Antisémitisme: Quel nouveau Protocole des sages de Sion ? (Guess how many times the word ‘terrorism’ is mentioned in all these reports and petitions on Israel’s supposed apartheid ?)

25 août, 2021

Fichier:La difesa della razza; Protocolli dei Savi di Sion.jpg — WikipédiaFrance - L'enseignante à la pancarte antisémite reste en garde à vue - Le Matin
Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York Times
President Biden Welcomes WNBA Champions Seattle Storm To The White House

Jews busters ! Who you gonna blame ? (D’après un refrain très connu)
Il y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
Les grandes firmes multinationales et leurs conseils d’administrations internationaux, les grandes organisations internationales, OMC, FMI et Banque mondiale aux multiples subdivisions désignées par des sigles et des acronymes compliqués et souvent imprononçables, et toutes les réalités correspondantes, commissions et comités de technocrates non élus, peu connus du grand public, bref, tout ce gouvernement mondial qui s’est en quelques années institué et dont le pouvoir s’exerce sur les gouvernements nationaux eux-mêmes, est une instance inaperçue et inconnue du plus grand nombre. Cette sorte de Big Brother invisible, qui s’est doté de fichiers interconnectés sur toutes les institutions économiques et culturelles, est déjà là, agissant, efficient, décidant de ce que nous pourrons manger ou ne pas manger, lire ou ne pas lire, voir ou ne pas voir à la télévision et au cinéma, et ainsi de suite (…). A travers la maîtrise quasi absolue qu’ils détiennent sur les nouveaux instruments de communication, les nouveaux maîtres du monde tendent à concentrer tous les pouvoirs, économiques, culturels et symboliques, et ils sont ainsi en mesure d’imposer très largement une vision du monde conforme à leurs intérêts. Pierre Bourdieu
Toutes les stratégies que les intellectuels et les artistes produisent contre les « bourgeois » tendent inévitablement, en dehors de toute intention expresse et en vertu même de la structure de l’espace dans lequel elles s’engendrent, à être à double effet et dirigées indistinctement contre toutes les formes de soumission aux intérêts matériels, populaires aussi bien que bourgeoises. Bourdieu
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
Le sionisme mondial et les puissances impérialistes tentent, à travers des plans bien établis et une stratégie intelligente, d’éliminer un État arabe après l’autre du cercle de la lutte contre le sionisme pour qu’en fin de compte, il ne reste plus que les Palestiniens à combattre. L’Égypte a été éliminée à travers les accords traîtres de Camp David. Ils essayent d’attirer d’autres pays arabes de la même manière. Le Mouvement de la Résistance Islamique appelle les nations arabes et islamiques à adopter une politique sérieuse et à persévérer dans leur action afin d’empêcher l’application du plan horrible de les éloigner du cercle de la lutte contre le sionisme. Aujourd’hui, c’est la Palestine, demain cela pourrait être un autre pays arabe. Le plan sioniste n’a pas de limites. Après la Palestine, les sionistes veulent accaparer la terre, du Nil à l’Euphrate. Quand ils auront digéré la région conquise, ils aspireront à d’autres conquêtes. Leur plan est contenu dans ‘Le Protocole des Sages de Sion’. Charte du Hamas (article 22)
Le retrait militaire soudain des États-Unis inquiète certainement les Irakiens car ils vivent et assistent à une montée de l’impunité des milices qui appellent constamment au retrait des troupes américaines. (…) «La position locale envers un retrait militaire américain a toujours été divisée en fonction de l’expérience géographique de telle ou telle communauté. Cependant, la plupart des communautés en Irak aujourd’hui considèrent qu’un retrait américain pourrait se traduire par un environnement plus violent malgré leur hostilité envers le rôle militaire de Washington dans le pays. Zeidon Alkinani
[Les contextes irakien et afghan] sont comparables en termes d’impact des agendas régionaux sur la politique intérieure. Le rôle que la direction pour le renseignement inter-services pakistanais a joué dans le soutien aux talibans est très similaire au rôle du Corps des gardiens de la révolution iranienne en Irak avec le Hachd el-Chaabi et d’autres milices redevables à l’Iran. (…) La principale question débattue par rapport à un éventuel retrait américain – s’il devait se produire – est l’augmentation du pouvoir des milices liées à l’Iran aux dépens des institutions de l’État. Randa Slim (Middle East Institute)
Le nouvel antisémitisme s’est répandu dans la société et l’incident avec Alain Finkielkraut en est une illustration mais qui n’est pas représentative des « gilets jaunes ». La technique d’invisibilisation et de délégitimisation des classes populaires remonte aux années quatre-vingt, quand la gauche a abandonné la question sociale. La vieille technique de l’antiracisme et de l’antifascisme est devenue une arme de classe : on se protège en délégitimant le diagnostic des gens d’en bas. Il y a autant de racistes, d’antisémites et d’homophobes dans le monde d’en haut sauf qu’ils sont beaucoup plus discrets. L’antisémitisme de gauche, appelé antisionisme, est culturellement très puissant. Ce n’est pas le monde d’en bas qui contourne la carte scolaire à Paris et qui déscolarise ses enfants des collèges à majorité d’immigrés. Ce sont des bons bobos parisiens de gauche. Christophe Guilluy
Leur conduite actuelle est la preuve de ce que nous avançons[L’hypothèse d’une fraude importante appliquée à quelques états clés le jour du scrutin aux Etats-Unis est-elle crédible ?]. Mon intime conviction me dit que oui. Il y a, à mes yeux, trop d’indices concordants pour permettre à la ‘meute médiatique’ occidentale, dont nous savons qui la contrôle, de me convaincre du contraire. (…) Vous savez bien qui contrôle la meute médiatique dans le monde et en France. Qui contrôle le Washington Post, le New York Times, chez nous BFMTV et tous les journaux qui viennent se grouper autour, qui sont ces gens… ? (…) C’est la communauté que vous connaissez bien. Dominique Delawarde
Ils ont beaucoup de ressentiment par rapport aux blancs, ils ont un mauvais fond, ils nous considèrent comme des bêtes, c’est écrit dans le Talmud et ils veulent absolument nous métisser avec des [mot bipé] inférieurs intrinsèquement.Il aurait mieux valu qu’ils n’existent pas. Manifestante anti vaccins
Le gouvernement israélien a démontré son intention de maintenir la domination des Israéliens juifs sur les Palestiniens à travers Israël et les territoires palestiniens occupés. Cette intention s’est accompagnée d’une oppression systématique des Palestiniens et d’actes inhumains commis à leur encontre. Lorsque ces trois éléments se produisent ensemble, ils constituent le crime d’apartheid. Human Rights Watch
On est dans un moment qui me fait penser à l’époque de l’affaire Dreyfus. Il y a eu quelques années où l’on a vu ça : les anti-républicains des deux rives, de droite et de gauche, unis contre les parlementaires, les journalistes et en fin de compte contre les juifs. Ça a duré quelques années et puis la France s’est ressaisie. Cette violence contre les journalistes, contre les policiers, contre la représentation nationale, a commencé dès les premiers actes de ce mouvement. La violence contre les juifs, les slogans antisémites sont comme le terme de ce mouvement, l’aboutissement de cette distillation. On commence par le référendum d’initiative citoyenne et on finit par l’antisémitisme. On commence avec Rousseau et on finit avec Doriot. Ce ne sont pas les marges ça, c’est le cœur du mouvement ! On ne peut pas dire que le mouvement des ‘gilets jaunes’ est intrinsèquement antisémite. Bien sûr que non. Mais ça veut dire en revanche qu’il serait temps que ceux qui restent des ‘gilets jaunes’ se manifestent fortement pour dire ‘pas en notre nom’. Bernard-Henri Lévy
Trump en a rêvé. Mais c’est Biden qui l’aura fait. Et les historiens n’ont pas fini de s’interroger sur ce qui a bien pu pousser le 46 e président des États-Unis à pareille forfaiture. Est-ce naïveté de politicien qui n’a le sens ni de l’Histoire ni du Tragique et a cru sur parole les talibans nous assurant, à Doha, de leurs intentions pacifiques ? Cynisme d’un président qui pense déjà à sa réélection et flatte les rednecks, blue-collar workers et autres deplorable qui, dans le Kansas ou l’Ohio, sont las des prétendues ‘guerres sans fin’ ? Bernard-Henri Lévy
Un régiment d’intellectuels et d’artistes vient, dans « Libération », de publier une tribune dénonçant l’« apartheid » que fait régner Israël sur le territoire de la « Palestine historique » – c’est-à-dire Israël plus les « territoires palestiniens ». En rappelant que « l’apartheid est un crime ». Il y a Edgar Morin dedans. Sa compétence n’est plus à démontrer. Alors là, je dis bravo. (…) Et en effet, ça crève les yeux, le crime se commet tous les jours, au su et au vu de tous. On en a la gorge serrée, croyez-moi. L’Afrique du Sud en 1960, le Mississipi en 1930, à côté de ça ? Bluettes, contes pour enfants. Jugez-en. Des familles palestiniennes et juives côte à côte sur les plages de Tel Aviv, c’est de l’apartheid. Juifs, druzes, coptes, maronites, catholiques, chiites, sunnites se croisant dans les rues de Jérusalem, c’est de l’apartheid. Les Palestiniens, même non israéliens, soignés dans les hôpitaux juifs, c’est de l’apartheid. Les jeunes filles musulmanes voilées dans les universités israéliennes, c’est de l’apartheid. Les députés arabes musulmans israéliens, c’est de l’apartheid. Les deux millions de citoyens arabes israéliens, c’est de l’apartheid. Les journaux arabes israéliens, c’est de l’apartheid. Les organisations d’aide aux Palestiniens qui ont leur siège en Israël, c’est de l’apartheid. Les milliers de Palestiniens qui viennent travailler en Israël, c’est de l’apartheid. Les Druzes et les Arabes dans l’armée israélienne, c’est de l’apartheid. La liberté de penser, d’écrire, de critiquer, de voter, c’est de l’apartheid. La liberté des femmes, c’est de l’apartheid. Les terroristes palestiniens arrêtés mais jamais exécutés, faute de peine de mort, c’est de l’apartheid. Cinq millions de juifs tentant de survivre au beau milieu de dizaines de millions d’Arabes qui veulent leur anéantissement, c’est de l’apartheid. Une partie des territoires de Cisjordanie est occupée par l’armée israélienne. Les sionistes vous diront que cela fait suite à plusieurs guerres, toutes déclarées, et toutes perdues par les états arabes, dans le but proclamé de détruire Israël.  Ne croyez pas les sionistes. Ils sont fourbes.  Vous les reconnaîtrez à leur nez crochu. L’occupation, c’est donc bien de l’apartheid.  Comme je le disais récemment au roi du Maroc, au premier secrétaire du parti communiste chinois, au premier ministre indien, au premier ministre turc, au premier ministre russe, l’occupation du Sahara occidental, du Tibet, du Cachemire, de l’Arménie, du Kurdistan, de la Tchétchénie, les gars, c’est de l’apartheid.  En revanche, autour d’Israël, pas d’apartheid. Pas une ombre, pas ça. D’accord, ce sont soit des dictatures militaires sanglantes, soit des théocraties cruelles, mais rien à voir avec de l’apartheid. Ils ont d’ailleurs trouvé une excellente solution pour remédier à l’apartheid. Une solution finale, en quelque sorte. Des Juifs, ils n’en ont plus. Comme ça, pas d’apartheid.  Si jamais, toutefois, un reliquat de juif tente de raser les murs au Caire ou à Bagdad, ses chances de survie sont proches du zéro absolu. Mais ça n’est pas de l’apartheid. Deux millions de musulmans citoyens en Israël, disions-nous, c’est de l’apartheid. En revanche, attention, soyons précis sur les notions, pas un Juif dans les rues de Ramallah ou de Naplouse, ça n’est pas du tout de l’apartheid. Et si on trouve des groupes de juifs en Cisjordanie, c’est illégal, ça s’appelle des colonies. D’ailleurs le sort des Coptes et en général des chrétiens dans les pays musulmans ça n’est pas de l’apartheid. Une chrétienne arrêtée, condamnée à mort au Pakistan pour avoir bu (et donc souillé) de l’eau réservée aux musulmans, ça n’est pas de l’apartheid. L’interdiction de toute religion autre que l’Islam en Arabie saoudite, ça n’est pas de l’apartheid. Voilà, je pense que les choses sont claires désormais sur ce qu’est l’apartheid. J’aime bien quand les intellectuels éclairent le monde. Pierre Jourde
Jusqu’ici, l’analogie avec l’apartheid avait plutôt valeur d’avertissement, notamment dans le débat public en Israël. Il s’agissait de mettre en garde la classe politique et l’opinion publique des conséquences liées au maintien du statu quo dans les territoires, susceptible à long terme de créer une situation à la sud-africaine si la majorité israélienne venait à se transformer en minorité du fait des tendances démographiques lourdes, exerçant dès lors son autorité dans les territoires occupés sur une majorité palestinienne exclue du suffrage universel. Aujourd’hui, l’identification d’Israël à l’apartheid prend un tout autre sens : elle n’est plus de l’ordre d’une projection future, mais considérée comme une réalité en action sur le terrain. L’apartheid n’est plus tant associé à l’exemple historique de l’Afrique du Sud qu’à la définition établie par le droit international en vertu de laquelle l’apartheid est la discrimination systématique d’un groupe ethnique par un autre. La seconde innovation dans l’application de la notion d’apartheid à Israël, c’est qu’elle ne s’applique plus seulement au régime exercé par l’autorité militaire dans les territoires occupés.  (…) Cette différence de nature entre Israël dans les lignes de 1967 et les territoires occupés par l’administration militaire israélienne est niée tant par les signataires du manifeste que par les défenseurs inconditionnels de la droite israélienne – drôle d’alliance, on en conviendra. Pour les uns et les autres, la ligne verte de 1967 n’existe plus et ne doit plus être ressuscitée. Les premiers en tirent gloire, les seconds en tirent la conclusion que l’apartheid n’est plus seulement institutionnalisé en Cisjordanie, voire à Jérusalem-est, mais bien de la Méditerranée au Jourdain. Le recours à l’apartheid n’est donc plus une pente glissante dangereuse dont il faut alerter à temps les citoyens israéliens pour que la situation grave en soi ne devienne pas désespérée ; l’apartheid est bien là, pas seulement hors-les murs en Cisjordanie, mais dans le sanctuaire même d’Israël, puisque la distinction entre les deux n’a plus cours. Enfin, il est une troisième innovation qui vaut changement de paradigme et constitue l’enjeu de cette nouvelle démarche : balayer l’option de deux Etats pour deux peuples afin qu’il ne reste plus que la solution d’un seul Etat. La référence à l’Afrique du Sud tend, en effet, à supplanter la référence au colonialisme, hégémonique autrefois dans le discours, même si les mots de «colons» et de «colonies» restent encore ça et là en usage. On comprend maintenant les raisons de ce grand remplacement : lorsqu’il y a colonialisme et colonisation, qui est aussi un système de domination exercé par un groupe ethnique sur un autre, il y a comme issue la décolonisation. Celle-ci consiste pour l’Etat colonisateur à se retirer définitivement du territoire contesté pour ne plus avoir à contrôler la population dominée jusque-là afin qu’elle puisse, à son tour, être libre et incarner à elle-même le suffrage universel. Israël, hors territoires occupés, n’est pas l’Afrique du Sud et l’analogie n’est rien moins qu’un amalgame qui balaie tout ce qui ne colle pas à leur démonstration. Ainsi, démographiquement parlant, 50 % de Juifs et 50 % de Palestiniens en Israël, Cisjordanie et Gaza, ne sauraient politiquement correspondre à la situation en Afrique du Sud où coexistent 90 % de Noirs et 10 % de Blancs. De plus, l’apartheid en Afrique du Sud était fondé sur une doctrine de la supériorité de la race blanche débouchant sur une séparation institutionnelle qui réservait aux Blancs tous les privilèges. La discrimination indéniable institutionnalisée sous des régimes divers en Cisjordanie et à Jérusalem-est procède d’une occupation militaire. Si elle résultait d’une discrimination raciale, comment expliquer alors qu’elle ne s’applique pas aux deux millions de Palestiniens détenteurs de la citoyenneté israélienne ? Cette distinction ne signifie guère que la condition arabe en Israël est équivalente sur le plan sociologique à la condition juive, mais la démocratie, foin de toute idéalisation lyrique, est précisément la constitution d’un espace politique dans lequel tous les acteurs sociaux et politiques peuvent s’organiser pour prendre leur part à la distribution de ressources symboliques et matérielles. A cet égard, l’année 2021 restera marquée par une révolution politique que nos signataires se sont bien gardés de mentionner, à savoir l’entrée dans une coalition de gouvernement d’un parti arabe (islamique de surcroît), outre l’alternance démocratique qui a permis la mise en place d’un gouvernement inédit qui réunit la gauche, le centre, la droite et ce parti arabe conservateur. Coalition typique d’un régime d’apartheid, n’est-ce pas ? Il est une autre différence entre Afrique du Sud et Palestine et que négligent nos auteurs : si en un siècle de lutte les Palestiniens ont bien obtenu un acquis, c’est bien leur droit à l’autodétermination, reconnu dans la résolution 181 de l’ONU (le fameux plan de partage de la Palestine en deux Etats), puis repris dans les accords de Camp David en 1978 et la Déclaration de principes d’Oslo en 1993. Ce droit à l’autodétermination, les Noirs d’Afrique du Sud ne l’ont pas réclamé et la communauté internationale ne l’a pas revendiqué à leur place ; il en va de même pour les catholiques d’Irlande du Nord et les musulmans bosniaques. Obsédés par le souci que le nom d’Israël ne soit plus qu’un vestige, les auteurs font passer à la trappe la revendication palestinienne d’un Etat de Palestine pour la diluer dans un ensemble binational. Certes, le droit à l’autodétermination peut ne pas prendre la forme d’un Etat-nation. Mais au nom de quelle autorité morale ou politique, et avec quel aplomb, s’autorise-t-on à ôter aux Israéliens et aux Palestiniens le droit de décider ce qu’ils entendent faire de leur droit à l’autodétermination qu’ils ont conquis de haute lutte ? Denis Charbit
It was a deliberate provocation by B’Tselem… to describe the Palestinians in the Holy Land as living under an apartheid regime. The Guardian
In the 200 or so pages of the report, HaMoked is mentioned 62 times, Adalah 77 times, Gisha 92 times and B’Tselem 151 times. But the record goes to Haaretz newspaper, which is cited a massive 190 times. In reality, Shakir did no fact checking or investigations of his own, and the concept of fairness does not even come into it. He pored over anti-Israel publications that pretend to be objectively critical and gathered anything that matched his preestablished hostility. The outcome was decided in advance. Ben Dror-Yemini
The 213-page report claims that, as the Israeli government constitutes a “single authority” exercising control “over the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea” and seeks to maintain Jewish “domination” over Palestinians and its own Arab population, the term “apartheid” is an apt description. But that’s not what apartheid means at all. Put simply, apartheid is a policy or system of segregation or discrimination on the grounds of race. Or as the Merriam-Webster dictionary defines it: racial segregation specifically: a former policy of segregation and political, social, and economic discrimination against the nonwhite majority in the Republic of South Africa”. Now compare that description to Israel’s relationship with the Palestinians. Since the Oslo Accords were signed in the 1990s, most Palestinians are governed by the Palestinian Authority. This body was set up with international encouragement, and the Palestinians willingly agreed to adopt a system in which they gained partial autonomy while granting Israel overall security control. Given the many wars Israel had faced in the decades previously — and since — this arrangement made eminent sense as a stepping stone along the road to a more permanent solution. Nevertheless, the HRW report slams Israel — essentially for keeping its citizens safe. “The Israeli government has demonstrated an intent to maintain the domination of Jewish Israelis over Palestinians across Israel and the occupied Palestinian territory,” the report charges. “That intent has been coupled with systematic oppression of Palestinians and inhumane acts committed against them. When these three elements occur together, they amount to the crime of apartheid.” The lengthy report makes only passing reference to the ongoing threats faced by Israel, by focusing on Israel’s response to the numerous Gaza-based terror groups which periodically fire hundreds of rockets into Israeli territory. It completely overlooks the threat posed by Iranian-backed Hezbollah, located primarily in Lebanon and Syria. A quick search of the report for words like “terror” and “rocket” shows that HRW totally fails to describe Palestinian terrorist actions against Israel. In addition, the report totally fails to take into account the longstanding enmity between Hamas, the terror group which rules the coastal territory, and Fatah, which rules the Palestinian population of the West Bank, and what that means for peace negotiations with the Jewish state. Instead, the reports casts Israel as solely responsible for the lack of a resolution to the decades-old conflict, and characterizes its desire to keep the lid on violent Arab uprisings as “apartheid” — a stunning inversion of reality. Why, at the very least, are journalists not asking HRW how Israel’s basic security needs can be met? It is not the first time that the NGO takes a jab at Israel. The particular researcher who compiled the report, Omar Shakir, was forced to leave Israel in November 2019 after his work visa was not renewed due to his support of the controversial Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) movement. Nevertheless, the vast majority of news reports have failed to document either of these important facts. For over a decade, Shakir has fought a campaign denying Israel’s right to exist and smearing the Jewish state with the kind of barbs more typically heard in the cesspit of online discussion. On various occasions, he has stated that Israel has “effectively turned Gaza into an open-air prison.” Moreover, Shakir was involved in compiling a discriminatory UN database of businesses operating across the 1949 Armistice line, aimed at bolstering BDS campaigns against Israel. Consequently, the report largely recycled existing materials from known anti-Israel organizations, without engaging in independent investigative work. As Israeli columnist Ben Dror-Yemini notes: In the 200 or so pages of the report, HaMoked is mentioned 62 times, Adalah 77 times, Gisha 92 times and B’Tselem 151 times. But the record goes to Haaretz newspaper, which is cited a massive 190 times. In reality, Shakir did no fact checking or investigations of his own, and the concept of fairness does not even come into it. He pored over anti-Israel publications that pretend to be objectively critical and gathered anything that matched his preestablished hostility. The outcome was decided in advance.” This is not the first time in recent memory that Israel has faced such claims. In January this year, Israeli organization B’Tselem made exactly the same case, as it took the dramatic step of publishing an op-ed in The Guardian, and sending press releases to numerous newspapers around the world, accusing Israel of “apartheid.” Just like today, news organizations worldwide gave prominent coverage to the report claiming that Israel is no longer a democracy but an “apartheid regime” devoted to cementing the supremacy of Jews over Palestinians. By uncritically portraying this group as a leading proponent of human rights, the media effectively facilitated the hijacking of the word “apartheid” by anti-Israeli activists whose goal is to foster doubt about Israel’s right to live in peace within secure borders. In January, even the usually stridently anti-Israel The Guardian was taken aback, with a subsequent editorial published, admitting “It was a deliberate provocation by B’Tselem… to describe the Palestinians in the Holy Land as living under an apartheid regime.” But a few months later, when exactly the same claim resurfaced, the Guardian, amongst others, just couldn’t resist helping spread the baseless libel. As ever, the failure of journalists to do their job and ask tough questions of Israel’s detractors means that the truth is the first casualty of HRW’s ongoing war against the Jewish State. Emmanuel Miller
Cherchez l’erreur  !
A l’heure où après s’être agenouillé pendant des mois devant les émeutiers de Black Lives Matter et des définanceurs de la police …
Qui avaient tant contribué à son élection volée
Le Génuflexeur en chef de la Maison blanche met à nouveau genou à terre devant une équipe de basket ball féminine américaine
Pendant qu’à Kaboul devant la barabarie talibane et peut-être à nouveau à Bagdad, il retire ses forces armées
Devinez …
Dans la nouvelle épidémie de rapports, pétitions, tribunes et même parfois contre-tribunes sur le prétendu ‘apartheid’ israélien …
Qui comme une énième resucée du tristement célèbre faux tsariste dit des Protocole des sages de Sion
Ou nouvelle version intellectuelle des slogans ou pancartes que nos médias dénoncent régulièrement de la part de nos gilets jaunes ou des anti-vaccins
Ou de nos chères têtes blondes des banlieues et quartiers dit sensibles
Vient, sur fond d’épidémie mondiale que l’on sait (surprise !), de repartir cet été …
Combien de fois est mentionné le mot ‘terrorisme » ?

« Apartheid », par Pierre Jourde

CHRONIQUE LIBRE. Écrivain, professeur d’université et critique littéraire, Pierre Jourde se pose ici quelques questions.

La tribune signée par des intellectuels et des artistes est un exercice classique dans la vie intellectuelle (et politique). On ne les compte plus.

Moi-même, j’en signe.

Ça me rassure : je vérifie ainsi que je suis bien un intellectuel (et un artiste).

Et que je continue à m’intéresser au monde.

Certaines sont plus pertinentes que d’autres, certes.

Vous vous souvenez certainement de cette tribune qui, à l’initiative d’Annie Ernaux, a permis de débusquer de son trou le nazi Richard Millet (alias M le maudit). Ce fut un lynchage organisé. L’abject individu en a d’ailleurs perdu son emploi.

Bien fait pour lui.

Pour une fois qu’une tribune est efficace, il y a de quoi se réjouir !

Et puis j’aime bien les comités d’épuration, ils aident à rendre la justice.

La même Ernaux a d’ailleurs appelé depuis au boycott d’Israël.

Ce qui me fournit une excellente transition.

Car, avec la même pertinence, un régiment d’intellectuels et d’artistes vient, dans « Libération », de publier une tribune dénonçant l’« apartheid » que fait régner Israël sur le territoire de la « Palestine historique » – c’est-à-dire Israël plus les « territoires palestiniens ». En rappelant que « l’apartheid est un crime ».

Il y a Edgar Morin dedans.

Sa compétence n’est plus à démontrer.

Alors là, je dis bravo.

Je suis d’autant plus heureux que je connais bien Israël, pour y avoir effectué plusieurs missions (conférences et inspection de centre de recherches) au cours desquels j’ai traversé les territoires palestiniens, le Néguev, et tout ça.

Et en effet, ça crève les yeux, le crime se commet tous les jours, au su et au vu de tous.

On en a la gorge serrée, croyez-moi.

L’Afrique du Sud en 1960, le Mississipi en 1930, à côté de ça ? Bluettes, contes pour enfants.

Jugez-en.

Des familles palestiniennes et juives côte à côte sur les plages de Tel Aviv, c’est de l’apartheid.

Juifs, druzes, coptes, maronites, catholiques, chiites, sunnites se croisant dans les rues de Jérusalem, c’est de l’apartheid.

Les Palestiniens, même non israéliens, soignés dans les hôpitaux juifs, c’est de l’apartheid.

Les jeunes filles musulmanes voilées dans les universités israéliennes, c’est de l’apartheid.

Les députés arabes musulmans israéliens, c’est de l’apartheid.

Les deux millions de citoyens arabes israéliens, c’est de l’apartheid.

Les journaux arabes israéliens, c’est de l’apartheid.

Les organisations d’aide aux Palestiniens qui ont leur siège en Israël, c’est de l’apartheid.

Les milliers de Palestiniens qui viennent travailler en Israël, c’est de l’apartheid.

Les Druzes et les Arabes dans l’armée israélienne, c’est de l’apartheid.

La liberté de penser, d’écrire, de critiquer, de voter, c’est de l’apartheid.

La liberté des femmes, c’est de l’apartheid.

Les terroristes palestiniens arrêtés mais jamais exécutés, faute de peine de mort, c’est de l’apartheid.

Cinq millions de juifs tentant de survivre au beau milieu de dizaines de millions d’Arabes qui veulent leur anéantissement, c’est de l’apartheid.

Une partie des territoires de Cisjordanie est occupée par l’armée israélienne.

Les sionistes vous diront que cela fait suite à plusieurs guerres, toutes déclarées, et toutes perdues par les états arabes, dans le but proclamé de détruire Israël.

Ne croyez pas les sionistes.

Ils sont fourbes.

Vous les reconnaîtrez à leur nez crochu.

L’occupation, c’est donc bien de l’apartheid.

Comme je le disais récemment au roi du Maroc, au premier secrétaire du parti communiste chinois, au premier ministre indien, au premier ministre turc, au premier ministre russe, l’occupation du Sahara occidental, du Tibet, du Cachemire, de l’Arménie, du Kurdistan, de la Tchétchénie, les gars, c’est de l’apartheid.

En revanche, autour d’Israël, pas d’apartheid. Pas une ombre, pas ça.

D’accord, ce sont soit des dictatures militaires sanglantes, soit des théocraties cruelles, mais rien à voir avec de l’apartheid.

Ils ont d’ailleurs trouvé une excellente solution pour remédier à l’apartheid. Une solution finale, en quelque sorte. Des Juifs, ils n’en ont plus. Comme ça, pas d’apartheid.

Si jamais, toutefois, un reliquat de juif tente de raser les murs au Caire ou à Bagdad, ses chances de survie sont proches du zéro absolu. Mais ça n’est pas de l’apartheid.

Deux millions de musulmans citoyens en Israël, disions-nous, c’est de l’apartheid. En revanche, attention, soyons précis sur les notions, pas un Juif dans les rues de Ramallah ou de Naplouse, ça n’est pas du tout de l’apartheid. Et si on trouve des groupes de juifs en Cisjordanie, c’est illégal, ça s’appelle des colonies.

D’ailleurs le sort des Coptes et en général des chrétiens dans les pays musulmans ça n’est pas de l’apartheid.

Une chrétienne arrêtée, condamnée à mort au Pakistan pour avoir bu (et donc souillé) de l’eau réservée aux musulmans, ça n’est pas de l’apartheid.

L’interdiction de toute religion autre que l’Islam en Arabie saoudite, ça n’est pas de l’apartheid.

Voilà, je pense que les choses sont claires désormais sur ce qu’est l’apartheid.

J’aime bien quand les intellectuels éclairent le monde.

Voir aussi:

Israël-apartheid : le contre-sens d’une analogie
Après la publication d’une tribune appelant à faire d’Israël un Etat-apartheid, le professeur de science politique Denis Charbit fait valoir le droit à distinguer l’Etat hébreu dans les frontières de 1967 et les territoires occupés par l’administration militaire israélienne.
Denis Charbit, professeur de science politique à l’Open University of Israël
Libération
1er août 2021

Plus de six cents universitaires et artistes ont publié un appel à la communauté internationale pour qu’avant la fin de l’année 2021, Israël soit décrété Etat-apartheid. L’accusation n’est pas récente dans la polémique autour du conflit, mais un tournant a été pris dans la foulée du rapport publié au mois de janvier par l’organisation israélienne des droits de l’homme dans les territoires occupés, B’Tselem, et dont on ne dira jamais assez la mission courageuse et salutaire qu’elle remplit, même si je ne la suis guère dans ce nouveau discours qu’ont repris à leur compte le rapport d’Human Rights Watch et le manifeste en question. Attaché à l’existence de mon pays, je ne peux prétendre avoir le point de vue de Sirius sur la question et il m’est difficile de dissimuler mon trouble devant des accusations de cet ordre. Mais las de ces polémiques qui tournent au dialogue de sourds et consistent, de part et d’autre, à se disputer le monopole de l’indignation et de l’anathème, au moins peut-on s’interroger sur la pertinence de la qualification d’apartheid et son utilité politique dans le contexte actuel.

Jusqu’ici, l’analogie avec l’apartheid avait plutôt valeur d’avertissement, notamment dans le débat public en Israël. Il s’agissait de mettre en garde la classe politique et l’opinion publique des conséquences liées au maintien du statu quo dans les territoires, susceptible à long terme de créer une situation à la sud-africaine si la majorité israélienne venait à se transformer en minorité du fait des tendances démographiques lourdes, exerçant dès lors son autorité dans les territoires occupés sur une majorité palestinienne exclue du suffrage universel. Aujourd’hui, l’identification d’Israël à l’apartheid prend un tout autre sens : elle n’est plus de l’ordre d’une projection future, mais considérée comme une réalité en action sur le terrain. L’apartheid n’est plus tant associé à l’exemple historique de l’Afrique du Sud qu’à la définition établie par le droit international en vertu de laquelle l’apartheid est la discrimination systématique d’un groupe ethnique par un autre.

Démocratie VS régime d’occupation

La seconde innovation dans l’application de la notion d’apartheid à Israël, c’est qu’elle ne s’applique plus seulement au régime exercé par l’autorité militaire dans les territoires occupés. La distinction spatiale est purement et simplement abolie. Qu’importe si Israël répond ou non aux critères nécessaires et suffisants d’une démocratie dans les frontières de 1967, les auteurs leur substituent un critère normatif et moralisateur : le label démocratique ne peut être attribué à un Etat qui en respecte les principes sur son territoire, mais y passe outre en territoire occupé.

Que la coexistence d’un régime démocratique et d’un régime d’occupation militaire soit problématique, que cette démocratie interne soit menacée par cette excroissance qui la mine, on en convient sans difficulté. Cependant, là où il y a suffrage universel, égalité devant la loi et indépendance de la justice, contrôle de l’exécutif, il y a démocratie, pas apartheid. Si l’on suit la logique des signataires, il faudrait considérer, par exemple, que la France de la IIIe et de IVe République n’était ni une démocratie ni une République, puisqu’elle était, hors de l’Hexagone, coloniale. Qu’importe le suffrage universel, les lois sur la liberté de la presse, l’école laïque, la réhabilitation de Dreyfus ou les mesures sociales du Front populaire, ce qui avait lieu hors Hexagone disqualifie de prétendre que la France a été, dans l’Hexagone, une démocratie.

Qu’en deçà de la «ligne verte», tous les citoyens israéliens, Juifs et Arabes, puissent désigner leurs représentants au Parlement et peser sur la composition de la coalition gouvernementale tandis que, de l’autre côté de la ligne verte, seuls les Juifs votent alors que les Palestiniens ne sont guère consultés pour déterminer s’ils consentent à la présence israélienne, ne peut objectivement être considéré comme du pareil au même. Les règles ne sont pas les mêmes lorsque les unes relèvent de la démocratie, et les autres d’un régime d’occupation. Constater cette différence de régime ne revient pas à légitimer l’occupation de même que le respect des règles du jeu démocratique observées en Israël ne signifie guère que ce qui s’y passe est de l’ordre de la perfection. Il suffit que le système puisse être perfectible.

Parti arabe au gouvernement

Cette différence de nature entre Israël dans les lignes de 1967 et les territoires occupés par l’administration militaire israélienne est niée tant par les signataires du manifeste que par les défenseurs inconditionnels de la droite israélienne – drôle d’alliance, on en conviendra. Pour les uns et les autres, la ligne verte de 1967 n’existe plus et ne doit plus être ressuscitée. Les premiers en tirent gloire, les seconds en tirent la conclusion que l’apartheid n’est plus seulement institutionnalisé en Cisjordanie, voire à Jérusalem-est, mais bien de la Méditerranée au Jourdain.

Le recours à l’apartheid n’est donc plus une pente glissante dangereuse dont il faut alerter à temps les citoyens israéliens pour que la situation grave en soi ne devienne pas désespérée ; l’apartheid est bien là, pas seulement hors-les murs en Cisjordanie, mais dans le sanctuaire même d’Israël, puisque la distinction entre les deux n’a plus cours.

Enfin, il est une troisième innovation qui vaut changement de paradigme et constitue l’enjeu de cette nouvelle démarche : balayer l’option de deux Etats pour deux peuples afin qu’il ne reste plus que la solution d’un seul Etat. La référence à l’Afrique du Sud tend, en effet, à supplanter la référence au colonialisme, hégémonique autrefois dans le discours, même si les mots de «colons» et de «colonies» restent encore ça et là en usage. On comprend maintenant les raisons de ce grand remplacement : lorsqu’il y a colonialisme et colonisation, qui est aussi un système de domination exercé par un groupe ethnique sur un autre, il y a comme issue la décolonisation. Celle-ci consiste pour l’Etat colonisateur à se retirer définitivement du territoire contesté pour ne plus avoir à contrôler la population dominée jusque-là afin qu’elle puisse, à son tour, être libre et incarner à elle-même le suffrage universel.

Démographiquement parlant, 50 % de Juifs et 50 % de Palestiniens en Israël, Cisjordanie et Gaza, ne sauraient politiquement correspondre à la situation en Afrique du Sud où coexistent 90 % de Noirs et 10 % de Blancs.

Israël, hors territoires occupés, n’est pas l’Afrique du Sud et l’analogie n’est rien moins qu’un amalgame qui balaie tout ce qui ne colle pas à leur démonstration. Ainsi, démographiquement parlant, 50 % de Juifs et 50 % de Palestiniens en Israël, Cisjordanie et Gaza, ne sauraient politiquement correspondre à la situation en Afrique du Sud où coexistent 90 % de Noirs et 10 % de Blancs.

De plus, l’apartheid en Afrique du Sud était fondé sur une doctrine de la supériorité de la race blanche débouchant sur une séparation institutionnelle qui réservait aux Blancs tous les privilèges. La discrimination indéniable institutionnalisée sous des régimes divers en Cisjordanie et à Jérusalem-est procède d’une occupation militaire. Si elle résultait d’une discrimination raciale, comment expliquer alors qu’elle ne s’applique pas aux deux millions de Palestiniens détenteurs de la citoyenneté israélienne ? Cette distinction ne signifie guère que la condition arabe en Israël est équivalente sur le plan sociologique à la condition juive, mais la démocratie, foin de toute idéalisation lyrique, est précisément la constitution d’un espace politique dans lequel tous les acteurs sociaux et politiques peuvent s’organiser pour prendre leur part à la distribution de ressources symboliques et matérielles. A cet égard, l’année 2021 restera marquée par une révolution politique que nos signataires se sont bien gardés de mentionner, à savoir l’entrée dans une coalition de gouvernement d’un parti arabe (islamique de surcroît), outre l’alternance démocratique qui a permis la mise en place d’un gouvernement inédit qui réunit la gauche, le centre, la droite et ce parti arabe conservateur. Coalition typique d’un régime d’apartheid, n’est-ce pas ?

Droit à l’autodétermination

Il est une autre différence entre Afrique du Sud et Palestine et que négligent nos auteurs : si en un siècle de lutte les Palestiniens ont bien obtenu un acquis, c’est bien leur droit à l’autodétermination, reconnu dans la résolution 181 de l’ONU (le fameux plan de partage de la Palestine en deux Etats), puis repris dans les accords de Camp David en 1978 et la Déclaration de principes d’Oslo en 1993. Ce droit à l’autodétermination, les Noirs d’Afrique du Sud ne l’ont pas réclamé et la communauté internationale ne l’a pas revendiqué à leur place ; il en va de même pour les catholiques d’Irlande du Nord et les musulmans bosniaques. Obsédés par le souci que le nom d’Israël ne soit plus qu’un vestige, les auteurs font passer à la trappe la revendication palestinienne d’un Etat de Palestine pour la diluer dans un ensemble binational. Certes, le droit à l’autodétermination peut ne pas prendre la forme d’un Etat-nation. Mais au nom de quelle autorité morale ou politique, et avec quel aplomb, s’autorise-t-on à ôter aux Israéliens et aux Palestiniens le droit de décider ce qu’ils entendent faire de leur droit à l’autodétermination qu’ils ont conquis de haute lutte ? C’est le veto israélien à la création d’un Etat palestinien qui est contestable, pas la revendication elle-même de le créer. Puisque les Israéliens disposent d’un Etat depuis 1948, ce n’est que justice que les Palestiniens puissent également s’en doter puisqu’ils le réclament.

Les signataires ne proposent pas un Etat binational, ils l’exigent. Mais ne voient-ils pas qu’il présente deux versions, celle, optimiste et irénique, qu’ils réclament, et celle qu’eux-mêmes dénoncent ? J’ai une foi raisonnable dans le genre humain pour penser qu’il vaut mieux partager le territoire que le pouvoir. Non que l’on doive s’interdire de mettre en place, une fois les deux Etats constitués, des mécanismes fédéraux ou confédéraux, des arrangements économiques, des dispositifs bilingues, des passerelles culturelles pour préfigurer l’avènement de cet Etat unitaire. Mais n’est-il pas étrange que professant un seul Etat, les auteurs, censés s’adresser aux deux peuples, emploient une rhétorique de l’imprécation envers Israël au lieu d’une pédagogie de la persuasion plus adéquate si l’on entend faire coexister deux populations qui s’estiment, pour l’heure, être des ennemies ? Cette réprobation de l’Etat d’Israël tel qu’il est n’a de chance d’être audible au sein de la population juive israélienne que si elle est précédée d’une reconnaissance de l’attachement des Juifs à cette terre, de la légitimité du choix des Juifs à l’autodétermination nationale, plutôt que de la concéder du bout des lèvres sans la mentionner explicitement.

C’est tout le projet de fraternité judéo-arabe qui s’en trouve vicié dans ses fondements mêmes et transpire l’imposture.

Ce n’est pas nécessairement un nouvel habit de l’antisémitisme que proposer aux Juifs d’Israël une autre forme d’autodétermination que celle de l’Etat-nation ; ce n’est pas être antisémite que de souhaiter un Etat unitaire de la Méditerranée au Jourdain ; mais intimement associé à cette rhétorique de l’imprécation, de la disqualification et de l’injonction pour mettre Israël au ban des Etats, niant tous ses acquis et où vivent aujourd’hui près d’un Juif sur deux dans le monde, qui ont payé cher le droit d’être des autochtones, c’est tout le projet de fraternité judéo-arabe qui s’en trouve vicié dans ses fondements mêmes et transpire l’imposture. C’est, une fois de plus, la rhétorique radicale qui suscite le soupçon sur les bonnes intentions qui, du reste, sont beaucoup plus sous-jacentes qu’explicites et n’apparaissent qu’en pointillé. Est-ce donc cela l’Andalousie du Proche-Orient auquel ce projet est censé aboutir ? Je préfère encore la franchise de la droite israélienne qui ne dissimule guère son refus de tout Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza et préconise l’annexion, voire celle du Hamas qui préconise encore la destruction d’Israël. Qu’on nous épargne enfin le fantasme d’une Palestine démocratique et laïque lorsque tant de Palestiniens et de Juifs tiennent les notions de démocratie, de pluralisme confessionnel, d’égalité et de liberté individuelle, au pire pour des importations étrangères et occidentales, au mieux pour des valeurs instrumentales.

Deux Etats côte à côte

Travaillant actuellement à l’édition scientifique en hébreu du Traité sur la tolérance de Voltaire, avec en tête la boutade du philosophe à propos des Juifs consignée dans son Dictionnaire philosophique – «et pourtant, il ne faut pas les brûler» –, je voudrais, dans cet esprit, m’adresser à ces signataires égarés et leur dire ceci, en commençant par Edgar Morin et Jacques Rancière, qui m’ont appris respectivement l’importance de la complexité dans l’appréhension d’une situation et la relativité du savoir universellement partagé. Auprès d’eux, je suis un parfait ignorant, mais l’élève peut oser dispenser une petite leçon aux maîtres qu’ils restent à mes yeux et dont je continuerai d’enseigner la pensée. Quand l’histoire d’un peuple est marquée par la Nakba [l’exode forcé de 1948, qui signifie «catastrophe» en arabe, ndlr], on ne vient pas dire aux Palestiniens de Cisjordanie, comme le suggèrent trop de mes concitoyens, qu’il y a vingt-deux Etats qui les attendent. Quand l’histoire du mien est marquée par la Shoah, on ne peut sommer les Juifs de liquider ce qu’ils ont créé à la sueur de leur front, dans le sang et les larmes, et qui n’est pas réductible à l’occupation. Un peu d’humilité est toujours une bonne attitude.

Camus disait que les solutions humaines valent toujours mieux que les solutions politiques. Le problème, c’est que les premières, pour être généreuses et idéales sont souvent impraticables, ou plus exactement, en dépit de leurs bonnes intentions, leur application engendre sur le terrain des effets pervers qu’on n’avait pas prévus initialement. Les solutions politiques sont grises, ternes, sans éclat, moins grandioses, mais plus accessibles. C’est pourquoi à la fiction d’une fausse commune, d’une URSS qu’on aurait rebaptisée URJP, l’Union des républiques juive et palestinienne, je préfère, faute d’avoir l’imagination des signataires, avoir deux Etats, côte à côte, qui auraient pour mission de penser d’égal à égal les conditions de leur coexistence et les moyens de transférer des parts de leur souveraineté exclusive à un mécanisme supranational. Cette démarche n’a-t-elle pas guidé l’émergence de l’Union européenne qui, sans être dépourvue de défauts, a chassé la guerre du continent ?

Ne touchez pas à la légitimité d’Israël

Alors, que faire ? C’est contre l’occupation et la colonisation qu’il faut rassembler les opinions publiques dans les territoires palestiniens, en Israël et dans le monde. Ni plus ni moins, mais ne touchez pas à la légitimité d’Israël. On ne convaincra pas les Israéliens de se retirer de Cisjordanie si on ne les rassure pas sur leur droit d’exister dans les frontières de 1967. Cela n’exclut guère de reprendre le dossier de la Nakba, de traiter de la question des réfugiés et de conférer aux Palestiniens d’Israël des garanties constitutionnelles à titre de minorité nationale. Cela implique également de réviser de fond en comble la condition des Palestiniens d’Israël pour tout ce qui a trait à la redistribution des terres. Longtemps, l’impératif sécuritaire a servi de justification ou de prétexte pour ne rien lâcher. Cette objection ne tient plus. A cet égard, distinguons soigneusement le rapport de B’Tselem et la pétition étudiée du rapport effectué par le Human Rights Watch. Le rapport américain est accablant, mais rigoureux et tout sauf militant. D’une part, l’organisation américaine rejette explicitement la notion d’Etat-apartheid qui n’a pas de fondement juridique. D’autre part, elle a l’intelligence et la prudence de ne pas recommander de solution et se montre sceptique sur la solution à un Etat, craignant à juste titre qu’elle ne soit exploitée dans un sens qui accentuerait et approfondirait les inégalités.

C’est contre l’occupation et la colonisation qu’il faut rassembler les opinions publiques dans les territoires palestiniens, en Israël et dans le monde.

Le rapport souligne enfin qu’à côté des droits individuels, politiques, civils, culturels et confessionnels des Palestiniens d’Israël, les pouvoirs publics ont creusé un énorme déficit concernant le partage des ressources et du sol notamment. Et cependant, malgré la réalité des griefs, près de deux millions de Palestiniens citoyens d’Israël disent comme un plébiscite de tous les jours qu’ils n’entendent nullement jeter les Juifs à la mer, que leur existence individuelle est indissociable après plus de soixante-dix ans du maintien d’Israël. Ils réclament plus d’intégration sociale, plus d’égalité, ou plus d’autonomie, la reconnaissance de leur souffrance, et pour leurs frères de Cisjordanie, la liberté. Je serai toujours à leurs côtés dans cette double lutte pour l’égalité et pour la liberté.

Ce sont les Palestiniens d’Israël qui ont été les premiers à revendiquer deux Etats pour deux peuples. Pourquoi ne seraient-ils pas entendus puisque la voix de la gauche sioniste est, à leurs yeux, discréditée ? Et que dire des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza qui réclament la dignité qu’un Etat de Palestine peut tout à fait conférer autant sinon plus que l’improbable et incertaine solution à un Etat ? La solution à deux Etats ne ferme pas la porte à un partenariat. Elle constitue un consensus minimum qui permettrait d’unir autour de cette revendication élémentaire toutes les bonnes volontés en Israël, en Palestine et dans le monde afin de rétablir aux Palestiniens la plénitude de leurs droits nationaux et de sauver Israël de la catastrophe morale qu’elle refuse de voir. La détresse est grande chez les Palestiniens et les Israéliens, même si assurément elle n’est pas du même ordre : l’une est retentissante, l’autre est niée. L’appui des signataires dans ces combats complémentaires ne sera pas de trop.

Dernier livre paru : Israël et ses paradoxes, Le Cavalier bleu, 2018.

Voir également:

A new report by Human Rights Watch (HRW) released on Tuesday accusing Israel of committing the crime of apartheid, as well as the persecution of Palestinians, is being given extensive media coverage with little to…

A new report by Human Rights Watch (HRW) released on Tuesday accusing Israel of committing the crime of apartheid, as well as the persecution of Palestinians, is being given extensive media coverage with little to no critical journalism.

Unfortunately, Human Rights Watch has an ill-deserved gravitas that serves to disguise its biased methodology. Consequently, pundits and journalists alike have taken the bait, swarming to cover the report without properly analyzing its contents and challenging its absurd claim – which hinges on subverting the term “apartheid” to have an entirely new meaning.

The 213-page report claims that, as the Israeli government constitutes a “single authority” exercising control “over the area between the Jordan River and the Mediterranean Sea” and seeks to maintain Jewish “domination” over Palestinians and its own Arab population, the term “apartheid” is an apt description.

But that’s not what apartheid means at all. Put simply, apartheid is a policy or system of segregation or discrimination on the grounds of race. Or as the Merriam-Webster dictionary defines it:

racial segregation
specificallya former policy of segregation and political, social, and economic discrimination against the nonwhite majority in the Republic of South Africa”

Now compare that description to Israel’s relationship with the Palestinians. Since the Oslo Accords were signed in the 1990s, most Palestinians are governed by the Palestinian Authority. This body was set up with international encouragement, and the Palestinians willingly agreed to adopt a system in which they gained partial autonomy while granting Israel overall security control. Given the many wars Israel had faced in the decades previously — and since — this arrangement made eminent sense as a stepping stone along the road to a more permanent solution.

Nevertheless, the HRW report slams Israel — essentially for keeping its citizens safe. “The Israeli government has demonstrated an intent to maintain the domination of Jewish Israelis over Palestinians across Israel and the occupied Palestinian territory,” the report charges. “That intent has been coupled with systematic oppression of Palestinians and inhumane acts committed against them. When these three elements occur together, they amount to the crime of apartheid.”

Glaring Omissions of Context Left Unchallenged

The lengthy report makes only passing reference to the ongoing threats faced by Israel, by focusing on Israel’s response to the numerous Gaza-based terror groups which periodically fire hundreds of rockets into Israeli territory. It completely overlooks the threat posed by Iranian-backed Hezbollah, located primarily in Lebanon and Syria.

A quick search of the report for words like “terror” and “rocket” shows that HRW totally fails to describe Palestinian terrorist actions against Israel.

In addition, the report totally fails to take into account the longstanding enmity between Hamas, the terror group which rules the coastal territory, and Fatah, which rules the Palestinian population of the West Bank, and what that means for peace negotiations with the Jewish state.

Instead, the reports casts Israel as solely responsible for the lack of a resolution to the decades-old conflict, and characterizes its desire to keep the lid on violent Arab uprisings as “apartheid” — a stunning inversion of reality. Why, at the very least, are journalists not asking HRW how Israel’s basic security needs can be met?

Shakir’s Personal Anti-Israel Vendetta

It is not the first time that the NGO takes a jab at Israel. The particular researcher who compiled the report, Omar Shakir, was forced to leave Israel in November 2019 after his work visa was not renewed due to his support of the controversial Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) movement. Nevertheless, the vast majority of news reports have failed to document either of these important facts.

For over a decade, Shakir has fought a campaign denying Israel’s right to exist and smearing the Jewish state with the kind of barbs more typically heard in the cesspit of online discussion. On various occasions, he has stated that Israel has “effectively turned Gaza into an open-air prison.” Moreover, Shakir was involved in compiling a discriminatory UN database of businesses operating across the 1949 Armistice line, aimed at bolstering BDS campaigns against Israel.

Consequently, the report largely recycled existing materials from known anti-Israel organizations, without engaging in independent investigative work. As Israeli columnist Ben Dror-Yemini notes:
In the 200 or so pages of the report, HaMoked is mentioned 62 times, Adalah 77 times, Gisha 92 times and B’Tselem 151 times. But the record goes to Haaretz newspaper, which is cited a massive 190 times. In reality, Shakir did no fact checking or investigations of his own, and the concept of fairness does not even come into it. He pored over anti-Israel publications that pretend to be objectively critical and gathered anything that matched his preestablished hostility. The outcome was decided in advance.”

Deliberate Provocation — and Not For the First Time

This is not the first time in recent memory that Israel has faced such claims. In January this year, Israeli organization B’Tselem made exactly the same case, as it took the dramatic step of publishing an op-ed in The Guardian, and sending press releases to numerous newspapers around the world, accusing Israel of “apartheid.”

Just like today, news organizations worldwide gave prominent coverage to the report claiming that Israel is no longer a democracy but an “apartheid regime” devoted to cementing the supremacy of Jews over Palestinians. By uncritically portraying this group as a leading proponent of human rights, the media effectively facilitated the hijacking of the word “apartheid” by anti-Israeli activists whose goal is to foster doubt about Israel’s right to live in peace within secure borders.

In January, even the usually stridently anti-Israel The Guardian was taken aback, with a subsequent editorial published, admitting “It was a deliberate provocation by B’Tselem… to describe the Palestinians in the Holy Land as living under an apartheid regime.” But a few months later, when exactly the same claim resurfaced, the Guardian, amongst others, just couldn’t resist helping spread the baseless libel.

As ever, the failure of journalists to do their job and ask tough questions of Israel’s detractors means that the truth is the first casualty of HRW’s ongoing war against the Jewish State.

Voir de même:

Pour que 2021 soit l’année de la fin de l’apartheid en Israël
Plus de 1 000 artistes, intellectuels et universitaires de plus de 45 pays appellent à la reconnaissance internationale et au démantèlement du régime d’apartheid mis en place par Israël sur le territoire de la Palestine
par Un collectif de 1000 personnalités internationalement reconnues
Libération
27 juillet 2021

Gageons que, dans quelques années, quand les historiens voudront caractériser les événements marquants de l’année 2021 en ce qui concerne l’Etat d’Israël, ce qui l’emportera ne sera ni la vaccination éclair contre le Covid ni le départ du Premier ministre Benjamin Nétanyahou, mais bel et bien la reconnaissance mondiale de l’état d’apartheid dans tout l’espace de la «Palestine historique». Cela a commencé le 12 janvier par la publication du rapport de B’Tselem (Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés) intitulé : «Un régime de suprématie juive s’étendant du Jourdain à la Méditerranée, c’est de l’apartheid». Trois mois plus tard, le 27 avril, le rapport de Human Rights Watch, ONG internationale de défense des droits humains mondialement respectée, enfonçait le clou sous le titre : «Un seuil franchi : les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution». Enfin, le 6 juillet, 600 universitaires, artistes et intellectuels venant de 45 pays rendaient publique une déclaration qui appelle au démantèlement du régime d’apartheid dans la Palestine historique.

L’apartheid est un crime, internationalement reconnu comme tel depuis que, le 30 novembre 1973, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait la Convention internationale sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid. Dans le statut de Rome de 2002 instituant la Cour pénale internationale, l’apartheid est caractérisé comme un crime contre l’humanité «commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime».

La coïncidence avec la législation israélienne et les politiques de discrimination envers les Palestiniens est manifeste. Pourtant, pendant des décennies, il fut pratiquement impossible d’en faire état publiquement. Lorsque l’ancien président Carter, dans un livre sur Israël de 2006, osa faire figurer le mot dans son titre (Palestine : la paix, pas l’apartheid), il souleva des clameurs d’indignation. Dix ans après, quand une étude des Nations unies parvint aux mêmes conclusions («Le traitement par Israël du peuple palestinien et la question de l’apartheid», commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale [ESCWA], 2017), la réaction ne fut pas moins violente. Face à la colère des groupes de pression et des Etats pro-israéliens devant cette utilisation à leurs yeux inacceptable du «mot en A», le secrétaire général dut demander le retrait du rapport. La directrice exécutive de l’ESCWA, Rima Khalaf, préféra alors démissionner plutôt que de s’incliner.

Mais en cette année 2021, le verrou vient de sauter. Les sociétés civiles du monde entier ne le supportent plus. D’un continent à l’autre, d’une génération à l’autre, d’une nationalité à l’autre, les manifestations, les prises de position, les tribunes, les motions adoptées à de larges majorités convergent en un même flot de protestation. La reconnaissance du fait qu’Israël a bel et bien instauré un régime d’apartheid dans l’ensemble des territoires qu’il a soumis à sa juridiction, s’ajoutant à d’autres violations du droit international, mène à exiger que la communauté internationale sorte de la complaisance et engage les mesures concrètes qui découlent de ce constat.

Dans cet esprit, la déclaration du 6 juillet sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid dans la Palestine historique, après avoir résumé l’histoire des pratiques israéliennes de discrimination systématique envers les Palestiniens, continues depuis la Nakba, en insistant sur la signification de l’adoption par la Knesset de la loi fondamentale de 2018 qui réserve aux seuls habitants juifs la pleine citoyenneté de l’Etat et le «droit à l’autodétermination», ainsi que sur la responsabilité des puissances occidentales qui protègent et subventionnent ce régime, et rappelé les obligations découlant de la Convention internationale de 1973, énonce quatre grands principes d’action :

– nécessité de condamner en tant que crime au sens du droit international le régime d’apartheid imposé au peuple palestinien résidant en Israël-Palestine ou contraint à l’exil ;

– nécessité du démantèlement de ce régime et de l’établissement d’un ordre constitutionnel respectant le droit international et les conventions de défense des droits humains, qui garantirait l’égalité des droits et devoirs pour les habitants de cette terre indépendamment de toute différence raciale et ethnique, comme de toute appartenance religieuse ou identité sexuelle, et reconnaîtrait le droit au retour de tous les exilés depuis la création de l’Etat d’Israël ;

– nécessité pour les gouvernements complices de mettre fin à leur connivence avec le régime d’apartheid en poussant à son démantèlement et en soutenant une transition sensible au droit à l’autodétermination des deux peuples habitant actuellement la Palestine historique ;

– nécessité enfin d’une commission de paix, de réconciliation et de responsabilité chargée d’accompagner la transition vers une gouvernance respectueuse des droits humains et de la démocratie. En attendant qu’un tel processus soit enclenché, les signataires appellent la Cour pénale internationale à lancer une enquête sur les dirigeants et le personnel de sécurité à qui la perpétuation du crime d’apartheid peut être imputée.

La déclaration (lisible sur le site https://www.aurdip.org/declaration-sur-l-elimination-et.html) est signée à ce jour par plus de 1 000 personnalités internationalement reconnues, en particulier Rima Khalaf (ancienne directrice exécutive de l’ESCWA), les professeurs Richard Falk et Virginia Tilley (auteurs du rapport de l’ESCWA en 2017), les Prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel et Mairead Maguire, le Prix Nobel de chimie George Smith, Nurit Peled-Elhanan (Prix Sakharov 2001 et co-fondatrice du Tribunal Russell pour la Palestine), les juristes Monique Chemillier-Gendreau et John Dugard, les enseignants et chercheurs Bertrand Badie, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Souad Joseph, Edgar Morin, Jacques Rancière, Roshdi Rashed et Gayatri Spivak, le biologiste Sir Iain Chalmers, le compositeur Brian Eno, le musicien Roger Waters, l’écrivaine Ahdaf Soueif, l’économiste Sir Richard Jolly (ex-assistant du secrétaire général des Nations-unies), l’ancienne vice-présidente du Parlement européen Luisa Morgantini, le vétéran sud-africain de la lutte anti-apartheid Ronnie Kasrils et la militante pacifiste et ancienne dirigeante des Verts canadiens Joan Russow. Cette liste ne cesse de s’accroître. Espérons qu’elle contribue à faire enfin bouger les choses dans le sens de la justice.

La version originale anglaise de ce texte a été élaborée par Robert Falk et Jonathan Rosenhead. Adaptation française par Etienne Balibar et Jean-Marc Lévy-Leblond.

Voir de plus:

DECLARATION OF THE CRIME OF APARTHEID: ISRAEL

7 Jul 2021
[PREFATORY NOTE: The Declaration on Apartheid below is an initiative initiated by the wellknown
Tunisian mathematician, Ahmed Abbes, and endorsed by scholars and artists worldwide. If impressed
please distribute widely as there is a campaign underway to reach 1,000 signatures.]
Declaration on the Suppression and Punishment of the Crime of Apartheid in Historic Palestine
6 juillet 2021
Over 700 scholars, artists and intellectuals from more than 45 countries have signed the following declaration calling for the dismantling of the apartheid regime set up on the territory of historic Palestine and the establishment of a democratic constitutional arrangement that grants all its inhabitants equal rights and duties. The signatories include many distinguished figures, including the Nobel Peace Prize laureates Adolfo Pérez Esquivel and Mairead Maguire, academics with legal expertise Monique Chemillier-Gendreau and Richard Falk, scholars Étienne Balibar, Hagit Borer, Ivar Ekeland, Suad Joseph, Jacques Rancière, Roshdi Rashed and Gayatri Spivak, health researcher Sir Iain Chalmers, composer Brian Eno, musician Roger Waters, author Ahdaf Soueif, economist and former Assistant Secretary-General of the UN Sir Richard Jolly, South African politician and veteran anti-apartheid leader Ronnie Kasrils and Canadian peace activist and former national leader of the Green Party of Canada Joan Russow.
Declaration on the Suppression and Punishment of the Crime of Apartheid in Historic Palestine
Whereas :
1- Israel has subjected the Palestinian people for 73 years to an ongoing catastrophe, known as the Nakba, a process that included massive displacement, ethnic cleansing, war crimes, and crimes against humanity ;
2- Israel has established an apartheid regime on the entire territory of historic Palestine and directed toward the whole of the deliberately fragmented Palestinian people ; Israel itself no longer seeks to hide its apartheid character, claiming Jewish supremacy and exclusive Jewish rights of self-determination in all of historic Palestine through the adoption in 2018 by the Knesset of a new Basic Law ;
3-The apartheid character of Israel has been confirmed and exhaustively documented by widely respected human rights organizations, Adalah, B’Tselem, Human Rights Watch, and in the UN ESCWA academic study that stresses the importance of defining Israeli apartheid as extending to people rather than limited to space, [“Israeli Practices towards the Palestinian People and the Question of Apartheid,” UN ESCWA, 2017] ;
4- Israel periodically unleashes massive violence with devastating impacts on Palestinian civilian society, particularly against the population of Gaza, which endures widespread devastation, collective trauma, and many deaths and casualties, aggravated by being kept under an inhuman and unlawful blockade for over 14 years, and throughout the humanitarian emergency brought about by the COVID pandemic ;
5- Western powers have facilitated and even subsidized for more than seven decades this Israeli system of colonization, ethnic cleansing, and apartheid, and continue to do so diplomatically, economically, and even militarily.
Considering :
i- The Universal Declaration of Human Rights which stipulates in its first article that ’all human beings are born free and equal in dignity and rights.’ And taking account that the inalienable right of self-determination is common Article 1 of the International Covenant on Civil and Political Rights and the International Covenant on Economic, Social, and Political Rights, and as such, a legal and ethical entitlement of all peoples.
ii- The International Convention on the Suppression and Punishment of the Crime of Apartheid which stipulates in Article I that ’apartheid is a crime against humanity and that inhuman acts resulting from the policies and practices of apartheid and similar policies and practices of racial segregation and discrimination, as defined in article II of the Convention, are crimes violating the principles of international law, in particular the purposes and principles of the Charter of the United Nations, and constituting a serious threat to international peace and security.’ The States Parties to this Convention undertake in accordance with Article IV :
_ “(a) To adopt any legislative or other measures necessary to suppress as well as to prevent any encouragement of the crime of apartheid and similar segregationist policies or their manifestations and to punish persons guilty of that crime ;
_ “(b) To adopt legislative, judicial and administrative measures to prosecute, bring to trial and punish in accordance with their jurisdiction persons responsible for, or accused of, the acts defined in article II of the present Convention, whether or not such persons reside in the territory of the State in which the acts are committed or are nationals of that State or of some other State or are stateless persons.”
The endorsers of this document :
A- Declare their categorical rejection of the apartheid regime set up on the territory of historic Palestine and imposed on the Palestinian people as a whole, including refugees and exiles wherever they might be in the world.
B- Call for the immediate dismantling of this apartheid regime and the establishment of a democratic constitutional arrangement that grants and implements on all the inhabitants of this land equal rights and duties, regardless of their racial, ethnic, and religious identities, or gender preferences, and which respects and enforces international law and human conventions, and in particular gives priority to the long deferred right of return of Palestinian refugees expelled from their towns and villages during the creation of the State of Israel, and subsequently.
C- Urge their governments to cease immediately their complicity with Israel’s apartheid regime, to join in the effort to call for the dismantling of apartheid structures and their replacement by an egalitarian democratic governance that treats everyone subject to its authority in accordance with their rights and with full respect for their humanity, and to make this transition in a manner sensitive to the right of self-determination enjoyed by both peoples presently inhabiting historic Palestine.
D- Call for the establishment of a National Commission of Peace, Reconciliation, and Accountability to accompany the transition from apartheid Israel to a governing process sensitive to human rights and democratic principles and practices. In the interim, until such a process is underway, issue a call for the International Criminal Court to launch a formal investigation of Israeli political leaders and security personnel guilty of perpetuating the crime of apartheid.
* Academics, artists and intellectuals can endorse this declaration by completing this form.
* Endorsed by 723 academics, artists and intellectuals on July 8, 2021 (click here for the full list), including
Ahmed Abbes, mathematician, Director of research in Paris, France
Sinan Antoon, New York University, United States
John Avery, Writer, Denmark
Bertrand Badie, Sciences Po Paris, France
Étienne Balibar, Anniversary Chair of Modern European Philosophy, Kingston University London, United Kingdom
Anthony Barnett, Writer, United Kingdom
Edmond Baudoin, Auteur de bandes dessinées, France
George Bisharat, UC Hastings College of the Law/Professor, musician, United States
Nicolas Boeglin, Professor of Public International Law, University of Costa Rica, Costa Rica
Hagit Borer, Professor, Queen Mary University of London, United Kingdom
Grazia Borrini-Feyerabend, Council of Elders of the ICCA Consortium, Switzerland
Daniel Boyarin, Taubman Professor of Talmudic Culture, UC Berkeley, United States
Anouar Brahem, Musician, Composer, Tunisia
Rony Brauman, Physician, writer, former president of Médecins Sans Frontières, France
Iain Chalmers, Editor, James Lind Library, United Kingdom
Hafidha Chekir, Emeritus Professor of Public Law, Al Manar University, Tunis ; Vice President of the International Federation for Human Rights, Tunisia
Monique Chemillier-Gendreau, Professeure émérite de droit public et de sciences politiques, Université Paris-Diderot, France
David Comedi, National University of Tucumán and National Research Council, Argentina
Laurent Cugny, Professeur, Sorbonne Université, France
Eric David, Emeritus Professor of International Law at the Université libre de Bruxelles, Belgium
Chandler Davis, Professor Emeritus of Mathematics, University of Toronto, Canada
Sonia Dayan-Herzbrun, Professeure émérite à l’Université de Paris, France
Herman De Ley, Emeritus Professor, Ghent University, Belgium
Ivar Ekeland, Professor emeritus of mathematics and former President, University of Paris-Dauphine, France
Brian Eno, Artist/Composer, United Kingdom
Adolfo Esquivel, Premio Nobel de la Paz 1980 (Nobel Peace Prize 1980), Argentina
Richard Falk, Professor of International Law, Emeritus, Princeton University, United States
Emmanuel Farjoun, Emeritus Professor, Hebrew University of Jerusalem, Israel
Jan Fermon, Avocat. Secrétaire général Association Internationale des Juristes Démocrates, Belgium
Domenico Gallo, Chamber President in Supreme Court of Cassazione, Italy
Irene Gendzier, Prof Emeritus in the Dept Political Science, Boston University, United States
Catherine Goldstein, Director of Research, Paris, France
Neve Gordon, Queen Mary University of London, United Kingdom
Penny Green, Queen Mary University of London, United Kingdom
Sondra Hale, Professor Emerita, University of California, Los Angeles, United States
Michael Harris, Professor of Mathematics, Columbia University, United States
Judith Herrin, King’s College London, United Kingdom
Christiane Hessel-Chabry, Présidente d’honneur de l’association EJE (Gaza), France
Shir Hever, Political Economist, Germany
Nicholas Humphrey, Emeritus Professor, London School of Economics, United Kingdom
Abdeen Jabara, Attorney, past president, American-Arab Anti-Discrimination Committee, United States
Richard Jolly, Emeritus Fellow, IDS, University of Sussex, United Kingdom
Suad Joseph, Distinguished Research Professor, University of California, Davis, United States
Mary Kaldor, London School of Economics and Political Science, United Kingdom
Ronnie Kasrils, Former government minister, South Africa
Assaf Kfoury, Computer Science Department, Boston University, United States
Rima Khalaf, Former Executive Secretary of UN ESCWA, Jordan
Daniel Kupferstein, Film director, France
Jean-Marc Lévy-Leblond, Emeritus professor, University of Nice, France
David Lloyd, University of California Riverside, United States
Brinton Lykes, Professor & Co-Director, Boston College Center for Human Rights & International Justice, United States
Moshé Machover, Mathematician, KCL, United Kingdom
Kate Macintosh, Architect, United Kingdom
Mairead Maguire, Nobel peace laureate, Ireland
Dick Marty, Dr. Jur. Dr. H.c., former Chair of the Committee of Human Rights of the Parliamentary Assembly of the Council of Europe, Switzerland
Georg Meggle, Philosopher, Prof. em. at University of Leipzig, Germany
Jan Oberg, DrHc, peace and future researcher, Transnational Foundation, Sweden
Joseph Oesterlé, Emeritus professor, Sorbonne University, France
Adi Ophir, Professor Emeritus, Tel Aviv University ; Visiting Professor, The Cogut Institute for the Humanities and the center for Middle East Studies, Brown Universities, United States
Karine Parrot, Professeure de droit à l’Université de Cergy-Pontoise, France
Ghislain Poissonnier, Magistrate, France
Susan Power, Head of Legal Research and Advocacy, Al-Haq, Palestine
Prabir Purkayastha, Editor, Newsclick.in, India
Jacques Rancière, Professeur émérite, Université Paris 8, France
Roshdi Rashed, CNRS/Université de Paris, France
Steven Rose, Emeritus Professor of Biology and Neurobiology at the Open University and Gresham College, London, United Kingdom
Hilary Rose, Professor Emerita Sociology University of Bradfor, United Kingdom
Jonathan Rosenhead, Emeritus Professor of Operational Research at the London School of Economics, United Kingdom
Andrew Ross, Professor of Social and Cultural Analysis, New York University, United States
Alice Rothchild, MD, retired, Assistant Professor of Obstetrics and Gynecology, Harvard Medical School, United States
Joan Russow, Researcher, Global Compliance Research Project, Canada
Richard Seaford, Emeritus Professor, University of Exeter, United Kingdom
Leila Shahid, Former Ambassador of Palestine, Palestine
Eyal Sivan, Filmmaker – Essayist, France
John Smith, Filmmaker, Emeritus Professor of Fine Art, University of East London, United Kingdom
Nirit Sommerfeld, Singer, actress, writer, Germany
Ahdaf Soueif, Writer, Egypt
Gayatri Spivak, Columbia University, United States
Jonathan Steele, Author and journalist, United Kingdom
Annick Suzor-Weiner, Professor emeritus, Université Paris-Saclay, France
Salim Tamari, Emeritus Professor of Sociology, Birzeit University, Palestine
Virginia Tilley, Southern Illinois University Carbondale, United States
Salim Vally, Professor, University of Johannesburg, South Africa
Roger Waters, Musician, United Kingdom
Robert Wintemute, Professor of Human Rights Law, King’s College London, United Kingdom
John Womack jr, Harvard University, United States
* Institutional affiliations are given only for identification purposes
* The full list of signatories is available here.
* Academics, artists and intellectuals can endorse this declaration by completing this form.
* Version française ; versión en español ; versione italiana ;
Voir encore:

Des politiques israéliennes abusives constituent des crimes d’apartheid et de persécution
Ces crimes contre l’humanité devraient déclencher des actions pour mettre fin à la répression envers les Palestiniens

(Jérusalem) – Les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd’hui. Cette conclusion se fonde sur une politique globale du gouvernement israélien qui vise à maintenir la domination des Israéliens juifs sur les Palestiniens, et sur de graves abus commis contre les Palestiniens vivant dans le territoire occupé, y compris Jérusalem-Est.

27 avril 2021A Threshold Crossed
Israeli Authorities and the Crimes of Apartheid and Persecution

Appendix I: Letter from Human Rights Watch to Israel Prime Minister
Le rapport de 213 pages, intitulé « A Threshold Crossed: Israeli Authorities and the Crimes of Apartheid and Persecution » (« Un seuil franchi : Les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution » – résumé en français), examine le traitement réservé aux Palestiniens par Israël. Le rapport présente la réalité actuelle d’une autorité unique, le gouvernement israélien, qui exerce le principal pouvoir sur la zone située entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée, peuplée de deux groupes de population de taille à peu près égale, et qui privilégie méthodiquement les Israéliens juifs tout en réprimant les Palestiniens, d’une manière particulièrement sévère dans le territoire occupé.

« Depuis des années, des voix éminentes ont averti du risque d’apartheid si la domination d’Israël sur les Palestiniens se poursuivait », a déclaré Kenneth Roth, le Directeur exécutif de Human Rights Watch. « Cette étude détaillée révèle que les autorités israéliennes ont déjà franchi ce seuil et commettent aujourd’hui les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution. »

Le constat d’apartheid et de persécution ne change rien au statut juridique du Territoire palestinien occupé, constitué de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de Gaza, ni à la réalité factuelle de l’occupation.

Initialement apparu en lien avec l’Afrique du Sud, l’apartheid est aujourd’hui un terme juridique universel. L’interdiction de la discrimination et de l’oppression institutionnelles particulièrement sévères, ou apartheid, constitue un principe fondamental du droit international. La Convention internationale de 1973 sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid et le Statut de Rome de 1998 de la Cour pénale internationale (CPI) définissent l’apartheid comme un crime contre l’humanité constitué de trois éléments principaux :

(1) Une intention de maintenir la domination d’un groupe racial sur un autre.

(2) Un contexte d’oppression systématique du groupe dominant sur le groupe marginalisé.

(3) Des actes inhumains.

27 avril 2021
Questions-Réponses : Un seuil franchi
Les autorités israéliennes et les crimes d’apartheid et de persécution

L’allusion à un groupe racial est comprise aujourd’hui comme concernant non seulement le traitement sur la base de traits génétiques mais aussi celui sur la base de l’ascendance et de l’origine nationale ou ethnique, tel que définies dans la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Human Rights Watch utilise cette définition élargie.

Le crime contre l’humanité de persécution, tel que défini dans le Statut de Rome et le droit international coutumier, consiste en une grave privation des droits fondamentaux d’un groupe racial, ethnique ou autre, exercée avec une intention discriminatoire.

Human Rights Watch a constaté que les éléments constitutifs de ces crimes se retrouvent dans le Territoire palestinien occupé, dans le cadre d’une politique gouvernementale israélienne unique. Cette politique consiste à maintenir la domination des Israéliens juifs sur les Palestiniens à travers Israël et dans le territoire occupé. Elle s’accompagne, dans le territoire occupé, d’une oppression systématique et d’actes inhumains à l’encontre des Palestiniens qui y vivent.

S’appuyant sur des années de recherches sur les droits humains, d’études de cas et l’examen de documents de planification du gouvernement, de déclarations de responsables israéliens et d’autres sources, Human Rights Watch a comparé les politiques et pratiques à l’égard des Palestiniens dans le territoire occupé et en Israël avec celles qui concernent les Israéliens juifs vivant dans les même zones. Human Rights Watch a écrit en juillet 2020 au gouvernement israélien, sollicitant son point de vue sur ces questions, mais n’a pas reçu de réponse à ce jour.

En Israël et dans le Territoire palestinien occupé, les autorités israéliennes ont cherché à maximiser les terres disponibles pour les communautés juives et à regrouper la plupart des Palestiniens dans des zones à forte densité de population. Les autorités ont adopté des politiques visant à atténuer ce qu’elles ont ouvertement décrit comme une « menace démographique » posée par les Palestiniens. À Jérusalem, par exemple, le plan du gouvernement pour la municipalité, tant dans l’ouest de la ville que dans la partie occupée dans l’est, a pour objectif de « maintenir une solide majorité juive dans la ville » et précise même les ratios démographiques que le gouvernement souhaite maintenir.

Pour maintenir cette domination, les autorités israéliennes exercent une discrimination systématique à l’encontre des Palestiniens. La discrimination institutionnelle à laquelle les citoyens palestiniens d’Israël sont confrontés inclut des lois qui permettent à des centaines de petites localités juives d’exclure de facto les Palestiniens, et des budgets qui n’allouent qu’une petite partie des ressources aux écoles palestiniennes comparées à celles destinées aux enfants israéliens juifs. Dans le territoire occupé, la gravité de la répression, marquée notamment par l’imposition d’un régime militaire draconien aux Palestiniens, alors que les Israéliens juifs vivant de manière ségréguée sur le même territoire se voient accordés leurs pleins droits en vertu de la loi civile israélienne, équivaut à l’oppression systématique requise pour constituer le crime d’apartheid.

Les autorités israéliennes se sont livrées à une série d’abus à l’encontre des Palestiniens. Beaucoup de ceux perpétrés dans le Territoire palestinien occupé constituent de graves violations des droits fondamentaux et des actes inhumains, autre élément requis pour constituer le crime d’apartheid : restrictions de mouvement draconiennes, qu’il s’agisse du bouclage de Gaza et d’un régime de permis ; confiscation de plus d’un tiers des terres de Cisjordanie ; conditions de vie difficiles dans certaines parties de la Cisjordanie qui ont conduit au transfert forcé de milliers de Palestiniens hors de leurs foyers ; refus du droit de résidence à des centaines de milliers de Palestiniens et à leurs proches ; et suspension des droits civils fondamentaux de millions de Palestiniens.

Nombre des abus commis dans le cadre de ces crimes, tels que le refus quasi catégorique des permis de construire aux Palestiniens et la démolition de milliers d’habitats sous prétexte qu’un permis n’avait pas été délivré, n’ont aucune justification sécuritaire. D’autres, comme le gel effectif par Israël du registre de la population qu’il contrôle dans le territoire occupé, lequel bloque concrètement le regroupement familial pour les Palestiniens qui y vivent et empêche les habitants de Gaza de vivre en Cisjordanie, utilise la sécurité comme un prétexte pour poursuivre de nouveaux objectifs démographiques. Même lorsque des motifs sécuritaires sont invoqués, ils ne justifient pas davantage l’apartheid et la persécution que ne le feraient le recours à la force excessive ou à la torture, a souligné Human Rights Watch.

« Refuser à des millions de Palestiniens leurs droits fondamentaux, sans justification sécuritaire légitime et uniquement parce qu’ils sont palestiniens et non juifs, n’est pas simplement une question d’occupation abusive », a déclaré Kenneth Roth. « Ces politiques, qui accordent aux Israéliens juifs les mêmes droits et privilèges où qu’ils vivent et discriminent les Palestiniens à des degrés divers où qu’ils vivent, reflètent une volonté de privilégier un peuple au détriment d’un autre. »

Les déclarations et les actions des autorités israéliennes de ces dernières années, notamment  l’adoption en 2018 d’une loi à valeur constitutionnelle établissant Israël comme « l’État-nation du peuple juif », l’ensemble croissant de lois privilégiant davantage encore les colons israéliens en Cisjordanie et ne s’appliquant pas aux Palestiniens vivant sur le même territoire ; et l’expansion massive ces dernières années des colonies et des infrastructures les reliant à Israël ont clairement montré l’intention des autorités de maintenir la domination des Israéliens juifs. La possibilité qu’un futur dirigeant israélien puisse conclure avec les Palestiniens un accord qui démantèle le système discriminatoire en vigueur n’annule pas la réalité actuelle.

Les autorités israéliennes devraient renoncer à toute forme de répression et de discrimination qui privilégie les Israéliens juifs aux dépens des Palestiniens, y compris la liberté de mouvement, l’attribution des terres et des ressources, l’accès à l’eau, à l’électricité et à d’autres services, et la délivrance de permis de construire.

Le Bureau du Procureur de la CPI devrait enquêter et poursuivre les personnes impliquées de manière crédible dans les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution. Les autres pays devraient également le faire, conformément à leur législation nationale en vertu du principe de compétence universelle et imposer des sanctions individuelles, y compris des interdictions de voyager et un gel des avoirs, aux fonctionnaires responsables de ces crimes.

Les conclusions relatives aux crimes contre l’humanité devraient inciter la communauté internationale à réévaluer la nature de son engagement en Israël et en Palestine, et à adopter une approche axée sur le respect des droits humains et l’établissement des responsabilités, au lieu d’être basée uniquement sur le « processus de paix », actuellement au point mort. Les États membres des Nations Unies devraient créer une commission d’enquête de l’ONU chargée d’enquêter sur la discrimination et la répression systématiques en Israël et en Palestine. Ils devraient aussi créer un poste d’Envoyé mondial de l’ONU pour les crimes de persécution et d’apartheid, avec pour mandat de mobiliser une action internationale en vue de mettre fin à la persécution et à l’apartheid partout dans le monde.

Les gouvernements devraient conditionner les ventes d’armes et l’assistance militaire et sécuritaire à Israël à des mesures concrètes et vérifiables de la part des autorités israéliennes en vue de mettre fin à la commission de ces crimes. Ils devraient en outre examiner les accords, programmes de coopération et toutes les formes existantes de commerce avec Israël pour identifier ceux qui contribuent directement à la commission des crimes, atténuer leurs incidences sur les droits humains et, lorsque cela n’est pas possible, mettre fin aux activités et aux modes de financement qui facilitent ces graves violations.

« Tandis qu’une grande partie de la communauté internationale considère l’occupation israélienne à l’œuvre depuis un demi-siècle comme une situation temporaire qu’un ‘‘processus de paix’’ vieux de plusieurs décennies résoudra bientôt, l’oppression des Palestiniens dans la région a franchi un seuil et un degré de permanence qui correspondent aux définitions des crimes d’apartheid et de persécution », a conclu Kenneth Roth. « Celles et ceux qui luttent pour la paix israélo-palestinienne, qu’elle prenne la forme d’une solution à un ou à deux États ou d’une confédération, devraient entre temps reconnaître cette réalité pour ce qu’elle est, et mettre en œuvre les instruments relatifs aux droits humains nécessaires pour y mettre fin. »

https://www.hrw.org/report/2021/04/27/threshold-crossed/israeli-authorities-and-crimes-apartheid-and-persecution⁠
Voir par ailleurs:

« Mais qui ? » : que signifie ce slogan antisémite écrit sur les pancartes de manifestants anti-passe sanitaire ?

FOCUS – Une jeune femme qui brandissait une telle pancarte lors de la manifestation anti-passe sanitaire à Metz samedi dernier a été interpellée ce lundi 9 août.

Ce lundi matin, une jeune femme a été interpellée pour avoir brandi une pancarte avec marqué «Mais qui?» en rouge lors de la manifestation contre le passe-sanitaire samedi 7 août dernier. La photo a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l’indignation de la classe politique et médiatique du fait de son caractère jugé antisémite.

En effet, il est possible de lire à la suite de slogan «Mais qui?» plusieurs noms de personnalités de la sphère politique et médiatique qualifiés de «traîtres» : «Fabius, Attali, Buzyn, Attal, Véran, BFM Drahi, Macron, Salomon, Sorhos, K. Schwab, BHL, Ferguson…» Que signifie réellement cette pancarte ? D’où vient ce slogan et pourquoi le qualifie-t-on d’antisémite ? Le Figaro fait le point.

D’où vient le slogan «Mais qui » ?

Ce slogan trouve vraisemblablement son origine dans une interview sur CNEWS du général à la retraite Dominique Delawarde – un des signataires de la tribune «des généraux». Le 18 juin dernier, l’ancien général était interrogé par Claude Posternak, membre du bureau politique de LREM, également invité de l’émission. Ce dernier lui demandait «qui», selon lui, contrôlait «la meute médiatique». Ce à quoi Dominique Delawarde avait répondu : «C’est la communauté que vous connaissez bien», sous-entendant la communauté juive.

Sur Twitter, la Licra, l’association SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) avaient dénoncé les propos de l’ancien militaire, qui aurait ainsi montré «son visage, raciste et antisémite».

Comment ce slogan est-il arrivé dans les cortèges anti-passe sanitaire ?

À la suite de cette polémique, de nombreux comptes sur les réseaux sociaux ont commencé à reprendre cette vidéo sous le hashtag «#qui». Des comptes radicaux ont ensuite commencé à publier de fausses infographies du paysage médiatique français mettant en scène les responsables «juifs» ou supposés juifs, comme l’a expliqué le journal Libération le 31 juillet dernier.

Conséquence dans la vie réelle, ces dernières semaines il a été possible d’observer quelques pancartes avec écrit «Qui?» dans les mains de certains manifestants anti-passe sanitaire.

Pourquoi ce slogan est-il jugé antisémite ?

Le 24 juillet dernier, après une manifestation qui a réuni plus de 160.000 personnes dans toute la France, des manifestants ont été aperçus brandissant cette pancarte. Certains ont été interrogés par une chaîne YouTube d’extrême droite au Trocadéro à Paris, comme le rapporte le journal Libération . Ceux-là prononcent alors des clichés antisémites en tout genre, dénonçant des «empoisonneurs de puits» ou encore un «appât du gain».

Devant la caméra, une jeune femme s’exprime : «Ils ont beaucoup de ressentiment par rapport aux blancs, ils ont un mauvais fond, ils nous considèrent comme des bêtes, c’est écrit dans le Talmud et ils veulent absolument nous métisser avec des [mot bipé] inférieurs intrinsèquement», poursuit la jeune femme. Et de scander : «Il aurait mieux valu qu’ils n’existent pas», relève le quotidien. Difficile de ne pas comprendre le sens de ces pancartes.

Réactions de la classe politique

Le ministre de l’Intérieur a tout de suite condamné la pancarte brandie à Metz, rappelant que l’antisémitisme est «un délit, en aucun cas une opinion». Il a affirmé que ces «propos ne resteront pas impunis».

L’ancien premier ministre Manuel Valls a rappelé qu’il fallait combattre «avec une fermeté implacable» l’antisémitisme, qui, selon lui, est souvent «annonciateur du pire». Nathalie Loiseau, eurodéputée LREM, a demandé que toute la classe politique dénonce «sans attendre et sans calcul» : «Ceux qui se tairont, s’il y en a, signeront leur indignité. Il n’y a rien à comprendre, seulement à combattre cette haine immonde.» «Il y a chez ces manifestants un antisémitisme assumé. Odieux. Insupportable», a-t-elle écrit sur Twitter.

D’autres personnalités ont répondu, dont Bernard-Henri Lévy qui appelle à ce que «ceux qui, sincèrement, défendent les libertés ouvrent les yeux. Qu’ils cessent de grossir les rangs de factieux qui, plutôt que le vaccin, administreraient bien à la France une double dose de populisme et de haine.»

La Licra a quant à elle annoncé saisir sa commission juridique afin d’examiner si des poursuites pénales sont envisageables.

Voir enfin:

The Guardian view on Israel and apartheid: prophecy or description?

It was a deliberate provocation by B’Tselem, Israel’s largest human rights group, to describe the Palestinians in the Holy Land as living under an apartheid regime. Many Israelis detest the idea that their country, one they see as a democracy that rose from a genocidal pyre, could be compared to the old racist Afrikaner regime. Yet figures such as Desmond Tutu and Jimmy Carter have done so.
There is a serious argument about injustices to be had. Palestinians – unlike Israeli Jews – live under a fragmented mosaic of laws, often discriminatory, and public authorities which seem indifferent to their plight. Apartheid is a crime against humanity. It is a charge that should not be lightly made, for else it can be shrugged off. Some might agree with the use of such incendiary language, but many will recoil. The crime of apartheid has been defined as “inhumane acts committed in the context of a regime of systematic oppression and domination by one racial group over any other racial group or groups with the intention of maintaining that regime”.
There are nearly 5 million Palestinians in the West Bank and Gaza, all without Israeli citizenship. In the West Bank, Palestinians are bereft of civil rights, while Israelis in the occupied territory enjoy the full support of the state. Hamas won Gaza’s election in 2006, but the blockade that Israel imposes means it is in charge. Egypt has sealed its border, but nothing and nobody can get in or out without Israeli permission. Meeting the needs of Gaza’s growing population, say relief agencies, is at the whim of Israel. About 300,000 Palestinians in the areas formally annexed in 1967 – East Jerusalem and surrounding villages – do not have full citizenship and equal rights. Last year, the Israeli NGO Yesh Din found that Israeli officials were culpable of the crime of apartheid in the West Bank. Such a finding can only be a tragedy for all, including this newspaper, who wish the state of Israel well.
B’Tselem argues that Palestinians are afforded various levels of rights depending on where they live, but always below Jewish people. The group says it is becoming impossible to insulate Israel from its prolonged occupation project, leading it to run an apartheid regime not just outside its sovereign territory but inside it. There are about 2 million Palestinian citizens of Israel, a minority under pressure not to antagonise the Jewish majority. Within Israel, discriminatory policies are not difficult to find. National security is invoked to justify often racist citizenship laws. Jewish-only communities have admission committees that can legally reject Palestinians on the grounds of “cultural incompatibility”. A web of land and planning laws squeeze Palestinians into a shrinking space. There are Israeli Arabs whose prominence in society belies the poverty of the majority.
Israel has a problem of historic discrimination. But under Benjamin Netanyahu’s government there has been the enactment of the nation state law that constitutionally enshrines Jewish supremacy and a plan to formally annex parts of the West Bank. Some prominent Jewish intellectuals, such as the writer Peter Beinart, have given up on the idea of a Jewish state. No government formed after the forthcoming election will support genuine Palestinian statehood or have a viable peace plan.
This begs B’Tselem’s heretical question: what if there is only, in reality, one regime between the Jordan River and the Mediterranean Sea, rather than one political power that controls the territory in which there are distinct regimes? A system of separate and unequal law and systemic discrimination against Palestinians has been justified because it was meant to be temporary. But decades have passed and the situation worsens. If this is a twilight for democracy and equality in the Holy Land, one can only hope that the night will be short.

Racisme intercommunautaire: Pendant 800 ans, on vous a vendus comme du bétail (Beware: one systemic racism may hide another)

1 juin, 2021

Biden's old playbook won't end Israeli-Palestinian violence – Ya LibnanIl y a autant de racismes qu’il y a de groupes qui ont besoin de se justifier d’exister comme ils existent, ce qui constitue la fonction invariante des racismes. Il me semble très important de porter l’analyse sur les formes du racisme qui sont sans doute les plus subtiles, les plus méconnaissables, donc les plus rarement dénoncées, peut-être parce que les dénonciateurs ordinaires du racisme possèdent certaines des propriétés qui inclinent à cette forme de racisme. Je pense au racisme de l’intelligence. (…) Ce racisme est propre à une classe dominante dont la reproduction dépend, pour une part, de la transmission du capital culturel, capital hérité qui a pour propriété d’être un capital incorporé, donc apparemment naturel, inné. Le racisme de l’intelligence est ce par quoi les dominants visent à produire une « théodicée de leur propre privilège », comme dit Weber, c’est-à-dire une justification de l’ordre social qu’ils dominent. (…) Tout racisme est un essentialisme et le racisme de l’intelligence est la forme de sociodicée caractéristique d’une classe dominante dont le pouvoir repose en partie sur la possession de titres qui, comme les titres scolaires, sont censés être des garanties d’intelligence et qui ont pris la place, dans beaucoup de sociétés, et pour l’accès même aux positions de pouvoir économique, des titres anciens comme les titres de propriété et les titres de noblesse. Pierre Bourdieu
ll ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes. Christiane Taubira
Pendant 800 ans, on vous a vendus comme du bétail. Employé algérien de restaurant (Cergy, France)
Tout le monde déteste les Versaillais ! À mort les fachos ! Manifestants communards (Paris)
On se serait cru 150 ans en arrière, c’est surréaliste. Monseigneur Denis Jachiet
On ne va pas s’allier avec le FN, c’est un parti de primates. Il est hors de question de discuter avec des primates. Claude Goasguen (UMP, Paris, 2011)
Ne laissez pas la grande primate de l’extrême goitre prendre le mouchoir … François Morel (France inter)
Moi, je revendique la stigmatisation de Marine Le Pen. Manuel Valls
La Palestine est l’Afrique du Sud de notre génération. Si nous n’intervenons pas avec audace et courage pour mettre fin au projet impérialiste qui s’appelle Israël, nous sommes condamnés. Patrisse Cullors (cofondatrice de Black Lives Matter, Harvard, 2015)
Le racisme anti-Noirs continue aujourd’hui au Maghreb. La couleur de peau est toujours associée à un statut inférieur. Des tribus pratiquaient l’esclavagisme dans tout le Maghreb et c’est resté dans l’imaginaire collectif. [Mais il y a peu de recherches sur la question] Certains craignent d’être accusés de faire le jeu de l’Occident. Mehdi Alioua (sociologue marocain)
Parmi les réactions suscitées par la diffusion de la vidéo de CNN montrant une vente aux enchères de migrants subsahariens en Libye, la dénonciation d’un racisme anti-Noirs persistant dans les pays du Maghreb figure en bonne place. Si les situations n’y sont pas comparables à la barbarie observée en Libye, les communautés noires continuent toutefois d’y être victimes de mépris, de discriminations, voire d’agressions. En Algérie, il existe une forte présence de migrants subsahariens qui y restent de quelques mois à quelques années, comme une pause sur leur route vers l’Europe. Selon les associations locales, ils seraient près de 100 000. Vivant dans les périphéries des grandes villes, privés de statut légal, ces habitants « fantômes » occupent souvent des emplois à la journée dans le secteur de la construction. En octobre 2015, l’histoire de Marie-Simone, une migrante camerounaise d’une trentaine d’années, avait fait la « une » de la presse. Victime d’un viol collectif à Oran (ouest), elle avait eu le plus grand mal à se faire soigner et à porter plainte. En mars 2016, à Ouargla (centre), c’est le meurtre d’un Algérien poignardé par un migrant nigérien qui avait dégénéré en une véritable chasse aux migrants. Et les exemples ne manquent pas. (…) Au Maroc, de nombreux témoignages font aussi état d’un racisme latent. Celui-ci va de faits divers extrêmement violents – en 2014, trois migrants ont été tués à Boukhalef, un quartier périphérique de Tanger – à un racisme diffus. « Dans la rue, certains nous appellent Ebola », racontait un Camerounais rencontré en septembre à Tétouan (nord). (…) En Mauritanie, plus au sud, le racisme ne vise pas les migrants de passage mais une partie des citoyens mauritaniens, rappelant la situation d’un pays où les Maures blancs concentrent la majorité des pouvoirs au détriment des Haratine, descendants d’esclaves, et des Négro-Africains. L’esclavage y a été interdit en 1981. Son interdiction a même été inscrite dans la Constitution en 2012, mais la pratique reste courante. Mais c’est certainement dans la Tunisie post-révolutionnaire que l’évolution est la plus sensible. « Pendant longtemps, le sujet des Tunisiens noirs, traités comme des citoyens de seconde zone, a été un tabou », rappelle Houda Mzioudet, chercheuse et spécialiste des minorités en Tunisie. (…) En 2016, l’agression de trois étudiants congolais en plein centre-ville de Tunis avait à son tour créé un vif émoi. Aujourd’hui, la Tunisie s’apprête à adopter une loi criminalisant la discrimination raciale. « Ce serait la première loi de ce type dans le monde arabe », souligne Houda Mzioudet. Le Monde
La France comprend trois foyers d’expression de l’antisémitisme très forts. Le premier, ce sont les proches du Front National et les électeurs de Marine Le Pen […] Le deuxième groupe, c’est parmi les Français musulmans […] Et puis le troisième groupe ce sont les proches du Front de gauche et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon 2012, où là aussi on trouve, à un degré moindre, et sur des ajustements ou, je dirais des agencements différents, l’expression d’un antisémitisme fort. (…) On a [dans ce groupe] une adhésion beaucoup plus forte que la moyenne à des préjugés qui relèvent de cet antisémitisme anticapitaliste et antiglobalisation. Cette idée que les juifs contrôlent l’économie. Qu’il y a un capitalisme cosmopolite, que le monde de la finance est un monde cosmopolite. Dominique Reynié
En octobre 2004, dans son rapport intitulé Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Jean-Christophe Rufin notait une diminution du rôle de l’extrême droite dans la responsabilité des violences antisémites et, en revanche, une augmentation de celui d’une frange de la jeunesse issue de l’immigration. (…) L’intérêt de la seconde enquête est de vérifier l’hypothèse d’un nouvel antisémitisme, avancée il y a presque quinze ans par Pierre-André Taguieff et reprise par Jean-Christophe Rufin dans son rapport de 2004. Il s’agit donc de savoir si les musulmans vivant en France sont plus ou moins susceptibles que la moyenne de la population nationale à partager des préjugés contre les Juifs, voire à développer une vision antisémite. (…) Enfin, pour comprendre ce regain des mauvaises pensées, il faut compter avec l’influence majeure d’un nouvel acteur, le Web, dont le rôle est rapidement devenu déterminant dans le domaine de l’information mais aussi de l’engagement politique, de la mobilisation militante et de la prise de parole en général et de type protestataire en particulier. La force du Web est décuplée par ses vertus apparentes et pour partie réelles: égalitarisme, spontanéisme, authenticité, immédiateté, universalité… Mais ce nouvel espace public est fortement porté par la possibilité singulière d’émettre des messages, des opinions, de les recevoir, de les partager, sans avoir nécessairement à décliner son identité, c’est-à-dire sans devoir engager sa responsabilité. Dans toute l’histoire de la liberté de la presse et de la liberté d’opinion, c’est une situation inédite. Ces outils offrent aux antisémites et aux racistes un statut d’extraterritorialité et, finalement, une impunité de fait, qui ne permet plus aux États de droit ni d’assurer la défense des valeurs humanistes ni de punir ceux qui se rendent coupables de les transgresser. (…) Il y a les opinions et il y a les agressions. En France, jamais nous n’avons réussi à descendre au-dessous de la barre de 400 actes antisémites par an depuis le début des années 2000, et l’année 2014 connaît une augmentation impressionnante (+ 91 %). Ainsi, de janvier à juillet 2014, comparativement à la même période en 2013, on a relevé 527 actes antisémites contre 276. La moitié des actes racistes sont des actes contre les Juifs, qui représentent probablement moins de 1 % de la population. Sur le Web, on note l’installation d’un antisémitisme déchaîné. Au cours de l’été 2014, lors des manifestations contre l’intervention israélienne dans la bande de Gaza, des slogans «Mort aux Juifs !» ont été entendus à Paris, place de la République; à Sarcelles, ces cris ont débouché sur la mise à sac de commerces au motif qu’ils appartenaient à des Juifs. Une synagogue a été attaquée. Il en va de même pour les actes atroces commis récemment: l’assassinat, en 2006, d’Ilan Halimi par le gang de Youssouf Fofana; celui, en 2012, de Jonathan Sandler et des enfants Gabriel Sandler, Arieh Sandler et Myriam Monsonego par Mohammed Merah, également meurtrier des malheureux Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf; puis, en 2014, la tuerie de Bruxelles perpétrée par Mehdi Nemmouche. Ne confondons pas ces drames avec des faits sans cause. Ils sont de notre époque et nous disent donc nécessairement de quoi elle est faite. (…) Parmi les informations que nous apporte cette enquête, l’un des points à retenir est certainement le fait que 16 % seulement des personnes interrogées se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle, en France, «il y a plus de problèmes d’antisémitisme que de problèmes de racisme». Autrement dit, 59 % des personnes estiment le contraire, ce qui s’oppose à l’évidence des données sur les agressions antisémites. En France, les actes antisémites constituent 50 % de tous les actes racistes, tandis que la communauté juive représente moins de 1 % de la population nationale. Il faut donc noter que, du point de vue du public, les agressions antisémites ne suscitent pas l’écho et la mémorisation auxquelles on pourrait s’attendre compte tenu de la nature des faits et de leur gravité (…) Selon notre enquête, de tous les partis politiques et des publics qu’ils fédèrent autour d’eux, les sympathisants du Front national et les électeurs de Marine Le Pen constituent l’univers politique et partisan où l’on trouve, et de très loin, le plus d’opinions antisémites et xénophobes. Les sympathisants du FN et ses électeurs ressemblent davantage au discours du fondateur du parti qu’au discours plus policé que sa nouvelle présidente s’efforce de mettre en scène. (…) Les musulmans répondants sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne à partager des préjugés contre les Juifs. La proportion est d’autant plus grande que la personne interrogée déclare un engagement plus grand dans la religion. Ainsi, lorsque 19 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent adhérer à l’idée selon laquelle «les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de la politique», le taux grimpe à 51 % pour l’ensemble des musulmans. Cette question permet d’illustrer les effets de la pratique religieuse sur l’adhésion aux items antisémites: en effet, l’adhésion à cet item est de 37 % chez les personnes qui déclarent une «origine musulmane», de 49 % chez les musulmans croyants» et de 63 % chez les «musulmans croyants et pratiquants». (…) l’idée selon laquelle le sionisme « est une organisation internationale qui vise à influencer le monde», si typique de la vision antisémite, suscite un niveau d’approbation très élevé parmi les musulmans interrogés (44 %), contre 16 % en moyenne de la population âgée de 16 ans et plus. On voit encore ici que la proportion croît avec le degré d’implication religieuse. L’existence d’un complot sioniste est de 30 % chez ceux qui déclarent une «origine musulmane», de 42 % chez les « musulmans croyants » et de 56% chez les «musulmans croyants et pratiquants ». (…) Les préjugés contre les Juifs sont plus répandus au sein de la mouvance du Front de gauche que dans l’ensemble de la société française, mais ils sont moins répandus que dans la mouvance du Front national. Dominique Reynié
Pourquoi la question n’est-elle presque jamais posée : ′′ Quels sont les droits du peuple palestinien ? ′′Et pourquoi semblons-nous prendre note de la violence en Israël et en Palestine uniquement lorsque des roquettes tombent sur Israël ? (…) le conflit d’aujourd’hui n’a pas commencé avec ces roquettes. Les familles palestiniennes dans le quartier de Jérusalem de Sheikh Jarrah vivent sous la menace d’expulsion depuis de nombreuses années, naviguant dans un système juridique conçu pour faciliter leur déplacement forcé. Et au cours des dernières semaines, les colons extrémistes ont intensifié leurs efforts pour les expulser. Et, tragiquement, ces expulsions ne sont qu’une partie d’un système plus large d’oppression politique et économique. Depuis des années, nous avons assisté à une aggravation de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et à un blocus continu sur Gaza qui rend la vie de plus en plus intolérable. (…) nous avons vu le gouvernement de Benjamin Netanyahu travailler à marginaliser et diaboliser les citoyens palestiniens d’Israël, à mener des politiques de colonisation conçues pour exclure la possibilité d’une solution à deux États et adopter des lois qui engendrent les inégalités systémiques entre les citoyens juifs et palestiniens israéliens. (…) Israël reste la seule autorité souveraine au pays d’Israël et de Palestine, et plutôt que de se préparer à la paix et à la justice, il a enraciné son contrôle inégal et antidémocratique. Plus d’une décennie de sa règle de droite en Israël, M. Netanyahu a cultivé un nationalisme raciste de plus en plus intolérant et autoritaire. Dans son effort effréné pour rester au pouvoir et éviter les poursuites judiciaires pour corruption, M. Netanyahu a légitimé ces forces, dont Itamar Ben Gvir et son parti extrémiste du pouvoir juif, en les faisant entrer dans le gouvernement. (…) les mensonges racistes qui attaquent les Palestiniens dans les rues de Jérusalem soient maintenant représentés à la Knesset. Ces tendances dangereuses ne sont pas propres à Israël. Partout dans le monde, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et ici aux États-Unis, nous avons vu la montée de mouvements nationalistes autoritaires similaires. Ces mouvements exploitent la haine ethnique et raciale pour construire le pouvoir pour une minorité de corrompus plutôt que la prospérité, la justice et la paix pour le plus grand nombre. Ces quatre dernières années, ces mouvements avaient un ami à la Maison Blanche. En même temps, nous assistons à la montée d’une nouvelle génération d’activistes qui veulent construire des sociétés basées sur les besoins humains et l’égalité politique. Nous avons vu ces militants dans les rues américaines l’été dernier à la suite du meurtre de George Floyd. Nous les voyons en Israël. Nous les voyons dans les territoires palestiniens. Avec un nouveau président, les États-Unis ont maintenant la possibilité de développer une nouvelle approche du monde – fondée sur la justice et la démocratie. (…) Au Moyen-Orient, où nous fournissons une aide de près de 4 milliards de dollars par an à Israël, nous ne pouvons plus être des apologistes du gouvernement de droite de Netanyahu et son comportement antidémocratique et raciste. (…) Cette approche doit reconnaître qu’Israël a le droit absolu de vivre dans la paix et la sécurité, tout comme les Palestiniens.(…) Nous devons reconnaître que les droits palestiniens sont importants. Les vies palestiniennes comptent. Bernie Sanders
St Louis sent me here to save lives. That means we oppose our money going to fund militarised policing, occupation and systems of violent oppression and trauma. We are anti-war, we are anti-occupation, and we are anti-apartheid. Period. Congresswoman Cori Bush
The shift is dramatic; it’s tectonic. There is a non-white population, particularly among Democrats, who are very sensitive to the treatment of fellow non-whites. They see Israel as an aggressor. They don’t know Israel’s early history and odds-defying triumph over adversity. They know post-Intifada; they know the various wars, the asymmetrical bombing that have taken place, the innocent civilians that have been killed. We’ve seen a steady growth in support for Palestinians, but it’s never really been a high-intensity issue. It’s becoming that. It’s becoming a major wedge issue, particularly among Democrats, driven by non-white voters and younger voters, by progressives in general. John Zogby
This moment is different. And it may prove a transformational one in the Palestinian struggle for freedom. Before the world’s attention shifted toward pushing for a cease-fire, Palestinians in Gaza, the West Bank, Jerusalem, inside Israel and in the diaspora had all mobilized simultaneously in a way unseen for decades. They are all working toward the same goal: breaking free from the shackles of Israel’s system of oppression. Reacting to growing Israeli restrictions in Jerusalem and the impending expulsion of Palestinians from their homes in the Jerusalem neighborhood of Sheikh Jarrah, Palestinians across the land who identified with the experience of being dispossessed by Israel rose up, together. Even now, as bombs fall on Gaza, they continue to do so. Palestinians are protesting in huge numbers in cities and towns throughout the land; hundreds of thousands took part in a general strike. With this unified movement, Palestinians have shown Israel that they cannot be ignored. (…) The energy of this moment represents an opportunity to wed Palestinian aspirations with a growing global consensus. According to a 2018 poll by the University of Maryland, 64 percent of Americans would support equal rights in a single state if the two-state solution fails. That number climbs to 78 percent among Democrats. Among scholars and experts on the Middle East, one recent poll found, 66 percent say there is a one-state reality. There is also a growing shift in mainstream organizations that have been hesitant to call for greater change: The Carnegie Endowment for International Peace recently released a report calling for a break from the two-state approach. Many diplomats and analysts around the world I have spoken to in recent years understand that the two-state solution is dead. Israel has killed it. When I ask why they don’t call for equal rights for Palestinians to end what is increasingly obviously a de facto apartheid system, they point out the official Palestinian position remains for a separate state. (…) The Palestinians have moved on, and many people in America and around the world are ready to do so, too. Yousef Munayyer (Arab Center Washington DC)
This is unprecedented. For decades, Jews have been able to walk around safely in most major cities without fear, without even considering hiding their kippot or Star of David necklaces. Jews used to be most afraid of being attacked by blacks, but over time that has become much less of an issue with the exception of the recent uptick of attacks in Brooklyn. Antisemitism has always been there but it definitely lessened. ADL statistics has seen it go down steadily since the 90s. But this is different than even the ’60s. Now Jews have to worry about gangs who are targeting them because they are Jews. Why have these Arab gangs suddenly become so emboldened to form posses to attack Jews? Because of the first group. The fine distinctions that Leftist Israel haters try to make between anti-Zionism and antisemitism are completely invisible to Arabs. They hate Israel because, not despite the fact, it is filled with Jews. Antisemitism is the entire source of the conflict. Their parents and preachers don’t teach them to hate Zionists but Jews. They look at their Jewish allies as tools and as dhimmis, not as role models. The attackers find strength in numbers, they see that they have the Left on their side, they are riled up by thousands of lies about Israel by speaker after speaker and tweet after tweet, they get validation from members of Congress and other liars and bigots who say that Israel is guilty of genocide and apartheid and ethnic cleansing, they are primed to violence from lurid and often faked photos of dead kids, they are whipped up into a frenzy from the hypnotic anti-Israel and antisemitic chants. And they are in large cities with lots of identifiable Jews all around, who must pay for these crimes. It is a recipe for violence. The Arab gangs are engaged in what they know best: terrorism. After all, the point of terrorism isn’t the attacks themselves but the feat that the attacks create among the targets. These Arabs are importing terror from their Middle Eastern cousins, doing everything they can to frighten Jews. They feel, correctly, that they have reached a critical mass with fellow Arabs in their respective Western countries. Crucially, they are being given cover by the secular Left, publishing articles that justify terror and the idea that Palestinians are justified in doing anything they want to Jews because all’s fair in « resistance. » Arabs are sensitive to being shamed. They have not acted like this before in America because the idea of wanton violence against Jews was shameful. Now, and their Leftist allies give them intellectual cover – and they will never, ever shame them. The Leftist anti-Zionists could shame them into stopping their attacks. They could make it clear that they want nothing to do with the antisemites. They could stand up and say that they will not be allies with Jew-haters and will not march with bigots. They could demand that mosques and Muslim leaders clearly denounce the attacks (they certainly will not do that on their own.) But these people who claim to speak truth to power will never, ever call out violence by Arabs They refuse to do that, because they are all about solidarity and allyship and, let’s face it, they don’t want to say anything negative about people of color who want to attack Jews. The Leftist enablers also know that the Arabs would turn on them next if they say anything negative about their antisemitism. Instead, the « progressives » issue weak statements against antisemitism and then return to their « From the river to the sea » chants to incite the next round of attacks. The only solution is to shame the attackers. The only people who can do that are tacitly condoning the attacks. This is a nearly perfect storm that is bringing up an entirely new class of Jew-hatred to America. Elder of zion
Vous ne pouvez pas étudier l’Histoire sur Instagram. Il n’y a tout simplement pas assez d’espace (…) Et si le Canada tirait 4 000 roquettes sur l’Amérique ? Ou le Mexique ? (…) C’est une autre chose que j’ai entendue ces deux dernières semaines, des mots comme ‘occupants’ et ‘colonisateurs’ et ‘apartheid’, dont je ne pense pas que les gens comprennent l’histoire. Les Juifs sont présents dans cette région du monde depuis environ 1200 avant l’ère commune, bien avant que le premier musulman ou le premier Arabe n’ait foulé la terre. (…) Bella Hadid et ses amies s’enfuiraient en hurlant vers Tel Aviv si elles devaient vivre un jour à Gaza. Bill Maher
One of the frustrations I had while I was off is that I was watching this war go on in Israel … and it was frustrating to me because there was no one on liberal media to defend Israel, really. We’ve become this country now that we’re kind of one-sided on this issue. And I’d also like to say off the bat I don’t think kids understand, and when I say kids I mean the younger generations – you can’t learn history from Instagram! ‘There’s just not enough space. (…) Well, Gaza fired 4,000 rockets into Israel. What would you say Israel should have done instead of what they did?’ (…) But they purposely put the rockets in civilian places. That’s their strategy. (..) The Jews have been in that area of the world since about 1200 B.C., way before the first Muslim or Arab walked the Earth. … I mean, Jerusalem was their capital. So if it’s who got there first, it’s not even close. (…) The Jews were the ones who were occupied by everybody; the Romans took over at some point and then the Persians and the Byzantines and then the Ottomans. So yes, there was colonization going on there. Beginning in the 19th century, they started to return to Palestine, which was never an Arab country. There was never a country called Palestine that was a distinct Arab country. Doesn’t it behoove the people who rejected the half a loaf and continue to attack … Hamas’s charter says they just want to wipe out Israel. Their negotiation position is ‘You all die. The two-state solution has been on the table a number of times. There could be an Arab capital in East Jerusalem now if Yasser Arafat had accepted that in 2003. He did not.’I mean, they have rejected this and went to war time and time agai. And, you know, as far as Gaza goes, it’s amazing to me that the progressives think that they’re being progressive by taking that side of it, the Bella Hadids of the world, these influencers. I just want to say in February of this year, a Hamas court ruled that a unmarried woman cannot travel in Gaza without the permission of a male guardian. Really? That’s where the progressives are? Bella Hadid and her friends would run screaming to Tel Aviv if they had to live in Gaza for one day. Bill Maher
Il est extrêmement important de comprendre le Hamas, le Hezbollah, comme des mouvements sociaux progressistes, de gauche, et qui font partie d’une gauche globale; cela ne nous empêche pas d’être critiques à l’égard de certaines dimensions de ces deux mouvements. Judith Butler (Berkeley, 2006)
Ce devait arriver tôt ou tard. La révolution identitaire, née dans les campus aux États-Unis avant de gagner la sphère publique et de déchirer les Américains, vient de franchir un pas de plus: avec la guerre de Gaza, elle a forcé les portes de la géopolitique en transposant les postulats de la «cancel culture» dans le domaine des relations internationales. La convergence des luttes entre le «wokisme» et le Hamas a de quoi laisser perplexe. L’un représente tout ce que l’autre abhorre et réciproquement. Les partisans de la rectitude politique vivent à des années-lumière d’une organisation terroriste, fondamentaliste, qui vouerait à la damnation éternelle la théorie du genre, les confessions intersectionnelles, la subordination de la nature à la culture ou la liberté de choisir son sexe. Certains esprits, pourtant, n’ont pas ménagé leurs efforts pour découvrir une parenté entre les guerriers de la gauche morale et les combattants islamistes du Moyen-Orient. (…) L’islamisme radical et la culture «woke» appartiennent à deux planètes différentes, mais il est certains traits familiers que l’un reconnaîtrait aisément chez l’autre. La volonté de subordonner la loi aux impératifs de la religion, dans un cas, de la morale dans l’autre. Une manière de concevoir la justice — et de l’appliquer — hors des règles du droit. Le refus aussi de la délibération, de la confrontation des opinions, puisque le dogme religieux, pas plus que les certitudes morales, ne sauraient être un objet de discussion. Enfin, l’essentialisation de l’autre, ici les sionistes et les Juifs, là les dominants blancs enfermés dans leur déterminisme. La critique d’Israël est depuis longtemps un trait constitutif de la gauche progressiste aux États-Unis. À mesure que la politique identitaire imprégnait la vie publique, il était inévitable qu’elle finisse un jour par pénétrer dans l’enceinte du Capitole et qu’une vision alternative du conflit israélo-palestinien rompe le consensus longtemps très favorable à l’État hébreu. Et c’est le Parti démocrate, dont l’aile radicale ne cesse de gagner du terrain, qui allait lui servir de relais. Le dernier cycle des violences au Proche-Orient a permis de vérifier cet infléchissement historique. Telle représentante démocrate à la Chambre qualifiait Israël d’ «État-apartheid», une autre d’ «État terroriste», une troisième dénonçait l’«injustice systémique» qu’il inflige aux Palestiniens. Beaucoup moins prévisible était la redéfinition d’un conflit national bientôt centenaire dans les termes de la justice raciale: Gaza n’était qu’un avatar de la tuerie de Ferguson (un jeune Noir abattu en 2014 par un policier blanc) et de la mort de George Floyd. À Londres, des manifestants scandaient «Palestine can’t breathe» (les mots de Georges Floyd avant de mourir) et «Palestinian Lives Matter». Pour les activistes de Black Lives Matter et leurs soutiens démocrates, l’incrimination d’Israël, comme celle du racisme blanc en Amérique ou ailleurs, participe du même combat moral, de la même libération globale de la parole. Cette assimilation singulière a obtenu en quelques jours un écho extraordinaire, de Washington à Hollywood, ralliant des sportifs, des artistes, des vedettes de la mode, des influenceurs dont l’audience sur les réseaux sociaux est énorme. Et son pouvoir d’intimidation paraît d’autant plus redoutable qu’il est formaté dans le langage familier de la justice victimaire. (…) c’est un wilsonisme de l’indignation diversitaire que la démocratie américaine exporte un peu partout, dont l’État hébreu est l’une des principales cibles. (…) Les morts et les destructions à Gaza mobilisent des passions et des foules que d’autres tragédies d’une ampleur incomparable n’arrivent à remuer: ni la boucherie de la population syrienne par son président, ni les dizaines de milliers de victimes de la guerre au Yémen, ni la répression implacable des minorités musulmanes en Chine — laquelle n’a entraîné aucune attaque contre les quartiers chinois en Europe ou en Amérique. (…) Dans ce monde où chacun est assigné à son «identité originelle», les relations entre les communautés sont conçues en termes de rapports de domination, oppresseurs d’un côté, opprimés de l’autre, les premiers renvoyés à leur iniquité «systémique», les seconds à leur immuable condition victimaire. Nietzsche parlait de la loi du plus fort. La révolution identitaire consacre, elle, la raison du plus faible. La justice est du côté des faibles du fait de leur faiblesse. Et l’État d’Israël est condamnable du fait de sa puissance, comme l’est le «pouvoir blanc» en Amérique, coupable de sa supposée supériorité «systémique». La solidarité qu’éprouvent les militants de Black Lives Matter pour les Palestiniens procède de cette même dualité de la domination et de la sujétion. Et elle ne se laisse guère embarrasser par la réalité qui contrarie ses présomptions. Le Hamas a beau se réclamer de la charia, piétiner les droits des femmes, ou lancer 3500 roquettes visant des civils en Israël, il ne perd rien de l’immunité morale que lui confère son statut d’opprimé. Ici comme ailleurs, identitaires et racialistes se barricadent derrière le mur protecteur de l’ignorance volontaire, un «safe space» où l’on peut éviter de connaître ce que votre sensibilité vous intime de ne pas savoir. Curieuse époque. Les accords d’Abraham ont réconcilié l’État d’Israël avec nombre de pays arabes, au moment même où, en Occident, le gouvernement de la morale le voue à la proscription. Ran Halévi
On s’en souvient peut-être encore: interpellé par Donald Trump en débat lors des élections présidentielles américaines, qui lui demandait de condamner la mouvance «antifa», Joe Biden a répondu un peu étrangement en déclarant que ce qu’on appelle «antifa» ne serait pas une mouvance, encore moins une organisation, mais une idée. On a trouvé, au cours des dernières années, de nombreuses figures politiques pour répondre la même chose. Elles se drapent souvent dans la vertu en demandant comment on peut s’opposer à ceux qui s’opposent au fascisme. Ce n’était pourtant pas la première fois que Donald Trump s’inquiétait de la vigueur de cette mouvance, au point d’avoir laissé entendre qu’il la décréterait terroriste. (…) les «antifas» ont pris beaucoup de place ces dernières années, quand leurs milices se sont emparées des rues américaines, en radicalisant plusieurs émeutes au nom de la «justice raciale», au point de les pousser, à la manière d’un mouvement agitateur, jusqu’à l’émeute. (…) Mais si les «antifas» ne sont pas rassemblés autour d’une structure ferme centralisée, on aurait tort de les croire désorganisés. Au cœur de leur «antifascisme», on trouve une définition fantasmée du fascisme, qui n’a à peu près rien à voir avec le fascisme historique. Le fascisme se confond, à lire cette propagande, avec la démocratie libérale et le capitalisme, qui serviraient surtout à le masquer. De manière imagée, on dira que le fascisme est intrinsèquement lié, pour eux, à la structure même des sociétés occidentales. Partout, ils fantasment le racisme et le suprémacisme blanc. C’est ce qu’oublient souvent ceux qui parlent de cette mouvance avec complaisance. En reconnaissant aux «antifas» le droit de brandir l’étendard de l’antifascisme sans le leur contester, ils endossent la définition qu’ils en donnent, et leur accordent, quoique implicitement, une fonction légitime dans l’organisation de la cité. Ce qui distingue les «antifas», c’est un usage revendiqué de la violence. Leurs théoriciens parlent franchement: il s’agit de créer un environnement où les idées qu’ils réprouvent ne pourront plus s’exprimer. Il s’agit d’une violence sinon autorisée, à tout le moins tolérée par les pouvoirs publics, comme en témoigne Ngo, qui montre à quel point les activistes et émeutiers «antifas» sont rarement punis pour leurs actes, et sont même souvent relâchés lorsqu’ils sont pour un temps arrêtés. À Portland et à Seattle, ces dernières années, les «antifas» se sont emparés d’un morceau de territoire, décrétés ZAD libérée des États-Unis, et transformés en quelques jours en bidonvilles totalitaires. Les autorités municipales se montrèrent globalement tolérantes envers ceux qui occupaient des territoires de leurs villes. Les «antifas», jamais, ne risquent la dissolution. (…)Une étrange rumeur veut que les «antifas», derrière leurs cagoules, soient composés de jeunes gens issus de la bourgeoisie, qui iraient s’encanailler en jouant à la révolution. Le portrait est beaucoup plus complexe. Si on en trouve dans leurs rangs, ces derniers attirent surtout des jeunes esprits psychiquement troublés, socialement fragilisés, à la manière d’un lumpenprolétariat identitaire de la postmodernité. Ils trouvent dans l’engagement «antifa» une forme de rédemption révolutionnaire: dès lors qu’il enfile sa cagoule et défonce sa première vitrine, le jeune converti se sent promu dans l’avant-garde révolutionnaire. La mouvance «antifa» désinhibe les pulsions violentes refoulées par la civilisation, en plus de prétendre les ennoblir. Leurs théoriciens affichent leur dessein: il s’agit de terroriser leurs ennemis en les agressant, physiquement, s’il le faut, tout en présentant leurs actions comme des gestes d’autodéfense contre «l’extrême droite». En fait, ils se comportent comme une milice visant à créer un climat de terreur pour rendre impossible l’expression d’une dissidence contre l’idéologie diversitaire. (…) sans même en être conscients, ils servent l’air du temps, abattent ses ennemis, les molestent, un peu comme la SA de notre époque troublée. Mathieu Bock-Côté
La traite négrière ne fut pas l’apanage des Européens en Amérique ; les navigateurs arabes ont aussi contribué à l’effrayant commerce, laissant dans leur sillage de somptueux métissages musicaux, tarab de Zanzibar, chants nubiens d’Egypte ou fakirs errants indiens. Aussi beau que le blues, le jazz, la samba ou la salsa, nés également de l’esclavage, de l’autre côté de l’Atlantique. Télérama
Dangereuses et répétées, les élucubrations d’un Dieudonné, relatives aux rapports entre traite des Noirs et Shoah, suscitent un émoi justifié. Peut-être ne s’est-on pas suffisamment penché sur les raisons facilitant un tel détournement de l’histoire négrière. Pourquoi est-il apparemment si facile de dire n’importe quoi à propos de cet épisode si tragique de l’histoire de l’humanité ? La raison fondamentale réside dans le fait qu’il ne constitue toujours pas un véritable objet d’histoire. Aprement discutées à partir de la fin du XVIIIe siècle, à l’époque où abolitionnistes et négriers s’affrontaient, les traites négrières devinrent un enjeu politique avant même d’être érigées en objet historique. De cette époque demeure une tendance à ne les appréhender qu’à partir d’une approche morale. Le racisme, la colonisation, le tiers-mondisme, le fait que nombre de pays d’Afrique noire dérivent aujourd’hui aux marges lointaines du monde riche n’ont fait que renforcer l’approche moralisante. Au poncif raciste blanc – l’Occident civilisé face aux sauvages noirs – a succédé l’image tout aussi déformée de bourreaux uniquement blancs face à des Noirs uniquement victimes. Mais l’inversion ainsi opérée n’a nullement remis en cause la manière, essentiellement morale, d’appréhender les traites négrières. Dans l’affaire, les errements d’une certaine gauche tiers-mondiste ont été aussi préjudiciables que ceux de mouvements antérieurs, que certains qualifieraient aujourd’hui de « réactionnaires ». Analyser les traites du passé à travers le prisme d’une vision à la fois contemporaine et moralisante des rapports Nord-Sud est en effet tout aussi dangereux. Un piège dans lequel Yves Benot, qui nous a malheureusement quittés cette année, était tombé. Comparant certains de ses textes, on pourrait croire que les marchandises de la traite occidentale (en direction des Amériques) et celles de la traite orientale (en direction de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient) étaient assez comparables. Le jugement (c’en est un) auquel il aboutissait était pourtant complètement opposé. La traite occidentale était rangée dans la catégorie des échanges inégaux, et même complètement inégaux, la seconde ressortissait quasiment du type de l’échange équitable. Le danger d’une telle démarche est de comparer pour juger, et non pour comprendre, tâche du scientifique. Il est d’ouvrir la porte à une sorte de compétition dont l’objectif serait de déterminer quel trafic est le plus abominable, quelles souffrances sont les plus importantes, et, finalement, quels « responsables » sont à placer sur le banc des accusés. Avec l’affaire Dieudonné, nous sommes précisément dans la tentative d’établir une putative échelle de Richter des souffrances et des responsabilités, avec une sorte de « challenge » entre la tragédie négrière et celle de la Shoah. (…) Que faudrait-il faire pour éviter que des mensonges aussi grossiers que ceux de Dieudonné (car les juifs ne sont nullement « responsables » des traites négrières) puissent trouver un écho ? En premier lieu, il faudrait comprendre que ces traites ne renvoient pas seulement à une question de morale. Comprendre qu’il s’agit d’une histoire complexe, loin de tout manichéisme, constituerait également un grand progrès. (…) Ce qui permet de battre en brèche de nombreux clichés. Il en va ainsi de l’idée selon laquelle ces traites seraient entièrement solubles dans le fameux « trafic triangulaire » Afrique-Europe-Amériques. On sait maintenant que le premier port atlantique, en importance, fut Rio de Janeiro, et non Liverpool. Si les Portugais, les Anglais et les Français dominèrent la traite atlantique au XVIIIe siècle, ce fut le tour des Brésiliens au siècle suivant. Or, du Brésil à l’Afrique, et retour, il n’est aucun triangle. Au total, 11 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques entre 1450 et 1867. Les traites orientales, elles, conduisirent à la déportation d’environ 17 millions de personnes (avec une marge d’erreur de plus ou moins 25 %) entre les années 650 et 1920. A quoi il faut ajouter les traites internes, destinées à alimenter en captifs les sociétés esclavagistes de l’Afrique noire précoloniale. On pense que 14 millions de personnes furent ainsi également déportées, toujours de 650 à 1920. Le fameux « trafic triangulaire » ne renvoie donc qu’à une partie de l’une des trois traites négrières de l’histoire. Complexité et nuances sont aussi de mise du côté des acteurs de ces traites, largement organisées sur le mode de l’échange, marchand ou tributaire. Au mythe d’esclaves razziés par les Européens doit se substituer l’idée d’un commerce entre négriers occidentaux, orientaux et noirs, chacun cherchant à trafiquer au mieux de ses intérêts. D’où l’inanité d’un autre poncif, celui de la « pacotille » relatif aux marchandises de traite. Ce terme est aujourd’hui synonyme de chose de faible valeur. Dans le passé, du côté occidental, il définissait un ensemble de produits, sans préjuger de leur valeur. Parmi ceux-ci, nombreux étaient relativement chers, comme les textiles. D’autres, apparemment insignifiants, comme les cauris, pouvaient jouer un rôle essentiel. Ces coquilles de gastéropodes furent massivement introduites en Afrique noire précoloniale où elles remplissaient un rôle d’équivalent monétaire. C’est aussi en fonction de leur valeur d’usage en Afrique noire que les marchandises de traite doivent être estimées. Dans l’affaire, les courtiers noirs n’étaient nullement des êtres naïfs acceptant de déporter des hommes contre des babioles, comme des racistes blancs du XIXe siècle ont pu souhaiter le faire croire. Jamais n’importe quelle marchandise ne pourra évidemment valoir la vie d’un seul homme. Mais se réduire à une perception morale des traites négrières, c’est se condamner à ne rien comprendre des logiques ayant permis leur essor. (…) Il est aussi important de saisir que les Occidentaux, Orientaux ou Africains d’aujourd’hui ne sont nullement responsables des crimes commis par quelques-uns de leurs ancêtres, et qu’il ne sert à rien de monter certaines communautés les unes contre les autres. Comme l’écrivait Edouard Glissant, à propos de l’esclavage, le travail de mémoire ne doit pas conduire au ressassement du passé. C’est à une mémoire-dépassement de ce passé qu’il faut œuvrer.  Olivier Pétré-Grenouilleau
Jusqu’ici – mais la vulgate perdure – les synthèses à propos de l’Afrique se limitaient ordinairement à une seule traite: la traite européenne atlantique entre l’Afrique et les Amériques, du XVe siècle à la première partie du XIXe siècle. En fait, jusqu’à la seconde moitié de ce siècle puisque l’abolition ne met pas fin à la traite qui se poursuit illégalement. Or, le trafic ne s’est borné ni à ces quatre siècles convenus ni à l’Atlantique. La traite des Africains noirs a été pratiquée dans l’Antiquité et au Moyen Age; elle s’est prolongée jusqu’au XXe siècle et se manifeste encore sous divers avatars en ce début de XXIe siècle; elle s’est étendue à l’océan indien et au-delà; elle a été le fait non seulement des Européens, mais des Arabes et des Africains eux-mêmes. Pourtant, le programme de « La Route de l’esclave », élaboré par l’UNESCO et qui visait à briser le silence historique et scientifique observé sur la traite, véhicule, pour des raisons idéologiques (sous la pression des représentants du monde et des états africains), les mêmes distorsions. En effet, l’emploi du singulier (« La Route ») exclut de la reconnaissance et de la construction mémorielle aussi bien la traite interne à l’Afrique, la plus occultée, que les routes transsaharienne et orientale et montre à quel point l’histoire des traites est aujourd’hui un enjeu politique, en raison principalement des réparations que seul le Nord, parmi les régions impliquées, se devrait de verser. Roger Botte
The academy is a different place today than it was only a year ago and was different a year ago than it was five years before. Terror and dread fill academic workers, professors, and staff alike, and it is everywhere. (…) These two sentiments, dread married to virtue, constitute to my mind the affective embodiment of progressive ideology prevalent among white liberals as developed in its most privileged space: academia. They are typical. They are two faces of the same coin: flip and you see dread, flip again and you see virtue. (…) Progressive liberals are blind to the fact that there is a regime take-over apace everywhere in academic institutions. A new ruling elite is taking over academic institutions by using its “minority status” to exercise a “soft” coup and is appealing to the minoritarianism of progressive ideology to legitimize its coup—or, if you like, to “manufacture consent.” I will call the adherents of this ideology the “progressoriat.” The reason that challenging any aspect of this dominant ideology is taboo is because it leaves you vulnerable to the charge that you are uncomfortable with the project of empowering minorities—not just the transfers of power from traditional elites to historically disadvantaged groups that has already begun to take place in the academy, but further transfers of power. The only acceptable response when confronted by any aspect of the ideology that has facilitated this coup is to enthusiastically endorse it—to celebrate it. If you’re not a minority, anything less risks being interpreted as dread at the prospect of your own imminent loss of status—or, if you are, as evidence that your soul has been “colonized” by white supremacists. As I said, virtue as the other side of dread. The position of the progressoriat in relation to this coup is akin to that of communist activists in relation to a communist takeover. At first they see it as representing what they always fought for; then with time they find themselves having to decide whether its first atrocity is to be criticized or understood as necessary; then, when the next atrocity takes place, they feel they must tolerate it because they didn’t object to the first atrocity and, before long, a time comes when any objection can only be made at a huge cost to themselves. The unfolding history of the new coup is being written every day across the domain of academic institutions in the US as the progressoriat watch muffled, hesitant objecting in private, and then, when someone makes their reservations public, finding themselves at risk of being suspended or losing their jobs. The new elite taking over academic institutions has at its disposal an arsenal of tools to perpetuate its rule. It not only postures as representative of others in the way communists did—the “intelligentsia” representing the worker or the peasant in the latter’s case and representing victim groups in the former’s. The new elite can also represent itself as victims, an opportunity even communists would have baulked at. Members of the new elite have no hesitation at weaponizing their feelings, silencing opponents by claiming they’ve offended them. And, of course, such claims are readily accepted by the progressoriat because of their acceptance that minorities are necessarily oppressed. In this way, the new power elite can present itself as being victims, as well as representing victims. In other words, it has the power to make itself The Cause. This is why the insistence on the ubiquity of unconscious bias is important: it allows the new elite to consolidate their status by continually self-referencing as victims. Bias being everywhere means that the new ruling class, in spite of having seized power, can continue to present themselves as being oppressed. By constantly claiming to be offended, triggering Pavlovian apologies and vows to “do better” from the progressoriat, who appear to have endless reservoirs of self-abnegation, the new elite establishes rituals that renew its rule and solicit ongoing consent to this rule. The ranks of this new ruling class are refreshed by immigrant academics who come to understand themselves in the way progressivism understands them: as minorities who can also act victim-like if they want—a precious endowment in the cultural academic market. Intersectionality awaits to welcome them and give them a warm hug. They can be treated on principle as black-adjacent. To do that, they quickly learn that they have to concede leadership to their black colleagues as having the greatest claim to victimhood. If they don’t play the victim card, they throw away valuable currency when it comes to shinning up the academy’s greasy pole. A colleague of mine commented that I was wasting precious victimhood resources by refusing to sign the statement by non black faculty: Muslim, Palestinian, woman, dadidadida. This is the cleverness of minoritarian rule: a coalition of minorities that, collectively, form a majority but that is nevertheless always able to invoke its minoritatian status to preserve its power. Power is presented as the absence of power to preserve actual power. The progressoriat are unable to talk about their impending demise because they have already used their own institutional power over decades to drive away conservatives. They turned their academic institution into a partisan echo chamber. Residing in an echo chamber only increases your moral certitude. Now they are being given a taste of their own brutal medicine. Meantime, the new elite is acting ruthlessly and impatiently and is only happy with declarations of complete submission. Any sign of hesitation on the part of a signatory—”Maybe we should talk about free speech too?”—is met with expressions of exasperation by the all-powerful members of the victim minority faculty. No hesitation or nuance is allowed: nothing but unequivocal loyalty oaths. The progressoriat can only repeat, “I believe in the cause. I believe. I believe. Believe me I believe.” If this echoes a Maoist take-over, that’s because it is. It passes the sniff test. Student activists sniffing a transfer of power are pushing it as far as they can, understanding it as part of a general generational take-over of elite institutions. Today’s students show little interest in free speech and appear more interested in moral point-scoring, especially graduate students. Polls show young academics pumped up more on moral steroids than intellectual ones. Why stop when you are winning? The situation is in flux which opens the door for moral entrepreneurs to up the ante. Some enterprising students at Georgetown Law complained to Slate magazine that the dean allowed the Federalist Society to host an event on a multi-racial working class by “three white men.” Moral entrepreneurship means that what it is to be racist is being redefined daily with someone’s demise—an ongoing post-fact articulation of the definition of “bias”—and why not declare conservatism racist while you’re at it? The new elite in academia is part of a more general phenomenon of the rise of the technocrats who have found a home in the Democratic Party so that academic institutions, who produce these technocrats, are now the direct and unmediated suppliers of a political class whose educated credentials are its claim to rule. Academia has not only become without rival the incubating center of ruling class entitlement—and acts as a result as an extended arm of the Democratic Party—but it has also refashioned itself after the party. Like the latter, the academy acts like a council of elders managing various ethnic tribes residing under its jurisdiction. Note the rush to get out a statement when a minority group has been under assault: a group of sex workers are shot by a sex addict and the President of Harvard rushes out a statement opposing anti-Asian racism (and blaming Trump) because the killer was white and the victims Asians. So did Biden. Technocrats of virtue responding to lobbies of virtue. The rise of the technocrat is itself reflective of the shift in US liberalism to diversity liberalism. Global capital disenfranchised the white working class by moving its investments overseas and replacing it with a diverse workforce recruited globally through lax enforcement of immigration rules. Technocratic managerialism armed with diversity liberalism is the way global capital rules. Because the white working class has lost power in the process it has to be continually depicted as having earned its demise. It has earned it by being morally compromised: in Hillary Clinton’s words, “the basket of deplorables.” Black elites coming to power as part of this shift feel comfortable exercising class dominance by deriding the white working class as racist. The continual invocation of the storming of the capitol as an expression of white supremacy is par for the course. In Bobos In Paradise: The New Upper Class and How They Got there (2000), David Brooks describes the displacement of the WASPs as the dominant ethnic group in the US with the introduction in the early 60s of “merit” as the primary criterion of admission to universities, especially the Ivies. The new criterion was introduced by WASPs themselves, thus paving the way to their own demise and conceding power to a new emergent group that found its own flourishing within “merit”: the high-performing Jew. This led, a generation later, according to Brooks, to the rise of the Bobos (the bourgeois bohemians) as the new cultural and economic elite. They were bourgeois because they had acquired great riches given the demand for educated labor in the new global economy they had helped create—but they were also bohemian because they imbibed the modernist progressivist values of their Ivy League professors. In other words, like their predecessors, they laid the groundwork for their own destruction by embracing the ideology that evolved into the identity politics of the 90s. The academic Bobos are now being displaced. Like the WASPs before them, they have written the script of their own demise—in their case, through a dedicated investment in the rise of the minority academic. The progressive ideology they subscribed to left them with no tools to resist their impending fall. What should we call the new elite? The Bobus—the bourgeois bureaucrats? They are bourgeois because they’ve benefitted from the rise in demand for their representative labor in the market of diversity liberalism; and bureaucratic because they have devised the rules enshrining various speech codes and policies that buttress their power. The bohemian questioning of conventional morality, and the drive for experimentation, have been replaced by the stern bureaucrat enforcing a new morality, with its demand for penance for past sins. When I protested to the faculty diversity trainer, a law professor from the West Coast, that the real minority at Georgetown Law are the conservative students who have been telling me about how isolated and beleaguered they feel, especially with the flood of emails from the administration when Trump was in office denouncing racism, without defining what it is or indeed giving a single account of a racist incident, she quipped, “They don’t have to be at Georgetown. They can go to Notre Dame! Lama Abu Odeh
Quand cet incident a eu lieu, mes étudiants voulaient en parler, certains ont demandé pourquoi cette enseignante avait été contrainte à la démission. Je leur ai dit que notre conversation était enregistrée, et qu’il fallait faire attention, que nous sommes dans une société où l’on doit prendre garde à ce que l’on dit, et que j’étais désolée de cet état de choses. Les professeurs ne sont pas protégés par la direction de l’université. Un incident comme celui de Georgetown est un message adressé à chaque professeur: voici ce qui peut vous arriver si vous dites ce qu’il ne faut pas. Et une fois que vous serez qualifié de raciste, personne ne vous soutiendra. Tout le monde dans les universités est terrifié. Toute votre existence professionnelle est entre leurs mains, votre carrière peut s’arrêter du jour au lendemain, vous pouvez tout perdre. Lama Abu-Odeh (professeur de droit à Georgetown)
C’est une nouvelle élite dirigeante qui s’empare des institutions universitaires en utilisant son statut de minorité contre laquelle les libéraux progressistes sont impuissants à lutter, même quand leurs principes fondamentaux sont foulés aux pieds. Un de mes collègues a fait remarquer que je gaspillais de précieuses ressources de victimisation en refusant de signer la déclaration des professeurs non noirs en tant que musulmane, palestinienne, femme, blablabla. C’est là toute l’ingéniosité du régime minoritaire: une coalition de minorités qui, collectivement, forment une majorité, mais qui est néanmoins toujours en mesure d’invoquer son statut de minorité pour préserver son pouvoir. Le pouvoir est présenté comme l’absence de pouvoir pour préserver le pouvoir réel. Lama Abu-Odeh (professeur de droit à Georgetown)
Ces nouveaux militants ne ressemblent pas aux activistes traditionnels, tel que je l’étais moi-même comme étudiant, quand je militais pour l’égalité des droits ou en faveur de la paix. Ce mouvement s’attaque à des individus. Ses mécanismes sont ceux des persécuteurs. Je ne vois rien de progressiste là-dedans. Les réseaux sociaux ont un effet accélérateur et ils renforcent une mentalité de meute: la foule est anonyme. Ils ne demandent pas non plus beaucoup d’énergie: ces prétendus activistes restent chez eux derrière leur écran. Parce qu’on a posté quelque chose sur internet, on a l’impression d’avoir agi dans la réalité. Mais c’est aussi redoutablement efficace: les gens sont contraints au silence. Un professeur qui perd son poste, et ce sont des centaines qui se taisent. Dans les universités, les gens ont peur, le pouvoir appartient à ceux qui crient le plus fort. Ce qui me trouble le plus, c’est que ce mouvement possède des caractéristiques quasi religieuses et absolutistes. Il n’y a pas de pardon ni de rédemption, juste la damnation. Paul reste Saul et Marie-Madeleine reste une prostituée pour l’éternité. Et le mouvement n’en est qu’à ses débuts. Daniel Kovalik (université de Pittsburgh)
Si on écoute comment des jeunes se parlent entre eux, même très jeunes, justement souvent ceux issus de l’immigration, ils s’interpellent sur le mode de l’assignation identitaire. « Le « rebeu » pour l’arabe, « le renoi » pour le noir, lorsque ce n’est pas « le negro », le « céfran » pour le Français, le « feuj » pour le juif, etc. On prend cela avec légèreté, un côté rigolade, telle la culture banale des quartiers, mais cela peut être très violent. En réalité, il y a là une tendance à renvoyer chacun à ses origines, à la couleur, à la nationalité ou à la religion des uns et des autres. Et cela n’est pas sans conséquence. Il suffit d’aller sur un Forum comme celui, féminin, dédié au mariage entre « arabe et noir » pour s’en rendre compte, voir les dégâts bien réels de ces assignations, qui expriment des fonctionnements communautaires et même communautaristes puissants, interdisant le mélange. (…) Il y a ainsi de nombreux témoignages qui s’enchaînent, avec des échanges qui révèlent très bien certaines fractures de notre société, qui à ne pas être mises en lumière se perpétuent sur notre territoire, avec des situations hors droit, discriminatoires qui peuvent être terribles, et devraient être dénoncées et combattues comme intolérables. « T’es arabe et tu sors avec une Noire ? T’as pété les plombs ! » titrait une courte enquête sur le sujet de l’Obs, qui développait : « Amine, franco-marocain, aime Sadio, franco-malienne. Dans leur cité, l’intolérance de leurs familles les oblige à cacher leur relation. » Les choses se précisent dans les témoignages : « « Les Arabes et les Noirs vivent ensemble dans les blocs, s’apprécient. Mais la limite, c’est l’amitié. Un mariage, c’est niet. Chacun à sa place. » Ou encore, sous un jour plus cru : « Certains anciens de chez nous pensent que leur communauté vaut mieux que l’autre. Genre un Noir est mieux qu’un Arabe ou l’inverse, qu’un Algérien est mieux qu’un Marocain. Ils transmettent ça à leurs enfants. Ça va au-delà d’une religion ou d’une couleur de peau. » On nous dit encore que les uns et les autres « ne sont pas disposés à accepter le métissage » et même que « Si elle ne ramène pas quelqu’un à la maison, j’ai peur que ses parents ne commencent à lui forcer la main. Toutes ses sœurs, même les deux petites, sont mariées. » Cela laissant supposer le risque d’un mariage forcé, en reflet d’une Mission à l’égalité de la Région Ile de France qui a pu à un moment alerter sur la recrudescence de ce type de pratique. Mesure-t-on bien ce que cela signifie de rupture avec un mode de vie, une liberté qui en France aujourd’hui est fondée sur l’autonomie de la personne ? La rupture avec le processus d’intégration que cela signifie ? Et ce que cela indique comme enjeu concernant la maîtrise des flux migratoires, afin de créer les conditions d’une intégration réussie de ceux qui arrivent sur notre sol ? Ce qui donc exige le respect de nos valeurs et principes républicains, hors de quoi nous ne pouvons aller que vers de graves difficultés. (…) Nous sommes dans une situation où la question du racisme et des discriminations est dominée par l’idéologie de groupuscules tels que les indigènes de la République et autres décoloniaux, qui s’auto-assignent au statut de racisés, militent pour un séparatisme selon les différences largement relayé par bien des élites médiatiques acquises au modèle anglo-saxon du multiculturalisme. Selon cette idéologie, le racisme ou les discriminations ne pourraient s’appliquer qu’au regard de rapports de domination hérités, reproduits, en droite ligne du colonialisme ou encore, de l’esclavage, et donc, impliquant la seule responsabilité des blancs. Cette vision fantasmatique, qui sert les dessins d’un véritable projet politique, élude la question de la lutte universelle contre tout sentiment raciste, d’où qu’il vienne. On n’est pas sérieux sur ce sujet, à mettre en accusation permanente l’Etat républicain d’un racisme systémique sous l’influence de l’affaire George Floyd, comme s’y était aussi égaré l’ancien Défenseur des droits Jacques Toubon, pendant que dans l’ombre de ces logiques communautaires des discriminations massives s’opèrent. La République n’a jamais toléré sous sa bannière ni l’esclavage ni la traite (Première abolition 1794, Première République, seconde abolition définitive 1848, Seconde République). Comme l’historien Marc Ferro le voyait dans son ouvrage majeur « le livre noir du colonialisme », qui nous a malheureusement récemment quitté, bien des altermondialistes qui n’hésitent pas à dénoncer la traite occidentale détournent le regard lorsqu’il est question de la même pratique dans l’histoire du monde arabo-musulman. Une certaine gauche ne s’en sort pas. N’oublions pas que derrière cela, il y a aussi une bonne dose de tension avec notre société, et des risques de radicalisation régulièrement soulignés par les enquêtes menées sur le sujet, indiquant que le communautarisme en est le terreau principal. Comment ne pourrait-il pas y avoir risque d’affrontement avec une partie de notre société, alors que des pratiques traditionnelles ou religieuses qui lui sont totalement contraires ne sont pas nommées, et donc, pas contrées, corrigées. Il faut ici sortir du déni, et cela devient de plus en plus urgent et vital. La loi « contre le séparatisme » rebaptisée « confortant le respect des principes républicains », prévoit bien l’interdiction des certificats de virginité délivrés par des professionnels de santé, ce qui est une bonne chose, précédant souvent des mariages arrangés voire forcés. Mais cela ne saurait suffire pour s’attaquer réellement à des systèmes organisés qui ne disent pas leur nom. Curieusement, certains articles sur l’événement, s’ils rendent compte du caractère raciste des faits, c’est sans donner l’information que l’individu qui a agressé le livreur parce qu’il était noir, s’est réclamé d’être algérien. Ce qui n’est pourtant pas banal et souligne un enjeu intercommunautaire qui ainsi risque de passer sous les radars. Le racisme n’est pas une opinion !», a réagi Marlène Schiappa, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, et la Licra s’est mise sur le dossier, tout en dénonçant cet acte odieux. (…) Dans l’enquête de l’Obs sur ce refus du métissage entre « communautés », à travers le refus de l’union entre descendants d’immigrés souvent français nés sur le sol de France, comme entre personnes noires et arabes, un témoignage vient souligner un aspect laissé dans l’ombre de l’histoire : « Faut dire aussi que dans nos bleds, il y a certains préjugés. Au Maroc, l’Afrique noire renvoie parfois à des choses négatives. La pauvreté, la maladie et même, pour certains, l’esclavage. » Il se trouve précisément, que lors de l’agression du livreur, celui-ci aurait été pris à parti par l’auteur se présentant comme algérien, selon un témoin, comme suit : « Il l’a traité d’esclave. » et plus encore « pendant 800 ans on vous a vendus comme du bétail » Une référence récurrente. On oublie un peu vite que l’esclavage et la traite d’origine arabo-musulmane furent considérables sur une très longue période, et que cela peut rester très ancré dans des rapports des uns envers les autres, dont l’héritage a du mal de toute évidence à évoluer. Un aspect de l’histoire qui d’ailleurs est rayé de la connaissance commune, à la faveur d’une loi dite Taubira qui a qualifié de « crime contre l’humanité » la traite et l’esclavage d’origine occidentale (environ 11 millions d’êtres humains), mais rien sur les autres traites, que ce soit celle exercée entre tribus africaines (environ 14 millions) ou encore celle propre à la domination arabo-musulmane de l’Afrique pendant des siècles (environ 17 millions). Il est évident que tant que l’on occultera l’histoire pour de très mauvaises raisons politiques sinon au nom d’on ne sait quelle mauvaise conscience, certains comportements, certaines traditions d’un autre âge, perdureront. Faire un véritable travail de prévention passe ici par l’école, l’éducation. Ce qu’il faut, c’est lever les tabous dans ce domaine, en enseignant l’esclavage et la traite, comme un phénomène historique qui a traversé bien des sociétés, mais qui n’a pas été aboli partout, et que seuls les régimes démocratiques en protègent, en en interdisant le retour. Cela passe par en finir avec ce relativisme culturel qui s’appuie sur l’idée de la reconnaissance de la « diversité » comme sacrée, désignée comme nouvelle dimension fondamentale des droits humains, de façon abstraite, pour mettre toutes les sociétés sur le même plan. Guylain Chevrier

Attention: un racisme systémique peut en cacher un autre !

A l’heure où s’installent dans les espaces jusqu’ici feutrés et privilégiés des universités américaines …

Dignes des plus belles années du bolchévisme ou de la révolution culturelle chinoise …

Sous couvert d’une  ingénieuse coalition de minorités qui finissent, tout en invoquant constamment leur statut de minorité, par faire majorité …

Rien de moins qu’une police de la pensée et le plus pervers des terrorismes intellectuels…

Appuyés à l’occasion, entre antifas et Black Lives Matter, par leurs véritables sections d’assaut

Maintenant les professeurs, entre séances publiques d’auto-critique et crainte de perdre leur poste, dans une sorte de déni permanent …

Au seul motif, en une sorte de racisme inversé, de leur seule couleur de peau trop claire …

Marque indélébile et inexpiable de leur racisme systémique …

Et au lendemain d’une énième agression du Hamas contre les civils israéliens

Qui à nouveau a montré ce que peut produire sur le terrain et dans le monde réel …

Entre pluie de missiles, pogroms et montée de l’antisémitisme …

A Gaza ou Haifa comme à New York ou Paris …

Véritable « blacklivesmatterisation » de ce conflit comme de tous les autres …
La grille racialiste blancs oppresseurs/colorés opprimés reprise sans aucune discrimination par la nouvelle Administration Biden et ses laquais médiatiques

Faisant passer l’Etat d’Israël de la réconciliation historique avec le Monde arabe, que lui avaient valu les Accords d’Abraham de Trump,  à la plus vile condamnation en Occident

Quelle meilleure démonstration plus près de chez nous à Cergy …

Après en plein Paris hier à une procession catholique agressée par une bande d’antifas
De l’ineptie, qui s’impose progressivement partout, de cette nouvelle doxa du seul racisme systémique blanc …
Que ce rare accès de vérité, derrière la furie du moment, de cet employé de restaurant algérien revendiqué …
Rappelant, par le geste et la parole, à un livreur africain …
A la fois la réalité, ordinairement niée, des 800 ans d’esclavage que ses ancêtres arabes revendiqués avaient imposés aux ascendants de celui-ci …
Et dans les coups mêmes qu’il lui infligeait, tout le racisme lui aussi souvent nié
Que, loin des ouvrages savants et des caméras de télévision, cette histoire pouvait encore charrier …
Dans nombre des échanges entre les différentes communautés de ces quartiers dits « sensibles » ?
Les insultes racistes proférées à Cergy par un homme se décrivant comme algérien à l’encontre d’un livreur noir ont été largement reprises sur les réseaux sociaux.
Guylain Chevrier
Atlantico
1er juin 2021
Atlantico : Les insultes racistes proférées à Cergy par un homme se décrivant comme algérien à l’encontre d’un livreur noir qu’il a violemment agressé, ont été largement reprises sur les réseaux sociaux. Un cas révélateur d’une situation réelle mais qui semble peu évoquée dans les médias. Au-delà de cette affaire, le racisme intercommunautaire est-il important dans la société française ? Où et dans quelle mesure le trouve-t-on ?
Guylain Chevrier : Si on écoute comment des jeunes se parlent entre eux, même très jeunes, justement souvent ceux issus de l’immigration, ils s’interpellent sur le mode de l’assignation identitaire. « Le « rebeu » pour l’arabe, « le renoi » pour le noir, lorsque ce n’est pas « le negro », le « céfran » pour le Français, le « feuj » pour le juif, etc. On prend cela avec légèreté, un côté rigolade, telle la culture banale des quartiers, mais cela peut être très violent. En réalité, il y a là une tendance à renvoyer chacun à ses origines, à la couleur, à la nationalité ou à la religion des uns et des autres. Et cela n’est pas sans conséquence. Il suffit d’aller sur un Forum comme celui, féminin, dédié au mariage entre « arabe et noir » pour s’en rendre compte, voir les dégâts bien réels de ces assignations, qui expriment des fonctionnements communautaires et même communautaristes puissants, interdisant le mélange.
Extrait « Salem, je suis musulmane d’origine algérienne et sa fait 5 ans que je suis avec un musulman d’origine malienne. Notre histoire est très sincère et sérieuse, nous voulons faire notre vie ensemble mais le souci est que mon père n’accepte pas que je puisse me marier avec un noir, je compte faire le mariage religieux en prenant l’imam comme tuteur (c’est autoriser en cas de refus de la part du ‘vrai’ tuteur) mais sans la bénédiction de mon père c’est dur, il ne veut plus me parler ainsi que ma famille et je le vis mal… » Il y a ainsi de nombreux témoignages qui s’enchaînent, avec des échanges qui révèlent très bien certaines fractures de notre société, qui à ne pas être mises en lumière se perpétuent sur notre territoire, avec des situations hors droit, discriminatoires qui peuvent être terribles, et devraient être dénoncées et combattues comme intolérables.
« T’es arabe et tu sors avec une Noire ? T’as pété les plombs ! » titrait une courte enquête sur le sujet de l’Obs, qui développait : « Amine, franco-marocain, aime Sadio, franco-malienne. Dans leur cité, l’intolérance de leurs familles les oblige à cacher leur relation. » Les choses se précisent dans les témoignages : « « Les Arabes et les Noirs vivent ensemble dans les blocs, s’apprécient. Mais la limite, c’est l’amitié. Un mariage, c’est niet. Chacun à sa place. » Ou encore, sous un jour plus cru : « Certains anciens de chez nous pensent que leur communauté vaut mieux que l’autre. Genre un Noir est mieux qu’un Arabe ou l’inverse, qu’un Algérien est mieux qu’un Marocain. Ils transmettent ça à leurs enfants. Ça va au-delà d’une religion ou d’une couleur de peau. » On nous dit encore que les uns et les autres « ne sont pas disposés à accepter le métissage » et même que « Si elle ne ramène pas quelqu’un à la maison, j’ai peur que ses parents ne commencent à lui forcer la main. Toutes ses sœurs, même les deux petites, sont mariées. » Cela laissant supposer le risque d’un mariage forcé, en reflet d’une Mission à l’égalité de la Région Ile de France qui a pu à un moment alerter sur la recrudescence de ce type de pratique.
Mesure-t-on bien ce que cela signifie de rupture avec un mode de vie, une liberté qui en France aujourd’hui est fondée sur l’autonomie de la personne ? La rupture avec le processus d’intégration que cela signifie ? Et ce que cela indique comme enjeu concernant la maîtrise des flux migratoires, afin de créer les conditions d’une intégration réussie de ceux qui arrivent sur notre sol ? Ce qui donc exige le respect de nos valeurs et principes républicains, hors de quoi nous ne pouvons aller que vers de graves difficultés.
Ce sujet demeure-t-il encore tabou ? S’il est admis de faire des recherches sur le racisme dans la société française, n’est-il pas difficile d’évoquer des cas de racisme entre des communautés décrites par une certaine gauche comme des minorités dominées ?
Nous sommes dans une situation où la question du racisme et des discriminations est dominée par l’idéologie de groupuscules tels que les indigènes de la République et autres décoloniaux, qui s’autoassignent au statut de racisés, militent pour un séparatisme selon les différences largement relayé par bien des élites médiatiques acquises au modèle anglo-saxon du multiculturalisme. Selon cette idéologie, le racisme ou les discriminations ne pourraient s’appliquer qu’au regard de rapports de domination hérités, reproduits, en droite ligne du colonialisme ou encore, de l’esclavage, et donc, impliquant la seule responsabilité des blancs. Cette vision fantasmatique, qui sert les dessins d’un véritable projet politique, élude la question de la lutte universelle contre tout sentiment raciste, d’où qu’il vienne.
On n’est pas sérieux sur ce sujet, à mettre en accusation permanente l’Etat républicain d’un racisme systémique sous l’influence de l’affaire Georges Floyd, comme s’y était aussi égaré l’ancien Défenseur des droits Jacques Toubon, pendant que dans l’ombre de ces logiques communautaires des discriminations massives s’opèrent. La République n’a jamais toléré sous sa bannière ni l’esclavage ni la traite (Première abolition 1794, Première République, seconde abolition définitive 1848, Seconde République). Comme l’historien Marc Ferro le voyait dans son ouvrage majeur « le livre noir du colonialisme », qui nous a malheureusement récemment quitté, bien des altermondialistes qui n’hésitent pas à dénoncer la traite occidentale détournent le regard lorsqu’il est question de la même pratique dans l’histoire du monde arabo-musulman. Une certaine gauche ne s’en sort pas.
N’oublions pas que derrière cela, il y a aussi une bonne dose de tension avec notre société, et des risques de radicalisation régulièrement soulignés par les enquêtes menées sur le sujet, indiquant que le communautarisme en est le terreau principal. Comment ne pourrait-il pas y avoir risque d’affrontement avec une partie de notre société, alors que des pratiques traditionnelles ou religieuses qui lui sont totalement contraires ne sont pas nommées, et donc, pas contrées, corrigées. Il faut ici sortir du déni, et cela devient de plus en plus urgent et vital. La loi « contre le séparatisme » rebaptisée « confortant le respect des principes républicains », prévoit bien l’interdiction des certificats de virginité délivrés par des professionnels de santé, ce qui est une bonne chose, précédant souvent des mariages arrangés voire forcés. Mais cela ne saurait suffire pour s’attaquer réellement à des systèmes organisés qui ne disent pas leur nom.
Curieusement, certains articles sur l’événement, s’ils rendent compte du caractère raciste des faits, c’est sans donner l’information que l’individu qui a agressé le livreur parce qu’il était noir, s’est réclamé d’être algérien. Ce qui n’est pourtant pas banal et souligne un enjeu intercommunautaire qui ainsi risque de passer sous les radars. Le racisme n’est pas une opinion !», a réagi Marlène Schiappa, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, et la Licra s’est mise sur le dossier, tout en dénonçant cet acte odieux.
Ce racisme est-il toujours lié à une réalité historique sur laquelle un travail de fond doit être fait ?
Dans l’enquête de l’Obs sur ce refus du métissage entre « communautés », à travers le refus de l’union entre descendants d’immigrés souvent français nés sur le sol de France, comme entre personnes noires et arabes, un témoignage vient souligner un aspect laissé dans l’ombre de l’histoire : « Faut dire aussi que dans nos bleds, il y a certains préjugés. Au Maroc, l’Afrique noire renvoie parfois à des choses négatives. La pauvreté, la maladie et même, pour certains, l’esclavage. » Il se trouve précisément, que lors de l’agression du livreur, celui-ci aurait été pris à parti par l’auteur se présentant comme algérien, selon un témoin, comme suit : « Il l’a traité d’esclave. » et plus encore « pendant 800 ans on vous a vendus comme du bétail » Une référence récurrente. On oublie un peu vite que l’esclavage et la traite d’origine arabo-musulmane furent considérables sur une très longue période, et que cela peut rester très ancré dans des rapports des uns envers les autres, dont l’héritage a du mal de toute évidence à évoluer. Un aspect de l’histoire qui d’ailleurs est rayé de la connaissance commune, à la faveur d’une loi dite Taubira qui a qualifié de « crime contre l’humanité » la traite et l’esclavage d’origine occidentale (environ 11 millions d’êtres humains), mais rien sur les autres traites, que ce soit celle exercée entre tribus africaines (environ 14 millions) ou encore celle propre à la domination arabo-musulmane de l’Afrique pendant des siècles (environ 17 millions). Il est évident que tant que l’on occultera l’histoire pour de très mauvaises raisons politiques sinon au nom d’on ne sait quelle mauvaise conscience, certains comportements, certaines traditions d’un autre âge, perdureront.
Faire un véritable travail de prévention passe ici par l’école, l’éducation. Ce qu’il faut, c’est lever les tabous dans ce domaine, en enseignant l’esclavage et la traite, comme un phénomène historique qui a traversé bien des sociétés, mais qui n’a pas été aboli partout, et que seuls les régimes démocratiques en protègent, en en interdisant le retour. Cela passe par en finir avec ce relativisme culturel qui s’appuie sur l’idée de la reconnaissance de la « diversité » comme sacrée, désignée comme nouvelle dimension fondamentale des droits humains, de façon abstraite, pour mettre toutes les sociétés sur le même plan. Ce dont il découle que considérer que telle société est moins développée qu’une autre en raison d’une forte fécondité liée à des croyances religieuses ou à la polygamie, pratiques appauvrissant la population, ce serait du racisme. C’est absurde. Ne pas vouloir le voir c’est laisser se reproduire certains aspects néfastes des cultures dont certaines traditions derrière le mot diversité qui cache des régressions que l’on ne prévient ainsi pas. C’est seulement lorsque l’on se considère comme des égaux que l’on peut se mélanger et donc, entre individus de droit et non, si on se considère d’abord comme relevant de telle ou telle prédestination identitaire. C’est même la meilleure arme contre le racisme. L’ONU elle-même qui défend bien plus les droits des minorités que l’égalité des droits a aussi ici ses responsabilités.
On doit mettre la conquête de l’égalité des droits et les responsabilités qu’elle engage, au titre des devoirs communs, au sommet de nos valeurs, comme acquis fondamental, bien universel devant l’histoire ! Voilà ce qui devrait pouvoir dessiner un destin commun à l’humanité par-delà les différences. Peut-être alors, pourrons-nous déjouer ces logiques préjudiciables pour la vie de bien des individus, ainsi que pour notre nation et plus généralement pour l’émancipation de tous, et espérer que le monde puisse devenir celui de citoyens libres et responsables.
« Si on écoute comment des jeunes se parlent entre eux, même très jeunes, justement souvent ceux issus de l’immigration, ils s’interpellent sur le mode de l’assignation identitaire. « Le « rebeu » pour l’arabe, « le renoi » pour le noir, lorsque ce n’est pas « le negro », le « céfran » pour le Français, le « feuj » pour le juif, etc. On prend cela avec légèreté, un côté rigolade, telle la culture banale des quartiers, mais cela peut être très violent. En réalité, il y a là une tendance à renvoyer chacun à ses origines, à la couleur, à la nationalité ou à la religion des uns et des autres. Et cela n’est pas sans conséquence. Il suffit d’aller sur un Forum comme celui, féminin, dédié au mariage entre « arabe et noir » pour s’en rendre compte, voir les dégâts bien réels de ces assignations, qui expriment des fonctionnements communautaires et même communautaristes puissants, interdisant le mélange. (…) Il y a ainsi de nombreux témoignages qui s’enchaînent, avec des échanges qui révèlent très bien certaines fractures de notre société, qui à ne pas être mises en lumière se perpétuent sur notre territoire, avec des situations hors droit, discriminatoires qui peuvent être terribles, et devraient être dénoncées et combattues comme intolérables. « T’es arabe et tu sors avec une Noire ? T’as pété les plombs ! » titrait une courte enquête sur le sujet de l’Obs, qui développait : « Amine, franco-marocain, aime Sadio, franco-malienne. Dans leur cité, l’intolérance de leurs familles les oblige à cacher leur relation. » Les choses se précisent dans les témoignages : « « Les Arabes et les Noirs vivent ensemble dans les blocs, s’apprécient. Mais la limite, c’est l’amitié. Un mariage, c’est niet. Chacun à sa place. » Ou encore, sous un jour plus cru : « Certains anciens de chez nous pensent que leur communauté vaut mieux que l’autre. Genre un Noir est mieux qu’un Arabe ou l’inverse, qu’un Algérien est mieux qu’un Marocain. Ils transmettent ça à leurs enfants. Ça va au-delà d’une religion ou d’une couleur de peau. » On nous dit encore que les uns et les autres « ne sont pas disposés à accepter le métissage » et même que « Si elle ne ramène pas quelqu’un à la maison, j’ai peur que ses parents ne commencent à lui forcer la main. Toutes ses sœurs, même les deux petites, sont mariées. » Cela laissant supposer le risque d’un mariage forcé, en reflet d’une Mission à l’égalité de la Région Ile de France qui a pu à un moment alerter sur la recrudescence de ce type de pratique. Mesure-t-on bien ce que cela signifie de rupture avec un mode de vie, une liberté qui en France aujourd’hui est fondée sur l’autonomie de la personne ? La rupture avec le processus d’intégration que cela signifie ? Et ce que cela indique comme enjeu concernant la maîtrise des flux migratoires, afin de créer les conditions d’une intégration réussie de ceux qui arrivent sur notre sol ? Ce qui donc exige le respect de nos valeurs et principes républicains, hors de quoi nous ne pouvons aller que vers de graves difficultés. (…) Nous sommes dans une situation où la question du racisme et des discriminations est dominée par l’idéologie de groupuscules tels que les indigènes de la République et autres décoloniaux, qui s’autoassignent au statut de racisés, militent pour un séparatisme selon les différences largement relayé par bien des élites médiatiques acquises au modèle anglo-saxon du multiculturalisme. Selon cette idéologie, le racisme ou les discriminations ne pourraient s’appliquer qu’au regard de rapports de domination hérités, reproduits, en droite ligne du colonialisme ou encore, de l’esclavage, et donc, impliquant la seule responsabilité des blancs. Cette vision fantasmatique, qui sert les dessins d’un véritable projet politique, élude la question de la lutte universelle contre tout sentiment raciste, d’où qu’il vienne. On n’est pas sérieux sur ce sujet, à mettre en accusation permanente l’Etat républicain d’un racisme systémique sous l’influence de l’affaire George Floyd, comme s’y était aussi égaré l’ancien Défenseur des droits Jacques Toubon, pendant que dans l’ombre de ces logiques communautaires des discriminations massives s’opèrent. La République n’a jamais toléré sous sa bannière ni l’esclavage ni la traite (Première abolition 1794, Première République, seconde abolition définitive 1848, Seconde République). Comme l’historien Marc Ferro le voyait dans son ouvrage majeur « le livre noir du colonialisme », qui nous a malheureusement récemment quitté, bien des altermondialistes qui n’hésitent pas à dénoncer la traite occidentale détournent le regard lorsqu’il est question de la même pratique dans l’histoire du monde arabo-musulman. Une certaine gauche ne s’en sort pas. N’oublions pas que derrière cela, il y a aussi une bonne dose de tension avec notre société, et des risques de radicalisation régulièrement soulignés par les enquêtes menées sur le sujet, indiquant que le communautarisme en est le terreau principal. Comment ne pourrait-il pas y avoir risque d’affrontement avec une partie de notre société, alors que des pratiques traditionnelles ou religieuses qui lui sont totalement contraires ne sont pas nommées, et donc, pas contrées, corrigées. Il faut ici sortir du déni, et cela devient de plus en plus urgent et vital. La loi « contre le séparatisme » rebaptisée « confortant le respect des principes républicains », prévoit bien l’interdiction des certificats de virginité délivrés par des professionnels de santé, ce qui est une bonne chose, précédant souvent des mariages arrangés voire forcés. Mais cela ne saurait suffire pour s’attaquer réellement à des systèmes organisés qui ne disent pas leur nom. Curieusement, certains articles sur l’événement, s’ils rendent compte du caractère raciste des faits, c’est sans donner l’information que l’individu qui a agressé le livreur parce qu’il était noir, s’est réclamé d’être algérien. Ce qui n’est pourtant pas banal et souligne un enjeu intercommunautaire qui ainsi risque de passer sous les radars. Le racisme n’est pas une opinion !», a réagi Marlène Schiappa, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, et la Licra s’est mise sur le dossier, tout en dénonçant cet acte odieux. (…) Dans l’enquête de l’Obs sur ce refus du métissage entre « communautés », à travers le refus de l’union entre descendants d’immigrés souvent français nés sur le sol de France, comme entre personnes noires et arabes, un témoignage vient souligner un aspect laissé dans l’ombre de l’histoire : « Faut dire aussi que dans nos bleds, il y a certains préjugés. Au Maroc, l’Afrique noire renvoie parfois à des choses négatives. La pauvreté, la maladie et même, pour certains, l’esclavage. » Il se trouve précisément, que lors de l’agression du livreur, celui-ci aurait été pris à parti par l’auteur se présentant comme algérien, selon un témoin, comme suit : « Il l’a traité d’esclave. » et plus encore « pendant 800 ans on vous a vendus comme du bétail » Une référence récurrente. On oublie un peu vite que l’esclavage et la traite d’origine arabo-musulmane furent considérables sur une très longue période, et que cela peut rester très ancré dans des rapports des uns envers les autres, dont l’héritage a du mal de toute évidence à évoluer. Un aspect de l’histoire qui d’ailleurs est rayé de la connaissance commune, à la faveur d’une loi dite Taubira qui a qualifié de « crime contre l’humanité » la traite et l’esclavage d’origine occidentale (environ 11 millions d’êtres humains), mais rien sur les autres traites, que ce soit celle exercée entre tribus africaines (environ 14 millions) ou encore celle propre à la domination arabo-musulmane de l’Afrique pendant des siècles (environ 17 millions). Il est évident que tant que l’on occultera l’histoire pour de très mauvaises raisons politiques sinon au nom d’on ne sait quelle mauvaise conscience, certains comportements, certaines traditions d’un autre âge, perdureront. Faire un véritable travail de prévention passe ici par l’école, l’éducation. Ce qu’il faut, c’est lever les tabous dans ce domaine, en enseignant l’esclavage et la traite, comme un phénomène historique qui a traversé bien des sociétés, mais qui n’a pas été aboli partout, et que seuls les régimes démocratiques en protègent, en en interdisant le retour. Cela passe par en finir avec ce relativisme culturel qui s’appuie sur l’idée de la reconnaissance de la « diversité » comme sacrée, désignée comme nouvelle dimension fondamentale des droits humains, de façon abstraite, pour mettre toutes les sociétés sur le même plan. Ce dont il découle que considérer que telle société est moins développée qu’une autre en raison d’une forte fécondité liée à des croyances religieuses ou à la polygamie, pratiques appauvrissant la population, ce serait du racisme. C’est absurde. Ne pas vouloir le voir c’est laisser se reproduire certains aspects néfastes des cultures dont certaines traditions derrière le mot diversité qui cache des régressions que l’on ne prévient ainsi pas. C’est seulement lorsque l’on se considère comme des égaux que l’on peut se mélanger et donc, entre individus de droit et non, si on se considère d’abord comme relevant de telle ou telle prédestination identitaire. C’est même la meilleure arme contre le racisme. L’ONU elle-même qui défend bien plus les droits des minorités que l’égalité des droits a aussi ici ses responsabilités. On doit mettre la conquête de l’égalité des droits et les responsabilités qu’elle engage, au titre des devoirs communs, au sommet de nos valeurs, comme acquis fondamental, bien universel devant l’histoire ! Voilà ce qui devrait pouvoir dessiner un destin commun à l’humanité par-delà les différences. Peut-être alors, pourrons-nous déjouer ces logiques préjudiciables pour la vie de bien des individus, ainsi que pour notre nation et plus généralement pour l’émancipation de tous, et espérer que le monde puisse devenir celui de citoyens libres et responsables. »

<Voir aussi:

Georgetown, fac américaine livrée à la culture de l’annulation

ENQUÊTE – Le moindre «écart de langage» d’un professeur permet à certains militants de le clouer au pilori et de ruiner sa carrière. S’estimant persécutées, les minorités américaines prennent le pouvoir sur les campus. Les réseaux sociaux renforcent une mentalité de meute.
Adrien Jaulmes
Le Figaro
30/05/2021

À la fin de l’un de ses cours à la faculté de droit de l’université Georgetown, à Washington DC, au mois de février dernier, la professeur Sandra Sellers discute avec un collègue, David Batson. Pour cause de pandémie, le cours a eu lieu via le logiciel de vidéo- conférence Zoom et les deux professeurs sont restés connectés après que les étudiants sont déjà partis. «Tu sais quoi? dit Sellers à son collègue, j’ai horreur de dire ça, mais je finis par avoir cette angoisse chaque semestre, parce que beaucoup de mes étudiants avec les plus mauvaises notes sont des Noirs.» «Ça arrive presque tous les semestres, poursuit-elle. Et c’est toujours pareil, on va me dire: “Oh, allez! Vous savez, vous en avez aussi de très bons.” Mais il y en a aussi généralement qui sont tout simplement en bas du classement.» Batson ne répond pas, mais opine de la tête. Plus personne n’est connecté, mais le système continue à enregistrer leur conversation. L’accès à la vidéo est cependant limité, par mot de passe, aux étudiants de la faculté.

Deux semaines plus tard, début mars, un extrait filmé de leur dialogue est publié sur Twitter par un étudiant. Il déclenche un scandale qui se répand à toute vitesse sur le campus. L’association des étudiants noirs de la faculté de droit réagit en publiant sur Facebook un communiqué réclamant la sanction immédiate des deux professeurs. «Nous ne demandons rien de moins que le licenciement immédiat de Sandra Sellers. Pas de suspension. Pas d’enquête. L’université doit prendre des mesures rapides et définitives face à un racisme flagrant et éhonté. (…) Ces déclarations racistes révèlent non seulement les véritables convictions de Sellers sur les étudiants noirs, mais elles illustrent également les préjugés conscients et inconscients systématiquement présents dans la notation des étudiants en droit à Georgetown et dans les facultés de droit du pays. La différence, c’est que Sellers s’est fait prendre et que son racisme a été diffusé aux yeux du monde entier.»

Le doyen de la faculté de droit, Bill Treanor, réagit aussitôt. «Nous prenons cette situation avec le plus grand sérieux. J’ai regardé une vidéo de cette conversation et je trouve le contenu odieux, écrit-il dans un communiqué. J’ai informé le professeur Sellers que je mettais fin à son contrat avec la faculté de droit de Georgetown avec effet immédiat… Le professeur Batson a été placé en congé administratif en attendant l’enquête du Bureau de la diversité, de l’équité et de l’action positive, dont les résultats guideront nos prochaines étapes. Jusqu’à la fin de l’enquête, le professeur Batson ne participera plus au cours dans lequel l’incident s’est produit.»

«Les mots seuls ne suffiront pas, je le sais, à nous faire avancer, poursuit le doyen. Pourtant, je veux commencer par présenter des excuses aux étudiants, au corps enseignant, au personnel et aux anciens élèves qui ont été touchés par cet incident. J’attends plus de cette école de droit que ce que nous avons vu dans cette vidéo. Nous pouvons faire mieux et nous le ferons.»

Âgée de 62 ans, experte juridique spécialisée dans la médiation et la négociation de litiges en matière de propriété intellectuelle, Sandra Sellers fait acte de contrition. «Je suis profondément désolée pour mes remarques blessantes et déplacées, écrit-elle en annonçant son départ. Bien que la vidéo soit un extrait d’une discussion plus longue… cela ne diminue en rien l’insensibilité dont j’ai fait preuve. Je ne ferais jamais rien pour blesser intentionnellement mes étudiants ou la faculté de droit de Georgetown et j’aimerais pouvoir retirer mes paroles. Indépendamment de mon intention, j’ai causé un préjudice irréparable et j’en suis vraiment désolée. Pour cette raison, je démissionne immédiatement et volontairement de mon poste de professeur auxiliaire.»

L’Association des étudiants noirs exige aussi des «excuses publiques du professeur David Batson pour son incapacité à condamner de manière adéquate les déclarations de Sellers». Elle les obtient: «Je comprends que j’ai manqué l’occasion de répondre de manière plus directe au contenu inapproprié de ces remarques, écrit Batson. Je m’en excuse sincèrement. Cette expérience m’a donné, et j’espère à d’autres, une occasion inestimable de reconsidérer les actions à entreprendre lorsque nous sommes confrontés à des remarques sensibles.»

«Suprématie blanche sous-jacente»

Le doyen annonce une série de nouvelles mesures: la mise en place dès la rentrée d’une «formation à la non-discrimination» et l’«allocation d’une bourse aux membres du corps enseignant qui souhaitent travailler pendant l’été à l’élaboration de matériel pédagogique traitant de la justice raciale, des inégalités raciales, ainsi que des expériences et de l’action des groupes traditionnellement marginalisés». Mais, surtout, il annonce que les étudiants auront désormais la possibilité de signaler «de façon confidentielle auprès du Bureau de la diversité institutionnelle, de l’équité et de l’action positive» d’éventuels incidents racistes.

Comme de nombreux autres campus américains, l’université Georgetown a expérimenté l’un des effets de la fameuse «cancel culture», ou «culture de l’annulation». Sur les bords du Potomac, dans la vieille ville de Georgetown, cette institution fondée par les jésuites en 1789 est l’une des premières universités catholiques dans ce pays où les établissements les plus prestigieux sont protestants. Elle accueille 12.000 étudiants, venus y vivre une expérience «qui prépare la future génération des citoyens globaux à prendre la direction et faire une différence dans le monde de demain», selon la brochure de l’université.

Les choses n’en restent pas là. Dans les semaines qui suivent, un professeur noir appelle les autres professeurs «non-noirs» à prendre parti plus clairement dans cette affaire. Une déclaration est aussitôt rédigée, dans laquelle les signataires «reconnaissent leur responsabilité en tant que membres non noirs du corps enseignant à s’engager dans un travail constant d’examen et de révision de leurs propres préjugés». Ils «reconnaissent également les nombreux cas où la notion de suprématie blanche, sous-jacente aux idées de mérite, peut contaminer l’évaluation des performances» des étudiants. Presque tous les professeurs de la faculté de droit de Georgetown signent la déclaration.

Lama Abu-Odeh a refusé. Cette professeur de droit d’origine palestino-jordanienne fait partie des rares voix à s’être élevées contre le sort fait à sa collègue, et aussi contre le climat d’intimidation imposé par les associations de militants antiracistes. «Quand cet incident a eu lieu, mes étudiants voulaient en parler, certains ont demandé pourquoi cette enseignante avait été contrainte à la démission, explique-t-elle. Je leur ai dit que notre conversation était enregistrée, et qu’il fallait faire attention, que nous sommes dans une société où l’on doit prendre garde à ce que l’on dit, et que j’étais désolée de cet état de choses.»

«Les professeurs ne sont pas protégés par la direction de l’université, poursuit-elle. Un incident comme celui de Georgetown est un message adressé à chaque professeur: voici ce qui peut vous arriver si vous dites ce qu’il ne faut pas. Et une fois que vous serez qualifié de raciste, personne ne vous soutiendra. Tout le monde dans les universités est terrifié. Toute votre existence professionnelle est entre leurs mains, votre carrière peut s’arrêter du jour au lendemain, vous pouvez tout perdre.»

Lama Abu-Odeh a signé depuis dans la revue en ligne Quillette une lettre ouverte où elle dénonce une «révolution culturelle» en marche à l’université Georgetown. Elle décrypte l’incident comme une prise du pouvoir par «une nouvelle élite dirigeante qui s’empare des institutions universitaires en utilisant son statut de minorité» et contre laquelle les libéraux progressistes sont impuissants à lutter, même quand leurs principes fondamentaux sont foulés aux pieds. «Un de mes collègues a fait remarquer que je gaspillais de précieuses ressources de victimisation en refusant de signer la déclaration des professeurs non noirs en tant que musulmane, palestinienne, femme, blablabla, note-t-elle. C’est là toute l’ingéniosité du régime minoritaire: une coalition de minorités qui, collectivement, forment une majorité, mais qui est néanmoins toujours en mesure d’invoquer son statut de minorité pour préserver son pouvoir. Le pouvoir est présenté comme l’absence de pouvoir pour préserver le pouvoir réel.»

Daniel Kovalik, professeur de droit à l’université de Pittsburgh et militant de gauche traditionnel, se dit effaré par ce nouveau phénomène, auquel il a consacré un récent ouvrage, Cancel this Book (non traduit). «Ces nouveaux militants ne ressemblent pas aux activistes traditionnels, tel que je l’étais moi-même comme étudiant, quand je militais pour l’égalité des droits ou en faveur de la paix. Ce mouvement s’attaque à des individus. Ses mécanismes sont ceux des persécuteurs. Je ne vois rien de progressiste là-dedans», explique ce spécialiste des droits de l’homme. «Les réseaux sociaux ont un effet accélérateur, ajoute-t-il, et ils renforcent une mentalité de meute: la foule est anonyme. Ils ne demandent pas non plus beaucoup d’énergie: ces prétendus activistes restent chez eux derrière leur écran. Parce qu’on a posté quelque chose sur internet, on a l’impression d’avoir agi dans la réalité. Mais c’est aussi redoutablement efficace: les gens sont contraints au silence. Un professeur qui perd son poste, et ce sont des centaines qui se taisent. Dans les universités, les gens ont peur, le pouvoir appartient à ceux qui crient le plus fort.»

«Ce qui me trouble le plus, conclut Daniel Kovalik, c’est que ce mouvement possède des caractéristiques quasi religieuses et absolutistes. Il n’y a pas de pardon ni de rédemption, juste la damnation. Paul reste Saul et Marie-Madeleine reste une prostituée pour l’éternité. Et le mouvement n’en est qu’à ses débuts.»

Voir encore:

Georgetown’s Cultural Revolution
Lama Abu Odeh
Quillette
April 9, 2021

Sandra Sellers, an adjunct professor at Georgetown University’s Law Center, was forced to resign because she was caught on video saying to her colleague and co-teacher David Batson: “I hate to say this… I ended up having this, you know, angst every semester that a lot of my lower ones are blacks. Happens almost every semester. And it’s like, ‘Oh, come on!’ You know? Got some really good ones but there’s usually some that are just plain at the bottom. It drives me crazy. Of course there are the good ones… but come on…” Batson appeared in the video nodding embarrassedly.

The video was a class recording which is only accessible to students in the class and is password protected. The conversation took place after students had logged out and the professors, unaware that the recording of the class ran for 10 minutes after the end of class time, thought they were having a private conversation. A student (not enrolled in the class) posted the video on Twitter and it instantly got thousands of retweets. In response, the dean acted by first referring the culprit professors to the university’s Equity and Diversity Committee for investigation and then, after the Black Law Student Association of Georgetown (BLSA) issued a statement declaring what was said was racist and demanding that Sellers be fired, he terminated Professor Sellers’s contract. Batson was placed on administrative leave pending an investigation by the Diversity Committee, which will also investigate whether the professors’ alleged bias affected the grades they gave their students. He later resigned. The dean described the conversation between him and Sellers as “abhorrent.”

What was interesting was what ensued afterwards. The black faculty at Georgetown Law issued a statement denouncing what Sellers said, describing it as “grounded in white supremacist thought.” The statement argued that Sellers’s comments amounted to a stereotype about black students that inevitably had a negative effect on their performance and called for revisiting all the grades awarded by her. The statement insisted that her comments were not “unique” as the “legacy of white supremacy is insidious” and called on professors who “operate from unspoken white supremacist notions… to examine their own flawed thought patterns and correct them.” A black professor called for non-black faculty to issue a statement “not necessarily in support of the letter already written, but from the position of their privilege within racialized spaces like the classroom” and wondered “in what numbers would such a letter be supported and with what reservations?” Quickly and on cue, a statement by the non-black faculty was drafted in which the signatories “acknowledge[d] [their] responsibility as non-Black faculty members to engage in the constant work of examining and revising [their] own flawed premises.” They also “acknowledge[d] the many levels at which [they] must confront ongoing white supremacist notions underlying ideas of merit that may contaminate assessment and performance.” This sentiment was repeated four times in the statement, each time drafted slightly differently but making the same point. Close to every member of Georgetown Law’s non-black faculty (and others) signed the letter.

I, and a few others, withheld our signatures.

In the face of this overwhelming support by the non-black faculty, two white professors of the boomer generation with plenty of progressive credentials pushed back.

One agreed with the general framing of the incident as described in the statement by the black faculty but worried about the precedent of firing a professor for expressing her views to a colleague in what she had good reason to think was a private conversation, especially as this firing was in violation of Georgetown’s policies on secondary use of videos recording class content. Georgetown’s policy prohibits secondary use of these videos by anyone for any purpose whatsoever, with primary use being confined to students enrolled in the relevant class.

This was followed by another email in which this professor expressed exasperation at the twin statements on the grounds that they handed the political Right an easy target from a culture war perspective and suggested a more earnest effort was needed to address the question of poor performance by minorities at Georgetown Law. If they were performing badly, then surely the faculty needed to figure out ways to better serve them. He called for putting aside the narrow conception of merit which underpinned the poor evaluation of some students, linked as it is to filling vacancies at rich law firms, and suggested instead training students to acquire a range of skills for different types of employment.

The other professor who pushed back complained that the two statements relied overmuch on the notion of “unconscious bias” which presupposed the problem is linked to the shortcomings of particular individuals, when, in fact, “structural racism” is to blame. She expressed sorrow for the destruction of the career of Professor Sellers without due process and insisted that structural racism would not be cured by diversity training but required the thoughtful use of additional resources for “unprepared low performing students”. She went on to advocate that we redesign our courses so that they’re more reflective of the experiences of minority groups. While she began her email by describing the torment she went through on whether to “sign or not sign” the statement by the non-black faculty, the male professor expressed his opinion without, in his words, “sugar coating it,” and described the statement by non-black faculty as a form of “virtue signaling.”

Both of these statements were met by silence.

The silence to my mind is telling. It speaks of the lack of resources within progressive thinking that could be drawn upon to resist the trend that has bedeviled American academia over the past few years. The academy is a different place today than it was only a year ago and was different a year ago than it was five years before. Terror and dread fill academic workers, professors, and staff alike, and it is everywhere. Neither the call for distinguishing between unconscious bias and structural racism; nor for dismantling “merit” so that “minorities” succeed, seem able to do the work the authors of these emails want them to do. They fail to deliver responses of the kind, “Let’s just talk about this. Maybe the problem is overdetermined and is not reducible to ‘unconscious bias.’” What they beget instead is a combination of dread and virtuous self-congratulation. These two sentiments, dread married to virtue, constitute to my mind the affective embodiment of progressive ideology prevalent among white liberals as developed in its most privileged space: academia. They are typical. They are two faces of the same coin: flip and you see dread, flip again and you see virtue.

Both of the push-back statements by the rebel academics take it for granted that many of the assumptions made by those within the progressive camp, as represented by the two statements, are correct. One idea, which neither challenges, is that “minorities” are in a bad place in contemporary America simply in virtue of being minorities. Having agreed with this foundational premise, the two dissenters assume that debate is possible on how best to go about fixing the problem. But the problem is the ideology that frames the question in this way.

Progressive liberals are blind to the fact that there is a regime take-over apace everywhere in academic institutions. A new ruling elite is taking over academic institutions by using its “minority status” to exercise a “soft” coup and is appealing to the minoritarianism of progressive ideology to legitimize its coup—or, if you like, to “manufacture consent.” I will call the adherents of this ideology the “progressoriat.”

The reason that challenging any aspect of this dominant ideology is taboo is because it leaves you vulnerable to the charge that you are uncomfortable with the project of empowering minorities—not just the transfers of power from traditional elites to historically disadvantaged groups that has already begun to take place in the academy, but further transfers of power. The only acceptable response when confronted by any aspect of the ideology that has facilitated this coup is to enthusiastically endorse it—to celebrate it. If you’re not a minority, anything less risks being interpreted as dread at the prospect of your own imminent loss of status—or, if you are, as evidence that your soul has been “colonized” by white supremacists. As I said, virtue as the other side of dread.

The position of the progressoriat in relation to this coup is akin to that of communist activists in relation to a communist takeover. At first they see it as representing what they always fought for; then with time they find themselves having to decide whether its first atrocity is to be criticized or understood as necessary; then, when the next atrocity takes place, they feel they must tolerate it because they didn’t object to the first atrocity and, before long, a time comes when any objection can only be made at a huge cost to themselves. The unfolding history of the new coup is being written every day across the domain of academic institutions in the US as the progressoriat watch muffled, hesitant objecting in private, and then, when someone makes their reservations public, finding themselves at risk of being suspended or losing their jobs.

The new elite taking over academic institutions has at its disposal an arsenal of tools to perpetuate its rule. It not only postures as representative of others in the way communists did—the “intelligentsia” representing the worker or the peasant in the latter’s case and representing victim groups in the former’s. The new elite can also represent itself as victims, an opportunity even communists would have baulked at. Members of the new elite have no hesitation at weaponizing their feelings, silencing opponents by claiming they’ve offended them. And, of course, such claims are readily accepted by the progressoriat because of their acceptance that minorities are necessarily oppressed. In this way, the new power elite can present itself as being victims, as well as representing victims. In other words, it has the power to make itself The Cause. This is why the insistence on the ubiquity of unconscious bias is important: it allows the new elite to consolidate their status by continually self-referencing as victims. Bias being everywhere means that the new ruling class, in spite of having seized power, can continue to present themselves as being oppressed. By constantly claiming to be offended, triggering Pavlovian apologies and vows to “do better” from the progressoriat, who appear to have endless reservoirs of self-abnegation, the new elite establishes rituals that renew its rule and solicit ongoing consent to this rule.

The ranks of this new ruling class are refreshed by immigrant academics who come to understand themselves in the way progressivism understands them: as minorities who can also act victim-like if they want—a precious endowment in the cultural academic market. Intersectionality awaits to welcome them and give them a warm hug. They can be treated on principle as black-adjacent. To do that, they quickly learn that they have to concede leadership to their black colleagues as having the greatest claim to victimhood. If they don’t play the victim card, they throw away valuable currency when it comes to shinning up the academy’s greasy pole. A colleague of mine commented that I was wasting precious victimhood resources by refusing to sign the statement by non black faculty: Muslim, Palestinian, woman, dadidadida. This is the cleverness of minoritarian rule: a coalition of minorities that, collectively, form a majority but that is nevertheless always able to invoke its minoritatian status to preserve its power. Power is presented as the absence of power to preserve actual power.

The progressoriat are unable to talk about their impending demise because they have already used their own institutional power over decades to drive away conservatives. They turned their academic institution into a partisan echo chamber. Residing in an echo chamber only increases your moral certitude. Now they are being given a taste of their own brutal medicine. Meantime, the new elite is acting ruthlessly and impatiently and is only happy with declarations of complete submission. Any sign of hesitation on the part of a signatory—”Maybe we should talk about free speech too?”—is met with expressions of exasperation by the all-powerful members of the victim minority faculty. No hesitation or nuance is allowed: nothing but unequivocal loyalty oaths. The progressoriat can only repeat, “I believe in the cause. I believe. I believe. Believe me I believe.”

If this echoes a Maoist take-over, that’s because it is. It passes the sniff test.

Student activists sniffing a transfer of power are pushing it as far as they can, understanding it as part of a general generational take-over of elite institutions. Today’s students show little interest in free speech and appear more interested in moral point-scoring, especially graduate students. Polls show young academics pumped up more on moral steroids than intellectual ones. Why stop when you are winning? The situation is in flux which opens the door for moral entrepreneurs to up the ante. Some enterprising students at Georgetown Law complained to Slate magazine that the dean allowed the Federalist Society to host an event on a multi-racial working class by “three white men.” Moral entrepreneurship means that what it is to be racist is being redefined daily with someone’s demise—an ongoing post-fact articulation of the definition of “bias”—and why not declare conservatism racist while you’re at it?

The new elite in academia is part of a more general phenomenon of the rise of the technocrats who have found a home in the Democratic Party so that academic institutions, who produce these technocrats, are now the direct and unmediated suppliers of a political class whose educated credentials are its claim to rule. Academia has not only become without rival the incubating center of ruling class entitlement—and acts as a result as an extended arm of the Democratic Party—but it has also refashioned itself after the party. Like the latter, the academy acts like a council of elders managing various ethnic tribes residing under its jurisdiction. Note the rush to get out a statement when a minority group has been under assault: a group of sex workers are shot by a sex addict and the President of Harvard rushes out a statement opposing anti-Asian racism (and blaming Trump) because the killer was white and the victims Asians. So did Biden. Technocrats of virtue responding to lobbies of virtue.

The rise of the technocrat is itself reflective of the shift in US liberalism to diversity liberalism. Global capital disenfranchised the white working class by moving its investments overseas and replacing it with a diverse workforce recruited globally through lax enforcement of immigration rules. Technocratic managerialism armed with diversity liberalism is the way global capital rules. Because the white working class has lost power in the process it has to be continually depicted as having earned its demise. It has earned it by being morally compromised: in Hillary Clinton’s words, “the basket of deplorables.” Black elites coming to power as part of this shift feel comfortable exercising class dominance by deriding the white working class as racist. The continual invocation of the storming of the capitol as an expression of white supremacy is par for the course.

In Bobos In Paradise: The New Upper Class and How They Got there (2000), David Brooks describes the displacement of the WASPs as the dominant ethnic group in the US with the introduction in the early 60s of “merit” as the primary criterion of admission to universities, especially the Ivies. The new criterion was introduced by WASPs themselves, thus paving the way to their own demise and conceding power to a new emergent group that found its own flourishing within “merit”: the high-performing Jew. This led, a generation later, according to Brooks, to the rise of the Bobos (the bourgeois bohemians) as the new cultural and economic elite. They were bourgeois because they had acquired great riches given the demand for educated labor in the new global economy they had helped create—but they were also bohemian because they imbibed the modernist progressivist values of their Ivy League professors. In other words, like their predecessors, they laid the groundwork for their own destruction by embracing the ideology that evolved into the identity politics of the 90s.

The academic Bobos are now being displaced. Like the WASPs before them, they have written the script of their own demise—in their case, through a dedicated investment in the rise of the minority academic. The progressive ideology they subscribed to left them with no tools to resist their impending fall. What should we call the new elite? The Bobus—the bourgeois bureaucrats? They are bourgeois because they’ve benefitted from the rise in demand for their representative labor in the market of diversity liberalism; and bureaucratic because they have devised the rules enshrining various speech codes and policies that buttress their power. The bohemian questioning of conventional morality, and the drive for experimentation, have been replaced by the stern bureaucrat enforcing a new morality, with its demand for penance for past sins.

When I protested to the faculty diversity trainer, a law professor from the West Coast, that the real minority at Georgetown Law are the conservative students who have been telling me about how isolated and beleaguered they feel, especially with the flood of emails from the administration when Trump was in office denouncing racism, without defining what it is or indeed giving a single account of a racist incident, she quipped, “They don’t have to be at Georgetown. They can go to Notre Dame!”

Lama Abu Odeh is a law professor at Georgetown.

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Ran Halévi: «“Palestinian Lives Matter”, quand les “woke” américains s’emparent du conflit au Moyen-Orient»

TRIBUNE – Pour les nouveaux militants de la gauche identitaire américaine, l’État d’Israël est condamnable du fait même de sa force, à l’instar du «privilège blanc» (sic) aux États-Unis. Désormais, «c’est un wilsonisme de l’indignation diversitaire que la démocratie américaine exporte un peu partout», analyse le directeur de recherche au CNRS.


Ran Halévi est directeur de recherche au CNRS et professeur au Centre de recherches politiques Raymond-Aron.


Ce devait arriver tôt ou tard. La révolution identitaire, née dans les campus aux États-Unis avant de gagner la sphère publique et de déchirer les Américains, vient de franchir un pas de plus: avec la guerre de Gaza, elle a forcé les portes de la géopolitique en transposant les postulats de la «cancel culture» dans le domaine des relations internationales.

La convergence des luttes entre le «wokisme» et le Hamas a de quoi laisser perplexe. L’un représente tout ce que l’autre abhorre et réciproquement. Les partisans de la rectitude politique vivent à des années-lumière d’une organisation terroriste, fondamentaliste, qui vouerait à la damnation éternelle la théorie du genre, les confessions intersectionnelles, la subordination de la nature à la culture ou la liberté de choisir son sexe. Certains esprits, pourtant, n’ont pas ménagé leurs efforts pour découvrir une parenté entre les guerriers de la gauche morale et les combattants islamistes du Moyen-Orient. Telle Judith Butler, icône intellectuelle de la radicalité critique, au cours d’un séminaire antiguerre tenu à Berkeley en 2006: «Il est extrêmement important de comprendre le Hamas, le Hezbollah, comme des mouvements sociaux progressistes, de gauche, et qui font partie d’une gauche globale; cela ne nous empêche pas d’être critiques à l’égard de certaines dimensions de ces deux mouvements.» On imagine l’hilarité qu’auraient provoquée ces pieuses paroles chez les intéressés à Gaza ou à Beyrouth.

L’islamisme radical et la culture «woke» appartiennent à deux planètes différentes, mais il est certains traits familiers que l’un reconnaîtrait aisément chez l’autre. La volonté de subordonner la loi aux impératifs de la religion, dans un cas, de la morale dans l’autre. Une manière de concevoir la justice — et de l’appliquer — hors des règles du droit. Le refus aussi de la délibération, de la confrontation des opinions, puisque le dogme religieux, pas plus que les certitudes morales, ne sauraient être un objet de discussion. Enfin, l’essentialisation de l’autre, ici les sionistes et les Juifs, là les dominants blancs enfermés dans leur déterminisme.

La critique d’Israël est depuis longtemps un trait constitutif de la gauche progressiste aux États-Unis. À mesure que la politique identitaire imprégnait la vie publique, il était inévitable qu’elle finisse un jour par pénétrer dans l’enceinte du Capitole et qu’une vision alternative du conflit israélo-palestinien rompe le consensus longtemps très favorable à l’État hébreu. Et c’est le Parti démocrate, dont l’aile radicale ne cesse de gagner du terrain, qui allait lui servir de relais. Le dernier cycle des violences au Proche-Orient a permis de vérifier cet infléchissement historique. Telle représentante démocrate à la Chambre qualifiait Israël d’ «État-apartheid», une autre d’ «État terroriste», une troisième dénonçait l’«injustice systémique» qu’il inflige aux Palestiniens.

Beaucoup moins prévisible était la redéfinition d’un conflit national bientôt centenaire dans les termes de la justice raciale: Gaza n’était qu’un avatar de la tuerie de Ferguson (un jeune Noir abattu en 2014 par un policier blanc) et de la mort de George Floyd. À Londres, des manifestants scandaient «Palestine can’t breathe» (les mots de Georges Floyd avant de mourir) et «Palestinian Lives Matter».

Pour les activistes de Black Lives Matter et leurs soutiens démocrates, l’incrimination d’Israël, comme celle du racisme blanc en Amérique ou ailleurs, participe du même combat moral, de la même libération globale de la parole. Cette assimilation singulière a obtenu en quelques jours un écho extraordinaire, de Washington à Hollywood, ralliant des sportifs, des artistes, des vedettes de la mode, des influenceurs dont l’audience sur les réseaux sociaux est énorme. Et son pouvoir d’intimidation paraît d’autant plus redoutable qu’il est formaté dans le langage familier de la justice victimaire. Autrefois, les néoconservateurs américains voulaient installer à coups de canon la démocratie dans le monde arabe. Ce «wilsonisme botté», selon le mot de Pierre Hassner, a fait long feu. Aujourd’hui, c’est un wilsonisme de l’indignation diversitaire que la démocratie américaine exporte un peu partout, dont l’État hébreu est l’une des principales cibles.

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Paris : une procession en mémoire des martyrs catholiques de la Commune attaquée par des antifas

À l’appel de cinq paroisses du XXe arrondissement et du diocèse de Paris, des fidèles s’étaient réunis samedi pour commémorer l’exécution de religieux lors de la Commune en mai 1871. Un homme a été hospitalisé.

Samedi boulevard du Ménilmontant, les quelque trois cents fidèles catholiques réunis pour honorer la mémoire de martyrs catholiques de la Commune ont été hués et violemment agressés. Le rassemblement, qui réunissait cinq paroisses de l’est parisien et plusieurs associations diocésaines, devait s’étaler sur 4 km jusqu’à la paroisse Notre-Dame des Otages, le lieu même où, il y a 150 ans, 49 «otages», parmi lesquels dix religieux, avaient été fusillés par les fédérés, athéistes militants et anticléricaux.

«L’objectif était purement religieux, il n’y avait aucune revendication politique dans notre démarche», explique Monseigneur Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris. Des familles, des personnes âgées, de jeunes scouts et enfants de chœur, quelques poussettes avec des bébés, «une simple procession familiale et bon enfant», rapporte de son côté l’un des organisateurs au Figaro. Le point de départ avait été fixé au square de la Roquette, lieu de l’exécution de Mgr Georges Darboy, archevêque de Paris, le 24 mai 1871.

À peine la procession entamée, les fidèles commencent à se faire siffler et invectiver par des passants. «C’était d’abord des gens assis aux terrasses, des promeneurs, rien de trop méchant», rapporte l’organisateur. «On est de bonne composition, on a laissé passer». Mais devant le cimetière du Père Lachaise, la tension monte lorsque le cortège rencontre des «manifestants communards», munis de drapeaux rouges, qui tentent de couvrir le chant des fidèles par des slogans menaçants : «Tout le monde déteste les Versaillais ! À mort les fachos !». Des manifestants dont le rassemblement était prévu au même endroit, un peu plus tôt dans l’après-midi. «Une malheureuse conjecture», note Monseigneur Jachiet. L’atmosphère devient rapidement «oppressante», rapportent plusieurs participants au Figaro. «On se serait cru 150 ans en arrière, c’est surréaliste», raconte l’organisateur.

«Ils voulaient en découdre»

Tandis que la procession persévère, elle est de nouveau interrompue quelques centaines de mètres plus loin, lorsqu’un groupe d’une vingtaine de jeunes cagoulés arrive à son tour. «Ceux-là voulaient clairement en découdre, c’étaient des antifas», précise l’organisateur. «Ils nous ont arraché les bannières des mains, ont mis à terre le drapeau du Souvenir français qu’ils ont piétiné, asséné des coups de poing aux paroissiens», rapporte l’organisateur. «Ils nous jetaient des poubelles, des bouteilles, même des barrières grillagées», raconte l’une des manifestantes. Deux sexagénaires tombent au sol, un fidèle est sérieusement blessé au crâne. Il a été hospitalisé.

Les quelques agents de sécurité prévus par le diocèse et l’Ordre de Malte sont rapidement débordés. À l’avant du cortège, le seul policier envoyé par la préfecture appelle des renforts et tente de s’interposer entre les agresseurs et les fidèles, armé de sa bombe lacrymogène. «Il n’y a jamais de problèmes lors des processions catholiques, ce qui explique sans doute le faible effectif prévu par la préfecture», fait valoir Alexandra Kozak, paroissienne du quartier.

Les fidèles mettent un terme à la procession et se réfugient dans l’église la plus proche, Notre-Dame de la Croix. «On a attendu en priant, jusqu’à ce que la police nous exfiltre», raconte l’organisteur, qui évoque des enfants et mères de famille «sous le choc».

«Ce qui s’est passé est déplorable», a réagi Karine Dalle, responsable communication du diocèse de Paris auprès du Figaro. Conscient de toucher à un sujet «hautement sensible», et constatant que le programme de la journée avait été relayé sur des comptes et groupes Facebook d’extrême-gauche, le diocèse avait pourtant choisi de renforcer la sécurité de la marche. «Mais on ne s’attendait pas à une telle réaction, pour une procession purement religieuse», estime-t-elle, précisant qu’une plainte contre X va être déposée. Déjà quelques jours auparavant, la basilique de Montmartre, perçue pour certains comme une atteinte au souvenir des victimes de la Commune, avait fait l’objet d’une intrusion des partisans de cette page de l’histoire qui soulève encore les passions.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a quant à lui réagi sur Twitter dans la soirée dimanche à ce qu’il a qualifié de «prise à partie par des individus violents», ajoutant que «la liberté de culte doit pouvoir s’exercer en toute sérénité» dans le pays.

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Mathieu Bock-Côté: «Aux États-Unis, qui sont vraiment les “antifas”»

CHRONIQUE – Le journaliste américain Andy Ngo témoigne, au péril de sa vie, d’une mouvance qui cultive l’art de l’activisme clandestin dans Unmasked. Inside Antifa’s Plan to Destroy Democracy.
Mathieu Bock-Côté
Le Figaro
05/03/2021

On s’en souvient peut-être encore: interpellé par Donald Trump en débat lors des élections présidentielles américaines, qui lui demandait de condamner la mouvance «antifa», Joe Biden a répondu un peu étrangement en déclarant que ce qu’on appelle «antifa» ne serait pas une mouvance, encore moins une organisation, mais une idée. On a trouvé, au cours des dernières années, de nombreuses figures politiques pour répondre la même chose. Elles se drapent souvent dans la vertu en demandant comment on peut s’opposer à ceux qui s’opposent au fascisme. Ce n’était pourtant pas la première fois que Donald Trump s’inquiétait de la vigueur de cette mouvance, au point d’avoir laissé entendre qu’il la décréterait terroriste.

C’est un fait: les «antifas» ont pris beaucoup de place ces dernières années, quand leurs milices se sont emparées des rues américaines, en radicalisant plusieurs émeutes au nom de la «justice raciale», au point de les pousser, à la manière d’un mouvement agitateur, jusqu’à l’émeute. Mais qui sont-ils? Il fallait, pour répondre sérieusement à cette question, un véritable travail d’enquête, qu’a mené le journaliste américain Andy Ngo. Il l’a fait au péril de sa vie, comme il en témoigne dans Unmasked. Inside Antifa’s Plan to Destroy Democracy (édité par Center Street). Il en revient avec un ouvrage passionnant à propos d’une mouvance qui cultive l’art de l’activisme clandestin. Mais si les «antifas» ne sont pas rassemblés autour d’une structure ferme centralisée, on aurait tort de les croire désorganisés.

Au cœur de leur «antifascisme», on trouve une définition fantasmée du fascisme, qui n’a à peu près rien à voir avec le fascisme historique. Le fascisme se confond, à lire cette propagande, avec la démocratie libérale et le capitalisme, qui serviraient surtout à le masquer. De manière imagée, on dira que le fascisme est intrinsèquement lié, pour eux, à la structure même des sociétés occidentales. Partout, ils fantasment le racisme et le suprémacisme blanc. C’est ce qu’oublient souvent ceux qui parlent de cette mouvance avec complaisance. En reconnaissant aux «antifas» le droit de brandir l’étendard de l’antifascisme sans le leur contester, ils endossent la définition qu’ils en donnent, et leur accordent, quoique implicitement, une fonction légitime dans l’organisation de la cité.

La mouvance « antifa » désinhibe les pulsions violentes refoulées par la civilisation, en plus de prétendre les ennoblir

Ce qui distingue les «antifas», c’est un usage revendiqué de la violence. Leurs théoriciens parlent franchement: il s’agit de créer un environnement où les idées qu’ils réprouvent ne pourront plus s’exprimer. Il s’agit d’une violence sinon autorisée, à tout le moins tolérée par les pouvoirs publics, comme en témoigne Ngo, qui montre à quel point les activistes et émeutiers «antifas» sont rarement punis pour leurs actes, et sont même souvent relâchés lorsqu’ils sont pour un temps arrêtés. À Portland et à Seattle, ces dernières années, les «antifas» se sont emparés d’un morceau de territoire, décrétés ZAD libérée des États-Unis, et transformés en quelques jours en bidonvilles totalitaires. Les autorités municipales se montrèrent globalement tolérantes envers ceux qui occupaient des territoires de leurs villes. Les «antifas», jamais, ne risquent la dissolution.

Ngo, au fil de son enquête, débusque les mythes entourant cette mouvance. Une étrange rumeur veut que les «antifas», derrière leurs cagoules, soient composés de jeunes gens issus de la bourgeoisie, qui iraient s’encanailler en jouant à la révolution. Le portrait est beaucoup plus complexe. Si on en trouve dans leurs rangs, ces derniers attirent surtout des jeunes esprits psychiquement troublés, socialement fragilisés, à la manière d’un lumpenprolétariat identitaire de la postmodernité. Ils trouvent dans l’engagement «antifa» une forme de rédemption révolutionnaire: dès lors qu’il enfile sa cagoule et défonce sa première vitrine, le jeune converti se sent promu dans l’avant-garde révolutionnaire. La mouvance «antifa» désinhibe les pulsions violentes refoulées par la civilisation, en plus de prétendre les ennoblir.

Leurs théoriciens affichent leur dessein: il s’agit de terroriser leurs ennemis en les agressant, physiquement, s’il le faut, tout en présentant leurs actions comme des gestes d’autodéfense contre «l’extrême droite». En fait, ils se comportent comme une milice visant à créer un climat de terreur pour rendre impossible l’expression d’une dissidence contre l’idéologie diversitaire. Andy Ngo veut voir dans les «antifas» une menace pour l’ordre établi, à la manière d’un courant révolutionnaire classique. C’est peut-être là qu’il erre. Ni demain ni après-demain, les voyous encagoulés ne s’empareront du pouvoir. Il faut renverser la perspective: sans même en être conscients, ils servent l’air du temps, abattent ses ennemis, les molestent, un peu comme la SA de notre époque troublée.

Voir enfin:

Au Maghreb, le racisme anti-Noirs persiste

Nourri par l’histoire et les difficultés sociales, aggravé parfois par les autorités, le rejet des populations noires reste prégnant en Afrique du Nord

Charlotte Bozonnet

Le Monde

23 novembre 2017

Parmi les réactions suscitées par la diffusion de la vidéo de CNN montrant une vente aux enchères de migrants subsahariens en Libye, la dénonciation d’un racisme anti-Noirs persistant dans les pays du Maghreb figure en bonne place. Si les situations n’y sont pas comparables à la barbarie observée en Libye, les communautés noires continuent toutefois d’y être victimes de mépris, de discriminations, voire d’agressions.

En Algérie, il existe une forte présence de migrants subsahariens qui y restent de quelques mois à quelques années, comme une pause sur leur route vers l’Europe. Selon les associations locales, ils seraient près de 100 000. Vivant dans les périphéries des grandes villes, privés de statut légal, ces habitants « fantômes » occupent souvent des emplois à la journée dans le secteur de la construction.

En octobre 2015, l’histoire de Marie-Simone, une migrante camerounaise d’une trentaine d’années, avait fait la « une » de la presse. Victime d’un viol collectif à Oran (ouest), elle avait eu le plus grand mal à se faire soigner et à porter plainte. En mars 2016, à Ouargla (centre), c’est le meurtre d’un Algérien poignardé par un migrant nigérien qui avait dégénéré en une véritable chasse aux migrants. Et les exemples ne manquent pas.

Les autorités algériennes sont récemment revenues sur la tolérance dont elles avaient fait preuve vis-à-vis de la migration subsaharienne depuis 2012 et le début des troubles au nord du Mali. En décembre 2016, 1 200 personnes ont été renvoyées du pays. D’autres rafles et expulsions ont depuis été menées dans les grandes villes du pays. Emmenés en bus jusqu’à Tamanrasset, à 2 000 km au sud d’Alger, ils ont ensuite été relâchés de l’autre côté de la frontière, côté nigérien, parfois en plein désert.

Au Maroc, de nombreux témoignages font aussi état d’un racisme latent. Celui-ci va de faits divers extrêmement violents – en 2014, trois migrants ont été tués à Boukhalef, un quartier périphérique de Tanger – à un racisme diffus. « Dans la rue, certains nous appellent Ebola », racontait un Camerounais rencontré en septembre à Tétouan (nord).

Tensions entre migrants subsahariens et jeunes Marocains, à Casablanca, le 24 novembre.

La partie nord du royaume est un territoire de passage pour les Subsahariens qui veulent tenter la traversée vers l’Europe : soit par la mer, soit en essayant de franchir les barrières qui séparent le continent africain des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Contraints de se cacher dans des conditions très dures, beaucoup sont victimes de bastonnades lorsqu’ils sont pris, puis envoyés dans des villes du sud du Maroc pour tenter de les éloigner.

En Mauritanie, plus au sud, le racisme ne vise pas les migrants de passage mais une partie des citoyens mauritaniens, rappelant la situation d’un pays où les Maures blancs concentrent la majorité des pouvoirs au détriment des Haratine, descendants d’esclaves, et des Négro-Africains. L’esclavage y a été interdit en 1981. Son interdiction a même été inscrite dans la Constitution en 2012, mais la pratique reste courante.

« Le racisme anti-Noirs continue aujourd’hui au Maghreb. La couleur de peau est toujours associée à un statut inférieur. Des tribus pratiquaient l’esclavagisme dans tout le Maghreb et c’est resté dans l’imaginaire collectif », souligne le sociologue marocain Mehdi Alioua, président du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (Gadem). « L’esclavage, la chosification du corps est la forme la plus extrême du racisme », poursuit-il, en référence à la vidéo de CNN.

L’universitaire déplore toutefois le manque de recherches sur cette question. Le sujet du racisme anti-Noirs dans les pays nord-africains est peu documenté, par manque de moyens et certainement aussi à cause d’une forme d’autocensure. « Certains craignent d’être accusés de faire le jeu de l’Occident. La conséquence de cette absence de connaissances, c’est que, parfois, on sous-estime ce racisme, parfois, on le surestime », poursuit M. Alioua, qui précise toutefois que le débat avance : « A chaque fois qu’une campagne de sensibilisation est lancée, elle reçoit plutôt un bon écho au sein de la population, et ce dans tous les pays du Maghreb. »

Au Maroc, l’augmentation du nombre de migrants subsahariens ces dernières années a eu un effet ambivalent, provoquant tout à la fois plus de frustrations parmi la population – certains estimant, sur fond de difficultés économiques, que les migrants ont plus d’aides que les nationaux –, mais permettant en même temps de démocratiser la problématique et d’accroître la dynamique de soutien aux migrants.

En Algérie aussi, les associations se sont emparées ces dernières années de la situation des Subsahariens. Leïla Beratto, correspondante de RFI, travaille sur le sujet depuis des années. « Cette discrimination est liée à l’histoire de l’Algérie où des Noirs ont été les esclaves de riches familles à la peau claire, mais elle s’explique aussi par les différences culturelles entre Algériens et Subsahariens, qui se connaissent mal », note la journaliste.

L’un des facteurs déterminant de l’accueil réside dans l’attitude des autorités. Début juillet, Ahmed Ouyahia – devenu le 15 août premier ministre d’Algérie – avait affirmé que les migrants sont « une source de criminalité, de drogue et de plusieurs autres fléaux ». Quelques jours plus tard, le ministre des affaires étrangères, Abdelkader Messahel, parlait, quant à lui, d’« une menace pour la sécurité » du pays. « Dans ces conditions, le travail de sensibilisation sur le terrain est rendu encore plus difficile », souligne Leïla Beratto.

Le Maroc a connu, de son côté, un changement important de sa politique migratoire impulsé par le roi Mohammed VI depuis 2013. Alors que le royaume faisait face à de lourdes critiques pour son traitement des migrants, deux opérations de régularisations massives ont été lancées : la première, en 2014, a permis de régulariser 25 000 sans-papiers, la deuxième n’est pas achevée mais quelque 26 000 demandes ont été déposées. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de l’ambitieuse politique africaine du royaume.

En Mauritanie, la lutte contre l’esclavage et les discriminations est devenue un thème incontournable de la vie politique, même si les militants de ce mouvement font régulièrement l’objet d’arrestations et de condamnations. Biram Ould Dah Ould Abeid, figure de ce combat, fut ainsi l’un des quatre candidats à l’élection présidentielle de juin 2014 face au président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Mais c’est certainement dans la Tunisie post-révolutionnaire que l’évolution est la plus sensible. « Pendant longtemps, le sujet des Tunisiens noirs, traités comme des citoyens de seconde zone, a été un tabou », rappelle Houda Mzioudet, chercheuse et spécialiste des minorités en Tunisie.

Si leur nombre exact est difficile à déterminer, les Tunisiens noirs ou d’origine noire représenteraient 10 à 15 % de la population, surtout concentrés dans le sud du pays. En 2013, une marche pour la défense de leurs droits avait été organisée à Djerba. En 2016, l’agression de trois étudiants congolais en plein centre-ville de Tunis avait à son tour créé un vif émoi. Aujourd’hui, la Tunisie s’apprête à adopter une loi criminalisant la discrimination raciale. « Ce serait la première loi de ce type dans le monde arabe », souligne Houda Mzioudet.


Nouvelle agression du Hamas: A Paris et à New York comme à Gaza, la désinformation vaincra (My hobby is throwing stones: looking back at the New York Times’ romanticization of Palestinian rock throwing as a rite of passage and an honored act of defiance)

28 mai, 2021

Opinion | Black Voters Are Coming for Trump - The New York TimesThe Embarrassment of Democrats Wearing Kente-Cloth Stoles | The New YorkerPressley condemns Gaza bombardmentRashida Imágenes en stock o editoriales y fotos en stock | ShutterstockBiden's old playbook won't end Israeli-Palestinian violence – Ya Libnan

Ces femmes qui s’avancent, en tenant au bout de leurs bras, ces enfants qui lancent, des pierres vers les soldats, c’est perdu d’avance, les cailloux sur des casques lourds, tout ça pour des billets retour, d’amour, d’amour, d’amour, d’amour… Francis Cabrel (« Tout le monde y pense », 1989)
Alors, pour m’sentir appartenir A un peuple, à une patrie J’porte autour de mon cou sur mon cuir Le keffieh noir et blanc et gris Je m’suis inventé des frangins Des amis qui crèvent aussi. Renaud (1983)
Monsieur Dubois demanda à Madame Nozière quel était le jour le plus funeste de l’Histoire de France. Madame Nozière ne le savait pas. C’est, lui dit Monsieur Dubois, le jour de la bataille de Poitiers, quand, en 732, la science, l’art et la civilisation arabes reculèrent devant la barbarie franque. Anatole France (1922)
Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. Hitler (1942)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill
Les organisations humanitaires et une partie de la gauche occidentale, l’extrême gauche surtout, souffrent d’un complexe post-colonial. Les anciens colonisés sont perçus comme des victimes absolues, pour les uns, comme la force motrice de l’histoire, pour les autres. Ils jouissent d’un droit intangible à la bienveillance morale et au soutien politique, quoi qu’ils disent et quoi qu’ils fassent. Le fanatisme est permis, pourvu qu’il soit tiers-mondiste. La discrimination est justifiée, à condition qu’elle soit pratiquée dans un pays d’Afrique ou d’Asie. Le massacre est excusable, quand il est commis par des États non-européens. On a déjà assisté à cette même veulerie face aux haines, à cette même incapacité à voir le Mal, dans d’autres contextes historiques. Qu’on se souvienne de la complaisance des communistes européens, et notamment français, face à la terreur stalinienne et au goulag. Qu’on se souvienne aussi de l’indulgence de la gauche pacifiste française face à l’Allemagne nazie des années 1930. L’Allemagne était perçue comme victime du militarisme français et du traité de Versailles… Sous l’Occupation, de nombreux collaborateurs enthousiastes, et de très haut rang, proviendront de cette gauche pacifiste et humanitaire. La politique d’apaisement vis-à-vis de l’Iran d’Ahmadinejad est fondée sur la même incompréhension que celle qui fut menée face à Hitler à la fin des années 1930, par l’Angleterre et la France. Ce prétendu réalisme, au nom duquel il faut faire des concessions et pratiquer l’ouverture, procède certes d’un réflexe très humain. Mais il témoigne d’une méconnaissance profonde de l’adversaire. On est en face, dans les deux cas, d’une machine de guerre très habile et très bien organisée, qui connaît et qui exploite fort bien les faiblesses de l’Occident démocratique. (…) Il est des carnavals de rage et d’absurdité auxquels un pays démocratique se doit de rester étranger. Samuel Epstein
Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Hassan el Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq et Hani Ramadan)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Nous devons combattre le Mal à sa source, et la principale racine du Mal c’est l’Amérique. (…) L’imam Khomeyni, notre chef, a assuré à maintes reprises que l’Amérique est la source de tous nos maux et qu’elle est la mère des intrigues. (…) Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation … Charte du Hezbollah (1985)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé.  (…) Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien honorable qui fait allégeance à Allah et à sa voie, l’islam. Il lutte pour hisser la bannière de l’islam sur chaque pouce de la Palestine. (…) Avec leur argent, ils ont mis la main sur les médias du monde entier : presse, maisons d’édition, stations de radio etc… Avec leur argent, ils ont soulevé des révolutions dans plusieurs parties du monde afin de servir leurs intérêts et réaliser leur objectif. Ils sont derrière la Révolution Française, la Révolution Communiste et toutes les révolutions dont nous avons entendu parler. (…) Il n’existe aucune guerre dans n’importe quelle partie du monde dont ils ne soient les instigateurs. Charte du Hamas (préambule, articles 6 et 22, 1988)
Obama (in whose administration I served) had in mind the United States’ extrication from what he considered the broader Middle Eastern quagmire (…) But Obama was a gradualist; he was persuaded that the United States could neither abruptly nor radically shift gears and imperil regional relationships that had been decades in the making. As he once put it to some of us working in the White House, conducting U.S. policy was akin to steering a large vessel: a course correction of a few degrees might not seem like much in the moment, but over time, the destination would differ drastically. What he did, he did in moderation. (…) In a sense, his administration was an experiment that got suspended halfway through. At least when it came to his approach to the Middle East, Obama’s presidency was premised on the belief that someone else would pick up where he left off. It was premised on his being succeeded by someone like him, maybe a Hillary Clinton, but certainly not a Donald Trump. Robert Malley (Nov. 2019)
A better approach requires clarity about U.S. interests and a plan for securing them, changing the United States’ role in a regional order it helped create without leaving behind yet more chaos, suffering, and insecurity. (…) A better strategy would be simultaneously less ambitious and more ambitious than traditional U.S. statecraft in the Middle East: less ambitious in terms of the military ends the United States seeks and in its efforts to remake nations from within, but more ambitious in using U.S. leverage and diplomacy to press for a de-escalation in tensions and eventually a new modus vivendi among the key regional actors. The United States has repeatedly tried using military means to produce unachievable outcomes in the Middle East. Now it’s time to try using aggressive diplomacy to produce more sustainable results. Daniel Benaim and Jake Sullivan (May 22, 2020)
On Sunday, National Security Adviser Jake Sullivan phoned his Israeli counterpart and turned back the hands of time. (…) Sullivan called “to express the United States’ serious concerns” about (…) the pending eviction, by court order, of a number of Palestinian families from their homes in the Sheikh Jarrah neighborhood of Jerusalem, and the weekend’s violent clashes on the Temple Mount between Israeli police and Palestinian rioters. (…) just as Hamas was sending rockets and incendiary devices into Israel with the same message (…) This (…) marked a clear return to the approach of President Barack Obama. (…) In a revealing Foreign Affairs article, written in 2019, Malley expressed regret that Obama failed to arrive at more such accommodations. The direction of Obama’s policy was praiseworthy (…) but his “moderation” was the enemy of his project. Being “a gradualist,” he presided over “an experiment that got suspended halfway through.” Malley, the article leads one to assume, is now advising Biden to go all the way—and fast. (…) The president’s “ultimate goal,” Malley wrote, was “to help the [Middle East] find a more stable balance of power that would make it less dependent on direct U.S. interference or protection.” (…) a roundabout way of saying that Obama dreamed of a new Middle Eastern order—one that relies more on partnership with Iran. (…) Obama, it seems clear, felt his project would advance best with stealth and misdirection, not aggressive salesmanship. Biden, while keeping Obama’s second-term foreign policy team nearly intact, is using the same playbook. He and his aides recognize that confusion about the “ultimate goal” makes achieving it easier. (…) The deceptions surrounding the JCPOA have a clear purpose: to make the administration appear supportive of containment when, in fact, it is ending it. (…) The presentation of the JCPOA as a narrow arms control agreement is the most important of these tactics, but two others are particularly noteworthy. The first is the bear hug: a squeeze that can be presented to the outside world as a gesture of love, but which immobilizes its recipient. (…) But if Iron Dome was the seemingly loving aspect of the bear hug, the immobilizing part was the strong discouragement of Israeli military and intelligence operations against Iran’s nuclear program and its regional military network. (…) The bear hug is also a tool for gaslighting critics who accurately claim that the Realignment guts the policy of containment. (…) The second tactic is the values feint. When Washington tilts toward Iran, it disguises its true motivations with pronouncements of high-minded humanitarianism—ceasing to be a superpower and instead becoming a Florence Nightingale among the nations, decrying human suffering (…) Domestic politics partially explains the hold that this empty theory exercises over otherwise bright minds. (…) Biden won the electoral college by only 45,000 votes spread over three states—a razor thin margin. (…) The political heft of the Realignment derives not just from Obama’s personal support but also from the support of progressives whose cosmology it affirms. It equates a policy of containing Iran with a path to endless war, and transforms a policy of accommodating Iran into the path to peace. It reduces the complexities of the Middle East to a Manichean morality tale that pits the progressives against their mythological foes—Evangelical Christians, “neoconservatives,” and Zionists. The Realignment depicts these foes as co-conspirators with Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman and Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, plotting to keep America mired in the Middle East. (…) The same (…) toward Trump’s “maximum pressure” campaign, which it derides as reckless, incoherent, and ineffective. On Trump’s watch, the Iranian economy suffered catastrophic losses. Not only did anti-regime demonstrations break out in every major Iranian city in 2019, but corresponding protests erupted in Iraq, aimed directly or indirectly at Iran’s proxies there. (…) Trump ended the fiction, which had greatly benefited Iran, that its proxies were independent actors rather than direct arms of the IRGC (…) culminated in the killing of Qassem Soleimani, the head of the IRGC’s Quds Force and the second most powerful man in Iran. Meanwhile, (…) By penetrating Iran’s defenses, Israel—with the support of the Trump administration—shredded Obama’s major justification for the JCPOA by demonstrating that the United States can manage the Iran challenge, including its nuclear dimension, with a relatively light American military commitment. (…) “Maximum pressure” (…) a form of collective security (…) encouraged closer cooperation between American allies, and therefore played a major role in the Abraham Accords [with countries] close to Saudi Arabia. (…) the most powerful Arab country and, thanks to its guardianship of Mecca and Medina, one of the most influential countries in the entire Muslim world. (…) Yet the Biden administration has forbidden its officials from even using the term “Abraham Accords,” which, under the influence of the Realignment, it abhors. (…) [because] It refutes the dogma preached by the Obama administration that peace between Israel and the Arab world must begin with a Palestinian-Israeli agreement. More importantly, the accords are also a threat to the Realignment itself.(…) When Biden took office, he faced a fork in the road. On one path stood a multilateral alliance designed to contain Iran. It had a proven track record of success and plans of even better things to come, as the recent act of sabotage at Natanz demonstrated. (…) On the other path stood the Islamic Republic, hated by its own people and, indeed, by most people in the Middle East. It offered nothing but the same vile message it had always espoused. (…) Biden chose Iran, fracturing the U.S. alliance system and setting back the cause of peace. His choice also delivered a victory to China and Russia, who are working with Iran, each in its own way, toward America’s undoing. In a perverse effort to liberate itself from its allies, the United States is soiling its own nest. Michael Doran and Tony Badran
Israël a le droit de se défendre. » sont les mots que nous entendons des gouvernements démocrates et républicains chaque fois que le gouvernement israélien, avec son énorme puissance militaire, réagit aux tirs de roquette de Gaza. Soyons clairs. Personne ne soutient qu’Israël, ou aucun gouvernement, n’a pas le droit de se défendre ou de protéger son peuple. Alors pourquoi ces mots se répètent-ils année après année, guerre après guerre ? Et pourquoi la question n’est-elle presque jamais posée : ′′ Quels sont les droits du peuple palestinien ? ′′Et pourquoi semblons-nous prendre note de la violence en Israël et en Palestine uniquement lorsque des roquettes tombent sur Israël ? (…) même si le Hamas tire des roquettes sur les communautés israéliennes est absolument inacceptable, le conflit d’aujourd’hui n’a pas commencé avec ces roquettes. Les familles palestiniennes dans le quartier de Jérusalem de Sheikh Jarrah vivent sous la menace d’expulsion depuis de nombreuses années, naviguant dans un système juridique conçu pour faciliter leur déplacement forcé. Et au cours des dernières semaines, les colons extrémistes ont intensifié leurs efforts pour les expulser. Et, tragiquement, ces expulsions ne sont qu’une partie d’un système plus large d’oppression politique et économique. Depuis des années, nous avons assisté à une aggravation de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et à un blocus continu sur Gaza qui rend la vie de plus en plus intolérable À Gaza, qui compte environ deux millions d’habitants, 70 % des jeunes sont au chômage et n’ont guère d’espoir pour l’avenir. En outre, nous avons vu le gouvernement de Benjamin Netanyahu travailler à marginaliser et diaboliser les citoyens palestiniens d’Israël, à mener des politiques de colonisation conçues pour exclure la possibilité d’une solution à deux États et adopter des lois qui engendrent les inégalités systémiques entre les citoyens juifs et palestiniens israéliens. (…) Israël reste la seule autorité souveraine au pays d’Israël et de Palestine, et plutôt que de se préparer à la paix et à la justice, il a enraciné son contrôle inégal et antidémocratique. Plus d’une décennie de sa règle de droite en Israël, M. Netanyahu a cultivé un nationalisme raciste de plus en plus intolérant et autoritaire. Dans son effort effréné pour rester au pouvoir et éviter les poursuites judiciaires pour corruption, M. Netanyahu a légitimé ces forces, dont Itamar Ben Gvir et son parti extrémiste du pouvoir juif, en les faisant entrer dans le gouvernement. C’est choquant et attristant que les mensonges racistes qui attaquent les Palestiniens dans les rues de Jérusalem soient maintenant représentés à la Knesset. Ces tendances dangereuses ne sont pas propres à Israël. Partout dans le monde, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et ici aux États-Unis, nous avons vu la montée de mouvements nationalistes autoritaires similaires. Ces mouvements exploitent la haine ethnique et raciale pour construire le pouvoir pour une minorité de corrompus plutôt que la prospérité, la justice et la paix pour le plus grand nombre. Ces quatre dernières années, ces mouvements avaient un ami à la Maison Blanche. En même temps, nous assistons à la montée d’une nouvelle génération d’activistes qui veulent construire des sociétés basées sur les besoins humains et l’égalité politique. Nous avons vu ces militants dans les rues américaines l’été dernier à la suite du meurtre de George Floyd. Nous les voyons en Israël. Nous les voyons dans les territoires palestiniens. Avec un nouveau président, les États-Unis ont maintenant la possibilité de développer une nouvelle approche du monde – fondée sur la justice et la démocratie. (…) Au Moyen-Orient, où nous fournissons une aide de près de 4 milliards de dollars par an à Israël, nous ne pouvons plus être des apologistes du gouvernement de droite de Netanyahu et son comportement antidémocratique et raciste. Nous devons changer de cap et adopter une approche impartiale, une approche qui respecte et renforce le droit international concernant la protection des civils, ainsi que la législation américaine actuelle en vigueur, selon laquelle la fourniture d’aide militaire américaine ne doit pas permettre de respecter les droits de l’homme. Cette approche doit reconnaître qu’Israël a le droit absolu de vivre dans la paix et la sécurité, tout comme les Palestiniens.(…) Nous devons reconnaître que les droits palestiniens sont importants. Les vies palestiniennes comptent. Bernie Sanders
Le combat pour la vie des noirs et le combat pour la libération palestinienne sont interconnectés. Nous nous opposons à ce que notre argent serve à financer la police militarisée, l’occupation et les systèmes d’oppression violente et de traumatisme. Nous sommes contre la guerre, nous sommes contre l’occupation et nous sommes contre l’apartheid. Un point, c’est tout. Congresswoman Cori Bush (Dem., Cal., May 12 2021)
Ce qu’ils font aux Palestiniens, c’est ce qu’ils font à nos frères et sœurs noirs ici. Rep. Rashida Tlaib (Dem., Mich., May 13 2021)
>Nous devons avoir le même niveau de responsabilité et de justice pour toutes les victimes de crimes contre l’humanité. Nous avons vu des atrocités impensables commises par les États-Unis, le Hamas, Israël, l’Afghanistan et les talibans. J’ai demandé à @SecBlinken où les gens sont censés aller pour demander justice. Rep. Alexandria Ocasio-Cortez (Dem., NY, May 13, 2021)
Nous apprécions les positions de Mme Ilhan Omar dans la défense de la justice et des droits des opprimés dans le monde, au premier rang desquels se trouvent les justes droits de notre peuple palestinien, mais nous déplorons cette combinaison injuste qui est contraire à la justice et au droit international. Dr. Basem Naim (Bureau des relations internationales du Hamas)
I rise today to recognize the deep trauma and loss of life perpetuated by systems of oppression here in the United States and globally. Many times I have stood at this dais and affirmed that our destinies are tied. That was clear when protestors took to the streets in the face of police murders, seeking to build a nation where Black Lives Matter. That was clear when our democracy and our lives were put at risk by violent white supremacists who shattered glass and broke doors, while wearing anti-Semitic phrases on their chest, carrying the confederate flag, erecting a noose on the west lawn. That was clear when students protesting to end poverty and oppression in the streets of Bogota were shot dead. That was clear when families kneeling during this holy month, at the third holiest site in Islam, were met with tear gas, rubber bullets and hand grenades. (…) Last summer, when Black Lives Matter protestors took to the streets to demand justice, they were met with force. They faced tear gas, rubber bullets, and a militarized police just as our Palestinian brothers and sisters are facing in Jerusalem today. Palestinians are being told the same thing as Black folks in America—there is no acceptable form of resistance. We are bearing witness to egregious human rights violations. The pain, trauma, and terror that Palestinians are facing is not just the result of this week’s escalation, but the consequence of years of military occupation. In Sheikh Jarrah, the Israeli government is violently dispossessing yet another neighborhood of Palestinian families from homes they have lived in for decades. We cannot stand idly and complicitly by and allow the occupation and oppression of the Palestinian people to continue. We cannot remain silent when our government sends $3.8 billion of military aid to Israel that is used to demolish Palestinian homes, imprison Palestinian children, and displace Palestinian families. (…) The question at hand is should our taxpayer dollars create conditions for justice, healing and repair, or should those dollars create conditions for oppression and apartheid? (…) Whose lives do we value? We have seen footage of Israeli and Palestinian children, huddled fearfully while rockets blanket their homeland. No child should live in fear. No child should grow up in the midst of a conflict that robs them of a childhood. And Palestinian children do not have the same protections afforded to them (…) Following forceful violence against the Palestinians simply seeking to remain in their family homes, militant groups in Gaza have launched rockets at Israeli cities, resulting in seven deaths, including a child. In response, the Israeli military has launched severe attacks on Gaza, killing 83 people, 17 of whom are children. This is devastating. (…) From Jerusalem to Boston. From Randolph to Gaza. From Colombia to Yemen, our destinies are tied. And everyone deserves to live free from fear and to know peace. Rep. Ayanna Pressley (Dem., Mass., May 13, 2021)
The shift is dramatic; it’s tectonic. There is a non-white population, particularly among Democrats, who are very sensitive to the treatment of fellow non-whites. They see Israel as an aggressor. They don’t know Israel’s early history and odds-defying triumph over adversity. They know post-Intifada; they know the various wars, the asymmetrical bombing that have taken place, the innocent civilians that have been killed. We’ve seen a steady growth in support for Palestinians, but it’s never really been a high-intensity issue. It’s becoming that. It’s becoming a major wedge issue, particularly among Democrats, driven by non-white voters and younger voters, by progressives in general. John Zogby
On May 10, after years of relative quiet between Israel and Gaza, the Hamas terrorists who rule that enclave exploited a long-running legal dispute in Jerusalem as a pretext to launch a barrage of rockets at Israel, unprecedented in its size. The Israel Defense Forces responded with air strikes to knock out terror targets, and one of those micro-wars that periodically spring up in this conflict ensued. As of Thursday night, May 20, a ceasefire had begun; the worst of the fighting is hopefully over. At least, it was in Israel and Gaza. But around the world, Jews were paying the price. (…) Synagogues across the country have been vandalized. Rallies in support of the Palestinian cause in Michigan, Florida, Washington, D.C., and elsewhere have turned anti-Semitic. (…) And almost as bad as the violence is the silence around it from major publications. The New York Times hasn’t deemed news of these attacks on New York Jews « fit to print, » though it did run a short story about the similarly horrific spate of attacks across Europe (…) While anti-Zionist gangs beat up Jews in her city, Rep. Alexandria Ocasio-Cortez was providing a quasi-intellectual basis for their actions, defaming Israel as an apartheid state employing indiscriminate force in what she seems to think is a capricious quest to murder as many Palestinian children as possible, instead of a highly restrained military operation tightly targeted on terrorists. Rep. Ocasio-Cortez didn’t call for violence, but she carved out an area of respectability for a certain type of anti-Semitism, and others were only too happy to rush in, fists flying. (…) Sen. Bernie Sanders published his own dangerous anti-Israel harangue in an Op-Ed which began, « No one is arguing that Israel… does not have the right to self-defense or to protect its people, » even as his own supporters were arguing just that on social media. Comedians John Oliver and Trevor Noah made the same case into their media megaphones, arguing that Israel was wrong to attack the terrorists aiming for Israeli civilians because Israel’s Iron Dome missile defense system can prevent most (but not all) civilian deaths from Hamas rockets. (…) Rep. Mark Pocan and Rep. Betty McCollum are laser-focused on spreading the contemporary blood libel that Israel indiscriminately murders children. And in the same week that the Pew Research Center found that 80 percent of Jews believe caring about Israel to be an « important » or « essential » part of being Jewish, Rep. Ilhan Omar called support for Israel « disgusting and immoral. » Seffi Kogen
When the New York Times finally reported on the plague of nationwide street violence against Jews in the spring of 2021, more than a week after the attacks began in the wake of Hamas using rockets to strike Israel, the tone it took was less one of outrage than of bewilderment. “Until the latest surge,” read a May 26 story, “anti-Semitic violence in recent years was largely considered a right-wing phenomenon, driven by a white supremacist movement emboldened by rhetoric from former President Donald J. Trump, who often trafficked in stereotypes.” This was nonsense: The most common street violence against Jews took place in New York and New Jersey, and it had nothing at all to do with Trump or “right-wing” politics. Par for the course for the Gray Lady, perhaps, but far more concerning was where the reporters seemed to be getting the misinformation. “This is why Jews feel so terrified in this moment,” Anti-Defamation League CEO Jonathan Greenblatt told the paper. “For four years it seemed to be stimulated from the political right, with devastating consequences.” At the scenes of Jew-hunting that began in May, during the war between Israel and Hamas, Greenblatt lamented, “No one is wearing MAGA hats.” If there’s one organization whose responsibility it is to prepare not just the Jewish community but the wider United States public and its government for emerging anti-Semitic threats, it’s the ADL. Instead, the head of the ADL has been spreading a cynical left-wing myth about anti-Semitism while threats to the Jewish community fester. And it’s even worse than it looks, because while there’s long been a willful blindness toward anti-Semitism from the left, the ADL and other partisan groups aren’t the ones experiencing this blindness. They’re the blinders. The ADL (…) issued a list during the latest flare-up with Hamas on May 20 titled “Prominent Voices Demonize Israel Regarding the Conflict.” Demonizing rhetoric, the ADL warned, can “enable an environment whereby hateful actions against Jews and supporters of Israel are accepted more freely, and where anti-Jewish tropes may be normalized.” One category the list featured was of those “Accusing Israel of ‘Attacking al-Aqsa,’” a hoary libel falsely claiming that Jews want to destroy the central Mosque in Jerusalem. It has been used to incite anti-Jewish riots for a century. What was notable here was one name missing from the list, and arguably the worst offender. On May 12, Representative Alexandria Ocasio-Cortez had castigated President Joe Biden on Twitter for expressing Israel’s right to defend itself while noting what supposedly was to blame for the violence: “the expulsions of Palestinians and the attacks on Al Aqsa.” (…) A day later, on May 13, came a chilling session of the House of Representatives, with dark echoes of Jewish history. Several Democratic members of the House took turns standing next to blown-up photos of bloodied Palestinian children and gave fiery speeches denouncing Zionist perfidy—the sorts of words and charges that, since the age of the czars, have been followed by the spilling of Jewish blood. This time was no different, except it wasn’t a Russian backwater or a Munich beer hall. It was on the floor of the United States Congress. One by one, these members of Congress, Democrats all, sought to make the Jewish state the stand-in for “systems of oppression here in the United States and globally,” as Representative Ayanna Pressley of Massachusetts put it. (…) In the days and weeks that followed, even after an Israel–Hamas cease-fire was in place, Jews in America were physically attacked with abandon—diners at restaurants in Los Angeles and Manhattan, Jews on the streets of New York, families in Florida attending synagogue services. The ADL saw a 75 percent uptick in reported incidents. (…) When called out for their silence, progressive Democratic lawmakers condemned “anti-Semitism and Islamophobia” as one, knowing that their audience would interpret any specific denunciation of anti-Semitism as a statement in support of Israel. (…) Throughout this whole affair, not a single congressional Democrat would criticize any of his colleagues by name. (…) Neither the ADL nor the JDCA uttered a peep. (…) On June 7, Omar tweeted a summary of a question she had for Secretary of State Antony Blinken: “We must have the same level of accountability and justice for all victims of crimes against humanity. We have seen unthinkable atrocities committed by the U.S., Hamas, Israel, Afghanistan, and the Taliban. I asked @SecBlinken where people are supposed to go for justice.” (…) The ADL was silent. JDCA was silent. The Democratic Party sided with the Squad. The Jewish community had been abandoned to the rise of the dominant left-of-center ideology according to which Jews are part of a white power structure of which Israel is a prime example. (…) The New Yorker’s Helen Rosner suggested it would be a good tactic not to beat up Jews, as part of an overall strategy to undermine Israel’s legitimacy. (This after the New Yorker’s union put out a statement of solidarity with the Palestinians that included the phrase “from the river to the sea.”) Michelle Goldberg of the New York Times wrote a column with a headline so instantly infamous that the Times eventually and quietly changed it: “Attacks on Jews Over Israel Are a Gift to the Right.” Meanwhile, the comedian Sarah Silverman objected to attacks on Jews in Los Angeles not on the grounds that they were evil acts of anti-Semitic violence but rather because “WE ARE NOT ISRAEL.” For his part, Kenneth Roth, the obsessively anti-Israel executive director of Human Rights Watch, declared, “It is WRONG to equate the Jewish people with the apartheid and deadly bombardment of Prime Minister Netanyahu’s government. » Seth Mandel
You can’t walk very far on an American or European university campus these days without encountering some version of the “Palestinian Land Loss” maps. This series of four—occasionally five—maps purports to show how rapacious Zionists have steadily encroached upon Palestinian land. (…) Taking each map in turn, it is easy to demonstrate that the first one is by far the most dishonest of the lot. (…) It deliberately conflates private property with political control. (…) The next map (…) represents the partition plan adopted by the United Nations General Assembly in 1947 as UN Resolution 181. It called for two independent states to be formed after the end of the British Mandate, one Jewish and one Arab. Needless to say, the resolution was never implemented. It was rejected by a Palestinian Arab leadership that just two years before had still been allied with Nazi Germany.  (…) At this point, with partition rejected by the Arabs and no help from the international community in sight, the Jews declared independence and formed what would become the Israel Defense Forces. The Arab states promptly launched a full-scale invasion, whose aims—depending on which Arab leader you choose to quote—ranged from expulsion to outright genocide. And the Arabs lost. At war’s end in 1949, the situation looked roughly like the third map in the series—the first of the lot that even comes close to describing the political reality on the ground. (…)  But (…) What it shows are the so-called “armistice lines,” i.e., the borders where the Israeli and Arab armies stopped fighting in 1949. These lines held more or less until 1967. (…) But (…) on the other side of the line, (…) the territories that are today called the West Bank and the Gaza Strip (…) were not—not before, during, or after 1967—“Palestinian” in the sense of being controlled by a Palestinian Arab political entity. Both territories were occupied by invading Arab armies when the armistice was declared in 1949, the Gaza Strip by Egypt and the West Bank by Jordan. The latter was soon annexed, while the former remained under Egyptian military administration. This status quo lasted until 1967, when both were captured by Israel. In the 1967 Six Day War, which was marked by Arab rhetoric that was sometimes even more genocidal than 1948, Israel also took the Golan Heights from Syria and the Sinai Peninsula from Egypt, more than trebling the amount of land under its control. Israel has since withdrawn from more than 90 percent of the land it occupied—mostly in the Sinai withdrawal that led to peace with Egypt. The first three maps, then, confuse ethnic and national categories (Jewish and Israeli, Arab and Palestinian), property and sovereignty, and the Palestinian national movement with Arab states that ruled over occupied territory for a generation. (…) As (…) to the fourth map (…) usually labeled either 2005 or “present,” purports to show the distribution of political control following the Oslo process and the Israeli withdrawal from Gaza. The patches of Palestinian land in the West Bank are areas handed over to the Palestinian Authority in the 1990s, mostly under the 1995 Oslo II agreement. Expanding upon the autonomy put in place after previous agreements in the Oslo process since 1993, this agreement created a complex patchwork of administrative and security zones, splitting the West Bank into areas of exclusive Palestinian control, joint control, and Israeli control. It was meant as a five-year interim arrangement, after which a final status agreement would be negotiated. (….) But no agreement was reached. As in 1947, the principal reason was Palestinian rejectionism. This time, the Palestinian leadership rejected a state on over 90 percent of the West Bank and 100 percent of the Gaza Strip. They then broke their pledge not to return to the “armed struggle” and embarked on a campaign of suicide bombings and other terrorist atrocities that were not only morally indefensible but lost them the trappings of sovereignty they had gained over the previous decade. After tamping down the worst of the violence, Israel decided to leave the areas of the Gaza Strip it had not evacuated a decade before. The withdrawal took place in 2005. Two years later, the Islamist group Hamas took over the Strip in a violent coup d’etat. Since then, there have been two Palestinian governments—the Hamas regime in Gaza and the Fatah-led regime in the West Bank. Both of these regimes are marked with the same color on this fourth map, thus failing to acknowledge the split between the two regimes, though it is the first map in the series to correctly label areas under Palestinian Arab political control. Nonetheless, it does not distinguish between the sovereign territory of the State of Israel—or, in the case of East Jerusalem, territory that Israel claims as sovereign without international recognition—and territories in the West Bank that, according to agreements endorsed by both sides, are under Israeli control until a final status agreement. Taken together, what we have is not four maps in a chronological series, but four different categories of territorial control presented with varying degrees of inaccuracy. Those categories are private property (“1946”), political control (“1967” and “2005”), and international partition plans (“1947”). They are presented in a fashion that is either tendentiously inaccurate (“2005”), essentially mendacious (“1947” and “1967”), or radically untrue (“1946”). (…) Perhaps the best way to illustrate the bankruptcy of the “Palestinian Land Loss” myth is to compare it to a similar situation elsewhere. An equally absurd set of maps could be drawn up of the Indian subcontinent before and after the end of British rule. It could start with a 1946 map of the entire subcontinent, labeling any private property owned by Hindus as “Indian” and the rest as “Pakistani.” Hindus, after all, are 80 percent of India’s population today, just as Jews are 80 percent of Israel’s. It is absurd to consider anything not privately owned by Hindus under British rule as “Pakistani” when the state of Pakistan did not yet exist, but that is roughly the same as labeling anything not privately owned by Jews under the Mandate as “Palestinian.” We could then put up a partition map from 1947, with West and East Pakistan next to a much larger India; as well as a post-partition map—perhaps from 1955—showing the land losses along the Radcliffe Line. Finally, we could draw a map from 1971 with East Pakistan shorn off into Bangladesh. A fervently dishonest person might call this series “Pakistani Land Loss,” but it would be such an obvious piece of fiction that no one could possibly take it seriously. Shany Mor
Pour la première fois, on a pu constater une conflictualité dans les localités israéliennes. Les communautés se sont affrontées. Le risque d’apartheid est fort si on continue à aller dans une logique à un État ou du statu quo. L’hypothèse commençait à disparaître. Il faut engager une politique de petits pas. Il faut faire en sorte qu’il y ait une logique de confiance qui puisse s’instaurer. L’Europe est puissante. Pendant cinq ans, l’Europe a dû assumer toute seule le multilatéralisme. Elle joue sa partition au Proche orient. Jean-Yves Le Drian (ministre français des affaires étrangères)
Le ministre a déclaré qu’Israël pourrait devenir un Etat d’apartheid – une affirmation éhontée, fausse et sans fondement. Nous n’accepterons aucune leçon de morale hypocrite et mensongère sur cette question. Dans l’État d’Israël, tous les citoyens sont égaux devant la loi, quelle que soit leur origine ethnique. Israël est un phare de la démocratie et des droits de l’homme dans notre région… Nous ne subirons aucune réprimande morale hypocrite et fausse sur cette question. Benjamin Netanyahu
For those who periodically tune in and tune out of the Israel-Palestine situation, the events of recent days and weeks might seem like a replay of a movie they have seen before: Palestinians are being forced from their homes; Israel drops bombs on Gaza; Palestinians fire rockets from Gaza; Israel destroys most of the rockets with an air defense system that is largely paid for by American taxpayers. All familiar. But the truth is, this moment is different. And it may prove a transformational one in the Palestinian struggle for freedom. Before the world’s attention shifted toward pushing for a cease-fire, Palestinians in Gaza, the West Bank, Jerusalem, inside Israel and in the diaspora had all mobilized simultaneously in a way unseen for decades. They are all working toward the same goal: breaking free from the shackles of Israel’s system of oppression. Reacting to growing Israeli restrictions in Jerusalem and the impending expulsion of Palestinians from their homes in the Jerusalem neighborhood of Sheikh Jarrah, Palestinians across the land who identified with the experience of being dispossessed by Israel rose up, together. Even now, as bombs fall on Gaza, they continue to do so. Palestinians are protesting in huge numbers in cities and towns throughout the land; hundreds of thousands took part in a general strike. With this unified movement, Palestinians have shown Israel that they cannot be ignored. (…) The energy of this moment represents an opportunity to wed Palestinian aspirations with a growing global consensus. According to a 2018 poll by the University of Maryland, 64 percent of Americans would support equal rights in a single state if the two-state solution fails. That number climbs to 78 percent among Democrats. Among scholars and experts on the Middle East, one recent poll found, 66 percent say there is a one-state reality. There is also a growing shift in mainstream organizations that have been hesitant to call for greater change: The Carnegie Endowment for International Peace recently released a report calling for a break from the two-state approach. Many diplomats and analysts around the world I have spoken to in recent years understand that the two-state solution is dead. Israel has killed it. When I ask why they don’t call for equal rights for Palestinians to end what is increasingly obviously a de facto apartheid system, they point out the official Palestinian position remains for a separate state. (…) The Palestinians have moved on, and many people in America and around the world are ready to do so, too. Yousef Munayyer (Arab Center Washington DC)
The fault lines in Israeli society have never been clearer and Jerusalem remains the tinder box that could ignite another catastrophic fire unless the underlying causes — Israel’s occupation of the Palestinian territories and its highly discriminatory policies — are dealt with. (…) The truth is that the Palestinian citizens of Israel and the Jewish majority of the country have never coexisted. We Palestinians living in Israel “sub-exist,” living under a system of discrimination and racism with laws that enshrine our second-class status and with policies that ensure we are never equals. This is not by accident but by design. The violence against Palestinians in Israel, with the backing of the Israeli state, that we witnessed in the past few weeks was only to be expected. Palestinian citizens make up about 20 percent of the Israel’s population. We are those who survived the “nakba,” the ethnic cleansing of Palestine in 1948, when more than 75 percent of the Palestinian population was expelled from their homes to make way for Jewish immigrants during the founding of Israel. (…) When military rule ended in 1966, Israel propagated the myth that Palestinian citizens of Israelis were now full citizens, noting that we can vote for members of the Knesset and that we have representatives there too. But since its establishment, Israel has enacted more than 60 laws entrenching our second-class status. One law makes it possible for Jewish Israelis in many towns to deny me and other Palestinians the right to live alongside them because we are not “socially suitable.” Courts routinely uphold such discriminatory laws and lawmakers have year after year blocked attempts to pass legislation enshrining the equality of Palestinians and Jews. The institutionalized racism and discrimination against Palestinian citizens have pushed almost half of us into poverty and our unemployment rate has soared to 25 percent. Racism against Palestinians is incited and exploited by virtually all major Israeli politicians and parties. (The Labor Party, which has a mere seven seats in the Knesset, is the only exception.) Even “moderates” like the Yesh Atid leader Yair Lapid, who has been tasked with forming a government in the wake of inconclusive parliamentary elections in March, declared that he wants to be “rid of Arabs” and that his most important priority is “to maintain a Jewish majority in the land of Israel.” Politicians call for our citizenship to be revoked, or worse — like the former foreign minister Avigdor Lieberman, who said our heads should be chopped off, or the former education minister Naftali Bennett, who declared that he had killed many Palestinians and had no problem with it. Since 2019, Prime Minister Benjamin Netanyahu has twice made electoral pacts with the overtly racist Jewish Power party, which is made up of followers of the notorious Meir Kahane, whose Kach party and offshoots were labeled terrorist organizations by the United States. Jewish Power is led by Itamar Ben Gvir, who says his hero is Baruch Goldstein, who gunned down 29 Palestinians as they prayed in Hebron in 1994. All of this does not merely garner votes for Mr. Netanyahu, it also normalizes hatred of Palestinians. Young Jews are more radicalized than their parents, with polls showing that they do not want to live next to Palestinians and support revoking our citizenship. This prejudice, racism and violence directed at Palestinians is not limited to the fringe in society — it has become mainstream. In May alone, Mr. Netanyahu’s government allowed marches by violent Jewish supremacists through Palestinian neighborhoods of Jerusalem and into the Aqsa mosque compound. Israeli police officers and Jewish citizens have been offered de facto immunity for attacking Palestinians. Indeed, our mere existence nettles Israel’s ruling elites, who insist on preserving the Jewishness of the state. My father, who is 82, still waits for the day when he does not have to live in fear that we will be evicted from our homeland. To be a Palestinian in Israel is to wait for the day when Israel will decide to forever rid itself of you. How do I explain to my 7-year-old son what being a Palestinian citizen of Israel means? What future can he look toward, when the leaders of the government incite hatred against him? What audacious hope can he have when he is bound to face racism and discrimination in education, employment and housing? For now, I try to shield him from the images on television and on our phones, but there will soon come a time when I cannot shield him from the reality that he is surrounded by people who consider him a second-class citizen. Diana Buttu
En excluant ostensiblement le Hamas, l’administration Biden ne fait que perpétuer le mythe selon lequel le Hamas est le problème central (…) Nous savions que les roquettes décrépites tirées de Gaza étaient tout ce dont les Forces de défense israéliennes et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient besoin pour rediriger l’attention du public sur la  légitime défense d’Israël et loin des préjudices infligés aux Palestiniens. (…) Le conflit concerne l’occupation israélienne. Se concentrer sur le Hamas, c’est aussi aseptiser le conflit, et ainsi en devenir complice. Cela permet aux gens d’exprimer leur sympathie pour les Palestiniens ordinaires tout en blâmant quelques personnes au sommet de la direction palestinienne. Mais le droit à la légitime défense contre l’agression continue d’Israël appartient à tous les Palestiniens; la résistance légitime ne peut être un droit que pour les Palestiniens qui croient exclusivement à la légitime défense non violente – pas face à la violence que nous endurons. (…) Qu’attendre d’une personne qui se fait tirer dessus alors qu’elle était enfant et qu’on ne lui donne qu’une prison ou un camp pour vivre en tant qu’adultes, plutôt que chez eux? C’est pas compliqué. Basma Ghalayini
There are two groups that attend anti-Israel rallies. One group styles themselves as being liberal, open-minded, very concerned about human rights, only wanting peace and so, so concerned over Palestinians who are killed during a war their side started. These people swear up and down that they are non-violent, against antisemitism and that they want Israel to go away quietly and peacefully as a result of world pressure and boycotts. The other are young Arab men who grew up with pure Jew-hatred. They are intolerant of women, of gays, they don’t care about the environment. They share none of the supposed principles of the kumbaya crowd, with the exception of wanting to see the Jewish state destroyed and of the role they take of eternal victims with no agency. The latter group is behind the torrent of antisemitic attacks we see happening every day in the West. They are the ones who are driving around in gangs, looking for Jews to intimidate or attack. They are directly threatening Jews on social media thousands of times a day. This is unprecedented. For decades, Jews have been able to walk around safely in most major cities without fear, without even considering hiding their kippot or Star of David necklaces. Jews used to be most afraid of being attacked by blacks, but over time that has become much less of an issue with the exception of the recent uptick of attacks in Brooklyn. Antisemitism has always been there but it definitely lessened. ADL statistics has seen it go down steadily since the 90s. But this is different than even the ’60s. Now Jews have to worry about gangs who are targeting them because they are Jews. Why have these Arab gangs suddenly become so emboldened to form posses to attack Jews? Because of the first group. The fine distinctions that Leftist Israel haters try to make between anti-Zionism and antisemitism are completely invisible to Arabs. They hate Israel because, not despite the fact, it is filled with Jews. Antisemitism is the entire source of the conflict. Their parents and preachers don’t teach them to hate Zionists but Jews. They look at their Jewish allies as tools and as dhimmis, not as role models. The attackers find strength in numbers, they see that they have the Left on their side, they are riled up by thousands of lies about Israel by speaker after speaker and tweet after tweet, they get validation from members of Congress and other liars and bigots who say that Israel is guilty of genocide and apartheid and ethnic cleansing, they are primed to violence from lurid and often faked photos of dead kids, they are whipped up into a frenzy from the hypnotic anti-Israel and antisemitic chants. And they are in large cities with lots of identifiable Jews all around, who must pay for these crimes. It is a recipe for violence. The Arab gangs are engaged in what they know best: terrorism. After all, the point of terrorism isn’t the attacks themselves but the feat that the attacks create among the targets. These Arabs are importing terror from their Middle Eastern cousins, doing everything they can to frighten Jews. They feel, correctly, that they have reached a critical mass with fellow Arabs in their respective Western countries. Crucially, they are being given cover by the secular Left, publishing articles that justify terror and the idea that Palestinians are justified in doing anything they want to Jews because all’s fair in « resistance. » Arabs are sensitive to being shamed. They have not acted like this before in America because the idea of wanton violence against Jews was shameful. Now, and their Leftist allies give them intellectual cover – and they will never, ever shame them. The Leftist anti-Zionists could shame them into stopping their attacks. They could make it clear that they want nothing to do with the antisemites. They could stand up and say that they will not be allies with Jew-haters and will not march with bigots. They could demand that mosques and Muslim leaders clearly denounce the attacks (they certainly will not do that on their own.) But these people who claim to speak truth to power will never, ever call out violence by Arabs They refuse to do that, because they are all about solidarity and allyship and, let’s face it, they don’t want to say anything negative about people of color who want to attack Jews. The Leftist enablers also know that the Arabs would turn on them next if they say anything negative about their antisemitism. Instead, the « progressives » issue weak statements against antisemitism and then return to their « From the river to the sea » chants to incite the next round of attacks. The only solution is to shame the attackers. The only people who can do that are tacitly condoning the attacks. This is a nearly perfect storm that is bringing up an entirely new class of Jew-hatred to America. Elder of zion
Aside from putting forward a peace proposal that was dead on arrival, we don’t think they did anything constructive, really, to bring an end to the longstanding conflict in the Middle East. Jen Psaki (Biden’s spokeswoman)
In the minds of the Iranian leadership and those of their Hamas proxies, the Abraham Accords represent the single greatest military and political threat to Iran’s nuclear and hegemonic ambitions. Destroying them is their strategic goal. The Abraham Accords provide a formal framework for the operational partnership that developed since 2006 between Israel and the Sunni Arab states that, like Israel, are threatened by Iran. In formalizing those ties, the Abraham Accords split the Arab/Islamic world into two camps. The first camp includes Iran and the states and terror groups Iran supports, controls and is allied with. Political forces hostile to Israel in the West support this camp. Members of the Iran camp and its supporters in the West insist the Jewish state is the greatest source of instability and the primary obstacle to peace in the Middle East. The second camp is comprised of Israel and the Arab states that understand that Iran is the greatest threat to peace and security in the Middle East. Arab members of this camp include Saudi Arabia, the UAE, Bahrain, Egypt, Sudan and Morocco. These Arab states believe that in alliance with Israel they will be able to contain and eventually defeat the Iranian regime. Until the Abraham Accords were formalized, only the Iranian camp had an international presence. The anti-Israel, pro-Iran narrative, which claims that Israel is the greatest threat to regional and world peace, had the stage to itself from Tehran to California. Since the Abraham Accords were signed last September, the Iranian camp has been on the defensive. In a press briefing on Tuesday, President Joe Biden’s spokeswoman Jen Psaki indicated that the administration is just as unhappy with the Abraham Accords as the Iranians and Palestinians are. In response to a reporter’s question about the Trump administration’s peace efforts, Psaki pretended that the Abraham Accords don’t exist. “Aside from putting forward a peace proposal that was dead on arrival,” she said derisively, “we don’t think they did anything constructive, really, to bring an end to the longstanding conflict in the Middle East.” This asinine statement put paid the notion that Biden will ever opt for an alliance with the Abraham Accords member nations over the Iran/Hamas axis. Just as the administration refuses to even utter the term “Abraham Accords,” so it insists on ignoring their political significance for the states of the region and their military capacity to contain Iran. Despite the massive pressure that has been exerted against Abraham Accords member states to disavow their ties with Israel since Hamas opened its offensive last week, so far they have not wavered. The UAE, Bahrain and Morocco have put out mild statements on the Hamas war. Morocco sent humanitarian aid to Gaza. There have been no anti-Israel demonstrations in the streets of any of the Abraham Accords member states. Sudan’s leader, Abdel Fattah Al-Burhan discussed the issue in an interview with France 24 in Arabic earlier this week. (…) In his words, “The normalization [of relations between Sudan and Israel] has nothing to do with the Palestinians’ right to establish their own state. The normalization is reconciliation with the international community, and with Israel as part of the international community.” (…) Since it is clear that Israel made clear from the outset that it had no interest in conquering Gaza, Hamas will declare victory no matter how much damage it sustained from Israeli airstrikes. So too, after the Biden administration placed the threat of condemning Israel at the UN Security Council on the table in the first days of the conflict, it was clear that Israel wouldn’t dare defy Biden for long once he publicly demanded a ceasefire. Caroline Glick
Ce que nous voulons, nous autres Arabes, c’est être, or nous ne pouvons être que si l’autre n’est pas. S’il n’y a pas d’autre solution, alors que cette guerre nucléaire ait lieu et qu’on en finisse une fois pour toutes ! Ben Bella (ancien premier président de l’Algérie, 1982)
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (1992)
L’antisionisme est une incroyable aubaine pour les antisémites. L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est permission d’être démocratiquement antisémite. Valdimir Jankélévitch
Nous imaginons, parce que la Guerre froide est finie en Europe, que toute la série de luttes qui ont commencé avec la Première guerre mondiale et qui sont passées par différents mouvements totalitaires — fasciste, nazi et communiste — était finalement terminée. (…) Hors de la Première guerre mondiale est venue une série de révoltes contre la civilisation libérale. Ces révoltes accusaient la civilisation libérale d’être non seulement hypocrite ou en faillite, mais d’être en fait la grande source du mal ou de la souffrance dans le monde. (…) [Avec] une fascination pathologique pour la mort de masse [qui] était elle-même le fait principal de la Première guerre mondiale, dans laquelle 9 ou 10 millions de personnes ont été tués sur une base industrielle. Et chacun des nouveaux mouvements s’est mis à reproduire cet événement au nom de leur opposition utopique aux complexités et aux incertitudes de la civilisation libérale. Les noms de ces mouvements ont changé comme les traits qu’ils ont manifestés – l’un s’est appelé bolchévisme, et un autre s’est appelé fascisme, un autre s’est appelé nazisme. (…) À un certain niveau très profond tous ces mouvements étaient les mêmes — ils partageaient tous certaines qualités mythologiques, une fascination pour la mort de masse et tous s’inspiraient du même type de paranoïa. (…) Mon argument est que l’islamisme et un certain genre de pan-arabisme dans les mondes arabe et musulman sont vraiment d’autres branches de la même impulsion. Mussolini a mis en scène sa marche sur Rome en 1922 afin de créer une société totalitaire parfaite qui allait être la résurrection de l’empire romain. En 1928, en Egypte, de l’autre côté de la Méditerranée, s’est créée la secte des Frères musulmans afin de ressusciter le Califat antique de l’empire arabe du 7ème siècle, de même avec l’idée de créer une société parfaite des temps modernes. Bien que ces deux mouvements aient été tout à fait différents, ils étaient d’une certaine manière semblables. (…) La doctrine islamiste est que l’Islam est la réponse aux problèmes du monde, mais que l’Islam a été la victime d’une conspiration cosmique géante pour la détruire, par les Croisés et les sionistes. (le sionisme dans la doctrine de Qutb n’est pas un mouvement politique moderne, c’est une doctrine cosmique se prolongeant tout au long des siècles.) L’Islam est la victime de cette conspiration, qui est également facilitée par les faux musulmans ou hypocrites, qui feignent d’être musulmans mais sont réellement les amis des ennemis de l’Islam. D’un point de vue islamiste, donc, la conspiration la plus honteuse est celle menée par les hypocrites musulmans pour annihiler l’Islam du dedans. Ces personnes sont surtout les libéraux musulmans qui veulent établir une société libérale, autrement dit la séparation de l’église et de l’état. (…) Les socialistes français des années 30 (…) ont voulu éviter un retour de la première guerre mondiale; ils ont refusé de croire que les millions de personnes en Allemagne avaient perdu la tête et avaient soutenu le mouvement nazi. Ils n’ont pas voulu croire qu’un mouvement pathologique de masse avait pris le pouvoir en Allemagne, ils ont voulu rester ouverts à ce que les Allemands disaient et aux revendications allemandes de la première guerre mondiale. Et les socialistes français, dans leur effort pour être ouverts et chaleureux afin d’éviter à tout prix le retour d’une guerre comme la première guerre mondiale, ont fait tout leur possible pour essayer de trouver ce qui était raisonnable et plausible dans les arguments d’Hitler. Ils ont vraiment fini par croire que le plus grand danger pour la paix du monde n’était pas posé par Hitler mais par les faucons de leur propre société, en France. Ces gens-là étaient les socialistes pacifistes de la France, c’était des gens biens. Pourtant, de fil en aiguille, ils se sont opposés à l’armée française contre Hitler, et bon nombre d’entre eux ont fini par soutenir le régime de Vichy et elles ont fini comme fascistes! Ils ont même dérapé vers l’anti-sémitisme pur, et personne ne peut douter qu’une partie de cela s’est reproduit récemment dans le mouvement pacifiste aux Etats-Unis et surtout en Europe. Paul Berman
L’administration Trump avait ouvert une nouvelle voie vers la paix au Moyen-Orient. Les principes étaient simples: punir les acteurs malveillants avec des sanctions, encourager financièrement la paix et résoudre le conflit au Moyen-Orient de l’extérieur vers l’intérieur. L’Iran avait été sanctionné plus durement que n’importe quelle nation dans l’histoire. L’Autorité palestinienne, ainsi que les agences des Nations Unies qui soutenaient leur programme, comme l’UNRWA, s’étaient vu couper les vivres. Et des accords de normalisation avaient été signés entre Israël et les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Soudan et le Maroc. L’approche avait fonctionné. Les quatre années de l’administration Trump ont été dans l’ensemble parmi les années les plus calmes de l’histoire moderne d’Israël. Pourtant, l’approche était une gifle à l’encontre de l’establishment du département d’État américain qui avait depuis longtemps postulé qu’il ne pouvait y avoir de paix nulle part dans la région tant que le conflit palestinien n’était pas résolu. La dernière flambée a remis la question israélo-palestinienne sur le devant de la scène et dans le territoire familier des auteurs et partisans des Accords d’Oslo, qui commencent à revenir sur le devant de la scène après un bref exil de quatre ans. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken se rend maintenant en Israël, en partie pour renouer les liens avec les dirigeants palestiniens. La communauté internationale promet maintenant des fonds pour «reconstruire Gaza». Quand les acteurs malveillants comme l’Iran, le P.A. et le Hamas étaient privés de fonds et que les modérés étaient financièrement incités à la poursuite de la normalisation, un certain clame était revenu. Maintenant que le flux de fonds s’est inversé, le terrorisme est de retour. (…) L’Iran a joué un rôle clé dans le conflit actuel. Au cours des dernières années, mois et semaines, Israël a frappé secrètement l’infrastructure nucléaire iranienne, attaqué des navires commerciaux et frappé des armes de fabrication iranienne transférées en Syrie. L’Iran a tenté à plusieurs reprises de riposter, ciblant récemment les navires commerciaux israéliens en mer. Malgré les récentes frappes aériennes israéliennes, l’Iran a déjà réussi à stocker plus de 150 000 roquettes et missiles pointés sur Israël par le Hezbollah au sud du Liban. Et contrairement à l’arsenal de roquettes du Hamas à Gaza, nombre des missiles détenus par le Hezbollah sont à longue portée et de haute précision. Dans un «discours de victoire», le chef du Hamas Ismail Haniyeh a publiquement félicité l’Iran pour son soutien pendant le conflit, déclarant: «Je ne peux que remercier ceux qui ont apporté de l’argent et des armes à la vaillante résistance, la République islamique d’Iran; qui ne nous a pas ménagé son argent, ses armes et son soutien technique. Merci. » Un rapport récent du Wall Street Journal a noté que les roquettes du Hamas sont fabriquées à partir de plans iraniens et que les Iraniens ont fourni une assistance supplémentaire au Hamas. Presque toutes les activités malveillantes au Moyen-Orient ont aujourd’hui les empreintes de l’Iran. L’Iran tente de négocier un retour à l’accord nucléaire avec les États-Unis et les puissances occidentales. Ce conflit qui vient de se terminer devrait faire réfléchir l’Occident sur les ambitions iraniennes. Malheureusement, ce ne sera probablement pas le cas. (…) Les Israéliens regardaient de loin et avec étonnement les violentes émeutes qui ont envahi les villes américaines cette année sous le hashtag #BlackLivesMatter. La race est devenue la question la plus importante. Les membres de la communauté anti-israélienne aux États-Unis avaient depuis longtemps des liens avec les causes progressistes – ce qui ne manque pas d’ironie étant donné à quel point la société palestinienne progressiste en est éloignée. Il semble que les Palestiniens ont adopté avec succès la mentalité BLM et y sont accueillis à bras ouverts. Peu importe qu’Israël soit de loin le pays le plus progressiste du Moyen-Orient et l’un des plus progressistes du monde. Selon ce récit, les Israéliens sont les colonialistes blancs et oppressifs, indépendamment du fait que plus de 50% des Israéliens sont d’origine moyen-orientale (c’est-à-dire à la peau brune) dont les familles ont été expulsées de force de leurs maisons hors de presque tous les pays musulmans de la région après avoir vécu dans ces pays en tant que citoyens dhimmis de seconde zone. De plus, il y a un nombre important d’immigrants éthiopiens (à la peau noire), dont beaucoup sont arrivés en tant que réfugiés. Parmi les Israéliens d’origine européenne restants, une grande partie sont des descendants de survivants de l’Holocauste – un véritable génocide. Pourtant, tant que les Palestiniens réussiront à rester la demi-soeur de #BlackLivesMatter, Israël sera dans une période cahoteuse devant le tribunal de l’opinion publique. Alex Traiman
It is certainly true that in the past, conflagrations in the Middle East between Israeli and the Palestinians or its neighbors have created an — or catalyzed an uptick in anti-Semitism in America. But what we are seeing now is more drastic and, frankly, more dangerous. The ADL track between the two weeks of the conflict and the two weeks before a 63 percent increase. And that surge is far greater than what we have seen in prior incidents, like 2014, for example. But what I would also note is not just the quantitative, but the qualitative. The span of these attacks, they spread like wildfire across the country. You mentioned a few, California, Arizona, Wisconsin, Illinois, Michigan, New York, New Jersey, South Carolina, Florida, acts of harassment and vandalism and violence. So, number one, the span is much greater than what we have seen, but secondly the tone, the brazenness, the audacity of these assaults in broad daylight. We have seen people basically say, if you are wearing a Jewish star, you must be a Zionist and you should be killed. We have seen people hurling bottles and objects at homes with mezuzot on the door that were identifiably Jewish. We have seen people driving cars or marauding through Jewish neighborhoods and yelling, « We’re going to rape your women, » right, or yelling things like « Allahu akbar, » and literally then wreaking physical violence on people. And one of the incidents that was captured was in broad daylight in Times Square, a group of people beating and bloodying a Jewish man whose only crime was he was wearing a kippah, to the point where he was left unconscious in the street while people kicked him, bloodied him with like crutches. It was really quite disgusting. And to think that this is happening in America is really unconscionable. The reality is, is, I do believe that political language can have real world consequences. But this is very different kind of political language. (…) today, we have unhinged, fictionalized conspiracies about Israel, that somehow the Jewish state is systematically slaughtering children or committing genocide. And then that leads to real-world attacks on Jewish people in the streets of America, on our campuses, in our communities. (…) And that’s why we think people, regardless of where you are on the spectrum, need to speak out clearly and firmly and forcefully and say, in an unambiguous way, that anti-Semitism is unacceptable, because, again, this isn’t activism. It’s hate, and it should be called out as such. (…) I have heard from Jewish people across the country, and they are feeling scared. They have extremists on the right. They have these, if you might say, radical voices from the left. And they are wondering, is it safe for me to go out wearing a kippah? Is it safe for me to walk to synagogue on a Saturday morning? Again, this is in America in 2021. So we think the leaders, not just President Biden, but members of Congress need to speak out and clearly and consistently call it anti-Semitism, without making equivalence or excuses for any other form of prejudice. You can have fierce debates about Middle East policy, but that is not an excuse to assault and victimize Jewish people in America, in Europe, anywhere. Jonathan Greenblatt (Anti-Defamation League)
Chaque fois que la France est menacée dans son existence et dans ses raisons d’être, il se forme dans ses marges un parti collabo. D’ordinaire, ce parti est d’extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd’hui, il est d’extrême gauche. Jacques Julliard
Sans doute, cette remarque de J. Julliard vaut-elle pour notre époque – disons qu’elle s’avère pertinente pour les années 2000-2020 ; pour autant, il me paraît risqué de soutenir que d’« ordinaire », le « parti collabo » était d’« extrême droite », dans la mesure où ladite extrême droite, si l’on pense à la période 39-45, se nourrissait de très nombreux transfuges de gauche, comme l’a démontré l’historien Simon Epstein dans Un paradoxe français. Pour ce qui est de la droite nationaliste, elle a su voir dans les Juifs des patriotes loyaux, je pense au Barrès des Familles spirituelles de la France, ou à l’engagement de son propre fils dans les rangs de la France libre. Le paradoxe dont rend compte S. Epstein c’est que les antisémites de l’Affaire Dreyfus ont été gaullistes et résistants pendant la Seconde Guerre, tandis que les partis de la collaboration se sont en grande partie recrutés parmi les dreyfusards et la gauche historique. Quant à la gauche demeurée à gauche, après la Seconde Guerre mondiale, elle n’avait pas grand-chose à envier à l’extrême droite sur le chapitre de l’antisémitisme, si l’on considère l’Union soviétique et ses satellites. (…) Il existe en effet une convergence significative entre l’islamisme et le gauchisme qui trouvent un véritable point d’entente sur le sujet de l’antisionisme. Cela paraît absurde, antinomique, et fondé sur un malentendu, puisque ce sont en principe des ennemis que doctrinalement tout oppose. Mais ils ont en commun la volonté d’en découdre avec la civilisation européenne, et communient aujourd’hui dans l’idéologie décoloniale. Leurs motivations initiales diffèrent du tout au tout : l’extrême gauche est antijuive par tradition voltairienne et marxiste, l’islamisme est antisioniste, en raison de la théologie politique de l’islam qui ne souffre pas de souveraineté non-musulmane sur le « dar al-islam ». L’extrême gauche est anticléricale et s’imagine que l’identité juive est « religieuse », tandis que l’islamisme reconduit le vieux débat de la théologie de la substitution en se proclament seule détenteur de la « vraie » révélation. Néanmoins la rencontre de ces deux souches allergiques aux Juifs pour ce qu’ils représentent, n’est somme toute pas récente. L’histoire de cette convergence, du point de vue des matrices doctrinales, remonte aux années 20 du XX siècle. C’est une partie d’échecs : il fallait mettre en échec la possibilité d’un sentiment de sympathie pour un Israël souverain. (…) le discours gaullien de 1967 marque un tournant dans les relations franco-israéliennes, le début d’un véritable renversement d’alliance. Les jeunes générations n’ont pas la moindre idée de la bonne entente qui régnait entre Paris et Jérusalem avant la Guerre des Six Jours. Ce renversement d’alliance a été largement expliqué par la situation géopolitique de la France par rapport au monde arabe : le Maghreb où elle a été longtemps présente, ainsi que le Proche- Orient. (…) Corrélativement, l’existence d’une immigration musulmane souvent peu éduquée, véhiculant le mépris du Juif (al yahoud), voilà qui fait subir une formidable involution à la mentalité issue de l’esprit des Lumières, quoique les Lumières soient elles-mêmes très divisées sur le chapitre de l’égale dignité de tous les hommes. Que de larges fractions de l’opinion soient désormais affectées par le prurit de l’antisémitisme n’a rien de surprenant, cela est le résultat d’une volonté politique, savamment distillée. En matière d’opinion, et de politique de l’opinion, il n’y a pas de génération spontanée. Les grands médias ont été chargés de diffuser la doxa antisioniste, depuis la fin des années 60 du XXe siècle, et trois générations de Français ont bu de ce lait. Cette nouvelle modalité de l’antisémitisme a été sciemment inculquée, et rares sont les esprits qui ont passé l’évidence antisioniste au tamis de l’esprit critique. L’expression antisioniste est d’autant plus désinhibée, qu’elle repose sur des motifs pleins de noblesse : l’antisionisme se présente comme un humaniste et un antiracisme. C’est au nom de l’humanisme et de l’antiracisme que l’on se dit antisioniste. (…) C’est dans la littérature nationale-socialiste que se trouve d’abord le point de mue de l’antisémitisme culturel de la fin du 19è siècle en antisémitisme racial et en antisionisme génocidaire. (…) cette littérature a été traduite en arabe et a trouvé de profonds échos, notamment dans le mouvement national palestinien, à l’époque du Mandat britannique sur la Palestine. C’est dans ce contexte que l’antisémitisme hitlérien entre en symbiose avec l’antijudaïsme des Frères Musulmans. Aujourd’hui la proximité des leaders du mouvement palestinien avec les Frères musulmans, ancêtre de l’OLP de Yasser Arafat, a été mise en exergue par de nombreux historiens (…) Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement palestinien, militairement vaincu, comme toute la coalition arabe qui s’était formée contre Israël, tombe dans l’escarcelle de l’Union Soviétique. À partir de ce moment, l’URSS écrit un nouveau chapitre de l’histoire de l’antisionisme. Ce n’est plus la conspiration juive que fustigent les staliniens, mais le sionisme allié de l’impérialisme américain, le sionisme incarnation du capital. Il s’agit d’une variante du même schéma. (…) L’antisionisme tel que nous le connaissons, et tel que les « progressistes » acquis à sa cause le pratiquent de nos jours, sort directement des officines du KGB. (…) À cela, il faut ajouter le rôle de vecteur de l’extrême gauche, notamment française, qui a battu des records de forgerie à partir de 1968. L’échec des révolutions prolétariennes, les désillusions du soviétisme ont entraîné dans ses rangs une radicalisation de la lutte anticapitaliste, et ses représentants ont joué un rôle considérable dans la promotion et la banalisation d’un antisionisme à visage humain, décorrélé de l’antisémitisme, devenu tabou en Europe, après la Shoah. Les Palestiniens en sont venus à occuper la place qu’occupait le prolétariat dans le marxisme classique. (…) L’extrême gauche a affiné, si je puis dire, le travail de mise en circulation de ce que j’ai appelé des « équation efficaces », destinées à présenter d’Israël une image répulsive. Ces équations idéologiques définissent une pseudo-logie : « sionisme = nazisme », « sionisme = apartheid », « sionisme= racisme », « sionisme=impérialisme », etc. Lorsque l’on connaît l’histoire, la réversibilité des termes sonne faux, et dénonce ces « équivalences » comme des aberrations, historiques aussi bien que sémantiques. Faut-il rappeler que les Sionismes sont nés en réponse à l’antisémitisme du 19è siècle: russe, allemand, français, et ottoman? (…) De plus, que veut dire « être antisioniste » après la Shoah ? Ces antisionistes au grand cœur, feignent d’oublier qu’il n’y avait plus de place sur terre pour le peuple juif. En somme, qu’est-ce que l’antisionisme propose aux Juifs ? Le retour à la situation d’exil, et d’exposition passive à toutes les formes de la persécution ? À quelle sorte de destin historique l’antisionisme promet-il les Juifs ? Au mieux, à leur disparition en tant que représentants d’une identité singulière, porteur d’un message universel, au pire à leur liquidation physique. (…) Pour autant, je ne confonds pas l’antisionisme islamo-gauchiste ou génocidaire avec l’asionisme de nombreux Juifs qui font le choix de l’intégration dans les sociétés démocratiques. Ceux-là ont affirmé un choix conséquent, en se détachant à titre individuel du destin collectif d’Israël. Pour moi, ils le font à leurs risques et périls. (…) Le fait est que l’État d’Israël représente un pôle identitaire affirmé, en tout cas dans les imaginaires collectifs. Et le signifiant « Israël » n’a jamais été compris, il a été combattu, mais pas compris. Le sionisme se trouve dans une situation paradoxale, du fait du caractère anormal ou atypique de l’histoire juive, au regard de la philosophie politique européenne. D’abord, le sionisme est la dernière expression du principe des nationalités, il s’est affirmé pour la première fois, avec un décalage de près d’une génération sur la dynamique d’auto-détermination née du printemps des peuples, en 1848. (…) Comment comprendre le sionisme, dans un contexte où l’idée de peuple suppose des critères précis : la base territoriale, la communauté de langue ? Or les Juifs ne sont nulle part chez eux, ils sont dispersés, n’ont plus de langue commune, et sont réduits depuis près de deux millénaires à supporter le carcan symbolique d’une entité théologique, ils sont « le peuple du Livre ». Voilà que sous la pression d’un mouvement antisémite international -pogromes en Russie, statut de dhimmi et violences antijuives dans l’empire ottoman, affaire Dreyfus en France, pétition des 200 000 en Allemagne, floraison des ligues et des partis antisémites, etc. – ils entendent reconstituer leur nation. (…) Il s’agit pour les penseurs sionistes de rendre au peuple juif sa dimension historico-politique, ni plus ni moins. Or ce n’est pas ainsi que l’entendent les nations, habituées, du fait de la polémique théologique contre le judaïsme, à considérer celui-ci comme une « religion ». (…) Le Judaïsme est une civilisation, qui a été déracinée par les empires. C’est à cette situation que le sionisme a entendu mettre fin. Le second paradoxe tient au fait que la souveraineté juive s’est surtout affirmée concomitamment à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à une époque marquée par le reflux du nationalisme, et bientôt la critique de l’État Nation. Le reflux du nationalisme est forcément assimilé au refus du bellicisme et de la violence doctrinale dont ont fait preuve le national-socialisme et les fascismes. Quant à la critique de l’État-Nation, elle s’est peu à peu déduite de la formation de l’Europe supranationale, dans le contexte de la polarisation Est/Ouest, à l’époque de la guerre froide. Une nouvelle ère culturelle s’est épanouie, fortement favorisée par le développement du post-marxisme et du post-structuralisme, sous le rapport de ce que l’on appelle d’un terme assez vague la philosophie post-moderne. Or cette pensée post-moderne est paradoxalement très marquée par la philosophie de Heidegger, l’artisan de Abbau, la destruction/déconstruction de… l’humanisme européen. (…) Au-delà du champ philosophique, le principe de la déconstruction a fait souche dans le débat idéologique : l’idéologie décoloniale est une métastase du post-marxisme mâtiné de déconstruction. C’est là que les deux souches virulentes se rejoignent : d’un côté la mauvaise conscience de l’Occident, qui, pour s’exprimer, recycle follement les idées du plus grand penseur nazi du XXè siècle, d’autre part l’idéologie du djihad conquérant, qui révèle le principe historique de l’islam primitif. Ces deux souches culminent dans une posture inlassable de ressentiment, dont Max Scheler a explicité les mécanismes, il y a déjà un siècle. Néanmoins, la critique du néo-antisémitisme que représente sciemment l’antisionisme constitue un angle mort du débat public, comme s’il ne s’agissait que d’une « affaire juive ». Or c’est tout le contraire. Par leur complaisance et leur démagogie, les démocraties occidentales ont joué le jeu de la centrale palestinienne, elles l’ont financée, en relayant sa propagande anti-juive, depuis le milieu des années 60. Si des germes d’antisémitisme demeuraient vivaces en Europe, après la Libération, c’est à l’OLP que le monde actuel doit d’avoir été de nouveau submergé par cette vague d’antisémitisme. L’OLP (…) demeure le vecteur de propagation le plus virulent : elle a pris le relais de l’Église en matière de diffusion universelle de l’enseignement du mépris. Le discours canonique de l’antisionisme, sa charte internationale, c’est précisément celle de l’OLP. Par ce texte, l’OLP signe sa double filiation : d’abord nazie et stalinienne, mais aussi par sa tonalité tiers-mondiste qui lui a conféré sa « respectabilité », pendant des décennies, auprès des gauches européennes. A la souche totalitaire, l’OLP emprunte explicitement, le schème conspirationniste des Protocoles des Sages de Sion, au tiers-mondisme, l’OLP emprunte l’idéologie anticolonialiste et l’anti-américanisme. La charte du Hamas, plus récente, campe sur les mêmes positions. (…) De nos jours, dans les manifestations « pro-palestiniennes », les « antisionistes » exhibent de nouveau la croix gammée sur leurs banderoles aux couleurs de la Palestine, ce n’est pas l’expression d’un ‘’dérapage’’, mais la signature d’une authentique filiation…Il y a ensuite la connivence totalement inattendue, mais par un effet de conjoncture, du discours des grands médias et du discours de l’extrême gauche, qui ont servi de relais aux prétentions de l’OLP, en fabriquant un véritable catéchisme – en un mot une vulgate – à destination du grand public : les grands médias, en vertu de l’alignement pro-palestinien des gouvernements successifs, depuis 1967, l’extrême gauche par son action continue sur la société civile, et ses capacités d’entrisme à l’université notamment. (…) L’ensemble de ces paramètres, leur combinatoire historique, liée à des stratégies délibérées, gouvernementales mais aussi militantes – de niveau logique entièrement distinct- contribuent à définir l’espace massif de ce « point mort », de ce que j’appelle l’angle mort du débat public en France, mais pas seulement. (…) Vladimir Jankélévitch avait vu juste, en identifiant le principe génétique de l’antisionisme. L’antisionisme radical est une forgerie du nazisme et du stalinisme, reprise par le nationalisme islamiste des Palestiniens au début du Mandat britannique sur la Palestine, pour s’opposer à la progression du mouvement sioniste. (…) l’antisionisme est la dernière modalité historique connue de la judéophobie, après l’antijudaïsme théologique (chrétien puis musulman), et l’antisémitisme moderne (culturel, raciste et/ou nationaliste). Ces trois modalités sont liées par un même invariant : la criminalisation du fait juif, comme je l’ai écrit au début des années 2000 (…) À cet égard, l’antisionisme de Tarik Ramadan est congruent avec l’idéologie des Frères musulmans. Si nous savons généralement que son grand-père était le fondateur de la confrérie, l’on sait moins en revanche que son père était l’émissaire pour la Palestine du Grand Mufti de Jérusalem. Quant à Jean-Luc Mélenchon, son antisionisme est celui d’un communiste pro-soviétique reconverti dans le populisme islamo-gauchiste, rien que de très congruent là encore. (…) Ce sont des alliés objectifs du point de vue tactique, et des alliés subjectifs du point de vue de leurs convictions propres : l’islamisme radical du premier, le laïcardisme agressif et l’opportunisme électoraliste de l’autre. (…)  À côté de cela, il faut prendre en considération le cas de la gauche juive, critique du sionisme, modérée ou radicale, qui  s’explique autrement. Cette conception s’origine d’une part dans Marx lui-même, mais très certainement dans les élaborations ultérieures (…) On voit pointer là la perspective d’une résolution de la question juive dans le cadre d’un universalisme de sensibilité révolutionnaire. Un universitaire influent en son temps tel que Maxime Rodinson, a occupé une place central dans ce dispositif. Auteur de Question juive ou problème juif ?, il a fixé pour longtemps la norme de l’interprétation « coloniale » du sionisme, en donnant le ton par son article rédigé pour l’Encyclopaedia Universalis au début des années 70 du vingtième siècle. Simultanément, la descendance idéologique de communistes d’origine juive, tel que Henri Curiel, via Le Monde diplomatique, avec des vecteurs d’opinion comme son fils Alain Greisch, ou Dominique Vidal – tous deux passionnément antisionistes- a contribué et continue encore à brouiller les cartes sur la question de savoir qui est juif et surtout comment l’être. Ce sont ces intellectuels de gauche, « universalistes », qui ont contribué à ethniciser le sionisme, à le défigurer en présentant des versions controuvées de la révolution sioniste. Ces deux journalistes, experts auto-proclamés du Proche Orient ont consacré une bonne partie de leurs écrits et de leurs interventions à tâcher d’apporter la démonstration de l’indépendance de l’antisionisme et de l’antisémitisme. Au regard de la connaissance historique, ce sont des gesticulations sans pertinence, de pures théorisations polémiques qui servent des buts de conquête idéologique de l’espace public. Quant à leur collusion avec l’islamisme radical, elle est une caractéristique intrinsèque de leur engagement. En leur temps, cela ne les a pas empêchés de suggérer à l’OLP de se rapprocher de la gauche européenne, ni de s’aligner eux-mêmes sur le principe du « socialisme dans un seul pays », qui, après tout, est un ultra-nationalisme, un nationalisme impérial au sens obvie de ce terme. (…) Les communistes ont toujours hurlé avec les loups, au nom de l’anticolonialisme et de l’anti-impérialisme. Quant aux socialistes ils étaient divisés, ou ambivalents, ou dans le déni. On se souvient du retournement du Parti Socialiste, pour des motifs électoralistes, au début des années 2000 : il suffit de rappeler les positions d’un Pascal Boniface, auteur de : Est-il permis de critiquer Israël ?, mais aussi à l’attitude de Lionel Jospin, alors premier ministre, au moment de la deuxième intifada : il n’y avait pas d’antisémitisme dans les universités, et l’antisionisme était un non-sujet… Le cas des israéliens antisionistes est différent, même si leur discours entre en convergence avec celui des antisionistes radicaux, en leur conférant une précieuse justification (« si ce sont des Juifs qui le disent, alors il est illégitime de nous taxer d’antisémitisme », etc.). L’antisionisme israélien repose sur plusieurs composantes. Il a différentes sources : le Berit Chalom, le sionisme marxiste, le sionisme socialiste, pénétré de moralisme, les nouveaux historiens, et le post-sionisme, qui est la modalité israélienne du post-modernisme. Chez les militants du Berit Chalom, règne une certaine naïveté, qui se condense dans l’impératif d’une éthique sans politique, à l’heure des pogroms antijuifs déclenchés par le mouvement palestinien ! De cette posture, il reste l’essentiel chez les antisionistes israéliens, qui est un moralisme belliciste. Ainsi, le cas de Shlomo Sand est paradigmatique : il cumule la posture moraliste, le rejet de la tradition juive, comme prisme d’intelligibilité de la signification historique du sionisme, et l’adhésion crypto-communiste à la critique anticolonialiste, héritée du prisme de lecture marxiste. Quant à Elie Barnavi, ou à Abraham Bourg, ils sont représentatifs de l’élite du pays, installé, comme beaucoup d’intellectuels, dans la posture du donneur de leçon, également perméables au thème marxiste et post-marxiste de la prétendue culpabilité de l’Occident. Pour moi, ces esprits se leurrent, leur analyse est fausse, car elle prend pour référentiel les catégories de l’historiographie hégélienne : les Juifs ne sauraient avoir d’État, et s’ils en ont un, il ne faut surtout pas que celui-ci se distingue par des traits de caractère juifs. Mais le sionisme, c’est précisément cela. Il a été pensé par le peuple juif dans un moment de grand péril, pour rétablir la souveraineté juive, en assumant l’histoire juive. Le sionisme authentique n’est pas en rupture avec le messianisme juif, il le vivifie mais ne l’abolit pas. Les antisionistes juifs, on peut le présumer, expriment d’abord un besoin de normalisation, qui cache une demande d’amour : « ’Acceptez-nous, aimez-nous, nous ne sommes pas différents de vous, nous sommes comme vous ». (…) On serait tenté, dans le cas de Sand, d’arguer de la haine de soi, dont Théodore Lessing a fait l’analyse.. Mais je ne suis pas favorable à cette analyse psychologique. Il s’agit pour moi d’un problème idéologique qui a sans doute des conséquences psychiques. (…) L’antisionisme d’une partie des Israéliens n’a plus grand-chose à voir avec ce phénomène individuel. Il est le symptôme partiellement collectif d’une volonté de normalisation. (…) Il y a enfin le cas d’intellectuels dont on ne peut pas dire qu’ils soient antisionistes, mais qui du fait de leur adhésion au schéma de l’analyse marxiste de l’histoire tendent à ignorer la singularité de l’histoire juive, en projetant sur l’histoire du sionisme les mécanismes coloniaux. Il est symptomatique que lorsqu’ils sont francophones, ces intellectuels fourbissent leur critique en usant de références qui sont celles de la colonisation française. Ils seront ainsi enclins à analyser le conflit palestino-israélien dans les mêmes termes que des militants du F.L.N analysaient la nécessité de l’indépendance algérienne. (…) Voilà le fonds de commerce idéologique de la gauche israélienne, à l’heure du débat sur l’identité nationale… (…) À partir de ce schème, plusieurs générations d’Israéliens déculturés, ont été éduqués par de mauvais maîtres avec la conviction d’être issus d’une nation d’envahisseurs et de colons, au sens des impérialismes européens. Mais un Juif ne sera jamais un « colon » en Judée ! L’inculcation de ce même schéma dans les universités, et le développement de deux discours concomitants, à partir de grilles de lecture complètement inappropriées, à quoi se sont ajoutées les thèses analogues des « nouveaux historiens » (exception faite de Benny Morris) procède d’une erreur de jugement, qu’il est aisé de repérer. (…)  Ce sont moins les universités en tant que telles que certains universitaires, militants actifs de la cause palestinienne, qui ont considérablement pesé dans la politisation des universités. Au fil des décennies, celles-ci sont devenues des foyers significatifs de promotion de l’antisionisme. Une fois encore cela remonte à la fin des années soixante, lorsque l’extrême gauche a inventé de toute pièce la cause palestinienne, comme un motif clef de la mobilisation du monde étudiant. D’année en année, il s’est créé un profil type de l’universitaire progressiste, nécessairement hostile à Israël, précisément sur le thème anticolonialiste, ce qui en dit long sur l’ignorance ou la mauvaise foi partisane de ces individus. (…) Au début des années 2000, ces mêmes collègues ont été des acteurs actifs du BDS, et nous avions dû faire beaucoup d’efforts pour enrayer une première fois ce mouvement. (…) à bien considérer les positions politiques en jeu, ces mêmes universitaires-militants forment la 5e colonne de l’islam radical. Ils représentent un certain dévoiement de la gauche, puisque par la nature même de leurs actions, ils fédèrent la nouvelle internationale antisémite, en lui offrant une caution académique. (…) Comment des gens qui se prétendent démocrates peuvent cautionner un mouvement dont l’idéologie de référence est celle des Frères musulmans ? Il y a là une sorte de dissociation philosophique que je m’explique mal, puisqu’à tout prendre, ces fonctionnaires de la République cautionnent quand même un projet – si on peut encore user de ce terme – profondément rétrograde : le refus de la souveraineté juive, la diffusion de l’agenda politique du terrorisme, et bien entendu le rejet de la société ouverte. Le discours de cette clique est celui d’une nouvelle forme de  fascisme: désignation de l’ennemi (« l’entité sioniste », « les sionistes »), suivi de son essentialisation (« colons », « occupants », avec toutes les connotations inhérentes à ces termes en Europe), le simplisme idéologique, le révisionnisme historique, l’esprit de délation, etc. Il s’agit d’une véritable institutionnalisation de la délinquance, fondée sur la diffusion d’un nouvel enseignement du mépris qui fait lien avec le modus operandi de l’antisémitisme classique. La péjoration constante du sionisme, ainsi que la délégitimation morale de l’État d’Israël, les mensonges régulièrement distillés n’ont pas peu contribué à la subversion du débat public. En ce sens, le nouvel antisémitisme se trouve alimenté par le discours des ennemis d’Israël entré en convergence avec celui que véhicule, pour des raisons économiques ou électoralistes, les élites gouvernementales. Ce climat fait chorus avec la désinformation qui prévaut en France, si bien que ces enseignants portent une grande part de responsabilité dans l’effondrement du niveau culturel et le décervelage des étudiants dont ils ont la charge. Il y a enfin un paradoxe qui ne laisse de me faire méditer : l’antisionisme s’affirme au nom de l’amour de la paix, mais il faut bien dire qu’en tant que pacifisme de principe, il constitue la forme la plus sournoise du bellicisme. (….) Les intérêts géopolitiques de la France ont amené les régimes et les gouvernements successifs à considérer que le monde arabe était un débouché et un allié naturel : sous la  monarchie, l’empire, la République, c’est un invariant. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, nous savons que la France a offert l’asile au Mufti de Jérusalem, qu’elle a aussi permis sa fuite, sous une fausse identité, ce qui lui a permis d’échapper au Procès de Nuremberg. La France savait ce qu’elle faisait, mais elle l’a fait en songeant au bénéfice qu’elle pourrait un jour tirer de ce geste. Après le renversement d’alliance, le tournant anti-israélien pris par De Gaulle, la France a choisi de s’impliquer en faveur de la cause palestinienne : Arafat, qui avait été l’émule du Mufti (il comptait au nombre de ses proches à l’époque de l’alliance entre le mouvement national palestinien et la diplomatie nazie), est devenu un allié fiable et fidèle. Elle lui a témoigné son soutien, et l’a accueilli dans ses deniers jours à l’hôpital des armées du Val de Grâce, tout un poème. Mais c’est aussi la France, qui a offert l’hospitalité à l’imam Khomeini, en chemin vers Téhéran, au moment de la révolution islamique. C’est cela la realpolitik…C’est encore la France républicaine qui a doté l’Irak antisioniste de Saddam Hussein d’un réacteur nucléaire que l’aviation israélienne a détruit pour ne pas permettre qu’Israël vive sous la menace d’une extermination nucléaire. N’eusse-t-il pas été plus cohérent que la France des Lumières, persiste à s’affirmer l’alliée naturelle d’Israël, après Vichy, après des siècles de présence des communautés juives en France ? C’est aussi la France républicaine qui a délibérément pris le parti de désinformer les citoyens français, en distillant via l’AFP les contre-vérités les plus grossières. Realpolitik, une fois de plus. Selon la même ligne de cohérence diplomatique, c’est encore la France qui détient à l’ONU le record des condamnations d’Israël, aux côtés de la majorité automatique, traditionnellement hostile à Israël (en vertu de la théologie politique de l’islam). Ceci étant, j’attends le moment où les paix d’Abraham, récemment conclues entre Israël et ses principaux ennemis arabes, porteront de tels fruits, que certains secteurs de l’Europe seront les derniers tenants de l’antisionisme, tandis que l’antisionisme sera devenu minoritaire parmi ses principaux tenants historiques. Aujourd’hui le gouvernement de Khartoum demande la « normalisation » avec Israël, alors que c’est à Khartoum que fut proclamé par la Ligue Arabe, en 1967, le programme des « 3 non à Israël » : non à la reconnaissance, non à la négociation, non à la paix… La topologie internationale sera entièrement modifiée : il y aura d’un côté les anciens ennemis ligués dans des alliances de coopération, et de l’autre les antisionistes has been, décoloniaux et post-modernes, emmenés par la France, avec ses mantras du Quai d’Orsay (« la solution à deux États »…). La position intangible de la France participe d’une longue tradition de réalisme politique et de pusillanimité, très bien analysée par David Pryce-Jones (…) À mes yeux, cela est impardonnable, car la France – précisément en tant que puissance impériale et coloniale- a été présente dans le monde arabo-musulman pendant près d’un siècle et demi. N’a-t-elle rien retenu de cette si longue présence ? N’a-t-elle tiré aucune leçon du jusqu’auboutisme du FLN, dont les historiens admettent seulement aujourd’hui les racines islamistes ? En un sens nous avons là le même phénomène qu’avec l’OLP, qui est en réalité une émanation des Frères Musulmans palestiniens, mais qui a eu l’intelligence tactique de se couler dans le tiers-mondisme pour rendre acceptable son antisionisme. Le véritable point de mue se situe là, c’est cela la convergence des luttes… (…) La prétendue « solution à deux États » est la traduction diplomatique du narratif palestinien, de la contre-vérité selon laquelle « le » sionisme, et l’État d’Israël sont fondés sur l’exclusion et l’expulsion des Arabes de Palestine. (…) Lorsqu’ensuite, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU vote le partage de la Palestine, en deux États – l’un juif, l’autre arabe-, les Arabes palestiniens, ont la possibilité d’affirmer leur dignité nationale. Non seulement ils rejettent cette décision internationale, mais ils se lancent avec la Ligue Arabe, dans une guerre d’extermination contre l’État d’Israël, car le mouvement sioniste, quant à lui, a dit « oui » à ce partage, et s’en contente. La possibilité d’un État palestinien faisait donc partie de l’agenda international, et il a été refusé au mépris du droit international. Après la défaite militaire, les Arabes de Palestine, emmenés par le Fatah, ont inventé le terrorisme international, c’était leur alternative au droit international, précisément. Il faut encore rappeler, et cela ne choque personne et n’a jamais choqué personne, que les Britanniques ont créé la « Trans-Jordanie » (l’actuelle Jordanie) en …1922, pour trouver justement une solution nationale au « problème palestinien ». Tout cela est oublié. À la suite de la guerre d’indépendance, les portions territoriales allouées à l’État Arabe de Palestine, ont été annexées, respectivement par l’Égypte (la bande de Gaza) et la Jordanie (la Cisjordanie). Ce n’est qu’à la fin des années soixante-dix que l’Égypte et la Jordanie ont renoncé à leurs annexions, obligeant Israël à se débrouiller avec les populations de ces territoires. Il s’est produit dans l’intervalle deux autres guerres d’extermination – celle de 1967 et celle de 1973- que la Ligue arabe a encore perdues. Puis, l’État d’Israël a cru bon d’engager des négociations avec la centrale palestinienne (OLP), ce qui a conduit aux Accords d’Oslo, parce que depuis la création du Fatah et le ralliement international à « la cause palestinienne », la terre entière exigeait à l’unisson une « solution à deux États ». Nous connaissons la suite : aux termes des Accords de 1993 (Oslo), les « Palestiniens » ont obtenu l’autonomie politique graduelle. C’est la vague d’attentats des années suivantes qui a enrayé ce processus, et l’irrédentisme des mêmes « Palestiniens », bientôt rejoints par la faction plus radicale du Hamas. Depuis 2006, les « Palestiniens » sont gouvernés par deux entités politiques : le Hamas dans la Bande de Gaza, l’Autorité palestinienne en « Judée-Samarie », c’est-à-dire sur le territoire qui est le berceau historique du peuple juif. Voilà pourquoi le principe de « la solution à deux États » est un mantra hypnotique, parce qu’en vérité il existe déjà trois entités nationales palestiniennes : une monarchie (la Jordanie), un mini-État islamique (la Bande de Gaza), et une dictature tiers-mondiste (Jéricho et ses dépendances). En sorte que l’État palestinien que revendique l’antisionisme coïncide avec l’exigence inacceptable de la disparition de l’État d’Israël en tant qu’État du peuple juif. À cet égard, alors que les antisionistes et leurs émules moutonniers se sont fait une spécialité de dénoncer les « crimes de guerre » d’Israël, et les entorses au droit, ce sont eux en vérité qui incarnent le parangon du non- respect du droit international, et ceci depuis le début de l’histoire d’un conflit, dont ils sont les uniques responsables. Si l’antisionisme ainsi compris triomphait, la solution à « deux États », serait en vérité une solution à quatre États : l’État d’Israël, devenu binational, la Bande de Gaza, la Jordanie, et les territoires de l’Autorité palestinienne de M. Abbas. Le principe de la « solution à deux États » est une formule qui n’a qu’une portée et qu’une valeur idéologique, dans un monde désymbolisé. Il est le symptôme manifeste de ce que l’Europe, mais aussi une partie des États-Unis, et par extension tous les partisans de la « solution à deux Etats » ignorent avec l’histoire les rudiments du calcul mental, en se convertissant massivement au narratif palestinien, qui est la version laïque de la sha’ada – la formule religieuse de la conversion à l’Islam. (…) il suffit de ne pas être aveugle pour lire sans le moindre risque d’erreur la signification du logo de l’OLP, ou celui du Hamas. Le logo de l’OLP représente la géographie de l’actuel État d’Israël, couverte par deux fusils croisés, tandis que celui du Hamas, représente la Mosquée d’El Aqsa, auréolée de deux sabres : un beau mélange des deux versions de l’islam, radical avec les cimeterres  de l’expansion des premiers siècles, et « modéré » avec les fusils vendus par la Russie, et la Chine. On ne peut mieux établir le caractère substitutif de la « cause palestinienne », qui est le nouveau cri de ralliement des antisémites, pour toutes les raisons que j’ai dites. (…) Le narratif palestinien donne à reconnaître quelque chose qui ressemble à la passion du Christ. Les « Palestiniens » sont les nouveaux crucifiés… Leur propagande victimaire a su exploiter tous les ressorts de l’âme occidentale, et de la culpabilité européenne. Quoi de plus apaisant pour des nations qui ont été le théâtre de la Shoah de se convaincre, à l’unisson avec les faussaires du Hamas et les négationnistes de l’OLP que « les victimes d’hier, sont les bourreaux d’aujourd’hui », en faisant accroire qu’Israël a mis en œuvre « le génocide du Peuple palestinien » ? Le narratif palestinien reprend mot pour mot les éléments de langage de la mémoire juive : la clef de la maison que l’on a dû abandonner, le thème de l’exil et de la diaspora, celui de la spoliation, des massacres, de la résistance « héroïque » (des « combattants palestiniens »), analogue de celle du ghetto de Varsovie. (…) l’antisionisme a aussi su faire oublier qu’un million de Juifs ont été expulsés des pays arabes, entre 1948 et 1975, et qu’à ce jour il ne subsiste plus une seule communauté juive d’importance significative sous ces latitudes. (…) Quant aux comparaisons outrancières, elles sont des lieux communs bien connus de la presse de gauche et d’extrême gauche, depuis que l’AFP, s’est mise au service de la « cause palestinienne », et qu’elle diffuse journellement les contes et légendes de Palestine à l’intention de populations anesthésiées. On conçoit aisément la part de distorsion, de manipulation et de cynisme qui entre dans cette réécriture intégrale de l’histoire. (…)  pour la coalition islamo-gauchiste, la destruction de l’État-Nation, et le harcèlement d’Israël sont de bonnes et saintes causes. (…) [ aujourd’hui les propagateurs essentiels des idées anti-juives sont] tous ceux qui les diffusent, mais aussi tous ceux qui sont indifférents à leur diffusion et ne s’y opposent pas explicitement ni publiquement. (…) Cela me rappelle le mot du pasteur Niemöller : «  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate ; Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste ; Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  »  (…) En agissant comme elles le font, toutes ces personnalités [du néo-féminisme radical] ont la conviction de témoigner publiquement de leur engagement humaniste et universaliste. (…) elles ont intériorisé les équations efficaces dont je parlais tout à l’heure. Mais au fond de leur engagement, il se joue pour elles, un combat éthique de premier plan, très caractéristique de la post-modernité : c’est la lutte contre la civilisation patriarcale. Mieux, c’est la volonté d’en découdre avec le fantasme du patriarcat oppressif. De ce seul point de vue, le féminisme radical se déduit de l’antijudaïsme qui sous-tend l’antisionisme. Le signifiant Israël agrège toutes les figures de l’autorité : le père, le juge, le maître, le guerrier… Ce radicalisme est la marque de l’intolérance à ce que représente la figure archétype du juif. Il n’est donc pas étonnant que la convergence des luttes s’articulent également sur un substrat symbolique qu’il s’agit de contester à sa racine. (…) Il s’agit toujours de tuer le juif symbolique. C’est le principe même de la désymbolisation contemporaine, qui consiste à s’attaquer au cadre du moralisme judéo-chrétien présumé. (…) Le discours que tient J. Butler procède d’une posture typiquement juive, caractéristique de l’Amérique du Nord. N. Chomsky l’a précédée, au nom de la critique de l’impérialisme. Le propre de ces « intellectuels juifs » est précisément de ne plus se rallier au judaïsme au sens historique et culturel de ce terme. (…) Il s’agit d’intellectuels d’origine juive, entièrement déjudaisés. Ils ont été littéralement aspirés par la logique centrifuge du narratif victimaire, distinctif du palestinisme. Ils sont également très représentatifs, à ce titre, des effets clivants de la judéophobie : la culpabilisation des Juifs par la propagande palestinienne, a poussé nombre de bons esprits à se désolidariser du peuple juif et du destin national du peuple juif, en préférant un choix individualiste, plus fortement valorisé dans le contexte d’une culture académique-universaliste. Autrement dit, c’est un ethos. À cet égard, ils sont des incarnations de l’universalisme abstrait, sans se rendre compte qu’en tant qu’idéologie dominante de l’impérium Nord-américain, cette posture est un ethnocentrisme qui s’ignore. Il en résulte que toute identité singulière collective, devient la cible de leur péjoration. Dans la droite ligne de leur choix philosophique, ils naturalisent leur choix existentiel, qui est celui  d’une assimilation provocatrice qui les exonère de toute compromission avec l’Israël historique qu’ils appellent à discriminer. De manière tendancielle, ce sont des figures héroïques de l’identification à l’agresseur, de solides cautions de l’antisionisme, puisque si ce sont des Juifs qui le diffusent, alors c’est que ce doit être « vrai ». Cette façon de donner le change les installe comme des porte-parole de la justice, alors qu’ils pêchent contre l’esprit. Mais ces choix les protègent de l’hostilité d’ennemis inconciliables, puisqu’ils les devancent et les justifient. (…)  La plupart des adversaires doctrinaux d’Israël s’entêtent à critiquer son « particularisme », son « exclusivisme », etc. Notez-bien que cette objection est en phase avec une caractéristique originaire de la judéophobie historique, puisque l’Église, aussi bien que l’Islam visent justement le « séparatisme » juif, son entêtement à refuser de se fondre dans la majorité, en reconnaissant la vérité théologique des deux autres monothéismes. Cette même disposition a conditionné la conception de l’universalisme des sociétés sécularisées. (…) Les présupposés théologiques de la philosophie de l’histoire, ont fait apparaître que la modernité est en effet une sécularisation de la théologie de l’histoire : c’est le principe même de la généralisation d’un modèle de société qui se comprend lui-même comme impliquant l’uniformisation idéologique des membres qui la constituent, même lorsque ces sociétés se fondent sur la séparation des pouvoirs, et que de ce fait elle garantissent les libertés individuelles (de conscience, de religion, notamment). Il est également remarquable, que la plupart des penseurs postmodernistes ont appuyé leur critique socio-politique de la mondialisation capitaliste sur un retour à l’universalisme paulinien, dont l’allergie au « particularisme » juif est emblématique. D’autant qu’il s’agit d’un particularisme coupable (historiquement lié au rejet de la messianité de Jésus). Le thème théologique de la perfidie des Juifs – c’est-à-dire de leur « infidélité »- est constitutif de cette conception. Or, sans la moindre exception, les principaux théoriciens du postmodernisme professent une position antisioniste, en reconduisant à l’encontre d’Israël, l’objection de particularisme, et pour ce faire, ils articulent leur conception sur une référence explicite à l’universalisme de St Paul ! Le tournant altermondialiste des penseurs post-modernes Toni Negri, Alain Badiou, Giorgio Agamben, Slavoj Zižek, signe l’appartenance de leur vues à cette double dépendance matricielle : la promotion de ce que j’appelle « l’universalisme abstrait » coïncidant avec la dénonciation du « particularisme juif », qui s’exprime sous le rapport du « sionisme », notamment chez les trois premiers. Une fois de plus, sous la plume de ces auteurs, Israël s’est rendu coupable de déroger à cette conception d’un universalisme allergique à la différence, d’un universalisme assimilateur. Mais à notre époque, la critique du « particularisme sioniste » étaye une accusation sous-jacente : ce particularisme serait « raciste », et l’État d’Israël formerait une « ethno-démocratie ». Ces thèmes sont des invariants du postmodernisme politique : cette conception de l’universalisme sous-tend la péjoration de l’identité juive, depuis la plus haute antiquité. Le particularisme est toujours l’expression d’une dérogation, l’indice constant du refus d’adhérer à l’ordre de la majorité. Comme tel, il est ressenti comme un pôle d’adversité. Il y a là quelque chose d’un résidu de la mentalité primitive qui consiste à poser a priori que l’autre – du fait de sa différence- représente un danger, qu’il est aussi un ennemi. Le même ethos caractérise le grand nombre d’intellectuels juifs qui se sont éloignés de la culture juive, et qui au nom du post-sionisme font chorus avec leurs homologues non-juifs. Ils ne sont plus ni juifs, ni sionistes – ils dénoncent l’un et l’autre au nom de « l’universalisme », ce sont des « alter-juifs ». (…) En regard de cet activisme qui n’a de juif que le nom, depuis la plus haute antiquité, la tradition hébraïque a affirmé une conception fort différente de l’universalisme. La tradition biblique développe une vision originale qui tranche avec les mythologies des autres civilisations : la diversité humaine procède d’une même souche appelée à se différencier en peuples distincts, chacun ayant une vocation spécifique. Le thème hébraïque du particularisme est toujours l’indice d’un trait positif, puisque la différence est constitutive de l’identité humaine. (…) Dans cette perspective, l’universalisme hébraïque, qui continue d’informer à la fois le Judaïsme, la pensée et l’histoire du peuple juif est un universalisme différentialiste. Ce n’est ni le signe d’un exclusivisme, ni le signe d’une hostilité, mais au contraire la marque distinctive d’une distinction culturelle. La Bible hébraïque est de ce point de vue un modèle de tolérance et de respect des différences personnelles et collectives. Dans le narratif biblique, celui de la Torah (du Premier Testament), il n’existe qu’un peuple indigne, c’est Amalek. Amalek dont toute la spécificité est de haïr Israël et de rechercher sa destruction. Il n’a pas d’autre raison d’être. C’est littéralement un non-peuple, qui se nourrit d’une fausse identité, laquelle n’est que négative et négativité. L’antisionisme mime à s’y méprendre la dialectique du positionnement archétype d’Amalek : il ne dit pas ce qu’il est, il dit seulement qu’Israël ne doit pas être, il projette sur Israël sa propre négativité. Par ailleurs, l’ignorance de la conception hébraïque et juive de la forme différentialiste de l’universalisme ne saurait excuser cette charge permanente contre le sionisme, elle est aussi l’indice de ce que le concept de tolérance, si cher aux « universalistes éclairés » n’est qu’un slogan creux quand il s’agit des Juifs, et d’Israël. (…) Cette incompréhension fondamentale trouve sa principale origine dans ce que j’appelle la conception exogène de l’identité juive, qui est la conception commune, selon laquelle le judaïsme est une religion. J’oppose à cette conception ce que je nomme la conception endogène du fait juif, et qui désigne la manière dont les Juifs qui connaissent leur histoire se conçoivent eux-mêmes, et comprennent leur identité historique. Pour ces derniers – et j’y inclus les Juifs israéliens- ce qu’il est convenu de désigner du terme de « religion » n’est que l’un des paramètres de l’identité juive. C’est sous le coup de la polémique théologique – chrétienne et musulmane – contre le judaïsme, que la civilisation juive, dans une situation prolongée d’exil – c’est-à-dire de perte de souveraineté et de déterritorialisation- s’est trouvée réduite à sa dimension spirituelle et cultuelle. (…) Il s’agit d’une véritable assignation aux catégories théologiques dominantes, en sorte que pour assurer sa pérennité, le peuple juif a en effet tendanciellement intériorisé cette identification. (…) À partir du moment où s’affirme un sentiment national juif – à travers le sionisme, dès la fin du 19è siècle, un certain nombre de questions se posent, qui témoignent de la perturbation que fait naître cet éveil : comment une collectivité « religieuse » peut-elle prétendre à se constituer en État, et de surcroît en État-nation moderne ? L’idée d’un « État juif » n’est-elle pas une contradiction dans les termes ? L’existence d’un tel État n’est-il pas l’indice d’une affirmation théocratique ? Le sionisme est-il autre chose qu’un colonialisme ? Ces questions, qui expriment toutes le point de vue exogène, ignorent de fait la continuité effective du sentiment national juif, inhérent au messianisme juif. Tout l’enseignement du judaïsme repose sur la perspective du retour des enfants d’Israël sur la terre d’Israël, dont le centre se trouve à Sion/Jérusalem. Il faut tout ignorer de l’histoire juive, mais aussi de l’histoire universelle qui a imposé ses rythmes au peuple juif, pour tenir ces questions pour des questions pertinentes. Ce point de cécité est une caractéristique majeure d’une mentalité qui a été façonnée par une écriture de l’histoire universelle qui est celle des vainqueurs. C’est en effet le point de vue de l’empire Romain qui depuis deux millénaires commande aux catégories de l’analyse historique. À commencer par le nom de « Palestine », dont nous savons qu’il a été donné par l’empereur Hadrien en 135 de l’ère commune à la terre d’Israël, pour effacer le nom de la Judée. L’Europe chrétienne a hérité de cette vision, et à sa suite l’historiographie scientifique « laïque ». Cela est passé dans le catéchisme de l’Église de Rome, mais pas seulement, où l’on peut lire que « Jésus est né en Palestine », cela a été naturalisé par les chroniqueurs, les cartographes, les diplomates, les juristes, les biblistes (à commencer par la plupart des spécialistes de « l’Ancien Testament » (sic)), les analystes politiques, et bien entendu les journalistes, etc. (…) Qui sait en ce début du XXIème siècle que les premiers sionistes possédaient un passeport estampillé « Palestine », et qu’ils étaient avant la création de l’État d’Israël ceux auxquels s’appliquaient de manière exclusive, la désignation de « Palestiniens » ? Le sionisme dérange aussi parce qu’il fait voler en éclat les catégories théologico-politiques sur lesquelles se sont édifiées aussi bien le christianisme que l’islam, ainsi que la modernité séculière : le sionisme accomplit l’espérance du Retour à Sion, et de ce fait il met en échec le christianisme – et dans une moindre mesure l’islam-  dont toute la théologie politique s’est édifiée sur l’hypothèse de la disparition des Juifs de la scène de l’histoire. Le sionisme dérange d’autant plus dans un monde sécularisé, puisque dans le contexte de son émergence endogène, il déroge aux conditions de formation des États nations. L’idée d’un Israël national tranche avec l’idée d’un Israël entendu comme catégorie liturgique, « peuple du Livre », ou « peuple témoin », etc. Israël peuple historique de nouveau territorialisé et souverain, cela connote l’archaïsme et suscite une haine archaïque. (…) L’émergence, puis le développement du sionisme, et enfin sa concrétisation dans une réalisation nationale, cela s’apparente à un immense retour du refoulé. C’est l’histoire d’un spectre revenu à la vie, et cela est des plus dérangeants. L’ordre symbolique occidental mais aussi oriental procédait de ce refoulement. Rien n’y a fait, le peuple juif a survécu, non seulement il a survécu, mais de surcroît il a regagné son indépendance. Comment ne pas entrer en guerre contre cette présence que l’on croyait réduite, et sur laquelle nombre d’identité se sont construites ? (…) Le philosophe Eliezer Berkovits a écrit que la survie inexplicable d’Israël a inspiré les théories du complot, et notamment les deux versions les plus délétères : au Moyen Age, l’Église expliquait la persistance du Judaïsme par l’hypothèse théologique que ce dernier était une incarnation du Diable, avec l’essor de la modernité, c’est le mythe des Protocoles des Sages de Sion, qui s’est efforcé d’ « expliquer » par l’existence d’une « conspiration juive », les grandes mutations de l’histoire récente (la Révolution française, la Révolution bolchévique, la première et la seconde guerre mondiales, etc.) Si après tout ce qu’ils ont subi, les Juifs n’ont pas disparu, c’est qu’ils détiennent des pouvoirs occultes, qu’ils sont protégés par une puissance surnaturelle. L’antisionisme, comme les autres formes de la judéophobie, s’alimente à une haine métaphysique. Seule une haine métaphysique a pu inspirer le projet satanique de la Solution finale, et seule une haine métaphysique peut encore et toujours inspirer – après la Shoah- la reviviscence de l’antisémitisme. Cette dimension de l’antisionisme doit être soulignée, elle éclaire ce qu’il y a d’irrationnel et d’irrédentiste dans l’antisémitisme.  (…) L’agression du Hamas, et la réplique entièrement justifiée d’Israël s’inscrivent dans la droite ligne du refus palestinien de l’existence de l’État juif. Contrairement aux antisémites « classiques », habitués à bafouer les Juifs sans qu’ils aient les moyens de se défendre, les nouveaux antisémites que sont les « antisionistes » connaissent le prix de leur propre violence. Quant à ce qui s’est produit à l’intérieur même d’Israël, dans ce que la presse appelle les « villes mixtes », les violences entre Arabes et Juifs sont de précieux indicateurs de la persistance du refus de la souveraineté juive parmi les citoyens israéliens arabes. (…) À mon sens, après la fin de ces violences, il conviendra de mener une réflexion politique très sérieuse, et de tirer les leçons de la situation. Outre qu’elle est résolument révélatrice de l’attitude d’une partie de la population arabe à l’égard de l’État d’Israël, elle est aussi révélatrice de l’échec d’une classe politique qui s’est détournée depuis quelques années des principes du sionisme : un certain irénisme, un certain angélisme avait convaincu les gouvernements successifs – aussi bien de gauche, que de droite- de faire évoluer le pays vers une modèle européen. Les intellectuels post-sionistes ont leur part de responsabilité – la responsabilité des intellectuels est toujours significative, même si elle est discrète. Nous savons que les partisans du post-sionisme sont favorables à un État d’Israël déjudaïsé, un État d’Israël qui renoncerait à son caractère juif. L’expérience historique nous a enseigné à ne pas sous-estimer la virulence du refus palestinien ; et la naïveté de la classe politique et des intellectuels des post-sionistes a été de s’imaginer que leur option favoriserait l’émergence d’une harmonie définitive entre citoyens israéliens d’origine juive et d’origine arabe. Voilà des années que nous entendons parler de la nécessité de transformer Israël en « état de tous ses citoyens », encore l’un de ces mantras à l’efficience hypnotique. Comme si ce n’était pas déjà le cas depuis 1948. Seulement, dans la bouche de ceux qui utilisent cette formule, elle signifie de faire évoluer l’État d’Israël vers la forme d’un État binational, qui serait appelé de surcroît à coexister avec un État palestinien, qui lui, bien entendu, serait judenrein (vide de Juifs).  (…) Or, contrairement à ce que l’opinion majoritaire s’imagine – encore une fois sous les effets de discours du post-sionisme (Sand en est une bonne illustration)-, c’est le fait que l’État d’Israël soit déjà l’État de «tous ses citoyens » qui a permis à ceux qui n’en veulent pas de le faire savoir violemment, à l’occasion de l’agression du Hamas, en mai 2021. Il faudra en tirer les conséquences : condamner les émeutiers – y compris juifs- à de lourdes peines, et rappeler les citoyens arabes récalcitrants à la nature du contrat social du sionisme démocratique : « Vivez en paix et dans la pleine égalité de droits avec vos concitoyens juifs, ou bien quittez le pays, choisissez entre les trois entités nationales palestiniennes qui existent déjà : la Jordanie, depuis 1922, la Bande de Gaza, depuis le coup d’État du Hamas, en 2007, ou la Cisjordanie de l’Autorité palestinienne, consacrée par les Accords d’Oslo, depuis 1993, parce qu’ici vous êtes dans un État à caractère juif. »  Le vote de la « Loi Israël, État nation du peuple juif », adoptée par la Knesset le 19 Juillet 2018 va justement dans ce sens. Elle consiste à rappeler trois principes fondamentaux, et de ce point de vue, elle ne fait que réitérer les grandes thèmes de la Déclaration d’indépendance de 1948, proclamée par David Ben Gourion : (1) Israël est la patrie historique du peuple juif, dans laquelle l’État d’Israël a été établi ;(2) L’État d’Israël est le foyer national du peuple juif dans lequel il satisfait son droit naturel, culturel, religieux et historique à l’autodétermination ; (3) Le droit à exercer l’auto-détermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif. D’aucuns – laminés par l’état d’esprit de l’antisionisme- pourraient m’objecter que c’est là un discours « raciste », et bien entendu « fasciste », mais je leur rappellerai une simple prémisse : l’État d’Israël a été fondé par le mouvement sioniste pour garantir la souveraineté et la sécurité du peuple juif, sur un territoire où jamais aucun état palestinien n’a existé, et l’État d’Israël a offert la citoyenneté, avec parité de droits, à tous ses citoyens, depuis sa création. Nous savons, par ailleurs, que pour rien au monde, la majorité des citoyens israéliens arabes ne voudraient vivre sous domination palestinienne. Il est donc aberrant de construire toute une rhétorique, fondée sur la criminalisation de l’État juif, au prétexte qu’il procède du sionisme, puisqu’ainsi conçu il est en effet le fruit du sionisme, et qu’il a été conçu pour les Juifs, avec l’assentiment de la majorité des Nations Unies, par voie de droit. La guerre a été la conséquence du refus arabe, et depuis 1948, la conséquence du refus persistant des « Palestiniens », qui se sont fait une spécialité de violer le droit international. Mais si l’on considère que le caractère juif de l’État d’Israël constitue une discrimination des non-Juifs, c’est que l’on n’a pas l’intelligence élémentaire d’en comprendre la raison d’être. L’originalité et la grandeur de l’État d’Israël réside en effet dans ceci : tout en étant l’État édifié pour garantir la souveraineté et la sécurité du peuple juif, ses lois fondamentales garantissent les droits individuels de tous ses citoyens, sans exception d’origine, de religion, de conviction, etc. C’est un État démocratique : la licence de la violence palestinienne aussi bien que la prospérité du discours post-sioniste en sont deux preuves éloquentes. Les troubles à l’ordre public sont les indices du refus de la loi d’Israël dans l’État d’Israël. Ce n’est pas tolérable. (…) Je crois pour ma part que la meilleure façon de combattre la judéophobie, quelle qu’elle soit, repose sur différentes formes d’enseignement et de processus éducatifs. Il faut commencer par l’enseignement de textes, ceux de la Bible hébraïque, qui ont enseigné au monde le principe de l’unité du genre humain, mais aussi l’égale dignité des êtres humains, et surtout l’idéal universaliste bien compris. L’ironie de l’histoire, c’est que les grands principes de la fonction critique qui sont forgés par l’hébraïsme sont instrumentalisés contre le peuple qui les porte ! (…) La République est un cadre vide si aucune transmission ne garantit la défense et l’inculcation philosophique, culturelle, et citoyenne de ses raisons d’être. Georges-Elia Sarfati
Ce que l’Allemagne nazie avait testé en Espagne en 1936, l’Iran vient de le tester à Gaza : expérimenter ses armes, mettre au point ses méthodes et sa tactique de guerre, autant qu’évaluer la riposte de son ennemi. Le grand allié du Hamas fonctionne à l’identique. L’Allemagne nazie avait aussi pris la mesure de la mollesse des démocraties à se mobiliser en faveur de la République espagnole. Malgré le décalage historique, malgré, les différences politiques, il reste une constante : les régimes totalitaires connaissent les couardises des démocraties, leur lenteur à comprendre l’enjeu pour elles-mêmes. Au conseil de sécurité de l’ONU, qualifier les termes du conflit, nommer l’agresseur a été impossible. À l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a prioritairement exprimé son souci pour les malheurs de Gaza. Des salves de roquettes tirées indistinctement sur Israël, il ne fit pas mention. Ici s’arrête la comparaison. À la différence de la République espagnole, Israël a non seulement su contenir son agresseur, il a aussi réussi à l’affaiblir durablement sans pour autant le détruire. Rien n’est donc réglé. Un autre ennemi bien plus redoutable fourbit ses armes qu’il espère définitives. La pluie de roquettes tirées indistinctement sur tout le territoire israélien témoignait d’un projet guerrier exterminateur : sans la protection du dôme de fer, il y aurait eu des milliers de victimes civiles en Israël. Ces attaques indistinctes du Hamas révèlent un modèle stratégique dont on peut tirer la leçon : l’Iran n’hésitera pas à utiliser l’arme nucléaire contre Israël, dès qu’il en aura la capacité. Le djihad nucléaire sera l’étape suivante de l’affrontement. Cette perspective ne procède en rien d’un souci quelconque pour la Palestine. Le sort du peuple palestinien est le dernier souci du pouvoir iranien et de ses créatures Hamas, Hezbollah et autre djihad islamique. Cette rente idéologique n’est que l’alibi de son projet. La vision apocalyptique iranienne obéit à un projet messianique que les ayatollahs au pouvoir n’ont jamais dissimulé : détruire cette enclave juive incrustée au cœur d’un espace tout entier supposé appartenir à la sphère de l’islam. Toutes les démocraties le savent, tous les dirigeants du monde occidental connaissent les données de l’enjeu. Ce qui vient de se dérouler à Gaza sert de test pour elles autant que pour le mentor du Hamas. Sont-elles prêtes à reconnaître que l’idéologie du Hamas est le variant islamisé d’un projet qui a sa source dans un nazisme oriental ? Sont-elles prêtes à l’affronter ? Ou bien estiment-elles au contraire que l’on peut négocier avec cette puissance et sacrifier Israël pour une paix illusoire ? En 1938, à Munich, la France et l’Angleterre estimèrent que sacrifier les Sudètes à l’Allemagne nazie allait sauver la paix. On connaît la suite et le mot de Churchill sur Daladier et Chamberlain : « Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre ». Les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien seront-elles de la même veine ? Ce conflit en annonce un autre qui ne saurait tarder entre Israël et un Iran nucléaire dont la Palestine est l’alibi. (…) Tandis qu’Israël protège sa population des roquettes du Hamas, à la fois par les abris et son système de défense anti-missiles, le Hamas se protège des frappes israéliennes en s’abritant derrière sa population civile pour tirer ses roquettes. Grace à un réseau de souterrains bétonné, le Hamas a enterré ses structures militaires au cœur des villes, au milieu des immeubles civils. Les millions de dollars de l’aide internationale récoltés depuis 2014 ont été utilisés pour bâtir ce « métro » abritant ses armes. (…) Au-delà de sa seule dimension locale, proche-orientale, la récurrence de cette affaire nous concerne, en Europe, en France particulièrement, parce que son écho déchaîne d’autres passions enfouies, nées d’un passé pas si lointain. Le poids de la Shoah d’une part, des culpabilités et d’autre part le poids des relations entre l’Occident et le monde arabo-musulman, entre la France et ses anciennes colonies surdéterminent le regard porté sur le conflit. C’est dans la trace de Vichy, de ses effets mémoriels, autant que dans le reflet de la guerre d’Algérie, de ce qu’elle implique des deux côtés de la Méditerranée, des affects nés de cette mémoire, de ses souffrances, qu’il faut fouiller pour se prémunir, ici, des guerres civiles à venir. Ce Proche-Orient par procuration nous oblige ici même. C’est peut-être en France, à Sarcelles, à Trappes, à Bondy, que pourraient s’imaginer d’autres constructions intellectuelles indispensables pour sortir de ces schizophrénies identitaires qui annoncent le pire. Pour le moment, nous en sommes très loin : ce sont des manifestations de fureur haineuse qui ont déferlé dans les rues de Londres, Montréal, New York, Paris. Cette ivresse répétée apparaît davantage relever d’une pathologie collective inscrite au cœur de l’imaginaire arabo-musulman. Ce ressentiment, cette frustration, vise aussi la France quand la pensée dite décoloniale perpétue ici une guerre d’Algérie jamais finie. Pourtant d’autres voix existent dans le monde arabo-musulman. En Algérie, le Hirak exprime un refus de cette fatalité. Ces voix sont minoritaires, mais elles osent dirent la vérité. Kamel Daoud, Riad Sattouf, Boualem Sansal osent briser cette pensée magique qui dit que son malheur vient d’Israël et des Juifs. « Israël est l’aphrodisiaque le plus puissant pour les arabes », aimait rappeler judicieusement Hassan II, l’ancien roi du Maroc. Ce pré-pensé idéologique qui enferme le monde arabe dans la régression, la gauche l’a entretenu, en Occident, en France, en particulier. Cette gauche porte une lourde responsabilité dans l’entretien de ce récit, car c’est encore et toujours à travers la grille de lecture de la guerre d’Algérie que s’interprète le conflit israélo-arabe. Dans une surenchère aveugle, la gauche de la gauche fait sienne la rhétorique indigéniste et décoloniale. Jacques Julliard a parfaitement résumé les choses : « Chaque fois que la France est menacée dans son existence et dans ses raisons d’être, il se forme dans ses marges un parti collabo. D’ordinaire, ce parti est d’extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd’hui, il est d’extrême gauche ». Bien pire, la nazification d’Israël permet simultanément de délégitimer le droit d’Israël à être : en renversant les termes de l’histoire, en identifiant les Palestiniens comme les nouveaux Juifs et Israël comme le nouveau nazi, le gauchisme retrouve en Palestine une cause exemplaire. Ces banderoles affichant un signe = entre la svastika et l’étoile de David, resteront pour la gauche de la gauche, comme une obscénité symbolique majeure. Jacques Tarnero
Israël emprisonne des enfants – Mohammed Kleib 14 ans, condamné à 15 ans de prison pour jets de pierres présumés. En prison depuis 8 ans. Affiche parisienne (Résistance Palestine, mai 2021)
Mon passe-temps, c’est de jeter des pierres: dans une culture du conflit en Cisjordanie, les garçons se défendent comme ils peuvent. Titre du New York Times (2013)
It was Muhammad’s fourth arrest in three years for throwing stones at Israeli soldiers and settlers. His five brothers — three older and two younger — have all faced similar charges. Last year, three Abu Hashem boys, and their father, were in prison at the same time. “Children have hobbies, and my hobby is throwing stones,” Muhammad explained weeks before his most recent arrest. “A day with a confrontation is better than a free day.” (…) Youths hurling stones has long been the indelible icon — some call it a caricature — of Palestinian pushback against Israel: a recent United Nations report said 7,000 minors, some as young as 9, had been detained between 2002 and 2012. Here in Beit Ommar, a village of 17,000 between Bethlehem and Hebron that is surrounded by Jewish settlements, rock throwing is a rite of passage and an honored act of defiance. The futility of stones bouncing off armored vehicles matters little: confrontation is what counts. (…) Beit Ommar, a farm town with roots in the Roman era, is a hot spot because of its perch off Road 60, the main thoroughfare from Jerusalem south to the settlements of Gush Etzion, which the Palestinians say have taken up to one-third of the village’s original 13 square miles. The military, which since May has been joined by a company of border police to crack down, focuses on 11 prime stone-throwing points along the village’s mile-long stretch of the road. There are “the duo,” two houses teenagers hide between; “the stage,” a raised area; “the triangle,” an open field; and “the Molotov bend.” And then there is the 200-year-old cemetery that slopes up from the road just north of the village entrance. On Thursday, after the burial of a 63-year-old retired teacher, a teenager hurled a rock at a passing car with yellow Israeli plates: whack. Another teenager, two more stones: another direct hit. The settlers stopped their car, got out, and began shouting at the small crowd. Soon, there were soldiers, rifles raised and tear gas at the ready, who eventually hauled a Palestinian taxi driver into a waiting army jeep. Menuha Shvat, who has lived in a settlement near here since 1984, long ago lost count of the stones that have hit her car’s reinforced windows. “It’s crazy: I’m going to get pizza, and I’m driving through a war zone,” said Ms. Shvat, who knew a man and his 1-year-old son who died when their car flipped in 2011 after being pelted with stones on Road 60. “It’s a game that can kill.” For as long as anyone here can remember, the cemetery has been a field for that game. Residents said it was often surrounded by soldiers and filled with tear gas, though the military commander said he stations his troops across the road and instructs them to unleash riot-control measures only if violence erupts. (…) The youths, and their parents, say they are provoked by the situation: soldiers stationed at the village entrance, settlers tending trees beyond. They throw because there is little else to do in Beit Ommar — no pool or cinema, no music lessons after school, no part-time jobs other than peddling produce along the road. The New York Times
Stones kill, maim, wound and change people’s lives forever. Israeli infants have been slain, toddlers critically wounded and adults too have been killed, sustained severe head injuries or were hospitalized with lighter injuries, all due to Palestinian stone throwers. But the story of Israeli victims is not the one the New York Times prefers to tell and is certainly not the one Middle East correspondent Jodi Rudoren chose to recount in her latest front page, above-fold article about Palestinian stone throwers, entitled “‘My Hobby Is Throwing Stones’: In a West Bank Culture of Conflict, Boys Wield the Weapon at Hand.” Quite the contrary, this was a story that romanticized and heroized the Palestinian perpetrators. It is they – not the Israeli dead and injured – who are presented as the victims, “provoked by the situation,” forced into this type of “futile” hobby, only to be arrested and incarcerated by fierce, powerful Israeli soldiers. According to Rudoren, Palestinian youths “throw [stones] because there is little else to do in [their village] – no pool or cinema, no music lessons after school, no part-time jobs other than peddling produce along the road.” Her article focuses on the perpetrators’ excuses, justifications for and pride in their actions, as well as the hardships they endure when arrested for their activities. (…) Here, stone throwing is glorified as “pushback against Israel,”  a “rite of passage,” and an  “honored act of defiance.” Its violent results are played down, whitewashed. According to Rudoren, “The futility of stones bouncing off armored vehicles matters little [to the stone throwers]: confrontation is what counts.” But stones do not merely “bounce off armored vehicles” futilely. What about 5-month old Yehuda Shoham whose skull was crushed by stones hurled at his car and who died after a six day struggle for life in 2001? What about 3-year-old Adele Biton who spent four months in the intensive care unit of a hospital fighting for her life and is now confined at a rehabilitation hospital, relearning how to eat, talk and walk after Palestinian rocks struck her mother’s car this past March? What about 1-year-old Yonatan Palmer and his 25-year old father who were killed in September 2011 when their car was struck in a Palestinian stone attack? Although Palestinians are almost never convicted of murder for hurling stones at Israeli vehicles, Palestinian security officer Walal al Araja, confessed to and was convicted of the Palmer murders, as well as a series of similar attempted murders involving stone throwing. In Rudoren’s telling, however, there is no place for the stories of the unfortunate infants and toddlers who are targets of the Palestinians’ “rite of passage” or “hobby,” as the perpetrators view their stone throwing. The article mentions the murder of the Palmers only in passing, without names, relaying it as hearsay about anonymous victims (…) Indeed, this brief comment is the only mention of Israeli children who have fallen victim to Palestinian stone-throwers. In a nearly 2000-word article, The New York Times can find no room to even mention Yehuda Shoham or Adele Biton, let alone tell their stories. (…) The photos and captions that accompany the article, too, hide the violence and danger of the Palestinian “hobby” and focus instead on youthful sport on the part of Palestinians and harsh punitive measures on the part of Israeli soldiers. Not everyone takes such a benign view of rock throwing teenagers and not everywhere is the harsh treatment of the perpetrators of such attacks criticized. In 1986, a U.S. teenager was sentenced to life in prison for throwing a stone from an overpass that killed a toddler in a car below.  In 2010, two South Carolina teenagers were indicted on first degree murder charges after killing a woman sitting in the front seat of a car with a stone hurled from an overpass.  And, in 2002, even when stone throwing resulted in no injuries, the teenaged perpetrators were charged with assault and battery with intent to kill and malicious injury to personal property.  (…) Yisrael Medad, on his blog, “My Right Word,”  provides a summary documenting the number of Palestinian stone throwing attacks from January-June of this year. In addition to 5,144 stonings, there were 611 molotov cocktail attacks, 8 shootings and 3 stabbings.  But the only statistics provided by Rudoren pertain to the number of Palestinian children (stone throwers) incarcerated by Israel. That  is the only part of the story The New York Times wants to tell. Camera

Condamné à 15 ans de prison pour jets de pierres présumés …

En ces temps de désinformation généralisée …

Où après l’assassinat politique du président Trump

Nos médias en sont à réécrire leurs articles passés

Et au lendemain d’une énième agression du Hamas contre les civils israéliens …

Qui profitant de la complaisance de la nouvelle administration américaine

Obsédée par sa nouvelle religion de  l’antiracisme anti-blanc et anti-occidental

Rien de  moins en fait qu’une véritable « blacklivesmatterisation » de ce conflit comme de tous les autres …

Avec la reprise, pour détricoter, en une sorte de troisième mandat Obama, l’avancée historique des Accords d’Abraham du Président Trump, du calamiteux accord nucléaire avec les génocidaires de Téhéran …

A vu comme d’habitude tant nos médias que nos responsables politiques

Dans des états par ailleurs incapables de protéger leur propre population ou même leurs forces de sécurité

Rivaliser, remettant une nouvelle pièce dans le jukebox antisémite, de désinformation et de remontrances aux autorités israéliennes pour réponse prétendument « disproportionnée » …

Fausses cartes, en une du New York Times, de la « Palestine » comprises…

Comme si une pluie de plus de 4 000 roquettes en 11 jours sur Paris ou New York …

Qui aurait fait 12 morts du côté parisien ou newyorkais …

Et peut-être de l’autre côté, une trentaine directement pour celles qui retombaient sur place …

Aurait pu se terminer autrement …

Sans compter les quelques 200 terroristes éliminés …

Que par la mort, certes regrettable et malheureuse, d’une dizaine de non-combattants utilisés par lesdits terroristes comme boucliers humains …

Retour sur une affiche placardée dans les rues de Paris et probablement de toute l’Ile de France et du reste du pays …

Où Israël n’est plus cette fois représenté comme un Etat tueur d’enfants …

Mais, pour de simples jets de pierres présumés, comme un Etat qui emprisonne les enfants …

Oubliant commodément au passage de préciser non seulement la taille desdites pierres …

Mais la réalité de leur lancement …

Quand on sait les dommages que celles-ci peuvent occasionner …

Lancées, en Israël comme aux Etats-unis ou en France, sur les pare-brises des véhicules passant sous un pont autoroutier …

Et surtout, dans le cas précis, la mort, deux ans plus tard, d’une petite fille alors âgée de 2 ans

Etrangement oubliée d’ailleurs, comme le rappelait alors le site de ré-information Camera

Par un article en une du New York Times de l’époque …

Chantant tranquillement les louanges de ladite pratique …

Sous le titre original quelque peu cavalier de « Mon passe-temps, c’est de jeter des pierres » …

Comme… « rite de passage » et « vénérable acte de défiance » !

The New York Times Romanticizes Palestinian Stone Throwers and Ignores Their Victims
Ricki Hollander
Camera
August 5, 2013

Stones kill, maim, wound and change people’s lives forever. Israeli infants have been slain, toddlers critically wounded and adults too have been killed, sustained severe head injuries or were hospitalized with lighter injuries, all due to Palestinian stone throwers.

But the story of Israeli victims is not the one the New York Times prefers to tell and is certainly not the one Middle East correspondent Jodi Rudoren chose to recount in her latest front page, above-fold article about Palestinian stone throwers, entitled “‘My Hobby Is Throwing Stones’: In a West Bank Culture of Conflict, Boys Wield the Weapon at Hand.”

Quite the contrary, this was a story that romanticized and heroized the Palestinian perpetrators. It is they – not the Israeli dead and injured – who are presented as the victims, “provoked by the situation,” forced into this type of “futile” hobby, only to be arrested and incarcerated by fierce, powerful Israeli soldiers.

According to Rudoren, Palestinian youths “throw [stones] because there is little else to do in [their village] – no pool or cinema, no music lessons after school, no part-time jobs other than peddling produce along the road.”

Her article focuses on the perpetrators’ excuses, justifications for and pride in their actions, as well as the hardships they endure when arrested for their activities. For example:

Youths hurling stones has long been the indelible icon – some call it a caricature – of Palestinian pushback against Israel: a recent United Nations report said 7,000 minors, some as young as 9, had been detained between 2002 and 2012.

Here, stone throwing is glorified as “pushback against Israel,”  a “rite of passage,” and an  “honored act of defiance.” Its violent results are played down, whitewashed. According to Rudoren, “The futility of stones bouncing off armored vehicles matters little [to the stone throwers]: confrontation is what counts.”

But stones do not merely “bounce off armored vehicles” futilely. What about 5-month old Yehuda Shoham whose skull was crushed by stones hurled at his car and who died after a six day struggle for life in 2001?

What about 3-year-old Adele Biton who spent four months in the intensive care unit of a hospital fighting for her life and is now confined at a rehabilitation hospital, relearning how to eat, talk and walk after Palestinian rocks struck her mother’s car this past March?

What about 1-year-old Yonatan Palmer and his 25-year old father who were killed in September 2011 when their car was struck in a Palestinian stone attack? Although Palestinians are almost never convicted of murder for hurling stones at Israeli vehicles, Palestinian security officer Walal al Araja, confessed to and was convicted of the Palmer murders, as well as a series of similar attempted murders involving stone throwing.

In Rudoren’s telling, however, there is no place for the stories of the unfortunate infants and toddlers who are targets of the Palestinians’ “rite of passage” or “hobby,” as the perpetrators view their stone throwing. The article mentions the murder of the Palmers only in passing, without names, relaying it as hearsay about anonymous victims:

“…I’m driving through a war zone,” said Ms. Shvat, who knew a man and his 1-year-old son who died when their car flipped in 2011 after being pelted with stones on Road 60.

Indeed, this brief comment is the only mention of Israeli children who have fallen victim to Palestinian stone-throwers. In a nearly 2000-word article, The New York Times can find no room to even mention Yehuda Shoham or Adele Biton, let alone tell their stories.

And while Israeli children’s funerals and hardship find no place in Rudoren’s article, the funeral of a Palestinian 2-year-old is presented as the event “that led to [Muhammed Abu Hashem’s] most recent arrest,” Abu Hashem being a 17-year-old Palestinian who is the main protagonist of the article, with some 20 paragraphs devoted to his story of self-justification and arrest.

Other elements of the picture are similarly missing. For example, Rudoren describes “Beit Ommar,” the town from which Abu Hashem and other Palestinian stone throwers she interviews are from as “a farm town with roots in the Roman era” that has become

a hot spot because of its perch off Road 60, the main thoroughfare from Jerusalem south to the settlements of Gush Etzion which the Palestinians say have taken up to one-third of the village’s original 13 square miles.

Beit Ummar is actually believed to be the site of the biblical town of Maarath, in the country of Judah, between Gedor and Beth-anoth (Joshua, 15:59).  Of course, the mention of biblical roots may suggest a Jewish history in a place where Rudoren is trying to convey a sense of encroachment by settlements. Accordingly, those “roots” are ignored as she fast-forwards to the village’s supposed roots “in the Roman era.”

Likewise, Rudoren conceals the fact that a red flag with a swastika, reminiscent of the Nazis and their plan to annihilate the Jewish people, was flown in Beit Omar just a couple of months ago. That might evoke the impression of anti-Semitic villagers and undermine the notion that stone throwing is merely a child’s sport or “hobby.”

Flag in Beit Omar flying flag adorned with a swastika. Photo: Shneior Nachum Sochat/ Tazpit News Agency. (From The Algemeiner)

 

The photos and captions that accompany the article, too, hide the violence and danger of the Palestinian “hobby” and focus instead on youthful sport on the part of Palestinians and harsh punitive measures on the part of Israeli soldiers.

1) First photograph: A large colored photo of a boy clutching a stone.

A smaller photo beneath it shows Palestinians teenagers lined up in the act of pitching.

The caption on the two photographs:
 Ready for a target. Below, Palestinian boys in Beit Ommar play Arabs and Army, re-enacting clashes with Israeli soldiers.

2) Third photograph:  A large colored photo of a teenager dressed in a black undershirt and jeans is shown being held by two armed Israeli soldiers.

Fourth photograph: A  large colored photo of a family with children citing on a sofa.

The caption on these photographs:

Recent Arrests in the Abu Hashem Family
The arrest of Ahmad Abu Hashem and his son Muhammad on July 8 was almost routine for a family in which few months have passed recently without at least one member behind bars. Mr. Abu Hashem, an activist in Beit Ommar, and all six of his sons have served time for throwing stones at Israeli soldiers and settlers.

Not everyone takes such a benign view of rock throwing teenagers and not everywhere is the harsh treatment of the perpetrators of such attacks criticized.

In 1986, a U.S. teenager was sentenced to life in prison for throwing a stone from an overpass that killed a toddler in a car below.  In 2010, two South Carolina teenagers were indicted on first degree murder charges after killing a woman sitting in the front seat of a car with a stone hurled from an overpass.  And, in 2002, even when stone throwing resulted in no injuries, the teenaged perpetrators were charged with assault and battery with intent to kill and malicious injury to personal property. As the Sheriff’s Department explained, throwing rocks “is not a prank. This is extremely dangerous. You could kill somebody doing this.”

Yisrael Medad, on his blog, “My Right Word,”  provides a summary documenting the number of Palestinian stone throwing attacks from January-June of this year. In addition to 5,144 stonings, there were 611 molotov cocktail attacks, 8 shootings and 3 stabbings.  But the only statistics provided by Rudoren pertain to the number of Palestinian children (stone throwers) incarcerated by Israel. That  is the only part of the story The New York Times wants to tell.

Last year, CAMERA criticized The New York Times for featuring two separate, front-page stories about Israeli teenagers who had beaten (but not killed) an Arab teenager, but never publishing a front-page story about deadly attacks by Arab teenagers against Jews.

And while the newspaper has now published a front-page article about Arab teenagers who throw stones, the story is completely reframed to remove Israeli victims,  romanticize the Palestinian perpetrators and implicitly criticize their arrests by Israeli police.

The stories last year about the criminal activities of Jewish teenagers focused on the general decline of morals among Israeli youth. The story about the Arab teenagers focuses on their self-declared heroism and victimhood. The disparate coverage provides yet another example of the type of misleading and biased reporting readers have come to expect from The New York Times.

Voir également:

The Death of Adele Biton and The New York Times’ Justification of Lopsided Reporting
Ricki Hollander
Camera
February 20, 2015

In March 2013, three-year-old Adele Biton was travelling with her two sisters in a car driven by their mother, when a Palestinian rock-throwing attack caused the car to slam into a truck ahead. Two of the girls suffered moderate wounds, while Adele was left in critical condition with serious neurological injuries. She underwent extensive treatment in acute and rehabilitation care facilities, but never fully recovered.

Nearly two years later, on Feb. 17, 2015, the pre-schooler died as a result of complications of pneumonia. Her mother told the Israeli newspaperYediot Aharonotthat there was no doubt that Adele’s illness was part of the progression of her neurological injuries “that complicated her ability to cope with medical issues.”

The following day, Voice of Israel’s Josh Hasten interviewed New York Times Jerusalem bureau chief Jodi Rudoren. Asked what she knew about Adele, Rudoren responded:

In any society, I suppose, and certainly here, there are certain individual cases among the victims who become somewhat iconic and I think Adele was one of those. She was two years old, critically injured, spent more than a year, maybe a year and a half, in rehab. Many, many articles were written about her. Her parents, her family, captured Israeli attention, so I was aware of that. Obviously, a two-year-old girl critically injured in the conflict is heart-tugging for any observer and because of that, she had become somewhat iconic. That’s why we wrote a brief item about her death.

But it was not until after Adele had succumbed to her illness that Jodi Rudoren referred to Adele and the stone throwing attack that had maimed her. The reporter wrote about Adele’s death in a 169-word “world briefing” that appeared only in the newspaper’s online edition.

Indeed, in a more than 1900-word feature article about Palestinian stone throwers that was published both online (“In a West Bank Culture of Conflict, Boys Wield the Weapon at Hand“) and prominently on the front page of the print edition (“My Hobby is Throwing Stones,” Aug. 5, 2013), Jodi found no room to mention the attack that had critically injured Adele. Nor did she mention an earlier stone throwing attack that had crushed the skull of 5-year-old Yehuda Shoham, an only child. And her only mention of a similar attack that resulted in the deaths of a young father and his infant son, Asher and Yonatan Palmer, was in passing, presented as hearsay about unnamed victims.

Instead the reporter devoted her feature piece to Palestinian stone throwers’ justifications for, and expressions of pride in, their actions, as well as their hardship in being arrested by Israeli police for these activities. At the time, CAMERA posted a sharp media critique about the article, entitled “The New York Times Romanticizes Palestinian Stone Throwers and Ignores Their Victims.” In it, Rudoren was criticized for explaining the stone throwing by Palestinians as “pushback against Israel,” a “rite of passage,” and an “honored act of defiance” while downplaying the impact of this Palestinian “hobby” on its Israeli victims. The critique pointed out that while the reporter emphasized “the futility of stones bouncing off armored vehicles,” and interviewed one Israeli who had been frightened but uninjured by stone-throwing attacks, she provided almost no information about the deadlier and more injurious results of such attacks.

In the Voice of Israel interview, host Josh Hasten brought up CAMERA’s criticism of Rudoren’s feature. The reporter defended and justified her treatment of the subject matter, dismissing her critics out of hand. According to Rudoren, CAMERA was “not criticizing or scrutinizing or reviewing coverage based on any journalistic values. They’re doing it based on a scorecard of what they think makes their side look good or bad. It’s not based on the kind of building blocks of mainstream journalism that is where our coverage comes from and that most of our vast global readership needs from us.”

But it should be obvious to anyone who claims to understand the “building blocks of journalism” that to downplay and give such short shrift to the catastrophic and sometimes fatal results of stone-throwing is to deprive readers of the context necessary to understand the conflict. Neither Rudoren nor The New York Times provided readers with a parallel feature story about the impact of Palestinian stone throwing on their Israeli victims. So what Rudoren left readers with — what she apparently felt they “needed” — was a one-sided piece about Palestinian victims “provoked by the situation,” and forced into a “futile” hobby (of throwing stones), only to be arrested and incarcerated by fierce Israeli soldiers.

Rudoren’s justification for this lopsided reporting was to claim she was on a “journalistic mission” whose agenda was “to unpack the caricature of Palestinian stone-throwers.” To that end, she asserted, the story “really wasn’t about their victims.”
“Not every story looks at everybody in equal depth because that’s just not how journalism works and it doesn’t need to be that way,” Rudoren declared. But how can a journalist tell the story about stone throwing without thoroughly exploring the consequences? Without any comparative story about the Israeli victims, those victims remained voiceless, their side of the story left untold. Even while she acknowledged that “it was important to make sure that it was clear that people did get killed and that there were victims,” Rudoren justified the virtual absence of this information from her article, apparently deeming her fleeting hearsay reference to two anonymous fatalities sufficient.

As to the article’s misleading implication that the “situation” that provokes Palestinian stone-throwers is one of Israel’s making, Rudoren ignored the fact that hate rhetoric and incitement against Israelis is also a significant factor in encouraging the stone throwers. Nowhere in the article does she even hint at the atmosphere of incitement by Palestinian leaders to attack Israelis by any means.

This type of reporting is characteristic of Rudoren’s “journalistic values.” She routinely conceals relevant information, selectively quotes or cites those whose perspective she agrees with, while downplaying, ignoring or misrepresenting the viewpoints of those with whom she disagrees. In news articles, she tends to cast aspersions on or use pejoratives to discredit those with whom she disagrees. (See, for example, “A Guide to NYT Advocacy Journalism: Focus on Jodi Rudoren.”) And she uses these same tactics in dealing with legitimate criticism of her reporting. Instead of directly addressing the specific complaints about her reporting, she dismisses her critics with wholesale contempt. Those cri
ticizing her articles, she argues, are just checking off a list “of who’s winning the story.” Here, too, Rudoren misrepresents. What CAMERA and many critics of The New York Times demand is that both sides’ perspectives be given voice — something the Society of Professional Journalists urges, but which Rudoren is apparently unwilling to do.

The Society of Professional Journalist’s code of ethics calls on journalists, among other things, to recognize their own cultural values and avoid imposing them on readers, to distinguish between advocacy and news reporting, and to give voice to the voiceless. In addition, it urges journalists to be accountable to their readers, clarify and explain news coverage, invite dialogue and encourage readers to voice their grievances about news reporting.

Many prominent and respected journalists adhere to this code, even when criticized. And they are better journalists for it. But as long as Rudoren continues to wear blinders, block her ears, and insist that it is not necessary to explore both sides of a conflict in equal depth, non-partisan readers who want to genuinely learn about the situation fully and fairly should continue to avoid the New York Times and its partisan Jerusalem bureau chief.

Voir de même:

In a West Bank Culture of Conflict, Boys Wield the Weapon at Hand

The rooftop of the home of Bilal Ayad Awad, 17, was decorated with flags for his release in June after 16 months in prison.

Credit…Rina Castelnuovo for The New York TimesJodi Rudoren
The New York Times
Aug. 4, 2013

BEIT OMMAR, West Bank — Muhammad Abu Hashem, 17, was sleeping in a sleeveless undershirt when the Israeli soldiers stormed into his home here at 4 a.m. on the second Monday in July. As they led him away moments later, Muhammad’s mother rushed after with a long-sleeved shirt: they both knew it would be cold in the interrogation room.

It was Muhammad’s fourth arrest in three years for throwing stones at Israeli soldiers and settlers. His five brothers — three older and two younger — have all faced similar charges. Last year, three Abu Hashem boys, and their father, were in prison at the same time.

“Children have hobbies, and my hobby is throwing stones,” Muhammad explained weeks before his most recent arrest. “A day with a confrontation is better than a free day.”

As Israeli and Palestinian negotiators resumed peace talks last week in Washington, the stone throwers of Beit Ommar are a reminder of the abiding tensions that animate relations between the two peoples that would populate the imagined two states living side by side.

Youths hurling stones has long been the indelible icon — some call it a caricature — of Palestinian pushback against Israel: a recent United Nations report said 7,000 minors, some as young as 9, had been detained between 2002 and 2012. Here in Beit Ommar, a village of 17,000 between Bethlehem and Hebron that is surrounded by Jewish settlements, rock throwing is a rite of passage and an honored act of defiance. The futility of stones bouncing off armored vehicles matters little: confrontation is what counts.

When they are not actually throwing stones, the children here play Arabs and Army, re-enacting the clashes and arrests. And when 17-year-old Bilal Ayad Awad was released in June after 16 months in prison, he was welcomed like a war hero with flags and fireworks, women in wedding finery lining the streets to cheer his motorcade.

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Credit…The New York Times

The Israeli Army commander in the area counts 5 to 15 stone-throwing incidents per week, and the July 8 arrest of Muhammad and his father, Ahmad, brought to 45 the number of Beit Ommar residents taken into custody since the beginning of 2013, 35 of them ages 13 to 19. A teacher at the local high school said 20 boys missed class while in prison last year. A few, including Muhammad, were out more than 60 days, forcing them to repeat a grade.

“Here, it is as if the intifada never stopped,” said Musa Abu Hashhash, a field worker for the Israeli human rights group B’tselem.

Beit Ommar, a farm town with roots in the Roman era, is a hot spot because of its perch off Road 60, the main thoroughfare from Jerusalem south to the settlements of Gush Etzion, which the Palestinians say have taken up to one-third of the village’s original 13 square miles.

The military, which since May has been joined by a company of border police to crack down, focuses on 11 prime stone-throwing points along the village’s mile-long stretch of the road. There are “the duo,” two houses teenagers hide between; “the stage,” a raised area; “the triangle,” an open field; and “the Molotov bend.” And then there is the 200-year-old cemetery that slopes up from the road just north of the village entrance.

On Thursday, after the burial of a 63-year-old retired teacher, a teenager hurled a rock at a passing car with yellow Israeli plates: whack. Another teenager, two more stones: another direct hit.

The settlers stopped their car, got out, and began shouting at the small crowd. Soon, there were soldiers, rifles raised and tear gas at the ready, who eventually hauled a Palestinian taxi driver into a waiting army jeep.

Menuha Shvat, who has lived in a settlement near here since 1984, long ago lost count of the stones that have hit her car’s reinforced windows. “It’s crazy: I’m going to get pizza, and I’m driving through a war zone,” said Ms. Shvat, who knew a man and his 1-year-old son who died when their car flipped in 2011 after being pelted with stones on Road 60. “It’s a game that can kill.”

For as long as anyone here can remember, the cemetery has been a field for that game. Residents said it was often surrounded by soldiers and filled with tear gas, though the military commander said he stations his troops across the road and instructs them to unleash riot-control measures only if violence erupts.

Muhammad sees it as his Islamic duty to help bury the dead, and he has his own funeral-preparation ritual. He pulls on boots. He sprays his hands with perfume to counteract the gas. He grabs a face mask, to protect his identity, and his muqlaa — a homemade slingshot.

It was the June funeral of a 2-year-old girl accidentally crushed by a relative’s bulldozer that led to his most recent arrest. “They were shooting gas, and I was with my mother in the car while the soldiers’ jeep was entering the town,” Muhammad admitted to a police officer after the arrest. “So I got out and threw stones at them.”

Musa Awad, a teacher at Beit Ommar’s high school, said that eight generations of his family are buried in the cemetery, but that he is one of many village residents who have stopped following funeral processions there because of the inevitable clashes. Two years ago, Mr. Awad said, he and his brothers offered to donate a patch of land for a new cemetery, far from the main road, but the Islamic authorities declined.

Mr. Awad, like many here, views the stone throwers with a mixture of pride at confronting Israel and fear for their safety. “Nobody dares to criticize them and say, ‘Why are you doing this?”

The youths, and their parents, say they are provoked by the situation: soldiers stationed at the village entrance, settlers tending trees beyond. They throw because there is little else to do in Beit Ommar — no pool or cinema, no music lessons after school, no part-time jobs other than peddling produce along the road. They do it because their brothers and fathers did.

Nasri Sabarna, an English professor who was Beit Ommar’s mayor for much of the past five years, remembers his first arrest vividly, despite the passage of four decades.

He was 14. Israeli soldiers had installed a plaque on his school saying it had been built under their supervision. He took the coins his mother had given him for food and bought black spray paint to cover the Hebrew letters.

A Rite of Passage, an Act of Defiance

Rina Castelnuovo for The New York Times

“When I saw their language, it is not easy to stay and do nothing,” Mr. Sabarna recalled. “When they came on the second day, we have nothing except stones. You revenge for yourself.”

Of Mr. Sabarna’s eight children, only Ahmad, a 21-year-old engineering student, has been arrested: he is serving a six-month sentence that started in May, his fourth prison stay. When the youngest boy, Abdullah, started skipping school and throwing stones at age 7, after a night raid on the family home, his parents took him to see a psychiatrist to work out the anger.

“I want him to go to school, to study and to look for his future, but they are pushing us in the corner,” Mr. Sabarna said, referring to the Israelis.

Now 10, Abdullah uses binoculars a relative bought him for bird watching to monitor military movement. “I feel happy when I throw stones on the soldiers,” he said. “They occupy us.”

One Friday in July, two soldiers stood sentry on a hilltop several hundred yards inside the village. Five border police officers were stationed under an olive tree near the wholesale fruit market. More soldiers were on nearby rooftops, army jeeps in the middle of a road.

Three young men with slingshots crouched between trees, sending a little brother out to scout. They whipped the woven-string contraptions over their shoulders one, two, three, four times, then the stones disappeared in the distance. Two stones, five, seven. The boy reported that soldiers were coming closer. The young men retreated to a lower ridge.

Two soldiers with riot helmets and rifles appeared on a rock wall a few feet from where the stone throwers had been. Too late.

Three people from Beit Ommar were arrested in the wee hours of the following Sunday. That night, Muhammad Abu Hashem slept, while his father and younger siblings sat a vigil on worn couches on their roof.

The patriarch, Ahmad Abu Hashem, is an activist who videotapes arrests and clashes for the Center for Freedom and Justice, an advocacy group. His cellphone rang at 3:45 a.m.: 13 jeeps were entering the village. He was heading out to follow them when the alley filled with shouts of “Soldiers, soldiers!” They were coming for him — and his son.

It had been only a few weeks before when a gaggle of neighborhood children were scurrying around the same alley playing Arabs and Army.

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Muhammad Abu Hashem participates in a role-playing game constructed around being arrested for throwing stones.CreditCredit…Rina Castelnuovo

Boys wearing fatigues and toting toy guns kicked on the front door and Mr. Abu Hashem opened it, smiling. While one of the “soldiers” checked his green ID card, another imitated a defensive military maneuver to secure the house. “It is a wrong ID,” a boy said in a mixture of Arabic and Hebrew. “Where is Muhammad Abu Hashem?”

Muhammad appeared at the doorway, and was blindfolded with a black sweatshirt. “Come with us,” the soldier-boy ordered. “You are under arrest.” Girls’ screams of mock horror were punctuated with giggles as Muhammad vanished into the midnight darkness.

“You are lucky if you meet Muhammad here next week,” his father said. “He can be arrested for real any moment.”

That was what Muhammad told the girl he talks to daily by telephone and sneaks glances at on evening ambles through the village: “ ‘Be careful, I am maybe one month outside and 10 months in prison.’ She said, ‘O.K., I am waiting for you.’ ” He did not tell the girl, in June, when his left leg was sprayed with five rubber-bullet fragments as his stones smacked an army jeep carting away a beloved cousin.

Muhammad captures the contradictions of growing up here. He was tickled at the first salon-slicking of his short hair for a relative’s recent wedding. But he shunned a snack of popcorn outside: prison food.

He recently sneaked into a settlement before dawn to steal apricots he finds especially delicious because they grow on land he sees as stolen from his people. One of his hobbies is rescuing abandoned bird eggs and nurturing them in cages warmed by light bulbs until they hatch.

“When they fly,” he said, “it’s like a person in prison, and he will take his freedom.”

Muhammad’s first arrest was in October 2010: his family paid a fine of about $1,400. He was jailed from April to June of 2012, then returned to prison that September for another seven months. Graffiti welcoming him back remained on the outer wall of the family home as a dozen soldiers arrived July 8.

Video

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Excerpts from Muhammad Abu Hashem’s interrogation by the Israeli police along with photos of his arrest.

Two soldiers crouched in the driveway and 10 crowded the living room. Muhammad crammed on a couch with his two younger brothers and a cousin while the soldiers examined his father’s identification. Then they asked for his.

The whole operation took eight minutes. The jeeps had not left the alley when it erupted in stones.

Defense for Children International, an advocacy group that last year documented 360 cases of arrested Palestinian youths, found that many were blindfolded, beaten and threatened during interrogations. Most confessed, and 90 percent received jail sentences in Israel’s military system, according to the report, compared with 6.5 percent of arrested Israeli children, who are prosecuted in a civil system.

When Muhammad and his father appeared for their first hearing, they raised their wrists — handcuffed together — in something of a salute. The teenager’s face was a mixture of triumph and terror: he could face up to 10 months after a trial scheduled to start Aug. 18.

Their lawyer, Nery Ramati, soon discovered that Muhammad had already admitted throwing a stone during the girl’s funeral.

“I have nothing to do for him now,” Mr. Ramati sighed.

Voir de plus:

Letters

The New York Times
Aug. 5, 2013

To the Editor:

Re “ ‘My Hobby Is Throwing Stones’: In a West Bank Culture of Conflict, Boys Wield the Weapon at Hand” (front page, Aug. 5):

Stones are a lethal weapon, and stone throwers engage in what can be premeditated murder.

My perspective is that of a social worker who worked for 20 years with youths with violent tendencies.

What violent youths seek, more than anything else, are people who will reinforce their tendency to violence.

This article will be posted in Palestinian youth clubs as a badge of encouragement for Palestinian youths and as an incentive to continue their efforts to murder people on the roads. That is a tragedy.

I cannot fathom how and why The New York Times can describe the stoning of people on the roads as a “rite of passage.”

DAVID BEDEIN
Jerusalem, Aug. 5, 2013

The writer is director of the Israel Resource News Agency.

To the Editor:

Having personally been the uniformed target, during the first intifada, of Molotov cocktails and many, many stones, one of which produced a lifetime annuity for my dentist, I know that these clashes are hardly a game for either side.

As peace talks resume, reversing the poisonous effects of the “culture of conflict” is as important as any land compromises in achieving lasting peace.

DANIEL WOLF
Teaneck, N.J., Aug. 5, 2013

To the Editor:

Thank you for the excellent reporting and photography.

As someone who escaped the Holocaust as a child and who saw the conditions in the Palestinian territories more than 20 years ago, I think that it’s way past time to let American Jews especially know what is really going on there.

YVONNE BYRON
Oakland, Calif., Aug. 5, 2013

Voir encore:

Life sentence answers tears over I-75 death

The Associated press
March 31, 1999

An 18-year-old has been arrested and charged with second-degree murder in the death of a driver who was killed on Sunday by a rock that had been tossed from an overpass on Interstate 75 west of Tampa.

The teen-ager Juan G. Cardenas, was arrested on Monday by Highway Patrol officers after they received a tip from someone who told of overhearing him talk about the incident.

The driver, Julie Catherine Laible, 32, was hit in the head by the rock, about the size of a bowling ball, after it smashed the windshield of her Honda Civic, the authorities said.

Voir par ailleurs:

La guerre des dix jours
Jacques Tarnero
La Revue des deux mondes
Mai 26, 2021

Ce que l’Allemagne nazie avait testé en Espagne en 1936, l’Iran vient de le tester à Gaza : expérimenter ses armes, mettre au point ses méthodes et sa tactique de guerre, autant qu’évaluer la riposte de son ennemi. Le grand allié du Hamas fonctionne à l’identique. L’Allemagne nazie avait aussi pris la mesure de la mollesse des démocraties à se mobiliser en faveur de la République espagnole. Malgré le décalage historique, malgré, les différences politiques, il reste une constante : les régimes totalitaires connaissent les couardises des démocraties, leur lenteur à comprendre l’enjeu pour elles-mêmes. Au conseil de sécurité de l’ONU, qualifier les termes du conflit, nommer l’agresseur a été impossible. À l’Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a prioritairement exprimé son souci pour les malheurs de Gaza. Des salves de roquettes tirées indistinctement sur Israël, il ne fit pas mention.
Ici s’arrête la comparaison.

À la différence de la République espagnole, Israël a non seulement su contenir son agresseur, il a aussi réussi à l’affaiblir durablement sans pour autant le détruire. Rien n’est donc réglé. Un autre ennemi bien plus redoutable fourbit ses armes qu’il espère définitives. La pluie de roquettes tirées indistinctement sur tout le territoire israélien témoignait d’un projet guerrier exterminateur : sans la protection du dôme de fer, il y aurait eu des milliers de victimes civiles en Israël. Ces attaques indistinctes du Hamas révèlent un modèle stratégique dont on peut tirer la leçon : l’Iran n’hésitera pas à utiliser l’arme nucléaire contre Israël, dès qu’il en aura la capacité. Le djihad nucléaire sera l’étape suivante de l’affrontement.

Cette perspective ne procède en rien d’un souci quelconque pour la Palestine. Le sort du peuple palestinien est le dernier souci du pouvoir iranien et de ses créatures Hamas, Hezbollah et autre djihad islamique. Cette rente idéologique n’est que l’alibi de son projet. La vision apocalyptique iranienne obéit à un projet messianique que les ayatollahs au pouvoir n’ont jamais dissimulé : détruire cette enclave juive incrustée au cœur d’un espace tout entier supposé appartenir à la sphère de l’islam.

« Ce conflit en annonce un autre qui ne saurait tarder entre Israël et un Iran nucléaire dont la Palestine est l’alibi. »

Toutes les démocraties le savent, tous les dirigeants du monde occidental connaissent les données de l’enjeu. Ce qui vient de se dérouler à Gaza sert de test pour elles autant que pour le mentor du Hamas. Sont-elles prêtes à reconnaître que l’idéologie du Hamas est le variant islamisé d’un projet qui a sa source dans un nazisme oriental ? Sont-elles prêtes à l’affronter ? Ou bien estiment-elles au contraire que l’on peut négocier avec cette puissance et sacrifier Israël pour une paix illusoire ? En 1938, à Munich, la France et l’Angleterre estimèrent que sacrifier les Sudètes à l’Allemagne nazie allait sauver la paix. On connaît la suite et le mot de Churchill sur Daladier et Chamberlain : « Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre ». Les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien seront-elles de la même veine ? Ce conflit en annonce un autre qui ne saurait tarder entre Israël et un Iran nucléaire dont la Palestine est l’alibi.

Après dix jours d’intenses combats entre le Hamas et Israël, un cessez-le-feu a été imposé aux belligérants. Deux cent quarante-huit tués côté palestinien dont soixante-six enfants, dix-neuf morts dont un enfant, côté israélien. Comment interpréter ces chiffres si différents ? Tandis qu’Israël protège sa population des roquettes du Hamas, à la fois par les abris et son système de défense anti-missiles, le Hamas se protège des frappes israéliennes en s’abritant derrière sa population civile pour tirer ses roquettes. Grace à un réseau de souterrains bétonné, le Hamas a enterré ses structures militaires au cœur des villes, au milieu des immeubles civils. Les millions de dollars de l’aide internationale récoltés depuis 2014 ont été utilisés pour bâtir ce « métro » abritant ses armes.

Cet affrontement entre un mouvement islamiste et l’État juif ajoute un nouveau chapitre sanglant à l’histoire déjà longue de cette guerre de cent ans ou de mille ans selon qu’on lise cette histoire dans le registre de la rivalité entre Ismaël et Isaac ou dans celle de l’histoire du siècle dernier et de celui qui commence. Au-delà de sa seule dimension locale, proche-orientale, la récurrence de cette affaire nous concerne, en Europe, en France particulièrement, parce que son écho déchaîne d’autres passions enfouies, nées d’un passé pas si lointain. Le poids de la Shoah d’une part, des culpabilités et d’autre part le poids des relations entre l’Occident et le monde arabo-musulman, entre la France et ses anciennes colonies surdéterminent le regard porté sur le conflit. C’est dans la trace de Vichy, de ses effets mémoriels, autant que dans le reflet de la guerre d’Algérie, de ce qu’elle implique des deux côtés de la Méditerranée, des affects nés de cette mémoire, de ses souffrances, qu’il faut fouiller pour se prémunir, ici, des guerres civiles à venir.

« La nazification d’Israël permet simultanément de délégitimer le droit d’Israël à être : en renversant les termes de l’histoire, en identifiant les Palestiniens comme les nouveaux Juifs et Israël comme le nouveau nazi, le gauchisme retrouve en Palestine une cause exemplaire. »

Ce Proche-Orient par procuration nous oblige ici même. C’est peut-être en France, à Sarcelles, à Trappes, à Bondy, que pourraient s’imaginer d’autres constructions intellectuelles indispensables pour sortir de ces schizophrénies identitaires qui annoncent le pire. Pour le moment, nous en sommes très loin : ce sont des manifestations de fureur haineuse qui ont déferlé dans les rues de Londres, Montréal, New York, Paris. Cette ivresse répétée apparaît davantage relever d’une pathologie collective inscrite au cœur de l’imaginaire arabo-musulman. Ce ressentiment, cette frustration, vise aussi la France quand la pensée dite décoloniale perpétue ici une guerre d’Algérie jamais finie.

Pourtant d’autres voix existent dans le monde arabo-musulman. En Algérie, le Hirak exprime un refus de cette fatalité. Ces voix sont minoritaires, mais elles osent dirent la vérité. Kamel Daoud, Riad Sattouf, Boualem Sansal osent briser cette pensée magique qui dit que son malheur vient d’Israël et des Juifs. « Israël est l’aphrodisiaque le plus puissant pour les arabes », aimait rappeler judicieusement Hassan II, l’ancien roi du Maroc.

Ce pré-pensé idéologique qui enferme le monde arabe dans la régression, la gauche l’a entretenu, en Occident, en France, en particulier. Cette gauche porte une lourde responsabilité dans l’entretien de ce récit, car c’est encore et toujours à travers la grille de lecture de la guerre d’Algérie que s’interprète le conflit israélo-arabe. Dans une surenchère aveugle, la gauche de la gauche fait sienne la rhétorique indigéniste et décoloniale. Jacques Julliard a parfaitement résumé les choses : « Chaque fois que la France est menacée dans son existence et dans ses raisons d’être, il se forme dans ses marges un parti collabo. D’ordinaire, ce parti est d’extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd’hui, il est d’extrême gauche ». Bien pire, la nazification d’Israël permet simultanément de délégitimer le droit d’Israël à être : en renversant les termes de l’histoire, en identifiant les Palestiniens comme les nouveaux Juifs et Israël comme le nouveau nazi, le gauchisme retrouve en Palestine une cause exemplaire. Ces banderoles affichant un signe = entre la svastika et l’étoile de David, resteront pour la gauche de la gauche, comme une obscénité symbolique majeure.

« Depuis plus de vingt ans, la Palestine est sortie de ses frontières au profit du choix de la guerre sainte et du djihad dont se nourrit l’imaginaire arabe. Si ces fantasmes mortifères prennent le pas sur la raison, la guerre des dix jours durera encore mille ans. »

Le pouvoir israélien a ses responsabilités dans l’illusion d’un statu quo dont les effets n’annoncent rien de bon pour l’avenir ; mais ça n’est pas de la politique du gouvernement israélien dont il est question dans ce qui vient de se produire et les cris de victoire du Hamas annonçant sa victoire à venir du fleuve à la mer reprennent tous les slogans matriciels de la rhétorique arabe contre l’entité sioniste. Dans un entretien à Politique Internationale, l’été 1982, Ben Bella, ancien premier président de l’Algérie, signifiait l’importance symbolique de ce conflit pour le monde arabe : « Ce que nous voulons, nous autres Arabes, c’est être, or nous ne pouvons être que si l’autre n’est pas » et il précisait : « S’il n’y a pas d’autre solution, alors que cette guerre nucléaire ait lieu et qu’on en finisse une fois pour toutes ! »

Depuis la visite de Sadate en 1977, et assassiné pour cela en 1981, c’est toujours le pire qui a eu le dernier mot. Dans un symétrique effrayant, Yitzhak Rabin a aussi été assassiné par un fanatique juif et avec lui, le rêve de la paix d’Oslo. N’était-elle qu’une illusion ?

Le malheur palestinien est réel et il n’y a dans ces mots aucun misérabilisme compassionnel artificiel, mais il faut se poser une autre question : que préfèrent les Palestiniens ? Quel est leur désir majeur : détruire Israël ou avoir un État ? Depuis plus de vingt ans, des opportunités d’arriver à un accord avec l’OLP ont été refusées par le leadership palestinien qui a toujours choisi la surenchère. Depuis plus de vingt ans, la Palestine est sortie de ses frontières au profit du choix de la guerre sainte et du djihad dont se nourrit l’imaginaire arabe. Si ces fantasmes mortifères prennent le pas sur la raison, la guerre des dix jours durera encore mille ans. Tant que dans la sphère musulmane on n’aura pas eu le courage de rompre avec ses mythes régressifs, tant que sera considéré comme une trahison le fait d’oser regarder en face les raisons de l’incurie qui préside aux destinées de ces peuples, le malheur de ce monde deviendra le bien commun de tous.

Voir encore:

La gauche, la droite, l’islamisme et l’antisionisme : entretien avec Georges-Elia Sarfati

Présenté par Yana Grinshpun

La gauche, la droite, l’islamisme et l’antisionisme : entretien avec Georges-Elia Sarfati

Georges-Elia Sarfati est un philosophe, linguiste et psychanayste franco-israélien, auteur de nombreux ouvrages dans les domaines de l’analyse du discours, de l’éthique, de la pensée juive, de la critique sociale. Il est également traducteur de Viktor Frankl, et fondateur de l’EFRATE (École Française d’Analyse et de thérapies existentielles). G.-E. Sarfati est l’un des rares intellectuels français, avec Léon Poliakov, Pierre-André Taguieff et Shmuel Trigano à analyser les ressorts culturels, théologiques, historiques et politiques de ce qu’on appelle le « nouvel antisémitisme ». En tant que spécialiste du discours, Sarfati s’est très tôt intéressé à l’expression contemporaine de la  judéophobie. Pour lui, l’antisémitisme se nourrit surtout de ses enracinements dans l’histoire des mentalités et des discours et forme une sorte de sous-culture qui accompagne depuis quelques décennies le pseudo-progressisme se réclamant de la pensée post-moderniste. Georges-Elia Sarfati est l’auteur d’un ouvrage consacré à la rhétorique antisioniste, LAntisionisme. Israël Palestine : aux miroirs d’Occident (Berg, 2002), et de très nombreux articles sur la perception des Juifs dans l’espace occidental. Le philosophe et linguiste explique que l’essentiel de la rhétorique de la désinformation et de la propagande, qu’elle soit « totalitaire » ou « publicitaire », repose sur l’inversion des valeurs, l’inculcation des mensonges historiques et l’élaboration des mécanismes psycho-affectifs chez les cibles du discours idéologiques anti-juif. Il est aussi le co-fondateur de ce blog.

Dans cet entretien, il propose de revenir sur les jalons historiques et conceptuels essentiels qui ont structuré la nouvelle forme d’antisémitisme appelée « antisionisme », qui est brandie par une partie des membres de l’intelligentsia comme son « droit sacré à la liberté d’opinion et d’expression ». Cet entretien montre implacablement que le roi est toujours antisémite sous la robe antisioniste, même s’il prétend être démocrate et progressiste.

Y.G : En 2016, J. Julliard écrivait « Chaque fois que la France est menacée dans son existence et dans ses raisons d’être, il se forme dans ses marges un parti collabo. D’ordinaire, ce parti est d’extrême droite et se confond avec la réaction. Aujourd’hui, il est d’extrême gauche ».  Est-ce que vous êtes d’accord avec ce pronostic ?

GES : Sans doute cette remarque de J. Julliard vaut-elle pour notre époque – disons qu’elle s’avère pertinente pour les années 2000-2020 ; pour autant, il me paraît risqué de soutenir que d’ « ordinaire », le « parti collabo » était d’ « extrême droite », dans la mesure où ladite extrême droite, si l’on pense à la période 39-45, se nourrissait de très nombreux transfuges de gauche, comme l’a démontré l’historien Simon Epstein dans Un paradoxe français. Pour ce qui est de la droite nationaliste, elle a su voir dans les Juifs des patriotes loyaux, je pense au Barrès des Familles spirituelles de la France, ou à l’engagement de son propre fils dans les rangs de la France libre. Le paradoxe dont rend compte S. Epstein c’est que les antisémites de l’Affaire Dreyfus ont été gaullistes et résistants pendant la Seconde Guerre, tandis que les partis de la collaboration se sont en grande partie recrutés parmi les dreyfusards et la gauche historique. Quant à la gauche demeurée à gauche, après la Seconde Guerre mondiale, elle n’avait pas grand-chose à envier à l’extrême droite sur le chapitre de l’antisémitisme, si l’on considère l’Union soviétique et ses satellites.

YG : Depuis le début des années 2000, l’année de la deuxième Intifada, on observe une montée d’antisémitisme décomplexé qui n’a pas de précédent depuis la deuxième guerre mondiale. Cet antisémitisme est corrélatif à l’antisionisme affiché de l’extrême gauche pour qui l’existence de l’État d’Israël constitue une offense suprême. Ce qui est aussi le cas pour les islamistes qui prônent ouvertement sa destruction. De quand date la rencontre de ces deux idéologies haineuses ?

GES : Il existe en effet une convergence significative entre l’islamisme et le gauchisme qui trouvent un véritable point d’entente sur le sujet de l’antisionisme. Cela paraît absurde, antinomique, et fondé sur un malentendu, puisque ce sont en principe des ennemis que doctrinalement tout oppose. Mais ils ont en commun la volonté d’en découdre avec la civilisation européenne, et communient aujourd’hui dans l’idéologie décoloniale. Leurs motivations initiales diffèrent du tout au tout : l’extrême gauche est antijuive par tradition voltairienne et marxiste, l’islamisme est antisioniste, en raison de la théologie politique de l’islam qui ne souffre pas de souveraineté non-musulmane sur le « dar al-islam ». L’extrême gauche est anticléricale et s’imagine que l’identité juive est « religieuse », tandis que l’islamisme reconduit le vieux débat de la théologie de la substitution en se proclament seule détenteur de la « vraie » révélation. Néanmoins la rencontre de ces deux souches allergiques aux Juifs pour ce qu’ils représentent, n’est somme toute pas récente. L’histoire de cette convergence, du point de vue des matrices doctrinales, remonte aux années 20 du XX siècle . C’est une partie d’échecs : il fallait mettre en échec la possibilité d’un sentiment de sympathie pour un Israël souverain. Aussi, je serai réservé à l’idée de mêler les sentiments à tout cela. Parler d’idéologie haineuse porte à psychologiser les affaires politiques. Or en politique, il n’entre que des calculs, et des intérêts bien compris. Au niveau des élites politiques, en tout cas. Le reste en effet sera une affaire de sentiment où les propagandes prennent le relais pour forger une opinion passionnée ainsi qu’un sens commun sur mesure.

Y.G : Raymond Aron appelle la période qui a suivi la fameuse allocution de De Gaulle après la victoire dans la guerre de 6 jours (1967), où il parle des Juifs comme « d’un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur », l’ère de soupçon. Or, depuis quelques années, on entend lors des manifestations « anti-racistes » : « Mort aux Juifs », on entend aussi des appels à la haine d’Israël sur les réseaux sociaux, des discours antisémites assumés du PIR et de la gauche radicale (je pense à la fameuse phrase de Mélenchon sur la crucifixion de Jésus)[1]. Comment expliquer cette disparition de limites et cette prolifération de discours antijuifs ?

GES : Comme vous le rappelez en évoquant les mots de Raymond Aron, le discours gaullien de 1967 marque un tournant dans les relations franco-israéliennes, le début d’un véritable renversement d’alliance. Les jeunes générations n’ont pas la moindre idée de la bonne entente qui régnait entre Paris et Jérusalem avant la Guerre des Six Jours. Ce renversement d’alliance a été largement expliqué par la situation géopolitique de la France par rapport au monde arabe : le Maghreb où elle a été longtemps présente, ainsi que le Proche- Orient. Cet intérêt proprement français, lié à la position de la France, avait déjà été affirmé, aussi bien par François 1er que Napoléon III. François Ier a fondé le Collège de France, introduisant la connaissance de l’arabe, dans un contexte de rivalité avec le monde ottoman. Napoléon III rêvait de faire jouer à la France un rôle de premier plan dans le monde arabo-musulman. Aujourd’hui, l’existence de l’État d’Israël change la donne. Corrélativement, l’existence d’une immigration musulmane souvent peu éduquée, véhiculant le mépris du Juif (al yahoud), voilà qui fait subir une formidable involution à la mentalité issue de l’esprit des Lumières, quoique les Lumières soient elles-mêmes très divisées sur le chapitre de l’égale dignité de tous les hommes. Que de larges fractions de l’opinion soient désormais affectées par le prurit de l’antisémitisme n’a rien de surprenant, cela est le résultat d’une volonté politique, savamment distillée. En matière d’opinion, et de politique de l’opinion, il n’y a pas de génération spontanée. Les grands médias ont été chargés de diffuser la doxa antisioniste, depuis la fin des années 60 du XXe siècle, et trois générations de Français ont bu de ce lait. Cette nouvelle modalité de l’antisémitisme a été sciemment inculquée, et rares sont les esprits qui ont passé l’évidence antisioniste au tamis de l’esprit critique. L’expression antisioniste est d’autant plus désinhibée, qu’elle repose sur des motifs pleins de noblesse : l’antisionisme se présente comme un humaniste et un antiracisme. C’est au nom de l’humanisme et de l’antiracisme que l’on se dit antisioniste.

YG : Pourquoi, dans le discours commun, le « sionisme » est-il présenté comme une idéologie criminelle ?

GES : Votre question me donne l’occasion de faire retour sur la genèse de ce phénomène idéologique. Je viens d’éclairer le versant français de cette affaire. Il faut maintenant éclairer le rôle des principaux vecteurs de cette péjoration. À proprement parler, l’antisionisme est une forgerie des propagandes totalitaires. C’est dans la littérature nationale-socialiste que se trouve d’abord le point de mue de l’antisémitisme culturel de la fin du 19è siècle en antisémitisme racial et en antisionisme génocidaire. Cela est exprimé en toutes lettres dans Mein Kampf. Hitler appuie son « raisonnement » sur l’argumentaire des Protocoles des Sages de Sion ; tout en appelant au gazage des Juifs (dès 1924), il fustige le mouvement sioniste, l’accusant de vouloir susciter un État juif qui sera la tête de pont de la conspiration juive mondiale. Comme nous le savons, cette littérature a été traduite en arabe et a trouvé de profonds échos, notamment dans le mouvement national palestinien, à l’époque du Mandat britannique sur la Palestine. C’est dans ce contexte que l’antisémitisme hitlérien entre en symbiose avec l’antijudaïsme des Frères Musulmans. Aujourd’hui la proximité des leaders du mouvement palestinien avec les Frères musulmans, ancêtre de l’OLP de Yasser Arafat, a été mise en exergue par de nombreux historiens, notamment par Cuppers et Mallmann dans leur étude Croissant fertile et croix gammée[2]. Cette part significative, et toujours vivace, de l’archive judéophobe, ne peut plus être refoulée.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement palestinien, militairement vaincu, comme toute la coalition arabe qui s’était formée contre Israël, tombe dans l’escarcelle de l’Union Soviétique. À partir de ce moment, l’URSS écrit un nouveau chapitre de l’histoire de l’antisionisme. Ce n’est plus la conspiration juive que fustigent les staliniens, mais le sionisme allié de l’impérialisme américain, le sionisme incarnation du capital. Il s’agit d’une variante du même schéma. Léon Poliakov, qui fut mon maître en matière d’analyse des figures de discours de la judéophobie, a été sans doute le premier intellectuel de langue française à souligner cette évolution : De l’antisionisme à l’antisémitisme, ainsi que De Moscou à Beyrouth demeurent des petits chefs-d’oeuvre,  des livres pionniers[3]. Poliakov montre aussi la manière dont la propagande stalinienne reprend purement et simplement les caricatures du Sturmer pour « nazifier » Israël. Comble de l’ironie, Poliakov montre aussi comment les services de la propagande communiste ont utilisé les compétences d’anciens nazis. L’antisionisme tel que nous le connaissons, et tel que les « progressistes » acquis à sa cause le pratiquent de nos jours, sort directement des officines du KGB. Le savent-ils ? Connaissent-ils les différentes étapes de cette évolution ? Peut-être que la plupart l’ignorent. Souhaitons-le ! Ils auraient alors le bénéfice du doute, celui que l’on peut accorder à l’ignorance, qui n’est pas forcément une fatalité… À cela, il faut ajouter le rôle de vecteur de l’extrême gauche, notamment française, qui a battu des records de forgerie à partir de 1968. L’échec des révolutions prolétariennes, les désillusions du soviétisme ont entraîné dans ses rangs une radicalisation de la lutte anticapitaliste, et ses représentants ont joué un rôle considérable dans la promotion et la banalisation d’un antisionisme à visage humain, décorrélé de l’antisémitisme, devenu tabou en Europe, après la Shoah. Les Palestiniens en sont venus à occuper la place qu’occupait le prolétariat dans le marxisme classique. C’est de la part de la gauche un phénomène que l’on pourrait qualifier de colonisation des territoires de l’imaginaire politique européen. L’extrême gauche a affiné, si je puis dire, le travail de mise en circulation de ce que j’ai appelé des « équation efficaces », destinées à présenter d’Israël une image répulsive. Ces équations idéologiques définissent une pseudo-logie : « sionisme = nazisme », « sionisme = apartheid », « sionisme= racisme », « sionisme=impérialisme », etc. Lorsque l’on connaît l’histoire, la réversibilité des termes sonne faux, et dénonce ces « équivalences » comme des aberrations, historiques aussi bien que sémantiques. Faut-il rappeler que les Sionismes sont nés en réponse à l’antisémitisme du 19è siècle: russe, allemand, français, et ottoman?

YG : Qu’en déduisez-vous sur la nature de cet antisionisme, qui se porte si bien aujourd’hui ?

GES : Une compréhension très accessible : lorsque quelqu’un fait profession de foi d’antisionisme, il ne peut s’agir que d’un ignorant, ou d’un crypto-antisémite. D’un ignorant parce que son antisionisme sincère témoigne de sa méconnaissance complète de sa propre histoire, celle de l’Europe – d’Est en Ouest-, et plus grave de son incompréhension foncière de la raison d’être du sionisme, qui fut unanimement conçu par les Juifs qui s’y sont ralliés, comme une issue à l’antisémitisme. De plus, que veut dire « être antisioniste » après la Shoah ? Ces antisionistes au grand cœur, feignent d’oublier qu’il n’y avait plus de place sur terre pour le peuple juif. En somme, qu’est-ce que l’antisionisme propose aux Juifs ? Le retour à la situation d’exil, et d’exposition passive à toutes les formes de la persécution ? À quelle sorte de destin historique l’antisionisme promet-il les Juifs ? Au mieux, à leur disparition en tant que représentants d’une identité singulière, porteur d’un message universel, au pire à leur liquidation physique. L’antisionisme est la nostalgie d’une société où l’on pouvait poursuivre un Juif au cri de Hip ! Hip ! Hip ! (Hieroslima est perdita !/Jérusalem est perdue !), l’humilier et le tuer impunément. Voilà le programme de l’antisionisme. Pour autant, je ne confonds pas l’antisionisme islamo-gauchiste ou génocidaire avec l’asionisme de nombreux Juifs qui font le choix de l’intégration dans les sociétés démocratiques. Ceux-là ont affirmé un choix conséquent, en se détachant à titre individuel du destin collectif d’Israël. Pour moi, ils le font à leurs risques et périls.

YG : La popularisation du terme « islamo-gauchisme » qui désigne la convergence entre certains mouvements de gauche et de l’islam politique permet, pour la première fois depuis des décennies, d’aborder le problème de la désintégration de l’État-Nation à laquelle aspirent les islamistes, les décoloniaux et la gauche radicale. Le sionisme a un statut spécial dans cette constellation. Pourquoi ? Pourquoi n’en parle-t-on pas ou si peu ? Cela semble être le point mort des discussions dans les médias ou entre intellectuels, quand il ne s’agit pas de Pierre-André Taguieff ou de Shmuel Trigano.

GES : Vous avez entièrement raison. Le fait est que l’État d’Israël représente un pôle identitaire affirmé, en tout cas dans les imaginaires collectifs. Et le signifiant « Israël » n’a jamais été compris, il a été combattu, mais pas compris. Le sionisme se trouve dans une situation paradoxale, du fait du caractère anormal ou atypique de l’histoire juive, au regard de la philosophie politique européenne. D’abord, le sionisme est la dernière expression du principe des nationalités, il s’est affirmé pour la première fois, avec un décalage de près d’une génération sur la dynamique d’auto-détermination née du printemps des peuples, en 1848. C’est du reste ainsi que son premier théoricien, Moses Hess, dans Rome et Jérusalem, explicite le titre de son livre en 1862: la dernière question des nationalités. Hess est le premier théoricien du sionisme, en ce sens qu’il renoue avec l’idée du caractère national du peuple juif, idée qui s’est perdue en terre chrétienne. Comment comprendre le sionisme, dans un contexte où l’idée de peuple suppose des critères précis : la base territoriale, la communauté de langue ? Or les Juifs ne sont nulle part chez eux, ils sont dispersés, n’ont plus de langue commune, et sont réduits depuis près de deux millénaires à supporter le carcan symbolique d’une entité théologique, ils sont « le peuple du Livre ». Voilà que sous la pression d’un mouvement antisémite international -pogromes en Russie, statut de dhimmi et violences antijuives dans l’empire ottoman, affaire Dreyfus en France, pétition des 200000 en Allemagne, floraison des ligues et des partis antisémites, etc. – ils entendent reconstituer leur nation. En Allemagne notamment 200000 signataires réclament que les Juifs soient déchus de leurs droits, récemment acquis ; cela se passe plus d’un siècle avant la Shoah, c’est déjà un évènement annonciateur…La dynamique du sionisme est à cet égard constante, depuis Moses Hess, jusqu’à Théodore Herzl, en passant par Léo Pinsker. Il s’agit pour les penseurs sionistes de rendre au peuple juif sa dimension historico-politique, ni plus ni moins.

Or ce n’est pas ainsi que l’entendent les nations, habituées, du fait de la polémique théologique contre le judaïsme, à considérer celui-ci comme une « religion ». Récemment, les travaux de Philippe Borgeaud – en particulier son étude : L’histoire des religions[4], a bien mis en évidence que cette notion de « religion » ne saurait s’appliquer à quelque culture que ce soit, en dehors du christianisme, parce que celui-ci va faire corps avec la « religion impériale » de Rome, et s’en approprier les formes symboliques, en tant que « religion d’État ». Le Judaïsme est une civilisation, qui a été déracinée par les empires. C’est à cette situation que le sionisme a entendu mettre fin. Le second paradoxe tient au fait que la souveraineté juive s’est surtout affirmée concomitamment à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à une époque marquée par le reflux du nationalisme, et bientôt la critique de l’État Nation. Le reflux du nationalisme est forcément assimilé au refus du bellicisme et de la violence doctrinale dont ont fait preuve le national-socialisme et les fascismes. Quant à la critique de l’État-Nation, elle s’est peu à peu déduite de la formation de l’Europe supranationale, dans le contexte de la polarisation Est/Ouest, à l’époque de la guerre froide. Une nouvelle ère culturelle s’est épanouie, fortement favorisée par le développement du post-marxisme et du post-structuralisme, sous le rapport de ce que l’on appelle d’un terme assez vague la philosophie post-moderne. Or cette pensée post-moderne est paradoxalement très marquée par la philosophie de Heidegger, l’artisan de Abbau, la destruction/déconstruction de… l’humanisme européen. À cet égard, les analyses de Jean-Pierre Faye (Le Piège[5], mais aussi la Lettre sur Derrida[6]) et celles de son fils Emmanuel Faye (L’introduction du nazisme dans la philosophie[7]) gagnent à être mieux connues. Au-delà du champ philosophique, le principe de la déconstruction a fait souche dans le débat idéologique : l’idéologie décoloniale est une métastase du post-marxisme mâtiné de déconstruction. C’est là que les deux souches virulentes se rejoignent : d’un côté la mauvaise conscience de l’Occident, qui, pour s’exprimer, recycle follement les idées du plus grand penseur nazi du XXè siècle, d’autre part l’idéologie du djihad conquérant, qui révèle le principe historique de l’islam primitif. Ces deux souches culminent dans une posture inlassable de ressentiment, dont Max Scheler a explicité les mécanismes, il y a déjà un siècle[8]. Néanmoins, la critique du néo-antisémitisme que représente sciemment l’antisionisme constitue un angle mort du débat public, comme s’il ne s’agissait que d’une « affaire juive ». Or c’est tout le contraire. Par leur complaisance et leur démagogie, les démocraties occidentales ont joué le jeu de la centrale palestinienne, elles l’ont financée, en relayant sa propagande anti-juive, depuis le milieu des années 60. Si des germes d’antisémitisme demeuraient vivaces en Europe, après la Libération, c’est à l’OLP que le monde actuel doit d’avoir été de nouveau submergé par cette vague d’antisémitisme. L’OLP dont j’ai naguère analysé la Charte[9], demeure le vecteur de propagation le plus virulent : elle a pris le relais de l’Église en matière de diffusion universelle de l’enseignement du mépris. Le discours canoniquede l’antisionisme, sa charte internationale, c’est précisément celle de l’OLP. Par ce texte, l’OLP signe sa double filiation : d’abord nazie et stalinienne, mais aussi par sa tonalité tiers-mondiste qui lui a conféré sa « respectabilité », pendant des décennies, auprès des gauches européennes. A la souche totalitaire, l’OLP emprunte explicitement, le schème conspirationniste des Protocoles des Sages de Sion, au tiers-mondisme, l’OLP emprunte l’idéologie anticolonialiste et l’anti-américanisme.

La charte du Hamas, plus récente, campe sur les mêmes positions. Voilà comment Y. Arafat, le jeune loup du Mufti, a refait surface, dans les années soixante, sous la guise de l’agnus dei au moment de la création du Fatah. Les anciennes connivences se sont manifestées ouvertement au moment du massacre des athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich : cet attentat avait été rendu possible grâce à la caution logistique d’anciens nazis. De nos jours, dans les manifestations « pro-palestiniennes », les « antisionistes » exhibent de nouveau la croix gammée sur leurs banderoles aux couleurs de la Palestine, ce n’est pas l’expression d’un ‘’dérapage’’, mais la signature d’une authentique filiation…Il y a ensuite la connivence totalement inattendue, mais par un effet de conjoncture, du discours des grands médias et du discours de l’extrême gauche, qui ont servi de relais aux prétentions de l’OLP, en fabriquant un véritable catéchisme – en un mot un vulgate– à destination du grand public : les grands médias, en vertu de l’alignement pro-palestinien des gouvernements successifs, depuis 1967, l’extrême gauche par son action continue sur la société civile, et ses capacités d’entrisme à l’université notamment. Voilà très précisément l’origine de la doxa antisioniste. Ceci tisse une trame très complexe, que l’absence totale de connaissance historique rend difficile à dénouer. D’où l’existence d’un phénomène idéologique globalement très structuré, qui constitue du point de vue cognitif une structure de piège, à laquelle il est presque impossible d’échapper. Lorsque la répétition s’en mêle, cela donne un mécanisme psycho-affectif qui court-circuite la possibilité même de la pensée, et impose au tout venant des conduites-réflexes. Cette doxa crée les conditions d’une véritable inhibition cognitive. L’ensemble de ces paramètres, leur combinatoire historique, liée à des stratégies délibérées, gouvernementales mais aussi militantes – de niveau logique entièrement distinct- contribuent à définir l’espace massif de ce « point mort », de ce que j’appelle l’angle mort du débat public en France, mais pas seulement.

YG : Nous savons depuis l’heureuse formule de Jankélévitch que « l’antisionisme est une incroyable aubaine pour les antisémites. L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est permission d’être démocratiquement antisémite ». Nous avons Tariq Ramadan ou encore  Jean-Luc Mélenchon comme exemples d’antisionisme radical. Mais il existe aussi des Juifs antisionistes en France, et des Israéliens antisionistes aussi : cela va de Shlomo Sand jusqu’à Elie Barnavi. Pourriez-vous faire la distinction entre ces formes d’antisionisme ? Qu’est-ce que c’est d’être antisioniste ?

GES : Vladimir Jankélévitch avait vu juste, en identifiant le principe génétique de l’antisionisme. L’antisionisme radical est une forgerie du nazisme et du stalinisme, reprise par le nationalisme islamiste des Palestiniens au début du Mandat britannique sur la Palestine, pour s’opposer à la progression du mouvement sioniste. Jankélévitch, tout comme Poliakov, qui avaient la mémoire des choses, appartiennent à cette génération qui a été témoin de la mue de la judéophobie traditionnelle. Selon moi, l’antisionisme est la dernière modalité historique connue de la judéophobie, après l’antijudaïsme théologique (chrétien puis musulman), et l’antisémitisme moderne (culturel, raciste et/ou nationaliste). Ces trois modalités sont liées par un même invariant : la criminalisation du fait juif, comme je l’ai écrit au début des années 2000 dans mon essai L’antisionisme. Israël/Palestine aux miroirs d’Occident, que Pierre-André Taguieff avait accueilli dans la collection qu’il dirigeait alors aux éditions Berg. À cet égard, l’antisionisme de Tarik Ramadan est congruent avec l’idéologie des Frères musulmans. Si nous savons généralement que son grand-père était le fondateur de la confrérie, l’on sait moins en revanche que son père était l’émissaire pour la Palestine du Grand Mufti de Jérusalem. Quant à Jean-Luc Mélenchon, son antisionisme est celui d’un communiste pro-soviétique reconverti dans le populisme islamo-gauchiste, rien que de très congruent là encore. Il existe donc bien ce que j’appelle une archive judéophobe, très étayée, dont la matrice est recyclée au gré des conjonctures. Sous ce rapport, l’antisionisme est un phénomène idéologique très structuré, qui permet de donner le change, sous le prétexte de faire valoir un point de vue anticolonialiste, aujourd’hui « décolonial ».T. Ramadan et J.-L. Mélenchon, sont des incarnations des souches idéologiques que je viens d’évoquer et de situer l’une par rapport à l’autre. Ce sont des alliés objectifs du point de vue tactique, et des alliés subjectifs du point de vue de leurs convictions propres : l’islamisme radical du premier, le laïcardisme agressif et l’opportunisme électoraliste de l’autre. Il existe aussi une genèse intellectuelle de gauche de l’antisionisme français, qui est lié à certaines lectures juives du marxisme, dans le contexte de l’après-guerre mais aussi de la décolonisation. Je vous propose d’examiner cet éventail de positons. Indépendamment d’une affiliation marxiste, pour beaucoup, le sionisme a été vécu comme une assignation, et la réponse élémentaire a consisté à opposer un refus, en cherchant à théoriser une alternative.

Ce fut le cas d’un intellectuel comme Richard Marienstrass, l’auteur d’Etre un peuple en diaspora (1977), qui reconduisait les conceptions diasporistes de l’historien Simon Dubnov, assassiné au moment de la liquidation du ghetto de Riga. À côté de cela, il faut prendre en considération le cas de la gauche juive, critique du sionisme, modérée ou radicale, qui  s’explique autrement. Cette conception s’origine d’une part dans Marx lui-même, mais très certainement dans les élaborations ultérieures – notamment autonomistes (le Bund) spécifiquement juives, ou internationalistes (trotskystes). L’opusculed’Abraham Léon : La conception matérialiste de ma question juive[10], a exercé une influence notable dans de nombreux milieux juifs détachés du judaïsme traditionnel. On voit pointer là la perspective d’une résolution de la question juive dans le cadre d’un universalisme de sensibilité révolutionnaire. Un universitaire influent en son temps tel que Maxime Rodinson, a occupé une place central dans ce dispositif. Auteur de Question juive ou problème juif ? ,il a fixé pour longtemps la norme de l’interprétation « coloniale » du sionisme, en donnant le ton par son article rédigé pour l’Encyclopaedia Universalis au début des années 70 du vingtième siècle. Simultanément, la descendance idéologique de communistes d’origine juive, tel que Henri Curiel, via Le Monde diplomatique, avec des vecteurs d’opinion comme son fils Alain Greisch, ou Dominique Vidal – tous deux passionnément antisionistes- a contribué et continue encore à brouiller les cartes sur la question de savoir qui est juif et surtout comment l’être. Ce sont ces intellectuels de gauche, « universalistes », qui ont contribué à ethniciser le sionisme, à le défigurer en présentant des versions controuvées de la révolution sioniste. Ces deux journalistes, experts auto-proclamés du Proche Orient ont consacré une bonne partie de leurs écrits et de leurs interventions à tâcher d’apporter la démonstration de l’indépendance de l’antisionisme et de l’antisémitisme.

Au regard de la connaissance historiques, ce sont des gesticulations sans pertinence, de pures théorisations polémiques qui servent des buts de conquête idéologique de l’espace public. Quant à leur collusion avec l’islamisme radical, elle est une caractéristique intrinsèque de leur engagement[11]. En leur temps, cela ne les a pas empêchés de suggérer à l’OLP de se rapprocher de la gauche européenne, ni de s’aligner eux-mêmes sur le principe du « socialisme dans un seul pays », qui, après tout, est un ultra-nationalisme, un nationalisme impérial au sens obvie de ce terme. Quelque chose de cette fibre est passé dans la gauche française parlementaire, laquelle entre socialisme et communisme a longtemps balancé pour adopter une position claire sur ce sujet. Les communistes ont toujours hurlé avec les loups, au nom de l’anticolonialisme et de l’anti-impérialisme. Quant aux socialistes ils étaient divisés, ou ambivalents, ou dans le déni. On se souvient du retournement du Parti Socialiste, pour des motifs électoralistes, au début des années 2000 : il suffit de rappeler les positions d’un Pascal Boniface, auteur de : Est-il permis de critiquer Israël ?, mais aussi à l’attitude de Lionel Jospin, alors premier ministre, au moment de la deuxième intifada : il n’y avait pas d’antisémitisme dans les universités, et l’antisionisme était un non-sujet… Le cas des israéliens antisionistes est différent, même si leur discours entre en convergence avec celui des antisionistes radicaux, en leur conférant une précieuse justification (« si ce sont des Juifs qui le disent, alors il est illégitime de nous taxer d’antisémitisme », etc.). L’antisionisme israélien repose sur plusieurs composantes. Il a différentes sources : le Berit Chalom[12], le sionisme marxiste, le sionisme socialiste, pénétré de moralisme, les nouveaux historiens, et le post-sionisme, qui est la modalité israélienne du post-modernisme. Chez les militants du Berit Chalom, règne une certaine naïveté, qui se condense dans l’impératif d’une éthique sans politique, à l’heure des pogroms antijuifs déclenchés par le mouvement palestinien ! De cette posture, il reste l’essentiel chez les antionistes israéliens, qui est un moralisme belliciste. Ainsi, le cas de Shlomo Sand est paradigmatique : il cumule la posture moraliste, le rejet de la tradition juive, comme prisme d’intelligibilité de la signification historique du sionisme, et l’adhésion crypto-communiste à la critique anticolonialiste, héritée du prisme de lecture marxiste. Quant à Elie Barnavi, ou à Abraham Bourg, ils sont représentatifs de l’élite du pays, installé, comme beaucoup d’intellectuels, dans la posture du donneur de leçon, également perméables au thème marxiste et post-marxiste de la prétendue culpabilité de l’Occident. Pour moi, ces esprits se leurrent, leur analyse est fausse, car elle prend pour référentiel les catégories de l’historiographie hégélienne : les Juifs ne sauraient avoir d’État, et s’ils en ont un, il ne faut surtout pas que celui-ci se distingue par des traits de caractère juifs. Mais le sionisme c’est précisément cela. Il a été pensé par le peuple juif dans un moment de grand péril, pour rétablir la souveraineté juive, en assumant l’histoire juive. Le sionisme authentique n’est pas en rupture avec le messianisme juif, il le vivifie mais ne l’abolit pas.

Les antisionistes juifs, on peut le présumer, expriment d’abord un besoin de normalisation, qui cache une demande d’amour : « ’Acceptez-nous, aimez-nous, nous ne sommes pas différents de vous, nous sommes comme vous ». À ce compte, il était inutile de se défendre contre la judéophobie, ou de chercher à affirmer une indépendance nationale. Les nations avaient envisagé tout ce qui pouvait convenir à ces Juifs-malgré-eux : depuis l’universalisme-assimilationniste des Lumières, jusqu’à la solution finale des nazis. C’est ce malaise, ce refus d’être soi-même qui explique l’histrionisme pathétique d’un Shlomo Sand, et avant lui d’un Michel Warshawski.  Que l’ENS-Ulm accueille Sand en conférencier est un signe marquant de décadence culturelle. Je crois qu’étant donné le peu de rigueur intellectuel de Sand, même Louis Althusser ne l’aurait pas toléré … On serait tenté, dans le cas de Sand, d’arguer de la haine de soi, dont Théodore Lessing a fait l’analyse.. Mais je ne suis pas favorable à cette analyse psychologique. Il s’agit pour moi d’un problème idéologique qui a sans doute des conséquences psychiques. Lessing parlait pour une certaine catégorie de Juifs cruellement atteints par le malaise identitaire dans une société qui les rejetait, en dépit de leur volonté d’assimilation et de leur loyalisme. Tout cela c’était avant la Shoah, et avant la création de l’État d’Israël. L’antisionisme d’une partie des israéliens n’a plus grand-chose à voir avec ce phénomène individuel. Il est le symptôme partiellement collectif d’une volonté de normalisation. Volonté très marquée à gauche notamment : « Être un peuple comme les autres », mais sans la fierté patriotique des premiers sionistes. N’est-ce pas l’écrivain A. B. Yehoshua qui a publié un essai au titre éloquent : Pour une normalité juive. Selon cet auteur, la normalité juive, c’est la normalité des nations, mais dans un contexte historico-politique, où à l’heure des nations précisément, la judaïté cesserait d’être un point de reconnaissance identitaire. Cette tendance s’explique encore justement par le poids rétrospectif mais toujours pesant que représente le double héritage de l’histoire juive, sous son versant négatif avec la Shoah, dont il ne faut pas sous-estimer la gravité en matière de traumatisme collectif, et sous son versant biblique non pas « particulariste », mais singulier. Ce double héritage est très lourd à porter. Comme l’a montré E. Yakira dans : Sionisme, post-modernisme, Shoah[13], l’État d’Israël s’est en partie construit contre l’histoire du judaïsme diasporique. Les fondateurs ont voulu apurer les comptes, et bâtir une nation israélienne qui ne serait plus comptable de ce passé qui était aussi un passif. Ce sionisme déraciné de son historicité -positive (la tradition du judaïsme historique) et négative (la Shoah, rançon de la judéophobie diasporique)- c’est cela qui a fait le lit du post-sionisme. Il y a enfin le cas d’intellectuels dont on ne peut pas dire qu’ils soient antisionistes, mais qui du fait de leur adhésion au schéma de l’analyse marxiste de l’histoire tendent à ignorer la singularité de l’histoire juive, en projetant sur l’histoire du sionisme les mécanismes coloniaux. Il est symptomatique que lorsqu’ils sont francophones, ces intellectuels fourbissent leur critique en usant de références qui sont celles de la colonisation française. Ils seront ainsi enclins à analyser le conflit palestino-israélien dans les mêmes termes que des militants du F.L.N analysaient la nécessité de l’indépendance algérienne. Je me souviens ainsi d’une soirée thématique, au début des années 90, à la cinémathèque de Tel-Aviv, organisée par Denis Charbit et Elie Barnavi, autour de la projection du film : La bataille d’Alger. Voilà le fonds de commerce idéologique de la gauche israélienne, à l’heure du débat sur l’identité nationale… Après la projection, tout l’échange avec la salle a tourné autour de l’argumentaire selon lequel les Israéliens agissaient dans les « territoires » comme les bérets rouges de Bigeard avec le F.L.N. Ce jugement faux n’est pas de nature à enrichir la compréhension des véritables enjeux du refus palestinien. À partir de ce schème, plusieurs générations d’Israéliens déculturés, ont été éduqués par de mauvais maîtres avec la conviction d’être issus d’une nation d’envahisseurs et de colons, au sens des impérialismes européens. Mais un Juif ne sera jamais un « colon » en Judée ! L’inculcation de ce même schéma dans les universités, et le développement de deux discours concomitants, à partir de grilles de lecture complètement inappropriées, à quoi se sont ajoutées les thèses analogues des « nouveaux historiens » (exception faite de Benny Morris) procède d’une erreur de jugement, qu’il est aisé de repérer.

Y.G. : Vous avez fait allusion au climat qui règne dans les universités françaises. Quel rôle jouent-elles dans la diffusion de l’antisionisme ?

G.-E.S. : Ce sont moins les universités en tant que telles que certains universitaires, militants actifs de la cause palestinienne, qui ont considérablement pesé dans la politisation des universités. Au fil des décennies, celles-ci sont devenues des foyers significatifs de promotion de l’antisionisme. Une fois encore cela remonte à la fin des années soixante, lorsque l’extrême gauche a inventé de toute pièce la cause palestinienne, comme un motif clef de la mobilisation du monde étudiant. D’année en année, il s’est créé un profil type de l’universitaire progressiste, nécessairement hostile à Israël, précisément sur le thème anticolonialiste, ce qui en dit long sur l’ignorance ou la mauvaise foi partisane de ces individus. Ils n’ont aucune autonomie de pensée, puisqu’ils participent par leurs discours consensuel d’une culture du psittacisme qui leur donne forcément raison… Au début des années 2000, ces mêmes collègues ont été des acteurs actifs du BDS, et nous avions dû faire beaucoup d’efforts pour enrayer une première fois ce mouvement. Ce sont les mêmes qui ont érigé en spécialité professionnelle l’analyse du discours des candidats à la présidence de la République, ou bien l’analyse du discours du Front national, pensant ainsi faire acte de résistance. Comme si l’histoire se répétait. Mais voilà une conception bien pauvre de la fonction critique, aussi bien que de la résistance, puisqu’à bien considérer les positions politiques en jeu, ces mêmes universitaires-militants forment la 5è colonne de l’islam radical. Ils représentent un certain dévoiement de la gauche, puisque par la nature même de leurs actions, ils fédèrent la nouvelle internationale antisémite, en lui offrant une caution académique. En admettant qu’il y ait quelque chose de progressiste à défendre la cause palestinienne, je pense avoir rappelé ce que cette cause avait de sujette à caution à sa racine même. Comment des gens qui se prétendent démocrates peuvent cautionner un mouvement dont l’idéologie de référence est celle des Frères musulmans ? Il y a là une sorte de dissociation philosophique que je m’explique mal, puisqu’à tout prendre, ces fonctionnaires de la République cautionnent quand même un projet – si on peut encore user de ce terme – profondément rétrograde : le refus de la souveraineté juive, la diffusion de l’agenda politique du terrorisme, et bien entendu le rejet de la société ouverte. Le discours de cette clique est celui d’une nouvelle forme de  fascisme: désignation de l’ennemi (« l’entité sioniste », « les sionistes »), suivi de son essentialisation (« colons », « occupants », avec toutes les connotations inhérentes à ces termes en Europe), le simplisme idéologique, le révisionnisme historique, l’esprit de délation, etc. Il s’agit d’une véritable institutionnalisation de la délinquance, fondée sur la diffusion d’un nouvel enseignement du mépris qui fait lien avec le modus operandi de l’antisémitisme classique. La péjoration constante du sionisme, ainsi que la délégitimation morale de l’État d’Israël, les mensonges régulièrement distillés n’ont pas peu contribué à la subversion du débat public. En ce sens le nouvel antisémitisme se trouve alimenté par le discours des ennemis d’Israël entré en convergence avec celui que véhicule, pour des raisons économiques ou électoralistes, les élites gouvernementales. Ce climat fait chorus avec la désinformation qui prévaut en France, si bien que ces enseignants portent une grande part de responsabilité dans l’effondrement du niveau culturel et le décervelage des étudiants dont ils ont la charge. Il y a enfin un paradoxe qui ne laisse de me faire méditer : l’antisionisme s’affirme au nom de l’amour de la paix, mais il faut bien dire qu’en tant que pacifisme de principe, il constitue la forme la plus sournoise du bellicisme.

YG : La France soutient l’OLP, organisation terroriste dirigée aujourd’hui par un négationniste, Mahmoud Abbas, couronné par l’Académie des Science russe pour sa thèse qui met en doute la Shoah. Elle a aussi soutenu son prédécesseur, Arafat, auteur de nombreux actes terroristes, organisateur de massacres génocidaires au Liban dont peu de français ont entendu parler. Quel est l’intérêt de la France dans ce soutien ?

GES : Les intérêts géopolitiques de la France ont amené les régimes et les gouvernements successifs à considérer que le monde arabe était un débouché et un allié naturel : sous la  monarchie, l’empire, la République, c’est un invariant. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, nous savons que la France a offert l’asile au Mufti de Jérusalem, qu’elle a aussi permis sa fuite, sous une fausse identité, ce qui lui a permis d’échapper au Procès de Nuremberg. La France savait ce qu’elle faisait, mais elle l’a fait en songeant au bénéfice qu’elle pourrait un jour tirer de ce geste. Après le renversement d’alliance, le tournant anti-israélien pris par De Gaulle, la France a choisi de s’impliquer en faveur de la cause palestinienne : Arafat, qui avait été l’émule du Mufti (il comptait au nombre de ses proches à l’époque de l’alliance entre le mouvement national palestinien et la diplomatie nazie), est devenu un allié fiable et fidèle. Elle lui a témoigné son soutien, et l’a accueilli dans ses deniers jours à l’hôpital des armées du Val de Grâce, tout un poème. Mais c’est aussi la France, qui a offert l’hospitalité à l’imam Khomeini, en chemin vers Téhéran, au moment de la révolution islamique. C’est cela la realpolitik…C’est encore la France républicaine qui a doté l’Irak antisioniste de Saddam Hussein d’un réacteur nucléaire que l’aviation israélienne a détruit pour ne pas permettre qu’Israël vive sous la menace d’une extermination nucléaire. N’eusse-t-il pas été plus cohérent que la France des Lumières, persiste à s’affirmer l’alliée naturelle d’Israël, après Vichy, après des siècles de présence des communautés juives en France ? C’est aussi la France républicaine qui a délibérément pris le parti de désinformer les citoyens français, en distillant via l’AFP les contre-vérités les plus grossières. Realpolitik, une fois de plus. Selon la même ligne de cohérence diplomatique, c’est encore la France qui détient à l’ONU le record des condamnations d’Israël, aux côtés de la majorité automatique, traditionnellement hostile à Israël (en vertu de la théologie politique de l’islam). Ceci étant, j’attends le moment où les paix d’Abraham, récemment conclues entre Israël et ses principaux ennemis arabes, porteront de tels fruits, que certains secteurs de l’Europe seront les derniers tenants de l’antisionisme, tandis que l’antisionisme sera devenu minoritaire parmi ses principaux tenants historiques. Aujourd’hui le gouvernement de Khartoum demande la « normalisation » avec Israël, alors que c’est à Khartoum que fut proclamé par la Ligue Arabe, en 1967, le programme des « 3 non à Israël » : non à la reconnaissance, non à la négociation, non à la paix… La topologie internationale sera entièrement modifiée : il y aura d’un côté les anciens ennemis ligués dans des alliances de coopération, et de l’autre les antisionistes has been, décoloniaux et post-modernes, emmenés par la France, avec ses mantras du Quai d’Orsay (« la solution à deux États »…). La position intangible de la France participe d’une longue tradition de réalisme politique et de pusillanimité, très bien analysée par David Pryce-Jones, dans son ouvrage : Un siècle de trahison, la diplomatie française, les Juifs et Israël (1894-2007). À mes yeux, cela est impardonnable, car la France – précisément en tant que puissance impériale et coloniale- a été présente dans le monde arabo-musulman pendant près d’un siècle et demi. N’a-t-elle rien retenu de cette si longue présence ? N’a-t-elle tiré aucune leçon du jusqu’auboutisme du FLN, dont les historiens admettent seulement aujourd’hui les racines islamistes ? En un sens nous avons là le même phénomène qu’avec l’OLP, qui est en réalité une émanation des Frères Musulmans palestiniens, mais qui a eu l’intelligence tactique de se couler dans le tiers-mondisme pour rendre acceptable son antisionisme. Le véritable point de mue se situe là, c’est cela la convergence des luttes…

YG : Pourquoi qualifiez-vous de mantra la position française et européenne de « la solution à deux États » ?

GES : Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que cette formulation, aujourd’hui dotée d’une efficience quasi-hypnotique, n’est qu’un argument d’autorité, dans la mesure où elle fait écho avec les pseudo-arguments de la sous-culture antisioniste. La prétendue « solution à deux États » est la traduction diplomatique du narratif palestinien, de la contre-vérité selon laquelle « le » sionisme, et l’État d’Israël sont fondés sur l’exclusion et l’expulsion des Arabes de Palestine. Or il faut ici rappeler un certain nombre de faits, que la propagande et la Realpolitik méprisent sans reste. Tout d’abord la Palestine, qui est le cadre de référence géopolitique à l’intérieur duquel se sont développés les deux nationalismes – juif et arabe- n’a jamais été le cadre de la moindre entité nationale palestinienne. « La » Palestine fait alors partie de la grande Palestine, qui inclut alors la Syrie et le Liban. Du reste, les congrès nationalistes ne se tiennent pas en « Palestine » (ni à Gaza, ni à « Jérusalem-Est », ni à Jéricho), mais à Damas. Pendant la période du Mandat britannique sur la Palestine (une autre partie de la Palestine est confiée à l’administration française…), les « Palestiniens » du Mufti de Jérusalem n’auront pas le moindre respect pour les communautés juives religieuses, ce dont témoigne le massacre de Hébron, notamment. Lorsqu’ensuite, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU vote le partage de la Palestine, en deux États – l’un juif, l’autre arabe-, les Arabes palestiniens, ont la possibilité d’affirmer leur dignité nationale. Non seulement ils rejettent cette décision internationale, mais ils se lancent avec la Ligue Arabe, dans une guerre d’extermination contre l’État d’Israël, car le mouvement sioniste, quant à lui, a dit « oui » à ce partage, et s’en contente. La possibilité d’un État palestinien faisait donc partie de l’agenda international, et il a été refusé au mépris du droit international. Après la défaite militaire, les Arabes de Palestine, sous la emmenés par le Fatah, ont inventé le terrorisme international, c’était leur alternative au droit international, précisément. Il faut encore rappeler, et cela ne choque personne et n’a jamais choqué personne, que les Britanniques ont créé la « Trans-Jordanie » (l’actuelle Jordanie) en …1922, pour trouver justement une solution nationale au « problème palestinien ». Tout cela est oublié. À la suite de la guerre d’indépendance, les portions territoriales allouées à l’État Arabe de Palestine, ont été annexées, respectivement par l’Égypte (la bande de Gaza) et la Jordanie (la Cisjordanie). Ce n’est qu’à la fin des années soixante-dix que l’Égypte et la Jordanie ont renoncé à leurs annexions, obligeant Israël à se débrouiller avec les populations de ces territoires. Il s’est produit dans l’intervalle deux autres guerres d’extermination – celle de 1967 et celle de 1973- que la Ligue arabe a encore perdues. Puis, l’État d’Israël a cru bon d’engager des négociations avec la centrale palestinienne (OLP), ce qui a conduit aux Accords d’Oslo, parce que depuis la création du Fatah et le ralliement international à « la cause palestinienne », la terre entière exigeait à l’unisson une « solution à deux États ». Nous connaissons la suite : aux termes des Accords de 1993 (Oslo), les « Palestiniens » ont obtenu l’autonomie politique graduelle. C’est la vague d’attentats des années suivantes qui a enrayé ce processus, et l’irrédentisme des mêmes « Palestiniens », bientôt rejoints par la faction plus radicale du Hamas. Depuis 2006, les « Palestiniens » sont gouvernés par deux entités politiques : le Hamas dans la Bande de Gaza, l’Autorité palestinienne en « Judée-Samarie », c’est-à-dire sur le territoire qui est le berceau historique du peuple juif. Voilà pourquoi le principe de « la solution à deux États » est un mantra hypnotique, parce qu’en vérité il existe déjà trois entités nationales palestiniennes : une monarchie (la Jordanie), un mini-État islamique (la Bande de Gaza), et une dictature tiers-mondiste (Jéricho et ses dépendances). En sorte que l’État palestinien que revendique l’antisionisme coïncide avec l’exigence inacceptable de la disparition de l’État d’Israël en tant qu’État du peuple juif. À cet égard, alors que les antisionistes et leurs émules moutonniers se sont fait une spécialité de dénoncer les « crimes de guerre » d’Israël, et les entorses au droit, ce sont eux en vérité qui incarnent le parangon du non- respect du droit international, et ceci depuis le début de l’histoire d’un conflit, dont ils sont les uniques responsables.

Si l’antisionisme ainsi compris triomphait, la solution à « deux États », serait en vérité une solution à quatre États : l’État d’Israël, devenu binational, la Bande de Gaza, la Jordanie, et les territoires de l’Autorité palestinienne de M. Abbas. Le principe de la « solution à deux États » est une formule qui n’a qu’une portée et qu’une valeur idéologique, dans un monde désymbolisé. Il est le symptôme manifeste de ce que l’Europe, mais aussi une partie des États-Unis, et par extension tous les partisans de la « solution à deux Etats » ignorent avec l’histoire les rudiments du calcul mental, en se convertissant massivement au narratif palestinien, qui est la version laïque de la sha’ada – la formule religieuse de la conversion à l’Islam. Du reste si les analphabètes ne savent pas lire, ils ont à tout le moins la possibilité de s’informer par des supports visuels : il suffit de ne pas être aveugle pour lire sans le moindre risque d’erreur la signification du logo de l’OLP, ou celui du Hamas. Le logo de l’OLP représente la géographie de l’actuel État d’Israël, couverte par deux fusils croisés, tandis que celui du Hamas, représente la Mosquée d’El Aqsa, auréolée de deux sabres : un beau mélange des deux versions de l’islam, radical avec les cimeterres  de l’expansion des premiers siècles, et « modéré » avec les fusils vendus par la Russie, et la Chine. On ne peut mieux établir le caractère substitutif de la « cause palestinienne », qui est le nouveau cri de ralliement des antisémites, pour toutes les raisons que j’ai dites. À tous égards, c’est l’antisionisme qui est intrinsèquement hors la loi.

YG : Vous faites apparaître le caractère pervers de ce narratif, banalisé à l’extrême

GES: Pour le moins, puisque le narratif palestinien est un narratif de substitution du narratif de l’histoire juive. La différence entre les deux narratifs, c’est que le narratif juif articule une mémoire historique, alors que le narratif palestinien est un leurre idéologique, l’un des aspects du caractère spéculaire de toute idéologie. Le narratif palestinien donne à reconnaître quelque chose qui ressemble à la passion du Christ. Les « Palestiniens » sont les nouveaux crucifiés… Leur propagande victimaire a su exploiter tous les ressorts de l’âme occidentale, et de la culpabilité européenne. Quoi de plus apaisant pour des nations qui ont été le théâtre de la Shoah de se convaincre, à l’unisson avec les faussaires du Hamas et les négationnistes de l’OLP que « les victimes d’hier, sont les bourreaux d’aujourd’hui », en faisant accroire qu’Israël a mis en œuvre « le génocide du Peuple palestinien » ? Le narratif palestinien reprend mot pour mot les éléments de langage de la mémoire juive : la clef de la maison que l’on a dû abandonner, le thème de l’exil et de la diaspora, celui de la spoliation, des massacres, de la résistance « héroïque » (des « combattants palestiniens »), analogue de celle du ghetto de Varsovie. C’était la rhétorique du journal Libération, à l’issue de la première guerre du Liban, au moment où l’OLP a quitté Beyrouth, sous escorte internationale. En leur temps, les combattants du Ghetto de Varsovie, qui étaient sionistes, et qui ont livré leur combat dans l’indifférence générale, n’ont pas eu cette chance…

Le motif de « la clef de la maison », est un emprunt aux récits des Juifs sépharades et orientaux expulsés des pays arabes après les indépendances. De ce seul point de vue, l’antisionisme a aussi su faire oublier qu’un million de Juifs ont été expulsés des pays arabes, entre 1948 et 1975, et qu’à ce jour il ne subsiste plus une seule communauté juive d’importance significative sous ces latitudes. Je suis moi-même issue d’une famille sépharade, et à ma connaissance, aucun Juif issu de ces contrées n’a été élevé dans la haine de ses anciens voisins, ni envisagé de demander un statut de réfugié héréditaire…Quant aux comparaisons outrancières, elles sont des lieux communs bien connus de la presse de gauche et d’extrême gauche, depuis que l’AFP, s’est mise au service de la « cause palestinienne », et qu’elle diffuse journellement les contes et légende de Palestine à l’intention de populations anesthésiées. On conçoit aisément la part de distorsion, de manipulation et de cynisme qui entre dans cette réécriture intégrale de l’histoire. En vérité la progression de l’antisionisme, lorsque l’on évoque la profondeur de son arrière-plan historique, se confond avec l’histoire d’une catastrophe culturelle de très grande ampleur : déshistorisation, naturalisation de contre-vérités, standardisation des mentalités, dégradation de la vie politique, subversion militante des institutions, polarisation extrême des adversaires, langue de bois et langue de coton, nivellement des « élites »,  « rationalisme morbide », au sens de la psychopathologie.

YG : La cause palestinienne est la raison d’entente entre tous les mouvements destructeurs qu’on appelle depuis une vingtaine d’années « islamogauchistes ». Si la France et l’Europe soutiennent cette cause contre Israël, comment espérer venir à bout de la haine d’Israël et comment arrêter la destruction de l’État Nation dont Israël donne l’image exemplaire et si détestée par les décoloniaux ?

GES: Notez bien que pour la coalition islamo-gauchiste, la destruction de l’État-Nation, et le harcèlement d’Israël sont de bonnes et saintes causes. Il n’y a que ceux qui se reconnaissent dans la forme de l’État-Nation, ceux qui mesurent la vie politique à l’aune des prérogatives et des devoirs de l’État-Nation – notamment démocratique- qui se sentent affectés par ce que vous qualifiez de destructivité. Il y a également ceux pour lesquels la souveraineté d’Israël est indiscutable, qui ont encore conscience du danger que représente l’islamo-gauchisme, pas seulement sur le plan politique, mais également culturel et sociétale. Une Europe des nations, qui exprimerait formellement son attachement à la démocratie, aux principes de la société ouverte, sans rien concéder à ses ennemis, serait sans doute la première étape de ce nécessaire redressement. Ensuite, un sérieux examen de conscience de la classe politique, de la gauche en particulier, aujourd’hui éclatée et divisée. Les fractions de droite aussi doivent se poser des questions, tout particulièrement la droite mondialiste, qui n’a eu de cesse pour des motifs économistes de contribuer à l’affaiblissement des identités nationales. Un débat sérieux doit se mener en Europe sur l’identité et la raison d’être de ce que Husserl appelait le telos de l’humanité européenne. Mais le problème est que les États-Nations européens n’ont pas fait le choix de défendre l’État d’Israël, et cela apparaît finalement comme leur talon d’Achille : comment concilier l’universalisme abstrait avec l’engagement soutenu qu’exigerait la défense d’Israël, qui, après tout, se situe dans le même camp politique et culturel qu’eux-mêmes ? Les élites européennes doivent cesser de se montrer pusillanimes et d’encourager à l’abdication de tout patriotisme. Cela me paraît d’autant plus nécessaire que l’État-nation laïc et universaliste est une forme historique, comme telle susceptible de passer. Or du point de vue historique, les identités ont été contenues et justifiées par deux sortes d’ensembles : étatiques ou impériaux. À quoi ressemblerait l’Europe fondée sur le principe de l’État-nation, en cas de victoire de l’islamo-gauchisme ?

YG : Quel rôle jouent les intellectuels dans la propagation des idées antisémites et antisionistes ? Qui sont aujourd’hui les propagateurs essentiels des idées anti-juives ?

GES : Tous ceux qui les diffusent, mais aussi tous ceux qui sont indifférents à leur diffusion et ne s’y opposent pas explicitement ni publiquement. Le spectre est assez large, il peut inclure nombre de nos collègues pour lesquels l’antisionisme, sa banalisation, font partie des naturalités de la vie politique et civique française avec lesquelles il est possible de composer. Par leur inaction, ils y contribuent. Qui ne dit mot consent. Je crois discerner quelques sursauts en ce moment, mais ils se sont tus longtemps, optant pour la posture de la majorité silencieuse en temps de crise. En sorte que là comme naguère l’antisémitisme était une affaire juive, aujourd’hui l’antisionisme est-il l’affaire de ce que la propagande désigne comme les « sionistes », avec cette tonalité d’invective qui entache aujourd’hui l’usage de ce signe. Cela me rappelle le mot du pasteur Niemöller : «  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate ; Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste ; Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  » Puissent nos collègues n’avoir pas réagi trop tard. Mais c’est une loi toute humaine, démentie par un nombre infime d’intellectuels – je pense à François Rastier. Les gens ne réagissent, s’ils le peuvent encore, que lorsqu’ils se sentent inquiétés dans leurs intérêts immédiats, ce sont des mécanismes corporatistes. Les intellectuels anti-décolonialistes réagissent aujourd’hui, parce qu’ils ont fini par se sentir concernés par les attaques du décolonialisme. Comme la plupart sont aujourd’hui gênés pour faire leur travail – la grande majorité sont des professeurs d’universités, et mieux encore des professeurs en retraite, presque au sens militaire du mot ! – eh bien ils réagissent, et pour les plus âgés, ils se désolent de voir les outrages que l’on fait subir à leur Alma Mater. Où étaient-ils depuis les premiers coups de boutoir de l’islamo-gauchisme ? Étaient-ils sourds, ou aveugles, ou naïvement persuadés que ce mouvement ne sortirait pas des marges ? Quant à s’impliquer pour réfuter la xénophobie antisioniste, à ce jour, et depuis 20 ans je n’ai pas lu une ligne de l’un d’entre eux sur ce sujet. Cela doit faire partie de ce qui est supportable, et peut être normal, voire éthiquement acceptable. Ils sont aussi comptables d’un clivage que toute la gauche, disons respectable, de Mitterand à Hollande, mais aussi la droite – de De Gaulle à Macron- a fortement inculquée : il faut protéger les Juifs, sanctuariser les victimes de la Shoah- mais il est nécessaire de participer aux pogroms médiatiques et diplomatiques contre Israël. Au mieux, ils s’abstiennent. C’est proprement le fait d’une cécité, aussi bien en matière de connaissance historique que de façonnement du « citoyen français ». Mais à leur décharge, je dois admettre qu’il était peut-être difficile d’interpréter que l’antisionisme des années 2000 était le signe avant-coureur de l’idéologie décolonialiste protéiforme qu’ils combattent aujourd’hui. Ceux qui le font, tous les collègues qui se sont aujourd’hui fédérés dans l’Observatoire du décolonialisme ne manquent ni de courage ni d’acuité pour le combattre et le réfuter avec une belle intelligence, et l’engagement dont ils témoignent les honorent. À côté de cela, la naturalisation de l’antisionisme, radical puis distingué, sous couvert de critique de la politique israélienne, est un tropisme caractéristique de la mentalité européenne, l’une de ses figures obligées. Or tout est là, sur l’échelle du préjugé, où situer le degré d’acceptabilité d’un énoncé ? Par leur non-interventionnisme, par leur silence – embarrassé ou complice- les intellectuels jouent donc un rôle majeur, celui de vecteurs d’opinion, même quand ils ne font rien, du moment qu’ils ne s’y opposent pas. Tout dépend, au-delà de la sphère académique, ce que l’on entend par « intellectuel » : les journalistes qui sont aujourd’hui des militants pro-palestiniens, et qui ont contribué à désinformer la population sur Israël, en relayant le narratif de l’OLP sont-ils des intellectuels ? Qu’est-ce qu’un porte-parole alphabétisé mais entièrement ignorant, et entièrement conditionné par le Zeitgeist de son aire culturelle ?

YG : Des personnalités phares du néo-féminisme radical se distinguent par leur antisionisme affiché. Judith Butler soutient ouvertement le mouvement BDS et signe régulièrement les pétitions anti-israéliennes, elle n’hésite pas à déclarer que les Frères Musulmans sont une organisation démocratique et qu’Israël est un état colonisateur. Angela Davis est une illustre antisioniste, la très décoloniale Françoise Vergès n’hésite pas à parler de l’état colonial, militariste, machiste et indifférent à l’autre. Pourquoi ces féministes radicales se fixent sur Israël à l’instar des décoloniaux, de la gauche radicale et des islamistes ?

GES : En agissant comme elles le font, toutes ces personnalités ont la conviction de témoigner publiquement de leur engagement humaniste et universaliste. Autrement, elles ne le feraient pas. C’est donc qu’elles ont intériorisé les équations efficaces dont je parlais tout à l’heure. Mais au fond de leur engagement, il se joue pour elles, un combat éthique de premier plan, très caractéristique de la post-modernité : c’est la lutte contre la civilisation patriarcale. Mieux, c’est la volonté d’en découdre avec le fantasme du patriarcat oppressif. De ce seul point de vue, le féminisme radical se déduit de l’antijudaïsme qui sous-tend l’antisionisme. Le signifiant Israël agrège toutes les figures de l’autorité : le père, le juge, le maître, le guerrier… Ce radicalisme est la marque de l’intolérance à ce que représente la figure archétype du juif. Il n’est donc pas étonnant que la convergence des luttes s’articulent également sur un substrat symbolique qu’il s’agit de contester à sa racine. C’est une expression de ce que les psychanalystes Bella Grumberger et Jeanine Chasseguet-Smirgelont appelé L’univers contestationnaire. Il s’agit toujours de tuer le juif symbolique. C’est le principe même de la désymbolisation contemporaine, qui consiste à s’attaquer au cadre du moralisme judéo-chrétien présumé. Il y a au fond de cette posture un fantasme parricide. Les psychanalystes les plus avisés ont identifié et dénoncé le danger d’une telle geste : la contestation de la tradition est au cœur de la destruction des généalogies que garantit le nom du père. Or le monde d’après Auschwitz se distingue justement par ce que A. Mitscherlich a appelé « la société sans père », et Lacan après lui le « déclin de la fonction paternelle ». Le mal est profond, et ce même diagnostic reconduit par des auteurs plus récents : Charles Melman, Jean-Pierre Winter, etc. Il y a peut-être une corrélation entre la destruction des Juifs d’Europe et la poursuite du fantasme parricide. Ce même fantasme commande d’abord les polémiques théologiques, il s’agit toujours de détrôner le père, de le remplacer. L’antisionisme est une figure freudienne, la horde des fils lancés dans la reconduction inlassable du meurtre du père, et revendiquant pour eux une infinité de droit, une jouissance infinie.

YG : Y-a-t-il une particularité de l’antisionisme de certains intellectuels juifs, comme J. Butler que j’évoquais à l’instant, ou bien N. Chomsky ?

GES : Le discours que tient J. Butler procède d’une posture typiquement juive, caractéristique de l’Amérique du Nord. N. Chomsky l’a précédée, au nom de la critique de l’impérialisme. Le propre de ces « intellectuels juifs » est précisément de ne plus se rallier au judaïsme au sens historique et culturel de ce terme. Ce profil intellectuel s’analyse en termes très particuliers. Ces intellectuels appartiennent à la tradition du radicalisme américain, assez proche de la philosophie libertaire, quoique Butler ait évoluée vers la déconstruction, ce que n’a pas fait Chomsky, lequel campe sur des positions qui sont celles du paradigme anti-impérialiste « classique ». Il s’agit d’intellectuels d’origine juive, entièrement déjudaisés. Ils ont été littéralement aspirés par la logique centrifuge du narratif victimaire, distinctif du palestinisme. Ils sont également très représentatifs, à ce titre, des effets clivants de la judéophobie : la culpabilisation des Juifs par la propagande palestinienne, a poussé nombre de bons esprits à se désolidariser du peuple juif et du destin national du peuple juif, en préférant un choix individualiste, plus fortement valorisé dans le contexte d’une culture académique-universaliste. Autrement dit, c’est un ethos. À cet égard, ils sont des incarnations de l’universalisme abstrait, sans se rendre compte qu’en tant qu’idéologie dominante de l’impérium Nord-américain, cette posture est un ethnocentrisme qui s’ignore. Il en résulte que toute identité singulière collective, devient la cible de leur péjoration. Dans la droite ligne de leur choix philosophique, ils naturalisent leur choix existentiel, qui est celui  d’une assimilation provocatrice qui les exonère de toute compromission avec l’Israël historique qu’ils appellent à discriminer. De manière tendancielle, ce sont des figures héroïques de l’identification à l’agresseur, de solides cautions de l’antisionisme, puisque si ce sont des Juifs qui le diffusent, alors c’est que ce doit être « vrai ». Cette façon de donner le change les installe comme des porte-parole de la justice, alors qu’ils pêchent contre l’esprit. Mais ces choix les protègent de l’hostilité d’ennemis inconciliables, puisqu’ils les devancent et les justifient.

YG : Vous revenez souvent sur l’idée que l’hostilité vis-à-vis du principe de l’État juif trouve aussi sa source dans une conception abstraite de l’universalisme. Que voulez-vous dire ?

GES : Il s’agit en effet d’un point important. La plupart des adversaires doctrinaux d’Israël s’entêtent à critiquer son « particularisme », son « exclusivisme », etc. Notez-bien que cette objection est en phase avec une caractéristique originaire de la judéophobie historique, puisque l’Église, aussi bien que l’Islam visent justement le « séparatisme » juif, son entêtement à refuser de se fondre dans la majorité, en reconnaissant la vérité théologique des deux autres monothéismes. Cette même disposition a conditionné la conception de l’universalisme des sociétés sécularisées. Un certain nombre de penseurs, dont Karl Lowith dans Histoire et salut. Les présupposés théologiques de la philosophie de l’histoire, ont fait apparaître que la modernité est en effet une sécularisation de la théologie de l’histoire : c’est le principe même de la généralisation d’un modèle de société qui se comprend lui-même comme impliquant l’uniformisation idéologique des membres qui la constituent, même lorsque ces sociétés se fondent sur la séparation des pouvoirs, et que de ce fait elle garantissent les libertés individuelles (de conscience, de religion, notamment). Il est également remarquable, que la plupart des penseurs postmodernistes ont appuyé leur critique socio-politique de la mondialisation capitaliste sur un retour à l’universalisme paulinien, dont l’allergie au « particularisme » juif est emblématique. D’autant qu’il s’agit d’un particularisme coupable (historiquement lié au rejet de la messianité de Jésus). Le thème théologique de la perfidie des Juifs – c’est-à-dire de leur « infidélité »- est constitutif de cette conception. Or, sans la moindre exception, les principaux théoriciens du postmodernisme professent une position antisioniste, en reconduisant à l’encontre d’Israël, l’objection de particularisme, et pour ce faire, ils articulent leur conception sur une référence explicite à l’universalisme de St Paul ! Le tournant altermondialiste des penseurs post-modernes Toni Negri, Alain Badiou, Giorgio Agamben, Slavoj Zižek, signe l’appartenance de leur vues à cette double dépendance matricielle : la promotion de ce que j’appelle « l’universalisme abstrait » coïncidant avec la dénonciation du « particularisme juif », qui s’exprime sous le rapport du « sionisme », notamment chez les trois premiers. Une fois de plus, sous la plume de ces auteurs, Israël s’est rendu coupable de déroger à cette conception d’un universalisme allergique à la différence, d’un universalisme assimilateur. Mais à notre époque, la critique du « particularisme sioniste » étaye une accusation sous-jacente : ce particularisme serait « raciste », et l’État d’Israël formerait une « ethno-démocratie ».

Ces thèmes sont des invariants du postmodernisme politique : cette conception de l’universalisme sous-tend la péjoration de l’identité juive, depuis la plus haute antiquité. Le particularisme est toujours l’expression d’une dérogation, l’indice constant du refus d’adhérer à l’ordre de la majorité. Comme tel, il est ressenti comme un pôle d’adversité. Il y a là quelque chose d’un résidu de la mentalité primitive qui consiste à poser a priori que l’autre – du fait de sa différence- représente un danger, qu’il est aussi un ennemi. Le même ethos caractérise le grand nombre d’intellectuels juifs qui se sont éloignés de la culture juive, et qui au nom du post-sionisme font chorus avec leurs homologues non-juifs. Ils ne sont plus ni juifs, ni sionistes – ils dénoncent l’un et l’autre au nom de « l’universalisme », ce sont des « alter-juifs ». Aujourd’hui, le mouvement alter-juif forme une nébuleuse pro-active, sympathisante du lobby de Georges Sorros : The New Israël Found, qui a pour vocation de dévitaliser le caractère juif de l’État d’Israël, en menant des campagnes de diffamation, et en soutenant des politiques d’ingérence (JSreet, JCall). En Israël, c’est l’association Im Tirtzu qui a dévoilé la structure et les agissements de ce lobby. Dans de nombreux cas, leur accointance avec l’antisionisme et leur sympathie affichée pour « la cause palestinienne » est une figure obligée de leur propagande. En regard de cet activisme qui n’a de juif que le nom, depuis la plus haute antiquité, la tradition hébraïque a affirmé une conception fort différente de l’universalisme. La tradition biblique développe une vision originale qui tranche avec les mythologies des autres civilisations : la diversité humaine procède d’une même souche appelée à se différencier en peuples distincts, chacun ayant une vocation spécifique. Le thème hébraïque du particularisme est toujours l’indice d’un trait positif, puisque la différence est constitutive de l’identité humaine. Au 20è siècle, c’est à Elie Benamozheg – l’auteur de : Israël et l’humanité, que nous devons le plus bel exposé de cette conception. Dans cette perspective, l’universalisme hébraïque, qui continue d’informer à la fois le Judaïsme, la pensée et l’histoire du peuple juif est un universalisme différentialiste. Ce n’est ni le signe d’un exclusivisme, ni le signe d’une hostilité, mais au contraire la marque distinctive d’une distinction culturelle. La Bible hébraïque est de ce point de vue un modèle de tolérance et de respect des différences personnelles et collectives. Dans le narratif biblique, celui de la Torah (du Premier Testament), il n’existe qu’un peuple indigne, c’est Amalek. Amalek dont toute la spécificité est de haïr Israël et de rechercher sa destruction. Il n’a pas d’autre raison d’être. C’est littéralement un non-peuple, qui se nourrit d’une fausse identité, laquelle n’est que négative et négativité. L’antisionisme mime à s’y méprendre la dialectique du positionnement archétype d’Amalek : il ne dit pas ce qu’il est, il dit seulement qu’Israël ne doit pas être, il projette sur Israël sa propre négativité. Par ailleurs, l’ignorance de la conception hébraïque et juive de la forme différentialiste de l’universalisme ne saurait excuser cette charge permanente contre le sionisme, elle est aussi l’indice de ce que le concept de tolérance, si cher aux « universalistes éclairés » n’est qu’un slogan creux quand il s’agit des Juifs, et d’Israël.

YG : Vous disiez que le sionisme a été combattu, mais qu’il n’a jamais été compris. Qu’est-ce qui fait obstacle à sa compréhension ?

GES. : Cette incompréhension fondamentale trouve sa principale origine dans ce que j’appelle la conception exogène de l’identité juive, qui est la conception commune, selon laquelle le judaïsme est une religion. J’oppose à cette conception ce que je nomme la conception endogène du fait juif, et qui désigne la manière dont les Juifs qui connaissent leur histoire se conçoivent eux-mêmes, et comprennent leur identité historique. Pour ces derniers – et j’y inclus les Juifs israéliens- ce qu’il est convenu de désigner du terme de « religion » n’est que l’un des paramètres de l’identité juive. C’est sous le coup de la polémique théologique – chrétienne et musulmane – contre le judaïsme, que la civilisation juive, dans une situation prolongée d’exil – c’est-à-dire de perte de souveraineté et de déterritorialisation- s’est trouvée réduite à sa dimension spirituelle et cultuelle. J’ai naguère minutieusement analysé ce processus dans mon livre : Discours ordinaire et identité juive, dans lequel j’ai fait la démonstration des étapes successives de la « réduction cléricale » du judaïsme. Il s’agit d’une véritable assignation aux catégories théologiques dominantes, en sorte que pour assurer sa pérennité, le peuple juif a en effet tendanciellement intériorisé cette identification. Il en est résulté que l’identité juive s’est trouvée prise dans une série de partages, qui ont été fondateurs de la civilisation occidentale: l’opposition ancien/nouveau (à partir de la distinction chrétienne entre l’ancien et le nouveau testament) s’avère ici déterminante. À partir du moment où s’affirme un sentiment national juif – à travers le sionisme, dès la fin du 19è siècle, un certain nombre de questions se posent, qui témoignent de la perturbation que fait naître cet éveil : comment une collectivité « religieuse » peut-elle prétendre à se constituer en État, et de surcroît en État-nation moderne ? L’idée d’un « État juif » n’est-elle pas une contradiction dans les termes ? L’existence d’un tel État n’est-il pas l’indice d’une affirmation théocratique ? Le sionisme est-il autre chose qu’un colonialisme ? Ces questions, qui expriment toutes le point de vue exogène, ignorent de fait la continuité effective du sentiment national juif, inhérent au messianisme juif. Tout l’enseignement du judaïsme repose sur la perspective du retour des enfants d’Israël sur la terre d’Israël, dont le centre se trouve à Sion/Jérusalem. Il faut tout ignorer de l’histoire juive, mais aussi de l’histoire universelle qui a imposé ses rythmes au peuple juif, pour tenir ces questions pour des questions pertinentes. Ce point de cécité est une caractéristique majeure d’une mentalité qui a été façonnée par une écriture de l’histoire universelle qui est celle des vainqueurs. C’est en effet le point de vue de l’empire Romain qui depuis deux millénaires commande aux catégories de l’analyse historique. À commencer par le nom de « Palestine », dont nous savons qu’il a été donné par l’empereur Hadrien en 135 de l’ère commune à la terre d’Israël, pour effacer le nom de la Judée. L’Europe chrétienne a hérité de cette vision, et à sa suite l’historiographie scientifique « laïque ». Cela est passé dans le catéchisme de l’Église de Rome, mais pas seulement, où l’on peut lire que « Jésus est né en Palestine », cela a été naturalisé par les chroniqueurs, les cartographes, les diplomates, les juristes, les biblistes (à commencer par la plupart des spécialistes de « l’Ancien Testament » (sic)), les analystes politiques, et bien entendu les journalistes, etc. Sous ce rapport, l’histoire du peuple juif, à laquelle appartient l’histoire du sionisme, est dans la situation du sujet minoritaire : son existence n’est acceptée que s’il accepte de se soumettre, sa parole n’est entendue qu’à la condition qu’il parle la langue du maître, etc. C’est ce qu’a exigé l’Église triomphante pendant des siècles, c’est ce qu’exige toujours l’islam, religion d’État, partout où les Musulmans gouvernent. Qui sait en ce début du XXIème siècle que les premiers sionistes possédaient un passeport estampillé « Palestine », et qu’ils étaient avant la création de l’État d’Israël ceux auxquels s’appliquaient de manière exclusive, la désignation de « Palestiniens » ? Le sionisme dérange aussi parce qu’il fait voler en éclat les catégories théologico-politiques sur lesquelles se sont édifiées aussi bien le christianisme que l’islam, ainsi que la modernité séculière : le sionisme accomplit l’espérance du Retour à Sion, et de ce fait il met en échec le christianisme – et dans une moindre mesure l’islam-  dont toute la théologie politique s’est édifiée sur l’hypothèse de la disparition des Juifs de la scène de l’histoire. Le sionisme dérange d’autant plus dans un monde sécularisé, puisque dans le contexte de son émergence endogène, il déroge aux conditions de formation des États nations. L’idée d’un Israël national tranche avec l’idée d’un Israël entendu comme catégorie liturgique, « peuple du Livre », ou « peuple témoin », etc. Israël peuple historique de nouveau territorialisé et souverain, cela connote l’archaïsme et suscite une haine archaïque. Le philosophe israélien, Israël Eldad, dans son essai sur la souveraineté d’Israël  – intitulé : La révolution juive, décrit très bien ces réactions.

YG : Quel lien faites-vous entre cette hantise archaïque et la virulence de l’antisionisme ?

GES. : Le lien est direct. L’émergence, puis le développement du sionisme, et enfin sa concrétisation dans une réalisation nationale, cela s’apparente à un immense retour du refoulé. C’est l’histoire d’un spectre revenu à la vie, et cela est des plus dérangeants. L’ordre symbolique occidental mais aussi oriental procédait de ce refoulement. Rien n’y a fait, le peuple juif a survécu, non seulement il a survécu, mais de surcroît il a regagné son indépendance. Comment ne pas entrer en guerre contre cette présence que l’on croyait réduite, et sur laquelle nombre d’identité se sont construites ? C’est une vision spectrale. Cette surprise questionne la vérité de l’histoire. Le sionisme résonne comme une instance qui dément le « jugement de l’histoire », Israël semble juger l’histoire. Le philosophe Eliezer Berkovits a écrit que la survie inexplicable d’Israël a inspiré les théories du complot, et notamment les deux versions les plus délétères : au Moyen Age, l’Église expliquait la persistance du Judaïsme par l’hypothèse théologique que ce dernier était une incarnation du Diable, avec l’essor de la modernité, c’est le mythe des Protocoles des Sages de Sion, qui s’est efforcé d’ « expliquer » par l’existence d’une « conspiration juive », les grandes mutations de l’histoire récente (la Révolution française, la Révolution bolchévique, la première et la seconde guerre mondiales, etc.) Si après tout ce qu’ils ont subi, les Juifs n’ont pas disparu, c’est qu’ils détiennent des pouvoirs occultes, qu’ils sont protégés par une puissance surnaturelle. L’antisionisme, comme les autres formes de la judéophobie, s’alimente à une haine métaphysique. Seule une haine métaphysique a pu inspirer le projet satanique de la Solution finale, et seule une haine métaphysique peut encore et toujours inspirer – après la Shoah- la reviviscence de l’antisémitisme. Cette dimension de l’antisionisme doit être soulignée, elle éclaire ce qu’il y a d’irrationnel et d’irrédentiste dans l’antisémitisme. L’on voit aussi comment l’antisionisme qui est une formation du sens commun (de la « sagesse des nations »…) peut-aussi opérer comme un principe d’identité sur lequel s’articule cette violence.

YG : Comment interprétez-vous la situation de guerre qui prévaut entre le Hamas et l’État d’Israël, mais aussi les violences internes, entre Juifs et Arabes ? Et quelle solution entrevoyez-vous ?

GES. : L’agression du Hamas, et la réplique entièrement justifiée d’Israël s’inscrivent dans la droite ligne du refus palestinien de l’existence de l’État juif. Contrairement aux antisémites « classiques », habitués à bafouer les Juifs sans qu’ils aient les moyens de se défendre, les nouveaux antisémites que sont les « antisionistes » connaissent le prix de leur propre violence. Quant à ce qui s’est produit à l’intérieur même d’Israël, dans ce que la presse appelle les « villes mixtes », les violences entre Arabes et Juifs sont de précieux indicateurs de la persistance du refus de la souveraineté juive parmi les citoyens israéliens arabes. Je n’ai aucune disposition pour la mantique, mais je peux seulement vous donner mon avis. À mon sens, après la fin de ces violences, il conviendra de mener une réflexion politique très sérieuse, et de tirer les leçons de la situation. Outre qu’elle est résolument révélatrice de l’attitude d’une partie de la population arabe à l’égard de l’État d’Israël, elle est aussi révélatrice de l’échec d’une classe politique qui s’est détournée depuis quelques années des principes du sionisme : un certain irénisme, un certain angélisme avait convaincu les gouvernements successifs – aussi bien de gauche, que de droite- de faire évoluer le pays vers une modèle européen. Les intellectuels post-sionistes ont leur part de responsabilité – la responsabilité des intellectuels est toujours significative, même si elle est discrète. Nous savons que les partisans du post-sionisme sont favorables à un État d’Israël déjudaïsé, un État d’Israël qui renoncerait à son caractère juif. L’expérience historique nous a enseigné à ne pas sous-estimer la virulence du refus palestinien ; et la naïveté de la classe politique et des intellectuels des post-sionistes a été de s’imaginer que leur option favoriserait l’émergence d’une harmonie définitive entre citoyens israéliens d’origine juive et d’origine arabe. Voilà des années que nous entendons parler de la nécessité de transformer Israël en « état de tous ses citoyens », encore l’un de ces mantras à l’efficience hypnotique. Comme si ce n’était pas déjà le cas depuis 1948. Seulement, dans la bouche de ceux qui utilisent cette formule, elle signifie de faire évoluer l’État d’Israël vers la forme d’un État binational, qui serait appelé de surcroît à coexister avec un État palestinien, qui lui, bien entendu, serait judenrein (vide de Juifs). C’est déjà le cas de la Jordanie, et des territoires autonomes où l’existence juive est assimilée à un état de fait délictueux. Ceci est un effet pratique de la législation de ces entités, fondamentalement hétérophobes.

Or, contrairement à ce que l’opinion majoritaire s’imagine – encore une fois sous les effets de discours du post-sionisme (Sand en est une bonne illustration)-, c’est le fait que l’État d’Israël soit déjà l’État de «tous ses citoyens » qui a permis à ceux qui n’en veulent pas de le faire savoir violemment, à l’occasion de l’agression du Hamas, en mai 2021. Il faudra en tirer les conséquences : condamner les émeutiers – y compris juifs- à de lourdes peines, et rappeler les citoyens arabes récalcitrants à la nature du contrat social du sionisme démocratique : « Vivez en paix et dans la pleine égalité de droits avec vos concitoyens juifs, ou bien quittez le pays, choisissez entre les trois entités nationales palestiniennes qui existent déjà : la Jordanie, depuis 1922, la Bande de Gaza, depuis le coup d’État du Hamas, en 2007, ou la Cisjordanie de l’Autorité palestinienne, consacrée par les Accords d’Oslo, depuis 1993, parce qu’ici vous êtes dans un État à caractère juif. »  Le vote de la « Loi Israël, État nation du peuple juif », adoptée par la Knesset le 19 Juillet 2018 va justement dans ce sens. Elle consiste à rappeler trois principes fondamentaux, et de ce point de vue, elle ne fait que réitérer les grandes thèmes de la Déclaration d’indépendance de 1948, proclamée par David Ben Gourion : (1) Israël est la patrie historique du peuple juif, dans laquelle l’État d’Israël a été établi ;(2) L’État d’Israël est le foyer national du peuple juif dans lequel il satisfait son droit naturel, culturel, religieux et historique à l’autodétermination ; (3) Le droit à exercer l’auto-détermination nationale dans l’État d’Israël est propre au peuple juif. D’aucuns – laminés par l’état d’esprit de l’antisionisme- pourraient m’objecter que c’est là un discours « raciste », et bien entendu « fasciste », mais je leur rappellerai une simple prémisse : l’État d’Israël a été fondé par le mouvement sioniste pour garantir la souveraineté et la sécurité du peuple juif, sur un territoire où jamais aucun état palestinien n’a existé, et l’État d’Israël a offert la citoyenneté, avec parité de droits, à tous ses citoyens, depuis sa création. Nous savons, par ailleurs, que pour rien au monde, la majorité des citoyens israéliens arabes ne voudraient vivre sous domination palestinienne. Il est donc aberrant de construire toute une rhétorique, fondée sur la criminalisation de l’État juif, au prétexte qu’il procède du sionisme, puisqu’ainsi conçu il est en effet le fruit du sionisme, et qu’il a été conçu pour les Juifs, avec l’assentiment de la majorité des Nations Unies, par voie de droit. La guerre a été la conséquence du refus arabe, et depuis 1948, la conséquence du refus persistant des « Palestiniens », qui se sont fait une spécialité de violer le droit international. Mais si l’on considère que le caractère juif de l’État d’Israël constitue une discrimination des non-Juifs, c’est que l’on n’a pas l’intelligence élémentaire d’en comprendre la raison d’être. L’originalité et la grandeur de l’État d’Israël réside en effet dans ceci : tout en étant l’État édifié pour garantir la souveraineté et la sécurité du peuple juif, ses lois fondamentales garantissent les droits individuels de tous ses citoyens, sans exception d’origine, de religion, de conviction, etc. C’est un État démocratique : la licence de la violence palestinienne aussi bien que la prospérité du discours post-sioniste en sont deux preuves éloquentes. Les troubles à l’ordre public sont les indices du refus de la loi d’Israël dans l’État d’Israël. Ce n’est pas tolérable.

YG : Est-il possible de lutter contre l’antisionisme ?

GES : Après avoir consacré sa vie à écrire une Histoire de l’antisémitisme, Léon Poliakov me disait qu’on ne lutte pas contre la judéophobie avec des arguments rationnels. C’est cependant une nécessité politique, culturelle et civique de s’impliquer dans cette lutte. Mais elle ne fait pas tout ; cet engagement doit s’affirmer comme le corrélat d’initiatives éducatives. Je crois pour ma part que la meilleure façon de combattre la judéophobie, quelle qu’elle soit, repose sur différentes formes d’enseignement et de processus éducatifs. Il faut commencer par l’enseignement de textes, ceux de la Bible hébraïque, qui ont enseigné au monde le principe de l’unité du genre humain, mais aussi l’égale dignité des êtres humains, et surtout l’idéal universaliste bien compris. L’ironie de l’histoire, c’est que les grands principes de la fonction critique qui sont forgés par l’hébraïsme sont instrumentalisés contre le peuple qui les porte ! Voilà pourquoi, selon moi, la transmission est ici le maître-mot, celle de l’histoire et des systèmes de pensée, mais aussi l’exercice de la psychanalyse, car analyser c’est aussi questionner le préjugé, stimuler le désir de savoir… Aujourd’hui, la lutte contre la judéophobie s’inscrit dans le cadre de la réfutation sans concession des thèses « décolonialistes ». Il convient aussi d’enseigner et de défendre les valeurs de la République, pas seulement en polémiquant contre les décoloniaux, mais également en en faisant une priorité de l’Éducation nationale, qui est l’un des lieux de cette guerre psycho-idéologique, avant qu’elle ne bascule entièrement dans la liste des territoires perdus de la République.  Pour ma part, après avoir consacré ¼ de siècle à « lutter contre l’antisionisme », je me suis résolu à développer ma théorie du sens commun, tout en enseignant les études bibliques et la pensée juive, ce qui est une autre forme de don quichotisme, pas moins nécessaire cependant. Si l’état des mentalités sur le chapitre des Juifs n’étaient pas aujourd’hui ce qu’il était sans doute au Moyen Age, peut-être que l’antisionisme serait hors la loi…Quand notre ami et collègue Xavier-Laurent Salvador déclare que : « Notre attachement, c’est la lutte contre la justification de l’antisémitisme et du racisme par la pseudoscience, et la défense des institutions de la République qui dépendent de nous en tant qu’enseignants (la langue, l’école, ses enseignants, la laïcité) », je ne peux que lui donner entièrement raison. Cependant, c’est l’immense majorité des cadres enseignants de la République, et de ses représentants élus, qui a laissé s’installer la situation délétère que nous connaissons. La République est un cadre vide si aucune transmission ne garantit la défense et l’inculcation philosophique, culturelle, et citoyenne de ses raisons d’être.


[1] « Je ne sais pas si Jésus était sur La Croix, je sais qui l’y a mis, paraît-il, ce sont ses propres compatriotes »   (15 juillet BFMtélé)

[2] M. Cuppers et K.-M.  Mallmann (2009), Croissant fertile et croix gammée, éd. Verdier, Paris. Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine

[3] Poliakov, L. De l’antisémitisme à l’antisionisme,  (1969), Calmann-Levy, Paris ; De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation, 1983), Calman-Lévy.

[4]Ph. Borgeaud, L’histoire des religions, (2013), Paris, Infolio.

[5] Faye, J.P. (1994) Le piège, Balland, Paris.

[6] Faye, J .P.(2013) Lettre sur Derrida. Combat au-dessus du vide, éd. Germinia, Paris.

[7] Faye, E. (2005) , L’introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel, Paris.

[8] Scheler, M.(1933/1970) L’Homme du ressentiment, Gallimard, Paris.

[9] Sarfati, G. E. (1997), « La charte de l’OLP en instance d’abrogation » in Mot. Les langages du politique, n°50, pp. 23-39.

[10] Leon, A. (1942),La conception matérialiste de la question juive. Consultable ici https://www.marxists.org/francais/leon/CMQJ00.htm

[11]Par exemple : D. Vidal : Antisionisme= Antisémitisme. Réponse à Emmanuel Macron, Libertalia, 2018 ; A. Gresh-T. Ramadan, L’islam en question, Actes Sud, 2000, ou encore : De quoi la Palestine est-elle le nom ? , Les liens qui libèrent, 2010.

[12] En hébreu : « Association pour la paix », fondée en 1925 par un groupe d’intellectuels juifs fraîchement établis en Palestine mandataire. Son but était de  « promouvoir la compréhension entre Juifs et Arabes, en vue d’une vie commune sur la Terre d’Israël, et ce dans un esprit de complète égalité des droits politiques des deux entités. »

[13] Yakira, E.  (2010) ost-sionisme, post-shoah, PUF.

Voir enfin:

The Mendacious Maps of Palestinian “Loss”

Anti-Israel activists often use doctored maps to show Israel’s supposed malfeasance over the past century. Such claims are made by people who, in the best case, have no knowledge of the facts, and in the worst case, have no moral compass.

Shany Mor

Writer based in Paris; former director for foreign policy, Israeli National Security Council

January 2015

You can’t walk very far on an American or European university campus these days without encountering some version of the “Palestinian Land Loss” maps. This series of four—occasionally five—maps purports to show how rapacious Zionists have steadily encroached upon Palestinian land. Postcards of it can be purchased for distribution, and it has featured in paid advertisements on the sides of buses in Vancouver as well as train stations in New York. Anti-Israel bloggers Andrew Sullivan and Juan Cole have both posted versions of it, and it occasionally creeps into supposedly reputable media sources, like Al Jazeera English.

Indeed, it recently appeared as a “Chart of the Day” in the UK’s respected magazine New Statesman. Beneath it was a tiny line of text listing its sources as the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs and a CIA atlas from 1973. Given that the maps included information far more recent than 1973, the source struck me as slightly dubious. I contacted the staff writer who created the feature and asked him about it. He was very reluctant to admit that he had lifted it from anti-Israel propaganda sources, so he directed me to the 1973 CIA atlas. Unfortunately, nothing like the series appears in the CIA World Factbook and nothing like it could have appeared in an atlas published decades before several of the events it claims to portray. The writer then apologized for not being able to track down his sources any further and explained that he no longer works at New Statesman. He has moved on to The Guardian, and given that particular publication’s attitude toward Israel, he should have no trouble fitting in.

There is a reason why those who make use of these maps avoid examining their provenance or proving their accuracy: The maps are egregiously, almost childishly dishonest. But they have become so ubiquitous that it is worth taking the time to examine them, and what their dishonesty can teach us about the Palestinian cause and its supporters.

In whatever form they take, the “Land Loss” maps show very little variation. The standard version looks something like this:

001_Shany_Mor_Palestinian_Propoganda_Map

Sometimes, a fifth map is added, this one dated 1920, showing the entirety of what was once British Mandatory Palestine in a single solid color, labeled “Palestinian.” This accomplishes the seemingly impossible and makes the series of maps even more dishonest than before.

Whether made up of four or five maps, the message of the series is clear: The Jews of Palestine have been assiduously gobbling up more and more “Palestinian land,” spreading like some sort of fungal infection that eventually devours its host.

There are some outright lies in these maps, to be sure. But the most egregious falsehoods transcend mere lies. They emerge from a more general and quite deliberate refusal to differentiate between private property and sovereign land, as well as a total erasure of any political context.

This final point is especially crucial. It goes to the question of whether the Palestinians actually “lost” this land and the context of that alleged “loss.” We could quite easily, for example, make a panel of maps showing German “land loss” in the first half of the 20th century. It would be geographically accurate but, without the political context, it would tell a completely misleading story amounting to a flat-out lie. And that is precisely what these maps are: A lie.

Taking each map in turn, it is easy to demonstrate that the first one is by far the most dishonest of the lot. As far as I have been able to determine, it is based on a map of Jewish National Fund (JNF) land purchases dating roughly from the 1920s. The JNF was founded to purchase land for Jewish residents and immigrants in then-Palestine, and was partly funded through charity boxes that were once found in almost every Jewish school and organization in the West. Ironically, this map often adorned those ubiquitous boxes.

The dishonesty of using an out-of-date map for pre-1948 Jewish land purchases is actually relatively minor. So is not omitting the political context: After 1939, Jews were forbidden from making any further land purchases by British authorities, a measure taken as a sop to Arab terrorism. Even the deceptive use of JNF land and only JNF land as a proxy for the entire Palestinian Jewish presence is but a trifle compared to the epic lie represented by this map: It deliberately conflates private property with political control.

They are not at all the same thing. The simple fact is that none of pre-1948 Palestine was under the political authority of Arabs or Jews. It was ruled by the British Mandatory government, established by the League of Nations for the express purpose of creating a “Jewish National Home.” It was also—contrary to the claims of innumerable pro-Palestinian activists—the first time a discrete political entity called “Palestine” existed in modern history. And this entity was established in order to fulfill a goal that was essentially Zionist in nature.

But this lie is compounded by another that is even more epic in scope: Labeling every single patch of land not owned by the JNF as Arab or Palestinian. This was quite simply not the case. We have incomplete data on land ownership in modern Palestine, and even less on Arab property than Jewish property, partly due to the very complicated nature of property law in Ottoman times. But anyone’s map of private property in Mandatory Palestine from this period would be mostly empty—half the country is, after all, desert. It would show small patches of private Jewish land—as this map does—alongside small patches of private Arab land, as this map shamelessly does not.

The next map is labeled 1947. This is inaccurate, as any other date would be, because the map does not represent the situation on the ground in 1947 or at any other time. Instead, it represents the partition plan adopted by the United Nations General Assembly in 1947 as UN Resolution 181. It called for two independent states to be formed after the end of the British Mandate, one Jewish and one Arab.

Needless to say, the resolution was never implemented. It was rejected by a Palestinian Arab leadership that just two years before had still been allied with Nazi Germany. The day after its passage, Arab rioting began against Jewish businesses, followed by deadly Arab attacks against Jewish civilians. Events quickly escalated into all-out war, with Arabs laying siege to major Jewish population centers—cutting off all supplies, including food and water. In some places, the siege worked, but for the most part, it was resisted successfully.

At this point, with partition rejected by the Arabs and no help from the international community in sight, the Jews declared independence and formed what would become the Israel Defense Forces. The Arab states promptly launched a full-scale invasion, whose aims—depending on which Arab leader you choose to quote—ranged from expulsion to outright genocide. And the Arabs lost. At war’s end in 1949, the situation looked roughly like the third map in the series—the first of the lot that even comes close to describing the political reality on the ground.

I say “close” because it too is remarkably dishonest. It is only because one’s standards of dishonesty have been stretched so far by its predecessors that it almost seems true. But, alas, it is not. The map is dated 1967. What it shows are the so-called “armistice lines,” i.e., the borders where the Israeli and Arab armies stopped fighting in 1949. These lines held more or less until 1967. As far as Israel’s borders are concerned, then, the map accurately presents the situation over those 19 years.

But what lies on the other side of the line, in the territories that are today called the West Bank and the Gaza Strip, is again presented in radically dishonest fashion. These lands were not—not before, during, or after 1967—“Palestinian” in the sense of being controlled by a Palestinian Arab political entity. Both territories were occupied by invading Arab armies when the armistice was declared in 1949, the Gaza Strip by Egypt and the West Bank by Jordan. The latter was soon annexed, while the former remained under Egyptian military administration. This status quo lasted until 1967, when both were captured by Israel.

In the 1967 Six Day War, which was marked by Arab rhetoric that was sometimes even more genocidal than 1948, Israel also took the Golan Heights from Syria and the Sinai Peninsula from Egypt, more than trebling the amount of land under its control. Israel has since withdrawn from more than 90 percent of the land it occupied—mostly in the Sinai withdrawal that led to peace with Egypt. Unsurprisingly, there are no heartfelt “Israeli Land Loss” maps representing this.

The first three maps, then, confuse ethnic and national categories (Jewish and Israeli, Arab and Palestinian), property and sovereignty, and the Palestinian national movement with Arab states that ruled over occupied territory for a generation. They are a masterpiece of shameless deception.

As we move to the fourth map, shameless deception is the only thing that remains consistent. This map, usually labeled either 2005 or “present,” purports to show the distribution of political control following the Oslo process and the Israeli withdrawal from Gaza. The patches of Palestinian land in the West Bank are areas handed over to the Palestinian Authority in the 1990s, mostly under the 1995 Oslo II agreement. Expanding upon the autonomy put in place after previous agreements in the Oslo process since 1993, this agreement created a complex patchwork of administrative and security zones, splitting the West Bank into areas of exclusive Palestinian control, joint control, and Israeli control. It was meant as a five-year interim arrangement, after which a final status agreement would be negotiated.

Final status talks did indeed take place. But no agreement was reached. As in 1947, the principal reason was Palestinian rejectionism. This time, the Palestinian leadership rejected a state on over 90 percent of the West Bank and 100 percent of the Gaza Strip. They then broke their pledge not to return to the “armed struggle” and embarked on a campaign of suicide bombings and other terrorist atrocities that were not only morally indefensible but lost them the trappings of sovereignty they had gained over the previous decade.

After tamping down the worst of the violence, Israel decided to leave the areas of the Gaza Strip it had not evacuated a decade before. The withdrawal took place in 2005. Two years later, the Islamist group Hamas took over the Strip in a violent coup d’etat. Since then, there have been two Palestinian governments—the Hamas regime in Gaza and the Fatah-led regime in the West Bank.

Both of these regimes are marked with the same color on this fourth map, thus failing to acknowledge the split between the two regimes, though it is the first map in the series to correctly label areas under Palestinian Arab political control. Nonetheless, it does not distinguish between the sovereign territory of the State of Israel—or, in the case of East Jerusalem, territory that Israel claims as sovereign without international recognition—and territories in the West Bank that, according to agreements endorsed by both sides, are under Israeli control until a final status agreement.

Taken together, what we have is not four maps in a chronological series, but four different categories of territorial control presented with varying degrees of inaccuracy. Those categories are private property (“1946”), political control (“1967” and “2005”), and international partition plans (“1947”). They are presented in a fashion that is either tendentiously inaccurate (“2005”), essentially mendacious (“1947” and “1967”), or radically untrue (“1946”).

An honest approach would look very different. It would take each of these categories and depict how they developed over time. For example, basing ourselves on the most blatantly deceitful map, 1946, we might want to show the chronological development of private property distribution. But we’d first have to adjust the original series’ 1946 map by labeling only Arab property as Arab, rather than simply filling in the entire country with the desired color. It would be a lot of data to collect, and then we’d then have to repeat the effort for other years appropriate to the discussion: Perhaps 1950, after Israel and Jordan both instituted Absentee Property Laws; 1993, just before Palestinian self-rule began; or 2005, just after the disengagement from Gaza and the northern West Bank. The maps would have to be consistent as well, showing Arab property inside Israel as well as Jewish property in the West Bank and Gaza. I don’t know if anyone has bothered to collect all this data, and I’m not sure what it would show in any case. What argument would it advance? That Jews and Arabs should be forbidden to buy land from each other?

On the other hand, the categories of political control and international partition plans are quite easy to map out over time. Since the concern of those publicizing the maps above is Palestinian control of land, we can illustrate this with a more honest series of maps showing areas of political control, using the same years as the original—adding one for clarity.

002_Shany_Mor_Political_Control_Map

As seen above, 1946 has exactly zero land under Palestinian Arab control—not autonomous, not sovereign, not anything—as it was all under British authority. We could go further back in time, to the Ottoman era, for example, and the map wouldn’t change in the slightest. 1947 sees no changes to the map, as Palestine was still under British control. Before the war in June 1967, control is divided between three states, and none of them is Palestinian. The 2005 map would be exactly as it is presented in the original series, showing the very first lands ever be ruled by Palestinian Arabs qua Palestinian Arabs. To clarify this a bit more, I have added a map from 1995, showing the withdrawals undertaken during the first two years of the Oslo process, just up to but not including the 1997 Hebron Protocol.

In fact, if we zoomed in a bit more, we would see how the peace process of the 1990s resulted in the first time a Palestinian Arab regime ruled over any piece of land. This occurred in 1994 with the establishment of the Palestinian Authority in Gaza and Jericho. That control steadily expanded over more and more land during the years leading up to the failed final status talks. Much of it was then lost during the second intifada, but eventually regained as violence died down, and the Gaza disengagement even expanded it slightly. All of these Palestinian land gains have taken place in the last 20 years and every square meter of it came not from Turkey or Britain or Jordan or Egypt, but from Israel alone; and nearly all of it through peace negotiations.

It is true that this is a smaller amount of land than that controlled by Israel—which is nonetheless an extremely small country by global standards. More importantly, however, it is small compared to what could have been ruled by a Palestinian state had the Palestinians not rejected partition and peace in 1947 and again in 2000. That is, had the Palestinians been motivated by the interests of their own people rather than the wish to destroy another people.

One could very easily create a theoretical series of maps that would begin in 1947 and show the distribution of political control, not as it existed, but as it could have existed. In contrast to the previous series charting political control over the years, this series would map out the international proposals to partition the country. It would begin with the Peel Commission’s 1937 partition plan, through the United Nations Special Committee on Palestine (UNSCOP) partition resolution, and end with the Clinton Parameters of 2000—which were very close to the rejected offers made by Israeli Prime Ministers Ehud Barak earlier that same year at Camp David and Ehud Olmert eight years later. But these international efforts to partition the land would be incomplete without a word or two about each side’s reaction to the proposal.

003_Shany_Mor_Intl_Proposals_Map

Here too there is a continuing trend of losses for the Palestinian side. Not loss of land, but loss of potential. Each successive rejection left the Palestinians with less and less to bargain with. Surely, there is a lesson in this. But it seems that, if the Palestinians are ever to learn it, it will not be with the help of their Western supporters.

We could also make a set of maps that would present a story of Jewish “land loss.” It would begin with the first iteration of the British Mandate, before Transjordan was split off and Jewish land purchases and immigration banned. We are forever being reminded that the Palestinians have supposedly conceded 77 percent of their historic claims already, implicitly saying that all of Israel proper somehow belongs to them. But territorial maximalists on the Israeli side are not wrong when they use the same standards to claim that they have given up 73 percent of what was promised to them, including Transjordan. It is the business of pro-Palestinian activists to privilege one of these claims over the other; but in fact, both are equally wrong: The idea that the Israeli “concession” of Transjordan entitles Israel to 100 percent of the West Bank is as absurd as the Palestinians’ claim that their “concession” of Haifa entitles them to the same.

A series of actual Israeli withdrawals, however, could fill a rather long series of maps. It would include the 1957 withdrawal from Sinai, the Disengagement of Forces agreements in 1974 and 1975, the staged withdrawals stemming from the Israeli-Egyptian peace treaty in 1979 and 1982, the withdrawal from most of Lebanon in 1985, the staged withdrawals undertaken according to the Oslo Accords from 1994 to 1997, the unilateral withdrawal from southern Lebanon in 2000, and the complete withdrawal from Gaza in 2005. These maps, unlike those used by pro-Palestinian activists, have the benefit of being accurate, but I am not sure the case for “Israeli Land Loss” would convince anyone but the most partisan and ignorant of Israel’s supporters.

Perhaps the best way to illustrate the bankruptcy of the “Palestinian Land Loss” myth is to compare it to a similar situation elsewhere.

An equally absurd set of maps could be drawn up of the Indian subcontinent before and after the end of British rule. It could start with a 1946 map of the entire subcontinent, labeling any private property owned by Hindus as “Indian” and the rest as “Pakistani.” Hindus, after all, are 80 percent of India’s population today, just as Jews are 80 percent of Israel’s. It is absurd to consider anything not privately owned by Hindus under British rule as “Pakistani” when the state of Pakistan did not yet exist, but that is roughly the same as labeling anything not privately owned by Jews under the Mandate as “Palestinian.”

We could then put up a partition map from 1947, with West and East Pakistan next to a much larger India; as well as a post-partition map—perhaps from 1955—showing the land losses along the Radcliffe Line. Finally, we could draw a map from 1971 with East Pakistan shorn off into Bangladesh. A fervently dishonest person might call this series “Pakistani Land Loss,” but it would be such an obvious piece of fiction that no one could possibly take it seriously.

And no thinking person can take “Palestinian Land Loss” seriously. It is just as absurd and just as much a fiction. But it is also, in its own way, extremely destructive. Because these maps and the lies they propagate only encourage Palestinian rejectionism and violence; and as illustrated above, these have always left the Palestinians with less than they had before.

Voir par ailleurs:

Mr. Sanders is a senator from Vermont.

“Israel has the right to defend itself.”These are the words we hear from both Democratic and Republican administrations whenever the government of Israel, with its enormous military power, responds to rocket attacks from Gaza.

Let’s be clear. No one is arguing that Israel, or any government, does not have the right to self-defense or to protect its people. So why are these words repeated year after year, war after war? And why is the question almost never asked: “What are the rights of the Palestinian people?”

And why do we seem to take notice of the violence in Israel and Palestine only when rockets are falling on Israel?

In this moment of crisis, the United States should be urging an immediate cease-fire. We should also understand that, while Hamas firing rockets into Israeli communities is absolutely unacceptable, today’s conflict did not begin with those rockets.

Palestinian families in the Jerusalem neighborhood of Sheikh Jarrah have been living under the threat of eviction for many years, navigating a legal system designed to facilitate their forced displacement. And over the past weeks, extremist settlers have intensified their efforts to evict them.

And, tragically, those evictions are just one part of a broader system of political and economic oppression. For years we have seen a deepening Israeli occupation in the West Bank and East Jerusalem and a continuing blockade on Gaza that make life increasingly intolerable for Palestinians. In Gaza, which has about two million inhabitants, 70 percent of young people are unemployed and have little hope for the future.

Further, we have seen Benjamin Netanyahu’s government work to marginalize and demonize Palestinian citizens of Israel, pursue settlement policies designed to foreclose the possibility of a two-state solution and pass laws that entrench systemic inequality between Jewish and Palestinian citizens of Israel.

None of this excuses the attacks by Hamas, which were an attempt to exploit the unrest in Jerusalem, or the failures of the corrupt and ineffective Palestinian Authority, which recently postponed long-overdue elections. But the fact of the matter is that Israel remains the one sovereign authority in the land of Israel and Palestine, and rather than preparing for peace and justice, it has been entrenching its unequal and undemocratic control.

Over more than a decade of his right-wing rule in Israel, Mr. Netanyahu has cultivated an increasingly intolerant and authoritarian type of racist nationalism. In his frantic effort to stay in power and avoid prosecution for corruption, Mr. Netanyahu has legitimized these forces, including Itamar Ben Gvir and his extremist Jewish Power party, by bringing them into the government. It is shocking and saddening that racist mobs that attack Palestinians on the streets of Jerusalem now have representation in its Knesset.

These dangerous trends are not unique to Israel. Around the world, in Europe, in Asia, in South America and here in the United States, we have seen the rise of similar authoritarian nationalist movements. These movements exploit ethnic and racial hatreds in order to build power for a corrupt few rather than prosperity, justice and peace for the many. For the last four years, these movements had a friend in the White House.

At the same time, we are seeing the rise of a new generation of activists who want to build societies based on human needs and political equality. We saw these activists in American streets last summer in the wake of the murder of George Floyd. We see them in Israel. We see them in the Palestinian territories.

With a new president, the United States now has the opportunity to develop a new approach to the world — one based on justice and democracy. Whether it is helping poor countries get the vaccines they need, leading the world to combat climate change or fighting for democracy and human rights around the globe, the United States must lead by promoting cooperation over conflict.

In the Middle East, where we provide nearly $4 billion a year in aid to Israel, we can no longer be apologists for the right-wing Netanyahu government and its undemocratic and racist behavior. We must change course and adopt an evenhanded approach, one that upholds and strengthens international law regarding the protection of civilians, as well as existing U.S. law holding that the provision of U.S. military aid must not enable human rights abuses.

This approach must recognize that Israel has the absolute right to live in peace and security, but so do the Palestinians. I strongly believe that the United States has a major role to play in helping Israelis and Palestinians to build that future. But if the United States is going to be a credible voice on human rights on the global stage, we must uphold international standards of human rights consistently, even when it’s politically difficult. We must recognize that Palestinian rights matter. Palestinian lives matter.

Voir la traduction:

Israël a le droit de se défendre. » sont les mots que nous entendons des gouvernements démocrates et républicains chaque fois que le gouvernement israélien, avec son énorme puissance militaire, réagit aux tirs de roquette de Gaza.
Soyons clairs. Personne ne soutient qu’Israël, ou aucun gouvernement, n’a pas le droit de se défendre ou de protéger son peuple. Alors pourquoi ces mots se répètent-ils année après année, guerre après guerre ? Et pourquoi la question n’est-elle presque jamais posée : ′′ Quels sont les droits du peuple palestinien ? ′′Et pourquoi semblons-nous prendre note de la violence en Israël et en Palestine uniquement lorsque des roquettes tombent sur Israël ?
En ce moment de crise, les États-Unis devraient demander instamment un cessez-le-feu immédiat. Nous devrions également comprendre que, même si le Hamas tire des roquettes sur les communautés israéliennes est absolument inacceptable, le conflit d’aujourd’hui n’a pas commencé avec ces roquettes.
Les familles palestiniennes dans le quartier de Jérusalem de Sheikh Jarrah vivent sous la menace d’expulsion depuis de nombreuses années, naviguant dans un système juridique conçu pour faciliter leur déplacement forcé. Et au cours des dernières semaines, les colons extrémistes ont intensifié leurs efforts pour les expulser.
Et, tragiquement, ces expulsions ne sont qu’une partie d’un système plus large d’oppression politique et économique.
Depuis des années, nous avons assisté à une aggravation de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et à un blocus continu sur Gaza qui rend la vie de plus en plus intolérable À Gaza, qui compte environ deux millions d’habitants, 70 % des jeunes sont au chômage et n’ont guère d’espoir pour l’avenir.
En outre, nous avons vu le gouvernement de Benjamin Netanyahu travailler à marginaliser et diaboliser les citoyens palestiniens d’Israël, à mener des politiques de colonisation conçues pour exclure la possibilité d’une solution à deux États et adopter des lois qui engendrent les inégalités systémiques entre les citoyens juifs et palestiniens israéliens.
Rien de tout cela n’excuse les attaques du Hamas, qui ont été une tentative d’exploiter les troubles à Jérusalem, ou les échecs de l’Autorité palestinienne corrompue et inefficace, qui a récemment reporté les élections en retard depuis longtemps. Mais le fait est qu’Israël reste la seule autorité souveraine au pays d’Israël et de Palestine, et plutôt que de se préparer à la paix et à la justice, il a été enraciné son contrôle inégal et antidémocratique.
Plus d’une décennie de sa règle de droite en Israël, M. Netanyahu a cultivé un nationalisme raciste de plus en plus intolérant et autoritaire. Dans son effort effréné pour rester au pouvoir et éviter les poursuites judiciaires pour corruption, M. Netanyahu a légitimé ces forces, dont Itamar Ben Gvir et son parti extrémiste du pouvoir juif, en les faisant entrer dans le gouvernement. C’est choquant et attristant que les mensonges racistes qui attaquent les Palestiniens dans les rues de Jérusalem soient maintenant représentés à la Knesset.
Ces tendances dangereuses ne sont pas propres à Israël. Partout dans le monde, en Europe, en Asie, en Amérique du Sud et ici aux États-Unis, nous avons vu la montée de mouvements nationalistes autoritaires similaires. Ces mouvements exploitent la haine ethnique et raciale pour construire le pouvoir pour un peu de corrompus plutôt que la prospérité, la justice et la paix pour les plus nombreux. Ces quatre dernières années, ces mouvements avaient un ami à la Maison Blanche.
En même temps, nous assistons à la montée d’une nouvelle génération d’activistes qui veulent construire des sociétés basées sur les besoins humains et l’égalité politique. Nous avons vu ces militants dans les rues américaines l’été dernier à la suite du meurtre de George Floyd. Nous les voyons en Israël. Nous les voyons dans les territoires palestiniens.
Avec un nouveau président, les États-Unis ont maintenant la possibilité de développer une nouvelle approche du monde – fondée sur la justice et la démocratie. Qu’ils aident les pays pauvres à obtenir les vaccins dont ils ont besoin, conduisent le monde à lutter contre le changement climatique ou à lutter pour la démocratie et les droits de l’homme partout dans le monde, les États-Unis doivent montrer l’exemple et favoriser la coopération en cas de conflit.
Au Moyen-Orient, où nous fournissons une aide de près de 4 milliards de dollars par an à Israël, nous ne pouvons plus être des apologistes du gouvernement de droite de Netanyahu et son comportement antidémocratique et raciste.
Nous devons changer de cap et adopter une approche impartiale, une approche qui respecte et renforce le droit international concernant la protection des civils, ainsi que la législation américaine actuelle en vigueur, selon laquelle la fourniture d’aide militaire américaine ne doit pas permettre de respecter les droits de l’homme.
Cette approche doit reconnaître qu’Israël a le droit absolu de vivre dans la paix et la sécurité, tout comme les Palestiniens.
Je suis fermement convaincu que les États-Unis ont un rôle important à jouer pour aider les Israéliens et les Palestiniens à construire cet avenir. Mais si les États-Unis veulent être une voix crédible sur les droits de l’homme sur la scène mondiale, nous devons respecter les normes internationales en matière de droits de l’homme de manière cohérente, même lorsque c’est politiquement difficile. Nous devons reconnaître que les droits palestiniens sont importants. La vie palestinienne compte.
Le sénateur Bernie Sanders est un sénateur du Vermont.

Voir aussi:

Israel-Gaza: The Democrats’ ‘tectonic’ shift on the conflict
Anthony Zurcher
BBC
21 May 2021

The latest clashes between Israel and the Palestinians have revealed exactly how much the political centre of gravity in the Democratic Party has moved on the conflict in recent years.
« The shift is dramatic; it’s tectonic, » says pollster John Zogby, who has tracked US views on the Middle East for decades. In particular, younger generations are considerably more sympathetic to the Palestinians – and that age gap has been on full display with the Democratic Party.
While President Joe Biden has expressed a more traditional view, repeatedly emphasising that Israel has the right to defend itself against Hamas rocket attacks, he’s finding himself out of step in a party that is now at least as concerned with the conditions on the ground for the Palestinians in Gaza and the West Bank – and Israeli policies viewed as contributing to their plight.
Democratic diversity in Congress
To track the shift within the Democratic Party on Israel and the Palestinians, one can start by looking at that most representative US political institution, Congress. In the national legislature, US foreign policy sympathies have tended to tilt historically toward Israel’s perspective in Middle East conflicts – in part because of the preferences of both Jewish voters (a key Democratic constituency) and evangelicals (important for Republicans).
As the US Congress has become an increasingly diverse body, however, that has had some serious consequences for US policy toward Israel. In 2021, a record 23% of members of the House and Senate were people of black, Hispanic, Asian/Pacific Islander or Native American heritage, according to a Pew Foundation study.
Two decades earlier, that number was 11%. In 1945, it was 1%.

A diversity of backgrounds has led to a wider diversity of viewpoints and a diffusion of power. The influential group of young liberal congresswomen, known informally as « The Squad », includes Palestinian-American Rashida Tlaib of Michigan and Somalian refugee Ilhan Omar of Minnesota, for instance.
image copyrightCQ Roll Call via Getty Images
image captionReps Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez, and Rashida Tlaib are members of ‘The Squad’
The most prominent member of this group, Alexandria Ocasio-Cortez of New York, won her congressional seat by ousting a senior member of the Democratic congressional leadership, Joe Crowley, who consistently sided with Israel in past conflicts in the occupied territories.
How social media is fuelling US Israel-Gaza debate
The Israel-Palestinian conflict explained
Overall, the party – and its voters – look a lot more like the Puerto Rican descended 31-year-old Ocasio-Cortez than the 59-year-old Crowley – and that is making a difference.
« There is a non-white population, particularly among Democrats, who are very sensitive to the treatment of fellow non-whites, » Zogby said during a recording of the BBC podcast Americast. « They see Israel as an aggressor. »
They don’t know Israel’s early history and odds-defying triumph over adversity, he says.
« They know post-Intifada; they know the various wars, the asymmetrical bombing that have taken place, the innocent civilians that have been killed. »

The Bernie factor
If the growing diversity in Congress is in part the result of the left-wing progressive movement that elected politicians like Ocasio-Cortez, that progressive movement owes a considerable debt to one man, Vermont democratic socialist Bernie Sanders.
Early in his career, Sanders – who was raised Jewish and spent time in Israel in the 1960s – was generally sympathetic toward Israel’s policies. By the time he first ran for president in 2016, however, he was expressing more support for Palestinian concerns – a view that set him apart from the rest of the Democratic field.
In a primary debate with Hillary Clinton, held during a March 2016 outbreak of Hamas rocket attacks on Israel, Sanders spoke directly about the plight of Palestinians – their high unemployment, « decimated houses, decimated healthcare, decimated schools ».
As noted by the Guardian’s Ed Pilkington at the time, this broke an « unwritten rule » that talking about Palestinian suffering was a losing issue for politicians seeking higher office.
image copyrightPool via Getty Images
Sanders lost both his presidential bids, of course. The popularity of his expressed views, however, opened the door for down-ballot Democrats to take up the issue – as they also took up other parts of his progressive platform, including expanded healthcare, free college education, a higher minimum wage and environmental reform.
Since then, Sanders has hardened his condemnations of Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, whom he called a « desperate, racist authoritarian ». And last week, he penned an opinion column in the New York times that, while pulling no punches, no longer seems a fringe Democratic view.

« The fact of the matter is that Israel remains the one sovereign authority in the land of Israel and Palestine, » Sanders wrote, « and rather than preparing for peace and justice, it has been entrenching its unequal and undemocratic control. »
Palestinian lives matter
In that Times column, Sanders concludes by heralding the rise of « a new generation of activists » in the US.
« We saw these activists in American streets last summer in the wake of the murder of George Floyd, » he writes. « We see them in Israel. We see them in the Palestinian territories. »
A major foreign policy headache for Biden
The child victims of the Israel-Gaza conflict
His final words lift a direct line from the Black Lives Matter movement: « Palestinian lives matter ».
Sanders is noting what has become obvious during clashes between Israel forces and Palestinians over the past two weeks. Americans who found their political voice during last summer’s activism in US cities are now turning their focus, and their rhetoric, on what they see as similar unchecked oppression in the Middle East.

media captionWatch: Biden accelerates away when asked about Israel
« St Louis sent me here to save lives, » Congresswoman Cori Bush of St Louis – who unseated a long-time Democratic politician in a primary last year – said on the floor of the House on Thursday.
« That means we oppose our money going to fund militarised policing, occupation and systems of violent oppression and trauma. We are anti-war, we are anti-occupation, and we are anti-apartheid. Period. »
That has translated into growing calls to cut off US military aid to Israel – or at least use the threat of doing so to pressure Netanyahu to move away from his aggressive policies in the occupied territories.
The « defund the police » slogan now has a foreign policy companion: « defund the Israeli military ».
Donald and Bibi
Complicating matters for Israel’s traditional backers in the Democratic Party is that US policy toward the Jewish state, like almost everything in national politics, has become increasingly polarised on partisan lines.
image copyrightPool via Getty Images
That, in no small part, has been helped along by long-time Israeli Prime Minister Netanyahu, who has forged closer ties with the American right over recent years. Obama-era Democrats have not forgotten Netanyahu’s address to a joint session of Congress in 2015 at the invitation of Republicans, during which he made an unsuccessful attempt to torpedo congressional approval of the administration’s signature diplomatic initiative, the Iran nuclear agreement.
Meanwhile, Donald Trump spent four years trumpeting his close relationship with Netanyahu and Israel’s political right. He cut off humanitarian aid to the Palestinian authority, moved the US embassy from Tel Aviv to Jerusalem, and bypassed the Palestinians in his Middle East diplomatic negotiations.
That one-two political punch from Trump and Netanyahu was more than enough to have even some centrist Democrats rethinking their views on the Palestinian situation.
That trend could continue, in part because, Zogby says, Trump’s efforts to cater to Israeli interests haven’t translated into shifting support among Jewish voters for Republican candidates.
« That is wishful thinking on their part, » Zogby says. « American Jews are fundamentally a liberal to progressive voting entity. »
If Democrats can satisfy their progressive base without alienating their traditional Jewish voters, it becomes a much more comfortable political move.
Old-school Biden
If the Israel debate among Democrats in Washington is changing, the direction from the White House has only just begun to reflect that.
Biden and his top officials were slow to call for a ceasefire between Israel and Hamas – lagging behind even traditional Israel backers like Senate Majority Leader Chuck Schumer.
image copyrightAnadolu Agency via Getty Images
image captionSmoke rises over Gaza City
They repeatedly blocked a UN Security Council resolution that also endorsed a ceasefire. The readouts of Biden’s calls with Netanyahu have repeatedly noted that the president has emphasised Israel’s right to self-defence, with little hint of criticism.
There’s been no talk of putting conditions on US military aid to Israel – and, in fact, before the most recent outbreak of violence, Biden authorised the sale of $735m (£518m) in arms to the Jewish state, much to the dismay of his party’s progressives. During the 2020 presidential primary, he said calls to add conditions to US aid to Israel by Sanders and others were « bizarre ».
The risk for Biden on this issue is clear, however. The president needs the backing of left-wing progressives in his coalition if he wants to pass his legislative agenda, including an ambitious infrastructure and social safety-net package.
Up until now, that support has been there. But if the Democratic left believes Biden is turning his back on what they view as Israel’s gross human rights abuses, they could abandon him.
« We’ve seen a steady growth in support for Palestinians, but it’s never really been a high-intensity issue, » Zogby says. « It’s becoming that. It’s becoming a major wedge issue, particularly among Democrats, driven by non-white voters and younger voters, by progressives in general. »
That this might happen in a foreign policy area, the Middle East, that has been a low priority for Biden so far in his presidency would be particularly stinging – and it’s one of the reasons why Israel’s advocates in the Democratic Party are concerned that Biden’s support, which has been largely unwavering over decades of public service, may end up shaky.
Politicians can only stay out of step with their political base for so long.

Voir encore:

The Realignment
In the Middle East, Biden is finishing what Obama started. And his top advisers are all on board.
Michael Doran and Tony Badran
Tablet magazine
May 11, 2021

On Sunday, National Security Adviser Jake Sullivan phoned his Israeli counterpart and turned back the hands of time. According to the American readout of the conversation, Sullivan called “to express the United States’ serious concerns” about two things: the pending eviction, by court order, of a number of Palestinian families from their homes in the Sheikh Jarrah neighborhood of Jerusalem, and the weekend’s violent clashes on the Temple Mount between Israeli police and Palestinian rioters. The Biden administration, in other words, publicly asserted an American national interest in preventing the Sheikh Jarrah evictions, regardless of the dictates of Israeli law—just as Hamas was sending rockets and incendiary devices into Israel with the same message. This conscious effort to put “daylight” between the United States and Israel marked a clear return to the approach of President Barack Obama.

Sullivan’s call invites us to reopen an unresolved debate that began even before President Joe Biden took the oath of office. Is the new president forging his own path in the Middle East, or is he following in the footsteps of Obama? Until now, those who feared that his presidency might become the third term of Obama fixed their wary eyes on Robert Malley, the president’s choice as Iran envoy. When serving in the Obama White House, Malley helped negotiate the Iran nuclear deal, which sought accommodations with Tehran that came at the expense of America’s allies in the Middle East. In a revealing Foreign Affairs article, written in 2019, Malley expressed regret that Obama failed to arrive at more such accommodations. The direction of Obama’s policy was praiseworthy, Malley wrote, but his “moderation” was the enemy of his project. Being “a gradualist,” he presided over “an experiment that got suspended halfway through.”

Malley, the article leads one to assume, is now advising Biden to go all the way—and fast. But surely it is the president, not his Iran envoy, who determines the direction and pace of policy. Over the course of a career in Washington spanning nearly half a century, Biden has never cut a radical profile. Nor have Sullivan or Secretary of State Antony Blinken. The presence of this pair at Biden’s side signaled to many that Malley would not drive Iran policy. Shortly after the election, a veteran Washington insider noted to a journalist that “Blinken and Sullivan are certainly from the more moderate wing of the party, and that is reassuring.”

At his Senate confirmation hearing in January, Blinken continued to reassure by expressing his intention to fix the defects of the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), as the Iran nuclear deal is known. The following month, Foreign Policy reported that a split had opened up inside the government, with Sullivan and Blinken fulfilling the hopes placed on them. When Malley argued in favor of giving “inducements” to Iran to convince it to return quickly to the JCPOA, Sullivan and Blinken “dominated the discussion” by “toeing a harder line.”

Over the past month, that line became even harder—as in harder to see. On April 2, Malley gave an interview to PBS that raised eyebrows in Jerusalem, Riyadh, and in Congress. Ahead of nuclear talks in Vienna, where the Europeans were about to host indirect negotiations between Biden officials and Iranian representatives about resurrecting the JCPOA, Malley expressed an eagerness to lift American sanctions on Iran and ensure “that Iran enjoys the benefits that it was supposed to enjoy under the deal.” About the interview, an anonymous senior Israeli official said, “If this is American policy, we are concerned.”

Israeli intelligence operatives put an exclamation point on that sentence when they (it seems clear) sabotaged a power generator at the Iranian nuclear enrichment facility in Natanz. While damaging Iran’s nuclear program, the operation also signaled Israeli opposition to the American position in the Vienna talks, now underway.

The alarm in Jerusalem is justified, if the May 1 statement by Abbas Araghchi, Iran’s lead negotiator in Vienna, is anything to go by. The American negotiators, he claimed, had already agreed in principle to remove sanctions on Iran’s energy sector, automotive industry, financial services, banking industry, and ports—to eliminate, in other words, all of the most significant economic sanctions ever imposed on Iran. Recent statements from Biden administration officials give us no reason to disbelieve Araghchi, and the smart money is now on a full resurrection of the JCPOA in relatively short order.

But even the Israelis have yet to absorb the full scope and magnitude of Biden’s accommodation of Iran. The problem is not that Sullivan and Blinken are failing to restrain Malley, but that they are marching in lockstep with him. A consensus reigns inside the administration, not just on the JCPOA but on every big question of Middle East strategy: Everyone from the president on down agrees about the need to complete what Obama started—which means that the worst is yet to come.

If the control that Obama’s project exercises over every mind in the Biden administration is not already obvious, it is because confusion still reigns about the project’s true nature. Doubt us? Then take the following one-question quiz: To what, precisely, was Robert Malley referring when he spoke of Obama’s half-completed “experiment”?

If you answered “the JCPOA,” you got it wrong.

If you said “improving relations with Iran,” you scored much higher, but you still failed.

The president’s “ultimate goal,” Malley wrote, was “to help the [Middle East] find a more stable balance of power that would make it less dependent on direct U.S. interference or protection.” That is a roundabout way of saying that Obama dreamed of a new Middle Eastern order—one that relies more on partnership with Iran.

And the dream lives on. In May 2020, six months after Malley penned his Foreign Affairs essay, Jake Sullivan, writing as an adviser to Biden’s presidential campaign, co-authored his own article laying out a Middle East strategy. The goal, he explained, is to be “less ambitious” militarily, “but more ambitious in using U.S. leverage and diplomacy to press for a de-escalation in tensions and eventually a new modus vivendi among the key regional actors.” If we substitute the word “balance” for “modus vivendi,” and if we recognize that “de-escalation” and “diplomacy” require cooperation with Iran, then Sullivan’s vision is identical to Obama’s “ultimate goal” as described by Malley. Sullivan emphasized that equivalence when he defined the objective of his plan as “changing the United States’ role in a regional order it helped create.”

This project to create a new Middle Eastern order, which now spans two presidential administrations, deserves a name. The “Obama-Biden-Malley-Blinken-Sullivan initiative” is quite a mouthful. Instead, we hereby dub it “the Realignment.” That it should fall to us, and at this late date, to name a project on which many talented people have been working for the better part of a decade is more than a little odd. Typically, presidents launch initiatives as grand as this one with a major address, and they further embroider their vision with dozens of smaller speeches and interviews. One searches in vain for Obama’s speech, “A New Order in the Middle East.”

Obama, it seems clear, felt his project would advance best with stealth and misdirection, not aggressive salesmanship. Biden, while keeping Obama’s second-term foreign policy team nearly intact, is using the same playbook. He and his aides recognize that confusion about the “ultimate goal” makes achieving it easier. Indeed, confusion is the Realignment’s best friend.

“Calculated to confuse” would make a fitting epitaph for the JCPOA—if ever it were to shuffle off this mortal coil. At 159 pages, containing five annexes, and replete with secret side deals, it packed into one binder enough smoke and mirrors to keep the American public confused for the past six years. Although the JCPOA is only one component of Obama’s grand project, its role is indispensable.

Let’s start with what the JCPOA does not do. Contrary to what its architects have claimed since 2015, the JCPOA does not block all the pathways to an Iranian nuclear weapon. How could it? The deal’s so-called “sunset provisions”—the clauses that eliminate all meaningful restrictions on Iran’s nuclear program—will all have taken effect in less than a decade; some of the most significant restrictions will disappear by 2025. By 2031, the Islamic Republic will have, with international protection and assistance, an unfettered nuclear weapons program resting on an industrial-scale enrichment capability. On the basis of this fact alone, the best one can possibly say about the deal is that it buys a decade of freedom from Iranian nuclear extortion.

But even that modest claim does not withstand scrutiny. The deal permits a robust research and development program, and it does not destroy facilities (such as the fortified bunker in the mountains at Fordow) that are indisputably part of a military, not a civilian, nuclear program. In other words, Iran is pursuing its nuclear weapons ambitions even during this period of supposed restrictions, and its program is continuing, as any newspaper reader can see, to serve as a tool of extortion.

So blatant are the deal’s failings that Biden officials do not deny the problem. Instead, they pretend to have a fix. Their plan? A “follow-on accord.” The JCPOA, they claim, is stage one in a multistage process, like a Silicon Valley product awaiting an upgrade.

It was Sullivan, in his Foreign Affairs article, who first floated the “follow-on” idea. Blinken then promised, at both his Senate confirmation hearing in January and a press conference on his first day on the job, to work for a “longer and stronger agreement.”

“Lengthen and Strengthen with Sullivan and Blinken!” would make for a catchy slogan if JCPOA 2.0 actually had a chance in reality. But the Biden administration insists it will not raise the idea of a longer and stronger agreement until after the full restoration of JCPOA 1.0. However, as we noted, JCPOA 1.0 quickly expunges all significant limitations on Iran’s nuclear program—permanently, and with an international seal of approval. By giving Tehran everything it ever wanted up front, JCPOA 1.0 obviates JCPOA 2.0.

Sullivan and Blinken profess to recognize the hideous flaws of the JCPOA, even as they sweat and toil to resurrect it from the tomb where Trump had buried it. The comfort they offered worried minds only increased when, according to the February Foreign Policy report, they overruled Malley, refusing Iran’s demand that the United States lift all sanctions as a precondition for returning to the JCPOA. The men of understanding, we were led to believe, were also men with backbone.

But that report merely deflected watchful eyes from the real story: the bargaining between Washington and Tehran that started the minute the administration took office. Even before the Vienna negotiations began in April, messages were winging their way from Tehran to Washington, through intermediaries who interceded with ideas about how the United States could relax sanctions without formally lifting them.

As a result, Sullivan and Blinken delivered inducements to Tehran—and lots of them. To give just a few examples: The Biden administration dropped American objections to a $5 billion International Monetary Fund loan to Iran. It rescinded the Trump-era policy at the United Nations, which had triggered the so-called snapback mechanism—a move to reimpose international sanctions on Iran for its violation of the deal. It released frozen Iranian oil funds in South Korea, Iraq, and Oman. These steps portended the imminent end of the sanctions regime, thus encouraging the Chinese to buy Iranian oil at a much higher rate than at any time since 2017. Against this background came Malley’s April 2 interview on PBS, in which he expressed an eagerness to lift all sanctions as quickly as possible.

The administration’s enthusiasm for maximum accommodation of Iran came as a shock to many observers, among them Sen. James Inhofe of Oklahoma, the ranking Republican on the Senate Armed Services Committee, who released a statement accusing the administration of breaking its word. Inhofe, the Israelis, and countless others had mistaken Blinken’s rhetoric for an actual plan to use the leverage built up by Trump to “fix” the nuclear deal.

To be fair, Blinken always said the administration intended to return to the JCPOA. About that, neither he nor Sullivan nor any other administration official ever lied. But they did strategically encourage people to believe things they knew were not, and never would be, true.

Their deceptions have gone far beyond narrow nuclear questions. Contrary to the claims of the administration, the JCPOA ends all of the most damaging sanctions on Iran—nuclear and nonnuclear alike. Thanks to one of its early sunset clauses, the JCPOA already ended an international ban on conventional arms sales to Iran, thus offering Tehran avenues for expanding its defense cooperation with Russia and China. As the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) will grow richer from oil sales, its international partnerships will also grow stronger. The network of militias surrounding Israel and America’s Arab allies will expand, and their sting, delivered by precision-guided weaponry, will become more venomous. Compounded by the backing of powerful friends like Russia and China, the difficulty of containing Iran’s regional project will increase. This analysis is not a theory; it is common sense.

The deceptions surrounding the JCPOA have a clear purpose: to make the administration appear supportive of containment when, in fact, it is ending it. But why are officials like Blinken and Sullivan so comfortable with such duplicity? Answering this question requires entering the Realignment mentality. The Foreign Affairs articles certainly offer one way in, but the most direct route is through the mind of Barack Obama, the author of the policy that Blinken and Sullivan are glossing.

The deceptions surrounding the JCPOA have a clear purpose: to make the administration appear supportive of containment when, in fact, it is ending it.

The Realignment mentality fully crystalized on Aug. 31, 2013, the day Obama erased his red line on Syria’s use of chemical weapons. Obama first drew the red line for U.S. military action in the summer of 2012, after receiving reports indicating that Syrian dictator Bashar Assad was either using or preparing to use chemical weapons against civilians. Some of Obama’s advisers urged him, in response, to increase support for the rebels seeking to overthrow Assad. Instead, Obama drew his red line, hoping that Moscow and Tehran would restrain Assad and the White House would not be forced to take action. But almost exactly one year later, Assad dashed Obama’s hopes with a sarin gas attack that killed hundreds of civilians, perhaps over a thousand.

Nevertheless, Obama was as determined as ever to prevent American intervention in Syria—still with the assistance of Moscow and Tehran. What if, he asked himself, the United States were able to work in greater partnership with Russia and Iran to stabilize not just Syria but other trouble spots too? After all, a tacit U.S. arrangement with Iran already existed in Iraq, based on a supposed mutual hostility to Sunni jihadism. Couldn’t that model be expanded to cover the entire Middle East? A partnership with Russia and Iran could stabilize this vexed region. An attack on Syria, however, would alienate both Moscow and Tehran, damaging Obama’s dream of a new regional order.

As the American military readied a strike on Assad, Obama searched for a pretext to call it off. He found it by suddenly remembering his constitutional duty to seek congressional authorization for military operations. Republicans in Congress, Obama knew, would refuse to authorize military action, making them responsible for erasing his red line. The Republicans’ refusal to strike, Obama told Ben Rhodes, an aide and member of his inner circle, “will drive a stake through the heart of neoconservatism—everyone will see they have no votes.”

Obama had zero interest in weakening the Russian-Iranian entente. Instead, he sought to hobble the “correlation of forces” (to use the Soviet terminology) that he believed was boxing him in. Those forces included, in addition to a variety of groups in American domestic politics, traditional allies in the Middle East—Israel, Saudi Arabia, and Turkey—all of whom were alarmed, each for its own reasons, by the rising power of the Russian-Iranian entente.

For his part, Russian leader Vladimir Putin understood Obama’s dilemma. He quickly offered a fig leaf that Obama readily accepted. Together, the two pretended to strip Assad of his chemical weapons. We say “pretended,” because the joint Russian-American initiative was a Potemkin facade designed to put an honorable face on Obama’s retreat. In return for the prize of American abstention from Syria, Putin was more than happy to destroy some of Assad’s chemical weapons.

But only some. The Organization for the Prohibition of Chemical Weapons, the group that carried out the joint American-Russian policy, only destroyed the chemical weapons that Assad officially declared. Of course, he didn’t declare everything, a fact that became irrefutable in April 2017, when Assad conducted another sarin gas attack, this time killing almost 100 people.

For Obama, however, deterring Assad was always a secondary concern. He had now achieved what he saw as the biggest prize of all, namely, opening a path to a strategic accommodation with Iran, Russia’s ally in Syria. “If the U.S. had intervened more forcefully in Syria,” Rhodes told a reporter at the end of the Obama presidency, “it would have dominated Obama’s second term and the JCPOA would have been impossible to achieve.”

With the Syria example fixed in our minds, we are finally in a position to define what the JCPOA truly is rather than what it is not. As understood by its architects, the deal is two things at once. First, it is a vehicle for towing Iran’s nuclear program out of the main lanes of U.S.-Iranian relations and parking it off to one side, thereby creating political and diplomatic space for greater interaction between Washington and Tehran—a fundamental condition for building the new regional order to which the Realignment aspires.

Second, it is a tool for erasing the containment option in American foreign policy. Many analysts have interpreted the elimination of nonnuclear sanctions by the JCPOA as the product of inept bargaining. Wily Iranian negotiators, we have frequently been told, hoodwinked the naïve Obama, who, poor man, just can’t seem to get his head around the concept of leverage in negotiations.

On the contrary, a savvy Obama fooled the analysts by disguising the JCPOA as a nonproliferation agreement. In reality, the deal was a sneak attack on a traditional American foreign policy. It was and remains a Trojan horse designed to recast America’s position and role in the Middle East. Sullivan and Blinken’s task is to wheel the Trojan horse into the central square of American foreign policy and, by brandishing their “centrist” political credentials, sell it as an imperfect but valuable vehicle of containment.

The doctrine of Realignment builds on the erroneous assumption that Iran is a status quo power, one that shares a number of major interests with the United States. According to this doctrine, conservative Americans and supporters of Israel fixate on Iran’s ideology—which is steeped in bigotry toward non-Muslims in general, and which advertises its annihilationist aspirations toward the Jewish state in particular—but it is not useful as a practical guide to Tehran’s behavior. That’s what professor Obama taught us in a 2014 interview, when he claimed that Iran’s leaders “are strategic,” rational people who “respond to costs and benefits” and “to incentives.”

U.S. allies needed to learn “to share the neighborhood” with Iran, he said in another interview. Their hostility was preventing Washington from gaining access to the more pragmatic dimensions of the Iranian government’s character. Israel, Turkey, and Saudi Arabia nurture paranoid fears, outsize ambitions, and grubby sectarian agendas that draw them into shadow wars with Iran. Out of excessive loyalty to its allies, America has allowed itself to be dragged into supporting their wars, needlessly embittering U.S.-Iranian relations while simultaneously exacerbating local conflicts.

According to the Realignment doctrine, America will help its allies protect their sovereign territory from Iranian or Iranian-backed attacks, but not compete with Iran beyond their borders. In the contested spaces of Syria, Yemen, and Iraq, the United States will force others to respect Iran’s “equities,” a term Obama once used to describe Iran’s positions of power. Thus, in practical terms, America will use its influence to elevate the interests of Iran over those of U.S. allies in key areas of the Middle East.

At home, this policy is controversial, to say the least, and necessitates the development of tactics to camouflage the tilt toward Tehran. The presentation of the JCPOA as a narrow arms control agreement is the most important of these tactics, but two others are particularly noteworthy.

The first is the bear hug: a squeeze that can be presented to the outside world as a gesture of love, but which immobilizes its recipient. The Obama administration perfected the move on Israel during JCPOA negotiations. American officials routinely bragged that they had raised military-to-military relations between the United States and Israel to glorious new heights. To be fair, the claim is not entirely baseless, thanks to joint projects such as the Iron Dome missile defense system, which allows Israel to protect its territory from Iranian-sponsored rocket attacks. But if Iron Dome was the seemingly loving aspect of the bear hug, the immobilizing part was the strong discouragement of Israeli military and intelligence operations against Iran’s nuclear program and its regional military network. Obama made both seem less necessary by continually pointing to Iron Dome, which became a U.S. device for forcing Israel into a more passive posture in the face of Iran’s rising power and continued aggression.

The bear hug is also a tool for gaslighting critics who accurately claim that the Realignment guts the policy of containment. The ongoing provision of American security assistance to allies allows the administration to plausibly claim that containment is alive and well—that the United States is indeed “pushing back” against Iran’s “destabilizing activities,” and that far from discarding its old allies, it is committed to their welfare.

The second tactic is the values feint. When Washington tilts toward Iran, it disguises its true motivations with pronouncements of high-minded humanitarianism—ceasing to be a superpower and instead becoming a Florence Nightingale among the nations, decrying human suffering and repeating mantras like “There is no military solution to this conflict.” The values feint exhorts allies, in public, not to retreat before Iran but to engage in the “three D’s”: diplomacy, dialogue, and de-escalation. This trio, first deployed by Obama in Syria, now routinely rolls off the tongues of Biden officials who, in keeping with a plan presented in Sullivan’s Foreign Affairs article, are busy encouraging America’s allies to sit down and negotiate with the Iranians.

“We support any Iranian dialogue with international, regional, or Arab powers,” Hassan Nasrallah said last week. “We consider it as helpful to calming tension in the region.” The leader of Lebanon’s Hezbollah, the most lethal Iranian-backed militia in the Arab world, strongly approves of the Sullivan plan. And why wouldn’t he? The three D’s transform Iran and its proxies into America’s partners in “peace” diplomacy, and those seeking to contain them into bloodthirsty enemies of peace.

Now that we can see past the cute tricks that hide the Realignment’s true goals, we can state its four strategic imperatives in plain English: First, allow Tehran an unfettered nuclear weapons program by 2031; second, end the sanctions on the Iranian economic and financial system; third, implement a policy of accommodation of Iran and its tentacles in Iraq, Syria, Yemen, and Lebanon; and fourth, force that policy on America’s closest allies. If the United States follows those commandments, then a kind of natural regional balance will fall into place. The United States, so the thinking goes, will then finally remove itself from the war footing that traditional allies, with their anti-Iran agenda, have forced on it. Thereafter, diplomatic engagement with Iran will be the primary tool needed to maintain regional stability. (If you doubt us on this, give Malley’s and Sullivan’s Foreign Affairs articles a closer read.)

The Realignment rests on, to put it mildly, a hollow theory. It misstates the nature of the Islamic Republic and the scope of its ambitions. A regime that has led “Death to America” chants for the last 40 years is an inveterately revisionist regime. The Islamic Republic sees itself as a global power, the leader of the Muslim world, and it covets hegemony over the Persian Gulf—indeed, the entire Middle East. But the only instrument it has ever had to achieve its objectives is regional subversion.

Ayatollah Khamenei, the head of this colossal project, is a lord of chaos. After oil, the Islamic Republic’s major export item is the IRGC-commanded terrorist militia—the only export that Iran consistently produces at a peerless level. Malley and Sullivan got it exactly wrong when they argued, in effect, that allies are suckering the United States into conflict with Iran. It is not the allies but the Islamic Republic that is blanketing the Arab world with terrorist militias, arming them with precision-guided weapons, and styling the alliance it leads as “the Resistance Axis.” It does so for one simple reason: It is out to destroy the American order in the Middle East.

Iran’s militia network and nuclear program have made it strong enough to be a major factor in every troubled corner of the Middle East, but not strong enough to build an alternative order. Herein lies a curious contradiction in Khamenei’s project. Iran cannot actually hold or stabilize contested areas without a helpful American posture.

Iran is strong enough to be a major factor in every troubled corner of the Middle East, but not strong enough to build an alternative order.

This same contradiction bedevils the Realignment, whose architects think that partnership with Iran is the ticket to ending American military interventions in the Middle East. But the experiences of both Iraq and Syria proved the fallacy of this vision. On Obama’s watch, when the U.S. withdrew its troops from Iraq, Iran’s influence increased exponentially. And what happened? Iran-backed militias sprouted like weeds across the landscape. The ensuing chaos created the vacuum which the Islamic State filled, forcing Obama to re-intervene militarily—but now with the American military serving, in effect, as the air force of Iran’s militias. Obama didn’t end military interventions; he just switched sides.

An analogous process took place in Syria. In order to save the Assad regime, Iran needed not just the intervention of the Russian military to shore up its position against the Syrian opposition forces, but the assistance of the United States. Obama kept both Turkey and Israel at bay while the Russians, Iranians, and Iran’s militias slaughtered over 500,000 people and uprooted 10 million more from their homes.

Obama and his staffers, who are now Biden’s staffers, already tested the potential of Realignment. It brought only suffering and death, not to mention a general weakening of the American position.

Domestic politics partially explains the hold that this empty theory exercises over otherwise bright minds. The Realignment was the signature initiative of Barack Obama, who remains either the most powerful man in Democratic politics or a very close second. By winning the presidency, Biden is the leader of the party today, but he owes much of his personal popularity as well as his victory itself to his former boss.

The organizational chart of the State Department says that Malley reports to the secretary of state. What the chart does not reveal is that Malley, as the keeper of Obama’s Iran flame, reports to Blinken, in effect, through Obama. As for Sullivan, he reports to Biden directly, but his ability to deviate from Obama’s agenda is limited by a simple fact of life. As Sullivan himself observed in a December interview, “We’ve reached a point where foreign policy is domestic policy, and domestic policy is foreign policy.”

Biden won the electoral college by only 45,000 votes spread over three states—a razor thin margin. He still desperately needs the support of Obama, who alone can bridge the Democratic Party’s progressive and Clintonian wings. Moreover, if power is the ability to convince people that their success in the future requires keeping you happy in the present, then Obama has a lot of direct power over Sullivan. If Sullivan aspires to one day serve as secretary of state or secretary of defense, he knows that Obama will remain a power broker in Democratic politics long after Biden has left the scene.

The political heft of the Realignment derives not just from Obama’s personal support but also from the support of progressives whose cosmology it affirms. It equates a policy of containing Iran with a path to endless war, and transforms a policy of accommodating Iran into the path to peace. It reduces the complexities of the Middle East to a Manichean morality tale that pits the progressives against their mythological foes—Evangelical Christians, “neoconservatives,” and Zionists. The Realignment depicts these foes as co-conspirators with Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman and Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, plotting to keep America mired in the Middle East.

The role that the Realignment casts for Israel bears close scrutiny. Jake Sullivan’s Foreign Affairs article called for preventing U.S. allies from holding American policy “hostage to maximalist regional demands” regarding the JCPOA. Yet Sullivan all but abstained from mentioning Israel, the country that has been most vocal and effective at making such demands. This omission is, of course, no accident.

Contemporary progressivism is, shall we say, less than enthusiastic about Zionism. One of its cherished goals is to reduce American support for Israel, and the Realignment helps it realize that ambition—but it does so slyly. It refrains from making its anti-Zionism explicit for fear of stirring up opposition to the project among the largely pro-Israel American people. But by upgrading relations with Iran, the Realignment perforce downgrades the Jewish state.

How Israel responds to this downgrading will depend on how its prolonged domestic crisis, marked by four national elections in two years’ time, finally gets resolved. Netanyahu haters in the Biden administration will be sure to delight if he is toppled from power and succeeded by someone with less foreign policy experience, such as Yair Lapid, the chairman of the Yesh Atid party. The White House believes that a post-Netanyahu Israel will work to accommodate its main demands. If, however, Netanyahu remains in power (or if he is succeeded by someone with a similar disposition on Iran), then the Israelis will not readily accept the diminished role assigned to them by the Realignment.

As Biden moves swiftly to put Netanyahu (or a like-minded successor) in a bear hug, the Israeli prime minister will bend, twist, squirm, and occasionally throw a sharp elbow and kick a shin. Both Biden and Netanyahu, each for his own domestic reasons, will deny the depth of the conflict. Broad smiles, professions of friendship, and much fancy footwork, all produced for the benefit of the cameras, will turn this wrestling match into a contorted tango.

Their dance will move through five flashpoints—the five irresolvable tensions between Jerusalem and Washington that the Realignment creates. The first is, of course, the JCPOA. The Israelis, for their part, will try to prevent the quarrel from poisoning cooperation in general, but will not refrain from exposing the defects of the deal to the world, and especially to Congress. The JCPOA breathes an air of distrust into U.S.-Israel relations, which will thicken as Israel continues to conduct covert actions inside Iran. The Biden team’s response, as we have already seen, will be to urge restraint on Jerusalem, thus generating the second flashpoint.

The primary goal of Israeli covert operations has historically been to sabotage Iran’s nuclear program, but more recently, they have also served as a means to publicize the flaws of the JCPOA and to expose Iranian cheating. The covert Israeli campaign now also serves as propaganda by action, showcasing opposition to Biden’s Realignment. The recent sabotage of the Natanz nuclear facility’s power station, a case in point, coincided not just with the negotiations in Vienna over the JCPOA, but also with the visit of Secretary of Defense Lloyd Austin to Jerusalem. The operation embarrassed Washington, not least by refuting its contention that the only way to prevent war is to legitimize Iran’s nuclear program. If diminutive Israel can sabotage Iran’s most secure facilities on its own without sparking a war, how much more could it accomplish with the active assistance of the United States?

For its part, the Biden administration responded to the embarrassment by issuing a private rebuke to Jerusalem, while calling for more coordination and an agreed policy of “no surprises.” A similar dynamic is playing out over the third flashpoint—namely, the clash between Washington and Jerusalem over Israeli attacks on Iranian military targets in Syria and elsewhere in the region. A meeting in April between Sullivan and his Israeli counterpart, Meir Ben-Shabbat, established “an interagency working group” to focus on the threat of Iranian-produced precision-guided missiles, which Tehran provides to its regional assets. The White House will spin the working group as a united effort to “push back” on Iran, but it is actually a tool for monitoring and restraining Israel.

As the pressure from Washington to support the three D’s mounts, Jerusalem will search for partners who can assist it, both in containing Iran and in persuading the United States to abandon the Realignment. Impediments to effective coordination between Riyadh and Jerusalem abound, but the Saudis remain the most likely candidate, as there is still a chance that shared circumstances will force closer coordination between the two. But the Biden team will monitor relations between Riyadh and Jerusalem and interdict when necessary—thus creating the fourth flash point.

It was, once again, the Obama administration that fashioned the template for such interdiction. In 2012, when Washington grew fearful that Israel might launch an attack on Iran’s nuclear facilities, four senior U.S. diplomats and military intelligence officials briefed Foreign Policy on alleged cooperation between Azerbaijan and Israel in preparation for the attack. “The Israelis have bought an airfield,” one anonymous official said, “and the airfield is called Azerbaijan.” Officials in Baku categorically denied the report, which indeed was likely bogus. But the point was to intimidate Jerusalem and any of its potential anti-Iran partners, not to put out truthful information.

The final flashpoint will be the Palestinian question. As tensions with Jerusalem rise over Iran, the administration will execute its values feint, criticizing Israel for choosing the path of “war.” But it will be over the Palestinian issue that the Biden team will deliver the harshest public scolding. The issue helps camouflage American rage over Israel’s independent Iran policy, presenting it instead as a righteous fight over “values.”

The administration wasted no time in reviving this values conflict. On April 7, Blinken resumed U.S. funding for the Palestinian leadership that the Trump administration had cut, including for the controversial United Nations Relief and Works Agency, saying it “aligns with the values and interests of our allies” (as defined solely by the Biden administration, he neglected to add). Gilad Erdan, Israel’s ambassador to the United States and the United Nations, quickly clarified that “Israel is strongly opposed to the anti-Israel and antisemitic activity happening in UNRWA’s facilities.”

Elevating the Palestinian question to the top of U.S.-Israel relations will further reduce the chance of a bilateral Saudi-Israeli breakthrough. Any efforts to advance the Abraham Accords, or to thwart the White House’s Iran policy, will be met with rebukes that Israel is trying to detract from justice for the Palestinians. The launch of another round of Israeli-Palestinian negotiations might be one way for the Biden team to lend plausibility to this claim. Given the failure of previous rounds, however, Biden may instead choose to launch talks with Israelis and Palestinians about how to preserve the two-state solution in the absence of a peace process. From any such talks, demands on Israel to take impossible actions will flow like a gusher, allowing Washington to pose as the champion of Palestinian rights against the recalcitrant Israelis.

With the stage thus set, an echo chamber of “independent” voices in the media will deliver a harsh reproach to Israel, which the Biden team will have scripted but will prefer not to deliver directly. “The United States needs to tell Israeli leaders to cease provocative settlement construction and … oppressive security practices,” wrote Obama’s CIA director, John Brennan, in The New York Times on April 27. This was an early warning. As the tensions between Jerusalem and Washington mount, voices shriller than Brennan’s will decry the Israelis as corrupt and cruel warmongers, sabotaging not just peace diplomacy, but also mom and apple pie.

For the pro-Israel community, the Realignment represents both an intellectual and political challenge. Intellectually, it forces a rethinking of what constitutes a pro-Israel policy. Traditionally, a position passes this litmus test if it supports strong bilateral ties, including the provision of American military aid. But supporters of the Realignment—by guaranteeing Israel’s qualitative military edge and right to defend itself, and by verbally affirming the enduring strength of American-Israeli bonds—easily pass this test, even as they empower Iran across the Middle East and provide it with a pathway to a nuclear weapon. To give the term “pro-Israel” a definition that meets the challenge of the day requires advocating for the containment of Iran, not just the defense of Israel, and for a peace strategy that focuses on Saudi Arabia.

For Jewish Democrats especially, this definition poses a severe political challenge. Progressives and Biden surrogates will attack this definition of “pro-Israel” as the “Trumpist” version, which to them means repudiating American values, choosing war over diplomacy, whitewashing Saudi “crimes,” and helping Israeli settlers “colonize” the Palestinians.

Some supporters of the administration will not hesitate to accuse Jews of sending American men and women in uniform to die for Israel. In 2018, when the Mossad spirited the nuclear archive from Tehran, Colin Kahl, a Stanford professor and Biden’s former national security adviser, tweeted that the Israeli operation “sure has an eerie pre-2003 Iraq vibe to it.” In other words, the Israeli intelligence operation, a heroic feat straight out of a Hollywood movie, was a Jewish plot to sucker America into a war for Israel. Kahl is now Joe Biden’s undersecretary of defense for policy, the third most powerful person in the Pentagon. During his Senate confirmation process, Kahl’s supporters defended him against the accusation that he harbored an anti-Israel bias by noting that, under Obama, he helped advance American-Israeli cooperation on Iron Dome.

As the pro-Israel community debates what constitutes sensible policy, its right and left wings are gearing up for a fight. Enter: Sullivan and Blinken. They move between the bickering factions, holding up their arms in a plea for calm. The duo have exactly what it takes to forge a third way between Trump’s “maximum pressure” and Obama’s Realignment—a Clintonian way that will square the circle, thread the needle, and ride two horses at once. Don’t brawl with each other, they say. Don’t split your community. Rest assured, we have your back. We have no illusions about Iran. Our commitment to Israel’s security remains unyielding.

Wouldn’t it be nice to believe all that? Unfortunately, this third way is a myth—and a dangerous one at that. It is buying time and goodwill for an administration that, as it races hell-for-leather to finish what Obama started, deserves neither.

The Realignment is just clever enough to be stupid on a grand scale. When Malley refers to Obama’s presidency as a half-finished experiment, he means, more specifically, that the United States failed to compel its Middle Eastern allies to accommodate Iran. Washington, he explained in his Foreign Affairs article, must stop “giving its partners carte blanche” and “enabling their more bellicose actions” directed at Iran and its proxies. The ally who needs its blank check revoked most urgently, Malley explains, is Saudi Arabia, and the arena in which to start is Yemen. Washington, he wrote bluntly, must press Riyadh “to bring the conflict to an end.”

Sullivan’s Foreign Affairs article took this idea further, developing the plan for pressing Riyadh to end the war in Yemen. The United States, he explained, should tell the Saudis in no uncertain terms that a failure to end the intervention would put at risk the American security guarantee for Saudi Arabia. According to Sullivan, Washington must “insist on serious, good-faith Saudi diplomatic efforts to end the Yemen war and de-escalate with Iran as part of the terms under which it maintains a complement of U.S. troops deployed in Saudi Arabia.” To sustain this “de-escalation,” the U.S. must then press Riyadh to enter into “dialogue” with Tehran.

Clearly, the plan to give a rib-cracking bear hug to Saudi Arabia was in place long before the election of Biden. Once the new team took office, it lost no time in putting on the squeeze. On Jan. 27, the administration announced a freeze on arms sales. On Feb. 4, it declared an end to support for “offensive” operations in Yemen. On Feb. 5, it expressed its intentions to remove the Houthis, Iran’s proxy in Yemen, from the terrorism list, and on Feb. 16, it made good on its promise.

Taking a leaf from Obama’s Syria playbook, the Biden administration thus recognized Yemen as a de facto Iranian sphere of interest. However, the slogan of the Houthi movement—“Allah is Great, Death to America, Death to Israel, Curse on the Jews, Victory to Islam”—does not poll well among a majority of American voters. To disguise the fact that its policies are empowering the Houthis and the Iranians, the Biden administration deployed the values feint.

The Biden administration thus recognized Yemen as a de facto Iranian sphere of interest.

The goal of the decision to lift the terrorism designation on the Houthis, Blinken explained, was to alleviate “the dire humanitarian situation in Yemen.” The administration came to the decision, he said, because it listened to the United Nations, humanitarian groups, and bipartisan members of Congress, all of whom had warned that designating the Houthis as terrorists “could have a devastating impact on Yemenis’ access to basic commodities like food and fuel.”

The Yemen values feint is a full-spectrum affair, with America not just celebrating itself as Florence Nightingale, but disparaging Saudi Arabia as a malevolent beast. On Feb. 26, the Biden administration released a declassified intelligence report on the killing of Jamal Khashoggi, the columnist whom a team of Saudi operatives killed in Istanbul in 2018. The report, which concluded that the crown prince approved the assassination, came in response to no new developments. The administration dredged up the 2-year-old file purely in order to use it as fodder in a values barrage.

The crown prince, for his part, was in no doubt about the true reason for this salvo. “We are seeking to have good relations with Iran,” he said in a major television interview at the end of April. “We aim to see a prosperous Iran. We are working with our partners in the region to overcome our differences with Iran.”

But on March 7, two weeks after the release of the Khashoggi report, the administration’s values guns fell conspicuously silent. On that day, dozens of Ethiopian migrants in a detention center in Sanaa, Yemen, protested their unbearable living conditions. Their Houthi guards corralled the protesters into a hangar, told them to say their “final prayers,” and tossed explosive grenades into the structure. “[P]eople were roasted alive,” said one of the survivors. “I had to step on their dead bodies to escape.” Nary a peep was heard in Washington about this attack, let alone about the Houthi military campaign in Yemen which redoubled thanks to America’s green light.

By rewarding Iranian aggression, the Realignment’s faux humanitarianism only brings greater suffering to the people whose afflictions it pretends to alleviate. The sanctimonious policy simply ensures that Iran will enjoy a permanent Arabian base for launching strikes against America’s most important Arab ally, Saudi Arabia.

The tilt toward Iran in Yemen also has sinister implications for America’s rivalry with its greatest competitor in the world today. China and Iran recently signed a 25-year “strategic partnership” that funnels hundreds of millions of dollars into Iran, helping Tehran expand its nuclear power program, modernize its ports, and develop its energy sector. The deal also includes greater cooperation on defense and the transfer of Chinese military technology. Meanwhile, Beijing is upgrading its naval base in Djibouti, building a dock that can accommodate aircraft carriers 20 miles from Yemen across the Bab-el-Mandeb Strait, which controls the approaches to the Suez Canal from the Indian Ocean. With each passing day, the prospect of a Chinese-Iranian alliance capable of dominating the strait increases.

The expansion of Tehran’s strategic cooperation with Beijing immediately after the election of Biden mirrors the cooperation with Moscow that followed the completion of the JCPOA in 2015. Iran’s growing international partnerships, themselves a product of the Realignment, only strengthen Tehran’s resolve to destroy the American regional security system. The Islamic Republic is an unappeasable power. Khamenei will pocket every concession that America offers and then demand more—in blood.

Yet it is with supreme confidence that the supporters of Realignment present their policy. They make as if the superiority of their method has been proven—as if we can all see that their formula will take America off its war footing, and stabilize the Middle East, and protect America’s interests, and safeguard its closest allies. Not only is the claim too good to be true, but there is simply no evidentiary basis for it—zero. If any evidence did exist, the supporters of Realignment would make their argument honestly and forthrightly and stop hiding behind a high wall of cute deceptions.

The same supreme confidence also characterizes the Biden team’s attitude toward Trump’s “maximum pressure” campaign, which it derides as reckless, incoherent, and ineffective. On Trump’s watch, the Iranian economy suffered catastrophic losses. Not only did anti-regime demonstrations break out in every major Iranian city in 2019, but corresponding protests erupted in Iraq, aimed directly or indirectly at Iran’s proxies there. But Trump’s “maximum pressure” policy was much more than just the imposition of economic sanctions. It also included direct American military action, support for military action by allies, unilateral American covert operations, and support for the covert operations of allies—all of which the Realignment is bringing to an abrupt end.

Most impressive of all was the blow that Trump delivered to the IRGC, the most feared element in a regime that, increasingly, rules through fear alone. Trump ended the fiction, which had greatly benefited Iran, that its proxies were independent actors rather than direct arms of the IRGC. This policy of holding Iran directly responsible culminated in the killing of Qassem Soleimani, the head of the IRGC’s Quds Force and the second most powerful man in Iran.

Meanwhile, the Israelis (presumably) escalated their covert campaign of sabotage and intelligence collection against Iran’s nuclear program. Earlier in Trump’s presidency, they damaged dozens of sensitive Iranian facilities and captured its nuclear archive. In a dramatic operation, they killed Mohsen Fakhrizadeh, the head of Iran’s nuclear program. To the best of our knowledge, Iran has apprehended no Israeli operatives, who apparently have the run of the entire country.

By penetrating Iran’s defenses, Israel—with the support of the Trump administration—shredded Obama’s major justification for the JCPOA by demonstrating that the United States can manage the Iran challenge, including its nuclear dimension, with a relatively light American military commitment. The networks inside Iran sabotaging the nuclear program are not American; they are Israeli. By supporting America’s ally, Trump did not get suckered into unwanted conflicts; he empowered others to do America’s work for it.

Trump followed the example of all U.S. presidents prior to Obama, who conceived of the Middle East as a rectangular table, with America and its traditional allies seated on one side, and America’s rivals, including Iran and Russia, on the other. The job of the United States, in this time-honored conception, is twofold: to mediate among the allies, who are a fractious lot, and to support them against the opposing side.

“Maximum pressure” was a form of collective security. It encouraged closer cooperation between American allies, and therefore played a major role in the Abraham Accords, the peace agreements leading to expanded cultural, economic, and military ties between Israel and Bahrain, the United Arab Emirates, Morocco, and Sudan—all of which are close to Saudi Arabia. None would have normalized relations with Israel if Riyadh had opposed the move. The next logical step in the process, and the strategic prize of the effort, was for the next U.S. president to advance the Israeli-Saudi rapprochement.

It is impossible to exaggerate the value to the United States of a full-blown Saudi-Israeli peace agreement or even of significant steps in that direction. The 9/11 attacks announced that a doctrine of radical intolerance had taken deeper root inside the Muslim world than we had realized—a doctrine that seeks to wall off Muslim societies from non-Muslim influences. The Emiratis, the lead players in the Abraham Accords, see peace with Israel as part of a multipronged effort to refute this intolerant view of Islam and Muslim history. Saudi Arabia is the most powerful Arab country and, thanks to its guardianship of Mecca and Medina, one of the most influential countries in the entire Muslim world. It has also long been the fortress of conservative Islamic jurisprudence and Quranic literalism. If the country toward which all Muslims pray five times a day, and to which some 2 million make annual pilgrimages, develops openly friendly relations with the Jewish state, the implications for relations between Muslims and non-Muslims everywhere would be profound.

Yet the Biden administration has forbidden its officials from even using the term “Abraham Accords,” which, under the influence of the Realignment, it abhors. Because the accords are politically popular, even in Democratic circles, the administration will refrain from expressing its abhorrence frankly, and will look for every opportunity to claim that it looks favorably on the normalization of relations between Saudi Arabia and Israel.

In reality, however, the Biden team has no intention to expand the Abraham Accords, whose very existence is a blot on the Democrats’ record. It refutes the dogma preached by the Obama administration that peace between Israel and the Arab world must begin with a Palestinian-Israeli agreement.

More importantly, the accords are also a threat to the Realignment itself. The Saudi-Israeli thaw resulted in part from the sense of threat they share about the rise of Iran, and the increasing unreliability of the American security guarantee. A strong partnership between Riyadh and Jerusalem would inevitably become the primary node of opposition to the Realignment from within the American alliance system. A desire to end any unsupervised discussion of expanding the Abraham Accords is probably an additional reason why the Biden administration devoted its first days in office to publicly disparaging Mohammed bin Salman and privately pressing him to kowtow to Tehran. “Do not dare assist Israel” was another implicit command that the Khashoggi values barrage delivered to Riyadh.

When Biden took office, he faced a fork in the road. On one path stood a multilateral alliance designed to contain Iran. It had a proven track record of success and plans of even better things to come, as the recent act of sabotage at Natanz demonstrated. The alliance’s leading members were beckoning Biden to work against a common foe, but also to promote greater cooperation and possibly even an official peace agreement between Saudi Arabia and Israel. On the other path stood the Islamic Republic, hated by its own people and, indeed, by most people in the Middle East. It offered nothing but the same vile message it had always espoused. Standing with it were all of the most malignant forces in the Middle East, who either look directly to Tehran for leadership or thrive on the chaos it sows.

Biden chose Iran, fracturing the U.S. alliance system and setting back the cause of peace. His choice also delivered a victory to China and Russia, who are working with Iran, each in its own way, toward America’s undoing. In a perverse effort to liberate itself from its allies, the United States is soiling its own nest.

Michael Doran is a Senior Fellow at the Hudson Institute in Washington, D.C.

Tony Badran is Tablet magazine’s Levant analyst and a research fellow at the Foundation for Defense of Democracies. He tweets @AcrossTheBay.

Voir enfin:

Why the Middle East Is More Combustible Than Ever
Robert Malley
Foreign Affairs Magazine
November/December 2019

The war that now looms largest is a war nobody apparently wants. During his presidential campaign, Donald Trump railed against the United States’ entanglement in Middle Eastern wars, and since assuming office, he has not changed his tune. Iran has no interest in a wide-ranging conflict that it knows it could not win. Israel is satisfied with calibrated operations in Iraq, Lebanon, Syria, and Gaza but fears a larger confrontation that could expose it to thousands of rockets. Saudi Arabia is determined to push back against Iran, but without confronting it militarily. Yet the conditions for an all-out war in the Middle East are riper than at any time in recent memory.

A conflict could break out in any one of a number of places for any one of a number of reasons. Consider the September 14 attack on Saudi oil facilities: it could theoretically have been perpetrated by the Houthis, a Yemeni rebel group, as part of their war with the kingdom; by Iran, as a response to debilitating U.S. sanctions; or by an Iranian-backed Shiite militia in Iraq. If Washington decided to take military action against Tehran, this could in turn prompt Iranian retaliation against the United States’ Gulf allies, an attack by Hezbollah on Israel, or a Shiite militia operation against U.S. personnel in Iraq. Likewise, Israeli operations against Iranian allies anywhere in the Middle East could trigger a regionwide chain reaction. Because any development anywhere in the region can have ripple effects everywhere, narrowly containing a crisis is fast becoming an exercise in futility.

When it comes to the Middle East, Tip O’Neill, the storied Democratic politician, had it backward: all politics—especially local politics—is international. In Yemen, a war pitting the Houthis, until not long ago a relatively unexceptional rebel group, against a debilitated central government in the region’s poorest nation, one whose prior internal conflicts barely caught the world’s notice, has become a focal point for the Iranian-Saudi rivalry. It has also become a possible trigger for deeper U.S. military involvement. The Syrian regime’s repression of a popular uprising, far more brutal than prior crackdowns but hardly the first in the region’s or even Syria’s modern history, morphed into an international confrontation drawing in a dozen countries. It has resulted in the largest number of Russians ever killed by the United States and has thrust both Russia and Turkey and Iran and Israel to the brink of war. Internal strife in Libya sucked in not just Egypt, Qatar, Saudi Arabia, Turkey, and the United Arab Emirates (UAE) but also Russia and the United States.

There is a principal explanation for such risks. The Middle East has become the world’s most polarized region and, paradoxically, its most integrated. That combination—along with weak state structures, powerful nonstate actors, and multiple transitions occurring almost simultaneously—also makes the Middle East the world’s most volatile region. It further means that as long as its regional posture remains as it is, the United States will be just one poorly timed or dangerously aimed Houthi drone strike, or one particularly effective Israeli operation against a Shiite militia, away from its next costly regional entanglement. Ultimately, the question is not chiefly whether the United States should disengage from the region. It is how it should choose to engage: diplomatically or militarily, by exacerbating divides or mitigating them, and by aligning

ACT LOCALLY, THINK REGIONALLY

The story of the contemporary Middle East is one of a succession of rifts, each new one sitting atop its precursors, some taking momentary precedence over others, none ever truly or fully resolved. Today, the three most important rifts—between Israel and its foes, between Iran and Saudi Arabia, and between competing Sunni blocs—intersect in dangerous and potentially explosive ways.

Israel’s current adversaries are chiefly represented by the so-called axis of resistance: Iran, Hezbollah, Hamas, and, although presently otherwise occupied, Syria. The struggle is playing out in the traditional arenas of the West Bank and Gaza but also in Syria, where Israel routinely strikes Iranian forces and Iranian-affiliated groups; in cyberspace; in Lebanon, where Israel faces the heavily armed, Iranian-backed Hezbollah; and even in Iraq, where Israel has reportedly begun to target Iranian allies. The absence of most Arab states from this frontline makes it less prominent but no less dangerous.

For those Arab states, the Israeli-Palestinian conflict has been nudged to the sidelines by the two other battles. Saudi Arabia prioritizes its rivalry with Iran. Both countries exploit the Shiite-Sunni rift to mobilize their respective constituencies but are in reality moved by power politics, a tug of war for regional influence unfolding in Iraq, Lebanon, Syria, Yemen, and the Gulf states.

Finally, there is the Sunni-Sunni rift, with Egypt, Saudi Arabia, and the UAE vying with Qatar and Turkey. As Hussein Agha and I wrote in The New Yorker in March, this is the more momentous, if least covered, of the divides, with both supremacy over the Sunni world and the role of political Islam at stake. Whether in Egypt, Libya, Syria, Tunisia, or as far afield as Sudan, this competition will largely define the region’s future.

Together with the region’s polarization is a lack of effective communication, which makes things ever more perilous. There is no meaningful channel between Iran and Israel, no official one between Iran and Saudi Arabia, and little real diplomacy beyond rhetorical jousting between the rival Sunni blocs.

With these fault lines intersecting in complex ways, various groupings at times join forces and at other times compete. When it came to seeking to topple Syrian President Bashar al-Assad, Saudi Arabia and the UAE were on the same side as Qatar and Turkey, backing Syrian rebels—albeit different ones, reflecting their divergent views on the Islamists’ proper role. But those states took opposite stances on Egypt, with Doha and Ankara investing heavily to shore up a Muslim Brotherhood–led government that Riyadh and Abu Dhabi were trying to help bring down (the government fell in 2013, to be replaced by the authoritarian rule of Abdel Fattah el-Sisi). Qatar and Turkey fear Iran but fear Saudi Arabia even more. Hamas stands with Syria in opposition to Israel but stood with the Syrian opposition and other Islamists against Assad. The geometry of the Middle East’s internal schisms may fluctuate, yet one struggles to think of another region whose dynamics are as thoroughly defined by a discrete number of identifiable and all-encompassing fault lines.

One also struggles to think of a region that is as integrated, which is the second source of its precarious status. This may strike many as odd. Economically, it ranks among the least integrated areas of the world; institutionally, the Arab League is less coherent than the European Union, less effective than the African Union, and more dysfunctional than the Organization of American States. Nor is there any regional entity to which Arab countries and the three most active non-Arab players (Iran, Israel, and Turkey) belong.

Yet in so many other ways, the Middle East functions as a unified space. Ideologies and movements spread across borders: in times past, Arabism and Nasserism; today, political Islam and jihadism. The Muslim Brotherhood has active branches in Egypt, Iraq, Jordan, the Palestinian territories, Syria, Turkey, the Gulf states, and North Africa. Jihadi movements such as al Qaeda and the Islamic State, or ISIS, espouse a transnational agenda that rejects the nation-state and national boundaries altogether. Iran’s Shiite coreligionists are present in varying numbers in the Levant and the Gulf, often organized as armed militias that look to Tehran for inspiration or support. Saudi Arabia has sought to export Wahhabism, a puritanical strain of Islam, and funds politicians and movements across the region. Media outlets backed by one side or another of the Sunni-Sunni rift—Qatar’s Al Jazeera, Saudi Arabia’s Al Arabiya—have regional reach. The Palestinian cause, damaged as it may now seem, still resonates across the region and can mobilize its citizens in a way that arguably has no equivalent worldwide. Even subnational movements, such as Kurdish nationalism, which spreads across four countries, promote transnational objectives.

Accordingly, local struggles quickly take on regional significance—and thus attract weapons, money, and political support from the outside. The Houthis may view their fight as being primarily about Yemen, Hezbollah may be focused on power and politics in Lebanon, Hamas may be a Palestinian movement advancing a Palestinian cause, and Syria’s various opposition groups may be pursuing national goals. But in a region that is both polarized and integrated, those local drivers inevitably become subsumed by larger forces.

The fate of the Arab uprisings that began in late 2010 illustrates the dynamic well, with Tunisia, where it all began, being the lone exception. The toppling of the regime there happened too swiftly, too unexpectedly, and in a country that was too much on the margins of regional politics for other states to react in time. But they soon found their bearings. Every subsequent rebellion almost instantaneously became a regional and then international affair. In Egypt, the Muslim Brotherhood’s fortunes and the future of political Islam were at stake, and so Qatar, Saudi Arabia, Turkey, and the UAE dove in. The same was true in Libya, where Egypt, once Sisi had prevailed and the Brotherhood had been pushed out, joined the fray. Likewise for Syria, where the civil war drew in all three regional battles: Israel’s confrontation with the “axis of resistance,” the Iranian-Saudi struggle, and the intra-Sunni competition. A similar scenario has played out in Yemen, too.

STATES OF CHAOS

Along with the Middle East’s polarization and integration, its dysfunctional state structures present another risk factor. Some states are more akin to nonstate actors: the central governments in Libya, Syria, and Yemen lack control over large swaths of their territories and populations. Conversely, several nonstate actors operate as virtual states, including Hamas, the Houthis, the Kurds, and the Islamic State before it was toppled. And these nonstate actors often must contend with nonstate spoilers of their own: in Gaza, Hamas vies with jihadi groups that sometimes behave in ways that undermine its rule or contradict its goals. Even in more functional states, it is not always clear where the ultimate policymaking authority lies. Shiite militias in Iraq and Hezbollah in Lebanon, for example, engage in activities that their titular sovereigns don’t control, let alone condone.

Weak states cohabiting with powerful nonstate actors creates the ideal circumstances for external interference. It’s a two-way street—foreign states exploit armed groups to advance their interests, and armed groups turn to foreign states to promote their own causes—that is all too open to misinterpretation. Iran almost certainly helps the Houthis and Iraqi Shiite militias, but does it control them? The People’s Protection Units, a movement of Kurdish fighters in Syria, are affiliated with the Kurdistan Workers’ Party in Turkey, but do they follow its command?

The fact that nonstate actors operate as both proxies and independent players makes it hard to establish accountability for violence or deter it in the first place. Iran might wrongly assume that it will not be held responsible for a Houthi drone attack on Saudi Arabia, a Palestinian Islamic Jihad attack on Israel, or an Iraqi Shiite militia strike on a U.S. target. Saudi Arabia might misguidedly blame Iran for every Houthi attack, just as Iran might blame Saudi Arabia for any violent incident on its soil perpetrated by internal dissident groups. The United States might be convinced that every Shiite militia is an Iranian proxy doing Tehran’s bidding. Israel might deem Hamas accountable for every attack emanating from Gaza, Iran for every attack emanating from Syria, the Lebanese state for every attack launched by Hezbollah. In each of these instances, the price of misattribution could be high.

This is no mere thought exercise: After the attack on Saudi oil facilities in September, the Houthis immediately claimed responsibility, possibly in the hope of enhancing their stature. Iran, likely seeking to avoid U.S. retaliation, denied any involvement. Who conducted the operation and who—if anyone—is punished could have wide-ranging implications.

Even in seemingly well-structured states, the locus of decision-making has become opaque. In Iran, the government and the Islamic Revolutionary Guard Corps, the branch of the military that answers directly to the country’s supreme leader, at times seem to go their separate ways. Whether this reflects a conscious division of labor or an actual tug of war is a matter of debate, as is the question of who exactly pulls the strings.

THREAT MULTIPLIERS

A series of global, regional, and local transitions has made these dynamics even more uncertain. The global transitions include a newly present China, a resurgent Russia, and a United States in relative decline. There are also the aftershocks of the recent Arab uprisings, notably the dismantling of the regional order and the propagation of failed states. These are exacerbated by domestic political changes: a new, unusually assertive leadership in Saudi Arabia and a new, unusual leadership in the United States. All these developments fuel the sense of a region in which everything is up for grabs and in which opportunities not grabbed quickly will be lost for good.

The United States’ key regional allies are simultaneously worried about the country’s staying power, heartened by the policies of the Trump administration, and anxious about them. The president made it a priority to repair relations with Egypt, Israel, Saudi Arabia, and the UAE, all of which had frayed under his predecessor. But Trump’s reluctance to use force has been equally clear, as has his willingness to betray long-standing allies in other parts of the world.

That combination of encouragement and concern helps explain, for example, Saudi Arabia’s uncharacteristic risk-taking under the leadership of Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman, or MBS: its continuing war in Yemen, its blockade of Qatar, its kidnapping of the Lebanese prime minister, its killing of the dissident Jamal Khashoggi. MBS perceives the current alignment with Washington as a fleeting opportunity—because Trump might not win reelection, because he is capable of an abrupt policy swing that could see him reach a deal with Iran, and because the United States has a long-standing desire to extricate itself from Middle Eastern entanglements. The feeling in Israel is similar. The United States’ partners in the region are both seeking to take advantage of Trump’s tenure and hedging against one of his sudden pivots and the possibility of a one-term presidency, an attitude that makes the situation even more fluid and unpredictable.

Meanwhile, growing Chinese and Russian influence have given Iran some encouragement, but hardly real confidence. In the event of an escalation of tensions between Tehran and Washington, would Moscow stand with Iran or, hoping to benefit from regional disruption, stand on the sidelines? Will China ignore American threats of sanctions and buy Iranian oil or, in the wake of a potential trade deal with the United States, abide by Washington’s demands? Uncertainty about American intentions could be even more dangerous. Iran senses Trump’s distaste for war and is therefore tempted to push the envelope, pressuring Washington in the hope of securing some degree of sanctions relief. But because Tehran does not know where the line is, it runs the risk of going too far and paying the price.

TWO CAUTIONARY TALES

To understand how these dynamics could interact in the future, it is instructive to look at how similar dynamics have interacted in the recent past, in Syria. Saudi Arabia and others seized on a homegrown effort to topple the Assad regime as an opportunity to change the regional balance of power. They banked on the opposition prevailing and thereby ending Damascus’ longtime alliance with Tehran. Iran and Hezbollah, fearful of that outcome, poured resources into the fight on the regime’s behalf, at huge human cost. Israel also stepped in, seeking to roll back Iran’s growing presence at its borders. Qatar and Turkey backed one set of Islamist-leaning rebel groups, and Saudi Arabia and its allies backed others. Russia—concerned about a shift in Syria’s orientation and sensing American hesitation—saw a chance to reassert itself in the Middle East and also intervened, placing it directly at odds with the United States and, for a time, Turkey. And Turkey, alarmed at the prospect of U.S.-backed Kurdish forces enjoying a safe haven in northern Syria, intervened directly while also supporting Syrian Arab opposition groups that it hoped would fight the Kurds.

With Syria an arena for regional tensions, clashes there, even inadvertent ones, risk becoming flash points for larger confrontations. Turkey shot down one Russian fighter jet (Moscow blamed Israel for the downing of another), and U.S. forces killed hundreds of members of a private Russian paramilitary group in eastern Syria. Turkey has attacked U.S.-backed Kurds, raising the prospect of a U.S.-Turkish military collision. And Israel has struck Iranian or Iranian-linked targets in Syria hundreds of times.

Syria also illustrates why it is so difficult for the United States to circumscribe its involvement in Middle Eastern conflicts. During the Obama administration, Washington backed rebel groups fighting both the Assad regime and ISIS but claimed not to be pursuing regime change (despite supporting forces that wanted exactly that), not to be seeking a regional rebalance (despite the clear impact Assad’s downfall would have on Iran’s influence), not to be boosting Turkey’s foes (despite supporting a Kurdish movement affiliated with Turkey’s mortal enemy), and not to be seeking to weaken Russia (despite Moscow’s affinity for Assad). But the United States could not, of course, back rebel groups while distancing itself from their objectives, or claim purely local aims while everyone else involved saw the Syrian conflict in a broader context. Washington became a central player in a regional and international game that it purportedly wanted nothing to do with.

A similar scene has played out in Yemen. Since 2004, the north of the country had been the arena of recurring armed conflict between the Houthis and the central government. Government officials early on pointed to supposed Iranian financial and military aid to the rebels, just as Houthi leaders claimed Saudi interference. After the Houthis seized the capital and marched southward in 2014–15, Saudi Arabia—dreading the prospect of an Iranian-backed militia controlling its southern neighbor—responded. Its reaction was magnified by the rise of MBS, who was distrustful of the United States, determined to show Iran the days of old were over, and intent on making his mark at home. Faced with intense pushback, the Houthis increasingly turned to Iran for military assistance, and Iran, seeing a low-cost opportunity to enhance its influence and bog down Saudi Arabia, obliged. Washington, still in the midst of negotiations over a nuclear deal with Tehran, which Riyadh vehemently opposed, felt it could not afford to add another crisis to the brittle relations with its Gulf ally.

Despite its misgivings about the war, Washington thus threw its weight behind the Saudi-led coalition, sharing intelligence, providing weapons, and offering diplomatic support. As in Syria, the Obama administration looked to limit U.S. aims. It would help defend Saudi territorial integrity but not join Riyadh’s anti-Houthi fight or get sucked into an Iranian-Saudi battle. As in Syria, this effort largely was in vain. The United States could not cherry-pick one part of the war: if it was with Saudi Arabia, that meant it was against the Houthis, which meant it would be against Iran.

WASHINGTON ADRIFT

President Barack Obama’s largely fruitless attempt to confine U.S. involvement in the region reveals something about the unavoidable linkages that bind various Middle Eastern conflicts together. It also reveals something about the choices now facing the United States. Obama (in whose administration I served) had in mind the United States’ extrication from what he considered the broader Middle Eastern quagmire. He withdrew U.S. troops from Iraq, tried to resolve the Israeli-Palestinian conflict, expressed sympathy for Arab popular uprisings and for a time distanced himself from autocratic leaders, shunned direct military intervention in Syria, and pursued a deal with Iran to prevent its nuclear program from becoming a trigger for war. Libya doesn’t fit this pattern, although even there he apparently labored under the belief that the 2011 NATO-led intervention could be tightly limited; that this assumption proved wrong only reinforced his initial desire to keep his distance from regional conflicts. His ultimate goal was to help the region find a more stable balance of power that would make it less dependent on direct U.S. interference or protection. Much to the Saudis’ consternation, he spoke of Tehran and Riyadh needing to find a way to “share” the region.

But Obama was a gradualist; he was persuaded that the United States could neither abruptly nor radically shift gears and imperil regional relationships that had been decades in the making. As he once put it to some of us working in the White House, conducting U.S. policy was akin to steering a large vessel: a course correction of a few degrees might not seem like much in the moment, but over time, the destination would differ drastically. What he did, he did in moderation. Thus, while seeking to persuade Riyadh to open channels with Tehran, he did so gently, carefully balancing continuity and change in the United States’ Middle East policy. And although he wanted to avoid military entanglements, his presidency nonetheless was marked by several costly interventions: both direct, as in Libya, and indirect, as in Syria and Yemen.

In a sense, his administration was an experiment that got suspended halfway through. At least when it came to his approach to the Middle East, Obama’s presidency was premised on the belief that someone else would pick up where he left off. It was premised on his being succeeded by someone like him, maybe a Hillary Clinton, but certainly not a Donald Trump.

Trump has opted for a very different course (perhaps driven in part by a simple desire to do the opposite of what his predecessor did). Instead of striving for some kind of balance, Trump has tilted entirely to one side: doubling down on support for Israel; wholly aligning himself with MBS, Sisi, and other leaders who felt spurned by Obama; withdrawing from the Iran nuclear deal and zealously joining up with the region’s anti-Iranian axis. Indeed, seeking to weaken Iran, Washington has chosen to confront it on all fronts across much of the region: in the nuclear and economic realms; in Syria, where U.S. officials have explicitly tied the continued U.S. presence to countering Iran; in Iraq, where the United States wants a fragile government that is now dependent on close ties to Tehran to cut those ties; in Yemen, where the administration, flouting Congress’ will, has increased support for the Saudi-led coalition; and in Lebanon, where it has added to sanctions on Hezbollah.

Iran has also chosen to treat the region as its canvas. Besides chipping away at its own compliance with the nuclear deal, it has seized tankers in the Gulf; shot down a U.S. drone; and, if U.S. claims are to be believed, used Shiite militias to threaten Americans in Iraq, attacked commercial vessels in the Strait of Hormuz, and struck Saudi oil fields. In June of this year, when the drone came down and Trump contemplated military retaliation, Iran was quick to warn Qatar, Saudi Arabia, and the UAE that they would be fair game if they played any role in enabling a U.S. attack. (There is no reason to trust that the domino effect would have ended there; Iraq, Israel, Lebanon, and Syria could well have been drawn into the ensuing hostilities.) And in Yemen, the Houthis have intensified their attacks on Saudi targets, which may or may not be at Iran’s instigation—although, at a minimum, it is almost certainly not over Tehran’s objections. Houthi leaders with whom I recently spoke in Sanaa, Yemen’s capital, denied acting at Iran’s behest yet added that they would undoubtedly join forces with Iran in a war against Saudi Arabia if their own conflict with the kingdom were still ongoing. In short, the Trump administration’s policies, which Washington claimed would moderate Iran’s behavior and achieve a more stringent nuclear deal, have prompted Tehran to intensify its regional activities and ignore some of the existing nuclear deal’s restraints. This gets to the contradiction at the heart of the president’s Middle East policies: they make likelier the very military confrontation he is determined to avoid.

WHAT MATTERS NOW

A regional conflagration is far from inevitable; none of the parties wants one, and so far, all have for the most part shown the ability to calibrate their actions so as to avoid an escalation. But even finely tuned action can have unintentional, outsize repercussions given the regional dynamics. Another Iranian attack in the Gulf. An Israeli strike in Iraq or Syria that crosses an unclear Iranian redline. A Houthi missile that kills too many Saudis or an American, and a reply that, this time, aims at the assumed Iranian source. A Shiite militia that kills an American soldier in Iraq. An Iranian nuclear program that, now unshackled from the nuclear deal’s constraints, exceeds Israel’s or the United States’ unidentified tolerance level. One can readily imagine how any of these incidents could spread across boundaries, each party searching for the arena in which its comparative advantage is greatest.

With such ongoing risks, the debate about the extent to which the United States should distance itself from the region and reduce its military footprint is important but somewhat beside the point. Should any of these scenarios unfold, the United States would almost certainly find itself dragged in, whether or not it had made the strategic choice of withdrawing from the Middle East.

The more consequential question, therefore, is what kind of Middle East the United States will remain engaged in or disengaged from. A polarized region with intersecting rifts, where local disputes invariably take on broader significance, will remain at constant risk of combusting and therefore of implicating the United States in ways that will prove wasteful and debilitating. De-escalating tensions is not something the country can do on its own. Yet at a minimum, it can stop aggravating those tensions and, without abandoning or shunning them, avoid giving its partners carte blanche or enabling their more bellicose actions. That would mean ending its support for the war in Yemen and pressing its allies to bring the conflict to an end. It would mean shelving its efforts to wreck Iran’s economy, rejoining the nuclear deal, and then negotiating a more comprehensive agreement. It would mean halting its punishing campaign against the Palestinians and considering new ways to end the Israeli occupation. In the case of Iraq, it would mean no longer forcing Baghdad to pick a side between Tehran and Washington. And as far as the Iranian-Saudi rivalry is concerned, the United States could encourage the two parties to work on modest confidence-building measures—on maritime security, environmental protection, nuclear safety, and transparency around military exercises—before moving on to the more ambitious task of establishing a new, inclusive regional architecture that would begin to address both countries’ security concerns.

An administration intent on pursuing this course won’t be starting from scratch. Recently, some Gulf states—the UAE chief among them—have taken tentative steps to reach out to Iran in an effort to reduce tensions. They saw the growing risks of the regional crisis spinning out of control and recognized its potential costs. Washington should, too, before it is too late.

Voir par ailleurs:

How Many Jews Need to Be Attacked in America Before Progressives Speak Up
Seffi Kogen, Global Director of Young Leadership at the American Jewish Committee
Newsweek
5/21/21

Perhaps it’s fitting that May is Jewish American Heritage Month. After all, despite our success in America and the richness and beauty of our faith and culture, there may be no more consistent part of our heritage as Jews than to be violently attacked, viciously demeaned, and utterly disregarded as we cry out for support. In that respect, some of our fellow Americans have been doing an excellent job marking the month.

On May 10, after years of relative quiet between Israel and Gaza, the Hamas terrorists who rule that enclave exploited a long-running legal dispute in Jerusalem as a pretext to launch a barrage of rockets at Israel, unprecedented in its size. The Israel Defense Forces responded with air strikes to knock out terror targets, and one of those micro-wars that periodically spring up in this conflict ensued. As of Thursday night, May 20, a ceasefire had begun; the worst of the fighting is hopefully over.

At least, it was in Israel and Gaza. But around the world, Jews were paying the price.

At a trendy sushi place on La Cienega in Los Angeles, a group of men whose faces were wrapped in kefiyyehs hopped out of a car flying a Palestinian flag, asked the diners who was Jewish, and then proceeded to physically assault them in what L.A. mayor Eric Garcetti called « an organized, antisemitic attack. »

Another such attack took place outside a bagel place (speaking of Jewish American heritage!) in Manhattan’s Midtown East. Video shows two men, one of whom is holding an Israeli flag, get clobbered in broad daylight by a mob of at least a dozen people wielding fists, Palestinian flags, and more than a couple glass bottles.

A different video from Manhattan shows Palestinian activists attacking Jews, again in midday, in the Diamond District, this time adding some kind of incendiary device to their arsenal of weapons.

Synagogues across the country have been vandalized. Rallies in support of the Palestinian cause in Michigan, Florida, Washington, D.C., and elsewhere have turned anti-Semitic. Attendees have waved signs with messages like « Jesus was Palestinian and you killed him too » or « one Holocaust doesn’t justify another, » indiscriminately turning ancient, blood-soaked religious canards and recent Jewish trauma into verbal weapons with which to bludgeon American Jews who are not, of course, responsible for the actions of another set of Jews 5,000 miles away.

And almost as bad as the violence is the silence around it from major publications. The New York Times hasn’t deemed news of these attacks on New York Jews « fit to print, » though it did run a short story about the similarly horrific spate of attacks across Europe, including one incident in London in which a caravan of cars draped in Palestinian flags drove through a Jewish neighborhood as its passengers chanted « rape Jewish daughters. »

But surely, you might be thinking, regardless of their opinion on how Israel prosecutes its defense war against Hamas terrorists, all political leaders in the U.S. can speak up against these attacks on Jews in American cities, right?

Alas, wrong.

While anti-Zionist gangs beat up Jews in her city, Rep. Alexandria Ocasio-Cortez was providing a quasi-intellectual basis for their actions, defaming Israel as an apartheid state employing indiscriminate force in what she seems to think is a capricious quest to murder as many Palestinian children as possible, instead of a highly restrained military operation tightly targeted on terrorists.

Rep. Ocasio-Cortez didn’t call for violence, but she carved out an area of respectability for a certain type of anti-Semitism, and others were only too happy to rush in, fists flying.

It turns out, if you ignore all evidence, turn Israel into the villain in your morality play, and insist that Americans have a « responsibility » to do something about Israel, the thing that they will do is beat up American Jews, throw rocks through the windows of American synagogues, and harass Jews who try to speak up on social media.

And it’s not like Rep. Ocasio-Cortez doesn’t know that anti-Semitism is out there. In the midst of her sustained anti-Israel Twitter diatribe, she found time to retweet CNN‘s Jake Tapper objecting to a right-wing Newsmax host’s anti-Semitic comment. She’s capable of seeing anti-Semitism—but only when she wants to.

She also knows that words matter. Ocasio-Cortez has correctly expressed concern in the past that political rhetoric could endanger her and her colleagues. Unfortunately, her view that overheated demagoguery puts people at risk doesn’t extend to Jews.

This puts me in danger every time.

Almost every time this uncalled for rhetoric gets blasted by conserv. grps, we get a spike in death threats to refer to Capitol Police.

Multiple ppl have been arrested trying to harm me, Ilhan, & others.@GOP, what’s it going to take to stop? https://t.co/vpous77RbT

— Alexandria Ocasio-Cortez (@AOC) April 10, 2019

And AOC is not the only one struck blind by partisanship. Sen. Bernie Sanders published his own dangerous anti-Israel harangue in an Op-Ed which began, « No one is arguing that Israel… does not have the right to self-defense or to protect its people, » even as his own supporters were arguing just that on social media.

Comedians John Oliver and Trevor Noah made the same case into their media megaphones, arguing that Israel was wrong to attack the terrorists aiming for Israeli civilians because Israel’s Iron Dome missile defense system can prevent most (but not all) civilian deaths from Hamas rockets.

There’s more: Rep. Mark Pocan and Rep. Betty McCollum are laser-focused on spreading the contemporary blood libel that Israel indiscriminately murders children. And in the same week that the Pew Research Center found that 80 percent of Jews believe caring about Israel to be an « important » or « essential » part of being Jewish, Rep. Ilhan Omar called support for Israel « disgusting and immoral. »

I have always been vocal about calling out anti-Semitism when it comes from the political right wing. But now I’m seeing it surge on the American left and I have to ask: Where is the outrage?

Palestinian mobs attack Jews
Twitter Screenshot

People like Rep. Ocasio-Cortez and Sen. Sanders (and too many other progressive members of Congress, unfortunately) are greatly concerned about whether Israel’s response to Palestinian terror meets a standard of acceptable « proportionality. » But what are the acceptable numbers in America of Jews assaulted and synagogues vandalized? How many Jewish victims before these progressive leaders see the error of their incitement and speak up against anti-Jewish hate?

And why is it that now, every time I hear loud noises from the street outside my apartment on Manhattan’s extremely Jewish Upper West Side, I have to wonder whether there’s an anti-Semitic mob gathered below, attacking my neighbors?

Happy Jewish American Heritage Month, I guess.

Seffi Kogen is the Global Director of Young Leadership at the American Jewish Committee.

When the New York Times finally reported on the plague of nationwide street vio-lence against Jews in the spring of 2021, more than a week after the attacks began in the wake of Hamas using rockets to strike Israel, the tone it took was less one of outrage than of bewilderment. “Until the latest surge,” read a May 26 story, “anti-Semitic violence in recent years was largely considered a right-wing phenomenon, driven by a white supremacist movement emboldened by rhetoric from former President Donald J. Trump, who often trafficked in stereotypes.” This was nonsense: The most common street violence against Jews took place in New York and New Jersey, and it had nothing at all to do with Trump or “right-wing” politics. Par for the course for the Gray Lady, perhaps, but far more concerning was where the reporters seemed to be getting the misinformation. “This is why Jews feel so terrified in this moment,” Anti-Defamation League CEO Jonathan Greenblatt told the paper. “For four years it seemed to be stimulated from the political right, with devastating consequences.” At the scenes of Jew-hunting that began in May, during the war between Israel and Hamas, Greenblatt lamented, “No one is wearing MAGA hats.”

If there’s one organization whose responsibility it is to prepare not just the Jewish community but the wider United States public and its government for emerging anti-Semitic threats, it’s the ADL. Instead, the head of the ADL has been spreading a cynical left-wing myth about anti-Semitism while threats to the Jewish community fester.

And it’s even worse than it looks, because while there’s long been a willful blindness toward anti-Semitism from the left, the ADL and other partisan groups aren’t the ones experiencing this blindness. They’re the blinders.

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THE ADL TRACKS various kinds of anti-Israel extremism when Israel is at war. It issued a list during the latest flare-up with Hamas on May 20 titled “Prominent Voices Demonize Israel Regarding the Conflict.” Demonizing rhetoric, the ADL warned, can “enable an environment whereby hateful actions against Jews and supporters of Israel are accepted more freely, and where anti-Jewish tropes may be normalized.” One category the list featured was of those “Accusing Israel of ‘Attacking al-Aqsa,’” a hoary libel falsely claiming that Jews want to destroy the central Mosque in Jerusalem. It has been used to incite anti-Jewish riots for a century. What was notable here was one name missing from the list, and arguably the worst offender.

 

On May 12, Representative Alexandria Ocasio-Cortez had castigated President Joe Biden on Twitter for expressing Israel’s right to defend itself while noting what supposedly was to blame for the violence: “the expulsions of Palestinians and the attacks on Al Aqsa.” Her name and her statement were missing from the ADL’s list of slanders and slanderers. (…) A day later, on May 13, came a chilling session of the House of Representatives, with dark echoes of Jewish history. Several Democratic members of the House took turns standing next to blown-up photos of bloodied Palestinian children and gave fiery speeches denouncing Zionist perfidy—the sorts of words and charges that, since the age of the czars, have been followed by the spilling of Jewish blood. This time was no different, except it wasn’t a Russian backwater or a Munich beer hall. It was on the floor of the United States Congress. One by one, these members of Congress, Democrats all, sought to make the Jewish state the stand-in for “systems of oppression here in the United States and globally,” as Representative Ayanna Pressley of Massachusetts put it. (…) In the days and weeks that followed, even after an Israel–Hamas cease-fire was in place, Jews in America were physically attacked with abandon—diners at restaurants in Los Angeles and Manhattan, Jews on the streets of New York, families in Florida attending synagogue services. The ADL saw a 75 percent uptick in reported incidents. In one typical attack, a group of men reportedly drove around Brooklyn assaulting Jews in the open while yelling, “Free Palestine!” When called out for their silence, progressive Democratic lawmakers condemned “anti-Semitism and Islamophobia” as one, knowing that their audience would interpret any specific denunciation of anti-Semitism as a statement in support of Israel. (…) Throughout this whole affair, not a single congressional Democrat would criticize any of his colleagues by name. (…) Neither the ADL nor the JDCA uttered a peep. As usual, one exceptional voice in all this was that of the American Jewish Committee, whose young leadership director, Seffi Kogen, noted in Newsweek that “while anti-Zionist gangs beat up Jews in her city, Rep. Alexandria Ocasio-Cortez was providing a quasi-intellectual basis for their actions.” But for a large part of the organized Jewish community, the outburst of violence was met with inexcusable surprise.

 

Events in early June then gave the dwindling band of Democratic anti-Corbynistas one more bite at the apple. On June 7, Omar tweeted a summary of a question she had for Secretary of State Antony Blinken: “We must have the same level of accountability and justice for all victims of crimes against humanity. We have seen unthinkable atrocities committed by the U.S., Hamas, Israel, Afghanistan, and the Taliban. I asked @SecBlinken where people are supposed to go for justice.”

 

 

What happened in between the release of the letter and Pelosi’s public declaration of Omar’s righteousness was instructive: The Squad went nuclear. Ocasio-Cortez accused her Jewish colleagues of “targeting” Omar and putting her in “danger.” Cori Bush said her Jewish colleagues were motivated by “anti-Blackness and Islamophobia.” Jamaal Bowman, who ousted the pro-Israel stalwart Eliot Engel in a 2020 primary and who represents a New York district with a large Jewish contingent, likewise suggested that the complaints from his colleagues were due to Omar’s being a Muslim black woman. Omar herself complained of the “constant harassment and silencing” by her Jewish colleagues and the “Islamophobic tropes” they supposedly used.

 

It was an astonishingly vile and aggressive coordinated attack against the Jewish group. The ADL was silent. JDCA was silent. The Democratic Party sided with the Squad. The Jewish community had been abandoned to the rise of the dominant left-of-center ideology according to which Jews are part of a white power structure of which Israel is a prime example. (…) The New Yorker’s Helen Rosner suggested it would be a good tactic not to beat up Jews, as part of an overall strategy to undermine Israel’s legitimacy. (This after the New Yorker’s union put out a statement of solidarity with the Palestinians that included the phrase “from the river to the sea.”) Michelle Goldberg of the New York Times wrote a column with a headline so instantly infamous that the Times eventually and quietly changed it: “Attacks on Jews Over Israel Are a Gift to the Right.” Meanwhile, the comedian Sarah Silverman objected to attacks on Jews in Los Angeles not on the grounds that they were evil acts of anti-Semitic violence but rather because “WE ARE NOT ISRAEL.” For his part, Kenneth Roth, the obsessively anti-Israel executive director of Human Rights Watch, declared, “It is WRONG to equate the Jewish people with the apartheid and deadly bombardment of Prime Minister Netanyahu’s government.”

 

Throwing fellow Jews to the wolves is abominable moral behavior. Delicately excising the name and words of a chic Democratic politician from a list of anti-Semitic statements to protect her—or to protect the organization you run from her wrath—constitutes an act of complicity in the violence that ensued in whatever small measure from her remarks. And the man who was thus complicit—Jonathan Greenblatt—had the nerve to act surprised. The anti-Semitic street violence in America is “literally happening from coast to coast, and spreading like wildfire,” Greenblatt told the Times. “The sheer audacity of these attacks feels very different.”

 

It feels different because it feels so familiar. And if the American Jewish community is to survive, it must start acting like it. And we must start by cleaning our own corrupted house.

 

 

 

 

 

 

THE ADL TRACKS various kinds of anti-Israel extremism when Israel is at war. It issued a list during the latest flare-up with Hamas on May 20 titled “Prominent Voices Demonize Israel Regarding the Conflict.” Demonizing rhetoric, the ADL warned, can “enable an environment whereby hateful actions against Jews and supporters of Israel are accepted more freely, and where anti-Jewish tropes may be normalized.” One category the list featured was of those “Accusing Israel of ‘Attacking al-Aqsa,’” a hoary libel falsely claiming that Jews want to destroy the central Mosque in Jerusalem. It has been used to incite anti-Jewish riots for a century. What was notable here was one name missing from the list, and arguably the worst offender.

 

On May 12, Representative Alexandria Ocasio-Cortez had castigated President Joe Biden on Twitter for expressing Israel’s right to defend itself while noting what supposedly was to blame for the violence: “the expulsions of Palestinians and the attacks on Al Aqsa.” Her name and her statement were missing from the ADL’s list of slanders and slanderers. The Jerusalem Post’s Lahav Harkov asked Greenblatt why.

 

He answered: “We’ve been speaking out pretty regularly, calling out individuals and examples of these crazed—the things I’m talking about right now.”

 

“Any members of Congress, lately?” Harkov responded.

 

“I’ll have to go back and look,” Greenblatt said.

 

He didn’t have to go back and look. It’s likely that the omission was at his explicit direction. He came to the ADL after serving in the Obama administration. His fellow ex-Obama official, Halie Soifer, who served as a national-security adviser to Kamala Harris before she became vice president, took over the flagship Democratic Jewish organization, the Jewish Democratic Council of America. The JDCA’s executive committee is loaded up with current or former presidents and executives of such mainstream Jewish groups as AIPAC, the Jewish Federations, and the American-Jewish Joint Distribution Committee. After pressure built to respond to AOC’s tweet and the others like it, Soifer wrote: “Proud to be a Democrat in this moment when leaders recognize there is no binary choice to be made between Israel’s security & right to self-defense, and Palestinian rights & safety. We can do both at the same time, while rejecting the forced false dichotomy & narrative of divide.” Thus did Soifer give a seal of approval to the effort to dress up hateful anti-Zionism as merely legitimate criticism of Israel’s government.

 

As Harkov noted, “the ADL’s voice hasn’t been heard on some of these members of Congress who have been calling Israel an apartheid state, who have claimed that Israel has raided al Aqsa, who have also said that Israel is killing too many children, implying that it’s intentional.” Indeed, Ocasio-Cortez’s tweet was just the opening salvo. A day later, on May 13, came a chilling session of the House of Representatives, with dark echoes of Jewish history.

 

Several Democratic members of the House took turns standing next to blown-up photos of bloodied Palestinian children and gave fiery speeches denouncing Zionist perfidy—the sorts of words and charges that, since the age of the czars, have been followed by the spilling of Jewish blood. This time was no different, except it wasn’t a Russian backwater or a Munich beer hall. It was on the floor of the United States Congress.

 

One by one, these members of Congress, Democrats all, sought to make the Jewish state the stand-in for “systems of oppression here in the United States and globally,” as Representative Ayanna Pressley of Massachusetts put it. Everyone in the world, according to these diatribes, had something to fear from Jerusalem. Ocasio-Cortez, whose family is from Puerto Rico, talked about the U.S. naval exercises held on the Puerto Rican island of Vieques for decades until the Navy left in 2003. The Navy stands accused of testing bombs and other weapons using napalm, depleted uranium, and Agent Orange, sickening the local population. Ocasio-Cortez offered a bizarre conspiratorial accusation: “When I saw those [Israeli] airstrikes that are supported with U.S. funds, I could not help but wonder if our communities were practice for this.”

 

Pressley equated crowd dispersal conducted by Israeli police at a riot on the Temple Mount to “students protesting to end poverty and oppression in the streets of Bogota [being] shot dead,” white supremacists storming the U.S. Capitol, and “police brutality and state-sanctioned violence” against black Americans.

 

Missouri Representative Cori Bush made a point of referring to the holy city as “Jerusalem, Palestine,” and suggested that the U.S. was following an Israeli playbook when it “brutalized” black protesters.

 

Minnesota Representative Ilhan Omar, who has in the past accused American Jews of disloyalty and shared anti-Semitic content on social media, insisted that the source of the conflict was Jewish settlers uprooting Palestinian Arabs and taking nearly all their land—in 1948, in the “Nakba.”

 

Rashida Tlaib, the Michigan-born congresswoman of Palestinian descent who has also relentlessly targeted Jews during her few years in the House, spoke that day, but she had laid the groundwork for it at an anti-Israel protest two days earlier. “What they are doing to the Palestinians is what they are doing to our black brothers and sisters here,” Tlaib told the crowd May 11. As she left the stage, the crowd chanted, “Long live Palestine, down down Israel.”

 

In the days and weeks that followed, even after an Israel–Hamas cease-fire was in place, Jews in America were physically attacked with abandon—diners at restaurants in Los Angeles and Manhattan, Jews on the streets of New York, families in Florida attending synagogue services. The ADL saw a 75 percent uptick in reported incidents. In one typical attack, a group of men reportedly drove around Brooklyn assaulting Jews in the open while yelling, “Free Palestine!”

 

When called out for their silence, progressive Democratic lawmakers condemned “anti-Semitism and Islamophobia” as one, knowing that their audience would interpret any specific denunciation of anti-Semitism as a statement in support of Israel. That’s what happened at Rutgers University, the school with the largest Jewish undergraduate population in the country. Its provost and chancellor put out a statement decrying anti-Semitism and then were bullied into apologizing for it by a pro-Palestinian group on campus that claimed the statement was insensitive to Palestinians.

 

Throughout this whole affair, not a single congressional Democrat would criticize any of his colleagues by name. That includes Chuck Schumer, now the Senate majority leader (whose former top aide is also on the executive committee of the National Jewish Democratic Council), who couldn’t be roused from his cowardly torpor even when explosive devices were thrown at Jews in his own city.

 

The closest anyone came was Representative Josh Gottheimer of New Jersey. He and three other Jewish Democrats wrote a public letter to their leadership referencing the types of hateful comments made by their progressive colleagues—without naming them—in an attempt to get support from Democratic Party leadership. The bid failed. House Speaker Nancy Pelosi stuck with the purveyors of anti-Semitism in her caucus and threw the Jewish Democrats under the bus. Neither the ADL nor the JDCA uttered a peep.

 

As usual, one exceptional voice in all this was that of the American Jewish Committee, whose young leadership director, Seffi Kogen, noted in Newsweek that “while anti-Zionist gangs beat up Jews in her city, Rep. Alexandria Ocasio-Cortez was providing a quasi-intellectual basis for their actions.” But for a large part of the organized Jewish community, the outburst of violence was met with inexcusable surprise.

 

As I wrote in these pages in March 2020, after watching mainstream Jewish organizations and political figures bash President Donald Trump’s peace proposal because they deemed it too biased in favor of Israel’s security: “What’s happening here is more than a skirmish over a peace plan, or a distressing glimpse into the way American Jewry’s leaders privilege their partisan leanings over the fact that their leadership roles in American society are due to their Judaism and not their Democratic Party membership. What we are seeing is the way American Jewish leaders fail to take seriously the rising tide of anti-Semitism that masquerades as ‘anti-Zionism’—and even the way progressive groups enable it.”1

 

Ocasio-Cortez and Tlaib, I explained, elevated leftist Jewish groups such as IfNotNow to new prominence by using them to shield the Squad from accusations of anti-Semitism. With their endorsements, in turn, IfNotNow and the New Israel Fund launched a frontal assault on the Jewish Federations because the latter wouldn’t accept a donation earmarked for IfNotNow. The Jewish establishment was trying to hold the line on support for the Jewish state even as progressive politicians were helping foment a rebellion against these very basic Jewish values. The Squad entered a similar alliance with Jewish Voice for Peace, which had pushed one of the anti-Zionist conspiracy theories that reportedly motivated the perpetrators of the 2019 shooting at a Jewish shop in Jersey City.

 

Nothing has changed. In May 2021, IfNotNow used the occasion of the outbreak of anti-Jewish street violence to launch an invitation to a seminar on “Zionism and Apartheid.” Jewish Democrats in Congress who made general statements against anti-Semitism were accused by Jewish Voice for Peace of “using anti-Semitism as a political weapon to shield the Israeli government from accountability.”

 

Last year, Sean Cooper of Tablet exposed how the Jewish organization Bend the Arc deliberately turned the group’s work away from the Jewish community and toward various liberal and Democratic Party causes, shaping the activism of its member synagogues along the way. Rabbi David Saperstein, who for years led the Reform movement’s political arm, was listed as a Bend the Arc board member and served as President Obama’s religious-freedom ambassador. During the recent spate of violence, Bend the Arc’s political arm took the time to oppose police protection at synagogues on racial grounds, while also blaming the increase in anti-Semitism during the conflict on “white nationalists.”

 

Perhaps the most consequential of the progressive left’s alliances has been with Bernie Sanders, the senator from Vermont and former presidential candidate who arguably has achieved more political success and visibility than any American Jewish politician other than near-miss vice-presidential candidate Joseph Lieberman. Sanders is a mentor and trailblazer for young progressives in Congress, and he made a point of putting the Squad and other anti-Israel activists in visible roles on his 2020 presidential campaign. His moves have scrambled the Jewish community’s response to Sanders’s politics and those of his protégés. That is a feature, not a bug, of this alliance, as far as Sanders and the Squad see it.

 

“What does it look like when a national Jewish community understands what’s at stake?” I asked here last year. My answer then was the united front the UK Jewish community put up to oppose Jeremy Corbyn, the since-deposed Labour leader who had turned his party into a thoroughly anti-Semitic organization that harassed the Jews in its ranks and incited London’s streets against its Jewish community. Nearly nine of out ten UK Jews agreed that Corbyn was an anti-Semite, and before the election that finally sealed Corbyn’s doom, the country’s chief rabbi was moved to speak out against him.

 

Sanders and Corbyn were mutual admirers. Ocasio-Cortez backed Corbyn in his election. The warnings that Sanders and Ocasio-Cortez were openly modeling the future of their party on Corbyn’s Labour went ignored or dismissed. The events of May have made the Democratic Party’s Corbynization indisputable.

 

Events in early June then gave the dwindling band of Democratic anti-Corbynistas one more bite at the apple. On June 7, Omar tweeted a summary of a question she had for Secretary of State Antony Blinken: “We must have the same level of accountability and justice for all victims of crimes against humanity. We have seen unthinkable atrocities committed by the U.S., Hamas, Israel, Afghanistan, and the Taliban. I asked @SecBlinken where people are supposed to go for justice.”

 

The comparison of the U.S. and Israel to Hamas and the Taliban seemed a typically gratuitous demonstration of Omar’s untouchable status. Twelve Jewish Democrats wrote a letter finally naming her while refraining from calling her an anti-Semite.

 

The response to the letter revealed the depressing reality at the core of American Jewish life: the complete abandonment of the Jews by their own supposed watchdogs and the merger of those groups into semiofficial arms of the very political party now enabling their torment. Greenblatt merely retweeted one of the signatories’ tweets of the letter, adding his own comment: “Well said.” His me-tooing of the statement added insult to injury: Not only were the congressmen given no cover by the ADL, but once they ventured into the breach they were given no reinforcement by it. The following morning, the JDCA tweeted: “Jewish Dems will be meeting with Rep. Omar during our Week of Action to discuss her recent comments on Israel, as well as other priorities of Jewish Dems in Minnesota. There is no equivalence between Israel and terrorist organizations such as Hamas.” The organization sounded more annoyed at having to say something than outraged by what Omar had said.

 

The final blow came from Pelosi, who told CNN days later: “We did not rebuke her. We thanked—acknowledged that she made a clarification… Congresswoman Omar is a valued member of our caucus.”

 

What happened in between the release of the letter and Pelosi’s public declaration of Omar’s righteousness was instructive: The Squad went nuclear. Ocasio-Cortez accused her Jewish colleagues of “targeting” Omar and putting her in “danger.” Cori Bush said her Jewish colleagues were motivated by “anti-Blackness and Islamophobia.” Jamaal Bowman, who ousted the pro-Israel stalwart Eliot Engel in a 2020 primary and who represents a New York district with a large Jewish contingent, likewise suggested that the complaints from his colleagues were due to Omar’s being a Muslim black woman. Omar herself complained of the “constant harassment and silencing” by her Jewish colleagues and the “Islamophobic tropes” they supposedly used.

 

It was an astonishingly vile and aggressive coordinated attack against the Jewish group. The ADL was silent. JDCA was silent. The Democratic Party sided with the Squad. The Jewish community had been abandoned to the rise of the dominant left-of-center ideology according to which Jews are part of a white power structure of which Israel is a prime example.

 

Corbyn’s attempt to separate the Jews from the Jewish state in the UK failed miserably. But the Squad’s efforts to do the same here are not failing. And it’s not just in the halls of Congress. The New Yorker’s Helen Rosner suggested it would be a good tactic not to beat up Jews, as part of an overall strategy to undermine Israel’s legitimacy. (This after the New Yorker’s union put out a statement of solidarity with the Palestinians that included the phrase “from the river to the sea.”) Michelle Goldberg of the New York Times wrote a column with a headline so instantly infamous that the Times eventually and quietly changed it: “Attacks on Jews Over Israel Are a Gift to the Right.”

 

Meanwhile, the comedian Sarah Silverman objected to attacks on Jews in Los Angeles not on the grounds that they were evil acts of anti-Semitic violence but rather because “WE ARE NOT ISRAEL.” For his part, Kenneth Roth, the obsessively anti-Israel executive director of Human Rights Watch, declared, “It is WRONG to equate the Jewish people with the apartheid and deadly bombardment of Prime Minister Netanyahu’s government.”

 

Throwing fellow Jews to the wolves is abominable moral behavior. Delicately excising the name and words of a chic Democratic politician from a list of anti-Semitic statements to protect her—or to protect the organization you run from her wrath—constitutes an act of complicity in the violence that ensued in whatever small measure from her remarks. And the man who was thus complicit—Jonathan Greenblatt—had the nerve to act surprised. The anti-Semitic street violence in America is “literally happening from coast to coast, and spreading like wildfire,” Greenblatt told the Times. “The sheer audacity of these attacks feels very different.”

 

It feels different because it feels so familiar. And if the American Jewish community is to survive, it must start acting like it. And we must start by cleaning our own corrupted house.

 

1 “The Rot Inside American Jewish Organizations,” March 2020

 


Affaire Enderlin/20e: Montrez-moi le pays et je vous trouve le crime (Looking back at the fake news of the century)

30 septembre, 2020

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Montrez-moi l’homme et je vous trouve le crime. Lavrenti Beria (chef de la police secrète de Staline)
L’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie. Charles Enderlin (Le Figaro, 27/01/05)
The narrative tension of our podcast ‘Caliphate’ is the question of whether his account is true. Rukimini Callimachi (NYT)
If you look at the whole series, we did make it clear in the series that there were questions about his story, but given what happened in Canada, given the allegation he made everything up, we are going to re-report it. Dean Baquet (NYT executive editor)
We are going to look for the truth of his story and inevitably we are going to also ask the question about how we presented him so we are going to put together a group of reporters and take a new look at the story, his story and inevitably how we presented his story. Dean Baquet (NYT executive editor)
In May 2018, Rukmini Callimachi, a star reporter for the New York Times, faced some questions about her reporting. Her podcast series, “Caliphate,” focused on a young Pakistani-Canadian man who claimed that he’d traveled to Syria in 2014 and joined forces with the Islamic State. “Abu Huzayfah” — the man’s nom de guerre — told Callimachi he had executed two men. Trouble was, he told a Canadian interviewer that he’d killed no one. Pressed on the discrepancy, Callimachi told CBC News, “We were able to get to both before any other media had gotten to him, but crucially before law enforcement had gotten to him.… He was speaking to us in this window of time when he essentially thought he had slipped through the cracks.” But last week, as reported previously in this space, Abu Huzayfah was charged with fabricating his life as a terrorist. Scrutiny of this sort occasionally lands on Callimachi’s work. Her reporting has won numerous prizes, but it has also raised questions, including from her own colleagues, about how she gathers and verifies her scoops. Since joining the Times in 2014 from the Associated Press, Callimachi has become the most famous terrorism reporter in the world, in part because of her enterprise on Twitter, where she posted marathon threads about developments on her beat. She sought information everywhere, from chat rooms where terrorists lurked to hot spots like Mosul. Wired in 2016 wrote that she was “arguably the best reporter on the most impor­tant beat in the world.” Poynter in 2017 called her an “unrelenting and insightful observer of terrorism.” A fine collection of plaques commemorates Callimachi’s hard work. She is a four-time finalist for the Pulitzer Prize: first in 2009 for an AP project on the exploitation of children in Africa; next in 2014 for a stunning investigation of al-Qaeda relying on the terrorist network’s own documents; and finally in 2019, for both an exposé on the Islamic State — also driven by documents — and the “Caliphate” podcast. She made history by winning two Overseas Press Club awards for that al-Qaeda investigation. Like the awards, the journalistic stumbles of Callimachi have played out in public, right in the pages of the Times. They have prompted Times reporters to raise concerns with their bosses about her work and the reliability of her sources. Those concerns mix with an awkward and anguished institutional culture: Her critics worry that their complaints are interpreted as professional envy toward a multiplatform star of the Times. “There is some internal and external griping about certain elements of Rukmini’s reporting style,” one source told the Erik Wemple Blog in 2018. “She’s a classic giant personality.… She’s very good at describing her work and taking credit for it and living the risk. There are some people on staff who don’t like that.” Last October, Callimachi published a scoop on an unorthodox situation in which the Islamic State was allegedly paying a rival group — Hurras al-Din — to provide security for late leader Abu Bakr al-Baghdadi. The basis for the story was a series of receipts secured by Callimachi, who had turned terrorist document-hunting into her niche.  (…) Then the story crumbled. An expert quoted in the story as endorsing the receipts’ authenticity wrote a post reviewing the whole situation. Whereas Callimachi indicated in her article that the expert — Aymenn Jawad al-Tamimi — reviewed eight receipts, he had originally been given only four receipts, as a subsequent Times correction made clear. After reviewing all eight, he concluded that they were “not authentic.” (…) Questions were raised, too, over a February 2018 story on the deaths of four U.S. soldiers killed in a fight with militants in the Niger desert. Callimachi spearheaded the paper’s efforts to secure footage shedding light on the incident, and the newspaper issued this disclosure on the video (…) The Times’s decision to purchase the video rights was particularly controversial. To Callimachi’s credit, the story — for which she was the lead byline — made clear the paper’s actions in pursuing the footage. Yet some Times journalists chafed: Why was the paper arranging to procure terrorist propaganda? In particular, the “news agency” from which the video was purchased was not exactly an objective, professional organization. A 2017 story co-authored by Callimachi noted that “Agence Nouakchott d’Information, or ANI, is associated with Al Qaeda’s branches in Africa.” (…) Video was also at the center of a 2016 Callimachi dust-up that embarrassed the Times. In August of that year, Callimachi published an investigative piece about Islamic State efforts to export terrorism around the globe. The narrative tissue for the piece was an interview with Harry Sarfo, a former Islamic State terrorist who fled the territory and returned to Germany, where he was arrested and sentenced to prison. It was such a coup that the newspaper did a “Times Insider” piece — titled “Talking to Terrorists” — in which Callimachi described coming “face to face with a former terrorist whose proof of identity and affiliation were solid enough that she could quote him in a story.” The story that Sarfo told Callimachi — and other outlets as well — was that he was turned off by the bloodlust of the Islamic State and didn’t partake in any such violence. Then The Post dug up some footage that challenged Sarfo’s version of events: “Previously unreleased video shows Sarfo moving doomed hostages into position for a public execution in Palmyra last year, and then apparently firing his own weapon at one of the fallen men. » (…) After Callimachi’s December 2014 story about paying ransom for Islamic State hostages, the Times assigned one of its journalists to vet the story. Tim Arango, then an overseas reporter for the paper, looked into a source who provided the narrative bookends for the story, a man identified as Louai Abo Aljoud, a Syrian journalist who was reported to have glimpsed U.S. hostages of the Islamic State in confinement. Arango’s assignment came after voices both within and outside of the Times raised objections to the reporting. More than a month after the story’s publication, this correction was added: An article on Dec. 28 about the consequences of the United States’ refusal to pay kidnappers to free American hostages referred imprecisely to a Syrian journalist who had been held by the Islamic State terrorist group and said American officials did not pursue information he gave them about Americans being held by the group. The surname of the journalist, Louai Abo Aljoud, is an assumed one that he has been using for several years to protect family members still in Syria; Aljoud is not his real family name. This correction was delayed to verify Mr. Abo Aljoud’s information. The Times told this blog, “After questions were raised, we sent reporters to do a follow up in person interview with the source and did not learn anything that called for further action. We added a correction to the story [nytimes.com] that addressed the source’s name.” (…) Terrorism reporting is one of the toughest beats in journalism. The field is strewn with liars and murderers who are keen on manipulating the world’s most prominent outlets. So occasional screw-ups will happen. But Callimachi has shown a reluctance to reckon with the scrutiny that comes with her standing as journalism’s No. 1 terrorist correspondent. (…) In the immediate aftermath of the Abu Huzayfah news last Friday, the Times supported Callimachi, stating that “uncertainty about Abu Huzayfah’s story is central to every episode of Caliphate that featured him.” It also called the series “responsible journalism that helped listeners understand the power and pull of extremism.” On Wednesday, however, the Times sent a new statement with a different tone: “While the uncertainty about Abu Huzayfah’s story was explored directly in episodes of Caliphate that featured him, his arrest and the allegations surrounding it have raised new and important questions about him and his motivations. We’re undertaking a fresh examination of his history and the way we presented him in our series. We will have more to say when we complete that effort.” Here’s one major New York Times project on the Islamic State that’ll have to proceed without the input of Rukmini Callimachi. Erik Wemple
En répondant à Denis Jeambar et à Daniel Leconte dans le Figaro du 23 janvier 2005 que « l’image correspondait à la réalité de la situation, non seulement à Gaza, mais en Cisjordanie », alors que la diffusion d’un reportage s’entend comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu, Charles Enderlin a reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entrainant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné. Laurence Trébucq (Présidente de la Cour d’appel de Paris, 21.05.08)
This is not staging, it’s playing for the camera. When they threw stones and Molotov cocktails, it was in part for the camera. That doesn’t mean it’s not true. They wanted to be filmed throwing stones and being hit by rubber bullets. All of us — the ARD too — did reports on kids confronting the Israeli army, in order to be filmed in Ramallah, in Gaza. That’s not staging, that’s reality. Charles Enderlin
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Enderlin (Charles) : Scénariste et producteur de fictions. Capable de transformer le vivant en mort ; de faire apparaître et disparaître les cicatrices ; d’empêcher les blessures par balles de guerre de saigner. Journaliste à l’objectivité sans faille. Modèle professionnel de Jacques Chirac et des journalistes français. Détenteur de rushes invisibles, mais néanmoins accablants. Les montrera le jour suivant la Saint-GlinGlin 2019, à cause d’une clause signée avec les acteurs, MM. Al-Dura père et fils. Laurent Murawiec
Ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence. Depuis lors, « les soldats de Tsahal sont désormais des tueurs à gage et des assassins d’enfants innocents. » « Les soldats juifs se comportent comme des nazis… » Et l’enfant palestinien devient martyr et comparé à la célèbre photo de l’enfant juif du ghetto de Varsovie, levant les bras devant un soldat allemand… Dans les pays arabes, la mort du petit Mohammed est sur toutes les lèvres. Des milliers de photos sont affichées sur les murs des rues et dans les appartements. Les nouveau-nés prennent le nom de Mohammed al-Doura. Des timbres nationaux et des places publiques aussi. L’enfant tué « avec préméditation » devient le symbole de la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne dans les territoires et dans les pays islamiques. Freddy Eytan
Ce reportage est devenu une « affaire » parce qu’il a été monté de toutes pièces, semblable à « l’affaire Dreyfus » dans lequel on retrouve désinformation, manipulation et mensonge, Charles Enderlin n’était même pas présent sur le lieu du « crime » qu’il décrivait. Avec une différence, la France de Dreyfus était divisée, alors que la France d’Enderlin est unie dans son antisionisme, il y a même un parti politique antisioniste, le PAS. (…) Charles Enderlin est coupable d’avoir oublié ses certitudes et d’avoir fait siennes les convictions d’une France majoritairement antisioniste, anti-israélienne. Charles Enderlin est coupable d’avoir choisi l’autre côté, l’autre coté, c’est le chemin de tout le monde, c’est le chemin de la majorité. La France veut des reportages anti-israéliens, Charles Enderlin va les lui fournir, avec zèle. (…) Charles Enderlin s’est condamné lui-même, il est condamné à être l’ami de tous les anti-sionistes, les anti-Israéliens, les antijuifs, du premier tristement célèbre d’entre eux, Pascal Boniface. Lui le juif, le sioniste, va servir d’alibi à Dieudonné et à ses amis, il va devenir leur exemple, leur modèle. Raphaël Kalfon
Il est maintenant établi, grâce au travail d’investigation de personnes issues de pays et de professions très variées (journalistes, documentaristes, universitaires, experts médicaux et balistiques) que le reportage diffusé le 30 septembre 2000 au JT de France 2, où Charles Enderlin affirme, sur la foi d’images tournées à Gaza par son cameraman palestinien Talal Abou Rahma qu’un enfant, Mohammed Al Dura, a été tué et son père Jamal grièvement blessé par des tirs venus d’une position militaire israélienne, était une mise en scène. Depuis douze ans, Charles Enderlin s’est enfermé dans un déni le contraignant à enchaîner mensonges sur mensonges pour sauver sa peau de journaliste vedette de la chaîne publique française. Depuis douze ans tous les moyens ont été mis en œuvre pour faire obstacle au surgissement de cette vérité maintenant admise presque partout, sauf en France. France Télévisions a d’abord prétexté de la protection des sources pour ne pas livrer à la justice les « rushes », c’est-à-dire les images tournées par Talal Abou Rahma, mais non diffusées dans le sujet du JT. Lorsqu’elles furent rendues publiques sur l’injonction de la présidente de la Cour d’appel de Paris, il apparut de manière éclatante que la version servie jusque-là par Enderlin et France 2 ne tenait pas la route : les images invalidaient tous les récits du drame dont ses protagonistes ne s’étaient pas montrés avares dans les médias du monde entier. L’affirmation répétée moult fois par Enderlin qu’il avait coupé au montage celles montrant l’agonie de l’enfant, car elles étaient trop horribles, s’est révélée totalement mensongère. D’autres éléments mis en lumière par ces rushes sont tout aussi accablants pour la thèse défendue par France 2 : absence de sang sur les vêtements de Mohammed et Jamal Al Dura, incompatibilité des cicatrices présentes sur le corps du père avec des blessures par balles, etc. Une journaliste allemande de premier plan, Esther Schapira, aujourd’hui chef du service documentaire de la principale chaîne de télévision d’Outre-Rhin a réuni, dans un film impressionnant « L’enfant, la mort et la vérité » (http://vimeo.com/59475901) une série de témoignages accablants pour Charles Enderlin et Talal Abou Rahma. Leurs mensonges successifs, leurs faux fuyants ne résistent pas une seconde aux « vérités de faits » collectés sur le terrain, à Gaza et en Israël. Les téléspectateurs français ont été privés de la possibilité de se faire une opinion sur le travail d’Esther Schapira : France 2 a exercé des pressions sur toutes les chaînes diffusées en France, y compris ARTE, pourtant franco-allemande, pour empêcher de programmer ce documentaire. Pire, elle a menacé l’ARD de dénoncer les accords de coopération entre les deux chaînes si l’ARD vendait ce programme à l’étranger. Fort heureusement, les dirigeants de cette dernière ne se sont pas laissé intimider par France 2 et le documentaire a été diffusé en Israël et de nombreux pays. Luc Rosenzweig
La tâche sacrée des journalistes musulmans est, d’une part, de protéger la Umma des « dangers imminents », et donc, à cette fin, de « censurer tous les matériaux » et, d’autre part, « de combattre le sionisme et sa politique colonialiste de création d’implantations, ainsi que son anéantissement impitoyable du peuple palestinien ». Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980)
Il s’agit de formes d’expression artistique, mais tout cela sert à exprimer la vérité… Nous n’oublions jamais nos principes journalistiques les plus élevés auxquels nous nous sommes engagés, de dire la vérité et rien que la vérité. Haut responsable de la Télévision de l’Autorité palestinienne
Karsenty est donc si choqué que des images truquées soient utilisées et éditées à Gaza ? Mais cela a lieu partout à la télévision, et aucun journaliste de télévision de terrain, aucun monteur de film, ne seraient choqués. Clément Weill-Raynal (France 3)
Nous avons toujours respecté (et continuerons à respecter) les procédures journalistiques de l’Autorité palestinienne en matière d’exercice de la profession de journaliste en Palestine… (Roberto Cristiano, représentant de la « chaîne de télévision officielle RAI, Lettre à l’Autorité palestinienne)
Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple. Talal Abu Rahma (lors de la réception d’un prix, au Maroc, en 2001, pour sa vidéo sur al-Dura)

Montrez-moi le pays et je vous trouve le crime !

En ce triste 20e anniversaire …

Du faux du siècle …

Et d’un reportage de 27 secondes qui, diffusé et rediffusé sur la planète entière et entre posters, timbres et noms de rue …

A inspiré et servi à justifier les pires exactions terroristes comme l’antisémitisme et la délégitimation de l’Etat d’Israël …

Alors que le New York Times ajoute une nouvelle recrue à sa déjà longue liste de faussaires

Et à l’heure où complètement discrédités – Accord du siècle de Trump oblige – par leurs anciens soutiens au sein même du Monde arabe …

Les dirigeants, de l’Autorité palestinienne au Hamas et au Hezbollah, des divers mouvements terroristes palestiniens …

N’auront bientôt plus comme raison d’être pour continuer à martyriser leur peuple et assassiner des innocents …

Que la perversité de leurs commanditaires iraniens, turcs et qataris …

Ou, Macron et Biden en tête, l’ignorance et la naïveté de leurs idiots utiles occidentaux …

Quelle meilleure et plus révélatrice preuve de l’infâmie …

Que cette phrase de celui par qui, avec l’aide du correspondant de France 2 Charles Enderlin, le scandale est arrivé …

Et que célèbre aujourd’hui 20 ans après la notoire chaine boute-feu qatarie Al Jazeera

Le preneur de vue palestinien lui-même, Tala Abou Rahma, lors de la réception d’un prix un an plus tard au Maroc:

« Je suis venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de mon peuple » ?

Behind the lens: Remembering Muhammad al-Durrah, 20 years on

Twenty years ago, a video of a 12-year-old boy being killed in Gaza reverberated around the world. Talal Abu Rahma, the cameraman who shot the video, remembers that day.

On September 30, 2000, a Palestinian cameraman from Gaza, Talal Abu Rahma, shot a video of a father and his 12-year-old son under fire on the Saladin Road, south of Gaza City. The boy, Muhammad al-Durrah, was mortally wounded and died soon after.

The video of Jamal al-Durrah trying to shield his son as bullets rained down on them was aired by France 2, the news channel Abu Rahma was working for. It became one of the most powerful images of the Second Intifada.

The Israeli government tried to challenge the veracity of the video, with the Israeli military denying that its soldiers had been responsible.

It took until 2013 for a French court to vindicate France 2 and Abu Rahma, ultimately upholding their defamation case against Philippe Karsenty, a French media commentator who had accused them of staging the video, and fining him 7,000 euros.

Abu Rahma, who has won numerous awards for his work, including the Rory Peck Award in 2001, is now based in Greece, where he, his wife and six-year-old son are residents. He works between there and Amman, Jordan. He has been banned from returning to Gaza since 2017.

Twenty years on, he recalls the events of that day:

The day before, I was in Jerusalem working at the France 2 office. Charles Enderlin, the France 2 bureau chief in Jerusalem, called me at 10am and said “I am sending you the car, you have to go back quickly to Gaza because the situation in the West Bank is getting very, very bad.”

So I went back. Charles called me when I arrived and asked about the situation in Gaza. I said: “Gaza, it’s quiet, nothing in Gaza.” “OK,” he replied, “well keep your eyes on it, if anything happens, just let me know and go and film.”

At 3pm, 4pm, there was nothing happening. It was a Friday, you know. The West Bank was on fire, but Gaza was really quiet. I knew why it was quiet – because the schools were closed and it was the holy day.

We were watching the situation and I knew, as a journalist, that on Saturday morning there would be a demonstration in Gaza. At that time there were three very sensitive points in Gaza – one at Erez, one north of Gaza City, and the third in the middle, on Saladin Road.

Many people have asked why I went to Saladin Road. It was because it was in the middle. If something happened in Erez or elsewhere I could quickly move there. Like me, all the journalists knew what would happen on Saturday morning. I went down at about 7am because that is the time the students go to school and I knew there would be lots of people around.

They started throwing stones. And hour by hour it increased. I was in contact with my colleagues at Erez, to know what was going on over there – as that was the real hot point.

I stayed where I was until about 1pm. At this point it was tear gas, it was rubber bullets, it was stone-throwing; you know, it was normal. But there were a lot of people throwing stones. Not hundreds. Thousands.

I called the office and told them that about 40 people had been injured by rubber bullets and tear gas. Charles told me “OK, try to make interviews and send it in by satellite.”

‘It was raining bullets’

As I was conducting my second interview, the shooting started. I took my camera off its stand and put it on my shoulder. I started moving left and right to see who was shooting – shooting like crazy. Who was shooting at whom and why, I really didn’t know. I tried to hide myself because there were a lot of bullets flying around.

There was a van to my left, so I hid behind it. Then a few children came and hid there, too. At that point, I hadn’t seen the man and the boy. Ambulances were arriving and taking the injured away.

I could not hear anybody over the sound of the bullets. It just kept getting worse. There was a lot of shooting, many injured. I was really scared. There was blood on the ground. People were running, falling down; they didn’t know where the bullets were coming from, they were just trying to hide. I was confused about what to do to – whether to continue filming or to run away. But I’m a stubborn journalist.

At that moment, Charles called and asked me, “Talal, do you have your helmet on, do you have your jacket on?” Because he knows me, I don’t put the helmet and flak jacket on – it’s too heavy. But he was screaming at me, “Put it on, please, Talal.” I got really mad because I didn’t want to hear it. I told him, “I am in danger. Please, Charles, if something happens to me, take care of my family.” Then I hung up the phone.

In that moment, I was thinking about my family: about my girls, about my boy, about my wife, and about myself. I could smell death. Every second I was checking myself to see if I had been injured.

Then one of the children who was hiding beside me said: “They are shooting at them.” I asked: “Shooting at who?” That was when I saw the man and the boy against the wall. They were hiding and the man was moving his hand and saying something. The bullets were coming right at them. But I couldn’t tell where they were coming from.

In the corner on the right side of the man, there were Israeli soldiers and Palestinian security forces. In front of that point was the Israeli base. What could I do? I couldn’t cross the street. It was too busy and very wide, and the shooting was like rain. I couldn’t do anything.

The children beside me were scared and screaming and, in that moment, I saw through my camera that the boy had been injured. Then the man was injured, but he was still waving and shouting, asking for help, asking for the shooting to stop. The boys with me were really going crazy. I was trying to calm them down. I was scared about taking care of myself and them. But I had to film. This is my career. This is my work. I was not there just to take care of myself. There is a rule: a picture is not more valuable than a life. But, believe me, I tried to protect myself and I tried to save this boy and the father, but the shooting was too much.

France 2 TV footage shows Muhammad al-Durrah after he was fatally struck in the abdomen; his seriously wounded father, Jamal, shook with convulsions and lost consciousness, and was later hospitalised in Gaza [Photo by France 2/AFP]

It was too dangerous to cross the street. It was raining bullets. Then, I heard a boom and the picture was filled with white smoke.

Before the boom, the boy was alive but injured. I think the first injury was to his leg. But after the smoke moved, the next time I saw the boy, he was laying down on his father’s lap and his father was against the wall, not moving. The boy was bleeding from his stomach.

The ambulances tried to get in many times. I saw them. But they couldn’t because it was too dangerous. Eventually, one ambulance came in and picked up the boy and the man. I whistled to the driver, he saw me clearly and slowed down. I asked if we could go with him. He said, “No, no, no, I have very serious cases” and then he drove off.

When the shooting stopped, the boys near me started running, left and right. I stayed by myself and then decided to walk away. I walked for about five to seven minutes towards my car. I was trying to call the office in Jerusalem – it took a while to get a signal back then when mobile phones were still quite new. As I was walking, I saw a colleague from another news agency.

I asked him, “How many injured, how many killed?” He told me about three. I said, “Look, if you are talking about the three dead, add another two. I think there are another two, they were killed against the wall.” I showed him what I had filmed and he started screaming, “Oh no! Oh no! This is Jamal, this is his son, Muhammad, they were in the market. Oh my God, oh my God!”

I asked him, “Do you know them?” He replied, “Yes, I am married to his sister.”

The office was silent

I called Charles and he asked me, “Where have you been?” I said, “Don’t talk to me, I am very tired.” He said, “OK, you’ve got until 5pm, go feed it right now.”

When I fed the footage, everyone in my office in Gaza and in the France 2 office in Jerusalem went quiet. You couldn’t hear any noise. Everyone was astonished; even the journalists around me.

Charles spoke first. He said, “OK, Talal, I think you need to rest because this is unbelievable. But are you sure no one else filmed it?”

I said, “I was on my own, you can write exclusive for France 2.”

He said, “OK, go rest” and I went back home.

‘The camera doesn’t lie’

Then Charles called me back and asked me some questions: the angles of my footage, my position, how, who – a lot of questions. It aired at 8pm that day but Charles had to deal with a lot of questions. High-level people in Paris and Israel, he called the Israeli army, as he was obliged to, according to the law. These were strong pictures.

High-level people in Paris started asking me questions. I answered it all, knowing that Charles trusts me and knows who I am. I am not biased. From the beginning, before I started working for France 2, Charles told me, “Talal, don’t be biased.” And up until now I have taken him at his word, not to be biased.

There was a lot of talk about this video, claims that it was fake. But the people saying this didn’t even know the area. There were a lot of calls and investigations with me about how true the images were. I had one answer for them. The camera doesn’t lie. Whatever they say about these pictures, it can’t hurt me, except in one way – my career. They hurt what I am working for – journalism. To me journalism is my religion, my language, there are no borders for journalism.

I received a lot of awards for that video. I was honoured in Dubai, in Qatar, even in London twice. I received awards from America and France. I really don’t know how these people think we could have staged it.

The day after the shooting, I went to the hospital to see Jamal. I could not talk to him too much. I took a few pictures and spoke to a doctor who told me that Jamal’s condition was very bad, that there were a lot of bullets in his body.

A few people asked me how much we sold the pictures for. But France 2 told me the images would be distributed for free and I was in agreement with them. They said, “We will not make money from the blood of children.”

The court case in Paris went on until 2013. We won. We didn’t receive any money at all from the case. It was the dignity of our job that pushed us to fight the case.

This account has been edited for clarity and brevity.

Voir aussi:


Journée internationale de commémoration des victimes de l’Holocauste/75e: Détacher le judaïsme d’Israël, c’est en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme (After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous)

27 janvier, 2020
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Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal! Psaume 97: 10
Celui qui est sans foyer n’est pas une personne. Le Talmud
Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Je savais que, au milieu de facteurs enchevêtrés, une partie essentielle s’y jouait. Il fallait donc en être. Charles de Gaulle (avril 1941)
99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle. (…) ce qui se cache aujourd’hui derrière le « souverainisme » désigne en fait la même xénophobie, la même fermeture, la même absence de confiance en soi que les idéologies anti-italienne, antipolonaise, antiarménienne, et antisémites des siècles passés. Jacques Attali
Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme. Jacques Attali
Ecoutez-les : ils se lamentent cette semaine sur la montée de l’antisémitisme ; mais ils s’arrangent pour ne pas désigner les coupables. Ainsi font les faux-culs de l’antiracisme. Leur silence vaut camouflage. Ce qu’ils cherchent à taire est, il est vrai, le résultat de leur idéologie. Car ils savent, ces prétendues belles âmes, que la haine du juif a muté avec leur consentement tacite. Elle n’est plus tant dans la vieille extrême droite nostalgique de fantômes vichyssois qu’au cœur de la nouvelle société arabo-musulmane issue de l’immigration. Un rapport de l’Ifop confirme ces jours-ci qu’un Français juif sur trois se sent menacé au quotidien. 84% des juifs âgés entre 18 et 24 ans disent avoir été victimes d’actes antisémites. Ce mercredi, Emmanuel Macron entame en Israël un court séjour à l’occasion du 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Mais les nazis d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier. Certes, certains attentats commis à l’étranger contre des musulmans par des suprémacistes blancs – notamment ceux de Christchurch (Nouvelle Zélande) le 15 mars 2019 – permettent aux faussaires d’alerter sur le danger d’une renaissance de l’extrême droite. En France, Jacques Attali est de ces intellectuels qui s’emploient à brouiller les réalités. C’est lui qui a déclaré, le 3 octobre 2019 : « 99% des migrants non européens s’intègrent parfaitement à la nation française (…) l’islam n’est pas une menace pour la France, il est une composante depuis le VIIIe siècle ». Dans un tweet du 4 octobre, il a aussi assuré : « Le souverainisme n’est que le nouveau nom de l’antisémitisme ». Mais ceux qui n’osent nommer les ennemis des Juifs avalisent une ignominie. Ils sont les traîtres. Oui, les Français juifs ont été trahis par la République capitularde. Ils ont été trahis par ceux qui avaient pour mission de protéger la nation de cette authentique « lèpre qui monte » qu’est l’antisémitisme. Or, quand Macron emploie cette expression, c’est pour dénoncer les peuples qui se réveillent. Le président porte une lourde responsabilité dans l’occultation des sources. Dans mon essai – Les Traîtres – je rappelle les procédés ignobles qui furent ceux du chef de l’Etat quand il laissa croire, à l’instar de Bernard-Henri Lévy, que l’antisémitisme était porté par les Gilets jaunes et plus généralement par les populistes. Je reprends ici quelques lignes de mon livre : « Quand Macron rend hommage à Simone Veil devant le Panthéon, en juillet 2018, il évoque « les vents mauvais qui à nouveau se lèvent ». Mais il ne vise pas là, comme on pourrait s’y attendre vu les circonstances, la judéophobie islamique qui massacre des innocents en France et ailleurs. Non, il vise les populistes, les eurosceptiques, tous ceux qui ne le suivent pas. Pour la Macronie et ses désinformateurs agréés, l’antisémitisme est, forcément, au centre du mouvement des Gilets jaunes. Le chercheur Jean-Yves Camus a beau objecter : « Le mouvement des Gilets jaunes en tant que tel n’est pas antisémite », le bourrage de crâne élyséen ne changera rien à son réquisitoire hystérique. Voici dont un chef d’Etat qui accuse une partie de son peuple d’être porteur d’une maladie de l’esprit qui touche, en réalité, ceux qui se sont soumis à l’islam le plus rétrograde mais que Macron, en revanche, choisit d’épargner. ». Comment respecter un pouvoir qui démissionne, toute honte bue ? Ivan Rioufol
La participation de Donald Trump [à la ‘Marche pour la vie’] est entièrement opportuniste. Il ne me semble pas qu’il ait des convictions morales solides. Il a découvert que les chrétiens conservateurs évangéliques le soutiennent, ils sont eux-mêmes pro-vie donc finalement il leur donne ce qu’ils veulent. Il est peut-être hypocrite à propos du droit à l’avortement, mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a nommé des juges pro-vie à la Cour Suprême. Et je préfère avoir un président hypocrite qui reste constant dans sa politique sur l’avortement, qu’un président qui soit sincèrement pro-vie mais qui ne soit pas suffisamment engagé pour cette cause… George W. Bush était fermement engagé pour la vie également. Il ne faut pas oublier que les alliés de Trump comme ses ennemis adorent les exagérations pour parler de lui… Et encore une fois, l’essentiel est dans ce qu’il fait et non pas dans la sincérité de ses actions. (…) l’avortement n’est pas une nouvelle fracture, c’est une ligne de clivage depuis les années 1980 lors de la première campagne électorale de Ronald Reagan. Le fait que l’avortement demeure une fracture depuis toutes ces années est particulièrement intéressant: le pays a beaucoup évolué, même au sujet de la libération sexuelle. Un rapport de 2003 publié dans The Atlantic par Thomas B. Edsall intitulé «Blue Movie» montre de manière éloquente comment les questions de sexualité, incluant l’avortement, permettent de prédire avec précision le parti pour lequel les personnes interrogées vont voter. Depuis, les États-Unis sont devenus plus libéraux sur ces questions. La pornographie s’est répandue et est devenue largement accessible. Le mariage homosexuel a gagné un soutien majoritaire à une vitesse fulgurante et particulièrement auprès des jeunes. Après l’arrêt Obergefell qui déclare le droit constitutionnel du mariage homosexuel, pour les chrétiens la question des droits des homosexuels n’est plus centrée sur l’homosexualité elle-même mais sur la confrontation entre les droits LGBT et la liberté de conscience des croyants. Tous les vieux combats culturels concernant les questions de sexualité ont été perdus par la droite… à l’exception de l’avortement. Étrangement, l’opinion publique à propos de l’avortement n’a pas véritablement évolué depuis 1973. La plupart des Américains sont favorables à l’avortement, qui est légalisé, mais en y appliquant des restrictions. Alors qu’en 1973 l’arrêt Roe v. Wade prévoit un avortement sans restrictions. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que même si les «millennials» sont bien plus libres sur les questions de sexualité que les générations précédentes, et malgré le fait qu’ils sont la génération la plus laïque de l’histoire des États-Unis, l’opposition à un avortement sans restriction demeure forte parmi eux. Je ne suis pas certain d’avoir la clef d’explication de ce phénomène mais je pense que la technologie est un élément de compréhension. Les avancées des échographies ont permis aux gens de véritablement voir pour la première fois ce qui se passe dans l’utérus et de prendre conscience qu’ils n’y voient pas qu’un morceau de chair mais un être humain en train de se développer. Les miracles de la médecine actuelle qui sauve la vie de bébés nés grands prématurés sont plus parlants pour cette génération que les sermons des prêtres. (…) La probabilité de la réélection de Donald Trump dépend de sa capacité à rallier sa base et à convaincre les conservateurs qui rechignent à voter démocrate, mais qui n’avaient pas voté pour lui en 2016 à cause de doutes profonds sur sa personne. Trump n’a pas été aussi mauvais que ce que je craignais. Pour autant je ne crois pas qu’il a été un bon président. Néanmoins, je vais sûrement voter pour lui en 2020, et ce pour une bonne raison: le parti démocrate est extrêmement hostile envers les conservateurs religieux et sociétaux mais aussi envers nos libertés fondamentales. Leur combat pour la théorie du genre et l’extension maximale des droits de la communauté LGBT sont les principaux piliers du programme démocrate. Les activistes progressistes ont désigné les chrétiens conservateurs comme leur principal ennemi. Sur ces questions et sur la protection de la liberté d’expression, on ne peut pas leur faire confiance. Ils sont devenus les ennemis de la liberté. Il est clair que le nombre d’Américains qui est d’accord avec les traditionalistes sur ces questions diminue. Je crois que dans les mois et les décennies à venir, les juges fédéraux conservateurs que Trump a nommés seront les seuls à offrir une véritable sauvegarde de la liberté religieuse aux États-Unis. Les Républicains au Congrès et à la Maison Blanche n’ont pas vraiment agi en faveur du renforcement de la liberté religieuse contre les revendications des droits LGBT. Ils sont terrifiés à l’idée de passer pour bigots. Malheureusement, beaucoup de chrétiens américains ont eu des faux espoirs avec le Grand Old Party, en pensant qu’il suffisait de voter républicain pour gagner sur ces questions. En réalité, dans tous les domaines, académiques, médicaux, juridiques, dans les entreprises, les droits LGBT et l’idéologie du genre sont triomphants. Voter républicain est le seul moyen de ralentir cette «Blitzkrieg» progressiste et peut être à travers des biais juridiques y mettre fin dans le futur. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est tout ce que nous pouvons faire pour le moment sur le front politique. (…) Il est vrai que Trump a la présidence, les Républicains tiennent la majorité au Congrès et pour ces deux raisons les Républicains nomment un certain nombre de juges fédéraux. C’est un élément important mais ce n’est pas suffisant face au pouvoir culturel immense que les progressistes détiennent de leur côté. Ils contrôlent les plus grands médias d’information et de divertissement, ils contrôlent les écoles et les universités, la médecine et le droit et aussi de manière assez improbable, les grandes entreprises. L’émergence d’un «woke capitalism», un capitalisme progressiste, est un des faits politiques les plus significatifs de la décennie. La majorité des conservateurs n’a pas conscience de leur puissance ni de la manière dont ils se sont clairement positionnés contre le conservatisme social. Ils sont encore attachés à l’ère reaganienne et à illusion que le monde des affaires est conservateur. Quand Ronald Reagan a été élu président en 1980, il a ouvert une nouvelle ère dans la politique américaine, dominée par la droite, plus précisément par les néolibéraux de la droite. Cette ère s’est achevée avec Obama et Trump, mais l’avenir n’est pas écrit. Si on avait dit à un électeur conservateur au moment de l’investiture de Reagan que 30 ans plus tard le christianisme serait déclinant en Amérique, que le mariage homosexuel et l’adoption seraient légaux, que la pornographie violente serait uniformément répandue et accessible à tous y compris aux enfants grâce aux smartphones, que les médecins seraient autorisés à retirer des poitrines féminines à des jeunes filles pour devenir des hommes transgenres, je pense que cet électeur ne croirait pas une seconde qu’un pays qui autorise cela puisse être véritablement conservateur. Et pourtant c’est la réalité de l’Amérique d’aujourd’hui. Si nous sommes un pays conservateur, pourquoi n’avons-nous pas eu un mouvement comme celui de la Manif pour tous, qui pourtant en France, au pays de la laïcité, a conduit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris pour manifester? J’ai le sentiment que nous sommes plus un pays houllebecquien, même si les conservateurs ne veulent pas l’admettre. Les chrétiens traditionnels, catholiques, protestants, orthodoxes, ont perdu la guerre culturelle. Nous devons nous préparer à une longue période d’occupation et de résistance. C’est ce que j’appelle choisir l’option bénédictine. Même si mon livre s’est bien vendu aux États-Unis, proportionnellement il a eu plus de succès en Europe. En France, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays européens mes lecteurs sont des catholiques de moins de 40 ans. Lorsque vous êtes aussi jeune et que vous allez encore à la messe, vous n’avez pas à être convaincu de la vérité du diagnostic que je porte sur le malaise culturel actuel. De même, vous n’avez pas besoin d’être convaincu de l’impuissance de l’église post-soixante-huitarde dans cette crise. En Amérique, les chrétiens n’ont pas encore vu pleinement cette vérité. Cela nous attend dans cette nouvelle décennie. Ce sera un choc douloureux mais nous ne serons pas en mesure de constituer une vraie résistance tant que nous n’accepterons pas cette réalité. Après Trump, le déluge. Rod Dreher
Le voyage de milliers de réfugiés juifs, en 1947, sur le vieux navire « Exodus » en direction de la Palestine. Otto Preminger retrace la naissance de l’État d’Israël dans une fresque majestueuse portée par Paul Newman et Eva Marie Saint. En 1947, des réfugiés juifs européens en partance pour la Palestine mandataire sont refoulés par les autorités britanniques et placés dans des camps d’internement sur l’île de Chypre. Alors que les Nations unies s’apprêtent à se prononcer sur le plan de partage de la Palestine, Ari ben Canaan, un agent de la Haganah, une organisation paramilitaire sioniste, se fait passer pour un officier anglais et embarque des centaines de réfugiés sur un vieux navire rebaptisé Exodus. Lorsque le subterfuge est découvert, Canaan menace de faire sauter le bateau et obtient ainsi du général Sutherland la levée du blocus britannique. L’infirmière américaine Kitty Fremont, qui s’est prise d’affection pour Karen, une jeune passagère à la recherche de son père biologique, fait partie du voyage vers Haïfa. Tandis que Kitty se rapproche d’Ari, sa protégée s’éprend de Dov, un rescapé d’Auschwitz qui, une fois à terre, s’engage dans les rangs de l’Irgoun, une organisation clandestine aux méthodes violentes… Fondée sur le best-seller de Leon Uris, dont Otto Preminger a confié l’adaptation – créditée – à Dalton Trumbo, scénariste inscrit sur la liste noire d’Hollywood, cette fresque de plus de trois heures entrelace destins individuels et grande histoire, amours contrariées et soubresauts politiques avec une fluidité époustouflante, dénuée de tout effet démonstratif. Si elle s’autorise quelques libertés avec les faits et dédaigne le point de vue des Arabes, cette épopée, tournée dans des décors naturels à Chypre et en Israël, dépeint avec finesse le traumatisme des rescapés de l’Holocauste – personnifié par Dov, interprété par Sal Mineo, dans une bouleversante séquence d’interrogatoire. Elle met aussi l’accent sur la confusion des autorités britanniques, les dissensions entre factions sionistes, les germes du conflit israélo-palestinien… Rythmé par la partition exaltée d’Ernest Gold et magnifiquement interprété par Paul Newman et Eva Maria Saint, l’un des chefs-d’œuvre d’Otto Preminger. Arte
Dans la réalité, le navire fut intercepté en 1947 au large de Haïfa par les autorités britanniques, et ses passagers furent tout d’abord transférés à Port-de-Bouc en France, puis redéployés dans des camps de déportés en Allemagne. Ce n’est qu’en 1948, après l’établissement de l’État d’Israël, qu’une première partie des réfugiés de l’Exodus parvint en Palestine. L’attentat de l’hôtel King David eut lieu avant l’affaire de l’Exodus, en juillet 1946, et non en juillet 1947 comme montré dans le film. Il causa notamment la fin du « Mouvement de la révolte hébraïque », réunion de la Haganah, de l’Irgoun, et du Lehi : la Haganah quitta ce mouvement après l’attentat, en protestation contre cette action. De même, l’attaque de la prison d’Acre eut lieu en mai 1947, toujours avant l’affaire de l’Exodus, et fut montée entièrement par l’Irgoun. La tentative de prise de Safed est montrée comme une attaque arabe alors que la ville a été prise par les forces juives en mai 1947 et sa population arabe expulsée. La principale critique de l’historien Larry Portis est que ce film ne présente qu’un côté du conflit, en nous montrant comment quelques rares membres de la Haganah, peu armés mais courageux et unis, parviennent à empêcher l’attaque d’un kibboutz par des Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich, alors que les Britanniques refusent d’intervenir. Les Arabes ne tueront que deux personnes autour du camp : l’innocente et très blonde Karen, tuée dans la nuit, et le mukhtar du village arabe voisin, Taha, ami d’enfance d’Ari Ben Canaan. Le village arabe est d’ailleurs mystérieusement abandonné, ce qui permet aux jeunes sionistes de se lancer à la défense de Safed dont on entend l’attaque dans le lointain. Wikipedia
Not only were both film and novel tremendous commercial successes, but they were conceived of as the two axes of a single, mutually reinforcing project.* The idea for the book was suggested to Leon Uris by Dore Schary, a top executive at Metro-Goldwyn-Mayer (MGM). The motivation behind the project is described by Kathleen Christison. « The idea for the book » she says, « began with a prominent public-relations consultant who in the early 1950s decided that the United States was too apathetic about Israel’s struggle for survival and recognition. » Uris received a contract from Doubleday and went to Israel and Cyprus where he carried out extensive research. The book was published in September, 1958. It was first re-printed in October the following year. By 1964, it had gone through 30 re-printings. This success was undoubtedly helped by the film’s release in 1960, but not entirely, as Uris’s novel was a book-of-the-month club selection in September, 1959 (which perhaps explains the first re-printing). The film was to be made by MGM. But when the time came, the studio hesitated. The project was perhaps too political for the big producers. At this moment Otto Preminger bought the screen rights from MGM. He then produced and directed the film, featuring an all-star cast including Paul Newman, Eva Marie-Saint, Lee J. Cobb, Sal Mineo, Peter Lawford and other box-office draws of the moment. The film also benefited from a lavish production in “superpanavision 70” after having been filmed on location. The music was composed by Ernest Gold, for which he received an Academy Award for the best music score of 1960. The screenplay was written by Dalton Trumbo. In spite of its length—three and a half hours—the film was a tremendous popular and critical success. It is noteworthy that the release of “Exodus” the film in 1960 indicates that its production began upon Exodus the book’s publication. It is reasonable, therefore, to suppose a degree of coordination, in keeping with the origins of the project. In short, it was a major operation which brilliantly succeeded. It has been estimated that in excess of 20 million people have read the novel, and that hundreds of millions have seen the film. Not only was this success a financial bonanza, but its political impact has been equally considerable. There can be little doubt that “Exodus” the film has been one of the most important influences on US perceptions and understanding of the hostilities between the Israeli state and the Palestinian people. It is thusly illuminating to return to the message communicated by this film, in attempting to gage its role in ideological formation. “Exodus” is the story of the Exodus 1947, a ship purchased in the United States and used to transport 4,500 Jewish refugees to Palestine. In reality, the novel and film take great liberties with the original story. Intercepted by the British authorities in the port of Haïfa, the real-life refugees were taken to the French port of Sête, where they were held, becoming the object of intense Zionist agitation and propaganda. Eventually they were transported to Germany and held temporarily in transit camps. Although this incident was used by Uris as the point of departure for his novel, the book is a work of fiction. Not only were the characters invented, but the events did not correspond to reality except in the most general way. In Uris’s narrative, an intercepted ship (not named “Exodus”) is intercepted on the high sea and taken to Cyprus where the passengers are put in camps. Representatives of the Haganah, the secret Jewish army in Palestine, arrive secretly in Cyprus in order to care for, educate and mobilize the refugees. The agent-in-chief is Ari Ben Canaan, played by Paul Newman. Ben Canaan is the son of Barak Ben Canaan, prominent leader of the Yishuv, the Jewish, Zionist community in Palestine. Tricking the British with great intelligence and audacity, Ari Ben Canaan arranges for the arrival of a ship purchased in the United States, on which he places 600 Jewish refugee children—orphans from the Nazi extermination camps and elsewhere. Once the children are on the ship, Ben Canaan names the ship the “Exodus”, and runs up the Zionist flag. He then informs the British authorities that, if the ship is not allowed to depart for Palestine, it will be blown up with all aboard. Before having organized this potential suicide bombing (of himself, the Haganah agents and the 600 children), Ben Canaan has met Kitty Fremont, an American nurse who has become fond of the children and, it must be said, of Ari Ben Canaan. This love interest is carefully intertwined with the major theme: the inexorable need and will of the Jewish people to occupy the soil of Palestine. As it might be expected, the British give in. After some discussion between a clearly anti-semitic officer and those more troubled by the plight of the refugees, the ship is allowed to depart for Palestine. It arrives just before the vote of the United Nations Organization recommending the partition of Palestine between the Jewish and non-Jewish populations. As the partition is refused by the Palestinians and the neighbouring Arab states, war breaks out and the characters all join the ultimately successful effort against what are described as over-whelming odds. Even Kitty and Major Sutherland, the British officer who tipped the balance in favour of releasing the “Exodus,” join the fight. Sutherland’s participation, representing the defection of a British imperialist to the zionist cause, if particularly symbolic. Why did Sutherland jeopardize his position and reputation, and then resign from the army? His humanitarian was forged by the fact that he had seen the Nazi extermination camps when Germany was liberated and, more troubling, his mother was Jewish, although converted to the Church of England. Sutherland has a belated identity crisis which led him, too, to establish himself in the naitive Israel. The other major characters is the film similarly represent the “return” of Jewish people to their “promised land.” For example, Karen, the young girl who Kitty would like to adopt and take to the United States, is a German Jew who was saved by placement in a Danish family during the war. Karen will elect to stay with her people, in spite of her affection for Kitty. Karen is also attached to Dov Landau, a fellow refugee, 17 year-old survivor of the Warsaw ghetto and death camps. Once in Palestine, Dov joins a Zionist terrorist organization (based on the Irgun) and, in the book and film (but not, of course, in reality), places a bomb in the wing of King David Hotel housing the British Command, causing considerable loss of life. The role of human agency, leadership and the nature of decision-making, are a dimension of “Exodus” that is particularly revealing of the propagandistic intent of the film. Most noteworthy is the fact that all the major characters are presented as exceptional people, and all are Jewish, with the exception of Kitty. However, it is not as individuals that the protagonists of the film are important, but rather as representatives of the Jewish people. In this respect, in its effort to portray Jewishness as a special human condition distinguishing Jews and Jewish culture from others, that “Exodus” is most didactic. Ari Ben Canaan is clearly a superior being, but he merely represents the Jewish people. They are, collectively, just as strong, resourceful and determined as Ari. This positive image is highlighted by the portrayal of other ethnic groupings present in the film. The British, for example, are seen, at best, as divided and, at their worst, as degenerate products of national decay and imperialistic racism. The most striking contrast to the collective solidarity, intellectual brilliance, and awesome courage of the Jews is, with the “Arabs.” In spite of their greater numbers, the culture and character of the Arabs show them to be clearly inferior. Ari, who is a “sabra”—a Jewish person born in Palestine—and, as a consequence, understands the Arab character, knows that they are no match for determined Jews. “You turn 400 Arabs loose,” he says, and “they will run in 400 different directions.” This assessment of the motional and intellectual self-possession of the Arabs was made prior to the spectacular jail break at Acre prison. The very indiscipline of the Arabs would cover the escape of the determined Zionists. The Arab leaders are equally incapable of effective action, as they are essentially self-interested and uncaring about their own people. In the end, it is this lack of tolerance and human sympathy in the non Jews that most distinguishes Jews and Arabs. In Exodus the novel, Arabs are constantly, explicitly, and exclusively, described as lazy and shiftless, dirty and deceitful. They have become dependant upon the Jews, and hate them for it. In “Exodus” the film, however, this characterization is not nearly as insisted upon, at least not in the dialogue. Still, way they are portrayed on the screen inspires fear and distrust. (…) What is absent from Preminger’s film—the moral misery, the existential despair, the doubts and confusion of the survivors of the Judeocide—is focused upon in Gitaï’s film. Conversely, what is absent from Gitaï’s film—the expression of Zionist ideals, aspirations and dogma, the glorifications of one ethnic group at the expense of others—is the very point of Preminger’s. This thematic inversion is particularly evident in reference to two aspect of the films: firstly, in the use of names and, secondly, in the dramatic monologues or soliloquies which end both films. In “Exodus”, the use of names for symbolic purposes is immediately evident. “Exodus” refers to the biblical return of the Jews from slavery to the Holy Land—their god-given territory, a sacred site. This sacred site is necessary to Jewish religious observance and identity. Only here, it is explained in “Exodus,” can Jews be safe. Only here, it is asserted, can they throw-off invidious self-perceptions, imposed by antisemitism and assimilation pressures, and become the strong, self-reliant and confident people they really are. This vision of Jewish identity propagated by Zionism is implicitly challenged in Kedma. Again, the title of the film is symbolically significant. “Kedma” means the “East” or “Orient”, or “going towards the East.” The people on the Kedma—Jewish refugees from Europe, speaking European languages and Yiddish—were arriving in another cultural world an alien one, in the East. The result would be more existential disorientation and another ethnically conflictual environment. The difference in perspective manifest in the two films is found also in the names given to the protagonists. In Kedma, an example is given of the abrupt Hebrewization of names as the passengers arrived in the new land, thus highlighting the cultural transformation central to the Zionist project. In “Exodus,” there is much explicit discussion of this aspect of Zionism, and some of the names given to central characters reveal the heavy-handedness of its message. It is, of course, a well-established convention to give evocative names to the protagonists of a literary or cinematographic work. Where would be, for example, Jack London’s The Iron Hell, without his hero, Ernest Everhard? The answer is that the novel might be more impressive without such readily apparent propagandistic trappings. And the same is true for Exodus. Leon Uris’s chief protagonist is Ari Ben Canaan, Hebrew for “Lion, son of Canaan.” This role model for Jewish people everywhere is thusly the direct heir of the ancient Canaanites, precursors of the Jewish community in the land of Palestine. This historical legacy and patrimony established, Paul Newman had only to play the strong fighter—ferocious, hard and wily—with his blond mane cut short, in the military style. The object of Ari’s affections, however ambivalent they may be, is Kitty Fremont, played by Eva Marie Saint. Not only does the pairing of the earnest and ever-hard Ari, the “Lion,” and the compliant but faithful “Kitty” imply a classic gender relationship, but the coupling of this prickly Sabra and the cuddly American symbolizes the special relationship between the United States and native state of Israel that has come to be called the “fifty-first state” of the union. The other major character, played by the baby-faced Sal Mineo, is “Dov Landau,” the 17-year-old survivor of the Warsaw ghetto and Auschwitz. This name evokes the dove of peace and the infancy indirectly evoked by the term “landau” (baby carriage?). The irony is that the angelic Dov, alights on Palestinian soil with the fury of a maddened bird of prey. He is the consummate terrorist—angry and bloodthirsty. Dov’s conversion to Zionism as a collective project, as opposed to a vehicle for his personal vengeance, comes at the end of the story when peace has been (temporarily) achieved through unrelenting combat. Dov then leaves Israel for MIT (Massachusetts Institute of Technology) where he will perfect the engineering skills learned building bombs in Warsaw and in Palestine. Peace means refining the technical capacity for the new nation’s defence. In the meantime, Dov’s fiancee, the soft and sweet Karen, has been cruelly murdered by the Arabs. « Exodus » and « Kedma » differ most notably in the latter’s avoidance of the kind of crude propaganda that Leon Uris and Otto Preminger so heavily developed. Rather than forcing his viewers to accept a vision of the birth of Israel founded upon characters, distortions and omissions from historical reality, Amos Gitaï chose to simply place characters that we see briefly in a specific situation which is the real focus of the film. Whereas Preminger symbolized the destiny of a people in the story of strong characters, Gitaï illustrated the tragedy of an historical conjuncture in which the historical actors were largely incidental. We see this aspect of Gitaï’s thematic inversion of Preminger’s film in the soliloquies delivered in both films. At the very end of “Exodus,” Ari Ben Canaan delivers a speech at Karen’s graveside, in which he justifies the Zionist project as the just and prophetic return of a people forced to err in a hostile world for 2000 years. The resistance encountered to this project, he explains, is only the result of evil, self-interested individuals (such as the Grand Mufti of Jerusalem) who are afraid of losing their privileges once the Arabs learn that Jewish settlement is in their interest. Ari concludes: “I swear that the day will come when Arab and Jew will live in Peace together.” The film then ends with a military convey receding into the distance, towards a new battle in the just cause. In Kedma, there are two soliloquies, delivered not by strong and self-composed leaders, but by distraught, frightened people, caught in a web woven by the apprentice sorcerers in the background—the real architects of the situations in which destinies are sealed and lives are broken. The first speech is made by a middle-aged Polish Jew. Appalled by the new cycle of suffering he witnessed upon arrival in Palestine, he shouts that suffering, guilt and martyrdom have become essential to the Jewish character. Without it, he cries, the Jewish people “cannot exist.” This is their tragedy. The second expression of despair is made by an aged Palestinian peasant, pushed off his land, fleeing the combat. Disregarding the danger, he says: “we will stay here in spite of you. Like a wall, and we will fill the streets with demonstrations, generation after generation.” How to reconcile the Holocaust (the fascist judeocide) and the Nakba (the Palestinian « disaster » of the Zionist ethnic cleansing)? Gitaï’s « Kedma » places the contemporary dilemma within its historical and existential context. Preminger’s “Exodus” did everything not to provide movie-goers with the elements necessary to informed understanding. This is the difference between, on the one hand, demagogy and propaganda and, on the other hand, a call to reason and justice. Representations of leadership in « Exodus » were carefully contrived to create support, in the United States and elsewhere for the State of Israel. It is for this reason that the machinations and tractations of the world leaders who created the situation are conspicuously absent from the story. In « Kedma, » on the contrary, the absence of leaders and any characterization of leadership is designed to have an entirely different effect: namely the evocation of the hatred and human suffering caused when people are instrumental in the service of political and ideological projects. Larry Portis
‘En parler jamais, y penser toujours !’… A l’inverse du «communautarisme», politiquement impensé en France, mais quotidiennement évoqué («communautés» gay, juive, musulmane, arménienne, etc.), la pensée commune française est infectée par la pensée communautaire. Considérée comme étant d’origine anglo-saxonne, cette pensée a pourtant façonné (et miné) la société coloniale en Afrique du Nord. Ce n’était pas «classe contre classe» dans l’égalité citoyenne comme en métropole, mais religion contre religion, dans l’inégalité statutaire et juridique (« citoyens français», «Européens», «israélites», «sujets français musulmans», «indigènes»)… Des millions de Français et d’étrangers habitant aujourd’hui en France ont vécu dans cette pratique politique quotidienne, inconsciemment transmise à leurs enfants. Que l’héritage du communautarisme colonial provienne du refoulé politique français, qu’il ait été fécondé par la pensée politique musulmane (statut des dhimmis ou «protégés»), ou par le communautarisme institutionnel ottoman, a aujourd’hui peu d’importance. Ce qui importe en revanche, c’est qu’au Maghreb, depuis 1945, le communautarisme a conduit à son terme naturel, une épuration ethnique soft, c’est-à-dire au départ concomitant (Algérie) ou successif (Tunisie, Maroc) des «communautés» française, européenne et israélite. Les deux premières ont quitté le Maghreb dans le cadre de la légitime lutte d’indépendance ; la dernière a été délégitimée par son identité extra-musulmane. Les guerres du Proche-Orient ne sont pas étrangères au phénomène (au moins au Maroc et en Tunisie) : elles ont produit une insécurité de basse intensité qui, en trente ans, a vidé le Maghreb de ses communautés juives bimillénaires. Le résultat est connu. Alors que l’Afrique du Sud a préservé son miracle multiethnique, et est aujourd’hui le géant économique de l’Afrique, le Maghreb s’est économiquement réduit comme peau de chagrin. Son PIB n’excède pas celui des Bouches-du-Rhône (90 milliards d’euros), département nourri et irrigué par l’apport des migrants de toute la Méditerranée (« israélites», pieds-noirs, musulmans nord-africains, arméniens…). La violence antisémite qui frappe aujourd’hui en France est moralement et politiquement insupportable. Elle est d’autant plus dramatique que les jeunes beurs qui la mettent en oeuvre rejouent (inconsciemment ?) des scènes qui ont vidé l’Afrique du Nord de ses communautés… Le gouvernement israélien prend acte de cet état de fait, mais Israël n’a-t-il pas justement été créé pour cela ? La perspective d’un départ programmé des juifs de France, ne serait-ce que d’une importante minorité d’entre eux, serait l’échec le plus retentissant de la République française depuis Vichy. Mais cette violence est aussi économiquement et intellectuellement catastrophique. Faut-il rappeler que la nation américaine, la plus riche du monde, est aussi la plus brassée ? Le Proche-Orient, entré il y a plus d’un demi-siècle dans un processus de purification ethnico-religieuse, s’abîme dans les crises et la récession économique, au fur et à mesure que le quittent ses minorités : Européens, juifs d’Europe, Arméniens, juifs arabes, et maintenant chrétiens d’Orient. Intellectuellement, il est plus insupportable encore, qu’en dehors des plus hautes autorités de l’Etat français, il revienne aux intellectuels juifs de France de lancer des signaux d’alarme. Le principe de la démocratie confie à des médiateurs ou représentants (du peuple) la défense de tous les citoyens. Confier la défense d’une «communauté» agressée à ses propres médiateurs est une régression. Il est vrai que traditionnellement, les israélites d’Europe ont été interdits d’activités productives et cantonnés aux services et activités d’échange. L’émancipation des juifs de France au XIXe siècle, puis les traumatismes du XXe siècle, alliés aux fantastiques progrès de l’école, ont accompagné la «montée en gamme» de cette population. Les intellectuels d’origine juive (ou de judaïsme revendiqué) animent aujourd’hui largement le débat public national (au grand dam de Tariq Ramadan), et il va sans dire que leur départ vers les Etats-Unis ou Israël serait une perte incalculable. La France généreuse accueille 80 % de migrants avec un niveau d’études infrasecondaire (quand plus de 80 % des migrants aux Etats-Unis sont diplômés du supérieur), peut-elle de surcroît se permettre de se vider d’une partie croissante de ses forces vives intellectuelles ? Pierre Vermeren
Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi. Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens. C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs. L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément, française. Comme de bien entendu, on loua d’un côté la merveilleuse colère du frenchie face à ces gros bras israéliens tandis qu’on s’étonna, de l’autre, d’une telle similitude avec l’affaire Chirac. En réalité, nous sommes en mesure de prouver que le président a été saisi de ce fameux syndrome qui fait les saints, les martyrs et les bonnes consciences. C’était en effet diablement compliqué, en même temps que l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide (l’historienne Annette Wievorka a écrit là-dessus une fort belle tribune dans les colonnes du Monde), très compliqué d’assurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard. Le Macron version Forum de la Shoah pourfend l’antisémitisme, ce qui, du reste, ne rassure pas un instant les Français juifs, en dehors des représentants peu représentatifs des institutions communautaires, mais le Macron version Eglise Sainte-Anne entonne le grand air de la résistance à l’occupation. Bien joué. Enfin, dernier aspect du syndrome de Jérusalem des dirigeants français : le retour du refoulé de la fille ainée de l’Eglise. Il n’a jamais été admis et ne sera sans doute jamais admis au tréfonds des consciences que les juifs aient pu défier le temps, l’oubli et la mort, pour retrouver la Jérusalem biblique et en arpenter les rues en êtres libres et souverains. Que musulmans et chrétiens palestiniens y vivent avec eux dans la même dignité constitue l’espérance naturelle des hommes de paix. Cette espérance, un jour, finira par être comblée. Mais la paix, justement, ne pourra se négocier et s’accomplir qu’en abandonnant les préjugés tenaces, la vision des Israéliens comme venus d’ailleurs et non comme fils fidèles de cette ville. En oubliant ce très politique et très démago syndrome de Jérusalem. Martine Gozlan
Mon identité relationnelle séduisait une foule de gauche qui me considérait comme un rabbin en phase avec les temps modernes, quelqu’un qui rendait la religion accessible et pertinente. Ma défense d’Israël plaisait à un public opposé de conservateurs qui considéraient Israël comme injustement diffamé par la gauche. Les chrétiens évangéliques affluaient vers le message d’Israël en tant que phare de la liberté et bastion des droits de l’homme. Cependant, plus je défendais Israël, en particulier par le biais d’annonces dans les médias, plus mes amis et admirateurs libéraux commençaient à me déserter. Comment mon message universel d’une famille humaine pouvait-il s’intégrer à ma défense passionnée d’un État-nation juif? Comment ma croyance en l’égalité de toute l’humanité pouvait-elle coexister avec ce qu’ils considéraient comme le déplacement des Palestiniens par Israël? L’accord nucléaire du président Barack Obama avec l’Iran de l’époque a mis ce conflit en exergue. Les libéraux se sont réjouis de son élection et de sa politique. Ceux qui l’aimaient et le soutenaient étaient les mêmes personnes qui étaient d’accord avec mes réflexions sur le judaïsme, soutenaient mes campagnes anti-génocide dans des endroits tels que le Rwanda et approuvaient ma poursuite de l’éducation sur l’Holocauste. Alors, comment pouvais-je m’opposer si fermement à Obama sur l’Iran? N’avais-je pas compris que ce leader éclairé faisait la paix? Le dédain que les gens ressentaient pour mon opposition féroce à la politique iranienne d’Obama était pour eux une déception non pas de mes vues politiques, mais de ma foi. Le judaïsme n’est-il pas une religion de paix? Comment pouvions-nous haïr les mollahs iraniens? J’ai soudain ressenti le choc de deux identités. Mon identité juive et rabbinique me disait de suivre Ésaïe, de battre des épées en socs de charrue, remplissant le monde d’amour et d’harmonie. Mais en regardant la menace existentielle qui pèse sur Israël, je ne sentais plus que les paroles d’Isaïe étaient immédiatement pertinentes; les paroles du roi David dans les Psaumes semblaient plus appropriées: «Ceux qui aiment Dieu détestent le mal. Alors que nous publiions plus d’annonces – y compris avec Elie Wiesel – contre l’accord avec l’Iran, soulignant l’abomination de donner au premier parrain du terrorisme au monde 150 milliards de dollars d’actifs non gelés – en grande partie en espèces – je me sentais perdre ma base libérale autrefois fidèle. « Peut-être que Shmuley nous avait trompés et était un fondamentaliste extrémiste depuis le début. »  (…) Le judaïsme a permis au peuple juif d’être la première et seule nation à survivre par la croyance plutôt que par les frontières, avec des rabbins plutôt que des combattants, et la Bible et les prophètes plutôt qu’une économie et des marchés. Mais Theodor Herzl est arrivé et a gâché la fête. Quel genre d’existence était-ce, a-t-il demandé, alors qu’il examinait l’humiliation sans fin des Juifs européens – même ceux qui, comme Alfred Dreyfus, avaient pensé qu’ils pourraient s’assimiler et être accepté des non juifs ? C’est une vie misérable, pensait Herzl. Nous n’avons aucune dignité. Nous avons besoin d’un État-nation. Un foyer juif. Un endroit où les Juifs peuvent vivre avec la prospérité et la sécurité fournies par leur propre armée. Les rabbins ont crié à la faute. Est-ce à dire qu’Israël remplacerait le judaïsme? En effet, nombre des premiers sionistes étaient farouchement laïcs. Ce n’est pas difficile de comprendre pourquoi. Ils pensaient que le judaïsme avec sa dépendance ultime en Dieu plutôt que les efforts de l’individu freinait le peuple juif. Herzl prédisait un État juif avant 50 ans. Il s’était trompé de cinq ans. Cependant, ces cinq années critiques sont arrivées avec un événement: l’Holocauste. Si Israël avait respecté sa prédiction, 6 millions de vies juives auraient pu être épargnées. La politique nazie était l’émigration juive avant son anéantissement. C’est juste qu’aucun pays – y compris les États-Unis – ne voulait les accepter. Ils ont donc été tués à raison de 10 000 par jour. En fait, ce qu’Herzl avait fait, c’est de révéler la profonde erreur de Zakkai. Oui, le judaïsme a permis au peuple juif de survivre – jusqu’à ce qu’il soit gazé et transformé en cendres dans les crématoires d’Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen et Dachau. Après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule, c’est pourquoi le Neturei Karta, en plus d’être un embarras pour le judaïsme alors qu’il traîne avec des tueurs tels que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, est également profondément ignorant. Le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des Uzi. Je suis rabbin. Je veux que le peuple juif soit une lumière pour les nations. Je crois que le judaïsme a des enseignements rédempteurs à partager avec le monde sur la famille, la sexualité, le mariage, la dignité humaine, la mise en perspective de l’accumulation de richesses, l’égalité des femmes, le respect de tous les enfants de Dieu, la haine du mal et la lutte contre les violations des droits de l’homme. (…) Mais alors que le monde se tournait vers Israël, j’ai ressenti l’appel de mon peuple. Comment pourrais-je ne pas défendre l’État juif, où deux de mes enfants ont servi dans l’armée et où mon peuple réalisait l’ancien rêve de retourner en Israël et à Sion? Je me suis lancé dans les guerres d’Israël via des débats publics sur le campus, des débats publics sur CNN, Fox et MSNBC et des campagnes publicitaires mondiales qui ont défendu l’État juif. Cette décision a entraîné la perte d’une grande partie de mon public de gauche. Comment une personne éclairée comme moi pouvait  parler des droits de l’homme et du sauvetage des relations personnelles et ne pas me soucier des Palestiniens, mes critiques, qui étaient aussi les critiques d’Israël. Comment pouvais-je justifier l’agression d’Israël? Ma réponse selon laquelle Israël est le grand espoir arabe est tombée sur une sourde oreille. Je crois que l’épanouissement d’une démocratie au Moyen-Orient avec tous les droits pour tous ses citoyens arabes et musulmans ferait mentir les dictateurs arabes qui prétendent que des choses comme la liberté de la presse sont impossibles au Moyen-Orient. Il y avait un parti pris contre Israël qui semblait difficile à surmonter. (…) Alors que le monde se retournait contre Israël et que l’antisémitisme se développait à travers le monde, être un combattant pour Israël signifiait souvent perdre l’opportunité d’être une lumière pour les nations. Le monde dans son ensemble n’allait pas écouter quelqu’un l’accuser d’antisémitisme. Le monde n’allait pas voir quelqu’un qui défendait Israël – qu’il diffamait comme un occupant de l’apartheid – comme une lumière morale et spirituelle. Comme mon fils Mendy me l’a dit, c’est presque comme si les nations du monde étaient si brutales envers nous qu’elles ont complètement réorienté notre mission nationale de la propagation de la parole de Dieu à la survie de base. Et après qu’ils nous aient forcés à survivre, ils nous ont reproché de riposter et ont dit que ceux qui se battent n’ont pas le droit de prêcher un message spirituel d’unité universelle et de guérison cosmique. L’élection du président Donald Trump a amplifié ce fossé. Ces Juifs reconnaissants à Trump d’avoir déplacé l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem; le retrait de l’accord nucléaire iranien catastrophique; l’arrêt de la diffamation d’Israël aux Nations Unies; l’arrêt du financement de l’Autorité palestinienne tant qu’elle utilise cet argent  pour récompenser l’assassinat de Juifs; et la reconnaissance des hauteurs du Golan, sont traités comme indignes d’un rabbin.  (…) Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Oui, le monde n’est pas habitué à voir les Juifs se défendre et préférerait que nous soyons le peuple du livre plutôt que le peuple des uzis. Un cynique pourrait dire que le monde ne déteste pas tant les Juifs que les Juifs qui détiennent le pouvoir et se défendent pour eux-mêmes. Prenez Hollywood, par exemple. Presque tous les mois, l’industrie sort un excellent film sur la tragédie de l’Holocauste – mais elle n’a produit aucun film positif sur Israël depuis que Paul Newman a joué dans «Exodus». Des juifs avec des étoiles jaunes de David sur eux mourant et étant gazés touchent les scénaristes, réalisateurs et producteurs hollywoodiens. Les Juifs qui se battent dans les chars Merkava sur les hauteurs du Golan, ou les commandos israéliens qui prennent d’assaut les avant-postes terroristes à Gaza pour s’assurer qu’ils ne seront plus jamais abattus, est considéré non pas aussi héroïque mais oppressant pour les voisins d’Israël. D’un autre côté, avoir des guerriers israéliens a considérablement amélioré le judaïsme. Avoir une maison pour laquelle nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre dans les relations publiques mondiales a donné au peuple juif une dignité que nous ne possédions pas auparavant lorsque nous étions une nation pitoyable. Les évangéliques chrétiens affluent désormais non seulement pour soutenir l’État juif, mais aussi pour en apprendre davantage sur la judéité de Jésus. (…) Sans Israël, le peuple juif – et la religion juive par extension – n’aurait pas l’impact qu’il a sur les chrétiens évangéliques. De même, sans Israël, il n’y aurait pas une véritable renaissance du judaïsme – non seulement avec les centaines de yeshivots et de séminaires qui ont ouvert, mais avec les communautés juives du monde entier qui ont renforcé leurs liens avec leur foi en raison de l’inspiration d’Israël. Pour le moment, nous ne gagnerons pas nécessairement les mondialistes alors que nous nous battons pour Israël. Ils nous puniront pour notre défense de nous-mêmes. Mais je crois qu’avec le temps, cela va changer. Il y aura un retour de bâton contre le libéralisme faux et frauduleux d’aujourd’hui qui diabolisait Israël alors qu’il fêtait l’Iran, la Turquie et la Chine. Quant au prix que nous paierons jusque-là, je pense qu’il en vaut vraiment la peine. Israël en vaut la peine. La patrie juive en vaut la peine. L’État juif en vaut la peine. Non seulement parce que sans Israel, il n’y aurait pas de sanctuaire pour les Juifs à l’ère de la persécution mondiale, mais parce que, comme le dit le Talmud, ‘Celui qui est sans foyer n’est pas une personne.’ Même pour les Juifs qui vivent dans la diaspora, c’est Israël qui donne à notre identité juive sa dignité. C’est Israël qui donne un sens à notre observance juive. Et c’est Israël qui donne à chaque homme, femme et enfant juif la plus grande fierté. Quel sens auraient nos prières quotidiennes sans la supplication de la présence divine retournant à Jérusalem? Comment pouvons-nous chercher à être connectés aux enseignements d’Abraham sans comprendre qu’ils proviennent d’un lieu et d’un temps particuliers en Israël? Détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire de notre religion un cadavre sans vie dépourvu d’âme. Tant que le monde ne verra pas la vertu d’Israël – un événement rendu beaucoup plus difficile par l’antisémitisme mondialement ancré – mon avis est que nous ne pouvons pas abandonner la bataille pour joindre les deux. Nous ne devons pas renoncer à expliquer que la spiritualité juive et sa réussite à soutenir le peuple juif sont intimement liées à Israël. Rabbin Shmuley Boteach
My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights. However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians? Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education. So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs? I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.” As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.” (…) Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets. But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army. The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people. Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day. In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau. After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant. The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses. (…) But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion? I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state. With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression? My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount. (…) As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light. As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing. The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light. (…) We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors. On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation. Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. (…) Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration. (…) Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China. As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride. What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul. Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel. Rabbi Shmuley Boteach

Cachez cet Israël que je ne saurai voir !

En ce 75e anniversaire de la libération d’Auschwitz …

Au lendemain d’un forum où l’on honorait Israël en acceptant pour la première fois d’y commémorer le génocide …

Qui vit à nouveau syndrome de Jérusalem oblige …

Selon l’heureuse formule de Martine Gozlan du magazine Marianne …

Un président français « entonner à nouveau,  pour rassurer les Palestiniens de l’historique empathie tricolore à leur égard, le grand air de la résistance à l’occupation » …

Mais aussi de la rafraichissante rediffusion sur Arte

Avec ses distorsions historiques, ses Arabes fanatisés et encadrés par d’anciens soldats du Troisième Reich et ses Britanniques refusant d’intervenir …

D’un Exodus avec toute la force et la passion bien vivantes de l’idéal sioniste  …

Et à l’heure où comme le rappelait Pierre Vermeren il y a déjà 16 ans …

Une France généreuse qui accueille 80 % de migrants au niveau d’études infrasecondaire contre plus de 80 % de diplômés du supérieur aux Etats-Unis …

Est en train de payer le prix à nouveau, après les pays arabes avant elle et sur fond de cécité redoublée, de la fuite de ses élites juives …

Pendant que le meilleur défenseur qu’ait connu tant le peuple juif qu’iranien ou même chrétien depuis Reagan …

Se voir moquer comme le premier idiot du village venu …

Comment ne pas voir avec le rabbin américain Shmuley Boteach …

Qu’ « après l’Holocauste, tout argument selon lequel les Juifs peuvent survivre en tant que religion sans État est profondément ridicule » …

Et que « détacher le judaïsme d’Israël, c’est faire d’en faire un cadavre sans vie dépourvu d’âme « ?

The Clash Over Support for Israel
Have the Jews paid a price for defending Israel?
Rabbi Shmuley Boteach
Jewish Journal
Jan 22, 2020

I am a lover and supporter of Israel. I dedicate much of my life and waking hours to defending, supporting and promoting Israel. I say this not to brag or take credit, but to be crystal clear that in asking whether Israel has helped or hurt Judaism, I am not querying whether the state of Israel should exist or whether it has been a blessing to the Jewish people.

Israel is the greatest modern miracle of the Jewish nation. Its existence has saved countless lives. It is the sole democracy in the Middle East and is a global bastion of human rights. Had Israel existed in 1940, 6 million Jews may not have died, and the Holocaust might not have occurred. Israel is the pride and joy of the Jewish people. Those who do not agree with this statement likely are ignorant of Jewish history and blind to Jewish purpose.

But what is the price Judaism has paid for the state of Israel? Is it possible for the Jewish people to remain a light for other nations as they engage in daily struggles to protect and promote their nation state as it is assailed from all sides?

I joined the Chabad movement as a boy, attending summer camp and meeting the Rebbe, Menachem Mendel Schneerson, when I was about 10 years old. The Rebbe’s universal message of globally spreading Judaism appealed to me. By 14, I had switched to a full-time, live-in Chabad yeshiva in Los Angeles. By 19, I was the Rebbe’s student emissary in Sydney, and by 22, along with my wife, Debbie, his full-time rabbinical emissary at Oxford University.

I reveled in making Judaism a light unto the nations. Why should Christianity and Islam, daughter religions of Judaism, make all the impact, with Judaism getting no credit? Where was the Jewish message for non-Jews about passionate marriages, kosher sex, raising inspired children and creating close-knit communities? Why was Judaism a spiritual backwater that appealed only to Jews?

My intention was not to proselytize non-Jews to Judaism. To the contrary, I wanted everyone to find purpose in their own identities and backgrounds. I wanted everyone to — as my friend Marianne Williamson once said — “honor their own incarnation.” But I also wanted universal Jewish values to influence them.

To that extent, I diverged from the traditional Hillel and Chabad campus model of focusing almost exclusively on Jews, and created a student organization that had thousands of non-Jews. Within two years of its creation, the Oxford L’Chaim Society had grown to become the second largest in Oxford’s history.

At that time, the late 1980s, I was keenly aware my beloved Israel was under attack. I was astonished by how much hatred the Jewish state engendered. I dedicated myself and our organization to Israel’s defense. In 11 years, we hosted six men who had or would serve as Israel’s prime ministers: Benjamin Netanyahu, Ariel Sharon, Ehud Olmert, Shimon Peres, Yitzhak Shamir and Yitzhak Rabin. This was in addition to hundreds of other pro-Israel speakers and debaters.

The more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me.

We trained students to be Israel’s spokespeople at important forums such as the Oxford Union. Some of our student leaders and participants went on to be top political officials, including Ambassador Ron Dermer, Mayor Eric Garcetti of Los Angeles and Sen. Cory Booker (D-N.J.), who was one of Israel’s greatest champions before turning on Israel with his support for the Iran nuclear agreement and his vote against the Taylor Force act in Senate committee.

While I continued to defend Israel, I published books on sex, relationships and marriage. I was wearing two hats: Hebrew warrior and relationship guru. The two peacefully coexisted — until about a decade ago, when they began to sharply diverge.

My relationships identity appealed to a liberal crowd that saw me as a rabbi in tune with modern times, someone who made religion accessible and relevant. My defense of Israel appealed to an opposite audience of conservatives that saw Israel as being unfairly maligned by the left. Evangelical Christians flocked to the message of Israel as a beacon of freedom and bastion of human rights.

However, the more I stood up for Israel, especially through ads in the media, the more my liberal friends and admirers began to desert me. How did my universal message of one human family mesh with my passionate defense of a Jewish nation state? How did my belief in the equality of all humankind coexist with what they saw was Israel’s displacement of the Palestinians?

Then-President Barack Obama’s nuclear deal with Iran brought this conflict into stark relief. Liberals delighted in his election and his policies. Those who loved him and supported him were the same people who agreed with my thoughts on Judaism, supported my anti-genocide campaigns in places such as Rwanda, and agreed with my furtherance of Holocaust education.

So how could I so strongly oppose Obama on Iran? Did I not understand this enlightened leader was making peace? The disdain people felt for my ferocious opposition to Obama’s Iran policy was a disappointment not in my politics, but my faith. Is Judaism not a religion of peace? How could we hate the Iranian mullahs?

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous.

I suddenly felt the clash of two identities. My Jewish, rabbinical identity told me to follow Isaiah, beating swords into plowshares, filling the world with love and harmony. But in looking at the existential threat facing Israel, I did not feel the words of Isaiah were immediately relevant; the words of King David in Psalms seemed more appropriate: “Those who love God hate evil.”

As we took out more ads — including with Elie Wiesel — against the Iran deal, pointing out the abomination of giving the world’s foremost sponsor of terror $150 billion in unfrozen assets — much of it in cash — I felt myself losing my once-stalwart liberal base. “Perhaps Shmuley had bamboozled us and was an extremist fundamentalist all along.”

But the clash here was not about Shmuley-the-relationship-counselor versus Shmuley-the-Hebrew-warrior; it was a clash of Shmuley the rabbi, representing the universalist goals of Judaism, with Shmuley the Israel fighter, representing the existential survival needs of the Jewish nation-state.

As many saw it, it was a conflict between Jewish universalism and Hebrew parochialism; Judaism as a religion for all people versus Israel as a state for only Jewish people.

It was at this point I recalled the story of Roman Emperor Vespasian and the greatest rabbi of the last years of the Second Temple, Rabbi Yochanan ben Zakkai.

The gist of the story is this: It’s 2,000 years ago and the Romans have surrounded Jerusalem. They are about to invade, annihilate the population and destroy the Holy Temple. The Jewish rebels fighting the Romans have made it a capital offense for anyone — including the greatest rabbis — to leave Jerusalem, for fear traitors will seek terms with the Romans or betray the Jewish cause.

Zakkai decides the Jewish cause is lost. The Romans will destroy everything. He fakes his death and is taken out of Jerusalem in a coffin, as bodies cannot be buried in the holy city. He is granted an audience with Vespasian, who is then a general, and greets him with the words, “Hail, Caesar.” Vespasian says the rabbi deserves death for giving him the imperial salutation when he is only a commanding general. Just then, a messenger comes in from Rome and says, “Hail, Caesar. The Roman emperor in the capital city has been deposed. You have been proclaimed the new emperor by your troops.”

Vespasian looks at Zakkai and is impressed, thinking the man is some kind of prophet. Vespasian agrees to grant the rabbi three wishes, the most important of which is Zakkai’s request that even if Jerusalem is destroyed, Vespasian will allow the rabbis and teachers to go to the city of Yavneh and establish a yeshiva there for the continuity of Judaism, the religion, unmolested by Rome.

But wait. What about the Temple? What about Israel? What about Jerusalem? What about the Jewish nation state? Clearly, Zakkai made a decision. Israel was lost, but Judaism would remain. The Jewish people would live on not through borders, an army and a capital, but through Jewish mitzvot and Torah observance. The people would survive through rabbis rather than soldiers, through scripture rather than a state, through the minute strictures of the halachah rather than the borders of a country.

From that fork in the road where Zakkai could have asked Vespasian to spare the country instead of sparing the Torah and teachers comes our present dilemma. For 2,000 years, Zakkai’s gamble — for which he was strongly criticized by fellow Talmudists — more or less worked. The Jewish people survived in exile through their Judaism.

I say “more or less” because survival came at the price of humiliation, expulsion, persecution, constant attack and finally, annihilation in the Holocaust. Yet for all those immeasurable and unspeakable horrors, Judaism and the Jewish people survived, even as millions did not.

Judaism ensured the Jewish people would be the first and only nation to survive by belief rather than borders, with rabbis rather than fighters, and the Bible and Prophets rather than an economy and markets.

But along came Theodor Herzl and spoiled the party. What kind of existence is this, he asked, as he surveyed the never-ending humiliation of European Jewry — even those who, like Alfred Dreyfus, had thought they might assimilate into non-Jewish acceptance? This is a wretched life, Herzl thought. We have no dignity. We need a nation state. A Jewish home. A place where Jews can live with prosperity and security provided by their own army.

The rabbis cried foul. Does this mean Israel would replace Judaism? Indeed, many early Zionists were fiercely secular. It’s not hard to understand why. They felt Judaism with its ultimate reliance on God rather than the efforts of the individual was holding back the Jewish people.

Herzl predicted a Jewish state within 50 years. He was off by about five. However, those critical five came with an event: the Holocaust. If Israel had met his prediction, 6 million Jewish lives might have been spared. The Nazi policy was Jewish emigration before it was annihilation. It’s just that no country — including the United States — would take them in. So they were killed at a rate of about 10,000 per day.

In effect, what Herzl did was expose Zakkai’s decision as profoundly incorrect. Yes, Judaism allowed the Jewish people to survive — until they were gassed and turned into ash in the crematoria of Auschwitz, Majdanek, Bergen-Belsen and Dachau.

After the Holocaust, any argument that Jews can survive as a religion without a state is profoundly ridiculous, which is why the Neturei Karta, aside from being an embarrassment to Judaism as they hang out with killers such as former Iranian President Mahmoud Ahmadinejad, also are profoundly ignorant.

The world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi.

I am a rabbi. I want the Jewish people to be a light unto the nations. I believe Judaism has redemptive teachings to share with the world on family, sexuality, marriage, human dignity, putting the accumulation of wealth in perspective, equality of women, respect for all of God’s children, hatred of evil and fighting human rights abuses.

As a religion, we can and should impart those values. No one gave us the opportunity to do so when authorities shoved us into ghettos, resulting in poverty-level existence. However, the emancipation of European Jewry provided that opportunity. Judaism finally might be heard.

Jewish luminaries such as philosopher Moses Mendelssohn (1729-86) began the process, even as they compromised some of the core of Judaism in an effort to make it more palatable. The creation of the United States gave Jews full rights and acceptance, and for the first time in 2,000 years, there arose the possibility that rabbis and Jewish thinkers might go public via TV, radio and later, the internet, as well as publish books that profoundly impact hundreds of millions of non-Jews.

Modern media and a new, open, liberal mindset allowed Judaism — for the first time in history — to become a light unto the nations, without having to influence the world through the medium of Christianity or Islam.

I firmly jumped on this bandwagon, using Jewish wisdom to counsel non-Jewish families on a national TV show. I sought to rescue faltering marriages, restore lost intimacy and passion from monogamous relationships, and help parents inspire their children with values.

But as the world turned on Israel, I felt the call of my people. How could I not stand up for the Jewish state, where two of my children served in the army and where my people were fulfilling the ancient dream of returning to Israel and Zion?

I threw myself into the Israel wars via public debates on campus, public debates on CNN, Fox and MSNBC and global advertising campaigns that defended the Jewish state.

With that decision came the loss of much of my liberal audience. How could I, an enlightened person who spoke about human rights and rescuing relationships, not care about the Palestinians, my critics, who were also Israel’s critics. How could I justify Israel’s aggression?

My response that Israel is the great Arab hope was met with deaf ears. I believe the flourishing of a democracy in the Middle East with full rights for all its Arab and Muslim citizens would give lie to Arab dictators who claim that things such as press freedom are impossible in the Middle East. There was a bias against Israel that seemed hard to surmount.

The quandary I faced took me back two millennia to Zakkai, sitting before Vespasian. Would I be silent on Israel so I could remain a rabbi to the gentiles? Would I allow Israel to suffer while I spoke on television about kosher sex? Would I allow my closest friend and former student president Cory Booker to betray Israel and the United States by voting to give the killer mullahs in Tehran $150 billion so Booker’s many admirers would continue to see me as the enlightened Chassidic rabbi who mentored him? Would I be silent to remain popular among the Hollywood set while Israelis were blown up on buses and in cafes?

No, I would not. I would not remain silent, regardless of personal cost.

But this wasn’t primarily about me and the price I personally paid. It was about a choice. As the world turned against Israel and as anti-Semitism sprang up around the world, being a fighter for Israel often meant forfeiting the opportunity to be a light unto the nations. The world at large was not going to listen to someone accusing it of anti-Semitism. The world was not going to see someone who defended Israel — which it vilified as an apartheid occupier — as a moral and spiritual light.

As my son Mendy told me, it’s almost as if the nations of the world were so brutal toward us that they completely reoriented our national mission from spreading the word of God to basic survival. And after they forced us into survival mode, they faulted us for fighting back and said those who fight have no right to preach a spiritual message of universal oneness and cosmic healing.

The election of President Donald Trump has magnified this divide. Those Jews thankful to Trump for moving the American embassy in Israel to Jerusalem; withdrawing from the catastrophic Iran nuclear deal; stopping the vilification of Israel at the United Nations; ceasing the funding to the Palestinian Authority as long as it channels that money in a pay-for-slay policy for killing Jews; and recognizing the Golan Heights, are treated as unworthy of the mantle of Jewish teacher. If you show the Jewish virtue of hakarat hatov, basic gratitude, toward a president who has strengthened and legitimized Israel immeasurably, especially at the United Nations, you are promoting darkness to the nations rather than serving as a light.

There now is an undeniable conflict between being an Israel warrior and serving as an exponent of Judaism, such that the more one engages in the former, the less effective he or she is in the latter. And one is forced to choose?

To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Don’t believe me? Take a look at Hillel and Chabad on campus. They care deeply about Israel. Still, they pay, at best, lip service to the battle against the boycott, divestment and sanctions movement on college campuses without mounting any serious and coordinated national campaign to combat it. Why? Their local directors will say — in their minds, with good cause — that if they stand for Israel or fight openly against Israel Apartheid Week, then students won’t come for chicken soup on Friday night. Hillel directors and Chabad rabbis feel they are forced to choose between advocating for Israel and losing more liberal-minded Jewish students, or forfeiting the fight for Israel and getting Jewish students to come to Torah classes or lectures on the Holocaust.

I cannot tell you how many college campus activists have expressed to me privately that Israel now is so toxic a subject on campuses that mixing it with their Jewish activities would cause them to lose more than half their participants.

To these Chabad rabbis and Hillel directors, I responded, “But, wait. If you’re going to cut out Israel from your programs — with the exception for some meaningless tokenism like having a falafel party on Yom HaAtzmaut — then you’ve cut out the heart of Judaism. Israel is central to everything Judaism stands for. What’s next? If God is offensive to atheists and makes you look backward and unscientific for your beliefs, do you drop Him as well? If mikveh is misunderstood by women as a belief that their menses make then unclean, do we cut out that, too? Or the Sabbath, if people believe it’s a day of idleness for people who are lazy and don’t want to work, will the Sabbath also be stripped out of Judaism?”

To this, one of Hillel’s most generous benefactors told me, “Look. I would never say this in public, but the battle for Israel on campus is lost. We should have woken up two decades ago. But we didn’t. And now, if we prioritize fighting for Israel, we cannot be impactful with teaching Judaism.”

So what can we do? Is Israel an unqualified blessing, or has its creation come at the expense of Jewish globalism? Has the creation of a nation-state in our ancient homeland in the Middle East compromised the universal impact we Jews were meant to make as a religion? Has Israel made us parochial rather than global? Myopic rather than universal? Limited rather than expansive? Controversial rather than popular?

Has Israel and the battle we must wage for Israel undermined the Jewish people’s capacity to use Jewish spirituality to influence the nations? The answer is yes and no.

We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

Yes, the world is not accustomed to seeing Jews stand up for themselves and would prefer us being the people of the book rather than the people of the Uzi. A cynic might say the world does not so much hate Jews as hate Jews who have power and stick up for themselves. Take Hollywood, for example. Nearly every month, the industry releases an excellent movie about the tragedy of the Holocaust — yet it has not produced one positive movie about Israel since Paul Newman starred in “Exodus.” Jews with yellow Stars of David on them dying and being gassed moves and touches Hollywood writers, directors and producers. Jews battling in Merkava tanks on the Golan Heights, or Israeli commandos storming terrorist outposts in Gaza to ensure they never again are slaughtered, is seen not so much as heroic but as oppressive to Israel’s neighbors.

On the other hand, having Israel warriors has greatly enhanced Judaism. Having a home for which we are prepared to fight and stand up for ourselves in global PR has given the Jewish people a dignity we previously did not possess when we were a pitied nation.

Christian evangelicals now flock not only to support the Jewish state but to learn about the Jewishness of Jesus. In my book “Kosher Jesus,” I argue, based on Christian scripture and the New Testament, that Jesus was a Jewish patriot who fought for the freedom of Israel against the Roman oppressors and was put to death by Roman proconsul Pontius Pilate for his defiance.

Were it not for Israel, the Jewish people — and the Jewish religion by extension — would not have the impact it is having on evangelical Christians. Likewise, were it not for Israel, there would not be a true renaissance of Judaism — not only with the hundreds of yeshivot and seminaries that have opened but with Jewish communities the world over that have strengthened their bonds to their faith because of Israel’s inspiration.

But for those who are more liberally minded and are true globalists, yes, standing up for Israel has somewhat impaired our ability to influence them with Jewish values. For example, the World Economic Forum at Davos, Switzerland, may be the ultimate statement of globalist influence. When I was last there three years ago, Iranian President Hassan Rouhani was treated as a global celebrity, feted by world leaders, even as Benjamin Netanyahu, who spoke two hours after him, couldn’t fill half the room because attendees were boycotting his appearance.

Right now, we may not necessarily win over the globalists as we fight for Israel. They will punish us for standing up for ourselves. But I believe that in time, this will change. There will be a backlash against the false and fraudulent liberalism of today that would demonize Israel even as it fetes Iran, Turkey and China.

As for the price we pay until then, I feel it absolutely is worth it. Israel is worth it. The Jewish homeland is worth it. The Jewish state is worth it. Not only because without Israe there would be no sanctuary for Jews in an age of global persecution, but because as the Talmud says, “He who is without a home is not a person.” Even for Jews who live in the Diaspora, it is Israel that gives our Jewish identity dignity. It is Israel that gives our Jewish observance meaning. And it is Israel that gives every Jewish man, woman and child the greatest pride.

What meaning would our daily prayers have without the supplication of the divine presence returning to Jerusalem? How do we seek to be connected to the teachings of Abraham without understanding that they stemmed from a particular place and time in Israel? To detach Judaism from Israel is to make our religion a lifeless corpse bereft of soul.

Until such time as the world comes to see Israel’s virtue — an event made much harder by globally ingrained anti-Semitism — my advice is that we cannot give up the battle on joining the two. We must not give up on explaining that Jewish spirituality and its success in sustaining the Jewish people is intimately connected with Israel.

We Jews create strong families because we understand bonds that stretch across time and space, like our connection to Israel. We understand holiness because of the holy land of Israel. We understand ecstasy and longing because every year, we read of Moses’ ecstatic longing to enter Israel. We understand the need to keep one’s word and fulfill one’s promises — because after 2,000 years of exile, God kept his promise and returned us to the glorious, beautiful and majestic land of Israel, even as we continue to wait for the long-promised complete redemption of our people with the Messiah, when Israel and all the nations of the Earth will live in peace, men will beat their swords into plowshares, and no man will ever again teach his son the art of war.

May it happen now.


Rabbi Shmuley Boteach is the author of 33 books, including “Judaism for Everyone,” “Renewal: A Guide to the Values-Filled Life,” “Kosher Sex,” “Kosher Adultery” and “Lust for Love,” co-authored with actress and activist Pamela Anderson. Follow him on Twitter and Instagram @RabbiShmuley. 

Voir aussi:

Colère de Macron : le syndrome de Jérusalem des présidents français
Martine Gozlan
Marianne
23/01/2020

Rédactrice en chef
Travaille sur les questions et les pays d’Islam et couvre le conflit israélo-palestinien. A publié de nombreux livres sur l’islamisme, entre autres Pour comprendre l’intégrisme islamiste (Albin Michel 2002), Le sexe d’Allah ( Grasset 2004), Le désir d’islam (Grasset 2005), Sunnites-Chiites, pourquoi ils s’entretuent (Le Seuil 2008), L’imposture turque (Grasset 2011), ainsi qu’un récit sur l’Etat hébreu Israël contre Israël (L’Archipel, 2012) et une biographie Hannah Szenes l’étoile foudroyée (l’Archipel 2014).

En marge du sommet international sur la mémoire de la Shoah et l’antisémitisme qui réunit une quarantaine de chefs d’Etat en Israël, le président français a eu une vive altercation ce 22 janvier, comme Jacques Chirac en 1996, avec la sécurité israélienne, cette fois à la basilique Sainte-Anne, domaine français au cœur de la vieille ville.

Il y a un syndrome de Jérusalem des dirigeants français. Le syndrome en question, bien connu des psychiatres, projette le visiteur dans un univers mystico-fantasmatique où il se sent illico investi d’une mission sacrée. Certes, ni Jacques Chirac en 1996, ni Emmanuel Macron, aujourd’hui, ne se sont pris pour le Messie. Pourtant, leur passage, dans des contextes bien différents, se sera déroulé avec les mêmes réflexes, suscitant la même vague d’émotion. Au terme d’une longue balade, le 22 janvier, dans la vieille ville, après force accolades et mots profonds – « en ce petit lieu, tant de jaillissements… »- le président, euphorique, s’est rendu à l’Eglise Sainte-Anne. Edifiée par les Croisés, puis transformée en mosquée par Saladin, elle fut offerte à la France en 1856 par les Ottomans de la Sublime Porte, alors maitres de la Palestine, pour services rendus contre l’Empire russe pendant la guerre de Crimée. Et là, divine surprise pour les témoins palestiniens qui n’apprécient guère de voir reconnue par près de 40 chefs d’Etat la centralité d’Israël dans la mémoire du génocide ! Emmanuel Macron, endossant sans le savoir tout en le sachant les habits du Jacques Chirac de 1996, s’est engueulé – ce mot trivial est cependant le seul qui convienne – avec les gardes de la sécurité israélienne. Ces derniers étaient sur les dents depuis des jours. Il y avait de quoi.

Recevoir les grands de ce monde dans une capitale sous haute tension n’est pas une mince affaire. La veille, le quotidien palestinien Al Hayat al Jedida, organe officiel de l’Autorité palestinienne, avait publié sans complexe l’édito d’un certain Yahya Rabah qui écrivait mot pour mot, à propos de ce Forum sur le génocide : « Un coup de feu perturbera la cérémonie et un cadavre annulera l’événement ». Le Shin Bet, le renseignement intérieur, prend tout au sérieux et, quoiqu’on puisse en dire sur les réseaux sociaux marqués du sceau de la haine d’Israël, sans la vigilance du Shin Bet, les citoyens de l’Etat hébreu et ses visiteurs auraient du souci à se faire. L’Eglise Sainte-Anne est bel et bien domaine français mais en matière d’anti-terrorisme, les Israéliens sont au parfum. Les agents pénètrent donc dans les lieux, ce qui est à la fois illégitime et compréhensible. Voire « souhaitable » nous confie une source française anonyme, consciente des dangers de la ville sainte et habituée au professionnalisme des collègues israéliens.

La colère du Frenchie

C’est alors qu’Emmanuel Macron voit rouge. Jérusalem baignait, cette après-midi là, dans une lumière de Golgotha. Les cieux déversaient les eaux du déluge sur la terre promise. Le protocole français, fine mouche, avait prévu 200 parapluies. Il y eut une éclaircie. Macron vit se profiler dans les nuées la silhouette de Chirac et entendit à travers l’orage l’impayable apostrophe, en english dans le texte, de son prédécesseur en 1996. Les hommes du Shin Bet, à l’époque, redoutaient comme aujourd’hui l’incident mortel et s’interposaient entre le « Rais » gaulois et la foule palestinienne. Ce fut alors que tonna l’immortel : « You want me to back to my plane ?????? ». Saisi par l’éternel syndrome de Jérusalem, Macron à son tour gronda : « I don’t like what you did in front of me », « Je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi ! » et ordonna qu’on vire illico de Sainte-Anne, territoire français, les agents de l’Etat hébreu, ces étrangers, ces provocateurs.

L’affaire fit la Une de la presse israélienne, palestinienne et, forcément,