Anti-christianisme: Une conception de l’inspiration très… datée ? (Bible criticism: the worst book with the exception of all others)

Samson_1PropagandanazistabsbibleLincoln1_1Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir ; Vous avez ouï qu’il a été dit aux anciens :  » Tu ne tueras pas ; et quiconque tuera, sera passible du jugement « .Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère sera passible du jugement ; Vous avez ouï qu’il a été dit :  » Tu ne commettras pas adultère « .Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son cœur.Vous avez ouï qu’il a été dit :  » Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi « . Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous font du tort et vous persécutent,en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. Jésus (Mt 5: 17-44)

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Tout ce que nous appelons progrès – l’affranchissement de l’homme, du travail, la substitution de l’emprisonnement pour la peine de mort, et des amendes pour l’emprisonnement, la destruction de la polygamie,
l’établissement de la liberté de parole, l’objection de conscience ; en bref tout ce qui tend au développement et à la civilisation de l’homme; tous les résultats des recherches, observations, expériences, et la liberté d’esprit ; tout ce qui fut bénéfique à l’homme depuis la fin des Ages Sombres – a été fait à l’encontre de l’Ancien Testament. Robert Ingersoll

Si, avec Suzanne Weil, il faut remercier un certain athéisme en ce qu’il est une purification de l’idée de Dieu, ne pourrait-on pas s’attendre à ce qu’il applique aussi à lui-même ce qu’il n’a de cesse de rappeler aux croyants : qu’il se remette régulièrement à jour ?

Que penser en effet de ce texte de 1894 trouvé sur le site athée.org qui semble développer une conception de l’inspiration (divine donc parfaite et sans aucune erreur dans tous les domaines) bien proche de celle qu’elle critique ?

Et que dire d’une pensée qui ne voit pas que pour Jésus lui-même le Nouveau Testament n’est pas tant dans l’opposition que dans l’approfondissement de l’Ancien ? Qu’un Lincoln, par exemple, est justement le produit d’une long processus de civilisation issu lui-même – et explicitement dans le cas précis – de cette « révélation » judéo-chrétienne au-dessus et contre laquelle il est ici placé ?

Qu’un Martin Luther King ou même un Gandhi, qui viendront bien sûr beaucoup plus tard, n’auraient guère été imaginables sans l’idée de non-violence impliquée par certaines paroles du Jésus des Evangiles ?

Que le principe de séparation des pouvoirs politique et religieux, si important dans les sociétés occidentales et si cruellement absent des pays musulmans, est impliqué par le fameux « Rendez à César » ?

Que l’on a souvent beaucoup moins de certitudes concernant les écrits d’autres auteurs classiques comme ceux des philosophes grecs, un Platon ou un Aristote, qui d’ailleurs dans leur grandeur n’ont jamais remis en question l’esclavage ?

Et, s’il est vrai que notre auteur n’avait effectivement pas encore l’expérience des grandes tentatives humaines de faire table rase de tout ce monstrueux passé (« ce livre est l’ennemi de la liberté humaine – le plus grand obstacle sur la grande route du progrès humain »), il serait intéressant de voir ce que nos athées contemporains ont à dire aujourd’hui du bilan du bolchévisme, du nazisme ou du maoïsme ? D’un Capital, d’un Mein Kampf ou d’un Petit Livre rouge ?

AU SUJET DE LA SAINTE BIBLE

PAR ROBERT G. INGERSOLL

1894

Quelqu’un doit dire la vérité au sujet de la Bible. Les prêcheurs n’osent pas, parce qu’ils perdraient leur chaire. Les professeurs de collèges n’osent pas, ils perdraient leur salaire. Les politiciens n’osent pas. Ils seraient battus. Les journalistes n’osent pas. Ils perdraient leurs abonnés. Les marchants n’osent pas, parce qu’ils pourraient perdre des clients. Les intellectuels n’osent pas, de peur de perdre leur prestige. Même les employés n’osent pas, parce qu’ils pourraient être renvoyés. Et donc j’ai pensé que je devais le faire moi-même.

Il y a bien des millions de personnes qui croient la Bible les mots inspirés de Dieu – des millions qui pensent que ce livre est un repère et un guide, conseiller et consolateur ; qu’il comble le présent de paix et le futur d’espoir – des millions qui croient que c’est la fontaine des lois, de la justice et du pardon, et que de ses enseignements sages et doux, le monde est redevable de ses libertés, sa force et sa civilisation – des millions qui imaginent que ce livre est une révélation de la sagesse et de l’amour de Dieu pour l’esprit et le cœur des hommes – des millions qui considèrent ce livre comme une torche qui conquière les ténèbres de la mort, et déverse son rayonnement sur un autre monde – un monde sans une larme.

Ils oublient son ignorance et sa sauvagerie, sa haine de la liberté, ses persécutions religieuses ; Ils se souviennent du paradis, mais ils oublient le donjon des souffrances éternelles. Ils oublient que c’est l’ennemie de la liberté intellectuelle. La liberté est ma religion. Liberté des mains et de l’esprit – de la pensée et du travail, liberté est un mot haï par les rois – détesté par les papes. C’est un mot qui renverse les trônes et les autels – qui laisse les couronnés sans sujets, et la main tendue de la superstition sans aumônes. La liberté c’est la semence et le sol, l’air et la lumière, la rosée et la pluie du progrès, de l’amour et de la joie.

I

LES ORIGINES DE LA BIBLE

Quelques familles errantes – pauvres, misérables, sans éducation, arts, ou connaissances ; descendants de ceux qui furent mis en esclavage depuis quatre cent ans ; aussi ignorants que les habitants de l’Afrique centrale, ont juste échappé à leurs maîtres dans le désert du Sinaï. Leur chef était Moïse, un homme qui avait été élevé dans la famille du pharaon et enseigné des lois et de la mythologie de l’Egypte. Dans le but de contrôler ceux qui l’avaient suivi, il a prétendu qu’il était instruit et assisté par Jéhovah, le Dieu de ces nomades.

Tout ce qui arrivait était attribué à la volonté de ce Dieu. Moïse a déclaré qu’il avait rencontré ce Dieu face à face ; qu’au sommet de mont Sinaï des mains de ce Dieu il avait reçu les tablettes de pierre sur lesquelles, par le doigt de ce Dieu, les Dix Commandements avaient été écrits, et que, en plus de ça, Jéhovah avait fait savoir quels sacrifices et cérémonies lui étaient agréables et les lois selon lesquelles le peuple devrait être gouverné.

De cette manière la religion Juive et le Code Mosaïque furent établis.

Il est maintenant proclamé que cette religion et ces lois furent et sont révélées et établies pour toute l’humanité.

A cette époque ces nomades n’avaient pas de rapports avec les autres nations, ils n’avaient pas de langage écrit, il ne pouvaient ni lire ni écrire. Ils n’avaient pas de moyen par lequel ils pouvaient faire connaître cette révélation aux autres nations, aussi est-elle restée enfouie dans le jargon de quelques tribus ignorantes, pauvres et inconnues pendant plus de deux milliers d’années.

Bien des siècles après que Moïse, le chef, soit mort – bien des siècles après que tous ceux qui l’avaient suivis soient passés – le Pentateuque fut écrit, le travail de plusieurs écrivains, et pour lui donner force et autorité il fut proclamé que Moïse en était l’auteur.

Nous savons maintenant que le Pentateuque n’a pas été écrit par Moïse.

Des villes sont mentionnées qui n’existaient pas quand Moïse vivait.

La monnaie, qui n’a pas été frappée plusieurs siècles après sa mort est mentionnée.

Aussi, beaucoup ce ses lois n’étaient pas applicables aux nomades du désert – lois sur l’agriculture, sur le sacrifice des bœufs, des moutons et des colombes, sur le port des vêtements, sur les ornements d’or et d’argent, sur la culture des terres, sur la moisson, sur le battage du grain, sur les maisons et les temples, les cités et les refuges, et sur beaucoup d’autres sujets sans applications possibles pour quelques nomades affamés des sables et des rochers.

Maintenant il n’est pas seulement admis par les théologiens intelligents et honnêtes que Moïse n’est pas l’auteur du Pentateuque, mais ils admettent tous que personne ne sait qui étaient les auteurs, ou qui a écrit l’un de ses livres ou un chapitre ou une ligne. Nous savons que ces livres n’ont pas été écrit dans la même génération ; qu’ils n’ont pas été écrit par une seule personne ; qu’ils sont remplis d’erreurs et de contradictions. Il est aussi admis que Josué n’a pas écrit le livre qui porte son nom, parce qu’il se réfère à des événements qui sont arrivés longtemps après sa mort.

Personne ne connaît, ou ne prétend connaître, l’auteurs des Juges ; tout ce que nous savons est qu’ils furent écrit plusieurs siècles après que les Juges aient cessé d’exister. Personne ne connaît l’auteur de Ruth, ni du premier et du deuxième Samuel ; tout ce que nous savons est que Samuel n’a pas écrit les livres qui portent son nom. Dans le 25 ème chapitre du premier Samuel il y a un récit de l’élévation de Samuel par la Sorcière d’En-Dor.

Personne ne connaît l’auteur du premier et deuxième Rois, ni du premier et deuxième Chroniques, tout ce que nous savons est que ces livres n’ont pas de valeurs.

Nous savons que les Psaumes n’ont pas été écrit par David. Dans les Psaumes on parle de la captivité, et elle a eu lieu environ cinq cent ans après que David ait rejoint ses ancêtres.

Nous savons que Salomon n’a pas écrit les Proverbes ou le Cantique des Cantiques ; qu’Esaïe n’est pas l’auteur du livre qui porte son nom, que personne ne connaît les auteurs de Job, de l’Ecclésiaste, ou d’Esther, ou de n’importe quel livre de l’Ancien Testament à l’exception d’Esdras.

Nous savons que Dieu n’est pas mentionné et qu’on ne s’y réfère d’aucune façon dans le livre d’Esther. Nous savons, aussi, que ce livre est cruel, absurde et impossible.

Dieu n’est pas mentionné dans le Cantique des Cantiques, le meilleur livre de l’Ancien Testament.

Et nous savons que l’Ecclésiaste a été écrit par un incroyant.

Nous savons, aussi, que les Juifs eux-mêmes n’ont pas décidé quels livres étaient inspirés – étaient authentiques – avant le deuxième siècle après Christ.

Nous savons que l’idée d’inspiration fut longue à se former, et que l’inspiration a été déterminée par ceux qui avaient certaines fins à accomplir.

II

L’ANCIEN TESTAMENT EST – IL INSPIRE ?

S’il l’est, il devrait être un livre qu’aucun homme – aucun nombre d’hommes – puisse produire.

Il devrait contenir la perfection de la philosophie.

Il devrait s’accorder parfaitement avec chaque fait de la nature.

Il devrait n’y avoir aucune erreur en astronomie, géologie, ou sur n’importe quel sujet ou science.

Sa moralité devrait être la plus haute, la plus pure.

Ses lois et règles de conduite devraient être justes, sages, parfaites, et parfaitement adaptées à l’accomplissement des fins désirées.

Il ne devrait contenir rien de calculé pour rendre l’homme cruel, vindicatif ou infâme.

Il devrait être rempli d’intelligence, de justice, de pureté, d’honnêteté, de pardon et d’esprit de liberté.

Il devrait être opposé aux bassesses et à la guerre, à l’esclavage et à la luxure, à l’ignorance, à la crédulité et à la superstition.

Il devrait développer l’esprit et civiliser le cœur.

Il devrait satisfaire le cœur et l’esprit des meilleurs et des plus sages.

Il devrait être vrai.

Est-ce que l’Ancien Testament remplit ces conditions ?

Y a-t-il quelque chose dans l’Ancien Testament – en histoire, en théorie, en lois, en gouvernement, en moralité, en science – au dessus et au delà des idées, des comportements, des coutumes et préjugés de ses auteurs et du peuple parmi lequel ils vivaient ?

Y a-t-il un rayon de lumière venant d’une source surnaturelle ?

Les anciens Hébreux croyaient que cette Terre était le centre de l’univers, et que le soleil, la lune et les étoiles était des taches sur le ciel.

Avec ceci la Bible est d’accord.

Il pensait que la Terre était plate ; que le ciel, le firmament, était solide – le sol de la maison de Jéhovah.

La Bible enseigne la même chose.

Ils imaginaient que le soleil voyageait autours de la Terre, et qu’en arrêtant le soleil le jour pourrait être allongé.

La Bible est d’accord sur ce point.

Ils croyaient qu’Adam et Eve étaient les premiers homme et femme ; qu’ils avaient été crées seulement quelques années avant, et qu’eux, les Hébreux, étaient leurs descendants directs.

C’est ce que la Bible enseigne.

Si quelque chose est, ou peut être, certain, c’est que les auteurs de la Bible se sont trompés au sujet de la création, de l’astronomie, de la géologie ; au sujet des causes des phénomènes, de l’origine de la méchanceté et la cause de la mort.

Maintenant, il doit être admis que si un être infini est l’auteur de la Bible, il connaissait toutes les sciences, les faits, et ne pouvait pas avoir fait d’erreurs.

Si, alors, il y a des erreurs, idées fausses, théories erronées, mythes ignorants et bévues dans la Bible, elle doit avoir été écrite par des êtres finis ; c’est à dire, par des hommes ignorants qui se sont trompé.

Rien ne peut être plus clair que cela.

Pendant des siècles les églises ont soutenu que la Bible était absolument vraie ; qu’elle ne contenait pas d’erreurs ; que l’histoire de la création était vraie ; que son astronomie et sa géologie étaient en accord avec les faits ; que les scientifiques qui différaient de l’Ancien Testament étaient infidèles et athées.

Maintenant ceci a changé. Les chrétiens instruits admettent que les écrivains de la Bible n’étaient inspirés pour aucune science. Il disent maintenant que Dieu, ou Jéhovah, n’a pas inspiré les écrivains de ce livre dans le but d’instruire le monde au sujet de l’astronomie, de la géologie, ou de n’importe quelle science. Ils admettent maintenant que les hommes inspirés qui ont écris l’Ancien Testament ne savait rien d’aucune science, et qu’ils ont écris au sujet de la Terre et des étoiles, du soleil et de la lune, en accord avec l’ignorance générale de cette époque.

Il a fallu bien des siècles pour forcer les théologiens à cette admission. De mauvaise grâce, plein de malice et de haine, les prêtres se sont retiré du champ, laissant la victoire à la science. Ils prirent une autre position ;

Ils déclarèrent que les auteurs, ou plutôt les écrivains, de la Bible étaient inspirés des choses morales et spirituelles ; que Jéhovah voulait faire savoir à ses enfants sa volonté et son amour infini pour ses enfants ; que Jéhovah, voyant son peuple méchant, ignorant et dépravé, a voulu les rendre miséricordieux et justes, sages et spirituels, et que la Bible est inspirée dans ses lois, dans la religion qu’elle enseigne et dans ses idées de gouvernement.

C’est la question maintenant. Est ce que la Bible est plus près de la vérité dans ses idées de justices, de miséricorde, de moralité ou de religion que dans sa conception des sciences ? Est-elle morale ?

Elle soutient l’esclavage – elle autorise la polygamie.

Est-ce qu’un démon aurait fait pire ?

Est-elle miséricordieuse ?

A la guerre elle hisse le pavillon noir ; elle commande la destruction, le massacre, de tous – des vieillards, infirmes et sans défense – des femmes et des bébés.

Est-ce que ses lois sont inspirées ?

Des centaines d’offenses étaient punies de mort. Planter des piquets le dimanche, tuer votre père le lundi, étaient des crimes égaux. Il n’y a pas dans la littérature du monde de code plus sanglant. La loi de la vengeance – du talion – était la loi de Jéhovah. Un œil pour un œil, une dent pour une dent, un membre pour un membre.

C’est de la sauvagerie – pas de la philosophie.

Est-elle juste et raisonnable ?

La Bible est opposée à la tolérance religieuse – à la liberté religieuse. Celui qui différait de la majorité était lapidé à mort. La recherche était un crime. Les maris avaient l’ordre de dénoncer et d’aider à tuer leurs épouses incroyantes.

Elle est l’ennemie de l’Art. « Tu ne devra pas faire d’image sculptée. » C’était la mort de l’Art.

La Palestine n’a jamais produit un peintre ou un sculpteur.

La Bible est-elle civilisée ?

Elle soutient le mensonge, le vol, le meurtre, la vente de viande malade aux étrangers, et même le sacrifice d’êtres humains à Jéhovah.

Est-elle philosophique ?

Elle enseigne que les péchés d’un peuple peuvent être transférés sur un animal – sur un bouc. Elle fait de la maternité une offense pour laquelle une offrande de péché doit être faite.

C’était mauvais de donner le jour à un garçon, et deux fois plus mauvais de faire naître une fille.

Faire une lotion capillaire comme celle des prêtres était une offense punie de mort.

Le sang d’un oiseau tué au-dessus de l’eau courante était considéré comme un médicament.

Est-ce qu’un Dieu civilisé arroserait ses autels du sang des bœufs, agneaux et colombes ? Ferait-il de tous ses prêtres des bouchers ? Se délecterait-il de l’odeur de la chair qui brûle ?

III

LES DIX COMMANDEMENTS

Quelques juristes chrétiens – quelques juges éminents et stupides – ont dit et disent encore, que les Dix Commandements sont la fondation de toutes les lois.

Rien ne pourrait être plus absurde. Longtemps avant que ces commandements furent donnés il y avait des codes des lois en Inde et en Egypte – des lois contre le meurtre, le parjure, le vol, l’adultère et la fraude. De telles lois sont aussi vieilles que la société humaine ; aussi vieilles que l’amour de la vie ; aussi vieilles que l’industrie ; que l’idée de prospérité ; aussi vieilles que l’amour humain.

Tous ceux des Dix Commandements qui sont bons était vieux ; tous ceux qui était nouveaux sont fous. Si Jéhovah était civilisé il aurait laissé de côté le commandement au sujet du Sabbat, et à sa place il aurait dit : « Tu ne mettra pas en esclavage ton prochain. » Il aurait omit celui au sujet du serment, et dit : « L’homme ne devra avoir qu’une seule femme, et la femme un seul mari. » Il aurait abandonné celui interdisant les images gravées, et à sa place il aurait dit : « Tu ne mènera pas de guerres d’extermination, et tu ne dégainera pas l’épée sauf pour ta défense. »

Si Jéhovah avait été civilisé, combien plus grands auraient été les Dix Commandements.

Tout ce que nous appelons progrès – l’affranchissement de l’homme, du travail, la substitution de l’emprisonnement pour la peine de mort, et des amendes pour l’emprisonnement, la destruction de la polygamie, l’établissement de la liberté de parole, l’objection de conscience ; en bref tout ce qui tend au développement et à la civilisation de l’homme ; tous les résultats des recherches, observations, expériences, et la liberté d’esprit ; tout ce qui fut bénéfique à l’homme depuis la fin des Ages Sombres – a été fait à l’encontre de l’Ancien Testament.

Laissez- moi encore illustrer la moralité, la miséricorde, la philosophie et la bonté de l’Ancien Testament :

L’HISTOIRE D’ACAN

Josué prit la cité de Jéricho. Avant la chute de la ville il déclara que tout le butin prit serait donné au Seigneur.

Malgré cet ordre Acan cacha un vêtement, de l’argent et de l’or.

Après cela Josué essaya de prendre la ville de Aï. Il échoua et beaucoup de ses soldats furent tués. Josué rechercha la cause de cet échec et découvrit qu’Acan avait caché un vêtement, deux cent sicles d’argent et un morceau d’or. Acan se confessa de ceci.

Ensuite Josué prit Acan, ses fils et ses filles, ses bœufs et ses moutons – les lapida à mort et brûla leur corps.

Il n’y a rien qui montre que les fils et filles aient commis un crime. Certainement, les moutons et les bœufs ne devraient pas être lapidés pour le crime de leur propriétaire. C’était la justice, la miséricorde, de Jéhovah !

Après que Josué ait commis ce crime, avec l’aide de Jéhovah il captura la ville d’Aï.

L’HISTOIRE D’ELISEE.

« Et de là il monta jusqu’à Béthel, et comme il était en route vinrent à sa rencontre des petits enfants qui venaient de la ville et qui se moquèrent de lui, disant « va-t’en, toi la tête chauve. »

« Et il se tourna vers eux et les regarda, et les maudit au nom du Seigneur. Alors vinrent en avant deux ours sortant du bois et ils mirent en pièces quarante deux de ces enfants. »

C’était le travail du bon Dieu – le miséricordieux Jéhovah !

L’HISTOIRE DE DANIEL

Le roi Darius avait honoré et élevé Daniel, et les princes du sang étaient jaloux. Alors ils incitèrent le roi à signer un décret comme quoi quiconque ferait une supplique à n’importe quel dieu ou homme excepté au roi Darius, pendant trente jours, serait jeté dans la fosse aux lions.

Après cela ces hommes montrèrent que Daniel, face tournée vers Jérusalem, priait Jéhovah trois fois par jour.

Sur quoi Daniel fut jeté dans la fosse aux lions ; un rocher fut placé sur l’ouverture de la fosse et scellé avec le sceaux royal.

Le roi passa une mauvaise nuit. Le matin suivant il vint à la fosse et appela Daniel. Daniel répondit et dit au roi que Dieu avait envoyé un ange pour fermer la gueule des lions.

Daniel fut sortit sain et sauf, et le roi se convertit et cru au Dieu de Daniel.

Darius, étant maintenant un croyant du vrai Dieu, envoya chercher les hommes qui avaient accusé Daniel, et leurs femmes et leurs enfants, et les fit tous jeter dans la fosse aux lions.

« Et les lions les maîtrisèrent, et brisèrent tous leurs os en pièces, avant même qu’ils n’atteignent le fond de la fosse. »

Qu’est ce que les femmes et les petits enfants avaient fait ? De quelle façon avaient-ils offensé le roi Darius, le croyant en Jéhovah ? Qui a protégé Daniel ? Jéhovah ! Qui n’a pas protégé les innocents, femmes et enfants ? Jéhovah !

L’HISTOIRE DE JOSEPH

Le Pharaon fit un rêve, et ce rêve fut interprété par Joseph.

Selon cette interprétation il devrait y avoir en Egypte sept années d’abondance, suivies de sept années de famine. Joseph conseilla au Pharaon d’acheter tout le surplus des années d’abondance et de le stocker en prévision des années de famine.

Le Pharaon nomma Joseph son ministre, et lui ordonna d’acheter le grain des années d’abondance.

Alors vint la famine. Le peuple vint demander de l’aide au roi. Il leur répondit d’aller voir Joseph et de faire ce qu’il dit.

Joseph vendit le grain aux égyptiens jusqu’à ce que tout leur argent soit dépensé – jusqu’à ce qu’il l’ait en totalité.

Quand tout l’argent fut dépensé le peuple dit : « Donne nous du grain et nous te donnerons notre bétail. »

Joseph les laissa avoir du grain jusqu’à ce que tout leur bétail, leurs chevaux et leurs troupeaux lui ait été donné.

Alors le peuple dit : « Donne nous du grain et nous te donnerons nos terres. »

Et Joseph les laissa avoir du grain jusqu’à que toutes leurs terres furent parties.

Mais la famine continua, alors les malheureux appauvris se vendirent eux-mêmes, et il devinrent les serviteurs du Pharaon.

Alors Joseph leur donna des semences, et conclu un accord avec eux comme quoi il donneraient pour toujours un cinquième de toutes leurs récoltes au Pharaon.

Qui a permit à Joseph d’interpréter le rêve du Pharaon ? Jéhovah ! Savait-il à ce moment que Joseph allait utiliser ces informations pour voler et réduire en esclavage le peuple d’Egypte ? Oui. Qui a fait venir la famine ? Jéhovah !

Il est parfaitement clair que les Juifs ne considéraient pas Jéhovah comme le Dieu de l’Egypte – le Dieu du monde entier. Il était leur Dieu, et seulement le leur. Les autres nations avaient d’autres dieux, mais Jéhovah était le plus grand de tous. Haïssez les autres nations et les autres dieux, et abhorrez toutes les religions excepté le service de lui-même.

IV

QU’EST-CE QUE CA VAUT ?

Des étudiants en théologie nous diront-ils la valeur de la Genèse ?

Nous savons qu’elle n’est pas vraie – qu’elle se contredit elle-même. Il y a deux récits de la création dans le premier et deuxième chapitre. Dans le premier récit les oiseaux et les bêtes sont crées avant l’homme.

Dans le second, l’homme est crée avant les oiseaux et les bêtes.

Dans le premier, Adam et Eve sont crées ensemble.

Dans le second, Adam est fait ; puis les bêtes et les oiseaux, et ensuite Eve est créée à partir d’une côte d’Adam.

Ces histoires sont bien plus vieilles que le Pentateuque.

Perses : Dieu créa le monde en six jours, un homme appelé Adama, une femme appelée Evah, et puis se reposa.

les récits des Etrusques, Babyloniens, Phéniciens, Chaldéens, et Egyptiens sont à peu près les mêmes.

Les Perses, les Grecs, les Egyptiens, les Chinois et les Hindous ont leur Jardin d’Eden et l’arbre de vie.

Aussi, les Perses, les Babyloniens, les Nubiens, le peuple du sud de l’Inde, ont tous le récit de la chute de l’homme et le subtil serpent.

Les Chinois disent que le péché est venu dans le monde par la désobéissance d’une femme. Et même les Tahitiens nous disent que l’homme fut crée avec de la terre, et la première femme d’un de ses os.

Toutes ces histoires ont la même authenticité et sont d’une égale valeur pour le monde, et leurs auteurs ne sont pas plus inspirés les uns que les autres.

Nous savons aussi que l’histoire du déluge est bien plus vieille que le livre de la Genèse, et nous savons surtout qu’elle n’est pas vraie.

Nous savons que cette histoire dans la Genèse a été copiée des Chaldéens. Là vous trouvez tout au sujet de la pluie, l’arche, les animaux, la colombe envoyée dehors trois fois, et la montagne où l’arche s’est échouée.

Aussi, les Hindous, les Chinois, les Parsis, les Perses, les Grecs, les Mexicains et les Scandinaves ont en substance la même histoire.

Nous savons aussi que le récit de la Tour de Babel est une fable ignorante et infantile.

Alors qu’est-ce qu’il reste dans ce livre inspiré de la Genèse ? Y a-t-il un mot calculé pour développer le cœur ou l’esprit ? Y a-t-il une pensée élevée – n’importe quel grand principe – n’importe quoi de poétique – n’importe quels mots réjouissants de beauté ?

Y a-t-il quelque chose excepté un exposé ennuyeux et détaillé de choses qui ne sont jamais arrivées ?

Y a-t-il quelque chose dans Exode calculé pour rendre l’homme généreux, aimant et noble ?

Est-ce bien d’apprendre aux enfants que Dieu a torturé l’innocent bétail des Egyptiens – l’a meurtri jusqu’à la mort avec de la grêle – en réponse aux péchés du Pharaon ?

Est-ce que cela nous rend miséricordieux de croire que Dieu a tué le premier-né de tous les Egyptiens – le premier-né du peuple pauvre et souffrant – de la pauvre fille qui travaille au moulin – à cause de la méchanceté du roi ?

Pouvons-nous croire que les dieux de l’Egypte ont fait des miracles ? Ont-ils changé l’eau en sang, et des bâtons en serpents ?

Dans Exode il n’y a pas une pensée originale ni une ligne de valeur.

Nous savons, si nous savons une seule chose, que ce livre a été écrit par des sauvages – des sauvages qui croyaient en l’esclavage, la polygamie et les guerres d’extermination. Nous savons que les histoires racontées sont impossibles, et que les miracles n’ont jamais eu lieu. Ce livre admet qu’il y a d’autres dieux à part Jéhovah. Dans le 18 ème chapitre il y a ce verset : « Maintenant je sais que le Seigneur est plus grand que tous les dieux, parce que, dans les domaines où ils étaient les plus fiers, il fut meilleur qu’eux. »

Aussi, dans ce livre sacré on enseigne le devoir de sacrifice humain – le sacrifice des bébés.

Dans le 22 ème chapitre il y a ce commandement : « tu devra sans délai m’offrir le premier de tes fruits mûrs et de tes liqueurs ; le premier-né de tes fils tu devra me le donner. »

Est-ce que Exode a été une aide ou un obstacle pour la race humaine ?

Enlevez d’Exode les lois communes à toutes les nations, reste-t-il quelque chose de valeur ?

Y a-t-il quoi que ce soit d’important dans Lévitique ? Y a-t-il un chapitre qui vaut la peine d’être lu ? Quel intérêt avons-nous pour les vêtements des prêtres, les rideaux et chandelles du tabernacle, les pinces et les pelles des autels ou pour les lotions capillaires utilisées par les lévites ?

Quelle utilité ont le code cruel, les punitions effrayantes, les malédictions, les mensonges et les miracles de ce livre ignorant et infâme ?

Et qu’y a-t-il dans le livre des Nombres – avec ses sacrifices, avec ses présentoirs et ses cuillères, ses huiles et chandeliers, ses concombres, ses oignons et sa manne – pour assister et instruire l’humanité ? Quel intérêt avons-nous à la rébellion de Coré, les cendres d’une génisse rousse, le serpent brûlant, l’eau qui a suivi le peuple par monts et par vaux pendant quarante ans, et l’âne inspiré du prophète Balaam ? Ces absurdités et cruautés – ces superstitions sauvages et infantiles – ont-elles aidé à civiliser le monde ?

Y a-t-il quelque chose dans Josué – avec ses guerres, ses meurtres et massacres, ses épées trempées dans le sang des mères et des bébés, ses tortures et mutilations, ses tromperies et furies, ses haines et vengeances – de calculé pour améliorer le monde ?

Est-ce que chaque chapitre ne choque pas le cœur d’un homme bon ? Est-ce un livre à faire lire aux enfants ?

Lisez donc ce livre de Josué – lisez la tuerie des femmes, des épouses, des mères et des bébés – lisez ces miracles impossibles, ces crimes impitoyables, tous fait en accord avec les commandements de Jéhovah, et dites-moi en quoi ce livre est calculé pour nous rendre miséricordieux, généreux et affectueux.

Le livre de Josué est aussi sans-cœur que la misère, aussi féroce que le cœur d’une bête sauvage. C’est une histoire – une justification – une sanctification de presque tous les crimes.

Le livre des Juges est à peu près le même, rien d’autre que des guerres et des bains de sang ; l’horrible histoire de Jaël et Siséra ; de Gédéon et ses trompettes ; de Jephté et de sa fille, qu’il a assassinée pour plaire à Jéhovah.

J’admet que l’histoire de Ruth est par certains aspects une histoire belle et touchante ; qu’elle est naturellement racontée, et que son amour pour Naomi est profond et pur. Mais d’un autre côté nous conseillerions difficilement à nos filles de suivre l’exemple de Ruth. Et puis, il faut se souvenir que Ruth était veuve.

Y a-t-il un mot qui vaille la peine d’être lu dans le premier et le deuxième livre de Samuel ? Est-ce qu’un prophète de Dieu devrait tailler en pièce un roi prisonnier ? Est-ce que l’histoire de l’arche, sa capture et son retour, est importante pour nous ? Est-il possible qu’il était juste, sage et miséricordieux de tuer cinquante mille hommes parce qu’ils avaient regardé dans une boîte ? De quel usage nous sont les guerres de Saül et David, les histoires de Goliath et la Sorcière d’En-Dor ? Pourquoi Jéhovah devrait-il avoir tué Uzzah pour avoir mis sa main pour stabiliser l’arche, et pardonné à David pour le meurtre d’Urie et pour lui avoir volé sa femme ?

Selon « Samuel », David décida un recensement du peuple. Ceci provoqua la colère de Jéhovah, et comme punition il permit à David de choisir entre sept ans de famine, trois mois de défaites face à ses ennemis, ou trois jours de pestilence. David, ayant confiance en Dieu, choisit les trois jours de pestilence ; et, ensuite, Dieu, le compatissant, en réplique au péché de David, tua soixante dix mille hommes innocents.

Dans les même circonstances, qu’est-ce qu’un démon aurait fait ?

Y a-t-il quelque chose dans le premier et le second Rois qui suggère l’idée d’inspiration ?

Quand David est mourant il dit à son fils Salomon de tuer Joab – de ne pas laisser sa tête blanchie descendre dans la tombe en paix. Avec son dernier souffle il commande à son fils d’amener dans le sang la tête aux cheveux blancs de Shimeï au cimetière. Ayant prononcé ces mots miséricordieux, le bon David, l’homme cherchant le cœur de Dieu, rejoignit ses ancêtres.

Etait-il nécessaire d’inspirer l’homme qui a écrit l’histoire de la construction du temple, l’histoire de la visite de la reine de Shéba, ou pour nous dire le nombre des femmes de Salomon ?

Quel intérêt avons nous au dessèchement de la main de Jéroboam, à la prophétie de Jéhu, ou à Elie et au corbeau ?

Pouvons-nous croire qu’Elie a ramené des flammes du ciel, ou qu’à la fin il est partit au paradis dans un chariot de feu ?

Pouvons-nous croire à la multiplication de l’huile de la veuve par Elisée, ou qu’une armée fut frappée de cécité, ou qu’une hache flotta sur l’eau ?

Est-ce que ça nous civilise de lire la décapitation des soixante-dix fils d’Achab, l’arrachage des yeux de Sédécias et le meurtre de ses fils ? Y a-t-il un mot dans premier et second Rois de calculé pour rendre les hommes meilleurs ?

Premier et second Chroniques n’est qu’une répétition de ce qui est dit dans premier et second Rois. Les mêmes vieilles histoires – un peu plus ici, un peu moins là, mais en aucune façon pires ou meilleures.

Le livre d’Esdras n’a pas d’importance. Il nous dit que Cyrus, roi de perse, fit une proclamation annonçant la construction d’un temple à Jérusalem, et qu’il a déclaré que Jéhovah était le seul et unique Dieu.

Rien ne pourrait être plus absurde. Esdras raconte le retours de captivité, la construction du temple, sa consécration, quelques prières, et c’est tout. Ce livre n’a pas d’importance, pas d’utilité.

Néhémie est presque le même, sauf qu’il nous raconte la construction du mur, les plaintes du peuple au sujet des impôts, une liste de ceux qui revinrent de Babylone, un catalogue de ceux qui restèrent à Jérusalem et la consécration du mur.

Alors vient le livre d’Ester. Dans celui-ci on nous dit que le Roi Assuérus était ivre ; qu’il envoya chercher se reine, Vaschti, pour se montrer à lui et à ses invités. Vaschti refusa de venir.

Ceci exaspéra le roi, et il ordonna que de toutes les provinces les plus belles filles soient envoyées devant lui pour qu’il en choisisse une pour remplacer Vaschti.

Parmi d’autres fut amenée Esther, une Juive. Elle fut choisie et devint la femme du roi. Alors un gentleman du nom d’Haman voulu voir tous les Juifs tués, et le roi, qui ne savait pas qu’Esther était de cette race, signa un décret comme quoi tous les Juifs devraient être tués.

Grâce aux efforts de Mardochée et d’Esther le décret fut annulé et les Juifs furent sauvés.

Haman avait préparé une potence pour pendre Mardochée, mais la bonne Esther s’arrangea pour que ce soit Haman et ses dix fils qui soient pendus à la potence qu’Haman avait construite, et les Juifs furent autorisés à tuer plus de soixante quinze mille sujets du roi.

Voilà l’histoire inspirée d’Esther.

Dans le livre de Job nous trouvons des sentiments élevés, quelques pensées sublimes et folles, quelque chose du merveilleux et du magnifique de la nature, les joies et les peines de la vie ; mais l’histoire est infâme.

Quelques Psaumes sont bons, beaucoup sont médiocres, quelques-uns sont infâmes. En eux sont mélangés les vices et les vertus. Il y a des versets qui élèvent, des versets qui dégradent. Ils y a des prières pour le pardon et pour la vengeance. Dans la littérature du monde il n’y a rien de plus sans-cœur, de plus infâme, que le 109 ème Psaume.

Dans les Proverbes il y a beaucoup de sagacité, de nombreuses maximes précises et prudentes, beaucoup de sages déclarations. Les mêmes idées sont exprimées de différentes façons – la sagesse de l’économie et du silence, les dangers de la vanité et de l’oisiveté. Quelques-uns sont superficiels, d’autres sont fous, beaucoup sont sages. Ces Proverbes ne sont pas généreux – pas altruistes. Des dires de même nature sont trouvés parmi toutes les nations.

L’Ecclésiaste est le livre le plus profond de la Bible. Il a été écrit par un incroyant – un philosophe – un agnostique. Enlevez les interpolations, et il est en accord avec la pensée du dix-neuvième siècle. Dans ce livre on trouve les passages les plus philosophiques et les plus poétiques de la Bible.

Après avoir traversé le désert de la mort et du crime, après avoir lu le Pentateuque, Josué, Juges, Samuel, Rois et Chroniques – il est délicieux de rejoindre cette oasis de palmiers, appelé le Cantique des Cantiques. Un drame de l’amour – de l’amour humain ; un poème sans Jéhovah – un poème né du cœur et des divins instincts de l’âme.

« Je dors, mais mon cœur s’est éveillé. »

Esaïe est le travail de plusieurs. Ses mots ronflants, ses vagues images, ses prophéties et malédictions, ses divagations contre les rois et les nations, sa moquerie de la sagesse de l’homme, sa haine du bonheur, n’ont pas la plus mince tendance à accroître le bien-être de l’homme.

Dans ce livre est raconté le plus absurde de tous les miracles. L’ombre d’un cadran solaire recule de dix degrés, dans le but de convaincre Eséchias que Jéhovah ajoutera quinze années à sa vie.

Avec ce miracle le monde, qui tourne d’ouest en est à la vitesse d’environ deux mille kilomètres par heure, est non seulement stoppé, mais tourne dans l’autre sens jusqu’à ce que l’ombre du cadran ait reculé de dix degrés ! Y a-t-il dans le monde entier un homme ou une femme intelligent qui croit en cet impossible mensonge ?

Jérémie ne contient rien d’important – aucun fait de valeur ; rien sauf des aveux, lamentations, des croassements, plaintes, malédictions et promesses ; rien sauf famine et prières, la prospérité des méchants, la ruine des Juifs, la captivité et le retour, et à la fin Jérémie, le traître, au pilori et en prison.

Et Lamentations est une simple continuation des délires du même pessimisme malsain. Rien sauf poussières, le sac et la cendre, larmes et braillements, invectives et injures.

Et Ezéchiel – mangeant des manuscrit, prophétisant siège et désolation, avec ses visions de charbon ardent, et chérubin, et roues avec des yeux, le type et les mesures de la bouilloire, et la résurrection des os secs – est sans utilité, sans valeur possible.

Comme Voltaire, je dirais que celui qui admire Ezéchiel devrait être invité a dîner avec lui.

Daniel est un rêve déformé – un cauchemar.

Que pouvons-nous faire de ce livre avec son image d’une tête en or, bras et poitrine en argent, ventre et bassin en cuivre, jambes en fer, et pieds en fer et argile mêlés ; avec ses écrit sur le mur, sa fosse aux lions, et sa vision du bélier et du bouc ?

Y a-t-il quelque chose à apprendre d’Osée et de sa femme ? Y a-t-il quelque chose d’utile dans Joël, dans Amos, dans Obadiah ? Pouvons nous retirer quoi que ce soit de Jonas et son poisson ? Est-il possible que Dieu soit le vrai auteur de Michée et Nahum, d’Habacuc et Sophonie, d’Aggée et Malachie et Zacharie, avec les chevaux rouges, les quatre cornes, les quatre charpentiers, le rouleau volant, les montagnes de cuivre et le rocher aux quatre yeux ?

Y a-t-il quelque chose dans ces livres « inspirés » qui a été bénéfique à l’homme ?

Nous ont-ils apprit comment cultiver la terre, à construire des maisons, à tisser des vêtements, à préparer de la nourriture ?

Nous ont-il enseigné comment peindre des tableaux, ciseler des statues, construire des ponts, ou des bateaux, ou n’importe quoi de beau ou d’utile ? Avons-nous trouvé nos idées de gouvernement, de liberté religieuse, de liberté de pensée dans l’Ancien Testament ? Avons-nous eu de n’importe quel de ces livres un conseil sur une science quelconque ? Y a-t-il dans ce « volume sacré » un mot, une ligne, qui a ajouté à la santé, à l’intelligence ou au bonheur de l’humanité ? L’un des livre de l’Ancien Testament est-il aussi divertissant que « Robinson Crusoé », ou « Les voyages de Gulliver » ? Est ce que l’auteur de la Genèse en savait autant sur la nature que Humboldt, ou Darwin, ou Haeckel ? Est ce que ce que nous appelons le Code Mosaïque est aussi sage ou aussi miséricordieux que celui de n’importe quelle nation civilisée ? Les écrivains de Rois ou Chroniques étaient-ils d’aussi grands écrivains, d’aussi grands historiens que Gibbon et Draper ? Jérémie et Habacuc sont-ils les égaux de Dickens ou Thackeray ? Les auteurs de Job et des Psaumes peuvent-ils être comparés à Shakespeare ? Pourquoi devrions-nous imputer le meilleur à l’homme et le pire à Dieu ?

V

JEHOVAH ETAIT-IL UN DIEU D’AMOUR ?

Est-ce que ces mots viennent du cœur de l’amour ? – « Quand le Seigneur ton Dieu les conduira devant toi, tu devra les frapper et les détruire complètement ; tu ne devra accepter aucun accord avec eux, ni leur montrer aucune pitié. »

« Je les accablerai de mal. J’enverrai mes flèches sur eux ; ils seront brûlés de colère et dévorés par une chaleur brûlante jusqu’à la destruction totale. »

« J’enverrai le croc des bêtes sauvages contre eux, et le poison des serpents de la poussière. »

« L’épée au dehors, et la terreur au dedans, détruiront aussi bien le jeune homme que la vierge ; le nourrisson aussi, avec l’homme aux cheveux gris. »

« Que ses enfants soient orphelins de père et sa femme une veuve ; que ses enfants soient continuellement vagabonds et mendiants ; qu’ils doivent chercher leur pain dans des lieux désolés ; que l’usurier vole tout ce qui est à lui ; que l’étranger profite de son travail ; qu’il n’y ai personne qui lui témoigne de la pitié, ni personne qui fasse une faveur à ses orphelins de père. »

« Et tu devra manger le fruit de ton propre corps – la chair de tes fils et de tes filles. »

« Et que le ciel qui est au dessus de toi soit de cuivre, que la terre qui est sous toi soit de fer. »

« Maudit sois tu dans la ville, et maudit sois tu dans les champs. »

« Je rendrai mes flèches ivres de sang. »

« Je rirai de leurs calamités. »

Est-ce que ces malédictions, ces menaces, viennent de la source de l’amour ou de la bouche des sauvages ?

Jéhovah était-il bon ou mauvais ?

Pourquoi devrions-nous placer Jéhovah au-dessus de tous les dieux ?

L’homme dans sa peur et son ignorance a-t-il jamais imaginé un plus grand monstre ?

Les barbares de n’importe quel pays et de n’importe quelle époque ont-ils façonné un dieu plus impitoyable ?

Brahma était mille fois plus noble, de même qu’Osiris et Zeus et Jupiter. De même le dieu suprême des Aztèques, à qui ils offraient seulement le parfum des fleurs. Le pire dieu des Hindous, avec son collier de crânes et son bracelet de serpents vivants, était gentil et compatissant comparé à Jéhovah.

Comparé avec Marcus Aurélius, combien petit semble Jéhovah. Comparé avec Abraham Lincoln, combien cruel, combien méprisable est ce dieu.

VI

L’ADMINISTRATION DE JEHOVAH

Il a crée le monde, l’hôte des cieux, un homme et une femme – placés dans un jardin. Alors le Serpent les trompa, et ils furent jetés dehors et obligés de gagner leur pain.

Jéhovah s’était fait rouler.

Alors il essaya encore. Il vint pendant environ six cent ans pour essayer de civiliser les gens.

Pas d’écoles, pas d’églises, pas de Bible, pas d’écrits – personne n’apprit à lire ou écrire. Pas de Dix Commandements. Le peuple devint pire et pire, jusqu’à ce que le miséricordieux Jéhovah envoie le déluge et noie tout le monde excepté Noé et sa famille, huit en tout.

Alors il recommença, et changea leur régime. Au début Adam et Eve étaient végétariens. Après le déluge Jéhovah dit : « Toute chose vivante qui se meut sera nourriture pour vous » – serpents et vautours.

Ensuite il échoua encore, et à la Tour de Babel il dispersa et divisa le peuple.

Trouvant qu’il ne pourrait pas réussir avec tout le monde, il pensa qu’il devrait essayer avec quelques-uns, aussi il sélectionna Abraham et ses descendants. Encore il échoua, et son peuple choisi fut capturé par les Egyptiens et mis en esclavage pendant quatre cent ans.

Alors il essaya encore – les sauva du Pharaon et en route pour la Palestine.

Alors il changea leur régime, les autorisant à manger la viande seulement des bêtes qui ont le sabot fendu et qui ruminent leur nourriture. Encore il échoua. Le peuple le détesta, et préféra l’esclavage de l’Egypte à la liberté de Jéhovah. Donc il les garda errants dans le désert jusqu’à ce que tous ceux qu’il avait sorti d’Egypte soient morts. Puis il essaya encore – Leur donna la Palestine et les fis gouverner par des Juges.

Ceci, aussi, fut un échec – pas d’écoles, pas de Bible. Alors il essaya les Rois, et les rois furent pour la plupart idolâtres.

Alors le peuple élu fut conquis et emmené en captivité par les Babyloniens.

Un autre échec.

Ensuite ils revinrent, et Jéhovah essaya les prophètes – braillants et gémissants – mais le peuple devenait pire et pire. Pas d’écoles, pas de sciences, pas d’arts, pas de commerce. Alors Jéhovah pris lui-même chair, fut né d’une femme, et vécu parmi le peuple qu’il avait essayé de civiliser depuis plusieurs milliers d’années. Alors ce peuple, obéissant aux lois qu’il leur avait donné dans les temps sauvages, accusèrent cet homme-Jéhovah – ce Christ – de blasphème ; le jugèrent, le condamnèrent et le tuèrent.

Jéhovah avait échoué une fois de plus.

Alors il quitta les Juifs et tourna son attention vers le reste du monde.

Et maintenant les Juifs, abandonnés par Jéhovah, persécutés par les Chrétiens, sont le peuple le plus prospère de la terre. Encore avait échoué Jéhovah.

Quelle administration !

VII

LE NOUVEAU TESTAMENT

Qui a écrit le nouveau testament ?

Les étudiants en théologie admettent qu’ils ne savent pas. Ils admettent que si les quatre évangiles avaient été écrit par Matthieu, Marc, Luc et Jean, alors ils devraient avoir été écrit en hébreu. Et jusqu’à présent aucun manuscrit hébreu d’un de ces évangiles n’a été trouvé. Ils étaient et sont tous en grec. Aussi, les théologiens instruits admettent que les épîtres, Jaques et Jude, furent écrit par des personnes qui n’avaient jamais vu l’un des évangiles. Dans ces épîtres – dans Jacques et Jude – aucune référence n’est faite à aucun des évangiles, ni à aucun miracle y étant raconté.

La première mention faite de l’un de ces évangiles fut faite environ cent huit ans après la mort de Christ, et les quatre évangiles furent nommés et cités pour la première fois au début du troisième siècle, environ cent soixante dix ans après la mort de Christ.

Nous savons maintenant qu’il y avait beaucoup d’autres évangiles en plus de nos quatre, et certain d’entre eux ont été perdus. Il y avait les évangiles de Paul, des Egyptiens, des Hébreux, de la Perfection, de Judas, de Thomas, de Marie, d’André, de Nicodème, et plusieurs autres.

Il y avait aussi les Actes de Pilate, d’André, de Marie, de Paul et beaucoup d’autres ; aussi la Révélation de Pierre…

Au début aucun de ces livres n’était considéré comme inspiré. L’Ancien Testament était regardé comme divin ; mais les livres qui constituent maintenant le Nouveau Testament étaient considérés comme une production humaine. Nous savons maintenant que nous ne savons pas qui a écrit les quatre évangiles.

La question est, les auteurs de ces quatre évangiles étaient-ils inspirés ?

Si ils sont inspirés, alors les quatre évangiles doivent être vrais. Si ils sont vrais, il doivent s’accorder.

Les quatre évangiles ne sont pas d’accord.

Matthieu, Marc et Luc ne connaissent rien du rachat, rien du salut par la foi. Ils ne connaissent que l’évangile des bonnes œuvres – de la charité. Ils enseignent que si nous pardonnons aux autres Dieu nous pardonnera.

Avec ceci l’évangile de Jean n’est pas d’accord.

Dans cet évangile on nous apprend que nous devons croire au Seigneur Jésus Christ ; que nous devons naître de nouveau ; que nous devons boire le sang et manger la chair de Christ. Dans cet évangile on trouve la doctrine du rachat, que Christ est mort pour nous et a souffert à notre place.

Cet évangile est complètement en désaccord avec les trois autres. Si les trois autres sont vrais, l’évangile de Jean est faux. Si l’évangile de Jean a été écrit par un homme inspiré, les auteurs des trois autres n’étaient pas inspirés. De ceci il n’y a pas d’échappatoire possible. Les quatre ne peuvent pas être vrais.

Il est évident qu’il y a de nombreuses interpolations dans les quatre évangiles.

Par exemple, dans le 28 ème chapitre de Matthieu il y a un récit disant que les soldats qui gardaient la tombe de Christ furent payés pour dire que les disciples de Jésus avaient volé son corps pendant qu’eux, les soldats, dormaient.

Ceci est clairement une interpolation. C’est une cassure dans la narration.

Le 10 ème verset devrait être suivi par le 16 ème . Le 10 ème verset est le suivant :

« Alors Jésus leur dit ‘Ne craignez pas, allez dire à mes frères de se rendre en Galilée ; c’est là qu’ils me verront.’ »

Le 16 ème verset :

« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. »

L’histoire des soldats contenue dans le 11 ème , 12 ème , 13 ème , 14 ème et 15 ème verset est un ajout – un après-coup – effectué longtemps après. Le 15 ème verset le démontre.

Quinzième verset : « Les soldats prirent l’argent, et suivirent les instructions qui leur avaient été données. Et ce bruit s’est répandu parmi les Juifs, jusqu’à ce jour. »

Certainement ce récit n’était pas dans l’évangile original, et certainement le 15 ème verset n’a pas été écrit par un Juif. Aucun Juif n’aurait pu écrire : « Et ce bruit c’est répandu parmi les Juifs jusqu’à ce jour. »

Marc, Jean et Luc n’ont jamais entendu dire que les soldats avaient été corrompus par les prêtres ; ou si oui, ils n’ont pas pensé que ça valait la peine d’être noté. De la même façon, les récits de l’Ascension de Jésus Christ dans Marc et Luc sont des ajouts. Matthieu ne dit rien de l’Ascension.

Certainement il n’y avait jamais eu de plus grand miracle, et pourtant Matthieu, qui était présent – qui a vu le Seigneur s’élever, monter et disparaître – n’a pas jugé que c’était digne d’être mentionné.

D’ailleurs, les derniers mots de Christ, selon Matthieu, contredisent l’Ascension : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Jean, qui était présent, si Christ s’est vraiment élevé, ne dit pas un mot à ce sujet.

Et pour l’Ascension, les évangiles ne sont pas d’accord.

Marc rapporte la dernière conversation que Christ a eu avec ses disciples, comme il suit :

« ‘Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéri.’ Le seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s’assit à la droite de Dieu. »

Est-il possible que cette description ai été écrite par celui qui fut témoin du ce miracle ?

Ce miracle est décrit par Luc comme il suit.

« Pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux, et fut enlevé au ciel. »

(la brièveté est l’âme de l’intelligence.)

Dans les Actes on nous dit que : « Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. »

Ni Luc, ni Matthieu, ni Jean, ni l’écrivain des Actes, n’ont entendu un mot de la conversation attribuée à Christ par Marc. Le fait est que l’ascension de Christ n’était pas proclamée par ses disciples.

Au début Christ était un homme – rien de plus. Marie était sa mère, Joseph son père. La généalogie de son père, Joseph, fut donnée pour montrer qu’il était du sang de David.

Ensuite l’annonce fut faite qu’il était le fils de Dieu, et que sa mère était vierge, et qu’elle est restée vierge jusqu’à sa mort.

Puis l’annonce fut faite que Christ s’était relevé d’entre les morts et élevé au ciel avec son corps.

Il fallu de nombreuses années pour que ces absurdités prennent possession de l’esprit des hommes.

Si Christ s’est relevé d’entre les morts, pourquoi n’est il pas apparu à ses ennemis ? Pourquoi n’a-t-il pas fait appeler Caïphe, le grand prêtre ? Pourquoi n’a-t-il pas fait une autre entrée triomphale à Jérusalem ?

S’il fut vraiment enlevé au ciel, pourquoi ne l’a-t-il pas fait en public, en présence de ses accusateurs ? Pourquoi ceci, le plus grand des miracles, aurait-il du être fait en secret, dans un coin ?

C’était un miracle qui aurait pu être vu par une vaste multitude – un miracle qui ne pouvait pas être simulé – un miracle qui aurait convaincu des dizaines de milliers.

Après l’histoire de la résurrection, l’Ascension devint une nécessité. Il leur fallait se débarrasser du corps.

Ainsi il y a de nombreuses interpolations dans les évangiles et les épîtres.

Je demande à nouveau : le Nouveau Testament est-il vrai ? Y a-t-il maintenant quelqu’un qui croit que la naissance de Christ fut un salut céleste ; qu’une étoile a guidé les rois mages ; qu’Hérode a tué tous les bébés de Béthléhem de deux ans et moins ?

Les évangiles sont rempli de miracles. Ont-ils eu lieu ?

Matthieu donne les détails d’environ vingt-deux miracles, Marc dix-neuf, Luc dix-huit et Jean sept.

Selon les évangiles, Christ a soigné des malades, expulsé des démons, calmé la mer, guéri l’aveugle, nourri des multitudes avec cinq pains et deux poissons, marché sur la mer, maudit un figuier, changé l’eau en vin et relevé des morts.

Matthieu est le seul qui nous parle de l’étoile et des rois mages – le seul qui parle du meurtre des bébés.

Jean est le seul qui dit quelque chose de la résurrection de Lazare, et Luc est le seul qui donne le récit du relèvement d’entre les morts du fils de la veuve de Naïn.

Comment est-il possible de prouver ces miracles ?

Les Juifs, parmi qui on dit qu’ils ont eu lieu, n’y ont pas cru. Les malades, les paralytiques, les lépreux, l’aveugle guéri, n’ont pas suivi Christ. On n’a plus jamais entendu parler de ceux qui furent relevé d’entre les morts.

Est-ce qu’un homme intelligent croit en l’existence des démons ? Les écrivains de trois des évangiles certainement y croyaient. Jean ne dit rien de Christ expulsant des démons, mais Matthieu, Marc et Luc donnent de nombreux exemples.

Est-ce qu’un homme normal croit maintenant que Christ a expulsé des démons ? Si ses disciples disent qu’ils l’a fait, ils se sont trompé. Si Christ a dit qu’il l’a fait, il était fou ou imposteur.

Si les récits des miracles sont faux, alors les écrivains était ignorants ou malhonnêtes. S’ils ont écrit dans leur ignorance, alors ils n’étaient pas inspirés. S’ils ont écrit ce qu’ils savaient être faux, ils n’étaient pas inspirés. Si ce qu’ils ont écrit est faux, qu’ils le sachent ou pas, ils n’étaient pas inspirés.

A cette époque il était cru que les paralysies, les épilepsies, surdités, maladies mentales et beaucoup d’autres affections étaient causées par des démons ; que les démons prenaient possession de et vivaient dans les corps des hommes et des femmes. Christ le croyait, a enseigné cette croyance aux autres, et a prétendu soigner les maladies en chassant les démons hors des fous et des malades. Nous savons maintenant, si nous savons quelque chose, que les affections ne sont pas causées par la présence des démons. Nous savons maintenant, si nous savons une seule chose, que les démons n’habitent pas dans les corps des hommes.

Les gens intelligents ne croient plus aux sorcières, magiciens, revenants et démons, et sont parfaitement convaincu que chaque mot du Nouveau Testament au sujet de l’expulsion de démons est complètement faux.

Si Christ a dit et fait ce que les écrivains des trois évangiles disent qu’il a dit et fait, alors Christ s’est trompé. S’il s’est trompé, certainement il n’était pas Dieu. Et s’il s’est trompé, certainement il n’était pas inspiré.

Est-ce un fait que le Diable a tenté Christ ?

Est-ce un fait que le Diable a emmené Christ au sommet du temple et essayé de le convaincre de sauter au sol ?

Comment ces miracles peuvent-ils être établis ?

Les principaux n’ont rien écrit, Christ n’a rien écrit, et le Diable est resté silencieux.

Comment pouvons nous savoir que le Diable a essayé de corrompre Christ ? Qui a écrit le récit ? Nous ne savons pas. Comment le narrateur a-t-il eu son information ? Nous ne savons pas.

Quelqu’un, quelques mille sept cent ans plus tôt, a dit que le Diable avait tenté Christ ; que le Diable avait emmené Christ au sommet du temple et essayé de le convaincre de sauter mais que Christ fut intellectuellement trop fort pour le Diable.

C’est toute la preuve que nous avons.

Y a-t-il, dans la littérature du monde entier, quelque chose de plus parfaitement idiot ?

Pouvons-nous croire que Christ a ressuscité les morts ?

Une veuve vivant à Naïn suit le corps de son fils vers la tombe. Christ stoppe la procession funéraire et relève le jeune homme d’entre les morts et le rend aux bras de sa mère.

Le jeune homme disparut. On n’en a jamais plus entendu parler. Personne n’a manifesté le moindre intérêt pour l’homme qui était revenu de la mort. Luc est le seul qui raconte l’histoire. Peut-être Matthieu, Marc et Jean n’en ont pas entendu parler, ou il n’y ont pas cru et donc ne l’on pas noté.

Jean dit que Lazare fut ressuscité ; Matthieu, Marc et Luc n’en disent rien.

C’était plus merveilleux que relever le fils de la veuve de Naïn. Ce fils n’était pas dans la tombe depuis plusieurs jours. Il était seulement sur le chemin du cimetière, mais Lazare était actuellement mort. Il avait commencé à se décomposer.

Lazare n’a pas suscité le plus petit intérêt. Personne ne lui a rien demandé au sujet de l’autre monde. Personne ne s’est inquiété après de lui d’un ami mort. Quand il est mort une seconde fois personne n’a dit : « Il n’avait pas peur. Il avait fait la route deux fois et il savait exactement ou il allait. »

Nous ne croyons pas aux miracles de Mahomet, et pourtant ils sont aussi bien prouvés que ça. Nous n’avons pas foi en les miracles de Joseph Smith, et pourtant les preuves sont bien plus grandes, bien meilleures.

Si un homme venait aujourd’hui prétendant ressusciter les morts, prétendant chasser les démons, nous le considérerions comme fou. Alors, que dire de Christ ? Si nous voulons sauver sa réputation nous sommes forcés de dire qu’il n’a jamais prétendu ressusciter les morts ; qu’il n’a jamais annoncé avoir chassé des démons.

Nous devons réaliser que ces choses ignorantes et impossibles ont été inventées par des disciples zélés, qui souhaitaient déifier leur dirigeant.

Dans ces jours d’ignorance ces mensonges ajoutaient à la réputation de Christ. Mais maintenant ils mettent le personnage en péril et discréditent les auteurs des évangiles.

Pouvons-nous dire aujourd’hui que l’eau fut changée en vin ? Jean parle de ce miracle infantile, et dit que les autres disciples étaient présents, pourtant Matthieu, Marc et Luc n’en disent rien.

Prenez le miracle de l’homme soigné par le bassin de Béthesda. Jean dit qu’un ange troublait de temps en temps l’eau du bassin de Béthesda, et que quiconque rentrait dans le bassin après que l’eau fut troublée était guéri.

Est-ce que quiconque croit maintenant qu’un ange venait dans le bassin et troublait l’eau ? Est ce que quelqu’un pense que le pauvre infirme qui entrait dans l’eau le premier était guéri ? Pourtant l’auteur de l’évangile selon Jean croyait et racontait ces absurdités. S’il s’est trompé pour cela il peut l’avoir été pour tous les miracles racontés.

Jean est le seul qui nous parle du bassin de Béthesda. Probablement les autres disciples n’ont pas cru à l’histoire.

Comment pouvons-nous souscrire à ces prétendus miracles ?

A l’époque des disciples, et après pendant plusieurs siècles, le monde était rempli de surnaturel. Presque tout ce qui arrivait était regardé comme miraculeux. Dieu était le gouverneur direct du monde. Si les gens étaient bons, Dieu leur envoyait un climat propice et de bonnes moissons ; mais s’ils étaient mauvais il leur envoyait déluge et grêle, gel et famine. Si quelque chose de merveilleux arrivait c’était exagéré jusqu’à ce que ça devienne un miracle.

De la cause des événements – de la chaîne implacable et incassable des causes et des effets – le peuple n’avait aucune idée ni aucune connaissance.

Un miracle est l’insigne et la marque de la fraude. Aucun miracle n’a jamais été fait. Aucun homme honnête, intelligent, n’a jamais prétendu faire de miracles et ne le fera jamais.

Si Christ avait vraiment réalisé les miracles qui lui sont attribués ; s’il avait soigné les paralytiques et les fous ; s’il avait donné l’ouïe aux sourds, la vue aux aveugles ; s’il avait guéri le lépreux avec un mot et d’un touché donné vie et sensation à un membre desséché ; s’il avait rendu sentiments et mouvement, chaleur et pensée, à un corps froid et sans souffle ; s’il avait vaincu la mort et sauvé de la tombe ses pâles proies – aucun mot n’aurait été élevé, aucune main ne se serait dressée, excepté pour la prière et pour rendre grâce. En sa présence tous seraient tête découverte – tous genoux au sol.

N’est il pas étrange qu’au procès de Christ il ne fut trouvé personne pour dire un mot en sa faveur ? Personne ne s’est dressé et a dit : « J’était un lépreux, et cet homme m’a guéri d’un touché. » Aucune femme n’a dit : « Je suis la veuve de Naïn, et voici mon fils que cet homme a relevé d’entre les morts. » Aucun homme n’a dit : « J’était aveugle, et cet homme m’a donné la vue. »

Tous silencieux.

VIII

LA PHILOSOPHIE DE CHRIST

Des millions de personnes affirment que la philosophie de Christ est parfaite – qu’elle est la plus sage qui ait jamais été prononcée.

Voyons voir :

Ne résiste pas au méchant. Si on te frappe sur une joue tend l’autre.

Y a-t-il de la philosophie, de la sagesse là-dedans ? Christ enlève à la bonté, à la vertu, à la vérité, le droit à se défendre. Le vice devient le maître du monde, et le bon devient la victime de l’infâme.

Aucun homme n’a le droit de défendre lui-même, sa propriété, sa femme et ses enfants. Gouverner devient impossible, et le monde est à la merci des criminels. Y a-t-il une absurdité pire que celle-là ?

Aimez vos ennemis.

Est-ce possible ? Est-ce qu’un être humain a déjà aimé ses ennemis ? est-ce que Christ les a aimé, lui qui les a appelés sépulcres blanchis, hypocrites et vipères ?

Nous ne pouvons pas aimer ceux qui nous haïssent. La haine dans le cœur des autres n’amène pas l’amour dans le nôtre. Ne pas résister au méchant est absurde ; aimer ses ennemis est impossible.

Ne vous inquiétez pas du lendemain.

L’idée est que Dieu s’occupera de nous comme il le fait des lys ou des moineaux. Y a-t-il le moindre sens à ceci ?

Est-ce que Dieu s’occupe de quelqu’un ?

Pouvons-nous vivre sans penser au lendemain ? Planter, semer, cultiver, moissonner, c’est s’inquiéter du lendemain. Nous prévoyons et travaillons pour le futur, pour nos enfants, pour les générations à venir. Sans cette pensée directrice il ne peut y avoir de progrès, de civilisation. Le monde reviendrait aux cavernes et aux âges de sauvagerie.

Si ton œil droit te fait trébucher, arrache-le. Si ta main droite te fait trébucher, coupe-la. Pourquoi ? Parce qu’il vaut mieux perdre un membre que d’avoir le corps entier jeté en enfer.

Y a-t-il quelque sagesse à s’arracher un œil ou à se couper une main ? Est-il possible s’extraire de ces dires extravagant le plus petit grain de bon sens ?

Ne jurez pas du tout ; pas par le ciel, car c’est le trône de Dieu ; ni par la Terre, car c’est son marchepied ; ni par Jérusalem, car c’est sa ville sainte.

Ici nous trouvons l’astronomie et la géologie de Christ. Le ciel est le trône de Dieu, le monarque ; la terre est son marchepied. Un marchepied qui tourne à la vitesse d’environ deux mille kilomètres à l’heure, et glisse dans l’espace à la vitesse d’environ deux mille kilomètres par minute !

Ou Christ pensait-il qu’était le ciel ? Pourquoi Jérusalem était-elle une ville sainte ? Etait-ce parce que ses habitants étaient ignorants, primitifs et superstitieux ?

Si un homme veut te faire un procès pour te prendre ton manteau donne-lui aussi ton vêtement de dessous.

Y a-t-il du bon sens, de la philosophie dans ce commandement ? C’est juste aussi sensé que de dire : « si un homme obtient un jugement contre toi pour cent dollars, donne-lui deux cent. »

Seuls les fous peuvent donner ou suivre ce conseil.

Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur terre. Je n’amène pas la paix, mais l’épée. Je viens pour dresser l’homme contre son père, et la fille contre sa mère.

Si c’est vrai, combien meilleur ç’aurait été qu’il reste au loin.

Est-il possible que celui qui a dit : « Ne résiste pas au méchant » apporte l’épée ? Que celui qui a dit : « Aimez vos ennemis » vienne détruire la paix du monde ?

Dresser le père contre son fils, la fille contre son père, quelle glorieuse mission !

En effet il amena l’épée, et cette épée trempa pendant un millier d’années dans le sang innocent. Dans des millions de cœurs il a semé les semences de la haine et de la vengeance. Il a divisé nations et familles, éteint la lueur de la raison, et pétrifié le cœur des hommes.

Et tous ceux qui abandonneront leur maison, ou leur sœurs, ou père, ou mère, ou épouse, ou enfants, ou leur terre à cause de mon nom, seront récompensé au centuple, et hériteront de la vie éternelle.

Selon l’écrivain de Matthieu, Christ, le compatissant, le miséricordieux, a prononcé ces terribles mots. Est-il possible que Christ offre la tentation d’une joie éternelle a ceux qui déserteront leur père, leur mère, leurs épouses et enfants ? Devons-nous gagner le bonheur du Ciel en quittant ceux qui nous aiment ? Une maison doit-elle être ruinée ici pour le salut d’un palais là-bas ?

Pourtant il est dit que Christ est un exemple pour tout le monde. A-t-il quitté père et mère ? Il a dit, parlant à sa mère : « Femme, qu’ai-je à voir avec toi ? »

Les Pharisiens demandèrent à Christ : « Est-ce loyal de payer l’impôt à César ? »

Christ dit : « Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Il lui montrèrent une pièce de monnaie. Et il leur dit : « De qui sont l’image et l’inscription ? » Ils dirent : « C’est César. » Et Christ dit : « Rendez à César ce qui appartient à César. »

Christ pensait-il que l’argent appartenait à César parce que son image était frappée dessus ? La pièce appartenait-elle à César ou à l’homme qui l’avait gagnée ? César avait-il le droit de la demander parce qu’elle portait son image ?

Apparaît-il de cette conversation que Christ comprenait la vrai nature et l’usage de la monnaie ?

Pouvons-nous dire maintenant que Christ fut le plus grand des philosophes ?

IX

CHRIST EST-IL NOTRE EXEMPLE ?

Il n’a jamais dit un mot en faveur de l’éducation. Il n’a jamais seulement suggéré l’existence de n’importe quelle science. Il n’a jamais élevé la voix pour l’industrie, l’économie, ou n’importe quoi pour améliorer notre condition en ce monde. Il était l’ennemi du succès, de la santé. L’homme riche fut envoyé en enfer, pas parce qu’il était méchant, mais parce qu’il était riche. Lazare vint au ciel, pas parce qu’il était bon, mais parce qu’il était pauvre.

Christ ne s’est intéressé ni à la peinture, ni à la sculpture, ni à la musique – à aucun art. Il n’a rien dit des devoirs de nation à nation, de roi à sujet ; rien au sujet des droits de l’homme ; rien au sujet de la liberté intellectuelle ou de la liberté de parole. Il n’a rien dit du caractère sacré du foyer ; pas un mot pour la famille ; pas un mot en faveur du mariage, en l’honneur de la maternité.

Il ne s’est jamais marié. Il a erré de place en place avec quelques disciples. Aucun d’eux ne semble avoir été engagé dans une entreprise utile, et ils semblent avoir vécu d’aumônes.

Tous les attaches humaines étaient tenues en mépris ; ce monde était sacrifié pour le suivant ; tout effort humain était découragé. Dieu donnerait soutient et protection.

A la fin, aux portes de la mort, Christ, trouvant qu’il s’était trompé, a crié : « Mon Dieu! Mon Dieu! Pourquoi m’as tu abandonné ? »

Nous avons découvert que l’homme dépend de lui-même. Il doit préparer les champs ; il doit construire sa maison ; il doit semer et planter ; il doit inventer ; il doit travailler avec ses mains et avec sa tête ; il doit surmonter les difficultés et les obstacles ; il doit conquérir et domestiquer les forces de la nature afin qu’elles fassent le travail du monde.

X

POURQUOI PLACERIONS-NOUS CHRIST AU SOMMET DE LA RACE HUMAINE ?

Etait-il plus gentil, plus miséricordieux, plus prêt au renoncement que Bouddha ? Etait-il plus sage, a-t-il rencontré la mort avec un calme plus parfait que Socrate ? Etait-il plus patient, plus charitable, qu’Epictète ? Etait-il un plus grand philosophe, un penseur plus profond, qu’Epicure ? De quelle manière était-il le supérieur de Zarathoustra ? Etait-il plus doux que Lao-Tseu, plus universel que Confucius ? Est-ce que ses idées des droits et devoirs humain étaient supérieures à celles de Zeno ? A-t-il exprimé de plus grandes vérités que Cicéron ? Son esprit était-il plus subtil que celui de Spinoza ? Est-ce que son cerveau était égal à celui de Kepler ou Newton ? Fut-il plus grand dans la mort – un martyr plus sublime que Bruno ? Etait-il en intelligence, en force et beauté d’expression, en envergure et en largeur d’esprit, en puissance d’illustration, en habileté de comparaison, en connaissance du cœur et de l’esprit des hommes, de toutes les passions, espoirs et peurs, l’égal de Shakespeare, le plus grand de la race humaine ?

Si Christ était en fait Dieu, il connaissait tout le futur. Devant lui comme un panorama s’étalait l’histoire à venir. Il savait comment ses mots seraient interprétés. Il savait quels crimes, quelles horreurs, quelles infamies, seraient commis en son nom. Il savait que les flammes avides de la persécution grimperaient autours des membres de martyrs innombrables. Il savait que des milliers et des milliers de braves hommes et femmes languiraient dans des donjons dans les ténèbres, à bout de souffrance. Il savait que son église inventerait et utiliserait des instruments de torture. Que ses fidèles recourraient à des fouets et à des fagots, à des chaînes et à des chevalets. Il voyait l’horizon du futur illuminé par les flammes des autodafés. Il savait quels credo surgiraient comme des champignons vénéneux de chaque texte. Il voyait des sectes ignorantes engageant des guerres entre elles. Il voyait des milliers d’hommes, aux ordres des prêtres, construire des prisons pour leurs prochains. Il voyait des milliers d’échafauds ruisselant du sang le meilleur et le plus brave. Il entendait les râles – voyait les faces blanchies de l’agonie. Il écoutait les hurlements et les sanglots et les cris des multitudes gémissantes, martyrisées. Il savait qu’on écrirait des commentaires de ses mots avec des épées, pour être lus à la lueur des fagots.

Il voyait les interpolations et les mensonges que les hypocrites feraient et diraient. Il voyait toutes les guerres qui seraient menées, il savait qu’au dessus de ces champs de mort, ces donjons, ces chevalets, ces brasiers, ces exécutions, pendant un millier d’année flotterait la bannière ruisselante de la croix.

Il savait que l’hypocrisie serait béatifiée et couronnée – que la cruauté et la crédulité dirigeraient le monde ; il savait que la liberté périrait de la Terre ; il savait qu’en son nom les papes et les rois réduiraient en esclavage l’âme et le corps des hommes ; il savait qu’ils persécuteraient et détruiraient les découvreurs, penseurs et inventeurs ; il savait que son église éteindrait la sainte lumière de la raison et laisserait le monde sans une étoile.

Il voyait ses disciples éteindre les yeux des hommes, les écorcher vif, leur couper la langue, chercher tous les nerfs de la douleur.

Il savait qu’en son nom ses fidèles vendraient de la chair humaine ; que les berceaux seraient volés et les seins des femmes resteraient sans leurs bébés pour de l’or.

Et pourtant il est mort les lèvres closes.

Pourquoi n’a-t-il pas parlé ? Pourquoi n’a-t-il pas dit à ses disciples, et à travers eux au monde : « Vous ne devrez pas brûler, emprisonner et torturer en mon nom. Vous ne devrez pas persécuter vos prochains. »

Pourquoi n’a-t-il pas dit franchement : « Je suis le Fils de Dieu, » ou, « Je suis Dieu » ? Pourquoi n’a-t-il pas expliqué la Trinité ? Pourquoi n’a-t-il pas dit quel mode de baptême lui plaisait ? Pourquoi n’a-t-il pas écrit un credo ? Pourquoi n’a-t-il pas brisé les chaînes des esclaves ? Pourquoi n’a-t-il pas dit si l’Ancien Testament était ou non les mots inspirés de Dieu ? Pourquoi n’a-t-il pas écrit le Nouveau Testament lui-même ? Pourquoi a-t-il abandonné ses mots à l’ignorance, l’hypocrisie, à la chance ? Pourquoi n’a-t-il pas dit quelque chose de positif, définitif et satisfaisant à propos de l’autre monde ? Pourquoi n’a-t-il pas changé le vague espoir du paradis en une heureuse connaissance de l’autre monde ? Pourquoi ne nous a-t-il rien dit des droits de l’homme, de la liberté des mains et de l’esprit ?

Pourquoi est-il allé muet vers sa mort, abandonnant le monde à la misère et au doute ?

Je vais vous dire pourquoi. Il était un homme, et ne savait pas.

XI

INSPIRATION

Pas avant le troisième siècle il fut proclamé que les livres composant le nouveau testament étaient inspirés.

Il faut se souvenir qu’il y avait un grand nombre de livres, d’Evangiles, Epîtres et Actes, et que de ceux-ci les « inspirés » ont été sélectionnés par des hommes « non inspirés ».

Parmi les « Pères » de l’église il y avait de grandes différences d’opinion pour ce qui est de savoir quels livres sont inspirés ; Beaucoup de discussions et plein de haine. Beaucoup de ces livres maintenant dénoncés comme apocryphes était considérés par de nombreux « Pères » comme divins, et certain aujourd’hui considérés comme inspirés était cru apocryphes. Beaucoup des premiers Chrétiens et quelques « Pères » reniaient l’évangile de Jean, l’Epître aux Hébreux, Jude, Jacques, Pierre et la Révélation de St. Jean. D’un autre côté, beaucoup d’entre eux croyaient l’évangile des Hébreux, des Egyptiens, le Prêche de Pierre, l’Epître de Barnabas, la Révélation de Pierre, la Révélation de Paul, l’Epître de Clément, l’évangile de Nicodème, livres inspirés, égaux aux tout meilleurs.

De tous ces livres, et de beaucoup d’autres, les Chrétiens ont sélectionné ceux qui étaient inspirés.

Les hommes qui ont fait la sélection étaient ignorants et superstitieux. Ils croyaient fermement aux miracles. Ils pensaient que des malades avaient été guéri par les blouses et les mouchoirs des apôtres, par les os des morts. Il croyaient à la fable du Phœnix, et que les hyènes changeaient de sexe chaque année.

Est-ce que les hommes qui au long des siècles ont fait la sélection étaient inspirés ? Etaient-ils – ignorants, crédules, stupides et malicieux – aussi bien qualifiés que les étudiants de notre temps ? De quelle façon sommes-nous liés à leur opinion ? N’avons-nous pas le droit de juger par nous-mêmes ?

Erasme, un des dirigeants de la Réforme, a déclaré que l’Epître aux Hébreux n’avait pas été écrite par Paul, et il a nié l’inspiration du deuxième et troisième de Jean, et aussi de la Révélation. Luther était de la même opinion. Il a déclaré Jaques étant un épître de pacotille, et nié l’inspiration de la Révélation. Zwingli a rejeté le livre de la Révélation, et même Calvin a nié que Paul était l’auteur des Hébreux.

La vérité est que les Protestants ne se sont pas accordés pour dire quels livres étaient inspirés avant 1647, à l’assemblée de Westminster.

Pour prouver qu’un livre est inspiré vous devez prouver l’existence de Dieu. Vous devez aussi prouver que ce Dieu pense, agit, a des objectifs, des fins et des moyens. C’est quelque peu difficile.

Il est impossible de concevoir un être infini. N’ayant aucune conception d’un être infini, il est impossible de dire si tous les faits que nous connaissons tendent à prouver ou à réfuter l’existence d’un tel être.

Dieu est une gageure. Si l’existence de Dieu est admise, qui sommes-nous pour prouver qu’il a inspiré les écrivains des livres de la Bible ?

Comment pouvons-nous démontrer l’inspiration d’un autre ? Comment un homme inspiré peut-il prouver qu’il est inspiré ? Il n’y a aucun moyen de prouver le fait de l’inspiration. La seule preuve est la parole d’un homme qui ne peut en aucune façon savoir quoi que ce soit sur ce sujet.

Qu’est-ce que l’inspiration ? Est-ce que Dieu a utilisé les hommes comme des instruments ? Les a-t-il forcé à écrire ses pensées ? A-t-il prit possession de leur esprits et détruit leur volontés ?

Est-ce que ces écrivains étaient seulement partiellement contrôlés, ainsi leurs erreurs, leur ignorance et leurs préjugés se sont mêlé à la sagesse de Dieu ?

Qui sommes-nous pour séparer les erreurs de l’homme de la sagesse de Dieu ? Pouvons nous le faire sans être inspiré nous-mêmes ? Si les écrivains originaux étaient inspirés, alors les traducteurs devrait l’être, et de même que les hommes qui nous expliquent ce que la Bible veut dire.

Comment est-ce possible pour un être humain de savoir qu’il est inspiré par un être infini ? Mais d’une chose nous pouvons être certain : Un livre inspiré doit certainement dépasser tous les livres produits par des hommes non inspirés. Il devrait, par-dessus tout, être vrai, rempli de sagesse, étonnant de beauté – parfait.

Les ministres du cultes se demandent comment je peux être assez mauvais pour attaquer la Bible.

Je vais leur dire : Ce livre, cette Bible, a persécuté, même jusqu’à la mort, les plus sages et les meilleurs. Ce livre a interrompu et stoppé le mouvement en avant de la race humaine. Ce livre a empoisonné les sources de savoir et détourné les énergies de l’homme.

Ce livre est l’ennemi de la liberté, le soutient de l’esclavage. Ce livre a semé des semences de haine dans les familles et les nations, alimenté les flammes de la guerre, et appauvri le monde. Ce livre était le porte-bonheur des rois et des tyrans – l’asservisseur des femmes et des enfants. Ce livre a corrompu les parlements et les cours. Ce livre a fait des collèges et universités les enseignants de l’erreur et de la haine de la science. Ce livre a rempli la Chrétienté de sectes haineuses, cruelles, ignorantes, et guerrières. Ce livre a enseigné aux hommes à tuer leur prochain pour le salut de la religion. Ce livre a fondé l’inquisition, inventé les instruments de torture, construit les donjons dans lesquels les bons et les affectueux languirent, forgé les chaînes qui rouillèrent dans leurs chairs, érigé les échafauds où ils moururent. Ce livre a entassé des fagots sous les pieds du juste. Ce livre a retiré la raison de l’esprit de millions et rempli les asiles de fous.

Ce livre a causé des pères et des mères à verser le sang de leur bébés. Ce livre était l’estrade sur laquelle la mère esclave se tenait quand elle fut vendue loin de son enfant. Ce livre a remplit les cales des marchants d’esclaves et fait de la chair humaine une marchandise. Ce livre a allumé les feux qui ont brûlé les « sorcières » et les « magiciens ». Ce livre a remplit les ténèbres de goules et de fantômes, les corps des hommes et femmes de démons. Ce livre a pollué l’âme des hommes avec le dogme infâme des souffrances éternelles. Ce livre fait de la crédulité la plus grande des vertus, et de la recherche le plus grand des crimes. Ce livre a rempli les nations avec des ermites, des moines et nonnes – avec les pieux et les inutiles. Ce livre place le saint ignorant et malpropre au-dessus du philosophe et du philanthrope. Ce livre a apprit à l’homme à mépriser les joies de cette vie, parce qu’il sera peut-être heureux dans une autre – à gaspiller ce monde pour le salut du suivant.

J’attaque ce livre parce que c’est l’ennemi de la liberté humaine – le plus grand obstacle sur la grande route du progrès humain.

Laissez-moi poser une question aux ministres du culte : Comment pouvez-vous être assez mauvais pour défendre ce livre ?

XII

LA VRAIE BIBLE

Depuis des milliers d’années les hommes ont écrit la vraie Bible, et ils continuent à l’écrire jour après jour, et ce ne sera jamais fini tant que l’homme aura la vie. Tous les faits que nous connaissons, tous les vrais événements enregistrés, toutes les découvertes et inventions, toutes les merveilleuses machines dont les roues et leviers semblent penser, tous les poèmes, cristaux de l’esprit, fleurs du cœur, toutes les chansons d’amour et de joie, de sourires et de larmes, les grands drames de l’imagination du monde, les fantastiques peintures, miracles de formes et de couleur, de lumière et d’ombre, les magnifiques marbres qui semblent vivre et respirer, les secrets livrés par les rochers et les étoiles, par la poussière et les fleurs, par la pluie et la neige, le gel et la flamme, par les rivières sinueuses et le sable du désert, par les étendues montagneuses et la mer ondoyante.

Toute la sagesse qui allonge et ennoblie la vie, tout ce qui prévient ou guérit la maladie, ou soulage la souffrance – toutes les lois et règlements justes qui guident et forment nos vies, toutes les pensées qui alimentent les flammes de l’amour, la musique qui transfigure, captive et enchante, les victoires du cœur et de l’esprit, les miracles que les mains ont forgés, les mains calées et usées de ceux qui ont travaillé pour leur femme et leurs enfants, les histoires d’actes nobles, d’hommes courageux et généreux, d’épouses passionnément amoureuses, d’amour maternel sans fin, de batailles pour le droit, de souffrance pour la vérité, tout le meilleur de ce que tous les hommes et femmes du monde ont dit, et pensé et fait à travers toutes les années.

Ces trésors du cœur et de l’esprit – ce sont les Saintes Ecritures de la race humaine .

Traduction du texte en anglais par Thierry Scandella:
http://www.infidels.org/library/historical/robert_ingersoll/about_the_holy_bible.htmlhttp://www.atheisme.org/ingersoll.html

Voir aussi:

La page noire du christianisme

2000 ans de crimes, terreur, répression

Enrico Riboni, athée, libre-penseur.

« Croire en un Dieu cruel rend l’homme cruel »- Thomas Paine

Préface

Il y a près de 2000 ans, naissait en Galilée un fondateur de secte, qui finira crucifié environ 30 ans plus tard. Ses avant-derniers mots sur la croix furent « Donnez-moi à boire ». Et pourtant! La secte qu’il avait fondée deviendra ensuite la plus grande de tous les temps. Elle prendra le pouvoir politique dans l’empire romain, abolira la liberté de religion, puis amoncellera des montagnes de cadavres: ses membres massacreront des millions d' »infidèles », « hérétiques », « sorcières » et autres, puis se massacreront entre eux en donnant à l’Europe les guerres les plus féroces qu’elle ait connu. Une telle histoire pourrait inciter à la modestie, mais les chrétiens revendiquent, au contraire, un monopole de l’éthique. Ils proclament qu’ils adorent le seul Dieu, dieu qui est « amour », et se considèrent meilleurs que le reste de l’humanité, qu’ils condamnent comme étant un ramassis d’adorateurs de faux dieux.

Seule idéologie à pouvoir partager avec le communisme et le nazisme le podium dédié aux idéologies les plus meurtrières de l’histoire humaine, le christianisme reste une idéologie dominante dans nombre de pays occidentaux, dont le gendarme du monde, les USA. Il est temps d’ouvrir le Livre Noir du Christianisme: 2000 ans de terreur, persécutions, répression. Commençons, modestement, par cette Page Noire du Christianisme, qui résume quelques-unes des pires atrocités commises au nom de cette idéologie qui prétend promouvoir l’amour du prochain.

An un

« Les dieux n’étaient plus, et Dieu n’était pas encore ».

L’Empire Romain garantit la liberté de culte. L’athéisme et la raison dominent dans les villes. Les dieux sont des figures mythiques, des représentations allégoriques de forces de la nature. C’est à cette époque que naît un type qui, disent certains juifs, perd la raison car il lit la Thora trop jeune. Il fonde une secte qui vise à interdire le culte de dieux autres que le sien. Le type est finalement mis à mort, mais sa secte se répand avec le succès que l’on sait.

Le culte de la personnalité pour le fondateur de la secte atteint, chez les chrétiens, un niveau que même le stalinisme n’égalera pas: le fondateur est proclamé « vraiment homme et vraiment Dieu » (« Homme-Dieu », dirait-on en langage normal). Ceux qui en doutent sont proclamés sans ambages hérétiques, et subiront plus tard les foudres de l’inquisition. Dès le IVème siècle de notre ère commencera la mise à mort de non-croyants par des chrétiens.

50 -150

La secte chrétienne se développe. Des textes grecs, écrits par les membres de la secte hors de Palestine (« Les évangiles ») relatent de la vie du fondateur de la secte: né d’une vierge, qui serait restée vierge malgré plusieurs autres enfants, il aurait guéri des malades, mais aussi maudit un figuier qui se serait desséché instantanément. Il aurait aussi fait précipiter des centaines de cochons qui ne lui appartenaient pas dans un lac. Ce personnage, qui défend les pauvres, mais affirme aussi « ceux qui ont tout seront comblés, et à ceux qui n’ont rien, il sera enlevé le peu qu’ils ont », un peu pathétique lorsqu’il maudit un figuier ou se laisse crucifier, est déclaré une incarnation du « Dieu unique ». Le fait que, d’après les évangiles « canoniques », ses avant-dernières paroles sur la croix furent « Donnez-moi à boire » ne semble point troubler les adeptes de la secte, qui se répand bientôt dans l’ensemble de l’empire.

Aux environs de l’an 50 aurait lieu le premier bûcher de livres: d’après Les Actes des Apôtres, un livre de la Bible, Paul, un des premiers chefs chrétiens, brûle avec ses adeptes pour « pour cinquante mille pièces d’argent » de livres

L’intolérance religieuse des chrétiens, qui visent ouvertement, dès le début, à imposer une interdiction des cultes de dieux autre que leur propre dieu, qui, insistent-ils, est le « seul Dieu », leur attirent bientôt les foudres de la justice romaine, qui défend la liberté de culte, qui est l’un des piliers de cette société complexe et multiculturelle qu’est l’empire romain des premiers siècles de notre ère. La propagande chrétienne retourne habilement la situation. Ceux qui sont condamnés par la justice romaine sont proclamés « martyrs », leurs restes sont vénérés dans les églises, on invente la légende comme quoi ils ont étés exécutés pour avoir « refusé de renier leur foi », ce qui bien sûr est mieux que la vérité nue, qui est qu’ils ont étés condamnés pour avoir été des fauteurs de troubles voulant imposer l’intolérance religieuse dans une société multiculturelle.

Les chrétiens développeront au Moyen Âge toute une série de légendes de Martyrs antiques qui choisirent la mort plutôt que renier leur foi. Des morceaux d’ossements sont conservés dans des églises et vénérés par des fidèles, fresques et tableaux racontent des histoires aussi abominables qu’invraisemblables de vierges effarouchées préférant des morts horribles plutôt que le péché de la chair, et de courageux proto-chrétiens répondant non je ne renie pas ma foi au lion qui menace de les dévorer au milieux des cris de la foule des païens en délire. Beaucoup de chrétiens croient vraiment à ces mythes, même lorsqu’ils sont en contradiction complète avec l’histoire connue. Par exemple, en Suisse, il y a un Monastère Saint Maurice, dans la ville du même nom. Lorsqu’on visite ce monastère, l’on vous raconte, en vous montrant des petits fragments d’os dans des beaux reliquaires en appui du récit, que le monastère a été construit sur les lieux du martyr de la Légion Thébaine: d’après ce mythe chrétien, inventé par le premier évêque de Martigny à la fin du IVème siècle, en ces lieux, en 285, une légion, la Légion Thébaine, constituée de soldats chrétiens originaires d’Égypte et commandée par Maurice, un égyptien noir, refusa de participer à un culte païen, et l’empereur Maximien ordonna l’extermination des légionnaires. Évidemment, non seulement aucun chroniqueur de l’époque n’a noté cet évènement, mais en plus il n’y avait pas de légion appelée Légion Thébaine à l’époque. Pourtant, le massacre par décapitation de 5% de l’armée romaine aurait pu difficilement passer inaperçu. Cela n’a pas empêché à ce saint qui n’a jamais existé de faire une belle carrière posthume, en devenant l’un des deux saints patrons des soldats, avec Saint Georges, blanc, à cheval. Saint Maurice est noir et va généralement à pied. Il va sans dire que les autres mythes de la martyrologie chrétienne antique ne sont pas plus vérifiables.

300 (ou 303, ou 309, date incertaine)

Le premier concile et la codification de l’antisémitisme chrétien: 19 évêques et 24 prêtres se réunissent à Elvira, dans le Sud de l’Espagne, et fixent les premiers canons de l’église qui soient parvenus jusqu’à nous. Ces canons prévoient des peines sévères pour une série de « péchés ». Pour certains, comme le divorce, et l’adoration de dieux autres que le dieu chrétien (l’idolâtrie) l’expulsion définitive de l’église est prévue. Pour les péchés moins graves, la punition est l’exclusion de la communion pour des périodes allant jusqu’à 10 ans. Parmi les délits punissables d’excommunications de plusieurs années, l’on trouve, entre autre: laisser bénir sa récolte par un juif ou partager un repas avec un juif. Le concile jette ainsi les bases dans le droit canon de l’antisémitisme chrétien, dont les effets dévastateurs se déploieront en force dès le IVème siècle et dureront jusqu’au XXème siècle.

C’est également à ce concile que les prélats chrétiens décident officiellement que tout chrétien mis à mort pour participation à des destructions de temples ou de statues de déités non chrétiennes a droit au titre – évidemment posthume – de martyr.

Hors des conciles également, les leaders chrétiens prendront très vite des positions très dures à l’égard des Juifs. Origène, le fondateur du mouvement monastique égyptien, écrira que « Le sang de Jésus retombe non seulement sur les Juifs de l’époque mais sur toutes les générations de Juifs jusqu’à la fin du monde ». Son contemporain Saint Jean Chrysostome écrira lui pour sa part « La synagogue est un bordel, une tanière de bêtes impures (…) jamais un juif n’a prié Dieu. (…) Ils sont possédés des démons ».

C’est dans cette période que l’étrange obsession des chrétiens pour le sexe commence à déployer ses effets dévastateurs. Le même Origène, incapable de contrôler ses obsessions, prend à la lettre le bon mot de Jésus « car il y en a qui se font eunuques pour le royaume des cieux » et commet un geste irréparable sur sa personne.

L’eunuque Origène fonde sur son obsession du sexe un grand mouvement de masse: le mouvement monastique, qui perdure encore aujourd’hui: des centaines, puis des milliers de fanatiques, dont certains, au début, imiteront le geste tragique d’Origène sur leur personne, quittent les villes d’Égypte pour s’installer dans des grottes, puis des monastères dans le désert. Dés le début, ils accorderont refuge à leurs coreligionnaires recherchés par la justice criminelle, et sortirons périodiquement de leurs tanières pour porter la terreur en ville lorsque les autorités religieuses le leur demandent. Ce sont ainsi des moines qui assassineront Hypatia. On peut imaginer la terreur des populations urbaines lorsqu’elles voyaient arriver, surgissant du désert, ces hordes de moines hirsutes, sales, vêtus de lambeaux de peux de bêtes, et prêts à tout et à toute violence pour accomplir la volonté de leur dieu.

La tradition d’utiliser les moines pour des actions de terrorisme se maintiendra dans l’église catholique: au Moyen Âge, elle fera appel aux Franciscains et Dominicains pour l’inquisition. Pendant la deuxième guerre mondiale, les Franciscains croates sortiront de leurs tanières pour travailler comme gardiens, bourreaux et, même, chefs de camps de concentration. Cette tradition du moine revenant dans la civilisation pour y semer la terreur du Christ prend ainsi ses racines au tout début de l’histoire chrétienne et perdure aujourd’hui.

312

Prise de pouvoir par les chrétiens: Au terme d’une guerre civile, Constantin prend le pouvoir. Peu après, il se converti officiellement au christianisme, et « autorise » dans un premier temps le culte du dieu unique chrétien par l’Édit de Milan: c’est le début de la persécution religieuse en Europe. Peu à peu, les cultes de dieux autres que ceux du dieu chrétienseront interdits. Les sanctuaires classiques seront détruits, ou convertis en églises chrétiennes. A la fin du IVèmesiècle, il n’y aura plus aucun temple païen dans tout le bassin méditerranéen.

315

Première loi antisémite dans l’empire christianisé: le prosélytisme juif est interdit, sous peine de mise à mort sur le bûcher. Les mises à mort sur le bûcher sont une passion que les chrétiens cultiveront pendant plus de 1500 ans de leur histoire.

325

L’empereur chrétien Constantin ordonne au premier Concile de Nicée de changer la date de Pâques: « Il n’est pas seyant que, dans la plus sainte de nos fêtes, nous suivions les coutumes des Juifs; dorénavant, nous ne devons plus rien à avoir de commun avec cet odieux peuple ». Les persécutions violentes des juifs par les chrétiens, qui commenceront à la fin du IVème siècle, sont la conséquence logique de la haine antisémite de l’église chrétienne des débuts.

L’antisémitisme chrétien restera ancré dans les rites catholiques jusqu’aux années 1960 et le concile de Vatican II. Jusqu’à cette date, l’on répétait à chaque messe, dans chaque église catholique, la prière « Oremus et pro perfidisjudaeis: ut Deus et Dominus noster auferat velamen de cordibus eorum; ut et ispi agnostant Jesum ChristumDominum nostrum » (« Nous prions pour les perfides juifs notre Seigneur et notre Dieu de retirer le voile de leur cœur, qu’ils puissent eux aussi connaître notre seigneur Jésus-Christ »)

326

La christianisation du droit romain: dans les années qui suivent sa prise de pouvoir, Constantin entreprend de modifier le droit romain pour le mettre en conformité avec les fondements de l’idéologie chrétienne. Ainsi, la liste des délits pour lesquels la peine de mort est prévue est fortement allongée. Par exemple, l’enlèvement (avec consentement de l’enlevée) d’une jeune femme à sa famille par son amant, qui était une affaire relevant du droit civil, devient passible de la peine de mort pour l’enleveur, l’enlevée, et aussi tous les complices, y compris les esclaves des familles de l’enleveur de l’enlevée. Les relations sexuelles entre un esclave et sa maîtresse sont désormais interdites et passibles de mort. Il faut noter que par contre le premier empereur chrétien fait que la loi continue à considérer comme licites les relations sexuelles entre un maître et une femme esclave. Mettant en pratique les enseignements de la Bible, Constantin durcit significativement la condition des esclaves: par exemple, tuer un esclave en le frappant n’est plus considéré un meurtre que si l’on prouve qu’il y avait intention de tuer. Puis la loi devient encore plus clémente pour les maîtres cruels lorsque Constantin, en 326, interdit toute enquête à l’encontre d’un maître dont l’esclave serait mort des suites d’une punition physique. Les esclaves fuyards auront désormais le pied coupé ou seront mis à mort. Enfin, dureté suprême, Constantin non seulement interdit aux esclaves le recours à la justice, mais dispose que tout esclave ou serviteur qui déposerait plainte contre son maître (sauf dans le cas des délits suivants: adultère, haute trahison, fraude fiscale) sera exécuté de suite, sans témoins et sans enquête. La liste des délits pour lesquels la dénonciation du maître par un esclave est révélatrice de l’échelle des valeurs chrétiennes: le meurtre n’y figure pas, pas plus que vol ou le viol: ces crimes sont, pour l’empereur chrétien, moins importants que l’adultère: on décèle là à nouveau cette obsession étrange, si caractéristique du christianisme, pour le non-respect des interdits sexuels.

C’est aussi en cette année 326 que le terme de « concubinage » fait son entrée dans le droit romain: les concubins sont soumis à des tracasseries administratives sans précédents dans l’histoire romaine: il leur est interdit d’acquérir des propriétés immobilières et leur citoyenneté romaine leur est retirée.

D’autre part, mettant en pratique ce que les chrétiens appellent volontiers la charité envers les pauvres, Constantin fait voter une loi qui permet aux familles nécessiteuses de vendre leurs enfants comme esclaves, ce qui était évidemment interdit.

363 – Un meurtre pour réaliser une prophétie

En 361, l’empereur Julien rétablit la liberté de religion dans l’empire. Il aurait pu passer à l’histoire comme Julien le Philosophe, ou Julien le Soldat en raison de ses succès militaires en Gaule et contre la Perse, mais sa décision de tolérer dans l’Empire les différentes sectes chrétiennes, ainsi que les autres religions, lui attire la foudre des chrétiens: après sa mort, il entrera dans l’histoire comme Julien l’Apostat.

Peu après son arrivée au pouvoir, il publie plusieurs livres à la gloire des vieux dieux ainsi que d’autres, polémiques, contre diverses sectes philosophiques et, naturellement, contre le christianisme.

Notons à ce sujet que son traité « Contre les Galiléens » (= les Chrétiens) est à peu près totalement perdu. Il n’en reste que des bribes difficilement exploitables. Même les réfutations qu’en ont faites les Chrétiens contemporains ont disparu, ou ont étés expurgées des citations de l’œuvre de Julien. Un des rares extraits qui nous est parvenu dit: « Il me semble bon d’exposer à tous les hommes les raisons qui m’ont persuadé que la machination des Galiléens n’est qu’une fiction humaine, forgée par le vice. Bien que cette fourberie n’ait rien de divin, elle a dupé la partie de notre âme qui aime les fables, qui est puérile et insensée, et elle lui a fait ajouter foi à ces monstruosités » [Julien, Contre les Galiléens, traduction de Christopher Gérard, éditions Ousia, 1995].

Bien sûr, les chrétiens se mobilisent rapidement contre cette liberté religieuse qui leur est intolérable. Ils se lancent donc dans des actions de provocation, espérant déclencher ces « persécutions » dont ils sont si friands pour pouvoir avoir des martyrs. Entre autres, les chrétiens

* profanent, puis incendient, puis incendient le temple de Daphné, près d’Antioche, où l’Empereur résidait

* sabotent des travaux de reconstruction du Temple de Jérusalem

* détruisent le temple de la Fortune à Césarée de Cappadoce

* détruisent, à Pessinonte, sous les yeux de l’Empereur, de l’autel de Cybèle, mère des dieux, une divinité à la gloire de laquelle Julien avait composé un traité

Cependant, Julien ne se vengea de ces crimes que par un pamphlet, intitulé « L’Ennemi de la Barbe », une satire mordante, autant dirigée contre sa propre personne que contre les frivoles habitants d’Antioche.

Julien payera de sa vie ses excès de mansuétude envers les chrétiens, en particulier contre Athanase, évêque d’Alexandrie. Athanase était un individu au passé criminel, qui avait été chassé de son siège épiscopal suite à des disputes entre les sectes chrétiennes. L’édit de 361 lui permet de retourner à Alexandrie, Il y excite une foule de fanatiques qui massacrent l’évêque arien de la ville Georges de Cappadoce et jette les lambeaux de son corps dans le Nil. L’évêque Georges était lui aussi un individu pour le moins discutable, qui avait pillé maints temples de l’Égypte antique, mais ce meurtre attire l’attention de l’Empereur sur le passé d’Athanase, et il ordonne son bannissement hors d’Égypte. Sans attendre l’intervention de la force publique, Athanase se retire dans le désert, se cache chez de moines, et prophétise la mort de l’Empereur: « Le Charpentier (=Jésus) prépare un cercueil (pour Julien) » annonce-t-il aux foules de fanatiques qui viennent l’écouter prêcher dans le désert. Mais Athanase est un homme intelligent, qui sait qu’il faut parfois des actions concrètes pour aider à réaliser des prophéties. Il promet la gloire éternelle, la rémission de tous ses péchés et toutes les joies du Paradis à un soldat chrétien qui allait accompagner l’empereur dans sa grande expédition en Mésopotamie. Le 26 juin 363, lors de la bataille décisive contre les Perses, il assassine Julien avec une lance dans le dos. On dit que Julien, mourant, aurait lancé au ciel quelques gouttes de son sang en s’écriant : « Tu as vaincu, Galiléen ! ». Sans doute ces propos sont-ils légendaires, mais Julien a peut-être réellement eu une telle pensée au moment où il s’effondrait et mourrait frappé dans le dos par un traître, pour cause de tolérance religieuse.

380

L’empereur Théodose proclame officiellement le christianisme comme seule « Religion d’état ». Il faudra attendre 12 ans avant que tous les autres cultes ne soient définitivement interdits.

381

Théodose, empereur chrétien, lance la chasse aux hérétiques: les hérétiques sont des chrétiens qui ne reconnaissent pas dans certains points de détail de la doctrine chrétienne. A ces chrétiens non catholiques l’on interdit de: se réunir, d’enseigner, de discuter en public, d’ordonner des prêtres. Leurs églises sont confisquées au profit des évêques catholiques. Les hérétiques sont aussi exclus de la fonction publique. Pour certaines « hérésies », les mesures sont plus dures: peine de mort pour les manichéens, et l’on arrache les yeux aux évêques marcionites (une secte gnostique chrétienne). Les livres sacrés des ariens – une secte chrétienne qui considérait que Jésus avait été crée par Dieu le Père – sont livrés aux flammes en de joyeux holocaustes. En 15 ans de règne, Théodose ne promulguera pas moins de 15 Édits de Persécution contre l’un ou l’autre des groupes hérétiques chrétiens.

382

Théodose, empereur chrétien, lance la chasse aux apostats: une série de lois promulguées en 381, 383 et 391, prévoient bannissement social des apostats. Celui qui abandonne le christianisme au profit de toute autre religion, y compris le judaïsme: l’apostat sera exproprié, il lui sera interdit d’hériter, de participer à la vie sociale et de déménager: la loi spécifie clairement que l’apostat doit continuer à vivre au lieu où il vit, tout en étant exilé de la société, car cela est plus dur qu’un exil dans des terres lointaines.

385

Théophile (aujourd’hui Saint Théophile) est nommé patriarche d’Alexandrie. Il commence aussitôt une violente campagne de destruction de tous les temples et sanctuaires non chrétiens. Il a l’appui du pieux empereur Théodose. On doit à Théophile la destruction, à Alexandrie, des temples de Mythriade et Dyonisius. Cette folie destructrice culminera en 391, avec la destruction du temple de Sérapis et de sa bibliothèque. Les pierres des sanctuaires détruits seront utilisées pour édifier des églises pour la nouvelle religion unique, le christianisme.

Ensuite, sans doute pour montrer qu’il est capable de persécuter aussi des chrétiens (dans la mesure où ils ne sont pas 100% orthodoxes), Théophile commande personnellement les troupes qui attaquent et détruisent les monastères qui adhéraient aux idées d’Origène, un théologien chrétien qui fut déclaré hérétique car il soutenait que dieu était purement immatériel.

C’est aussi en 385 que, pour la première fois, un hérétique est condamné à être brûlé vif, après avoir subi la torture. Cette pratique se généralisera à partir de 447.

389

Pour la première fois, un évêque dicte à un empereur la politique à suivre: Saint Ambroise de Milan, en pleine cathédrale, se lève et, avec ce sens de la charité si particulier que les chrétiens ont, impose à l’empereur d’annuler l’ordre que ce dernier avait donné à l’évêque de Callinicum sur l’Euphrate de reconstruire une synagogue que l’évêque et sa congrégation avaient détruite. L’église prend ainsi parti, dès ses débuts, pour les brûleurs de synagogues, parti qu’elle continuera à soutenir jusqu’aux années 1940.

390

L’empereur Théodose, pieux catholique, introduit la peine de mort pour toute personne qui fêterait Pâque à une date autre que celle qu’avait imposée le concile de Nicée, et publie un édit qui interdit définitivement le culte de dieux autres que le dieu chrétien dans tout l’empire romain.

Début des années 390

Suite à l’édit de 390 du pieux empereur chrétien Théodose, peu à peu, les temples non chrétiens sont fermés au culte, les processions « païennes » sont interdites. Cette suppression de la liberté de religion au profit exclusif du christianisme cause parfois des émeutes, comme celles de 408 à Calama en Numidie. Dans le cadre de cette campagne pour l’éradication de tout ce qui n’est pas chrétien dans l’empire, l’empereur fait aussi, en 393, interdire les jeux olympiques.

Cette campagne d’interdiction est l’occasion de violents pogroms antipaïens. C’est dans ce cadre que les chrétiens abattent le temple de Sérapis à Alexandrie. En Gaule, le bon Saint Martin, celui qui avait donné la moitié de son manteau à un pauvre en plein hiver, parcourait les campagnes, accompagné d’une horde de moines fanatiques, détruisant tous les symboles de l’ancienne religion et convertissant les païens récalcitrants à coups de gourdin.

À Rome, Théodose imposa, à l’instigation du pape Sirice, un serment solennel aux sénateurs romains. Ils devaient solennellement renoncer au culte de Jupiter et jurer fidélité au Christ. La statue de la Victoire est enlevée du Sénat et remplacée par un crucifix.

C’est à la même époque qu’ont lieu en Germanie les premières exécutions de non chrétiens, une belle tradition que l’église développera avec l’inquisition et perpétuera ensuite jusqu’en 1826.

391

Une foule de chrétiens comprenant grand nombre de moines fanatiques venus du désert, guidés par Saint Athanase et Saint Théophile, abat le temple et la grande statue de Sérapis à Alexandrie, deux chefs d’œuvre de l’Antiquité. La collection de littérature du temple est également détruite. Plusieurs païens soient tués dans l’assaut du temple, les statues d’or du temple sont fondues, et le précieux métal est incorporé dans le trésor de l’épiscopat.

401

Saint Augustin, évêque de Carthage, Docteur de l’Église, est considéré comme le plus grand penseur de l’église antique, et sa Théorie de la guerre juste servira plus tard à justifier les croisades. Mais l’église a soin aujourd’hui d’être très discrète sur l’œuvre de destruction de temples et statues à laquelle le saint consacra de son vivant tant d’énergie. Dès 399, on commence à Carthage à détruire temples et statues païennes. Saint Augustin applaudit. Constatant que l’enthousiasme destructeur de la populace catholique risque de faiblir, en juin 401, Saint Augustin emploie l’humour (chose rare dans l’histoire chrétienne), au cours d’une messe dominicale, pour relancer la folie destructrice: « Il est écritHerculi Deo au pied d’une statue d’Hercule. Mais pourquoi ne parle-t-il pas ? Il est aussi muet que son épitaphe ». La foule des croyants rigole. Saint Augustin lance alors « A Rome, les temples sont fermés, les idoles détruites ! Comme à Rome, ainsi à Carthage ». Des bandes de catholiques enragés se lancent alors à l’assaut des statues et temples encore debout en ville et les détruisent.

408

Les émeutes de Calama: enivré par son succès à Carthage, Saint Augustin exige la destruction de temples et statues aussi dans les villes de province. Peu à peu la parole du saint homme se répand dans l’Afrique du Nord, et des hordes de chrétiens se lancent à l’assaut des temples et des statues. A Calama (aujourd’hui Guelma en Algérie), une émeute éclate lorsque les chrétiens s’attaquent au temple d’Hercule: 60 personnes, chrétiens et païens, meurent dans la bagarre.

412

Cyrille (aujourd’hui Saint Cyrille, Docteur de l’Église), est nommé évêque d’Alexandrie et succède ainsi à son oncle Théophile. Il excite les sentiments antisémites diffus parmi les chrétiens de la ville, et, à la tète d’une foule de chrétiens, incendie les synagogues de la ville et fait fuir les juifs. Il encourage ensuite les chrétiens à se saisir des biens que les juifs ont dû laisser derrière eux.

415

Hypatia, la dernière grande mathématicienne de l’école d’Alexandrie, par ailleurs fille de Théon d’Alexandrie, directeur de la bibliothèque, est tuée par une foule de moines chrétiens inspirés par Cyrille, patriarche d’Alexandrie, que l’église canonisera. Après le lynchage par la foule, le corps de la mathématicienne est traîné dans la cathédrale par un groupe de moines aux ordres de Cyrille, et est mis en pièces à coups de fragments de tuiles. La motivation des chrétiens est que Hypatia, brillante enseignante de mathématiques, représentait une menace pour la diffusion du christianisme, en raison de son enseignement des sciences et du Néoplatonisme. Le fait qu’elle était une femme, de plus, dit-on, belle et charismatique, rendait son existence encore plus intolérable aux yeux des chrétiens. Son assassinat marqua d’ailleurs un tournant: après sa mort, de nombreux chercheurs et philosophes quittent Alexandrie pour l’Inde et la Perse, et Alexandrie cesse d’être le grand centre de l’enseignement et de la science du monde antique. Désormais, la science régressera en Occident, et ne retrouvera un niveau comparable à celui de l’Alexandrie antique qu’à l’aube de la révolution industrielle. Les travaux de l’école d’Alexandrie concernant les mathématiques, la physique et l’astronomie seront préservés, en partie, par les Arabes, les Perses, les Indiens et aussi en Chine. L’Occident, pour sa part, plonge dans l’obscurantisme et ne commencera à en sortir que plus d’un millénaire plus tard.

En reconnaissance de ses mérites en matière de persécution de la communauté scientifique et des Juifs d’Alexandrie, Cyrille sera d’abord canonisé, puis promu à « Docteur de l’Église » en 1882.

532

L’empereur Justinien fait fermer l’école de philosophie d’Athènes, considérée comme le dernier bastion du paganisme. Désormais, l’obscurantisme et l’ignorance règnent en maîtres dans tout le bassin méditerranéen. Les maîtres de l’école doivent quand à eux s’exiler en Perse.

590

Grégoire I, dit Le Grand, aujourd’hui Saint Grégoire, devient Pape. Il est considéré comme l’inventeur de la croisade. En effet, il envoie à Gennadius, gouverneur d’Afrique pour l’Empire Romain d’Orient, une longue lettre l’incitant à « engager de nombreuses guerres » ayant pour but de convertir de force au christianisme les populations des terres conquises. Saint Grégoire s’occupe aussi activement de la conversion des juifs au christianisme, en leur offrant des avantages financiers, tout en approuvant la politique de conversion forcée pratiquée à l’époque par le roi Wisigoth en Espagne. Ce saint homme est aussi un farouche adversaire des sciences et de la connaissance rationnelle. L’on connaît de lui une lettre à l’évêque de Vienne (France) où il écrit: « Nous avons eu voix d’une information dont je ne peux référer sans honte: il semble que dans ta congrégation l’on enseigne la grammaire ». Outre la grammaire, il décourage ou interdit l’enseignement de la culture gréco-romaine en général, y compris les langues, la science, la philosophie et la mythologie.

En raison de son action contre la culture et son encouragement de la guerre sainte, Saint Grégoire Le Grand est considéré comme le fondateur de la doctrine sociale chrétienne qui sera réalisée pendant le Moyen Âge en Europe.

2 Responses to Anti-christianisme: Une conception de l’inspiration très… datée ? (Bible criticism: the worst book with the exception of all others)

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