Intellectuels français: Attention, un déclinisme peut en cacher un autre ! (Victims ot their own success: What’s a French intellectual to do when Obama and the Pope already sound like Mother Jones ?)

28 septembre, 2015
pantheonobamablackboardhttps://i1.wp.com/i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/03448/pope-cuba-fidel-ca_3448075k.jpgC’est ainsi que finit le monde. Pas sur un Boum, sur un murmure. TS Eliot
If by « intellectual » you mean people who are a special class who are in the business of imposing thoughts, and framing ideas for people in power, and telling everyone what they should believe, and so on, well, yeah, that’s different. Those people are called « intellectuals » — but they’re really more a kind of secular priesthood, whose task is to uphold the doctrinal truths of the society. And the population should be anti-intellectual in that respect, I think that’s a healthy reaction. In fact, if you compare the United States with France, or with most of Europe for that matter, I think one of the healthy things about the United States is precisely this: there’s very little respect for intellectuals as such. And there shouldn’t be. What’s there to respect? I mean, in France if you’re part of the intellectual elite and you cough, there’s a front-page story in Le Monde. That’s one of the reasons why French intellectual culture is so farcical – it’s like Hollywood. You’re in front of the television cameras all the time, and you’ve got to keep doing something new so they’ll keep focusing on you and not the guy at the next table, and people don’t have ideas that are that good, so they have to come up with crazy stuff, and the intellectuals get all pompous and self-important. So I remember during the Vietnam War, there’d be these big international campaigns to protest the war, and a number of times I was asked to co-sign letters with, say, Jean-Paul Sartre [French philosopher]. Well, we’d co-sign some statement, and in France it was front-page news; here, nobody even mentioned it. And the French thought was scandalous; I thought it was terrific – why the hell should anybody mention it? What difference does it make if two guys who happen to have some name recognition got together and signed a statement? Why should that be of any particular interest to anybody? So I think the American reaction is much healthier in this respect. Noam Chomsky (Rowe, Massachusetts; April 1989)
Ces gens-là sont appelés « intellectuels », mais il s’agit en réalité plutôt d’une sorte de prêtrise séculière, dont la tâche est de soutenir les vérités doctrinales de la société. Et sous cet angle-là, la population doit être contre les intellectuels, je pense que c’est une réaction saine. (…) En France, si vous faites partie de l’élite intellectuelle et que vous toussez, on publie un article en première page du Monde. C’est une des raisons pour lesquelles la culture intellectuelle française est tellement burlesque : c’est comme Hollywood. Noam Chomsky
Le boulot des intellectuels du courant dominant, c’est de servir en quelque sorte de « clergé laïque », de s’assurer du maintien de la foi doctrinale. Si vous remontez à une époque où l’Église dominait, c’est ce que faisait le clergé : c’étaient eux qui guettaient et traquaient l’hérésie. Et lorsque les sociétés sont devenues plus laïques […], les mêmes contrôles sont restés nécessaires : les institutions devaient continuer à se défendre, après tout, et si elles ne le pouvaient pas le faire en brûlant les gens sur le bûcher […], il leur fallait trouver d’autres moyens. Petit à petit, cette responsabilité a été transférée vers la classe intellectuelle – être les gardiens de la vérité politique sacrée, des hommes de main en quelque sorte. Noam Chomsky
[La vie intellectuelle française] a quelque chose d’étrange. Au Collège de France, j’ai participé à un colloque savant sur  » Rationalité, vérité et démocratie « . Discuter ces concepts me semble parfaitement incongru. A la Mutualité, on m’a posé la question suivante :  » Bertrand Russell nous dit qu’il faut se concentrer sur les faits, mais les philosophes nous disent que les faits n’existent pas. Comment faire ?  » Une question de ce type laisse peu de place à un débat sérieux car, à un tel niveau d’abstraction, il n’y a rien à ajouter. (…) Comme observateur lointain, je formulerai une hypothèse. Après la Seconde Guerre mondiale, la France est passée de l’avant-garde à l’arrière-cour et elle est devenue une île. Dans les années 30, un artiste ou un écrivain américain se devait d’aller à Paris, de même qu’un scientifique ou un philosophe avait les yeux tournés vers l’Angleterre ou l’Allemagne. Après 1945, tous ces courants se sont inversés, mais la France a eu plus de mal à s’adapter à cette nouvelle hiérarchie du prestige. Cela tient en grande partie à l’histoire de la collaboration. Alors, bien sûr, il y a eu la Résistance et beaucoup de gens courageux, mais rien de comparable avec ce qui s’est passé en Grèce ou en Italie, où la résistance a donné du fil à retordre à six divisions allemandes. Et il a fallu un chercheur américain [Robert Paxton, NDLR] pour que la France soit capable d’affronter ce passé. (…) beaucoup d’intellectuels français sont restés staliniens même quand ils sont passés à l’extrême droite. Comment peut-on accepter que l’Etat définisse la vérité historique et punisse la dissidence de la pensée ? (…) Au Timor-Oriental, entre un quart et un tiers de la population a été décimée avec l’accord des Etats-Unis et de la France, et peu de gens le savent alors que tout le monde connaît les crimes de Pol Pot. Noam Chomsky
Si les révolutions symboliques sont particulièrement difficiles à comprendre, surtout lorsqu’elles sont réussies, c’est parce que le plus difficile est de comprendre ce qui semble aller de soi, dans la mesure où la révolution symbolique produit les structures à travers lesquelles nous la percevons. Autrement dit, à la façon des grandes révolutions religieuses, une révolution symbolique bouleverse des structures cognitives et parfois, dans une certaine mesure, des structures sociales. Elle impose, dès lors que ‘elle réussit, de nouvelles structures cognitives qui, du fait qu’elles se généralisent, qu’elles se diffusent, qu’elles habitent l’ensemble des sujets percevants d’un univers social, deviennent imperceptibles. Pierre Bourdieu
C’est une chose que Weber dit en passant dans son livre sur le judaïsme antique : on oublie toujours que le prophète sort du rang des prêtres ; le Grand Hérésiarque est un prophète qui va dire dans la rue ce qui se dit normalement dans l’univers des docteurs. Bourdieu
La bourgeoisie s’est toujours méfiée – à raison – des intellectuels. Mais elle s’en méfie comme d’êtres étranges qui sont issus de son sein. La plupart des intellectuels, en effet, sont nés de bourgeois qui leur ont inculqué la culture bourgeoise. Ils apparaissent comme gardiens et transmetteurs de cette culture. De fait, un certain nombre de techniciens du savoir pratique se sont, tôt ou tard, faits leurs chiens de garde, comme a dit Nizan. Les autres, ayant été sélectionnés, demeurent élitistes même quand ils professent des idées révolutionnaires. Ceux-là, on les laisse contester : ils parlent le langage bourgeois. Mais doucement on les tourne et, le moment venu, il suffira d’un fauteuil à l’Académie française ou d’un prix Nobel ou de quelque autre manœuvre pour les récupérer. C’est ainsi qu’un écrivain communiste peut exposer actuellement les souvenirs de sa femme à la Bibliothèque nationale et que l’inauguration de l’exposition est faite par le ministre de l’éducation nationale. (…) Cependant il est des intellectuels – j’en suis un – qui, depuis 1968, ne veulent plus dialoguer avec la bourgeoisie. En vérité, la chose n’est pas si simple : tout intellectuel a ce qu’on appelle des intérêts idéologiques. Par quoi on entend l’ensemble de ses œuvres, s’il écrit, jusqu’à ce jour. Bien que j’aie toujours contesté la bourgeoisie, mes œuvres s’adressent à elle, dans son langage, et – au moins dans les plus anciennes – on y trouverait des éléments élitistes. Je me suis attaché, depuis dix-sept ans, à un ouvrage sur Flaubert qui ne saurait intéresser les ouvriers car il est écrit dans un style compliqué et certainement bourgeois. Aussi les deux premiers tomes de cet ouvrage ont été achetés et lus par des bourgeois réformistes, professeurs, étudiants, etc. Ce livre qui n’est pas écrit par le peuple ni pour lui résulte des réflexions faites par un philosophe bourgeois pendant une grande partie de sa vie. J’y suis lié. Deux tomes ont paru, le troisième est sous presse, je prépare le quatrième. J’y suis lié, cela veut dire : j’ai 67 ans, j’y travaille depuis l’âge de 50 ans et j’y rêvais auparavant. Or, justement, cet ouvrage (en admettant qu’il apporte quelque chose) représente, dans sa nature même, une frustration du peuple. C’est lui qui me rattache aux lecteurs bourgeois. Par lui, je suis encore bourgeois et le demeurerai tant que je ne l’aurai pas achevé. Il existe donc une contradiction très particulière en moi : j’écris encore des livres pour la bourgeoisie et je me sens solidaire des travailleurs qui veulent la renverser. Jean-Paul Sartre (1976)
Les intellectuels ont pris l’habitude de travailler non pas dans l’universel, l’exemplaire, le juste-et-le-vrai-pour-tous, mais dans des secteurs déterminés, en des points précis où les situaient soit leurs conditions de travail, soit leurs conditions de vie (le logement, l’hôpital, l’asile, le laboratoire, l’université, les rapports familiaux ou sexuels). (…) Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. Et ils ont rencontré là des problèmes qui étaient spécifiques, non universels, différents souvent de ceux du prolétariat ou des masses. (…) Et cependant, ils s’en sont rapprochés, je crois pour deux raisons : parce qu’il s’agissait de luttes réelles, matérielles, quotidiennes, et parce qu’ils rencontraient souvent, mais dans une autre forme, le même adversaire que le prolétariat, la paysannerie ou les masses (les multinationales, l’appareil judiciaire et policier, la spéculation immobilière) ; c’est ce que j’appellerais l’intellectuel spécifique par opposition à l’intellectuel universel. Michel Foucault
Tout ce qui pouvait nuire à Obama serait donc omis et caché; tout ce qui pouvait nuire à McCain serait monté en épingle et martelé à la tambourinade. On censurerait ce qui gênerait l´un, on amplifierait ce qui affaiblirait l´autre. Le bombardement serait intense, les haut-parleurs répandraient sans répit le faux, le biaisé, le trompeur et l´insidieux. Qu´importe! Nulle enquête, nulle révélation, nulle curiosité. «Je ne l´ai jamais entendu parler ainsi » -, mentait Obama, parlant de son pasteur de vingt ans, Jeremiah Wright, fasciste noir, raciste à rebours, mégalomane délirant des théories conspirationnistes – en vingt ans de prêches et de sermons. Circulez, vous dis-je, y´a rien à voir – et les media, pieusement, de n´aller rien chercher. ACORN, organisation d´activistes d´extrême-gauche, aujourd´hui accusée d´une énorme fraude électorale, dont Obama fut l´avocat – et qui se mobilise pour lui, et avec laquelle il travaillait à Chicago? Oh, ils ne font pas partie de la campagne Obama, expliquent benoîtement les media. Et, ajoute-t-on, sans crainte du ridicule, «la fraude aux inscriptions électorales ne se traduit pas forcément en votes frauduleux». Si, si, c´est ce que dit la presse. La démocratie part du postulat que : «la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux» est possession de chaque citoyen, et non d´une élite basée sur la naissance, la fortune, la puissance, ni même le savoir. Bisque, bisque, le déchaînement d´aigreur de la gauche face à Sarah Palin et son adhésion passionnée à l´image vide, charismatique et caméléonesque d´Obama, le Rédempteur qui sauvera le parti intellectuel de la vulgarité du monde et de l´électorat; celui qui «s´accroche à sa foi et à ses armes à feu», comme Obama l´avait dit avec d´autant plus de candeur qu´il ne croyait pas être entendu par eux. (…) Je suggère que cette rage écumante est fondée sur un sentiment exacerbé de lèse-majesté. En l´occurrence, la majesté lésée est celle du monopole d´opinion, que la classe intellectuelle et assimilée (la classe médiatique, l´universitaire, celle du spectacle, etc.) estime lui revenir de droit, et exclusivement. (…) L´intellectuel manie des objets symboliques, ou objets mentaux, d´une grande variété. Leur maniement tend souvent à persuader l´intellectuel qu´il est mieux à même de saisir le monde que quiconque. Or, son pouvoir sur ce monde n´est pas du tout commensurable à la compréhension qu´il estime en avoir. Son ressentiment en est d´autant plus vif. Il ne peut se résoudre à n´être «que» professeur, écrivain, journaliste, lui qui en sait tant et plus que les autres, ceux qui ont du pouvoir. (…) C´est à lui qu´il faudrait s´adresser, vers lui qu´il faudrait se tourner. En l´absence d´une telle demande, l´intellectuel professionnel devient un homme révolté. L´intellectuel moderne tend donc souvent à se dresser contre cette réalité, qui lui refuse ce qu´il estime de droit être sa place en majesté. (…) Ce réel qui minimise et minore son importance personnelle est donc mauvais et devrait être refait. L´homme du commun, qui vote, est ignare. Les politiciens (qui n´écoutent pas notre intellectuel) sont nuls et ignorants. La dextérité dans le maniement des objets intellectuels (la dialectique, comme on disait jadis) devient mandat du Ciel. Laurent Murawiec
There’s little doubt that law student Obama was a political radical by any conventional, society-wide measure of the term. But that’s not the end of the story. At Harvard at least, radical was mainstream and conservative was radical. In fact, the radical view was so mainstream that one couldn’t help but think that even the loudest students would graduate, go to law firms, and fit in just as seamlessly to the new mainstream of their legal professions. And, in fact, most did. They weren’t intellectual leaders; they were followers. My reading of Barack Obama’s political biography is pretty simple: He’s not so much a liberal radical as a member of the liberal mainstream of whatever community he inhabits. In that video, he was doing no more and no less than what most politically engaged leftist law students were doing — supporting the radical race and gender politics that dominated campus. When he went to Chicago and met Bill Ayers, he was fitting within a second, and slightly different, liberal culture. He shifted again in Washington and then again in the White House. But radical, “conviction” politicians don’t decry Gitmo then keep it open, promise to end the wars then reinforce the troops, express outrage at Bush war tactics then maintain rendition and triple the number of drone strikes. Obama’s biography is essentially the same as many of the liberal mainstream-media journalists who cover him. They’ve made the same migration — from leading campus protests, to building families in urban liberal communities, to participating in a national political culture. At the risk of engaging in dime-store pop psychology, they like Obama in part because they identify with him so thoroughly and see much of themselves in him. David French
That pope endorsed the Iran deal, the UN’s environmentalist goals and what amounts to a worldwide open-borders policy on refugees — and ­offered a very specific view of how to promote development in the Third World that’s straight out of a left-wing textbook. (…) Sorry: When the pontiff sounds less like a theological leader and more like the 8 p.m. host on MSNBC or the editor of Mother Jones, what’s a guy to do? Pope Francis is entirely within his rights to become the world’s foremost liberal. But, since that’s what he is, it can’t be wrong to say so. (…) When a leader speaks in these sorts of bureaucratic specifics, he is descending from the highest heavens into ordinary, even trivial, reality. He’s using his ­authority in the realm of the spiritual to influence the ­political behavior of others. He becomes just another pundit. And who needs another one of those? John Podhoretz
Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher de Vincennes, et après le refus cinglant des jeunes des « quartiers populaires » de participer à la grande manifestation unitaire du 11 janvier, il était difficile pour les Français, même les plus angéliques, de continuer à faire l’impasse sur les dangers et sur la séduction de l’islamisme radical. Mais la propension à noyer le poisson dans ses causes supposées n’a pas disparu. Et le gouvernement a donné l’exemple en dénonçant l’apartheid culturel, ethnique et territorial qui sévirait dans nos banlieues. Ainsi la République a-t-elle plaidé coupable pour les attaques mêmes dont elle faisait l’objet. (…)  Je ne vois chez nos intellectuels ni naïveté, ni lâcheté, mais, si j’ose dire, une vigilance anachronique. En Sarkozy, conseillé par Patrick Buisson, son « génie noir », ils combattaient la réincarnation du maréchal Pétain. Les musulmans leur apparaissaient comme les juifs du XXIe siècle. L’antifascisme façonnait leur vision du monde. Ils ne voulaient pas et ne veulent toujours pas voir dans la crise actuelle des banlieues autre chose qu’une résurgence de la xénophobie et du racisme français. (…) Les élites dont vous parlez ne sont pas francophobes ; face au nationalisme fermé de « l’idéologie française », elles se réclament de la patrie des droits de l’homme. Leur France est la « nation ouverte » célébrée par Victor Hugo, « qui appelle chez elle quiconque est frère ou veut l’être ». Le problème, c’est que, toutes à cette opposition gratifiante entre l’ouvert et le fermé, ces élites légitiment la haine qui se développe dans certains quartiers de nos villes pour les « faces de craie ». C’est l’exclusion, disent ces élites, qui engendre la francophobie. (…) « L’Amérique victime de son hyperpuissance », titrait Télérama après le 11 septembre 2001. Ce qu’on a du mal à penser aujourd’hui comme alors, c’est que l’Occident puisse être haï non pour l’oppression qu’il exerce, mais pour les libertés qu’il propose. Sayyid Qotb est devenu le principal doctrinaire des Frères musulmans, après un séjour aux Etats-Unis, en 1948, où il a été confronté à cette « liberté bestiale qu’on nomme la mixité », à « ce marché d’esclaves qu’on nomme « émancipation de la femme » », à « ces ruses et anxiétés d’un système de mariage et de divorce si contraire à la vie naturelle. En comparaison, quelle raison, quelle hauteur de vue, quelle joie en islam, et quel désir d’atteindre celui qui ne peut être atteint ». (…) L’esprit du temps réussit l’exploit paradoxal de nous faire vivre hors de notre temps, à côté de nos pompes. Alors que la France change de visage, il affirme, imperturbable, que l’histoire se répète, et il cherche des racistes et des fascistes pour donner corps à cette affirmation. J’ai beau être juif et défendre l’école républicaine, me voici lepéniste, et même – il faut ce qu’il faut – maurrassien. (…) La menace était très clairement énoncée en 2004 par le rapport Obin sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires : « Tout laisse à penser que, dans certains quartiers, les élèves sont incités à se méfier de tout ce que les professeurs leur proposent, qui doit d’abord être un objet de suspicion, comme ce qu’ils trouvent à la cantine dans leur assiette ; et qu’ils sont engagés à trier les textes étudiés selon les mêmes catégories religieuses du halal (autorisé) et du haram (interdit). » La question du voile et celle de la nourriture sont deux composantes d’un phénomène beaucoup plus large de sécession culturelle. Et ce phénomène est en expansion. (…) Ce que je sais, grâce à Gilles Kepel, c’est que les Beurs, qui avaient fait la grande marche pour l’égalité en 1983, rejettent maintenant avec horreur ce vocable « tenu au mieux pour méprisant à leur endroit, au pire, pour un complot sioniste destiné à faire fondre comme du beurre leur identité arabo-islamique dans le chaudron des potes de SOS Racisme touillé par l’Union des étudiants juifs de France ». (…) Je pense que Michel Onfray préfère aussi – et il l’a dit – une analyse juste de Bernard-Henri Lévy à une analyse fausse d’Alain de Benoist. Pour ma part, je citerai Camus dans sa lettre adressée aux Temps modernes après la critique au vitriol de l’Homme révolté, parue dans cette revue : « On ne décide pas de la vérité d’une pensée selon qu’elle est à droite ou à gauche, et moins encore selon ce que la droite et la gauche décident d’en faire. A ce compte, Descartes serait stalinien et Péguy bénirait M. Pinay. Si, enfin, la vérité me paraissait à droite, j’y serais. » Je ne suis donc pas plus impressionné par la sortie de Manuel Valls que par la campagne de 1982 contre le « silence des intellectuels ». Le gouvernement est légitimement affolé par la montée du Front national, mais ce ne sont pas les incantations antifascistes qui inverseront la tendance et changeront la donne ; c’est la prise en compte par la gauche comme par la droite traditionnelle de l’inquiétude de toujours plus de Français devant la mutation culturelle qui nous tombe dessus, qui n’a été décidée par personne. (…) Fontenelle a écrit un jour : « On s’accoutume trop quand on est seul à ne penser que comme soi. » J’essaie donc de ne pas rester seul trop longtemps et je fais même l’émission « Répliques » pour être confronté à des points de vue très différents des miens. Mais ce n’est pas ma faute si l’actualité radote et me renvoie sans cesse à la réalité insupportable de l’éclatement de mon pays. Je suis attaqué et même insulté par ceux qui ne veulent surtout pas regarder cette réalité en face. Devant les mauvaises nouvelles, ou, pis encore, devant les nouvelles qui contredisent l’idée reçue du mal et du méchant, le plus simple est encore de s’en prendre au messager et de lui faire la peau. Alain Finkielkraut
Du XVIIIe au XXe siècle, les intellectuels étaient des guides spirituels. Une substitution au clergé – on parle d’ailleurs parfois de «clercs» pour les désigner ou d’«hérésie» de certaines conviction … Le débat d’idées y structure la société beaucoup plus qu’ailleurs. J’irai même jusqu’à dire que la pensée est une composante essentielle de ce que veut dire «être français». Et cela pour une raison historique simple : quand il fallu inventer une nation après la Révolution française, on a dû le faire à travers des principes abstraits. Procédez de cette manière, et vous serez constamment dans un débat d’idées. Etre français, c’est réfléchir sans fin aux valeurs sur lesquelles repose la citoyenneté, savoir ce qu’elles veulent dire, s’il faut les mettre à jour…  Sudhir Hazareesingh
Son essai L’Identité malheureuse a été l’un des plus grands succès de librairie de l’automne 2013, tandis que son auteur devenait l’incarnation ultime du repli de l’esprit français. Toute l’oeuvre d’Alain Finkielkraut est parcourue d’images de décadence, de maladie et de mort. Il a l’habitude des hypothèses paradoxales, par exemple que l’antiracisme serait plus pernicieux que le racisme. Il a des idées fixes, sur l’islamisme ou la prétendue omniprésence de l’antisémitisme.  De plus en plus nationaliste, il est de moins en moins républicain. Il défend une conception hiérarchique de l’ordre culturel et social et, tout comme le Front national, il dénonce le détournement de l’identité française par des minorités immigrées – encore une fantaisie. Son parcours illustre à quel point le pessimisme ambiant a corrompu l’héritage rousseauiste et républicain. (…) On confond trop souvent l’islam, qui est la religion paisible de l’écrasante majorité des musulmans de France, et l’islamisme radical, qui est le fait d’une petite minorité d’agités (nous les avons aussi en Angleterre, et il faut évidemment les combattre). Quant à l’antisémitisme, il faut situer ce phénomène aujourd’hui dans le cadre plus général d’une lepénisation (ou, pour être plus précis, une « marinisation ») des esprits, qui répand la peur de l’autre, qu’il soit musulman, juif, immigré ou homosexuel. Le repli identitaire, surtout lorsqu’il est relayé par des intellectuels complaisants, ne fait qu’alimenter tous les fantasmes. (…) J’y vois la résurgence d’un courant classique de l’individualisme français, à la fois frivole et cérébral, orienté vers ce que Benjamin Constant a appelé la « jouissance paisible de l’indépendance privée ». Dans Le Mystère français, Hervé Le Bras et Emmanuel Todd soulignent l’écart entre le pessimisme conscient des Français et leur optimisme inconscient au cours des trente dernières années: d’où la bonne tenue du taux de natalité, la baisse du nombre de suicides et d’homicides, les progrès de la réussite scolaire, l’émancipation des femmes et l’intégration des immigrés. (…) J’ai choisi ce discours [du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin contre l’intervention armée en Irak, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 14 février 2003] parce que c’est un condensé de l’esprit français, un mélange de virilité et de verve enracinées dans ce que la rhétorique française a de meilleur. Un appel à la raison et à la logique cartésienne, construit sous le signe d’oppositions binaires: conflit-harmonie, intérêt personnel- bien commun, politique de puissance-moralité… L’auteur se fait le porte-parole d’une sagesse ancestrale: « Nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience… » Avec le recul, cet exercice apparaît comme un ultime morceau de bravoure, le dernier acte d’une magnifique tradition universaliste. (…)  la France a la particularité de mettre en avant ses prouesses morales et intellectuelles, et la conviction de devoir penser pour le reste du monde. Au XIXe siècle, Auguste Comte affirme que Paris est le centre de l’humanité, parce que l' »esprit philosophique » y règne. L’historien Ernest Lavisse écrit en 1890 que la mission de la France est de « représenter la cause de l’humanité ». La Révolution française a été la source des idéaux messianiques français: liberté, égalité, fraternité, droits de l’homme… (…)  Ce culte se reflète dans la consécration de l’écrivain, véritable guide spirituel de la société, et dans l’importance accordée au style, à la syntaxe, au mot juste, au monde des idées. En 1944, un petit manuel avertissait les soldats britanniques du débarquement: « Vous aurez souvent l’impression [que les Français] se disputent violemment, alors qu’ils ne font que débattre d’une idée abstraite. » (…) Du début des années 1950 à la fin des années 1970, j’ai répertorié le « nouveau roman », la « nouvelle vague », la « nouvelle histoire », la « nouvelle philosophie », la « nouvelle société », la « nouvelle gauche », la « nouvelle droite » – sans oublier la « nouvelle cuisine »…  Il suffit d’examiner comment les uns et les autres se présentent ou sont présentés, sous la forme d’oxymores: « rationaliste passionné », « missionnaire laïque », « spectateur engagé », « défaite glorieuse »… Vous ne vous en rendez pas forcément compte, mais ce genre d’expression paradoxale est déroutante pour un étranger. Julien Green l’a vécu à ses dépens à Oxford lors d’une conférence qu’il donnait sur « les trois Barrès », c’est-à-dire les trois aspects contradictoires de la pensée de l’écrivain nationaliste. Mais l’assistance n’a pas forcément saisi cette subtilité. La preuve, à l’issue de son intervention, un auditeur a levé la main et demandé: « Quels sont les prénoms des deux autres frères Barrès? » (…) L’intellectuel est un « clerc »; son engagement, une « foi »; sa rupture avec une idéologie, une « hérésie » ou une « délivrance »… Rappelez-vous Edgar Morin racontant son adhésion au communisme comme « l’espérance du salut dans la rédemption collective ». Et depuis la Révolution, les héros nationaux entrent au Panthéon, une ancienne église, et de Gaulle est devenu le Saint-Père national. (…) J’avais été surpris par les Mémoires d’Elizabeth Teissier, l’astrologue de François Mitterrand, dénichées à l’étal d’un bouquiniste, avant de découvrir que le président français n’était que le dernier d’une longue série d’hommes célèbres à croire aux « forces de l’esprit »: Robespierre, Victor Hugo, Jaurès, Poincaré, Clemenceau… Entre les deux pôles de la théologie et du matérialisme s’étend un territoire où coexistent l’attachement au rationalisme et la foi dans le surnaturel. Même si cela peut paraître paradoxal s’agissant d’un XVIIIe siècle rejetant les croyances en tout genre, certains principes de l’occultisme à la française sont enracinés dans les idées des Lumières, voire dans celles de la gauche: croyance en la bonté de l’homme, ouverture sur les valeurs et cultures différentes… (…) Cette prédisposition utopiste puise sa source chez Rousseau, qui considère que la faculté première de l’homme est l’imagination. Les oeuvres de Louis-Sébastien Mercier, Saint-Simon, Charles Fourier, Etienne Cabet sont toutes marquées par la révolte contre l’injustice et par l’ambition d’épanouir la nature humaine. Par ailleurs, le raisonnement utopique est marqué par son caractère systématique et radical.  Ces idéaux progressistes ont contribué à l’adhésion de très nombreux Français au communisme. Car, au fond, les promesses du Parti communiste français ne renvoyaient-elles pas à l’ambition des Lumières de former des citoyens instruits partageant une morale laïque commune, à l’aspiration rousseauiste à régénérer l’homme, au désir de Fourier de promouvoir une plus grande harmonie sociale, au culte de la perfection et de l’industrie de Saint-Simon, à la « dictature bienveillante » de Cabet… ?  Sudhir Hazareesingh
Today’s Left Bank is but a pale shadow of this eminent past. Fashion outlets have replaced high theoretical endeavor in Saint-Germain-des-Près (…) Indeed, as Europe fumbles shamefully in its collective response to its current refugee crisis, it is sobering that the reaction which has been most in tune with the Enlightenment’s Rousseauist heritage of humanity and cosmopolitan fraternity has come not from socialist France, but from Christian-democratic German. Sudhir Hazareesingh
French thought is in the doldrums. French philosophy, which taught the world to reason with sweeping and bold systems such as rationalism, republicanism, feminism, positivism, existentialism and structuralism, has had conspicuously little to offer in recent decades. Saint-Germain-des-Prés, once the engine room of the Parisian Left Bank’s intellectual creativity, has become a haven of high-fashion boutiques, with fading memories of its past artistic and literary glory. As a disillusioned writer from the neighbourhood noted grimly: “The time will soon come when we will be reduced to selling little statues of Sartre made in China.” French literature, with its once glittering cast of authors, from Balzac and George Sand to Jules Verne, Albert Camus and Marguerite Yourcenar, has likewise lost much of its global appeal – a loss barely concealed by recent awards of the Nobel prize for literature to JMG Le Clézio and Patrick Modiano.  Yet little of this ideological fertility is now in evidence, and French thinking is no longer a central point of reference for progressives across the world.  (…) Since the late 20th century French thought has lost many of the qualities that made for its universal appeal: its abundant sense of imagination, its buoyant sense of purpose, and above all its capacity (even when engaging in the most byzantine of philosophical issues) to give everyone tuning in, from Buenos Aires to Beirut, the sense that they were participating in a conversation of transcendental significance. In contrast, contemporary French thinking has become increasingly inward-looking – a crisis that manifests itself in the sense of disillusionment among the nation’s intellectual elites, and in the rise of the xenophobic Front National, which has become one of the most dynamic political forces in contemporary France. (…) This pessimistic sensibility has been exacerbated by a widespread belief that French culture is itself in crisis. The representation of France as an exhausted and alienated country, corrupted by the egalitarian heritage of May 68, overrun by Muslim immigrants and incapable of standing up for its own core values is a common theme in French conservative writings. Among the bestselling works in this genre are Alain Finkielkraut’s L’identité malheureuse (2013) and Éric Zemmour’s Suicide Français (2014). This morbid sensibility (which has no real equivalent in Britain, despite its recent economic troubles) is also widespread in contemporary French literature, as best exemplified in Michel Houellebecq’s recent oeuvre: La carte et le territoire (2010) presents France as a haven for global tourism, “with nothing to sell except charming hotels, perfumes, and potted meat”; his latest novel Soumission (2015) is a dystopian parable about the election of an Islamist president in France, set against a backdrop of a general collapse of Enlightenment values. (…) This ascendency of technocratic values among French progressive elites is itself reflective of a wider intellectual crisis on the left. The singular idea of the world (a mixture of Cartesian rationalism, republicanism and Marxism) that dominated the mindset of the nation’s progressive elites for much of the modern era has disintegrated. The problem has been compounded by the self-defeating success of French postmodernism: at a time when European progressives have come up with innovative frameworks for confronting the challenges to democratic power and civil liberties in western societies (Michael Hardt and Antonio Negri’s notion of empire, and Giorgio Agamben’s concept of the state of exception), their Gallic counterparts have been indulging in abstract word games, in the style of Derrida and Baudrillard. French progressive thinkers no longer produce the kind of sweeping grand theories that typified the constructs of the Left Bank in its heyday. They advocate an antiquated form of Marxism (Alain Badiou), a nostalgic and reactionary republicanism (Régis Debray), or else offer a permanent spectacle of frivolity and self-delusion (Bernard-Henri Lévy). Sudhir Hazareesingh
Sur les migrants, au lieu de mener son peuple, Hollande a parlé comme un fonctionnaire : toujours cette peur du Front national qui empoisonne la vie politique française. Sudhir Hazareesingh

Et si la French theory avait été victime de son succès ?

A l’heure où, entre l’Iran, Cuba et les Palestiniens, les chefs prétendus à la fois du Monde libre et de la chrétienté ne sont plus que les petits perroquets des slogans les plus éculés du gauchisme primaire …

Et où – accès de folie (ou retour du refoulé ?) et avec les conséquences catastrophiques que l’on sait, la jusqu’ici plutôt pragmatique chef du gouvernement allemand  s’est transformée sous nos yeux en passionaria du multiculturalisme …

Comment ne pas être surpris après l’étonnante inimitié (réciproque) d’un des plus grands intellectuels américains vivants, déclaré persona non grata au Pays des intellectuels depuis sa défense de la liberté de parole d’un Faurisson …

Du néo-déclinisme de ce Mauriço-britannique d’Oxford et groupie déclarée de nos Napoléon et autre Villepin …

Se lamentant, dans son dernier livre, du déclin et du déclinisme de l’actuelle pensée française ?

A l’instar justement, comme il le rappelle lui-même, d’un pays qui, entre culte de la culture, clercs nouveaux directeurs de conscience et rites panthéoniques …

Semble ne s’être toujours pas remis de la laïcisation forcée de sa Révolution ?

A moins qu’après la débâcle communiste que l’on sait et l’américanisation honnie qu’appelait de ses voeux Chomsky pour l’Europe et la France, il ait enfin perdu son « respect » pour les membres de cette « sorte de prêtrise séculière » ou de « clergé laïc » qui n’étaient en fait que les « gardiens de la vérité politique sacrée » ?

« La France croit devoir penser pour le reste du monde »
Propos recueillis par Emmanuel Hecht
L’Express
28/08/2015

Francophile invétéré et grand spécialiste de Napoléon et du général de Gaulle, Sudhir Hazareesingh porte un regard d’entomologiste sur les moeurs, us et coutumes de nos intellectuels et penseurs. Interview.
Sudhir Hazareesingh, professeur au Balliol College, à Oxford, fait paraître Ce pays qui aime les idées (éd. Flammarion). En version originale: « Comment les Français pensent. Portrait affectueux d’un peuple intellectuel ». Plutôt que d’un essai à charge, il s’agit en effet d’une enquête sur les moeurs, us et coutumes de nos intellectuels et penseurs. Il a enseigné à l’EHESS, à l’Ecole pratique des hautes études et à Sciences po, et n’ignore pas que « sans la liberté de blâmer… »

Comment, en étant originaire de l’océan Indien, peut-on se passionner pour la vie culturelle et politique française?

C’est une vieille histoire. Au Collège royal de Curepipe, à l’île Maurice, j’ai été nourri de littérature française: Molière, Racine, Saint-Exupéry, Gide, Sartre et Camus. Mon père, Kissoonsingh, historien formé à Cambridge et à la Sorbonne, chef de cabinet du Premier ministre sir Seewoosagur Ramgoolam, avait des liens étroits avec Malraux et Senghor. Je baignais dans un climat de francophilie. Et je n’oublierai jamais le rôle de l’attaché culturel français Antoine Colonna, qui me permettait de suivre l’actualité dans les hebdomadaires, dont L’Express!

Ma francophilie a également été aiguisée par Apostrophes, l’émission télévisée de Bernard Pivot. Je me souviens en particulier d’une intervention de Marguerite Yourcenar, en 1979, sur les notions du bien et du mal. Vous ne pouvez pas imaginer comment, de l’océan Indien, cette émission avait quelque chose de léger et subtil. Etudiant à Oxford pendant les années 1980, j’ai conservé cette passion pour la France, pour son dynamisme culturel, pour son mépris du matérialisme et pour l’éventail de ses opinions politiques et leur complexité historique. C’était un bonheur que de se plonger dans les arcanes du catholicisme, du communisme, de l’extrême droite, de la république, de la monarchie… dans un Royaume-Uni à l’apogée du bipartisme et en pleine déprime thatchérienne!

Votre dernier livre traduit en français, Ce pays qui aime les idées, est la synthèse d’une trentaine d’années consacrées à l’histoire des idées en France, mais aussi une tentative de réponse à la question: pourquoi les Français sont-ils si pessimistes? Quelle est votre réponse, à vous, qui êtes familier des rives de la Seine et qui enseignez de l’autre côté du Channel, dans la prestigieuse université d’Oxford?

Le « malaise français » est au coeur des débats intellectuels depuis une vingtaine d’années: perte de repères idéologiques, crise du modèle républicain, euroscepticisme et rejet de la mondialisation, obsession du « déclinisme » devenue l’idée fixe de la classe politique. En 1995, Jean-Marie Domenach dressait un bilan accablant de la littérature contemporaine française et de l’absence de véritable critique littéraire à la mode anglo-saxonne, celles du Times Literary Supplement et de la New York Review of Books.

En ce début de rentrée littéraire – un rendez-vous très français -, il faut souligner que, pour le monde anglophone, la littérature française s’est égarée entre nombrilisme et abstraction. Lorsqu’un livre attire l’attention à l’étranger, c’est rarement un roman ou un essai philosophique. Le dernier best-seller hors des frontières est Le Capital au XXIe siècle, de l’économiste Thomas Piketty.

A vos yeux, les intellectuels, Alain Finkielkraut en tête, sont les porte-drapeaux d’un « nationalisme fermé ». Notre philosophe n’est-il pas un « coupable » parfait?

Je ne crois pas. Tenons-nous-en aux faits. Son essai L’Identité malheureuse a été l’un des plus grands succès de librairie de l’automne 2013, tandis que son auteur devenait l’incarnation ultime du repli de l’esprit français. Toute l’oeuvre d’Alain Finkielkraut est parcourue d’images de décadence, de maladie et de mort. Il a l’habitude des hypothèses paradoxales, par exemple que l’antiracisme serait plus pernicieux que le racisme. Il a des idées fixes, sur l’islamisme ou la prétendue omniprésence de l’antisémitisme.

De plus en plus nationaliste, il est de moins en moins républicain. Il défend une conception hiérarchique de l’ordre culturel et social et, tout comme le Front national, il dénonce le détournement de l’identité française par des minorités immigrées – encore une fantaisie. Son parcours illustre à quel point le pessimisme ambiant a corrompu l’héritage rousseauiste et républicain.

Vous ne croyez pas au danger de l’islamisme en France? Et vous ne constatez pas la montée d’un antisémitisme de banlieue?

On confond trop souvent l’islam, qui est la religion paisible de l’écrasante majorité des musulmans de France, et l’islamisme radical, qui est le fait d’une petite minorité d’agités (nous les avons aussi en Angleterre, et il faut évidemment les combattre). Quant à l’antisémitisme, il faut situer ce phénomène aujourd’hui dans le cadre plus général d’une lepénisation (ou, pour être plus précis, une « marinisation ») des esprits, qui répand la peur de l’autre, qu’il soit musulman, juif, immigré ou homosexuel. Le repli identitaire, surtout lorsqu’il est relayé par des intellectuels complaisants, ne fait qu’alimenter tous les fantasmes.

En France, l’intellectuel est un « clerc », son engagement une « foi » et de Gaulle « le Saint-Père national ». Ici, la cérémonie des panthéonisés du 27 mai.
Comment expliquez-vous le contraste entre le pessimisme collectif des Français et, à en croire les sondages, leur relatif optimisme individuel?

J’y vois la résurgence d’un courant classique de l’individualisme français, à la fois frivole et cérébral, orienté vers ce que Benjamin Constant a appelé la « jouissance paisible de l’indépendance privée ». Dans Le Mystère français, Hervé Le Bras et Emmanuel Todd soulignent l’écart entre le pessimisme conscient des Français et leur optimisme inconscient au cours des trente dernières années: d’où la bonne tenue du taux de natalité, la baisse du nombre de suicides et d’homicides, les progrès de la réussite scolaire, l’émancipation des femmes et l’intégration des immigrés.

Cet état d’esprit n’est pas si nouveau. Il est ancré chez les élites depuis l’ère postrévolutionnaire, dites-vous. Y compris à gauche, où vous avez même repéré un « désespoir progressiste »? On ne sait plus à qui se fier…

Eh oui, la gauche n’a pas toujours baigné dans un optimisme béat, fondé sur la croyance au progrès. En 1863, au faîte de la gloire de Napoléon III, Proudhon écrit: « Je crois que nous sommes en pleine décadence, et plus je reconnais que j’ai été dupe de mon excessive générosité, moins il me reste de confiance dans la vitalité de ma nation. »

Les premières pages de votre essai sont consacrées au discours du ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin contre l’intervention armée en Irak, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 14 février 2003. C’est plutôt inattendu, comme entrée en matière?

J’ai choisi ce discours parce que c’est un condensé de l’esprit français, un mélange de virilité et de verve enracinées dans ce que la rhétorique française a de meilleur. Un appel à la raison et à la logique cartésienne, construit sous le signe d’oppositions binaires: conflit-harmonie, intérêt personnel- bien commun, politique de puissance-moralité… L’auteur se fait le porte-parole d’une sagesse ancestrale: « Nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience… » Avec le recul, cet exercice apparaît comme un ultime morceau de bravoure, le dernier acte d’une magnifique tradition universaliste.

N’est-ce pas le cas de nombreuses nations que de se considérer comme investies d’une mission, les Etats-Unis, la Russie, Israël…?

Certes, mais la France a la particularité de mettre en avant ses prouesses morales et intellectuelles, et la conviction de devoir penser pour le reste du monde. Au XIXe siècle, Auguste Comte affirme que Paris est le centre de l’humanité, parce que l' »esprit philosophique » y règne. L’historien Ernest Lavisse écrit en 1890 que la mission de la France est de « représenter la cause de l’humanité ». La Révolution française a été la source des idéaux messianiques français: liber té, égalité, fraternité, droits de l’homme…

Vous avez été frappé par l’étrange culte à la culture célébré par les Français. Il s’agit vraiment d’une spécificité nationale?

J’en suis convaincu. Ce culte se reflète dans la consécration de l’écrivain, véritable guide spirituel de la société, et dans l’importance accordée au style, à la syntaxe, au mot juste, au monde des idées. En 1944, un petit manuel avertis sait les soldats britanniques du débarquement: « Vous aurez souvent l’impression [que les Français] se disputent violemment, alors qu’ils ne font que débattre d’une idée abstraite. »

Pour les Français, dites-vous, la meilleure façon de vendre des idées, c’est d’affirmer qu’elles sont nouvelles. N’y aurait-il pas un peu de marketing dans l’air?

La question se pose. Du début des années 1950 à la fin des années 1970, j’ai répertorié le « nouveau roman », la « nouvelle vague », la « nouvelle histoire », la « nouvelle philosophie », la « nouvelle société », la « nouvelle gauche », la « nouvelle droite » – sans oublier la « nouvelle cuisine »…

Autre trouvaille de vos recherches: le paradoxe serait l’une des clefs d’entrée de la pensée française?

Il suffit d’examiner comment les uns et les autres se présentent ou sont présentés, sous la forme d’oxymores: « rationaliste passionné », « missionnaire laïque », « spectateur engagé », « défaite glorieuse »… Vous ne vous en rendez pas forcément compte, mais ce genre d’expression paradoxale est déroutante pour un étranger. Julien Green l’a vécu à ses dépens à Oxford lors d’une conférence qu’il donnait sur « les trois Barrès », c’est-à-dire les trois aspects contradictoires de la pensée de l’écrivain nationaliste. Mais l’assistance n’a pas forcément saisi cette subtilité. La preuve, à l’issue de son intervention, un auditeur a levé la main et demandé: « Quels sont les prénoms des deux autres frères Barrès? »

Au vocabulaire. L’intellectuel est un « clerc »; son engagement, une « foi »; sa rupture avec une idéologie, une « hérésie » ou une « délivrance »… Rappelez-vous Edgar Morin racontant son adhésion au communisme comme « l’espérance du salut dans la rédemption collective ». Et depuis la Révolution, les héros nationaux entrent au Panthéon, une ancienne église, et de Gaulle est devenu le Saint-Père national.

Autre surprise: au pays de Descartes et du rationalisme philosophique, les Français se passionneraient pour l’occultisme?

J’avais été surpris par les Mémoires d’Elizabeth Teissier, l’astrologue de François Mitterrand, dénichées à l’étal d’un bouquiniste, avant de découvrir que le président français n’était que le dernier d’une longue série d’hommes célèbres à croire aux « forces de l’esprit »: Robespierre, Victor Hugo, Jaurès, Poincaré, Clemenceau… Entre les deux pôles de la théologie et du matérialisme s’étend un territoire où coexistent l’attachement au rationalisme et la foi dans le surnaturel. Même si cela peut paraître paradoxal s’agissant d’un XVIIIe siècle rejetant les croyances en tout genre, certains principes de l’occultisme à la française sont enracinés dans les idées des Lumières, voire dans celles de la gauche: croyance en la bonté de l’homme, ouverture sur les valeurs et cultures différentes…

Dernière caractéristique des Français cartésiens, selon vous, l’inclination pour l’utopie…

Cette prédisposition utopiste puise sa source chez Rousseau, qui considère que la faculté première de l’homme est l’imagination. Les oeuvres de Louis-Sébastien Mercier, Saint-Simon, Charles Fourier, Etienne Cabet sont toutes marquées par la révolte contre l’injustice et par l’ambition d’épanouir la nature humaine. Par ailleurs, le raisonnement utopique est marqué par son caractère systématique et radical.

Ces idéaux progressistes ont contribué à l’adhésion de très nombreux Français au communisme. Car, au fond, les promesses du Parti communiste français ne renvoyaient-elles pas à l’ambition des Lumières de former des citoyens instruits partageant une morale laïque commune, à l’aspiration rousseauiste à régénérer l’homme, au désir de Fourier de promouvoir une plus grande harmonie sociale, au culte de la perfection et de l’industrie de Saint-Simon, à la « dictature bienveillante » de Cabet… ?

Sudhir Hazareesingh en 6 dates

1961 Naissance à l’île Maurice dans une famille de lettrés et de hauts fonctionnaires d’origine indienne.

1981 Etudiant au Balliol College, à Oxford, où il enseigne aujourd’hui les sciences politiques et les relations internationales.

1990 Soutenance d’une thèse sur les rapports entre les intellectuels français et le communisme.

2006 Prix d’histoire de la Fondation Napoléon pour La Légende de Napoléon.

2010 Le Mythe gaullien (Gallimard).

2015 Ce pays qui aime les idées. Histoire d’une passion française (Flammarion).

Interview
Sudhir Hazareesingh : «Chez les intellectuels français émerge un néoconservatisme républicain, frileux et nombriliste»
Sonya Faure
Libération
28 août 2015

Professeur à Oxford, le Britannique né sur l’île Maurice publie «Ce pays qui aime les idées», un essai consacré à la passion typiquement française pour le débat, de plus en plus schématisant et pessimiste.

Face au succès des thèses déclinistes d’Eric Zemmour, d’Alain Finkielkraut ou de Michel Houellebecq, on les cherche anxieusement du regard : mais où sont les intellectuels de gauche ? Pourquoi un tel silence du camp «progressiste» quand ne cesse de se répandre une vision anxieuse et anxiogène du monde ? Dans Ce pays qui aime les idées, un essai paru cette semaine chez Flammarion, un Britannique, professeur à Oxford, se penche sur cette inclination si française pour le débat. Sudhir Hazareesingh a connu son premier émoi intellectuel sur l’île Maurice, où il a grandi, quand il a vu, sur le petit écran, Marguerite Yourcenar débattre des notions de bien et de mal à Apostrophes, l’émission culte de Bernard Pivot. «Même si tant de subtilité avait quelque chose de légèrement cocasse (tout particulièrement lorsqu’on l’observait d’une île tropicale de l’océan Indien), personne ne pouvait à l’époque rivaliser avec l’énergie intellectuelle et le panache des Français», écrit-il. Que reste-t-il de ce panache ? L’universitaire britannique dresse un tableau assez alarmant. Qu’est-il donc arrivé à la France et à ses intellectuels pour qu’ils s’enlisent dans un tel pessimisme teinté d’ethnocentrisme ?
Vous faites le constat très sévère d’une crise de la pensée française. Quels en sont les symptômes ?

La neurasthénie s’est emparée de la France. La vie intellectuelle a versé dans une très forte tendance au déclinisme. En témoigne l’élection d’Alain Finkielkraut à l’Académie française ou les deux derniers romans de Houellebecq, qui a certes toujours donné dans le morbide, mais qui touche désormais à l’extrême névrose… Ce qui me frappe, c’est que ces intellectuels, polémistes ou écrivains ont une vision psychologisante du déclin français. On parle de la France comme d’un patient, on évoque la pourriture – voyez Bernard-Henri Lévy qui compare la gauche française à un «grand cadavre à la renverse», reprenant un mot de Sartre. Dans la culture anglo-saxonne, ce genre de constat s’accompagnerait d’une analyse empirique. On irait voir ce qu’il en est réellement, sur le terrain. Ainsi, l’école française républicaine tant brocardée est-elle vraiment en déclin ? Sur quelles notations s’appuie ce constat ? Où est la chute du taux d’alphabétisation ? C’est une particularité bien française : le débat – et particulièrement le débat décadentiste – s’en tient à un discours très abstrait et à des schémas globalisants.

Ce pessimisme français est-il nouveau ?

Il me semble au contraire être le propre de la pensée française : la certitude que la France est un grand pays, qui doit penser non seulement pour lui-même mais aussi pour le reste du monde, est associée à une grande angoisse de déclin. On retrouve cette dialectique depuis la Révolution jusqu’aux écrits du général de Gaulle. Lorsqu’on a des ambitions extraordinaires, on craint toujours de ne pas être à la hauteur. La France est chargée de représenter la cause de l’humanité, selon Lavisse. Et quand la France n’arrive pas à concrétiser cet universalisme, elle se dit : «Tout est foutu».
Ce qui est plus grave aujourd’hui, c’est qu’une partie du monde intellectuel diffuserait, dites-vous, «une forme étriquée de nationalisme ethnique»…
Pour le dire vite, jusqu’à la fin du XXe siècle, le nationalisme qui dominait en France était républicain : un patriotisme plutôt. On était français tant qu’on adhérait à des valeurs abstraites – le fameux «plébiscite de tous les jours» de Renan. L’identité collective était une construction sociale réinventée à chaque génération. Mais ce schéma-là a commencé à s’effriter à la fin du XXe siècle – à droite surtout, mais aussi à gauche. Le «non» au référendum sur la Constitution européenne de 2005 est un tournant majeur : il représente, entre autres choses, la victoire de la gauche fermée, repliée sur elle-même (le silence des intellectuels, lors de cette campagne, est d’ailleurs éloquent). A partir de 2011, le «marinisme» a commencé à émerger, avec l’ambition de banaliser les idées et les valeurs du Front national, et à droite, Alain Finkielkraut a entamé son évolution vers un nationalisme xénophobe et larmoyant. Une espèce de néoconservatisme républicain, frileux, nombriliste et nostalgique émerge en France.

Cette pensée, on la retrouve aussi chez l’acteur royaliste Lorànt Deutsch, qui vend ses livres sur Paris et la France à plusieurs dizaines milliers de d’exemplaires…

Pour comprendre les grands mouvements de pensée et leur diffusion, il ne faut pas se contenter d’étudier les grands intellectuels. On assiste aujourd’hui à la résurgence d’une histoire conservatrice (dans la tradition royaliste et nationaliste). Y participent aussi bien Deutsch que Jean Sévillia, du Figaro magazine. C’est important car l’histoire a une place de premier plan dans la constitution de l’identité collective française. Pour Sévillia, depuis plus d’un siècle, un complot entre historiens républicains aurait servi à occulter la vraie histoire de la France en minimisant le poids du royalisme et de la chrétienté, et en inventant le mythe d’une terre d’accueil et d’assimilation. Ces polémiques – on pourrait aussi mentionner les débats houleux sur les lois mémorielles – soulignent à quel point l’historien est toujours considéré en France à la fois comme un guérisseur et un oracle chargé de révéler la continuité de la nation et son destin.

Pourquoi le débat français ne parvient-il pas à se saisir plus sereinement de la question des minorités ?

La source du problème vient là encore de l’approche très schématisée des problèmes sociaux en France. On ne pense pas au sort concret des musulmans ou des minorités postcoloniales, on réfléchit à leur place par rapport au principe abstrait qu’est la laïcité. La tournure qu’a pris le débat sur le voile en France est frappante. Dès les années 80, à partir de l’histoire de deux jeunes filles qui arrivent voilées dans un collège de banlieue, un texte signé par des intellectuels de gauche, comme Régis Debray ou Elisabeth Badinter, parle du «Munich de l’école républicaine» ! Les traits caractéristiques du débat d’idées français sont en place : explosion de concepts tonitruants, schématisation extrême. On ne parle jamais des immigrés eux-mêmes, de ce qu’ils sont ou de la manière dont ils se voient. On touche ici à un autre problème : l’interdiction de faire des statistiques ethniques en France. Elles sont pourtant devenues indispensables si on ne veut pas laisser le champ libre aux «fantasmagoristes» qui occupent le terrain aujourd’hui.

Ce refus du multiculturalisme en France, vous le faites remonter à Descartes.

Descartes pose que la pensée est l’essence fondamentale de l’être humain. Et la pensée est indivisible. C’est pour cette raison que toute la tradition républicaine a vu en Descartes son fondateur. Les républicains disaient en effet exactement la même chose au niveau politique : c’est la rationalité qui fonde l’identité politique, et celle-ci ne se divise pas – des schémas très holistiques déjà. Cette grande tradition totalisante a certes été très créative, mais elle a aussi empêché les Français de réfléchir à l’identité de manière souple. Le contraste est évident avec l’Angleterre, où l’on peut être British-Asian, à la fois britannique et asiatique. En France, les mots n’existent pas pour dire cette possible hybridation. On en revient toujours à l’expression «Français d’origine» algérienne ou malienne. Mais l’origine est un faux problème. Elle ne dit que la trace de ce qu’était la personne – ou ses parents – il y a vingt ou cinquante ans. Pas ce qu’elle est aujourd’hui et qui peut tenir d’un brassage des identités.

La figure de l’intellectuel français existe-t-elle encore ?

Elle a connu un repli indéniable. Du XVIIIe au XXe siècle, les intellectuels étaient des guides spirituels. Une substitution au clergé – on parle d’ailleurs parfois de «clercs» pour les désigner ou d’«hérésie» de certaines convictions. La grande tradition intellectuelle française, de Voltaire et Rousseau à Sartre et Foucault, reposait sur un socle littéraire et philosophique, et sur la puissance de l’Ecole normale supérieure. On est désormais passé du lettré philosophe au technocrate. Sans doute parce qu’une société très moderne n’a plus besoin de maître à penser. Sans doute aussi parce que les intellectuels français ont abusé de concepts abstraits – Derrida et les structuralistes notamment. Les fonctions intellectuelles sont toujours là – elles n’évoluent d’ailleurs pas beaucoup quand on voit que Saint-Germain-des-Près concentre toujours autant de maisons d’édition -, des pamphlets s’écrivent tous les six mois… Mais les intellectuels ne s’investissent plus autant dans le débat politique et les politiques n’en sont d’ailleurs plus demandeurs.

Les intellectuels de gauche sont-ils responsables de leur perte de crédit, en France ou à l’étranger ?

Ils ont toujours de nobles sentiments : la défense des plus démunis, le rejet de la fatalité sociale, le mépris pour le mercantilisme anglo-saxon. Mais ils n’ont pas su développer une alternative européenne, une authentique troisième voie entre le mirage du social-libéralisme et les vieilles chimères jacobino-marxistes. Nous l’attendions justement de la France, pays des intellectuels. Mais ils se sont repliés et ont fermé les volets, tournant ainsi le dos au grand principe francais de fraternité. Dès le XVIIIe siècle pourtant, les républicains avaient une culture totalement européenne : ils lisaient Kant et, plus tard, les utilitaristes anglais… Rousseau n’était même pas français ! Mais la production intellectuelle est aujourd’hui devenue très franco-française. A double titre : elle ne parle que de la France et s’exporte peu… à de rares exceptions près, comme le travail sur les lieux de mémoire de l’historien Pierre Nora.

Vous oubliez l’économiste Thomas Piketty ?

Pour le dire de manière provocante, Piketty n’est pas aussi français que les Français le pensent. Sa formation intellectuelle est en partie anglo-américaine et son mode de raisonnement – sa grande utilisation de statistiques – ne s’inscrit pas précisément dans la tradition française. Je suis surtout frappé par une chose : à quel point il est célébré en France, mais à quel point aussi il n’est pas du tout écouté par le gouvernement socialiste. Nul n’est prophète en son pays…

L’autre grand échec des intellectuels français selon vous, c’est de ne pas avoir su endiguer la montée du Front national.

C’est navrant pour le pays de la tradition dreyfusarde. C’est une constante depuis les années 80 : on a systématiquement sous-estimé le Front national. Sans doute est-ce encore une fois dû à une forme de pensée holistique et essentialiste typiquement française : on part de l’idée que la France est le pays de la Révolution et des droits de l’homme. Donc, dans ce pays-là, le Front national ne peut être qu’un phénomène éphémère. Donc on n’a pas besoin d’y réfléchir.

La France est-elle vraiment si intello ?

Le débat d’idées y structure la société beaucoup plus qu’ailleurs. J’irai même jusqu’à dire que la pensée est une composante essentielle de ce que veut dire «être français». Et cela pour une raison historique simple : quand il fallu inventer une nation après la Révolution française, on a dû le faire à travers des principes abstraits. Procédez de cette manière, et vous serez constamment dans un débat d’idées. Etre français, c’est réfléchir sans fin aux valeurs sur lesquelles repose la citoyenneté, savoir ce qu’elles veulent dire, s’il faut les mettre à jour… En France, le moindre village célèbre l’écrivain inconnu qui est né sur ses terres. Il y a encore une épreuve de philo au bac et, chaque année, en juin, la France se met à en discuter… Hier, j’assistais à une altercation entre deux automobilistes parisiens au sujet d’une place de parking. En tout dernier recours, la femme a lancé à l’homme : «C’est une question de principe, monsieur !» Je me suis dit : «Voilà, je suis en France.»

Ce qui est d’abord nouveau aujourd’hui, c’est cela : une forme de fusion des pensées antimodernes dans un éloge commun d’un « républicanisme » nostalgique et passéiste qui réunit les ennemis d’hier, ceux qui sont effectivement les héritiers d’une culture républicaine comme ceux qui s’inscrivent dans une tradition profondément antirépublicaine. La deuxième chose qui me frappe, c’est la dimension très franco-française de cette pensée du repli. (…) Troisième élément qui caractérise notre époque : l’absence de véritable débat. (…) . On n’entend plus de contre-discours. Les antimodernes ont cannibalisé l’espace public. Enfin, quatrième point frappant : la tendance très actuelle à diaboliser tout ce qui est « autre ». (…) Tout ce qui est « autre » est représenté comme une menace pour « l’identité française », cet autre étant à la fois l’étranger (l’Allemagne, les Etats-Unis, le monde arabo-musulman) et le minoritaire (les féministes, les homosexuels, les immigrés, etc.). (…) ces auteurs définissent l’identité française comme un archipel d’îlots menacés. Le premier de ces îlots, c’est la laïcité, dont l’ennemi est à leurs yeux le multiculturalisme. Le deuxième, c’est la souveraineté : ici, l’adversaire s’appelle la mondialisation (ou l’Europe). Le troisième de ces îlots, c’est la civilisation française au sens large : dès lors que tout ce qui est français est par définition supérieur à ce qui ne l’est pas, tout doit être fait pour éviter l’invasion d’une culture étrangère, par essence barbare et immorale. D’où, chez ces auteurs, l’éloge fréquent de la notion de frontière et, à l’inverse, le rejet de toute forme de cosmopolitisme.(…) Dans d’autres pays européens, le réflexe souverainiste et pessimiste peut exister : il est le socle des populismes qui se manifestent un peu partout. Mais (…) En France (…) le pessimisme repose fondamentalement sur le déclinisme, et s’appuie sur certains traits caractéristiques de la tradition intellectuelle nationale : le penchant pour le schématisme, l’abstraction et le refus des faits, le goût du paradoxe, le recours systématique à la diabolisation et aux arguments extrêmes, et une vision apocalyptique de l’avenir. Sudhir Hazareesingh

Voir aussi:

Sudhir Hazareesingh : « En France, le déclinisme a gagné beaucoup de terrain »
LE MONDE DES LIVRES

20.08.2015

Propos recueillis par Julie Clarini

Professeur à Oxford, spécialiste de Napoléon, Sudhir Hazareesingh s’intéresse à l’histoire et à la ­culture politique françaises (La Saint-Napoléon, ­Tallandier, 2007 ; Le Mythe gaullien, Gallimard, 2010). Son nouveau livre, à paraître le 27 août, brosse un portrait intellectuel des Français.

Comment dégager un « esprit français » ?

Il s’agit d’éviter toute forme d’essentialisme. J’essaie de montrer que la pensée française est une construction sociale : à partir des Lumières, un certain mode et style de pensée s’impose et devient hégémonique. J’en décris les caractéristiques et je montre comment cette pensée a été soutenue par les institutions françaises, par l’Etat, par les grandes écoles, par les producteurs de savoirs… Par exemple, le moment que nous vivons aujourd’hui, la rentrée littéraire, est une des manifestations de cet esprit français. Tout est très codifié, très ritualisé. Après une période de vide absolu pendant l’été, les livres arrivent en masse. Et on commence à ­parler des prix, à chuchoter des noms. Surtout, très vite, s’opère la distinction implicite entre la masse des livres et la petite élite qui va vraiment compter.

Votre essai dégage ce qui ­soutient cet esprit français. On reconnaît certains traits (un rapport à la raison, à l’abstraction, une certaine propension à l’utopie, etc.) ; d’autres sont plus étonnants, comme cette tendance à l’occultisme…

Par hasard, en flânant sur les quais de la Seine, j’ai acheté les Mémoires de l’astrologue Elizabeth Teissier (Sous le signe de Mitterrand, Editions n° 1, 1997). C’est étonnant de voir à quel point Mitterrand était proche d’elle. Vous vous souvenez sans doute de cette scène où le président déclare, en 1995, face à la caméra : « Je crois aux forces de l’esprit. » Or, en travaillant sur le mythe de Napoléon, j’avais déjà repéré ­l’importance d’un certain mysticisme au XIXe siècle. J’ai voulu creuser un peu plus. Et il s’avère que l’ésotérisme est une composante fondamentale de la pensée républicaine et socialiste, jusqu’au milieu du XXe siècle. Ce qui est surtout très particulier à la France, c’est que ce sont les hommes et les femmes de gauche, qui croient au progrès, aux Lumières, qui sont fascinés par l’ésotérisme. L’occultisme est la partie submergée à la fois de la tradition républicaine et de la tradition progressiste. Je me permets donc d’avancer la thèse d’une continuité depuis la Révolution jusqu’à Mitterrand.

Vous analysez, dans votre dernier chapitre, l’évolution du monde intellectuel depuis dix ans. Que voyez-vous ?
Un esprit décliniste a gagné beaucoup de terrain, y compris à gauche, elle qui représentait pourtant la tradition philosophique de l’optimisme et du volontarisme. Je crois qu’il s’agit d’un conservatisme nationaliste qui auparavant était aux marges de la République. Barrès, par exemple, se disait républicain mais au sens très minimal. Ses écrits portent la trace de son refus des valeurs républicaines comme l’égalité ou la fraternité. Il me semble que c’est cette tradition-là qui renaît, mais elle renaît cette fois à l’intérieur de la tradition républicaine.

Car le repli que j’essaie d’analyser se manifeste à la fois dans l’espace et dans le temps : un repli nombriliste, qui tourne le dos à l’internationalisme et à la fraternité ; et un repli sur la IIIe République, qui devient un âge d’or. C’est par exemple étrange que François Hollande soit allé s’agenouiller devant la statue de Jules Ferry. Comment Ferry peut-il incarner un modèle pour l’homme d’Etat du XXIe siècle, lui qui justifiait l’empire colonial au nom de la ­supériorité de la race française ? Voilà qui reflète bien l’incapacité française à regarder en face son héritage colonial.

Qu’avez-vous pensé de la ­manifestation du 11 janvier ?

J’ai regardé cela avec intérêt et fascination. D’abord il y a cette chose très française, et tout à fait admirable, que chaque fois qu’on s’en prend vraiment à la Répu­blique, le peuple descend dans la rue. Mais la question, c’est : au nom de quelles valeurs ces Français et ces Françaises ont-ils ­manifesté ?
Je ne suis pas complètement d’accord avec la thèse d’Emmanuel Todd (dans Qui est Charlie ?, Seuil), mais je pense qu’il saisit quelque chose de profond : dans tout grand mouvement de défense de valeurs républicaines, il y a aussi parfois la tentation d’une certaine forme d’exclusion. D’ailleurs, historiquement, cette ambiguïté fait aussi partie de la grande tradition républicaine : le dissident est mis au ban de la communauté politique. Le grand slogan révolutionnaire, c’était : « Liberté, Egalité, Fraternité ou la mort ! »
Il est grand temps d’avoir en France des statistiques ethniques pour savoir ce que pensent vraiment les minorités. Et dédramatiser. En Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, on aurait déjà eu vingt-cinq sondages ! Mais encore une fois, en France, on préfère les schémas, et la grande ­opposition laïcité-religions. C’est une opposition très peu subtile, trop binaire, pour permettre de comprendre ce que veut dire être musulman en France.
Les données essentielles de l’esprit français

Sans doute faut-il être un spécialiste de Napoléon, et qui plus est un Britannique, pour se découvrir non seulement l’envie mais aussi le talent de cerner « l’esprit français ». Sudhir Hazareesingh est dans ce cas. En signant Ce pays qui aime les idées (titre anglais : « Comment pensent les Français », moins flatteur), il fait montre de tout le sérieux et de toute la bienveillante ironie qui sied à l’entreprise. Bref, on le lit avec plaisir, et profit. Les premiers chapitres sont de parfaites synthèses des grandes tendances de la culture française telle qu’elle s’est construite depuis le XVIIIe siècle : l’auteur y tente d’identifier les schémas de pensée, les croyances, et la rhétorique qui forment l’enveloppe dans laquelle se déploie la réflexion.
Il dégage, par exemple, cet attachement français aux grandes oppositions binaires (ouverture et isolement, immobilisme et réforme, liberté et déterminisme, progrès et décadence), dû à l’influence du rationalisme et à son corollaire, le goût de l’abstraction. Les pages sur la réception et l’utilisation, au fil des siècles, de la référence à Descartes sont d’ailleurs instructives. Mais il convient, insiste l’auteur, de ne pas négliger le pouvoir de l’imagination qui est une donnée essentielle de l’esprit français (elle expliquerait en partie la propension nationale à l’utopie). Sudhir Hazareesingh pointe avec soin les paradoxes : en France, la fascination pour l’ordre et la prédictibilité coexiste avec le rejet du conformisme. C’est aussi un pays où l’on peut rencontrer des rationalistes mystiques (lire l’entretien ci-contre) et subir de « glorieuses défaites » (utile invention, au demeurant, comme le souligne l’auteur).

« Tentation du repli »

La fin de l’essai se consacre à des analyses plus thématiques sur la place de l’intellectuel depuis l’après-guerre (décrit subtilement comme une histoire en trois parties : l’influence de Sartre, de Tocqueville puis de Camus) ou sur le rôle de l’histoire dans la construction du sentiment national. Enfin, l’ouvrage aborde le climat intellectuel depuis une dizaine d’années : l’anxiété et le déclinisme paraissent avoir nettement emporté la partie. Cette « tentation du repli », qui semble toucher la gauche autant que la droite, « a corrompu l’héritage rousseauiste et républicain de la pensée française ». Il en résulte en effet un affaiblissement de l’influence française sur la scène ­politique et culturelle à l’échelle mondiale.
Ce pays qui aime les idées. Histoire d’une passion française (How the French Think. An Affectionate Portrait of an Intellectual People), de Sudhir Hazareesingh, traduit de l’anglais par Marie-Anne de Béru, Flammarion, « Au fil de l’histoire », 464 p., 26 € (en librairie le 27 août).

Voir également:

« Les antimodernes ont cannibalisé l’espace public »
Propos recueillis par Thomas Wieder
Le Monde
26.09.2015

Sudhir Hazareesingh est professeur à l’université d’Oxford. Spécialiste de la France des XIXe et XXe siècles, il vient de publier Ce pays qui aime les idées. Histoire d’une passion française (Flammarion, 464 pages, 23,90 euros).

Quel regard portez-vous sur la pensée française d’aujourd’hui ? Dans votre livre, vous parlez d’une « tentation du repli » pour caractériser la période actuelle. Quelles en sont les caractéristiques ?

Sudhir Hazareesingh : Selon moi, quatre phénomènes définissent la situation actuelle. Le premier, c’est le fait que le déclinisme et le pessimisme ne sont plus l’apanage de la droite antimoderne et réactionnaire. Aujourd’hui, l’idée que « rien ne va plus » ou que « tout fout le camp » dépasse de loin cette famille de pensée, au point que certains de ses porte-parole les plus éloquents viennent de la gauche, comme Michel Onfray ou Régis Debray. Ce qui est d’abord nouveau aujourd’hui, c’est cela : une forme de fusion des pensées antimodernes dans un éloge commun d’un « républicanisme » nostalgique et passéiste qui réunit les ennemis d’hier, ceux qui sont effectivement les héritiers d’une culture républicaine comme ceux qui s’inscrivent dans une tradition profondément antirépublicaine.
La deuxième chose qui me frappe, c’est la dimension très franco-française de cette pensée du repli. Il y a deux siècles, les auteurs français réactionnaires avaient un rayonnement international. Joseph de Maistre, par exemple, appartenait au patrimoine mondial de la pensée. Il était lu et discuté à l’étranger. Aujourd’hui, les pamphlétaires français antimodernes n’écrivent que pour un public hexagonal. A l’étranger, personne ne lit Eric Zemmour, Michel Onfray ou Alain Finkielkraut. Il y a quelques années, l’historien Pierre Nora avait dénoncé le « provincialisme » croissant de la vie intellectuelle française. J’adhère totalement à son analyse.
Troisième élément qui caractérise notre époque : l’absence de véritable débat. Autrefois, l’antimodernisme n’était qu’une composante de la scène intellectuelle française. Face aux déclinistes et aux pessimistes, il y avait des progressistes et des optimistes qui pouvaient leur porter la contradiction. De nos jours, il n’y a quasiment plus personne dans le camp d’en face. On n’entend plus de contre-discours. Les antimodernes ont cannibalisé l’espace public.

Enfin, quatrième point frappant : la tendance très actuelle à diaboliser tout ce qui est « autre ». Dans un livre merveilleux, traduit en français sous le titre Deux siècles de rhétorique réactionnaire (Fayard, 1991), le sociologue américain Albert O. Hirschman expliquait qu’un élément central de cette rhétorique était la notion de « mise en péril ». C’est exactement ce qu’on observe aujourd’hui. Tout ce qui est « autre » est représenté comme une menace pour « l’identité française », cet autre étant à la fois l’étranger (l’Allemagne, les Etats-Unis, le monde arabo-musulman) et le minoritaire (les féministes, les homosexuels, les immigrés, etc.).
Quelle est cette identité française qui serait mise en péril ?

Je dirais volontiers que ces auteurs définissent l’identité française comme un archipel d’îlots menacés. Le premier de ces îlots, c’est la laïcité, dont l’ennemi est à leurs yeux le multiculturalisme. Le deuxième, c’est la souveraineté : ici, l’adversaire s’appelle la mondialisation (ou l’Europe). Le troisième de ces îlots, c’est la civilisation française au sens large : dès lors que tout ce qui est français est par définition supérieur à ce qui ne l’est pas, tout doit être fait pour éviter l’invasion d’une culture étrangère, par essence barbare et immorale. D’où, chez ces auteurs, l’éloge fréquent de la notion de frontière et, à l’inverse, le rejet de toute forme de cosmopolitisme.
Face à l’intérêt que suscitent ces intellectuels, les responsables politiques semblent peu audibles. Pourquoi ?

Il y a un élément très important, a fortiori dans un pays comme la France, où l’on aime les idées : c’est la langue. Que l’on partage ou non leurs analyses, force est de constater que les auteurs dont nous parlons savent manier la langue française. Certes, tous ne brillent pas dans le même registre : Finkielkraut, par exemple, est assez mauvais à la télévision mais il écrit remarquablement bien ; Zemmour, même si sa prose n’est pas exceptionnelle, a un talent oratoire hors pair ; Onfray, lui, est bon à peu près partout, que ce soit dans ses livres, dans ses cours ou sur un plateau télévisé, comme celui d’« On n’est pas couché ».

De l’autre côté, le problème est que l’on a une génération d’hommes politiques qui utilisent tous, peu ou prou, une langue technocratique. Ce sont des gestionnaires, incapables de varier de registre en citant un écrivain ou un poète. Or, quand vous mettez des gestionnaires face à des intellectuels qui savent manier la rhétorique, il est logique que l’on écoute davantage les seconds.
Ce que vous observez en France, l’observez-vous ailleurs en Europe ?

Non, pas vraiment. Dans d’autres pays européens, le réflexe souverainiste et pessimiste peut exister : il est le socle des populismes qui se manifestent un peu partout. Mais la manière dont cette pensée se présente en France est particulière, autant dans sa substance que dans son style. En Grande-Bretagne, par exemple, vous avez actuellement, autour de UKIP (United Kingdom Independence Party), un état d’esprit un peu analogue. Mais c’est un mouvement très anti-intellectuel et antipolitique, qui ne repose sur aucun système de valeurs cohérent. Surtout, il n’est pas obsédé par l’idée de déclin.
En France, par contre, le pessimisme repose fondamentalement sur le déclinisme, et s’appuie sur certains traits caractéristiques de la tradition intellectuelle nationale : le penchant pour le schématisme, l’abstraction et le refus des faits, le goût du paradoxe, le recours systématique à la diabolisation et aux arguments extrêmes, et une vision apocalyptique de l’avenir.

Voir encore:

Ce pays qui aime les idées

Aux yeux du monde, les Français seraient arrogants, présomptueux, ingouvernables… Ne seraient-ils pas d’abord et avant tout de grands amoureux des idées ? C’est, en tout cas, dans cette passion spécifiquement française qu’il faut, selon l’historien britannique Sudhir Hazareesingh, chercher les racines de notre identité, et en particulier celles de notre fameuse exception culturelle. Au fond, à quoi reconnaît-on la pensée française ? Peut-être à cette façon d’être un art de vivre partagé par tous.
Sans doute aussi à son inextinguible vitalité : si les Français donnent l’impression de ne jamais débattre sans se disputer, c’est qu’ils ont l’exercice de la controverse trop à coeur ; s’ils passent facilement pour des donneurs de leçons, c’est qu’ils aspirent toujours vivement à l’universel, au point de s’en estimer seuls garants ; s’ils sont râleurs, anarchiques et prompts à la révolte, c’est qu’ils ont une âme frondeuse et l’esprit critique chevillé au corps ; s’ils se croient supérieurs, c’est qu’ils ont le goût de l’abstraction, l’art d’inventer des concepts qui séduisent au-delà des frontières – le socialisme, le structuralisme, l’existentialisme, la déconstruction, le mot même d’intellectuel.
Enfin, s’ils sont enclins aujourd’hui à broyer du noir, c’est qu’ils sont nostalgiques de leur grandeur passée et qu’ils refusent d’abdiquer. Catalogue passionné des spécificités de la pensée française, ce livre nous décrit mieux que nous ne saurions le faire, en même temps qu’il nous pousse à interroger l’inquiétude que nous inspire l’idée de notre déclin

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-histoire-des-idees-la-france-pense-t-elle-encore-2015-08-31

Biographie et informations
Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Île Maurice , 1961

Biographie :

Sudhir Hazareesingh est né dans une famille de hauts fonctionnaires indiens.

Il est chargé de recherches et directeur d’études en Sciences Politiques à Balliol College, à l’Université d’Oxford, et Fellow de la British Academy.

Il a été professeur invité à l’EHESS, à l’École Pratique des Hautes Études, et à Sciences-Po.

Il est membre du Comité Scientifique de la revue French Politics, de l’European Journal of Political Theory, ainsi que la revue Napoleonica.

Il contribue régulièrement au Times Literary Supplement, et a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire et la culture politique française, dont La Saint-Napoleon. Quand le 14 Juillet se fêtait le 15 Août (Paris, Éditions Tallandier, 2007.

Son ouvrage La Légende de Napoléon (2005) a remporté le Prix du Mémorial d’Ajaccio, le Prix d’Histoire de la Fondation Napoléon, et le Prix de la Ville de Meaux.

http://www.babelio.com/auteur/Sudhir-Hazareesingh/93932

Contre ces intellectuels apôtres d’une France moisise

http://www.babelio.com/auteur/Sudhir-Hazareesingh/93932

http://www.theguardian.com/books/2015/jun/13/from-left-bank-to-left-behind-where-have-the-great-french-thinkers-gone

« I was struck that on the night of the attacks people gathered spontaneously at the Place de la République, and then marched in their millions on 11 January. When confronted by a crisis, the French band together to reaffirm what they call the lien social, the social bond. It’s very much part of their democratic, Rousseauian tradition, reclaiming public space in order to illustrate that the Republic is made up not only of individual citizens but of people with shared values. That said, there were many different sensibilities represented in the march, and it is not easy to ascribe an unequivocal meaning to it. »

http://www.politics.ox.ac.uk/news/sudhir-hazareesingh-discusses-french-secularism-on-the-bbc-in-the-aftermath-of-charlie-hebdo.html

http://www.bbc.co.uk/programmes/b051cpx8

Philosophy
From Left Bank to left behind: where have the great French thinkers gone?
From Voltaire and Rousseau to Sartre and De Beauvoir, France has long produced world-leading thinkers. It even invented the word ‘intellectual’. But progressives around the globe no longer look to Paris for their ideas. What went wrong?
Sudhir Hazareesingh
The Guardian
13 June 2015

Writing shortly after the end of the second world war, the French historian André Siegfried claimed (with a characteristic touch of Gallic aplomb) that French thought had been the driving force behind all the major advances of human civilisation, before concluding that “wherever she goes, France introduces clarity, intellectual ease, curiosity, and … a subtle and necessary form of wisdom”. This ideal of a global French rayonnement (a combination of expansive impact and benevolent radiance) is now a distant and nostalgic memory.

French thought is in the doldrums. French philosophy, which taught the world to reason with sweeping and bold systems such as rationalism, republicanism, feminism, positivism, existentialism and structuralism, has had conspicuously little to offer in recent decades. Saint-Germain-des-Prés, once the engine room of the Parisian Left Bank’s intellectual creativity, has become a haven of high-fashion boutiques, with fading memories of its past artistic and literary glory. As a disillusioned writer from the neighbourhood noted grimly: “The time will soon come when we will be reduced to selling little statues of Sartre made in China.” French literature, with its once glittering cast of authors, from Balzac and George Sand to Jules Verne, Albert Camus and Marguerite Yourcenar, has likewise lost much of its global appeal – a loss barely concealed by recent awards of the Nobel prize for literature to JMG Le Clézio and Patrick Modiano. In 2012, the Magazine Littéraire sounded the alarm with an apocalyptic headline: “La France pense-t-elle encore?” (“Does France still think?”)

Nowhere is this retrenchment more poignantly apparent than in France’s diminishing cultural imprint on the wider world. An enduring source of the French pride is that their ideas and historical experiences have decisively shaped the values of other nations. Versailles in the age of the Sun King was the unrivalled aesthetic and political exemplar for European courts. Caraccioli, the 18th-century author of L’Europe Française, expressed a common view when he enthused about the “sparkling manners and lively vivacity” of the French, before concluding: “Every European is now a Frenchman.” Through the revolutionary epics of the late 18th and early 19th centuries, French civilian and military heroes inspired national liberators throughout the world, from Wolfe Tone in Ireland and Toussaint L’Ouverture in Haiti to Simón Bolívar in Latin America. The Napoleonic Civil Code was widely adopted by newly independent states during the 19th century, and the emperor’s art of war was celebrated by progressive writers and poets across Europe, from William Hazlitt to Adam Mickiewicz, but also by Japanese samurai warriors and Tartar tribesmen (a Central Asian folk song celebrated “Genghis Khan and his nephew Napoleon”), and by the Vietnamese revolutionary hero Võ Nguyên Giáp. In the late 1930s, when he was a history tutor at the Than Long school in Hanoi, Giáp taught French revolutionary history; one of his students later recalled the “mesmerising” quality of his lectures on Napoleon.

Jean Paul Sartre and Simone de Beauvoir take tea together in 1946. Photograph: David E Scherman/Time & Life Pictures/Getty Image
Progressive men and women across Europe celebrated the heritage of the 1789 revolution throughout the 19th century, and the first generation of Russian Bolsheviks was obsessed by the analogies between their own revolution in 1917 and the overthrow of the French ancien régime. Lenin drew on the Jacobin heritage as an inspiration for his own revolutionary organisation in Russia, and dismissed those who opposed him as “Girondists”. Stalin’s francophilia extended to obsessively reading the novels of Victor Hugo. French ideas and symbols were universally equated with self-determination and emancipation from servitude: the Statue of Liberty, the iconic emblem of American-ness, was designed by the French sculptor Frédéric Bartholdi; Poland’s national anthem celebrated Napoleon Bonaparte, while Brazil’s flag bore the motto “order and progress”, after Auguste Comte’s motto of positivism. French inspiration was most evident in stimulating traditions of critical and dissenting inquiry about modern society: Olympe de Gouges’s Declaration of the Rights of Woman and the Female Citizen (1791) was embraced by champions of feminine emancipation across the world, while social inequality and political oppression were eloquently denounced by Rousseau and the radical republican tradition of Babeuf, Buonarroti and Blanqui all the way through to the works of Sartre, Fanon, Foucault and Bourdieu. Yet little of this ideological fertility is now in evidence, and French thinking is no longer a central point of reference for progressives across the world. It is noteworthy that none of the recent social revolutions, whether the fall of Soviet-style communism in eastern Europe or the challenge to authoritarian regimes in the Arab world, took their cue from the French tradition.

A yearning towards universality

This intellectual retreat is of course not unique to France. Notwithstanding the recent electoral successes of populist radical movements such as Syriza and Podemos, the horizons of reformist, progressive and internationalist politics have dimmed across Europe since the late 20th century. But the phenomenon is felt much more acutely in France because (in notable contrast with Britain) the nation’s self-image is existentially bound up with its sense of cultural excellence, and with the assumption that their ideas have universal appeal: “France,” claimed the historian Ernest Lavisse without any irony, “is charged with representing the cause of humanity.” From the Enlightenment onwards, France was renowned for her génie scientifique. Paris was celebrated as a principal centre of the European “republic of sciences”, and indeed the discoveries of French scientists revolutionised modern life – from the Cassinis’ new principles of cartography to Louis Pasteur’s seminal findings on disease prevention, and Marie Curie’s ground-breaking research on radioactivity. France also played a pioneering role in devising original forms of intellectual sociability, such as masonic lodges, salons and cafes (the daily Libération celebrated the bistro as a provider of “key social links” among French people). Likewise, the primary impetus for the nation’s ways of thinking has traditionally come from Paris. Indeed, to an extent which is unique in western culture, France’s major cultural bodies – from the state to the great educational and research institutions, academies, publishing houses and press organs – are concentrated in its capital, hence Victor Hugo’s exorbitant claim that Paris was the “centre of the earth”.

This centralisation is one of the main reasons why French ways of thinking exhibit such a striking degree of stylistic consistency – a phenomenon further accentuated by the nation’s profoundly ambivalent intellectual relationship with religion. On the one hand, there has been an ardent tradition of anticlericalism in France, assertively upheld in recent decades by publications such as Charlie Hebdo, and in a colourful lexicon of derogatory designations of priests, with terms such as bouc, calotin, corbeau and ratichon; the place of Islam in contemporary French society continues to generate confusion and acrimonious debate. Yet, in stark contrast with Britain, French thought is also haunted by a pervasive neo-religious rhetoric. One of the modern French words for an intellectual is clerc (a member of the clergy), and the positions held by intellectuals have been consistently defined through concepts such as faith, commitment, heresy and deliverance. Like many men and women of his generation, the philosopher Edgar Morin defined his experiences in the French communist movement as a form of “religious mysticism”. France’s endemic incapacity to reform its state institutions is often represented as a mal, a term which carries connotations of physical disorder as well as sinfulness. One of the classic pamphlets denouncing France’s passion for authority and state centralisation was Alain Peyrefitte’s Le Mal Français; when in 2014 former socialist leader Lionel Jospin challenged what he perceives as France’s unhealthy fascination with Bonapartism, he entitled his polemical essay Le Mal Napoléonien.

This intellectual unity of French thought is crystallised in a number of lasting tropes about Frenchness. The most celebrated, as Siegfried said, is the sense of an exceptional Gallic aptitude for lucidity. The writer Rivarol put it even more imperiously: “What is not clear is not French.” Typically French, too, is an insouciance of manner, “doing frivolous things seriously, and serious things frivolously”, as the philosopher Montesquieu wrote. But it also bears a contrarian and disputatious tendency, as the historian Jules Michelet observed: “We gossip, we quarrel, we expend our energy in words; we use strong language, and fly into great rages over the smallest of subjects.” Above all, French thinking is famous for its love of general notions, such as the French Revolution’s classic triad of liberty, equality and fraternity. As the essayist Emile de Montégut said, “There is no people among whom abstract ideas have played such a great role, whose history is rife with such formidable philosophical tendencies, and where individuals are so oblivious to facts and possessed to such a high degree with a rage for abstractions.”

This passion for generality strongly contrasts with the practical, empirical reasoning of the British. It shows up in many dimensions of the esprit français, especially the tendency for arguments about the good life to revolve around first principles. Burke railed against the “clumsy metaphysics” of the French Revolution’s concept of the rights of man – but the ideal of monarchy celebrated in France by royalist thinkers such as Joseph de Maistre, Louis de Bonald and later Charles Maurras was just as abstract (if not more so). Equally widespread is the passion for considering questions in their totality as opposed to their particular manifestations. In his classic work Les origines de la France contemporaine (1875), Hippolyte Taine described this holism as entrenched since the Enlightenment, a method which sought “to extract, circumscribe and isolate a few very simple and general notions, then, without any reference to experience, to compare and combine them, and from the artificial compound thus obtained, to deduce by pure reasoning all the consequences which it contains”. The resistance leader Charles de Gaulle thus opened his War Memoirs by sketching his “certaine idée de la France” – a country with a vocation for an “eminent and exceptional destiny”. Such lofty aspirations remain an integral feature of French thinking, according to the academician Jean d’Ormesson: “More than any nation, France is haunted by a yearning towards universality.”
Yet paradoxically – the French love paradoxes – this holism comes with the equally cherished Gallic intellectual habit of dividing things into two. This explains why French public debate is invariably structured around a small number of recurring binaries. La France coupée en deux is a familiar representation of the political realm, referring to historical divisions between conservative and progressive blocs, but also dichotomous ways of seeing the world such as opening and closure, stasis and transformation, reason and sentiment, unity and diversity, civilisation and barbarity, masculine and feminine, and good and evil.

The progressive imagination

One of most distinctive features of modern French thought since the Enlightenment, which long provided the basis for its global appeal, is the richness of its progressive tradition. This ingeniousness shines through in the sheer number of mainstream concepts and discursive practices that have their origins in France: a (cursory) list would include the notions of ideology and socialism, the invention of the figure of the “intellectual”, and of the discipline of sociology; the spatial representation of politics as between left and right; the ideas of popular sovereignty and altruism, and the belief that culture should not only be democratically accessible, but should be assigned its own specific department in government (an innovation introduced in 1959 by De Gaulle on his return to power, the first incumbent of the new ministry being the writer André Malraux). This emphasis on creativity bears witness to the consecration of the writer as a spiritual guide for society, and to the central role assigned to imagination in French political and literary culture – hence one of the most celebrated slogans of May ’68: “L’imagination au pouvoir”.
Such has been the centrality of the ideal of creativity that the concepts of revolution and rupture have become familiar tropes across the French humanities and social sciences, whether in politics, history, literature, philosophy, sociology, linguistics, psychology or anthropology. The period between the early 1950s and the late 1970s alone gave us the nouveau roman, the nouvelle vague (in cinema), the nouvelle histoire, the nouvelle philosophie, the nouvelle gauche (and even, in echo, the nouvelle droite), without forgetting nouvelle cuisine – although that concept dates back at least as far as Menon’s Nouveau traité in 1742. For the ethnologist Claude Lévi-Strauss, whose notion of structuralism arguably represented the single most inventive French contribution to western thought in the second half of the 20th century, this thirst for innovation is inherent in the very idea of knowledge: “The great speculative structures are made to be broken. There is not one of them that can hope to last more than a few decades, or at most a century or two.”

This creativity also manifests itself in the French predilection for grand theorising, and in the often breathtaking ambition of progressive thinkers in their quest to uncover original truths about the human condition. Descartes’ cogito ergo sum broke new philosophical ground by locating the source of all certain knowledge in the thinking self, and providing an account of human understanding that was independent of God. Much of Rousseau’s political philosophy was driven by the goal of regenerating humankind through the achievement of republican virtue. Comte wrote extensively about astronomy, physics, chemistry, biology and mathematics, and he devoted his life to elaborating an original scientific synthesis that would herald “the definitive stage of human intelligence”. Indeed, the most remarkable feature of French grand theorising is its aspiration to find comprehensive and universal explanations for all social phenomena: hence the Annales historians’ ambition to provide an account of the entire range of human activities (histoire totale). Likewise, Sartre’s Critique of Dialectical Reason (1960) aimed to establish “whether there is any such thing as a Truth of humanity as a whole”. Simone de Beauvoir’s Second Sex offered a sweeping alternative to the classic view that gender difference was grounded in human nature: “One is not born, but one becomes a woman.” His scattered observations of Brazilian-Amerindian tribes led Claude Lévi-Strauss to conclude that all social thought was based on certain shared symbolic patterns or myths, while Michel Foucault’s sprawling oeuvre claimed to uncover the forms of control and domination that were inherent in all ideologies and ways of thinking. The most recent product of this distinguished line of grand theorising is the republican historian Pierre Nora’s concept of lieux de mémoire, which offers an overarching framework for reconsidering France’s relationship with its own past.

These intellectual constructs have enjoyed such wide appeal not only because of their seductive literary qualities, but also because of their critical functions in shaping the French collective self-understanding (the contrast with British self-perception is again noteworthy: in Keir Hardie’s memorable expression, the British are “not given to chasing bubbles”). Rousseau’s political philosophy, to take the most obvious example, has consistently provided the bedrock for French republican patterns of thinking over the past two centuries – notably the belief in the possibility of a more rational organisation of society; and the thought that not just society but human nature itself could be regenerated through collective endeavour. Comte’s celebration of the dead (who in his view represented “the better part of humankind”) tapped into a deep fascination among French progressives for the occult. His Religion of Humanity, a secular system of belief complete with its institutions, cults and festivals, exemplified the consistent French quest for a more buoyant and less reactionary alternative to Catholicism. Sartre’s existentialism and his excursions across the philosophical terrain of Marxism in the postwar era underwrote the orthodox idea of a proletarian revolution, and justified the intellectual hegemony of the French Communist party (in his pithy expression: “un anticommuniste est un chien”). The works of De Beauvoir and Foucault are littered with intuitions about the pervasive manifestations (and corrupting effects) of power that have deep roots in French social thought from Rousseau onwards. Nora’s conception of memory has transformed the way the French see themselves, and has also provided the bedrock for a conservative form of neo-republicanism, which has become intellectually and culturally dominant in France since the late 20th century.

The darker sides of abstraction

Over the longue durée, these French progressive ways of thinking have been formidably productive, helping to generate powerful and engaging systems of thought. French thinkers have been especially influential in shaping modern conceptions of citizenship – notably the revolution’s concept of civic patriotism (based on adhesion to common values rather than ethnicity), the notion of the general interest, and the vision of the state’s enabling and enlightening power, embodied in the holistic philosophy of Jacobinism. But this penchant for abstract generality also has its darker sides: an insensitivity to the potentially intrusive and coercive role of the state; a suspicion of social groups that do not conform to shared universalistic norms (in the past, these included Catholics, women and colonial subjects); a disposition to fall back on stereotypes, negative fantasies and conspiracy theories; and a fondness for dividing the political sphere into antagonistic camps of good v evil.
Indeed, the “other” has been an enduringly problematic concept in French culture: hence the long tradition of antisemitism in French nationalist thought. But progressives have also faltered here, notably in their entrenched hostility to female emancipation (women were long viewed by republicans as reactionary agents of Catholicism, and were only granted the vote in 1944). Progressives also struggled to reconcile their universalist ideals of the good life with notions of cultural pluralism and ethnic diversity. Part of the reason why multiculturalism is regarded so negatively by the French is that it is perceived as an alien Anglo-Saxon practice. A contemporary example of these shortcomings is the discussion of the integration of postcolonial minorities from the Maghreb. The roots of this issue lie in the deeply held assumption of the beneficial quality of French civilisation for humankind. This vision underpinned the expansion of French power in Europe during the revolutionary and Napoleonic eras. A belief in the emancipatory quality of their culture explain why leading French progressives consistently advocated a policy of assimilation in the colonies, and – with the honourable exception of the communists – largely turned a blind eye to the racism and social inequalities produced by their own empire. This uncritical belief in the supremacy of the French mission civilisatrice was epitomised during the Algerian war of national liberation in the 1950s and early 1960s by François Mitterrand’s endorsement of the precept of “L’Algérie, c’est la France”. The same way of thinking led the socialist Guy Mollet to reject all manifestations of Algerian nationalism as reactionary and “obscurantist”.

This colonialist legacy still casts a long shadow over the ways in which France treats and perceives its ethnic minority citizens, especially those originating from the Maghreb. These minorities are demonised in the French conservative press and by the extreme right, in a way that would be found shocking in Britain. This vilification has been made easier by the typically abstract way French progressives have framed the debate about minority integration. Thus the principle of laïcité (secularism) has been deployed not to protect the religious freedom of the Maghrebi minorities, as would follow from a strict interpretation of the 1905 law of separation of churches from the state, but to question their Frenchness. Those who have opposed the ban on the veil in schools have been spuriously accused of communitarianism and Islamism – terms all the more terrifying in that they are never precisely defined. Since the January 2015 attack on Charlie Hebdo there have been widespread calls for French citizens of Maghrebi origin to “prove” their attachment to the nation. Presenting the issue of civic integration in such terms has proved counterproductive, not least because it has detracted from the real problems confronting these populations: unemployment, racial discrimination and educational underachievement.

This French penchant for abstraction appears in most paradoxical (and perverse) form in the absence of precise statistical information about their Maghrebi minorities, as it is illegal to collect data about ethnicity and religion in France. And so, instead of drawing on specific social facts and trends, the debate about minority integration has become mired in crude ideological oversimplifications: the equation of secularism with Frenchness; the suggestion that the (white, secular) French are the bearers of “reason”, while those who practise the Islamic faith are “reactionary” (the very same argument deployed earlier against any natives who dared question French colonial rule); and the essentialist assumption of an immutable, and yet paradoxically fragile, French national identity. This unitary and implicitly masculine sense of the French collective self, one of the less salubrious legacies of Descartes’ conception of philosophical reason, remains widespread among progressives today. As the editor of Libération, Laurent Joffrin, put it in an article in February: “Only an abstract conception of Man can confer unity upon France.”

The pessimistic turn

Since the late 20th century French thought has lost many of the qualities that made for its universal appeal: its abundant sense of imagination, its buoyant sense of purpose, and above all its capacity (even when engaging in the most byzantine of philosophical issues) to give everyone tuning in, from Buenos Aires to Beirut, the sense that they were participating in a conversation of transcendental significance. In contrast, contemporary French thinking has become increasingly inward-looking – a crisis that manifests itself in the sense of disillusionment among the nation’s intellectual elites, and in the rise of the xenophobic Front National, which has become one of the most dynamic political forces in contemporary France. Nora, writing in 2010, concluded despondently that France had become the land of “shrinking horizons, the atomisation of the life of the mind, and national provincialism”. Time magazine proved him right in 2015 when it included Marine Le Pen in its list of the world’s 100 most influential figures (the only other French person on the list was the economist Thomas Piketty, the author of the best-selling Capital in the Twenty-First Century).
How is this transformation to be explained? Among the most important factors is a collective recognition that France is no longer a major power. The complicated condition of the European project, which was decisively shaped in the past by a string of French figures (from Jean Monnet to Jacques Delors), bears witness to this decline. This change in the nation’s collective psychology also stems from a delayed recognition of the devastating character of France’s military defeat in 1940, and the impact of two further catastrophes that were not fully internalised: the loss of Indochina and the withdrawal from Algeria. For most of the post-liberation decades, these events were cushioned by the reassuring fiction that the French had behaved heroically during the war, and that France still represented an alternative force in world politics, thanks to its seat at the UN security council, its messianic Gaullist leadership and its distinct political and cultural values (as De Gaulle once observed: “I prefer uplifting lies to demeaning truths”). This myth was largely intended as a replacement of the (equally fabulous) ideal of the French mission civilisatrice in the colonies. Yet this collective confidence has been seriously damaged by the unravelling of the myth of the resistance and the emergence of a “Vichy syndrome”, which in the last two decades of the 20th century detailed the extent of French collaboration during the years of occupation.

This pessimistic sensibility has been exacerbated by a widespread belief that French culture is itself in crisis. The representation of France as an exhausted and alienated country, corrupted by the egalitarian heritage of May 68, overrun by Muslim immigrants and incapable of standing up for its own core values is a common theme in French conservative writings. Among the bestselling works in this genre are Alain Finkielkraut’s L’identité malheureuse (2013) and Éric Zemmour’s Suicide Français (2014). This morbid sensibility (which has no real equivalent in Britain, despite its recent economic troubles) is also widespread in contemporary French literature, as best exemplified in Michel Houellebecq’s recent oeuvre: La carte et le territoire (2010) presents France as a haven for global tourism, “with nothing to sell except charming hotels, perfumes, and potted meat”; his latest novel Soumission (2015) is a dystopian parable about the election of an Islamist president in France, set against a backdrop of a general collapse of Enlightenment values. A major underlying consideration here is the perception of the decline of French as a global language, and its (much-resented) replacement by English. A variety of groups and associations have long been campaigning vigorously against the importation of English words into French. The linguist Claude Hagège referred to the invasion of the English language as a “war”, claiming that its promotion “served the interests of neoliberalism”. Since 2011, the website of the Académie Française has a section dedicated to weeding out anglicisms from the French language. Among the expressions recently singled out for censure were conf call, off record, donner son go (authorise), chambre single, news and faire du running (notwithstanding this crusade, the word “selfie” is set to be included in the 2016 edition of the Larousse dictionary).

A more profound cause of the current malaise relates to the ways in which French elites are recruited and trained. For much of the modern era, the nation’s republican and socialist leaders were grounded in a meritocratic and humanist culture typically provided by institutions such as the École Normale Supérieure: among its most famous graduates were the likes of Jean Jaurès and Léon Blum. However, since the 1960s French elites have increasingly come from technocratic grandes écoles such as the École Nationale d’Administration (ENA). Most of the recent leaders of the Socialist party, including prime ministers Fabius, Rocard and Jospin; and president Hollande, are énarques. Their intellectual outlook reflects the strengths of this type of technocratic education, such as a capacity for hard work and for mastering complex briefs. But it also illustrates its endemic weaknesses: an inability to think creatively, a tendency towards formalism and rule-following, a socially exclusive and complacent metropolitan outlook, a corporatist, bunker mentality (as the joke goes, “Spain has the ETA, Ireland the IRA, and France the ENA”). Above all, it shows an overwhelmingly masculine style and ethos. Women in France struggle even more than in other advanced industrial societies to assume leading positions in politics (the law on parité, for example, is openly flouted by all parties) – and when they do break through the glass ceiling, female politicians face an exceptional barrage of hostility: Édith Cresson is the only woman to have served as prime minister, and she lasted less than a year.

This ascendency of technocratic values among French progressive elites is itself reflective of a wider intellectual crisis on the left. The singular idea of the world (a mixture of Cartesian rationalism, republicanism and Marxism) that dominated the mindset of the nation’s progressive elites for much of the modern era has disintegrated. The problem has been compounded by the self-defeating success of French postmodernism: at a time when European progressives have come up with innovative frameworks for confronting the challenges to democratic power and civil liberties in western societies (Michael Hardt and Antonio Negri’s notion of empire, and Giorgio Agamben’s concept of the state of exception), their Gallic counterparts have been indulging in abstract word games, in the style of Derrida and Baudrillard. French progressive thinkers no longer produce the kind of sweeping grand theories that typified the constructs of the Left Bank in its heyday. They advocate an antiquated form of Marxism (Alain Badiou), a nostalgic and reactionary republicanism (Régis Debray), or else offer a permanent spectacle of frivolity and self-delusion (Bernard-Henri Lévy). The sociologist Bruno Latour clearly had this syndrome in mind when he observed: “It has been a long time since intellectuals were in the vanguard. Indeed it has been a long time since the very notion of the avant-garde …passed away.” But we should remember that in France especially, there is always the potential for a sudden reversal: regeneration is one of the essential myths of French culture.

• Sudhir Hazareesingh’s How the French Think: An Affectionate Portrait of an Intellectual People is published by Allen Lane this month. To order a copy for £16 (RRP £20), go to bookshop.theguardian.com or call 0330 333 6846. Free UK p&p over £10, online orders only. Phone orders min. p&p of £1.99.,

Voir de plus:

LEFT BANK
The decline of the French intellectual
Paris has ceased to be a major center of innovation in the humanities and social sciences.
Sudhir Hazareesingh
Politico
9/19/15

One of the most characteristic inventions of modern French culture is the “intellectual.”

Intellectuals in France are not just experts in their particular fields, such as literature, art, philosophy and history. They also speak in universal terms, and are expected to provide moral guidance about general social and political issues. Indeed, the most eminent French intellectuals are almost sacred figures, who became global symbols of the causes they championed — thus Voltaire’s powerful denunciation of religious intolerance, Rousseau’s rousing defense of republican freedom, Victor Hugo’s eloquent tirade against Napoleonic despotism, Émile Zola’s passionate plea for justice during the Dreyfus Affair, and Simone de Beauvoir’s bold advocacy of women’s emancipation.

Above all, intellectuals have provided the French with a comforting sense of national pride. As the progressive thinker Edgar Quinet put it, with a big dollop of Gallic self-satisfaction: “France’s vocation is to consume herself for the glory of the world, for others as much as for herself, for an ideal which is yet to be attained of humanity and world civilization.”

* * *

This French intellectualism has also manifested itself in a dazzling array of theories about knowledge, liberty, and the human condition. Successive generations of modern intellectuals — most of them schooled at the École Normale Supérieure in Paris — have hotly debated the meaning of life in books, newspaper articles, petitions, reviews and journals, in the process coining abstruse philosophical systems such as rationalism, eclecticism, spiritualism, republicanism, socialism, positivism, and existentialism.

This feverish theoretical activity came to a head in the decades after World War Two in the emergence of structuralism, a grand philosophy which underscored the importance of myths and the unconscious in human understanding. Its leading exponents were the philosopher of power and knowledge Michel Foucault and the ethnologist Claude Lévi-Strauss, both professors at the Collège de France. Because he shared the name of the famous brand of American garments, Lévi-Strauss received letters throughout his life asking for supplies of blue jeans.

The ultimate symbol of the Left Bank intellectual was the philosopher Jean-Paul Sartre, who took the role of the public intellectual to its highest prominence. The intellectuel engagé had a duty to dedicate himself to revolutionary activity, to question established orthodoxies, and to champion the interests of all oppressed groups. Integral to Sartre’s appeal was the sheer glamor he gave to French intellectualism — with his utopian promise of a radiant future; his sweeping, polemical tone, and his celebration of the purifying effects of conflict; his bohemian and insouciant lifestyle, which deliberately spurned the conventions of bourgeois life; and his undisguised contempt for the established institutions of his time — be they the republican State, the Communist party, the French colonial regime in Algeria, or the university system.

As he put it, he was always a “traitor” — and this contrarian spirit was central to the aura which surrounded modern French intellectuals. And even though he detested nationalism, Sartre unwittingly contributed to the French sense of greatness through his embodiment of cultural and intellectual eminence, and his effortless superiority. Indeed, Sartre was undoubtedly one of the most famous French figures of the 20th century, and his writings and polemics were ardently followed by cultural elites across the globe, from Buenos Aires to Beirut.

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Today’s Left Bank is but a pale shadow of this eminent past. Fashion outlets have replaced high theoretical endeavor in Saint-Germain-des-Près. In fact, with very rare exceptions, such as Thomas Piketty’s book on capitalism, Paris has ceased to be a major center of innovation in the humanities and social sciences.

The dominant characteristics of contemporary French intellectual production are its superficial, derivative qualities (typified by figures such as Bernard-Henri Lévy) and its starkly pessimistic state of mind. The pamphlets which top the best-selling non-fiction charts in France nowadays are not works offering the promise of a new dawn, but nostalgic appeals to lost traditions of heroism, such as Stéphane Hessel’s “Indignez Vous!” (2010), and Islamophobic and self-pitying tirades echoing the message of Marine Le Pen’s Front National about the destruction of French identity.

Two recent examples are Alain Finkielkraut’s “L’Identité Malheureuse” (2013) and Eric Zemmour’s “Le Suicide Français” (2014), both suffused with images of degeneration and death. The most recent work in this morbid vein is Michel Houellebecq’s “Soumission” (2015), a dystopic novel which features the election of an Islamist to the French presidency, against the backdrop of a general disintegration of Enlightenment values in French society.

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How is France’s loss of its bearings to be explained? Changes in the wider cultural landscape have had a major impact on Gallic self-confidence. The disintegration of Marxism in the late 20th century left a void which was filled only by postmodernism.

But the writings of the likes of Foucault, Derrida and Baudrillard if anything compounded the problem with their deliberate opaqueness, their fetish for trivial word-play and their denial of the possibility of objective meaning (the hollowness of postmodernism is brilliantly satirized in Laurent Binet’s latest novel, “La septième fonction du langage,” a murder mystery framed around the death of the philosopher Roland Barthes in 1980).

But French reality is itself far from comforting. The overcrowded and underfunded French higher education system is fraying, as shown by the relatively low global rankings of French universities in the Shanghai league table. The system has become both less meritocratic and more technocratic, producing an elite which is markedly less sophisticated and intellectually creative than its 19th and 20th century forebears: The contrast in this respect between Sarkozy and Hollande, who can barely speak grammatical French, and their eloquent and cerebral presidential predecessors is striking.

Arguably the most important reason for the French loss of intellectual dynamism is the growing sense that there has been a major retreat of French power on the global stage, both in its material, “hard” terms and in its cultural “soft” dimensions. In a world dominated politically by the United States, culturally by the dastardly ‘Anglo-Saxons,” and in Europe by the economic might of Germany, the French are struggling to reinvent themselves.

Few of France’s contemporary writers — with the notable exception of Houellebecq — are well known internationally, not even recent Nobel-prize winners such as Le Clézio and Patrick Modiano. The ideal of Francophonia is nothing but an empty shell, and behind its lofty rhetoric the organization has little real resonance among French-speaking communities across the world.

This explains why French intellectuals appear so gloomy about their nation’s future, and have become both more inward-looking, and increasingly turned to their national past: As the French historian Pierre Nora put it even more bluntly, France is suffering from “national provincialism.” It is worth noting, in this context, that neither the collapse of communism in the former Soviet bloc nor the Arab spring were inspired by French thought — in stark contrast with the philosophy of national liberation which underpinned the struggle against European colonialism, which was decisively shaped by the writings of Sartre and Fanon.

Indeed, as Europe fumbles shamefully in its collective response to its current refugee crisis, it is sobering that the reaction which has been most in tune with the Enlightenment’s Rousseauist heritage of humanity and cosmopolitan fraternity has come not from socialist France, but from Christian-democratic Germany.

Sudhir Hazareesingh is a fellow in politics at Balliol College, Oxford. His new book, “How the French think: an affectionate portrait of an intellectual people,” is published by Allen Lane in London and Basic Books in New York. The French version is published by Flammarion as “Ce pays qui aime les idées.”

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Obama, Critical Race Theory, and Harvard Law School

David French

National Review

March 8, 2012

Watching Breitbart.com’s footage of law student Barack Obama praising radical law professor Derrick Bell gave me a strong sense of déjà vu. I arrived at Harvard Law School in August 1991, just a couple months after Barack Obama graduated. It would be hard to overstate the level of poison and vitriol that pervaded the school throughout the early 1990s. In 1993, GQ dubbed the law school “Beirut on the Charles” as HLS campus politics made national news.

This was the era of proud political correctness — including booing, hissing, and shouting down dissenting voices in class — combined with the vocal ascendance of the “crits.” Critical legal theorists rejected American legal systems root and branch, decrying them as the products of an irretrievably broken racist patriarchy. Their “scholarship” was unorthodox (and that’s being charitable), their voices were strident, and their student followers tended to be vicious. Many of the “crits” also had magnetic, preacher-like personalities, and it was more than a little disturbing to see the psychological hold they had over their student constituency.

Conservatives navigating this environment had to watch themselves. I can remember seeing cut-and-paste pictures of gay porn on the walls of the Harkness Commons, with the faces of Federalist Society leaders superimposed on the nude figures of the gay “actors.” If you truly angered the activist Left, they would call your future employers demanding that job offers be revoked, and I can recall receiving more than one note with some variation of “die, you f***ing fascist” for my pro-life advocacy. I was shouted down in class and verbally attacked by teachers. If it weren’t for the courageous free-speech advocacy of professors like Alan Dershowitz, the atmosphere would undoubtedly have been even worse. (I don’t mean to imply that Barack Obama ever participated in acts of political intimidation — I never heard that he did — but these stories do provide some sense of the background political intensity.)

Two events truly caused the campus to explode in the early 1990s. The first was the denial of tenure to Regina Austin (Jake Tapper tells the story here), and the second was the granting of tenure to four white male professors. The first event occurred during Barack Obama’s time at the law school, and the second almost two years later. In both instances there was enormous pressure on all left-leaning students to unite in outrage — and unite they did. But what does all this mean now? In 2012? There’s little doubt that law student Obama was a political radical by any conventional, society-wide measure of the term.

But that’s not the end of the story. At Harvard at least, radical was mainstream and conservative was radical. In fact, the radical view was so mainstream that one couldn’t help but think that even the loudest students would graduate, go to law firms, and fit in just as seamlessly to the new mainstream of their legal professions. And, in fact, most did. They weren’t intellectual leaders; they were followers.

My reading of Barack Obama’s political biography is pretty simple: He’s not so much a liberal radical as a member of the liberal mainstream of whatever community he inhabits. In that video, he was doing no more and no less than what most politically engaged leftist law students were doing — supporting the radical race and gender politics that dominated campus. When he went to Chicago and met Bill Ayers, he was fitting within a second, and slightly different, liberal culture. He shifted again in Washington and then again in the White House. But radical, “conviction” politicians don’t decry Gitmo then keep it open, promise to end the wars then reinforce the troops, express outrage at Bush war tactics then maintain rendition and triple the number of drone strikes.

Obama’s biography is essentially the same as many of the liberal mainstream-media journalists who cover him. They’ve made the same migration — from leading campus protests, to building families in urban liberal communities, to participating in a national political culture. At the risk of engaging in dime-store pop psychology, they like Obama in part because they identify with him so thoroughly and see much of themselves in him. They call him “pragmatic” or “moderate” or “technocratic” because they’re fully aware of legions of leftists who never made the transition from the purer form of activist politics. The pure activist is still leading campus protests or camped out in various parks across the country or writing radical tracts for minuscule readerships. The more moderate Left is running the country.

I would imagine that law school Barack Obama would never imagine ordering drone strikes on American citizens on foreign soil or Navy SEAL raids deep into Pakistan. Law school Barack Obama would likely think Obamacare was a thoroughly unsatisfactory half-measure and oppose it bitterly. Law school Obama is not our president, and I’m not sure that the videos tell us much at all about the man who sits in the oval office.

Voir aussi:

Pope Francis is just another liberal political pundit
John Podhoretz
New York Post

September 25, 2015

Pope Francis is unquestionably a man of ­uncommon personal grace, the possessor of a genuinely beautiful soul. “On Heaven and Earth,” his book-length exchange with Rabbi Abraham Skorka first published in 2010, is a remarkable testament to the breadth of his perspective.

But that’s not exactly the guy who showed up Friday at the United Nations. That pope endorsed the Iran deal, the UN’s environmentalist goals and what amounts to a worldwide open-borders policy on refugees — and ­offered a very specific view of how to promote development in the Third World that’s straight out of a left-wing textbook.

“The International Financial Agencies,” the pope said, “should care for the sustainable development of countries and should ensure that they are not subjected to oppressive lending systems which, far from promoting progress, subject people to mechanisms which generate greater poverty, exclusion and dependence.”

We’re told we must not view the pope’s expression of views on contemporary subjects through the lens of day-to-day issues — that we belittle him and ourselves by examining his words through an ideological filter.

Because of the awesome position he holds, and by dint of his own teachings and his life and teachings before he rose to service as the Vicar of Christ, Francis is said to be deeper and loftier than mere politics.

Sorry: When the pontiff sounds less like a theological leader and more like the
8 p.m. host on MSNBC or the editor of Mother Jones, what’s a guy to do?

Pope Francis is entirely within his rights to become the world’s foremost liberal. But, since that’s what he is, it can’t be wrong to say so.

It is undoubtedly the role of theological leaders to speak to our highest selves, to remind us of eternal moral teachings, to remove us from the everyday and put us in touch with the divine. We look to leaders to tell us what our faith traditions expect of us — what we should do and what we must do.

And, of course, it is impossible to do so without touching on the behavior of people and nations in the present. A leader whose role it is to save the souls of his flock must take account of the particular temptations that beset them and the particular challenges they face.

But that’s wildly different from specifically embracing a UN document, or endorsing a specific agreement ­between nations. And this is what Francis told us:

“The adoption of the 2030 Agenda for Sustainable ­Development at the World Summit, which opens today, is an important sign of hope. I am similarly confident that the Paris Conference on Climatic Change will secure fundamental and effective agreements.”

When a leader speaks in these sorts of bureaucratic specifics, he is descending from the highest heavens into ordinary, even trivial, reality. He’s using his ­authority in the realm of the spiritual to influence the ­political behavior of others.

He becomes just another pundit. And who needs another one of those?

Voir également:

De Thomas Merton à Dorothy Day, les quatre modèles américains du pape François
Dans son discours au Congrès américain, jeudi 24 septembre, le pape François a donné en exemple quatre figures historiques aux États-Unis, aussi spirituelles qu’engagées : Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day et Thomas Merton.
La Croix
24/9/15

Abraham Lincoln (1809-1865), « gardien de la liberté »
C’est l’un des présidents favoris des Américains. Né en 1809 dans le Kentucky, fils d’un fermier descendant d’une famille émigrée d’Angleterre au XVIIe  siècle, cet autodidacte devient avocat, député de l’Illinois, avant d’être élu à la Chambre des représentants à Washington sous les couleurs républicaines (le parti progressiste à l’époque). L’élection de cet abolitionniste convaincu – et profondément religieux – à la présidence des États-Unis, en 1860, a pour conséquence la sécession des États du sud et la guerre du même nom. Lincoln abolit l’esclavage en 1865 et est assassiné la même année, par un sudiste nommé John Wilkes Booth, avant d’avoir vu la réunification du pays. Le pape François a salué en Lincoln un homme qui « a travaillé sans relâche en sorte que” cette nation, sous Dieu (puisse) avoir une nouvelle naissance de liberté” ».

Dr. Martin Luther King
Martin Luther King (1929-1968), « la liberté dans la pluralité et la non-exclusion »
Militant non-violent pour les droits civiques des noirs américains, ce pasteur baptiste d’Atlanta a joué un rôle majeur pour leur émancipation et la prise de conscience de l’injustice de la ségrégation aux États-Unis. En 1963, devant 250 000 personnes rassemblées à Washington, il dit son rêve, « I have a dream… », devenu un hymne à la solidarité et à la réconciliation entre les communautés. Deux ans plus tard, les noirs américains obtiennent le droit de vote. Entre-temps, lui a reçu le prix Nobel de la Paix. Son combat se radicalise : il dénonce la grande pauvreté, la guerre du Vietnam, prêche la désobéissance à l’égard des lois injustes, donnant l’exemple du Christ. Ce « Gandhi noir » est assassiné à Memphis, en 1968, d’une main jamais identifiée. « Son rêve continue de nous inspirer tous », a souligné le pape François, rêve qui conduit « à l’action, à la participation, à l’engagement ».

Dorothy Day (1897-1980), « la justice sociale et les droits des personnes »
C’est l’une des figures catholiques américaines les plus célèbres. Née dans une famille épiscopalienne peu pratiquante qui fuit le séisme de 1906 de San Francisco et connaît des années difficiles à Chicago, elle conçoit très tôt un sentiment aigu de l’injustice sociale. Devenue journaliste, proche des milieux anarchistes et d’ultra-gauche, elle s’engage dans des campagnes publiques en faveur de la justice sociale, des pauvres, des marginaux, des affamés et des sans-abri. Après une vie de bohème et un avortement, elle donne naissance à une fille, et se convertit au catholicisme en 1927. Cette révoltée n’aura de cesse de concilier sa volonté d’un changement radical de la société et sa foi. En 1933, au cœur de la crise économique, elle fonde, avec le Français Pierre Maurin, le Catholic Worker, l’un des plus grands journaux catholiques des États-Unis, puis le « Mouvement catholique ouvrier », qui défend la non-violence et l’hospitalité envers les exclus de la société. « Son activisme social, sa passion pour la justice et pour la cause des opprimés étaient inspirés par l’Évangile, par sa foi, par l’exemple des saints », a souligné le pape François. Pendant la guerre froide, son pacifisme lui vaudra maints séjours en prison. Elle reçoit le prix Pacem in Terris en 1972. Sa cause en canonisation a été ouverte en 2000.

Thomas Merton (1915-1968), « la capacité au dialogue et l’ouverture à Dieu »
Du fond de son monastère de Gethsemani, dans le Kentucky, ce moine cistercien non-conformiste a milité pour l’égalité raciale et contre la guerre froide, correspondu avec des dizaines de personnalités… Né à Prades (Pyrénées-Orientales) en 1915, il gardera toujours un grand attachement à la culture française. Mais ses études le conduisent en Angleterre, où il passe plus de temps dans les cabarets que dans les bibliothèques. Aux États-Unis, grâce à des amis influents et à la lecture de Gilson et Maritain, il se convertit et est reçu dans l’Église catholique en 1938. Après un contact avec les franciscains, il entre chez les cisterciens en 1941. À la demande de son abbé, cet écrivain talentueux rédige une autobiographie qui va faire le tour du monde : La Nuit privée d’étoiles, en 1948. Il mourra accidentellement en Asie à l’âge de 53 ans. Cet homme de prière, de dialogue, « promoteur de paix entre les peuples et les religions », a commenté le pape François, « demeure la source d’une inspiration spirituelle et un guide pour beaucoup de personnes ».

Voir par ailleurs:

 » La France est devenue une île « 
Propos recueillis par Elisabeth Lévy

Le Point

24/06/2010

Noam Chomsky Le Point : Comment jugez-vous la vie intellectuelle française ?

Noam Chomsky : Elle a quelque chose d’étrange. Au Collège de France, j’ai participé à un colloque savant sur  » Rationalité, vérité et démocratie « . Discuter ces concepts me semble parfaitement incongru. A la Mutualité, on m’a posé la question suivante :  » Bertrand Russell nous dit qu’il faut se concentrer sur les faits, mais les philosophes nous disent que les faits n’existent pas. Comment faire ?  » Une question de ce type laisse peu de place à un débat sérieux car, à un tel niveau d’abstraction, il n’y a rien à ajouter.

Avez-vous une explication ?

Comme observateur lointain, je formulerai une hypothèse. Après la Seconde Guerre mondiale, la France est passée de l’avant-garde à l’arrière-cour et elle est devenue une île. Dans les années 30, un artiste ou un écrivain américain se devait d’aller à Paris, de même qu’un scientifique ou un philosophe avait les yeux tournés vers l’Angleterre ou l’Allemagne. Après 1945, tous ces courants se sont inversés, mais la France a eu plus de mal à s’adapter à cette nouvelle hiérarchie du prestige. Cela tient en grande partie à l’histoire de la collaboration. Alors, bien sûr, il y a eu la Résistance et beaucoup de gens courageux, mais rien de comparable avec ce qui s’est passé en Grèce ou en Italie, où la résistance a donné du fil à retordre à six divisions allemandes. Et il a fallu un chercheur américain [Robert Paxton, NDLR] pour que la France soit capable d’affronter ce passé.

Depuis, nous nous rattrapons : la repentance est devenue une de nos spécialités, même si elle s’est déplacée du terrain de Vichy à celui de la colonisation.

Il est tout de même surprenant que les guerres coloniales n’aient pas suscité de protestations.

Vous exagérez ! La lutte contre la guerre d’Algérie a été l’acte de naissance de la deuxième gauche.

Il y a eu une mobilisation, limitée d’ailleurs, sur l’Algérie. Mais j’ai suivi la guerre d’Indochine et j’ai été frappé par l’absence de réaction sur la scène intellectuelle. Certes, on peut dire la même chose des intellectuels américains pendant la guerre du Vietnam. Mais, de la France, on attendait autre chose !

Nous sommes au XXIe siècle et vous êtes américain. Vous critiquez durement votre pays. Les Etats-Unis peuvent-ils être responsables de tous les maux du monde ?

Ils sont responsables d’un très grand nombre d’atrocités, parce que, depuis 1945, ils dominent la politique et l’économie mondiales. Et cette domination a été voulue par les décideurs qui, pendant la guerre, imaginaient une zone d’influence américaine comprenant l’hémisphère occidental, l’ancien Empire britannique et l’Extrême-Orient – les  » deux rives des deux océans « . Dans cette zone qu’ils appelaient The Grand Area, aucune souveraineté ne devait s’opposer à celle de l’Amérique. Et ils ont réussi. En commettant de nombreux crimes.

Mais le monde est désormais multipolaire, la Chine est une puissance mondiale.

Combien de bases militaires la Chine possède-t-elle dans le monde ? Aucune. Les Etats-Unis en ont environ 800. Combien de soldats chinois sont-ils déployés à l’étranger ? Presque aucun. Le gouvernement chinois est horrible sur le plan interne, mais il n’est pas agressif à l’extérieur. De plus, la croissance chinoise est en partie fallacieuse : la Chine est un atelier d’assemblage, mais la technologie et les composants viennent du Japon, de Corée, de Taïwan et des Etats-Unis. Aussi le déficit du commerce américano-chinois est-il une illusion. Il en va de même pour la dette. Les premiers créanciers des Etats-Unis sont les Japonais, mais le Premier ministre a dû renoncer à sa promesse d’évacuer Okinawa. Alors, bien sûr, le système international est plus complexe, le nouvel ordre mondial s’est adapté, mais il reste à l’ordre du jour.

Qui est responsable ? Les Etats-Unis seraient-ils dirigés par une bande de sadiques ?

Il ne s’agit pas de culpabilité mais de la nature du système. Or, aux Etats-Unis, le pouvoir est depuis longtemps aux mains du grand capital et, depuis une trentaine d’années, du secteur financier. Obama a gagné parce qu’il était soutenu par les banques. Tous ses conseillers économiques viennent de ce secteur, de sorte que les gens qui ont créé la crise sont ceux qui ont élaboré le plan de sauvetage des banques. Lesquelles sont aujourd’hui plus puissantes qu’avant.

Donc, rien n’a changé avec l’élection d’Obama ?

Les démocrates sont bien obligés de faire quelques pas en direction des plus pauvres, qui constituent leur base électorale, mais cela, même les Etats totalitaires le font. Sur le fond, Obama ne se distingue pas radicalement du second mandat de Bush. La rhétorique a changé, pas la politique.

Vous diriez-vous toujours anarchiste ? Croyez-vous que les sociétés humaines peuvent se passer de pouvoir ?

Je crois à un principe fondamental de la morale humaine qui consiste à s’opposer à toute forme de domination ou de hiérarchie, à moins que celle-ci ne puisse faire la preuve de sa légitimité. Or, la plupart du temps, c’est impossible. Il faut donc détruire ces dominations.

Sauf que, dans les pays démocratiques comme le vôtre, les dirigeants peuvent se prévaloir de la légitimité des urnes.

Il est préférable d’avoir des élections que de ne pas en avoir, mais tout dépend des conditions dans lesquelles elles ont lieu. On critique l’Iran et à juste titre parce que les candidats sont sélectionnés par le clergé mais, en Amérique, ils sont de fait choisis par le grand capital : le vainqueur est celui qui lève le plus de fonds. J’ajouterai que l’un des Etats les plus démocratiques du monde est la Bolivie, où la population indigène, la plus pauvre et la plus opprimée, a su s’organiser politiquement pour porter l’un des siens à la tête du pays. Tous les Etats commettent des crimes, mais ne sont-ils pas pour leurs populations des instances de protection ? Plus les Etats sont puissants, plus ils sont criminels, mais je ne crois nullement que la protection des peuples soit leur priorité. En envahissant l’Irak, les responsables américains savaient qu’ils allaient provoquer une intensification du terrorisme et, donc, mettre en danger les Américains. L’Europe n’a jamais été aussi sauvage qu’au moment où elle inventait l’Etat-nation, qui est à mon sens une véritable calamité imposée au monde, responsable jusqu’à aujourd’hui de nombreux conflits.

Mais le monde sans frontières dont vous rêvez n’est-il pas celui que souhaitent les partisans les plus acharnés de la globalisation capitaliste que vous honnissez ?

Absolument pas. Le  » libre-échange  » ne fait que protéger les droits des investisseurs et du grand capital. On pourrait définir comme  » service  » tout ce qui intéresse l’être humain : éducation, électricité… Mais les accords sur  » le commerce et les services  » ne visent qu’à privatiser ces derniers, donc à réserver leur accès à une minorité privilégiée.

En attendant, personne n’a prouvé qu’il existe une alternative au capitalisme.

C’est un peu comme si vous m’aviez dit en 1943 qu’il n’y avait pas d’alternative au nazisme parce que l’Allemagne gagnait.

Vous charriez, professeur ! Il y en a eu une, d’alternative, et elle n’a pas donné les meilleurs résultats.

L’Union soviétique n’a pas instauré le socialisme mais un capitalisme d’Etat. Seulement, comme la propagande de l’Est et celle de l’Ouest convergeaient, le monde a avalé le bobard selon lequel ce qui se réalisait là-bas était le socialisme. Je continue donc à croire au socialisme véritable, fondé sur le contrôle de la production par les producteurs et sur celui des communautés par elles-mêmes.

Difficile de prononcer votre nom à Paris sans qu’un autre nom surgisse. Comprenez-vous que votre défense de Robert Faurisson ait choqué ?

Cela prouve que beaucoup d’intellectuels français sont restés staliniens même quand ils sont passés à l’extrême droite. Comment peut-on accepter que l’Etat définisse la vérité historique et punisse la dissidence de la pensée ?

L’extermination des juifs d’Europe est une vérité historique, peut-être pas unique mais singulière, non ?

Ce fut un crime horrible et unique, mais il y a beaucoup d’autres crimes uniques. Pourquoi aurait-on le droit de nier le génocide des Mayas au Guatemala ou celui de nombreuses populations indigènes de l’hémisphère occidental – ce que d’excellents journaux américains ne se privent pas de faire – et pas celui-là ?

Le génocide des Indiens n’a peut-être pas, ne serait-ce que parce qu’il est plus ancien, le même poids dans la conscience européenne et occidentale.

C’est bien le problème ! Mais cela n’a rien à voir avec le temps écoulé : le génocide des juifs s’est arrêté en 1945, le massacre des populations indigènes se poursuit. Au Timor-Oriental, entre un quart et un tiers de la population a été décimée avec l’accord des Etats-Unis et de la France, et peu de gens le savent alors que tout le monde connaît les crimes de Pol Pot. La vérité, c’est qu’on a le droit de nier les crimes des puissants – les nôtres. Seuls les crimes des autres ou des perdants sont protégés du négationnisme. Cette hypocrisie est insupportable.

Repères
1928 Naissance à Philadelphie. 1955 Doctorat de linguistique de l’université de Pennsylvanie. 1957  » Structures syntaxiques « . 1964 Milite activement contre la guerre du Vietnam 1968  » L’Amérique et ses nouveaux mandarins  » (Seuil). 1966/1976 Titulaire de la chaire de linguistique au MIT. Depuis 1976  Institute Professor au MIT. 1980 Prend la défense de Faurisson au nom de la liberté d’expression. 2001  » 11-9. Autopsie des terrorismes  » (Le Serpent à plumes). 2007  » Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique  » (Fayard). 2010  » Pour une éducation humaniste  » (Editions de L’Herne).

Haro sur un imprécateur

La mauvaise réputation de Noam Chomsky

Telle qu’elle est relayée par les grands médias, la vie intellectuelle française suscite parfois la consternation à l’étranger : phrases extraites de leur contexte, indignations prévisibles, « polémiques » de pacotille, intellectuels de télévision qui prennent la pose à l’affût du mot trop rapide qui servira de pâture à leurs éditoriaux indignés. En France, Noam Chomsky a été l’objet de campagnes de disqualification d’autant plus vives et régulières qu’il a su détailler, calmement, l’imposture d’un discours à géométrie variable sur les « droits de l’homme », lequel, souvent, couvrait les forfaits de l’Occident.

Jean Bricmont
Le Monde diplomatique
avril 2001

Le New York Times, qui n’aime guère Noam Chomsky (c’est réciproque), admet néanmoins qu’il compte au nombre des plus grands intellectuels vivants. En dehors des départements de linguistique, et des colonnes du Monde diplomatique, il reste néanmoins ignoré en France.

Quand son nom est évoqué, c’est trop souvent pour y associer ceux de Robert Faurisson ou de Pol Pot. Chomsky serait l’archétype de l’intellectuel passant son temps à minimiser ou à nier divers génocides dont l’évocation risquerait de servir l’impérialisme occidental. Il n’a d’ailleurs trouvé qu’un éditeur marginal, Spartacus, pour publier en 1984 ses Réponses inédites à mes détracteurs parisiens, compilation de lettres et d’un entretien, non publiés ou de façon tronquée et adressés à des journaux comme Le Monde, Le Matin de Paris, Les Nouvelles littéraires, pour répondre, entre autres, à des attaques de Jacques Attali et de Bernard-Henri Lévy. D’où l’importance de la publication récente de certains de ses textes (1).

Pendant la guerre du Vietnam, les écrits de Chomsky jouissaient d’une certaine audience en France. Mais, déjà à l’époque, un malentendu implicite commençait à poindre. Dans les mouvements anti-impérialistes dominait une mentalité de « prise de parti ». Il fallait choisir son camp : pour l’Occident ou pour les révolutions du tiers-monde. Une telle attitude est étrangère à Chomsky, rationaliste au sens classique du terme. Non pas qu’il se place « au-dessus de la mêlée » – rares sont les intellectuels plus engagés que lui -, mais son engagement est fondé sur des principes comme la vérité et la justice, et non sur le soutien à un camp historique et social, quel qu’il soit.

Son opposition à la guerre ne découlait pas du pronostic que la révolution vietnamienne offrirait un avenir radieux aux peuples d’Indochine, mais de l’observation que l’agression américaine serait catastrophique parce que, loin d’être motivée par la défense de la démocratie, elle visait à empêcher toute forme de développement indépendant en Indochine et dans le tiers-monde.

Dénoncer l’idéologie de l’Occident

Rigoureux, les écrits de Chomsky offraient aux opposants à la guerre du Vietnam des outils intellectuels précieux ; la différence d’optique entre lui et ses partisans en France pouvait alors passer pour secondaire. La contre-offensive politique et idéologique se déclencha quand, à partir de 1975, des boat people se mirent à fuir le Vietnam et, plus encore, lorsque les Khmers rouges commirent leurs massacres. Un mécanisme de culpabilisation de ceux qui s’étaient opposés à la guerre occidentale, et plus généralement à l’impérialisme, permit de leur imputer la responsabilité de ces événements. Mais, comme le fait remarquer Chomsky, reprocher à des adversaires de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979 les atrocités commises par les rebelles afghans depuis le retrait des troupes soviétiques ne serait pas moins absurde : s’opposant à l’invasion, ils avaient voulu empêcher une catastrophe dont portent la responsabilité ceux qui l’ont décidée, pas leurs adversaires. Presque banal, un argument de ce type est quasiment inaudible dans le camp occidental.

En France, la mentalité de camp avait conduit nombre d’opposants aux guerres coloniales à se bercer d’illusions sur la possibilité de « lendemains qui chantent » dans les sociétés décolonisées. Cela a rendu la culpabilisation d’autant plus efficace que la fin de la guerre du Vietnam coïncida avec le grand tournant de l’intelligentsia française, qui allait amener celle-ci à s’écarter du marxisme et des révolutions du tiers-monde et, peu à peu, avec le mouvement des « nouveaux philosophes », à adopter des positions favorables à la politique occidentale au Tchad et au Nicaragua. Une bonne partie des intellectuels français, surtout ceux de la « génération 68 », d’abord passive dans la lutte contre les euro-missiles (1982-1983), devint franchement belliciste au moment de la guerre du Golfe puis lors de l’intervention de l’OTAN au Kosovo.

N’ayant jamais eu d’illusions à perdre, Noam Chomsky n’avait aucun combat à renier. Il demeura donc à la pointe de la lutte contre les interventions militaires et les embargos qui, de l’Amérique centrale à l’Irak, ont provoqué des centaines de milliers de victimes. Mais pour ceux qui avaient opéré le grand tournant, Chomsky devenait un anachronisme bizarre et dangereux. Comment pouvait-il ne pas avoir compris que le bon camp était devenu celui de l’Occident, des « droits de l’homme » ? Et le mauvais, celui de la « barbarie à visage humain », pays socialistes et dictatures post-coloniales mêlées ?

L’étude de sa démarche intellectuelle permet de répondre. Une bonne partie de l’œuvre de Chomsky est consacrée à l’analyse des mécanismes idéologiques des sociétés occidentales. Quand un historien étudie l’Empire romain, il essaie de relier les actions des dirigeants de l’époque à leurs intérêts économiques et politiques, ou du moins à la perception que ceux-ci en ont. Au lieu de s’en tenir aux seules intentions avouées des dirigeants, l’historien met au jour la structure « cachée » de la société (relations de pouvoir, contraintes institutionnelles) pour décrypter le discours officiel. Cette démarche est tellement naturelle qu’il ne faut même pas la justifier. On l’applique à des sociétés comme l’Union soviétique hier, la Chine et l’Iran aujourd’hui. Nul expert sérieux n’expliquerait le comportement des dirigeants de ces pays en privilégiant les motivations que ceux-ci mettent en avant pour justifier leurs actions.

Cette attitude méthodologique générale change du tout au tout quand il s’agit des sociétés occidentales. Il devient alors quasi obligatoire d’accepter que les intentions proclamées de leurs gouvernants constituent les ressorts de leurs actions. On peut douter de leur capacité à atteindre leurs objectifs, de leur intelligence. Mais mettre en cause la pureté de leurs motivations, chercher à expliquer leurs actions par les contraintes que des acteurs plus puissants feraient peser sur eux revient souvent à s’exclure du discours « respectable ».

Ainsi, lors de la guerre du Kosovo, on a pu discuter des moyens et de la stratégie mis en œuvre par l’OTAN, mais pas l’idée qu’il s’agissait d’une guerre humanitaire. On a critiqué les moyens utilisés par les Etats-Unis en Amérique centrale dans les années 1980, mais rarement douté qu’ils voulaient protéger ces pays de la menace soviétique ou cubaine. L’argument qui motive ce curieux dualisme dans l’approche des phénomènes politiques est que nos sociétés sont « réellement différentes », à la fois des sociétés passées et des pays comme l’URSS ou la Chine, parce que nos gouvernements seraient « réellement » soucieux des droits de la personne ou de la démocratie.

Mais le fait que les principes démocratiques soient souvent mieux respectés « chez nous » qu’ailleurs n’empêche nullement d’évaluer empiriquement la thèse de la singularité occidentale. On peut y parvenir en comparant deux tragédies (guerre, famine, attentat, etc.) plus ou moins semblables et en observant la réaction de nos gouvernements et de nos médias. Or, quand la responsabilité de ces situations est imputable à nos ennemis, l’indignation est générale et la présentation dépourvue de la moindre indulgence. En revanche, si la responsabilité des gouvernements occidentaux ou de leurs alliés est engagée, les horreurs sont souvent minimisées. Pourtant, si les actions de nos gouvernements étaient réellement motivées par les intentions altruistes qu’ils proclament, ils devraient d’abord agir sur les tragédies dont ils sont responsables, au lieu de donner la priorité à celles qu’ils peuvent attribuer à leurs ennemis. Constater que c’est presque toujours l’inverse qui se produit oblige à retenir l’accusation d’hypocrisie. Une bonne partie de l’œuvre de Chomsky est consacrée à des comparaisons de ce genre (2).

Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental.

Concernant le Cambodge, l’indignation fut vive – autant qu’hypocrite (3). En revanche, au moment de l’action militaire indonésienne, les médias et les intellectuels « médiatiques » observèrent un silence presque complet alors même que les Etats-Unis et leurs alliés, dont la France, livraient à l’Indonésie des armes en sachant qu’elles seraient utilisées au Timor (4). Dresser la longue liste des non-indignations de ce type obligerait à revenir sur la Turquie et les Kurdes, Israël et les Palestiniens, sans oublier l’Irak, où, au nom du droit international, on laisse des centaines de milliers de personnes mourir à petit feu.

En se livrant à ce genre de comparaisons, Chomsky a pris le contre-pied de la mentalité de parti particulièrement accusée depuis le grand tournant : puisque le Bien (l’Occident et ses alliés) affrontait le Mal (les nationalismes du tiers-monde et les pays dits socialistes), l’analogie fut interdite. Or Chomsky fit pire. Refusant la duplicité qu’il reproche à nos gouvernants et à nos médias, il a toujours estimé qu’il devait d’abord dénoncer les crimes des gouvernements sur lesquels il pouvait espérer agir, c’est-à-dire les nôtres.

Même s’il n’entrait dans sa démarche nulle illusion sur les régimes « révolutionnaires » ou absolution des crimes commis par les « autres », il était presque inévitable que ceux-là mêmes qui avaient entretenu de telles illusions et accepté de telles absolutions l’accuseraient de tomber dans leurs travers. On peut comprendre la réaction d’une partie de l’intelligentsia française, soucieuse de brûler ce qu’elle a adoré et d’adorer ce qu’elle a brûlé et naturellement désireuse de se venger sur le dos des autres des erreurs qu’elle a autrefois commises. Parfois, Chomsky en a été plus agacé qu’amusé.

Il faut à présent aborder l’« affaire Faurisson », qui alimente les attaques françaises les plus virulentes contre Chomsky. Professeur de littérature à l’université de Lyon, Robert Faurisson fut suspendu de ses fonctions à la fin des années 1970 et poursuivi parce qu’il avait, entre autres, nié l’existence des chambres à gaz pendant la seconde guerre mondiale. Une pétition pour défendre sa liberté d’expression fut signée par plus de cinq cents personnes, dont Chomsky. Pour répondre aux réactions violentes que suscita son geste, Chomsky rédigea alors un petit texte dans lequel il expliquait que reconnaître à une personne le droit d’exprimer ses opinions ne revenait nullement à les partager. Elémentaire aux Etats-Unis, cette distinction parut difficilement compréhensible en France.

Mais Chomsky commit une erreur, la seule dans cette affaire. Il donna son texte à un ami d’alors, Serge Thion, en lui permettant de l’utiliser à sa guise. Or Thion le fit paraître, comme « avis », au début du mémoire publié pour défendre Faurisson. Chomsky n’a cessé de rappeler qu’il n’avait jamais eu l’intention de voir publier son texte à cet endroit et qu’il chercha, mais trop tard, à l’empêcher (5).

Condamner Chomsky dans cette affaire impose, au minimum, de dire ce que l’on réprouve exactement : une erreur tactique ou le principe même de la défense inconditionnelle de la liberté d’expression ? Dans le second cas, il faut alors indiquer que la France ne possède pas, en matière d’expression d’opinions, la tradition libertaire des Etats-Unis. Là-bas, la position de Chomsky ne choque presque personne. Parfois comparée à la Ligue des droits de l’homme, l’American Civil Liberties Union, dans laquelle militent de nombreux antifascistes, porte ainsi plainte devant les tribunaux si on interdit au Ku Klux Klan ou à des groupuscules nazis de manifester, fût-ce en uniforme, dans des quartiers à majorité noire ou juive (6). Le débat à ce propos oppose donc deux traditions politiques différentes, l’une dominante en France, l’autre aux Etats-Unis, et pas un Noam Chomsky, représentant d’une ultra-gauche dévoyée, face à une France républicaine.

Dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant. Mais il enseigne aussi que, pour changer le monde, on doit le comprendre de façon objective et qu’il y a une grande différence entre romantisme révolutionnaire – lequel fait parfois plus de tort que de bien – et critique sociale simultanément radicale et rationnelle. Après des années de désespoir et de résignation, une contestation globale du système capitaliste semble renaître. Elle ne peut que tirer avantage de la combinaison de lucidité, de courage et d’optimisme qui marque l’œuvre et la vie de Noam Chomsky.

Jean Bricmont

Professeur de physique à l’université de Louvain (Belgique).
Voir également:

Noam Chomsky et les médias français

Arnaud Rindel, jeudi 27 mai 2010

À l’occasion de la venue de Noam Chomsky en France en cette fin mai 2010, nous rééditons sans changement un article paru en 2003.

* * *La pensée de Noam Chomsky est interdite de débat – du débat qu’elle mérite – dans les médias français. Comme si nous n’avions le choix qu’entre l’idolâtrie et la calomnie. Petit mémento de la bêtise ordinaire de certains seigneurs des médias (Acrimed).

Noam Chomsky, linguiste américain professeur au MIT (Massachusetts Institute of Technology), et, selon les propres mots d’Alain Finkielkraut, « l’intellectuel planétaire le plus populaire » [1], n’est pas exactement la coqueluche des journalistes ou des intellectuels français, c’est le moins que l’on puisse dire.

Depuis une vingtaine d’années, ils ne parlent jamais de son œuvre, qui occupe pourtant (ou peut-être précisément parce qu’elle occupe) une place fondamentale dans la pensée critique moderne. Et les rares fois où son nom est évoqué, c’est pour ressasser encore et toujours les mêmes calomnies effarantes de bêtise et de malhonnêteté [2]. Tout en lui refusant, bien entendu, le droit de répondre librement à ces accusations [3].

Le Figaro , Libération, Le Monde, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Alain-Gérard Slama, Jacques Attali, André Glucksmann, Philippe Val et bien d’autres, se sont ainsi époumonés à de nombreuses reprises [4], pour condamner les idées répugnantes qu’ils lui prêtent avec une mauvaise foi consternante.

Tout cela est pourtant connu et limpide pour toute personne qui s’est donné la peine de lire ses écrits, et qui est portée dans son travail de journaliste, ou d’intellectuel, par un minimum de rigueur et d’honnêteté.

Cambodge et Timor

Pour aller vite, car il est pénible d’être forcé de rappeler constamment ce qui ne devrait plus avoir à être discuté depuis une bonne vingtaine d’années, Chomsky n’a jamais nié ou minimisé le génocide perpétré au Cambodge par les Khmers rouges entre 1975 et 1978.

Une partie importante de son travail est consacrée à établir les preuves objectives de l’existence d’une propagande médiatique. Pour ce faire, il cherche à démontrer que toutes choses étant égales par ailleurs, les intérêts politiques et économiques en jeux influencent de manière importante la façon dont les médias rendent compte de conflits internationaux pourtant similaires.

Il a ainsi observé que pour un niveau de violence et un nombre de victimes à peu près équivalents, les atrocités commises par Pol Pot (ennemi des États-Unis), étaient traitées de manière emphatique, avec une exagération systématique des faits et des commentaires, tandis que le génocide perpétré à peu près à la même époque par l’armée indonésienne (alliée des États-Unis), au Timor oriental, était, à l’inverse, complètement occulté par les médias [5].

S’il a étudié les estimations officielles des victimes du Cambodge, c’est uniquement pour montrer que le niveau était comparable à celui du Timor, préalable indispensable à sa démonstration, non pour nier l’horreur des massacres commis, qu’il a par ailleurs, condamnés de manière parfaitement claire à plusieurs reprises, affirmant qu’il serait « difficile de trouver un exemple aussi horrible d’un tel déferlement de fureur » [6]. Tous ceux qui ont pris la peine de lire ses écrits le savent parfaitement.


La théorie du complot

Il n’a pas plus défendu ou propagé une « vulgate conspirationniste », contrairement à ce que laissent entendre là aussi, Philippe Corcuff, ou Daniel Schneidermann [7], sans doute soucieux, comme Alain Finkielkraut, que les citoyens s’en tiennent à « ce qui apparaît » [8].

Il n’a cessé, bien au contraire, de rabâcher que « rien n’est plus éloigné de ce [qu’il dit] que l’idée de conspiration » [9]. « L’idée qu’il y aurait une cabale organisée au plus haut niveau dans un pays comme les États-Unis est complètement idiote. Cela voudrait dire que cela se passe comme en Union Soviétique. C’est totalement différent, et c’est précisément pourquoi je dis exactement l’inverse » [10].

L’inverse étant, en l’occurrence, un « système de « marché dirigé » » [11], où l’information est un produit, que les médias, fonctionnant sur le même modèle que n’importe quelle société commerciale, cherchent à écouler sur un marché.

Les exigences de profit et de rentabilité communes à toute entreprise commerciale entraînent, en plus des pressions politiques, un ensemble de contraintes structurelles, et notamment, une triple dépendance des médias, à l’égard de leurs propriétaires, de leurs annonceurs, et de leurs sources d’information, la rentabilité limitant la possibilité d’investigations personnelles.

De toutes ces contraintes, découle logiquement une certaine orientation de l’information, dans sa forme et dans son contenu, et la sélection préférentielle d’un personnel en phase avec ces principes.

« Ce n’est pas une conspiration mais une analyse institutionnelle », conclut le plus naturellement du monde, Noam Chomsky. Et on se demande comment une évidence si limpide peut échapper à tous ces « grands esprits »…

Quant à la méfiance envers « ce qui apparaît », qui irrite tant Alain Finkielkraut, chez moi, cela s’appelle tout simplement garder un esprit critique.


L’affaire Faurisson

Enfin, les accusations de négationnisme trouvent leur source dans une pétition lancée en 1979 aux États-Unis, qui rassembla plus de 500 signatures, dont celle de Noam Chomsky, pour « assurer la sécurité et le libre exercice de ses droits légaux » à Robert Faurisson, un professeur de la faculté de Lyon, dont les « recherches » ont pour objet de nier la réalité du génocide juif sous le régime de l’Allemagne nazie [12].

Chomsky, devenu malgré lui, en raison de sa popularité, l’emblème de cette pétition, reçut une avalanche de protestations, ce qui l’amena à écrire un texte exposant sa position : Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d’expression. Il y explique entre autre que la liberté d’expression, pour être réellement le reflet d’une vertu démocratique, ne peut se limiter aux opinions que l’on approuve, car même les pires dictateurs sont favorables à la libre diffusion des opinions qui leur conviennent. En conséquence de quoi la liberté d’expression se doit d’être défendue, y compris, et même avant tout, pour les idées qui nous répugnent [13].

Bien entendu, la position libertaire de Chomsky, qui s’explique en partie par l’importance capitale accordée dans la culture américaine à la liberté d’expression, peut et doit être discutée. Mais jamais les critiques n’abordent la question sous cet angle. Elles ont pour seul but de discréditer Chomsky, auteur peu connu du grand public en France, en laissant croire que c’est précisément Faurisson, et ses thèses qu’il aurait défendues et non la seule liberté d’expression.

Du reste, soupçonner Chomsky d’une quelconque sympathie ou complaisance envers les thèses négationnistes est tout simplement ridicule. Dès les débuts de son engagement politique, il affirmait en introduction à son premier ouvrage (American Power and the New Mandarins, 1969, cité dans Le Monde du 24 juillet 1994), et répétait à de nombreuses reprises (voir Chomsky, Les médias et les illusions nécessaires, K films éditions, Paris, 1993), que le simple fait de discuter avec des négationnistes de l’existence des crimes nazis, revenait à perdre notre humanité. Il a eu par la suite de multiples occasions de réitérer très clairement cette condamnation. Dans un autre de ses livres, il décrivait, par exemple, l’Holocauste comme « la plus fantastique flambée de violence collective dans l’histoire de l’humanité » [14]. Dans l’article publié dans The Nation sur l’affaire Faurisson, il indiquait encore « Les conclusions de Faurisson sont diamétralement opposées aux opinions qui sont les miennes et que j’ai fréquemment exprimées par écrit » [15], et dans l’interview publiée dans Le Monde en 1998, il décrivait le négationnisme comme « la pire atrocité de l’histoire humaine », ajoutant à nouveau que « le fait même d’en discuter est ridicule ».

Arnaud Rindel
(01.12.2003)

Ce texte est la version abrégée de la préface d’un recueil de textes de Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, Agone, Marseille, 2001.

(1) Outre De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis (Agone, Marseille), lire, pour les écrits les plus récents, Les Dessous de la politique de l’Oncle Sam (Ecosociété-EPO-Le Temps des cerises, Montréal-Bruxelles-Paris, 1996), Responsabilité des intellectuels (Agone, Marseille, 1998), Le Nouvel Humanisme militaire (Page Deux, Lausanne, 2000), La Conférence d’Albuquerque (Allia, Paris, 2001).

(2) Lire Edward S. Herman et Noam Chomsky, Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media, Pantheon Books, New York, 1988, et Noam Chomsky, Necessary Illusions. Thought Control in Democratic Societies, Pluto Press, Londres, 1989.

(3) Quand, en 1979, les Vietnamiens mirent fin au régime de Pol Pot, les Occidentaux décidèrent de soutenir les Khmers rouges, diplomatiquement à l’ONU, mais aussi, indirectement, sur le plan militaire. A contrario, dans le cas de l’Indonésie, de simples pressions occidentales auraient sans doute suffi pour arrêter les massacres.

(4) Ministre français des affaires étrangères, Louis de Guiringaud se rendit à Djakarta pour y signer un accord militaire. Puis il déclara que la France ne placerait pas l’Indonésie dans une situation embarrassante aux Nations unies à propos du Timor. In Le Monde, 14 septembre 1978.

(5) La version anglaise de ce texte, « Some elementary comments on the rights of freedom of expression », est disponible sur www.zmag.org.

(6) C’est ce qui s’est produit à Skokie (Illinois) en 1978.

Voir enfin:

Florilège de Dorothy Day:

« We are on the side of the revolution. We believe there must be new concepts of property, which is proper to man, and that the new concept is not so new. There is a Christian communism and a Christian capitalism…. We believe in farming communes and cooperatives and will be happy to see how they work out in Cuba…. God bless Castro and all those who are seeing Christ in the poor. God bless all those who are seeking the brotherhood of man because in loving their brothers they love God even though they deny Him. »

Dorothy Day (1961)

In these times when social concerns are so important, I cannot fail to mention the Servant of God Dorothy Day, who founded the Catholic Worker Movement. Her social activism, her passion for justice and for the cause of the oppressed, were inspired by the Gospel, her faith, and the example of the saints.

Pope Francis (US Congress, 2015)

Far better to revolt violently than to do nothing about the poor destitute.

Dorothy Day (1960)

« I am most of all interested in the religious life of the people and so must not be on the side of a regime that favors the extirpation of religion. On the other hand, when that regime is bending all its efforts to make a good life for the people, a naturally good life (on which grace can build) one cannot help but be in favor of the measures taken.

Dorothy Day (Cuba, 1960)

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/793.html

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/248.html

As a young man Ho Chi Minh had traveled from Indo-China to Paris and on one of his first voyages he had stopped in the ports of New York and Boston. One story is that he had worked in Harlem briefly, and perhaps–who knows–he had stopped in the Chinese and Italian area on Mott Street where the Catholic Worker had its house for fifteen years, from 1936 to 1950. Perhaps he came in for a meal with us just as Chu did or Wong, who is with us now. London, Montreal and New York have seen many exiles and political fugitives. If we had had the privilege of giving hospitality to a Ho Chi Minh, with what respect and interest we would have served him, as a man of vision, as a patriot, a rebel against foreign invaders.

Dorothy Day (1970)

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/498.html

the two words [anarchist-pacifist] should go together, especially at this time when more and more people, even priests, are turning to violence, and are finding their heroes in Camillo Torres among the priests, and Che Guevara among laymen. The attraction is strong, because both men literally laid down their lives for their brothers. « Greater love hath no man than this. »

« Let me say, at the risk of seeming ridiculous, that the true revolutionary is guided by great feelings of love. » Che Guevara wrote this, and he is quoted by Chicano youth in El Grito Del Norte.

Dorothy Day (1970)

http://www.catholicworker.org/dorothyday/articles/500.pdf

« I in turn, can see Christ in them even though they deny Him, because they are giving themselves to working for a better social order for the wretched of the earth. »

Dorothy Day (on anarchists)

We believe in widespread private property, the de-proletarianizing of our American people. We believe in the individual owning the means of production, the land and his tools. We are opposed to the « finance capitalism » so justly criticized and condemned by Karl Marx but we believe there can be a Christian capitalism as there can be a Christian Communism.

Dorothy Day

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/300.html

« To labor is to pray — that is the central point of the Christian doctrine of work. Hence, it is that while both Communism and Christianity are moved by ‘compassion for the multitude,’ the object of communism is to make the poor richer but the object of Christianity is to make the rich poor and the poor holy. »

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/166.html

« [L]et it be remembered that I speak as an ex-Communist and one who has not testified before Congressional Committees, nor written works on the Communist conspiracy. I can say with warmth that I loved the [communist] people I worked with and learned much from them. They helped me to find God in His poor, in His abandoned ones, as I had not found Him in Christian churches. »

The Communists point to it as forced upon them, and say that when it comes they will take part in it, and in their plans they want to prepare the ground, and win as many as possible to their point of view and for their side. And where will we be on that day? …

[W]e will inevitably be forced to be on their side, physically speaking. But when it comes to activity, we will be pacifists, I hope and pray, non-violent resisters of aggression, from whomever it comes, resisters to repression, coercion, from whatever side it comes, and our activity will be the works of mercy. Our arms will be the love of God and our brother.

Dorothy Day (1949)

http://dorothyday.catholicworker.org/articles/246.html

« We must make a start. We must renounce war as an instrument of policy. . . . Even as I speak to you I may be guilty of what some men call treason. But we must reject war. . . . You young men should refuse to take up arms. Young women tear down the patriotic posters. And all of you–young and old–put away your flags.

Dorothy Day (1941)

We are still pacifists. Our manifesto is the Sermon on the Mount, which means that we will try to be peacemakers. Speaking for many of our conscientious objectors, we will not participate in armed warfare or in making munitions, or by buying government bonds to prosecute the war, or in urging others to these efforts.
But neither will we be carping in our criticism. We love our country and we love our President. We have been the only country in the world where men of all nations have taken refuge from oppression. We recognize that while in the order of intention we have tried to stand for peace, for love of our brother, in the order of execution we have failed as Americans in living up to our principles.

Dorothy Day (1942)

[O]urs was a long-range program, looking for ownership by the workers of the means of production, the abolition of the assembly line, decentralized factories, the restoration of crafts and ownership of property,” she wrote. “This meant, of course, an accent on the agrarian and rural aspects of our economy and a changing emphasis from the city to the land.”

http://cjd.org/2001/10/01/g-k-chesterton-and-dorothy-day-on-economicsneither-socialism-nor-capitalism-distributism/

We need to change the system. We need to overthrow, not the government, as the authorities are always accusing the Communists ‘of conspiring to teach [us] to do,’ but this rotten, decadent, putrid industrial capitalist system which breeds such suffering in the whited sepulcher of New York. »

Dorothy Day (1956)

http://www.catholicworker.org/dorothyday/articles/710.pdf

We stand at the present time with the Communists, who are also opposing war…. The Sermon on the Mount is our Christian manifesto.

Dorothy Day ( « Our Stand, » Catholic Worker, June 1940)

Marx… Lenin… Mao Tse-Tung… These men were animated by the love of brother and this we must believe though their ends meant the seizure of power, and the building of mighty armies, the compulsion of concentration camps, the forced labor and torture and killing of tens of thousands, even millions.

Dorothy Day (« The Incompatibility of Love and Violence, » Catholic Worker, May 1951)

I am appalled that a woman of such loathsome character would be considered for sainthood. Vatican archives are filled with reports of Christians martyred under the regimes that Dorothy Day supported. I am revolted by the United States Conference of Catholic Bishops’ support for the canonization of a woman whose views supported the violent extermination of Christians throughout the world. I ask that these matters be carefully weighed so that the Holy See will not be inadvertently misled when considering the canonization of Dorothy Day. I am particularly concerned about her support for Ho Chi Minh » …

Virginia State Senator Richard H. “Dick” Black

Senator Richard H. Black of Virginia Objects to Sainthood for Marxist Dorothy Day

The name Dorothy Day has not been used in the United States Congress terribly often. She was a valiant fighter for workers, was very strong in her belief for social justice, and I think it was extraordinary that he cited her as one of the most important people in recent American history. This would be one of the very, very few times that somebody as radical as Dorothy Day was mentioned. He is willing to identify with an extraordinarily courageous woman whose life was about standing with the poorest people in America, and having the courage to stand up to the very powerful. You know, her newspaper was the Catholic Worker, and she stood with the workers of America and fought for justice. His calling out for social justice, his talking about income and wealth inequality, his talking about creating an economy and a culture that works for everybody, not just a few, is a very, very powerful message.

Bernie Sanders

http://www.washingtonpost.com/news/post-politics/wp/2015/09/24/the-pope-name-dropped-a-radical-catholic-activist-and-bernie-sanders-couldnt-be-happier/

Voir de plus:

« La République ne doit pas plaider coupable »
Le philosophe et académicien s’interroge sur la difficulté de nos élites à penser ce qui nous arrive, sans céder aux anachronismes.
Alain Finkielkraut
Marianne
03/04/2015

– Marianne : Récemment, l’écrivain algérien Boualem Sansal livrait cette réflexion désabusée : « Les Européens ont toujours sous-estimé l’islamisme. » Cette minoration a-t-elle pris fin ?

Alain Finkielkraut : Au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher de Vincennes, et après le refus cinglant des jeunes des « quartiers populaires » de participer à la grande manifestation unitaire du 11 janvier, il était difficile pour les Français, même les plus angéliques, de continuer à faire l’impasse sur les dangers et sur la séduction de l’islamisme radical. Mais la propension à noyer le poisson dans ses causes supposées n’a pas disparu. Et le gouvernement a donné l’exemple en dénonçant l’apartheid culturel, ethnique et territorial qui sévirait dans nos banlieues. Ainsi la République a-t-elle plaidé coupable pour les attaques mêmes dont elle faisait l’objet.

– Pendant trente ans, un mélange de naïveté et de lâcheté a-t-il empêché de nombreux intellectuels de prendre la mesure du phénomène ?

Je ne vois chez nos intellectuels ni naïveté, ni lâcheté, mais, si j’ose dire, une vigilance anachronique. En Sarkozy, conseillé par Patrick Buisson, son « génie noir », ils combattaient la réincarnation du maréchal Pétain. Les musulmans leur apparaissaient comme les juifs du XXIe siècle. L’antifascisme façonnait leur vision du monde. Ils ne voulaient pas et ne veulent toujours pas voir dans la crise actuelle des banlieues autre chose qu’une résurgence de la xénophobie et du racisme français.

– En France, quelle place a tenu – et tient – la francophobie d’une part des élites dans cette minoration ?

Les élites dont vous parlez ne sont pas francophobes ; face au nationalisme fermé de « l’idéologie française », elles se réclament de la patrie des droits de l’homme. Leur France est la « nation ouverte » célébrée par Victor Hugo, « qui appelle chez elle quiconque est frère ou veut l’être ». Le problème, c’est que, toutes à cette opposition gratifiante entre l’ouvert et le fermé, ces élites légitiment la haine qui se développe dans certains quartiers de nos villes pour les « faces de craie ». C’est l’exclusion, disent ces élites, qui engendre la francophobie.

– Après le 11 septembre 2001, un vaste débat s’est levé. Vous avez pointé dans l’Imparfait du présent les disculpateurs de l’islamisme qui faisaient remonter tout le mal à « l’axe Washington – Tel-Aviv ». Ces personnes-là ont-elles empêché la prise de conscience de la menace globale ?

« L’Amérique victime de son hyperpuissance », titrait Télérama après le 11 septembre 2001. Ce qu’on a du mal à penser aujourd’hui comme alors, c’est que l’Occident puisse être haï non pour l’oppression qu’il exerce, mais pour les libertés qu’il propose. Sayyid Qotb est devenu le principal doctrinaire des Frères musulmans, après un séjour aux Etats-Unis, en 1948, où il a été confronté à cette « liberté bestiale qu’on nomme la mixité », à « ce marché d’esclaves qu’on nomme « émancipation de la femme » », à « ces ruses et anxiétés d’un système de mariage et de divorce si contraire à la vie naturelle. En comparaison, quelle raison, quelle hauteur de vue, quelle joie en islam, et quel désir d’atteindre celui qui ne peut être atteint ».

– L’année dernière, vous avez publié l’Identité malheureuse (1). Cet essai mélancolique a été étrillé par une partie de la critique, et le Monde des livres a cru pouvoir discerner des similitudes entre vos inquiétudes et celles de Marine Le Pen. Quelles réflexions vous inspire ce type de rapprochement ?

L’esprit du temps réussit l’exploit paradoxal de nous faire vivre hors de notre temps, à côté de nos pompes. Alors que la France change de visage, il affirme, imperturbable, que l’histoire se répète, et il cherche des racistes et des fascistes pour donner corps à cette affirmation. J’ai beau être juif et défendre l’école républicaine, me voici lepéniste, et même – il faut ce qu’il faut – maurrassien.

– Avec Régis Debray, Elisabeth Badinter, Catherine Kintzler et Elisabeth de Fontenay, vous avez signé un texte intitulé « Le Munich de l’école républicaine », au moment de l’affaire dite de Creil (sur le port du voile à l’école), en septembre 1989. Plus de vingt-cinq ans après, quelles menaces pèsent, d’après vous, dans l’enceinte scolaire sur la conception exigeante de la laïcité dont vous vous réclamez ?

La menace était très clairement énoncée en 2004 par le rapport Obin sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires : « Tout laisse à penser que, dans certains quartiers, les élèves sont incités à se méfier de tout ce que les professeurs leur proposent, qui doit d’abord être un objet de suspicion, comme ce qu’ils trouvent à la cantine dans leur assiette ; et qu’ils sont engagés à trier les textes étudiés selon les mêmes catégories religieuses du halal (autorisé) et du haram (interdit). » La question du voile et celle de la nourriture sont deux composantes d’un phénomène beaucoup plus large de sécession culturelle. Et ce phénomène est en expansion.

– La géopolitique n’est pas votre registre d’intervention privilégié, mais vous suivez ce que l’islamologue Mohammed Arkoun a appelé « l’extension de la pandémie djihadiste ». Est-ce l’idée califale (c’est-à-dire le projet de rétablissement du califat) qui est devenue le moteur des revendications islamistes ?

Je ne sais pas. Ce que je sais, grâce à Gilles Kepel, c’est que les Beurs, qui avaient fait la grande marche pour l’égalité en 1983, rejettent maintenant avec horreur ce vocable « tenu au mieux pour méprisant à leur endroit, au pire, pour un complot sioniste destiné à faire fondre comme du beurre leur identité arabo-islamique dans le chaudron des potes de SOS Racisme touillé par l’Union des étudiants juifs de France ».

– Etes-vous de ceux qui préférez, avec Michel Onfray, une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse fausse de Bernard-Henri Lévy ? Qu’avez-vous pensé de la réaction de Manuel Valls, accusant le fondateur de l’Université populaire de Caen de « brouiller les cartes » avec le Front national, et regrettant, plus généralement, le silence des intellectuels face à l’extrême droite et à sa menace ?

Je pense que Michel Onfray préfère aussi – et il l’a dit – une analyse juste de Bernard-Henri Lévy à une analyse fausse d’Alain de Benoist. Pour ma part, je citerai Camus dans sa lettre adressée aux Temps modernes après la critique au vitriol de l’Homme révolté, parue dans cette revue : « On ne décide pas de la vérité d’une pensée selon qu’elle est à droite ou à gauche, et moins encore selon ce que la droite et la gauche décident d’en faire. A ce compte, Descartes serait stalinien et Péguy bénirait M. Pinay. Si, enfin, la vérité me paraissait à droite, j’y serais. » Je ne suis donc pas plus impressionné par la sortie de Manuel Valls que par la campagne de 1982 contre le « silence des intellectuels ». Le gouvernement est légitimement affolé par la montée du Front national, mais ce ne sont pas les incantations antifascistes qui inverseront la tendance et changeront la donne ; c’est la prise en compte par la gauche comme par la droite traditionnelle de l’inquiétude de toujours plus de Français devant la mutation culturelle qui nous tombe dessus, qui n’a été décidée par personne.

– Est-ce qu’il vous arrive de douter de la justesse de vos angoisses ? Vous arrive-t-il de vous demander si, comme certains vous le reprochent, vous êtes devenu obsédé par vos combats ?

Fontenelle a écrit un jour : « On s’accoutume trop quand on est seul à ne penser que comme soi. » J’essaie donc de ne pas rester seul trop longtemps et je fais même l’émission « Répliques » pour être confronté à des points de vue très différents des miens. Mais ce n’est pas ma faute si l’actualité radote et me renvoie sans cesse à la réalité insupportable de l’éclatement de mon pays. Je suis attaqué et même insulté par ceux qui ne veulent surtout pas regarder cette réalité en face. Devant les mauvaises nouvelles, ou, pis encore, devant les nouvelles qui contredisent l’idée reçue du mal et du méchant, le plus simple est encore de s’en prendre au messager et de lui faire la peau.

(1) L’Identité malheureuse, réédition, Gallimard, « Folio essais ».

Voir enfin:

Réné Girard et les joies du bashing
Nicolas journet
Sciences humaines
juin 2010
Mis à jour le 15/06/2011

Le père du désir mimétique est la dernière victime expiatoire du critique René Pommier. Le bashing est-il si nuisible qu’il se l’imagine ?
Commencer par choisir un « père fondateur », « un gourou international » ou un « maître à penser » sur lequel plus de vingt thèses ont été soutenues, couvert de récompenses et de doctorats honoris causa, bardé d’une œuvre traduite en plus de cinq langues. Autopsier cette dernière jusqu’à l’écœurement, puis en livrer les morceaux les plus obscurs et les plus navrants nappés de sauce piquante : c’est la recette de René Pommier, agrégé de lettres, professeur émérite à la Sorbonne, esprit rationaliste et autoproclamé « fervent mécréant ». À trente ans d’intervalle, il s’est offert un tableau de chasse honorable : Roland Barthes (servi en deux fois : 1978 et 1987) et Sigmund Freud (croqué en 2008). Et voici qu’il récidive : René Girard, un allumé qui se prend pour un phare (Kimé, 2010) n’est pas un quatrain de potache, mais le titre d’une jubilante entreprise de déboulonnage du maître de la pensée mimétique.

R. Girard, rappelons-le, est un spécialiste de la littérature devenu, au fil d’une œuvre abondante, l’auteur d’une ambitieuse thèse sur l’origine de la violence, des religions, de la culture et du christianisme. Académicien célébré en France, il est depuis des années tout autant enseigné, lu et commenté en Californie et à Sydney. C’est une figure internationale. En réalité, annonce d’entrée R. Pommier, son cas est simple : c’est un mégalomane, son œuvre n’est que « divagation » et sa pensée « ne vaut pas tripette ». On fait difficilement plus concis, mais on n’écrit pas cela sans quelques munitions.

Le désir mimétique, postulat séduisant mais absurde
Malgré la brièveté de son pamphlet, R. Pommier parvient à s’attaquer dans le détail à quelques thèses centrales de la pensée de R. Girard en se livrant à un épluchage en règle de ses sources et de sa logique.

Exemple  : la théorie du désir mimétique, fondamentale, est un postulat séduisant, mais absurde. Si nous ne désirons que ce qu’autrui a désiré avant nous, comment cela a-t-il bien pu commencer un jour ? Les archétypes littéraires que R. Girard avance pour preuve (Don Juan, Don Quichotte) sont contrefaits : Don Juan est un adepte du coup de foudre spontané, Sancho Pança un vrai glouton, qui ne partage nullement les désirs de son maître.

Autre exemple : R. Girard affirme que la violence naît toujours et partout de cette contagion du désir. Mais sa démonstration n’est, selon R. Pommier, qu’une épatante fiction. Dans la plupart des cas qu’il analyse, la peur ou la haine sont des facteurs autrement plus probables. R. Girard, de plus, a mal lu les anthropologues : aucune étude classique n’a montré que le rite du sacrifice eût pour fonction d’apaiser les rivalités entre les hommes ni d’enrayer la violence mimétique. Les bons auteurs ont tous compris qu’il est destiné à apaiser les dieux, non les hommes. Le modèle sacrificiel, à la moulinette duquel R. Girard passe la mythologie grecque et l’Ancien Testament, n’est donc qu’un « délire interprétatif », de même que la « vérité mimétique » dont il fait la clé de la révélation chrétienne. Au mépris de la diversité des textes nouveau testamentaires et de la tradition théologique, R. Girard prétend que, deux mille ans avant lui, le Christ ne dit pas autre chose que ce que lui-même a compris : le sacrifice n’est qu’un mensonge, car la victime est innocente. C’est ainsi que le christianisme, soutenait R. Girard il y a quelques années, a anticipé sur une vérité dont lui-même serait le génial et l’unique découvreur. On fait difficilement plus fort. Il conviendrait donc, persifle R. Pommier, « que tous les chrétiens fêtassent la naissance de René Girard en même temps que celle du Christ ».

En fin de partie, le verdict tombe, et on se doute qu’il n’est pas tendre : d’élucubrations en lectures abusives, R. Girard, selon R. Pommier, ne parvient certes pas à « battre les records d’imbécillité » d’un R. Barthes, mais n’est pas loin de s’en approcher. Il l’écrase en tout cas sur un autre terrain : celui de l’outrecuidance et de l’autocélébration.

Pulsions tauromachiques et iconoclasme radical
Que dire de plus ? L’écriture de R. Pommier peut, selon le cas, réjouir ou indigner le lecteur pétrifié par tant de sarcasmes. La question de savoir si une telle critique est utile ou nuisible au débat s’efface d’abord devant la joie communicative de l’auteur. Il ne s’en cache pas : depuis qu’à l’âge de 15 ans, une vache a succombé sous la roue de sa bicyclette, il adore bousculer ces animaux sacrés. Mais pourquoi ceux-ci plutôt que ceux-là ? Il s’avère que R. Pommier déteste en particulier deux ou trois choses : la prétention intellectuelle, les idées « extravagantes » et le snobisme mêlé de crainte qui fait qu’on les écoute. Entré en lice à la fin des années 1970, il s’est donc heurté au goût immodéré de l’époque pour les théories ambitieuses, les éclats déconstructionnistes et les idées soupçonneuses des maîtres : Jacques Lacan, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Gilles Deleuze, Jacques Derrida et d’autres, autant de figures de premier plan dont le culte et les idées trop neuves ont éveillé en lui des pulsions tauromachiques. De là vient son penchant pour l’iconoclasme radical, celui qui se soucie peu de quoi mettre à la place. À ce jeu-là, que gagne-t-on ?

Rappelons que R. Pommier n’est ni le premier, ni le dernier à pratiquer ce sport de plume que les Américains appellent « bashing », et qu’en français on traduira par « éreintement ». Souvenons-nous. D’abord, il y eut en 1980 le goguenard Effet ’yau de poêle de François Georges sur les pitreries de J. Lacan. Plus modéré, La Pratique de l’esprit humain, de Marcel Gauchet et Gladys Swain (1980), ne laissa pourtant pas intacte la réputation de M. Foucault. Puis vint le galop d’essai – sérieux mais accusateur – de La Pensée 68 (Luc Ferry et Alain Renaut, 1985) dénonçant les abus du quatuor Foucault-Lacan-Bourdieu-Derrida. Il inaugurait l’ère des « nouveaux philosophes », aujourd’hui à leur tour placés dans le collimateur. Huit ans plus tard, James Miller cible, lui, la vie sexuelle de Michel Foucault.

Puis Alan Sokal et Jean Bricmont épinglent, tout à la fois, J. Lacan, Julia Kristeva, J. Derrida et la nouvelle génération des postmodernes (Impostures intellectuelles, 1997). Ensuite, c’est au tour de P. Bourdieu, relativement épargné jusque-là : en 1998, Jeannine Verdès-Leroux le peint en charlatan et en terroriste (Le Savant et la Politique), Louis Gruel en illusionniste (2005). La même année, Le Livre noir de la psychanalyse importe en France une spécialité déjà florissante aux États-Unis : le « Freud bashing  », qui fera souche à Paris et vient de gagner Michel Onfray. Bien des têtes célèbres ont été dévissées avant celle de R. Girard. Ce qui signifie que, contrairement à une idée répandue, la vindicte n’est pas morte et que le politiquement correct ne règne pas vraiment. Ensuite, qu’elle ne tue personne : le bashing est aussi un hommage rendu au rayonnement des auteurs et des œuvres qu’il vise. La plupart y survivent très bien. Enfin, que sa fonction est aussi de faire de la place pour de nouvelles idées. Mais pas toujours : R. Pommier, quant à lui, se contenterait bien d’un retour au bon sens et au respect de l’antérieur. C’est sans doute là ce qu’il y a de moins passionnant chez lui.

René Pommier, René Girard, un allumé qui se prend pour un phare, Kimé, 2010.

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Crise des réfugiés: Attention, une distorsion peut en cacher une autre (Politicians and media’s irresponsible coverage of current refugee invasion of Europe sparks online backlash of fake, twisted, edited or taken out of context refugee images)

27 septembre, 2015

Vlora

Vlora2

Dans les années 1980, les réformes de Mikhaïl Gorbatchev amènent de grands changement au sein du bloc de l’Est. À partir de 1989, les régimes communistes européens tombent tous les uns après les autres. De nombreux troubles politiques apparaissent en Albanie et plusieurs millions d’albanais fuient le pays. Le 7 août 1991, le Vlora décharge du sucre en provenance de Cuba à Durrës. Pendant le déchargement, plus de 20 000 migrants montent illégalement à bord et forcent le commandant, Halim Milaqi, à les amener en Italie. Celui-ci obtempère et demande l’autorisation d’accoster à Brindisi. Les autorités italiennes refusent et lui demandent de se rendre à Bari afin que des locaux soient aménagés pour les immigrants; mais le manque d’organisation lié à l’absence de plusieurs personnes nécessaires pour obtenir les autorisations (la majorité sont en vacances ce jour-là) fait que le navire arrive à Bari avant que les centres d’accueil pour les migrants ne soient prêts. Pour rentrer dans le port, le commandant mentionne des blessés graves à bord et invoque une impossibilité de reculer en raison de la lourde charge. De nombreux migrants se jettent à l’eau afin d’essayer de rejoindre la rive à la nage. Le navire est amarré au quai Molo Carboni, le plus éloigné de la ville, le 8 août 1991. Il s’agit encore aujourd’hui du plus grand débarquement illégal en Italie. Wikipedia
I am illegal, not refugee. In my country, the only thing you can do there is either drugs or crimes. So I was in prison several times, for drugs, also for trying to kill another guy. (…) We flew to Istanbul and then took a bus to Izmir. There we destroyed our passports and just mixed with the Syrian refugees. We then took the boat from Izmir to Greece. From there to Macedonia, Serbia, Hungary and now we are in Vienna. (…) It’s really easy now to travel with these refugees. We received food and shelter, and a nice welcoming from people so far. (…) So when someone asks us, where do you live? We say Damascus. Where are you from? Answer Syria. Hamza (27, Algerian)
There are people who are trying to benefit from the situation. I’ve met Egyptians who claimed they were Syrians, but the dialect is Egyptian. I’ve also met people from Morocco, Algeria, Tunisia or Libya who all are now flying to Istanbul and then go to Izmir where they destroy passports. I’ve also met Palestinians who live in camps in Lebanon and now claim they were from Yarmouk camp in Syria. Many of them said they have family in Germany and just use this situation to finally get asylum. Most of these people say they’ve lost their passports. The sad thing is that those Syrians who really are fleeing war will be the ones paying the price. Fares
Moving among the tens of thousands of Syrian war refugees passing through the train stations of Europe are many who are neither Syrian nor refugees, but hoping to blend into the mass migration and find a back door to the West. There are well-dressed Iranians speaking Farsi who insist they are members of the persecuted Yazidis of Iraq. There are Indians who don’t speak Arabic but say they are from Damascus. There are Pakistanis, Albanians, Egyptians, Kosovars, Somalis and Tunisians from countries with plenty of poverty and violence, but no war. It should come as no surprise that many migrants seem to be pretending they are someone else. The prize, after all, is the possibility of benefits, residency and work in Europe. (…) Many of the asylum seekers tell journalists and aid workers that they are from Syria, even if they are not, under the assumption that a Syrian shoemaker fleeing bombed-out Aleppo will be welcome, while a computer programmer from Kosovo will not be. It is common knowledge on the migratory route that some who are not from Syria shred their real passports in Turkey and simply fake it. A couple of reporters, one a native Arabic speaker, who wandered through train stations in Vienna found plenty of newcomers whose accents did not match their stories and whose stories did not make sense. Swimming in the river of humanity are shady characters, too, admitted criminals, Islamic State sympathizers and a couple of guys from Fallujah, one with a fresh bullet wound, who when asked their occupation seemed confused. (…) The refugees report that a forged Syrian passport can be bought on the Turkish border for as little as $200. A reporter for Britain’s Daily Mail bought a Syrian passport, ID card and driver’s license for $2,000 in Turkey under the name of a real man who was killed in the conflict. An Austrian security official, who spoke on the condition of anonymity, said there are also thriving black markets for Syrian passports in Croatia, Serbia, Hungary and Austria. But most are arriving in Vienna without ever having shown a passport or document to officials, as long as they travel in the stream of asylum seekers. Authorities along the way may ask for names and countries of origin, but they are not scrutinizing documents. Opportunists can easily pass through borders simply claiming to be Syrians, often without offering any proof. (…) Confronting a surge in migrants falsely claiming to be from war-torn nations, European authorities are seeking to bolster screening efforts, particularly at gateway nations such as Greece and Italy. (…) But Greece has been so overwhelmed by the sheer numbers that many are slipping through. Most economic migrants and war refugees in Vienna say they have arrived without being photographed, fingerprinted or subjected to biometric measurements. Some of the new arrivals will make claims to stay based on threat of persecution because of clan or religion; others may seek to be reunited with family already in Europe. And some may never try to become legal residents, but live in the shadows. It will take months to sort out their stories. The NYT
Face à l’hostilité de certains sur l’accueil des migrants, les Européens feraient bien de se souvenir du passé. Voilà en substance le message qui accompagne une photo relayée à des centaines de reprises depuis quelques jours. Il s’agit d’un détournement. L’image est impressionnante : le bateau déborde littéralement de passagers; des grappes de personnes le recouvre presqu’entièrement. « Voilà des migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale », précise le message qui accompagne l’image sur les réseaux sociaux. Le souci, c’est que cette photo ne remonte pas du tout au conflit de 1914-1918. Elle montre en fait l’arrivée du cargo Vlora dans le port italien de Bari le 8 août 1991. A son bord, plusieurs milliers de migrants albanais, venus tenter leur chance en Europe un an après la chute du régime communiste. Comme le raconte ce rapport du Conseil de l’Europe, Rome décide alors de regrouper ces candidats à l’asile dans un stade de la ville. De la nourriture et des vêtements sont distribués. Mais « les autorités ont considéré qu’ils étaient venus chercher une amélioration de leur situation économique et ne pouvaient donc pas être assimilés à des réfugiés politiques ». La très grande majorité des migrants albanais a donc été renvoyée en Albanie. Franceinfo
Qui arrêtera cette folie ? La prodigue Union européenne (UE) met le destin des peuples à l’encan en applaudissant, derrière l’Allemagne exaltée, à l’invasion des clandestins qui forcent les portes de Schengen. Des libérateurs ne seraient pas mieux acclamés. Or ils sont des millions, dans les pays arabo-musulmans, à vouloir gagner l’UE enivrée de ses vertus. Cette semaine, la petite île grecque de Lesbos était submergée par 20 000 «  migrants ». Les barrières volent en éclats, depuis qu’Angela Merkel a promis de recevoir 800 000 demandeurs d’asile cette année. François Hollande s’est engagé pour 24 000 personnes en deux ans. Peu importe les chiffres : les feux sont passés au vert, sans discernement ni recul. Les commissaires de Bruxelles, qui ont toujours appelé de leurs vœux une immigratAAæion massive, sans se soucier de son intégration culturelle, sont complices du bouleversement identitaire enclenché. La propagande émotionnelle s’est emballée, après la diffusion de la photo d’un corps d’enfant échoué sur une plage turque. Depuis, les « humanistes » de tréteaux, artistes ou politiques, moralisent sur la « fraternité humaine » en exposant publiquement leur grande bonté. Ils accusent évidemment l’Occident d’être coupable des désastres qui frappent l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, etc. Persuadés d’avoir raison, ils exigent des excuses de ceux qui ont soutenu, depuis le 11 septembre 2001, les résistances aux offensives du nazislamisme. Ils crachent par habitude sur les États-Unis et leurs alliés, mais ignorent le totalitarisme coranique, responsable du chaos. Combien de soldats de Daech, infiltrés parmi ces exilés ? L’État islamique avait promis, début 2015, d’utiliser la bombe migratoire pour déstabiliser l’Europe. Mais cela fait longtemps que l’aveuglement narcissique berce les beaux parleurs. Il suffit d’observer la jubilation des idéologues de l’égalitarisme, de l’indifférenciation et de l’homme remplaçable pour les tenir comme inspirateurs de la béatitude des dirigeants et les médias du camp du Bien. Ivan Rioufol
Les « humanistes » sont des dangers publics, quand ils ne voient pas plus loin que leurs psychés. Lorsqu’ils se mêlent de diriger des pays, voire l’Union européenne elle-même, ils montrent leur inconsistance en se révélant incapables de prévoir les conséquences de leurs élans compassionnels. L’ahurissante légèreté Angela Merkel, qui a ouvert ses frontières aux « migrants » sous les hourras des belles âmes, restera probablement comme l’aboutissement de la régression politique réduite aux pulsions émotives. La décision de la chancelière, ce week-end, de rétablir le contrôle aux frontières de son pays soudainement envahi signe sans doute la fin des utopies sur l’accueil pour tous, dont elle était devenue l’étendard. Elle justifie sa volte-face par le fait que Schengen a démontré qu’il ne maîtrisait pas l’immigration et laissait passer, à côté des réfugiés politiques, beaucoup de faussaires. Mais cette situation, décrite ici depuis le début, est connue de tous depuis toujours. Elle n’est d’ailleurs pas un obstacle pour la France, qui se flatte d’accueillir et de prendre en charge des « réfugiés » dont rien ne dit qu’ils le sont tous. Il suffit de relire les dithyrambes de la presse française pour se désoler de la capitulation de l’esprit critique dans une large partie de la profession. « L’incroyable madame Merkel », « La dame de cœur », « le futur prix Nobel de la paix », auront été quelques-uns des lauriers tressés par le camp du Bien, dans un manichéisme réservant aux pays récalcitrants, et singulièrement au premier ministre hongrois Viktor Orban, toutes les réprobations morales. Disons les choses comme elles se présentent : le revirement allemand couvre de ridicule les sermonneurs qui ont semé la tempête migratoire. Le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, qui entend faire de la « pédagogie » pour expliquer sa politique d’accueil, ne peut que s’enliser dans une propagande irréfléchie qui n’a évidemment pas le soutien de l’opinion. Incapable idéologiquement de concevoir la moindre vertu aux frontières nationales, il parle d’ouvrir en Grèce, en Italie et en Hongrie des « hot spots », en collaboration avec l’Union européenne. Mais cette dernière se dévoile, avec l’Allemagne immature et la France suiveuse, comme autant de dangers pour l’Europe, fragilisée par quarante ans d’immigration de peuplement et de multiculturalisme imposé. Le cynisme mercantile du président du Medef, Pierre Gattaz, qui salue une « opportunité » dans l’arrivée d’une main d’oeuvre docile, est une autre agression pour les Français soucieux de préserver la cohésion de leur nation ouverte. En réalité, l’effet de cet excès de xénophilie est, dès à présent, de replacer au cœur du débat public des sujets évacués : l’immigration, le retour aux frontières, la préférence nationale, l’expulsion effective des migrants économiques et des clandestins. Sans parler de la faillite des partis politiques et de l’Union européenne elle-même. Dans le fond, merci Angela Merkel pour tant de maladresses ! Ivan Rioufol
Si les dirigeants allemands et français n’avaient pas applaudi quand Obama a retiré toutes les troupes américaines d’Irak ; soutenu ensuite les « rebelles » en Syrie ; défini l’État Islamique, alors embryonnaire, comme une équipe d’amateurs ; voulu, après la chute de Ben Ali et de Mouba­rak, celle de Kadhafi, la situation serait différente. (…) Ils ont voulu les causes. Ils ont les effets. Un président des États-Unis avait énoncé un projet stratégique destiné à éviter tout ce qui est en train de se passer, et qui découle de la guerre déclarée par l’islam radical au monde occidental. Il s’appelait George Walker Bush. Les dirigeants européens l’ont détesté. Ils ont à la Maison Blanche un homme à leur goût. Ils goûtent. Tous ceux qui vivent en Europe doivent déguster, hélas… Guy Millière
Of all the irresponsible decisions taken in recent years by European politicians, few will cause as much human misery as Angela Merkel’s plan to welcome Syrian refugees to Germany. Hailed as enlightened moral leadership, it is in fact the result of panic and muddled thinking. Her pronouncements will lure thousands more into the hands of unscrupulous people-traffickers. Her insistence that the rest of the continent should share the burden will add political instability to the mix. Merkel has made a dire situation worse. (…) The distinction between refugee and economic migrant is also being elided. Many of the Syrians making this journey are fleeing war, but many others are fleeing camps in neighbouring Jordan or Turkey. The incentive to do this is growing, because life there is becoming harsher. As Michael Moller, the head of the UN’s Geneva office, warned this week, these millions will ‘get up and leave and come to Europe’ unless conditions in the camps improve. Iraqis are also joining in; extra flights are being laid on from Baghdad to Turkey as people go on the move in the belief that Merkel has created a window of migration opportunity that may not last. It is at this point that the distinction between refugee and immigrant, on which European law is based, breaks down. The economic pull is exacerbated because, unlike in previous times, the residents of the refugee camps have access to mobile phones and information. They know that Germany has said it expects to accept 800,000 asylum-seekers this year (a figure greater than the population of some EU members). They will have heard about — or seen — the welcome being given to refugees arriving there, the reception committees and the politicians holding placards saying ‘refugees welcome’. All of this will encourage many more to embark on the perilous journey to Europe. The European Union’s energies would be far better spent improving life in the camps and finding ways to allow people to work there, as Professor Paul Collier suggested in these pages last month. (…) Another danger of Merkel’s open-door policy is that it may make Syria’s recovery from civil war harder. By accepting those who have managed to make it to Europe, rather than those still in the camps, Germany is, intentionally or not, cherry-picking the more prosperous members of what used to be Syrian society, those who have sufficient resources to pay the traffickers. Without them, their ravaged country is far less likely to make a recovery once the fighting eventually stops. (…) Merkel’s actions, now, will be hard to correct: her words cannot be unsaid. She has exacerbated a problem that will be with us for years, perhaps decades. More than 40 per cent of those who applied for asylum in Germany in the first half of this year came from the former Yugoslavia; the last of its wars ended 14 years ago. Handling all of this correctly will require true statesmanship, which means thinking through consequences. Merkel is failing that test spectacularly. The Spectator
Few people say it out loud, but it’s the image of Germans welcoming “others” on in-bound trains from the east—from Hungary, very telegenically, when I was there—that arrests their attention. What a contrast with the pictures of other Germans in an earlier time shipping “others” to the east, on out-bound trains, to places like Treblinka and Auschwitz. [But] What sort of sound is that other shoe going to make when it finally does drop? Truth be told, the German leadership—and the EU leadership as well, with Mr. Jean-Claude Juncker of Luxembourg in the lead—are planting the seeds for long-term agony. That agony will comes in three forms: the economics of the welfare state; the self-blinding politics of multiculturalism; and security. (…) If only a tenth of one percent of these Arabs are now or are later turned toward salafi-based political violence for any number of reasons we can all think of, then Germany will have a problem that will shred its esteemed privacy laws to bits, whether Germans like it or not. (…) Meanwhile, the moral hazard problem is getting out of control. The word is out in Syria, and Iraq, and Lebanon, and among Palestinians in various places: They see the pictures, they send the men, then comes family reunification, and the next thing you know, in as little as a year or two, there could be five million Levantine Arabs (and a smattering of Kurds) clotting about in German cities. (…) Only a tiny percentage of these asylum seekers are well enough educated to hold down a middle-class enabling professional job in an economy like Germany’s.So the sound of the other shoe will consist of gunfire and bombs, most likely, and the telltale sucking sound of cash exiting the coffers of the still very generous but increasingly fiscally fragile German welfare state. And what of the politics?The Left’s normative seizure of Germany is truly amazing. Even the Chancellor, who by German standards is far from a raving leftist, appears to firmly believe that everyone must be a multiculturalist for moral reasons, and that all people who want to preserve the ethno-linguistic integrity of their communities—whether in Germany or in Hungary, Poland, and elsewhere—are acting out of base motives. One even sees self-righteous criticism of the Australians now in the German press. The German leadership’s understanding of its moral obligation is without qualification against contingency; they refuse to limit in any way the number of asylum seekers who can be taken into Germany, or the speed with which they may come. But(…) wanting one’s own community to be a certain way is not aggressively or actively prejudicial against others, any more than declining to give money to a beggar on a city street is morally equivalent to hitting him in the head with a crowbar. It is simply preferring the constituency of a high-social trust society, from which, social science suggests, many good things come: widespread security, prosperity, and a propensity toward generosity being prominent among them.It is, in my view, better morally to respect the dignity of difference than it is to try to expunge it though the mindless homogenization of humankind, which is the unstated premise at the base of the “thinking” of much of the EU elite. What better way to get rid of pesky nationalism than to get rid of nations, eh? One can hardly blame contemporary Germans for this sort of thinking, for their own nationalism turned out to be rabidly illiberal at one point in their history. But it is nonetheless an error of moral reasoning. Asylum seekers distort the moral choice with the intensity of their need, and their innocence; but the point is that what we see in Western Europe is not a case of what is moral versus what is base, but two kinds of rights, incommensurate (à la Isaiah Berlin) as they are, clashing. This basic truth seems to have gone missing in Germany lately, and, unfortunately, its expression in Hungary comes from a man who is toxic morally and opportunistic as well, and so gives that side of the argument a very bad name.(…) All this moral unction reminds me of the reality-challenged 1920s in Europe, which gave rise to the very ugly 1930s (and yes, there will be a sharp economic downturn to speed the effect; it’s already begun, in China, because we have allowed a half dozen major regional business cycles with their own, often balancing-out, dynamics to coalesce into one huge global business cycle), and we all know what happened next. How is the thinking in Berlin now different in essence from the calamity of Kellogg-Briand and Locarno? It is downright Kantian: The ethereal categorical imperative über alles. It also seems to me very Christian in the sense that it represents a tilt of intentions over consequences—and Kant was, remember, a Lutheran Pietist, so we know where his basic intellectual urges came from. Indeed, the denizens of the German Left seem to me a very religious people, only they think they’re secularists just because a clutch of proper names has changed, and they don’t often go to church anymore, but rather collect for the functional equivalent of communal worship in political meetings, university seminars, and protest rallies.For all this we can blame the Nazis, because the moral ricochet over time is clear, and it is in many ways very noble. It’s nice that the Germans want to be moral, charitable, hospitable, generous and kind, isn’t it? But absent a heavy doze of Niebuhrian moral realism, they now risk letting dead Nazis derange living thought from beyond the grave. (…) One fears that if reasonable people do not somehow apply a brake to this wild excess of selfless saintliness, unreasonable people eventually will. And guess who might still be around to cheer, encourage, and perhaps even arm the unreasonable? Yes, Vlad the Putin himself, as he is indeed already doing in a minor key. Putin would love to destroy the European Union and all it stands for, almost as much as he would destroy NATO if he could. There are, regrettably, plenty of European leaders these days who are unwittingly pitching in to help him, and so before very long we could be facing another kind of security problem. That would ultimately be a problem for Americans as well as for Europeans. Doesn’t it always go like that, again, whether we like it or not?  The American interest
Les photographies actuelles sont enracinées dans un héritage visuel ancien, celui des boat people, mais notre regard sur elles a changé pour devenir beaucoup plus ambigu. A l’époque, l’arrivée des Vietnamiens était présentée comme une question momentanée. Aujourd’hui, c’est le début d’un phénomène dont on ne voit pas la fin. On évoque en outre une masse uniforme d’immigrés; les panoplies de raisons qui les poussent à partir sont mises de côté au profit de la gestion de la crise. L’information n’est pas pourquoi ils viennent mais combien ils sont et comment y faire face. On oscille entre peur et compassion. [Avec les Albanais] Nous ne sommes plus dans une logique de Guerre froide puisque le Rideau de fer est tombé. Il n’y a plus de justification à la fuite. L’idée est ici celle du débarquement d’un flux immaîtrisé d’Albanais, avec cette question sous-jacente: «Que venez-vous faire chez nous maintenant que le régime autoritaire de votre pays a chuté?». La multitude est toujours menaçante si elle n’est pas accompagnée d’un discours, et la crainte d’une invasion est très claire dans cette image. On sent le débordement, la déferlante, comme aujourd’hui. [Avec les Africains] C’est une sorte de jeu des voleurs et du gendarme. Il y a un seul policier essayant de maîtriser un groupe dont on peut supposer qu’il est plus nombreux encore. Ces jeunes hommes semblent bien habillés et l’on pense tout de suite à un flux économique et non à des personnes en train de fuir un danger. Ils ne suscitent guère d’empathie; le policier est seul face à eux et s’il brandit sa matraque, il ne l’utilise pas. Evidemment, l’interprétation de cette image basculerait si c’était le cas. Là, on est dans l’idée de la défense de l’Europe face à l’afflux de migrants économiques. [Avec une petite fille dans un camp de réfugiés syriens] On est ici dans la tradition de la photographie humanitaire. L’enfant qui pleure ou qui a faim est une figure attendrissante qui revient depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette gamine représente ce qu’il y a de plus inoffensif face à un barbelé qui ne peut être perçu que comme une exagération. Elle suscite forcément de la compassion et exacerbe le drame. On aurait le même sentiment si elle se trouvait face à un policier, tandis que des adultes dans le même cas émeuvent beaucoup moins. Gianni Haver (Université de Lausanne)
Angela Merkel’s humane stance on immigration is a lesson to us all. The German leader has stood up to be counted. Europe should rally to her side. The Guardian
As debate about how to solve Europe’s refugee crisis continues, right-wing groups and commentators are using photos and memes to demonise the desperate people risking their lives to reach the continent. But many of the photos are being faked, twisted, edited or taken out of context in an effort to support the following myths and arguments. (…) In one of the most heartless conspiracy theories circulating online, people are claiming that the body of three-year-old Aylan Kurdi was “staged” on a Turkish beach as part of a political plot to garner global sympathy.  People have seized on an image of a Turkish police officer picking up a child’s body on a markedly different section of beach to argue that the child’s body was moved for a photo opportunity. But the photo used as “evidence” of the alleged forgery is actually of Aylan’s older brother, five-year-old Galip, who also drowned alongside his mother as they tried to cross the Aegean Sea. His body, washed up on a different stretch of beach nearby, is visibly larger and dressed in different clothing and shoes. And far from it being a “staged” shot, the photographer who took the now iconic image of Aylan has told how she was in Bodrum to await refugee arrivals and noticed “lifeless bodies” on the beach by chance. (… ) Although the number of refugees and migrants arriving in Europe is undeniably huge – with estimates for this year so far hitting 500,000 people – many of the alarmist photos being circulated are fake. Belgian television station RTBF revealed that this image, claiming to show the “invasion of Italy” by “illegal immigrants” actually dates from 1991 and showed “La Vlora” bringing 20,000 migrants to the Italian port of Bari. The Independent

Attention: une distorsion peut en cacher une autre !

A l’heure où après le coup de folie pénitentiel de Mutti Merkel d’il y a deux semaines …

Et, entre le prétendu chef du Monde libre et celui de la chrétienté, l’orgie de bondieuseries des derniers jours…

L’Allemagne et le reste de l’Europe semblent enfin se réveiller …

Face à la véritable invasion de prétendus réfugiés qui à coup de pierres et d’Allah Akbar …

Ne sont pas loin, comme après la chute du communisme en Albanie il y a 25 ans et suite à la vacance du pouvoir à la tête du Monde libre aujourd’hui, de submerger le Vieux Continent …

Comment ne pas voir contre l’actuelle chape de plomb bien-pensante qu’illustre parfaitement l’hebdomadaire britannique The Independent …

Mais aussi, du côté musulman cette fois (?), les prétendues images de « migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale » …

La flopée d’images fausses, distordues, recadrées ou prises hors contexte qui inondent actuellement l’internet …

Comme autre chose que le contrecoup logique du véritable tombereau d’images et de reportages pro-migrants …

Que taxant toute opinion contraire ou critique de racisme et de xénophobie …

Pour masquer la dimension totalement inouïe de l’évènement et de leur irresponsabilité …

Nous font subir à longueur de journée nos dirigeants et nos médias ?

The fake refugee images that are being used to distort public opinion on asylum seekers
The outpouring of public support for refugees in the wake of the death of Aylan Kurdi has sparked an online backlash
Lizzie Dearden
The Independent
16 September 2015

As debate about how to solve Europe’s refugee crisis continues, right-wing groups and commentators are using photos and memes to demonise the desperate people risking their lives to reach the continent.

But many of the photos are being faked, twisted, edited or taken out of context in an effort to support the following myths and arguments.

‘Isis jihadists are using the crisis to infiltrate Europe’
Several photos have surfaced online claiming to show Isis militants arriving in Europe, comparing images of men in battle dress and pictures of people arriving on the continent.
This man and several others ‘outed’ as Isis militants fought against the group, not with it
But even in cases where the photos do appear to be of the same person, claims that they are members of the so-called Islamic State have been wrong.

A widely shared picture claiming to be of refugees attacking police with an Isis flag actually showed a protest in Germany in 2012 – before the rise of the so-called Islamic State.
This photo is one of the many being wrongly used as ‘proof’ Isis militants are arriving in Europe
Several other images claiming to show refugees fighting for Isis wearing assault rifles and fatigues have also been debunked, with at least two of the men shown actually being part of groups fighting the jihadist group, including Kurdish forces and the Free Syrian Army.

Another meme shared by an anti-immigration group in Croatia claims to show another « Islamist » arriving in Europe. But online analysts said his uniform and equipment identified him as an anti-Isis fighter.

While there is a strong possibility that some of the people migrating to Europe may have been involved in armed conflict or linked with extremist groups, the UN has repeatedly dismissed claims that “thousands” of jihadists are arriving.

Following a Lebanese government minister’s assertion that one in 50 Syrians entering Europe could be Isis members, a  spokesperson for refugee agency the UNHCR said: “This kind of statement is extremely unhelpful.

“A refugee has a genuine fear of persecution, if you have any military connection at all then you lose your status as a refugee. There are over a million Syrians in Lebanon there is no legitimate way of providing figures like that.”

‘Refugees are healthy/rich and don’t need our help’
Pegida UK, a branch of the German group known for its huge “anti-Islamism” protests, has been sharing numerous photos claiming to show “fake” or undeserving refugees.

Many of the assertions are based on the fact people in the pictures appear not to be malnourished.

In one post spotted by news website France 24, photos of a muscular man are sarcastically labelled: “Please help feed and house this poor, defenceless refugee…’I heard we can get free steroids in England – don’t be racist and let me in!’”
But the photos were actually taken in 2013 on Christmas Island in Australia.

In other images taken at the same time, the border police’s blue uniforms can clearly be seen with “Australian Customs and Border Protection” written on them.
Numerous images of mainly Syrian refugees carrying smartphones have also been shared by right-wing blogs and commentators on social media arguing they do not need Europe’s help.

But as James O’Malley wrote in a comment piece for The Independent, possessing a phone is no indicator of how deserving an asylum seeker is of refuge, and middle-income countries like Syria are clearly just as susceptible to conflict as anywhere else.

“The answer to how surprised should we be that many of the Syrian refugees have smartphones is a resounding ‘not very’,” he said.

“The world isn’t a binary split between ‘rich’ and ‘poor’ – and we should adjust our assumptions about the countries in the middle accordingly.”

‘Aylan Kurdi’s dead body was staged to sway opinion’
In one of the most heartless conspiracy theories circulating online, people are claiming that the body of three-year-old Aylan Kurdi was “staged” on a Turkish beach as part of a political plot to garner global sympathy.

So the staged photo of poor little Aylan worked then? 20,000 Syrian. Not so much outcry if they used the original. pic.twitter.com/pLiBfZQIRc

— Lurkio (@alrightlandlord) September 7, 2015
People have seized on an image of a Turkish police officer picking up a child’s body on a markedly different section of beach to argue that the child’s body was moved for a photo opportunity.

“Little Aylan Kurdi, if he is dead, did not drown. He was killed. And the picture is a set-up fake. His body has been arranged in position,” one person wrote on Twitter.

Knights Templar International wrote: “Goulish (sic) propagandists moved and used the dead body of the little boy drowned on a Turkish beach to get pictures that would ‘best’ manipulate public opinion.”

“The media, who buy in to the UN’s politics, can not only advance its ideological aim, they can also financially benefit from twisting the true facts of the death of poor little Aylan Shenu,” a conspiracy blog added.

“And if there ever was a doubt about this being anything else, please, consider this, most telling fact:  before the most heart-wrenching photos of little Aylan were taken, his body was specifically and intentionally posed!”
Aylan Kurdi (L) and his brother Galip both died in the disaster
But the photo used as “evidence” of the alleged forgery is actually of Aylan’s older brother, five-year-old Galip, who also drowned alongside his mother as they tried to cross the Aegean Sea.

His body, washed up on a different stretch of beach nearby, is visibly larger and dressed in different clothing and shoes.

And far from it being a “staged” shot, the photographer who took the now iconic image of Aylan has told how she was in Bodrum to await refugee arrivals and noticed “lifeless bodies” on the beach by chance.

‘Europe is being invaded by swarms of refugees’
Although the number of refugees and migrants arriving in Europe is undeniably huge – with estimates for this year so far hitting 500,000 people – many of the alarmist photos being circulated are fake.

Belgian television station RTBF revealed that this image, claiming to show the “invasion of Italy” by “illegal immigrants” actually dates from 1991 and showed “La Vlora” bringing 20,000 migrants to the Italian port of Bari.

Zakia Khattabi, co-president of the country’s Ecolo party, reposted the photo on Twitter, writing that she’d had “enough” of the “disgusting political game” being played in Europe.

Another image of La Vlora, showing desperate Albanians climbing ion to the ship before it set off, was shared by Pegida UK on its Facebook page in a post that garnered comments calling for it to be “torpedoed”.

‘If refugees needed protection, they would bring their wives and children’
A much-shared meme posted on Facebook by far-right group the English Defence League (EDL) contrasts photos of British soldiers and male refugees arriving in Germany.
Above the soldiers, the caption reads: “Go to warzone. Leave women and children in safe country.” By the refugees, the writing says: “Go to safe country. Leave women and children in warzone.”

The image, which has been “liked” more than 2,200 times, summed up widely circulating claims that many of the people arriving are male “economic migrants” rather than asylum seekers.

But as Vice pointed out, it appears to have been taken from Reuters footage that shows dozens of women and children of all ages arriving on the same train.

The argument has been made by politicians across the world, including David Davies, the Conservative MP for Monmouth, who told BBC Radio Wales that refugees attempting to reach the UK were “mostly young men, mostly with mobile phones, chancing their luck”.

According to UNHCR figures, around 72 per cent of refugees and migrants arriving in Europe across the Mediterranean are men, with 13 per cent women and 15 per cent children.

Some aid workers have suggested the demographics may be caused by the danger of the journey, causing men to go ahead of their families in attempt to secure refuge in Europe and a home before more vulnerable relatives set off.

Voir aussi:

Non, ce bateau n’est pas rempli de migrants européens vers le Maroc
Le vrai du faux numérique

Antoine Krempf

15 septembre 2015

Face à l’hostilité de certains sur l’accueil des migrants, les Européens feraient bien de se souvenir du passé. Voilà en substance le message qui accompagne une photo relayée à des centaines de reprises depuis quelques jours. Il s’agit d’un détournement.
L’image est impressionnante : le bateau déborde littéralement de passagers; des grappes de personnes le recouvre presqu’entièrement. « Voilà des migrants européens vers le Maroc ou la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale », précise le message qui accompagne l’image sur les réseaux sociaux.

Le souci, c’est que cette photo ne remonte pas du tout au conflit de 1914-1918. Elle montre en fait l’arrivée du cargo Vlora dans le port italien de Bari le 8 août 1991. A son bord, plusieurs milliers de migrants albanais, venus tenter leur chance en Europe un an après la chute du régime communiste.

Comme le raconte ce rapport du Conseil de l’Europe, Rome décide alors de regrouper ces candidats à l’asile dans un stade de la ville. De la nourriture et des vêtements sont distribués. Mais « les autorités ont considéré qu’ils étaient venus chercher une amélioration de leur situation économique et ne pouvaient donc pas être assimilés à des réfugiés politiques ». La très grande majorité des migrants albanais a donc été renvoyée en Albanie.

Voir encore:

« Un regard ambigu sur les migrants »
Caroline Stevan

Le Temps
01 septembre 2015

L’image des réfugiés a-t-elle évolué des boat people à aujourd’hui? Lectures de photographies avec le sociologue Gianni Haver, spécialiste des images et des médias

Il y a les chiffres, impressionnants. Il y a les histoires, effroyables. Puis il y a les images, saisissantes. Chaque jour depuis des mois, Internet et les médias relaient la tragédie de ces milliers de personnes fuyant la Syrie, l’Irak, la Libye ou l’Erythrée, s’entassant derrière des fils barbelés, crevant en mer ou pourrissant dans un camion. On s’interroge sur le sens et le poids des mots utilisés. «Migrants» n’est-il pas trop neutre face au drame vécu? «Réfugiés» peut-il être admis hors de sa définition en droit international?

Les termes, évidemment, reflètent le regard porté sur une réalité. Et les photographies, que disent-elles? Racontent-elles la même chose que celles qui montraient les boat people il y a quarante ans ou les Cubains dans les années 1990?

Le Temps a soumis six clichés au sociologue Gianni Haver, spécialiste des images et des médias. «Les photographies actuelles sont enracinées dans un héritage visuel ancien, celui des boat people, mais notre regard sur elles a changé pour devenir beaucoup plus ambigu, estime en préambule le professeur à l’Université de Lausanne. A l’époque, l’arrivée des Vietnamiens était présentée comme une question momentanée. Aujourd’hui, c’est le début d’un phénomène dont on ne voit pas la fin. On évoque en outre une masse uniforme d’immigrés; les panoplies de raisons qui les poussent à partir sont mises de côté au profit de la gestion de la crise. L’information n’est pas pourquoi ils viennent mais combien ils sont et comment y faire face. On oscille entre peur et compassion.»

«La terminologie de boat people est née avec la deuxième vague de réfugiés vietnamiens, embarqués sur des bateaux de fortune en 1979. Ceux-là sont ramenés directement par les Etats-Unis. Le cargo est bondé mais semble en bon état, avec la figure bienveillante du soldat américain. Il s’agit ici de sauver des gens du régime communiste, une logique d’accueil qui se monnaie en termes de communication. Cela valorise le système occidental par rapport à l’autre camp et cette politique n’a, du coup, jamais rencontré d’opposition malgré l’ampleur des chiffres. Les Américains ont ramené 200 000 Vietnamiens, les Français 123 000!»

«La logique ici est celle du «Radeau de la Méduse»; il y a même le drapeau qui flotte. On voit les visages, on reconnaît les gens, leur nombre est fini et on peut supposer une variété sociale. Ce n’est pas un hasard si on les présente souriants et tranquilles, c’est l’héritage de l’«exode de Mariel» en 1980, où 125 000 Cubains expulsés par Castro ont été accueillis en Floride. Ils ont directement reçu la Green Card, ce qui serait impensable aujourd’hui. On ne pensait pas aux camps de réfugiés. On était dans la même stratégie d’accueil et de communication anticommuniste que pour les Vietnamiens.»

«Nous ne sommes plus dans une logique de Guerre froide puisque le Rideau de fer est tombé. Il n’y a plus de justification à la fuite. L’idée est ici celle du débarquement d’un flux immaîtrisé d’Albanais, avec cette question sous-jacente: «Que venez-vous faire chez nous maintenant que le régime autoritaire de votre pays a chuté?». La multitude est toujours menaçante si elle n’est pas accompagnée d’un discours, et la crainte d’une invasion est très claire dans cette image. On sent le débordement, la déferlante, comme aujourd’hui.»

«Cette image symbolise les situations d’urgence en Méditerranée qui se succèdent et dont on a trouvé un coupable unique: le passeur. Les régimes que fuient ces gens et les pays qu’ils visent n’ont aucune responsabilité, toute la faute revient aux passeurs. On perçoit le drame mais, étonnamment, on est moins dans la compassion que pour les Cubains par exemple. La photographie est prise
de trop loin, on ne lit pas les visages, on ne se projette pas. La multitude provoque une mise à distance et une déshumanisation.»

«C’est une sorte de jeu des voleurs et du gendarme. Il y a un seul policier essayant de maîtriser un groupe dont on peut supposer qu’il est plus nombreux encore. Ces jeunes hommes semblent bien habillés et l’on pense tout de suite à un flux économique et non à des personnes en train de fuir un danger. Ils ne suscitent guère d’empathie; le policier est seul face à eux et s’il brandit sa matraque, il ne l’utilise pas. Evidemment, l’interprétation de cette image basculerait si c’était le cas. Là, on est dans l’idée de la défense de l’Europe face à l’afflux de migrants économiques.»

«On est ici dans la tradition de la photographie humanitaire. L’enfant qui pleure ou qui a faim est une figure attendrissante qui revient depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette gamine représente ce qu’il y a de plus inoffensif face à un barbelé qui ne peut être perçu que comme une exagération. Elle suscite forcément de la compassion et exacerbe le drame. On aurait le même sentiment si elle se trouvait face à un policier, tandis que des adultes dans le même cas émeuvent beaucoup moins.»

La déchéance d’Angela Merkel
Guy Milliere
Les 4 vérités
25 septembre 2015

Je n’ai pu m’empêcher, ces derniers jours, de poser un regard ironique sur la situation de chaos qui règne en Europe.

Angela Merkel, que la gauche médiatique s’empressait de béatifier, a dû revenir sur ses promesses, dans la panique et l’improvisation. Après avoir annoncé que les frontières de son pays étaient grandes ouvertes à tous les gens venus d’Afrique et d’Asie qui voulaient venir, elle a dû prendre une décision inverse et fermer les frontières de l’Allemagne.

Les arrivants se sont faits, d’un seul coup, trop nombreux. Ils ont trop demandé. Des désordres ont commencé à éclater, les gares d’arrivée se sont mises à ressembler à des lieux insalubres du tiers-monde.

Sainte Angela a dû poser les pieds sur terre, avant que les dégâts ne soient irréversibles. Des petits musulmans, venus d’un Proche-Orient où l’on s’étripe volontiers ou d’une Afrique où l’on ne fait pas mieux, a-t-elle semblé découvrir d’un seul coup, ne pourront pas si facilement remplacer les enfants blonds que les femmes allemandes ne font plus.

Des gens venus parce que les assistances sociales sont généreuses, a-t-elle semblé découvrir au même instant, ne permettront pas obligatoirement des gains de productivité mirifiques.

Je ne doute pas, pour autant, que, dès qu’elle en aura l’opportunité, elle renouvellera l’appel : elle veut vraiment, je pense, que l’Allemagne soit le pays où se pratiquera en premier le grand remplacement promis à toute l’Europe.

Hollande, qui suivait la ligne Merkel, et qui avait envoyé des émissaires à Munich pour ramener de futurs nouveaux Français bien sous tous rapports, car priant vers La Mecque, s’est plié à la volte-face de Merkel, et, dès que celle-ci reviendra à sa position initiale, il continuera à sui­vre la ligne.

Pour diluer sa responsabilité, Merkel a appelé à une réunion européenne destinée à mettre en place des quotas d’accueil obligatoire, et à forcer la main des autres pays de l’Union : la réunion s’est achevée par un échec.

Merkel et Hollande ont dû voir la réalité en face : il y a des dirigeants en Europe qui comprennent que davantage de musulmans et d’assistés en Europe, ce n’est pas nécessairement un atout.

Sans doute ces dirigeants n’ont-ils pas vu les reportages diffusés en Allemagne et en France, où on répète que tous ces jeunes hommes qui arrivent sont médecins, avocats, professeurs ou ingénieurs. Apparemment, ils raisonnent plutôt comme Viktor Orban, qui n’est pas un cas isolé et a, sur ce plan, de nombreux équivalents.

L’Europe centrale, dès lors, se hérisse de barbelés et de cordons militaires. Schengen se porte très mal. L’Union elle-même ne va pas bien du tout. Il est aisé d’anticiper que tout cela aura des conséquences politiques, en Allemagne, en France, ailleurs, et si Merkel et Hollande insistent, les conséquences seront plus lourdes encore.

Dois-je le dire ? Ce qui se passe était très prévisible. Merkel n’a pas prévu. Hollande non plus. Ils ont été aveugles et débordés. Merkel a montré son vrai visage. Hollande a montré, une fois de plus, qui il était.

La gauche médiatique a, elle, montré, une fois encore, sa xénophilie multiculturaliste et anti-occidentale et son aveuglement.

Dois-je l’ajouter ? L’appel d’air venu de Merkel (et, accessoirement, de Hollande) va continuer à faire son effet et à se diffuser. La vague qui se porte à l’assaut de l’Europe ne va pas retomber. Barbelés et cordons militaires ne vont pas disparaître de sitôt.

Dois-je l’ajouter aussi ? Si les dirigeants allemands et français n’avaient pas applaudi quand Obama a retiré toutes les troupes américaines d’Irak ; soutenu ensuite les « rebelles » en Syrie ; défini l’État Islamique, alors embryonnaire, comme une équipe d’amateurs ; voulu, après la chute de Ben Ali et de Mouba­rak, celle de Kadhafi, la situation serait différente.

Ils ont voulu les causes. Ils ont les effets. Un président des États-Unis avait énoncé un projet stratégique destiné à éviter tout ce qui est en train de se passer, et qui découle de la guerre déclarée par l’islam radical au monde occidental. Il s’appelait George Walker Bush. Les dirigeants européens l’ont détesté. Ils ont à la Maison Blanche un homme à leur goût. Ils goûtent. Tous ceux qui vivent en Europe doivent déguster, hélas…

Voir également:

Merkel’s grandstanding on Syrian refugees will lead to many more deaths at sea
The incentive is greater for people to risk the perilous journey to Europe
James Forsyth
The Spectator
12 September 2015

Of all the irresponsible decisions taken in recent years by European politicians, few will cause as much human misery as Angela Merkel’s plan to welcome Syrian refugees to Germany. Hailed as enlightened moral leadership, it is in fact the result of panic and muddled thinking. Her pronouncements will lure thousands more into the hands of unscrupulous people-traffickers. Her insistence that the rest of the continent should share the burden will add political instability to the mix. Merkel has made a dire situation worse.

On Tuesday last week, Germany declared that any Syrian who reaches the country can claim asylum there. In the days that followed, 25,000 arrived at Munich central station and that number is growing fast. Some trains from Austria have been diverted to other German cities to ease the pressure. Merkel now wants to use her clout to distribute these refugees around Europe — arguing that EU plans to resettle 160,000 may not be sufficient.

The current wave of migration started about 15 years ago, an unforeseen side-effect of globalisation. It has been vastly intensified by the chaos which followed the Arab Spring, and particularly the civil war in Syria. The EU’s responsibility is laid out in the Dublin Convention of 1990, which decrees that refugees must claim asylum in the first European Union country that they reach. This crucial safeguard was torn up by Merkel when her government declared that it will be ‘responsible’ for processing the claims of Syrians. The Dublin rules were made for a reason: to save lives, as well as to protect Europe’s borders. German panic has imperilled both priorities.

The welcome that has been given to refugees in Germany is remarkable. But encouraging these people to continue their journey is risky. The 71 refugees found dead in a lorry on an Austrian motorway last month might still be alive today had they ended their journey in Budapest. Some 7,000 refugees are estimated to have passed through Vienna during one day this week, but fewer than 100 claimed asylum there, choosing instead to head on north. Austria is rich, but Merkel’s promise exerts such a pull that people don’t want to stop until they reach Germany.

The distinction between refugee and economic migrant is also being elided. Many of the Syrians making this journey are fleeing war, but many others are fleeing camps in neighbouring Jordan or Turkey. The incentive to do this is growing, because life there is becoming harsher. As Michael Moller, the head of the UN’s Geneva office, warned this week, these millions will ‘get up and leave and come to Europe’ unless conditions in the camps improve. Iraqis are also joining in; extra flights are being laid on from Baghdad to Turkey as people go on the move in the belief that Merkel has created a window of migration opportunity that may not last. It is at this point that the distinction between refugee and immigrant, on which European law is based, breaks down.

The economic pull is exacerbated because, unlike in previous times, the residents of the refugee camps have access to mobile phones and information. They know that Germany has said it expects to accept 800,000 asylum-seekers this year (a figure greater than the population of some EU members). They will have heard about — or seen — the welcome being given to refugees arriving there, the reception committees and the politicians holding placards saying ‘refugees welcome’. All of this will encourage many more to embark on the perilous journey to Europe.

The European Union’s energies would be far better spent improving life in the camps and finding ways to allow people to work there, as Professor Paul Collier suggested in these pages last month. The camps should be properly funded. The UNHCR claims it currently has a $795 million funding gap in its Syrian operation. France has given a fraction of what Britain has to this work, which puts a rather different perspective on François Hollande’s insistence that Britain must take on more of the refugee burden. No country in Europe has given more to the refugee camps than Britain.

Another danger of Merkel’s open-door policy is that it may make Syria’s recovery from civil war harder. By accepting those who have managed to make it to Europe, rather than those still in the camps, Germany is, intentionally or not, cherry-picking the more prosperous members of what used to be Syrian society, those who have sufficient resources to pay the traffickers. Without them, their ravaged country is far less likely to make a recovery once the fighting eventually stops. As the French foreign minister Laurent Fabius warned this week, ‘If all these refugees come to Europe or elsewhere, then Isis has won the game.’

Compounding Merkel’s folly is her desire to impose mandatory refugee quotas on the rest of the EU. (Britain won’t be part of this, we are one of the countries with an opt-out.) Forcing countries to accept refugees they don’t want is bound to boost support for populist anti-immigrant parties. German public opinion might be strikingly liberal on these issues — it is important to remember that, before her recent announcements, Merkel was being criticised for not doing enough to help — but opinion in other European countries is far less so. Strong-arming recalcitrant eastern European countries into taking a significant numbers of refugees will push politics to the nationalist right in these countries. In France, Marine Le Pen has already been making political hay out of Merkel’s actions.

Given the disaster unfolding on the continent, it’s odd to see Britain coming under pressure to become more like Germany. The Prime Minister’s decision to accept refugees from the camps, rather than send thousands more into the hands of people traffickers, seems to demonstrate a better understanding of the issue. To criticise the Prime Minister for not taking those refugees who have already reached Europe is bizarre; it seems to play into the hands of the people-traffickers, who would be pushing for their customers — those who have reached Europe — to be given priority over those who are still on the Syrian border.

Many in Cameron’s circle are furious at Merkel. There is a suspicion that, as one of the Prime Minister’s confidants puts it, ‘This has more to do with what happened in Europe 70 years ago than what is happening today.’ There is also anger at the criticism being directed at London from other European capitals. One Downing Street figure says that if Britain were not supporting the camps on Syria’s borders, at least a million more people would be coming to Europe. And we should remember those who aren’t even in the camps, those who have been forced from their homes but remain trapped inside Syria.

To save lives, Europe needs to stop people from thinking that if they take the risk of trying to cross into the European Union, then they will be able to claim asylum. This means turning around the boats that attempt the journey, and paying for processing stations in Turkey and Egypt. This may be hard, but there is nothing compassionate about giving desperate people false hope.

Britain can be the voice of sanity in this debate, while others panic. Cameron can point out that refugees and migrants who are already in Europe are not in imminent fear for their lives. Those gathered at Calais trying to cross the Channel might have once fled Syria, Somali or other war-torn countries — but they are now risking their lives to leave France, which is another matter entirely.

Merkel’s actions, now, will be hard to correct: her words cannot be unsaid. She has exacerbated a problem that will be with us for years, perhaps decades. More than 40 per cent of those who applied for asylum in Germany in the first half of this year came from the former Yugoslavia; the last of its wars ended 14 years ago. Handling all of this correctly will require true statesmanship, which means thinking through consequences. Merkel is failing that test spectacularly.

Voir encore:

Insane asylum
Adam Garfinkle
Germany’s warm welcome to Syria’s refugees is earning the country good press, but it may also be sowing the seeds of long-term agony.
The American interest
September 12, 2015

I happened to be in Germany when the current refugee/asylum crisis struck. Indeed, for about a week I was in Berlin, the capital, in the Kreuzberg section of town, which happens to be about as multicultural as any thirty square block area in Germany. I did a “brown bag” seminar, as they are called, at the Aspen Institute, and also lucked into a fairly long meeting with an old friend who now works as a special assistant to the German President, Joachim Gauck. All anyone wanted to talk about, really, was the refugee crisis, and the first feeling that came to the fore was how proud—indeed astonishingly so—everyone was at the outpouring of welcome encouragement, volunteerism, and outright nobility on display in Munich and elsewhere around (most of) the country. Even columnists in Handelsblatt were blushing with pride.
Sober souls, my old friend among them in the 1994 “disappearing” black office building right next to Bellevueschloss, the President’s sprawling office complex, are counting mounting costs and waiting for the next shoe to drop. They know it will, even as they share in the wonderment that refugees far away in the Middle East could think of Germany as a country of hope. Few people say it out loud, but it’s the image of Germans welcoming “others” on in-bound trains from the east—from Hungary, very telegenically, when I was there—that arrests their attention. What a contrast with the pictures of other Germans in an earlier time shipping “others” to the east, on out-bound trains, to places like Treblinka and Auschwitz.Germans say they have an identity problem, and so they do. It’s mainly because they believe it to be so, in other words. But there are also reasons beyond self-perception. This is neither the time nor place to go into why this is, but certainly what has happened in recent days has transformed the question of Germans’ self-image. It hasn’t answered the question, but it has rephrased it in what most take to be a felicitous way. It goes something like this: We may not know exactly who we are, but whoever we are, we’re better people that we have feared we might be. We believed we could change. Now we see, at an unexpected moment of testing, that we have changed. The earth no long trembles beneath our feet as much as it did even a month ago.That is the sense of things, as I observed it, and it seems to me, further, to be infusing in the German elite a greater sense of self-confidence and willingness to lead within European affairs—at least for the time being. It has certainly transformed Chancellor Merkel from an austerity scold to someone with what we could call, for lack of a better phrase, abundant moral capital in a part of the world that values such a thing far more than it does other virtues of leadership.What sort of sound is that other shoe going to make when it finally does drop? Truth be told, the German leadership—and the EU leadership as well, with Mr. Jean-Claude Juncker of Luxembourg in the lead—are planting the seeds for long-term agony. That agony will comes in three forms: the economics of the welfare state; the self-blinding politics of multiculturalism; and security.As to this third matter, DNI General James Clapper’s warning earlier this week, that this surge of Arabs into Europe is a security nightmare in the making, is surely correct. I tried to express this at a dinner in Warsaw on Tuesday evening, with an assortment of Poles, Germans, Norwegians, Brits, a Ukrainian, and some miscellaneous others present. I predicted that within five years Poland will be forced to erect passport control at airports for incoming European flights. (In case you are not aware, dear reader, there are none now. We flew from Berlin to Warsaw by way of Munich, and when one lands there is simply no passport control at all—meaning that any non-EU national who can get into Germany and pay for a ticket to get to Poland can indeed fly to Poland without anyone so much as asking his name or how long he intends to stay.) They all said I was wrong, but just a few days ago look what the Danes did: They basically sealed the border to rail and road traffic from Germany. And they were right to do it. If only a tenth of one percent of these Arabs are now or are later turned toward salafi-based political violence for any number of reasons we can all think of, then Germany will have a problem that will shred its esteemed privacy laws to bits, whether Germans like it or not.I confess I do not understand Juncker’s thinking. With the Schengen Zone in effect, what is to keep arriving refugees in the place to which they are originally assigned—assuming for a moment that some form of his share-the-burden scheme is agreed to? After a year or a month or in some cases even a few days they can pick themselves up and come to Berlin if they so desire, can’t they? Even if they are not supposed to, they will do it anyway—and who is going to stop them now? What Germans, in the mood the country is now in, are willing to shove them on a train against their will heading back east? (Imagine what those photos would look like . . . some ass will surely airbrush “Arbeit macht frei” into the pictures.) Why would a Syrian family want to stay in Poland, where nearly everyone quietly hates them, when they can come to Berlin, where nearly everyone, in public anyway, professes to love them?Meanwhile, the moral hazard problem is getting out of control. The word is out in Syria, and Iraq, and Lebanon, and among Palestinians in various places: They see the pictures, they send the men, then comes family reunification, and the next thing you know, in as little as a year or two, there could be five million Levantine Arabs (and a smattering of Kurds) clotting about in German cities.I do not wish to delve into the economic side of the story. The numbers are too soft in every sense, and I am not very good at the bean-counting business. I will only note that many Germans seem to think that the Levantine Arabs now entering their country by the hundreds of thousands will act like their Gastarbeiter Turks. They are in for a shock. Many also think that they’re getting the cream of the educated crop from Syria. I heard several observers note that the people coming are young men, coming not directly from Syria but from camps in Jordan and Turkey. They are presumed to be engineers, doctors, and the like, and given Germany’s age-cohort imbalanced demographic picture, the consensus among the saintly is that they will boost the German economy in the not-too-distant future. This means that they know not the first thing about the real status of education in the Arab world. Only a tiny percentage of these asylum seekers are well enough educated to hold down a middle-class enabling professional job in an economy like Germany’s.So the sound of the other shoe will consist of gunfire and bombs, most likely, and the telltale sucking sound of cash exiting the coffers of the still very generous but increasingly fiscally fragile German welfare state. And what of the politics?The Left’s normative seizure of Germany is truly amazing. Even the Chancellor, who by German standards is far from a raving leftist, appears to firmly believe that everyone must be a multiculturalist for moral reasons, and that all people who want to preserve the ethno-linguistic integrity of their communities—whether in Germany or in Hungary, Poland, and elsewhere—are acting out of base motives. One even sees self-righteous criticism of the Australians now in the German press. The German leadership’s understanding of its moral obligation is without qualification against contingency; they refuse to limit in any way the number of asylum seekers who can be taken into Germany, or the speed with which they may come. But more in Europe—a place of bloodline nationalisms compared to the U.S. creedal version—than in the United States there is a moral basis, too, for a community’s own sense of self-determination, which presumes the right of self-definition and self-composition. That is not racism in Europe any more than nervousness about immigrants is racism here in the United States. Wanting one’s own community to be a certain way is not aggressively or actively prejudicial against others, any more than declining to give money to a beggar on a city street is morally equivalent to hitting him in the head with a crowbar. It is simply preferring the constituency of a high-social trust society, from which, social science suggests, many good things come: widespread security, prosperity, and a propensity toward generosity being prominent among them.It is, in my view, better morally to respect the dignity of difference than it is to try to expunge it though the mindless homogenization of humankind, which is the unstated premise at the base of the “thinking” of much of the EU elite. What better way to get rid of pesky nationalism than to get rid of nations, eh? One can hardly blame contemporary Germans for this sort of thinking, for their own nationalism turned out to be rabidly illiberal at one point in their history. But it is nonetheless an error of moral reasoning. Asylum seekers distort the moral choice with the intensity of their need, and their innocence; but the point is that what we see in Western Europe is not a case of what is moral versus what is base, but two kinds of rights, incommensurate (à la Isaiah Berlin) as they are, clashing. This basic truth seems to have gone missing in Germany lately, and, unfortunately, its expression in Hungary comes from a man who is toxic morally and opportunistic as well, and so gives that side of the argument a very bad name.What the Europeans are doing, under the aegis of the European Union, but really at the instigation of Germany most of all, will have two basic political effects. First it will split the EU east and west, possibly even more bitterly than the economic woes of the past five years have split north and south. Indeed, it is doing so already. Second, it will reshape politics within most, if not all, West European countries.As to the former effect, think about Poland for just a moment. When Poland re-emerged into independence after World War I, it was a highly heterogeneous place. And that was troublesome for nearly every community involved, to put it mildly. The situation of most other Central and East European states was roughly comparable. Thanks to World War II and then the Russian insistence on a postwar territorial settlement of a westward-displaced kind, far more homogenous states emerged from the bloodbath. Poland today is vastly more homogeneous, both in ethno-linguistic and sectarian terms, than it ever was, and Poles by and large seem quite happy with the current situation—and they are doing well as a post-Warsaw Pact, post-communist society by most measures partly because of it. Why should they jump for joy when Mr. Juncker and the Commission in Brussels tell them that all this needs to end? They clearly are not jumping for joy, and the pressure from without is bound to help President Duda’s party in next month’s parliamentary elections.To Poland’s west we are about to witness the biggest boon for right-wing xenophobes since the 1930s. All this moral unction reminds me of the reality-challenged 1920s in Europe, which gave rise to the very ugly 1930s (and yes, there will be a sharp economic downturn to speed the effect; it’s already begun, in China, because we have allowed a half dozen major regional business cycles with their own, often balancing-out, dynamics to coalesce into one huge global business cycle), and we all know what happened next. How is the thinking in Berlin now different in essence from the calamity of Kellogg-Briand and Locarno? It is downright Kantian: The ethereal categorical imperative über alles. It also seems to me very Christian in the sense that it represents a tilt of intentions over consequences—and Kant was, remember, a Lutheran Pietist, so we know where his basic intellectual urges came from. Indeed, the denizens of the German Left seem to me a very religious people, only they think they’re secularists just because a clutch of proper names has changed, and they don’t often go to church anymore, but rather collect for the functional equivalent of communal worship in political meetings, university seminars, and protest rallies.For all this we can blame the Nazis, because the moral ricochet over time is clear, and it is in many ways very noble. It’s nice that the Germans want to be moral, charitable, hospitable, generous and kind, isn’t it? But absent a heavy doze of Niebuhrian moral realism, they now risk letting dead Nazis derange living thought from beyond the grave. At this point, most sober Germans in the elite strata are worried about money, about what all this will cost. But this is not really about money. It’s about much more important kinds of business, political business ultimately, and politics is trump.I would love to be proved wrong about all this. But the derangement of moral reasoning in Western Europe seems so advanced and deep that it is hard to be optimistic. One fears that if reasonable people do not somehow apply a brake to this wild excess of selfless saintliness, unreasonable people eventually will. And guess who might still be around to cheer, encourage, and perhaps even arm the unreasonable? Yes, Vlad the Putin himself, as he is indeed already doing in a minor key. Putin would love to destroy the European Union and all it stands for, almost as much as he would destroy NATO if he could. There are, regrettably, plenty of European leaders these days who are unwittingly pitching in to help him, and so before very long we could be facing another kind of security problem. That would ultimately be a problem for Americans as well as for Europeans. Doesn’t it always go like that, again, whether we like it or not?Anyway, folks, that’s my slant on this week’s news from Germany and Poland. Darn good beer in both countries, however. So not all the news is bad.

Voir de plus:

Thousands of Albanians Flee Aboard Ships to Italy
David Binder
The New York Times
March 7, 1991

WASHINGTON, March 6— For the third time in seven months, thousands of Albanians are fleeing their country, this time by sea as well as by land as the Communist Government sinks into what a resident of the capital called paralysis.

Since Monday, mass departures from the Adriatic ports of Vlora and Durres have been under way, virtually stripping the harbors of seaworthy vessels. A thousand or more ethnic Slavs made their way to the northern frontier, seeking entry to Yugoslavia, while other citizens in the south continue to flee to Greece.

In Tirana, huge crowds tried to storm heavily guarded Skanderbeg Square, site of half a dozen foreign embassies, on the strength of rumors that visas were available. They were driven back by security forces firing warning shots and using tear gas and water cannon, Tirana residents said. Some spoke of casualties, but offered no specifics.

Since May, when President Ramiz Alia began a program of democratization in a country where Communist doctrine held sway for 45 years, Albania has been swept by waves of unrest. The pauses between the waves have grown shorter and shorter. The latest flights are inspired at least as much by severe food shortages as by political fears stirred by arrests in the aftermath of anti-Communist demonstrations that led to bloodshed in the capital last month.

« There is no milk, » a Tirana resident said by telephone this afternoon. A member of the opposition Democratic Party in Vlora said « there is no food in the stores » in that harbor city.

Vlora, a city of about 65,000, is where the latest exodus started several days ago on the basis of rumors that ships were ferrying Albanians 50 miles across the Strait of Otranto to Italy. About 600 Albanians made it across on Tuesday, aboard a rust-spotted tugboat, a Soviet freighter and an Albanian naval tugboat.

Another 600 arrived from the port of Durres this morning aboard a Romanian freighter.

With crowds numbering in the thousands in Vlora and Durres, harbor security forces apparently gave up trying to exercise control, allowing people to swarm aboard vessels and commandeer them for transport to Italy.

Earlier today the vessel Ibridim radioed in midpassage, saying it was crammed with refugees and required assistance. Later, the freighters Tirana and Lirija approached Brindisi purportedly carrying a total of 6,000 Albanians, only to be told by Italian harbor officials to lie offshore until reception centers could be prepared.

Voir de même:

Angela Merkel’s humane stance on immigration is a lesson to us all
The German leader has stood up to be counted. Europe should rally to her side
Will Hutton
The Guardian
30 August 2015

German chancellor Angela Merkel and Saxony state governor Stanislaw Tillich leave after their visit to a refugee shelter that was attacked by far-right protesters over the weekend in Heidenau, eastern Germany. Photograph: Jens Meyer/AP
Sunday 30 August 2015 00.04 BST Last modified on Monday 31 August 2015 08.14 BST
The list of horrors swells. Last week, 71 migrants were found asphyxiated in an abandoned truck in Austria to add to the tally of hundreds of migrants drowning almost by the day in the Mediterranean. The few in Calais who die trying to get to Britain are but tragic notes in the margin of an unfolding narrative of death. The migrants know the odds; nonetheless, the UN says in the next few months the numbers will grow to 3,000 every day taking the risk and successfully entering Europe alive.

It is not Britain, the alleged “soft touch”, which is the favoured destination for what is emerging as one of the great movements of people in history, fleeing the mayhem of Syria, North Africa, Afghanistan, Eritrea or northern Nigeria aided and abetted by sinister, organised gangs of people traffickers. Instead, they prefer Germany. In the last 12 months alone, it has received some 300,000 asylum claims, 12 times more than Britain, on top of the immigration it receives within the EU under the freedom of movement rules it defends to the last. During 2015, the number of asylum seekers to Germany is set to rise to 800,000. Germany is becoming a country of immigration, the most popular destination for the global dispossessed.

If this happened here, the hysteria would be overwhelming. Ukip would perhaps have more than 100 MPs in the House of Commons. There would be a huge majority in favour of leaving the European Union. The air would be thick with calls for ever-tighter controls of our borders, the creation of mass detention centres and forced expulsion of hundreds of thousands of migrants. British Conservatives and their press allies would be adopting attitudes ominously similar to the darkest periods in European history.

Yet last week, Chancellor Merkel visited a centre for asylum seekers in Heidenau in east Germany where there had been rightwing extremist rioting a few days earlier.

“There can be no tolerance of those who question the dignity of other people,” she said, standing in front of placards accusing her of being the people’s traitor. “There is no tolerance of those who are not ready to help, where, for legal and humanitarian reasons, help is due.”

Confronted by forces that would overwhelm British leaders, the woman the Greek left (and many on the British left who should know better) mistakenly accuse of being the leading advocate of conservative neoliberalism has stood up to be counted. Being the country to which so many want to migrate should be a source of pride, she says. She wants to keep Germany and Europe open, to welcome legitimate asylum seekers in common humanity, while doing her very best to stop abuse and keep the movement to manageable proportions. Which demands a European-wide response. So far, her electorate and her press back her.

Transposed to Germany, British Tories would be adopting attitudes ominously close to the darkest periods of history
She is right and deserving of support from every European. Migration is what we have done since the earliest of times, triggering growth and enlarging our circles of possibility. Whether we’re discussing the Roman or British empires, 15th-century Venice or 20th-century New York or London today, great civilisations and dynamic cities have been defined by being open to immigrants and refugees.

They are, as migration specialist Ian Goldin characterises them, “exceptional people”. Over centuries, as he painstakingly details, it has been immigrants and refugees who have been part of the alchemy of any country’s success: they are driven, hungry and talented and add to the pool of entrepreneurs, innovators and risk-takers. The hundreds of thousands today who have trekked across continents and dangerous seas are by any standards unusually driven. They are also, as Angela Merkel says, fellow human beings. To receive them well is not only in our interests, it is fundamental to an idea of what it means to be human.

But the disruption induced by migration is not all creative: it is disruptive and has downsides. It brings sometimes unwelcome traditions, notably Islamic fundamentalism, although witnesses to the nihilist barbarism of Isis, al-Qaida and the Taliban are least likely to be credulous adherents to global jihad or some mystic caliphate.

Wages are lowered in those low-skill, high-labour turnover occupations that are necessarily migrants’ first port of call; for example, around a fifth of the new jobs in British cafes, restaurants and bars are reckoned now to have been taken by immigrants. Meanwhile, the capacity in schools and hospitals is further stretched. And as immigration sceptic David Goodhart persuasively argues, it makes “host” communities fearful that immigrants are free-riding on social structures built up over decades and for which they have not paid. To ride roughshod over these powerful feelings is to make a cardinal mistake.

Politicians and their electorates now have to make a choice. There is no middle way. The choice is between building walls and electrified fences, creating mass detention centres, organising mass repatriation and conceding to the fear of the other or it is to find a way of sustaining openness while doing the very best that can be done to allay the natural fears and apprehensions of host populations.

Above all, it is to recognise this is a European – even a global – problem. Germany needs Europe to rally to its side. Together with France, Angela Merkel has called for a pan-European response jointly financing appraisal and screening centres in Greece and Italy, co-ordinating reprisals against traffickers and sharing out the numbers of asylum seekers.

Inevitably, the Cameron government has given the initiative the cold shoulder, preoccupied with negotiating a one-sided relationship with the EU in which Britain accepts as few European obligations as possible, but retains all the gains.

If everyone played that game, the whole project would implode. This is a moment for political vision and bravery, not least from the Labour party. Over the years ahead, and in the run-up to the referendum on EU membership, neither Britain or its left can risk having a leader tempted by leaving the EU, the only organisation we have that, however imperfectly, might address this crisis.

Eurosceptic Mr Corbyn, if elected, would have no authority nor place any sustained pressure on the Cameron government to do the right thing at this pivotal moment. He would accelerate our retreat from making common European cause, leaving all the burden to be borne by Germany.

Sustained selfishness in foreign affairs can only work for so long. Britain, within limits, needs to be as open as possible, with a Europe similarly open, and it needs to share the costs. The alternative is too dark to contemplate.

Voir enfin:

A look at the numbers behind the stream of refugees flowing into Europe as political leaders struggle to ease the burden. (Jason Aldag/The Washington Post)
The New York Times
September 23, 2015
Moving among the tens of thousands of Syrian war refugees passing through the train stations of Europe are many who are neither Syrian nor refugees, but hoping to blend into the mass migration and find a back door to the West.There are well-dressed Iranians speaking Farsi who insist they are members of the persecuted Yazidis of Iraq. There are Indians who don’t speak Arabic but say they are from Damascus. There are Pakistanis, Albanians, Egyptians, Kosovars, Somalis and Tunisians from countries with plenty of poverty and violence, but no war.It should come as no surprise that many migrants seem to be pretending they are someone else. The prize, after all, is the possibility of benefits, residency and work in Europe.Leaders in Germany and other European states say they are prepared to award asylum to legitimate refugees from countries such as Syria, Iraq and Eritrea, but they are issuing more strident warnings that they will reject many of the economic migrants streaming over their borders.

“What we see here has nothing to do with seeking refuge and safety,” Austrian Interior Minister Johanna Mikl-Leitner said Monday. “It is nothing but opportunism.”

Many of the asylum seekers tell journalists and aid workers that they are from Syria, even if they are not, under the assumption that a Syrian shoemaker fleeing bombed-out Aleppo will be welcome, while a computer programmer from Kosovo will not be.

It is common knowledge on the migratory route that some who are not from Syria shred their real passports in Turkey and simply fake it.

A couple of reporters, one a native Arabic speaker, who wandered through train stations in Vienna found plenty of newcomers whose accents did not match their stories and whose stories did not make sense.

Swimming in the river of humanity are shady characters, too, admitted criminals, Islamic State sympathizers and a couple of guys from Fallujah, one with a fresh bullet wound, who when asked their occupation seemed confused.

“Army,” said one. His friend corrected him. “We’re all drivers,” he said.

The refugees report that a forged Syrian passport can be bought on the Turkish border for as little as $200. A reporter for Britain’s Daily Mail bought a Syrian passport, ID card and driver’s license for $2,000 in Turkey under the name of a real man who was killed in the conflict.

An Austrian security official, who spoke on the condition of anonymity, said there are also thriving black markets for Syrian passports in Croatia, Serbia, Hungary and Austria. But most are arriving in Vienna without ever having shown a passport or document to officials, as long as they travel in the stream of asylum seekers. Authorities along the way may ask for names and countries of origin, but they are not scrutinizing documents. Opportunists can easily pass through borders simply claiming to be Syrians, often without offering any proof.

There are enough pretenders that true Syrians complain about ersatz Syrians.

Syrian war refugees said Europe offered a welcome to them but that opportunists will quickly wear out the continent’s welcome, if they haven’t already.

“Look at these people, what are they doing here? We are the ones who are fleeing from war and slaughter, and now these men are taking away our space,” said Mustafa, 62, from Syria. He had stopped to help a woman who had fainted, letting a group of Afghans use the opportunity to cut in line.

“I don’t understand — we thought the Europeans invited Syrians like us to come,” said one of Mustafa’s companions.

Blending in with real refugees

At Vienna Westbahnhof railway station, a tight clutch of men lined up at the ticket windows. Days of rough travel lay behind them. All had one aim: Germany.

When asked by a reporter where they were from, the men answered, “We are from Syria.”

When a reporter switched to the North African dialect, the men laughed nervously. “We are Algerians,” they admitted.

Hamza, 27, is from Algiers. “I am illegal, not refugee,” he said. “In my country, the only thing you can do there is either drugs or crimes. So I was in prison several times, for drugs, also for trying to kill another guy.”

Hamza and his mates went to Turkey because the smuggling route to Sardinia has been shut down.

“We flew to Istanbul and then took a bus to Izmir. There we destroyed our passports and just mixed with the Syrian refugees. We then took the boat from Izmir to Greece. From there to Macedonia, Serbia, Hungary and now we are in Vienna,” he said.

Did Hamza feel guilty? Not at all.

“It’s really easy now to travel with these refugees. We received food and shelter, and a nice welcoming from people so far.”

He said he has met Tunisians, Moroccans and Libyans playing the same game.

“So when someone asks us, where do you live? We say Damascus. Where are you from? Answer Syria.”

An Austrian aid volunteer at the train station, Hisham Fares, is of Libyan descent and has worked as an interpreter helping asylum seekers find their way in the present confusion.

“There are people who are trying to benefit from the situation. I’ve met Egyptians who claimed they were Syrians, but the dialect is Egyptian. I’ve also met people from Morocco, Algeria, Tunisia or Libya who all are now flying to Istanbul and then go to Izmir where they destroy passports,” Fares said. “I’ve also met Palestinians who live in camps in Lebanon and now claim they were from Yarmouk camp in Syria. Many of them said they have family in Germany and just use this situation to finally get asylum.”

“Most of these people say they’ve lost their passports,” Fares added. “The sad thing is that those Syrians who really are fleeing war will be the ones paying the price.”

Another group of men, standing in line for free food, spoke English among themselves but with an Indian accent.

One said his name was “Hassan.”

“We grew up in Syria; our fathers worked there for many years,” Hassan said.

He had worked in Syria, in a bank, in Damascus, he said.

When a reporter spoke to them in Arabic, the men smiled and said, “No Arabic, only English.” Asked where they lived in Damascus, they couldn’t really say.

They excused themselves and wandered away.

Screening out impostors

Confronting a surge in migrants falsely claiming to be from war-torn nations, European authorities are seeking to bolster screening efforts, particularly at gateway nations such as Greece and Italy.

Ewa Moncure, a spokeswoman for Frontex, the European Union’s border agency, said officials are deploying interpreters to assess accents and are using geographic and other questions to weed out pretenders.

“You have interpreters working with officers, and they are asking questions,” she said. “If someone claims to be from Syria and he can’t say what the currency is or what the main street is in Damascus, there are going to be questions about his claim.”

Frontex, she said, is moving to double its staff in Greece in the coming weeks to at least 140 people, an effort that may help the agency identify more false refugees. Those identified as such, she said, should be detained and processed for rapid deportations.

But Greece has been so overwhelmed by the sheer numbers that many are slipping through.

Most economic migrants and war refugees in Vienna say they have arrived without being photographed, fingerprinted or subjected to biometric measurements. Some of the new arrivals will make claims to stay based on threat of persecution because of clan or religion; others may seek to be reunited with family already in Europe. And some may never try to become legal residents, but live in the shadows.

It will take months to sort out their stories.

Anthony Faiola in Berlin contributed to this report.


Héritage Obama: En ouvrant à l’Iran la voie vers l’arme nucléaire, Obama a transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique (Obama’s genocidal treason: What the Rosenbergs did for Stalin, Obama did for the Ayatollah Khamenei)

25 septembre, 2015
http://assets.nydailynews.com/polopoly_fs/1.2171339!/img/httpImage/image.jpg_gen/derivatives/landscape_1200/rosenberg3a-1-web.jpg La nature du terrorisme russe est désormais évidente, il n’y a plus de place pour des revendications qu’aucun mal n’ait été fait. J’estime que votre initiative de placer entre des mains russes des années plus tôt la bombe nucléaire avant que nos meilleurs savants ne prévoient que la Russie la perfectionnerait, a déjà causé, à mon avis, l’agression communiste en Corée, avec les pertes dépassant 50.000 et qui sait, si des millions de personnes innocentes supplémentaires ne paieront pas le prix de votre trahison. En effet, par votre trahison vous avez sans doute modifié le cours de l’histoire au détriment de notre pays. Juge Kaufman
Qui arrêtera cette folie ? La prodigue Union européenne (UE) met le destin des peuples à l’encan en applaudissant, derrière l’Allemagne exaltée, à l’invasion des clandestins qui forcent les portes de Schengen. Des libérateurs ne seraient pas mieux acclamés. Or ils sont des millions, dans les pays arabo-musulmans, à vouloir gagner l’UE enivrée de ses vertus. Cette semaine, la petite île grecque de Lesbos était submergée par 20 000 «  migrants ». Les barrières volent en éclats, depuis qu’Angela Merkel a promis de recevoir 800 000 demandeurs d’asile cette année. François Hollande s’est engagé pour 24 000 personnes en deux ans. Peu importe les chiffres : les feux sont passés au vert, sans discernement ni recul. Les commissaires de Bruxelles, qui ont toujours appelé de leurs vœux une immigratAAæion massive, sans se soucier de son intégration culturelle, sont complices du bouleversement identitaire enclenché. La propagande émotionnelle s’est emballée, après la diffusion de la photo d’un corps d’enfant échoué sur une plage turque. Depuis, les « humanistes » de tréteaux, artistes ou politiques, moralisent sur la « fraternité humaine » en exposant publiquement leur grande bonté. Ils accusent évidemment l’Occident d’être coupable des désastres qui frappent l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, etc. Persuadés d’avoir raison, ils exigent des excuses de ceux qui ont soutenu, depuis le 11 septembre 2001, les résistances aux offensives du nazislamisme. Ils crachent par habitude sur les États-Unis et leurs alliés, mais ignorent le totalitarisme coranique, responsable du chaos. Combien de soldats de Daech, infiltrés parmi ces exilés ? L’État islamique avait promis, début 2015, d’utiliser la bombe migratoire pour déstabiliser l’Europe. Mais cela fait longtemps que l’aveuglement narcissique berce les beaux parleurs. Il suffit d’observer la jubilation des idéologues de l’égalitarisme, de l’indifférenciation et de l’homme remplaçable pour les tenir comme inspirateurs de la béatitude des dirigeants et les médias du camp du Bien. Ivan Rioufol
Les « humanistes » sont des dangers publics, quand ils ne voient pas plus loin que leurs psychés. Lorsqu’ils se mêlent de diriger des pays, voire l’Union européenne elle-même, ils montrent leur inconsistance en se révélant incapables de prévoir les conséquences de leurs élans compassionnels. L’ahurissante légèreté Angela Merkel, qui a ouvert ses frontières aux « migrants » sous les hourras des belles âmes, restera probablement comme l’aboutissement de la régression politique réduite aux pulsions émotives. La décision de la chancelière, ce week-end, de rétablir le contrôle aux frontières de son pays soudainement envahi signe sans doute la fin des utopies sur l’accueil pour tous, dont elle était devenue l’étendard. Elle justifie sa volte-face par le fait que Schengen a démontré qu’il ne maîtrisait pas l’immigration et laissait passer, à côté des réfugiés politiques, beaucoup de faussaires. Mais cette situation, décrite ici depuis le début, est connue de tous depuis toujours. Elle  n’est d’ailleurs pas un obstacle pour la France, qui se flatte d’accueillir et de prendre en charge des « réfugiés » dont rien ne dit qu’ils le sont tous.  Il suffit de relire les dithyrambes de la presse française pour se désoler de la capitulation de l’esprit critique dans une large partie de la profession. « L’incroyable madame Merkel », « La dame de cœur », « le futur prix Nobel de la paix », auront été quelques-uns des lauriers tressés par le camp du Bien, dans un manichéisme  réservant aux pays récalcitrants, et singulièrement au premier ministre hongrois Viktor Orban, toutes les réprobations morales. Disons les choses comme elles se présentent : le revirement allemand couvre de ridicule les sermonneurs qui ont semé la tempête migratoire. Le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, qui entend faire de la « pédagogie » pour expliquer sa politique d’accueil, ne peut que s’enliser dans une propagande irréfléchie qui n’a évidemment pas le soutien de l’opinion. Incapable idéologiquement de concevoir la moindre vertu aux frontières nationales, il parle d’ouvrir en Grèce, en Italie et en Hongrie des « hot spots », en collaboration avec l’Union européenne. Mais cette dernière se dévoile, avec l’Allemagne immature et la France suiveuse, comme autant de dangers pour l’Europe, fragilisée par quarante ans d’immigration de peuplement et de multiculturalisme imposé. Le cynisme mercantile du président du Medef, Pierre Gattaz, qui salue une « opportunité » dans l’arrivée d’une main d’oeuvre docile, est une autre agression pour les Français soucieux de préserver la cohésion de leur nation ouverte. En réalité, l’effet de cet excès de xénophilie est, dès à présent, de replacer au cœur du débat public des sujets évacués : l’immigration, le retour aux frontières, la préférence nationale, l’expulsion effective des migrants économiques et des clandestins. Sans parler de la faillite des partis politiques et de l’Union européenne elle-même. Dans le fond, merci Angela Merkel pour tant de maladresses ! Ivan Rioufol
We in the axis of resistance are the new sultans of the Mediterranean and the Gulf. We in Tehran, Damascus, [Hizbullah’s] southern suburb of Beirut, Baghdad, and Sanaa will shape the map of the region. We are the new sultans of the Red Sea as well. Mohammad Sadeq al-Hosseini
Since its inception, Iran has [always] had a global [dimension]; it was born an empire. Rouhani Ali Younesi
In an interview with Thomas Friedman of The New York Times (« Obama Makes His Case on Iran Nuclear Deal, » July 14, 2015), President Obama asked that the nuclear deal with Iran be judged only by how successfully it prevents Iran from attaining a nuclear bomb, not on « whether it is changing the regime inside of Iran » or « whether we are solving every problem that can be traced back to Iran. » However, in many interviews he has given over the last few years, he has revealed a strategy and a plan that far exceed the Iran deal: a strategy which aims to create an equilibrium between Sunnis and Shiites in the Muslim world.    President Obama believes that such an equilibrium will result in a more peaceful Middle East in which tensions between regional powers are reduced to mere competition. As he told David Remnick in an interview with The New Yorker, « …if we were able to get Iran to operate in a responsible fashion…you could see an equilibrium developing between Sunni, or predominantly Sunni, Gulf states and Iran in which there’s competition, perhaps suspicion, but not an active or proxy warfare » (« Going the Distance, » January 27, 2014). In discussing the Iran deal, the President recalled President Nixon negotiating with China and President Reagan negotiating with the Soviet Union in order to explain the scope of his strategy for the Middle East and the Muslim world. President Obama seeks, as did Presidents Reagan and Nixon with China and the Soviet Union, to impact the region as a whole. The Iran deal, even if major, is just one of several vehicles that would help achieve this goal. (…) Within Islam’s approximately 1.6 billion believers, the absolute majority – about 90% – is Sunni, while Shiites constitute only about 10%.  Even in the Middle East, Sunnis are a large majority. (…) Considering the above, the implications of the equilibrium strategy for the region might not be enhancing peace as the President well intends; rather, it might intensify strife and violence in the region. The empowered minority might be persuaded to increase its expansionist activity, as can be already seen: Iran has extended its influence from Lebanon to Yemen. (…) In view of this reality, this strategy might create, against the President’s expectations, more bitterness and willingness on the part of the majority to fight for their status. This has already been realized; for example, when Saudi Arabia intervened in Yemen after facing the Houthi/Shiite revolution, which it perceived as a grave danger to its survival, and created a fighting coalition within a month to counter it. Similarly, Saudi Arabia has previously demonstrated that it regards Bahrain as an area where any Iranian attempt to stir up unrest will be answered by Saudi military intervention. According to reports, Saudi Arabia has been supporting the Sunni population in Iraq, and in Lebanon, a standstill has resulted because Saudi Arabia has shown that it will not give up – even in a place where Iranian proxy Hizbollah is the main power. Hence, the strategy of equilibrium has a greater chance of resulting in the eruption of regional war than in promoting regional peace. Moreover, this strategy might have adverse implications for the United States and its interests in the Sunni Muslim world: those countries that feel betrayed by the strategy might, as a result, take action against the United States – hopefully only politically (such as changing international alliances) or economically. These countries might be careful about their public pronouncements and might even voice rhetorical support to U.S. policy, as the GCC states did on August 3, but the resentment is there. The analysis presented here is based on principles of realpolitik: in politics, one does not align with the minority against the majority. However, sometimes other considerations take precedence. Morality is such an example: the Allies could not refrain from fighting Nazi Germany because it was a majority power – ultimately, they recognized the moral obligation to combat the Third Reich. However, with regard to the Middle East, the two adversaries are on equal standing: the Islamic Republic of Iran is no different than the Wahhabi Kingdom of Saudi Arabia. President Obama and Secretary Kerry would be wrong to think that Mohammad Javad Zarif, the sophisticated partygoer in New York City, represents the real Iran. Zarif, his negotiating team, and President Rouhani himself, all live under the shadow and at the mercy of the Supreme Leader, the ayatollahs, and the IRGC. Yigal Carmon and Alberto M. Fernandez
The “Joint Comprehensive Plan of Action” is a bad deal because it’s the first time the United States has offered extensive concessions to a nation that openly seeks to destabilize our interests. It’s the first time we will be offering an oppressive theocracy (one that still holds American hostages) hundreds of billions of dollars to menace our (former) allies via its proxies throughout the Middle East. For the first time in history a president has legitimatized an openly anti-American state with expansionist aims to help him expand political legacy at home. (…) The real question, as Rouhani understands well, is this one: Is the United States going to stand with the Jewish State or with Iran? We know where Obama stands. Obama is now locked in no matter how poorly implementation goes and no matter how uncooperative Iran will be. Otherwise, it is another political failure. And most Democrats are probably locked in to supporting the deal for a number of partisan and ideological reasons. Signing it, they will argue, proves that diplomacy, not war, can work. Liberals have been offering this false choice for so many years, so it’s doubtful they can back away from it now. Others will claim that conservatives have an ideological predisposition to opposing any foreign-policy agreements (…) Or maybe, it’ll be Netanyahu’s fault for opposing an Iranian deal that pushed the president to allow Iran to become a nuclear power. (…) There’s little doubt Obama desires to see Iran as a counterbalance to Israeli power in the region. There’s little doubt this deal would accomplish that goal. Yes, there is a relationship in place with the Jewish State that can’t be discarded by the administration for legal, practical, and political reasons. But the same administration that has no compunction demanding Israel stop building neighborhoods was unable to extract anything but the most rudimentary concessions from Iran. Not even snap inspections. And though Netanyahu has already claimed that Israel is not bound by this deal, attacking the Iranian program itself becomes far more perilous—if it’s even possible without our help—as Iran is essentially under the protection of the United States and six other nations. (…) Even if you have an unfettered belief in diplomacy, what’s the point of being a superpower if you’re going to negotiate with enervated regimes as if they were equals—or worse? What’s the point of creating leverage through years of sanctions, if we don’t demand Iranians stop, at the very least, using technology that can be quickly re-engineered to enrich uranium? (…) Why? Did you think Iranians were spilling into the streets to celebrate access to a new source of energy? David Harsanyi
The policy of “leading from behind” and the crudity of “We came, we saw, he [Qaddafi] died” have left a human tragedy in Libya. Backing the Muslim Brotherhood in Egypt was an inexplicable choice, and it almost ruined the country. The United States did not need to hound and jail an innocent video maker in order to concoct a myth to cover up the culpable lax security in Benghazi. Yemen was strangely declared a model of our anti-terrorism efforts — just weeks before it ignited into another Somalia or Congo. ISIS was airily written off as a jayvee bunch as it spread beyond Syria and Iraq. There is little need to do a detailed comparison of Iraq now and Iraq in February 2009 (when it was soon to be the administration’s “greatest achievement,” a “stable” and “self-reliant” nation); the mess in between is attributable to Obama’s use of the aftermath of the Iraq War for pre-election positioning. Ordering Assad to flee while ignoring the violence in Syria and proclaiming a faux red line has now tragically led to a million refugees in Europe (and another 4 million in the neighborhood) and more than 200,000 dead. Israel is now considered not an ally, not even a neutral, but apparently a hostile state worthy of more presidential invective than is Iran. We have few if any reliable friends any more in the Gulf. Iran will become a nuclear power. The only mystery over how that will happen is whether Obama was inept or whether he deliberately sought to make the theocracy some sort of a strategic power and U.S. ally. The Middle East over the next decade may see three or four additional new nuclear powers. The Russia of kleptocrat Vladimir Putin is seen in the region as a better friend than is the U.S. — and certainly a far more dangerous enemy to provoke. There is no easy cure for all this; it will take years just to sort out the mess. Victor Davis Hanson
Ce que les Rosenberg avaient fait pour Staline, Obama le fait aujourd’hui pour l’ayatollah Khamenei. Le méprisable accord nucléaire d’Obama avec l’Iran a déjà précipité l’agression iranienne dans la région. En réponse aux concessions faites par Obama, Hillary Clinton et John Kerry, l’Iran raidissait son attitude et devenait plus agressif. À l’heure actuelle, l’Iran est impliqué dans des guerres dans la région, entrainant déjà les États-Unis dans leur sillage. Si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, ces guerres s’aggraveront et deviendront beaucoup plus dévastatrices. Ce n’est pas seulement Chamberlain. C’est Quisling et Philippe Pétain. Il ne s’agit nullement d’un mauvais jugement. Il s’agit d’une trahison. (…) En ouvrant à l’Iran la voie vers la bombe nucléaire, Obama a transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique. Une bombe nucléaire iranienne ne se faufilera pas discrètement comme le fait la crise démographique de la migration musulmane avec son complément de terrorisme. Ce ne sera pas un problème progressif. Une course aux armes nucléaires entre sunnites et chiites impliquant des terroristes des deux côtés qui emploient des armes nucléaires rendra insoutenable toute la structure de la civilisation occidentale. L’attaque du 11/9 a vu l’usage de quelques jets pour dévaster une ville. La prochaine vague d’armes pourrait tuer des millions, pas des milliers. Les traîtres qui ont fait de l’URSS une puissance capable de détruire le monde étaient motivés par le même agenda caché des partisans à l’accord nucléaire iranien. Ils croyaient que le monopole nucléaire américain conduirait à l’arrogance et au bellicisme. Ils étaient convaincus que la puissance américaine devrait être surveillée en s’assurant que l’union soviétique puisse égaler l’oncle Sam, nucléaire pour nucléaire. Ceux qui ont ouvert les portes du nucléaire à Téhéran aujourd’hui croient qu’un Iran nucléaire aura un effet dissuasif contre l’impérialisme américain dans la région. Leur nombre inclut Barack Obama.(…) Obama a trahi l’Amérique. Il a trahi les victimes américaines du terrorisme iranien. Il a trahi les soldats américains qui ont été assassinés, mutilés et torturés par les armées terroristes iraniennes. Il a trahi des centaines de millions d’Américains dans leur patrie, et qui seront contraints d’élever leurs enfants sous l’égide de la terreur nucléaire iranienne. Sa trahison nucléaire est non seulement une trahison de l’Amérique. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, elle ouvre les portes de l’assassinat en masse de millions d’américains par un ennemi vicieux. Obama a appauvri des millions d’Américains, il a le sang des soldats et des policiers sur ses mains, mais son héritage final peut être la collaboration dans un acte d’assassinat en masse qui pourrait rivaliser avec Adolf Hitler. Daniel Greenfield

Attention: une trahison peut en cacher une autre !

A l’heure où après le reste de l’Europe et le monde, l’Allemagne de Madame Merkel découvre enfin l’invraisemblable folie de sa décision d’ouvrir ses frontières à de centaines de milliers de prétendus réfugiés musulmans …

Et où après avoir apporté sa bénédiction aux dirigeants de la prison à ciel ouvert de Cuba, le prétendu chef de la chrétienté n’a pas de mots assez durs pour fustiger pour son prétendu égoïsme le seul système capitaliste dont rêvent justement comme l’ensemble des migrants du monde lesdits Cubains …

Comment ne pas voir avec le chercheur américain Daniel Greenfield …

L’incroyable et bien plus grave accélération que vient de faire subir à l’histoire, l’accord nucléaire iranien initié par l’Administration américaine avec le soutien tant des Européens que du Vatican …

Où, à l’instar du réseau Rosenberg qui a fourni à Staline les plans de l’arme atomique au lendemain de la dernière guerre mondiale et, précipitant la Guerre froide, fait passer le monde à plusieurs reprises à deux pas de l’apocalypse nucléaire …

Le pompier-pyromane Obama a non seulement déjà précipité l’actuelle « agression iranienne dans la région » …

Mais « transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique » ?

LA TRAHISON GÉNOCIDAIRE D’OBAMA
L’héritage final d’Obama pourrait se résumer par la mort de millions d’américains.
Daniel Greenfield
Frontpage
Adaptation
Thérèse Zrihen-Dvir

Aucun gouvernement actuel n’a autant de sang de soldats américains sur les mains que le gouvernement iranien. Du Liban à l’Afghanistan, de l’Arabie saoudite à l’Irak, l’Iran a tué des soldats américains des décennies durant : 241 à Beyrouth. 19 dans les tours de Kobhar. Plus de 500 en Irak et en Afghanistan. La dernière fois que les États-Unis avaient officiellement combattu l’Iran c’était sous le président Reagan. Mais l’Iran n’a jamais cessé de tuer des américains. Il n’y a aucune raison de croire qu’il ne le fera pas une fois armé de bombes nucléaires accordées diligemment par Obama et son administration.

La dernière fois que des gauchistes radicaux avaient soutenu un programme nucléaire à un ennemi reconnu des États-Unis, ils avaient été trainés en justice. Le juge qui officiait alors avait déclaré que puisque « la nature du terrorisme russe est désormais évidente, il n’y a plus de place pour des revendications qu’aucun mal n’ait été fait. J’estimes que votre initiative de placer entre des mains russes des années plus tôt la bombe nucléaire avant que nos meilleurs savants ne prévoient que la Russie la perfectionnerait, a déjà causé, à mon avis, l’agression communiste en Corée, avec les pertes dépassant 50.000 et qui sait, si des millions de personnes innocentes supplémentaires ne paieront pas le prix de votre trahison. En effet, par votre trahison vous avez sans doute modifié le cours de l’histoire au détriment de notre pays », avait déclaré le juge Kaufman.

Ces paroles émises lors du verdict Rosenberg s’appliquent aussi bien à la trahison d’Obama en faveur de l’Iran. Ce que les Rosenberg avaient fait pour Staline, Obama le fait aujourd’hui pour l’ayatollah Khamenei.

Le méprisable accord nucléaire d’Obama avec l’Iran a déjà précipité l’agression iranienne dans la région. En réponse aux concessions faites par Obama, Hillary Clinton et John Kerry, l’Iran raidissait son attitude et devenait plus agressif. À l’heure actuelle, l’Iran est impliqué dans des guerres dans la région, entrainant déjà les États-Unis dans leur sillage.

Si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, ces guerres s’aggraveront et deviendront beaucoup plus dévastatrices.

Ce n’est pas seulement Chamberlain. C’est Quisling et Philippe Pétain. Il ne s’agit nullement d’un mauvais jugement. Il s’agit d’une trahison. Obama n’a pas par crainte cherché à apaiser l’Iran ; il sympathise avec ses griefs anti-américains. Comme il l’avait avoué aux négociateurs, « les dirigeants iraniens se sentent «vulnérables» en raison de la façon dont l’Amérique a «interféré » dans « leur démocratie » et son anti-américanisme est une réaction «défensive» pour «éviter les répétitions du passé ».

Obama s’identifie avec les ressentiments anti-américains de terroristes musulmans au lieu de compatir à la souffrance de leurs victimes. Sa politique étrangère se base sur la responsabilisation des ennemis des États-Unis pour transformer leurs griefs en «défense» contre l’influence et l’intervention américaine. Il l’a fait à cuba jusqu’à l’Iran, sauvegardant les tyrans communistes et la Confrérie musulmane. Mais son affaire iranienne est son crime le plus sanglant.

Fondé sur ces ressentiments, l’accord nucléaire permettra aux iraniens d’agir en tuant des millions. La bombe nucléaire est non seulement une arme, c’est surtout un instrument génocidaire. C’est une menace existentielle pour notre civilisation et notre mode de vie. Les espions qui avaient aidé l’URSS à obtenir le nucléaire n’avaient pas seulement transmis des informations sur l’arme, ils avaient transformé un conflit militaire en une crise mondiale permanente planant sur le sort de l’humanité entière, guidée par l’avidité et le pouvoir d’idéologues vieillissants et brutaux de Moscou.

En creusant à l’Iran la voie vers la bombe nucléaire, Obama a transformé les conflits lents du terrorisme classique en crise de civilisations catastrophique. Une bombe nucléaire iranienne ne se faufilera pas discrètement comme le fait la crise démographique de la migration musulmane avec son complément de terrorisme. Ce ne sera pas un problème progressif. Une course aux armes nucléaires entre sunnites et chiites impliquant des terroristes des deux côtés qui emploient des armes nucléaires rendra insoutenable toute la structure de la civilisation occidentale.

L’attaque du 11/9 a vu l’usage de quelques jets pour dévaster une ville. La prochaine vague d’armes pourrait tuer des millions, pas des milliers.

Les traîtres qui ont fait de l’URSS une puissance capable de détruire le monde étaient motivés par le même agenda caché des partisans à l’accord nucléaire iranien. Ils croyaient que le monopole nucléaire américain conduirait à l’arrogance et au bellicisme. Ils étaient convaincus que la puissance américaine devrait être surveillée en s’assurant que l’union soviétique puisse égaler l’oncle SAM, nucléaire pour nucléaire.

Ceux qui ont ouvert les portes du nucléaire à Téhéran aujourd’hui croient qu’un Iran nucléaire aura un effet dissuasif contre l’impérialisme américain dans la région. Leur nombre inclut Barack Obama.

Après son échec avec les frères musulmans, Obama prit la décision d’octroyer une puissance de dissuasion à l’Iran contre des interventions militaires futures par un successeur républicain. S’il peut obtenir « Téhéran Joe Biden », sympathisant notoire du lobby iranien, pour monter la garde tandis que l’Iran marche vers le nucléaire, l’Iran dominera la région de la même façon que l’union soviétique dominait l’Europe de l’est.

La trahison terroriste d’Obama joue sur l’alternative d’un Iran qui serait « rationnel », et que ses dirigeants soient des Khrouchtchev prêts à appuyer là où ils sentent une faiblesse, plutôt que des Staline, prêts à tuer des millions pour le pouvoir. Les conciliateurs gauchistes de l’Iran, au sein et en dehors de l’Administration, s’accrochent de manière obsédante, à la foi que le régime islamique iranien est rationnel, puisqu’il leur permet de contourner leur responsabilité au cas où le monde prendrait feu.

Ils rationalisent leur trahison en soutenant que les dirigeants de l’Iran et leurs foules enfiévrées ne pensent vraiment rien quand ils hurlent, « mort à l’Amérique ». Et si les intentions du dirigeant de l’Iran signifient ce qu’il annonce, les démocrates du sénat les affublent différemment, les médias gauchistes caquettent sur les points de discussion de la maison blanche, les intellectuels se souviennent de leurs rencontres avec des diplomates iraniens lors des parties de cocktails, et leur chef, Obama, deviendront éléments du génocide.

À chaque étape du chemin rationalisé de la trahison d’Obama en faveur de l’Iran il y eut des compromis qui semblaient inévitables et raisonnables, minimisant ainsi la trahison catastrophique finale, exposant une version d’un Iran nucléaire comme étant l’unique alternative possible à un Iran nucléaire. Comme Benedict Arnold, il avait grignoté toutes les autres options à l’exception de la défaite ou de la trahison afin d’en faire une option sensible et même patriotique.

Les traîtres nucléaires qui avaient aidé Staline nourrissaient la même logique, négociant chaque trahison comme étant l’unique alternative à la guerre, pour enfin infliger la guerre froide et la menace d’anéantissement par le nucléaire sur des générations entières. Après avoir inlassablement dénoncé la guerre froide qu’ils avaient déclenchée par leur soutien diplomatique, politique et même militaire pour les ambitions de Staline, ils étaient finalement disposés à ramener la guerre froide.

Et si tout va mal, la faute tombera sur les épaules des « fomenteurs de guerre de la droite» qui avaient aliéné l’Iran, tout comme leurs prédécesseurs l’avaient fait à l’URSS, pas sur les sympathisants gauchistes qui avaient offert aux ennemis de la civilisation le pouvoir de la détruire.

Obama a trahi l’Amérique. Il a trahi les victimes américaines du terrorisme iranien. Il a trahi les soldats américains qui ont été assassinés, mutilés et torturés par les armées terroristes iraniennes. Il a trahi des centaines de millions d’américains dans leur patrie, et qui seront contraints d’élever leurs enfants sous l’égide de la terreur nucléaire iranienne.

Sa trahison nucléaire est non seulement une trahison de l’Amérique. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, elle ouvre les portes de l’assassinat en masse de millions d’américains par un ennemi vicieux.

Obama a appauvri des millions d’américains, il a le sang des soldats et des policiers sur ses mains, mais son héritage final peut être la collaboration dans un acte d’assassinat en masse qui pourrait rivaliser avec Adolf Hitler.

Voir aussi:

Obama’s Nuke Deal Makes Israel The Enemy And Iran Our Ally
You can pick the Islamic Republic or the Jewish State. You can’t pick both.
David Harsanyi
The Federalist
July 14, 2015

Isn’t it odd how every pundit and politician who’s been antagonistic towards Israel is also super excited about an Iranian deal that’s allegedly going to help protect the Jewish State from the threat of nuclear Iran?

All the peacemongers love it.

“We are satisfied that the solution found is based on the principle of phasing and mutuality which our country has been consistently supporting at every stage of these complicated negotiations,” says Vlad Putin, the leader of the country that made Iranian nuclear power a possibility. Syrian President Bashar al-Assad says he’s confident his ally in Iran will now step up its efforts to back his “just causes” after the nuclear deal is wrapped up. And really, why wouldn’t it?

The backing of a war criminal doesn’t necessarily mean we have a bad deal. The “Joint Comprehensive Plan of Action” is a bad deal because it’s the first time the United States has offered extensive concessions to a nation that openly seeks to destabilize our interests. It’s the first time we will be offering an oppressive theocracy (one that still holds American hostages) hundreds of billions of dollars to menace our (former) allies via its proxies throughout the Middle East. For the first time in history a president has legitimatized an openly anti-American state with expansionist aims to help him expand political legacy at home.

We just handed Iran everything it wanted in exchange for a promise to keep the Treaty on the Non-Proliferation it already signed back in 1968. Good work.

The above tweet from the Iranian president was sent out after the deal was reached, by the way. Yet, many in the media have already framed Obama’s Iranian deal like so: Are you with the United States or are you with Israel? (When a confused chief foreign correspondent for NBC News asks whether it is even legal for Israel to lobby Congress on the deal, you’re getting a taste of the underlying antagonism the press often has towards Israel.)

The real question, as Rouhani understands well, is this one: Is the United States going to stand with the Jewish State or with Iran? We know where Obama stands.

Obama is now locked in no matter how poorly implementation goes and no matter how uncooperative Iran will be. Otherwise, it is another political failure. And most Democrats are probably locked in to supporting the deal for a number of partisan and ideological reasons. Signing it, they will argue, proves that diplomacy, not war, can work. Liberals have been offering this false choice for so many years, so it’s doubtful they can back away from it now.

Others will claim that conservatives have an ideological predisposition to opposing any foreign-policy agreements, as Jonathan Chait and others have already done, so this hostility can only be vacuous, as well. That sure makes debate easy.

Or maybe, it’ll be Netanyahu’s fault for opposing an Iranian deal that pushed the president to allow Iran to become a nuclear power.

Even if you have an unfettered belief in diplomacy, what’s the point of being a superpower if you’re going to negotiate with enervated regimes as if they were equals—or worse? What’s the point of creating leverage through years of sanctions, if we don’t demand Iranians stop, at the very least, using technology that can be quickly re-engineered to enrich uranium? There are a number of possibilities, among them: 1) The administration doesn’t really care if Iran becomes a nuclear power one day. As long as it’s not today. 2) The administration does care if Iran becomes a regional nuclear power, but it doesn’t really mind at all.

Turns out everything those conspiracy theorists  were claiming about the president’s policy of generating conflict with Israel was probably right. One point of the deal—or, at the very least, the unintended outcome—is to dramatically alter the balance of power in Middle East. Who do you think Obama believes is a bigger threat to peace in the region? Likud or the Supreme Leader? Put it this way. The Obama administration has called Javad Zarif a patriot and Netanyahu a chickenshit.

There’s little doubt Obama desires to see Iran as a counterbalance to Israeli power in the region. There’s little doubt this deal would accomplish that goal. Yes, there is a relationship in place with the Jewish State that can’t be discarded by the administration for legal, practical, and political reasons. But the same administration that has no compunction demanding Israel stop building neighborhoods was unable to extract anything but the most rudimentary concessions from Iran. Not even snap inspections. And though Netanyahu has already claimed that Israel is not bound by this deal, attacking the Iranian program itself becomes far more perilous—if it’s even possible without our help—as Iran is essentially under the protection of the United States and six other nations.

If the new Iranian deal doesn’t significantly change the Jewish vote in the United States, then Israel really isn’t as an important issue as we think. Very soon, it will be entirely partisan.

At least, we have a better idea when the Iranians will possess the nuclear weapons that will allow them to function with impunity in the region: Around ten years from now. By that time, Tehran will be securely situated on the threshold (if they uphold their end of the deal) of spurring a nuclear-arms race in Middle East. Although a ban on trading ballistic missiles will expire after only eight years, unless the IAEA says Iran can have them earlier. “All the sanctions, even arms embargoes and missile-related sanctions… would all be lifted,” President Hassan Rouhani correctly notes.

Why? Did you think Iranians were spilling into the streets to celebrate access to a new source of energy?

David Harsanyi is a Senior Editor at The Federalist
Voir également:

Judge Kaufman’s Statement Upon Sentencing the Rosenbergs

Citizens of this country who betray their fellow-countrymen can be under none of the delusions about the benignity of Soviet power that they might have been prior to World War II. The nature of Russian terrorism is now self-evident. Idealism as a rational dissolves . . .

I consider your crime worse than murder. Plain deliberate contemplated murder is dwarfed in magnitude by comparison with the crime you have committed. In committing the act of murder, the criminal kills only his victim. The immediate family is brought to grief and when justice is meted out the chapter is closed. But in your case, I believe your conduct in putting into the hands of the Russians the A-bomb years before our best scientists predicted Russia would perfect the bomb has already caused, in my opinion, the Communist aggression in Korea, with the resultant casualties exceeding 50,000 and who knows but that millions more of innocent people may pay the price of your treason. Indeed, by your betrayal you undoubtedly have altered the course of history to the disadvantage of our country.

No one can say that we do not live in a constant state of tension. We have evidence of your treachery all around us every day–for the civilian defense activities throughout the nation are aimed at preparing us for an atom bomb attack. Nor can it be said in mitigation of the offense that the power which set the conspiracy in motion and profited from it was not openly hostile to the United States at the time of the conspiracy. If this was your excuse the error of your ways in setting yourselves above our properly constituted authorities and the decision of those authorities not to share the information with Russia must now be obvious . . .

In the light of this, I can only conclude that the defendants entered into this most serious conspiracy against their country with full realization of its implications . . .

The statute of which the defendants at the bar stand convicted is clear. I have previously stated my view that the verdict of guilty was amply justified by the evidence. In the light of the circumstances, I feel that I must pass such sentence upon the principals in this diabolical conspiracy to destroy a God-fearing nation, which will demonstrate with finality that this nation’s security must remain inviolate; that traffic in military secrets, whether promoted by slavish devotion to a foreign ideology or by a desire for monetary gains must cease.

The evidence indicated quite clearly that Julius Rosenberg was the prime mover in this conspiracy. However, let no mistake be made about the role which his wife, Ethel Rosenberg, played in this conspiracy. Instead of deterring him from pursuing his ignoble cause, she encouraged and assisted the cause. She was a mature woman–almost three years older than her husband and almost seven years older than her younger brother. She was a full-fledged partner in this crime.
Indeed the defendants Julius and Ethel Rosenberg placed their devotion to their cause above their own personal safety and were conscious that they were sacrificing their own children, should their misdeeds be detected–all of which did not deter them from pursuing their course. Love for their cause dominated their lives–it was even greater than their love for their children. »

Voir également:

Is Obamism Correctable?
Here and abroad, the Obama administration damages whatever it touches.
Victor Davis Hanson
National Review Online
September 15, 2015

The next president and Congress will inherit what President Obama left behind. Whether Democrat or Republican, the president will have no choice other than to try to undo much of what Obama has wrought. But can he or she?

THE MIDDLE EAST
The policy of “leading from behind” and the crudity of “We came, we saw, he [Qaddafi] died” have left a human tragedy in Libya. Backing the Muslim Brotherhood in Egypt was an inexplicable choice, and it almost ruined the country. The United States did not need to hound and jail an innocent video maker in order to concoct a myth to cover up the culpable lax security in Benghazi. Yemen was strangely declared a model of our anti-terrorism efforts — just weeks before it ignited into another Somalia or Congo. ISIS was airily written off as a jayvee bunch as it spread beyond Syria and Iraq. There is little need to do a detailed comparison of Iraq now and Iraq in February 2009 (when it was soon to be the administration’s “greatest achievement,” a “stable” and “self-reliant” nation); the mess in between is attributable to Obama’s use of the aftermath of the Iraq War for pre-election positioning. Ordering Assad to flee while ignoring the violence in Syria and proclaiming a faux red line has now tragically led to a million refugees in Europe (and another 4 million in the neighborhood) and more than 200,000 dead. Israel is now considered not an ally, not even a neutral, but apparently a hostile state worthy of more presidential invective than is Iran. We have few if any reliable friends any more in the Gulf. Iran will become a nuclear power. The only mystery over how that will happen is whether Obama was inept or whether he deliberately sought to make the theocracy some sort of a strategic power and U.S. ally. The Middle East over the next decade may see three or four additional new nuclear powers. The Russia of kleptocrat Vladimir Putin is seen in the region as a better friend than is the U.S. — and certainly a far more dangerous enemy to provoke.

There is no easy cure for all this; it will take years just to sort out the mess.

THE LAW
There will be a temptation for a reform president to use the lawless means that Obama has bequeathed — executive orders to unconstitutionally bypass Congress; arbitrary suspension or simple non-enforcement of laws, depending on where we are in the national election cycle; exemption of party loyalists from legal accountability — to achieve the noble aim of restoring legality. But such short-cuts to reform would be a terrible mistake.

It would be quite illegal to ignore emissions standards the way Obama has ignored the Defense of Marriage Act; or to reduce, by fiat, the EPA to the present toothless status of ICE; or to allow a new sort of “sanctuary city” to refuse to marry gays, in the manner of San Francisco’s refusing to hand over illegal immigrants; or to arbitrarily remove particular owls and newts from the protection of the Endangered Species Act as Obama has picked and chosen which elements of the Affordable Care Act at any particular time he considered legally non-binding. Payback is very tempting, but eight more years of it would ensure that we would become another Zimbabwe or Venezuela. Instead, the next president must, as never before, obey both the spirit and the very letter of the law to restore to us what Obama has almost destroyed.

RACE
Polls and pundits agree that racial relations are now at their worst since the riots of the 1970s. Barack Obama in the 2008 campaign blew long and hard the dog whistle of racial polarization: clingers, the not-to-be-disowned Rev. Jeremiah Wright, typical white person, bring a gun to a knife fight, get in their faces. He has never stopped since. The president kept at it when he intervened in the Skip Gates farce, or editorialized about skin color in the ongoing and volatile Trayvon Martin case, or institutionalized the lies of Ferguson that begat the “Hands up; don’t shoot” mythology — and the tragedies that followed. The message was always that race is still a barrier to success in America and that, logically, only fealty to the Obama administration could improve things for people of color.

Obama did not phone the family of Kate Steinle — murdered as a direct result of sanctuary-city practices approved by his administration — or the families of police officers slain as a result of the hate speech generated by the Black Lives Matter movement. But he has also largely ignored nearly 7,000 blacks whose lives have been taken by other blacks. In some sense, Obama proved a captive of his own political matrix. The Obama election strategy — successful in 2008 and 2012, a failure in 2010 and 2014 — was predicated on upping the polarizing rhetoric, extending social services, and embracing hip popular culture to achieve historic minority voter turnout and unprecedented block-voting patterns.

But in the blowback, the liberal Congress and many of the Democratic state legislatures were wiped out, and the country has been split apart. Obama’s legacy to the Democratic party is the loss of the white working classes, and the permanent need to achieve massive minority turnout and absolute liberal fealty at the polls. To do that will probably require institutionalized open borders, habitual racial haranguing, and the courting of the Al Sharptons of the race industry. Whether Obama knew that such racial voting would not be completely transferrable to his Democratic successors, while the hostility it engendered most certainly would be, remains a mystery. But that paradox raises what is perhaps the central issue of his presidency: whether he was a short-sighted incompetent naïf or a mean-spirited and narcissistic nihilist. Or both?

The next president should take a hiatus from our racial obsessions, and simply try treating Americans as if their race or ethnic background were irrelevant.

DEBT
We will reach $20 trillion in debt on Obama’s watch. He ran on the issue of national debt, blasting George W. Bush for using a “Bank of China” credit card “by his lonesome” to bankrupt the country. Indeed, a penny-pinching Senator Obama had voted to shut down the government rather than raise the debt ceiling. But as president, Obama may well accrue more debt than all previous presidents combined. His legacy will be that he made George W. Bush’s budgetary indulgence look sober and judicious compared with his own. Only the Federal Reserve’s near-zero interest rates for seven years — along with the low energy prices that came despite, not because of, his efforts — have saved Obama, and staved off the stagnation of having well over 90 million able-bodied Americans permanently out of the work force. When interest rates climb to 4 or 5 percent, the next president will face a budgetary crisis, augmented by Obama’s failure to address entitlement spending. We are in for rough times; whether Obama will get out ahead of the reckoning is unknown.

In other areas, the Obama agenda is falling of its own weight. Obamacare is becoming irrelevant, because of both noncompliance and soaring costs. As the poor discover that even with subsidies they have to pony up considerable deductibles and copays, and must actually pay some premiums, they increasingly head for the free clinics or back to the emergency rooms. Even Democrats will not rue too much the spontaneous unwinding of Obamacare, given that much of the public is doing its best to ignore it.

The restoration of defense spending will follow the Carter-to-Reagan pattern, albeit more slowly given the specter of unsustainable national debt. The next president will address the tax code, and the solution won’t be Bernie Sanders’s dream of a 90 percent income-tax rate. Even Joe Biden cannot run on Obama’s stellar economic record — pretending that the middle class has been in ascendance since 2009, extolling the advantages of more debt, or proclaiming the necessity of even stricter environmental regulations or more subsidies to Solyndra-like green companies.

There is not much of an idea any longer of investigative journalism. The press for the last seven years has largely chosen to become a Ministry of Truth. One reason why Donald Trump soars is that, after the press’s canonization of Obama, the public relishes Trump’s contempt for the media — and the latter have now lost the moral credibility to critique any candidate on the grounds of dishonesty, hypocrisy, narcissism, mendacity, or polarization of the electorate.

The tragic mess of 2009–2016 is ending, and soon the cleanup will begin — accompanied by stupefaction as to just how much will have to be thrown away.

Voir encore:

Obama’s Strategy Of Equilibrium
Yigal Carmon and Alberto M. Fernandez*

MEMRI

August 5, 2015
Introduction

In an interview with Thomas Friedman of The New York Times (« Obama Makes His Case on Iran Nuclear Deal, » July 14, 2015), President Obama asked that the nuclear deal with Iran be judged only by how successfully it prevents Iran from attaining a nuclear bomb, not on « whether it is changing the regime inside of Iran » or « whether we are solving every problem that can be traced back to Iran. » However, in many interviews he has given over the last few years, he has revealed a strategy and a plan that far exceed the Iran deal: a strategy which aims to create an equilibrium between Sunnis and Shiites in the Muslim world.

President Obama believes that such an equilibrium will result in a more peaceful Middle East in which tensions between regional powers are reduced to mere competition. As he told David Remnick in an interview with The New Yorker, « …if we were able to get Iran to operate in a responsible fashion…you could see an equilibrium developing between Sunni, or predominantly Sunni, Gulf states and Iran in which there’s competition, perhaps suspicion, but not an active or proxy warfare » (« Going the Distance, » January 27, 2014).

In discussing the Iran deal, the President recalled President Nixon negotiating with China and President Reagan negotiating with the Soviet Union in order to explain the scope of his strategy for the Middle East and the Muslim world. President Obama seeks, as did Presidents Reagan and Nixon with China and the Soviet Union, to impact the region as a whole. The Iran deal, even if major, is just one of several vehicles that would help achieve this goal.

This article will analyze the strategy of creating an equilibrium between Sunnis and Shiites as a means to promote peace in the Middle East. It will examine the meaning of the strategy in political terms, how realistic it is, and what its future implications might be on the region and on the United States.

The Meaning Of The Equilibrium Strategy In Political Terms

Examining the strategy of equilibrium requires the recollection of some basic information. Within Islam’s approximately 1.6 billion believers, the absolute majority – about 90% – is Sunni, while Shiites constitute only about 10%.  Even in the Middle East, Sunnis are a large majority.

What does the word « equilibrium » mean in political terms? In view of the above stated data, the word « equilibrium » in actual political terms means empowering the minority and thereby weakening the majority in order to progress toward the stated goal. However, the overwhelming discrepancy in numbers makes it impossible to reach an equilibrium between the two camps. Therefore, it would be unrealistic to believe that the majority would accept a policy that empowers its adversary and weakens its own historically superior status.

Implications For The Region

Considering the above, the implications of the equilibrium strategy for the region might not be enhancing peace as the President well intends; rather, it might intensify strife and violence in the region. The empowered minority might be persuaded to increase its expansionist activity, as can be already seen: Iran has extended its influence from Lebanon to Yemen. Iranian analyst Mohammad Sadeq al-Hosseini stated in an interview on September 24, 2014, « We in the axis of resistance are the new sultans of the Mediterranean and the Gulf. We in Tehran, Damascus, [Hizbullah’s] southern suburb of Beirut, Baghdad, and Sanaa will shape the map of the region. We are the new sultans of the Red Sea as well » (MEMRITV Clip No. 4530). Similarly, in a statement dedicated to the historically indivisible connection between Iraq and Iran, advisor to President Rouhani Ali Younesi stressed that, « Since its inception, Iran has [always] had a global [dimension]; it was born an empire » (MEMRI Report No. 5991).

In view of this reality, this strategy might create, against the President’s expectations, more bitterness and willingness on the part of the majority to fight for their status. This has already been realized; for example, when Saudi Arabia intervened in Yemen after facing the Houthi/Shiite revolution, which it perceived as a grave danger to its survival, and created a fighting coalition within a month to counter it. Similarly, Saudi Arabia has previously demonstrated that it regards Bahrain as an area where any Iranian attempt to stir up unrest will be answered by Saudi military intervention. According to reports, Saudi Arabia has been supporting the Sunni population in Iraq, and in Lebanon, a standstill has resulted because Saudi Arabia has shown that it will not give up – even in a place where Iranian proxy Hizbollah is the main power. Hence, the strategy of equilibrium has a greater chance of resulting in the eruption of regional war than in promoting regional peace.

Implications For The United States

Moreover, this strategy might have adverse implications for the United States and its interests in the Sunni Muslim world: those countries that feel betrayed by the strategy might, as a result, take action against the United States – hopefully only politically (such as changing international alliances) or economically. These countries might be careful about their public pronouncements and might even voice rhetorical support to U.S. policy, as the GCC states did on August 3, but the resentment is there.

Realpolitik Versus Moral Considerations

The analysis presented here is based on principles of realpolitik: in politics, one does not align with the minority against the majority. However, sometimes other considerations take precedence. Morality is such an example: the Allies could not refrain from fighting Nazi Germany because it was a majority power – ultimately, they recognized the moral obligation to combat the Third Reich. However, with regard to the Middle East, the two adversaries are on equal standing: the Islamic Republic of Iran is no different than the Wahhabi Kingdom of Saudi Arabia. President Obama and Secretary Kerry would be wrong to think that Mohammad Javad Zarif, the sophisticated partygoer in New York City, represents the real Iran. Zarif, his negotiating team, and President Rouhani himself, all live under the shadow and at the mercy of the Supreme Leader, the ayatollahs, and the IRGC.

« It is worth noting that the first Islamic State created in the Middle East in the last 50 years was not the one created in the Sunni world in 2014 and headed by Abu Bakr al-Baghdadi. » Rather, it was the Islamic Republic of Iran created in 1979 by Ayatollah Ruhollah Khomeini and currently ruled by his successor, Supreme Leader Ali Khamenei, who maintains – even following the Iran deal – the mantra « Death to America, » continues to sponsor terrorism worldwide, and commits horrific human rights violations.

*Yigal Carmon is President and Founder of MEMRI; Alberto M. Fernandez is Vice President of MEMRI.

Voir par ailleurs:

L’Allemagne repentie menace l’Europe
Ivan Rioufol

11 septembre 2015

Qui arrêtera cette folie ? La prodigue Union européenne (UE) met le destin des peuples à l’encan en applaudissant, derrière l’Allemagne exaltée, à l’invasion des clandestins qui forcent les portes de Schengen. Des libérateurs ne seraient pas mieux acclamés. Or ils sont des millions, dans les pays arabo-musulmans, à vouloir gagner l’UE enivrée de ses vertus. Cette semaine, la petite île grecque de Lesbos était submergée par 20 000 «  migrants ». Les barrières volent en éclats, depuis qu’Angela Merkel a promis de recevoir 800 000 demandeurs d’asile cette année. François Hollande s’est engagé pour 24 000 personnes en deux ans. Peu importe les chiffres : les feux sont passés au vert, sans discernement ni recul. Les commissaires de Bruxelles, qui ont toujours appelé de leurs vœux une immigration massive, sans se soucier de son intégration culturelle, sont complices du bouleversement identitaire enclenché.

La propagande émotionnelle s’est emballée, après la diffusion de la photo d’un corps d’enfant échoué sur une plage turque. Depuis, les « humanistes » de tréteaux, artistes ou politiques, moralisent sur la « fraternité humaine » en exposant publiquement leur grande bonté. Ils accusent évidemment l’Occident d’être coupable des désastres qui frappent l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, la Libye, etc. Persuadés d’avoir raison, ils exigent des excuses de ceux qui ont soutenu, depuis le 11 septembre 2001, les résistances aux offensives du nazislamisme. Ils crachent par habitude sur les États-Unis et leurs alliés, mais ignorent le totalitarisme coranique, responsable du chaos. Combien de soldats de Daech, infiltrés parmi ces exilés ? L’État islamique avait promis, début 2015, d’utiliser la bombe migratoire pour déstabiliser l’Europe. Mais cela fait longtemps que l’aveuglement narcissique berce les beaux parleurs.

Il suffit d’observer la jubilation des idéologues de l’égalitarisme, de l’indifférenciation et de l’homme remplaçable pour les tenir comme inspirateurs de la béatitude des dirigeants et les médias du camp du Bien.

Voir de même:

Angela Merkel, merci pour vos maladresses !
Ivan Rioufol

14 septembre 2015
Les « humanistes » sont des dangers publics, quand ils ne voient pas plus loin que leurs psychés. Lorsqu’ils se mêlent de diriger des pays, voire l’Union européenne elle-même, ils montrent leur inconsistance en se révélant incapables de prévoir les conséquences de leurs élans compassionnels. L’ahurissante légèreté Angela Merkel, qui a ouvert ses frontières aux « migrants » sous les hourras des belles âmes, restera probablement comme l’aboutissement de la régression politique réduite aux pulsions émotives. La décision de la chancelière, ce week-end, de rétablir le contrôle aux frontières de son pays soudainement envahi signe sans doute la fin des utopies sur l’accueil pour tous, dont elle était devenue l’étendard. Elle justifie sa volte-face par le fait que Schengen a démontré qu’il ne maîtrisait pas l’immigration et laissait passer, à côté des réfugiés politiques, beaucoup de faussaires. Mais cette situation, décrite ici depuis le début, est connue de tous depuis toujours. Elle  n’est d’ailleurs pas un obstacle pour la France, qui se flatte d’accueillir et de prendre en charge des « réfugiés » dont rien ne dit qu’ils le sont tous.  Il suffit de relire les dithyrambes de la presse française pour se désoler de la capitulation de l’esprit critique dans une large partie de la profession. « L’incroyable madame Merkel », « La dame de cœur », « le futur prix Nobel de la paix », auront été quelques-uns des lauriers tressés par le camp du Bien, dans un manichéisme  réservant aux pays récalcitrants, et singulièrement au premier ministre hongrois Viktor Orban, toutes les réprobations morales.

Disons les choses comme elles se présentent : le revirement allemand couvre de ridicule les sermonneurs qui ont semé la tempête migratoire. Le ministre de l’Intérieur français, Bernard Cazeneuve, qui entend faire de la « pédagogie » pour expliquer sa politique d’accueil, ne peut que s’enliser dans une propagande irréfléchie qui n’a évidemment pas le soutien de l’opinion. Incapable idéologiquement de concevoir la moindre vertu aux frontières nationales, il parle d’ouvrir en Grèce, en Italie et en Hongrie des « hot spots », en collaboration avec l’Union européenne. Mais cette dernière se dévoile, avec l’Allemagne immature et la France suiveuse, comme autant de dangers pour l’Europe, fragilisée par quarante ans d’immigration de peuplement et de multiculturalisme imposé. Le cynisme mercantile du président du Medef, Pierre Gattaz, qui salue une « opportunité » dans l’arrivée d’une main d’oeuvre docile, est une autre agression pour les Français soucieux de préserver la cohésion de leur nation ouverte. En réalité, l’effet de cet excès de xénophilie est, dès à présent, de replacer au cœur du débat public des sujets évacués : l’immigration, le retour aux frontières, la préférence nationale, l’expulsion effective des migrants économiques et des clandestins. Sans parler de la faillite des partis politiques et de l’Union européenne elle-même. Dans le fond, merci Angela Merkel pour tant de maladresses !

Voir de plus:

Exclusif. Deux terroristes présumés arrêtés à la frontière hongroise
Pierre-Alexandre Bouclay
Valeurs actuelles
23 Septembre 2015

Terrorisme. Deux meneurs des affrontements ayant eu lieu à la frontière serbo-hongroise (à Horgos et à Röszke) viennent d’être identifiés par la police hongroise, comme des terroristes qui s’apprêtaient à commettre des actions sur le sol européen.
Le 16 septembre, Yacir et Ahmed H. ont été interpellés alors que, munis de mégaphones donnant des ordres en arabe et en anglais, ils encadraient les émeutiers qui tentaient d’entrer en Hongrie par la force.

D’après le portail d’information Alfahir.hu, c’est un immigré illégal, manifestement chrétien, qui a reconnu Ahmed H. et envoyé des photos accablantes à la police. On y voit Ahmed H en Syrie brandissant une kalachnikov ou partageant un moment de repos au milieu d’un groupe de djihadistes.

D’après la police hongroise, Ahmed H aurait participé au meurtre de plus de cinquante personnes. Le témoin a révélé que celui-ci avait la réputation d’un « boucher sanguinaire, assassin notoire, tortionnaire ». Après enquête, selon la police, le terroriste présumé, loin d’être un malheureux réfugié, possède une maison à Chypre, un bateau, cinq voitures et venait d’investir 90 000 euros dans la construction d’une nouvelle demeure.

Plus grave, il était lié au Tabligh Jamaat, un groupe fondamentaliste islamiste. Il aurait combattu au sein de l’armée syrienne libre, puis dans les rangs du front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaeda). Une information annoncée par la police hongroise.

Il a été arrêté en possession de sept passeports, tous munis de visas Schengen. Il préparait, d’après la police hongroise, des actions terroristes sur le sol européen.

Viktor Orban, le premier ministre hongrois, vient de confirmer ce mercredi, que les services spéciaux avaient déjà arrêté plusieurs terroristes.

De notre envoyé spécial en Hongrie, Pierre-Alexandre Bouclay

‘We’re going to be the majority soon!’ Furious Muslim parents taunt New Jersey school board over religious holiday closure
Muslim families had wanted Jersey City schools to shut on September 24 in observance of Eid al-Adha holiday
After initially approving the move, the state’s school board voted to keep the schools open so as not to disrupt the lives of non-Muslim families
Several Muslim parents who attended the meeting screamed in rage
One woman in a purple head scarf told the board: ‘We’re no longer the minority, that’s clear from tonight. We’re going to be the majority soon’
Muslim students who choose to stay home on Thursday will not be penalized, the board said
Snejana Farberov

Dailymail.com

23 September 2015

Tempers flared at a school board meeting in New Jersey when a room crowded with Muslim parents learned that schools will remain open during Thursday’s religious holiday of Eid al-Adha.

Several of the Muslim parents and children screamed in rage and openly wept when the board announced its decision.

At one point, a young woman in a purple head scarf took the microphone and told them: ‘We’re no longer the minority, that’s clear from tonight. We’re going to be the majority soon.’
Enraged: Muslim parents in Jersey City were furious to learn during a school board meeting September 17 that local schools will remain open during the holiday of Eid al-Adha

RELIGIOUS POPULATIONS IN JERSEY CITY BY NUMBERS
New Jersey as a whole boasts the second largest Muslim population in the US after Michigan.

In New Jersey, 4.2 per cent of residents who say they are religious are Muslim Americans, according to the latest U.S. Religions Census.

The city, which has 257,000 residents, is considered one of the most ethnically diverse in the Nation.

Of those who say they are religious, 3.3 per cent are Jewish American. There are also established Evangelical Protestant and Orthodox communities.

Pakistani, Bangladeshi, and Arab Americans compose a significant proportion of Jersey City’s Muslim population.

A Jewish parent who attended the meeting said some people in his community felt they were being discriminated against because the Jewish holidays of Rosh Hashanah and Yom Kippur were not on Jersey City’s official school closure list.

Meanwhile just across the Hudson River in New York City, schools will be closed for Eid Al-Adha for the first time as a result of a change put in place by Mayor Bill de Blasio in March.

The Jersey City Board of Education had originally proposed to close local schools on September 24 to allow Muslim children to observe the holiday.

The City Council unanimously voted in favor of the closure two weeks ago.

However, during the contentious four-hour meeting held last Thursday, the board voted to keep Jersey City schools open so as not to cause disruptions for non-Muslim families, reported NBC New York.

Silver lining: The board noted that Muslim students who choose to take Thursday off to observe the holiday will not be penalized

Practical concerns: Board member Gerald Lyons told the crowd closing Jersey City schools on such a short notice would cause hardship for non-Muslim families
‘Doing this at this point on six days’ notice for this upcoming holiday is going to cause undue hardship on 5,000 to 10,000 people, who are going to have to scramble to get coverage for their children,’ board member Gerald Lyons told the meeting.

Board members said that Muslim students who choose to take Thursday off to observe Eid al-Adha will not be penalized.

The school board is expected to review its religious holiday policy later this year.

Eid al-Adha, also known as the Feast of Sacrifice, is the second of two religious holidays celebrated by Muslims around the world to mark the end of the holy month of Ramadan.

Voir enfin:

Our Far-Flung Correspondents August 31, 2015 Issue
The Other France
Are the suburbs of Paris incubators of terrorism?
George Packer

The New Yorker

August 31, 2015

Although the alienated, impoverished immigrant communities outside Paris are increasingly prone to anti-Semitism, the profiles of French jihadists don’t track closely with class. Many of them have come from bourgeois families. Credit Photograph by Arnau Bach For The New Yorker
Fouad Ben Ahmed never paid much attention to Charlie Hebdo. He found the satirical magazine to be vulgar and not funny, and to him it seemed fixated on Islam, but he didn’t think that its contributors did real harm. One of its cartoonists, Stéphane Charbonnier, also drew for Le Petit Quotidien, a children’s paper to which Ben Ahmed subscribed for his two kids. On January 7th, upon hearing that two French brothers with Algerian names, Saïd and Chérif Kouachi, had executed twelve people at the Charlie Hebdo offices—including Charbonnier—in revenge for covers caricaturing Muhammad, Ben Ahmed wrote on Facebook, “My French heart bleeds, my Muslim soul weeps. Nothing, absolutely nothing, can justify these barbaric acts. Don’t talk to me about media or politicians who would play such-and-such a game, because there’s no excuse for barbarism. #JeSuisCharlie.”

That night, Ben Ahmed left his house, in the suburbs outside Paris, and went into the city to join tens of thousands of people at a vigil. He is of Algerian and Tunisian descent, with dark skin, and a few white extremists spat threats at him, but Ben Ahmed ignored them—France was his country, too. On January 11th, he joined the one and a half million citizens who marched in unity from the Place de la République.

Ben Ahmed’s Facebook page became a forum for others, mostly French Muslims, to discuss the attacks. Many expressed simple grief and outrage; a few aired conspiracy theories, suggesting a plot to stigmatize Muslims. “Let the investigators shed light on this massacre,” Ben Ahmed advised. One woman wrote, “I fear for the Muslims of France. The narrow-minded or frightened are going to dig in their heels and make an amalgame”—conflate terrorists with all Muslims. Ben Ahmed agreed: “Our country is going to be more divided.” He defended his use of #JeSuisCharlie, arguing that critiques of Charlie’s content, however legitimate before the attack, had no place afterward. “If we have a debate on the editorial line, it’s like saying, ‘Yes—but,’ ” he later told me. “In these conditions, that is unthinkable.”

Ben Ahmed, who is thirty-nine, works as a liaison between residents and the local government in Bondy—a suburb, northeast of Paris, in an area called Department 93. For decades a bastion of the old working class and the Communist Party, the 93 is now known for its residents of Arab and African origin. To many Parisians, the 93 signifies decayed housing projects, crime, unemployment, and Muslims. France has all kinds of suburbs, but the word for them, banlieues, has become pejorative, meaning slums dominated by immigrants. Inside the banlieues are the cités: colossal concrete housing projects built during the postwar decades, in the Brutalist style of Le Corbusier. Conceived as utopias for workers, they have become concentrations of poverty and social isolation. The cités and their occupants are the subject of anxious and angry discussion in France. Two recent books by the eminent political scientist Gilles Kepel, “Banlieue de la République” and “Quatre-vingt-treize” (“Ninety-three”), are studies in industrial decline and growing segregation by group identity. There’s a French pejorative for that, too: communautarisme.

After the Charlie massacre—and after a third terrorist, Amedy Coulibaly, gunned down a black policewoman outside a Jewish school and four Jews at a kosher supermarket—there was a widespread feeling, in France and elsewhere, that the killings were somehow related to the banlieues. But an exact connection is not easy to establish. Although these alienated communities are increasingly prone to anti-Semitism, the profiles of French jihadists don’t track closely with class; many have come from bourgeois families. The sense of exclusion in the banlieues is an acute problem that the republic has neglected for decades, but more jobs and better housing won’t put an end to French jihadism.

Ben Ahmed has lived in the 93 his entire life. A few years ago, he and his wife, Carolina, and their two children moved into a small house near Charles de Gaulle Airport. They wanted to be near a private school that the children attend, because most public schools in the 93 are overcrowded and chaotic, and staffed by younger, less qualified teachers. Ben Ahmed spent his teens in one of the toughest suburbs, Bobigny, in a notorious cité called l’Abreuvoir. During his twenties and early thirties, Ben Ahmed was employed by the Bobigny government as a community organizer, working with troubled youth—some of them his friends and neighbors, many just out of prison or headed there. His authority on life in the cités exceeds that of any scholar.

“First, I’ll read the minutes from your last weddings.”Buy the print »
After the attacks, Ben Ahmed wrote an open letter to President François Hollande titled “All Partly Responsible, but Not Guilty.” He identified himself as a banlieue resident who had often “seen death a few metres from me.” He wrote about the problems of joblessness, discrimination, and collective withdrawal from society. He recalled that, in October, 2001, a soccer game in Paris between France and Algeria—the first such match since Algerian independence, in 1962—had to be called off when thousands of French youths of North African origin booed the “Marseillaise” and invaded the field, some chanting, “Bin Laden, bin Laden!” The French public responded with righteous revulsion. “The problem was before our eyes,” Ben Ahmed wrote. “But instead of asking good questions, we chose stigmatization, refusal of the other.” He went on, “The split was born on that day, the feeling of rejection expressed by the political class, when we could have asked other questions: What’s wrong? What’s the problem?”

Ben Ahmed wears sharp dark suits, even on weekends, as if such formality were the only way for an Arab from the 93 to be taken seriously. When I met him, soon after the attacks, he told me, “In French, we say, ‘Clothes don’t make the monk’—but they do, unfortunately.” For the same reason, he always speaks proper French, not the accented slang of the banlieues. He shaves his head close, the black stubble of his hairline descending to a widow’s peak. He has a broad, boyish face and a disarming smile; as he shuttles around the 93, with quick, lock-kneed strides, he seems to know everyone by name. But as a youth in l’Abreuvoir he had to learn to fight—he trained at boxe française, a form of kickboxing—and his eyes can turn hooded and flat under stress. Two years ago, upon entering a cinema with his children, Ben Ahmed noticed that a patron was carrying a shotgun. (The man was out to settle scores with his wife and her lover.) Ben Ahmed told his children to lie down, stalked the gunman for thirty feet, then grabbed him from behind and took him to the floor in a Brazilian-jujitsu chokehold. After security guards arrived, Ben Ahmed escorted his children into a screening of “Man of Steel.”

Ben Ahmed had been nurturing political ambitions, and the incident made him a neighborhood hero. He decided to run for local office. “I have an ability to talk with everyone, because I respect the other,” he told me. “I think there’s always some good at the bottom of everyone.” Ben Ahmed’s wife and friends consider him a little naïve, but naïveté is almost a requirement for a banlieue Muslim entering French politics during a national-identity crisis.

The highway that encircles Paris is known as the Périphérique. Entering or leaving the suburbs is often called “crossing the Périphérique,” as if it were a frontier. Banlieue residents joke that going into Paris requires a visa and a vaccination card. Mehdi Meklat, a young writer at Bondy Blog, which reports on the banlieues, told me, “There are two parallel worlds.” He called the dynamic between Paris and the suburbs “schizophrenic.”

The R.E.R., the rail network linking Paris to its suburbs, takes you from the Gare du Nord to Ben Ahmed’s station in just nineteen minutes. The trip begins in a tunnel, and when the train emerges the boulevards lined with bistro awnings are gone. Even the weather seems different—damp and murky, with a wind blowing from the southwest. (The suburbs of the 93 grew around factories that had been situated northeast of Paris in order to allow industrial smells to drift away from the City of Light.) The rail tracks cut through a disordered landscape of graffiti-covered walls, glass office buildings, soccer fields, trash fires, abandoned industrial lots, modest houses with red tile roofs, and clusters of twenty-story monoliths—the cités.

The banlieues are far more diverse than the ghettos of American cities. On the R.E.R., I saw a man speaking Tamil on his cell phone; an Asian woman watching her two boys; North African women in every variety of hijab, or in none; an elderly white man; a black man in a blazer reading the sports section; an Arab begging in the aisle with a child in his arms. Wealthy neighborhoods stand next door to poor ones, privately owned houses are interspersed with housing projects, and people of every color and religion shop in the commercial centers. In a dingy little restaurant in Montreuil, on an empty street near a cité, Arab men were served by a white waitress. The banlieues have housed generations of immigrants, and the older tide of Portuguese, Italians, and Poles hasn’t completely gone out with the more recent waves of Arabs, Africans, and Chinese. The suburbs are thought to remain majority white, though no one knows for sure because, in France, collecting statistics by ethnicity or religion is illegal. (A precise count isn’t necessary for the cités: they are overwhelmingly Arab and black.)

Fouad Ben Ahmed, a lifelong banlieue resident, wrote of the Charlie Hebdo attacks, “My French heart bleeds, my Muslim soul weeps.” Photograph by William Daniels / Panos for The New Yorker
For all their vitality, the banlieues feel isolated from the city, and from France itself. Parisians and tourists rarely visit them, and residents complain that journalists drop in only to report on car burnings and drug shootings. The suburb Clichy-sous-Bois—the scene, in 2005, of youth riots that spread across the country—has tried to raise revenue by offering a tour de banlieue for curious outsiders. Many suburban residents, meanwhile, never even think of going to Paris. Compared with American slums, the banlieues have relatively decent standards of housing and safety, but the psychological distance between the 93 and the Champs-Elysées can feel insuperable—much greater than that between the Bronx and Times Square. The apartment blocks in the cités, often arranged around a pharmacy, a convenience store, and a fast-food joint, look inward. Many have no street addresses, obvious points of entry, or places to park. The sense of separation is heightened by the names of the surrounding streets and schools, preserved from a historical France that has little connection to residents’ lives. The roads around Gros Saule—a drug-ridden cité where the police dare not enter—include Rue Henri Matisse and Rue Claude Debussy.

“It’s a social frontier,” Badroudine Abdallah, Mehdi Meklat’s colleague at Bondy Blog, said. “It’s not just about being black or Arab. It’s also about having relationships at your disposal, a network.” Meklat and Abdallah, who are in their twenties, told me about weeklong internships required of French ninth graders. Most of their classmates ended up in lousy little bakeries or pharmacies, or with nothing, because corporations wouldn’t answer queries from the children of immigrants in the 93.

Being from the banlieues is a serious impediment to employability, and nearly every resident I met had a story about discrimination. Fanta Ba, the daughter of Senegalese immigrants, has taken to sending out job applications using her middle name, France, and Frenchifying her last name to Bas, but she remains out of work. Whenever she hears of a terrorist attack in France, she prays, “Don’t let it be an Arab, a black, a Muslim.” On January 7th, she turned off the TV and avoided Facebook for two days. She couldn’t bear to rewatch the violent images or hear that all Muslims bore some responsibility. “To have to say, ‘I am Charlie’ or ‘I am a Muslim and I condemn this’—it’s too much,” she said. “It wasn’t me. I asked myself, ‘How will this end? Are they going to put crosses on the apartment doors of Muslims or Arabs?’ ”

Ben Ahmed has a friend from Bobigny named Brahim Aniba, an accountant who, like many banlieue residents, once endured a period of unemployment. To receive state benefits, he had to meet with a job counsellor. Aniba told me that the counsellor, wanting to help, said, “You don’t have an aunt who lives in Paris or somewhere else? Because Bobigny—really? Cité Grémillon?” This was the French equivalent of Shitsville. The counsellor advised, “If you have an address in Paris, a post-office box, just to receive mail, it’s better. And then the family name, Aniba—it’s O.K., but the first name, Brahim, use ‘B.’ ”

“Madame, why don’t I just drop my pants instead?” Aniba said.

Simply defining who is French can make small talk tricky. When people ask Widad Ketfi, a thirty-year-old journalist, where she’s from, she replies, “Bondy,” but that never ends the conversation. “Of what origin?” “French.” “Where are your parents from?” “France!” Even citizens of immigrant descent often identify whites with the term Français de souche—“French from the roots.” The implication is that people with darker skin are not fully French.

Fanta Ba said, “You do everything for France, to be accepted, but you feel you’re not welcome.” This is especially true for Muslims. In a poll taken by Le Monde after the attacks, a majority of respondents agreed that Islam is incompatible with French values. In a cité like Trappes, where Ba grew up, some Muslims have separated from French society: women are disappearing under the black abaya; men are dropping out of school to sell Islamic clothing online. Ba doesn’t cover her hair, but she has become more observant as she struggles with being jobless and alone. Withdrawal, she said, was often a reaction to exclusion.

In the 2012 elections, nine of the five hundred and seventy-seven seats in France’s National Assembly were won by nonwhite candidates—an increase of eight seats. France remains a caste society where social capital is king. It’s ruled by les énarques—graduates of the prestigious École Nationale d’Administration, in Strasbourg. According to Laurent Bouvet, a political scientist, an élite degree is the only guarantee of finding a good job in a country that’s mired in economic torpor. This is increasingly true in America, too, but the U.S. absorbs immigrants far more easily than France. What the two countries have in common—and what makes them unique—is a national identity based not just on history, blood, soil, and culture but on the idea of popular sovereignty. In France, this is called republicanism, and in theory the idea is universal. In practice, being part of the French republic has to do not just with democracy and secularism but also with what you wear, what you eat, and what you name your children.

In 2007, a national immigration museum opened in the Porte Dorée, an Art Deco palace in eastern Paris which was built for a colonial exposition in 1931. Tradition requires French Presidents to inaugurate national museums, but Nicolas Sarkozy, who had used immigration as a wedge issue in his election campaign, refused to attend. The Musée de l’Histoire de l’Immigration opened without official ceremony. (Last December, after seven years, Hollande, a Socialist, finally inaugurated it.) When I went to the museum, in February, there were few visitors, and many Parisians remain unaware of its existence.

That struck me as a missed opportunity, for the exhibitions tell a rich story, going back to the mid-nineteenth century, when France was receiving new immigrants while the rest of Europe was creating them. As recently as the nineteen-thirties, France had the world’s highest number of immigrants per capita. The museum’s placards offer historical reassurance: “The figure of the unassimilable foreigner accompanies every wave of immigrants. From the Italians at the end of the nineteenth century to the Africans of today, the stereotypes hardly change: immigrants are too numerous, carriers of disease, potential criminals, aliens in the body of the nation. This xenophobia, recurring in times of crisis, is often paired with anti-Semitism and fed by racism.”

The least digestible aspect of France’s colonial past is Algeria. When Algeria was settled by Europeans, in the early nineteenth century, it became part of greater France, and remained so until 1962, when independence was achieved, after an eight-year war in which seven hundred thousand people died. It’s hard to overstate how heavily this intimate, sad history has been repressed. “The Battle of Algiers,” the filmmaker Gillo Pontecorvo’s neo-realist masterpiece about insurgency, counterinsurgency, terrorism, and torture in Algiers, was banned in France for five years after its release, in 1966, and it remains taboo there. On October 17, 1961, during demonstrations by pro-independence Algerians in Paris and its suburbs, the French police killed some two hundred people, throwing many bodies off bridges into the Seine. It took forty years for France to acknowledge that this massacre had occurred, and the incident remains barely mentioned in schools. Young people in the banlieues told me that colonial history is cursorily taught, and literature from former colonies hardly read.

Andrew Hussey, a British scholar at the University of London School of Advanced Study in Paris, believes that the turmoil in the banlieues—periodic riots, car burnings, brawls with cops—is one more front in the long war between France and its Arabs, especially Algerians. The aim of the violence isn’t reform or revolution but revenge. “The kids in the banlieues live in this perpetual present of weed, girls, gangsters, Islam,” he said. “They have no sense of history, no sense of where they come from in North Africa, other than localized bits of Arabic that they don’t understand, bits of Islam that don’t really make sense.”

Hussey’s recent book, “The French Intifada,” describes the conflict in such dire terms that his French publisher refused to release a translation. His banlieue research is less nuanced than that of Kepel (the phrase “French intifada” drew laughs of disbelief when I mentioned it to some banlieue residents), but it’s vivid and firsthand. The book opens with an eyewitness account of an eight-hour battle, in the Gare du Nord in 2007, between cops and banlieue kids who shout, in Arabic, “Fuck France!” Hussey writes, “This slogan—it is in fact more of a curse—has nothing to do with any French tradition of revolt.” But his portrait leaves out all the banlieue residents who are trying to be both Muslim and French—people like Fouad Ben Ahmed.

One night, at a Thai restaurant in the suburb of Aulnay-sous-Bois, Ben Ahmed said, “I barely know my history. It’s not taught, and because it’s painful my mother and my grandfather never told me.” Still, he knew the basics of the French-Algerian War, and he spoke about the pieds-noirs—French settlers in Algeria who, after independence, fled what they considered their homeland—and the Harkis, Algerian Muslims who supported French rule and were demonized by other Algerians. At the end of the war, neither country made a place for citizens with conflicting allegiances and identities: Algeria became an Arab state, and France cauterized its wounds by pretending that the conflict hadn’t happened. Among the pieds-noirs, Harkis, and Algerians who immigrated to France for economic reasons, guilt and recrimination have impeded a candid reckoning with their shared pasts. Ben Ahmed said, “And since neither our parents nor the state tells us this history, other people come along to tell us lies in order to justify things that are unjustifiable.” He meant jihadists.

Ben Ahmed’s grandfather was an Algerian who enlisted in the French Army and immigrated to the Paris banlieues in 1958. Most immigrants of that period entered France as laborers—factory hands, street-cleaners—and lived in shantytowns. Their presence was expected to be temporary. When it became clear that most of the immigrants weren’t returning home, the shantytowns were cleared and the workers were moved into the cités. Ben Ahmed’s grandfather, with his military pay, was able to afford a small house in the 93. Ben Ahmed’s mother was a secretary in a metallurgical factory; his father disappeared when Fouad was two. He grew up in relative ease in his grandparents’ house until 1989, when they sold it. Ben Ahmed was thirteen.

At the time, his mother was unemployed, and she and Fouad had to move to l’Abreuvoir, the cité in Bobigny. L’Abreuvoir had been considered innovative when it was built, in the sixties, with undulating rows of four-story low-rises and green circular towers. But by the nineties it had become a center of heroin trafficking. Once, Ben Ahmed walked into the lobby of his building and saw a man holding a bag of drugs and a wad of cash. “Get out of here, or I’ll take care of you,” the man said. Ben Ahmed fled.

“Sorry! Traffic was awful and also I left really late.”Buy the print »
He was an indifferent student, forced to repeat several grades, but his mother made him stick with it, because her welfare benefits would drop if he quit school. He helped support her and his little brother by delivering washing machines to Paris apartments. Some of his friends were drug dealers, and Ben Ahmed might have become a criminal, too, had he not met Carolina, the daughter of political refugees from Chile. When they were eighteen, she told Ben Ahmed to choose between his crowd and her. With Carolina’s help, he finished high school, got a college degree in social management, and became a youth organizer.

One youth Ben Ahmed tried to help was J.-P., a wild kid from Salvador Allende, another cité in Bobigny. Ben Ahmed, twelve years older, had known J.-P. almost since birth. (“Bobigny is like a village,” J.-P. said.) J.-P. was a métis: Arab father, white mother. His grandfather had emigrated from Algeria in 1954, and became a street-cleaner. His father belonged to what J.-P. called “an uprooted generation, with their ass on two chairs”—unwanted by both the old country and the new. J.-P.’s father is still alive, but most of his father’s friends died young, from violence, drugs, or AIDS. J.-P. grew up a tattooed devotee of “Scarface” and Tupac Shakur. At fourteen, he was expelled from school and began selling drugs and stealing. “When people lay down the law with violence, to get the last word you have to be the most violent,” J.-P. said. He didn’t see himself as a victim. “I was a little asshole. I chose to get into it. I should’ve tried not to go down that path. The problem is why the path’s there at all.”

We drove around the 93 in Ben Ahmed’s Citroën. J.-P.—light-skinned, ripped jeans, bad teeth—sat in back. He never took out his earphones, and he often withdrew into a haze, only to emerge with full powers of focus and articulation. He had been imprisoned three times since 2010. His first conviction, he said, had involved “a little of everything—weapons possession, violence, buying drugs.”

Ben Ahmed recalled that he and J.-P. knew a teen-age girl whose boyfriend was a thug. Ben Ahmed advised the girl to be careful, and, when word got back to the boyfriend, he confronted Ben Ahmed: “What the fuck do you want?” The next night, Ben Ahmed asked a friend in the boyfriend’s cité to go with a few others to calm the guy down. When the boyfriend saw the group approaching, he pulled out a pistol and fired warning shots.

“Sometimes it’s hard—wanting to try to help certain people and finding yourself in a situation that’s difficult,” Ben Ahmed told me.

“Two years later, I slept with the girl,” J.-P. said, laughing. “The same guy shot me in the leg.”

“What’s also hard is for someone like me who wants to help J.-P.,” Ben Ahmed said. “Sometimes you feel people aren’t ready to be helped.”

“Hey, you’re starting to annoy me,” J.-P. said. “Give me a hundred thousand euros. That would help!” He complained that his stomach was growling. We dropped him off at a Senegalese cafeteria.

“You’re very intelligent but wrong in the head,” Ben Ahmed said to him.

“I like my life,” J.-P. said. “It’s never too late to change.” He walked away, with a slight limp.

“I’m afraid he’ll end badly,” Ben Ahmed said.

In 2004, the French parliament passed a law forbidding religious symbols in public schools. The law emerged in response to Muslim girls coming to class with their hair covered. The legislation affirmed the century-old French concept of laïcité, or secularism, which enshrines state neutrality toward religion and prevents religion from intruding into the civic space. (In America, the intent of secularism was nearly the reverse, prohibiting state interference in religion.) But many French Muslims interpreted the ban as an act of gratuitous hostility. Some of them told me, inaccurately, that the law had made an exception for the Jewish kippah.

“School is a sacred space in republican theory—it’s the church of the republic,” Vincent Martigny, a political scientist at the École Polytechnique, outside Paris, said. “School is the place where an individual, especially a child, becomes a citizen, which is a superior form of the individual.” Martigny noted that rigid republicanism coexists in France with public support for cultural diversity—in cinema, in local festivals. But in an era of insecurity France is undergoing what he called “moral panic attacks.” In a recent poll in Le Monde, forty-two per cent of respondents said that they no longer felt at home in France.

After the Charlie killings, dozens of mosques around France were defaced, and in a few cases fired upon. Veiled girls and women were harassed. Some French Muslims complained that, while the government sent armed soldiers to guard Jewish sites, Muslim sites were initially left unprotected. The complaint, though accurate, obscured key differences of degree and kind: Jews, who represent less than one per cent of the French population, are the victims of half the country’s hate crimes, and in recent years they’ve been the repeated targets of murderous violence.

On January 8th, there was a nationwide minute of silence for the Charlie victims. At least a hundred incidents were reported of students in banlieue schools refusing to observe it. People in the 93 explained that some rebellious kids were just acting out. But the public was outraged. Sarkozy, eying another shot at the Presidency in 2017, demanded that schools stop serving halal food—if Muslim kids didn’t want to eat pork, they could forgo eating.

Hélène Kuhnmunch teaches history in a vocational high school in Colombes, a banlieue northwest of Paris. The vocational schools are despised, she said, as tools of “exclusion from the system,” and they have few resources. Kuhnmunch is a fifteen-year veteran who teaches banlieue youths because she loves their humor and energy. In 2008, she and a group of immigrant kids made a documentary film about the Franco-Algerian history that lay buried in the children’s families. One boy discovered that his father had been among the Algerians thrown by police into the Seine. (He survived.)

Kuhnmunch said that her students responded to the Charlie attacks with defensiveness, adding, “This wasn’t new, this feeling of always being pushed back on their origins, their religion, of being insulted.” Kuhnmunch, who lives in Paris, did not attend the unity march at the Place de la République, because she knew “that the banlieues would not be there.” She spent that day gathering material for a class on the attacks.

In school on Monday, a Muslim student raised his hand. “Madame, the cartoons—I was against them,” he said. “But you don’t kill for that.” It saddened Kuhnmunch that he felt compelled to reassure her. Others echoed the conspiracy theories on social media, including one dreamy, funny boy who was among her favorites, but who had closed up in anger. Kuhnmunch turned the discussion to the history of secularism. In the banlieues, laïcité has become synonymous with atheism and Islamophobia. Kuhnmunch told her students about the Edict of Nantes, in 1598, when King Henry IV granted rights to French Protestants for the first time. The class discussed laws, passed in the eighteen-eighties, which eliminated religious education in public schools. She showed her students anti-clerical cartoons from that time, and they analyzed Charlie’s drawings (though not ones of Muhammad) in their political context.

“They realized that the same arguments were made then on the subject of the Catholic religion and in 2004 on this story of the veil,” she said. “And that moved them—that this wasn’t just something against Islam, that it comes out of a tradition.”

J.-P. offered to take me to a mosque in Bobigny. He rarely went there himself; his attachment to Islam had less to do with faith than with cultural identity. One Friday afternoon, he showed up at the concrete shopping mall in the town center wearing a glossy black hooded coat, a long black skirt over gray sweatpants, green-and-yellow sneakers, and earphones—religious gangster attire. We followed a footpath away from the projects, under railroad tracks, up to a scrubby clearing beside a junk yard of decaying freight containers. A double trailer stood next to a white tent. This was the central mosque of Bobigny, a town of fifty thousand people. (A new mosque, planned for years, remained unbuilt.) There was a bottleneck where men streamed through the door of one of the trailers. Women, out of view, were presumably in the other trailer. In the entryway, shoes were piled waist high. We squeezed inside the sanctuary, which had barely eight feet of headroom, and found places at the back.

At least two hundred men were kneeling, heads bowed to the carpet. On the coming Sunday, a few miles away, the magnificent, cavernous churches of Paris would be nearly empty. The imam, an elderly Tunisian who spoke little French, gave the closing prayer. J.-P. kept his earphones in.

Afterward, in the crush at the exit—old North African men, young blacks in street clothes, fundamentalists with long beards in ankle-length skirts—J.-P. introduced me to some of his friends. “Allahu akbar! ” they exclaimed in surprised welcome, but they seemed even more surprised to see J.-P. He said to me, “Not everyone has to be a Muslim in the same way. There are sixty-two approaches to Islam.”

I mentioned a few I knew about, including Sufism and Salafism.

“We’re all Salafists,” J.-P. said. “We all want to live like the companions of the Prophet in the seventh century.”

The Salafists I knew were extreme ascetics—they didn’t drink, smoke, or sleep around. J.-P. enjoyed his “glass of wine,” and had plans to get wasted that very night. His idea of Salafism seemed little more than an aspiration to be a more observant Muslim.

He had hesitated to take me inside a cité—he had too many enemies. Instead of showing me around his own housing project, he led me across the street to a larger block of towers called Chemin Vert. J.-P. knew everyone there, too. “This guy is a big rapper,” he said of a loiterer, who nodded warily. Two young Arabs were hanging out in front of a tower, and J.-P. identified one as a dealer. The other, learning that I had come from America, cried, “Is it true that Tupac is dead?” A group of bearded men from the mosque greeted us. J.-P. introduced me to one of them, joking that the man might be heading off to Syria. The man smiled uneasily.

In the deserted center of Chemin Vert, on a plaza surrounded by eight twenty-story towers, J.-P. stopped walking. “See?” he said. “It closes you off.” The cité felt like the perimeter walls of a prison. Even Brutalist Bobigny had disappeared. J.-P. was gazing at nothing I could discern. The air was dense with rain that wouldn’t fall. “There’s nothing at all for kids,” he said. “I’ve never seen the ‘Mona Lisa.’ I want to see it before I die.”

In the middle of the cité, at a fast-food counter, we ordered lunch: a pile of fried meat covered in processed cheese. J.-P., still wearing earphones, asked the cook what he thought of the Islamic State. The cook said that it was bad. J.-P. agreed, but his politics were heavily inflected with a sense of Muslim oppression. If Muslims wanted to go fight in Syria or Iraq, that was their business. France was different. If someone hurt France, he hurt J.-P., too.

“France is our mother,” J.-P. said as he ate. His own mother was a white Frenchwoman. “Your father, he gives you more—Islam. But your mother is still your mother. And, whatever happens, you’ll love her your whole life. Even if she didn’t cherish you.”

Other Muslims had described themselves as unloved children of the republic. Widad Ketfi, the journalist, said, “If you have children you don’t take care of, a day will come when you tell them, ‘Do this,’ and they’ll say, ‘I don’t give a damn. You’re not my father.’ ” Sometimes French Muslims compete for their father’s love with his other, more favored children—the Jews. Or else they search for another father.

“Islam sometimes brings the radiance and love and affection that the republic doesn’t give,” J.-P. said. He laughed at his own words. “Because me—I’m rotten.”

When I met J.-P., he was looking for work. Eventually, Ben Ahmed helped him find a job as a housepainter, with the city of Bondy. But J.-P.’s life was hardly stable. He had a court date pending—he had been charged with armed assault. He told me that he wasn’t too worried about returning to jail, because he was “four hundred per cent innocent.” The first of his prison terms, he told me, had been in Villepinte, near the airport. Among the inmates was Amedy Coulibaly.

Coulibaly, the French son of Malian parents, grew up in a cité south of Paris. At fifteen, he began a career in armed robbery, and during one of his imprisonments, in 2006, he met a newly converted Islamist named Chérif Kouachi. Both twenty-three, they found a mentor in a veteran jihadist named Djamel Beghal, who had been born in Algeria and had brought radical Islamist views with him when he moved to France, in 1987. Beghal visited Afghanistan and became an Al Qaeda operative in 2000; the following year, he was charged in France with plotting to bomb the U.S. Embassy in Paris. From an isolation cell in prison, he managed to communicate with Coulibaly and Kouachi. At one point, Coulibaly used a smuggled camera to shoot video of the prison’s dismal conditions. The footage aired on French TV.

The leading authority on jihadism in French prisons is an Iranian sociologist in Paris named Farhad Khosrokhavar. For his book “Radicalisation,” published just before the January attacks, he spent three days a week in French prisons for three years, developing a theory of inmate conversion. It happens in stages. Most of the recruits grow up without fathers and without any religious knowledge—only anger and alienation in the banlieues. They fall into crime and end up in prison. J.-P. described the mind-set of some of his fellow-inmates: “I’m in prison, the state is to blame—it pushed me to live this life.” Prisoners watch a lot of TV news, and see war and death in Muslim countries. Someone like Coulibaly, J.-P. said, starts to “mix all this together” and create his own ideology, then “runs across a bad person who influences him.” One former prisoner I met in the 93 explained that Islamists target the fragiles, psychologically weak inmates who never receive visits. They are offered solace, a new identity, and a political vision inverting the social order that places them at the bottom.

As Khosrokhavar analyzes it, prisoners are “born again”: “Through jihadism, they transform the contempt of the others. . . . Once they become jihadists, people fear them. One of them told me, ‘Once they fear you, they cannot be contemptuous toward you anymore.’ ” After converts are released, they go on an “initiation journey” to the Middle East or North Africa, where they become capable of extreme violence. They come to think “that they belong elsewhere, to the Islamic community, and not to the French society.”

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Khosrokhavar estimates that, of France’s sixty-four thousand prisoners, up to sixty per cent are Muslim. (Muslims are thought to compose only eight per cent of the population.) These inmates are served by fewer than two hundred prison imams, many of whom are older immigrants and unable to understand life in the banlieues. France once had many Islamist mosques, but its internal intelligence service rooted out radical imams, and the country’s mosques are now pointedly apolitical. Recruitment, therefore, happens outside the mosque, in prisons or on the Internet. The conversion process rarely involves more than three people, to thwart infiltration. French intelligence estimates the number of suspected jihadists to be three thousand, in a country of sixty-five million people.

Radicalization, then, is not a mass phenomenon in the banlieues. “There are no jihadi pools,” Jean-Pierre Filiu, an Arabist at the élite Paris Institute of Political Studies, said. Becoming a jihadist is a quantum leap requiring self-isolation, a break with one’s upbringing, and dehumanization of non-Muslims.

In 2007, after Coulibaly was released, he appeared to go straight. He got a short-term job at a Coca-Cola bottling plant, married his girlfriend, Hayat Boumeddiene, in an Islamic ceremony, and met President Sarkozy, at a 2009 event promoting youth employment. But Coulibaly led a double life. He cut himself off from his parents, whom he considered infidels. He stayed in touch with Beghal and Kouachi after their release, meeting in the South of France and supplying them with weapons and money. “When jihadis go on the run, they don’t go to the banlieues,” Filiu said. “They go to the countryside, to a place where you don’t have a Muslim for ten kilometres.”

In 2010, French police arrested Coulibaly again, finding a stash of ammunition in his apartment. He was convicted of plotting to spring from prison an Islamist who had organized bombings around France in 1995, killing eight people. Coulibaly was sent to Villepinte prison, where J.-P. was serving time. They watched TV and competed on a PlayStation. “He was nice, smiling, pleasant,” J.-P. recalled. “I never saw him bother anyone. He never preached. If someone told me this person was capable of doing what happened, I wouldn’t have bet on that horse.” Coulibaly was released early, in March, 2014. He slipped off the police radar, before surfacing just after the Charlie massacre as the Kouachis’ accomplice and a self-proclaimed soldier of the Islamic State.

More than the Kouachi brothers, Coulibaly, who was killed by French police during the standoff at the kosher market, became a subject of fascination in the banlieues. The Kouachis were raised as orphans in a provincial institution, and were radicalized in their early twenties, after the invasion of Iraq, by recruiters in the northeast corner of Paris. For the Kouachis, a jihadist destiny seemed overdetermined. Coulibaly was the son of a factory worker, and was raised by both parents in a cité south of Paris. And he was black. France’s high-profile jihadists had been Arabs, from Zacarias Moussaoui, the thwarted “twentieth hijacker” of September 11th, to Mohammed Merah, who murdered three Jewish schoolchildren, a rabbi, and three paratroopers in the Toulouse area, in 2012. A young man of Malian origin told me that, when Coulibaly’s face appeared on French TV, in front of a homemade Islamic State banner, a friend of his mother’s cried out, “Oh, no—now they’ll accuse us. That’s why I tell you not to hang out with Arabs!”

Mehdi Meklat and Badroudine Abdallah, of Bondy Blog, found Coulibaly such an enigma that they considered writing a novel about him. “He could be someone we know,” Meklat said. And yet Coulibaly had cast himself in the role of a great man. At the kosher supermarket, after killing three customers and an employee, he calmly introduced himself to his fifteen hostages, saying, “Je suis Amedy Coulibaly. I am Malian and Muslim. I belong to the Islamic State.” (Abdallah noted the eerie echo of “Je suis Charlie.”)

In videos made just before the attack and posted after his death, Coulibaly keeps changing costume, as if to emphasize his transformation. He wears a gangbanger’s leather jacket in one, a military flak vest in another, a turban and the white robe of a martyr in a third. Always, an automatic is at his side. “It was as if, for him, he didn’t exist enough,” Abdallah said. “It wasn’t enough to be a normal guy.”

From the supermarket, Coulibaly contacted the media, asking to speak with the police and pledging allegiance to the Islamic State. During the siege, he angrily justified his actions to his hostages, citing the incarceration of Muslims, hostility toward women wearing the hijab, Israel’s treatment of Palestinians, and French military action in Mali and Syria. He demanded to know why, if French citizens could rally together after the Charlie massacre, they had never demonstrated on behalf of persecuted Muslims. “I was born in France,” he declared.

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Abdallah and Meklat noted that, in 2000, during an armed robbery, the police had shot and killed a close friend of Coulibaly’s right in front of him. Coulibaly, in other words, was a fragile. It wasn’t hard to get him to “go against French society,” Abdallah said, because France had already rejected him. In this explanation, a fairly direct line could be drawn between Coulibaly’s life in the Paris suburbs and terrorism. But this didn’t account for why almost no other banlieusards—including criminals who had been subject to worse indignities—had committed mass murder against schoolchildren, Jews, and cartoonists. The social explanation, used commonly on the left in France and the U.S., oddly mirrors the right’s tendency to make an amalgame—to mix up terrorists with all Muslims. Both views suggest that an evil deed can be attributed largely to a perpetrator’s social or religious identity. In addition to insulting the vast majority of French Muslims, this analysis fails to treat Coulibaly as an individual. And it ignores the fact that he had adopted a set of beliefs. In one of Coulibaly’s videos, he describes his motives in the stark terms of ideology: “What we’re doing is totally legitimate given what you’re doing. It’s vengeance. You attack the caliphate, you attack the Islamic State? We attack you. You’re the ones killing. Why—because we uphold Sharia? Even in our own land we can’t uphold Sharia. You get to decide what happens on earth?”

Another youth whom Ben Ahmed tried to help was named Stéphane. He came from a Catholic Haitian family and grew up near his friend J.-P., in a cité in Bobigny. When Stéphane was thirteen, his father died and he became so disruptive at school that he was expelled. He turned to petty crime, and he and his friends regularly drank themselves into a stupor.

At sixteen, Stéphane heard someone reciting a verse of the Koran and felt tears come to his eyes. He didn’t understand the words, but the sounds moved him. Most of his friends were Muslims, and he decided to convert. He stopped drinking, and quit a restaurant training program that required him to prepare pork. But he wasn’t ready to go completely straight, and at nineteen he was arrested and sentenced to eighteen months in prison. Inside, he began praying five times a day, and when he got out he vowed to reform his life. He started a business that rented inflatable castles and other equipment for children’s parties, and made a point of hiring unemployed locals. He formed a group that organized excursions for youths in the cités. He married J.-P.’s cousin, and with his earnings he moved to a small house not far from Ben Ahmed’s.

I met Stéphane there one day in February. We sat at the kitchen table while his wife, who was pregnant, watched TV. Stéphane was lightly bearded and wore pajama bottoms and a T-shirt that clung to his muscular torso. His answers were terse until I asked him what role life in the banlieues had played in the January attacks.

“The neighborhoods and the environment don’t create it—it’s the people themselves,” he said. Men like Coulibaly “think everything here in this lower world is useless, it’s just a passage. And this ideology that they have—it’s not the fact that you live in a banlieue that gives it to you. It’s your faith.” Stéphane could see that Coulibaly was “fed up” with “the injustice we have here in France.” But even if Coulibaly’s milieu was the context for his actions, it wasn’t the cause. “He reacted—and a lot of people react, you know. But most don’t have such a strong faith to do those acts that he did.”

What stops them? I asked.

“Fear.”

Stéphane leaned forward, his eyes fixed on mine. He hadn’t said that he admired Coulibaly’s actions, but he hadn’t issued the immediate condemnation made by nearly everyone else I’d met in the 93. Stéphane seemed to be saying that what separated Coulibaly from all the other pissed-off Muslims in the banlieues was the intensity of his convictions.

Andrew Hussey, the British scholar in Paris, described the intoxicating, mystical quality of jihadism. “It’s not an ideology of social conditions,” he said. “This is not about poverty, this is not about improving people’s conditions. It’s about hatred, to some extent. Purification.” He likened it to the Fascism of the nineteen-thirties. Jihadism doesn’t have the contours of ordinary politics. “This will turn you from ‘I am nothing’ to ‘I should be everything,’ ” Hussey said. Jihadism attracted both wealthy insiders like bin Laden and poor outsiders like Coulibaly. It was “a floating ideology, like the cloud—you’ve just got to lock onto it.”

I asked Stéphane to describe the injustice that Coulibaly was reacting to.

“Injustice toward Muslims.”

Injustice toward Muslims led Stéphane straight to the Jews. They were, he believed, a privileged community in France. They exploited their historical tragedy and French guilt to acquire power. He pointed out that in Drancy, another banlieue in the 93, a memorial museum stands across from the cité that had been France’s main transit center for Jews destined for concentration camps. “But they don’t recognize the slavery that there was in Haiti, in Africa, everywhere,” he said. The Shoah was a crime. “But why recognize one and not another? You have to be equal. We say ‘égalité, fraternité.’ ”

The crime of slavery couldn’t be acknowledged, because of the vast fortunes made from it. France had given money to Israel as compensation for the French role in the Holocaust—imagine what it would cost to make reparations for slavery! Coulibaly had chosen his target carefully, Stéphane said: “It’s a symbol, to say that, with all the injustice here, stop focussing on the threats to one religion.”

I asked why Coulibaly hadn’t directed his anger at a church, given that most of France’s citizens are Catholic. “Because France isn’t controlled by the Christians,” Stéphane said. He claimed that France’s tiny population of Jews controls the National Assembly, the media, and the banks. The Prime Minister, Manuel Valls, is married to a Jew, and, according to Stéphane, that was why he went on TV after the attacks and said, “France without Jews is not France.” Valls didn’t say, “France isn’t France without Muslims.”

Stéphane had only praise for Marine Le Pen, the leader of the far-right National Front. “The real French, Français de souche, they see that France is now controlled by the Jews,” he said. I asked if Le Pen, who is known for having anti-immigrant views, posed a threat to French Muslims. “When I see Valls, I think Islamophobe,” Stéphane said. “Marine Le Pen, I think pure French who wants to give everything to the French. Understand?”

“Does that include you?”

“Me? I’m French.” Stéphane showed me his identity card. “Lots of Muslims are going to vote for Marine Le Pen.” I had heard this from others, and some political data bore it out. “You know what they say—the enemies of my enemies are my friends.”

Ben Ahmed had known Stéphane for years, and had admired that he cared enough about kids in the cités to volunteer his time and help. His successful business also offered inspiration to banlieue residents. But after the January attacks they argued. Stéphane insisted that Charlie Hebdo was Islamophobic, and Ben Ahmed thought that he was implying that the staffers might have deserved their fate. The argument upset Ben Ahmed deeply.

Last summer’s war in Gaza provoked widespread demonstrations in France, and some turned violent and explicitly anti-Semitic, with attacks on synagogues and kosher shops. One day in August, Ben Ahmed was driving home from Bondy’s city hall when he heard someone shout, “Dirty Jew!” He stopped. A man in a kippah was walking away from another man.

“Dirty asshole!” Ben Ahmed yelled at the man who had hurled the insult. It was someone he knew, and the man, seeing him, looked surprised, saying, “Hey, why are you talking like that?”

“When you respect him, I’ll respect you,” Ben Ahmed said.

The anti-Semite walked away. The Jew thanked Ben Ahmed. “People are making an amalgame,” he said. In the banlieues, French Jews were commonly conflated with Israelis.

“Do you often get insulted?” Ben Ahmed asked.

“No, it’s the first time. It’s the war.”

“No, it’s just an asshole,” Ben Ahmed said. “A visible minority, that’s all.”

Ben Ahmed was being too sanguine. If there were only around three thousand potential jihadists in France, there were far more anti-Semites—many of them Français de souche. A generation ago, Muslims and Jews lived together in the banlieues with the sociability of immigrant neighbors. Today, few Jews remain in the banlieues, and those who do downplay their identity. A friend of Ben Ahmed’s said that her Jewish friends tell their children not to wear the kippah outside.

The old anti-Semitism of the French right and the newer immigrant strain were united in 2008, when Jean-Marie Le Pen, the founder of the National Front, became godfather to the third child of Dieudonné M’bala M’bala, the French-Cameroonian comedian, who turns Jew-baiting into lucrative entertainment. Dieudonné has an avid following in the banlieues—Stéphane’s views about Jews could have been lifted from a Dieudonné monologue. Unless you’re already on his team, Dieudonné is distinctly unfunny. His 2012 film, “The Anti-Semite,” begins with a mock silent movie, with jaunty piano accompaniment, in which Dieudonné plays an American soldier who’s just liberated Auschwitz. (If only historical ignorance were the movie’s main failing.) A grovelling prisoner shows him around the camp. Inside a gas chamber, Dieudonné dabs his neck with Zyklon B, as if it were cologne; in the crematorium, he mistakes children’s remains for chicken bones. When he sits in a leather armchair, the prisoner tells him, “Careful, you’re sitting on my grandma!”

Dieudonné has spread anti-Semitism beyond extremist circles into popular culture. In Montreuil, I met a restaurant health inspector, Saïd Allam, who is a fan. “Dieudonné is the same as Charlie Hebdo—it’s satire,” Allam said. “He does sketches to make people laugh at Jews, Charlie Hebdo does cartoons of the Prophet to make people laugh—it’s the same thing.” After the massacres, Dieudonné wrote on his Facebook page, with typical slyness, “I feel I’m Charlie Coulibaly.” In response, the authorities prosecuted him for supporting terrorism, and he’s been convicted several times for inciting racial hatred; this has led his admirers to accuse the government of a double standard. “People say, ‘In killing Charlie Hebdo you killed freedom of expression,’ ” Allam said. “But you already killed freedom of expression in sending Dieudonné to court.” Complaints about double standards displaced the horror of the killings with a more comfortable sense of victimization. The argument that Charlie attacks religious politics, whereas Dieudonné goes after Jews, was far too subtle for the fraught atmosphere that prevailed after January 7th. So was the notion that hate-speech laws are inherently problematic, not least because they’re bound to inspire charges of selective application.

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Ben Ahmed detested Dieudonné. “He’s the only comedian who could gather in one room Islamophobes, anti-Semites, and anti-élites, and make them all laugh,” he said. “Not because it’s funny, but out of hatred.”

In 2006, a multiracial gang led by Youssouf Fofana, a criminal of Ivorian descent, kidnapped a Jewish cell-phone salesman named Ilan Halimi and took him to a cité south of Paris. The gang wanted ransom money. According to an associate of the gang, Fofana believed that the state considered him a slave, and that “Jews were kings, because they ate the state’s money.” Fofana, assuming that all Jews were rich, demanded four hundred and fifty thousand euros. But Halimi’s family couldn’t afford this, and the kidnappers tortured Halimi—with punches, lit cigarettes, acid, and, finally, knives.

After twenty-four days, Halimi was found, naked and mutilated, tied to a tree in a park south of Paris. He died en route to the hospital. During his long agony, at least fifty people in the cité—from gang members to neighbors—knew that something was going on, but no one called the police.

In a sense, the Halimi case was even more troubling than the January attacks. Because so many residents had sanctioned the violence, it suggested that lawlessness and hate had become endemic in the banlieues. Marc Weitzmann, a novelist who is writing a book about French anti-Semitism, said that, in the banlieues, a hatred of Jews “is in the background of the values they grow up with—it’s ready to be activated as soon as they move from nihilistic delinquency to the search for meaning.” For some residents, anti-Semitism can be the path toward radicalism.

Ben Ahmed said that he had two jobs in the 93: “to correct bad ideas in religion, and to end the stigmatization of that religion.” It was a difficult balancing act. What if correcting bad ideas led to more stigmatization of Islam? For example, what should one call the religious ideas that, according to Stéphane, had given Amedy Coulibaly the courage to act?

Allam, the restaurant health inspector from Montreuil, lamented the fact that the killings were labelled “an Islamist act.” He added, “It’s very, very serious to say that, because it implicates a religion in murderous acts.” If a blond man killed cartoonists for caricaturing blonds, he argued, people would call him crazy. “And a guy who kills people in the name of religion is a crazy man.”

But the words “Islamic” and “Islamist” are not the same, and allow a crucial political distinction to be made between ordinary believers and ideologues—a distinction that protects Muslims from being equated with jihadists. Nevertheless, the wound of exclusion has festered in French Muslims for so long that the subject of Islamist terrorism is almost too sensitive to touch. An honest conversation about it would require a degree of trust that hardly exists.

One evening, Ben Ahmed prepared dinner at the house of his next-door neighbor, Valérie Tabet, a widowed piano teacher whose daughter attends the same school as Ben Ahmed’s kids. The two families are close. Tabet, who has pale skin and short, dark-blond hair, told me that it’s no longer safe for young children to be out alone on the streets of the 93, and Ben Ahmed has become a kind of father figure to her daughter. While Ben Ahmed poured crêpe batter onto a griddle in the Tabets’ dining room, he and Valérie discussed how someone becomes a terrorist.

Ben Ahmed said, “I have the impression in fact that it’s rather simple, how these people can flip from one day to the next.”

“It isn’t from one day to the next,” Tabet said.

“For me, it’s a question of people who either are psychologically ill, maybe a little crazy,” Ben Ahmed said. “These people are very fragile, and at a given moment they’re recruited by people—”

“There’s too many jihadis for me to agree with you,” Tabet interrupted. “The Kouachi brothers were fragile in their makeup—a lack of bearings, a lack of education, a lack of a vision of life, and later that leads to violence—but I don’t agree that they were nuts.”

Ben Ahmed said that this wasn’t what he meant. In addition to the psychiatric cases, there were the psychologically weak, like the Kouachis: “These people would have got in a fight on the street for nothing, for a parking place.” He added, “Coulibaly, he scares me a bit, because his family life was more normal.” Somehow, Coulibaly was indoctrinated, and then he found it all too easy to find weapons.

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“It’s very easy to get them,” Tabet agreed. “But there’s a lot of people who are made fragile by society, because there’s not enough work for everyone, because of social problems and all that. But what I see is that there’s a point in common among those people—they’re Muslims.” She added quickly, “And it’s not to point a finger, because I mean the potential terrorists. But the problem for me is what they hear in the mosques, in small groups.” She spoke of radical imams preaching hate.

Ben Ahmed said that Tabet was simply repeating what she’d heard in the media.

“But someone indoctrinates them.”

“The people who do that are in a network, but not in a network you would call Muslim,” Ben Ahmed said. “Not in the mosque.” He searched for the name of Coulibaly’s recruiter in jail. “Djamel Beghal. He isn’t an imam.”

“You can’t say that there aren’t people who use religion to attract these youths.”

“You say ‘people,’ sure, but you also said ‘imams.’ I’m not saying they don’t exist, but you’re generalizing from the exception.”

“I’m saying there are many reasons, and the point in common is these are young Muslims. And that means something—it means that they’re using religion.”

Ben Ahmed seemed to be afraid that if he accepted Tabet’s view he would end up vindicating the Islamophobes. He couldn’t cross that line. The two friends were on the verge of an argument that might inflict lasting hurts.

“Your opinion is interesting,” Ben Ahmed said. “The thing is, I’m convinced that this doesn’t really happen in the mosques. It’s in prison.”

“Yes, that’s certain,” Tabet said.

“And there are people who come to the mosques to talk with some of them and succeed in capturing them, on the side.”

“Voilà.”

They had found just enough common ground to move on.

More than fifteen hundred French citizens have left to join the Islamic State—a quarter of the European total. Around two hundred of them have returned to France. A growing number of these new recruits have no connection to the banlieues. According to Farhad Khosrokhavar, the majority of French Muslims going to Syria are now middle-class youths, some of them white converts to Islam, and an increasing percentage of them female. They come from big cities and small towns. “They do not belong to broken families,” Khosrokhavar said. Their radicalization can happen in a very short time, a matter of weeks, usually through social media. They go to the Middle East because they’re moved by the plight of fellow-Muslims. Once there, some are shocked by the Islamic State’s violence and try to return home; others are seduced by it.

A few days before the January attacks, Hayat Boumeddiene, Coulibaly’s wife, flew from Madrid to Turkey, then crossed into Syria. A security camera at the Istanbul airport captured her entry into Turkey, alongside a young man with a thin beard, his long black hair tied back in a bun. He was a twenty-three-year-old from the 93 named Mehdi Belhoucine. His older brother, Mohamed, had become radicalized through the Internet around 2009, and afterward relayed messages for a network of French jihadists headed for central Asia. Mohamed and Mehdi were now believed to be in Syria. The brothers had been excellent students—Mohamed had done advanced studies in mine engineering, Mehdi in electronic mechanics—and were from a middle-class family who lived in a private house. Ben Ahmed knew their mother, who worked with him at Bondy’s city hall. “Very nice lady,” he said. “It’s too, too sad.”

Sylvine Thomassin, the mayor of Bondy, told me, “I had a clear view of jihadism before January—families with educational deficiencies, parents who hadn’t done well, kids failing at school.” It was, she said, a weirdly “reassuring diagram,” because it made the pathway of radicalism seem predictable. Then came the stunning news of the Belhoucine brothers’ connection to the authors of the Paris attacks. The mayor, who knew the Belhoucines well, now found it impossible to come up with a profile. “Our Muslim fellow-citizens live overwhelmingly in public housing, and the majority are confronted with the same problems as those who are radicalized, and yet they aren’t radicalized,” she said. “So the problem definitely isn’t the banlieues. Perhaps it’s the hypersensitivity of a very small number to this discourse around them.”

“I was able to get in one last lecture about diet and exercise.”May 29, 2006Buy the print »
Xavier Nogueras, a defense lawyer in Paris, represents twenty French citizens accused of jihadism. A few of his clients are violent and dangerous, he said, but many went to Syria out of idealism, wanting to defend other Muslims against the Assad regime and build an Islamic state. He argued that such people pose no threat to France and that the state shouldn’t permanently embitter them with years of detention. Nogueras resisted tracing his clients’ motives to social conditions in the banlieues. Few have criminal backgrounds; some had well-paid jobs in large French companies. “The most surprising thing to me is their immense humanity,” Nogueras said. He finds jihadists more interesting than the drug dealers and robbers he’s represented. “They have more to say—many more ideas. Their sacred book demands the application of Sharia, which tells them to cover their wives, not to live in secularism. And we are in a country that inevitably stigmatizes them, because it’s secular. They don’t feel at home here.”

I found the lawyer’s distinction between jihadism at home and abroad less than reassuring. Coulibaly’s faith could have led him to kill people in Paris or in Syria; violence driven by ideology could happen anywhere. The “idealism” of clients motivated to make Sharia universal law is, in some ways, more worrying than simple thuggery: even if France dedicates itself urgently to making its Muslims full-fledged children of the republic, a small minority of them will remain, on principle, irreconcilable.

On a commercial street in the 93, in a sparsely furnished apartment with no name on the buzzer, Sonia Imloul, a social worker of Algerian origin, meets with families of radicalized young people. Cases come to her through police departments or through government agencies that have been contacted by the families, on a hot line. Sitting down at the kitchen table, Imloul lit a cigarette and said, “I’ve had children of doctors, journalists, generals. I’d say it’s almost a national epidemic.” She remains “super-vigilant” about her fourteen-year-old son.

Imloul’s method is to maintain a young person’s ties to his or her family before an “initiation journey” occurs. “The family often has the answer, without knowing it,” she said. Radicalization has been a phenomenon in France for thirty years; devising a proper solution may take another thirty. The problem is acute in France, Imloul said, partly because the republic’s rigid secularism leaves no room for serious discussions of religious identity. “With a radical, if you don’t talk to him about religion, you can’t talk about anything,” she said. France has taken an entirely punitive approach to the problem. Imloul’s “prevention cell” is the only such program in the country.

The January attacks created a genuine sense of crisis, and Prime Minister Valls made passionate speeches condemning the “geographic, social, ethnic apartheid” that denies French citizens in places like the 93 full entry into the republic. Thomassin, the mayor of Bondy (and Ben Ahmed’s boss), showed me a map to pinpoint where high-rise cités are being torn down and replaced by smaller buildings surrounded by green space. The goal was to encourage a new spirit of neighborliness. The mayor of Le Blanc-Mesnil, another banlieue in the 93, described a similar plan, along New Urbanist lines, that allowed public-housing renters to become homeowners. I got the feeling that, after decades of denial, France was now playing catch-up.

“We’re at war, but not against a religion,” Valls said. France was “at war to defend our values, which are universal.” He urged French Muslims to see it as their struggle, too. “It is a war against terrorism and radical Islamism, against everything that aims to break our solidarity, liberty, fraternity.”

For two or three decades, a soft multiculturalism has been the default politics of the governing left, while France’s silent majority, more and more culturally insecure, has moved rightward, and the banlieues have been allowed to rot. The National Front voter and the radicalized Muslim feel equally abandoned. According to the political scientist Laurent Bouvet, the January attacks, like an underwater bomb, brought all these trends to the surface. “Secularism is our common good,” Bouvet said. “If there is a common French identity, it’s not an identity of roots, it’s not a Christian identity, it’s not cathedrals, it’s not the white race. It’s a political project.” He went on, “If we let the National Front define French identity, it’s going to be by race, by blood, by religion.”

France has an official “rapporteur général” for secularism, and currently it is an earnest young Socialist politician named Nicolas Cadène. He told me that France had failed to create a national story that included all its citizens. The shock of the attacks and the divisive fallout made a new approach imperative, and he sketched a program of reform starting with the schools: explain the meaning of secularism while teaching “impartial, neutral” facts about different religions as a way to make students more tolerant and critical-minded; integrate more colonial history into the curriculum; encourage the teaching of Arabic in public schools, so that this wasn’t left to madrassas. Some of these changes will be instituted this fall.

Jean-Pierre Filiu, the Arabist, told me that, for more than a decade, Sciences Po—the social-science institution where he teaches—has been admitting a portion of each new class on the basis of slightly different entrance criteria. French law forbids discrimination by ethnicity or religion, so Sciences Po uses geography instead. “We want to bring in students from the 93,” Filiu said. “I’ve been sitting on those juries, and the banlieues are among the best, because you have la niaque”—heart, a fighting instinct. I thought of what such a chance would have meant to Ben Ahmed.

Elections in France’s hundred departments were scheduled for late March. Ben Ahmed decided to run as a Socialist to represent Bobigny. When his campaign posters were defaced with swastikas and racist graffiti—“Dirty Arab”—he ignored it. He spent nights and weekends leafletting and shaking hands in his old hangouts. The residents greeted him as one of them, but many thought that voting was pointless. He told his most resistant neighbors—the old women in full hijab, the jobless men at the corner bar, J.-P. and his gang—that they couldn’t abstain if they wanted to be equal citizens.

Ben Ahmed came in fourth. Even the candidate from the National Front beat him. The Socialists, being the party in power, did badly almost everywhere. The extreme right continued to rise. But Ben Ahmed wasn’t discouraged. He believed in politics, and he believed in France. He would try again. ♦


Crise des réfugiés: Cachez cette invasion que je ne saurai voir (How the West was lost: A political and media Potemkin village is papering over a potentially irreversible and catastrophic change of the world we live in)

23 septembre, 2015
https://i0.wp.com/images.macmillan.com/folio-assets/macmillan_us_frontbookcovers_1000H/9780374533212.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2015/09/a844b-globalspreadofislam.jpg?w=450&h=383https://i0.wp.com/www.dw.com/image/0,,18594221_401,00.jpg https://i0.wp.com/media.fyre.co/kwYkDvikT2W90f16fok0_RTS1DQ9.jpghungaryriottakingtheposeforthecmershttps://pbs.twimg.com/media/CO5Iz2qWEAEhEKt.jpghttps://i0.wp.com/static.europe-israel.org/wp-content/uploads/2015/09/heurts-%C3%A0-J%C3%A9rusalem.jpg

https://i1.wp.com/www.financialsense.com/sites/default/files/imagecache/desktop/images/potemkin-village.jpg

europeinvasionCeux même d’entre les Russes qui sont fâchés de n’avoir pas été avec nous prétendront qu’on nous a trompés et que nous trompons. On a déjà répandu le conte ridicule qu’on faisoit transporter sur notre route des villages de carton de cent lieues à la ronde ; que les vaisseaux et les canons étoient en peinture, la cavalerie sans chevaux, etc. […] Je sais très bien ce qui est escamotage : par exemple, l’impératrice, qui ne peut pas courir à pied comme nous, doit croire que quelques villes, pour lesquelles elle a donné de l’argent, sont achevées; tandis qu’il y a souvent des villes sans rues, des rues sans maisons et des maisons sans toit, porte ni fenêtres. On ne montre à l’impératrice que les boutiques bien bâties en pierres, et les colonnades des palais des gouverneurs généraux, à quarante-deux desquels elle a fait présent d’une vaisselle d’argent de cent couverts. On nous donne souvent, dans les capitales des provinces, des soupers et des bals de deux cents personnes. Prince Charles-Joseph de Ligne
L’expression « villages Potemkine » désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande. Selon une légende historique, de luxueuses façades avaient été érigées à base de carton-pâte, à la demande du ministre russe Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée en 1787. (…) Dans les années 1960, au travers de visites de villages Potemkine, au Tibet, les autorités chinoises conduisaient des visiteurs étrangers dans une ferme, une usine ou un hôpital modèles. D’anciens « serfs » étaient systématiquement présents, prêts à conter de terribles histoires. Wikipedia
The Nazi German Theresienstadt concentration camp, called « the Paradise Ghetto » in World War II, was designed as a concentration camp that could be shown to the Red Cross, but was really a Potemkin village: attractive at first, but deceptive and ultimately lethal, with high death rates from malnutrition and contagious diseases. It ultimately served as a way-station to Auschwitz-Birkenau. In 1998, the energy services company Enron built and maintained a fake trading floor on the 6th story of its downtown Houston headquarters. The trading floor was used to impress Wall Street analysts attending Enron’s annual shareholders meeting and even included rehearsals conducted by Enron executives Kenneth Lay and Jeffrey Skilling. According to journalist and author Rory Carroll, Venezuelan President Hugo Chávez had routes in Caracas that would be visited by foreign dignitaries fixed up, with workers placing new paint on the streets and painting rocks and other fragments that were inside of potholes. In 2010, 22 vacant houses in a blighted part of Cleveland, USA, were disguised with fake doors and windows painted on the plywood panels used to close them up, so the houses looked occupied. A similar program has been undertaken in Chicago and in Detroit during the World Series festivities in 1984. In preparation for hosting the July 2013 G8 summit in Enniskillen, Northern Ireland, large photographs were put up in the windows of closed shops in the town so as to give the appearance of thriving businesses for visitors driving past them. In 2013 before Vladimir Putin’s visit to Suzdal most of the old and ruined homes in the city center were covered with large posters with doors and windows printed on them. Sub-par accommodations in Sochi, ahead of the 2014 Winter Olympics held there, were described as « more Potemkin village than Olympic village »: « The top-grade hotels […appeared] splendid at first look, with gilt and brocade in chandeliered lobbies. But 15 minutes on the premises showed the feint behind the façade. » The phrase « Potemkin village » is also often used by judges, especially members of a multiple-judge panel who dissent from the majority’s opinion on a particular matter, to describe an inaccurate or tortured interpretation and/or application of a particular legal doctrine to the specific facts at issue. Use of the phrase is meant to imply that the reasons espoused by the panel’s majority in support of its decision are not based on accurate or sound law, and their restrictive application is merely a masquerade for the court’s desire to avoid a difficult decision. Often, the dissent will attempt to reveal the majority’s adherence to the restrictive principle at issue as being an inappropriate function for a court, reasoning that the decision transgresses the limits of traditional adjudication because the resolution of the case will effectively create an important and far-reaching policy decision, which the legislature would be the better equipped and more appropriate entity to address. For example, in Planned Parenthood of Southeastern Pa. v. Casey (1992), chief justice of the US William Rehnquist wrote that Roe v. Wade « stands as a sort of judicial Potemkin Village, which may be pointed out to passers-by as a monument to the importance of adhering to precedent ». The phrase « Potemkin court » implies that the court’s reason to exist is being called into question … Wikipedia
Contes de l’Âge d’Or (Amintiri din Epoca de Aur) est un film roumain réalisé par Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Cristian Mungiu, Constantin Popescu et Ioana Uricaru, sorti en 2009. Il s’agit d’un film à sketches en 5 parties se déroulant durant les dernières années du règne de Nicolae Ceaușescu. 1 – Legenda activistului în inspecjie (La légende de la visite officielle) Le maire de Visuresti et son assistant sont sur les dents : on attend la visite officielle d’un dignitaire étranger (un certain Giscard d’Estaing). Pour cela, on a tout repeint, on a sorti les drapeaux, on va mettre des vaches partout et on a fait apprendre un poème au fils du maire. Et lorsque les camarades-inspecteurs du parti viennent passer l’inspection, ils refusent qu’on sorte les vaches (il y a un Indien dans la délégation) pour les remplacer par des moutons qu’il faut ramener, du coup, des pâturages. Wikipedia
Local Party officials scurry into action when a motorcade of VIPs and foreign dignitaries promises to pass through the village. A government official arrives and attention is paid to the smallest detail, yet the people are let down when a phone call reveals the motorcade is no longer coming. With everyone disconsolate and the worse for drink, the official orders everyone to ride together on the children’s carousel, but as the mayor passes out, they realize that there is no one to switch the machine off and get them down. Legend tells that they were all still trapped there when the motorcade did after all pass through. Wikipedia
Tales from the Golden Age est une histoire hors du commun sur fond de légendes urbaines racontée du point de vue des gens ordinaires. L’action se déroule à la fin de la période communiste en Roumanie. Ces légendes à la fois comiques, bizarres et surprenantes, puisent dans les événements souvent surréalistes vécus au quotidien sous le régime communiste. L’humour fut à cette époque la bouée de sauvetage des Roumains et Tales from the Golden Age tente de restituer cette atmosphère en montrant une nation luttant pour sa survie au quotidien face à la logique insensée de la dictature. Tales from the Golden Age se compose de cinq histoires courtes liées entre elles par leur état d’esprit, leur structure narrative et leur contexte historique : la seule marque de voiture qu’on voit partout dans les rues, c’est la Dacia, fabriquée en Roumanie ; tout le monde survit en volant l’Etat ; il faut obéir aux ordres du Parti même s’ils sont illogiques et absurdes. Les gens semblent abattus, pourtant au fond d’eux, ils sont en vie. Ce qu’ils désirent, c’est aimer et être aimés. Universciné
Contes de l’âge d’or c’est ainsi l’anti-La Vie des autres (voir notre site pédagogique) : les petits tracas de l’homme de la rue plutôt que la grande tragédie des dissidents, la satire plutôt que le réquisitoire. Zéro de conduite
Nous appelions l’Amérique de nos voeux et nous sommes exaucés: même nos « problèmes », désormais, sont américains. René Girard
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
La sentence a été prononcée l’année dernière. Et Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, vient de perdre son dernier appel rejeté. L’exécution publique du jeune chiite peut intervenir à tout moment. Le condamné sera décapité. Son corps sera ensuite monté sur une croix et exposé publiquement jusqu’au pourrissement de ses chairs. Son principal tort: avoir participé en 2012 à une manifestation contre le régime dans la région majoritairement chiite de Qatif. Il était alors seulement âgé de 17 ans. Le jeune homme est également accusé de faire partie d’une organisation terroriste. Armé, il aurait jeté des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Selon l’ONG Reprieve, qui assure sa défense, les aveux signés par l’accusé ont été obtenus sous la torture. (…) À en croire ses défenseurs, Ali Mohammed al-Nimr paie surtout pour son oncle, le cheikh al-Nimr. Le haut dignitaire chiite est l’un des plus virulents opposants de la monarchie. Au terme de huit mois de procès, il a lui-même été condamné à mort le 15 octobre 2014 pour «sédition», «désobéissance au souverain» et «port d’armes». Peu avant son arrestation, le cheikh al-Nimr s’était réjoui de la disparition du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz, le tenant pour responsable de la répression contre les chiites. Un an plus tôt, il s’était également prononcé en faveur d’une sécession des régions de Qatif et d’Al-Hassa et de leur rattachement au royaume chiite de Bahreïn. L’exécution d’Ali Mohammed al-Nimr intervient au plus mauvais moment pour Riyad. Car l’ambassadeur saoudien auprès des Nations Unies à Genève, Faisal bin Hassan Trad, occupe actuellement un poste important au sein de Conseil de Droits de l’homme. Longtemps passée inaperçue, sa nomination en juin à la tête du Groupe consultatif de l’institution a été dénoncée la semaine dernière par l’ONG, UN Watch. Ce poste aurait servi de lot de consolation aux Saoudiens qui ambitionnaient de prendre en 2016 la présidence du Conseil des droits de l’homme. (…) Selon un décompte effectué par Human Rights Watch, plus de 80 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année. Le Figaro
The Al-Aqsa [Mosque] is ours… and they have no right to defile it with their filthy feet. We will not allow them to, and we will do everything in our power to protect Jerusalem. We bless every drop of blood that has been spilled for Jerusalem, which is clean and pure blood, blood spilled for Allah, Allah willing. Every Martyr (Shahid) will reach Paradise, and everyone wounded will be rewarded by Allah. Mahmoud Abbas [Official PA TV, Sept. 16, 2015 and official website of PA Chairman Abbas, Sept. 16, 2015]
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
(The infidels) want us to be tormented. They want us to be humiliated. (The Quran) says: Tthe [sic] Jews and the Christians will never be pleased with you,’ but we will never follow their religion. This dark night will be over, and soon, we will trample them underfoot, Allah willing. Germany is not a compassionate country that wishes to absorb refugees from Syria and Iraq, and Palestinian refugees in the Levant and elsewhere. Europe has become old and decrepit, and needs human reinforcement. No force is more powerful than the human force of us Muslims. Oh Muslims, the Germans say, in their economic reports, that they need 50,000 young workers. Now, they have got 20,000, and they want another 30,000 and more, to work in their factories. They are not motivated by compassion for the Levant, its people, and its refugees. Throughout Europe, all the hearts are infused with hatred toward Muslims. They wish that we were dead. But they have lost their fertility, so they look for fertility in their midst. We will give them fertility! We will breed children with them, because we shall conquer their countries – whether you like it or not, oh Germans, oh Americans, oh French, oh Italians, and all those like you. Take the refugees! We shall soon collect them in the name of the coming Caliphate. We will say to you: These are our sons. Send them, or we will send our armies to you. Sheikh Muhammad Ayed (Al-Aqsa)
The Syrian citizens are mainly Muslim and speak Arabic. The refugees have their own culture. Because our school is directly next to where they are staying, modest clothing should be worn in order to avoid disagreements. Revealing tops or blouses, short shorts or miniskirts could lead to misunderstandings. Lettre aux parents du lycée allemand Wilhelm-Diess-Gymnasium
When Muslim teenage boys go to open air swimming pools, they are overwhelmed when they see girls in bikinis. These boys, who come from a culture where for women it is frowned upon to show naked skin, will follow girls and bother them without their realizing it. Naturally, this generates fear. German local politician
Selon le journal Westfalen Blatt, la police refuse de rendre publics les crimes impliquant des réfugiés et des migrants, car ils ne veulent pas donner une légitimité à la critique de l’immigration massive. (…) Pendant ce temps, on demande aux parents de faire attention à leurs filles. La police de la ville bavaroise de Mering, où une jeune fille de 16 ans a été violée le 11 septembre, a émis un avertissement aux parents, les enjoignant de ne pas laisser leurs enfants sortir dehors non accompagnés. Elle a également conseillé aux femmes de ne pas marcher de ou vers la gare seules en raison de sa proximité avec un refuge de réfugiés. Dans la ville bavaroise de Pöcking, les responsables de l’établissement Wilhelm-Dies ont enjoint les parents de ne pas laisser leurs filles porter des vêtements révélateurs afin d’éviter les «malentendus» avec les 200 réfugiés musulmans logés dans des hébergements d’urgence dans un bâtiment à côté de l’école. Soeren Kern
Le président a fait part à Sa Majesté Abdallah II, Roi de Jordanie, de sa vive préoccupation face à la multiplication des affrontements violents sur et autour de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, et de la nécessité que tout soit mis en œuvre pour apaiser la situation. Communiqué de l’Elysée
Il existe un mot qui sert à définir le comportement des électeurs, des citoyens et des peuples quand il échappe à l’analyse de leurs élus, de leurs concitoyens, de leurs partenaires diplomatiques: l’irrationnel. On l’applique souvent en ce moment à la Hongrie mais pour quiconque y a vécu, et s’est penché sur le passé de ce pays qui a subi une transfusion complète au 17ème siècle, puis a été mutilé par plusieurs opérations chirurgicales en 1921, l’irrationnel n’échappe pas à toute tentative d’explication. La première tient à la façon dont un pays de huit millions d’habitants seulement peut percevoir, en quelques mois, l’arrivée, le transit forcé, le campement provisoire, voire l’établissement durable d’une population largement musulmane qui peut représenter, même temporairement une part non négligeable son effectif alors que le pourcentage était pratiquement nul il y a moins d’un an. Pour les commentateurs européens et pour Mme Merkel, les Hongrois devraient rester dans le rationnel mais à ce stade c’est déjà difficile. La chose se complique si l’on examine l’histoire du pays. Dans la série «le saviez-vous?», dans les dernières années du règne de Louis XIV, trois millions de Hongrois ont été réduits en esclavage par les Turcs et dispersés à travers la Turquie après une invasion complète de leur territoire, un anéantissement de leur culture, une multiplication des écoles coraniques, le tout dans un pays aussi farouchement catholique que pouvait l’être la France des abbayes cisterciennes. Malgré une lobotomie permanente sur le thème «c’est du passé tout ça», les Hongrois d’aujourd’hui, dont l’esprit de famille est obsessionnel, ne peuvent pas oublier les cruautés et les dévastations commises, car leur littérature et leurs livres d’histoire sont pleins de ce désastre quasi-biblique. On a beau leur dire, et nous dire, «vous mélangez tout, les deux situations n’ont rien à voir», il n’appartient à personne de se glisser dans l’imaginaire des Hongrois pour décréter qu’il doivent cesser de faire des cauchemars à propos des grandes invasions qu’ils ont subies. On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer. Christian Combaz
Les plus ouverts et réceptifs à l’accueil des migrants sont des Chrétiens qui s’ignorent. Il y a, certes, les Catholiques qui répondent à l’appel du Pape François, au nom d’une idéologie chrétienne d’une très touchante naïveté et qui optent pour un accueil organisé des réfugiés. Mais, ceux-là, ne sont pas ceux qui sont le plus engagés à défendre une immigration de masse, qui fait abstraction de toutes les nuances, y compris les plus marquées, entre un réfugié, un immigré, un migrant, un opportuniste. En effet, les plus fidèles à l’héritage chrétien de la France et de l’Europe sont ceux qui sont ancrés le plus dans l’idéologie anti-chrétienne qu’ils ont héritée d’un passé anticlérical. Ils l’ignorent, certes, mais leur compassion pour une misère qui pourrait bien se retourner contre eux un jour est en réalité très chrétienne… aimer l’autre jusqu’au renoncement à soi-même… Ils n’ignorent pas pourtant qu’au Moyen-Orient, seul le Liban, petit pays aux capacités si limitées et qui partage avec la France ces mêmes racines chrétiennes, a volontairement ouvert ses frontières, et massivement, aux réfugiés syriens qui fuyaient pour certains la guerre et pour d’autres la misère. Ce pays, ouvert et tolérant, et où l’implantation sournoise et définitive de 2,5 millions de réfugiés syriens et palestiniens condamne irrémédiablement sa diversité, fait exception dans son environnement… ou, plutôt, faisait exception… Ainsi, si la Jordanie, qui entasse les réfugiés syriens, provenant de zones tribales proches, dans des camps financés par les donateurs étrangers, vient juste après le Liban comme premier pays d’accueil des Syriens, les autres pays arabes, notamment les riches pays du Golfe, les rejettent et se contentent de fournir quelques aides matérielles limitées aux populations entassées au Liban et en Jordanie. Ces pays musulmans, qui ferment leurs frontières aux réfugiés musulmans de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, savent parfaitement bien mesurer les risques et dangers qui menaceront leurs sociétés et leur propre stabilité avec l’offensive démographique que les guerres voisines annoncent. (…) Ils n’hésitent pas, non plus, à invoquer des différences culturelles avec leurs propres frères arabes sunnites. Par contre, ils condamnent dans leurs médias la frilosité des Etats européens dans l’accueil de ces flux migratoires. Pourquoi cette lucidité sélective, pourquoi tous ces arabes sunnites seraient-ils mieux en Europe, là où tout les sépare (langue, culture, religion…) que dans les pays du Golfe où tous les réunit (langue, culture et religion…).Voilà une question que les pays humanistes pourraient se poser… (..) La Turquie refile donc à l’Europe les centaines de milliers de réfugiés qui sont devenus une menace pour elle… Peut-on raisonnablement penser qu’ils ne le seront pas pour les pays d’accueil ? Ils le seront doublement d’ailleurs. Ils le seront au plan sécuritaire parce que dans leurs rangs se comptent des milliers de djihadistes qui vont pouvoir pénétrer en Europe et renforcer tous les réseaux qui existent déjà. Ils le seront au plan économique et social tant cette masse intarissable va déstabiliser tous les systèmes sociaux d’Europe pourtant déjà exsangue. Charité bien ordonné commence par soi-même…voilà une leçon bien comprise par nos amis turcs. (…) Mon petit pays en a fait la cruelle expérience dans l’accueil charitable de centaines de milliers de Palestiniens, qui le moment venu, et avec ceux qui chez nous partageaient la même religion, se sont coalisés pour atomiser mon pays que tous appelaient jusqu’alors la Suisse du Moyen-Orient. (…) Pour qu’elles restent ouvertes, accueillantes, et tolérantes, les sociétés européennes et occidentales, doivent pouvoir transformer ceux qui désirent adhérer à leurs valeurs, et ne pas se transformer elles-mêmes. La Mer Méditerranée et la Turquie, parfois complices d’ailleurs, lâcheront encore des millions de migrants, Syriens, Irakiens, Palestiniens, Afghans et autres, vers l’Europe occidentale. Le stock est, à l’évidence, inépuisable. C’est à l’Europe de repenser sa défense morale. Juste une petite question pour conclure qui s’adresse aux bonnes consciences empruntes d’un catholicisme dévoyé : peut-on vouloir le bien jusqu’au mal ? Fadi Assaf et Joss Monclar
Quand on pense dans ces termes-là, effectivement, il n’y a pas d’ »invasion » puisqu’il n’y a pas de nations mais uniquement des individus et puisqu’il n’y a pas d’Etat, pas de pouvoir et donc pas de frontières. Quant aux « migrants », ils ne sont pas considérés dans leur identité puisqu’on ne se soucie que des « droits de l’homme », de l’homme en général et pas des droits des citoyens qui sont toujours citoyens d’un Etat particulier, identifié, etc. L’empaquetage victimaire et compassionnel des faits devient possible et crédible, en puisant dans le meilleur des sentiments humains. Ainsi ce qui se passe ne constitue pas une crise politique et militaire mais humanitaire. Le martyre de la traversée en mer efface le risque pris par les immigrants et la culpabilité des passeurs mais aussi des pays qui les laissent accomplir leurs forfaits. (…) Le chaos identitaire que l’Union Européenne en position de Diafoirus est en train de programmer s’avérera terrible. S’il conforte le pouvoir central sans identité de l’Union, il recèle une explosion atomique dans l’ordre du symbolique et du politique pour les ex-Etats européens, auxquels ces populations poseront demain un grave défi quant à leur continuité culturelle et identitaire. Le mépris que les économistes et technocrates européens témoignent pour la dimension symbolique et identitaire se retournera contre leurs constructions technocratiques décollées de la réalité. A Bruxelles comme à Strasbourg on a perdu le sens du réel, et le réel se vengera. (…) Le chaos européen que je viens de décrire annonce quelque chose d’inquiétant et de monstrueux. Nous sommes les témoins de la fin d’une civilisation et d’un ordre du monde. Shmuel Trigano

Cachez cette invasion que je ne saurai voir !

En ces temps étranges …

Où des masses de populations, dignes des plus folles de nos images bibliques et  des plus délirants de nos films-catastrophes, déferlant à coups de pierres et de Allah Akbar sur un continent se voient présentées comme le simple accueil de réfugiés en danger qui vont « payer nos retraites » …

Où les viols et violences ou même la localisation des camps de populations qui après avoir littéralement nettoyé les populations juives et chrétiennes de leurs prétendus territoires et fait fuir les populations juives d’Europe sont désormais étouffés pour ne pas encourager le racisme et ceux qui s’opposent à ces transferts massifs de populations …

Où le chaos provoqué par l’exaucement de nos rêves les plus chers et les plus fous tels que l’abolition des frontières (médecins sans frontières, reporters sans frontières) est méthodiquement nié par les plus hautes autorités …

Où le refus de quelques rares pays ou individus de saborder en quelques jours ou semaines l’indépendance, l’unité nationale et l’ensemble de leurs valeurs les plus chèrement acquises se voient mis au pilori et qualifiés de racistes et réactionnaires ….

Où la seule démocratie du Moyen-Orient se voit menacée de boycott commercial et culturel et constamment dénoncée pour son refus obstiné de disparaitre dans la masse de près d’un milliard de ses voisins …

Où un régime qui soutient  le terrorisme international depuis des décennies, est en train de mettre toute une région du monde à feu et à sang  et continue à appeler ouvertement à la disparition d’un de ses voisins se voit récompenser par non seulement la récupération de la centaine de milliards de dollars de ses avoirs gelés mais par l’accès au nucléaire qui pourrait enfin lui permettre de mettre ses menaces à exécution …

Où le lieu le plus sacré et le plus fondateur de la religion et de la culture la plus ancienne dudit Moyen-Orient se voit interdit à ses seuls fidèles …

Où le chef élu pour cinq ans il y a plus de dix ans d’un Etat qui n’existe pas et d’un mouvement dont la charte appelle ouvertement à l’annihilation pure et simple de ses voisins et qui vient juste de revendiquer la récupération par le sang du terrorisme des lieux saints des deux religions les universelles de la planète se voit accueilli en grande pompe et dument décoré par la  capitale du Pays dit des droits de l’homme …

Où, abrité derrière ses immenses réserve de pétrole et  les centaines de milliards de dollars que lui envoie depuis plus de 60 ans le reste du monde, une famille qui sème et finance au nom d’une religion prétendument d’amour et de paix tant les discours de haine que les actes terroristes (11/9 compris) de par le monde depuis des décennies et qui pratique des châtiments d’un autre âge dont prochainement la décapitation et la crucifixion du corps jusqu’à pourrissement se voit attribuer la direction d’un conseil des droits de l’homme de l’ONU …

Où le chef prétendu du Monde dit libre et maitre du défaitisme révolutionnaire qui a en quelques années abandonné à eux-mêmes l’indépendance chèrement acquise par les soldats de son propre pays des nations entières, ouvert la voie à des barbaries d’un autre âge et à des déplacements de populations proprement apocalyptiques et imposé à la planète entière l’accès au feu nucléaire d’un des régimes le plus suicidaires de ladite planète se voit récompenser, dès avant même sa prise de fonctions, par la plus haute distinction honorifique du temps …

Comment ne pas repenser devant ce véritable « village Potemkine de la pensée » à l’instar d’autres maquillages aussi aberrants que massifs de la réalité tels que le mensonge du « mariage pour tous » ou ceux des renseignements américains sur la lutte contre l’Etat islamique ou du premier constructeur mondial automobile

A ce sketch d’un film roumain de 2009  (« La légende de la visite officielle » in » Contes de l’Âge d’Or« ) moquant les efforts désespérés, comme on vient de le voir dans la prison à ciel ouvert de Cuba pour la visite du prétendu pape des pauvres, d’un village entier pour accueillir comme il se doit un dignitaire étranger (un certain Giscard d’Estaing) ?

Mais surtout comment ne pas s’inquiéter avec le sociologue Shmuel Trigano …

Devant la terrible irresponsabilité et responsabilité de nos technocrates et de nos médias …

Qui, condamnant à l’avance toute vision critique et interdisant tout débat, habillent des plus beaux atours détournés de nos plus hautes valeurs à savoir l’omniprésent « empaquetage victimaire et compassionnel »  …

Un « bouleversement historique comme l’histoire de l’humanité en a rarement connus » et dont les conséquences à terme ne peuvent être que catastrophiques ?

Les Syriens arrivent, les Juifs s’en vont et le boycott d’Israël s’installe
Shmuel Trigano
Actualité juive
22 septembre 2015

L’Europe nous offre ces jours ci un spectacle de fin des temps. Elle est la scène d’un bouleversement historique comme l’histoire de l’humanité en a rarement connus. Au plus près des faits – et donc très loin de l’habillage sémantique des médias – c’est d’un transfert de populations qu’il s’agit, du Moyen Orient vers l’Europe.

« Migration » relève du jugement sociologique, mais, en termes politiques et donc militaires, lorsque des masses considérables de population forcent les frontières, s’imposent à des Etats qui n’ont pas été sollicités et n’ont pas donné leur accord, et de surcroît avec des exigences en matière de droits, on aurait parlé, en d’autres temps, d’ »invasion ».

Les populations en question en effet ne sont pas, dans leur majorité, constituées de réfugiés loqueteux mais de gens capables de payer jusqu’à 3000 euros à des passeurs et leurs places de train, détenteurs de Iphones etc. Du flot d’images qui apparaissent sur les écrans, se dégage la figure d’une population de jeunes hommes dans la force de l’âge et plus rarement de femmes (la plupart voilées) et d’enfants.
Il est très clair que leurs deux points d’entrées sont la Libye et, surtout ces derniers temps, la Turquie. On sait ce qu’il en est de la Libye, par contre la responsabilité de la Turquie dans cet exode de masse reste un tabou malgré le déluge médiatique.

Or, il ne fait pas de doute qu’en laissant partir ces populations par la mer, tant par les moyens qu’elle leur fournit (vente de canots, etc) que par sa tolérance du trafic des passeurs et l’absence de surveillance de ses frontières, la Turquie porte un coup à l’Union Européenne qu’une Europe anémique est incapable de fustiger. Ce coup violent prend une ampleur stratégique quand on le replace dans la perspective du soutien de facto des Turcs à l’Etat islamique, en matière d’approvisionnement en toutes ressources, de commercialisation du pétrole, d’absence d’attaque réelle de ses troupes, conjuguée aux frappes contre les ennemis kurdes de l’Etat islamique, et, last but not least, la facilitation du passage des djihadistes du monde entier vers la Syrie. Les « réfugiés » actuels ne viennent pas de Syrie mais de Turquie où les rejoignent sans doute les Érythréens qui se trouvent parmi eux.

Dans l’ère des Etats-nations et dans l’ère post-moderniste: c’est selon…
La terminologie privilégiée par les médias – en accord sans doute avec les élites politiques – fait écran à la réalité. Les deux pouvoirs fonctionnent objectivement de concert dans toute l’Union Européenne et donnent le ton de l’interprétation des événements. Nous avons constaté, ces vingt dernières années, l’importance croissante des officines de communication politique qui sont devenues les instruments clefs du pouvoir qu’elles fournissent en dispositifs sémantiques, « éléments de langage » comme on dit aujourd’hui (ce qu’on appelait hier « discours idéologiques »), mots-valises capables d’ »habiller » un événement pour en détourner le sens afin de favoriser une ligne politique. Il y a en effet des mots qui font écran à la compréhension des choses qu’ils désignent.

Ils faussent profondément le débat public, ce qui contribue à obscurcir encore plus la réalité au point qu’on ne comprenne plus rien. Nous avons été quelques uns, depuis 15 ans, à identifier cette nouvelle forme de pouvoir avec le traitement d’Israël et du « nouvel antisémitisme » et c’est vrai de la politique de tous les pays démocratiques[1] : la façon dont les médias construisent les faits et dont il les habille de mots s’inscrit dans la « gouvernance » politique et interdit toute vision critique de la réalité: tout réalisme.
Ces opérations de langage ne sont pas en fait purement manipulatoires, elles s’adossent à une conception idéologique, celle du « post-modernisme »[2]. Dans ses présupposés, ce dernier implique, entre autres choses, le déni radical de la réalité de la nation (qui, cependant, ne cesse pas d’exister car les peuples sont un fondement ineffaçable de l’humanité), le déni de la légitimité de l’identité nationale et des droits du citoyen face aux « droits de l’homme ».

Un autre de ses présupposés est la culpabilité de principe de l’Occident et l’innocence des non-Occidentaux, avec une préférence pour le monde arabo-musulman et noir. Pour intimer la censure sur toute autre perspective il instrumentalise la morale et le savoir académique.

Empaquetage victimaire et compassionnel
Quand on pense dans ces termes-là, effectivement, il n’y a pas d’ »invasion » puisqu’il n’y a pas de nations mais uniquement des individus et puisqu’il n’y a pas d’Etat, pas de pouvoir et donc pas de frontières. Quant aux « migrants », ils ne sont pas considérés dans leur identité puisqu’on ne se soucie que des « droits de l’homme », de l’homme en général et pas des droits des citoyens qui sont toujours citoyens d’un Etat particulier, identifié, etc.
L’empaquetage victimaire et compassionnel des faits devient possible et crédible, en puisant dans le meilleur des sentiments humains. Ainsi ce qui se passe ne constitue pas une crise politique et militaire mais humanitaire. Le martyre de la traversée en mer efface le risque pris par les immigrants et la culpabilité des passeurs mais aussi des pays qui les laissent accomplir leurs forfaits.
Le moment clef de cet empaquetage fut sans nul doute l’exploitation médiatique de la photo de l’enfant mort sur une plage. Elle fut l’occasion d’un coup émotionnel répercuté à outrance par les médias qui ressemble beaucoup à la mort supposée de l’enfant Al Dura sous les balles de l’armée israélienne à Gaza, devenue par la grâce de France 2 l’emblème du nouvel antisémitisme.
Le Wall Street Journal (4 septembre) nous a appris, cependant, les dessous prosaïques et moins glorieux de l’histoire à l’instar de ce qui se passa pour l’affaire Al Dura: la famille de ce malheureux enfant, originaire de Kobané, ne fuyait pas la guerre en catastrophe.

Elle vivait en Turquie depuis 3 ans où le père travaillait. Alors qu’elle devait partir pour le Canada où la sœur du père habite, ce dernier, sur les conseils de son père, décida d’utiliser l’argent qu’elle lui envoyait, pour passer par l’Europe afin de se refaire une dentition gratuitement. Durant le naufrage, il était le seul de sa famille à porter un gilet de sauvetage… L’enfant fut enterré à Kobané, ce qui nécessitait un retour au point de départ, ce que des fuyards hagards jamais n’auraient pu se permettre. Et pourquoi cet enfant uniquement, alors qu’il y a des milliers de morts atroces au même moment? En sélectionnant les images qu’ils répercutent, les médias induisent une compassion « à tempéraments », dans une seule direction.

Redresser la faiblesse démographique de l’Europe
Si l’essentiel de ces populations ne sont pas des immigrants loqueteux qui quémandent un havre, qui sont-elles alors? Pourquoi se sont-elles dirigées vers Europe et pas ailleurs? Et surtout pas vers le reste du monde arabe? Il y a là l’aveu silencieux d’une immense défiance envers leur propre monde, leurs « frères » (pourtant si riches, si solidaires depuis des lustres avec la cause palestinienne) et, peut être leur religion.

Quoique…
Mais ils viennent parce que l’Union Européenne les a appelés. Il n’y a pas que la confondante invitation allemande à rejoindre l’Allemagne par millions qui l’illustre. Les connaisseurs des affaires européennes savent que l’insufflation de populations immigrées s’inscrit dans le projet, très pensé depuis des lustres, de redresser la faiblesse démographique de l’Europe par l’immigration « qui va payer nos retraites », entend-t-on pathétiquement comme argument.

Le chaos identitaire que l’Union Européenne en position de Diafoirus est en train de programmer s’avérera terrible. S’il conforte le pouvoir central sans identité de l’Union, il recèle une explosion atomique dans l’ordre du symbolique et du politique pour les ex-Etats européens, auxquels ces populations poseront demain un grave défi quant à leur continuité culturelle et identitaire.

Le mépris que les économistes et technocrates européens témoignent pour la dimension symbolique et identitaire se retournera contre leurs constructions technocratiques décollées de la réalité. A Bruxelles comme à Strasbourg on a perdu le sens du réel, et le réel se vengera.

Le sens des événements
Si l’on regarde de loin et de haut ce qui se passe, avec la mémoire des 60 dernières années, l’événement auquel nous assistons, sidérés, n’est qu’une phase d’un mouvement historique de grande ampleur que la vulgate de notre époque empêche de voir.

La décolonisation fut l’occasion d’un nettoyage ethnique objectif qui chassa les populations européennes d’Afrique et du Moyen Orient, notamment. Une répartition ethnico-religieuse des populations s’est alors réalisée. Il n’était pas prévu (ni pensable) que les ex-colonisés devenus indépendants, plutôt que d’assumer la responsabilité de leur nouvelle condition, suivent les ex-colonisateurs en repli, de façon continue et soutenue. C’est ce qu’on appela alors « l’immigration ». Le repli consécutif à la décolonisation ouvrit donc la voie à un tel développement.
Ce mouvement de populations concerna presque exclusivement des populations musulmanes. De ce côté là, aussi, s’est produite une évolution inattendue. Les nationalistes arabes auquel les puissances coloniales avaient remis « les clefs » des pays abandonnés se sont vus submergés par la levée en masse de l’islamisme. Il balaya les Etats nations de bric et de broc que la décolonisation avait mis en place, au nom de la Oumma universelle.

L’adoption par les États-Unis d’Obama et l’Union Européenne de la cause des Frères musulmans lors de cet effondrement que l’empaquetage médiatique nomma « printemps arabes », acheva d’installer le chaos dans cet univers.
Ce qui arrive à l’Europe aujourd’hui est aussi le produit direct de la politique de puissance de l’Union européenne qui s’est imaginée qu’elle n’avait pas de frontières et qu’elle incarnait désormais la conscience des droits de l’homme et de la démocratie, ce qui l’autorisait à s’étendre sans fin: Turquie? Maroc? Moldavie? On ne sait pas où doit finir l’Europe et jusqu’où son autorité doit porter.

Cette ambition enivrante (le projet d’un pouvoir moral et universel) l’a conduite à intervenir militairement en Lybie pour installer la « démocratie », diplomatiquement en Egypte, et (à peine) en Syrie-Irak, ne parlons pas de son obsession de la cause palestinienne, sans doute due à sa culpabilité passée envers les Juifs, qui l’a conduit à un activisme délirant au regard de l’importance des Palestiniens.
Le flou des frontières est le propre des régimes impériaux, ce qui confirme en retour l’orientation anti-démocratique du pouvoir de l’Union Européenne. Il ne faut pas oublier dans ce tableau européen l’ambition, portée notamment par le Quai d’Orsay, d’une Europe méditerranéenne qui fasse que « le Sud », c’est à dire le monde arabe, devienne un allié très proche de l’UE et que des circulations de populations s’y fassent (mais uniquement dans un sens!). De leur côté, les Américains, déjà avec les néo-conservateurs, se sont crus autorisés à installer par tous les moyens la « démocratie » sur toute la planète.

Leurs interventions catastrophiques en Afghanistan et en Irak, en Libye ont achevé de faire de ces pays des champs de ruines. Elles ont fait de la Russie une ennemie.
L’afflux actuel des populations musulmanes de ces pays vers l’Europe s’inscrit ainsi dans l’ordre des choses, une fois la griserie des sommets à l’européenne évanouie. Le bilan européen est à la hauteur de son projet utopique.

L’Union européenne n’a objectivement pas de frontières, ce que prouve l’irruption violente de très grandes populations, elle a affaibli les Etats, pulvérisé les nations, et été incapable de forger une entente entre ses membres sur des enjeux vitaux. On comprend qu’Israël, un Etat nation florissant, puisse tourmenter la conscience européenne et lui renvoyer l’image de sa démission mégalomane. Les Juifs ont su en premier que la corne de brume retentissait avec l’installation à demeure du « nouvel antisémitisme », du fait de la complaisance européenne, mais ils ne furent pas entendus.

L’Allemagne syro-turque?
La division des Etats européens sur la question des « migrants » est aussi pleine d’enseignements. Les peuples à la conscience et à l’identité les plus fortes s’opposent avec force aux pays « fatigués » comme l’Allemagne. Les pays d’Europe centrale, terres d’anciennes guerres de religion, ont en effet affirmé à travers l’histoire leur identité contre les empires qui les dévoraient (Allemagne, Autriche Hongrie, Russie et Turquie ottomane) en la cristallisant autour de la religion, saint des saints de leur continuité. Ce sont des populations qui savent quelque chose du réalisme des identités. Les Etats latins se situent à mi chemin des Etats nordiques, dont l’affaissement identitaire est bien connu depuis fort longtemps.
Mais le cas le plus fascinant est celui de l’Allemagne qui s’est dite prête à accueillir un afflux massif de populations musulmanes. L’histoire retiendra la démarche politiquement irresponsable de la chancelière qui a lancé une invitation à immigrer, susceptible de soulever une masse de populations dans le monde et d’amplifier de façon inédite la vague d’immigration. On parle déjà de 800 000 personnes, d’un million de personnes. Le fait est incommensurable: Merkel programme un changement de population qui changera la face de son pays, comme elle l’a dit elle même. On n’a jamais vu cela. C’est un fait unique dans les annales. D’autant plus inquiétant et terrifiant: nous nous retrouverons face à une Allemagne turco- syrienne. Un cauchemar au regard de l’état de ces peuples aujourd’hui. N’oublions pas, pour notre part, que ces populations viennent de pays et de cultures où la haine d’Israël et des Juifs est universelle. La Syrie fut un des pays les plus hostiles à Israël. Sa population a baigné dans cette hostilité au moins depuis 70 ans. Elle la transportera en Europe.
Comment cela est-il possible? On évoque à ce propos la terrible faiblesse démographique allemande qui devait voir le peuple allemand réduit à la portion congrue dans les 20 années à venir, la faiblesse des naissances ne permettant pas à la population actuelle de se maintenir en nombre: un peuple en voie de disparition. La démographie reflète aussi l’état des peuples. On peut penser que ce jugement porté sur soi, que révèle le refus de faire des enfants, est en rapport avec la culpabilité découlant du passé nazi. Et c’est sans doute cette même culpabilité envers les Juifs qui motive l’accueil chaleureux des Syriens. C’est profondément pathétique et poignant quand on compare avec la façon dont les réfugiés juifs ont été refoulés de toute parts en Europe et au Moyen Orient britannique pour échapper au nazisme avec les applaudissements qui saluent les Syriens, qui ne se comptent pas parmi les amis des Juifs, arrivant dans les gares allemandes et autrichiennes.
A ce portrait de l’Union Européenne, s’ajoute la touche la plus terrible : récemment Mogherini, sa « ministre » des affaires étrangères, a appelé avec 16 ministres des affaires étrangères européens à mettre en pratique le boycott des produits israéliens étiquetés originaires des Territoires mais qui, en fait, s’avère être un boycott pur et simple d’Israël, lui infligeant un traitement discriminatoire qu’elle n’inflige à aucun autre Etat du monde, dans des situations bien plus graves et parmi ses plus proches amis: l’occupation turque de Chypre, l’occupation marocaine du Sahara occidental. Et quid des décapitations saoudiennes et du financement du terrorisme international par le Qatar? « La France des droits de l’homme », bien au contraire, leur vend des armes agressives!
Pendant ce temps-là, dans ce concert médiatique, conduit au nom de la mémoire de la Shoah, le mouvement de départ des Juifs continue. On entend dire maintenant que c’est le judaïsme britannique qui se prépare à immigrer en Israël. Avant Rosh Hashana un sondage mené dans 179 communautés juives d’Europe montrait que 85% des Juifs ne voulaient pas envoyer leurs enfants à la synagogue pour les fêtes par crainte pour leur sécurité. D’un côté on accueille les Syriens avec des fleurs, de l’autre les Juifs cachent leur identité dans la rue pour se protéger de l’insécurité.
Le chaos européen que je viens de décrire annonce quelque chose d’inquiétant et de monstrueux. Nous sommes les témoins de la fin d’une civilisation et d’un ordre du monde.
Gmar Hatima Tova !

Shmuel Trigano
*À partir d’une chronique sur Radio J le vendredi 18 septembre 2015.
[1] En France, « tensions intercommunautaires », « conflit importé » furent dans cette affaire le modèle du genre. Le chef d’œuvre du genre en Israël fut la « hitnatkout » (l’ »auto-coupure ») pour « emballer » le retrait de Gaza.
[2] Cf. Shmuel Trigano, La nouvelle idéologie dominante. Le postmodernisme, Éditions Hermann-Philosophie (2013).

Voir aussi:

Mahmoud Abbas décoré par la Ville de Paris

Le Figaro.fr avec AFP

21/09/2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a été décoré aujourd’hui à l’Hôtel de Ville de la médaille Grand Vermeil par la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), en hommage à son action pour la paix. « Parce que vous êtes un homme de paix, je suis heureuse de vous remettre cette médaille de la Ville de Paris » a déclaré Anne Hidalgo, lors de la cérémonie à l’Hôtel de Ville.

La maire socialiste de la capitale a salué « un homme d’État exceptionnel ». « Vous n’avez jamais eu d’autre fin que le paix, et vous n’avez jamais employé d’autre moyen que la légalité internationale », a-t-elle dit. « Paris est votre alliée », a déclaré Anne Hidalgo, « Paris soutient la création d’un État palestinien vivant en paix et en sérénité auprès d’Israël ».

Mahmoud Abbas, qui avait participé le 11 janvier dans la capitale à la marche contre le terrorisme, a salué « les relations d’amitiés très fortes qui lient (les Palestiniens) à la France ». « Nous en sommes fiers et nous souhaitons qu’elles progressent afin de servir l’intérêt des deux États », a-t-il ajouté.

Voir également:

Mahmoud Abbas, à la mairie de Paris, tient des propos jihadistes – vidéo.
Dépêches
22 septembre 2015

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, décoré lundi à l’Hôtel de Ville de la médaille Grand Vermeil par la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), tient en langue arabe un discours jihadiste.

La folie diplomatique française n’a de cesse de soutenir les pires régimes, mouvements, associations de malfaiteurs de la planète. Alors qu’Anne Hidalgo s’empressait dans l’après midi du 21 septembre 2015 de décorer le président autoproclamé de l’autorité palestinien « en hommage à son action pour la paix », ce dernier, avant son départ pour la France s’est laissé aller ouvertement à un discours excessivement obscurantiste digne d’un chef de gang jihadiste.

Il en revient à la Mairie de Paris de trouver les mots et l’inspiration pour justifier le discours ci-dessous:
« Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. »

Voir encore:

Google Deletes Map of German Refugee Camps Amid Spate of Attacks
Bloomberg business
July 17, 2015

Google Inc. deleted an anonymous map depicting the location of dozens of refugee centers in Germany amid concern it could make them a target for anti-immigrant attacks and hate crimes.

Google took the action because it violates the Internet search engine’s internal rules, it said on Friday. The diagram, entitled “No refugee camp in my neighborhood,” displayed red arrows pinpointing the shelters, many of which disclosed specific addresses.

“Whenever content is illegal, we remove it from our products,” Lena Heuermann, a spokeswoman for Google in Germany, said in an e-mailed statement. “That’s also how we handle content that violates our guidelines and terms of use, which also include inflicting damage or promoting hatred.”

The step came a day after an empty shelter preparing to accommodate 67 people fleeing conflict zones was set ablaze in the southern town of Reichertshofen in the state of Bavaria, which police are investigating for possible arson. The map is linked prominently on the homepage of a right-wing extremist group active mainly in southern and eastern Germany.

The number of attacks by right-wing extremists on refugee shelters in Germany tripled to 170 last year, according to a report by the Interior Ministry. Last week, unknown perpetrators attacked a building housing 150 asylum seekers in the state of Saxony. No one was injured.

The number of attacks by right-wing extremists on refugee shelters in Germany tripled to 170 last year

An influx of refugees, mainly from war-torn Syria, the Kosovo and Albania, is stirring public debate as towns and cities struggle to accommodate the surge. Local authorities are turning empty schools, camping sites and recreational halls into refugee centers, spurring protests and straining budgets.

The number of asylum seekers in Germany may double to 450,000 this year, approaching levels last reached during the conflict that led to the breakup of the former Yugoslavia in the 1990s, according to the Interior Ministry.

Their plight was encapsulated in an encounter this week between Chancellor Angela Merkel and a Palestinian schoolgirl whose family is at risk of deportation after fleeing to Germany from a refugee camp in Lebanon four years ago. The girl, who spoke fluent German, told Merkel that she wants to stay and pursue her dream of studying in Germany.

She burst into tears when the chancellor responded by saying that while conditions for Palestinians in Lebanon are difficult, the country no longer has a civil war and Germany has to make room for refugees from other regions.

A video showing Merkel comforting the girl caused a stir on social media.

Voir encore:

Crise des migrants : une petite histoire de la Hongrie
Christian Combaz
Le Figaro

17/09/2015

FIGAROVOX/HUMEUR – Christian Combaz a vécu en Hongrie et souvent écrit sur ce pays. Il se demande si les appels à la raison venus d’Allemagne et de France n’ont pas déjà raté leur cible par ignorance de l’Histoire.

Christian Combaz est l’auteur de De l’Est, de la Peste et du reste (Laffont, 1993) et du Roman de Budapest (2005).

Il existe un mot qui sert à définir le comportement des électeurs, des citoyens et des peuples quand il échappe à l’analyse de leurs élus, de leurs concitoyens, de leurs partenaires diplomatiques: l’irrationnel. On l’applique souvent en ce moment à la Hongrie mais pour quiconque y a vécu, et s’est penché sur le passé de ce pays qui a subi une transfusion complète au 17ème siècle, puis a été mutilé par plusieurs opérations chirurgicales en 1921, l’irrationnel n’échappe pas à toute tentative d’explication.

On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer.
La première tient à la façon dont un pays de huit millions d’habitants seulement peut percevoir, en quelques mois, l’arrivée, le transit forcé, le campement provisoire, voire l’établissement durable d’une population largement musulmane qui peut représenter, même temporairement une part non négligeable son effectif alors que le pourcentage était pratiquement nul il y a moins d’un an. Pour les commentateurs européens et pour Mme Merkel, les Hongrois devraient rester dans le rationnel mais à ce stade c’est déjà difficile. La chose se complique si l’on examine l’histoire du pays. Dans la série «le saviez-vous?», dans les dernières années du règne de Louis XIV, trois millions de Hongrois ont été réduits en esclavage par les Turcs et dispersés à travers la Turquie après une invasion complète de leur territoire, un anéantissement de leur culture, une multiplication des écoles coraniques, le tout dans un pays aussi farouchement catholique que pouvait l’être la France des abbayes cisterciennes. Malgré une lobotomie permanente sur le thème «c’est du passé tout ça», les Hongrois d’aujourd’hui, dont l’esprit de famille est obsessionnel, ne peuvent pas oublier les cruautés et les dévastations commises, car leur littérature et leurs livres d’histoire sont pleins de ce désastre quasi-biblique. On a beau leur dire, et nous dire, «vous mélangez tout, les deux situations n’ont rien à voir», il n’appartient à personne de se glisser dans l’imaginaire des Hongrois pour décréter qu’il doivent cesser de faire des cauchemars à propos des grandes invasions qu’ils ont subies. On ne peut pas mettre un peuple entier, qui a été martyrisé pendant un siècle, sous thérapie forcée en lui répétant que ses craintes sont vaines et que tout va bien se passer. Mais il existe un troisième volet de l’irrationnel, qui serait la conséquence directe des leçons de bonne conduite européenne qu’on inflige en ce moment aux Hongrois: il s’agit d’un peuple farouche, susceptible, qui est un peu la Corse des pays de l’Est, une nation humiliée par le traité de Trianon, dont un tiers de la population s’est retrouvé chez ses voisins sur un trait de plume de Clemenceau, et qui ne demande qu’à retrouver l’unité perdue sur un thème vraiment fédérateur.

Lequel? Devinez.

Voir par ailleurs:

« Contes de l’âge d’or » : la folie du régime de Ceausescu en quatre histoires
Jean-Luc Douin
Le Monde

29.12.2009

C’est sous la houlette de Cristian Mungiu, Palme d’or à Cannes en 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours, qu’a été écrit et réalisé ce film à sketches par cinq cinéastes. Ces quatre histoires (une seconde partie sortira en mars) – aussi absurdes et métaphoriques qu’un récit d’Ionesco – se seraient passées durant les quinze dernières années du régime dictatorial de Ceausescu, une époque que la propagande nommait « l’âge d’or ».

Le peuple roumain se les racontait en riant sous cape. Vraies ou pas, qu’importe ! On peut considérer comme dans le film Kérity, la maison des contes, sorti il y a quinze jours, que « c’est pas parce que c’est inventé que ça n’existe pas ».

Première légende urbaine, la visite officielle. Dans l’attente du passage imminent d’un cortège de personnalités du parti, un village se prépare fiévreusement, houspillé par un fonctionnaire vérifiant que les drapeaux sont aux fenêtres, les costumes folkloriques bien pimpants, les slogans en évidence sur des banderoles. Le maire et ses adjoints sont en effervescence, on a repavé la route, peint les arbres, pomponné le bétail. L’inspection des enfants des écoles détecte un môme aux oreilles décollées que l’on préfère renvoyer chez lui.

Le superviseur de la capitale exige des pigeons blancs. Panique et ordres en cascade. Blancs ou pas, des pigeons on va en trouver en pagaille ; ce sont les hôtes mobilisés pour cette mascarade, auxquels on annonce au dernier moment que le cortège passera plus loin, non sans que les huiles aient touché un bakchich au passage. On se console par un banquet à l’issue duquel tout le monde monte dans un manège qui, image symbolique d’un régime dont le mécanicien a perdu la tête, tourne sans fin.

On se délecte aussi de l’histoire du photographe de presse d’un journal à la solde du pouvoir communiste. La rédaction en chef se rend compte que sur l’image de la visite de Giscard d’Estaing, qui doit figurer en « une » le lendemain, le camarade Ceausescu est nu tête tandis que le président français porte un chapeau. Le président roumain donne l’impression de se découvrir devant le capitalisme ! Déjà qu’il a l’air d’un nabot à côté de Giscard !

Mais on a l’expérience du trucage des photos. Gommer un personnage, en agrandir un autre, sont des jeux d’enfant pour une presse rompue à la censure. Un stagiaire suggère une solution qui soulage la hiérarchie : rajoutons une toque au secrétaire général. Mais les rotatives sont en marche lorsqu’on s’aperçoit que Ceausescu a une toque sur le crâne, et une autre à la main ! Ce jour-là, le Scinteia ne paraît pas, confisqué par la milice.

Autre cocasserie, l’aventure de ce policier héritant d’un cochon grognant qu’il entreprend de tuer au plus vite afin de ne pas être repéré par ses voisins. Spectacle burlesque d’un fonctionnaire de l’Etat, chargé de traquer le marché noir, et entreprenant d’asphyxier son porc au gaz dans sa cuisine.

Plus faible, l’aventure d’un membre du parti chargé d’aller lutter contre l’analphabétisme dans les campagnes et qui oppose une méthode autoritaire au bon sens populaire. Contraint de faire intervenir la police, il est mis K-O par la foudre.

Ces mises en boîte de la bureaucratie rappellent le ton des films de la Nouvelle Vague tchèque et les comédies à l’italienne d’autrefois, teintées de dérision.

Contes de l’âge d’or, film à sketches roumain de Cristian Mungiu, Iona Maria Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu (1h20)

Voir encore:

Crise des migrants: Peut-on vouloir le bien jusqu’au mal*
Fadi Assaf et Joss Monclar

MESP

September 23, 2015

Les plus ouverts et réceptifs à l’accueil des migrants sont des Chrétiens qui s’ignorent. Il y a, certes, les Catholiques qui répondent à l’appel du Pape François, au nom d’une idéologie chrétienne d’une très touchante naïveté et qui optent pour un accueil organisé des réfugiés. Mais, ceux-là, ne sont pas ceux qui sont le plus engagés à défendre une immigration de masse, qui fait abstraction de toutes les nuances, y compris les plus marquées, entre un réfugié, un immigré, un migrant, un opportuniste. En effet, les plus fidèles à l’héritage chrétien de la France et de l’Europe sont ceux qui sont ancrés le plus dans l’idéologie anti-chrétienne qu’ils ont héritée d’un passé anticlérical. Ils l’ignorent, certes, mais leur compassion pour une misère qui pourrait bien se retourner contre eux un jour est en réalité très chrétienne… aimer l’autre jusqu’au renoncement à soi-même…

Ils n’ignorent pas pourtant qu’au Moyen-Orient, seul le Liban, petit pays aux capacités si limitées et qui partage avec la France ces mêmes racines chrétiennes, a volontairement ouvert ses frontières, et massivement, aux réfugiés syriens qui fuyaient pour certains la guerre et pour d’autres la misère. Ce pays, ouvert et tolérant, et où l’implantation sournoise et définitive de 2,5 millions de réfugiés syriens et palestiniens condamne irrémédiablement sa diversité, fait exception dans son environnement… ou, plutôt, faisait exception…

Ainsi, si la Jordanie, qui entasse les réfugiés syriens, provenant de zones tribales proches, dans des camps financés par les donateurs étrangers, vient juste après le Liban comme premier pays d’accueil des Syriens, les autres pays arabes, notamment les riches pays du Golfe, les rejettent et se contentent de fournir quelques aides matérielles limitées aux populations entassées au Liban et en Jordanie. Ces pays musulmans, qui ferment leurs frontières aux réfugiés musulmans de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, savent parfaitement bien mesurer les risques et dangers qui menaceront leurs sociétés et leur propre stabilité avec l’offensive démographique que les guerres voisines annoncent.

Pour se limiter au cas de l’Arabie Saoudite, pays vaste, riche et peu peuplé, les responsables saoudiens refusent d’accueillir ces migrants Syriens, fuyant la guerre et pourtant musulmans sunnites comme eux. Les Saoudiens considèrent qu’avec un taux de natalité élevé, qui rivalise avec celui de la société saoudienne, un radicalisme religieux, qui peut lui aussi se mesurer à l’obscurantisme du wahhabisme saoudien même s’il est différent et rival (Frères Musulmans, al-Qaëda, Etat Islamique) le risque est en réalité trop élevé pour leur sécurité et leur stabilité. Les Saoudiens pensent être en droit de refuser l’asile à des non musulmans, et même à y compris des musulmans que le wahhabisme considère comme hérétiques (Alaouites, Chiites etc.) et à des adeptes d’idéologies laïcisantes radicales (communistes, baasistes, etc.), au nom de l’Islam… Ils n’hésitent pas, non plus, à invoquer des différences culturelles avec leurs propres frères arabes sunnites. Par contre, ils condamnent dans leurs médias la frilosité des Etats européens dans l’accueil de ces flux migratoires. Pourquoi cette lucidité sélective, pourquoi tous ces arabes sunnites seraient-ils mieux en Europe, là où tout les sépare (langue, culture, religion…) que dans les pays du Golfe où tous les réunit (langue, culture et religion…).Voilà une question que les pays humanistes pourraient se poser…

Quant à la Turquie, d’Erdogan, islamiste et très engagée dans le conflit syrien, elle a, certes, ouvert ses frontières avec la Syrie, et dans les deux sens. Base-arrière de l’Etat Islamique et des groupes djihadistes les plus radicaux, et autoroute du djihad européen, arabe et asiatique vers la Syrie, la Turquie s’est embourbée dans le conflit syrien jusqu’à voir sa stabilité interne directement menacée par ceux qu’elle avait soutenus et encouragés. Erdogan a du oublier qu’en Orient on trouve toujours plus radical que soit… Mais, la voilà, maintenant qui retourne sa veste et qu’elle ouvre l’autoroute européenne dans le sens inverse, encourageant les djihadistes, leurs familles, et avec eux toutes sortes de réfugiés et de migrants économiques, à monter vers l’Europe… La Turquie refile donc à l’Europe les centaines de milliers de réfugiés qui sont devenus une menace pour elle… Peut-on raisonnablement penser qu’ils ne le seront pas pour les pays d’accueil ? Ils le seront doublement d’ailleurs. Ils le seront au plan sécuritaire parce que dans leurs rangs se comptent des milliers de djihadistes qui vont pouvoir pénétrer en Europe et renforcer tous les réseaux qui existent déjà. Ils le seront au plan économique et social tant cette masse intarissable va déstabiliser tous les systèmes sociaux d’Europe pourtant déjà exsangue. Charité bien ordonné commence par soi-même…voilà une leçon bien comprise par nos amis turcs.

Ces migrants, souvent des Syriens, jeunes hommes en âge de se battre, ont fui la Syrie, pour fuir la dictature Assad ou quand il s’agit des Kurdes celle d’un islam dégénéré. C’est leur version officielle censée toucher le plus grand public en Europe qui culpabilise d’être riche et en sécurité. Mais rassurez-vous cela ne durera plus très longtemps…

Mon petit pays en a fait la cruelle expérience dans l’accueil charitable de centaines de milliers de Palestiniens, qui le moment venu, et avec ceux qui chez nous partageaient la même religion, se sont coalisés pour atomiser mon pays que tous appelaient jusqu’alors la Suisse du Moyen-Orient. D’ailleurs quand je vois l’accueil que vous faites aux réfugiés venant de Turquie, la richesse débordante de votre compassion, votre soif inaltérable de différence, les Libanais souhaiteraient vous faire un cadeau qui réjouirait vos âmes. Nous sommes un petit pays de 10.452 km² et de 4, 5 millions d’habitants, surfragmenté au plan confessionnel, et nous avons en plus près de 2 millions de réfugiés syriens et près de 500.000 Palestiniens qui pourrissent dans des camps insalubres et pas digne de l’humanité depuis plus de 50 ans…: nous proposons d’organiser, avec vous, leur migration vers l’Europe…

Pour qu’elles restent ouvertes, accueillantes, et tolérantes, les sociétés européennes et occidentales, doivent pouvoir transformer ceux qui désirent adhérer à leurs valeurs, et ne pas se transformer elles-mêmes. La Mer Méditerranée et la Turquie, parfois complices d’ailleurs, lâcheront encore des millions de migrants, Syriens, Irakiens, Palestiniens, Afghans et autres, vers l’Europe occidentale. Le stock est, à l’évidence, inépuisable. C’est à l’Europe de repenser sa défense morale. Juste une petite question pour conclure qui s’adresse aux bonnes consciences empruntes d’un catholicisme dévoyé : peut-on vouloir le bien jusqu’au mal ?

* Une version de cet article, écrit par Fadi ASSAF et Joss MONCLAR, est parue dans Le Figaro (21/09), sous le titre : “Crise des migrants: Le regard d’un Libanais”

Voir  enfin:

L’Arabie saoudite va décapiter et crucifier un chiite de 21 ans
Le Figaro
22/09/2015

VIDÉO – Ali Mohammed al-Nimr, neveu de l’un des plus fervents opposants au régime, était encore mineur au moment de son arrestation en 2012. Il aurait participé à une manifestation dans la région majoritairement chiite de Qatif.

La sentence a été prononcée l’année dernière. Et Ali Mohammed al-Nimr, 21 ans, vient de perdre son dernier appel rejeté. L’exécution publique du jeune chiite peut intervenir à tout moment. Le condamné sera décapité. Son corps sera ensuite monté sur une croix et exposé publiquement jusqu’au pourrissement de ses chairs.

Son principal tort: avoir participé en 2012 à une manifestation contre le régime dans la région majoritairement chiite de Qatif. Il était alors seulement âgé de 17 ans. Le jeune homme est également accusé de faire partie d’une organisation terroriste. Armé, il aurait jeté des cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Selon l’ONG Reprieve, qui assure sa défense, les aveux signés par l’accusé ont été obtenus sous la torture. Les conditions dans lesquelles s’est déroulé son procès sont sujettes à caution. «Le tribunal l’a déclaré coupable sans ordonner aucune enquête sur ses allégations de torture», critiquait l’an passé Amnesty International. «Pire encore, Ali était un enfant vulnérable quand il a été arrêté», s’insurge Maya Foa, l’une des responsables de Reprieve.

À en croire ses défenseurs, Ali Mohammed al-Nimr paie surtout pour son oncle, le cheikh al-Nimr. Le haut dignitaire chiite est l’un des plus virulents opposants de la monarchie. Au terme de huit mois de procès, il a lui-même été condamné à mort le 15 octobre 2014 pour «sédition», «désobéissance au souverain» et «port d’armes». Peu avant son arrestation, le cheikh al-Nimr s’était réjoui de la disparition du prince héritier Nayef Ben Abdel Aziz, le tenant pour responsable de la répression contre les chiites. Un an plus tôt, il s’était également prononcé en faveur d’une sécession des régions de Qatif et d’Al-Hassa et de leur rattachement au royaume chiite de Bahreïn.

Une nomination polémique
L’exécution d’Ali Mohammed al-Nimr intervient au plus mauvais moment pour Riyad. Car l’ambassadeur saoudien auprès des Nations Unies à Genève, Faisal bin Hassan Trad, occupe actuellement un poste important au sein de Conseil de Droits de l’homme. Longtemps passée inaperçue, sa nomination en juin à la tête du Groupe consultatif de l’institution a été dénoncée la semaine dernière par l’ONG, UN Watch. Ce poste aurait servi de lot de consolation aux Saoudiens qui ambitionnaient de prendre en 2016 la présidence du Conseil des droits de l’homme. À la tête du Groupe consultatif, Faisal bin Hassan Trad est chargé de sélectionner les experts indépendants envoyés sur le terrain. Toutefois, rassure le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, la décision revient en dernier recours au président de l’organisation, l’Allemand Joachim Rücker.

Selon un décompte effectué par Human Rights Watch, plus de 80 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite depuis le début de l’année.


Héritage Obama: Avez-vous embrassé votre dictateur aujourd’hui ? (Pope Francis in Obama’s footsteps: Have you hugged your dictator today ?)

21 septembre, 2015
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PopeFidelCastrohttps://external-ams3-1.xx.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQDxKAhckyj36Aqu&w=487&h=365&url=https%3A%2F%2Fpbs.twimg.com%2Fmedia%2FCPIeVC4UwAA4P5r.jpgIl n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
La loi naturelle n’est pas un système de valeurs possible parmi beaucoup d’autres. C’est la seule source de tous les jugements de valeur. Si on la rejette, on rejette toute valeur. Si on conserve une seule valeur, on la conserve tout entier. (. . .) La rébellion des nouvelles idéologies contre la loi naturelle est une rébellion des branches contre l’arbre : si les rebelles réussissaient, ils découvriraient qu’ils se sont détruits eux-mêmes. L’intelligence humaine n’a pas davantage le pouvoir d’inventer une nouvelle valeur qu’il n’en a d’imaginer une nouvelle couleur primaire ou de créer un nouveau soleil avec un nouveau firmament pour qu’il s’y déplace. (…) Tout nouveau pouvoir conquis par l’homme est aussi un pouvoir sur l’homme. Tout progrès le laisse à la fois plus faible et plus fort. Dans chaque victoire, il est à la fois le général qui triomphe et le prisonnier qui suit le char triomphal . (…) Le processus qui, si on ne l’arrête pas, abolira l’homme, va aussi vite dans les pays communistes que chez les démocrates et les fascistes. Les méthodes peuvent (au premier abord) différer dans leur brutalité. Mais il y a parmi nous plus d’un savant au regard inoffensif derrière son pince-nez, plus d’un dramaturge populaire, plus d’un philosophe amateur qui poursuivent en fin de compte les mêmes buts que les dirigeants de l’Allemagne nazie. Il s’agit toujours de discréditer totalement les valeurs traditionnelles et de donner à l’humanité une forme nouvelle conformément à la volonté (qui ne peut être qu’arbitraire) de quelques membres ″chanceux″ d’une génération ″chanceuse″ qui a appris comment s’y prendre. C.S. Lewis (L’abolition de l’homme, 1943)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’organisateur doit se faire schizophrène, politiquement parlant, afin de ne pas se laisser prendre totalement au jeu. (…) Seule une personne organisée peut à la fois se diviser et rester unifiée. (…) La trame de toutes ces qualités souhaitées chez un organisateur est un ego très fort, très solide. L’ego est la certitude absolue qu’a l’organisateur de pouvoir faire ce qu’il pense devoir faire et de réussir dans la tâche qu’il a entreprise. Un organisateur doit accepter sans crainte, ni anxiété, que les chances ne soient jamais de son bord. Le moi de l’organizer est plus fort et plus monumental que le moi du leader. Le leader est poussé par un désir pour le pouvoir, tandis que l’organizer est poussé par un désir de créer. L’organizer essaie dans un sens profond d’atteindre le plus haut niveau qu’un homme puisse atteindre—créer, être ‘grand créateur,’ jouer à être Dieu. Saul Alinsky
L’Amérique est toujours le tueur numéro 1 dans le monde. . . Nous sommes profondément impliqués dans l’importation de la drogue, l’exportation d’armes et la formation de tueurs professionnels. . . Nous avons bombardé le Cambodge, l’Irak et le Nicaragua, tuant les femmes et les enfants tout en essayant de monter l’opinion publique contre Castro et Khaddafi. . . Nous avons mis Mandela en prison et soutenu la ségrégation pendant 27 ans. Nous croyons en la suprématie blanche et l’infériorité noire et y croyons davantage qu’en Dieu. … Nous avons soutenu le sionisme sans scrupule tout en ignorant les Palestiniens et stigmatisé quiconque le dénonçait comme anti-sémite. . . Nous ne nous inquiétons en rien de la vie humaine si la fin justifie les moyens. . . Nous avons lancé le virus du SIDA. . . Nous ne pouvons maintenir notre niveau de vie qu’en nous assurant que les personnes du tiers monde vivent dans la pauvreté la plus abjecte. Rev. Jeremiah Wright ( janvier 2006)
The U.N.—General Assembly or Security Council—has no power to create states or to grant all-important formal « recognition » to state aspirants. The right to recognize statehood is a fundamental attribute of sovereignty and the United Nations is not a sovereign. Those who cite as precedent the General Assembly’s 1947 resolution providing for the partition of Palestine misread that instrument and its legal significance. Resolution 181 outlined a detailed (and rigorous) process whereby the British Mandate in Palestine was to end and two new states, one Jewish and one Arab, were to be established. It recommended that process to Great Britain (as the mandate-holder) and to other U.N. members. It did not create or recognize these states, nor were the proposed states granted automatic admission to the United Nations. Rather, once the two states were established as states, the resolution provided that « sympathetic consideration » should be given to their membership applications. In the event, the Arab countries rejected partition and Israel declared (and successfully defended) its independence. Israel’s statehood was recognized, in accordance with international law, by other states—including the United States and the Soviet Union. The Palestinian Authority, by contrast, does not meet the basic characteristics of a state necessary for such recognition. These requirements have been refined through centuries of custom and practice, and were authoritatively articulated in the 1933 Montevideo Convention on the Rights and Duties of States. As that treaty provides, to be a state an entity must have (1) a permanent population, (2) a defined territory, (3) a government, and (4) the capacity to enter into relations with other states. As of today, the PA has neither a permanent population nor defined territory (both being the subject of ongoing if currently desultory negotiations), nor does it have a government with the capacity to enter into relations with other states. This pivotal requirement involves the ability to enter and keep international accords, which in turn posits that the « government » actually controls—exclusive of other sovereigns—at least some part of its population and territory. The PA does not control any part of the West Bank to the exclusion of Israeli authority, and it exercises no control at all in the Gaza Strip. The PA does not, therefore, qualify for recognition as a state and, concomitantly, it does not qualify for U.N. membership, which is open only to states. All of this is surely understood by the PA and its backers, and is also why the administration has correctly labeled this effort as a distraction— »stunt » being a less diplomatic but even more accurate term in these circumstances. What is unfortunate is that the Obama administration has failed to present the case against a Palestinian statehood resolution in legal rather than tactical terms, even though these arguments are obvious and would greatly reinforce the U.S. position, also providing a thoroughly neutral basis for many of our allies, particularly in Europe, to oppose Mr. Abbas’s statehood bid. The stakes in this battle are high. The PA’s effort to achieve recognition by the U.N., even if legally meaningless, is not without serious consequences. To the extent that state supporters of that measure may themselves have irredentist populations or active border disputes with their neighbors—as do Russia, China, Britain and Turkey—they will certainly store up future trouble for themselves. David B. Rivkin Jr. And Lee A. Casey
Comme le notent Evelyn Gordon commentatrice, et Eugene Kontorovich spécialiste du droit constitutionnel et international, chercheur – les mêmes fonctionnaires de l’UE qui traitent de l’occupation israélienne comme criminelle  » facilitent favorablement l’activité turque dans la partie occupée de Chypre du Nord, l’activité marocaine au Sahara occidental, l’activité chinoise au Tibet occupé , et bien plus ». P. David Hornik
D’autant qu’on n’a jamais coupé les ponts avec l’Iran. La fidélité paie dans une industrie à cycle très long. Source haut placée chez Total
Le président de l’autorité Palestinienne est arrivé dimanche à Paris pour une visite de trois jours au cours de laquelle il doit rencontrer le président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la maire de Paris. Anne Hidalgo, accueillera à l’hôtel de ville, « Son Excellence Monsieur Mahmoud Président de la Palestine » en visite officielle en France. À cette occasion, la maire de Paris lui remettra la médaille Grand Vermeil, la plus haute distinction de la ville. Apres avoir été l’ange de la Paix du Pape François, Abbas devient une icone de la paix pour la mairie de Paris, le monde marche vraiment sur la tête…qu’a fait Abbas pour la paix ? Telavivre
I would like Pope Francis’ agenda to include a meeting with people who were persecuted for their beliefs, imprisoned, beaten and tortured for their thinking. I wish Pope Francis would embrace women who are beaten every Sunday leaving the church [the so-called « Ladies in White », mothers, sisters, wives who protest every Sunday for the release of their husbands or relatives]. I would love to see the Pope embraces the victims, even before going to greet their torturer. Cuban exile
Nothing says « mercy » and « joy » like a seven-story high neon picture of a communist mass-murderer. Yes folks, it’s the Pope Francis in Cuba show! Brought to you by the Obama administration and Pope no-one-was-ever-merciful-in-the-Catholic-Church-until-I-came-along Francis.
In reality one can say that the young Syrian men are lured to Sweden by the oldest trick in the book – money and girls. Pictures of blonde beauties are published, and that Swedish women require real men … Dala-Demokraten
The Syrian citizens are mainly Muslim and speak Arabic. The refugees have their own culture. Because our school is directly next to where they are staying, modest clothing should be worn in order to avoid disagreements. Revealing tops or blouses, short shorts or miniskirts could lead to misunderstandings. Lettre au parents du lycée allemand Wilhelm-Diess-Gymnasium
When Muslim teenage boys go to open air swimming pools, they are overwhelmed when they see girls in bikinis. These boys, who come from a culture where for women it is frowned upon to show naked skin, will follow girls and bother them without their realizing it. Naturally, this generates fear. German local politician
According to an editorial comment in the newspaper Westfalen-Blatt, police are refusing to go public about crimes involving refugees and migrants because they do not want to give legitimacy to critics of mass migration … Soeren Kern

Avez-vous embrassé votre dictateur aujourd’hui ?

Après la poignée de mains historique du président et du secrétaire d’Etat américains …

Et au lendemain d’une autre visite historique d’un autre des plus notoires dictateurs de la planète …

Par un pape qui n’avait tout récemment pas de mots assez doux pour se féliciter, avec nos hommes d’affaires qui voient leur fidélité enfin récompensée et sur fond de boycott de la seule vraie démocratie du Moyen-Orient, d’un autre accord historique du Monde dit libre …

Légitimant le retour de centaines de milliards d’avoirs gelés et l’accès au nucléaire d’un régime qui non content de semer le fer et le sang sur l’ensemble du Moyen-Orient appelle depuis des décennies à l’annihilation d’un de ses voisins …

Et à la veille d’une autre visite, à Paris cette fois-ci, du dirigeant, élu pour quatre ans en 2005, d’un état-fantôme et d’un mouvement qui lui aussi appelle à l’annihilation d’un de ses voisins …

Alors que, suite à l’abandon de l’Irak puis de la Syrie et de la Libye par le prétendu chef du Monde libre et au coup de folie d’une chancelière allemande jusqu’ici exemplaire,  l’Europe entière est à présent balayée, aux cris d’Allah Akbar et à coups de pierres, par une véritable horde de centaines de milliers de migrants illégaux …

Pendant qu’en Amérique même et  sous prétexte que sa religion appelle ouvertement au massacre des mécréants comme on l’a vu un certain 11 septembre et quasi-quotidiennement au Moyen-orient ou ailleurs, un petit Ahmed est à son tour victime d’autorités scolaires et d’une police sur-protectrices pour avoir pporté en classe un engin qui faisait tic t,ac comme une bombe …

Comment ne pas voir avec ce rapport de l’Institut Galestone …

Sur le silence-radio, pour ne pas légitimer les critiques des migrations de masse, de la police et des autorités allemandes …

A propos de la véritable épidémie de violence et notamment de viols qui sévit actuellement dans le pays non seulement das les camps de réfugiés mais à leurs abords …

Une énième illustration de ces « idées chrétiennes devenues folles » dont le monde moderne est désormais rempli …

Prophétisées il y a un siècle par l’auteur britannique G.K. Chesterton ?


Violences du Temple/violences en Europe: Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme l’est aussi comme tout autre État infidèle (First, they’ll take Jerusalem, then they’ll take Berlin)

20 septembre, 2015
https://pbs.twimg.com/media/CO5Iz2qWEAEhEKt.jpghttps://i0.wp.com/static.europe-israel.org/wp-content/uploads/2015/09/heurts-%C3%A0-J%C3%A9rusalem.jpghungaryriottakingtheposeforthecmers

J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Nous vous bénissons, nous bénissons les Mourabitoun (hommes) et les Mourabitat (femmes). Nous saluons toutes gouttes de sang versées à Jérusalem. C’est du sang pur, du sang propre, du sang qui mène à Dieu. Avec l’aide de Dieu, chaque djihadiste (shaheed) sera au paradis, et chaque blessé sera récompensé. Nous ne leur permettrons aucune avancée. Dans toutes ses divisions, Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. Ils n’ont pas le droit de les profaner avec leurs pieds sales, et on ne leur permettra pas non plus. Mahmoud Abbas
You see these scaffoldings? They [the officials] put them up to claim maintenance work is being done in order to beg donors for money. These scaffoldings have been here for years with nothing done….The sheikh here just takes photos of them to show to donors. Look at the donation boxes here; they collect an average of one million shekels ($284,000) per month. We have no idea where that money goes…The poor and the needy never see any of it. Members of the Muslim security staff of Al-Aqsa Mosque
L’ONU a autorisé jeudi les Palestiniens à faire flotter leur drapeau au siège de l’institution internationale à New York. Une résolution en ce sens a été adoptée par 119 voix pour, huit contre et 45 abstentions sur les 193 pays membres de l’ONU. Les Etats-Unis et Israël ont voté contre, de même que le Canada et l’Australie. La France a voté pour, ainsi que la Russie et la Chine (…) de même que la Suède, l’Italie ou l’Espagne. Mais l’Allemagne s’est abstenue tout comme le Royaume-Uni, l’Autriche, la Finlande, les Pays-Bas ou Chypre. (…) L’autre bénéficiaire de la résolution sera le Saint-Siège. Il s’est démarqué de l’initiative palestinienne mais sans s’y opposer. Son représentant à l’ONU, Mgr Bernardito C. Auza, avait précisé avant le vote à des journalistes que le Vatican n’avait «pas l’intention de hisser son drapeau avant la (prochaine) visite du pape» François à l’ONU, mais qu’il n’excluait pas de le faire ensuite. Le Vatican a reconnu de facto l’Etat palestinien. Le pape François doit s’adresser à l’Assemblée générale le 25 septembre. Libération
(The infidels) want us to be tormented. They want us to be humiliated. (The Quran) says: Tthe [sic] Jews and the Christians will never be pleased with you,’ but we will never follow their religion. This dark night will be over, and soon, we will trample them underfoot, Allah willing. Germany is not a compassionate country that wishes to absorb refugees from Syria and Iraq, and Palestinian refugees in the Levant and elsewhere. Europe has become old and decrepit, and needs human reinforcement. No force is more powerful than the human force of us Muslims. Oh Muslims, the Germans say, in their economic reports, that they need 50,000 young workers. Now, they have got 20,000, and they want another 30,000 and more, to work in their factories. They are not motivated by compassion for the Levant, its people, and its refugees. Throughout Europe, all the hearts are infused with hatred toward Muslims. They wish that we were dead. But they have lost their fertility, so they look for fertility in their midst. We will give them fertility! We will breed children with them, because we shall conquer their countries – whether you like it or not, oh Germans, oh Americans, oh French, oh Italians, and all those like you. Take the refugees! We shall soon collect them in the name of the coming Caliphate. We will say to you: These are our sons. Send them, or we will send our armies to you. Sheikh Muhammad Ayed (Al-Aqsa)
The Syrian citizens are mainly Muslim and speak Arabic. The refugees have their own culture. Because our school is directly next to where they are staying, modest clothing should be worn in order to avoid disagreements. Revealing tops or blouses, short shorts or miniskirts could lead to misunderstandings. Lettre au parents du lycée allemand Wilhelm-Diess-Gymnasium
When Muslim teenage boys go to open air swimming pools, they are overwhelmed when they see girls in bikinis. These boys, who come from a culture where for women it is frowned upon to show naked skin, will follow girls and bother them without their realizing it. Naturally, this generates fear. German local politician
According to an editorial comment in the newspaper Westfalen-Blatt, police are refusing to go public about crimes involving refugees and migrants because they do not want to give legitimacy to critics of mass migration … Soeren Kern
Le président a fait part à Sa Majesté Abdallah II, Roi de Jordanie, de sa vive préoccupation face à la multiplication des affrontements violents sur et autour de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, et de la nécessité que tout soit mis en œuvre pour apaiser la situation. Communiqué de l’Elysée
Le refus d’accepter la judéophobie de l’islam s’explique dans le contexte des efforts de paix de l’Etat d’Israël avec son environnement et la souffrance très présente à cette époque –quelques années après l’extermination dans les camps – de l’ampleur de la Shoah, certainement le plus grand crime commis contre le peuple juif et l’humanité. (…) La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. – régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique). Les éléments sont d’ordre territorial, religieux, politique et social. Le pays conquis s’intègre au dar al-islam (16) sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçu avec humiliation (Coran, 9, 29). Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique. Les dhimmis ne pouvaient construire de nouveaux lieux de culte et la restauration de ces lieux obéissait à des règles très sévères. Ils subissaient un apartheid social qui les obligeait à vivre dans des quartiers séparés, à se différencier des musulmans par des vêtements de couleur et de forme particulière, par leur coiffure, leurs selles en bois, leurs étriers et leurs ânes, seule monture autorisée. Ils étaient astreints à des corvées humiliantes, même les jours de fête, et à des rançons ruineuses extorquées souvent par des supplices. L’incapacité de les payer les condamnait à l’esclavage. Dans les provinces balkaniques de l’Empire ottoman durant quelques siècles, des enfants chrétiens furent pris en esclavage et islamisés. Au Yémen, les enfants juifs orphelins de père étaient enlevés à leur famille et islamisés. Ce système toutefois doit être replacé dans le contexte des mentalités du Moyen Age et de sociétés tribales et guerrières. Certains évoquent la Cordoue médiévale ou al-Andalous (Andalousie médiévale sous domination arabe) comme des modèles de coexistence entre juifs, chrétiens et musulmans. (…) C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique. Comme partout, il y eut des périodes de tolérance dont profitaient les dhimmis, mais elles demeuraient circonstancielles, liées à des conjonctures politiques temporaires dont la disparition provoquait le retour à une répression accrue. (…) En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire ottoman (17) sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses. Hors de l’Empire ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb, il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charîa et la juridiction coranique. (…)  On me reprochait de nier le sort heureux des dhimmis et de lier les juifs et les chrétiens dans un statut commun. Ceci était un sacrilège contre la tendance politique pro-palestinienne des années 1970 en Europe qui visait à rapprocher les chrétiens et les musulmans dans un front uni contre Israël. (…) On m’accusa d’arrière-pensées sionistes démoniaques pour avoir révélé en toute innocence une vérité vieille de 13 siècles, que l’on cachait obstinément au public afin d’attribuer à Israël, les persécutions infligées aux chrétiens par les musulmans. Cette dernière allégation était une façon de démontrer l’origine satanique d’Israël. Décrire un statut d’avilissement commun aux juifs et aux chrétiens inscrit dans la charîa et imposé durant treize siècles, constituait pour les antisionistes et leurs alliés un blasphème impardonnable. Les thèses de l’universitaire américain Edward Said triomphaient alors. Elles glorifiaient la supériorité et la tolérance de la civilisation islamique et infligeaient un sentiment de culpabilité aux Européens qui s’en délectaient. Toute la politique euro-arabe d’union et de fusion méditerranéennes se bâtissait sur ces fondations ainsi que sur la diabolisation d’Israël. (…) Cette recherche débouchait sur un combat politique que je n’avais pas prévu. J’ignorais que je déchirais un tissu de mensonges opaques créés pour soutenir une idéologie politique, celle de la fusion du christianisme et de l’islam fondée sur la théologie de la libération palestinienne et la destruction d’Israël. C’était toute la structure idéologique, politique, culturelle d’Eurabia, mais je l’ignorais alors.(..) Les talibans l’appliquèrent à l’égard des Hindous, les coptes en Egypte continuent d’en souffrir ainsi que les chrétiens en Irak, en Iran, au Soudan, au Nigeria. Même la Turquie maintient certaines restrictions sur les lieux de culte. La dhimmitude ne pourra pas changer tant que l’idéologie du jihad se maintiendra. Bat Ye’or
Les territoires islamisés par le jihad s’étendirent de l’Espagne à l’Indus et du Soudan à la Hongrie. (…) Chassés par les nouveaux États chrétiens des Balkans au XIXe siècle, les Muhagir (émigrés) représentaient des millions de Musulmans fuyant après leurs défaites, les anciennes provinces ottomanes de Serbie, de Grèce, de Bulgarie, de Roumanie, de Bosnie-Herzégovine, de Thessalie, de l’Epire et de Macédoine. Pour contrer le mouvement sioniste, le sultan recourut à la politique traditionnelle de colonisation islamique et installa en Judée, Galilée, Samarie et en Transjordanie des réfugiés, c’est-à-dire ces même Musulmans qui avaient combattu les droits, l’émancipation et l’indépendance des dhimmis chrétiens. Le sultan en avait dirigé une partie vers le Liban, la Syrie, la Palestine, où des terres leur avaient été attribuées à titre collectif et à des conditions favorables, conformément aux principes de colonisation islamique imposés aux indigènes dès le début de la conquête arabe. Cette colonisation détermina l’implantation dans le Levant, à la même époque, de tribus tcherkesses fuyant l’avance russe dans le Caucase ; la plupart furent réparties en Mésopotamie, autour de villages arméniens dont elles massacrèrent les habitants par la suite. Les colons tcherkess de la Palestine historique : Israël, Cisjordanie et Jordanie, constituèrent des villages en Judée, et près de Jérusalem comme Abou Gosh, ou à Quneitra dans le Golan. Aujourd’hui, leurs descendants se marient entre eux ; en Jordanie, ils forment la garde du roi. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, 95 % de la Palestine était constituée de terres domaniales appartenant au sultan ottoman. Le concept de terre fey, terre de butin enlevée aux infidèles et appartenant derechef à la communauté musulmane, est encore valide pour les leaders arabes, notamment l’OLP, qui contestent la légitimité d’Israël sur une terre « arabe ». Cette notion sous-tend le conflit israélo-arabe et il est curieux qu’elle soit défendue par des Chrétiens arabes et par l’Europe, car elle concerne tous les pays qui furent islamisés. De plus, ce principe étant corrélé au concept global d’un jihad universel, il récuse, par conséquent, toute légitimité non islamique. Le droit islamique établit une différence essentielle entre l’Arabie, terre d’origine des Arabes et berceau de la révélation coranique, et les terres de butin, conquises aux infidèles, c’est-à-dire tous les pays extérieurs à l’Arabie. C’est seulement dans ces pays que les infidèles sont tolérés dans les limites de la dhimmitude, mais non en Arabie. (…) Après l’ordre d’expulsion des Juifs et des Chrétiens du Hedjaz en 640, le christianisme fut éliminé totalement d’Arabie, tandis que le judaïsme put se maintenir au Yémen dans des conditions des plus précaires. Sous le califat d’Abd al-Malik (685-705), les tribus arabes chrétiennes furent forcées de se convertir ou de fuir chez les Byzantins. D’autres acceptèrent l’islamisation de leurs enfants en échange d’une exemption de la jizya. En moins d’un siècle, l’islam avait mis un terme au christianisme arabe. Les populations chrétiennes, notamment grec-orthodoxes, uniates et catholiques, sont des dhimmis arabisés au XIXe siècle par la politique coloniale de la France visant à se constituer un grand empire arabe d’Alger à Antioche dès les années 1830.Les conquêtes islamiques n’auraient pu se maintenir si elles n’avaient bénéficié de nombreuses trahisons et collaborations de princes chrétiens, de militaires et de patriarches. Ces collusions découlaient d’un contexte interchrétien de rivalités dynastiques et religieuses ou d’ambitions personnelles. Parce qu’elles se situaient aux niveaux hiérarchiques les plus importants, ceux qui impliquaient les plus hautes responsabilités d’État, de l’armée et de l’Église, ces défections déterminèrent l’islamisation de multitudes de Chrétiens.(…) Les tensions, qui s’inscrivent dans treize siècles de confrontations et de collaborations islamo-chrétiennes, sont toujours actuelles, car le système même qui les généra, celui du jihad et de la dhimmitude, fut délibérément occulté à l’époque moderne. On ne peut ici examiner les causes de cette occultation, déterminées comme autrefois par des collusions et des intérêts politiques, religieux et économiques. Aujourd’hui, on constate que l’Europe, comme les pays de la trêve des siècles passés, a, dès les années 70, maintenu une fragile sécurité moyennant une politique laxiste d’immigration. Elle préféra ignorer la constitution d’un réseau terroriste et financier sur son territoire, et espéra acheter sa sécurité sous forme d’aide au développement à des gouvernements qui n’avaient jamais révoqué les fondements d’une démonisation enracinée dans la culture du jihad. Son « service à l’umma » consiste à délégitimer l’État d’Israël, et à amener les États-Unis dans le camp du jihad anti-israélien. Ce « service de la dhimmitude » se manifeste par l’exonération du terrorisme palestinien et islamiste, par l’incrimination d’Israël et des États-Unis accusés de les motiver. Aussi peut-on déceler aujourd’hui des symptômes profonds d’une dhimmitude d’autant plus inconsciente qu’elle se nourrit du refoulement hermétique de l’histoire, nécessaire au maintien d’une politique fondée sur sa négation. Il serait trop long d’examiner ici cette évolution, mais on peut brièvement l’illustrer par trois exemples.Le premier concerne l’occultation déjà mentionnée de l’idéologie et de l’histoire du jihad, c’est-à-dire de l’ensemble des relations islamo-chrétiennes fondées sur des principes juridiques et religieux islamiques qui, n’ayant jamais été révoqués, sont encore actuels. Cette occultation est remplacée par les excuses, l’autoflagellation pour les croisades, pour les disparités économiques et par la criminalisation d’Israël. Le mal est ainsi attribué aux Juifs et aux Chrétiens afin de ménager la susceptibilité du monde musulman, qui refuse toute critique sur son passé de conquêtes et de colonisation. Ce rapport est celui du système de la dhimmitude, qui interdisait au dhimmi, sous peine de mort, de critiquer l’islam et le gouvernement islamique. Les notables dhimmis étaient chargés par l’autorité islamique d’imposer cette autocensure à leurs coreligionnaires. L’univers de la dhimmitude, conditionné par l’insécurité, l’humilité et la servilité comme gages de survie, est ainsi reconstitué en Europe.Le second exemple concerne le refus de reconnaître le fondement judéo-chrétien de la civilisation occidentale de crainte d’humilier le monde musulman – attitude similaire à celle du dhimmi, obligé de renoncer à sa propre histoire et de disparaître dans la non-existence pour permettre à son oppresseur d’exister. Ce rejet du judéo-christianisme, c’est-à-dire d’une culture fondée sur la Bible, est accentué par les fréquentes déclarations des ministres européens affirmant que les contributions de la culture arabe et islamique ont déterminé le développement de la civilisation européenne. (…) Le troisième exemple concerne la remarque, en septembre dernier, de Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, affirmant la supériorité des institutions politiques européennes et les réactions outrées de ses collègues de l’Union européenne, accompagnées des excuses réclamées par le secrétaire de la Ligue arabe, Amr Moussa. Ancien ministre des Affaires étrangères d’Égypte, Moussa a représenté un pays dont la longue histoire de persécutions des dhimmis juifs et chrétiens se poursuit encore aujourd’hui par une culture de haine. On peut souligner que les pays de la Ligue arabe sont précisément les plus fidèles aux valeurs du jihad et de la dhimmitude qu’ils appliquent à des degrés divers à leurs sujets non musulmans. Les excuses que Berlusconi a présentées à ces pays, dont certains pratiquent encore l’esclavage et ont des eunuques et des harems, rappellent l’obligation pour le dhimmi chrétien de descendre de son âne devant un Musulman, ou comme dans la Palestine arabe jusqu’au XIXe siècle de marcher dans le caniveau, afin de l’assurer de sa déférence. Que ces attitudes d’humble servilité soient exigées des représentants des nations européennes donne la mesure de l’échec de leurs politiques qui ont conduit leurs peuples non seulement au déshonneur, mais au tribut pour suspendre, comme autrefois, par leurs services et leurs rançons, la menace du terrorisme. Parmi les nombreux et complexes facteurs de la dhimmitude énoncés plus haut, on citera l’antisionisme qui a pris la relève de l’antisémitisme. On examinera ici les développements des théologies de substitution/déchéance que ce terrain antijuif commun favorise aujourd’hui, dans la version chrétienne concernant le peuple d’Israël, et dans la version islamique relative aux Juifs et aux Chrétiens, ainsi que les dérives du courant chrétien marcionite. Si l’on évalue la dhimmitude comme une catégorie singulière de l’histoire et de l’expérience humaine, dont l’articulation juridique et théologique se déploie dans le temps et sur d’énormes espaces, on devrait pouvoir discerner dans le présent transitoire les axes, les agents et les supports de ses projections dans le futur. On a vu que le rôle des Églises pagano-chrétiennes fut capital dans la formulation de son fondement : le principe de la substitution/déchéance matérialisé par un corpus juridique discriminatoire. De même au cours de l’histoire, la collusion de certains courants du clergé avec les forces islamiques activa la destruction du pouvoir politique chrétien. L’ enracinement du christianisme dans l’arabo-palestinisme induit le mécanisme défini par Alain Besançon comme la perversa imitatio, l’imitation perverse, c’est-à-dire un duplicat d’histoire juive reconstruit dans une version arabo-palestinienne qui constitue, selon la formule de l’auteur mais pour un contexte différent, une « pédagogie du mensonge ». Les Arabes palestiniens héritiers et symboles du Jésus arabo-palestinien se substituent au peuple juif, rejeté dans la non-existence. Ils réalisent la fusion christique islamo-chrétienne d’une Palestine crucifiée par Israël, concept constamment répété dans leur guerre antijuive. Pour l’antisionisme chrétien, les termes « colons », « colonisation », « occupation » appliqués aux Israéliens dans leur pays impliquent que les droits naturels des Juifs dans leur patrie historique sont transférés au peuple arabe de Palestine selon le principe de déchéance/substitution. La restauration d’Israël dans son pays représente « une injustice » car précisément elle illustre une transgression de ce principe. Notons ici la désynchronisation et l’ineptie des concepts occidentaux de colonisation quand ils sont transférés au contexte islamique des peuples dhimmis dépossédés de leur pays et de leur identité par l’impérialisme du jihad. (…) L’ islamisation de l’humanité, des prophètes, des sages, non seulement islamise une histoire antérieure à Mahomet, mais elle dépouille les Juifs et les Chrétiens de toutes leurs références historiques. Ces religions sont comme suspendues dans un temps stagnant sans repères ni évolution. Il est évident que l’islamisation de la Bible, de Jésus et des évangélistes lèse autant les Chrétiens que les Juifs. De plus, l’islamisation de Jésus revient à islamiser toute la théologie chrétienne et la Chrétienté. Ainsi la délégitimation d’Israël n’est pas sans conséquence sur la théologie chrétienne et le sens de son identité. Ses origines sont-elles dans la Bible ou dans le Coran ? Le Jésus historique et les apôtres sont-ils juifs ou sont-ils les prophètes musulmans dont la version coranique n’a que peu de rapports avec les originaux bibliques? Le conflit judéo-chrétien se dédouble par conséquent en un autre conflit islamo-chrétien qui se joue autour de la restauration d’Israël car le principe déchéance/substitution dans la version chrétienne implique dans sa version islamique la confirmation de ce même principe pour les Chrétiens. (…) Il n’est pas rare aujourd’hui de voir les propagandistes de la cause palestinienne écrire que la Palestine est le berceau des trois religions. Affirmation absurde car l’islam est né en Arabie et se développa à La Mecque et à Médine ; aucune ville de Terre sainte, ni même Jérusalem, n’est mentionnée dans le Coran. Si la Palestine avait été le berceau de l’islam, aucun infidèle n’aurait pu y vivre. Par conséquent il n’est pas dans l’intérêt des Chrétiens de propager ces mensonges, car aucune église n’y serait tolérée. Cette falsification est uniquement motivée par le désir d’opposer à la légitimité d’Israël une autre légitimité fictive, qui se retourne dans le contexte de la dhimmitude contre ses protagonistes chrétiens. Pour les Musulmans, cette proposition confirme l’islamisation des personnages bibliques. Les services rendus à l’umma par les Églises dhimmies palestiniennes furent considérables – services, rappelons-le, qui constituent la fonction essentielle du dhimmi et garantissent sa survie. Ces Églises sapèrent le support biblique du christianisme, l’affaiblissant face à un islam toujours plus convaincu de son irréprochabilité morale. Elles renforcèrent la légitimité génocidaire de la dhimmitude par sa justification contre le peuple juif auquel le christianisme est lié. Car, si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
La Palestinisation de l’Europe s’articule au premier pôle cité ci-dessus et possède une double fonction: politique et théologique. La première ambitionne de remplacer Israël par la Palestine musulmane, par le déni de l’histoire juive et son effacement par l’islamisation de sa topographie. L’aspect théologique vise à islamiser les racines juives du christianisme en substituant au Jésus hébreu de Judée le Jésus musulman du Coran que les Eglises dhimmies islamisées prétendent par anachronisme palestinien, bien que ce mot n’existât pas à l’époque de Jésus et n’apparaît nulle part dans le Coran. L’islamisation des racines théologiques chrétiennes a trois conséquences  : 1) la suppression de l’histoire du peuple d’Israël, fondement historique du christianisme; 2) l’adhésion à la conception islamique de l’histoire qui affirme l’antériorité de l’islam par rapport au judaïsme et au christianisme ; 3) la justification du jihad anti-israélien fondé sur le déni de l’histoire juive et chrétienne. La Palestinisation de l’Europe consiste à abrutir l’ensemble des populations européennes par l’obsession paranoïaque de la Palestine, symbole de ces politiques jihadistes du déni, et à les détourner des grands enjeux civilisationnels qui les confrontent. L’invasion migratoire de l’Europe se rattache à la stratégie du second pôle du Conseil européen et de la Commission, menée conjointement avec la Ligue arabe et l’OCI. Cette entente euro-arabe bien rodée depuis quarante ans explique l’unanimité de l’accueil favorable des gouvernements – la Hongrie et les récents Etats de l’Union exceptés. Le ton dictatorial et menaçant du président de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker illustre bien l’autoritarisme opaque de Bruxelles. Ces invasions de populations majoritairement musulmanes accéléreront certainement le processus de Palestinisation (déchristianisation) et d’islamisation – non seulement démographique mais aussi culturel et politique – des sociétés européennes. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles sont si favorablement accueillies par nos élites. Je ne crois pas aux sentiments humanitaires des politiciens mais je crois plutôt en une politique humanitaire gérant des capitaux et des intérêts stratégiques colossaux. Nos leaders qui ont détruit les Etats-nations sont incapables de défendre leurs territoires. (…) Il y eut certes « des idiots utiles » juifs et chrétiens qui bénéficièrent de prébendes, de la célébrité, d’une exposition médiatique flatteuse en servant de marionnettes et de paravents à ceux qui les manipulaient derrière le rideau. Mais ce ne sont que des ombres secondaires. Les véritables responsables de l’islamisation de l’Europe se situent dans les hautes sphères des hiérarchies gouvernementales qui collaborèrent avec le nazisme et ses milieux islamophiles. (…) Il faut aussi reconnaître que de leur côté, la Ligue arabe et l’OCI exercèrent des représailles économiques, soutenues par le terrorisme palestinien d’abord puis islamiste et des pressions incessantes pour amener une Europe parfois réticente à obtempérer à leurs exigences concernant l’afflux et les droits des immigrants musulmans en Europe ou la campagne anti-israélienne. (…) La montée du radicalisme musulman ne menace pas seulement Israël, il menace tout autant les Etats non-musulmans et les musulmans modernistes. Naturellement Israël est plus vulnérable de par son environnement et l’exiguïté de son territoire que l’UE s’acharne à amputer davantage ayant adopté la conception jihadiste de la justice. Mais Israël est moralement plus fort et déterminé à se défendre que les Européens qui subissent une déculturation et une culpabilisation demandées par l’OCI et vivent dans la dhimmitude sans même s’en apercevoir. La politique européenne du déni du jihad et de la dhimmitude a occulté le fait que juifs et chrétiens ont le même statut dans l’islam et que la destruction du judaïsme implique celle du christianisme. Je suis particulièrement affligée par les terribles souffrances infligées aux chrétiens et aux yazidis du Proche et Moyen Orient. Ces sévices prescrits par les lois du jihad et exécutés aujourd’hui confirment les textes chrétiens qui les décrivent datant de la première conquête arabo-islamique et que j’ai reproduit dans mes livres. (…) Quant à l’Iran, le fait qu’il menace Israël seulement est un leurre de la taqiya car le régime des ayatollahs menace d’anéantissement le monde sunnite et occidental. Naturellement le peuple iranien lui-même en fera les frais comme on le voit aujourd’hui avec les populations irako-syriennes qui élevées dans la glorification du jihad en sont elles-mêmes victimes aujourd’hui. (…) Les belles déclarations contre l’antisémitisme sont compensées par la recrudescence de la guerre larvée de l’UE contre Israël destiné à être remplacé par la Palestine islamique. L’effacement des noms géographiques des provinces de Judée et Samarie, la désignation du Mont du Temple comme l‘esplanade des Mosquées, la Palestinisation des tombeaux des Patriarches hébreux à Hébron, c’est-à-dire leur islamisation, s’inscrivent dans l’islamisation des origines juives et chrétiennes conforme à la version coranique. La volonté de construire le vivre-ensemble méditerranéen nourrit deux paranoïas corrélées: le remplacement d’Israël par la Palestine et l’immigration islamique en Europe, avec la disparition de la civilisation judéo-chrétienne honnie par les nazis islamophiles. Les peuples européens ignorent que leurs pays, certaines Eglises, l’Union européenne sont parmi les plus grands pourvoyeurs d’antisémitisme au niveau mondial. Cette Europe-là veut se débarrasser de l’Etat d’Israël, du judaïsme et de son rejeton le christianisme. Elle a fait le choix de l’islam. (…) Pour moi l’Europe s’est édifiée sur l’héritage scientifique et juridique gréco-romain et la spiritualité judéo-chrétienne qui a forgé ses valeurs. Ses contributions aux progrès de l’humanité dans tous les domaines, sciences, arts, lois, emplissent les plus belles pages de l’histoire humaine. Il y eut bien sûr les périodes noires des crimes et des génocides. Mais à la différence des autres peuples qui s’en glorifient ou les nient, l’Europe, nourrie de l’héritage juif de la contrition, du repentir et du pardon, les a reconnues. L’Europe a proclamé l’égalité des êtres humains et leur sacralité (principes bibliques), elle a proscrit l’esclavage et inscrit dans ses institutions la liberté, la dignité et les droits de l’homme. Quand l’Italie a voulu se libérer du joug autrichien, elle l’a proclamé à travers le génie de Verdi dans le Chant des Hébreux de Nabucco. Impuissante à supprimer les guerres, l’Europe en a tempéré la cruauté par la création de la Croix Rouge et divers instruments humanitaires. Enfin elle a agencé les moyens de prospecter le champ infini du savoir et de la connaissance et a archivé dans ses musées et ses universités la mémoire de l’humanité. J’espère que les Européens pourront préserver cet immense, infiniment précieux et unique patrimoine d’une destruction méditée par leurs nombreux ennemis intérieurs et extérieurs. Pour surmonter ce défi l’on ne doit pas se tromper d’ennemis. Cette responsabilité incombe à chacun d’entre nous. Et puis il y a Eurabia… qui terrifiée par le jihad et corrompue par les pétrodollars s’est protégée en s’alliant au jihad qu’elle a détournée contre Israël. Maintenant elle aura le jihad et le déshonneur. Bat Ye’or
L’antisémitisme, répandu parmi les jeunes musulmans en Europe, possède des caractéristiques spécifiques qui le distinguent de la haine des Juifs présente au sein de la population générale, dans les sociétés qui les environnent. Pourtant, il existe aussi des points communs. De nombreuses affirmations passe-partout, concernant l’origine de l’antisémitisme musulman en Europe, sont sans fondement. Il n’existe, notamment, aucune preuve que cette attitude haineuse soit fortement influencée par la discrimination que les jeunes musulmans subissent dans les sociétés occidentales. (…) J’ai mené 117 entretiens auprès de jeunes musulmans, dont la moyenne d’âge était de 19 ans, à Paris, Berlin et Londres. La majorité a fait part de certains sentiments antisémites, avec plus ou moins de virulence. Ils expriment ouvertement leurs points de vue négatifs envers les Juifs. C’est souvent dit avec agressivité et parfois, ces prises de positions incluent des intentions de commettre des actes antisémites ». (…) Beaucoup de jeunes auprès desquels j’ai enquêté, ont exprimé des stéréotypes antisémites « traditionnels ». Les théories de la Conspiration et les stéréotypes qui associent les Juifs à l’argent sont les plus fréquents. Les Juifs sont souvent réputés comme riches et avares. Ils ont aussi fréquemment perçus comme formant une même entité ayant, parce que Juifs, un intérêt commun malfaisant. Ces stéréotypes archétypaux renforcent une image négative et potentiellement menaçante « des Juifs », dans la mentalité de ces jeunes. (…) Habituellement, ils ne différencient absolument pas les Juifs des Israéliens. Ils utilisent leur perception du conflit au Moyen-Orient comme une justification de leur attitude globalement hostile envers les Juifs, y compris, bien sûr, envers les Juifs allemands, français et britanniques. Ils proclament souvent que les Juifs ont volé les terres des Arabes Palestiniens ou, alternativement, des Musulmans. C’est une assertion essentielle, pour eux, qui leur suffit à délégitimer l’Etat d’Israël, en tant que tel. L’expression « Les Juifs tuent des enfants » est aussi fréquemment entendue. C’est un argument qui sert de clé de voûte pour renforcer leur opinion qu’Israël est fondamentalement malfaisant. Puisqu’ils ne font aucune distinction entre les Israéliens et les Juifs en général, cela devient une preuve supplémentaire du « caractère foncièrement cruel » des Juifs. Et c’est aussi ce qui les rend particulièrement émotifs. (…) L’hypothèse d’une hostilité générale, et même éternelle entre les Musulmans (ou Arabes) et les Juifs est très répandue. C’est souvent exprimé dans des déclarations telles que : « Les Musulmans et les Juifs sont ennemis », ou, par conséquent : « Les Arabes détestent les Juifs ». Cela rend très difficile, pour des jeunes qui s’identifient fortement comme Musulmans ou Arabes, de prendre leurs distances à l’encontre d’une telle vision. (…) Nous savons que l’antisémitisme n’est jamais rationnel. Pourtant, certains jeunes musulmans n’essaient même pas de justifier leur attitude. Pour eux, si quelqu’un est Juif, c’est une raison suffisante pour qu’il suscite leur répugnance. Des déclarations formulées par les enquêtés, il ressort que les attitudes négatives envers les Juifs sont la norme au sein de leur environnement social. Il est effrayant de constater qu’un grand nombre d’entre eux expriment le désir d’attaquer physiquement les Juifs, lorsqu’ils en rencontrent dans leurs quartiers. (…) Certains d’entre eux racontent les actes antisémites commis dans leur environnement, et dont les auteurs n’ont jamais été pris. Plusieurs interviewés approuvent ces agressions. Parfaitement au courant du fait que d’autres, issus de leur milieu d’origine sociale, religieuse et ethnique, s’en prennent à des Juifs, ne font pas l’objet d’arrestation et n’ont pas clairement été condamnés, ne fait que renforcer la normalisation de la violence contre les Juifs dans leurs cercles de relations ». (…) Les différences entre les enquêtés des trois pays, concernant leurs points de vue antisémites, restent, de façon surprenante, extrêmement ténues. On perçoit quelques divergences dans leur argumentation. Les Musulmans allemands mentionnent que les Juifs contrôlent les médias et les manipulent dans l’unique but de dissimuler les supposées « atrocités » d’Israël. En France, les interviewés disent souvent que les Juifs jouent un rôle prédominant dans les médias nationaux et la télévision. Au Royaume-Uni, ils mentionnent principalement l’influence des Juifs dans les programmations américaines, aussi bien que dans l’industrie cinématographique qui provient des Etats-Unis. (…) Des non-Musulmans emploient, également, le mot “Juif” de façon péjorative, en Allemagne et en France. En Grande-Bretagne, ce phénomène est, généralement, moins perceptible, parmi les sondés musulmans, notamment. Certains jeunes musulmans affirment que c’est faux de prétendre que les Juifs auraient une vie meilleure en France que les Musulmans. Il est possible que cela découle du fait que les Juifs de France sont souvent plus visibles que ceux d’Allemagne et de Grande-Bretagne et, en outre, que de nombreux Juifs de France sont aussi des immigrés d’Afrique du Nord, ce qui alimentee un certain sentiment de concurrence à leur égard. (…) En Allemagne, certains individus interrogés emploient souvent des arguments particuliers qu’ils ont empruntés à la société dans son ensemble, tels que les remboursements et restitutions compensatrices, supposées trop élevées, versées à Israël, du fait de la Shoah. Un autre argument fréquemment proposé, auquel ils croient, est que les Juifs, à la lumière de la Shoah, « devraient être des gens bien meilleurs que les autres, alors qu’Israël incarnerait exactement l’inverse ». (…) Pourtant, il existe, aussi, heureusement, de jeunes musulmans qui prennent leurs distances avec l’antisémitisme. Cela arrive, même s’ils ont d’abord été largement influencés par des points de vue antisémites, de la part de leurs amis, de leur famille et des médias. Cela prouve, une fois encore, qu’on ne devrait pas généraliser , dès qu’il s’agit de telle ou telle population ». (…) L’antisémitisme peut encore être renforcé [chez eux] en se référant à une attitude générale négative, portée par la communauté musulmane envers les Juifs. Les références au Coran ou aux Hadiths peuvent être utilisées avec, pour implication que D.ieu lui-même serait d’accord avec ce point de vue. Pourtant, on ne doit pas se laisser induire en erreur par la conclusion de sens commun, que l’antisémitisme musulman est le produit exclusif de la haine d’Israël, ou de l’antisémitisme occidental « classique », ou encore des enseignements de l’Islam, ou de leur identité musulmane. La réalité est bien plus complexe. Günther Jikeli
Le 9 septembre 2015, le Ministre israélien de la défense, Moshe Yaalon, a déclaré illégales les organisations Mourabitoun et Mourabitat, qui se sont fixées pour l’objet de défendre la Mosquée Al Aqsa (édifiée dans la vieille ville de Jérusalem, sur l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon). Cette décision a été prise sur la base de recommandations de la police israélienne et du Shin Bet, qui leur reprochent de déstabiliser et de troubler la tranquillité publique. Le Ministre de la défense a indiqué que leurs membres se livraient à des provocations dangereuses contre les touristes, les visiteurs et les juifs religieux, et qu’ils les mettaient en danger. En réalité, ce sont les prières, de plus en plus systématiques, de juifs religieux sur le site (qui était antérieurement le plus haut lieu de la spiritualité juive), qui les agacent passablement. La question se pose donc de comprendre quel est le véritable enjeu des violences palestiniennes à Jérusalem. Les détracteurs palestiniens de la décision ministérielle, considèrent que défendre Al Aqsa est un droit pour les musulmans, que personne ne saurait contester. Aussi, posent-t-ils que les prières juives sur le Mont du temple est une offense à l’Islam, ce qui permet de justifier leur attitude belliqueuse. Ce faisant, ils se placent sur la défensive, en tant que victimes d’une atteinte à leurs lieux saints, en niant la seule et unique cause de leur tourment, à savoir la construction d’une mosquée sur un site juif, soit encore une colonisation par l’Islam des lieux saint du Judaïsme. Se considérant agressés par les juifs, les palestiniens justifient leur violence de la manière suivante : « la protection de la mosquée Al AQsa est un acte d’adoration ». Aussi, et pour essayer d’entraîner l’ensemble des musulmans dans leur folie guerrière, ils inversent le mécanisme de la responsabilité en affirmant : «  Qualifier les actes de défense, d’opérations de terrorisme et d’illégales, revient à traiter la prière, le jeune et les autres piliers de l’Islam comme du terrorisme ». C’est habile. Ils présentent ainsi leurs actes de violences comme des actes visant à protéger les lieux saints de l’Islam, et finissent par conclure que ce sont les juifs qui qualifient le  culte musulman comme étant du terrorisme, pour justifier leur propre violence. Bien évidemment, la mosquée Al Aqsa n’est pas attaquée par les juifs, mais grâce à une gymnastique particulière de l’esprit (qui relève en réalité de la psychanalyse), ils considèrent les prières juives sur le Mont du temple comme étant des attaques de l’Islam, justifiant protection de la Mosquée et intervention de tous les musulmans dans cette entreprise. Les organisations Mourabitoun et Mourabitat, soutiennent donc, pour fédérer les palestiniens et les conduire vers un nouveau cycle de violences anti juives, qu’Israël cherche à vider la mosquée Al Aqsa de ses fidèles pour mieux la diviser. Sur ce point, ils font référence au projet du gouvernement israélien visant à organiser un partage du temps, sur le Mont du Temple, entre juifs et musulmans, à l’instar de ce qui existe à Hébron, dans la Mosquée d’Abraham. Les organisations palestiniennes (interdites) se victimisent donc en interrogeant «Personne ne qualifie les juifs de terroristes quand ils prient dans leurs synagogues, ni les chrétiens de terroristes quand ils prient tranquillement dans leurs églises. Alors, pourquoi notre rassemblement est-il traité de terroriste ou d’illégal ? ». Bien évidemment, le problème n’est pas celui de la prière musulmane sur l’Esplanade des Mosquées, mais bien celui des violences musulmanes exercées sur les juifs qui viennent prier sur le Mont du Temple. Pour provoquer une confusion dans les esprits, ils mélangent volontairement prières juives, offenses à l’Islam, et fondements des actes qu’ils disent défensifs. L’analyse du Mouvement Islamique en Israël est sensiblement différente. Elle se place sur une supposée illégitimité des décisions ministérielles israéliennes concernant l’organisation de la Mosquée Al Aqsa, en affirmant qu’Israël n’a aucune souveraineté sur le Mont du Temple (Pour mémoire, l’annexion par Israël de la partie orientale de Jérusalem en 1967, n’a pas été reconnue par la communauté internationale). L’organisation palestinienne en conclut donc que tout décret pris par « l’occupant » serait sans valeur. Le principe « d’occupation israélienne » est en effet, le credo traditionnel palestinien pour légitimer les violences palestiniennes tout en se plaçant dans un statut de victime et « d’occupés ». Notons que cette organisation palestinienne fustige également l’Autorité palestinienne en raison de  son silence et de sa coordination sécuritaire avec Israël. Une fois encore, le problème est beaucoup plus fondamental qu’il n’y parait. C’est celui de la rivalité de l’Islam, à l’égard du Judaïsme (pour une raison bien simple qui tient à l’impossibilité de prendre sa place). Ce mécanisme a très bien été décrit dans la Thora : la jalousie conduit à tuer celui qui a été préféré par le Ciel, et la ruse peut être un moyen de prendre sa place. (…) Le dernier point central de la substitution se trouve précisément à Jérusalem. Selon les prophéties juives, le Troisième temple sera reconstruit lors de la venue du Messie. « Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que toutes les nations y afflueront» (Esaïe 2-2,3 ; ou Ezéchiel 37-26,28). Or, comme en Islam, Mahomet est le dernier messager du Ciel, toutes les nations doivent embrasser son message. Il a donc été décidé de construire la Mosquée Al Aqsa (la lointaine) sur l’emplacement du Temple de Salomon, pour prévenir toute velléité juive d’entreprendre la construction d’un nouvel édifice qui contredirait la prééminence de l’Islam. Dans ces conditions, les violences palestiniennes à Jérusalem illustrent la panique des musulmans qui découvrent que l’Islam n’est pas la Religion universelle, et qu’elle ne prendra jamais la place du Judaïsme. Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
« Al-Aqsa est à nous et l’église du Saint Sépulcre est notre, tout est à nous. »

Qui écoute encore les discours de Mahmoud Abbas ?

Alors que fortes de leur début de reconnaissance et bientôt drapeau à l’ONU (merci la France et le pape !), les organisations terroristes comme les autorités palestiniennes multiplient les provocations et les incitations pour empêcher les Juifs de prier sur leur premier lieu saint

Pendant qu’avec la défection du Dhimmi-en-chef de la Maison Blanche, la quasi-totalité du Moyen-Orient est à présent à feu et à sang et la quasi-totalité de l’Europe se voit l’objet d’une véritable invasion, aux cris d’Allah Akbar et à coups de pierres, de migrants musulmans …

Et que pour leur projet de Solution finale pour l’Etat d’Israël et au grand bonheur de nos marchands et boycotteurs d’Israël comme du prétendu chef de la Chrétienté, le premier pourvoyeur de terrorisme de la planète est sur le point de recouvrer des centaines de milliards de dollars d’avoir gelés et surtout l’accès au club nucléaire …

Comment ne pas voir, avec le juriste Bertrand Ramas-Muhlbach les véritables enjeux de cette déligitimation de la présence juive à Jérusalem ?

Et surtout ne pas repenser aux analyses prophétiques de l’islamologue Bat Ye’or …

Non seulement sur la dhimmitude de nombre de dirigeants occidentaux ayant naïvement comme de Merkel contribué à ladite invasion …

Mais aussi sur leur formidable aveuglement, voire leur cécité volontaire, face à une négation qui, au-delà du seul Etat d’Iraël, vise en fait la délégitimation de l’ensemble des pays occidentaux ?

Violences palestiniennes à Jérusalem : le véritable enjeu

Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

JForum

20 septembre 2015

Le 9 septembre 2015, le Ministre israélien de la défense, Moshe Yaalon, a déclaré illégales les organisations Mourabitoun et Mourabitat, qui se sont fixées pour l’objet de défendre la Mosquée Al Aqsa (édifiée dans la vieille ville de Jérusalem, sur l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon). Cette décision a été prise sur la base de recommandations de la police israélienne et du Shin Bet, qui leur reprochent de déstabiliser et de troubler la tranquillité publique. Le Ministre de la défense a indiqué que leurs membres se livraient à des provocations dangereuses contre les touristes, les visiteurs et les juifs religieux, et qu’ils les mettaient en danger. En réalité, ce sont les prières, de plus en plus systématiques, de juifs religieux sur le site (qui était antérieurement le plus haut lieu de la spiritualité juive), qui les agacent passablement. La question se pose donc de comprendre quel est le véritable enjeu des violences palestiniennes à Jérusalem.

Les détracteurs palestiniens de la décision ministérielle, considèrent que défendre Al Aqsa est un doit pour les musulmans, que personne ne saurait contester. Aussi, posent-t-ils que les prières juives sur le Mont du temple est une offense à l’Islam, ce qui permet de justifier leur attitude belliqueuse. Ce faisant, ils se placent sur la défensive, en tant que victimes d’une atteinte à leurs lieux saints, en niant la seule et unique cause de leur tourment, à savoir la construction d’une mosquée sur un site juif, soit encore une colonisation par l’Islam des lieux saint du Judaïsme.

Se considérant agressés par les juifs, les palestiniens justifient leur violence de la manière suivante : « la protection de la mosquée Al AQsa est un acte d’adoration ». Aussi, et pour essayer d’entraîner l’ensemble des musulmans dans leur folie guerrière, ils inversent le mécanisme de la responsabilité en affirmant : «  Qualifier les actes de défense, d’opérations de terrorisme et d’illégales, revient à traiter la prière, le jeune et les autres piliers de l’Islam comme du terrorisme ». C’est habile. Ils présentent ainsi leurs actes de violences comme des actes visant à protéger les lieux saints de l’Islam, et finissent par conclure que ce sont les juifs qui qualifient le  culte musulman comme étant du terrorisme, pour justifier leur propre violence.

Bien évidemment, la mosquée Al Aqsa n’est pas attaquée par les juifs, mais grâce à une gymnastique particulière de l’esprit (qui relève en réalité de la psychanalyse), ils considèrent les prières juives sur le Mont du temple comme étant des attaques de l’Islam, justifiant protection de la Mosquée et intervention de tous les musulmans dans cette entreprise.

Les organisations Mourabitoun et Mourabitat, soutiennent donc, pour fédérer les palestiniens et les conduire vers un nouveau cycle de violences anti juives, qu’Israël cherche à vider la mosquée Al Aqsa de ses fidèles pour mieux la diviser. Sur ce point, ils font référence au projet du gouvernement israélien visant à organiser un partage du temps, sur le Mont du Temple, entre juifs et musulmans, à l’instar de ce qui existe à Hébron, dans la Mosquée d’Abraham.

Les organisations palestiniennes (interdites) se victimisent donc en interrogeant «Personne ne qualifie les juifs de terroristes quand ils prient dans leurs synagogues, ni les chrétiens de terroristes quand ils prient tranquillement dans leurs églises. Alors, pourquoi notre rassemblement est-il traité de terroriste ou d’illégal ? ». Bien évidemment, le problème n’est pas celui de la prière musulmane sur l’Esplanade des Mosquées, mais bien celui des violences musulmanes exercées sur les juifs qui viennent prier sur le Mont du Temple. Pour provoquer une confusion dans les esprits, ils mélangent volontairement prières juives, offenses à l’Islam, et fondements des actes qu’ils disent défensifs.

L’analyse du Mouvement Islamique en Israël est sensiblement différente. Elle se place sur une supposée illégitimité des décisions ministérielles israéliennes concernant l’organisation de la Mosquée Al Aqsa, en affirmant qu’Israël n’a aucune souveraineté sur le Mont du Temple (Pour mémoire, l’annexion par Israël de la partie orientale de Jérusalem en 1967, n’a pas été reconnue par la communauté internationale). L’organisation palestinienne en conclut donc que tout décret pris par « l’occupant » serait sans valeur. Le principe « d’occupation israélienne » est en effet, le credo traditionnel palestinien pour légitimer les violences palestiniennes tout en se plaçant dans un statut de victime et « d’occupés ». Notons que cette organisation palestinienne fustige également l’Autorité palestinienne en raison de  son silence et de sa coordination sécuritaire avec Israël.

Une fois encore, le problème est beaucoup plus fondamental qu’il n’y parait. C’est celui de la rivalité de l’Islam, à l’égard du Judaïsme (pour une raison bien simple qui tient à l’impossibilité de prendre sa place). Ce mécanisme a très bien été décrit dans la Thora : la jalousie conduit à tuer celui qui a été préféré par le Ciel, et la ruse peut être un moyen de prendre sa place.

Le 4ème chapitre de la Genèse, relatif au meurtre d’Abel par son frère Caïn, illustre clairement en quoi la préférence divine suscite jalousie et volonté de se débarrasser de celui qui a fait objet d’une préférence (même si Caïn n’a pas reconnu son forfait « suis-je le gardien de mon frère ? »). Par ailleurs, le Chapitre 27 de la Genèse, relatif aux circonstances dans lesquelles Isaac a donné la bénédiction à Jacob, laisse entendre que la ruse serait un moyen de gagner une bénédiction divine : Jacob a acheté le droit d’aînesse de son frère Esau, puis profité des stratagèmes de sa mère Rébecca pour gagner la bénédiction paternelle. Selon le même processus, l’Islam souhaiterait anéantir les juifs et prendre leur place de différentes manières.

Tout d’abord, le Coran a substitué Ismaël à Isaac (dans l’épisode du sacrifice d’Abraham), et célèbre chaque année la vie sauve d’Ismaël avec la fête de l’Aid el Kebir (alors que le texte, rédigé en hébreu et non en arabe, mentionne que c’est bien Isaac que Dieu a demandé de sacrifier). En outre, les prières quotidiennes en Islam ne cessent de rappeler que les religions précédentes se sont écartées de la voie juste (Sourate 4 verset 44), qu’ils vivent dans l’erreur (Sourate 62), et qu’il faut donc les anéantir (Sourate 63 verset 4). S’agissant du Judaïsme, le Coran affirme que les juifs ont « falsifié leurs écritures » (Coran 2, 75) et « supprimé de la Thora l’annonce future de la venue de Muhammad » (Coran 48, 29).

Le dernier point central de la substitution se trouve précisément à Jérusalem. Selon les prophéties juives, le Troisième temple sera reconstruit lors de la venue du Messie. « Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que toutes les nations y afflueront» (Esaïe 2-2,3 ; ou Ezéchiel 37-26,28).

Or, comme en Islam, Mahomet est le dernier messager du Ciel, toutes les nations doivent embrasser son message. Il a donc été décidé de construire la Mosquée Al Aqsa (la lointaine) sur l’emplacement du Temple de Salomon, pour prévenir toute velléité juive d’entreprendre la construction d’un nouvel édifice qui contredirait la prééminence de l’Islam. Dans ces conditions, les violences palestiniennes à Jérusalem illustrent la panique des musulmans qui découvrent que l’Islam n’est pas la Religion universelle, et qu’elle ne prendra jamais la place du Judaïsme.

Voir aussi:

L’invasion de l’Europe a été méthodiquement préparée il y a quarante ans
Bat Ye’or

Riposte laïque

20 septembre 2015

Riposte Laïque : Votre nom est lié, pour beaucoup de nos lecteurs, au concept d’Eurabia. Pouvez-vous expliquer à nos nouveaux lecteurs (nombreux) cette réalité, que vous avez été la première à révéler ?

Bat Ye’Or : Le mot Eurabia est le nom choisi par le Comité européen de Coordination des Associations d’Amitié avec le monde arabe pour se désigner lui-même et sa stratégie. Il fut créé en 1974, sans doute à Paris, centre d’origine de cette politique. Ce Comité publiait également un petit fascicule intitulé Eurabia que l’on peut consulter à la Bibliothèque Nationale.

Le comité Eurabia fut l’instrument d’implantation d’une nouvelle stratégie conçue dans les années 1960 par la France et l’Allemagne. Elle visait à créer une entité méditerranéenne par l’union économique, culturelle et politique des deux rives de la Méditerranée. Les pays de la Ligue arabe y mettaient leurs conditions dont la principale était la reconnaissance et la légitimation d’Arafat, le soutien à la cause palestinienne et à une politique européenne anti-israélienne. Rebutés par le renouveau de l’antisémitisme, d’autres pays de la Communauté comme le Danemark et la Hollande y rechignaient malgré les représailles du terrorisme palestinien. Mais en 1973, après la guerre du Kippour, le boycott du pétrole décrété par la Ligue arabe contre l’Occident, sauf la France, éroda cette résistance. Les neuf pays membres de la Communauté européenne se rallièrent à la France, cheville ouvrière de cette politique et, sur cette base, les pourparlers d’alliance et d’entente avec les pays de la Ligue arabe purent commencer. Ils s’articulaient autour de deux pôles principaux interconnectés:

1) le remplacement d’Israël par la Palestine, devenue la cause emblématique de l’Europe, défini en langage orwellien: processus de paix ;

2) la création de la civilisation méditerranéenne chantée par Fernand Braudel qui y avait gommé jihadisme et dhimmitude. Elle unirait démographiquement, économiquement, culturellement les deux rives de la Méditerranée. L’Europe raciste et fanatique, coupable des Croisades et de la colonisation, redécouvrirait les racines de sa civilisation dans un islam ouvert, tolérant et facteur de paix. L’Europe coupable devait se faire pardonner et aimer. La cause palestinienne, l’éradication d’Israël scellerait la réconciliation islamo-chrétienne et euro-arabe. Ouvrant ses territoires à l’islam par la création de la civilisation méditerranéenne, l’Europe s’assurait la paix et la richesse indéfiniment renouvelée des pétrodollars. Mettant tout son potentiel au service de la cause palestinienne et dans le développement des pays arabes, l’Europe se ferait aimer et transformerait la Méditerranée en un lac euro-arabe d’où l’Amérique et son suppôt Israël seraient chassés.

Divers organes officieux furent créés par les chefs d’Etat de la CE tels l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe (APCEA) reliée à la Commission européenne. Créée à Paris les 23-24 mars 1974, l’APCEA regroupait des parlementaires issus de tous les partis de chaque pays membres de la Communauté européenne. Cette représentation de l’éventail politique de chaque pays explique l’uniformité des partis de gauche et de droite vis-à-vis de l’immigration du Moyen Orient et des Palestiniens. L’APCEA fut le fondement et le moteur du Dialogue Euro-Arabe, autre structure complexe et officieuse créée sous la houlette du ministre français des Affaires étrangères, Michel Jobert. Il embrassait un ensemble de stratégies décidées conjointement avec les pays de la Ligue Arabe et l’Organisation de la Coopération (ex-Conférence) Islamique (OCI). Des délégués de pays extérieurs à la Communauté et des représentants de certaines organisations internationales participaient aux réunions tenues régulièrement et alternativement en Europe ou dans un pays arabe.

L’Europe d’aujourd’hui résulte de ces politiques menées depuis quarante ans par des chefs d’Etat, des ministres, des ambassadeurs, des stratèges, des intellectuels, des églises; on peut en étudier les phases, les rouages et les instruments. L’ensemble évoque une immense machine qui couvre l’Europe de ses réseaux. J’ai appelé cette mutation programmée et méthodique des pays de l’Union européenne ‘Eurabia’ du nom que lui donnèrent ses promoteurs.

Riposte Laïque : Pensez-vous que l’invasion migratoire que subit l’Europe soit une accélération de ce que vous appelez la Palestinisation de l’Europe ?

Bat Ye’Or : Ça l’est certainement, mais ce n’est pas seulement cela. La Palestinisation de l’Europe s’articule au premier pôle cité ci-dessus et possède une double fonction: politique et théologique. La première ambitionne de remplacer Israël par la Palestine musulmane, par le déni de l’histoire juive et son effacement par l’islamisation de sa topographie. L’aspect théologique vise à islamiser les racines juives du christianisme en substituant au Jésus hébreu de Judée le Jésus musulman du Coran que les Eglises dhimmies islamisées prétendent par anachronisme palestinien, bien que ce mot n’existât pas à l’époque de Jésus et n’apparaît nulle part dans le Coran.

L’islamisation des racines théologiques chrétiennes a trois conséquences  :

1) la suppression de l’histoire du peuple d’Israël, fondement historique du christianisme;

2) l’adhésion à la conception islamique de l’histoire qui affirme l’antériorité de l’islam par rapport au judaïsme et au christianisme ;

3) la justification du jihad anti-israélien fondé sur le déni de l’histoire juive et chrétienne. La Palestinisation de l’Europe consiste à abrutir l’ensemble des populations européennes par l’obsession paranoïaque de la Palestine, symbole de ces politiques jihadistes du déni, et à les détourner des grands enjeux civilisationnels qui les confrontent.

L’invasion migratoire de l’Europe se rattache à la stratégie du second pôle du Conseil européen et de la Commission, menée conjointement avec la Ligue arabe et l’OCI. Cette entente euro-arabe bien rodée depuis quarante ans explique l’unanimité de l’accueil favorable des gouvernements – la Hongrie et les récents Etats de l’Union exceptés. Le ton dictatorial et menaçant du président de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker illustre bien l’autoritarisme opaque de Bruxelles. Ces invasions de populations majoritairement musulmanes accéléreront certainement le processus de Palestinisation (déchristianisation) et d’islamisation – non seulement démographique mais aussi culturel et politique – des sociétés européennes. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles sont si favorablement accueillies par nos élites. Je ne crois pas aux sentiments humanitaires des politiciens mais je crois plutôt en une politique humanitaire gérant des capitaux et des intérêts stratégiques colossaux. Nos leaders qui ont détruit les Etats-nations sont incapables de défendre leurs territoires.

Riposte Laïque : Une théorie circule beaucoup sur les réseaux sociaux : l’invasion musulmane de l’Europe serait organisée par les sionistes, pour que les juifs quittent le Vieux-Continent, et viennent s’installer en Israël. Comment expliquez-vous qu’une telle théorie soit autant relayée ?

Bat Ye’Or : Les tenants de cette théorie et ceux qui la propagent sont précisément ceux qui sont responsables de cette islamisation et sentant l’hostilité des populations, cherchent à s’en défausser sur ses victimes. Ces accusations font partie de la panoplie de l’antisémitisme d’Eurabia née de la stratégie antisioniste de l’alliance euro-islamique. Depuis quarante ans – deux générations – Eurabia diffuse une campagne de diabolisation d’Israël et du déni de son historicité visant à rompre le lien ontologique du christianisme pour le rattacher à l’islam. L’islamisation de l’Europe est un processus en marche depuis les années 1970. Il a ses étapes, ses textes fondateurs, ses promoteurs et progresse par des mécanismes adaptés faciles à déceler. Ses grands stratèges du côté français furent Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, et leurs collègues européens, leurs ministères et ambassadeurs associés; au niveau de l’UE, Jacques Delors, Romano Prodi, Solana et leurs successeurs, organisateurs du maillage des réseaux politiques, économiques, culturels, universitaires, médiatiques et de leurs activités qui imposèrent la police de la pensée, l’autocensure, le langage orwellien de la déculturation gérée par la Fondation Anna Lindh rattachée à la Commission européenne.

Il y eu certes « des idiots utiles » juifs et chrétiens qui bénéficièrent de prébendes, de la célébrité, d’une exposition médiatique flatteuse en servant de marionnettes et de paravents à ceux qui les manipulaient derrière le rideau. Mais ce ne sont que des ombres secondaires. Les véritables responsables de l’islamisation de l’Europe se situent dans les hautes sphères des hiérarchies gouvernementales qui collaborèrent avec le nazisme et ses milieux islamophiles. Les premiers activistes furent Louis Terrenoire, ancien ministre de de Gaulle et Maurice Couve de Murville, concepteur de la politique arabe de la France, selon l’historien fort bien informé Jacques Frémeaux. Dans Paris, Capitale Arabe, Nicolas Beau donne une description prise sur le vif des acteurs de cette politique à laquelle s’associa toute la Communauté européenne. On peut en étudier l’évolution dans les procès-verbaux du Dialogue euro-arabe publiés par le Ministère français des Affaires étrangères, dans les rapports de l’APCEA, de l’Union méditerranéenne, et dans les conférences réunissant les ministres européens et leurs homologues de l’OCI. Quelques individus ne peuvent opérer la mutation d’un continent, les transformations exigent des leviers beaucoup plus puissants.

Il faut aussi reconnaître que de leur côté, la Ligue arabe et l’OCI exercèrent des représailles économiques, soutenues par le terrorisme palestinien d’abord puis islamiste et des pressions incessantes pour amener une Europe parfois réticente à obtempérer à leurs exigences concernant l’afflux et les droits des immigrants musulmans en Europe ou la campagne anti-israélienne. Les parlementaires de l’APCEA jouèrent un rôle majeur dans ce contexte. J’ai décrit ces phases-clés de la transformation de l’Europe dans deux livres, Eurabia: l’axe euro-arabe, et L’Europe et le Spectre du Califat. J’ai donné les noms des présidents et vice-présidents de l’APCEA, les dates de leur mandat et la liste de leurs demandes politiques et culturelles concernant l’accueil des immigrants en Europe et la guerre contre Israël.

Riposte Laïque : Etes-vous inquiète, avec la montée du radicalisme musulman, pour la sécurité d’Israël ? Pensez-vous réellement, par ailleurs, que l’Iran soit une menace pour la sécurité de ce pays ?

Bat Ye’Or : La montée du radicalisme musulman ne menace pas seulement Israël, il menace tout autant les Etats non-musulmans et les musulmans modernistes. Naturellement Israël est plus vulnérable de par son environnement et l’exiguïté de son territoire que l’UE s’acharne à amputer davantage ayant adopté la conception jihadiste de la justice. Mais Israël est moralement plus fort et déterminé à se défendre que les Européens qui subissent une déculturation et une culpabilisation demandées par l’OCI et vivent dans la dhimmitude sans même s’en apercevoir. La politique européenne du déni du jihad et de la dhimmitude a occulté le fait que juifs et chrétiens ont le même statut dans l’islam et que la destruction du judaïsme implique celle du christianisme.

Je suis particulièrement affligée par les terribles souffrances infligées aux chrétiens et aux yazidis du Proche et Moyen Orient. Ces sévices prescrits par les lois du jihad et exécutés aujourd’hui confirment les textes chrétiens qui les décrivent datant de la première conquête arabo-islamique et que j’ai reproduit dans mes livres. Ce qui m’a valu une campagne de diffamation fondé sur le déni.

Quant à l’Iran, le fait qu’il menace Israël seulement est un leurre de la taqiya car le régime des ayatollahs menace d’anéantissement le monde sunnite et occidental. Naturellement le peuple iranien lui-même en fera les frais comme on le voit aujourd’hui avec les populations irako-syriennes qui élevées dans la glorification du jihad en sont elles-mêmes victimes aujourd’hui.

Riposte Laïque : Que pensez-vous de ces dirigeants européens qui admettent que l’islam radical mène une guerre à leurs pays, qui font de belles déclarations contre l’antisémitisme, et qui, dans le même temps, renforcent la présence musulmane sur leur territoire ?

Bat Ye’Or : Cette position s’inscrit dans la continuité d’Eurabia. Ces dirigeants sont forcés d’admettre à leur corps défendant l’existence de l’islam radical qu’ils décrient comme une déformation du véritable islam épris d’amour et de paix. Cela leur permet de renforcer sur leur territoire une présence musulmane indispensable à leur stratégie de fusion euro-arabe et mondialiste s’édifiant par le multiculturalisme, le mélange et la fusion de l’islam et du post-christianisme et la civilisation métissée méditerranéenne.

Les belles déclarations contre l’antisémitisme sont compensées par la recrudescence de la guerre larvée de l’UE contre Israël destiné à être remplacé par la Palestine islamique. L’effacement des noms géographiques des provinces de Judée et Samarie, la désignation du Mont du Temple comme l‘esplanade des Mosquées, la Palestinisation des tombeaux des Patriarches hébreux à Hébron, c’est-à-dire leur islamisation, s’inscrivent dans l’islamisation des origines juives et chrétiennes conforme à la version coranique. La volonté de construire le vivre-ensemble méditerranéen nourrit deux paranoïas corrélées: le remplacement d’Israël par la Palestine et l’immigration islamique en Europe, avec la disparition de la civilisation judéo-chrétienne honnie par les nazis islamophiles.

Les peuples européens ignorent que leurs pays, certaines Eglises, l’Union européenne sont parmi les plus grands pourvoyeurs d’antisémitisme au niveau mondial. Cette Europe-là veut se débarrasser de l’Etat d’Israël, du judaïsme et de son rejeton le christianisme. Elle a fait le choix de l’islam.

Riposte Laïque : Comment analysez-vous la volte-face d’Angela Merkel, ce dimanche ? Pensez-vous que les pays européens auront les moyens, et surtout la volonté, de préserver leurs populations ?

Bat Ye’Or : Angela Merkel a senti dans ses propres troupes le vent tourner et le durcissement de l’opinion publique. Preuve que les peuples peuvent agir sur leurs représentants.

Si par pays européens, vous entendez gouvernements, il est clair que le transfert de l’exercice politique et de la souveraineté des Etats à Bruxelles, entité supra nationale et dictatoriale, a affaibli les populations et le système démocratique. On l’a vu avec Jean-Claude Junker menaçant de représailles les pays réticents à appliquer ses décisions. Bruxelles a confisqué le pouvoir des peuples. Je pense que depuis longtemps les dirigeants de l’Europe sont dans une logique de mondialisation où les mots : « préserver leurs populations » ne veulent rien dire. Préserver de qui et de quoi ? L’islam est le bienvenu, l’enrichissement de l’Europe, son avenir.

Riposte Laïque : Conservez-vous un espoir de voir l’Europe redresser la tête ?

Bat Ye’Or : Cela dépend de ce que vous appelez : redresser la tête. Pour moi l’Europe s’est édifiée sur l’héritage scientifique et juridique gréco-romain et la spiritualité judéo-chrétienne qui a forgé ses valeurs. Ses contributions aux progrès de l’humanité dans tous les domaines, sciences, arts, lois, emplissent les plus belles pages de l’histoire humaine. Il y eut bien sûr les périodes noires des crimes et des génocides. Mais à la différence des autres peuples qui s’en glorifient ou les nient, l’Europe, nourrie de l’héritage juif de la contrition, du repentir et du pardon, les a reconnues. L’Europe a proclamé l’égalité des êtres humains et leur sacralité (principes bibliques), elle a proscrit l’esclavage et inscrit dans ses institutions la liberté, la dignité et les droits de l’homme.

Quand l’Italie a voulu se libérer du joug autrichien, elle l’a proclamé à travers le génie de Verdi dans le Chant des Hébreux de Nabucco. Impuissante à supprimer les guerres, l’Europe en a tempéré la cruauté par la création de la Croix Rouge et divers instruments humanitaires. Enfin elle a agencé les moyens de prospecter le champ infini du savoir et de la connaissance et a archivé dans ses musées et ses universités la mémoire de l’humanité. J’espère que les Européens pourront préserver cet immense, infiniment précieux et unique patrimoine d’une destruction méditée par leurs nombreux ennemis intérieurs et extérieurs. Pour surmonter ce défi l’on ne doit pas se tromper d’ennemis. Cette responsabilité incombe à chacun d’entre nous.

Et puis il y a Eurabia… qui terrifiée par le jihad et corrompue par les pétrodollars s’est protégée en s’alliant au jihad qu’elle a détournée contre Israël. Maintenant elle aura le jihad et le déshonneur.

Propos recueillis par Pierre Cassen

Voir également:

Interview de Bat Ye’or sur la dhimmitude

Véronique Chemla.info

9 mars 2015

Bat Ye’or est une essayiste spécialiste des minorités religieuses dans le monde islamique. Elle a forgé le terme dhimmitude pour désigner le statut cruel des minorités non-musulmanes (Dhimmis) dans les pays islamiques ou en « terre d’islam ». Elle a aussi analysé Eurabia, alliance euro-arabe visant à unir l’Europe aux pays arabes dans un ensemble méditerranéen. Interview réalisée en janvier 2008. Le 8 mars 2015, l’UPJF (Union des patrons Juifs de France) a remis le Prix du courage politique à Bat Ye’or.

Quel a été votre parcours ? Votre nom d’écrivain, Bat Ye’or, signifie « fille du Nil » en hébreu…

Je suis née dans une famille juive religieuse et aisée du Caire. Mon père était italien et ma mère française. Mon père gérait la fortune dont il avait hérité. Après la proclamation des lois raciales italiennes, mon père qui avait demandé à être égyptien perdit sa nationalité italienne.
Je dois à ma mère ma passion de la lecture car notre appartement était empli des livres qu’elle achetait. J’ai très tôt découvert ma vocation d’écrivain qui m’entraînait hors de mon milieu bourgeois sur des voies iconoclastes.
Mes parents étaient assez ouverts pour tolérer mon refus des pratiques religieuses et de certains préjugés ordinaires dans mon milieu.
Cependant, je me sentais très proche du combat des Juifs palestiniens. On en parlait entre nous avec de grandes précautions de crainte des dénonciations et arrestations. En effet, durant la Seconde Guerre mondiale, les partis fascistes, pronazis et les Frères Musulmans (2) faisaient régner un climat de peur et d’insécurité. On savait que les masses arabes étaient favorables aux forces de l’Axe (3).
Comment a évolué la situation des juifs en Egypte après 1945 ?
Dès 1945 le combat des nationalistes égyptiens et des Frères Musulmans contre le sionisme et l’Angleterre (4) provoqua des manifestations de foules dans les rues. Ces foules hurlaient des slogans anti-juifs, saccageaient les magasins, attaquaient les quartiers juifs où vivait une population indigente, pillaient, violaient et incendiaient les écoles et les biens communautaires.
La situation empira avec la guerre d’Indépendance d’Israël ou 1ère guerre israélo-arabe en 1948. Une vague de violences se déclencha, accompagnée de meurtres, d’expulsions, d’arrestations et de mises sous séquestre, dont celles de biens de mon père.
Les troubles sociaux endémiques, l’impopularité du roi Farouk et la défaite humiliante des cinq armées arabes face à l’Etat d’Israël provoquèrent la révolte des Officiers Libres en juillet 1952 et l’abolition de la monarchie en 1953.
En 1954, Gamal Abd al-Nasser s’empara du pouvoir et accueillit en Egypte de nombreux criminels nazis qui participèrent au gouvernement.
En 1955, mon passeport égyptien ne fut pas renouvelé. Malgré cela, je me sentais encore plus égyptienne que juive.
Les violences, les expulsions, les emprisonnements, les meurtres et la confiscation des biens s’amplifièrent avec la guerre de Suez en 1956.
Mais ces excès étaient aussi liés à la situation politique, et surtout au fanatisme haineux fomenté par les Frères Musulmans et le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini (6).
La population en général, les classes populaires ou celles éduquées, demeurait amicale, souvent hostile à ces débordements. Des juifs furent sauvés par des musulmans au cours de manifestations où ils auraient pu être tués.
Comment votre famille a-t-elle vécu cette période dramatique ?
Ma mère en tant qu’ex-française fut mise en résidence surveillée et ne put sortir de l’appartement durant un certain temps. Il en fut de même de mon beau-frère anglais qui fut ensuite expulsé.
Des règlements humiliants furent proclamés interdisant aux Juifs certaines professions, la fréquentation des lieux publics, des clubs et des cinémas. Il n’était plus possible de rester. En quelque mois une communauté vieille de 3 000 ans disparaissait (7). J’avais le sentiment de vivre et d’observer un événement extraordinaire. Beaucoup de juifs partaient en cachette, sans dire adieu de crainte d’être retenus. De 1948 à 1957, environ 60 000 Juifs sur 75 000 à 80 000 quittèrent l’Egypte (8).
Notre départ avait été retardé par une chute qu’avait faite ma mère.
Puis, en 1957, ce fut notre tour de partir en cachette avec un laissez-passer d’apatrides ; les deux valises autorisées pour chacun furent à plusieurs reprises vidées sur le sol par des policiers égyptiens tandis que l’on nous abreuvait d’insultes. Nous fumes fouillés minutieusement, le plâtre qui enveloppait la jambe de ma mère fut cassé et on me confisqua les 50 livres égyptiennes permises. L’avion de la compagnie hollandaise fut longtemps retenu ; les bras croisés, son équipage attendait, révolté par ce spectacle contre deux personnes pouvant à peine marcher – mon père était infirme – et une jeune fille.

Nous avions difficilement obtenu un visa pour l’Angleterre où ma mère voulait rejoindre ma sœur et sa famille. Quant à moi, j’avais l’intention de partir en Israël, mais avec deux parents invalides, il me fallut remettre ce projet à plus tard. Toute ma famille, qui comptait quatre générations, s’éparpilla à travers le monde.
Ce phénomène toucha toute la communauté ; les cellules familiales implosèrent, un style de vie et de société disparaissait (9).
Comment s’est passée votre arrivée en Angleterre ?
A Londres, un Comité pour les réfugiés juifs nous permit de nous débrouiller. J’obtins une bourse pour étudier à l’Institut d’Archéologie de l’université de Londres. C’est là que je rencontrais David G. Littman (10) en 1959, étudiant l’archéologie de la terre d’Israël. Nous nous mariâmes quelque mois plus tard.
Je découvrais que je venais d’un monde différent de celui de mes camarades étudiants : celui de l’autocensure et de la menace. Leur insouciance et leur liberté me faisaient prendre conscience de ce comportement particulier inhérent à la dhimmitude que je décrivis plus tard.
Deux ans après, je retrouvais ces mêmes attitudes chez les juifs et les chrétiens au cours de mes voyages avec mon mari en Tunisie, au Maroc, au Liban. Parce que je venais de leur monde, celui de la vulnérabilité et de la peur, je pouvais lire leurs sentiments, mais parce que j’avais moi-même changé, je pouvais aussi désormais, les reconnaître.
C’est aussi à Londres, dans les épreuves de la pauvreté et de l’exil que je compris et décidais que j’appartenais définitivement au peuple juif.
Comment vous êtes-vous intéressée à la dhimmitude (11), un concept que vous avez forgé ?
Je ne me suis pas intéressée à la dhimmitude, je l’ai découverte au cours de mes recherches sur les chrétiens des pays musulmans (12), dans mes discussions avec eux, mes observations et mes analyses.
C’est un outil conceptuel que j’ai forgé quand je travaillais sur la traduction anglaise d’une édition augmentée de mon livre Le Dhimmi. A la demande de mes amis chrétiens, j’y avais introduit un grand nombre de documents historiques les concernant et ce concept me permettait d’embrasser un vaste éventail de domaines corrélés. Je n’osais pas l’utiliser dans mes écrits, compte tenu de la malveillance de certains à l’égard de mes livres et articles qui, non seulement affirmaient ouvertement mon sionisme, mais introduisaient aussi une analyse critique de la tolérance islamique.
Etant l’une des fondatrices de WOJAC (World Organization of Jews from Arab Countries) en 1974-75, je militais pour les réfugiés juifs du monde arabe, presque un million, et combattais un certain racisme à leur égard.
Cette attitude m’attirait beaucoup d’ennemis, juifs et non-juifs. On raillait mes analyses sur le dhimmi et sur le sionisme. Ces positions exprimaient beaucoup de préjugés inconscients et une attitude paternaliste envers les juifs orientaux.
Le refus d’accepter la judéophobie de l’islam s’explique dans le contexte des efforts de paix de l’Etat d’Israël avec son environnement et la souffrance très présente à cette époque –quelques années après l’extermination dans les camps – de l’ampleur de la Shoah, certainement le plus grand crime commis contre le peuple juif et l’humanité. L’antisémitisme chrétien avait été bien documenté et étudié. Il n’en allait pas de même pour la condition du dhimmi, qui du reste avait été aboli par la colonisation. Les terribles épreuves de la Shoah, les récits des survivants qui commençaient à être publiés, les études historiques sur ce sujet focalisaient l’intérêt du monde juif.
Mon mari était beaucoup plus sensible que moi à ces attaques et me soutenait toujours.
Je discutais souvent de la dhimmitude avec mes amis chrétiens libanais proches de Béchir Gemayel (14). Nous cherchions un mot pour définir cette situation particulière et le mot dhimmitude me semblait le meilleur, mais j’hésitais à l’utiliser.
C’est seulement quand Béchir Gemayel le mentionna dans son dernier discours précédant son assassinat (15), que j’eus le courage de l’utiliser à mon tour dans le sens d’une condition existentielle déterminée par la théologie, la juridiction et l’histoire des pays islamisés.
Je pensais que désormais les chrétiens l’accepteraient. Mais je me trompais, seule une très petite minorité l’adopta et ce mot aggrava l’ostracisme qui me frappait.
Quelle est la définition de la dhimmitude ?
La dhimmitude est corrélée au jihad. C’est le statut de soumission des indigènes non-musulmans – juifs, chrétiens, sabéens, zoroastriens, hindous, etc. – régis dans leur pays par la loi islamique. Il est inhérent au fiqh (jurisprudence) et à la charîa (loi islamique).

Quels en sont les éléments caractéristiques ?
Les éléments sont d’ordre territorial, religieux, politique et social.

Le pays conquis s’intègre au dar al-islam (16) sur lequel s’applique la charîa. Celle-ci détermine en fonction des modalités de la conquête les droits et les devoirs des peuples conquis qui gardent leur religion à condition de payer une capitation mentionnée dans le Coran et donc obligatoire. Le Coran précise que cet impôt dénommé la jizya doit être perçu avec humiliation (Coran, 9, 29).
Les éléments caractéristiques de ces infidèles conquis (dhimmis) sont leur infériorité dans tous les domaines par rapport aux musulmans, un statut d’humiliation et d’insécurité obligatoires et leur exploitation économique.
Les dhimmis ne pouvaient construire de nouveaux lieux de culte et la restauration de ces lieux obéissait à des règles très sévères.
Ils subissaient un apartheid social qui les obligeait à vivre dans des quartiers séparés, à se différencier des musulmans par des vêtements de couleur et de forme particulière, par leur coiffure, leurs selles en bois, leurs étriers et leurs ânes, seule monture autorisée.
Ils étaient astreints à des corvées humiliantes, même les jours de fête, et à des rançons ruineuses extorquées souvent par des supplices. L’incapacité de les payer les condamnait à l’esclavage. Dans les provinces balkaniques de l’Empire ottoman durant quelques siècles, des enfants chrétiens furent pris en esclavage et islamisés. Au Yémen, les enfants juifs orphelins de père étaient enlevés à leur famille et islamisés. Ce système toutefois doit être replacé dans le contexte des mentalités du Moyen Age et de sociétés tribales et guerrières.
Certains évoquent la Cordoue médiévale ou al-Andalous (Andalousie médiévale sous domination arabe) comme des modèles de coexistence entre juifs, chrétiens et musulmans. Qu’en pensez-vous ? Est-ce une vision idéalisée ou l’occultation, voire l’ignorance de la dhimmitude ?
C’est une fable. L’Andalousie souffrit de guerres continuelles entre les différentes tribus arabes, les guerres entre les cités-royaumes (taifas), les soulèvements des chrétiens indigènes, et enfin de conflits permanents avec les royaumes chrétiens du Nord. Les esclaves chrétiens des deux sexes emplissaient les harems et les troupes du calife. L’Andalousie appliquait le rite malékite, l’un des plus sévères de la jurisprudence islamique.
Comme partout, il y eut des périodes de tolérance dont profitaient les dhimmis, mais elles demeuraient circonstancielles, liées à des conjonctures politiques temporaires dont la disparition provoquait le retour à une répression accrue.
La dhimmitude a-t-elle évolué au fil des siècles ?
En 1860, le statut du dhimmi fut officiellement aboli dans l’Empire ottoman (17) sous la pression des puissances européennes, mais en fait il se maintint sous des formes atténuées compte tenu des résistances populaires et religieuses.
Hors de l’Empire ottoman, en Iran, en Afghanistan, dans l’Asie musulmane et au Maghreb, il se perpétua sous des formes beaucoup plus sévères jusqu’à la colonisation. En Iran, la dynastie Pahlavi tenta de l’abolir et d’instituer l’égalité religieuse. C’est aussi l’une des raisons de l’impopularité du Shah dans les milieux religieux. Une fois au pouvoir, ceux-ci rétablirent la charîa et la juridiction coranique.
Quels sont les effets psychologiques de la dhimmitude sur les juifs ?
Les juifs des pays musulmans n’ont pas développé une conscience de droits politiques et humains inaliénables parce que ce concept est étranger au dar al-islam et que ce combat ne fut jamais mené par les musulmans, contrairement à la situation en Europe où juifs et chrétiens s’associèrent dans la lutte pour l’égalité et les droits démocratiques.
La notion de droits s’oppose à celle d’une tolérance concédée au vaincu du jihad moyennant l’acceptation de mesures discriminatoires, situation qui caractérise la condition du dhimmi. Cette tolérance, du reste, est provisoire et peut-être abolie si l’autorité musulmane juge que le dhimmi contrevient aux règlements de son statut. Dans ce cas, divers châtiments sont envisagés. En outre, la notion de laïcité est inexistante dans l’islam et semble même blasphématoire.
Au Yémen et au Maghreb, régions les moins touchées par la modernisation et l’évolution des idées en Europe et où le statut des juifs était parmi les plus sévères, les juifs nourrissaient un sentiment de gratitude envers l’autorité musulmane qui protégeait leur vie. Seule cette protection, mais non le droit, permettait leur existence. Résignés par leur extrême vulnérabilité à subir un despotisme déshumanisant, les juifs inspiraient par leur endurance aux persécutions, l’admiration de nombreux voyageurs étrangers. Seul leur espoir dans la rédemption d’Israël, c’est-à-dire leur libération de l’exil, leur permettait de supporter les humiliations et les souffrances de la dhimmitude.
Comment l’arrivée des colonisateurs français, britannique ou italien a-t-elle été perçue par les dhimmis ?
Il est difficile de généraliser car les colonisateurs n’avaient pas adopté les mêmes systèmes politiques. Mais tous abolirent les lois de la dhimmitude qui s’appliquaient aux juifs et aux chrétiens.
Cependant cette émancipation ne concernait pas seulement la suppression de la dhimmitude, elle impliquait aussi une émancipation de la tutelle exercée par l’autorité religieuse et les notables de chaque communauté sur leurs coreligionnaires. Elle introduisit la modernisation des institutions communautaires et un enseignement scolaire européen (18).
Ces transformations provoquèrent des conflits, mais en général les dhimmis étaient avides de s’instruire, d’accéder aux connaissances modernes et de s’échapper de l’ignorance et de la dégradation que leur imposait le monde sclérosé de la dhimmitude.
Y a-t-il eu des oppositions à cette libération des juifs de la dhimmitude ?
Oui, bien sûr. Il y eut en Algérie le mouvement des colons antisémites qui s’opposaient à l’octroi de la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie (19) car elle les libérait de la dhimmitude (20).
En Irak (21), le colonisateur anglais favorisait les musulmans par rapport aux juifs et aux chrétiens. Après l’indépendance de l’Irak en 1932, et bien qu’y ayant gardé des bases militaires, les Britanniques laissèrent massacrer un millier de chrétiens Assyriens en 1933-34. Londres adopta la même politique à l’égard des Juifs palestiniens.
Comment, dans les années 1950, l’indépendance imminente des colonies a-t-elle été perçue par les anciens dhimmis ?
La colonisation avait supprimé les souvenirs de l’état d’avilissement antérieur, d’autant plus que les juifs, mais surtout les chrétiens, voulaient s’intégrer au mouvement de modernisation et de laïcisation de leur pays amorcé avec la colonisation. Cet oubli explique la nostalgie juive des « temps heureux » dans les pays arabes où n’est évoquée que la période de la colonisation, mais non les discriminations de la dhimmitude.
L’amnésie est encore plus forte chez les chrétiens car elle se fonde sur un tabou politique qui attribue à la restauration de l’Etat d’Israël les persécutions des chrétiens dans les pays islamiques. Ce tabou commence à s’écorner depuis que j’ai démontré qu’elles émanent de la structure juridique et théologique de la dhimmitude établie depuis le VIIe siècle et maintenue quasi-inchangée dans certaines régions, ou atténuée au XIXe siècle dans l’empire ottoman, jusqu’à sa suppression par la colonisation.
Comme les indépendances s’accompagnèrent de guerres nationalistes de type jihadiste, elles réveillèrent les antagonismes religieux traditionnels contre les juifs et les chrétiens.
Les guerres arabes contre Israël provoquèrent des pogroms dans tous les pays arabes. L’indépendance de ceux-ci était liée à une réislamisation qui restaurait la haine religieuse.
Les juifs, donc, anticipaient des temps très difficiles et se préparaient à émigrer. La majorité d’ailleurs était profondément sioniste et voulait ardemment retourner dans la patrie juive historique enfin libérée. Mais l’Etat Israël, peuplé notamment de rescapés de la Shoah et qui venait de repousser les armées de cinq pays arabes, souffrait d’une grave crise économique. Cette situation de pénurie ne lui permettait pas de recevoir dans de bonnes conditions l’afflux de centaines de milliers de réfugiés totalement démunis. Il le fit dans des conditions très pénibles.
Comment vos études sur la dhimmitude ont-elles été reçues ?
Mes écrits, dès le début, suscitèrent une vive opposition. Mais j’ai toujours bénéficié des conseils de quelques amis universitaires. Au-delà de ce petit groupe très restreint auquel je dois beaucoup et de l’aide indéfectible de mon mari, mes écrits m’attirèrent beaucoup d’hostilité.
On me reprochait de nier le sort heureux des dhimmis et de lier les juifs et les chrétiens dans un statut commun. Ceci était un sacrilège contre la tendance politique pro-palestinienne des années 1970 en Europe qui visait à rapprocher les chrétiens et les musulmans dans un front uni contre Israël.
La guerre au Liban renforçait cette politique sur laquelle se fondait toute une stratégie euro-arabe antisioniste (Eurabia [22] ). Mon livre ne pouvait tomber à un pire moment.
On m’accusa d’arrière-pensées sionistes démoniaques pour avoir révélé en toute innocence une vérité vieille de 13 siècles, que l’on cachait obstinément au public afin d’attribuer à Israël, les persécutions infligées aux chrétiens par les musulmans. Cette dernière allégation était une façon de démontrer l’origine satanique d’Israël. Décrire un statut d’avilissement commun aux juifs et aux chrétiens inscrit dans la charîa et imposé durant treize siècles, constituait pour les antisionistes et leurs alliés un blasphème impardonnable.
Les thèses de l’universitaire américain Edward Said (23) triomphaient alors. Elles glorifiaient la supériorité et la tolérance de la civilisation islamique et infligeaient un sentiment de culpabilité aux Européens qui s’en délectaient.
Toute la politique euro-arabe d’union et de fusion méditerranéennes se bâtissait sur ces fondations ainsi que sur la diabolisation d’Israël. Mais, à l’époque, je l’ignorais et je ne comprenais ni la nature ni l’origine de l’ostracisme et de la haine qui me frappaient.
Et quel a été l’accueil de vos analyses dans le monde musulman ?
A ma connaissance, les quelques réactions dans le monde musulman furent toutes négatives, mais certains musulmans européens ont réagi très positivement.
Comment avez-vous réagi à ces réactions d’hostilité ?
Les réactions négatives ne me gênaient pas beaucoup car j’ai toujours été une iconoclaste solitaire, cherchant ma voie. Je ne me préoccupais pas particulièrement de mes détracteurs dont les arguments me semblaient très puérils.

Cette recherche débouchait sur un combat politique que je n’avais pas prévu. J’ignorais que je déchirais un tissu de mensonges opaques créés pour soutenir une idéologie politique, celle de la fusion du christianisme et de l’islam fondée sur la théologie de la libération palestinienne (24) et la destruction d’Israël.
C’était toute la structure idéologique, politique, culturelle d’Eurabia, mais je l’ignorais alors.
Vos écrits suscitent aussi l’estime de bien des penseurs…
Des réactions très positives s’élevèrent d’autres milieux.
A la publication du Dhimmi en 1980, je fus très fortement soutenue par le professeur Jacques Ellul (25) que je ne connaissais pas.
A Londres, mes écrits intéressèrent Robert Wistrich (26) qui n’était pas encore l’universitaire mondialement connu qu’il devînt. Il eut le courage de publier deux études dans le Wiener Bulletin malgré ses supérieurs. Je bénéficiais de l’aide amicale du professeur Paul Fenton et du soutien indéfectible de mon mari qui avait une formation d’historien et menait ses propres recherches sur les juifs du Maroc.
Je reçus aussi des éloges d’universitaires spécialistes de ce domaine, mais ces universitaires appartenaient à une génération de chercheurs qui précédait la politisation des études sur l’islam.
Des organisations chrétiennes évangéliques diffusèrent mes livres en grand nombre. Elles me soutinrent ainsi que des chrétiens dhimmis qui me procurèrent des documents et avec lesquels je pus discuter de ces problèmes. Ces chrétiens dhimmis m’encourageaient à poursuivre et m’étaient très reconnaissants de révéler leur histoire. Ils reprochaient à leur hiérarchie religieuse de la dissimuler.
Ce statut de dhimmitude est-il appliqué dans des pays musulmans en ce début du XXIe siècle ?
Malheureusement oui, avec plus ou moins de sévérité selon le degré de réintroduction de la charîa dans les lois du pays.
Les talibans l’appliquèrent à l’égard des Hindous, les coptes en Egypte continuent d’en souffrir ainsi que les chrétiens en Irak, en Iran, au Soudan, au Nigeria. Même la Turquie maintient certaines restrictions sur les lieux de culte.
La dhimmitude ne pourra pas changer tant que l’idéologie du jihad se maintiendra.
Site Internet de Bat Ye’or :
http://www.dhimmitude.org/index.html
A été publié en 2013 Understanding Dhimmitude, Twenty-one Lectures and Talks on the Position of Non-Muslims in Islamic Societies, de Bat Ye’or.
Photos : © DR
De haut en bas : le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini s’entretient avec Adolf Hitler, et le grand  mufti de Jérusalem Amin al-Husseini s’entretient avec Nasser.

(1) Anne Matard-Bonucci, L’Italie fasciste et la persécution des Juifs. Perrin, 2007. 599 pages. ISBN : 9782262025403

(2) Organisation islamiste fondée par l’instituteur Hassan el-Banna en 1928. Dès 1935, elle entretient des contacts avec Amin al-Husseini, mufti de Jérusalem, et participe à la révolte arabe palestinienne de 1936. En 1945, une branche du mouvement est créée à Jérusalem par Saïd Ramadan. Yasser Arafat est membre des Frères musulmans en Egypte dans les années 1950. Formé en 1987, le Hamas (Mouvement de la résistance islamique) est une « aile des Frères musulmans en Palestine » (article 2 de sa charte, 1988).
(3) Il s’agit de l’alliance entre l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste, et le Japon impérial.
(4) L’Angleterre occupa l’Egypte en 1882 tout en maintenant l’autorité nominale du Khédive, monarque soumis au sultan ottoman. En 1914 l’Egypte devint un protectorat britannique. En 1922, la Société des nations (SDN) confie au Royaume-Uni un mandat sur la Palestine pour y construire un Foyer national juif.
(5) En 1956, Nasser bloque le golfe d’Akaba, interdit aux navires israéliens de passer via le canal de Suez qu’il nationalise en juillet. Il met sous séquestre les biens de la compagnie du canal de Suez. La France, le Royaume-Uni et l’Etat d’Israël – harcelé par des fedayin à partir de l’Egypte – signent l’accord de Sèvres pour renverser Nasser et reprendre le contrôle du canal. Débutée en octobre, l’intervention militaire de ces trois pays s’annonce victorieuse quand, après la menace de l’URSS et sous la pression des Etats-Unis, elle prend fin en novembre. La FUNU I (Force onusienne d’urgence) est chargée de surveiller le retrait des forces occidentales et de s’interposer entre l’Egypte et l’Etat d’Israël.

(6) Albert Londres, Le Juif errant est arrivé. Ed; du Serpent à plumes, 2000. 295 pages. ISBN-13 : 978-2842612023
Matthias Küntzel, Jihad et haine des juifs, le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international. Préface de Pierre-André Taguieff. L’œuvre éditions, 2009. 180 pages. ISBN : 978-2-35631-040-8
Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée, le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine. Traduit de l’allemand par Barbara Fontaine Ed. Verdier, 2009 . 352 pages. ISBN : 978-2-86432-591-8
(7) Les Juifs en Égypte. Éditions de l’Avenir, Genève, 1971. Traduit en hébreu par Aharon Amir, dans une édition revue et augmentée, sous le titre (romanisé) Yehudi Mitzraiyim, avec une préface de H.Z. Hirschberg. Maariv (Tel-Aviv, 1974). Publié avec le concours du ministère israélien de l’Éducation, de l’Organisation sépharade mondiale et du Congrès juif mondial (CJM).

(8) « Le facteur dhimmi dans l’exode des Juifs des pays arabes » (pp. 33-60), dans Shmuel Trigano (sous la direction), L’exclusion des Juifs des pays arabes : Aux sources du conflit israélo-arabe, In Press, 2003. 399 pages. ISBN 2-84835-011-3.
Jean-Pierre Allali, Les Réfugiés échangés. Séfarades-palestiniens. Ed. Jupéa, 2007. 168 pages.
Fortunée Dwek, Nonno un juif d’Egypte. L’Harmattan, 2006. 258 pages. ISBN : 2296009131.
Moïse Rahmani, L’exode oublié. Juifs des pays arabes. Edition Raphael, 2007. 438 pages. ISBN : 2877810704.
Nathan Weinstock, Une si longue présence, Comment le monde arabe a perdu ses Juifs, 1947-1967. Plon, 2008. ISBN : 2259204937.
(9) Association des juifs originaires d’Egypte (http://www.ajoe.org) et Association historique des juifs d’Egypte (http://www.hsje.org/homepage.htm).
(10) David G. Littman est un historien et militant des droits de l’homme. Il représente l’Association pour une éducation mondiale (AWE) et l’Union mondiale pour le judaïsme libéral (WUPJ, http://wupj.org) auprès de l’ONU à Genève (Suisse). http://www.dhimmitude.org/littman-biography.html
(11) Bat Ye’or :
Le Dhimmi : profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe. Préface de Jacques Ellul. Éditions Anthropos, Paris, 1980. 335 p. (ISBN 2-7157-0352-X).
Juifs et chrétiens sous l’islam : les dhimmis face au défi intégriste. Berg international, collection « Pensée politique et sciences sociales », Paris, 1994. 420 p. (ISBN 2-900269-91-1) et collection « Pensée politique et sciences sociales », réédition, sous le nouveau titre Face au Danger Intégriste, juifs et chrétiens sous l’islam, Paris, 2004. 420 p. (ISBN 2-911289-70-6)
(12) Les chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude : VIIe-XXe siècle. Préface de Jacques Ellul. Éditions du Cerf, collection « L’histoire à vif », Paris, 1991. 529 p. ISBN 2-204-04347-8.

(13) Organisation mondiale des Juifs originaires des pays arabes à http://wojac.com/
(14) Béchir Gémayel est né dans une famille maronite en 1947, au Liban. En 1976, il crée la milice des forces libanaises au moment des viols et massacres des chrétiens vivant au Sud du Liban. Proche d’Israël, il est élu président du Liban en 1982, et quelques semaines plus tard, il est assassiné avec plusieurs membres de sa famille le 14 septembre 1982.
(15) Les chrétientés d’Orient entre jihâd et dhimmitude VIIe-XXe siècle à http://biblisem.net/historia/yeorchre.htm
(16) Le dar al-islam (maison de la soumission) se distingue du dar al-harb, composé de territoires à conquérir pour les soumettre à l’islam.
(17) Le 24 janvier 2006, à Londres, la Chambre des Communes a évoqué le « génocide oublié » des Assyriens. En 1915, les deux tiers des Assyriens vivant dans l’Empire ottoman ont été tués. Stephen Pound, membre du Parlement, a demandé la double reconnaissance par les gouvernements turc et britannique du génocide des Assyriens et des Arméniens en 1915. Il « a exhorté le gouvernement britannique à demander à l’Union européenne de faire de la reconnaissance de ce génocide la condition préalable à l’adhésion de la Turquie à l’UE. La Turquie nie ce génocide, appelé seyfo par les Assyriens, au cours duquel des personnes sont mortes de faim, de soif, sans aide médicale, violées, tuées à l’arme blanche, d’autres ont été prises comme esclaves, leurs identité et religion changées ». Source : Guysen International News, 1er février 2006.

(18) A noter le rôle de l’Alliance israélite universelle (AIU) à http://www.aiu.org/
Pour la situation des Juifs à cette époque, voir David G. Littman : « Quelques aspects de la condition de dhimmi : Juifs d’Afrique du Nord avant la colonisation », in Yod (Revue des études hébraïques et juives modernes et contemporaines, Publications orientalistes de France), octobre 1976, 3 ::22-52 (Genève, Avenir, 10 mai, 1997) ; « Les Juifs en Perse avant les Pahlevi », Les Temps Modernes, 395, juin 1979 (pp. 1910-35).

(19) Le décret Crémieux (1870) à http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/3/1/module_207.php
(20) Yves-Maxime Danan, Quelques observations sur « Les trois exils » de Benjamin Stora, 11 janvier 2007 à http://www.guysen.com/articles.php?sid=5435
(21) Le 2 avril 1941, Rashid Ali al-Gailani arrive au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat militaire soutenu par l’Allemagne nazie et le mufti de Jérusalem Amin al-Husseini. Les 1er et 2 juin 1941, à Bagdad, 200 juifs furent assassinés et 2 000 blessés. Environ 900 maisons et des centaines de magasins juifs ont été détruites. Ce pogrom est appelé le farhoud.
(22) Bat Ye’or, Eurabia : L’axe Euro-Arabe. Ed. Jean-Cyrille Godefroy, 2006. 347 pages. ISBN : 2865531899.
(23) Professeur américain de littérature à l’université Columbia de New-York, Edward Saïd (1935-2003) est l’auteur de L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (Seuil, 1980). Il est à l’origine avec le chef d’orchestre Daniel Barenboïm de l’orchestre Divan occidento-oriental.
Michel Gurfinkiel, L’ascension et la chute d’Edward Saïd, RCJ, 10 octobre 1999 à http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=5548&noCat=145&id_key=145&critere=ascension&rub=7
(24) Naissance d’une théologie chrétienne de la libération de la Palestine (p.14-p.18) et Les déchirures des chrétiens d’Orient (p.24-p.26), in L’Observatoire du monde juif, n° 6/7, juin 2003 à http://obs.monde.juif.free.fr/pdf/omj06-07.pdf
(25) Jacques Ellul (1912-1994) était un historien, théologien et sociologue français : http://www.ellul.org/ et http://www.jacques-ellul.org/
(26) Né au Kazakhstan en 1945, Robert S. Wistrich dirige le Centre international Vidal Sassoon d’étude de l’antisémitisme à l’université hébraïque de Jérusalem : http://sicsa.huji.ac.il. Muslim Anti-Semitism A Clear and Present Danger, American Jewish Committe, 2002 à http://www.ajc.org/atf/cf/%7B42D75369-D582-4380-8395-D25925B85EAF%7D/WistrichAntisemitism.pdf
Cet article a été publié le 10 janvier 2010  puis le 13 juin 2013 à l’approche de la séance Un aller sans retour : l’exil des Juifs d’Egypte au Cercle Bernard Lazare, avec Paula Jacques et Tobie Nathan, le 13 juin 2013 à 20 h 30,  dans le cadre du Festival des Cultures Juives à Paris, les 13 et 31 juillet 2013.

Publié par Véronique Chemla le 3/09/2015

Voir par ailleurs:

Stones: the ideal weapon of terror
Karni Eldad

I24news

Last Friday, the head of the Israel Defense Forces (IDF) Binyamin Brigade was ambushed by a group of Palestinians who hurled rocks at the military vehicle he was travelling in. He showed no hesitation in coming out of his car and shooting one of the terrorists dead. The IDF backed him up, as did many Knesset members and government ministers. So far so good, even if the resounding choir of support lacked the voices of the premier and the defense minister, but that’s not the main problem.

Rocks kill. When they are hurled at your car while you’re driving on a highway, you are likely to lose control and end up crashing into something, killing either yourself or passersby or fellow motorists. This was the case when the toddler Adele Biton was traveling with her mother and sisters near the city of Ariel in Samaria in March 2013. When a barrage of rocks hit the vehicle, it swerved and collided with a truck. All three girls in the car were hurt in the collision but Adele sustained critical injuries and died two years later.

This was also the case when Asher and Yonatan Palmer were murdered in September 2011 when a stone was hurled at their car from a passing vehicle. The military tribunal convicted Waal al-Araja, a member of the Palestinian security forces, of their murder.

« The method of the gang that murdered my brother was lethal, » Asher’s brother Shimon recounts. « They didn’t just stand by the road and throw stones; rather they hurled them from a moving vehicle at cars travelling in the opposite lane, so that the impact of the rock doubled. They tried this on 17 occasions, but this was their only ‘success.’ The rock smashed the windshield and hit my brother in the head. »

Every day there are between 20 to 50 incidents of Arabs hurling rocks at Jews’ cars with the sole purpose of killing them. Had they other weapons, they’d use them instead. But a stone is an ever available and legal weapon, conducive to spontaneous attacks: you can’t arrest someone for holding one. It’s the ideal weapon of terror.

Those who usually suffer, bodily or mentally, are the Judea and Samaria settlers making their way along the routes that are regularly terrorized by the Arab stone-throwers. Some of them carry guns, just like the Binyamin Brigadier. Why, then, do they not use it in the manner he did?

Because it doesn’t pay off. When we, the citizens of Israel, are clobbered with stones, the army, police and the judicial system expect us to not respond. To lower our heads and hang in there, better alive than dead though that’s immaterial as long as we don’t open fire. The message conveyed to us is that they prefer us to be right and dead.

I’ll try to explain: sometimes I get ambushed by a crowd of Arabs who pelt me with rocks (including when my small children are in the car with me). It could be on my way to the grocery store or late at night en route to a concert (I’m a musician). I have two options: shoot in the air or, should this prove ineffective, at the assailants; I could also pray and drive carefully trying not to run over any of them. If I hit someone by car or bullet I go on trial and go to jail. My gun is taken away from me, as are my family, work and freedom. Why? Cause I tried to defend my life from someone who wanted me dead.

This injustice screams to high heaven. We are afraid to protect our lives. I carry arms which I intend to use only to avoid certain death, for instance, if the car will be hit by a firebomb and I’ll be forced to flee on foot. Or if the Arabs will put up a roadblock in order to lynch the Jews driving through. Every time I hear the rocks hit the car I lower my head and think, through tears of sheer terror, what is the course of action that would result in the least amount of suffering?

Justice Minister Ayelet Shaked submitted an amendment to the law against stone-throwers. The new bill states that to convict the Arabs there is no burden of proof that they intended to cause bodily harm. But that’s not enough. I want the prime minister and the defense minister to state loud and clear that if anyone throws rocks at me, I must respond. And they should back me up in court.

Karni Eldad is a musician, married, and a mother of two, a resident of Tekoa (West Bank).

Voir enfin:

Who Is Destroying Al-Aqsa Mosque?
Mudar Zahran
Gatestone institute

December 9, 2013

Spanish
In a recent visit to Jerusalem, where I visited and prayed at Al-Aqsa, it occurred to me that perhaps we, the Arabs and Muslims, are the ones causing harm to Al-Aqsa, and not, as we claim, the Jews.
« You see these scaffoldings? They [the officials] put them up to claim maintenance work is being done in order to beg donors for money. These scaffoldings have been here for years with nothing done….The sheikh here just takes photos of them to show to donors. Look at the donation boxes here; they collect an average of one million shekels ($284,000) per month. We have no idea where that money goes…The poor and the needy never see any of it. » — Members of the Muslim security staff of Al-Aqsa Mosque
The Al-Aqsa Mosque, the third holiest site in Islam, was built on the Temple Mount — which is the holiest site in Judaism, where the Temple that was destroyed nearly 2000 years ago stood.

The Al-Aqsa Mosque has been one of the items at the center of the Arab-Israeli conflict. Almost every known Arab political organization has vowed « to liberate Al-Aqsa from the Jews. » In a recent visit to Jerusalem, where I visited and prayed at Al-Aqsa, it occurred to me that perhaps we, the Arabs and Muslims, are the ones causing harm to Al-Aqsa, and not, as we claim, the Jews.

In 1948, when the Jordanian government occupied Judea and Samaria, the Al-Aqsa Mosque was placed under the Jordanian Waqf Ministry, which oversees Islamic sites. In 1967, when Israel won the Six-Day-War and regained control over Jerusalem, it did not take control of Al-Aqsa. Instead, Israel transferred control of the mosque to the Jerusalem Islamic Waqf [trust], an independent religious body to oversee the Islamic holy sites there.

The Hashemite regime in Jordan continued to pay the salaries of the managers and the staff members of Al-Aqsa, in accord with what Jordan’s King Hussein described in 1988 as a religious duty he had inherited as the alleged descendent of the prophet Muhammad.

Israel’s responsibility has been limited to providing security and, when necessary, conducting patrols and searches. In addition, the Israeli security forces conduct a strict policy of refusing to allow non-Muslims — including Israeli Jews — into Al-Aqsa except for tourism purposes and only at certain hours of the day.

Upon entering the silver-domed mosque, one can quickly notice how neglected the mosque is, and badly in need of maintenance, with dirty walls, dust-covered ceilings and worn-out chairs, including the one on which the Imam sits. Fire equipment, tossed randomly in a heap in a corner, looks as if it has not been touched in a long time.

When they were asked about the shocking condition of the mosque, its staff members, although audio-recorded, spoke on the condition of anonymity:

« The officials themselves and the staff members are the reasons, » one of the Mosque’s Muslim security staff said. « This chaos and indifference rolls down from the senior officials here who enjoy huge salaries compared to the average staff member. »

He pointed at scaffolding stretching to the Mosque’s dome, « You see these scaffoldings? They [the officials] put them up to claim maintenance work is being done in order to beg donors for money. These scaffoldings have been there for years with nothing done… The sheikh here just takes photos of them to show to donors. « 

He points to two large donations boxes at the center of the mosque. « Look at the donation boxes here; they collect an average of one million shekels ($284,000) per month. We have no clue where that money goes…The poor and the needy never get any of it. »

At the center of Al-Aqsa, two glass cupboards exhibit tear gas shells used by the Israeli police during riots of the first Palestinian Intifada, which began in 1987. « We’ve had these since the first Intifada, » an Arab security guard said. « The managers here use these to make visitors sympathize and give donations, they are beggars’ tools, that is what they are. »

At the mosque’s washrooms where worshipers get cleansed according to Islamic precepts, graffiti on the wall states: « Sheikh Azzam Al-Khateeb has destroyed Al-Aqsa. » Al-Khateeb is the mosque’s general manager, who handles all financial and administrative affairs.

The custodians of the washrooms did not allow photos taken of the graffiti. Nonetheless, an elderly man beckoned and said: « They are slackers, we just have slackers in this place … This mess you see here is our responsibility; the wrongdoers are from us…among us… We cannot properly pray here, they [the staff] are bad people. »

When asked to name names, he refused, but said, « The wrongdoers are from our own folks, son. We are the ones who have destroyed Al-Aqsa… I have worked with the Jordanians, with the Jews, and the Palestinians, I have seen them all, and I know what is really happening. »

Another of Al-Aqsa’s custodians said: « There are no more Muslims left in the world who care for Al-Aqsa…. The money comes from Jordan not to the poor people, but just to be handed to those running it. They are all thieves. Al-Aqsa is like a plate of food that all dogs are attacking for a bite…. All of those inside the Waqf are thieves…. They all blame each other while actually they are working together. You should see the trash that mounts up here during Ramadan [when people come to visit]; the officials are not committed to their responsibility at all. All the donations and aid money paid for Al-Aqsa by Arab states do not filter here; we do not see any of it here. Jordan provides the money for salaries here, but it provides zero accountability for the staff handling the money. »

Another staff member joins the discussion: « Jordan and all Arab countries that give money to Al-Aqsa must be collecting much more donations than what they actually give out, otherwise, trust me, they wouldn’t be giving anything at all. Look at the washrooms, the government of Turkey provided $2 million dollars to fix and expand those, and then Al-Aqsa’s administration collected $2 million more in donations [for the project]…still, nothing was ever fixed or built. »

When a group of staff members having lunch was asked why Al-Aqsa was in such a poor state, one of them answered: « You should ask Azzam Al-Khatib [Al-Aqsa’s manager]; ask him why Al-Aqsa is dirty and full of flies. All Arab countries donate money for Al-Aqsa; ask Azzam Al-Khatib where does that money go?! » Another man said: « We do not even have proper loudspeakers for the worshipers to hear the Imam. Would those Jews do that to us if Al-Aqsa were under their management? »

A staff member at the nearby Dome of the Rock, where the Quran states that Prophet Muhammad ascended to the sky and met God, said: « The staff here is careless, they play a role in all of this bad state of affairs. » He added, « This is all the fault of the Jews; they are to blame for all of this. »

When asked how the Jews were responsible for the dirty walls, the worn out furniture, and the neglected facilities, he did not answer.

At the Al-Aqsa Mosque manager’s office, located within the mosque, there were no executive staff members with whom to meet. I was told no one was there.

Repeated calls to Al-Aqsa’s designated office at the Palestinian Authority Waqf Ministry, to request a comment, were never answered, not a single time.

As a practicing Muslim, I was sad to hear that those managing Al-Aqsa were more concerned with donations and their personal welfare rather than with the mosque itself.

Which prompts the question: Is Al-Aqsa is an Islamically sacred site, or is it a tool to collect donations by trying to elicit global Islamic sympathy — just a goose that lays golden eggs for its managers?

It seems that it is we Arabs and Muslims who are harming Al-Aqsa, not Israel or the Jews.

Voir enfin:

Israel, Christianity, and Islam.
The Challenge of the Future
Bat Ye’or
Danish translation: Israel, kristendom og islam. Fremtidens udfordring
First published in Midstream, February-March 2001
Source: Dhimmitude
Published on myIslam.dk: December 11, 2011

Wars of liberation in the 19th Century restored Christian sovereignty to lands in Eastern Europe that had been under Muslim dominion for centuries, leading millions of Muslim to flee to Anatolia, Syria and Palestine. And in 1948 Israel emerged in the same way, re-establishing Jewish law and culture in a land where the last sovereign was the Ottoman Empire, replaced after World War I by the British Mandate. In the view of Islamic doctrine, Israel is the same as all the other countries liberated from dhimmitude status but it also differs in that Israel is still surrounded by a wholly Muslim region and Palestinian Arabs demanding a « right of return ». The article explores the implications of this situation for the Israel-Palestinian Arab conflict.

Unlike most wars, solving the conflict in the Middle East does not only depend on the cession of land, since Israel is also the focus of age-old religions hatreds. The bigotries involved are so appalling that one avoids mentioning them, yet they still underlie the struggle.

From its beginnings, the Arab-Israeli conflict involved not only the region of the Middle East but also Europe and the Church. It was hardly on account of its wealth and territorial extent that the Holy Land became a land of hostilities, but rather because it was the place where theological extremisms confronted one another. Only there, in their ancient homeland, could the Jewish people be freed from the curse with which Christianity had afflicted them. This malediction, which had been transmitted through Christian channels to Islam, was henceforth combined within the context of jihad and associated Jews and Christians in the same condemnation. Thus, the principle of a divine curse against the Jews as a people, first conceived by the early Church Fathers in patristic writings was later adopted and reinterpreted through Islamic dogma against both Jews and Christians.

Despite the Islamic persecutions of Christians, judeophobia — common to both Christianity and Islam — has sealed the tight alliance between the Church and Islam in favor of the Palestinian cause. Thus, in the Land of Israel, the Jewish people have been confronted not only by prejudices arising from Christian doctrine but also by those arising from Islamic doctrine. The suppression of these Muslim prejudices against Jews that are generated by jihad doctrine would also imply the abolition of these same Muslim prejudices against Christians. The restoration of Israel’s rights in its Biblical homeland is opposed to a concept of allegedly accursed peoples, hated by God — condemned to humiliation for eternity until they convert.

Peace in the Middle East means equality among religions. Therefore, their historical zones of confrontation and interaction should be examined in order to understand their modern expressions.

Characteristics of the Conflict
The Israeli-Arab conflict is only one regional, limited aspect of the traditional, worldwide struggle engendered by the ideology of jihad. For over a millennium, Muslims had conquered and held lands populated by Christians and Jews on three continents: Africa, Asia, and Europe. In East Asia, they also colonized and Islamized Buddhist and Hindu empires. Caliphs and sultans administered this multitude of peoples through a juridic-political system based on interpretations of the Qur’an and the hadiths [1], which integrated the pre-Islamic laws and customs of the vanquished peoples into an Islamic conceptual structure. This system of governing subjected populations, which I have called “dhimmitude,” [2] determined the demographic, religious, and ethnic changes in the countries absorbed by jihad. The term “dhimmitude” encompasses all the aspects and complexities of a political system, whereas the word “tolerance” implies a subjective opinion. The system of dhimmitude includes the notion of tolerance, but this latter term cannot express all the interactions of political, religious, and juridical factors that, over the centuries, shaped the civilization of dhimmitude.

The jihad ideology requires that the shari’a – the law that governs the Islamic domain – be applied over all the jihad-conquered lands. In this context, the Jews formed a small minority among the non-Muslim populations, all to be targeted by the jihad ideology. Islamic law confers an identical status on Jews and Christians as the People of the Book (the Bible), while Zoroastrians and others, considered pagans, were relegated to a far worse situation and subjected to more severe oppression.

In the Islamic-Christian context, the jihad-wars of Islamization, unleashed from the seventh century and sustained for over a millennium, have again in the last decades ignited jihad fires in Lebanon, the Balkans, the Caucasus, Armenia, Sudan, Nigeria, Kashmir, the Philippines, and Indonesia. The Israeli-Arab conflict is only a recent and small component of the age-old geographic struggle that emerged from this jihad ideology. From the Islamic point of view, the position of the Jews, as with the Christians, comprises two aspects: as Jews, and as Israelis. The first concerns their legal situation as a tolerated, dhimmi religious minority in an Islamic country. The second is rooted in the complex issues involved in a dhimmi people liberating its country from the laws of jihad a system that imposes dhimmitude.

This process of liberation was manifested in all the Christian countries, where – from Portugal to the Caucasus – the laws of dhimmitude imposed by invading jihad armies on indigenous non-Muslim populations were progressively abolished. It is this common ground that imparts to these east European states, and to Israel certain similar factors that are superimposed over different characteristics. In fact, these similarities do not result from any European backing of Israel, but rather these links emerge from the Islamic doctrine that binds together Jews and Christians.

Without going into historical detail, one may recall that those European Christian lands Islamized by jihad were liberated only after centuries of bloody struggle. The process of de-Islamization began in the Middle Ages, first in Spain, Portugal, and the Mediterranean Islands; it then continued in the 18th century and throughout the whole of the 19th century in the Balkans. In Central Europe, Islamized territories had reached up to southern Poland and Hungary; in the 19th century they still encompassed Greece, Serbia, Montenegro, Bulgaria, and the semi-autonomous Romanian principalities. These wars of national liberation continued up to World War I; the recent bloody, unfinished conflicts in the Balkans are a reminder.

Common Traits
From the standpoint of Muslim dogma and law, Israel’s situation today is not very much different from these 19th century Balkan wars of liberation. Like the Israelis, those peoples also were threatened with annihilation by a jihad-war that challenged their right to separate from the dar al-Islam. As with Palestine, the Balkan territories conquered by jihad constituted a waqf in Islamic law — also called a fay land, the booty granted by Allah to the Islamic community collectively — to be managed by the caliph.

Moreover, the waqf principle is not limited to territories conquered by jihad. According to this dogma, the whole world constitutes a waqf promised by Allah to the Muslims; it is a religious duty to occupy it at an appropriate time and rule it by the shari’a law. It is this duty that imposes upon the Muslims the obligation of jihad, by which these lands – still illegally held by the infidels – “revert” to the Muslims. There lies the origin, the justification and the ideological driving force behind the jihad-wars of conquest. It is incorrect to assert that this injunction to achieve world conquest is a modern extremist interpretation by Islamist fanatics, as some contemporary political commentators assert. This interpretation has in fact constituted the basis of jihad since its principles were first elaborated by Muslim jurists and theologians in the 8th and 9th centuries. In this context, the principle of waqf land applied to Israel constitutes a tiny part of a universal, geopolitical concept. If Israel — whatever its size – is viewed as illegally established on “Arab-Muslim lands,” then also Spain, Portugal, the Balkan states, etc. may be considered as occupying former “Muslim lands”; and, likewise, all non-Muslim states are “illegal,” since they are situated on potential Muslim waqf land.

The 19th century wars of liberation restored national territorial sovereignty to east European peoples, in the same way as the Jewish people recovered a part of their Land of Israel (Palestine) in 1948. This process allowed the free development of their culture and their legal system. The rebirth of those Christian states led to the dramatic flight to Anatolia, Syria, and Palestine of millions of Muslims, whose laws had subjected the indigenous non-Muslims to the dehumanizing system of dhimmitude. It would be an absurdity in the 21st century to claim that the descendants of those populations suffered an “injustice” and had a “right of return” to Spain, Portugal, Sicily, the Balkans, and elsewhere. It would destabilize the descendants of those peoples who had suffered over the centuries under the yoke of dhimmitude.

The wars that abolished the system of dhimmitude suppressed an injustice, which any return to the previous situation would reimpose. As with these European examples, the “right of return” to the State of Israel for Palestinian Arabs — the embodiment of jihad values — would restore those same conditions leading to dhimmitude for the Jews. It should be stressed that dhimmitude implies the expropriation of indigenous people, who are relegated to dhimmi status after their land has become a Muslim waqf for the sole benefit of the Muslim community (umma). Jews and Christians are only tolerated as dhimmis, provided they submit to restrictive rules that include prohibition on land ownership in their own country.

To sum up, it may be affirmed that from an Islamic doctrinal viewpoint, Israel’s situation is identical to that of those European populations from Portugal to the Crimea, passing through Sicily and the Balkans of the Ottoman Empire, who managed to free themselves from the laws of dhimmitude — laws imposed as a result of a jihad-war and the application of the shari’a. The abolition of those laws enabled these populations to restore their national independence and their rights. The clash here is between the liberation of dhimmi people against their subjugation and death in the grip of dhimmitude.

Contrasting Aspects
Geographically speaking, Israel’s situation differs from that of the Balkan peoples, since Israel — like Lebanon, Georgia, and Armenia — is wedged into a wholly Muslim region. In other respects, even though the condition of the Jews and Christians as dhimmis is identical from the Islamic point of view, there are important differences on the theological and the political level.

Theology: On the doctrinal plane, there is convergence and fusion between the Christian doctrine that alleges a divine condemnation of the Jews to exile and degradation and the Muslim doctrine that retains the divine condemnation of the Jews to humiliation but applies it also to the Christians. For Jews, the Islamic position represented an improvement compared to Christian theology, which isolated them from the rest of humanity in a unique, demonized category. For the Christians, to be placed on the same level as the people who aroused their hate-filled contempt was severely felt by them as a further deliberate humiliation imposed on them by Islam. This resentful attitude on the part of the Christians was one factor contributing for so long to the obfuscation of the history of dhimmitude, which was the common juridical and theological condition for both Jews and Christians.

Christianity developed from Judaism. The breach of this close symbiosis was accompanied by a hostile rejection of the mother-religion. It is important to stress that the conflict between the early Byzantine church and Palestinian Jewry was fought most intensely in the Holy Land itself – where Judaism had been central since the second millennium BCE. When the Roman Empire was Christianized in the early 4th century, the patriarchate could then reimpose the Emperor Hadrian’s ban on Jews living in Jerusalem (135 CE), which, it seems, had lapsed. In the 5th century, the alliance between a church, strongly influenced by paganism, and the Byzantine state, institutionalized in law and policy the Church Fathers’ anti-Jewish dogma. It was in 5th-century North Africa that St. Augustine (d. 430), Bishop of Hippo — today Bône in Algeria — most clearly formulated the doctrine pertaining to the Jewish people: a “deicide people” condemned to exile and to wandering in servitude and degradation.

The dogma of supersession constituted the foundation of the Church’s policy toward Judaism and the de-Judaization of Jerusalem. The responsibility for upholding this dogma fell upon the Church in the Holy Land. It was this church that supervised the exclusion of Jews from Jerusalem, their humiliation, and the implementation of their persecution. Only a few years before the Arab conquest, after the brief Persian occupation and at the instigation of the Patriarch Sophronius, the Emperor Heraclius decreed the first massacre of Jews in the Byzantine Empire. It was this same patriarch who later implored the Muslim conquerors to retain one basic principle of Christian dogma: the de-Judaization of Jerusalem. Thus, it was through local Christian channels that this policy was transmitted to Islam. Conscious of being the guardians of this doctrine, the churches in the Holy Land heaped humiliation and suffering on Palestinian Jewry and upon the few allowed back in Jerusalem by the Muslim authority.

In this Christian theological context, the Zionist movement and the Balfour Declaration of 1917 fed the frenetic antisemitism that provided a fertile ground in Christian Europe for the Shoah. The Christian doctrine that condemned the Jews to wandering and to degradation was maintained unchanged until Vatican II (1963-65). Revision of the doctrine aroused passionate opposition, particularly within the Eastern Arab dhimmi Churches, mouthpieces of their patrons, the Arab League states.

Despite the efforts of religious and lay Christians who felt close to Jews and Judaism, the results of Vatican II were rather ambiguous and marked the success of the antisemitic majority in the Catholic church. They maintained a policy of delegitimizing and demonizing the State of Israel, and supported its replacement by a State of Palestine. In other words, the principle of “wandering” remained a decisive goal. Besides, the condemnation of antisemitism was not accompanied by a total rehabilitation of the Jews. This ambiguity allowed Christians to pity the misfortunes of the Jews, allegedly brought about by their own malevolent natures. [3] Indeed, the ambiguity allowed Christians in subsequent decades to reconcile compassion for Jews with the most virulent hostility toward Israelis. The transfer of the malevolent nature of the Jews to the State of Israel was steadily sustained by a tireless activism from the Palestinian church leaders allied to the PLO.

This whole process of demonizing the State of Israel was conceived of, elaborated upon, and transmitted to Europe by these Palestinian dhimmi Arab churches. The liberation of Jerusalem in 1967 exacerbated that tendency; ever since, the European populations have been flooded in the media by anti-Israeli indoctrination. [4] It is true that the proclamations of national councils of bishops in Europe expressed different, more positive opinions. Yet the anti-Zionist phobia — culminating in the 1975 antisemitic UN General Assembly’s resolution 3379 (“Determines that Zionism is a form of racism and racial discrimination”) — only began to abate when this resolution was rescinded in December 1991, after the Gulf War. When, in December 1993, the Vatican recognized Israel, it almost simultaneously recognized the Palestinian National Authority (PNA). This step left the unpleasant impression that the belated establishment of diplomatic relations with Israel needed to be balanced by recognition of the PNA.

This situation resulted from the weight of the antisemitic and pro-Islamic tendencies representing a sizeable sector of the Church. Those same currents had succeeded in imposing on Vatican II in 1965 a perfectly symmetrical position on the part of the Church in regard to both Jews and Muslims. But this symmetry caught the Church in a trap, since the relation of Christianity to the Jews was totally asymmetrical to the Church’s position toward Muslims — even being in contrast to it. The Christian dogma of supersession concerns the Jews — but not Muslims. Conversely, Islam applied this dogma to Judaism and Christianity, both of which religions, according to Islamic doctrine, were preceded and completed by Islam. The Biblical personalities mentioned in the Qur’an, who barely resemble the originals — Abraham, Moses, David, Solomon, Jesus, and others — are considered Muslims. The absence of such reasoning in Judaism concerning Christianity creates a false symmetry between Judaism and Islam.

Likewise, on an historical plane, no Christian country was ever conquered by the Jews, but Christian lands were Islamized on three continents — Africa, Asia, and Europe — and governed by the shari’a. Moreover, from its beginning, Islamic jurisprudence established and perfected a mandatory Christian status based on theology. Hence, there is an absolute absence of symmetry in the theological, juridical, political, and historical domains between Islam and Judaism in relation to the Christians. The Christian refusal to acknowledge the radical asymmetry between Judeo-Christian and Muslim-Christian relations creates confusion on the path to reconciliation. Moreover, this symmetry, which allegedly represents “justice,” does injustice to the Jews, because it denies the obvious differences between Judaism and Islam.

Despite many high-quality works by Christian theologians and thinkers — and their tireless efforts supporting a Judeo-Christian rapprochement— anti-Judaism and anti-Zionism still remain dominant forces throughout Europe. In addition, the pro-Islamic lobbies use the Jewish tragedy of the Shoah to invent a European guilt toward Palestinian Arabs and Muslim immigrants in Europe, as allegedly symmetrical to Europe’s guilt for the Shoah. Thus, not only has the Shoah been taken over for the benefit of those who otherwise deny it and want to pursue a policy for Israel demise, but the unjustified exaggeration of Christian guilt toward Islam — based on a false connection to the Jewish tragedy in Europe — reinforces antisemitism. This tactic is widespread among certain clerical groups in both the Eastern and Western “Islamized” Churches, especially in their wide support for a free Muslim immigration policy into the European Union.

Political Aspects: Generally speaking, since the 1970s, the policy of various European governments toward Israel has been manifested by hostility. This policy has combined the economic and political interests of these states with their rivalries to obtain markets in the Arab world, especially for sales of military weapons. This cynical policy has not been burdened by any scruples and has hidden its purposes under cover of “humanitarian causes” — particularly that of the Palestinian Arabs.

In this context, Israel is treated like those Christian peoples whose claims hindered the interests of the major European powers in the 19th century. State interests took precedence over any solidarity regarding humanitarian principles. In the 19th century only public opinion obliged the powers to intervene belatedly to curtail the massacres of Christians during the course of the many rebellious struggles in the Balkans. Later in the century, the Armenians were abandoned, since no European power, even Russia, had an interest in destabilizing Turkey.

After World War I, France and Great Britain sacrificed the claims of the Armenians and the Assyro-Chaldeans (in Iraq) in favor of a pro-Muslim policy. Half a century later, the destruction of the Christian political structures in Lebanon by the Muslim-Palestinian alliance left Europe and America generally indifferent. This Christian tragedy earned no more than shameful silence from most European intellectuals and in the media — particularly from all those who showed compassion for the Arab Palestinians, day after day, for decades. This observation applies equally to the victims in East Timor and the Moluccas as well as to the Sudanese African Christians and animists, who for years have undergone a jihad-war and enslavement by northern Arab Muslims without much protest from the European Union. This silence was all the more striking in that it contrasted with the massive media campaign on behalf of the Muslims in Bosnia, in Kosovo, and later in Chechnya. Today, the genocide of Christians in Indonesia is hardly mentioned in the press.

Furthermore, the various forms of discrimination suffered more and more by Christians in Muslim countries have rarely aroused a media campaign or consistent interest from major humanitarian organizations. One could therefore place Europe’s anti-Zionist option in the category of general political cynicism. This raises the question of what political criteria determine the media’s “selection” of information — is it criteria operating either through omission, disinformation, systematic neglect (Algeria, Sudan, Nigeria, East Timor, the Moluccas, the Philippines, etc.), and/or directly related to economic and geostrategic interests?

Hence, in its relations with the Muslim world, the West applies a similar policy to Christians and Jews alike. One should also stress — and it is of major importance — the totally different policy of the Turks from that of the Arabs toward former dhimmi populations. The Ottomans in the 19th century and Turkey in the 20th century received and settled millions of Muslim refugees, and both made peace with their former subjugated peoples. With the exception of Jordan (77 percent of the former League of Nations Palestine Mandate), 20 states comprising the Arab League, despite covering immense territories — 10 percent of the earth’s surface — refused to welcome, settle, and grant citizenship to their Palestinian Arab kin; only Egypt and Jordan have recognized Israel’s de jure existence.

The Short-Term Policy of Economic Interests
European democracies are governed by parties whose representatives dispose of little time to apply their policies, which are based mainly on economic and social improvement. As a rule, the aims of democracies are short term issues. This situation does not exist in Third World dictatorships — like Syria, Iraq, and Libya, for example — whose dictators-for-life plan long-term ideological policies. Experts usually claim that economic development is an essential factor toward achieving peace and the suppression of hatred and prejudice. This claim is belied by the situation in Saudi Arabia, one of the richest countries in the world, where the prejudices toward women and non-Muslims have barely changed over the centuries. Moreover, such generalizations neglect significant civilizational differences, whereby some societies bestow prestige on a religious-inspired warlike strategy of world conquest over any current economic considerations. In the jihad-civilization, peace is only an interval between a continuation of hostilities.

The overlapping of the two domains, the economic and the political, has fostered Europe’s — especially France’s —Arab policy; in the years ahead, this policy will develop significant political and cultural changes in Europe. In particular, one may point to wide divergences concerning the status of women, polygamy, and the integration of some shari’a rules into the European juridical system, as demanded by millions of the recent Muslim immigrants to Europe. The European Union’s Arab policy is rooted in a planned political project, which aims at creating a Euro-Arab economic and geostrategic continent conceived as a counterbalance to American influence. It implies the fusion of North-South populations and the intensification of European economic interests in the Arab and Muslim world. Since the 1960s, a European immigration policy has been developed within this economic-strategic context.

This Euro-Mediterranean, North-South project had as its utopian model the “Andalusian paradise” of a perfect Muslim-Christian symbiosis. This foundation myth served to consolidate the Euro-Arab alliance and to project the responsibility for the current discrimination undergone by Christians in Muslim countries onto Israel’s intransigence. The European Union refuses to denounce Islamic religious prejudices, preferring to expiate its impotent frustration on Israel. Yet it is obvious that the discrimination in question is rooted in the laws of the shari’a. This mythical Andalusian paradise would be reborn — it is often claimed since the 1970s — if only a democratic Arab Palestine were to replace Israel. Here it is important to point out that this Andalusian multicultural paradise is a political myth. In reality, female Christian slaves taken in continuous border raids filled the Andalusian harems, and the Muslim state’s power was based on armed forces made up of thousands of Islamized Christian male slaves, while all non-Muslims remained dhimmis. They were governed by rulers who enforced the rigorous Malikite Islamic rite. Andalusia — a typical example of a jihad orientated country — was constantly agitated by Christian insurrections, while all traces of Christianity in Muslim conquered Spain were eliminated from the 13th century until the Reconquista in the 16th century.

Palestinianism: the Dhimmi Palestinian-Christian Contribution in the Context of the Euro-Israel-Arab Relationship
The contribution of the Palestinian Arab Christians in this context is considerable in three areas of policy: (1) Muslim immigration into Europe; (2) the ongoing destruction of Christianity in the Arab and the larger Muslim world; (3) growing European anti-Zionism.

The theme of Muslim-Christian symbiosis, a “golden age” preceding the advent of “Sin” — personified by the State of Israel — replaced history by myth. This theme, which forms one of the principles of Arab nationalism, was propagated especially after the 1920s. It embodied in the Levant, and especially in Mandatory Palestine, a policy of Muslim-Christian collaboration against Zionism. After 1948, this myth formed the weapon justifying the elimination of the Jewish state. [5] It provided a strategy absolving the Arab world of any guilt, Israel being held responsible for the sufferings of the Christians in the region. This connivance allowed trade between the West and the Arab-Muslim world without hindrance. It reinforced the anti-Zionist campaign and curbed the Judeo-Christian rapprochement. [6] However, this policy, as practiced by Palestinian Arab Christians, both lay and clergy, does not represent all Christian opinions. The success of this propaganda in Europe since the 1960s — totally disproportionate to the demographic importance of the Palestinian Arab Christians, well under 5 percent of the total Palestinian Arab population — results from alliance with antisemitic lobbies. Today, these same Christians are faced with the progress of the Hamas movement in the areas now under Arafat’s administration.

Arab immigration into Europe had been planned and encouraged from the early 1960s on by European politicians and their Arabist advisors. It continued the pro-Arab, pro-Muslim policy maintained by European powers and Church hierarchies since the beginning of the century. In the 1960s, the overtures to other religions announced after Vatican II represented a generous innovation that broke with the prejudices of the past. Concerning the Jews, however, the policy of rapprochement with Judaism was counterbalanced by anti-Zionism, and the defence of Palestinian interests. Thus, the condemnation of antisemitism went hand-in-hand with the propagation of anti-Zionism. The unilateral commitment of the Vatican and many Protestant churches to the advocacy of the Palestinian-Arab cause sustained the Christian theology of supersession that had delegitimized the State of Israel.

After Vatican II, and at the instigation of the Palestinian churches, Catholic and Protestant theological bodies reinforced their dialogue with Islam. [7] Rapprochement with Judaism was overshadowed by Christian interests in the Muslim world and the adamant opposition of Arab churches. These dhimmi churches function solely within the conceptual universe of dhimmitude, which they have perpetuated for 13 centuries. Their survival is linked to their promotion of Muslim interests, the “service” of the dhimmis to Islam.

“Palestinianism” has sidelined the history of dhimmitude and prevented its critical examination. The knowledge of these realities would have encouraged the desacralization of the traditional Muslim prejudices concerning the People of the Book. Such a step would have led to a Muslim aggiornamento. But the Muslim-Christian symbiosis, which was to be accomplished in a future democratic Palestine — on Israel’s demise — became a dogmatic axiom. It prevented any knowledge of the history and of critical reflection about Muslim-Christian relations in the context of jihad and dhimmitude — the concepts that were at the very foundation of these relations. The prohibition on challenging this Muslim-Christian symbiosis imposed a taboo on the deteriorating conditions of Christian communities in Muslim countries. [8] As Israel was labeled the “Evil” in order to maintain the Euro-Muslim alliance, this general silence also contributed to a worsening of their own situation, inducing an irreversible Christian movement of conversion to Islam and a massive emigration from Arab-Muslim countries to the West. [9]

For both commercial and theological motives, holding Israel guilty for the deterioration of the condition of the Christians in the Arab world is still a common practice. This response forms part of a continuing tradition of triangular relations between Jews, Christians, and Muslims in the context of dhimmitude. In the past, persecuted by Muslims and powerless to avenge themselves upon their persecutors, Christians often took out their frustration by attacking Jews. The persecution of Jews in medieval Europe was often a Christian reaction to Muslim persecutions suffered by Christians in Spain and the Levant. The modern indictment of the State of Israel forms part of this tradition. Not daring to confront the Arab world, for fear of losing their markets, European politicians take revenge on Israel for their own impotence. However, it is obvious that it is the shari’a laws, unrelated to Israel, that limit the rights of Christians in Arab countries, and the discrimination and attacks they suffer there express traditional Islamic prejudices.

The Palestinian Arab cause was an essential and fundamental element in Europe’s anti-Zionism. The Christian dogma of the Jews as a “deicide people” was often revitalized by the presentation of a Muslim-Christian Palestine “crucified” by the Jewish state. As recently as 11 December 2000 — two weeks before the Christmas Jubilee — a new Palestinian daily, Intifada, displayed on half of its front page a provocative caricature showing a crucified young woman with the name “Palestine” above her head. Blood spurts from her martyred body onto a trio of caricatured Jews looking up at the crucified woman meant to represent Jesus/Palestine. Three days later, Intifada provided another message in the design of a massive cross, this time without the crucifixion scene, but with a prayer addressed to “My Lord the Betrayed — betrayed by the contemptible treasonable kiss,” and ending: “O Son of the Virgin, they cannot overcome you twice.” [10]

Pressed by the Arab states, the Palestinian dhimmi churches torpedoed the Judeo-Christian rapprochement in Europe. As the heirs and guardians of an age-old tradition of debasing, even of murdering, Jews in their homeland, they loudly justified the PLO international campaign of terrorism. The political struggle against Israel prolonged and updated the theological struggle.

This phenomenon is unrelated to legitimate criticism of some aspects of Israeli policy, as is normal for any state. Rather, it derives from the compulsive urge to hate and defame. Deicidal allusions, ritual murder and world conspiracy accusations, supersessionist theology and negationism of the Shoah are constantly recycled in the Muslim-Christian media of the Middle East, including the Palestinian, while the European Union continues to finance the PNA’s educational system, which even omits Israel’s existence on maps.

Thus, as Europeans become reconciled with the Jewish communities in the EU countries — negligible populations that survived a European genocide — anti-Zionism projects all its traditional prejudices onto the State of Israel, which has come to embody the malevolent nature of Judaism itself. It is true that the religious catechisms have been expurgated, but every day the teaching of contempt echoes in another register. The more antisemitism is condemned, the more anti-Zionism is unleashed by a sort of mimicry. This recycling of old hatreds projects onto the victims the crimes of their oppressors. The more Israel’s Christian friends try to modify Church doctrine, the more support for Palestinianism and Palestinian-Arab supersessionism is reinforced. Arab-Palestine is seen as the heir to Biblical Israel and the root of Christianity itself. The negation of Israel identity and history has enhanced the purity of the replacement theology.

It is not by coincidence that anti-Zionism has grown to such proportions in Europe, in that same continent where the Shoah was perpetrated. For decades, in some countries, Nazi collaborators and sympathizers were to be found in senior places of power within the state, high finance, and the media. Efforts to judge those responsible have often been blocked. Only Germany, under an international obligation to do so, has courageously undertaken a critical examination of its own past. By championing the Palestinian Arab cause, European antisemitism has absolved itself removing the stain of guilt and projecting it, with a vengeance, onto the Jews by demonizing and “nazifying” Israel.

It is not easy to estimate the strength of political European antisemitism today, bearing in mind the objections to publish pro-Zionist opinions in the national presses. Indeed, it is certain that the success of anti-Zionism can only be explained by the occult, or overtly political, support it receives at the highest political and religious level. Nonetheless, the Catholic encyclical Nostra Aetate (1965), the tireless struggle against antisemitism by many Catholic and Protestant theologians, the Vatican’s recognition of Israel, and the desire to deepen and maintain the Judeo-Christian rapprochement — as exemplified by Pope John Paul II’s pilgrimage to Israel in March 2000 — have created new forms of behavior. The secularization of Western societies and increasing individualism have developed the most varied range of opinions among al sectors of the population. Without a constant media-pounding as in recent years — strengthened from October 2000 with the second intifada — it would be difficult to discern a consensus of European public opinion, although the tendencies and policies of the European Union are clear. Some indicators for the future trends may be seen in: (1) the violently hostile reactions to the 1996 election of Binyamin Netanyahu as prime minister; (2) the explicit boycott by the European Community of the third millennium Jerusalem celebration (a denial of its Jewish Biblical history); (3) the refusal to recognize West Jerusalem as the capital of the State of Israel (a symbolic reminder of the prohibition of Jewish sovereignty in Jerusalem); (4) praise for Ehud Baraks so long as Palestinian demands were constantly satisfied in the “peace process”; (5) the anti-Israeli war propaganda in the media after Arafat launched Intifada II; (6) the almost universal hostility to Ariel Sharon’s election; (7) the growing tendency to root Christianity in Arab Palestinianism.

The end of Judeo-Christianity?
Is the road toward “Palestinian Liberation Theology” leading to a total divorce between the two religions? The rejection of its Jewish roots has constituted a permanent movement in the Church. This problem appears clearly at two levels. The first has led to the elimination of the Jews, justified by their demonization. As many Christians have so well understood, the Shoah and the Nazi return to paganism sounded Christianity’s death knell. In other words, the executioner perishes spiritually in the death of his victim.

The second level appears in a process of de-Christianization, through hatred of a Jewish essence and spirituality structuring and sustaining Christian thought. The total expulsion of Judaism from the Christian consciousness is taking place through the elaboration of a theology seeking to de-Judaize the Bible, including the New Testament. It has already been expressed in Europe through the “Palestinization” of the Bible — that is, in its de-Judaization. [11]

Palestinian Liberation Theology thus forms part of this historical movement to eliminate Judaism from Christianity. Jesus is no longer considered to be a Jew born in Judea but an Arab from Palestine —so too his mother, his family, his disciples, and the apostles. This travesty would seem childish if it did not actually express an implicit desire to expel Judaism totally from Christianity and to usurp its heritage through Muslim-Christian Palestinianism.

The de-Judaization of Christianity proceeds from a self-destructive dynamic and an impossibility to reconcile the hatred for Jews with the Jewish origin of Christianity. This hatred is particularly virulent in the historic Palestinian paganized churches — in the Land of Israel itself— and explains this new avatar of the theology of supersession. The filial relationship between Judaism and Christianity is unacceptable and scandalous for Christian Arabs steeped in anti-Judaism. It is out of this conflict between a Christianity born of Judaism and its rejection of Judaism that arise “the Bible problems” of the Palestinian Christians. The current attempts to detach the New Testament from the First by de-Judaizing Jesus, and his disciples and apostles (through their Palestinization, Arabization, or even Islamization), fall within the scope of this controversy.

Yet the positive change in Vatican policy toward Israel as well as the Judeo-Christian rapprochement undermine the traditional judeophobic dogmas of the Syrian-Palestinian churches. These churches are now confronted by a revision of theology that removes them from the role of Israel’s victims, which they enjoyed and widely proclaimed throughout the world, and places them in the role of persecutors of the Jewish people in its ancient homeland for nearly two millennia. And this role — for which they have not yet atoned — excludes them from assuming the position of the arbiters of “justice” in relation to the Jews and Israel.

The de-Judaization of the Gospels, and of all the Biblical texts, indicates an incapacity to reconcile Judaism with Christianity in a church that first endeavored to bring Jewish ethics to the pagan world. The pagan deviation — represented by judeophobia as manifested in Communism and Nazism — became the greatest digger of Christianity’s grave. Today, this same judeophobic tendency is reappearing in the Arabization of the Gospels, and a drift toward Islamizing Christian theology. It is difficult to know whether this step results from judeophobia itself or from the intolerance of the Islamic environment (which rejects Judaism and Christianity in the same way, hence the Islamization of the Arab dhimmi churches in their quest for toleration). Be that as it may, this trend, which is currently being relentlessly propagated in Europe by a pro-Islamic, judeophobic, Christian clergy, forms part of those constant surrenders arising out of the dhimmi mentality

Making due allowance for historical differences, the situation after the Shoah is somewhat reminiscent of that which prevailed in the Orient on the eve of Islam’s rise in the 7th century and the subsequent collapse of empires. The massacres of Jews by the Byzantine Emperor Heraclius at the instigation of the Palestinian clergy was followed a few years later by the Arab conquest and the Islamization of large areas of Eastern Christendom. The latter was facilitated by virulent anti-Judaism and bloody doctrinal conflicts among the churches, an alliance between the Christians and the Muslims against the Jews and against each other, a spiritual void, and corruption among the leaders of both Church and State.

History — Why Bother?
One often hears that history is superfluous. The truth is that history becomes a snare for those who forget it and for those who get bogged down in it and try to revive it today at all costs. The liberating dimension of history can only develop through the relativization of conflicting truths and through the resolve not to revive history but to invent a future. Yet, a knowledge of history is essential for inventing the future. Forgetting history leads one to fall fatally into its pitfalls.

The tragic developments in Lebanon since the mid 1970s may well have been programmed by the political options that were adopted at the beginning of the 20th century. [12] Likewise, the restoration of the State of Israel represented the outcome of a long process. Europe in 20 or 30 years will have been transformed by policies that were decided in the 1960s and 1970s. Thus history constantly projects itself into the future; it is not an insignificant element of the past but an active catalyst of our present and our future.

History ought to lead us to reflect upon the ways out of history in order to resolve conflicts through policies of peace and reconciliation. Such policies deal with strategic aspects: territories and borders — but with ideologies too. The peace that seemed to be taking shape between Israel and its Arab neighbors, including the Palestinian Arabs, implied a total modification of mentalities. Yet the Arabization of Biblical geography and history perpetuates within the Palestinian dhimmi churches the old theology of supersession; they seem condemned either to endless hostility or to an Islamization that underlies the self-proclaimed Palestinian Arabness of their origins.

But peace also means recognizing the Other in respect of his being. Peace must put an end to negationist substitutions, perverse forms of a fundamental rejection of human diversity. For Palestinian Arabs, peace means accepting Israel’s legitimacy — de jure, and not by tolerance — as well as Israel’s history in its ancestral homeland. And for Israel, peace also means recognizing that Christianity and Islam are universal religions, whose contributions to civilization are fundamental. Peace means accepting and respecting their legitimacy within the State of Israel. The liberation of the Jews in the Land of Israel from the Christian theological curse and from Islamic dhimmitude would abolish for all peoples the concept of divine hatred and divine condemnation.

Ending this history of conflict means approaching one another with equal respect. Then peace among religions, peace among men and women, can radiate from Israel and the Middle East throughout the world, eliminating the darkness of fanaticism. For the restoration of the State of Israel — its acceptance by the Nations with its capital Jerusalem — rejects the concept of a people, collectively cursed, excluded from divine love, and dispossessed by replacement theologies. In that way, the atonement for this greatest injustice also bears within it the reconciliation between Jews, Christians, and Muslims.

Notes:
1. Sayings or acts attributed to the Prophet Muhammad that are considered normative and obligatory. Compiled in manuals of Islamic jurisprudence, they form — with the Qur’an — the foundation of Islamic law, the shari’a. According to Muslim doctrine, the Qur’an, hadith and the shari’a are expressions of the divine will, hence their character as a sacred norm that cannot be violated.

2. “Dhimmitude”: from the word dhimmi— the condition attributed by the Islamic conquerors to the non-Muslim populations vanquished by jihad. It means “protected,” since these indigenous, non-Muslim peoples were theoretically protected from death or slavery if they submitted to Islamic rules. For an historical overview, see The Decline of Eastern Christianity under Islam. From Jihad to Dhimmitude. Dhimmitude permeates Muslim religious perceptions of Jews and Christians, and some of its rules are still applicable today, either mildly or strictly, in several Muslim countries. For an analysis of what I call the “civilisations of dhimmitude,” see my forthcoming book, Islam and Dhimmitude. Where Civilizations Collide. Translated by Miriam Kochan and David Littman. Cranbury, NJ/London: Fairleigh Dickinson University Press/Associated University Presses, 2001.

3. The late Abbé Youakim Moubarac, a Syrian Catholic priest, and Secretary-General of the Council of Catholic Patriarchs of the Orient, became the most virulent protagonist of this thesis. See his, L’Islam et le Dialogue Islamo-Chrétien. Pentalogie Islamo-Chrétienne, 5 vols. Beyrouth: Edition du Cénacle Libanais, 1972-1973, vol. 3 (L’Islam et le Dialogue Islamo-Chrétien), pp. 155-170. Father Moubarac’s theses are described in my new book, as well as those of Canon Naim Stifan Ateek and Bishop Kenneth Cragg, a former Anglican Deputy Bishop of Jerusalem.

4. Within a week of the beginning of the al-Aqsa intifada in October 2000, under the auspices of the Jerusalem Patriarch Michael Sabbah, the Chancellor of the Latin Patriarchate, Father Raed Awad Abusahlia, seized the occasion to begin a pernicious anti-Israel campaign by the publication of 12-page “messages” twice a week, through his Olive Branch from Jerusalem. They aimed at persuading Western churches and groups to influence their governments in favor of the Palestinian cause, and to exert maximum pressure on Israel. This “service’ is discussed in the conclusion to Islam and Dhimmitude.

5. For this symbiosis, see Robert Brenton Betts in Christians in the Arab World. A Political Study. London: SPCK, 1979, pp. 226-227. This “golden age” myth was regularly expressed by Arab politicians and clergymen; e.g., by Moubarac, who quotes the then Syrian Patriarch Sayegh, in his Pentalogie vol. 4 (Les Chrétiens et le monde arabe), p. 64, and vol. 5 (Palestine et Arabité), p. 139.

6. The Arab League strongly opposed the movement for Jewish-Christian reconciliation by insisting — through the Eastern dhimmi churches — on maintaining the “deicide people” accusation.

7. Moubarac gives details in his Pentalogie, vol. 5, p. 28.

8. Michel Hayek, a Lebanese Maronite priest declared: “Why not admit clearly — so as to break a taboo and a political proscription — what is so resented in the flesh and in the Christian conscience: that Islam has been the most dreadful torment that ever befell the Church. Christian sensibility has remained traumatized to this day.” (In “Nouvelles approches de l’Islam,” Les Conferences du Cénacle, Beyrouth, 1968, n. 970, XXII année; English translation from Bat Ye’or, Islam and Dhimmitude)

9. See Middle East Quarterly, vol. 8, no. 1, Winter 2001. The entire issue is devoted to “Disappearing Christians of the Middle East.”

10. A long spear transfixes the woman’s body and the cross, its protruding point embossed with a star of David, and an American flag at the shaft end. (Palestinian Media Watch, pmw@netvision.net.il, 13 and 15 Dec. 2000) At Easter 1997, in a mock Passion Play, three Arab Palestinians had themselves bound to crosses at Har Homa overlooking Jerusalem, with the inscription: “The Crucifixion of the Peace Process, of Jerusalem, and of Bethlehem.” The Palestinian poet Mahmoud Darwish — probably assisted by Christians — often exploits the traditional Christological anti-Jewish themes of the crucifixion.

11. Moubarac proposes to “débiblioniser” (“de-Bible-ize”) the Bible, in his Pentalogie, vol. 3, pp. 124-25. This theme is discussed in Islam and Dhimmitude.

12. Walid Phares, Lebanese Christian Nationalism. The Rise and Fall of an Ethnic Resistance. Boulder, Co./London: Lynne Rienner, 1995.

Bat Ye’or, meaning « daughter of the Nile », is a pseudonym of Gisèle Littman, née Orebi.

Bat Ye’or was born into a Jewish family in Cairo, Egypt. She and her parents left Egypt in 1957 after the Suez War of 1956, arriving in London as stateless refugees. In 1958 she attended the Institute of Archaeology at University College, London, and moved to Switzerland in 1960 to continue her studies at the University of Geneva, but never finished her master’s degree and has never held an academic position.

She described her experiences in the following manner:

I had witnessed the destruction, in a few short years, of a vibrant Jewish community living in Egypt for over 2,600 years and which had existed from the time of Jeremiah the Prophet. I saw the disintegration and flight of families, dispossessed and humiliated, the destruction of their synagogues, the bombing of the Jewish quarters and the terrorizing of a peaceful population. I have personally experienced the hardships of exile, the misery of statelessness – and I wanted to get to the root cause of all this. I wanted to understand why the Jews from Arab countries, nearly a million, had shared my experience.
She was married to the British historian and human rights advocate David Littman from September 1959 until his death in May 2012. Many of her publications and works were in collaboration with Littman. Her British citizenship dates from her marriage. They moved to Switzerland in 1960 and together had three children.

She has provided briefings to the United Nations and the U.S. Congress and has given talks at major universities such as Georgetown, Brown, Yale, Brandeis, and Columbia.

She is the author of eight books, including …
The Dhimmi: Jews and Christians Under Islam (French: 1980, English: 1985).
The Decline of Eastern Christianity: From Jihad to Dhimmitude (French: 1991, English: 1996),
Islam and Dhimmitude: Where Civilizations Collide (2001),
Eurabia: The Euro-Arab Axis (2005),
Europe, Globalization, and the Coming Universal Caliphate (2011)
Understanding Dhimmitude (2013)

Source: Wikipedia

Voir enfin:

Antisémitisme musulman : le temps de le voir en face
International
16 avril 2015

On se souvient encore du « pavé dans la mare » à scandales, orchestré par les médias français, qui a accompagné la « petite phrase » de Roger Cukierman, le 23 février 2015, lorsqu’il a osé « appeler un chat un chat » et affirmer, à la veille du Dîner du CRIF, que les crimes et délits antisémites, en France sont le fait de jeunes Musulmans… « même si ceux-ci ne représentent qu’une minorité des membres de cette confession ». Partant de là, il est temps que les études disponibles sur le sujet, accompagnées de la modération et des nuances indispensables à traiter ce sujet sensible, deviennent abordables par un plus large public. En février 2013, nous avions republié un entretien réalisé par Manfred Gerstenfeld, avec le sociologue allemand Gunther Jikeli. Plusieurs autres études qui corroborent ces résultats sont disponibles, le plus souvent à l’étranger : Belgique, Hollande, Etats-Unis, Grande-Bretagne : la réalité de l’antisémitisme chez les jeunes musulmans reste un tabou, dans l’hexagone. On ne peut pas traiter un mal qu’on choisit ou préfère feindre de nier.

L’antisémitisme des jeunes musulmans : complexité d’un sujet, début d’une étude

« Si tous les musulmans sont loin d’être antisémites, il y a un niveau élevé de préjugés antisémites chez beaucoup de musulmans. »

C’est avec la prudence du chercheur que Gunther Jikeli a abordé dans le cadre d’un séminaire du CNRS l’objet de sa thèse et son livre « European Muslim Antisemitism. Why Young Urban Males Say they Don’t Like Jews » [L’Antisémitisme musulman en Europe : pourquoi les jeunes des Cités disent qu’ils n’aiment pas les Juifs].

La population se disant musulmane en Europe, évaluée de 15 à 20 millions d’habitants, majoritairement concentrée dans trois pays, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, présente les visages multiples d’un Islam très diversifié. Pourtant, dans ces pays, les sondages (Pew, Fondapol, WZD…) montrent en constance un niveau de préjugé de 2 à 5 fois plus élevé dans la population musulmane que dans le reste de la population. Ces niveaux seraient également corrélés à la religiosité et au fondamentalisme. Egalement, les actes antisémites commis par des personnes se réclamant de l’Islam seraient de plus de 50% en France, tandis que « seulement » de 30 à 35% en Angleterre et moins encore en Allemagne. Convergence d’un niveau plus élevé de préjugés chez les jeunes musulmans, différences dans le volume de ces préjugés et les passages à l’acte selon les pays européens: des phénomènes dont les causes mériteraient de continuer à faire l’objet d’étude.

D’où viennent alors les préjugés antisémites chez les musulmans?

Gunther Jikeli identifie quatre types de préjugés antisémites chez les musulmans : des préjugés classiques (théorie du complot), des opinions négatives révélées par le conflit israélo-palestinien mais s’appuyant sur des préjugés antérieurs (les juifs tuent des enfants), des préjugés directement liés à l’identité musulmane (« les juifs sont nos ennemis ») et enfin, encore plus grave, une haine ne faisant pas l’objet de rationalisation, inscrite parfois même dans la langue, où le mot « juif » est une insulte.

Note positive, Gunther Jikeli a également découvert dans son étude une autre partie de la population musulmane,  les « anti-antisémites », qui s’opposent à l’antisémitisme de leur coreligionnaire. Là aussi les causes de cet « anti-antisémitisme » sont diversifiées : propension à la critique des identités collectives, défense intellectualisée des droits de l’homme ou simplement conscience que « tout mettre sur le dos des juifs, c’est facile ou ringard », voire liens personnels avec des juifs qui amènent à la contestation. On se souviendra par exemple du témoignage d’Abdelghani Merah le frère de Mohammed Merah dans l’opposition aux préjugés antisémites dans sa propre famille.

De nombreuses questions nécessitant plus d’études ont été abordées dans ce séminaire, notamment sur l’aspect générationnel de cet antisémitisme. Est-il devenu une norme, voire une norme linguistique, qui n’existait pas une génération avant ?

Une discussion a eu lieu également sur le caractère « européen » des préjugés antisémites portés aujourd’hui par de jeunes musulmans. L’accusation selon laquelle les juifs tuent des enfants, devenue « les juifs tuent les enfants palestiniens » s’inscrit en effet dans la filiation d’un préjugé chrétien.

Complexité d’un sujet, première étude à lire, par Gunther Jikeli : “Muslim Antisemitism in France and Western Europe”  « European Muslim Antisemitism » (Indiana University Press)http://www.iupress.indiana.edu/product_info.php?products_id=807417
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Mythes et réalité de l’Antisémitisme musulman en Europe

Manfred Gerstenfeld accueille Günther Jikeli

Entretien réalisé et publié le : 4 février 2013 sur Jforum.

“L’antisémitisme, répandu parmi les jeunes musulmans en Europe, possède des caractéristiques spécifiques qui le distinguent de la haine des Juifs présente au sein de la population générale, dans les sociétés qui les environnent.

Pourtant, il existe aussi des points communs.

De nombreuses affirmations passe-partout, concernant l’origine de l’antisémitisme musulman en Europe, sont sans fondement.

Il n’existe, notamment, aucune preuve que cette attitude haineuse soit fortement influencée par la discrimination que les jeunes musulmans eux-mêmes subissent dans les sociétés occidentales.

“J’ai mené 117 entretiens auprès de jeunes musulmans, dont la moyenne d’âge était de 19 ans, à Paris, Berlin et Londres. La majorité a fait part de certains sentiments antisémites, avec plus ou moins de virulence.

Ils expriment ouvertement leurs points de vue négatifs envers les Juifs.

C’est souvent dit avec agressivité et parfois, ces prises de positions incluent des intentions de commettre des actes antisémites ».

Günther Jikeli

Le Dr Günther Jikeli est un chercheur non-Juif travaillant sur les questions d’antisémitisme au Centre Kantor de l’Université de Tel Aviv et il a été lauréat du Prix Raul Wallenberg.

Il a obtenu son Doctorat, au Centre de Recherche sur l’Antisémitisme de Berlin, en 2011.

De 2011 à 2012, il a été Conseiller de l’OSCE-ODIHR (Office des Institutions Démocratiques et des Droits de l’Homme) sur les sujets de lutte contre l’antisémitisme.

Son livre rédigé en allemand, expose le fruit de ses recherches.

Son titre peut être traduit par : «L’Antisémitisme et autres Observations sur la Discrimination, parmi les Jeunes Musulmans en Europe-1»- (anglais : «Anti-Semitism and Observations on Discrimination among Young Muslims in Europe»).

“Beaucoup de jeunes auprès desquels j’ai enquêté ont exprimé des stéréotypes antisémites « traditionnels ».

Les théories de la Conspiration et les stéréotypes qui associent les Juifs à l’argent sont les plus fréquents.

Les Juifs sont souvent réputés comme riches et avares.

Ils ont aussi fréquemment perçus comme formant une même entité ayant, parce que Juifs, un intérêt commun malfaisant.

Ces stéréotypes archétypaux renforcent une image négative et potentiellement menaçante « des Juifs », dans la mentalité de ces jeunes.

“Habituellement, ils ne différencient absolument pas les Juifs des Israéliens.

Ils utilisent leur perception du conflit au Moyen-Orient comme une justification de leur attitude globalement hostile envers les Juifs, y compris, bien sûr, envers les Juifs allemands, français et britanniques.

Ils proclament souvent que les Juifs ont volé les terres des Arabes Palestiniens ou, alternativement, des Musulmans.

C’est une assertion essentielle, pour eux, qui leur suffit à délégitimer l’Etat d’Israël, en tant que tel.

L’expression « Les Juifs tuent des enfants » est aussi fréquemment entendue.

C’est un argument qui sert de clé de voûte pour renforcer leur opinion qu’Israël est fondamentalement malfaisant.

Puisqu’ils ne font aucune distinction entre les Israéliens et les Juifs en général, cela devient une preuve supplémentaire du « caractère foncièrement cruel » des Juifs.

Et c’est aussi ce qui les rend particulièrement émotifs.

“L’hypothèse d’une hostilité générale, et même éternelle entre les Musulmans (ou Arabes) et les Juifs est très répandue.

C’est souvent exprimé dans des déclarations telles que : « Les Musulmans et les Juifs sont ennemis », ou, par conséquent :

« Les Arabes détestent les Juifs ».

Cela rend très difficile, pour des jeunes qui s’identifient fortement comme Musulmans ou Arabes, de prendre leurs distances à l’encontre d’une telle vision.

“Nous savons que l’antisémitisme n’est jamais rationnel.

Pourtant, certains jeunes musulmans n’essaient même pas de justifier leur attitude.

Pour eux, si quelqu’un est Juif, c’est une raison suffisante pour qu’il suscite leur répugnance.

Des déclarations formulées par les enquêtés, il ressort que les attitudes négatives envers les Juifs sont la norme au sein de leur environnement social.

Il est effrayant de constater qu’un grand nombre d’entre eux expriment le désir d’attaquer physiquement les Juifs, lorsqu’ils en rencontrent dans leurs quartiers.

“Certains d’entre eux racontent les actes antisémites commis dans leur environnement, et dont les auteurs n’ont jamais été pris.

Plusieurs interviewés approuvent ces agressions.

Parfaitement au courant du fait que d’autres, issus de leur milieu d’origine sociale, religieuse et ethnique, s’en prennent à des Juifs, ne font pas l’objet d’arrestation et n’ont pas clairement été condamnés, ne fait que renforcer la normalisation de la violence contre les Juifs dans leurs cercles de relations ».

Jikeli ajoute : “Les différences entre les enquêtés des trois pays, concernant leurs points de vue antisémites, restent, de façon surprenante, extrêmement ténues.

On perçoit quelques divergences dans leur argumentation.

Les Musulmans allemands mentionnent que les Juifs contrôlent les médias et les manipulent dans l’unique but de dissimuler les supposées « atrocités » d’Israël.

En France, les interviewés disent souvent que les Juifs jouent un rôle prédominant dans les médias nationaux et la télévision.

Au Royaume-Uni, ils mentionnent principalement l’influence des Juifs dans les programmations américaines, aussi bien que dans l’industrie cinématographique qui provient des Etats-Unis.

“Des non-Musulmans emploient, également, le mot “Juif” de façon péjorative, en Allemagne et en France.

En Grande-Bretagne, ce phénomène est, généralement, moins perceptible, parmi les sondés musulmans, notamment.

Certains jeunes musulmans affirment que c’est faux de prétendre que les Juifs auraient une vie meilleure en France que les Musulmans.

Il est possible que cela découle du fait que les Juifs de France sont souvent plus visibles que ceux d’Allemagne et de Grande-Bretagne et, en outre, que de nombreux Juifs de France sont aussi des immigrés d’Afrique du Nord, ce qui alimentee un certain sentiment de concurrence à leur égard.

“En Allemagne, certains individus interrogés emploient souvent des arguments particuliers qu’ils ont empruntés à la société dans son ensemble, tels que les remboursements et restitutions compensatrices, supposées trop élevées, versées à Israël, du fait de la Shoah.

Un autre argument fréquemment proposé, auquel ils croient, est que les Juifs, à la lumière de la Shoah, « devraient être des gens bien meilleurs que les autres, alors qu’Israël incarnerait exactement l’inverse ».

“Pourtant, il existe, aussi, heureusement, de jeunes musulmans qui prennent leurs distances avec l’antisémitisme.

Cela arrive, même s’ils ont d’abord été largement influencés par des points de vue antisémites, de la part de leurs amis, de leur famille et des médias. Cela prouve, une fois encore, qu’on ne devrait pas généraliser , dès qu’il s’agit de telle ou telle population ».

Jikeli conclut :

“L’antisémitisme peut encore être renforcé chez eux », en se référant à une attitude générale négative, portée par la communauté musulmane envers les Juifs.

Les références au Coran ou aux Hadiths peuvent être utilisées avec, pour implication, que D.ieu lui-même serait d’accord avec ce point de vue.

Pourtant, on ne doit pas se laisser induire en erreur par la conclusion de sens commun, que l’antisémitisme musulman est le produit exclusif de la haine d’Israël, ou de l’antisémitisme occidental « classique », ou encore des enseignements de l’Islam, ou de leur identité musulmane.

La réalité est bien plus complexe ».

Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski/ Lessakele Blog Article original

-1- Günther Jikeli, Antisemitismus und Diskriminierungswahrnehmungen junger Muslime in Europa, Ergebnisse einer Studie unter jungen muslimischen Männern, (Essen: Klartext Verlag, 2012). German »>Article original

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Médias: Pluie de météorites sur Jérusalem (How the NYT deliberately disinforms its readers)

17 septembre, 2015

https://i0.wp.com/www.jordantimes.com/sites/default/files/styles/news_inner/public/3Meteor%20shower.jpg

https://jcdurbant.files.wordpress.com/2006/06/7a2ad-muslems-praying2.jpg?w=449&h=305
https://pbs.twimg.com/media/CO5Iz2qWEAEhEKt.jpg https://i2.wp.com/www.dreuz.info/wp-content/uploads/12009609_10156011291100392_4024590049811794780_n-300x274.jpghttps://i0.wp.com/jpupdates.com/wp-content/uploads/2015/09/stone-throwers.jpg AlexanderMa maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Esaïe 56: 7
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le choix du lieu lui-même est extrêmement symbolique : lieu sacré juif, où restent encore des ruines des temples hérodiens, laissé à l’abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur cette religion, il est à nouveau utilisé sous l’Islam, marquant alors la victoire sur les Chrétiens et, éventuellement, une continuité avec le judaïsme. (…) Enfin, l’historien Al-Maqdisi, au Xe siècle, écrit que le dôme a été réalisé dans la but de dépasser le Saint-Sépulcre, d’où un plan similaire, mais magnifié. De cette analyse on a pu conclure que le dôme du Rocher peut être considéré comme un message de l’Islam et des Umayyades en direction des chrétiens, des Juifs, mais également des musulmans récemment convertis (attirés par les déploiements de luxe des églises chrétiennes) pour marquer le triomphe de l’Islam. Wikipedia 
Selon Jérôme Bourdon, l’expression « esplanade des Mosquées » est une appellation utilisée par la presse française qui n’a pas d’équivalent dans d’autres langues. Pour les juifs, c’est le mont du Temple, pour les musulmans le Haram al Sharif, c’est-à-dire le Noble Sanctuaire1. La presse anglophone utilise plutôt « mont du temple » (Temple Mount) ou plus récemment « Haram al-Sharif ». Un exemple de cette différence d’appellation entre anglophones et francophones est donné par l’ouvrage de Bill Clinton My life qui évoque page 923 le mont du Temple (Temple Mount) quand la traduction française Ma vie parle, page 965, de « l’esplanade des Mosquées ». Wikipedia
Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. (…) Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire. (…) Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le. Abou Mohammed al-Adnani (porte-parole de l’EI)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. (…) Le partage de la Palestine en 1947 et la création de l’État d’Israël sont des événements nuls et non avenus. (…) La Charte ne peut être amendée que par une majorité des deux tiers de tous les membres du Conseil national de l’Organisation de libération de la Palestine réunis en session extraordinaire convoquée à cet effet. Charte de l’OLP (articles 15, 19 et 33, 1964)
Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. Yasser Arafat (Harvard, octobre 1995)
Il n’est pas suffisant de dire que des colons sont venus, ils doivent être empêchés d’entrer sur le site par tous les moyens. C’est notre Al-Aqsa et notre lieu saint, ils n’ont pas le droit d’entrer et de le désacraliser. Jérusalem est le bijou de la couronne et la capitale éternelle de l’Etat de Palestine. Sans elle, il n’y aura pas d’Etat. Il est important que les Palestiniens soient unis afin de protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Nous devons empêcher les juifs d’entrer sur l’esplanade de la mosquée, ils n’ont pas le droit de la souiller. Nous devons les empêcher par tous les moyens. Nous devons les empêcher d’entrer. Dressons-nous devant eux pour protéger les lieux saints. Mahmoud Abbas (17.10.14)
The Al-Aqsa [Mosque] is ours… and they have no right to defile it with their filthy feet. We will not allow them to, and we will do everything in our power to protect Jerusalem. We bless every drop of blood that has been spilled for Jerusalem, which is clean and pure blood, blood spilled for Allah, Allah willing. Every Martyr (Shahid) will reach Paradise, and everyone wounded will be rewarded by Allah. Mahmoud Abbas [Official PA TV, Sept. 16, 2015 and official website of PA Chairman Abbas, Sept. 16, 2015]
Les pierres tuent et nous voulons qu’une personne arrêtée pour en avoir jeté soit considérée comme quelqu’un ayant en main une arme mortelle.  Ayelet Shaked (ministre de la Justice israélienne)
« Nous déclarons la guerre aux lanceurs de pierres et d’engins incendiaires », a lancé M. Netanyahu sur les lieux où un Israélien de 65 ans, Alexander Levlovitz, s’est tué en perdant le contrôle de son véhicule dans la nuit de dimanche à lundi, apparemment à la suite de jets de pierres. Des centaines de personnes ont participé en soirée aux funérailles de la victime. Jérusalem, dont la partie orientale et palestinienne est occupée et annexée par Israël, est le théâtre depuis des mois de violences entre Israéliens et Palestiniens. Mais les derniers affrontements frappent davantage les esprits en raison du caractère explosif du lieu, vénéré par les musulmans et les juifs, et de l’enjeu religieux et international. Pour les Palestiniens, ce lieu est en effet une sorte de bastion ultime de leur identité. M. Netanyahu souhaite un renforcement de l’arsenal répressif contre ceux qui lancent des pierres, des engins incendiaires, des pétards ou des bombes artisanales sur des policiers et les civils. (« Les pierres tuent et nous voulons qu’une personne arrêtée pour en avoir jeté soit considérée comme quelqu’un ayant en main une arme mortelle », a dit la ministre de la Justice Ayelet Shaked sur la radio militaire.(…) En vertu des règles tacites qui régissent le site depuis 1967 (« statu quo »), les musulmans peuvent aller sur le site quand ils veulent, et les juifs seulement pour quelques heures, et pas pour prier. La Dépêche
Jewish man dies as rocks pelt his car in West Bank NYT headline
Jewish man dies as rocks pelt his car in East Jerusalem Corrected NYT headline after complaint
Correction: September 16, 2015: An earlier version of the headline with this article misstated the location of the rock-throwing attack. As the article correctly noted, it was in East Jerusalem, not the West Bank. NYT
Palestinians frequently argue that rocks and crude incendiary devices are among their only weapons to press for independence, and to defend themselves against Israeli forces during confrontations. For some young Palestinians in areas where there are frequent tensions, their use has become a rite of passage. (…) Similar clashes took place in July, as Jews held an annual fast day commemorating the destruction of two ancient temples believed to have once stood at the holy site.(…) The tensions that led to the fighting are a product, at least in part, of growing Palestinian fears that Jews are visiting the Temple Mount as part of an Israeli plan to assert sovereignty over the site or to divide it. (…) Non-Muslim prayer is banned at the site, and Mr. Netanyahu has repeatedly said he has no intention of changing that. (…)Many Palestinians do not believe his claims, noting that some nationalist Jewish activists have been agitating for increased access and prayer rights at the site, and that some members of Mr. Netanyahu’s government have supported the call for open Jewish prayer there. (…) After the clashes on Sunday, Uri Ariel, a right-wing minister who has urged Jews to pray on the Temple Mount, visited the site in what was interpreted by some as a provocation. (…) Israel recently outlawed an organization of Muslim women who chase and shout at Jewish visitors at the holy site, along with an affiliated, less-vocal group of men. The government accused both groups of inciting violence.(…) This site is in the Old City of Jerusalem, in territory Israel seized from Jordan in the 1967 war and then annexed in a move that has not been internationally recognized.(…) The compound has a special status: It is administered by the Islamic Waqf trust, under Jordanian custodianship, but Israel controls security. Tensions over the site have mounted over the past year and have often resulted in violence. NYT
In its article, the New York Times refers to a “Jewish neighborhood in East Jerusalem.” Of course, stoning cars is wholly unacceptable wherever it takes place. Unfortunately, the dominant zeitgeist in the New York Times and other media outlets tends to create an ‘understanding’ of or excuse acts of terror if they happen to occur in areas that the media deems to be ‘Arab.’ In fact, the New York Times has previous form when it comes to acting as an apologist for Palestinian stoning attacks. In this particular case, the Jewish victim was on his way home to a town within the Green Line i.e. he cannot be labelled as a ‘settler,’ and the incident occurred as he was travelling within Jerusalem next to a Jewish neighborhood. Yet the New York Times headline deliberately sets out to muddy the waters and is quite simply misleading. In addition, the headline removes all Palestinian liability for the attack by virtue of its passive language. The Jewish man did not simply “die” and rocks did not “pelt his car” of their own accord. Palestinian attackers were responsible for hurling those rocks at the car. Perhaps the New York Times might wish to consider the comments of Mr. Levlovitz’s son: “I am in shock as I write this, but my dad was murdered yesterday, the eve of the holiday, when he was on his way home. He was killed by rock throwers. One stone changed the course of my entire life. Dad, I love you.” Honest reporting

Comment le New York Times désinforme ses lecteurs

Erreurs factuelles, omissions volontaires, formes passives, explications et justifications aussi tendencieuses qu’à sens unique …

En ce Nouvel an juif et en ces temps étranges où personne ne semble plus s’étonner …

Que le seul endroit au monde où un juif ne peut prier se trouve être son lieu le plus saint (le Mont du Temple escamoté, dans les médias français, en « Esplanade des moquées »)…

Et ce pour protéger le droit des musulmans, outre l’entrepôt occasionnel des fameuses pierres, à prier (face à La Mecque et donc) dos à leur prétendu troisième lieu saint

Pendant que le nouveau calife de l’Etat islamique appelle, en conformité avec l’enseignement du Coran et avec le succès que l’on sait, à « tuer le mécréant » à coup de pierres, au couteau, à la voiture-bélier ou en le jetant d’un lieu élevé, l’étranglant ou l’empoisonnant …

Et qu’à l’instar de la charte de l’OLP, le président de l’Autorité palestinienne appelle à « protéger la mosquée Al Aqsa de la contamination juive » …

Comment, avec le site de réinformation Honest reporting, ne pas voir …

La désinformation délibérée de médias occidentaux …

Qui, entre erreurs factuelles, omissions volontaires, formes passives ou explications et justifications tendencieuses, finissent par transformer le meurtre délibéré d’un homme …

En pur accident voire en phénomène quasi-naturel …

Et surtout, quand il s’agit des nouveaux damnés de la terre que sont les Palestiniens, à dédouaner et justifier les pires méfaits ?

New York Times Headline Fail Over “West Bank” Attack in Jerusalem

UPDATE

Following the publication of this critique and a request from HonestReporting, the New York Times has changed its headline and issued a correction at the foot of its article.

While the correction is a step in the right direction, it still, however, fails to address the primary issue covered in the critique that follows.

nytimes140915ii

nytimes140915iii

* * *

A Palestinian rock-throwing attack on Sunday night led to the death of Alexander Levlovitz, 64, as he lost control of his car and drove into a ditch. The attack took place in the East Talpiot neighborhood of southeast Jerusalem within the city’s municipal boundaries.

This is the New York Times‘ headline:

nytimes140915

In its article, the New York Times refers to a “Jewish neighborhood in East Jerusalem.” Of course, stoning cars is wholly unacceptable wherever it takes place. Unfortunately, the dominant zeitgeist in the New York Times and other media outlets tends to create an ‘understanding’ of or excuse acts of terror if they happen to occur in areas that the media deems to be ‘Arab.’

In fact, the New York Times has previous form when it comes to acting as an apologist for Palestinian stoning attacks.

In this particular case, the Jewish victim was on his way home to a town within the Green Line i.e. he cannot be labelled as a ‘settler,’ and the incident occurred as he was travelling within Jerusalem next to a Jewish neighborhood. Yet the New York Times headline deliberately sets out to muddy the waters and is quite simply misleading.

In addition, the headline removes all Palestinian liability for the attack by virtue of its passive language.

The Jewish man did not simply “die” and rocks did not “pelt his car” of their own accord. Palestinian attackers were responsible for hurling those rocks at the car. Perhaps the New York Times might wish to consider the comments of Mr. Levlovitz’s son:

“I am in shock as I write this, but my dad was murdered yesterday, the eve of the holiday, when he was on his way home. He was killed by rock throwers. One stone changed the course of my entire life. Dad, I love you.”

A request has been sent to the New York Times to amend its headline. Watch this space.

Voir aussi:

Middle East
Jewish Man Dies as Rocks Pelt His Car in East Jerusalem

Diaa Hadid

The New York Times

Sept. 14, 2015

RAMALLAH, West Bank — A Jewish man died early Monday morning after attackers pelted the road he was driving on with rocks as he was returning home from a dinner celebrating Rosh Hashana, the Jewish New Year, the Israeli authorities said. Prime Minister Benjamin Netanyahu called an emergency meeting to discuss rock-throwing, mostly by Palestinian youths.

The man was identified in local news reports as Alexander Levlovich, 64. His death was reported as the police and Palestinian youths clashed for a second day at a contested holy site in Jerusalem, amid tensions over increased visits by Jews for Rosh Hashana. The two-day holiday began at sundown on Sunday.

A statement from the Israeli police said the assailants were throwing stones on Sunday night on a road that runs between a Palestinian and Jewish neighborhood in East Jerusalem. The police said the stone-throwing “led to a self-inflicted accident,” as the man lost control of the car and smashed into a pole.

Ynet, an Israeli news site, quoted a woman who said that she was a passenger in the car and that it crashed after being hit by a thrown object. The site did not identify the woman.

Luba Samri, a police spokeswoman, said the rock-throwing appeared to have caused the accident but that “nothing is 100 percent sure.” The police, with a court’s permission, said no more details about the case could be published while an investigation was continuing.

On Monday, Mr. Netanyahu said he would call a special meeting after Rosh Hashana ends Tuesday evening to discuss “harsher punishments and strict enforcement” and other means to combat rock-throwing.

The government had already said, on Sept. 2, that it was considering harsher measures against Palestinian stone-throwers, including more use of live ammunition and tougher minimum sentences.

Israeli security forces have increasingly grappled with rock-throwing, particularly along a highway in the occupied West Bank that is mostly used by Jewish settlers and on roads leading to Jewish neighborhoods in Jerusalem.

Last week, the Israeli police reported that stone-throwing episodes had increased 53 percent in 2014 from the previous year.

Palestinians frequently argue that rocks and crude incendiary devices are among their only weapons to press for independence, and to defend themselves against Israeli forces during confrontations. For some young Palestinians in areas where there are frequent tensions, their use has become a rite of passage.

In East Jerusalem, Ms. Samri, the police spokeswoman, said protesters had thrown rocks at officers who had entered the holy site — revered by Jews as the Temple Mount and known to Muslims as the Noble Sanctuary, one of the three holiest sites in Islam and the holiest site in Judaism — so they could allow non-Muslims, including Jews, to enter the area. Many Palestinians also refer to the site as Al Aqsa Mosque, named after the holiest shrine there.

Three people were arrested, Ms. Samri said. Palestinians posted photographs on social media of a bloodied elderly man who they said had been hit in the eye with a rubber bullet. The violence began Sunday, when youths holed up in the mosque overnight, hoping to confront the police and Jewish visitors.

Similar clashes took place in July, as Jews held an annual fast day commemorating the destruction of two ancient temples believed to have once stood at the holy site.

The tensions that led to the fighting are a product, at least in part, of growing Palestinian fears that Jews are visiting the Temple Mount as part of an Israeli plan to assert sovereignty over the site or to divide it.

Non-Muslim prayer is banned at the site, and Mr. Netanyahu has repeatedly said he has no intention of changing that.

Many Palestinians do not believe his claims, noting that some nationalist Jewish activists have been agitating for increased access and prayer rights at the site, and that some members of Mr. Netanyahu’s government have supported the call for open Jewish prayer there.

After the clashes on Sunday, Uri Ariel, a right-wing minister who has urged Jews to pray on the Temple Mount, visited the site in what was interpreted by some as a provocation.

Israel recently outlawed an organization of Muslim women who chase and shout at Jewish visitors at the holy site, along with an affiliated, less-vocal group of men. The government accused both groups of inciting violence.

Before the ban was imposed, Muslim women were barred from entering the compound during the early morning, when foreign visitors and Jews are allowed to enter, said Aviv Tatarsky, a researcher at Ir Amim, an organization that advocates for Palestinians in Jerusalem.

This site is in the Old City of Jerusalem, in territory Israel seized from Jordan in the 1967 war and then annexed in a move that has not been internationally recognized.

The compound has a special status: It is administered by the Islamic Waqf trust, under Jordanian custodianship, but Israel controls security. Tensions over the site have mounted over the past year and have often resulted in violence.

Correction: September 16, 2015
An earlier version of the headline with this article misstated the location of the rock-throwing attack. As the article correctly noted, it was in East Jerusalem, not the West Bank.
Correction: September 16, 2015
An earlier version of this article misstated the officers’ actions during the clashes. They fought with protesters on the perimeter of Al Aqsa Mosque, but did not enter it. The article also referred imprecisely to the area that Muslim women were barred from entering during the early morning. It is the entire compound, not Al Aqsa Mosque itself.

Gabby Sobelman contributed reporting from Rehovot, Israel.

Voir encore:

Un juif de 64 ans tué à coups de pierres, devinez par qui

Dreuz info

Alexander Levlovitz, 64 ans est décédé après que des musulmans ont jeté des pierres sur sa voiture, à Jérusalem, en fin de journée le 13 Septembre dernier.
Levlovitz est mort lundi matin 14 septembre, le premier jour de Roch Hachana, le nouvel an juif.

Son fils, qui n’est actuellement pas en Israël, a écrit sur ​​Facebook : « une pierre qui change mon chemin de New York en Israël, qui change le chemin de ma vie. »

«Je suis en état de choc, mon père a été assassiné hier à la veille de la fête à son domicile par des lanceurs de pierres, dans le quartier Arnona à Jérusalem. Papa, Je t’aime. Que ta mémoire soit un bénédiction « , a écrit son fils endeuillé.

Les médias se concentrent toujours sur l’indignation musulmane parce que la police israélienne a fait irruption sur le mont du temple pour neutraliser toute attaque terroriste, et ils ignorent avec dédain et indifférence, voire dégoût, les victimes juives de la terreur musulmane, pour ne jamais les montrer sous un mauvais jour.

Des colons nazis musulmans attaquent les juifs à Roch Hachana, et l’on nous dit que nous devons les respecter ? Le monde n’a rien appris de l’Holocauste, ni de leurs rejetons hitlériens musulmans. Rien.

Les médias parlent d’ »affrontements » entre palestiniens et israéliens. Affrontements ? Alexander Levlovitz rentrait d’une soirée où il avait célébré le soir de Rosh Hashana, quand il a été caillassé par une horde de sauvages, de colons musulmans, de voleurs de la terre des juifs.

Le terrorisme musulman en Israël se nourrit du suprémacisme islamique, qui est fondamentalement raciste, et veut affirmer son pouvoir sur une minorité juive régionale.

Cela inclue les jets de pierres, les bombes incendiaires, les coups de couteau dans le dos, les attentats, les voitures bélier. Leur intolérance est au cœur de l’islam.

Ce n’est pas une coïncidence si cette escalade de la violence se passe en général autour des fêtes juives.

Pour les musulmans, il ne s’agit pas de la «Palestine», ce pays imaginaire qui n’a jamais existé qu’à l’ONU pour fournir un prétexte à la terreur, à leur guerre de religion.

Des heurts avaient éclaté lundi matin entre colons musulmans et policiers israéliens, pour le deuxième jour consécutif, sur le Mont du Temple ainsi que dans les ruelles de la vieille ville de Jérusalem. La racaille islamiste et des photographes occidentaux qui collaborent activement en passant commande d’images de propagande pallywoodienne où l’on voit des juifs en train de commettre des fautes, même s’ils répondent à des agressions qui ne sont jamais filmées, ont été dispersés par les forces de l’ordre.

Une trentaine d’excités radicalisés qui ressemblent à ceux que vous avez en France dans les banlieues, armés de pierres, de barres de fer et de bombes incendiaires se sont retranchés dans la mosquée al-Aqsa. C’est donc cela, un lieu saint pour eux : une base de retranchement pour se regrouper et repartir en guerre ?

La vérité sur le Mont du Temple et les affrontements d’Al-Aqsa
Depuis 3 jours, les colons arabes y stockaient des pierres, des objets métalliques et des cocktails Molotov dans le but de harceler et d’attaquer les non musulmans.

Le journaliste Khaled Abu Toameh a révélé que le Hamas travaille activement avec le Mouvement islamique (une organisation israélienne qui fait du prosélytisme pour l’islam guerrier parmi les citoyens arabes d’Israël) afin d’empêcher les juifs d’entrer sur leur lieu saint, le Mont du Temple : le premier qui me parle d’un islam religion tolérante, je le traine par le collet sur le Mont du Temple pour l’affronter de face, la religion tolérante.

Ce regain de tension s’est produit alors que débute la période des fêtes juives, qui s’est ouverte lundi dernier par la célébration de Rosh Hashana et se poursuivra d’ici la fin septembre, par celles de Yom Kippour et de Sukkot.

Comme les jours précédents, la police israélienne était déployée lundi matin sur l’Esplanade et avait sécurisé les lieux avant l’ouverture aux touristes et aux fidèles juifs.

Des heurts ont aussitôt éclaté entre les forces de l’ordre et plusieurs dizaines de colons palestiniens masqués. Ces hommes recoivent un salaire mensuel de 1.400 dollars pour mener à bien leurs activités terroristes, selon le Shin Bet. Et comme ils manquent de tout et n’ont aucune ressources, l’argent ne peut venir que de l’aide internationale et européenne supposée être consacrée à sortir la population arabe de la misère et apporter la paix.

Les grenades lacrymogènes et assourdissantes ont répondu aux jets de pierres, de boulons, et de bombes incendiaires des enragés islamistes qui se sont retranchés à l’intérieur de la mosquée. Ils y sont restés enfermés pour attirer les caméras du monde occupées avec la crise des refugiés en Europe.

Suite à cela, le premier ministre israélien Netanyahu a demandé des peines sévères contre les terroristes jeteurs de pierres. Le président israélien Rivlin et le maire de Jérusalem ont également demandé au gouvernement qu’il prenne des mesures pour rétablir l’ordre.

«Nous allons opérer une sérieuse modification de la politique contre les jeteurs de pierres et de bombes incendiaires», a déclaré le Premier ministre. «Aucune mesure ou action ne sera épargnée pour rétablir le calme à Jérusalem et ses environs.»

Voir enfin:

Jérusalem: Netanyahu « déclare la guerre » aux lanceurs de pierres
La Dépêche

15/09/2015

Règles révisées pour ouvrir le feu, répression renforcée contre les mineurs: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a « déclaré la guerre » mercredi aux lanceurs de pierres après trois jours de violences sur le site très sensible de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Le président palestinien Mahmoud Abbas l’a accusé en retour de « mener une guerre féroce et implacable à Jérusalem ».

« Nous déclarons la guerre aux lanceurs de pierres et d’engins incendiaires », a lancé M. Netanyahu sur les lieux où un Israélien de 65 ans, Alexander Levlovitz, s’est tué en perdant le contrôle de son véhicule dans la nuit de dimanche à lundi, apparemment à la suite de jets de pierres. Des centaines de personnes ont participé en soirée aux funérailles de la victime.

Jérusalem, dont la partie orientale et palestinienne est occupée et annexée par Israël, est le théâtre depuis des mois de violences entre Israéliens et Palestiniens.

Mais les derniers affrontements frappent davantage les esprits en raison du caractère explosif du lieu, vénéré par les musulmans et les juifs, et de l’enjeu religieux et international. Pour les Palestiniens, ce lieu est en effet une sorte de bastion ultime de leur identité.

‘Les pierres tuent’

M. Netanyahu souhaite un renforcement de l’arsenal répressif contre ceux qui lancent des pierres, des engins incendiaires, des pétards ou des bombes artisanales sur des policiers et les civils.

Le gouvernement va ainsi se pencher sur de nouvelles règles commandant l’ouverture du feu par les membres des forces de sécurité. Il va examiner des peines minimales contre les lanceurs de pierres ou de cocktails Molotov, et de lourdes amendes contre les mineurs (que sont souvent les lanceurs de pierres) mais aussi leurs parents.

« Les pierres tuent et nous voulons qu’une personne arrêtée pour en avoir jeté soit considérée comme quelqu’un ayant en main une arme mortelle », a dit la ministre de la Justice Ayelet Shaked sur la radio militaire.

La fin des festivités du Nouvel an juif mardi soir semble avoir ramené un calme relatif sur l’esplanade et ses environs.

La journée a cependant été émaillée par plusieurs incidents, comme des échauffourées entre policiers israéliens et gardiens sur le site.

Ailleurs à Jérusalem-Est, des Palestiniens ont lancé des pierres sur le tramway dans le quartier de Chouafat, selon la police. Et à Issawiya, des membres des forces de l’ordre ont tiré sur un Palestinien qui était sur le point, selon la police, de leur jeter une bombe incendiaire. Aucune information n’était disponible dans l’immédiat sur son état.

Des groupes de juifs ont en outre fait le tour de l’esplanade sous très haute protection et sous les invectives de quelques musulmans.

En vertu des règles tacites qui régissent le site depuis 1967 (« statu quo »), les musulmans peuvent aller sur le site quand ils veulent, et les juifs seulement pour quelques heures, et pas pour prier.

Mais pour Elisha, 31 ans, les juifs finiront « inévitablement » par pouvoir prier un jour sur l’esplanade.

‘Rumeurs’

Le maire de Jérusalem Nir Barkat a estimé à cet égard que les dernières tensions étaient le résultat de « rumeurs » qui circulent parmi les Palestiniens.

« Les gens disent qu’Israël veut changer le statu quo (…) ce n’est pas vrai », a-t-il dit aux journalistes.

M. Netanyahu, à la tête d’un gouvernement de droite dont certains membres ont ouvertement défendu le droit des juifs à prier sur ce site, a aussi réaffirmé n’avoir aucune intention de toucher au statu quo. Mais il a assuré « qu’on ne laissera pas les émeutiers empêcher les juifs de visiter le mont du Temple ».

A l’étranger, le président français François Hollande a exprimé sa « vive préoccupation » devant la recrudescence des affrontements.

Alors que le conflit israélo-palestinien ne semble offrir aucune perspective de règlement, l’une des figures récentes de la lutte palestinienne, Mohammed Allan, a été remis mercredi en détention sans inculpation après avoir obtenu en août la levée de ce régime d’emprisonnement controversé au prix d’une grève de la faim qui a failli lui coûter la vie.


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