Musique: Ni rouge ni mort (Why you probably never heard of one-of-a-kind Jean-Pax Méfret: « chanteur engagé « with over 300 songs and 50-plus year career, former Figaro journalist and staunch anti-communist with a populist and military-like following, deeply patriotic and devout Christian with a pied noir background and a very strong nostalgia for Algeria)

8 juin, 2021
Musique : l'indémodable Jean-Pax

Puisque la guitare est devenue une arme […] Puisque l’un de vous a chanté Potemkine Moi je viens chanter Soljenytsine […] Je chante contre le Grand Soir […] Je chante pour l’Occident. Jean-Pax Méfret
Je viens le dire très fort, ma devise, c’est ni rouge, ni mort ! J’ n’ai pas l’frisson du pacifisme Face aux armées du communisme, pour qu’il n’y ai plus d’autres Boeings, je crie « Bienvenue aux Pershings » ! Jean-Pax Méfret
Quand les droits des hommes sont en danger, c’est toujours vers l’ouest que le peuple s’évade, garde ça en mémoire, camarade, quand tu vas défiler pour la paix, et demande aux Afghans, camarade, toi qui parle pour les peuples opprimés car le sang des enfants tués à la grenade a la couleur de tes idées. Jean-Pax Méfret
Sous les pavés, ‘y a la plage, elle aimait bien cette image, elle ne chantait que des chansons de Dylan, elle ne parlait que de la guerre du Vietnam, San Francisco, Katmandou, Woodstock, Hanoï et Moscou, c’était sa géographie, ses frontières, toute sa vie, quand les maisons bleues accrochées aux collines la faisaient planer jusqu’au mont de Palestine, manipulation sur fond de mélodie, la nuit, sur l’île Saint-Louis, fini, le temps du Népal, plus d’ oeillets au Portugal là-bas, en Mer de Chine, les boat-people sont nés sous Ho Chi Minh, Mai 68, c’est loin d’ici… Jean-Pax Méfret
Il tremblait pour sa carcasse devant le fusil des rebelles, sur le quai d’une gare, certains chantaient le déserteur A Saint-Lazare. Lui il avait l’esprit ailleurs, (…) pour ses enfants C’est un mot qui ne veut rien dire, pour ses parents, c’est un bien cruel souvenir, pour ses amis, c’est une carte de combattant, mais ça reste pour lui « trente-six mois à vingt ans »… Jean-Pax Méfret
Dans son coeur, il y a de la vaillance, ça ne s’entend pas, mais il est toujours là, prêt à se lever pour la France, le vieux soldat, Ca lui fait mal, toutes ces insultes, cracher sur la France que l’on traite de pute, ça lui fait mal, le drapeau brûlé, le drapeau souillé, la mémoire tachée, ça lui fait mal, il l’a mauvaise, lorsque l’on siffle la Marseillaise, ça lui fait mal, voir son pays livré au mépris, il en est meurtri, le respect, il veut du respect, juste du respect, le respect, Il faut dire que ça n’arrive qu’en France … Jean-Pax Méfret
Vous brouillez les radios, vous régentez l’école, vous jouez aux prolos, j’en connais qui rigolent. Jean-Pax Méfret
Garçon, si par hasard sur ton livre d’histoire Tu tombes sur ce nom: Camérone! Garçon, regarde bien cette page d’histoire Et n’oublies pas ce nom: Camérone! Le ciel de feu du Mexique A jamais se souviendra De ce combat héroïque Garçon, sur le chemin qui conduit à la gloire Tu dois trouver ce nom: Camérone! Garçon, si ton destin exige une victoire N’oublies jamais ce nom: Camérone! Pour l’honneur de la légion, Sachant qu’ils allaient mourir Jusqu’au bout de leur mission, Fiers de tomber pour l’empire. Ils étaient 62, face à 2000 cavaliers,  Le soleil baissa les yeux lorsqu’ils furent exterminés… Jean-Pax Méfret
Au grand matin du mois de juin, Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise Sont entrés les Américain, Ils sont tombés du ciel Comme s’ils avaient des ailes, Ils apportaient un air de liberté. Ils venaient de Virginie, D’Oklahoma, du Tennessee, Le jour le plus long les attendait ici, Tous unis pour nous délivrer, Sur la Normandie, Faut jamais oublier… Qu’un jour à Sainte-Mère-Eglise, Sont entrés les Américains ! Jean-Pax Méfret
Derrière lui, le rideau de pierre, Les miradors, les VoPos armés, Les tilleuls ne forment plus la frontière, Il y a un mur à Berlin, professeur Müller, Il s’avance, dans le décor sinistre, De cette ville de prisonniers, Et il se dit que, si la Vierge existe C’est elle seule qui pourra les sauver, Chez nous, soyez Reine, Nous sommes à vous, Il y a 20 ans qu’on l’appelle « camarade », Mais il sait bien que ce n’est qu’un mot. Jean-Pax Méfret
Je viens d’un pays qui n’existe plus, je viens d’un paradis perdu. Jean-Pax Méfret
Des petites filles de 10 ans m’ont chanté “Professeur Muller”, qui leur a fait découvrir l’histoire du mur de Berlin. Et les garçons m’ont tous parlé du “Jour J”, ma chanson sur le débarquement américain en Normandie. Un jeune m’a même dit que j’avais été son meilleur prof d’histoire.  Jean-Pax Méfret
Pour un jeune soldat de 18, 19 ans, voir Jean-Pax Méfret, ça valait des courriers de la famille. Dominique (militaire à Beyrouth dans les années 1980)
On n’a plus Johnny mais on a encore Jean-Pax !  Spectateur
On avait besoin qu’il y ait des voix qui disent autre chose. Quand vous aperceviez un de ses disques chez quelqu’un, c’était presque un signe de reconnaissance. Bernard Lehideux (cadre du Parti républicain et du Modem)
On est tellement heureux de voir qu’on n’est pas seul, que c’est une grande famille. Isabelle
[Ma première chanson] C’était après l’exécution du lieutenant Roger Degueldre. J’avais 16 ans, j’étais en prison, à Rouen, dans le quartier des activistes, j’y suis resté entre mai 1961 et septembre 1962, j’ai été le plus jeune détenu de France – pour cause d’Algérie française – en compagnie des plus grands seigneurs de l’armée française : les officiers avaient mis leurs décorations sur la porte de leur cellule. C’est dans cette atmosphère, quand j’ai appris l’exécution de Degueldre, c’est à ce moment que j’ai composé, en son honneur, ma première chanson.  (…) Je remonte à Paris, où je suis libre, sans rien. Enfin si : avec mon casier judiciaire. On est quelques copains pieds-noirs, on se regroupe, on commence à chanter le soir dans les cafés. Une Américaine tombe amoureuse de moi. J’habite avec elle Place du Tertre, ça ne s’invente pas. Je commence à chanter, je rencontre un garçon qui s’appelle Jean-Claude Camus, qui sera l’impresario de Johnny et de beaucoup d’autres. Je me fais faire une carte de visite : « secrétaire artistique de Jean-Claude Camus ». Je compose quelques chansons, cinq disques paraissent chez Decca, dont un titre, “La prière”, qui retient l’attention et obtient en 1965 le grand prix Âge tendre et tête de bois. J’ai 20 ans. À l’époque j’ai pris un pseudonyme : Jean-Noël Michelet. Jean est mon prénom. Noël le prénom de mon père. Quant à Michelet, c’est le nom de la rue centrale d’Alger. (…)  je mène une vie de galère (…) J’enchaîne les petits boulots. Notre réseau pieds-noirs est un soutien. Mon premier journal, dirigé par le colonel Pierre Battesti, président de l’Anfanoma, s’appelle France-Horizon, c’est le mensuel des Rapatriés d’Algérie. Plus tard, je serai journaliste d’investigation à Minute, puis à L’Aurore (où je suis grand reporter et spécialiste de politique étrangère). J’atterris enfin au Figaro puis au Figaro magazine où je serai directeur des magazines régionaux et responsable des grands dossiers. Je n’ai jamais vraiment fait de politique politicienne, je suis dans l’action, dans l’engagement, mais pas dans les idées. Je préfère les grands sentiments aux grandes idées. (…) Spirituellement, ce qui m’a marqué, (…), ce sont les veillées scoutes, c’est aussi la vie des grands missionnaires, et, dans les grands reportages que j’ai eu l’occasion de mener, la souffrance des enfants et puis l’impuissance de populations entières, incapables de sortir de leur misère. En Afrique, ce sont ces gens qui croient, quand vous arrivez que le Blanc peut tout. Le Christ permet de supporter tout ça… (…)  Ma foi a toujours été là mais j’ai moins de pudeur à la manifester. J’ai longtemps pensé qu’il fallait la garder pour soi. C’était familial : ma mère me mettait des médailles dans la doublure de ma veste. Chez moi, on n’entamait pas le pain, sans faire une croix dessus avec le couteau. Et en même temps, en Algérie, on respectait toutes les religions, on participait aux fêtes des uns et des autres. Les partisans de l’Algérie française n’ont jamais profané de mosquées. (…) Il est vrai que pour les Arabes la guerre était religieuse. Le FLN déjà avait interdit aux populations de fumer et de boire, sous peine de couper le nez et les lèvres… La chirurgie esthétique a fait des progrès énormes à cette triste occasion… Mais nous n’avons pas encore tout vu en France ! En Algérie, des Bataclan, il y en avait tous les jours ! Jean-Pax Méfret
[Les chrétiens d’Orient] c’est un sujet encore trop tu. J’ai hésité avant d’en faire une chanson. (…) Après, j’ai décidé de faire un disque autour du récit des chrétiens d’Orient. Ce n’est pas la première fois que j’écris un récit. Déjà dans mon album Camerone je glissais un livret afin d’expliquer aux auditeurs l’histoire de la bataille de Camerone. Imaginez la scène: soixante-deux légionnaires ont résisté face à deux mille Mexicains. Refusant de se rendre, ils se sont battus jusqu’au bout. Dès lors, chaque année les légionnaires fêtent cet événement et louent le courage de leurs prédécesseurs le 30 avril. Je crois que le vrai défi, c’est la foi. «Sommes-nous condamnés à subir le même sort que les chrétiens d’Orient?» tel est le problème. De toute évidence, leur martyre pourrait très bien annoncer le nôtre. Partout dans le monde les chrétiens sont persécutés, c’est pourquoi, nous, de tradition et de culture chrétienne, devons relever ce défi. C’est autrement plus ambitieux que de lutter contre le communisme: notre époque est encore plus exigeante. (…) À l’occasion des attentats de Londres en 2005, j’ai fait une chanson qui s’appelle «Au nom d’Allah» où je demande si le terrorisme islamiste agit vraiment au nom d’Allah. Quand je l’ai chantée à l’Olympia j’ai raconté avant l’histoire du capitaine Kheliff, cet officier de l’armée française musulman qui a sauvé des pieds noirs lors du massacre d’Oran du 5 juillet 1962 en enfreignant ses ordres et qui, une fois en France, a créé une association des anciens combattants musulmans. Il faut bien savoir qu’en Algérie, tous les anciens combattants musulmans se faisaient égorger par le FLN après l’indépendance. Kheliff a aussi créé une mosquée à Lyon. Cette histoire, racontée avant «Au nom d’Allah», visait à éviter les amalgames qu’aurait pu engendrer ma chanson. En effet, il faut reconnaître qu’il y a une vraie diversité au sein du monde musulman et que ces jeunes des banlieues, délaissés par la société, ne connaissant pas vraiment leur religion. J’ai du mal à voir quoique ce soit de «divin» dans les actes terroristes, c’est quelque chose de plus humain, de plus misérable. Mais tôt ou tard, nous allons être confrontés à cette violence et nous avons le devoir de nous y préparer. Figure du contre-exemple: l’Angleterre et son modèle communautariste étaient une pépinière pour les radicaux. De fait, dès le début des années 2000 nous avions fait les gros titres sur cette menace islamiste, nourrie par des prêcheurs à Londres. Ces derniers appelaient déjà la mort des chrétiens, nous avions déjà senti le danger. Mais paradoxalement, cette haine pour les chrétiens nous rappelle aussi notre héritage, notre identité chrétienne puisqu’ils nous appellent «les croisés». Ils nous obligent à retrouver nos racines. Peut-être aussi oublient-ils qu’avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien? On oublie trop souvent que la première église fut construite à Antioche. Tout comme l’Algérie qui fut d’abord chrétienne avant les invasions arabes. Saint-Augustin et sa mère, la bien-aimée Monique, en sont la plus parfaite illustration. [la Légion Étrangère, l’Algérie et les Chouans] Ce sont des causes dont on parle peu et qui forment un ensemble de valeurs. Je suis pied-noir, l’Histoire de l’Algérie m’a marqué. Ma musique parle de grands faits d’Histoire parfois oubliés: Budapest, le mur de Berlin… Je pense être le seul à chanter en m’inspirant de ces événements. À part moi, personne n’a chanté la révolution hongroise par exemple. L’originalité de ces thèmes est aussi ce qui me définit. Je ne fais pas de chansons d’amour ou alors, si je parle d’amour, c’est pour dire que je ne suis pas du genre à chanter des chansons d’amour. (…) Je ne sais pas si je suis un chanteur de droite, mais je suis sûr de ne pas être un chanteur de gauche! Être de gauche pour les chanteurs, c’est parfois une volonté artistique, voire un snobisme. Pourtant il faut savoir que les chanteurs du siècle dernier n’étaient pas automatiquement de gauche. En tout cas, ils ne l’étaient pas sur le mode «grandes consciences» d’aujourd’hui, ils faisaient moins la leçon: regardez Boris Vian, je l’aime beaucoup. Moi, je ne voulais pas travailler dans la chanson à l’origine: mon objectif était de remettre au goût du jour des faits qui étaient ignorés. Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations. Il n’y a rien de mieux que la chanson pour faire découvrir ces faits. J’ai appris récemment que des élèves d’une banlieue parisienne, visitant le musée du débarquement américain en Normandie, avaient chanté ma chanson sur le débarquement: «Ils sont tombés du ciel comme s’ils avaient des ailes/ Ils ont apporté un air de liberté.» Une chanson s’écoute toujours plus facilement qu’un cours d’Histoire, c’est une autre manière de transmettre. (…) Je m’étonne toujours que l’on me présente comme le chanteur d’Occident alors que je viens d’orient. À l’époque, c’était parce que je m’opposais au communisme. On aurait mieux fait de parler de «chanteur du monde libre». Je ne pense pas qu’il y ait eu de combats plus forts que celui opposant les deux blocs pendant la Guerre Froide. Dans «Ni rouge ni mort» j’explique les raisons de mon opposition au communisme, le danger qu’il représentait avec notamment l’armée rouge! On oublie que le mur de Berlin, c’étaient des dalles dressées, prêtes à tout moment à être aplaties vers l’ouest pour faire passer les chars! C’était à mon sens un vrai combat pour la liberté que la lutte contre le communisme et les goulags dont personne ne parlait. On a tout de même eu un parti communiste français qui prenait ses ordres à Moscou. D’ailleurs, je trouve inouï qu’il y ait encore en France un parti communiste. Rouges de honte, ils ont changé de nom dans toutes les nations occidentales mais pas en France! (…) Je n’étais pas dans l’OAS. Quand j’ai été arrêté l’OAS n’existait même pas. Mais on peut dire que j’étais pour l’Algérie Française. Je suis né là-bas. Mes ancêtres du côté de ma mère ont fait partie des déportés de la première commune en 1848 que l’on a exilés en Kabylie. L’Algérie, à ce titre, n’était pas un pays de droite. D’ailleurs, c’étaient les bastions communistes, ayant des quartiers populaires, qui étaient les plus virulents lors de la guerre d’Algérie. Mon père lui n’était pas du pays: il était venu afin de préparer le débarquement américain. Il travaillait pour l’OSS qui étaient les services secrets américains. C’est là qu’il a rencontré ma mère. Pour revenir à mon parcours, lors du putsch de 1961, les autorités avaient besoin de voix pour lire les messages et, comme j’avais une voix radiophonique, j’ai été invité à travailler à la RTF Télévision d’Alger qui était pro-Algérie Française. Et donc j’ai été accusé de participation à un mouvement insurrectionnel, d’intelligence avec les chefs de l’insurrection, d’attentat contre l’autorité de l’État: vingt-cinq chefs d’inculpation en tout. Je suis donc passé directement des frères maristes à la prison d’Alger, puis à la Santé à Paris, enfermé pendant dix-huit mois. Ce fut une épreuve pour ma mère, bien qu’elle partageât mes convictions comme beaucoup. Je suis persuadé que ce n’était pas un combat politique, ou alors circonscrit à l’antigaullisme. De nos jours, c’est d’ailleurs une vérité reconnue et acceptée: de Gaulle a trahi les pieds-noirs. Cependant je ne suis pas non plus opposé à l’aura du Général. Si j’avais eu 16 ans en 1940 je pense que je me serai engagé dans la Résistance. Le problème donc n’est pas politique, le problème, c’est l’Algérie. Comprenez: les gens souhaitaient simplement rester là où ils étaient nés. C’était finalement plus une guerre franco-française que contre les Algériens. Les autorités françaises se sont complètement engagées contre les partisans de l’Algérie française. Le 26 mars 1962, l’armée française n’a pas hésité à mitrailler la foule, faisant 80 morts et 200 blessés, ce dont plus personne ne se souvient aujourd’hui. (…) [retourné] Non, jamais, je n’ai pas envie. Dans une chanson j’ai chanté «Je viens d’un pays qui n’existe plus». (…) [comme journaliste] J’ai commencé au journal l’Aurore dans la rubrique «faits divers», puis dans celle concernant les affaires étrangères où j’ai couvert les conflits. J’ai ainsi pu décrypter toutes les guerres d’Amérique centrale puis celles du Liban. Ensuite, je suis resté quelque temps au Figaro Magazine dirigé par Louis Pauwels. La grande époque! Je n’entends pas le journalisme comme une éducation de la pensée mais plutôt comme une révélation de faits sur des affaires. J’ai eu la chance de traiter des grosses affaires comme l’arrestation d’Escobar. Tout en étant journaliste je continuais de chanter, j’ai gagné le grand prix de l’émission télévisée Âge tendre et tête de bois avec «La Prière». (…) Je suis persuadé que croire en quelque chose est primordial dans la vie d’un homme, que c’est une force intérieure. Croire au Christ, c’est encore plus fort. Quant à «La Force», curieusement je n’ai jamais mis un point d’honneur à écrire une chanson dédiée au Christ, l’envie m’est venue naturellement. Le titre provient de la supplication «Donne-moi la force» qui ponctue les cantiques dans la Bible. La lecture de l’Histoire des chrétiens d’Orient et du massacre des Arméniens, de ces gens jetés vers la mort qui s’accrochent à la pensée de Dieu, m’a inspiré cette chanson. (…) Je crois que nous avions besoin d’un changement, un changement radical pour bouleverser l’ordre établi. Je salue ce rafraîchissement du personnel politique. Mais je ne crois ni au miracle Macron, ni que son système peut tenir sur la durée. Aujourd’hui ce qui est exaspérant, c’est la médiocrité de la droite, la gauche n’est pas mieux, mais il m’est désespérant de voir une droite sans repère et frileuse quand il faut défendre ses idées. Jean-Pax Méfret
Méfret peut servir d’analyseur à plusieurs titres. D’abord, il donne de voir fonctionner une forme de chanson politique : plus que la conviction, l’illustration, la construction d’un univers politique par l’appui sur des éléments métapolitiques faisant sens avec cet univers. Ensuite, historiquement, enraciné dans l’Algérie française, évoluant vers un fort anticommunisme en raison de l’évolution du contexte géopolitique, vivant un combat presque apocalyptique dans la France dirigée par le Parti socialiste, il montre l’existence, voire la vivacité, d’un populisme républicain dont on peut se demander s’il ne pourrait se retrouver chez d’autres personnalités, hebdomadaires ou organisations de droite dans les années 1980 (Alain Griotteray, Figaro Magazine, CNI, MIL, UNI). Il amène à s’interroger aussi sur la possible fonction d’interface que peut jouer ce républicanisme particulier dans les relations de la droite avec l’extrême droite, voire sa contribution à la vulgarisation de thèmes qui ont fait le succès de cette dernière à partir de 1984. Enfin, utilisant les formes musicales issues des années 1950-1960, se distinguant de la mouvance skinhead des années 1970, il précède le rock identitaire français des années 1990-2000, engagé de manière beaucoup plus explicite, lié à une génération née après 1970-1975 et à une politisation accompagnée par le poids du Front national. Paul Airiau

Attention: un chanteur rebelle peut en cacher un autre !

Chanteur aux disques introuvables, vendus par correspondance, non diffusés à la radio, voire interdits dans les casernes, journaliste ayant travaillé à Minute, L’Aurore, au Figaro Magazine ou à Valeurs actuelles, chanteur anticommuniste des pieds-noirs et des trouffions, de l’Algérie française et de l’Occident, invité à la fête des Bleu-blanc-rouge du FN ou pour SOS Chrétiens d’Orient, ayant participé en 1961 à l’occupation de la radio d’Alger lors du putsch des généraux, agent de liaison de l’OAS, prisonnier politique dès l’âge de 16 ans, dénonciateur du Mur de Berlin, du goulag, de l’internement des refuniks, du génocide khmer rouge, de l’extermination des chouans, chantre des GI’s du Débarquement,  des Harkis abandonnés, des soldats français oubliés sur les champs de bataille …

Au lendemain d’un anniversaire du Débarquement

Sans parler des bouchers de Tiananmen d’il y a  32 ans…

Que le président américain ne s’est même pas donné la peine d’évoquer …

Et à l’heure où après l’assassinat politique du président Trump et le hold up électoral du 8 novembre …

Les  génuflexions de Joe Biden face à l’Iran ou ses supplétifs palestiniens …

Viennent comme pour les mois d’émeutes des Black Lives Matter et des antifas

De relancer la violence à Gaza et en Israël

Et d’imposer, au sein même du gouvernement israélien nouvel assassinat politique, à la fois l’éviction de Netanyahou et l’entrée du loup islamique dans la bergerie

Pendant qu’entre la censure politique et les attaques ou pannes à répétition

L’expression publique semble de plus en plus fragile …

Mais qu’en France, sur fond, entre attentats, égorgements ou même décapitations, d’islamisation rampante de nombre de nos quartiers …

Et après l’assassinat politique de Fillon il y a quatre ans, notre propre lot de surenchère et de violence politique

Un philosophe bien-pensant tel que Raphaël Enthoven

Se voit contraint de choisir Marine Le Pen contre la basse démagogie d’un Jean-Luc Mélenchon

Peut-on imaginer meilleur contenu …

Pour l’étiquette ô combien galvaudée de chanteur rebelle …

Contre la pensée autrefois d’avant-garde devenue aujourd’hui pire des bien-pensances ..

Que cette réapparition sur le plateau de Cnews ce matin …

De cette sorte d’ovni dans la chanson française

Face au communisme d’un Ferrat ou l’antimilitarisme d’un Vian et d’un Le Forestier

Combinant anticommunisme et antisoviétisme, rejet de la gauche et des compagnons de route, défense du peuple et des pays martyrs, nostalgie de l’Algérie française et christianisme revendiqué …

Mais défendant aussi des valeurs d’un autre temps telles que vérité, engagement pour les valeurs, grandeur militaire

Et bien qu’en partie décalé de son public plutôt d’extrême droite et plutôt militaire …

Promoteur d’un populisme et d’un attachement à l’histoire de France tout à fait unique …

Et passeur pour plusieurs générations d’adolescents comme d’adultes de toute une culture politique …

Et surtout, à  l’instar d’un Camus ou d’un Aron opposé à Sartre ……

D’une rare lucidité et connaissance de l’histoire contemporaine ?

Jean-Pax Méfret, le chanteur qui fait taper des mains Zemmour et Madelin

Ses textes parlent aux nostalgiques de l’Indochine ou encore de l’Algérie française. Parmi les fans qui assistaient au concert de l’artiste au Casino de Paris les 13 et 14 janvier, on pouvait croiser quelques personnalités.
François Krug
Le Monde
19 janvier 2018

Le polémiste Eric Zemmour est en plein selfie avec des jeunes qui viennent de le reconnaître. Quelques mètres plus haut, on a déjà croisé l’ancien ministre de l’économie Alain Madelin ou le directeur des rédactions du Figaro Alexis Brézet. Ce samedi 13 janvier au soir, il y a du beau monde devant le Casino de Paris. Le lendemain après-midi sur le même trottoir, des familles bourgeoises côtoient des bikers, d’anciens soldats baraqués dans des blousons de cuir aux couleurs du Veterans Motorcycle Club.

« Diên Biên Phu » repris en chœur

Tous viennent fêter un chanteur aux disques introuvables, non diffusés à la radio. A son dernier passage à Paris, en 2012, il a rempli l’Olympia. Les billets pour ses deux concerts au Casino de Paris, une salle de 1 500 places, se sont vite envolés. Dans la queue, un blagueur fait rire un prêtre en soutane : « On n’a plus Johnny mais on a encore Jean-Pax ! »

Jean-Pax Méfret, 73 ans, monte sur scène sous les vivats. Le public enchaîne les standing ovations, reprend en chœur Diên Biên Phu (« Ils attendaient/Dans la cuvette/Le tout dernier/Assaut des Viets… »). Quand la sonnerie aux morts conclut Le Vieux Soldat, la salle se lève, le garde-à-vous pas loin. Même les plus jeunes connaissent les paroles du Chanteur de l’Occident, sorti en 1975 (« Je viens chanter l’espoir/Je chante contre le Grand Soir… »). Pour introduire Djebel Amour, un de ses nombreux hommages à l’Algérie française, le chanteur évoque « le gouvernement socialiste de l’époque » mais recadre vite les spectateurs qui huent : « C’est pas un meeting ! »

Ne dites pas à Jean-Pax Méfret qu’il est chanteur. Son vrai métier, insiste-t-il quand on le rencontre, c’est le journalisme. Il a travaillé à Minute, L’Aurore et surtout Le Figaro Magazine, couvrant tous les terrains de guerre. Il a brièvement repris du service il y a quelques années pour Valeurs actuelles. Ne lui dites pas non plus qu’il est de droite, même s’il en a séduit les courants musclés et même extrêmes sur plusieurs générations : il assure se méfier de la politique.

Il a chanté à la fête des Bleu-blanc-rouge du FN dans les années 1980 ou plus récemment pour SOS Chrétiens d’Orient, association proche de l’extrême droite ? « Il suffit de voir la liste des chanteurs qui ont participé à la Fête de l’Humanité sans être communistes », répond-il. Devoir convaincre qu’il est « profondément républicain » et « contre le nationalisme » le blesse :

« A partir du moment où des gens adhèrent à mes chansons, je ne demande pas autre chose. S’ils ont des idées extrémistes, moi, je n’y adhère pas. »

Hommages aux pieds-noirs et à l’OAS

Adolescent, il participe en 1961 à l’occupation de la radio d’Alger lors du putsch des généraux et découvre la prison. Agent de liaison de l’Organisation armée secrète (OAS), il est à nouveau arrêté l’année suivante, et découvre cette fois la Santé à Paris, puis la prison de Rouen. Au milieu des années 1960, il enregistre plusieurs 45-tours chez Decca et participe au télé-crochet de l’époque, « Age tendre et tête de bois ». Entre twist et ballades mélancoliques sur l’Algérie, il se cherche. Il opte pour la chanson engagée, enregistrant sur des labels confidentiels des hommages aux pieds-noirs et à l’OAS.

« Quand je l’ai connu, j’étais en terminale. Je l’ai entendu chanter des chansons anticommunistes chez des copains », raconte Anne Méaux. La future communicante des grands patrons et de la campagne de François Fillon milite alors à l’extrême droite. Elle n’aurait raté pour rien au monde ce retour sur scène : « C’est un homme libre qui n’a jamais renié ses valeurs. » Au tournant des années 1980, la petite bande entourant Jean-Pax Méfret se cotise pour financer ses disques. « On avait besoin qu’il y ait des voix qui disent autre chose, se souvient Bernard Lehideux, devenu plus tard cadre du Parti républicain et du Modem. Quand vous aperceviez un de ses disques chez quelqu’un, c’était presque un signe de reconnaissance. »

Vendus par correspondance, ses titres resteront confidentiels mais, dans les casernes ou les écoles catholiques, les chansons circuleront, piratées sur des cassettes. Aujourd’hui, Jean-Pax Méfret est distribué par Diffusia, qui édite aussi des « Vies de saints » et des récits militaires mis en musique. Sur son site, elle annonce combattre pour « la survie même de notre identité ». Le chanteur peut compter sur la fidélité d’une bonne partie des troufions. Dominique, 60 ans, ancien du 3e régiment parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de Carcassonne, se souvient de la visite du reporter à Beyrouth, au début des années 1980 : « Pour un jeune de 18, 19 ans, voir Jean-Pax Méfret, ça valait des courriers de la famille. »

A la sortie du Casino de Paris, une dizaine de fans attendent le chanteur. Jean-Pierre, 66 ans, est venu d’Aix-en-Provence. « A l’époque, il y avait une petite notion d’interdit à cause de ses liens avec l’OAS, raconte cet ancien militaire. Dans ma caserne, quand on écoutait Jean-Pax Méfret, il ne s’agissait pas que nos officiers l’entendent. » Sa fille Isabelle, 43 ans, est venue de Nîmes. Elle affirme voter à gauche et se souvient de ces copains de classe qui traitaient son chanteur préféré de « facho ». Ce soir, elle ne cache pas son émotion : « On est tellement heureux de voir qu’on n’est pas seul, que c’est une grande famille. »

Voir aussi:

Jean-Pax Méfret : « Le martyre des Chrétiens d’Orient pourrait annoncer le nôtre »

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Il chantait contre le communisme et pour l’Algérie française. Le « chanteur d’Occident » prête aujourd’hui sa voix aux Chrétiens d’Orient, à qui il consacre un nouveau disque. Il a accordé un entretien au Figarovox. Vous allez (encore) le traiter de réac.


Jean-Pax Méfret est un journaliste, écrivain et auteur-compositeur-interprète français. Il a donné à nombre de ses chansons un fort contenu historique et politique. Il a récemment sorti un album: Noun, dédié aux chrétiens d’Orient dont il jouera quelques morceaux le jeudi 29 juin 2017 lors de la soirée caritative du Val-de-Grâce organisée par l’association SOS Chrétiens d’Orient.


FIGAROVOX. – Vous dédiez votre dernier disque «Noun» aux chrétiens d’Orient, est-ce vous avez l’impression que c’est un sujet dont on ne parle pas assez?

Jean-Pax MÉFRET. – Oui c’est un sujet encore trop tu. J’ai hésité avant d’en faire une chanson. C’est, au volant de ma voiture, en allant donner un concert à Fréjus que j’ai trouvé une mélodie, immédiatement enregistrée sur mon portable. Pour l’anecdote, j’ai terminé d’écrire les derniers vers dans la loge, quelques minutes avant d’entrer sur scène: «Ils meurent victimes de leur Foi/ Ils tombent à l’ombre de la Croix:/ Dans un silence qui fait douter du cœur des hommes». Après, j’ai décidé de faire un disque autour du récit des chrétiens d’Orient. Ce n’est pas la première fois que j’écris un récit. Déjà dans mon album Camerone je glissais un livret afin d’expliquer aux auditeurs l’histoire de la bataille de Camerone. Imaginez la scène: soixante-deux légionnaires ont résisté face à deux mille Mexicains. Refusant de se rendre, ils se sont battus jusqu’au bout. Dès lors, chaque année les légionnaires fêtent cet événement et louent le courage de leurs prédécesseurs le 30 avril.

À votre époque, le combat principal était contre le communisme, aujourd’hui quelle est la menace?

Je crois que le vrai défi, c’est la foi. «Sommes-nous condamnés à subir le même sort que les chrétiens d’Orient?» tel est le problème. De toute évidence, leur martyre pourrait très bien annoncer le nôtre. Partout dans le monde les chrétiens sont persécutés, c’est pourquoi, nous, de tradition et de culture chrétienne, devons relever ce défi. C’est autrement plus ambitieux que de lutter contre le communisme: notre époque est encore plus exigeante.

Le problème c’est l’islamisme?

À l’occasion des attentats de Londres en 2005, j’ai fait une chanson qui s’appelle «Au nom d’Allah» où je demande si le terrorisme islamiste agit vraiment au nom d’Allah. Quand je l’ai chantée à l’Olympia j’ai raconté avant l’histoire du capitaine Kheliff, cet officier de l’armée française musulman qui a sauvé des pieds noirs lors du massacre d’Oran du 5 juillet 1962 en enfreignant ses ordres et qui, une fois en France, a créé une association des anciens combattants musulmans. Il faut bien savoir qu’en Algérie, tous les anciens combattants musulmans se faisaient égorger par le FLN après l’indépendance. Kheliff a aussi créé une mosquée à Lyon.

Avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien.

Cette histoire, racontée avant «Au nom d’Allah», visait à éviter les amalgames qu’aurait pu engendrer ma chanson. En effet, il faut reconnaître qu’il y a une vraie diversité au sein du monde musulman et que ces jeunes des banlieues, délaissés par la société, ne connaissant pas vraiment leur religion. J’ai du mal à voir quoique ce soit de «divin» dans les actes terroristes, c’est quelque chose de plus humain, de plus misérable. Mais tôt ou tard, nous allons être confrontés à cette violence et nous avons le devoir de nous y préparer. Figure du contre-exemple: l’Angleterre et son modèle communautariste étaient une pépinière pour les radicaux. De fait dès le début des années 2000 nous avions fait les gros titres sur cette menace islamiste, nourrie par des prêcheurs à Londres. Ces derniers appelaient déjà la mort des chrétiens, nous avions déjà senti le danger. Mais paradoxalement, cette haine pour les chrétiens nous rappelle aussi notre héritage, notre identité chrétienne puisqu’ils nous appellent «les croisés». Ils nous obligent à retrouver nos racines. Peut-être aussi oublient-ils qu’avant d’être musulman, l’orient, berceau de la naissance du Christ, était chrétien? On oublie trop souvent que la première église fut construite à Antioche. Tout comme l’Algérie qui fut d’abord chrétienne avant les invasions arabes. Saint-Augustin et sa mère, la bien-aimée Monique, en sont la plus parfaite illustration.

Entre la Légion Étrangère, l’Algérie et les Chouans, l’Histoire prend une très grande place dans votre œuvre. Quelle est l’unité entre toutes ces périodes évoquées?

Ce sont des causes dont on parle peu et qui forment un ensemble de valeurs. Je suis pied-noir, l’Histoire de l’Algérie m’a marqué. Ma musique parle de grands faits d’Histoire parfois oubliés: Budapest, le mur de Berlin… Je pense être le seul à chanter en m’inspirant de ces événements. À part moi, personne n’a chanté la révolution hongroise par exemple. L’originalité de ces thèmes est aussi ce qui me définit. Je ne fais pas de chansons d’amour ou alors, si je parle d’amour, c’est pour dire que je ne suis pas du genre à chanter des chansons d’amour.

Peut-on dire que vous êtes un chanteur de droite?

Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations.

Je ne sais pas si je suis un chanteur de droite, mais je suis sûr de ne pas être un chanteur de gauche! Être de gauche pour les chanteurs, c’est parfois une volonté artistique, voire un snobisme. Pourtant il faut savoir que les chanteurs du siècle dernier n’étaient pas automatiquement de gauche. En tout cas, ils ne l’étaient pas sur le mode «grandes consciences» d’aujourd’hui, ils faisaient moins la leçon: regardez Boris Vian, je l’aime beaucoup. Moi, je ne voulais pas travailler dans la chanson à l’origine: mon objectif était de remettre au goût du jour des faits qui étaient ignorés. Je n’ai pas de message particulier à faire passer, je préfère rappeler des situations. Il n’y a rien de mieux que la chanson pour faire découvrir ces faits. J’ai appris récemment que des élèves d’une banlieue parisienne, visitant le musée du débarquement américain en Normandie, avaient chanté ma chanson sur le débarquement: «Ils sont tombés du ciel comme s’ils avaient des ailes/ Ils ont apporté un air de liberté.» Une chanson s’écoute toujours plus facilement qu’un cours d’Histoire, c’est une autre manière de transmettre.

On vous appelle le chanteur d’Occident, c’est comme ça que vous vous voyez?

Je m’étonne toujours que l’on me présente comme le chanteur d’Occident alors que je viens d’orient. À l’époque, c’était parce que je m’opposais au communisme. On aurait mieux fait de parler de «chanteur du monde libre». Je ne pense pas qu’il y ait eu de combats plus forts que celui opposant les deux blocs pendant la Guerre Froide. Dans «Ni rouge ni mort» j’explique les raisons de mon opposition au communisme, le danger qu’il représentait avec notamment l’armée rouge! On oublie que le mur de Berlin, c’étaient des dalles dressées, prêtes à tout moment à être aplaties vers l’ouest pour faire passer les chars! C’était à mon sens un vrai combat pour la liberté que la lutte contre le communisme et les goulags dont personnes ne parlait. On a tout de même eu un parti communiste français qui prenait ses ordres à Moscou. D’ailleurs, je trouve inouï qu’il y ait encore en France un parti communiste. Rouges de honte, ils ont changé de nom dans toutes les nations occidentales mais pas en France!

À bien des égards on peut dire que vous avez eu plusieurs vies. Comment passe-t-on de l’OAS à journaliste puis à chanteur?

Je n’étais pas dans l’OAS (Organisation de l’Armée secrète, NDLR). Quand j’ai été arrêté l’OAS n’existait même pas. Mais on peut dire que j’étais pour l’Algérie Française. Je suis né là-bas. Mes ancêtres du côté de ma mère ont fait partie des déportés de la première commune en 1848 que l’on a exilés en Kabylie. L’Algérie, à ce titre, n’était pas un pays de droite. D’ailleurs c’étaient les bastions communistes, ayant des quartiers populaires, qui étaient les plus virulents lors de la guerre d’Algérie. Mon père lui n’était pas du pays: il était venu afin de préparer le débarquement américain. Il travaillait pour l’OSS qui étaient les services secrets américains. C’est là qu’il a rencontré ma mère.

C’est une vérité reconnue et acceptée : de Gaulle a trahi les pieds-noirs.

Pour revenir à mon parcours, lors du putsch de 1961, les autorités avaient besoin de voix pour lire les messages et, comme j’avais une voix radiophonique, j’ai été invité à travailler à la RTF Télévision d’Alger qui était pro-Algérie Française. Et donc j’ai été accusé de participation à un mouvement insurrectionnel, d’intelligence avec les chefs de l’insurrection, d’attentat contre l’autorité de l’État: vingt-cinq chefs d’inculpation en tout. Je suis donc passé directement des frères maristes à la prison d’Alger, puis à la Santé à Paris, enfermé pendant dix-huit mois. Ce fut une épreuve pour ma mère, bien qu’elle partageât mes convictions comme beaucoup. Je suis persuadé que ce n’était pas un combat politique, ou alors circonscrit à l’antigaullisme. De nos jours, c’est d’ailleurs une vérité reconnue et acceptée: de Gaulle a trahi les pieds-noirs. Cependant je ne suis pas non plus opposé à l’aura du Général. Si j’avais eu 16 ans en 1940 je pense que je me serai engagé dans la Résistance. Le problème donc n’est pas politique, le problème c’est l’Algérie. Comprenez: les gens souhaitaient simplement rester là où ils étaient nés. C’était finalement plus une guerre franco-française que contre les Algériens. Les autorités françaises se sont complètement engagées contre les partisans de l’Algérie française. Le 26 mars 1962, l’armée française n’a pas hésité à mitrailler la foule, faisant 80 morts et 200 blessés, ce dont plus personne ne se souvient aujourd’hui.

Vous y êtes retourné?

Non, jamais, je n’ai pas envie. Dans une chanson j’ai chanté «Je viens d’un pays qui n’existe plus».

Comment êtes-vous devenu journaliste?

J’ai commencé au journal l’Aurore dans la rubrique «faits divers», puis dans celle concernant les affaires étrangères où j’ai couvert les conflits. J’ai ainsi pu décrypter toutes les guerres d’Amérique centrale puis celles du Liban. Ensuite je suis resté quelque temps au Figaro Magazine dirigé par Louis Pauwels. La grande époque! Je n’entends pas le journalisme comme une éducation de la pensée mais plutôt comme une révélation de faits sur des affaires. J’ai eu la chance de traiter des grosses affaires comme l’arrestation d’Escobar. Tout en étant journaliste je continuais de chanter, j’ai gagné le grand prix de l’émission télévisée Âge tendre et tête de bois avec «La Prière».

Dans votre dernier album il y a une chanson, «La Force», qui s’adresse au Christ. Quelle est la place de la Foi dans votre vie et dans votre œuvre?

Je suis persuadé que croire en quelque chose est primordial dans la vie d’un homme, que c’est une force intérieure. Croire au Christ c’est encore plus fort. Quant à «La Force», curieusement je n’ai jamais mis un point d’honneur à écrire une chanson dédiée Christ, l’envie m’est venue naturellement. Le titre provient de la supplication «Donne-moi la force» qui ponctue les cantiques dans la Bible. La lecture de l’Histoire des chrétiens d’Orient et du massacre des Arméniens, de ces gens jetés vers la mort qui s’accrochent à la pensée de Dieu, m’a inspiré cette chanson. Dans un passage, je dis que je vois «Briller les âmes des compagnons qui sont morts dans les flammes». Ce parallèle m’a beaucoup ému, ce qui m’est assez rare quand il s’agit de mes écrits. De fait, je n’ai pas pour habitude d’écouter mes propres chansons. Celle-là, pourtant, il m’arrive de la réécouter.

Aujourd’hui ce qui est exaspérant c’est la médiocrité de la droite.

Comment qualifieriez-vous la situation politique actuelle en France?

Je crois que nous avions besoin d’un changement, un changement radical pour bouleverser l’ordre établi. Je salue ce rafraîchissement du personnel politique. Mais je ne crois ni au miracle Macron, ni que son système peut tenir sur la durée. Aujourd’hui ce qui est exaspérant c’est la médiocrité de la droite, la gauche n’est pas mieux, mais il m’est désespérant de voir une droite sans repère et frileuse quand il faut défendre ses idées.

Jean-Pax Méfret, chanteur anticommuniste et républicain populiste

Paul Airiau

Histoire et politique

Résumé :

Journaliste et chanteur engagé à droite, Jean-Pax Méfret traduit en chanson les tensions idéologiques et géopolitiques des années 1980. Son univers politique est typé : anticommunisme et antisoviétisme, rejet de la gauche au pouvoir après 1981, défense du peuple opprimé par les puissants, nostalgie de l’Algérie française. Il défend aussi des valeurs métapolitiques : vérité, engagement pour des valeurs, gloire militaire. Il peut être rapproché d’une forme de populisme républicain. Bien qu’en partie décalé de son public plutôt d’extrême droite et plutôt militaire, il participe à la politisation d’adolescents et à l’entretien d’une culture politique chez les adultes.

La chanson politique en France, depuis le XIXe siècle, relève davantage de la contestation ou de la subversion de l’ordre établi que de la conservation ou de la réaction politiques [1] . Rares furent les chansons politiques de droite largement diffusées, notamment à partir des années 1960, même si certains chanteurs populaires sont réputés de droite, comme Michel Sardou [2] . Aussi peut-on se pencher sur Jean-Pax Méfret, dont l’itinéraire, du combat pour l’Algérie française au début des années 1960 à la chanson bientôt politique dans les années 1970 et au Figaro Magazine dans les années 1980, en fait une figure originale d’une droite populiste et un témoin significatif des mutations idéologiques de la fin du XXe siècle français.

Matricielle est en effet dans l’identité de Jean-Pax Méfret sa naissance à Alger en 1944 [3] . Son père, installé à Marseille, passé en Algérie en 1942 comme résistant lié à l’OSS, y rencontre sa mère, issue d’une famille franco-italienne. Méfret grandit dans le quartier populaire de Belcourt, socialisé dans le catholicisme et le patriotisme. Les « événements » le font anti-indépendantiste. S’il accueille avec joie de Gaulle en 1958, il se retrouve aux côtés des insurgés des barricades en janvier 1960, fréquente le Front de l’Algérie française et devient agent de renseignement et de liaison de l’OAS après le putsch d’avril 1961 ; il est interné quelques semaines pour avoir occupé la radio-télévision d’Alger. Arrêté en février 1962, libéré à l’automne, il achève ses études et se lance dans le journalisme et la chanson pour les rapatriés [4] . Promu par Decca en 1964 comme chanteur-auteur-compositeur, avec deux 45 tours et quatre chansons, sous le nom de Jean-Noël Michelet, il participe à l’émission « Âge tendre et têtes de bois » dont il remporte en juin 1965 le prix du public, puis enregistre en 1966 six nouveaux titres en deux 45 tours et connaît une certaine médiatisation [5] .

Decca aurait-elle tenté d’exploiter le filon « rapatriés » ouvert par Enrico Macias en 1962 ? Peut-être. Mais sa carrière ne décolle pas après 1966 [6] . Avec l’amnistie des partisans de l’Algérie française, sa chanson se politise nettement : trois 45 tours en 1968, dont Messages prisons exil où sa musique accompagne les propos de six anciens dirigeants de l’OAS, et en 1969 un 45 tours d’hommage au Lieutenant Roger Degueldre, un des chefs des commandos Delta de l’OAS, devenu une figure martyrielle des milieux d’Algérie française en raison des conditions de son exécution en 1962 – la salve ne fait que le blesser et il faut six coups de grâce pour l’achever. Journaliste à France Horizon, organe de l’ANFANOMA, association de rapatriés, il entre en 1970 à l’hebdomadaire Minute, passe à L’Aurore en 1974 comme grand reporter de politique intérieure puis internationale, et participe aux tentatives de suppléments dominicaux du Figaro. De 1980 à 2000, il est grand reporter au Figaro Magazine. Inséré dans une presse de droite libérale relancée par Robert Hersant, il n’oublie pas la chanson. En 1974, sous son nom, Le Chanteur de l’Occident (45 tours chez Barclay, diffusion Decca) bénéficie d’une certaine couverture médiatique, profitant de L’Archipel du goulag [7] .

Puis, de 1980 à 1986, il enregistre une cinquantaine de compositions. L’essentiel se concentre en 1980-1982, avec 32 titres : Vous allez me traiter de réac (1980, 33 tours et cassette de dix morceaux), trois 45 tours consacrés à l’Algérie (1980, sept compositions reprises en cassette), trois 45 tours d’une série intitulée « Combats » (six chansons dont une reprise, partiellement éditées en cassette), Faits divers (1982, 33 tours et cassette de neuf titres) dont est extrait le 45 tours Solidarité. Un album réunit les versions espagnoles de certaines chansons. La production est plus étalée ensuite (20 morceaux) : Ni rouge ni mort (1984, 33 tours et cassettes de dix compositions), un maxi-45 tours Calédonie  (1985, deux chansons), Pour mémoire (1986, 33 tours et cassette de huit titres). Après 1986, il compose peu (neuf chansons) et propose essentiellement des compilations [8] . Internet renouvelle le lien avec son public, grâce à un site lancé par un fan en 1999, agréé par lui en 2000, et connaissant sa troisième version en 2007. Cela le conduit à donner un concert parisien en 2004, puis d’autres jusqu’en 2008 [9] . Trois livres lui valent une certaine médiatisation au milieu des années 2000 : une biographie de Bastien-Thiry, un récit de jeunesse et une enquête sur l’affaire Markovic [10] 

L’essentiel de sa carrière musicale se déroule ainsi dans la première partie des années 1980. C’est donc sur les chansons de cette période que se focalisera l’analyse : déclinant anticommunisme, populisme et mémoire pied-noire sur les musiques des années 1960-1980, elles sont les plus significatives politiquement. La considération de caractéristiques communes à toutes les chansons préludera à une étude plus circonstanciée de l’anticommunisme et de sa déclinaison à la France, avant d’aborder les dimensions métapolitiques de l’univers de Méfret, le tout permettant alors de le situer précisément sur l’échiquier politique. Enfin, une approche de la diffusion et de la réception pourra conclure l’analyse.

Des thèmes

Le Chanteur de l’Occident “1980” le clame : « Puisque la guitare est devenue une arme […] Puisque l’un de vous a chanté Potemkine Moi je viens chanter Soljenytsine […] Je chante contre le Grand Soir […] Je chante pour l’Occident. » « Les démagos » vilipende les responsables de la levée du « soleil noir » et du « sang qui coule sur nos têtes » car il a sa source « dans [leur] esprit ». Si les intellectuels et les chanteurs engagés à gauche sont dénoncés comme meurtriers, seules trois allusions visent des chanteurs précis : Jean Ferrat pour Potemkine (dans Le Chanteur de l’Occident), Boris Vian pour Le Déserteur (dans Djebel Amour), et Maxime Le Forestier pour San Francisco (dans L’Île Saint-Louis) [11] . L’univers de Méfret est ainsi circonscrit : l’anticommunisme qui conduit à combattre les intellectuels homicides complices du totalitarisme soviétique et de tout régime anti-occidental.

A cet anticommunisme revendiqué s’ajoutent la lutte contre la gauche et pour les pays martyrs (Liban, Cambodge) ; l’Algérie ; les histoires exemplaires d’individus, et la grandeur militaire ; les sujets de société, des inspirations diverses et des notes personnelles. Ces thèmes se recoupent parfois – combat politique et anticommunisme, qui dominent les deux premiers albums, la grandeur militaire imprégnant l’Algérie et les destins –, certains ont une connotation politique sous-jacente (drogue, violence urbaine). Au final, combat politique, anticommunisme et Algérie sont les sujets principaux, dans le prolongement des engagements de Méfret et du contexte des années 1970-1980. Celui-ci rend aussi compte des sujets de société liés aux difficultés socio-économiques, ce qui conduit à un éparpillement de l’inspiration en 1986, avec la diminution des tensions idéologiques et internationales et l’affirmation de la droite depuis le début des années 1980.

Le caractère politique donne aux chansons une dimension pamphlétaire de martèlement des convictions politiques, pour un tiers à un quart d’entre elles. Mais, bien plus efficacement, les idées sont véhiculées par des récits d’une vie ou d’un épisode significatif prenant toute leur dimension une fois contextualisés. L’assimilation au personnage et la sympathie visent à convaincre en utilisant la sphère existentielle et émotive. Ce procédé appuie un manichéisme latent : Bien et Mal s’opposent dans un combat sans merci où la vie et la mort sont en jeu. Y est fréquemment associé le rapport entre « maintenant » et « autrefois », « ici » et « ailleurs ». Typique est Djebel Amour. Un ancien combattant d’Algérie se heurte à l’incompréhension de ses amis et de ses parents, comme trente ans auparavant quand on « chantait Le Déserteur à Saint-Lazare », alors que pour lui, cela représente « dix-huit mois à vingt ans », matérialisés dans « une rose des sables Qu’il pose sur la table Et il a le cœur lourd ».

La guitare est-elle « devenue une arme » ? Cette phrase est en effet chantée sur une mélodie de piano… Cependant, présente, la guitare crée le pathos, afin de convaincre sans utiliser la raison (Dien Bien Phû), ou assure un rythme (Les Barricades). Ce dernier prédomine, avec la guitare basse, la batterie et les percussions – l’exemple accompli en est Parole d’homme. A partir de 1985, la musique se rapproche de la « chanson FM ». Méfret suit en partie l’évolution des genres musicaux : son premier album contenait Goulag, un disco, alors sur son déclin. Il demeure ainsi loin des formes issues du rock à partir de la fin des années 1960 et en partie utilisées par la contestation socio-politique (hard-rock, punk). Il se glisse dans les musiques commercialement dominantes, entre « variétés », chanson d’auteur et pop-rock mainstream.

De l’anticommunisme au populisme

Anticommunisme : le thème est omniprésent. Il est abordé, avec l’URSS, par son aspect meurtrier, répressif et liberticide, ou par le biais de faits et d’événements symboliques. Le goulag est chanté trois fois (Le Camp 36, Sibérie, Goulag). Prenons quelques citations : « Les commissaires politiques ont estimé qu’il était fou » (car il chantait Yesterday des Beatles : Le Camp 36) ; « L’eau est sale Elle sort d’un égout », « Dehors ils ont creusé sa fosse La croix porte son numéro », on récite dans les camps « Je vous salue Staline » (Goulag) ; « Les femmes Avec des barbelés Tressent des colliers et des bagues Elles font les bijoux du Goulag » (Sibérie). Utilisation politique de la psychiatrie, internement pour avoir remis en cause le système soviétique, isolement sans contacts avec l’extérieur, souffrance, conditions de vie terribles, travail dur, mort qui fait définitivement sombrer dans l’anonymat, ultime négation de la personne, le goulag incarne le communisme annihilant liberté, droit et justice. Lieu de la perversion parfaite, de la déification du tyran, la résistance y demeure cependant possible : par la foi, l’inventivité et l’espérance matérialisée dans l’Ouest, « le paradis qui existe là-bas ».

Autre lieu symbolique, Berlin est traité dramatiquement avec Veronika, récit de la rencontre d’une jeune Allemande de l’Est, morte en tentant de franchir le Mur, symbole de ceux qui veulent se libérer du communisme et refusent la partition de la ville. Cette variation sur un topos, l’homme de l’Ouest rencontrant la femme de l’Est, faite à la première personne, renforce l’assomption existentielle de la déchirure qu’est le Mur, accentuée par l’insertion du « As a free man I take pride in these words : Ich bin ein Berliner » de John Kennedy à Berlin le 26 juin 1963, la fin de la chanson lui faisant écho. Professeur Müller propose une évasion spirituelle de Berlin, par la musique et la prière, Dieu devenant le seul recours dans un monde menteur et factice. Budapest affirme le caractère foncièrement liberticide du communisme en rapprochant la Hongrie de 1956 de la Pologne de 1981, où, dans les prisons, « On se tourne vers la terre française En criant “Solidarité” ». Cuba est traitée par le biais de l’humour. Dans Miss America, la fille de purs militants castristes, qui rêve des Etats-Unis et de devenir Miss America, « tiendra le drapeau » lors des fêtes officielles, pied de nez secret à Castro.

L’anticommunisme débouche dans un combat politique en France même, abordé à égalité par le pamphlet et le récit exemplaire. Parmi ces derniers, Antoine et L’Enfant du flic dénoncent l’antimilitarisme et la haine de la police. D’un côté, l’ancien combattant d’Algérie, clochardisé, castré par les fellaghas ; de l’autre, les enfants de policiers attaqués par leurs camarades sous l’œil indifférent de l’ « instit’ qui a fait 68 » et « tire sur son shit ». La Manif’ et L’Île Saint-Louis opposent l’espoir de mai 1981 à son impossible réalisation : l’électrice de gauche, blessée lors d’une manifestation, finit par considérer qu’on l’a trompée, que les chansons de mai 1968 ont « perdu leur magie ». Quant aux pamphlets, leur violence n’a d’égale que leur virulence : « Garde ça en mémoire camarade Quand tu vas défiler pour la paix Le sang des enfants tués à la grenade A la couleur de tes idées » (Camarade). Et pour n’être Ni rouge ni mort, il faut s’armer avec les missiles nucléaires Pershing II. Cet anticommuniste atteint les socialistes au pouvoir. Solidarité et Libertés dénoncent un totalitarisme larvé (« Vous brouillez les radios Vous régentez l’école »), l’hypocrisie (« Vous jouez au prolo J’en connais qui rigolent ») et la responsabilité du PS dans ses difficultés, en liant le combat de Solidarnosc, l’aspiration à la liberté et la situation française.

Méfret mène donc une lutte dont la violence répond à celle prêtée aux adversaires : non pas débattre, mais se battre. Cette violence verbale, au service du combat politique, répond en fait à une violence sociale, qui est le trait principal des années 1980. Elle est toujours abordée par le biais de l’histoire d’une victime, dans Faire-part, Faits divers, La Colère et L’Enfant otage. Des gens simples, ouvriers, retraités, anonymes, en situation de faiblesse accentuée parfois par leur solitude et leur état (une personne âgée dans son appartement, un collégien face à une bande, une jeune femme sur un quai de gare, un enfant otage de braqueurs de banque), sont la proie d’agresseurs, des hommes en groupe volant, cassant, rackettant, torturant, violant. La violence est gratuite et injuste. Ainsi, l’ouvrier de Faits divers est tué la veille des vacances parce que « le loubard le plus moche » a parié « dix sacs Il a les foies le bourgeois Il ne passera pas ». Elle est aussi mesquine : elle obtient un plaisir facile, le viol, et un peu d’argent. Flash présente dans ce cadre le cas particulier de raconter l’histoire d’une droguée exploitée par un dealer.

Méfret dénonce ainsi « la peur sur la zone », dont sont responsables des marginaux, des hommes politiques et des fonctionnaires inactifs (La Colère). La justice rendue par soi-même (dans Faits divers, le fils tue le meurtrier de son père) et la révolte politique enracinée dans une colère croissante sont légitimées. Les citoyens livrés à l’insécurité par l’incurie politique, les couches populaires souffrant de l’irresponsable politique socialiste après 1981, les nations privées de liberté par le communisme, les pieds-noirs abandonnés par des gouvernants inconséquents, tous petites gens, victimes innocentes, peuvent et vont se soulever, demander des comptes aux responsables de la situation et se libérer. Sous des modalités diverses s’affirme ainsi une catégorie centrale, le « peuple ». Pensé comme consistant, il est construit par la mise en avant d’une situation de victime appelée à se révolter pour construire un ordre nouveau, sûr et libre. Le populisme se révèle bien ici modalité particulière d’organisation du politique [12] .

L’engagement, valeur métapolitique enracinée dans l’expérience algérienne ?

La violence légitime répond ainsi à la violence imposée et subie, les chansons pamphlétaires n’en étant qu’une expression. Mais la lutte est rarement couronnée de succès, comme si l’essentiel était de combattre, la réaction exprimant l’existence, manifestant une dignité que rien ne peut abolir. Le combat devenant le mode de témoignage du spirituel, peu importe qu’il soit gagné ou ait lieu physiquement. Car le combat premier est celui de l’esprit contre le Mal : le chanteur de Camp 36 est interné dans un hôpital psychiatrique, le moribond de Goulag demande le Credo. Le combat, donc l’engagement, étant essentiel, les chansons de destin et de grandeur militaire prennent un sens nouveau, entre résurrection politique et mythification cosmique : d’un côté la France se réconcilie avec son armée grâce à Kolwezi, et Le Jour J exalte les soldats alliés du 6 juin 1944 ; de l’autre, à Camerone, « Le soleil baissa les yeux [lorsque les légionnaires] furent exterminés [13] . » La résistance désespérée devient accomplissement exemplaire. Les « gosses de dix-huit ans Pour la France Meurent en chantant » à Dien Bien Phû, Camerone est le modèle pour un « petit » qui veut « marcher sur le chemin qui mène à la gloire ». Mais l’on ne revient pas sans blessure de la guerre, puisque Le Fou, traumatisé en Indochine, est incompris même des prostituées, et l’échec est récurrent. Cependant, transformant les morts en symboles (Le Béret amarante), il permet de témoigner efficacement, ce qui en fait une réussite.

Cet engagement total, lié à une exaltation des destins, est aussi esthétisé, ainsi dans Le Camp des solitaires où la radicalité absolue d’une camaraderie renversant tout sur son passage, et Les Oies sauvages ou Le Messager, qui transfigure Jean-Paul II. Car Méfret veut susciter un désir tendu de tout l’être. Mais cette esthétisation de la militance est balancée par l’irréversibilité des catégories morales : il faut choisir le bien, la liberté, la patrie, l’honneur. Pourtant, un certain désenchantement pointe finalement, exprimé à travers la situation libanaise. Le Béret amarante relate le départ volontaire d’un jeune homme parti accomplir son « destin », son appui aux Phalanges chrétiennes, sa mort finale. Cinq ans plus tard, Beyrouth est sans illusion : « Soldat de la paix on l’appelle Soldat cible serait moins trompeur », dans une ville en ruines où la violence des adultes a perverti les enfants.

Ces dimensions se retrouvent toutes dans les chansons sur l’Algérie, avec des tonalités particulières. Les Barricades (de janvier 1960) et Le Loup de guerre (un officier parachutiste devenu mercenaire) unissent nombre d’éléments de la mythologie Algérie française : l’abandon par le gouvernement, les pieds-noirs patriotes se défendant légitimement, les soldats rebelles par honneur (le mercenaire voulut rester fidèle « au serment qu’on lui fit prêter ») réduits à survivre comme ils le peuvent, les parachutistes. S’y ajoute la vie marquée à jamais. Le mercenaire, devenu machine à tuer dans les guerres idéologiques, passant du Biafra indépendantiste aux milices chrétiennes du Liban, sans oublier la guérilla antimarxiste en Angola ou anti-islamiste au Soudan, est spirituellement misérable, comme l’ancien conscrit incompris de Djebel Amour que « Ses souvenirs […] entraînent, ses souvenirs […] enchaînent ». Ces victimes, marquées par leur engagement sans retour, ont vécu une tragédie, « le temps du malheur » : l’indépendance algérienne (Santa Cruz). Les notations personnelles se font alors plus fortes, Méfret devenant acteur de ce qu’il chante. L’exode crée la douloureuse nostalgie difficilement exprimable de la terre aimée (Le Pain de la misère, Un Noël à Alger, Santa Cruz). Le scandale, la révolte, « la colère », font interpeller Dieu pour tenter de comprendre (La Prière). Seule la statue de la Vierge d’Oran rapatriée en France demeure un point d’ancrage (Santa Cruz), alors que la geste pied-noire est magnifiée (L’Hymne des Pieds-Noirs, La Médaille – avec dénonciation de l’antimilitarisme).

Il est alors possible de penser que l’échec du combat pour l’Algérie française devient la matrice du positionnement métapolitique et politique de Méfret. Les pieds-noirs, victimes qui se sont battues envers et contre tout et dont les souffrances sont la promesse d’un renversement à venir, anticipent et permettent de penser ceux qui souffrirent du communisme et les gens de peu ignorés des puissants.

Un chanteur populiste et républicain

De quel univers politique relève alors Méfret ? En 1982, il se présente implicitement comme « nationaliste français [14] ». A partir de 2003, son site internet affirme qu’il « n’appartient à aucun parti politique. Il est avant tout attaché aux valeurs traditionnelles de la République dans le respect des droits, mais aussi des devoirs des hommes et des citoyens. Jean-Pax Méfret est d’abord un non-conformiste qui chante “vrai” [15] . » Tendance populiste, non-conformisme revendiqué, esthétique de l’engagement, anticommunisme, Algérie française, République des droits et des devoirs : tout pousse vers l’extrême droite.

Mais, entre 1999 et 2002, il s’est rapproché de Démocratie libérale d’Alain Madelin [16] ; et surtout, le nationalisme xénophobe est totalement absent. La descriptive « main d’ébène » du dealer de Flash est seule face aux légionnaires « Français par le sang versé » (Kolwezi) et à l’absence de l’immigration extra-européenne, question nettement politique depuis le début des années 1980. Le patriotisme, où l’armée incarne la nation, est républicain : La Marseillaise est « morceau d’histoire française » (Budapest), le casque bleu risque sa vie pour « Marianne » (Beyrouth). Au plan économique, ni libéralisme du Front national, ni organicisme corporatiste, ni allusion aux débats des années 1980 sur la politique industrielle, les nationalisations et les privatisations. Seules les conséquences des difficultés sont traitées, avec le suicide d’un chômeur dans Faire-part. Les grands combats, défaites et références de l’extrême droite et des contre-révolutions royalistes ou catholiques sont absents [17] . Sauf l’Algérie. Car domine l’origine algéroise : milieu populaire, patriote, rapproché de l’armée par la Guerre d’Algérie, éloigné des responsables politiques et radicalement opposé à la gauche socialiste et communiste – une sorte de Barrès pied-noir, le Barrès d’après-1919 où ont disparu les ennemis extérieurs, battus, et intérieurs, intégrés par le sacrifice militaire, la « nostalgérie » représentant l’enracinement.

Ce populiste républicain anticommuniste s’inscrit dans les conflits géopolitiques et idéologiques des années 1960-1980. Multiples sont les références à l’actualité internationale : révolution portugaise (1974) dans L’Île Saint-Louis, Soljenitsyne (1974-1975) dans Le Chanteur de l’Occident, guérilla bolivienne dans Feliciano, accords d’Helsinki (1975) dans Le Chanteur de l’Occident, Kampuchéa démocratique (1975-1978) dans Et la musique s’est arrêtée et Les Démagos, révolution iranienne dans Les Démagos et révolte katangaise (1978) dans Parole d’homme, boat people fuyant le Viêtnam dans L’Île Saint-Louis, syndicat libre polonais Solidarnosc (1980-1981) dans Solidarité et Budapest, dissidence d’Andreï Sakharov dans Le Chanteur de l’Occident, renouveau de la tension Est-Ouest (invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979, crise des euromissiles de 1981 à 1984, Boeing des Korean Airlines abattu par la chasse soviétique dans la nuit du 1er-2 septembre 1983) dans Camarade et Ni Rouge ni mort, guerre civile libanaise (1975-1986, avec l’assassinat du président Béchir Gemayel le 14 septembre 1982 et les attentats contre la Force multinationale de sécurité le 23 octobre 1983) dans Le Béret amarante et Beyrouth. Pour la France domine la donne politique issue de la présidentielle de 1981 : « changement » après le 10 mai dans L’Île Saint-Louis et Solidarité, congrès du PS à Valence qui demande un renouvellement des cadres de l’administration (23-25 octobre 1981, avec référence au discours de Paul Quilès du 23), naissance des « radios libres » autorisées de manière dérogatoire (1982) et projets éducatifs du ministre Alain Savary (1984) dans Solidarité, et, anecdotiquement, l’Îlot Châlon, lieu de squat et de trafic de drogue parisien avant sa rénovation (décidée en 1984) dans Flash. Les revendications kanakes de 1984 à 1989 permettent de croiser anticommunisme et patriotisme dans Calédonie, le FLNKS se revendiquant du marxisme.

Méfret participe donc du renouvellement des droites et d’un révisionnisme intellectuel à partir du milieu des années 1970. La poussée monétariste ne s’accompagne pas d’une rénovation politique ou culturelle, malgré les tentatives de Valéry Giscard d’Estaing. La Nouvelle Droite tente de s’affirmer, profitant du lancement par Hersant en 1978 du Figaro Magazine, où confluent plusieurs pensées de droite, unies par leur volonté nette d’en découdre avec les gauches [18] . 1981 accentue le mouvement, en plaçant la droite dans l’opposition, violente et active, au Parlement et dans la presse – notamment dans les journaux du groupe Hersant, visé en 1983-1984 par une loi « anti-concentration » âprement débattue. La désidéologisation de l’exercice socialiste du pouvoir, avec le tournant de la rigueur en 1983, la pratique de la désinflation compétitive après 1988, le difficile renoncement de la droite gaulliste au dirigisme économique, le réchauffement des relations Est-Ouest après 1986, atténuent les polémiques à visée identitaire. Les conflits se déplacent vers des thèmes plus « sociétaux » ou partiellement nationaux, comme l’indépendantisme kanak, ce que Méfret traduit à sa manière [19] .

De manière plus marginale, ses chansons n’interviennent pas dans les tensions agitant le monde rapatrié dans la décennie 1980. Mais il participe à la construction de la mythologie pied-noire : religion populaire dans Santa Cruz avec la statue de la Vierge d’Oran installée désormais à Nîmes, patriotisme et fierté de la participation à la libération de la métropole lors de la Seconde Guerre mondiale et revendiqués dans La Médaille et L’Hymne des pieds-noirs, pieds-noirs définis comme des pionniers sans s’interroger sur la colonisation dans L’Hymne des pieds-noirs, « nostalgérie » recomposant, par le biais de l’exil, en un peuple solidaire un monde qui fut et demeure traversé de failles politico-sociales – entre grands colons et petits artisans et employés urbains, entre partisans du Parti socialiste, des partis centristes ou de droite modérée, et ceux du Front national [20] .

Diffusion et réception [21]

Un univers aussi circonscrit et au message politique si fort jusque dans les voies indirectes qu’il emprunte, et dont l’expression dépendait assez largement des circonstances même s’il s’y trouve des éléments métapolitiques en partie intemporels, pouvait-il connaître le succès dans les années 1980 face à la chanson de divertissement, qui représente plus que l’écrasante majorité de la production et marginalise radicalement, au moins en France, toute forme de chanson militante ? La diffusion à la radio ou à la télévision, avec pour cette dernière quatre passages retrouvés dont deux en 1975, fut donc faible [22] . Les concerts occasionnels, à l’occasion de reportages ou de manifestations politiques, comme les journées d’Amitié française du Centre Charlier, les fêtes Bleu Blanc Rouge du Front national, servent aussi à la popularisation. Mais la diffusion repose largement sur le contact individuel et non sur une commercialisation de masse appuyée sur la médiatisation radio-télévisée – Méfret dénonce une censure [23] . Les disques et cassettes, achetés par exemple par le biais de la SERP de Jean-Marie Le Pen, sont écoutés entre amis ou camarades, prêtés, dupliqués – comme les CD ensuite. Ce fonctionnement réticulaire se double d’une transmission familiale, accentuée dans les années 2000, les rééditions, les nouvelles productions et le site Internet permettant une relance de la diffusion.

La spécificité des thèmes explique ce type de diffusion et la réceptivité sélective en fonction des milieux. Le monde militaire est un vivier très important, avec 16% des messages du site jean-pax.com en avril 2005, des années 1980 aux années 2000, plus peut-être parmi les militaires en opération que parmi les encasernés. Sont ensuite atteints les proches des soldats et des adolescents idéalisant l’armée – lycéens militaires, certaines unités scoutes de zones de classes moyennes supérieures, ainsi l’ouest des Yvelines. Le monde pied-noir est plus discret. Nationalistes, royalistes et catholiques contre-révolutionnaires accueillent un renouvellement pop-rock des chansons de droite, jusqu’à présent royalistes, vendéennes, chouannes, fascistes, antibolcheviques, militaires [24] . Ces publics sont plus ou moins segmentés, y compris au plan socio-économique : les militaires, plus souvent soldats ou sous-officiers, appartiennent davantage à un milieu populaire, de formation inférieure au baccalauréat. Ils sont fédérés par l’aspect militaro-esthétique et la contestation de la gauche, et se positionnent massivement à droite ou à l’extrême droite. La dimension populiste et républicaine n’est presque jamais perçue. L’univers politique de Méfret est ainsi partiellement décalé de celui de ses auditeurs.

Les chansons ont une fonction mobilisatrice et identificatoire, illustrant des idées ou des références déjà acceptées et défendues. Chantées à plusieurs, pour affirmer une communauté de vues ou de vie, rarement discutées, ou écoutées solitairement, elles ne diffèrent pas de la musique habituellement écoutée [25] , tout en ayant une portée politique, construisant un anticommunisme et une défense de l’Algérie française, et métapolitique, alimentant une esthétique de l’engagement et une valorisation de l’honneur. Chez les adolescents, illustrant musicalement un univers politique, elles participent à la politisation. Chez les adultes, elles entretiennent cet univers dans la durée. Ici réside leur efficacité, plus que dans un retournement ou une opposition politiques ponctuels [26] . Aussi Méfret peut-il être, à ce titre, l’objet d’un investissement important, avec l’initiation des enfants et amis, l’achat de tous les disques, des livres, la recherche d’informations.

Ainsi, Méfret peut servir d’analyseur à plusieurs titres. D’abord, il donne de voir fonctionner une forme de chanson politique : plus que la conviction, l’illustration, la construction d’un univers politique par l’appui sur des éléments métapolitiques faisant sens avec cet univers. Ensuite, historiquement, enraciné dans l’Algérie française, évoluant vers un fort anticommunisme en raison de l’évolution du contexte géopolitique, vivant un combat presque apocalyptique dans la France dirigée par le Parti socialiste, il montre l’existence, voire la vivacité, d’un populisme républicain dont on peut se demander s’il ne pourrait se retrouver chez d’autres personnalités, hebdomadaires ou organisations de droite dans les années 1980 (Alain Griotteray, Figaro Magazine, CNI, MIL, UNI). Il amène à s’interroger aussi sur la possible fonction d’interface que peut jouer ce républicanisme particulier dans les relations de la droite avec l’extrême droite, voire sa contribution à la vulgarisation de thèmes qui ont fait le succès de cette dernière à partir de 1984. Enfin, utilisant les formes musicales issues des années 1950-1960, se distinguant de la mouvance skinhead des années 1970, il précède le rock identitaire français des années 1990-2000, engagé de manière beaucoup plus explicite, lié à une génération née après 1970-1975 et à une politisation accompagnée par le poids du Front national [27] .

Notes :

[1] Sur le rapport entre chanson et politique : Chansons en politique : journée d’étude du 29 novembre 2002, Paris, Bibliothèque nationale de France, coll. « Conférences de la Bibliothèque nationale de France », 2003, 5 CD (dont Marc-Olivier Baruch, « Histoire, chanson et politique : remarques en forme de synthèse », CD 4, Anthony Pecqueux, « Chansons politiques : tendances actuelles », CD 5) ; « La politique en chanson », Mots. Les langages du politique, n° 70, novembre 2002 (http://mots.revues.org).

Approche plus factuelle dans Daniel Pantchenko, « Vous avez dit “chanson engagée” ? », Textes et documents pour la classe, n° 894, « La chanson française », 15-30  avril 2005 (http://www.cndp.fr/revueTDC/894-72891.htm, consulté le 3 février 2009) ; Chantons l’affiche. Quarante années de notre histoire illustrées par l’affiche et la chanson, documents réunis par Bernard Champelovier, Chambéry, Editions Jean-Jacques Rousseau, 1996 (Méfret, p. 15, 121, 125) ; Serge Dillaz, La Chanson française de contestation des barricades de la Commune à celles de mai 1968, Paris, Seghers, 1973 ; Le Choc du mois, n° 14, « Chanson française : engagez-vous », juillet 2007.

Pour les chansons sur les colonies : Alain Ruscio, Que la France était belle au temps des colonies… : anthologie de chansons coloniales et exotiques, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Actualité de l’histoire », 2001 (Méfret, p. 283, 284) ; Claude Liauzu, Josette Liauzu, Quand on chantait les colonies, Paris, Editions Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », 2002 (Méfret, p. 149, 171-172).

[2] Polémique de Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Faut-il brûler Sardou ?, Paris, Editions Savelli, 1978.

[3] « Regarde les hommes changer », Europe 1, 20 juin 2007.

[4] Il avait participé à un radio-crochet en 1960 ; le catalogue BN Opale Plus lui attribue un « slow-rock », « Chérie », en 1956.

[5] « Âge tendre et têtes de bois », ORTF, 10 novembre 1964, 10 juin 1965. Il participe au concert télévisé « MusicHall de France » (9 avril 1966) et à « Jeunesse oblige » (19 juillet 1966, où il côtoie Rika Zaraï, Serge Lama et Michel Polnareff).

[6] Valérie Esclangon-Morin, Les Rapatriés d’Afrique du Nord de 1956 à nos jours, avant-propos de Claude Liauzu, Paris, L’Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 2007, p. 337-338.

[7] Selon Renaud, il participe avec lui à un « Midi Première » (déclaration à « Les enfants de la télé », Antenne 2, 25 mars 1995). Selon les archives de l’Inathèque, Méfret chante dans « IT1 Magazine » de Yves Mourousi (TF1, 11 mai 1975), Renaud participe à « Midi Première » de Danielle Gilbert (TF1, 17 mai 1975) : « Rapport du Chef de chaîne », TF1, 11, 17 mai 1975 et « Conducteurs Actualités », TF1, 11 mai 1975. Un reportage sur Méfret est diffusé dans « FR3 Dernière » le 21 juin 1975 (« Rapport Chef de chaîne » de FR3, dactyl., 21 juin 1975, avec surcharges manus. : « Occident » remplacé par « Occitan », Inathèque).

[8] 1995 : Les années froides (double-CD, 40 titres), Algérie – Nostalgie (double-CD, neuf morceaux) ; 1999 : Le soir du neuf novembre ; 2002 : Méfret chante Saint-Cyr (CD de deux compositions) et Quand les souvenirs reviennent (CD collector de trois titres et un récit) ; 2003 : Là-bas (CD de neuf chansons  sur l’Algérie), deux double-CD reprenant les 33 tours, un quintuple-CD reprenant ces double-CD et les versions espagnoles ; 2004 : Sainte Mère Eglise (CD collector de trois titres), Chansons d’histoire militaire, (CD de dix chansons) ; 2006 : Guerres de Vendée (CD de cinq morceaux et récits).

[9] http://www.jean-pax.com . Début du concert de 2004 sur http://www.dailymotion.fr  Exemple de mise en valeur par Internet : http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst/Jean-Pax_Mefret.htm [lien consulté le 3 février 2009]. Le concert d’Issy-les-Moulineaux du 11 octobre 2008 a été édité en DVD par la société Diffusia.

[10] Tous publiés à Paris chez Pygmalion : Bastien-Thiry, jusqu’au bout de l’Algérie française, 2002 (rééd. 2007 : Jusqu’au bout de l’Algérie française : Bastien-Thiry) ; 1962, l’été du malheur, 2007 ; Une sale affaire. Markovic, Marcantoni, Delon, Pompidou et les autres, 2007.

[11] La présence de Le Forestier peut s’expliquer par Le parachutiste (1972) ; selon Le Forestier, Méfret se présentait comme l’anti-Le Forestier (L.-J. Calvet, J.-C. Klein, Faut-il…, op. cit.). Miss Cuba pourrait répondre à Cuba si (1967) de Ferrat.

[12] Ernesto Laclau, On Populist Reason, London, Verso, 2005, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Ricard, La raison populiste, Paris, Editions du Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2008 ; Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste : essai sur les démagogies de l’âge démocratique, Paris, Flammarion, coll. « Champs », nouvelle éd. revue et augmentée, 2007 ; Guy Hermet, Les populismes dans le monde. Une histoire sociologique, XIXe-XXe siècles Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Yves Demy, Yves Surel, Par le peuple, pour le peuple. Le populisme et les démocraties, Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 56, « Les populismes », novembre-décembre 1997. Intéressante comparaison : Christian Le Bart, « La figure du peuple dans les chansons de Renaud. De l’exploitation à l’aliénation », Mots. Les langages du politique, n° 70, « La politique en chanson », novembre 2002 (http://mots.revues.org/index9763.html, lien consulté le 3 février 2009).

[13] Le 30 avril 1863, lors de la guerre du Mexique, le capitaine Danjou et 62 soldats de la Légion étrangère, encerclés par deux mille Mexicains dans le hameau de Camerone, refusent de se rendre. Survécurent cinq soldats. L’anniversaire de la bataille est devenu la fête traditionnelle de la Légion.

[14] « Passez donc me voir », Antenne 2, 2 janvier 1982.

[15] http://www.jean-pax.com/page=faq (sans changements entre 2005 et 2007).

[16] Il chante « Le soir du 9 novembre » lors de la célébration de la chute du mur de Berlin organisée par Démocratie libérale (9 novembre 1999), et compose Aux couleurs de la vie qui clôt les meetings de la campagne présidentielle de Madelin en 2002 (« Décibels », France Culture, 6 mai 2002)

[17] Seules allusions : le phalangiste José Antonio Primo de Rivera dans Le Chanteur de l’Occident (1975), les Guerres de Vendée (2006). Les Oies sauvages renvoie aux missions de l’armée de l’air en Afrique, non à l’arrière-plan nationaliste allemand.

[18] Séverine Nikel, Culture, valeurs et art de vivre dans « Le Figaro Magazine », mémoire de DEA d’histoire du XXe siècle, sous la direction de Michel Winock, IEP de Paris, 1993, 134 f.

[19] Jean-Marie Donegani, Marc Sadoun, « 1958-1992. Le jeu des institutions », François Bourricaud, « 1945-1992. La crise des référents », dans Jean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites. 1. Politique, avant-propos de Jean-François Sirinelli, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2006 (1992), p. 426-481, 567-598.

[20] Daniel Leconte, Les pieds-noirs. Histoire et portrait d’une communauté, Paris, Seuil, coll. « L’Histoire immédiate », 1980 ; Joëlle Hureau, La mémoire des pieds-noirs, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2001 (Olivier Orban, 1987) ; Jeanine Verdès-Leroux, Les Français d’Algérie de 1830 à aujourd’hui. Une page d’histoire déchirée, Paris, Fayard, 2001 ; Eric Savarèse, L’invention des pieds-noirs, Paris, Séguier, coll. « Les Colonnes d’Hercule », 2002, p. 147-179 ; Valérie Esclangon-Morin, Les rapatriés…, op. cit., p. 326-330. La pochette de L’Hymne des pieds-noirs est la seule allusion à la colonisation (une photographie d’un groupe de pieds-noirs, d’officiers et d’Algériens décorés, à la fin du XIXe siècle).

[21] Sont utilisés des éléments collectés par contacts amicaux avec une dizaine de personnes ayant écouté Méfret durant leur adolescence, envoi d’un questionnaire en mai 2005 à des personnes ayant posté des messages sur le site http://www.jean-pax.com (32 réponses, pas toutes complètes), exploitation du livre d’or de http://www.jean-pax.com (au 18 avril 2005, 542 messages), consultation de forums Internet évoquant Méfret. La représentativité est biaisée : utilisation d’Internet, connaissance des sites parlant de Méfret, postage d’un avis ou témoignage.

[22] Télévision : reportage dans « FR3 Dernière », 21 juin 1975 , « Passez donc me voir » de Philippe Bouvard, Antenne 2, 2 janvier 1982 : interview et chant en direct de « Un Noël à Alger » ; « Chantez-le moi » de Jean-François Kahn, Antenne 2, 21 mars 1982 : vidéo de « Solidarité ». Radio : Radio France Melun, Radio France Belfort, RTL, Radio Solidarité – cette radio, fondée en août 1981 par des militants et hommes politiques de droite, s’engagea nettement contre la gauche au pouvoir ; rapides éléments à http://www.schoop.fr/histos/solidarite.php, lien consulté le 3 février 2009).

[23] « FR3 Dernière », 21 juin 1975 ; « Passez donc me voir », 2 janvier 1982.

[24] « La première fois que j’ai entendu “le chanteur de l’Occident” un midi à la télé sur TF1, j’ai pensé : enfin une chanson engagée qui dit la Vérité, cela change de tout ce tissu d’âneries gauchistes » (Paul, 8 décembre 2002, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

Les catholiques contre-révolutionnaires s’opposent à la Révolution pour des raisons religieuses, et, même s’ils ont souvent une préférence pour la monarchie, s’accommodent de tout régime conforme au droit public ecclésiastique (reconnaissance de la souveraineté de Dieu, législation civile inspirée par le catholicisme).

[25] Dans les trente-deux réponses au questionnaire sont mentionnés chanson et variété francophones (Brel, Brassens, Sardou, Halliday, Fersen), rock, « musiques du monde », classique ; le rap est absent.

[26] « En mission à Nouméa, j’ai appris à connaître les chansons de Jean Pax par une personnalité ministérielle qui en 1988 nous a réuni pour nous avertir qu’il y avait des documents subversifs qui circulaient sous le manteau » (Yvan Rednak, 11 octobre 2004, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007) ; « Respect a Mr Mefret [sic] de la part d’un vieux gaucho que JPM a su faire reflechir [sic]. Je […] suis moins “stalinien” dans ma façon de penser la gauche. ! » (Alexis, 8 mars 2005, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

[27] Enquêtes militantes : Rock Haine Roll. Origine, histoire et acteurs du Rock Identitaire Français. Une tentative de contre-culture d’extrême droite, Paris, Éditions No Pasaran, 2004 ; Ras l’front, Sur les terres du rock identitaire français. Acte II, dossier n° 2, sans date.

Paul Airiau

Agrégé et docteur en histoire, maître de conférences à l’IEP de Paris et enseignant dans le secondaire, Paul Airiau croise l’histoire religieuse à l’histoire politique (L’antisémitisme catholique aux XIXe et XXe siècles, Paris, Berg International, 2000 ; Cent ans de laïcité française, 1905-2005, Paris, Presses de la Renaissance, 2005) et culturelle (« Le prêtre catholique : masculin, neutre, autre ? », dans Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Paris, Editions Autrement, 2007, p. 192-207 ; « Catholicisme et actualisation du merveilleux médiéval. Le cas de J. R. R. Tolkien et Louis Bouyer », dans Fantasy : le merveilleux médiéval aujourd’hui, Paris, Bragelonne, 2007, p. 131-142 ; « Catholiques français versus rock’n’roll », dans L’Église et la culture, Montpellier, Centre régional d’histoire des mentalités, université Paul Valéry – Montpellier III, 1996, p. 233-264).

Entretien avec Jean-Pax Méfret

Jean-Pax Méfret, le chanteur d’Occident, qui a bercé notre adolescence de cinquantenaires, sort un nouvel album : deux chansons poignantes, l’une sur le martyre des chrétiens d’Orient, “Noun”, l’autre en forme de prière, intitulée sobrement : “La force”. Mais d’où vient cette voix ? De quelle histoire poignante est-elle l’écho irremplaçable ?

Vous avez toujours chanté, Jean-Pax, mais à quelle occasion avez-vous composé votre première chanson ?

C’était après l’exécution du lieutenant Roger Degueldre. J’avais 16 ans, j’étais en prison, à Rouen, dans le quartier des activistes, j’y suis resté entre mai 1961 et septembre 1962, j’ai été le plus jeune détenu de France – pour cause d’Algérie française – en compagnie des plus grands seigneurs de l’armée française : les officiers avaient mis leurs décorations sur la porte de leur cellule. C’est dans cette atmosphère, quand j’ai appris l’exécution de Degueldre, c’est à ce moment que j’ai composé, en son honneur, ma première chanson. Elle commençait ainsi : « Dans le quartier des activistes, derrière une porte de fer, un officier parachutiste vient de coiffer son béret vert ». Qui est cet officier ? On le comprend très vite : « En entonnant la Marseillaise, il lève la tête et sourit aux onze balles, toutes françaises, qui luttent pour lui ôter la vie ».

Voix chaude, passionnée, comme au premier jour : Jean-Pax aujourd’hui est encore là bas, dans la prison de Rouen, là où s’est élaborée la poésie rude de son existence… Je lui parle des matons, qui gardaient comme un criminel l’adolescent qu’il était encore.

Ils en avaient vu d’autre. C’était des professionnels, qui vous disaient : « J’ai gardé des résistants ; j’ai gardé des collabos ; maintenant je garde l’OAS ». Je me souviens, beaucoup plus tard, je travaillais à L’Aurore comme reporter et on me demande un sujet sur les émeutes dans les prisons. Je vais à Caen. Les gardiens étaient tous alignés dans la cour, pour montrer le visage de l’ordre au journaliste en visite. J’en reconnais un, de belles joues rouges comme des pommes, pas d’erreur. Je m’avance vers lui et un court dialogue s’engage : « – Vous vous souvenez de moi ? – Vous étiez à Rouen… – Oui – Méfret ! Ça alors ». Lui était un maton sympa. Mais quelques-uns restaient dans la doctrine. Nous étions des méchants pour eux. Je me souviens, une fois, nous étions réunis dans une salle, dans laquelle nous apportions un tabouret léger, pour écrire. J’oublie mon tabouret, je demande à aller le chercher et je m’entends répondre : « Mettez-vous à genoux. Pour écrire, c’est la position qui vous convient le mieux ». Un autre, à qui je demandais de ne pas être enchaîné avec la racaille des droit commun, me répondit durement : « C’est ceux que tu appelles la racaille qui devraient refuser d’être enchaînés avec toi ». Heureusement, en prison ma mère venait me voir deux fois par semaine, six kilomètres à pied. Elle a conservé mes lettres et me piquait les siennes. Après sa mort, j’ai retrouvé l’échange de missives, souvent légendées. À ce moment, j’étais assez dur et intransigeant. Je me souviens d’un mot d’elle, écrivant en marge : « Que peut répondre une mère à la souffrance de son enfant ? ». Quant à mon père, il n’était pas là… Il travaillait au SDECE, au service 7. Il a d’ailleurs été décoré, en particulier pour son action contre le trafic d’armes en Algérie. Il disait souvent, sans illusion : « On m’a décoré pour avoir gardé l’Algérie à la France et on met mon fils en prison pour la même raison ».

Que faites-vous en sortant de prison ?

Ma mère avait trouvé refuge chez les Pivert, une famille catholique de Rouen, qui, par conviction, logeait plusieurs femmes d’officiers détenus. J’ai donc été assigné à résidence chez les Pivert. Désormais, je peux suivre des cours, mais uniquement par correspondance. Que faire ? Je me souviens de ce Noël 1962, où, avec quelques camarades, et des autorisations administratives circonstanciées, j’ai organisé mon premier spectacle. Le préfet Chaussade avait été coopératif. J’avais composé pour la circonstance un poème récité sur fond sonore : « Toi Rouen, ville sainte par ton histoire, ville hérissée de clochers pointés vers le ciel, semblant symboliser l’ultime appel de Jeanne vers Dieu, témoin de son sort cruel. Écoute Rouen, cet humble et court hommage à la continuité de ton histoire ». Et encore : « Le souffle et la main de Jeanne t’ont-ils inspiré, Rouen, pour que dans leur malheur et désespoir, ces damnés de la grandeur puissent encore te dire : Merci Rouen ».

L’allusion aux détenus politiques, « damnés de la grandeur », est claire. Jean-Pax récite. Il déclame un peu. Sans note. Ces premiers textes, comme tous les autres, sont gravés dans sa mémoire, comme s’ils étaient marqués du sceau de sa trop précoce solitude. Je lui demande d’où lui vient ce souffle…

Je ne m’en suis pas rendu compte. “La Force” par exemple [sa dernière chanson en forme de prière], c’est direct. Mais dans beaucoup de chansons, on sent cette inspiration divine. Il y a sans doute mes années chez les maristes à Alger et puis les veillées scoutes, mon passage à la troupe Général de Sonis…

Que se passe-t-il une fois que vous en avez fini avec cette assignation à résidence ?

Le préfet, dont j’ai déjà parlé, m’avait accordé la permission d’aller à Marseille voir ma grand-mère. J’arrive de Rouen. Ma grand-mère n’est plus à l’adresse qu’elle nous avait indiquée. Je suis dans la rue. Je dors à l’Armée du salut et le lendemain, je rencontre la maman d’une petite amie : « Viens manger à la maison ». Elle insiste pour me raccompagner et découvre que je suis à l’Armée du salut. Ambiance ! Je remonte à Paris, où je suis libre, sans rien. Enfin si : avec mon casier judiciaire. On est quelques copains pieds-noirs, on se regroupe, on commence à chanter le soir dans les cafés. Une Américaine tombe amoureuse de moi. J’habite avec elle Place du Tertre, ça ne s’invente pas. Je commence à chanter, je rencontre un garçon qui s’appelle Jean-Claude Camus, qui sera l’impresario de Johnny et de beaucoup d’autres. Je me fais faire une carte de visite : « secrétaire artistique de Jean-Claude Camus ». Je compose quelques chansons, cinq disques paraissent chez Decca, dont un titre, “La prière”, qui retient l’attention et obtient en 1965 le grand prix Âge tendre et tête de bois. J’ai 20 ans. À l’époque j’ai pris un pseudonyme : Jean-Noël Michelet. Jean est mon prénom. Noël le prénom de mon père. Quant à Michelet, c’est le nom de la rue centrale d’Alger. Quelle était ma prière ? « Sainte Marie, seul dans la nuit, j’allais vers l’infini sans argent, j’allais vers le néant. Mais toi, alors que j’étais là sur la route dans le froid, tu es venue vers moi, toi au détour d’un chemin, cachée par les buissons, tu m’attendais. Moi pourtant je n’étais rien de plus qu’un jeune homme perdu dans l’abime du chagrin. Moi ne sachant plus pourquoi je retrouvais la foi, je me suis prosterné devant toi, sainte Marie seul dans la nuit, je suis là, je te prie sans un bagage et sans argent »…

Vous êtes en train de nous dire que vous menez la vie de Bohême…

Je dirais, et j’ai chanté cela aussi, je mène une vie de galère : « Je suis né les pieds dans l’eau et la tête au soleil. On voulait me faire taire je suis toujours debout ». J’enchaîne les petits boulots. Notre réseau pieds-noirs est un soutien. Mon premier journal, dirigé par le colonel Pierre Battesti, président de l’Anfanoma, s’appelle France-Horizon, c’est le mensuel des Rapatriés d’Algérie. Plus tard, je serai journaliste d’investigation à Minute, puis à L’Aurore (où je suis grand reporter et spécialiste de politique étrangère). J’atterris enfin au Figaro puis au Figaro magazine où je serai directeur des magazines régionaux et responsable des grands dossiers. Je n’ai jamais vraiment fait de politique politicienne, je suis dans l’action, dans l’engagement, mais pas dans les idées. Je préfère les grands sentiments aux grandes idées.

C’est sans doute pour cela que vous aimez le Christ…

Je m’appelle Jean-Pax Marie Ange : mon prénom est un chrisme. Vous savez, puisque vous en parlez, il n’est pas sûr que je ne finisse pas moine. J’y ai vraiment pensé, et il n’y a pas longtemps encore. Je me souviens, tout jeune, j’ai connu un officier, rentrant au monastère. Toute sa compagnie l’avait accompagné. Son geste m’a beaucoup frappé. Spirituellement, ce qui m’a marqué, je vous l’ai dit, ce sont les veillées scoutes, c’est aussi la vie des grands missionnaires, et, dans les grands reportages que j’ai eu l’occasion de mener, la souffrance des enfants et puis l’impuissance de populations entières, incapables de sortir de leur misère. En Afrique, ce sont ces gens qui croient, quand vous arrivez que le Blanc peut tout. Le Christ permet de supporter tout ça… J’ai une amie à Lourmarin qui est peintre. Elle a fait un tableau du Christ, qui m’a beaucoup inspiré pour ma chanson “La force”. Voir le monde tel qu’il est, cela vous donne envie de prier. La vie spirituelle c’est peut-être de l’évasion. Cela l’a toujours été pour moi, un peu plus maintenant. Ma foi a toujours été là mais j’ai moins de pudeur à la manifester. J’ai longtemps pensé qu’il fallait la garder pour soi. C’était familial : ma mère me mettait des médailles dans la doublure de ma veste. Chez moi, on n’entamait pas le pain, sans faire une croix dessus avec le couteau. Et en même temps, en Algérie, on respectait toutes les religions, on participait aux fêtes des uns et des autres. Les partisans de l’Algérie française n’ont jamais profané de mosquées.

Et pourtant les Algériens ont fait la guerre, eux, pour des raisons religieuses…

Il est vrai que pour les Arabes la guerre était religieuse. Le FLN déjà avait interdit aux populations de fumer et de boire, sous peine de couper le nez et les lèvres… La chirurgie esthétique a fait des progrès énormes à cette triste occasion… Mais nous n’avons pas encore tout vu en France ! En Algérie, des Bataclan, il y en avait tous les jours !

Propos recueillis par l’abbé G. de Tanoüarn

Un nouvel album de Jean-Pax Méfret : Noun éd. Diffusia 20 € (commandes ici ).

Voir également:

Méfret : le chanteur d’Occident

Le 6 juillet 1962, le lieutenant Roger Degueldre est fusillé au fort d’Ivry. Le soir,dans la petite chapelle de la prison de Rouen, à la messe des morts dite en mémoire…

Le 6 juillet 1962, le lieutenant Roger Degueldre est fusillé au fort d’Ivry. Le soir,dans la petite chapelle de la prison de Rouen, à la messe des morts dite en mémoire du lieutenant, le détenu Jean-Pax Méfret entonne le De profundis.Depuis la veille, le drapeau vert et blanc au croissant rouge flotte sur Alger. L’Algérie française est morte. Méfret n’a pas 18 ans. C’était il y a longtemps, presque dans un autre monde, celui que réveille Jean-Pax Méfret dans 1962, l’été du malheur, bouleversante alchimie de souvenirs personnels et d’un immense drame collectif.

Jean-Pax? le prénom qu’il reçut à sa naissance le 9 septembre 1944 à Alger. Un père marseillais résistant venu en Algérie pour préparer le débarquement américain de 1942. Une mère pied-noir, d’une famille installée depuis le XIXe siècle. Les Méfret habitent Belcourt, un faubourg populaire d’Alger. C’est là que grandit Jean-Pax, entre les maristes, les scouts et les copains musulmans, entre la ville et le bled. Des couleurs, des odeurs, des saveurs, des paysages,des attitudes,une attention aux gens modestes, le goût des petits bonheurs de la vie qui irradient la mémoire de Méfret.

Première fêlure, à la rentrée 1955, son ami de classe, un Chaoui des Aurès, est absent. Les temps changent : massacres, tel celui d’El-Alia, et attentats ensanglantent le pays. Jean- Pax en est le témoin direct. Élevé dans le culte de la France, il s’accroche à de Gaulle, l’acclame sur le Forum le 4 juin 1958. Son désespoir sera à la hauteur de ses espérances. En janvier 1960, pendant les “Barricades”, l’adolescent s’introduit dans le camp retranché d’Ortiz. Lors du putsch du 22 avril 1961, il participe à l’occupation de la radio d’Alger, rebaptisée Radio France. Arrêté, à peine libéré, le voilà agent de liaison de l’OAS. Deuxième arrestation le 13 février 1962, transfert en métropole, la Santé, puis Rouen. Sorti de prison à l’automne de la même année, assigné à résidence, il poursuit ses études et monte un groupe musical pour distraire les rapatriés parqués dans des centres d’accueil.

Chez Decca, il sort cinq disques sous le nom de Jean-Noël Michelet (le prénom de son père et le nom d’une grande rue d’Alger), gagne en 1965 le grand prix Âge tendre et têtes de bois, l’émission qui découvre les nouveaux talents. En 1968, le chanteur Jean-Pax voit le jour avec la Prière du pied-noir et l’Hymne des pieds-noirs, des chansons engagées en faveur de l’amnistie des prisonniers politiques et des exilés. Silence radio. Mais les disques se vendent, les succès s’enchaînent, le Chanteur d’Occident sert de mot de passe entre amis. Avec des paroles simples, soutenu par un remarquable accompagnement musical, Jean-Pax chante des histoires d’où sourd une émotion intense. Une bouffée d’air frais. Méfret crève les baudruches des démagos de tous poils. Loin de ruminer des défaites, il exalte le courage, le respect de soi et des autres, l’énergie, l’honneur, la force de la parole donnée, la foi aussi.

À partir de 1970, le journalisme.Pour l’Aurore,puis pour le Figaro Magazine, Méfret couvre la plupart des conflits de la fin du siècle, se spécialise dans les enquêtes politico-criminelles et les grands dossiers. Pourtant, il ne délaisse pas la chanson. Encouragé par des amis, il crée sa propre société de production. En octobre 2004, plusieurs milliers de spectateurs l’acclament au Kino, à Paris.Surprise:des jeunes gens fredonnent ses airs. Ses chansons ont franchi une génération et lui ont échappé. Un sentiment déjà ressenti à Berlin- Est. À la veille de la chute du Mur, de jeunes Allemands se rassemblaient, bougie à la main, en chantant Professeur Müller.

1962, l’été du malheur, Pygmalion, 216 pages, 19 euros

Prochain concert le 6 octobre, à Carnoux-en-Provence. Rés. : 04.42.73.30.21. Pour commander les disques : http://www.jean-pax.com.

MOI, JE VIENS CHANTER SOLJENITSYNE (Puisqu’il faut le dire en chanson et que la guitare est devenue une arme, je chante contre le grand soir et pour l’occident, )
https://www.youtube.com/watch?v=Aj5poDXMBdw

Puisqu’il faut le dire en chanson
Puisque la guitare est devenue une arme
Je viens chanter l’espoir
Je chante contre le grand soir
Je viens chanter pour l’occident
Puisque l’un de vous a chanté Potemkine
Moi je viens chanter Soljenitsyne
Je dénonce les camps
Les camps du temps présent
Ignorés par les nouveaux bien-pensants
Même si l’un de vous parle de calomnie
Moi je chante les accords d’Helsinki
Je chante pour Sakharov et contre les tyrans
Qui lancent leurs Antonovs
Sur le pays afghan
Vous n’avez pas le monopole du mot liberté
Vous n’avez pas le monopole du mot vérité
Budapest en Hongrie,
Prague en Tchécoslovaquie,
Les juifs en Sibérie, le mur de Berlin,
Et maintenant Kaboul
Sont là pour témoigner
Puisqu’il faut choisir entre deux camps
Puisqu’il faut s’engager en chantant
Moi je chante l’espoir
Je chante contre le grand soir
Je suis un chanteur d’occident
Alors chante l’espoir
Chante contre le grand soir
Chante fort, chante pour l’occident
Chante chante, chante pour l’occident

Chante chante, chante pour l’occident

JE SUIS BERLINOIS (Veronika, Jean-Pax Méfret, 1980)
 
Elle avait des cheveux blonds fous, Veronika
Des yeux bleus tristes et un air doux, Veronika
A Berlin Est elle balayait les allées
Lorsque je l’ai rencontrée
Je me suis approché d’elle, Veronika
J’ai trouvé qu’elle était belle, Veronika
Sous ses gants de laine usée, j’ai caressé
Les petits doigts froids, comme ce mur droit
Souviens toi John Kennedy
Une journée de juin l’a dit
Devant le mur hérissé de barbelés
Il s’est écrié: « Moi, je suis Berlinois! »
Lorsqu’il parle humanité je pense a toi
Qui vivait de l’autre coté de ce mur là
Et qui rêvait un jour d’aller respirer
Le parfum de la liberté
Elle avait des cheveux blonds fous, Veronika
Les yeux bleus tristes et un air doux, Veronika
A Berlin Est elle balayait les allées
Elle a voulu s’évader
Aujourd’hui il ne reste rien de Veronika
Un peu de terre, une petite croix de bois
La rose rouge et l’œillet sont fanés
Près de ce mur droit, de ce mur froid
La rose rouge et l’œillet sont fanés
Près de ce mur droit, de ce mur froid
Je suis Berlinois
 
LE SANG QUI COULE SUR PHNOM PENH A PRIS SA SOURCE DANS VOS ESPRITS
 
https://www.youtube.com/watch?v=F5gwP6wwJvY

 

Depuis que ma mémoire existe,
Je vous ai entendus vanter
Toutes les solutions marxistes
Au nom des peuples à libérer.
Mais quand le jour maudit arrive
Que vos régimes sont au pouvoir,
Le pays part à la dérive,
Et puis se lève le soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Le sang qui coule sur Phnom-Penh
A pris sa source dans vos esprits.
Vous avez fait germer la haine
En soutenant Khomeiny.
Vous êtes tous responsables
De ces horizons sans espoirs,
Et vos consciences de coupables
Portent la tâche du soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Avant de reprendre vos plumes,
Pour creuser de nouveau abimes,
Traversez les rideaux de brume,
Venez dénombrer vos victimes.
Ca vous évitera d’écrire
Pour faire pardonner vos mouroirs.
Je n’savais pas que ce serait pire
Lorsque se lève le soleil noir.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Vous allez me traiter de réac’
Vous allez dire que je suis facho.
Mais vous n’ me filez pas le trac,
Vous, les pros de la démago,
Je sais ce que valent vos mots.
Moi, je ne suis pas un réac’
Moi, je ne suis pas un facho.
Et je ne crains pas vos attaques,
Vous, les pros de la démago,
Soldats de l’armée des Charlots.
Je sais ce que valent vos mots,

Soldats de l’armée des Charlots.

L’Île Saint-Louis

Elle fume toujours des Camel
Quand elle remonte Saint Michel.
Elle a les yeux qui s’ennuient
Aux reflets de l’île Saint-Louis.
Sous les pavés, ‘y a la plage :
Elle aimait bien cette image
Quand elle désertait la fac
Pour courir rue Gay-Lussac.

Elle ne chantait que des chansons de Dylan,
Elle ne parlait que de la guerre du Vietnam,
Elle transformait les restos en amphis,
La nuit, sur l’île Saint-Louis.

San Francisco, Katmandou,
Woodstock, Hanoï et Moscou,
C’était sa géographie,
Ses frontières, toute sa vie.

Quand les maisons bleues accrochées aux collines
La faisaient planer jusqu’au mont de Palestine,
Manipulation sur fond de mélodie,
La nuit, sur l’île Saint-Louis.

Je l’ai rencontrée hier,
Elle marchait en solitaire.
Elle avait un peu vieilli,
Elle avait beaucoup compris.

Fini, le temps du Népal,
Plus d’ oeillets au Portugal,
Là-bas, en Mer de Chine,
Les boat-people sont nés sous Ho Chi Minh.

Elle a tout raté, elle revient de Corrèze,
Elle a tout laissé, elle n’écoute plus Joan Baez,
Certaines chansons ont perdu leur magie,
Fait gris sur l’île Saint-Louis.

Paradis artificiel,
Elle s’en va de Saint Michel.
Elle veut d’autres harmonies.
Mai 68, c’est loin d’ici…

 

Djebel Amour

En ce temps-là,
Dans un village loin d’ici,
Jeune soldat
L’avait un peu peur pour sa vie.
Drôle de bidasse !
Qui avançait dans le Djebel.
Il tremblait pour sa carcasse
Devant le fusil des rebelles.

Sur le quai d’une gare,
Certains chantaient le déserteur
A Saint-Lazare.
Lui il avait l’esprit ailleurs,

Il regardait
Une femme et un petit garçon
Qui ne comprenait pas
Les mots de la chanson.

Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

Ca fait longtemps
Qu’il est revenu d’Algérie,
Y’a des moments
Qui marquent à jamais une vie.

Et quelques soirs,
Quand il traine un peu au comptoir,
Il peut pas s’empêcher
D’raconter son histoire.

Pour ses enfants
C’est un mot qui ne veut rien dire,
Pour ses parents
C’est un bien cruel souvenir,

Pou ses amis
C’est une carte de combattant.
Mais ça reste pour lui
« Trente-six mois à vingt ans ».
Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

C’est une fille
Au bout d’un quai.
Un pays qui s’en va,
Un cadeau emporté.

Ce n’est qu’une rose des sables
Qu’il pose sur la table.
Quand il a le coeur lourd.

Et puis les souvenirs l’entrainent,
Ses souvenirs l’enchaînent
A ce Djebel Amour.

Le Jour J

Au grand matin du mois de juin,
Julien préparait le troupeau ;
Dans la cuisine, Marie-Martine
Venait d’allumer les fourneaux.

La vieille Louise était assise,
Elle réchauffait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Virginie,
D’Oklahoma, du Tennessee,
Le jour le plus long les attendait ici.

Les Écossais se distinguaient
Marchant au son des cornemuses,
Dans les marais, les SAS anglais,
Progressaient souvent par la ruse.

Et les balises, dans la nuit grise,
Regroupaient tous les Canadiens,
Tandis qu’à Sainte-Mère-Eglise,
Avançaient les américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
lls apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Géorgie,
De l’Iowa, du Kentucky
Le jour le plus long les attendait ici.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer,
Sur la Normandie,
Se levait le Jour J.

La vieille Louise était assise,
Elle réchauffait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s’ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer.
Sur la Normandie,
Faut jamais oublier…
Qu’un jour à Sainte-Mère-Eglise,
Sont entrés les Américains !

Professeur Muller

Chaque soir, revenant de l’école
Il passe par Alexander platz
Personne n’écoute ses paroles
Quand il s’engage allée Karl Marx
Derrière lui, le rideau de pierre
Les miradors, les VoPos armés
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller
Il s’avance, dans le décor sinistre
De cette ville de prisonniers
Et il se dit que, si la Vierge existe
C’est elle seule qui pourra les sauver
Chez nous, soyez Reine
Nous sommes à vous
Il y a 20 ans qu’on l’appelle « camarade »
Mais il sait bien que ce n’est qu’un mot
à l’image de toutes ces façades
Aux balcons vides, aux volets clos
Dans sa chambre, il oublie ses misères
Sur son violon au bois usé
Le vieil homme s’évade par la prière
La nuit s’achève loin des barbelés
Soyez la Madonne
Qu’on prie à genoux
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller
Chaque soir, revenant de l’école
Il passe par Alexander platz
Les tilleuls ne forment plus la frontière
Il y a un mur à Berlin, professeur Müller

Camerone

Garçon, si par hasard sur ton livre d’histoire
Tu tombes sur ce nom:
Camérone!
Garçon, regarde bien cette page d’histoire
Et n’oublies pas ce nom:
Camérone!
Le ciel de feu du Mexique
A jamais se souviendra
De ce combat héroïque
Dans les murs de l’acienda.
Dans ce décor gigantesque,
La terre se désaltérait
Du sang qui courrait, dantesque,
Sur la prairie qui brûlait.
A Camérone! (bis)
Garçon, sur le chemin qui conduit à la gloire
Tu dois trouver ce nom:
Camérone!
Garçon, si ton destin exige une victoire
N’oublies jamais ce nom:
Camérone!
Pour l’honneur de la légion,
Sachant qu’ils allaient mourir
Jusqu’au bout de leur mission,
Fiers de tomber pour l’empire.
Ils étaient 62, face à 2000 cavaliers
Le soleil baissa les yeux lorsqu’ils furent exterminés
A Camérone! (bis)
Ce nom qui sonne et qui résonne,
Ce nom qui tonne et qui t’étonne…
Camérone!

Ni rouge ni mort

Forces du Pacte de Varsovie :
Six millions d’hommes, tenue kaki
Pour que l’Europe reste libre,
Il faut rétablir l’équilibre.
Pendant qu’les écolos défilent,
Ils dressent leurs barrières de missiles.
Je ne crois pas aux idées molles
De sécurité sur parole.A moins de trois cent kilomètres,
Ils rêvent de devenir nos maîtres.
Sur ordre du Kremlin,
Ils peuvent franchir le Rhin,
Et si c’est pour demain,
Tu peux me dire ce qu’il faut faire ?Alors je viens le dire très fort,
Ma devise, c’est ni rouge, ni mort !
J’ n’ai pas l’frisson du pacifisme
Face aux armées du communisme.
Ils ont des milliers de canons
Pointés dans notre direction.
Et tous leurs SS 20,
Et tous leurs sous-marins,
Bombardiers nucléaires,
Tu peux me dire c’est pour quoi faire ?
A moins de trois cent kilomètres,
Ils rêvent de devenir nos maîtres.
Sur ordre du Kremlin,
Ils peuvent franchir le Rhin,
Et si c’est pour demain,
Tu peux me dire ce qu’il faut faire ?
Camarade
Révolution bolchevique :
De terribles statistiques,
C’est vrai… c’est vrai.Douze millions de victimes
Pour imposer un régime,
C’est vrai… c’est vrai.Les ouvriers, les moujiks
Sous la violence étatique
L’ère de la grande famine
Sous le règne de Lénine
C’est vrai… c’est vrai.Au nom du Parti unique,
Plus de vie démocratique,
C’est vrai… c’est vrai.Dissidents et refuzniks
En hôpitaux psychiatriques ,
C’est vrai… c’est vrai.Et dans tous leurs satellites,
Ils forcent les plébiscites
En envoyant les blindés
Ecraser la dignité,Garde ça en mémoire, camarade
Quand les droits des hommes sont en danger
C’est toujours vers l’ouest que le peuple s’évade
Sur les allées des libertés
C’est vrai… c’est vraiDes camps pour les terroristes
Derrière les frontières marxistes
C’est vrai… c’est vrai.Des conseillers militaires
Pour « guerre révolutionnaire »
C’est vrai… c’est vrai.Des « Fronts de libération »
Pour servir leurs ambitions
Et sous couvert d’humanisme,
Ils marquent leur expansionnisme.Garde ça en mémoire, camarade
Quand tu vas défiler pour la paix,
L’armée rouge qui marche sur la grande esplanade
Est programmée pour attaquer.
C’est vrai… c’est vrai
C’est vrai… c’est vrai.Et demande aux Afghans, camarade
Toi qui parle pour les peuples opprimés
Car le sang des enfants tués à la grenade
A la couleur de tes idées.Solidarité

Salut, les tout-puissants,
Les livreurs de promesses,
Les hommes du changement,
C’est à vous qu’je m’adresse.
Ecoutez, solidarité !

Les enfants du 10 mai,
Qui sont né sous l’orage,
Commencent à déchanter,
Ils brûlent vos images.

Ecoutez, solidarité !

Je n’suis pas de vot’ camp,
Ca vous vous en doutez,
Laissez-moi cependant
Un instant m’exprimer.

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !

A tous ceux qui refusent
Le pouvoir d’un parti,
Radeau de la Méduse
Sur les flots du mépris,

Je dirai : Solidarité !

Aux victimes des vengeances
Que l’on hisse sur les charettes
Des furieux de Valence
Qui réclamaient des têtes,

Je dirai : Solidarité !

Solidaire des exclus
De ce sinistre bal,
Où les roses ne sont plus
Que d’étranges fleurs du Mal,

Je dirai : Solidarité !
Liberté ! Solidarité !

Interdit d’interdire,
C’est encore sur les murs,
Y fallait pas l’écrire,
Maint’nant y a des bavures,

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !
Vous brouillez les radios,
Vous régentez l’école,
Vous jouez aux prolos,
J’en connais qui rigolent.

Ecoutez, solidarité !

Il n’y a pas si longtemps,
Vous semiez des leçons,
Il vous faut maintenant
Récolter les moissons.

Ecoutez, solidarité !

Faites gaffe au populo,
Il en a ras la casquette,
Y a pas qu’les aristos
Qui sont pas à la fête,

Ecoutez, solidarité !
Liberté ! Solidarité !
Liberté !

Miss America

Son père est un vieux révolutionnaire.
Avec le Che, il a pris le maquis.
Sa mère est dans la milice auxiliaire.
Elle lit Lénine, le soir, à la bougie.
Tout ça pour dire que dans cette famille,
Ca bloque un peu au niveau des idées,
Tout ça pour dire, au nom de la faucille,
Qu’ils sont marteaux, complètement sonnés.

Ils ont une fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Qu’est-ce qu’il va dire, Fidel, quand il saura?
Qu’est-ce qu’il va faire pour empêcher tout ça?

Elle a la peau couleur de pain d’épices,
la mer des Caraïbes dans les yeux.
Elle sait rouler le tabac sur ses cuisses.
Pour les Cubains, c’est un cadeau des Dieux.

Oui, mais la fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Y’en a qui disent que c’est la CIA.
Elle porte des jeans, boit du Coca-Cola.
Le jour de la grande fête nationale,
C’est elle qui doit porter le drapeau.
Et des faubourg, jusqu’à la capitale,
Y’a la rumeur qui prévient l’Maximo

Oui, mais la fille qui s’appelle Maria,
Elle rêve d’être Miss America.
Elle se trémousse en dansant la salsa.
Elle dit qu’elle rêve d’être Miss USA.

 

Le vieux Soldat

Dans ses yeux, il y a de la souffrance,
ça ne se voit pas.
Dans son coeur, il y a de la vaillance,
ça ne s’entend pas.
Ses bras ont perdu leur puissance,
mais il est toujours là,
prêt à se lever pour la France,
le vieux soldat.

Derrière lui, il y a une existence,
que je n’te raconte pas.
ça commence dans la Résistance,
c’est loin déjà.
Il sortait à peine de l’enfance,
en ce temps là,
quand les nazis crevaient la France,
et c’est pour ça

Ca lui fait mal, toutes ces insultes,
cracher sur la France que l’on traite de pute.
Ca lui fait mal, le drapeau brûlé, le drapeau souillé
la mémoire tachée.

Ca lui fait mal, il l’a mauvaise,
lorsque l’on siffle la Marseillaise
Ca lui fait mal, voir son pays livré au mépris,
il en est meurtri.
Le respect, il veut du respect,
juste du respect, le respect.

Les symboles ont de l’importance,
pour cet homme là.
La vision de toutes les offenses,
Fait du dégât.
Il faut dire que ça n’arrive qu’en France,
Toutes ces souffrances, là.
Il vient défier l’irrévérence,
le vieux soldat.

 

Le pays qui n’existe plus

Même s’il y a toujours mon village
Où les enfants du quinzième âge
sautaient les feux de la Saint Jean.
Même s’il y a toujours le cimetière
où les filles faisaient des prières
et repartaient en se signant.
Je ne le reconnaîtrai plus
Ils ont changé le nom des rues !

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

Même s’il y a toujours mon école
Où j’ai vécu des années folles,
lorsque j’étais adolescent.
Même s’il y a toujours les arcades
pleine des odeurs de grenades
et des cris des manifestants.
Le drapeau que l’on voit flotter
Il n’a plus les mêmes reflets !

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

Le terrain vague de mon enfance
Les carrioles et les oliviers.
Mes souvenirs, mon existence
passent leur temps à se croiser.
C’est une étrange destinée.

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.

C’est une étrange destinée.
Oh eh…

Je viens d’un pays qui n’existe plus
Je viens d’un paradis perdu.


Séries/Le Serpent: Moi, ce qui m’intéressait, c’est le ringard qui fait tomber le roi du cool (No sympathy for the devil: Eschewing the easy glorification of the self-promoting hip king, the BBC/Netflix’s miniseries thankfully chooses to honor the dogged determination of the Dutch junior diplomat who helped capture him)

18 mai, 2021

Dutch junior diplomat Herman Knippenberg (with Nadine and Rémy Gires, 1970s)Charles Sobraj (with Marie-Andrée Leclerc, 1986)
Charles Sobhraj - Ma ThailandeMarie-Andrée Leclerc, pensive, en entrevue à son retour au Québec.The Serpent vs. the True Story of Serial Killer Charles Sobhraj

And I laid traps for troubadours / Who get killed before they reached Bombay. Mick Jagger (Sympathy for the devil, 1968)
I thought it was a really odd thing, because it was only one song, after all. It wasn’t like it was a whole album, with lots of occult signs on the back. People seemed to embrace the image so readily, [and] it has carried all the way over into heavy metal bands today. Mick Jagger
I don’t have no sympathy for the devil. I like the beat of the song but I never identify with the lyric. Jagger and Richards don’t really know the full extent of what they’re talking about. If they knew what they were getting into when they sing that song they would not be doing it. The devil is not Santa Claus. He’s for real. Carlos Santana
Before, we were just innocent kids out for a good time. [Then], they’re saying, ‘They’re evil, they’re evil.’ Oh, I’m evil, really? So that makes you start thinking about evil… What is evil?… There are black magicians who think we are acting as unknown agents of Lucifer and others who think we are Lucifer. Everybody’s Lucifer. Keith Richards
‘Sympathy’ is quite an uplifting song. It’s just a matter of looking the Devil in the face. He’s there all the time. I’ve had very close contact with Lucifer – I’ve met him several times. Evil – people tend to bury it and hope it sorts itself out and doesn’t rear its ugly head. ‘Sympathy For The Devil’ is just as appropriate now, with 9/11. There it is again, big time. When that song was written, it was a time of turmoil. It was the first sort of international chaos since World War II. And confusion is not the ally of peace and love. You want to think the world is perfect. Everybody gets sucked into that. And as America has found out to its dismay, you can’t hide. You might as well accept the fact that evil is there and deal with it any way you can. Sympathy for the Devil is a song that says, Don’t forget him. If you confront him, then he’s out of a job. Keith Richards (2002)
The line, « And I laid traps for troubadours who get killed before they reach Bombay » possibly refers to the notorious Thuggee cult, who worshiped Kali, the Hindu goddess of death. They would waylay travelers on the roads of India, then kill the entire group in order to make off with their valuables. This seems to be the closest well known historical incident to fit the lyrics. Also, the Thuggee would have been well known in England, since the British Army put a stop to the cult during the colonial period. Another interpretation is that the line refers to the hippies who traveled the « Hippie trail, » a passage through Turkey, Afghanistan, India and a few other countries that was popular in the counterculture community. Many of these travellers were killed and ripped off by drug peddlers in Afghanistan and Pakistan. Those shady deals could be the « traps ». Songfacts
Travelling in a fried-out Kombi, on a hippie trail, head full of zombie. Men at work (Down under, 1981)
Fried out Kombi – a broken-down van. The lyrics are often translated as « Combie, » but the correct spelling is Kombi. It came from the VW Kombivan which was very popular in the ’60s and early ’70s, especially with surfers and hippies. Head full of Zombie – Zombie was a particularly strong batch of marijuana which was floating around Australia for a long time. People called it « Zombie Grass. » Songfacts
The opening couplet borders, on first listen, on the incomprehensible – but it sets the tone if you decode the language. « Travelling in a fried-out Kombi, » it begins, « on a hippy trail, head full of zombie. » Huh? « Kombi » might be an unfamiliar word, but the Kombinationskraftwagen – aka the trusty old VW camper van – is a familiar symbol of easy-going hippiedom. The « hippy trail » is the path trod by many a dropout in the 1960s and 70s, taking free-wheeling Aussies and others on variants of the route between Istanbul and Kathmandu. And « zombie »? David Dale at the Sydney Morning Herald says this is a « drug reference » – zombie apparently being a potent strain of marijuana (on occasion laced with angel dust). So two lines in, and we’re on a trip, other stops including Brussels and some kind of « den in Bombay » where, for whatever reason, the narrator is left « with a slack jaw and not much to say ». BBC
J’étais venu à Delhi avec une vague théorie de Charles comme enfant du colonialisme se vengeant de la contre-culture. Au lieu de cela, j’ai été ébloui par un brillant psychopathe. Richard Neville
Le fait que de jeunes occidentaux non avertis voyageaient brusquement en Asie en grand nombre et avaient une culture hippie de faire confiance à tout le monde lui fournissait une cible telement facile. L’utilisation culturelle de la marijuana rendait tout le monde un peu trop détendu. Julie Clarke
La légende lui prête mille forfaits, mais, à supposer qu’il les ait commis, ils datent de plus de vingt ans, et sont donc prescrits. Me Jacques Vergès
C’est une très vieille idée, j’aurais pu le rencontrer dans les années 70 quand j’allais là-bas, à Goa. J’étais même tombé sur un Belge qui est l’un des rares à avoir roulé Sobhraj. Au moment où je laissais tomber, Sobhraj m’a appelé. [Je veux faire une fiction]  mais pas un film provocateur: je me mets à la place des Salomon, qui ont du mal à admettre que Sobhraj puisse gagner de l’argent avec le récit de ses crimes. Mais c’est l’époque qui est ainsi faite. (…) Sobhraj a quand même une vie peu commune, il est à la fois attirant et repoussant. Intelligent. Manipulateur. C’est un joueur d’échecs. Yves Rénier
La hippie trail est une expression anglo-saxonne (littéralement la piste hippie) utilisée pour décrire le trajet parcouru par les hippies dans les années 1960 et 1970, de l’Europe vers l’Asie et inversement. Ce type de voyage a connu un renouveau au début du XXIe siècle avec les néo-hippies. Le but de ces pérégrinations pouvait être l’envie de découvrir et d’adopter le mode de vie et les philosophies asiatiques, mais le voyage (trip) était aussi motivé par le simple refus de la vie sédentaire. Volontairement entrepris avec des moyens limités, il se terminait parfois dans l’extrême pauvreté. Le 5 août 1970, le Times titrait « Des hippies mendient comme des chiens en Afghanistan ». La frontière de l’Afghanistan marque alors l’entrée dans une zone où le haschisch est en vente libre et où des jeunes Occidentaux sombrent dans la consommation de drogues dures, même si ce cliché est loin d’être une généralité. Certains poursuivent leur exploration ethnographique jusqu’à « La Mecque » des routards, Katmandou, au Népal, particulièrement sa Freak Street (littéralement « rue des marginaux ») où convergent plusieurs milliers d’enfants fleurs (flower children) à partir de 1966. Pour les moins fortunés ou les moins débrouillards, le voyage peut avoir pour but les Baléares, le Maroc ou même Amsterdam. Dans les années 2000 et 2010, en raison de l’augmentation du tarif des vols à bas prix (dits low-cost), de nouveaux trajets sont parcourus par des routards néo-hippies, comme le Banana Pancake Trail (en) en Asie, le Gringo Trail (en) en Amérique du Sud, ou l’Afrique du Nord et le Proche-Orient (Maroc, Tunisie, Liban, Turquie, etc.). Wikipedia
Le Serpent (The Serpent) est une mini-série policière britannique en huit parties d’environ 56 minutes chacune, créée par Richard Warlow et Toby Finlay et diffusée du 1er janvier au 14 février 2021 sur BBC One, puis mise en ligne le 2 avril 2021 sur Netflix. Elle est basée sur l’histoire du tueur en série français, Charles Sobhraj, qui a assassiné de jeunes touristes entre 1975 et 1976 dans le sud-est asiatique. Au milieu des années 1970, à Bangkok, la série suit l’histoire du tueur en série Charles Sobhraj et de sa complice Marie-Andrée Leclerc.  Sous les faux noms d’Alain et Monique Gautier, le couple se fait passer pour des diamantaires et revend des pierres précieuses volées à des touristes. Ils droguent, volent et tuent de jeunes hippies routards, leur subtilisant leur passeport et leur argent. Herman Knippenberg, un diplomate néerlandais, commence à enquêter sur les meurtres de touristes néerlandais et découvre des indices menant à Sobhraj. Wikipedia
Le personnage, c’est typiquement le type de profil qu’on va retrouver chez les gourous de secte par exemple. Il a une sorte de don oratoire qui facilite le contact avec les gens. C’est aussi une histoire de couple, ce type d’emprise : il faut ce gourou avec cette capacité d’approcher l’autre, mais ça ne marcherait pas avec n’importe qui. Ce sont souvent des gens vulnérables. Comme dans les sectes. Parce que ce sont des gens qui sont en quête d’identité, de rencontres… Et la facilité pour lui, c’est de prendre des backpackers. Ça existe toujours aujourd’hui d’ailleurs. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer il n’y a pas longtemps en voyage au Cambodge, et ce qu’il ressort à chaque fois dans le discours, c’est une quête de sens et d’identité. C’est ce qu’on retrouve chez les adeptes de sectes, quel que soit l’âge ou le niveau social. C’est à un moment donné, un besoin de comprendre la vie, pourquoi, qui on est… Et je pense que ce type de personnage arrive à les manipuler à travers cette quête. Après, le personnage ne les garde pas longtemps, juste assez pour les droguer et les dépouiller. (…) Je ne sais pas vraiment comment ça se passait dans les années 1970 mais quand on voyage, on est toujours un peu en garde. Là, vous rencontrez quelqu’un qui vous rappelle chez vous et qui en joue dans la série. Ça permet une sorte de jeu d’identification entre la victime et l’agresseur. (…) ce n’est pas la mise à mort qui lui plaît. C’est ce que l’on nomme dans le métier un « meurtre utilitaire ». C’est ce qui va permettre de couvrir un autre crime, en l’occurrence celui de les voler et de les dépouiller. Michel Fourniret, par exemple, avait fini par faire ça. Au début, c’était un violeur et il a fini par commettre des meurtres utilitaires : ce qu’il voulait, c’était violer et pas tuer ; mais on tue pour ne pas risquer d’avoir des plaintes et d’être recherché. Mais il y a cette facilité de se dire que ces gens sont à 20 000 km de chez eux. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas d’internet. On ne connaissait pas toujours son itinéraire et on donnait des nouvelles une fois par mois. Aujourd’hui, ça serait moins facile. Ce qui ressort dans la série, c’est qu’il y a une vraie haine de ce que représentent ces jeunes-là. Ces jeunes, finalement, qu’il aurait aimé être. Il est né d’une bonne famille mais il aurait aimé naître occidental, avoir l’apparence d’un occidental pour être accepté. (…) cet argument, c’est son mobile. Son mobile conscient en tous cas pour passer à l’acte. Pour les voler et les tuer. De toute manière, il y a un côté très psychopathe chez lui dans le sens où la vie de l’autre n’a pas de valeur à ses yeux. Donc pourquoi pas les supprimer ? Les laisser en vie, ça lui fait prendre des risques. (…) Mais il y a aussi la provocation] qu’on retrouve chez les psychopathes qui sont tueurs en série. C’est un sentiment de toute-puissance. Aux Etats-Unis, plus souvent que chez nous, beaucoup se sont amusés à jouer avec la police. Ce que fait Fourniret encore aujourd’hui avec Estelle Mouzin, c’est un besoin de contrôler l’autre. C’est avec ça qu’ils jouissent. [Jusqu’à aller se jeter dans la gueule du loup] ce qu’ont fait plusieurs tueurs en série, persuadés de ne pas être pris et d’être plus forts. C’est pour montrer cette toute-puissance que certains ont acquise vis-à-vis de la police, de l’Etat et de la société. Etant sûrs d’être imprenables. Sobhraj, en plus, s’était évadé plusieurs fois donc il est possible qu’il se soit dit : « Même si je me fais arrêter, j’arriverais peut-être à nouveau à m’évader… » C’est une hypothèse. Seul un entretien avec lui pourrait permettre d’éclairer ses motivations. Mais je pense en tous cas que c’est guidé par ce sentiment de toute puissance et d’être inarrêtable. Emma Oliveira (psychocriminologue)
Au Québec, Le Serpent fait surtout jaser pour l’accent québécois invraisemblable de son actrice principale, la Britannique Jenna Coleman. Mis à part cet irritant majeur, la série britannique de huit épisodes mérite qu’on s’y intéresse.  Si le doublage ne vous incommode pas, c’est pour une fois l’option la plus sage; la version française biffe le faux accent de Jenna Coleman. Reste que «Monique» de Lévis parle alors avec un accent français mais compréhensible. À vous de voir. Richard Therrien
Là où ça se gâche, c’est dans le jeu de l’actrice choisie pour camper cette modeste secrétaire de Lévis. Jenna Coleman parle un français atroce, à la limite du compréhensible. C’est vraiment gênant et dérangeant. D’autant plus que les comédiens qui l’entourent s’expriment parfaitement dans notre langue. Au deuxième épisode, une voisine de Marie-Andrée « Monique » Leclerc à Bangkok lui confie même, en fumant une 73e cigarette, qu’elle est « beaucoup trop sophistiquée pour être une Québécoise ». Ça non plus, ça ne passe pas super bien, mettons. Hugo Dumas
Nadine Gires and her husband Remi played a vital role in helping Herman Knippenberg build a case against Charles Sobhraj. Sobhraj had been living in an apartment block in Bangkok, Thailand where he befriended his neighbours, Nadine and Remi. At the time, Sobhraj was posing as a gem dealer and his accomplice, Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) as his wife Monique.The real Nadine and Remi were unaware of Sobhraj’s murderous streak until Dominique Renelleau (Fabien Frankel) and Yannick Masy (not featured in the series) told Nadine and Remi they were being held against their will by Sobhraj and feared for their lives. Speaking to the Mirror, the real Nadine Gires reflected: « I remember meeting the Dutch couple [Two of Sobhraj’s victims Henk Bintanja, 29, and his fiancée Cornelia Hemker, 25] briefly. « I walked into Sobhraj’s apartment and he was standing over them trying to convince them to buy sapphires and rubies. He said, ‘Sorry, I am talking business with these people, can you come back later?’ “Days later I heard noises – people moaning – and asked Charles, ‘What’s that?’ He said, ‘The Dutch are sick’. « Then before Christmas, we saw photos of the burned bodies in the Bangkok Post newspaper and Yannick told me, ‘It’s the Dutch couple. He killed them’. » As seen in The Serpent, Dominque shared he had been drugged by Alain. He also admitted several young travellers had also been drugged by the Frenchman and Monique. He also revealed his suspicions, believing the other travellers had been killed. Dominique had witnessed lifeless bodies being dragged from the apartment building, matched the passports found in Sobhraj’s safe to deceased travellers found by the police, and noticed many items in the apartment belonged to missing travellers. Alongside her husband Remi, they helped Dominique escape by purchasing him an aeroplane ticket and helping him re-construct his own passport. In The Serpent, it is suggested Nadine could not go to the Thai police with the information she had as Alain was working closely with a corrupt officer who could offer him protection. Whether this is true remains unknown today. The real Nadine did visit several embassies in the area and when dutch junior diplomat, Herman Knippenberg heard reports of a woman claiming there was a killer in the area, he tracked Nadine down. At the time, Herman had been investigating the murder of dutch tourists, Henk Bintanja, 29, and his fiancée Cornelia Hemker, 25. The Daily Mail
Premièrement, l’enquête d’Herman a débuté quelques mois après les meurtres, et c’était important pour moi d’adopter son point de vue plutôt que celui de Charles Sobhraj. Beaucoup de séries récentes ont approché la figure du serial killer de l’intérieur, mais j’étais plus intéressé par l’histoire de cet homme ‘banal’ confronté au mal absolu. Et pour la relier au parcours criminel de Charles, il fallait éclater la chronologie narrative. La seconde raison, c’est que je n’avais pas envie de reléguer les victimes au second plan, comme c’est le cas d’ordinaire, mais de les approcher en tant que personnes sensibles et complexes, dont les rêves ont été brisés. (…) La jeunesse des années 1970 était travaillée par une quête spirituelle, qui passait par les drogues ou le voyage. Nous souhaitions que les spectateurs se laissent traverser par la temporalité de la série et l’esprit de l’époque, pour ensuite se raccrocher aux figure mises en scène, et non l’inverse. (…)Charles est un menteur et un meurtrier. On n’a jamais voulu le rencontrer, lui parler, ou nouer un lien quelconque avec lui. D’ailleurs, on ne saura jamais si ce qu’il a raconté à Richard Neville pour son livre était vrai ! On a décidé de l’appréhender de la même manière que les gens s’en approchaient à l’époque – Dominique, Nadine, Marie-Andrée – et d’user des différentes perspectives que ça induisait pour le cerner, sans tomber dans le piège de la fascination. Richard Warlow
La vraie vie est exaspérante, car elle ne se comporte pas comme les histoires. C’est une situation de «la réalité-plus étrange que la fiction-à-la-puissance-100. Je devais faire ce que vous faites toujours lorsque vous faites des recherches sur des histoires, c’est-à-dire faire des amalgames, allumer un feu sous certaines choses et aussi – et je n’ai jamais vécu cela auparavant – atténuer une partie de l’étrangeté. Sobhraj s’est montré très doué pour construire un faux récit sur les personnes qu’il aurait tuées. Et ce faux récit dit à peu près «Ce sont des drogués, des salauds criminels, et vous ne devriez pas vous en soucier.» Je pense que c’est la raison pour laquelle beaucoup de familles étaient si réticentes à s’impliquer dans le film. Il était extrêmement important que nous passions du temps avec eux et que nous voyions cela, plutôt que de les laisser dans l’anonymat et de renforcer ce qui était déjà un faux récit à leur sujet. (…) Quand Herman a appris que Sobhraj avait été arrêté au Népal en 2003, il prenait un cocktail, car c’était le premier jour de sa retraite. Du point de vue du dramaturge, c’est le genre de chose que si j’écrivais, je me détesterais pour cela. C’est trop beau pour être vrai. Mais vraiment, ce qui a été l’histoire de sa vie l’a appelé le jour où il avait tout abandonné. Herman était la raison pour laquelle je voulais faire le film. Vous avez deux hommes diamétralement opposés qui sont nés à quelques mois d’intervalle, qui ne se sont jamais rencontrés, mais qui ont eu cet effet révolutionnaire sur la vie de l’autre. L’un était ce roi lézard mercuriel des années 70 et l’autre était un ringard, pour utiliser la langue vernaculaire de l’époque. Moi, ce qui m’intéressait, c’est le ringard qui fait tomber le roi du cool. Il existe une version de cette émission où vous ne faites que regarder Charles tirer des merdes incroyablement diaboliques – maintes et maintes fois pendant des heures. Je n’ai jamais voulu raconter cette histoire. Je cherchais toujours à voir le processus qui a mené à son arrestation. (…) Il essaie constamment de se monétiser lui-même et son histoire, et nous étions catégoriques sur le fait que nous ne le paierions jamais. Et l’autre chose c’est que c’est un menteur compulsif, donc tout ce qu’il avait à nous dire n’aurait pas été vrai. Richard Warlow
J’ai essayé de retrouver toutes les personnes qui figurent dans l’histoire, ou leurs proches survivants s’ils n’étaient plus en vie. Construire cette recherche pour qu’elle soit aussi vaste que possible afin que nous puissions nous en inspirer – afin que nous puissions dessiner ces petits détails fins dans l’histoire qui deviennent vraiment importants pour être sûrs de les raconter de la manière la plus véridique et la plus exacte. (…) Nous avons choisi de ne pas lui parler. Julie et son mari, Richard, ont passé des heures et des heures et des heures en prison à interviewer Sobhraj et à l’enregistrer. Julie nous a donné accès à ces cassettes, ce qui nous a permis d’entendre le récit de Sobhraj sur cette période sans avoir à dialoguer directement avec lui. Sinon, tout ce qu’on aurait pu tirer de contacts directs avec quelqu’un comme Sobhraj, ça aurait été de voir comment il nous aurait menti et comment il aurait essayé de nous berner. Nous avons pu écouter ces bandes d’un point de vue plus objectif. Paul Testar
Set in 1970s Bangkok, the series, which first aired on the BBC earlier this year, follows Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) as he investigates the disappearance of a pair of Dutch backpackers. His pursuit leads him to Sobhraj (Tahar Rahim) and his accomplices, including Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) and Ajay Chowdhury (Amesh Edireweera), who have been drugging, robbing and killing tourists on the so-called Hippie Trail. “Real life is infuriating, because it doesn’t behave in the way stories do,” says writer and producer Richard Warlow, who began working on the series in 2013 alongside director Tom Shankland. He calls it a “fact-is-stranger-than-fiction-to-the-power-of-about-100 situation”: “[I had] to do what you always do when you’re researching stories, which is do some conflations, light a fire under certain things and also — and I’ve never experienced this before — pedal back on some of the strangeness.” Coproducer Paul Testar, who joined the development process in 2014, was tasked with accumulating research to support the storytelling. He worked closely with Knippenberg, who gave the team access to his extensive files on Sobhraj, as well as with Sobhraj’s former neighbor Nadine Gires; his captive employee Dominique Renelleau (whose escape from Sobhraj is documented in the series); and Interpol’s Lt. Col. Sompol Suthimai. Knippenberg provided Leclerc’s diary, and journalist Julie Clarke, who cowrote “On the Trail of the Serpent” with her late husband, Richard Neville, gave the production hours of taped interviews with Sobhraj. “I tried to track down every single person who features in the story, or their surviving relatives if they’re no longer alive,” says Testar. “Building that research to be as huge as possible so we could draw from it — so we could draw these tiny, fine details in the story that become really important and be truthful about them and make sure we’re telling it accurately.” A few of the people involved were made into composite characters for dramatic effect, one completely fictional character was added, and timelines were condensed at points. (The show’s dialogue is imagined too.) But Testar says 80% to 90% of the series is accurate. “I don’t think any of it is historically untrue. It was more a case of leaving stuff out.”  (…) Neville and Clarke’s interviews with Sobhraj, conducted while the killer was in prison in India, were essential to the writing of “The Serpent,” especially since the production team didn’t want to involve Sobhraj directly. (Neville and Clarke’s book was originally released in 1979, which means the interviews took place shortly after the events of the series.) “We chose not to speak to him,” Testar says. “Julie and her husband, Richard, spent hours and hours and hours in prison interviewing Sobhraj and taping them. Julie gave us access to those tapes, which meant we could hear Sobhraj’s account of that period without having to engage with him directly. It felt like the only use of engaging with Sobhraj directly was to see how he’d lie to you and to see how he’d try to pull the wool over you. We were able to listen to those tapes from a more objective standpoint.” “He is constantly trying to monetize himself and his story, and we were adamant that we would never pay him,” Warlow adds. “And the other thing is, he’s a compulsive liar, so whatever he had to tell us wouldn’t have been true.” (…) Not all the victims included in “The Serpent” show up under their real names, because of requests from surviving family members. Dutch students Henricus “Henk” Bintanja and his fiancée, Cornelia “Cocky” Hemker, went missing in 1976 after staying at Sobhraj’s Kanit House apartment in Bangkok, spurring Knippenberg’s investigation, but they appear in the show as Helena Dekker and Willem Bloem. Similarly, Sobhraj’s first wife and daughter have fictional names in “The Serpent” to protect their identities. (…) In reality, Gires helped three of Sobhraj’s captives flee Bangkok, not just Renelleau. “There were two other people in that apartment at the same time,” Testar says. “We were never able to contact them or track them down. There was a feeling that dramatically, they had the same thing happening to them as to Dominique, [and] it was better to give all of it to Dominique to get under his skin as a character.” Chowdhury’s fate is left open-ended, which is factual. In the sixth episode, Sobhraj drives Chowdhury to a deserted strip of land and abandons him, although it’s unclear whether that actually happened. Chowdhury was last seen in 1976. (…) Captured in New Delhi after he drugged the members of a student tour group, Sobhraj eventually went to prison in India, serving time from 1976 to 1997. After his release, he returned to Paris and lived as something of a celebrity. He gave several prominent interviews, including to an ABC news team, and at one point, director William Friedkin signed on to direct a movie about Sobhraj starring Benicio del Toro. Then, for some reason, Sobhraj returned to Nepal, where there was an outstanding warrant for his arrest in the killings of Laurent Carrière and Connie Jo Bronzich (played by Benjamin Braz and Dasha Nekrasova, respectively). (…) Sobhraj claimed that he returned to negotiate an arms deal between the Taliban and the CIA, but it’s been speculated that his hubris was so great that he thought the warrant had expired along with the one in Thailand. It’s also possible that he craved the spotlight at any cost. Whatever the reason, Sobhraj was arrested in Kathmandu on the day of Knippenberg’s retirement — a detail left out of the final episode. “When Herman got the news that Sobhraj had been arrested in Nepal in 2003, he was having a [cocktail], because it was the first day of his retirement,” Warlow says. “From a dramatist[’s] point of view, that’s the sort of thing that if I wrote that I’d hate myself for it. It’s so on the nose. But really, what’s been the story of his life came calling for him on the day he’d given it all up.” He adds, “Herman was the reason I wanted to do this. You’ve got two diametrically opposed men who were born within months of each other, who never met each other, but had this revolutionary effect on each other’s life. One was this mercurial ‘70s lizard king and the other one was a square, to use the vernacular of the time. I was very interested in the square bringing down the hip king. There’s a version of this show where you’re just watching Charles pulling incredibly evil s— time and again for hours. I never wanted to tell that story. I was always looking to see the process by which he was caught. The LA Times
Vous avez dit revanche du ringard ?
Minisérie de près de 8 heures, format quasi-documentaire, travail massif de documentation, entretiens avec les témoins et familles des victimes, écoute de dizaines d’heures d’enregistrement de l’époque du tueur dans sa prison mais refus de lui parler directement, remarquable reconstitution à la fois des espaces et de l’époque …
Quelle mesure du temps parcouru …
Quand après bientôt 50 ans …
Quatre biographies, trois documentaires et un film indien
Et d’innombrables projets dont un d’Oliver Stone avec peut-être Robert de Niro …
Ou même de l’acteur-producteur français Yves Rénier (pour, dit-on, pas moins de 15 millions de dollars) …
La  télévision, avec la BBC et Netflix, s’attaque à nouveau à son tour …
Face sombre, entre le maléfique Charles Manson et le funeste festival d’Altamont, des années « peace and love » …
A l’histoire à la fois vraie et terrifiante …
Du tristement célèbre tueur de routards français d’origine indo-vietnamienne Charles Sobhraj
Qui après une série d’évasions de prison toutes aussi rocambolesques les unes que les autres …
Et avoir mené grand train dans sa prison indienne …
Avant sa réincarcération surprise au Népal où il est toujours …
Avait pendant six ans défrayé la chronique à Paris …
Protégé des demandes d’extradition des familles de ses victimes par l’avocat de l’anti-impérialisme et lui aussi enfant perdu de la colonisation, le sulfureux Jacques Vergès
Multipliant les interviews et les séances photos grassement payées …
Mais cette fois les producteurs ont résolument refusé la glorification facile du maitre de la manipulation et de l’auto-promotion…
Et choisi au contraire au risque même à force de flashbacks et de flash forwards …
Sans compter, seule ombre au tableau, une actrice principale, censément québécoise, au look peut-être un peu trop glamour et au français plus qu’approximatif
De désorienter voire de perdre en route même le plus motivé des spectateurs …
D’honorer, outre les victimes souvent oubliées dans ce genre de reconstitution, la formidable détermination du jeune attaché d’ambassade néerlandais

Qui seul contre tous et d’abord contre ses propres supérieurs …

Et au nom des familles d’un dizaines de jeunes victimes …

Pris entre le désintérêt des ambassades et consulats de leurs propres pays …

Et tant la corruption que la peur d’effrayer les touristes de la part des polices comme des autorités locales …

Avait finalement réussi à faire tomber le criminel roi du cool …

Qui passé des chèques falsifiés et des voitures volées au trafic de drogues et de pierres précieuses …

Et profitant de cette véritable manne de jeunes candidats aux paradis artificiels que l’Occident déversait alors sur l’Asie…

Armés alors sans téléphones portables ni internet de leurs seuls chèques de voyage et idéologie zen …

Sur la fameuse « route des hippies » entre Bangkok, Goa et Katmandou …

Avant de basculer entre deux évasions et cavales …

Avec l’aide d’une compagne canadienne sous emprise et d’un homme de main indien …

Mais aussi à la manière d’un chef de secte à la Charles Manson

De certaines mêmes de ses proies …

Dans la torture et l’assassinat les plus sordides, entre deux vols de passeports et d’identités, pour couvrir ses traces …

The true story behind Netflix’s newest crime drama was too bizarre for TV
Emily Zemler
The Los Angeles Times
April 2, 2021

Netflix’s true crime drama “The Serpent,” premiering Friday, may seem unbelievable — but the creators actually had to temper the bizarre real-life history of con man and serial killer Charles Sobhraj. Set in 1970s Bangkok, the series, which first aired on the BBC earlier this year, follows Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) as he investigates the disappearance of a pair of Dutch backpackers. His pursuit leads him to Sobhraj (Tahar Rahim) and his accomplices, including Marie-Andrée Leclerc (Jenna Coleman) and Ajay Chowdhury (Amesh Edireweera), who have been drugging, robbing and killing tourists on the so-called Hippie Trail.

“Real life is infuriating, because it doesn’t behave in the way stories do,” says writer and producer Richard Warlow, who began working on the series in 2013 alongside director Tom Shankland. He calls it a “fact-is-stranger-than-fiction-to-the-power-of-about-100 situation”: “[I had] to do what you always do when you’re researching stories, which is do some conflations, light a fire under certain things and also — and I’ve never experienced this before — pedal back on some of the strangeness.”

Coproducer Paul Testar, who joined the development process in 2014, was tasked with accumulating research to support the storytelling. He worked closely with Knippenberg, who gave the team access to his extensive files on Sobhraj, as well as with Sobhraj’s former neighbor Nadine Gires; his captive employee Dominique Renelleau (whose escape from Sobhraj is documented in the series); and Interpol’s Lt. Col. Sompol Suthimai. Knippenberg provided Leclerc’s diary, and journalist Julie Clarke, who cowrote “On the Trail of the Serpent” with her late husband, Richard Neville, gave the production hours of taped interviews with Sobhraj.

“I tried to track down every single person who features in the story, or their surviving relatives if they’re no longer alive,” says Testar. “Building that research to be as huge as possible so we could draw from it — so we could draw these tiny, fine details in the story that become really important and be truthful about them and make sure we’re telling it accurately.”

A few of the people involved were made into composite characters for dramatic effect, one completely fictional character was added, and timelines were condensed at points. (The show’s dialogue is imagined too.) But Testar says 80% to 90% of the series is accurate. “I don’t think any of it is historically untrue. It was more a case of leaving stuff out.”

Here Warlow and Testar discuss what’s fact and what’s fiction in “The Serpent.”

The series is based on interviews with Sobhraj — just not by the producers

Neville and Clarke’s interviews with Sobhraj, conducted while the killer was in prison in India, were essential to the writing of “The Serpent,” especially since the production team didn’t want to involve Sobhraj directly. (Neville and Clarke’s book was originally released in 1979, which means the interviews took place shortly after the events of the series.)

“We chose not to speak to him,” Testar says. “Julie and her husband, Richard, spent hours and hours and hours in prison interviewing Sobhraj and taping them. Julie gave us access to those tapes, which meant we could hear Sobhraj’s account of that period without having to engage with him directly. It felt like the only use of engaging with Sobhraj directly was to see how he’d lie to you and to see how he’d try to pull the wool over you. We were able to listen to those tapes from a more objective standpoint.”

“He is constantly trying to monetize himself and his story, and we were adamant that we would never pay him,” Warlow adds. “And the other thing is, he’s a compulsive liar, so whatever he had to tell us wouldn’t have been true.”

Charles Sobhraj was a killer, by his own admission

Sobhraj, born in 1944 to a Vietnamese mother and Indian father, was a scam artist and a killer. He drugged and robbed tourists for money and their passports, which he refashioned to use himself. The first known killing, which Sobhraj committed alongside Chowdhury, took place in 1975. The victim was Teresa Knowlton, played in the Netflix series by Alice Englert. There were several other homicides around that time attributed to Sobhraj and Chowdhury, although “The Serpent” doesn’t portray all the deaths. The total number of Sobhraj’s victims remains unknown.

“He’s been convicted of two murders, and he’s the chief suspect in many others in Thailand,” Testar says. “Arrest warrants were issued for those murders, but he successfully managed to avoid returning to Thailand, so they expired. Much of what’s known about the murders is from the mouth of Sobhraj himself, from interviews he gave to Richard Neville. As with everything with Sobhraj, it’s difficult to verify where the truth ends and where the lies begin.”

“Some people say over 20, some people say 12,” Warlow adds. “It’s one of those mysteries.”

Not all the victims included in “The Serpent” show up under their real names, because of requests from surviving family members. Dutch students Henricus “Henk” Bintanja and his fiancée, Cornelia “Cocky” Hemker, went missing in 1976 after staying at Sobhraj’s Kanit House apartment in Bangkok, spurring Knippenberg’s investigation, but they appear in the show as Helena Dekker and Willem Bloem. Similarly, Sobhraj’s first wife and daughter have fictional names in “The Serpent” to protect their identities.

“Sobhraj has been very good about building a false narrative about the people he’s alleged to have killed,” Warlow says. “And that false narrative pretty much goes ‘They’re druggies, criminal scumbags, and you shouldn’t care about them.’ I think that’s why a lot of the families were so reluctant to get involved with the drama. It was crucially important that we spend time with them and see this, rather than let them be anonymous and reinforce what has been a false narrative already about them.”

He adds, “The only character who is entirely fictional is in the first episode, the British hippie backpacker Celia. That’s because Teresa Knowlton was a very important character in the sequence of events and her uncle York Knowlton has been very supportive of us with the show. I was very keen from the outset to see what Teresa was like, so we gave her a friend to spend time with while she was in Thailand.”

Some of the victims escaped Sobhraj’s clutches

The third episode of “The Serpent” depicts Sobhraj’s relationship with the young Frenchman Renelleau (Fabien Frankel). Sobhraj cons Renelleau into working for him by taking away his passport and drugging him to make Renelleau believe he has dysentery. Renelleau begins to suspect foul play when visitors to Kanit House start getting sick and disappearing, and he confides in Gires (Mathilde Warnier) and her husband, Remi (Grégoire Isvarine), who help him escape.

In reality, Gires helped three of Sobhraj’s captives flee Bangkok, not just Renelleau. “There were two other people in that apartment at the same time,” Testar says. “We were never able to contact them or track them down. There was a feeling that dramatically, they had the same thing happening to them as to Dominique, [and] it was better to give all of it to Dominique to get under his skin as a character.”

Chowdhury’s fate is left open-ended, which is factual. In the sixth episode, Sobhraj drives Chowdhury to a deserted strip of land and abandons him, although it’s unclear whether that actually happened. Chowdhury was last seen in 1976.

“We don’t know what happened to him,” Testar says. “There’s this rumor that’s been put out that Sobhraj had Ajay killed, which I think is absolutely not true. It’s a useful fact and it plays into the mythology of the story, but another associate of Sobhraj from Bangkok, a German guy, disproved it. After Sobhraj and Leclerc had been arrested in India, several months after he was in prison, this guy had a visit at his home in Germany and phone calls from Ajay. It would be pretty difficult for him to have been killed by Sobhraj when Sobhraj was already in prison. What happened to him is a complete mystery.”

Yes, Sobhraj really did keep a pet monkey

Many of the small details in “The Serpent” are based on interviews with Gires and Renelleau, who both lived in Kanit House. Viewers in the U.K. were horrified when a monkey is poisoned in Episode 3, for instance, but the creators based that on real events: Sobhraj and Leclerc’s pet monkey, Coco, got his hands on the medicine Sobhraj was using to debilitate Renelleau and dropped dead.

“The events that take place are so outlandish and then you find out that it actually happened,” Warlow says. “I got so many people saying to me ‘What, the monkey? Really? He drank the poison? Really?’ And yes, that was 100% as it happened.”

“That was something Dominique told us,” Testar adds. “He was so sad that he’d accidentally poisoned it. It sounded like a horrible life for the monkey. There was something we decided not to include, because it would just be too terrible, but apparently, the monkey was not house trained, so he wore diapers. That’s one of those extraordinary details that feels like ‘That’s too far. People won’t believe that.’”

Sobhraj got a life sentence after years of fame

Captured in New Delhi after he drugged the members of a student tour group, Sobhraj eventually went to prison in India, serving time from 1976 to 1997. After his release, he returned to Paris and lived as something of a celebrity. He gave several prominent interviews, including to an ABC news team, and at one point, director William Friedkin signed on to direct a movie about Sobhraj starring Benicio del Toro. Then, for some reason, Sobhraj returned to Nepal, where there was an outstanding warrant for his arrest in the killings of Laurent Carrière and Connie Jo Bronzich (played by Benjamin Braz and Dasha Nekrasova, respectively).

“I wouldn’t say he gave himself up, but he publicized his arrival,” Testar says. “He made it very clear that he was there. He went to the casinos and was photographed. But why is one of the great mysteries of the story, and it’s one we don’t try to explain.”

Sobhraj claimed that he returned to negotiate an arms deal between the Taliban and the CIA, but it’s been speculated that his hubris was so great that he thought the warrant had expired along with the one in Thailand. It’s also possible that he craved the spotlight at any cost. Whatever the reason, Sobhraj was arrested in Kathmandu on the day of Knippenberg’s retirement — a detail left out of the final episode.

“When Herman got the news that Sobhraj had been arrested in Nepal in 2003, he was having a [cocktail], because it was the first day of his retirement,” Warlow says. “From a dramatist[’s] point of view, that’s the sort of thing that if I wrote that I’d hate myself for it. It’s so on the nose. But really, what’s been the story of his life came calling for him on the day he’d given it all up.”

He adds, “Herman was the reason I wanted to do this. You’ve got two diametrically opposed men who were born within months of each other, who never met each other, but had this revolutionary effect on each other’s life. One was this mercurial ‘70s lizard king and the other one was a square, to use the vernacular of the time. I was very interested in the square bringing down the hip king. There’s a version of this show where you’re just watching Charles pulling incredibly evil s— time and again for hours. I never wanted to tell that story. I was always looking to see the process by which he was caught.”

Voir aussi:

The chilling return of the hippie serpent
The man alleged to have murdered 14 backpackers is selling the movie rights
Rian Malan
The Independent
07 June 1997

This is a tale of two men, 14 unsolved murders and a lawsuit which might shed light on a string of crimes that defined, along with the killings at Altamont and Charlie Manson’s psychopathic rampages, the dark side of the hippie era. One of the actors, Charles Sobhraj, 53, is coming to London this week to consult solicitors with regard to potential libel proceedings. The other, the counter-culture guru Richard Neville, has just left Britain for Australia to rejoin his worried wife at their remote mountain home, and yes, to avoid running into Sobhraj on the media party circuit of which he is determined to become a habitue.

Sobhraj is « The Serpent, » the supernaturally charming con man who remains the chief suspect in a series of sensational 1970s murders. Imprisoned in India since 1977, Sobhraj resurfaced eight weeks ago in Paris, where he has been regaling the press, negotiating deals, and ducking questions arising from Neville’s 1979 biography, The Life and Crimes of Charles Sobhraj, which names him as the perpetrator of at least seven killings.

The Serpent has never been convicted of murder, and all that stands between him and the literary respectability he seems to crave is a confession allegedly made to Neville in Delhi two decades ago. Since his release, Sobhraj has cast doubt on the Australian’s credibility. Now Neville has revealed that he was carrying a recorder at the critical moments, and that what he claims are the tapes have turned up in his garden shed, miraculously still audible after 20 years of exposure to « hail, rain and bushfires ». Their contents, if authentic, make uneasy listening for the accused serial killer.

The son of a Vietnamese shopgirl and an Indian businessman, Sobhraj was born in Saigon and raised in France by a mother described as neglectful and abusive. An incorrigible juvenile delinquent, he claimed to see crime as retribution for the suffering imperialists were inflicting on his war-torn homeland, a line that won the heart of his first wife, a Sorbonne student. They married and set off for India in 1970, a charmed young couple on what turned out to be a long crime spree.

At the time, throngs of long-hairs were moving down the hippie trail that led from India to Kathmandu and the Buddhist paradises of South-East Asia, searching for cheap drugs and enlightenment. A man of acute intellect, addicted to danger, martial arts and French existential philosophy, Sobhraj seems to have felt a sort of aesthetic disgust for these spoiled white youngsters and began to prey on their gullibility. Using strategies gleaned from manuals of psychology, he would befriend hippies, entertain them for a day or two, and then drug them and steal their travellers’ cheques and passports. By his own account, he carried out at least 100 such bushwhackings in the early Seventies before moving on to greater things.

In 1975, Sobhraj was living in a mansion by Bangkok’s red light district, posing as a gem dealer. He and his Canadian girlfriend, Marie-Andre Le Clerc, maintained a perpetual open house, often entertaining young Europeans and Americans from a nearby backpacker’s hotel. Everyone who met the slender, intense Eurasian agreed that his capacity for friendship was his deadliest weapon. In October 1975, he used it on Teresa Knowlton, 21, a « wild » young American who had trekked east to study Buddhism. Mesmerised, Knowlton accepted an invitation to visit a resort outside the city. Her bikini-clad corpse was found in the surf the next morning. She had been drugged and drowned. Two days later, Sobhraj’s girlfriend cashed her travellers’ cheques. The authorities failed to put two and two together.

A few weeks later, a second visitor to Sobhraj’s house – a young Turkish dopehead – turned up in an alley, murdered and burned almost beyond recognition. Shortly thereafter, a Dutch couple met a similar fate. At this point, the Thai police developed an interest in Sobhraj, and he and Marie-Andre fled to Nepal, where two more hippies were murdered during their stay. By January 1976, the death toll was approaching double figures, and Sobhraj was on the run from police in at least three countries.

As « the most wanted man in Asia », Sobhraj had to move fast, and change identity often. For that, he needed passports – plenty of them, especially after a hippie turned the tables on him and stole those he had. Desperate now, he befriended an entire busload of tourists and slipped them all Mickey Finns at Delhi’s Vikram Hotel, passing the drugs off as anti-dysentery medication. The victims were supposed to pass out quietly. Instead, they started vomiting in the foyer and making accusations. Sobhraj was arrested and thrown into Tihar, India’s toughest maximum security prison, which is where he met Richard Neville in 1977.

At the time, Neville was best known as a defendant in the celebrated Oz obscenity trial, which involved, inter alia, the publication of a cartoon of Rupert Bear with an erection in Neville’s underground magazine. The trial became a cause celebre for London’s hippies and elevated Neville to the pantheon of counter-culture heroes. Acquitted in triumph, he wandered off to New York, and thence India, with a contract in his pocket to do a Sobhraj book. He cut his hair to allay the suspicions of the Indian police, but he remained an apostle of dope, free love and the alternative lifestyle –  » not very different », as he quipped in a Hampstead cafe the other day, « from the people Sobhraj murdered ».

It was possibly for this reason – « I clearly wasn’t an authority figure » – that Sobhraj came to confide in him. In the early weeks of their acquaintance, talk was devoted to tales of Sobhraj’s swashbuckling jewellery heists and ingenious confidence tricks, followed by daring escapes from maximum security prisons. On the subject of murder, however, Sobhraj was infuriatingly vague. By now, he’d been acquitted of murder in India, but Thailand had requested his extradition on five murder warrants, and investigations were proceeding in Nepal and elsewhere. And then, according to Neville, one day, out of the blue, Sobhraj turned to the young Australian and said: « I have taken a decision to tell you how I cleaned Teresa. » He proceeded to describe in « chilling detail » how the young American had met her end.

In the ensuing weeks, he says, there were more confessions, regarding six additional cases. As Neville reads it, Sobhraj felt he had little to lose. Sentenced to 10 years for the mass drugging at the Vikram Hotel, he was safe for the moment from extradition to Thailand, and besides, « he probably felt he could break out whenever he pleased ».

The Life and Crimes of Charles Sobhraj was published in 1979, and life moved on. In Tihar prison, The Serpent devoted himself to meditation and the writing of his memoirs. Neville returned to Australia, married his co-author Julie Clark, fathered two daughters and became an « alternative futures consultant ».

Two months ago, he received a call from a journalist. « Sobhraj is out of jail, » she said, « and he’s impugning your integrity. » The Serpent was refusing to confess to any crimes other than the few he’d been convicted of, and insisted that he had no knowledge of Teresa Knowlton, the American washed up dead on a Thai beach in 1975. « I never killed her, » Sobhraj said. « I never met her. » If true, this made Neville a liar.

ENRAGED, Neville went down to the garden shed, where he located his tapes in a dusty suitcase. And there it was: a voice he claims is Sobhraj’s, talking about how he’d invited Teresa to accompany him to a beach outside Bangkok, giving her drugged coffee.The tape runs: « She said: ‘Did you give me something, because I feel very funny?’ I said: ‘I’m sorry, Teresa, I must tell you that I think I have to do something bad to you.’ She said: ‘Are you going to beat me up?’ And I said: ‘No, something better’. » When she lost consciousness, Teresa was stripped, put into a bikini, and « taken for a swim » by an accomplice. On the tape, « Sobhraj » chuckles: « I hope this stuff won’t hang me one day. »

Two decades later, Charles Sobhraj answered his phone on a balcony overlooking the Champs-Elysee. « I’m at a party, » he informed the caller. Asked about the Neville tapes, he insisted that nothing on them could be construed as a murder confession. « I’m going to affect that fellow, » he said. « That’s why I’m coming to London – because Neville has to be dealt with under Anglo-Saxon law. My lawyers say we have a very good case. »

He preferred to talk about his forthcoming biography, a prison memoir in the style of Jean Genet. The first seven months of his imprisonment were spent in leg-irons. « I did meditation, » he says, « and the result was, I realised I had to control the environment. » He gathered evidence of corruption by a senior prison official and used it to blackmail the man into granting special privileges – luxury food, cellphones, and an office in which to conduct sexual liaisons with his many groupies. « I ran that prison, » Sobhraj boasts. Independent sources confirm that he was nicknamed « Sir Charles » by disgruntled warders, who staged a violent protest over the way he was lording it over them.

Such setbacks notwithstanding, Sobhraj was still in a position, when extradition to Thailand became an ominous possibility, to pull off what Neville considers the greatest feat of his criminal career. He threw a party for his warders, drugged the food, and walked to freedom. After a few weeks, he allowed himself to be recaptured. The upshot was an extension of sentence exactly long enough to allow Thailand’s statute of limitations to expire. And so it was that when India released him, there were no more charges for him to face. « This is a story about getting away with murder, » says Neville. « He’s found a way out. That’s life, I suppose. »

Two months on, things are looking good for the ex-convict. Film directors are falling over themselves to secure movie rights to his story, among them Yves Renier and Oliver Stone. Robert de Niro has been mooted for the lead. The manuscript of his memoirs is in agents’ hands. Offers are being considered.

Voir également:

The ‘bikini-killer’ linked to murders throughout AsiaCharles Sobhraj has a reputation as Asia’s premier serial killer. Yet, until Thursday, he had never been convicted for murder, even though he has been accused of more than 20 killings in India, Thailand, Nepal, Turkey and Iran.
BBC news
12 August, 2004

His knack for deceptive disguises, coupled with his tendency to target young women earned him the nickname, « The Serpent, » or the « Bikini Killer. »

Sobhraj, 60, is also believed to have escaped from prisons in Afghanistan, Greece, Iran and India.

So extraordinary has been his life of crime that after being released from jail in India – where he served a 20 year sentence for poisoning a busload of French tourists – the film and book rights were reportedly sold to a French actor-producer for $15m.

The deal strengthened perceptions among his critics that he has never been properly brought to book for his crimes.

Terrifying prediction

Throughout his criminal career, Sobhraj either escaped from jail or bribed the authorities to treat him preferentially while in prison.

Charles Sobhraj was born in Japanese occupied Saigon in April 1944 to an unwed Vietnamese shop girl and an India merchant who denied paternity. His birthplace made him eligible for French citizenship.

India deported Sobhraj in 1997 after he had spent 21 years in jail
Rejection by his father was an act which caused considerable resentment and bitterness in the young Sobhraj: « I will make you regret that you have missed your father’s duty, » he confided in his diary.

It was a prediction that would become terrifyingly true.

The subject of at least two in-depth biographies as one of the world’s most notorious alleged serial killers, alongside Jeffrey Dahmer and Harold Shipman, Sobhraj is said to have begun his life of crime by travelling around Asia in 1963.

Audacious escape

His tactic, say his critics, was always the same. To take advantage of the nascent global drug culture to befriend young French or English-speaking tourists and then to murder them.

Between 1972 to 1982, Sobhraj has been implicated in more than 20 killings in which the victims were drugged, strangled, beaten or burned.

His capacity for violence, critics say, is matched only by his ability to escape from prison.

In 1971, he escaped from jail in India by feigning appendicitis and making his getaway from hospital.

He was re-arrested in 1976, but 10 years later made an even more audacious escape: this time by throwing a birthday party in which guards and prisoners alike were invited.

Grapes and biscuits handed around the guests were secretly injected with sleeping pills, knocking out everyone except Sobhraj and four other escapees.

Indian newspapers reported that they were so haughty about their getaway that they even photographed themselves walking through the prison gates onto the Delhi streets.

(As long as I can talk to people, I can manipulate them Charles Sobhraj speaking in Richard Neville’s biography)

As a fugitive, Sobhraj is reported to have behaved more like a holidaying student than a desperate prisoner prepared to stop at nothing to evade justice. He openly drank in bars and showed off an Italian made pistol to fellow drinkers.

Needless to say, it was not long before he was re-arrested. But, it is alleged, there was a method in his madness.

Critics say that he deliberately escaped towards the end of his 10 year jail term in order to be re-captured and face new charges for his escape.

That way he could avoid extradition to Thailand where he was wanted for five murders and would almost certainly be given the death penalty.

By the time of his release in 1997, the 20 year time-frame for him to be tried in Bangkok had lapsed.

But the authorities caught up with him again several years later.

In 2003, he was arrested in a Kathmandu casino for allegedly travelling on a false passport and for murders of an a Canadian man and an American woman which he allegedly carried out 28 years ago.

As in the other cases registered against him, Sobhraj denied the charges.

But this time, police said they had a « suitcase full » of evidence against him.

And the judge agreed, despite Sobhraj’s appeal that he had been convicted without proof or witnesses.

Voir de même:

Le Serpent sur Netflix : le tueur incarné par Tahar Rahim décrypté par une psychocriminologue
Emilie Semiramoth
Allo ciné
15 avr. 2021

Psychocriminologue et co-autrice avec Florent Gatherias du livre « Psychologues du crime » aux éditions Fayard, Emma Oliveira nous dresse le profil de Charles Sobhraj tel qu’il est interprété par Tahar Rahim dans Le Serpent.

Lancée le 2 avril dernier sur Netflix, la mini-série Le Serpent avec Tahar Rahim dans le rôle principal ne cesse d’exercer une forme de fascination auprès du public. Tirée d’une histoire vraie, cette histoire pourrait sembler invraisemblable tant il est facile pour Charles Sobhraj – un escroc devenu tueur en série – d’appâter et de piéger ses victimes.

Pour mieux comprendre les mécanismes psychologiques de ce personnage complexe, AlloCiné s’est entretenu avec Emma Oliveira, psychocriminologue, qui a vu l’intégralité de la sérIe.

AlloCiné : Ce qui est surprenant au premier abord, c’est la facilité avec laquelle Charles Sobhraj parvient à piéger ses victimes. Quel profil dressez-vous du personnage tel qu’il est représenté dans la série ?

Emma Oliveira : Le personnage, c’est typiquement le type de profil qu’on va retrouver chez les gourous de secte par exemple. Il a une sorte de don oratoire qui facilite le contact avec les gens. C’est aussi une histoire de couple ce type d’emprise : il faut ce gourou avec cette capacité d’approcher l’autre, mais ça ne marcherait pas avec n’importe qui. Ce sont souvent des gens vulnérables. Comme dans les sectes. Parce que ce sont des gens qui sont en quête d’identité, de rencontres…

Et la facilité pour lui c’est de prendre des backpackers. Ça existe toujours aujourd’hui d’ailleurs. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer il n’y a pas longtemps en voyage au Cambodge, et ce qu’il ressort à chaque fois dans le discours, c’est une quête de sens et d’identité.

C’est ce qu’on retrouve chez les adeptes de sectes, quel que soit l’âge ou le niveau social. C’est à un moment donné, un besoin de comprendre la vie, pourquoi, qui on est… Et je pense que ce type de personnage arrive à les manipuler à travers cette quête. Après, le personnage ne les garde pas longtemps, juste assez pour les droguer et les dépouiller.

Pourtant on se dit qu’au contraire il incarne tout ce qu’ils auraient dû fuir… Un négociant en pierres, qui organise des fêtes…?

Ça les rattache à ce qu’ils connaissent. Pour eux, c’est à la limite plus facile de faire confiance à un occidental. Je ne sais pas vraiment comment ça se passait dans les années 1970 mais quand on voyage, on est toujours un peu en garde. Là, vous rencontrez quelqu’un qui vous rappelle chez vous et qui en joue dans la série. Ça permet une sorte de jeu d’identification entre la victime et l’agresseur.

Dans la série, on ne le voit pas comme un tueur en série « classique » dans le sens où il ne prend pas de plaisir à ôter la vie. Quelle est votre analyse ?

En effet, ce n’est pas la mise à mort qui lui plaît. C’est ce que l’on nomme dans le métier un « meurtre utilitaire ». C’est ce qui va permettre de couvrir un autre crime, en l’occurrence celui de les voler et de les dépouiller.

Michel Fourniret, par exemple, avait fini par faire ça. Au début, c’était un violeur et il a fini par commettre des meurtres utilitaires : ce qu’il voulait, c’était violer et pas tuer ; mais on tue pour ne pas risquer d’avoir des plaintes et d’être recherché.

Mais il y a cette facilité de se dire que ces gens sont à 20 000 km de chez eux. A l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, pas d’internet. On ne connaissait pas toujours son itinéraire et on donnait des nouvelles une fois par mois. Aujourd’hui, ça serait moins facile.

Ce qui ressort dans la série, c’est qu’il y a une vraie haine de ce que représentent ces jeunes-là. Ces jeunes, finalement, qu’il aurait aimé être. Il est né d’une bonne famille mais il aurait aimé naître occidental, avoir l’apparence d’un occidental pour être accepté.

Il dit souvent qu’il est rejeté par la société à cause de son métissage…

Oui, cet argument, c’est son mobile. Son mobile conscient en tous cas pour passer à l’acte. Pour les voler et les tuer. De toute manière, il y a un côté très psychopathe chez lui dans le sens où la vie de l’autre n’a pas de valeur à ses yeux. Donc pourquoi pas les supprimer ? Les laisser en vie, ça lui fait prendre des risques.

Son comportement reste difficile à comprendre notamment lorsqu’il donne une interview après être sorti de prison et ensuite lorsqu’il retourne au Népal. C’est une forme de provocation ?

C’est ce qu’on retrouve chez les psychopathes qui sont tueurs en série. C’est un sentiment de toute-puissance. Aux Etats-Unis plus souvent que chez nous, beaucoup se sont amusés à jouer avec la police. Ce que fait Fourniret encore aujourd’hui avec Estelle Mouzin, c’est un besoin de contrôler l’autre. C’est avec ça qu’ils jouissent.

Jusqu’à aller se jeter dans la gueule du loup ?

Oui, c’est ce qu’ont fait plusieurs tueurs en série, persuadés de ne pas être pris et d’être plus forts. C’est pour montrer cette toute-puissance que certains ont acquise vis-à-vis de la police, de l’Etat et de la société. Etant sûrs d’être imprenables. Sobhraj, en plus, s’était évadé plusieurs fois donc il est possible qu’il se soit dit : « Même si je me fais arrêter, j’arriverais peut-être à nouveau à m’évader… » C’est une hypothèse. Seul un entretien avec lui pourrait permettre d’éclairer ses motivations. Mais je pense en tous cas que c’est guidé par ce sentiment de toute puissance et d’être inarrêtable.

Propos recueillis par Emilie Semiramoth, le 15 avril 2021.

Voir de plus:

Entre Me Vergès et le commissaire Moulin.Yves Rénier compte tourner un film sur la vie du «Serpent».
Franck Johannes
Libération
8 avril 1997

Les autorités françaises ne sont visiblement pas ravies de voir débarquer Sobhraj ce matin en France, surtout lorsque celui qui l’attend à l’aéroport est Me Jacques Vergès. L’avocat a expliqué que son client «était français et que, lorsqu’il était en prison en Inde, c’est bien le consulat de France qui s’occupait de lui. Donc, il bénéficiait d’une présomption de nationalité française». Charles Sobhraj a cependant dû batailler ferme pour obtenir un laissez-passer, et il devra ensuite demander un certificat de nationalité. Sûr de débarquer en homme libre, «le Serpent» pourrait cependant entrer par la petite porte, laissent entendre les autorités judiciaires. Me Vergès affirme que, s’il était placé dans un centre de rétention, il ne manquerait pas de protester contre cette «atteinte à la liberté». «La légende lui prête mille forfaits, sourit Me Vergès, mais, à supposer qu’il les ait commis, ils datent de plus de vingt ans, et sont donc prescrits.» Sous bénéfice «d’ultimes vérifications», Sobhraj n’est pas poursuivi en France. André Berthol, député RPR de Moselle, le regrette et assure avoir tout fait pour «faire échec à ce retour triomphant. La prescription efface les crimes, pas la douleur des familles». Le député était très proche de la famille Salomon, dont le fils Luc a traversé en Inde la route de Sobhraj. Le jeune homme de 28 ans est mort «d’empoisonnement» en 1976 après avoir partagé, selon des témoins, un poulet au curry avec Sobhraj, acquitté pour ce crime.

Quelqu’un d’autre, un peu gêné par tout ce tapage, attend Sobhraj depuis un moment: Yves Rénier, l’indispensable commissaire Moulin, qui se verrait bien faire un film sur la vie du Serpent. «C’est une très vieille idée, explique le réalisateur, j’aurais pu le rencontrer dans les années 70 quand j’allais là-bas, à Goa. J’étais même tombé sur un Belge qui est l’un des rares à avoir roulé Sobhraj.» Rénier est allé à deux reprises interroger le détenu à Delhi et n’espérait plus le voir en France. «Au moment où je laissais tomber, Sobhraj m’a appelé.» Rénier entend faire une fiction, mais «pas un film provocateur: je me mets à la place des Salomon, qui ont du mal à admettre que Sobhraj puisse gagner de l’argent avec le récit de ses crimes. Mais c’est l’époque qui est ainsi faite.» André Berthol qui aimerait bien changer l’époque, a travaillé à une proposition de loi pour confisquer ce type de revenus pour les victimes. «Sobhraj a quand même une vie peu commune, souligne Yves Rénier, il est à la fois attirant et repoussant. Intelligent. Manipulateur. C’est un joueur d’échecs».

Voir encore:

Charles Sobhraj, le tueur de touristes
Ce Français de 68 ans, actuellement emprisonné au Népal, a été accusé d’avoir détroussé, et parfois tué, des routards en Asie, dans les années 1970. Portrait d’un homme qui a (presque) toujours su soigner son image et passer entre les mailles du filet.
Jacques Expert et Philippe Broussard
L’Express
16/08/2012

D’abord, un surnom : « le Serpent ». Une appellation reptilienne qui dit à la fois l’art de la fuite et de la séduction, de l’esquive et du poison. Oui, c’est un peu tout cela, Charles Gurmukh Sobhraj : un visage fin, des lunettes de sage, une capacité glaçante à tromper son monde, en particulier les gardiens de prison. Ceux de New Delhi (Inde), où il passa autrefois plus de deux décennies, se souviennent qu’il fut leur prisonnier vedette. Ceux de Katmandou (Népal), où il purge actuellement une peine de vingt années de réclusion, savent qu’avec lui l’histoire n’est jamais vraiment terminée…

« Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler »

Pour la reconstituer, il faut se méfier d’un écueil : la légende. Dans les archives, les faits, les dates, les noms varient d’une source à l’autre. Avec une certitude, tout de même : c’est à Saigon, l’actuelle Hô Chi Minh-Ville (Vietnam), que tout a commencé. Sobhraj y est né en avril 1944, d’un père indien et d’une mère vietnamienne. Trois ans plus tard, à la séparation du couple, l’enfant reste un temps avec son père à Saigon. Mais celui-ci s’en occupe si peu que sa mère, remariée avec un militaire français, décide de le faire venir en France, pays dont il aura par la suite la nationalité. Mais ce rapprochement n’empêche pas le jeune Charles de connaître une adolescence chaotique de petit délinquant. Premiers larcins, premières condamnations. Dans les années suivantes, il épouse une Française prénommée Chantal et cherche, semble-t-il, à mener une vie « normale ». Las, il multiplie les combines (vol, falsification de chèques…) et décide bientôt de s’exiler en Inde avec sa femme. Intelligent, rusé, parlant plusieurs langues, il se lance dans le trafic de voitures volées. Il lui arrive aussi de s’attaquer à des hippies en quête de paradis artificiels et de liberté. Sa méthode ? Séduire, droguer, détrousser.

En 1971, il monte un « casse » plus ambitieux. En se présentant comme un directeur de casino, il approche une danseuse du ventre dont la chambre d’hôtel, à New Delhi, est située au-dessus d’une bijouterie. Accompagné d’un complice, Sobhraj la séquestre puis perce un trou dans le plancher afin de s’emparer de diamants. Les deux hommes seront arrêtés, peu après, à Bombay. Mais le Français ne restera pas longtemps en détention : après avoir drogué les gardiens, il s’évade et fuit à l’étranger (Afghanistan, Grèce…). Un parcours jalonné d’autres arrestations, et d’autres évasions.

Alors que Chantal finit par le quitter, le voilà en Inde, où il rencontre, en 1975, une jeune Canadienne, Marie-Andrée Leclerc. Ensemble, ils sillonnent l’Asie, s’adonnant au trafic d’héroïne et de pierres précieuses. C’est aussi cette année-là, en Thaïlande, que leur destin bascule. Sobhraj, qui se trouve alors à Pattaya avec Marie-Andrée et un ami indien, se lie avec une touriste américaine de 18 ans dont le corps sans vie sera retrouvé sur la plage, revêtu d’un bikini. A la même époque, d’autres routards sont assassinés en Thaïlande, selon un scénario parfois identique. La presse affuble le mystérieux tueur du surnom de « Bikini Killer ». Pour effacer les traces de ces crimes, il lui arrive de brûler les cadavres.

Pour franchir le frontières, Sobhraj et ses amis utilisent des passeports dérobés à des touristes. Ils retournent à Katmandou, sans savoir que la justice népalaise a enquêté, elle aussi, sur le meurtre d’un couple en décembre 1975. Arrêtés et assignés à résidence, les suspects parviennent à s’échapper. Vers l’Inde, cette fois, où trois autres personnes apparaissent dans leur sillage : un Français, une Anglaise, une Australienne. Le groupe ainsi constitué écume cette région du monde, détroussant d’autres routards. En juillet 1976, ils sont finalement interpellés à New Delhi, après avoir tenté d’empoisonner à la strychnine (?) un groupe d’étudiants français. Etrangement, Sobhraj ne sera jugé que pour tentative de vol et s’en tirera avec douze ans de prison. L’autre Français de la bande est relaxé, l’Anglaise et l’Australienne sont condamnées à six ans de détention. Marie-Andrée, elle, écope de six ans. Par la suite, elle pourra rentrer au Canada, où elle mourra d’un cancer. Sobhraj est à son aise à Tihar, la prison centrale de New Delhi. Il soudoie ses geôliers afin d’obtenir de l’alcool, des livres, parfois même des femmes… Soucieux de son image, il reçoit des journalistes. Certains, sous le charme, le qualifieront de « séduisant ». A son biographe Richard Neville, il confie : « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler. » A propos des crimes dont il est accusé, la même explication revient souvent : les victimes étaient des rivaux dans le trafic d’héroïne.

Le Serpent sait que cet épisode indien ne durera qu’un temps. Un autre pays le réclame : la Thaïlande, où il encourt la peine de mort pour l’affaire de Pattaya, en 1975. En connaisseur du droit indien, il orchestre alors une étonnante évasion en 1986 : lors de sa fête d’anniversaire, il offre aux surveillants des bonbons – ou des pâtisseries ou du raisin, les versions divergent – bourrés de somnifères, et s’éclipse déguisé en policier ! Cette cavale sera de courte durée, il s’en doute, il le souhaite. Arrêté à Goa, il est condamné à dix ans de prison supplémentaires. Sa manoeuvre a réussi : entre-temps, la demande d’extradition de la Thaïlande a expiré. Lorsqu’il est libéré, le 17 février 1997, après vingt et un ans passés à Tihar, c’est du côté de Paris, et non de Bangkok, que son sort fait débat : la France, son « pays », rechigne à l’accueillir.

Il a enrôlé un avocat sulfureux, Me Jacques Vergès

En attendant d’être fixé sur son sort, Charles Sobhraj conteste la façon dont la presse le dépeint. Interrogé par Le Monde, il lance : « Ceux qui me décrivent comme le criminel le plus diabolique du siècle ne savent pas de quoi ils parlent. Est-ce que j’ai la tête d’un tueur ? » Au total, il est tout de même soupçonné d’avoir commis au moins une douzaine de meurtres en Asie…

En avril 1997, c’est en star du crime, narguant la justice et les familles des victimes, que le Serpent débarque à Paris. Prévoyant, il a enrôlé un avocat sulfureux, Me Jacques Vergès, ainsi qu’un agent chargé de négocier ses interviews et les droits d’adaptation à l’écran de sa vie. Six ans plus tard, en 2003, il commet tout de même une erreur : retourner au Népal. Reconnu par un journaliste, il est arrêté dans le casino d’un hôtel de Katmandou. Pourquoi avoir pris un tel risque ? Certains médias assurent qu’il avait divers projets, commerciaux et humanitaires, dans ce pays. D’autres évoquent un voyage lié au tournage d’un film. Toujours est-il que Sobhraj doit répondre du double assassinat commis dans ce pays en décembre 1975. Il a beau clamer son innocence, le verdict tombe : vingt ans.

A bientôt 70 ans, le Serpent n’est plus le saute-frontières d’autrefois, mais il continue de séduire. En 2008, il a épousé en prison la fille de son avocate, une « jeunesse » de 22 ans. Aux dernières nouvelles, un film à gros budget reste à l’étude en Inde…

Jacques Expert et Philippe Broussard
Voir aussi:

Charles Sobhraj, serial killer ou beau parleur ?
Parmi les serial killers de légende, on trouve un Français, Charles Sobhraj. Incarcéré au Népal, il affirme être innocent. Portrait d’un séducteur.
De notre correspondante à New Delhi, Vanessa Dougnac
Le Point
15/01/2012

L’hésitation est possible. Sans la masse des uniformes bleus des forces de l’ordre, il serait difficile de considérer que ce chemin boueux, à l’écart d’une artère bondée de Katmandou, mène à l’entrée de la prison centrale du Népal. La vétusté carcérale du sous-continent indien n’a certes plus rien à prouver. « Nom du prisonnier ? » demandent les policiers en formant un barrage devant le guichet des visiteurs. « Charles Sobhraj », le nom du détenu convoité, provoque quelques secondes de silence. « Permission spéciale, prisonnier VIP ! » lance un policier. « Très célèbre », renchérit un autre.

La « célébrité » du Français Charles Sobhraj, il est vrai, a traversé les décennies et les continents. Elle est née en Asie sur les routes des hippies pour échouer jusqu’à ce matin d’hiver dans une prison humide de Katmandou. Entre-temps, l’homme est devenu une légende. Surnommé « Le Serpent » pour ses époustouflants talents d’esquive, Charles Sobhraj est perçu comme l’un des grands assassins de l’histoire récente. D’entrée de jeu, l’encyclopédie en ligne Wikipedia le présente en « serial killer ». Les articles de presse, les films documentaires ou les livres qui retracent sa vie évoquent, non sans une surenchère morbide, un tueur en série machiavélique. Car la légende le sacre en auteur impuni d’au moins douze meurtres commis dans les années soixante-dix : des touristes occidentaux auraient été drogués et détroussés de sa main avant d’être assassinés et même, dans un cas, brûlé vivant à l’essence.

Première incarcération à 19 ans

Tel un scénario de roman noir, la vie de Charles Sobhraj est hors du commun. Sa jeunesse est celle d’un enfant né à Saigon en 1944 de père indien et de mère vietnamienne. Négligé par son père, le garçon vagabonde dans un Saigon violenté par la guerre. Sa mère, qui l’a abandonné pour vivre en France avec un nouvel époux militaire, revient le chercher en 1953, et tente de lui prodiguer une éducation stricte à Paris. Trop tard. À 19 ans, Sobhraj, condamné pour vol de voiture, tâte déjà de la prison à Poissy.

L’histoire reprend quand il s’installe à Bombay en 1970 avec sa femme, Chantal Compagnon, qui donne naissance à leur fille. Sobhraj semble se plaire en Asie. Il multiplie périples, contrebande et trafic de pierres précieuses. Bientôt, il excelle dans sa future spécialité : le vol d’argent et de passeports auprès des touristes étrangers. Son mode opératoire sera immuable. Il se lie d’amitié avec de jeunes routards occidentaux et des hippies en quête d’un nirvana aux parfums de drogue. Il leur prodigue des conseils, leur fait miroiter de « bons plans ». Il est sympathique et inspire la confiance. Les conversations se poursuivent autour d’un verre. L’occasion, pour Sobhraj, de droguer discrètement ses proies. Il les raccompagne alors dans leur chambre et passe leurs affaires au peigne fin.

Bikini Killer

L’escroc s’enhardit au point d’oser un cambriolage assez périlleux. Se présentant en directeur de casino, il séduit une danseuse américaine qui séjourne à l’hôtel Ashoka de Delhi. Il se fait inviter dans sa chambre, qui se situe au-dessus d’une bijouterie…, et perce un trou dans le sol. La police est vite à ses trousses et le « gentleman cambrioleur » doit abandonner son butin. Il est arrêté et s’évade en simulant une crise d’appendicite. Puis il cumule de nouveaux voyages, de la Turquie au Pakistan, de nouvelles arrestations, et de nouvelles évasions, à Kaboul en 1973 et en Grèce en 1975. Entre-temps, face au cycle infernal des délits, sa femme le quitte pour rentrer en France.

C’est alors que s’ouvrirait le chapitre de la violence. De retour en Inde, le bandit séducteur se serait mué en un redoutable tueur en série. Il s’entoure de disciples : Marie-Andrée Leclerc, sa maîtresse canadienne, et l’Indien Ajay Chowdhury, son homme de main. Le trio s’installe à Bangkok. Tout en se lançant dans le trafic d’héroïne, Sobhraj continue celui de pierres précieuses et détrousse les touristes. Mais à la fin de l’année 1975, des cadavres surgissent au rythme effréné des vols.

La liste est lugubre : l’Américaine Teresa Knowlton, à peine majeure, retrouvée morte et brûlée à Pattaya, et la jeune Jennie Bollivar, noyée et abandonnée en maillot sur la plage. Un couple de Hollandais, la Française Anne-Marie Parry, le Turc Vitali Hakim, puis son amie française retrouvée, elle aussi, noyée en simple maillot. Les cadavres de la plage de Pattaya vaudront à Sobhraj le surnom de « Bikini Killer ». Les passeports de plusieurs disparus seront retrouvés dans le coffre-fort de la maison de Bangkok. Fin décembre, le trio se serait rendu à Katmandou et aurait rencontré un couple dont les corps sont plus tard découverts calcinés. Après un bref retour en Thaïlande, la trace de Sobhraj est mentionnée de Goa à Hong Kong, dans de brutales péripéties qui alternent soupçons d’assassinats, cavales, nouveaux acolytes et vols de touristes drogués. L’un d’entre eux, le Français Luc Solomon succombe aux sédatifs. En juillet 1976, quand une vingtaine de touristes français sont pris de crises diarrhéiques dans le hall d’un hôtel de Delhi, Sobhraj est maîtrisé et arrêté. Il avait eu la main trop lourde sur le dosage des poisons.

Manipulation

Les tribunaux indiens ne jugeront pas Sobhraj coupable de meurtre. Pour vols et évasions, il va néanmoins purger 21 années dans la prison de Tihar, à New Delhi. Son charisme et ses combines ont raison de ses gardiens qui l’appellent « Monsieur Charles ». Il gagne même l’amitié des autres prisonniers. « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler », a-t-il déclaré à l’époque à son biographe Richard Neville. Et son audace n’est pas ébranlée. En 1986, sachant qu’il est sur le point d’être libéré et extradé vers la Thaïlande où se profile la peine de mort, Sobhraj élabore un subterfuge. Le jour de son anniversaire, il offre des sucreries et des raisins empoisonnés à toute son unité carcérale. Les six gardiens endormis, il s’évade par la grande porte. Tout en prenant tranquillement des photos afin d’éterniser les procédures du procès auquel il s’expose. Il est arrêté deux semaines plus tard en train de dîner, sans se cacher, dans un bar de Goa. Il obtient donc une prolongation de peine en Inde et évite l’extradition à Bangkok. Quand il achève sa condamnation en 1997, le mandat d’arrêt a expiré. Sobhraj est libre. Il part vivre en France où il négocie sa notoriété, ses interviews et même, se flatte-t-il, des scénarios à Hollywood.

Mais son passé va le rattraper. En 2003, il commet une erreur : il revient, en toute légalité, au Népal. Dans les rues de Katmandou, un journaliste le reconnaît et s’offusque de sa présence. Sommées d’agir, les autorités l’arrêtent dans un casino pour le double meurtre de 1975. Rejetant un ultime appel, la Cour suprême de Katmandou confirmera en 2010 la condamnation à perpétuité de Sobhraj, reconnu coupable de l’assassinat au couteau en 1975 de l’Américaine Connie Jo Bronzich. « Sobhraj se voit en un super-héros criminel, a déclaré Ganesh K. C., l’officier de police qui l’a appréhendé. Je crois que c’est un psychopathe. Il ne tue pas pour l’argent, mais pour sa seule satisfaction. Il veut montrer son talent au monde entier. » Quant à l’intéressé, il nie avoir déjà mis les pieds au Népal avant son arrestation. « Je suis innocent, dit-il, je n’ai absolument rien à voir avec cette affaire. » Sa volumineuse pétition de 449 pages demandant une révision du jugement a été rejetée en décembre. Sobhraj en reste donc à une peine maximale de vingt années de prison avec un minimum de treize années, sachant qu’il en a déjà accompli huit.

Charmeur

Aujourd’hui, Charles Sobhraj a 67 ans. Du fond de sa cellule, son éternelle casquette vissée sur la tête, il n’a rien perdu de son aura. Fidèle à son grand talent, Le Serpent continue à aimanter des femmes intelligentes. Et pas des moindres : celle qui le défend – gratuitement – en France, Isabelle Coutant-Peyre, avocate connue pour ses clients radicaux ; à Katmandou, Sobhraj a hypnotisé d’amour une énième conquête : la Népalaise Nihita Biswas, 22 ans, sa traductrice. Les deux tourtereaux se sont mariés le 9 octobre 2008 lors d’une cérémonie hindoue organisée dans la prison. Dans la foulée, Sobhraj a rallié à sa cause la mère de sa jeune épouse, l’avocate Shakuntala Thapa, issue d’une vieille famille aristocratique népalaise.

Toutes le dépeignent en termes affectueux. Isabelle Coutant-Peyre le voit comme « un romantique, un aventurier, un type qui a trempé dans de sales milieux, mais qui n’a rien d’un tueur en série. » Shakuntala Thapa, sa combative avocate népalaise, parle d’un « homme généreux et amical ». Nihita retient « sa grande gentillesse, son aura, sa force et sa patience ». Toutes sont convaincues de son innocence. « Je ne pense pas qu’un homme puisse changer, explique la jolie Nihita. Celui qui est mon mari aujourd’hui ne peut pas avoir commis des crimes hier. » L’an dernier, Nihita est allée jusqu’à participer au Big Brother indien, une émission de télé-réalité, lors duquel elle a farouchement défendu son mariage. Avec une intensité qu’elle continue à revendiquer : « Notre amour est de plus en plus fort. »

« Je suis certain d’être acquitté »

Plusieurs entretiens téléphoniques avec Sobhraj, faute de permission de visite, révèlent un homme courtois et agréable. Le Serpent n’a pas changé de peau. L’homme est posé, la conversation facile. Il discute de ses projets de livre, de son cas judiciaire et de sa famille. Glisse quelques « secrets », dont « il ne faut pas parler ». Distille les informations. Alterne le personnel et le professionnel. Surtout, il montre une véritable énergie pour organiser et maîtriser sa situation. Dans sa cellule, il passe des heures à écrire et à travailler sur ses ressorts judiciaires. Sobhraj semble habité par l’évidence que le dernier acte de sa vie ne peut se jouer dans une sordide prison népalaise. « Je suis certain, nous écrit-il, que je serai acquitté. »

Et de fait, les pièces présentées au procès accumulent les irrégularités dans la procédure et les délais. « Des photocopies, et non des documents originaux, ont servi de preuves », souligne Me Shakuntala Thapa, qui dénonce « la corruption du système népalais ». Me Isabelle Coutant-Peyre s’insurge face à un « dossier entièrement falsifié au moyen de fausses fiches d’hôtel et de témoignages inventés ». D’après l’avocate, « on fait payer à Sobhraj sa réputation ». Au-delà, elle accuse les autorités françaises de « discriminer » son client : « La France attend simplement qu’il meure dans les geôles népalaises. » Et du côté de l’ambassade de France à Katmandou, le sort de Sobhraj semble susciter l’agacement. « C’est du réchauffé, cette histoire ! » juge le service consulaire averti de notre enquête, avant de grommeler qu’il a « déjà assez à faire avec les problèmes des touristes français ».

Vantardise

Pourtant, Sobhraj fera peut-être encore parler de lui. Car Isabelle Coutant-Peyre a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations unies et a déposé une plainte contre l’État du Népal. Le 27 juillet 2010, le Comité a fait droit à cette plainte en relevant un procès inéquitable et des violations de droits à l’égard de Sobhraj. L’affaire pourrait avoir des suites, bien que le Népal ne semble pas vraiment disposé à « réparer ses torts ».

S’il est innocent, Sobhraj aura activement creusé sa propre tombe. Non sans vantardise, il a toujours joué l’ambiguïté sur ses exploits criminels. Et puis, bien qu’il le réfute, il y a eu le fameux témoignage de Richard Neville, auteur de La vie et les crimes de Charles Sobhraj, publié en 1979. L’écrivain fait état des « aveux » de Sobhraj qui lui aurait narré les meurtres, détails sordides à l’appui. Bien sûr, la « légende Sobhraj » a pu aussi s’emballer et exagérer ses méfaits en lui mettant sur le dos tous les cadavres de toxicomanes de l’Asie des années hippies. Car le portrait du Serpent dépasse la réalité. Décrit par la presse anglophone des années quatre-vingt comme un « expert en karaté aux petits yeux perçants » ou un « félin glacial aux yeux énormes »… Dans les livres ou les articles consacrés à sa vie, les dates, les victimes, les noms, les lieux, les détails ne sont jamais les mêmes. Le roi de la manipulation et du mensonge a su brouiller les pistes et fabriquer sa légende, mais il s’y est perdu lui-même.

Voir également:

Sobhraj in India
Charles Sobhraj hated India, but the country got to him in the end
Ahead of the movie ‘Main Aur Charles’, which revisits the criminal’s jailbreak from Tihar in the 1980s, a look at his escapades.
Nandini Ramnath
Scroll.in
Oct 27, 2015

An international man of mystery of Indian extraction is a rarity. But if India has not rushed to embrace Charles Sobhraj as one of its own, it is with good reason. The half-Sindhi and half-Vietnamese criminal despised his Indian heritage, and used the country as one massive crime scene. India was where his father had relatives and maintained one of two households, where Charles Sobhraj first arrived to spend time with an extended family he had never met before, where he committed fraud, robbery and murder, and where he was arrested and sentenced for lengthy periods.

Sobhraj’s exploits include several audacious jailbreaks, one of which is the basis of the upcoming movie Main Aur Charles. Written and directed by Prawaal Raman, the October 30 release stars Randeep Hooda as the man who walked out of Tihar Jail in 1986 and then engineered his re-arrest to buy himself more jail time. Sobhraj wanted to remain in an Indian prison to avoid being extradited to Thailand, where he faced a possible death rap for a series of brutal murders committed in the mid-1970s, and he manipulated the Indian judicial system with the same ease with which he twisted the confidence of countless family members, victims and girlfriends over the course of two decades.

Sobhraj is now 71, and has been serving time in a Nepalese prison since 2003 for murders committed there during the ’70s.

In 1975, after escaping from a Greek prison,  Sobhraj boarded a plane to India for only his second extended trip to the country. But his feelings about the subcontinent, as reported by Richard Neville and Julie Clarke in the book Charles Sobhraj,  weren’t exactly positive: “How he hated India, except as a land of easy pickings, and although its blood flowed through his veins, he rarely acknowledged it.”

Charles Sobhraj is based on extensive interviews conducted with the frequent felon in Tihar Jail in 1977, when he was on trial for a failed attempt to rob a French tour group. Although Sobhraj later disowned the book – he is a man who likes to be in charge of his mythos – Neville and Clarke had no doubt about his culpability. “I had come to Delhi with some vague theory of Charles as a child of colonialism revenging himself on the counter-culture,” Neville, a prominent figure of the Australian counter-culture himself and the co-editor of the magazine Oz, writes in the epilogue. “Instead, I was dazzled by a brilliant psychopath.”

Raman clarified that Main Aur Charles is not a biopic but “an account of a chargesheet”. The movie is set in the ’70s and ’80s, and also stars Richa Chadha as a lawyer who is drawn by Sobhraj’s animal magnetism. “The movie is about a jail break and the subsequent police investigation,” said Raman, who has previously directed Gayab and 404. “The basic idea is to do justice to the determination of people involved in the case. It is a fictionalised account, which is why I didn’t need to seek permission to make the film.”

Sobhraj first came to notice in the ’70s after a series of murders of American and European tourists in Bangkok that were pinned on him and his collaborators. Even while Neville and Clarke were interviewing Sobhraj in Delhi in 1977, American journalist Thomas Thompson was researching Serpentine, an exhaustive account of the crook’s life and crimes. Serpentine ends with Sobhraj’s conviction by the Supreme Court of India on August 8, 1978, on charges of culpable homicide and robbery. The subject outlived the author: Thompson died from a liver disease in 1982, which his family believes he contracted during his research on Serpentine.

Sobhraj also inspired the mini-series Shadow of the Cobra, starring Art Malik and made in 1989 for Australian television. Sobhraj might have appeared in the movies himself if he hadn’t been occupied with drugging tourists and relieving them of their possessions and passports. Thompson describes a moment from 1971, when Sobhraj was in Mumbai’s Colaba tourist district, casing out various hospitality establishments.

“Once Charles had been asked by a director to be an extra in a crowd scene that required foreign faces, and although he did not have the time at that moment, the idea of becoming a film star someday was tucked in one corner of his head,” Thompson writes.

There are traces of Sobhraj in the half-Indian and half-Chinese character played by Danny Denzongpa in Mahesh Bhatt’s 1979 Lahu Ke Do Rang. (If a movie on Sobhraj had been made in those years, Denzongpa would have a shoo-in for the role). Two decades later, Sriram Raghavan was among the filmmakers keen on bringing aspects of Sobhraj’s life to the screen, and he started preliminary research on the subject.

“He is a fascinating character with an Indian connection,” Raghavan said. “The screenplay never got written, and I don’t know how I would have tackled the subject.” Elements of the smuggler’s persona crept into Saif Ali Khan’s character in Raghavan’s 2004 thriller Ek Hasina Thi, especially Sobhraj’s widely acknowledged charm, which allowed him to “befriend a cabbie as easily as a big shot”, the filmmaker added.

In the early 2000s, the Mumbai production company SBI Impresario, set up by Sorab Irani, set out to make a biopic based on Sobhraj’s memoir, The Aftermath. The movie was called Bottomline. Jackie Shroff was to have played the criminal, who had been spending time in London after serving out his prison sentence in India, and British author Farrukh Dhondy was to have written the screenplay.

In a blog published in 2013, Sorab Irani’s daughter, filmmaker Oorvazi Irani, details their colourful encounter with the criminal in 2002, adding that “the film is “still under production and not yet made”. In 2007, Dhondy published a novel based on Sobhraj’s crimes, titled The Bikini Murders.

Saigon to France to India

As anyone who has followed his story well knows, Sobhraj’s life is difficult to summarise in a single movie. He was born on April 6, 1944, during World War II in Saigon, in the territory then known as French Indochina. He was christened Gurmukh, a name his Vietnamese mother Song found hard to pronounce. He was the illegitimate son of a short-lived union between Song, variously described as a shop assistant and bar hostess, and Hotchand Bhawnani Sobhraj, also variously described as a humble tailor (by Thompson) and a moneylender and successful owner of two tailoring shops (by Neville and Clarke).

“The little boy was called Gurmukh, an Indian name that Mr Sobhraj had come up with, although the child had no official identity,” Thompson writes. “Wartime records had been poorly kept, and aside from an entry in a hospital record, the baby did not exist in the eyes of the transitional government.”

Unwanted by his father, Sobhraj was taken to France by Song when she married a French soldier. His official name was Hotchand Bhawnani Gurmukh Sobhraj, and his new moniker emerged in the country that eventually granted him citizenship, perhaps because the precocious boy delighted in mimicking the actor and filmmaker Charles Chaplin. In 1959, when he was 15, his name was entered in church records as Charles Gurmukh Sobhraj.

Before he could become a French citizen, Sobhraj had to face his Indian heritage. On his mother’s request, Hotchand sent Charles to his family home near Pune for a few months in 1961. The idea was to spend enough time in India to qualify for citizenship, but Sobhraj hated his relatives, the food, and the climate, and he eventually escaped to Saigon as a stowaway on a ship. He was sent back to India by his father in 1962, but was not allowed to disembark because he did not have the proper papers.

Sent back to his mother in Marseilles and granted a temporary visa, Sobhraj embarked on a series of petty crimes that nearly got him kicked out of his adopted homeland. He was finally declared a French citizen by 1970 through his mother since she was a natural-born citizen of a former French colony. However, Sobhraj’s destiny lay in the country he had so strenuously rejected. According to Thompson, the French consul official who granted Sobhraj his citizenship declared, “This man, someday he will meet his fate in India.”

That year, Sobhraj travelled again to India with his wife, Chantal. She gave birth to their daughter, Madhu, in a hospital in Mumbai. Sobhraj “moved easily into Bombay’s international colony”, Thompson writes. Among his friends were the associate director of the Alliance Francaise, who offered the silken-tongued émigré and his family an apartment at a discounted rate.

Sobhraj described himself as a businessman, but his trade was selling used and stolen cars to the city’s elite who, for all their wealth, have never shied away from a good bargain. “Charles’ popularity among the Bombay affluent was confirmed when he demonstrated his ability to procure shiny and apparently new Alfa Romeos, BMWs, Maseratis and Mercedes,” Neville and Clarke write. Sobhraj’s poor opinion about Indians was cemented during this phase, according to the authors. “They were so passive and dishonest at the same time… Charles was proud and ambitious and the only thing he liked about Bombay was the Taj Mahal Hotel, that symbol of wealthy, aristocracy and power,” they write.

Crime Scene India

Between 1971 and 1978, according to his confession and Thompson’s investigation, Sobhraj committed a series of crimes in various countries, including a failed attempt to rob an emporium at Hotel Ashok in Delhi in 1971. Upon being caught, he faked an appendix problem (an appendectomy was performed on him nevertheless) and, with Chantal’s help, managed to escape from the hospital. Serpentine documents Sobhraj’s frantic cross-border movements over the next few years – he fetched up in Kabul, Istanbul, and Athens, and slipped out of prisons upon arrest. By mid-1975, Sobhraj was back in India, posing as Alain Gautier, a photographer with the Paris-Match magazine, and winning the confidence of tourists whom he would later rob.

Sobhraj’s modus operandi included seducing women who became pliant and loyal accomplices. “He was a women’s fantasy of one moment of adventure – and danger,” his half-brother Andre told Thompson. Among Sobhraj’s most devoted lovers was Marie-Andree Leclerc, a Canadian who was accused of helping him commit several dastardly crimes, including at least five murders in Bangkok in 1975. She was around when he unsuccessfully drugged several French tourists at Hotel Vikram in Delhi in July 1976. They were arrested and lodged at Tihar, from where he staged his sensational jailbreak.

Sobhraj thrived on the permissive mores of the ’70s, and many of his victims were hippies and backpackers who were unable to see beyond his smooth sales pitch, said Julie Clarke, the co-author of Charles Sobhraj, in an email interview. “The fact that young unsophisticated Westerners were suddenly travelling in Asia in great numbers, and had a hippie culture of trusting everyone, provided such an easy target for him,” Clarke said. “The cultural use of marijuana had everyone a bit too relaxed.”

Perhaps it is not so surprising after all that Indian filmmakers have balked from bringing Sobhraj’s misadventures to the screen, even though the ’70s saw a spate of anti-hero movies across languages. The Hindi film industry in particular delighted in packing the screen with gamblers, spies, thieves, con-men, smugglers, molls and drug dealers. Yet, the morality of the characters remained black and white: heroes were misguided or pretending to be so, heroines lost their waywardness once they fell in love, and villains remained unrepentant and got their comeuppance.

Sobhraj doesn’t quite fit into this neat matrix. However, present-day popular cinema, which is more interested in psychological realism, is perhaps the best placed to examine his complex personality.

“My view is that he is a classic psychopath; we are looking at a mental illness,” Julie Clarke said. “He is not a hero in any sense. He fascinates those who are gullible (which is a human condition as most of us don’t come across psychopaths in the normal course of life.)”

Real versus reel

Raman’s Main Aur Charles will contrast the outlaw’s actions with those of the upright police officers who go after him. Nandu Madhav plays Madhukar Zende, the Mumbai police officer who arrested Sobhraj in Goa after his jailbreak. Zende had been staking out various establishments in Goa, and he famously walked up to Sobhraj at a restaurant in Porvorim, grabbed his arm and said, “Hello Charles, how are you?”

One of the key characters in this episode is Amod Kanth, who was Deputy Commissioner of Police in Delhi when Sobhraj made his escape. Kanth, who has retired from the police force and runs the non-governmental organisation Prayas, is portrayed by Adil Hussain in Main Aur Charles.

Kanth has been a part of several high-profile investigations, including the assassination of former prime minister Rajiv Gandhi, the Jessica Lall murder, and the BMW hit and run killing. “In the canvas of my experience, Sobhraj stands out as a character, and not in a good sense,” Kanth said. “He was in my custody for over a month, and I interrogated him. I would never allow him to sit on a chair and made him sit on the floor.”

Sobhraj’s mesmerising hold over men and women has been well documented. “He always parades his masculinity as if he were afraid it would go away,” a former girlfriend told Thompson. But Kanth remains unimpressed. “His character is slimy, and there is nothing charismatic about him, whatever his admirers might feel,” Kanth said. “He is a restless and fundamentally devious character.”

Which makes him ripe screenplay fodder. Prawaal Raman emphasised that while Main Aur Charles does not glorify Sobhraj, the filmmaker is not sitting in judgment on him either. “When there is a fight between good and evil, the battle is more interesting than who wins,” Raman said. “The movie is about an enigmatic man, a very focused cop, and their basic confrontation. I have taken a bird’s eye view.”

Voir de même:

La nébuleuse affaire Marie-Andrée Leclerc
La Québécoise Marie-Andrée Leclerc a été déclarée coupable du meurtre et du vol de touristes en Asie avec son compagnon de voyage Charles Sobhraj.
Radio-Canada
Apr 13 2021| Mis à jour le 13 avril 2021

La récente minisérie The Serpent raconte l’histoire du tueur en série français Charles Sobhraj et de sa compagne, la Québécoise Marie-Andrée Leclerc. Était-elle victime ou meurtrière? Retour en archives sur une affaire tout aussi scabreuse qu’énigmatique.

À la fin des années 70, l’affaire Marie-Andrée Leclerc a fait couler beaucoup d’encre. Comment une secrétaire médicale de Lévis est-elle devenue la femme la plus recherchée d’Asie?

Pendant un périple d’un an, de 1975 à 1976, la Québécoise aurait participé aux meurtres de plusieurs touristes européens et nord-américains en Asie.

En août 1976, elle est arrêtée et incarcérée à la prison de Tihar, en Inde. Elle devra y demeurer plusieurs années en attente de son procès. Ses conditions de détention lui attirent une certaine sympathie.

Marie-Andrée Leclerc nie être une meurtrière et prétend plutôt avoir été sous l’emprise de Charles Sobhraj, un criminel indo-vietnamien avec qui elle voyageait.

Six ans plus tard, elle sera inculpée et condamnée à la prison à perpétuité avec son complice.

Elle aurait aidé Charles Sobhraj à droguer des voyageurs naïfs pour leur dérober argent et passeports, puis s’en débarrasser.

Ce reportage du journaliste Yves Désautels au Téléjournal du 24 juillet 1983 est présenté lors de son retour au pays.

Partie pour un voyage en Inde qui ne devait durer que quelques mois, la voici huit ans plus tard, épuisée, devant se déplacer en chaise roulante, meurtrie physiquement et moralement, mais visiblement heureuse d’être de retour au pays.

Une citation de :Yves Désautels

La jeune femme étant atteinte d’un cancer, la Cour suprême indienne l’autorise à revenir temporairement au Canada afin de se faire soigner.

Son retour lui donne l’occasion de publier un livre sur son histoire qui compte cependant plusieurs zones d’ombres.

Le témoignage de Marie-Andrée Leclerc

Moins d’un an plus tard, le 20 avril 1984, Marie-Andrée Leclerc meurt à Québec des suites d’un cancer de l’utérus.

Le reportage du journaliste Jacques Plante au Téléjournal montre quelques extraits d’une entrevue qu’elle a accordée à Radio-Canada lors de la publication de son livre.

On y découvre une femme charmante, toute délicate et en apparence sereine. Cela pourrait expliquer pourquoi plusieurs Québécois l’ont crue innocente jusqu’au dernier moment.

La Lévisienne prétendra jusqu’à sa mort qu’elle ne savait rien des activités meurtrières de Charles Sobhraj, disant plutôt avoir été sa victime. Il lui aurait dérobé tout son argent et aurait fait en sorte que son passeport soit inutilisable. Elle était à sa merci, écrit-elle dans son livre.

Elle affirmera également ne pas avoir été amoureuse de son compagnon, qui se disait négociant en pierres précieuses.

Pourtant, elle va le rejoindre en Asie quelques mois à peine après l’avoir rencontré en 1975 lors d’un premier voyage en Inde. Son journal intime, obtenu par les autorités thaïlandaises, exprime également le contraire.

L’enquête de la journaliste Huguette Laprise

Outre le livre Je reviens…, publié aux Éditions Stanké en 1983, L’Affaire Marie-Andrée Leclerc d’Huguette Laprise permet un certain éclairage sur cette histoire.

Envoyée spéciale du quotidien La Presse, la journaliste s’est rendue à trois reprises en Asie pour couvrir l’affaire Marie-Andrée Leclerc. Elle met en doute l’innocence complète de la Québécoise.

À l’émission Le Point Médias du 5 novembre 1993, la journaliste Madeleine Poulin s’entretient longuement avec Huguette Laprise.

Elle explique être allée à la rencontre de Marie-André Leclerc en Inde à la suite du mandat d’arrestation international d’Interpol.

« Je suis vraiment partie avec cette idée d’aller aider une Québécoise qui est mal prise », raconte-t-elle.

Mais au cours de son enquête, la journaliste découvre un dossier très chargé et documenté. Les faits et les témoignages qu’elle recueille au Népal, à Hong Kong et en Thaïlande sont accablants.

On ne peut pas être dans un appartement et qu’il y ait des gens qui sont enchaînés dans notre appartement sans les voir!

Une citation de :La journaliste Huguette Laprise

Lorsque la journaliste la visite en prison, Marie-Andrée Leclerc parle comme une petite fille naïve, se disant en bien mauvaise posture et appelant à l’aide.

Huguette Laprise croise également Charles Sobhraj au palais de justice. Un personnage qu’elle décrit comme antipathique qui a tout d’un psychopathe et auquel Marie-Andrée Leclerc semble encore très attachée.

Marie-Andrée Leclerc était très certainement sous le charme de Charles Sobhraj, mais sous son emprise, sans voir tout ce qu’il tramait? Tous les éléments d’information colligés par la journaliste Huguette Laprise vont dans le sens contraire.

« Après toutes ces années-là, ce que je peux dire, c’est que cette fille a eu un destin très très triste, abominable », conclut la journaliste de La Presse.

Voir de plus:

23 avril 2021C’est petit, le Québec, quand même. Au milieu des années 60, le comédien Marcel Lebœuf, originaire de Lévis, se faisait garder par Marie-Andrée Leclerc. Oui, oui. La Marie-Andrée Leclerc, alias la belle Monique, que le monde entier a redécouverte depuis la mise en ligne de la minisérie Le Serpent sur Netflix, au début du mois.

La famille Lebœuf vivait alors rue Fraser, tandis que les Leclerc vivaient à côté, rue Déziel, près du Collège de Lévis.

« Elle m’a gardé de 8 à 11 ans. Elle avait alors 17 ou 18 ans. Je la trouvais donc belle. Je pense que j’étais amoureux d’elle », se souvient Marcel Lebœuf.

Encore mieux, maintenant : la fille de Marcel Lebœuf, l’actrice Laurence Lebœuf, a passé deux auditions, en décembre 2018, pour décrocher le rôle de Marie-Andrée Leclerc dans Le Serpent. C’est le genre d’histoire qui ne s’invente pas.

À Montréal, Laurence Lebœuf a enregistré trois scènes, dont celle où l’empoisonneuse Marie-Andrée/Monique entre dans la chambre des deux touristes néerlandais drogués. La vidéo a ensuite été transmise à la société Mammoth Screen, qui a produit Le Serpent pour la BBC et Netflix.

Les producteurs l’ont rappelée pour un deuxième bout d’essai, mais Laurence Lebœuf n’a pas obtenu le rôle, qui a été attribué à Jenna Coleman (Doctor Who), incapable de parler français, comme la minisérie nous le prouve pendant huit épisodes d’une heure. Ce qui est affreusement gênant pour une émission avec un tel budget et un souci maniaque du détail historique.

« C’est frustrant de voir qu’ils ont pris une Britannique pour jouer une Québécoise. Je ne peux pas y croire. Pour nous autres, ça fait mal, ça me fait un pincement pour notre représentation à la télé. Je suis certaine que la barrière de la langue a empêché Jenna Coleman d’être à son meilleur. »

— Laurence Lebœuf

« Même si ce n’est pas moi qui l’ai obtenu, j’aurais vu une Evelyne Brochu ou une Sophie Desmarais dans ce rôle », raconte Laurence Lebœuf, après une journée de tournage de la télésérie Transplant de CTV, à Montréal.

Encore pire, selon Laurence Lebœuf, et je partage son avis à 100 % : la scène où Marie-Andrée Leclerc appelle sa mère, Marie-Paule, à Lévis, à la fin de la série. Les deux Québécoises pure laine se parlent alors dans un français incompréhensible même pour des téléspectateurs francophones. Il faut ajouter les sous-titres pour décoder leur échange. « Avec les budgets qu’ils ont, c’est tellement frustrant de voir ça », soupire Laurence Lebœuf.

Comme Laurence Lebœuf avait déjà passé des auditions pour d’autres séries de la BBC, elle se trouvait dans le circuit pour briguer des rôles prestigieux comme celui de Marie-Andrée Leclerc, cette secrétaire médicale de Lévis qui a fait les manchettes, au milieu des années 70, après avoir accompagné le psychopathe Charles Sobhraj dans une cavale meurtrière en Thaïlande, au Népal et en Inde.

Catherine St-Laurent, qui campe Noélie St-Hilaire dans District 31, a également soumis une vidéo d’audition pour jouer Marie-Andrée Leclerc dans Le Serpent. Elle non plus n’a pas été retenue.

Avec le succès qu’elles remportent dans des téléséries internationales (Mary Kills People, Hannibal, Letterkenny ou Revenge), pourquoi aucune actrice d’ici n’a été considérée pour Le Serpent ? La société de production de la minisérie, Mammoth Screen, dont le siège est à Londres, n’a pas répondu à ma demande d’entrevue.

Vérification faite, ni Karine Vanasse ni Caroline Dhavernas, ni Magalie Lépine-Blondeau, toutes des actrices bilingues qui ont brillé à l’étranger, n’ont été appelées pour Le Serpent.

Cette histoire de langue n’est pas un détail anecdotique ni du chauvinisme mal placé. C’est un enjeu de crédibilité pour une série qui n’a pourtant pas lésiné sur les moyens pour reconstruire les années 70 en Asie du Sud-Est et à Paris.

En entrevue avec le magazine Entertainment Weekly, l’actrice Jenna Coleman a révélé avoir appris ses répliques de façon phonétique, avec l’aide d’un coach vocal. La comédienne n’a eu que « trois ou quatre semaines pour maîtriser » notre langue. C’est un échec cuisant, n’ayons pas peur des mots. « Sais toune étchèque kwuizan », dirait sans doute Monique dans Le Serpent.

Quarante-cinq ans plus tard, l’histoire abracadabrante de Marie-Andrée Leclerc, digne d’un polar de John le Carré, fascine toujours autant. Comment la secrétaire du réputé chirurgien orthopédiste Georges-Albert Daigle de Lévis, une jeune femme de 29 ans très pieuse, a-t-elle pu succomber au charme d’un tueur en série comme Charles Sobhraj ?

En 1983, le journaliste de la station radiophonique CJRP de Québec Jean-Luc Vachon a publié un livre intitulé Marie-Andrée Leclerc – Victime, aventurière ou meurtrière ?

Avec l’aide du père capucin Alain Picard, établi à Varanasi, c’est lui qui a ramené Marie-Andrée Leclerc de New Delhi à l’aéroport de Québec, en juillet 1983. Emprisonnée en Inde, Marie-Andrée Leclerc avait alors obtenu une permission spéciale pour rentrer au pays et soigner un cancer.

Les comptes rendus de l’époque parlent à la fois d’un cancer de l’utérus et d’un cancer des ovaires. Il semble que la maladie était généralisée quand la Lévisienne a été vue par un médecin québécois.

En se rendant interviewer Marie-Andrée Leclerc en Inde, le reporter Jean-Luc Vachon, 42 ans, a contracté la malaria et en est mort en décembre 1983. Marie-Andrée Leclerc a succombé à son cancer cinq mois plus tard, en avril 1984, à l’âge de 36 ans.

« Pour mon père, je crois que Marie-Andrée a d’abord été une aventurière, puis une victime. Mais une victime qui collaborait », avance la fille de Jean-Luc Vachon, Isabelle Vachon.

Si les allers-retours dans le temps ne vous effraient pas – il y en a des dizaines et des dizaines par épisode –, The Serpent vous charmera avec ses aventures exotiques dangereuses. Tout le contraire de l’accent de Jenna Coleman, qui repousse et effraie, tel le cobra indien le plus venimeux de la planète. Envoyez des secours, ça presse.

Voir encore:

Le Serpent: si on oublie l’accent [VIDÉO]
Richard Therrien
Le Soleil
13 avril 2021

CHRONIQUE / Au Québec, Le Serpent fait surtout jaser pour l’accent québécois invraisemblable de son actrice principale, la Britannique Jenna Coleman. Mis à part cet irritant majeur, la série britannique de huit épisodes mérite qu’on s’y intéresse.

Deuxième titre le plus regardé sur Netflix au Canada mardi, Le Serpent s’inspire librement de l’histoire du tueur en série Charles Sobhraj et de celle qu’on présente comme sa complice, la Lévisienne Marie-Andrée Leclerc. Bien réelle, l’affaire hautement sordide remonte aux années 70 et avait été suivie comme un feuilleton dans les journaux.

Ce Serpent, qui porte bien son surnom, c’est un psychopathe qui se fait appeler Alain, accessoirement marchand de pierres précieuses français, qui charme ses victimes en leur faisant miroiter beaucoup d’argent, avant de les droguer, de les faire disparaître de manière atroce et de voler leur identité.

Secrétaire médicale, Marie-Andrée Leclerc a fait sa connaissance lors d’un voyage en Inde en 1975. Elle est soudainement envoûtée par ce «Alain». Dès lors, ils entretiennent une correspondance enflammée.

«Je me languis de tes caresses et de tout ce que les prochaines semaines nous réservent», lui écrit-elle dans une de ses lettres roses, avant de tout quitter pour lui. Elle accepte même de changer son prénom pour Monique dans cette vie empruntée que ce playboy veut lui offrir, une alternative rêvée à son existence banale.

Elle découvre rapidement les véritables intentions de son gourou, qui utilise toujours le même stratagème diabolique. Et elle choisit de rester malgré tout. «Marie-Andrée hurle pour que tout s’arrête mais Monique, elle, n’a pas le choix», se dit-elle à elle-même.

En parallèle, on suit l’enquête d’un diplomate hollandais en Thaïlande, Herman Knippenberg (Billy Howle), sur la disparition d’un jeune couple de touristes dans des circonstances vraiment étranges. Prise au sérieux par personne, la disparition de hippies ne suscite que rires et moqueries, jusqu’à ce que Knippenberg mette la main sur un journal intime, qui confirme ses soupçons. Le personnage est à peu près le seul vraiment attachant et sa quête pour trouver le coupable y est pour beaucoup dans l’intérêt de cette série.

Cette histoire est un film en soi. Il n’y a qu’à relire les journaux de l’époque pour comprendre à quel point le sort de Marie-Andrée Leclerc, condamnée ou défendue de part et d’autre, a fasciné la population.

Il faut souligner la qualité de la reconstitution d’époque, looks inclus, tout comme la trame musicale, qui nous sert Gainsbourg, Aznavour et Dutronc. Tahar Rahim, proclamé meilleur acteur aux César en 2010 pour son rôle dans le film Un prophète, excelle dans le rôle du Serpent. Chacune de ses apparitions donne froid dans le dos.

Bien que le suspense ne manque pas, la série abuse des sauts dans le temps, sans qu’on en sente réellement la nécessité. «Trois mois plus tard, quatre mois plus tôt…», tout ça devient parfois étourdissant.

À défaut d’engager une actrice québécoise – il n’en manque pourtant pas –, il aurait été tout simple de faire doubler les propos en français de l’actrice britannique dans un québécois potable. Mais chez Netflix, ces considérations sont secondaires; ils ont dû se dire: qui, à part les Québécois, feront la différence? On engage de vrais Français, de vrais Britanniques, de vrais Thaïlandais… mais une vraie Québécoise?

Si le doublage ne vous incommode pas, c’est pour une fois l’option la plus sage; la version française biffe le faux accent de Jenna Coleman. Reste que «Monique» de Lévis parle alors avec un accent français mais compréhensible. À vous de voir.

Revenue à Québec parce qu’elle souffrait d’un cancer incurable, Marie-Andrée Leclerc est décédée à 38 ans en 1984. Encore aujourd’hui, la véritable nature de son implication dans les meurtres de Sobhraj fait débat. Quant au Serpent, il est toujours en vie et purge une sentence à vie dans une prison népalaiseReal life Herman Knippenberg details how accurate The Serpent is to true events

Voir aussi:

Billy Howle plays the Dutch diplomat in the BBC drama
Francesca Shillcock
Hello !
February 07, 2021

The Serpent has been shocking fans in recent weeks not only due to its realistic performances but the tragic true story behind it – and now, a real life contributor to the story has opened up about the accuracies in the showHerman Knippenberg was a Dutch diplomat tasked with investigating the string of murders that were occurring across Thailand, Nepal and India in the 1970s at the hands of heinous criminal Charles Sobhraj.In the BBC drama, Herman is played by Billy Howle (MotherFatherSon, On Chesil Beach) and it seems the real Herman was impressed by his performance.

Appearing on Loose Women this week, the former diplomat, now 76, told the panel how true the life the show is. « I think that Billy Howle did a fantastic job. It was so real at times, some of the scenes I saw. »

He added: « I was gripped myself and had to make up my mind whether indeed it was as Billy Howle played it or as I had experienced it, it came dangerously close. »

Herman Knippenberg appeared on Loose Women this week

Herman, who now lives in New Zealand with his wife Vanessa after divorcing his wife Angela (portrayed in the show by Ellie Bamber), also detailed his state of mind and determination while investigating the serious crimes across Asia.

« It was absolutely imperative to stop the killings. As I have said to friends before, even if it was not in the parameters of my work, if I could make the difference I felt in that moment I could and I would. »

He continued: « It would give me the chance to extend a warning to travellers, they have to be careful because in paradise there may be the serpent lurking somewhere, » Herman told the ITV programme. It’s absolutely necessary when someone goes to other countries they are careful about meeting people. »

Voir également:

The Serpent: What happened to Herman Knippenberg? Where is Herman now?

THE SERPENT is the new true-crime series on BBC One and the BBC iPlayer. Billy Howle portrays Herman Knippenberg but what happened to Herman and where is he now?
Molli Mitchell
The Express
Jan 27, 2021

The Serpent on BBC is based on the harrowing crimes of French serial killer, Charles Sobhraj (played by Tahar Rahim). Dutch junior diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle), found himself in a cat and mouse chase with Sobhraj, building a case against the killer throughout the 1970s with his wife Angela Knippenberg (Ellie Bamber). What happened to Herman Knippenberg and where is Herman now?

What happened to Herman Knippenberg?

Herman Knippenberg is former Dutch diplomat, who was based at the Dutch Embassy in Bangkok, Thailand in the 1970s.
The position of the third secretary at the embassy in Thailand in 1975 had been Knippenberg’s first major foreign posting at the time.
He had begun looking into the disappearance of two Dutch travellers, Henk Bintanja, 29 and Cornelia Hemker, 25, in 1976.  He soon discovered the pair were not only dead but had been murdered. Bintanja and Hemker had also been misidentified as two missing Australian backpackers.
Knippenberg, who was 31-years-old at the time, began his search for their killer, leading himself down a dark path of murder and deceit. He believed the deaths of his two Dutch came at the hands of a serial killer and he began to look into several other missing tourist cases.
Alongside his wife Angela, and the help of Belgian diplomat, Paul Siemons (Tim McInnerny), they began to delve deeper a series of murders across the Hippie Trail in the late 1970s, leading them to one man: Charles Sobhraj.
During his research, the diplomat turned detective, was led to Nadine (Mathilde Warnier) and Remi Gires (Grégoire Isvarine), the neighbours of Sobhraj who suspected he may have been a killer.
Nadine bravely went undercover for Knippenberg, collecting evidence which helped him build his case against Sobhraj.
Billy Howle who portrays the real Herman Knippenberg in The Serpent spoke to Express.co.uk and other press about taking on the role. He also revealed he spoke with Knippenberg whilst preparing for the role.
Howle said: « It’s a sort of moral question: what drives a man to do such heinous things as Charles Sobhraj has done? And interestingly, when I spoke to the real Herman, he said, ‘Who cares?’ And that was quite amazing for me to hear, and I kind of understood straight away what he meant.
« Well really no, it’s not about trying to understand what drives him  [Sobhraj] to do that, it’s about stopping it. And you know in a sense, how dare another human being do that to innocent people?
“So it’s a sort of moral outrage that drives this fastidious investigation that he takes upon himself.
« It’s so unlikely, really, a person in this position doing the job that he was doing, for this to land on his desk, I think it is the moral outrage at the reality of this, the gravity of it, that drives him forward to want to stop it.”
Sobhraj is believed to have killed over a dozen travellers on the Hippie Trail through Nepal, Thailand and India.
His known victims were Teresa Knowlton, Vitali Hakim, Stephanie Parry, Cornelia Hemker and Henricus Bitanja, Laurent Carriere, Connie Bronzick, Allen Jacobs and Jean-Luc Solomon.
Today, Charles Sobhraj, 76, is serving out a life sentence in Kathmandu prison, Nepal.

Where is Herman Knippenberg now?

Herman and Angela Knippenberg have divorced and have both remarried.
Herman, 76, lives in Wellington, New Zealand with his wife Vanessa today.
He retired in 2003, after three decades in the foreign service. Speaking with The Telegraph, Herman shared he enjoys his peaceful life of country walks, watching movies and reading.
Actor Howle noted he felt it was « enlightening » speaking to the real life Herman as he could gain more of an insight into his life in the foreign services.

Voir  par ailleurs:

The Serpent and his sidekick: New BBC series tells story of ‘bikini killer’ Charles Sobhraj starring Jenna Coleman as ‘brainwashed’ lover who helped him murder at least a dozen tourists on the 1970s hippie trail in Asia

  • Charles Sobhraj murdered at least a dozen Westerners on the 1970s hippie trail 
  • Would drug victims to rob them and trick them into trusting him with scams
  • Gained nickname bikini killer after body of first victim was found in tidal pool 
  • Marie-Andrée was Sobhraj’s girlfriend who ignored him murdering Westerners  

He was the killer who drugged and killed at least a dozen Westerners on the Hippie Trail in Asia in the 1970s.

Now, a new series revisits the crimes of serial killer Charles Sobhraj, who gained the nickname The Serpent because of his skills at deception and evasion, and will premiere tonight on BBC One.

The eight-part drama will detail his killing spree in 1975, and how his accomplice Marie-Andrée Leclerc, played by Jenna Coleman, stood by him despite full knowledge of his crimes and promiscuity.

She’s admitted it was disturbing to play girlfriend who had ‘no empathy’, and would help the killer drug and rob unsuspecting tourists to finance their lifestyle.

Here, Femail revisits the hideous crimes of ‘the bikini killer’ Sobhraj, who was eventually hunted down and sentenced to life in prison.

WHO IS CHARLES SOBRAJ?

Born to an Indian father, Hatchand Sobhraj and Vietnamese mother Tran Loan Phung, Sobhraj grew up in Saigon before his parents divorced and his father cut of all contact with the family.

He was later adopted by his mother’s new boyfriend, a French Army lieutenant stationed in French Indochina, who is thought to have neglected him in favour of his own children with Sobhraj’s mother.

As a teenager he spit his time between Indochina and France, beginning to commit petty crimes such stealing cars and robbing housewives at gunpoint. He served his first prison sentence for burglary in Paris in 1963.

In prison he met volunteer Felix d’Escogne, a wealthy young man who he would eventually move in with use to help accumulate riches through a series of burglaries and scams in high society Paris.

New role: Jenna is currently starring in BBC drama The Serpent, where she plays the 'brainwashed lover' of 'bikini killer' Charles Sobhraj, played by Tahar Rahim

Jenna Coleman has revealed her discomfort at playing the partner of bikini killer Charles Sobhraj, who had ‘no empathy’ as he carried out his horrific crime spree. Pictured, Coleman and Tahar Rahim as Marie-Andrée Leclerc and Sobraj

Jenna Coleman stars in new 1970’s BBC drama ‘The Serpent’

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After his release from prison, Sobhraj met his first love, Chantal Compagnon, a young Parisian woman from a conservative family who he too would later make complicit in his crimes.

He proposed to Compagnon but was arrested later the same day for attempting to evade police while driving a stolen vehicle. He spent eight months in prison while pregnant Chantal remained loyal to him.

From 1970 the pair travelled the world with fake documents by robbing tourists  they met on their travels and using their profits to feed Sobhraj’s gambling habit.

In 1973 he escaped prison after an unsuccessful armed robbery by fleeing to Kabul where he first started fleecing tourists on the Hippie Trail, but was soon arrested again and fled again to Iran.

Compagnon returned to Paris to escape a life of crime after being jailed in Afghanistan and giving birth to her daughter behind bars. Eventually being forced to move to the US to escape Sobhraj.

He spent the next two years on the run, using as many as ten stolen passports,  committing crime with his half brother Andre across Eastern Europe and the Middle East, before his brother was arrested and he fled once again.

WHEN DID HE MEET MARIE-ANDREE LECLERC? 

In the Spring of 1975, Sobhraj met Marie-Andrée Leclerc, a medical secretary travelling India when he acted as her guide of the country.

Sobhraj had been financing his lifestyle by posing as either a salesman or drug dealer to impress tourists, who he then drugged, robbed and often murdered.

At this point the killer was joined by Ajay Chowdhury, a young indian man who would help him scam tourists by helping them out of situations he had caused, for example providing shelter to victims he had poisoned.

Jailed: Charles Sobhraj (pictured in 2014 with Nepalese police) preyed on Western tourists visiting Asia and was known as The Serpent and The Bikini Killer

Jailed: Charles Sobhraj (pictured in 2014 with Nepalese police) preyed on Western tourists visiting Asia and was known as The Serpent and The Bikini Killer

While he claimed that murders were often accidental drug overdoses, it was later alleged by investigators that his motive for murder was silencing victims who threatened to expose him.

Three months later Leclerc flew to Bangkok to meet him after months of him seducing her with love letters – turning  blind eye to his philandering with local women.

According to The Sun, He once remarked on his gift for coercing women: ‘If you use it to make people do wrong it’s an abuse.

‘However, if you use that power to make people do right, it’s OK. Who’s to say what’s right and wrong?’

Besotted, Leclerc became intwined in Sobhraj’s vicious crime spree, and would help him drug tourists to steal their passports and money

Jenna found it disturbing to portray Marie-Andrée Leclerc, the partner of Sobhraj (Tahar Rahim) who stood by him despite full knowledge of his crimes and promiscuity.

‘It was not an easy piece to play because how can you portray someone who has no empathy?’ Coleman told the Radio Times.

WHO DID HE MURDER? 

According to Serpentine by Jennie Bollivar, the first murder took place in 1975, when he drowned a 21-year-old woman from Seattle called Teresa Knowlton.

Her body was found a tidal pool in the Gulf of Thailand a flowered bikini, inspiring the killers nickname ‘the bikini killer’.

Before her death was discovered, Marie willingly posed as Knowlton to cash in the travellers cheques she was carrying worth thousands of dollars.

His next victim was Vitali Hakim, whose burnt body was found on the road to the Pattaya resort, followed by Henk Bintanja and his fiancée Cornelia Hemker,  who had been poisoned by Sobhraj and then nursed back to health.

While they were staying with him, a visit from Hakim’s French girlfriend, Charmayne Carrou threatened to expose him, and so he strangled the pair and burned their bodies.

He murdered at least two others in Thailand before fleeing to Kolkata, where he killed student Avoni Jacob simply to obtain his passport. He later murdered Jean-Luc Solomon by poisoning him.

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his life sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his life sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery

HOW HE WAS CAUGHT? 

 In 1976, Sobhraj attempted to drug a group of 60 French students on holiday in New Delhi in an attempt to rob them of passports and cash by giving them sleeping pills disguised as antibiotics.

But this time it backfired when the poison began working a lot faster than he expected.  When the first few students began falling where they stood, the others became alarmed and called the police.

Despite being given a 12-year jail term he lived a life of luxury thanks to bribing prisoners and guards, and has claimed he was able to have female guests to have sex while behind bars.

In The Life And Crimes Of Charles Sobhraj, authors Richard Neville and Julie Clarke claims he said: ‘I had a lot of female visitors, mainly journalists and MA students. Only intellectuals’.

True drama ‘The Serpent’ details crimes of killer Charles Sobhraj

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He was released from prison in 1997, when the 20-year arrest warrant issued by the Thai authorities had elapsed.

Dutch diplomat Herman Knippenberg helped exposed Sobhraj as a multiple killer, after the initial attempts to bring him to justice.

His hunt for the killer started in 1975 with a brief to help Thai police investigate the deaths of the two Dutch students who had been invited to Thailand after meeting Sobhraj in Hong Kong.

He launched his own investigation and gained permission to enter Sobhraj’s home, after the suspect had left for Malaysia.

There he found victims’ blood-stained documents and passports, as well as poisons and syringes.

A sighting of Sobhraj in Kathmandu in 2003 led to his arrest for the murders of two Canadians there in 1975, and at his trial the prosecution relied on evidence accumulated by Knippenberg.

Coleman undertook extensive research ahead of the role, reading Marie-Andrée's diaries of the periods before and after the murders

Coleman undertook extensive research ahead of the role, reading Marie-Andrée’s diaries of the periods before and after the murders

The former Dutch diplomat Herman Knippenberg who exposed Sobhraj will be played by British actor Billy Howell (pictured)

The former Dutch diplomat Herman Knippenberg who exposed Sobhraj will be played by British actor Billy Howell (pictured)

WHERE IS HE NOW?  

A Nepali court sentenced the notorious criminal to life imprisonment in connection with the killing of an American backpacker in 1975.

Sobhraj, who is now aged 76 and serving his sentence in Nepal, had already spent 20 years in prison for a string of crimes, including murder and robbery.

‘I am shocked,’ said Sobhraj as he walked out of the courtroom in handcuffs.

‘I have been found guilty without witnesses and evidence. Not a single witness was called,’ said Sobhraj. ‘We are going to appeal.’

His fame rose once again inside prison and he has since married 24-year-old Nihita Biswas, the daughter of his Nepali lawyer famous for his appearance on India’s equivalent to Big Brother.

Marie-Andrée Leclerc was accused of complicity in the murders, namely those of Jean-Luc Salomon and Avoni Jacob.

In 1980, she and Sobhraj were convicted of the murder of Avoni Jacob, though she has always denied involvement in the killings and was later released on the condition she remained in India.

She returned to Canada to die of cancer in 1984.

‘The Serpent’: TV Review

Tahar Rahim and Jenna Coleman star in this eight-part Netflix miniseries about serial killer Charles Sobhraj, who murdered at least a dozen people in Thailand, India and Nepal in the ’70s.
The Hollywood Reporter
April 1, 2021

For the second season of FX’s American Crime Story franchise, Tom Rob Smith used a reverse-chronological structure to trace Andrew Cunanan’s Talented Mr. Ripley-style journey from con artist with identity issues to road-tripping murderer. It was a framing device that didn’t always feel organic, but it yielded unexpected emotional rewards as the series progressed, aided tremendously by Darren Criss’ lacerating performance.

It’s impossible to know if writer Richard Warlow took inspiration from The Assassination of Gianni Versace; maybe it’s a complete coincidence that he approached the menacing tale of ’70s serial killer Charles Sobhraj as a Talented Mr. Ripley-esque saga about an identity-conflicted con man, complete with a fractured timeline. In this case, Warlow’s eight-part Netflix/BBC One drama The Serpent ends up being an infuriating blueprint for how bad storytelling choices, bad accents and an opaque central performance can thwart even the most inherently gripping of yarns.

Nicknamed the Serpent for his slithery evasiveness and the Bikini Killer because several of his victims were found in skimpy swimwear, Sobhraj (Tahar Rahim) killed at least a dozen people in Thailand, India and Nepal over a few years in the mid-’70s. Most of his victims were tourists on the so-called hippie trail and his other crimes included bank robbery, cheque fraud and passport manipulation. Using Bangkok as his central hub, Sobhraj swapped names and identifications, and he worked with cohorts, including lovely Quebecois Marie-Andree Leclerc (Jenna Coleman) and the amoral Ajay (Amesh Edireweera). With crimes straddling international jurisdictions and involving nationals from disparate countries, Sobhraj seemed uncatchable until he drew the attention of low-level Dutch diplomat Herman Knippenberg (Billy Howle) and his wife Angela (Ellie Bamber), who spent years seeking justice.

The thing that’s baffling about Warlow’s approach to the story is that the process of finding and catching Sobhraj was already immeasurably twisty. The thing Herman was trying to accomplish was already outside of his job purview and required that he work against the interests of corrupt law enforcement agencies, disinterested embassy figures each with a different agenda and victims and witnesses so prone to drug-addled meandering that it was hard to know when somebody had been murdered and when they’d just fallen off the grid in a narcotic haze. Throw in Sobhraj’s document-forging and gift for manipulation, and you could have played this game of cat-and-mouse out over four hours in deliriously entertaining fashion, complete with trippy costumes, a killer soundtrack and an eclectic cast, with no embellishment required.

The Serpent is a structural nightmare, pinballing from country to country and forward and backward in time. It isn’t incomprehensible. No, Warlow and director Tom Shankland insist on noting every shift in time and location with imagery and clattering sound effects from a retro travel destination board. The back-and-forth structure throws any sort of character development for Sobhraj and his crew out the window (ditto any sense of how their crimes evolved) and drains Herman’s burgeoning investigative skills of any suspenseful progression. I don’t doubt that distinguishing between locations in Southeast Asian countries would be somewhat difficult if they weren’t properly introduced initially, but doing it every single time and with the same sound effect had me flinching before the end of the first hour. And that was before we got introduced to scenes in Paris with both the onscreen “PARIS” chyron and then establishing shots of both the Eiffel Tower and Arc de Triomphe.

Tahar Rahim on Embodying « Evil » as Serial Killer Charles Sobhraj in Netflix’s ‘The Serpent’

There’s a looping and overlapping aspect to many of the murders as they’re depicted here — different stages of being conned, drugged and killed — and the time jumping actually reinforces a monotony to the crimes: a lot of vomiting and smothering and body dumping tied to interchangeable beardos and longhairs. Even if we eventually get to know some of the victims, we become bored with them and their fates first, and there’s no chance that was the intention. Here’s where a series at roughly half the length would have been an improvement. The sequences of writhing, sweaty tourists go from harrowing to Hostel-style foreign torture porn, and then lose meaning.

I’m not sure The Serpent needed to be couched as primarily Sobhraj’s story either. After it’s established that he’s driven by an inferiority complex that stems from being mixed race (Indian and Vietnamese) in countries that marginalize him as “brown,” Sobhraj’s psychological depths are never plumbed and Rahim’s performance is maddeningly enigmatic — sometimes effectively so, but sometimes completely lacking in the magnetic charisma other characters keep referencing and in the sociopathic humor the script hints at. There’s no question that villains whose motivations we don’t understand can be unnerving, but eight hours of not understanding left me with a “Maybe try harder?” feeling.

Rahim is surrounded by a cast of strange selections. There are moments Shankland’s camera captures Coleman silently conveying Marie-Andree’s uncertainty in ways that are effective, but any time she spoke in accented English or French I lost the ability to understand why you’d cast a British actress with no Gallic credentials in the part. Howle and Bamber are much better, and the series comes to life in the more linear middle installments. Bamber, a standout in the Shankland-directed Les Miserables miniseries, captures Angela’s frustrated contributions to the case well and, unlike Howle, her accent never makes her sound like Tom Hardy’s Bane.

After the opening episodes over-fixate on Rahim and Coleman’s characters, a good ensemble eventually develops. Mathilde Warnier as Sobhraj’s increasingly distrustful French neighbor, Tim McInnerny as a boozy Belgian diplomat and Damon Herriman as a boozy Australian diplomat became my favorites.

Shankland gets good value out of the international locations the production was able to use before COVID hit, and while I know that a lot of masked British stages were subbed in later, the look blends well. Those middle episodes where Herman forms an unlikely Scooby gang of amateur gumshoes even feature some unnerving set pieces.

Throw in those aforementioned groovy threads and a really great assortment of period needle drops and the show is constantly reminding you of how many positive attributes it would have if it could just sit still and tell its story more clearly. Or maybe it’s better for The Serpent that I’m harping on formal flaws instead of how rarely it seems to understand Sobhraj and his sidekicks, or how superficial is its empathy for their victims.

Cast: Tahar Rahim, Jenna Coleman, Billy Howle, Ellie Bamber, Amesh Edireweera, Mathilde Warnier, Tim McInnerny

Writer: Richard Warlow

Director: Tom Shankland

Premieres Friday, April 2, on Netflix.

Voir enfin:

20 Things You Didn’t Know About ‘Sympathy For The Devil’
Mark Beaumont
NME
26th November 2012

In 1968, Mick Jagger came out to his friends, parents and adoring public as an antichrist. He did it with style, declaring his Beelzebub a demon “of wealth and taste” before recounting his famous misdeeds throughout history – leading the Nazi blitzkrieg, sparking the Russian revolution, shooting JFK and getting Jesus crucified – before a backing choir of “woo-woo”ers who seemed to think all this was a right old lark. But how much do you really know about ‘Sympathy For The Devil’? Here are the song’s darkest secrets.

1. If you’re looking for any signs of a ‘Curse Of Sympathy For The Devil’, which anything in popular culture even slightly occultist is required to have, start with the Guns’N’Roses cover for the Interview With A Vampire film in 1994. Slash was so upset that Axl invited a new rhythm guitarist Paul Huge to play on the song that he quit the band, leaving G’N’R to begin a slow, 20-year slide into Shitsville.2. You might also point to the story that, during the five days of recording the song in early June 1968, a film lamp allegedly started a fire which destroyed much of the band’s equipment, but didn’t harm the tapes.

3. The song’s working title was ‘The Devil Is My Name’, which would have rather undermined the mystery of the whole thing, we suspect.

4. Jagger claims to have taken the inspiration for the idea of a song from Satan’s perspective from Baudelaire. “But I could be wrong. Sometimes when I look at my Baudelaire books, I can’t see it in there. But it was an idea I got from French writing. And I just took a couple of lines and expanded on it.”

5. Although, many of the song’s lines have direct correlations with The Master And Margarita by Russian novelist Mikhail Bulgakov, a book about Beelzebub visiting 1930s Moscow, fresh from Christ’s crucifixion. The book, which Jagger received from Marianne Faithful, includes a scene in which Satan performs a magic show, further evidence that David Blaine is the Evil That Walks Among Us.

6. At the original recording at London’s Olympic Studios, the chant of “woo-woo” started in the control room, kicked off by producer Jimmy Miller and a group including Anita Pallenburg, Marianne Faithful and a coterie of “elite film crow who’d turn up at the studio to sing along to whatever the Stones were recording that day. Producer Jimmy Miller put a mike in the control room to record them, but their takes were scrapped and re-recorded by Jagger, Richards and Miller in LA.

7. The line “who killed the Kennedys” originally went “who killed Kennedy”, but was changed when Robert Kennedy was shot and killed while the recording was underway.

8. Accepted Stones myth suggests that the band were playing ‘Sympathy For The Devil’ at the Altamont festival at the time when crazed fan Meredith Hunter was killed. Not true; it was ‘Under My Thumb’. Bad luck, scary supernatural theorists! Nonetheless, because of the public outrage at the (wrong) story, the Stones didn’t play ‘Sympathy’ live for the next seven years.

9. The Stones certainly got their fair share of controversy out of the song, though, as religious groups pointed to this track, plus the fact that their previous album was called ‘Their Satanic Majesties Request’, as proof that the band were devil worshippers. This tickled the band no end. “”Before, we were just innocent kids out for a good time,” said Richards, “[then] they’re saying, ‘They’re evil, they’re evil.’ Oh, I’m evil, really? So that makes you start thinking about evil… What is evil?… There are black magicians who think we are acting as unknown agents of Lucifer and others who think we are Lucifer. Everybody’s Lucifer.”

10. Jagger believed that the controversy around the track might have kick-started heavy metal’s Satan-bothering bent. “I thought it was a really odd thing, because it was only one song, after all. It wasn’t like it was a whole album, with lots of occult signs on the back. People seemed to embrace the image so readily, [and] it has carried all the way over into heavy metal bands today.”

11. The recording of the song was filmed by French new wave film icon Jean-Luc Godard, who was so taken by the track that he retitled the film about 1960s American sub-culture – originally called One Plus One – to Sympathy For The Devil for its 1968 producer’s cut. Perhaps Satan told him to do it?

12. The first time Charlie Watts heard the song was when Jagger turned up on his doorstep and played it, solo and acoustic, at his front door at sunset. Considering the lyrical content, Watts was a brave man indeed to let him back into the house.

13. Ahead of the likes of Brian Ferry, U2, Pearl Jam, Jane’s Addiction, Ozzy Osbourne and ‘Weird Al’ Yonkovic, the first act to cover the song was the incongruously fluffy Sandie Shaw. ‘Succubus On A String’, anybody?

14. The song started life as a folk tune in the style of Bob Dylan and was tried in six different rhythms before they settled on a dancey bongo samba. “It was all night doing it one way,” said Watts, “then another full night trying it another way, and we just could not get it right. It would never fit a regular rhythm.” Jagger attributes the power of the song to its samba rhythm which, he said, has “an undercurrent of being primitive – because it is a primitive African, South American, Afro-whatever-you-call-that rhythm. So to white people, it has a very sinister thing about it.”

15. Only two takes of ‘Sympathy’ were recorded, the first one, according to Richards, “a disaster” and the second one “perfect”. Jagger took a method acting approach to the song, taking on the role of Satan while singing. “It’s like acting in a movie,” he said, “you try to act out the scene as believably as possible, whether you believe it or not. That’s called GOOD ACTING.”

16. Jagger has claimed the song is more about the evils of mankind than the supernatural devil figure, but that doesn’t quite tie in with the appearance on TV show Rock’n’Roll Circus in 1968 when Jagger sang it topless, covered in fake devil tattoos.

17. The “troubadours who got killed before they reach Bombay” line has caused much debate amongst fans trying to work out who it could refer to, the best conclusion being hippies travelling the ‘Hippy Trail’ to India by road, many of whom would be killed or robbed by drug smugglers in Afghanistan and Pakistan. Two words – Air India.

18. Karen in Will And Grace demanded to walk down the aisle to ‘Sympathy For The Devil’ at her fourth wedding. With hilarious consequences.

19. In 1988, Slovenian industrial rockers Laibach recorded an entire album of covers of the song. Have you heard it? Then the number for the Samaritans is 08457 909090.

20. In 1998, Intel Vice President Steve McGeady quoted a verse from ‘Sympathy’ in court as part of the antitrust trial of Microsoft, allegedly referring to Microsoft as the devil. The lines he quoted were “So if you meet me have some courtesy/Have some sympathy, and some taste/Use all your well-learned politesse/Or I’ll lay your soul to waste”. Whether he did this standing on the desk, sticking his arse out, pursing his lips and clapping was unrecorded by court stenographers.


Bilan Trump: Je me suis battu pour vous (And for what we have in common, the heritage that we all share, a robust belief in free expression, free speech, and open debate and the movement we started is only just beginning, the belief that a nation must serve its citizens will not dwindle but instead only grow stronger by the day)

20 janvier, 2021

Thousands of National Guard Troops Prepare to Support Biden's Inauguration | Military.com
« Louis XVI, avec son confesseur Edgeworth, un instant avant sa mort, le 21 janvier 1793. » Estampe de J.-F. Cazenave (1794 ?).
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Se poser la question de la fin du populisme est aussi absurde que se poser la question de la fin du peuple. Christophe Guilluy
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Le rejet de la légitimité de l’élection de Trump en 2016, par des moyens institutionnels, a préparé le rejet de la légitimité de l’élection de Biden en 2020. Jacob Siegel
Si Trump en est venu à être viscéralement convaincu d’avoir été spolié de l’élection, c’est que durant quatre ans, l’opposition démocrate s’est comportée comme s’il était un président illégitime, une marionnette du Kremlin qui aurait usurpé, par le biais d’une ténébreuse collusion russe, la victoire de Hillary Clinton (en 2019, cette dernière parlait encore d’avoir été «volée»). L’idée obsessionnelle d’une excommunication du «diable Trump», entretenue par le camp libéral, a alimenté la conviction du président d’alors d’être assiégé par un État profond prêt à tout pour l’écarter. Même chose pour ses partisans. (…) l’ensemble du camp démocrate, que seule la haine de Trump a jusqu’ici uni, acceptera-t-il le compromis vis-à-vis des vaincus? Rien n’est moins sûr. Car à côté du volcan trumpien, dont on a vu surgir une «rage blanche» extrémiste très inquiétante le 6 janvier avec force slogans antisémites et drapeaux confédérés que Biden a promis de combattre, bouillonne en Amérique le volcan de la rage identitariste de la gauche radicale, qui a embrasé le pays pendant près de huit mois l’été dernier au nom de la justice sociale et de la défense des minorités ; transformant des manifestations pacifiques de protestation contre des violences policières en entreprise de pillage et destruction du patrimoine architectural et littéraire de l’Amérique, au motif qu’il est entaché de «racisme systémique». «Cette aile gauche du Parti démocrate, qui rêve d’une détrumpification combattante, aura-t-elle gain de cause?», s’interroge Joshua Mitchell, qui observe avec inquiétude «la culture de l’annulation» prônée par les milieux progressistes se déployer depuis le 6 janvier. L’expulsion de Trump de Twitter et celle du réseau social conservateur Parler des plateformes américaines sont des signaux peu encourageants, de même que l’appel lancé par la revue Forbes aux corporations américaines pour qu’elles refusent d’embaucher d’anciens membres de l’Administration Trump, sous peine d’être blacklistées. (…) Le grand historien de la Grèce antique Victor Davis Hanson, qui a pris parti pour Trump contre les élites depuis quatre ans, met, quant à lui, en garde contre un acharnement sur le «cadavre politique» de l’ex-président, comparant l’idée d’une destitution post-présidentielle à l’acharnement d’Achille sur le corps mort d’Hector pendant la guerre de Troie. Poignardé et traîné derrière un char, celui qui n’était qu’un «vaincu fanfaron» allait devenir une figure mythique… Laure Mandeville
Il est toujours tentant de qualifier d’irrationnels ceux qui ne votent pas comme nous, en particulier si ce sont des étrangers. À leur contact, on se sentirait tellement sages, supérieurs. On ne ferait pas le moindre effort pour les écouter et les comprendre. Certains, même s’ils reconnaissent aux trumpistes une sorte de bon sens primitif, les jugent avec paternalisme et attribuent leurs opinions à une forme d’ignorance aussi crasse qu’autodestructrice : des pauvres types. Nous ferions bien de reconnaître au contraire, du moins hypothétiquement, que bon nombre des électeurs de Trump sont aussi intelligents, rationnels et idéalistes que nos voisins. Ni plus, ni moins. Ce qui les distingue, ce sont leurs objectifs et la conviction que le président Trump est le plus à même de les aider à les défendre. (…) Pendant les trois premières années du mandat de Trump, les revenus moyens des foyers sont passés de 63 000 à plus de 68 500 dollars par an, les salaires horaires des classes inférieures ont augmenté de 7 % au total et le chômage est descendu à des seuils jamais vus depuis les années 1960. Parallèlement, la croissance économique que Trump a stimulée par ses baisses d’impôts en 2018 n’a guère modifié les écarts de revenus entre les différentes catégories de population. Et les baisses de revenus ont été très également partagées, ce qui a évité qu’une catégorie ne se sente particulièrement lésée. Mais comment est-ce possible que l’électorat trumpiste n’ait pas tourné le dos à son champion avec la terrible récession provoquée par la pandémie dans le pays ? Une chose est sûre, après ce que nous avons vu dans nos pays, il ne serait pas très étonnant que les partisans de Trump finissent par faire valoir que la crise n’est pas la faute du gouvernement fédéral, ou qu’ils estiment que les gouvernements antérieurs sont coresponsables de la mauvaise gestion, au même titre que les autorités régionales et locales. Sans parler des puissances étrangères comme la Chine, qui a trop tardé à informer sur la gravité du coronavirus et des contaminations. (…) En 2018, Trump a réussi à renégocier l’Alena, le traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada, et à arracher à ces deux pays de modestes concessions qui favorisent les géants américains de l’automobile et des produits laitiers. (…) Selon l’institut Pew Research Center, les Américains qui ont une opinion négative de la Chine ne sont plus 47 % comme en 2017, mais désormais 66 % en 2020, et ils s’inquiètent notamment de la puissance de ses multinationales d’innovation technologique. De plus, la moitié des Américains qualifie de “très grave” la disparition d’emplois, délocalisés, et le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine. Eh bien, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine s’est effondré de près de 20 % entre 2018 et 2019, et de presque 30 % pendant les quatre premiers mois de 2020. De plus, au pic de la guerre commerciale (de janvier 2018 à janvier 2020), 300 000 emplois dans l’industrie ont été créés aux États-Unis, et, ne l’oublions pas, le chômage est tombé à un niveau aussi bas que dans les années 1960. Et les salaires des plus pauvres ont nettement augmenté. Il ne sera pas difficile pour des millions d’Américains de faire, à tort, un lien entre la guerre commerciale et leur bonne fortune. (…) Enfin, Trump a non seulement nommé plus de 50 juges dans les cours d’appel du pays, mais il a aussi réussi à placer trois juges conservateurs (Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett) à la Cour suprême. À partir de maintenant, que Joe Biden soit ou non vainqueur de la présidentielle, il faudra vivre avec la majorité conservatrice la plus écrasante qu’ait connue la plus haute juridiction depuis les années 1950. Et les électeurs républicains savent à qui exprimer leur gratitude dans les urnes. Gonzalo Toca (Esglobal, Madrid, 06/11/2020)
Il y avait là des voyous, c’est indéniable. Mais laissez-moi vous parler un peu de ces manifestants que je connais personnellement. Tous sont, sans exception, des Américains ordinaires et des individus honnêtes, qui n’ont pas participé à l’invasion du Capitole et jamais n’oseraient désobéir à un officier de police. Certains parmi eux, mais pas tous, jugent que l’élection a été volée. Ils se trompent, mais cela ne fait pas d’eux des suprémacistes blancs, des terroristes de l’intérieur, des extrémistes religieux – ils ne méritent aucun des noms d’oiseaux lancés depuis une semaine. Ceux que je connais personnellement sont aujourd’hui terrifiés à l’idée d’être identifiés sur les réseaux (par des gauchistes vengeurs qui diffuseraient leurs informations personnelles), voire licenciés si jamais leur participation à la manifestation à Washington venait à se savoir. Certains ne voient aucun problème à ce que les personnes ayant enfreint la loi [le 6 janvier] soient arrêtées et poursuivies en justice. Selon un sondage Reuters/Ipsos, seuls 9 % des Américains considèrent les émeutiers comme des “citoyens inquiets” et 5 % les tiennent pour des “patriotes”. Il y a dans les 90 % restants des millions d’électeurs de Trump. Certes, parmi ces millions de personnes ayant choisi le bulletin Trump, certains, nombreux peut-être, croient à des théories du complot et ne font pas confiance à leur gouvernement. Mais comment cela s’explique-t-il ? Cela aurait-il à voir avec le fait qu’ils entendent de grands médias déclarer fièrement qu’ils ne feront pas même l’effort d’être impartiaux dans leur couverture de Trump et ensuite alimenter, eux aussi, une théorie complotiste, selon laquelle le président serait un agent à la solde des Russes ? Faut-il s’étonner que les gens aillent puiser dans d’autres sources d’information, douteuses pour certaines ? Faut-il s’étonner que la méfiance envers l’État ait augmenté, quand les Américains ont découvert que de hauts responsables du FBI et du ministère de la Justice ont abusé de leurs pouvoirs de police pour interférer dans le résultat d’une élection puis saper la légitimité d’un président élu ? William McGurn
La première fraude provient de la manipulation des électeurs par les médias. Jamais on n’avait vu une telle collusion entre un candidat, d’une part et les grands médias et médias sociaux, d’autre part. On avait cru atteindre le summum en 2016 lorsque par exemple CNN transmettait à l’avance à Hillary Clinton les questions des débats. C’était en réalité bien peu de choses par rapport à 2020. Jamais les sondages commandités par les grands médias n’auront été truqués à ce point en faveur de Joe Biden. Jamais n’avait-on assisté à un tel degré de propagande anti-Trump et pro-Biden tout au long de la campagne. Tout ce qui était positif à propos de Trump et tout ce qui était négatif à propos de Biden aura été caché au public, alors que tout ce qui était négatif à propos de Trump et tout ce qui était positif à propos de Biden aura fait l’objet d’un matraquage médiatique. Sans parler de la fabrication purement et simplement d’histoires mensongères à n’en plus finir contre le président sortant et son entourage. Le point culminant est intervenu lorsque, le 14 octobre 2020, à deux semaines de l’élection, le New York Post révéla le scandale de la corruption de la famille Biden (« the Biden crime family » comme l’appelle Donald Trump). Facebook et Twitter bloquent alors immédiatement les comptes et les pages du quotidien, pour éviter la propagation. « Une erreur de jugement », admettra par la suite Jack Dorsey, le patron de Twitter, qui n’en pense sans doute pas un mot. Les autres médias enterrent l’affaire, s’assurant que le scandale reste confiné. Et pourtant, les preuves sont accablantes. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, décrit en détail dans ses emails obtenus par le « New York Post » le modus operandi : 50 % des sommes collectées étaient reversées au « big guy ». Les sondages réalisés après l’élection dévoileront par la suite que 13 % des électeurs de Joe Biden n’auraient pas voté pour lui s’ils avaient été informés de l’existence du scandale en question. Ce qui représente plus de 10 millions de voix ! Quand on sait que Joe Biden a remporté l’élection in fine grâce à un peu moins de 50.000 voix d’avance dans trois États-clefs… (…) La deuxième fraude aura consisté pour la gauche américaine à contourner les lois électorales applicables aux bulletins par correspondance dans les principaux États-clefs, et ce, sous le prétexte de la crise du coronavirus. Par exemple en Géorgie, il a été décidé que les bulletins par correspondance, envoyés à toute la population, seraient pris en compte sans vérification appropriée de la signature des électeurs, alors que la loi est on ne peut plus claire à ce sujet : les bulletins par correspondance doivent, sous peine de nullité, faire l’objet de contrôles stricts. En pratique, cette « relaxation » des standards de contrôle a permis à n’importe qui (des morts, des mineurs, des prisonniers, des non-résidents, des étrangers…) d’envoyer des bulletins, sans grand risque de rejet du vote. Du reste, le taux de rejet des bulletins par correspondance est passé de 3,5 % en 2016 (ce qui correspondait à 90.000 votes) à 0,3 % en 2020, et ce, alors même que le nombre de bulletins par correspondance reçus en 2020 a été multiplié par 5 comparé à 2016. Autrement dit, des dizaines de milliers de bulletins par correspondance illégaux ont été comptabilisés cette année en Géorgie. Qui plus est, ces bulletins ont pu être déposés par les électeurs dans des boîtes (« drop boxes » financées par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), installées spécifiquement dans certains quartiers populaires des grandes villes de l’État afin d’éviter aux électeurs d’acquitter un timbre. Bien évidemment, la collecte des bulletins déposés dans ces boîtes n’a pas pu être supervisée par les assesseurs républicains… Une vidéo prise par des caméras de surveillance a fait sensation. Elle montre comment les employés de la ville d’Atlanta ont géré le dépouillement de ces bulletins dans le centre le plus important de la ville (State Farm Arena). A 23h le soir du 3 novembre, la presse et les assesseurs des deux partis, sous le prétexte d’une fuite d’eau empêchant la poursuite du dépouillement, sont priés de rentrer chez eux et de revenir le lendemain matin. Une fois la scène vidée de ses témoins gênants, quatre employés municipaux extirpent des dizaines de milliers de bulletins de quatre valises qui avaient été placées et cachées dans la salle le matin même, pour être scannés, à de multiples reprises, dans les machines. Au total, 24 000 bulletins comptabilisés en toute illégalité, comme attesté en direct sur le site du New York Times (real time tabulations). Joe Biden a finalement emporté l’État avec… 11 779 voix d’avance. En Pennsylvanie, la loi était claire. Les bulletins par correspondance ne pouvaient être acceptés que si l’électeur apposait sa signature sur l’enveloppe. Mais cette année, le gouverneur démocrate a autorisé les centres de dépouillement à comptabiliser les bulletins sans enveloppe (« naked ballots »), ouvrant ainsi la voie à de la fraude massive. On comprend mieux pourquoi les assesseurs républicains se sont vus barrer l’accès aux centres de dépouillement à Philadelphie, et ce, même en dépit d’injonction obtenues en référé auprès des juges locaux. Par ailleurs, la loi prévoyait que les bulletins par correspondance reçus par la poste après 20h le mardi 3 novembre étaient nuls et ne pouvaient être comptabilisés. Qu’à cela ne tienne, les bulletins collectés jusqu’au vendredi 6 novembre ont été pris en compte, y compris ceux reçus sans cachet de la poste sur l’enveloppe ! N’importe qui a donc pu voter en Pennsylvanie dans les jours qui ont suivi le jour de l’élection … On précisera que 75% des 630 000 bulletins par correspondance « magiques » reçus après le 3 novembre ont été en faveur de Joe Biden. Qui plus est, dans certains comtés en Pennsylvanie, plus de voix ont été comptabilisées que d’inscrits sur les listes électorales ayant voté – 205 000 plus précisément d’après un rapport du Sénat de Pennsylvanie du 29 décembre 2020 dénonçant ce phénomène de « over votes », c’est-à-dire de bulletins comptabilisés qui n’ont pas été imprimés par le gouvernement de la Pennsylvanie. Dans le Wisconsin, la loi prévoyait que seules les personnes bénéficiant du statut de personne confinée indéfiniment (typiquement des personnes grabataires) pouvaient voter par correspondance sans avoir à se déplacer au préalable au bureau de vote pour chercher un bulletin en montrant sa pièce d’identité (un bulletin leur est alors envoyé par la poste chez eux). Mais pour l’occasion, sur ordre du gouverneur (démocrate), le statut a été largement étendu, passant de 70.000 personnes environ aux élections précédentes à 200 000 cette année, en raison du coronavirus. 130 000 votes de plus que les années précédentes ont donc été comptabilisés sans contrôle d’identité à l’échelle de l’État (un peu comme si les bureaux de vote avaient accepté que 200 000 électeurs qui venaient en personne voter ne présentent pas leur pièce d’identité). Précisons que ces 200 000 bulletins furent largement favorables à Joe Biden, lequel a remporté l’État avec 20 682 voix. Les avocats de Donald Trump ont réuni plus de mille témoignages sous serment de personnes attestant d’irrégularités importantes constatées lors des élections du 3 novembre. Chacune de ces personnes risque 5 ans de prison si elle présente un témoignage mensonger. Ainsi, des assesseurs racontent comment ils ont été expulsés des centres de dépouillement du Michigan par la police locale, sous les applaudissements des employés municipaux en train de procéder au dépouillement, des conducteurs de camion expliquent qu’ils ont conduit des chargements de centaines de milliers de bulletins fraîchement imprimés de New York jusqu’en Pennsylvanie, des employés municipaux confirment qu’ils scannaient dans les machines des bulletins par correspondance qui n’avaient pas été pliés (c’est-à-dire qui ne sortaient pas d’enveloppes) ou encore confirment qu’on leur demandait de comptabiliser des bulletins par correspondance sans vérifier les signatures, des postiers révèlent que leur hiérarchie leur demandait d’anti-dater des bulletins par correspondance reçus hors délais, des « white hat hackers » témoignent qu’ils ont réussi à se connecter aux machines des bureaux de vote en Géorgie (dans le comté de Fulton à Atlanta), des électeurs racontent que, se rendant aux urnes pour voter, ils se sont entendus dire qu’ils avaient déjà voté et qu’ils pouvaient rentrer chez eux, etc. Par ailleurs, ces mêmes avocats ont réuni des études et témoignages d’experts en probabilités identifiant les anomalies statistiques du 3 novembre. Par exemple (…) Jamais un candidat républicain n’a perdu l’élection alors qu’il a emporté la Floride et l’Ohio (qui plus avec 5 points de plus qu’en 2016). « Les résultats sont aberrants et absurdes » martèlent les mathématiciens. « Les taux de participation supérieurs à 85 % sont impossibles. Les votes en provenance de bureaux de vote à plus de 75 % en faveur d’un candidat sont la marque d’une fraude » expliquent-ils. Surtout lorsque ces anomalies arithmétiques ne sont constatées que dans les grandes villes des six États-clefs, où Joe Biden a réalisé des scores époustouflants en comparaison aux scores inférieurs de Biden par rapport à Hillary Clinton observés dans les autres grands centres urbains du pays, à commencer par New York City ou Los Angeles… Ainsi, dans le comté de Fulton, à Atlanta en Géorgie, 161 bureaux de vote ont reporté entre 90 % et 100 % de votes en faveur de Joe Biden, totalisant 152 000 voix pour le candidat démocrate. Idem à Philadelphie ou 278 bureaux de vote (16 % des bureaux de la ville), ont reporté 97 % ou plus de voix pour Joe Biden, totalisant 100 200 voix pour Joe Biden contre 2.100 voix pour Donald Trump. Même à New York City, Donald Trump n’a pas été crédité de scores aussi déséquilibrés. Toujours en Pennsylvanie, dans l’un des bureaux de vote du comté d’Allegheny, en Pennsylvanie, 93 % des bulletins par correspondance furent en faveur de Joe Biden, ce qui n’est pas possible d’un point de vue statistique, Joe Biden recevant 23 000 voix contre 1300 pour Donald Trump. Dans le comté de Wayne, le plus important du Michigan, 71 bureaux de vote ont reporté plus de votes que d’inscrits sur les listes électorales, le gouverneur (démocrate) passant outre le refus du comté de certifier les résultats… Par ailleurs, les parlementaires locaux (républicains) d’Arizona, de Géorgie, du Nevada ou encore en Pennsylvanie, qui eux, ont pu enquêter et auditionner de nombreux témoins au cours des mois de novembre et décembre 2020, ont rédigé des rapports accablants contre leurs propres gouverneurs, attestant l’ampleur de la fraude dans leurs États respectifs. En parallèle, on rappellera que le Sénat à Washington DC a lui-même organisé le 16 décembre 2020 des auditions de témoins sur le thème des irrégularités de l’élection du 3 novembre, les avocats de Donald Trump ayant alors eu l’occasion de détailler d’innombrables irrégularités, notamment concernant l’Arizona, le Nevada et le Wisconsin. A l’issue des présentations, plusieurs sénateurs durent reconnaître que de sérieux doutes pesaient sur la légitimité de l’élection de Joe Biden. Mais en dépit de cette montagne de preuves, les juges du pays ont refusé d’écouter les multiples requêtes en annulation des résultats des élections des États concernés. Aucune enquête n’a été diligentée, aucune procédure de « discovery » n’a été intentée (forçant la partie défenderesse de transmettre des informations), aucune saisie de bulletins ou des scans des machines n’a été ordonnée par les juges. Les avocats démocrates bataillèrent furieusement en justice pour qu’aucun audit ne puisse être ordonné, la plupart des requêtes ayant été écartées pour des questions de procédure. Et lorsque les juges ont décidé d’entendre les affaires sur le fond, les débats furent bâclés. La cour suprême du Nevada a par exemple rendu son jugement après avoir accepté seulement 15 dépositions (par écrit, aucun témoin en personne), et a jugé sans enquête, sans délibération, après seulement 2 heures de plaidoirie un dossier constitué de 8 000 pages portant sur 130 000 votes contestés. En fait, les rares juges de différents États qui ont accepté d’écouter les affaires sur le fond ont rapidement conclu – par un raisonnement contestable – que le remède demandé (l’annulation de l’élection) était disproportionné, constatant que les électeurs avaient voté en bonne foi et que ce n’était pas de leur faute si les lois électorales étaient irrégulières… Ce refus du pouvoir judiciaire de s’immiscer dans le contrôle à posteriori des élections culmina lorsque, le 7 décembre 2020, la Cour suprême fut saisie par 18 États et 126 membres de la Chambre des représentants, lui demandant de constater l’illégalité des élections tenues en Arizona, dans le Michigan, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin. Quelques jours après, ce fut le coup de grâce. La cour rejeta la requête, considérant que les plaignants n’avaient pas démontré leur intérêt à agir… La messe était dite. Les juges ont créé un précédent qui restera dans l’histoire : il est désormais possible au pouvoir exécutif des 50 États des États-Unis d’organiser des élections à portée fédérale en toute violation des lois électorales adoptées par les parlements de chacun de ces États. Et ce, en contradiction directe avec l’article II section 1 de la Constitution américaine, lequel confie aux seules législatures des États le soin de déterminer les règles du déroulement des élections. Joe Biden sera bien, le 20 janvier 2021, le 46ème président « miraculé » des États-Unis. Il peut compter sur l’appui des médias sociaux, qui veillent au grain. Les posts et vidéos qui évoquent la fraude électorale sont désormais évincés de Facebook et de Youtube, la contestation des résultats étant assimilée à de la sédition. Le compte Twitter de Donald Trump est bloqué, l’interdisant de communiquer avec ses 85 millions de followers. La purge est en cours. Comme l’écrivit l’homme politique anglais Edmund Burke à la fin du XVIII° siècle, « la seule chose nécessaire pour que le mal triomphe, c’est que les hommes du bien ne fassent rien ». En l’occurrence, rien n’a été fait et maintenant, il n’y a plus rien à faire. Anthony Lacoudre
Surtout, nous avons réaffirmé l’idée sacrée qu’en Amérique, le gouvernement répond au peuple. Notre lumière directrice, notre étoile du Nord, notre conviction inébranlable a été que nous sommes ici pour servir les nobles citoyens américains de tous les jours. Notre allégeance ne va pas aux intérêts spéciaux, aux sociétés ou aux entités mondiales; c’est pour nos enfants, nos citoyens et notre nation elle-même. Ma priorité absolue, ma préoccupation constante, a toujours été l’intérêt supérieur des travailleurs américains et des familles américaines. Je n’ai pas cherché le cours le plus facile; de loin, c’était en fait le plus difficile. Je n’ai pas cherché le chemin qui recevrait le moins de critiques. J’ai engagé les batailles les plus difficiles, les combats les plus durs, les choix les plus difficiles parce que c’est pour cela que vous m’avez élu. (…) Nous avons promu une culture où nos lois seraient respectées, nos héros honorés, notre histoire préservée et les citoyens respectueux des lois jamais méprisés (…) Aucune nation ne peut prospérer longtemps si elle perd la foi en ses propres valeurs, son histoire et ses héros, car ce sont là les sources mêmes de notre unité et de notre vitalité. (…) La clé de la grandeur nationale réside dans le maintien et la transmission de notre identité nationale commune. Cela signifie se concentrer sur ce que nous avons en commun: le patrimoine que nous partageons tous. Au centre de cet héritage se trouve également une solide croyance en la liberté d’expression, la liberté d’expression et le libre débat. Seul l’oubli de qui nous sommes et comment nous sommes arrivés où nous sommes que nous nous nous abandonnerons à la censure politique et à la mise sur liste noire en Amérique. Ce n’est même pas pensable. Mettre fin au débat libre et contradictoire viole nos valeurs fondamentales et nos traditions les plus durables. En Amérique, nous n’insistons pas sur la conformité absolue et n’imposons pas des orthodoxies rigides et une police de la pensée ou de la parole. Ce n’est tout simplement pas ce que nous faisons. L’Amérique n’est pas une nation timide d’âmes dociles qui ont besoin d’être protégées de ceux avec qui nous sommes en désaccord. Ce n’est pas qui nous sommes. Ce ne sera jamais qui nous sommes. (…) En repensant aux quatre dernières années, une image me vient à l’esprit au-dessus de toutes les autres. Chaque fois que je parcourais le parcours du cortège, il y avait des milliers et des milliers de personnes. Ils étaient sortis avec leurs familles pour pouvoir tenir et agiter  fièrement à notre passage notre grand drapeau américain. Cela n’a jamais manqué de m’émouvoir profondément. Je savais qu’ils ne venaient pas simplement me montrer leur soutien; ils venaient me montrer leur soutien et leur amour pour notre pays. C’est une république de fiers citoyens unis par notre conviction commune que l’Amérique est la plus grande nation de toute l’histoire. Nous sommes, et devons toujours être, une terre d’espoir, de lumière et de gloire pour le monde entier. C’est le précieux héritage que nous devons sauvegarder à chaque tournant. C’est exactement ce pourquoi j’ai oeuvré ces quatre dernières années, ça et rien d’autre. D’une grande salle de dirigeants musulmans à Riyad à une grande place de Polonais à Varsovie; d’un discours à l’Assemblée coréenne à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies; et de la Cité Interdite de Pékin à l’ombre du Mont Rushmore, j’ai combattu pour vous, je me suis battu pour votre famille, je me suis battu pour notre pays. Par-dessus tout, je me suis battu pour l’Amérique et tout ce qu’elle représente – c’est-à-dire sûre, forte, fière et libre. Maintenant, alors que je me prépare à remettre le pouvoir à une nouvelle administration mercredi à midi, je veux que vous sachiez que le mouvement que nous avons lancé ne fait que commencer. Il n’y a jamais rien eu de tel. La conviction qu’une nation doit servir ses citoyens ne diminuera pas, mais ne fera au contraire que se renforcer de jour en jour. Président Trump

Le roi est mort, vive le roi !

En cette triste journée où 227 ans, presque jour pour jour,  après la France …

Fondant sa république sur le sacrifice rituel de son roi …

La moitié de l’Amérique et une bonne partie du monde …

S’apprêtent à célébrer la formidable parce qu’universelle puissance …

De l’expulsion réussie d’un bouc émissaire

Devinez comment …

Entre propagande massive des médias et contournement des lois électorales …

Un candidat quasi-sénile ayant mené une campagne virtuelle depuis le sous-sol de sa maison loin des journalistes et de la population …

Et ayant survécu à des accusations d’agression sexuelle …

Comme à des soupçons d’extorsion en Ukraine et de trafic d’influence avec la Chine….

Tout en en apportant sa caution à des mois d’émeutes et de pillages …

Arrive-t-il à défaire – ironie tragique de l’affaire – le candidat de la loi et de l’ordre …

Pour se voir finalement investi… sous la même protection militaire digne d’un Etat policier ..

Que tout au long de l’année précédente il avait refusé…

Quand les grandes métropoles du pays étaient livrées aux flammes et au pillage des Black Lives Matter et antifas  ?

My fellow Americans: Four years ago, we launched a great national effort to rebuild our country, to renew its spirit, and to restore the allegiance of this government to its citizens. In short, we embarked on a mission to make America great again — for all Americans. As I conclude my term as the 45th President of the United States, I stand before you truly proud of what we have achieved together. We did what we came here to do — and so much more. This week, we inaugurate a new administration and pray for its success in keeping America safe and prosperous. We extend our best wishes, and we also want them to have luck — a very important word. I’d like to begin by thanking just a few of the amazing people who made our remarkable journey possible. (…) Most of all, I want to thank the American people. To serve as your President has been an honor beyond description. Thank you for this extraordinary privilege. And that’s what it is — a great privilege and a great honor. We must never forget that while Americans will always have our disagreements, we are a nation of incredible, decent, faithful, and peace-loving citizens who all want our country to thrive and flourish and be very, very successful and good. We are a truly magnificent nation. All Americans were horrified by the assault on our Capitol. Political violence is an attack on everything we cherish as Americans. It can never be tolerated. Now more than ever, we must unify around our shared values and rise above the partisan rancor, and forge our common destiny. Four years ago, I came to Washington as the only true outsider ever to win the presidency. I had not spent my career as a politician, but as a builder looking at open skylines and imagining infinite possibilities. I ran for President because I knew there were towering new summits for America just waiting to be scaled. I knew the potential for our nation was boundless as long as we put America first. So I left behind my former life and stepped into a very difficult arena, but an arena nevertheless, with all sorts of potential if properly done. America had given me so much, and I wanted to give something back. Together with millions of hardworking patriots across this land, we built the greatest political movement in the history of our country. We also built the greatest economy in the history of the world. It was about “America First” because we all wanted to make America great again. We restored the principle that a nation exists to serve its citizens. Our agenda was not about right or left, it wasn’t about Republican or Democrat, but about the good of a nation, and that means the whole nation. With the support and prayers of the American people, we achieved more than anyone thought possible. Nobody thought we could even come close. We passed the largest package of tax cuts and reforms in American history. We slashed more job-killing regulations than any administration had ever done before. We fixed our broken trade deals, withdrew from the horrible Trans-Pacific Partnership and the impossible Paris Climate Accord, renegotiated the one-sided South Korea deal, and we replaced NAFTA with the groundbreaking USMCA — that’s Mexico and Canada — a deal that’s worked out very, very well. Also, and very importantly, we imposed historic and monumental tariffs on China; made a great new deal with China. But before the ink was even dry, we and the whole world got hit with the China virus. Our trade relationship was rapidly changing, billions and billions of dollars were pouring into the U.S., but the virus forced us to go in a different direction. (…) We reignited America’s job creation and achieved record-low unemployment for African Americans, Hispanic Americans, Asian Americans, women — almost everyone. Incomes soared, wages boomed, the American Dream was restored, and millions were lifted from poverty in just a few short years. It was a miracle. The stock market set one record after another, with 148 stock market highs during this short period of time, and boosted the retirements and pensions of hardworking citizens all across our nation. 401(k)s are at a level they’ve never been at before. (…) When our nation was hit with the terrible pandemic, we produced not one, but two vaccines with record-breaking speed, and more will quickly follow. They said it couldn’t be done but we did it. They call it a “medical miracle,” and that’s what they’re calling it right now: a “medical miracle.” Another administration would have taken 3, 4, 5, maybe even up to 10 years to develop a vaccine. We did in nine months. We grieve for every life lost, and we pledge in their memory to wipe out this horrible pandemic once and for all. (…) We confirmed three new justices of the United States Supreme Court. We appointed nearly 300 federal judges to interpret our Constitution as written. For years, the American people pleaded with Washington to finally secure the nation’s borders. I am pleased to say we answered that plea and achieved the most secure border in U.S. history. (…) We proudly leave the next administration with the strongest and most robust border security measures ever put into place. This includes historic agreements with Mexico, Guatemala, Honduras, and El Salvador, along with more than 450 miles of powerful new wall. We restored American strength at home and American leadership abroad. The world respects us again. Please don’t lose that respect. We reclaimed our sovereignty by standing up for America at the United Nations and withdrawing from the one-sided global deals that never served our interests. And NATO countries are now paying hundreds of billions of dollars more than when I arrived just a few years ago. It was very unfair. We were paying the cost for the world. Now the world is helping us. And perhaps most importantly of all, with nearly $3 trillion, we fully rebuilt the American military — all made in the USA. We launched the first new branch of the United States Armed Forces in 75 years: the Space Force. And last spring, I stood at Kennedy Space Center in Florida and watched as American astronauts returned to space on American rockets for the first time in many, many years. We revitalized our alliances and rallied the nations of the world to stand up to China like never before. We obliterated the ISIS caliphate and ended the wretched life of its founder and leader, al Baghdadi. We stood up to the oppressive Iranian regime and killed the world’s top terrorist, Iranian butcher Qasem Soleimani. We recognized Jerusalem as the capital of Israel and recognized Israeli sovereignty over the Golan Heights. As a result of our bold diplomacy and principled realism, we achieved a series of historic peace deals in the Middle East. Nobody believed it could happen. The Abraham Accords opened the doors to a future of peace and harmony, not violence and bloodshed. It is the dawn of a new Middle East, and we are bringing our soldiers home. I am especially proud to be the first President in decades who has started no new wars. Above all, we have reasserted the sacred idea that, in America, the government answers to the people. Our guiding light, our North Star, our unwavering conviction has been that we are here to serve the noble everyday citizens of America. Our allegiance is not to the special interests, corporations, or global entities; it’s to our children, our citizens, and to our nation itself. As President, my top priority, my constant concern, has always been the best interests of American workers and American families. I did not seek the easiest course; by far, it was actually the most difficult. I did not seek the path that would get the least criticism. I took on the tough battles, the hardest fights, the most difficult choices because that’s what you elected me to do. Your needs were my first and last unyielding focus. This, I hope, will be our greatest legacy: Together, we put the American people back in charge of our country. We restored self-government. We restored the idea that in America no one is forgotten, because everyone matters and everyone has a voice. We fought for the principle that every citizen is entitled to equal dignity, equal treatment, and equal rights because we are all made equal by God. Everyone is entitled to be treated with respect, to have their voice heard, and to have their government listen. You are loyal to your country, and my administration was always loyal to you. (…) We promoted a culture where our laws would be upheld, our heroes honored, our history preserved, and law-abiding citizens are never taken for granted. (…) Now, as I leave the White House, I have been reflecting on the dangers that threaten the priceless inheritance we all share. As the world’s most powerful nation, America faces constant threats and challenges from abroad. But the greatest danger we face is a loss of confidence in ourselves, a loss of confidence in our national greatness. A nation is only as strong as its spirit. We are only as dynamic as our pride. We are only as vibrant as the faith that beats in the hearts of our people. No nation can long thrive that loses faith in its own values, history, and heroes, for these are the very sources of our unity and our vitality. What has always allowed America to prevail and triumph over the great challenges of the past has been an unyielding and unashamed conviction in the nobility of our country and its unique purpose in history. We must never lose this conviction. We must never forsake our belief in America. The key to national greatness lies in sustaining and instilling our shared national identity. That means focusing on what we have in common: the heritage that we all share. At the center of this heritage is also a robust belief in free expression, free speech, and open debate. Only if we forget who we are, and how we got here, could we ever allow political censorship and blacklisting to take place in America. It’s not even thinkable. Shutting down free and open debate violates our core values and most enduring traditions. In America, we don’t insist on absolute conformity or enforce rigid orthodoxies and punitive speech codes. We just don’t do that. America is not a timid nation of tame souls who need to be sheltered and protected from those with whom we disagree. That’s not who we are. It will never be who we are. For nearly 250 years, in the face of every challenge, Americans have always summoned our unmatched courage, confidence, and fierce independence. These are the miraculous traits that once led millions of everyday citizens to set out across a wild continent and carve out a new life in the great West. It was the same profound love of our God-given freedom that willed our soldiers into battle and our astronauts into space. As I think back on the past four years, one image rises in my mind above all others. Whenever I traveled all along the motorcade route, there were thousands and thousands of people. They came out with their families so that they could stand as we passed, and proudly wave our great American flag. It never failed to deeply move me. I knew that they did not just come out to show their support of me; they came out to show me their support and love for our country. This is a republic of proud citizens who are united by our common conviction that America is the greatest nation in all of history. We are, and must always be, a land of hope, of light, and of glory to all the world. This is the precious inheritance that we must safeguard at every single turn. For the past four years, I have worked to do just that. From a great hall of Muslim leaders in Riyadh to a great square of Polish people in Warsaw; from the floor of the Korean Assembly to the podium at the United Nations General Assembly; and from the Forbidden City in Beijing to the shadow of Mount Rushmore, I fought for you, I fought for your family, I fought for our country. Above all, I fought for America and all it stands for — and that is safe, strong, proud, and free. Now, as I prepare to hand power over to a new administration at noon on Wednesday, I want you to know that the movement we started is only just beginning. There’s never been anything like it. The belief that a nation must serve its citizens will not dwindle but instead only grow stronger by the day. As long as the American people hold in their hearts deep and devoted love of country, then there is nothing that this nation cannot achieve. Our communities will flourish. Our people will be prosperous. Our traditions will be cherished. Our faith will be strong. And our future will be brighter than ever before. I go from this majestic place with a loyal and joyful heart, an optimistic spirit, and a supreme confidence that for our country and for our children, the best is yet to come. Thank you, and farewell. God bless you. God bless the United States of America.

President Trump

Voir aussi:

L’élection miraculeuse de Joe Biden- – partie 1
Anthony Lacoudre
France Soir
19/01/2021

« I’m sorry you can’t believe in miracles. » Lance Armstrong

Mercredi 20 janvier, au pied du Capitole à Washington DC, Joe Biden prêtera serment, la main posée sur la Bible. Il sera intronisé comme le nouveau président des États-Unis, ayant battu le président sortant Donald Trump. Il pourra effectivement remercier Dieu car son élection relève tout simplement du miracle.

Comment a-t-il fait en effet pour obtenir plus de 81 millions de voix lors de l’élection du 3 novembre dernier, c’est-à-dire plus de voix que n’importe quel autre candidat l’ayant précédé dans l’histoire du pays, y compris Barack Obama ? Comment a-t-il fait pour obtenir 15 millions de voix de plus qu’Hillary Clinton en 2016 ?

Et cela après avoir mené une campagne virtuelle depuis le sous-sol de sa maison du Delaware, en évitant soigneusement les contacts avec les journalistes et avec la population ? Comment a-t-il pu survivre aux accusations d’agression sexuelle contre une fonctionnaire du Sénat et aux soupçons d’extorsion en Ukraine et de trafic d’influence, notamment avec des pays comme la Chine ? Comment a-t-il fait, au cours de cette campagne, pour surpasser ses errements, ses diverses gaffes, ses propos maladroits, incohérents, parfois franchement racistes ?

En réalité, son élection ne relève pas d’un miracle, elle relève de la fraude.

La propagande des médias

La première fraude provient de la manipulation des électeurs par les médias. Jamais on n’avait vu une telle collusion entre un candidat, d’une part et les grands médias et médias sociaux, d’autre part. On avait cru atteindre le summum en 2016 lorsque par exemple CNN transmettait à l’avance à Hillary Clinton les questions des débats. C’était en réalité bien peu de choses par rapport à 2020. Jamais les sondages commandités par les grands médias n’auront été truqués à ce point en faveur de Joe Biden. Jamais n’avait-on assisté à un tel degré de propagande anti-Trump et pro-Biden tout au long de la campagne. Tout ce qui était positif à propos de Trump et tout ce qui était négatif à propos de Biden aura été caché au public, alors que tout ce qui était négatif à propos de Trump et tout ce qui était positif à propos de Biden aura fait l’objet d’un matraquage médiatique. Sans parler de la fabrication purement et simplement d’histoires mensongères à n’en plus finir contre le président sortant et son entourage.

Le scandale de la « Biden crime family » étouffé

Le point culminant est intervenu lorsque, le 14 octobre 2020, à deux semaines de l’élection, le New York Post révéla le scandale de la corruption de la famille Biden (« the Biden crime family » comme l’appelle Donald Trump). Facebook et Twitter bloquent alors immédiatement les comptes et les pages du quotidien, pour éviter la propagation. « Une erreur de jugement », admettra par la suite Jack Dorsey, le patron de Twitter, qui n’en pense sans doute pas un mot.

Les autres médias enterrent l’affaire, s’assurant que le scandale reste confiné. Et pourtant, les preuves sont accablantes. Hunter Biden, le fils de Joe Biden, décrit en détail dans ses emails obtenus par le « New York Post » le modus operandi : 50 % des sommes collectées étaient reversées au « big guy ».

Les sondages réalisés après l’élection dévoileront par la suite que 13 % des électeurs de Joe Biden n’auraient pas voté pour lui s’ils avaient été informés de l’existence du scandale en question. Ce qui représente plus de 10 millions de voix ! Quand on sait que Joe Biden a remporté l’élection in fine grâce à un peu moins de 50.000 voix d’avance dans trois États-clefs…

Le contournement des lois électorales

La deuxième fraude aura consisté pour la gauche américaine à contourner les lois électorales applicables aux bulletins par correspondance dans les principaux États-clefs, et ce, sous le prétexte de la crise du coronavirus.

Par exemple en Géorgie, il a été décidé que les bulletins par correspondance, envoyés à toute la population, seraient pris en compte sans vérification appropriée de la signature des électeurs, alors que la loi est on ne peut plus claire à ce sujet : les bulletins par correspondance doivent, sous peine de nullité, faire l’objet de contrôles strictes. En pratique, cette « relaxation » des standards de contrôle a permis à n’importe qui (des morts, des mineurs, des prisonniers, des non-résidents, des étrangers…) d’envoyer des bulletins, sans grand risque de rejet du vote. Du reste, le taux de rejet des bulletins par correspondance est passé de 3,5 % en 2016 (ce qui correspondait à 90.000 votes) à 0,3 % en 2020, et ce, alors même que le nombre de bulletins par correspondance reçus en 2020 a été multiplié par 5 comparé à 2016. Autrement dit, des dizaines de milliers de bulletins par correspondance illégaux ont été comptabilisés cette année en Géorgie.

Qui plus est, ces bulletins ont pu être déposés par les électeurs dans des boîtes (« drop boxes » financées par Mark Zuckerberg, le patron de Facebook), installées spécifiquement dans certains quartiers populaires des grandes villes de l’État afin d’éviter aux électeurs d’acquitter un timbre. Bien évidemment, la collecte des bulletins déposés dans ces boîtes n’a pas pu être supervisée par les assesseurs républicains…

Une vidéo prise par des caméras de surveillance a fait sensation. Elle montre comment les employés de la ville d’Atlanta ont géré le dépouillement de ces bulletins dans le centre le plus important de la ville (State Farm Arena). A 23h le soir du 3 novembre, la presse et les assesseurs des deux partis, sous le prétexte d’une fuite d’eau empêchant la poursuite du dépouillement, sont priés de rentrer chez eux et de revenir le lendemain matin. Une fois la scène vidée de ses témoins gênants, quatre employés municipaux extirpent des dizaines de milliers de bulletins de quatre valises qui avaient été placées et cachées dans la salle le matin même, pour être scannés, à de multiples reprises, dans les machines. Au total, 24 000 bulletins comptabilisés en toute illégalité, comme attesté en direct sur le site du New York Times (real time tabulations). Joe Biden a finalement emporté l’État avec… 11 779 voix d’avance.

En Pennsylvanie, la loi était claire. Les bulletins par correspondance ne pouvaient être acceptés que si l’électeur apposait sa signature sur l’enveloppe. Mais cette année, le gouverneur démocrate a autorisé les centres de dépouillement à comptabiliser les bulletins sans enveloppe (« naked ballots »), ouvrant ainsi la voie à de la fraude massive. On comprend mieux pourquoi les assesseurs républicains se sont vus barrer l’accès aux centres de dépouillement à Philadelphie, et ce, même en dépit d’injonction obtenues en référé auprès des juges locaux.

Par ailleurs, la loi prévoyait que les bulletins par correspondance reçus par la poste après 20h le mardi 3 novembre étaient nuls et ne pouvaient être comptabilisés. Qu’à cela ne tienne, les bulletins collectés jusqu’au vendredi 6 novembre ont été pris en compte, y compris ceux reçus sans cachet de la poste sur l’enveloppe ! N’importe qui a donc pu voter en Pennsylvanie dans les jours qui ont suivi le jour de l’élection … On précisera que 75% des 630 000 bulletins par correspondance « magiques » reçus après le 3 novembre ont été en faveur de Joe Biden.

Qui plus est, dans certains comtés en Pennsylvanie, plus de voix ont été comptabilisées que d’inscrits sur les listes électorales ayant voté – 205 000 plus précisément d’après un rapport du Sénat de Pennsylvanie du 29 décembre 2020 dénonçant ce phénomène de « over votes », c’est-à-dire de bulletins comptabilisés qui n’ont pas été imprimés par le gouvernement de la Pennsylvanie.

Dans le Wisconsin, la loi prévoyait que seules les personnes bénéficiant du statut de personne confinée indéfiniment (typiquement des personnes grabataires) pouvaient voter par correspondance sans avoir à se déplacer au préalable au bureau de vote pour chercher un bulletin en montrant sa pièce d’identité (un bulletin leur est alors envoyé par la poste chez eux). Mais pour l’occasion, sur ordre du gouverneur (démocrate), le statut a été largement étendu, passant de 70.000 personnes environ aux élections précédentes à 200 000 cette année, en raison du coronavirus. 130 000 votes de plus que les années précédentes ont donc été comptabilisés sans contrôle d’identité à l’échelle de l’État (un peu comme si les bureaux de vote avaient accepté que 200 000 électeurs qui venaient en personne voter ne présentent pas leur pièce d’identité). Précisons que ces 200 000 bulletins furent largement favorables à Joe Biden, lequel a remporté l’État avec 20 682 voix.

Anthony Lacoudre est avocat à New York.

L’élection miraculeuse de Joe Biden – partie 2
Anthony Lacoudre
France Soir
19/01/2021

Des preuves de fraude accablantes

Les avocats de Donald Trump ont réuni plus de mille témoignages sous serment de personnes attestant d’irrégularités importantes constatées lors des élections du 3 novembre. Chacune de ces personnes risque 5 ans de prison si elle présente un témoignage mensonger.

Ainsi, des assesseurs racontent comment ils ont été expulsés des centres de dépouillement du Michigan par la police locale, sous les applaudissements des employés municipaux en train de procéder au dépouillement, des conducteurs de camion expliquent qu’ils ont conduit des chargements de centaines de milliers de bulletins fraîchement imprimés de New York jusqu’en Pennsylvanie, des employés municipaux confirment qu’ils scannaient dans les machines des bulletins par correspondance qui n’avaient pas été pliés (c’est-à-dire qui ne sortaient pas d’enveloppes) ou encore confirment qu’on leur demandait de comptabiliser des bulletins par correspondance sans vérifier les signatures, des postiers révèlent que leur hiérarchie leur demandait d’anti-dater des bulletins par correspondance reçus hors délais, des « white hat hackers » témoignent qu’ils ont réussi à se connecter aux machines des bureaux de vote en Géorgie (dans le comté de Fulton à Atlanta), des électeurs racontent que, se rendant aux urnes pour voter, ils se sont entendus dire qu’ils avaient déjà voté et qu’ils pouvaient rentrer chez eux, etc.

Par ailleurs, ces mêmes avocats ont réuni des études et témoignages d’experts en probabilités identifiant les anomalies statistiques du 3 novembre. Par exemple, dans l’histoire du pays, jamais six États n’ont interrompu en même temps leur dépouillement à partir de 23h le soir de l’élection. Jamais des pics d’enregistrement de voix par centaines de milliers en faveur d’un candidat en pleine nuit n’ont été constatés en l’espace de seulement quelques heures. Jamais un candidat républicain n’a perdu l’élection alors qu’il a emporté la Floride et l’Ohio (qui plus avec 5 points de plus qu’en 2016).

« Les résultats sont aberrants et absurdes » martèlent les mathématiciens. « Les taux de participation supérieurs à 85 % sont impossibles. Les votes en provenance de bureaux de vote à plus de 75 % en faveur d’un candidat sont la marque d’une fraude » expliquent-ils.

Surtout lorsque ces anomalies arithmétiques ne sont constatées que dans les grandes villes des six États-clefs, où Joe Biden a réalisé des scores époustouflants en comparaison aux scores inférieurs de Biden par rapport à Hillary Clinton observés dans les autres grands centres urbains du pays, à commencer par New York City ou Los Angeles…

Ainsi, dans le comté de Fulton, à Atlanta en Géorgie, 161 bureaux de vote ont reporté entre 90 % et 100 % de votes en faveur de Joe Biden, totalisant 152 000 voix pour le candidat démocrate. Idem à Philadelphie ou 278 bureaux de vote (16 % des bureaux de la ville), ont reporté 97 % ou plus de voix pour Joe Biden, totalisant 100 200 voix pour Joe Biden contre 2.100 voix pour Donald Trump. Même à New York City, Donald Trump n’a pas été crédité de scores aussi déséquilibrés.

Toujours en Pennsylvanie, dans l’un des bureaux de vote du comté d’Allegheny, en Pennsylvanie, 93 % des bulletins par correspondance furent en faveur de Joe Biden, ce qui n’est pas possible d’un point de vue statistique, Joe Biden recevant 23 000 voix contre 1300 pour Donald Trump. Dans le comté de Wayne, le plus important du Michigan, 71 bureaux de vote ont reporté plus de votes que d’inscrits sur les listes électorales, le gouverneur (démocrate) passant outre le refus du comté de certifier les résultats…

Par ailleurs, les parlementaires locaux (républicains) d’Arizona, de Géorgie, du Nevada ou encore en Pennsylvanie, qui eux, ont pu enquêter et auditionner de nombreux témoins au cours des mois de novembre et décembre 2020, ont rédigé des rapports accablants contre leurs propres gouverneurs, attestant l’ampleur de la fraude dans leurs États respectifs.

En parallèle, on rappellera que le Sénat à Washington DC a lui-même organisé le 16 décembre 2020 des auditions de témoins sur le thème des irrégularités de l’élection du 3 novembre, les avocats de Donald Trump ayant alors eu l’occasion de détailler d’innombrables irrégularités, notamment concernant l’Arizona, le Nevada et le Wisconsin. A l’issue des présentations, plusieurs sénateurs durent reconnaître que de sérieux doutes pesaient sur la légitimité de l’élection de Joe Biden.

La justice se dérobe

Mais en dépit de cette montagne de preuves, les juges du pays ont refusé d’écouter les multiples requêtes en annulation des résultats des élections des États concernés. Aucune enquête n’a été diligentée, aucune procédure de « discovery » n’a été intentée (forçant la partie défenderesse de transmettre des informations), aucune saisie de bulletins ou des scans des machines n’a été ordonnée par les juges. Les avocats démocrates bataillèrent furieusement en justice pour qu’aucun audit ne puisse être ordonné, la plupart des requêtes ayant été écartées pour des questions de procédure.

Et lorsque les juges ont décidé d’entendre les affaires sur le fond, les débats furent bâclés. La cour suprême du Nevada a par exemple rendu son jugement après avoir accepté seulement 15 dépositions (par écrit, aucun témoin en personne), et a jugé sans enquête, sans délibération, après seulement 2 heures de plaidoirie un dossier constitué de 8 000 pages portant sur 130 000 votes contestés. En fait, les rares juges de différents États qui ont accepté d’écouter les affaires sur le fond ont rapidement conclu – par un raisonnement contestable – que le remède demandé (l’annulation de l’élection) était disproportionné, constatant que les électeurs avaient voté en bonne foi et que ce n’était pas de leur faute si les lois électorales étaient irrégulières…

Ce refus du pouvoir judiciaire de s’immiscer dans le contrôle à posteriori des élections culmina lorsque, le 7 décembre 2020, la Cour suprême fut saisie par 18 États et 126 membres de la Chambre des représentants, lui demandant de constater l’illégalité des élections tenues en Arizona, dans le Michigan, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin. Quelques jours après, ce fut le coup de grâce. La cour rejetta la requête, considérant que les plaignants n’avaient pas démontré leur intérêt à agir…

La messe était dite. Les juges ont créé un précédent qui restera dans l’histoire : il est désormais possible au pouvoir exécutif des 50 États des États-Unis d’organiser des élections à portée fédérale en toute violation des lois électorales adoptées par les parlements de chacun de ces États. Et ce, en contradiction directe avec l’article II section 1 de la Constitution américaine, lequel confie aux seules législatures des États le soin de déterminer les règles du déroulement des élections.

Joe Biden sera bien, le 20 janvier 2021, le 46ème président « miraculé » des États-Unis. Il peut compter sur l’appui des médias sociaux, qui veillent au grain. Les posts et vidéos qui évoquent la fraude électorale sont désormais évincés de Facebook et de Youtube, la contestation des résultats étant assimilée à de la sédition. Le compte Twitter de Donald Trump est bloqué, l’interdisant de communiquer avec ses 85 millions de followers. La purge est en cours.

Comme l’écrivit l’homme politique anglais Edmund Burke à la fin du XVIII° siècle,

« la seule chose nécessaire pour que le mal triomphe, c’est que les hommes du bien ne fassent rien ».

En l’occurrence, rien n’a été fait et maintenant, il n’y a plus rien à faire.

Anthony Lacoudre est avocat à New York.

Voir également:

Respectons les 74 millions d’électeurs de Trump, ils ne sont pas “pitoyables”
The Wall Street Journal
15/01/2021

Donald Trump est fini, mais son sort n’est plus une priorité, observe ce chroniqueur conservateur du Wall Street Journal. Si Biden veut guérir l’Amérique, il va devoir apaiser les partisans de son adversaire, qui ont le sentiment que le mépris et la haine dont leur candidat est l’objet les visent eux aussi.

Si Donald Trump avait envisagé un avenir politique, c’est bel et bien terminé. Il a largement contribué à l’hypothéquer lui-même lors de la campagne pour les sénatoriales en Géorgie, en faisant passer sa petite personne devant l’intérêt d’une majorité républicaine au Sénat. Ce qui a achevé de lui boucher toute perspective, c’est la foule de ses partisans qui, mercredi [6 janvier], ont envahi le Capitole et, ce faisant, fait plus de tort à leur favori qu’aucun de ses ennemis n’y était jamais parvenu.

Washington se perd en conjectures sur le niveau d’humiliation qui sera infligé au président sortant. Après le lancement [et le vote] d’une deuxième procédure de destitution contre lui, on évoque même un procès devant le Sénat après la fin de son mandat.

Mais pour qui est attaché à l’unité et à la guérison, le sort de Donald Trump n’est plus une priorité. Il y a plus grave : ce qui va advenir de cette moitié de l’Amérique qui l’a soutenu. Beaucoup sont tentés de mettre dans le même sac les 74 millions d’Américains qui ont voté Trump et les auteurs de l’attaque du Capitole, et de les considérer désormais tous inaptes à la vie civique.

Voyous et Américains ordinaires

Il y avait là des voyous, c’est indéniable. Mais laissez-moi vous parler un peu de ces manifestants que je connais personnellement. Tous sont, sans exception, des Américains ordinaires et des individus honnêtes, qui n’ont pas participé à l’invasion du Capitole et jamais n’oseraient désobéir à un officier de police.

Certains parmi eux, mais pas tous, jugent que l’élection a été volée. Ils se trompent, mais cela ne fait pas d’eux des suprémacistes blancs, des terroristes de l’intérieur, des extrémistes religieux – ils ne méritent aucun des noms d’oiseaux lancés depuis une semaine. Ceux que je connais personnellement sont aujourd’hui terrifiés à l’idée d’être identifiés sur les réseaux (par des gauchistes vengeurs qui diffuseraient leurs informations personnelles), voire licenciés si jamais leur participation à la manifestation à Washington venait à se savoir.

Certains ne voient aucun problème à ce que les personnes ayant enfreint la loi [le 6 janvier] soient arrêtées et poursuivies en justice. Selon un sondage Reuters/Ipsos, seuls 9 % des Américains considèrent les émeutiers comme des “citoyens inquiets” et 5 % les tiennent pour des “patriotes”. Il y a dans les 90 % restants des millions d’électeurs de Trump.

Certes, parmi ces millions de personnes ayant choisi le bulletin Trump, certains, nombreux peut-être, croient à des théories du complot et ne font pas confiance à leur gouvernement.

Mais comment cela s’explique-t-il ? Cela aurait-il à voir avec le fait qu’ils entendent de grands médias déclarer fièrement qu’ils ne feront pas même l’effort d’être impartiaux dans leur couverture de Trump et ensuite alimenter, eux aussi, une théorie complotiste, selon laquelle le président serait un agent à la solde des Russes ? Faut-il s’étonner que les gens aillent puiser dans d’autres sources d’information, douteuses pour certaines ?
Trump n’a aucun talent pour apaiser les passions

Faut-il s’étonner que la méfiance envers l’État ait augmenté, quand les Américains ont découvert que de hauts responsables du FBI et du ministère de la Justice ont abusé de leurs pouvoirs de police pour interférer dans le résultat d’une élection puis saper la légitimité d’un président élu ? [Selon un autre article du Wall Street Journal, un rapport du Sénat américain détaillant la vulnérabilité de la campagne Trump 2016 à l’espionnage russe a également trouvé des failles dans l’enquête menée par le FBI.]

Donald Trump n’a aucun talent pour apaiser les passions, d’ailleurs aujourd’hui en plein emballement, et dans tous les cas il sera incessamment hors jeu. Mais si Joe Biden entend être, comme il l’a dit, le président de tous les Américains, qu’ils aient ou non voté pour lui, il a du pain sur la planche. Il [aurait été] bien avisé, pour commencer, de demander aux démocrates d’annuler la procédure d’impeachment qui ne fera que jeter du sel sur la plaie, et de faire comprendre aux républicains anti-Trump que, par leur volonté de mettre sur liste noire quiconque a exercé des fonctions au sein de l’administration Trump, ils ne feront qu’accentuer la rancœur et la division.
À lire aussi Opinion. Présidentielle 2020 : “pourquoi je ne pardonne pas aux électeurs de Trump”

Pourquoi serait-ce à Joe Biden d’aller apaiser des partisans de Trump désenchantés ? pourrait-on demander. C’est que Biden sera [le 20 janvier] le chef de cette nation, et que c’est une promesse qu’il a déjà faite. Dans son discours de victoire, il a dit qu’il était temps de “cesser de traiter nos adversaires en ennemis”. Il a tout à fait raison – mais il faut de l’autorité pour que ces mots se concrétisent pour ces millions d’électeurs de Trump qui ont le sentiment, non sans raison, que la haine et le mépris dont leur candidat est l’objet les visent eux aussi.

“L’État les a laissés tomber, l’économie les a laissés tomber”

Hillary Clinton n’avait pas dit autre chose lorsqu’elle avait, fort malheureusement, qualifié ces Américains de “pitoyables”. Ironie de l’histoire, dans ses propos, l’ancienne candidate démocrate ne rangeait dans sa “bande de pitoyables” que la moitié des partisans de Donald Trump.

L’autre moitié, avait-elle estimé, est faite de “gens qui ont le sentiment que l’État les a laissés tomber, que l’économie les a laissés tomber, que plus personne ne s’intéresse à eux, que plus personne ne se préoccupe de leur quotidien, ni de leur avenir.” Et d’ajouter :

Ces gens-là sont des gens que nous devons comprendre, dans leur raisonnement et dans leur ressenti.”

Hillary Clinton était prête à penser qu’au moins la moitié des supporters de Trump méritaient compréhension et empathie. Aujourd’hui, cela ferait d’elle une modérée.

William McGurn

All Donald Trump’s Deplorables

Even Hillary Clinton consigned only half of Trump supporters to her infamous ‘basket.’

Whatever political future Donald Trump might have envisioned for himself is now dead. He squandered a good chunk of it in the Georgia runoffs, when he made them all about himself instead of about keeping Republican control over the Senate. But it was finished off by the mob of his own supporters who stormed the Capitol this past Wednesday and inflicted more lasting damage on their man than anything his enemies ever managed.

At the moment, Washington is consumed with just how humiliating Mr. Trump’s exit will be—with a second impeachment, with the 25th Amendment invoked, with his resignation. There’s even talk of holding a Senate trial when he’s no longer president.

But for anyone who cares about unity and healing, the president’s fate is no longer the primary concern. More important is the future for the half of America that supported him. Because there is an effort to lump the 74 million Americans who voted for Mr. Trump with those who rampaged through the Capitol—thus rendering them unfit for polite society going forward.

There’s no denying the reality of the thugs. But let me tell you about the people I know who attended that rally. To a person, they are decent, ordinary Americans who didn’t enter the Capitol and wouldn’t dream of disobeying a police officer.

These are also people who have no problem with arresting and prosecuting those who did break the law that Wednesday. A Reuters/Ipsos poll reports that only 9% of Americans consider the rioters “concerned citizens” and 5% call them “patriots.” The remaining 90% includes millions of Trump voters.

True, those millions include some, perhaps many, who believe in conspiracy theories and don’t trust their government.

But where could that have come from? Might it have something to do with watching leading media outlets proudly declare they wouldn’t even try to be fair in reporting about Mr. Trump, and then go on to promote the conspiracy theory that the president was a Russian agent? Is it any surprise that people might then look to other sources of information, some of which are dubious? Or that distrust in government grew as people learned how leaders at the FBI and Justice Department abused their police powers to interfere in an election and then undermine an elected president?

Everywhere a Trump voter turns, he sees ostensibly apolitical organizations enlisting in the “resistance.” Here’s an email just sent to every kid in America applying to college through the Common App:

“We witnessed a deeply disturbing attack on democracy on Wednesday, when violent white supremacist insurrectionists stormed the U.S. Capitol in an attempt to undo a fair and legal election. The stark differences between how peaceful Black and brown protesters have been treated for years relative to Wednesday’s coup again call attention to the open wound of systemic racism.”

Mr. Trump’s power to cool passions, now running at a fever pitch, is almost nil, and in any event his time is running out. But if Joe Biden means what he says about being president for all Americans, including those who didn’t vote for him, he has work to do. A healthy start would be to ask his fellow Democrats to call off the impeachment that will only rub raw an open wound, or make clear to the anti-Trump Republicans in the Lincoln Project that their effort to blacklist anyone who served in the Trump administration is a prescription for more rancor and division.

Some ask: Why is it on Mr. Biden to soothe disenchanted Trump followers? The answer is because in a week he will be the nation’s leader—and he’s already promised as much. In his victory speech he said it was time to “stop treating our opponents as enemies.” He’s right, but it will take leadership to make these words real for millions of Trump voters who feel, with reason, that the hatred and contempt directed at Mr. Trump is also meant for them.

Hillary Clinton admitted this when she infamously labeled these voters “deplorables.” But funny thing about that: In her original remarks, she made clear she was consigning only half of Mr. Trump’s supporters to her “basket of deplorables.”

The other half, she said, are “people who feel that the government has let them down, the economy has let them down, nobody cares about them, nobody worries about what happens to their lives and their futures.” She went on to advise that “those are people we have to understand and empathize with as well.”

She was willing to consider at least half of Mr. Trump’s supporters worthy of understanding and empathy. Today, this would make Mrs. Clinton the moderate.

 

Cessons de mépriser les électeurs de Trump

Esglobal – Madrid

Quel que soit le résultat final de l’élection, demandons-nous pourquoi des millions de sympathisants républicains sont restés fidèles au président sortant, écrit ce journaliste économique espagnol sur le site d’analyse des relations internationales Esglobal.Il est toujours tentant de qualifier d’irrationnels ceux qui ne votent pas comme nous, en particulier si ce sont des étrangers. À leur contact, on se sentirait tellement sages, supérieurs. On ne ferait pas le moindre effort pour les écouter et les comprendre.

Certains, même s’ils reconnaissent aux trumpistes une sorte de bon sens primitif, les jugent avec paternalisme et attribuent leurs opinions à une forme d’ignorance aussi crasse qu’autodestructrice : des pauvres types.

Nous ferions bien de reconnaître au contraire, du moins hypothétiquement, que bon nombre des électeurs de Trump sont aussi intelligents, rationnels et idéalistes que nos voisins. Ni plus, ni moins.

Ce qui les distingue, ce sont leurs objectifs et la conviction que le président Trump est le plus à même de les aider à les défendre.

Mais quels sont ces objectifs ? Et par quelles motivations (et demi-vérités) sont mus tant de millions de gens qui continuent à croire en Trump au bout de quatre ans ?

1) Économie et classe moyenne : mieux qu’en 2016 ?

Pendant les trois premières années du mandat de Trump, les revenus moyens des foyers sont passés de 63 000 à plus de 68 500 dollars par an, les salaires horaires des classes inférieures ont augmenté de 7 % au total et le chômage est descendu à des seuils jamais vus depuis les années 1960.

Parallèlement, la croissance économique que Trump a stimulée par ses baisses d’impôts en 2018 n’a guère modifié les écarts de revenus entre les différentes catégories de population. Et les baisses de revenus ont été très également partagées, ce qui a évité qu’une catégorie ne se sente particulièrement lésée.

Mais comment est-ce possible que l’électorat trumpiste n’ait pas tourné le dos à son champion avec la terrible récession provoquée par la pandémie dans le pays ?

Une chose est sûre, après ce que nous avons vu dans nos pays, il ne serait pas très étonnant que les partisans de Trump finissent par faire valoir que la crise n’est pas la faute du gouvernement fédéral, ou qu’ils estiment que les gouvernements antérieurs sont coresponsables de la mauvaise gestion, au même titre que les autorités régionales et locales.

Sans parler des puissances étrangères comme la Chine, qui a trop tardé à informer sur la gravité du coronavirus et des contaminations.

2) Donald, avons-nous gagné les guerres commerciales ?

En 2018, Trump a réussi à renégocier l’Alena, le traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada, et à arracher à ces deux pays de modestes concessions qui favorisent les géants américains de l’automobile et des produits laitiers. Son électorat a pu y voir une victoire, mais ce n’était qu’une broutille. Il fallait qu’il s’en prenne à la Chine.

Selon l’institut Pew Research Center, les Américains qui ont une opinion négative de la Chine ne sont plus 47 % comme en 2017, mais désormais 66 % en 2020, et ils s’inquiètent notamment de la puissance de ses multinationales d’innovation technologique.

De plus, la moitié des Américains qualifie de “très grave” la disparition d’emplois, délocalisés, et le déficit commercial des États-Unis par rapport à la Chine.

Eh bien, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine s’est effondré de près de 20 % entre 2018 et 2019, et de presque 30 % pendant les quatre premiers mois de 2020.

De plus, au pic de la guerre commerciale (de janvier 2018 à janvier 2020), 300 000 emplois dans l’industrie ont été créés aux États-Unis, et, ne l’oublions pas, le chômage est tombé à un niveau aussi bas que dans les années 1960. Et les salaires des plus pauvres ont nettement augmenté. Il ne sera pas difficile pour des millions d’Américains de faire, à tort, un lien entre la guerre commerciale et leur bonne fortune.

3) Nous, les Américains

Enfin, la défense de la supposée identité traditionnelle des États-Unis dont se réclame Trump est un sac de nœuds qui englobe des relations interraciales, la lutte contre l’immigration clandestine, l’élimination des impôts et de la bureaucratie (À bas le Léviathan !) et la promotion des valeurs conservatrices dans les tribunaux.

Trump a multiplié les détentions de migrants clandestins à la frontière avec le Mexique, au point qu’elles ont atteint en 2019 leur nombre le plus élevé depuis 2007.

Enfin, Trump a non seulement nommé plus de 50 juges dans les cours d’appel du pays, mais il a aussi réussi à placer trois juges conservateurs (Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett) à la Cour suprême.

À partir de maintenant, que Joe Biden soit ou non vainqueur de la présidentielle, il faudra vivre avec la majorité conservatrice la plus écrasante qu’ait connue la plus haute juridiction depuis les années 1950. Et les électeurs républicains savent à qui exprimer leur gratitude dans les urnes.

https://www.courrierinternational.com/article/vu-despagne-cessons-de-mepriser-les-electeurs-de-trump

Voir enfin:

La défaite de Donald Trump signe-t-elle la fin du populisme?

ENQUÊTE – Le président sortant quitte la Maison-Blanche ce mercredi. Il aura été l’incarnation du «populisme», phénomène qui traverse la plupart des démocraties occidentales.

Ce mercredi, Donald Trump quittera la Maison-Blanche. Selon les règles établies par le 20e amendement de la Constitution américaine, à midi, son mandat prendra fin tandis que celui de Joe Biden commencera. Refusant de reconnaître sa défaite, Trump n’assistera pas à la prestation de serment de son successeur. Son bilan est certes moins mauvais que celui que ses adversaires dénoncent, mais l’envahissement récent du Capitole par ses sympathisants laisse une tache indélébile sur un mandat déjà scandé par les frasques et les polémiques.

Et pourtant, tout se passe comme si l’Amérique et le monde devaient encore être hantés longtemps par Donald Trump. Censuré par Twitter et Facebook, il est désormais en butte à la vindicte de Hollywood qui veut l’effacer: une pétition exige que son apparition dans le film Maman j’ai raté l’avion 2 soit supprimée (Trump a souvent été montré au cinéma comme un personnage positif, de M. Popper et ses pingouins, avec Jim Carrey, à Die Hard 3, avec Bruce Willis). Mais, au-delà du personnage de Donald Trump, c’est aussi l’avenir du trumpisme et plus largement du «populisme» à l’échelle mondiale qui est en jeu.

Il y a peu encore, beaucoup d’observateurs espéraient qu’une éventuelle défaite de Trump, qu’ils imaginaient large, marquerait le reflux de la vague de révolte qui déferle, élection après élection, depuis la victoire du Brexit en 2015. Celle-ci n’aurait été qu’une parenthèse avant un retour à la situation antérieure… Dans un roman dystopique paru quinze jours avant l’élection américaine du 3 novembre, l’écrivain écossais John Niven imaginait, au contraire, Ivanka Trump présidente en 2026! Si nous n’en sommes pas là, plus personne n’ose désormais pronostiquer une «normalisation» de la vie politique.

Le catalyseur et le réceptacle d’un malaise

«On aurait pu avoir le sentiment de la fin d’un cycle ou d’une page qui se tourne avec sa défaite, mais il faut prendre en compte la progression de Trump de 11 millions de voix entre 2016 et 2020, analyse le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, Dominique Reynié. Le camp trumpiste s’est élargi. Malgré la défaite, on est loin du schéma de l’effondrement.» Un point de vue que rejoint la chercheuse Chloé Morin, auteur d’un livre à paraître, intitulé Le Populisme au secours de la démocratie? (Gallimard): «La victoire de Biden n’est pas le résultat d’un triomphe idéologique car lorsqu’on enlève le facteur Trump, avec tout ce qu’il a d’irritant et qui a contribué à mobiliser les démocrates, on voit bien que le rapport de force est très équilibré. On peut même se dire qu’avec une personnalité moins exubérante il est probable que les républicains auraient gagné.»

Pour Laure Mandeville, grand reporter au Figaro et auteur d’un essai remarqué sur Trump, s’il reste une grosse interrogation sur son avenir personnel après «le point d’orgue chaotique du Capitole», le trumpisme, et de manière plus générale le populisme dans le monde, vont perdurer parce que la manière dont se termine cette présidence montre que les problèmes qui ont fait gagner Trump restent entiers. Elle prédit la survivance d’un certain nombre de thèmes majeurs mis en avant par Trump et qui devraient être récupérés par d’autres: «Le retour à la nation, la régulation de l’économie globalisée, la remise en cause du rôle de gendarme du monde des États-Unis, le rejet du politiquement correct…»

«C’est probablement la fin de Trump, certainement pas celle du trumpisme, en aucun cas celle du populisme», résume l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine. Si le journaliste américain conservateur Christopher Caldwell concède qu’au niveau mondial «une bonne relation avec les États-Unis reste un atout, et qu’il sera plus difficile pour Marine Le Pen ou Marion Maréchal, ainsi que pour Matteo Salvini, Viktor Orban, et autres, de renforcer la confiance des électeurs dans les prochaines années», pour le géographe Christophe Guilluy, «se poser la question de la fin du populisme est aussi absurde que se poser la question de la fin du peuple».

Tous s’accordent en effet sur un point: le populisme n’est pas une maladie spontanée ou créée par Trump, mais une tentative de réponse à des maux bien réels dont souffrent les «déplorables», qu’ils portent une casquette rouge aux États-Unis ou un «gilet jaune» en France.

Le détachement croissant des «élites»

Le milliardaire new-yorkais, comme d’autres en Europe, a su capter ce malaise, en être le catalyseur et le réceptacle, mais celui-ci l’a précédé et le dépasse. Il est le fruit de quatre décennies de globalisation qui auront permis aux pays émergents de sortir de la pauvreté et même de prospérer, mais qui auront aussi vu le niveau de vie des classes populaires et moyennes occidentales stagner, voire décliner, tandis que leur mode de vie était bouleversé par l’immigration de masse et la montée en puissance du multiculturalisme comme «religion politique» (Mathieu Bock-Côté).

À ce double déclassement économique et culturel est venu s’ajouter un sentiment de dépossession démocratique. Déjà, en 1995, dans son chef-d’œuvre posthume, La Révolte des élites et la Trahison de la démocratie, le sociologue américain Christopher Lasch pointait le détachement croissant des «élites», toujours plus mobiles et hors-sol, des préoccupations de la majorité des gens ordinaires qu’elles étaient censées représenter.

25 ans plus tard, pour l’historien Éric Anceau, auteur des Élites françaises des Lumières au grand confinement, aux Éditions de l’Observatoire, la fracture démocratique entre les élites et le peuple n’a fait que s’accroître: «Les États-Unis étant le cœur du système globalisé, il n’est pas un hasard que la crise éclate là-bas, analyse-t-il, mais la construction d’une Union européenne technocratique et supranationale alimente aussi la défiance des peuples européens.»

Un constat partagé par Marcel Gauchet, qui déplore que les politiques menées par l’ensemble «des pays dit démocratiques» ne répondent plus aux vœux populaires massifs sur toute une série de questions: sécurité, immigration, mondialisation économique… «Si vous faites un référendum sur chacun de ces points, le résultat ne fait pas mystère et pourtant cela ne se traduit pas du tout, ou très peu, dans les politiques effectivement menées», explique-t-il. Et de voir dans le populisme, d’abord et avant tout, «une protestation contre des politiques antimajoritaires et une tentative pour les classes populaires de remettre le système démocratique au service de leurs besoins et de leurs aspirations».

La pandémie peut-elle rebattre les cartes en réhabilitant, au moins temporairement, une approche technocratique dite «raisonnable» de la politique? À court terme, comme semble l’indiquer la défaite de Trump, la crise sanitaire et la recherche de solutions consensuelles favorisent les dirigeants mesurés. Mais, à long terme, il est probable que la crise économique et sociale sur laquelle pourrait vraisemblablement déboucher la crise sanitaire exacerbera les fractures sur lesquelles prospèrent les populistes.

L’installation d’un chômage de masse, la multiplication des faillites d’entreprises, mais aussi de commerçants et d’artisans, l’ubérisation programmée du travail, y compris celui des cadres, devraient creuser les inégalités, accélérer la désagrégation de la classe moyenne ainsi que la défiance envers les dirigeants, les institutions et les corps intermédiaires.

Réconcilier les élites et les peuples

La crise du coronavirus, en révélant les failles de notre économie mondialisée, confirme une partie du diagnostic des populistes et légitime leur vision protectionniste. Les concepts d’État-nation, de contrôle des frontières, de souveraineté politique et économique, de relocalisation de la production, traditionnellement défendus par les «populistes», sont en train de revenir en grâce aux yeux de l’opinion, observe David Goodhart.

C’est pourquoi l’intellectuel britannique, dans son nouvel essai, La Tête, la Main et le Cœur (Les Arènes), plaide pour un «populisme décent» qui réconcilierait les élites et les peuples en prenant en compte à la fois les aspirations transnationales des premiers et celles, plus nationales et locales, des seconds. «C’est ce que tente de faire Boris Johnson en Grande-Bretagne en alliant une sorte de reconnaissance de la question nationale, en embrassant le Brexit, avec un virage à gauche spectaculaire pour le Parti conservateur sur les questions sociales», résume Laure Mandeville.

Le risque est que cette procédure d’impeachment acte l’idée que nous ne sommes plus dans le cadre d’un débat démocratiqu

Chloé Moirin, chercheuse

Le mot «réconciliation» a aussi été au cœur du discours de Joe Biden durant toute sa campagne. Reste que, comme le souligne Marcel Gauchet, «il ne suffit pas de prononcer le mot, il faudra incorporer dans les politiques les réponses aux aspirations dites populistes». D’autant que la procédure d’impeachment lancé contre Trump pourrait conforter l’idée que toute une partie du pays cherche à évacuer l’autre partie du débat public. «Le risque est que cette procédure acte l’idée que nous ne sommes plus dans le cadre d’un débat démocratique, mais dans un cadre où le droit, qui est censé être le garant des institutions, est instrumentalisé contre une partie de la population et de ses opinions.», confirme Chloé Moirin.

Pour tenter d’anticiper ce que pourrait être l’avenir des États-Unis, et plus largement du monde occidental, certains n’hésitent pas à puiser dans un passé très lointain. Ainsi de l’historien Raphael Doan, auteur de Quand Rome inventait le populisme, qui voit en Donald Trump le lointain héritier de Clodius, leader populiste connu pour ses frasques et ennemi juré de Cicéron. Lors de ses funérailles, en 52 avant J.-C., la foule incendia le Sénat, devenu pour une partie du peuple le symbole du pouvoir oligarchique. Un incident qui permit le retour revanchard de Cicéron, écarté par Clodius, en héraut du front républicain. Mais ce n’était que le début d’une longue guerre civile entre plébéiens et patriciens, populares et optimates, qui déchira Rome pendant vingt ans. Jusqu’à la victoire d’un certain Jules César…

COMPLEMENT:

La démocratie américaine dans les eaux dangereuses d’un temps révolutionnaire

ANALYSE – Après quatre ans de présidence Trump, l’Amérique tangue au-dessus d’un précipice. La politique est devenue une guerre de factions. Et des segments entiers du corps social semblent tentés par une forme de sécession mentale. Une situation volcanique qui laisse au nouveau président, Joe Biden, une bien faible marge de manœuvre pour rassembler le pays.

L’Amérique est entrée dans les eaux dangereuses et incertaines d’un temps révolutionnaire. Cela fait en réalité des années que ce processus est engagé, mais ce n’est que maintenant, confrontés à des faits trop éclatants pour être sous-estimés, que nous commençons à en prendre toute la mesure. Le 6 janvier, une foule en furie, chauffée à blanc par un président Trump persuadé de s’être fait voler l’élection présidentielle, s’est lancée, telle un taureau devenu fou, à l’assaut du Congrès, saint des saints de la démocratie américaine, pour en forcer portes et fenêtres. Ce coup de force a-t-il commencé un peu par hasard, comme cela est souvent le cas dans les insurrections, quand soudain tout s’embrase pour un détail, comme le suggérait un récent article de notre correspondant à Washington Adrien Jaulmes? Ou des fauteurs de troubles avaient-ils préparé leur manœuvre et planifié de déclencher l’émeute? Avaient-ils des complicités avec certains policiers, qui ont semblé fraterniser avec la foule selon certaines vidéos? Il est encore trop tôt pour le dire et il appartiendra à la minutieuse enquête du FBI de déterminer la chaîne des événements de cette effrayante journée.

Plaidant pour la première hypothèse, moult images de l’émeute ont laissé voir des «insurgés touristes», se promenant comme en visite guidée dans la salle des illustres du Capitole, plus occupés à prendre des selfies de leur coup d’éclat qu’à fomenter un coup d’État ; clairement surpris pour certains, d’être arrivés jusque-là. «Cela n’avait rien d’organisé», pense le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, qui évoque «l’aspect carnavalesque» de l’épisode, mettant en scène des individus vêtus de peau de fourrure et casques cornus, ou en tenues treillis. Dans les débuts de la Révolution française ou la prise du palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg en 1917, ce même peuple bruyant et sans bonnes manières, fit irruption dans le monde «d’en haut», un peu impressionné au début, puis s’enhardissant pour piller et emporter les meubles, comme ce fut le cas pour un insurgé parti avec le «trophée» du podium du «speaker» de la Chambre. Mais à côté de la «farce grinçante», on a vu poindre aussi le visage de la meute violente: cinq morts, des policiers tabassés par des milices paramilitaires, les cris horrifiants de «Pendez Mike Pence» (le vice-président) scandés par des manifestants, des journalistes pris à partie violemment. Une rage collective soudain avait surgi. Elle soufflait, gonflait, se répandait. «On vous hait!», hurlaient les émeutiers aux policiers qui tentaient de les calmer.

Depuis, un pays abasourdi et traumatisé, qui vient d’investir Joe Biden président lors d’une belle cérémonie sans fausses notes mais tenue dans une ambiance de citadelle assiégée, s’interroge. Que nous arrive-t-il? Quelle est la signification profonde de ce coup de force? Assiste-t-on seulement à la fin tragique et calamiteuse d’une présidence Trump qui restera marquée d’un sceau d’infamie? Ou sommes-nous les témoins ébahis du premier soubresaut d’une révolution qui a commencé bien avant et qui est très loin d’être terminée? L’arrivée d’un politique centriste, expérimenté et soucieux de rassembler, comme Joe Biden, permettra-t-elle d’apaiser les ravages de la tornade Trump et de l’empoignade hystérique entre camp républicain et camp démocrate qui a suivi son entrée à la présidence, ou une sortie de route de la démocratie américaine plus grave encore est-elle à craindre?

«On entre dans des eaux inconnues», juge Linda Feldmann, correspondante du Christian Science Monitor à la Maison-Blanche, qui parle d’un «grave avertissement». «Je pense qu’on pourrait notamment avoir des explosions de violence anarchiques locales dans des États de tradition de milice comme le Michigan, si on ne parvient pas à une réconciliation», ajoute-t-elle, très inquiète, évoquant un possible scénario «à la nord-irlandaise».

Dans le camp démocrate qui est en train de prendre les rênes du pays et dans la presse libérale [de gauche, NDLR] qui le soutient, la lecture la plus fréquente des événements du 6 janvier est que ce moment de violence était «programmé» depuis le début par la personnalité incontrôlable de Trump, son mépris des formalités de l’exercice du pouvoir, et son appel aux «pires instincts» racistes de l’Amérique dont il aurait réveillé les démons. C’est notamment la thèse de l’éditorialiste Michelle Goldberg, qui écrit dans le New York Times avoir attendu en vain, la prise de conscience du danger trumpien «depuis le premier jour» de sa présidence. Pour elle, et pour une grande partie du camp démocrate, le milliardaire restera le grand «Diable ex machina» qui porte l’entière responsabilité de la crise démocratique que traverse le pays, et dont tout le bilan est à jeter sans discernement dans les poubelles de l’Histoire. Beaucoup d’observateurs, notamment en France, s’alignent sur cette interprétation. «Son caractère était sa destinée, et est devenu la nôtre», résume Thomas Friedman, dans le New York Times de ce mercredi.

S’il y a du vrai dans cette critique du caractère trumpien et du rôle catastrophique qu’a joué son ego, le problème reste que faire porter à Trump la responsabilité totale de ce qui s’est passé revient à regarder l’arbre sans voir la forêt, et donc à semer les germes d’une future catastrophe, répliquent d’autres observateurs généralement conservateurs. Oui, Trump a une écrasante responsabilité dans la fin pitoyable de sa présidence, qui disqualifie un bilan pourtant non négligeable. Incapable d’accepter honorablement sa défaite, il a mis en péril le processus de la transition pacifique du pouvoir, point capital de l’exercice démocratique. Mais ses graves manquements ne doivent pas occulter ceux de ses adversaires politiques et l’enchaînement tragique que leur empoignade infernale a engendré. Car si Trump en est venu à être viscéralement convaincu d’avoir été spolié de l’élection, c’est que durant quatre ans, l’opposition démocrate s’est comportée comme s’il était un président illégitime, une marionnette du Kremlin qui aurait usurpé, par le biais d’une ténébreuse collusion russe, la victoire de Hillary Clinton (en 2019, cette dernière parlait encore d’avoir été «volée»). L’idée obsessionnelle d’une excommunication du «diable Trump», entretenue par le camp libéral, a alimenté la conviction du président d’alors d’être assiégé par un État profond prêt à tout pour l’écarter. Même chose pour ses partisans. «Le rejet de la légitimité de l’élection de Trump en 2016, par des moyens institutionnels, a préparé le le rejet de la légitimité de l’élection de Biden en 2020, même si ce second rejet s’est exprimé de manière volatile et violente, beaucoup plus dangereuse», affirme Jacob Siegel, rédacteur en chef à la revue d’idées new-yorkaise Tablet. Un avis que partage Andrew Michta, doyen du Centre George-C-Marshall Center, qui s’exprime à titre privé. Pour lui, la grande erreur des élites américaines a été de refuser de reconnaître que Trump était «le symptôme d’une crise bien plus large et plus ancienne». «Son élection était un avertissement envoyé par le peuple aux élites, qui n’en ont pas tenu compte».

La crise démocratique se noue en réalité bien plus tôt, explique Michta, quand dans l’ivresse du triomphe de la démocratie libérale et de la chute du mur de Berlin en 1989-1990, l’Amérique opte pour l’ouverture des frontières et une logique de dénationalisation qui laisse ses grandes entreprises «brader tous les bijoux de famille industriels» de l’Amérique vers la Chine. «Notre classe oligarchique et politique n’a jamais accepté d’être tenue responsable pour les décisions qu’elle avait prises alors, telle que la délocalisation de notre industrie, et le déclenchement de guerres sans fin, accuse-t-il. Elle a opté pour des choix politiques qui n’avaient jamais été vraiment choisis par la population, et qui ont mené au déclin de la classe moyenne, “demos” de la nation américaine et âme de son succès.» Pour Michta, «cet abandon en rase campagne des classes populaires et moyennes par les élites, est la vraie raison de la gigantesque colère qui a grandi sans discontinuer jusqu’à la propulsion de Trump à la présidence». Il a scellé la rupture de ban entre l’establishment et le pays profond. «Il y a eu d’autres signaux avant Trump, le dégoût de voir l’Administration Obama sauver Wall Street et abandonner les gens simples à leurs faillites immobilières notamment», renchérit le professeur de théorie politique Joshua Mitchell. Un dégoût qui a donné la révolte des Tea Party de 2010 et à gauche le mouvement Occupy Wall Street, puis finalement le trumpisme et le sandérisme. «Nous n’aurions pas eu Trump pour président, si les démocrates étaient restés le parti des classes populaires», confiait récemment le professeur Bernard Grofman, de l’université California Irvine au New York Times, soulignant que dans un tiers des comtés passés d’Obama à Trump en 2016, on avait eu une hausse des résidents étranglés par des prêts immobiliers intenables.

À cette catastrophe socio-économique s’est ajoutée la déconstruction de la culture nationale menée par les élites libérales sous l’influence des théories critiques françaises exportées par l’école de Michel Foucault, dit Michta. «Comme l’a bien montré Samuel Huntington dans son livre “Qui sommes-nous?”, l’Amérique n’est pas seulement une nation d’immigrants, elle s’est construite dans le creuset de la culture nationale britannique, qui s’est enrichie d’ajouts successifs.» En défaisant ce creuset, et en soumettant la société au rouleau compresseur d’une critique qui a miné peu à peu toutes les institutions dites bourgeoises, comme la famille ou l’Église, le camp progressiste a fragilisé les liens entre les citoyens, qui ne se sont plus sentis appartenir à la même famille, et ont vu de nouveaux damnés de la terre, les minorités, prendre leur place dans le cœur des démocrates. «S’il n’y a plus de frontières ni de nation, il devient beaucoup plus facile de regarder ceux qui ne sont pas d’accord avec nous comme des ennemis ou des déplorables dont le sort nous importe peu», renchérit le professeur de théorie politique Joshua Mitchell, parlant du danger de la «tribalisation» que font surgir les excès de l’idéologie globaliste et l’obsession de l’identité raciale ou sexuelle. «Nous sommes divisés désormais entre pays des côtes et pays du milieu, selon des lignes géographiques qui correspondent à des fractures politiques et culturelles profondes», s’inquiète Andrew Michta, le «milieu» s’accrochant à l’idée d’une culture traditionnelle américaine qu’il faut absolument «sauver» tandis que les côtes prônent la diversité identitaire et l’art de la tolérance comme culture de remplacement. «Les élites ne communiquent plus avec le demos», poursuit-il. L’intellectuel américain pense que «la chimiothérapie imposée par Trump pour soigner le mal, n’a fait que consommer la rupture».

Comme les événements du 6 janvier et la manière dont ils ont été vécus l’ont révélé, une sorte de sécession mentale et politique s’est en effet amorcée, comme si une gigantesque partie du corps social était en train de «prendre congé» de la démocratie. Quelque 73 % des électeurs républicains (soit environ 40 % de la population) estiment que Trump n’a fait que défendre le processus constitutionnel en insistant sur les fraudes, une conviction qui les amène à conclure à l’illégitimité de Biden. Un déni effrayant, qui en dit long sur l’ampleur de la crise de confiance auquel ce dernier va devoir faire face. «La tyrannie n’est rien d’autre que la démocratie se mettant en congé d’elle-même», mettait en garde le philosophe Alexis de Tocqueville pour souligner la fragilité de cette dernière.

Comment dans ces conditions renouer les fils de la conversation nationale et rassembler le pays autour de faits acceptés, cette vibrante promesse faite «avec toute son âme» par le nouveau président Joe Biden à ses compatriotes, dans son adresse inaugurale? David French, intellectuel conservateur chrétien qui a fait la guerre d’Irak, appelle à «utiliser la méthode de la contre-insurrection pour reconstruire», en séparant les «insurgés» de la population. L’idée serait de poursuivre et punir durement les fauteurs de troubles, mais de tendre la main aux dizaines de millions d’électeurs trumpistes, qui ont droit à leurs convictions. «Nous devons négocier un moyen de vivre ensemble qui ne signifie pas l’obligation de reddition de l’une des parties», affirme le politologue William Galston dans le Wall Street Journal, invitant Biden à méditer les conseils d’Abraham Lincoln sur «l’importance de l’opinion publique sans laquelle rien ne peut réussir», et qu’il faut donc selon lui aujourd’hui rallier en renonçant à toute chasse aux sorcières.

C’est au fond déjà la voie qu’a dessinée Joe Biden en appelant «à prendre un nouveau départ, tous ensemble» au premier jour de sa présidence. «Entendons-nous, regardons-nous, a-t-il exhorté mercredi. La politique n’a pas à être une fournaise brûlante qui détruit tout sur son passage! Les désaccords ne doivent pas mener à la désunion.» Parmi ses nouveaux ministres, dont le secrétaire d’État Anthony Blinken, ou la secrétaire au Trésor Janet Yellen, on sent bien le désir d’aller vers des actions susceptibles de susciter un consensus chez les républicains et les oubliés de la globalisation: Yellen a proposé un plan d’aide aux classes moyennes, Blinken veut marcher sur les traces de Trump sur le dossier de la confrontation avec la Chine et sur celui de la réindustrialisation de l’Amérique. Quelque 17 élus républicains de la Chambre ont fait savoir qu’ils voulaient «coopérer», après l’investiture.

Mais l’ensemble du camp démocrate, que seule la haine de Trump a jusqu’ici uni, acceptera-t-il le compromis vis-à-vis des vaincus? Rien n’est moins sûr. Car à côté du volcan trumpien, dont on a vu surgir une «rage blanche» extrémiste très inquiétante le 6 janvier avec force slogans antisémites et drapeaux confédérés que Biden a promis de combattre, bouillonne en Amérique le volcan de la rage identitariste de la gauche radicale, qui a embrasé le pays pendant près de huit mois l’été dernier au nom de la justice sociale et de la défense des minorités ; transformant des manifestations pacifiques de protestation contre des violences policières en entreprise de pillage et destruction du patrimoine architectural et littéraire de l’Amérique, au motif qu’il est entaché de «racisme systémique». «Cette aile gauche du Parti démocrate, qui rêve d’une détrumpification combattante, aura-t-elle gain de cause?», s’interroge Joshua Mitchell, qui observe avec inquiétude «la culture de l’annulation» prônée par les milieux progressistes se déployer depuis le 6 janvier. L’expulsion de Trump de Twitter et celle du réseau social conservateur Parler des plateformes américaines sont des signaux peu encourageants, de même que l’appel lancé par la revue Forbes aux corporations américaines pour qu’elles refusent d’embaucher d’anciens membres de l’Administration Trump, sous peine d’être blacklistées. «Jusqu’où ira la purge?» insiste Mitchell, qui s’inquiète des deux rages identitaires qui soufflent de la gauche et de la droite, et de la manière dont elles se nourrissent l’une l’autre. Pour lui, une seule issue: retourner à la «politique des compétences», loin des passions identitaires et des logiques de factions, pour recréer «ces compromis patients et imparfaits entre citoyens» qui avaient tant émerveillé Tocqueville.

Le grand historien de la Grèce antique Victor Davis Hanson, qui a pris parti pour Trump contre les élites depuis quatre ans, met, quant à lui, en garde contre un acharnement sur le «cadavre politique» de l’ex-président, comparant l’idée d’une destitution post-présidentielle à l’acharnement d’Achille sur le corps mort d’Hector pendant la guerre de Troie. Poignardé et traîné derrière un char, celui qui n’était qu’un «vaincu fanfaron» allait devenir une figure mythique…


Présidentielle américaine: Quel étrangement interminable assassinat politique ? (Guess why with his final expulsion all but secured, the champions of borderlessness and contactlessness are still having such a hard time reconciling Americans and the world on Trump’s back ?)

19 novembre, 2020

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Jon McNaughton on Twitter: "My New Painting - "The Impeachment Mob" "You made your mark in history With your twisted, sorted lies. Beneath the Halls of Congress You plotted to disguise . . . "All-American US President Donald J. Trump - Painting By Jon McNaughton - YouTubeJon McNaughton donates Trump artwork to help Arizona GOP raise moneyPatriotic - Americana - Legacy of Hope - McNaughton Fine Art

Lorsqu’un Sanhédrin s’est déclaré unanime pour condamner, l’accusé sera acquitté. Le Talmud
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Suis-je vraiment intègre? Je ne saurais le dire (…) Que m’importe, après tout! C’est pourquoi j’ose dire: ‘Dieu détruit aussi bien l’innocent que l’impie.’ Quand survient un fléau qui tue soudainement, Dieu se rit des épreuves qui atteignent les justes. (…) Et si ce n’est pas lui, alors, qui est-ce donc? Job (Job 9: 20-24)
Mon Dieu! mon Dieu! Pourquoi m’as-tu abandonné, et t’éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? (…) De nombreux taureaux sont autour de moi, des taureaux de Basan m’environnent. Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit. Psaumes 22: 2-13
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Paul (première lettre aux Corinthiens 2: 8)
[Le Christ] a effacé, au détriment des commandements, l’accusation qui se retournait contre nous ; il l’a fait disparaître, il l’a clouée à la croix, il a dépouillé les Principautés et les Puissances, il les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. Paul (lettre aux Colossiens 2: 14-15)
Je peux le dire devant mon Père éternel: je suis innocente et Dieu révèlera mon innocence. Rebecca Nurse
Louis doit mourir pour que la patrie vive. Robespierre
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Air connu
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Il y a 82 ans cette semaine avait eu lieu la Nuit de Cristal. Cela avait été le coup de semonce des nazis en direction de notre civilisation humaine, un tir d’avertissement qui avait entraîné le génocide d’une identité toute entière. Ces autodafés avaient entraîné aussi une attaque contre les faits, le savoir, l’histoire et la vérité. Après quatre ans d’attaques actuelles menées par Donald Trump contre ces mêmes valeurs, l’équipe formée par Biden et Harris promet un retour à la normale – et un retour à la vérité. Christiane Amanpour (CNN)
J’ai marqué le 82e anniversaire de la Nuit de Cristal, comme je le fais souvent. C’est l’événement qui a été le point de départ des horreurs de la Shoah. J’ai également noté les attaques du président Trump contre l’histoire, les faits, la connaissance et la vérité. Je n’aurais pas dû juxtaposer ces deux réflexions. Hitler et ses démons sont uniques, bien entendu, dans l’Histoire. Je regrette la douleur que mes mots ont pu causer. Ce que je voulais évoquer, c’est la manière dont la démocratie peut potentiellement disparaître et comment nous devons toujours et avec zèle défendre nos valeurs démocratiques. Christiane Amanpour (CNN)
Avant ce vote historique, une semaine avant Noël, gardez cela en tête: lorsque Jésus a été faussement accusé de trahison, Ponce Pilate a donné à Jésus l’opportunité d’être face à ces accusateurs. Pendant ce simulacre de procès, Ponce Pilate a accordé à Jésus plus de droits que les Démocrates n’en ont donné au président dans cette procédure. Barry Loudermilk
Je veux que les Démocrates qui votent en faveur de la destitution sachent que je prierai pour eux. Dans l’évangile selon Luc, chapitre 23, verset 34, Jésus dit: ‘Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.’ Fred Keller
Je pense qu’il est également essentiel de comprendre que, comme je l’ai dit aux candidats qui sont venus me voir, vous pouvez mener la meilleure campagne, vous pouvez même devenir le candidat et vous pouvez vous faire voler l’élection. Hillary Clinton (6 mai 2019)
Joe Biden ne devrait en aucun cas reconnaitre sa défaite, car je pense que cela va s’éterniser, et finalement je crois qu’il gagnera si nous ne cédons pas un pouce, et si nous sommes aussi concentrés et implacables que l’autre partie. Je pense qu’ils envisagent plusieurs scénarios. Le premier est de gâcher le vote par correspondence. Ils pensent que cela les aide à obtenir un avantage limité au collège électoral le jour du scrutin. Nous devons donc avoir une opération légale massive, et je sais que la campagne Biden y travaille. Hillary Clinton (25 août 2020)
Je suis entouré d’une presse hostile, comme aucun autre président n’en a jamais eu. Celui qui en a été le plus proche, c’est le monsieur juste ici. Ils ont toujours dit que personne n’avait jamais été traité aussi mal que Lincoln. Je pense que je suis plus mal traité encore. Ils viennent vers moi avec des questions honteuses, pour être honnête. Honteuses. Leur façon de présenter les choses et leurs mots – j’ai l’impression que si j’étais gentil avec eux, je me ferai dégager. Président Trump (4 mai, 2020)
Étudiez feu Joseph McCarthy parce que nous sommes en ce moment dans une période avec Mueller et son gang qui fait passer Joseph McCarthy pour un débutant. Chasse aux Sorcières Truquée.  Président Trump
Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Président Trump
Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine. (…) En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. (…) Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal. (…) Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidate a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie ! Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.” Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 ! (…) Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous. (…) Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer. Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation. C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants. Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. (…) Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama. Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes. Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux. (…) Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités. Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer ! Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales. (…) Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux. Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables. Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile. Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose. Donald Trump (Président des États-Unis d’Amérique)
We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. (…) If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. (…) I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps. Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me. President Trump
My supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus. President Trump
Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America. Chuck Schumer (Senate Minority Leader)
Senate Minority Leader Chuck Schumer may have taken the crown with his yelling on the streets of New York that “Now we take Georgia, then we change the world. Now we take Georgia, then we change America.”It is a quote that will live in infamy — and endlessly in Georgia. Now adding to the Democratic problems are liberal figures openly encouraging Democrats to move to Georgia to stack the vote in the runoff elections. So Georgia just started a hand recount in the midst of claims of voting irregularities but figures like New York Times columnist Thomas L. Friedman are calling for liberals to move to Georgia to influence their election. In other words, Friedman and others are sending the self-destructive message is that Jon Ossoff and Raphael G. Warnock might not have enough Georgians to vote for them so they need New Yorkers and Californians to come and vote as Georgians. The New York Times, which has run repeated pieces on alleged vote suppression by the GOP, has had nothing to say about Friedman’s call for vote stacking in Georgia. I recently wrote about the irony of the runoff election starting on the anniversary of Sherman’s March Through Georgia. I did not think it would literally involve Northerners invading the state to carry out the campaign. One of the recurring arguments made by Trump supporters is that Democrats have so demonized Trump and his supporters (including calling them Nazis) that it gives license to supporters to take any measure to ensure a Biden victory. As if on cue, Friedman then took to the airways to reinforce that concern. He told CNN, “I hope everybody moves to Georgia, you know, in the next month or two, registers to vote and votes for these two Democratic senators.”He is not alone. New York Magazine’s Eric Levitz wrote “These run-offs will decide which party controls the Senate, and this, whether we’ll have any hope of a large stimulus/climate bill. If you have the means and fervor to make a temporary move to GA, believe anyone who registers by Dec 7 can vote in these elections.”It appears that people told Levitz that he was saying the quiet part out loud and he deleted his post. Voting stacking with out-of-staters is the type of thing that you are supposed to do quietly, not openly. Georgians might not take too kindly to New Yorkers voting on their representatives. For his part, former presidential candidate Andrew Yang has announced that he is moving his family to Georgia to push for Ossoff and Warnock. Now that will help. A leading California politician is moving to Georgia to push for the runoff. Georgians will be thrilled. What is fascinating is that, even if some people follow these directions, a hundred times that number of actual Georgians will be left irate over these calls. Of course, the New York Times offered not even a hint of concern with one of its writers calling for people to manipulate the voting count in Georgia. It is all too familiar. The Times was fine with forcing out an editor for simply running an opinion piece by a conservative senator on the recent protests while later running a piece by “Hong Kong enforcer” supporting the crushing of freedom protests. It denounces Trump for what it considers suppression tactics while remaining silent as Friedman calls for dilution tactics in the election. It is also a curious call for the media which has been denouncing the effort not to count every vote. It now appears that counting every vote includes counting New Yorkers in Georgia.Under Georgia law, you must be a “legal resident of the county” and meet other requirements to register to vote. Potential voters are required to provide either a Georgia driver’s license or a Social Security number and fill out a form online or in-person to send to the secretary of state by Dec. 7. It is a felony to vote in Georgia if you are not a legal resident or only plan to be in the state temporarily for an election. The Georgia Attorney General is mandated with enforcing these voter fraud rules. Friedman of course has slammed Trump, which is his right and Trump deserved criticism on many of these occasions. However, he has portrayed himself as different from Trump despite calling him names because he is “respectful even with people I disagree with.” Except when he does not trust them to elect their own representatives and seeks to negate their votes in the name of the greater good. Jonathan Turley
It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. (…) It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them. Elissa Slotkin (Michigan Democratic Rep.)
Il est devenu possible, à partir [des années 60], de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde! Il m’a fallu du temps pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux. S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice. Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1! Les conservateurs ayant peu à peu quitté la place parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique. Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, comme un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée! On commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes. (…) Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question. Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre. Greg Lukianoff
La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité. Seth Greenland
Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé. (…) Les réseaux sociaux ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse. (…) Ils ont déjà gagné. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres. Jacob Siegel
Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse. Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer. c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs. (…) Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches. (…) Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre? Sam Abrams
La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables. Thomas Chatterton Williams
Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas. Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts. Mark Lilla
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition. If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure. No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: (…) « Trump speaks to them, because he includes them. » Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede (…) this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante. Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre. Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams. Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter. Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit. Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami. Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer. Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique». Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes». Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants. Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales». (…) Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden. «Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il. «Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs». À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale. Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux. «La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race. Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale». «Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que «beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle». En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)». Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs. En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il. Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» – «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques. Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.» Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?» Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer. Laure Mandeville et Eugénie Bastié
In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles. (…) If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. (…) No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case. To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy. What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.” This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions. Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas. Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it. But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves. No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations. Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice, highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats. After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class. I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority. The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis. Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump. (…) The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause. (…) Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve. (…) Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties: ‘It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner (…) or uses kind of simplistic language (…) We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. (…) They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. It’s talking down to people. (…) Trump speaks to them, because he includes them. Slotkin’s point like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt. (…) As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street). Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves. That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable. It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence. If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements (…) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place. May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.” Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians. Eric Gans
Nos modes intellectuelles ne veulent voir de la violence que dans les textes, mais d’où vient réellement la menace ? Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dangereux où tous les mouvements de foule sont violents. Cette foule était déjà violente dans les Psaumes. Elle l’est dans le récit de Job. Elle demande à Job de se reconnaître coupable : c’est un vrai procès de Moscou qu’on lui fait. Procès prophétique. N’est-ce pas celui du Christ adulé par les foules, puis rejeté au moment de la Passion ? Ces récits annoncent la croix, la mort de la victime innocente, la victoire sur tous les mythes sacrificiels de l’Antiquité. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
La métaphore principale est celle du triomphe au sens romain, c’est-à-dire la récompense que Rome accordait à ses généraux victorieux. Debout sur son char le triomphateur faisait une entrée solennelle dans la Ville sous les acclamations de la foule. Dans son cortège figuraient les chefs ennemis enchaînés. Avant de faire exécuter ces derniers, on les exhibait, telles des bêtes féroces réduites à l’impuissance. Vercingétorix joua ce rôle dans le triomphe de César. Le général victorieux est ici le Christ et sa victoire, c’est la Croix. Ce dont le christianisme triomphe c’est de l’organisation païenne du monde. Les chefs ennemis enchaînés derrière leur vainqueur sont les principautés et les puissances. L’auteur compare les effets irrésistibles de la Croix à ceux de la force militaire encore toute-puissante au moment où il écrivait, l’armée romaine. (…) Mais il y a dans cette triomphante métaphore un paradoxe trop évident pour ne pas être délibéré, pour ne pas relever d’une intention ironique. La violence militaire est aussi étrangère que possible à ce dont parle réellement l’épître. La victoire du Christ n’a rien à voir avec celle d’un général victorieux : au lieu d’infliger sa violence aux autres, le Christ la subit. Ce qu’il faut retenir ici dans l’idée du triomphe ce n’est pas l’aspect militaire, c’est l’idée d’un spectacle offert à tous les hommes, c’est l’exhibition publique de ce que l’ennemi aurait dû dissimuler afin de se protéger, afin de persévérer dans son être que lui dérobe la Croix. Loin d’être obtenu par la violence, le triomphe de la Croix est le fruit d’un renoncement si total que la violence peut se déchaîner tout son saoul sur le Christ, sans se douter qu’en se déchaînant, elle rend manifeste ce qu’il lui importe de dissimuler, sans soupçonner que ce déchaînement va se retourner contre elle cette fois car il sera enregistré et représenté très exactement dans les récits de la Passion. (…) L’idée du triomphe de la Croix paraît tellement absurde aux yeux des exégètes soi-disant scientifiques qu’ils y voient volontiers une de ces inversions complètes auxquelles les désespérés soumettent le réel lorsque leur univers s’effondre et qu’ils ne peuvent plus affronter la vérité… C’est ce que les psychiatres appellent un phénomène de compensation. Les êtres dévastés par une catastrophe irréparable, privés de tout espoir concret, intervertissent tous les signes qui les renseignent sur le réel : de tous les moins ils font des plus et de tous les plus ils font des moins. C’est ce qui est arrivé aux disciples de Jésus après la crucifixion, c’est ce que les croyants appellent la Résurrection. (…) La plupart des hommes, lorsqu’ils réfléchissent à la Croix, ne voient que l’événement dans sa brutalité, la mort terrible de Jésus qui s’est déroulée, semble-t-il, de façon à infliger au triomphalisme de notre épître le démenti le plus cinglant. (…) En clouant le Christ sur la Croix les puissances croyaient faire ce qu’elles font d’habitude en déclenchant le mécanisme victimaire, elles croyaient écarter une menace de révélation, elles ne se doutaient pas qu’en fin de compte,, elles faisaient tout le contraire, elles travaillaient à leur propre anéantissement, elles se clouaient elles-mêmes sur la Croix en quelque sorte, dont elles ne soupçonnaient pas le pouvoir révélateur. En privant le mécanisme victimaire des ténèbres dont il doit s’entourer pour gouverner toutes choses, la Croix bouleverse le monde. Sa lumière prive Satan de son pouvoir principal, celui d’expulser Satan. (…) La souffrance de la Croix est le prix que Jésus accepte de payer pour offrir à l’humanité cette représentation vraie de l’origine dont elle reste prisonnière, et pour priver à la longue le mécanisme victimaire de son efficacité. Dans le triomphe d’un général victorieux, l’exhibition humiliante du vaincu est seulement une conséquence de la victoire, alors qu’ici c’est cette victoire elle-même, c’est le dévoilement de l’origine violente. Ce n’est pas parce qu’elles sont défaites que les puissances sont données en spectacle, c’est parce qu’elles sont données en spectacle qu’elles sont défaites. Il y a de l’ironie donc dans la métaphore du triomphe militaire et ce qui la rend savoureuse, c’est le fait que Satan et ses cohortes ne respectent que la puissance. Ils ne pensent qu’en termes de triomphe militaire. Ils sont donc battus par une arme dont l’efficacité leur est inconcevable, elle contredit toutes leurs croyances, toutes leurs valeurs. C’est l’impuissance la plus radicale qui triomphe du pouvoir d’auto-expulsion satanique. (…) Pour appréhender le malentendu dans son énormité, il faut le transposer dans une affaire de victime injustement condamnée, une affaire si bien éclaircie désormais qu’elle exclut tout malentendu. À l’époque où le capitaine Dreyfus, condamné pour un crime qu’il n’avait pas commis, purgeait sa peine à l’autre bout du monde, d’un côté il y avait les « antidreyfusards » extrêmement nombreux et parfaitement sereins et satisfaits car ils tenaient leur victime collective et se félicitaient de la voir justement châtiée. De l’autre côté il y avait les défenseurs de Dreyfus, très peu nombreux d’abord et qui passèrent longtemps pour des traîtres patentés ou, au mieux, pour des mécontents professionnels, de véritables obsédés, toujours occupés à remâcher toutes sortes de griefs et de soupçons dont personne autour d’eux ne voyait le bien-fondé. On cherchait dans la morbidité personnelle ou dans les préjugés politiques la raison du comportement dreyfusard. En réalité, l’antidreyfusisme était un véritable mythe, une accusation fausse universellement confondue avec la vérité, entretenue par une contagion mimétique si surexcitée par le préjugé antisémite qu’aucun fait pendant des années ne parvint à l’ébranler. Ceux qui célèbrent l’« innocence » des mythes, leur joie de vivre, leur bonne santé et qui opposent tout cela au soupçon maladif de la Bible et des Évangiles commettent la même erreur, je pense, que ceux qui optaient hier pour l’antidreyfusisme contre le dreyfusisme. C’est bien ce que proclamait à l’époque un écrivain nommé Charles Péguy. Si les dreyfusards n’avaient pas combattu pour imposer leur point de vue, s’ils n’avaient pas souffert, au moins certains d’entre eux, pour la vérité, s’ils avaient admis, comme on le fait de nos jours, que le fait même de croire en une vérité absolue est le vrai péché contre l’esprit, Dreyfus n’aurait jamais été réhabilité, le mensonge aurait triomphé. Si on admire les mythes qui ne voient de victimes nulle part, et si on condamne la Bible et les Évangiles parce qu’au contraire ils en voient partout, on renouvelle l’illusion de ceux qui, à l’époque héroïque de l’Affaire, refusaient d’envisager la possibilité d’une erreur judiciaire. Les dreyfusards ont fait triompher à grand-peine une vérité aussi absolue, intransigeante et dogmatique que celle de Joseph dans son opposition à la violence mythologique. (…) La preuve qu’il est difficile de comprendre ce que je viens de dire ou trop facile peut-être, c’est que Satan lui-même ne l’a pas compris. Ou plutôt, il l’a compris trop tard pour protéger son royaume. Son manque de rapidité a eu, sur l’histoire humaine, des conséquences formidables. Dans sa première épître aux Corinthiens, Paul écrit : « Si les princes de ce monde avaient connu [la sagesse de Dieu] ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Co 2, 8). « Les princes de ce monde », qui sont ici la même chose que Satan, ont crucifié le Seigneur de gloire parce qu’ils attendaient de cet événement certains résultats favorables à leurs intérêts. Ils espéraient que le mécanisme fonctionnerait comme d’habitude, à l’abri des regards indiscrets, et qu’ils seraient débarrassés de Jésus et de son message. (…) Les Évangiles eux-mêmes attirent notre attention sur la perte de l’unanimité mythique partout où Jésus intervient. Jean en particulier signale à maintes reprises la division entre les témoins après les paroles et les actes de Jésus. Après chaque intervention de Jésus, les témoins se querellent et, loin d’unifier les hommes, son message suscite le désaccord et la division. C’est dans la crucifixion surtout que cette division joue un rôle capital. Sans elle il n’y aurait pas de révélation évangélique ; le mécanisme victimaire ne serait pas représenté. Comme dans les mythes, il serait transfiguré en action juste et légitime. René Girard
There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news. Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as. (…) When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become. (…) It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate. (…) One side wishes to see violent animosity released on Donald Trump and the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our country. Orvis
Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work. However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along. The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace. B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President Donald Trump, as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President Donald Trump’s impeachment trial in January. At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as Vladimir Putin and Kim Jung-Un looking on. The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.      B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country. Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis. (…) What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content. Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed. The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.  (…) What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters. Newsbreak
Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire. (…) [Mais] la Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. ‘La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence’. Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: ‘il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ’ écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix. Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible. D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres. Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion. D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère. Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom. Marie Girard
Quel étrangement interminable assassinat politique ?
En ce cinquième anniversaire de la disparition de l’anthropologue franco-américain René Girard
Et après une chasse au sorcières et même un quasi-procès de Moscou en direct et en continu de plus de quatre ans …
Sans parler d’une élection où, entre votes sans contact et sans contrôle sous prétexte d’épidémie, tous les coups auront décidément été permis
Qui en une rare unanimité, sur fond d’incessants appels à l’unité, aura réuni élites politiques, économiques, médiatiques, universitaires, artistiques et culturelles …
Accompagnée comme il se doit, entre ultime diabolisation de l’hitlérisation, véritable peste, iconoclasme, autodafés, processions de génuflexants et antisémitisme, de tous les signes et prodiges immémoriaux …
Cette étrangement interminable mise à mort d’un président américain …
Qui y compris contre son propre intérêt ou message, comme la provocation systématique sur les masques et dans le premier débat
Aura décidément jusqu’au bout refusé de jouer le jeu
Comment ne pas voir …
A l’instar de la polémique qui a suivi aux Etats-Unis il y a un an la vente d’un tableau de Trump en Christ
Alors que nous achevons d’éradiquer tous les Christs de nos lieux publics …
Au-delà, en ces temps de victimisation triomphante, de la légendaire propensité de l’impétrant à la chose …
Au moment même où ils semblent enfin avoir obtenu son expulsion définitive …
La proprement extraordinaire difficulté des tenants du sans-frontières et du sans-contact …
Sur fond de révélation aussi paradoxale que potentiellement désastreuse pour les pouvoirs en place …
A réconcilier les Américains et le monde …
Sur le dos du seul Trump honni ?

Il y a cinq ans René Girard, grand penseur de la violence et du sacré, nous quittait…
FIGAROVOX/TRIBUNE – La disparition de René Girard en novembre 2015 fut vite éclipsée, quelques jours plus tard, par les attentats du 13 novembre. Sa petite-nièce Marie Girard, présidente de la Société des amis de Joseph et René Girard, rend hommage à l’incontounable anthropologue qu’il fut et à son oeuvre qu’elle juge essentielle pour comprendre le déchaînement de la violence religieuse aujourd’hui.
Marie Girard
Le Figaro
17 novembre 2020
Marie Girard, petite-nièce de René Girard, est présidente de la Société des amis de Joseph & René Girard.

Le 4 novembre 2015, René Girard était enlevé à l’affection des siens. Dix jours après sa mort, on entendait des tirs de Kalachnikov en plein cœur de Paris. La France vivait en direct la tuerie du Bataclan. Encore quelques jours et des troupes d’élite donnaient l’assaut à deux pas de la basilique Saint Denis. Souvenirs inséparables: René Girard, le penseur de la violence et du sacré, n’a pas connu l’épisode tragique que toute son œuvre permettait de penser.

1947, René Girard, jeune chartiste, quittait sa terre natale et l’Europe ensanglantée. Il est hanté par le déferlement de violence qui a saisi l’humanité durant ces années: les camps de concentrations, les ruines fumantes de Nagasaki et Hiroshima, la pluie des bombes incendiaires qui mit l’Allemagne à genou. Affrontement entre deux blocs tétanisés par leur propre puissance de feu, croissance économique époustouflante anesthésiant les consciences, tels semblent être les nouveaux atours de la paix.

Pourtant René Girard ne s’en laisse pas conter par les chantres du progrès, il pressent que ce n’est pas la fin de l’histoire. Il voit que le monde se défait, que l’Occident se désintègre. Il sait que cela ne se fera pas sans violence. Mais quel sera le visage de cette violence à l’heure où la guerre et ses codes ont disparu? Il sait que ce ne seront pas les sciences politiques qui lui donneront le sens de ce qui nous arrive. Non, il doit aller chercher au plus profond de la nature humaine pour comprendre.

1961, publication de Mensonge romantique et vérité romanesque: ce n’est pas l’érudition «des sages et des savants» que René Girard convoque, mais la lucidité des romanciers. Don Quichotte, Mme Bovary, À la recherche du temps perdu ou Le rouge et le noir lui révèlent que l’Homme est le plus mimétique, le plus imitateur des animaux et donc le plus violent. Si les Hommes s’imitent pour le meilleur rendant possible l’apprentissage c’est-à-dire l’intelligence et le langage, ils imitent aussi leur désir. Ils entrent alors en rivalité autour du même objet désiré.

Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique.

1972, publication de La violence et le sacré : après la littérature, René Girard prend les mythes au sérieux et montre que la culture et le religieux sont évitement de la violence. Lorsque la rivalité se généralise, que la communauté est en proie à une crise de violence mimétique, elle désigne un individu responsable de la crise. Elle l’accuse puis le tue. Aussitôt la communauté se réconcilie et retrouve la paix en s’unifiant contre ce bouc émissaire.

Du chaos et du désordre émerge l’ordre: «À travers la violence qui les terrifie c’est la non-violence que vise toujours l’adoration des fidèles. La non-violence apparaît comme un don gratuit de la violence et cette apparence n’est pas sans raison puisque les hommes ne sont jamais capables de se réconcilier qu’aux dépens d’un tiers. Ce que les hommes peuvent faire de mieux dans l’ordre de la non-violence, c’est l’unanimité moins un de la victime émissaire.» Apparaissent alors le sacré et le religieux.

En effet la victime qui, par sa mort, soude la collectivité, est divinisée puisqu’elle sauve la communauté de la destruction. C’est l’émergence du dieu archaïque. Mais la vertu apaisante du meurtre fondateur s’amenuise petit à petit. On replonge alors dans de nouvelles crises. Pour les éviter, on reproduit le meurtre fondateur sous une forme moins violente avec des victimes de substitution que l’on considère comme sacrées. Le sacrifice rituel est une violence cathartique.

René Girard donne, à partir de l’imitation du désir, de la rivalité puis de la violence qu’elle génère, une explication des deux piliers de l’organisation des sociétés archaïques: les interdits qui séparent les rivaux potentiels et les sacrifices qui leur permettent de se réconcilier. Nous apprenons que «l’homme est issu du sacrifice, il est donc fils du religieux» . Le religieux est seul capable de contenir des conflits capables de détruire des groupes humains.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine.

1978, publication de Des choses cachées depuis la fondation du monde : René Girard, à la suite de Simone Weil et au grand dam des universitaires patentés, découvre que la Bible avant d’être une science de Dieu est une anthropologie, une science de l’Homme. Après avoir montré que nous n’étions pas libres face à nos propres désirs, le voilà commentant des fratricides, le meurtre d’Abel par Caïn, le lynchage de Joseph par ses frères, et cela à la lumière de la théorie du bouc émissaire dit-on, mais surtout à la lumière de la Passion du Christ.

La Crucifixion du Christ révèle le mécanisme sacrificiel qui fonde toute société humaine. Désormais, nous savons tous que la victime est innocente. Le texte évangélique au lieu de dénoncer la culpabilité de la victime comme le fait le récit mythique – Œdipe a commis le parricide et l’inceste – nous dévoile l’innocence complète de la victime. Le christianisme dit pour la première fois notre culpabilité, et non celle de la victime aussi divine serait-elle. «La Passion a dévoilé une fois pour toute l’origine sacrificielle de l’humanité. Elle a défait le sacré en révélant sa violence» .

Désormais, nous devons vivre avec cette impossibilité de désigner des boucs-émissaires la conscience tranquille. Nous sommes privés des processus de différenciation liée à l’émergence d’une culture: «il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Jésus-Christ» écrit Saint Paul aux Galates. Désormais on ne sacrifie plus des victimes innocentes pour nous permettre de vivre en paix.

Désormais, nous devons nous passer des rites, des interdits et du sacré, qui s’ils conservent une part de violence, sont avant tout des freins à la violence et surtout les fondements de toute culture. Nous pourrions, à première vue, nous en réjouir. Mais René Girard nous prévient. Dans l’introduction d’Achever Clausewitz, il écrit: «le verrou du meurtre fondateur, levé par la Passion, libère aujourd’hui une violence planétaire, sans qu’on puisse refermer ce qui a été ouvert» . Désormais, comment nos crises mimétiques pourront-elles se résoudre? Nous sommes débarrassés des massacres rituels sanglants et nous nous perdons.

Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

À la barbe des tenants de la laïcité la plus rigide, René Girard est un immense apologète du christianisme, mais d’un christianisme qui est «la seule religion qui aura prévu son propre échec» puisqu’il ne crée plus le sacré qui nous sauverait. Mais surtout, il montre que nous pensons et nous agissons tous, chrétiens ou non, à travers ce qui s’est passé, il y a deux mille ans au Golgotha. Même les pires contempteurs de l’Occident chrétien tiennent un discours chrétien lorsqu’ils viennent demander réparation au nom de l’innocence des victimes. Avec René Girard, nous comprenons que l’Occident et le monde cherchent désespérément une issue.

Certains ont si parfaitement compris le danger que le christianisme fait courir aux Nations qu’ils s’efforcent de ressusciter le paganisme. Archaïques, sommes-nous, archaïques, voulons-nous rester. Sauf que la désacralisation du monde a ouvert la route à des moyens techniques nous donnant les moyens de destruction inimaginable. Certains s’y sont essayés, ils ont succombé sous le poids de leur propre puissance après avoir fait des millions de victimes. Difficile de jouer à l’homme archaïque lorsque l’on tient en main la bombe atomique. La page blanche est impossible.

D’autres rejettent tout ce qui ramène l’humanité à ses origines sacrificielles comme autant de preuve de la culpabilité humaine. Ils réclament toujours moins de rites, moins d’interdits, moins de frontières. Pour eux, les différences culturelles sont autant de traces d’un passé archaïque déshonorant. Ce faisant, ils oublient que ce qui est un remède certes imparfait, est tout de même un remède à une violence pire encore. Quoi qu’on dise, nous sommes toujours aussi mimétiques que nos primitifs ancêtres.

Il y a fort à parier que dans ces conditions, nous retournions en deçà de la culture. L’humanité, à l’échelle planétaire, redeviendrait un de ces groupements d’humains indifférenciés soumis à des rivalités internes permanentes. Le pire nous menace encore puisque ces rivalités ne peuvent se résoudre dans un mécanisme sacrificiel désormais interdit. À moins que, comble d’ironie, l’interdit de l’interdit vienne remplacer comme une simagrée de l’Antéchrist l’interdit archaïque et devienne à son tour un argument d’exclusion.

D’autres encore, ayant si bien lu René Girard au point de savoir que la violence prolifère parmi les frères, cherchent à mimer la mise à distance archaïque créée par les rites et les interdits, par le truchement de la puissance technologique. Les écrans d’ordinateur ne sont pas des fenêtres sur le monde, contrairement à ce que la publicité nous laisse croire. Ce sont de véritables écrans, nous protégeant de la vraie rencontre, celle qui nous fait prendre le risque de la rivalité lorsque nous appelons notre prochain, frère.

Les relations seront régulées par le sans-contact. Les réseaux sociaux seront érigés en temple des nouveaux rites, les centres de big data en tabernacle dont les employés seront les grands prêtres sans visage. Grimace de rite dont le ridicule n’a d’égal que le sacré dont nous entourons nos ordinateurs et les chiffres qu’ils produisent. L’alliance de l’archaïque et de la technique risque fort d’accoucher d’une humanité qui n’aura plus d’humanité que le nom.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur.

En aucun cas, il ne faut chercher dans l’œuvre de René Girard un manifeste politique pour un monde meilleur. «Je cherche à montrer que le monde actuel est impensable sans le christianisme. Un point, c’est tout» . René Girard est un catholique, il n’attend pas la fin de l’Église comme accomplissement du christianisme: «les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle» (Mt, 16-18).

Il connaît la valeur du rite, mais il le renvoie à une position seconde, comme un outil de l’amour: «Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens d’un grief que ton frère a contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis revient, et alors présente ton offrande» (Mt, 5-23).

René Girard est le disciple d’un Dieu capable de renoncer à sa toute-puissance pour nous laisser libres. Inlassablement, il dira que nous ne sommes pas assez chrétiens. Il sait que «la Passion a libéré la violence autant que la Sainteté». René Girard nous engage sur une voie radicale, celle de l’humilité: «Comprendre les hommes, leur constant paradoxe, leur innocence, leur culpabilité, c’est comprendre que nous sommes tous responsables de cet état de choses puisque, à la différence du Christ, nous n’en mourrons pas» .

Il ne cherche pas à nous rassurer. Il cherche à donner un sens à ce qui nous arrive: «plus que jamais, j’ai la conviction que l’histoire a un sens ; que ce sens est redoutable ; mais qu’ ‘’aux lieux du péril, croît aussi ce qui sauve’’». Sur ces derniers mots d’espérance nous laissant à nos responsabilités d’Hommes libérés, le crayon lui glissa des mains.

Voir aussi:

The Washington Post
December 18, 2019

With hours of debate to fill before President Trump is impeached and only a minute or two for each member to make an impact, there is a premium on getting your point across.

Hence, a series of vivid metaphors.

Republicans, in particular, have set about comparing Trump’s impeachment to all manner of historical atrocities. Trump got the ball rolling Tuesday by comparing his treatment unfavorably to the Salem witch trials. “More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials,” he wrote.

But his GOP colleagues believed they had some even better comparisons.

Rep. Barry Loudermilk (R-Ga.) decided that Trump was denied even the feeble due process that Pontius Pilate granted Jesus before his crucifixion.

“When Jesus was falsely accused of treason, Pontius Pilate gave Jesus the opportunity to face his accusers,” Loudermilk said. “During that sham trial, Pontius Pilate afforded more rights to Jesus than Democrats have afforded this president in this process.”

Rep. Fred Keller (R-Pa.) invoked Jesus’ crucifixion — specifically when Jesus, on the cross, asked God to forgive those who had wronged him.

“So I want Democrats voting for impeachment today to know that I’ll be praying for them,” Keller said. “From the Gospel of Luke, the 23rd chapter, verse 34: And Jesus said, ‘Father, forgive them, for they know not what they do.’ ”

There are, of course, problems with these comparisons. One is that the accused witches in Salem were systematically violated — including physically — and that, while they were afforded at least some theoretical ability to defend themselves, they were essentially required to prove a negative while the evidence against them was accepted at face value. The argument with Jesus is apparently that Trump hasn’t been able to confront the anonymous whistleblower who first brought the Ukraine scandal to light. But the gospels of Matthew and Mark suggest Jesus was essentially found guilty before the trial began. He was also crucified, while the alleged witches were hanged, so the punishment involved there is on a slightly different level. Trump, by contrast, will have a trial in which the rules will be determined by his allies and he will be allowed to remain as president.

Shortly after Loudermilk spoke, Rep. Mike Kelly (R-Pa.) offered his own comparison, saying Trump’s impeachment was more like Pearl Harbor. Here are his comments:

In addition to Christmas being something we celebrate, the Boston Tea Party took place in December, but also on December 7, 1941, a horrific act happened in the United States. And this one that President Roosevelt said, ‘This is a date that will live in infamy.’ Today, December the 18th, 2019, is another date that will live in infamy — when just because you hate the president of the United States and you can find no other reason other than the fact that you’re so blinded by your hate that you can’t see straight that you’ve decided the only way we can make sure this president doesn’t get elected again is to impeach him.

Rep. Clay Higgins (R-La.) offered his own vivid imagery without going for historical metaphors.

“I have descended into the belly of the beast. I have witnessed a terror within,” he began. “And I was committed to oppose the insidious forces which threaten our republic. America has been severely injured by this betrayal, by this unjust and weaponized impeachment brought upon us by the same socialists who threaten unborn life in the womb, who threaten First Amendment rights of conservatives, who threaten Second Amendment protections of every American patriot, and who have long ago determined that they would organize and conspire to overthrow President Trump.

Democrats certainly spoke in stark terms about the harm Trump has done and about the danger of allowing what he has done to go unpunished. But they were generally focused on appearing solemn.

At one point, though, Rep. Cedric L. Richmond (D-La.) did compare what Trump is doing to shooting the Constitution.

“Donald Trump recently said I can do anything I want. He also bragged that he could shoot someone on Fifth Avenue and get away with it,” Richmond said. “Well, he’s shooting holes in our Constitution on Pennsylvania Avenue.”

Rep. Hakeem Jeffries (D-N.Y.) also responded to GOP arguments that Democrats were unnecessarily dividing the country by comparing this moment in history to abolishing slavery and Jim Crow and to giving women the right to vote.

“There are some who cynically argue that the impeachment of this president will further divide an already-fractured union,” he said. “But there is a difference between division and clarification. Slavery once divided the nation, but emancipation rose up to clarify that all men are created equally. Suffrage once divided the nation, but women rose up to clarify that all voices must be heard in our democracy. Jim Crow once divided the nation, but civil rights champions rose up to clarify that all are entitled to equal protection under the law. There is a difference between division and clarification. »

Voir également:

Le 17 décembre 2019

À l’Honorable Nancy Pelosi

Présidente de la Chambre des Représentants

Washington, D.C. 20515

Chère Madame la Présidente

Je vous écris pour protester avec la plus forte et plus vive énergie contre la croisade de destitution partisane déclenchée par les démocrates de la Chambre des Représentants. Cette procédure d’impeachment constitue un abus de pouvoir sans précédent et inconstitutionnel de la part des législateurs démocrates, sans équivalent en près de deux siècles et demi d’histoire législative américaine.

Les articles de mise en accusation avancés par la Commission aux affaires judiciaires de la Chambre sont inadmissibles au regard de toute jurisprudence, interprétation ou théorie constitutionnelle. Ils n’incluent absolument aucun crime, infraction ou délit. Vous avez dévalorisé l’importance de ce si vilain mot, la destitution !

En décidant d’aller de l’avant avec votre procédure de destitution invalide, vous violez votre serment, vous rompez avec votre allégeance envers la Constitution, et vous déclarez ouvertement la guerre à la démocratie américaine. Vous osez invoquer les Pères fondateurs au nom de cette combine qui vise à annuler l’élection — et pourtant, vos actions malveillantes font preuve d’un mépris sans borne pour la fondation de l’Amérique et votre conduite scandaleuse menace de détruire ce que nos Fondateurs avaient consacré leurs vies mêmes à bâtir. Pire encore que d’offenser les Pères fondateurs, vous offensez les Américains qui ont la foi en ne cessant de dire “je prie pour le président”, alors que vous savez que cette déclaration est mensongère, à moins qu’elle n’ait une intention négative. Ce que vous faites est terrible, mais c’est vous qui allez devoir vivre avec, pas moi !

Votre première affirmation, “Abus de pouvoir”, est une invention complètement hypocrite, sans valeur et infondée de votre imagination. Vous savez que j’ai eu une conversation tout à fait innocente avec le président de l’Ukraine. Puis j’ai eu une deuxième conversation dont les citations ont été détournées, déformées et présentées de manière frauduleuse. Heureusement, une transcription de la conversation a été réalisée, et vous savez, à partir de cette transcription (qui a été immédiatement rendue accessible), que le paragraphe en question était parfait. J’ai dit au président Zelensky : “Mais je voudrais que nous rendiez un service, parce que notre pays a connu beaucoup de difficultés et que l’Ukraine en sait beaucoup là-dessus.” Je lui ai dit de nous rendre service, pas à moi, et à notre pays, pas à une campagne. Puis j’ai mentionné le ministre de la Justice des États-Unis. Chaque fois que je parle avec un dirigeant étranger, je fais passer les intérêts de l’Amérique en premier, exactement comme je l’ai fait avec le président Zelensky.

Vous transformez un désaccord politique entre deux branches du gouvernement en un crime passible de destitution — ce n’est pas plus légitime que si l’exécutif accusait des membres du Congrès de crimes pour avoir exercé leur pouvoir législatif légal.

Vous savez parfaitement que le vice-président Biden a utilisé ses fonctions et 1 milliard de dollars d’aide américaine pour obliger l’Ukraine à limoger le procureur qui enquêtait sur l’entreprise qui versait à son fils des millions de dollars. Vous le savez parce que Biden s’en est vanté en vidéo. Biden a déclaré ouvertement : “J’ai dit : ‘Je vous préviens, vous ne l’aurez pas, le milliard de dollars’… je les ai regardés et j’ai dit : ‘Je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas limogé, vous ne toucherez pas l’argent.’ Eh bien, nom de Dieu, il a été viré.” Même Joe Biden a admis il y a quelques jours à peine dans une interview avec [la radio publique] NPR, que ça la “fichait mal”. Et maintenant, vous voulez me destituer en m’accusant à tort de faire ce que Joe Biden admet avoir vraiment fait.

Le président Zelensky a déclaré à plusieurs reprises que je n’avais rien fait de mal, et qu’il n’y avait eu Aucune Pression. En plus, il a souligné que ça avait été une “bonne conversation”, “je ne ressens pas de pression” [a-t-il dit], et il a explicitement insisté sur le fait que “personne ne [l’a] bousculé”. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a clairement déclaré : “Je n’ai jamais vu de lien direct entre les enquêtes et l’aide dans le domaine de la sécurité.” Lui aussi a dit qu’il n’y avait “Aucune Pression”. Le sénateur [républicain] Ron Johnson, du Wisconsin, qui soutient l’Ukraine et a rencontré le président Zelensky en privé, a dit : “À aucun moment pendant cette rencontre […], Zelensky ni aucun autre Ukrainien n’ont mentionné avoir l’impression d’être pressurés afin de faire quelque chose en échange de l’aide militaire.” Il y a eu beaucoup de rencontres entre des représentants de l’Ukraine et notre pays. Pas une fois l’Ukraine ne s’est plainte d’être victime de pressions — pas une fois ! L’ambassadeur Sondland a témoigné que je lui avais dit : “Pas de prêté pour un rendu. Je ne veux rien. Je ne veux rien. Je veux que le président Zelensky fasse ce qu’il faut, ce pour quoi il avait fait campagne.”

La deuxième affirmation, la prétendue “Obstruction au Congrès”, est grotesque et dangereuse. Les démocrates de la Chambre cherchent à destituer le président légitimement élu des États-Unis pour avoir revendiqué des privilèges inscrits dans la Constitution revendiqués sur une base bi-partisane par les gouvernements des deux partis politiques tout au long de l’histoire de notre Nation. Selon ce critère, tous les présidents américains auraient été destitués plusieurs fois. Comme avait prévenu le professeur de droit Jonathan Turley, qui est de gauche, en s’adressant aux démocrates du Congrès : “Je ne saurais trop insister […] si vous destituez un président, si vous commettez le crime grave d’aller devant les tribunaux, c’est un abus de pouvoir. C’est votre abus de pouvoir. Vous faites justement ce que vous reprochez au président de faire.”

Tout le monde, vous comprise, sait ce qui est en train de se passer en réalité. Votre candidat [la démocrate Hillary Clinton] a perdu l’élection en 2016, de façon écrasante au Collège électoral (306-227), et vous et votre parti ne vous êtes jamais remis de cette défaite. Vous avez contracté une forme aiguë de ce que beaucoup dans les médias appellent le Syndrome de démence de Trump et malheureusement, vous ne vous en sortirez jamais ! Vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas accepter le verdict des urnes lors de la grande Élection de 2016. Donc, vous avez passé trois années d’affilée à tenter de revenir sur la décision du peuple américain et d’annuler son vote. Vous considérez la démocratie comme votre ennemie !

Présidente Pelosi, la semaine dernière encore, lors d’un forum public, vous avez admis que la campagne de destitution de votre parti durait depuis deux ans et demi, longtemps avant d’avoir entendu parler d’un coup de téléphone avec l’Ukraine. Il y avait dix-neuf minutes que j’avais prêté serment quand le Washington Post a publié un article intitulé La campagne de destitution du président Trump a commencé. Moins de trois mois après mon investiture, la députée [démocrate] Maxine Waters a lancé : “Je me battrai tous les jours jusqu’à ce qu’il soit destitué.”

Les démocrates de la Chambre ont présenté la première résolution de destitution contre moi quelques mois après mon investiture, pour ce qui sera considéré comme l’une des meilleures décisions de notre pays, le renvoi de [l’ex directeur du FBI] James Comey (voir les rapports de l’Inspecteur général) — qui, le monde le sait aujourd’hui, est un des flics les plus corrompus que notre Nation ait jamais connu. Une députée [démocrate] du Congrès, Rashida Tlaib, a hurlé et déliré quelques heures après avoir pris ses fonctions : “On va y aller, et on va destituer ce fils de p…” En mai, le député [démocrate] Al Green a dit : “Je redoute que si nous ne destituons pas ce président, il va être réélu.” Encore une fois, vous et vos alliés avez fait et dit toutes ces choses longtemps avant d’avoir jamais entendu parler du président Zelensky ou de quoi que ce soit en lien avec l’Ukraine. Comme vous le savez très bien, la campagne de destitution n’a rien à voir avec l’Ukraine, ou avec la conversation tout à fait appropriée que j’ai eue avec son nouveau président. Elle n’a à voir qu’avec votre tentative d’annuler l’élection de 2016 et de voler l’élection de 2020 !

Le député [démocrate à la tête de la commission du renseignement de la Chambre des représentants] Adam Schiff n’a cessé de mentir et tricher jusqu’à aujourd’hui, allant même jusqu’à inventer de manière frauduleuse, à partir de rien, ma conversation avec le président Zelensky de l’Ukraine, et de lire cette fantaisie au Congrès comme si c’était moi qui l’avais dit. Ses mensonges et ses tromperies honteuses, qui remontent jusqu’au canular sur [l’ingérence de la] Russie, sont une des principales raisons pour lesquelles nous en sommes là aujourd’hui.

Vous et votre parti cherchez désespérément à détourner l’attention de l’extraordinaire économie, du boom incroyable de l’emploi, des records sur les marchés, de la confiance en hausse et de la prospérité des citoyens en Amérique. Votre parti ne peut tout simplement pas concurrencer notre réussite : 7 millions de nouveaux emplois ; le taux de chômage le plus bas jamais enregistré pour les Africains-Américains, les Hispaniques-Américains, et les Asiatiques-Américains ; une armée reconstruite ; une réforme complète du ministère des Anciens combattants avec Choix et Responsabilité pour nos formidables vétérans ; plus de 170 nouveaux juges fédéraux et deux juges à la Cour suprême ; des réductions historiques d’impôts et de réglementation ; la suppression du mandat individuel [principale disposition de la réforme de l’assurance-maladie d’Obama] ; la première baisse des prix des médicaments sur ordonnance en cinquante ans ; la première nouvelle arme de l’armée de États-Unis depuis 1947 : la Force spatiale ; une vigoureuse protection du Deuxième Amendement [de la Constitution qui garantit le droit au port d’armes] ; la réforme de la justice pénale ; la défaite du califat de l’Etat Islamique et l’élimination du chef terroriste numéro un au monde, Al-Baghdadi ; le remplacement de l’ALENA, cet accord commercial désastreux, par le merveilleux USMCA (Mexique et Canada) ; un accord commercial de Phase Un avec la Chine, ce qui est une percée ; de nouveaux gigantesques accords commerciaux avec le Japon et la Corée du Sud ; le retrait du terrible accord sur le nucléaire avec l’Iran ; l’annulation de l’Accord de Paris sur le climat, injuste et coûteux ; le fait d’être devenu le premier producteur mondial d’énergie ; la reconnaissance de la capitale d’Israël, l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, et la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan ; une réduction colossale des passages illégaux à la frontière, la fin du système de remise en liberté des clandestins arrêtés, et la construction du Mur de la Frontière sud — et ce n’est que le début, il y a tellement d’autres choses. Vous ne pouvez pas défendre votre politique extrémiste — l’ouverture des frontières, les migrations massives, la criminalité élevée, les impôts écrasants, le système de santé socialisé, la destruction de l’énergie américaine, l’avortement tardif aux frais du contribuable, l’élimination du Deuxième Amendement, les théories radicales d’extrême gauche sur la loi et la justice, et l’obstruction partisane constante tant au sens commun qu’au bien de tous.

Je n’aimerais rien tant que cesser d’appeler votre parti “les Démocrates qui ne font rien”. Malheureusement, je ne crois pas que vous m’en donnerez jamais l’occasion.

Au bout de trois ans d’enquêtes injustes et injustifiées, 45 millions de dollars dépensés, 18 procureurs démocrates furieux, toute la force du FBI, dirigé par une hiérarchie dont il est aujourd’hui prouvé qu’elle est totalement incompétente et corrompue, vous n’avez RIEN trouvé ! Peu de gens qui occupent de hautes fonctions auraient enduré ou passé ce test. Vous ne savez pas, et vous vous en moquez, quels terribles dommages et quelles souffrances vous avez infligés aux membres merveilleux et aimants de ma famille. Vous avez mené une enquête bidon sur le président démocratiquement élu des États-Unis, et vous êtes en train de recommencer.

Il n’y a pas beaucoup de gens qui auraient accepté le châtiment infligé pendant ce laps de temps, et qui auraient pourtant autant fait pour le succès de l’Amérique et de ses citoyens. Mais au lieu de faire passer notre pays en premier, vous avez décidé de déshonorer un peu plus notre pays. Vous avez complètement échoué avec le rapport [du procureur spécial chargé de l’enquête sur l’ingérence russe Robert] Mueller parce qu’il n’y avait rien à trouver, donc vous avez décidé de prendre le premier canular qui se présentait, la conversation téléphonique avec l’Ukraine — alors même que c’était un appel parfait. Et d’ailleurs, quand je parle à des pays étrangers, il y a beaucoup de gens, autorisés, qui écoutent l’appel des deux côtés de la conversation.

C’est vous qui manipulez les élections des États-Unis. C’est vous qui corrompez la Démocratie américaine. C’est vous qui êtes coupable d’Entrave à la justice. C’est vous qui portez préjudice à notre République dans le but de servir vos égoïstes intérêts individuels, politiques et militants.

Avant le Canular de la Destitution, il y a eu la Chasse aux sorcières russe. En dépit du bon sens, au mépris de la vérité, vous et vos collaborateurs avez affirmé que mon équipe de campagne avait comploté avec les Russes – un mensonge calomnieux, malicieux et gravissime, une invention sans pareil. Vous avez contraint notre Nation à subir tracas et tourments à cause d’une histoire montée de toutes pièces, achetée illégalement par Hillary Clinton et le Comité national démocrate à un espion étranger dans le but de porter atteinte à notre démocratie. Et pourtant, quand ce mensonge monstrueux a été mis au jour et que le complot des démocrates a été anéanti, vous n’avez pas présenté d’excuses. Vous ne vous êtes pas rétractée. Vous n’avez pas demandé pardon. Vous n’avez fait preuve d’aucun remords, d’aucune forme d’introspection. Non, vous avez entamé une nouvelle croisade malveillante et diffamatoire – vous avez imaginé une façon de coincer et de calomnier un innocent. Vous avez agi uniquement par calcul politique personnel. Votre présidence de la Chambre des représentants et votre parti sont pris en otage par les éléments les plus dérangés et radicaux de l’extrême gauche. Chacun de vos membres vit dans la crainte qu’un adversaire socialiste ne les défient aux primaires – voilà ce qui motive en vérité la procédure de destitution. Regardez celle qui veut prendre la place du député Jerry Nadler. Regardez-vous, regardez votre entourage. N’entraînez pas votre pays dans la chute de votre parti.

Si vous vous souciiez réellement de la liberté au sein de notre Nation, alors vous chercheriez, avec vos considérables moyens d’enquête, à faire toute la lumière sur les abus de pouvoir scandaleux du FBI avant, pendant et après l’élection de 2016 – notamment l’espionnage de mon équipe de campagne, la remise de fausses preuves au Tribunal de surveillance du renseignement étranger, et la dissimulation de preuves à décharge en vue de piéger l’innocent. Le FBI compte dans ses rangs des employés très honorables, mais ses dirigeants sont incompétents et corrompus. Je pensais que vous seriez personnellement scandalisée par ces révélations, car lors de votre conférence de presse, le jour où vous avez ouvert l’enquête pour impeachment, vous avez lié directement cette initiative au Canular Russe qui avait été complètement discrédité. Vous avez par deux fois déclaré que “toutes les routes mènent à Poutine” en sachant pertinemment que c’était un mensonge abject. Je me suis montré bien plus intraitable avec la Russie que ne l’a jamais envisagé le président Obama.

Tout parlementaire qui votera en faveur de l’impeachment – au mépris de la vérité, des faits, des preuves et de la règle de droit – révélera son profond dédain pour les électeurs et sa véritable aversion pour l’ordre constitutionnel des États-Unis. Nos fondateurs craignaient le tribalisme provoqué par la politique de parti et vous donnez vie à leurs pires craintes.

Pire encore, j’ai été privé d’une Procédure Respectueuse de la Constitution dès le début de cette farce et jusqu’à aujourd’hui. J’ai été privé des droits les plus élémentaires prévus par la Constitution, notamment le droit de présenter des éléments de preuve, d’être représenté par un avocat, de faire face à mes accusateurs, et de convoquer et de contre-interroger des témoins – en particulier le supposé lanceur d’alerte qui a déclenché ce canular par sa fausse déclaration sur une conversation téléphonique sans aucun lien avec la conversation qui a réellement eu lieu. Dès que j’ai présenté la transcription de l’appel, ce qui a surpris et choqué les escrocs (ils n’avaient pas imaginé que ce type de document serait révélé), le soi-disant lanceur d’alerte, et aussi le deuxième lanceur d’alerte, ont disparu car ils s’étaient fait prendre, leur signalement était frauduleux et il n’a plus été possible d’être en contact avec eux.

En d’autres termes, dès que la conversation téléphonique a été rendue publique, votre petit complot a volé en éclats, mais ça ne vous a pas empêché de continuer.

Le procès des sorcières de Salem ne comptait pas tant d’irrégularités.

Vous et les membres de vos commissions affirmez depuis longtemps que la procédure de destitution doit avoir le soutien des deux partis – en l’occurrence ce n’est pas le cas. Vous avez déclaré que la procédure était source de divisions – c’est le moins qu’on puisse dire, et ces divisions sont bien plus profondes que vous n’osiez l’imaginer – et ça ne fera qu’empirer !

Tout cela n’est autre qu’une tentative de coup d’État illégale et militante, qui, si l’on en croit l’opinion publique ces derniers temps, se soldera par un échec cuisant dans les urnes. Vous n’en voulez pas qu’à moi, le président, vous en voulez au Parti républicain tout entier. Mais en raison de cette injustice colossale, l’unité de notre parti n’a jamais été si forte. Le jugement de l’Histoire sera impitoyable face à cette comédie que vous jouez. On ne retiendra de vous que la transformation de la Chambre des représentants, vénérable organe législatif, en tribunal arbitraire présidant à des persécutions partiales.

Vous feignez la solennité et c’est sans doute ce qui m’est le plus insultant. Vous avez, semble-t-il, si peu de respect pour les citoyens des États-Unis que vous les croyez dupes de votre démarche soi-disant grave, réservée et réticente. Toute personne dotée d’intelligence n’en croit pas un mot. Dès l’instant où j’ai été élu, le Parti démocrate a été en proie à la Fièvre de la Destitution. Vous n’affichez aucune réticence. Cette affaire n’a rien de grave. Vous tournez en dérision la procédure d’impeachment et vous masquez à peine la haine que vous inspire ma personne, le Parti républicain et des dizaines de millions d’Américains patriotes. Les électeurs font preuve de sagesse et ils voient clair dans votre jeu creux, stérile et dangereux.

Nul doute que les citoyens américains vous mettront, ainsi que le Parti démocrate, face à vos responsabilités lors de l’élection de 2020. Ils ne sont pas près d’oublier la subversion de la justice et les abus de pouvoir dont vous vous rendez coupables.

Il y a tant d’autres choses à faire pour améliorer la vie de nos concitoyens. Vous et les démocrates militants qui siègent au Congrès devez sans délai mettre un terme à ce fantasme de destitution ; vous devez vous remettre au service des citoyens américains. Je ne m’attends pas à ce que vous vous exécutiez, mais je vous adresse la présente lettre pour l’histoire et afin de consigner mes pensées de manière immuable et indélébile.

Dans un siècle, quand les gens repenseront à cette affaire, je souhaite qu’ils la comprennent et qu’ils en tirent des leçons, afin qu’aucun autre président ne puisse vivre la même chose.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués,

Donald Trump

Président des États-Unis d’Amérique

Voir de même:

Jacksonville artist’s Trump Messiah painting misunderstood by the masses

Art is a subjective term used to describe the viewer’s thoughts and feelings towards a specific piece of work.

However, an artist in Jacksonville only received negative responses to a painting he made but when he examined closer, it was exactly what he expected all along.

The artist goes by his initials B.S. and chose to do so after witnessing the backlash and alleged death threats given to local art broker Tristan Orvis when the two placed the painting up for sale on Facebook marketplace.

B.S. created controversy and hysteria from his painting titled “An Emotional Mirror” which shows President , as Jesus Christ, being crucified on the cross. He said he was inspired by the events surrounding President ’s impeachment trial in January.

At first glance, you can see Congresswoman Nancy Pelosi as a Roman Soldier piercing Trump’s right side with a spear, wife Melania praying at his feet like the Virgin Mary, along with members of the media and several foreign presidents and dictator such as and Kim Jung-Un looking on.

The controversy is obvious as both liberals and conservatives showed their disgust at what they described as an abomination. The artist explained the meaning behind the painting is far more telling of how the viewer is supposed to see it.

B.S. described the painting as his intent to highlight and call into question within the viewer such notions as belief in religion and politics, along with how narrow the bridge is between the two. He also wished to spark the viewers’ thoughts on nationalism and the media influence on the country.

Its purpose? To start conversations between both parties while using the “emotional mirror” to look inside one’s self in order to take personal responsibility for how the country looks when discussing politics. What was made to be thought-provoking turned to bashing, according to Orvis.

“There are a lot of clear emotions that come with this and it caused a big knee jerk reaction. A lot of Americans, when they see his (Trump’s) face will come up with an opinion of liking or disliking him before reading an article or hearing the news,” Orvis said. “Both the liberal and conservative response to the artist was how sacrilegious the painting came off as.”

One man, claiming to be a catholic Christian crusader said the $5,000 price tag would be worth paying if he (Orvis) killed himself along with destroying the painting. Another individual joked that all conservative followers see Trump as a messiah and is the second coming of Jesus.

What was seemingly missed by the several thousand people who commented, shared or liked Orvis’s Facebook post, was almost no one responded by questioning themselves or their own party. Instead, they came together to chastise the artist and broker responsible for its content.

Things began to reach a boiling point when residents around Onslow began giving out Orvis’s address and kid’s names in an attempt to cause harm. Although he said none of the threats sounded like they held any weight, he will remain cautious until more time has passed.

The surprising part is that the two men claim they should have seen it coming, but it proved the point of the painting and that in the current state we live in, seeing is believing and no one is taking the time to actually look and see before believing their own preconceived notions about the political and religious climate.

“When you hear a democrat calling for the investigation of Trump and a republican calling for the investigation of Pelosi or (jJ Biden and neither asks what might be wrong with their own affiliation, just shows how devout that person has become,” explained B.S. “It is as though they are arguing dogmatic religious doctrine rather than having an honest debate.”

Unbelievably enough, the painting sold for $4,200 to a collector in Florida after only being on the market for a day and a half.

What Orvis said he learned from this experience is that it reminded him of a time where individuals were labeling themselves as Americans first and not by their race or political affiliations. He also hopes moving forward, people can come together for the betterment of the voters.

“One side wishes to see violent animosity released on ad the other half shows him to be this infallible savior. That won’t get us anywhere but getting people to think outside the box at what they are looking at could potentially begin to turn around how we see and react to the idea of politics in our county,” Orvis said.

Voir enfin:
The White house

Washington

December 17, 2019

The Honorable Nancy Pelosi
Honorable Nancy Pelosi

Speaker of the House of Representatives

Dear Madam Speaker:

I write to express my strongest and most powerful protest against the partisan impeachment crusade being pursued by the Democrats in the House of Representatives. This impeachment represents an unprecedented and unconstitutional abuse of power by Democrat Lawmakers, unequaled in nearly two and a half centuries of American legislative history.

The Articles of Impeachment introduced by the House Judiciary Committee are not recognizable under any standard of Constitutional theory, interpretation, or jurisprudence. They include no crimes, no misdemeanors, and no offenses whatsoever. You have cheapened the importance of the very ugly word, impeachment!

By proceeding with your invalid impeachment, you are violating your oaths of office, you are breaking your allegiance to the Constitution, and you are declaring open war on American Democracy. You dare to invoke the Founding Fathers in pursuit of this election-nullification scheme — yet your spiteful actions display unfettered contempt for America’s founding and your egregious conduct threatens to destroy that which our Founders pledged their very lives to build. Even worse than offending the Founding Fathers, you are offending Americans of faith by continually saying « I pray for the President, » when you know this statement is not true, unless it is meant in a negative sense. It is a terrible thing you are doing, but you will have to live with it, not I!
Founding Fathers

Your first claim, « Abuse of Power, » is a completely disingenuous, meritless, and baseless invention of your imagination. You know that I had a totally innocent conversation with the President of Ukraine. I then had a second conversation that has been misquoted, mischaracterized, and fraudulently misrepresented. Fortunately, there was a transcript of the conversation taken, and you know from the transcript (which was immediately made available) that the paragraph in question was perfect. I said to President Zelensky: « I would like you to do us a favor, though, because our country has been through a lot and Ukraine knows a lot about it. » I said do us a favor, not me, and our country, not a campaign. I then mentioned the Attorney General of the United States. Every time I talk with a foreign leader, I put America’s interests first, just as I did with President Zelensky.

You are turning a policy disagreement between two branches of government into an impeachable offense — it is no more legitimate than the Executive Branch charging members of Congress with crimes for the lawful exercise of legislative power.
Executive Branch

You know full well that Vice President Biden used his office and $1 billion dollars of U.S. aid money to coerce Ukraine into firing the prosecutor who was digging into the company paying his son millions of dollars. You know this because Biden bragged about it on video. Biden openly stated: « I said, ‘I’m telling you, you’re not getting the billion dollars’… I looked at them and said: ‘I’m leaving in six hours. If the prosecutor is not fired, you’re not getting the money.’ Well, son of a bitch. He got fired. » Even Joe Biden admitted just days ago in an interview with NPR that it « looked bad. » Now you are trying to impeach me by falsely accusing me of doing what Joe Biden has admitted he actually did.

President Zelensky has repeatedly declared that I did nothing wrong, and that there was No Pressure. He further emphasized that it was a « good phone call, » that « I don’t feel pressure, » and explicitly stressed that « nobody pushed me. » The Ukrainian Foreign Minister stated very clearly: « I have never seen a direct link between investigations and security assistance. » He also said there was « No Pressure. » Senator Ron Johnson of Wisconsin, a supporter of Ukraine who met privately with President Zelensky, has said: « At no time during this meeting … was there any mention by Zelensky or any Ukrainian that they were feeling pressure to do anything in return for the military aid. » Many meetings have been held between representatives of Ukraine and our country. Never once did Ukraine complain about pressure being applied — not once! Ambassador Sondland testified that I told him: « No quid pro quo. I want nothing. I want nothing. I want President Zelensky to do the right thing, do what he ran on. »

The second claim, so-called « Obstruction of Congress, » is preposterous and dangerous. House Democrats are trying to impeach the duly elected President of the United States for asserting Constitutionally based privileges that have been asserted on a bipartisan basis by administrations of both political parties throughout our Nation’s history. Under that standard, every American president would have been impeached many times over. As liberal law professor Jonathan Turley warned when addressing Congressional Democrats: « I can’t emphasize this enough … if you impeach a president, if you make a high crime and misdemeanor out of going to the courts, it is an abuse of power. It’s your abuse of power. You’re doing precisely what you’re criticizing the President for doing. »

Everyone, you included, knows what is really happening. Your chosen candidate lost the election in 2016, in an Electoral College landslide (306-227), and you and your party have never recovered from this defeat. You have developed a full-fledged case of what many in the media call Trump Derangement Syndrome and sadly, you will never get over it! You are unwilling and unable to accept the verdict issued at the ballot box during the great Election of 2016. So you have spent three straight years attempting to overturn the will of the American people and nullify their votes. You view democracy as your enemy!
straight years

Speaker Pelosi, you admitted just last week at a public forum that your party’s impeachment effort has been going on for « two and a half years, » long before you ever heard about a phone call with Ukraine. Nineteen minutes after I took the oath of office, the Washington Post published a story headlined, « The Campaign to Impeach President Trump Has Begun. » Less than three months after my inauguration, Representative Maxine Waters stated, « I’m going to fight every day until he’s impeached. » House Democrats introduced the first impeachment resolution against me within months of my inauguration, for what will be regarded as one of our country’s best decisions, the firing of James Comey (see Inspector General Reports) — who the world now knows is one of the dirtiest cops our Nation has ever seen. A ranting and raving Congresswoman, Rashida Tlaib, declared just hours after she was sworn into office, « We’re gonna go in there and we’re gonna impeach the motherf****r. » Representative Al Green said in May, « I’m concerned that if we don’t impeach this president, he will get re-elected. » Again, you and your allies said, and did, all of these things long before you ever heard of President Zelensky or anything related to Ukraine. As you know very well, this impeachment drive has nothing to do with Ukraine, or the totally appropriate conversation I had with its new president. It only has to do with your attempt to undo the election of 2016 and steal the election of 2020!

Congressman Adam Schiff cheated and lied all the way up to the present day, even going so far as to fraudulently make up, out of thin air, my conversation with President Zelensky of Ukraine and read this fantasy language to Congress as though it were said by me. His shameless lies and deceptions, dating all the way back to the Russia Hoax, is one of the main reasons we are here today.
Congressman Adam Schiff

You and your party are desperate to distract from America’s extraordinary economy, incredible jobs boom, record stock market, soaring confidence, and flourishing citizens. Your party simply cannot compete with our record: 7 million new jobs; the lowest-ever unemployment for African Americans, Hispanic Americans, and Asian Americans; a rebuilt military; a completely reformed VA with Choice and Accountability for our great veterans; more than 170 new federal judges and two Supreme Court Justices; historic tax and regulation cuts; the elimination of the individual mandate; the first decline in prescription drug prices in half a century; the first new branch of the United States Military since 1947, the Space Force; strong protection of the Second Amendment; criminal justice reform; a defeated ISIS caliphate and the killing of the world’s number one terrorist leader, al-Baghdadi; the replacement of the disastrous NAFTA trade deal with the wonderful USMCA (Mexico and Canada); a breakthrough Phase One trade deal with China; massive new trade deals with Japan and South Korea; withdrawal from the terrible Iran Nuclear Deal; cancellation of the unfair and costly Paris Climate Accord; becoming the world’s top energy producer; recognition of Israel’s capital, opening the American Embassy in Jerusalem, and recognizing Israeli sovereignty over the Golan Heights; a colossal reduction in illegal border crossings, the ending of Catch-and-Release, and the building of the Southern Border Wall — and that is just the beginning, there is so much more. You cannot defend your extreme policies — open borders, mass migration, high crime, crippling taxes, socialized healthcare, destruction of American energy, late-term taxpayer-funded abortion, elimination of the Second Amendment, radical far-left theories of law and justice, and constant partisan obstruction of both common sense and common good.

There is nothing I would rather do than stop referring to your party as the Do-Nothing Democrats. Unfortunately, I don’t know that you will ever give me a chance to do so. After three years of unfair and unwarranted investigations, 45 million dollars spent, 18 angry Democrat prosecutors, the entire force of the FBI, headed by leadership now proven to be totally incompetent and corrupt, you have found NOTHING! Few people in high position could have endured or passed this test. You do not know, nor do you care, the great damage and hurt you have inflicted upon wonderful and loving members of my family. You conducted a fake investigation upon the democratically elected President of the United States, and you are doing it yet again.

There are not many people who could have taken the punishment inflicted during this period of time, and yet done so much for the success of America and its citizens. But instead of putting our country first, you have decided to disgrace our country still further. You completely failed with the Mueller report because there was nothing to find, so you decided to take the next hoax that came along, the phone call with Ukraine — even though it was a perfect call. And by the way, when I speak to foreign countries, there are many people, with permission, listening to the call on both sides of the conversation.

You are the ones interfering in America’s elections. You are the ones subverting America’s Democracy. You are the ones Obstructing Justice. You are the ones bringing pain and suffering to our Republic for your own selfish personal, political, and partisan gain.

Before the Impeachment Hoax, it was the Russian Witch Hunt. Against all evidence, and regardless of the truth, you and your deputies claimed that my campaign colluded with the Russians — a grave, malicious, and slanderous lie, a falsehood like no other. You forced our Nation through turmoil and torment over a wholly fabricated story, illegally purchased from a foreign spy by Hillary Clinton and the DNC in order to assault our democracy. Yet, when the monstrous lie was debunked and this Democrat conspiracy dissolved into dust, you did not apologize. You did not recant. You did not ask to be forgiven. You showed no remorse, no capacity for self-reflection. Instead, you pursued your next libelous and vicious crusade — you engineered an attempt to frame and defame an innocent person. All of this was motivated by personal political calculation. Your Speakership and your party are held hostage by your most deranged and radical representatives of the far left. Each one of your members lives in fear of a socialist primary challenger — this is what is driving impeachment. Look at Congressman Nadler’s challenger. Look at yourself and others. Do not take our country down with your party.

If you truly cared about freedom and liberty for our Nation, then you would be devoting your vast investigative resources to exposing the full truth concerning the FBI’s horrifying abuses of power before, during, and after the 2016 election — including the use of spies against my campaign, the submission of false evidence to a FISA court, and the concealment of exculpatory evidence in order to frame the innocent. The FBI has great and honorable people, but the leadership was inept and corrupt. I would think that you would personally be appalled by these revelations, because in your press conference the day you announced impeachment, you tied the impeachment effort directly to the completely discredited Russia Hoax, declaring twice that « all roads lead to Putin, » when you know that is an abject lie. I have been far tougher on Russia than President Obama ever even thought to be.

Any member of Congress who votes in support of impeachment — against every shred of truth, fact, evidence, and legal principle — is showing how deeply they revile the voters and how truly they detest America’s Constitutional order. Our Founders feared the tribalization of partisan politics, and you are bringing their worst fears to life.

Worse still, I have been deprived of basic Constitutional Due Process from the beginning of this impeachment scam right up until the present. I have been denied the most fundamental rights afforded by the Constitution, including the right to present evidence, to have my own counsel present, to confront accusers, and to call and cross-examine witnesses, like the so-called whistleblower who started this entire hoax with a false report of the phone call that bears no relationship to the actual phone call that was made. Once I presented the transcribed call, which surprised and shocked the fraudsters (they never thought that such evidence would be presented), the so-called whistleblower, and the second whistleblower, disappeared because they got caught, their report was a fraud, and they were no longer going to be made available to us. In other words, once the phone call was made public, your whole plot blew up, but that didn’t stop you from continuing.

More due process was afforded to those accused in the Salem Witch Trials.

You and others on your committees have long said impeachment must be bipartisan — it is not. You said it was very divisive — it certainly is, even far more than you ever thought possible — and it will only get worse!

This is nothing more than an illegal, partisan attempted coup that will, based on recent sentiment, badly fail at the voting booth. You are not just after me, as President, you are after the entire Republican Party. But because of this colossal injustice, our party is more united than it has ever been before. History will judge you harshly as you proceed with this impeachment charade. Your legacy will be that of turning the House of Representatives from a revered legislative body into a Star Chamber of partisan persecution.

Perhaps most insulting of all is your false display of solemnity. You apparently have so little respect for the American People that you expect them to believe that you are approaching this impeachment somberly, reservedly, and reluctantly. No intelligent person believes what you are saying. Since the moment I won the election, the Democrat Party has been possessed by Impeachment Fever. There is no reticence. This is not a somber affair. You’re making a mockery of impeachment and you are scarcely concealing your hatred of me, of the Republican Party, and tens of millions of patriotic Americans. The voters are wise, and they are seeing straight through this empty, hollow, and dangerous game you are playing.

I have no doubt the American people will hold you and the Democrats fully responsible in the upcoming 2020 election. They will not soon forgive your perversion of justice and abuse of power.
American people

There is far too much that needs to be done to improve the lives of our citizens. It is time for you and the highly partisan Democrats in Congress to immediately cease this impeachment fantasy and get back to work for the American People. While I have no expectation that you will do so, I write this letter to you for the purpose of history and to put my thoughts on a permanent and indelible record.

One hundred years from now, when people look back at this affair, I want them to understand it, and learn from it, so that it can never happen to another President again.

Sincerely yours,

Donald J. Trump

Voir enfin:

The Washington Post
May 15, 2018

AMERICAN FORK, UTAH — Jon McNaughton did not intend to become the country’s most famous pro-Trump, mass-market painter of the 21st century. But then, to achieve such an identity does require a modicum of cultivation; it does not happen overnight.

In 2008, the Utah artist was selling landscapes out of a gallery in a shopping mall. Then the presidential election happened and McNaughton, who didn’t like John McCain or Barack Obama, was struck with inspiration. The result, “One Nation Under God,” was a massive canvas featuring Jesus Christ holding a copy of the Constitution, surrounded by Davy Crockett, Ronald Reagan and 61 other historical figures dismayed by the direction of the country (Satan, also in the painting, was pleased). It wasn’t particularly subtle, but something about the work spoke to people and a new creative doorway was opened.

You might have seen, for example, “The Forgotten Man,” in which Obama ignores a weeping citizen on a park bench while the Founding Fathers implore him to pay attention. Or, “The Demise of America,” in which he fiddles while the U.S. Capitol burns. Or, “One Nation Under Socialism,” in which he has lit the Constitution on fire.

After the 2016 election, McNaughton’s paintings gained a hero in Donald Trump instead of just a villain in Obama: a sequel to “The Forgotten Man,” “You Are Not Forgotten,” features the same weeping citizen, now planting a tree as Trump looks on benevolently.

Yes. McNaughton is that guy.

It’s pure id art. Which means, in the sense that art can reveal truths about the undercarriage of the psyche, McNaughton is one of the most significant painters of the current era. The New Yorker’s art critic analyzed the influence of McNaughton’s work and dubbed 2016 “The year of ‘The Forgotten Man.’ ”

“I’m just honestly a little perplexed,” says McNaughton, 50, a soft-spoken Mormon father. “I have no idea where [buyers] are hanging them; I just know I sell a ton. Sometimes I’m shocked at how many I sell. That one I told you about, Obama burning the Constitution? When I painted it, I worried, this thing is just hideous — why would anybody hang that in their living room?”

It’s not, he says, the kind of “warm, happy” work people typically want in their homes.

But they sell. McNaughton is a repeat guest on “Fox and Friends.” Sean Hannity owns several originals, including “The Forgotten Man.” McNaughton won’t say how much Hannity paid (it’s been reported as $300,000, which the artist says is too high), but the majority of his income comes not from originals but reproductions: $30 for an 11-by-14 lithograph, $700 for something large, framed and signed.

Rob Dickerson, the account manager at the printing outlet that fills McNaughton’s orders, says when customers submit orders, they often include personal notes: Your work has meant so much to me. You are my favorite artist. Sometimes orders come in with a shipping address of Trump Tower. These aren’t Trump employees, Dickerson thinks: just regular citizens spending $250-$300 on a painting they’ll never hold, sent to a man who has more money than they ever will, because the art is doing . . . something . . . for their souls.

The other day, we flew to Utah to watch McNaughton put the finishing touches on his latest work, which he planned to release by the end of the week. Over the phone, he’d said only that the painting would be « Mueller-themed. »

American Fork, a Salt Lake City suburb, is an interesting town, a backdrop of ridiculous beauty and a foreground of bland chain restaurants. The address he’d provided led to Altus Fine Arts, an art consortium specializing in Mormon paintings, where McNaughton rents warehouse space. In the backroom of the nondescript white building, the painter had already set up his easel.

The new painting was “Mueller-themed” in the same way a banana is “fruit-themed”: there might have been a layer to peel back, but for the most part, the thing was just the thing. In the work, which McNaughton had tentatively titled “Exposing the Truth,” Trump grabbed special counsel Robert S. Mueller III by the necktie, roughly pulling him close while Mueller shrank back in fear. In Trump’s other hand was a magnifying glass, which he held inches from Mueller’s face.

“It’s about how it’s all kind of coming to a head,” McNaughton explained. “How Trump is turning the tables on Mueller. It does have a bit of a bully feel — Trump is saying, ‘I’m not going to be the victim here.’ ” McNaughton thinks that the president will end up firing Mueller, and the painting reflects that.

As McNaughton sat at his easel, painting the shadows on Trump’s sleeve, he explained that this wasn’t his regular studio. Normally, he works from his basement, which is also where he stages paintings (a lanky neighbor is the regular stand-in for Obama; McNaughton’s brother is the recurring “Forgotten Man”). But as his fame has grown, his wife’s tolerance for the circus has shrunk; no interviews in the house.

McNaughton talked about his faith: the Mormon mission he did in Japan in his youth. He talked about working as a financial planner for eight years until he’d saved enough money to pursue art full time. He talked about his art training at Brigham Young University, where a frustrated professor chastised him for not taking instruction better.

He talked about how he wakes up every morning and turns on the news, perpetually seeking out angles for future projects.

“I have a great idea for an immigration-themed painting,” he said. “I have a great idea for a foreign-policy-themed painting. I have an idea for a Second Amendment-themed painting, and an idea that involves a lot of past presidents, and a Christmas painting that’s going to be crazy.”

A good bellwether for if a painting would sell well was whether someone like Rachel Maddow, the liberal MSNBC host, was offended by it. Her blog once held a cheeky caption contest for one of his works. “My sales spiked after,” McNaughton said cheerfully.

While watching McNaughton paint, we told him that “Exposing the Truth” seemed tame compared with his earlier works. Nobody was burning or tearing the Constitution. Abraham Lincoln was not weeping in the background. Jesus Christ wasn’t presiding over the halls of Congress.

Several hours later we realized these standards were off. If a painting of the president of the United States physically threatening the special prosecutor didn’t seem downright wacky, then what did that say about what passes for normal in this country?

It’s perhaps not surprising to know that coastal critics don’t believe in McNaughton’s work. New York magazine’s Jerry Saltz has called it « visually dead as a doornail. » Stephen Colbert once did a whole segment lampooning the obvious metaphors in the painting: « Barack Obama represents President Obama, » Colbert deadpanned. « The burning Constitution represents a Constitution that is on fire. »

What isn’t entirely clear is whether McNaughton believed in it himself. The Trump world is populated by disciples — Michael Cohen, Diamond & Silk — whose ideology can seem both deeply felt as well as performative and opportunistic.

McNaughton’s art shapes perceptions of the president. It stokes anger in Trump’s supporters. But had McNaughton himself jumped on the Trump Train, or had he merely set up a lemonade stand at the station?

McNaughton didn’t support Trump at first; he liked Ted Cruz in the primaries. Ask what he thinks about Trump now, and he’s measured: “He gets away with stuff nobody else can get away with,” McNaughton says. “I laugh when I see it. I cringe and laugh at just about anything I see.” He says that his works do come from an emotional place but that he doesn’t view himself as a Trump supporter so much as a Trump observer.

“Take this painting,” he says at his makeshift studio, gesturing to “You Are Not Forgotten,” which hangs on an easel nearby. As a regal Trump gestures toward the Forgotten Man, who is planting a tree, a crowd of mostly veterans and law enforcement look on with approval. McNaughton asks, “Based on this painting, what do you think McNaughton thinks of Trump?”

The symbolism seems pretty bonk-you-on-the-head: tree as hope, Trump as savior, audience as grateful.

McNaughton says, No, that’s wrong. No, that’s not what he intended. “The point of the painting is that here are all the people who got him elected,” McNaughton says. “It’s, ‘Okay Mr. Trump, now you’re here, what are you going to do?’ ” The painting is not an endorsement of Trump, McNaughton says, so much as it’s a snapshot of the country in a moment in time. More than anything, he considers himself a “historical painter.”

“The way I look at it, these paintings will either be swept under the rug, or they’ll represent this era. The same with Trump, really.”

But if that’s true, it’s not really what comes across in his work. When people buy a painting, they don’t also buy McNaughton to come to their house and explain how “You Are Not Forgotten” is merely an observational statement about the demographics who elected Trump. The people who buy the painting are buying it because the message seems to be, “#MAGA #MAGA #MAGA,” in big neon lights.

This prompts a thoughtful interrogation into the meaning and purpose of art: How much ownership does a painter have over his messaging? How much should the artist’s intent inform the works’ perception?

Perhaps McNaughton is trying a little bit to have it both ways — to benefit from the fervor of Trump’s supporters, while leaving himself some plausible deniability about whether he’s a supporter himself. Perhaps it’s just about money?

To spend all day, every day, creating beatific images of Donald Trump would be exhausting, if you didn’t believe in Donald Trump at least a little. So McNaughton must believe in him at least a little.

But it’s complicated. As McNaughton talks, with some thoughtful sadness, about being the “whipping boy” of the art world he spent a lifetime hoping to join, he’s not the person you expect him to be.

Dickerson, the account manager, says that he doesn’t share the political views espoused in McNaughton’s paintings. Dickerson considers himself moderate-to-liberal, at least by Utah standards. “But,” he says, “I do have one of Jon’s paintings. I really like it. It’s in my office — should I go get it?”

He returns a few minutes later carrying a small square artwork, maybe 8 by 8 inches, that doesn’t look like anything else in the studio. It’s of John F. Kennedy. It’s a simple black-and-white sketch, and it’s accompanied by the JFK quote, “Let us not seek the Republican answer or the Democratic answer. Let us not seek to fix the blame for the past. Let us accept our own responsibility for the future.”

On McNaughton’s website, this painting does pop up, but it’s not featured prominently. The Kennedy drawing cost only $10, when it was for sale, but it’s no longer for sale. A note says that only 50 copies were made.

The next day, McNaughton brings a finished canvas of the Mueller painting back into the warehouse. He’d stayed up until 3 a.m. completing it, he says, and it’s changed quite a bit. Now, there are faces watching the Trump-Mueller altercation: James B. Comey, Rod Rosenstein, Jeff Sessions. McNaughton has also changed the name: Instead of « Exposing the Truth, » the painting is now titled « Expose the Truth » — a swap that makes the depiction seem less observational and more directive.

“A little more in-your-face,” McNaughton allows.

Whether he fully believes in what he’s doing or not, he’s chosen to lean into it, without hesi­ta­tion. He spends the afternoon composing the text that will accompany the painting on his website: “Robert Mueller leads a special council of at least 17 partisan Democrat attorneys who have yet to find a single piece of evidence against the President, yet they ignore the mounting verifiable evidence against Russian collusion with the DNC and the Clinton Foundation,” the text says. “There comes a time when you have to take a stand to Expose the Truth!”

McNaughton puts the painting up for sale on his website, and almost immediately people respond on Twitter: “GREAT PAINTING.” “WAKE UP, AMERICA!” “Time to take this country back from the arrogant minions of the LEFT.”

Scrolling through the online response to “Expose the Truth” — the McNaughton fans who can’t wait to order their own copies, and it’s hard not to think back to one of McNaughton’s earlier statements, about how his paintings didn’t provide the “warm, happy” vibe that people typically want out of their living-room artwork.

Maybe his work doesn’t make people feel good in the way we’ve traditionally defined “feeling good.” It doesn’t provide a sense of calmness, peace, and amity toward our fellow man. But his art does make people feel good under the new definitions of feeling good. It provides a self-fulfilling sense of self-righteousness. It assuages people, telling them that they are upset about the right things. It feels good because feeling angry and justified is the new feeling good.

McNaughton used to paint something new every few months. He says that’s changed, recently — now he’s painting something every few weeks, because it seems like that’s how often there is appetite for a new outrage.

Before leaving, we ask McNaughton for a tour of the warehouse, where all of his stock is kept, and he provides a copy of an out-of-date calendar: 12 of his greatest hits, consolidated in one item. It’s too large to fit in a carry-on, and at the airport gate, a few fellow passengers ask to flip through it.

“Oh, that guy,” one says wearily.

“Oh, that guy!” says another. “I think he’ll be famous for a long time. I think he gets America right.”

Voir par ailleurs:

In Calmer Debate, Biden and Trump Offer Sharply Different Visions for Nation
In a more restrained appearance, President Trump depicted Joseph R. Biden Jr. as an ineffectual Washington insider. Mr. Biden accused the president of heartlessness for separating migrant families and inflaming racial tensions.
Alexander Burns and Jonathan Martin
The New York Times
Oct. 22, 2020

President Trump and Joseph R. Biden Jr. delivered starkly divergent closing arguments to the country in the final presidential debate on Thursday, offering opposite prognoses for the coronavirus pandemic and airing irreconcilable differences on subjects from rescuing the economy and bolstering the health care system to fighting climate change and reshaping the immigration policy.

The debate was, on the whole, a more restrained affair than the first encounter between the two candidates last month, when Mr. Trump harangued Mr. Biden for most of an hour and a half and effectively short-circuited any policy debate. But if the tenor of Thursday’s forum was more sedate, the conflict in matters of substance and vision could not have been more dramatic.

From the opening minutes, the two candidates took opposing stances on the pandemic, with Mr. Trump promising, in defiance of evidence, that the disease was “going away” while Mr. Biden called for much more aggressive federal action for the “dark winter” ahead.

Mr. Trump, who badgered Mr. Biden with increasing aggression over the course of the debate, appeared determined to cast his opponent as a career politician who was, as he jabbed toward the end of the debate, “all talk and no action.” And the president used the event as his most prominent platform yet for airing unsubstantiated or baseless attacks about the finances of Mr. Biden and members of his family.

Mr. Trump, however, did little to lay out an affirmative case for his own re-election, or to explain in clear terms what he would hope to do with another four years in the White House. He frequently misrepresented the facts of his own record, and Mr. Biden’s. And on his most important political vulnerability — his mismanagement of the pandemic — Mr. Trump hewed unswervingly to a message that happy days are nearly here again, even as polls show that a majority of voters believe the worst of the coronavirus crisis is still ahead.

Trailing in a series of crucial swing states, and with 48 million Americans having already voted, the president was under more pressure. But while he proved he can engage in a more conventional political jousting, it was less clear whether his performance could prompt people who dislike him to reconsider their well-ingrained perceptions.

Mr. Biden, for his part, stuck to the core of the argument that has propelled his campaign from the start, denouncing Mr. Trump as a divisive and unethical leader who has botched the federal response to a devastating public-health crisis. Though Mr. Trump pushed him onto the defensive repeatedly, the former vice president also laid out a fuller version of his own policy agenda than he managed in the first debate, calling for large-scale economic stimulus spending, new aid to states battling the pandemic and a muscular expansion of health care and worker benefits nationwide.

Significantly, Mr. Biden made no serious error of the sort that could haunt him in the final days of a race in which he’s leading.

Of all the disagreements between the two candidates, none blazed more brightly than their assessments of the American experience battling the coronavirus.

Prompted by the moderator, Kristen Welker of NBC News, to explain his plan for the coming months, Mr. Trump stuck to the sunny message he has delivered at recent campaign rallies, promising a vaccine in short order and citing his own recovery from a bout with the virus as an example of medical progress. The president boasted that he was now “immune” to the disease, and insisted that states like Texas and Florida had seen the virus fade away, even as case counts are on the rise across the country.

“I’ve been congratulated by the heads of many countries on what we’ve been able to do,” Mr. Trump said, without offering any specifics.

Mr. Biden, in response, pressed a focused and familiar line of attack against the president, faulting him for doing “virtually nothing” to head off the pandemic early this year and heading into the coldest part of the year with no defined plan to control the virus. Holding up a face mask, Mr. Biden said he would encourage all Americans to don them and would ramp up rapid testing on a national scale.

“We’re about to go into a dark winter, a dark winter, and he has no clear plan,” Mr. Biden said. Mr. Trump shot back: “I don’t think we’re going to have a dark winter at all — we’re opening up our country.”

But when the president said “we’re learning to live with” the coronavirus, Mr. Biden pounced. “We’re learning to die with it,” he said.

“Anyone who’s responsible for that many deaths should not remain as president of the United States of America,” he said. “I will end this. I will make sure we have a plan.”

The president did, however, say for the first time, “I take full responsibility” for the impact of the virus. Then he quickly sought to skirt blame. “It’s not my fault that it came here — it’s China’s fault,” he said.

The debate on Thursday, at Belmont University in Nashville, represented perhaps the last opportunity for Mr. Trump to shake up the presidential campaign and claw his way into closer contention against Mr. Biden with just 11 days remaining.

Mr. Trump was more coherent than in the first debate, getting off a series of attack lines depicting Mr. Biden as a career politician and avoiding harsh personal critiques of his children.

With the candidates’ microphones turned off at times while the other was speaking, a new rule implemented to avoid a repeat of Mr. Trump’s constant interruptions in the first debate, their facial expressions often did the talking. When Mr. Biden said Rudolph W. Giuliani, Mr. Trump’s lawyer, was being “used as a Russian pawn,” the president gaped and jarred his head to the right. And when Mr. Trump insisted, not for the first time, that he would release his tax returns after an I.R.S. audit, Mr. Biden let out a wide, here-we-go-again grin.

It was in the second segment of the debate that the exchanges turned sharply personal, as the focus shifted to foreign interference in American elections. Mr. Biden spoke first, warning that countries like Russia and Iran would “pay a price” for tampering with the campaign. Alluding to unsubstantiated stories about him that have circulated in conservative media, Mr. Biden chided Mr. Trump for the actions of “his buddy Rudy Giuliani.”

Mr. Trump rapidly escalated matters, brandishing the unproven allegations about Mr. Biden’s son to accuse his rival of personally taking money from foreign interests. “They were paying you a lot of money and they probably still are,” Mr. Trump said, leveling a charge for which no evidence has surfaced. An investigation by Senate Republicans found no evidence that Mr. Biden, the former vice president, engaged in wrongdoing over his son’s business dealings.

Mr. Biden rejected the charge, saying he had “not taken a penny from any foreign source ever in my life.” Pushing back on the president, he cited a New York Times report that Mr. Trump maintained a Chinese bank account and challenged the president to let the American people see his tax returns. “Release your tax returns,” Mr. Biden said, “or stop talking about corruption.”

The extended back-and-forth was the most prominent airing so far of the negative message that Mr. Trump clearly sees as his best chance of undermining Mr. Biden in the final days of the presidential campaign. But the clash did not yield the kind of explosive confrontation that strategists on both sides had anticipated, and in some cases feared.

As Mr. Trump peppered Mr. Biden with exaggerated or baseless charges, Mr. Biden repeatedly countered, “Not true,” sometimes without elaboration, and the segment took on a kind of flat and circular shape.

After the protracted back-and-forth, Mr. Biden sought to pivot with a rehearsed line, saying: “It’s not about his family and my family. It’s about your family.”

Mr. Biden’s strongest moment may have been when he looked into the camera and knowingly addressed voters. “You know who he is,” he said, alluding to Mr. Trump. “You know his character. You know my character. You know our reputations for honor and telling the truth.”

At times, the debate resembled a more conventional political clash between a Democrat and a Republican, albeit with an incumbent president quick to distort his opponent’s positions.

“He wants socialized medicine,” Mr. Trump insisted of Mr. Biden, citing the stances of more liberal Democrats, including Mr. Biden’s running mate, Senator Kamala Harris, and Senator Bernie Sanders, both former primary foes of Mr. Biden.

“He thinks he’s running against somebody else,” Mr. Biden said, adding, “I beat all those other people because I disagreed with them.”

The candidates both expressed support for new federal spending on a large scale to help prop up the economy and aid distressed individuals and households, an initiative still gridlocked on Capitol Hill. Mr. Trump again blamed House Speaker Nancy Pelosi for the holdup, promising that if a deal were arranged, lawmakers from his own party would fall in line.

But he continued to draw a firm line against Democratic-backed plans to help distressed states and cities close immense budget gaps. That aspect of the Democrats’ legislation, the president said, was merely “a big bailout for badly run Democrat cities and states.”

Mr. Biden called state relief an urgent priority and defended his party’s congressional wing, pointing out that it passed new relief legislation months ago that had languished before the Republican Senate. And he put the onus on Mr. Trump to drum up support in that chamber. “Why isn’t he talking to his Republican friends?” Mr. Biden said.

Days after it was reported that the government had failed to locate the parents of more than 500 migrant children separated from them by the Trump administration, the president repeatedly evaded questions about how he intended to reunite those families. “We are trying very hard,” Mr. Trump said, before attempting to pivot into an attack on the Obama administration’s border policies.

But Mr. Biden castigated the president for imposing a family separation policy in the first place. “Those kids are alone — nowhere to go,” Mr. Biden said. “It is criminal. It is criminal.”

And he also suggested he would be more effective at addressing the issue than the president he served — Barack Obama.

“I’ll be president of the United States, not vice president of the United States,” Mr. Biden said, vowing to deliver an immigration overhaul that offers unauthorized migrants a pathway to legal status in the first 100 days of his administration.

After Mr. Biden described climate change as an “existential threat” requiring an all-out government response, Mr. Trump made a counterargument riddled with inaccuracies and some allegations that were simply perplexing. He claimed falsely that the construction of renewable-energy facilities created more emissions than traditional fuels, and accused Mr. Biden of trying to mandate that buildings be constructed with “little, tiny, small windows.” And he again insisted that wind energy is “extremely expensive” and “kills all the birds.”

In a debate that was originally planned as a forum on national security, the two candidates devoted only a few glancing exchanges to the subject. In one, Mr. Trump took credit for averting war on the Korean Peninsula, touting his “good relationship” with the North Korean leader, Kim Jong-un, and faulting the Obama administration for failing to establish such relations. Mr. Kim, he said, “didn’t like Obama.”

Mr. Biden defended the Obama administration’s view of Korean diplomacy, explaining that it had not wanted to “legitimize” Mr. Kim.

At the end of the debate, Mr. Biden said he would push the country to “transition from the oil industry,” adding that “the oil industry pollutes significantly” and that he would end federal subsidies. Sensing an opening, Mr. Trump said “that’s a big statement” and then invoked a series of states with energy-heavy industries. “Will you remember that Texas? Will you remember that Pennsylvania, Oklahoma?”

Voir enfin:

Trump Has Not Been ‘Clear’ in Support of Masks

Health and Human Services Secretary Alex Azar says President Donald Trump has been “clear” in calling for the public to “wear face coverings when you can’t social distance.”

The official messaging from the White House has been, as Azar put it, “clear and unambiguous” since early April. But the president’s statements have been anything but.

In the last two weeks, Trump has offered tepid endorsement for masks, saying: “The mask, perhaps, helps.” He has also raised doubts about the science, noting that health experts who now advocate public mask-wearing were once opposed to it. “I guess I’m somewhere in the middle,” Trump said recently. And: “I understand both sides of the argument.”

“There are a lot of people think that masks are not good,” Trump said at a town hall on Sept. 15. Adding at a press conference the next day, “Masks have problems, too.”

He has repeatedly mocked Democratic presidential nominee Joe Biden’s appearance in a mask and for wearing one in circumstances that Trump doesn’t think is necessary. He also accused one reporter of being “politically correct” for declining to take off his mask to ask a question.

And, of course, the president has continued to hold densely packed rallies where many supporters are not wearing masks. Trump has said little to discourage them. For example, Trump held an indoor rally in Nevada on Sept. 13 in defiance of the governor’s order limiting the size of gatherings. Press reports noted that few in the densely packed crowd wore masks, though Trump made no mention of the subject.

We reviewed all of Trump’s comments going back to April 3 when the Centers for Disease Control and Prevention issued recommendations for public mask-wearing. Announcing the new guidance that day, Trump repeatedly reminded that the recommendation was voluntary and that he personally would not be wearing a mask. In the following months, his position on masks remained lukewarm — saying he had “no problem” with mask-wearing — but refusing to be seen wearing one himself.

His stance evolved some over the summer, as the coronavirus continued to spread around the country. On July 20, he released a photo of himself in a mask. And he repeatedly made unequivocal calls for the public to wear masks, particularly when he appeared to be reading from prepared notes. But his waffling returned late in the summer around the time he began to stage rallies.

Since then, his public comments have been inconsistent, toggling between advocacy and casting doubt, sometimes in the same speech or interview.

Azar’s Spin

In an interview with Azar on Sept. 24, the “Today” show’s Savannah Guthrie said Trump’s statements on masks have been “all over the place,” and she asked Azar if masks are “going to make this pandemic less terrible than it is, basically.” (Starting at the 6:40 mark.)

“Masks are important,” Azar said. “We have been clear since the, the president has been clear since his April guidance on reopening the economy.”

When Guthrie responded that Trump “hasn’t been clear,” Azar referred to the government’s coronavirus.gov website. “It’s right there, coronavirus.gov, the president’s guidance on reopening: wear face coverings when you can’t social distance. Very clear. He says it, I say it, every health leader says it.”

When Guthrie countered, asking if Trump’s voice wasn’t louder than a government website, Azar again said, “Well, he says it. I say it. The FDA, CDC, NIH, that’s all we talk about is ‘Wear face coverings when you cannot social distance.’”

The government’s guidance has been “clear and unambiguous,” Azar said: “Wear your face coverings when you can’t be socially distant.”

The official government messaging may be consistent, but as we said, the president’s rhetoric is not. In an interview just two days prior, Trump said the guidance from health experts was originally for the public not to wear masks. After scientists began to learn more about the asymptomatic spread of the virus, that guidance changed. But Trump often brings up this change in position from the scientific community, as he did in an interview on Sept. 22, to express doubts about mask-wearing.

“Everybody was talking about like masks were a bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do,” Trump said. “You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

CDC’s April Guidance

As Trump has often pointed out, members of the scientific community — including Dr. Anthony Fauci, director of the National Institute of Allergy and Infectious Diseases, and U.S. Surgeon General Dr. Jerome Adams — were in the early months of 2020 telling the general public not to wear face masks.

However, as health officials learned more about the virus, and how often it was being transmitted by asymptomatic carriers, the CDC reversed course on April 3 and recommended that people begin “wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain.” (Trump on Feb. 7 acknowledged privately in an interview recently made public that he knew the virus is transmitted through the air and it’s much deadlier than the flu.)

In a coronavirus task force briefing in which the new CDC recommendation was announced, Trump repeatedly stressed that the CDC’s recommendation was voluntary, and that he wouldn’t personally be following it.

Trump, April 3: In light of these studies [on asymptomatic spread], the CDC is advising the use of non-medical cloth face covering as an additional voluntary public health measure. So it’s voluntary; you don’t have to do it. They suggested for a period of time. But this is voluntary. I don’t think I’m going to be doing it …

So with the masks, it’s going to be, really, a voluntary thing. You can do it. You don’t have to do it. I’m choosing not to do it, but some people may want to do it, and that’s okay. It may be good. Probably will. They’re making a recommendation. It’s only a recommendation. It’s voluntary.

Adams, the surgeon general, went into detail at the press conference about why the change to recommending public use of masks was made.

“Well, it’s important to know that we now know from recent studies that a significant portion of individuals with coronavirus lack symptoms,” Adams said. “They’re what we call asymptomatic. And that even those who eventually become pre-symptomatic, meaning that they will develop symptoms in the future, can transmit the virus to others before they show symptoms. This means that the virus can spread between people interacting in close proximity: for example, coughing, speaking, or sneezing, even if those people were not exhibiting symptoms. In light of this new evidence, CDC recommends and the task force recommends wearing cloth face coverings in public settings where other social distancing measures are difficult to maintain. These include places like grocery stores and pharmacies. We especially recommend this in areas of significant community-based transmission. It is critical.”

The official White House messaging — aside from Trump — has been consistent since then in advocating for the public to wear masks when social distancing is not possible.

‘No Problem’ with Masks

In the ensuing weeks, Trump repeatedly said he had “no problem with face masks,” but that he would leave it up to states’ governors to decide whether to mandate their use. He also said he, personally, would “have no problem wearing a mask,” if the conditions were appropriate. Trump told reporters he wore a mask briefly while touring Honeywell in early May, though the press did not see it, or photograph it.

On May 11, Trump told reporters that he had begun requiring that White House staffers wear masks. But during the same press conference, Trump said the public had “learned about facemasks — the good and the bad, by the way. It’s not a one-sided thing, believe it or not.”

On June 20, Trump held an indoor rally in Tulsa. Although there was little social distancing and few in the relatively sparse crowd wore masks, Trump made no appeal to the crowd to wear masks. To the contrary, Trump complained only that the media did not highlight when Black Lives Matter protesters were not wearing masks.

In an interview on July 1 on the Fox Business Network, Trump said he’d “absolutely” wear a mask “if I were in a tight situation with people.” And he said he had worn a mask and liked the way it looked on him. “It was a dark black mask, and I thought it looked OK,” Trump said. “Looked like the Lone Ranger.”

Trump again added that he had “no problem” with masks “and if people feel good about it, they should do it.”

Raising Doubts

In a telephone interview with Sean Hannity of Fox News on July 9, Trump again brought up the reversal by the scientific community on masks, and framed it as an ongoing debate (even though by then there was consensus from his health advisers advocating public mask-wearing).

“They have been wrong about a lot of things, including face masks,” Trump said. “Maybe they are wrong, maybe not. But a lot of them said, don’t wear a mask, don’t wear a mask. And now they are saying, wear a mask. So, a lot of mistakes were made, a lot of mistakes.”

Trump added that “it’s fine to wear a mask, if it makes you feel comfortable” and that mask-wearing was appropriate in some situations, like when someone visits a hospital.

During the interview, Trump took the opportunity to ridicule Biden for the way he wears his masks, and for wearing one even when he is socially distanced from others. It became a familiar refrain for Trump in interviews and speeches.

Trump, July 9: I watched Biden walk onto a stage with his — practically — like, today, there was almost nobody in the room. He’s making a speech. And they have these massive circles. And the circles are very far away from each other to start off with. And then they have just a few people in the audience. And he makes a speech. And he walks onto the stage wearing this massive mask. There’s nobody on the stage. And then he takes it off. He likes to have it hang off usually the left ear. I think it makes him feel good, frankly, if you want to know the truth. And I guess that’s OK. But when there’s nobody around, you don’t really have to do that. But he feels it’s good. And I’m OK with it, if he wants to do that. He’s got the largest mask I think I have ever seen. It covers up a big proportion of his face. And I think he feels he looks good that way.

Biden has defended his decision to wear masks in those situations, saying it is part of “setting the example that I’ve tried to set since this began, of being responsible.”

Trump was finally photographed in a mask two days later while visiting Walter Reed National Military Medical Center. In a CBS interview on July 14, Trump said he felt an “obligation” to wear a mask in the hospital, because some patients had just come out of operations, and he wanted to be close to them.

Asked if he would tell the American people to wear a mask, Trump hedged.

Trump, July 14: Well, I’d say listen to that instruction, listen to your governors. But I have to say the same people that say wear a mask are people that said, a long time ago, don’t wear a mask, masks are bad. They said they’re not good. So, you know, like Dr. Fauci, surgeon general, a lot of people — a lot of people — the surgeon general said that also.

And right now that [the CDC guideline] is saying wear a mask, and that’s okay with me. That’s good. Those guidelines are good. I’m not stopping them from saying it. I do say this, originally people were saying don’t wear a mask. People that we all respect were saying don’t wear a mask because, look, you know, it’s got certain drawbacks and they say don’t wear a mask. Now they’re saying wear a mask. I’m okay. And it does evolve. You know, I mean, the thought process evolves. So let’s see what happens.

In an interview with Fox News’ Chris Wallace four days later, Trump offered this mixed message: “I don’t agree with the statement that if everybody wear a mask everything disappears. Hey, Dr. Fauci said don’t wear a mask. Our surgeon general — terrific guy — said don’t wear a mask. Everybody who is saying don’t wear a mask — all of sudden everybody’s got to wear a mask, and as you know masks cause problems, too. With that being said, I’m a believer in masks. I think masks are good. But I leave it up to the governors.”

Wearing Masks ‘Patriotic’

Perhaps Trump’s strongest appeal for mask-wearing came via a tweet on July 20, in which he suggested it was patriotic to don one.

In a press conference the following day, Trump continued his full-throated advocacy for masks.

Trump, July 21: We’re asking everybody that when you are not able to socially distance, wear a mask, get a mask. Whether you like the mask or not, they have an impact. They’ll have an effect. And we need everything we can get. …

If you’re close to each other, if you’re in a group, I would put it on. …

I view it this way: Anything that potentially can help — and that certainly can potentially help — is a good thing. I have no problem. I carry it. I wear it. … I’m getting used to the mask, and the reason is — think about patriotism. Maybe it is. It helps. It helps.

Now, we have experts that have said, in the recent past, that masks aren’t necessarily good to wear. You know that. But now they’ve changed their mind. If they change their mind, that’s good enough for me.

In an interview the following day on Fox News, Trump continued to lobby for mask-use.

“I believe that you should wear it, even if there’s a 1% chance it helps,” Trump said. “You know, when you look at Dr. Fauci and others — and this isn’t a knock, because this is just the way it — if you look, early on, they were all saying, don’t wear a mask. Don’t wear a mask. That didn’t make total sense to me, but don’t wear a mask. Now they’re all saying, wear a mask. My attitude is, it probably helps. Give it a shot, because we have to win this thing. So, it’s not a question of pride. It’s not a question of anything. We have to win this. So, when you’re in a certain situation, I think you should wear a mask.”

In more than a half dozen coronavirus press briefings from late July through mid-August Trump was consistently unequivocal in calling for the public to “wear a mask if you cannot socially distance.

In a TV interview on Aug. 4, Trump said, “People question masks, but there’s no downside in wearing them.”

In a coronavirus briefing on Aug. 13, Trump tried to draw a distinction between his approach and Biden’s on masks, claiming that Biden wanted a federal mask mandate, while he has left it up to states to decide. (Biden in August said, “Every governor should mandate mandatory mask wearing.” He later clarified that “there’s a constitutional issue whether federal government could issue such a mandate. I don’t think constitutionally they could, so I wouldn’t issue a mandate.”)

“My administration has a different approach: We have urged Americans to wear masks,” Trump said. “And I emphasized this is a patriotic thing to do. Maybe they’re great and maybe they’re just good. Maybe they’re not so good. But frankly, what do you have to lose?”

In a campaign speech in Old Forge, Pennsylvania, on Aug. 20, Trump said, “Do the masks. I mean, it’s just not going to hurt. Do them. Do them. If you feel it, do them.”

Back to Waffling

Trump resumed his in-person rallies in September, and with them began his hedging on masks.

In a campaign speech in Latrobe, Pennsylvania, on Sept. 3, Trump was back to mocking Biden for the way he wears his masks, and when.

“I’ve never seen a man that like the mask more,” Trump said of Biden. “Look, I’m all for it … but did you ever see a man that likes a mask as much as him? And then he makes a speech and he always has it, not always but a lot of times he has it hanging down because you know what, it gives him a feeling of security. If I were a psychiatrist — right? No, I would say — I would say this guy has got some big issues.”

And Trump’s waffling on using masks returned in an ABC News town hall on Sept. 15.

“But whether it’s Dr. Fauci or anybody else, a lot of people got it wrong,” Trump said. “They talked about don’t wear masks, and now they say wear masks. Although some people say don’t wear masks. I mean you have a lot of different ideas.”

“Now there are, by the way, a lot of people don’t want to wear masks,” Trump said later. “There are a lot of people think that masks are not good.”

Trump went on to talk about waiters who touch their masks “and then they’re touching the plate. That can’t be good. … The concept of a mask is good, but it also does … you’re constantly touching it, you’re touching your face, you’re touching plates. There are people that don’t think masks are good.”

In a press briefing the next day, Trump continued to express doubt about the efficacy of wearing masks, and then later said he thought they work.

Trump’s comments came in response to a question about Dr. Robert Redfield, the head of the CDC. Redfield testified about masks, saying: “We have clear scientific evidence they work, and they are our best defense. I might even go so far as to say that this face mask is more guaranteed to protect me against Covid than when I take a Covid vaccine.”

Trump challenged that comment, saying, “Number one, it’s not more effective, by any means, than a vaccine.”

“On masks — masks have problems, too,” Trump said. “And I talked about the masks about to be handled very gently, very carefully. I see that, in restaurants, they have people with masks and they’re playing around with their mask, and they have it — their fingers are in their mask and then they’re serving with plates. I mean, I think there’s a lot of problems with masks.”

“The mask, perhaps, helps,” Trump said minutes later. “Don’t forget: A lot of people didn’t like the concept of masks initially. Dr. Fauci didn’t like them, and a lot of people didn’t. And I’m not knocking anybody, because I understand both sides of the argument.”

At a campaign rally in Bedmidji, Minnesota, on Sept. 18, Trump argued that he ought to call his rallies a protest, to get around mask-restrictions.

“You don’t have to wear masks at protests,” Trump claimed. “So I said, ‘You know, we can’t have a rally.’ The most we can have is 10 people, but why don’t we just call it a protest because this is a protest. It’s a protest against stupidity. ”

In an interview with a local Fox station in Detroit on Sept. 22, the reporter noted that at some recent Trump rallies, there appeared to be many people “almost celebrating the fact that they didn’t have to wear a mask.”

Trump said he “didn’t see that.”

“No I think people should wear a mask if they can, if they feel they can, they should,” Trump added. “But I don’t think it should be a mandatory policy.”

“But when you look out into the audience when you’re doing these rallies, and you see the number of people who don’t have masks, does that concern you about the future and this fall?” the reporter asked.

“I must be honest, I see a lot of people with masks,” Trump said. “I also see a little bit of a spreading out. One of the reasons I do the rallies in outside settings is because it’s much better. It’s, you know, recommended. I don’t know if they know what they’re recommending, but they recommend being outside like we’re outside right now.”

In an interview with WGN America at the White House the same day, Trump was again pressed about whether he was concerned about so many maskless people at rallies being exposed to COVID-19.

“No,” Trump said. “Because my supporters are very smart and they do, a lot of them wear masks and some don’t, that’s their choice. But they’re, you know, when you’re outside, you have a lot of room, and everything that I’ve read and everything that I’ve seen is outside is better in terms of COVID or as I call it the China virus.”

Trump accused the CDC of sending mixed messages on masks.

“You know, at one point they were saying, don’t wear a mask,” Trump said. “Dr. Fauci said, don’t wear a mask — everybody was talking about like masks were bad thing. Then they come like masks are the greatest thing you can do. You know, you get all these different messages. And I guess I’m somewhere in the middle, to be honest with you.”

“There is a mixed message there,” Trump said. “But if you remember the original message was don’t wear masks.”

Azar is right that the White House messaging has been “clear and unambiguous” — and consistent since early April — that people should wear a mask when they can’t social distance. But as the many comments above reflect, the president has not always been “clear” in delivering that message.

FactCheck.org fellows Caitlin Quinn and Bala Thenappan contributed to this article.

COMPLEMENT:

The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.

COMPLEMENT:

« Cancel culture », « woke »: quand la gauche américaine devient folle

ENQUÊTE – Le mouvement, parti des campus américains, pratique une censure agressive, au nom du droit à ne pas être offensé. Il inquiète une partie de l’intelligentsia libérale qui voudrait défendre la liberté d’expression.

La scène, filmée par un téléphone portable, est surréaliste. Nous sommes au printemps 2017 et, dans les couloirs du collège universitaire Evergreen State, dans l’État de Washington, un professeur est encerclé par une horde hurlante d’étudiants. Tee-shirt noir, barbiche poivre et sel, Bret Weinstein, 48 ans, se démène pour essayer de dialoguer avec la foule déchaînée. Peine perdue.

Alors que l’enseignant tente de s’expliquer, les jeunes gens s’esclaffent et chantent «Hey Hey Ho Ho, Bret Weinstein has to go» (« Bret Weinstein doit démissionner»). Qu’a donc fait ce professeur de biologie pour mériter un tel opprobre? Juif démocrate, supporteur de Bernie Sanders et du mouvement Occupy Wall Street, se définissant comme «profondément progressiste», Bret Weinstein n’est pas conservateur. Il n’a pas manifesté son soutien à Trump ou dérapé sur Twitter. Il n’a même pas, comme son alter ego littéraire Coleman Silk, le héros de La Tache de Philip Roth, utilisé un mot vexant.

Non, le crime de ce professeur est de s’être opposé à l’organisation d’un «Jour d’absence» dans son établissement, où les «Blancs» de l’université étaient invités à rester chez eux pour laisser les «personnes de couleur» seules sur le campus. Ce jour de ségrégation raciale imposé relevait selon lui d’une forme de racisme antiblancs.

Victime d’une campagne virale, Bret Weinstein a fini par démissionner, après que le chef d’établissement, prenant le parti des étudiants, lui eut affirmé qu’il ne pouvait plus assurer sa sécurité. «Ma femme et moi avons vécu une véritable tornade personnelle qui était annonciatrice de la tornade qui a balayé tout le pays. Evergreen est maintenant partout», confie-t-il trois ans plus tard.

Contrairement à une presse généraliste à l’époque très silencieuse sur l’événement, l’éditorialiste du New York Times Bari Weiss avait pressenti l’importance de l’affaire Evergreen. «Quand la gauche se retourne contre les siens», titrait-elle sa tribune pour décrire cette invraisemblable purge, menée par une nouvelle génération progressiste obsédée par la question des discriminations, envers un professeur issu des rangs de la gauche libérale. «Faire taire les conservateurs était devenu une habitude. Mais, maintenant, voilà que les militants anti-liberté d’expression tournent leur colère de plus en plus vers les progressistes libéraux», notait Bari Weiss.

Elle ne croyait pas si bien dire: moins de trois ans plus tard, cette rédactrice en chef adjointe des pages opinion, qui avait été débauchée du Wall Street Journal pour apporter davantage de pluralisme dans le prestigieux quotidien libéral new-yorkais, dut, elle aussi, démissionner dans le sillage de son patron, James Bennett. Ce dernier avait été licencié pour avoir laissé passer une tribune du sénateur républicain Tom Cotton, qui appelait à envoyer l’armée contre les émeutiers après la mort de George Floyd, un point de vue alors partagé par une majorité d’Américains, mais qui avait choqué ses jeunes collègues. Son cas rappelle celui de Ian Buruma, ex-directeur de la prestigieuse New York Review of Books, poussé à la démission à l’automne 2018 parce qu’il avait osé publier la tribune d’un homme accusé d’agressions sexuelles, puis relaxé, qui témoignait de la difficulté à refaire sa vie.

Comme Bari Weiss, une journaliste du quotidien britannique The Guardian, Suzanne Moore, a claqué la porte de son journal, poussée à bout après avoir été harcelée par ses propres collègues pour avoir publié un article supposément «transphobe». La romancière britannique J.K. Rowling a elle aussi été traitée de Terf (trans-exclusionary radical feminist), c’est-à-dire de féministe anti-trans pour avoir affirmé sur Twitter que la différence des sexes était une réalité biologique. La créatrice de Harry Potter, admirée et connue dans le monde entier pour sa saga, fut brutalement jetée à bas de son piédestal par une frange minoritaire d’activistes inondant les réseaux sociaux de messages haineux à son encontre. L’acteur Daniel Radcliffe, qui doit sa carrière au rôle du jeune sorcier qu’il a incarné au cinéma, a cru bon de présenter ses excuses pour «la souffrance que ces commentaires (ceux de J.K. Rowling) [avaient] causée».

Une forme moderne d’ostracisme

La liste des personnalités victimes de la censure progressiste ne cesse de s’allonger, surtout en terre anglo-saxonne. Ce processus de désintégration sociale menée au nom du bien porte un nom: la «cancel culture» ou «culture de l’annulation» , qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. On pourrait croire que cette fièvre dénonciatrice n’est pas nouvelle et considérer avec Philip Roth dans son célèbre incipit de La Tache, que «le vertige de l’indignation hypocrite» est «la plus vieille passion fédératrice de l’Amérique». Cependant, la cancel culture, si elle reprend les codes du «politiquement correct» tel qu’il a émergé sur les campus américains dès les années 1960, modernise l’ostracisme qui s’adosse désormais à la puissance des réseaux sociaux et à une nouvelle mentalité militante.

Dans leur livre The Coddling of the American Mind: How Good Intentions and Bad Ideas Are Setting Up a Generation for Failure («Le chouchoutage de l’âme américaine: comment de bonnes intentions et de mauvaises idées préparent une génération à l’échec»), Jonathan Haidt et Gregory Lukianoff qualifient de «culture of safetysm» (que l’on pourrait traduire par «culture de l’obsession d’être protégé») cette mentalité d’une nouvelle génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme quant au bienfait illimité du progressisme multiculturaliste sont considérés comme autant de «micro-agressions» exigeant la création d’espaces sécurisés (safe spaces) où aucune parole blessante ne puisse les atteindre.

Cette nouvelle censure est différente du vieux sectarisme marxiste en ce qu’elle repose quasi exclusivement sur le «ressenti» victimaire. «Je me sens blessé»: tel est désormais l’argument qui justifie toutes les excommunications. Avoir conscience que l’on est blessé ou que l’on blesse, c’est être «éveillé», «woke». Ce terme d’argot, «woke», s’est généralisé après les premières émeutes de Black Lives Matter («les vies noires comptent») en 2014, et notamment le film Stay Woke: The Black Lives Matter Movement, de l’acteur Jesse Williams.

Être «woke», pour un Afro-Américain qui adhère à la cause, c’est être en permanence vigilant quant au racisme et aux discriminations que l’on peut subir. L’être pour un Blanc, c’est avoir conscience de ses privilèges. Ainsi, à l’université d’Evergreen, les professeurs étaient-ils conviés à énumérer leurs «privilèges» (blanc, mâle, «validiste», c’est-à-dire non handicapé, etc.), avec une étiquette collée sur leur torse déclinant les pronoms qu’il fallait utiliser en s’adressant à eux (him/her/she/he), pratique mise en place pour ne pas risquer de «mégenrer» certaines personnes – et que la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, emploie elle-même sur son compte Twitter.

La woke culture nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité

Seth Greenland, auteur de «Mécanique de la chute»

Ces séances d’«autocritique», dont le grotesque n’a curieusement pas encore été vraiment exploité par les humoristes («parce qu’ils sont terrifiés», estime le rédacteur en chef de Tablet, Jacob Siegel), sont désormais obligatoires ou fortement recommandées au corps professoral dans un nombre croissant d’universités. «La woke culture est devenue le fléau de la liberté de pensée. Elle pose comme principe la vision du monde identitaire que le libéralisme avait tenté d’éradiquer, l’idée que nous ne sommes pas fondamentalement définis par la communauté dans laquelle nous sommes nés, notre orientation sexuelle, notre couleur de peau. Elle nie le libre arbitre et la complexité de la morale. Elle est l’ennemie de la créativité», affirme l’écrivain Seth Greenland, auteur de Mécanique de la chute, un roman où il raconte le lynchage d’un milliardaire accusé de racisme. «Le wokisme refuse l’idée fondamentale du libéralisme selon laquelle deux valeurs incompatibles peuvent être autorisées à cohabiter. Pour les justiciers sociaux, cette tolérance des désaccords n’est qu’un instrument brandi par l’oppresseur pour soumettre l’opprimé!», renchérit Jacob Siegel, auteur d’un article de Tablet sur le sujet qui a fait grand bruit.

Parfois, le lynchage psychologique conduit à la mort physique, comme dans le cas de Mike Adams. Ce professeur de l’université de Caroline du Nord très critique du mouvement identitariste, «qui avait eu le malheur de publier un tweet dénonçant les mesures prises par le gouverneur démocrate de son État en matière de Covid, n’a pas résisté à la pression», raconte Greg Lukianoff. «Laissez mon peuple aller», avait-il écrit, parlant «de l’État esclavagiste de Caroline du Nord». Une formule jugée inacceptable par la meute antiraciste. Harcelé et menacé, il a fini par se suicider en juillet. «On lui a dit qu’il était le Mal», note, horrifié, Lukianoff, qui était son ami.

De la French Theory à la bureaucratie d’État

Le succès stupéfiant de cette culture de la contestation, fondée sur la revendication d’un sectarisme effréné qui peut aller jusqu’à tuer dans l’indifférence générale, reste en partie une énigme au pays de la libre parole, même si Tocqueville avait averti dans son opus De la démocratie en Amérique sur la propension de l’opinion publique américaine à «tracer un cercle de la pensée» au-delà duquel il est très dangereux de s’aventurer.

Lukianoff, un libéral de gauche de 48 ans, qui milita longtemps au sein du bastion progressiste de la puissante Union américaine pour les libertés civiques (Aclu), mais dirige aujourd’hui une fondation qui se bat pour la liberté d’expression sur les campus (Fire), juge indispensable de remonter à l’attitude des écoles de pensée postmodernistes des années 1960 pour comprendre la situation actuelle. «Il est devenu possible, à partir de ces années-là, de disqualifier d’entrée de jeu toute pensée conservatrice, c’est-à-dire la moitié de la population du pays et la majorité du reste du monde!», explique-t-il, reconnaissant qu’il lui a fallu «du temps» pour comprendre «à quel point cet ostracisme était dangereux». «S’est mise en place une sorte de forteresse théorique parfaite qui se défend en accusant toute personne qui exprime un désaccord d’être conservatrice», poursuit-il. «Tant que la proportion des libéraux et des conservateurs était de 3 pour 1, il restait des garde-fous, mais on en est aujourd’hui à quelque 30 pour 1!», note Lukianoff, précisant que les conservateurs ont peu à peu quitté la place «parce qu’ils estimaient que l’université devait rester à l’extérieur de la politique».

Une fois l’exclusion pratiquée à l’encontre des conservateurs, il a été facile de l’étendre à d’autres groupes, au fur et à mesure qu’il devenait légitime de disqualifier les hommes, les Blancs, les hétéros…, explique-t-il, parlant d’un «trou sans fond engloutissant de plus en plus de monde». «Au final, dans cette logique d’exclusion qui s’auto-nourrit, 100 % de la population finira par être excommuniée!», dit Lukianoff, soulignant qu’«on commence à voir des hommes noirs menacés de disqualification parce qu’ils sont hommes».

Une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Sam Abrams, 40 ans, professeur de science politique au collège Sarah Lawrence de New York, un établissement connu pour son progressisme, est devenu l’une des cibles du mouvement woke pour avoir milité pour «la diversité de valeurs» au lieu de réserver ce terme à la diversité ethnique ou raciale. Spécialiste d’enquêtes d’opinion et hostile aux labels politiques, cet amoureux «des faits» est depuis deux ans sur son campus l’objet de campagnes de harcèlement et d’une démarche administrative visant à le priver de sa chaire. «Jamais je n’aurais pu monter au créneau si je n’avais pas eu de chaire», note-t-il, soulignant qu’il avait attendu cette sécurité de l’emploi pour s’engager. Pour lui, si le mouvement woke, né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre Judith Butler, vient de loin, comme le raconte Lukianoff, «les dix dernières années ont été cruciales».

Sam Abrams se souvient encore de ses propres années d’étudiant, il y a vingt ans, époque «révolue», quand «dans les dortoirs universitaires, on pouvait encore avoir des discussions contradictoires sur tous les sujets sensibles liés à la race, l’identité ou le genre». Tout a changé pendant la présidence Obama, avec la montée en puissance des efforts de l’administration des universités pour lutter contre les discriminations sexuelles, avec la mise en place du fameux Titre IX (un amendement interdisant toute discrimination sur la base du sexe et obligeant à la création de bureaux de lutte contre le harcèlement sexuel dans chaque université), un processus supervisé par un certain vice-président… Joe Biden.

«Parallèlement, une armada de personnels administratifs destinés à gérer les questions de discrimination et d’inclusivité s’est installée au cœur des dortoirs, avec les étudiants», raconte Abrams. Arrivés avec des diplômes en études raciales ou de genre, ils ont instauré un mélange de règles bureaucratiques et d’interdits idéologiques qui représentent «un véritable lavage de cerveau» et leur permettent de faire la pluie et le beau temps sur les campus, en liaison avec certaines associations étudiantes communautaristes ultrapolitisées, dénonce l’enseignant. Le rédacteur en chef de la revue Tablet, Jacob Siegel, souligne lui aussi cette alliance de la bureaucratie d’État et d’une idéologie qui se dit révolutionnaire mais «fait corps avec le pouvoir». «Le wokisme a commencé avec le deuxième mandat de la présidence Obama, au confluent de deux causes: la première, c’est le progressisme technocratique du président lui-même, qui pensait que la bureaucratie de l’État pouvait contribuer à la perfectibilité morale, comme le montre la bataille des discriminations menée sous le Titre IX. L’autre est le courant idéologique identitariste qui souffle sur les universités. Le danger, c’est la fusion des deux en une forme de bureaucratie qui s’autoradicalise sans cesse», explique-t-il.

«Le corps professoral est dans son écrasante majorité libéral et reste attaché à la méthode du débat contradictoire. Mais il a peur de s’interposer», ajoute Sam Abrams. Pour lui, c’est aussi le cas de la majorité des étudiants, qui seraient largement «centristes», selon ses enquêtes d’opinion. On est donc dans le cas d’une sorte de kidnapping du débat par un groupe minoritaire issu de l’administration des campus. Beaucoup de professeurs ont peur d’être mis au ban ou de perdre leur travail, surtout s’ils n’ont pas de chaire, affirme Abrams. Le fait de vivre à New York, une mégapole, lui permet d’échapper à la pression, mais «c’est beaucoup plus difficile dans les petites villes universitaires de Nouvelle-Angleterre, où les risques de harcèlement sont bien supérieurs».

Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables

Thomas Chatterton Williams, auteur d’«Autoportrait en noir et blanc»

À ces inquiétudes très concrètes s’ajoute «la peur des anciens de ne pas être aimés des plus jeunes» et d’être moralement condamnés, ajoute Greg Lukianoff. Une volonté d’échapper à la culpabilité occidentale en se mettant du côté des «purs», que le professeur de théorie politique Joshua Mitchell décrit dans son nouveau livre, American Awakening («réveil américain»), consacré à la nature religieuse de cette idéologie des «identités» qui donne des «bons points» aux différents groupes humains en faveur de leur degré d’«innocence» sociale.

Les réseaux sociaux, en permettant la mobilisation immédiate d’activistes sur des causes ponctuelles et en facilitant l’organisation communautaire, ont par ailleurs donné une vigueur nouvelle aux revendications identitaires présentes dans la gauche radicale depuis les années 1960. «Ils ont tout changé, car c’est là que se cristallise le lien entre la meute idéologique, les élites et l’ensemble des institutions. Les réseaux sociaux dictent le ton à tous, y compris aux journaux, pas l’inverse», analyse Jacob Siegel. Comme le souligne Lisa Nakamura, professeur à l’université du Michigan, la cancel culture est rendue possible par une nouvelle «économie de l’attention», où «priver quelqu’un d’audience, c’est le priver d’existence». Elle est portée par un repli individualiste sur l’identité plutôt que par l’héritage commun ou l’universalisme. Et également par une culture d’emballement suiviste, qui fait partie de l’essence des réseaux sociaux.

«La prétendue culture woke est cool. C’est à la mode, et, soyons honnêtes, le libéralisme est difficile. Tolérer des idées inconfortables est plus dur que de rejoindre la horde pour s’enfermer dans une bulle d’opinions et de pensées tout à fait agréables», explique Thomas Chatterton Williams, auteur d’Autoportrait en noir et blanc, un essai qui sortira en janvier en français, où ce métis afro-américain exprime sa dissidence envers les obsédés de la race.

La gauche libérale se rebiffe

Comme lui, de nombreux intellectuels de la gauche libérale commencent à se rebeller contre cette idéologie étouffante, «qui ressemble à un nouveau bolchevisme ou à une forme de révolution culturelle à la chinoise», guettant tous les «traîtres» potentiels à la cause, nous confie Bret Weinstein. L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, mettant noir sur blanc son engagement à défendre la liberté d’expression en 2015, un «serment» repris par plus de 50 autres établissements universitaires. Le très libéral Wellesley College a également réagi avec vigueur en créant un «projet liberté» destiné à encourager un débat d’idées libre et contradictoire. Et l’université de Berkeley, pourtant très progressiste, a créé un Centre pour la liberté d’expression. On voit aussi apparaître de nouveaux îlots de liberté intellectuelle, comme le magazine en ligne Quillette ou la revue Tablet, au fur et à mesure que les journaux mainstream comme le New York Times basculent dans le camp de la «justice sociale».

«Le seul fait que nous n’ayons pas peur a fait énormément pour le succès de Tablet», affirme Siegel. Sam Abrams dit recevoir des dizaines de lettres, montrant que«beaucoup de gens en ont assez». «J’aime à penser que nous sommes nombreux», dit aussi Greg Lukianoff. En juillet 2020, un collectif de plus de 150 écrivains, artistes et journalistes, parmi lesquels J.K. Rowling, mais aussi la romancière Margaret Atwood, auteur du best-seller La Servante écarlate, le linguiste et psychologue Steven Pinker, la féministe Gloria Steinem, a signé une tribune dans Harper’s Magazine pour dénoncer «une intolérance à l’égard d’opinions opposées, une vogue pour la dénonciation publique et l’ostracisme, et la tendance à dissoudre des questions politiques complexes dans une certitude morale aveugle».

En réaction à cette tribune, Alexandria Ocasio-Cortes (AOC) l’égérie woke du Parti démocrate, a aussitôt relativisé sur Twitter: «Ceux qui se plaignent de la cancel culture pensent que tout leur est dû – comme si on avait le droit à un large public captif et que l’on deviendrait victime si les gens choisissaient de nous écarter. Il y a de fortes chances que vous ne soyez pas réellement annulé, que vous soyez simplement mis au défi, tenu pour responsable ou peu apprécié.» Même Obama, qui avait rêvé d’une présidence postraciale avant de participer à la montée woke en installant la question de la moralisation des discriminations au sein du processus bureaucratique, a eu droit à des tirs de barrage intenses de la frange radicale quand il s’est mêlé du débat. «Si tout ce que vous faites, c’est jeter des pierres, vous n’irez pas très loin», avait déclaré l’ex-président en octobre 2019. «Le monde est en désordre, il y a des ambiguïtés. Les gens qui font de bonnes choses ont des défauts. Les gens que vous combattez aiment leurs enfants, ils partagent certaines choses avec vous», a rappelé l’ancien président, blâmant «cette idée de la pureté, de n’être jamais compromis, d’être toujours politiquement “éveillé” (woke)».

Tout autre que lui aurait sans doute été agoni d’injures après de tels propos. Le président conserve d’ailleurs une position ambiguë sur tous ces sujets sociétaux et n’a nullement condamné les excès révolutionnaires de Black Lives Matter quand, après la mort de George Floyd, cette organisation a vite abandonné le thème des violences policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain, jusqu’à ses Pères fondateurs.

«Une tache qui se répand»

En réalité, les voix dissidentes restent très isolées, un peu comme «un samizdat du XXIe siècle», affirme le géographe Joel Kotkin, résumant le point de vue des autres «rebelles». Le fait que la vague woke ait quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grand public, le monde des affaires et les institutions de l’État a laissé les libéraux de la vieille école largement désemparés. «Je commence à penser que nous avons besoin d’une nouvelle métaphore pour décrire le “Great Awokening”. Ce n’est pas tant un mouvement qui avance qu’une tache qui se répand. Une fois que ce processus a commencé, il est très difficile de l’inverser, tout ce qu’on peut espérer, c’est d’empêcher qu’il ne se propage davantage et de protéger les choses précieuses. Non, il n’y a pas de mouvement d’opposition de quelque importance à ce phénomène, et, s’il y en avait un, il ne réussirait pas», s’inquiète Mark Lilla, un libéral de gauche qui a été l’un des premiers à sonner l’alarme. «Nous sommes face à des passions morales très puissantes qui inspirent en particulier les jeunes. Nous devrons attendre qu’elles se dissipent avant d’espérer pouvoir réparer une partie des dégâts», ajoute-t-il.

Social-démocrate à l’ancienne et opposé à la vague identitariste montante, Joel Kotkin s’alarme tout particulièrement de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette nouvelle oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement woke en forçant notamment ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux «pronoms» «manière pour elle d’éluder les sujets plus embarrassants d’inégalité, de classe et de positions monopolistiques». Pour lui, cette alliance rend quasiment impossible une rébellion des démocrates centristes contre les radicaux. Si certains observateurs continuent d’espérer que les modérés, comme l’élue du Congrès Elissa Slotkin, relèveront la tête, la plupart sont très sceptiques.

Le fait que Trump ait porté le combat contre l’idéologie woke, dénonçant «un poison toxique» et antipatriotique qui veut jeter l’opprobre sur «tout le projet américain», empêche les démocrates centristes de bouger activement sur cette question, regrette Greg Lukianoff. «Même si Trump a eu raison sur ces thèmes, son comportement et son style inacceptables sur le reste vont au contraire retarder la mobilisation du centre», pronostique-t-il. Un point de vue que partage le professeur Bret Weinstein, persuadé que l’équipe Biden utilisera «cyniquement l’énergie révolutionnaire née sur les campus», mais finira par perdre le contrôle du «tigre» woke. «Ils ont déjà gagné, pense Jacob Siegel. Toutes les institutions cèdent les unes après les autres.»

Les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches

Sam Abrams, professeur de science politique au collège ­Sarah Lawrence de New York

Dans ce tableau bien sombre, Sam Abrams voit une lueur d’espoir venir potentiellement de la nouvelle «génération Z» (nés entre 1997 et 2000), «beaucoup moins idéologue que les millennials» (nés entre 1980 et 2000), fatiguée de la polarisation et peu convaincue par la racialisation galopante. «Quand je me promène dans les campus pour des tournées de conférences, les salles sont bondées, surtout dans les petites villes de province, où l’on a soif de vérité et de nouvelles approches.» Sam n’en reste pas moins très envieux de «l’approche française»,qui résiste tant bien que mal à la vague woke anglo-saxonne. «Ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont “un petit garçon ou une petite fille”. Chez nous, on dirait: comment osez-vous assigner un genre?»

Mais la différence est-elle si grande que Sam le pense? L’Amérique et la France ont beau plaider pour deux modèles radicalement opposés de république, sur le plan des idées, les chassés-croisés entre nos deux pays sont incessants. Ainsi avons-nous exporté la French Theory sur les campus d’Amérique dans les années 1960, semence qui allait faire fleurir le politiquement correct. Aujourd’hui, celui-ci nous revient en boomerang sous les nouveaux habits de la cancel culture et du wokisme qui s’implantent dans nos universités. Et, là-bas comme ici, l’intelligentsia libérale se réveille face aux excès et au déni d’une révolution qui dévore ses enfants. Aux États-Unis comme en France, cette guerre idéologique ne fait que commencer.

COMPLEMENT:

Sans commentaire:The Earth itself is rejoicing at the prospect of Dumping Trump. How could over 70,000,000 people still vote for such ignorant scum after four years of vapid hateful and puerile rhetoric! – A fellow Santa Monica resident on Nextdoor.com


This Chronicle presupposes that Donald Trump’s challenges to the election results, whether or not well founded, will not succeed.

There is something called force majeure that supersedes all rules of procedure. When Kennedy won in 1960, it was known at the time or soon after that the Illinois electoral votes that decided the election were fixed by Chicago’s legendary Mayor Daley—that is, that in objective terms, it was Nixon who won the election. Just as we can be pretty sure that Jeffrey Epstein did not hang himself in his cell; that Harry Reid’s 2015 “accident” was not a fall from his exercise bike; or that Hillary Clinton committed a felony by using a personal mail server that no doubt helped her to conceal, among other things, the conspiracy against Trump. But to these and other “slips” we can only say, c’est la vie. There’s nothing to do about them. Somehow the welfare of the state depends, if not on their consequences, then on the consequences of not raising questions about them in such a way as to produce embarrassing answers.

Assuming this is also the case for the allegations of voter fraud to explain all these states switching from one column to the other after the election-day votes had been counted, I will therefore assume that, whether or not his challenges are legitimate, Donald Trump will not begin a second term in 2021.


In defeat, Donald Trump embodies the original role of the tragic protagonist in such a way as to teach us more about tragedy than we can learn from the usual readings of Shakespeare or Sophocles.

We are accustomed to seeing tragedy as either a literary form or a vision of the human condition, as in Unamuno’s Tragic Sense of Life. But in such literary and/or anthropological generalizations, the importance of tragedy as a critical interaction between leader and community is lost.

Tragedy is compatible neither with acephalous tribal society, nor with the archaic empires in which the godlike pharaoh cannot be conceived in dialogue with others. It is a product of the post-theocratic society of Athens and other city-states, one in which kings and tyrants interact with their subjects as fellow humans, not as sacred beings.

Aristotle defined tragedy as “an imitation of persons above the common level,” in Greek “better than ourselves” (beltionon hemas). But in Aristotle’s vocabulary, these are not merely relative terms. The tragic protagonist is not “better” because he is smarter or richer than the anonymous citizens watching the play, but because his role is central to the welfare of the state. He is in a position of sacred centrality, yet ontologically, merely a human being among others. Thus he is forced to function, as Barack Obama once put it, “above my pay grade,” solving transcendental problems on the fallible basis of individual intuition.


If any modern political role fits the original description of a potential tragic protagonist, it is that of the American president, who combines the roles of monarch/head of state and parliamentary leader/prime minister, which remain separated in most other liberal democracies. Our republic has its roots in the Athenian agon, and it is no coincidence that its most agonistic recent moment has produced its most tragic political figure.

No president in the entire history of the American republic has been so unsparingly vilified as Donald Trump, throughout the 2016 nomination process and campaign, and the nearly four years of his presidency. His tenure in office has been marked by an unprecedented degree of virulent hostility from all corners of the federal establishment, as well as from members of the public who, habituated since Reagan to Republican “derangement syndromes,” have surpassed themselves in his case.

To have sustained a “Resistance” that began with his election and denied his legitimacy throughout his entire tenure in office, to have been impeached on trivial evidence after sustaining nearly three years of congressionally approved investigation on the absurd charge of “complicity” with Russia, while meeting with hostile silence from many in his own party who abstained from actual abuse, is far from the normal status of a political figure even in a pugnacious democracy.

What then was the key to Trump’s anomalous success? As I have pointed out since the beginning, Trump was the sole candidate, other than the impressive but insufficiently political Dr. Ben Carson, who was truly invulnerable to “PC,” as victimary thinking was then called before it graduated to “wokeness.”

This resistance has in fact been Trump’s most significant distinction, although neither his detractors nor his supporters tend to refer to it. It was not a product of theoretical reflection, but of his faithfulness to the attitudes which reigned in his youth—attitudes which I largely share. That the current “woke” generation is capable of tearing down or defacing statues of virtually all the great men of American history is viscerally offensive to both of us, yet none of Trump’s rivals for the nomination presented any real resistance to the perspective that anticipated these actions.

Were we to seek an embodiment of our timeless model of the ideal president, wise and forbearing, Trump would hardly qualify. Trump is not a political thinker, but a man of action, and as his detractors in both camps never fail to insist, he is not afraid to exaggerate, to bluster, to repeat quite dubious ideas.

Trump was able to beat out his many primary competitors and win the 2016 election because, more even than his ability to make “deals,” his show-business experience gave him supreme confidence in his “instincts,” whether as entertainer or president, for occupying the center of the stage. And these instincts, these political intuitions, were hostile to victimary thinking, not because Trump is obsessed with it, but simply because Trump is untouched by it.

But what mattered in 2016 and still matters today has been Trump’s consistency in resisting the mimetic pressure that drives the respectable members of Charles Murray’s “Belmont” class (Coming Apart, Crown Forum, 2012; see, e.g., Chronicles 424, 449) to symbolically flagellate themselves in penance for their “white privilege”—all the while feathering the nests of the most privileged members of society, including themselves.

No doubt there are more sophisticated ways than Trump’s of resisting the power of White Guilt. But its virtually total domination of the academic world and of those formed by it, such as the elementary school teachers whose antipatriotic lessons are diametrically opposed to the ones I learned in these classes, has made virtually the entire educated class incapable of firm resistance to this tendency, the product of our enforced “awokening” to the model of originary moral equality to the exclusion of all other social considerations (see Chronicle 674).

Only someone whose social instincts had been developed before the current constitution of the Belmont world could credibly oppose this configuration, and only someone with considerable personal—rather than institutional—resources would have the freedom to do so. At the start of his campaign in 2015, Trump’s chief source of popular visibility was his presence in the Reality TV show The Apprentice (see Chronicle 493), highly popular among the “deplorable” lower-middle-class audience that would put him in office in the face of the open contempt of establishment politicians in his own party as well as the Democrats.


After his 2016 election victory, many hoped that Trump’s bull-in-the-china-shop tweeting and expostulating would disappear, or at least diminish. And indeed, whenever he makes the effort, Trump has shown himself perfectly capable of delivering a cogent address in a perfectly dignified manner. Yet he has continued with the behavior that, even if effective as “trolling” in enraging his enemies, has done nothing to repair his estrangement from the Belmont class.

I think for Trump this is a matter of principle, even if the principle is not articulated as a proposition. What makes it tragic is that, although this behavior may well have cost him reelection, it is inseparable from his sense of self. It seems clear that someone who had viewed these antics merely as a political stratagem would not have had the chutzpah to flaunt from the very beginning his disdain for victimary thinking in the face of the respectable majority.

The grain of truth in the calumnious accusations of “white supremacy” and even “antisemitism” is that, alone among the politicians of his generation, Trump viscerally understood that the prior censorship exercised by White Guilt is the real culprit that must be cast out. Thus even when in 2016 Trump scandalously denounced US-born judge Gonzalo Curiel as a “Mexican” by way of attacking his impartiality in the matter of the “Wall,” his very sense that this did not damn him as indelibly “racist” affirmed in his own mind his frequently repeated contention that he “is the least racist person in the room.” And indeed, the one incidence of “racism” unceasingly cited by his political enemies has been his statement about “good people on both sides” at Charlottesville in reference to the removal of the statue of Robert E. Lee, as proof, despite his explicit statements to the contrary, of his endorsing neo-Nazis.

Yet the fact remains that many of those unmoved by these spurious accusations have been put off by Trump’s “unpresidential” behavior. And so Trump lost an election that he might well have won, even in the face of the Covid19 pandemic. No one can claim to know what formula he should have followed. But what makes him a tragic figure is the fact that he would no longer have been Trump had he sought any other formula than just being Trump.


What lesson does this teach us about tragedy, not as a “literary form,” but as a category of cultural acts?

What we call the “tragic flaw” (hamartia) should not be understood, as does Aristotle, as a characterological imperfection in one who might otherwise have been perfect. It is the mark of the protagonist’s ineluctable individuality, the non-identity between his own scene of representation and that of his community, whose welfare, in classical tragedy as in the American presidency, he is charged to uphold, yet which could only be grasped in its totality by a mind that transcended the human sphere.

The tragic protagonist assumes leadership in a crisis in which he is obliged to make decisions that cannot be deduced from prior social norms. Once a human being comes to occupy the social center originally reserved for the sacred, he is tasked with a responsibility both necessary and impossible to fulfill en connaissance de cause.

Hence every leader is potentially a tragic figure: Uneasy lies the head that wears the crown. But real-life and even legendary tragic figures are few. Classical tragedy’s dramatis personae, even taking into account the many lost plays, were quite limited; the same figures constantly reappeared. The “serious actions” that tragedies “imitate” are not fictions open to the author’s invention; in principle they must have a basis in their potential spectators’ knowledge prior to the play itself, whether in history (the oldest extant tragedy is Aeschylus’ The Persians) or myth. La tragédie ne s’invente pas.

Tragedy depends on crisis. And although, objectively speaking, the United States has traversed many far more serious crises—wars and economic depressions—we are currently witnessing the most serious breakdown of our political system since the Civil War, one that the current election, whatever its outcome, is most unlikely to fully resolve.


Recently Michigan Democratic Rep. Elissa Slotkin gave an appreciation of Trump that should be heeded by the “respectable” members of both parties:

It’s not just that he eats cheeseburgers at a big celebratory dinner. It’s not just that he does things that the common man can kind of appreciate. And it’s not even because he uses kind of simplistic language—he doesn’t use complicated, wonky language, the way a lot of Democrats do. . . .

We sometimes make people feel like they aren’t conscientious enough. They aren’t thoughtful enough. They aren’t “woke” enough. They aren’t smart enough or educated enough to just understand what’s good for them. . . . It’s talking down to people. It’s alienating them. And there’s just certain voters who feel so distant from the political process—it’s not their life, it’s not their world. They hate it. They don’t like all that politics stuff. Trump speaks to them, because he includes them.

(https://www.foxnews.com/politics/elissa-slotkin-dem-urges-party-act-more-like-trump)

Slotkin’s point is that, like old Harry Truman, but unlike today’s Democrats, Trump speaks to ordinary people. It might seem peculiar for the party that has always presumed to represent the “common man” to be accused by one of its own of “talking down” to its constituency, while the Republicans, supposedly the party of plutocracy, field a candidate whose refusal of a lofty register wins her esteem despite her presumed disagreement with his policies. But what Slotkin means by “talking down” is not so much affecting an intellectual (“wonky”) but a moral (“woke”) superiority. It is less treating people as stupid than as morally obtuse, un-woke. In a word, it is telling “deplorable” white voters to exhibit, to virtue-signal, their White Guilt.


Which leads us back to our point of departure. As the only candidate in 2016 who was able to resist the victimary pressure that dominates the Left but also paralyses the Right, Trump rightly saw his candidacy as a mission, one figured by descending the escalator in Trump Tower (now faced by the “mural” of Black Lives Matter painted on the street).

Trump had a mission and, Wall or no Wall, he has largely carried it out. Even if he fails to obtain a second term, his example will have a lasting effect on American politics. And I hope it will one day receive the historical respect it deserves.

That the mediocre Biden was able to call Trump “clown,” “racist,” “worst president ever” demonstrates the tragic vulnerability of the latter’s denial of PC. And those on the Right who persist in seeing Trump as a vulgarian, judging him by what they call his “character” rather than his achievements, are if anything less excusable.

It was Trump who revived the American economy, reduced unemployment to its long-term minimum, and raised the salaries of minorities despite their (diminishing!) fidelity to the Democrats. It is Trump who got rid of Soleimani and Al Baghdadi, moved the American Embassy to Jerusalem, and has begun building a coalition of Arab states along with Israel to counter Iran’s influence.

If Trump still refuses to concede—and we need not deny a priori the claims of his lawyer Sidney Powell, whose recent statements: “We’re getting ready to overturn election results in multiple states,” and “I don’t make comments without having the evidence to back it up” (see https://www.ntd.com/trump-lawyer-sidney-powell-were-getting-ready-to-overturn-election-results-in-multiple-states_528748.html) at least express confidence—this is but one more manifestation of the pertinacity without which he would never have been elected in the first place.

May at least the members of his own party have the good grace to recognize that Trump achieved what none of them could have, and, whatever their own personal style, seek to learn from the healthy core of Trump’s “instincts.”

Donald Trump saw more clearly than anyone the danger that Rep. Slotkin recognizes in the “woke” faith in resentment that has been building since the 1960s. A virus far more virulent than SARS-CoV-2, this victimary faith has infested our educational, informational, entertainment, and governmental institutions, and unless promptly and firmly checked, risks handing our hard-won democracy to the barbarians.


Nostalgie: Quand la pierre qui roule n’amassait pas mousse (But that’s not how it used to be: looking back at Don McLean’s classic song about America’s loss of innocence)

3 octobre, 2020


Rebel Without a Cause R2005 U.S. One Sheet Poster | Posteritati Movie Poster Gallery | New YorkThe Rolling Stones - Altamont Raceway - Livermore, - Catawiki10+ Best Funny Ads images | funny ads, copywriting ads, ads

Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? Jésus (Luc 18: 8)
Christianity will go. It will vanish and shrink. I needn’t argue about that; I’m right and I’ll be proved right. We’re more popular than Jesus now; I don’t know which will go first – rock ‘n’ roll or Christianity. Jesus was all right but his disciples were thick and ordinary. It’s them twisting it that ruins it for me. John Lennon (1966)
Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who … Was it someone from above? The Monotones (1958)
Well, that’ll be the day, when you say goodbye Yes, that’ll be the day, when you make me cry You say you’re gonna leave, you know it’s a lie ‘Cause that’ll be the day when I die. Buddy Holly (1957)
Well, ya know a rolling stone don’t gather no moss. Buddy Holly (1958)
Now, for ten years we’ve been on our own And moss grows fat on a rolling stone But, that’s not how it used to be. (…) The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. Don McLean
C’était une sorte de Woodstock, le genre de truc qui marchait à l’époque, mais cette mode allait sur sa fin. Si Woodstock a lancé la mode, elle a pris fin ce jour-là. Charlie Watts
Ça a été horrible, vraiment horrible. Tu te sens responsable. Comment cela a-t-il pu déraper de la sorte ? Mais je n’ai pas pensé à tous ces trucs auxquels les journalistes ont pensé : la grande perte de l’innocence, la fin d’une ère… C’était davantage le côté effroyable de la situation, le fait horrible que quelqu’un soit tué pendant un concert, combien c’était triste pour sa famille, mais aussi le comportement flippant des Hell’s Angels. Mick Jagger
J’y suis pas allé pour faire la police. J’suis pas flic. Je ne prétendrai jamais être flic. Ce Mick Jagger, il met tout sur le dos des Angels. Il nous prend pour des nazes. En ce qui me concerne, on s’est vraiment fait entuber par cet abruti. On m’a dit que si je m’asseyais sur le bord de la scène, pour bloquer les gens, je pourrais boire de la bière jusqu’à la fin du concert. C’est pour ça que j’y suis allé. Et tu sais quoi ? Quand ils ont commencé à toucher nos motos, tout a dérapé. Je sais pas si vous pensez qu’on les paie 50 $ ou qu’on les vole, ou que ça coûte cher ou quoi. Personne ne touche à ma moto. Juste parce qu’il y a une foule de 300 000 personnes ils pensent pouvoir s’en sortir. Mais quand je vois quelque chose qui est toute ma vie, avec tout ce que j’y ai investi, la chose que j’aime le plus au monde, et qu’un type lui donne des coups de pied, on va le choper. Et tu sais quoi ? On les a eus. Je ne suis pas un pacifiste minable, en aucun cas. Et c’est peut-être des hippies à fleurs et tout ça. Certains étaient bourrés de drogue, et c’est dommage qu’on ne l’ait pas été, ils descendaient la colline en courant et en hurlant et en sautant sur les gens. Et pas toujours sur des Angels, mais quand ils ont sauté sur un Angel, ils se sont fait mal.  Sonny Barger
SOS Racisme. SOS Baleines. Ambiguïté : dans un cas, c’est pour dénoncer le racisme ; dans l’autre, c’est pour sauver les baleines. Et si dans le premier cas, c’était aussi un appel subliminal à sauver le racisme, et donc l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques, et donc une espèce virtuellement condamnée. Jean Baudrillard (1987)
I had an idea for a big song about America, and I didn’t want to write that this land is your land or some song like that. And I came up with this notion that politics and music flow parallel together forward through history. So the music you get is related somehow to the political environment that’s going on. And in the song, « American Pie, » the verses get somewhat more dire each time until you get to the end, but the good old boys are always there singing and singing, « Bye-bye Miss American Pie » almost like fiddling while Rome is burning. This was all in my head, and it sort of turned out to be true because, you now have a kind of music in America that’s really more spectacle, it owes more to Liberace than it does to Elvis Presley. And it’s somewhat meaningless and loud and bloviating and, and yet — and then we have this sort of spectacle in Washington, this kind of politics, which has gotten so out of control. And so the theory seems to hold up, but again, it was only my theory, and that’s how I wrote the song. That was the principle behind it. Don McLean
For some reason I wanted to write a big song about America and about politics, but I wanted to do it in a different way. As I was fiddling around, I started singing this thing about the Buddy Holly crash, the thing that came out (singing), ‘Long, long time ago, I can still remember how that music used to make me smile.’ I thought, Whoa, what’s that? And then the day the music died, it just came out. And I said, Oh, that is such a great idea. And so that’s all I had. And then I thought, I can’t have another slow song on this record. I’ve got to speed this up. I came up with this chorus, crazy chorus. And then one time about a month later I just woke up and wrote the other five verses. Because I realized what it was, I knew what I had. And basically, all I had to do was speed up the slow verse with the chorus and then slow down the last verse so it was like the first verse, and then tell the story, which was a dream. It is from all these fantasies, all these memories that I made personal. Buddy Holly’s death to me was a personal tragedy. As a child, a 15-year-old, I had no idea that nobody else felt that way much. I mean, I went to school and mentioned it and they said, ‘So what?’ So I carried this yearning and longing, if you will, this weird sadness that would overtake me when I would look at this album, The Buddy Holly Story, because that was my last Buddy record before he passed away. Don McLean
I was headed on a certain course, and the success I got with ‘American Pie’ really threw me off. It just shattered my lifestyle and made me quite neurotic and extremely petulant. I was really prickly for a long time. If the things you’re doing aren’t increasing your energy and awareness and clarity and enjoyment, then you feel as though you’re moving blindly. That’s what happened to me. I seemed to be in a place where nothing felt like anything, and nothing meant anything. Literally nothing mattered. It was very hard for me to wake up in the morning and decide why it was I wanted to get up. Don McLean
I’m very proud of the song. It is biographical in nature and I don’t think anyone has ever picked up on that. The song starts off with my memories of the death of Buddy Holly. But it moves on to describe America as I was seeing it and how I was fantasizing it might become, so it’s part reality and part fantasy but I’m always in the song as a witness or as even the subject sometimes in some of the verses. You know how when you dream something you can see something change into something else and it’s illogical when you examine it in the morning but when you’re dreaming it seems perfectly logical. So it’s perfectly okay for me to talk about being in the gym and seeing this girl dancing with someone else and suddenly have this become this other thing that this verse becomes and moving on just like that. That’s why I’ve never analyzed the lyrics to the song. They’re beyond analysis. They’re poetry. Don McLean
By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. Don McLean
It means never having to work again for the rest of my life. Don McLean (1991)
A month or so later I was in Philadelphia and I wrote the rest of the song. I was trying to figure out what this song was trying to tell me and where it was supposed to go. That’s when I realized it had to go forward from 1957 and it had to take in everything that has happened. I had to be a witness to the things going on, kind of like Mickey Mouse in Fantasia. I didn’t know anything about hit records. I was just trying to make the most interesting and exciting record that I could. Once the song was written, there was no doubt that it was the whole enchilada. It was clearly a very interesting, wonderful thing and everybody knew it. Don McLean (2003)
Basically in ‘American Pie’ things are heading in the wrong direction… It is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. I was around in 1970 and now I am around in 2015… there is no poetry and very little romance in anything anymore, so it is really like the last phase of ‘American Pie’. Don McLean (2015)
The song has nostalgic themes, stretching from the late 1950s until the late 1960s. Except to acknowledge that he first learned about Buddy Holly’s death on February 3, 1959—McLean was age 13—when he was folding newspapers for his paper route on the morning of February 4, 1959 (hence the line « February made me shiver/with every paper I’d deliver »), McLean has generally avoided responding to direct questions about the song’s lyrics; he has said: « They’re beyond analysis. They’re poetry. » He also stated in an editorial published in 2009, on the 50th anniversary of the crash that killed Holly, Ritchie Valens, and J. P. « The Big Bopper » Richardson (who are alluded to in the final verse in a comparison with the Christian Holy Trinity), that writing the first verse of the song exorcised his long-running grief over Holly’s death and that he considers the song to be « a big song … that summed up the world known as America ». McLean dedicated the American Pie album to Holly. It was also speculated that the song contains numerous references to post-World War II American events (such as the murders of civil rights workers Chaney, Goodman, and Schwerner), and elements of culture, including 1960s culture (e.g. sock hops, cruising, Bob Dylan, The Beatles, Charles Manson, and much more). When asked what « American Pie » meant, McLean jokingly replied, « It means I don’t ever have to work again if I don’t want to. » Later, he stated, « You will find many interpretations of my lyrics but none of them by me … Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence. » He also commented on the popularity of his music, « I didn’t write songs that were just catchy, but with a point of view, or songs about the environment. In February 2015, McLean announced he would reveal the meaning of the lyrics to the song when the original manuscript went for auction in New York City, in April 2015. The lyrics and notes were auctioned on April 7, and sold for $1.2 million. In the sale catalogue notes, McLean revealed the meaning in the song’s lyrics: « Basically in American Pie things are heading in the wrong direction. … It [life] is becoming less idyllic. I don’t know whether you consider that wrong or right but it is a morality song in a sense. » The catalogue confirmed some of the better known references in the song’s lyrics, including mentions of Elvis Presley (« the king ») and Bob Dylan (« the jester »), and confirmed that the song culminates with a near-verbatim description of the death of Meredith Hunter at the Altamont Free Concert, ten years after the plane crash that killed Holly, Valens, and Richardson. Wikipedia
« The Jester » is probably Bob Dylan. It refers to him wearing « A coat he borrowed from James Dean, » and being « On the sidelines in a cast. » Dylan wore a red jacket similar to James Dean’s on the cover of The Freewheeling Bob Dylan, and got in a motorcycle accident in 1966 which put him out of service for most of that year. Dylan also made frequent use of jokers, jesters or clowns in his lyrics. The line, « And a voice that came from you and me » could refer to the folk style he sings, and the line, « And while the king was looking down the jester stole his thorny crown » could be about how Dylan took Elvis Presley’s place as the number one performer. The line, « Eight miles high and falling fast » is likely a reference to The Byrds’ hit « Eight Miles High. » Regarding the line, « The birds (Byrds) flew off from a fallout shelter, » a fallout shelter is a ’60s term for a drug rehabilitation facility, which one of the band members of The Byrds checked into after being caught with drugs. The section with the line, « The flames climbed high into the night, » is probably about the Altamont Speedway concert in 1969. While the Rolling Stones were playing, a fan was stabbed to death by a member of The Hells Angels who was hired for security. The line, « Sergeants played a marching tune, » is likely a reference to The Beatles’ album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. The line, « I met a girl who sang the blues and I asked her for some happy news, but she just smiled and turned away, » is probably about Janis Joplin. She died of a drug overdose in 1970. The lyric, « And while Lenin/Lennon read a book on Marx, » has been interpreted different ways. Some view it as a reference to Vladimir Lenin, the communist dictator who led the Russian Revolution in 1917 and who built the USSR, which was later ruled by Josef Stalin. The « Marx » referred to here would be the socialist philosopher Karl Marx. Others believe it is about John Lennon, whose songs often reflected a very communistic theology (particularly « Imagine »). Some have even suggested that in the latter case, « Marx » is actually Groucho Marx, another cynical entertainer who was suspected of being a socialist, and whose wordplay was often similar to Lennon’s lyrics. « Did you write the book of love » is probably a reference to the 1958 hit « Book Of Love » by the Monotones. The chorus for that song is « Who wrote the book of love? Tell me, tell me… I wonder, wonder who » etc. One of the lines asks, « Was it someone from above? » Don McLean was a practicing Catholic, and believed in the depravity of ’60s music, hence the closing lyric: « The Father, Son, and the Holy Ghost, they caught the last train for the coast, the day the music died. » Some, have postulated that in this line, the Trinity represents Buddy Holly, Ritchie Valens, and the Big Bopper. « And moss grows fat on our rolling stone » – Mick Jagger’s appearance at a concert in skin-tight outfits, displaying a roll of fat, unusual for the skinny Stones frontman. Also, the words, « You know a rolling stone don’t gather no moss » appear in the Buddy Holly song « Early in the Morning, » which is about his ex missing him early in the morning when he’s gone. « The quartet practiced in the park » – The Beatles performing at Shea Stadium. « And we sang dirges in the dark, the day the music died » – The ’60s peace marches. « Helter Skelter in a summer swelter » – The Manson Family’s attack on Sharon Tate and others in California. « We all got up to dance, Oh, but we never got the chance, ’cause the players tried to take the field, the marching band refused to yield » – The huge numbers of young people who went to Chicago for the 1968 Democratic Party National Convention, and who thought they would be part of the process (« the players tried to take the field »), only to receive a violently rude awakening by the Chicago Police Department nightsticks (the commissions who studied the violence after-the-fact would later term the Chicago PD as « conducting a full-scale police riot ») or as McLean calls the police « the marching band. » (…)The line « Jack be nimble, Jack be quick, Jack Flash sat on a candle stick » is taken from a nursery rhyme that goes « Jack be nimble, Jack be quick, Jack jump over the candlestick. » Jumping over the candlestick comes from a game where people would jump over fires. « Jumpin’ Jack Flash » is a Rolling Stones song. Another possible reference to The Stones can be found in the line, « Fire is the devils only friend, » which could be The Rolling Stones « Sympathy For The Devil, » which is on the same Rolling Stones album. (…) McLean wrote the opening verse first, then came up with the chorus, including the famous title. The phrase « as American as apple pie » was part of the lexicon, but « American Pie » was not. When McLean came up with those two words, he says « a light went off in my head. » (…) Regarding the lyrics, « Jack Flash sat on a candlestick, ’cause fire is the devil’s only friend, » this could be a reference to the space program, and to the role it played in the Cold War between America and Russia throughout the ’60s. It is central to McLean’s theme of the blending of the political turmoil and musical protest as they intertwined through our lives during this remarkable point in history. Thus, the reference incorporates Jack Flash (the Rolling Stones), with our first astronaut to orbit the earth, John (common nickname for John is Jack) Glenn, paired with « Flash » (an allusion to fire), with another image for a rocket launch, « candlestick, » then pulls the whole theme together with « ’cause fire is the Devil’s (Russia’s) only friend, » as Russia had beaten America to manned orbital flight. At 8 minutes 32 seconds, this is the longest song in length to hit #1 on the Hot 100. The single was split in two parts because the 45 did not have enough room for the whole song on one side. The A-side ran 4:11 and the B-side was 4:31 – you had to flip the record in the middle to hear all of it. Disc jockeys usually played the album version at full length, which was to their benefit because it gave them time for a snack, a cigarette or a bathroom break. (…) When the original was released at a whopping 8:32, some radio stations in the United States refused to play it because of a policy limiting airplay to 3:30. Some interpret the song as a protest against this policy. When Madonna covered the song many years later, she cut huge swathes of the song, ironically to make it more radio friendly, to 4:34 on the album and under 4 minutes for the radio edit. In 1971, a singer named Lori Lieberman saw McLean perform this at the Troubadour theater in Los Angeles. She claimed that she was so moved by the concert that her experience became the basis for her song « Killing Me Softly With His Song, » which was a huge hit for Roberta Flack in 1973. When we spoke with Charles Fox, who wrote « Killing Me Softly » with Norman Gimbel, he explained that when Lieberman heard their song, it reminded her of the show, and she had nothing to do with writing the song. This song did a great deal to revive interest in Buddy Holly. Says McLean: « By 1964, you didn’t hear anything about Buddy Holly. He was completely forgotten. But I didn’t forget him, and I think this song helped make people aware that Buddy’s legitimate musical contribution had been overlooked. When I first heard ‘American Pie’ on the radio, I was playing a gig somewhere, and it was immediately followed by ‘Peggy Sue.’ They caught right on to the Holly connection, and that made me very happy. I realized that it was actually gonna perform some good works. » In 2002, this was featured in a Chevrolet ad. It showed a guy in his Chevy singing along to the end of this song. At the end, he gets out and it is clear that he was not going to leave the car until the song was over. The ad played up the heritage of Chevrolet, which has a history of being mentioned in famous songs (the line in this one is « Drove my Chevy to the levee »). Chevy used the same idea a year earlier when it ran billboards of a red Corvette that said, « They don’t write songs about Volvos. » Weird Al Yankovic did a parody of this song for his 1999 album Running With Scissors. It was called « The Saga Begins » and was about Star Wars: The Phantom Menace written from the point of view of Obi-Wan Kenobi. Sample lyric: « Bye, bye this here Anakin guy, maybe Vader someday later but now just a small fry. » It was the second Star Wars themed parody for Weird Al – his first being « Yoda, » which is a takeoff on « Lola » by The Kinks. Al admitted that he wrote « The Saga Begins » before the movie came out, entirely based on Internet rumors. (…) This song was enshrined in the Grammy Hall of Fame in 2002, 29 years after it was snubbed for the four categories it was nominated in. At the 1973 ceremony, « American Pie » lost both Song of the Year and Record of the year to « First Time Ever I Saw Your Face. » (…) Fans still make the occasional pilgrimage to the spot of the plane crash that inspired this song. It’s in a location so remote that tourists are few. The song starts in mono, and gradually goes to stereo over its eight-and-a-half minutes. This was done to represent going from the monaural era into the age of stereo. This song was a forebear to the ’50s nostalgia the became popular later in the decade. A year after it was released, Elton John scored a ’50s-themed hit with « Crocodile Rock; in 1973 the George Lucas movie American Graffiti harkened back to that decade, and in 1978 the movie The Buddy Holly Story hit theaters. One of the more bizarre covers of this song came in 1972, when it appeared on the album Meet The Brady Bunch, performed by the cast of the TV show. This version runs just 3:39. This song appears in the films Born on the Fourth of July (1989), Celebrity (1998) and Josie and the Pussycats (2001). Don McLean’s original manuscript of « American Pie » was sold for $1.2 million at a Christie’s New York auction on April 7, 2015. Songfacts

Nostalgie quand tu nous tiens !

En ces jours étranges ….

Où, à l’instar d’une espèce condamnée comme l’avait bien vu Baudrillard …

Le racisme devient « l’enjeu de la lutte antiraciste comme dernier vestige des passions politiques » …

Et SOS racisme attaque à nouveau Eric Zemmour en justice …

Pendant qu’au Sénat ou dans les beaux quartiers parisiens, ses notables de créateurs coulent des jours paisibles …

Comment ne pas repenser …

A la fameuse phrase de la célébrissime chanson de Don McLean …

Qui  entre la mort de Buddy Holly et celle, quatre mois après Woodstock, d’un fan au festival d’Altamont pendant le passage des Rolling Stones ….

Revenait, il y a 50 ans sur la perte d’innocence du rock et de l’Amérique de son adolescence …

Regrettant le temps proverbial …

Où « la pierre qui roule n’amassait pas mousse » ?

What is Don McLean’s song “American Pie” all about?

Dear Cecil:

I’ve been listening to Don McLean sing « American Pie » for twenty years now and I still don’t know what the hell he’s talking about. I know, I know, the « day the music died » is a reference to the Buddy Holly/Ritchie Valens/Big Bopper plane crash, but the rest of the song seems to be chock full of musical symbolism that I’ve never been able to decipher. There are clear references to the Byrds ( » … eight miles high and fallin’ fast … ») and the Rolling Stones (« … Jack Flash sat on a candlestick … »), but the song also mentions the « King and Queen, » the « Jester » (I’ve heard this is either Mick Jagger or Bob Dylan), a « girl who sang the blues » (Janis Joplin?), and the Devil himself. I’ve heard there is an answer key that explains all the symbols. Is there? Even if there isn’t, can you give me a line on who’s who and what’s what in this mediocre but firmly-entrenched-in-my-mind piece of music?

Scott McGough, Baltimore

Cecil replies:

Now, now, Scott. If you can’t clarify the confused, certainly the pinnacle of literary achievement in my mind, history (e.g., the towering rep of James Joyce) instructs us that your next best bet is to obfuscate the obvious. Don McLean has never issued an “answer key” for “American Pie,” undoubtedly on the theory that as long as you can keep ’em guessing, your legend will never die.

He’s probably right. Still, he’s dropped a few hints. Straight Dope musicologist Stefan Daystrom taped the following intro from Casey Kasem’s American Top 40 radio show circa January 1972: “A few days ago we phoned Don McLean for a little help in interpreting his great hit ‘American Pie.’ He was pretty reluctant to give us a straight interpretation of his work; he’d rather let it speak for itself. But he explained some of the specific references that he makes. The most important one is the death of rockabilly singer Buddy Holly in 1959; for McLean, that’s when the music died. The court jester he refers to is Bob Dylan. The Stones and the flames in the sky refer to the concert at Altamont, California. And McLean goes on, painting his picture,” blah blah, segue to record.

Not much to go on, but at least it rules out the Christ imagery. For the rest we turn to the song’s legion of freelance interpreters, whose thoughts were most recently compiled by Rich Kulawiec into a file that I plucked from the Internet. (I love the Internet.) No room to reprint all the lyrics, which you probably haven’t been able to forget anyway, but herewith the high points:

February made me shiver: Holly’s plane crashed February 3, 1959.

Them good ole boys were singing “This’ll be the day that I die”: Holly’s hit “That’ll Be the Day” had a similar line.

The Jester sang for the King and Queen in a coat he borrowed from James Dean: ID of K and Q obscure. Elvis and Connie Francis (or Little Richard)? John and Jackie Kennedy? Or Queen Elizabeth and consort, for whom Dylan apparently did play once? Dean’s coat is the famous red windbreaker he wore in Rebel Without a Cause; Dylan wore a similar one on “The Freewheeling Bob Dylan” album cover.

With the Jester on the sidelines in a cast: On July 29, 1966 Dylan had a motorcycle accident that kept him laid up for nine months.

While sergeants played a marching tune: The Beatles’ “Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band.”

And as I watched him on the stage/ my hands were clenched in fists of rage/ No angel born in hell/ Could break that Satan’s spell/ And as the flames climbed high into the night: Mick Jagger, Altamont.

I met a girl who sang the blues/ And I asked her for some happy news/ But she just smiled and turned away: Janis Joplin OD’d October 4, 1970.

The three men I admire most/ The Father, Son, and Holy Ghost/ They caught the last train for the coast: Major mystery. Holly, Bopper, Valens? Hank Williams, Elvis, Holly? JFK, RFK, ML King? The literal tripartite deity? As for the coast, could be the departure of the music biz for California. Or it simply rhymes, a big determinant of plot direction in pop music lyrics (which may also explain “drove my Chevy to the levee”). Best I can do for now. Just don’t ask me to explain “Stairway to Heaven.”

The last word (probably) on “American Pie”

Dear Cecil:

As you can imagine, over the years I have been asked many times to discuss and explain my song “American Pie.” I have never discussed the lyrics, but have admitted to the Holly reference in the opening stanzas. I dedicated the album American Pie to Buddy Holly as well in order to connect the entire statement to Holly in hopes of bringing about an interest in him, which subsequently did occur.

This brings me to my point. Casey Kasem never spoke to me and none of the references he confirms my making were made by me. You will find many “interpretations” of my lyrics but none of them by me. Isn’t this fun?

Sorry to leave you all on your own like this but long ago I realized that songwriters should make their statements and move on, maintaining a dignified silence.

— Don McLean, Castine, Maine

Cecil Adams

Voir aussi:

It had been a while since I’d seen “Gimme Shelter,” one of the early classics of the Maysles brothers, Albert and David, and I watched it again on the occasion of the passing of Albert Maysles last Thursday. To my surprise, I found that a big part of the story of “Gimme Shelter” is in the end credits, which say that the movie was filmed by “the Maysles Brothers and (in alphabetical order)” the names of twenty-two more camera operators. By way of contrast, the brothers’ previous feature, “Salesman,” credited “photography” solely to Albert Maysles, and “Grey Gardens,” from 1976, was “filmed by” Albert Maysles and David Maysles. The difference is drastic: it’s the distinction between newsgathering and relationships, and relationships are what the Maysleses built their films on.

The Maysleses virtually lived with the Bible peddlers on the road, they virtually inhabited Grey Gardens with Big Edie and Little Edie, but—as Michael Sragow reports in this superb study, from 2000, on the making of “Gimme Shelter”—the Maysleses didn’t and couldn’t move in with the Rolling Stones. Stan Goldstein, a Maysles associate, told Sragow, “In the film there are virtually no personal moments with the Stones—the Maysles were not involved with the Stones’ lives. They did not have unlimited access. It was an outside view.”

It’s a commonplace to consider the documentary filmmaker Frederick Wiseman’s films to be centered on the lives of institutions and those of the Maysleses to be centered on the lives of people, but “Gimme Shelter” does both. Though it’s replete with some exhilarating concert footage—notably, of the Stones performing on the concert tour that led up to the Altamont disaster—its central subject is how the Altamont concert came into being. “Gimme Shelter” is a film about a concert that is only incidentally a concert film. Yet the Maysleses’ vision of the unfolding events is distinctive—and, for that matter, historic—by virtue of their distinctive directorial procedure.

Early on, Charlie Watts, the Stones drummer, is seen in the editing room, watching footage with David Maysles, who tells him that it will take eight weeks to edit the film. Watts asks whether Maysles thinks he can do it in that time, and Maysles answers, waving his arm to indicate the editing room, “This gives us the freedom, you guys watching it.”

Filming in the editing room (which, Sragow reports, was the idea of Charlotte Zwerin, one of the film’s editors and directors, who had joined the project after the rest of the shoot) gave them the freedom to break from the strict chronology of the concert season that went from New York to Altamont while staying within the participatory logic of their direct-cinema program. It’s easy to imagine another filmmaker using a voice-over and a montage to introduce, at the start, the fatal outcome of the Altamont concert and portentously declare the intention to follow the band on their American tour to see how they reached that calamitous result. The Maysleses, repudiating such ex-cathedra interventions, instead create a new, and newly personal, sphere of action for the Stones and themselves that the filmmakers can use to frame the concert footage.

The editing-room sequences render the concert footage archival, making it look like what it is—in effect, found footage of a historical event. The result is to turn the impersonal archive personal and to give the Maysles brothers, as well as the Rolling Stones, a personal implication in even the documentary images that they themselves didn’t film.

Among those images are those of a press conference where Mick Jagger announced his plans for a free concert and his intentions in holding it, which are of a worthy and progressive cast: “It’s creating a microcosmic society which sets examples for the rest of America as to how one can behave at large gatherings.” (Later, though, he frames it in more demotic terms: “The concert is an excuse for everyone to talk to each other, get together, sleep with each other, hold each other, and get very stoned.”)

A strange convergence of interests appears in negotiations filmed by the Maysleses between the attorney Melvin Belli, acting on the Stones’ behalf; Dick Carter, the owner of the Altamont Speedway; and other local authorities. The intense pressure to make the concert happen is suggested in a radio broadcast from the day before the concert, during which the announcer Frank Terry snarks that “apparently it’s one of the most difficult things in the world to give a free concert.” The Stones want to perform; their fans want to see them perform a free concert; the local government wants to deliver that show and not to stand in its way; Belli wants to facilitate it; and the Stones don’t exactly renounce their authority in the process but do, in revealing moments, lay bare to the Maysleses’ cameras their readiness to engage with a mighty system of which they themselves aren’t quite the masters.

Within this convergence of rational interests, one element is overlooked: madness. Jagger approaches the concert with constructive purpose and festive enthusiasm, but he performs like a man possessed, singing with fury of a crossfire hurricane and warning his listeners that to play with him is to play with fire. No, what happened at Altamont is not the music’s fault. Celebrity was already a scene of madness in Frank Sinatra’s first flush of fame and when the Beatles were chased through the train station in “A Hard Day’s Night.” But the Beatles’ celebrity was, almost from the start, their subject as well as their object, and they approached it and managed it with a Warholian consciousness, as in their movies; they managed their music in the same way and became, like Glenn Gould, concert dropouts. By contrast, the Stones were primal and natural performers, whose music seemed to thrive, even to exist, in contact with the audience. That contact becomes the movie’s subject—a subject that surpasses the Rolling Stones and enters into history at large.

The Maysleses and Zwerin intercut the discussions between Belli, Carter, and the authorities with concert footage from the Stones’ other venues along the way. The effect—the music running as the nighttime preparations for the Altamont concert occur, with fires and headlights, a swirling tumult—suggests the forces about to be unleashed on the world at large. A cut from a moment in concert to a helicopter shot of an apocalyptic line of cars winding through the hills toward Altamont and of the crowd already gathered there suggests that something wild has escaped from the closed confines of the Garden and other halls. The Maysleses’ enduring theme of the absent boundary between theatre and life, between show and reality, is stood on its head: art as great as that of the Stones is destined to have a mighty real-world effect. There’s a reason why the crucial adjective for art is “powerful”; it’s ultimately forced to engage with power as such.

What died at Altamont was the notion of spontaneity, of the sense that things could happen on their own and that benevolent spirits would prevail. What ended was the idea of the unproduced. What was born there was infrastructure—the physical infrastructure of facilities, the abstract one of authority. From that point on, concerts were the tip of the iceberg, the superstructure, the mere public face and shining aftermath of elaborate planning. The lawyers and the insurers, the politicians and the police, security consultants and fire-safety experts—the masters and mistresses of management—would be running the show.

The movie ends with concertgoers the morning after, walking away, their backs to the viewer, leaving a blank natural realm of earth and sky; they’re leaving the state of nature and heading back to the city, from which they’ll never be able to leave innocently again. What emerges accursed is the very idea of nature, of the idea that, left to their own inclinations and stripped of the trappings of the wider social order, the young people of the new generation will somehow spontaneously create a higher, gentler, more loving grassroots order. What died at Altamont is the Rousseauian dream itself. What was envisioned in “Lord of the Flies” and subsequently dramatized in such films as “Straw Dogs” and “Deliverance” was presented in reality in “Gimme Shelter.” The haunting freeze-frame on Jagger staring into the camera, at the end of the film, after his forensic examination of the footage of the killing of Meredith Hunter at the concert, reveals not the filmmakers’ accusation or his own sense of guilt but lost illusions.


Histoire: Héros des uns, méchants des autres (When our Thenardiers turn out to be heroes)

22 juin, 2020

Bernard Emile and his wife Yvonne

Cosette avec sa poupée chez les Thénardier | Paris MuséesJean Valjean, Cosette et son seau | Paris Musées
One man’s hero is another man’s villain. Dicton anglais
Il n’est rien sur la terre de si humble qui ne rende à la terre un service spécial ; il n’est rien non plus de si bon qui, détourné de son légitime usage, ne devienne rebelle à son origine et ne tombe dans l’abus. La vertu même devient vice, étant mal appliquée, et le vice est parfois ennobli par l’action. Shakespeare (Père Laurence, Roméo et Juliette, II, 3)
The difference between virtue and vice is far less radical than we would like to believe. Sometimes the most effective goodness…is carried out by those who have already compromised themselves with evil, those who are members of the very organization that set the ball rolling toward the abyss. Hence a strange and frustrating contradiction: that absolute goodness is often surprisingly ineffective, while compromised, splintered and ambiguous goodness, one that is touched and stained by evil, is the only kind that may set limits to mass murder. And while absolute evil is indeed defined by its consistent one-dimensionality, this more mundane sort of wickedness, the most prevalent sort, contains within itself also seeds of goodness that may be stimulated and encouraged by the example of the few dwellers of these nether regions who may have come to recognize their own moral potential. Omer Bartov
Countrymen is a fascinating study in the ambiguity of virtue. (…) There simply are no general answers to the question of why humans behave as they do in times of extremity. What Lidegaard’s story really demonstrates is that history and context are all. Denmark was Denmark: that is all one can truthfully say. Lidegaard makes the argument, in his conclusion, that had resistance been as strong elsewhere in Europe as it was in Denmark, the Nazis might never have been able to drive the Final Solution to its conclusion. (…) Countrymen is a story about a little country that did the right thing for complicated reasons, and got away with it for equally complicated reasons. It is a story that reinforces an old truth: solidarity and decency depend on a dense tissue of connection among people, on long-formed habits of the heart, on resilient cultures of common citizenship, and on leaders who marshal these virtues by their example. In Denmark, this dense tissue bound human beings together and indirect rule made it impossible for the Germans to rip it apart. Elsewhere in Europe, by contrast, it was destroyed in stages, first by ghettoizing and isolating the Jewish people and then by insulating bystanders from the full horror of Nazi intentions. Once Jews had been stripped of citizenship, property, rights, and social existence—once they could appeal only to the common humanity of persecutors and bystanders alike—it was too late. There is a sobering message in Lidegaard’s tale for the human rights era that came after these abominations. If a people come to rely for their protection on human rights alone, on the mutual recognition of common humanity, they are already in serious danger. The Danish story seems to tell us that it is not the universal human chain that binds peoples together in extremity, but more local and granular ties: the particular consciousness of time, place, and heritage that led a Danish villager to stand up to the Gestapo and say no, it will not happen here, not in our village. This extraordinary story of one small country has resonance beyond its Danish context. Countrymen should be read by anyone seeking to understand what precise set of shared social and political understandings can make possible, in times of terrible darkness, acts of civil courage and uncommon decency. Michael Ignatieff
Le bilan final – la perte de 25% de Juifs vivant en France, y compris 15% des citoyens juifs de France, dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français. (…) il faut «s’élever contre l’idée qui se répand actuellement que Vichy a essayé dès le début d’épargner les Juifs anciennement établis en France. Il est vrai qu’en 1942, Vichy tente à quelques reprises de faire déporter les étrangers avant les citoyens français, mais ces efforts sont tardifs et peu efficaces. [Et au lieu] de se demander pourquoi tant de Juifs ont survécu en France (…) il faudrait plutôt se demander pourquoi tant ont péri. Robert Paxton
Ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l’ouvrier ni l’ordre honnête du bourgeois. C’étaient de ces natures naines qui, si quelque feu sombre les chauffe par hasard, deviennent facilement monstrueuses. Il y avait dans la femme le fond d’une brute et dans l’homme l’étoffe d’un gueux. Tous deux étaient au plus haut degré susceptibles de l’espèce de hideux progrès qui se fait dans le sens du mal. Il existe des âmes écrevisses reculant continuellement vers les ténèbres, rétrogradant dans la vie plutôt qu’elles n’y avancent, employant l’expérience à augmenter leur difformité, empirant sans cesse, et s’empreignant de plus en plus d’une noirceur croissante. Cet homme et cette femme étaient de ces âmes-là. Victor Hugo (Les Misérables, 1862)
Thénardier est le patronyme d’une famille « misérable » que Victor Hugo met en scène et décrit dans son roman Les Misérables (1862). On découvre le couple aubergiste à Montfermeil quand Fantine lui confie la garde de sa fille Cosette qu’il va honteusement exploiter comme bonne à tout faire. À cette époque-là, le couple a deux petites filles, Éponine et Azelma, puis un garçon, Gavroche. Les Thénardier auront encore deux fils dont ils se débarrasseront et dont on ne connaîtra jamais les prénoms. Après la mort de Fantine, Jean Valjean soustrait Cosette à leur emprise moyennant une coquette somme d’argent. Après la faillite de leur auberge, on les retrouve à Paris se faisant passer pour la famille Jondrette, car le couple, accointé avec le milieu interlope et participant à divers faits criminels, se cache de la police tandis qu’il exploite ses filles pour pratiquer la mendicité. C’est le hasard qui mettra à nouveau la famille Thénardier en présence de Jean Valjean. (…) Le père est un ancien soldat devenu sergent et médaillé à la bataille de Waterloo grâce à la méprise du colonel Pontmercy qui, revenu à lui alors que Thénardier était occupé à le dépouiller (comme il le faisait sur tous les cadavres du champ de bataille), a cru que celui-ci le secourait. De ce fait, Thénardier se fait passer pour un bon samaritain (ayant échappé au risque d’être pris et fusillé comme pilleur), d’où le nom de son auberge qu’il affiche comme une gloire. Fantine ne peut pas garder son enfant, car elle retourne à Montreuil-sur-Mer, sa ville natale, pour y chercher du travail et, en 1818, une mère célibataire était rejetée par la société. Les Thénardier acceptent de prendre Cosette en pension moyennant le paiement de 7 francs par mois. Fantine « confie » un peu trop rapidement Cosette aux Thénardier après avoir aperçu la mère Thénardier attentionnée avec ses fillettes. Contrairement à la promesse qu’ils ont faite à Fantine de bien s’occuper de Cosette, ils jalousent cette jolie enfant, l’asservissent et la maltraitent. Cosette ne vit plus que dans la crainte et la tristesse tandis que le couple Thénardier réclame des sommes de plus en plus élevées à Fantine qui, pour continuer à leur verser une pension mensuelle devenue exorbitante, et après avoir perdu son emploi, vend ses cheveux et ses dents de devant, puis, à bout de ressources, va jusqu’à se faire fille publique avant de mourir en février 1823. Leur auberge fait faillite en 1828 après que Jean Valjean a réussi à arracher Cosette à leurs griffes (en la leur achetant) pour se réfugier à Paris à la fin de l’année 1823. Les Thénardier réapparaissent à Paris (année 1830), s’étant défaits, moyennant finances, de leurs deux plus jeunes fils, et ont changé de nom, ils sont désormais la « famille Jondrette » avec leurs enfants Azelma, Éponine et Gavroche. Ils vivent d’expédients avant de devenir les pires des malfrats en s’acoquinant avec la bande Patron-Minette. Dès le début, le couple Thénardier est décrit comme fourbe et sans scrupules, mais on peut penser que c’est un effet de la misère. Victor Hugo rend le ménage Thénardier antipathique alors qu’il s’apitoie sur leurs enfants exploités sans vergogne. Pour survivre, le couple n’hésite pas à recourir à toutes sortes de moyens criminels, du plus léger au rédhibitoire (exploitation éhontée de la pauvreté, vols, cambriolages, agressions, voire assassinat). De ce fait, la famille côtoie différents milieux interlopes (banditisme, prostitution), ce qui permet à Hugo de se pencher sur les causes sociales de ces comportements, de faire réfléchir le lecteur et de l’inciter à ne pas condamner systématiquement certains agissements (digression Le Mauvais Pauvre). Thénardier et sa fille Azelma, survivant à leur famille en juin 1833 (on ignore ce que sont devenus les deux plus jeunes fils perdus de vue durant l’insurrection de juin 1832), quittent la France pour s’expatrier aux États-Unis. L’injustice et le crime n’étant pas spécifiquement français, avec l’argent donné par Marius pour qu’ils disparaissent de leur vie (la vie de Cosette et Marius), homme de bien, l’ancien exploiteur de Fantine et de Cosette y devient trafiquant d’esclaves. Tout au long du roman, les destins de Jean Valjean, de Cosette, de Marius, ne cessent de croiser ceux des Thénardier qui joueront, en bien et en mal, un rôle essentiel dans la vie des trois protagonistes. (…) Ce nom aurait été inspiré à Victor Hugo par Louis Jacques Thénard, son contemporain et chimiste renommé, qui était opposé à la réduction du temps de travail des enfants proposée par Hugo.  Wikipedia
Pour le nouveau président de la Commission, ce n’était pas nécessaire de s’être comporté comme un héros pour obtenir l’honneur. Le grand nombre des cas signalés à Yad Vashem èroved qu’il y avait eu une réelle implication de nombreuses personnes, gens du commun, dans la tentative d’arracher les Juifs à l’extermination. Faire connaitre leurs histoires signifiait réfuter le mythe selon lequel l’opposition contre le nazisme était un acte impossible, que ce n’était pas une possibilité concrète d’aider les persécutés sans courir de risques extrêmes. Plusieurs fois, une petite intervention avait suffi pour empêcher une grande tragédie. C’est pourquoi il est important de valoriser publiquement chaque geste d’opposition qui a été fait en faveur des Juifs dans l’Europe occupée par les Nazis. (…) Mais comment juger qui a sauvé un juif et tué un autre homme après la guerre ? Ou la femme qui a caché les persécutés, alors qu’elle se prostituait avec les fonctionnaires nazis ? Ou ceux qui ont sauvé des dizaines de Juifs en Pologne sans nullement abandonner leurs opinions antisémites ? Ou également ceux qui ont aidé en échange d’argent ? Wikipedia
Cette médaille qui honore la famille Bernard honore aussi les habitants de Collonges-sous-salève. Représentant de la communauté israélite d’Annecy

Héros des uns, méchants des autres..

En ces temps devenus fous de furie et d’hystérie déboulonnatrice

Retour avec cette nouvelle édition retrouvée hier sur Facebook …

Du fameux livre de Paxton et Marrus il y a cinq ans …

Où contre la thèse révisionniste de Zemmour …

Créditant le régime de Pétain, à l’inverse de la Hollande ou de la Belgique, du sauvetage de quelque 75% de « ses » Juifs ….

Paxton rappelle dans sa nouvelle préface que le bilan final – dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français …

Sur un souvenir personnel …

Rappelant l’irréductible ambiguïté du bien …

Avec ces gens connus dans mon enfance comme Thénardiers …

Et redécouverts bien après comme bons samaritains …

Yvonne Bernard et son mari Emile

Comité français pour Yad vashem

Emile et Yvonne Bernard, des adventistes du septième jour pratiquants possédaient une ferme dans le village de Collonges-sous-Salève en Haute-Savoie près de la frontière suisse. Les réfugiés juifs de Marseille savaient que ces personnes aidaient ceux qui devaient traverser la frontière clandestinement.

Peu après l’invasion du sud de la France par les Allemands, Raymond Katz, âgé de dix-sept ans, un refugié juif de Strasbourg, arriva en train de Marseille à Collonges. Il arriva sain et sauf à la ferme des Bernard le 25 novembre 1942. Emile et Yvonne Bernard l’accueillirent pendant deux jours sans rien attendre en retour. Alors qu’il était chez eux, un couple de Juifs âgés arriva à la ferme et fut également accueilli.

La nuit du deuxième jour, Emile Bernard proposa à Raymond Katz de lui faire traverser la frontière et  passer en Suisse. Il mit ses deux mains sur la tête du jeune homme et le bénit avant de partir. Raymond Katz marchait à environ cinquante mètres derrière Emile Bernard jusqu’à ce que ce dernier s’arrête et lui montre où traverser. Raymond Katz réussit à passer la frontière suisse. Les Allemands patrouillaient 24 heures sur 24 le long de la frontière qui séparait les deux pays et c’est grâce à sa très bonne connaissance de la région qu’Emile Bernard put guider Raymond vers un point de passage accessible.

Après la guerre, les Bernard furent totalement opposés à accepter la moindre reconnaissance de leurs actes de sauvetage. C’est seulement après leur décès qu’ils purent être honorés pour leurs actes nobles et courageux.

Le 3 Avril 2006 l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Emile Bernard et son épouse Yvonne.

Voir aussi:

Bernard Emile & Yvonne

Yad vashem

Emile and Yvonne Bernard, pious Seventh Day Adventists, owned a farm in the village of Collonges Sous Salève (Haute Savoie) close to the Swiss border. Their names were known among the Jewish refugees in Marseilles as people who helped those in need smuggle across the border. One day, not long after the Germans occupied the south of France, 17-year-old Raymond Katz, a Jewish refugee from Strasbourg, traveled by train from Marseilles to Collonges. He arrived safely at the Bernards’ farm on November 25, 1942. They opened their home to him and hosted him for two days without expecting or receiving anything in return. While he was there, an elderly Jewish couple arrived at the farm and they too were taken into the farmhouse. At nightfall of the second day, Emile invited Katz to embark on his journey. Placing both his hands on the young man’s head, Bernard blessed him and they set out on their way. Katz kept about 50 meters behind Bernard until the latter stopped at a certain point and showed him where to cross. Katz successfully crossed the border into Switzerland. The Germans patrolled the border between France and Switzerland around the clock and it was because of Bernard’s intimate knowledge of the area that he was able to direct Katz to a suitable crossing point.
After the war, the Bernards were strenuously opposed to accepting any recognition for their rescue efforts; it was only after they both passed away that they could be honored for their noble and brave deeds.
On April 3, 2006, Yad Vashem recognized Emile and Yvonne Bernard as Righteous Among the Nations.
Voir enfin:

Vichy et les Juifs : Robert Paxton persiste et signe

L’historien américain publie ce 14 octobre aux côtés de Michael Marrus une seconde édition de la publication de 1981. Cette version actualisée vient contredire l’idée répandue depuis quelques temps, selon laquelle Pétain aurait protégé des Juifs français.

Hugo-Pierre Gausserand et Jacques de Saint Victor

Impossible d’évoquer la question du régime de Vichy et de son rapport à la «question juive», comme l’écrivait Jean-Paul Sartre en 1946, sans évoquer l’auteur Robert Paxton. Historien américain, il publie en 1973 dans le cadre de ses études le fruit de ses recherches quant au rôle du gouvernement de Pétain dans la Shoah, La France de Vichy.

Avec cette parution, Robert Paxton venait remettre en cause certaines versions plus favorables au régime de Vichy. S’appuyant sur de nombreuses archives, ses travaux devinrent très vite une référence. Pourtant, à l’époque, l’historien connaît un déferlement de haine en France, jusqu’à se voir empêché de s’exprimer à la télévision.

Telle une piqûre de rappel, il publie ce 14 octobre une seconde version de l’ouvrage Vichy et les Juifs qu’il co-signait en 1981 aux côtés de Michael Marrus. Ces travaux réédités ont pour ambition de tordre le cou aux récentes thèses selon lesquelles Pétain et son régime politique auraient protégé des Juifs français de la Shoah.

Une réponse au révisionnisme

La principale cible sous-entendue de ce réquisitoire? Eric Zemmour. L’éditorialiste, auteur du bestseller Le suicide français, est devenu le fer de lance de cette nouvelle lecture, «pétainiste» pour certains. Dans son essai, et, le 4 octobre 2014 sur le plateau d’On n’est pas couché, il déclarait: «Pétain a sauvé des Juifs français», ajoutant qu’une large majorité de ceux-là n’avaient pas connu le sort tragique des millions d’autres dans les autres pays occupés par les nazis.

Paxton et Marrus, dans la préface de leur nouveau livre, précisent: «Le bilan final – la perte de 25% de Juifs vivant en France, y compris 15% des citoyens juifs de France, dont de nombreux enfants – est plus lourd qu’il ne l’aurait été sans la participation de l’administration et de certains citoyens français». Les deux historiens ne reviennent pas sur la grande différence avec ce qui s’est passé dans d’autres pays, notamment en Hollande ou en Belgique, où la population juive a quasiment été entièrement décimée.

Selon eux, il faut «s’élever contre l’idée qui se répand actuellement que Vichy a essayé dès le début d’épargner les Juifs anciennement établis en France». Ils admettent cependant: «Il est vrai qu’en 1942, Vichy tente à quelques reprises de faire déporter les étrangers avant les citoyens français», ce qu’avait défendu Eric Zemmour, mais, ajoutent les deux historiens, «ces efforts sont tardifs et peu efficaces».

Les deux auteurs concluent sur une considération plus morale qu’historique, en trouvant «fâcheux que certains continuent de se demander pourquoi tant de Juifs ont survécu en France. Etant donné les opportunités de survie, il faudrait plutôt se demander pourquoi tant ont péri».

Robert Paxton dédie cette réédition «aux Français anonymes et admirables» ayant aidé les Juifs persécutés. L’auteur de La France de Vichy de conclure: «Beaucoup de Français en ont ras-le-bol de ces histoires et préfèrent ne plus y penser.»

Voir enfin:

Juste parmi les Nations
Émile Bernard
Dossier Yad Vashem : 9714
Remise de la médaille de Juste : 03/04/2006
Sauvetage : Collonges-sous-Salève 74160 – Haute-Savoie
Profession: Employé à l’internat du collège adventiste de Collonges.
Religion : Protestant
Date de naissance: 1897
Date de décès: 1988
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emile-Bernard
Emile, Yvonne et Guy Bernard
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
emile-Bernard
Yvonne* et Émile Bernard*
source photo : Yad Vashem
crédit photo : D.R.

Notice

John Weidner*, pasteur adventiste du septième jour organise un groupe œcuménique des Amitiés chrétiennes pour secourir les personnes internées dans les camps avec l’appui de son ami Gilbert Beaujolin, du Cardinal Gerlier*, du pasteur Marc Boegner* et du soutien actif du père Pierre Chaillet* et du pasteur Roland de Pury*.
En 1942, il met sur pied et prend la direction du réseau Deutch-Paris.
Pour couvrir ses activités et justifier ses allées et venues, il ouvre un magasin à Lyon, Annecy et Collonges-sous-Salève.
Le réseau comptera jusqu’à 300 membres, dont son frère et sa sœur, Johan Hendrik, né en 1912 et Gabrielle, née en 1914.
Ainsi, avec l’aide de centaines de résistants, il fait passer des Pays-Bas vers la Suisse ou l’Espagne plus de 800 enfants Juifs et 200 à 300 aviateurs, résistants ou réfugiés, des logements aux personnes pourchassées et fournit de faux-papiers d’identité.

Roger Fasnacht, administrateur de l’école pendant la Deuxième Guerre mondiale, des membres du personnel et des étudiants, comme Jean Lavanchy, Raymond Meyer, Frederic Charpiot et docteur Pierre Toureille, vont se mobiliser pour accueillir plus de 150 réfugiés qui seront logés à l’école ou dans les maisons du personnel.

Émile*, employé de l’internat, et son épouse Yvonne Bernard*, un couple de fermiers, accueilleront un jeune homme de 17 ans, Raymond Katz, à fuir ses persécuteurs nazis en l’hébergeant durant deux ou trois nuits dans leur demeure de la ferme du Campus adventiste du Salève. à Collonges, avant de l’aider à franchir durant la nuit la frontière franco-suisse. Mais les Bernard* ne s’arrêtent pas à ce seul sauvetage, ils ont également aidé plusieurs autres familles juives, dont M. et Mme Salvador et leurs 3 enfants, M. et Mme Strauss, un aviateur anglais, etc.

Le samedi 26 février 1944, la Gestapo arrête sa sœur, Gabrielle Weidner au cours de l’office du matin. Avec cent quarante autres membres du réseau « Dutch-Paris » Gabrielle fut dénoncée par l’un des membres du réseau soumis à la torture.
Le 24 août, Gabrielle est transférée de la Prison de Fresnes, près de Paris, vers le camp de Ravensbrück, en Allemagne.
Le 17 février 1945, Gabrielle meurt de malnutrition à Koenigsberg, un camp annexe de Ravensbrück, quelques jours après avoir été libérée par les troupes soviétiques.
Arrêté lui aussi le frère aîné de John Weidner* est torturé puis mis dans un train pour être déporté en Allemagne. Il parvient à s’évader et rejoint la Suisse.

Le 3 Avril 2006 l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Yvonne* et Émile Bernard*.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



Réseau de sauvetage
Yvonne Bernard

John Weidner (dit Jean)
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Émile Bernard
Raymond Katz

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d’intérêt ou un site internet]
1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l’intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre « Mon combat dans la Résistance FTP-MOI » )
2 R.P. Louis Adrien Favre (Site est consacré à la mémoire du R.P. Louis Adrien Favre, afin que son action durant la dernière guerre mondiale 1939-45 (période de la Résistance) soit connue du grand public ; et que cette mémoire soit porteuse de valeurs humaines, de tolérance, d’espoir, de Liberté, et de paix pour notre société actuelle, et les générations futures. )
3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. )
4 La famille Wildmann (Le parcours de la famille Wildmann en Allemagne, en Belgique et en France durant la Seconde Guerre mondiale. )
5 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l’occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
6 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l’occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu’à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte … )
7 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 « travailleurs israëlites » en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
8 Là où coule le Gier (La guerre, énorme chaos bouleversant les vies. Tel est le décor dans lequel évoluent René et Aima. De leur jeunesse à leurs combats, l’auteur nous invite à les suivre dans cette aventure où chacun fera preuve d’un courage incroyable. Ce roman, basé sur des faits réels, nous emmène de la Vallée du Gier dans la Loire à Clermont-Ferrand et nous fait traverser certains camps de concentration en Allemagne en suivant le parcours de deux jeunes gens que la vie a forgé pour combattre aussi bien dans l’univers ouvrier des années 30 que pendant la seconde guerre mondiale avec leur implication dans la résistance. Cette plongée dans le passé a nécessité de nombreuses recherches suivies d’une longue enquête menée sur la vie de ces deux personnages. )
9 Marianne Cohn (Page dédiée à Marianne Cohn et à ses compagnons de résistance. Un mois avant d »être arrêtée, elle a sauvé ma tante Eva et mon père Maurice Finkelstein )
10 L’attentat de la Poterne du 8 mars 1944 (Page consacrée à l’ouvrage « L’attentat de la Poterne, un drame au cœur de Clermont » (2015).
Cette étude sur l’attentat de la Poterne du 8 mars 1944 recoupe des documents d’archive à des témoignages oraux et écrits. Elle reprend de manière chronologique les évènements, de l’attentat de résistants sur un détachement allemands à l’immensité des représailles qui ont suivi : incendie d’immeubles, nombreuses arrestations, déportations et condamnations à mort. )
11 « Objectif Lyon ! »
12 Laurent Neury, l’espoir au bout du pont. Histoire et mémoire de la filière de Douvaine, Cabedita, 2019

Juste parmi les Nations
Yvonne Bernard
Dossier Yad Vashem : 9714
Remise de la médaille de Juste : 03/04/2006
Sauvetage : Collonges-sous-Salève 74160 – Haute-Savoie
Profession: Fermière
Religion : Protestante
Nom de naissance: Bouzanquet
Nom d’épouse: Bernard
Date de naissance: 1899
Date de décès: 1982
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Yvonne-Bernard
Yvonne* et Émile Bernard*
source photo : Yad Vashem
crédit photo : D.R.
Yvonne-Bernard
Emile, Yvonne et Guy Bernard
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.

Notice

John Weidner*, pasteur adventiste du septième jour organise un groupe œcuménique des Amitiés chrétiennes pour secourir les personnes internées dans les camps avec l’appui de son ami Gilbert Beaujolin, du Cardinal Gerlier*, du pasteur Marc Boegner* et du soutien actif du père Pierre Chaillet* et du pasteur Roland de Pury*.
En 1942, il met sur pied et prend la direction du réseau Deutch-Paris.
Pour couvrir ses activités et justifier ses allées et venues, il ouvre un magasin à Lyon, Annecy et Collonges-sous-Salève.
Le réseau comptera jusqu’à 300 membres, dont son frère et sa sœur, Johan Hendrik, né en 1912 et Gabrielle, née en 1914.
Ainsi, avec l’aide de centaines de résistants, il fait passer des Pays-Bas vers la Suisse ou l’Espagne plus de 800 enfants Juifs et 200 à 300 aviateurs, résistants ou réfugiés, des logements aux personnes pourchassées et fournit de faux-papiers d’identité.

Roger Fasnacht, administrateur de l’école pendant la Deuxième Guerre mondiale, des membres du personnel et des étudiants, comme Jean Lavanchy, Raymond Meyer, Frederic Charpiot et docteur Pierre Toureille, vont se mobiliser pour accueillir plus de 150 réfugiés qui seront logés à l’école ou dans les maisons du personnel.

Émile*, employé de l’internat, et son épouse Yvonne Bernard*, un couple de fermiers, accueilleront un jeune homme de 17 ans, Raymond Katz, à fuir ses persécuteurs nazis en l’hébergeant durant deux ou trois nuits dans leur demeure de la ferme du Campus adventiste du Salève. à Collonges, avant de l’aider à franchir durant la nuit la frontière franco-suisse. Mais les Bernard* ne s’arrêtent pas à ce seul sauvetage, ils ont également aidé plusieurs autres familles juives, dont M. et Mme Salvador et leurs 3 enfants, M. et Mme Strauss, un aviateur anglais, etc.

Le samedi 26 février 1944, la Gestapo arrête sa sœur, Gabrielle Weidner au cours de l’office du matin. Avec cent quarante autres membres du réseau « Dutch-Paris » Gabrielle fut dénoncée par l’un des membres du réseau soumis à la torture.
Le 24 août, Gabrielle est transférée de la Prison de Fresnes, près de Paris, vers le camp de Ravensbrück, en Allemagne.
Le 17 février 1945, Gabrielle meurt de malnutrition à Koenigsberg, un camp annexe de Ravensbrück, quelques jours après avoir été libérée par les troupes soviétiques.
Arrêté lui aussi le frère aîné de John Weidner* est torturé puis mis dans un train pour être déporté en Allemagne. Il parvient à s’évader et rejoint la Suisse.

Le 3 Avril 2006 l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Yvonne* et Émile Bernard*.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



Réseau de sauvetage
Émile Bernard

John Weidner (dit Jean)
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Yvonne Bernard
Raymond Katz

Orwell/70e: Hommage à la décence commune (My country right or wrong: rediscovering with Orwell the spiritual need for truth and patriotism for which no substitute has yet been found)

21 février, 2020

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S’ils se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19 : 40)
Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Jésus (Matthieu 11: 25)
La Palestine appartient aux Arabes dans le même sens que l’Angleterre appartient aux Anglais ou la France aux Français. Il est erroné et inhumain d’imposer les Juifs aux Arabes. Ce qui se passe en Palestine aujourd’hui ne peut être justifié par aucun code de conduite morale. Les mandats ne représentent aucune sanction sinon celle de la dernière guerre. Ce serait certainement un crime contre l’humanité de réduire les fiers Arabes pour que la Palestine puisse être rendue aux Juifs en partie ou complètement comme leur foyer national. (…) Si j’étais juif et étais né en Allemagne et y gagnais ma vie, je revendiquerais l’Allemagne comme ma patrie au même titre que le plus grand des gentils Allemands et le défierais de m’abattre ou de me jeter au cachot; je refuserais d’être expulsé ou soumis à toute mesure discriminatoire. Et pour cela, je n’attendrais pas que mes coreligionnaires se joignent à moi dans la résistance civile mais serais convaincu qu’à la fin ceux-ci ne manqueraient pas de suivre mon exemple. Si un juif ou tous les juifs acceptaient la prescription ici offerte, ils ne pourraient être en plus mauvaise posture que maintenant. Et la souffrance volontairement subie leur apporterait une force et une joie intérieures que ne pourraient leur apporter aucun nombre de résolutions de sympathie du reste du monde. Gandhi (le 26 Novembre 1938)
Il vous faut abandonner les armes que vous avez car elles n’ont aucune utilité pour vous sauver vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions…. Si ces messieurs choisissent d’occuper vos maisons, vous les évacuerez. S’ils ne vous laissent pas partir librement, vous vous laisserez abattre, hommes, femmes et enfants, mais vous leur refuserez toute allégeance. Gandhi (conseil aux Britanniques, 1940)
Des juifs sont persécutés, volés, maltraités, torturés, assassinés. Et vous, Mahatma Gandhi, dites que leur position dans le pays où ils souffrent tout ceci est un parallèle exact avec la position des Indiens en Afrique du sud au moment où vous inauguriez votre célèbre « force de la vérité » ou « force de la campagne d’âme » (Satyagraha) (…) Mais, Mahatma, savez-vous ou ne savez-vous pas ce qu’est un camp de concentration et ce qui s’y passe? Martin Buber
Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. Don Juan (Molière, acte III, sc. 1)
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Péguy
La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. George Orwell (1984)
Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. Orwell
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. Orwell
Le pacifisme est objectivement pro-fasciste. C’est du bon sens élémentaire. George Orwell
On ne peut gouverner sur une base « purement » pacifiste, car tout gouvernement qui refuserait en toutes circonstances d’employer la force pourrait être renversé par n’importe qui, même n’importe quel individu, qui serait prêt à utiliser la force. . . . Pour ce qui est de la conquête de l’Angleterre, Gandhi nous conseillerait certainement de laisser les Allemands nous imposer leur domination plutôt que de lutter contre eux – en fait, c’est exactement ce qu’il a préconisé. Et si Hitler conquerrait l’Angleterre, il essaierait, j’imagine, de faire émerger un mouvement pacifiste mondial, qui empêcherait toute résistance sérieuse et donc faciliterait sa domination. George Orwell
Que ferait Gandhi si les Britanniques ne lui laissaient plus le moindre espace [de liberté] ? . . Le fait est que les méthodes politiques de Gandhi étaient presque sans rapport avec la situation actuelle, car elles dépendaient de la publicité. Comme M. Fischer l’admet, Gandhi n’a jamais eu affaire à un pouvoir totalitaire. Il avait affaire à un despotisme démodé et passablement affaibli qui le traitait de manière assez chevaleresque et lui permettait de faire appel à l’opinion mondiale à chaque pas. (…) Il est difficile de voir comment sa stratégie de jeûne et de désobéissance civile pourrait être appliquée dans un pays où les opposants politiques disparaissent tout simplement et le public n’entend jamais rien que ce que le gouvernement ne veut pas qu’il entende. D’ailleurs, il apparaît que lorsque M. Fischer nous dit que nous devrions suivre les enseignements de Gandhi, il… veut empêcher l’expansion de l’impérialisme russe, de manière non-violente si nous le pouvons, mais violente si nous le devons ; alors que l’idée centrale de Gandhi était que vous ne devez pas utiliser la violence même si l’alternative est la défaite. Lorsqu’on lui a demandé de donner son avis sur les Juifs allemands, Gandhi a apparemment répondu qu’ils auraient dû se suicider en masse, et ainsi « émouvoir le monde » – une réponse qui semble embarrasser M. Fischer même. George Orwell
À notre époque où les yogis font florès, il est admis sans discussion que le « détachement » est supérieur à l’acceptation sans réserve de la vie terrestre, et que l’homme ordinaire ne s’y dérobe que parce qu’il préfère la facilité : en d’autres termes, que l’être humain moyen est un saint raté. Pourtant, rien n’est moins sûr. Beaucoup de gens n’ont vraiment pas la moindre envie d’être des saints, et beaucoup de ceux qui atteignent la sainteté ou y aspirent n’ont sans doute jamais été très tentés d’être des hommes. (…) Nous vivons dans un monde fou dans lequel les contraires se transforment constamment, dans lequel les pacifistes se retrouvent à adorer Hitler, les socialistes deviennent nationalistes, les patriotes deviennent des collabos, les bouddhistes prient pour le succès de l’armée japonaise, et la bourse repart à la hausse quand les Russes lancent une offensive. Les croyances [pacifisme, anarchisme, stalinisme] ont l’avantage de viser l’impossible et donc en fait d’exiger très peu. Si vous ajoutez une touche de mysticisme oriental et de ravissement buchmanien pour Gandhi, vous avez tout ce qu’il faut pour faire le bonheur d’un intellectuel rebelle. La vie d’un gentleman anglais et l’attitude morale d’un saint peuvent être appréciées simultanément. En transférant simplement votre allégeance de l’Angleterre à l’Inde (c’était autrefois la Russie), vous pouvez vous adonner pleinement à tous les sentiments chauvins qui seraient totalement impossibles si vous les reconnaissiez pour ce qu’ils étaient. Au nom du pacifisme, vous pouvez faire des compromis avec Hitler, et au nom de la spiritualité, vous pouvez garder votre argent. . . Il y a en effet une sorte de vérité apocalyptique dans la déclaration de la radio allemande selon laquelle les enseignements d’Hitler et de Gandhi se rejoignent. George Orwell
Le Parti vous disait de rejeter le témoignage de vos yeux et de vos oreilles. C’était son commandement ultime, et le plus essentiel. Le cœur de Winston défaillit quand il pensa à l’énorme puissance déployée contre lui, à la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du Parti le vaincrait dans une discussion, aux arguments qu’il serait incapable de comprendre et auxquels il pourrait encore moins répondre. Et cependant, c’était lui qui avait raison ! Ils avaient tort, et il avait raison. Il fallait défendre l’évident, le bêta et le vrai. Les truismes sont vrais, cramponne-toi à cela. Le monde matériel existe, ses lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau est humide, et les objets qu’on lâche tombent vers le centre de la terre. Avec le sentiment […] qu’il posait un axiome important, il écrivit : “La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. George Orwell (1984)
Ce qui me tracasse en ce moment, c’est qu’on ne sait pas très bien si dans des pays comme l’Angleterre les gens ordinaires font suffisamment la différence entre démocratie et despotisme pour avoir envie de défendre leurs libertés. […] Les intellectuels qui affirment aujourd’hui que démocratie et fascisme, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, etc., me dépriment au plus haut point. Mais il se peut qu’au moment de l’épreuve de vérité les gens ordinaires s’avèrent être plus intelligents que les intellectuels. George Orwell
Quand vous rentrez en Angleterre après un voyage à l’étranger, vous avez immédiatement la sensation de respirer un air différent […]. La bière est plus amère, les pièces de monnaie sont plus lourdes, l’herbe est plus verte, les publicités sont plus criardes. […] Alors l’immensité de l’Angleterre vous engloutit et vous perdez pour un instant de vue que la nation dans son ensemble possède un seul caractère identifiable. George Orwell
La nuit qui a précédé le Pacte germano-soviétique, j’ai rêvé que la guerre avait commencé. Ce rêve m’a appris que j’étais de tout cœur patriote, que je soutiendrais la guerre et que je combattrais si possible. Tout cela est enfantin, bien sûr, mais je préfère avoir reçu ce type d’éducation que de ressembler aux intellectuels de gauche qui sont tellement ‘ éclairés ’ qu’ils ne peuvent comprendre les émotions les plus ordinaires. George Orwell
Une part de nous veut être un héros ou un saint, mais l’autre moitié c’est ce petit homme gras qui voit très clairement l’avantage qu’il y a à rester en vie. C’est notre moi privé, la voix de notre ventre qui proteste contre notre âme. George Orwell
This insignificant and self-effacing hero who had nothing to recommend him but a little goodness in his heart and apparently a ridiculous ideal. This would be to give the truth its due, to give the sum of two and two as four. (…) It may seem a ridiculous idea, but the only way to fight the plague is with decency. Albert Camus
But again and again there comes a time in history when the man who dares to say that two and two make four is punished with death. The schoolteacher is well aware of this. And the question is not one of knowing what punishment or reward attends the making of this calculation. The question is one of knowing whether two and two do make four. Camus
Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows. George Orwell
A nihilist is not one who believes in nothing, but one who does not believe in what exists. Camus
Totalitarianism demands, in fact, the continuous alteration of the past, and in the long run probably demands a disbelief in the very existence of objective truth. (…) So long as physical reality cannot be altogether ignored, so long as two and two have to make four. Orwell
ONE DAY in February 1945, in Paris, George Orwell waited at the café Deux Magots, where he was to meet Albert Camus for the first time. But Camus, suffering from tuberculosis and exhaustion — because of which he was currently on leave from his editorship of the resistance newspaper Combat — didn’t show up. They would never again have the chance to meet each other. Five years later, Orwell died, in England — from an illness related to his own tuberculosis. This may very well be one of the great missed opportunities in 20th-century European letters. But although Orwell and Camus were two of the most intriguing political and literary figures of their time, they are rarely considered in relation to each other, and when they are, it is usually not to any great depth. There are superficial similarities between them that tend to distract from looking for deeper affinities, albeit buried beneath significant antimonies. Although, politically and intellectually, they drew many of the same conclusions, these were, more often than not, arrived at from very different starting points, or via different routes. And that is, ultimately, why Orwell and Camus are so interesting to consider together. In a sense, the life and work of each man acts as an independent variable to confirm the truths and the doubts revealed by the life and work of the other. Part of the reason for these different attitudes and approaches to writing may be due to their different social backgrounds. For Orwell, that background was middle-class, old Etonian — even when he rebelled against it he was still inculcated by the attitudes that came with it. He had seen several of his classmates — such as Cyril Connolly — go on to become writers and editors of literary journals and newspapers, and so he was never in any doubt that a literary career was not something he could pursue. His five years in the Burmese Police were, he later said, partly an attempt to actively avoid becoming a writer — as if it was always inevitable. Camus, on the other hand, came from very poor, largely illiterate, working-class French Algeria. There was hardly anything inevitable in Camus’s becoming a writer. Growing up, there were no books in the house, and no privacy. During the school holidays, he worked with his uncles and older brother in a wine-barrel factory. His older brother didn’t go to high school, but went instead to work full-time with their uncles. Camus was supposed to follow suit, but an intervention from a schoolteacher, Louis Germain — and later the encouragement of a high school teacher and then university lecturer, Jean Grenier — made Camus see new possibilities. But even here, these possibilities extended mainly to the goal of becoming a high school teacher, and the need for a steady, honest job. Writing was certainly a possibility, but it was always something besides, something you did after work hours. For a working-class family in 1930s Algeria, writing was not considered legitimate work. (…) Although Camus was already famous in France for his work from the early 1940s, it was his post-war work — beginning with the publication of The Plague — that brought him international renown. Orwell became internationally famous at about the same time. It is from the 1950s onward that the reputations of both figures were truly established. But such reputations — often disproportionate to the work in question — are almost always based on misunderstandings and oversimplifications. For Orwell, this process largely occurred after his death (January 21, 1950). Camus struggled against his own growing reputation, often in vain, throughout the 1950s, until his own death on January 4, 1960. Even here, in these misunderstandings and oversimplifications, a comparison between Orwell and Camus is worth pursuing. Their reputations have been secured, largely through the imposition of a false binary over each of their work, with one half being brought narrowly into relief against the attempted suppression of the other half. The dividing line is between their fiction and their nonfiction, their art and their politics: Camus is seen as a great literary figure, but a poor political thinker, while Orwell as a great political writer, but a poor literary figure. What is ultimately compelling about these men, however, is that they are both consummate literary and political writers. The two aspects of their work — the literary and the political — cannot be pitted against each other. It is the balance between the two that is responsible for the creative force behind each man’s work. By reconsidering Orwell and Camus in relation to each other, the prominent aspect of each can be used to rehabilitate the suppressed aspect of the other. Both rehearsed their literary and political thinking throughout the 1930s. Orwell’s thinking evolved more publicly in various book reviews, as well as articles and books. Camus rehearsed his ideas more privately, in his notebooks and unpublished essays, but also in the occasional published book review (in Algeria). It was not until The Myth of Sisyphus was published (1942) that his mature ideas on aesthetics would become known, albeit largely ignored. What is essential to note is that, for both men, these ideas, both literary and political, were developed in unison, and were forged in the act of writing, and in response to the same climate of political and social unease. Although Orwell became famous for his final two novels, Animal Farm and Nineteen Eighty-Four, their reputation is built on the political message they carry. And to get at that message, the literary and artistic aspects of these works have been pushed to the side. The retrospective appraisal of his pre-war books holds up his nonfiction works (The Road to Wigan Pier and Homage to Catalonia) and downplays his novels (A Clergyman’s Daughter, Keep the Aspidistra Flying, Coming Up for Air), except when (as with Down and Out in Paris and London and Burmese Days) they can be mined for autobiographical and social or political import. His political journalism and essays are seen as the core of his thinking, and Animal Farm and Nineteen Eighty-Four as popular illustrations of these ideas. But Orwell himself, very early in his career, argued against this style of reading literature. In one of his first book reviews, in 1930, for example — on Lewis Mumford’s book Herman Melville — he argues that such interpretation (an “unpleasant but necessary word”) is a “dangerous method of approaching a work of art. Done with absolute thoroughness, it would cause art itself to vanish.” Reducing a work of art to an allegorical message, he said, “is like eating an apple for the pips.” In The Myth of Sisyphus, Camus also argued against reducing novels to what he called a “thesis-novel, the work that proves, the most hateful of all, […] the one that most often is inspired by a smug thought.” For both men, a novel is not supposed to tell the reader what to think, but rather to create the conditions through which the reader can experience thinking for themselves. This idea became the creative spark that fired also their political imaginations, especially their opposition to totalitarianism. Throughout the 1930s, both Camus and Orwell saw the problem of the contemporary novel in terms of the tendencies toward either formalism or realism. On the one hand, empty formalism focused on technique, on art for art’s sake; on the other, social realism or naturalism revealed the world, but without any structure, or by attaching a simplistic morality to the work. Both men recognized the merits of each, but also the absurdity of allowing each aspect to dominate a work of art. For Orwell, the two most influential books throughout the 1930s were James Joyce’s Ulysses and Henry Miller’s Tropic of Cancer. He argued, both publicly (in reviews) and privately (in letters), that Ulysses perfectly used various formal techniques to examine, for the first time, both the outside and the inside of the ordinary man, and to bridge the gap between the “intellectual” and the “man-in-the-street.” Tropic of Cancer focused the reader’s attention on the brutal and often ugly facts of everyday life. But Orwell also felt that both books went too far in each direction — the formalism of the former, and the brutal naturalism of the latter. He strove to develop his own style that joined the best of both, while jettisoning the worst. Incorporating the political into his writing — thinking about the political in literary terms — is what allowed him to strike a balance. This is one of the often missed points of his otherwise well-known essay “Politics and the English Language.” Although he explicitly states that he is not examining the “literary use of language,” he is still looking at the use of literary language in political writing. The whole focus of the essay is to examine the use of imagery and metaphor, and the misuse of cliché and abstract language — the way that politics uses language to corrupt or prevent thought, and the way we can rejuvenate our language in order to allow and clarify our thinking. Moreover, the reason Orwell wasn’t looking at the “literary use of language” in that essay is that he had already done so in a previous one, “The Prevention of Literature” — which, in many respects, provides the context and the conditions for understanding more clearly the argument in “Politics and the English Language.” (The two essays were written almost in conjunction with one another in late 1945, soon after Orwell and Camus were supposed to meet). In this earlier essay, Orwell makes the explicit link between literature and totalitarianism, and shows how a politics that tends toward totalitarianism not only reduces the capacity of literature to be created and read, but also that totalitarianism achieves its own goals, in part, through the very process of preventing literature from being created and read. The reason for this, Orwell argues, is that literature is concerned with increasing consciousness, free thought, the imagination, all of which are anathema to totalitarianism. For him, literary thinking is inextricably linked to intellectual honesty. “At some time in the future, if the human mind becomes something totally different from what it is, we may learn to separate literary creation from intellectual honesty. At present we know only that the imagination, like certain wild animals, will not breed in captivity.” For Orwell, reading a novel for its allegorical message, while ignoring its literary context, is a form of intellectual dishonesty. For Camus, such a reading is inspired by a “smug thought”: “You demonstrate the truth you feel sure of possessing.” This unity of the literary and the political in Orwell’s work is central also to his other well-known essay “Why I Write,” where he explicitly states: “What I have most wanted to do throughout the past ten years is to make political writing into an art.” The essay includes an often cited passage, used to supposedly highlight his political writing at the expense of his literary writing: “looking back through my work, I see that it is invariably where I lacked a political purpose that I wrote lifeless books and was betrayed into purple passages, sentences without meaning, decorative adjectives and humbug generally.” But this ignores a previous, qualifying statement from the same essay: “But I could not do the work of writing a book, or even a long magazine article, if it were not also an aesthetic experience. Anyone who cares to examine my work will see that even when it is downright propaganda it contains much that a full-time politician would consider irrelevant.” The context for these passages is created by the main argument of his essay. Here Orwell examines four motivations for why writers, in general — and himself in particular — write: sheer egoism, aesthetic enthusiasm, historical impulse, and political purpose. “I am a person in whom the first three motives would outweigh the fourth [the political],” he adds. It is worth noting that one aspect for which Orwell is renowned — his focus on “things as they are, to find out true facts and store them up for the use of posterity” — is, for him, the definition of the historical impulse, and not, as may be assumed, his political purpose. It was, indeed, the historical context that Orwell found himself in that forced him, albeit against his nature, to become political. But it was his literary thinking — from which his intellectual honesty evolved — that forced him to consider his historical context so clearly, so as to become political. It is for this reason that Orwell, on occasion, referred to himself as a “literary intellectual.” This self-description, and the argument behind it, aptly applies also to Camus. In a 1951 interview, for example, he said: What, in fact, is the aim of every creative artist? To depict the passions of his day. In the seventeenth century, the passions of love were at the forefront of people’s minds. But today, the passions of our century are collective passions, because society is in disorder. Artistic creation, instead of removing us from the drama of our time, is one of the means we are given of bringing it closer. Totalitarian regimes are well aware of this, since they consider us their first enemies. Isn’t it obvious that everything which destroys art aims to strengthen ideologies that make men unhappy? And yet, where Orwell is praised for his political judgment, albeit based upon a denigration of his literary imagination, Camus is praised for his literary works (he won the Nobel Prize for Literature, after all), but, in the process, he is denigrated for his political thinking — often dismissed as a noble but vague humanism; admirable, but not worth taking seriously. However, by the time most of the French intelligentsia embraced Communism in the late 1940s and ’50s, Camus had already joined and been expelled from the Communist Party (the Algerian branch). At a time when many others — such as Merleau-Ponty and Sartre — were being seduced by Communism, Camus was already aware of its theoretical contradictions and practical impossibilities. His experiences during the purges of the mid-1940s showed him that today’s victims can easily become tomorrow’s executioners. His own political thinking — which, like Orwell’s, was grounded in intellectual honesty and concrete experience — developed early, through his growing up in poverty in working-class Algeria. What Orwell learned only slowly, and from the outside, about poverty and working-class culture, Camus knew firsthand, from the root source. Camus sharpened his political sensibilities through his journalism, which forced upon him the practice of keeping an open mind, of collecting the facts for himself, and then thinking through their significance and implications. Take, for example, his 1939 series of articles on the drought and famine of the Kabylia region of Algeria. The lyricism of Camus’s prose is often cited, but what is ignored are the dozens of pages full of painstaking detail, facts and figures, and reported conversations with those affected, the attempt to examine the environmental, the social, the cultural, the colonial, the economic, and the political aspects of the situation. Nearly two decades later, these pieces were collected together with Camus’s other writings about Algeria. Covering more than eighty printed pages, his preface notes, however, that “pieces were too long and detailed to reproduce here in their entirety, and I have cut overly general observations and sections on housing, welfare, crafts, and usury.” These articles are the equivalent of Orwell’s investigation into working-class life, published as The Road to Wigan Pier (1937). When they were first published in June 1939, the political and media uproar led to Camus’s blacklisting in Algeria and his self-exile to Paris. Needless to say, he was not blacklisted for his lyricism. (…) In his journalism, Camus was also focused on domestic French, European, and international politics. A constant refrain in his Combat editorials and articles — written in the course of facing day-to-day political and social struggles — is the criticism that what is lacking in contemporary politics is a sense of “imagination.” Like Orwell, Camus saw the imagination as essential to forcing an individual to see the concrete reality beyond the words and ideologies of his day. Here is but one example, from an editorial on August 30, 1944: “Thirty-four Frenchmen tortured and then murdered at Vincennes: without help from our imagination these words say nothing. And what does the imagination reveal? Two men, face-to-face, one of whom is preparing to tear out the fingernails of the other, who looks him in the eye.” There are numerous other examples in Camus’s journalism. They are the equivalent of Orwell’s famous line: “As I write, highly civilized human beings are flying overhead, trying to kill me” — of which he, too, has numerous other, lesser-known examples in his own writing. But each of these tiny moments of detail is the outcome of a more fully developed imagination. Such imagination is the lynchpin between the political and the literary aspects of the work of both Orwell and Camus. For Orwell, this political imagination is associated with “decency.” Camus also spoke of “decency” in his journalism, but, for him, it was associated mainly with an attitude of “modesty.” Much of the development of Camus’s political thinking, culminating in The Rebel, is based around his opposition to all forms of modern nihilism, whether they came from the right or the left. But even here Camus has a unique perspective on what nihilism is: “A nihilist is not one who believes in nothing, but one who does not believe in what exists.” It is precisely the same criticism that Orwell leveled against totalitarianism: “Totalitarianism demands, in fact, the continuous alteration of the past, and in the long run probably demands a disbelief in the very existence of objective truth.” Most commentators focus on the first part of this statement, and ignore the implications of the second part. This is from the same essay in which Orwell rehearses an image used so powerfully in Nineteen Eighty-Four: “So long as physical reality cannot be altogether ignored, so long as two and two have to make four […].” And the essay in which this appears? “The Prevention of Literature.” Camus’s equivalent to this essay appeared as a later chapter in his political work The Rebel. There he described how the roots of rebellion — and its inextricable belief in limits, predicated upon what exists, and its preservation — were the same as the roots of art. For Camus, as for Orwell, the separation of the two aspects of human experience, the political and the literary, is the first sign of the decadence of each. Camus writes: The trial of art has been opened definitively and is continuing today with the embarrassed complicity of artists and intellectuals dedicated to calumniating both their art and their intelligence. We notice, in fact, that in the contest between Shakespeare and the shoemaker, it is not the shoemaker who maligns Shakespeare or beauty but, on the contrary, the man who continues to read Shakespeare and who does not choose to make shoes — which he could never make, if it comes to that. (…) Orwell had arranged the meeting with Camus, ostensibly on the basis of the latter having been the editor of Combat during the final months of the war. In an article Orwell was researching at the time — published in the Manchester Evening News on 28 February, 1945 — about the French newspaper scene, Orwell cited Combat as one of the leading “Left-wing Socialist” newspapers that was still able to retain some of its critical power amidst the rising status quo and censorship of post-war Paris. Orwell was probably thinking of the likes of Camus when he wrote: “But the experience of the occupation has produced in large numbers a new type of journalist — very young, idealistic and yet hardened by illegality, and completely non-commercial in outlook — and these men are bound to make their influence felt in the post-war Press.” So they would have probably spoken about the occupation and the liberation, and about the press, about censorship and paper shortages. Had the conversation gone off topic, had they spoken about other than immediate things, it is likely that they would have spoken about Spain. Orwell’s 1938 book Homage to Catalonia, about his experience of the Spanish Civil War, was soon to be published in a French translation. Camus had an abiding affiliation with Spain. His mother was Spanish. He was also currently having a love affair with María Casares — a Spanish actress, the daughter of Santiago Casares y Quiroga, the prime minister of Spain during the military uprising in 1936, which started the civil war. Camus would have been interested to hear about Orwell’s time in Spain, and especially about his being shot through the throat. Orwell would have been interested to hear, via Camus’s close contacts, current news of Spain. Matthew Lamb
George Orwell n’imaginait probablement pas que ce qu’il écrivait finirait par être la réalité de la Chine. Etudiant pékinois (décembre 2010)
I want to yell at that liberatory young woman with her sledgehammer: « Don’t do it! » Apple is not different. That industry is going to give rise to innumerable forms of triviality and misogyny, to the concentration of wealth and the dispersal of mental concentration. To suicidal, underpaid Chinese factory workers whose reality must be like that of the shuffling workers in the commercial. If you think a crowd of people staring at one screen is bad, wait until you have created a world in which billions of people stare at their own screens even while walking, driving, eating in the company of friends—all of them eternally elsewhere. Rebecca Solnit
La barbarie commence dans les discours de haine, elle commence dans l’encouragement au discours qui théorise sur ce fameux grand remplacement qui est en réalité un mythe raciste et xénophobe. Nous sommes de ce fait face à une grande responsabilité. Je ne peux pas ne pas le dire sur ce plateau. Quand des médias salarisent des personnes comme Eric Zemmour, on est complice de ce climat. Benjamin Lucas (Génération.S)
On met tous les flics dans des quartiers des minorités. Oui, c’est vrai. Pourquoi on fait ça? Parce que c’est là où il y a toute la criminalité. Comment on les désarme ? Eh bien, on les jette contre le mur et on les fouille. Michael Bloomberg (2015)
Eh bien, pendant longtemps, les gens ont dit que vous ne pouviez rien y faire, mais les Noirs et les Latinos obtiennent de très mauvais résultats aux tests scolaires par rapport aux Blancs et aux Asiatiques. Si vous regardez nos prisons, ce sont principalement des minorités. Si vous regardez là où se trouve la criminalité, c’est dans les quartiers des minorités. Si vous regardez qui sont les victimes et les criminels, c’est pratiquement tous des minorités. C’est quelque chose qui dure depuis longtemps. Je suppose que c’est répandu ailleurs mais c’est certainement vrai à New York. Et pendant de nombreuses années, les gens ont dit que vous ne pouviez rien y faire. Néanmoins, il y a cette énorme cohorte d’hommes noirs et latinos, disons, de 16 à 25 ans qui n’ont pas d’emploi, de perspectives, ne savent pas comment trouver un emploi, ne savent pas quelles sont leurs compétences, ne savent pas comment se comporter sur le lieu de travail où ils doivent travailler en collaboration et collectivement. Il y aura des emplois, si nous pouvons les obtenir pour ces enfants – ou leurs familles – même si leurs pères ne vivent pas avec leur mère, ou n’ont jamais été mariés, ou même s’ils sont en prison, engager les pères. Beaucoup de statistiques montrent que si le père est impliqué, cela donne à l’enfant une certaine compréhension qu’il se dirige sur le mauvais chemin – et leur assigne des mentors. Beaucoup de ces enfants – ce n’est pas qu’ils soient de mauvais enfants – c’est qu’une fois qu’ils ont fait une erreur, il leur est très difficile de s’en sortir. Mais nous avons une obligation envers eux – sinon pour des raisons de compassion, juste pour des raisons égoïstes. Les trois quarts de tous les enfants de New York qui vont en prison purgent une période et en sortent, retournent immédiatement en prison. Les trois quarts d’entre eux. … Nous devons juste rompre ce cycle. Michael Bloomberg (2011)
Avec le temps, j’ai fini par comprendre quelque chose que j’ai longtemps eu du mal à admettre : j’ai eu tort sur un point important. Notre objectif central était de sauver des vies. Mais les faits sont là : beaucoup trop d’innocents ont été arrêtés et une immense majorité d’entre eux étaient noirs ou latinos. Cela a pu inclure, je suis désolé de le dire, certains d’entre vous qui sont ici aujourd’hui, ou vos enfants, vos petits-enfants, vos voisins, vos proches. Michael Bloomberg
Si votre conversation lors d’une élection présidentielle concerne un gars vêtu d’une robe et s’il peut aller au vestiaire avec leur fille, ce n’est pas une formule gagnante pour la plupart des gens. La plupart des gens se soucient des soins de santé, ils se soucient de l’éducation, de la sécurité et de tout ce genre de choses. Nous nous concentrons sur beaucoup de choses qui ont peu de pertinence pour les gens qui essaient de vivre dans un monde qui change à cause de la technologie et des communications et des choses comme ça, et donc vous pouvez comprendre d’où vient quelqu’un comme le président Trump. Aujourd’hui, pratiquement tous les candidats à la présidence du Parti démocrate ont été si progressistes – je ne sais pas ce que signifie progressiste – mais ils sont dans un endroit où se trouve une partie du public américain et il reste à voir si une majorité de l’électorat l’est. Michael Bloomberg
J’aimerais parler de qui nous combattons. Un milliardaire qui traite les femmes de “grosses vaches” et de “lesbiennes au visage chevalin”. Et non, je ne parle pas de Donald Trump, a repris la sénatrice du Massachusetts. Je parle de Michael Bloomberg. Les démocrates prennent un grand risque si nous remplaçons un milliardaire arrogant par un autre. Elizabeth Warren
Qui peut battre Donald Trump ? Et qui peut faire le travail s’il arrive à la Maison Blanche ? Je dirais que je suis le candidat qui peut faire ces deux choses. Bloomberg
Bloomberg says things that can’t be said in polite company. Maybe voters don’t mind as much as elites do. It’s amusing to learn that Mike Bloomberg, just last year, was filmed speaking with his customary bluntness about transgender individuals: “If your conversation during a presidential election is about some guy wearing a dress and whether he, she, or it can go to the locker room with their daughter, that’s not a winning formula for most people,” he said at a business development forum. You can’t talk that way anymore in the upper levels of the Democratic party, the media, the arts, or even corporate America. If Bloomberg had said this as the CEO of a publicly traded company, instead of as the owner of a private one, intense pressure would have been put on the board to fire him. And this was hardly the first time he said something that was guaranteed to offend. “We put all the cops in minority neighborhoods. Yes, that’s true. Why do we do it? Because that’s where all the crime is,” Bloomberg said in 2015 at the Aspen Institute, adding, “The way you get the guns out of the kids’ hands is to throw them up against the wall and frisk them.” Bloomberg hasn’t had to report to anyone for many years, and being as frank as he likes, no matter how rude he sounds, is part of his brand. “A List of Things Bloomberg Actually Said About Fat People, Rape, George W. Bush, and J.Lo” ran one of the more entertaining headlines of this campaign season. My personal favorite is one of many one-liners contained in the now-infamous booklet, The Portable Bloomberg: The Wit and Wisdom of Michael Bloomberg. It was published as a sort of party favor back in 1990 by his employees, and no one quite seems to be able to tell if it is a spoof or an actual compendium of Bloomberg remarks. If the former, it sounds a lot like the latter to a lot of people. A highlight is Bloomberg’s summing-up of the British royals: “What a bunch of misfits — a gay, an architect, that horsey-faced lesbian, and a kid who gave up Koo Stark for some fat broad.”  (…) Yet Bloomberg’s sharp rise in polling has coincided with a concerted effort by the media to score him for all of these grave offenses against political correctness. We’re about to learn whether anyone outside the elite stratum of the country actually considers these sorts of barbed comments to be disqualifying. True, nobody is allowed to talk like this anymore. But then again, the only other politician who dares to is the current occupant of the White House. Which raises the question: Does a history of extreme political incorrectness actually boost Bloomberg’s chances? (…) American elites hear the way Bloomberg talks and think: Shocking! Disqualifying! Outrageous! Median voters might hear something very different: This guy is a match for Trump! (…) The sort of people who get the vapors at offensive comments are going to vote for the Democrat this fall no matter who it is. Bloomberg’s political incorrectness won’t matter any more than Hillary Clinton’s vote for the Iraq War mattered in 2016. Yet the prospect of riding into battle with someone who is as arrogant, aggressive, politically incorrect, and corrosively funny as Trump has to be a tempting proposition to a lot of Democrats. Even if it’s a fellow New York billionaire. Kyle Smith
The French Revolution hit “peak” coerced egalitarianism with the Jacobin takeover and so-called Reign of Terror. After all, when you begin guillotining fellow travelers on charges they are counterrevolutionaries and begin worshiping a new atheist secular power “Reason,” institutionalized as Robespierre’s “Cult of the Supreme Being,” you have mostly reached the limits of political radicalism and are into the territory of the nihilistic, if not the maniacal and absurd—with a rendezvous with Napoleon on the horizon. From 2009 through 2016, Barack Obama recalibrated the Democratic Party’s liberalism into progressive radicalism. He opened the border and all but dismantled existing immigration law. Sanctuary cities sprang up with impunity. Executive orders bypassed the Congress. The Iran Deal ignored the Senate’s treaty-making responsibilities. Obama sought to nationalize healthcare. The concept of “diversity” replaced affirmative action, by redefining racial oppression as distinct from historical grievance and economic disparity and instead lumping together 30 percent of the population as nonwhite, and thus antithetical to the new buzz construct of “white privilege.” Fast and Furious, the surveillance of the Associated Press reporters, Benghazi, the weaponization of the IRS, and the use of CIA, FBI, and DOJ to seed the spurious Steele dossier were all written off as proof of the “most scandal free” administration in memory. But today Obamaism has been figuratively guillotined by the New Jacobins. It is found guilty of crimes of insufficient revolutionary zeal, as well as compromises with the U.S. Constitution and capitalism. Once considered a crank socialist, Senator Bernie Sanders (I-Vt.) is now leads in many Democratic primary polls. Arriving with him at this moment in our politics is peak progressivism. First-term socialists—House representatives such as Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.) and her fellow “squad” members, inspired by Sanders—now set the new Democratic agenda. And it is one that is more radical than anything seen in modern American history and largely unsustainable: calls to level a wealth tax and new top income-tax rates of 70-90 percent, to abolish the Immigration and Customs Enforcement Service, all student debt, an enforceable southern border, the internal combustion engine, and most Second Amendment rights, and to enact multi-trillion dollar new entitlements as outlined in the Green New Deal, Medicare for All, free college, free healthcare for illegal aliens, and reparations. Identity politics so rules the rhetoric of the new progressive party that all of its—exclusively white—primary finalists vie to be most vocal in the ritual damning of their own country (that has ironically ensured their own influence, power, success and wealth) as inherently “racist.” (…) Peak progressivism calls for the abolition of the constitutionally mandated Electoral College. Radicals now fault past failed schemes to pack the federal and Supreme Court with left-wing justices only because they failed, and thus advance ways to make court-packing work in the present. The bolder among them wants to reconfigure the U.S. Senate into a proportionally representational house or abolish it altogether. All that would be left after that would be the formal abolition of the U.S. Constitution itself. Primary candidates compete with one another to water down voting laws, variously demanding that 16-year-olds, felons, and illegal aliens should be given the franchise. Gay marriage, which Obama opposed in 2008 and later promoted after reelection, is now passé. The new civil rights cause celebre is transgenderism, an ancient syndrome known in the past under a variety of clinical definitions that affects less than half of one percent of the population. Who, after these peak progressive ideas, would be left as ineligible to vote—12-year-olds, those on death row, the rest of the earth’s population? All moderate Democratic presidential candidates long ago dropped out. Those who have not, such as Joe Biden and Michael Bloomberg, are in virtual reeducation camps, as they promise to progressive rivals and the media to renounce most of their past positions, effusively apologizing for prior incorrect thinking and failure to become sufficiently “woke.” (…) Peak progressivism eventually either recedes, or, to remain viable, entails violence, as in the Russian, Chinese, or Cuban revolutions. The odd thing is not that Sanders supporter James Hodkinson tried to mow down some of the Republican House leadership, or a recent left-wing activist sought to run over Trump supporters with his van, or that Hollywood stars still compete with each other in imagining the most fitting rhetorical torture or killing of the president of the United States—bombing, incineration, beheading, stabbing, shooting, beating—but that progressive voices rarely complain about such extremist rhetoric or actions. Impeachment 1.0 in January 2017 looks tame in comparison to 2.0 in February 2020, which in turn will seem a sell-out compared to 3.0 in 2021. George McGovern ensured a Nixon landslide, Jimmy Carter hastened the Reagan Revolution—and the eventual return of the old Democrats under Bill Clinton. The frightening visions of the new peak progressives will ensure the reelection of Donald Trump, as well as either the likely end of themselves—or else a collective dystopian nightmare. Victor Davis Hanson
The Chinese Communist government increasingly poses an existential threat not just to its own 1.4 billion citizens but to the world at large. China is currently in a dangerously chaotic state. And why not, when a premodern authoritarian society leaps wildly into the brave new world of high-tech science in a single generation? The Chinese technological revolution is overseen by an Orwellian dictatorship. Predictably, the Chinese Communist Party has not developed the social, political, or cultural infrastructure to ensure that its sophisticated industrial and biological research does not go rogue and become destructive to itself and to the billions of people who are on the importing end of Chinese products and protocols. Central Party officials run the government, military, media, and universities collectively in a manner reminiscent of the science-fiction Borg organism of Star Trek, which was a horde of robot-like entities all under the control of a central mind. Thirty years ago, American pundits began gushing over China’s sudden leap from horse-drawn power to solar, wind, and nuclear energy. The Chinese Communist government wowed Westerners. It created from nothing high-speed rail, solar farms, shiny new airports, and gleaming new high-density apartment buildings. Western-trained Chinese scientists soon were conducting sophisticated medical and scientific research. And they often did so rapidly, without the prying regulators, nosy elected officials, and bothersome citizen lawsuits that often burden American and European scientists. To make China instantly rich and modern, the Communist hierarchy — the same government that once caused the deaths of some 60 million innocents under Mao Zedong — ignored property rights. It crushed individual freedom. It embraced secrecy and bulldozed over any who stood in its way. In much the same manner that silly American pundits once praised Benito Mussolini’s fascist efforts to modernize Depression-era Italy, many naifs in the West praised China only because they wished that their own countries could recalibrate so quickly and efficiently — especially in service to green agendas. But the world is learning that China does not just move mountains for new dams or bulldoze ancient neighborhoods that stand in the path of high-speed rail. It also hid the outbreak and the mysterious origins of the deadly coronavirus from its own people and the rest of the planet as well — a more dangerous replay of its earlier effort to mask the spread of the SARS virus. The result was that thousands of unknowing carriers spread the viral plague while the government covered up its epidemic proportions. China, of course, does not wish to have either its products or citizens quarantined from other countries. But the Chinese government will not allow foreign scientists to enter its country to collaborate on containing the coronavirus and developing a vaccine. No wonder Internet conspiracies speculate that the virus was either a rogue product of the Chinese military’s bioengineering weapons lab or originated from bats, snakes, or pangolins and the open-air markets where they are sold as food. It is hard to believe that in 2020, the world’s largest and second-wealthiest country, which boasts of high-tech consumer products and gleaming cities, has imprisoned in “re-education camps” more than 1 million Uighur Muslims in the manner that Hitler, Stalin, and Mao once relocated “undesirable” populations. China seems confident that it will soon rule the world, given its huge population, massive trade surpluses, vast cash reserves, and industries that produce so many of the world’s electronic devices, pharmaceuticals, and consumer goods. For a year, the Chinese government has battled massive street demonstrations for democracy in Hong Kong. Beijing cynically assumes that Western nations don’t care. They are expected to drop their characteristic human-rights advocacy because of how profitable their investments inside China have proven. Beijing was right. Few Western companies complain that Chinese society is surveilled, regulated, and controlled in a nightmarish fashion that George Orwell once predicted in his dystopian novel, 1984. All of these recent scandals should remind the world that China got rich by warping trade and stealing technology in much the same way that it deals with epidemics and dissidents. That is, by simply ignoring legitimate criticism and crushing anyone in its way. If the Chinese Communist Borg is willing to put millions of its own citizens at risk of infection and death, why would it care about foreigners’ complaints that China is getting rich and powerful by breaking international trade rules? The truth about President Trump’s decision to call China to account over its systematic abuse of international trade norms is not that Trump’s policy is reckless or ill-considered. It’s that at this late date, the reckoning might prove too little, too late. Victor Davis Hanson
Une enquête de Bloomberg révèle qu’Amazon emploie des milliers de salariés dans le monde pour écouter les conversations des utilisateurs avec Alexa, l’assistant vocal qui alimente les enceintes Echo du géant et plus de 100 millions d’objets connectés dans le monde. Ces employés travaillent neuf heures par jour dans des bureaux à Boston, au Costa Rica, en Inde ou encore en Roumanie. Il analyse jusqu’à 1000 clips audio par jour pour transcrire et annoter leur contenu. Le but est d’améliorer l’outil de reconnaissance vocale en éliminant les lacunes dans la compréhension de la parole humaine par Alexa et en l’aidant à mieux répondre aux demandes des utilisateurs. Un employé explique ainsi à Bloomberg avoir aidé Alexa à mieux comprendre le nom «Taylor Swift» en lui indiquant que l’utilisateur parlait d’une artiste musicale. Parmi le type de clips auxquels les salariés accèdent, des requêtes mais aussi des sons enregistrés comme une femme qui chante mal sous la douche. Problème: ces fichiers peuvent être partagés sur une messagerie interne pour aider un collègue à mieux interpréter une phrase ou pour se moquer d’un enregistrement amusant. D’autres extraits sont parfois plus problématiques. Deux personnes qui travaillaient pour Amazon ont ainsi raconté avoir entendu ce qui ressemblait à une agression sexuelle. Après l’avoir mentionné à leur hiérarchie, ils ont été informés qu’Amazon ne souhaitait pas réagir à la situation.  (…) Amazon mentionne dans ses conditions d’utilisation que les conversations des utilisateurs avec Alexa sont enregistrées pour améliorer son assistant virtuel. Cependant, le géant n’y précise explicitement pas que ces conversations peuvent être écoutées par des humains. Et si l’utilisateur peut limiter via les paramètres de confidentialité d’Alexa l’utilisation qui est faite de ces enregistrements, il ne peut jamais empêcher cette transmission. (…) Amazon n’est pas la seule entreprise à faire écouter une partie de ces conversations à des humains pour améliorer son outil de reconnaissance vocale. C’est aussi le cas chez Google et Apple avec leurs propres assistants vocaux Google Assistant et Siri. Pour Siri d’Apple, les enregistrements passés en revue ne contiennent pas d’informations personnelles. Durant les six mois où ils sont stockés, ils sont liés à un identifiant aléatoire selon un livre blanc sur la sécurité d’Apple. Après ces six mois, les données sont dépourvues de leur identifiant aléatoire, mais elles peuvent être stockées plus longtemps pour améliorer la reconnaissance vocale de Siri. Chez Google, certains réviseurs peuvent accéder à des extraits audio de Google Assistant, mais ces derniers ne sont associés à aucune information personnelle et le son est déformé, selon l’entreprise. Dans la nuit du 2 au 3 août, Amazon a mis à jour son application Alexa pour expliquer plus clairement la manière dont les enregistrements sont utilisés. Ainsi, on peut dorénavant lire que «les fichiers audios peuvent être […] manuellement révisés pour aider à améliorer les services [d’Amazon]». Alors qu’avant, la firme indiquait seulement que les enregistrements pouvaient «être utilisés pour développer de nouvelles fonctionnalités». Via l’application, il est aussi possible de désactiver l’envoi et l’écoute des fichiers audios avec Alexa. L’annonce d’Amazon fait suite à la procédure administrative ouverte par l’autorité de protection des données de Hambourg à l’encontre de Google. Depuis le 1er août et pendant trois mois, la firme n’est plus autorisée à laisser ses employés ou sous-traitants écouter les conversations enregistrées par son assistant intelligent. L’interdiction s’étend à toute l’Union Européenne. Apple a également emboîté le pas à Google et Amazon. La firme a annoncé au média TechCrunch qu’elle suspendait la manière dont les enregistrements sont utilisés pour améliorer son assistant vocal, «le temps de le réexaminer en profondeur». Cette décision s’applique au monde entier. Figaro
Au moment où j’écris, des êtres humains hautement civilisés veulent au-dessus de moi et essaient de me tuer. George Orwell
En 1930, il n’y avait aucune activité, sauf peut-être la recherche scientifique, les arts et l’engagement politique de gauche à laquelle puisse croire un individu conscient. La civilisation occidentale était au plus bas de son prestige et le “désenchantement” était partout. Qui pouvait encore envisager de réussir sa vie dans les carrières traditionnelles de la classe moyenne – en devenant officier, clergyman, agent de change, fonctionnaire aux Indes ou que sais-je encore ? Et que restait-il des valeurs de nos grands-parents ? Le patriotisme, la religion, l’Empire, la famille, le caractère sacré du mariage, la cravate aux couleurs du collège, la naissance, l’éducation, la discipline – tout individu moyennement éduqué pouvait en trois minutes vous démontrer l’inanité de tout cela. Mais qu’obtient-on, en fin de compte, en se débarrassant de choses aussi élémentaires que le patriotisme ou la religion ? On n’est pas pour autant débarrassé du besoin de croire à quelque chose. […] Je ne crois pas qu’il faille aller chercher plus loin les raisons pour lesquelles les jeunes écrivains des années 1930 se sont rassemblés sous le houlette du parti communiste. Il y avait là une Église, une armée, une orthodoxie, une discipline. Il y avait là une Patrie et – en tout cas depuis 1935 ou à peu près – un Führer. Tous les attachements profonds et toutes les superstitions dont l’esprit avait apparemment fait litière pouvaient revenir en force sous le plus mince des déguisements. Le patriotisme, l’Empire, la religion, la gloire militaire – tout cela était contenu dans un seul mot : “Russie”. […] Dans ces conditions, le “communisme de l’intellectuel anglais apparaît comme un phénomène assez aisément explicable : c’est le patriotisme des déracinés. » George Orwell
L’auteur de 1984, l’un des romans politiques les plus sombres du XXème siècle, était un grand optimiste, amoureux de son pays, à l’aise dans son époque, même si, dans ses fantasmes, il aurait préféré vivre au XVIIIème siècle en « joyeux pasteur ». Il conçut son existence comme une œuvre, et son œuvre, d’abord comme la quête d’une écriture (…) Son inclinaison profonde en tant que personnage public ne fut pas la politique mais la morale. Lorsqu’on étudie l’un des aspects de sa pensée, il faut constamment avoir à l’esprit ces paramètres. Nous sommes en présence d’un homme heureux, d’un écrivain poursuivant, à sa manière, un objectif de modernité, d’un citoyen qui attribuait au peuple anglais des vertus cardinales : gentillesse, loyauté, amour de la tradition, decency (décence, politesse, bonne mœurs), et ce don, pour lui apanage de ses compatriotes, de ne pas se laisser impressionner par les grands hommes, comme Napoléon, Churchill ou Staline. Raymond Williams a dit d’Orwell qu’il était un auteur bien anglais, éminemment insulaire et cocardier (Orwell, Londres, 1971). On verra que son attitude vis-à-vis de sa patrie a évolué au gré des circonstances personnelles et historiques. Ce qui ne changera jamais, c’est la prééminence du ressenti, de l’esthétique et de la morale, alliée à une conscience aiguë de la rhétorique, elle-même vécue comme une modalité politique du discours et de l’écriture. Ainsi, à l’automne 1940, au début de la guerre, les alliances se nouent et se dénouent. Orwell se demande si le conflit sera purement impérialiste et s’il faudra faire front commun avec la bourgeoisie. Tout en se posant ces questions d’importance, il ne peut s’empêcher d’écouter ses voix et de moraliser : « La nuit qui a précédé le Pacte germano-soviétique, j’ai rêvé que la guerre avait commencé. Ce rêve m’a appris que j’étais de tout cœur patriote, que je soutiendrais la guerre et que je combattrais si possible. Tout cela est enfantin, bien sûr, mais je préfère avoir reçu ce type d’éducation que de ressembler aux intellectuels de gauche qui sont tellement ‘ éclairés ’ qu’ils ne peuvent comprendre les émotions les plus ordinaires. » L’enfance d’Orwell fut marquée, pour ce qui nous concerne ici, par la catastrophe du Titanic. Dans un texte de résistance consensuel, très “ union nationale ” de 1940 (“My Country Right and Left ”, “ Mon pays, “ de droite et de gauche ” ou “ qu’il ait raison ou tort ”), Orwell évoque ce traumatisme. Il laisse entendre que l’attachement à une nation découle plus d’un ressenti charnel à des événements isolés mais marquants qu’à de grandes causes ou à une Histoire qui se fait mais qui n’est pas toujours lisible. En primaire, Orwell eut beau détester la discipline sadique des écoles primaires privées, les preparatory schools, il n’en admit pas moins, par la suite, que les grandes victoires anglaises (au diable les régiments écossais ou gallois !) furent préparées sur les terrains de cricket des écoles privées, la guerre n’étant qu’une forme suprême du sport où il est impossible de tricher (Orwell fut cependant l’un des premiers à dénoncer la concomitance entre sport et nationalisme dans un article visionnaire de 1945, “ The Sporting Spirit ”). Á Eton, il reçut sa part d’enseignement, de culture militariste. Il sut prendre du recul par rapport à cette vision du monde, ce qui ne l’empêcha pas de s’enrôler au sortir de l’enseignement secondaire, alors que rien ni personne ne l’y contraignait, dans la police impériale en Birmanie. Or c’est bel et bien durant sa plus tendre enfance que le futur écrivain avait été imprégné d’idéologie belliciste, d’une philosophie portant au plus haut niveau les valeurs de défense sacrée de la patrie, avec comme corollaire une dépréciation de l’ennemi. Orwell va se forger une conscience politique dans les années trente, non sans hésitations et revirements. Contre sa classe d’origine, la bourgeoisie impérialiste, et contre lui-même, en tirant parti de la névrose de culpabilité qui le taraude depuis l’enfance. Pour ce faire, il lui faudra passer par la France et l’immersion dans des franges défavorisées de la classe ouvrière, le Kent des travailleurs agricoles exploités et le Londres des clochards (voir son premier ouvrage, une biofiction : Down and Out in Paris and London, 1933. En français, Dans la dèche à Paris et à Londres). C’est qu’Orwell est de ces écrivains qui sont allés au-delà de leur monde et qui, de retour, ont adopté le regard du Persan : « Quand vous rentrez en Angleterre après un voyage à l’étranger, vous avez immédiatement la sensation de respirer un air différent […]. La bière est plus amère, les pièces de monnaie sont plus lourdes, l’herbe est plus verte, les publicités sont plus criardes. […] Alors l’immensité de l’Angleterre vous engloutit et vous perdez pour un instant de vue que la nation dans son ensemble possède un seul caractère identifiable. » Toute la complexité du patriotisme d’Orwell tient dans ces phrases. Il est capable d’observer son univers familier de l’extérieur, mais il est aussi terriblement anglo-centré. Cela dit, par delà des évidences assénées de manière aussi désarmante, il faut retenir qu’avant de s’émerveiller devant les « visages doux et noueux » de ses compatriotes, leurs « mauvaises dents » et leurs « bonnes manières », le « clic-clac des sabots dans les villes du Lancashire », Orwell avait su observer l’Angleterre à partir de la connaissance qu’il avait de son empire : c’est parce qu’il avait vécu au contact des masses exploitées d’Extrême-Orient qu’il pourrait sympathiser avec le lumpen-proletariat anglais puis avec la classe ouvrière proprement dite, « les victimes symboliques de l’injustice qui jouaient le même rôle en Angleterre que les Birmans en Birmanie » (1936). Après la découverte de la condition prolétarienne dans son pays, Orwell part se battre en Espagne, tout simplement parce qu’il faut se dresser contre le fascisme pour laisser une chance au socialisme. (…) Traumatisé par la défaite des Républicains, par la trahison des staliniens, Orwell va alors traverser une phase de doutes personnels durant laquelle les sentiments pacifistes et internationalistes vont prendre le dessus. D’avoir versé son sang, d’avoir été ainsi “ baptisé ”, autorise un Orwell dégoûté par la guerre à envisager, de 1937 à 1939, un certain cynisme dans la démission face à la menace hitlérienne.  (…) Ainsi, après les années 1936-37 où, choqué par la brutalité de la classe dirigeante, par l’irréalisme des élites de la gauche libérale, il a adopté des comportements extrêmes (vivre dans la crasse chez des logeurs exploiteurs du Lancashire, descendre au fond de la mine, partager le lot des combattants de base en Catalogne), il pressent, vers 1938-1939, que le conflit qui s’annonce sera terrible et il recherche des valeurs modérées. Dans les très nombreuses pages qu’il consacre à l’Angleterre et à son peuple, il offre des images et des concepts de paix (dans son roman de 1938 Coming Up for Air – en français Un peu d’air frais, il fait dire à son narrateur : «Pêcher, c’est le contraire de faire la guerre »), de raison, de stabilité, de juste milieu. Mais pas de médiocrité. Orwell n’aimait pas les comportements petits. Il raille Napoléon se rendant aux Anglais par peur des Prussiens, Ludendorff se cachant derrière des lunettes de soleil ou encore cet empereur romain qui s’était barricadé dans des toilettes (Orwell mourut des années avant que le roi du Maroc Hassan II fasse de même). L’idéal d’Orwell à l’époque, c’est un Sancho Pança qui n’aurait pas peur des bombes mais qui ne se planterait pas poitrail nu face à la mitraille : « Une part de nous veut être un héro ou un saint, mais l’autre moitié c’est ce petit homme gras qui voit très clairement l’avantage qu’il y a à rester en vie. C’est notre moi privé, la voix de notre ventre qui proteste contre notre âme. » Aux sentiments anti-guerre qui transparaissaient çà et là dans le discours de Homage to Catalonia succède un comportement franchement pacifiste, en particulier durant l’hiver 1938-39, époque où, souffrant gravement des poumons, il réside pour quelques mois à Marrakech. Il pose qu’être pacifiste ce n’est pas forcément vouloir bloquer les réformes sociales. Il s’est forgé un socialisme dont le marxisme n’est pas totalement exclu (dans The Road to Wigan Pier, en particulier. En français, Le Quai de Wigan). Mais progressivement, et cela le mènera jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, il rejette ce qui, au niveau socio-politique, n’est pas, à ses yeux, anglais : le stalinisme, l’internationalisme prolétarien, le fascisme évidemment, mais aussi l’Église Catholique Romaine et tout ce qui s’apparente aux intellectuels de gauche européens. Il moque avec férocité l’îlot de pensée dissidente de ceux qui « vont chercher leurs recettes de cuisine à Paris et leurs idées à Moscou. »  Face aux dangers – Hitler, la guerre, le capitalisme sauvage, l’industrialisation débridée – Orwell va donc partir dans une quête de l’anglicisé  Sa patrie ne trouvera le salut que dans la réaffirmation de ses valeurs fondamentales. Une transformation de la société anglaise – qu’il appelle de ses vœux – ne se fera que dans le respect des traditions. De 1937 à 1940, le projet d’Orwell est d’établir une continuité entre l’Angleterre du présent et celle du passé. Bernard Gensane
L’essence, la force du patriotisme d’Orwell lui permirent durant deux décennies de tous les dangers de retrouver des valeurs stables, une morale en politique, et d’alimenter son instinct de conservation à la source de son amour pour son pays. Ce patriotisme n’était pas aveugle. L’honnêteté intellectuelle d’Orwell (certes relative), son pessimisme lucide, son humour froid au second degré le faisaient souvent passer pour un prophète de malheur. Ce n’est pas parce qu’il était fondamentalement patriote qu’il aimait et défendait l’Angleterre, mais c’est parce que l’amour de son pays était quintessencié qu’il était patriote. Parce qu’il souhaitait, vers 1940, un consensus politique national et que ce que l’Europe proposait (des régimes forts ou des démocraties en déliquescence) ne lui convenait pas, il soutiendrait son pays de droite comme de gauche (« My country Right and Left »), l’Angleterre de Chamberlain pouvant évoluer à court terme vers un changement radical de société. Orwell établissait par ailleurs une nette distinction entre patriotisme et nationalisme. Être patriote revenait à aimer un endroit, un mode de vie que l’on considérait comme les meilleurs au monde, mais sans pour autant vouloir les imposer aux autres. Pour Orwell, le patriotisme était par nature défensif, militairement et culturellement parlant. Il impliquait par ailleurs une adhésion volontaire à un espace, à une communauté et à des valeurs. Inversement, il concevait le nationalisme comme l’idéologie belliqueuse d’individus en quête de prestige, non pour eux-mêmes mais pour des ensembles dans lesquels ils choisissent d’enfouir leur propre personnalité. Un communiste ne pouvait donc pas, selon lui, être patriote, mais seulement nationaliste, puisqu’il était capable, en l’espace de quelques jours, de transférer ses allégeances selon les nécessités de l’actualité, son rapport à sa terre, à sa patrie étant extrêmement ténu. Il avait établi une typologie de différentes formes de nationalismes : la forme “ positive ”, incarnée par le nationalisme celtique, le sionisme, et ceux qui n’admettaient pas le recul de l’influence anglaise dans le monde ; un nationalisme de “ transfert ” (il faisait se côtoyer le communisme, le pacifisme, le catholicisme militant, la conscience de classe)  (…) La pensée d’Orwell, dans la dernière partie de sa vie, préfigure l’idéologie travailliste des années cinquante, celle qui a rompu, dans les faits, avec le marxisme. Pour Orwell qui, de 1945 à sa mort en 1950, est un sympathisant du Labour, le socialisme se résume à davantage d’égalité et le remplacement des élites obsolètes par ce qu’on n’appelle pas encore la méritocratie. (…) De plus sa pensée, surtout quand elle est novatrice, est constamment bridée par des interférences personnelles. Qu’il écrive des pages anti-impérialistes, socialistes, révolutionnaires ou réformistes, l’image de l’homme vaincu, isolé pour qui un changement profond de société impulsé par le “ peuple ” est une chimère, domine. On peut supposer que le pessimisme d’Orwell a été alimenté par l’échec de soulèvements populaires, comme ceux de Kronstadt ou de Varsovie, sans parler de la prise de Barcelone par les Franquistes. Les patriotes sont ceux qui, pour nous résumer, sont prêts à prendre les armes pour mener une guerre populaire. Les ennemis de la patrie sont les pro-fascistes. L’idée d’une victoire d’Hitler plait aux très riches, aux communistes, aux Chemises noires d’Oswald Mosley (parti fasciste qui, étrangement, fut le premier parti anglais à adopter un programme économique keynésien !), aux pacifistes et à certaines factions catholiques. Et puis, si les choses tournaient mal sur le front intérieur, la totalité des plus pauvres des ouvriers pourrait adopter une position défaitiste mais pas pro-hitlérienne dans les faits. Il restait donc les trois-quarts de la classe ouvrière et la petite bourgeoisie moins les intellectuels de gauche car ces derniers s’étaient, rappelons-le, déconsidérés depuis une dizaine d’années au moins. Le combat étant national et même nationaliste, il faudrait se méfier de cette « intelligentsia européanisée ». De 1945 à 1950, le mot “ patriotisme ” n’apparaît jamais plus sous la plume d’Orwell. Visionnaire comme Churchill – dont il partage certaines conceptions en matière de géopolitique, Orwell a compris que la division du monde est un état de fait durable. Contre ceux qui envisagent une fusion pure et simple des États-Unis et de la Grande Bretagne, contre une petite minorité d’Anglais qui rêve d’une intégration au système soviétique, il envisage des « États-Unis socialistes d’Europe». L’essayiste qui, en 1947, publie dans la revue d’extrême-gauche étasunienne Partisan Review l’article “ Toward European Unity ” rédige les premières moutures d’un univers fictionnel d’où sont absentes les valeurs de la civilisation occidentale, le patriotisme y compris. Bernard Gensane
Qu’est-ce qu’Orwell-Bouwling perçoit d’insupportable et même de terrifiant chez le professionnel de l’antifascisme ? Le fonctionnement mécanique de son langage. Son discours et ses mots ont perdu tout contact avec le monde ordinaire. Ils ont même vampirisé son esprit et s’y sont installés à demeure en se substituant à son expérience. Dès lors, leur contenu importe moins que le pouvoir qu’ils lui donnent sur ceux à qui il s’adresse. Ses mots sont devenus les instruments d’une violence qu’il exerce à l’égard des autres. Mais elle opère aussi sur lui-même puisqu’il n’éprouve plus qu’une seule émotion : la haine. Bien qu’il se réclame de la démocratie, le propagandiste antifasciste a déjà quelque chose de l’intellectuel totalitaire. L’opposé du l’homme ordinaire en effet est l’homme totalitaire, c’est-à-dire l’individu qui est dépossédé de sa capacité d’exercer son jugement de manière indépendante, et du même coup de sa capacité d’éprouver tout l’éventail des sentiments ordinaires. C’est ce qu’annonce au héros de 1984 l’intellectuel dirigeant qui le torture : « Jamais plus tu ne seras capable d’un sentiment humain ordinaire (ordinary human feeling). Tout sera mort en toi. Tu ne seras plus jamais capable d’amour, d’amitié, de joie de vivre, de rire, de curiosité, de courage ou d’intégrité. Tu seras creux. Nous allons te presser jusqu’à ce que tu sois vide, puis nous te remplirons de nous-mêmes.» Il importe de bien comprendre ici que l’adjectif « totalitaire » ne s’applique pas seulement pour Orwell à des régimes et à des mouvements politiques mais à des idées et mécanismes intellectuels qui sont partout à l’œuvre dans le monde moderne. Comme l’explique bien James Conant, « tel qu’[Orwell] l’emploie, le terme “totalitarisme” désigne des stratégies (à la fois pratiques et intellectuelles) qui […] sont appelées ainsi parce qu’elles ont pour but de parvenir à un contrôle total de la pensée, de l’action et des sentiments humains». On observera que cet usage du terme « totalitaire » est conforme à celui de son inventeur probable, le libéral antifasciste italien Giovanni Amendola, qui écrivait en avril 1923 : « Le fascisme ne vise pas tant à gouverner l’Italie qu’à monopoliser le contrôle des consciences italiennes. Il ne lui suffit pas de posséder le pouvoir : il veut posséder la conscience privée de tous les citoyens, il veut la “conversion” des Italiens.» L’usage orwellien du terme « totalitaire », poursuit Conant, « ne recouvre pas seulement des formes de régimes politiques mais aussi des types de pratiques et d’institutions plus envahissantes et plus spécifiques (diverses pratiques journalistiques comptent parmi ses exemples favoris). Mais par-dessus tout, Orwell applique ce terme aux idées des intellectuels – et pas seulement à celles qui ont cours dans […] les “pays totalitaires” mais à des idées qui circulent dans tout le monde industriel moderne». La réponse d’Orwell est claire : les idées qui sont capables de briser notre relation au monde ordinaire. Ce qui rend une idée totalitaire, ce n’est pas son contenu particulier (rien n’est plus opposé quant à leurs contenus respectifs que les idées fascistes et les idées communistes) mais son fonctionnement, ou, plus exactement, sa capacité à fonctionner comme une arme pour détruire l’homme ordinaire. Aucun régime ou mouvement totalitaire n’a jamais proclamé que deux et deux font cinq. Ce serait une croyance aussi absurde que peu efficace. Mais si Orwell en fait le paradigme de l’idée totalitaire, c’est que l’absurdité même de son contenu fait mieux ressortir sa fonction première : priver les individus de tout usage de leur propre entendement (pour parler comme Kant) ou de tout usage de leurs propres concepts (pour parler comme Wittgenstein et Cavell). Si « deux et deux font quatre » n’est pas vrai, ou s’il n’est pas vrai que les pierres sont dures, alors je ne sais plus ce que veut dire le mot « vrai », et je ne peux plus l’utiliser. Il convient de remarquer ici que, pour Orwell, la possibilité d’implanter des dogmes totalitaires irrationnels dans un esprit dépend de la perméabilité de celui-ci aux arguments du scepticisme philosophique. Il y a ainsi dans 1984 un moment sceptique où Winston se dit à lui-même : « Le Parti finirait par annoncer que deux et deux font cinq et il faudrait le croire. Il était inéluctable que, tôt ou tard, il fasse cette déclaration. La logique de sa position l’exigeait. Ce n’était pas seulement la validité de l’exp