nous permettrait de mieux comprendre le présent, nous empêche aujourd’hui de le comprendre. c’est à force de l’enseignement de ne présenter les juifs que comme des victimes, on finit par croire qu’il n’y a pas de civilisation juive et que les juifs n’ont pas de raison d’existence que pour mourir. (…) L’histoire du sionisme est totalement inculpé. Finalement, à force de présenter les juifs essentiellement comme de victimes, on les socialise comme des victimes et c’est une façon qu’en les défendant on finit presque par justifier la persécution à venir demain. Georges Bensoussan
Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter. (…) Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France (…) la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien … Valeurs actuelles

Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir !

Alors qu’après le hold up électoral que l’on sait à la présidentielle

Entre, au premier comme au deuxième tour, assassinat politique et excommunication des adversaires …

Et la mise à l’écart de plus de la moitié des électeurs qui a suivi au premier tour des législatives …

La machine infernale médiatico-juridique est en train de dévorer à son tour ceux là mêmes qu’elle avait portés au pouvoir

Y compris, l’histoire est décidément sans pitié, le nouveau ministre de la justice

Au moment même où il s’apprête à présenter sa loi de moralisation de la vie publique …

Quel meilleur et plus inquiétant exemple …

De la continuation sous la présidence Macron …

De ce déni du réel devenu devoir civique

Après l’occultation pendant la campagne de la défenestration par l’un de ses voisins musulmans d’une vieille dame juive en plein coeur de Paris …

Que ce reportage qu’Arte vient de déprogrammer …

Pour ne s’être pas « cantonné à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite » …

Et d’avoir révélé derrière la nouvelles alliance entre les gauchistes en perte de vitesse idéologique et leur nouveau prolétariat messianique chez les enfants d’immigrés musulmans …

La nature intrinsèquement antisémite de l’antisionisme actuel ?

CACHEZ CET ANTISÉMITISME QUE JE NE SAURAIS VOIR
Allegra
On sait maintenant la chape de plomb médiatique qui a pesé sur l’affaire du meurtre atroce de Sarah Halimi. Cet antisémitisme-là ne peut pas être mis en lumière. Parce qu’il l’avait illustré, Georges Bensoussan en a fait les frais. Comme on doit faire silence sur la traite négrière quand elle n’est pas le fait de l’Occident. Sinon, il vous en coûtera. Vous serez mis sur la sellette, et accusé de racisme.Ce que l’on connaît moins  c’est que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive…(celle qui sévit dans certains pays et dans une partie de la population française, pas celle qui existe souvent à l’extrême droite qui peut être nommée sans problème) était trop mise en lumière…Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.Luc Rosenzweig, ex-journaliste à Libération, devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite, explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»  (d’après William Goldnadel ici).Rosenzweig, qui a visionné le film, explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».Marlène Schiappa, la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes, s’empresse également  de pousser une certaine crasse antisémite sous le tapis, et elle peut alors bravement annoncer qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans les quartiers populaires.Nos idéologues sont pris le nez dans le pot de confiture, et pourtant ils disent qu’ils n’ont jamais vu ce pot.Mais le déni de réalité est un dangereux cancer continuellement alimenté par des choix idéologiques. Les cancers tuent. Jusqu’où nous conduira celui-ci ?
Voir aussi:

Censure. Un documentaire portant sur l’antisémitisme arabo-musulman aurait dû être diffusé prochainement sur Arte. Mais la chaine franco-allemande a décidé de le déprogrammer. Outre-Rhin, la polémique enfle et on demande les images.
Rachel Binhas 
Valeurs actuelles
12 juin 2017

Depuis quelques semaines, la controverse autour du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe (Auserwählt und ausgegrenzt – Der Hass auf Juden in Europa) ne faiblit pas au pays de Goethe, bien au contraire. Bild, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel… autant de titres allemands qui se sont emparés de l’affaire.

Le 26 avril dernier, Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte, prenait la décision de ne pas diffuser un documentaire pourtant commandé deux ans auparavant. Ecrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner, le projet, financé par la chaine allemande WDR, avait pourtant reçu la bénédiction d’Arte lors de la conférence des programmes. De l’Allemagne à la France, en passant par Israël et les territoires palestiniens, le documentaire dresse le tableau de l’antisémitisme qui a cours dans les milieux d’extrême droite et arabo-musulmans, à Gaza ou dans les banlieues françaises. Et c’est là où le bât blesse…

La chaine, à l’aise quand il s’agit de dénoncer l’Holocauste, n’aurait pas apprécié l’accent mis sur l’antisémitisme qui se cache derrière une obsession antisioniste.

Bras de fer avec Arte

Déjà, en 2015, Joachim Schroeder s’était heurté aux objections d’Arte France qui voyait d’un mauvais œil la production d’un film dont la ligne éditoriale semblait diverger avec celle de la chaine. “Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée” confiera le directeur de l’information d’Arte, Marco Nassivera, au cinéaste. Si Arte France est plus que réservé, Arte Allemagne appuie le projet. Cherchant à se rassurer, Alain Le Diberder exige un coauteur au film : Ahmad Mansour, psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé. Par manque de temps, celui-ci proposera à Joachim Schroeder d’assurer une mission de consultant à chaque étape de la réalisation. Sophie Hafner cosignera les 90 minutes.

En décembre 2016, le film est envoyé à la direction de l’information d’Arte qui refuse de le traduire. Le couperet tombe : “Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé” affirme Alain Le Diberder. Une première pour les réalisateurs.

Les images interdites

Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter.

“Je suis surpris qu’une chaîne publique renommée comme Arte ait un problème avec la réalité” réagit Ahmad Mansour. Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France, “ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.” Selon elle, la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien : “cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, regrette-t-elle, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter.”

Seul espoir à présent, que la chaine WDR, voyant la polémique grandir, trouve un accord avec Alain Le Diberder pour diffuser les 90 minutes. “J’ai espoir que les choses évoluent” confie Joachim Schroeder. Désormais, la balle est dans le camp d’Arte.

Voir également:

Antisémitisme en banlieue: Arte censure un documentaire

Pas en adéquation avec sa ligne éditoriale…

Luc Rosenzweig
Causeur

01 juin 2017

La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme.

On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte.

Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande.

Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders.

Sur Arte, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à parler du nazisme et à mettre en accusation toutes les déclinaisons de l’extrême droite, du FN à Geert Wilders

Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs.

Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.

Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins, a refusé de nous transmettre sa version originale en français.) Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…

Un film remarquable

Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord, il poursuit : « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. »

Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (dont nous publions ci-dessous la réponse à nos questions), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris…

Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune…

Une mise au pas idéologique d’Arte

Cette lamentable affaire pourrait être une péripétie, un dérapage isolé au sein d’une institution médiatique publique, comme il ne peut manquer de s’en produire dans un monde soumis aux tensions et pressions à l’œuvre dans les sphères du pouvoir et dans la société.

Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle depuis le départ de Jérôme Clément et de ses principaux collaborateurs de la direction d’Arte. En témoigne l’exclusion des programmes de Daniel Leconte, producteur depuis deux décennies de documentaires pour des soirées Thema qui abordaient, sans complexes ni inhibitions, ce type de sujets dérangeants. La nouvelle présidente d’Arte, Véronique Cayla, voulait explicitement la peau de Leconte dès son arrivée. Et elle l’a eue. Dans le milieu des auteurs et producteurs de documentaires, il est maintenant acté qu’il y a des sujets impossibles à faire passer sur Arte. Seules la dureté du marché et la rareté des cases documentaires sur les chaînes de télé les retiennent, pour l’instant, de dénoncer publiquement cet état de fait.

Sabine Rollberg, elle aussi, jette l’éponge. Elle a demandé sa mise en retraite anticipée de la WDR, qui interviendra cet automne. Cette parfaite francophone, qui a participé à l’aventure d’Arte depuis sa création en 1992, est fatiguée de se battre, telle la chèvre de M. Seguin, contre le pôle allemand d’Arte qui considère cette chaîne comme une vache à lait destinée à financer des programmes conçus pour le seul public allemand, et une direction française qui a une conception du pluralisme dans la culture et l’information plus proche de celles d’unVladimir Poutine et d’un Recep Tayyip Erdogan que d’une grande démocratie occidentale.

Réponse d’Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte GEIE, à Causeur

Strasbourg, 5 mai 2017

ARTE, chaîne franco-allemande, n’est pas une chaîne comme les autres, au sens où ses programmes proviennent de plusieurs pôles, répartis sur une quinzaine de sites en France et en Allemagne. Dès lors, depuis 25 ans, elle a dû adopter un fonctionnement original par rapport à ses confrères, certes plus lourd mais tout à fait transparent et contrôlable par tous. Une conférence des programmes, composée de quatre Allemands et de quatre Français, se réunit une fois par mois et accepte des projets après concertation. Par ses textes fondateurs, ARTE s’interdit de diffuser un programme qui n’a pas été accepté par la conférence, ou qui ne serait pas tel qu’il a été accepté par la conférence.

ARTE, chaîne résolument engagée contre l’antisémitisme, comme 25 ans de programmation en font foi, a ainsi accepté la proposition de la chaîne allemande WDR d’un programme présentant un panorama de la montée récente de l’antisémitisme en Europe. Il devait s’intégrer aux nombreuses émissions qu’ARTE consacre à l’Europe, autre thème cher à la chaîne, en particulier en cette année 2017 aux enjeux particulièrement importants. Le programme qui a été livré porte essentiellement sur le Moyen-Orient. Nous ne pouvions donc pas l’accepter. Cette position n’a rien à voir avec un quelconque jugement sur la qualité du film, et encore moins sur les thèses qu’il défend. Mais nous ne pouvons pas laisser l’initiative à un tiers de ne pas respecter nos procédures, quel que soit le thème du film, et de décider tout seul ce que nous devons ou pouvons diffuser. Ces « procédures » ne sont pas bureaucratiques, mais sont destinées au contraire à éviter tout arbitraire. Il ne s’agit donc pas d’un « blocage de la diffusion » ni d’un quelconque jugement de fond, mais bien de l’exercice de nos responsabilités collectives, dans le cadre de nos textes fondateurs. 

Voir de plus:

Franco-German TV network drops film on antisemitism because it is ‘pro-Israel’

Benjamin Weinthal
The Jerusalem Post
June 7, 2017

Television network ARTE is facing some serious backlash after deciding to drop a film it commissioned about antisemitism in Europe.

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a « pro-Israel » light. . (photo credit:screenshot)

Editors from the Franco- German TV network ARTE have reneged on showing a widely acclaimed documentary on the explosion of lethal antisemitism in Europe, because the film is considered pro-Israel.

ARTE commissioned the 90-minute documentary, Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe, in 2015.

Joachim Schroeder, who filmed the documentary, told The Jerusalem Post on Tuesday that the editors failed to recognize that “modern antisemitism is anti-Zionism.”

He added that there is fierce opposition within European television outlets to refrain from bashing Israel.

“You can’t make a film on antisemitism without saying every three minutes that the Palestinians are the victims of Israelis.”

Le Monde wrote in its headline about the row: “ARTE, a hint of the censor.”

Schroeder, along with Sophie Hafner from his Munich-based Preview Production company, covered the most serious outbreaks of violent antisemitism in Europe in the film, including the Islamic-animated murders of French Jews and Israelis in Belgium and France.

European political support of antisemitism targeting Israel is presented in the film, including a speech by the Palestinian Authority’s Mahmoud Abbas who told European lawmakers that rabbis urged Israel’s government to poison Arab water supplies.

The European Parliament rewarded Abbas with a standing ovation.

According to The New York Times, Abbas’s speech of June 23, 2016, recalled “antisemitic claims that led to the mass killings of European Jews in medieval times.” Martin Schulz, then-president of the European Parliament and currently the Social Democratic challenger to Chancellor Angela Merkel for the leadership of the German government, praised Abbas’s speech.

The film shows the growth of the BDS campaign targeting the Jewish state. The research into the film covered a BDS event in Munich, which in 2015 provided city-funded space to Christoph Glanz, a leading BDS advocate, to call for the boycott of Israel.

The Simon Wiesenthal Center cited Glanz, a public school teacher in the northern city of Oldenburg, in its list of the Top Ten Worst Anti-Semitic/ Anti-Israel Incidents in 2016.

“Glanz, who has tried posing as a Jew to avoid charges of antisemitism, recently called for the eradication of the State of Israel and relocation of its Jews to southwestern Germany,” the Wiesenthal Center noted.

Leading experts on antisemitism, Islamism and German history endorsed the film as an outstanding exposé on the new forms of antisemitism plaguing Europe.

Writing in the Berliner Zeitung daily, Götz Aly, a German historian who has written books about antisemitism, said ARTE’s decision to not show the film “stinks to high heaven.” He spoke of a censor at work. ARTE and its sister outlet in Germany, WDR, are publicly funded outlets.

Israeli-Arab psychologist Ahmed Mansour, in an email to Sabine Rollberg, the Cologne-based editor-in-chief of WDR/ARTE, said the film was “great” and “long-overdue.”

Mansour lives in Germany and is an expert on radicalization among Muslims.

Rollberg faced massive criticism because she voted at an editorial meeting to show the film. According to German media reports, ARTE editors ultimately decided not to show Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe because “The film is a provocation,” “The film pours oil into the fire,” “The film shouldn’t be shown because of terrorism,” “The film is anti-Protestant, anti-Muslim and pro-Israeli,” “The film is biased.”

ARTE, in a statement on Tuesday, said the accusation of antisemitism leveled against it is “grotesque,” and that for it “can attest to its engagement against antisemitism for the past 25 years and it will continue to do so in the future.”

ARTE claimed that Schroeder violated its program plan and focused largely on the Middle East, and did not address antisemitism in Norway, Sweden, the UK, Hungary and Greece.

Schroeder flatly denied ARTE’s account, saying that he delivered by filming antisemitism in Germany and France. A 90-minute film can’t possibly cover antisemitism “from Oslo to Minsk,” he added.

WDR said it “respects ARTE’s decision” and “rejects the accusation of antisemitism.”

Alex Feuerherdt, a journalist who has written extensively on German antisemitism, rejected ARTE’s assertion that it fights antisemitism. “ARTE has always in the past showed films in its program that present Israel in a dark light,” he noted.

A Post query to Tom Buhrow, the head of WDR in Cologne, was not immediately returned.

Voir encore:

G-W Goldnadel : « Ce que révèle l’indifférence vis-à-vis de la mort de Sarah Halimi »
Gilles William Goldnadel
Le Figaro
22/05/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, Gilles-William Goldnadel dénonce l’occultation de la réalité qui entoure le « nouvel antisémitisme » en France. Avocat de la famille de Sarah Halimi, il revient notamment sur son assassinat, d’une violence inouïe.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules.

C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée.

Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables.

C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».

Son auteur s’appelle Luc Rosenzweig. Après avoir officié longtemps dans les colonnes du journal Libération, il est devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite.

Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière…

Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.

Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»

Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».

Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république.

Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique»

On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire.

Je précise, pour mettre en perspective, que le CSA ne s’était pas saisi, pas plus qu’il n’a encore répondu à ma saisine, des appels au meurtre d’un président démocratiquement élu à la présidence des Etats-Unis tenus par Laurent Ruquier sur la deuxième chaîne nationale de service public.

Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique.

Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…»

Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche.

C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier.

Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés.

Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter.

Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs.

À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive».

De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux.

Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison.

Mais ce qui serre le plus le cœur de l’homme et de l’avocat, ce qui révolte son esprit, ce qui fait chavirer son âme pourtant douloureusement habituée, s’appelle l’indifférence publique.

Je ne parle pas de l’opinion. La malheureuse est égarée depuis trop longtemps par ceux qui la font et la trompent, et lui montrent ce qu’ils veulent, et lui cachent ce qu’ils ne veulent montrer.

L’idéologie est un mauvais génie.

Elle s’appelait Sarah Halimi.

Voir par ailleurs:

Meurtre de Sarah Halimi : un appel pour que la lumière soit faite

Une quinzaine d’intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin dite. L’essayiste Céline Pina nous explique pourquoi.

Le Point

02/06/2017

Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption.

Pensez-vous que l ‘institution judiciaire a fait preuve d ‘un doute coupable sur ce dossier ?

L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits.

Est-ce un meurtre à caractère antisémite ? Un acte terroriste ? Un coup de folie ?

Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister…

Voir aussi:

Ferrand, Sarnez, Bayrou… La spirale sans fin de la moralisation

Même sans suite judiciaire, les soupçons sur l’exemplarité des ministres sont devenus un motif d’appel à la démission. Pour le meilleur et pour le pire
Geoffroy Clavel
The Huffington Post
31/05/2017

POLITIQUE – « Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires.

Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique.

La polémique Ferrand n’est pas l’affaire Fillon: et alors?

Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite.

Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique.

C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. « La loi, elle ne suffit pas, il faut un climat de confiance. Il faut trouver un moyen d’éradiquer le doute », a renchéri la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les Français ne leurs donnent pas tort. 70% des personnes interrogées par Harris Interactive pour RMC et Atlantico estiment que le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner contre 30% qui estiment qu’il peut rester en place. D’après cette enquête, 73% des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves.

Une dénonciation politique se mue en motif de démission

Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus.

« On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ».

De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles.

La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. Selon l’étude Harris Interactive, 65% des Français jugent que les faits qui lui sont reprochés sont graves. 62% estiment qu’elle devrait démissionner.

La mise en examen, un critère bancal de démission

Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul.

Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019?

Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen.

Voir de même:

Gilles Kepel : « Les islamo-gauchistes, ces charlatans ! »

Dans l’entretien qu’il nous accordait à l’occasion de la sortie de son livre « la Fracture », Gilles Kepel accusait une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’islam.

Sara Daniel
L’Obs
02 novembre 2016

Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences-Po, Gilles Kepel publie cette semaine chez Gallimard « la Fracture », un livre conçu autour des chroniques radiophoniques qu’il a tenues chaque semaine sur France-Culture. Entretien.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment « les autruches de la pensée dénégationniste », qui situent la cause du mal absolu dans l’islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l’heure où le débat politique sur l’islam n’en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d' »islamo-gauchistes » ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ».

Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ».

Dans votre livre, vous revisitez l’incroyable enchaînement des faits de l’été 2016 : de l’attentat de Nice à l’irruption de la question du burkini dans le débat public.

L’attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D’un côté, c’est le symbole de la « fête païenne » du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l’émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l’exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l’attentat survient sur le lieu emblématique de l’hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l’indique, c’est international, c’est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d’Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l’occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C’est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, « Passion française », vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une « alliance anticapitaliste et antisioniste ». Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l’horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la « Terreur » n’était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu’il a exécutés, avant de faire un slam qu’il adresse à François Hollande, s’inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l’omniprésence de l’islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme.

C’est la grande question qui déchire les spécialistes de l’islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu’il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l’époque ont soutenu Saddam Hussein contre l’Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d’argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l’exacerbation de l’identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j’ai publié en 1987 « les Banlieues de l’islam », les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d’une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l’islamisation de la radicalité d’une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l’analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d’université !? Ça n’a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément.

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?

En posant d’abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent…

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.

Voir aussi:

The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all?

The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam. Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing some of them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”.

In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

The chances of any of these measures being taken, though, are slim. There will be inevitable claims that judge-made human rights law, which has often protected the “rights” of extremists rather than their victims, cannot be set aside without “destroying British values”.

Jihadist terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

 Voir également:

What must be done to stop terror in Londonistan

June 7, 2017

In the wake of the latest Islamist atrocities in Britain, the murderous vehicular rampage on London Bridge and then the frenzied stabbing of people enjoying a Saturday night out in local eateries, the ensuing blame game has merely highlighted the need to start facing up to what it takes to defend a free society.

Join me here for my take on these grievous events and what Britain should now be doing. A transcript follows below the video.

Does the Prime Minister read my column? In yesterday’s Times, I wrote that the chances of Theresa May doing what needs to be done to tackle Islamist extremism and terrorism are slim because of the constraints of human rights law.

Lo and behold: last night Mrs May announced she would take further condign measures, such as making it easier to deport extremists and restricting the movements of terrorism suspects when there was evidence they posed a threat but which wasn’t enough to present to a court.

“If human rights laws get in the way of doing those things,” she said, “we will change those laws to make sure we can do them”.

Well, I’ll believe that when I see it. The hue and cry that she is proposing to “rip up human rights laws”, as the Guardian put it in its usual tendentious manner, has already started.

The former Director of Public Prosecutions and Labour’s shadow Brexit spokesman, Sir Keir Starmer, claimed on the Today programme this morning (0810) that human rights law had never prevented any Islamist extremist from being properly dealt with. Yet in case after case human rights law has prevented deportations from taking place on the grounds that the suspect’s right to family life takes precedence, or the absence of human rights in the country to which he would be deported meant he couldn’t be sent there, and so on.

The Labour leader, Jeremy Corbyn, says would-be terrorists won’t be deterred by restricting our rights at home. Instead he’s been blaming Mrs May for failing to keep Britain safe from terrorist attacks.

Coming from him, this charge is just astounding. For Corbyn and his Labour party colleagues, backed by the judiciary and the civil liberties lobby, opposed just about every single attempt over the years to beef up security on the grounds that these measures supposedly eroded fundamental human rights. The human rights, that is, of the extremists and terrorists rather than their victims’ right to life and safety.

Faced with the courts’ refusal to deport, the government wanted to lock upon foreign terror suspects. Faced with protests that such detention without trial breached suspects’ human rights, the government introduced control orders. Face with protests that control orders breached suspects’ human rights, the government introduced the deeply inadequate T-PIM restrictions. Yet despite having helped emasculate, cripple and paralyse Britain’s security, the Corbyn Labour party has the gall to pose, on the eve of the general election, as the guardians of public safety.

In the wake of the recent atrocities in London and Manchester there are indeed legitimate and necessary questions to be asked about intelligence and policing mistakes. We’ve learned, for example, that some of these terrorists were on the security radar for a while but then dropped off.

But the police and security service have been foiling plot after Islamist plot: five over the last three months, in addition to the three attacks that tragically did succeed during this period. Maybe there are just too many Islamists in Britain nowadays to cope with. MI5 is monitoring no fewer than 3,500 homegrown terrorist suspects. So it’s not surprising that Britain’s top counter-terrorism police officer, Mark Rowley, says Britain needs to radically rethink its strategy because the terrorism threat is now at a “completely different” level of danger.

But any such new strategy will also fail unless basic assumptions change. Because the elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge attack, Britain is still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers” or “sick cowards”, as some have described them. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In an article in The Times, the Communities Secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions” and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s really the case then why should Muslims need to do anything at all?

The west views Islam through its own cultural prism which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

In Australia Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia Muslim cleric who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadi Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world.

Which is why in 2015 Egypt’s President Abdel Fattah al Sisi remarkably told the imams of al Azhar university in Cairo – the epicentre of Islamic doctrinal edicts – that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants” and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam.

Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. A poll of British Muslims last year found that nearly a quarter wanted sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent – equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. Only one in three would report to the police someone supporting terrorism in Syria.

In other words, we need to see jihadi Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw sharia courts because, since sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

Subversion is the attempt to undermine and overthrow our free society. But the very concept of subversion has become identified with a suppression of free speech. The website of MI5 states:

“During much of the 20th century, subversion was a major concern for MI5. This threat diminished sharply following the end of the Cold War. We no longer undertake counter-subversion work, and would only resume doing so if our monitoring of emerging threats suggested an increase in the subversive threat”.

But the Islamic jihad aims to overthrow and conquer western society through both violence and cultural takeover. The Muslim Brotherhood has a stated programme of infiltrating western institutions to achieve that end. I’d say that represented a pretty major increase in the subversive threat, wouldn’t you? Isn’t it time the government banned the Muslim Brotherhood from Britain? Isn’t it time MI5 woke up from its politically-correct torpor to bring counter-subversion back from exile?

As I’ve said, though, any such measures will be opposed with inevitable claims that they will “cause social division” or “destroy British values”. Such protests are already being made.

Jihadi terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

Voir enfin:

Macron: “La langue française n’a pas à être protégée”

Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Causeur

12 avril 2017

Causeur. Après la polémique suscitée par vos déclarations en Algérie, vous avez tenu à revenir sur la question identitaire avec une tribune dans Le Figaro et un entretien auJDDC’est que, vous le savez, définir et préserver ce qui fait de nous un peuple importe à beaucoup de Français. Toutefois, on a l’impression que ces sujets ne vous passionnent pas et ne vous parlent guère. Vous dites que « notre nation est faite d’enracinement et d’ouverture » mais, au-delà de quelques gestes symboliques, vous êtes plus perçu comme le candidat de la nouveauté et de l’ouverture que comme celui de l’enracinement historique. Acceptez-vous ce diagnostic ?

Emmanuel Macron. Je ne l’accepte pas, mais il ne me surprend guère ! D’abord, sommes-nous si sûrs que l’identité n’est pas au cœur de la campagne ? J’entends, moi, le discours deMme Le Pen sur les frontières ou les propos de M. Fillon sur le « racisme antifrançais ». Si vous avez l’impression que ce discours ne prospère pas, c’est qu’il n’atteint pas les profondeurs du peuple français. Le génie français n’est pas dans ce culte rétréci d’une identité idéalisée. Il ne réside pas non plus dans le multiculturalisme, cette superposition de communautés hermétiques. Le génie français, c’est un imaginaire partagé. Cet imaginaire s’ancre dans notre langue commune. C’est notre premier enracinement. Il s’ancre dans une histoire, des territoires, des paysages. C’est notre second enracinement. Mais notre langue, notre histoire, nos territoires, nos paysages ne sont pas univoques. Ils ne sont pas une serge brute ni un patchwork mal cousu. La culture française est une moire. Alors oui, je le concède, la stérile opposition entre identité et multiculturalisme dans laquelle on veut nous enfermer et qui ne correspond à rien ne me passionne guère. La culture française me passionnelorsqu’elle est ce carrefour de sensibilités, d’expériences et d’influences. C’est ce que j’appelle l’ouverture. Je vois bien cependant l’usage politique que certains veulent faire de notre héritage commun pour l’opposer aux communautarismes : la passion de certains pour une identité française univoque et transhistorique est un geste de résistance aux dissolvants du multiculturalisme mondialisé. Eh bien, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas transiger : je prends la culture française telle qu’elle est, avec ses complexités et ses confluences, et je l’oppose fièrement aux communautarismes rétrécis comme aux nationalismes simplistes.

Donc, vous aimez la culture comme carrefour. « Le fondement de la culture française,écrivez-vous, c’est une ouverture sans pareil. » Nous, c’est l’Autre. Alain Finkielkraut s’interroge et vous interroge : « Que partage-t-on quand on partage une ouverture ? »Vous dites aussi que la culture française est « un fleuve avec de nombreux confluents », mais vous semblez refuser l’idée que le fleuve, même ainsi enrichi, suit son propre cours…

Il est impossible de faire un pas dans notre culture sans tomber sur l’Autre. Cela en navrera certains mais c’est une vérité historique. Faut-il mentionner la civilisation romaine qui nous a façonnés ? Les invasions diverses qui ont irrigué nos territoires ? L’irruption de l’Italie au cœur de notre art ? La fascination de nos écrivains pour l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, le Japon, le Maghreb, les États-Unis et tant d’autres cultures ? Nous nous sommes construits dans un tressage infini d’influences et d’attirances vertigineuses. Nous sommes un grand pays de passeurs et de traducteurs. Nous n’avons eu de cesse de sonder le génie de Shakespeare avec Stendhal et Hugo, celui de Dostoïevski avec Gide et Sartre, celui de Joyce avec Larbaud… mais notre creuset ultime reste la langue française, ce grand fleuve qu’alimentent tous ces confluents. Il y a influence, donc confluence. Ce n’est pas être multiculturaliste, cela. C’est regarder en face la vérité de notre culture. Les adeptes du repli identitaire trahissent notre génie national lorsqu’ils réduisent le panthéon de nos références culturelles à un corpus amaigri, excluant ce qui ne colle pas avec le projet politique qu’ils veulent porter. Voilà ce qu’on partage lorsqu’on partage l’ouverture : cette curiosité insatiable, cette recherche de l’autre qui n’est autre qu’une quête inlassable de l’universel. C’est cela, notre humanisme. D’autres cultures ont préféré explorer leurs racines, leur folklore, et s’inventer une identité où prime l’enracinement des générations, le legs ancestral d’une mémoire linéaire. Ils ont forgé une mythologie du sol et du sang. Le génie français ne repose pas sur le droit du sang.

Notre pays triomphe, dites-vous, avec des écrivains contemporains appelés Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou. Votre bibliothèque, comme le premier gouvernement de Sarkozy, ressemble à un casting. Et si on parle d’écrivains contemporains, il semble étonnant d’oublier des noms comme Houellebecq ou Carrère…

Permettez-moi de sourire devant tant d’assurance normative… Je vous laisse libre de votre jugement mais vous m’autoriserez à n’y pas souscrire. Ndiaye (dont la mère est française), Slimani (dont la mère est franco-algérienne), Mabanckou (qui est franco-congolais) sont advenus à la culture française par la langue française et ils y occupent une place éminente. C’est cela qui me semble essentiel. On devient français par la langue française. Michel Houellebecq fait par ailleurs partie des écrivains pour lesquels j’ai une admiration sincère car ses œuvres décryptent les vertiges et les peurs contemporains. Dans la même phrase, j’ai cité Kessel, Troyat et Apollinaire (sans doute encore un « casting »). J’aurais pu ajouter ici Alain Finkielkraut. Il est lui-même la preuve que sans avoir derrière soi des générations d’enracinés, on advient à la culture française d’éminente manière. Dans la langue française il a trouvé une mémoire, une sensibilité, une vision du monde, des valeurs qu’il a faites siennes et dont il est aujourd’hui un thuriféraire zélé et inquiet. Que l’Académie française l’ait accueilli dans ses rangs aux côtés d’héritiers patentés – qu’on songe à la longue histoire des d’Ormesson – est un motif de fierté nationale. Nous devons donc chérir notre héritage, mais faut-il oublier qu’il agrège des mémoires diverses ? La culture française n’a eu de cesse de se construire dans la contre-culture, de Villon à Artaud en passant par Sade et Baudelaire. La même année, Les Fleurs du mal et Madame Bovary furent condamnés et censurés par la justice. C’est cela, aussi, la France. Faut-il que la peur de la désagrégation nous fasse renoncer aux aspects subversifs de notre culture ? Faut-il que le désir d’opposer une identité marmoréenne aux aléas de la mondialisation nous fasse reconstruire une culture et une mémoire officielles ? On tombe dans les travers du casting lorsqu’on asservit notre culture à la visée politique de répliquer aux dérives multiculturalistes. Charles Péguy et Jeanne d’Arc deviennent les porte-enseignes de combats qu’ils n’ont jamais voulu livrer. Dans ma bibliothèque, comme vous dites, Saint-Simon côtoie Beckett, Ionesco fréquente Corneille, Proust voisine avec Kundera. Il n’y a là aucun relativisme culturel : simplement la certitude que notre culture, dont le socle est notre langue, n’a rien à gagner en s’efforçant de se réduire aux critères contemporains d’une « identité », c’est-à-dire à se ravaler elle-même au rang d’une communauté. Il n’y a pas de « communauté française », mais une nation et une culture qui transcendent absolument la géométrie réductrice des communautarismes.

Justement, vous affirmez la langue française est notre trésor commun. Fort bien. Que ferez-vous pour la protéger ? Que pensez-vous du slogan « Made for sharing » choisi pour la candidature de Paris aux JO ? Tout le monde a ricané sur la « clause Molière » mais si elle est une mauvaise réponse, n’y a-t-il pas une bonne question ?

La langue française n’a pas à être « protégée » : elle est la troisième langue la plus parlée dans le monde. Mais elle doit être enseignée avec intransigeance, car la cohésion nationale repose sur la maîtrise de la langue. Lire et écrire le français n’est pas seulement un passeport pour le marché du travail. C’est le vecteur premier d’intégration dans notre société. C’est pourquoi je souhaite que la lecture et l’écriture soient le premier combat de l’école. C’est pourquoi aussi j’assume une discrimination positive à l’égard de ceux qui sont les plus éloignés de la langue : c’est là un enjeu de reconquête républicaine comparable à celle menée dans nos campagnes reculées par les hussards noirs de Ferry. Ce combat, nous ne devons pas le perdre. Si nous ne partageons pas tous la langue française et ce qu’elle charrie de notre culture, notre pays se fragmentera en communautés hermétiques. La langue française est le remède antighetto. C’est pourquoi aussi je rétablirai l’enseignement du grec et du latin, qui en sont l’armature. C’est pourquoi enfin je souligne souvent la nécessité de revenir à l’histoire « chaude », celle des grandes figures et des héros de notre histoire : autour de ces figures, qu’il s’agisse de Bayard ou de Jean Moulin, nous construisons du commun. Je souhaite également que l’obtention de la nationalité repose sur la maîtrise de notre langue ; j’y veillerai. Enfin, je crois que la puissance publique doit donner l’exemple de l’amour et du soin de la langue française. J’ai ainsi proposé que l’emblématique château de Villers-Cotterêts, aujourd’hui laissé dans un état d’abandon contre lequel la mairie Front national se mobilise bien peu, devienne un haut lieu de la langue française et de la francophonie. Cela répond à votre question sur le choix fait par la Mairie de Paris. Quant à la clause dite Molière, elle me semble relever de Tartuffe : elle n’a rien à voir avec la promotion de la langue française et tout à voir avec la lutte contre les travailleurs détachés illégaux. Prenons ce problème économique à la racine au lieu de le faire par des voies de contournement un peu absurdes. Un travailleur détaché parlant français reste un travailleur détaché et cela ne résout pas le problème de fond.

Macron: “La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle”

Notre entretien exclusif sur la France (2/2)

Causeur. On a souvent l’impression que vous tentez de satisfaire des aspirations opposées, ce qui est peut-être louable quand on prétend représenter et protéger l’intérêt général. Néanmoins, sur ce qui fait la cohésion culturelle de notre société, toutes les options ne sont pas conciliables. Historiquement, la France a préféré le modèle républicain (assimilation, puis intégration), qui demande aux nouveaux arrivants et à leurs enfants de s’adapter, au multiculturalisme, ce qui signifie que l’égalité entre les individus n’entraîne pas l’égalité entre les cultures. Ce modèle est-il rendu obsolète par la diversité de notre société ? Devons-nous rompre avec cette tradition pour accueillir des populations musulmanes venant de cultures plus « lointaines » ?

Emmanuel Macron. Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIeRépublique s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ?

Mais si vous êtes un défenseur de la langue française et de la laïcité, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?

La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique.

Tout de même, quand vous déclarez qu’il n’y a pas de culture française mais une culture en France, vous penchez vers le modèle multiculturel. Voilà ce qu’a écrit Alain Finkielkraut dans Causeur : « Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. Autrement dit, pour ceux qui se retrouvent sous cette bannière, la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace. L’espace-France accueille la diversité et sur cette diversité des goûts, des pratiques, des musiques, des origines, nulle antériorité ne saurait prévaloir, nulle hiérarchie n’est en droit de s’exercer. Tout est égal et puisque tout est différent, tout est pareil. De “français” à “en France”, il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle. Au nom du progrès, Emmanuel Macron nous invite à franchir ce pas. Au lieu de s’inquiéter de la désintégration française qui se produit sous nos yeux, il l’accompagne, il la conceptualise, il en recouvre la violence par l’éloge du multiple. » Que lui répondez-vous ?

Je regrette que le grand lecteur qu’est M. Finkielkraut n’ait pas fourni l’effort de lire mes propos plus attentivement. Il aurait constaté de lui-même que ce fantasme de l’égalisation culturelle, du « tout se vaut », du déracinement ne fait pas partie de mes valeurs ni de mes propositions. Il aurait vu combien le devenir de la langue française m’importe. Il m’aurait entendu dire combien j’aspire à ce que les enfants les plus éloignés de la culture s’en rapprochent – et non sous les dehors d’une culture adaptée à leur sociologie comme le rap ou le hip-hop, mais à travers le contact véritable avec les grandes œuvres. Si M. Finkielkraut m’avait lu, il saurait d’où je viens et sur quoi je fonde ma vision de la culture française. Il saurait par exemple que mon propos sur la « culture en France » s’oppose justement à la réduction par les identitaristes de notre culture à un arbre sans branches. André Chastel, dans son Introduction à l’histoire de l’art français, dit-il autre chose que cela ? Je le cite : « La France filtre. Elle reçoit et elle tamise. De tous les côtés, elle est pénétrable. Ses ouvriers, sûrs d’eux-mêmes, se servent à droite et à gauche, comme si tout leur appartenait de droit. En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus. On va de l’avant, outil en main. Cette démarche est constante dans le pays composite et riche de contraires qu’est la France. Si on la néglige, si on cherche une définition de l’art français en dehors de ces mouvements d’acquisitions et de filtrage, on n’arrive qu’à une notion pauvre et plutôt décevante, qui s’épuise vite dans la célébration de la finesse et de la clarté. » Ainsi, M. Finkielkraut a raison : je ne m’inquiète pas de la désagrégation française. Nous restons ces ouvriers sûrs d’eux-mêmes qui ne craignent pas de se dissoudre dans le divers, parce que nous avons derrière nous une histoire, un héritage, une force enfin qui nous préservent de la désagrégation. À nous de faire valoir cette force et cette volonté de poursuivre ensemble ce qui nous a fait. Craindre, s’inquiéter, redouter n’a jamais conduit à rien.

Si, à voir la réalité telle qu’elle est, y compris quand elle nous déplaît. Un certain nombre de Français pensent que notre identité collective est menacée par la montée de l’islam radical. Ont-ils tort ? Est-ce de l’islamophobie ?

Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille.

Cela suffira-t-il à endiguer la montée d’une forme de piété et de rigorisme qui tend à isoler du reste de la société. Au-delà du terrorisme, il y a un séparatisme pacifique. Le combattrez-vous et comment ? 

Le rôle d’un président de la République n’est pas de combattre les croyances mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l’ordre public républicain. Si les courants religieux que vous décrivez aboutissent à remettre en cause l’ordre républicain, notamment dans la place qu’ils assignent à la femme, ils seront sanctionnés durement. Certains le sont déjà. Il faudra poursuivre. Pour détecter ces dérives, nous avons besoin de rétablir une police et des services de renseignements au plus proche du terrain. Je les rétablirai.

Notre pays est fracturé, là-dessus tout le monde est d’accord. Que proposez-vous pour faire aimer la France à tous les Français, ceux des banlieues et ceux de la Manif pour tous… ?

Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable.

Voir par ailleurs:

How European Agencies Suppress Key Anti-Semitism Data

Interview with Professor Amy Elman: The EU Agency repeatedly asked the Center for Research on Anti-Semitism to alter their ‘divisive’ findings connecting Muslims with the phenomenon.

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Dr. Manfred Gerstenfeld
Israel national news
23/09/14 06

“From the year 2000 on, anti-Semitic incidents in many European Union member states increased substantially. They were fired up by the second Palestinian intifada, the anti-Israel incitement at the 2001 Durban world anti-racism conference and 9/11. Admission by official European bodies of this ‘new’ anti-Semitism’s impact, and exposure of the originators was slow and often distorted.

“The European Monitoring Center for Racism and Xenophobia (EUMC) was officially established through a European Council Regulation in 1997. Its creation coincided with the 1997 Year against Racism, an outgrowth of the 1994/5 Commission on Racism and Xenophobia (the Kahn Commission).  In 2002, the EUMC embarked on a study on anti-Semitism. Its handling of the findings led to an international scandal.”

R. Amy Elman is the Weber Professor in Social Science at Kalamazoo College, Michigan. Her upcoming book The European Union, Anti-Semitism and the Politics of Denial explores the EU’s efforts against anti-Semitism and their consequences.[1]

“The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings.

“The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves.

“The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003.

“The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ The CRA also suffered as the EUMC had characterized its research – of which the EUMC itself had established the parameters – as ‘methodologically unsound.’

“In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation.

“In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts.

“That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation.

“By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum.

“Nowadays, the EUMC’s successor, the European Agency for Fundamental Rights (FRA) also seems reluctant to identify anti-Semitism and classify its perpetrators. In 2013, the FRA disavowed its predecessor’s working definition of anti-Semitism months before releasing its own report on anti-Semitism. Furthermore in a fact sheet summary of the methodology and key findings of the 2013 report (‘Jewish people’s experience of discrimination and hate crime in European Union Member States’) data pertaining to the perceived perpetrators is conspicuously absent.

“The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact.”

Sources:

[1] University of Nebraska Press, 2015


Guerre des Six-Jours/50e: Attention, une occupation peut en cacher une autre (Let’s stop the ahistoric occupation nonsense: it was annihilation, stupid !)

10 juin, 2017
https://i2.wp.com/coolisrael.fr/files/2017/06/kotel19672-600x394.jpg
https://i2.wp.com/www.mrdrybones.com/blog/D17605_1.gifSouviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. Exode 20: 8-11
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer. (…) En quoi, pourquoi Israël est-il l’Europe ? Certes par l’origine de ceux qui ont bâti son État, imposé les conditions du rassemblement de son peuple. Mais cela ne suffirait pas, si l’Europe historique, d’où étaient revenus ces revenants, n’avait été elle-même modelée sur l’histoire du peuple hébreu, n’avait repris la mission du peuple de Dieu dans une « chrétienté ». La couronne du Saint Empire portait l’effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France – avant Bossuet, de l’aveu même de Machiavel – était « tirée de l’écriture sainte », et les nations, jusque dans l’hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l’obéissance au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. L’échec final de la Chrétienté en Europe, et de sa « mission » sur les autres continents, rendant apparemment vaine la diaspora, la dispersion du peuple juif, permettant à de modernes empires de prétendre que la croix elle-même avait été vaine, restituait nécessairement aux Juifs leur charge originelle, l’idée de cette charge, transformée par l’aventure de vingt siècles. Échec déjà évident autour de la première guerre mondiale qui justifia la première entreprise sioniste, mais combien plus éclatant et terrible avec la seconde et l’entreprise démoniaque du germanisme hitlérien. Toute l’Europe en fut victime, mais nul peuple, nulle communauté comme les Juifs ; s’ils avaient espéré que l’échec du Christ et de la Chrétienté les libérerait, les assimilerait, si les « libéraux » ou « révolutionnaires », parmi eux avaient contribué puissamment à cet échec selon le monde, bref s’ils étaient souvent restés « Juifs charnels » selon Saint Paul, à mesure que les chrétiens le devenaient, l’atroce massacre désabusait à jamais les survivants, autant que les chrétiens antisémites : la croix gammée avait bien élevé sa prétention abominable contre la croix du Christ, et c’est d’un même Dieu, le Dieu judéo-chrétien qu’elle avait proclamé la mort, avec un sérieux pratique supérieur à toutes les mythologies du marxisme ou de l’existentialisme athées. La création de l’État d’Israël fut la seule rançon, la seule création positive répondant à l’horreur infinie de la seconde guerre mondiale. Cette guerre finalement « victorieuse », libérant quelques-unes des nations opprimées, consacrant ou renouvelant la servitude de beaucoup d’autres, n’a symboliquement et directement produit que cette liberté-là. Elle a donné aux « Européens » qui avaient le plus souffert de l’entreprise contre ce qui restait de la Chrétienté (paradoxalement aux Juifs qui, dispersés, étaient, dans la vraie conception du monde ancien, une part significative de cette Chrétienté, même quand ils étaient persécutés par elle), le droit à exister comme État et dans l’histoire.  Oui l’Europe qui avait, par la première guerre mondiale, perdu sa primauté réelle, devait, par la seconde, en perdre jusqu’aux restes et aux apparences. Et les perdre au profit de deux images d’elle-même accomplies en cauchemar, des deux puissances issues de deux « diasporaï » de l’ancienne Chrétienté, celle des « pères fondateurs » de l’Amérique, pèlerins du Mayflower, et celle des prophètes de la révolution accomplissant, ou abolissant, leur rêve dans la nouvelle Russie. Quelque puissance limitée, au niveau des nations, et quelque ferment de son ancienne grandeur selon l’esprit, lui restaient ; mais non comme Europe, et nullement comme effet de la « victoire ». L’unique nouveauté qui eût son visage, qui ressemblât à ses douleurs, qui réunît ses espérances, ce fut Israël. L’extraordinaire (hors d’un ordre chrétien qui n’avait pas réussi à modeler l’histoire, mais fidèle à l’origine même de cet ordre) n’était pas demeuré impossible. Et les chrétiens de nos antiques nations ne pouvaient voir en ce retour une contradiction à leur espérance en la conversion finale du dernier Juif, qui doit précéder la « parousie » : d’abord parce que l’État d’Israël ne rassemblerait jamais tous les Juifs ; ensuite parce que la nature fondamentalement théocratique de cet État, son enracinement dans le sacré, en dépit de toutes les grimaces laïques et démocratiques, constituaient par eux-mêmes une sorte de « conversion », et une promesse de retour à la source première, où la naissance et le Christ ne s’opposent pas, mais fondent ensemble la « nation », pour les autres peuples enracinés dans l’histoire chrétienne. Pierre Boutang (1er juin 1967)
Israël n’est pas incompatible avec l’existence des peuples arabes, en leur diversité, et qui auraient oublié le principe conquérant de l’islam si quelques démagogues (d’ailleurs inspirés d’un autre islam, celui du germanisme nazi) ne l’avaient réveillé, et réveillé contre les seuls juifs. Pierre Boutang
Comme à l’origine, Israël est signe de contradictions, pierre de touche pour les nations et les empires dont il fait apparaître les contradictions, lui même restant, d’une manière inconnue, le lieu toujours privilégié de la contradiction utile, entre l’homme et son Dieu. (…)  Jérusalem pour des raisons bibliques, mais aussi de très concrètes et proche histoire ne peut qu’être confiée à la garde de l’État et du soldat juifs. La décadence et les crimes de notre Europe, anciennement chrétienne ont conduit à ce châtiment mystérieux, ce signe de contradiction ineffable comme tout ce qui tient à Israël. Pierre Boutang
On est capable en Occident, du moins certains d’entre nous, de dénoncer le totalitarisme, le colonialisme, la traite des Noirs ou l’extermination des Indiens d’Amérique. Mais je n’ai pas vu les descendants des Aztèques, les Hindous ou les Chinois, faire une autocritique analogue, et je vois encore aujourd’hui les Japonais nier les atrocités qu’ils ont commises pendant la Seconde guerre mondiale. La colonisation de certains pays arabes par les Européens a duré, dans le pire des cas, 130 ans: c’est le cas de l’Algérie, de 1830 à 1962. Mais ces mêmes Arabes ont été réduits à l’esclavage et colonisés par les Turcs pendant cinq siècles. La domination turque sur le Proche et le Moyen-Orient commence au XVe siècle et se termine en 1918. Il se trouve que les Turcs étaient musulmans – donc les Arabes n’en parlent pas. L’épanouissement de la culture arabe s’est arrêté vers le XIe, au plus le XIIe siècle, huit siècles avant qu’il soit question d’une conquête par l’Occident. Et cette même culture arabe s’était bâtie sur la conquête, l’extermination et/ou la conversion plus ou moins forcée des populations conquises. En Egypte, en 550 de notre ère, il n’y avait pas d’Arabes – pas plus qu’en Libye, en Algérie, au Maroc ou en Irak. Ils sont là comme des descendants des conquérants venus coloniser ces pays et convertir, de gré ou de force, les populations locales. Mais je ne vois aucune critique de ces faits dans le cercle civilisationnel arabe. De même, on parle de la traite des Noirs par les Européens à partir du XVIe siècle, mais on ne dit jamais que la traite et la réduction systématique des Noirs en esclavage a été introduite en Afrique par les marchands arabes à partir des XI-XIIe siècles (avec, comme toujours, la participation complice des rois et chefs de tribus noirs), que l’esclavage n’a jamais été aboli spontanément en pays islamique et qu’il subsiste toujours dans certains d’entre eux. Castorius Castoriadis
Je ne dis pas que tout cela efface les crimes commis par les Occidentaux, je dis seulement ceci: que la spécificité de la civilisation occidentale est cette capacité de se mettre en question et de s’autocritiquer. Il y a dans l’histoire occidentale, comme dans toutes les autres, des atrocités et des horreurs, mais il n’y a que l’Occident qui a créé cette capacité de contestation interne, de mise en cause de ses propres institutions et de ses propres idées, au nom d’une discussion raisonnable entre êtres humains qui reste indéfiniment ouverte et ne connaît pas de dogme ultime. (…) L’écrasante majorité de la planète ne vit pas l' »égalisation des conditions », mais la misère et la tyrannie. Et, contrairement à ce que croyaient aussi bien les libéraux que les marxistes, elle n’est nullement en train de se préparer pour accueillir le modèle occidental de la république capitaliste libérale. Tout ce qu’elle cherche dans le modèle occidental, ce sont des armes et des objets de consommation – ni le habeas corpus, ni la séparation des pouvoirs. C’est éclatant pour les pays musulmans – un milliard d’habitants -, pour l’Inde – presque un autre milliard -, dans la plupart des pays du Sud-Est asiatique et d’Amérique latine. La situation mondiale, extrêmement grave, rend ridicules aussi bien l’idée d’une « fin de l’histoire » que d’un triomphe universel du « modèle démocratique » à l’occidentale. Et ce « modèle » se vide de sa substance-même dans ses pays d’origine. Castorius Castoriadis
Égorge, égorge, égorge et sois sans pitié,  Égorge, égorge, égorge, et lance leurs têtes Dans le désert,  Égorge, égorge, égorge Tout ce que tu voudras,  Égorge tous les Juifs et tu vaincras. Oum Kalsoum (1967)
L’existence d’Israël est une erreur qu’il faut rectifier ; Voici enfin l’occasion d’effacer la honte qui s’est abattue sur nous depuis 1948 : notre objectif est clair :rayer Israël de la carte. Radio Damas (28 mai 1967)
Notre objectif sera la destruction d’Israël. Le peuple arabe veut se battre. Nasser
Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création. Rabin
En reconnaissance pour sa contribution, Rabin reçut l’honneur de nommer la guerre pour les Israéliens. Des suggestions proposées, dont  « La Guerre de l’audace », « La Guerre du salut » et « La Guerre des fils de la lumière », il choisit la formule la moins ostentatoire, la Guerre des Six Jours, évoquant les jours de la création. Michael Oren
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
Définir un ‘peuple’ par deux adjectifs… expliquer l’impérialisme israélien par la nature éternelle, l’instinct dominateur du peuple juif… Les Juifs de France ou, pour mieux dire, du monde entier, ont immédiatement saisi la portée historique des quelques mots prononcés le 28 novembre 1967 par le président de la République… Aucun homme d’État occidental n’avait parlé des Juifs dans ce style, ne les avait caractérisés comme ‘peuple’ par deux adjectifs. (…) Le général de Gaulle a, sciemment, volontairement, ouvert une nouvelle période de l’histoire juive et peut-être de l’antisémitisme. Tout redevient possible. Tout recommence. Pas question, certes, de persécution : seulement de ‘malveillance’. Pas le temps du mépris : le temps du soupçon.  (…) Pourquoi le général de Gaulle a-t-il solennellement réhabilité l’antisémitisme ? Afin de se donner le plaisir du scandale ? Pour punir les Israéliens de leur désobéissance et les juifs de leur anti-gaullisme occasionnel ? Pour interdire solennellement toute velléité de double allégeance ? Pour vendre quelques Mirage de plus aux pays arabes ? Visait-il les États-Unis en frappant les juifs ? Voulait-il soumettre à une nouvelle épreuve l’inconditionnalité de certains de ses fidèles qui ont souffert sous Charles de Gaulle ? Je l’ignore. Raymond Aron (1968)
Une troisième guerre mondiale a-t-elle commencé le matin du 5 juin 1967 ? La Croix (6 juin 1967)
Ceux qui ont montré tant de passion pour soutenir Israël dans la guerre devraient s’employer à convaincre les Israéliens que rendre justice aux Arabes est le meilleur moyen de construire la paix. (…) si Israël ne sait pas dominer sa victoire, il lui faudra recommencer dans dix ans, dans vingt ans. La Croix (7 juin 1967)
Les Israéliens ont eu la vitesse et la force. Les Arabes songent aujourd’hui que, pour leur part, ils auront le temps et l’espace : après avoir perdu la guerre de cent heures, ne pourraient-ils pas gagner la guerre de cent ans ? La Croix (8 juin 1967)
J’ai demandé à des familles aux Etats-Unis de me montrer les lettres que leur envoyaient à l’époque leurs proches vivant en Israël. J’en ai lu près de 500. Presque toutes, en 1966 et 1967, mentionnent la crainte d’un nouvel holocauste. C’est la grande peur, une panique sincère de la destruction imminente, qui s’infiltre dans tous les recoins de la société.  (…) Le conflit était en fait inévitable, car Israël était trop faible pour ne pas attaquer. J’ai établi une chronique de la montée de l’irrationnel. Lors des discussions de janvier 1967 entre le gouvernement et les services secrets du Mossad, on spécule sur les options de Hussein de Jordanie. Mais une conclusion s’impose clairement: en cas de conflit, l’annexion de la rive occidentale du Jourdain et de Jérusalem-Est ne serait pas dans l’intérêt national d’Israël. Le 5 juin 1967, quand les troupes de Hussein attaquent, la raison succombe aux pulsions viscérales. Certes, la guerre est gagnée. Le danger principal, l’Egypte, a été écarté après la destruction de 400 de ses avions. Mais on opte, néanmoins, pour l’offensive contre la Jordanie, pour l’occupation de la rive ouest et surtout celle de Jérusalem- Est. Israël va s’emparer de lieux saints musulmans et chrétiens, un geste aux conséquences internationales immenses. Pourtant, lors de la réunion avec Eshkol, l’état-major et le Mossad, il n’y a même pas eu un juriste pour évaluer les risques. On y va, c’est tout. On ne réfléchit pas. On reste au niveau du fantasme et du rêve. (…) Mais ne soyez pas tenté de voir dans cette décision un calcul politique, une manoeuvre cynique pour résoudre la crise intérieure de l’époque. Nous sommes dans le champ de l’irréfléchi. Je me souviens, d’ailleurs, m’être précipité, à l’époque, pour aller voir Jérusalem-Est, car j’étais persuadé que, dans les jours qui suivraient, nos troupes devraient partir. Tout le monde partageait l’opinion que le cours des événements nous forcerait à revenir au statu quo ante. En fait, Israël venait de passer le point de non-retour. D’après les documents que j’ai obtenus, Hussein était pourtant prêt à une paix durable si on lui rendait Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Mais, politiquement et psychologiquement, il nous était devenu impossible de le faire de notre plein gré. A posteriori, se forgeait le mythe qu’il relevait de la mission, de l’essence d’Israël de détenir tout Jérusalem. C’est étrange car, en fait, hormis le mur des Lamentations, il n’y a pas grand-chose de juif là-bas. Et, d’une manière ou d’une autre, les lieux de prière auraient pu être rendus accessibles sans recourir à l’annexion. (…) Un souvenir personnel de juin 1967: en passant en voiture en Cisjordanie, j’ai voulu prendre une photo d’une colonne de réfugiés sur le bord de la route. Mes camarades ont tenté de m’en empêcher, comme s’ils refusaient de matérialiser leur existence. Tout le monde savait qu’il fallait trouver immédiatement une solution pour les Palestiniens, profiter au mieux du choc initial pour assurer les déplacements de population. L’idée la plus simple consistait à les installer en Cisjordanie. Le plan n’aurait coûté que 40 millions de dollars en dix ans – une misère! – et tous les grands philanthropes juifs, à commencer par les Rothschild français, étaient partants pour financer l’opération. Mais non… Notre gouvernement semble alors incapable de prendre une décision et s’enfonce dans le déni. Il s’en tient à une ligne: c’est à l’ONU de s’occuper des Palestiniens. Et Israël ne peut être tenu responsable de leur sort. Les projets les plus loufoques sont alors débattus, visant à les reloger dans le Sinaï, mais surtout à l’étranger: au Canada. Ou en Irak! En lisant cette dernière proposition, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague, avant de me rendre compte que Eshkol en avait expressément discuté avec le président américain Lyndon Johnson! (…) Johnson était opposé à la guerre, essentiellement parce qu’il craignait qu’elle ne tourne mal pour les Israéliens, qui se seraient alors trouvés contraints de lui demander son aide militaire, alors qu’il est lui-même en plein marasme vietnamien. Mais la CIA, enragée contre Nasser, l’assure que Tsahal remportera une victoire en six à dix jours… L’Amérique donne son feu vert. (…) La victoire de 1967 offre un second souffle au sionisme. Un sentiment de toute-puissance enivre le pays. Longtemps, jusqu’à la grande claque de la guerre du Kippour (octobre 1973), les Israéliens se répétaient cette boutade: «Qu’est-ce qu’on fait à midi? – On envahit Le Caire! – D’accord. Mais qu’est-ce qu’on fait dans l’après-midi?» 1967 a aussi contribué à l’isolement d’Israël, à substituer aux racines européennes et à l’ouverture antérieure au monde un lien exclusif avec les Etats-Unis. (…) Notre jeunesse ne croit plus à la paix. Pragmatique et désabusée, elle se satisferait d’une bonne gestion des hostilités. Et ce qui m’a frappé dans le dernier épisode, l’offensive au Liban de l’été 2006, c’est, plus que l’inanité d’Ehud Olmert – certainement le pire Premier ministre de notre histoire – le fait que notre armée ne sait plus faire la guerre. Tout un symbole. Tsahal est devenue, au fil des décennies, une gendarmerie conçue pour être un outil d’oppression. Tom Segev
Depuis le 15 mai 1967 les menaces de Nasser n’étaient plus verbales, mais s’accompagnaient de déploiement de forces. Les armées de Nasser s’apprêtaient à fondre sur les nôtres, pour nous exterminer. A nouveau la chape de plomb, l’esseulement abyssal. Les radios arabes nous apportaient les hurlements déments des dictateurs arabes ou de leurs porte-parole. C’était en arabe le même déploiement de menaces mortelles que celles qui nous poursuivaient en Europe hitlérienne. Il ne s’agissait pas de nous présenter tels que nous sommes, mais tels que nous devrions être pour justifier les grands massacres que l’on nous promettait au Caire, à Damas, à Amman. « Egorge, égorge, égorge et sois sans pitié, Egorge, égorge, égorge, et lance leur tête Dans le désert, Egorge, égorge, égorge Tout ce que tu voudras,  Egorge tous les sionistes et tu vaincras » chantait, au Caire et à Damas, Oum Kalsoum. Pour que nous soyons égorgeables, sans trop de remords, il fallait que dans l’esprit de nos égorgeurs éventuels nous cessions d’avoir figure d’hommes. Ainsi les colonialistes et les racistes avaient-ils mis au point une technique de propagande très efficace destinée à déshumaniser l’ennemi – celui qu’il faut continuer à exploiter ou qu’il faut assassiner -, au point de le réduire à l’état d’objet, non de personne. Le meurtre alors n’est plus gêné par la mauvaise conscience. Ces recettes avaient fait leurs preuves dans les différents pays d’Asie et d’Afrique où des Occidentaux s’opposaient à des peuples colonisés. Mais, en l’espèce, elles furent utilisées par les dictateurs arabes contre Israël. Pour nous, le blocus du détroit de Tiran décrété par Nasser le 22 mai, les incessantes attaques de notre territoire par les Syriens, le dur bombardement de Jérusalem par les Jordaniens au matin du 5 juin 1967 constituaient des manœuvres agressives caractérisées. Or les chefs arabes continuent de parler de l’agression israélienne. A vrai dire, ils ont raison à leur manière puisqu’ils dénie notre droit de vivre. Le seul fait de notre existence, en tant qu’Etat, introduit un trouble dans l’ordre du monde, constitue une agression permanente contre « leur » paix. Même si nous passions notre temps à chanter, jour et nuit, des psaumes et des cantiques, nous n’en continuerions pas moins notre diabolique agression qui ne pourrait prendre fin qu’avec le terme de notre existence. Nous étions donc persuadés qu’un triomphe arabe réaliserait les prophéties et les ambitions de Choukeïri : l’extermination des survivants des massacres hitlériens. Au terme de la guerre des Six jours, les hommes menacés que nous étions se retrouvaient soudain en position de force : nous étions à la tête d’un Empire plus vaste que nos ancêtres ne l’avaient jamais rêvé ; nous étions des occupants et, par la force des choses, nous devenions aussi des policiers. Etrange destin que celui qui vouait les exterminateurs au rôle de victimes et les candidats au martyre, aux fonctions de bourreau. Soulagement de la victoire : il s’est exprimé chez nous avec beaucoup de pondération. Nous savions que nous n’avions pas fini de gravir notre calvaire. C’était plutôt pour nous le franchissement d’une étape et non le havre souhaité. Israël était devenu l’occupant malgré lui, vainqueur grâce à l’obstination aveugle de ses ennemis. Soudain le problème se compliquait redoutablement ; jadis, la situation était pour nous relativement simple ; il s’agissait d’être ou de ne pas être : les choses étaient claires. Nous remplissions notre rôle vis-à-vis de nous-mêmes et nous correspondions à l’idée que le monde depuis quatre mille ans se faisait de nous : des sursitaires. Au suspense de notre destin, il était possible de prévoir et d’attendre une fin tragique, la continuation de l’œuvre de mort. Après tout, tant qu’il y avait un Juif vivant, il y aurait suffisamment de place pour lui dans les grands cimetières de l’histoire ou la fumée des crématoires. La victoire pipait tous les dés, faussait tous les calculs : le petit Juif du ghetto trichait aux yeux du monde en devenant d’indésirable vainqueur d’une guerre qui constituait sans doute l’insurpassable chef-d’œuvre de la stratégie conventionnelle. Le monde entier pouvait s’attendre avec nous à une fin convenable du trouble qu’Israël n’a cessé d’apporter dans l’histoire depuis la folle aventure d’Abraham : l’effondrement militaire de l’armée juive, les hordes arabes se ruant sur nos femmes, nos enfants, nos foyers, pour parachever splendidement l’œuvre que Hitler n’avait pas su mener à son terme logique. Aux yeux du monde, la victime est devenue bourreau et nous sommes à la tête d’un Empire qui va des pentes de l’Hermon au canal de Suez, du golfe d’Akaba aux rives du Jourdain. Sûrs de nous-mêmes et dominateurs, par cela même faussaires, trublions renversant l’échelle des valeurs. Nietzsche lui-même ne reconnaîtrait plus ses Juifs : d’esclaves, les voici soudain promus au rang de seigneurs. Mais cela même nous a surpris et blessés : nous étions moins en quête de domination que de liberté et de vie. L’image nouvelle de nous-mêmes qui étonnait le monde ne cesse de nous troubler : les uns, d’ivresse, les autres, de nostalgie. La situation nouvelle provoque un universel scandale, le bouleversement de toutes les valeurs, des stéréotypes les plus invétérés. (…) A mesure que la tragédie s’approfondit, que les attentats font davantage de victimes et que la répression sème la peur, les extrémistes se renforcent : Nasser, le grand vaincu de juin 1967, continue de prêcher l’extermination d’Israël. Quelques propagandistes arabes, plus nuancés, essaient de distinguer entre le génocide et ce qu’ils appellent le politicide : il ne s’agissait plus de tuer les Juifs d’Israël mais leur Etat ; comme si ceux-ci pouvaient survivre à celui-là. En face de ces menaces qui nous rappellent certaines voix arabes de 1967 et celles qui, en allemand, annonçaient, aux années 40, de définitifs massacres, nous entendons s’élever quelques voix juives tremblantes d’angoisse qui exigent de l’Etat d’Israël une défense radicale de nos vies par une élimination violente des dangers du terrorisme. D’un côté, on souhaite que la Palestine soit tout entière arabe, tandis que de l’autre on n’attribue de chances de survie à Israël que dans le cadre d’un Etat juif allant des flancs de l’Hermon aux rives du Jourdain et du canal de Suez. André Chouraqui
Cinquante ans après, les poisons que recélait cette victoire inattendue se sont répandus et dans le pays et dans la région. Amos Oz et Avraham Shapira avaient alors effectué une campagne d’enregistrements des soldats vainqueurs. Un film vient de sortir, on les voit aujourd’hui, devenus de vieux messieurs : assis devant des magnétophones qu’on a heureusement conservé de cette haute époque, ils écoutent leurs propres voix d’autrefois. S’ils se déclarent souvent encore heureux d’avoir contribué à sauver Israël de l’anéantissement, certains expriment leur malaise devant les opérations d’occupation et d’évacuation qu’ils ont dû mener. « J’ai vieilli d’un seul coup », dit l’un. Et l’autre ajoute : nous avons cru assurer l’avenir de nos enfants. Mais, avec l’occupation, quel sort avons-nous préparé à nos petits enfants ? France inter
Le 15 mai 1967, c’est le 19 ème anniversaire d’Israël. (…) La capitale d’Israël est coupée en deux par un mur depuis le 29 mai 1948. La légion arabe du roi Abdallah a en effet conquis la vieille ville pendant la guerre d’indépendance et massacré les juifs qui s’y trouvaient. Elle a également pris d’assaut l’hôpital Hadassah et l’université hébraïque sur le mont Scopus, mais aussi profané les cimetières et transformé les synagogues en écuries et urinoirs.
Le Kotel, le mur occidental du Temple, est bien sur interdit d’accès depuis 1948. (…) [Les] Israéliens (…) vivent dans la menace de la destruction de leur pays qui n’a même pas 20 ans d’existence. Israël est un pays minuscule, aussi grand que trois départements français dans lequel vivent à peine 2,7 millions d’habitants. Au niveau de Natanya, le pays est moins large que la ligne de métro 1 à Paris entre le château de Vincennes et alors le pont de Neuilly. Le 1 er juin, Ahmed Choukeiri, le président de l’Organisation de libération de la Palestine, auquel Yasser Arafat va succéder, ne laisse pas de place au moindre doute. Il hurle : « Il n’y aura pas de moyen terme. Il ne restera pas de survivants juifs ! » Au Caire, à Damas, à Bagdad et dans l’ensemble du monde arabe, les déclarations, les manifestations, les chants, les slogans sont les mêmes : « Avec l’aide de Dieu, nous allons nous retrouver à Tel-Aviv et on les égorgera tous ! » Israël sait qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air. Le colonel Gamal Abdel Nasser amasse les troupes égyptiennes à la frontière. Il a exigé le départ des Casques bleus de l’ONU qui faisaient tampon depuis la guerre du Sinaï depuis 1956. Les troupes jordaniennes sont placées sous le commandement de l’Egypte, le roi Hussein espérant agrandir son royaume à peu de frais. La Syrie, qui depuis les hauteurs du Golan, tire régulièrement sur les agriculteurs israéliens aux abords du Kineret, le lac de Tibériade, est prête à prendre elle aussi sa part au massacre promis. Gamal Abdel Nasser franchit un pas supplémentaire en fermant le détroit de Tiran L’accès à Eilat est désormais bloqué. Israël se sent abandonné par le monde entier. L’Union soviétique soutient et envoie des armes aux Arabes. Les Etats-Unis, empêtrés dans la guerre au Vietnam, ne veulent rien faire. Le général De Gaulle vient de planter un poignard dans le dos, lui qui, il ya quelques années avait affirmé à David Ben-Gourion qu’Israël était l’ami et l’allié de la France. Les Israéliens pressentent que la menace d’anéantissement se rapproche. Le 1er juin, le Premier ministre Israélien Levi Eshkol met en place un gouvernement d’union nationale. Il appelle à ses cotés Menahem Begin, le chef de l’opposition et surtout Moshé Dayan, qui devient ministre de la défense. Israël doit absolument agir pour repousser la tentative d’étranglement. Le 5 juin au matin pendant que les pilotes égyptiens prennent leur petit-déjeuner, l’armée de l’air cloue au sol la presque totalité des avions. Les forces terrestres complètent l’opération .En quatre jours, elles font reculer l’armée égyptienne de Gaza, Sharm-el –Sheik et atteignent le canal de Suez. La Jordanie attaque le 5 juin. Elle n’a pas voulu écouter le message qui lui avait été transmis par Israël : « Ne bougez pas !» Le lendemain, les parachutistes israéliens encerclent le vieille ville de Jérusalem, et le 7 au matin, ils arrivent au Kotel. Tsahal va poursuivre son action de riposte, et va repousser les Jordaniens et dans ce but s’emparer de la Judée et de la Samarie. Le 6 juin, les Syriens lancent des attaques contre Israël, mais Tsahal réagit et s’empare du Golan. Le samedi 10 juin, la guerre est finie. Israël est venu à bout des armées égyptienne , jordanienne et syrienne. Les troupes que devaient envoyer d’autres pays arabes, n’ont pas eu le temps d’arriver. Tsahal a gagné, mais 800 Israéliens sont morts et 4500 sont blessés. Le gouvernement confie à Itzhak Rabin, le chef de l’état-major de choisir un nom pour qualifier la troisième guerre d’Israël depuis sa fondation. « Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création », propose Rabin. Haim Musicant
Le 5 juin d’il y a 40 ans, jour pour jour, j’entendis avec stupeur à la radio que l’aviation israélienne était au-dessus du Caire, ayant cloué au sol son homologue égyptienne… J’étais soulagé et inquiet. Depuis près d’un mois, depuis que Nasser avait bloqué le Détroit de Tiran pour étouffer le port juif  d’Eilat et empêcher Israël de recevoir le pétrole, on assistait à un véritable ameutement des foules arabes, orchestré par les chefs d’Etat et par le chef palestinien de l’époque autour du mot d’ordre: les Juifs à la mer. Même la suave chanteuse égyptienne Oum Kalsoum chauffait les masses du Caire par un hymne dont le refrain était adbah! (égorge!). A l’époque, je faisais une thèse de math et de la philo, cela faisait un an que j’étais au Parti communiste pour combattre l’impérialisme et le capitalisme. J’étais plutôt méfiant envers les chefs israéliens, qui étaient du reste plutôt distants envers « les Juifs », comme s’ils croyaient à leur mythe de créer l’homme nouveau. Mais le spectre de l’Extermination, 22 ans à peine après Auschwitz, était présent dans certaines têtes, dont la mienne. Je quittai donc le PC car son discours sur « Israël tête-de-pont-de-l’impérialisme-américain » ne collait pas avec les faits. Bien sûr, je me raisonnais: « les Etats arabes ne pourront pas comme ça effacer Israël », mais je m’objectais: « Et pourquoi pas? Pourquoi les mépriser d’avance? Ils sont armés et nombreux… » Même les Marocains envoyaient des blindés; il n’y avait pas que la Syrie , l’Egypte, la Jordanie qui ameutaient. L’Irak aussi… (…) Plus tard, on s’est dit qu’Israël n’aurait pas dû être l’agresseur. Mais  la Guerre du Kippour en  73 a confirmé que s’il n’attaque pas le premier, vu sa petite taille, c’est le massacre, et il est vite menacé dans son existence. Des historiens nous disent que cette Guerre des Six jours (dont nos manuels scolaires ne parlent pas) éclata par inadvertance. Un acte manqué, en somme; mais alors, qui révèle le fond des choses: l’humiliation subie par le monde arabe, dans cette guerre, renouvela celle qu’il a subie en 48 à la naissance de l’Etat juif. Un véritable traumatisme, car en principe, dans l’identité islamique instaurée par le Coran, la question juive était réglée: les vrais bons juifs sont musulmans, comme ceux de la Bible , les autres sont des pervers dans l’ensemble, parfois des braves gens isolément; mais l’idée qu’ils aient un jour une souveraineté est exclue. Dès lors, dans la mentalité officielle arabo-musulmane, Israël était à effacer. Même si des Arabes lucides lui vouent une certaine admiration. Mais avec  la Guerre des Six jours, on ne l’effaçait pas, il était victorieux. A partir de là, on observa de curieux phénomènes. D’abord une sorte de greffe: du fait qu’Israël devenait ponctuellement occupant colonisant les territoires conquis, on greffa sur lui ces deux traits et cela le rend globalement occupant et colonialiste; on pouvait donc ameuter contre lui toutes les forces anti-coloniales. Il y eut aussi des surenchères morales chez les Juifs; certains, comme Y. Leibovitch fustigeant Israël comme nouvel Etat nazi, pas moins. Ce qui permit à des cohortes d’humanistes en manque d’indignation d’emboîter le pas: Oui, Ramallah c’est Auschwitz, déclara un prix Nobel de littérature. Autre fait, plus positif: il fallait rendre les territoires. Avant 67, on ne parlait pas de les rendre puisqu’on allait, un jour, libérer toute la Palestine. Mais depuis 67, Gaza, que l’Egypte occupait et n’a jamais pensé à rendre, devint une terre à restituer de même que la Cisjordanie occupée par  la Jordanie qui ne pensait pas davantage à la restituer. Ce fut une sorte de transmutation: ces terres devenaient palestiniennes du fait d’être passées entre des mains israéliennes. Il faut dire qu’avant, même les Palestiniens n’exigeaient pas des Etats arabes d’avoir d’abord Gaza et  la Cisjordanie comme base de départ dans leur lutte contre Israël. Etonnant. (…)  C’est donc curieusement après  la Guerre des Six jours que cette idée a pu devenir assez concrète. Ce qui ne veut pas dire praticable. A preuve, depuis que Gaza a été « restitué », les Palestiniens s’y battent entre eux, les plus fanatiques envoient des fusées sur Israël, retardant la restitution – pourtant prévue – d’une partie de la Cisjordanie : en effet, si celle-ci était rendue, on pourrait envoyer de là des fusées sur Tel Aviv, vu les distances; alors c’est l’existence quotidienne d’Israël qui serait mise en question. Donc, nouveau paradoxe, grâce à la libération de Gaza, et à ce qu’elle a révélé, celle de la Cisjordanie paraît peu probable, pour l’instant. De sorte que même ceux qui réécrivent l’histoire après-coup – et il y en a – n’ont pas la tâche facile. Quand ils disent qu’Israël aurait dû rendre très vite les Territoires, ils oublient qu’un groupe armé quelconque à Ramallah ou à Gaza, s’il veut se réchauffer l’âme et se sentir plus près d’Allah, peut envoyer des bombes (ou des hommes-bombes) sur Israël et redéclencher la guerre. Donc, il faut être bien prétentieux pour s’installer sur un promontoire élevé et juger que, de ci de là, il y a eu « de grosses erreurs ». Ces deux peuples là-bas, quand ils se battent (car il faut reconnaître qu’il y a de longues périodes de paix, et que la seconde Intifada, longue et meurtrière, a fait en tout 3 000 morts des deux côtés, ce qui est tragique mais peu comparable aux 250 000 morts des guerres ethniques dans l’ex-Yougoslavie), quand il se battent donc, c’est pour des raisons qui leur échappent, des raisons inconscientes qu’on hésite à élucider, mais d’où émerge cette question simple: une terre devenue islamique (par conquête) peut-elle supporter de retrouver (par conquête) sa souveraineté juive antérieure? Ou encore: l’islam ayant pris le relais du message hébreu, peut-il honorer sa dette symbolique envers ses sources juives en laissant une part infime de son immense territoire redevenir un Etat juif? (…) Ces problèmes de cohabitation entre islam et monde judéo-chrétien vont peu à peu s’observer bien ailleurs, en Europe, et un jour proche on pourra en parler plus franchement. Autre remarque: c’est la Guerre des Six jours qui instaura la « ligne verte », frontière apparente et improbable entre deux Etats. Elle a eu dans certains discours un aspect intangible, rigide, absolu, comme si elle existait de tout temps. C’est qu’elle incarne une revendication toute autre: effacer l’humiliation de 67. Or celle-ci est captée par une autre humiliation, plus profonde, celle de l’islam conquérant arrêté par l’Occident sur une frontière instable qui va bientôt faire parler d’elle. Daniel Sibony
Pourquoi la guerre a-t-elle eu lieu ? La question se pose parce que, comme la Première Guerre mondiale, personne n’avait prévu ni ne voulait cette guerre. La recherche d’Oren offre un aperçu de son caractère tout à fait accidentel. En novembre 1966, par exemple, après le meurtre de trois policiers israéliens aux mains de terroristes, basés en Jordanie, l’ambassadeur généralement efficace des États-Unis en Israël a attendu quelques jours pour transmettre un message de condoléances du roi Hussein de Jordanie au Premier ministre israélien. Son retard a poussé les Israéliens à se venger, et les représailles à leur tour sont devenues un épisode majeur dans l’escalade de la guerre. Le rôle des évènements fortuits doit être gardé à l’esprit ces jours-ci, alors qu’il y a de la guerre dans l’air à nouveau au Moyen-Orient: Le moindre faux pas pourrait provoquer un éclatement. Comment les Forces de défense israéliennes ont-elles pu gagner de façon si écrasante ? par une pratique méticuleuse et un réalisme absolu, contrairement aux militaires arabes, qui vivaient dans un monde fantastique. Si les Israéliens étaient tous nerveux à l’approche de la guerre – Le chef d’état-major Yitzhak Rabin souffrait d’une dépression – les dirigeants arabes étaient extrêmement confiants. Un général syrien prédisait une victoire sur Israël en quatre jours « au maximum. » Le président égyptien Gamal Abdel Nasser ne montrait aucun signe d’inquiétude, insistant sur le fait que les Israéliens étaient incapables de monter précisément l’attaque aérienne surprise qu’ils ont en fait réussie. Plus largement, un haut fonctionnaire égyptien a déclaré au sujet du leadership de son équipe qu’il croyait que «la destruction d’Israël était un jeu d’enfant qui ne nécessitait que l’accrochage d’une ligne téléphonique chez le commandant et l’écriture de slogans de victoire. » (Washington, comble d’ironie, a été plus confiant que Tel-Aviv sur une victoire israélienne ; deux semaines avant que la guerre n’ait éclaté, déclare Oren, le secrétaire américain à la Défense avait prédit que si Israël devançait, il battrait ses trois ennemis dans la semaine – précisément ce qui s’est passé.) Comment la guerre a-t-elle affecté la diplomatie israélo-arabe ? – Elle en a fondamentalement changé les termes. Déjà à la mi-mai, quelques semaines avant que les hostilités n’aient commencé, l’influence du Moyen-Orient à la Maison Blanche, Harold Saunders, a suggéré qu’Israël devrait être toléré le temps d’écraser ses ennemis, voyant en ceci « un moyen de régler les frontières et, peut-être même les réfugiés ». Dès le deuxième jour de la guerre, le président Lyndon Johnson avait formulé les grandes lignes de la politique la terre- en échange- de la paix que 35 ans plus tard, la diplomatie américaine conduit encore à l’égard du conflit israélo-arabe: Israël doit restituer la terre conquise en 1967 en échange de sa reconnaissance par les Arabes. Les Américains attendaient l’ampleur du triomphe militaire d’Israël pour montrer aux Arabes l’inutilité de leurs espoirs de détruire l’Etat juif, une analyse qui rencontra l’approbation immédiate chez certains Israéliens (y compris Yitzhak Rabin, plus tard le premier ministre qui a initié les négociations d’Oslo, qui ont été fondées précisément sur cette hypothèse). Mais, comme les événements récents l’ont prouvé de façon si frappante, la prémisse terre contre paix était fausse. A quelques exceptions près (comme le président égyptien Anouar El-Sadate), la bonne volonté d’Israël de faire cet échange a hâté la violence des Arabes contre elle, non pas leur acceptation. Oren montre comment la terre contre la paix est fondée sur des espoirs américains, et non pas sur les réalités du Moyen-Orient ; sa recherche montre que cette politique n’a pas besoin finalement d’être remplacée par une approche plus réaliste. Daniel Pipes
Those who say that we should have evacuated the territories at once need to be reminded what it was like here before the Six-Day War: a country whose border was near the outskirts of greater Tel Aviv, and which was only 15-kilometers wide. Does anyone want to go back to that? With all the problems, our situation today is a thousand times better. Gilad Sharon
I am embarrassed that we started the war in the first place. An unnecessary war that followed 19 years after another unnecessary war that we also lost. I am embarrassed that we let hatred drive our decision to go to war. I am embarrassed that we did not take Israel’s offer right after the war to make peace in exchange for land. I am embarrassed that since then, Egypt’s and Jordan’s realization of the foolishness of war was not matched by the rest of the Arab world, particularly my own country of Lebanon. I am embarrassed that we never made a single credible comprehensive offer of peace to Israel. I am embarrassed that still today, 69 years after our first war against Israel, we still use the Palestinians as pawns in our war of hatred. I am embarrassed that instead of denouncing the hatred, much of the world has joined with us in attacking the Jews’ right to self-determination. I am embarrassed that I, and the few other Arabs who stand up to hatred, cannot do much more than speak up, and that we have not moved to action even our fellow Arabs who live comfortably in the West. I am embarrassed as a citizen of the West because we pay lip service to Israel but we cannot provide substantial support to Israel, for example against the Arab attempts to rewrite the past and erase the Jewish history of Jerusalem. I am embarrassed that we in the West are too beholden to Arab dictators to even take the symbolic step of recognizing that Jerusalem is an indivisible part of Israel. I am embarrassed to ethnically belong to a group that thrives on hatred and to geographically belong to a group that appeases haters. I am embarrassed to belong to a human race that has learned nothing from the lessons of the past and that continues to let antisemitism fester and grow. I am embarrassed that I cannot write these words in an Arab publication or even in a mainstream Western publication because hatred and appeasement are too strong. Fred Maroun
Dès le lendemain de la Guerre des Six Jours, la gauche israélienne a créé son propre “narratif” au sujet de la guerre, dans un livre fameux, Sia’h Lohamim (“Paroles de combattants”) qui s’est imposé dans une certaine mesure comme un discours officiel israélien concernant les événements de mai-juin 1967. Dans ce livre, des soldats issus pour la plupart des kibboutzim des mouvements de la gauche et de l’extrême-gauche (Hashomer Hatzaïr), expriment leurs doutes et leur désarroi après la victoire et relatent les dilemmes moraux auxquels ils ont été confrontés pendant la guerre. Ce document avait été distribué à l’époque par le ministère des Affaires étrangères aux représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger, dans le but de montrer le “visage humain” de l’armée israélienne. Mais ce narratif humaniste, souvent émouvant mais pétri de culpabilité, reposait sur un mensonge par omission, qui a été depuis lors exposé au grand jour. Une partie significative des témoignages des soldats recueillis lors de la réalisation de ce document ont en effet été écartés et censurés, car ils ne correspondaient pas aux opinions politiques mises en avant par les auteurs de “Voix de combattants”. Les voix censurées étaient notamment celles de soldats issus de la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, institution phare du sionisme religieux, qui exprimaient leur joie après la victoire miraculeuse, la réunification de Jérusalem et le retour du peuple d’Israël dans le coeur de sa patrie ancestrale. L’occultation délibérée de ces témoignages, non conformes au narratif de la gauche kibboutzique, s’inscrivait dans une tentative d’écriture d’une “histoire officielle” de la Guerre des Six Jours, dans un sens idéologique bien particulier. Comme le rapporte Gilad Zweik, les auteurs de “Voix de combattants”, parmi lesquels l’écrivain Amos Oz, éprouvaient un mépris non dissimulé pour les sentiments de joie exprimés par la majorité des Israéliens au lendemain de la victoire de juin 1967. Evoquant son camarade Micha Heyman, tué pendant les durs combats de la “Colline des munitions” à Jerusalem, Amos Oz déclare ainsi que “de son point de vue, on aurait pu dynamiter le Kotel pour sauver Michi”. Un autre soldat interrogé dans le livre déclare que les “sonneries de Choffar [du rav Goren devant le Kottel libéré] lui faisaient mal à la tête…” On comprend, en lisant ces lignes, que la question de la souveraineté juive à Jérusalem (sans même parler de la Judée et de la Samarie) est tout autant, voire plus, une question intérieure israélienne et juive, qu’une question de droit et de politique internationale. Dans ce contexte, il convient d’observer que la récente condamnation internationale de la “colonisation” par le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la résolution 2334 s’est produite quelques semaines après l’intervention devant ce même Conseil de sécurité de deux représentants israéliens des organisations d’extrême-gauche Betselem et La Paix Maintenant, qui ont apporté leur justification morale et politique à la condamnation d’Israël par la communauté internationale. Plus généralement, une large partie de la gauche israélienne a adopté aujourd’hui le narratif jadis minoritaire, défaitiste et auto-accusateur, des combattants de l’Hashomer Hatzaïr. Mais alors que ces derniers, en tant que soldats et patriotes israéliens, exprimaient leurs critiques et leurs doutes à destination du public israélien en priorité, leurs héritiers actuels adressent leurs attaques contre le gouvernement et l’armée d’Israël au public international, se transformant en dénonciateurs de leur propre peuple devant le tribunal des nations. Pierre Lurçat
In June 1967 Arab leaders declared their intention to annihilate the Jewish state, and the Jews decided they wouldn’t sit still for it. For the crime of self-preservation, Israel remains a nation unforgiven. Unforgiven, Israel’s milder critics say, because the Six-Day War, even if justified at the time, does not justify 50 years of occupation. They argue, also, that Israel can rely on its own strength as well as international guarantees to take risks for peace. This is ahistoric nonsense. On June 4, 1967, the day before the war, Israel faced the fact that United Nations peacekeepers in Sinai, intended as a buffer with Egypt, had been withdrawn at Cairo’s insistence; that France, hitherto Israel’s ally, had imposed an arms embargo on it; and that Lyndon Johnson had failed to deliver on previous American assurances to break any Egyptian blockade of the Israeli port of Eilat (…) before we fall prey to the lazy trope of “50 years of occupation,” inevitably used to indict Israel, let’s note the following: There would have been no occupation, and no settlements, if Egypt and its allies hadn’t recklessly provoked a war. Or if the “international community” hadn’t fecklessly abandoned Israel in its desperate hours. Or if Jordan hadn’t foolishly ignored Israel’s warnings to stay out of it. Or if the Arab League hadn’t arrogantly rejected the possibility of peace. A Palestinian state would most likely exist if Arafat hadn’t adopted terrorism as the calling card of Palestinian aspirations. Or if he hadn’t rejected the offer of a state 17 years ago. Or if he hadn’t renounced his renunciation of terror. A Palestinian state would also most likely exist if Arafat’s successor, Mahmoud Abbas — now in the 13th year of his elected four-year term — hadn’t rejected it again nine years ago, and if Gazans hadn’t turned their territory into a terrifying model of Palestinian statehood, and if the United Nations didn’t treat Hamas’s attacks on Israel as a nuisance but Israel’s self-defense as a crime against humanity. (…) The Middle East doesn’t need another failed state in its midst. Israel doesn’t need another Hamastan on its border. Palestinians in the West Bank don’t need it over their heads. In 1967 Israel was forced into a war against enemies who then begrudged it the peace. Egypt, at least, found its Sadat. The drama of the Six-Day War will close when Palestinians find theirs. Bret Stephens

Attention: une occupation peut en cacher une autre !

« Guerre qui n’a rien réglé« , « victoire qui n’en est pas une », « guerre empoisonnée » …

En ce 7e jour où, fidèles à l’injonction du  4e commandement, nos amis juifs se rappellent la création du monde …

Qui se trouve être aussi le 50e anniversaire, jour pour jour, de la fin de la Guerre dite précisément des Six-jours …

Et de la libération de leur capitale et de leurs lieux les plus saints …

Pendant que de Manchester à Londres ou Paris …

Après Jérusalem ou Tel Aviv et en fait un ensemble du Moyen-Orient pratiquement juden ou christianrein …

La religion de paix rappelle à coup de voiture-bélier ou de couteau de boucher  …

Le sort qui attend ceux qui ne s’y soumettent pas

Qui rappelle …

A l’heure où rivalisant de révisonnisme articles après articles …

Nos médias n’ont que le mot « occupation » à la bouche …

Non seulement l’hommage discret à la création du monde qu’y avait alors inscrit le général Rabin …

Mais aussi entre les appels de Nasser à la destruction d’Israël …

Et les refrains de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum à « égorger les juifs »

La véritable guerre d’annihilation que, 22 ans après Auschwitz, ladite guerre avait alors empêchée …

Comme après la confirmation de la Guerre du Kippour et la série ininterrompue d’ attentats qui a suivi …

La même poursuite de la Solution finale que l’actuelle « occupation » continue de prévenir ?

Six Days and 50 Years of War

Bret Stephens

The New York Times

June 2, 2017

In June 1967 Arab leaders declared their intention to annihilate the Jewish state, and the Jews decided they wouldn’t sit still for it. For the crime of self-preservation, Israel remains a nation unforgiven.

Unforgiven, Israel’s milder critics say, because the Six-Day War, even if justified at the time, does not justify 50 years of occupation. They argue, also, that Israel can rely on its own strength as well as international guarantees to take risks for peace.

This is ahistoric nonsense.

On June 4, 1967, the day before the war, Israel faced the fact that United Nations peacekeepers in Sinai, intended as a buffer with Egypt, had been withdrawn at Cairo’s insistence; that France, hitherto Israel’s ally, had imposed an arms embargo on it; and that Lyndon Johnson had failed to deliver on previous American assurances to break any Egyptian blockade of the Israeli port of Eilat.

On June 5, the first day of the war, the Israeli government used three separate diplomatic channels to warn Jordan — then occupying the West Bank — not to initiate hostilities. The Jordanians ignored the warning and opened fire with planes and artillery. Some 6,000 shells landed on the western side of Jerusalem alone.

On June 19, 1967 — nine days after the end of the war — the Israeli cabinet decided it would offer the return of territories conquered from Egypt and Syria in exchange for peace, security and recognition. The Arab League categorically rejected peace with Israel at its summit in Khartoum later that year.

In 1973 Egypt and Syria unleashed a devastating surprise attack on Israel, puncturing the myth of Israeli invulnerability.

It took a decade after 1967 for the Egyptian government of Anwar Sadat finally to accept Israel’s legitimacy. When he did he recovered every inch of Sinai — from Menachem Begin, Israel’s right-wing prime minister. Syria remains unreconciled.

It took another decade for Yasir Arafat’s Palestine Liberation Organization to recognize Israel and formally forswear terrorism. But its pledges were insincere. Only after the Soviet Union’s collapse and Arafat’s disastrous support for Saddam Hussein in the gulf war did the P.L.O. finally seem to get serious. It led to the Oslo Accords of 1993 and further Israeli withdrawals.

In 2000, at Camp David, Israel offered Arafat a state. He rejected it. “I regret that in 2000 he missed the opportunity to bring that nation” — Palestine — “into being,” was Bill Clinton’s bitter verdict on the summit’s outcome. Within two years Arafat was calling on a million “martyrs” to march on Jerusalem.

In 2005, another right-wing Israeli government removed its soldiers, settlers and settlements from the Gaza Strip. Two years later Hamas seized control of the territory and used it to start three wars in seven years.

In 2008, Prime Minister Ehud Olmert offered a Palestinian state in Gaza and 93 percent of the West Bank. The Palestinians rejected the proposal out of hand.

This is a truncated history. Israel is not a nation of saints and has made its mistakes. The most serious of those is proliferation of West Bank settlements beyond those in historically recognized blocs.

But before we fall prey to the lazy trope of “50 years of occupation,” inevitably used to indict Israel, let’s note the following:

There would have been no occupation, and no settlements, if Egypt and its allies hadn’t recklessly provoked a war. Or if the “international community” hadn’t fecklessly abandoned Israel in its desperate hours. Or if Jordan hadn’t foolishly ignored Israel’s warnings to stay out of it. Or if the Arab League hadn’t arrogantly rejected the possibility of peace.

A Palestinian state would most likely exist if Arafat hadn’t adopted terrorism as the calling card of Palestinian aspirations. Or if he hadn’t rejected the offer of a state 17 years ago. Or if he hadn’t renounced his renunciation of terror.

A Palestinian state would also most likely exist if Arafat’s successor, Mahmoud Abbas — now in the 13th year of his elected four-year term — hadn’t rejected it again nine years ago, and if Gazans hadn’t turned their territory into a terrifying model of Palestinian statehood, and if the United Nations didn’t treat Hamas’s attacks on Israel as a nuisance but Israel’s self-defense as a crime against humanity.

The cover of a recent issue of The Economist purports to answer the question “Why Israel Needs a Palestinian State.” The argument isn’t wrong. It just isn’t wise.

Israel needs a Palestinian state to safeguard its democratic future — in the long term. But the character of such a state matters at least as much as its mere existence. The Middle East doesn’t need another failed state in its midst. Israel doesn’t need another Hamastan on its border. Palestinians in the West Bank don’t need it over their heads.

In 1967 Israel was forced into a war against enemies who then begrudged it the peace. Egypt, at least, found its Sadat. The drama of the Six-Day War will close when Palestinians find theirs.

Voir aussi:

Half a century after the euphoria of the Six-Day War, some Israelis are wondering if it was a victory

Hundreds of guests and dignitaries gathered at the Knesset, the Israeli parliament, for a special session Tuesday marking the 1967 Six-Day War. It was a celebration of Israel’s lightning military victory over Arab armies in the Sinai Peninsula, Golan Heights, West Bank and East Jerusalem that forever changed the landscape of the Middle East.

In an address that waxed nostalgic for the euphoria that swept Israel in the war’s aftermath, Prime Minister Benjamin Netanyahu invoked the biblical history of the Jewish people in Hebron and Nablus, the West Bank cities that were captured during the conflict. “The Six-Day War returned us to the country from where we had been cut off for generations,” he said. “This is our land.’’

Absent from the parliamentary party, however, were legislators from Israel’s pro-peace Meretz party. Not enough attention, they said, was being paid to the consequences of Israel’s unending control over millions of Palestinians who live in the lands occupied 50 years ago this week.

Tamar Zandberg, one of the party’s parliament members, complained that the celebrations ignored the fact that the West Bank has lived under military rule for 50 years.

“This casts the biggest shadow over Israel’s democracy in its history — and for its continued existence,” she said on the parliament television channel. “This reality is really abnormal — it’s distorted, and we need as quickly as possible to reach a solution to this in the form of an agreement.”

The dissonance between the prime minister and the opposition politician highlights the extent to which the anniversary of the war is stirring a debate in Israel over whether one of the country’s most storied military victories planted the seeds of a modern political disaster.

Israel scored a total defeat against Egyptian, Jordanian and Syrian forces, perhaps one of the last moments in the Middle East that a military conflict has been decided so decisively. The victory transformed Israel from a small, vulnerable outpost teetering on the eastern shelf of the Mediterranean into a regional power player with ample territorial buffers against any potential new attacks.

After surviving a traumatic surprise attack in 1973 by Egypt and Syria in an attempt to recover their territories, Israel eventually traded Sinai for a peace accord with Cairo in 1979 and established full diplomatic ties with Jordan in 1994.

But the 1967 war also began Israel’s self-declared military occupation of the West Bank and the Gaza Strip, along with its controversial annexation of East Jerusalem, which formerly belonged to Jordan.

Described as temporary, the occupation gave Israel control over the lives of a Palestinian population that today numbers 4.9 million.

It also opened the door to establishing hundreds of Jewish settlements and outposts in those territories — neighborhoods that many right-wing Israelis, including Netanyahu, now consider an inseparable part of the country.

At official ceremonies and academic symposiums and on the opinion pages of newspapers, the anniversary has become an occasion among Israelis for taking stock of what was gained, and the continuing costs of the country’s failure to turn those 50-year-old military gains into lasting security.

“It’s a moment of clarification that is forcing Israelis to be more honest about where we are heading,” said Ehud Eiran, a professor of political science at Haifa University. “There’s a growing belief that this reflects a permanent reality, rather than the stories we told ourselves that it’s a temporary occupation.”

In a late May survey by the Israel Democracy Institute released this week, about 62% of Jewish Israelis disagreed with the idea that control over the West Bank constituted a military occupation.

Although a two-thirds majority considered control of the West Bank to be a boost for Israel’s security, the survey also found that the public was evenly split over calls by right-wing politicians to annex the territory.

For the religious nationalist leaders who lead the settlement movement, the jubilee anniversary is being hailed as a sign of the settlements’ permanence. Tens of thousands of religious nationalist supporters gathered at the Western Wall plaza on the Hebrew calendar anniversary of the capture of East Jerusalem in late May to celebrate.

“When I am asked about what is the full vision, what is the future of Judea and Samaria in our eyes, I answer that I want to see, with the help of God, one million Israelis living in Judea and Samaria,” Avi Roeh, who heads the Yesha settlers council, wrote on Facebook, referring to the biblical names for the West Bank.

“It used to seem like a far off, impossible dream…. But today, it’s possible to believe that we’re on the right track.”

In an effort to push back against public perception that the Jewish settlements in the West Bank are an asset to security, the Molad center, a left-wing research institute, released a paper based on interviews with former Israel Defense Forces generals arguing that large amounts of resources are being diverted to the protection of settlements.

Israel’s left wing, which has seen its influence and power diminish over the last two decades, has also been focusing this week on the moral implications of continued control over Palestinians in the West Bank and what it means for the country’s democratic values.

“The settlers have succeeded in creating, on the ground, exactly what they wanted. A reality in which it will be very difficult to draw a border line, which will prevent a separation between us and the Palestinians,” David Grossman, a prominent Israeli author, told the daily newspaper Yediot Aharonot.

“This forces us into making a choice between a few tragic options for those who want a democratic state and a Jewish home. In this sense, the settlers create a danger for the future of the state of Israel, they are dragging us into an abyss.”

Writing in the same newspaper, the son of former Israeli Prime Minister Ariel Sharon dismissed such concerns.

“Those who say that we should have evacuated the territories at once need to be reminded what it was like here before the Six-Day War: a country whose border was near the outskirts of greater Tel Aviv, and which was only 15-kilometers wide,” wrote Gilad Sharon. “Does anyone want to go back to that? With all the problems, our situation today is a thousand times better.”

Gerald Steinberg, a political science professor at Bar Ilan University, argued that Israelis on both sides of the political spectrum do agree that the government needs to come up with a definitive policy to end the state of political limbo started in June 1967.
“Whether you’re on the right or left, the continuing uncertainty for 10 or 20 more years is untenable,” he said. The longer the temporary aspect of the situation lasts, the more unhealthy it is for Israel.”

Voir également:

J’ai lu Israël dans la presse bretonne
9 juin 2017

En France, la presse quotidienne régionale – la PQR – est puissante. En Bretagne par exemple, ces quotidiens structurent l’information.

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Leur influence vient de la verticalité des informations qu’ils traitent : infos locales, régionales, nationales, internationales. De ce fait, ils sont naturellement considérés par la population comme neutres, peu politisés et objectifs. Ils participent fortement au bruit de fond collectif.

Ouest France, 1er quotidien français, couvre le Nord Ouest français, a le 9e site d’info le plus lu en France. Né de Ouest Eclair après la guerre, il est le quotidien historique de la démocratie chrétienne et le soutien des industries agroalimentaires, traditionnellement puissantes.

Le Télégramme devance OF en pointe bretonne, il a été élu meilleur quotidien de France deux fois dans les six dernières années : il est reconnu pour son sérieux.

Publi-Hebdo est le troisième grand acteur de l’info avec une panoplie d’hebdomadaires, et des sites actifs chaque jour, très influents localement, ces derniers se consacrant à l’actualité d’une seule ville.

La place d’Israël

Ici, de Quimper, j’ai compté les occurrences apparues entre le 1er janvier et le 1er juillet 2016 dans la PQR. J’ai noté 14 articles dont 13 que j’ai jugés négatifs à très négatifs, 1 neutre : le 7 mai, une page intitulée Repères dans Le Télégramme.

Les pages analysées sont les pages internationales, mais aussi locales – où apparaissent les communiqués locaux d’associations antisionistes haineuses. *

La PQR n’est pas à négliger

Vous en conviendrez aisément, il ne faut pas mépriser la PQR, c’est là où l’on s’informe des résultats de l’équipe de foot de son quartier, de sa commune, où on recherche des visages connus tout en lisant les fraîches nouvelles du monde.

Cependant, défiance et hostilité y ont remplacé sympathie et empathie à l’adresse d’Israël.

Quelles conséquences l’ image d’un pays présenté comme dissident et sulfureux aura t-elle pour l’avenir ?
Le bruit de fond local ose associer désormais aux mots « apartheid, colonies, guerre » un pays démocratique, protecteur de toutes les minorités qui ont exactement et strictement les mêmes droits que la majorité – comme 1,5 millions d’Arabes musulmans israéliens – au milieu d’une région ayant liquidé toutes ses communautés juives et actuellement plusieurs minorités arabes ou chrétiennes.

Faut-il laisser la PQR aux seuls suppôts de thèses antisionistes ?

Dans l’image, dans l’esprit, dans le cœur, le planteur d’arbre, le philosophe humaniste, l’ingénieur, l’architecte inspiré, sont remplacés par le seul uniforme de Tsahal. Israël n’est vu qu’à travers le prisme très biaisé du conflit territorial.

Il faut regagner les cœurs de ceux qui perdent la Raison. En relayant localement le vrai visage d’Israël.
Ceci passera par l’échange physique, par internet mais également par la presse locale. Car nous le savons : la « vérité » de tous est dessinée chaque jour par le consensus, et ne se superpose pas nécessairement à la réalité des faits.

La liberté de la presse est un droit des citoyens, montrer le vrai visage d’Israël est également un droit, et un devoir.
* valeur indicative et non statistique, n’ayant pas pu quotidiennement lire chaque édition locale

** Pour ce qui est de la Bretagne, sa tradition philosémite séculaire est historiquement remise en cause à chaque fois que nous oublions qu’un Breton judéophobe est un Breton qui se trahit ou trahit son histoire.

Voir de plus:

Juin 67 : la guerre des Six jours et la réécriture de l’histoire israélienne
Pierre Lurçat

The Times of israel

25 mai 2017

Dès le lendemain de la Guerre des Six Jours, la gauche israélienne a créé son propre “narratif” au sujet de la guerre, dans un livre fameux, Sia’h Lohamim (“Paroles de combattants”) qui s’est imposé dans une certaine mesure comme un discours officiel israélien concernant les événements de mai-juin 1967.

Dans ce livre, des soldats issus pour la plupart des kibboutzim des mouvements de la gauche et de l’extrême-gauche (Hashomer Hatzaïr), expriment leurs doutes et leur désarroi après la victoire et relatent les dilemmes moraux auxquels ils ont été confrontés pendant la guerre.

Ce document avait été distribué à l’époque par le ministère des Affaires étrangères aux représentations diplomatiques israéliennes à l’étranger, dans le but de montrer le “visage humain” de l’armée israélienne.

Mais ce narratif humaniste, souvent émouvant mais pétri de culpabilité, reposait sur un mensonge par omission, qui a été depuis lors exposé au grand jour.

Une partie significative des témoignages des soldats recueillis lors de la réalisation de ce document ont en effet été écartés et censurés, car ils ne correspondaient pas aux opinions politiques mises en avant par les auteurs de “Voix de combattants”.

Les voix censurées étaient notamment celles de soldats issus de la Yeshiva Mercaz Harav à Jérusalem, institution phare du sionisme religieux, qui exprimaient leur joie après la victoire miraculeuse, la réunification de Jérusalem et le retour du peuple d’Israël dans le coeur de sa patrie ancestrale.

L’occultation délibérée de ces témoignages, non conformes au narratif de la gauche kibboutzique, s’inscrivait dans une tentative d’écriture d’une “histoire officielle” de la Guerre des Six Jours, dans un sens idéologique bien particulier.

Comme le rapporte Gilad Zweik (1), les auteurs de “Voix de combattants”, parmi lesquels l’écrivain Amos Oz, éprouvaient un mépris non dissimulé pour les sentiments de joie exprimés par la majorité des Israéliens au lendemain de la victoire de juin 1967.

Evoquant son camarade Micha Heyman, tué pendant les durs combats de la “Colline des munitions” à Jerusalem, Amos Oz déclare ainsi que “de son point de vue, on aurait pu dynamiter le Kotel pour sauver Michi”. Un autre soldat interrogé dans le livre déclare que les “sonneries de Choffar [du rav Goren devant le Kottel libéré] lui faisaient mal à la tête…”

On comprend, en lisant ces lignes, que la question de la souveraineté juive à Jérusalem (sans même parler de la Judée et de la Samarie) est tout autant, voire plus, une question intérieure israélienne et juive, qu’une question de droit et de politique internationale.
Dans ce contexte, il convient d’observer que la récente condamnation internationale de la “colonisation” par le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la résolution 2334 s’est produite quelques semaines après l’intervention devant ce même Conseil de sécurité de deux représentants israéliens des organisations d’extrême-gauche Betselem et La Paix Maintenant, qui ont apporté leur justification morale et politique à la condamnation d’Israël par la communauté internationale.

Plus généralement, une large partie de la gauche israélienne a adopté aujourd’hui le narratif jadis minoritaire, défaitiste et auto-accusateur, des combattants de l’Hashomer Hatzaïr (2).

Mais alors que ces derniers, en tant que soldats et patriotes israéliens, exprimaient leurs critiques et leurs doutes à destination du public israélien en priorité, leurs héritiers actuels adressent leurs attaques contre le gouvernement et l’armée d’Israël au public international, se transformant en dénonciateurs de leur propre peuple devant le tribunal des nations (*).

(1) Dans son article “Voix de combattants, les bobines oubliées, une manipulation transparente”, Mida 8.7.2015, http://mida.org.il/)

(2) Un recueil de témoignages d’habitants des kibboutz de l’Hashomer Hatzaïr récemment publié en Israël montre comment les jeunes de ce mouvement sioniste-socialiste d’orientation pro-soviétique parvenaient à concilier, non sans difficultés et au prix de contradictions parfois insurmontables, leur admiration pour la “patrie du socialisme” et son dirigeant Joseph Staline, et leur engagement sioniste.

* Sur ce sujet, je renvoie à mon dernier livre, “La trahison des clercs d’Israël”, La Maison d’édition

Voir de même:

Ayelet Shaked contre Breaking the Silence : mettre fin à l’hypocrisie et à la duplicité
Pierre Lurçat

The Times of Israel

9 juin 2017

En demandant au procureur d’ouvrir une enquête contre le porte-parole de Breaking The Silence, Din Issacharoff, qui a déclaré publiquement avoir frappé violemment un Palestinien alors qu’il était soldat dans l’unité du Nahal à Hébron, la ministre de la Justice Ayelet Shaked a exposé au grand jour l’hypocrisie et la duplicité de l’association d’extrême-gauche, qui lutte ouvertement pour ternir l’image de Tsahal aux yeux de l’opinion internationale.

Comme le rapportent les médias israéliens , Issacharoff a été filmé il y a deux mois, pendant un rassemblement de Breaking the Silence, en train de confesser publiquement avoir frappé un Palestinien.

« Le porte-parole de Breaking the Silence se lève et dit qu’il a lui-même commis un crime contre un Palestinien et l’a roué de coups, a dit Shaked. Si c’est vraiment ce qu’il s’est passé, il devrait faire l’objet d’une enquête et être puni. Si cela n’est pas arrivé, l’Etat doit déclarer officiellement que cela n’est pas arrivé. »

La réaction d’Ayelet Shaked est salutaire et bienvenue, n’en déplaise aux éditorialistes du journal Ha’aretz, qui dénoncent une « instrumentalisation politique » de la justice. En réalité, la ministre de la Justice est tout à fait dans son rôle en appelant le procureur de l’Etat à ouvrir une enquête.

De deux choses l’une en effet : soit le porte-parole de BTS dit la vérité, et alors il doit être jugé, selon les normes appliquées par l’armée israélienne et selon les critères moraux que son association elle-même revendique et accuse Tsahal de ne pas appliquer en cas d’atteinte aux droits de l’homme de la part de Tsahal.

Soit il ment, comme l’affirment plusieurs soldats de son unité, et dans ce cas, Ayelet Shaked a raison d’appeler le gouvernement à exposer publiquement la calomnie que constituent ses accusations. Au-delà même du cas spécifique d’Issacharoff, c’est toute la duplicité de son association qui est ainsi exposée au grand jour.

Voilà des années que Breaking the silence, Yesh Din, La Paix maintenant et les autres associations d’extrême-gauche, financées par l’Union européenne et par des fondations étrangères antisionistes, sapent les fondements de la démocratie israélienne et calomnient les institutions de l’Etat, menant ouvertement et sans encombre leur action subversive.

La réaction salutaire d’Ayelet Shaked est l’occasion de rouvrir le dossier de ces associations financées par des pays et entités étrangères pour lutter contre Israël de l’intérieur. L’Etat juif, en guerre permanente contre les ennemis extérieurs aux frontières Nord (le Hezbollah, bras armé de l’Iran) et Sud (le Hamas et l’Etat islamique) ne peut se permettre le luxe de laisser des ennemis de l’intérieur attaquer Tsahal et exposer ses soldats et officiers à des actions judiciaires malveillantes devant les tribunaux internationaux ou étrangers. Il en va de la sécurité de l’Etat et de ses institutions.

* Mon dernier livre, La trahison des clercs d’Israël, est en vente sur le site de l’éditeur, La Maison d’édition et dans les bonnes librairies.

Jacques Benhamou m’a récemment invité à ce sujet dans son émission Côté Cour sur RCJ.

Voir encore:

Juin 1967 : Six jours pour sauver Israël

Haim Musicant
Cool Israel
9 June 2017
Le 15 mai 1967, c’est le 19 ème anniversaire d’Israël.

Le matin, Tsahal défile à Jérusalem.

Le soir a lieu le festival de la chanson au Palais de la Nation.
Une jeune inconnue de 20 ans s’avance avec sa guitare sur la scène.
Elle s’appelle Shuly Natan.
Naomi Shemer lui a offert d’interpréter une nouvelle chanson.
C’est le maire, Teddy Kollek, qui a demandé à la célèbre compositrice d’écrire une ballade consacrée à Jérusalem.

La capitale d’Israël est coupée en deux par un mur depuis le 29 mai 1948.
La légion arabe du roi Abdallah a en effet conquis la vieille ville pendant la guerre d’indépendance et massacré les juifs qui s’y trouvaient. Elle a également pris d’assaut l’hôpital Hadassah et l’université hébraïque sur le mont Scopus, mais aussi profané les cimetières et transformé les synagogues en écuries et urinoirs.
Le Kotel, le mur occidental du Temple, est bien sur interdit d’accès depuis 1948.

Shuli Natan interprète ce 15 mai, une chanson émouvante et triste.
Elle chante Jérusalem, cette ville qui est « prisonnière du rêve, solitaire, avec le Mur enfermé dans son cœur ».
Cette chanson, c’est « Yérushalayim shel zaav », « Jérusalem d’or ».

Quand elle interprète cette mélodie, Shuli Nathan rêve-t-elle un seul instant que quelques semaines plus tard, le 7 juin, Tsahal va libérer Jérusalem ?
S’imagine-t-elle que le grand rabbin de l’armée, Shlomo Goren, va prendre une Thorah à la main, et faire sonner avec l’autre le shofar devant le Kotel, et dire tout simplement « Réjouissons-nous ! »

Mais le retour à Jérusalem, en ce mois de juin 1967, n’est pas dans la tête des Israéliens.
Au contraire, ils vivent dans la menace de la destruction de leur pays qui n’a même pas 20 ans d’existence.
Israël est un pays minuscule, aussi grand que trois départements français dans lequel vivent à peine 2,7 millions d’habitants.
Au niveau de Natanya, le pays est moins large que la ligne de métro 1 à Paris entre le château de Vincennes et alors le pont de Neuilly.

Le 1 er juin, Ahmed Choukeiri, le président de l’Organisation de libération de la Palestine, auquel Yasser Arafat va succéder, ne laisse pas de place au moindre doute. Il hurle : « Il n’y aura pas de moyen terme. Il ne restera pas de survivants juifs ! »

Au Caire, à Damas, à Bagdad et dans l’ensemble du monde arabe, les déclarations, les manifestations, les chants, les slogans sont les mêmes : « Avec l’aide de Dieu, nous allons nous retrouver à Tel-Aviv et on les égorgera tous ! »

Israël sait qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air.

Le colonel Gamal Abdel Nasser amasse les troupes égyptiennes à la frontière. Il a exigé le départ des Casques bleus de l’ONU qui faisaient tampon depuis la guerre du Sinaï depuis 1956.
Les troupes jordaniennes sont placées sous le commandement de l’Egypte, le roi Hussein espérant agrandir son royaume à peu de frais.
La Syrie, qui depuis les hauteurs du Golan, tire régulièrement sur les agriculteurs israéliens aux abords du Kineret, le lac de Tibériade, est prête à prendre elle aussi sa part au massacre promis.
Gamal Abdel Nasser franchit un pas supplémentaire en fermant le détroit de Tiran L’accès à Eilat est désormais bloqué.

Israël se sent abandonné par le monde entier.

L’Union soviétique soutient et envoie des armes aux Arabes. Les Etats-Unis, empêtrés dans la guerre au Vietnam, ne veulent rien faire. Le général De Gaulle vient de planter un poignard dans le dos, lui qui, il ya quelques années avait affirmé à David Ben-Gourion qu’Israël était l’ami et l’allié de la France.

Les Israéliens pressentent que la menace d’anéantissement se rapproche.

Le 1er juin, le Premier ministre Israélien Levi Eshkol met en place un gouvernement d’union nationale. Il appelle à ses cotés Menahem Begin, le chef de l’opposition et surtout Moshé Dayan, qui devient ministre de la défense.
Israël doit absolument agir pour repousser la tentative d’étranglement.

Le 5 juin au matin pendant que les pilotes égyptiens prennent leur petit-déjeuner, l’armée de l’air cloue au sol la presque totalité des avions .Les forces terrestres complètent l’opération .En quatre jours, elles font reculer l’armée égyptienne de Gaza, Sharm-el –Sheik et atteignent le canal de Suez.

La Jordanie attaque le 5 juin. Elle n’a pas voulu écouter le message qui lui avait été transmis par Israël : « Ne bougez pas !» Le lendemain, les parachutistes israéliens encerclent le vieille ville de Jérusalem, et le 7 au matin, ils arrivent au Kotel.
Tsahal va poursuivre son action de riposte, et va repousser les Jordaniens et dans ce but s’emparer de la Judée et de la Samarie.

Le 6 juin, les Syriens lancent des attaques contre Israël, mais Tsahal réagit et s’empare du Golan.

Le samedi 10 juin, la guerre est finie. Israël est venu à bout des armées égyptienne , jordanienne et syrienne. Les troupes que devaient envoyer d’autres pays arabes, n’ont pas eu le temps d’arriver.

Tsahal a gagné, mais 800 Israéliens sont morts et 4500 sont blessés.

Le gouvernement confie à Itzhak Rabin, le chef de l’état-major de choisir un nom pour qualifier la troisième guerre d’Israël depuis sa fondation.
« Appelons-la tout simplement la Guerre des six jours, comme pour évoquer les six jours de la création », propose Rabin.

Naomi Shemer, elle, change les paroles de « Yérushalayim shel zaav ».Elle ajoute : « Nous sommes de retour…et un shofar retentit sur le mont du Temple dans la vieille ville ».

Voir aussi:

07 juin 2007

2/6/07 – Guerre des Six jours – ou: Les bluffs dangereux

Dans cet article paru dans Libé, Rebonds, du 7/6/2007, vous trouverez en caractères gras les passages qui ont été coupés.

Le 5 juin d’il y a 40 ans, jour pour jour, j’entendis avec stupeur à la radio que l’aviation israélienne était au-dessus du Caire, ayant cloué au sol son homologue égyptienne… J’étais soulagé et inquiet. Depuis près d’un mois, depuis que Nasser avait bloqué le Détroit de Tiran pour étouffer le port juif d’Eilat et empêcher Israël de recevoir le pétrole, on assistait à un véritable ameutement des foules arabes, orchestré par les chefs d’Etat et par le chef palestinien de l’époque autour du mot d’ordre: les Juifs à la mer. Même la suave chanteuse égyptienne Oum Kalsoum chauffait les masses du Caire par un hymne dont le refrain était adbah! (égorge!). A l’époque, je faisais une thèse de math et de la philo, cela faisait un an que j’étais au Parti communiste pour combattre l’impérialisme et le capitalisme. J’étais plutôt méfiant envers les chefs israéliens, qui étaient du reste plutôt distants envers « les Juifs », comme s’ils croyaient à leur mythe de créer l’homme nouveau. Mais le spectre de l’Extermination, 22 ans à peine après Auschwitz, était présent dans certaines têtes, dont la mienne. Je quittai donc le PC car son discours sur « Israël tête-de-pont-de-l’impérialisme-américain » ne collait pas avec les faits. Bien sûr, je me raisonnais: « les Etats arabes ne pourront pas comme ça effacer Israël », mais je m’objectais: « Et pourquoi pas? Pourquoi les mépriser d’avance? Ils sont armés et nombreux… » Même les Marocains envoyaient des blindés; il n’y avait pas que la Syrie , l’Egypte, la Jordanie qui ameutaient. L’Irak aussi…

Israël a donc attaqué le premier, a vaincu les armées arabes en 6 jours et ses soldats ont pu toucher l’élément originaire, le symbole fort: la vieille ville de Jérusalem, le Mont du Temple – sur lequel les troupes islamiques, treize siècles avant, avaient mis leurs emblèmes victorieux, le Dôme et la Mosquée.

Plus tard, on s’est dit qu’Israël n’aurait pas dû être l’agresseur. Mais  la Guerre du Kippour en  73 a confirmé que s’il n’attaque pas le premier, vu sa petite taille, c’est le massacre, et il est vite menacé dans son existence. Des historiens nous disent que cette Guerre des Six jours (dont nos manuels scolaires ne parlent pas) éclata par inadvertance. Un acte manqué, en somme; mais alors, qui révèle le fond des choses: l’humiliation subie par le monde arabe, dans cette guerre, renouvela celle qu’il a subie en 48 à la naissance de l’Etat juif. Un véritable traumatisme, car en principe, dans l’identité islamique instaurée par le Coran, la question juive était réglée: les vrais bons juifs sont musulmans, comme ceux de la Bible , les autres sont des pervers dans l’ensemble, parfois des braves gens isolément; mais l’idée qu’ils aient un jour une souveraineté est exclue. Dès lors, dans la mentalité officielle arabo-musulmane, Israël était à effacer. Même si des Arabes lucides lui vouent une certaine admiration. Mais avec  la Guerre des Six jours, on ne l’effaçait pas, il était victorieux.

A partir de là, on observa de curieux phénomènes. D’abord une sorte de greffe: du fait qu’Israël devenait ponctuellement occupant colonisant les territoires conquis, on greffa sur lui ces deux traits et cela le rend globalement occupant et colonialiste; on pouvait donc ameuter contre lui toutes les forces anti-coloniales. Il y eut aussi des surenchères morales chez les Juifs; certains, comme Y. Leibovitch fustigeant Israël comme nouvel Etat nazi, pas moins. Ce qui permit à des cohortes d’humanistes en manque d’indignation d’emboîter le pas: Oui, Ramallah c’est Auschwitz, déclara un prix Nobel de littérature.

Autre fait, plus positif: il fallait rendre les territoires. Avant 67, on ne parlait pas de les rendre puisqu’on allait, un jour, libérer toute la Palestine. Mais depuis 67, Gaza, que l’Egypte occupait et n’a jamais pensé à rendre, devint une terre à restituer de même que la Cisjordanie occupée par  la Jordanie qui ne pensait pas davantage à la restituer. Ce fut une sorte de transmutation: ces terres devenaient palestiniennes du fait d’être passées entre des mains israéliennes. Il faut dire qu’avant, même les Palestiniens n’exigeaient pas des Etats arabes d’avoir d’abord Gaza et  la Cisjordanie comme base de départ dans leur lutte contre Israël. Etonnant.

[1] . Proche-Orient. Psychanalyse d’un conflit, (Seuil, 2003).

Mon hypothèse, que j’étaie dans un livre[1], est que de façon très spontanée, le monde arabo-musulman avait fait des Palestiniens le fer de lance ou l’emblème de son refus d’Israël, en tant que souveraineté juive; et quand on est un fer de lance ou un emblème, on n’a pas l’idée d’exister pour son propre compte. C’est donc curieusement après  la Guerre des Six jours que cette idée a pu devenir assez concrète. Ce qui ne veut pas dire praticable. A preuve, depuis que Gaza a été « restitué », les Palestiniens s’y battent entre eux, les plus fanatiques envoient des fusées sur Israël, retardant la restitution – pourtant prévue – d’une partie de la Cisjordanie : en effet, si celle-ci était rendue, on pourrait envoyer de là des fusées sur Tel Aviv, vu les distances; alors c’est l’existence quotidienne d’Israël qui serait mise en question. Donc, nouveau paradoxe, grâce à la libération de Gaza, et à ce qu’elle a révélé, celle de la Cisjordanie paraît peu probable, pour l’instant.

De sorte que même ceux qui réécrivent l’histoire après-coup – et il y en a – n’ont pas la tâche facile. Quand ils disent qu’Israël aurait dû rendre très vite les Territoires, ils oublient qu’un groupe armé quelconque à Ramallah ou à Gaza, s’il veut se réchauffer l’âme et se sentir plus près d’Allah, peut envoyer des bombes (ou des hommes-bombes) sur Israël et redéclencher la guerre. Donc, il faut être bien prétentieux pour s’installer sur un promontoire élevé et juger que, de ci de là, il y a eu « de grosses erreurs ». Ces deux peuples là-bas, quand ils se battent (car il faut reconnaître qu’il y a de longues périodes de paix, et que la seconde Intifada, longue et meurtrière, a fait en tout 3000 morts des deux côtés, ce qui est tragique mais peu comparable aux 250000 morts des guerres ethniques dans l’ex-Yougoslavie), quand il se battent donc, c’est pour des raisons qui leur échappent, des raisons inconscientes qu’on hésite à élucider, mais d’où émerge cette question simple: une terre devenue islamique (par conquête) peut-elle supporter de retrouver (par conquête) sa souveraineté juive antérieure? Ou encore: l’islam ayant pris le relais du message hébreu, peut-il honorer sa dette symbolique envers ses sources juives en laissant une part infime de son immense territoire redevenir un Etat juif?

Le peuple juif, lui, se serait bien contenté de l’émancipation, des Droits de l’homme que la Révolution

française a mis deux ans à lui reconnaître; il se serait même bien passé d’un Etat. Mais des forces inconscientes et historiques ayant fait resurgir cet Etat, c’est de façon très aiguë que la question se pose: projet d’anéantissement, ou cohabitation mouvementée?

Ces problèmes de cohabitation entre islam et monde judéo-chrétien vont peu à peu s’observer bien ailleurs, en Europe, et un jour proche on pourra en parler plus franchement.

Autre remarque: c’est la Guerre des Six jours qui instaura la « ligne verte », frontière apparente et improbable entre deux Etats. Elle a eu dans certains discours un aspect intangible, rigide, absolu, comme si elle existait de tout temps. C’est qu’elle incarne une revendication toute autre: effacer l’humiliation de 67. Or celle-ci est captée par une autre humiliation, plus profonde, celle de l’islam conquérant arrêté par l’Occident sur une frontière instable qui va bientôt faire parler d’elle.

En tout cas, là-bas, la paix « définitive » a peu de chance, car pour régler une dette, il faut se reconnaître endetté, et rien ne peut vous y forcer quand la dette est symbolique. Mais il y aura souvent la paix. Et il y aura aussi bientôt une ambiance analogue à celle qui précéda juin 67, si la bombe iranienne est au point, et si les chefs islamiques (non arabes cette fois) orchestrent à nouveau le « haro ».

Car il faut pointer ici un curieux fait psychologique: des chefs tels que Nasser, Saddam Hussein, Ahmadinejad, se lancent chacun dans un grand bluff, mais ils font en sorte qu’on les croie vraiment. Nasser, s’il ne voulait pas attaquer a quand même fait acte de guerre (bloquer Eilat); S. Hussein a fait croire qu’il avait des armes de destruction massive, il ne les avait pas, mais il a massivement massacré les Kurdes. Reste le chef iranien: il menace et prépare l’instrument. L’ironie de l’histoire va-t-elle faire que c’est lui, justement, qu’on choisira de ne pas croire?

Voir également:

Les plaies d’Israël

Par propos recueillis par Philippe Coste

L’Express

05/06/2007

Chef de file des «nouveaux historiens» de l’Etat hébreu, Tom Segev, réfractaire aux épopées officielles, poursuit la chronique incisive, implacable mais profondément humaine, de son pays. Avec son dernier ouvrage, 1967, Six jours qui ont changé le monde*, il décrypte sans concessions les errements et les choix d’une guerre qui – il s’en explique pour L’Express – hante toujours l’Israël d’aujourd’hui.

Ce livre semble être le tournant de votre carrière d’historien. Comment en avez-vous eu l’idée?

C’est le résultat de cinq ans de recherches, en Europe, aux Etats-Unis et bien sûr en Israël. Chez nous, les archives sont plus accessibles qu’en France et, surtout, nos dirigeants ont cette habitude louable d’emporter à leur domicile des dossiers confidentiels, sans jamais les rapporter au bureau.

Aussi le talent de nos historiens se mesure-t-il souvent à leur capacité à approcher les veuves dépositaires de ces écrits et à gagner leur sympathie. C’est ainsi que j’ai déniché des trésors: des comptes rendus entiers de Conseils de ministres ou les rapports détaillés sur les pourparlers avec les Palestiniens après la guerre des Six-Jours.

Venons-en au fond. Votre livre décrit les événements de 1967 moins comme un épisode glorieux que comme l’origine des maux actuels d’Israël…

Les débats d’aujourd’hui, aussi virulents soient-ils, sont la reproduction exacte, au mot près, de ceux de 1967. Comme si aucune nouvelle idée n’avait pu émerger. Comme si, quarante ans plus tard, nous restions figés dans les choix et les erreurs de l’époque, qui conditionnent toujours nos rapports avec les Palestiniens.

Vous consacrez une place énorme à l’avant-guerre, ce moment d’intense désarroi national. Pourquoi?

C’est essentiel pour entrevoir les racines du conflit. Au milieu des années 1960, Israël incarnait une success story unique au monde. Un Etat – une nation – s’était construit, qui avait remporté deux guerres [en 1948 et en 1956] et accueilli 2 millions d’immigrants supplémentaires depuis sa fondation. Tout cela sans freiner un boom sidérant. En 1965, les enfants israéliens avaient remporté les championnats mondiaux de mathématique, battant les petits Américains à plate couture.

On parlait d’un programme spatial israélien. L’écrivain Shmuel Yosef Agnon allait remporter le prix Nobel de littérature [1966]. D’Alfred Hitchcock à Jean-Paul Sartre, les stars venaient du monde entier observer le prodige. Et puis, début 1966, tout s’arrête, tout s’effondre. Commencent à cette période une récession brutale et un chômage désespérant. Les Israéliens quittent alors le pays. A la fin de l’année 1966, le nombre des partants dépasse celui des arrivants. Nul ne peut imaginer pire affront à l’ego sioniste. On se met à débattre du post-sionisme, comme on le ferait aujourd’hui… La cause semble perdue pour les générations futures.

C’est le temps des incertitudes politiques…

L’ère du père fondateur, l’héroïque David Ben Gourion, s’est achevée. Lui a succédé le prosaïque Premier ministre Levi Eshkol, cruellement raillé pour son apparente indécision. L’ambiance est délétère. Pour apprécier l’intensité du malaise, il faut se souvenir de la capacité des Israéliens, tout au long de leur histoire, à passer en un instant de l’extase à la déprime la plus complète.

Pour aggraver la situation, les attentats commencent…

Progressivement, à partir de 1965. Une bombe ici. Un soldat tué là. Un civil blessé ailleurs. Certes, le terrorisme est sans commune mesure avec celui qui frappera dans les années 1970. Mais la tension monte et Eshkol se tourne vers l’armée, qui lui répond qu’elle n’a aucune solution à sa disposition. Afin de régler le problème naissant du Fatah, les militaires n’ont qu’une idée: s’en prendre à la Syrie, accusée de faciliter le passage des poseurs de bombes. Au même moment, la situation se dégrade à la frontière sud avec l’Egypte. A mon sens, l’état de déliquescence du pays et la faiblesse de ses dirigeants rendent les Israéliens psychologiquement incapables de mesurer rationnellement la réalité du danger.

C’est alors qu’apparaissent les premières références à l’Holocauste…

J’ai demandé à des familles aux Etats-Unis de me montrer les lettres que leur envoyaient à l’époque leurs proches vivant en Israël. J’en ai lu près de 500. Presque toutes, en 1966 et 1967, mentionnent la crainte d’un nouvel holocauste. C’est la grande peur, une panique sincère de la destruction imminente, qui s’infiltre dans tous les recoins de la société.

Cette paranoïa est-elle la cause de la guerre?

Le conflit était en fait inévitable, car Israël était trop faible pour ne pas attaquer. J’ai établi une chronique de la montée de l’irrationnel. Lors des discussions de janvier 1967 entre le gouvernement et les services secrets du Mossad, on spécule sur les options de Hussein de Jordanie. Mais une conclusion s’impose clairement: en cas de conflit, l’annexion de la rive occidentale du Jourdain et de Jérusalem-Est ne serait pas dans l’intérêt national d’Israël. Le 5 juin 1967, quand les troupes de Hussein attaquent, la raison succombe aux pulsions viscérales. Certes, la guerre est gagnée. Le danger principal, l’Egypte, a été écarté après la destruction de 400 de ses avions. Mais on opte, néanmoins, pour l’offensive contre la Jordanie, pour l’occupation de la rive ouest et surtout celle de Jérusalem- Est. Israël va s’emparer de lieux saints musulmans et chrétiens, un geste aux conséquences internationales immenses. Pourtant, lors de la réunion avec Eshkol, l’état-major et le Mossad, il n’y a même pas eu un juriste pour évaluer les risques. On y va, c’est tout. On ne réfléchit pas. On reste au niveau du fantasme et du rêve.

Pour vous, il s’agit du moment clef. Peut-on parler d’une erreur fondamentale?

Certainement. Mais ne soyez pas tenté de voir dans cette décision un calcul politique, une manoeuvre cynique pour résoudre la crise intérieure de l’époque. Nous sommes dans le champ de l’irréfléchi. Je me souviens, d’ailleurs, m’être précipité, à l’époque, pour aller voir Jérusalem-Est, car j’étais persuadé que, dans les jours qui suivraient, nos troupes devraient partir. Tout le monde partageait l’opinion que le cours des événements nous forcerait à revenir au statu quo ante. En fait, Israël venait de passer le point de non-retour. D’après les documents que j’ai obtenus, Hussein était pourtant prêt à une paix durable si on lui rendait Jérusalem-Est et la Cisjordanie. Mais, politiquement et psychologiquement, il nous était devenu impossible de le faire de notre plein gré. A posteriori, se forgeait le mythe qu’il relevait de la mission, de l’essence d’Israël de détenir tout Jérusalem. C’est étrange car, en fait, hormis le mur des Lamentations, il n’y a pas grand-chose de juif là-bas. Et, d’une manière ou d’une autre, les lieux de prière auraient pu être rendus accessibles sans recourir à l’annexion.

C’est aussi le moment où Israël découvre les Palestiniens…

Après avoir trop longtemps nié leur existence! Un souvenir personnel de juin 1967: en passant en voiture en Cisjordanie, j’ai voulu prendre une photo d’une colonne de réfugiés sur le bord de la route. Mes camarades ont tenté de m’en empêcher, comme s’ils refusaient de matérialiser leur existence. Tout le monde savait qu’il fallait trouver immédiatement une solution pour les Palestiniens, profiter au mieux du choc initial pour assurer les déplacements de population. L’idée la plus simple consistait à les installer en Cisjordanie. Le plan n’aurait coûté que 40 millions de dollars en dix ans – une misère! – et tous les grands philanthropes juifs, à commencer par les Rothschild français, étaient partants pour financer l’opération. Mais non… Notre gouvernement semble alors incapable de prendre une décision et s’enfonce dans le déni. Il s’en tient à une ligne: c’est à l’ONU de s’occuper des Palestiniens. Et Israël ne peut être tenu responsable de leur sort. Les projets les plus loufoques sont alors débattus, visant à les reloger dans le Sinaï, mais surtout à l’étranger: au Canada. Ou en Irak! En lisant cette dernière proposition, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une blague, avant de me rendre compte que Eshkol en avait expressément discuté avec le président américain Lyndon Johnson!

Justement, quelle est la position des Etats-Unis?

Johnson était opposé à la guerre, essentiellement parce qu’il craignait qu’elle ne tourne mal pour les Israéliens, qui se seraient alors trouvés contraints de lui demander son aide militaire, alors qu’il est lui-même en plein marasme vietnamien. Mais la CIA, enragée contre Nasser, l’assure que Tsahal remportera une victoire en six à dix jours… L’Amérique donne son feu vert.

Aujourd’hui, Israël ne vit-il pas toujours dans le contexte de cet après-guerre?

Oui. La victoire de 1967 offre un second souffle au sionisme. Un sentiment de toute-puissance enivre le pays. Longtemps, jusqu’à la grande claque de la guerre du Kippour (octobre 1973), les Israéliens se répétaient cette boutade: «Qu’est-ce qu’on fait à midi? – On envahit Le Caire! – D’accord. Mais qu’est-ce qu’on fait dans l’après-midi?» 1967 a aussi contribué à l’isolement d’Israël, à substituer aux racines européennes et à l’ouverture antérieure au monde un lien exclusif avec les Etats-Unis.

A ce jour, après la terrible déception qui a suivi les accords d’Oslo, quel est le bilan?

Notre jeunesse ne croit plus à la paix. Pragmatique et désabusée, elle se satisferait d’une bonne gestion des hostilités. Et ce qui m’a frappé dans le dernier épisode, l’offensive au Liban de l’été 2006, c’est, plus que l’inanité d’Ehud Olmert – certainement le pire Premier ministre de notre histoire – le fait que notre armée ne sait plus faire la guerre. Tout un symbole. Tsahal est devenue, au fil des décennies, une gendarmerie conçue pour être un outil d’oppression.

Votre père a été tué lors de la guerre de 1948. Vous n’aviez que 3 ans. Cette disparition tragique a-t-elle contribué à faire germer votre vocation d’historien?

Sa mort n’a rien eu d’héroïque. Il est tombé du toit où il montait la garde, lors d’un échange de tirs. Mais je me souviens des lettres officielles que nous recevions à chaque commémoration. Elles étaient signées par une machine. Surtout, en déplorant le sacrifice des soldats, elles assuraient que nos dirigeants ?uvraient inlassablement pour la paix. Ces mots ont fini par m’intriguer. Que faisaient-ils vraiment pour la paix?

Tom Segev

1935
Ses parents fuient l’Allemagne nazie et s’installent en Palestine.
1945
Naissance à Jérusalem.
1948
Son père est tué pendant la première guerre israélo-arabe.Service militaire au collège de la Défense nationale.Etudes d’histoire et de sciences politiques à la Hebrew University.Doctorat d’histoire sur les commandants de camps de concentration nazis, de la Boston University.
Auteur de:
Les Premiers Israéliens,Calmann-Lévy (1998).
C’était en Palestine au temps des coquelicots, Liana Levi (2000).
Le Septième Million,Liana Levi (2003).

Voir de plus:

« Six jours de guerre »
Daniel Pipes
The New York Post
4 juin 2002

Version originale anglaise: [Michael Oren’s] « Six Days of War »
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

La victoire la plus écrasante dans les annales de la guerre a eu lieu en Juin, il y a 35 ans, lorsque les forces israéliennes ont défait les forces armées égyptiennes, jordaniennes et syriennes en seulement six jours. Et ce [mois de ] Juin là est marqué par la publication de Six Days of War : June 1967 and the Making of the Modern Middle East (Six jours de guerre : juin 1967 et la genèse de l’Orient moderne) (Oxford University Press) de Michael Oren, le plus beau livre jamais paru sur ce sujet.

Oren, un chercheur israélien d’origine américaine, raconte son histoire, de manière sobre, directe et palpitante, pleine de citations percutantes.

Six Days of War (Six jours de guerre) bénéficie de sources en six langues et c’ est le premier compte-rendu à s’appuyer sur les archives d’Etat récemment ouvertes, qui permettent au compte-rendu de fournir ce qui jusque-là était inconnu [et qui touche]au coeur de l’histoire, y compris un certain nombre de mesures publiées en exclusivité (telles que les plans pour la conquête arabe en Israël, ou la manière dont les ordres du ministre de la Défense Moshe Dayan pour s’emparer des hauteurs du Golan ont violé son mandat). Pas étonnant qu’il soit un best-seller américain avant même sa sortie officielle.

Plusieurs questions perdurent encore sur la guerre 67, et Oren fournit des informations utiles pour y répondre. Voici trois explications clés:

Pourquoi la guerre a-t-elle eu lieu ? La question se pose parce que, comme la Première Guerre mondiale, personne n’avait prévu ni ne voulait cette guerre. La recherche d’Oren offre un aperçu de son caractère tout à fait accidentel. En novembre 1966, par exemple, après le meurtre de trois policiers israéliens aux mains de terroristes, basée en Jordanie, l’ambassadeur généralement efficace des États-Unis en Israël a attendu quelques jours pour transmettre un message de condoléances du roi Hussein de Jordanie au Premier ministre israélien. Son retard a poussé les Israéliens à se venger, et les représailles à leur tour sont devenues un épisode majeur dans l’escalade de la guerre.

Le rôle des évènements fortuits doit être gardé à l’esprit ces jours-ci, alors qu’il y a de la guerre dans l’air à nouveau au Moyen-Orient: Le moindre faux pas pourrait provoquer un éclatement.

Comment les Forces de défense israéliennes ont-elles pu gagner de façon si écrasante ? par une pratique méticuleuse et un réalisme absolu, contrairement aux militaires arabes, qui vivaient dans un monde fantastique.

Si les Israéliens étaient tous nerveux à l’approche de la guerre – Le chef d’état-major Yitzhak Rabin souffrait d’une dépression – les dirigeants arabes étaient extrêmement confiants. Un général syrien prédisait une victoire sur Israël en quatre jours « au maximum. » Le président égyptien Gamal Abdel Nasser ne montrait aucun signe d’inquiétude, insistant sur le fait que les Israéliens étaient incapables de monter précisément l’attaque aérienne surprise qu’ils ont en fait réussie..

Plus largement, un haut fonctionnaire égyptien a déclaré au sujet du leadership de son équipe qu’il croyait que «la destruction d’Israël était un jeu d’enfant qui ne nécessitait que l’accrochage d’une ligne téléphonique chez le commandant et l’écriture de slogans de victoire. »

(Washington, comble d’ironie, a été plus confiant que Tel-Aviv sur une victoire israélienne ; deux semaines avant que la guerre n’ait éclaté, déclare Oren, le secrétaire américain à la Défense avait prédit que si Israël devançait, il battrait ses trois ennemis dans la semaine – précisément ce qui s’est passé.)

Comment la guerre a-t-elle affecté la diplomatie israélo-arabe ? – Elle en a fondamentalement changé les termes. Déjà à la mi-mai, quelques semaines avant que les hostilités n’aient commencé, l’influence du Moyen-Orient à la Maison Blanche, Harold Saunders, a suggéré qu’Israël devrait être tolérée le temps d’écraser ses ennemis, voyant en ceci « un moyen de régler les frontières et, peut-être même les réfugiés ».

Dès le deuxième jour de la guerre, le président Lyndon Johnson avait formulé les grandes lignes de la politique la terre- en échange- de la paix que 35 ans plus tard, la diplomatie américaine conduit encore à l’égard du conflit israélo-arabe: Israël doit restituer la terre conquise en 1967 en échange de sa reconnaissance par les Arabes.

Les Américains attendaient l’ampleur du triomphe militaire d’Israël pour montrer aux Arabes l’inutilité de leurs espoirs de détruire l’Etat juif, une analyse qui rencontra l’approbation immédiate chez certains Israéliens (y compris Yitzhak Rabin, plus tard le premier ministre qui a initié les négociations d’Oslo, qui ont été fondées précisément sur cette hypothèse).

Mais, comme les événements récents l’ont prouvé de façon si frappante, la prémisse terre contre paix était fausse. A quelques exceptions près (comme le président égyptien Anouar El-Sadate), la bonne volonté d’Israël de faire cet échange a hâté la violence des Arabes contre elle, non pas leur acceptation.
Oren montre comment la terre contre la paix est fondée sur des espoirs américains, et non pas sur les réalités du Moyen-Orient ; sa recherche montre que cette politique n’a pas besoin finalement d’être remplacée par une approche plus réaliste.

Comme le sous-titre d’Oren le suggère, ces six jours de la guerre ont eu des conséquences vraiment profondes.

Voir enfin:

Lettre à un Ami arabe

Convergences – pages 242 à 253
Lettre à un Ami arabe – Prix Sévigné, 5ème édition, Mame, 1969, réédition J. C. Lattès 1994
ISBN : 2709613808 – 317 pages.

Depuis cinquante ans, Juifs et Arabes se disputent en brandissant les titres qu’ils prétendent avoir à la possession de la Terre sainte. « Terre arabe »; dites-vous, « Terre hébraïque » répondons-nous. Les Juifs se fondent sur la Bible et sur leurs aspirations millénaires à obtenir la réparation du tort que l’impérialisme romain leur avait causé au 1er siècle de notre ère. Aux racines, chez les Musulmans, la conscience aiguë qu’une terre qui a appartenu à l’Islam, à quelque moment que ce soit, reste à jamais terre d’Islam : « D’ailleurs, nous sommes les héritiers des Anglais et des Turcs !  » ; « S’il y a prescription en matière de souveraineté, vous êtes forclos comme vous prétendez que nous le sommes !… » Les thèses s’imbriquent et s’opposent si étroitement qu’on pourrait en discuter jusqu’à la fin du monde : les neuf cent quatre-vingt onze pages du dossier israélo-arabe publié par les Temps Modernes, en juin 1967, ne constituent, malgré son épaisseur, qu’une minuscule partie des millions de pages, des milliards de mots publiés en cette affaire. trois cent soixante pages d’accusations arabes, répondent trois cent vingt pages de justification d’Israël. A chaque argument arabe, la pensée juive oppose dix réponses. A chacune d’entre elles, un esprit délié pourrait trouver cent répliques définitives, auxquelles pourraient s’opposer mille raisons, et ainsi de suite…

Pendant toutes ces années, j’ai suivi pas à pas l’évolution de ta pensée dans les articles que tu publiais dans les revues et les journaux arabes, dans ce que la presse rapportait de tes discours.

Je connaissais la clarté de ton intelligence, la vigueur de ton style, le courage qui te portait toujours au-delà de ce que la prudence, et parfois la raison, pouvaient conseiller. Je savais aussi les liens qui t’unissaient à Israël : ta famille venait d’un de ces villages des monts de Judée où, comme en Galilée, la population n’a jamais été renouvelée. Tu aimais à te proclamer, et avec toutes les évidences de ton côté, un vrai descendant du peuple de la Bible. Comme beaucoup de Palestiniens, tu parlais l’hébreu avec un accent oriental qui me ravissait : tu réhabilitais notre langue déformée par un grand nombre d’Israéliens originaires d’Europe qui renoncent à prononcer les gutturales, comme elles doivent l’être. Tu étais nourri de culture hébraïque, imprégné des idéaux du libéralisme français, ivre aussi de sentir au fond de ton être une puissance qui aspirait à se manifester par la pensée, par l’écrit, par la parole, par l’action enfin. Sans parler des liens affectifs qui t’unissaient à tant de Juifs. Je recherchais dans ton oeuvre une trace de ce qui était pour moi ton vrai visage : il ne restait rien de cette partie de toi qui t’unissait si profondément à moi, à Israël. Tu avais effacé tout le passé judéo-arabe, tu voulais ignorer les réalisations du sionisme israélien, il n’existait pour toi aucune possibilité d’une nouvelle symbiose israélo-arabe mise au service des peuples du Moyen-Orient et de la paix mondiale. Tu étais épris d’idéaux démocratiques : la dictature nassérienne te paraissait cadrer avec la conception nouvelle que tu te faisais du socialisme. Enfin, je voyais naître sous ta plume le Monstre que les propagandes arabes s’efforçaient d’interposer entre nous, un Juif hideux, synthèse repoussante des caricatures proposées par la haine antisémite du Moyen Age et du parti national-socialiste allemand. A te lire, je sentais rnon nez devenir crochu, mes yeux s’exorbiter, mes oreilles se décoller, mes doigts se pourvoir de griffes, mes pieds devenir semblables à ceux du diable. Je me sentais prêt à boire le sang des enfants chrétiens… Rappelle-toi ce dessin qui représente un Juif horrible, au nez aussi crochu que possible, le cou pris dans l’hexagone central du sceau de Salomon, tandis qu’un Arabe chevaleresque et justicier tire très fort la pointe des deux triangles entrelacés. La haine a de ces inventions… Les thèmes de la propagande arabe concernant Israël sont peu nombreux mais constamment ressassés et avec tant de conviction qu’ils finissent par troubler même la bonne conscience de l’honnête homme. Par violence, Sarah obtint d’Abraham qu’il chasse Agar, la servante, et son fils, Ismaël dans les déserts dont il devint le fils. Par ruse, Jacob usurpa d’Isaac la bénédiction qui revenait à Ésaü. Les propagandistes arabes avec fureur disent au monde : « L’histoire biblique continue: par violence et par ruse, les juifs nous ont dépossédés de nos terres, de nos biens, de notre honneur, de notre liberté. Nous n’aurons de cesse que lorsque nous nous serons vengés. » Et de fait la blessure faite à l’âme arabe est profonde. La critique arabe dénie toute ombre de valeur aux thèses sionistes : elle s’évertue avec beaucoup d’ingéniosité, et depuis peu de temps, avec un certain succès, à donner du Juif une image peut-être ressemblante mais dans laquelle nous avons du mal à nous reconnaître. Faut-il revenir sur les thèmes de cette propagande ? Nous sommes des impérialistes, des colonialistes, des voleurs de terre, des usurpateurs qui ont trompé non seulement les nations arabes mais les Nations unies. Nous sommes des étrangers sur notre propre terre à laquelle ni la Bible, ni l’histoire, ni les décisions des Nations unies, n’ont jamais donné aucun droit, des agresseurs assoiffés de sang, des brigands que le Conseil de sécurité n’a jamais cessé de condamner, des racistes qui vouent des minorités au désespoir et à la honte, au déshonneur et à la misère. Nous sommes les metteurs en scène et les profiteurs de la tragédie des réfugiés.

Ces griefs anciens sont considérablement amplifiés depuis la guerre de juin 1967, dont les résultats confirment aux yeux de nos censeurs toutes les accusations dont ils nous abreuvent depuis vingt ans. Après avoir fait à peu près tout ce qu’il fallait pour nous entraîner dans ce beau gâchis, ils se tournent à nouveau vers le monde en criant : « Nous vous l’avions bien dit ! » Un pamphlet, publié par l’ambassade d’Irak à Paris au lendemain de la guerre des Six Jours, résume bien ce point de vue : Israël ne se compose que d’un groupe d’hommes de nationalités diverses venues des quatre coins du monde pour s’emparer des terres et des biens de tout un peuple, le chasser de son foyer, poussés par un mobile fondé exclusivement sur le racisme et faisant table rase du principe du règne de la majorité et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette campagne a un but très évident : effrayer le monde : « Le sionisme est parvenu en utilisant toutes sortes de pressions à dominer la plupart des moyens d’information pour dénaturer à son profit des faits incontestables, ayant pour objectif d’étendre d’une manière définitive sa domination sur le monde. » Les écrivains, arabes ou pro-arabes qui ont versé leur témoignage au dossier israélo-arabe des Temps modernes déploient leur science et leur talent pour analyser ces grands thèmes, les approfondir, les étayer d’arguments fondés en théologie, en en droit, en fait, au regard de la morale, de la justice, de l’humanité. Leur plaidoyer prend même la défense des intérêts du judaïsme et des Juifs qui devraient comprendre d’eux-mêmes l’étendue de leurs torts, demander pardon, plier bagage, et laisser enfin la place aux Arabes, avant que ceux-ci ne les exterminent. C’est ce que me disait une bonne Chrétienne arabe de ce pays, le 3 juin 1967 !… C’est ce qu’écrivaient les meilleurs parmi les penseurs, les philosophes, les juristes, les sociologues arabes ou pro-arabes tel Maxime Rodinson pour qui Israël n’est qu’un « fait colonial ». Mounthir Anabtawi dépasse cette prudence en accusant Israël d’être un « mouvement colonialiste, chauvin et militariste », représentant un danger permanent pour la liberté des peuples et la paix mondiale. Abdul Wahhab Kayyali, que tu connais bien pour son action au Centre des Recherches de l’Organisation de Libération de la Palestine, insiste surtout sur « le caractère expansionniste agressif de l’Etat d’Israël ».

Le problème des réfugiés constitue la source des arguments les plus difficilement réfutables de la thèse arabe, fortifiée encore par la grande pitié des victimes de la dernière guerre. Loufti El Kholi dénonce en Israël un ghetto et un bastion de l’impérialisme. Pour renforcer cette thèse, on a recours à un Marocain généralement mieux inspiré, Abdallah Laroui qui nie le caractère socialiste – au sens scientifique du terme – de l’État d’Israël. Si l’Égypte de Nasser est à ses yeux l’exemple parfait du socialisme appliqué, je me crois prêt, ma foi, à souscrire à son jugement. Un autre Marocain, Tahar Benziane, conclut une longue analyse d’une manière drastique : « Si les Juifs, au contraire, refusent de s’intégrer, la Palestine n’aura d’autre solution que de rejeter ce corps étranger et agressif qui ne veut pas obéir aux lois élémentaires de l’humanité. » Par bonheur, il m’excepte de l’anathème : « Les Juifs originaires de Palestine, eux, en tout état de cause, sont sur leur propre terre qui est celle de leurs ancêtres palestiniens de confession juive. » Si j’avais la moindre envie de polémiquer, je demanderais à Benziane ce qu’il fait des quatre ou cinq cent mille Juifs d’Afrique du Nord qui, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, étaient, en tout état de cause sur leur propre terre qui est celle de leurs ancêtres maghrébins de confession juive et, qui néanmoins, durent partir, dépossédés de tous leurs biens.

Un admirable cri du coeur d’un Égyptien, Ali Alsamman, que tu as dû rencontrer à Paris où il est le correspondant de dant de AI Abram clôture l’exposé des thèses arabes réunies par les Temps modernes : « Je hais ce sionisme qui sépare l’Arabe du Juif. » Cri d’amour et de haine à la fois, peut-on mieux avouer l’impasse où aboutit l’actuel point de vue arabe sur Israël ?

Il y a le sang versé, il y a les souffrances inimaginables des survivants : les veuves, les orphelins, les parents des sol dats tués au front. Il y a aussi les indicibles malheurs des réfugiés.

As-tu lu cet affreux récit publié par le Monde où l’un d’eux raconte comment, mû par le désespoir, il a noyé dans le Jourdain sa fille, un bébé ?

Il y a les dangers de guerre mondiale que le conflit proche-oriental porte en lui. Il y a la flambée des milliards de dollars jetés dans les caisses étrangères des marchands de canon et de… Mirages. Il y a la perte d’indépendance que ce conflit absurde provoque en nous jetant dans la dépendance des grandes puissances qui se servent des Juifs et des Arabes pour leur propre politique à l’échelle de la planète : dans cette perspective, notre conflit fait de nous des pions sur un échiquier.

Mais plus gravement encore, peut-être, à mes yeux, vingt ans de guerre ont fait de nous, qui vivions comme des frères, des étrangers. Je recherche, dans ton visage marqué par la tragédie de ta guerre et de ta défaite, tes expressions d’enfant et d’adolescent, celui que j’ai connu et aimé à Jérusalem, à Paris. Où est la fraîcheur de ton rire, le pli rieur de tes yeux, la confiance détendue de notre étroite amitié : nous n’avions pas de secret l’un pour l’autre, David et Jonathan ressuscités sur les collines de Judée au grand vent de nos promenades ? Je te vois ravagé, intérieurement miné par ta déception personnelle liée au grand drame, aux souffrances inouïes de ton peuple. Au bout de vingt ans, nous sommes devenus des étrangers l’un pour l’autre et pourtant notre ascendance, nos études, les projets que nous faisions, nous préparaient à un même avenir.

Je suis maintenant attelé aux affaires d’un Etat qui n’est pas tien et ta défaite explique ma survie. J’avais grandi en milieu arabe; mon fils, à Jérusalem, n’avait jamais vu d’Arabe avant notre rencontre, et la seule expression de l’arabisme qui soit jamais parvenue à ses oreilles était l’explosion des balles que la Légion arabe tirait parfois sur nos fenêtres.

En Israël, la minorité arabe, victime du conflit qui nous déchirait, vivait repliée sur elle-même et n’avait à peu près aucun contact avec les Juifs. En pays arabes, l’idéal était de faire comme si Israël n’existait pas : on supprimait son nom sur les cartes, sur les placards publicitaires des journaux et même, dans certaines églises du Liban, des Psaumes que les fidèles récitaient. Les surfaces de contact entre Arabes et Juifs qui, voici vingt ans, couvraient toute l’étendue du monde arabe avaient subi le sort de la peau de chagrin ; les ponts sautaient partout : nous ne touchions qu’aux points les plus douloureux et les plus critiques.

En pays arabes, les communautés juives avaient été liquidées sans phrase, en créant des centaines de milliers de réfugiés dont personne ne parle et qu’aucun organisme international n’a songé à prendre en charge: des Juifs tout juste bons à être abandonnés à la charge de la juiverie. Dans toute l’étendue des terres d’Islam, à chaque secousse provoquée par le conflit israélo-arabe, les Juifs abandonnaient les pays dans lesquels ils étaient établis depuis des millénaires, et où ils étaient arrivés souvent avant la conquête musulmane. En Asie, en Afrique du Nord, le triomphe du nationalisme s’est partout accompagné de la liquidation totale ou partielle des communautés juives. La totalité des Juifs du Yemen, quatre-vingt-dix-huit pour cent des Juifs irakiens, d’Aden, tous les Juifs de Jordanie, quatre-vingt-quinze pour cent des Juifs syriens, quatre-vingt-seize pour cent des Juifs égyptiens, quatre-vingt-quinze pour cent Juifs libyens, la plupart des Juifs afghans, kurdes, indiens, une importante partie des Juifs iraniens, turcs, libanais, quatre-vingt-dix pour cent des Juifs tunisiens, quatre-vingt-dix-neuf pour cent des Juifs algériens, près de quatre-vingt-dix pour cent des Juifs marocains ont quitté leur pays natal depuis la création de l’État d’Israël. Leur exode souvent a été dramatique, dans la nuit de la clandestinité où la police les reléguait. Le plus souvent, ils partaient en laissant tous leurs biens, aussitôt confisqués par les gouvernements arabes. Des sommes considérables, représentant des générations de travail et d’économie ont été ainsi perdues pour ces réfugiés dont la plupart refirent leur vie en Israël en partant de zéro. Je préfère passer sur la manière dont les Juifs habitant les pays musulmans ont appris à connaître les bienfaits de la police syrienne, égyptienne ou marocaine ; oui, passons…

La guerre de 1948, les accords d’armistice avaient transformé l’Etat d’Israël en une forteresse fermée hermétiquement du côté des Arabes. Pendant vingt ans, l’abîme s’était creusé si profondément entre Arabes et Juifs qu’il semblait que nous habitions non pas les parties différentes d’un même pays, mais deux planètes. les contacts étaient devenus à peu près impossibles ou inefficaces : en Israël, une frontière sanglante nous séparait. Ailleurs, en Afrique du Nord, en Libye, en Egypte, au Liban, en Syrie, en Irak, en Jordanie, au Yémen, les Juifs qui survivaient au grand exode n’avaient plus la possibilité d’un échange libre.

Le conflit empoisonnait les relations entre Arabes et Juifs partout où ils cohabitaient et ruinait toute chance de dialogue. j’eus souvent pendant cette période l’occasion de parler avec des Arabes. En Israël, leur situation portait à faux : quels que fussent leurs opinions et l’avantage ou le désavantage qu’ils retiraient de notre présence, ils ne pouvaient s’exprimer sans complexe. La frontière qui séparait les pays arabes d’Israël passait à vrai dire par leur cœur, les déchirait, et souvent les torturait. Nous le sentions si bien que nous avions fini par n’en plus parler. Nos problèmes quotidiens étaient suffisants pour nous occuper les uns et les autres. Nous étions voués à la construction du pays. Pendant vingt ans, malgré les incitations venues de l’étranger, la coexistence fut paisible encore que dépourvue de véritables échanges. Chacun couvait sa peine : l’Arabe, sa guerre, le Juif, sa quête du repos ; comme dans les vieux ménages aux disputes sclérosées, on vivait ensemble sans se parler.

La solitude arabe, au fond, était pire que la nôtre, à bien des égards. En Israël, ils étaient les citoyens d’un Etat, dont, pour la plupart, ils n’avaient pas voulu la naissance, et qui était contraint de prendre à leur encontre des mesures de sécurité difficilement supportées. L’Etat d’Israël devait d’abord penser à sa survie : quelle qu’ait pu être sa volonté en ce qui concerne l’intégration des Arabes, il était soumis à des impératifs politiques qui aboutissaient à des mesures, ressenties de la part de la population arabe, comme injurieuses et discriminatoires. L’effort fait par le Gouvernement d’Israël dans le domaine de l’habitant, de l’instruction, de l’hygiène, ne changeait rien au drame vécu par les Arabes d’Israël. Ils pouvaient jouir du plus haut niveau de vie connu dans toute l’étendue du monde arabe, ils pouvaient avoir atteint le plus haut degré de scolarisation pour leur jeunesse, ils pouvaient même voir combien vaine et folle était la querelle de l’Egypte contre Israël : cela ne changeait rien à leur déchirement, intérieur, bruyamment entretenu par les radios du Caire, d’Amman, de Damas, de Bagdad. Je comprenais bien leur drame aggravé par les conséquences du partage, la séparation des familles, le départ des réfugiés, la confiscation ou l’expropriation de certaines terres. L’hébraïsation de l’Etat rendait plus difficile leur intégration : d’ailleurs le principe d’égalité ne pouvait plus jouer dans l’économie de la guerre qui nous déchirait.

Aussi, certains Arabes d’Israël avaient-ils beau jeu de se plaindre de leur sort dans un rapport adressé en 1964 au secrétaire général des Nations unies. Ils se déclaraient les victimes d’une politique d’oppression de discrimination raciale, et en butte à la persécution du gouvernement israélien. Pour eux, celui-ci poursuivait une politique de haine contre les Arabes, et stimulait des sentiments hostiles parmi le peuple juif, les écoliers, les étudiants. Davantage que dans le domaine des sentiments et de la propagande, les Arabes dénonçaient les violations réelles de leurs droits : ils se référaient aux conséquences e la guerre de 1948, à certaines expropriations de terres (Loi sur la propriété des personnes absentes de 1950, critiquée dans son principe même), de certaines destructions de villages, Ikret par exemple, ou d’expropriations légales, mais faites à des prix peu satisfaisants. Toute la législation israélienne promulguée pour faciliter l’hébraïsation de l’Etat, la judaïsation de la Galilée, était âprement dénoncée comme contraire à l’ordre et aux engagements internationaux de l’Etat. Le problème posé par les biens des fondations religieuses (Waqfs), pris en charge par l’administration israélienne, en l’absence de leurs bénéficiaires, était soulevé : les mesures prises par les Juifs étaient dénoncées avec passion.

L’autorité militaire, chargée de sauvegarder l’ordre et la sécurité dans les parties arabes du territoire, était dénoncée comme l’œuvre du diable ; d’après ce rapport, elle ne faisait que « propager la dissension, la peur, la terreur » ; elle ne servait qu’à aggraver la politique de discrimination menée contre les Arabes d’Israël dans tous les aspects de la vie publique et privée.

Ce rapport s’inspirait des revendications du groupe « Al Ard » qui souhaitait pour tous kes Arabes d’Israël la fin de la discrimination et de l’oppression ; l’adoption du plan de partage de la Palestine de 1947, qui à l’époque avait été accepté par les Juifs et refusé par les Arabes ; la reconnaissance du nationalisme arabe, socialiste et neutraliste. Al Ard était persuadé, surtout après qu’il eut été interdit par décision judiciaire, que le Gouvernement d’Israël avait pour but de « créer un état de peur, de désespoir, de soumission (1) ». Les lois d’urgence : toute cette écume que les vagues de la guerre ont fait déferler sur notre pays étaient dénoncées avec violence.

Bien entendu, le point de vue d’Al Ard était partagé par un grand nombre d’Arabes. Pour eux, les promesses du Caire et des autres capitales arabes étaient réelles. Leur situation de minoritaires – même privilégiés par rapport à la situation de leurs frères des autres pays arabes – sur le plan économique notamment, était transitoire. Viendrait le jour de la vengeance et du salut. 1948, 1956 avaient déçu les espérances du nationalisme arabe, mais si deux batailles avaient été perdues, la guerre continuait. Ainsi quand la crise de mai 1967 commença, les nationalistes arabes, d’inspiration nassérienne, crurent arrivé le jour de gloire. « Pourquoi ne quittez-vous pas le pays avant que les Egyptiens ne vous exterminent, me dit l’un d’eux ; vous auriez du moins la vie sauve. » D’autres cherchaient à repérer les maisons qu’ils occuperaient après leur victoire. Certains étudiants arabes conseillaient à leurs camarades israéliens d’acheter des maillots de bain qui, après tout, pourraient ne pas être inutiles lorsque les Egyptiens, les Syriens et les Jordaniens les auraient rejetés à la mer.

Rancœur et esprit de revanche qui n’étaient pas partagés par une grande partie de la population arabe, soucieuse avant tout de paix, ni par les Druzes, profondément intégrés en Israël et conscients d’y jouir d’une pleine égalité des droits et des devoirs.

Depuis le 15 mai 1967 les menaces de Nasser n’étaient plus verbales, mais s’accompagnaient de déploiement de forces. les armées de Nasser s’apprêtaient à fondre sur les nôtres, pour nous exterminer. A nouveau la chape de plomb, l’esseulement abyssal. Les radios arabes nous apportaient les hurlements déments des dictateurs arabes ou de leurs porte-parole. C’était en arabe le même déploiement de menaces mortelles que celles qui nous poursuivaient en Europe hitlérienne. Il ne s’agissait pas de nous présenter tels que nous sommes, mais tels que nous devrions être pour justifier les grands massacres que l’on nous promettait au Caire, à Damas, à Amman.

« Egorge, égorge, égorge et sois sans pitié,
Egorge, égorge, égorge, et lance leur tête
Dans le désert,
Egorge, égorge, égorge
Tout ce que tu voudras,
Egorge tous les sionistes et tu vaincras »
chantait, au Caire et à Damas, Oum Kalsoum. Pour que nous soyons égorgeables, sans trop de remords, il fallait que dans l’esprit de nos égorgeurs éventuels nous cessions d’avoir figure d’hommes. Ainsi les colonialistes et les racistes avaient-ils mis au point une technique de propagande très efficace destinée à déshumaniser l’ennemi – celui qu’il faut continuer à exploiter ou qu’il faut assassiner -, au point de le réduire à l’état d’objet, non de personne. Le meurtre alors n’est plus gêné par la mauvaise conscience. Ces recettes avaient fait leurs preuves dans les différents pays d’Asie et d’Afrique où des Occidentaux s’opposaient à des peuples colonisés. Mais, en l’espèce, elles furent utilisées par les dictateurs arabes contre Israël.

Pour nous, le blocus du détroit de Tiran décrété par Nasser le 22 mai, les incessantes attaques de notre territoire par les Syriens, le dur bombardement de Jérusalem par les Jordaniens au matin du 5 juin 1967 constituaient des manœuvres agressives caractérisées. Or les chefs arabes continuent de parler de l’agression israélienne. A vrai dire, ils ont raison à leur manière puisqu’ils dénie notre droit de vivre. Le seul fait de notre existence, en tant qu’Etat, introduit un trouble dans l’ordre du monde, constitue une agression permanente contre « leur » paix. Même si nous passions notre temps à chanter, jour et nuit, des psaumes et des cantiques, nous n’en continuerions pas moins notre diabolique agression qui ne pourrait prendre fin qu’avec le terme de notre existence.

Nous étions donc persuadés qu’un triomphe arabe réaliserait les prophéties et les ambitions de Choukeïri : l’extermination des survivants des massacres hitlériens. Au terme de la guerre des Six jours, les hommes menacés que nous étions se retrouvaient soudain en position de force : nous étions à la tête d’un Empire plus vaste que nos ancêtres ne l’avaient jamais rêvé ; nous étions des occupants et, par la force des choses, nous devenions aussi des policiers. Etrange destin que celui qui vouait les exterminateurs au rôle de victimes et les candidats au martyre, aux fonctions de bourreau. Soulagement de la victoire : il s’est exprimé chez nous avec beaucoup de pondération. Nous savions que nous n’avions pas fini de gravir notre calvaire. C’était plutôt pour nous le franchissement d’une étape et non le havre souhaité. Israël était devenu l’occupant malgré lui, vainqueur grâce à l’obstination aveugle de ses ennemis. Soudain le problème se compliquait redoutablement ; jadis, la situation était pour nous relativement simple ; il s’agissait d’être ou de ne pas être : les choses étaient claires. Nous remplissions notre rôle vis-à-vis de nous-mêmes et nous correspondions à l’idée que le monde depuis quatre mille ans se faisait de nous : des sursitaires. Au suspense de notre destin, il était possible de prévoir et d’attendre une fin tragique, la continuation de l’œuvre de mort. Après tout, tant qu’il y avait un Juif vivant, il y aurait suffisamment de place pour lui dans les grands cimetières de l’histoire ou la fumée des crématoires.

La victoire pipait tous les dés, faussait tous les calculs : le petit Juif du ghetto trichait aux yeux du monde en devenant d’indésirable vainqueur d’une guerre qui constituait sans doute l’insurpassable chef-d’œuvre de la stratégie conventionnelle. Le monde entier pouvait s’attendre avec nous à une fin convenable du trouble qu’Israël n’a cessé d’apporter dans l’histoire depuis la folle aventure d’Abraham : l’effondrement militaire de l’armée juive, les hordes arabes se ruant sur nos femmes, nos enfants, nos foyers, pour parachever splendidement l’œuvre que Hitler n’avait pas su mener à son terme logique.

Aux yeux du monde, la victime est devenue bourreau et nous sommes à la tête d’un Empire qui va des pentes de l’Hermon au canal de Suez, du golfe d’Akaba aux rives du Jourdain. Sûrs de nous-mêmes et dominateurs, par cela même faussaires, trublions renversant l’échelle des valeurs. Nietzsche lui-même ne reconnaîtrait plus ses Juifs : d’esclaves, les voici soudain promus au rang de seigneurs. Mais cela même nous a surpris et blessés : nous étions moins en quête de domination que de liberté et de vie. L’image nouvelle de nous-mêmes qui étonnait le monde ne cesse de nous troubler : les uns, d’ivresse, les autres, de nostalgie. La situation nouvelle provoque un universel scandale, le bouleversement de toutes les valeurs, des stéréotypes les plus invétérés.

Les plus faibles, sans doute, se réfugient derrière cette victoire pour rêver une solution qui délivrerait à jamais Israël des ses ennemis : garder tous les territoires conquis, se situer en position de force jusqu’à l’effondrement total de la résistance arabe et sa reddition. les autres rêvent de paix, de délivrance messianique : ils ont physiquement besoin de voir le lion brouter en paix aux côtés de l’agneau et gémissent après les visions de chars convertis en charrues. Débats tragiques et dérisoires, débats de Juifs.

A l’intérieur des frontières, nous, Israéliens, nous nous déchirons dans nos contradictions et nos luttes intérieurs, stérilement, comme nos ancêtres épilaient leur barbe aux arguties du Talmud. Notre déchirement aboutit à un débat académique tandis qu’en face de nous, ceux qui devraient être nos interlocuteurs sont bloqués par la peur et par la honte de leur défaite.

A mesure que la tragédie s’approfondit, que les attentats font davantage de victimes et que la répression sème la peur, les extrémistes se renforcent : Nasser, le grand vaincu de juin 1967, continue de prêcher l’extermination d’Israël. Quelques propagandistes arabes, plus nuancés, essaient de distinguer entre le génocide et qu’ils appellent le politicide : il ne s’agissait plus de tuer les Juifs d’Israël mais leur Etat ; comme si ceux-ci pouvaient survivre à celui-là. En face de ces menaces qui nous rappellent certaines voix arabes de 1967 et celles qui, en allemand, annonçaient, aux années 40, de définitifs massacres, nous entendons s’élever quelques voix juives tremblantes d’angoisse qui exigent de l’Etat d’Israël une défense radicale de nos vies par une élimination violente des dangers du terrorisme. D’un côté, on souhaite que la Palestine soit tout entière arabe, tandis que de l’autre on n’attribue de chances de survie à Israël que dans le cadre d’un Etat juif allant des flancs de l’Hermon aux rives du Jourdain et du canal de Suez.

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Note : (1) Le conflit israélo-arabe, Les Temps Modernes, Paris 1967, p. 792


Jérusalem/50e: Attention, un statu quo peut en cacher un autre ! (Curse in disguise : Could warmer US relations and its new leader’s passion for deal-making paradoxically work against Israel’s best interests ?)

3 juin, 2017
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Pourquoi Jérusalem est bien la capitale d'Israël
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C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (moufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. Abou Mazen (alias Mahmoud Abbas, thèse, 1982)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notre amitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
Cet accord (…) doit inclure (…) un accès libre aux Lieux saints et aux institutions culturelles et l’utilisation du cimetière du Mont des oliviersAccord entre la Transjordanie et Israël (3 avril 1949)
Les Lieux Saints seront protégés contre la profanation et contre toute atteinte, ainsi que contre tout ce qui peut prévenir la liberté d’accès des croyants des différentes religions à leurs lieux sacrés, et tout ce qui peut heurter leurs sentiments à l’égard de ces lieux. Loi fondamentale sur Jérusalem (30 juillet 1980)
Nous ne sommes pas venus pour conquérir les lieux saints des autres ou restreindre leurs droits religieux, mais pour assurer l’intégrité de la ville et y vivre avec d’autres dans la fraternité. Moshe Dayan
C’est une mosquée depuis mille trois cents ans, les Juifs doivent se contenter de la visiter et de prier devant les tombes. Moshe Dayan
Hezbollah is sponsored by Iran and has become increasingly brazen in the last decade. It is now more militarily powerful than most North Atlantic Treaty Organization members. It has 150,000 missiles and could launch 1,500 of them a day. From the ground, air or sea, it can strike anywhere in Israel. Lebanon’s president, Michel Aoun, hasn’t distanced the Lebanese army from Iran’s proxy. Rather, he has embraced it. “Hezbollah’s weapons do not contradict the national project,” he said in February, but are “a principal element of Lebanon’s defense.” (…) Like many U.N. resolutions, 1701 has been thoroughly ineffective. Hezbollah is 10 times as strong now as it was in 2006, and its military infrastructure permeates Lebanon. Yet Unifil claims ignorance of the terror organization’s arms buildup. Unifil’s March 2017 report reaches new heights of absurdity, even for a U.N. organization: “To date, Unifil has neither been provided with, nor found, evidence of an unauthorized transfer of arms into its area of operations.” As usual, the tab for U.N. failure in Lebanon is being paid by American taxpayers. The U.S. picks up 43% of Unifil’s $488 million annual budget. Congress should make that funding conditional on performance. Ron Prosor (former Israeli ambassador to the U.N)
Tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettra jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées. Mahmoud Abbas
C’est très intéressant que notre réunion se passe juste après l’horrible soirée de mort pour de jeunes innocents. La paix ne peut pas prendre racine dans un environnement où la violence est tolérée, financée et récompensée. Donald Trump (s’adressant à Mahmoud Abbas)
Vous m’avez menti. Vous me parlez de paix quand les Israéliens m’ont apporté la preuve que vous êtes personnellement responsable de l’incitation à la violence. Donald Trump
Nous pouvons vous donner une liste de toutes les choses que nous avons tenté de faire, les Israéliens sont partout, comme une éruption cutanée. Martina Anderson  (députée européenne d’Irlande du Nord)
They have talked tougher, which isn’t hard because the Obama administration was very appeasing. So yes, there’s tougher talk, and I think the Iranians are being a bit more cautious, but the main thrust of the policy was to get rid of the deal – and it’s still there. (…) again, it’s words rather than actions. It’s talking about radical Islam and terrorism. To be sure, a step forward, but the two efforts to control immigration have both failed. (…) I think so long as he makes the right sounds and has the right tone, he has a lot of time. From the pro-Israel point of view, the right music is key. The words are secondary. If you say nice things about Israel and talk about the strength of the American-Israeli relationship, you have credit that will take you a long way. (…) I co-authored an article with Professor Gunnar Heinsohn of Germany in 2007 in which we had found the total number of Arab-Israeli fatalities at that point since World War II numbered 51,000. Also, the conflict numbered 49th on the list of fatalities in international war. So yes, that’s fewer deaths than in four dozen other conflicts. The Arab-Israeli conflict is the ultimate deal in the sense that this is the most complex and intractable international question. There are so many parties involved, including the great powers, the regional powers, the Islamic states, the Jewish community, and the other religious communities. It is the ultimate prize to get a Nobel Peace Prize. There’s nothing comparable to it, nothing as complex and long lasting. As for Trump not focusing on it [yet], I’m not sure that he won’t because he sees himself as the author of The Art of the Deal, and he has said this he wants to broker this one. He’s got other things on the plate now, as you’ve pointed out – immigration, the wall, the healthcare repeal that didn’t work, taxation, education, and so forth. But I think solving this is a luring prospect, and I wouldn’t be at all surprised if he turns his attention to this at some point. I also wouldn’t be surprised if he turned against Israel, seeing it as the intractable party because that is what often happens. Look at Jimmy Carter and Barack Obama: they make efforts and they get frustrated that the Israelis don’t give more because there is an enduring belief that if only the Israelis gave more, the Palestinians would relent and stop being rejectionists and everything would be fine. So, I am worried. (…) Overall, I worry about this lack of experience. There is a theme in American history going back to World War I, of presidents appointing people who have no knowledge of a topic, with the idea being that they’re unbiased and will bring fresh eyes to the issue. It has never worked. It has always led down rabbit holes. I would rather have people who have been doing this for a while. You know, if you went for heart surgery, would you want someone who’s never done anything like this before or would you prefer one that’s been practicing for a while? I worry about freelancing with amateurs. There’s a lot of experience in this area. It’s a very complex topic. I worry people are wandering in and being considered sudden experts. Daniel Pipes
Despite not moving the U.S. Embassy to Jerusalem, President Trump’s evident affection for Israel during his recent visit understandably cheered Israelis after eight years of cool relations with President Obama. Alas, nothing is simple in the Arab-Israeli conflict: A look at historical patterns suggests that, paradoxically, Israel does best with an Obama-style level of tension with Washington. The explanation of this paradox starts with the observation that all American administrations since 1973, regardless of which party holds the presidency, have been convinced the Arabs are ready for peace with Israel. This problem has been especially acute since the establishment of the Palestinian Authority in 1994. American presidents consistently ignore the authority’s revolutionary nature. In this spirit, after a meeting with PA leader Mahmoud Abbas, Mr. Trump deemed him a “strategic partner” for Israel and “ready for peace.” American leaders often insist that if only Jerusalem handed over yet more money, land and recognition, the Palestinian Authority would be inspired to make peace.​In the face of near-infinite deceit, hostility, bellicosity and violence, this touching faith in Palestinian good neighborliness can be explained only by psychology. Former deputy national security adviser Elliott Abrams helpfully comparesit to Tinker Bell in Peter Pan: “If you believe, clap your hands.” When Israeli governments concur with this fanciful thinking, as has happened under Labor and Kadima prime ministers, U.S.-Israel relations soar: Think of Bill Clinton’s famously warm ties with Yitzhak Rabin. But when Israelis resist such wishful assumptions, as does Prime Minister Benjamin Netanyahu, tensions arise. Washington pushes for more concessions and Jerusalem resists. American presidents then face a choice: moan and criticize, or embrace and encourage. Mr. Obama chose the petulant route, as symbolized by his choice to eat dinner with his family in 2010 while Mr. Netanyahu cooled his heels in the Roosevelt Room. As longtime American diplomat Dennis Ross has said for decades, Israel’s cooperation increases when the White House focuses on building its confidence. Without doubting the sincerity of Mr. Trump’s warmth for Israel, the deal maker in him intuitively seems to understand that wooing Israelis provides the basis for later pressure. During his recent trip to Israel, Mr. Trump took every opportunity to lavish affection on Jerusalem, Jews, Zionism and Israel. (…) This sentimental response provides an opening for Mr. Trump to demand that the Israeli government trust Mr. Abbas and make yet more unilateral concessions, a process that has apparently already begun with pressure to hand over territory on the West Bank. Given their bromance, how can Mr. Netanyahu deny Mr. Trump’s requests? This harks back to a pattern: Israelis and their supporters tend to pay more attention to mood and symbolism than to policies. “Unlike other diplomatic bonds, which pivot on such national interests as trade and security interests, the U.S.-Israeli relationship has an emotional base,” I wrote in 1992. “Feelings, not a cool assessment of interests, drive its every aspect. Tone, style, mood, and perception often matter more than hard facts.” Sadly, good relations cause Jerusalem to accede to Washington’s consistently poor judgment. That’s the peril of warm U.S.-Israel relations and the solace of poor ones. Better for Israel to be chastised by a lousy U.N. Security Council resolution than to relinquish more territory to genocidal thugs. Whereas U.S.-Israel relations blow hot or cold depending on the political winds, Israeli concessions to the Palestinians are unalterable mistakes that encourage irredentism, cost lives, prolong the conflict, and impede U.S. interests. Thus my counterintuitive conclusion: Cool relations are better for Israeli—and by implication, American—security. Daniel Pipes
La problématique, plus délicate qu’elle n’y paraît, remonte à une loi du 23 octobre 1995 votée par le Congrès qui impose le déplacement de l’ambassade, mais laisse au président en exercice la possibilité d’en retarder l’échéance tous les six mois, pour des raisons de sécurité. Israël est le seul pays au monde dont la capitale officielle n’est pas reconnue. Les ambassades de la quasi totalité des pays sont donc établies à Tel Aviv, à quelques soixante kilomètres des ministères. Depuis cette fameuse loi, chaque président américain, de Clinton à Obama en passant par George W. Bush a reconduit l’échéance qui tombe le 1er décembre et le 1er juin. Les raisons en sont toujours les mêmes. Pression du monde arabe, chantage au terrorisme, volonté de trouver une solution au conflit par l’établissement de deux pays pour deux peuples se partageant la capitale, intérêts financiers liés aux hydrocarbures. Cette année, cependant, montre sous un jour nouveau sur ce qui apparaît comme une simple formalité. Il aurait suffi en effet, au président Trump de ne rien faire, autrement dit ne pas signer le document de reconduction, pour que David Friedman, le nouvel ambassadeur américain, établisse son quartier général à Jérusalem plutôt qu’à Tel Aviv. Cela semblerait logique puisque, quel que soit le statut final de la ville trois fois sainte, Jérusalem ouest restera rattachée à Israël. Quant aux Palestiniens, leur centre administratif, y compris l’incroyablement luxueux palais présidentiel de Mahmud Abbas, est établi à Ramallah. (…) Le plan de l’ONU de 1947, qui devait donner naissance à deux pays, l’un Juif et l’autre Arabe dans les 20% restant de la Palestine mandataire, prévoyait l’internationalisation de Jérusalem. Sans le refus arabe, traduit dans les faits par l’attaque des cinq pays limitrophes du tout jeune État hébreu, avec une volonté génocidaire affichée, la fameuse «Naqba» ou «Catastrophe», c’est-à-dire le départ volontaire ou non de quelques centaines de milliers de Palestiniens devenus «réfugiés», n’aurait jamais eu lieu. (…) La Jordanie s’empara de la partie est de la ville, en chassa tous les Juifs, détruisit 60 synagogues, et désacralisa la quasi totalité des cimetières. De ce jour, et jusqu’en 1967, les Juifs n’eurent plus accès à leur lieu saint le plus sacré, le mur des lamentations, désormais sous contrôle jordanien. Il est à noter qu’à peine cette partie de Jérusalem conquise, le royaume s’en désintéressa totalement jusqu’en 67, où elle devient officiellement le «troisième lieu saint de l’Islam». Au cours des dix-neuf années qui suivirent, aucun chef de gouvernement arabe ne s’y rendit en visite officielle, ne serait-ce que pour prier au dôme du rocher ou à la mosquée Al Aqsa. Des photographies d’époque montrent des bâtiments mal entretenus, entourant une esplanade envahie par les herbes hautes. La vieille ville de Jérusalem, Al Quds pour les musulmans, ne présentait plus d’intérêt, puisqu’elle leur appartenait. Un intérêt qui d’ailleurs ne s’est jamais révélé au cours des siècles, si ce n’est au tout début de l’ère islamique, lorsque, 40 ans après la mort du prophète Mahomet, le calife Umar ibn Al-Kattâb, décida de permettre aux fidèles syriens d’y effectuer un pèlerinage, puisqu’ils étaient interdits de séjour à la Mecque. Ainsi que l’indique le professeur Gabriel Barkay, historien et archéologue: «Il substituait ainsi le rocher blanc de la fondation du monde à la Kaaba, la météorite noire d’Arabie». Pour justifier sa décision, Al-Kattâb se servit d’une légende présente dans le Coran, selon laquelle le prophète Mahomet se serait, au cours d’une nuit, envolé vers le Paradis sur sa jument Al Buraq, depuis la «mosquée lointaine» (Al Aqsa). Les historiens, y compris les spécialistes de l’Islam, parmi lesquels le docteur Mordehai Kédar, situent cette mosquée non pas à Jérusalem, mais à Ji’irrana, une petite ville au nord de la Mecque, sur la route de Taaf où Mahomet se rendait régulièrement pour prier. Le nom de Jérusalem, qui apparaît 700 fois dans l’ancien Testament et régulièrement dans les Évangiles, n’est pas cité une seule fois dans le Coran. (…) En 1967, alors en pleine guerre avec l’Égypte et la Syrie, l’État hébreu recommanda au roi Hussein de Jordanie de ne pas intervenir dans le conflit, au risque pour lui de perdre sa mainmise sur la ville sainte. Une recommandation qu’il ne voulut pas entendre. À l’issue de la guerre éclair, Israël, vainqueur, réunifia Jérusalem, pour, plus tard, l’annexer, donnant par la même occasion à la population locale un statut de résident, proche de la citoyenneté. Depuis, toutes les religions sont respectées dans cette ville modernisée et relativement prospère où chacun, Musulman, Juif ou Chrétien, peut accéder librement à ses lieux saints. Enfin, pas tout à fait… Malgré sa victoire écrasante, Israël a continué d’autoriser le Waqf, organisation islamique jordanienne, à administrer l’esplanade des mosquées, pourtant construite sur les restes des Temples de Hérode et de Salomon. Selon la loi coranique, seul un musulman a le droit de prier sur les lieux saints de l’Islam, ce qui conduit à une situation intenable, puisqu’aucun Juif ni Chrétien ne peut donc se recueillir à l’emplacement du Temple détruit par les romains. C’est ce que l’actualité retient sous le nom de «statu quo». Un statu quo de plus en plus difficile à respecter, des deux côtés. Car, comme son prédécesseur Yasser Arafat, le président actuel de l’Autorité Palestinienne, Mahmud Abbas, élu pour quatre ans en 2005 et toujours au pouvoir, trouve aisé d’inciter régulièrement son peuple à la révolte contre Israël par la diffusion de fausses nouvelles, où il apparaîtrait que les Juifs s’apprêtent à détruire la mosquée Al Aqsa pour y construire leur troisième temple. Cette tactique, destinée à unifier les foules contre un ennemi commun, a fonctionné en 1929, entraînant le massacre de la population juive de Hébron, puis en 2000, après qu’Arafat a refusé l’accord de paix qui lui était proposé à Camp David, et plus récemment en 2014 et 2015, tandis que Mahmud Abbas déclarait sur sa chaîne de télévision nationale que «tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettrait jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées ». Pierre Rehov

Attention, un statu quo peut en cacher un autre !

Rémunération et glorification du terrorisme, appels à son annihilation et surarmement à ses frontières de ses prétendus partenaires, délégitimation et prières interdites sur les vestiges mêmes de son lieu le plus sacré, déni du droit à avoir sa propre capitale, qualification d’ « éruption cutanée » par une députée européenne, accords fournissant à ses pires ennemis l’arme fatale de sa destruction, demandes et pressions toujours plus fortes y compris de ses alliés les mieux intentionnés  pour des concessions toujours plus risquées …

En ce 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem

Où en repoussant sa promesse d’y déplacer l’ambassade américaine …

Le président Trump vient de décevoir ceux qui après son retrait de l’Accord de Paris sur le climat …

Se préparaient à dénoncer de sa part une nouvelle folie et dangereuse perturbation de la situation actuelle …

Devinez ce qui depuis un demi-siècle passe en fait pour le statu quo ?

Pourquoi Jérusalem est bien la capitale d’Israël

Pierre Rehov
Le Figar
02/06/20

FIGAROVOX/TRIBUNE – Face aux résistances arabes, Donald Trump n’honorera pas immédiatement sa promesse de campagne visant à déplacer l’ambassade américaine en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Le point de vue de Pierre Rehov.


Par Pierre Rehov. Reporter, écrivain, réalisateur de documentaires dont le dernier «Unveiling Jérusalem», retrace l’histoire de la ville trois fois sainte et prend position sur le conflit israëlo-palestinien.


Donald Trump l’avait promis durant sa campagne. À peine élu, il s’empresserait de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, capitale d’Israël non reconnue par la communauté internationale, et pourtant, dans les faits, son centre administratif. Le président Trump est pourtant, provisoirement, revenu sur sa parole, promettant tout de même de s’exécuter avant la fin de son mandat. Cela peut se comprendre, de la part d’un homme qui a bâti sa carrière sur «l’art de la négociation» et assure être capable de conclure le deal le plus difficile de tous les temps, rien de moins que la résolution du conflit israélo-arabe

La problématique, plus délicate qu’elle n’y paraît, remonte à une loi du 23 octobre 1995 votée par le Congrès qui impose le déplacement de l’ambassade, mais laisse au président en exercice la possibilité d’en retarder l’échéance tous les six mois, pour des raisons de sécurité.

Israël est le seul pays au monde dont la capitale officielle n’est pas reconnue. Les ambassades de la quasi totalité des pays sont donc établies à Tel Aviv, à quelques soixante kilomètres des ministères.

Depuis cette fameuse loi, chaque président américain, de Clinton à Obama en passant par George W. Bush a reconduit l’échéance qui tombe le 1er décembre et le 1er juin. Les raisons en sont toujours les mêmes. Pression du monde arabe, chantage au terrorisme, volonté de trouver une solution au conflit par l’établissement de deux pays pour deux peuples se partageant la capitale, intérêts financiers liés aux hydrocarbures.

Cette année, cependant, montre sous un jour nouveau sur ce qui apparaît comme une simple formalité. Il aurait suffi en effet, au président Trump de ne rien faire, autrement dit ne pas signer le document de reconduction, pour que David Friedman, le nouvel ambassadeur américain, établisse son quartier général à Jérusalem plutôt qu’à Tel Aviv. Cela semblerait logique puisque, quel que soit le statut final de la ville trois fois sainte, Jérusalem ouest restera rattachée à Israël. Quant aux Palestiniens, leur centre administratif, y compris l’incroyablement luxueux palais présidentiel de Mahmud Abbas, est établi à Ramallah.

Pourquoi, dans ce cas, une telle frénésie autour d’un événement qui, tout compte fait, n’aurait d’autre valeur que symbolique? Justement. Au Moyen Orient les symboles ont une force qui surpasse la logique ou le simple pragmatisme.

Mais, tout d’abord, quelques faits historiques et religieux qu’il n’est pas inutile de rappeler.

En 1870, d’après plusieurs études, regroupant, entre autres, celles de Karl Marx, Gerardy Santine, et Nu‘aman Al Qasatli, mais laissant de côté le recensement effectué par l’empire Ottoman, car celui-ci ne tenait compte que ses citoyens officiels, la population de Jérusalem se décomposait de la façon suivante: 11.000 Juifs, 6500 Musulmans, 4500 Chrétiens.

Une grande majorité de Juifs, donc, malgré une réécriture progressive de l’histoire de la région à fins de propagande.

Le plan de l’ONU de 1947, qui devait donner naissance à deux pays, l’un Juif et l’autre Arabe dans les 20% restant de la Palestine mandataire, prévoyait l’internationalisation de Jérusalem.

Sans le refus arabe, traduit dans les faits par l’attaque des cinq pays limitrophes du tout jeune État hébreu, avec une volonté génocidaire affichée, la fameuse «Naqba» ou «Catastrophe», c’est-à-dire le départ volontaire ou non de quelques centaines de milliers de Palestiniens devenus «réfugiés», n’aurait jamais eu lieu. Il est clair que les leaders arabes ne s’attendaient pas à ce que le jeune pays, refuge des survivants des camps de la mort, repousse leurs armées d’invasion.

L’une des batailles les plus acharnées fut celle pour la libération de Jérusalem. La Jordanie s’empara de la partie est de la ville, en chassa tous les Juifs, détruisit 60 synagogues, et désacralisa la quasi totalité des cimetières. De ce jour, et jusqu’en 1967, les Juifs n’eurent plus accès à leur lieu saint le plus sacré, le mur des lamentations, désormais sous contrôle jordanien.

Il est à noter qu’à peine cette partie de Jérusalem conquise, le royaume s’en désintéressa totalement jusqu’en 67, où elle devient officiellement le «troisième lieu saint de l’Islam». Au cours des dix-neuf années qui suivirent, aucun chef de gouvernement arabe ne s’y rendit en visite officielle, ne serait-ce que pour prier au dôme du rocher ou à la mosquée Al Aqsa. Des photographies d’époque montrent des bâtiments mal entretenus, entourant une esplanade envahie par les herbes hautes. La vieille ville de Jérusalem, Al Quds pour les musulmans, ne présentait plus d’intérêt, puisqu’elle leur appartenait.

Un intérêt qui d’ailleurs ne s’est jamais révélé au cours des siècles, si ce n’est au tout début de l’ère islamique, lorsque, 40 ans après la mort du prophète Mahomet, le calife Umar ibn Al-Kattâb, décida de permettre aux fidèles syriens d’y effectuer un pèlerinage, puisqu’ils étaient interdits de séjour à la Mecque. Ainsi que l’indique le professeur Gabriel Barkay, historien et archéologue: «Il substituait ainsi le rocher blanc de la fondation du monde à la Kaaba, la météorite noire d’Arabie». Pour justifier sa décision, Al-Kattâb se servit d’une légende présente dans le Coran, selon laquelle le prophète Mahomet se serait, au cours d’une nuit, envolé vers le Paradis sur sa jument Al Buraq, depuis la «mosquée lointaine» (Al Aqsa).

Les historiens, y compris les spécialistes de l’Islam, parmi lesquels le docteur Mordehai Kédar, situent cette mosquée non pas à Jérusalem, mais à Ji’irrana, une petite ville au nord de la Mecque, sur la route de Taaf où Mahomet se rendait régulièrement pour prier. Le nom de Jérusalem, qui apparaît 700 fois dans l’ancien Testament et régulièrement dans les Évangiles, n’est pas cité une seule fois dans le Coran.

Il est également utile de noter que Jérusalem, tout au long de son Histoire, n’a jamais été la capitale d’aucun pays à part Israël.

En 1967, alors en pleine guerre avec l’Égypte et la Syrie, l’État hébreu recommanda au roi Hussein de Jordanie de ne pas intervenir dans le conflit, au risque pour lui de perdre sa mainmise sur la ville sainte. Une recommandation qu’il ne voulut pas entendre. À l’issue de la guerre éclair, Israël, vainqueur, réunifia Jérusalem, pour, plus tard, l’annexer, donnant par la même occasion à la population locale un statut de résident, proche de la citoyenneté.

Depuis, toutes les religions sont respectées dans cette ville modernisée et relativement prospère où chacun, Musulman, Juif ou Chrétien, peut accéder librement à ses lieux saints.

Enfin, pas tout à fait…

Malgré sa victoire écrasante, Israël a continué d’autoriser le Waqf, organisation islamique jordanienne, à administrer l’esplanade des mosquées, pourtant construite sur les restes des Temples de Hérode et de Salomon. Selon la loi coranique, seul un musulman a le droit de prier sur les lieux saints de l’Islam, ce qui conduit à une situation intenable, puisqu’aucun Juif ni Chrétien ne peut donc se recueillir à l’emplacement du Temple détruit par les romains. C’est ce que l’actualité retient sous le nom de «statu quo».

Un statu quo de plus en plus difficile à respecter, des deux côtés.

Car, comme son prédécesseur Yasser Arafat, le président actuel de l’Autorité Palestinienne, Mahmud Abbas, élu pour quatre ans en 2005 et toujours au pouvoir, trouve aisé d’inciter régulièrement son peuple à la révolte contre Israël par la diffusion de fausses nouvelles, où il apparaîtrait que les Juifs s’apprêtent à détruire la mosquée Al Aqsa pour y construire leur troisième temple.

Cette tactique, destinée à unifier les foules contre un ennemi commun, a fonctionné en 1929, entraînant le massacre de la population juive de Hébron, puis en 2000, après qu’Arafat a refusé l’accord de paix qui lui était proposé à Camp David, et plus récemment en 2014 et 2015, tandis que Mahmud Abbas déclarait sur sa chaîne de télévision nationale que «tout Jérusalem appartient à l’Islam et qu’aucun Juif ne mettrait jamais ses pieds immondes sur l’esplanade des mosquées» (clip diffusé et traduit par Palestinian Media Watch).

La grande question est de savoir jusqu’à quel point les médias, comme les dirigeants occidentaux, se sont laissés berner par ce double langage, pourtant habituel des dirigeants palestiniens.

Récemment, une procédure intégrée dans la loi palestinienne, qui consiste à verser des sommes importantes aux terroristes enfermés dans les prisons israéliennes ainsi qu’aux familles des «martyrs» tués au cours d’une mission, souvent un acte suicidaire visant les populations civiles, a fait réagir le gouvernement américain, ainsi que d’autres pays occidentaux. Il a même été rapporté par les services secrets qu’au cours de sa visite auprès du président de l’autorité palestinienne, Donald Trump se serait emporté contre Mahmud Abbas, pour cette même raison: «Vous m’avez menti, lui aurait-il hurlé. Vous me parlez de paix quand les Israéliens m’ont apporté la preuve que vous êtes personnellement responsable de l’incitation à la violence».

À son tour, la Norvège, ulcérée que des sommes versées à l’Autorité Palestinienne aient servi à financer un centre pour la jeunesse baptisée Dalal Mughrabi, du nom d’une terroriste ayant massacré 38 Israéliens dont 12 enfants en 1978, a annoncé qu’elle se désolidarisait du projet et exigeait la restitution des aides engagées. Les Nations unies ne sont pas en reste, malgré des décennies d’attaques systématiques contre l’État hébreu dues à la majorité arabe automatique. Le nouveau secrétaire général Gutteres a également retiré son soutien à de tels projets, regrettant la glorification du terrorisme qui est de mise sous la responsabilité du Fatah et de l’OLP.

Pour en revenir à Jérusalem, c’est ce courant nouveau, issu d’un peu de réalisme, qui pourrait peut-être pousser, non seulement les États Unis, mais un grand nombre d’autres pays, à reconnaître enfin la capitale d’Israël. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la Russie de Poutine, courant avril, en annonçant qu’elle reconnaissait Jérusalem ouest comme capital de l’État Juif mais n’y déplacerait pas son ambassade pour l’instant. Plus récemment, le parlement de la République Tchèque, à son tour, a exigé la même reconnaissance de son exécutif.

Tout a été essayé pour tenter de satisfaire l’Autorité Palestinienne au détriment de l’État hébreu, y compris fermer les yeux sur sa forme de terrorisme promue au titre de «combat contre l’occupation». La paix était à ce prix, selon l’Union Européenne et l’administration d’Obama. Seulement le vent a tourné, et le terrorisme, qu’il soit islamiste ( Isis ) ou palestinien ( Hamas, Jihad Islamique et Fatah ), n’est plus toléré par un occident blessé et révulsé.

Car, si Mahmud Abbas voulait vraiment un pays pour son peuple, mettant ainsi fin à ce qu’il est convenu d’appeler «l’occupation israélienne», il lui aurait suffi d’accepter la main tendue d’Ehud Olmert en 2008. 98% de la Cisjordanie (ou Judée Samarie) ainsi que tout Gaza, lui étaient offerts sur un plateau, y compris le contrôle d’une grande partie de la vieille ville. Il lui aurait également suffi de retourner à la table de négociations, sans pré-condition, après l’échec des pourparlers de 2014, sous la houlette d’Obama et de Kerry.

Il lui suffirait peut-être maintenant d’accepter de reconnaître Israël comme État Juif, de renoncer à l’inonder par des millions de réfugiés non intégrables… Et d’accepter ce que l’Histoire, les guerres, les défaites, la logique territoriale, ont bien voulu lui donner.

Ramallah comme capitale d’un état démilitarisé.

À ce prix, la paix pourrait se faire. Mais il ne faut pas rêver.

Voir aussi:

Israël: la presse dresse le bilan de la visite de Donald Trump

La visite du président américain, Donald Trump en Israël a été diversement appréciée par la presse du pays. Si les journaux de la droite ont été euphoriques, la presse libérale a plutôt pointé du doigt le discours creux du président américain.

C’est une visite qui a fait l’affaire d’une bonne partie de la droite israélienne, et le quotidien Israël Hayom, proche du Likoud, le parti du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, s’en est bien fait l’écho. « Je serai toujours aux côtés d’Israël », a affirmé le président Trump, et c’est le titre choisi par le quotidien a noté notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. L’éditorialiste du journal le proclame : « voilà le retour de l’Amérique qui nous manquait ». Ouf de soulagement donc pour l’aile droite de la coalition gouvernementale qui parle du New Deal de l’administration Trump.

« Pas de miracle »

Le feu est désormais dirigé vers les Palestiniens. Sarcastique, un commentateur affirme que la menace d’un accord de paix est désormais écartée. C’est ce ton que l’on retrouve ainsi dans plusieurs éditoriaux. Pour beaucoup d’autres journaux, la venue de Trump est une visite qui n’incite pas au respect. « Non ! il n’y a pas eu de miracle », estime une chroniqueuse qui fait remarquer que « rien de concret n’a été décidé ».

Un discours vide de sens

Il y a plusieurs articles particulièrement critiques dans le quotidien libéral Haaretz : un éditorialiste taxe le discours de Trump de « sioniste », mais totalement vide de sens. « Offensive de charme, mais sans plus, ajoute un journaliste. Dans Yediot Aharonot, on s’interroge : Comment peut-on utiliser tant de mots pour ne rien dire ? En gros, estime la journaliste, Trump dit à Netanyahu : « Faites ce que vous voulez. Pas étonnant donc que le Premier ministre israélien se frotte les mains. »

Voir également:

8 questions clés sur la visite de Trump en Israël et en Palestine

Après sa visite en Arabie saoudite, le président américain veut résoudre le conflit israélo-palestinien. Ambitieux.

L’Obs
22 mai 2017

Un déplacement crucial et symbolique. Les actes et les mots de Donald Trump seront scrutés à la loupe, lundi et mardi, lors de sa visite à Jérusalem et à Bethléem, en Cisjordanie occupée. Celui qui affirme vouloir résoudre le vieux conflit israélo-palestinien sera sur un terrain sensible .

Que va faire Donald Trump en Arabie saoudite ?

1Dans quel contexte Trump arrive-t-il ?

Presque soixante-dix ans après la création d’Israël, la paix reste à faire. 2017 marque cinquante années d’occupation par Israël des Territoires palestiniens. Israël et le Hamas islamiste, qui gouverne la bande de Gaza, préparent depuis trois ans leur prochaine confrontation armée et les violences à faible intensité persistent en Cisjordanie. Les dernières négociations de paix, sous les auspices des Etats-Unis, ont capoté en 2014.

2A-t-il un plan ?

Donald Trump se targue de son expérience d’homme d’affaires pour présider à « l’accord ultime » mais la Maison-Blanche déclare de ne pas attendre un vaste plan quatre mois seulement après l’investiture. Le président américain cherche simplement à « faciliter » la reprise de l’effort de paix et à obtenir, des deux bords, des engagements et des mesures de confiance, disent ses collaborateurs. Le scepticisme reste de mise, tant Israéliens et Palestiniens sont éloignés. « Enclencher le début d’un processus ne signifie pas aller jusqu’à sa fin », dit Ali al-Jarbawi, politologue palestinien.

3Réunira-t-il les parties ?

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’ont pas eu d’entretien direct substantiel depuis 2010. Mahmoud Abbas a rapporté avoir dit à Donald Trump à la Maison-Blanche début mai qu’il était prêt à rencontrer Benjamin Netanyahou sous son « parrainage ». Des sources américaines ont dit dans la presse que l’hypothèse était très improbable, tout en soulignant le caractère imprévisible du président Trump.

4Evoquera-t-il la solution à deux Etats ?

Donald Trump a semé le trouble en prenant initialement ses distances avec la solution dite à deux Etats. La création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël est la référence de la communauté internationale. Son conseiller à la Sécurité nationale, le général HR McMaster, a cependant signifié que le président pourrait s’être ravisé depuis. « Quand il rencontrera Mahmoud Abbas, Donald Trump exprimera son « désir de dignité et d’autodétermination pour les Palestiniens« .

5Quel rôle pour les pays arabes ?

Donald Trump arrive d’Arabie saoudite, acteur primordial de l’effort de paix. L’idée dominante de la Maison-Blanche semble « d’impliquer des pays arabes clés :  l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et d’autres alliés des Etats-Unis dans un processus régional qui créerait ce que Trump appelle un canevas plus large pour parvenir à la paix », dit l’analyste Ghaith al-Omari.

6Quel discours sur la colonisation ?

Sur la colonisation, considérée par la communauté internationale comme illégale et un obstacle majeur à la paix, Donald Trump a déjà réfréné Israël. Mais « nous n’avons aucune exigence de gel », a dit le nouvel ambassadeur américain David Friedman. Une déclaration ferme mettrait sous pression Benjamin Netanyahou, confronté à la surenchère du lobby des colons auquel son gouvernement fait la part belle.

Ces derniers avaient salué l’avènement de Donald Trump comme le début d’une nouvelle ère dans laquelle la colonisation reprendrait sans frein et qui permettrait peut-être même d’annexer une partie de la Cisjordanie.

7Et sur l’ambassade et le statut de Jérusalem ?

Donald Trump a promis, pendant sa campagne électorale, de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem capitale d’Israël, rompant avec la diplomatie historique des Etats-Unis et le consensus observé par la communauté internationale du fait du statut disputé de la ville. Renouvellera-t-il cette promesse alors qu’il est tenu par l’agenda politique américain de prendre une décision d’ici à début juin ?

8Avec qui Trump ira-t-il au mur des Lamentations ?

Donald Trump devrait être le premier président américain en exercice à se rendre au mur des Lamentations, situé à Jérusalem-Est, annexé et occupé par Israël. Les préparatifs de cette visite ont suscité une controverse et l’indignation de la droite israélienne : reflétant une position traditionnelle consistant à ne pas se prononcer sur les questions de souveraineté à Jérusalem, l’administration américaine s’est gardée de dire que le mur était en Israël. Elle a précisé qu’aucun responsable israélien n’accompagnerait Donald Trump au mur.

Voir de plus:

L’ambassade américaine à Jérusalem: Trump semble reculer

L’Obs

14 février 2017

Washington (AFP) – Un casus belli pour les Palestiniens, un sujet secondaire pour Israël: le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem pourrait être remis aux calendes grecques par le président Trump, qui en avait pourtant fait une promesse de campagne.

Juste avant de recevoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mercredi à la Maison Blanche, Donald Trump avait déjà semblé reculer: vendredi, il affirmait au quotidien israélien Israel Hayom qu’il réfléchissait « très sérieusement » à déplacer la chancellerie américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, mais que cette décision, « pas facile », n’était pas encore prise.

Rompant avec la position historique des Etats-Unis, le candidat Trump avait pourtant promis de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y installer l’ambassade, au grand dam des Palestiniens et de la majeure partie de la communauté internationale.

Elu, le 45e président des Etats-Unis avait enfoncé le clou en nommant en décembre comme prochain ambassadeur en Israël un avocat américain juif, David Friedman, partisan de la colonisation et de l’annexion par Israël de parties de la Cisjordanie occupée.

– ‘Capitale éternelle d’Israël’ –

M. Friedman, honni par des associations d’Américains juifs et qui doit être auditionné jeudi par le Sénat en vue d’être éventuellement confirmé à son poste, avait proclamé sa « hâte de travailler depuis l’ambassade américaine dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem ».

L’Etat hébreu considère l’ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967, comme sa capitale indivisible. Quelque 200.000 Israéliens se sont installés dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Les Palestiniens, qui représentent environ un tiers de la population de la ville, veulent quant à eux faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Officiellement, Benjamin Netanyahu continue d’affirmer que Jérusalem « réunifiée », c’est-à-dire comprenant Jérusalem-Est annexée, est la « capitale éternelle d’Israël ». « L’ambassade des Etats-Unis doit se trouver ici à Jérusalem » et non à Tel-Aviv, avait-il martelé fin janvier.

Mais officieusement, le transfert de l’ambassade ne semble pas être la priorité des priorités du Premier ministre israélien. Experts et commentateurs en Israël et aux Etats-Unis pensent plutôt qu’un feu vert, même tacite, du nouveau président américain à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie est bien plus important dans l’immédiat.

D’après le New York Times de lundi, M. Trump a d’ores et déjà reculé sur l’ambassade, M. Netanyahu ayant fait savoir qu’une décision aussi lourde en symboles – avec la réaction qu’elle provoquerait chez les Palestiniens et dans les pays arabes – n’était pas la priorité numéro un.

– Risque d »explosion absolue’ –

L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a en effet menacé la semaine dernière de « révoquer la reconnaissance de l’Etat d’Israël le jour même » de l’éventuel transfert de la chancellerie. Et avant de quitter la tête de la diplomatie américaine fin janvier, John Kerry avait prévenu d’un risque d' »explosion absolue » au Proche-Orient.

De fait, reconnaît Jonathan Schanzer, vice-président du centre de recherche conservateur Foundation for Defense of Democracies, si « les Israéliens sont évidemment favorables » à une ambassade américaine à Jérusalem, « ils veulent avancer lentement » afin de privilégier leur « premier objectif, le soutien des Etats-Unis à la sécurité » de l’Etat hébreu.

Son collègue Robert Satloff, analyste au Washington Institute for Near East Policy et partisan du déplacement de l’ambassade, pense également que Donald Trump temporise. « Le calendrier du déménagement est crucial: si le président s’engage à le mettre en oeuvre, il doit le faire rapidement, dans les prochaines semaines », presse-t-il.

Mais dès le lendemain de l’investiture du président Trump, la Maison Blanche avait exclu toute annonce précipitée sur le sujet.

Un des compromis évoqués par des diplomates à Washington serait plutôt d’installer symboliquement le bureau du prochain ambassadeur des Etats-Unis au consulat américain de Jérusalem-Ouest, tout en conservant l’ambassade à Tel-Aviv.

Voir encore:

Une élue européenne compare les Israéliens à “une éruption cutané »
Le président du congrès juif européen demande une sanction contre l’ancienne terroriste de l’IRA, Martina Anderson
JTA
31 mai 2016

Le Congrès juif européen (EJC) demande qu’une action soit entreprise à l’encontre d’une députée irlandaise au Parlement européen, qui a comparé Israël à une maladie dermatologique.

« Nous pouvons vous donner une liste de toutes les choses que nous avons tenté de faire, les Israéliens sont partout, comme une éruption cutanée », a déclaré Martina Anderson, d’Irlande du Nord, la semaine dernière pendant une réunion au Parlement à Bruxelles le 25 mai.

Le président de l’ECJ, Moshe Kantor, a appelé lundi le président du Parlement européen Martin Schulz à prendre des mesures disciplinaires à son encontre.

« Une fois encore, nous entendons des déclarations profondément offensantes sur les juifs par un personnage public européen, et nous demandons une action, a déclaré Kantor dans un communiqué. La comparaison des Israéliens, ou plus précisément des juifs, à une maladie est de l’incitation [à la haine] et trouve ses racines dans le discours des néo-nazis et de l’extrême-droite. »

« Démontrant ainsi une fois encore que l’extrême-gauche et l’extrême-droite parlent trop fréquemment la même langue et utilisent les mêmes termes pour faire référence aux juifs ou à l’Etat juif. »

Anderson représente le parti Sinn Féin, qui soutient l’indépendance de l’Irlande du Nord du Royaume-Uni et était autrefois affilié au groupe terroriste IRA, à présent démantelé.

Elle a été reconnue coupable de terrorisme au sein de l’IRA.

Elle a purgé une partie d’une condamnation à perpétuité après avoir été jugée coupable d’avoir participé à l’explosion d’une bombe dans un hôtel de Brighton, en Angleterre, en 1984, et d’avoir prévu des attaques massives à la bombe dans 12 villes touristiques anglaises.

« Les opinions d’Anderson sont enracinées dans une idéologie sanglante qui a été façonnée quand l’IRA et l’OLP [Organisation de libération de la Palestine] étaient partenaires dans le terrorisme et les carnages », a continué Kantor.

Ses opinions et ses déclarations « devraient être condamnées et nous appelons les autorités européennes à prendre position aussi fortement que si elles provenaient d’un membre de l’extrême-droite. »

Voir enfin:

Voir encore:

Voir enfin:

There’s Still Time to Avert War in Lebanon

Hezbollah’s strength has multiplied, and conflict is inevitable unless the world acts.

Donald Trump called out Hezbollah at both stops on his Middle East trip last week. In Saudi Arabia he praised the Gulf Cooperation Council for designating the Iranian-backed Lebanese Shiite militia a terrorist organization and noted that Riyadh had placed sanctions on a senior Hezbollah figure. In Jerusalem Mr. Trump scored Hezbollah for launching rockets “into Israeli communities where schoolchildren have to be trained to hear the sirens and run to the bomb shelters—with fear, but with speed.”

The president and his national-security team must have taken a good look across Israel’s northern border. Lebanon is at a crossroads. Decisions the president makes now could help prevent a devastating war between Israel and Hezbollah. Such a war would severely damage Lebanon and could drag the U.S. into another complex and costly entanglement in the Middle East. Engagement today can prevent risks to American lives tomorrow.

Hezbollah is sponsored by Iran and has become increasingly brazen in the last decade. It is now more militarily powerful than most North Atlantic Treaty Organization members. It has 150,000 missiles and could launch 1,500 of them a day. From the ground, air or sea, it can strike anywhere in Israel. Lebanon’s president, Michel Aoun, hasn’t distanced the Lebanese army from Iran’s proxy. Rather, he has embraced it. “Hezbollah’s weapons do not contradict the national project,” he said in February, but are “a principal element of Lebanon’s defense.”

Yet when Hezbollah acts, it does so with Iran’s interests in mind—not Lebanon’s. Iran would have no qualms spilling Lebanese blood in a war with Israel. Just look at Syria, where under Iranian direction, the Assad regime has unleashed genocide against the Sunni Arab population using Hezbollah as its storm troops.

War between Israel and Lebanon is avoidable, but only if the world acts now—with American leadership. Hezbollah’s ability to destabilize the region stems from the abject failure of U.N. Security Council Resolution 1701 and the peacekeeping force tasked with enforcing it, the United Nations Interim Force in Lebanon, or Unifil.

Resolution 1701 was adopted unanimously after Israel was forced to fight a defensive war against Hezbollah in 2006. It mandated that Unifil keep southern Lebanon “free of any armed personnel, assets and weapons” and prevent the area from being used “for hostile activities of any kind.”

Like many U.N. resolutions, 1701 has been thoroughly ineffective. Hezbollah is 10 times as strong now as it was in 2006, and its military infrastructure permeates Lebanon. Yet Unifil claims ignorance of the terror organization’s arms buildup. Unifil’s March 2017 report reaches new heights of absurdity, even for a U.N. organization: “To date, Unifil has neither been provided with, nor found, evidence of an unauthorized transfer of arms into its area of operations.”

Hezbollah must not be allowed to impose war on the region and tragedy on Lebanon while the Iranian regime rubs its hands. What can Mr. Trump do?

The U.S. should seek a U.N. Security Council resolution amending 1701 and providing Unifil with explicit powers to disarm Hezbollah and demilitarize South Lebanon under Chapter 7 of the U.N. charter, the section that deals with peace enforcement. Currently Unifil derives its legal mandate from Chapter 6, which deals with peacekeeping. Peacekeeping helps local restaurants stay in business but does little to enforce peace.

As usual, the tab for U.N. failure in Lebanon is being paid by American taxpayers. The U.S. picks up 43% of Unifil’s $488 million annual budget. Congress should make that funding conditional on performance.

Now is the time to update Resolution 1701. War between Lebanon and Israel would be detrimental to Russian interests in Syria, so Vladimir Putin could be convinced to help rein in Hezbollah. For the Arab states, led by Saudi Arabia and Egypt, containing Hezbollah and Iran is a priority. Western Europe should be eager to avoid a war that would worsen its refugee crisis. Meanwhile, finding common ground over Lebanon and Syria could strengthen cooperation between Israel and the Sunni Arab states searching for a lasting solution to the Israeli-Palestinian problem.

President Trump and Secretary of State Rex Tillerson have a historic opportunity to do the right thing, at the right time, in the right place: to show that U.S. diplomatic intervention today can prevent the need to make terrible decisions about U.S. military intervention tomorrow.

Mr. Prosor, a former Israeli ambassador to the U.N., is chairman of the Interdisciplinary Center’s International Diplomacy Institute and an executive-in-residence at Liontree.

Voir enfin:

Will Trump Turn Against Israel?
Rebel Media
March 27, 2017

Nikki Haley [recording]: Nowhere has the UN’s failure been more consistent, and more outrageous, than its bias against our close ally, Israel. In the general assembly session just completed, the UN adopted 20 resolutions against Israel and only six targeting the rest of the world’s countries combined.

Ezra Levant: That’s Nikki Haley at her confirmation hearing. She is now Donald Trump’s ambassador to the United Nations, taking a very pro-Israel approach, a marked departure from President Obama’s approach. But other than Nikki Haley, how has Donald Trump done in terms of Israel and the Middle East? Has he kept the promise of being pro-Israel, moving the embassy from Tel Aviv to Jerusalem, backing off of bullying the Israelis about their construction of settlements? Joining us now in the studio to talk about this is our friend, Dr. Daniel Pipes, up here from the Middle East Forum. Great to see you again!

Daniel Pipes: You too, Ezra.

Levant: Welcome to our humble studios. I like what Nikki Haley has done so far. She has kept talking about this anti-Israel bias, even now that she’s within the bosom of the UN, so I don’t think she’s being co-opted by the career diplomats and bureaucrats. How has Trump done on the other aspects?

Pipes: Nikki Haley’s been fantastic. The other aspects are not so good. When you look at the most important issue of all, the Iran deal, the JCPOA, which Trump called the « worst deal in history, » nothing in a little over two months has happened. Nothing at all.

Levant: What could happen? What could he do? What should he do? What did he promise to do?

Pipes: He never exactly said what he would do, but he called it very bad things. And the striking thing about the Iran deal is that it’s not a deal. It’s a one-sided proposal by the United States. No one else signed it, just the US government. No other government. Not the Iranian, not the other five states. So Trump could simply terminate it. He could change the enforcement of it. He could do all sorts of things, but he hasn’t. Nothing’s happened, at least publicly, that we know of.

Levant: As his rhetoric changed, I see that Iran’s rhetoric is getting tougher in the Persian Gulf. Has Trump or his secretary of state said a different kind of language? I noticed a change in language with North Korea. The secretary of state, Rex Tillerson, has basically said there’s no more fruit to be found in negotiation. Have they said the same about Iran?

Pipes: No, but they have talked tougher, which isn’t hard because the Obama administration was very appeasing. So yes, there’s tougher talk, and I think the Iranians are being a bit more cautious, but the main thrust of the policy was to get rid of the deal – and it’s still there.

You mentioned the move of the embassy to Jerusalem. Mike Pence just reaffirmed it, but, in fact, nothing has happened. You also mentioned the Israeli building of housing units in the West Bank: there, it looks like more continuity than change. More importantly, on Israeli-Palestinian negotiations, it looks, at this point, like there’s no real change. Furthermore, a number of key Obama administration personnel on the National Security Council and the State Department are in place and it looks like they have more power than ever. So, overall, other than the United Nations, it looks like continuity more than change.

This points to an interesting pattern that I have been following since the early 90s: that politicians and diplomats in the United States, and presumably elsewhere, who talk warmly about Israel receive such great thanks for this that they don’t have to actually do anything. In fact, they can do things which are otherwise anathema. In contrast, politicians who are not warm toward Israel don’t get any credit even when they do things which are good for it. So, for example, Barack Obama had, from Israel’s point of view, the best-ever weapons delivery, but he got no credit for it because he was nasty to Israel. Trump, because he and his team have been friendly in words, are getting credit even though they haven’t actually done anything.

Levant: Well, it’s only been a couple of months and, obviously, building the wall and the immigration issue are pretty core Trump promises. In their own way, they benefit Israel. Also, they name terrorism and call it Islamic. The word Islamic, Islamist, or political Islam has been said more in the last two-three months by the U.S. administration than in the last ten years.

Pipes: Yeah, but, again, it’s words rather than actions. It’s talking about radical Islam and terrorism. To be sure, a step forward, but the two efforts to control immigration have both failed.

Levant: Well, that’s at the feet of judges. Perhaps the executive orders could be more finely crafted, and I think eventually they will succeed.

But what do you think the time limit is? I mean, you say Pence reiterated America’s plan to move the embassy. (I trust that was said at the AIPAC convention on right now.) How long before people start calling him on that promise? It’s just been a couple, three months.

Pipes: I think so long as he makes the right sounds and has the right tone, he has a lot of time. From the pro-Israel point of view, the right music is key. The words are secondary. If you say nice things about Israel and talk about the strength of the American-Israeli relationship, you have credit that will take you a long way.

Levant: You know, we at Rebel Media just went on a mission to Israel. We took five or six of our team. I had been to Israel before, but no one else had. It was a real eye-opener. I didn’t think I would learn a lot because I had been there before – but one thing I learned that really struck me, and let me run this by you. Our guide said that in the total of modern history, like the last century of Arab-Israeli conflict, all the wars combined, all the terrorism combined, the total death toll, on both sides, he said, and you can correct me if this wrong, was less than a hundred thousand.

Now, that’s still an enormous tragedy. Every one of those is a tragedy, but compare that to the last six months in Syria, or to what ISIS is doing in northern Iraq. Compared to any other crisis in a hundred years, less than a hundred thousand casualties, and I’m not being condescending towards the gravity of that, but I’m thinking this is not the world’s greatest problem. This is not the world’s most intractable problem. This is not, I mean, Donald Trump said this is the deal to end all deals to solve this problem. No, it ain’t. In fact, it’s like a fake, or a distraction, or a placebo. Focus on Israel and lay off of Saudi Arabia, Iran, ISIS, all these other countries. Do you think Trump’s sort of ignoring Israel is a hidden plus because he’s not going to obsess over it like Bill Clinton did, he’s not going to try and push Israel into a deal like other presidents have?

Pipes: Two points. First, you’re absolutely right about the numbers. I co-authored an article with Professor Gunnar Heinsohn of Germany in 2007 in which we had found the total number of Arab-Israeli fatalities at that point since World War II numbered 51,000. Also, the conflict numbered 49th on the list of fatalities in international war. So yes, that’s fewer deaths than in four dozen other conflicts.

The Arab-Israeli conflict is the ultimate deal in the sense that this is the most complex and intractable international question. There are so many parties involved, including the great powers, the regional powers, the Islamic states, the Jewish community, and the other religious communities. It is the ultimate prize to get a Nobel Peace Prize. There’s nothing comparable to it, nothing as complex and long lasting.

As for Trump not focusing on it [yet], I’m not sure that he won’t because he sees himself as the author of The Art of the Deal, and he has said this he wants to broker this one. He’s got other things on the plate now, as you’ve pointed out – immigration, the wall, the healthcare repeal that didn’t work, taxation, education, and so forth. But I think solving this is a luring prospect, and I wouldn’t be at all surprised if he turns his attention to this at some point.

I also wouldn’t be surprised if he turned against Israel, seeing it as the intractable party because that is what often happens. Look at Jimmy Carter and Barack Obama: they make efforts and they get frustrated that the Israelis don’t give more because there is an enduring belief that if only the Israelis gave more, the Palestinians would relent and stop being rejectionists and everything would be fine. So, I am worried.

Levant: Last question. I see criticism of Ivanka Trump and Jared Kushner, Trump’s daughter and son-in-law, because they have an unusual relationship with the president. They have security clearance. They sit in on meetings. We all know that Kushner and Ivanka were parts of Donald Trump’s business empire and they’re trusted counselors. It’s not surprising to me that he would want his trusted advisers admitted. It’s not like Chelsea Clinton tagging along with mom and dad, when she was just a family member and not a deeply engaged adviser.

Kushner’s an observant Jew. Ivanka converted. They seem to identify in that way. They have some ties to Israel. Do you think that they are an important source of advice on Israel, and if so, how would you then classify them on the Israel-issue spectrum? Would they be right-wing? Would they be left-wing? Are they Peace-Now types? Are they Likud types?

Pipes: Allow me to extend your question also to include David Friedman, Trump’s bankruptcy lawyer who’s just been confirmed as U.S. ambassador to Israel, and Jason Greenblatt, a Manhattan real estate lawyer who serves as the president’s special representative for international negotiations. So, four people have no history of involvement in Israeli-Palestinian or other negotiations, are rank amateurs, bringing the freshness of amateurs and also their inexperience.

I don’t know exactly all their views. The only one we really know is Friedman, who has a history of writing about the conflict, and is very much on the Likud side of the spectrum, but the others we don’t really know about. Greenblatt, from what we heard about his negotiations in Jerusalem and Ramallah, seems to be fitting into the same old pattern of « put pressure on Israel and placate the Palestinians. » The daughter and the son-in-law? I don’t know what their views are.

Overall, I worry about this lack of experience. There is a theme in American history going back to World War I, of presidents appointing people who have no knowledge of a topic, with the idea being that they’re unbiased and will bring fresh eyes to the issue. It has never worked. It has always led down rabbit holes.

I would rather have people who have been doing this for a while. You know, if you went for heart surgery, would you want someone who’s never done anything like this before or would you prefer one that’s been practicing for a while? I worry about freelancing with amateurs. There’s a lot of experience in this area. It’s a very complex topic. I worry people are wandering in and being considered sudden experts.

Levant: Well, we’ll keep in touch in the months ahead, and it’s still early days, and the only substantive sign that I see is Nikki Haley. Everything else is a possibility, or a prospect, or a process, but I think we’ll probably know before the end of the year.

Pipes: Yeah, the UN is great, but the rest I worry about.

Levant: Dr. Daniel Pipes of the Middle East Forum, great to have you here in the studio.


Journée de Jérusalem/50e: C’est en Israël que l’Europe sera battue ou gardera le droit à durer (It is in Israel that Europe will be beaten or will keep its right to its own survival)

24 mai, 2017
https://pbs.twimg.com/media/C56JxtmU0AAE4m6.jpghttps://i0.wp.com/jewishjournal.com/wp-content/uploads/2017/05/DSC_5771.jpg
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Israël est détruit, sa semence même n’est plus. Amenhotep III (Stèle de Mérenptah, 1209 or 1208 av. JC)
Je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais. Mesha (roi de Moab, Stèle de Mesha, 850 av. J.-C.)
J’ai tué Jéhoram, fils d’Achab roi d’Israël et j’ai tué Ahziahu, fils de Jéoram roi de la Maison de David. Et j’ai changé leurs villes en ruine et leur terre en désert. Hazaël (stèle de Tel Dan, c. 835 av. JC)
Je les planterai dans leur pays et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, dit L’Éternel, ton Dieu. Amos (9: 15)
Israël est l’incarnation pure et simple de la continuité juive : c’est la seule nation au monde qui habite la même terre, porte le même nom, parle la même langue et vénère le même Dieu qu’il y a 3 000 ans. En creusant le sol, on peut trouver des poteries du temps de David, des pièces de l’époque de Bar Kochba, et des parchemins vieux de 2000 ans, écrits de manière étonnamment semblable à celle qui, aujourd’hui, vante les crèmes glacées de la confiserie du coin. Charles Krauthammer
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme (…) Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Charles De Gaulle (nov. 67)
Cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic. Raymond Barre (le 3 octobre 1980, TFI, suite à l’attentat de la synagogue parisienne de la rue Copernic, 4 morts, 20 blessés)
« c’était des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et y a 3 Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs. Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français. Raymond Barre
Je constate qu’après la formation de leur Etat, les Juifs, de victimes, sont devenus bourreaux. Ils ont pris les maisons, les terres des Palestiniens. Abbé Pierre (1991)
Qui eût pu penser à la fin de la seconde guerre mondiale, qu’après les siècles d’humiliation et de déni, l’affaire Dreyfus, le ghetto de Varsovie, Auschwitz, les descendants et héritiers de cette terrible expérience feraient subir aux palestiniens occupés humiliations et dénis? Comment comprendre le passage du juif persécuté à l’Israélien persécuteur? Edgar Morin (1997)
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
Pourquoi accepterions-nous une troisième guerre mondiale à cause de ces gens là? Daniel Bernard (ambassadeur de France, après avoir qualifié Israël de « petit pays de merde », Londres, décembre 2001)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin
Ce que je crois, c’est que cette plaie permanente infecte effectivement notre politique étrangère. Barack Obama (2008)
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
Les Israéliens se sont surarmés et en faisant cela, ils font la même faute que les Américains, celle de ne pas avoir compris les leçons de la deuxième guerre mondiale, car il n’y a jamais rien de bon à attendre d’une guerre. Et la force peut détruire, elle ne peut jamais rien construire, surtout pas la paix. Le fait d’être ivre de puissance et d’être seul à l’avoir, si vous n’êtes pas très cultivé, enfant d’une longue histoire et grande pratique, vous allez toujours croire que vous pouvez imposer votre vision. Israël vit encore cette illusion, les Israéliens sont probablement dans la période où ils sont en train de comprendre leurs limites. C’était Sharon le premier général qui s’est retiré de la bande de Gaza car il ne pouvait plus la tenir. Nous défendons absolument le droit à l’existence d’Israël et à sa sécurité, mais nous ne défendons pas son droit à se conduire en puissance occupante, cynique et brutale … Michel Rocard (Al Ahram, 2006
Il existe une idéologie d’une force, d’une vigueur implacable, parce qu’insidieuse, parce qu’innommée, qui fait que les débats qui gênent le plus et qui tournent tous autour de la question islamiste, autour de l’Islam, autour de l’immigration, sont placés sous le tapis. Il est invraisemblable que quelques mois après les attentats terroristes qui ont eu lieu en France, les questions terroriste et migratoire n’aient pas été évoquées dans la campagne électorale. Le surmoi handicapant est tellement grand que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral et patriotique à évoquer ces sujets régaliens a préféré évoquer des sujets économiques qu’elle maîtrise moins bien et qui passionnent infiniment moins son propre électorat. Je ne l’incrimine pas. J’incrimine la pensée idéologique qui fait que quand vous êtes dans un débat important devant des journalistes, si vous évoquez ce genre de thèmes, c’est considéré un peu comme saugrenu ou malséant. (…) Sans doute que beaucoup ont pensé que c’eût été rendre service à des gens qu’on n’aimait pas que d’évoquer cette question-là, à savoir que, oui, Sarah Halimi a été torturée avant d’avoir été assassinée et défenestrée par un musulman radical antisémite qui l’avait déjà insultée. Sa sœur également avait insulté Sarah Halimi qui craignait beaucoup Traoré. Croyez-moi que s’il c’était agi d’un blond aux yeux bleus, la France entière serait descendue dans la rue. On aurait également eu droit à des rapprochements historiques totalement incongrus. Mais il s’agissait d’un musulman issu de l’immigration. Donc il n’était pas question d’évoquer cette question.  (…) Là, nous sommes en plus dans une phase habituelle de psychiatrisation de l’assassin qui n’est pas en prison. Celui dont je vous parle reçoit des visites. C’est forcément un geste insensé de s’en prendre à une vieille dame et de la massacrer pendant une heure. Il n’y a pas de doute que c’est insensé, comme est purement insensé l’assassin islamiste, enfin très probablement islamiste, de Manchester d’aujourd’hui. À ce moment-là, il faut dire que tout terroriste islamiste prêt à sacrifier sa vie ou sa liberté est déclaré d’office irresponsable pénalement. Ça sera encore plus clair ! (…) Totalement désarmé ! Y compris sur le plan moral, y compris même sur le plan de l’instinct de conservation. Mais l’opinion publique française n’est pas responsable de cela. L’opinion publique française est très, très réceptive à ce que je viens de vous dire. Mais comme elle est mise dans le vent, comme on lui montre ce qu’on veut bien lui montrer et qu’on lui cache et qu’on lui dissimile ce qu’il n’est pas question et qu’il n’est pas séant de lui montrer, comment voulez-vous qu’elle y soit sensible ? Il n’y a donc pas de raison que ça ne continue pas, aucune raison! Gilles-William Goldnadel
Le politiquement correct, conforté par l’élection d’Emmanuel Macron, est en pleine forme. Construit dans le but de protéger les nouvelles minorités et plus particulièrement la culture islamique en Europe, ce prêt-à-penser s’interdit toute approche critique. Faire le lien entre l’insécurité dans le quartier parisien La Chapelle-Pajol et l’afflux de migrants depuis 2015 relève du blasphème. Il est également inconcevable, pour les commentateurs comme il faut, de suggérer une relation entre le sexisme dénoncé par ces femmes du XVIIIe arrondissement et le machisme véhiculé par le Coran (voir mon blog de lundi). Quant au terrorisme, qui a tué cette fois des enfants et des adolescents de Manchester (Angleterre) venus assister, lundi soir, à un concert d’Ariana Grande (22 morts, 60 blessés), il n’est pas question, pour le discours dominant, de le rapprocher de l’esprit guerrier qui marque de son empreinte de nombreuses sourates. L’Etat islamique a revendiqué l’attentat, commis par Salman Abedi, 22 ans, britannique d’origine libyenne. Mais le chef de l’Etat français se contente de parler de « nos ennemis terroristes », sans être plus précis. Il dit vouloir accélérer la création d’une « task force » sous son autorité. Il a aussi annoncé, ce mercredi, sa volonté de légiférer pour « renforcer la sécurité face à la menace terroriste ». Toutefois, ces réponses resteront vaines si n’est pas posée la responsabilité de l’idéologie islamiste, conquérante et totalitaire. Se contenter de répéter que le djihadisme serait le produit de sociétés occidentales discriminantes, cette tarte à la crème du conformisme médiatique, invite les démocraties culpabilisées à se soumettre à une contre-culture s’affirmant comme « la meilleure communauté qu’on a fait surgir pour les hommes », et à y perdre leur âme. L’urgence est moins de moraliser la vie politique que de moraliser l’islam politique. Quand Donald Trump, dimanche à Riyad (Arabie saoudite), exhorte ce pays qui a des liens financiers avec Daesch à lutter contre les extrémistes (« Chassez-les, chassez-les de vos lieux de culte, chassez-les de vos communautés (…) chassez-les de cette terre »), il met les musulmans de paix devant leurs responsabilités. Comme le souligne également Pascal Bruckner dans Le Figaro de ce jour, la réponse au terrorisme « repose sur la capacité des musulmans à réformer leur religion ». L’islam doit faire le ménage dans son idéologie. Cette politique impliquerait une dénonciation du wahhabisme, du salafisme, des Frères musulmans, mais aussi de l’islamo-gauchisme et de sa presse collaboratrice (Médiapart, Bondy Blog, Libération, Les Inrockubtibles, etc.) C’est cette voie que le pouvoir devrait soutenir, au lieu de nier les filiations entre l’islam, l’islamisme, le sexisme, l’antisémitisme, le terrorisme. Ivan Rioufol
Chaque fois qu’une attaque terroriste inqualifiable frappe des victimes innocentes, nous nous plaignons et faisons le vœu de renforcer les mesures de sécurité et de prendre d’autres mesures de prévention. Mais nous ne réalisons pas la responsabilité de nos amis et alliés dans l’encouragement, la motivation et l’instigation au terrorisme. Si nous voulons avoir une chance de contenir le terrorisme, nous devons nous attaquer le problème à la racine. Ni la pauvreté, la privation, le désespoir ou l’une des autres raisons invoquées pour présenter comme un acte de désespoir le terrorisme, n’expliquent et encore moins justifient ce dernier. Tout sauf ça. Beaucoup de terroristes, comme les participants du 11 septembre sont instruits, riches, et ont même réussi. Ils ont réfléchi en prenant leur décision, en pesant les coûts et avantages que représentent pour eux d’assassiner des civils innocents, et ce pour une raison très simple: ils croient que le terrorisme fonctionne. Et malheureusement, ils ont raison. La communauté internationale récompense le terrorisme et punit en même temps ceux qui tentent de le combattre avec des moyens raisonnables. Tout a commencé par la décision de Yasser Arafat et d’autres groupes terroristes palestiniens d’utiliser la tactique du terrorisme comme moyen prioritaire pour mettre la cause palestinienne au centre de l’attention du monde. En ce qui concerne les réalisations et les échecs de la cause palestinienne, ce statut est immérité. Le traitement des Tibétains par la Chine, les Kurdes par une grande partie du monde arabe et le peuple de la Tchétchénie par la Russie était au moins aussi mauvais. Leur réponse aux abus, cependant, a été largement ignorée par la communauté internationale et les médias parce qu’ils étaient à la recherche de solutions dans le cadre législatif, et non sur le terrorisme. La situation des Palestiniens est tout autre. Le détournement d’avions, l’assassinat des athlètes olympiques à Munich, le meurtre d’enfants israéliens dans Ma’alot et les nombreuses autres atrocités terroristes commises par des terroristes palestiniens trouvent leur cause dans des préoccupations toutes autres de celles de la communauté des droits de l’homme. Bien que les Palestiniens ne disposent pas encore d’un Etat – parce qu’ils ont refusé des offres généreuses de deux fois un Etat – leur cause domine encore l’Organisation des Nations Unies et de nombreux groupes de défense des droits de l’homme. D’autres groupes dissidents ont puisé leur inspiration dans le succès du terrorisme palestinien et reprennent l’utilisation de ces tactiques barbares. Ainsi, l’Autorité palestinienne – même si elle prétend rejeter le terrorisme – récompense les familles des kamikazes et autres terroristes avec des rémunérations d’autant plus étendues en fonction du nombre de victimes innocentes. Si l’auteur du massacre de Manchester avait été palestinien, et si l’attentat avait eu lieu dans une salle israélienne, l’Autorité Palestinienne aurait payé la famille du terroriste une petite fortune pour l’assassinat de tant d’enfants. Il y a un nom pour désigner ce phénomène qui pousse les personnes et les organisations à payer d’autres pour le meurtre de civils innocents: donner des subventions pour assassiner. Si la mafia récompense pour le meurtre de ses adversaires, personne n’ose sympathiser avec elle. En revanche, un leadership palestinien qui procède de la même manière est reçu et honoré dans le monde entier. Ainsi, ces terroristes palestiniens sont glorifiés par l’attribution de leur nom à des parcs, des stades, des rues et autres lieux publics après les meurtriers en masse d’enfants. Notre « allié » Qatar a financé le Hamas, que les États-Unis considèrent comme une organisation terroriste. Les Nations Unies glorifient le terrorisme en apportant des pays qui le soutiennent dans les postes de bureau et de la dignité et de recevoir le parrain du terrorisme à bras ouverts. De l’autre côté, il y a Israël, dont les efforts pour lutter contre le terrorisme avec des moyens raisonnables et juridiques en font un leader mondial en ce domaine, et qui est pourtant attaqué par la communauté internationale plus que tout autre pays. Aux Nations Unies, les promoteurs du terrorisme sont mieux traités que leurs adversaires. Ainsi des tactiques du mouvement Boycott et Désinvestissement (BDS) contre Israël, qui illustrent cet état de fait : les actions de boycott sont dirigées uniquement contre Israël et non contre les nombreuses nations qui soutiennent le terrorisme. Tant qu’il porte ses fruits, le terrorisme continuera à sévir. Quand on parle de fruits, il peut s’agir simplement de réussir à obtenir l’attention. Ou alors de réussir à recruter. Ou encore, comme cela est arrivé dans de nombreux pays européens, le terrorisme conduit à des concessions. Certains pays européens souffrant actuellement du terrorisme ont libéré des terroristes palestiniens. Entre autres, l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Allemagne : les terroristes palestiniens ont été libérés dans l’espoir d’être épargnés par les attaques dans leur propre pays. Les tactiques égoïstes et immorales de ces pays n’ont pas échappé aux terroristes, pour lesquels ils deviennent de ce fait des cibles intéressantes. Alan Dershowitz
Celebrating my birthday in Manchester as news of the Manchester Arena bomb broke. The anger is monumental.  For what reason will this ever stop? Theresa May says such attacks « will not break us », but her own life is lived in a bullet-proof bubble, and she evidently does not need to identify any young people today in Manchester morgues. Also, « will not break us » means that the tragedy will not break her, or her policies on immigration. The young people of Manchester are already broken – thanks all the same, Theresa. Sadiq Khan says « London is united with Manchester », but he does not condemn Islamic State – who have claimed responsibility for the bomb. The Queen receives absurd praise for her ‘strong words’ against the attack, yet she does not cancel today’s garden party at Buckingham Palace – for which no criticism is allowed in the Britain of free press. Manchester mayor Andy Burnham says the attack is the work of an « extremist ». An extreme what? An extreme rabbit? In modern Britain everyone seems petrified to officially say what we all say in private. Politicians tell us they are unafraid, but they are never the victims. How easy to be unafraid when one is protected from the line of fire. The people have no such protections. Morrissey (23 May 2017)
In the months before weeping little girls with nails in their faces were carried out of the Manchester Arena, the authorities of that city were hard at work fighting the dreaded threat of Islamophobia. While Salman Abedi, the second-generation Muslim refugee terrorist who maimed and killed dozens in a brutal terrorist attack, stalked the streets wailing, “There is no god but Allah and Mohammed is the messenger of Allah”, Manchester police were busy with more important things. The Greater Manchester Police are one of only two police forces to list Islamophobia as a hate crime category. (…) This is what led to the Manchester Arena bombing. Mayor Burnham sold out the police. The police sold out the people. The authorities were chasing Islamophobia when they should have been fighting Islamic terror. Mayor Burnham and Chief Constable Hopkins pandered to Islamists, prioritized Islamophobia and dutifully opposed the government’s fight against Islamic terror. The Islamophobia lie killed 22 people in Manchester. It happened on the watch of the GMP. No one takes Islamophobia more seriously than the Greater Manchester Police. When Muslim sex grooming gangs were abusing little girls in Rochdale, the GMP dutifully covered it up. On one of the recorded interviews, a police officer can be heard yawning as a girl describes her abuse. An MP who had pursued these cases said that the authorities “were afraid of being called racist. » Daniel Greenfield
Il est impossible de comprendre le national-socialisme, à moins de voir qu’il s’agit en fait d’un nouvel islam. Karl Barth
Nous ne savons pas si Hitler est en passe de fonder un nouvel islam (…) ce pourrait être le futur de l’Histoire. Carl Gustav Jung
La fin des mandats français en Syrie et au Liban ne marque pas pour autant la fin de la politique de protection « impériale » des Lieux saints, chrétiens mais aussi musulmans, au Proche-Orient. Au nom de la souveraineté qu’elle exerce sur l’Algérie, la France revendique ainsi jusqu’en 1962, au pied du mur des Lamentations, l’administration du Quartier maghrébin à Jérusalem. (…) Depuis Alger et Paris en 1962, déplaçons-nous donc vers Jérusalem dans les années 1950 pour comprendre comment s’y est joué un épisode décisif et méconnu de la politique arabe et musulmane de la France, mais aussi de ses rapports avec Israël et les diasporas juives. Vu depuis la Palestine alors jordanienne, il est clair en tout cas que la France possède des droits incontestables sur ce petit quartier de la Ville sainte : « Situation de la colonie maghrébine de Jérusalem, la France délègue sur place un fils d’Algérie pour étudier la situation », titre ainsi le quotidien Falestin le 12 août 1955, en tête d’un long reportage consacré à Hadj Lounis Mahfoud, professeur d’arabe au collège de Sétif, en visite à Jérusalem, « venant d’Arabie saoudite après y avoir effectué son pèlerinage », pour préparer un rapport sur la gestion de cette fondation franco-algérienne destinée à secourir, loger et soigner les ressortissants maghrébins de passage ou résidant dans la Ville sainte. Si la France s’est effectivement retrouvée en position de gérer ce quartier stratégique de la Ville sainte, c’est bien en raison de la souveraineté qu’elle exerce alors sur l’Algérie, puisque la fondation pieuse musulmane propriétaire du quartier a été créée à la fin du XII e siècle par un descendant d’un mystique soufi algérien, Abû Madyan ou Sidi Boumédiène, compagnon d’armes de Saladin lors de la reprise de la ville aux croisés en 1187. C’est précisément en 1949 que le consul de France à Jérusalem a saisi une opportunité géopolitique inattendue : à l’issue de la première guerre israélo-arabe, le waqf Abû Madyan perd la quasi-totalité de ses revenus fonciers suite à la conquête par Israël du village d’Ain Karem, situé à 5 kilomètres à l’ouest des murailles de la Vieille Ville, donc à l’intérieur des frontières d’Israël internationalement reconnues. La France, puissance souveraine en Algérie, peut donc reprendre sous son aile protectrice cette portion des Lieux saints située en territoire jordanien, en espérant pouvoir en retirer des bénéfices diplomatiques dans le cadre de la guerre larvée que se livrent Israël et la Jordanie le long de la ligne de démarcation qui coupe Jérusalem en deux : « Pouvons-nous espérer tirer profit du fait Abou Médiane ? C’est là l’affaire du gouvernement. À mon humble échelon toutefois, il est permis de penser que notre singulière position au mur des Lamentations ne devrait pas nous être inutile », écrit le consul de France à son ministre le 6 juillet 1949, avec « copie à Alger, Tunis, Rabat, Amman »… et au « Professeur Massignon ». Louis Massignon est effectivement la cheville ouvrière de cette brève séquence historique (1949- 1962) pendant laquelle la France administrait ce quartier de Jérusalem qui commandait l’accès au mur des Lamentations. Figure éminente de l’orientalisme français, membre de l’Académie de langue arabe du Caire, professeur au Collège de France, ardent chrétien mais farouche défenseur de « l’amitié francomusulmane», fondateur du « Comité chrétien d’entente France-Islam », et en 1954 en Bretagne du «pèlerinage islamo-chrétien des Sept Dormants d’Éphèse », « honorable correspondant » des services de renseignements français pour le Proche-Orient depuis qu’il est entré dans Jérusalem le 11 décembre 1917 aux côtés du général britannique Allenby, Massignon défend, dans ses courriers adressés à tous les échelons de la diplomatie française, le « mandat sacré de la France » vis-à-vis des Maghrébins de Jérusalem, élément décisif selon lui d’une politique étrangère qui doit s’affirmer non seulement « arabe » mais également « musulmane », pour démontrer aux Algériens tentés par l’indépendance que la France se préoccupe concrètement de leurs intérêts, y compris à l’extérieur de leur territoire. (…) Le sens de l’histoire, pourtant, ne souffle plus du côté de Massignon et de « l’amitié francomusulmane» : en mai 1961, quelques semaines après le putsch des généraux, le gouvernement général de l’Algérie se montre de plus en plus dubitatif sur les effets réels de la position française défendue à Jérusalem pour tenter de « contrebalancer l’influence que le FLN a su s’assurer sur la colonie algérienne en Palestine ». La rupture se confirme à l’automne 1961 : alors que le Quai d’Orsay affirmait encore en juillet que l’abandon du Quartier maghrébin causerait un « préjudice moral irréparable » aux intérêts français « dans le monde arabe et en particulier en Afrique du Nord […] jusqu’à nous soupçonner d’avoir été de connivence avec Israël », le massacre des manifestants algériens dans Paris dans la nuit du 17 octobre 1961 creuse un fossé désormais infranchissable entre les intérêts français et les intérêts algériens, fussent-ils défendus au nom de la « France protectrice des Lieux saints musulmans ». En février 1962, quelques jours après le massacre de Charonne, la France abandonne la défense des intérêts algériens à Jérusalem. Malgré les efforts du premier « haut représentant de la France en Algérie » Jean-Marcel Jeanneney au cours de l’hiver 1962-1963, le nouvel État algérien indépendant ne reprend pas le dossier à son compte et renonce à s’impliquer dans la défense de ses ressortissants à Jérusalem. Le waqf Abû Madyan est désormais privé de toute protection juridique internationale. Quatre ans plus tard, en juin 1967, à l’issue de la guerre des Six Jours et de la conquête de Jérusalem, le Quartier maghrébin est évacué par l’armée israélienne et rasé en quarante-huit heures pour dégager ce qui est aujourd’hui l’esplanade du Mur occidental, considéré comme le lieu le plus sacré du judaïsme. La célèbre formule prononcée par de Gaulle six mois plus tard, lors d’une conférence de presse du 27 novembre 1967, à propos des « juifs […], peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », peut-elle être aussi interprétée à l’aune de cette histoire méconnue ? Peut-être, surtout si on prend la peine d’écouter la totalité de son intervention, dans laquelle il indique « qu’une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde », et, dans une étrange formule à propos des rapports entre la France et Israël, « nous ne donnions pas notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé ». Le verbe gaullien a ceci de prodigieusement puissant et exaspérant : il peut énoncer sans l’exprimer tout à fait, par l’emphase d’une formule alambiquée, une certaine idée de la France et du monde. Vincent Lemire
L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer. (…) En quoi, pourquoi Israël est-il l’Europe ? Certes par l’origine de ceux qui ont bâti son État, imposé les conditions du rassemblement de son peuple. Mais cela ne suffirait pas, si l’Europe historique, d’où étaient revenus ces revenants, n’avait été elle-même modelée sur l’histoire du peuple hébreu, n’avait repris la mission du peuple de Dieu dans une « chrétienté ». La couronne du Saint Empire portait l’effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France – avant Bossuet, de l’aveu même de Machiavel – était « tirée de l’écriture sainte », et les nations, jusque dans l’hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l’obéissance au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. L’échec final de la Chrétienté en Europe, et de sa « mission » sur les autres continents, rendant apparemment vaine la diaspora, la dispersion du peuple juif, permettant à de modernes empires de prétendre que la croix elle-même avait été vaine, restituait nécessairement aux Juifs leur charge originelle, l’idée de cette charge, transformée par l’aventure de vingt siècles. Échec déjà évident autour de la première guerre mondiale qui justifia la première entreprise sioniste, mais combien plus éclatant et terrible avec la seconde et l’entreprise démoniaque du germanisme hitlérien. Toute l’Europe en fut victime, mais nul peuple, nulle communauté comme les Juifs ; s’ils avaient espéré que l’échec du Christ et de la Chrétienté les libérerait, les assimilerait, si les « libéraux » ou « révolutionnaires », parmi eux avaient contribué puissamment à cet échec selon le monde, bref s’ils étaient souvent restés « Juifs charnels » selon Saint Paul, à mesure que les chrétiens le devenaient, l’atroce massacre désabusait à jamais les survivants, autant que les chrétiens antisémites : la croix gammée avait bien élevé sa prétention abominable contre la croix du Christ, et c’est d’un même Dieu, le Dieu judéo-chrétien qu’elle avait proclamé la mort, avec un sérieux pratique supérieur à toutes les mythologies du marxisme ou de l’existentialisme athées. La création de l’État d’Israël fut la seule rançon, la seule création positive répondant à l’horreur infinie de la seconde guerre mondiale. Cette guerre finalement « victorieuse », libérant quelques-unes des nations opprimées, consacrant ou renouvelant la servitude de beaucoup d’autres, n’a symboliquement et directement produit que cette liberté-là. Elle a donné aux « Européens » qui avaient le plus souffert de l’entreprise contre ce qui restait de la Chrétienté (paradoxalement aux Juifs qui, dispersés, étaient, dans la vraie conception du monde ancien, une part significative de cette Chrétienté, même quand ils étaient persécutés par elle), le droit à exister comme État et dans l’histoire.  Oui l’Europe qui avait, par la première guerre mondiale, perdu sa primauté réelle, devait, par la seconde, en perdre jusqu’aux restes et aux apparences. Et les perdre au profit de deux images d’elle-même accomplies en cauchemar, des deux puissances issues de deux « diasporaï » de l’ancienne Chrétienté, celle des « pères fondateurs » de l’Amérique, pèlerins du Mayflower, et celle des prophètes de la révolution accomplissant, ou abolissant, leur rêve dans la nouvelle Russie. Quelque puissance limitée, au niveau des nations, et quelque ferment de son ancienne grandeur selon l’esprit, lui restaient ; mais non comme Europe, et nullement comme effet de la « victoire ». L’unique nouveauté qui eût son visage, qui ressemblât à ses douleurs, qui réunît ses espérances, ce fut Israël. L’extraordinaire (hors d’un ordre chrétien qui n’avait pas réussi à modeler l’histoire, mais fidèle à l’origine même de cet ordre) n’était pas demeuré impossible. Et les chrétiens de nos antiques nations ne pouvaient voir en ce retour une contradiction à leur espérance en la conversion finale du dernier Juif, qui doit précéder la « parousie » : d’abord parce que l’État d’Israël ne rassemblerait jamais tous les Juifs ; ensuite parce que la nature fondamentalement théocratique de cet État, son enracinement dans le sacré, en dépit de toutes les grimaces laïques et démocratiques, constituaient par eux-mêmes une sorte de « conversion », et une promesse de retour à la source première, où la naissance et le Christ ne s’opposent pas, mais fondent ensemble la « nation », pour les autres peuples enracinés dans l’histoire chrétienne. Pierre Boutang (1er juin 1967)
Israël n’est pas incompatible avec l’existence des peuples arabes, en leur diversité, et qui auraient oublié le principe conquérant de l’islam si quelques démagogues (d’ailleurs inspirés d’un autre islam, celui du germanisme nazi) ne l’avaient réveillé, et réveillé contre les seuls juifs. Pierre Boutang
Comme à l’origine, Israël est signe de contradictions, pierre de touche pour les nations et les empires dont il fait apparaître les contradictions, lui même restant, d’une manière inconnue, le lieu toujours privilégié de la contradiction utile, entre l’homme et son Dieu. (…)  Jérusalem pour des raisons bibliques, mais aussi de très concrètes et proche histoire ne peut qu’être confiée à la garde de l’État et du soldat juifs. La décadence et les crimes de notre Europe, anciennement chrétienne ont conduit à ce châtiment mystérieux, ce signe de contradiction ineffable comme tout ce qui tient à Israël. Pierre Boutang
Le lien de Boutang avec Israël, c’est le lien non seulement avec l’origine du christianisme, mais aussi avec l’origine comme telle, qu’il faut sans cesse reconquérir. Quand on prétend faire face au terrorisme islamiste, on ne peut pas se contenter d’invoquer la République, il faut remonter aux sources de la civilisation occidentale, à ses sources juives et chrétiennes, qui fondent l’idée d’une société. Pour Boutang, cela impliquait de désobéir à Maurras, qui défendait l’héritage catholique sans prendre au sérieux la spiritualité. Olivier Véron
Antisémite de ­culture, auteur de textes et de gestes où suintait la haine des juifs, Boutang a fini par considérer que le nouvel esprit du sionisme prenait le relais d’une chrétienté défaillante. Alors que l’Europe politique devenait une construction supranationale, Boutang regardait Israël avec tendresse, car à ses yeux cette nation perpétuait les formes que l’Europe abandonnait : un État souverain, un peuple en armes, une identité millénaire.  (…) Cinquante ans plus tard, alors que des figures de droite, comme l’ancien ­ministre de la défense Hervé Morin, appellent à « israéliser » la France en termes sécuritaires, les textes de Boutang nourrissent les arguments de [ceux qui prônent une nouvelle alliance judéo-chrétienne (…) Et de fait, qu’il ait pensé la filiation, le pouvoir ou la civilisation, à chaque fois Boutang a relancé l’héritage de Maurras dans une forme d’infidélité fidèle qui ne pouvait le laisser en paix (…) Aujourd’hui, alors que les idées de cette famille politique ont à nouveau le vent en poupe, certains de ses enfants sont tentés de ­renouer avec Maurras. Mais son nom est définitivement ­associé à l’aventurisme impuissant et à la collaboration sanglante. Désireux de se rebrancher sur cette tradition sans avoir à en assumer les erreurs et les compromissions, les nouveaux réactionnaires se tournent parfois vers Boutang, ce fils qui a mis à mort un père aimé et défaillant… pour mieux maintenir en vie sa famille. Jean Birnbaum
Dégrisés une bonne fois, après cette douloureuse session électorale déboulant sur l’inconséquent plébiscite d’un programme et d’un homme contraires à tout ce qu’ils jurent vital, nécessaire et bénéfique, les partisans de Pierre Boutang, catholiques nationalistes sionistes, se sentent à nouveau pris au dépourvu, comme la cigale du conte : après cinq ans de vaillants et assez joyeux combats idéologiques, étant donné le choix politique engendré par éliminations successives et réduit par tous les moyens même légaux, ils se demandent eux aussi : vers qui irions-nous ? (…) face à la montée de l’islamo-progressisme (…) L’évidence de la forme nationale bâtie par les nations chrétiennes d’Europe (gréco-hébraïques) ayant été abusivement mise en cause par deux guerres mondiales suicidaires et par les productions idéologiques concomitantes, c’est en Israël, et avec Israël que l’homme européen des nations sera sauvé, ou vaincu (…) La désuétude trompeuse de la nation a plus que jamais trouvé dans l’expérience singulière de la nation juive, depuis les siècles de la Bible, sa justification, son modèle et son avenir immédiat, sa pierre de touche. C’est pourquoi cinquante ans après La guerre de six jours et la réunification de Jérusalem, les livres de Boutang n’invitent pas à replonger dans le sommeil, mais à La (vraie) Politique, la politique considérée comme souci, puis à Reprendre le pouvoir. Olivier Véron

Attention: une ironie peut en cacher une autre !

En cette journée où Israël fête le 50e anniversaire de sa réunification …

Au lendemain après la trahison des années Obama …

De la première visite de son lieu le plus sacré par un président américain en exercice …

Et où se confirme chaque jour un peu plus face à la barbarie islamique …

L’israélisation de fait d’une Europe toujours plus aveugle et toujours plus désarmée …

Alors qu’après la véritable farce électorale que l’on sait …

L’on continue à fustiger en France comme si de rien n’était …

Le parti qui avait si obstinément préservé

Derrière les questions qui fâchent …

Tant les racines que les symboles de la nation …

Comment à nouveau ne pas voir …

La cruelle ironie …

Pointée contre toute attente il y a justement 50 ans par rien de moins qu’un ex-pétainiste …

De la perpétuation par une nation vouée par tous à la disparition

De toutes les formes de souveraineté et d’identité …

Dont n’avaient jusqu’ici que faire …

Tant la chrétienté que l’Europe ?

« La seule rançon, la seule création positive »

Pierre Boutang

La Nation Française

1er juin 1967

« L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël […] En quoi, pourquoi Israël est-il l’Europe ? Certes par l’origine de ceux qui ont bâti son État, imposé les conditions du rassemblement de son peuple. Mais cela ne suffirait pas, si l’Europe historique, d’où étaient revenus ces revenants, n’avait été elle-même modelée sur l’histoire du peuple hébreu, n’avait repris la mission du peuple de Dieu dans une « chrétienté ». La couronne du Saint Empire portait l’effigie de David et celle de Salomon, la politique de nos rois en France – avant Bossuet, de l’aveu même de Machiavel – était « tirée de l’écriture sainte », et les nations, jusque dans l’hérésie jacobine et révolutionnaire, imitaient un dialogue immortel entre la naissance et l’obéissance au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. [1]

L’échec final de la Chrétienté en Europe, et de sa « mission » sur les autres continents, rendant apparemment vaine la diaspora, la dispersion du peuple juif, permettant à de modernes empires de prétendre que la croix elle-même avait été vaine, restituait nécessairement aux Juifs leur charge originelle, l’idée de cette charge, transformée par l’aventure de vingt siècles. Échec déjà évident autour de la première guerre mondiale qui justifia la première entreprise sioniste, mais combien plus éclatant et terrible avec la seconde et l’entreprise démoniaque du germanisme hitlérien. Toute l’Europe en fut victime, mais nul peuple, nulle communauté comme les Juifs ; s’ils avaient espéré que l’échec du Christ et de la Chrétienté les libérerait, les assimilerait, si les « libéraux » ou « révolutionnaires », parmi eux avaient contribué puissamment à cet échec selon le monde, bref s’ils étaient souvent restés « Juifs charnels » selon Saint Paul, à mesure que les chrétiens le devenaient, l’atroce massacre désabusait à jamais les survivants, autant que les chrétiens antisémites : la croix gammée avait bien élevé sa prétention abominable contre la croix du Christ, et c’est d’un même Dieu, le Dieu judéo-chrétien qu’elle avait proclamé la mort, avec un sérieux pratique supérieur à toutes les mythologies du marxisme ou de l’existentialisme athées.

La création de l’État d’Israël fut la seule rançon, la seule création positive répondant à l’horreur infinie de la seconde guerre mondiale. Cette guerre finalement « victorieuse », libérant quelques-unes des nations opprimées, consacrant ou renouvelant la servitude de beaucoup d’autres, n’a symboliquement et directement produit que cette liberté-là. Elle a donné aux « Européens » qui avaient le plus souffert de l’entreprise contre ce qui restait de la Chrétienté (paradoxalement aux Juifs qui, dispersés, étaient, dans la vraie conception du monde ancien, une part significative de cette Chrétienté, même quand ils étaient persécutés par elle), le droit à exister comme État et dans l’histoire.
Oui l’Europe qui avait, par la première guerre mondiale, perdu sa primauté réelle, devait, par la seconde, en perdre jusqu’aux restes et aux apparences. Et les perdre au profit de deux images d’elle-même accomplies en cauchemar, des deux puissances issues de deux « diasporaï » de l’ancienne Chrétienté, celle des « pères fondateurs » de l’Amérique, pèlerins du Mayflower, et celle des prophètes de la révolution accomplissant, ou abolissant, leur rêve dans la nouvelle Russie.

Quelque puissance limitée, au niveau des nations, et quelque ferment de son ancienne grandeur selon l’esprit, lui restaient ; mais non comme Europe, et nullement comme effet de la « victoire ». L’unique nouveauté qui eût son visage, qui ressemblât à ses douleurs, qui réunît ses espérances, ce fut Israël. L’extraordinaire (hors d’un ordre chrétien qui n’avait pas réussi à modeler l’histoire, mais fidèle à l’origine même de cet ordre) n’était pas demeuré impossible. Et les chrétiens de nos antiques nations ne pouvaient voir en ce retour une contradiction à leur espérance en la conversion finale du dernier Juif, qui doit précéder la « parousie » : d’abord parce que l’État d’Israël ne rassemblerait jamais tous les Juifs ; ensuite parce que la nature fondamentalement théocratique de cet État, son enracinement dans le sacré, en dépit de toutes les grimaces laïques et démocratiques, constituaient par eux-mêmes une sorte de « conversion », et une promesse de retour à la source première, où la naissance et le Christ ne s’opposent pas, mais fondent ensemble la « nation », pour les autres peuples enracinés dans l’histoire chrétienne. »

Pierre Boutang, La Nation Française, 1er juin 1967.

[1] « L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël. » : « Cette proposition, elle-même “scandaleuse”, ne surprendra pas ceux qui nous lisent depuis douze ans » – écrivait encore Boutang dans ce numéro 598 de La Nation Française – « je l’ai développée l’autre mercredi (N°597 du 25 mai 1967), mais elle n’a cessé de mûrir en nous depuis longtemps, malgré les réticences et les préjugés. L’événement de l’automne 1956 et ses suites avaient permis de la pressentir. La répétition tragique d’aujourd’hui en apporte la preuve » (1er juin 1967, à la veille de la guerre des Six Jours).

On venait de célébrer le dixième anniversaire du traité de Rome, et Boutang ne croyait guère aux acquis de cette Europe-là : « Rien, absolument rien, ne permet de dire qu’au cours de cette décennie, l’homme “européen” aura fondé ou esquissé un avenir, qu’il aura mieux compris sa destinée. Il y a même de fortes raisons pour supposer le contraire. Et la première, la plus tragique, risque d’être l’attitude de l’« homo europæus » en face d’Israël et de la menace d’aujourd’hui. »

Pierre Boutang avait fondé l’hebdomadaire La Nation Française en 1955, avec Michel Vivier, et il en fut le directeur politique et le ponctuel chroniqueur jusqu’à son six cent quatrième et dernier numéro (13 juillet 1967).

Voir aussi:

L’Homme Nouveau : « Boutang reprend le pouvoir »

« L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer ». Pierre Boutang, 1er juin 1967.

Seigneur, à qui irions-nous ? La réponse en forme de question des apôtres consignée dans l’Évangile ne renvoie pas à la dispersion d’Israël après la défaite de Bar Kokhba : Rome n’a pas encore maté les rebelles juifs et les disciples de Yeshoua n’ont pas renoncé à combattre, mais la Passion du Roi des Juifs y joue déjà un rôle prémonitoire. « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé ». « Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché », dit saint Jean. Le Verbe fait chair et fait juif, le Messie d’Israël est venu, a vécu, a fait connaître son point de vue sur à peu près toute chose ici-bas en avant de tout siècle futur, a jeté ce feu sur la terre où il est mort, à un âge qui suffit à un Grec pour conquérir un grand empire. Une puissante tentation de fuir pouvait étreindre les apôtres, l’effroi du néant et le découragement les pousser à abandonner ce nom, cette Parole, et ce feu, mais Seigneur, vers qui irions-nous ?

Ce matin cette phrase de l’Évangile résonne cruellement et réveille un sens du livre de Houellebecq que nous n’avions pas aperçu : où irions-nous, nous n’avons pas d’Israël où aller (Soumission). Inexorablement les catholiques français semblent condamnés à devenir les Juifs du XXIe siècle et à se disperser « sur le site de leur ancienne grandeur » [1], non comme s’ils abordaient à nouveau le premier siècle de notre ère, mais à demeure en exil chez nous. La France « quitte terre, devient légende et mythe » [2], le sol de l’ancienne fille aînée se dérobe sous nos pieds, s’éloigne dans un passé de plus en plus évanescent, mésaventure singulière pour un peuple qui inventa la paysannerie, l’impiété, la souveraineté, la chevalerie, les cathédrales, la courtoisie, Descartes, « ce cavalier français qui partit d’un si bon pas » [3], et le bon sens français de La Fontaine, mais qui a vu s’élever dans les nuées la pucelle dont les cendres furent jetées dans la Seine à Rouen.

« Ô Jeanne, brave pucelle
J’ai tant de nations chez moi
Qu’à cette heure en France nouvelle
Il en faudrait cent comme toi. » [4]

Dégrisés une bonne fois, après cette douloureuse session électorale déboulant sur l’inconséquent plébiscite d’un programme et d’un homme contraires à tout ce qu’ils jurent vital, nécessaire et bénéfique, les partisans de Pierre Boutang, catholiques nationalistes sionistes, se sentent à nouveau pris au dépourvu, comme la cigale du conte : après cinq ans de vaillants et assez joyeux combats idéologiques, étant donné le choix politique engendré par éliminations successives et réduit par tous les moyens même légaux, ils se demandent eux aussi : vers qui irions-nous ? Or s’ils joueront le jeu jusqu’au bout, par attachement loyal à leur pays, par devoir de gratitude et esprit de suite, ils ne sont pas spécialement ralliés à la démocratie, car ils ont retenu la leçon de Pascal : « Les choses du monde les plus déraisonnables deviennent les plus raisonnables à cause du dérèglement des hommes. » Faut-il choisir pour gouverner un État « le plus vertueux et le plus habile ? Nous voilà incontinent aux mains (…) Attachons donc cette qualité à quelque chose d’incontestable, écrit Pascal. C’est le fils aîné du roi ; cela est net ; il n’y a point de dispute. La raison ne peut mieux faire car la guerre civile est le plus grand des maux. »

Oui, le plus grand des maux, mais face à la montée de l’islamo-progressisme, comme chez Houellebecq ou Chesterton [5], si ce risque-là n’a pas disparu des esprits héritiers de la révolution française, tous n’en tirent pas les mêmes conclusions… Pour les boutangiens, il n’y a pas de paix qui tienne sans souveraineté, ni de crainte qui commande, ni de délai que l’on obtienne par indécision ou procrastination. Et il n’est pas bon ni vrai que l’homme soit seul. L’appartenance à une cité est inhérente à l’être humain. Le territoire où se déploie cette dimension politique, où s’exerce cette vocation est la nation, dont le nom vient de naître, nasci, naissance ; elle transcende la famille et elle s’appuie sur elle, elle désigne mieux que la patrie la réalité politique dans sa continuité entre présent, passé, avenir. N’importe les rébellions formelles contre l’héritage d’une culture, d’une civilisation, d’une tradition, ce qui en lui est inhérent à l’existence humaine se recueille et se transmet d’abord par l’apprentissage d’une langue, et l’on n’a jamais vu un homme qui sache dire sans parler le langage d’un peuple et sans lui emprunter la forme établie d’une langue nationale historique préalable. « Je nais ici, et non ailleurs, fils d’une famille, héritier d’un nom. Il ne dépend pas de moi que la spiritualité humaine et la civilisation ne se manifestent pas comme un système de volontés mais comme une histoire » [6]. Le sens de cette histoire n’appartient pas au passé mais doit être perpétué comme horizon voulu, territoire nécessaire à l’accomplissement politique de chaque être humain et pour la projection dans le futur d’une descendance, la famille, où il s’accomplit et se renonce à la fois. C’est d’ailleurs la paternité et la filiation naturelles qui fournissent le socle d’intuition de la paternité divine et non l’inverse. L’évidence de la forme nationale bâtie par les nations chrétiennes d’Europe (gréco-hébraïques) ayant été abusivement mise en cause par deux guerres mondiales suicidaires et par les productions idéologiques concomitantes, c’est en Israël, et avec Israël que l’homme européen des nations sera sauvé, ou vaincu : « L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en Israël ; c’est en Israël que l’Europe profonde sera battue, “tournée”, ou gardera, avec son honneur, le droit à durer ». La désuétude trompeuse de la nation a plus que jamais trouvé dans l’expérience singulière de la nation juive, depuis les siècles de la Bible, sa justification, son modèle et son avenir immédiat, sa pierre de touche. C’est pourquoi cinquante ans après La guerre de six jours [7] et la réunification de Jérusalem, les livres de Boutang n’invitent pas à replonger dans le sommeil, mais à La (vraie) Politique, la politique considérée comme souci, puis à Reprendre le pouvoir [8].

Olivier Véron, L’Homme Nouveau n°1639 du 20 mai 2017.

[1] De Gaulle, à propos d’Israël (conférence de novembre 1967).

[2] Dominique de Roux.

[3] Péguy.

[4] Germain Nouveau.

[5] L’Auberge volante, traduction & préface de Pierre Boutang, L’Âge d’Homme, 1990.

[6] La Politique, la politique considérée comme souci [1947], avec une postface de Michaël Bar-Zvi, Les provinciales, 2014.

[7] La guerre de six jours, (juin 1967), Les provinciales, 2011.

[8] Reprendre le pouvoir [1977], avec une introduction de Olivier Véron, Les provinciales 2016.

Voir aussi:

Le poète et philosophe Pierre Boutang, père spirituel de La Manif pour tous

De l’Action française à La Manif pour tous, une certaine droite renoue avec ce philosophe disparu

Jean Birnbaum

Le Monde

31 mars 2017

La philosophie de Boutang fournit des réponses aux nouveaux réactionnaires dans au moins trois domaines : ceux de la filiation, du pouvoir et de la civilisation.

Au printemps 2016, alors qu’il dîne avec François Hollande à l’Élysée, l’acteur Fabrice Luchini évoque ses lectures du moment. Le comédien confie qu’il est plongé dans un livre de Pierre Boutang (1916-1998), poète éruptif, philosophe difficile et journaliste ­cogneur, en son temps pétainiste et disciple favori de Charles Maurras à l’Action française (AF). « Vous lisez Boutang ! C’est l’écrivain préféré de mon père ! », répond Hollande, au grand étonnement de son hôte.

Mais, en l’occurrence, le président se révélait simplement normal. Car Boutang, depuis l’origine, c’est l’histoire d’un père qui revient sans cesse harponner les fils, faisant retour depuis les lieux les plus divers : un dossier du « Figaro littéraire » et un souvenir de Bernard-Henri Lévy, un ­livre de Patrick Buisson, mais aussi un dialogue télévisé avec le philosophe George Steiner, une réunion de La ­Manif pour tous ou une revue de chrétiens pro-israéliens.

Relation au père

Bien sûr, on doit commencer par mentionner l’enjeu biographique. Rappeler la relation de Boutang à son propre père, ingénieur déclassé, camelot du roi et grand lecteur du pamphlétaire antisémite Edouard Drumont : « Un jour, j’étais chez Boutang à Saint-Germain-en-Laye, se souvient Rémi Soulié, auteur de Pour saluer Pierre Boutang (Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2016). Il a ouvert une commode, en a sorti une photo de son père, il avait les larmes aux yeux ».

Mais Boutang le fils est à son tour ­devenu père, père biologique, père symbolique aussi, et l’aura qui est la sienne aujourd’hui reste largement liée à l’accueil protecteur que cet ogre normalien réserva aux jeunes gens venus frapper à sa porte. À ces fils adoptifs, Boutang parlait de Maurras, mais aussi de littérature et même du chanteur Renaud…

Comme Rémi Soulié, Jean-François Colosimo, patron des Éditions du Cerf, fut de ceux-là : « J’avais 17 ans. Ce fut ­l’irruption du génie à l’état brut. Par la suite, quand je suis parti en Grèce, sans moyens, avec l’idée de vivre dans un ­monastère du mont Athos, Boutang me demandait au téléphone : “Où êtes-vous ? Donnez-moi votre adresse pour que je vous envoie de l’argent”. »

Boutang a fait du lien paternel le fil rouge de sa vie mais aussi de sa pensée, et c’est ce choix qui lui confère aujourd’hui une influence renouvelée, au moment où une frange de la droite française renoue avec ce que l’écrivain hussard Antoine Blondin nommait « l’âge de Pierre »… Aux femmes et aux hommes qui cherchent à réarmer ­intellectuellement la famille réactionnaire, sa philosophie du père fournit des réponses dans au moins trois ­domaines : ceux de la filiation, du pouvoir et de la civilisation

La filiation, d’abord. Plutôt qu’un territoire charnel, la France selon Boutang est une culture qui vous tombe dessus, une langue qui vous élit. Pour lui, l’héritage forme le seul horizon digne de ce nom ; c’est la gratitude qui nous jette en avant. « Dès le berceau, nous naissons avec une dette que nous n’avons pas contractée et qui est impayable : voilà l’idée anthropologique de Boutang », note la philosophe Chantal Delsol.

Pendant Mai 68, Boutang enseigne au lycée Turgot, à Paris, et il sent d’emblée que l’insurrection en cours produira cette révolution du désir dont il combat certaines figures tutélaires : ­« Althusser à rien, Lacan à pas grand-chose », fredonne celui qui signera un essai intitulé Apocalypse du désir (Grasset, 1979). Au slogan soixante-huitard, « Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! », Boutang semble rétorquer : « Marche, compagnon, l’origine est devant toi ! » Cette origine détermine toute vie humaine, dit-il, et elle est indissociable de la différence des sexes telle que la Bible l’a fondée (un héritage peu présent chez Maurras,­ davantage travaillé par la mort que tourné vers la vie).

« Une vraie influence sur le mouvement royaliste »

Ainsi n’est-il guère étonnant que la pensée politique de Boutang ait inspiré une partie de La Manif pour tous. Certes, celle-ci est souvent « boutangienne sans le savoir », précise Gérard Leclerc, éditorialiste au journal Royaliste et à Radio Notre-Dame. Mais le lien existe, et il n’est pas que théorique : « Boutang a une vraie influence sur le mouvement royaliste, qui a lui-même plus d’influence sur les droites qu’on ne le croit. Un certain nombre de gens liés à La ­Manif pour tous viennent de là, et même quand il n’est pas explicitement cité, Boutang pèse », ajoute Chantal Delsol.

« L’Action française est un peu la ­franc-maçonnerie des réactionnaires, ­confirme Francis Venciton, jeune militant de l’AF Provence. Parmi les fondateurs de La Manif pour tous, pas mal de gens sont issus de l’AF ou l’ont fréquentée, et nous avons contribué à orienter son argumentaire. » Or pour ces royalistes qui nourrissent les nouvelles mobilisations de droite, la voix de Boutang compte à nouveau. Après avoir longtemps été effacé pour raison de querelles internes, son visage est réapparu sur les autocollants de ­l’Action française. « Boutang revient en force à l’AF, constate Axel Tisserand, auteur d’essais sur le royalisme. Il permet de penser au moins deux questions qui ont été remises au centre par La Manif pour tous : celle de la filiation et celle du consentement populaire. »

Après la filiation, donc, le pouvoir. Là encore, il y va d’un déplacement par rapport à la figure paternelle de Maurras. Quand celui-ci refusait toute souveraineté populaire et ancrait le pouvoir du prince sur l’autorité et la légitimité, son disciple indocile insiste sur un troisième pôle : celui du consentement. Dès lors, les monarchistes peuvent sortir de l’impasse émeutière et devenir non plus les démolisseurs de la démocratie, mais ses veilleurs impitoyables. Acceptant désormais le fait républicain, ils exigent que le pouvoir soit incarné par un père populaire.

Antisémite de ­culture

Voilà pourquoi Boutang finira par soutenir la Ve République gaullienne : « Pour Boutang, de Gaulle réunit les fils de l’histoire de France en coiffant la ­monarchie d’un bonnet de Marianne », résume Jean-François Colosimo. Voilà aussi pourquoi Boutang peut inspirer une partie de la droite contemporaine, comme en témoigne Jc

Pourtant, cet héritage est-il exclusivement chrétien ? Après la filiation et le pouvoir, nous voici venus au troisième enjeu, celui de la civilisation. Par rapport à Maurras, Boutang a peu à peu ­accompli, ici, un déplacement encore plus douloureux. Antisémite de ­culture, auteur de textes et de gestes où suintait la haine des juifs, Boutang a fini par considérer que le nouvel esprit du sionisme prenait le relais d’une chrétienté défaillante.

Alors que l’Europe politique devenait une construction supranationale, Boutang regardait Israël avec tendresse, car à ses yeux cette nation perpétuait les formes que l’Europe abandonnait : un État souverain, un peuple en armes, une identité millénaire. « L’homme européen ne se trouve pas éminemment en Europe, ou n’y est pas éveillé. Il est, paradoxe et scandale, en ­Israël », écrivait Boutang dans son journal, La Nation française, en juin 1967, à la veille de la guerre des Six-Jours.

Une nouvelle alliance judéo-chrétienne

Cinquante ans plus tard, alors que des figures de droite, comme l’ancien ­ministre de la défense Hervé Morin, appellent à « israéliser » la France en termes sécuritaires, les textes de Boutang nourrissent les arguments de [ceux qui prônent une nouvelle alliance judéo-chrétienne : « Le lien de Boutang avec Israël, c’est le lien non seulement avec l’origine du christianisme, mais aussi avec l’origine comme telle, qu’il faut sans cesse reconquérir, assure ­Olivier Véron, le patron des provinciales, qui republie des classiques de Boutang, dont Reprendre le pouvoir (1978). Quand on prétend faire face au terrorisme islamiste, on ne peut pas se contenter d’invoquer la République, il faut remonter aux sources de la civilisation occidentale, à ses sources juives et chrétiennes, qui fondent l’idée d’une société. Pour Boutang, cela impliquait de désobéir à Maurras, qui défendait l’héritage catholique sans prendre au sérieux la spiritualité. »

Et de fait, qu’il ait pensé la filiation, le pouvoir ou la civilisation, à chaque fois Boutang a relancé l’héritage de Maurras dans une forme d’infidélité fidèle qui ne pouvait le laisser en paix : « Boutang n’a jamais vraiment trahi Maurras, note François Huguenin, spécialiste de l’Action française. En 1942, il a rejoint Giraud en Algérie, pas de Gaulle. De même, il n’a jamais rompu radicalement avec l’antisémitisme, comme l’ont fait les chrétiens après Vatican II. Dans les deux cas, pour lui, cela aurait été tuer le père ­publiquement. Or si Boutang a bien tué le père, c’est souterrainement. Un jour, il a failli me foutre dehors parce que je lui avais demandé s’il entretenait un rapport filial avec Maurras. Il hurlait : “Vous ne savez pas ce qu’est la ­paternité !” J’avais touché juste… »

En 1958, dans un article important ­publié par la revue Esprit, l’historien Jacques Julliard affirmait que la pensée de Maurras avait constitué le seul grand effort tenté, au XXe siècle, « pour donner à la droite française une doctrine ferme et cohérente ». Aujourd’hui, alors que les idées de cette famille politique ont à nouveau le vent en poupe, certains de ses enfants sont tentés de ­renouer avec Maurras.

Mais son nom est définitivement ­associé à l’aventurisme impuissant et à la collaboration sanglante. Désireux de se rebrancher sur cette tradition sans avoir à en assumer les erreurs et les compromissions, les nouveaux réactionnaires se tournent parfois vers Boutang, ce fils qui a mis à mort un père aimé et défaillant… pour mieux maintenir en vie sa famille.

« Pierre Boutang », de Stéphane Giocanti (Flammarion, « Grandes biographies », 2016).
« La Politique », de Pierre Boutang, postface de Michaël Bar-Zvi (Les Provinciales, 2014).
« Ontologie du secret », de Pierre Boutang (PUF, 1973), disponible en poche dans la collection « Quadrige »

Reprendre le pouvoir, de Pierre Boutang, introduction de Olivier Véron, Les provinciales, 2016.
La Politique, la politique considérée comme souci, de Pierre Boutang, postface de Michaël Bar-Zvi, Les provinciales, 2014.
La guerre de six jours, Pierre Boutang, postface de Michaël Bar-Zvi, Les provinciales, 2011).
Le petit boutang des philosophes, introduction à la philosophie de Pierre Boutang, par Henri Du Buit, Les provinciales, 2016.

Voir de plus:

Le terrorisme continue car il est efficace

Alan M. Dershowitz

Gatestone Institute

May 23, 2017

Adaptation JFORUM

Chaque fois qu’une attaque terroriste inqualifiable frappe des victimes innocentes, nous nous plaignons et faisons le vœu de renforcer les mesures de sécurité et de prendre d’autres mesures de prévention. Mais nous ne réalisons pas la responsabilité de nos amis et alliés dans l’encouragement, la motivation et l’instigation au terrorisme.

Si nous voulons avoir une chance de contenir le terrorisme, nous devons nous attaquer le problème à la racine.

Ni la pauvreté, la privation, le désespoir ou l’une des autres raisons invoquées pour présenter comme un acte de désespoir le terrorisme, n’expliquent et encore moins justifient ce dernier. Tout sauf ça.

Beaucoup de terroristes, comme les participants du 11 septembre sont instruits, riches, et ont même réussi. Ils ont réfléchi en prenant leur décision, en pesant les coûts et avantages que représentent pour eux d’assassiner des civils innocents, et ce pour une raison très simple: ils croient que le terrorisme fonctionne.

Et malheureusement, ils ont raison.

La communauté internationale récompense le terrorisme et punit en même temps ceux qui tentent de le combattre avec des moyens raisonnables.

Tout a commencé par la décision de Yasser Arafat et d’autres groupes terroristes palestiniens d’utiliser la tactique du terrorisme comme moyen prioritaire pour mettre la cause palestinienne au centre de l’attention du monde.

En ce qui concerne les réalisations et les échecs de la cause palestinienne, ce statut est immérité. Le traitement des Tibétains par la Chine, les Kurdes par une grande partie du monde arabe et le peuple de la Tchétchénie par la Russie était au moins aussi mauvais.

Leur réponse aux abus, cependant, a été largement ignorée par la communauté internationale et les médias parce qu’ils étaient à la recherche de solutions dans le cadre législatif, et non sur le terrorisme.

La situation des Palestiniens est tout autre.

Le détournement d’avions, l’assassinat des athlètes olympiques à Munich, le meurtre d’enfants israéliens dans Ma’alot et les nombreuses autres atrocités terroristes commises par des terroristes palestiniens trouvent leur cause dans des préoccupations toutes autres de celles de la communauté des droits de l’homme.

Bien que les Palestiniens ne disposent pas encore d’un Etat – parce qu’ils ont refusé des offres généreuses de deux fois un Etat – leur cause domine encore l’Organisation des Nations Unies et de nombreux groupes de défense des droits de l’homme.

D’autres groupes dissidents ont puisé leur inspiration dans le succès du terrorisme palestinien et reprennent l’utilisation de ces tactiques barbares.

Ainsi, l’Autorité palestinienne – même si elle prétend rejeter le terrorisme – récompense les familles des kamikazes et autres terroristes avec des rémunérations d’autant plus étendues en fonction du nombre de victimes innocentes.

Si l’auteur du massacre de Manchester avait été palestinien, et si l’attentat avait eu lieu dans une salle israélienne, l’Autorité Palestinienne aurait payé la famille du terroriste une petite fortune pour l’assassinat de tant d’enfants.

Il y a un nom pour désigner ce phénomène qui pousse les personnes et les organisations à payer d’autres pour le meurtre de civils innocents: donner des subventions pour assassiner.


Si la mafia récompense pour le meurtre de ses adversaires, personne n’ose sympathiser avec elle.
En revanche, un leadership palestinien qui procède de la même manière est reçu et honoré dans le monde entier.

Si la mafia récompense pour le meurtre de ses adversaires, personne n’ose sympathiser avec elle.

En revanche, un leadership palestinien qui procède de la même manière est reçu et honoré dans le monde entier.

Ainsi, ces terroristes palestiniens sont glorifiés par l’attribution de leur nom à des parcs, des stades, des rues et autres lieux publics après les meurtriers en masse d’enfants.

Notre « allié » Qatar a financé le Hamas, que les États-Unis considèrent comme une organisation terroriste.

Les Nations Unies glorifient le terrorisme en apportant des pays qui le soutiennent dans les postes de bureau et de la dignité et de recevoir le parrain du terrorisme à bras ouverts.


De l’autre côté, il y a Israël, dont les efforts pour lutter contre le terrorisme avec des moyens raisonnables et juridiques en font un leader mondial en ce domaine, et qui est pourtant attaqué par la communauté internationale plus que tout autre pays.
Aux Nations Unies, les promoteurs du terrorisme sont mieux traités que leurs adversaires. Ainsi des tactiques du mouvement Boycott et Désinvestissement (BDS) contre Israël, qui illustrent cet état de fait : les actions de boycott sont dirigées uniquement contre Israël et non contre les nombreuses nations qui soutiennent le terrorisme.

De l’autre côté, il y a Israël, dont les efforts pour lutter contre le terrorisme avec des moyens raisonnables et juridiques en font un leader mondial en ce domaine, et qui est pourtant attaqué par la communauté internationale plus que tout autre pays.

Aux Nations Unies, les promoteurs du terrorisme sont mieux traités que leurs adversaires. Ainsi des tactiques du mouvement Boycott et Désinvestissement (BDS) contre Israël, qui illustrent cet état de fait : les actions de boycott sont dirigées uniquement contre Israël et non contre les nombreuses nations qui soutiennent le terrorisme.

Tant qu’il porte ses fruits, le terrorisme continuera à sévir.

Quand on parle de fruits, il peut s’agir simplement de réussir à obtenir l’attention. Ou alors de réussir à recruter. Ou encore, comme cela est arrivé dans de nombreux pays européens, le terrorisme conduit à des concessions.

Certains pays européens souffrant actuellement du terrorisme ont libéré des terroristes palestiniens. Entre autres, l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Allemagne : les terroristes palestiniens ont été libérés dans l’espoir d’être épargnés par les attaques dans leur propre pays.

Les tactiques égoïstes et immorales de ces pays n’ont pas échappé aux terroristes, pour lesquels ils deviennent de ce fait des cibles intéressantes.

Pour lutter contre le terrorisme, le monde entier doit se serrer les coudes et ne devrait plus jamais récompenser les tueurs, mais au contraire s’efforcer de toujours de punir ceux qui le permettent.

Le Professeur Alan Morton Dershowitz, né à Brooklyn (New York) le 1er septembre 1938, est un avocat et universitaire américain, professeur de droit à l’université Harvard

Voir encore:

Manchester’s Islamist Appeasing Police and Politicians Have Blood on Their Hands

Muslim sex grooming paved the way for the Manchester Arena attack.

Daniel Greenfield
Frontpage
May 24, 2017

Daniel Greenfield, a Shillman Journalism Fellow at the Freedom Center, is a New York writer focusing on the radical left and Islamic terrorism.

In the months before weeping little girls with nails in their faces were carried out of the Manchester Arena, the authorities of that city were hard at work fighting the dreaded threat of Islamophobia.

While Salman Abedi, the second-generation Muslim refugee terrorist who maimed and killed dozens in a brutal terrorist attack, stalked the streets wailing, “There is no god but Allah and Mohammed is the messenger of Allah”, Manchester police were busy with more important things.

The Greater Manchester Police are one of only two police forces to list Islamophobia as a hate crime category. Earlier this year, Chief Constable Ian Hopkins honored Tell Mama for fighting Islamophobia. Tell Mama had lost funding earlier when its claims of a plague of violent Islamophobia fell apart.

Shahid Malik, the chair of Tell Mama, had been photographed with the leader of Hamas. Appearing at the Global Peace and Unity conference, where plenty of terrorism supporters have promenaded, he boasted, “In 2005 we had four Muslim MPs. In 2009 or 2010 we’ll have eight or ten Muslim MPs. In 2014 we’ll have 16 Muslim MPs. At this rate the whole parliament will be Muslim.”

Last year, Hopkins had appeared at a Muslim Engagement and Development (MEND) event at the European Islamic Centre along with Azad Ali. Ali has praised Anwar Al-Awlaki and other Al Qaeda figures. He justified the murder of British and American soldiers, he praised Hamas and Hezbollah.

Instead of arresting him, the Chief Constable appeared at the same forum with a terrorist supporter.

Also present was Greater Manchester Police Crime Commissioner and Interim Mayor Tony Lloyd who came by to talk about « eradicating hate ». This was at an event attended by Anas Altikriti of the Cordoba Foundation, who had backed terrorists murdering British soldiers and accused Jews of dual loyalty.

Tony Lloyd will be the Labour candidate in Rochdale; home of the Muslim sex grooming cover-up.

Both Manchester Mayor Burnham and Chief Constable Ian Hopkins had appeared at MEND events. MEND’s Director of Engagement is Azad Ali.

After the attack, Manchester Mayor Andy Burnham vowed on camera, “terrorists will never beat us”. The terrorists don’t need to beat Burnham. He’ll eagerly collaborate without so much as a single slap.

Last year the left-wing politician fought the government’s efforts to crack down on Islamic terror. “It is creating a feeling in the Muslim community that it is being spied upon and unfairly targeted,” he whined.

Terrorists will never beat us. Unless they have their useful idiots operating on the inside for whom Muslim feelings come first and little girls being torn to pieces by shrapnel come last.

Burnham accused opponents of Islamic terror of racism, xenophobia and all the usual stuff. He insisted that there was a huge Islamophobia problem that was being hidden because Muslims were too afraid of the police to report this rash of imaginary crimes.

« There’s a lot of people in this country not necessarily at risk from ‘Islamic extremism’ but it’s far-right extremism, » Andy insisted.

This is what led to the Manchester Arena bombing. Mayor Burnham sold out the police. The police sold out the people. The authorities were chasing Islamophobia when they should have been fighting Islamic terror.

Mayor Burnham and Chief Constable Hopkins pandered to Islamists, prioritized Islamophobia and dutifully opposed the government’s fight against Islamic terror.

The Islamophobia lie killed 22 people in Manchester. It happened on the watch of the GMP.

No one takes Islamophobia more seriously than the Greater Manchester Police. When Muslim sex grooming gangs were abusing little girls in Rochdale, the GMP dutifully covered it up. On one of the recorded interviews, a police officer can be heard yawning as a girl describes her abuse.

An MP who had pursued these cases said that the authorities “were afraid of being called racist. »

Voir de même:

Le politiquement correct, conforté par l’élection d’Emmanuel Macron, est en pleine forme. Construit dans le but de protéger les nouvelles minorités et plus particulièrement la culture islamique en Europe, ce prêt-à-penser s’interdit toute approche critique. Faire le lien entre l’insécurité dans le quartier parisien La Chapelle-Pajol et l’afflux de migrants depuis 2015 relève du blasphème. Il est également inconcevable, pour les commentateurs comme il faut, de suggérer une relation entre le sexisme dénoncé par ces femmes du XVIIIe arrondissement et le machisme véhiculé par le Coran (voir mon blog de lundi). Quant au terrorisme, qui a tué cette fois des enfants et des adolescents de Manchester (Angleterre) venus assister, lundi soir, à un concert d’Ariana Grande (22 morts, 60 blessés), il n’est pas question, pour le discours dominant, de le rapprocher de l’esprit guerrier qui marque de son empreinte de nombreuses sourates. L’Etat islamique a revendiqué l’attentat, commis par Salman Abedi, 22 ans, britannique d’origine libyenne. Mais le chef de l’Etat français se contente de parler de « nos ennemis terroristes », sans être plus précis. Il dit vouloir accélérer la création d’une « task force » sous son autorité. Il a aussi annoncé, ce mercredi, sa volonté de légiférer pour « renforcer la sécurité face à la menace terroriste ». Toutefois, ces réponses resteront vaines si n’est pas posée la responsabilité de l’idéologie islamiste, conquérante et totalitaire. Se contenter de répéter que le djihadisme serait le produit de sociétés occidentales discriminantes, cette tarte à la crème du conformisme médiatique, invite les démocraties culpabilisées à se soumettre à une contre-culture s’affirmant comme « la meilleure communauté qu’on a fait surgir pour les hommes », et à y perdre leur âme.

L’urgence est moins de moraliser la vie politique que de moraliser l’islam politique. Quand Donald Trump, dimanche à Riyad (Arabie saoudite), exhorte ce pays qui a des liens financiers avec Daesch à lutter contre les extrémistes (« Chassez-les, chassez-les de vos lieux de culte, chassez-les de vos communautés (…) chassez-les de cette terre »), il met les musulmans de paix devant leurs responsabilités. Comme le souligne également Pascal Bruckner dans Le Figaro de ce jour, la réponse au terrorisme « repose sur la capacité des musulmans à réformer leur religion ». L’islam doit faire le ménage dans son idéologie. Cette politique impliquerait une dénonciation du wahhabisme, du salafisme, des Frères musulmans, mais aussi de l’islamo-gauchisme et de sa presse collaboratrice (Médiapart, Bondy Blog, Libération, Les Inrockubtibles, etc.) C’est cette voie que le pouvoir devrait soutenir, au lieu de nier les filiations entre l’islam, l’islamisme, le sexisme, l’antisémitisme, le terrorisme. L’historien tunisien Mohamed Talbi, qui vient de mourir, écrivait : « Je ne crois qu’au Coran et pas à la charia. Le premier est l’oeuvre de Dieu, la seconde n’est qu’une production humaine qui n’a rien à voir avec l’islam et dont les musulmans doivent se libérer ». La rationalité ne peut rester plus longtemps étrangère à l’islam. Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), travaille d’ailleurs à l’élaboration d’un « contre-discours » construit sur une « contextualisation ». Ce sont ces musulmans éclairés que le pouvoir devrait soutenir, au lieu de s’interdire de penser et d’aggraver, au nom de l’apaisement, des situations toujours plus conflictuelles.

Voir aussi le tristement fameux discours du Général de Gaulle:

Charles de Gaulle
27 novembre 1967

L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine, et puis après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël soulevait à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander, en effet, et on se demandait, même chez beaucoup de juifs, si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui sont foncièrement hostiles, n’allaient pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Et certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, et qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois qu’ils seraient rassemblés dans les sites de son ancienne grandeur, n’en viennent à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis 19 siècles : « l’an prochain à Jérusalem ». En dépit du flot, tantôt montant, tantôt descendant, des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était formé en leur faveur et surtout il faut bien le dire dans la chrétienté. Un capital qui était issu de l’immense souvenir du testament, nourri à toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique valeur et que poétisait chez nous la légende du juif errant, accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subi pendant la deuxième guerre mondiale et grossi depuis qu’il avait retrouvé une patrie, par les travaux, leurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats. C’est pourquoi indépendamment des vastes concours en argent, en influence, en propagande que les Israéliens recevaient des milieux juifs, d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, que lui avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’ils parviennent en usant d’un peu de modestie à trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique. Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956. À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet, un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir, et ensuite l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté pour l’agrandir à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi d’ailleurs, la cinquième république s’était dégagée, vis-à-vis d’Israël, des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noué avec cet Etat et la cinquième république s’était appliquée, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient. Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux et même lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter mais en même temps nous lui prodiguions des avis de modération. Notamment à propos des litiges qui concernait les eaux du Jourdain, des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux côtés. Enfin nous ne donnions pas notre aval, à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv. D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient, la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être aujourd’hui une des bases fondamentales de notre action extérieure. Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux arabes que pour nous l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte que tout compris, on pourrait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement, à ce qu’une paix réelle fut conclue et garantie en Orient pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint à la déchirer. Hélas ! le drame est venu, il avait été préparé par une tension très grave et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Aqaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ce qui rêvait d’en découdre. Pour éviter les hostilités, la France avait dès le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances, d’interdire conjointement avec elle, à chacune des deux parties, d’entamer le combat. Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré, qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier, l’action des armes. Et c’est ce qu’il répétait en toute clarté à tous les Etats en cause. C’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai déclaré à Monsieur Ebban, Ministre des affaires étrangères d’Israël que je voyais à Paris. Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les arabes, je ne doute pas que le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires. Mais ensuite, vous vous trouveriez engagés sur le terrain, et au point de vue international dans des difficultés grandissantes d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable et d’avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays. Si bien que c’est à vous, devenu des conquérants, qu’on en attribuerait peu à peu les inconvénients. On sait que la voix de la France n’a pas été entendue, Israël ayant attaqué, s’est emparé en six jours de combat des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant il organise, sur les territoires qu’il a pris l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsion et s’il manifeste contre lui la résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme, il est vrai que les deux belligérants observent pour le moment d’une manière plus ou moins précaire et irrégulière le cessez-le-feu prescrit par les Nations Unies mais il est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut pas avoir de solution sauf par la voie internationale. Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations Unis ne déchirent que, elles-mêmes, leur propre charte, un règlement doit avoir pour base, l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance, et la reconnaissance de chacun des Eats en cause par tous les autres. Après quoi, par des décisions des Nations Unies avec la présence et la garantie de leur force, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités et les modalités de la libre navigation pour tous dans le golfe d’Aqaba et dans le canal de Suez. Pour qu’un règlement quelconque, et notamment celui là, puisse voir le jour, règlement auquel du reste, suivant la France, devrait s’ajouter un statut international pour Jérusalem. Pour qu’un tel règlement puisse être mis en œuvre, il faut naturellement, il faudrait qu’il eut l’accord des grandes puissances qui entraînerait ipso facto, celui des Nations Unies. Et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposée à prêter son concours politique, économique et militaire, pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître tant que l’un des plus grand des quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les arabes ne serait pas devenu ce qu’il est. Et si l’Asie du sud est, voyait renaître la paix, l’Orient l’aurait bientôt retrouvée, à la faveur de la détente générale qui suivrait un pareil événement.

Voir par ailleurs la version des nouveaux historiens français:

1962 Le crépuscule de l’Algérie française à Jérusalem

Vincent Lemire

La fin des mandats français en Syrie et au Liban ne marque pas pour autant la fin de la politique de protection « impériale » des Lieux saints, chrétiens mais aussi musulmans, au Proche-Orient. Au nom de la souveraineté qu’elle exerce sur l’Algérie, la France revendique ainsi jusqu’en 1962, au pied du mur des Lamentations, l’administration du Quartier maghrébin à Jérusalem.Lundi 12 février 1962 au soir, au Quai d’Orsay, dans le bureau du directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Maurice Couve de Murville, se tient un étrange et bref conclave consacré au sort d’une « fondation musulmane algérienne à Jérusalem », le « waqf Abû Madyan », propriétaire d’un quartier d’habitation situé dans la Ville sainte le long du mur des Lamentations. Quatre jours après le massacre de Charonne, à la veille de la manifestation qui réunira 500 000 personnes pour accompagner le cortège funéraire jusqu’au cimetière du Père-Lachaise, un mois avant la signature des accords d’Évian qui scelleront le sort de l’Algérie française, les plus hautes autorités diplomatiques françaises prennent le temps de se pencher sur ce qu’on appelle le « Quartier maghrébin » de Jérusalem, qui est pour quelques semaines encore un petit « morceau de France » au Proche-Orient, un étrange confetti néocolonial isolé au beau milieu de la Ville sainte, une sorte de « mandat français » – ou plus exactement franco-algérien – en Palestine, dont l’histoire est aujourd’hui largement oubliée.

Ce soir-là, au coeur de la tour de contrôle du système diplomatique français, dans une ambiance qu’on devine lugubre, la France décide d’abandonner le Quartier maghrébin à son triste sort, en se retirant des procédures judiciaires en cours en Israël à propos de la contestation foncière de cet ensemble immobilier. Depuis des mois déjà, des notes exaspérées en provenance du gouvernement général d’Alger  se plaignaient que la France continue de soutenir à bout de bras « une communauté qui parle de rompre tout lien avec la France et même de nous faire la guerre ». Les Algériens de Jérusalem, un temps instrumentalisés au service de la politique française « protectrice des Lieux saints » au Proche-Orient lorsqu’ils étaient encore des FMA (Français musulmans d’Algérie), ont brutalement – et logiquement – perdu de leur utilité en 1962, au crépuscule de l’Algérie française.

Depuis Alger et Paris en 1962, déplaçons-nous donc vers Jérusalem dans les années 1950 pour comprendre comment s’y est joué un épisode décisif et méconnu de la politique arabe et musulmane de la France, mais aussi de ses rapports avec Israël et les diasporas juives. Vu depuis la Palestine alors jordanienne, il est clair en tout cas que la France possède des droits incontestables sur ce petit quartier de la Ville sainte : « Situation de la colonie maghrébine de Jérusalem, la France délègue sur place un fils d’Algérie pour étudier la situation », titre ainsi le quotidien Falestin le 12 août 1955, en tête d’un long reportage consacré à Hadj Lounis Mahfoud, professeur d’arabe au collège de Sétif, en visite à Jérusalem, « venant d’Arabie saoudite après y avoir effectué son pèlerinage », pour préparer un rapport sur la gestion de cette fondation franco-algérienne destinée à secourir, loger et soigner les ressortissants maghrébins de passage ou résidant dans la Ville sainte.

Si la France s’est effectivement retrouvée en position de gérer ce quartier stratégique de la Ville sainte, c’est bien en raison de la souveraineté qu’elle exerce alors sur l’Algérie, puisque la fondation pieuse musulmane propriétaire du quartier a été créée à la fin du XII e siècle par un descendant d’un mystique soufi algérien, Abû Madyan ou Sidi Boumédiène, compagnon d’armes de Saladin lors de la reprise de la ville aux croisés en 1187. C’est précisément en 1949 que le consul de France à Jérusalem a saisi une opportunité géopolitique inattendue : à l’issue de la première guerre israélo-arabe, le waqf Abû Madyan perd la quasi-totalité de ses revenus fonciers suite à la conquête par Israël du village d’Ain Karem, situé à 5 kilomètres à l’ouest des murailles de la Vieille Ville, donc à l’intérieur des frontières d’Israël internationalement reconnues. La France, puissance souveraine en Algérie, peut donc reprendre sous son aile protectrice cette portion des Lieux saints située en territoire jordanien, en espérant pouvoir en retirer des bénéfices diplomatiques dans le cadre de la guerre larvée que se livrent Israël et la Jordanie le long de la ligne de démarcation qui coupe Jérusalem en deux : « Pouvons-nous espérer tirer profit du fait Abou Médiane ? C’est là l’affaire du gouvernement. À mon humble échelon toutefois, il est permis de penser que notre singulière position au mur des Lamentations ne devrait pas nous être inutile », écrit le consul de France à son ministre le 6 juillet 1949, avec « copie à Alger, Tunis, Rabat, Amman »… et au « Professeur Massignon ».

Louis Massignon est effectivement la cheville ouvrière de cette brève séquence historique (1949- 1962) pendant laquelle la France administrait ce quartier de Jérusalem qui commandait l’accès au mur des Lamentations. Figure éminente de l’orientalisme français, membre de l’Académie de langue arabe du Caire, professeur au Collège de France, ardent chrétien mais farouche défenseur de « l’amitié francomusulmane», fondateur du « Comité chrétien d’entente France-Islam », et en 1954 en Bretagne du «pèlerinage islamo-chrétien des Sept Dormants d’Éphèse », « honorable correspondant » des services de renseignements français pour le Proche-Orient depuis qu’il est entré dans Jérusalem le 11 décembre 1917 aux côtés du général britannique Allenby, Massignon défend, dans ses courriers adressés à tous les échelons de la diplomatie française, le « mandat sacré de la France » vis-à-vis des Maghrébins de
Jérusalem, élément décisif selon lui d’une politique étrangère qui doit s’affirmer non seulement « arabe » mais également « musulmane », pour démontrer aux Algériens tentés par l’indépendance que la France se préoccupe concrètement de leurs intérêts, y compris à l’extérieur de leur territoire.

C’est lui qui publie en 1951 dans la Revue des études islamiques un long article sur « le waqf tlemcénien Abû Madyan à Jérusalem » (dont il expédie pas moins de 500 tirés à part en France et dans le monde arabe) ; lui qui se rend à Tlemcen en Algérie en mai 1952 pour y fonder le comité de défense du waqf ; lui encore qui manoeuvre pour que l’Assemblée algérienne vote le 17 juin 1952 une résolution «pour la sauvegarde des waqfs algériens de Palestine au profit des pèlerins musulmans nord-africains » ; lui enfin qui déclare solennellement le 13 novembre 1955 à la radio d’Alger (en arabe) que l’école coranique (médersa ) du Quartier maghrébin de Jérusalem sera bientôt restaurée grâce au soutien financier de la France – ainsi que de la Tunisie et du Maroc, encore sous tutelle française et qui ont également des ressortissants sur place.

En effet, comme il l’écrit à qui veut l’entendre, le waqf Abû Madyan « commande la porte de la mosquée El-Aksa » et « contient le sol même du mur des Lamentations ». Bien plus, selon lui, « l’intérêt de l’Islam algérien pour ce waqf, considéré comme une “pierre d’attente” pour le rétablissement de la qibla (direction de prière) de l’Islam à Jérusalem, est fonction de son persistant attachement au souvenir du saint de Tlemcen », auquel le président Houari Boumédiène doit d’ailleurs son nom de guerre. En 1954, une quête est organisée aux portes de la mosquée de Tlemcen, elle rapporte 78 000 francs qui sont transmis par Massignon lui-même au consul de France à Jérusalem qui redistribue l’argent aux Maghrébins nécessiteux de Jérusalem. Pendant quelques années, l’idée d’une « politique algérienne et musulmane » de la France en Terre sainte a donc produit des effets bien concrets, sonnants et trébuchants.

L’histoire singulière de ce quartier franco-algérien de Jérusalem va donc s’interrompre en 1962, lorsque la France perd toute légitimité selon le droit international et vis-à-vis d’Israël pour intervenir en défense d’une fondation algérienne. En réalité, depuis quelques années, les effets de la guerre d’indépendance commencent à se faire sentir jusqu’à Jérusalem. Au lendemain de la crise de Suez, en septembre 1956, des tracts distribués par l’antenne jordanienne du FLN dénoncent « les massacres perpétrés par la France au Maghreb et ses campagnes barbares contre le peuple algérien » et affirment que « chaque Maghrébin s’est libéré du microbe mortel qui prend la forme de la protection ou de la nationalité ». Louis Massignon continue malgré tout de prôner la distribution gratuite de pain aux pauvres maghrébins de Jérusalem lors des fêtes de Ramadan en 1957 « sous peine de détruire définitivement cette “communauté franco-musulmane” proclamée par M. le Président du Conseil et sous peine de condamner mon comité France-Islam ».

Le sens de l’histoire, pourtant, ne souffle plus du côté de Massignon et de « l’amitié francomusulmane» : en mai 1961, quelques semaines après le putsch des généraux, le gouvernement général de l’Algérie se montre de plus en plus dubitatif sur les effets réels de la position française défendue à Jérusalem pour tenter de « contrebalancer l’influence que le FLN a su s’assurer sur la colonie algérienne en Palestine ». La rupture se confirme à l’automne 1961 : alors que le Quai d’Orsay affirmait encore en juillet que l’abandon du Quartier maghrébin causerait un « préjudice moral irréparable » aux intérêts français « dans le monde arabe et en particulier en Afrique du Nord […] jusqu’à nous soupçonner d’avoir été de connivence avec Israël », le massacre des manifestants algériens dans Paris dans la nuit du 17 octobre 1961 creuse un fossé désormais infranchissable entre les intérêts français et les intérêts algériens, fussent-ils défendus au nom de la « France protectrice des Lieux saints musulmans ». En février 1962, quelques jours après le massacre de Charonne, la France abandonne la défense des intérêts algériens à Jérusalem. Malgré les efforts du premier « haut représentant de la France en Algérie » Jean-Marcel Jeanneney au cours de l’hiver 1962-1963, le nouvel État algérien indépendant ne reprend pas le dossier à son compte et renonce à s’impliquer dans la défense de ses ressortissants à Jérusalem. Le waqf Abû Madyan est désormais privé de toute protection juridique internationale.

Quatre ans plus tard, en juin 1967, à l’issue de la guerre des Six Jours et de la conquête de Jérusalem, le Quartier maghrébin est évacué par l’armée israélienne et rasé en quarante-huit heures pour dégager ce qui est aujourd’hui l’esplanade du Mur occidental, considéré comme le lieu le plus sacré du judaïsme. La célèbre formule prononcée par de Gaulle six mois plus tard, lors d’une conférence de presse du 27 novembre 1967, à propos des « juifs […], peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », peut-elle être aussi interprétée à l’aune de cette histoire méconnue ? Peut-être, surtout si on prend la peine d’écouter la totalité de son intervention, dans laquelle il indique « qu’une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié et de coopération qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde », et, dans une étrange formule à propos des rapports entre la France et Israël, « nous ne donnions pas notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé ». Le verbe gaullien a ceci de prodigieusement puissant et exaspérant : il peut énoncer sans l’exprimer tout à fait, par l’emphase d’une formule alambiquée, une certaine idée de la France et du monde.

VINCENT LEMIRE
RÉFÉRENCES
Anne LISKENNE , L’Algérie indépendante. L’ambassade de Jean-Marcel Jeanneney (juillet 1962-janvier 1963) , Paris, Armand Colin,
2015.
Louis MASSIGNON , « Documents sur certains waqfs des Lieux saints de l’Islam. Principalement sur le waqf Tamimi à Hébron et sur le
waqf tlemcénien Abû Madyan à Jérusalem », Revue des études islamiques , 1951, p. 73-120.
Manoël PÉNICAUD , Le Réveil des Sept Dormants. Un pèlerinage islamo-chrétien en Bretagne , Paris, Cerf, 2014.
Umar RYAD , The Hajj and Europe in the Age of Empire , Leyde, Brill, 2016.
Tom SEGEV , 1967 : six jours qui ont changé le monde , Paris, Denoël, 2007.

Résolution de la honte: La supercherie de l’occupation (From disputed to occupied territories: How Obama and Kerry lied America and the world into accepting the single largest US policy change since Carter)

30 décembre, 2016
https://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1947-1949.1233585853.jpghttps://i2.wp.com/anidom.blog.lemonde.fr/files/2009/02/carte-israel-1967-1973.1233586037.jpgdisputed-territories-map
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epa04712851 A handout picture made available by the Armed Forces of the Philippines (AFP) Public Affairs Office on 20 April 2015 shows construction at Mabini (Johnson) Reef in the disputed Spratley Islands in the south China Sea by China on 18 February 2015. Just before the opening of the Balikatan 2015 joint Philippines and US military exercises, Philippine military chief General Gregorio Pio Catapang showed the latest aerial photos of the expansive reclamation and building being done by China in at least seven disputed territories. The Philippines has alleged that China causes economic losses of at least 100 million dollars annually due to its reclamation activities, which have destroyed an estimated 120 hectares of coral reef systems in the Spratlys islands group. EPA/ARMED FORCES OF THE PHILIPPINES HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES
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Le Conseil de sécurité (…) Déplore vivement qu’Israël persiste et s’obstine dans ces politiques et pratiques et demande au Gouvernement et au peuple israélien de rapporter ces mesures et démanteler les colonies de peuplement existantes, et en particulier, de cesser d’urgence d’établir, édifier et planifier des colonies de peuplement dans les terrioires arabes occupés depuis 1967, y compris Jérusalem ; (…) Demande à tous les Etats de ne fournir à Israël aucune assistance qui serait utilisée spécifiquement pour les colonies de peuplement des territoires occupés. Résolution 465 (1980)
The American vote against Israel in the Security Council Friday was, in a sense, the essential Carter. There was no good reason of state for the United States to reverse its previous refusal (…) That issue is whether friends should be treated differently from enemies. It’s a tough one. That is, it’s a tough one for the United States and especially for the Carter administration. No other country — no other president — has so indulged the luxury of deciding whether to support friends on all occasions regardless of their failings or whether to apply ostensibly universal values and condemn them in particular cases when they are deemed to fall short. (…) it cannot be denied that there is a pack and that it hounds Israel shamelessly and that this makes it very serious when the United States joins it. Jimmy Carter has regularly anguished on this score. This time, in perhaps his last U.N. act of consequence, there was a suggestion in the air that he was finally doing what in his heart he has always wanted to do: vote for what he regarded as virtue. To whatever effect, Ronald Reagan will do it differently. He lacks Jimmy Carter’s general readiness to court the Third World and to grant it, or at least its left-leaning part, something of an exemption from the standards by which nations are usually measured. He is unlikely to regard the United Nations as necessarily the most proper and useful forum in which disputes involving the Third World can be treated in the American interest. Few would expect him to agonize at length over the question of whether the United States should keep off Israel’s back in loaded global forums, funneling its disagreements into bilateral channels, or whether it should join the jackals, as Mr. Carter did on Friday. The Washington Post (Dec. 21, 1980)
On Saturday, March 2, 1980, the United Nations Security Council called a vote on a resolution condemning new Israeli settlements on the West Bank, the Gaza strip, and Jerusalem—in other words, the U.S. was siding with a resolution that denied Israeli sovereignty over Jerusalem.  Anti-Israel resolutions were a perennial at the U.N. in those years.  The U.S., torn between the desire to prod Israel to restrain new West Bank settlements and our longstanding general support for Israel, had abstained on previous similar resolutions.  This time Vance persuaded Carter that the time had come for the U.S. to signal its displeasure with Israel by voting in favor of the resolution.  The resolution passed unanimously, and all hell broke loose.  An angry Robert Strauss, Carter’s campaign chairman, told Carter, “Either this vote is reversed or you can kiss New York goodbye.” Invoking a parliamentary technicality, the U.S. managed to get a revote on the resolution the next day, and changed its vote from “yes” to “abstain.” Carter attempted to explain the “mistake” by claiming that the inclusion of settlements in Jerusalem was supposed to have been struck from the resolution, and said that the U.S. vote resulted from a “failure of communication.”  This story might be true, although it strains credulity.  Copies of the resolution with the Jerusalem language had been circulating at the State Department and the National Security Council well before the vote, making a clear instruction to U.N. Ambassador Donald McHenry an uncomplicated task.  Whatever the truth of the matter, the administration was either politically or diplomatically incompetent.  Vance didn’t help matters by defending the original yes vote to the Senate Foreign Relations Committee four days before the New York primary.  Jewish voters, who had never been enthusiastic about the southern Baptist president anyway, were outraged. Steven Hayward
Nous nous opposons à la référence spécifique à Jérusalem dans cette résolution et nous continuerons à nous opposer à son insertion dans les résolutions futures. Nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés. Madeleine Albright (ambassadeur américain auprès des Nations Unies, 1994)
The Security Council, Shocked by the appalling massacre committed against Palestinian worshippers in the Mosque of Ibrahim in Hebron, on 25 February 1994, during the holy month of Ramadan, Gravely concerned by the consequent Palestinian casualties in the occupied Palestinian territory as a result of the massacre, which underlines the need to provide protection and security for the Palestinian people, Determined to overcome the adverse impact of the massacre on the peace process currently under way, Noting with satisfaction the efforts undertaken to guarantee the smooth proceeding of the peace process and calling upon all concerned to continue their efforts to this end, Noting the condemnation of this massacre by the entire international community, Reaffirming its relevant resolutions, which affirmed the applicability of the Fourth Geneva Convention of 12 August 1949 to the territories occupied by Israel in June 1967, including Jerusalem, and the Israeli responsibilities thereunder, 1.   Strongly condemns the massacre in Hebron and its aftermath which took the lives of more than 50 Palestinian civilians and injured several hundred others; 2.   Calls upon Israel, the occupying Power, to continue to take and implement measures, including, inter alia , confiscation of arms, with the aim of preventing illegal acts of violence by Israeli settlers; 94-13985 (E) /… S/RES/904 (1994) Page 2 3.   Calls for measures to be taken to guarantee the safety and protection of the Palestinian civilians throughout the occupied territory, including, inter alia , a temporary international or foreign presence, which was provided for in the Declaration of Principles (S/26560), within the context of the ongoing peace process … Resolution 904
Condamnant toutes    les    mesures    visant    à    modifier    la    composition     démographique,  le  caractère  et  le  statut  du  Territoire  palestinien  occupé  depuis   1967,   y    compris   Jérusalem -Est,   notamment   la   construction   et   l’expansion   de    colonies de peuplement, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la  destruction de maisons et le déplacement de civils palestiniens, en violation du droit  internationa l humanitaire et des résolutions pertinentes, (…) Rappelant  également   l’obligation  faite  aux  forces  de  sécurité  de  l’Autorité   palestinienne  dans  la  Feuille  de  route  du  Quatuor  de  continuer  de  mener  des   opérations  efficaces  en  vue  de  s’attaquer  à  tous  ceux  qui  se  livrent  à  des  activités   terroristes  et  de  démanteler  les  moyens  des  terroristes,  notamment  en  confisquant   les armes illégales,  (…) Condamnant  tous les actes de violence visant des civils, y compris les actes de  terreur,  ainsi  que  tous  les  actes  de  provocation,  d’incitation  à  la  violence  et  de   destruction, (…) Réaffirme   que  la  création  par  Israël  de  colonies  de  peuplement  dans  le   Territoire  palestinien  occupé  depuis  1967,  y  compris  Jérusalem -Est,  n’a  aucun   fondement  en  droit  et  constitue  une  violation  flagrante  du  droit  international  et  un   obstacle  majeur  à  la  réalisation  de  la  solution  des  deux  États  et  à  l’instauration   d’une paix globale, juste et durable; 2. Exige  de  nouveau   d’Israël  qu’il  arrête  immédiatement  et  complètement   toutes  ses  activités  de  peuplement  dans  le  Territoire  palestinien  occupé,  y  compris   Jérusalem -Est,   et  respecte  pleinement  toutes  les  obligations  juridiques  qui  lui   incombent à cet égard (…) Appelle tous les États à faire la distinction, dans leurs relations, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 … Résolution 2234 (2016)
In fact, this resolution simply reaffirms statements made by the Security Council on the legality of settlements over several decades; it does not break new ground. In 1978, the State Department legal advisor advised the Congress of his conclusion that the Israeli government’s program of establishing civilian settlements in the occupied territory is inconsistent with international law. We see no change since then to affect that fundamental conclusion. You may have heard some criticize this resolution for calling East Jerusalem occupied territory. But to be clear, there was absolutely nothing new in last week’s resolution on that issue. It was one of a long line of Security Council resolutions that included East Jerusalem as part of the territories occupied by Israel in 1967, and that includes resolutions passed by the Security Council under President Reagan and President George H.W. Bush. And remember that every U.S. administration since 1967 – along with the entire international community – has recognized East Jerusalem as among the territories that Israel occupied in the Six Day War. And I want to stress this point: we fully respect Israel’s profound historic and religious ties to the city and its holy sites. This resolution in no manner prejudges the outcome of permanent status negotiations on East Jerusalem, which must of course reflect those ties and realities on the ground. We also strongly reject the notion that somehow the United States was the driving force behind this resolution. The Egyptians and Palestinians had long made clear their intention to bring a resolution to a vote before the end of the year. The United States did not draft or originate this resolution, nor did we put it forward. It was drafted and ultimately introduced by Egypt, which is one of Israel’s closest friends in the region, in coordination with the Palestinians and others. During the course of this process, we made clear to others, including those on the Security Council, that we would oppose any resolution that did not include language on terrorism and incitement. Making such positions clear is standard practice with resolutions at the Security Council. The Egyptians, Palestinians and many others understood that if the text were more balanced, it was possible we would not block it. But we also made crystal clear that the President would not make a final decision about our own position until we saw the final text. In the end, we did not agree with every word in this resolution. There are important issues that are not sufficiently addressed – or addressed at all. But we could not in good conscience veto a resolution that condemns violence and incitement, reiterates what has long been the overwhelming consensus international view on settlements, and calls for the parties to start taking constructive steps to advance the two state solution on the ground.  Ultimately, it will be up to the Israeli people to decide whether the unusually heated attacks that Israeli officials have directed toward this administration best serve Israel’s national interests and its relationship with an ally that has been steadfast in its support. Those attacks, alongside allegations of a U.S.-led conspiracy and other manufactured claims, distract and divert attention from what the substance of this vote really was about. (…) Now, at the same time, we have to be clear about what is happening in the West Bank. The Israeli prime minister publicly supports a two-state solution, but his current coalition is the most right wing in Israeli history, with an agenda driven by the most extreme elements. The result is that policies of this government, which the prime minister himself just described as “more committed to settlements than any in Israel’s history,” are leading in the opposite direction. They’re leading towards one state. In fact, Israel has increasingly consolidated control over much of the West Bank for its own purposes, effectively reversing the transitions to greater Palestinian civil authority that were called for by the Oslo Accords. John Kerry
En fait, cette résolution ne fait que réaffirmer les déclarations faites par le Conseil de sécurité sur la légalité des implantations depuis plusieurs décennies; il n’apporte rien de nouveau. En 1978, le conseiller juridique du Département d’État a informé le Congrès de sa conclusion selon laquelle le programme du gouvernement israélien consistant à établir des implantations civiles dans les territoires occupés était incompatible avec le droit international. Nous ne voyons aucun changement depuis lors pour affecter cette conclusion fondamentale. Vous avez peut-être entendu certains critiquer cette résolution pour avoir qualifié Jérusalem-Est de territoire occupé.  Mais pour être clair, il n’y avait absolument rien de nouveau dans la résolution de la semaine dernière sur cette question. Elle faisait partie d’une longue série de résolutions du Conseil de sécurité qui incluaient Jérusalem-Est comme faisant partie des territoires occupés par Israël en 1967, y compris des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sous le président Reagan et le président George H.W. Bush. Et rappelez-vous que chaque administration américaine depuis 1967 – avec toute la communauté internationale – a reconnu Jérusalem-Est comme faisant parties des territoires qu’Israël a occupés lors de la guerre des Six Jours. Et je tiens à souligner ce point: nous respectons pleinement les liens historiques et religieux profonds d’Israël avec la ville et ses sites saints. Cette résolution ne préjuge en rien du résultat des négociations sur le statut permanent de Jérusalem-Est, qui doivent bien entendu refléter ces liens et ces réalités sur le terrain. John Kerry
Knowing that the Obama administration was not going to restart the peace process, we told them that the least they could do is resurface the issue surrounding the illegality of settlements, something which hasn’t been said since the Carter administration. James Zogby (Arab American Institute)
C’est un moment génial de l’histoire de France. Toute la communauté issue de l’immigration adhère complètement à la position de la France. Tout d’un coup, il y a une espèce de ferment. Profitons de cet espace de francitude nouvelle. Jean-Louis Borloo (ministre délégué à la Ville, avril 2003)
Cette motion est tout à fait opportune sur le plan électoral. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre à Gaza. Benoit Hamon
Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c’est un texte équilibré. L’objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux Etats » palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité. François Delattre (ambassadeur de France auprès des Nations unies)
Je salue le discours clair, courageux et engagé de John Kerry en faveur de la paix au Proche Orient et de la solution des deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. La France partage la conviction du Secrétaire d’Etat américain de la nécessité et de l’urgence de mettre en œuvre cette solution des deux Etats. C’est parce qu’elle constate elle aussi l’érosion de cette solution que la France a pris l’initiative d’accueillir en juin dernier une première conférence internationale et qu’elle recevra à nouveau ses partenaires à Paris, le 15 janvier prochain. Beaucoup des idées exprimées par John Kerry sont des rappels utiles et nécessaires pour faire avancer la cause de la paix dans cette région tant éprouvée. Comme toujours, la France est prête à y contribuer. Jean Marc Ayraut
La paix entre Israël et la Palestine ne peut être négociée en se focalisant uniquement sur la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés. La Grande-Bretagne soutient une solution à deux Etats et considère comme illégale la construction par Israël de colonies dans les territoires palestiniens. Mais il est clair que la colonisation est loin d’être le seul problème dans ce conflit. En particulier, le peuple d’Israël mérite de vivre sans craindre la menace terroriste, à laquelle il est confronté depuis trop longtemps. Nous ne pensons donc pas que la meilleure façon de négocier la paix est de se concentrer sur un seul problème, dans ce cas ci la construction de colonies, alors que le conflit entre Israël et la Palestine est infiniment plus complexe. Nous ne pensons pas qu’il soit opportun d’attaquer un gouvernement allié et démocratiquement élu. Notre gouvernement estime que les négociations peuvent réussir uniquement si elles sont menées par les deux parties, avec le soutien de la communauté internationale. Porte-parole de Theresa May
No Muslim leader can recognize the right of the Jews to any part of Israel or its ancient history because from a Muslim perspective, it is Muslim. Any Muslim who would permanently cede Muslim territory to non-Muslims would lose honor and respect as well as be subject to death. Americans are baffled by this. Arafat made this clear at Camp David with former President Bill Clinton. Mahmoud Abbas therefore needs to say whatever he needs to in order to pacify the Americans, but never give in to permanent territorial compromise. Harold Rhode
En 1947 pour apaiser les tensions, les Nations Unies ont séparé la région en deux, Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire la Cisjordanie, cela doit devenir le futur État Palestinien. Mais en 1967, Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie, c’est le début de l’occupation des territoires palestiniens. M6
L’UNESCO est atteinte de deux maux qui risquent de la perdre: le reniement et le déni. Reniement de sa raison d’être en fermant les yeux sur l’éducation à la haine de certains de ses Etats membres, déni de l’histoire en amputant le peuple juif de son identité historique et culturelle. (…) L’Organisation se renie, se fait parjure lorsqu’elle ferme les yeux sur la propagation de la haine dans les manuels scolaires de la plupart des pays arabo-musulmans et de la Palestine. (…) Comment donner crédit à une Organisation qui tout en développant des programmes d’éducation à la paix et à la tolérance accepte que ses Etats-membre profèrent la haine? En rejoignant l’UNESCO les pays signataires ont adhéré aux fondements éthiques de l’Organisation tout en s’engageant à les mettre en œuvre notamment par l’éducation. (…) Reniement de ses valeurs lorsqu’il s’agit des pays arabo-musulmans, mais intransigeance lorsque Israël censure des contenus éducatifs qui appellent à sa destruction. (…) Maison des cultures du monde, de la pensée critique, du dialogue, l’UNESCO, dont un des grands programmes est consacré aux sciences sociales et humaines, joue dangereusement à réviser l’histoire, à se complaire dans un déni de réalité. Dans la pure tradition des révisionnistes, elle a fini par dénier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem. Fin octobre 2015, par la décision 185 EX/15, elle a classé le caveau des Patriarches et la tombe de Rachel comme sites musulmans et palestiniens, et exigé qu’Israël les retire de son patrimoine national. Mais elle vient de franchir un pas supplémentaire dans le négationnisme. Le mois d’avril 2016 pourra être retenu dans son histoire comme le jour où le Conseil Exécutif, en grand falsificateur, a dénié tout lien entre les juifs, le Mont du Temple et le mur Occidental. Cette résolution 199 EX/19 a été adoptée par 33 pays, et parmi eux la France (mais pas l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande du Nord ni les Etats-Unis, qui ont voté contre). Ainsi nos «Lumières» s’estompent sous un épais voile de fumée. Et l’on se demande s’il ne faudrait pas recommander aux Etats-membres de l’UNESCO de promouvoir maintenant une résolution visant carrément à supprimer dans l’Histoire de l’humanité (éditions Unesco) tous les passages relatifs à la présence juive à Jérusalem et dans le royaume de Judée. Conscience intellectuelle des Nations, l’UNESCO est devenue une organisation sous influence, s’inscrivant dans la pure tradition des totalitarismes du XXème siècle. Perdant ainsi sa légitimité, a-t-elle encore sa raison d’être? Bernard Hadjadj
There is one final thing to be said concerning the missing « the. » Some commentators have argued that since the French « version » of 242 does contain the phrase « the territories, » the resolution does in fact require total Israeli withdrawal. This is incorrect — the practice in the UN is that the binding version of any resolution is the one voted upon, which is always in the language of the introducing party. In the case of 242 that party was Great Britain, thus the binding version of 242 is in English. The French translation is irrelevant. Finally, it should also be noted that by withdrawing from Sinai after the peace treaty with Egypt, Israel has already vacated 91 percent of the territories it gained in 1967.
L’Organisation des Nations unies, après avoir obtenu un cessez-le-feu durable à la Guerre des Six jours en 1967, a adopté la résolution 242 [archive], qui requiert selon sa version officielle en français, « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit » ; selon sa version officielle en anglais, « withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » ; selon ses versions officielles en espagnol, arabe, russe et chinois (autres langues officielles de l’ONU), un texte dont le sens est le même qu’en français. L’ONU connaît six langues officielles, mais l’anglais et le français ont une prééminence, à égalité, au sein du Conseil de sécurité. La divergence entre la version en anglais et la version française de la même résolution a conduit à des interprétations incompatibles entre elles. L’application de la résolution dans sa version en français signifierait le retrait d’Israël de la totalité des territoires occupés en 1967. La résolution dans sa version en anglais emploie l’expression « from territories » qui pourrait se traduire soit par « de territoires », soit par « des territoires » ; la première traduction sous-entendrait un retrait d’une partie des territoires seulement. Plusieurs diplomates anglo-saxons, protagonistes de la rédaction de la résolution, ont par la suite déclaré que l’absence de l’article défini était volontaire. Arthur Goldberg, ambassadeur des États-Unis à l’ONU à l’époque et Eugene Rostow (en), sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques sous le gouvernement Lyndon Johnson, ont défendu la position que l’absence de l’article défini afin de marquer qu’Israël n’était pas tenue d’évacuer l’ensemble des territoires occupés. Le diplomate britannique Hugh Foot, connu également en tant que Lord Caradon et parfois présenté comme « l’architecte » de la résolution a été interrogé plusieurs fois sur cette question précise, notamment dans une interview accordée au Journal of Palestine Studies (en) en 1976. Tout en réaffirmant le principe de « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre », il précise : « Nous aurions pu dire : ‘Bon, vous revenez à la ligne de 1967’. Mais je connais la ligne de 1967, et elle est mauvaise. On ne peut pas faire pire pour des frontières internationales permanentes. C’est juste là où les troupes se sont arrêtées une certaine nuit de 1948, sans aucun lien avec les besoins de la situation. (…) Si nous avions dit de retourner à la ligne de 1967 — ce qui se serait produit si nous avions spécifié que le retrait devait avoir lieu de tous les territoires — nous aurions eu tort (…) le retrait doit se faire sur la base de — lisons les mots attentivement — frontières sécurisées et reconnues ». Le Conseil de sécurité n’a depuis pas pris de résolution « interprétative » qui aurait levé l’ambiguïté entre les versions linguistiques et les résolutions ultérieures du conseil de sécurité conservent l’ambiguïté. Par exemple la résolution 476 du 30 juin 1980 indique dans sa version française que le Conseil de sécurité « [r]éaffirme la nécessité impérieuse de mettre fin à l’occupation prolongée des territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, y compris Jérusalem » avec la locution « of Arab territories ». La résolution 478 du 20 août 1980 reprend dans son point 1 exactement la même formulation. Wikipedia
L’Organisation des Nations unies (ONU) emploie la dénomination « territoires occupés » dans les résolutions 242 puis « territoires palestiniens occupés » depuis les années 1970. La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies avalise la notion de « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est ». Les Israéliens y font référence par l’acronyme Yesha pour « Judée, Samarie, Gaza » ou les dénomment brièvement « les territoires ». Le gouvernement israélien y voit un « territoire disputé » au statut non défini. Wikipedia
There are disagreements over what the Palestinian territories should be called. The United Nations, the European Union, International Committee of the Red Cross, and the government of the United Kingdom all refer to the « Occupied Palestinian Territory » or « Occupied Palestinian Territories ». The International Court of Justice refers to the West Bank, including East Jerusalem, as « the Occupied Palestinian Territory » and this term is used as the legal definition by the International Court of Justice in the ruling in July 2004. Other terms used to describe these areas collectively include « the disputed territories », and « Israeli-occupied territories ». Further terms include « Palestine », « State of Palestine », « Yesha » (Judea-Samaria-Gaza), « Yosh » (Judea and Samaria), the « Katif Bloc » (the south-west corner of the Gaza Strip), « Palestinian Autonomous Areas » (although this term is also used to specifically refer to Areas A and B), « Palestinian Administered Territories », « administered territories », « territories of undetermined permanent status », « 1967 territories », and simply « the territories ». Many Arab and Islamic leaders, including some Palestinians, use the designation « Palestine » and « occupied Palestine » to imply a Palestinian political or religious claim to sovereignty over the whole former territory of the British Mandate west of the Jordan River, including all of Israel. Many of them view the land of Palestine as an Islamic Waqf (trust) for future Muslim generations. A parallel exists in the aspirations of David Ben-Gurion, Menachem Begin, and other Zionists and Jewish religious leaders to establish Jewish sovereignty over all of Greater Israel in trust for the Jewish people. (…) Many Israelis object to the term « Occupied Palestinian Territories » and similar descriptions because they maintain such designations disregard Israeli claims to the West Bank and Gaza, or prejudice negotiations involving possible border changes, arguing that the armistice line agreed to after the 1948 Arab-Israeli War was not intended as a permanent border. Dore Gold wrote, « It would be far more accurate to describe the West Bank and Gaza Strip as « disputed territories » to which both Israelis and Palestinians have claims. » Wikipedia
The American vote against Israel in the Security Council Friday was, in a sense, the essential Carter. There was no good reason of state for the United States to reverse its previous refusal (…) That issue is whether friends should be treated differently from enemies. It’s a tough one. That is, it’s a tough one for the United States and especially for the Carter administration. No other country — no other president — has so indulged the luxury of deciding whether to support friends on all occasions regardless of their failings or whether to apply ostensibly universal values and condemn them in particular cases when they are deemed to fall short. (…) it cannot be denied that there is a pack and that it hounds Israel shamelessly and that this makes it very serious when the United States joins it. Jimmy Carter has regularly anguished on this score. This time, in perhaps his last U.N. act of consequence, there was a suggestion in the air that he was finally doing what in his heart he has always wanted to do: vote for what he regarded as virtue. To whatever effect, Ronald Reagan will do it differently. He lacks Jimmy Carter’s general readiness to court the Third World and to grant it, or at least its left-leaning part, something of an exemption from the standards by which nations are usually measured. He is unlikely to regard the United Nations as necessarily the most proper and useful forum in which disputes involving the Third World can be treated in the American interest. Few would expect him to agonize at length over the question of whether the United States should keep off Israel’s back in loaded global forums, funneling its disagreements into bilateral channels, or whether it should join the jackals, as Mr. Carter did on Friday. The Washington Post (Dec. 21, 1980)
Il y a bien un conflit israélo-arabe mais aucun conflit israélo-palestinien puisque la Palestine n’existe plus dès lors qu’elle a été remembrée en trois Etats : la Jordanie, Israël et la Cisjordanie. Quand un pays est démembré, son nom disparaît au profit des Etats nouveaux : la Tchécoslovaquie a disparu au profit de la Tchéquie et de la Slovaquie, la Corée a disparu au profit de la Corée du Nord et la Corée du Sud, la Yougoslavie, au profit de la Serbie, la Croatie, la Slovénie etc, et de même l’URSS remplacée par la Russie, la Bielorussie, l’Ukraine etc. Mais les « Palestiniens » ont tous les droits, en particulier celui de squatter le nom de Palestine, laquelle était juive bien avant qu’aucun Etat arabe existe et que la Jordanie et Israël la remplacent. La Jordanie a décidé de renoncer à la Cisjordanie. Dès lors ces territoires se libèrent et sont dits « disputés » et Israël a des droits indiscutables sur la Cisjordanie, et les Arabes qui y vivent aussi. Donc ils sont logiquement, réellement « disputés » comme le disait clairement d’ailleurs François Mitterrand. Là encore, la haine des Juifs et l’amour de ceux qui haïssent l’existence d’Israël font des miracles. Ces territoires sont dits « occupés » en omettant de préciser qu’ils sont occupés par les Juifs et et par les Arabes, et légitimement. Nessim Cohen-Tanugi
In 1947, the UN declared that Palestine, as it was then known, would be partitioned into two states – an Arab state and a Jewish state. Notice, not a Palestinian state, but an Arab state. The Palestinians didn’t quite exist yet, and at least not on the international radar. And the Arabs went to war to destroy the Jewish state when it was created on May 14, 1948. And the city of Jerusalem was divided. The eastern part of the city was occupied by the Jordanians, the West Bank was occupied by the Jordanians. In June, 1967, the Jordanians attacked Israel again. Israel repulsed the attack, reunited Jerusalem under Israeli rule, and captured the West Bank, or as we call it, Judea and Samaria. It is not occupied [under] international law, because the West Bank and East Jerusalem [were] never part of a recognized sovereign country. Nobody in the world, except for Britain and Pakistan, recognized the Jordanian annexation of the West Bank and East Jerusalem. So the entire international law claim is spurious. But when Israel reunited the city…, the Western Wall is in the eastern part of the city. The old city is in the eastern part of the city. We certainly can’t consider our homeland for 3,000 years to be occupied territory. You know, tell a member of the Sioux Nation that his tribal lands are occupied and he can’t live on them. That’s what the UN is telling us. They’re telling us more than that, that by living in them, we’re criminals. Michael Oren
The UNSC resolution sent the following message to the Palestinians: Forget about negotiating with Israel. Just pressure the international community to force Israel to comply with the resolution and surrender up all that you demand. (…) The UN’s highly touted « victory » is a purely Pyrrhic one, in fact a true defeat to the peace process and to the few Arabs and Muslims who still believe in the possibility of coexistence with Israel. Far from moving the region toward peace, the resolution has encouraged the Palestinians to move forward in two parallel paths — one toward a diplomatic confrontation with Israel in the international arena, and the other in increased terror attacks against its people. The coming weeks and months will witness mounting violence on the part of Palestinians toward Israelis — a harmful legacy of the Obama Administration. Khaled Abu Toameh
L’origine du problème, c’est l’occupation israélienne. Mustafa Barghouti (Comité palestinien de Soutien Médical)
Vous voulez la sécurité ? Arrêtez l’occupation ! Marwan Barghouti (Fatah, faction armée de l’OLP d’Arafat)
Le Groupe Arabe souligne sa détermination de s’opposer à toute tentative d’assimiler la résistance à l’occupation à un acte de terrorisme. Ambassadeur de Libye aux Nations Unies (1er octobre 2001)
 Dans la mesure où le détenteur précédent du territoire avait pris possession de ce territoire de manière illégale, le nouveau détenteur, qui le prend ensuite, en exerçant son droit légal à l’autodéfense, a, par rapport au détenteur précédent, une plus grande légitimité. Stephen Schwebel (ancien président de Cour Internationale de Justice de La Haye, 1970)
Au sens juridique du terme, l’expression “Cisjordanie occupée” est inexacte. Un territoire est occupé lorsqu’une partie ou l’ensemble d’un Etat souverain est conquis. Ce qui veut dire que cela ne s’applique pas à la rive occidentale du Jourdain, puisqu’avant 1967, elle ne faisait pas partie d’un Etat souverain. Il y a eu un vide juridique entre 1948 et 1967. Emmanuel Navon (Université de Tel Aviv)
The American representative, Madeleine K. Albright, said that describing Jerusalem as « occupied Palestinian territory » implied Palestinian sovereignty over it and thus contradicted the undertaking Israel and the P.L.O. had reached in the declaration they signed in Washington last September, which said the city’s future would be decided in negotiations between them.  Although the Security Council has adopted many resolutions saying that Jerusalem is part of the Arab territories Israel occupied in the 1967 war, Ms. Albright made clear that the United States would oppose similar language in future United Nations texts. The Clinton Administration has been under strong Congressional pressure to veto the latest resolution because of its references to Jerusalem. A total of 82 Senators sent a letter to President Clinton today urging him to veto any Council resolution « that states or implies Jerusalem is « occupied territory. » The Israeli representative to the United Nations, Gad Yaacobi, told the Council that the reference to Jerusalem was incompatible with the agreement to settle the city’s future by negotiation as well as with Israel’s own position on the matter, which is that « Jerusalem will remain united under Israeli sovereignty as our eternal capital. » Speaking for the P.L.O., Nasser al-Kidwa, its United Nations observer, said every Council resolution dealing with Palestinians had described Jerusalem as part of the occupied territories. He complained that « any change in the language creates the danger of a change in policy » and expressed « disappointment and deep concern » at the American abstention. The New York Times (1994)
The resolution called for Israel to “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem.” East Jerusalem, which contains some of the holiest sites in Judaism, was seized by Israel in the Six-Day War of 1967. (…) Critics of the resolution argue that it’s been decades since the U.S. allowed a U.N. resolution to pass that says East Jerusalem and other lands taken in the 1967 war are occupied Palestinian territory. Previous resolutions the U.S. allowed to pass have instead tended to condemn specific actions of Israelis or the Israeli government, such as the bombing of an Iraqi nuclear reactor in 1981. In another example, a U.N. resolution condemning the 1994 massacre of Muslim worshipers by a Jewish terrorist was passed only when Madeleine Albright, then the U.S. ambassador, demanded a paragraph-by-paragraph vote on it to strip out language implying that Jerusalem was occupied territory. (…) However, the U.S. does not recognize Israeli claims to East Jerusalem either.  Albright’s comments run counter to a 1980 U.N. resolution – supported by the U.S. – that did refer to Jerusalem and other lands taken by Israel in 1967 as occupied territory. But that position was in a sense reversed by Albright’s comments in 1994. CBS news
It’s true the U.S. has not allowed a U.N. Security Council resolution to that effect to pass since 1980, but U.S. policy has been consistent under every Democratic and Republican administration to date. Moreover, the U.S. has allowed other anti-Israel resolutions to pass on a number of occasions before and after 1980. President Obama was the first president to adopt a policy of vetoing all anti-Israel U.N.S.C. resolutions – until now. So not vetoing this resolution is a bit of a punch in the gut, but not a very hard one. It is in no way a change in U.S. policy about the conflict. Mark Mellman
The United States on Friday abstained on a vote over a UN Security Council resolution demanding an end to Israeli settlements in Palestinian territory. By abstaining — instead of vetoing the resolution, as the United States has reliably done to similar measures for decades — the Obama administration allowed the highly symbolic measure to make it through the chamber by a unanimous 14-0 margin. It was the first time in nearly 40 years that the Security Council has passed a resolution critical of Israeli settlements. It was also a firm rebuke of both Netanyahu, who had strongly argued against the resolution, and Trump, who had taken the highly unprecedented move of weighing in on Thursday, before the vote, and pressing for the measure to be vetoed. The Jewish communities in question are in the West Bank and East Jerusalem, both of which were captured by Israel during 1967’s Six-Day War. They range in size from small outposts of just a few dozen people to Ariel, home to some 20,000 people and a thriving university. Two of the more controversial settlements lie inside and adjacent to Hebron, a large Palestinian city that houses the burial place of Abraham, making it one of the holiest sites in both Judaism and Islam. Dozens of Jews and Muslims have been killed in political violence there in recent decades. Israel’s construction of new neighborhoods throughout East Jerusalem is technically as illegal as its settlement building elsewhere in the West Bank, but many American policymakers from both parties have long acknowledged that Jewish neighborhoods in that part of the city would remain under Israeli control in any peace agreement. That’s particularly true of the Jewish Quarter of the Old City, home to the Western Wall, the most religiously important place in Judaism. (…) The resolution demands that Israel “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem,” and declares that the establishment of settlements by Israel has “no legal validity and constitutes a flagrant violation under international law.” This is far stronger language than the United States has ever officially used to describe Israeli settlement activity before. Although the standard US position has for three decades been that such settlements, which are built on land intended to be part of a future Palestinian state, are “obstacles to peace,” the United States has always stopped short of describing them as “illegal” under international law. (…) The text also calls on all member states “to distinguish, in their relevant dealings, between the territory of the State of Israel and the territories occupied since 1967” — language that, as the Times of Israel’s Eric Cortellessa explains, “Israel fears will lead to a surge in boycott and sanctions efforts.” (…) The whole point of the resolution is to further solidify the longstanding international consensus that Israel’s settlement activity is illegal and a roadblock to achieving a peaceful solution to the decades-long Israel-Palestine conflict — in other words, to isolate Israel and show it that the whole world thinks what it is doing is wrong. The hope is that this will make Israel change its policies in order to get back into the good graces of the international community. (…) Still, the resolution could potentially have some longer-term legal and economic implications for Israel. For instance, Tel Aviv University law professor Aeyal Gross writes at Haaretz that the resolution could encourage the International Criminal Court to be more aggressive in its examination of settlement construction. (…) The push to bring this resolution before the Security Council in the last few remaining days of Obama’s term as president seems to have been a calculated move by Palestinian diplomats. The Wall Street Journal reports, “As early as October, Palestinian diplomats at the UN began assessing prospects for a Security Council resolution. They drafted two resolutions: one that would condemn Israel’s rapid expansion of settlements in disputed territories of West Bank and East Jerusalem, and another that would recognize Palestine as a state at the UN.” Arab diplomats told the Journal that the Palestinians ultimately decided to drop the statehood resolution because they believed it would inevitably be vetoed by the Obama administration. The Palestinians appear to have seen a path forward all the same, believing that Obama’s long-held opposition to the Israeli settlements — and deep animosity toward Netanyahu — meant the US president might allow a slightly watered-down resolution to make it through the Security Council. (…) It was decided that Egypt, as the only Arab member of the Security Council, should be the one to sponsor the resolution. And indeed, Egypt was the measure’s initial sponsor. However, on Thursday, just one day before the vote was scheduled to take place, Egypt suddenly announced that it was delaying the vote indefinitely. This was apparently in response to an unprecedented intervention by Trump, in the form of a personal phone call to Egyptian President Abdel Fattah el-Sisi urging him to table the vote. Netanyahu, who has developed a close relationship with Sisi, also pressed the Egyptian leader to withdraw the measure. The resolution was then reintroduced on Friday by four of the other non-permanent members of the Security Council — New Zealand, Malaysia, Venezuela, and Senegal — but not Egypt. (…) But beyond the White House’s formal statements on the matter, the move was widely seen as Obama’s parting shot at Netanyahu, with whom the president repeatedly clashed throughout his tenure. (…) But Obama’s parting shot was also aimed at Trump, who has indicated he wants to take a much stronger pro-Israel stance. (…) There is strong international consensus on the illegality of Israeli settlements. This is based on the Fourth Geneva Convention, which bans nations from the moving of populations into and the establishing of settlements in the territory of another nation won in war. Israel’s right-wing government, however, disputes that settlements in East Jerusalem and the West Bank are illegal, and maintains that their final status should be determined in future negotiations on Palestinian statehood, not by the United Nations. (…) But there’s another reason the Israeli government cares so much about what happens at the United Nations in particular: Netanyahu’s government believes that the United Nations, and the international community more generally, is biased against Israel, and that it unfairly singles out Israel for censure while ignoring egregious actions by other countries. This argument is not without merit. Indeed, UN Secretary General Ban Ki-moon, who is stepping down at the end of this year after having served two five-year terms, told the Security Council earlier this month that « [d]ecades of political maneuvering have created a disproportionate number of resolutions, reports and committees against Israel,” and said that “[i]n many cases, instead of helping the Palestinian issue, this reality has foiled the ability of the UN to fulfill its role effectively. » This latest action by the UN, then, is interpreted by the Israeli government as part of a broader campaign to delegitimize Israel on the international stage. That the United States, Israel’s closest and most powerful ally, stood aside and let the resolution pass — and, according to Netanyahu, may have even been instrumental in bringing the measure to the Security Council in the first place — makes it even more painful. (…) once in office, Trump could theoretically repeal the resolution by introducing a new resolution at the UN that completely revokes this one. He would then need to get at least eight other countries to vote for it, as well as ensure that none of the Security Council’s other permanent members — Russia, the United Kingdom, France, and China — veto it. (…) But it is extremely unlikely that Haley and the Trump administration would actually be able to get eight other countries on the Security Council to support a measure revoking this most recent resolution. That’s because, as mentioned above, the notion that Israeli settlements are illegal under international law is widely held by UN member countries. Vox
Mr. Kerry claimed Wednesday that Resolution 2334 “does not break new ground.” The reality is that the resolution denies Israel legal claims to the land — including Jewish holy sites such as the Western Wall — while reversing the traditional land-for-peace formula that has been a cornerstone of U.S. diplomacy for almost 50 years. In the world of Resolution 2334, the land is no longer Israel’s to trade for peace. Mr. Kerry also called East Jerusalem “occupied” territory, which contradicts Administration claims in the 2015 Supreme Court case, Zivotofsky v. Kerry, that the U.S. does not recognize any sovereignty over Jerusalem. The larger question is what all this means for the prospects of an eventual settlement. Mr. Kerry made a passionate plea in his speech for preserving the possibility of a two-state solution for Jews and Palestinians. That’s a worthy goal in theory, assuming a Palestinian state doesn’t become another Yemen or South Sudan. But the effect of Mr. Kerry’s efforts will be to put it further out of reach. Palestinians will now be emboldened to believe they can get what they want at the U.N. and through public campaigns to boycott Israel without making concessions. Israelis will be convinced that Western assurances of support are insincere and reversible. WSJ
Last week’s United Nations Security Council resolution on Israel is a weapon of war pretending to be a plea for peace. Israel’s enemies say it has no right to exist. They claim the whole state was built on Arab land and it’s an injustice for Jews to exercise sovereignty there. Palestinians still widely promote this untruth in their official television and newspapers, whether from the PLO-controlled West Bank or Hamas-controlled Gaza. That is the unmistakable subtext of Friday’s U.N. Resolution 2334, despite the lip service paid to peace and the “two-state solution.” The resolution describes Israel’s West Bank towns and East Jerusalem neighborhoods as settlements that are a “major obstacle” to peace. But there was a life-or-death Arab-Israeli conflict before those areas were built, and before Israel acquired the West Bank in the 1967 war. Arab opposition to Israel’s existence predated—indeed caused—that war. It even predated Israel’s birth in 1948, which is why the 1948-49 war occurred. Before World War I, when Britain ended the Turks’ 400-year ownership of Palestine, Arab anti-Zionists denied the right of Jews to a state anywhere in Palestine. Officials of Egypt (in 1979) and Jordan (in 1994) signed peace treaties with Israel, but anti-Zionist hostility remains strong. The Palestinian Authority signed the Oslo Accords in 1993 but continues to exhort its children in summer camps and schools to liberate all of Palestine through violence. Arab efforts to damage Israel have been persistent and various, including conventional war, boycotts, diplomatic isolation, terrorism, lower-intensity violence such as rock-throwing, and missile and rocket attacks. Israel’s defensive successes, however, have constrained Palestinian leaders to rely now chiefly on ideological war to de-legitimate the Jewish State. Highlighting the “occupied territories”—in U.N. resolutions, for example—implies moderation. It suggests an interest only in the lands Israel won in 1967. But the relatively “moderate” Palestinian Authority, in its official daily newspaper, Al-Hayat Al-Jadida, continually refers to Israeli cities as “occupied Haifa” or “occupied Jaffa,” for example. In other words, even pre-1967 Israel is “occupied territory” and all Israeli towns are “settlements.” When David Ben-Gurion declared Israel’s independence in 1948, he invoked the “historical connection of the Jewish people with Palestine,” as recognized in the Palestine Mandate approved in 1922 by the League of Nations. That connection applied to what’s now called the West Bank as it did to the rest of Palestine. Because no nation has exercised generally recognized sovereignty over the West Bank since the Turkish era, the mandate supports the legality of Jewish settlement there. That’s why attacking the settlements’ legality—as opposed to questioning whether they’re prudent—is so insidious. Arguing that it is illegal for Jews to live in the West Bank is tantamount to rejecting Israel’s right to have come into existence.  Friday’s U.N. resolution is full of illogic and anti-Israel hostility. It says disputed issues should be “agreed by the parties through negotiations.” Among the key open issues is who should control the West Bank and East Jerusalem. Yet the resolution calls these areas “Palestinian territory.” So much for negotiations. The resolution says that Jewish West Bank and Jerusalem “settlements” have “no legal validity.” On the basis of a skewed legal analysis that ignored pre-1967 Jewish claims, President Jimmy Carter called the settlements illegal. Knowing that Mr. Carter’s conclusion was wrong and hostile to Israel, President Ronald Reagan repudiated it, and all U.S. administrations since were careful to avoid it. Until now. By reviving Mr. Carter’s legal attack on the settlements, President Obama breaks with good sense and decades of U.S. policy.  The resolution exhorts all countries to distinguish between the territories on either side of the 1949 armistice lines. When Israel, before 1967, was confined within those lines, none of its Arab neighbors respected them as Israel’s legal borders. In each of the 1949 armistice agreements, at the Arab side’s insistence, there is language denying that the lines signify any party’s rights to any land. When the lines might have protected Israel, its neighbors, without U.N. protest, deprecated and violated them. Now that those armistice lines are long gone, the U.N. pretends that they are sacred. (…)  The cause of peace is not served by Israel’s appearing vulnerable. Harmonious U.S.-Israel relations are the best hope for convincing Israel’s enemies that their costly efforts to destroy the Jewish state will be fruitless. They won’t compromise if they believe they have another option. Douglas J. Feith
Kerry’s address was a superbly Zionist and pro-Israel speech. Anyone who truly supports the two-state solution and a Jewish and democratic Israel should welcome his remarks and support them. It’s a binary incidence, with no middle ground. It’s no surprise that those who hastened to condemn Kerry even before he spoke and even more so afterward were Habayit Hayehudi chairman Naftali Bennett and the heads of the settler lobby. Kerry noted in his speech that it is this minority that is leading the Israeli government and the indifferent majority toward a one-state solution. Haaretz
The recent statements by the European Union’s new foreign relations chief Catherine Ashton criticizing Israel have once again brought international attention to Jerusalem and the settlements. However, little appears to be truly understood about Israel’s rights to what are generally called the « occupied territories » but what really are « disputed territories. » That’s because the land now known as the West Bank cannot be considered « occupied » in the legal sense of the word as it had not attained recognized sovereignty before Israel’s conquest. Contrary to some beliefs there has never been a Palestinian state, and no other nation has ever established Jerusalem as its capital despite it being under Islamic control for hundreds of years. The name « West Bank » was first used in 1950 by the Jordanians when they annexed the land to differentiate it from the rest of the country, which is on the east bank of the river Jordan. The boundaries of this territory were set only one year before during the armistice agreement between Israel and Jordan that ended the war that began in 1948 when five Arab armies invaded the nascent Jewish State. It was at Jordan’s insistence that the 1949 armistice line became not a recognized international border but only a line separating armies. (…) After the war in 1967, when Jews started returning to their historic heartland in the West Bank, or Judea and Samaria, as the territory had been known around the world for 2,000 years until the Jordanians renamed it, the issue of settlements arose. However, Rostow found no legal impediment to Jewish settlement in these territories. He maintained that the original British Mandate of Palestine still applies to the West Bank. He said « the Jewish right of settlement in Palestine west of the Jordan River, that is, in Israel, the West Bank, Jerusalem, was made unassailable. That right has never been terminated and cannot be terminated except by a recognized peace between Israel and its neighbors. » There is no internationally binding document pertaining to this territory that has nullified this right of Jewish settlement since. And yet, there is this perception that Israel is occupying stolen land and that the Palestinians are the only party with national, legal and historic rights to it. Not only is this morally and factually incorrect, but the more this narrative is being accepted, the less likely the Palestinians feel the need to come to the negotiating table. Statements like those of Lady Ashton’s are not only incorrect; they push a negotiated solution further away. Danny Ayalon (Dec. 30, 2009)
The state of Israel came into being by the same legitimate process that created the other new states in the region, the consequence of the dismantling of the Ottoman Empire after World War I. Consistent with the traditional practice of victorious states, the Allied powers France and England created Lebanon, Syria, Iraq, and Jordan, and of course Israel, to consolidate and protect their national interests. This legitimate right to rewrite the map may have been badly done and shortsighted––regions containing many different sects and ethnic groups were bad candidates for becoming a nation-state, as the history of Iraq and Lebanon proves, while prime candidates for nationhood like the Kurds were left out. But the right to do so was bestowed by the Allied victory and the Central Powers’ loss, the time-honored wages of starting a war and losing it. Likewise in Europe, the Austro-Hungarian Empire was dismantled, and the new states of Austria, Hungary, Yugoslavia, and Czechoslovakia were created. And arch-aggressor Germany was punished with a substantial loss of territory, leaving some 10 million Germans stranded outside the fatherland. Israel’s title to its country is as legitimate as Jordan’s, Syria’s and Lebanon’s. Bruce Thornton
Il y a plus de 200 différends territoriaux dans le monde et l’Union européenne a décidé de se concentrer sur Israël et la Cisjordanie. Le conflit que nous avons avec les Palestiniens est connu et la seule manière d’essayer de le résoudre, c’est de s’assoir autour d’une table pour négocier et discuter. Le fait que les Palestiniens refusent de venir négocier – et notre Premier ministre les a invités à le faire à plusieurs reprises ces derniers mois – montre qu’il n’y a pas de réelle volonté politique en ce sens. Et le fait est que Mahmoud Abbas a pris une décision stratégique il y a deux ou trois ans quand il a choisi d’exercer via la communauté internationale une pression sur Israël en espérant que le gouvernement israélien serait poussé à faire des concessions. Malheureusement pour lui, les Israéliens ne cèdent pas à la pression et nous l’avons montré dans le passé. Quand on a été prêt à faire des concessions territoriales avec l’Egypte et la Jordanie, c‘était parce que la population israélienne se rendait compte que l’autre partie était de bonne foi, mais quand l’autre partie n’est pas vue comme étant de bonne foi, alors les chances de concessions sont vraiment minces. Aliza Bin-Noun (ambassadrice d’Israël en France)
La stratégie des Arabes palestiniens, pour annihiler Israël, de plus en plus clairement, consiste à tabler sur la négation de la légitimité de la souveraineté juive en Terre d’Israël que les non juifs dénomment: « Palestine ». Ils comptent, pour ce faire, s’appuyer sur l’antisémitisme musulman et sur l’antisémitisme chrétien et ils les pratiquent et les diffusent à grande échelle. Ils estiment que leur meilleur argument serait d’ordre juridique contre l’ »occupation ». Il est temps de faire voler en éclats cette manipulation et ce mensonge repris avec constance par les gouvernements occidentaux. Rappelons une fois de plus que la seule base juridique consensuelle en Droit International Public (D.I.P.) quant à la reconnaissance par les Nations du droit imprescriptible du Peuple Juif sur sa patrie historique, est le Traité de San Remo adopté sous les auspices de la Société des Nations (S.D.N.), organisation internationale à vocation universelle, créée après la première guerre mondiale et la dislocation de l’Empire Ottoman. Faisant suite à une déclaration politique du Ministre des Affaires Etrangères de l’une des grandes puissances de cette époque, la Grande–Bretagne, à la demande du Mouvement Sioniste, avant-garde militante du Peuple d’Israël, la Déclaration Balfour, ce traité approuvé par toutes les puissances importantes, reconnaissait au Peuple Juif le droit de rétablir un « foyer national » dans son pays. Le territoire alloué aux Juifs comprenait le territoire israélien actuel, la Judée, la Samarie, Gaza et le territoire actuel de la Jordanie. La seule réserve à cette reconnaissance était le maintien des droits acquis des communautés non-juives. La première partition de la Palestine  par la Grande-Bretagne à qui le traité avait confié un « mandat » pour la mise en œuvre de ce programme, a été réalisée pratiquement dès son entrée en fonction, retirant aux Juifs les 3/5 de leur patrie en les cantonnant en Palestine occidentale, en violation du mandat. L’Etat de Jordanie créé de toutes pièces par la Grande-Bretagne en 1946 s’est emparé par la force et illégalement, avec l’aide empressée des Britanniques, dès la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, de la Judée et de la Samarie. L’Egypte a fait de même pour la région de Gaza. Cette occupation de régions importantes de la Palestine occidentale par ces deux Etats, qui a duré 19 ans, constituait une violation du droit international. La résolution 181, de 1947, de l’A.G. des Nations-Unies, organisation qui a pris la suite de la S.D.N. après la seconde guerre mondiale, une recommandation sans effet obligatoire, prévoyait la création de deux Etats en Palestine occidentale, l’un juif et l’autre arabe et entendait priver les Juifs de leur capitale, Jérusalem, où ils constituaient depuis plus d’un siècle une large majorité des habitants. Tous les Etats arabes et les Arabes palestiniens ont refusé le plan de partage et ont lancé leurs armées pour détruire dans l’œuf l’Etat juif naissant et massacrer la communauté juive de Palestine. Après la signature de l’armistice de Rhodes en 1949, et la surprenante résistance des combattants juifs sortis de l’ombre, ni la Jordanie, ni l’Egypte n’ont songé un seul instant à constituer un Etat arabe palestinien dans les territoires de la Palestine occidentale qu’ils contrôlaient. Ils continuaient d’affirmer publiquement leurs intentions génocidaires contre Israël. Cette attitude a des conséquences de droit: elle rendait la résolution 181 obsolète. Ce qui fait que lorsque Israël répliqua en 1967 à une nouvelle tentative génocidaire massive et déclarée des armées égyptienne, syrienne, jordanienne, iraquienne et d’un contingent algérien, en libérant, entre autres, toute la Palestine occidentale, sur le plan du droit, il ne s’agissait en aucun cas de l’occupation de territoires appartenant à un autre Etat mais bien de terres attribuées au peuple Juif par le Traité de San Remo! C’est pourquoi sur cette base, les villes et villages juifs établis légalement sur ce territoire le sont sur des terres domaniales et évitent l’appropriation de terres appartenant à des communautés non juives par application dudit traité. Léon Rozenbaum
Lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, il faut parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Doit-on avoir peur des mots? Doit-on redouter un déluge de critiques par l’emploi de tel ou tel vocabulaire? Rendre compte de l’actualité israélo-palestinienne relève d’une rigueur sémantique, afin d’éviter les imprécisions, les erreurs, les prises de position qui soulèvent alors la colère de tel ou tel camp. Celui qui tient à une certaine neutralité doit s’interroger sur le sens des mots choisis, mais aussi sur la terminologie entérinée par la presse française et la communauté internationale. Si Israël a gagné les conflits armés, la bataille des mots est pour l’Etat hébreu une lutte acharnée et perpétuelle. Le vocabulaire utilisé influence la perception du conflit, véhicule des idées (parfois erronées) et transmettent une représentation de la réalité. Par exemple, les termes de «Cisjordanie occupée» impliquent que la présence israélienne est illégale. A l’inverse, parler de «Judée Samarie» sous-entend le lien historique de cette terre avec le peuple juif. (…) Les colonies ou implantations israéliennes sont des communautés de peuplement, établies sur les territoires conquis à la suite de la guerre des Six Jours, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Près de 350.000 habitants juifs vivent dans plus de 130 implantations de Cisjordanie et 180.000 dans une douzaine de quartiers de Jérusalem Est. Ces communautés de peuplement sont appelées «Israel settlement» ou «Jewish settlement» par les médias anglophones, ce qui sous-entend une connotation neutre. Le mot «settlement» se traduit en français par «colonie» ou encore «implantation». Les ouvrages spécialisés, les textes de l’ONU et la presse française utilisent généralement le mot «colonie». Mais les Israéliens dénoncent l’emploi de ce terme qui selon eux a un sens péjoratif et fait référence dans la mémoire collective à la colonisation européenne (notamment à la présence française en Algérie), dont l’image était très négative. Les Israéliens utilisent les mots «implantation» ou encore «avant-poste». Ils défendent une présence juive dans la région qui n’a pas cessé depuis plus de 3.000 ans. Si aux yeux de la communauté internationale les colonies sont illégales, l’État hébreu déclare, quant à lui, qu’aucun traité de paix n’a établi de statut juridique sur ces territoires, que la présence de communautés juives à Hébron est multiséculaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée depuis le mandat britannique sur la Palestine. Le terme de «colons» pour désigner les habitants juifs des implantations est systématiquement fustigé par la droite israélienne. (…) L’expression «territoire occupé» renvoie aux territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours. Cette terminologie est largement utilisée par la communauté internationale et les médias français. Pour les Israéliens, la Cisjordanie est un «territoire disputé» ou «territoire contesté». Après la guerre des Six Jours, la résolution 242 est votée au Conseil de sécurité des Nations unies. De cette résolution, naît deux interprétations divergentes. Les discussions portent sur la formulation à donner au retrait israélien des territoires conquis. La version française fait état d’un retrait des «territoires occupés», ce qui sous entend de la totalité des territoires conquis en 1967. En anglais, le texte officiel parle d’une évacuation «from occupied territories» («de territoires occupés»), soit un retrait d’une partie des territoires seulement. Pour Israël, seule la traduction anglaise est la bonne. Alors que pour les Arabes, la formule française est la seule valable. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques. (…) La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies utilise l’expression «territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est». L’emploi du singulier est d’importance car il reconnaît l’intégrité territoriale palestinienne, contrairement à l’appellation fréquemment utilisée de «territoires palestiniens». Lorsque la Transjordanie a annexé la Judée et la Samarie en 1948, aucun Etat, hormis la Grande-Bretagne et le Pakistan, n’a reconnu cette annexion. Les Israéliens rappellent qu’aucune souveraineté antérieure à 1967 n’a jamais été officiellement reconnue sur ces territoires. Les États arabes qui occupaient la région avait insisté en 1949 pour que la ligne d’armistice ne constitue «pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées». (…) Israël est l’un des rares pays considérés comme force occupante dans le monde. Dans de nombreux autres conflits territoriaux, les diplomates évoquent plutôt des «territoires disputés». Il n’a jamais été question d’occupation au Cachemire, revendiqué par l’Inde et la Pakistan. On ne parle pas non plus d’occupation pour la région du Haut-Karabagh, revendiquée par l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ni pour la présence turque dans le nord de l’île de Chypre, depuis 1974. (…) La Cisjordanie  (…) est délimitée à l’est par le Jourdain et la Mer Morte; au nord, au sud et à l’ouest par la ligne verte de 1949. Elle couvre une surface de 5.860 km2 et compte en 2010 une population totale estimée à 2.514.845 personnes dont 350.000 Israéliens. La région englobe Jérusalem-Est, les villes de Bethléem, Hébron, Jéricho, Naplouse, Jénine, des implantations israéliennes, telles qu’Ariel, Maale Adumim, ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions monothéistes. En novembre 1947, lors du plan de partage de la Palestine mandataire votée par les Nations unies, la Judée-Samarie est initialement attribuée à un futur Etat arabe. A la fin de la première guerre israélo-arabe, la région est annexée par la Transjordanie. En 1950, la Transjordanie prend le nom de Royaume Hachémite de Jordanie pour entériner cette annexion. A la fin de la guerre des Six Jours en 1967, les Jordaniens perdent la Judée-Samarie qui passe sous le contrôle de l’Etat d’Israël (qui ne l’a toutefois pas annexée pour des raisons démographiques). Judée et Samarie font référence aux territoires des deux royaumes bibliques, la Judée (capitale: Jérusalem) et Israël (capitale: Samarie). Elles sont des termes utilisés depuis l’Antiquité, pour désigner différentes parties de ces territoires de la rive occidentale du Jourdain. Ces termes ont été utilisés dans la résolution 181 des Nations unies pour désigner précisément certains des territoires dans le partage de la Palestine en 1948. Le terme Judée-Samarie était communément utilisée par les médias et les instances internationales jusqu’à l’annexion de la région par la Transjordanie. Depuis 1949, la Judée et la Samarie ont été rebaptisées Cisjordanie par la communauté internationale. Étymologiquement, «Cisjordanie» désigne la région «du même côté», la rive ouest du Jourdain, par opposition à «l’autre côté», la rive est du fleuve, la Jordanie. La Cisjordanie est donc un terme récent pour désigner les territoires à l’ouest du Jourdain. En Israël, le gouvernement et la population utilisent la dénomination de «Judée-Samarie», qui affirme le lien historique entre l’identité juive et ce territoire. Les anglophones utilisent l’expression «West Bank» —littéralement «rive ouest»— appellation également géographique et plus neutre vis-à-vis de l’autre rive du Jourdain. Kristell Bernaud
Au cœur du combat diplomatique que les Palestiniens mènent contre Israël figure l’affirmation réitérée que les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza résistent à « l’occupation ». (…) Cette argumentation se retrouve absolument partout et en toute occasion chez les porte-parole palestiniens, qui doivent faire face à un consensus grandissant dans l’opinion internationale contre l’utilisation du terrorisme comme instrument politique. Ce vocabulaire et cette logique ont également envahi la sphère diplomatique à l’ONU. En août 2001, un projet de résolution palestinienne au Conseil de Sécurité des Nations Unies reprenait la formulation palestinienne consacrée pour parler de la bande de Gaza et de la Cisjordanie comme de « territoires palestiniens occupés ». Des références à « l’occupation étrangère d’Israël » se retrouvent également dans le projet de résolution de Durban à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme. Cette répétition systématique des termes «occupation», ou «territoires palestiniens occupés» semble avoir trois fonctions clairement identifiables. En premier lieu, les porte-parole palestiniens espèrent instaurer un contexte politique qui explique et même justifie le choix des Palestiniens d’adopter la violence et le terrorisme pendant l’Intifada en cours. Ensuite, l’exigence des Palestiniens qu’Israël «cesse l’occupation» ne laisse aucune place à un éventuel compromis territorial sur la bande de Gaza ou en Cisjordanie, comme le stipulait la formulation originale de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité (…). Enfin, l’utilisation de l’expression « territoires palestiniens occupés » dénie à Israël la possibilité de revendiquer cette terre : si l’on utilisait l’expression « territoires disputés », Israël et les Palestiniens se retrouveraient sur un pied d’égalité. De plus, présenter Israël comme un « occupant étranger » a l’avantage supplémentaire de permettre aux partisans de la cause palestinienne de délégitimer le lien historique entre les Juifs et Israël. C’est devenu un point central des efforts diplomatiques palestiniens depuis l’échec du sommet de Camp David en 2000, et particulièrement depuis la conférence des Nations-Unies à Durban, en 2001. Incontestablement, à Durban, la campagne de délégitimation d’Israël a exploité le mot « occupation » pour évoquer l’occupation nazie de la France pendant la seconde guerre mondiale et l’associer à ce que fait Israël en Cisjordanie et à Gaza. Les termes politiquement connotés de « territoires occupés » ou de « occupation » semblent ne s’appliquer qu’à Israël, et ils ne sont jamais utilisés lorsque d’autres conflits territoriaux sont évoqués, et particulièrement par des tiers. Ainsi, le département d’Etat américain parle-t-il, à propos du Cachemire, de « territoires disputés ». De la même façon, dans son rapport sur les Droits de l’Homme dans les différents pays, le Département d’Etat se réfère à la partie d’Azerbaïdjan revendiquée par des séparatistes arméniens comme à « la région disputée de Nagorno-Karabakh ». (…) Bien sûr, chaque situation est unique, mais dans un grand nombre de cas différents mettant en scène des conflits territoriaux, du Nord de Chypre aux Iles Kourile, en passant par Abu Musa, dans le Golfe Persique (qui a déjà donné lieu à des affrontements armés), le terme « territoire occupé » n’est pas utilisé dans les discussions internationales. De ce fait, le cas de la Cisjordanie et de Gaza apparaît comme une exception unique dans l’histoire contemporaine. En effet, depuis la seconde guerre mondiale, les conflits territoriaux n’ont pas manqué, dans lesquels un territoire était antérieurement sous la souveraineté d’un autre état. Pourtant, cela n’a jamais donné lieu à l’utilisation du terme « territoire occupé » pour décrire le territoire qui était passé sous le contrôle militaire d’un autre Etat, à la suite d’un conflit armé. Israël est entré à Gaza et en Cisjordanie pendant la Guerre des Six jours, en 1967. Les experts juridiques israéliens refusèrent les pressions qui voulaient les amener à définir la bande de Gaza et la Cisjordanie comme des « territoires occupés », ou relevant des traités internationaux statuant sur les occupations militaires. (…) De fait, avant 1967, la Jordanie occupait la Cisjordanie et l’Egypte occupait la bande de Gaza. Leur présence sur ces territoires était le résultat de leur invasion illégale, en 1948, pour contrer la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie, en 1950, ne fut reconnue que par la Grande Bretagne (à l’exclusion de Jérusalem) et par le Pakistan, et elle fut refusée par l’immense majorité du reste de la communauté internationale, Etats arabes inclus. (…) Le vocabulaire de « l’occupation » a permis aux porte-parole palestiniens d’obscurcir ces faits historiques. En parlant de façon répétitive d’une « occupation », ils ont réussi à renverser la causalité du conflit, et tout spécialement devant les opinions publiques occidentales. Ainsi, l’actuel conflit territorial est présenté mensongèrement comme étant le résultat d’une décision israélienne « d’occuper » un territoire, plutôt que comme le résultat d’une guerre imposée à Israël par une coalition d’Etats arabes, en 1967. Aux termes de la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 22 novembre 1967 (qui a servi de base à la Conférence de Madrid, en 1991, et à la Déclaration de Principes de 1993), il est seulement demandé à Israël de se retirer «DE territoires» jusqu’à des «frontières sûres et reconnues», et non «DES territoires», ou «DE TOUS les territoires» conquis lors de la guerre des Six jours. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques méticuleuses.  Ainsi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies reconnaît à Israël un droit légitime sur une partie de ces territoires, pour rendre ses frontières plus faciles à défendre. (…) Lorsqu’on la conjugue avec la Résolution 338, il est parfaitement clair que seules des négociations pourront déterminer quelles parties de ces territoires deviendront partie intégrante d’Israël et lesquelles seront gardées par l’homologue arabe d’Israël. En réalité, la dernière attribution de territoire, internationalement reconnue, incluant ce qui est aujourd’hui la Cisjordanie et la bande de Gaza, a eu lieu lors du Mandat pour la Palestine de la Société des Nations, en 1922, qui reconnaissait les droits du peuple juif sur l’ensemble des territoires concernés par le Mandat, en ces termes : « le lien historique entre le peuple juif et la Palestine et le bien-fondé de la reconstitution de leur foyer national dans ce pays ont été reconnus». De surcroît, les droits d’Israël ont également été préservés par les Nations-Unies, en vertu de l’article 80 de la charte des Nations Unies, malgré la dissolution de la Société des Nations en 1946. L’article 80 stipule que rien, dans la charte des Nations-Unies, ne peut être interprété de manière qui porte atteinte au droit de quelque peuple ou de quelque pays que ce soit, ou qui modifie les termes des traités internationaux en vigueur ». Ces droits n’ont pas été modifiés par la Résolution 181 de l’Assemblée Générale de l’ONU de novembre 1947 (« le plan de partage » [de la Palestine]) qui était une recommandation non contraignante, et qui a été, de toute façon, rejetée par les Palestiniens et les Etats arabes. D’après ces sources incontestées du droit international, Israël possède des droits légalement reconnus sur la Cisjordanie et Gaza, droits qui semblent être ignorés par ceux des observateurs internationaux qui répètent la formule « territoires occupés », sans avoir la moindre conscience des droits d’Israël à des revendications territoriales. Même si Israël cherche seulement des « frontières sûres » qui englobent une partie de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie, il y a un monde de différence entre la situation dans laquelle Israël se présente à la communauté internationale en tant « qu’occupant étranger » sans droits territoriaux, et celle dans laquelle Israël a, sur cette terre, des droits historiques solides qui lui ont été reconnus par les principaux organes qui servent de source à la légitimité internationale depuis un siècle. Dans les années 1980, Herbert Hansell, conseiller juridique du Département d’Etat sous la présidence de Carter, chercha à déplacer la discussion sur l’occupation du territoire lui-même aux Palestiniens qui y vivaient. Il estima que la 4e Convention de Genève de 1949 concernant les occupations militaires s’appliquait à la Bande de Gaza et à la Cisjordanie puisque son objectif suprême était de « protéger la population civile d’un territoire occupé. » [Note: Sous l’administration Carter, cette distinction faite par Hansell entraîna, pour la première fois, une prise de position américaine déclarant illégales les implantations israéliennes, puisqu’elles étaient présentées comme contrevenant à l’Article 49 de la 4e Convention de Genève, qui stipule que « la puissance occupante ne doit pas expulser ni transférer une partie de sa population civile dans les territoires qu’elle occupe ». Ultérieurement, les administrations Reagan et Bush modifièrent la formulation de la période Carter, modifièrent le mode de vote américain à l’ONU, et refusèrent de qualifier d’illégales les implantations israéliennes, tout en continuant à formuler des objections contre cette pratique. Une des raisons de ce revirement était le fait que la 4e Convention s’appliquait à des situations du type de celle de l’Europe occupée par les Nazis, ce qui impliquait « des transferts forcés, la déportation ou le déplacement de masses de gens ». Cette opinion a été officiellement formulée le 1er février 1990 par l’ambassadeur américain aux Nations-Unies à Genève, Morris Abram, qui faisait partie du personnel américain aux procès de Nuremberg et pour qui, de ce fait, les motivations de la 4e Convention de Genève n’avaient pas de secret.] L’analyse juridique de Hansell fut abandonnée pas les administrations Reagan et Bush ; cependant, il avait, d’une certaine manière, changé l’angle sous lequel on considérait les choses, le projecteur passant du territoire à sa population. Même ainsi, les définitions officielles de ce qui est constitutif d’une population occupée ne conviennent pas, et d’autant moins depuis la mise en œuvre des Accords d’Oslo de 1993. A ce moment, Israël transféra les pouvoirs spécifiques de son gouvernement militaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à l’Autorité Palestinienne nouvellement créée. Dès 1994, le Conseiller juridique de la Croix-Rouge, le Dr Hans-Peter Gasser, concluait que son organisation n’avait plus aucune raison de surveiller le respect, par Israël, de la 4e Convention de Genève dans la Bande de Gaza et dans la région de Jéricho, puisque la Convention ne s’appliquait plus, l’administration de ces zones étant passée sous contrôle palestinien. (…) Ces derniers mois, Israël a été obligé de continuer à exercer les pouvoirs qui lui restent uniquement en réponse à l’escalade de la violence et des attaques armées lancées par l’Autorité Palestinienne. De ce fait, tout redéploiement militaire défensif israélien est une conséquence directe de la décision palestinienne de se lancer dans une confrontation militaire croissante avec Israël et non la manifestation d’une continuation de l’occupation israélienne, comme le soutiennent les Palestiniens. Car une fois que l’Autorité Palestinienne aura pris la décision stratégique de mettre une fin à la vague de violence actuelle, il n’y a aucune raison pour que la présence militaire israélienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne retrouve pas son niveau d’avant Septembre 2000, un niveau qui avait une influence minimale sur la vie des Palestiniens. Décrire ces territoires comme « palestiniens » est certes positif pour les objectifs d’une des deux parties, mais cela préjuge des résultats des futures négociations territoriales telles que prévues par la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est aussi une façon de nier les droits fondamentaux d’Israël. De surcroît, la référence à une « résistance à l’occupation » est devenue un vulgaire stratagème utilisé par les porte-parole arabes et palestiniens pour justifier une campagne terroriste persistante contre Israël dans un contexte mondial où le consensus contre le terrorisme gagne en force depuis le 11 septembre 2001. Il serait beaucoup plus judicieux de décrire la Cisjordanie et la Bande de Gaza comme des « territoires contestés » sur lesquels les Israéliens et les Palestiniens ont des revendications. Dore Gold

Attention: une supercherie peut en cacher une autre !

Cachemire, Tibet, Taiwan, Kouriles, Paracels, Spratleys, Crimée, Géorgie, Ukraine, Ceuta, Mellila, Sahara occidental, Chypre, Guantanamo, Haut-Karabagh, Papouasie, Malouines, Gibraltar …

Au lendemain d’une résolution onusienne saluée, sous couvert du vieux principe du « cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler » et entre annexion et militarisation de territoires ou d’ilots entiers, comme « équilibrée » …

Et d’un discours du secrétaire d’Etat John Kerry présenté par le quotidien israélien Haaretz comme « superbement sioniste, pro-Israël et en retard de trois ans » …

Mais dénoncé pour sa rare agressivité et partialité par un gouvernement britannique ayant pourtant approuvé la dite résolution …

Alors qu’un gouvernement français lui aussi sur le départ se prépare à en rajouter une couche …

Pendant qu’amalgamant des résolutions n’ayant jamais à une exception près (7 pour Johnson, 15 pour Nixon, 2 pour Ford, 14 pour Carter, 14 pour Reagan, 9 pour Bush père, 3 pour Clinton, 6 pour Bush fils contre 1 pour Obama) touché à des intérêts vitaux israéliens, nos maitres ès désinformation mettent en avant les précédentes condamnations d’Israël n’ayant pas subi le veto américain …

Comment comprendre …

La forte réaction des seuls Israéliens et d’une infime minorité de leurs soutiens extérieurs …

Sans rappeler l’incroyable mensonge de la même Administration américaine qui s’était vantée un an plus tôt d’avoir retardé l’obtention de l’arme nucléaire à un pays appelant au rayage de la carte d’un de ses voisins …

Prétendant qu’il n’y avait rien de nouveau dans cette résolution sur laquelle, assurant ainsi son passage, leur pays s’était abstenu …

Alors que pour la première fois depuis 36 ans profitant, comme un certain Carter, de leurs dernières semaines au pouvoir  …

Et revenant sur son explicite récusation quatre ans plus tard par l’Administration Clinton et sa secrétaire d’Etat Madeleine Albright …

Comme sa retraduction spécifique dans la résolution onusienne en question par l’absence de référence à Jérusalem …

Les Etats-Unis entérinent ce que l’ONU et le reste du monde ont fait depuis bien longtemps (« territoires occupés »: résolution 242, 1967;  « territoires palestiniens occupés »: années 1970; « territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est »: résolution 58/292, 2004)  …

A savoir la supercherie arabe et palestinienne de l’occupation …

Passant de la dénomination neutre, qui est la norme pour les plus de 125 conflits territoriaux de la planète, de « territoires disputés »

A celle, pour le seul conflit israélo-arabe et sans compter la traduction déjà biaisée du français introduisant un article défini indu, de « territoires palestiniens occupés, incluant Jérusalem-Est »

Entrainant dans la foulée, sans parler des campagnes de désinvestissement et boycott auxquelles elle appelle ouvertement comme de la probable radicalisation des exigences palestiniennes, la délégitimation commencée avec les récentes résolutions de l’UNESCO …

Non seulement d’implantations qui seraient de toute façon, pour raisons de sécurité ou démographiques, conservées …

Mais, du Mur occidental du Temple de Jérusalem au Tombeau des patriarches d’Hébron, des lieux les plus sacrés de l’Etat hébreu lui-même ?

Des ‘Territoires occupés’ aux ‘Territoires disputés’

Dore Gold
26/05/2002

Jerusalem Letter / Viewpoints
No. 470 16 janvier 2002

[Traduction française par Liliane Messika pour reinfo-israel.com]

Original anglais : www.jcpa.org/jl/vp470.htm

(Dore Gold est le Président du Jerusalem Center for Public Affairs. Auparavant, il avait été l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations-Unies, de 1997 à 1999.)

[Nous recommandons chaudement la lecture de cet article – admirablement traduit par Liliane Messika, qui en a respecté toutes les nuances. En effet, il constitue la meilleure mise au point vulgarisée et relativement succincte que je connaisse concernant la situation juridique d’Israël au regard du droit international – qui n’est pas celle que traduit le discours ambiant des politiques et des médias. A ce titre, ce texte constitue la référence obligée pour démontrer l’inanité des accusations récurrentes qui stigmatisent Israël comme « occupant ». Il faut le lire, s’en imprégner et le diffuser largement. Menahem.]

La supercherie de l’occupation

Les porte-parole de l’OLP justifient régulièrement la violence de l’Intifada que Yasser Arafat a lancée contre Israël en septembre 2000 comme une « résistance à l’occupation ». L’argument palestinien est infondé car, jusqu’en septembre 2000, à travers la mise en œuvre des Accords d’Oslo, Israël ne gouvernait plus militairement les Palestiniens et avait transféré 40 des zones sous son contrôle à la nouvelle Autorité Palestinienne.

En conséquence de quoi, d’après l’ancien Premier Ministre, Ehud Barak, 98% de la population palestinienne était sous l’autorité du gouvernement présidé par Yasser Arafat et non sous occupation militaire israélienne. Il est vrai que les Palestiniens n’avaient pas d’Etat, mais ils n’étaient pas non plus sous occupation militaire. En tout état de cause, rien ne peut justifier l’utilisation délibérée du terrorisme contre des civils israéliens, ni lui fournir un « contexte ».

L’occupation, comme accusation

Au cœur du combat diplomatique que les Palestiniens mènent contre Israël figure l’affirmation réitérée que les Palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza résistent à « l’occupation ». Interviewé récemment sur CNN, dans l’émission « Larry King Weekend », Hanan Ashrawi émettait l’espoir que la guerre américaine contre le terrorisme mènerait à des initiatives qui s’occuperaient de ses « causes », de ses racines. Elle poursuivait en citant spécifiquement « l’occupation, qui dure depuis trop longtemps », comme exemple d’une des causes du terrorisme (1). En d’autres termes, selon Ashrawi, la violence de l’Intifada est une conséquence directe de l’occupation.

Mustafa Barghouti, Président du Comité palestinien de Soutien Médical, également invité par CNN, affirme la même chose : « l’origine du problème, c’est l’occupation israélienne. » (2)

Le 16 janvier 2002, c’est Marwan Barghouti, chef de la faction armée de l’OLP d’Arafat, le Fatah, pour la Cisjordanie, qui reprend le même thème dans le Washington Post sous le titre : « Vous voulez la sécurité ? Arrêtez l’occupation ! »

Cette argumentation se retrouve absolument partout et en toute occasion chez les porte-parole palestiniens, qui doivent faire face à un consensus grandissant dans l’opinion internationale contre l’utilisation du terrorisme comme instrument politique.

Ce vocabulaire et cette logique ont également envahi la sphère diplomatique à l’ONU. En août 2001, un projet de résolution palestinienne au Conseil de Sécurité des Nations Unies reprenait la formulation palestinienne consacrée pour parler de la bande de Gaza et de la Cisjordanie comme de « territoires palestiniens occupés ». Des références à « l’occupation étrangère d’Israël » se retrouvent également dans le projet de résolution de Durban à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme.

L’ambassadeur de Libye aux Nations Unies, s’exprimant au nom de la faction du Groupe Arabe, reprenait, le 1er octobre 2001, ce que les porte-parole palestiniens répétaient depuis longtemps sur les chaînes de télévision câblées : « Le Groupe Arabe souligne sa détermination de s’opposer à toute tentative d’assimiler la résistance à l’occupation à un acte de terrorisme ». (3)

Cette répétition systématique des termes «occupation», ou «territoires palestiniens occupés» semble avoir trois fonctions clairement identifiables.

En premier lieu, les porte-parole palestiniens espèrent instaurer un contexte politique qui explique et même justifie le choix des Palestiniens d’adopter la violence et le terrorisme pendant l’Intifada en cours.

Ensuite, l’exigence des Palestiniens qu’Israël «cesse l’occupation» ne laisse aucune place à un éventuel compromis territorial sur la bande de Gaza ou en Cisjordanie, comme le stipulait la formulation originale de la Résolution 242 du Conseil de Sécurité (voir plus bas).

Enfin, l’utilisation de l’expression « territoires palestiniens occupés » dénie à Israël la possibilité de revendiquer cette terre : si l’on utilisait l’expression « territoires disputés », Israël et les Palestiniens se retrouveraient sur un pied d’égalité. De plus, présenter Israël comme un « occupant étranger » a l’avantage supplémentaire de permettre aux partisans de la cause palestinienne de délégitimer le lien historique entre les Juifs et Israël. C’est devenu un point central des efforts diplomatiques palestiniens depuis l’échec du sommet de Camp David en 2000, et particulièrement depuis la conférence des Nations-Unies à Durban, en 2001. Incontestablement, à Durban, la campagne de délégitimation d’Israël a exploité le mot « occupation » pour évoquer l’occupation nazie de la France pendant la seconde guerre mondiale et l’associer à ce que fait Israël en Cisjordanie et à Gaza. (4)

La terminologie en usage dans d’autres conflits territoriaux

Les termes politiquement connotés de « territoires occupés » ou de « occupation » semblent ne s’appliquer qu’à Israël, et ils ne sont jamais utilisés lorsque d’autres conflits territoriaux sont évoqués, et particulièrement par des tiers. Ainsi, le département d’Etat américain parle-t-il, à propos du Cachemire, de « territoires disputés » (5). De la même façon, dans son rapport sur les Droits de l’Homme dans les différents pays, le Département d’Etat se réfère à la partie d’Azerbaïdjan revendiquée par des séparatistes arméniens comme à « la région disputée de Nagorno-Karabakh ». (6)

Bien qu’en 1975, la Cour de Justice Internationale ait établi que le Sahara occidental n’était pas sous souveraineté marocaine, les incursions militaires marocaines dans cette ancienne colonie espagnole ne sont pratiquement jamais décrites comme un acte « d’occupation ». Dans une décision plus récente de cette même Cour Internationale de Justice, en mars 2001, l’île de Zubarah, dans le Golfe Persique, revendiquée à la fois par l’émirat de Bahrein et par le Qatar, était décrite par la Cour comme un « territoire disputé » jusqu’à ce qu’elle l’attribue finalement au Qatar. (7)

Bien sûr, chaque situation est unique, mais dans un grand nombre de cas différents mettant en scène des conflits territoriaux, du Nord de Chypre aux Iles Kourile, en passant par Abu Musa, dans le Golfe Persique (qui a déjà donné lieu à des affrontements armés), le terme « territoire occupé » n’est pas utilisé dans les discussions internationales. (8)

De ce fait, le cas de la Cisjordanie et de Gaza apparaît comme une exception unique dans l’histoire contemporaine. En effet, depuis la seconde guerre mondiale, les conflits territoriaux n’ont pas manqué, dans lesquels un territoire était antérieurement sous la souveraineté d’un autre état. Pourtant, cela n’a jamais donné lieu à l’utilisation du terme « territoire occupé » pour décrire le territoire qui était passé sous le contrôle militaire d’un autre Etat, à la suite d’un conflit armé.

Aucune souveraineté antérieure officiellement reconnue dans les territoires

Israël est entré à Gaza et en Cisjordanie pendant la Guerre des Six jours, en 1967. Les experts juridiques israéliens refusèrent les pressions qui voulaient les amener à définir la bande de Gaza et la Cisjordanie comme des « territoires occupés », ou relevant des traités internationaux statuant sur les occupations militaires. L’ancien Président de la Cour Suprême, Meïr Shamgar, écrivit, dans les années 1970, que la 4e Convention de Genève, celle de 1949, n’était juridiquement pas applicable dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, car cette convention « stipule expressément que, pour cela, un Etat souverain devait avoir été expulsé et qu’il devait avoir été un Etat souverain légitime ».

De fait, avant 1967, la Jordanie occupait la Cisjordanie et l’Egypte occupait la bande de Gaza. Leur présence sur ces territoires était le résultat de leur invasion illégale, en 1948, pour contrer la Résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. L’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie, en 1950, ne fut reconnue que par la Grande Bretagne (à l’exclusion de Jérusalem) et par le Pakistan, et elle fut refusée par l’immense majorité du reste de la communauté internationale, Etats arabes inclus.

Sur l’insistance de la Jordanie, la ligne d’armistice de 1949, qui constituait la frontière entre Israël et la Jordanie jusqu’en 1967, n’était pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées. L’accord d’armistice précisait textuellement : « Aucune disposition de ce traité ne pourra jamais préjuger des droits, revendications et positions d’aucune des parties, en ce qui concerne le règlement pacifique des problèmes de la Palestine, les disposition du présent accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires » (c’est l’auteur qui souligne) (Article II.2)

Comme nous le faisions remarquer plus haut, dans de nombreux cas de l’histoire récente dans lesquels des frontières internationalement reconnues ont été transgressées au cours de conflits armés, et des territoires souverains conquis, le terme « occupation » n’a jamais été utilisé, même quand il s’agit d’agressions caractérisées. Pourtant, dans le cas de la Cisjordanie et de Gaza, où aucune souveraineté reconnue internationalement ne s’exerçait auparavant, la stigmatisation de l’Etat d’Israël comme « occupant » est devenue monnaie courante.

Agression au lieu d’autodéfense

Les juristes internationaux établissent habituellement une distinction entre des situations qualifiées de « conquêtes agressives » et celles qui se produisent après une guerre d’autodéfense. Stephen Schwebel, qui, après avoir été conseiller juridique au Département d’Etat, a présidé la Cour Internationale de Justice de La Haye, écrivait, en 1970, à propos du cas d’Israël : « Dans la mesure où le détenteur précédent du territoire avait pris possession de ce territoire de manière illégale, le nouveau détenteur, qui le prend ensuite, en exerçant son droit légal à l’autodéfense, a, par rapport au détenteur précédent, une plus grande légitimité. » (9)

C’est là que la chronologie historique des événements du 5 juin 1967 revêt toute son importance, car Israël n’a pénétré en Cisjordanie qu’après des tirs répétés d’artillerie et des mouvements de troupes jordaniens franchissant la ligne d’armistice séparant les deux pays. Les attaques jordaniennes ont commencé à 10 heures du matin. Un avertissement israélien a été adressés à la Jordanie, via les Nations Unies, à 11 heures. Malgré cela, les attaques jordaniennes ont continué, jusqu’à ce que les Israéliens réagissent militairement à 12 h 45. A cela il faut ajouter que les forces irakiennes avaient traversé le territoire jordanien et étaient en position pour entrer en Cisjordanie. Dans de telles circonstances, la ligne d’armistice provisoire de 1949 avait perdu toute validité au moment même où les forces jordaniennes violaient l’armistice et passaient à l’attaque. Ainsi, la prise de contrôle de la Cisjordanie par Israël est-elle la conséquence directe d’une guerre défensive.

Le vocabulaire de « l’occupation » a permis aux porte-parole palestiniens d’obscurcir ces faits historiques. En parlant de façon répétitive d’une « occupation », ils ont réussi à renverser la causalité du conflit, et tout spécialement devant les opinions publiques occidentales. Ainsi, l’actuel conflit territorial est présenté mensongèrement comme étant le résultat d’une décision israélienne « d’occuper » un territoire, plutôt que comme le résultat d’une guerre imposée à Israël par une coalition d’Etats arabes, en 1967.

Les droits d’Israël dans les Territoires

Aux termes de la résolution 242 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 22 novembre 1967 (qui a servi de base à la Conférence de Madrid, en 1991, et à la Déclaration de Principes de 1993), il est seulement demandé à Israël de se retirer «DE territoires» jusqu’à des «frontières sûres et reconnues», et non «DES territoires», ou «DE TOUS les territoires» conquis lors de la guerre des Six jours. Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques méticuleuses. Par exemple, l’Union Soviétique voulait ajouter le mot «tous» devant «territoires», dans le projet britannique qui est devenu la Résolution 242. L’ambassadeur britannique de l’époque auprès de l’ONU, Lord Caradon, résista à ces efforts (10). Les soviétiques ayant échoué dans leur tentative d’utiliser un vocabulaire qui implique un retrait total, il n’y a aucune ambiguïté sur le sens de la clause concernant le retrait dans la Résolution 242, qui a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

Ainsi, le Conseil de Sécurité des Nations Unies reconnaît à Israël un droit légitime sur une partie de ces territoires, pour rendre ses frontières plus faciles à défendre. George Brown, qui était ministre des Affaires Etrangères britannique en 1967, déclara, trois ans plus tard, que le sens de la Résolution 242 était que « Israël ne se retirerait pas de tous les territoires » (11). Lorsqu’on la conjugue avec la Résolution 338, il est parfaitement clair que seules des négociations pourront déterminer quelles parties de ces territoires deviendront partie intégrante d’Israël et lesquelles seront gardées par l’homologue arabe d’Israël.

En réalité, la dernière attribution de territoire, internationalement reconnue, incluant ce qui est aujourd’hui la Cisjordanie et la bande de Gaza, a eu lieu lors du Mandat pour la Palestine de la Société des Nations, en 1922, qui reconnaissait les droits du peuple juif sur l’ensemble des territoires concernés par le Mandat, en ces termes : « le lien historique entre le peuple juif et la Palestine et le bien-fondé de la reconstitution de leur foyer national dans ce pays ont été reconnus». Les membres de la Société des Nations n’ont pas créé les droits du peuple juif, mais ont plutôt ratifié un droit préexistant, qui s’était exprimé par l’aspiration bimillénaire du peuple juif à recréer sa patrie.

De surcroît, les droits d’Israël ont également été préservés par les Nations-Unies, en vertu de l’article 80 de la charte des Nations Unies, malgré la dissolution de la Société des Nations en 1946. L’article 80 stipule que rien, dans la charte des Nations-Unies, ne peut être interprété de manière qui porte atteinte au droit de quelque peuple ou de quelque pays que ce soit, ou qui modifie les termes des traités internationaux en vigueur ». Ces droits n’ont pas été modifiés par la Résolution 181 de l’Assemblée Générale de l’ONU de novembre 1947 (« le plan de partage » [de la Palestine]) qui était une recommandation non contraignante, et qui a été, de toute façon, rejetée par les Palestiniens et les Etats arabes.

D’après ces sources incontestées du droit international, Israël possède des droits légalement reconnus sur la Cisjordanie et Gaza, droits qui semblent être ignorés par ceux des observateurs internationaux qui répètent la formule « territoires occupés », sans avoir la moindre conscience des droits d’Israël à des revendications territoriales. Même si Israël cherche seulement des « frontières sûres » qui englobent une partie de la bande de Gaza ou de la Cisjordanie, il y a un monde de différence entre la situation dans laquelle Israël se présente à la communauté internationale en tant « qu’occupant étranger » sans droits territoriaux, et celle dans laquelle Israël a, sur cette terre, des droits historiques solides qui lui ont été reconnus par les principaux organes qui servent de source à la légitimité internationale depuis un siècle.

Après Oslo, les territoires peuvent-ils encore être qualifiés « d’occupés » ?

Dans les années 1980, Herbert Hansell, conseiller juridique du Département d’Etat sous la présidence de Carter, chercha à déplacer la discussion sur l’occupation du territoire lui-même aux Palestiniens qui y vivaient. Il estima que la 4e Convention de Genève de 1949 concernant les occupations militaires s’appliquait à la Bande de Gaza et à la Cisjordanie puisque son objectif suprême était de « protéger la population civile d’un territoire occupé. » [12]

L’analyse juridique de Hansell fut abandonnée pas les administrations Reagan et Bush ; cependant, il avait, d’une certaine manière, changé l’angle sous lequel on considérait les choses, le projecteur passant du territoire à sa population. Même ainsi, les définitions officielles de ce qui est constitutif d’une population occupée ne conviennent pas, et d’autant moins depuis la mise en œuvre des Accords d’Oslo de 1993.

A ce moment, Israël transféra les pouvoirs spécifiques de son gouvernement militaire en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza à l’Autorité Palestinienne nouvellement créée. Dès 1994, le Conseiller juridique de la Croix-Rouge, le Dr Hans-Peter Gasser, concluait que son organisation n’avait plus aucune raison de surveiller le respect, par Israël, de la 4e Convention de Genève dans la Bande de Gaza et dans la région de Jéricho, puisque la Convention ne s’appliquait plus, l’administration de ces zones étant passée sous contrôle palestinien. (13)

Lors de la signature du deuxième accord intérimaire, Oslo II, en septembre 1995, qui étendait l’administration palestinienne à toutes les autres villes de Cisjordanie, le Ministre des Affaires Etrangères, Shimon Peres, déclara : « une fois que cet accord sera mis en œuvre, les Palestiniens ne seront plus du tout sous notre domination. Ils se gouverneront eux-mêmes et nous retournerons à notre patrimoine » (14).

Depuis lors, 98% de la population de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza sont sous juridiction palestinienne (15). Israël a transféré 40 domaines de l’autorité civile avec la responsabilité de la sécurité et de l’ordre public à l’Autorité Palestinienne, ne gardant sous son autorité que la sécurité extérieure et la sécurité des citoyens israéliens.

La 4e Convention de Genève, de 1949 (article 6), stipule que la Puissance Occupante n’est soumise à ses dispositions que « tant que cette Puissance exerce les fonctions d’un gouvernement dans ces territoires ». Sous les Ordonnances de La Haye, de 1907, qui avaient précédé la Convention de Genève, un territoire n’était considéré comme occupé que lorsqu’il était véritablement sous le contrôle effectif de l’occupant. De ce fait, d’après les principaux textes internationaux consacrés à l’occupation militaire, le transfert de ses pouvoirs par Israël à l’Autorité Palestinienne a fait qu’il est difficile de continuer à définir la Cisjordanie et Gaza comme des territoires occupés.

Ces derniers mois, Israël a été obligé de continuer à exercer les pouvoirs qui lui restent uniquement en réponse à l’escalade de la violence et des attaques armées lancées par l’Autorité Palestinienne (16). De ce fait, tout redéploiement militaire défensif israélien est une conséquence directe de la décision palestinienne de se lancer dans une confrontation militaire croissante avec Israël et non la manifestation d’une continuation de l’occupation israélienne, comme le soutiennent les Palestiniens. Car une fois que l’Autorité Palestinienne aura pris la décision stratégique de mettre une fin à la vague de violence actuelle, il n’y a aucune raison pour que la présence militaire israélienne dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie ne retrouve pas son niveau d’avant Septembre 2000, un niveau qui avait une influence minimale sur la vie des Palestiniens.

Décrire ces territoires comme « palestiniens » est certes positif pour les objectifs d’une des deux parties, mais cela préjuge des résultats des futures négociations territoriales telles que prévues par la Résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU. C’est aussi une façon de nier les droits fondamentaux d’Israël. De surcroît, la référence à une « résistance à l’occupation » est devenue un vulgaire stratagème utilisé par les porte-parole arabes et palestiniens pour justifier une campagne terroriste persistante contre Israël dans un contexte mondial où le consensus contre le terrorisme gagne en force depuis le 11 septembre 2001.

Il serait beaucoup plus judicieux de décrire la Cisjordanie et la Bande de Gaza comme des « territoires contestés » sur lesquels les Israéliens et les Palestiniens ont des revendications. Comme le déclarait Madeleine Albright, ambassadeur américain auprès des Nations Unies en 1994, « nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés ».

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Notes :

(1) CNN Larry King Weekend, « La guérison de l’Amérique : Peut-on gagner la guerre contre le terrorisme ? », émission diffusée le 10/11/2001 (CNN.com/transcripts).
(2) Mustafa Barghouti, « Le problème, c’est l’occupation », Al-Ahram, supplément du week-end, 6 décembre 2001.
(3) Anne F. Bayefsky, « Terrorisme et racisme: l’après Durban », Jerusalem Viewpoints, n° 468, 16 décembre 2001.
(4) Voir Bayefsky, op. cit. Les officiels américains et européens utilisent peut-être le terme « occupation » par souci humanitaire en référence aux besoins des Palestiniens, sans nécessairement se conformer au programme politique que l’OLP a appliqué à Durban, ou applique à l’ONU.
(5) U.S. Department of State, Consular Information Sheet: India (travel.state.gov/india.html), 23 Novembre 2001.
(6) 1999 Country Reports on Human Rights Practices: Azerbaijan, publié par le Comité pour la Démocratie, les Droits de l’Homme et du travail, Département d’Etat américain, 25 février 2000.
(7) Cas concernant les questions de délimitations territoriales et maritimes entre le Qatar et Bahrain, 15 Mars 2001, Jugement sur les attendus, Cour Internationale de Justice, 16 Mars 2000, paragraphe 100.
(8) Le ministre japonais des Affaires Etrangères n’utilise pas la formule « fin de l’occupation russe aux Iles Kourile ». Au lieu de cela, il parle de « résoudre le problème des Territoires du Nord »
(www.mofa.go.jp/region/europe/russia/territory http://www.mofa.go.jp/region/europe/russia/territory). Le Département d’Etat américain, dans ses « Notes de conjoncture », décrit la République turque du Nord de Chypre comme « la zone Nord (qui est) une administration chypriote-turque appuyée par la présence de troupes turques ». Il ne parle pas « d’occupation turque ».
(9) Stephen Schwebel, « Le poids de la conquête », American Journal of International Law, 64 (1970), pp. 345-347.
(10) Vernon Turner, « Les dessous de la résolution 242 – Les points de vue des acteurs de la région », dans UN Security Council Resolution 242 : la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 27.
(11) Meir Rosenne, « Les interprétations légales de la résolution UNSC242, » in UN Security Council Resolution 242: la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 31.
(12) Sous l’administration Carter, cette distinction faite par Hansell entraîna, pour la première fois, une prise de position américaine déclarant illégales les implantations israéliennes, puisqu’elles étaient présentées comme contrevenant à l’Article 49 de la 4e Convention de Genève, qui stipule que « la puissance occupante ne doit pas expulser ni transférer une partie de sa population civile dans les territoires qu’elle occupe ». Ultérieurement, les administrations Reagan et Bush modifièrent la formulation de la période Carter, modifièrent le mode de vote américain à l’ONU, et refusèrent de qualifier d’illégales les implantations israéliennes, tout en continuant à formuler des objections contre cette pratique. Une des raisons de ce revirement était le fait que la 4e Convention s’appliquait à des situations du type de celle de l’Europe occupée par les Nazis, ce qui impliquait « des transferts forcés, la déportation ou le déplacement de masses de gens ». Cette opinion a été officiellement formulée le 1er février 1990 par l’ambassadeur américain aux Nations-Unies à Genève, Morris Abram, qui faisait partie du personnel américain aux procès de Nuremberg et pour qui, de ce fait, les motivations de la 4e Convention de Genève n’avaient pas de secret.
(13) Dr. Hans-Peter Gasser, Conseiller juridique, Comité International de la Croix-Rouge, « sur l’applicabilité de la 4e Convention de Genève, après la Déclaration de principes et l’Accord du Caire », contribution présentée au Colloque International sur les Droits de l ‘homme, Gaza, 10-12 septembre 1994. Gasser n’a pas déclaré que, selon son opinion, les territoires n’étaient plus « occupés », il a seulement souligné les complications entraînées par la mise en oeuvre des Accords d’Oslo.
(14) Discours du Ministre des Affaires Etrangères Shimon Peres, lors de la cérémonie de signature de l’accord intérimaire israélo-palestinien, Washington, D.C., 28 septembre 1995.
(15) Ehud Barak, « Israel a besoin d’un véritable partenaire pour faire la paix », New York Times, 30 juillet 2001.
(16) La violence de l’actuelle Intifada résulte d’une décision stratégique prise par Yasser Arafat, comme en témoigne de nombreux porte-parole palestiniens :
– « Quiconque pense que l’Intifada a démarré à cause de la visite du méprisable Sharon à la mosquée Al-Aqsa a tort… Cette Intifada était planifiée depuis longtemps, très précisément depuis le retour du Président Arafat des négociations de Camp David », a admis le Ministre palestinien de l’information Imad Al-Faluji (Al-Safir, 3 mars 2001, traduction MEMRI). Auparavant, Al-Faluji avait expliqué que le lancement de l’Intifada était le résultat d’une décision stratégique prise par les Palestiniens (Al-Ayyam, décembre 6, 2000).
– Arafat a commencé à appeler à une nouvelle Intifada dans les premiers mois de l’année 2000. Parlant devant la jeunesse du Fatah, à Ramallah, Arafat « a laissé entendre que les Palestiniens étaient susceptibles de recourir à l’option de l’Intifada » (Al-Mujahid, 3 avril 2000).
– Marwan Barghouti, chef du Fatah de Cisjordanie, expliquait, début mars 2000: « Nous devons mener la bataille sur le terrain parallèlement à la bataille de la négociation… je veux dire la confrontation  » (Ahbar Al-Halil , 8 mars 2000). Durant l’été 2000, le Fatah a entraîné la jeunesse palestinienne en vue de la violence prochaine, dans 40 camps de formation.
– L’édition de juillet 2000 du mensuel Al-Shuhada, diffusé dans les Services de Sécurité palestiniens, déclare: « De la délégation aux négociations, dirigée par le commandant et symbole, Abu Amar (Yasser Arafat), au courageux peuple palestinien : soyez prêts. La bataille pour Jérusalem a commencé ». Un mois plus tard, le commandant de la Police palestinienne déclarait au journal palestinien officiel Al-Hayat Al-Jadida : « La police palestinienne sera en tête avec les nobles fils du peuple palestinien, quand l’heure de la confrontation arrivera ». Freih Abu Middein, ministre de la Justice de l’Autorité Palestinienne, avertissait, le même mois: « La violence est proche et les Palestiniens sont disposés à sacrifier 5.000 victimes [s’il le faut] » (Al-Hayat al-Jadida, 24 août 2000 – MEMRI).
– Une autre publication officielle de l’Autorité Palestinienne, Al-Sabah, en date du 11 septembre 2000, déclarait, plus de deux semaines avant la visite de Sharon [au Mont du Temple] : « Nous avancerons et décrèterons une Intifada générale pour Jérusalem. Le temps de l’Intifada est venu, le temps de l’Intifada est venu, le temps du Jihad est venu ».
– Le conseiller d’Arafat, Mamduh Nufal, déclarait au Nouvel Observateur français (1er mars 2001): « Quelques jours avant la visite de Sharon à la Mosquée, quand Arafat nous a demandé d’être prêts à lancer une nouvelle confrontation, j’ai encouragé des démonstrations de masse, et je me suis opposé à l’utilisation d’armes à feu ». Bien entendu, Arafat a finalement opté pour l’utilisation d’armes à feu et les attaques à l’explosif contre les civils israéliens et le personnel de l’armée. Le 30 septembre 2001, Nufal précisait, dans al-Ayyam, qu’Arafat avait en fait donné des ordres aux commandants locaux, le 28 septembre 2000, en vue de confrontations violentes avec Israël.

Voir aussi:

Colonie ou implantation? Outre la guerre des images, la bataille sémantique fait rage au Proche-Orient. La terminologie diffère selon les parties. Elle peut devenir un véritable casse-tête.

Il y a quelques temps, une journaliste fraîchement débarquée en Israël m’a demandé si j’employais le mot «colonie» ou «implantation». J’ai répondu que j’utilisais généralement le terme «implantation». «Pourquoi?», s’est interrogé ma collègue. Sa question m’a alors amenée à réfléchir sur la terminologie du conflit israélo-palestinien.

Lorsqu’il s’agit du Proche-Orient, il faut parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Doit-on avoir peur des mots? Doit-on redouter un déluge de critiques par l’emploi de tel ou tel vocabulaire? Rendre compte de l’actualité israélo-palestinienne relève d’une rigueur sémantique, afin d’éviter les imprécisions, les erreurs, les prises de position qui soulèvent alors la colère de tel ou tel camp.

Celui qui tient à une certaine neutralité doit s’interroger sur le sens des mots choisis, mais aussi sur la terminologie entérinée par la presse française et la communauté internationale.

Si Israël a gagné les conflits armés, la bataille des mots est pour l’Etat hébreu une lutte acharnée et perpétuelle. Le vocabulaire utilisé influence la perception du conflit, véhicule des idées (parfois erronées) et transmettent une représentation de la réalité. Par exemple, les termes de «Cisjordanie occupée» impliquent que la présence israélienne est illégale. A l’inverse, parler de «Judée Samarie» sous-entend le lien historique de cette terre avec le peuple juif.

Alors, doit-on parler de colonie ou d’implantation? Dire terroriste ou activiste? Territoire occupé ou territoire disputé? Cisjordanie/Judée Samarie? Barrière de sécurité ou mur de l’Apartheid? Esplanade des Mosquées ou Mont du Temple? Indépendance d’Israël ou Nakba? Pour se faire une idée du sens de chaque terme, passons en revue l’essentiel des mots que se disputent les deux parties.

Colonie/Implantation

Les colonies ou implantations israéliennes sont des communautés de peuplement, établies sur les territoires conquis à la suite de la guerre des Six Jours, en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est. Près de 350.000 habitants juifs vivent dans plus de 130 implantations de Cisjordanie et 180.000 dans une douzaine de quartiers de Jérusalem Est.

Ces communautés de peuplement sont appelées «Israel settlement» ou «Jewish settlement» par les médias anglophones, ce qui sous-entend une connotation neutre. Le mot «settlement» se traduit en français par «colonie» ou encore «implantation». Les ouvrages spécialisés, les textes de l’ONU et la presse française utilisent généralement le mot «colonie».

Mais les Israéliens dénoncent l’emploi de ce terme qui selon eux a un sens péjoratif et fait référence dans la mémoire collective à la colonisation européenne (notamment à la présence française en Algérie), dont l’image était très négative. Les Israéliens utilisent les mots «implantation» ou encore «avant-poste». Ils défendent une présence juive dans la région qui n’a pas cessé depuis plus de 3.000 ans.

Si aux yeux de la communauté internationale les colonies sont illégales, l’État hébreu déclare, quant à lui, qu’aucun traité de paix n’a établi de statut juridique sur ces territoires, que la présence de communautés juives à Hébron est multiséculaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée depuis le mandat britannique sur la Palestine.

Le terme de «colons» pour désigner les habitants juifs des implantations est systématiquement fustigé par la droite israélienne.

Terroriste/Activiste, militant, résistant

Le 19 octobre dernier, lorsque le soldat franco-israélien Gilad Shalit a été libéré contre plus de 1.000 prisonniers palestiniens, les Palestiniens ont fêté la libération de «résistants». Du point de vue israélien, Gilad Shalit était échangé contre des «terroristes», auteurs d’attaques contre l’Etat hébreu.

Un terroriste est aux yeux de l’ennemi un résistant. Prenons l’exemple des membres du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne. Pour la presse internationale, il s’agit de «militant» ou «activiste du Hamas». Les médias palestiniens les qualifient de «résistant» (ou «martyr») tandis que pour la presse israélienne, ils sont des «terroristes».

Le gouvernement israélien condamne régulièrement la presse internationale qui emploie frileusement le mot «terroriste».

«Nous avons encore parfois des débats sur ce terme, avoue Marius Schattner, de l’Agence France Presse. Qui peut-on qualifier de terroriste ou pas?»

Territoire occupé/Territoire disputé

L’expression «territoire occupé» renvoie aux territoires conquis par Israël lors de la guerre des Six Jours. Cette terminologie est largement utilisée par la communauté internationale et les médias français. Pour les Israéliens, la Cisjordanie est un «territoire disputé» ou «territoire contesté».

Après la guerre des Six Jours, la résolution 242 est votée au Conseil de sécurité des Nations unies. De cette résolution, naît deux interprétations divergentes. Les discussions portent sur la formulation à donner au retrait israélien des territoires conquis. La version française fait état d’un retrait des «territoires occupés», ce qui sous entend de la totalité des territoires conquis en 1967.

En anglais, le texte officiel parle d’une évacuation «from occupied territories» («de territoires occupés»), soit un retrait d’une partie des territoires seulement. Pour Israël, seule la traduction anglaise est la bonne. Alors que pour les Arabes, la formule française est la seule valable (1).

Cette formulation délibérée est le résultat de plusieurs mois de négociations diplomatiques. George Brown, qui était ministre des Affaires Etrangères britannique en 1967, déclara, trois ans plus tard, que le sens de la résolution 242 était qu’«Israël ne se retirerait pas de tous les territoires».

Comme le déclarait Madeleine Albright, ambassadeur américain auprès des Nations unies en 1994, «nous ne sommes tout simplement pas d’accord avec le fait de décrire les territoires occupés par Israël lors de la Guerre des Six Jours comme des territoires palestiniens occupés» (2). La résolution 58/292 du 14 mai 2004 de l’Assemblée générale des Nations unies utilise l’expression «territoire palestinien occupé, incluant Jérusalem-Est» [PDF]. L’emploi du singulier est d’importance car il reconnaît l’intégrité territoriale palestinienne, contrairement à l’appellation fréquemment utilisée de «territoires palestiniens».

Lorsque la Transjordanie a annexé la Judée et la Samarie en 1948, aucun Etat, hormis la Grande-Bretagne et le Pakistan, n’a reconnu cette annexion. Les Israéliens rappellent qu’aucune souveraineté antérieure à 1967 n’a jamais été officiellement reconnue sur ces territoires.

Les États arabes qui occupaient la région avait insisté en 1949 pour que la ligne d’armistice ne constitue «pas une frontière reconnue internationalement mais seulement une ligne séparant deux armées». C’est ce que tentent d’expliquer deux vidéos israéliennes postées sur Internet: l’une émane de l’organisation des localités juives de Judée Samarie, Yesha Council:

L’autre provient du vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon:

Doit-on avoir un Etat pour être «occupé»? Emmanuel Navon, professeur de sciences politiques à l’Université de Tel Aviv, explique:

«Au sens juridique du terme, l’expression “Cisjordanie occupée” est inexacte. Un territoire est occupé lorsqu’une partie ou l’ensemble d’un Etat souverain est conquis. Ce qui veut dire que cela ne s’applique pas à la rive occidentale du Jourdain, puisqu’avant 1967, elle ne faisait pas partie d’un Etat souverain. Il y a eu un vide juridique entre 1948 et 1967.»

Ce à quoi certains répondent:

«Mais qui dit qu’il faut avoir un Etat pour être occupé?»

Après la guerre des Six Jours, Israël occupe militairement la Cisjordanie. Au regard des principes du droit international, l’utilisation de la guerre pour s’emparer de territoires fut condamnée par les résolutions 242 en 1967 et 338 en 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. En 2004, un avis de la Cour internationale de Justice des Nations unies rappelle la convention de La Haye de 1907:

«Un territoire est considéré comme occupé lorsqu’il se trouve placé de fait sous l’autorité de l’armée ennemie.»

Israël est l’un des rares pays considérés comme force occupante dans le monde. Dans de nombreux autres conflits territoriaux, les diplomates évoquent plutôt des «territoires disputés». Il n’a jamais été question d’occupation au Cachemire, revendiqué par l’Inde et la Pakistan. On ne parle pas non plus d’occupation pour la région du Haut-Karabagh, revendiquée par l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ni pour la présence turque dans le nord de l’île de Chypre, depuis 1974.

Cisjordanie/Judée Samarie

La région est délimitée à l’est par le Jourdain et la Mer Morte; au nord, au sud et à l’ouest par la ligne verte de 1949. Elle couvre une surface de 5.860 km2 et compte en 2010 une population totale estimée à 2.514.845 personnes dont 350.000 Israéliens.

La région englobe Jérusalem-Est, les villes de Bethléem, Hébron, Jéricho, Naplouse, Jénine, des implantations israéliennes, telles qu’Ariel, Maale Adumim, ainsi que de nombreux lieux saints des trois religions monothéistes.

En novembre 1947, lors du plan de partage de la Palestine mandataire votée par les Nations unies, la Judée-Samarie est initialement attribuée à un futur Etat arabe. A la fin de la première guerre israélo-arabe, la région est annexée par la Transjordanie. En 1950, la Transjordanie prend le nom de Royaume Hachémite de Jordanie pour entériner cette annexion.

A la fin de la guerre des Six Jours en 1967, les Jordaniens perdent la Judée-Samarie qui passe sous le contrôle de l’Etat d’Israël (qui ne l’a toutefois pas annexée pour des raisons démographiques).

Judée et Samarie font référence aux territoires des deux royaumes bibliques, la Judée (capitale: Jérusalem) et Israël (capitale: Samarie). Elles sont des termes utilisés depuis l’Antiquité, pour désigner différentes parties de ces territoires de la rive occidentale du Jourdain. Ces termes ont été utilisés dans la résolution 181 des Nations unies pour désigner précisément certains des territoires dans le partage de la Palestine en 1948.

Le terme Judée-Samarie était communément utilisée par les médias et les instances internationales jusqu’à l’annexion de la région par la Transjordanie. Depuis 1949, la Judée et la Samarie ont été rebaptisées Cisjordanie par la communauté internationale. Étymologiquement, «Cisjordanie» désigne la région «du même côté», la rive ouest du Jourdain, par opposition à «l’autre côté», la rive est du fleuve, la Jordanie. La Cisjordanie est donc un terme récent pour désigner les territoires à l’ouest du Jourdain.

En Israël, le gouvernement et la population utilisent la dénomination de «Judée-Samarie», qui affirme le lien historique entre l’identité juive et ce territoire. Les anglophones utilisent l’expression «West Bank» —littéralement «rive ouest»— appellation également géographique et plus neutre vis-à-vis de l’autre rive du Jourdain.

Barrière de sécurité/Mur d’apartheid

La barrière de sécurité est un mur construit depuis 2002 en Cisjordanie, pour délimiter Israël des territoires palestiniens. Sa construction a été décidée pendant la deuxième intifada, à la suite de la vague d’attentats-suicides qui frappaient le cœur d’Israël. L’objectif déclaré de ce mur est de protéger la population israélienne, en empêchant physiquement toute intrusion en provenance des territoires palestiniens. Les partisans de la construction du mur parlent de «barrière», de «clôture de sécurité», ou de «barrière anti-terroriste».

Les opposants à cette barrière la surnomment «mur de la honte», voire «mur de l’apartheid», en référence au régime de ségrégation en vigueur en Afrique du Sud jusqu’en 1991. Les médias de l’Autorité palestinienne se réfèrent à cette barrière en langue arabe par la définition politique de «mur de séparation raciale» (jidar al-fasl al-‘unsuri).

Les médias français utilisent généralement le terme de «barrière de sécurité» ou «mur de séparation».

L’existence de cette barrière est contestée par la communauté internationale. En 2004, un avis de la Cour internationale de Justice la déclare «illégale». Son tracé soulève de nombreuses polémiques. Long de 730 km, la barrière suit la ligne verte, mais pénètre profondément à l’intérieur de la Cisjordanie pour intégrer des colonies juives.

Le mur complique le quotidien des Palestiniens, entraînant des difficultés de déplacement, l’enclavement de certains villages palestiniens et la réquisition de terres palestiniennes.

De son coté, le ministère israélien des Affaires étrangères affirme que la construction de la barrière de séparation a permis de sauver un grand nombre de vies et de réduire le nombre d’attentats-suicides en territoire israélien. En 2002, les bombes vivantes ont tuées 194 personnes, 104 en 2003 et 13 en 2005.

Esplanade des Mosquées/Mont du Temple

Situé dans la vieille ville de Jérusalem, l’Esplanade des Mosquées ou le Mont du Temple est l’endroit où selon la tradition juive et islamique, Abraham, père des trois religions monothéistes, est testé par Dieu qui lui demande de sacrifier son fils.

Pour le peuple juif, le Mont du Temple est le premier lieu saint du judaïsme, l’endroit le plus sacré. C’est là qu’il y a près de 3.000 ans, le roi Salomon construisit le premier Temple de Jérusalem qui fut détruit par les Babyloniens en l’an 586 avant l’ère chrétienne. 70 ans plus tard, les juifs, de retour d’exil, édifièrent le deuxième Temple qui fut rasé par les Romains en 70 après JC. L’unique vestige du Temple de Jérusalem aujourd’hui est le mur occidental, appelé Mur des lamentations, devant lequel des milliers de Juifs viennent se prosterner chaque jour.

Pour les musulmans, le Mont du Temple (en arabe Haram esh-Sharif) n’est autre que l’Esplanade des Mosquées. L’Esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, abrite depuis le VIIe siècle le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa.

Selon la tradition, c’est de là que Mahomet accompagné de l’ange Gabriel aurait effectué son voyage nocturne vers le paradis. La gestion de l’ensemble de l’Esplanade des Mosquées a été confiée au Waqf, fondation religieuse islamique.

Ce lieu saint attise les passions et la convoitise des fidèles, juifs et musulmans, car l’Esplanade des Mosquées est construite là où se trouvait le Temple de Jérusalem. Dans le passé, il a été l’objet de violentes émeutes entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes. L’héritage de ce lieu est d’autant plus d’actualité que l’Unesco vient d’accepter la Palestine comme Etat membre à part entière. Les Israéliens redoutent que les Palestiniens proposent la candidature de l’Esplanade des Mosquées comme partie intégrante de leur patrimoine. Une initiative qui pourrait alors déclencher un conflit religieux.

Indépendance d’Israël/Nakba

Le 14 mai est le jour anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël (proclamée le 14 Mai 1948), appelé Yom Haatsmaout. La date varie chaque année en fonction du calendrier hébraïque. Dans l’ensemble du pays, cette journée est célébrée par de nombreuses festivités, des cérémonies officielles, démonstrations militaires ou encore concerts en plein air. Il est de tradition d’organiser des pique-niques barbecue.

«Leur indépendance, c’est notre Nakba.» Chaque année, alors que les Israéliens célèbrent leur indépendance, les Palestiniens commémorent la «Nakba», la catastrophe en arabe, que représente pour eux la naissance de l’Etat d’Israël. La «Nakba» marque l’exode de la population arabe palestinienne (entre 700.000 et 900.000 Palestiniens; les Israéliens parlent officiellement de quelque 520.000 Arabes) des régions qui devinrent l’Etat Juif après la première guerre israélo-arabe de 1948. Tous les ans, la «Nakba» est marquée par des manifestations d’Arabes israéliens et des heurts entre l’armée israélienne et les Palestiniens.

Au Proche-Orient, la guerre des mots est menée avec autant d’acharnement que celle des images.

Kristell Bernaud

(1) Charles Enderlin, Le grand aveuglement, Albin Michel.

(2) Meir Rosenne, «Les interprétations légales de la résolution UNSC242» in UN Security Council Resolution 242: la construction du processus de paix (Washington: Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, 1993), p. 31

Voir encore:

Pourquoi le débat israélo-palestinien s’est focalisé sur la question des villes et villages israéliens en Judée-Samarie?
Léon Rozenbaum
Source Israël
21 décembre 2016

La stratégie des Arabes palestiniens, pour annihiler Israël, de plus en plus clairement, consiste à tabler sur la négation de la légitimité de la souveraineté juive en Terre d’Israël que les non juifs dénomment: « Palestine ». Ils comptent, pour ce faire, s’appuyer sur l’antisémitisme musulman et sur l’antisémitisme chrétien et ils les pratiquent et les diffusent à grande échelle. Ils estiment que leur meilleur argument serait d’ordre juridique contre l’ »occupation ». Il est temps de faire voler en éclats cette manipulation et ce mensonge repris avec constance par les gouvernements occidentaux.

Rappelons une fois de plus que la seule base juridique consensuelle en Droit International Public (D.I.P.) quant à la reconnaissance par les Nations du droit imprescriptible du Peuple Juif sur sa patrie historique, est le Traité de San Remo adopté sous les auspices de la Société des Nations (S.D.N.), organisation internationale à vocation universelle, créée après la première guerre mondiale et la dislocation de l’Empire Ottoman.

Faisant suite à une déclaration politique du Ministre des Affaires Etrangères de l’une des grandes puissances de cette époque, la Grande–Bretagne, à la demande du Mouvement Sioniste, avant-garde militante du Peuple d’Israël, la Déclaration Balfour, ce traité approuvé par toutes les puissances importantes, reconnaissait au Peuple Juif le droit de rétablir un « foyer national » dans son pays.

Le territoire alloué aux Juifs comprenait le territoire israélien actuel, la Judée, la Samarie, Gaza et le territoire actuel de la Jordanie. La seule réserve à cette reconnaissance était le maintien des droits acquis des communautés non-juives.

La première partition de la Palestine  par la Grande-Bretagne à qui le traité avait confié un « mandat » pour la mise en œuvre de ce programme, a été réalisée pratiquement dès son entrée en fonction, retirant aux Juifs les 3/5 de leur patrie en les cantonnant en Palestine occidentale, en violation du mandat.

L’Etat de Jordanie créé de toutes pièces par la Grande-Bretagne en 1946 s’est emparé par la force et illégalement, avec l’aide empressée des Britanniques, dès la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, de la Judée et de la Samarie. L’Egypte a fait de même pour la région de Gaza. Cette occupation de régions importantes de la Palestine occidentale par ces deux Etats, qui a duré 19 ans, constituait une violation du droit international.

La résolution 181, de 1947, de l’A.G. des Nations-Unies, organisation qui a pris la suite de la S.D.N. après la seconde guerre mondiale, une recommandation sans effet obligatoire, prévoyait la création de deux Etats en Palestine occidentale, l’un juif et l’autre arabe et entendait priver les Juifs de leur capitale, Jérusalem, où ils constituaient depuis plus d’un siècle une large majorité des habitants.

Tous les Etats arabes et les Arabes palestiniens ont refusé le plan de partage et ont lancé leurs armées pour détruire dans l’œuf l’Etat juif naissant et massacrer la communauté juive de Palestine.

Après la signature de l’armistice de Rhodes en 1949, et la surprenante résistance des combattants juifs sortis de l’ombre, ni la Jordanie, ni l’Egypte n’ont songé un seul instant à constituer un Etat arabe palestinien dans les territoires de la Palestine occidentale qu’ils contrôlaient. Ils continuaient d’affirmer publiquement leurs intentions génocidaires contre Israël.

Cette attitude a des conséquences de droit: elle rendait la résolution 181 obsolète. Ce qui fait que lorsque Israël répliqua en 1967 à une nouvelle tentative génocidaire massive et déclarée des armées égyptienne, syrienne, jordanienne, iraquienne et d’un contingent algérien, en libérant, entre autres, toute la Palestine occidentale, sur le plan du droit, il ne s’agissait en aucun cas de l’occupation de territoires appartenant à un autre Etat mais bien de terres attribuées au peuple Juif par le Traité de San Remo! C’est pourquoi sur cette base, les villes et villages juifs établis légalement sur ce territoire le sont sur des terres domaniales et évitent l’appropriation de terres appartenant à des communautés non juives par application dudit traité.

Les gouvernements occidentaux qui ont tous le moyen de connaître cette réalité de droit font cependant semblant de croire, contre toute logique juridique, qu’Israël occuperait ces territoires qui lui seraient étrangers, avec toutes les règles du D.I.P. qui en découlent. Ce faisant ils prolongent et aggravent le conflit.

En effet les Arabes palestiniens peuvent dans ce cas légitimement croire qu’il leur suffit d’attendre et que tôt ou tard, la totalité de la Terre d’Israël tombera dans leurs rets. Pour eux, Tel-Aviv est une « colonie ». Ils vont même jusqu’à justifier ainsi leur refus de toute concession comparant leur attitude à celle de la mère véritable dans le fameux jugement du Roi hébreu Salomon!

La tentative du gouvernement français actuel, si clairement en détresse, de fixer le sort d’Israël en convoquant une conférence internationale hors la présence de l’Etat juif souverain relève de la fantasmagorie où le mépris des Juifs est évident. Il est temps de signifier à tous ceux qui se trompent d’époque et de rapport de force militaire, que le royaume latin de Jérusalem a vécu. Les Juifs redevenus Hébreux sont rentrés chez eux pour l’éternité.

Voir encore:

Why are people so upset over the latest U.N. resolution about Israel?

CBS News

December 28, 2016

The Obama administration’s decision to not veto a United Nations resolution sharply critical of Israeli settlements continues to stir debate. But was it really all that different than prior U.N. resolutions that criticized Israel that the U.S. let pass?

The U.N. resolution condemning Israeli settlement activity passed the Security Council last week after the U.S. declined to use its veto power to stop it. Samantha Power, the U.S. ambassador to the U.N., instead cast the sole abstaining vote. All other nations on the Security Council voted in favor.

The resolution called for Israel to “immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem.”

East Jerusalem, which contains some of the holiest sites in Judaism, was seized by Israel in the Six-Day War of 1967. In a speech before the chamber, Power insisted that her vote did “not in any way diminish the United States’ steadfast and unparalleled commitment to the security of Israel.”

Conservatives and pro-Israel advocates say the resolution signals a major and damaging reversal of U.S. policy in the region. “The White House has abandoned any pretense that the actual parties to the conflict must resolve their differences,” John Bolton, the former U.S. ambassador to the U.N., wrote in the Wall Street Journal on Monday.

But Democrats have argued that conservative criticisms of the White House are unwarranted. As political consultant Mark Mellman pointed out on Twitter, for example, previous administrations have declined to exercise veto powers when it comes to resolutions critical of the Israelis.

“Acting like this is some brand new policy or action just isn’t consistent with reality,” Mellman, who believes the decision to allow the resolution was wrongheaded, told CBS News. “Right or wrong, good or bad, since 1967 American policy has been that the West Bank, including East Jerusalem, and Gaza are occupied territories whose final status must be determined by the parties. And the U.S. has consistently opposed Israel’s settlement policy.”

Critics of the resolution argue that it’s been decades since the U.S. allowed a U.N. resolution to pass that says East Jerusalem and other lands taken in the 1967 war are occupied Palestinian territory. Previous resolutions the U.S. allowed to pass have instead tended to condemn specific actions of Israelis or the Israeli government, such as the bombing of an Iraqi nuclear reactor in 1981.

In another example, a U.N. resolution condemning the 1994 massacre of Muslim worshipers by a Jewish terrorist was passed only when Madeleine Albright, then the U.S. ambassador, demanded a paragraph-by-paragraph vote on it to strip out language implying that Jerusalem was occupied territory.

“[W]e oppose the specific reference to Jerusalem in this resolution and will continue to oppose its insertion in future resolutions,” Albright said at the time.

“We simply do not support the description of the territories occupied by Israel in the 1967 war as ‘occupied Palestinian territory,’” Albright said. However, the U.S. does not recognize Israeli claims to East Jerusalem either.

Albright’s comments run counter to a 1980 U.N. resolution – supported by the U.S. – that did refer to Jerusalem and other lands taken by Israel in 1967 as occupied territory. But that position was in a sense reversed by Albright’s comments in 1994.

“It’s true the U.S. has not allowed a U.N. Security Council resolution to that effect to pass since 1980, but U.S. policy has been consistent under every Democratic and Republican administration to date. Moreover, the U.S. has allowed other anti-Israel resolutions to pass on a number of occasions before and after 1980. President Obama was the first president to adopt a policy of vetoing all anti-Israel U.N.S.C. resolutions – until now,” Mellman said.

“So not vetoing this resolution is a bit of a punch in the gut, but not a very hard one. It is in no way a change in U.S. policy about the conflict.”

Voir de plus:

9 questions about the UN vote on Israeli settlements you were too embarrassed to ask

MIDEAST DIPLOMACY; U.N. Security Council Condemns the Hebron Slayings

Paul Lewis
The New York Times
March 19, 1994

UNITED NATIONS, March 18— After three weeks of tortuous negotiations, the Security Council condemned the Hebron massacre today. But the United States strongly disavowed a suggestion in the Council’s resolution that Jerusalem was part of the Israeli-occupied territories, and insisted that the city’s future must be negotiated.

The United States said the language on the status of Jerusalem would have led it to veto the resolution if not for the decision by Syria, Jordan and Lebanon to resume discussions with Israel next month and the agreement between the Palestinian Liberation Organization and Israel to have high-level contacts aimed at restarting the stalled peace effort.

In a maneuver not seen in the Security Council since a debate on Nicaragua in 1985, the United States insisted that the resolution be voted on paragraph by paragraph. Partial Abstention by U.S.

That enabled the United States to abstain on a paragraph that implies that Jerusalem is part of the occupied territories by reaffirming the applicability of the Fourth Geneva Convention of 1949, which spells out the rights of civilians caught in war zones, « to the territories occupied by Israel in June 1967, including Jerusalem. »

The United States also abstained on a paragraph that says the massacre three weeks ago « underlines the need to provide protection and security for the Palestinian people. » This language appears to support Palestinian demands for an international protection force in the occupied territories, which the United States opposes unless both sides agree.

The 14 other Council members voted in favor of every paragraph. That enabled Jean-Bernard Merimee, the French representative to the United Nations and President of the Council this month, to declare the resolution adopted once all of its paragraphs had been approved.

The American representative, Madeleine K. Albright, said that describing Jerusalem as « occupied Palestinian territory » implied Palestinian sovereignty over it and thus contradicted the undertaking Israel and the P.L.O. had reached in the declaration they signed in Washington last September, which said the city’s future would be decided in negotiations between them.

Although the Security Council has adopted many resolutions saying that Jerusalem is part of the Arab territories Israel occupied in the 1967 war, Ms. Albright made clear that the United States would oppose similar language in future United Nations texts.

The Clinton Administration has been under strong Congressional pressure to veto the latest resolution because of its references to Jerusalem. A total of 82 Senators sent a letter to President Clinton today urging him to veto any Council resolution « that states or implies Jerusalem is « occupied territory. »

The Israeli representative to the United Nations, Gad Yaacobi, told the Council that the reference to Jerusalem was incompatible with the agreement to settle the city’s future by negotiation as well as with Israel’s own position on the matter, which is that « Jerusalem will remain united under Israeli sovereignty as our eternal capital. »

Speaking for the P.L.O., Nasser al-Kidwa, its United Nations observer, said every Council resolution dealing with Palestinians had described Jerusalem as part of the occupied territories. He complained that « any change in the language creates the danger of a change in policy » and expressed « disappointment and deep concern » at the American abstention.

The resolution today, which « strongly condemns the massacre in Hebron and its aftermath, » gives the Palestinians the firm condemnation they wanted — and in a formal resolution, as they insisted, rather than a statement.

It also urges Israel to disarm settlers in the occupied territories as one way of preventing further « illegal acts of violence. »

But while the resolution goes on to say that « a temporary international or foreign presence » is another measure that might be taken to secure the Palestinians’ safety, it makes clear that this should be the temporary foreign presence foreseen in the declaration signed by Israel and the Palestine Liberation Organization last September and « within the context of the ongoing peace process. »

Photo: Madeleine K. Albright, the American delegate to the United Nations, raising her hand yesterday to abstain on the Jerusalem paragraph of the Security Council resolution on the Hebron massacre, after Sir David Hannay, the British delegate, front left, voted to approve the paragraph. (Don Hogan Charles/The New York Times)

Voir de même:

Analysis Kerry’s Speech Was Superbly Zionist, pro-Israel, and Three Years Too Late
The outline presented by Kerry could have pushed Israel and Palestinians into an agreement, if he had put it on the table in 2014. But Netanyahu and Abbas’ hypocritical responses showed why his peace efforts failed
Barak Ravid
Haaretz
Dec 29, 2016

U.S. Secretary of State John Kerry chose to devote the main portion of his speech to his personal connection to Israel since his first visit as a young senator 30 years ago. He told of climbing up Masada, swimming in the Dead Sea, going from one biblical city to another, seeing the Holocaust atrocities at Yad Vashem, and even told of how he piloted an air force plane over Israel to understand its security needs.

There aren’t too many other American politicians who know Israel the way John Kerry does. There isn’t a single serving American politician who has delved as deeply into the Israeli-Palestinian conflict and has invested in studying and trying to resolve it as John Kerry. These things were clearly reflected in his speech. The secretary of state gave a cogent analysis of where things stand in the peace process these days. He noted the deep distrust between the parties, the despair, anger and frustration on the Palestinian side, and the isolation and indifference on the Israeli side.

Kerry’s address was a superbly Zionist and pro-Israel speech. Anyone who truly supports the two-state solution and a Jewish and democratic Israel should welcome his remarks and support them. It’s a binary incidence, with no middle ground. It’s no surprise that those who hastened to condemn Kerry even before he spoke and even more so afterward were Habayit Hayehudi chairman Naftali Bennett and the heads of the settler lobby. Kerry noted in his speech that it is this minority that is leading the Israeli government and the indifferent majority toward a one-state solution.

Over the past four years, the American secretary of state often acted clumsily, obsessively and even with a touch of messianism, but he did so for a good and just cause. He tried with all his might to end 100 years of conflict to assure the future of Israel, America’s greatest ally, and end Palestinian suffering. Unfortunately, his two partners in this mission, Prime Minister Benjamin Netanyahu and Palestinian Authority President Mahmoud Abbas, simply didn’t want it as much as he did. Over the past four years, Abbas and Netanyahu were mirror images of each other. They focused on preserving the status quo, stayed entrenched in their positions and weren’t willing to take even the smallest risk or shift one millimeter to try and achieve a breakthrough.

Kerry’s speech was long and detailed, but its heart was the outline for peace that he presented. The outline wasn’t intended to be an imposed solution, but to include the basic principles by which all future Israeli-Palestinian negotiations should be conducted. The outline was based on the framework document he had formulated in March 2014 after several months of talks with both parties.

When you read Kerry’s words, you see immediately that he accepted a significant number of Israel’s demands, first and foremost the demand that any future peace agreement include Palestinian recognition of Israel as a Jewish state. Kerry also stated that a solution to the refugee problem would have to be just and practical, one that would not undermine the State of Israel’s character. He said that any future border would be based on leaving the large settlement blocs in Israel’s hands; he clarified that the permanent arrangement must constitute an end to the conflict and preclude any further Palestinian demands, and stressed security arrangements as a central component of any agreement.

At the same time, Kerry’s outline includes a series of compromises that Israel would be required to make, first and foremost allowing Jerusalem to serve as the capital of both states. Kerry clarified that the borders of the Palestinian state would have to be based on the 1967 lines with agreed land swaps of equivalent size, and that Israel must recognize the suffering of the Palestinian refugees.

The main problem with Kerry’s outline is that he presented it too late. He knows that he made a mistake when in March 2014 he did not officially put his framework document, with the same principles that he enumerated in his speech, on the table. His senior advisers admit that if he could go back 33 months in time, Kerry would have presented his peace outline to both sides and summoned them to negotiate on its basis.

Such a “take it or leave it” move at that time would have forced both sides to make strategic decisions. Such a move would also have established the Kerry outline as the basis for all future talks. Its presentation only three weeks before Donald Trump enters the White House, as important as it is, gives it only symbolic worth.

As in many instances in the past, Netanyahu didn’t even bother to listen to Kerry’s remarks or address their merits. He responded with an aggressive statement containing sharp personal criticism of Kerry. There are those who will say that the depths of his declarations reflect the depth of the investigations of him.

Netanyahu’s criticism was spiced with hypocrisy and cynicism. The principles that Kerry enumerated in his address were the same ones Netanyahu agreed to accept in March 2014. The prime minister had reservations, which he planned to express publicly, but in practice he agreed to negotiate on the basis of this very same outline. To this day Netanyahu refuses to admit it.

His political twin, Abbas, reacted with equal hypocrisy. When U.S. President Barack Obama presented the outline to Abbas in March 2014, Abbas promised to think about it and get back to Obama. To this day Obama is still waiting. Even after Kerry’s speech on Wednesday, Abbas refused to say if the outline was acceptable to him or not.

President-elect Trump, who seemed to accept the UN Security Council resolution on the settlements last week, responding to it with a faintly worded tweet, couldn’t restrain himself with Kerry’s speech. Only a short while before Kerry began to speak, Trump shot out three tweets that made his dissatisfaction clear.

Over the past few months, Trump has repeatedly said that one of his goals is to achieve peace between Israel and the Palestinians. He made it clear that he wants to close “the mother of all deals” and end “the war that never ends” between the two sides. Trump even appointed his lawyer and close associate Jason Greenblatt as special envoy to the peace process. Trump and Greenblatt will soon discover that if they want to make this historic deal, it will probably look very much like the one Kerry sketched out in his address.

Voir de plus:

John Kerry’s Fitting Ending

Trashing Israel on the way out the door is the perfect capstone to an ignoble career.

Jim Geraghty

National Review

December 28, 2016

John Kerry ends his long career in politics the same way he began it: disgracefully. Kerry debuted on the national stage in 1971 by telling the Senate Foreign Relations Committee and the American public that U.S. servicemen in Vietnam “raped, cut off ears, cut off heads, taped wires from portable telephones to human genitals and turned up the power, cut off limbs, [blew] up bodies, randomly shot at civilians, razed villages in fashion reminiscent of Genghis Khan.”

It was a stunningly thinly sourced, hotly disputed, and broad accusation, echoing the propaganda of America’s enemies around the world. Perhaps only in the Democratic party of the 1970s could this be the perfect audition for a political career. He would speak for many on the hard left on the day when he declared, “There is no threat. The Communists are not about to take over our McDonald’s hamburger stands.”

Over four decades, Kerry established himself as one of the Democratic party’s loudest, if not wisest, voices in foreign affairs. In 1991, he voted against authorizing military force to expel Iraq from Kuwait, predicting that future historians “will ask why there was such a rush to so much death and destruction when it did not have to happen.” Twelve years later, he voted for the Iraq War, then turned around and tried to run as an antiwar presidential candidate. In September 2003, Kerry sounded as if he supported wartime funding bills — “I don’t think any United States senator is going to abandon our troops and recklessly leave Iraq to whatever follows as a result of simply cutting and running” — but as the Democratic presidential primaries heated up, he decided to vote “no.” That led to his infamous quote, “I actually did vote for the $87 billion before I voted against it.”

In 1997, he wrote a book titled The New War, which touched briefly on terrorism but predicted that the preeminent threat that would face America in the coming years was#…#international crime syndicates. In that book, he saluted “Yasser Arafat’s transformation from outlaw to statesman.” Three times before 9/11, he voted against allowing terrorists to face the death penalty. In his 2004 presidential campaign, Kerry asserted that U.S. interventions had to pass a “global test” for legitimacy.

He loved to reach out to the world’s rogues. In 1985, he traveled to Nicaragua to meet and praise the country’s Communist strongman, Daniel Ortega, and to accuse the Reagan administration of funding terrorism.

He praised the Clinton administration’s 1994 agreement to send aid to North Korea. Pyongyang’s violation of the agreement, a secret uranium-enrichment program, was discovered in 2002. Starting in 2009, he visited Syrian dictator Bashar al-Assad several times, and in 2011 he said Assad was “very generous with me in terms of the discussions we have had. . . . My judgment is that Syria will move; Syria will change, as it embraces a legitimate relationship with the United States and the West.”

Against this ignoble record, one wonders why Kerry never seemed to get tired of giving dictators, terrorists, thugs, and brutal regimes the benefit of the doubt and having it blow up in his face.

In some ways, Kerry in 2013 was a perfect choice for Obama’s second secretary of state. For the better part of three decades on the Senate Foreign Relations Committee, Kerry had spoken as if statecraft and international diplomacy were relatively easy tasks, and only the bunch of idiots in the current administration — Republican or Democrat — could mess it up like this. Finally, Kerry would get the chance to show everybody how it’s done.

We see the results today: Syria is a charnel house. The Middle East has had plenty of bloody wars before, but only this one overwhelmed the countries of Europe with seemingly endless waves of desperate refugees. The preeminent form of Islamic fundamentalism used to be al-Qaeda, a bunch of extremists hiding in the mountains of Afghanistan. Now bloodthirsty Islamists run an actual state in the middle of the Arab world. Four years after the Benghazi attack, only one perpetrator has been brought to justice.

Russia is emboldened, taking over Crimea, biting into Ukraine, and launching not-so-subtle cyber-warfare against the United States. The Iranians, too, are emboldened, despite the much-touted agreement on their nuclear program. China and North Korea keep rattling their sabers. Venezuela is collapsing. The Taliban continues to control swaths of Afghanistan after 15 years of war.

Confronted with this litany of disaster, Kerry would probably point to four years of endless summits, meetings, joint statements, and — whether he’s honest enough to use these words or not — photo opportunities. Just as Hillary Clinton’s millions of miles traveled were supposed to represent some great accomplishment, Kerry will blur the distinction between activity and results. Kerry never seemed to get tired of giving brutal regimes the benefit of the doubt and having it blow up in his face.

American foreign policy has been reduced to Ambassador to the United Nations Samantha Power’s asking whether Vladimir Putin’s Russia or the Ayatollah’s Iran have any shame. No, of course they don’t, and anyone who’s been paying any attention knows they don’t. The Iranians used children to clear minefields during the Iran–Iraq war. The Russians contaminated two British Airways jetliners with radioactive material in their successful plot to kill former Russian spy Alexander Litvinenko. What kind of administration would rely on the Russian and Iranian regimes’ sense of shame to protect civilians in Syria?

Thus, it’s fitting that John Kerry’s last major act as secretary of state is a speech that offers up hot nonsense, a bitterly hostile address that called Israel’s government “the most right-wing in Israeli history, with an agenda driven by its most extreme elements.” (Mind you, the opposing side in this conflict elected Hamas, an actual terrorist group, to govern the Gaza Strip.)

Kerry and the administration assented to a statement declaring that the Western Wall and Temple Mount are illegally occupied, then shamefully insisted “this administration has been Israel’s greatest friend and supporter.” After signing on to the Iran deal, Kerry claimed that “no American administration has done more for Israel’s security than Barack Obama’s.” (Why do Israelis disagree so vehemently?) Kerry warned that Israel had to recognize a Palestinian state or effectively wither under endless terror attacks: “If the choice is one state, Israel can either be Jewish or democratic — it cannot be both — and it won’t ever really be at peace.” He even seemed to suggest that those who support Israel’s current policies are un-American, asking, “How does the U.S. continue to defend that and still live up to our own democratic ideals?”

The cement hardens on the Obama-Kerry foreign-policy legacy: They were toothless and hapless against ISIS, Bashar al-Assad, North Korea, Iran, Russia, China, and the world’s worst and most ruthless regimes. But as for Bibi Netanyahu, they came down on him like a ton of bricks.

— Jim Geraghty is National Review’s senior political correspondent.

Voir par ailleurs:

L’émission Enquête Exclusive surprise en train de MENTIR

Le dernier épisode de l’émission Enquête Exclusive diffusé sur M6 hier soir au sujet de Jérusalem est truffé de mensonges et d’inexactitudes (pour voir le documentaire sur le site de M6, Cliquez Ici). Nous vous les faisons découvrir :

Les Mensonges :

  • Un mensonge historique :

À 00:09:32, le narrateur présente de la façon suivante la création de l’État d’Israël :

En 1947 pour apaiser les tensions, les Nations Unies ont séparé la région en deux, Israël voit alors le jour. La Jordanie, elle, cède un bout de son territoire la Cisjordanie, cela doit devenir le futur État Palestinien. Mais en 1967, Israël entre en guerre contre ses voisins et annexe la Cisjordanie, c’est le début de l’occupation des territoires palestiniens.

C’est là un tel ramassis de MENSONGES que nous ne savons pas par où commencer:

  1. La Cisjordanie faisait partie du Mandat sur la Palestine confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations à la conférence de San Remo en 1922, avec pour objectif d’aider les Juifs à “reconstituer leur foyer national dans ce pays”. La Cisjordanie n’a donc pas été cédée par le Royaume de Jordanie pour créer un État Palestinien.
  2. Israël n’a pas vu le jour en 1947, mais le 14 mai 1948, suite à l’application du plan de partage de la Palestine voté lui le 29 novembre 1947. Immédiatement après sa création, Israël a été attaqué par les pays arabes voisins, mais l’emporte sur le champ de bataille : c’est la guerre d’Indépendance d’Israël.
  3. À la fin de la guerre, la Cisjordanie qui en effet devait faire partie du futur État Arabe créé par le plan de partage de la Palestine, a été annexée par le Royaume de Jordanie qui n’y a pas créé d’État Palestinien.
  • L’utilisation mensongère des cartes :

À 00:49:18, le reportage présente à l’aide d’une série de cartes datées de 1967 à 2016, “l’érosion” des territoires palestiniens en Cisjordanie, après quoi le narrateur conclut :

En 70 ans les territoires palestiniens ont fondu comme neige au soleil.

Voici la première carte de la série montrant les “territoires palestiniens en 1967” :

carte-1967

La carte des territoires palestiniens en 1967

Et la dernière carte de la série montrant la supposée érosion des territoires palestiniens en 49 ans :

carte-2016

La carte des territoires palestiniens en 2016

Or Bernard de la Villardière fait mentir les cartes. En 1967, la Cisjordanie et Gaza n’étaient pas “les territoires palestiniens” d’un État Palestinien, mais deux régions occupées respectivement par la Jordanie et l’Égypte.

Quant à la dernière carte, datée de 2016 et sensée illustrer l’érosion des territoires palestiniens causée par les Israéliens, elle représente en fait le territoire de l’Autorité Palestinienne, la première entité Palestinienne indépendante et souveraine de l’Histoire, entité créée par les Accords d’Oslo signés par le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le dirigeant de l’Organisation de Libération de la Palestine, Yasser Arafat dans les années 1990.

Il s’agit donc encore une fois d’un MENSONGE.

Les inexactitudes :

  • Une inexactitude chronologique :

À 00:01:17, Bernard de la Villardière présente la situation du conflit Israélo-Palestinien de la façon suivante.

“Alors en septembre 2015, Jérusalem s’est de nouveau embrasée en proie à ce que l’on a appelé l’Intifada des Couteaux”

Or il s’agit d’une erreur, cette dernière vague de violence a débuté le 1er octobre 2015.

  • Le Temple n’a pas disparu par magie :

À 00:07:45, le narrateur tient les propos suivant au sujet du Second Temple :

C’est ce temple juif, disparu il y a près de 2000 ans, qui est au centre de l’inquiétude des Musulmans

Non Monsieur de la Villardière, le Second Temple n’a pas disparu, il a été détruit par les Romains.

“La destruction du Temple de Jérusalem”, peinture de Francesco Hayez, 1867

  • Non, le sergent Elor Azaria n’est pas sorti de prison :

À 1:06:00, le narrateur dit la chose suivante au sujet de l’affaire du sergent Elor Azaria (voir ci-dessus)

Le jeune soldat est autorisé à sortir de prison

Cela laisse croire au spectateur que le sergent Azaria, mis en examen pour homicide involontaire, est sorti de prison, ce qui est faux. Il a eu une permission de 48 heures pour rendre visite à sa famille pour la Pâque juive. Son procès est toujours en cours.

Le sergent Elor Azaria lors de la permission de 48 heures qui lui a été accordée pour passer la Pâque Juive en famille.

  • Ce n’est pas un mur de séparation, mais un mur de sécurité :

À 01:24:15, le directeur de la très douteuse ONG B’Tselem, Haggai El-Ad, explique à Bernard de la Villardière la chose suivante :

Nous avons construit un mur autour de Jérusalem il y a dix ans pour couper la route et isoler les communautés palestiniennes.

Cela est faux, le mur a été construit afin d’empêcher les terroristes palestiniens de venir commettre des attentats-suicides en Israël au cours de la Seconde Intifada.

  • Non, les Palestiniens ne vont pas disparaître :

À 01:28:40, le narrateur dit l’énormité suivante :

Les Palestiniens semblent vouer à disparaître.

Voilà une affirmation peu crédible, étant donné que le taux de fécondité en Palestine est de 4,1 enfants par femme et la croissance démographique annuelle est de 3 %. (Voir le rapport du Bureau Central de statistiques palestinien)

Si Bernard de la Villardière avait pris le temps de vérifier le taux de naissance de la population palestinienne, il se rendrait compte que ces propos sont ahurissants.

En conclusion, cet épisode d’Enquête Exclusive est extrêmement biaisé contre Israël, et contient une quantité incroyable de mensonges et d’inexactitudes. Nous avons contacté M6 pour leur demander des excuses publiques.

Voir enfin:

Le MENSONGE éhonté de Marie Verdier, journaliste à “La Croix”

Il y a 130 ans, La Croix se proclamait “le journal le plus anti-juif de France”, et il aura fallu attendre 1998 pour que le quotidien fasse son mea culpa.

Aujourd’hui, HonestReporting France s’interroge : est-ce que la “journaliste” Marie Verdier, qui est chargée des pays méditerranéens au quotidien, n’est pas une nostalgique de cette lointaine époque ? En effet, Marie Verdier a titré son dernier article de la façon suivante  :

Un titre doublement mensonger, car :

  1. L’État d’Israël n’existe que depuis 1948.
  2. Israël a respecté et respecte de nombreuses résolutions de l’ONU.

Prenons par exemple la Résolution 425 du Conseil de Sécurité de l’ONU :

  • Le contexte :

Le 11 mars 1978, onze terroristes de de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) infiltrent Israël depuis le Liban. Ils prennent en otage un autobus qui circulait non loin de Tel Aviv, sur la route côtière (qui relie cette dernière à Haïfa), et foncent vers la ville. Bloqués par la police, les terroristes commettent alors un carnage et assassinent 38 civils dont 13 enfants. Cet attentat – le plus meurtrier dans l’histoire d’Israël – est connu sous le nom de “massacre de la route côtière”.

Trois jours plus tard le 14 mars 1978, Tsahal riposte et lance une opération militaire au Sud-Liban afin de détruire les bases de l’OLP situées au sud du fleuve Litani afin de restaurer un climat de sécurité dans le nord d’Israël.

Une carte montrant l’emplacement du fleuve Litani par rapport à la frontière israélo-libanaise

Le 19 mars 1978, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 425 qui notamment :

Demande à Israël de cesser immédiatement son action militaire contre l’intégrité territoriale du Liban et de retirer sans délai ses forces de tout le territoire libanais

Cette résolution créée aussi la Force intérimaire des Nations unies au Liban – plus connue sous son acronyme, la FINUL, dont la mission perdure jusqu’à ce jour. Les premières forces de la FINUL sont arrivées le 23 mars 1978, et peu après Israël s’est retiré du Sud-Liban, conformément à la Résolution adoptée par le Conseil de sécurité.

  • Conclusion :

Non Madame Verdier, Israël ne fait pas fi des résolutions de l’ONU.

Le problème, c’est que la journaliste persiste dans le mensonge, puisqu’elle écrit plus loin :

Encore une fois, c’est un mensonge, et même un très gros mensonge :

D’abord :

  • Le plan de partage de l’ONU a été accepté par les dirigeants de la communauté juive en Palestine mandataire.
  • Les États arabes ainsi que le Haut Comité arabe l’organe politique central de la communauté arabe de Palestine et “seul représentant de tous les Arabes de Palestine”, ont quant à eux rejeté ce plan.

Le Plan de partage de l’ONU

Ensuite :

  • La création de l’État d’Israël est intervenue le 14 mai 1948 mais immédiatement après la proclamation de l’indépendance, Israël a été attaqué par 5 pays arabes voisins (Égypte, Irak, Syrie, Jordanie et Liban) aidés de deux autres contingents arabes (palestiniens et saoudiens).
  • La Cisjordanie qui en effet devait faire partie du futur État Arabe créé par le plan de partage de la Palestine, a été annexée en 1950 par le Royaume de Jordanie qui n’y a pas créé d’État palestinien.
  • La bande de Gaza, qui devait aussi faire partie du futur État arabe, a été occupée militairement par l’Égypte.

Marie Verdier, qui se présente sur son compte Twitter comme “Journaliste à @LaCroixCom. Service international, spécialiste #Balkans, #Europe du Sud, #Maghreb”, devrait aller relire ses cours d’Histoire et modifier sa description sur son Twitter, car elle ne semble être spécialiste de rien d’autre que du MENSONGE.

PARTAGEZ cet article pour exiger de La Croix et de sa “journaliste” des excuses pour cet article diffamatoire.


Résolution de la honte: Attention, une illégalité peut en cacher une autre (Of all the countries with disputed borders and displaced populations, guess which one is being singled out for universal condemnation !)

29 décembre, 2016
frenchdronesleagaret2legaret3legaretlegaret4calaiswall jerusalemwallLa France condamne l’action conduite contre Cheikh Ahmed Yassine qui a fait dix morts palestiniens comme elle a toujours condamné le principe de toute exécution extrajudiciaire, contraire au droit international. La pratique des exécutions extrajudiciaires viole les principes fondamentaux de l’Etat de droit sans lequel il n’y a pas de politique juste et efficace possible, y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Cette pratique des forces armées israéliennes doit cesser. Au-delà de son caractère illégal, l’attaque d’hier risque d’être contre-productive au plan politique. Jean-Marc De La Sablière (représentant français à l’ONU, 2004)
Quand Israël a éliminé les deux chefs précédents du Hamas, le ministre des affaires étrangères britannique a déclaré:  » les éliminations ciblées de cette sorte sont illégales et injustifiées. (…) Maintenant la Grande-Bretagne applaudit l’élimination ciblée d’un terroriste qui a mis en danger ses soldats et citoyens. Quelle est la différence, si ce n’est qu’Israël ne peut jamais trouver grâce aux yeux de beaucoup dans la communauté internationale. (…) Les dommages collatéraux sont inévitables quand les terroristes se cachent parmi des civils et les emploient comme boucliers humains. Israël et les Etats-Unis font de grands efforts pour réduire le nombre de dommages collatéraux mais ils ne réussissent pas toujours. Alan Dershowitz
Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
Rarement la France n’a autant parlé des assassinats ciblés commis par ses forces armées ou ses services secrets. Il y a d’abord eu les confidences de François Hollande qui ont fait dresser les cheveux sous les képis : quand les deux auteurs du livre «Un Président ne devrait pas dire ça…» lui demandent à la mi-2015 s’il a déjà ordonné des «mesures de vengeance», le chef de l’Etat répond par l’affirmative avant d’ajouter une formule sibylline : «Oui, l’armée, la DGSE, ont une liste de gens dont on peut penser qu’ils ont été responsables de prises d’otages ou d’actes contre nos intérêts. On m’a interrogé, affirme le Président. J’ai dit : « Si vous les appréhendez, bien sûr… »» Les auteurs racontent avoir pu consulter une liste, datée du 7 mars 2014, comportant «dix-sept « objectifs » appartenant à des groupes armées terroristes, des HVI (High Value Targets/Individuals, « cibles de haute valeur »)». Dans un étrange effet miroir, le nombre de jihadistes français ou francophones tués en Syrie ou en Irak dans des bombardements ciblés de la coalition s’est multiplié ces dernières semaines : trois ont été abattus début décembre –  ’un d’entre eux avait été condamné par la justice française qui le recherchait toujours (…) ; quelques jours plus tôt, l’un des plus hauts cadres français de l’organisation terroriste était lui aussi abattu par un drone américain ; le 6 octobre, une frappe de l’armée française éliminait un membre du groupe Etat islamique (EI) soupçonné d’avoir piloté à distance l’attentat raté contre une église de Villejuif… La guerre contre l’EI dans laquelle s’est engagé l’exécutif a sa part d’ombre, sensible, secrète, taboue. (…) Le général Gomart, directeur du renseignement militaire, le dit très clairement à Libération : «La France ne cible pas de HVT [« cibles de haute valeur »].» Contrairement aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou à Israël, la France ne pratiquerait donc pas d’assassinats ciblés. «Les dossiers d’objectif ne sont pas nominatifs, ni individuels», insiste le général. Ces fameux «dossiers d’objectifs» réunissent tous les renseignements disponibles sur une cible, qui sera ensuite détruite avec des moyens aériens. «Pour désorganiser l’adversaire, il vaut mieux cibler un poste de commandement qu’un camp d’entraînement. Il faut taper la tête : les centres de commandement, les usines de fabrication d’IED [engin explosif à distance, ndlr], les ressources financières», argumente le directeur du renseignement militaire, dont le service joue un rôle clé dans la préparation des bombardements. (…) Toujours selon le discours officiel, les jihadistes, notamment francophones, seraient tués de façon incidente, parce qu’ils se trouveraient, en quelque sorte, au mauvais endroit au mauvais moment. Une approche qui serait davantage conforme au droit international humanitaire (…). Le coordinateur national du renseignement, installé à l’Elysée, l’avait expliqué, sous serment, à la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015 : «Lorsque le Président donne des instructions sur nos opérations militaires […], il n’est pas question de cibler des individus. On identifie […] les lieux stratégiques du point de vue logistique. Ce sont eux qui sont ciblés dans le cadre de la guerre que nous menons contre l’Etat islamique, en Syrie comme en Irak. Si par malheur – ou par bonheur – il se trouve que les individus dont nous parlons [les jihadistes qui cherchent à attaquer la France, ndlr] s’y trouvent, nous ne revendiquons pas explicitement, surtout s’ils sont français.» La clé est sans doute là : la France ne «revendique» pas ces assassinats ciblés. Pour Elie Tenenbaum, chercheur au laboratoire de recherche sur la défense à l’Institut français des relations internationales, des «blocages juridiques expliquent que les responsables français ne disent pas cibler des individus en tant que tels.» Ils craignent notamment que des familles de jihadistes français décident un jour de se retourner contre l’Etat, en justice, précise le chercheur. Une «kill list» française existe bel et bien selon le livre très documenté, paru en 2015, les Tueurs de la République (Fayard). Ce répertoire «ultra-secret contient les noms des personnes dont l’élimination a été secrètement approuvée», écrit l’auteur Vincent Nouzille, qui détaille des opérations contre des chefs terroristes en Afghanistan, en Somalie et dans le Sahel. (…) Dans le cadre de la coalition, la France verse aussi le renseignement dont elle dispose au «pot commun». Certaines frappes américaines sont ainsi réalisées, en partie, sur la base de renseignements français : «La France fournit des dossiers à la coalition qui les valide et les traite avec les moyens aériens à sa disposition, indique Elie Tenenbaum. Mais le commandement, américain, ne va forcément utiliser des moyens militaires français pour traiter des cibles fournies par Paris.» Outre la supériorité militaire américaine, capable de mobiliser plus de moyens plus vite, cette étroite collaboration avec Washington permet à la France d’éliminer des ennemis sans imprimer sa trace, et d’éloigner un peu plus l’éventualité de poursuites. Libération
Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays. Déclaration Balfour (2 novembre 1917)
Le Conseil de la Société des nations … Considérant que les Principales Puissances Alliées ont convenu que le Mandat est chargé d’appliquer la déclaration annoncée le 8 novembre 1917 par le Gouvernement Britannique et adoptée par les autres puissances alliées, en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ; étant clairement entendu qu’aucune démarche ne devrait être entreprise pouvant porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont bénéficiaient les Juifs dans d’autres pays. Résolution de San Remo (24  avril 1920, confirmée par le Conseil de la Société des nations le 24 juillet 1922, mise en application en septembre 1923)
3. Reconnaît que la dissolution de la Société des Nations mettra fin à ses fonctions en ce qui concerne les territoires sous mandat, mais note que des principes correspondant à ceux que déclare l’article 22 du Pacte sont incorporés dans les chapitres XI, XII et XIII de la Charte des Nations Unies; 4. Note que les Membres de la Société administrant actuellement des territoires sous mandat ont exprimé leur intention de continuer à les administrer, en vue du bien-être et du développement des peuples intéressés, conformément aux obligations contenues dans les divers mandats, jusqu’à ce que de nouveaux arrangements soient pris entre les Nations Unies et les diverses Puissances mandataires. Résolution de l’assemblée de la Société des nations (18 avril 1946)
À l’exception de ce qui peut être convenu dans les accords particuliers de tutelle conclus conformément aux Articles 77, 79 et 81 et plaçant chaque territoire sous le régime de tutelle, et jusqu’à ce que ces accords aient été conclus, aucune disposition du présent Chapitre ne sera interprétée comme modifiant directement ou indirectement en aucune manière les droits quelconques d’aucun État ou d’aucun peuple ou les dispositions d’actes internationaux en vigueur auxquels des Membres de l’Organisation peuvent être parties. Chapitre XII : Régime international de tutelle (article 80, San Francisco, 26 juin 1945)
Ayant en vue spécifiquement la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité du 16 Novembre 1948, les objectifs et principes suivants sont confirmés:
1. Est reconnu le principe selon lequel aucun avantage militaire ou politique ne devrait être acquis pendant la trêve ordonnée par le Conseil de sécurité;
2. Il est également reconnu, les dispositions du présent accord étant dictées exclusivement par des considérations militaires, qu’aucune disposition du présent Accord ne porte en rien atteinte aux droits, revendications et positions de l’une ni de l’autre Partie dans le règlement pacifique et final de la question palestinienne. Accord Jordano-israélien d’armistice général du 3 Avril 1949 (article II)
La ligne de démarcation de l’armistice ne doit être interprétée d’aucune façon comme une frontière politique ou territoriale. Accord Israélo-égyptien d’armistice général du 24 Février 1949 (Article V)
À la fin du XIXe siècle, se structure un nationalisme juif, le sionisme, qui soutient la création d’un État-nation juif en Palestine qu’il définit comme « Terre d’Israël ». En 1917, les