Affaire Weinstein: C’est l’Esprit de vérité, imbécile ! (Blowing in the wind: The rules are changing invisibly underneath our feet and we’re just trying to catch up, Hollywood actor says)

11 novembre, 2017
Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. Jésus (Jean 3: 8)
Si vous m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Jésus (Jean 14: 15-17)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
The answer, my friend, is blowin’ in the wind. Robert Zimmerman
Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. Vigny
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
C’est parce que nos ancêtres se sont longtemps nourris de la Bible et des Evangiles que nous comprenons ces phénomènes et que nous les condamnons. (…) L’idéal d’une société étrangère à la violence remonte visiblement à la prédication de Jésus, à l’annonce du royaume de Dieu. Loin de diminuer à mesure que le christianisme s’éloigne, son intensité augmente. Ce paradoxe est facile à expliquer. Le souci des victimes est devenu un enjeu paradoxal des rivalités mimétiques, des surenchères concurrentielles. Il y a les victimes en général mais les plus intéressantes sont celles qui nous permettent de condamner nos voisins. (…) Dans notre univers, en somme, tout le monde se jette des victimes à la tête (…) Nous avons désormais nos rites victimaires, antisacrificiels, et ils se déroulent dans un ordre aussi immuable que les rites proprement religieux. On se lamente d’abord sur les victimes qu’on s’accuse mutuellement de faire ou de laisser faire. On se lamente ensuite sur l’hypocrisie de toute lamentation; on se lamente enfin  sur le christianisme, indispensable bouc émissaire  car il n’est pas de rite sans victime (…) depuis le haut Moyen Age, toutes les grandes institutions humaines évoluent dans le même sens, le droit public et privé, la législation pénale, la pratique judiciaire, le statut des personnes. Tout se modifie très lentement d’abord mais le rythme s’accélère de plus en plus, et, vue de très haut, l’évolution va toujours dans le même sens, vers l’adoucissement des peines, vers la plus grande protection des victimes. (…) Notre société a aboli l’esclavage puis le servage. Plus tard sont venues la protection de l’enfance, des fermmes, des vieillards, des étrangers du dehors et des étrangers du dedans, la lutte contre la misère et le « sous-développement ». Plus récemment encore on a universalisé les soins médicaux, la protection des handicapés, etc.Tous les jours, de nouveaux seuils sont franchis. (…) De nos jours, il s’exaspère parfois de façon caricaturale qu’il suscite le rire mais il faut se garder d’y voir une simple mode, un bavardage toujours plus inefficace. Il n’est pas d’abord une hypocrite comédie. Au cours des âges, il a créé une société incomparable à toutes les autres. Il a unifié le monde. (…) A chaque génération, les législateurs descendaient plus profondément dans un héritage ancestral qu’ils se faisaient un devoir de transformer. Là où leurs ancêtres ne voyaient rien à réformer, ils découvraient l’oppression et l’injustice. Le statu quo avait longtemps paru intouchable, déterminé par la nature ou voulu par les dieux, souvent même par le Dieu chrétien. Depuis des siècles, les vagues successives  du souci  des victimes ont révélé et réhabilité de nouvelles catégories de boucs émissaires dans les soubassements de la société, des êtres dont seuls quelques génies spirituels, dans le passé, soupçonnaient que les injustices dont ils souffraient pouvaient être éliminées. (…) Il y a une avance historique inexorable de la vérité chrétienne dans notre monde. Elle ne fait qu’un paradoxalement avec l’affaiblissement apparent du christianisme. (… ) Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente  que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. (…) La montée en puissance de la victime ne coïncide pas par hasard avec l’avènement de la première culture vraiment planétaire. (..) Au-delà des absolus récemment écroulés, l’humanisme, le rationalisme, la révolution, la science même, il n’y a pas aujourd’hui le vide absolu qu’on nous annonçait naguère. Il y a le souci des victimes et c’est lui qui, pour le meilleur et pour le pire, domine la monoculture planétaire dans laquelle nous vivons. La mondialisation est le fruit de ce souci et non pas l’inverse. Dans toutes les activités économiques, scientifiques, artistiques et même religieuses, c’est le souci des victimes qui détermine l’essentiel, ce n’est ni le progrès des sciences, ni l’économie de marché, ni « l’histoire de la métaphysique ».  (…) De nos jours, tout se décante et le souci des victimes apparait au grand jour, dans toute sa pureté et son impureté. Rétrospectivement c’est lui, on le voit bien , qui depuis des siècles, gouverne en sous-main  l’évolution de notre monde. (…) Ce qui exigeait encore pour être repéré, il y a un siècle, la perspicacité d’un Nietzsche, aujourd’hui le premier venu le perçoit. La surenchère perpétuelle transforme le souci des victimes en une injonction totalitaire, une inquisition permanente. Les médias même s’en aperçoivent et se moquent de la « victimologie », ce qui ne les empêche pas de l’exploiter. Le fait que notre monde devienne massivement antichrétien, au moins dans ses élites, n’empêche donc pas le souci des victimes de se perpétuer et de se renforcer, tout en prenant souvent des formes aberrantes. L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. René Girard
Cela ressemble bien aux Américains d’inventer un big bang à l’origine de nos univers. Julien Green (écrivain franco-américain)
L’univers a été réglé très précisément pour l’émergence de la vie et de la conscience. Le réglage initial est d’une virtuosité époustouflante: on pourrait le comparer à l’habileté d’un archer qui réussirait à planter sa flèche au milieu d’une cible carrée de 1 centimètre de coté, éloignée de 15 milliards d’années-lumière… Trinh Xuan Thuan
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Loin que les nécessités de la reproduction biologique déterminent l’organisation symbolique de la division sexuelle du travail, et de proche en proche, de tout l’ordre naturel et social, c’est une construction arbitraire du biologique, et en particulier du corps, masculin et féminin, de ses usages et de ses fonctions, notamment dans la reproduction biologique, qui donne un fondement en apparence naturel à la vision androcentrique de la division du travail sexuel et de la division sexuelle du travail et, par-là, de tout le cosmos. Pierre Bourdieu
Je ne veux pas éliminer les hommes, bien entendu. Ségolène Royal
In the context of sexual relationships, masculinity is expressed through ‘erection, penetration, and climax,’ so it is possible that threats to gender identity . . . manifest as sexual problems. Cornwell and Laumann
Our findings suggest the importance of socialized gender roles for sexual frequency in heterosexual marriage. (…) Couples in which men participate more in housework typically done by women report having sex less frequently. Similarly, couples in which men participate more in traditionally masculine tasks — such as yard work, paying bills, and auto maintenance — report higher sexual frequency. (…) The first mechanism—that sexual scripts activate desire and sexual behavior in the presence of gendered activity—would operate in the following fashion. Traditional gender per- formances serve as cues of masculine and feminine behavior; these cues activate individuals’ internalized cultural sexscripts, creating sexual desire and activity. In essence, traditionally masculine and feminine behaviors consciously or unconsciously serve as turn-ons for individuals. We do not argue that this takes place instantly, but rather over time, individuals perceive their spouse as more masculine or feminine as they engage in gender-traditional behaviors, and this increases sexual attraction. To the extent that masculinity and femininity are central parts of both the household division of labor and sexual attraction and activity, we expect that households with more traditionally gendered divisions of labor will experience greater sexual frequency. (…) A second possibility is that couples with more gender-traditional divisions of house- work hold more traditional beliefs and act in more gender-typical ways, which leads to more frequent sex. More masculine-identified men may value more frequent sex, and more highly feminine-identified wives may refuse sex less often because they view providing sex as part of being a good wife. Thus, men may initiate sex more frequently, and wives refuse less, with no link to desire. In essence, this mechanism suggests that both housework and sexual behavior are ways that couples do gender, and any observed relationship between the two would reflect couples’ under- lying orientations toward gender rather than causal influence. (…) A third possibility is simply that gender- traditional arrangements are linked to sexual activity because couples perceive greater affection and love when partners do more (albeit in traditionally gendered ways) in the household. Rather than couples engaging in more sexual activity because traditional divisions of housework act as signals of masculinity and femininity, couples may instead feel more affection and satisfaction within their relationships under traditional gender divisions of labor, and this leads to more frequent sex. Doing housework can convey affection, although often in traditionally gendered ways. As DeVault notes, “the gender relations of feeding and eating seem to convey the message that giving service is part of being a woman, and receiving it fundamentally part of being a man.” Gender-traditional beliefs and practices are often associated with greater marital happiness and men’s emotion work in the family. Sexual frequency appears to lie in the realm of sexual scripts, but couples are not purely interested in the amount of sex they have—they undoubtedly also care about the quality of sex. Although sexual frequency is correlated with sexual satisfaction, the correlation is far from perfect. Sabino Kornrich
« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ». Ces pratiques peuvent être définies par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats. A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois. A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales. Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa. Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration ! Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaillent pas à partir des mêmes bases de données. Lyon69rue89
Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre. (…) Ce genre de compliments [« Je t’encule » ou « Je te nique ], très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre. (…) C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement (…) C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effemination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés (…) Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. Olivia Gazalé
I have been silenced for 20 years. I have been slut-shamed. I have been harassed. I have been maligned, and you know what? I’m just like you because what happened to me behind the scenes happens to all of us in this society. And that cannot stand, and it will not stand. No more. Name it. Shame it. Call it out. It’s time to be whole, it’s time to rise, it’s time to be brave. Rose McGowan
Well, I know what you mean. Sometimes I think that coming into the studio with you, John, is a bit like going into Harvey Weinstein’s bedroom. John goes way past groping – way past groping. You just pray that you emerge with your dignity intact, but the broader point is that, yes, you can make a fool of yourself. Michael Gove
 Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes. (…) les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète. L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël. C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue). Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien. Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays. Said Ben Said
À la une du Parisien, le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimédiatique à caducée. Ce dernier profite de l’occasion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pourraient faire croire, le sujet de l’article n’est nullement Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vainqueur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le changement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domicile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie. Patrick Mandon
Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. (…)  Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (…), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer. « J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons. (…) Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincèrement que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publiquement révèle une forme de terreur. Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le déballage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contemporains pour un mot de trop. (…) En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publiquement une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agissements qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’accessoires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France. (…) Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. (…) Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa solidarité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont entendue, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impunis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges. Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. (…) Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. (…) L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclusive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. (…) Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage punitive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne. (…) Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Elisabeth Lévy
I became an a–hole — the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, ‘If you don’t flirt, you die.’ And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs — which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter. I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual. There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are. I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture. Richard Dreyfuss
Wow, I don’t quite know what to make of that. I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on. Jessica Teich
It’s blowing in the wind, stupid !

Au-delà, entre tribunaux du viol universitaires ou  villes-sanctuaires et listes progressives, des habituelles et inévitables dérives et hypocrisies (les fameuses « vertus chrétiennes devenues folles » de Chesterton) …

Comme des risques de lynchage et de chasse aux sorcières que nos esprits contrariants ont raison de dénoncer …
« Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou » …
Alors que du côté même de ses pratiquants la vérité sort enfin sur l’islam
Pendant qu’en Occident certains voudraient étendre à la division du travail sexuel la remise en question de la division sexuelle du travail
Comment ne pas trouver complètement fou ce que l’on est en train de vivre …
Qui aurait imaginé en effet jusqu’il y a deux ou trois semaines un tel degré d’introspection publique de la part d’un acteur d’Hollywood …
Comme cette confession que l’actualité vient d’arracher à un poids lourd d’Hollywood tel que Richard Dreyfus
Reconnaissant que « les règles sont en train de changer de manière invisible sous nos pieds et qu’on essaie juste de suivre » ?
Comment ne pas voir …
Même si on n’est pas judéo-chrétien ou girardien …
Qu’il devient ou va devenir de plus en plus difficile de ne pas être affecté …
Par le souffle désormais planétaire et instantané via les communications actuelles …
De l’autre big bang pourtant vieux de 2 000 ans …
De l’irruption du judéo-christianisme sur la scène humaine ?

L.A. Writer Says Richard Dreyfuss Sexually Harassed and Exposed Himself to Her in the 1980s

Jada Yuan

Vulture

Six days ago, the actor and writer Harry Dreyfuss gave a detailed account to BuzzFeed News, alleging that Kevin Spacey groped his crotch when he was 18, while his father, Richard Dreyfuss, was in the room. Richard confirmed to BuzzFeed that he didn’t see the groping and didn’t know about it until his son told him years later, but was present the night Harry says it occurred. “[Spacey] knew he could fondle me in a room with my father and that I wouldn’t say a word,” wrote Harry. “He knew I wouldn’t have had the guts. And I didn’t.” A few hours after the story was published, Richard tweeted a statement in support of his son:

It was a response that many applauded. But as Los Angeles–based writer Jessica Teich read the elder Dreyfuss’s tweet, she grew “bothered,” she says. “When I read about his support for his son, which I would never question, I remember thinking, But wait a minute, this guy harassed me for months,” Teich told me in an interview. “He was in a position of so much power over me, and I didn’t feel I could tell anyone about it. It just seemed so hypocritical.” She began drafting a Facebook post that she shared with her friends, one of whom is a New York staff member, who gave Teich my number. The harassment, Teich says, was constant over a two- to three-year period in the mid-1980s when she worked as a researcher and junior writer on a TV passion-project of Dreyfuss’s — and included an incident where she says that he exposed himself to her.

The project was an ABC comedy special called Funny, You Don’t Look 200: A Constitutional Vaudeville, which Dreyfuss dreamed up, hosted, co-wrote, and produced to mark the bicentennial of the American Constitution. When Teich and Dreyfuss began working together in 1984 — first at the Mark Taper Forum theater in Los Angeles, where they met, and then on 200 — Teich was in her mid-20s and in an entry-level job, fresh out of grad school. Dreyfuss was 12 years older, married with a child, and starring in a play at the Taper, where Teich was a dramaturg. At the time, he held the record for becoming the youngest Best Actor Academy Award winner ever. “He wasn’t that much older than I was, but in every possible way his position in life couldn’t have been less comparable to mine,” says Teich. “That’s how vast the power differential was. He was famous, he was rich, he had an Oscar.” And, as she pointed out to me emphatically, “He was my boss. There was no question about it.”

While they were both at the Taper, Dreyfuss had asked Teich to work on developing 200 with him, first on an informal basis over lunches, and then with the formal backing of the Disney Channel, where they had a tiny production office. Over the next several years, they spent countless hours together developing the script. One day, deep into the development process, with the TV special set to air in October 1987, Teich says Dreyfuss asked her to meet him in his trailer on the Los Angeles studio lot of a movie he was starring in at the time. As with all her script meetings with Dreyfuss, this one was set up by his female secretary. (The secretary could not be reached for comment.)

“I remember walking up the steps into the trailer and turning towards my left,” says Teich, “and he was at the back of the trailer, and just — his penis was out, and he sort of tried to draw me close to it.” Dreyfuss never asked for her to fellate him or jerk him off, Teich says, but she remembers the situation being unambiguous. “He was hard. I remember my face being brought close to his penis,” she continues. “I can’t remember how my face got close to his penis, but I do remember that the idea was that I was going to give him a blow job. I didn’t, and I left.”

How she extricated herself, she can’t recall. “It was like an out-of-body experience. I just tried to swiftly get out of the room. I pretended it hadn’t really happened,” she says. “I kept moving because it was part of my job, and I knew he was, at the time, a very important guy, and certainly important to me. I trusted him. That’s what’s always so weird. I liked him. That’s part of why it’s so painful, because of the level of innocence one brings to these things. I felt responsible, that I must have indicated in some way that I was available for this.”

Teich says that, at the time, she told no one about the exposure incident, or what she claims were years of continual, overt, lewd comments and invitations from Dreyfuss. “He created a very hostile work environment, where I felt sexualized, objectified, and unsafe,” says Teich. The exposure in the trailer, she says, was the most shocking Dreyfuss’s behavior got, but perhaps more pernicious, she contends, was that she couldn’t do her job without him coming on to her. She’s referring to moments when Dreyfuss tried to kiss her in professional settings, slip her “I love you” notes during meetings, and his unsubtle verbal sneak attacks. “He has that way of sidling up to you and saying things like, ‘I want to fuck you,’” Teich says. “That was said all the time. He would constantly steer conversations to this yucky, insinuating thing, and I would sort of try to pull us back to a place where we could actually get some work done.” Throughout the research process, Teich says, Dreyfuss set up multiple trips where it was just the two of them, to Yale, Stanford, and Washington, D.C. One morning, when they were going to meet with Ronald Reagan, Teich recalls, Dreyfuss “told me he’d spent the night with his ear next to the wall, listening to my movements in my hotel room.”

Despite how unequivocal Teich is about her experience, she believes “Richard would be very surprised if 30-odd years later he heard that I felt completely coerced and disenfranchised. I think he’d be like, ‘Oh no, I thought you really liked me.’ I don’t think he had any idea.”

Dreyfuss, who’s now 70, responded swiftly to my request for comment, through representation, and asked for a limited deadline extension so he could write something thoughtful. Here are the first, most pertinent, paragraphs of his statement:

I value and respect women, and I value and respect honesty. So I want to try to tell you the complicated truth. At the height of my fame in the late 1970s I became an asshole–the kind of performative masculine man my father had modeled for me to be. I lived by the motto, “If you don’t flirt, you die.” And flirt I did. I flirted with all women, be they actresses, producers, or 80-year-old grandmothers. I even flirted with those who were out of bounds, like the wives of some of my best friends, which especially revolts me. I disrespected myself, and I disrespected them, and ignored my own ethics, which I regret more deeply than I can express. During those years I was swept up in a world of celebrity and drugs – which are not excuses, just truths. Since then I have had to redefine what it means to be a man, and an ethical man. I think every man on Earth has or will have to grapple with this question. But I am not an assaulter.

I emphatically deny ever “exposing” myself to Jessica Teich, whom I have considered a friend for 30 years. I did flirt with her, and I remember trying to kiss Jessica as part of what I thought was a consensual seduction ritual that went on and on for many years. I am horrified and bewildered to discover that it wasn’t consensual. I didn’t get it. It makes me reassess every relationship I have ever thought was playful and mutual.

“Wow, I don’t quite know what to make of that,” Teich said, when I read the statement to her aloud. She paused for a long time before speaking again. “I respect that he’s trying to grapple with it, and I regret that he’s not being totally honest. Sadly, what I regret even more is I’ll never forget the sight of his penis because I was so surprised to see it there. The fact that he can’t quite acknowledge all of it is understandable. But he certainly acknowledges that something happened, and he certainly acknowledges that it might have been inappropriate now that he looks back on it.”

In the last 30 years, Teich, who is 58, says she confided in three people about Dreyfuss: a family member and a close confidante, who both asked to remain anonymous, and her therapist. The family member confirmed that Teich had discussed Dreyfuss’s alleged misconduct decades ago, including the exposure incident. The confidante provided a statement recalling that Teich long ago talked about her discomfort with Dreyfuss hitting on her. Her therapist declined to comment due to doctor-patient confidentiality.

Teich’s memoir, The Future Tense of Joy, released in 2016, details a year of sexual molestation and horrific beatings she endured when she was 16, at the hands of a man who was 12 years her senior, and whom she’d also met in a professional setting at an Orlando ballet company they were both in. “When I wouldn’t do some of the things that he wanted me to do, sexually, he would beat the shit out of me,” she tells me. She believes this prior experience with abuse, plus the power imbalance between her and Dreyfuss and the culture surrounding allegations of sexual assault 30 years ago, contributed to why she kept silent. “I knew it was incredibly unpleasant,” she says. “I knew I felt awful about it and during it, but it wasn’t of such greater horribleness than a lot of other things that happened. And because I had been abused as a 16-year-old, and that was my introduction to any kind of intimacy, I thought, Oh, is this okay? I just didn’t have any perspective on it because no one was talking about it.” She’d worried about going public because Dreyfuss has grown children, and his son’s story of abuse is what prompted her post. “But then I thought, ‘I have children, too’” — daughters, 16 and 21 — “and I don’t want them to live in a world where people can’t tell the truth about these things.”

In his statement, Dreyfuss concluded with a broader acknowledgment of the conversations currently happening around sexual harassment and assault:

There is a sea-change happening right now, which we can look upon as a problem or an opportunity. We all of us are awakening to the reality that how men have behaved toward women for eons is not OK. The rules are changing invisibly underneath our feet. I am playing catch up. Maybe we all are.

I hope people can join me in honestly looking at our behavior and trying to make it right. We have to relearn every rule we thought we knew about how men and women interact, because after all getting together is the most fundamental human compulsion. And if we don’t succeed in that, what do we have? I hope this is the beginning of a larger conversation we can have as a culture.

After I read Teich the statement, I asked if she felt like this was a dialogue she would ever have with Dreyfuss. “Yeah, I think if I did it in a context where there were other people involved,” she says. “Because I’m not confronting him, I’m not suing him for damages of any kind. And his statement to you is more than I thought anyone would get from him.” Still, she did take issue with certain words he’d used that she found to be “loaded.” “‘Flirt’ is absolutely not the right word,” Teich says. “It suggests something mutual, and that was not the case.” She also thought he was stretching when he called her someone “whom I have considered a friend for 30 years.” The word “friend” was problematic in this context. “The suggestion is that if I were a true colleague I never would’ve been public about this, that it should’ve all been kept among friends,” she says. “I’m not that guy’s friend. I haven’t seen that guy or spoken to him in 25 years. But as a person, I respond to the sense of hurt that underlies his words, and something in me feels compassion for him, even though he made my life hell. And that’s part of the complexity of the whole thing, I think.

Voir aussi:

Harcèlement féministe: Habeas Porcus
Les magistrates de #balancetonporc ont condamné la gent masculine
Elisabeth Lévy
Causeur
10 novembre 2017

Avant même que la justice s’en mêle, les magistrates de #balancetonporc ont déjà condamné l’ensemble de la gent masculine. Quand il s’agit de stigmatiser tous les hommes, les féministes n’ont pas peur de l’amalgame.

Les temps d’émotion obligatoire peuvent susciter, chez les esprits contrariants, de coupables tendances goguenardes, qu’il vaudrait mieux savoir réprimer. Quand tous les marteaux du moment se mettent à taper en chœur sur le même clou, tenter de glisser un doigt de contradiction, ou plus grave encore, d’ironie, est plutôt périlleux. Ainsi, apprend-on, entre mille nouvelles de la même veine, que le ministre britannique de l’Environnement s’est fait poisser pour une « blague douteuse » – que je trouve pour ma part très drôle – et de surcroît très facile à adapter chez nous. Entrant dans le studio de BBC Radio 4, Michael Gove a déclaré : « C’est comme entrer dans la chambre à coucher de Harvey Weinstein – on espère en sortir avec sa dignité intacte. » La plaisanterie a, paraît-il, beaucoup amusé l’auditoire présent, mais précise l’article, « elle a été largement condamnée sur les réseaux sociaux », ce qui laisse penser que la merveilleuse génération ne rigole pas beaucoup. Ou alors des blagues d’Alex Wizorek.

Et comme la justice se rend désormais sur Twitter, le ministre a dû s’excuser.
Le problème, c’est la blague

Cet épisode a valeur d’apologue. Pour le parti de « la parole libérée », le problème, c’est la blague. Pour les défenseurs de l’humour libre, ce sont les excuses. Quand Carol Galand, l’une des activistes du mouvement antiporc, se réjouit parce que « les #metoo qui se sont répandus comme un feu de forêt ont mis sur le grill des milliers de porcs, vaste méchoui d’une omerta honteuse », le mâle blanc ne s’insurge pas contre cette animalisation, il implore son pardon. On saluera BHL qui pour le coup, s’est énervé – « Je n’aime pas qu’on traite un homme de porc ! » –, Alain Finkielkraut, qui ne cède rien à la pression ambiante (pages 50-51), sans oublier Jaccard, Mandon, Rosenzweig et tous ceux qui prennent le risque de se voir dénoncés comme complices de l’infâme. Mais pour l’essentiel, la gent masculine se tient à carreau. L’homme occidentalisé n’est pas un porc, mais un repentant. Face à la forêt planétaire de doigts accusateurs, il finit par croire à sa propre culpabilité. « Je me suis mal exprimé », confesse Bruno Lemaire, coupable, non pas de gestes indécents (on a vraiment du mal à l’imaginer), mais de refus de dénoncer.

« J’ai honte pour les hommes », roucoule le chef Yves Camdeborde dans un numéro du Parisien qui figurera un jour dans les annales de la domination féminine, où seize people mâles (dont François Hollande, voir encadré) s’engagent pour la sauvegarde de nos amies les femmes. Ces seize- là, suppose-t-on, n’ont jamais contraint aucune femme, mais ils ne le feront plus. Plus de blagues lourdes, plus de regards insistants, plus d’avances « non désirées ». Plus rien qui puisse mettre une femme mal à l’aise, comme l’expliquera bientôt aux contrevenants le « zéro-six anti – relous » (comprenez le numéro de mobile qu’on utilisera comme un leurre antidragueur et au bout duquel le relou se fera sermonner – espérons qu’ils ne choisiront pas une voix trop sexy). À mon humble avis, beaucoup d’histoires d’amour commencent par quelque chose qui peut mettre mal à l’aise, mais passons.

L’inévitable Caroline De Haas ayant semble-t-il échoué à faire reculer le président sur sa réforme du droit du travail, elle a dégainé là où on l’atten – dait, c’est-à-dire en balançant Eugénie Bastié comme « l’alliée indéfectible des agresseurs » . Si tu n’es pas avec moi, tu es avec les cogneurs. Dialectique, quand tu nous tiens. Il faut cependant répondre, non pas à cet argument lourdingue, mais à tous ceux qui s’indignent sincère – ment que l’on plaisante alors que nous voyons défiler sur nos écrans des femmes, brisées ou combatives, qui relatent pour certaines un véritable calvaire où la contrainte sexuelle se double de sévices, pour d’autres une situation pesante, pour d’autres encore un incident pénible. Certains de ces témoignages sont difficilement supportables et appellent la compassion, l’effroi, voire la furieuse envie de planter quelques coups de genou dans quelques génitoires dûment sélectionnées. Mais l’esprit de sérieux qui s’est abattu sur le féminisme ne rend pas cette souffrance plus tolérable, au contraire. Du reste, ce n’est pas seulement l’humour qui est placé sous surveillance, mais tout propos sur le sujet, surtout s’il est tenu par un homme. Le fossé abyssal entre ce qui se raconte en privé (où on blague à tout-va y compris sur les moments difficiles) et ce qu’on ose dire publique – ment révèle une forme de terreur.

Bien sûr, nul n’a été arrêté pour avoir contesté le débal – lage en cours, mais tout homme public, qu’il officie dans le show-biz, la politique ou les médias, sait qu’il pourrait perdre son job, des contrats et l’estime de ses contempo – rains pour un mot de trop. Quelques-uns ont renoncé à intervenir dans ce numéro, persuadés de ne récolter que des ennuis – incluant parfois une bonne engueulade de madame. On ne saurait leur donner tort. En attendant, un pays où des adultes craignent de soutenir publique – ment une opinion minoritaire n’est pas libre. Que la censure ne soit pas imposée par le pouvoir mais par les réseaux sociaux et qu’on ne risque pas sa vie mais sa vie sociale ne rend pas ce climat étouffant plus supportable. « La peur change de camp » , s’enchantent des féministes, bruyamment applaudies par des hommes qui consentent ainsi à leur destitution. Quel aveu que cette peur des hommes célébrée comme une victoire ! Ce n’est donc pas de la souffrance qu’on s’amuse, mais du flot de sottises que l’on entend à son sujet. Les indignés d’aujourd’hui ne cessent de s’émerveiller de la libération de la parole, oubliant à quel point ils la trouvaient malodorante, cette parole libérée, quand elle pointait la sécession en cours dans l’islam européen, et combien il était alors urgent de l’interdire. Tenir en suspicion les témoignages de ceux qui vivent au quoti – dien le choc des civilisations (des ploucs) n’était pas un crime, mais un devoir moral. Les mêmes, aujourd’hui, ne se soucient guère de la liberté de parole de tous ceux qui trouvent la délation aussi abjecte que les agisse – ments qu’elle vise, et encore moins de celle des porcs présumés. Il y a deux raisons fondamentales (et pas mal d’acces – soires) d’être terrifié par la mécanique irrépressible qui s’est mise en place à partir d’un scandale hollywoodien certes déplorable, mais assez classique : tout d’abord, on ne saurait obtenir justice en suspendant les formes et les garanties essentielles de la justice ; ensuite, ce déferlement de vérités individuelles brosse un tableau global mensonger de la vie des femmes et des hommes en France.

« Toi aussi, raconte, en donnant le nom et les détails, un harcèlement dont tu as été victime. » C’est avec ce message, dont nous avons charitablement corrigé l’orthographe, que Sandra Muller, journaliste basée aux États-Unis, a lancé le 13 octobre le hashtag « balance ton porc », la grammaire suggérant que toute femme a un porc à balancer. Comme l’observe alors Le Monde , extatique, « le verrou a sauté. La vanne s’est ouverte ». En quelques jours, des centaines de microrécits sont publiés, l’écœurant côtoyant le futile et le sordide l’ano – din. L’une parle d’attouchements subis à 11 ans, l’autre d’une blague sur ses bottes. Très vite, des noms sont divulgués : dans la liste noire qui s’enrichit d’heure en heure, on trouve un ancien ministre balancé par la fille d’un autre, quelques journalistes et animateurs, un député promptement débarqué de son groupe. Qu’une femme ayant subi une agression sans pouvoir se défendre ait le sentiment de rétablir la balance en jetant le nom de son agresseur en pâture au public, on peut le comprendre. Il n’en est pas moins choquant que la quasi-totalité de la classe médiatique et poli – tique, garde des Sceaux compris, l’encourage dans cette fâcheuse illusion. Votée en 1679 par le Parlement anglais, la loi sur l’Habeas corpus (qui intègre des dispositions antérieures) prévoit que « toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée » . Ce principe, inscrit dans notre droit bien avant 1789, est encore l’un des fondements de toute justice démocratique, puisque c’est de lui que découle le caractère contradictoire d’un procès équi – table. C’est sans doute difficile à admettre quand on a eu affaire à un gros dégueulasse, mais c’est ainsi : la seule façon d’obtenir justice, c’est de porter plainte et de se plier aux règles formelles exigées par la procé – dure. La justice ne fait pas son boulot, répondra-t- on. Admettons qu’il reste dans nos commissariats et dans nos prétoires des dinosaures qui détournent la tête quand une femme vient demander leur protec – tion. On a du mal à croire que ce soit la règle. De plus, faut-il, au prétexte que la justice fonctionne mal, laisser les femmes se faire justice elles-mêmes ? Cette nouvelle forme du pilori envoie aussi aux oubliettes la présomption d’innocence à laquelle même le dernier des salauds a droit. Tandis que Murielle Salmona réclame à leur profit une « présomption de vérité » (!), des femmes se déclarent « humiliées » qu’on mette leur parole en doute. Mais le premier devoir de tout juge est de mettre en doute la parole de la victime présu – mée. Même quand elle est criante de vérité. Il faut donc se défier du réflexe qui nous fait penser « bien fait pour sa gueule ! » quand les turpitudes de tel ou tel sont étalées – et plus encore quand l’étalage confirme la piètre opinion que l’on avait du personnage. Après avoir entendu l’effroyable récit de Henda Ayari sur Tariq Ramadan, on s’en veut de mégoter sa soli – darité à une femme qui a eu le courage de parler. Car, bien sûr, on la croit, et c’est tout le problème : pour moi, comme pour les millions de Français qui l’ont enten – due, Ramadan est déjà coupable. Et il a été condamné sans jugement. Il est vrai que, contrairement à tous ceux à qui on reprochera des faits prescrits, lui aura droit, malgré tout, à un procès. Mais quelle qu’en soit l’issue, il restera aux yeux de tous comme un gros dégueulasse. Au lieu de faire croire aux femmes agressées qu’elles obtiendront toutes réparation et d’agiter le fantasme de l’imprescriptibilité des crimes sexuels (également contraire à tout notre droit), on devrait avoir le courage de dire aux femmes que la justice des hommes ne peut pas réparer toutes les injustices de l’existence et que, sauf s’ils ont laissé des traces physiques, des méfaits commis entre quatre yeux ont toutes les chances de rester impu – nis, comme le sont du reste des milliers de crimes et délits qui passent à travers les mailles de notre système libéral. En leur racontant le contraire, en les invitant à « se lâcher », on ne les aide pas, on les traite comme des enfants qui demandent à être consolés, serait-ce par des mensonges.

Moi aussi ! Moi aussi ! Mon chef ! Mon collègue ! Mon plombier ! Mon prof de macramé ! Mon dentiste ! À en juger par le succès viral de ce hashtag en forme de cri du cœur, on vivait au milieu des porcs et on ne le savait pas. Du cinéma à l’hôpital, de la fonction publique au journalisme, du monde du sport à l’armée, tous les milieux, toutes les corporations ont été invitées à faire leur examen de conscience. « Je ne savais pas que c’ était aussi répandu » , déclarent les hommes inter – rogés par Le Parisien . Sauf qu’on ne le sait toujours pas. À entendre les récits qui se succèdent, emplissant tout l’espace médiatique, confortés par une litanie de chiffres terrifiants, la révolution féministe n’a jamais eu lieu et la vie des femmes est un chemin de croix – maltraitance sur fond d’omerta. Il n’y a plus des femmes singulières, mais « nous les femmes » , comme l’écrit Laure Adler dans un texte sobrement intitulé « La nuit des femmes » et publié par Madame Figaro le 20 octobre. « Nous les femmes. Nous les femmes qui sommes déshonorées, déconsidérées, violentées dans notre intégrité physique et psychique, dans notre dignité d’ être humain. Nous les femmes qui n’osons pas énoncer la violence dont nous sommes l’objet, juste – ment parce que nous ne sommes plus sujets. Nous les femmes, quand sortirons-nous de notre nuit immémo – riale, douloureuse, silencieuse ? » Alors que le Code pénal sanctionne (et heureusement) tout l’éventail des mauvais traitements infligés aux femmes et que ces comportements suscitent un haut-le-cœur général, ce pathos délirant m’a donné un fou rire. Tout comme celui de Carol Galland qui a appelé les femmes harce – lées à manifester le dimanche 29 octobre. « Non, il n’est pas normal que la quasi-totalité des femmes cache au creux de son cœur une salissure qui la dégoûte et lui fait honte » , écrit cette amatrice de méchoui qui ne cache pas grand-chose au creux du sien car elle exhibe tous les sentiments qui s’y trouvent, assaisonnés de force formules prétendument drôles. Avant d’ajouter : « Les femmes sont tellement brisées qu’aujourd’ hui, elles vont jusqu’ à penser qu’un rassemblement #metoo ouvert aux hommes serait dangereux pour elles. » On appréciera la réduction de toutes les femmes à de petites choses perdant leurs moyens en présence d’un butor. Un siècle de féminisme pour en arriver là. Seulement, ce ne sont pas « les femmes », mais moins de 2 000 personnes qui ont répondu à son appel dans toute la France, le dimanche 29 octobre, ce qui n’a pas empêché les perroquets de la radio publique de se féliciter que le combat quitte internet pour descendre dans la rue. L’échec patent de ce happening victimaire laisse supposer que, comme pour l’écriture inclu – sive, c’est une avant-garde groupusculaire et radicale qui veut faire passer les déviances pour la norme et la transgression pour la règle. Notons que cette même avant-garde préfère regarder ailleurs quand l’infériorité des femmes est effectivement la norme, c’est-à-dire dans les quartiers islamisés. Caroline De Haas, qui n’a pas de la « merde raciste dans les yeux » , voit des porcs partout, sauf à Cologne ou à La Chapelle-Pajol où il n’y a, pour elle, que des victimes de l’islamophobie. Seulement, pour accomplir ce tour de passe-passe et faire admettre comme une vérité que toute femme ou presque avait déjà été harcelée, il a fallu, comme l’analyse Finkielkraut, étendre considérablement le domaine du harcèlement. « Si nous aussi on donnait les noms des prédateurs sexuels qui nous ont 1/ manqué de respect verbalement 2/ tenté des tripotages » , suggère Sandra Muller dans un deuxième tweet. Si on désigne comme prédateurs tous les hommes qui ont un jour manqué de respect verbalement à une femme, on n’a pas fini de rire. Alors que se préparent les festivités du cinquantième anniversaire de Mai 68, la rage puni – tive et policière des héritières de la joyeuse libération sexuelle a de quoi terrifier. Toutes les femmes n’ont pas subi de violences ou d’outrages. En revanche, toutes ont eu à faire avec le désir des hommes et toutes savent que, s’il est souvent un délicieux hommage, il peut aussi être importun, pesant, embarrassant. Tant qu’il ne s’impose pas par la force physique, le chantage ou la pression morale – pratiques sanctionnées par la loi –, il relève des relations entre adultes et non de la surveillance citoyenne.

Or, à entendre les « agitées du porte-plainte » , pour reprendre la tranchante expression de Muray, on devrait verbaliser tous les amoureux suffisamment transis pour ne pas se laisser décourager à la première rebuffade – dont notre littérature regorge. Et comme il l’a écrit en 1991 dans le texte inédit que nous publions (pages 42-43), derrière la lutte contre le harcèle – ment, « c’est bel et bien le sexuel qui est aujourd’ hui l’objet d’une entreprise de criminalisation, ou plutôt de re-criminalisation, acharnée » . Quand la demande égalitaire s’offusque de toute différence, en particulier de l’entêtante différence des sexes, la sexualité demeure le refuge de la dissymétrie acceptée, de la domination fluctuante et, surtout, du secret qui protège la chambre à coucher (ou la table de la cuisine) de l’aveuglante et déprimante lumière de la transparence. Reste à savoir pour combien de temps. Muray aimait à ce sujet citer « La Colère de Samson », poème de Vigny : « Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodome, Et se jetant, de loin, un regard irrité, Les deux sexes mourront chacun de son côté. » Alors que l’on prétend nous faire croire que l’humanité se partage entre victimes et porcs, l’âge de la séparation a peut-être commencé.

Un goujat nommé Hollande Par Patrick Mandon À la une du Parisien , le 25 octobre, seize portraits d’hommes « soutenus » par ce titre en gras : « Les hommes s’engagent. » Ces messieurs font connaître urbi et orbi qu’ils sont opposés… au harcèlement sexuel (et, sans doute, à la faim dans le monde, au dépassement d’honoraires des notaires sans cravate, aux intempéries, aux hémorroïdes) : « Après l’onde de choc créée par l’affaire Weinstein, seize personnalités masculines sollicitées par notre journal expriment leur solidarité avec les femmes. » On reconnaît l’intellectuel azuréen Christian Estrosi, et Michel Cymes, conseiller omnimé – diatique à caducée. Ce dernier profite de l’occa – sion pour parler… de lui ! « Moi aussi, lorsque j’avais 15 ans, j’ai subi des attouchements par un homme dans le métro. C’est très perturbant. Sur le moment je n’ai rien osé dire. » Contrairement à ce que ces déclarations pour – raient faire croire, le sujet de l’article n’est nulle – ment Michel Cymes et sa psychose suburbaine, mais bel et bien la condition faite aux femmes par de grossiers personnages, qui profitent de leur pouvoir pour exiger d’elles des faveurs sexuelles. Mais, ô surprise ! Perdu au milieu des seize messagers féministes, qui voit-on ? François Hollande ! Alors, un souvenir nous revient… M. Hollande sur une estrade, à Tulle, au soir de sa victoire, le 6 mai 2012 : à ses côtés Valérie Trie – rweiler, heureuse, compagne épanouie du vain – queur et présentée comme telle à la foule. Bref, une femme amoureuse, compagne d’un homme comblé, entrait officiellement à l’Élysée. Las ! La ronde 1 des corps et des visages ne saurait suivre une voie rectiligne. M. Hollande, non pas saisi par la débauche, mais fidèle à sa devise « le chan – gement, c’est maintenant ! » s’éprend d’une jolie comédienne. Le 10 janvier 2014, le magazine Closer le montre casqué, furtif, quittant le domi – cile de l’élue au petit matin. Mme Trierweiler découvre son infortune en même temps que les Français : rage, désespoir, dépression ! Le 25, s’adressant au téléphone à l’AFP, il déclare ceci : « Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » Par cette formule de dix-huit mots M. Hollande, ineffable « partageur » de vie commune (!) paraissait plutôt congédier une courtisane que rompre avec une compagne, et moins encore répudier une reine. Nombre d’observateurs virent d’ailleurs dans ce communiqué lapidaire et glaçant tout le caractère de la goujaterie… 1. La Ronde , film de Max Ophüls. Nul n’a mieux montré le manège enchanté du désir qui fait tourner les femmes et les hommes, puis les rend à leur solitude fondamentale.

Voir également:

Saïd Ben Saïd : « L’antisémitisme des Arabes aujourd’hui est le même que le vieil antisémitisme européen »

Le producteur de cinéma s’exprime dans une tribune au « Monde » après avoir appris qu’il ne pouvait plus présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (du 4 au 11 novembre) en Tunisie. On lui reproche d’avoir produit des films en Israël.

Saïd Ben Saïd (Producteur de cinéma franco-tunisien)

Tribune. J’ai reçu au début du mois d’août une invitation pour présider le jury des journées cinématographiques de Carthage (JCC) qui se déroulent du 4 au 11 novembre à Tunis.

J’ai accepté très chaleureusement la proposition mais, lorsque le délégué général, M. Nejib Ayed, a appris que je produisais le prochain film du cinéaste israélien Nadav Lapid et que j’avais fait partie du jury du dernier festival de Jérusalem, il m’a demandé un délai de réflexion de vingt-quatre heures et ne m’a plus donné signe de vie.

Une grande partie de la presse tunisienne et du public, en prenant connaissance de mes entreprises israéliennes, aurait certainement réagi avec beaucoup de virulence à cette invitation et le festival a probablement eu raison de m’épargner (et de s’épargner) un lynchage médiatique. Cet incident tout à fait fâcheux, et qui l’est d’autant plus qu’il m’a opposé bien involontairement à des personnes que je n’ai aucune envie de désobliger, est révélateur de l’état actuel du débat sur ce pays dont le nom est devenu en Tunisie imprononçable.

Je suis né en Tunisie. J’y ai grandi dans une famille musulmane pratiquante et je m’affirme aujourd’hui avec le même enthousiasme musulman, français et tunisien. Il y a dans mon pays d’origine, et dans le monde arabe de façon générale, une hostilité (quand ce n’est pas une haine) à l’égard d’Israël, qui est liée au sort dramatique des Palestiniens dont les Tunisiens et les Arabes se sentent solidaires.

Vocable antisémite

En vérité, les choses sont un peu plus compliquées que cela. Nul ne peut nier le malheur du peuple palestinien, mais il faut bien admettre que le monde arabe est, dans sa majorité, antisémite et cette haine des juifs a redoublé d’intensité et de profondeur non pas avec le conflit israélo-arabe, mais avec la montée en puissance d’une certaine vision de l’islam.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs

Bien entendu, un tas de gens sont persuadés, mais alors mordicus, qu’étant des sémites, les Arabes ne peuvent être antisémites. Or, rien n’est plus faux. Le vocable antisémite, inventé en Europe au XIXe siècle, n’a jamais concerné les Arabes. Il désignait exclusivement les juifs. A la vérité, il existe dans le Coran un discours antirabbinique qui a été à travers l’histoire progressivement décontextualisé et déshistoricisé pour devenir d’abord un discours antijudaïque, puis un discours antisémite.

La lecture littérale du Coran, dépourvue de tout contexte historique, donne lieu depuis un siècle et demi environ à des propos délirants sur les juifs. Le Coran comporte un grand nombre de versets concernant les juifs, dont certains leur sont très hostiles. Enfants, nous les apprenions par cœur à l’école. Les juifs étaient, pour nous, perfides, falsificateurs, immoraux, diaboliques, etc., et, chose primordiale, ces versets étaient les paroles de Dieu. Chaque enfant arabe grandit avec ces images. Dans une monarchie arabe du Golfe par exemple, on lit aujourd’hui dans les manuels scolaires que les juifs descendent des singes parce qu’un verset du Coran (II-65) menace les transgresseurs du Sabbat d’être transformés en singes.

Paranoïa dépourvue d’argumentation

Lorsque je suis arrivé en France à l’âge de 18 ans, je fis la connaissance de Mohamed Arkoun et Jacques Berque et je considère aujourd’hui encore ces rencontres comme un bienfait du destin. Je relus grâce à eux le Coran en m’appuyant sur un savoir construit et historique, ébranlant ainsi toutes mes certitudes passées. J’appris alors que les juifs du Coran étaient, en réalité, les juifs de Médine, qui avaient été d’abord perçus par Mahomet comme des alliés potentiels avant de devenir ses ennemis mortels puisqu’ils ne le reconnurent pas comme prophète.

L’âge d’or de la condition juive dans le monde arabe est un mythe. Les juifs y vivaient dans une situation meilleure que celle des juifs d’Europe avec des périodes de relative tolérance mais, globalement, du Maroc à l’Irak, ils étaient méprisés, brimés et humiliés quand ils n’étaient pas massacrés de sorte qu’ils n’avaient pas d’autre choix que celui de quitter les terres de leurs ancêtres pour aller s’établir en Europe ou en Israël.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes

C’est dans le monde arabe que les protocoles des sages de Sion ont connu et continuent de connaître leur plus grand succès de vente. L’antisémitisme des Arabes, aujourd’hui, est le même que le vieil antisémitisme européen. Il fonctionne sur le même registre, comme une paranoïa dépourvue d’argumentation. Les juifs ont beaucoup d’argent et sont solidaires entre eux. C’est ce que disait Merah, l’assassin des enfants juifs de l’école Ozar-Hatorah de Toulouse, mais aussi toute une littérature européenne d’avant 1945 (que Merah n’a certainement pas lue).

Que de fois ai-je entendu des gens dire en Tunisie que les récoltes sont mauvaises parce que le Mossad empoisonne les sols ou que ce dernier est à l’origine de l’attentat du 11-Septembre, afin d’aider les Américains à mettre la main sur le pétrole irakien.

Le mal est là, tapi au fond de nous. Ses racines sont profondes. Des centaines de milliers d’Arabes meurent assassinés par d’autres Arabes en Syrie, en Irak, en Libye, au Soudan, mais cela nous importe apparemment moins que les crimes commis par l’armée israélienne qui sont, eux, toujours dénoncés par une partie, fut-elle minoritaire, de la presse et de la société civile de ce pays.

La vérité historique me semble être une exigence morale de premier rang. Un musulman qui en fait son deuil et qui se définit uniquement par le Coran qu’il n’a pas (ou mal) lu ou par la cause palestinienne qu’il ne connaît pas me paraît manquer à sa propre islamité.

Saïd Ben Saïd a, entre autres, produit le film Elle, de Paul Verhoeven, César du meilleur film de l’année 2016.

Voir enfin:

«La norme virile valorise le pénétrant et stigmatise le pénétré», déplore la philosophe Olivia Gazalé

INTERVIEW A l’occasion de «Movember», «20 Minutes» s’intéresse au plaisir prostatique. Une pratique taboue car elle implique que l’homme soit pénétré, ce qui, symboliquement, serait associé à une perte de virilité. Entretien avec Olivia Gazalé, auteure du « Mythe de la virilité »…

  • A l’occasion de « Movember », mouvement dédié à la sensibilisation des cancers masculins, « 20 Minutes » se penche sur le plaisir prostatique. Une pratique encore taboue et source de clichés
  • « Si on veut que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes », analyse dans cette interview, Olivia Gazalé, enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris

Vous aurez peut-être remarqué qu’une des insultes les plus courantes en français est « enculé ». Plus rarement « enculée » et jamais « enculeur ». Autrement dit, l’opprobre est jeté sur celui qui est pénétré ou soupçonné de l’être. C’est peut-être ce qui explique en partie que le sujet du plaisir prostatique soit aussi tabou, cette idée que la pénétration anale passive ferait perdre à un homme sa virilité. Olivia Gazalé (photo ci-contre), enseignante en philosophie, maître de conférences à Science-Po Paris et cofondatrice des Mardis de la philo aborde ce sujet dans l’un des chapitres de son livre Le Mythe de la virilité, paru chez Robert Laffont. Entretien.

Un des chapitres de votre livre s’intitule « Entrer : l’exigence de pénétration ». Autrement dit, est viril celui qui pénètre et non celui qui est pénétré ?

Entendons-nous bien : il ne s’agit évidemment pas ici de porter un jugement de valeur sur ces pratiques, mais seulement d’observer comment elles ont été considérées l’une et l’autre au cours de l’histoire. Dès la Rome antique s’opère un clivage radical entre les pénétrants (les citoyens, les maîtres) et les pénétrés (souvent de jeunes esclaves). Les catégories d’homosexualité et d’hétérosexualité telles que nous les entendons aujourd’hui, comme deux groupes clairement séparés, n’existaient pas. L’homme libre se devait d’être marié, d’honorer sa femme et ses maîtresses et pouvait aussi soumettre de jeunes corps masculins pour son plaisir. Pour reprendre le langage cru
qu’appréciaient les Romains, un vir [un mâle romain] « encule » mais n’est pas « enculé », alors que les « culs larges » et les « suceurs de bites » étaient méprisés et insultés. Autrement dit, la virilité, c’est la pénétration active ; la dévirilisation, c’est la pénétration passive. Pour certains hommes, cela n’a pas changé depuis l’Antiquité, hélas : ils considèrent toujours leur phallus comme un outil de domination.

Qui sont ces hommes ?

Prenez le viol carcéral, un phénomène très répandu et largement tabou. Selon une enquête menée aux Etats-Unis par Human Rights Watch, ces viols sont majoritairement perpétrés par des prisonniers qui, hors les murs, sont hétérosexuels. Ce sont des caïds, qui n’hésitent pas à se glorifier de leurs prouesses sexuelles avec les femmes, et qui « baisent » des détenus pour les humilier et affirmer leur virilité triomphale. Les hommes victimes de ces agressions sont perçus comme féminins, car ils n’affichent pas les marqueurs de la virilité : une voix fluette, un petit gabarit, ou trop peu d’appétit pour la bagarre suffisent pour être rangés du côté des « tafioles », qu’on soit ou non
homosexuel. Et, pour le violeur, il s’agit, là encore, d’imposer sa loi par l’asservissement sexuel de l’autre.

Vous citez dans votre livre les insultes comme « Je t’encule » ou « Je te nique » qui, paradoxalement, peuvent être prononcées sans que celui qui les profère soit perçu comme homosexuel…

Au contraire, même ! Ce genre de compliments, très prisés au volant, signifie « Je te soumets à mon phallus » et cela ne va pas te laisser un très bon souvenir. De nombreuses métaphores assimilent le pénis à une arme : pistolet, fusil, gourdin, braquemart… C’est dire que celui qui profère ce type de phrases parle de la puissance de son membre et de sa capacité à anéantir l’autre. Quant à « sale pédé », c’est une amabilité qui est aussi souvent adressée à des hétérosexuels qu’à des homosexuels. Elle vise juste à déprécier l’autre.

Derrière cela, il y a une dimension homophobe, mais aussi misogyne ?

Oui, car l’homophobie découle de la gynéphobie. C’est parce que le féminin est dévalorisé que l’effémination est perçue comme un avilissement. C’est en ce sens que la défense de la cause des femmes et celle des LGBTQ relèvent d’un seul et même combat : celui qu’il faut continuer à mener contre le caractère aliénant des normes sexuées, qui interdisent aux individus des deux sexes de se construire librement. Cela fait déjà plus d’un siècle que les femmes ont remis en question la notion d’« éternel féminin », mais les hommes, eux, sont encore trop souvent conditionnés par les stéréotypes sexués qui leur imposent de faire sans cesse la démonstration de leur puissance, de leur performance, de leur combativité, de leur courage… et de leur hétérosexualité.

Il faudrait donc que les hommes se remettent en question ?

C’est, d’après moi, l’une des leçons à tirer de l’affaire Weinstein et de ses suites : pour que les hommes changent leur regard sur les femmes et le féminin, ils doivent d’abord changer le regard qu’ils portent sur eux-mêmes, comme dominants et pénétrants. Le vrai sujet tabou, il est là. On parle énormément, et à juste titre, de la discrimination envers les femmes ; en revanche, l’oppression de l’homme par l’homme, l’homophobie, la confusion entre effémination et homosexualité sont des sujets dont on s’empare trop peu. Il y a un vrai travail de pédagogie à faire pour dissocier l’« effémination », c’est-à-dire le fait de posséder des caractères essentialisés comme féminins (la douceur, la sensibilité, la bienveillance, l’empathie…) et l’orientation sexuelle, qui est un tout autre sujet. Il existe des homos très virils et des hétéros efféminés. Sortons des caricatures. Cette discrimination archaïque entre le pénétrant-dominant et le pénétré-dominé mérite d’être définitivement abandonnée. De même que le fait de considérer le terme de « pédé » comme une insulte. C’est à nous qu’il revient d’éduquer la prochaine génération en ce sens.

Voir encore:

Why Campus Rape Tribunals Hand Down So Many ‘Guilty’ Verdicts

Title IX training is a travesty.

In November 2014, a female member of Brown University’s debate team had oral sex with a male colleague while they watched a movie. Eleven months later, she filed a complaint with Brown, accusing him of sexual assault.

Both parties in the case had credibility issues; he had violated a no-contact order, she had withheld from the university the bulk of their text messages. But the accused student possessed strong exculpatory evidence. He produced the full record of their communications, which included texts from the accuser to him discussing the encounter in a highly positive fashion and referencing a “plan” to have sex again. Further, a friend of the accuser, who saw her shortly after the incident, recalled her raving about her “really hot” experience.

Nonetheless, Brown’s disciplinary panel returned a guilty finding by 2-to-1. The decisive vote came from Besenia Rodriguez, the university’s associate dean for curriculum.

In subsequent court testimony after the accused sued Brown, Rodriguez admitted that she had not considered the accuser’s text messages or other post-incident behavior as having any bearing on the case. The reason, she said, was the hours of training that Brown had provided to prepare her to adjudicate the complaint—training required by the federal government. Rodriguez was specifically told that the impact of trauma on sexual-assault victims often causes them to behave in counterintuitive ways, such as not being able to recount a consistent set of facts or choosing to communicate with (rather than to avoid) the alleged assailant. “I felt like it couldn’t—I couldn’t really put myself in her shoes to understand why she was representing it that way,” explained Rodriguez, “so best not to attempt to judge her behavior.”

But judging the accuser’s behavior, noted U.S. District Judge William Smith, “was precisely her job as a panel member: to interpret the evidence and make factual determinations about it.” He added, “It appears what happened here was that a training presentation was given that resulted in at least one panelist completely disregarding an entire category of evidence”—evidence severely damaging to the accuser’s credibility.

Smith invalidated the university’s decision, noting, even apart from Rodriguez’s dereliction of duty, the overall process was far from equitable. The Brown official who designed the training Rodriguez received, Alana Sacks, did not respond to a request for comment.

Since 2011, the federal government has required all universities that receive federal money to provide “training or experience in handling complaints of sexual harassment and sexual violence” to adjudicators and investigators. Since nothing in the experience of most academics prepares them to competently investigate an offense that’s a felony in all 50 states, it makes sense to train those who are assigned to investigate campus sexual-assault allegations. But the ideological regimes used on many campuses are designed more to stack the deck against accused students than to ensure a fair inquiry. The risk of injustice is enhanced by the fact that, to the best of our knowledge, no school discloses the contents of its training materials to accused students before commencing the disciplinary process. The contrast between this training regime and the instructions given by judges to jurors in criminal trials—most obviously, that they should presume defendants innocent until proven guilty—is stark.

“In a criminal trial,” says former Baltimore state’s attorney Gregg L. Bernstein, “we ask jurors to use their common sense and apply their own life experiences to determining questions of credibility and guilt or innocence. We do not ‘train’ jurors at the expense of considering equally plausible factors as to why [an alleged] victim’s testimony might not be credible.” Bernstein, who during his term in office created a special unit to handle sexual-assault cases, believes a balance “can be struck in which the victim’s account is given credence and she is respected, while at the same time, the alleged assailant has the right to test the story. We should ask for no less when a person’s reputation can be altered for life by these types of [campus] allegations.”

The training mandate originated with the Obama administration’s 2011 “Dear Colleague” letter, which dictated campus procedures for sexual-assault allegations that dramatically increased the chances of guilty findings. Expanded guidance in 2014 from the Department of Education’s Office for Civil Rights ordered that the training include “the effects of trauma, including neurobiological change”—a phrase pregnant with hidden meaning. The Obama training requirements (without the “neurobiological change” part) were then formalized in a binding federal regulation in 2015.

While Secretary of Education Betsy DeVos has rescinded the 2011 and 2014 Obama commands, the 2015 regulation keeps most of the Obama training mandate in place. All the while, the secrecy of almost all the training materials has enabled them largely to escape public scrutiny.

“The biggest problem with these training materials,” says Justin Dillon, a Washington, D.C., lawyer who has defended dozens of students accused of sexual assault, “is that if the accuser comes in, contradicts herself and the evidence, all that gets explained away because of ‘trauma.’ Junk science like that makes it extraordinarily hard for students to defend themselves effectively. Schools cherry-pick studies without actually understanding anything about them; they just take this chicanery at face value. Students would need to first pay a lawyer, and then pay that lawyer to find a neuroscience expert who is both willing and qualified to take on this issue. And if you think lawyers are expensive, wait until you see how much experts charge.”

Middlebury College’s training, for instance, urges adjudicators to “start by believing” the accuser, while asking themselves whether the accused student is “who he said he is.” The training materials twice feature a hypothetical campus rapist announcing: “I am going to have sex tonight. If it is consensual, fine. But, I am going to have sex tonight.”

The college further orders that in order to be “objective,” investigation reports must not use the word “alleged” before “victim” or “sexual assault” and must avoid passages such as “the victim’s account of the incident is not believable or credible to officers given her actions during and after the encounter with the suspect” or the “victim has inconsistencies with her story.”

The role of the investigative report is especially important at Middlebury because, like more and more schools, it has abandoned disciplinary hearings on sexual-assault claims in favor of a single-investigator system. This was designed to shield the accuser from cross-examination, but also empowers a school-appointed official to serve as “detective, judge and jury,” in the words of Greg Lukianoff, president of the Foundation for Individual Rights in Education. In the specific system used at Middlebury, a college administrator renders the final decision based primarily on a report prepared by the investigator. The accused student and his representatives have no opportunity to cross-examine the accuser or the investigator. The training’s restrictions on the content of the investigator’s report thus have a direct effect on the final outcome.

After we wrote about the Middlebury training, the firm that conducted it, Margolis Healy, removed the associated material from its website. The company did not respond to a request for comment.

Eric Rosenberg, an Ohio lawyer who has represented accused students in both state and federal lawsuits, says that the “systemic bias” in training materials extends to essentially “mandating adjudicators shield accusers from exculpatory evidence” as it might “re-victimize the victim.” A state or federal judge, Rosenberg explains, “would undoubtedly find [that any] jury pool members who promise not to re-victimize a party who alleges an injury should be stricken for cause.”

Beyond putting a thumb on the scale towards guilt, campus-training materials are permeated by highly debatable psychological theories, spawned in part by the Obama administration’s requirement of training about “neurobiological change.”

Emily Yoffe’s blockbuster September article in the Atlantic on “The Bad Science Behind Campus Response to Sexual Assault” uncovered widespread use of a concept called “tonic immobility.” Yoffe explored the pervasive influence of Rebecca Campbell, a Michigan State psychology professor, who claims that as many as half of all sexual-assault victims experience tonic immobility and that this condition, along with other neurological effects that occur during an assault, renders them unable either to resist or to recall the alleged attack accurately later. Campbell has done no empirical research on tonic immobility, and there is no clear evidence that the phenomenon—in which some prey animals go into a type of temporary paralysis when threatened—occurs in humans.

Training at Harvard Law School in 2014 borrowed heavily from Campbell’s ideas about tonic immobility, according to an article by Harvard Law professor Janet Halley. She said the school provides its tribunals with “a sixth-grade level summary of selected neurobiological research,” which claims that rape victims’ trauma causes neurological changes, which can result in tonic immobility. This “can cause the victim to appear incoherent and to have emotional swings, memory fragmentation, and ‘flat affect’ [so that her statements] can be ‘[m]isinterpreted as being cavalier about [the event] or lying.’ ” The Harvard training, Halley wrote, is “100% aimed to convince [disciplinary panelists] to believe complainants, precisely when they seem unreliable and incoherent.”

A still-pending case led U.S. District Judge John Padova to suggest that the University of Pennsylvania’s training of campus adjudicators is so biased that it may violate Title IX by discriminating against males. In a September 13, preliminary ruling, Padova cited the university’s training materials as a basis for rejecting Penn’s motion to dismiss a Title IX claim in a lawsuit filed by a student the school had found guilty of sexual assault.

Penn used a training document, “Sexual Misconduct Complaint: 17 Tips for Student Discipline Adjudicators,” disseminated by Legal Momentum, a women’s advocacy group that has harshly assailed Betsy DeVos’s efforts to make the handling of campus sexual-assault complaints more fair. The 17 “tips” about accusers include:

“The fact that a complainant recounts a sexual assault somewhat differently from one retelling to the next may reflect memory processes rather than inattentiveness or deceit.” Legal Momentum provides no guidance on how adjudicators should identify “memory processes,” “inattentiveness,” or “deceit.” The implication that inconsistencies are irrelevant to assessing credibility is contrary both to our legal traditions and human experience.

“Victim behaviors during and after a sexual assault may appear counterintuitive to those unfamiliar with sexual assault.” The Legal Momentum document goes on to offer examples suggesting that virtually any conduct or statement by an accuser—resisting or not resisting the alleged assaulter; subsequently contacting or subsequently avoiding the alleged assaulter; testifying emotionally or listlessly; recalling or not recalling events—is consistent with the guilt of the accused.

“False allegations of rape are not common” and “research places the [false rape report] rate in the general population between 2% and 10%.” But this research defines “false” extremely restrictively and excludes a great many cases in which the accused is clearly not guilty of sexual assault and many more in which the available evidence leaves unclear the veracity of the accuser’s account.

As for accused students, Penn’s training material seems designed to sow skepticism about their claims of innocence. The “typical” campus rapist, according to the document, might possess many “apparent positive attributes such as talent, charm, and maturity [and] a deep commitment to community service.” But such traits are “generally irrelevant.” Campus rapists “[p]lan and premeditate their attacks, using sophisticated strategies to groom their victims for attack and isolate them physically.”

Bernstein, the former top Baltimore prosecutor, expressed concern that the Penn training did not meet the “standards” necessary for an “objective process” that could determine the truth of allegations. Most of the tips, he notes, “leave a clear presumption of guilt in the investigator or adjudicator’s mind and provide a victim-centric explanation for otherwise inconclusive, inconsistent, and exculpatory testimony to the exclusion of other factors.” Legal Momentum did not respond to a request for comment.

The training materials and practices that have surfaced from other institutions are equally one-sided.

George Mason’s training plan contains a lengthy section instructing investigators and adjudicators to “avoid an implication of blaming a complainant,” such as by holding “the belief or expressing an opinion that a person who is alleging sexual assault was in some way responsible, whether wholly or in part, for what happened.” Testing an accuser’s truthfulness by asking about her pre-incident behavior with the accused student or why she waited for months to file a report or why she did not go to the police would all constitute blaming the victim. If even considering asking any such questions, the adjudicator is ordered by the training to adjourn the meeting and consult with fellow panelists before proceeding. There is no comparable caution regarding questions asked of accused students.

A University of Texas blueprint for sexual-assault investigations recommends reducing “the number of reports prepared by investigators,” so as to frustrate defense lawyers’ efforts to point out contradictions among an accuser’s statements. This recommendation belies any pretense that the university’s investigators are neutral fact-finders.

The training at Ohio State tells disciplinary panelists that as many as “57 percent” of college males “report perpetrating a form of sexual[ly] aggressive behavior,” among other points seemingly designed to prompt guilty findings. We are aware of no reliable study that makes such a statistical claim. The judge who cited the 57 percent did not say where Ohio State got it, and the school’s full training materials remain sealed.

Cooper Union’s training program describes a “typical” sexual-assault case as the work of a scheming predator: An upper class male who meets a freshman female at a party, accompanies her alone back to her room, and “pours ten shots out of a bottle he pulls out of his backpack” for her to drink. The accuser can later recall nothing, but believes that they had sex.

At SUNY-Plattsburgh, the school’s Title IX coordinator trains the members of sexual-assault hearing panels. In a recent appellate hearing in New York state court, it was revealed that she had misstated the university’s own definition of consent to make a guilty finding more likely, by ruling out “consent by conduct” to sex. SUNY’s lawyer conceded to the appellate judges that the coordinator’s explanations of Plattsburgh policy to the tribunal members were “admittedly confusing.”

The head of a Title IX disciplinary panel at the University of North Carolina, Charlotte, testified in federal court that his institution’s training prompted him to deny the accused student a chance to present friendly, post-incident text messages the accuser sent to him, even though they contradicted her claim that she had come to fear him after they had sex. The panel chair said that the training allowed the tribunal to consider only any messages that “directly answer[ed] the question of consent, to consent to sexual acts.” A federal judge called this exclusion of exculpatory evidence “troubling” and denied the university’s motion for summary judgment.

Such training regimes are the norm across the country, according to four lawyers we talked to and to public statements by two others who have through lawsuits obtained the training materials adopted by many schools. The training materials used by the vast majority of colleges still remain secret.

The new regulations that Betsy DeVos has promised to issue regarding campus proceedings—probably next fall, after publishing proposed rules and considering public comments—will likely continue to require training of some kind, which, at least for investigators, is sensible if it is done well.

Meanwhile, the training materials we have seen are flatly contrary to the Trump administration’s interim guidance for colleges on campus sexual-assault allegations, which provides that “training materials or investigative techniques and approaches that apply sex stereotypes or generalizations may violate Title IX.” DeVos has repeatedly called for colleges to make their processes fair to accused students as well as their accusers.

The time is ripe for some of the accused to file complaints with the Department of Education’s Office for Civil Rights challenging these training programs as violating Title IX’s prohibition on sex discrimination. Such complaints would encourage the Education Department to require that schools make public the contents of their training for sexual assault investigations and tribunals. The accused—many of whom have wrongly assumed that they would be treated fairly and the truth would set them free—would then know what they are up against.
K.C. Johnson and Stuart Taylor Jr. are the authors of The Campus Rape Frenzy: The Attack on Due Process at America’s Universities (2017).

Voir de plus:

Pedagogy questioned

Penn grad student says she’s under fire on campus and off for using a teaching technique that involves specifically calling on students from underrepresented groups.

Colleen Flaherty
Inside higher ed
October 20, 2017

Anyone who’s ever taught a class knows some students say more than others. And most professors eventually develop some way of encouraging quieter students to contribute. In one more formal discussion-management technique, called progressive stacking, professors call on students who may be — for a variety of reasons — less likely to have their say. While every student is different, the reasons typically reflect the implicit biases observed outside the classroom, such as those related to race, gender, religion, sexual orientation or disability status. So, according to progressive stacking, a professor would call on a black or Latina woman before a white man, for example.

There’s the rub, at least in one class at the University of Pennsylvania. Stephanie McKellop, a graduate teaching assistant in history there, says she is under attack by fringe-right groups for using progressive stacking in her classes and then tweeting about it. Worse, she says, the university is cowing to such groups instead of supporting her. She’s claimed on social media that her classes were canceled this week and she may be asked to leave her program.

Here’s some of what McKellop tweeted earlier this week. Her social media accounts are private, but the posts have since been shared by her supporters, some of whom have contacted Penn on her behalf. The trouble apparently began with a post in which she wrote, « I will always call on my black women students first. Other [people of color] get second-tier priority. [White women] come next. And, if I have to, white men. » In a later post, she wrote, « Penn thinks I’m racist and discriminatory towards my students for using a very well worn pedagogical tactic which includes calling on [people of color]. »

Steven J. Fluharty, dean of the School of Arts and Sciences, refuted some of those claims in a statement Thursday, saying that McKellop has not been removed from her program and that Penn has “and will continue to respect and protect the graduate student’s right to due process.”

Penn knows and values the “importance of ensuring that students in groups that were historically marginalized have full opportunity to participate in classroom discussions,” Fluharty added. “Penn is strongly committed to providing respectful work and learning environments for all members of our community.”

Yet Fluharty seemed to validate McKellop’s claim that Penn has taken issue with her teaching style, saying that Penn is “looking into the current matter involving a graduate student teaching assistant to ensure that our students were not subjected to discriminatory practices in the classroom and to ensure that all of our students feel heard and equally engaged.”

McKellop did not immediately respond to an interview request Thursday. A spokeswoman for Penn said that McKellop has not been barred from teaching, but she provided no further details. McKellop’s adviser did not respond to a request for comment.

A number of academics expressed support for McKellop on social media and for progressive stacking. In general, it doesn’t mean excluding men or white students from conversations, or forcing underrepresented students to talk. Instead, it means calling on students who want to talk in the reverse order that one might predictably do so, based on social biases.

Jessie Daniels, a professor of sociology at Hunter College and the Graduate Center of the City University of New York, said progressive stacking has been around at least since she was in graduate school in the 1990s. She still uses it informally, to right her own tendency to call on men more frequently than women.

“If I have a class of 40 students, since Hunter is predominantly young women, I may have four or five young men in class,” Daniels said. “There’s still implicit bias, where we value men’s voices more than women’s voices, or men’s voices are deeper and carry more in a class. So I’m always trying to overcome my own bias to pick on men in class more than the women.”

As to whether purposely asking a woman to answer a question over a man was a kind of discrimination, Daniels said, “That gets it the wrong way around. This is a way of dealing with discrimination that we as professors can introduce into the classroom. It’s a good strategy, if you can do it.”

Daniels said she thought that the online backlash against McKellop seemed ripped from the “playbook” of the far right, which has attacked numerous professors involved in issues of race in recent months. Worse still, she said, McKellop, as a graduate student, is a particularly vulnerable target.

Cathy Davidson, director of the Futures Initiative at CUNY’s Graduate Center, has long advocated for inclusive teaching methods, including via the Humanities, Arts, Science and Technology Alliance and Collaboratory, which she co-founded. Davidson said Thursday that she didn’t particularly like progressive stacking, and that other methods seem “far better to me than making judgments on others’ privilege.”

Davidson instead recommended « inventory » methods that require participation by all students in the classroom, such as thoughtful « exit tickets » from a session, think-pair-share exercises or asking everyone to write down and then share a memorable sentence from a given reading.

Daniels said she didn’t know how pervasive progressive stacking is, but underscored that it’s nothing new. As for the situation at Penn specifically, Daniels said it would be unfortunate for the university to punish someone trying to “uphold its values. It would be a very misguided step on the part of Penn.”

Voir également:

Cannibalism Among the Oppressed

June 10, 2013

When big-bootied FLOTUS Michelle Obama was heckled last week by a grizzled lesbian activist who sort of resembles Glenn Beck with AIDS, the entire progressive coalition nearly came crashing to the ground.

Mrs. Obama was speaking about somethin’-somethin’ black when the activist interrupted her to start screaming about somethin’-somethin’ gay, at which point Obama left the podium to confront the woman. Video documentation of the event is scant, so it’s unclear whether Obama did that black-lady thing where they wag their finger and swivel their head.

“She came right down in my face,” said gay heckler Ellen Sturtz. “I was taken aback.”

Then, but of course, Sturtz was accused of using “white privilege” and “coded racial words” to play into ancient, hateful, and obviously disproved-by-science stereotypes of an “angry black woman.”

One can only imagine the furor if the lez had accused Michelle of chimping out.

“I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.”

A fat black lesbian who says she embraces the term “BlaQueer” to describe her multiple Identities of Oppression wrote a Huffington Post puff piece about how she couldn’t decide whose side to take:

I, like many other queer people of color, can’t separate my race and its history from my sexuality (or my gender performance/identity) and its history.

Like my mom always said, “‘Can’t’ means ‘won’t.’”

In the event’s wake, pro-homo serial event-interrupters Code Pink apparently made remarks critical of Michelle Obama on Twitter, then offered a groveling apology when told to check their privilege.

This shit never ends, and I love it. Since a white penis dangles atween my legs, progressive identity groups have designated me as their natural-born enemy. Therefore, I take tremendous pleasure when my supposed enemies start shooting each other with friendly fire.

One of the most fascinating aspects of the O. J. Simpson murder trial is that it forced the progressive-minded to take sides: Do they go against the woman-killer or the racist cop?

There are numerous examples of such seemingly insoluble liberal dilemmas, all of them hilarious to me.

Do you protect the environment, or do you allow the Third World to continue breeding like dusky hamsters?

Do you support Islam or the women who are getting their clits sliced off?

Do you come down on the side of unions or illegal-alien scab laborers?

Do you support Greenpeace or Injun whalers?

Do you oppose censorship or rape jokes?

Such constant squabbling usually devolves into pissing contests about who is more oppressed and who exactly is bullying whom.

The term for when one person’s oppression collides with another’s is intersectionality. It was allegedly coined by a black female lawyer named Kimberlé Crenshaw, and the way she spells “Kimberly” is really all you need to know about her. The general concept supposedly arose in the 1970s when black feminists started bitching about white feminists over who was more oppressed. In other words, it was the fruit of infighting among leftist identity groups, the result of cannibalism among the oppressed.

People who buy into this notion that they suffer from multiple forms of oppression—rather than the more likely explanation, which is that they suffer from multiple personalities—tend to explain intersectionality in ways either histrionically angry or academically tortured.

A shining example of the histrionically angry school is a screed called “MY FEMINISM WILL BE INTERSECTIONAL OR IT WILL BE BULLSHIT!” written by a “Latina” who claims she screams so much, it sometimes scares her cat.

Intersectionality, because it is by definition an insane if unfalsifiable notion, has gained traction in the so-called social sciences. In Sweden (of course), you can get a master’s degree in it. Never have so few used so many words to say so little. Intersectionality’s proponents prattle on about standpoint epistemology and interlocking matrices of oppression, about how intercategorical approaches are needed to determine how essentialist identities foster stereotyping, about how power carries gendered connotations and has androcentric biases that promote racialized belonging, and about how straight white males suck.

This is one of the reasons I sort of hope for a wholesale economic collapse—because people who talk like this will not have jobs.

The concept of intersectionality is also related to the “progressive stack,” which assumes that white males at all times bear noxious degrees of unearned power, which is why they have to get to the back of the line and let all the legless black lesbians speak first.

So much for transcending labels and viewing one another as individuals. These people want to institutionalize such labels. They balk at the concept of “assigned identity,” yet they also seem unable to live without it. So many of these multitudinous oppressed “identities” seem like nothing more than cheap cloaks to mask nakedly annoying personalities. People with bad personalities seem to have a built-in defense mechanism that makes them believe you actually hate them for any other possible reason besides their bad personalities. With all the banter about oppression, it’s hard to think of anything that stifles free speech and free expression more than such strident humorlessness.

As an unapologetic white male and therefore a designated cultural pariah, I take a sort of emperor’s glee in the gladiatorial spectacle of these special-interest ninnies eating each other. But it’s different from lions eating Christians. It’s more like Christians eating Christians.

Personally, I found these people far more likable when they were disenfranchised.

Voir encore:

San Francisco is once again the epicenter of the sanctuary city debate with the beginning of the sad and explosive trial of one of the most well-known and infamous illegal aliens in U.S. history. Juan Garcia Zarate (also known as Juan Francisco Lopez-Sanchez), an illegal alien from Mexico with seven felony convictions and five deportations, is on trial for the murder of 32 year-old Kate Steinle. Steinle was allegedly gunned down in broad daylight as she walked arm in arm with her father near the city’s Embarcadero district.

Just months before the shooting, instead of being deported, Garcia Zarate was released from jail and allowed back onto the streets due to San Francisco’s controversial and illegal sanctuary policies. Not surprisingly, when asked why he repeatedly returned to San Francisco, Zarate told local authorities that the city attracted him because of its sanctuary policies.

For many Americans, this senseless murder was regarded as something that could have easily been prevented through adequate border enforcement and a firm federal crackdown on sanctuary cities. On the one hand, Steinle’s death served as a wake-up call for the nation, made immigration reform a rallying cry and helped to propel Donald Trump to the Oval Office.

But sadly, many California pols were more than happy to turn a deaf ear to the suffering of the Steinle family, as well as the cries from other parents across the country who had lost loved ones to illegal aliens shielded by sanctuary policies. To them, Steinle was simply an acceptable loss on the altar of open borders.Just three months after Steinle’s murder, San Francisco, her hometown, revisited the sanctuary issue and instead of scrapping the dangerous policy, doubled down on its commitment to remain a sanctuary city. By a unanimous vote, the board of supervisors embraced the longstanding policy of releasing criminal illegal aliens back onto the streets instead of notifying Immigration and Customs Enforcement so that they can be removed from the country.

The California General Assembly demonstrated equal empathy for the Steinle family, with the passage of a bill that designated California as a sanctuary state. California Assemblyman Joaquin Arambula exclaimed that the bill would ensure that “California is a safe place for immigrants,” begging the question of what, if any, value is being placed on the lives of native-born Americans and legal residents.

It’s not just in the Golden State that sanctuary fever has caught on. At the beginning of this year, FAIR estimated that there were roughly 300 sanctuary cities and jurisdictions across the nation. Unbelievably, that number has now grown to an estimated 500, according to a list compiled by the Ohio Jobs and Justice Political Action Committee, a group that has tracked the issue for a decade. Not surprisingly, 101 of them are in California.

Thankfully, there’s some good news too. President Trump campaigned on ridding the nation of dangerous sanctuary cities and his attorney general, Jeff Sessions, has promised to “claw back” key federal funds from sanctuary jurisdictions. Several cities including Miami, Florida and Dayton, Ohio, dropped their sanctuary policies to avoid losing precious federal funding. The state of Texas recently passed anti-sanctuary legislation forbidding sanctuary policies across the state, and other states, are following suit.

There is also renewed action and commitment to fight dangerous sanctuary jurisdictions on the federal level. Two bills with strong bipartisan support recently passed the House of Representatives. They are now awaiting action in the Senate and there is hope that they will soon be scheduled for a vote, despite an already crowded agenda.

Kate’s Law,” named in memory of Kate Steinle, would increase current maximum sentences for illegal reentry into the United States. The No Sanctuary for Criminals Act clarifies ICE detainer authority to hold criminal aliens for up to 48 hours so they can be handed over to ICE. At the same time, it holds state and local governments responsible for so-called sanctuary policies that protect deportable criminal aliens from being removed from the country. Additionally, the bill also protects jurisdictions that comply with detainers from being sued, while allowing victims of crime to sue jurisdictions that refuse to comply and subsequently release criminal aliens onto the streets.

The sanctuary issue might be popular with the open border pols in California, but public sentiment is clearly on the side of immigration enforcement. According to a recent Zogby poll of 11 key swing states, three out of four registered voters believe that police and sheriffs must comply with detainer requests by ICE, with Hispanic voters showing considerably stronger support. By equal margins, voters believe sanctuary jurisdictions must be held accountable for crimes committed by people who were released into the community because of those policies.

While these laws won’t be able to bring back the loved ones lost by misguided sanctuary policies, they will go a long way in preventing future heartbreak for families who needlessly lose a loved one to someone here illegally.

Dave Ray is director of communication at the Federation for American Immigration Reform (FAIR), a nonprofit aimed at promoting legal immigration.

Voir enfin:

J’ai vécu (sans encombre) à New York, dans la clandestinité

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler…

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New York – Lyon69

Tout a commencé au printemps 2009 lorsqu’un ami m’a proposé d’aller passer trois mois à New York pour l’été. Ses deux frères habitant à Brooklyn, il m’explique que l’on pourra loger gratuitement chez eux et travailler (illégalement) dans des bars et restaurants où l’on sera payé grassement en pourboires.

Je suis un brin sceptique quant à notre capacité à nous faire embaucher « sans papiers » mais ses deux frères travaillant dans l’hôtellerie me confirment que ce ne sera effectivement qu’une simple formalité.

De nature aventureuse, je me débrouille pour récupérer un congé de six mois. J’achète mon billet d’avion quelques jours plus tard et me prépare mentalement à l’idée de passer un été à New York et me remplir les poches de dollars.

L’objectif, c’était d’y rester trois mois, économiser un maximum d’argent puis d’aller le dépenser en Amérique du Sud les trois mois suivants, avant de rentrer en Europe pour reprendre le boulot.

La concurrence est rude

Première constatation : ce n’est pas si évident de trouver un job. La très grande majorité des restaurants et bars ne me demande pas si je suis en règle. En parlant avec certains employés, la plupart d’entre eux travaillent illégalement en étant payé cash, du sous-chef mexicain à la serveuse d’Europe de l’Est.

A force d’acharnement, je finis par trouver un boulot de serveur à Brooklyn. Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que je ne gagne pas tant de dollars que ça et que la fin de l’été approche, tout comme la validité de mon visa touristique de 90 jours.

On décide donc avec mon ami de faire un aller-retour à Montréal pour récupérer un nouveau visa de 90 jours et poursuivre l’aventure jusqu’aux fêtes de Noël, réputées très juteuses dans la restauration.

De retour à New York (sans encombre), je dois trouver au plus vite une chambre pour me loger – après trois mois à squatter les canapés. Je ne roule malheureusement pas sur l’or après un été calamiteux sur le plan des revenus. Grâce à un collègue, je dégote cependant une chambre pas chère, mais dans un appartement de Brooklyn miteux à souhait. Après avoir changé de travail et déménagé deux fois (de plus), je finis par être bien installé ainsi qu’a gagner ma vie correctement.

La saison des fêtes s’avère très rentable et en moins de deux mois j’ai réussi à économiser un joli petit pactole. Mais mon visa arrive à échéance bientôt et je dois prendre une décision :

  • dois-je rentrer en Europe pour reprendre un boulot intéressant mais très mal payé ?
  • dois-je rester à New York à faire un travail pas intéressant mais payé cinq fois plus ?

Entre temps, je suis tombé amoureux de New York : je décide finalement de rester plus longtemps. J’achète un billet d’avion pour l’Equateur et tente de récupérer un troisième visa touristique d’affilé, avec tous les risques que cela comporte. En effet, en tant que citoyens européens, nous sommes limités par la loi à deux visas touristiques de 90 jours pour une période de douze mois.

Pour l’immigration américaine, il est indispensable de posséder un billet prouvant votre intention de quitter le territoire sous 90 jours. J’ai donc également acheté un billet d’avion New York-Montréal (remboursable) qui décolle quelques jours à peine après mon retour l’Equateur.

Le passage à la douane s’est de nouveau passé sans encombre, mais cela, je le dois aux deux pauvres passagers me précédant dans la queue, qui se sont fait embarquer pour un interrogatoire. Grâce à eux, notre agent a expédié la queue dans laquelle je me trouvais, car plusieurs passagers derrière moi se plaignaient de l’attente. Comme quoi, parfois, ça ne tient pas à grand chose…

Impossible n’est pas Américain !

Maintenant que j’ai décidé de rester aux Etats-Unis un peu plus longtemps, je dois me débrouiller pour me simplifier la vie. Je commence par ouvrir un compte en banque. Techniquement, il est « impossible » aux USA de travailler, ouvrir un compte en banque, emprunter, accéder à la sécurité sociale… sans numéro de sécurité sociale.

Dans la pratique, c’est un peu différent… J’ai ouvert un compte en banque grâce à une banquière peu regardante, signé un bail à un propriétaire qui ne posait pas de questions, ouvert un contrat de téléphonie mobile. Je vais dans un centre destiné aux immigrants pour voir un dentiste et, en cas d’urgence, je peux toujours aller dans un des nombreux hôpitaux publics de la ville pour me faire soigner.

L’un des propriétaires du restaurant où je travaille, depuis mon retour d’Equateur, vient tout juste de se faire régulariser après avoir vécu ici illégalement pendant douze ans ! Il possédait une entreprise de construction
et un bar, il avait un emprunt immobilier pour sa maison et possédait deux voitures… Ici, rien n’est impossible !

Donc, même âpres avoir vécu illégalement aux Etats-Unis pendant des années, il est tout à fait possible de se faire régulariser très facilement. Il suffit pour cela, de se marier avec un(e) citoyen(ne) américain(e).

Ce n’est plus possible dans tous les Etats mais cela reste permis dans un certain nombre, notamment l’Etat de New York et ceux du Connecticut ou de Californie. Une fois marié, il suffit de faire les démarches nécessaires et sous moins de deux mois on reçoit une « green card » temporaire ainsi qu’un numéro de sécurité sociale. Sous deux ans, votre « green card » définitive vous sera délivrée suite éventuellement à un rendez-vous avec les services de l’immigration où vous aurez à prouver que votre mariage est légitime.

Il est même possible de faire la demande d’un « numéro de taxe » (ID Tax Number) pour payer des impôts en travaillant illégalement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, payer des impôts en travaillant illégalement, c’est tout à fait possible et même conseillé ! Car si par la suite vous parvenez à vous faire régulariser (par le mariage), toutes les années ou vous aurez payé des impôts seront alors prises en compte dans les délais d’octroi de la citoyenneté américaine.

Alors, comment se fait-il qu’il soit donc plutôt aisé de vivre et travailler illégalement aux USA ?

New York, ville « sanctuaire » pour les immigrants illégaux

« Ville sanctuaire » désigne une ville qui met en place certaines pratiques pour protéger les immigrants illégaux/sans-papiers. Elles sont une trentaine aux Etats-Unis à avoir ce « label ».

Ces pratiques peuvent être définie par la loi (de jure) ou simplement dans les fait (de facto). Concrètement, une ville n’accordera aucun budget pour lutter contre l’immigration illégale ou ne permettra pas aux autorités locales de contrôler le statut d’immigrant d’un civil. Depuis 1996 et surtout depuis 2006, des séries de lois portées en majorité par le parti Républicain, lutte contre ces « libertés » accordées aux immigrants illégaux et tente de donner davantage de pouvoir au gouvernement fédéral (dont dépend la gestion de l’immigration) localement au sein des Etats.

A l’heure actuelle, ce sont surtout les Etats du Sud du pays qui sont touchés : Alabama, Texas, Arizona, Mississippi et Géorgie… Mais la tendance, surtout depuis la crise financière de 2008, s’oriente vers davantage de contrôle ainsi qu’un renforcement des lois.

A New York, il est possible mais peu probable que des agents de l’immigration débarquent dans un restaurant ou un bar pour faire un contrôle car vous l’aurez compris, les lois locales sont en « faveur » des immigrants. Et dans la réalité, la plupart des bars et restaurants de la ville fermeraient car la main d’œuvre utilisée par cette industrie est en majorité ici illégalement ! Dans la pratique donc, les travailleurs illégaux sont « tolérés » par les autorités locales.

Dans les faits, la police peut vérifier votre identité mais n’a pas le droit (contrairement à la France) de vérifier la situation relative à votre visa.

Par exemple, il est tout à fait possible en étant sans-papiers, de passer devant un juge et être condamné pour des faits mineurs, sans se faire par la suite expulser. C’est arrivé à un de nos cuisiniers mexicains… Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que ce n’est pas le rôle de la justice locale de s’occuper de l’immigration !

Cela tient aussi au fait que le travail des différentes agences locales ou fédérales ne collaborent pas vraiment ensemble et ne travaille pas à partir des mêmes bases de données.

Il ne faut pas être claustrophobe

Après avoir obtenu mon troisième visa touristique d’affilé, j’ai décidé, après mûre réflexion, de poursuivre l’aventure à New York, au-delà de mon visa et donc de rentrer dans la clandestinité.

Le risque je le connaissais bien : si je quittais ensuite le territoire moins de 365 jours après l’expiration de mon visa, je m’exposais à une exclusion du territoire de trois ans – plus de 365 jours, une exclusion de dix ans.

Dans le pire des cas, j’allais être banni des USA pour les dix prochaines années, mais à n’importe quel moment, il me suffisait de me marier avec une américaine pour faire sauter les sanctions.

Pour moi, l’un des principaux inconvénients de vivre illégalement aux Etats-Unis, c’est qu’on finit par se sentir légèrement enfermé… Il ne faut pas être claustrophobe.

Le voyage est l’une de mes grandes passions et il ne m’est pas vraiment possible de prendre l’avion. Techniquement, on peut prendre des lignes intérieures sans passer pas l’immigration mais il y a un risque, car il y a toujours un agent de l’immigration présent dans tous les terminaux des aéroports. Donc cela va faire bientôt deux ans et demi que je n’ai pas mis les pieds dans un avion et ça, c’est le coté un peu difficile à vivre.

Je me suis marié l’année dernière à l’Hôtel de ville de New York sans que l’on ne me pose la moindre question (une fois de plus !). Ma femme n’étant pas américaine (on ne force pas l’amour), nous avons donc décidé d’aller poursuivre notre aventure ailleurs. Mais j’ai passé trois années fantastiques à New York.

 COMPLEMENT:

Abus sexuels : le cauchemar sans fin de Hollywood
Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Louis C. K., Brett Ratner… Les révélations en cascade d’abus sexuels bouleversent le monde du divertissement américain, au point d’écorner l’image d’une usine à rêves mythique.
Constance et Jamet Etienne Sorin
Le Figaro
14/11/2017

Il règne à Hollywood une atmosphère de guerre. On ignore qui, demain, sera le prochain à être reconnu comme prédateur sexuel. Des noms circulent. Des projets de films, de séries en cours suscitent l’inquiétude à la seule idée que l’une de leurs pièces maîtresses puisse être concernée», résume Jordan Mintzer, correspondant du Hollywood Reporter à Paris. Cela fait un mois que le New York Times et le New Yorker ont ouvert la boîte de Pandore en révélant les abus auxquels se livrait Harvey Weinstein envers ses collaboratrices, des actrices et même des journalistes. La chute du nabab a libéré la parole. D’autres harceleurs ont été dénoncés: le producteur Brett Ratner, le cinéaste et scénariste James Toback, les acteurs Steven Seagal, Louis C. K. et Kevin Spacey ou encore Roy Price, patron d’Amazon Studio, la branche de production de films du géant du commerce en ligne. Un séisme dont l’onde de choc ne montre aucun signe d’affaiblissement.

Contrairement aux scandales sexuels de l’âge d’or de Hollywood, les studios ne ferment plus les yeux. Craignant pour leurs recettes et leur image, ils affichent une tolérance zéro et prennent leur distance avec les mis en cause, enterrant ou suspendant des franchises emblématiques. « La rapidité et la sévérité de leur réponse sont d’une ampleur inédite » , confirme Jordan Mintzer. Vingt-quatre heures après les déclarations d’Anthony Rapp, l’acteur de Star Trek Discovery , qui accusait Kevin Spacey d’avoir tenté de le violer alors qu’il n’avait que 14 ans, Netflix, le diffuseur, et la société de production MRC interrompent le tournage de la saison 6 de House of Cards. Les témoignages des techniciens et assistants s’accumulant, la plateforme SVOD annonce, trois jours plus tard, limoger sa star et geler la production afin de permettre aux scé- naristes de réécrire leurs intrigues et trouver un moyen de tuer le personnage incarné par Spacey, le président américain sans scrupules Frank Underwood. Une solution d’autant plus complexe que deux épisodes étaient déjà en boîte. Netflix abandonne aussi le film co-produit par et avec Spacey, Gore, sur la relation entre un jeune homme et célèbre écrivain américain Gore Vidal, qui devait sortir l’an prochain. La postproduction était presque terminée. De son côté, Sony maintient la sortie en salle fin décembre de Tout l’argent du monde , projet phare de Ridley Scott avec Spacey dans un second rôle, par égard pour « les 800 comédiens et techniciens ayant contribué au long-métrage » . Mais, sans attendre l’aval de Sony, le réalisateur remplace, à moins de cinq semaines de la sortie, Kevin Spacey par Christopher Plummer. Un geste jamais vu qui a sidéré les observateurs. Le film était terminé ; les bandes-annonces en ligne sur YouTube. Les huit à dix jours de tournage additionnels, l’insertion dans le montage terminé de Plummer – qui nécessitera de nombreux effets spéciaux – se chiffreront en millions de dollars ! Mais cette audace pourrait valoir à Ridley Scott, qui s’était vu imposer Spacey par le studio, la nomination aux Oscars qui lui manque tant. Même bannissement pour l’humoriste Louis C. K.. Ayant bâti sa carrière sur son personnage quasi autobiographique d’artiste déprimé ayant le sexe triste, la vedette de stand-up a reconnu des comportements exhibitionnistes. Aussitôt, Netflix, la chaîne FX Networks, filiale de la Fox, et ses agents ont cessé toute collaboration. Sa comédie noire qui devait sortir le lendemain a été reportée sine die. ARP, le distributeur français qui a acheté I Love You Daddy ! au Festival de Toronto en septembre dernier, prévoyait une sortie le 27 décembre. Louis C. K. a annulé sa venue en France et ARP est tributaire de la décision des Américains. « C’est un film formidable, regrette Michèle Halberstadt, chez ARP. Malheureusement, il n’est plus montrable dans le contexte actuel. Le film ne peut plus être vu pour ce qu’il est. » Matthew Weiner, le showrunner de la série Mad Men , est quant à lui accusé de harcèlement sexuel par l’une des anciennes scénaristes du show, Kater Gordon. En pleine promotion de son premier roman, Heather, par dessus tout , il conteste les faits. Son éditeur français, Gallimard, confirme sa venue à Paris les 29 et 30 novembre prochain. Mais gare aux studios qui seraient trop lents à prendre la mesure du problème ! Partenaire majeur de Warner Bros via sa société RatPac, le producteur Brett Ratner a maltraité plusieurs femmes, dont les actrices Olivia Munn et Ellen Page. Warner Bros a annoncé rompre avec le réalisateur de block busters (Rush Hour , X-Men : L’Affrontement final ), chassé de ses bureaux. Le contrat de 450 millions de dollars liant RatPac et Warner court néanmoins jusqu’en 2018. Une ambiguïté insupportable pour Gal Gadot. La star de Wonder Woman, produit par Ra- tner, aurait exigé pour reprendre son rôle que la Warner rachète les parts du cinéaste, le privant ainsi de tout bénéfice. Même les rescapés de précédents scandales ne sont plus intouchables. Woody Allen, qui a survécu dans l’industrie en dépit d’accusations d’attouchements sur ses enfants adoptifs vieilles de vingt ans, vacille. Produit par Amazon, son prochain long-métrage, Wonder Wheel, a vu sa première supprimée in extremis mi-octobre. Le cinéaste, dont le fils Ronan Farrow est l’auteur de l’enquête dévastatrice du New Yorker, s’inquiétait du moral de Harvey Weinstein et d’une éventuelle chasse aux sorcières (avant de faire machine arrière). De quoi plomber son film et son interprète Kate Wins- let, qui pouvait espérer briller dans cette saison des prix mise complètement sens dessus dessous. Jadis silencieuse, car dépendante de la manne publicitaire des studios, la presse spécialisée a joint ses forces d’investigation au grand déballage. Variety et The Hollywood Reporter ont, ce week-end, révélé des témoignages à charge contre George Takei, l’icône de Star Trek , et Andrew Kreisberg, producteur exécutif de Supergirl , Flash et Arrow , les séries de super-héros de la CW, propriété de la Warner. « La mentalité machiste de Hollywood qu’incarnait à merveille Weinstein où une actrice, scénariste ou réalisatrice devait supporter gestes et paroles salaces pour être acceptée est désormais contestée » , veut croire Jordan Mintzer. Cependant, le journaliste du Hollywood Reporter reconnaît que l’affaire Weinstein est à double tranchant : « Les femmes devant et derrière la caméra seront sans doute mieux traitées. Mais, côté business, pour s’éviter des risques de procès, les agences et les studios pourraient freiner les embauches. »

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Affaire Weinstein: Attention, une histoire peut en cacher une autre (A new manifestation of a much older story)

23 octobre, 2017

Alfred Hitchcock and Tippi Hedren, arrive at the festival theatre in Cannes, France, for the screening of The Birds in 1963

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Thémistocle offrait un sacrifice devant la trière amirale, quand on amena trois prisonniers de guerre d’une grande beauté, magnifiquement vêtus et couverts de bijoux. C’étaient, disait-on, les fils de Sandacè, la sœur du Grand Roi, et d’Artayctès. Le devin Euphrantidès les aperçut […], il saisit la main de Thémistocle et lui ordonna de consacrer les jeunes gens et de les immoler tous à Dionysos Mangeur de chair crue, en donnant à entendre le vœu de cette divinité. Un tel sacrifice, disait-il, assurerait aux Grecs le salut et la victoire. Thémistocle en fut stupéfait, comme par une prophétie grande et terrible ; mais la multitude, comme souvent dans les graves dangers et les situations difficiles, espérait son salut de l’irrationnel plus que des voies raisonnables : invoquant le dieu d’une seule voix, elle poussa les prisonniers devant l’autel, et força Thémistocle à accomplir le sacrifice, comme le devin l’avait ordonné. Plutarque
Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain; tu ne désireras point la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. Deutéronome 5: 21
Si le Décalogue consacre son commandement ultime à interdire le désir des biens du prochain, c’est parce qu’il reconnait lucidement dans ce désir le responsable des violences interdites dans les quatre commandements qui le précèdent. Si on cessait de désirer les biens du prochain, on ne se rendrait jamais coupable ni de meurtre, ni d’adultère, ni de vol, ni de faux témoignage. Si le dixième commandement était respecté, il rendrait superflus les quatre commandements qui le précèdent. Au lieu de commencer par la cause et de poursuivre par les conséquences, comme ferait un exposé philosophique, le Décalogue suit l’ordre inverse. Il pare d’abord au plus pressé: pour écarter la violence, il interdit les actions violentes. Il se retourne ensuite vers la cause et découvre le désir inspiré par le prochain. René Girard
Pour qu’il y ait cette unanimité dans les deux sens, un mimétisme de foule doit chaque fois jouer. Les membres de la communauté s’influencent réciproquement, ils s’imitent les uns les autres dans l’adulation fanatique puis dans l’hostilité plus fanatique encore. René Girard
Il y avait vraiment des gens qui s’agitaient devant des courts-bouillons de grenouilles et de scorpions, mais nous savons que leurs manigances n’empêcheraient pas les avions de voler (…) C’est bien pourquoi, même lorsqu’elles étaient condamnées, même lorsqu’elles étaient techniquement coupables, les sorcières étaient des boucs émissaires. René Girard
Il arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer, bien que nous souffrions jusqu’à mourir d’avoir à les leur disputer ; le contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple douloureux et préventif dans cette prédilection des hommes pour les femmes qui, avant de les connaître, ont commis des fautes, pour ces femmes qu’ils sentent enlisées dans le danger et qu’il leur faut, pendant toute la durée de leur amour, reconquérir ; un exemple postérieur au contraire, et nullement dramatique celui-là, dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goût pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il lui faut la protéger chaque jour. Le contraire des hommes qui exigent qu’une femme renonce au théâtre, bien que, d’ailleurs, ce soit parce qu’elle avait été au théâtre qu’ils l’ont aimée. Proust
Vous nous avez fait faire tout ce chemin pour nous montrer quoi: un triangle à la française ? Eglinton (Ulysse, James Joyce)
Elle était belle comme la femme d’un autre. Paul Morand
En 1974, un accident de la circulation impliquant le président Giscard d’Estaing, qui conduisait lui-même une voiture aux côtés d’une conquête, au petit matin dans une rue de Paris avait fait les titres de la presse satirique. (…) Mitterrand, entre deux dossiers, consacrait beaucoup de temps à son harem. Chirac nommait ses favorites au gouvernement. Ses disparitions nocturnes entraînaient l’inévitable question de Bernadette : « Savez-vous où est mon mari ce soir? » C’est ainsi: en France, sexe, amour et politique sont indissociables. Sexus Politicus
From the day the McMartin Pre-School molestation story broke on KABC-TV, on Feb. 2, 1984, the media have been major players in the story, influencing events as well as chronicling them, both by the stories they have published and broadcast and by the stories they haven’t. That is the conclusion of a three-month Times investigation completed and, except for a few relatively minor changes, written before the jury verdicts were announced Thursday. (…) Media feeding frenzies have become almost commonplace in recent years, as Gary Hart, Oliver North, Vice President Dan Quayle and Speaker of the House Jim Wright, among many others, could readily attest. But in McMartin, the media seemed especially zealous–in large part because of the monstrous, bizarre and seemingly incredible nature of the original accusations. More than most big stories, McMartin at times exposed basic flaws in the way the contemporary news organizations function. Pack journalism. Laziness. Superficiality. Cozy relationships with prosecutors. A competitive zeal that sends reporters off in a frantic search to be first with the latest shocking allegation, responsible journalism be damned. A tradition that often discourages reporters from raising key questions if they aren’t first brought up by the principals in a story. In the early months of the case in particular, reporters and editors often abandoned two of their most cherished and widely trumpeted traditions–fairness and skepticism. As most reporters now sheepishly admit–and as the record clearly shows–the media frequently plunged into hysteria, sensationalism and what one editor calls « a lynch mob syndrome. » On so volatile an issue in an election year, defense attorneys maintain, that helped make it all but inevitable that the case would be prosecuted on a scale greater than the actual evidence warranted. There were stories about child prostitution and massive child pornography rings, stories about children being exchanged between preschools for sexual purposes, stories about a connection between alleged molestation at McMartin and a murder eight years earlier. None of these charges was ultimately proved, but the media largely acted in a pack, as it so often does on big events, and reporters’ stories, in print and on the air, fed on one another, creating an echo chamber of horrors. The LA Times
Nous sommes une société qui, tous les cinquante ans ou presque, est prise d’une sorte de paroxysme de vertu – une orgie d’auto-purification à travers laquelle le mal d’une forme ou d’une autre doit être chassé. De la chasse aux sorcières de Salem aux chasses aux communistes de l’ère McCarthy à la violente fixation actuelle sur la maltraitance des enfants, on retrouve le même fil conducteur d’hystérie morale. Après la période du maccarthisme, les gens demandaient : mais comment cela a-t-il pu arriver ? Comment la présomption d’innocence a-t-elle pu être abandonnée aussi systématiquement ? Comment de grandes et puissantes institutions ont-elles pu accepté que des enquêteurs du Congrès aient fait si peu de cas des libertés civiles – tout cela au nom d’une guerre contre les communistes ? Comment était-il possible de croire que des subversifs se cachaient derrière chaque porte de bibliothèque, dans chaque station de radio, que chaque acteur de troisième zone qui avait appartenu à la mauvaise organisation politique constituait une menace pour la sécurité de la nation ? Dans quelques décennies peut-être les gens ne manqueront pas de se poser les mêmes questions sur notre époque actuelle; une époque où les accusations de sévices les plus improbables trouvent des oreilles bienveillantes; une époque où il suffit d’être accusé par des sources anonymes pour être jeté en pâture à la justice; une époque où la chasse à ceux qui maltraitent les enfants est devenu une pathologie nationale. Dorothy Rabinowitz
Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit. Frédéric Mitterrand
Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : « Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses? » Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Daniel Cohn-Bendit (Grand Bazar, 1975)
La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. (…) Je n’ai pas d’autre compte à régler que d’aligner mes bahts, et je suis libre, absolument libre de jouer avec mon désir et de choisir. La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclats ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre. Frédéric Mitterrand (”La mauvaise vie”, 2005)

J’étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins. (…) Que vienne me jeter la première pierre celui qui n’a pas commis ce genre d’erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n’aurait pas commis ce genre d’erreur au moins une seule fois ? (…) « Ce n’est ni un roman, ni des Mémoires. J’ai préféré laissé les choses dans le vague. C’est un récit, mais au fond, pour moi, c’est un tract : une manière de raconter une vie qui ressemble à la mienne, mais aussi à celles de beaucoup d’autres gens.
 Frédéric Mitterrand
La rumeur, Frédéric Mitterrand, c’est qu’on dit ‘Frédéric Mitterrand, il aime les petits garçons. On dit, il est pédophile’. Franz-Olivier Giesbert
C’est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, on imagine alors les petits garçons. Ça fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit qui fait que l’on veut toujours noircir le tableau, ça n’a aucun rapport. (…) Evidemment, je cours le risque de ce genre d’amalgame. Je le cours d’autant plus facilement ce risque-là puisqu’il ne me concerne pas. (…) Il faudrait que les gens lisent le livre et ils se rendraient compte qu’en vérité c’est très clair. Frédéric Mitterrand (émission « Culture et dépendances », le 6 avril 2005)
DSK, dont tous les médias connaissent le goût pour une sexualité débridée, risquait des ennuis dans un pays qui ne plaisante pas avec la morale, en général, et le harcèlement sexuel en particulier. (…) Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). (…) Or, à la différence de ce qui se passe en France, aux Etats-Unis -où se trouve le siège du FMI – le moindre « comportement inapproprié » peut coûter son poste au titulaire d’un mandat public. Les Américains ne plaisantent pas avec ce genre de chose même si cela nous fait ricaner. Si dans six mois, il y a un scandale (selon les normes US), les médias français vont-ils encore écrire: on le redoutait, mais on ne vous a rien dit ? Notre crédibilité n’en sortirait pas renforcée. (…) Pour bien connaître DSK, je sais qu’il est en séduction permanente, même s’il n’a jamais eu de gestes déplacés. Et que cela choque et a choqué, surtout hors des frontières hexagonales. Tous les journalistes qui ont couvert ses activités publiques –y compris à Marianne- le savent et les anecdotes sont nombreuses. Mais être «pressant» n’est pas un délit pénal, que cela soit clair. En revanche, aux Etats-Unis, c’est tout comme. C’est tout ce que je voulais dire : une fois à la tête du FMI, il faudra que DSK ravale son côté « French Lover » lourdingue. Jean Quatremer (correspondant de Libération à Bruxelles, juillet 2007)
On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris. Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir. Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président. Arnaud Ardoin
He told me this is how things work in Hollywood and all of the actresses that have made it have made it this way. He told me first I would have sex with him, then he would take me to parties and show me who I would sleep with after that. I didn’t think anyone would believe me. I was nobody. Why would they? Heather Kerr
J’ai honte de n’avoir rien dit à ce moment-là […] J’imagine que c’était parce que ça ne m’étais pas arrêtée à moi et donc je pensais que ce n’était pas à moi de le dire. (…) J’ai rencontré Weinstein quand j’étais déjà âgée, mais il s’intéressait plutôt aux jeunes femmes parce qu’elles sont plus vulnérables. Jane Fonda
C’était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. (…) Je savais qu’il avait fait plusieurs de ces choses. (…) J’en savais suffisamment pour réagir plus que ce que j’ai fait. (…) ‘aimerais avoir agi de façon responsable après ce que j’ai entendu. Pour faire ce que j’aurais dû faire, il aurait fallu que je ne travaille pas avec lui. Quentin Tarantino
Let us now consider the peculiar politics of Harvey Weinstein, the disgraced movie producer. Today Weinstein is in the headlines for an astonishing array of alleged sexual harassment and assaults, but once upon a time he was renowned for something quite different: his generous patronage of liberal politicians and progressive causes. This leading impresario of awful was an enthusiastic supporter of Barack Obama and Hillary Clinton. He was a strong critic of racism, sexism and censorship. He hosted sumptuous parties to raise money for the fight against Aids. In 2004 he was a prominent supporter of a women’s group called “Mothers Opposing Bush”. And in the aftermath of the terrorist attack against the French magazine Charlie Hebdo, he stood up boldly for freedom of the press. Taking to the pages of Variety, Weinstein announced that “No one can ever defeat the ability of great artists to show us our world.” To call this man a hypocrite is to state the obvious. This champion of women is now accused of sexual harassment on an epic scale. This defender of the press was excellent at manipulating it and on one memorable occasion is said to have physically roughed up a reporter asking tough questions. (…) What explains Weinstein’s identification with progressive causes? Perhaps it was all about cozying up to power, the thrill of being a friend of Bill Clinton. Perhaps it was all about moral absolution, in the same way that lists of corporations-that-care always turn out to be led by outfits like Walmart, Goldman Sachs and Exxon-Mobil. In the world of the wealthy, liberalism is something you do to offset your rapacious behavior in other spheres. It’s no coincidence that, in Weinstein’s desperate first response to the accusations against him, he thought to promise war against the National Rifle Association and to support scholarships for women. But it’s also something deeper than that. Most people on the left think of themselves as resisters of authority, but for certain of their leaders, modern-day liberalism is a way of rationalizing and exercising class power. Specifically, the power of what some like to call the “creative class”, by which they mean well-heeled executives in industries like Wall Street, Silicon Valley and Hollywood. Worshiping these very special people is the doctrine that has allowed Democrats to pull even with Republicans in fundraising and that has buoyed the party’s fortunes in every wealthy suburb in America. That this strain of liberalism also attracts hypocrites like Harvey Weinstein, with his superlative fundraising powers and his reverence for “great artists”, should probably not surprise us. Remember, too, that Weinstein is the man who once wrote an essay demanding leniency for Roman Polanski, partially on the grounds that he too was a “great artist”.  Harvey Weinstein seemed to fit right in. This is a form of liberalism that routinely blends self-righteousness with upper-class entitlement. That makes its great pronouncements from Martha’s Vineyard and the Hamptons. (…) Countless people who should have known better are proclaiming their surprise at Harvey Weinstein’s alleged abuses. But in truth, their blindness is even more sweeping than that. They are lost these days in a hall of moral mirrors, weeping tears of admiration for their own virtue and good taste. Thomas Frank
Hollywood a du mal à expliquer comment l’une de ses personnalités les plus célèbres a pu s’en sortir en toute impunité en agissant de la sorte depuis si longtemps. (…) Est-ce l’équivalent à Hollywood du « mur du silence » en matière policière, ou bien y a-t-il quelque chose de plus clinique à l’œuvre ? Une réponse possible se trouve dans les résultats de récentes études en psychologie. Selon des scientifiques aux États-Unis et en Israël, il existe certains traits de personnalité, les « trois composantes obscures » du narcissisme, de la psychopathie et du machiavélisme, qui sont le plus souvent associées à un comportement sexuellement violent. Une découverte intéressante dans les résultats de cette recherche, publiée en 2016 dans le journal Personality and Individual Differences (La personnalité et les différences individuelles), c’est que les traits de personnalité associés à un penchant au harcèlement peuvent être des « adaptations psychologiques spécialisées » qui permettent aux individus d’exploiter des « niches » dans la société. En d’autres termes, certains prédateurs sexuels pourraient faire carrière dans certains secteurs d’activité spécifiques qui leur permettent d’exploiter les autres. Les chercheurs ont également constaté que la disposition qui motive la réussite d’une personne peut également comprendre certains traits de personnalité qui expliquent sa tendance à exploiter les autres. Les traits nécessaires pour remporter les Academy Awards, par exemple, peuvent être semblables aux traits d’une personne qui recherche un grand nombre de partenaires sexuels et des relations qui nécessitent peu d’engagement.En ce sens, cette étude suggère que nous ne devrions pas être surpris de retrouver un parallèle semblable dans bien d’autres aspects de la société. Ce n’est pas seulement à Hollywood que les caractéristiques qui font d’une personne une star peuvent faire de la même personne un agresseur. (…) Lorsque les agresseurs sont démasqués, ils cherchent souvent à rejeter leur responsabilité. Prétendre souffrir d’un trouble tel que « l’addiction sexuelle » ou suivre un programme de réadaptation dans une clinique de réadaptation pour un « traitement », comme Weinstein vient apparemment de le faire, correspond à une réponse machiavélique classique. Si les allégations se confirment, Weinstein serait un exemple extrême d’agresseur aux « trois composantes obscures ». Mais cette combinaison de traits de caractère n’est pas si rare. En fait, de puissants prédateurs pourraient bien rôder en ce moment même autour de la machine à café. Selon une enquête de 1994 menée sur les employés du gouvernement fédéral des États-Unis, citée dans l’étude sur les « trois composantes obscures », 44 % des femmes et 19 % des hommes parmi les employés ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail au cours deux années précédentes. Comme nous le rappellent les auteurs de l’étude de 2016, le harcèlement sexuel ne consiste pas toujours à essayer d’obtenir des faveurs sexuelles. Mais ce sont plutôt des motivations psychologiques, notamment le besoin d’accroître le sentiment d’estime de soi, l’attrait, ou la masculinité, qui peuvent conduire à des conduites d’abus de pouvoir de la part des prédateurs, lors de rapports visant à dominer ou à rabaisser les autres. Ce qui peut être particulièrement utile pour comprendre l’affaire Weinstein, quelle qu’en soit l’issue, c’est que Hollywood est bel et bien une bulle d’énergie narcissique. Les psychologues pourraient soutenir que cette caractéristique explique l’aveuglement dont certains ont fait preuve envers les soupçons de comportement pervers de l’un de leurs collègues. Le harcèlement sexuel est la priorité immédiate dans l’affaire Weinstein, comme il se doit, étant donné la gravité des soupçons de crimes et la détresse infligée aux victimes. Mais pour les psychologues qui cherchent à comprendre l’apparente connexion entre le succès et les maltraitances, l’apparente chute Weinstein n’est que la partie émergée d’un iceberg d’analyse.
L’exploitation est omniprésente dans le cinéma, c’est pourquoi nous devons lui refuser notre soutienCes projets au budget faramineux donnent à certains un pouvoir immense, utilisé pour briser des jeunes femmes. On devrait refuser d’exposer nos esprits à ce genre de choses. Si vous voulez des histoires à visage humain, lisez un livre. Ann Althouse
Combien de secteurs disposent d’un terme précis pour désigner l’échange de faveurs sexuelles contre un emploi ? interroge John Podhoretz. Est-ce un hasard si la pratique est tellement répandue dans le milieu du cinéma qu’elle a donné lieu à la locution ‘casting couch’, [un équivalent de notre ‘promotion canapé’] ? Dans combien de secteurs organise-t-on des réunions dans des chambres d’hôtel en dehors des heures de bureau ? Et lors de ces rendez-vous, dans combien de secteurs un patron dit-il à une jeune femme qu’elle ne doit pas hésiter à se dénuder devant lui, car l’emploi qu’elle brigue exigera d’elle qu’elle soit nue face à des millions de personnes ? John Podhoretz
The commentariat’s reaction to the Weinstein revelations has been desperately confused, and for once, the confusion is constructive, because there are strange ideological and moral convergences. The most extreme argument has it that he’s really not a unique monster, that every working woman in America has encountered a Weinstein, and that the problem derives from a culture of “toxic masculinity.” This attitude is an outgrowth of the now-fashionable view that there have been no real gains for women and minorities over the past half-century, that the gains are illusory or tokenish, and that something more revolutionary is required to level the playing field. As a matter of fact in the Weinstein case, this view is false. Women have indeed encountered boors and creeps in their workplaces. But a wolf-whistler is not a rapist. Someone who leers at a woman isn’t the same as someone who masturbates in front of her. Coping with grotesque and inappropriate co-workers and bosses is something every human being, regardless of gender, has had to deal with, and will have to deal with until we are all replaced by robots. It’s worse for women, to be sure. Still, no one should have to go through such experiences. But we all have and we all do. It’s one of the many unpleasant aspects of being human. Still, the extreme view of “toxic masculinity” contains a deeper truth that is anything but revolutionary. It takes us right back to Hobbes. His central insight—indeed, the insight of civilization itself—is that every man is a potential Weinstein. This clear-eyed, even cold-eyed view of man’s nature is the central conviction of philosophical conservatism. Without limits, without having impressed upon us a fear of the legal sanction of punishment or the social sanction of shame and ostracism, we are in danger of seeking our earthly rewards in the state of nature. The revolutionary and the conservative also seem to agree there’s something viscerally disturbing about sex crimes that sets them apart. But here is where the consensus between us breaks down. Logically, if the problem is that we live in a toxic culture that facilitates these crimes, then the men who commit them are, at root, cogs in an inherently unjust system. The fault ultimately is the system’s, not theirs. Harvey Weinstein is an exceptionally clever man who spent decades standing above and outside the system, manipulating it and gaming it for his own ends. He’s no cog. Tina Brown once ran Weinstein’s magazine and book-publishing line. She wrote that “strange contracts pre-dating us would suddenly surface, book deals with no deadline attached authored by attractive or nearly famous women, one I recall was by the stewardess on a private plane.” Which means he didn’t get into book publishing, or magazine publishing, to oversee the production of books and articles. He did it because he needed entities through which he would pass through payoffs both to women he had harassed and molested and to journalists whose silence he bought through options and advances. His primary interest wasn’t in the creation of culture. It was the creation of conditions under which he could hunt. Which may explain his choice of the entertainment industry in the first place. In how many industries is there a specific term for demanding sexual favors in exchange for employment? There’s a “casting couch”; there’s no “insurance-adjustor couch.” In how many industries do people conduct meetings in hotel rooms at off hours anyway? And in how many industries could that meeting in a hotel room end up with the dominant player telling a young woman she should feel comfortable getting naked in front of him because the job for which she is applying will require her to get naked in front of millions? Weinstein is entirely responsible for his own actions, but his predatory existence was certainly made easier by the general collapse of most formal boundaries between the genders. Young women were told to meet him in private at night in fancy suites. Half a century earlier, no young woman would have been permitted to travel alone in a hotel elevator to a man’s room. The world in which that was the norm imposed unacceptable limitations on the freedoms of women. But it did place serious impediments in the paths of predators whose despicable joy in life is living entirely without religious, spiritual, cultural, or moral impediment. Hobbes was the great philosopher of limits. We Americans don’t accept his view of things; we tend to think better of people than he did. We tend to believe in the greater good, which he resolutely did not. We believe in self-government, which he certainly did not. But what our more optimistic outlook finds extraordinarily difficult to reckon with is behavior that challenges this complacency about human nature. We try to find larger explanations for it that place it in a more comprehensible context: It’s toxic masculinity! It’s the residue of the 1960s! It’s the people who enabled it! The truth is that, on occasion—and this is one such occasion—we are forced to come face to face with the worst of what any of us could be. And no one explanation suffices save Hamlet’s: “Use every man after his desert, and who should ’scape whipping?” John Podhoretz
Exiling one mogul won’t bury this question: If people realize the system is exploitative and inhuman, will they still watch movies? For his misbehavior, film mogul Harvey Weinstein has been expelled from the Academy of Motion Picture Arts and Sciences. This is a pretty big deal, considering that director Roman Polanski, who pleaded guilty to rape charges involving a 13-year-old girl, is still a member. Hollywood has stood by Polanski for decades, even as other rape accusations surfaced. Whoopi Goldberg famously remarked eight years ago that his crime, in which he drugged and anally raped the girl, wasn’t “rape-rape.” Yet Hollywood has turned, with blinding speed, on Weinstein. He has been cast out in a way that previous Hollywood figures have not.  Why is this? I think it’s because Weinstein wasn’t as unusual as they’d like us to believe. I think it’s because Hollywood has figured out that the world is different now, and that the tame entertainment press and Hollywood publicists can’t control stories anymore. I think it’s because they hope that if they’re hard enough on Weinstein, the story will go away and the public won’t realize that he was part of an ecosystem of exploitation, part of business as usual, not a departure from it. They aren’t turning on Weinstein because they suddenly found out what he was like. They always knew. They’re turning on Weinstein because America found out what he was like, and they’re hoping to distract people before they draw the correct conclusion about what Hollywood in general is like. I don’t think it will work. Harvey Weinstein is a very large man, but he is not large enough to carry away all of Hollywood’s sins. (…) Hollywood is the way it is because the nature of the work — a lot of judgment calls, without much in the way of transparency or objective standards — means that people who want to abuse their power can do so. Having a mogul on your side, or sometimes even a talent agent or assistant producer, can make a career; having one of them mad at you can sink it. Weinstein seems to be an exceptionally unpleasant man, prone to bullying and abusing both men and women, in sexual and non-sexual ways. Even his sexual assaults seem more about humiliating his victims than about achieving straightforward sexual gratification. Weinstein’s actions seem more de Sade than Don Juan. But they were facilitated by scores or hundreds of accomplices: assistants, producers, actors and actresses, talent agents — kept under his influence with development deals and options and the like. And they did this because while Weinstein might have been an exceptional jerk, his behavior wasn’t so unusual for the industry. Hollywood folks hope you won’t draw that conclusion, but as further accusations involving other Hollywood figures come out, the conclusion will be hard to avoid. And that raises Hollywood’s biggest worry: Once people realize that the system that produces movies is exploitative and inhuman, will they still watch movies? Or are motion pictures the ”blood diamonds” of the entertainment world? As Ann Althouse wrote on her blog, “Because movies are shot through with human exploitation, we should withhold our patronage. These big expensive projects create immense power that is used to grind up young women, and we should not want to expose our mind to this material. If you need stories about human beings, read.”People reading instead of going to movies? That’s scarier to Hollywood than the worst of Harvey Weinstein’s deeds. No wonder they moved fast. Glenn Harlan Reynolds
Il n’a fallu que quelques jours aux puissants du cinéma américain pour mettre au ban le célèbre producteur, accusé de harcèlement sexuel et de viol. Est-ce pour mieux détourner l’attention de la vraie nature d’Hollywood ? Les transgressions du producteur Harvey Weinstein lui ont coûté sa place à l’Académie des Oscars. Ce n’est pas rien, quand on pense qu’elle compte encore parmi ses membres le réalisateur Roman Polanski, qui a plaidé coupable [de détournement de mineur] dans l’affaire du viol d’une adolescente de 13 ans. Alors même que d’autres accusations de viol ont fait surface, Hollywood soutient Polanski depuis des dizaines d’années. En 2009, Whoopi Goldberg a même déclaré à propos du crime – Polanski avait drogué et sodomisé la jeune fille – que ce n’était pas “vraiment” un viol. Pourtant, Hollywood s’est retourné contre Weinstein à une vitesse ahurissante. Il subit un ostracisme auquel ont échappé d’autres personnalités de son milieu. Pourquoi ? À mon avis, c’est parce que le cas de Weinstein n’est pas aussi inhabituel qu’on veut nous le laisser croire. Hollywood a dû comprendre que le monde avait changé et que les médias people et les attachés de presse dociles ne pouvaient plus étouffer ces histoires. De mon point de vue, ils espèrent qu’en se montrant intransigeants avec Weinstein l’affaire se dissipera. Ils veulent éviter que le grand public se rende compte que cet homme fait partie d’un système d’exploitation bien ancré et qu’il ne relève pas de l’exception. Ces individus n’ostracisent pas Weinstein parce qu’ils ont soudain découvert sa vraie nature. Ils l’ont toujours connue. Ils se retournent contre lui parce que le grand public a découvert sa vraie nature. Ils espèrent détourner l’attention de l’opinion avant qu’elle ne découvre le véritable visage d’Hollywood. À mon avis, cela ne fonctionnera pas. Harvey Weinstein est très fort, mais il ne l’est pas assez pour endosser tous les péchés d’Hollywood.“Combien de secteurs disposent d’un terme précis pour désigner l’échange de faveurs sexuelles contre un emploi ? interroge John Podhoretz. Est-ce un hasard si la pratique est tellement répandue dans le milieu du cinéma qu’elle a donné lieu à la locution ‘casting couch’, [un équivalent de notre ‘promotion canapé’] ? Dans combien de secteurs organise-t-on des réunions dans des chambres d’hôtel en dehors des heures de bureau ? Et lors de ces rendez-vous, dans combien de secteurs un patron dit-il à une jeune femme qu’elle ne doit pas hésiter à se dénuder devant lui, car l’emploi qu’elle brigue exigera d’elle qu’elle soit nue face à des millions de personnes ?” Le milieu hollywoodien est ce qu’il est car la nature du travail – les jugements personnels, peu de transparence, peu de normes objectives – permet à ceux qui le veulent d’abuser de leur position dominante. Avoir un magnat dans son camp, voire un agent ou un producteur adjoint, peut propulser une carrière – mais l’inverse est aussi vrai. Weinstein semble être un homme extrêmement désagréable, un habitué du harcèlement et des agressions à l’encontre des femmes comme des hommes, que ces actes soient sexuels ou non. (…) Mais ses comportements ont été facilités par des dizaines voire des centaines de complices : des assistants, des producteurs, des acteurs, des actrices et des agents qui sont restés sous son influence car ils en tiraient divers contrats et projets. Et tous l’ont fait car, bien que Weinstein soit peut-être un connard fini, ses agissements n’étaient pas exceptionnels dans le secteur. Les puissants d’Hollywood espèrent que vous ne tirerez pas cette conclusion, mais elle sera difficilement évitable face aux multiples accusations contre d’autres figures du cinéma américain. En découle la plus grande inquiétude du milieu : si les gens comprennent que le système qui produit des films est abusif, continueront-ils à en regarder ? Les films sont-ils les “diamants du sang” du monde du divertissement ? Glenn Harlan Reynolds
Aurais-je cédé à l’air du temps, et passé du côté de la délation et du déballage, moi qui, comme tant d’autres, ai pris mon clavier et tracé ces mots sur ma page Facebook, #MoiAussi, en donnant les âges auxquels ça m’est arrivé : 8, 24 et 35 ans. Faudrait-il trier le bon grain de l’ivraie, et séparer celles qui comme moi, ont utilisé le hashtag #MeToo, n’ont dénoncé personne et n’ont pas même exposé les faits, et celles qui ont choisi, au contraire, d’utiliser à plein la force humoristique de #balancetonporc, raconté sans détour ce qui leur était arrivé, et parfois même (très rarement, il faut le souligner) nommé celui qui les avait agressées ? Pour moi, la réponse est claire : entre la sobriété et la provocation, la retenue et le récit, c’est une simple question de style, peut-être d’âge ou de sensibilité – peu importe, au fond. Le fait important, c’est justement la rencontre évidente, amicale, solidaire de ces façons d’agir différentes. Ce que nous disons, ce que nous faisons en ce moment, est pour l’essentiel identique. Nous témoignons. Il n’y a pas moins de pudeur chez les unes que chez les autres, pas plus de vulgarité chez les autres que chez les unes. J’ai choisi #MoiAussi, mais plus j’y pense, plus j’apprécie le chic de #balancetonporc : pour toutes celles qui, parmi nous, ont reçu la vulgarité extrême au plus intime de leur corps, et qui en ont intériorisé la honte, y compris à leur esprit défendant, la respiration est plus libre depuis que ce remarquable retour à l’envoyeur a été balancé comme un direct du droit. Par le simple fait de dire que nous avons subi, nous faisons advenir quelque chose de neuf. La honte, peu à peu, change de camp. Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant. Nous le savions déjà par nos discussions entre amies, mais quelque chose est absolument différent quand se dit au grand jour toute la gamme des choses subies, qui va des mots obscènes et des mains aux fesses aux agressions sexuelles, aux viols et aux menaces de mort. Ce qui change, depuis quelques jours, c’est justement que cette parole, longtemps privée, change de statut. Qu’elle devienne publique. Qu’elle soit posée là, dans l’espace commun, et qu’elle place chacune et chacun devant ses responsabilités. Prendre la mesure d’un héritage. Affronter la complexité du présent. Dessiner l’espoir du futur. Prendre la mesure d’un héritage. Aucune nostalgie du passé n’est décente. Car il y a toujours eu un envers sombre à la galanterie aristocratique célébrée depuis tant d’années par M. Finkielkraut. Cet envers se nommait la division des femmes en deux, celles qu’on respecte et celles qu’on méprise. Celles qu’on épouse et celles qu’on baise. Celles qui sont l’honneur de la famille et celles qui sont perdues de réputation. Ce grand partage n’était pas un accident, mais un véritable principe organisateur de la société, dans un monde fondé sur la complémentarité hiérarchique des sexes et qui désignait les femmes comme les responsables et les coupables de la sexualité des hommes. Séparation des femmes par classes. Quand le viol des « femmes de qualité » était férocement réprimé, le gibier à portée de main se nommait domestiques, lavandières, filles de ferme, employées, ouvrières, secrétaires. Séparation plus secrète des forts et des faibles dans le secret des familles, des institutions religieuses et des pensionnats, où l’on comprend que l’envers du décor, c’était le continent noir de la violence sexuelle sur certains des plus jeunes, des plus fragiles, petites filles mais aussi petits garçons. Division enfin des femmes par état matrimonial, dignes épouses et mères de familles d’un côté, filles perdues et filles-mères, catins et prostituées de l’autre. Ce principe de division a été dénoncé, et avec quel courage, par celles qui savent mieux que quiconque que naguère encore, leur métier les plaçait du côté de celles qu’on n’épouse pas. Nous ne devrons jamais oublier ce que nous devons aux actrices. Affronter la complexité du présent. Le point central, qui échappe manifestement à ceux qui s’indignent, est que dans ces témoignages, la volonté de faire tomber des têtes est très peu présente. Il ne s’agit pas principalement de traîner en justice, pas même de désigner des individus à la vindicte. Et, même si tout a démarré par l’affaire Weinstein, il faut savoir écouter au-delà. Réécouter, par exemple, le témoignage de Florence Darel à l’émission « Quotidien », exemplaire de dignité et de pudeur. Elle ne venait pas lyncher un homme déjà à terre, elle venait parce qu’une chaîne de solidarité se tisse anneau par anneau, et que seul le fait d’ajouter un témoignage personnel à un autre peut renverser le principe de l’omerta. Je redoute, bien sûr, que des injustices soient commises. Mais affronter ce risque ne peut pas être une raison de renoncer. Dessiner l’espoir du futur. J’ai entendu Laure Adler le dire magnifiquement un matin à la radio, mais aussi Anne Nivat à la télévision. Ce qui se passe aujourd’hui est une question de société, de culture, de civilisation. Pour celles qui parlent, c’est la fin d’une longue épreuve, dont on sent rétrospectivement à quel point elle était lourde. Mais en aucun cas ce qui domine n’est une plainte victimaire : c’est un geste de fierté, de foi en l’avenir et un pari sur l’intelligence collective. (…) Et c’est notre chance que cela ait été dit en premier par les actrices, ces incarnations de la séduction, dont nous admirons les silhouettes, dont nous aimons qu’elles montrent leurs jambes et leurs décolletés. Les comédiennes n’acceptent plus comme une fatalité de risquer les pelotages et les violences. Elles ne sont pas du gibier pour libidineux de petite ou de grande catégorie. Leurs témoignages sont comme ceux de milliers d’anonymes, et comme le mien aussi : l’appel à une nouvelle civilité sexuelle. Irène Théry
Où étaient ceux qui s’extasient lorsque des centaines de femmes étaient agressées sexuellement à Cologne ? Silence gêné. Où étaient-ils lorsque Libération publiait récemment une tribune appelant à ne pas dénoncer le harcèlement de rue au risque de faire des constats racistes ? Silence gêné. Où étaient-ils lorsque Marlène Schiappa niait tout simplement l’existence d’un harcèlement de rue à La Chapelle après la publication de témoignages très précis ? Où étaient-ils ensuite lorsque Caroline de Haas accusait finalement les trottoirs trop étroits plutôt que les hommes qui les occupent ? Silence gêné, encore et toujours. Qui peut honnêtement découvrir aujourd’hui qu’Hollywood est l’empire du vice et que le refus systématique de toute limite finit par produire des monstres ? Hollywood savait et le monde entier s’en doutait : comment s’étonner de l’absence de vertu dans un monde qui met un point d’honneur à la moquer, à repousser sans cesse les limites de la décence, à tourner tout sacré en ridicule, toute normalité en modèle dépassé, toute célébration de la fidélité en retour de l’ordre moral et qui qualifie de progressiste tout abandon des règles qui organisent l’humanité depuis la nuit des temps ? L’opulence, le refus de la contrainte et l’obsession d’une libération sexuelle toujours plus totale finissent par créer des “porcs”, quelle surprise…  Mais l’hypocrisie ne s’arrête pas là. Récemment, des dizaines de spécialistes étaient réunis à Rome pour un congrès international interdisciplinaire sur les dangers sexuels guettant des enfants hyperconnectés. Certains ont alors évoqué les conséquences désastreuses d’une exposition toujours plus précoce et fréquente à des films pornographiques et violents : modification du cerveau, délitement des liens affectifs ou tout simplement sociaux, corrélation entre violence et sexualité… Rares sont ceux qui ont relevé : quel crédit apporter à l’indignation des mondes médiatique et politique qui détournent ainsi le regard dans des domaines où ils pourraient agir concrètement ? Charlotte d’Ornellas
Ils n’ont rien dit pendant des années, se sont tus pendant des décennies par peur de perdre leur job. Ils, ce sont les hommes d’Hollywood qui retrouvent la mémoire depuis que le producteur le plus puissant de Hollywood, Harvey Weinstein, est accusé de viols et d’agressions sexuelles par de nombreuses actrices. Le réalisateur britannique Michael Caton-Jones a témoigné à son tour dans BuzzFeed. Le cinéaste devait diriger le film «B. Monkey» pour les studios Miramax. Il avait choisi Sophie Okonedo pour tenir le rôle principal féminin. Une actrice métisse britannique qui avait joué dans le film précédent du metteur en scène, «Le Chacal». Mais Harvey Weinstein ne voulait pas en entendre parler. «Harvey me dit : « penses-tu qu’elle est baisable ? »», décrit Michael Caton-Jones, qui lui répond qu’elle est «la meilleure actrice pour le rôle». Le désaccord pousse Harvey Weinstein à débarquer le récalcitrant du poste de réalisateur en l’annonçant dans le journal professionnel «Variety». Michael Caton-Jones va tenter de donner sa propre version des faits aux journalistes, mais ceux-ci ont préféré en rire. «B. Monkey» sera bien produit et mis en scène, par Michael Radford, avec l’actrice Asia Argento dans le rôle titre. Dans les colonnes du «New Yorker», la comédienne italienne accuse Harvey Weinstein de l’avoir violée en 1997… lors de la production de «B Monkey». «Comme j’avais ce film qui arrivait, je ne voulais pas me fâcher avec lui», expliquait-elle. Asia Argento était persuadée que le prédateur pouvait ruiner sa carrière si elle ne cédait pas à ses avances sexuelles. Ce que raconte Michael Caton-Jones prouve que tout un système était admis et su à Hollywood. Paris Match
 #Moiaussi, ou #metoo : c’est le hashtag qui fédère en ce moment les femmes dont la parole se libère enfin. Des femmes de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux témoignent avoir été victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement, de la part d’hommes de leur entourage ou d’inconnus. Chaque témoignage est glaçant, mais ce qui est pire que tout, c’est leur nombre, leur déferlement ininterrompu. Toutes les femmes, ou presque, ont connu cela. Le bâillon est tombé, et les récits pleuvent. Et j’ai l’espoir que ce soit le grand soir de la cause féministe, le séisme qui ébranlera enfin le vieux monde misogyne. La première agression, ou le « malentendu »J’ai treize ans. (…) le soir, nous nous retrouvons dans sa chambre. Sa mère est sortie. Nous sommes seuls. Que dire, si ce n’est que je ne contrôle plus rien ? Que les choses vont plus loin que ce que je voulais ? Je dis non, je lui dis « je préfèrerais garder mes vêtements », il réinsiste. (…) Il n’y a aucune violence, juste ma passivité, ma froideur pétrifiée qu’il ne comprend pas. Je n’ai pas hurlé « lâche-moi », j’ai juste attendu. Je crois qu’il ne sait même pas que je n’étais pas d’accord.  (…) La troisième agression (…) j’ai été agressée par un ancien ministre Ce n’est pas la « pire », mais celle qui m’a intellectuellement le plus ébranlée. Parce que les deux premières fois, je me disais que c’était peut-être ma faute. Je n’avais pas su dire non. Je n’avais qu’à prendre une veste. Mais cette fois-là, j’ai compris que ça pouvait arriver à n’importe quelle femme, dans n’importe quelle circonstance, que personne n’était à l’abri. Il faut que je vous détaille le contexte, pour que vous compreniez à quel point c’était inouï, à quel point cela révèle le sentiment d’impunité des prédateurs, et tout particulièrement, des prédateurs puissants. (…) Je repasse en boucle ce qui vient de se passer. Je suis fille d’un ministre en exercice, dans la rangée VIP d’un des lieux les plus huppés de la capitale, en pleine lumière. L’homme assis à côté de moi a occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, est unanimement respecté, et accompagné de son épouse. Et il m’a agressée pendant tout un premier acte, malgré ma résistance vigoureuse. Je mesure soudain ce que cela signifie, et j’ai le vertige. Si cela m’arrive ici, maintenant, à moi, par lui, c’est que cela peut arriver à n’importe quelle femme, partout. Que personne n’est à l’abri. Ariane Fornia
Peu de voyageurs visitent Salvation mountain, si loin de tout, mais il y a un groupe de trois baroudeurs en survêtement douteux, deux jeunes et un vieux, qui me racontent être sur les routes depuis un an, et vouloir se poser quelques jours à Slab City. Ils me proposent un joint, une pipe de crack, ou de coucher avec l’un des trois (ou avec tous, c’est selon). Je décline avec ma politesse désormais habituelle et songe que si ça dégénère, j’irai me réfugier auprès du soldat de Jésus avec ses trois molosses. Mais ils acceptent mon refus avec une résignation gracieuse. Depuis que je suis seule en Californie, on m’a proposé toutes les drogues et tout le kamasutra. Je réponds non merci comme s’il s’agissait d’une tasse de thé. (…)  A mon retour au Joshua Tree Inn, je trouve près du feu de jardin deux couples qui étaient à la soirée karaoké, et qui me hèlent « eh Ziggy Stardust, viens t’asseoir avec nous » ! I Ils ont mon âge, l’âge où on a merdé sa vingtaine, ne sait pas trop où on en est de sa vie et part pour des virées dans le désert avant d’atteindre une trentaine sans gloire. On se dit qu’à nos âges, nos parents avaient des carrières, des plans de vie ambitieux, qu’ils étaient lancés. Nous avons fait des études passionnantes et sans issue et nous sommes des jeunes gens intelligents, cultivés et complètement inutiles à une société qui a de moins en moins besoin de main d’œuvre humaine. Nous ne croyons en rien, si ce n’est peut-être à l’amour. Ariane Fornia
Elles, ce qu’elles voulaient, c’était réussir (…) ou certainement faire un casting plus facilement parce qu’elles n’avaient pas fait d’études de cinéma. Mickaël Chemloul (ancien chauffeur français de Harvey Weinstein)
Je dois dire que j’ai été choquée par les faits les plus graves qui sont rapportés – à savoir que certaines d’entre elles accusent Harvey Weinstein de les avoir violées. Des facettes d’Harvey, j’en connais beaucoup, vu que j’ai travaillé avec lui à plusieurs reprises. Au tout début, quand je l’ai connu, il avait créé Miramax avec son frère et distribuait des films européens et étrangers importants aux Etats-Unis. C’est lui qui, par exemple, a fait connaître là-bas Krzysztof Kieslowski, Jane Campion, lui qui a distribué Les Amants du Pont-Neuf, de Leos Carax, sans toucher à son montage, contrairement à la réputation qui lui était faite. Il était, à cette époque, le seul distributeur américain que je connaissais qui avait un tel enthousiasme pour le cinéma d’auteur, le seul qui s’en donnait les moyens, car il y croyait. A l’époque, je ne me suis jamais sentie en danger avec lui, car je pense que j’étais déjà armée. La seule fois où j’ai entendu une insinuation sexuelle verbale de sa part, je ne l’ai pas prise au sérieux, j’ai répondu immédiatement par un revers de balle hors jeu. (…) Je me souviens qu’une actrice m’en a fait part un jour. (…) Comme toutes les filles, j’ai fait mes classes, j’ai appris à me détourner, à me rebeller, à m’insurger face à l’impunité masculine. Finalement, ces batailles-là m’ont permis de me positionner et souvent, la rage n’était pas loin. Ce sont des blessures, certes, mais c’est aussi une chance d’avoir pu me structurer rapidement par l’expérience de ces épreuves, qui ne sont évidemment pas souhaitables. Mais parfois, malheureusement, tout le monde n’a pas cette repartie, et certaines situations peuvent devenir beaucoup plus destructrices. Au cinéma, l’exercice du pouvoir est très particulier. Le producteur a un pouvoir, le metteur en scène a un pouvoir, l’acteur a un pouvoir. S’approcher de ces pouvoirs-là, c’est un peu comme des trous noirs dans l’espace, ils dégagent une énergie qu’il faut savoir décrypter, sentir, on peut tourner en orbite, mais gare à ne pas se laisser happer  Tout cela pour dire que quand j’ai travaillé avec Harvey Weinstein, je sentais qui j’avais en face. Le genre de type avec lequel je n’irai jamais m’amuser. J’ai déjeuné avec lui une fois en tête-à-tête dans sa suite, je n’ai pas senti de danger, mais je n’ai pas compris pourquoi il tenait à me voir. (…) Chaque situation est différente, ce serait dangereux de généraliser. Mais face à la corpulence d’Harvey, face à son énergie, sa voix, son débit, face aux mots qu’il utilise, à ses croyances, en s’approchant d’un tel pouvoir, il faut savoir où on met les pieds et éveiller son intelligence à ne pas se faire piéger. (…) C’est un homme que j’ai connu dans différentes situations. Une fois, je l’ai vu pleurer parce qu’il se sentait honteux, mais je l’ai vu aussi généreux, et également menteur. C’est un être complexe et tout aussi bizarrement attachant. Mais je savais aussi très bien quelle bête il y avait en lui. (…) Il y a peut-être des actrices qui sont plus influençables et moins préparées aux situations avec les gens de pouvoir, surtout quand on débute. Mais ce genre d’argument ne m’a jamais convaincu, peut-être parce que j’ai appris tôt à être responsable. Je n’ai jamais mis la parole de mon agent avant la mienne. J’écoute, mais je n’obéis pas. Sinon, c’est comme s’approcher d’un volcan. Si tu veux t’approcher du volcan, tu peux le faire, mais tu te brûleras, immanquablement. (…) Je précise que ça m’est arrivé de ne pas être prise dans des films parce que je n’avais pas répondu aux coups de genou sous la table, parce que je n’ai pas appelé le numéro de portable qu’on m’avait donné après avoir répété. J’ai raté quelques films comme ça. (…) C’est un métier dangereux. C’est pourquoi l’intuition est primordiale, ce n’est pas la tête qui doit opérer, c’est l’intuition. Et se poser les vraies questions qui authentifient votre parcours. (…) Le cinéma américain d’aujourd’hui est un cinéma du désir de puissance et de pouvoir, et, malheureusement, qui fait des petits un peu partout dans le monde. Le cinéma américain et son esprit dominent le monde. Juliette Binoche
I think working with actors is a little bit how a chef would work with a potato or a piece of meat. You have to kind of have a look at the potato or the piece of meat and see what kind of possibilities are in the ingredient. I know I’m using the wrong metaphor. I think my job is to see what potato is there and from there, just work under their conditions. I don’t think I have forced anybody. Bjork I may have forced here and there. For the good of the film, I just need to give them what they need. Lars von Trier
It was embarrassing and insulting—there were a lot of reasons why I didn’t want to tell the story. I didn’t want it to be taken advantage of, twisted, turned and made into an even uglier situation than it was. It wasn’t until years later that I told Donald the story. (…) He is absolutely true and honest in this book. Tippi Hedren
People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well. I think he was an extremely sad character. We are dealing with a brain here that was an unusual genius, and evil, and deviant, almost to the point of dangerous, because of the effect that he could have on people that were totally unsuspecting. It was horrifying. A horrible situation in which to be. There were women who would have gone along with it, but I wasn’t one of those. Actually viewing the film, I have to say that when I first heard [actor Toby Jones’s] voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. I had not talked about this issue with Alfred Hitchcock to anyone. Because all those years ago, it was still the studio kind of situation. Studios were the power. And I was at the end of that, and there was absolutely nothing I could do legally whatsoever. There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich woman.”He ruined my career but he didn’t ruin my life. If this had happened today I would be a very rich woman. Tippi Hedren
He was a misogynist. That man was physically so unattractive. I think to have a mind that thought of himself as an attractive, romantic man and then to wake up in the morning and look at that face and that body was tough. I think he had a whole lot of problems. (…) Well, I don’t know that I’ve gotten any revenge on him. Maybe this movie is a bit. But I’m not the first one this happened to. Other actresses never made any overt statements about it. What he did with his life is astounding. There is no one in this world that did films like he did. Nobody. (…) I have a strong Lutheran background, and my parents instilled in me strong morals. This was something I could never have done. I was not interested in him that way at all. I was fortunate enough to work with him, and as far as I was concerned, he ruined everything. (…) I said, I’ve got to get out of the contract. He said, I’ll ruin your career. And he did. He wouldn’t let me out of the contract. I’d be a really big star if he hadn’t stopped my career. There were so many people who wanted me for their films. All he said was, “She isn’t available.” That’s a mean, mean man. (…) That couple was an enigma to all of Hollywood. At one point, she came to me during “Marnie” and said, “I’m so sorry you have to go through all of this,” and I looked at her and said, “Alma, you could stop it.” Her eyes just glazed over, and she turned and left. (…) He ruined my career, but he didn’t ruin my life. That time of my life was over. I still admire the man for who he was. Teppi Hedren
In an hour and a half, there wasn’t enough time. There were times when it was absolutely delightful and wonderful. Hitchcock had a charm about him. He was very funny at times. He was incredibly brilliant in his field. I learned so much from that man about motion pictures, and how you make a motion picture. So there are things that weren’t able to be in the film to say, ‘Why would she stick around for all of this?’ It wasn’t a constant barrage of harassment. If it had been constantly the way we have had to do it in this film, I would have been long gone. (…) I hadn’t had any acting experience, except in commercials. To break down a script, to delve into how you become another character, the relationship of different characters in the film, was something that I didn’t know how to do. And to have as brilliant a genius as Alfred Hitchcock as my drama coach . . . It was something that I had never experienced before. I don’t know what to call it. I certainly gave no indication that I would ever be interested in any kind of a relationship with him. People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well. I think we’re dealing with a mind here that is incomprehensible, and I certainly am not capable of discerning what was going through his mind or why. I think he was an extremely sad character. As I said, we are dealing with a brain here that is unusual, genius, and evil, deviant almost to the point of dangerous because of the effect that he can have on people that are totally unsuspecting. (…) As far as seeing (The Girl), I was apprehensive. I have to say that when I first heard Toby’s voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. It was hard to go through all of those years that had been eclipsed into an hour and a half. (…) I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right, or that they are dissatisfied with, or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it. (…) There was absolutely nothing I could do legally, whatsoever. There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich woman. But I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. I lived through it beautifully. He ruined my career, but he didn’t ruin my life. Tippi Hedren
Cohn said to me, ‘I don’t think this is going to be a good movie, but Alfred Hitchcock’s a good director, so I’ll let you do it.’ I was happy to get away from Columbia for a while, because he was such a tyrant. (…) I didn’t find him controlling whatsoever. I found him a joy. (…) on how to interpret the character, he gave us complete freedom and trust. (…) I feel bad about all the stuff people are saying about him now, that he was a weird character. I did not find him to be weird at all. I never saw him make a pass at anybody or act strange to anybody. And wouldn’t you think if he was that way, I would’ve seen it or at least seen him with somebody? I think it’s unfortunate when someone’s no longer around and can’t defend themselves. Kim Novak
Alfred Hitchcock was a brilliant and wildly successful filmmaker but he also used his power for terrible things, according to actress Tippi Hedren and the new HBO film, The Girl. Hitchcock sexually harassed Tippi, one of his supposedly favorite actresses (she starred in two of his films) for years. The new film, starring Sienna Miller, shows this disturbing relationship between the famous actress and director. The film will hopefully show women how lucky they are today in terms of laws prohibiting sexual harassment and may act as a wake up call to others. The acknowledgement of sexual harassment is barely 40 years old. The first historical use of the term wasn’t until 1973 when MIT reports first addressed the gender issue and specific procedures were instated as ways to both protecting the victims and handling it. Tippi began working with Alfred in the early 1960s. (…) The Girl is based on the book Spellbound by Beauty,” by Donald Spoto. Screenwriter Gwyneth Hughes interviewed several people familiar with the Hitchcock-Hedren dynamic, including costume supervisor Rita Riggs, actress Diane Baker, and Hitchcock’s first assistant director Jim Brown. The film shows Hitchcock aggressively forcing a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming of The Birds, and later demanding that she “make yourself available to me sexually.” The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. (…) In one scene, he sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning her. Another sequence shows him forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren suffered multiple cuts, including to her face, in both cases, according to the film. (…) But The Birds launched Tippi’s career as an actress and the “It Girl” of the moment. However, it didn’t last long. After she finished shooting Marnie with Hitchcock in 1963, she wanted to get out of her contract with Hitchcock but he wouldn’t let her. Back then there were no laws to protect her. He threatened her and said he would ruin her career, and according to Hedren he did. He told directors like Francis Truffaut that she wasn’t available for work. Her career did stall after those two very successful films. Hedren believes she is one of many actresses harassed by the cinematic legend. After Psycho, she said, actress Vera Miles refused to ever work with the director again. Hedren also said Suzanne Pleshette told her during The Birds filming, “It isn’t always like this.” But on the bright side, Sienna Miller thinks a lot has changed for women in film today. (…) But have things really improved for women? New research shows that women are starting to let sexual harassment roll off their back, or at the very least don’t let it affect them as much as men do. Men who are exposed to sexual harassment are more likely to find jokes and inappropriate touching “distressing,” while women just find it “bothersome.” Researcher Isis Settles, an associate professor of psychology at Michigan state says that the finding “suggests that sexual harassment is such a widespread problem that women have figured out ways to deal with it so it doesn’t interfere with their psychological well-being. The Grindstone
It’s no secret to those who take an interest in Hitchcock film lore that his leading ladies didn’t always think very highly of him; rumors have churned for years that he was mentally abusive to those who refused his advances and took his frustrations out the only way he could: by punishing the beautiful stars of his movies with extra-long hours on set and cruel stunts. And while some directors show tough love to their actors in order to get the very best performance out of them–I’m talking to you, Stanley Kubrick–actress Tippi Hedren insists that Hitchcock was deliberately evil to her and anyone else who went against him. Now, Hedren–who starred in « The Birds » and is also Melanie Griffith’s mother–is speaking out about the odd practices of the iconic director against the backdrop of a newly-finished HBO movie, « The Girl », which tells the behind-the-scenes stories of some of his most famous films. (…) Although she says there were good times in those days–such as being under his tutelage–sometimes the bad outweighed the good, especially when he used his long arm of influence to keep her from getting another job once she refused to work with him after their second film together. Back then, women had about as many rights in Hollywood as they did anywhere else; which is to say, not many. Webpronews
She was once his muse but when young Tippi Hedren refused legendary director Alfred Hitchcock’s sexual advances he ruined her career. Veteran actress Hedren, 82, says she would have been a rich woman if sexual harassment laws existed in 1963 when ‘The Birds’ was filmed. Her comments came as production of a television drama about her relationship with the ‘Psycho’ director is wrapping up. She claims he ruined her career when she refused to bow to his advances, but said he failed ruin her life. (…) Tippi Hedren spoke about the rampant sexual harassment as she joined the cast of ‘The Girl’, a collaboration between BBC and American network HBO which looks into the relationship she had with Hitchcock while making ‘The Birds’. At the time of filming Tippi, born Natalie Kay Hedren, was 34 years old, more than 30 years younger than Hitchcock, and engaged to be married to her second husband. The knowledge of this this did not stop his advances, something which becomes clear in ‘The Girl’. The film, based on the book ‘Spellbound by Beauty’ by Donald Spoto, portrays the director as a predator who demands sexual favours of his leading lady. (…) In one scene Hitchcock aggressively forces a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming and later orders her to make herself ‘available sexually’. The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. In one scene, the director sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning Tippi. Another sequence shows her forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren had been told mechanical birds would be used, only to find live birds were let loose – again with no prior warning. Hedren, now aged 82, said there were times of delight working for Hitchcock while filming ‘The Birds’ and her only other film for him, ‘Marnie’. But once she rejected his advances, and refused to make another film with him, he effectively ended her career by stopping her working for two years. (…) He signed her to a personal contract which he upheld when she refused to work for him. For two years she sat a home unable to work despite offers from other Hollywood studios. While she was able to resume her career she never became a major star although she went on to make 50 films and has had guest appearances on TV shows including CSI: Crime Scene Investigators. The Daily Mail
Il était nécessaire que tout le début soit volontairement un peu long, tout ce qui concerne le vol de l’argent et la fuite de Janet Leigh, afin d’aiguiller le public sur la question : est-ce que la fille se fera prendre ou non ? […] On tourne et on retourne le public, on le maintient aussi loin que possible de ce qui va réellement se dérouler. Je vous parie tout ce que vous voudrez que dans une production ordinaire, on aurait donné à Janet Leigh l’autre rôle, celui de la soeur qui enquête, car il n’est pas d’usage de tuer la vedette au premier tiers du film. Moi, j’ai fait exprès de tuer la star, car ainsi le meurtre était encore plus inattendu. Alfred Hitchcock
La construction de ce film est très intéressante, et c’est mon expérience la plus passionnante de jeu avec le public. Avec Psycho, je faisais de la direction de spectateurs…  Alfred Hitchcock
Le film est sorti dans l’atmosphère de conformité sombre et étouffante des années 1950. […] Le couteau de Norman Bates était la force primale venue déchirer la tiédeur répressive des années 1950, aussi sûrement qu’Elvis. Owen Gleiberman (Entertainment Weekly)
It was actually the first time in the history of movies that it wasn’t safe to be in the movie theatre, and when I walked out into Times Square at noon I felt I had been raped. Peter Bogdanovich
Les femmes occupaient le haut de l’affiche au cours des années 1920 et 1930. Cela s’est évaporé au cours des années 1940, ce qui nous a menés aux années 1950 où les femmes étaient reléguées au second plan. Et c’est ce que le cinéma fait, au fond : il tue les femmes. Peter Bogdanovich
Hitchcock s’est battu pour tourner ce meurtre séparément du reste du film, ce qui veut dire d’une certaine manière que dorénavant, le meurtre allait devenir un élément acceptable au sein d’un divertissement. Il y avait déjà de la violence dans le cinéma américain, mais rien ressemblant à Psycho ; rien d’aussi intime, rien d’aussi soigneusement conçu, rien d’aussi sans remords. Bret Easton Ellis
C’est, je crois, la première expression moderne du corps féminin agressé. Et à certains égards c’en est l’expression la plus pure, parce que c’est dévastateur. Karyn Kusama
Hitchcock considérait le monde comme une machine morale très imparfaite. Il avait ce sens presque biblique de la fatalité et du châtiment qui s’abat sur ceux qui s’adonnent au péché avec désinvolture. Guillermo del Toro
Director Karyn Kusama describes the shower scene as “the first expression of the female body under assault.” (…) and the rest of “78/52”  offers piercing insight into “Psycho’s” extraordinary firstness. Before “Psycho,” horror was something out there (a monster, a haunted house, a force of otherworldly power coming at you). The film’s spectacular joke is that it played with all that 19th-century horror imagery (the Victorian house on the hill, the demon at large), only the monster was now us. It was in our heads. Death could arrive instantly, anywhere, even in the bathroom, with blood spilling into the water like inky raindrops and your soul spiraling down the drain. Hitchcock (…) took a leap into the pitch-black void, doing his own variation on Clouzot’s “Diabolique” (1955), another slimy nightmare about a corpse that won’t stay dead. (…) Then, of course, there’s the hole he peers through in the wall: The analysis presented of the painting he removes is a testament to how Hitchcock draped each scene with hidden symbolic layers — more than anyone could take in. (No one even mentions that almost every line in the first 40 minutes of “Psycho” can be read as a double entendre; that’s what gives the film its subliminal “dirty” dread.) (…) The scene lasts less than one minute but took seven days to film. These were clearly 45 seconds that shook the world. Philippe’s many interviewees (including film directors Peter Bogdanovich and Guillermo Del Toro, and Leigh’s daughter Jamie Lee Curtis) make a very good case that if you want to understand attitudes to sex, mothers and politics in early 1960s America, this is the only place to begin. Hitchcock’s decision to kill off a major Hollywood star a third of the way through a film in which she is seemingly the lead character was startling enough. It’s the manner of the death – the queasy, voyeuristic intensity of the scene – that still takes you by surprise, however many times you watch it. (…) There’s an interview with Leigh’s body double, Marli Renfro, who talks in very matter-of-fact way about how she was looked over by Hitchcock and Leigh and then given the job. However, close to 60 years after the film was made, many are still clearly startled by its raw power. The Independent
Il ferma la chambre à clef et après l’avoir fermée il me jeta sur le bord du lit en me frappant sur la poitrine avec une main, me mit un genou entre les cuisses pour que je ne puisse pas les serrer et me releva les vêtements, qu’il eut beaucoup de mal à m’enlever, me mit une main à la gorge et un mouchoir dans la bouche pour que je ne crie pas et il me lâcha les mains qu’il me tenait avant avec l’autre main, ayant d’abord mis les deux genoux entre mes jambes et appuyant son membre sur mon sexe il commença à pousser et le mit dedans, je lui griffai le visage et lui tirai les cheveux et avant qu’il le mette encore dedans je lui écrasai le membre en lui arrachant un morceau de chair. Artemisia Gentileschi
Loin de l’élégante douceur serpentine de Raphaël, la figure de Suzanne expose son malheureux corps à l’avidité des  regards. De fait,  notre héroïne est une femme désirable avec cette chevelure ondulée et dénouée, ces courbes toutes de rondeurs épanouies  jusqu’à ces plis encadrant l’abdomen qui soulignent la suavité des chairs. Alors que Lorenzo Lotto (1) avait choisi la représentation d’un modèle archaïque (femme au fond peu voluptueuse parce que réduite à la thématique symbolique), et qu’Alessandro Allori nous montrait sans guère de retenue la concrétisation d’évidents fantasme nés du récit (2, fig.3), Gentileschi   associe les données : tout en peignant le traumatisme d’une femme harcelée dans sa féminité, elle assume pleinement  l’érotisme inhérent au personnage. Le mouvement de ses bras indique non seulement  qu’elle a renoncé à préserver ce qui lui reste de pudeur mais aussi qu’elle cherche  à ne pas entendre les chuchotements sinistres de ses agresseurs. Ainsi, toute la partie centrale qui décrit le  corps comme objet de convoitise  nous renvoie à la séquence supérieure qui énonce l’esprit, tourmenté par cette parole annonciatrice de l’acte. (…) Harcèlement, violence, lâcheté, loi du silence : ce sont bien les termes du viol que l’on retrouve ici et ils résonnent avec des accents prémonitoires car, lorsqu’elle peint Suzanne et les vieillards  dans l’atelier romain de son père Orazio,  Artemisia Gentileschi  alors âgée de dix-sept ans, n’a pas encore été la proie des  outrages  d’Agostino Tassi et du lamentable procès qui suivit. Les actes qui nous sont parvenus témoignent de l’humiliante et sordide procédure qui devait prouver son statut de victime. Eternelle histoire  du sexe faible, coupable de l’innocence. Depuis, et c’est justice, cette figure est progressivement devenue une icône de la sensibilité féministe, et certains observateurs n’ont d’ailleurs pas toujours su éviter une lecture trop littérale de son œuvre en mettant en exergue la fréquence du thème vengeur de Judith tranchant la tête d’Holopherne. Delapeinture
Few artistic themes have offered so satisfying an opportunity for legitimized voyeurism as Susanna and the Elders. The subject was taken up with relish by artists from the sixteenth through the eighteenth centuries as an opportunity to display the female nude…with the added advantage that the nude’s erotic appeal could be heightened by the presence of two lecherous old men, whose inclusion was both iconographically justified and pornographically effective. Mary Garrard
The story is overdetermined as a Hitchcock motif, containing, as it does, so many of his signature themes. There is a long tradition in Western visual art of reading this biblical narrative as a rape scene, and this painting joins the number of classical rape paintings that adorn the back wall of Norman’s office, all of which signal the history of anti-woman violence, and that this hideous history is being made in the present. David Greven
We know from the subsequent actions that his vision has excited not only his lust but also his guilt and impulse toward punishment, triggering the murder of Marion, punishing her for a sexual titillation entirely due to Norman’s own voyeurism (like the plot of the Elders against Susanna). Thus guilt and violence of the sort depicted in the painting serve as a screen to block and transform the image of desire, a visual filter that darkens and perverts the sexual impulse. Gunning
In the original 1960 trailer for Psycho, Alfred Hitchcock notifies us that the parlor of the Bates Motel was Norman Bates’ (Anthony Perkins) « favorite spot, » then suggests that we visit the parlor with him. Once there, he points to a painting on the wall and says « This picture has great significance, because… » before lowering his eyes and changing the subject, leaving his audience to wonder what, if any, the great significance may be. The image is a copy of the 1731 painting Susanna and the Elders by Willem van Mieris (…), and the placement of the object itself is significant to the narrative of Psycho since it covers the hole through which Norman spies on Marion Crane (Janet Leigh). At the same time, the story of Susanna and its depictions in art have intertextual ramifications that extend in many directions, connecting this painting, and the other paintings in the parlor, with the characters and events in the film. For centuries, paintings of Susanna and the Elders have subtly played on the sympathies of viewers, inducing them to identify both with Susanna and with the Elders. By placing this painting so prominently in this scene, Psycho picks up this complicated identification of the spectator as it manipulates its own audience into identifying with both Norman and Marion. In the paintings and in the film, viewers find themselves identifying with both victim and perpetrator in acts of gendered violence.  (…) Thwarted rape is, in fact, the central event of the Susanna story, though it has often been euphemized as an « attempted seduction, » and many painters preferred to depict a moment of voyeurism rather than a physical attack. (…) The numerous versions of Susanna painted in Europe in the sixteenth and seventeenth centuries can be divided into two basic categories: those in which the elders spy on Susanna as she is unaware of their presence, and those that depict some moment after the elders have approached her. Those in the latter category can then be arranged along a scale of degrees of violence: there are many in which the elders are merely talking to Susanna as she listens, others in which they are rushing toward her and reaching out for her, and still others in which they are grabbing at her, pulling away her clothing and assaulting her quite forcefully. The Susanna painting on Norman’s wall would occupy a position toward the more violent end of this spectrum, serving as a subtle warning to the audience that Norman’s voyeurism will have a violent end (…) The violence in Norman’s Susanna prefigures his impending violence against Marion, while Susanna’s nudity prefigures Marion’s own. (…) The paintings in the parlor scene in Psycho reconnect Venus and Susanna, positioning Marion Crane as the third vertex in a triangle. Like Venus, Marion holds her arm diagonally across her chest; like Susanna, Marion is spied on and then attacked as she washes herself. Like both, she is desirable, which the psychiatrist at the end gives as the explanation for the crime perpetrated against her. In European paintings of the early modern period, both Venus and Susanna are almost always depicted as blondes, which underlines their visual symmetry to Marion and many other Hitchcock heroines/victims. (…) The Bible is ambiguous as to whether or not there was any physical contact between the elders and Susanna before she cried for help, thwarting any attempt they may have made to rape her by force rather than by coercion. There is no ambiguity, however, about the fact that they carry out the threat they made to her, accusing her of adultery and testifying to it at her trial, willing to see her executed for this imaginary crime once she had spurned their advances. Marion has refused Norman’s request that she remain in the parlor « just a little while longer, just for talk, » and a moment later he spies on her and then, like the elders, unleashes violence against her. Psycho echoes both the voyeurism and the misogynistic violence referred to in the Susanna story, but Norman’s use of it as the screen that hides his peephole makes the voyeurism connection especially sly, as Tom Gunning points out: « The congruence between the painting’s subject and the use Norman Bates puts it is so exact that it strikes one as a Hitchcockian joke » (…) The Bible plainly states that Susanna’s beauty is the cause of the elders’ crime: « Every day the two elders used to see her, going in and walking about, and they began to lust for her. They suppressed their consciences and turned away their eyes from looking to Heaven or remembering their duty to administer justice » (…). This scene in Psycho tells a similar story, using the Susanna painting as a metonymy: Marion is beautiful, Norman wishes to see more of her, so he peers illicitly through the wall; as a result, he is so inflamed with desire that he acts recklessly and violently against the woman he desires. As Gunning observes, the art serves both to hide the act of voyeurism and to twist it into something more sinister. That a work of art could inspire and motivate a man’s desire is an idea with a long history. Lynda Nead summarizes several accounts of men lusting after art: There are a number of myths, which are frequently recirculated, concerning the stimulating effects on male viewers of nude female statues and paintings. In his Natural History Pliny describes an assault on Praxiteles’ statue of Aphrodite of Cnidos. It seems that a young man had become so infatuated with the statue that he hid himself one night in the shrine and masturbated on the statue…In another permutation of this fantasy of male arousal there is the case from sixteenth-century Italy, of Aretino, who so admired the exceptional realism of a painted nude Venus by Sansorino that he claimed « it will fill the thoughts of all who look at it with lust. » Over two centuries later, there is the example of the bibliophile Henry George Quin, who crept into the Uffizi in Florence when no one was there, in order to admire the Medici Venus and who confessed to having « fervently kissed several parts of her divine body. » (…) as the Susanna paintings in the parlor have warned us, the prying eyes of men will seek out beautiful women wherever they go — they do not really have any safe and private spaces. Hitchcock pulls the entire audience into this sense of insecurity, thrusting them into a vulnerability parallel to Marion’s at the same moment that he leaves them no choice but to now identify with Norman. (…) In the novel by Robert Bloch on which Psycho is based, the character of Marion is named Mary, and her death happens in one sentence. Toles examines how Hitchcock’s film adaptation gives this event center stage: « Is Marion’s shabby, useless death a proper occasion for a virtuoso set piece? Surely an abbreviated, less conspicuously artful presentation would honor the victim more, if the meaning(in human terms) of what transpired figured at all in the artist’s calculations » (128). Even if Psycho has no moral as such, a young woman’s sudden death still means something, and the film distracts us from this by showing us a dazzling work of art. (…) In a similar way, Tintoretto’s breathtaking Susanna draws us in with its luminosity and makes us forget what the story was about. As Garrard observes: « Even when a painter attempted to convey some rhetorical distress on Susanna’s part… he was apt to offset it with a graceful pose whose chief effect was the display of a beautiful nude » (…). Garrard argues that the pleasure agenda of the male artists and their male patrons overwhelmed the meaning of the Susanna story, and the female painter Artemisia Gentileschi was the only one to identify with Susanna rather than the elders. (…) Much as Hitchcock elected to cast the charming, handsome young Perkins as Norman, Renaissance painters tended to paint the elders as venerable old men, who seem fairly respectable even as they perpetrate their crime against Susanna. Tintoretto’s elders bear a strong resemblance to St. Peter and other esteemed older religious figures who appear in his other canvases. Just as the viewer’s shared voyeurism with them made the painting more alluring and the elders more relatable, the elders’ appearance as nice, grandfatherly figures makes it difficult to judge them too harshly. In van Mieris’ painting, the elders are temporarily disfigured by wanton expressions, and their postures are more openly transgressive than they are in many other Susanna canvases. But the painting’s presence in the film carries with it all of the cultural freight of its history, and these ramifications remain on the screen as a result. The audience’s identification with Norman parallels the earlier identification viewers had with the Elders. Even if the viewer’s sympathies are split between the male violator and the female victim, these two stories form a part of the larger tradition of the perpetrators of violence against women being seen as somewhat sympathetic. (…)  Whether or not the full cultural impact of the Susanna story was familiar to the audience or the filmmakers of Psycho, it makes the film that much richer and more complex. As Wood writes: « [Hitchcock] himself — if his interviews are to be trusted — has not really faced up to what he was doing when he made the film. This, needless to say, must not affect one’s estimate of the film itself…Hitchcock (again, if his interviews are to be trusted) is a much greater artist than he knows » (…). Again, Hitchcock cast Anthony Perkins to make it that much easier — and more perilous — for the viewer to sympathize with Norman, as well as with Marion. This dual identification with both the victim and the perpetrator is emphasized by the Susanna paintings, linking Norman to the elders, which in turn links him to an expansive artistic and literary tradition that extends across many centuries and cultures. Hitchcock may not have known the full extent of the multilayered connections he was making by including these images, yet they hang on the walls of the Bates Motel, indicating that Norman’s crime is a new manifestation of a much older story. Katrina Powers

Attention: une histoire peut en cacher une autre !

A l’heure où entre libération salutaire de la parole et risque de basculement dans la vengeance purificatrice et souvent sélective

L’actualité des dernières semaines nous fait (re)découvrir révélation après révélation …

Le secret de polichinelle du sexisme de cette industrie incroyable où les entretiens d’embauche peuvent se faire après les heures de bureau et dans les chambres d’hôtel …

Mais en fait loupe grossissante de tous ces lieux où s’accumulent des pouvoirs désormais mondialisés …

Pendant que nos gouvernants et leurs amis prônant alors la pédophilie n’ont rien d’autre à faire que de nous préparer une énième commémoration d’un mai 68 dont c’est en bonne partie l’héritage …

Comment – hasard du calendrier ? – ne pas être surpris …

Par cet incroyable panagérique – un documentaire de 90 mn sur Arte hier soir – à la gloire de la fameuse scène de la douche de l’oeuvre maitressse d’Alfred Hitchcock …

Qui à l’aide de fascinantes interviews de réalisateurs et techniciens dissèque une scène qui prit 78 plans et 52 plans de coupe d’où le titre du film – et une semaine à réaliser …

Mais fait quasiment l’impasse sur la réputation sulfureuse du maitre du suspense …

Et notamment sa tumultueuse relation pourtant explicitement rappelée par un téléfilm de HBO il y a cinq ans …

Evec une Tippi Hedren dont il était obsédé et dont suite au refus de ses avances il ruinera la carrière ?

Et comment ne pas y voir …

Entre l’ancienne playmate et doublure de la scène en question qui raconte tranquillement comment pour obtenir le poste elle a dû se déshabiller devant Hitchcock et ses collaborateurs …

Le célèbre réalisateur et historien du cinéma Peter Boganovitch qui dit s’être senti violer à la première projection mais se félicite d’un « cinéma tueur de femmes » …

Ou le romancier Bret Easton Ellis qui y salue l’accession du meurtre au statut de spectacle respectable …

Et la cinéaste qui y voit « la première et la plus pure expression moderne du corps féminin agressé » …

Et avant la scène dite « culte » où la promesse affriolante d’une douche purificatrice suite à sa décision de rendre l’argent volé …

Se transforme sous nos yeux à la fois terrifiés et titillés face à la vulnérabilité totale de sa nudité …

En la plus terrifiante des punitions pour une femme doublement voleuse (d’argent et de mari) …

La « manifestation nouvelle », comme le rappelle l’universitaire américaine Katrina Power, « d’une histoire bien plus ancienne » …

A savoir derrière la référence qui y est faite (y compris explicitement par Hitchcock lui-même dans l’une des bandes-annonces) à l’un des tableaux qui décore le salon du héros criminel …

Celle de l’épisode biblique (mais non retenu par la tradition hébraïque ou protestante) de Suzanne et de ses vieillards concupiscents prêts pour avoir refusé leurs avances à la faire condamner à mort …

Qui, après des générations entières de peintres et à l’instar d’Hitchcock et de son héros criminel comme de leurs innombrables émules, a servi à dissimuler et justifier tant de voyeurisme et de mysogynie …

Mais cette fois à la dimension proprement exponentielle et planétaire de l’accumulation de pouvoir et de capital que permettent désormais la mondialisation et le dispositif tant filmique que médiatique …

(ce n’est plus avec le juge du coin mais avec potentiellement la planète entière des spectateurs que nos hypermimétiques Bill Gates du sexe peuvent désormais ravir leurs femmes-trophées)

Exception faite toutefois de l’oeuvre de la seule femme à avoir peint la scène …

A savoir la célèbre peintre caravagiste et première peintre femme à part entière Artemisia Gentileschi

Qui, dès 1610 et à dix-sept ans à peine mais apparemment déjà consciente de l’expérience qui allait plus tard être la sienne d’un viol (par un ami de son père) et d’un procès humiliant, en tira sa première et magistrale oeuvre…

Et  contre les facilités lascives des autres peintres fut la seule à avoir saisi et représenté …

Harcèlement, violence, lâcheté et loi du silence compris, toute la vérité proprement criminelle de cette tentative de viol ?

Marion, Venus, and Susanna in the Mirror:
The Paintings in the Parlor of The Bates Motel

Americana: The Journal of American Popular Culture (1900-present), Fall 2016, Volume 15, Issue 2
Katrina Powers
University of Chicago

In the original 1960 trailer for Psycho, Alfred Hitchcock notifies us that the parlor of the Bates Motel was Norman Bates’ (Anthony Perkins) « favorite spot, » then suggests that we visit the parlor with him. Once there, he points to a painting on the wall and says « This picture has great significance, because… » before lowering his eyes and changing the subject, leaving his audience to wonder what, if any, the great significance may be. The image is a copy of the 1731 painting Susanna and the Elders by Willem van Mieris (see Figure 1), and the placement of the object itself is significant to the narrative of Psycho since it covers the hole through which Norman spies on Marion Crane (Janet Leigh). At the same time, the story of Susanna and its depictions in art have intertextual ramifications that extend in many directions, connecting this painting, and the other paintings in the parlor, with the characters and events in the film. For centuries, paintings of Susanna and the Elders have subtly played on the sympathies of viewers, inducing them to identify both with Susanna and with the Elders. By placing this painting so prominently in this scene, Psychopicks up this complicated identification of the spectator as it manipulates its own audience into identifying with both Norman and Marion. In the paintings and in the film, viewers find themselves identifying with both victim and perpetrator in acts of gendered violence.

After Marion arrives at the Bates Motel, Norman brings her some sandwiches and milk then invites her into the parlor behind the motel’s office. Norman steps into the dimly lit parlor carrying the tray, which he sets down before switching on a lamp. In the doorway, Marion casts mildly surprised glances at the stuffed birds mounted high on the walls. The paintings in the parlor do not capture her or the camera’s prolonged attention, but they remain in the background in this scene and others. While Norman and Marion are talking, the camera cuts from him to her and back, never showing both of them in the same frame. Behind Norman, we see an owl perched menacingly in the corner. Beneath the owl and somewhat overshadowed by it hangs a small framed painting, which we never see close up and which has received much less critical attention than the Susanna painting has (see Figure 1). William Rothman does not attempt to identify this painting, but observes that « the nude in the painting on the wall is Marion’s stand-in in this frame [which] will be confirmed when Marion strikes that figure’s exact pose » (283). After she has finished eating, Marion holds her left arm diagonally across her chest, as we can see the woman in the painting is doing. While Rothman notes this figure’s pose but does not offer any interpretation of it, Neil Hurley sees the woman’s crossed arm as a pudicagesture: « On the wall is a picture of a nude woman modestly wrapping her arms around her body in a protective gesture; Marion is seen with one arm similarly gripping her other arm in a subconscious posture of self-defense » (240). Marion may be feeling defensive, but the woman in the picture is making this gesture for other reasons.

The picture behind Norman, next to the Susanna, is a copy of Titian’s Venus with aMirror, now in the National Gallery in Washington, D.C. (see Figure 2). In Titian’s painting, Cupid holds up a mirror as Venus poses, smiling with satisfaction at her reflection. Another Cupid figure reaches out to Venus from behind the mirror to lay a crown of flowers on her head. Venus is wrapped in a sumptuous red velvet cape bordered with fur and extravagant gold and silver embroidery, which covers the lower half of her body but appears to have fallen off of her right shoulder, leaving her torso bare. She holds her left hand up to her chest, perhaps to admire the gold bracelet and ring that adorn it, and check to see how well they go with her pearl earrings and the gold and pearl decorations she wears in her blonde hair. Venus’s crossed arm is neither shielding her nudity nor defending her, but is striking perhaps one of many poses as she contemplates her own loveliness. Her posture is reminiscent of the Medici Venus and the Capitoline Venus, both copies of Praxiteles’ ancient Venus Pudica statue, in which Venus uses her hands to cover her nudity from the eyes of an unknown observer. Thus the painting not only connects Marion to an idealized vision of feminine beauty, but also alludes to the relationship between Venus and Cupid, an ambiguously sexual mother-son relationship parallel to the one Norman is describing to a disquieted Marion. Later, we will see a small statue of cupid in the foyer of the Bates house.

When the parlor conversation begins, we see Norman from the front, more or less from Marion’s point of view. After Norman has finished his speech about private traps, Marion glances toward the house — in the direction of the Venus, but without seeming to see it — and says: « If anyone ever talked to me the way I heard… » For the first time, we see Norman in profile as he listens. He is leaning forward, blocking the Susanna with his torso, so that we can only see the Venus in front of him as he expresses his frustration with his mother. He says he would like to leave her forever, or at least defy her, then pauses and leans back, revealing the Susanna behind him. « But I know I can’t, » he concludes. Marion asks him why he doesn’t go away, and he inquires whether he should seek a private island, like her. « No, » Marion replies, setting down her sandwich and folding her left arm across her chest, « Not like me. »

Even as the audience reflects on Marion’s secret, her journey, and her possible repentance, Norman sees her as a reflection of the ideal of feminine beauty that hangs on his wall. George Toles has commented on  « the omnipresence of mirrors and reflections in Psycho. Beginning with Marion’s decision to steal forty thousand dollars, which she arrives at while looking at herself in the mirror, almost every interior scene prominently features a mirror that doubles as a character’s image, but that no one turns to face » (134). In the painting, Venus is looking at herself in a mirror. As Norman looks at Marion, he sees his images of Venus and Susanna reflected in her, or projected onto her.  Norman has been looking at these paintings for years, during the solitary hours he has presumably spent in the parlor, arranging his stuffed birds and peeping on previous guests. As Hitchcock told us in the trailer, it is his favorite spot. He’s not looking at the painting of Venus in this shot, but he is looking at Marion, casting his gaze — freighted with the remembered image of this painting — in her direction. Perhaps unconsciously reacting to his gaze, heavy with the reflections of these symbolic images, Marion crosses her arms, hugging herself protectively. Later, in the shower, she will strike a pudica pose reminiscent of many Venuses and Susannas as she folds her left arm across her chest, trying to shield herself from her attacker and also, conveniently, shielding her breasts from the viewer.

Titian’s image of Venus is reflected again in the painting hanging on the wall next to it, which the viewer of the film sees only when Norman leans back with his resigned, « But I can’t. » This painting depicts the story of Susanna and the Elders, as many critics have concurred. The story of Susanna, found in Chapter 13 of the Book of Daniel in the Catholic Bible and as Susanna in the Apocrypha, tells of a beautiful, married woman who was in the habit of walking in her garden, as two elders of the community would watch her in secret. One hot day, she decided to take a bath, and sent her maids inside to get oil and ointment. Seeing that she was alone, the two elders came out of their hiding places and threatened to blackmail her if she did not give in to their sexual demands. Susanna cried out for help, and her servants came running, only to hear the elders claim that they had caught her committing adultery with a young man, who had escaped. Susanna was convicted of this crime and sentenced to death by stoning, but young Daniel stood up at her trial and proved that the elders were lying. Her death sentence was then transferred to them.

Many scholars of Psycho have pointed out some of the important allusions that the painting makes. Donald Spoto, for example, underlines the connection between voyeurism, desire, and violence in both the painting and the film: « And so that we have no doubt about his intention, Hitchcock makes everything clear: Norman removes from the wall a replica of ‘Susanna and the Elders’…Norman, in other words, removes the artifact of deadly voyeurism and replaces it with the act itself. So much for ‘mere’ spying » (322). That this « artifact of deadly voyeurism » has been hanging in the parlor of the Bates Motel for some time suggests that it indicates some predisposition in Norman, as the uninitiated viewer will not fully understand until the end of the film. But there are further connections, as Erik Lunde and Douglas Noverr observe: « Indeed, a close reading of the Biblical story from the thirteenth chapter of the Book of Daniel reveals several themes elucidated in Psycho: voyeurism, wrongful accusation, corrupted innocence, power misused, secrets, lust and death » (101). Citing this passage from Lunde and Noverr, Michael Walker argues: « I would focus, rather, on the significance of the painting for Norman. The voyeurism theme is certainly relevant, but in the original story Susanna resists their sexual assault…it would be more accurate to describe the painting as depicting a rape fantasy, a fantasy which is unfulfilled; hence its particular relevance for Norman » (327). Thwarted rape is, in fact, the central event of the Susanna story, though it has often been euphemized as an « attempted seduction, » and many painters preferred to depict a moment of voyeurism rather than a physical attack.

In the Bible, the elders try to extort sex from Susanna by threatening a false accusation that will lead to death for her and dishonor for her family. Therefore, as Jennifer Glancy has shown, « their very real threat of force defines their action as attempted rape, not attempted seduction » (289). The Bible does not mention any physical contact taking place between the elders and Susanna. This part of the story states the following: « When the maids had gone out, the two elders got up and ran to her. They said, ‘Look, the garden doors are shut, and no one can see us. We are burning with desire for you; so give us your consent, and lie with us' » (Susanna 19-21). The passage only gives the words spoken between the elders and Susanna, so it is left to the reader to imagine whether or not some degree of contact occurred at the same time.

The numerous versions of Susanna painted in Europe in the sixteenth and seventeenth centuries can be divided into two basic categories: those in which the elders spy on Susanna as she is unaware of their presence, and those that depict some moment after the elders have approached her. Those in the latter category can then be arranged along a scale of degrees of violence: there are many in which the elders are merely talking to Susanna as she listens, others in which they are rushing toward her and reaching out for her, and still others in which they are grabbing at her, pulling away her clothing and assaulting her quite forcefully. The Susanna painting on Norman’s wall would occupy a position toward the more violent end of this spectrum, serving as a subtle warning to the audience that Norman’s voyeurism will have a violent end (see Figure 3).

Italian Renaissance paintings of the story tend to be tranquil and pastoral, often showing the elders spying on an oblivious Susanna. As the Baroque style became widespread in the seventeenth century, the theme of Susanna and the Elders remained popular but took a turn toward the dramatic and tenebrist, with wild elders emerging from deep shadows to grapple with a Susanna who struggles against them, her body and garments twisting attractively as they do in the version on Norman Bates’s wall. Roland-François Lack identified this Susanna as a 1731 canvas by Willem van Mieris, formerly housed in a museum in Perpignan but stolen in 1972 (n.p.).

The violence in Norman’s Susanna prefigures his impending violence against Marion, while Susanna’s nudity prefigures Marion’s own. However, the Bible indicates that the elders approached Susanna as soon as she had announced her intentions to take a bath to her two maids, and thus would not have had time to disrobe or actually begin bathing. Of course, the mere mention of a bath opened a window of opportunity that Renaissance artists would exploit as fully as possible, or as Tom Gunning puts it, « the theme also provided a religious alibi for painting the nude in the sixteenth through eighteenth centuries » (28). Ellen Spolsky concludes that the bath never happens in the Bible, but that it is « the painterly parallel of Susanna’s own desire to bathe in the heat of the day, and the Elders’ wish-fulfillment slander. The story spoke clearly to them [i.e. the painters] of the enjoyment of a woman’s body, of the lust of the eyes, and they represented it as they saw it in the mind’s eye » (115). The idea that Susanna actually took a bath and that the elders spied on her as she was bathing has become the version of the story most people know, or what Alice Bach terms the doxa. As Bach explains: « By doxa I mean one’s idea of a narrative plot point or character or place from some remembered version of it, such as thinking that Delilah cut off Samson’s hair…Often the doxic version becomes cultural baggage for the reader, setting up assumptions that blind one to what appears in the actual text » (4). The doxic version of the Susanna story is the one depicted in many paintings, that she was nude and in the bath as the elders spied on her or approached her.

While the Biblical text does not clearly justify painting a nude Susanna, the early modern art market did. Mary Garrard explains a further dimension of appeal that the story offered:

Few artistic themes have offered so satisfying an opportunity for legitimized voyeurism as Susanna and the Elders. The subject was taken up with relish by artists from the sixteenth through the eighteenth centuries as an opportunity to display the female nude…with the added advantage that the nude’s erotic appeal could be heightened by the presence of two lecherous old men, whose inclusion was both iconographically justified and pornographically effective. (149-150)
Many popular paintings depict Susanna as bathing in a lush garden while the elders are hidden among the foliage, creating a tranquil, pastoral scene in which the viewer of the painting may identify with the elders and their desire to sneak a peek at the lovely Susanna. An especially famous version of the scene by Tintoretto, now in Vienna, is emblematic of these erotically charged Renaissance Susannas (see Figure 4). Garrard notes that « Tintoretto…offers a representative depiction of the theme in his emphasis upon Susanna’s voluptuous body and upon the Elders’ ingenuity in getting a closer look at it » (150). The notion that the (presumed heterosexual male) viewer of the paintings is expected to see himself in the elders and thus feel some kind of empathy for them, although they are the villains of the story, is one that will resonate especially deeply in Psycho.

In Tintoretto’s image, Susanna sits poolside, one leg languorously dangling in the water as she smiles into a mirror. She is surrounded by jewelry, combs, perfume, and luxurious fabrics, and her blonde hair is pulled into an ornate, pearl-festooned arrangement. Spolsky points out the significance of these items: « In the paintings by Tintoretto…for example, the presence of conventional references to Venus (mirrors, jewels, peacocks, cupids), suggests that the beauty of the woman be read as mitigation of the Elders’ crime » (102). Tintoretto’s Vienna Susanna bears an especially strong resemblance to Venus in the Venus with a Mirror painted by Tintoretto’s fellow Venetian, Titian, a copy of which hangs adjacent to Norman’s Susanna. Indeed, in Tintoretto’s painting, Susanna’s mirror is propped against the hedge that one of the elders is hiding behind. As he pokes his head surreptitiously around the corner, he echoes the figure of Cupid in Titian’s painting, holding the mirror up so Venus can admire herself.

As mentioned, many painted Susannas of the sixteenth and seventeenth centuries seek to delight the heterosexual male viewer by inviting him to see himself in the elders’ position as voyeur, simultaneously making this intrusion seem less heinous by presenting Susanna as passive, or even willing. Giving attributes and postures of Venus to Susanna enhances this effect. Garrard observes that Rembrandt’s 1647 version of the story, in Berlin, is more sympathetic to Susanna’s plight, « Yet even Rembrandt implants in the pose of Susanna, whose arms reach to cover her breasts and genitals, the memory of the Medici Venus, a classical model that was virtually synonymous with female sexuality » (153). If Susanna is « virtually synonymous with female sexuality, » then how can anyone expect the elders not to spy on her? The paintings in the parlor scene in Psycho reconnect Venus and Susanna, positioning Marion Crane as the third vertex in a triangle. Like Venus, Marion holds her arm diagonally across her chest; like Susanna, Marion is spied on and then attacked as she washes herself. Like both, she is desirable, which the psychiatrist at the end gives as the explanation for the crime perpetrated against her. In European paintings of the early modern period, both Venus and Susanna are almost always depicted as blondes, which underlines their visual symmetry to Marion and many other Hitchcock heroines/victims.

The connection between Venus and Susanna is reinforced by the doubling of these two figures in two other paintings in the parlor. There appears to be a second Susanna hanging on the parlor wall opposite the Venus with a Mirror and the van Mieris Susanna. I have not been able to identify this extremely tenebrist version, though it bears a resemblance to Susannas by Anthony van Dyck and Mattia Preti. We first see this painting after Marion leaves, when Norman goes to the office to check the alias with which she signed the register, then steps back into the parlor (see Figure 5). We see the second Venus only when Arbogast (Martin Balsam) briefly inspects the parlor alone: it hangs next to the door that leads to the office (see Figure 6). This painting is only seen fleetingly, but the composition evokes the central part of Botticelli’s Primavera, depicting Venus and the Three Graces. Interestingly, this painting remains the only one we ever see in the frame with Arbogast; the private detective is not subjected to a visual association with the elders, as Norman repeatedly is.

While Norman and Marion are talking, we first see Norman in profile as he leans forward in his chair, and we see only Venus. When he leans back, revealing the Susanna image, this action suggests a progression from the Venus (serene, static, admiring herself in the mirror) and the Susanna (turbulently assaulted, still able to assume an attractive contrapposto in her distress). Female beauty can exist at peace so long as it remains unseen by unpredictable masculine energies, but once that happens, violence seems to be a natural part of the sequence. Raymond Durgnat cites Hitchcock as having a similar attitude toward the disruptive powers of feminine beauty: « As Hitchcock once said, ‘A beautiful woman is a force for evil.’ She may not be evil in herself, but male sexual desire is, and she can’t help provoking it. She’s the innocent cause of evil in others » (80). At the end of the film, the psychiatrist says, « He killed her because he desired her. » This connection between feminine beauty and male violence against it underlies the entire tradition of Susanna paintings.

When Norman first enters the parlor, however, the camera follows him as he crosses in front of the Susanna first, then bends down to set down his tray and turn on the lamp. As he bends, the Venus becomes visible behind him. He first goes quickly from Susanna to Venus, but then we see the paintings in the reverse order, more slowly, as he is sitting and conversing with Marion. After she retires for the night, the camera focuses on the Susanna for one moment, before Norman removes it to watch Marion undressing. As David Greven observes:

The story is overdetermined as a Hitchcock motif, containing, as it does, so many of his signature themes. There is a long tradition in Western visual art of reading this biblical narrative as a rape scene, and this painting joins the number of classical rape paintings that adorn the back wall of Norman’s office, all of which signal the history of anti-woman violence, and that this hideous history is being made in the present. (97)
The Bible is ambiguous as to whether or not there was any physical contact between the elders and Susanna before she cried for help, thwarting any attempt they may have made to rape her by force rather than by coercion. There is no ambiguity, however, about the fact that they carry out the threat they made to her, accusing her of adultery and testifying to it at her trial, willing to see her executed for this imaginary crime once she had spurned their advances. Marion has refused Norman’s request that she remain in the parlor « just a little while longer, just for talk, » and a moment later he spies on her and then, like the elders, unleashes violence against her.

Psycho echoes both the voyeurism and the misogynistic violence referred to in the Susanna story, but Norman’s use of it as the screen that hides his peephole makes the voyeurism connection especially sly, as Tom Gunning points out: « The congruence between the painting’s subject and the use Norman Bates puts it is so exact that it strikes one as a Hitchcockian joke » (28). Joseph Stefano’s screenplay calls for the parlor to be decorated with « paintings…nudes, primarily, and many with a vaguely religious overtone » (n.p.), but does not specify Susanna. When Norman removes a picture from the wall, the screenplay only says « a picture » (n.p.). Art director Robert Clatworthy recalled that Hitchcock was « far more finicky about odd unsettling details of decor — such as the kitschy sculpture of hands folded in prayer in Mother’s room — than with the structures themselves. Crucial for Hitchcock, too, were the sets for Norman’s parlor behind the motel office, the bathroom, and Mother’s room » (Rebello 95). It seems likely, then, that the inclusion of only images of Susanna and Venus — doubled ones at that, echoing the many other doubles in the film — rather than any other vaguely religious nudes that might have been chosen was indeed Hitchcock’s joke, and not anyone else’s.

Gunning analyzes the relationship between Norman’s voyeurism and his violence against Marion:

We know from the subsequent actions that his vision has excited not only his lust but also his guilt and impulse toward punishment, triggering the murder of Marion, punishing her for a sexual titillation entirely due to Norman’s own voyeurism (like the plot of the Elders against Susanna). Thus guilt and violence of the sort depicted in the painting serve as a screen to block and transform the image of desire, a visual filter that darkens and perverts the sexual impulse. (29-30)
The Bible plainly states that Susanna’s beauty is the cause of the elders’ crime: « Every day the two elders used to see her, going in and walking about, and they began to lust for her. They suppressed their consciences and turned away their eyes from looking to Heaven or remembering their duty to administer justice » (Susanna 8-9). This scene in Psycho tells a similar story, using the Susanna painting as a metonymy: Marion is beautiful, Norman wishes to see more of her, so he peers illicitly through the wall; as a result, he is so inflamed with desire that he acts recklessly and violently against the woman he desires. As Gunning observes, the art serves both to hide the act of voyeurism and to twist it into something more sinister.

That a work of art could inspire and motivate a man’s desire is an idea with a long history. Lynda Nead summarizes several accounts of men lusting after art:

There are a number of myths, which are frequently recirculated, concerning the stimulating effects on male viewers of nude female statues and paintings. In his Natural History Pliny describes an assault on Praxiteles’ statue of Aphrodite of Cnidos. It seems that a young man had become so infatuated with the statue that he hid himself one night in the shrine and masturbated on the statue…In another permutation of this fantasy of male arousal there is the case from sixteenth-century Italy, of Aretino, who so admired the exceptional realism of a painted nude Venus by Sansorino that he claimed « it will fill the thoughts of all who look at it with lust. » Over two centuries later, there is the example of the bibliophile Henry George Quin, who crept into the Uffizi in Florence when no one was there, in order to admire the Medici Venus and who confessed to having « fervently kissed several parts of her divine body. » (87)
As Nead observes, in the Pliny and Quin examples, the covert aspect of the man’s access to the art enhances his excitement: « The excitement is produced, partly at least, by the transgression of and deviation from norms of public viewing and by the relocation of the work of art within the realm of the forbidden » (88). Norman uses his van Mieris Susanna to shield his realm of the forbidden, but also draws strength from it to perform forbidden actions: after he spies on Marion, we see him in profile and can only see the edge of the painting’s frame as he rehangs it on the wall. Then he looks at the image for a moment before glancing ominously toward the house. Norman has transferred his illicit desire for the Venuses and the Susannas onto the real person Marion Crane; the painting has given him courage to peep in the first place, and now the combination of the painting and his real life voyeurism have inspired him to do violence against her.

The trope of a work of art depicting violence against women being seen as an inspirational precedent is quite ancient. In Terence’s comedy The Eunuch, Chaerea disguises himself as a eunuch in order to gain access to prohibited spaces and be close to Pamphila, the girl he desires. Later, he recounts to his friend Antipho how seeing a painting strengthened his resolve to assault the girl:

Presently they made preparations for her bath. I urged them to hurry. While things were being got ready, the girl sat in the room, looking up at a painting; it depicted the story of how Jupiter sent a shower of gold into Danae’s bosom. I began to look at it myself, and the fact that he had played a similar game long ago made me all the more excited: a god had turned himself into human shape, made his way by stealth to another man’s roof, and come through the skylight to play a trick on a woman…Was I, a mere mortal,  not to do the same? I did just that — and gladly. (379-381)
The story Terence evokes is that of Zeus and Danaë, in which the latter’s father locks her in a tower to protect her virginity, but Zeus visits her in the form of a rain of gold. Whether or not Danaë is a willing participant in this union is unclear, though Renaissance paintings tend to depict her as quite receptive to the arrival of the rain. Danaë, Susanna, Bathsheba, Venus, Lucretia, Diana, and Actaeon, along with a few other stories from antiquity, were considered in the Renaissance to offer legitimate pretexts for painting female nudes. In Chaerea’s account, delivered to his friend after the fact, he does not describe the painting, so the audience can only wonder if Danaë showed any resistance in the image. It is clear, however, that Pamphila did resist: a woman in the household later complains that « the villain ripped her whole dress and tore her hair » (387) and « the girl is crying and doesn’t dare say what happened when you ask her » (387). This description reveals that Chaerea has perpetrated a violent rape, although by his own account he merely « play[ed] a trick on a woman » (379). The play in general characterizes him as an immature rascal who learns responsibility by marrying his victim, rather than as a vicious criminal who merits punishment.

Like Chaerea, Norman’s lust is excited by a painting, and it encourages him in his transgressions. Like Susanna, Danaë, and Pamphila, Marion thinks that she is shielded by the walls of her private space, but a woman’s private space is subject to intrusion by men who see their desire for her as a justification for their invasion of her privacy. Terence’s audience has little chance to identify with Pamphila, who has no lines in the play. In Psycho, at the time that Norman spies on Marion through his Susanna-defended peephole, we have just met him as a character while Marion has been, for forty-five minutes, the heroine of the film.

At the moment of her death, Marion extends a hand in search of support before collapsing in the shower. Toles analyzes the shocking effect on the audience of the loss of her as a main character: « Marion’s gesture to save herself answers our felt need [that she survive], then instantly turns that need against us. Part of Hitchcock’s complex achievement in the film is gradually to deprive us of our sense of what ‘secure space’ looks like or feels like » (120-121). The audience thought that they were safe in identifying with Marion, just as Marion thought she was safe in Cabin One. But as the Susanna paintings in the parlor have warned us, the prying eyes of men will seek out beautiful women wherever they go — they do not really have any safe and private spaces. Hitchcock pulls the entire audience into this sense of insecurity, thrusting them into a vulnerability parallel to Marion’s at the same moment that he leaves them no choice but to now identify with Norman.

This switch of audience identification from Marion to Norman has been much discussed. Robin Wood describes the spectator’s sense of disorientation at the moment of her death: « so engrossed are we in Marion, so secure in her potential salvation, that we can scarcely believe it is happening; when it is over, and she is dead, we are left shocked, with nothing to cling to, the apparent center of the film entirely dissolved » (146). As Philip Skerry points out, throughout the Bates Motel scene, between Marion’s arrival and her murder, the camera gradually switches to Norman’s point of view (173), preparing the audience to identify with him after her abrupt departure from the story.  As Norman spies on Marion getting undressed, Skerry continues, « Hitchcock kindly allows the audience to spy with him » (175). Hitchcock, like the Renaissance painters of Susanna, depicts a scene of voyeurism and invites the viewer to join in, assuming the voyeur’s point of view — and expects viewers to react to this « kindness » with gratitude.

Joseph Smith notes that the peeping scene « serves as an effective link between the two halves of the film…it’s our first opportunity to observe Norman alone, and thus to begin identifying with him. Yet like our identification with Marion, the connection we feel with Norman is troubling. As Norman watches Marion undress, we watch too, and thus we share his guilt » (67). Smith continues, « Hitchcock accentuates the culpability of viewers — or at least of those viewers who are male — by cutting away just as Marion is about to remove her brassiere » (68). The assumption that the heterosexual male viewer sees himself in the voyeur is a central feature of the majority of paintings of Susanna and the Elders, particularly those that depict a voyeuristic scene before the elders approach Susanna. By placing the two Susannas in the parlor, Hitchcock has added a layer of assistance to help his viewer see himself in Norman.

Even in the original Biblical tale of Susanna, as Amy-Jill Levine argues, the text forces readers to identify with the elders. The character of Susanna, she writes, is « compromised by the elders’ desires. For the story to function, their desire must be comprehensible to the reader, and thus Susanna must be a figure of desire to us as well. And once we see her as desirable, we are trapped: either we are guilty of lust, or she is guilty of seduction » (313). This victim-blaming aspect of the original story — that Susanna’s beauty was the cause of her misfortune — was exploited to its fullest potential by painters in the early modern period, luring the viewer of the painter in to the perspective of the elders. Spolsky observes that one of the elders often holds up a shushing finger, « extended toward the viewer, as if to say ‘Don’t disturb her’ — and at the same time, ‘Don’t be so quick to judge us — wouldn’t you also be enchanted by her?' » (102). This same shared culpability is exploited in Norman’s peeping scene in Psycho and implemented to steer the viewer toward identifying with him. Much as Norman sees the elders in his painting as a mirror of himself, the viewers of Psycho now see themselves reflected in Norman.

Hitchcock takes this point to an extreme close-up during the scene in which Norman spies on Marion, just after removing the van Mieris Susanna from the wall. As he peers into Marion’s brightly lit room, a beam of light from the peephole illuminates his face. We see a close-up of his eye from the side, the light shining into it as he watches her. First, we see Marion tossing aside her blouse, standing in the black bra and half-slip we saw her wearing in her room in Phoenix, just after deciding to steal the money. We see her as if through the peephole, but the camera cuts away just as she reaches to remove her bra: now we see only Norman’s eye for a moment, before cutting back to his view as she wraps a robe around herself. Here the film pushes the limits of what can be tolerated by a mainstream audience. Psycho cannot show Marion naked, but it makes clear that Norman has seen her so, and it invites its audience to envy him. Skerry analyzes this important moment:

Norman has seen Marion naked; he has seen what no audience for a commercial film had seen up through 1960. This extraordinary situation of having a character not only see what an audience cannot in the diegesis of the film, but also see what an audience could not in the extra-diegetic world of cinema in general, is unique in Hitchcock’s oeuvre. In this subscene, Norman is the principal viewer, but what he sees cannot be shown to us. (119)
During this scene, the camera cuts back and forth between a Norman’s-eye view of Marion, and views of Norman’s eye itself. This intercutting allows the audience not only to identify with Norman but also to fill in the gap of what he is seeing that cannot be shown. In the Susanna paintings where she is unaware of the elders’ presence, the painters included the elders so that the audience could identify with them and take pleasure in knowing that they were seeing something they were not allowed to see. In Psycho, Norman actually sees what the audience cannot be allowed to see. Instead, we gaze upon his single, fascinated eye for this one moment.

In the scene in which Norman spies on Marion as she undresses, Psycho uses the montage technique to splice out her contextually inevitable nudity, substituting a brief shot of Norman’s eye in such a way that the audience imagines what he sees. In the murder scene, Hitchcock further assaults Hollywood’s Production Code, using montage to suggest images of both violence and nudity without actually showing either. Hitchcock’s masterful use of editing makes this possible, as Skerry observes:

This kind of scene construction and editing [i.e. in which violence is suggested but not shown] had evolved over the years, and directors had utilized these techniques to circumvent the Code by suggesting violence and by transferring the action to the mind of the spectator. Eisenstein had perfected this technique in his theory and practice of montage: shot A + shot B (both on the screen) = shot C (in the mind of the audience). (7)
Sergei Eisenstei’s theorization of montage technique was not concerned with avoiding showing violence. Eisenstein and other early Soviet filmmakers had set out to understand how the art of the cinema worked, and they had reached the conclusion that film editing was the one quality that was unique to cinema. Eisenstein observed that the proponents of montage had « discovered a certain property in the toy [i.e. film editing] which kept them astonished for a number of years. This property consisted in the fact that two pieces of film of any kind, placed together, inevitably combine into a new concept, a new quality, arising out of that juxtaposition » (4, emphasis in original). He gives examples of combinations of words, images, or ideas that create associations or new concepts when they are combined, arguing that this idea is not new in the cinema nor unique to it. For instance, if we see a grave and a woman weeping, we assume that she is the widow of the man buried there (4-5). In montage, Eisenstein continues, « Piece A (derived from the elements of the theme being developed) and piece B (derived from the same source) in juxtaposition give birth to the image in which the thematic matter is most clearly embodied. » Expressed in the imperative, for the sake of stating a more exact working formula, this proposition would read: « Representation A and representation B must be so selected from all the possible features within the theme that is being developed, must be so sought for, that their juxtaposition — that is, the juxtaposition of those very elements and not of alternative ones — shall evoke in the perception and feelings of the spectator the most complete image of the theme itself » (11, emphasis in original).

In Eisenstein’s breakdown of the idea, the « image of the theme itself » or image C, the abstract concept that the filmmaker wishes to get across to his audience, is best created in the mind of the spectator. This way, spectators can tailor their own « image of the theme itself » according to their own perceptions and experiences. In Eisenstein’s famous Odessa steps montage in Battleship Potemkin, the juxtaposition of (A) mercilessly firing troops and (B) suffering people are meant to create an image (C) of the injustices of capitalist imperialism. Shot (C) is the goal of the film, but it does not exist in it anywhere. Rather, viewers construct it in their minds.

In the shower scene in Psycho, Skerry explains that the carefully crafted juxtaposition of very short pieces of film create a terrifying montage: « Hitchcock prided himself on not actually showing the knife stabbing Marion. He claims that the violence occurs inside the viewer’s mind (shot C, in the Eisensteinian sense). He also claims that the nudity is equally suggestive, never explicitly shown » (11). Unlike the class struggle in Battleship Potemkin, the knife entering Marion’s torso is not too abstract to film, as the hundreds of slasher films released since Psycho have demonstrated. The Production Code prohibited it, however, and Hitchcock’s pride in not showing it might stem in part from his use of montage to cleverly sidestep the Code’s restrictions. In his interview with Skerry, screenwriter Joseph Stefano says: « I asked [Hitchcock], ‘How will you get that across? The knife goes like this, and then we cut to a fake wound?’ And he said, ‘Oh no, no. We don’t need any of that. This is a murder that is taking place in the audience’s mind, and it should be just a flash' » (56). In addition to any concerns he may have had about the Code, Hitchcock appears to have also felt pride that, by leaving the stabbing unseen, he was forcing the viewers to create a more terrifying vision in their minds.

Hitchcock’s shower scene went against the precepts of the « Hollywood montage » (Dmytryk 135) that was prevalent in classical studio films. The Hollywood style evolved to favor editing that reduced the story to its essence in a way that flowed smoothly for the viewer. Ken Dancyger explains that early directors « discovered that it isn’t necessary to show everything. Real time can be violated and replaced with dramatic time » (350). Dancyger gives an example of how dramatic time can be employed in a film to avoid wearying the audience with a scene of a character traveling. Instead, she will be shown departing, then « the editor then cuts to a street sign or some other indication of the new location » (359). This type of montage sought to present seamlessly a narrative that allowed the viewer to suppose what happened during unseen intervals. Instead of shot (C) being an abstract or unshowable concept as in the artistic Soviet montage, in the Hollywood montage shot (C) consists of narrative details with which the viewers need not concern themselves. As Skerry tells us: « Hitchcock once said that cinema was life with the boring parts left out » (143). The process of splicing together shots filmed at different times and in different places is unique to film, but the idea of streamlining a narrative to boil it down to its most compelling elements is far older than cinema.

As I discussed earlier, the Bible’s description of the story of Susanna does not directly refer to Susanna disrobing or getting into the bath. It merely states that (A) the elders were watching her and that (B) Susanna decided to take a bath. To borrow Eisenstein’s terminology, the juxtaposition of these two details « evoke[d] in the perception and feelings » (11) of many Renaissance painters the alluring image (C) of a seductive, Venuslike Susanna bathing as the elders watched her. While the Biblical story leaves out the details to keep the story moving, in the Hollywood sense of narrative economy, the image of a bathing Susanna is shot (C) in the Eisensteinian sense. Similarly, the violent paintings in which the elders assault her show a scene that is neither described nor contradicted in the Bible; they were assembled in the painters’ minds based on detail (A) the elders went up to her and (B) they demanded that she satisfy their desires. Given these facts, the extrapolation that (C) they ripped off her clothes and physically assaulted her will naturally emerge as the « image of the theme itself » (Eisenstein 11) in the minds of many readers.

These details, so lavishly embellished by so many generations of painters, are missing from the Biblical account in such a way that they are neither explicitly there nor impossible to imagine. They do not appear to be narrative lacunae to the reader of the Book of Daniel or the Apocrypha’s Susanna; the narrative flows smoothly and briskly, squeezing a great deal of drama and tension into a compact tale. A precise description of the movements of Susanna and the elders at every moment would transform this gripping whirlwind into a tedious slog. The story’s original creators eliminated details in the interest of dramatic time — creating a smooth, Hollywood montage of the essentials of the story. But painters reinterpreted the elision of detail — creating a vast lacuna of detail in their minds, inserting a shot (C) that stretched the likelihood of what (A) and (B) appeared to suggest. The universal association born of juxtaposition that Eisenstein described became either a pastoral voyeurism fantasy or a rape fantasy.

In the novel by Robert Bloch on which Psycho is based, the character of Marion is named Mary, and her death happens in one sentence. Toles examines how Hitchcock’s film adaptation gives this event center stage: « Is Marion’s shabby, useless death a proper occasion for a virtuoso set piece? Surely an abbreviated, less conspicuously artful presentation would honor the victim more, if the meaning(in human terms) of what transpired figured at all in the artist’s calculations » (128). Even if Psycho has no moral as such, a young woman’s sudden death still means something, and the film distracts us from this by showing us a dazzling work of art.

In a similar way, Tintoretto’s breathtaking Susanna draws us in with its luminosity and makes us forget what the story was about. As Garrard observes: « Even when a painter attempted to convey some rhetorical distress on Susanna’s part… he was apt to offset it with a graceful pose whose chief effect was the display of a beautiful nude » (150). Garrard argues that the pleasure agenda of the male artists and their male patrons overwhelmed the meaning of the Susanna story, and the female painter Artemisia Gentileschi was the only one to identify with Susanna rather than the elders. In Psycho, the audience has identified with Marion up until she is murdered, but her murder in the center of the film forces them to begin to identify with Norman.

As I discussed above, Psycho’s audience already began to identify with Norman during the voyeurism scene. The success of this is demonstrated by how many male film scholars express envy of Norman’s ability to watch as Marion removes her underwear. After Marion dies, the viewers of the film do not know to whom they should cling. In his interview with Skerry, screenwriter Stefano says: « After the shower scene we’ve lost the person that we were with, that we identified with, that we cared about. Remember, we didn’t want that cop to arrest her. We wanted her to get away with the money. W’’re all such felons at heart » (55). Stefano believes that the audience’s desire to identify with the protagonist is stronger than any desire they are likely to have to identify with justice and the law. Stefano says he told Hitchcock, « At that time [i.e. after Marion’s death], the movie is over unless we get the audience to care about Norman » (55). Several new characters, notably Marion’s sister Lila Crane (Vera Miles), are introduced in the second half of the film, and Marion’s boyfriend Sam Loomis (John Gavin) reappears. Though Sam and Lila could have the potential to become our new protagonists as they investigate Marion’s disappearance, the audience has already latched on to Norman.

Seeking to make the audience care about Norman, Stefano reports that it was his idea to include Norman’s lengthy cleaning up sequence after the murder, recalling times in his childhood when he was forced to clean up after his alcoholic father (55). In Spoto’s account of viewing the film, Stefano’s technique is effective: « Just as we have conflicting feelings about Marion…so we have divided feelings about Norman. He does such a first-rate cleanup of Mother’s messy murder, doesn’t he, and with him we’re ever so relieved when Marion’s car, which was momentarily stuck in the swamp, finally sinks with a septic gurgle » (320). Watching the premiere of the film with his wife, Stefano says that he heard the audience gasp when Marion’s car stopped sinking. He turned to his wife and whispered: « You know, I got them! They love Norman now. They don’t care if he buries her in a swamp » (63).

At this point, as far as the viewer knows, poor Norman is concealing the crime perpetrated by his « ill » but « harmless » mother. Norman’s efforts to protect his mother, Wood writes, make it easier for the viewers to shift their identification to him: « Norman is an intensely sympathetic character, sensitive, vulnerable, trapped by his devotion to his mother — a devotion, a self-sacrifice, which our society tends to regard as highly laudable…He is a likable human being in an intolerable situation » (146). While the viewer may have disapproved of Norman’s peeping and wished he had respected Marion’s privacy, this infraction is not enough to erase all of the sympathy we feel for his helpless sweetness and his efforts to do the best he can with his awful lot in life. He is himself very attractive, to the extent that a viewer who is attracted to men may find their judgment clouded as the narrative continues to unfold. If the heterosexual man can’t blame Norman for being a voyeur, the heterosexual woman really wants him to be as kind and gentle as he seems to be. In any case, we have no choice but to hold on to him, as Skerry explains:

We know from many of Hitchcock’s comments about the film that he enjoyed « tricking » the audience into identifying with Marion so that when she dies, we are left hanging, in a sense… Thus, if we accept the notion of identification, which was first discussed in Aristotle’s Poetics in the analysis of catharsis, then we can conclude that the killing of Marion creates for the viewer what Ortega y Gasset calls « existential shipwreck. » (176)
After a shipwreck, Ortega y Gasset writes, survivors look for something to cling to and will grab at any piece of driftwood they can find (Skerry 176). In Psycho, Skerry continues, this driftwood to which the viewer must cling is « the seemingly innocent, naïve, charming, boyish, and attractive character of Norman. In the cinematic world of the late 1950s, Norman would be the perfect romantic protagonist…It is probably Hitchcock’s greatest casting decision to propose Anthony Perkins for Norman » (176). In Bloch’s novel, Norman is middle-aged, overweight, and an alcoholic. Hitchcock proposed Perkins for the role, baiting the trap into which the viewer falls by making them like this attractive young man who appears to be awkward but perhaps noble. As Hitchcock himself says in the trailer, « This young man — you had to feel sorry for him. » Perkins’s sweet face is hard to resist, especially for first-time viewers who are concerned for him and what his mother appears to be putting him through.

The actor invested careful thought in the role. Stephen Rebello describes how Perkins « developed a powerful affinity not only for the surface behavior of Norman Bates but also for the inner workings. ‘It was my idea to have Norman nervously chewing candy in the film,’ Perkins enthused about the character who was to become a national folk antihero. ‘He would not plot malice against anyone. He has no evil or negative intentions. He has no malice of any kind' » (118-119).

Rebello’s description of Bates as « a national folk antihero » is intriguing. Even among experienced viewers who know who he is, know what he has done, Bates remains a compelling figure. Hitchcock and Perkins so carefully crafted him to be likable that we still like him after we learn the truth, as Smith suggests in his personal anecdote of seeing Psycho III in a theater in 1986: « During the scene in which Norman finally climbs into bed with an attractive woman, one young male viewer called out cheerily, ‘Go for it, Norman!’ That viewers could still feel this way years after knowing the truth about Bates is ample testament to Perkins’s nuanced, sympathetic portrait » (55). Without a doubt, this is true. But it also testament to the dual consciousness produced in the viewer by the original film, evoked by the image of Susanna and the Elders: one feels for poor, innocent Susanna. But one also feels for the elders, whose actions are not quite pardonable, but may be understandable.

Much as Hitchcock elected to cast the charming, handsome young Perkins as Norman, Renaissance painters tended to paint the elders as venerable old men, who seem fairly respectable even as they perpetrate their crime against Susanna. Tintoretto’s elders bear a strong resemblance to St. Peter and other esteemed older religious figures who appear in his other canvases. Just as the viewer’s shared voyeurism with them made the painting more alluring and the elders more relatable, the elders’ appearance as nice, grandfatherly figures makes it difficult to judge them too harshly. In van Mieris’ painting, the elders are temporarily disfigured by wanton expressions, and their postures are more openly transgressive than they are in many other Susanna canvases. But the painting’s presence in the film carries with it all of the cultural freight of its history, and these ramifications remain on the screen as a result. The audience’s identification with Norman parallels the earlier identification viewers had with the Elders. Even if the viewer’s sympathies are split between the male violator and the female victim, these two stories form a part of the larger tradition of the perpetrators of violence against women being seen as somewhat sympathetic.

After Norman peeps on Marion and replaces the van Mieris Susanna on the wall, the audience does not see this painting again. The second Susanna, however, continues to haunt Norman from a distance in later scenes: it is seen through the door when Norman is talking to Arbogast in the office (see Figure 7), and again when he hangs up the phone after talking to Sheriff Chambers (John McIntire) while sitting in the parlor (see Figure 8). In these scenes, it is on the wall opposite the other Susanna, perpendicular to the wall separating the parlor from the office. Near the end of the film, it moves and now hangs next to the door when Sam Loomis confronts Norman in the office (see Figure 9).

Previously, when Arbogast was snooping in the vacant parlor, this same space was occupied by the second Venus; thus, the progression from the ideal of female beauty to the act of violence against it is repeated as the second Susanna takes the place of the second Venus. The second Venus is only seen when Arbogast is in the parlor. Arbogast is never shown in the frame with either of the Susannas; as far as we know, he is not a pervert, and thus he is free from association with the elders. The second Susanna changes position, as though it were insistently inserting itself into the frame with Norman, hounding him, hanging over his shoulder like a guilty conscience.

Like Chaerea in The Eunuch, Norman Bates sees a painting of a woman’s privacy being violated and is inspired to violate a real woman’s privacy. Like the elders, his desire for a woman converts into an act of violence against her. Whether or not the full cultural impact of the Susanna story was familiar to the audience or the filmmakers of Psycho, it makes the film that much richer and more complex. As Wood writes: « [Hitchcock] himself — if his interviews are to be trusted — has not really faced up to what he was doing when he made the film. This, needless to say, must not affect one’s estimate of the film itself…Hitchcock (again, if his interviews are to be trusted) is a much greater artist than he knows » (151). Again, Hitchcock cast Anthony Perkins to make it that much easier — and more perilous — for the viewer to sympathize with Norman, as well as with Marion. This dual identification with both the victim and the perpetrator is emphasized by the Susanna paintings, linking Norman to the elders, which in turn links him to an expansive artistic and literary tradition that extends across many centuries and cultures. Hitchcock may not have known the full extent of the multilayered connections he was making by including these images, yet they hang on the walls of the Bates Motel, indicating that Norman’s crime is a new manifestation of a much older story.

Works Cited

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Voir aussi:

SUZANNE ET LES VIEILLARDS D’ARTEMISIA GENTILESCHI
delapeinture

avril 23, 2009

1610, coll. Schonborn, Pommersfelden.

Voici une œuvre qui conduit le drame à l’essentiel. Artemisia Gentileschi, au demeurant bien jeune, assimile avec retenue le double héritage des leçons véristes du Caravage et de la peinture claire des Carrache. Rigueur et sobriété, construction et vérité.

Dans ce tableau marqué par une puissante diagonale,  Suzanne occupe les deux-tiers de l’ensemble, laissant aux vieillards le dernier tiers supérieur. Cette division horizontale se double d’une illusion de champ avec le rebord de pierre sur lequel la baigneuse est assise. Celui-ci déborde du simple rôle de repoussoir visant à  accuser la profondeur et structure les principaux plans du récit .La lecture, sans faire l’objet d’anacoluthe,  pourrait ainsi se lire de bas en haut, chacune des séquences correspondant à un tiers de la composition, avec la figure de  Suzanne comme élément central, laquelle opère un raccourci espace-temps.

Première séquence : Suzanne sortant du bain avec  ce mouvement   ascensionnel créé par le chevauchement des jambes et la torsion de l’ensemble du bassin qui valide la lecture d’un épisode autonome. Mais les muscles, tendus par un effort désordonné, trahissent  une vive émotion et le linge blanc qui s’enroule encore mollement  semble  prêt à glisser le long de la cuisse (fig.1).

Seconde séquence : la violente intrusion des vieillards a jeté l’effroi chez Suzanne, effroi qui s’inscrit dans la gestuelle par le biais d’un contrapposto  si brutal  qu’il désarticule le modèle (fig.2).

Cette séquence centrale  constitue bien la quintessence visuelle de l’épisode : loin de l’élégante douceur serpentine de Raphaël, la figure de Suzanne expose son malheureux corps à l’avidité des  regards. De fait,  notre héroïne est une femme désirable avec cette chevelure ondulée et dénouée, ces courbes toutes de rondeurs épanouies  jusqu’à ces plis encadrant l’abdomen qui soulignent la suavité des chairs. Alors que Lorenzo Lotto (1) avait choisi la représentation d’un modèle archaïque (femme au fond peu voluptueuse parce que réduite à la thématique symbolique), et qu’Alessandro Allori nous montrait sans guère de retenue la concrétisation d’évidents fantasme nés du récit (2, fig.3), Gentileschi   associe les données : tout en peignant le traumatisme d’une femme harcelée dans sa féminité, elle assume pleinement  l’érotisme inhérent au personnage. Le mouvement de ses bras indique non seulement  qu’elle a renoncé à préserver ce qui lui reste de pudeur mais aussi qu’elle cherche  à ne pas entendre les chuchotements sinistres de ses agresseurs. Ainsi, toute la partie centrale qui décrit le  corps comme objet de convoitise  nous renvoie à la séquence supérieure qui énonce l’esprit, tourmenté par cette parole annonciatrice de l’acte.

Troisième séquence: le chantage des vieillards  menaçant de faire comparaitre de faux témoins en cas de résistance (fig.4). Sordide complot à l’encontre des plus démunis. C’est ici le temps où la parole  devient ce glaive invisible  qui lui meurtrit le cou au point de faire ployer la tête, et Suzanne, dans sa déchéance, rejoint symétriquement  la figure d’Adam  de la Sixtine. Les mains dessinent un parallélogramme dont le côté supérieur manifeste l’agression et le coté  inférieur  exprime ce mélange de  refus et de défense. Mais il existe une autre figure géométrique et si l’on prête attention à ce quadrilatère élargi par la main gauche du protagoniste qui se penche sur son acolyte, on peut trouver les clefs du drame : en premier lieu, l’expression  de l’acte sexuel avec cette main qui s’emboite à distance avec celle de Suzanne (fig.5 et 6), ensuite le point central constitué par l’index qui de façon péremptoire appelle au silence. Pour accentuer l’idée d’intrusion, Gentileschi prend d’ailleurs soin de placer la tête du comploteur dans la partie supérieure de ce quadrilatère.

Tout entière soumise à la trame du récit, l’économie formelle des moyens se retrouve dans la sobre utilisation des couleurs, porteuses de significations symboliques. Surface dominée par des tonalités froides où   les chairs blêmes, comme surexposées à une lumière trop crue, se détachent sur le fond grisâtre de la pierre, analogie muette de la solitude et de l’épreuve (3). Opposition classique du rouge et du blanc. Et le ciel, d’un bleu délavé, suggère timidement  une  promesse de salut.

Harcèlement, violence, lâcheté, loi du silence : ce sont bien les termes du viol que l’on retrouve ici et ils résonnent avec des accents prémonitoires car, lorsqu’elle peint Suzanne et les vieillards  dans l’atelier romain de son père Orazio,  Artemisia Gentileschi  alors âgée de dix-sept ans, n’a pas encore été la proie des  outrages  d’Agostino Tassi et du lamentable procès qui suivit. Les actes qui nous sont parvenus témoignent de l’humiliante et sordide procédure qui devait prouver son statut de victime. Eternelle histoire  du sexe faible, coupable de l’innocence. Depuis, et c’est justice, cette figure est progressivement devenue une icône de la sensibilité féministe, et certains observateurs n’ont d’ailleurs pas toujours su éviter une lecture trop littérale de son œuvre en mettant en exergue la fréquence du thème vengeur de Judith tranchant la tête d’Holopherne.

Mais je voudrais simplement finir  par un silence, ce vrai silence qui demeure celui de la compassion pour Artemisia et de l’admiration pour cette peinture de  vérité.

Notes

1. 1517, Florence, Offices.
2. 1561, Dijon, Musée Magnin,
3. Les rinceaux qui apparaissent  derrière Suzanne peuvent aussi évoquer la palme des martyrs.

Voir également:

30 octobre 2016

Suzanne et les vieillards, 1610, collection SchönbornPommersfelden

La première œuvre attribuée à Artemisia, qu’elle signe dès l’âge de dix-sept ans (sûrement aidée par son père, déterminé à faire connaître ses dons artistiques précoces), est sa Suzanne et les vieillards, réalisée en 1610, et aujourd’hui conservée dans la collection Schönborn à Pommersfelden. La toile laisse entrevoir comment, sous la conduite paternelle, Artemisia, en plus d’assimiler le réalisme du Caravage, n’est pas indifférente au langage de l’école bolonaise, qui s’inscrit dans le mouvement d’Annibale Carracci.

Elle reprend et modifie plusieurs fois les œuvres de son père, auxquelles elle donne une touche d’une âpreté réaliste que celui-ci n’avait pas. Elle leur confère une atmosphère dramatique, si prisée par les Napolitains, en accentuant le clair-obscur à la manière du Caravage, contribuant ainsi à l’évolution de ce style d’une façon déterminante.

À dix-neuf ans, alors que l’accès à l’enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père lui donne un précepteur privé, le peintre Agostino Tassi. Un scandale marque alors sa vie. Artemisia est violée par Tassi employé à cette époque avec Orazio Gentileschi à la réalisation des fresques des voûtes du « pavillon des Roses » dans le palais Pallavicini Rospigliosi de Rome.

Celui-ci promet d’abord de l’épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d’Artemisia porte l’affaire devant le tribunal papal. L’instruction, qui dure sept mois, permet de découvrir que Tassi avait formé le projet d’assassiner son épouse, avait commis un inceste avec sa belle-sœur, et voulu voler certaines peintures d’Orazio Gentileschi. Pendant le procès, Artemisia est soumise à un humiliant examen gynécologique et « soumise à la question » pour vérifier la véracité de ses accusations. Elle résiste à la torture et maintient ses accusations. Tassi est condamné à un an de prison et à l’exil des États pontificaux.

Judith décapitant Holopherne, musée Capodimonte, Naples, 1612-14.

Les actes du procès, dont a été conservée l’exhaustivité des documents et témoignages, frappent par la crudité de la relation des faits énoncés par Artemisia et par le caractère inquisitorial des méthodes du tribunal. Leur lecture à la lumière des thèses féministes de la seconde moitié du xxe siècle a eu une grande influence sur l’analyse de la personnalité d’Artemisia Gentileschi.

  • Témoignage d’Artemisia lors du procès, quand bien même cet événement donna lieu à de nombreuses rumeurs1 :

La toile, conservée au musée Galerie des Offices (Galleria degli Uffizi), qui représente Judith décapitant Holopherne (ca.1612-16142), impressionnante par la violence de la scène, a été interprétée comme un désir de revanche par rapport à la violence subie.

Un mois après la conclusion du procès, Orazio arrange pour Artemisia un mariage avec Pietro Antonio Stiattesi, modeste peintre florentin, qui permet à Artemisia, violentée, abusée et dénigrée, de retrouver un statut honorable.

La Vierge à l’Enfant de la Galerie Spada date des débuts romains.

Peu après, le couple s’installe à Florence, où ils ont quatre enfants, dont seule la fille, Prudenzia, vécut suffisamment longtemps pour suivre sa mère lors de son retour à Rome puis à Naples.

Voir de même:

Une peinture au rayon X par Kathleen Gilje

Liminaire

Artemisia Gentileschi est née en 1593. Artemisia Gentileschi est la fille aînée d’Orazio Gentileschi, un des plus grands peintres de la Rome baroque, proche du Caravage. Artemisia Gentileschi a sans doute appris la peinture dès son plus jeune âge dans l’atelier de son père. En 1610, elle a 17 ans, elle signe sa première œuvre autonome, une Suzanne et les vieillards. « Son père l’a sans doute peinte avec elle mais a laissé sa fille signer pour lancer sa carrière », estime Francesco Salinas, co-commissaire de l’exposition Artemisia, 1593-1654, Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre, au Musée Maillol, à Paris en 2012.

Suzanne et les vieillards, peinture d’Artemisia Gentileschi
Artemisia Gentileschi a perdu sa mère jeune. Pour parfaire ses connaissances en perspective, son père engage un ami qui devient son associé, Agostino Tassi. Cet homme séduit la jeune fille puis la viole. Pour continuer à la voir, Agostino Tassi lui promet le mariage. Mais il est déjà marié. Il tente de faire assassiner sa femme mais n’y parvient pas. Le père d’Artemisia porte plainte contre Agostino Tassi plusieurs mois après. À cette époque les filles sont considérées comme « possessions » des pères, c’était donc à lui de porter plainte, puisque c’était lui qui subissait un préjudice. Le procès qui suit a longtemps été plus connu que les œuvres d’Artemisia. Pour prouver l’innocence de la victime la jeune fille est mise au supplice, procédure courante à l’époque. Doigts enserrés dans des entrelacs, torture qui aurait pu être dramatiques et la priver de la pratique de son art. Agostino Tassi est condamné à l’exil des états pontificaux au terme d’un long procès. [1] Ses protecteurs parviennent cependant à révoquer sa sentence et le peintre continuera à commettre vols, fraudes et à séduire d’autres jeunes femmes.

On associe souvent la thématique de l’œuvre d’Artemisia ainsi que son intérêt quasi exclusif pour les figures féminines à son parcours et à sa vie privée. Ce qui explique les nombreuses héroïnes qui peuplent les toiles de la peintre, parmi lesquelles Judith, Cléopâtre, Bethsabée, Suzanne ou bien encore Yaël. Son père lui avait appris les fondements de l’art de Caravage dans lequel elle avait puisé de manière très personnelle, la violence et la cruauté de sa peinture.

Suzanne et les vieillards, peinture d’Artemisia Gentileschi au rayon X
« Le sujet de son premier tableau est tiré de la Bible, Suzanne et les vieillards (1610, Pommersfelden, Schloss Weissenstein). Sa composition triangulaire traduit l’horreur de Suzanne face à la proposition des vieillards lubriques. Malgré la signature bien visible d’Artemisia, certains se sont demandé si une si jeune peintre pouvait réussir à ce point un tableau et l’ont attribué à son père. Peut-être a-t-il conseillé sa fille et ajouté un coup de pinceau ça et là, mais la figure féminine ne ressemble définitivement pas aux siennes. Le thème a souvent servi, paradoxalement, à peindre des nus féminins lascifs ; peu de peintres ont voulu représenter la surprise et l’indignation de Suzanne devant des propositions aussi inattendues que dégradantes. On a aussi rapproché le tableau de l’histoire personnelle d’Artemisia, ce qui est un procédé réducteur qui fait oublier l’apport réel de l’artiste. » [2]

C’est à cette époque qu’Artemisia peint ses œuvres les plus reconnues, notamment Judith décapitant Holofernes. L’histoire d’Holofernes, général Assyrien menant les troupes qui envahissent et détruisent Béthulie, la patrie de Judith. Cette dernière décide de gérer la situation en venant à lui, flirtant avec lui afin qu’il baisse sa garde et ensuite le gaver de nourriture et de vins. Après qu’il se soit endormi, Judith et sa servante prennent son épée et le décapite. Problème réglé. Le sujet était très populaire à l’époque.

« La Judith d’Artemisia ne correspond pas à ce type, écrit Pascale Beaudet, historienne et critique d’art. Elle est jeune, digne, concentrée et se fait assister par sa servante, qui elle aussi est jeune, ce qui est un changement par rapport à la tradition picturale. L’autre apport majeur d’Artemisia est la collaboration active qui unit la servante et la maîtresse, sans parler du côté spectaculaire de l’égorgement, qu’elle rend réaliste en s’inspirant du travail du Caravage. »

Artemisia Gentileschi est considéré comme une icône de l’art féministe, à la fois à cause de ses déboires personnels et des thèmes de ses œuvres. En 1998, l’artiste contemporaine et restauratrice d’art Kathleen Gilje lui rend hommage au Musée national des femmes artistes de Washington en exposant une copie méticuleuse de la peinture Suzanne et les vieillards d’Artemisia Gentileschi exposée à côté d’une radiographie de la peinture, montrant une toute autre version de la peinture.

Suzanne et les vieillards au rayon X, par Kathleen Gilje
Cette version au rayon X est bien évidemment une invention, une interprétation artistique de Kathleen Gilje qui souligne ainsi à quel point l’histoire personnelle d’Artemisia Gentileschi reflète celle du sujet de sa peinture tant le personnage qu’elle représente et l’artiste elle-même ont été soumis à la concupiscence des hommes plus âgés.

[1] Actes d’un procès pour viol en 1612, suivis des lettres de Artemisia Gentileschi, éditions des femmes, 1983

[2] Artemisia Gentileschi, artiste peintre et femme libre, Pascale Beaudet

Voir de plus:

The Girl Shows Alfred Hitchcock’s Blatant Sexual Harassment Of His Muse Tippi Hedren

  • Meredith Lepore
  • The Grindstone
  • Sep 10 2012

Alfred Hitchcock was a brilliant and wildly successful filmmaker but he also used his power for terrible things, according to actress Tippi Hedren and the new HBO film, The Girl. Hitchcock sexually harassed Tippi, one of his supposedly favorite actresses (she starred in two of his films) for years. The new film, starring Sienna Miller, shows this disturbing relationship between the famous actress and director. The film will hopefully show women how lucky they are today in terms of laws prohibiting sexual harassment and may act as a wake up call to others.

The acknowledgement of sexual harassment is barely 40 years old. The first historical use of the term wasn’t until 1973 when MIT reports first addressed the gender issue and specific procedures were instated as ways to both protecting the victims and handling it. Tippi began working with Alfred in the early 1960s.

“People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well,” Hedren said of Hitchcock. “I think he was an extremely sad character. We are dealing with a brain here that was an unusual genius, and evil, and deviant, almost to the point of dangerous, because of the effect that he could have on people that were totally unsuspecting.”

The Girl is based on the book Spellbound by Beauty,” by Donald Spoto. Screenwriter Gwyneth Hughes interviewed several people familiar with the Hitchcock-Hedren dynamic, including costume supervisor Rita Riggs, actress Diane Baker, and Hitchcock’s first assistant director Jim Brown. The film shows Hitchcock aggressively forcing a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming of The Birds, and later demanding that she “make yourself available to me sexually.” The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances. “It was horrifying. A horrible situation in which to be,” she says and shudders. “There were women who would have gone along with it, but I wasn’t one of those.”

In one scene, he sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning her. Another sequence shows him forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren suffered multiple cuts, including to her face, in both cases, according to the film. Hedren said: “Actually viewing the film, I have to say that when I first heard [actor Toby Jones’s] voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. I had not talked about this issue with Alfred Hitchcock to anyone. Because all those years ago, it was still the studio kind of situation. Studios were the power. And I was at the end of that, and there was absolutely nothing I could do legally whatsoever. There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich women.”

But The Birds launched Tippi’s career as an actress and the “It Girl” of the moment. However, it didn’t last long. After she finished shooting Marnie with Hitchcock in 1963, she wanted to get out of her contract with Hitchcock but he wouldn’t let her. Back then there were no laws to protect her. He threatened her and said he would ruin her career, and according to Hedren he did. He told directors like Francis Truffaut that she wasn’t available for work. Her career did stall after those two very successful films.

Hedren believes she is one of many actresses harassed by the cinematic legend. After Psycho, she said, actress Vera Miles refused to ever work with the director again. Hedren also said Suzanne Pleshette told her during The Birds filming, “It isn’t always like this.”

“He ruined my career but he didn’t ruin my life,” she said. “If this had happened today I would be a very rich woman.” But on the bright side, Sienna Miller thinks a lot has changed for women in film today. “I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right or that they are dissatisfied with or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it. I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. And I lived through it beautifully. He ruined my career, but he didn’t ruin my life,” said Hedren.

But have things really improved for women? New research shows that women are starting to let sexual harassment roll off their back, or at the very least don’t let it affect them as much as men do. Men who are exposed to sexual harassment are more likely to find jokes and inappropriate touching “distressing,” while women just find it “bothersome.” Researcher Isis Settles, an associate professor of psychology at Michigan state says that the finding “suggests that sexual harassment is such a widespread problem that women have figured out ways to deal with it so it doesn’t interfere with their psychological well-being.

Voir encore:

Hitchcock star Tippi Hedren says director was ‘evil’, and she’d be rich if sexual harassment laws applied in the 1960s

She was once his muse but when young Tippi Hedren refused legendary director Alfred Hitchcock’s sexual advances he ruined her career.

Veteran actress Hedren, 82, says she would have been a rich woman if sexual harassment laws existed in 1963 when ‘The Birds’ was filmed.

Her comments came as production of a television drama about her relationship with the ‘Psycho’ director is wrapping up.

She claims he ruined her career when she refused to bow to his advances, but said he failed ruin her life.

‘I think he was an extremely sad character.

‘We are dealing with a brain here that was an unusual genius, and evil, and deviant, almost to the point of dangerous, because of the effect that he could have on people that were totally unsuspecting.’

Tippi Hedren spoke about the rampant sexual harassment as she joined the cast of ‘The Girl’, a collaboration between BBC and American network HBO which looks into the relationship she had with Hitchcock while making ‘The Birds’.

At the time of filming Tippi, born Natalie Kay Hedren, was 34 years old, more than 30 years younger than Hitchcock, and engaged to be married to her second husband.

The knowledge of this this did not stop his advances, something which becomes clear in ‘The Girl’.

The film, based on the book ‘Spellbound by Beauty’ by Donald Spoto, portrays the director as a predator who demands sexual favours of his leading lady.

The 90 minute television drama has an impressive cast with Sienna Miller as Tippy Hedren, Toby Jones as Alfred Hitchcock, Imelda Staunton as Hitchcock’s wife, Alma, and Penelope Wilton as his loyal assistant, Peggy Robertson.

In one scene Hitchcock aggressively forces a kiss on Hedren in the back seat of a car during the filming and later orders her to make herself ‘available sexually’.

Filming with his birds: Hitchcock and Tippi Hedren on set where, the actress claims, he sexually harassed her

The film also suggests that Hitchcock punished her for rejecting his advances.

In one scene, the director sends a prop bird crashing through phone booth glass without warning Tippi.

Actress Tippi Hedren, pictured in 2007, says she would have sued Hitchcock if sexual harassment laws existed in the sixties

Another sequence shows her forcing her to work with live birds for five days for the film’s attic scene. Hedren had been told mechanical birds would be used, only to find live birds were let loose – again with no prior warning.

Hedren, now aged 82, said there were times of delight working for Hitchcock while filming ‘The Birds’ and her only other film for him, ‘Marnie’.

But once she rejected his advances, and refused to make another film with him, he effectively ended her career by stopping her working for two years.

‘He ruined my career but he didn’t ruin my life,’ she said.

‘If this had happened today I would be a very rich woman,’ she added, alluding to the protection afforded by sexual harassment laws today.

Given the unwanted advances she could have possibly sued Hitchcock who died aged 80 in 1980.

Hedren, mother of actress Melanie Griffith, was working as a successful model when she was chosen by Hitchcock to star in ‘The Birds’.

The director had been looking for another blonde actress to replace Grace Kelly who had starred in three of his previous films.

He signed her to a personal contract which he upheld when she refused to work for him.

For two years she sat a home unable to work despite offers from other Hollywood studios.

While she was able to resume her career she never became a major star although she went on to make 50 films and has had guest appearances on TV shows including CSI: Crime Scene Investigators.

Voir aussi:

Hitchcock and Hedren now an HBO movie
He started her career. And he ended it.
Rob Salem
The Star.com

Oct. 19, 2012

He started her career. And he ended it.

Director Alfred Hitchcock’s relationship with actress Tippi Hedren was, to say the least, complicated. He discovered her. He put her in pictures. And then he put her through sheer living hell.

It is fairly well known that Hitchcock had a particular obsession with icy blondes, and none more so than former model Hedren, whom he nurtured and transformed from mannequin into actress, and starred in two of his films, The Birds and Marnie.

But when Hedren rejected his clumsy sexual advances, he cut her off completely, tying her up in an exclusive contract that prohibited her from working for anyone else.

The story is told in some detail in The Girl, a fascinating new HBO movie that debuts on HBO Canada Saturday night.

Hedren is the first to tell you that it isn’t the whole story.

“In an hour and a half, there wasn’t enough time,” says the now 82-year-old actress.

“There were times when it was absolutely delightful and wonderful,” she insists. “Hitchcock had a charm about him. He was very funny at times. He was incredibly brilliant in his field. I learned so much from that man about motion pictures, and how you make a motion picture.

“So there are things that weren’t able to be in the film to say, ‘Why would she stick around for all of this?’ It wasn’t a constant barrage of harassment. If it had been constantly the way we have had to do it in this film, I would have been long gone.”

At first, she says, Hitchcock was a benevolent mentor. “I hadn’t had any acting experience, except in commercials. To break down a script, to delve into how you become another character, the relationship of different characters in the film, was something that I didn’t know how to do. And to have as brilliant a genius as Alfred Hitchcock as my drama coach . . .”

Then things got ugly.

“It was something that I had never experienced before,” Hedren says. “I don’t know what to call it. I certainly gave no indication that I would ever be interested in any kind of a relationship with him.

“People have said, ‘Was he in love with you?’ No, he wasn’t. When you love someone, you treat them well. I think we’re dealing with a mind here that is incomprehensible, and I certainly am not capable of discerning what was going through his mind or why.

“I think he was an extremely sad character. As I said, we are dealing with a brain here that is unusual, genius, and evil, deviant almost to the point of dangerous because of the effect that he can have on people that are totally unsuspecting.”

That part of the story the movie gets right, Hedren confirms. “I do want to say how pleased I am with this film, with Sienna (Miller)’s portrayal, with Julian (Jarrold)’s direction and, of course, Toby (Jones), with his brilliant character depiction of Alfred Hitchcock. They were all brilliant; just wonderful.

For The Girl’s lead actress Sienna Miller, playing a real-life role is never easy – she previously portrayed Warhol muse Edie Sedgwick in the 2006 biopic Factory Girl. Hedren presented a much greater challenge.

“I think it’s always difficult when you’re trying to imitate somebody else as dramatic and brilliant as Tippi,” Miller allows. “I definitely tried to capture an essence in the film. It wasn’t supposed to be an exact replica.

“It was difficult during certain scenes, but not nearly as difficult as it was for Tippi. The bird attack scenes took five long days for her. It was about five hours for me. So while I definitely suffered a little bit, it was nowhere near the real thing.”

The filming of the attack sequence in The Birds is perhaps the most notorious part of the Hitchcock/Hedren saga. The scene was only supposed to involve stuffed and mechanical birds, or so Hitchcock had assured her. Instead, she did her best to protect herself as the crew hurled real, living and probably very angry birds at her head.

Though their beaks had been bound, one of the birds gashed her cheek, narrowly missing her eye. She broke down on set and they shot around her for a week to give her time to recover.

But the emotional scars remain.

“As far as seeing (The Girl), I was apprehensive,” Hedren confesses. “I have to say that when I first heard Toby’s voice as Alfred Hitchcock, my body just froze. It was hard to go through all of those years that had been eclipsed into an hour and a half.”

But go through it she did, when HBO held a private screening for Hedren and her invited guests. “At the end of it, nobody moved,” she says. “Nobody said anything until my daughter, Melanie Griffith, jumped up and said, ‘Now I have to go back into therapy.’”

Hedren is hoping that The Girl will resonate with other victims of sexual harassment.

“I hope that young women who do see this film know that they do not have to acquiesce to anything that they do not feel is morally right, or that they are dissatisfied with, or simply wanting to get out of that situation, that you can have a strength, and you deserve it.”

For Hedren, it wasn’t that simple. It was the waning days of the old studio system, and actors were treated, as Hitchcock himself is often quoted, like cattle.

“There was absolutely nothing I could do legally, whatsoever,” adds Hedren. “There were no laws about this kind of a situation. If this had happened today, I would be a very rich woman.

“But I can look at myself in the mirror, and I can be proud. I feel strong. I lived through it beautifully.

“He ruined my career, but he didn’t ruin my life.”

Voir de plus:

The new HBO movie “The Girl” depicts your relationship with Alfred Hitchcock, who, after giving you your first movie role in “The Birds,” plants an unwanted kiss on you, tries to blackmail you for sex and stalks you. Why would he do these things? 

He was a misogynist. That man was physically so unattractive. I think to have a mind that thought of himself as an attractive, romantic man and then to wake up in the morning and look at that face and that body was tough. I think he had a whole lot of problems.

The film made me ponder the expression “Revenge is a dish best served cold.” Is there any satisfaction in exacting revenge on a man who has been dead 32 years? 

Well, I don’t know that I’ve gotten any revenge on him. Maybe this movie is a bit. But I’m not the first one this happened to. Other actresses never made any overt statements about it. What he did with his life is astounding. There is no one in this world that did films like he did. Nobody.

The worst abuse happened after you rebuffed his advances. Actors have been known to sleep with less powerful directors for advancement in show business. Did you ever consider it? 

I have a strong Lutheran background, and my parents instilled in me strong morals. This was something I could never have done. I was not interested in him that way at all. I was fortunate enough to work with him, and as far as I was concerned, he ruined everything.

There is a scene in “The Girl” — as well as in the Donald Spoto book it’s based on — in which Hitchcock informs you that you are to be sexually available to him any time, any place. How do you even respond to that? 

I said, I’ve got to get out of the contract. He said, I’ll ruin your career. And he did. He wouldn’t let me out of the contract. I’d be a really big star if he hadn’t stopped my career. There were so many people who wanted me for their films. All he said was, “She isn’t available.” That’s a mean, mean man.

You’ve said that his wife, Alma, knew of his obsession with you. 

That couple was an enigma to all of Hollywood. At one point, she came to me during “Marnie” and said, “I’m so sorry you have to go through all of this,” and I looked at her and said, “Alma, you could stop it.” Her eyes just glazed over, and she turned and left.

How did you react to the news of his death? 
Relief.

Of course, you must not have gone to his funeral. 
I did.

Why? I would assume the only reason you’d want to see his grave is to spit on it. 
You don’t get it. He ruined my career, but he didn’t ruin my life. That time of my life was over. I still admire the man for who he was.

Years later, you bought a huge piece of land in California, where you still live, acquired a number of big cats and spent a decade making a movie with them called “Roar.” During the filming, a lion scratched your daughter, Melanie Griffith, and she needed plastic surgery. The cinematographer was scalped, and your former husband was mauled. Were you naïve about the dangers? 

We had not a clue what we were doing. We really didn’t. We had wanted to use Hollywood acting animals, but because instinct dictates a cat will fight a cat they didn’t know, all of the cat trainers said: “I don’t want my cat hurt, and I don’t want to get hurt. Get your own animals to do the movie.” We were in a learning process.

There’s a photo of you and a teenage Melanie, whose head is six inches away from Neil, your first live-in lion. 
He was not a live-in lion. Sometimes I get so annoyed with you writers.

The caption from your book reads, “Melanie and I with Neil, our first live-in lion.” 
O.K., I missed that one. O.K.

Does Melanie ever say at Christmas, “Mom, thank God I wasn’t eaten by the lions”? 
Oh, we all say that. Thank God we made it. Thank God nobody was killed. We all say that.

Harvey Weinstein ne peut laver tous les péchés d’Hollywood

Glenn Harlan Reynolds

USA Today

Il n’a fallu que quelques jours aux puissants du cinéma américain pour mettre au ban le célèbre producteur, accusé de harcèlement sexuel et de viol. Est-ce pour mieux détourner l’attention de la vraie nature d’Hollywood ?

Les transgressions du producteur Harvey Weinstein lui ont coûté sa place à l’Académie des Oscars. Ce n’est pas rien, quand on pense qu’elle compte encore parmi ses membres le réalisateur Roman Polanski, qui a plaidé coupable [de détournement de mineur] dans l’affaire du viol d’une adolescente de 13 ans.

Alors même que d’autres accusations de viol ont fait surface, Hollywood soutient Polanski depuis des dizaines d’années. En 2009, Whoopi Goldberg a même déclaré à propos du crime – Polanski avait drogué et sodomisé la…

Les transgressions du producteur Harvey Weinstein lui ont coûté sa place à l’Académie des Oscars. Ce n’est pas rien, quand on pense qu’elle compte encore parmi ses membres le réalisateur Roman Polanski, qui a plaidé coupable [de détournement de mineur] dans l’affaire du viol d’une adolescente de 13 ans.

Alors même que d’autres accusations de viol ont fait surface, Hollywood soutient Polanski depuis des dizaines d’années. En 2009, Whoopi Goldberg a même déclaré à propos du crime – Polanski avait drogué et sodomisé la jeune fille – que ce n’était pas “vraiment” un viol.

Pourtant, Hollywood s’est retourné contre Weinstein à une vitesse ahurissante. Il subit un ostracisme auquel ont échappé d’autres personnalités de son milieu.

Pourquoi ? À mon avis, c’est parce que le cas de Weinstein n’est pas aussi inhabituel qu’on veut nous le laisser croire. Hollywood a dû comprendre que le monde avait changé et que les médias people et les attachés de presse dociles ne pouvaient plus étouffer ces histoires. De mon point de vue, ils espèrent qu’en se montrant intransigeants avec Weinstein l’affaire se dissipera. Ils veulent éviter que le grand public se rende compte que cet homme fait partie d’un système d’exploitation bien ancré et qu’il ne relève pas de l’exception.

Des réunions dans des chambres d’hôtel

Ces individus n’ostracisent pas Weinstein parce qu’ils ont soudain découvert sa vraie nature. Ils l’ont toujours connue. Ils se retournent contre lui parce que le grand public a découvert sa vraie nature. Ils espèrent détourner l’attention de l’opinion avant qu’elle ne découvre le véritable visage d’Hollywood.

À mon avis, cela ne fonctionnera pas.

Harvey Weinstein est très fort, mais il ne l’est pas assez pour endosser tous les péchés d’Hollywood.“Combien de secteurs disposent d’un terme précis pour désigner l’échange de faveurs sexuelles contre un emploi ? interroge John Podhoretz. Est-ce un hasard si la pratique est tellement répandue dans le milieu du cinéma qu’elle a donné lieu à la locution ‘casting couch’, [un équivalent de notre ‘promotion canapé’] ? Dans combien de secteurs organise-t-on des réunions dans des chambres d’hôtel en dehors des heures de bureau ? Et lors de ces rendez-vous, dans combien de secteurs un patron dit-il à une jeune femme qu’elle ne doit pas hésiter à se dénuder devant lui, car l’emploi qu’elle brigue exigera d’elle qu’elle soit nue face à des millions de personnes ?”

Plus Sade que Don Juan

Le milieu hollywoodien est ce qu’il est car la nature du travail – les jugements personnels, peu de transparence, peu de normes objectives – permet à ceux qui le veulent d’abuser de leur position dominante. Avoir un magnat dans son camp, voire un agent ou un producteur adjoint, peut propulser une carrière – mais l’inverse est aussi vrai.

Weinstein semble être un homme extrêmement désagréable, un habitué du harcèlement et des agressions à l’encontre des femmes comme des hommes, que ces actes soient sexuels ou non. Même les agressions sexuelles dont il est accusé semblent viser l’humiliation des victimes plus que la simple satisfaction sexuelle. Weinstein s’apparente plus à Sade qu’à Don Juan.

Mais ses comportements ont été facilités par des dizaines voire des centaines de complices : des assistants, des producteurs, des acteurs, des actrices et des agents qui sont restés sous son influence car ils en tiraient divers contrats et projets. Et tous l’ont fait car, bien que Weinstein soit peut-être un connard fini, ses agissements n’étaient pas exceptionnels dans le secteur.

Les puissants d’Hollywood espèrent que vous ne tirerez pas cette conclusion, mais elle sera difficilement évitable face aux multiples accusations contre d’autres figures du cinéma américain. En découle la plus grande inquiétude du milieu : si les gens comprennent que le système qui produit des films est abusif, continueront-ils à en regarder ? Les films sont-ils les “diamants du sang” du monde du divertissement ?

“L’exploitation est omniprésente dans le cinéma, c’est pourquoi nous devons lui refuser notre soutien, écrit Ann Althouse sur son blog. Ces projets au budget faramineux donnent à certains un pouvoir immense, utilisé pour briser des jeunes femmes. On devrait refuser d’exposer nos esprits à ce genre de choses. Si vous voulez des histoires à visage humain, lisez un livre.”

Et si les gens pratiquaient la lecture au lieu d’aller au cinéma ? Rien n’inquiète plus les puissants d’Hollywood. Pas étonnant qu’ils aient réagi au quart de tour.

Voir aussi:
Popular Culture

Nasty, Brutish, and Fat

Of Hobbes and Harvey Weinstein

The reason Weinstein’s three decades of monstrous personal and professional conduct are so appalling and fascinating in equal measure is that he was clearly functioning outside the “social compact” Hobbes said was necessary to save men from a perpetual state of war they would wage against one another in the state of nature. For that is what Weinstein was doing, in his own way: waging Hobbesian war against the women he abused and finding orgasmic pleasure in his victories.

And Weinstein did so while cleverly pretending to leadership within the social compact and disingenuously advocating for its improvement both through political change and artistic accomplishment. Hobbes said the life of man in the state of nature was nasty, brutish, and short, but he did not say the warrior could not be strategic. Rochefoucauld’s immortal declaration that hypocrisy is the tribute vice pays to virtue is entirely wrong in this case. Weinstein paid off feminists and liberals to extend his zone of protection and seduction, not to help support the virtues he was subverting with his own vices.

Hobbes said that in the state of nature there was “no arts; no letters; no society.” But if the man in the state of nature, the nihilistic warrior, coexists with people who live within the social compact, would it not be a brilliant strategy to use the arts, letters, and society as cover, and a means of infiltrating and suborning the social compact? Harvey Weinstein is a brutal thug, a man of no grace, more akin to a mafioso than a maker of culture. And yet as a movie producer he gravitated toward respectable, quality, middlebrow, elevated and elevating fare. People wanted to work with him because of the kinds of movies he made. I think we can see that was the whole point of the exercise: It was exciting to be called into his presence because you knew you would do better, more socially responsible, more praiseworthy work under his aegis than you would with another producer.

And then, garbed only in a bathrobe, Weinstein would strike.

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Weinstein was universally known to be a terrible person long before the horrifying tales of his sexual predation, depredation, and assault were finally revealed. And—this is important—known to be a uniquely terrible person. His specific acts of repugnant public thuggishness were detailed in dozens of articles and blog items over the decades, and were notable precisely because they were and are not common currency in business or anywhere else. It was said of him after the latest revelations that he had mysterious abilities to suppress negative stories about himself, and perhaps he did; even so, it was a matter of common knowledge that he was the most disgusting person in the movie business, and that’s saying a lot. And that’s before we get to sex.

To take one example, Ken Auletta related a story in the New Yorker in 2001 about the director Julie Taymor and her husband, the composer Eliot Goldenthal. She had helmed a movie about Frida Kahlo produced by Weinstein. There was a preview screening at the Lincoln Square theater in Manhattan. The audience liked it, but some of its responses indicated that the plotline was confusing. Weinstein, whose hunger to edit the work of others had long since earned him the name “Harvey Scissorhands,” wanted to recut it to clarify the picture. Taymor didn’t, citing the audience’s favorable reaction. Then this happened:

He saw Taymor’s agent…and yelled at him, “Get the fuck out of here!” To Goldenthal, who wrote the score for Frida, Weinstein said, “I don’t like the look on your face.” Then, according to several witnesses, he moved very close to Goldenthal and said, “Why don’t you defend her so I can beat the shit out of you?” Goldenthal quickly escorted Taymor away. When asked about this incident, Weinstein insisted that he did not threaten Goldenthal, yet he concedes, “I am not saying I was remotely hospitable. I did not behave well. I was not physically menacing to anybody. But I was rude and impolite.” One member of Taymor’s team described Weinstein’s conduct as actually bordering on “criminal assault.”

Weinstein told the late David Carr in 2002 that his conduct in such cases had merely been the result of excess glucose in his system, that he was changing his diet, and he was getting better. That glucose problem was his blanket explanation for all the bad stories about him, like this one:

“You know what? It’s good that I’m the fucking sheriff of this fucking lawless piece-of-shit town.” Weinstein said that to Andrew Goldman, then a reporter for the New York Observer, when he took him out of a party in a headlock last November after there was a tussle for Goldman’s tape recorder and someone got knocked in the head.

Goldman’s then-girlfriend, Rebecca Traister, asked Weinstein about a controversial movie he had produced. Traister provided the predicate for this anecdote in a recent piece: “Weinstein didn’t like my question about O, there was an altercation…[and] he called me a c—.”

Auletta also related how Weinstein physically threatened the studio executive Stacey Snider. She went to Disney executive Jeffrey Katzenberg and told him the story. Katzenberg, “one of his closest friends in the business,” told Weinstein he had to apologize. He did, kind of. Afterward, Katzenberg told Auletta, “I love Harvey.”

These anecdotes are 15 years old. And there were anecdotes published about Weinstein’s behavior dating back another 15 years. What they revealed then is no different from what they reveal now: Weinstein is an out-and-out psychopath. And apparently this was fine in his profession…as long as he was successful and important, and the stories involved only violence and intimidation.

Flash-forward to October 2017. Katzenberg—the man who loved Harvey—publicly released an email he had sent to Weinstein after he was done for: “You have done terrible things to a number of women over a period of years. I cannot in any way say this is OK with me…There appear to be two Harvey Weinsteins…one that I have known well, appreciated, and admired and another that I have not known at all.”

So which Weinstein, pray tell, was the one from whom Katzenberg had had to protect Stacey Snider? The one he knew or the one he didn’t know? Because they are, of course, the same person. We know that sexual violence is more about power than sex—about the ultimate domination and humiliation. In these anecdotes and others about Weinstein, we see that his great passions in life were dominating and humiliating. Even if the rumors hadn’t been swirling around his sexual misconduct for decades, could anyone actually have been surprised he sought to secure his victory over the social compact in the most visceral way possible outside of murder?

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The commentariat’s reaction to the Weinstein revelations has been desperately confused, and for once, the confusion is constructive, because there are strange ideological and moral convergences.

The most extreme argument has it that he’s really not a unique monster, that every working woman in America has encountered a Weinstein, and that the problem derives from a culture of “toxic masculinity.” This attitude is an outgrowth of the now-fashionable view that there have been no real gains for women and minorities over the past half-century, that the gains are illusory or tokenish, and that something more revolutionary is required to level the playing field.

As a matter of fact in the Weinstein case, this view is false. Women have indeed encountered boors and creeps in their workplaces. But a wolf-whistler is not a rapist. Someone who leers at a woman isn’t the same as someone who masturbates in front of her. Coping with grotesque and inappropriate co-workers and bosses is something every human being, regardless of gender, has had to deal with, and will have to deal with until we are all replaced by robots. It’s worse for women, to be sure. Still, no one should have to go through such experiences. But we all have and we all do. It’s one of the many unpleasant aspects of being human.

Still, the extreme view of “toxic masculinity” contains a deeper truth that is anything but revolutionary. It takes us right back to Hobbes. His central insight—indeed, the insight of civilization itself—is that every man is a potential Weinstein. This clear-eyed, even cold-eyed view of man’s nature is the central conviction of philosophical conservatism. Without limits, without having impressed upon us a fear of the legal sanction of punishment or the social sanction of shame and ostracism, we are in danger of seeking our earthly rewards in the state of nature.

The revolutionary and the conservative also seem to agree there’s something viscerally disturbing about sex crimes that sets them apart. But here is where the consensus between us breaks down. Logically, if the problem is that we live in a toxic culture that facilitates these crimes, then the men who commit them are, at root, cogs in an inherently unjust system. The fault ultimately is the system’s, not theirs.

Harvey Weinstein is an exceptionally clever man who spent decades standing above and outside the system, manipulating it and gaming it for his own ends. He’s no cog. Tina Brown once ran Weinstein’s magazine and book-publishing line. She wrote that “strange contracts pre-dating us would suddenly surface, book deals with no deadline attached authored by attractive or nearly famous women, one I recall was by the stewardess on a private plane.” Which means he didn’t get into book publishing, or magazine publishing, to oversee the production of books and articles. He did it because he needed entities through which he would pass through payoffs both to women he had harassed and molested and to journalists whose silence he bought through options and advances. His primary interest wasn’t in the creation of culture. It was the creation of conditions under which he could hunt.

Which may explain his choice of the entertainment industry in the first place. In how many industries is there a specific term for demanding sexual favors in exchange for employment? There’s a “casting couch”; there’s no “insurance-adjustor couch.” In how many industries do people conduct meetings in hotel rooms at off hours anyway? And in how many industries could that meeting in a hotel room end up with the dominant player telling a young woman she should feel comfortable getting naked in front of him because the job for which she is applying will require her to get naked in front of millions?

Weinstein is entirely responsible for his own actions, but his predatory existence was certainly made easier by the general collapse of most formal boundaries between the genders. Young women were told to meet him in private at night in fancy suites. Half a century earlier, no young woman would have been permitted to travel alone in a hotel elevator to a man’s room. The world in which that was the norm imposed unacceptable limitations on the freedoms of women. But it did place serious impediments in the paths of predators whose despicable joy in life is living entirely without religious, spiritual, cultural, or moral impediment.

Hobbes was the great philosopher of limits. We Americans don’t accept his view of things; we tend to think better of people than he did. We tend to believe in the greater good, which he resolutely did not. We believe in self-government, which he certainly did not. But what our more optimistic outlook finds extraordinarily difficult to reckon with is behavior that challenges this complacency about human nature. We try to find larger explanations for it that place it in a more comprehensible context: It’s toxic masculinity! It’s the residue of the 1960s! It’s the people who enabled it! The truth is that, on occasion—and this is one such occasion—we are forced to come face to face with the worst of what any of us could be. And no one explanation suffices save Hamlet’s: “Use every man after his desert, and who should ’scape whipping?”

Voir aussi:

What Harvey Weinstein tells us about the liberal world

Harvey Weinstein seemed to fit right in. This is a form of liberalism that routinely blends self-righteousness with upper-class entitlement

The Guardian

21 October 2017

Let us now consider the peculiar politics of Harvey Weinstein, the disgraced movie producer. Today Weinstein is in the headlines for an astonishing array of alleged sexual harassment and assaults, but once upon a time he was renowned for something quite different: his generous patronage of liberal politicians and progressive causes.

This leading impresario of awful was an enthusiastic supporter of Barack Obama and Hillary Clinton. He was a strong critic of racism, sexism and censorship. He hosted sumptuous parties to raise money for the fight against Aids.

In 2004 he was a prominent supporter of a women’s group called “Mothers Opposing Bush”. And in the aftermath of the terrorist attack against the French magazine Charlie Hebdo, he stood up boldly for freedom of the press. Taking to the pages of Variety, Weinstein announced that “No one can ever defeat the ability of great artists to show us our world.”

To call this man a hypocrite is to state the obvious. This champion of women is now accused of sexual harassment on an epic scale. This defender of the press was excellent at manipulating it and on one memorable occasion is said to have physically roughed up a reporter asking tough questions.

Perhaps Weinstein’s liberalism was a put-on all along. It certainly wasn’t consistent or thorough. He strongly disapproved of Bernie Sanders, for example. And on election night in November 2008, Weinstein could be found celebrating Barack Obama’s impending victory on the peculiar grounds that “stock market averages will go up around the world.”

The mogul’s liberalism could also be starkly militaristic. On the release of his work of bold war propaganda, Seal Team Six, he opined to CNN as follows:

“Colin Powell, the best military genius of our time, supports the president – supports President Obama. And the military love him. I made this movie. I know the military. They respect this man for what he’s done. He’s killed more terrorists in his short watch than George Bush did in eight years. He’s the true hawk.”

In Weinstein’s world, politics often correlated with conspicuous displays of luxury goods – it was something you did on Martha’s Vineyard, or on the Riviera, or in the Hamptons, toasting the candidate or raising money for the good cause. Here is a glimpse of a Weinstein event for Aids research held in Cannes in 2000, as described by Roger Ebert:

“The private auction and the fashion show were followed by dinner and a public auction masterminded by Miramax chief Harvey Weinstein, who this year not only offered a massage by Heidi Klum, but persuaded [actors Kenneth] Branagh and [James] Caan to take off their shirts and act as subjects for a demonstration of her skills. The massage went for $ 33,000. ‘Karl Marx is dead,’ observed the director James Gray.”

There are sleazebags in every party, as Donald Trump frequently reminds us. But even so, Harvey Weinstein was unusual: a militant and vocal backer of a faith he appears to have violated in the starkest way.

What explains Weinstein’s identification with progressive causes? Perhaps it was all about cozying up to power, the thrill of being a friend of Bill Clinton.

Perhaps it was all about moral absolution, in the same way that lists of corporations-that-care always turn out to be led by outfits like Walmart, Goldman Sachs and Exxon-Mobil. In the world of the wealthy, liberalism is something you do to offset your rapacious behavior in other spheres. It’s no coincidence that, in Weinstein’s desperate first response to the accusations against him, he thought to promise war against the National Rifle Association and to support scholarships for women.

But it’s also something deeper than that. Most people on the left think of themselves as resisters of authority, but for certain of their leaders, modern-day liberalism is a way of rationalizing and exercising class power. Specifically, the power of what some like to call the “creative class”, by which they mean well-heeled executives in industries like Wall Street, Silicon Valley and Hollywood.

Worshiping these very special people is the doctrine that has allowed Democrats to pull even with Republicans in fundraising and that has buoyed the party’s fortunes in every wealthy suburb in America.

That this strain of liberalism also attracts hypocrites like Harvey Weinstein, with his superlative fundraising powers and his reverence for “great artists”, should probably not surprise us. Remember, too, that Weinstein is the man who once wrote an essay demanding leniency for Roman Polanski, partially on the grounds that he too was a “great artist”.

Harvey Weinstein seemed to fit right in. This is a form of liberalism that routinely blends self-righteousness with upper-class entitlement. That makes its great pronouncements from Martha’s Vineyard and the Hamptons. That routinely understands the relationship between the common people and showbiz celebrities to be one of trust and intimacy.

Countless people who should have known better are proclaiming their surprise at Harvey Weinstein’s alleged abuses. But in truth, their blindness is even more sweeping than that. They are lost these days in a hall of moral mirrors, weeping tears of admiration for their own virtue and good taste.

  • Thomas Frank is a Guardian columnist

Voir également:

« The movie industry I’ve known for the past 30 years… is reconstituting itself in my mind this week like pieces of a broken mirror being glued back in place… »

Anne Althouse

October 14, 2017

« … the cracks now forever visible, » writes Dana Stevens (at Slate), who’s been writing about movies for something like a decade, yet claims she « truly didn’t » know « any of the more sordid Weinstein rumors. » (Did she know any of the less sordid rumors? She does « guiltily question » whether she should have picked up some clues and could have dug into them.)

In this metaphorical reglued broken mirror in her mind, Stevens sees:

Gwyneth Paltrow holding her Oscar for Shakespeare in Love, standing beaming next to the man whose hotel suite she had to escape from a few years earlier after he invited her to the bedroom for a massage…. Or Mira Sorvino getting her Oscar for Mighty Aphrodite and then mysteriously—or perhaps not so mysteriously anymore—fading from the screen. Or Rosanna Arquette never going on to the career she deserved….

But the linked column doesn’t go where I would take it. When I saw the headline at Slate — « The Harvey Weinstein Scandal Is Changing How I Look at the Movies » — I thought it going to say what I’ve been saying: Because movies are shot through with human exploitation, we should withhold our patronage. These big expensive projects create immense power that is used to grind up young women, and we should not want to expose our mind to this material. If you need stories about human beings, read. A writer of books works alone (mostly) and uses words to create images of beautiful women and other human beings who do and say interesting, meaningful things. No actors needed.

But Stevens has no plan to redirect her consumption of stories. Well, her job is movie critic, so she can’t just say no, can she?

Voir encore:

HARVEY WEINSTEIN: THE LEFT’S CULTURE RAPE MONSTER

The Left’s culture war protects its own monsters.

Daniel Greenfield

Daniel Greenfield, a Shillman Journalism Fellow at the Freedom Center, is an investigative journalist and writer focusing on the radical left and Islamic terrorism.

In the spring of his final year as a movie mogul, Harvey Weinstein was doing what he always did. Or rather what he always did in public view: as opposed to what he has been accused of doing in hotel rooms and deserted office storage rooms. He was fighting a ratings war over a movie with adult content.

The movie was 3 Generations. It had been made two years earlier to cash in on the transgender boom. Back then it was called About Ray. But the reviews were bad and the movie was pulled a few days before it was supposed to be released. What do you do with a bad politically correct movie that you paid $6 million for? You start a culture war. And that’s exactly what Harvey Weinstein did.

He enlisted GLAAD, the gay rights group, to lobby for a PG-13 rating for the newly renamed movie.

« The Weinstein Company dared to tell culture-changing LGBTQ stories that Hollywood too often shies away from,” GLAAD president Sarah Kate Ellis shilled.

It didn’t hurt that Harvey was a donor to GLAAD and the Human Rights Campaign. Weinstein had even presented his pal, Bill Clinton, with a GLAAD award at its awards show.

Harvey’s gambit didn’t pay off financially. The reviews for 3 Generations were just as bad this time around. And it took in $60,000. Or 1 percent of what Harvey had paid for it. But Harvey had known two years ago that the movie wouldn’t make money. The 3 Generations campaign wasn’t about the movie, but about Harvey Weinstein’s brand as a courageous mogul on the political cutting edge of the industry.

Harvey Weinstein wasn’t really in the movie business. He was in the culture business.

Some of his movies were meant for general audiences. But mostly he sold the illusion of culture to a prosperous leftist elite. Sometimes that meant traditional highbrow British Oscar bait like The King’s Speech or Shakespeare in Love. But much of the time it meant pandering to their politics.

And thus, 3 Generations, for the transgender category, The Hunting Ground, for the campus rape category, Fruitvale Station, for police brutality, Wind River, for Native American oppression, and, if you reach back far enough, Fahrenheit 9/11 for the anti-war category and Miral, for the anti-Israel category.

And countless others.

Harvey Weinstein didn’t get all his Oscars and his clout in the industry because he had good taste. Or even a good idea of what would work. The 3 Generations debacle is a reminder of that. The New York Times pulled the trigger on the story that brought him down, after blocking a similar story in his heyday, because his company was faltering and no longer all that valuable to the finances of the big lefty paper.

Even at his peak, he was never all that big when compared to the big boys of the industry. His estimated net worth is under $300 million. What made him think he could grab Gwyneth Paltrow, the goddaughter of Steven Spielberg, an industry titan with a net worth of $3 billion, and get away with it?

All that clout which brought in Oscars, fawning media profiles and the frightened compliance of the women he abused, didn’t come from his cash, it came from his role as a culture warrior of the left.

When Harvey Weinstein wanted to bully the MPAA and promote a bad movie, he had the heads of the biggest gay rights groups at his beck and call. When he wanted to push Miral, an anti-Israel movie that was just as bad, he got it screened at the UN General Assembly Hall. When he wanted to promote, The Hunting Ground, a discredited documentary, Planned Parenthood was eager to step up.

Why was everyone from the United Nations to GLAAD so eager to accommodate Harvey?

Money was an obvious factor. Harvey donated enthusiastically to left-wing groups like Planned Parenthood and GLAAD. Just this year, he helped endow a chair in Gloria Steinem’s name.

But money wasn’t enough. Hollywood’s bigwigs routinely write big checks for trendy causes.

Harvey Weinstein got his clout as a culture warrior. An alphabet soup of lefty groups, right up to the UN, was eager to give him what he wanted because they saw him as championing their agenda.

He rolled out movies that pushed the left’s social and political agendas like no other company did. And in return, he got the same “rape pass” that Ted Kennedy, Bill Clinton and other top lefties did.

It wasn’t mere money that intimidated his victims. Harvey’s millions alone didn’t buy him the right to assault and then silence women, some of whom became famous and powerful in their own right, in an industry that is the subject of constant media attention and scrutiny. It was his connections on the left.

Harvey Weinstein shoveled large amounts of money into the media and lefty groups. But more than mere cash, he had their loyalty because he fought the cultural battles that they wanted him to fight.

And they provided him with exactly the stories he wanted. And none of the stories he didn’t want.

The media is hunting through Hollywood to find out who knew about Harvey. And everyone knew and said nothing. They said nothing because the media would have destroyed them. Look back at the old stories about Harvey’s conflicts with the MPAA, with Jewish groups over Miral, and so many others, and it’s easy to spot the heavy hand of Harvey in every article. The media let him write the story.

It let him write the story because he was telling their stories in theaters across the country.

What no one in Hollywood or the media can say is that the women whom he abused were collateral damage in a culture war. Harvey ran an assembly line on which movies about the left’s latest social agenda were rolled out. If you wanted campus rapes, police brutality, transgender, gay rights, anti-Israel or anything from the Left “R” Us emporium, he made it happen. And the price was ignoring the screams coming from his hotel rooms and the office storage rooms that he allegedly brought women to.

The left paid that price. It paid it, until Harvey wasn’t good for it anymore. And then it came to collect.

Harvey Weinstein didn’t assault women ‘despite’ his leftist politics as the media alleges in its fumbling efforts to connect him to toxic masculinity. He assaulted women because of his leftist politics. It was his politics that made him feel safe assaulting women. And it was his politics that made them feel unsafe about turning him in. How do you take on a man who has Planned Parenthood in his back pocket?

And it was his cultural transgressiveness that won him a pass. The cultural pioneers of the left who break all sorts of sexual boundaries are expected to occasionally transgress boundaries like consent. That’s true across the entertainment industry. And it was true across the counterculture in general.

How many rapes were there at Occupy Wall Street camps and how much sexual harassment was there in the Bernie Sanders campaign? That’s how leftist political and culture wars have always worked.

Harvey Weinstein’s willingness to push cultural boundaries insulated him from accusations of abuse by, on the one hand, making him appear too virtuously leftist to do such a thing, and on the other hand, giving him a pass for being too transgressive to be bound by the conventions of bourgeois morality.

And Harvey’s shabby defenses have called on both arguments, trying to wrap himself in the cause of gun control, signaling his usefulness to the left, and invoking the culture of the 70s, to create complicity.

Harvey is still hoping that the left’s culture war can be invoked to protect its fallen monster.

Following its “Tragedy + Trump = Story” formula, the media has run numerous stories trying to tie Harvey to Trump. It’s revealing, not only for the partisan cynicism of trying to associate the actions of a top Obama and Hillary donor with Trump, but because it shows why the media covered for Harvey.

Even now, it’s still incapable of acknowledging that a leftist can sexually abuse and rape. Its political tribalism is so strong that it needs to associate Harvey with Trump to be able to condemn him.

And that, more than anything else, shows why the media covered for Harvey Weinstein.

The women whom Harvey allegedly abused knew that the media’s rule is that there are no enemies to the left. And Harvey had worked hard to always stay to the left of everyone else. Including his victims.

Voir de plus:

Affaire Weinstein: « J’ai honte de n’avoir rien dit », regrette Jane Fonda

L’Express avec AFP

Dans une interview à la télévision américaine, l’actrice révèle avoir été au courant des pratiques du puissant réalisateur depuis un an.

« Grâce à Dieu on en parle! ». Jane Fonda est aujourd’hui soulagée de voir la parole des victimes se libérer à propos du producteur américain Harvey Weinstein, accusé par des actrices de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols. Des accusations dont la comédienne révèle avoir été au courant.

Dans une interview enregistrée jeudi et qui sera diffusée dans l’émission Hardtalk de BBC World news lundi, l’actrice a expliqué avoir découvert les accusations portées contre Harvey Weinstein il y a un an, mais ne pas avoir voulu en parler pour ne pas dévoiler l’identité d’une des accusatrices, une décision qu’elle regrette aujourd’hui. « J’aurais dû être plus courageuse et je pense qu’à partir de maintenant je le serai quand j’entendrai de telles histoires », a-t-elle déclaré.

Selon elle, si les victimes présumées n’ont pas souhaité parler plus tôt c’est parce que le producteur est « puissant » et que les jeunes femmes étaient « vulnérables » et « inquiètes que si elles parlaient ou faisaient quelque chose, leur carrière serait détruite », a estimé l’actrice, qui fut une figure de la contestation aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970.

« C’est une épidémie »

La star, qui aura 80 ans en décembre, avait confié à un magazine britannique avoir été violée enfant. Elle a raconté à la BBC avoir subi des avances d’un réalisateur français quand elle avait 21 ans, celui-ci lui disant qu’il avait besoin de savoir « quels types d’orgasmes » elle avait, pour un rôle.

Jane Fonda a aussi évoqué les scandales sexuels qui ont visé l’acteur américain Bill Cosby, l’ex-président du Fonds monétaire international, le Français Dominique Strauss-Kahn, et le président américain Donald Trump. « Nous avons maintenant un président dont nous savons qu’il a fait la même chose », a-t-elle affirmé. Pendant la campagne présidentielle, une vidéo de Donald Trump avait fuité dans laquelle le magnat de l’immobilier se vantait de pouvoir attraper les femmes par le sexe parce qu’il est célèbre.

Pour Jane Fonda, qui a raflé deux fois l’Oscar de la meilleure actrice, ces violences faites aux femmes sont « très très répandues », et pas seulement à Hollywood. « C’est une épidémie, assure-t-elle. J’espère que c’est un tournant », qui stoppera les agresseurs ».

« Il s’intéressait plutôt aux jeunes femmes »

Quelques heures plus tôt, Jane Fonda avait accordé une autre interview, à CNN cette fois-ci. L’actrice y évoquait déjà les accusations visant Harvey Weinstein et le fait qu’elle ait gardé le silence, alors qu’elle était au courant des pratiques du réalisateur. « J’ai honte de n’avoir rien dit à ce moment-là […] J’imagine que c’était parce que ça ne m’étais pas arrêtée à moi et donc je pensais que ce n’était pas à moi de le dire« .

« J’ai rencontré Weinstein quand j’étais déjà âgée, mais il s’intéressait plutôt aux jeunes femmes parce qu’elles sont plus vulnérables », raconte par ailleurs la star.

 Voir encore:

There’s No Virtue in Joining an Angry Mob

Harvey Weinstein’s actions were egregious. But high-minded outrage poses dangers of its own.

Paula Marantz Cohen

The Wall Street Journal

Oct. 19, 2017
The condemnations of Harvey Weinstein’s egregious behavior have become a deluge. We’ve seen this before—an ever-increasing tirade against a once-respected figure. It is as though we’ve learned the habit of outrage and feel obliged to be even more dramatically horrified than we were the last time this kind of news was revealed.
Woody Allen, admittedly a dubious judge, has been lambasted for warning against a witch hunt. But Mr. Weinstein can be guilty and still be the object of what looks like a hypocritical hunger for blood. Where were all these people who now say they were aware of his behavior a year, a decade, a quarter-century ago? Too afraid to speak up then but empowered to do so now when there is a chorus to back them up. It’s more like a lynch mob than a witch hunt. A lynch mob is still a lynch mob, even when its target is guilty.
The problem here goes beyond Harvey Weinstein. It is a symptom of a kind of responsiveness that has permeated this country on many levels and on many fronts. When the media becomes judge and jury, groupthink sets in and the mob expresses its indignation. No one is allowed to doubt or to express sympathy.
In the case of Mr. Weinstein, a man once lauded for his artistic taste and enjoyed for his crude but refreshing New Yorker manners is now the most egregiously horrible individual who ever lived, reduced overnight from a mogul into a monster—though at the same time we are told that everyone really knew what he was all along. Meanwhile, the media continues to relay one prurient detail after another, feeding the public’s maw for gossip, while allowing us to indulge in high-minded outrage.
There is something deeply worrisome about this kind of flattening process, both for what it says about those who never spoke up until now and for what it says about our inability to grasp the complexity of the human condition. We wonder about trolling on the internet, but our press encourages this in its tabloid-style piling on of reporting—in its inability to contextualize or restrain itself in the face of the public appetite for more of the same.
The Weinstein case has its correlative in the political arena. On both sides of the political spectrum, we seem driven by a need for dramatic outrage that masquerades as virtue. Once a case has been made in the public sphere, on whichever side, the case gets made again and again in increasingly simplistic terms. Any attempt to see around or outside the established scenario means that you are a bad person. The deadening, coercive nature of this kind of thinking is disturbing.
I am upset by what is happening in our country today. I don’t like the mean-spirited way our president behaves and expresses himself. I don’t like the way much of the press, both on the right and the left, seems intent on smug, simplistic reporting. I don’t like the way gestures, such as showing exuberance or seeming disrespect on the football field, have been blown up to mean something more or other than they should.
I don’t like the way some college students have become self-righteous know-it-alls, claiming to be traumatized by words and texts. And I don’t like the way many teachers have been made to feel they must toe a party line and walk on eggshells. This is not the way to nurture democracy, fairness and human compassion.
Get Harvey Weinstein out of the newspapers and into the courts. If convicted, punish him as the law requires, but remember that he, like all of us, is a human being. We have forgotten this about anyone who has been labeled our opposition, and this has made us a meaner and ultimately more dangerous country.
Ms. Cohen is a professor of English at Drexel University, where she is dean of the Pennoni Honors College.
Voir de même:

#Moiaussi : pour que la honte change de camp-

Ariane Fornia

18 octobre 2017

#Moiaussi, ou #metoo : c’est le hashtag qui fédère en ce moment les femmes dont la parole se libère enfin. Des femmes de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux témoignent avoir été victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement, de la part d’hommes de leur entourage ou d’inconnus. Chaque témoignage est glaçant, mais ce qui est pire que tout, c’est leur nombre, leur déferlement ininterrompu. Toutes les femmes, ou presque, ont connu cela. Le bâillon est tombé, et les récits pleuvent.

Et j’ai l’espoir que ce soit le grand soir de la cause féministe, le séisme qui ébranlera enfin le vieux monde misogyne.

Ceci n’est pas une confession

Cela fait plusieurs jours que j’hésite. Mais moi aussi, #moiaussi, j’ai besoin de vous raconter.
Pas sur Twitter, pas en 140 caractères. Je vous raconterai ici, dans cet espace qui m’appartient, où j’ai le temps de vous livrer à mon rythme ce récit et cette réflexion.
J’ai failli écrire « cette confession ». Mais non : la confession, c’est l’aveu du coupable. Et moi, je ne suis coupable de rien.

La première agression, ou le « malentendu »

J’ai treize ans. En vacances, je suis sortie avec un garçon bien sous tous rapports, gentil et intelligent. Sexuellement, nous ne sommes pas allés plus loin que ce qu’on appelait à mon époque une « pelle ». Ce stade-là me convient très bien.
Une fois rentrée chez moi à la fin du séjour, j’insiste pour aller lui rendre visite. Ce n’est pas le grand amour, mais je l’aime bien, et la ville dans laquelle il habite me tente beaucoup. Il m’a promis qu’on ferait du tourisme, qu’on irait à un concert. Ma mère hésite, puis appelle sa mère à lui, une femme très bien. « Aucun problème, je serai à la maison, elle peut venir. »
La journée se passe à merveille. Et puis le soir, nous nous retrouvons dans sa chambre. Sa mère est sortie. Nous sommes seuls. Que dire, si ce n’est que je ne contrôle plus rien ? Que les choses vont plus loin que ce que je voulais ? Je dis non, je lui dis « je préfèrerais garder mes vêtements », il réinsiste. Je me tortille, je me détourne, je me lève, je dis « ça te dirait qu’on aille regarder un film dans le salon ? », je passe du lit au canapé. Il m’y suit. Il n’y a aucune violence, juste ma passivité, ma froideur pétrifiée qu’il ne comprend pas. Je n’ai pas hurlé « lâche-moi », j’ai juste attendu. Je crois qu’il ne sait même pas que je n’étais pas d’accord. Je l’ai revu par hasard des années plus tard. J’étais glacée, lui très chaleureux. Charmant.

La deuxième agression, ou l’enfer du métro

J’ai dix-neuf ans, je suis à la fac à Paris. C’est le mois de septembre et l’été dure, il fait chaud, je suis en jean et chemisier blanc, un joli chemisier avec un col en dentelle, façon héroïne romantique. Je n’ai pas de veste. Je rentre de cours dans le métro bondé, quelqu’un me bouscule involontairement. Un mouvement brusque pour me rattraper, et mon chemisier craque. Deux boutons, pile sur la poitrine. Je porte un soutien-gorge, mais j’ai toujours eu beaucoup de poitrine, et ma mésaventure vestimentaire ne peut échapper à personne, tout le monde voit que je suis à moitié dépoitraillée. Je suis cramoisie. Je n’ai rien pour me couvrir.
Et ça commence. Un homme de cinquante ans, en tenue de cadre, passe sa langue sur ses lèvres en me regardant lubriquement. J’essaie de croiser mes bras, de me tourner vers le bord du wagon. Un homme d’une trentaine d’années vient se coller contre moi. Au début, je crois qu’il veut me cacher aux regards. Puis je sens quelque chose de tout dur contre ma cuisse. Son sexe en érection. Je suis paralysée, je ne bouge pas. J’attends que les stations passent, j’ai les larmes aux yeux. Je ne réagis pas, je ne repousse pas ce salaud, sans doute parce qu’au fond de moi je me dis que c’est ma faute. Parce que quand ton chemisier craque, c’est bien fait pour toi, tu mérites qu’on te colle une bite contre la cuisse. Evidemment.

La troisième agression, ou comment j’ai été agressée par un ancien ministre

Ce n’est pas la « pire », mais celle qui m’a intellectuellement le plus ébranlée. Parce que les deux premières fois, je me disais que c’était peut-être ma faute. Je n’avais pas su dire non. Je n’avais qu’à prendre une veste.

Mais cette fois-là, j’ai compris que ça pouvait arriver à n’importe quelle femme, dans n’importe quelle circonstance, que personne n’était à l’abri.

Il faut que je vous détaille le contexte, pour que vous compreniez à quel point c’était inouï, à quel point cela révèle le sentiment d’impunité des prédateurs, et tout particulièrement, des prédateurs puissants.

J’avais vingt-ans. A cette époque, mon père était ministre. Il était très exposé médiatiquement, et je souffrais beaucoup de cette attention extrême, de ce climat polémique qui rôdait tout le temps autour de lui, de ma famille, et j’aurais mille fois préféré l’anonymat. Mais le seul privilège de ministre qui me consolait, le seul dont lequel j’étais heureuse de bénéficier, c’était l’opéra. Le merveilleux opéra de Paris invitait régulièrement les ministres à assister aux représentations, et mon père, qui connaît mon amour pour l’art lyrique, me faisait souvent bénéficier de la deuxième invitation. L’y accompagner était une joie immense. Ce soir-là, nous allions voir un Wagner à l’opéra Bastille (était-ce Parsifal ? était-ce le Ring ?), et j’étais aux anges. Mais mon père a eu une urgence à gérer, et n’a pu me rejoindre qu’à l’entracte. Du coup, les sièges étaient rebattus, et quelqu’un s’est assis à ma droite, là où mon père aurait dû être.

Je ne sais pas si vous connaissez l’opéra Bastille. Dans cette immense et magnifique salle, une rangée est considérée comme la « rangée VIP ». C’est la catégorie Optima, la première rangée du premier balcon, en plein milieu de la salle (et non pas devant la scène), avec personne devant vous sur plusieurs mètres. C’est la rangée la plus exposée, où on voit aussi bien qu’on est vu. Les ministres, les hautes personnalités, les stars, sont toujours placés là, et c’était un immense bonheur pour moi de pouvoir en bénéficier. J’insiste là-dessus pour expliquer que ce ne sont pas des places discrètes, où on serait caché dans l’ombre. Ce sont des places où tout le monde sait qui vous êtes et voit ce que vous faites.

Un vieux monsieur à l’air éminemment respectable s’assoit donc à ma droite. Son épouse est à sa droite à lui. J’insiste. Son épouse est là. La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu’il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois. Il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l’intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J’enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d’indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C’est un combat silencieux, grotesque, en plein opéra Bastille. Wagner sur scène, le vieux pervers contre la gamine en pantomime dans la salle.

A l’entracte, mon père arrive. Je le vois soucieux, je ne veux pas le stresser davantage. J’ai peur qu’il aille casser la gueule du type en plein opéra et qu’on ne puisse pas finir la représentation. C’est bête, mais je me tais aussi par respect pour sa femme assise à côté de lui – je ne veux pas l’exposer à cette humiliation. Je ne dis rien à mon père. Mais je change de place, et je demande à son officier de sécurité : « Pouvez-vous me dire qui est cet homme ? » Cinq minutes plus tard, il me donne la réponse, je cherche sur Google, je vérifie. C’est bien lui. Et je suis estomaquée.

 C’est un ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens. Une statue vivante. La représentation recommence, je suis tranquille, mais je n’arrive pas à me concentrer sur la mort des Dieux et les vocalises de la cantatrice.
Je repasse en boucle ce qui vient de se passer. Je suis fille d’un ministre en exercice, dans la rangée VIP d’un des lieux les plus huppés de la capitale, en pleine lumière. L’homme assis à côté de moi a occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, est unanimement respecté, et accompagné de son épouse. Et il m’a agressée pendant tout un premier acte, malgré ma résistance vigoureuse.

Je mesure soudain ce que cela signifie, et j’ai le vertige. Si cela m’arrive ici, maintenant, à moi, par lui, c’est que cela peut arriver à n’importe quelle femme, partout. Que personne n’est à l’abri.

Dans la voiture en rentrant, je raconte à mon père et à son officier de sécurité. Passé le moment de fureur, nous décidons de ne rien faire. Je ne supporte plus sa surexposition médiatique, qui m’affecte aussi par ricochet. Je sais que si je « balance mon porc », pour reprendre l’autre hashtag en vigueur actuellement, tous les regards seront braqués sur moi. Je ne dis rien.
Mais cela fait huit ans que j’ai envie de lui mettre une droite, et que parfois la nuit, je rêve que je l’ai fait, en pleine représentation, devant sa femme, devant tout le monde. En être réduite à rêver de tabasser un vieux, si ça ne l’est pas de l’impuissance.
Vous allez peut-être me dire « donne son nom ». Un reste de peur me retient, mais je crois avoir donné beaucoup d’indices. Et s’il se reconnaît et qu’il lui prend l’envie saugrenue de m’attaquer en diffamation, qu’il sache que mon père et son officier de sécurité d’alors pourront témoigner contre lui. Qu’il sache que je le méprise profondément, et que je plains sa femme.

La quatrième, la cinquième et la centième fois : une femme qui voyage

Je suis une voyageuse, une journaliste, une blogueuse voyage professionnelle. Je voyage souvent seule, loin de chez moi. C’est ma passion et mon métier. La plupart du temps, les gens sont bienveillants et chaleureux. Je fais de belles rencontres, sans arrière-pensée, avec des femmes et des hommes amicaux.

Mais parfois, cela dérape. Je racontais dans mon dernier article sur la Californie comment tout le monde m’avait proposé du sexe, tout le temps. Je l’ai raconté avec humour. C’est devenu mon mode de défense. La politesse et l’humour. Je souris, je dis « non merci » comme si on m’avait proposé une tasse de thé, je fais une blague, parce que je suis petite, une femme, qui n’a jamais fait d’art martial et qui préfère la stratégie d’évitement au conflit frontal. J’ai peur de me faire casser la gueule, violer, tuer. Donc je plaisante. Je suis mignonne, inoffensive. A un homme qui me demande de but en blanc, dans les rues de Nancy, si je veux un « bukkake » (terme japonais qui signifie l’éjaculation simultanée de plusieurs hommes sur une femme placée au centre de leur cercle), je réponds « non merci, je viens déjà de manger des sushis ». Il rigole, il me laisse tranquille. Et moi, je normalise ça. Je ne fais plus attention, je m’habitue.

Aujourd’hui, en voyant déferler les #moiaussi, je me dis que je ne veux plus accepter. Je ne veux plus normaliser. A chaque agression, j’ai été passive, je n’ai pas voulu déranger, j’ai pris la honte sur moi au lieu de la renvoyer sur celui qui méritait de la ressentir. Mais je ne suis pas coupable. Nous ne sommes pas coupables, et rien ne justifie le harcèlement.

Peu à peu, le monde commence à comprendre que, si tous les hommes ne sont évidemment pas des agresseurs, toutes les femmes ou presque ont un jour été agressées par un homme. Que c’est grave, et qu’il faut réagir.
Je ne me suis pas mise à haïr les hommes, j’en connais des tas de bien. Je ne crains pas les inconnus, j’ai fait des dizaines de rencontres paisibles et chaleureuses. J’aime les gens. Je n’ai pas une nature méfiante. Mais j’aspire à un monde amical et sain, où la confiance et l’amitié sont permises par le respect mutuel. Où personne ne vous touche, ne commente votre corps, ne vous scrute, sans votre consentement. Et je crois que cette semaine, nous avons fait un pas dans la bonne direction. Continuons le combat.

Voir de plus:

Juliette Binoche : « La femme est facilement moquée, ridiculisée, on a besoin de la diminuer »

L’actrice a collaboré plusieurs fois avec Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel et de viols. Elle témoigne dans un entretien exclusif au « Monde ».

Propos recueillis par Franck Nouchi (Médiateur du Monde)

Le Monde

Plusieurs des films qui ont contribué à la consécration internationale de Juliette Binoche étaient produits par Harvey Weinstein. Ainsi, Le Patient anglais, un film d’Anthony Minghella pour lequel l’actrice française a obtenu, en 1997, l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Ou encore Le Chocolat, de Lasse Hallström, qui a valu à Juliette Binoche d’être nommée, en 2001, à l’Oscar de la meilleure actrice. Pour Le Monde, elle a accepté de sortir du silence qu’elle s’impose depuis que l’affaire Weinstein a éclaté.

Vous qui connaissez bien Harvey Weinstein, avez-vous été surprise à la lecture des enquêtes récentes qui l’accusent d’être un prédateur sexuel ?

Etant par monts et par vaux, je n’ai pas lu grand-chose, si ce n’est, un peu, ce que certaines actrices ont déclaré. Et je dois dire que j’ai été choquée par les faits les plus graves qui sont rapportés – à savoir que certaines d’entre elles accusent Harvey Weinstein de les avoir violées.

Des facettes d’Harvey, j’en connais beaucoup, vu que j’ai travaillé avec lui à plusieurs reprises. Au tout début, quand je l’ai connu, il avait créé Miramax avec son frère et distribuait des films européens et étrangers importants aux Etats-Unis. C’est lui qui, par exemple, a fait connaître là-bas Krzysztof Kieslowski, Jane Campion, lui qui a distribué Les Amants du Pont-Neuf, de Leos Carax, sans toucher à son montage, contrairement à la réputation qui lui était faite.

Il était, à cette époque, le seul distributeur américain que je connaissais qui avait un tel enthousiasme pour le cinéma d’auteur, le seul qui s’en donnait les moyens, car il y croyait. A l’époque, je ne me suis jamais sentie en danger avec lui, car je pense que j’étais déjà armée. La seule fois où j’ai entendu une insinuation sexuelle verbale de sa part, je ne l’ai pas prise au sérieux, j’ai répondu immédiatement par un revers de balle hors jeu.

Vous en parlait-on comme d’un harceleur ?

Je me souviens qu’une actrice m’en a fait part un jour.

Mais il ne vous a pas harcelée…

Personnellement, non. Mais je pense que j’ai eu assez tôt un sens du danger face aux circonstances que j’ai pu croiser dès l’enfance ou à mes débuts d’actrice. A 18 ans, un metteur en scène, pour me parler d’un nouveau projet, m’avait invitée à dîner. A la fin du repas, il m’a sauté dessus pour m’embrasser. Je l’ai repoussé immédiatement en lui disant : « Mais je suis amoureuse, j’ai un amoureux ! » Une autre fois à 21 ans, j’ai été invitée chez un producteur une heure avant un dîner organisé pour la fin d’un tournage, il s’est jeté sur moi sauvagement, j’ai dû le repousser pareillement.

Instinctivement, je souhaitais être respectée dans mes sentiments et dans mon corps. Mon histoire personnelle m’y incitait. A l’âge de 7 ans (j’ai raconté cet épisode dans le magazine Elle), un maître s’est permis des attouchements sexuels, à la suite de quoi j’ai commencé à mettre des pantalons pour me protéger. Une copine m’a parlé de ce qu’il lui arrivait également et j’ai pu en parler à ma mère. Et puis ça s’est arrêté.

Comme toutes les filles, j’ai fait mes classes, j’ai appris à me détourner, à me rebeller, à m’insurger face à l’impunité masculine. Finalement, ces batailles-là m’ont permis de me positionner et souvent, la rage n’était pas loin. Ce sont des blessures, certes, mais c’est aussi une chance d’avoir pu me structurer rapidement par l’expérience de ces épreuves, qui ne sont évidemment pas souhaitables. Mais parfois, malheureusement, tout le monde n’a pas cette repartie, et certaines situations peuvent devenir beaucoup plus destructrices.

Au cinéma, l’exercice du pouvoir est très particulier. Le producteur a un pouvoir, le metteur en scène a un pouvoir, l’acteur a un pouvoir. S’approcher de ces pouvoirs-là, c’est un peu comme des trous noirs dans l’espace, ils dégagent une énergie qu’il faut savoir décrypter, sentir, on peut tourner en orbite, mais gare à ne pas se laisser happer !

Tout cela pour dire que quand j’ai travaillé avec Harvey Weinstein, je sentais qui j’avais en face. Le genre de type avec lequel je n’irai jamais m’amuser. J’ai déjeuné avec lui une fois en tête-à-tête dans sa suite, je n’ai pas senti de danger, mais je n’ai pas compris pourquoi il tenait à me voir.

Vous aviez instauré entre lui et vous une sorte de rapport de force ?

D’une façon naturelle, oui, sans préméditation.

Ce que vous dites semble signifier que les actrices qui aujourd’hui l’accusent s’exposent à ce qu’on leur dise : « Vous n’avez pas été suffisamment clairvoyantes… »

Chaque situation est différente, ce serait dangereux de généraliser. Mais face à la corpulence d’Harvey, face à son énergie, sa voix, son débit, face aux mots qu’il utilise, à ses croyances, en s’approchant d’un tel pouvoir, il faut savoir où on met les pieds et éveiller son intelligence à ne pas se faire piéger. Si tu veux faire ce métier, c’est que quelque chose en toi te pousse à le faire, qui va au-delà de toi-même, au-delà du désir de ton besoin de pouvoir. Et c’est là que tu dois te poser la question essentielle : pourquoi suis-je là ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je veux ?

J’ai connu un acteur qui m’appelait au milieu de la nuit, venait sans prévenir chez moi, bref, il essayait de m’avoir. Une fois je l’ai foutu à la porte. Une autre fois, devant le maquilleur et coiffeur, je lui ai demandé pourquoi il m’avait appelé en pleine nuit. Il a fini par arrêter.

J’ai été élevée par une mère qui avait un sens de la force individuelle. Au fond de moi, j’aime être femme, mais je me sens aussi bien homme que femme. La force n’a pas de sexe. La force a pour force son individualité.

En vous écoutant, on se dit que le métier d’actrice n’est pas à mettre entre toutes les mains…

Mais absolument ! L’acteur doit voir, observer, jauger, renifler, esquiver, se protéger, mais au moment essentiel de son métier, c’est-à-dire devant la caméra ou sur une scène, se donner corps et âme ! Encore une fois, si l’on va y chercher un petit pouvoir personnel, on fait fausse route. Mais il existe un autre pouvoir, celui qui est au-delà de sa volonté et de ses propres désirs, mais qui passe par une descente en soi, et c’est cet autre pouvoir qui est passionnant, car il conduit à l’œuvre et à ce qui s’œuvre en soi.

Comment cela s’apprend-il ?

Par l’épreuve ! On passe par l’épreuve pour faire ses preuves ! Et on se débrouille dans l’épreuve. On parle, on lit. On cherche. On se confronte. On tombe. On change d’attitude. On est perdu. On s’éveille à l’épreuve. L’humour compte beaucoup. Et puis lâcher, lâcher les attentes, les peurs, les espérances de conquête, de satisfaction. Il y a une mise à mort intérieure dans l’épreuve. Un retournement. On n’est pas là pour se servir.

Mais on ne dénonce pas ?

Il y a longtemps, dans un entretien au magazine Première, j’avais donné le nom du réalisateur qui avait essayé de m’embrasser et que j’avais repoussé à 18 ans. A la suite de quoi, il m’avait écrit une lettre me demandant de dénoncer ce que j’avais déclaré dans ce magazine. Ce que je n’ai évidemment pas fait. Le producteur qui s’est jeté sur moi, je n’ai jamais donné son nom dans la presse. J’avais le choix entre taire son nom ou, au contraire, le poursuivre en entamant une procédure. Mais je ne pense pas qu’il faille se servir de la presse pour instruire un procès.

La perception du féminin est une force mystérieuse qui peut faire peur, et qui peut conduire les hommes au désir de la contrôler, de l’objectiver, de s’en emparer. Sans parler de la jalousie que peut susciter la femme, car elle peut enfanter. Mais on parle très peu de cet aspect-là. La femme est facilement moquée, imitée, ridiculisée, on a besoin de la diminuer.

Emma Thompson parle d’une crise de la masculinité…

En effet, parce que notre côté masculin ne descend pas facilement de son orgueil, il veut garder bonne figure, se protéger de la peur avec la vanité pour bouclier, garder son désir de puissance absolue pour se tenir droit. Donald Trump en est la plus récente stature symbolique, enfermé dans sa croyance la plus primaire. Il n’a pas conscience de son indécence. C’est une attitude que l’on peut trouver chez les femmes bien sûr, car les femmes comme les hommes doivent transformer leur désir de pouvoir, de possession et de jouissance.

Laisser tomber le masque de l’orgueil, c’est plonger dans ce que l’on ressent, chercher ce qu’il y a derrière, laisser ses émotions s’exprimer, en acceptant qu’elles ne sont pas forcément jolies, sans s’identifier à elles, elles nous indiquent où nous en sommes, car elles passent, les émotions, elles ne sont pas un but, mais une aide et, à un moment donné, elles nous quittent d’elles-mêmes, on n’a plus besoin d’elles, elles ne nous font plus peur, mais parfois, elles s’attachent rudement, car comme on peut être changé en un éclair, dans un élan fulgurant, il faut aussi parfois un temps infini pour que le fond de l’être soit épuisé par ses pulsions primaires pour vivre enfin une autre perception de nous-mêmes.

Cela fait des millénaires que le masculin essaye de dominer le féminin, des millénaires que le féminin n’est pas à sa juste place, il attend patiemment que le masculin se rende, abdique ses croyances de supériorité physique, créatrice ou intellectuelle. Le pouvoir n’est pas là où l’on croit. Le féminin et le masculin ne sont pas égaux, ils se complètent. Mais cela va sans dire que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes droits.

Pour en revenir à Harvey Weinstein, pensez-vous que si l’on s’en prend à lui aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il est plus facile de s’en prendre à un homme dont le pouvoir est déclinant ?

C’est possible. Je l’ai croisé à Cannes au printemps dernier, et je l’ai senti en décalage. C’est un homme que j’ai connu dans différentes situations. Une fois, je l’ai vu pleurer parce qu’il se sentait honteux, mais je l’ai vu aussi généreux, et également menteur. C’est un être complexe et tout aussi bizarrement attachant. Mais je savais aussi très bien quelle bête il y avait en lui.

Certaines actrices disent s’être rendues dans sa chambre d’hôtel. Un refus, expliquait leur entourage, risquait de compromettre leur carrière…

Il y a peut-être des actrices qui sont plus influençables et moins préparées aux situations avec les gens de pouvoir, surtout quand on débute. Mais ce genre d’argument ne m’a jamais convaincu, peut-être parce que j’ai appris tôt à être responsable. Je n’ai jamais mis la parole de mon agent avant la mienne. J’écoute, mais je n’obéis pas. Sinon, c’est comme s’approcher d’un volcan. Si tu veux t’approcher du volcan, tu peux le faire, mais tu te brûleras, immanquablement.

Et y a-t-il beaucoup de volcans dans le cinéma ?

Il y en a. Je précise que ça m’est arrivé de ne pas être prise dans des films parce que je n’avais pas répondu aux coups de genou sous la table, parce que je n’ai pas appelé le numéro de portable qu’on m’avait donné après avoir répété. J’ai raté quelques films comme ça.

Toutes les actrices n’ont pas votre expérience, votre capacité à résister…

C’est un métier dangereux. C’est pourquoi l’intuition est primordiale, ce n’est pas la tête qui doit opérer, c’est l’intuition. Et se poser les vraies questions qui authentifient votre parcours.

Depuis plusieurs jours, des milliers de femmes s’expriment sur Twitter par le biais du hashtag #balancetonporc. Que pensez-vous de cette prise de parole aussi massive que subite ?

Si cela peut aider à changer les consciences, pourquoi pas ? Aujourd’hui, de nombreuses personnes profitent de ce moment pour s’ouvrir, se délivrer d’un non-dit, peut-être que cela finira par réveiller les consciences !

Dans cette affaire Weinstein, ce sont des femmes qui prennent la parole. Très peu d’hommes le font. Selon vous, existe-t-il une forme de complicité masculine ?

Tout d’abord, je pense que certains hommes ont été soumis à des situations similaires, soit avec des hommes ou même avec des femmes… Mais il est vrai que sur les plateaux de tournage, américains en particulier, c’est la force masculine qui domine. Aux Etats-Unis, à de très rares exceptions près, le pouvoir du final cut appartient aux producteurs.

En Europe, et tout particulièrement en France, la loi protège l’auteur, le final cut est un droit du metteur en scène, et de ce fait, la relation entre le metteur en scène et l’actrice est beaucoup plus forte qu’aux Etats-Unis. J’en ai parlé un jour avec Martin Scorsese : « Mais pourquoi ne consacres-tu pas un film à un personnage de femme ? » J’ai posé la même question à Steven Spielberg qui m’a assuré en avoir tourné un dans les années 1960. Personne ne s’en souvient.

Le cinéma américain d’aujourd’hui est un cinéma du désir de puissance et de pouvoir, et, malheureusement, qui fait des petits un peu partout dans le monde. Le cinéma américain et son esprit dominent le monde.

Diriez-vous que le cinéma américain est misogyne ?

Non, je dirais qu’il est dans la crainte du féminin, ce qui est un peu différent. Tant que le masculin n’aura pas le courage de vivre ses émotions entièrement, sans penser que c’est un truc de bonne femme, tant qu’il n’aura pas connaissance de sa vulnérabilité, de sa précarité, de sa délicatesse, on sera toujours dans le même système enfermant et enfermé. Le masculin doit sortir de son côté animal pour aller vers son humanité. C’est une écoute différente, une vision autre. Le chemin, c’est le féminin, c’est une force qui doit descendre en lui. Il doit se laisser gagner, comme une bête après avoir trop couru. Il a le choix. C’est en perdant qu’il gagne.

Voir aussi:

« Balance ton porc »: le grand Délathon a commencé!

Il faudra peut-être se souvenir de ce jour d’octobre 2017 où le mot « dénonciation » est devenu synonyme de « parole libérée ». On a encore du mal à trouver le terme qui qualifiera une époque où la délation est devenue un acte de courage, la surveillance un devoir moral et le déballage un brevet de correction. « Balance ton porc », le dernier gadget idéologique à la mode, n’est certes pas le premier épisode du grand Délathon. Comme le savait très bien Debord, la dénonciation est devenue dans les années 80 le sport favori des journalistes de gauche et il faudra un jour compter les victimes innocentes de la calomnie médiatique. Mais avec le secours de la technologie, elle est devenue une industrie. Et quand cette industrie se met au service de la meilleure cause du monde, celle des Femmes, elle devient un pouvoir redoutable. On se rappelle le déchaînement suscité en novembre 2013 contre les avocats de la liberté de prostitution (entre adultes). Ces salauds, qui défendaient une opinion certes contestable mais légitime, furent noyés sous un torrent de boue grâce au site confectionné à ce seul effet par un militant…libertaire ! Cependant, cet appel au lynchage numérique n’avait pas suscité le même enthousiasme que BTP (pour Balance ton porc), ni attiré la même bienveillance publique (encore que notre chère Najat l’approuvait grandement).

Weinstein et les vierges outragées

Peut-être faut-il préciser que je suis fermement opposée à toute contrainte, à toute violence exercée sur une femme ou sur un homme pour obtenir des faveurs sexuelles. Un homme, ça s’empêche. Et ceux qui ne s’empêchent pas doivent être sanctionnés ou matés. Pourtant, quand des actrices célèbres et primées expliquent qu’elles se sont tues sur les agissements d’Harvey Weinstein, pour ne pas mettre leur carrière en danger, j’ai du mal à les plaindre. Et quand elles ne parlent que pour se joindre à un lynchage déjà presque fini, j’ai du mal à admirer leur courage. Le tout Hollywood qui mangeait dans la main du producteur quand il était puissant, nous fait le chœur des vierges outragées maintenant qu’il ne peut plus ni lui nuire, ni lui servir et que cracher sur lui fait de chacun un héros.

L’inflation galopante du mal

Que des hommes, tentent, dans la vie professionnelle de profiter de leur pouvoir pour coucher, en particulier dans le milieu du cinéma, comme le dit mon ami Marc Cohen, cela existe sans doute depuis Plaute et Aristophane. Des patrons lourdingues et des chefs harceleurs, il y en a certainement dans tous les milieux – des hommes qui tentent leur chance aussi et heureusement. L’ennui, c’est qu’à la faveur de chaque scandale, on nous raconte la même légende : toutes les femmes sont harcelées, puisque le harcèlement est la norme. Depuis que l’affaire Weinstein a éclaté, on assiste, sur les bandeaux des chaînes info, à une inflation galopante du mal : au début, c’étaient 38 % des femmes qui avaient subi du harcèlement dans leur travail. Une semaine plus tard, on en est à 90 % (à peu près autant que la réussite au bac). Balance ton porc, cela signifie que chaque femme en a au moins un et que si tu ne le balances pas, tu es complice.

Des témoignages ne font pas une vérité

Seulement, pour que toutes les femmes soient harcelées, il faut étendre très largement la définition du harcèlement. « Fixer, c’est harceler »« Insister, c’est harceler », proclameune campagne dont les Transports publics bordelais sont très fiers. Dans le flot de témoignages recueillis sous le hashtag #Balancetonporc, on a vu apparaître des noms connus, celui-ci m’a fait une blague lourde, celui-là a essayé de m’embrasser et tel autre a louché sur mon décolleté. Certes, il y a aussi des histoires terribles de femmes obligées de supporter des gros porcs. Reste que des témoignages, aussi poignants soient-ils, ne constituent pas une vérité. Pour arriver à celle-ci, la Justice doit entendre l’autre partie. Et la plupart des journaux ne publieraient pas non plus ces récits sans solliciter le harceleur présumé (même si c’est exactement ce que France Inter a fait dans l’affaire Baupin, diffusant des témoignages à charge sans même faire réagir l’avocat du présumé coupable).

Être une femme, c’est pas si difficile

Autant l’avouer : je n’ai pas de porc à balancer. Il est arrivé que des hommes de pouvoir, qui étaient parfois mes supérieurs, me fassent des avances, et il est arrivé que je les refuse – sans autre conséquence que, une fois, des menaces qui n’ont pas été mises à exécution, leur auteur ayant compris le ridicule de la situation. Non seulement je n’ai pas été traumatisée mais je suis encore amie avec certains de ces « harceleurs ». Et je n’ai pas été traumatisée non plus par le grand Noir qui, dimanche matin, dans le métro, m’a lancé : vous êtes superbe ! Je lui dirais même volontiers qu’il a fait ma journée. Alors peut-être que j’ai de la chance. Mais, alors que le harcèlement est un délit pénal et qu’il est unanimement condamné par la société, on ne me fera pas croire que l’existence des femmes en France est un calvaire.

Le Maire harcelé

Avec Balance ton porc, le féminisme victimaire, habile à se saisir des agissements d’un seul pour dénoncer tous azimuts, a encore franchi une étape. Non seulement la délation est célébrée, mais ceux qui osent émettre un soupçon de réserve se voient sommés de faire leur autocritique. Invité sur France Info, Bruno Lemaire a déclaré qu’il ne connaissait pas de politique harceleur, mais que, s’il en connaissait un il ne le dénoncerait pas car, a-t-il répété, « la dénonciation n’a jamais fait et ne fera jamais partie de mon identité politique ». Eh bien, croyez-le si vous voulez, mais trois heures plus tard, le même publiait une autocritique écrite et filmée sur son compte Twitter : « Je me suis exprimé ce matin sur le problème du harcèlement sexuel subi par les femmes en France et je me suis mal exprimé. Je le regrette », déclare-t-il en introduction avec la mine d’un garçonnet pris en train de mater les magazines pornos de son père, avant de dérouler une longue explication dont il ressort qu’on ne trouvera pas soldat plus zélé que lui, désormais, dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Si j’étais un homme…

Que l’on puisse exiger d’un adulte qu’il renie publiquement des convictions exprimées le matin même et qu’il approuve un appel à la délation pour se conformer à l’hystérie collective du moment devrait tous nous terrifier. Le plus grave est bien que cette scène digne de Milan Kundera n’ait pas suscité de réaction. Alors peut-être que le stalinisme nous revient sous forme de farce, mais je ne suis pas certaine que celle-là nous fera rire longtemps. Pour tout dire, si j’étais un homme, je ne rirais pas du tout. Et comme j’ai d’excellents amis hommes j’ai peur pour eux.

En effet, si nous sommes toutes victimes, tous les hommes sont coupables ou susceptibles de l’être. Il convient donc de les placer sous surveillance. Reste à savoir comment on évitera que des femmes se vengent d’avoir été trompées, quittées, privées de la promotion ou du week-end à la mer qu’elles exigeaient en accusant leur amant ou leur voisin de bureau. J’ai interrogé deux de mes amis qui ont des vies amoureuses disons compliquées. Leur réponse, identique, donne une idée de l’époque dans laquelle nous vivons : « Je garde tous les SMS ». C’est beau, l’amour au temps du féminisme.

Voir de même:

Harcèlement sexuel : « Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant »
Dans une tribune au « Monde », la sociologue Irène Théry estime que le hashtag #balancetonporc est le signe que la honte a changé de camp.

Irène Théry (Sociologue, directrice d’études à l’EHESS)

Le Monde

21.10.2017

Tribune. « Balance ton porc : le grand délathon a commencé », a écrit la journaliste Elisabeth Lévy dans Causeur. Et elle est si sûre de son jugement historique qu’elle prédit que, un jour, on se souviendra de ce mois d’octobre 2017 comme de « l’époque où la délation est devenue un acte de courage, la surveillance un droit moral, et le déballage un devoir de correction ».

Et Alain Finkielkraut d’en rajouter à « L’Emission politique » : avec ce hashtag dont la vulgarité et la brutalité passent l’imagination, c’est, selon lui, la fin de la plus élémentaire présomption d’innocence, tous les hommes brutalement transformés en porcs, cependant que sonne le glas d’une époque révolue, celle de la mixité heureuse et du respect des manières, cœur de la civilisation des mœurs, fierté d’une certaine identité française.

Je n’en reviens pas. Je me demande si nous vivons dans le même monde.

Aurais-je cédé à l’air du temps, et passé du côté de la délation et du déballage, moi qui, comme tant d’autres, ai pris mon clavier et tracé ces mots sur ma page Facebook, #MoiAussi, en donnant les âges auxquels ça m’est arrivé : 8, 24 et 35 ans. Faudrait-il trier le bon grain de l’ivraie, et séparer celles qui comme moi, ont utilisé le hashtag #MeToo, n’ont dénoncé personne et n’ont pas même exposé les faits, et celles qui ont choisi, au contraire, d’utiliser à plein la force humoristique de #balancetonporc, raconté sans détour ce qui leur était arrivé, et parfois même (très rarement, il faut le souligner) nommé celui qui les avait agressées ?

Pour moi, la réponse est claire : entre la sobriété et la provocation, la retenue et le récit, c’est une simple question de style, peut-être d’âge ou de sensibilité – peu importe, au fond. Le fait important, c’est justement la rencontre évidente, amicale, solidaire de ces façons d’agir différentes. Ce que nous disons, ce que nous faisons en ce moment, est pour l’essentiel identique. Nous témoignons. Il n’y a pas moins de pudeur chez les unes que chez les autres, pas plus de vulgarité chez les autres que chez les unes.

J’ai choisi #MoiAussi, mais plus j’y pense, plus j’apprécie le chic de #balancetonporc : pour toutes celles qui, parmi nous, ont reçu la vulgarité extrême au plus intime de leur corps, et qui en ont intériorisé la honte, y compris à leur esprit défendant, la respiration est plus libre depuis que ce remarquable retour à l’envoyeur a été balancé comme un direct du droit. Par le simple fait de dire que nous avons subi, nous faisons advenir quelque chose de neuf. La honte, peu à peu, change de camp.

La parole, longtemps privée, change de statut
Nous sommes si nombreuses que c’en est impressionnant. Nous le savions déjà par nos discussions entre amies, mais quelque chose est absolument différent quand se dit au grand jour toute la gamme des choses subies, qui va des mots obscènes et des mains aux fesses aux agressions sexuelles, aux viols et aux menaces de mort. Ce qui change, depuis quelques jours, c’est justement que cette parole, longtemps privée, change de statut. Qu’elle devienne publique. Qu’elle soit posée là, dans l’espace commun, et qu’elle place chacune et chacun devant ses responsabilités. Prendre la mesure d’un héritage. Affronter la complexité du présent. Dessiner l’espoir du futur.

Prendre la mesure d’un héritage. Aucune nostalgie du passé n’est décente. Car il y a toujours eu un envers sombre à la galanterie aristocratique célébrée depuis tant d’années par M. Finkielkraut. Cet envers se nommait la division des femmes en deux, celles qu’on respecte et celles qu’on méprise. Celles qu’on épouse et celles qu’on baise. Celles qui sont l’honneur de la famille et celles qui sont perdues de réputation. Ce grand partage n’était pas un accident, mais un véritable principe organisateur de la société, dans un monde fondé sur la complémentarité hiérarchique des sexes et qui désignait les femmes comme les responsables et les coupables de la sexualité des hommes.

Séparation des femmes par classes. Quand le viol des « femmes de qualité » était férocement réprimé, le gibier à portée de main se nommait domestiques, lavandières, filles de ferme, employées, ouvrières, secrétaires. Séparation plus secrète des forts et des faibles dans le secret des familles, des institutions religieuses et des pensionnats, où l’on comprend que l’envers du décor, c’était le continent noir de la violence sexuelle sur certains des plus jeunes, des plus fragiles, petites filles mais aussi petits garçons.

Division enfin des femmes par état matrimonial, dignes épouses et mères de familles d’un côté, filles perdues et filles-mères, catins et prostituées de l’autre. Ce principe de division a été dénoncé, et avec quel courage, par celles qui savent mieux que quiconque que naguère encore, leur métier les plaçait du côté de celles qu’on n’épouse pas. Nous ne devrons jamais oublier ce que nous devons aux actrices.

Distinguer la séduction et l’agression
Affronter la complexité du présent. Le point central, qui échappe manifestement à ceux qui s’indignent, est que dans ces témoignages, la volonté de faire tomber des têtes est très peu présente. Il ne s’agit pas principalement de traîner en justice, pas même de désigner des individus à la vindicte. Et, même si tout a démarré par l’affaire Weinstein, il faut savoir écouter au-delà.

Réécouter, par exemple, le témoignage de Florence Darel à l’émission « Quotidien », exemplaire de dignité et de pudeur. Elle ne venait pas lyncher un homme déjà à terre, elle venait parce qu’une chaîne de solidarité se tisse anneau par anneau, et que seul le fait d’ajouter un témoignage personnel à un autre peut renverser le principe de l’omerta. Je redoute, bien sûr, que des injustices soient commises. Mais affronter ce risque ne peut pas être une raison de renoncer.

Lire aussi :   « Le sexe et les corps sont encore une conquête à faire »

Dessiner l’espoir du futur. J’ai entendu Laure Adler le dire magnifiquement un matin à la radio, mais aussi Anne Nivat à la télévision. Ce qui se passe aujourd’hui est une question de société, de culture, de civilisation. Pour celles qui parlent, c’est la fin d’une longue épreuve, dont on sent rétrospectivement à quel point elle était lourde. Mais en aucun cas ce qui domine n’est une plainte victimaire : c’est un geste de fierté, de foi en l’avenir et un pari sur l’intelligence collective.

Ce pari sur l’intelligence dit une chose simple : ce qui se passe aujourd’hui n’est en rien une mise en cause du charme, du plaisir ou de la séduction. Il faut en finir avec ces amalgames : tout le monde sait parfaitement distinguer la séduction et l’agression. Tout le monde. Que l’on tente de séduire, ou qu’on se laisse séduire, on sait quand l’autre consent, et on sait quand on consent soi-même. La séduction, c’est justement l’art de lever un à un les possibles malentendus.

Et c’est notre chance que cela ait été dit en premier par les actrices, ces incarnations de la séduction, dont nous admirons les silhouettes, dont nous aimons qu’elles montrent leurs jambes et leurs décolletés. Les comédiennes n’acceptent plus comme une fatalité de risquer les pelotages et les violences. Elles ne sont pas du gibier pour libidineux de petite ou de grande catégorie. Leurs témoignages sont comme ceux de milliers d’anonymes, et comme le mien aussi : l’appel à une nouvelle civilité sexuelle.

Voir également:

La psychologie des superstars prédateurs sexuels

Project Syndicate
LONDRES – Le scandale d’agression sexuelle de Harvey Weinstein n’est pas près de s’arrêter. C’est tout le contraire : la police au Royaume-Uni enquête en ce moment sur plusieurs allégations qui impliquent le producteur oscarisé. Bien que Weinstein ait « explicitement nié » les allégations de rapports sexuels non consensuels et qu’aucune arrestation n’ait eu lieu, plus de deux douzaines de femmes, notamment les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Rose McGowan, l’ont publiquement accusé de harcèlement. Les allégations s’étendent sur près de 30 ans.
Hollywood a du mal à expliquer comment l’une de ses personnalités les plus célèbres a pu s’en sortir en toute impunité en agissant de la sorte depuis si longtemps. Woody Allen a fourni un indice important. Bien qu’ayant collaboré avec Weinstein sur plusieurs films, il affirme que personne n’a jamais attiré son attention sur des allégations de mauvais traitements. « Et personne ne souhaitait le faire, parce qu’on ne s’intéresse pas à cela, a déclaré Allen à la BBC. « Ce qui vous intéresse, c’est de réaliser votre film. » D’autres personnes qui ont collaboré avec Weinstein au fil des ans ont fait des déclarations similaires.Est-ce l’équivalent à Hollywood du « mur du silence » en matière policière, ou bien y a-t-il quelque chose de plus clinique à l’œuvre ?Une réponse possible se trouve dans les résultats de récentes études en psychologie. Selon des scientifiques aux États-Unis et en Israël, il existe certains traits de personnalité, les « trois composantes obscures » du narcissisme, de la psychopathie et du machiavélisme, qui sont le plus souvent associées à un comportement sexuellement violent.Une découverte intéressante dans les résultats de cette recherche, publiée en 2016 dans le journal Personality and Individual Differences(La personnalité et les différences individuelles), c’est que les traits de personnalité associés à un penchant au harcèlement peuvent être des « adaptations psychologiques spécialisées » qui permettent aux individus d’exploiter des « niches » dans la société. En d’autres termes, certains prédateurs sexuels pourraient faire carrière dans certains secteurs d’activité spécifiques qui leur permettent d’exploiter les autres.Les chercheurs ont également constaté que la disposition qui motive la réussite d’une personne peut également comprendre certains traits de personnalité qui expliquent sa tendance à exploiter les autres. Les traits nécessaires pour remporter les Academy Awards, par exemple, peuvent être semblables aux traits d’une personne qui recherche un grand nombre de partenaires sexuels et des relations qui nécessitent peu d’engagement.

En ce sens, cette étude suggère que nous ne devrions pas être surpris de retrouver un parallèle semblable dans bien d’autres aspects de la société. Ce n’est pas seulement à Hollywood que les caractéristiques qui font d’une personne une star peuvent faire de la même personne un agresseur.

L’étude sur les « trois composantes obscures » a été publiée bien avant les allégations contre Weinstein, mais elle demeure la plus vaste enquête sur la personnalité des harceleurs sexuels. Les chercheurs (basés à Oakland University, à l’Université de Géorgie aux États-Unis et au Sapir Academic College en Israël), ont interrogé plus de 2 500 hommes et femmes en Israël. Les sujets susceptibles d’exploiter les autres ont fait preuve d’un certain nombre de caractéristiques, notamment d’insensibilité, d’un côté désagréable, de duplicité, d’égocentrisme, de manque d’honnêteté ou d’humilité et d’un intérêt excessif pour les talents et les objectifs d’une personne.

Ce dernier trait (également connu sous le nom de narcissisme), est un élément clé des trois composantes obscures. Les narcissiques ont tendance à être convaincus de leur propre magnificence et croient que les autres personnes devraient être flattées d’être dans leur entourage, même si cela implique des avances sexuelles.

Les machiavéliques, quant à eux, pensent que la meilleure façon d’interagir avec les autres est de leur dire ce qu’ils veulent entendre. Leur défaut de manipulation peut les conduire à un cycle de tromperie ininterrompue face à leurs collègues et amis, ce qui peut expliquer pourquoi une personnalité machiavélique peut se livrer à du harcèlement sexuel ou rechercher des rencontres sexuelles à court terme. Ils croient qu’ils sont tout simplement trop rusés pour se faire prendre.

Lorsque les agresseurs sont démasqués, ils cherchent souvent à rejeter leur responsabilité. Prétendre souffrir d’un trouble tel que « l’addiction sexuelle » ou suivre un programme de réadaptation dans une clinique de réadaptation pour un « traitement », comme Weinstein vient apparemment de le faire, correspond à une réponse machiavélique classique.

Si les allégations se confirment, Weinstein serait un exemple extrême d’agresseur aux « trois composantes obscures ». Mais cette combinaison de traits de caractère n’est pas si rare. En fait, de puissants prédateurs pourraient bien rôder en ce moment même autour de la machine à café. Selon une enquête de 1994 menée sur les employés du gouvernement fédéral des États-Unis, citée dans l’étude sur les « trois composantes obscures », 44 % des femmes et 19 % des hommes parmi les employés ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel au travail au cours deux années précédentes.

Comme nous le rappellent les auteurs de l’étude de 2016, le harcèlement sexuel ne consiste pas toujours à essayer d’obtenir des faveurs sexuelles. Mais ce sont plutôt des motivations psychologiques, notamment le besoin d’accroître le sentiment d’estime de soi, l’attrait, ou la masculinité, qui peuvent conduire à des conduites d’abus de pouvoir de la part des prédateurs, lors de rapports visant à dominer ou à rabaisser les autres.

Ce qui peut être particulièrement utile pour comprendre l’affaire Weinstein, quelle qu’en soit l’issue, c’est que Hollywood est bel et bien une bulle d’énergie narcissique. Les psychologues pourraient soutenir que cette caractéristique explique l’aveuglement dont certains ont fait preuve envers les soupçons de comportement pervers de l’un de leurs collègues.

Le harcèlement sexuel est la priorité immédiate dans l’affaire Weinstein, comme il se doit, étant donné la gravité des soupçons de crimes et la détresse infligée aux victimes. Mais pour les psychologues qui cherchent à comprendre l’apparente connexion entre le succès et les maltraitances, l’apparente chute Weinstein n’est que la partie émergée d’un iceberg d’analyse.

Voir encore:
Jacques Chirac, le crépuscule : l’homme à femmes
Paris Match

Dans « “Président, la nuit vient de tomber.” Le mystère Jacques Chirac » (éd. du Cherche-Midi), le journaliste Arnaud Ardoin a confessé Daniel Le Conte, son confident. Nouveaux extraits du livre-événement.

L’homme à femmes

On le baptise « cinq minutes douche comprise », parfois trois, parfois dix, l’expression est presque entrée dans le langage courant. « Lorsqu’il avait un rendez-vous avec une femme, c’était à la minute près. Nous le déposions, il nous donnait un horaire en sortant de la voiture et il revenait à l’horaire exact, il ne fallait surtout pas être en retard », raconte son ancien chauffeur. Des femmes qu’il chevauche, sans plus de préliminaires, parce que le temps presse, parce que la quantité a pris l’ascendant sur la qualité. « Je me souviens d’un voyage à La Réunion, au début de son septennat. Une femme l’aborde et lui demande une dédicace sur l’un de ses livres qu’elle tient à la main. Le président s’approche et lui dit, avec un culot incroyable : “Montez dans ma chambre si vous voulez ?” Et la femme de suivre Jacques Chirac, tout sourire », se souvient l’un de ses gardes du corps à la mairie de Paris.

« Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales »

Les anecdotes se succèdent, les témoignages plus ou moins vrais le voient courir, à l’heure du laitier, dans un couloir sombre d’un immeuble du quartier Montparnasse pour rejoindre une femme qui le guette derrière la porte. Un autre jour, on l’aperçoit rue de la Convention dans les bras d’une autre, à qui il rend visite chaque semaine. Il utilise aussi régulièrement une garçonnière dans l’immeuble du 241, boulevard Saint-Germain (dont le premier étage abrite le siège départemental du RPR) pour satisfaire ses plaisirs avec une collaboratrice du RPR ou une jeune ambitieuse qui cherche la chaleur fugace du pouvoir. Il y a les régulières, les coups de cœur, les « amuse-bouches » qui réussissent à franchir les cordons de sécurité pour approcher le président, d’autres qui partagent le même avion que le président et qui attendent, nues, dans son espace privé, brûlantes de désir.

Elles sont députées, ministres, conseillères, bourgeoises provinciales, des inconnues qu’on lui apporte sur un plateau, et puis il y a celles avec qui il aura une histoire parallèle, tout cela vécu simultanément, réclamant de grandes qualités d’organisation. […] La nuit où la princesse Diana trouve la mort dans un terrible accident de la circulation sous le pont de l’Alma, le président de la République est introuvable. Nous sommes le 31 août 1997. Toute la République est debout. En désespoir de cause, Jean-Pierre Chevènement, le ministre de l’Intérieur, tente un appel à Bernadette Chirac qui, désappointée, lui répond qu’elle ne sait pas où est son mari. Ce soir-là, on le dit dans les bras d’une autre femme. Jean-Claude Laumond, son inséparable chauffeur, est réveillé alors qu’il dort dans sa voiture au pied de l’immeuble où se trouve le président.

La revanche de Bernadette, la bienveillance de Claude

Depuis que sa force physique l’a quitté, la flamme de la rébellion s’est éteinte et les femmes ont repris le pouvoir, mais l’avaient-elles réellement perdu ? La seule différence, c’est qu’il ne peut plus « filer » comme avant. Impossible de se cacher, son espace de liberté s’est rétréci comme une peau de chagrin. C’est étouffant, lui qui aime tant les grands espaces et la liberté. Bernadette passe au bureau en coup de vent, se lamente beaucoup : « La vieillesse est un naufrage », reprenant une formule de Chateaubriand, immortalisée dans les Mémoires du général de Gaulle. Le président est assis dans son fauteuil, sage, silencieux, les yeux dans le vague. La télévision bourdonne doucement. Daniel est à ses côtés comme chaque matin. Il reprend consciencieusement ses rituels matinaux : revue de presse pour faire faire un peu de gymnastique au cerveau du président, pour l’obliger à se souvenir, ou en tout cas à conserver quelques bribes. Sans cet inlassable travail, le Grand aurait rompu les amarres depuis bien longtemps. C’est une certitude.

« A 81 ans, Bernadette vit sa vie »

Pendant que son mari reste toute la journée assis sur son fauteuil, Bernadette en profite pour courir les défilés de mode, partager des soirées chics avec son ami Karl Lagerfeld, participer jusqu’à pas d’heure à des soirées paillettes, comme si elle voulait, à grandes enjambées, vivre tout ce qu’elle n’avait pas pu faire lorsqu’elle était jeune mariée, prisonnière de sa vie de mère de famille, accrochée à son Jacques qui courait les filles. La voilà enfin libre.

A 81 ans, Bernadette vit sa vie. A quelques mètres du bureau de son père, une autre femme veille : Claude, sa fille, et bien plus encore, une vestale infatigable qui le protège, de lui-même, des journalistes qu’elle fuit comme la peste. Elle est son pilier, à la pierre rugueuse, exigeante, lunatique. Ces derniers temps, elle doit gérer mille petites choses qui au bout du compte ressemblent à un lourd fardeau : les études chaotiques de Martin, le petit- ls adoré, qui vient de trouver un emploi chez Christie’s, ses relations avec sa mère, en dents de scie, et mille autres petits tracas, pas toujours gratifiants, qui se percutent, s’entrechoquent, sans véritablement réussir à s’emboîter les uns dans les autres… Fatiguée, surmenée, parfois dépassée par les événements, elle fait front, comme un soldat consciencieux et mutique qu’elle a toujours été, c’est dans sa nature.

L’Elysée réfléchit à une commémoration de Mai 68

Jean-Dominique Merchet
L’Opinion
18 Octobre 2017

La présidence de la République ne veut pas se laisser enfermer dans une lecture « maussade » de l’héritage de 1968

L’Élysée commence à réfléchir à une commémoration de Mai 68, dont on célébrera le cinquantenaire l’an prochain, avec l’idée de sortir du « discours maussade » sur ces événements qui ont contribué à la modernisation de la société française, dans un sens plus libéral. Des personnalités comme Daniel Cohn-Bendit, proche du chef de l’État, seront vraisemblablement associées à la réflexion puis aux manifestations.

Pour Emmanuel Macron, Mai 68 appartient à un passé qu’il n’a pas connu, puisqu’il est né neuf ans plus tard. L’Élysée souhaite donner une dimension internationale à « 68 », car ce fut l’année du Printemps de Prague et de sa répression, des grandes manifestations aux États-Unis, du massacre à l’Université de Mexico, des mouvements étudiants dans toute l’Europe…

L’année 2018 marquera également le 60e anniversaire de la Constitution de 1958 et le Président entend le marquer d’un grand événement (et d’un discours), ainsi que le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée par les Nations Unies en 1948. L’année prochaine marquera enfin la fin du cycle des commémorations du centenaire de la Première guerre mondiale, avec une importance particulière pour le 11 novembre, qui se prêtera sans doute à la célébration de l’entente franco-allemande et de la construction européenne. Dès le mois prochain, l’accent sera mis sur Georges Clemenceau, cent ans après l’arrivée du Tigre à la présidence du conseil, le 16 novembre 1917.

Restera pour Emmanuel Macron à réfléchir au grand discours mémoriel sur l’Algérie – colonisation et guerre – que François Hollande n’a jamais prononcé. Mais c’est là un terrain bien plus miné que Mai 68.

Voir par ailleurs:

“Psychose” : autopsie d’un chef-d’œuvre sur Arte

Soixante-dix-huit plans et sept jours de tournage, un admirable travail collectif, un film dans le film, selon Hitchcock. La fameuse scène de la douche est magistralement décryptée dans “78/52 Les derniers secrets de Psychose”, d’Alexandre O. Philippe. A voir dimanche 22 octobre 22h35, sur Arte.

« Il fallait que ce soit fait sur un mode impressionniste. Nous avons donc procédé par petites touches : la tête, les pieds, une main, des parties du buste… » Ainsi s’exprimait Alfred Hitchcock, en 1964, sur la chaîne CBS, à propos de la scène culte de Psychose (1) (1960) : le meurtre, sous la douche, de Marion Crane (Janet Leigh) par Norman Bates (Anthony Perkins). A la lecture du scénario de Joseph Stefano, inspiré du livre de Robert Bloch, la séquence avait tapé dans l’œil du cinéaste. Incroyablement fragmentée, elle comporte soixante-dix-huit plans et cinquante-deux coupes. D’où le titre du documentaire – remarqua­ble – que lui consacre Alexandre O. Philippe, diffusé sur Arte cette semaine.

Tournée en décembre 1959, pendant sept jours – durée considérable pour quelques minutes de film –, cette scène est l’aboutissement d’un admirable travail collectif. Hitchcock, qui l’envisage comme un film dans le film, fait appel au graphiste Saul Bass pour élaborer un story-board. Le montage de George Tomasini prend quelques libertés avec le déroulé initial et transgresse les règles classiques de la grammaire cinématographique. Il enchaîne vues subjectives, raccords à 360 degrés autour de l’héroïne, coupes agressives (« jump cuts »), voire plans flous, pour provoquer la désorientation du spectateur. Et multiplie les rimes visuelles ­vertigineuses : le fond des WC (image ­taboue à l’époque), l’évacuation de la douche, l’œil de Janet Leigh.

Ce qui devait être une douche purificatrice prend la tournure d’une terrifiante punition

Au début du film, Marion Crane dérobe 40 000 dollars, s’enfuit de Phoenix en voiture et s’arrête pour la nuit au Bates Motel. Lorsque la scène commence, elle a décidé de faire machine arrière et de rendre l’argent : elle se lave avec un sourire satisfait (photo 1). Ce qui devait être une douche purificatrice prend alors la tournure d’une terrifiante punition. « Hitchcock considérait le monde comme une machine morale très imparfaite. Il avait ce sens presque biblique de la fatalité et du châtiment qui s’abat sur ceux qui s’adonnent au péché avec désinvolture », explique le cinéaste Guillermo del Toro, interrogé par Alexandre O. Philippe.

Le meurtrier (photo 2) est joué par une doublure d’Anthony Perkins, dont le visage est rendu invisible par un épais maquillage noir. Au moment du tournage, Perkins était à New York pour les répétitions d’un spectacle à Broadway. En septembre dernier, lors de la présentation de 78/52 au Festival européen du film fantastique de Strasbourg, le documentariste précisait : « Hitchcock trouvait la silhouette d’Anthony Perkins trop identifiable, il voulait que ce soit “quelqu’un d’autre” qui soit l’assassin. »

Dans la salle de bains, la vulnérabilité de Janet Leigh est totale (photo 3). Toute la séquence repose sur l’illusion cinématographique et le hors-champ. Le spectateur croit voir un meurtre – le public new-yorkais fut horrifié lors de la première, en juin 1960 –, mais, en réalité, le couteau ne touche jamais la chair. A l’exception d’un plan (photo 4). Pour tourner celui-ci, Hitchcock pose la pointe du couteau sur le ventre de Marli Renfro, la doublure de Janet Leigh – la vision d’un nombril féminin était osée pour l’époque. Il retire ensuite la lame, puis monte la séquence à l’envers, pour donner l’impression d’une pénétration.


Présidence Macron: Cherchez la femme ! (Face à la révolution des dupes, qui saura réunir la droite populaire libérale et sociale ?)

20 mai, 2017
Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques
Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville. Marie-Christine (retraitée, 78 ans)
Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante. Élisa (étudiante, 19 ans)
Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable. Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité. Mère de famille
Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner. Militante
Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris. Anne Souyris (groupe écologiste de Paris)
«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. Le Figaro
Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris. ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…” ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine. Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles. Cela doit cesser. Pétition de femmes du quartier parisien de la Chapelle
Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer le portrait dans une sorte d’entonnoir. On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ? C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Daniel Schneidermann
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
La diffusion sur France Télévisions – qui est une télévision publique financée en très grande partie par l’argent public -, des messes et différents programmes religieux (…) est une infraction à la laïcité (…). C’est de la théologie et c’est finalement la promotion du fait religieux et de l’oppression des femmes. Marlène Schiappa (future secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes)
Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut « partager » des désaccords. Emmanuel Macron
Je suis favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires. Emmanuel Macron
Nous ouvrirons la PMA à toutes les femmes et combattrons l’homophobie du quotidien grâce à des tests aléatoires au travail. Benjamin Griveaux (porte-parole d’En Marche !)
Il [François Fillon] a fait tout ce qu’il a pu. Mais il reconnaît quelques erreurs, notamment de ne pas avoir envoyé assez de signaux vis-à-vis des classes populaires dans son programme. Elu parisien
Le soutien de l’Allemagne ne peut pas se substituer à la politique en France. La France doit prendre ses propres décisions et prendra ses propres décisions. Angela Merkel
Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit. Jean-Claude Juncker
Les critères d’attribution des logements sociaux doivent être revus parce que dans certains quartiers périphériques, on risque de créer des ghettos avec un tiers d’Italiens et un tiers d’étrangers hors Union européenne. (…) Le modèle français des banlieues est un échec. (…) Les familles rom qui n’envoient pas leurs enfants à l’école doivent être punies. Et parmi les punitions, on retire aussi le logement. Ce n’est pas une question de racisme, c’est une question de civilisation. Dario Nardella (maire de Florence)
Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets. Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n’ont pas eu le cœur à faire la liesse. La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer. Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue. La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l’immigration forcée de masse, et l’islam radical comme la dette n’accorderont aucun délai de grâce. Le multiculturalisme n’a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l’opposition d’une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n’a pas perdu. Quand l’heure sera venue de lui dire vraiment non, c’est peut-être parce qu’il sera trop tard. Gilles-William Goldnadel
Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger. Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires. Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus. Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori. (…) Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN. (…) Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. (…) L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice. Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. (…) Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement. Céline Pina
Le nouveau président, après avoir mis KO debout le Parti socialiste, est en train de faire éclater la droite. Nul n’ignore que la nomination d’Edouard Philippe, que l’on présente en un saisissant oxymore comme un «héritier spirituel d’Alain Juppé», vient habilement redonner au camp du centre-droit désavoué par les électeurs des primaires, de nouvelles perspectives. Sans surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Jean-Louis Borloo ont affiché depuis quelques jours leur volonté de saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, et Bruno Lemaire a franchi le Rubicon en héritant d’un portefeuille-clef avec Bercy, mais qui mouille habilement la droite dans la responsabilité de la lutte contre le chômage. En réalité, ce centre-droit est cohérent: rien, absolument rien, ne le distingue du centre-gauche que Macron a miraculeusement sorti du bourbier dans lequel le désastreux quinquennat de François Hollande l’avait enlisé. Un même libéralisme économique doctrinaire et rigide, soumis aux injonctions de Bruxelles, un même refus de remettre en question le dévoiement d’une construction européenne qui est allée dans le mur, une même volonté de progressisme sociétal, un même manque d’imagination et de volonté pour réduire la fracture sociale. Cette situation serait pain bénit pour le Front national, si le débat du 3 mai n’avait fait éclater la grande supercherie en faisant la démonstration de l’incompétence et de la vulgarité de Marine Le Pen. Si l’on ajoute le retrait de Marion Maréchal Le Pen – dont on peut souhaiter qu’il lui permettra de prendre du champ face à une histoire politique et familiale dont elle semble prisonnière – on assiste peut-être au début du déclin de ce parti qui depuis plus de trente ans a d’abord servi à distiller de l’amertume, à déconsidérer l’amour de la patrie et à stériliser toute tentative de refuser la logique impérialiste de la grande marchandisation. Le FN aura beau revendiquer la justesse de son analyse sur «l’UMPS», il n’est pas certain qu’il soit en état de profiter de cette situation aux prochaines législatives. Paradoxalement, le gouvernement nommé par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pourrait au contraire permettre à la droite de procéder à une saine clarification. Le scénario optimiste pour celle-ci serait que le traditionnel attelage entre ce qu’on appelait le RPR et l’UDF montre son caractère bancal et oblige à une recomposition en profondeur. A côté de ce centre-droit logiquement rallié (si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain) à la majorité présidentielle, une droite au discours résolument patriote, décidée à refonder l’Europe sur le respect des nations, faisant de la réduction de la fracture sociale une priorité, conservatrice sur les valeurs qui fondent notre société (amour de la France, défense de la famille, refondation de l’école) a un boulevard théorique devant elle: entre, d’un côté, le sentiment des électeurs de droite d’avoir été volés de «leur élection» avec l’explosion en plein vol de la fusée Fillon, d’avoir été trahis par ses élites, et, de l’autre, la décrédibilisation du Front National, la marge de manœuvre est réelle. C’est ce qu’a bien compris par exemple Laurent Wauquiez. Mais c’est là où le bât blesse. A part ce dernier, dont la sincérité politique manque de crédibilité, aucune grande voix à droite ne vient porter un projet de rupture. Celle de François Fillon est devenue inaudible, et, comme je l’avais écrit ici au sortir des primaires, avant les affaires, son discours était trop imprécis par rapport à sa conception de l’Europe, et trop peu volontariste sur la question sociale, pour avoir pu parfaitement incarner cette aspiration à un changement en profondeur. Toujours est-il que celui que les électeurs des primaires avaient plébiscité est aujourd’hui discrédité. Il faut bien le reconnaître: depuis la disparition de Philippe Séguin, plus personne n’incarne cette droite gaulliste, patriote et sociale. Pour se recomposer, la droite doit avoir de vrais leaders. Elle en manque cruellement. Le scénario catastrophe pour elle serait d’être aspirée dans le sillage de la nouvelle donne imposée par Macron. Soit elle échouera avec lui, et elle sera d’autant plus affaiblie qu’elle hérite de la responsabilité de l’économie dans le gouvernement Philippe ; et alors, la route sera réellement ouverte aux extrêmes de droite et de gauche. Soit le président réussira et il se pourrait qu’il en recueille toute la gloire. Dans les deux cas, ce pourrait être une recomposition manquée et une décomposition plus ou moins complète. (…) Réussir pour la France signifierait rien moins que de restaurer le sens du politique, le souci du bien commun, l’amour du pays, la protection des plus fragiles ; reprendre sur de nouvelles bases la construction européenne, au service des nations ; avoir le courage de réformer l’Etat en reconstruisant et en préservant les plus pauvres. François Huguenin
Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social. L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie. (…) La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires. Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.(…) Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite. C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie. Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation. (…) je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français. (…) Je pense que les courants de droite et de gauche continuent d’exister et de structurer la vie politique, car il y a des héritages philosophiques, culturels, des références et des logiciels qui continuent d’irriguer la vie politique française. C’est un clivage qui continue d’exister mais qui est inexact dans la structuration actuelle des partis. Pour caricaturer un peu, je reprendrais la phrase de l’historien Ghislain de Diesbach : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite. » Pour être plus exacte, je dirais que les deux grands partis, Les Républicains et le PS, se retrouvent aujourd’hui dans un grand bloc centre droit, centre gauche en accord sur tous les sujets fondamentaux. (…) Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, cette union patriotique que j’appelle de mes vœux n’a pas de sens en prenant en compte les partis actuels : je ne vois pas comment le FN pourrait faire une alliance nationale avec Les Républicains au regard de la façon dont ils gouvernent et du logiciel qui est le leur. (…) Ce qui reste possible, c’est l’union des hommes. Il existe aujourd’hui une zone blanche, entre certains courants chez Les Républicains, que je qualifierais de droite nationale conservatrice, Nicolas Dupont-Aignan, ceux qui sortent du champ politique, comme Philippe de Villiers, certains élus et cadres de la droite, et le FN. Dans cette zone blanche, il y a une recomposition à opérer, qui s’apparenterait à l’union de certaines droites. Mais sans doute pas avec cette droite des Républicains, qui est une droite reniée. (…) La présence du FN contraint la droite à mener une certaine politique et à se remettre en question. La réalité, c’est que la droite a été sous la coupe psychologique de la gauche pendant des années et que le poids du FN la force aujourd’hui à se repositionner. [la tentative de structurer une droite “hors les murs”, à mi-chemin entre Les Républicains et le FN]  ne pouvait marcher que dans l’optique d’être une passerelle entre la droite et le FN, or Les Républicains ne sont pas suffisamment en difficulté électorale pour accepter de bouger. La droite a une clientèle électorale, notamment chez les personnes âgées, qui lui reste très fidèle, lui permettant de survivre, en l’empêchant d’envisager cette recomposition. Les choses seront peut-être différentes dans dix ans. La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues… (…) Je crois que nous sommes confrontés aujourd’hui à une élite d’émigrés spirituels, au sens où, spirituellement, ceux qui nous dirigent ne sont plus nos compatriotes. Leur vie est à l’échelle mondiale, ils passent leur temps dans les business class entre New York, Doha et Singapour, la France est étriquée à leurs yeux, ils ne raisonnent plus à l’échelle nationale. Leur cynisme est d’autant plus fort que ces gens se sont évertués à briser les frontières des Français pour fabriquer de nouvelles frontières à leur profit grâce à l’argent. Ils ont, eux, des frontières géographiques, vivent dans les meilleurs quartiers en se préservant des problèmes liés à l’immigration et aux tensions culturelles qu’ils imposent aux Français. Ils ont, eux, des frontières sociales, se cooptent aux meilleurs postes, alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu de fils d’ouvriers dans les grandes écoles. Ils ont, eux, des frontières scolaires, mettent leurs enfants dans les écoles privées quand les enfants des Français doivent subir les lamentables programmes et méthodes qu’ils ont mis en place. Et je trouve cela profondément injuste. En face, les patriotes sont tout simplement les partisans de l’enracinement, ce qui n’empêche pas d’être lucide sur les défis de la mondialisation. (…) Macron en est une belle incarnation. J’aime la formule de Finkielkraut : pour Macron, « la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace ». À ses yeux, la France est une start-up multiculturelle, un business, qui doit être le plus rentable possible. S’il faut faire rentrer un million d’immigrés dans le pays parce que c’est rentable, quelles que soient les conséquences sociales, il le fera. Pour lui, la France est un territoire, pas une patrie ; c’est une population, pas un peuple ; ce sont des individus, pas des personnes. (…) Macron accomplit Mai 68. Avec lui, c’est l’idéologie du progrès, le culte du renouveau, qui implique nécessairement de faire table rase du passé. C’est l’idée soixante-huitarde selon laquelle l’homme ne peut s’émanciper que s’il se délie de tout héritage, de toute autorité, de tout cadre culturel. Je pense que c’est une erreur fondamentale. (…) Macron considère que la société apaisée, qui fonctionne, est celle dans laquelle les liens sociaux sont uniquement régis par les liens économiques, les liens égoïstes, le contrat. L’État est réduit au minimum, c’est le libéralisme intégral, une idéologie née à gauche, où l’individu prime sur toute autre considération. Macron ne voulait d’ailleurs pas avoir de programme, mais proposait un « contrat avec la nation ». Cela a des conséquences politiques très claires : quand vous avez une distension brutale du lien social, avec le terrorisme par exemple, que répond M. Macron ? Qu’il faut deux points de PIB en plus, qu’il faut réduire le chômage et investir dans les banlieues françaises. Il apporte une réponse strictement économique, alors qu’en fait, cette distension du lien social ne relève pas principalement de l’économie, mais du domaine moral et culturel. Ces gens-là n’arriveront pas à répondre à ces défis, ils sont à côté de la plaque, ils sont dans la négation anthropologique. Ce qui fait un peuple, ce n’est pas le contrat, c’est la pure gratuité. C’est, selon la formule de Renan, « d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ». C’est ce sentiment commun qui permet naturellement le civisme, la politesse et la solidarité sans y avoir nécessairement un intérêt égoïste. Marion Maréchal-Le Pen
Contrairement aux «quinze membres maximum» qu’il avait annoncés, le président a nommé un gouvernement composé de dix-huit ministres. Il a également renoncé au «ministère plein et entier des Droits des femmes». (…) «Il y aura un ministère plein et entier des Droits des Femmes», avait également assuré Emmanuel Macron en avril sur Twitter, promettant de faire de cette question une «cause nationale du quinquennat». Il s’est pourtant «contenté» d’un secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, confié à Marlène Schiappa. Le Figaro
Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016. (…) Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire. (…) Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays. (…) Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.  (…) La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…  (…) À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République ! Jérome Fourquet
Il existe une différence importante entre le fait d’incarner arithmétiquement la première force d’opposition, ce qui est à ce stade le cas du FN, et incarner, aux yeux des électeurs, l’alternance la plus souhaitée. Sans une stratégie d’union des droites, dont la mise en œuvre ne dépend d’ailleurs pas que de lui, le FN est encore loin du pouvoir. Parce que le mode de scrutin législatif limite le nombre des sièges qu’il peut gagner à un seuil inférieur à son poids réel. Mais aussi parce que, face à une recomposition politique visant a dépasser le clivage droite-gauche, celui qui sera à la tête de l’opposition doit se situer résolument à droite, pas «ailleurs». La constitution d’un groupe parlementaire serait déjà une réussite. Ensuite, si c’est pour que ledit groupe se retrouve, comme en 1986-88, totalement isolé dans le travail parlementaire, cela limite forcément le résultat à une visibilité accrue et a la rétribution symbolique de ceux qui sont élus. À moins que certains élus Républicains acceptent de travailler avec les élus frontistes . C’est possible sur les enjeux identitaires, presque impossible sur la sortie de l’UE. [la «ligne Philippot» a gagné] À court terme, sans doute, puisque c’est celle des deux campagnes. Mais avec un coût, qui est de crédibilité (un débat télévise absolument manqué) et de contestation interne, avec la mise en retrait de Marion Maréchal-Le Pen. Car il ne fait aucun doute qu’elle n’est pas encore sortie du jeu. Elle a une ligne politique, une popularité et le temps devant elle. Nous pourrons mesurer en juin les effets électoraux de son départ dans la région qu’elle avait choisie, et plus tard si elle et ses proches ont l’intention de se préparer pour 2022 en créant une structure propre. Si c’est son choix au moins, elle n’aura pas dégainé la première, puisque Florian Philippot a lancé la sienne. Les changements de nom sont monnaie courante en politique! Ce qui compte, c’est la ligne idéologique, qui peut être soit nationale-républicaine avec l’entourage présent de Marine Le Pen, soit libérale-identitaire avec Marion Maréchal-Le Pen. Sur la base de ce qu’on voit ailleurs en Europe, en Autriche en particulier, c’est le second positionnement qui marche le mieux. Or le FPO n’a pas changé de nom. Son passé et celui de ses dirigeants sont assumés. Et les électeurs suivent. Laurent Wauquiez n’a pas lancé de signaux en direction de Marion Maréchal-Le Pen et (…) n’est pas celui qui tire la campagne des Républicains! La grande implosion de ceux-ci est l’espoir du FN. Il ne se réalise pas pour l’instant car les électeurs de droite croient dans leur majorité, que leur parti est réformable de l’intérieur. C’est bien pour cela que Fillon a gagné la primaire. Jean-Yves Camus
Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre. (…) Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste. Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui. Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes. (…)  Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences. (…) L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles. L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol. Barbara Lefebvre
La France qui gagne a gagné. (…) Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président. (…) Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français. (…) pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale. (…) à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. (…) Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme. (…) Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens. (…) Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine. (…) En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs. (…) [Marine Le Pen] aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai. Elisabeth Lévy
C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission. Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République. Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique ».  Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ? (…) La duperie (…) a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien ». (…) Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ? Ivan Rioufol

Cherchez la femme !

A l’heure où après la farce démocratique et la comédie antifasciste que l’on sait …

Comme le déluge hagiographique qui a suivi …

Nos nouveaux dirigeants redécouvrent, entre sondages trumpiens et rappels à l’ordre européens,  la dure réalité qu’ils croyaient avoir quittée …

Et où, entre plan secret du refus éventuel du résultat des urnes, dénonciation des messes à la télévision ou imposition de la PMA pour tous, le nouveau pouvoir commence à montrer ses vraies couleurs

Pendant qu’à l’instar de la si discrète parité de la photo du nouveau gouvernement, les femmes se voient littéralement exclues de certains quartiers

Comment ne pas voir avec l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol

Contre la « révolution » des dupes et la capitulation préventive en cours face  au totalitarisme islamique …

Et le fourvoiement gauchisant que l’on sait de la droite nationale-républicaine …

Pour commencer à réunir enfin …

Une droite populaire à la fois et authentiquement libérale et sociale …

L’option qui devrait logiquement s’imposer …

Bientôt débarrassée peut-être de son désormais encombrant héritage …

De la future ex-plus jeune députée de la Ve République ?

La Chapelle & Pajol : Les femmes, espèce en voie de disparition au coeur de Paris

Les femmes, une espèce en voie de disparition au coeur de Paris

ll y a les insultes, dans toutes les langues : “Salope, sale pute, je vais te baiser…”
ll y a les vols à la tire, les pickpockets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entêtante d’urine.

Il y a les trafics qui s’enracinent: êtres humains, drogues, cigarettes, vente à la sauvette, ou encore faux documents. Les employés de ces trafics nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants.

Désormais la place de la Chapelle, la rue Pajol, la rue Philippe de Girard, la rue Marx Dormoy, la station de métro et le boulevard de la Chapelle sont abandonnés aux seuls hommes: plus une femme, dans les cafés comme la Royale ou le Cyclone. Pas un enfant dans le square Louise de Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles.

Cela doit cesser!

Nous demandons aux autorités, Mairie de Paris, Préfecture de Police, Procureur de la République, de faire enfin respecter lois et règlements, notamment dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières, de renforcer le nombre et les moyens des policiers affectés à ce secteur
Les femmes de la Chapelle et leurs ami(e)s, compagnons, maris, pères, enfants et voisins des 10ème et 18ème arrondissements

Pétition soutenue par les Associations Demain La Chapelle et SOS La Chapelle

A l’attention de :

Monsieur Emmanuel Macron – Président de la République Française

Monsieur Edouard Philippe – Premier Ministre

Monsieur Gérard Collomb – Ministre de L’Intérieur

Monsieur François Bayrou – Garde des Sceaux Ministre de la Justice

Madame Marlène Schiappa –Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les Femmes et les Hommes

Monsieur François Molins – Procureur de la République

Monsieur Michel Delpuech – préfet de police de Paris

Madame Anne Hidalgo – Maire de Paris

Monsieur Eric Lejoinde – Maire du 18ème arrondissement de Paris

Monsieur Rémi Féraud- Maire du 10ème arrondissement de Paris

Voir aussi:

Femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol : le cri d’alarme de Céline Pina

  • Céline Pina
  • Le Figaro
  • 19/05/2017

FIGAROVOX/ANALYSE – Alors que les lycées organisent une « journée de la jupe » pour dénoncer le sexisme, Céline Pina rappelle que dans certains quartiers de Paris, sortir de chez elle pour une femme est une provocation, et dénonce l’indifférence des élus.


Céline Pina est ancienne conseillère régionale d’Ile-de-France. Elle s’intéresse particulièrement aux questions touchant à la laïcité, à l’égalité, au droit des femmes, à la santé et aux finances sociales. Elle est l’auteur de Silence Coupable (éditions Kero).


Tandis que des syndicats lycéens essaient d’attirer l’attention sur le sexisme qui sévit maintenant dans les rapports entre filles et garçons dès le plus jeune âge en organisant ce vendredi 19 mai, une journée de la jupe, l’actualité nous a démontré hier à quel point l’initiative était nécessaire, tant les droits des femmes reculent pendant que les politiques continuent à détourner le regard. À tel point qu’aujourd’hui, dans certains endroits, sortir dans la rue quand on est une femme devient une prise de risque, une provocation et une mise en danger.

Et hélas, on ne parle pas ici de Raqqah, Ryad ou Kaboul, mais de Paris. Intra-muros. Dans un reportage publié dans Le Parisien du 18 mai, «Paris: les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol», Cécile Beaulieu décrit le quotidien des habitantes du quartier, lesquelles ne peuvent plus se déplacer seules, ni porter jupes ou vêtements moulants sans se faire injurier voire agresser. La rue, les trottoirs, les cafés, les bars, les squares leur sont interdits, à tel point que quitter son appartement devient une transgression. Ce territoire est celui des hommes et ils font régner leur loi. Une situation qui tend à s’étendre dans les quartiers les plus populaires.

Mais pour choquant que soit pour nous ce contrôle social d’un autre âge, cette véritable oppression qui s’abat sur toutes les femmes dans un pays où l’égalité est inscrite au fronton des bâtiments publics, ce qui est encore plus déstabilisant ce sont les réactions, ou plutôt l’absence de réaction des élus.

Être une femme suffit à être en danger dans certains endroits et auprès de certaines populations, car il y a un point commun entre cette situation et celle qui a tant choqué en Allemagne le 31 décembre à Cologne. Des agressions sexuelles massives y avaient été commises et l’enquête avait révélé que celles-ci étaient le fait de réfugiés et de migrants économiques, venant du Maroc et d’Algérie et arrivés au cours de la même année. Que croyez-vous que l’on fit alors? Et bien au lieu de s’interroger sur ce qui pouvait pousser ces hommes à croire qu’ils avaient le droit de se comporter ainsi dans un pays qui les accueille, au lieu d’interroger les références culturelles qui permettent de considérer comme acceptable cette violence faite aux femmes, au lieu d’interroger les obligations qui devraient être liées à l’accueil, on fit le procès en racisme de tous ceux qui dénonçaient le soubassement culturel et cultuel, qui fait de la femme un être inférieur, propriété d’un homme ou de tous si elle a le culot de revendiquer sa liberté, phénomène que la misère sexuelle, que la montée du fondamentalisme religieux renforce et accentue dans les pays du proche et Moyen-Orient. Pour avoir évoqué cet aspect du problème, Kamel Daoud fut cloué au pilori.

À Cologne, la Maire conseilla aux femmes de se faire discrètes et de se tenir à l’écart des hommes. Comme si elles étaient en partie responsable des violences qu’elles subissaient. Et aujourd’hui, savez-vous ce que l’on répond, en France, à ces femmes qui, habitant la capitale de notre pays, ne jouissent déjà plus des droits que la loi est censée accorder à tous les citoyens? D’abord que porter plainte ne sert à rien. Donc, en France, on peut vous ôter la liberté de vous déplacer parce que vous êtes une femme dans la plus totale indifférence. Nul ne peut rien y faire, parce que les autorités publiques s’en moquent et que cette question est anecdotique pour le pouvoir. Voilà ce que signifie le «porter plainte ne sert à rien». On parle bien d’opérations de police à répétition dans l’article, plus de 110 depuis janvier mais elles n’ont aucun effet. Pourtant, si celles-ci se traduisaient plus souvent par des expulsions ou de véritables sanctions, nul doute qu’elles changeraient la donne. Mais si les interpellés en sont quittes pour revenir quelques heures ou jours après, cela devient un jeu qui signe plus l’impuissance des autorités que leur utilité et finit par valider ce qu’il est censé empêcher.

Il y a bien une élue citée dans le reportage, l’adjointe à l’égalité hommes-femmes de la mairie de XVIIIeme. Elle conseille d’organiser une marche exploratoire pour faire le repérage des lieux où les femmes sont indésirables et maltraitées. Il parait même que «leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention». Je suis sûre que cette personne est consciente du caractère dérisoire de cette injonction qui invite ces femmes à se mettre en danger pour effectuer un tel relevé topographique et qu’elle a conscience que rien ne saurait moins incarner la loi et le devoir de protection qu’ont les élus envers leur population, qu’une telle attitude, mais elle n’a probablement rien d’autre à proposer. Le fait que les agresseurs de femmes appartiennent à une population pauvre et marginale, élevée au rang de victime absolue, fait que leur transformation en bourreau paralyse à la fois le discours politique et l’action publique. Ce sont alors les citoyens qui jouent le rôle de variable d’ajustement en voyant leurs droits abandonnés et leurs libertés non défendues. Cela plus qu’une dérive fasciste de la société explique l’explosion du vote FN.

Pendant ce temps, vendeurs à la sauvette, dealers, migrants et passeurs tiennent les rues et politiquement correct oblige, on oublie de dire que cette mentalité d’un autre âge, cet obscurantisme dont on constate chaque jour qu’il gagne du terrain, est lié à la volonté de ces hommes d’imposer leur mentalité patriarcale, leur vision étriquée des relations humaines et une conception des rapports sociaux et intimes inégalitaires et contraignants au pays qui les a accueilli. On évite de dire que ces tensions se réveillent aussi parce que ces populations sont la cible des fondamentalistes et des tenants de l’Islam politique qui chauffent à blanc les replis identitaires et font de la remise en cause des fondations mêmes des sociétés occidentales par la revendication identitaire et religieuse, le seul axe d’affirmation politique et sociale des communautés qu’ils influencent de plus en plus. Et s’ils se sentent autorisés à le faire, c’est aussi parce que nul ne se soucie, chez ceux qui nous représentent, ni d’expliquer les règles aux nouveaux arrivants, encore moins de les faire respecter. Ceux-ci alors essaient de recréer un environnement qui leur est familier et, marginalisés et sans grandes perspectives, ils se donnent un sentiment de virilité et de prise sur le monde en exerçant leur pouvoir sur les femmes. Ils sont encouragés dans ces attitudes par les prédicateurs bas de plafond dont ils sont la cible et qui ont table ouverte dans notre pays. Alors il ne s’agit pas ici de dire que tous les migrants sont ainsi, ce serait aussi injuste qu’insultant, mais de s’interroger sur notre réticence à défendre ce que nous sommes face à des comportements qui ne sont ni respectables ni tolérables et nous renvoient à un obscurantisme et à une violence intrinsèquement méprisable et face à laquelle nos autorités ne devraient pas être tétanisées.

L’air est connu: souvenez-vous du reportage d’Antenne 2 tourné à Sevran et à Villeurbanne où un homme chassait des femmes d’un café en leur expliquant: «Ici c’est pas Paris, c’est comme au bled».

Ce qui signifie, non seulement cette zone nous appartient et tu dois savoir rester à ta place, donc chez toi. Mais aussi que sur certains territoires, la France n’existe plus et ses lois ne s’appliquent pas. Ainsi, l’espace public n’est plus partagé, commun. Sur certains territoires, il est réservé à ceux qui ont une existence sociale, donc aux mâles, pas à celles qui leur appartiennent et n’existent que dans la sphère de l’intime. Pour avoir dénoncé ces phénomènes dont seuls ceux qui nous représentent semblent totalement inconscients, la journaliste de France 2 et Nadia Remadna de la brigade des mères, ont été violemment attaquées par le Bondy Blog et ceux qui ont relayé ce reportage ont été comme d’habitude accusés de mensonges, de racisme et d’appartenir à la fachosphère. Et ce quand bien même les témoignages de cette tentative d’imposer un apartheid sexuel en France se multiplient.

L’enjeu aujourd’hui est de faire vivre nos grands principes pour tout le monde, de faire en sorte que les libertés que la loi garantit ne dépendent pas de notre niveau culturel et social ou de notre lieu de vie. C’est cela le sens même de la politique: garantir les droits de tous ceux qui vivent sur son territoire. Et cela ne se fera pas sans fermeté, ni justice.

Aujourd’hui la protection de la loi n’est accordée qu’aux hyperinclus, à ceux qui ont les moyens financiers de choisir leur environnement. Pour beaucoup d’autres, c’est retour au moyen âge: il faut se soumettre à ses voisins et à l’homme de la rue car la protection de la loi ne peut plus s’incarner. Une des phrases que l’on entend le plus dans les zones sous influence des islamistes et des identitaires, c’est «chez nous, c’est comme ça» et ce «chez nous» n’évoquent pas la France, alors même que ceux qui tiennent ce discours sont Français, pas même forcément les règles du pays d’origine, mais ce mélange de tradition et de religion dont les islamistes entendent faire le fond d’écran des mentalités qu’ils façonnent. C’est ainsi que les passages à l’acte se multiplient, rite d’initiation du refus de la citoyenneté et de l’affirmation des valeurs patriarcales validées par les représentations religieuses, le tout sur fond d’impunité des agresseurs et de mise en accusation de ceux qui dénoncent l’abandon des autorités comme une faute politique majeure.

Et pendant ce temps, notre nouveau gouvernement prône la libéralité en matière de laïcité tout en promettant de lutter contre l’islamisme. Le problème c’est que l’on ne lutte pas contre qui veut vous détruire en renonçant à ses principes et à ses idéaux et qu’en ce domaine, la libéralité équivaut à livrer les plus faibles à leurs oppresseurs. Il serait dommage qu’à force d’aveuglement sur ces questions, la France devienne un pays qui ne garantit que les libertés de ceux qui ont les moyens de choisir leur voisinage et leur environnement.

Voir également:

Paris : des femmes victimes de harcèlement dans les rues du quartier Chapelle-Pajol
Cécile Beaulieu
Le Parisien
18 mai 2017

Des femmes de ce quartier de l’est de Paris se plaignent de ne pas pouvoir se déplacer sans essuyer des remarques et des insultes de la part des hommes. Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol, à Paris (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

REACTIONS

Révoltées, des habitantes du quartier ont décidé de lancer une vaste pétition pour dénoncer la situation. Et un quotidien de plus en plus oppressant. Celui des jeunes filles, qui ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux.

«Des réflexions incessantes»

«Nous avons toutes droit à un traitement insupportable», souligne Nathalie, 50 ans, qui revendique trente années dans le quartier, et un climat «inédit» ces derniers mois : «Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles». A l’image de cette vieille dame de 80 ans, agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble, et désormais retranchée dans son appartement.

«Un repaire masculin»

Aurélie, une jeune femme de 38 ans, avoue ne pas reconnaître le quartier où elle vit depuis 15 ans, rue Perdonnet (Xe) : «Le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s’est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé : j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément : il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d’injures, et j’ai dû m’enfermer dans mon appartement. Il y a quelque temps encore, j’empruntais le boulevard de la Chapelle depuis Stalingrad, même tard le soir… C’est impensable aujourd’hui».

Le métro Chapelle, Laure l’évite soigneusement. Comme la place du même nom : «Ces dernières semaines, j’ai été prise au milieu d’une bagarre de vendeurs à la sauvette. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d’entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer. J’ai cru que ma dernière heure était arrivée. Et ça fait des mois que ma fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs».

Porter plainte aurait peu d’effet
Comment lutter contre le phénomène ? Les femmes de La Chapelle le savent : porter plainte aurait peu d’effets. Alors, d’un commun accord, et sur les conseils de Nadine Mezence, adjointe à l’égalité hommes-femmes du maire (PS) du XVIIIe, elles ont décidé d’organiser prochainement une marche exploratoire. Ensemble, elles parcourront tous les lieux du quartier où elles sont indésirables. Puis, rendront compte, aux pouvoirs publics de leurs observations… En espérant être entendues. A la mairie d’arrondissement, on assure que leurs remarques seront examinées avec la plus grande attention.

110 opérations de police depuis le mois de janvier
La question du harcèlement des femmes, et notamment celle de la présence de dizaines de migrants rue Pajol, sera évoquée ce lundi en conseil d’arrondissement par l’élu (LR), Pierre Liscia. Tandis qu’au cabinet du maire (PS) du XVIIIe, Eric Lejoindre, on reconnaît la complexité de la situation : «Les femmes ont un sentiment de vulnérabilité devant cette violence, souvent associée à l’alcoolisation, mais la réponse publique est essentiellement policière».

Précisément, depuis lancement du dispositif «Barbès respire», au mois de janvier, par le préfet de police avec déploiement de renforts sur le secteur, 110 opérations ont donné lieu à plus de 19 000 évictions de vendeurs à la sauvette et 884 personnes ont été arrêtées. Mais les habitantes, elles, veulent des opérations de plus vaste ampleur pour retrouver leur sérénité perdue…
Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris «Désormais, notre quartier est abandonné aux seuls hommes : plus une femme dans les cafés. Pas un enfant dans le square Louise-de-Marillac. Certaines d’entre nous se terrent chez elles».

Les habitantes de la Chapelle-Pajol viennent de rédiger une pétition, intitulée «Les femmes, une espèce en voie de disparition au cœur de Paris», qu’elles espèrent voir parapher par de nombreux soutiens et victimes avant de l’envoyer à la mairie, à la préfecture de police et au procureur de la République. Leur demandant de «faire enfin respecter lois et règlement dans les endroits où se fixent les trafiquants, de diligenter des enquêtes sur les filières et de renforcer le nombre de moyens policiers affectés au secteur».

«Il y a les insultes dans toutes les langues, les vols, l’alcoolisme de rue. Les trafics qui s’enracinent, et les employés de ces trafics, qui nous signifient chaque jour que nous sommes indésirables, nous et nos enfants. Cela doit cesser.»

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«Macron, ou la “révolution” des dupes»
Ivan Rioufol
Le Figaro
18/05/2017

CHRONIQUE – Le courant juppéiste et centriste a toute sa place dans le camp Macron, qui a renoncé à assimiler les minorités culturelles.

Le savoir: Édouard Phillippe, choisi lundi par Emmanuel Macron comme premier ministre, pratique la laïcité flexible. Maire (LR) du Havre, il avait en 2012 fait jeter 8500 desserts destinés aux cantines parce qu’ils contenaient de la gélatine de porc. Plutôt que de s’en tenir à la neutralité républicaine, l’élu s’était soumis à l’interdit alimentaire de la charia (loi islamique). L’anecdote est à retenir: elle laisse craindre d’autres détournements de la laïcité, un des piliers de la civilisation française. Macron, élu par beaucoup pour faire échec au «fascisme» de Marine Le Pen, a promis une «bienveillance exigeante» avec l’idéologie islamique. Ce choix de l’apaisement guide, mezzo voce, la recomposition politique en cours. Philippe, proche d’Alain Juppé, partage avec lui la mondialisation heureuse, l’accommodement raisonnable, la discrimination positive. Le chef de l’État est sur cette même vision « inclusive ». « Je veux accompagner les mutations », a-t-il dit dimanche lors de sa prise de fonctions. Son gouvernement libéral mondialiste accélérera la cadence.

La marginalisation de Manuels Valls, qui voit la laïcité comme rempart à l’islamisme, confirme la stratégie arrangeante du macronisme. La République en marche a refusé son investiture à l’ancien premier ministre socialiste, qui n’aura néanmoins pas de concurrent face à lui. Commentaire de Valls (dans le JDD) : « Macron est méchant (…), il n’a pas de codes, donc pas de limites (…). Autant sur les questions économiques et sociales il n’y a pas de différence entre Macron et moi, autant sur l’identité on a un vrai désaccord. » Malek Boutih (PS), remarqué pour ses alertes contre l’emprise des prêcheurs de haine dans les cités, s’est pareillement vu écarter du parti gouvernemental, qui présentera un candidat face à lui. Durant sa campagne, Macron s’était gardé de désavouer le soutien de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), classée parmi les organisations terroristes par les Émirats arabes unis.

C’est la « révolution » des dupes qui se profile : là où François Fillon voulait interdire les Frères musulmans, Macron évitera l’épreuve de force avec l’islam politique. Sa descente des Champs-Élysées en véhicule militaire tenait  du jeu de rôle. L’optimisme d’État  récuse l’offensive du totalitarisme  islamique, mise sur le compte de la crise  économique et de l’Occident  colonisateur. François Bayrou, ministre  de la Justice, appuie cet angélisme. Pour  Henri IV, Paris valait bien une messe.  Son biographe devenu macroniste  n’est pas loin de penser que la France  de demain vaudra bien quelques sourates. Michel Houellebecq a tout dit  dans  Soumission . Alors que les chrétiens  et les juifs ont eu à se soumettre aux  exigences brutales de l’État, nombreux  sont ceux qui plaident pour un régime  de faveur vis-à-vis de l’islam  conquérant. Cette capitulation, si elle  devait se confirmer, tirerait un trait sur  les territoires perdus de la République.

Les Républicains qui appellent  la droite à  « répondre à la main tendue  par  Emmanuel Macron »  cautionnent  peu ou prou ce choix communautariste  d’une nation libanisée prête à acheter  la paix multiculturelle. Parmi eux :  Gérald Darmanin, devenu ministre,  Thierry Solère, Franck Riester, etc.,  dont on comprend mieux les réticences  qu’ils affichaient à soutenir Fillon dans  son désir de  « vaincre le totalitarisme  islamique » .

Néanmoins, Macron a le mérite,  en secouant le cocotier républicain,  d’obliger cette famille de façade  à en finir avec les faux-semblants.  Le courant juppéiste et centriste a toute  sa place dans le camp de Macron, qui  a renoncé à assimiler les minorités  culturelles. Les attentistes qui veulent  prolonger la cohabitation au cœur  de la droite plutôt que d’acter le divorce  rendent illusoire une opposition  structurée. Comment les responsables  qui, comme François Baroin, ont appelé  à voter pour Macron au deuxième tour  peuvent-ils espérer convaincre de voter  massivement pour les Républicains aux  législatives ?

L’artifice de la théâtrocratie La théâtrocratie que privilégie le chef de l’État, maître des horloges et de ses  gestes, lui permet de demeurer dans  l’ambiguïté. C’est ainsi que la question  identitaire n’arrive pas à être abordée  de face. Les courtisans rappellent  l’homme de lettres et de culture qu’il  est. Son premier ministre ne raffole-t-il  pas de la série des  Trois Mousquetaires ,  qu’il dit relire tous les dix ans ? D’autres  thuriféraires croient reconnaître la  silhouette du premier consul dans son  « regard au profil d’aigle » . N’y a-t-il pas aussi, tant qu’on y est, un Bonaparte  dans cette manière qu’à Macron de  prendre l’oreille de ses grognards ?  Dimanche, Gérard Collomb (devenu  ministre de l’Intérieur) avait les larmes  aux yeux, tandis que le chef passait ses  briscards en revue en leur caressant  nuque et joue. Pour le téléspectateur  distrait, ces scénographies sur la  continuité historique font leur effet.  Il n’empêche : la vigilance devra être  de tous les instants, tant est grande  la tentation du président de voir dans  les  « quartiers  populaires »  l’unique  expression du peuple français et de son  destin. Dimanche, il a d’ailleurs boudé  la grande parade parisienne.

Là aussi est la duperie : dans l’artifice qui s’attache au macroniste quand il  parle de  « clarté » . Elle a aussi fait gober  la  « farce  antifasciste » , dont Alain  Finkielkraut craint, dans  Causeur ,  que les juifs ne soient les dindons.  Le palestinisme a désormais ses entrées  en haut lieu. Richard Ferrand, ancien  secrétaire d’En marche ! devenu  ministre, a financé France Palestine  Solidarité en 2016. Marlène Schiappa,  secrétaire d’État, soutient la  « lutte  pour  la liberté du peuple palestinien » . Quant  à l’exigence de transparence et  de moralité qui ouvre ce quinquennat,  elle pèche aussi par ses exceptions.  Vouloir éviter les conflits d’intérêts en  exigeant des politiques qu’ils dévoilent  leurs éventuelles relations d’affaires est  une bonne chose. Cependant, le chef de  l’État ne dit rien de son réseau d’amis  banquiers, responsables du CAC 40,  créateurs de start-up, hommes  d’influence qui ont financé sa campagne  jusqu’à 15 millions d’euros  (voir mon  blog) . Par qui Macron a-t-il été soutenu  et pour quel objectif ? Question sans  intérêt probablement.

Clivage élitaire-populaire Le clivage élitaire et mondialiste qui s’opère derrière Macron, dans lequel  l’horizontalité de la société civile a vite  laissé place à la verticalité du pouvoir,  est une aubaine pour la droite populaire  libérale et sociale. Qui saura la réunir ?

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Polémique autour du retrait des grilles supposées empêcher l’installation de migrants
Alicia.Paule
Le Figaro
07/04/2017

REPORTAGE – La mairie de Paris va enlever en juin les grillages installés depuis plusieurs mois le long de la voie du métro entre Stalingrad et la Chapelle. Cette décision suscite l’inquiétude parmi les riverains qui craignent l’installation de nouveaux campements sauvages.

«Oppressantes», «dérangeantes», «hideuses»… Les grilles métalliques, successivement érigées le long de la voie de métro entre Stalingrad et la Chapelle, ne feront bientôt plus partie du paysage urbain. La mairie de Paris, à la demande de plusieurs élus écologistes, a annoncé leur retrait avant cet été. «Le quartier ressemble à une prison et la circulation des piétons dans le quartier est entravée. Il était urgent de rendre les espaces publics de nouveau accessibles aux habitants des quartiers Nord-est de Paris», explique Anne Souyris, co-présidente du groupe écologiste de Paris.

Une initiative saluée par plusieurs associations humanitaires dont le collectif Solidarité Migrants Wilson. «Ces grilles sont une honte! Elles ont été mises en place dans le seul but d’empêcher les migrants de s’installer. Les rues de Paris sont à tout le monde. C’est une première bataille de gagner», confie au Figaro une militante.

Parmi les riverains du XIXème arrondissement de Paris, confrontés depuis plusieurs mois à l’arrivée massive de migrants dans leur arrondissement, la décision ne fait pas l’unanimité et suscite de nombreuses inquiétudes. «Elles sont indispensables! Si la mairie les enlève, les campements sauvages vont revenir et ça, ce n’est vraiment pas possible», s’insurge Didier, patron d’un bistrot situé près de la place de Stalingrad, qui a vu son chiffre d’affaires chuté de 12%.

«La mairie peut enlever les grilles, cela ne changera rien au problème. Les migrants reviendront se poser là. Je n’ai rien contre eux. Mais il faut être honnête depuis qu’ils se sont installés dans le coin, c’est devenu l’enfer pour nous. On a dû fermer plusieurs fois la pharmacie après que des bagarres ont éclaté entre eux et les forces de police», confie Myriam, qui travaille à la pharmacie située à l’angle de la rue d’Aubervilliers.

Colère partagée par Marie-Christine, qui habite sur l’avenue de Flandre (XIXe). «Trop, c’est trop. Ce cirque dure depuis deux ans. Je ne reconnais plus mon quartier. Il est devenu une “zone interdite”. À partir de 18 heures, je n’ose même plus sortir dans la rue avec mon mari. On ne se sent pas en sécurité. Les tentes sont parties mais les migrants et les trafiquants campent encore les trottoirs jour et nuit. Mieux vaut être encerclé par des grillages et des blocs de pierre que de revivre à proximité d’un bidonville», affirme la retraitée de 78 ans, membre de l’association Demain la Chapelle.

Élisa, étudiante qui loue une chambre depuis plus d’un an près du métro Stalingrad, estime quant à elle «avoir honte» de vivre dans ce quartier. «Je n’ai pas le choix, je n’ai pas les moyens financiers de me loger ailleurs. Je pensais qu’avec l’évacuation du camp en novembre dernier, la situation s’arrangerait. Mais ce n’est pas le cas. Le quartier est devenu une poubelle géante», confie la jeune fille de 19 ans. Le long des grilles, des débris de verre, des sacs plastique, des restes de nourritures jonchent les trottoirs.

Deux centres d’accueil ouverts

«Les squares et les espaces de jeux ont quasiment tous été fermés pour virer les rats, qui se sont multipliés. Sans parler de l’odeur d’urine qui flotte constamment dans l’air. C’est vraiment invivable», déplore une mère de famille. Pour elle, cette situation n’est pas la faute des migrants mais bien celle des politiques qui ne font rien pour les aider. «Ces gens ne devraient pas dormir dans la rue. C’est inhumain. J’ai vu qu’il y avait des enfants. Cela m’a brisé le cœur. Ils méritent d’être traités avec un peu plus de dignité», ajoute-t-elle.

Depuis le démantèlement de la «Jungle» de Calais en octobre 2016, la capitale a vu l’arrivée de plusieurs milliers de migrants. Ils sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée ou encore du Soudan. Les exilés ont établi des campements sur les trottoirs et sous les ponts de Paris. Leur point de chute: au carrefour du Xe, VIIIe et XIXe arrondissement, où se situe l’association France terre d’asile. Des installations précaires qui sont quotidiennement évacuées par les forces de police.

Face à cette crise, la mairie de Paris a ouvert depuis novembre deux centres d’accueil: l’un situé à Porte de la Chapelle, l’autre à Ivry-sur-Seine. Tout deux déjà dépassé par l’afflux des réfugiés. Amahr, un Syrien de 19 ans qui est arrivé en France il y a six mois, fait la queue tous les jours pour tenter d’avoir un hébergement pour lui et son jeune frère. «Je dors dans une tente juste à côté du centre d’accueil. Chaque jour, j’y vais pour obtenir une place pour mon frère, il n’a que dix ans à peine. Moi, je peux rester dehors, mais pour lui c’est dur», confie-t-il dans un français approximatif lors d’un repas solidaire organisé jeudi par l’association Positive Planet. Aujourd’hui, près de «8000 migrants sont actuellement hébergés en Ile-de-France, dont 90 % relèvent de la demande d’asile», selon les estimations de la préfecture de Paris.

Mais la mesure est jugée «bien trop insuffisante» pour Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile. «La situation ne s’arrangera pas tant qu’il n’y aura pas une politique publique adaptée. Il est nécessaire de créer des centres pour migrants plus grands et surtout répartis à travers la France».

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Elisabeth Lévy : «Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre»

  • Alexandre Devecchio
  • le Figaro
  • 20/05/2017

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie du dernier numéro de la revue Causeur, Elisabeth Lévy revient pour FigaroVox sur le sacre d’Emmanuel Macron. Son analyse est caustique et sans concession.


Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Son dernier numéro consacre un dossier à l’élection d’ Emmanuel Macron


Emmanuel Macron est donc le huitième président de la Ve République. Sa victoire n’est-elle pas un peu votre échec?

En tout cas, la France qui gagne a gagné. Le système est mort, vive le système!, pourrait-on ajouter. En effet, nous n’assistons pas à une révolution, plutôt à un changement de dynastie. Le président de la République incarne, avec talent, et surtout avec clarté, ce qu’on a appelé la «pensée unique», et le «cercle de la Raison», expression inventée je crois par Alain Minc. Il ne prétend pas renverser la table, en l’occurrence la technostructure – économique, administrative, culturelle – qui, derrière les élus, participe à la conduite de la société, il veut la sauver en lui donnant de nouveaux visages. Dans ces conditions, tous ceux qui se pensaient déjà comme des perdants, qui n’adhèrent pas dans l’enthousiasme au grand vent du progressisme mondialisé, ont l’impression d’avoir perdu. Les détromper devrait être l’une des missions prioritaires du nouveau président.

Qu’entendez-vous par «perdants», les pauvres, les chômeurs? Et que devrait faire le Président pour les rassurer?

Ce sont les gens oubliés ou craignant de l’être par la modernité économique et/ou culturelle, ceux qui redoutent que l’histoire s’écrive sans eux. «Des ploucs et des bourgeois», résume drôlement Finkielkraut. Vincent Tremolets de Villers a parlé du «parti de l’inquiétude». De Whirlpool à Versailles, de l’ouvrier licencié au catho déboussolé, de l’éleveur ruiné au diplômé précaire, beaucoup de Français sont en effet inquiets, parce qu’ils se méfient de l’Europe, qu’ils sont attachés à une certaine conception de l’identité française ou qu’ils ont peur de l’immigration de masse, mais aussi, pour une part, parce qu’ils vouent aux gémonies le grand capital. Quoi qu’il en soit, les raisons de leurs inquiétudes n’ont pas disparu par enchantement. Macron ne guérit pas les écrouelles et, au risque de casser l’ambiance, je ne crois pas que son élection suffira à guérir les fractures françaises. Alors espérons qu’il entende la demande de continuité historique de beaucoup de Français.

La France qui gagne, la France qui perd: n’est-ce pas un peu caricatural?

Peut-être, mais pas plus que le score réalisé par Macron à Paris: 90 %! Cependant, rassurez-vous, la frontière entre les deux France n’est pas étanche: même à Causeur, où règne cette aimable pagaille idéologique que l’on appelle pluralisme, il y a quelques macronistes du premier tour et de la première heure (j’espère qu’on s’en rappellera quand nous serons jugés pour dissidence). Ils ont essuyé force blagues pendant nos réunions de rédaction et maintenant, ils se paient notre tête. Ce sont les amusements de la démocratie. Plus sérieusement, pour la première fois depuis le référendum sur le traité de Maastricht, un responsable a été élu en portant ouvertement, donc dans une forme presque chimiquement pure, un projet européen et libre-échangiste, ainsi que le progressisme culturel et sociétal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque centrale européenne pour le «dur» – l’économie, la monnaie, les affaires -, et Terranova pour le supplément d’âme, c’est-à-dire, notamment les questions d’intégration et d’immigration. Or, cette politique, enrubannée dans le joli mot «ouverture», plait d’abord à tous ceux qui, protégés des tracas du vivre-ensemble au quotidien par d’invisibles frontières culturelles, bénéficient de la disparition des frontières économiques avec en plus, le luxe de sentir bons et d’aimer l’Autre. Ça ne fait pas d’eux des salauds, plutôt des chanceux. Avant d’être une réalité politique, le macronisme possède déjà une sociologie: relativement homogène dans ses intérêts et dans ses représentations, cette coalition des chanceux a tout d’une classe sociale.

En attendant, il n’y a rien de très nouveau dans l’incantation européenne.

Sauf que, à la différence de ses prédécesseurs qui devaient avancer masqués et feindre d’être, un peu souverainistes pour Chirac et Sarkozy, toujours croyants dans la vraie gauche pour Hollande et Mitterrand, Macron joue à visage découvert, ce qui lui confère une grande cohérence idéologique, sur laquelle il a commencé à construire une alliance politique, en rassemblant des européistes des deux bords. Le mois dernier, l’excellent Basile de Koch écrivait ceci dans Causeur: «Non seulement il n’y a qu’une politique possible, mais personne n’a jamais réussi à l’appliquer.» Aujourd’hui, le président a toutes les cartes en main (ou il les aura sans doute à l’issue des législatives) pour mettre en œuvre sa politique. La contrepartie, c’est que, si elle échoue, on ne pourra plus nous dire qu’il faut encore plus d’Europe, plus de libre-échange et plus de multiculturalisme.

Au-delà de la synthèse libérale-libertaire réalisé depuis longtemps par des rebelles devenus publicitaires, comment définiriez-vous le progressisme de Macron?

En partie comme une façon de feindre d’organiser les mystères qui nous dépassent, c’est-à-dire d’adhérer au changement qui survient et que l’on tient pour inéluctable. Le progressisme façon Macron, c’est une nouvelle ruse de l’Histoire pour nous faire croire à sa fin dans les heureuses épousailles de la démocratie et du marché. Faites couler l’argent, le reste suivra. Dans les faits, cela risque de ressembler à une liquidation de tout ce qui est un peu trop national sur les bords. Or, contrairement à ce qu’il a dit, qu’y a-t-il de plus national, dans le sens de «situé», «ancré», «hérité», que la culture? Certains de mes confrères s’émerveillent de ce que le Président fasse de nombreuses références à nos grands héros. Ce name-dropping historique ne me convainc guère après qu’il a choisi la culture en France contre la culture française, c’est-à-dire la géographie et le droit contre l’histoire, ce qui est ici et maintenant contre ce qui a été. Mais en plus de cela, on peut craindre que ce progressisme soit la poursuite du déni par d’autres moyens.

Que voulez-vous dire? Que cacherait ce déni?

Il cache, en l’ignorant, la crise grave de l’intégration qui se traduit par la sécession mentale d’une partie de notre jeunesse, il cache l’avancée d’un islam radical et séparatiste qui prétend, là où il est en position de force, imposer sa loi aux corps et aux âmes de nos concitoyens de naissance ou de foi musulmane. Or, non seulement le nouveau président n’a, à aucun moment, semblé prendre la mesure de la gravité de la situation, mais il est allé câliner les enfants d’immigrés dans le sens du poil victimaire en allant, à Alger, expliquer que la colonisation tout entière était un crime contre l’Humanité – merci pour les pères blancs, les instituteurs et la mère d’Albert Camus. Benjamin Stora a expliqué dans Libération que la jeunesse des quartiers avait apprécié l’attention. Ce n’est pas tout. Quand Emmanuel Macron se rend à Sarcelles, il joue au foot, fait des selfies et nous sert un discours gentillet sur la richesse de nos banlieues, mais il se garde de toute allusion aux sujets qui fâchent – fondamentalisme, sexisme, antisémitisme…. Et contre le FN, il sort l’artillerie lourde de l’antinazisme et des heures les plus sombres. Seulement, les antisémites qui pourrissent la vie des juifs ne se trouvent pas au Front national, mais à Sarcelles (ce qui ne signifie nullement que tous les habitants de Sarcelles soient antisémites). Pour avoir parlé sans détours de cette montée, dans les quartiers, de la haine antijuive, Manuel Valls avait pratiquement été traité de raciste par une certaine Marlène Schiappa, la nouvelle ministre de l’égalité des sexes. Alors, ne menons pas de procès d’intention. Peut-être Emmanuel Macron va-t-il découvrir les territoires perdus et lancer le combat culturel qui présidera à leur reconquête. Ce vendredi, le Parisien évoquait le quartier de La Chapelle-Pajol à Paris, où les femmes sont empêchées de circuler sur la voie publique. Quand le choc des civilisations s’invite dans la capitale, on voudrait savoir ce que le chef de l’Etat compte faire pour y faire respecter la loi républicaine.

En attendant, il a gagné. Votre diagnostic sur la société française n’était-il pas complètement à côté de la plaque?

Voulez-vous dire, comme Zemmour l’a lancé à Finkielkraut l’autre soir, que nous sommes devenus désuets, ringards, et que la France, revigorée par un grand bol d’optimisme macronien, n’a que faire des attachements dont nous nous encombrons? Ringard vous-même! On verra si Macron est un antidote à la dépression identitaire. En attendant, permettez-moi de vous rappeler que, outre le karma que lui prêtent les journalistes, Emmanuel Macron a reçu le concours de forces plus terrestres: sans les affaires Fillon et sans le ravissement que sa candidature a suscitée dans nombre de grands médias, vous seriez peut-être en train de louer ma clairvoyance. Par ailleurs, une coalition disparate de refus ne fait pas un projet commun. Le président ne bénéficie peut-être pas de l’adhésion d’une majorité de Français, mais il représente assurément la minorité la plus importante. De plus, si la droite n’est pas aux manettes aujourd’hui, c’est parce que, au moment où le monde devait être repensé et de nouveaux clivages explorés, elle a renoncé à tout travail sur les idées, surfant d’une ligne à l’autre le nez sur les sondages sans jamais se demander s’il n’y avait pas une petite contradiction entre les causes qu’elle chérissait et les conséquences qu’elle abhorrait ou, pour le dire autrement, entre son moi libéral et son surmoi conservateur. Résultat, face au progressisme macronien, il n’existe pas aujourd’hui d’alternative (raisonnablement) conservatrice qui définirait par exemple un protectionnisme tempéré et l’usage raisonnable de frontières dont on ne voit pas pourquoi elles devraient être ouvertes ou fermées. Et l’alternative populiste, qu’elle soit de droite ou de gauche, a échoué à séduire suffisamment d’électeurs.

Les questions identitaires ont été très peu abordées durant cette campagne. Est-ce seulement la faute des journalistes ou intéressent-elles finalement moins les Français que les questions économiques et sociales?

Il est difficile de répondre à cette question de poule et d’œuf mais le résultat est là. J’ai été atterrée par la focalisation de la campagne, en particulier des débats télévisés, sur les questions économiques ou plutôt micro-économiques, comme si on votait en fonction de ses seuls intérêts matériels: combien d’impôts, quelle retraite, quelles charges? Il est normal de se soucier de son niveau de vie et de celui de sa famille, mais la contribution de nos générations à l’histoire humaine sera-t-elle d’avoir inventé un homme qui se nourrisse exclusivement de pain? Que l’économie, c’est-à-dire l’organisation de la production, des échanges et de la redistribution, qui modèle l’ensemble de la société, soit au cœur de l’action publique, c’est légitime. Qu’elle en soit l’unique finalité, le seul critère, est un brin déprimant car cela entretient le feu croisé des ressentiments, chacun étant sans cesse invité à compter ce qu’il n’a pas, donc à recenser ce que son pays devrait faire pour lui. François Hollande a installé comme une évidence l’idée que sa réussite se mesurerait exclusivement à l’inversion de la courbe du chômage. Si, pour vaincre le chômage, la France devait devenir une petite province du marché mondial, parlerait-on de réussite? Pardon de sortir les grands mots, mais l’avenir de notre civilisation ne pourrait-il pas être l’un des horizons de la politique? L’élection présidentielle n’est pas l’entretien d’embauche d’un chef de service.

Emmanuel Macron a plutôt réussi ses premiers pas. Le soir de sa victoire, il a su s’adresser aux perdants de la mondialisation qui n’avaient pas voté pour lui. Lors de la passation de pouvoir, il a également fait preuve d’une verticalité qu’on ne lui connaissait pas. Pourriez-vous être séduite? Et si vous vous étiez trompée sur son compte …

Je serais enchantée d’être déçue en bien, comme on dit en Suisse. Et je ne l’exclus pas. Il faut peut-être rappeler que l’opposition n’a nullement besoin de détestation. Durant l’entre-deux tours, on a assisté à un déferlement de haines concurrentes: des «fachos» – ça c’est un devoir citoyen -, des ni-nistes, traqués comme traîtres à la sainte cause. Emmanuel Macron en a eu plus que sa part, que l’on songe à la tribune dans laquelle François Ruffin, auteur de Merci Patron et héros de la France insoumise, répète avec délectation: «Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï». Et pourquoi tant de haine? Parce que le chef de l’Etat a été banquier, un crime intolérable, et qu’il est «riche» – ce qui est assez relatif et parfaitement autorisé. Au-delà même de son projet, on peut trouver son côté premier de la classe – ou gendre idéal – agaçant et ses tics de langage insupportables. La haine, je n’achète pas.

Mais vous me demandez si je pourrais être séduite. On verra: on ne m’a pas si facilement, avec quelques jolies phrases! Je ne me lasse pas du spectacle de tous ces routiers du pouvoir s’extasiant et s’attendrissant sur la jeunesse et sur les innombrables qualités du jeune prince. Certes, cette jeunesse lui permet d’apprendre vite. De fait, il n’a pas répété au soir du 7 mai les erreurs qu’il avait commises le 23 avril. Et comme la verticalité est largement affaire de rituels, je vous accorde qu’il se verticalise, même si, comme l’observe Régis Debray, en même temps, il s’américanise. Cependant, nous n’allons pas passer le quinquennat à commenter les symboles du Président d’autant plus que, sur ce terrain là, le syndrome «en même temps» joue à plein, il suffit de gratifier chaque groupe de sa petite dose. Allez, je vous fais un aveu. Après François Hollande qui gouvernait sous la surveillance du Monde, que Macron tienne la dragée haute aux journalistes m’amuse beaucoup. Les sociétés de rédacteurs s’étranglent de rage parce que l’Elysée prétend, semble-t-il, choisir des interlocuteurs compétents, ce qui est assez outrecuidant, et, plus généralement, ne manifeste pas à l’égard de la profession la déférence à laquelle elle est habituée. Je trouve cette ingratitude très présidentielle. Et pour le coup passablement verticale.

Marine Le Pen s’est montrée brouillonne, agressive, grossière lors du débat. Ne vous étiez vous pas trompée également sur son compte? Comment expliquez-vous un tel naufrage?

La démocratie, c’est l’espace de l’engueulade civilisée. Ce soir-là, Emmanuel Macron avait l’air de quelqu’un avec qui on peut s’engueuler. Pas elle. Elle aurait dû être la porte-parole de l’inquiétude française ; en manquant à la courtoisie la plus élémentaire, elle l’a attisée. Pour autant, je n’ai aucune envie de participer à la curée avec tous mes confrères qui répètent avec gourmandise qu’elle a montré son vrai visage. Elle a lamentablement raté ce rendez-vous crucial et comme l’a noté Finkielkraut, ce n’est pas en faisant du Pétain, mais du Trump. J’ignore quelle sera la suite de sa carrière. Mais je me garderais d’affirmer que le visage pénible qu’elle a montré ce soir-là était le vrai.

Macron se dit, «Et de droite et de gauche» et refuse ainsi de confondre la gauche avec le camp du bien. Une absence de manichéisme qui devrait vous plaire …

Ah oui, quel grand Président! Blague à part, je sais gré à Emmanuel Macron d’avoir brisé le sortilège sémantique qui obligeait la plupart de ses anciens amis à attester régulièrement la ferveur de leur foi «de gauche». Quand Manuel Valls, cédant à l’intimidation, a longtemps donné des gages de la sienne, Macron, en avance sur ses camarades, se fichait de l’Église et de son clergé. Le plus triste est que la gauche laïque ait disparu dans la bataille: si République en marche ne présente pas de candidat face à Manuel Valls, ce n’est pas grâce à sa singularité laïque, mais malgré elle. Et que Malek Boutih n’ait pas bénéficié du même traitement est de fort mauvais augure. Reste que le mot magique qui a fait la pluie et le beau temps dans la vie intellectuelle – et empêché pas mal de monde de penser -, autrement dit, le mot «gauche», est en passe d’être sérieusement démonétisé. Il ne mordra plus personne. Tant mieux.

Le macronisme a également le mérite de clarifier le débat politique et de révéler les vrais clivages au-delà des petites guerres partisanes…

En effet, la recomposition qui commence est une clarification et je m’en félicite. Après avoir clamé pendant des années que la droite de la gauche et la gauche de la droite partageaient l’essentiel, et menaient, peu ou prou, la même politique dont tous assuraient que c’était la seule possible tout en jurant qu’elle tranchait radicalement avec celle de leurs adversaires, je ne vois pas comment on peut hurler à la trahison au prétexte que Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian, Bruno Le Maire et pourquoi pas demain NKM ou Juppé travaillent ensemble sous la houlette d’Emmanuel Macron. Reste à savoir ce qui se passera dans le reste du champ politique.

L’élection est également un défi pour Causeur et les idées que la revue défend. Sa victoire vous invite-t-elle à vous réinventer? La dérision et la contestation doivent-elles davantage laisser la place à la persuasion et la proposition?

D’abord nous ne pratiquons pas la dérision mais l’ironie et la critique. Nous ne sommes ni cyniques, ni méchants. Ensuite, cette élection et la situation qu’elle crée sont au contraire un puissant excitant pour qui aime réfléchir à la chose publique et au mouvement des idées. La seule question du libéralisme pourrait nous occuper tout le quinquennat. Et puis nous comptons bien jouer un rôle de vigie sur le front de la laïcité, de la République, des territoires perdus. Bref, Emmanuel Macron est un adversaire que j’aime déjà combattre. D’ailleurs, grâce à lui nous avons connu les disputes les plus animées de toute l’histoire de Causeur. C’est un bon début, non?

Voir encore:

Macron a incarné le «dégagisme soft»

Entretien avec le sondeur Jérôme Fourquet

Daoud Boughezala
Causeur

19 mai 2017

Le président élu a su faire fructifier l’aspiration au renouvellement et l’espoir d’un retour à une certaine unité nationale. Mais il aurait tort d’oublier les inquiétudes identitaires des Français.

Propos recueillis par Daoud Boughezala

Causeur. Depuis plusieurs années, vous observez la droitisation de la société française. Or les scores cumulés de Marine Le Pen, François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan atteignent à peine 45 % au premier tour…

Jérôme Fourquet.1Si par droitisation on désigne une demande d’autorité croissante, le phénomène d’opinion que j’ai décrit se poursuit. Plus de 60 % de Français pensent qu’il y a trop d’immigrés, 70 % se disent favorables à l’internement préventif des fichés S, et une majorité voudrait renforcer l’état d’urgence. Alors que les Américains hésitent sur la question des exécutions extrajudiciaires de leurs concitoyens djihadistes sur les terres de l’État islamique, 80 % des Français plébiscitent cette méthode expéditive. Malgré tout, la société française s’est montrée très résiliente après la salve d’attentats qu’elle a traversée en 2015-2016.

Qu’entendez-vous par là ?

Aucune ratonnade ne s’est produite en représailles, pas même à Nice ou Magnanville, deux territoires marqués par une très forte ségrégation ethnoculturelle avec un vote FN qui peut varier du simple au triple d’un quartier à l’autre, à quelques centaines de mètres d’écart. Le contrepoids de cette bonne tenue du corps social français peut s’exprimer ainsi : « On ne se fait pas justice nous-mêmes, mais, comme le dit Max Weber, l’État a le monopole de la violence légitime, il faut donc que l’État soit intraitable et que sa main ne tremble pas. » C’est sans doute le message qu’avait compris Hollande au lendemain du 13 novembre 2015, quand il a proposé la déchéance de nationalité. Même Macron, très silencieux sur la question identitaire, a pris Le Drian dans ses bagages pour rassurer sur le plan sécuritaire.

Malgré cette forte demande d’autorité, Marine Le Pen a réalisé une performance en demi-teinte. Faut-il l’imputer à sa stratégie gauchisante ?

Marine Le Pen a pâti des affaires judiciaires qui ont freiné sa dynamique et l’ont placée sur la défensive, mais aussi de ses hésitations sur la ligne idéologique. Son tropisme personnel lui fait manifestement approuver la ligne Philippot à travers l’accent mis sur le social et l’euro. Or l’essentiel des marges de progression du FN se trouve sur la droite. Le climat général a aussi pesé dans la balance. Alors qu’au moment des régionales de 2015 la question du terrorisme était première, loin devant les préoccupations économiques et sociales, à la présidentielle le chômage a légèrement pris le pas sur l’enjeu sécuritaire. Cela a notamment profité à Jean-Luc Mélenchon. Autre élément indépendant de la volonté de Marine Le Pen, l’offre électorale qu’elle avait en face d’elle. En l’occurrence, François Fillon qui a donné toute une série de gages sur le terrorisme, l’islam et l’immigration, avec son insistance sur les chrétiens d’Orient, qui signifiait en sous-texte le refus de la dhimmitude dans notre propre pays.

Passons au tracé de la carte électorale. Pour être élu, notre nouveau président n’a pas séduit que des traders…

Quels que soient les couches sociales et les territoires, Emmanuel Macron a bénéficié d’un matelas minimum d’à peu près 15 % partout, avec des pointes beaucoup plus élevées dans les segments acquis. Cela tient au fait que ce vote s’est appuyé sur des ressorts très présents et assez consensuels dans la société française. On a ainsi un candidat qui se positionne comme l’incarnation du renouvellement. Dans un esprit de « dégagisme soft », il s’agissait avant tout de virer toutes les vieilles badernes. Deuxième élément, les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps qu’il y a une très forte aspiration à ce que tous les humanistes de bonne volonté se donnent la main et forment une grande coalition à l’allemande pour sortir le pays de l’ornière. Grâce au ralliement de socialistes, de centristes, de libéraux, Macron a alors incarné ce que Bayrou n’avait pas réussi à faire par le passé. Troisième élément: il a été le seul candidat à brandir le drapeau européen. Ce n’est pas quelque chose qui est très à la mode aujourd’hui, mais il reste une frange conséquente de la population attachée à l’idéal européen.

Y compris au sein de la France périphérique, que Christophe Guilluy estime très hostile à l’ UE ?

Certainement. Même à Vierzon, certes dans des proportions moindres qu’à Paris, on rencontre des profs qui ont fait Erasmus et trouvent ça génial. Là où je me distingue un peu de Christophe Guilluy, dont la grille d’analyste reste cependant pleinement opérante, c’est que les chiffres que je recueille ne s’inscrivent pas totalement dans une logique de système. Quand on regarde en détail les résultats électoraux, on a rarement du 90 %-10 % mais plutôt du 60 %-40 % ou 70 %-30 %. Même dans la France périphérique, il y a toujours un « résidu » au sens statistique du terme. 50 % des Français pensent que l’avenir du pays est sombre quand 50 % sont optimistes. Or on retrouve des optimistes partout même s’ils sont nettement moins nombreux dans la France périphérique qu’au cœur de Paris. Au sein de l’électorat de Marine Le Pen, la part des pessimistes monte à 70 %, l’exact inverse des macroniens, à 70 % optimistes. Les cartes des votes Macron et Le Pen au premier tour sont le négatif l’une de l’autre au sens photographique du terme, et cela s’est accentué au second tour. On retrouve là le théorème autrichien.

C’est-à-dire ?

La présidentielle autrichienne ressemblait furieusement à la nôtre, avec un candidat d’extrême droite (qui a obtenu au premier et au second tour un score beaucoup plus élevé que Marine Le Pen) face à un candidat hors parti – soutenu par les écologistes mais qui débarquait de nulle part –, et les deux grands partis de gouvernement éliminés. On a également observé un clivage sociologique très marqué. Les catégories populaires ont massivement soutenu l’extrême droite, les cadres et les bobos votant pour le candidat écolo, et ce phénomène s’est amplifié au second tour. Les deux électorats éliminés (chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates) se sont fracturés sociologiquement et culturellement, si bien que les reports sur les deux finalistes se sont opérés sur cette ligne de partage des eaux. Chez nous, Marine Le Pen a rassemblé 40 % des ouvriers au premier tour et 60 % au second…

Les législatives arrivent. En marche ! et le président Macron auront-ils une majorité ?

À mon avis, il n’y aura pas de majorité claire. Emmanuel Macron n’a pas vraiment été élu sur son programme, et le front républicain a beaucoup joué dans sa large victoire. L’inconnue est d’autant plus grande que pour la première fois la loi sur le non-cumul va s’appliquer aux députés, libérant une grande partie des sièges du palais Bourbon. Dans ces conditions, combien y aura-t-il de triangulaires ? Cela pourrait donner un résultat très éclaté avec 150 à 200 députés En Marche !, flanqués de 20 bayrouistes, 20 vallsistes, 20 juppéistes entrant dans une majorité présidentielle face à une droite campant dans l’opposition, le FN à 20 ou 30 sièges, un PS très affaibli et La France insoumise en guerre contre le Parti communiste. Bref, retour vers la IVe République !…

Voir également:

Et maintenant, John Fitzgerald Macron veut évincer les journalistes politiques

L’idée n’est pas absurde, mais ce n’est pas au pouvoir d’en décider.

Daniel Schneidermann
Le Nouvel Obs
19 mai 2017

Pour une ère nouvelle, c’est une ère nouvelle. Vous vous souvenez des photos du gouvernement, sur le large perron de l’Elysée ? Fini. C’était l’ancien monde. La vieille pensée. Le Système. Le gouvernement Kennedy Macron s’est donc fait tirer     le portrait dans une sorte d’entonnoir.

On a cherché ce qu’on pouvait trouver de plus étroit : un escalier (le couloir des toilettes n’était pas libre ?). Résultat, cet attroupement de mâles (il faut être sacrément fort, soit dit en passant, pour donner cette impression de pack de rugby, quand on photographie un groupe humain strictement paritaire). A propos, vous voyez la personne, au fond, dont on distingue à peine la moitié du visage ?

C’est la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Evincer les journalistes politique

Son portrait tiré, le gouvernement ayant manifestement du temps libre, et sans doute pas assez de sujets sérieux à traiter, il s’est mis en tête de réformer le travail de la presse accréditée.

En substance, comme vous l’avez lu ici hier, de décider à la place des rédactions quels journalistes seraient autorisés à suivre John Fitzgerald Macron dans ses déplacements triomphaux. Objectif avoué : évincer les journalistes politiques au bénéfice des journalistes spécialisés (le rubricard santé dans une visite d’hôpital, le rubricard oenologie dans une exploitation viticole, etc).

Objectif, selon le communicant de l’Elysée Sylvain Fort, interrogé par @si : répondre à des questions « plus techniques, plus pertinentes ». Cet évincement des journalistes politiques est un fantasme ancestral des responsables politiques. Précisons : des politiques une fois parvenus au pouvoir. Autant le journaliste politique est indispensable à l’opposant, ou au challenger, pour « exister » médiatiquement, autant il est alors suralimenté en confidences, en offs, en gossips, en dézingages des rivaux, autant il devient encombrant aux yeux de l’homme de pouvoir, qui n’a plus pour objectif que de faire valoriser son « action », ses projets, ses plans, et ses rataplans.

La presse est assez grande

En elle-même, l’idée n’est pas absurde. Le poids des journalistes politiques, dans les rédactions, au détriment de tous les autres spécialistes, est une des raisons (la principale ?) de la superficialité de cette presse. 99 fois sur cent, les reportages sur un voyage ou un déplacement politiques se réduisent à une petite phrase sur la péripétie politicienne du jour, au détriment de l’usine pilote, du quartier réhabilité, de la ferme modèle, du service hospitalier innovant, sur lesquels on voulait attirer l’attention, et qui se réduisent à une sorte de vague décor estompé.

C’est totalement idiot, abêtissant pour les citoyens, et on comprend que ce soit rageant pour le pouvoir. Mais ce n’est évidemment pas au pouvoir d’en décider. Ce n’est pas au pouvoir de choisir le type de traitement médiatique dont il souhaite bénéficier.

Dans la nouvelle ère comme dans l’ancienne, la presse est bien assez grande pour se sauver, ou pour couler, toute seule.

Voir encore:

Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites
Huffington Post

22/07/2014
Marlène Schiappa Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ». Comme vous, j’ai grandi dans des quartiers que l’on qualifie pudiquement de « sensibles » et qui ont l’honneur de passer régulièrement dans des émissions du style: « Dans l’enfer des cités parisiennes où la police ne va plus ». Mon collège se trouvait en ZEP, et j’ai vécu à Lupino, un quartier chaud de Bastia, présenté comme « périphérique, difficile ». Façon polie de dire qu’il est ravitaillé par les corbeaux et que les enfants jouent dans les carcasses de voitures le soir en bas des barres d’immeubles.

Dans Le Livre de la Jungle, Kipling écrit « on peut sortir l’enfant du cœur de la jungle, mais on ne peut pas sortir la jungle du cœur de l’enfant. » Aujourd’hui, on peut sortir l’enfant du cœur du « quartier populaire », mais on ne peut pas sortir le « quartier populaire » du cœur de l’enfant. C’est pourquoi, même après être passée par un lycée du 16e arrondissement de Paris et même après avoir pris l’ ascenseur social jusqu’aux banlieues dorées des Hauts-de-Seine, j’ai toujours continué à travailler avec, pour et dans les « quartiers populaires ». Et quinconque a grandi dans une banlieue, dans une cité, ne peut s’empêcher de répondre quand son quartier est interpellé.

Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires.

L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athés vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. Voltaire parlait au XVIIIe siècle des Juifs comme du « peuple le plus abominable de la terre » et, si les Voltairiens évoquent l’ironie, il n’en reste pas moins que les écrits témoignent d’une haine des Juifs en France à son époque. En 1886, Edouard Drumont, alors directeur du journal Le Monde, publie « La France Juive », vendu à plus de 150.000 exemplaires et considéré comme une des bases de l’antisémitisme français. Il affirme par exemple que « La Révolution [française] a profité au Juif. Tout vient du Juif, tout revient au Juif. »

Dreyfus au XIXème siècle, condamné par qui? Par les habitants des quartiers populaires? Sont-ce les quartiers populaires qui gouvernaient sous Vichy? Qui ont édicté, de leur propre chef, des lois comme: Exclure les Juifs de la fonction publique, confisquer leurs biens, les dénaturaliser, les acheminer vers les camps… Non, monsieur le Premier Ministre, ces actes horribles que vous avez vous-même dénoncés hier ne sont pas le fait des habitants des quartiers populaires. Et ne sont pas plus tolérables quand ils viennent des beaux quartiers.

Les quartiers dits populaires sont les plus métissés de France. Dans le quartier des Sablons, au Mans, 27 nationalités vivent ensemble. Les habitants des quartiers populaires n’ont pas créé le communautarisme, ils en sont les victimes. Et quand enfin ils et elles pensent avoir un peu de répit, enfin, une trêve pour eux aussi, une pause dans les insoutenables rejets, refus, stigmatisations; non pas de logement pour vous, non pas de travail non plus, et pas d’entrée en soirées; quand enfin, les habitants des quartiers populaires s’imaginent avoir droit au respect et à une vie sereine, une loi interdit aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires au nom de la laïcité dévoyée!

L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.

D’après l’Observatoire des Inégalités, le chômage est 2,5 fois plus élevé dans les quartiers populaires que partout ailleurs sur le territoire, atteignant 24% de la population. Les habitants des quartiers populaires subissent la discrimination à l’embauche concernant leur adresse, en plus parfois de leur origine ou de leur genre, voire de leur religion réelle ou supposée: « Français ou immigré, je ne recrute personne qui vienne de quartiers chauds, on va pas se mentir ce sont des fouteurs de merde et leurs RER sont toujours en retard » avait ainsi déclaré le DRH d’une grosse PME en marge d’une conférence sur l’emploi, l’an dernier.

Pour ces raisons ou parce que l’accès à une formation qualifiante y est plus difficile qu’ailleurs, chez les moins de 24 ans, dans les quartiers populaires, le chômage atteint même 45% de la classe d’âge! Le taux de pauvreté y atteint 40% d’après une étude du Centre d’observation et de mesure des politiques sociales pour la Gazette des communes. Et que dire de l’image renvoyée par certains grands médias? Acrimed note ainsi « En dépit de leur diversité, la plupart des médias diffusent une représentation tellement partielle et partiale des quartiers et des classes populaires que celle-ci renforce, en les justifiant ou en les banalisant, les formes d’injustice ou de discrimination dont elles sont par ailleurs l’objet. »

Oui, monsieur le Premier Ministre, les habitants des quartiers populaires vivent dans des conditions matérielles, financières, humaines, extrêmement difficiles; de Roubaix aux quartiers Nord de Marseille. Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine: « Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. » A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président.

On ne lutte pas contre l’intolérable stigmatisation des Juifs de France en stigmatisant tout aussi intolérablement les habitants des quartiers populaires. Les Roms, les Musulmans, les habitants des quartiers populaires ne doivent pas, pas plus que les Juifs, être désignés comme les ennemis publics de la République. Il devient urgent de nous souvenir de notre dénominateur commun, de ce qui nous fait vivre ensemble dans une République une et indivisible.

Non, monsieur le Premier Ministre, on ne répare pas une discrimination par une autre discrimination.

Voir de même:

Barbara Lefebvre : « L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France »

Co-auteure de « Une France soumise. Les voix du refus*», un recueil de témoignages et d’expertises sur l’offensive de l’islam radical, cette professeure d’histoire-géographie examine la sécession culturelle à l’œuvre sur le territoire.

Actualité Juive : En quinze ans, ce qui était alors des « territoires perdus » de la République se sont étendus plus largement dans le pays. Quelles ont été les dates charnières de ce pourrissement social et idéologique ?

Barbara Lefebvre : Depuis la parution des «Territoires perdus de la République», en 2002, la situation n’a fait que s’aggraver. Les émeutes de 2005 et 2007, le débat houleux sur l’identité nationale et la diversité au début du mandat de Nicolas Sarkozy, autant d’étapes témoignant d’une fébrilité sur les questions d’identité et de laïcité. Celles-ci sont restées en suspens depuis et n’ont jamais été réellement traitées par les gouvernements en place. Quand on se penche sur les polémiques plus récentes autour du port de la burqa ou du burkini, on mesure que les prémices mais aussi les mécanismes de ces « affaires » étaient déjà annoncés dans notre livre.

A.J.: « Une France soumise » décrit par le menu la stratégie de grignotement des islamistes pour accroître leur domination dans les esprits mais aussi sur des pans entiers de territoire. « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession », s’alarme la philosophe Elisabeth Badinter, dans la préface au livre. Comment les « voix du refus » auxquelles vous avez tendu l’oreille résistent-elles à cette offensive ?

B. L. : Il existe un climat de peur au sein de populations qui subissent ces pressions au quotidien, dans une grande solitude. Elles ont été abandonnées par les pouvoirs publics, notamment sur l’autel du clientélisme électoral. S’il concerne tous les partis, ce phénomène touche particulièrement les municipalités d’extrême gauche qui ont enfermé les membres de la communauté musulmane dans leur identité religieuse et les ont confiés à des associations communautaires dont certaines sont de type salafiste.

Lors des émeutes de 2005, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, s’est attaché les services d’associations liées à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui tapissaient les quartiers, la gratifiant ainsi d’une légitimité qu’elle n’avait pas : celle de représenter les musulmans de France. Nous en payons le prix aujourd’hui.

Des mouvements laïcs se sont retrouvés entre deux feux, entre ceux qui essaient de faire advenir un projet politique religieux de manière habile et le chantage des pouvoirs publics qui invoquent la peur des émeutes.

A.J.: La fameuse injonction « pas de vague »…

B. L. : Nombre de fonctionnaires de police, de l’éducation nationale et des collectivités territoriales ont en effet peur d’être mal vus par leur hiérarchie. On leur demande d’acheter la paix sociale, d’éviter les violences.

Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol

A.J.: Ces quinze dernières années ont également vu progresser en France ce que vous qualifiez d’ « antisémitisme décomplexé ». De quelle manière cette judéophobie s’articule-t-elle au phénomène plus global de désagrégation que vous dénoncez ?

B. L. : L’antisémitisme est toujours le signal d’une démocratie en train de se perdre. Idem pour l’atteinte à la liberté des femmes. L’assassinat d’Ilan Halimi, en 2006, a marqué le basculement dans le passage à l’acte extrêmement violent de cet antisémitisme débridé que nous constations auprès d’une certaine population dans les quartiers dits sensibles.

L’antisémitisme est devenu un code culturel généralisé en France. On parle des Juifs de manière décomplexée et agressive. Dans ces quartiers sensibles, l’activisme virulent du mouvement BDS conforte un grand nombre de jeunes ignares d’un point de vue historique et géopolitique dans leur antisémitisme et leur antisionisme qui n’en est que le faux nez. La parole des pouvoirs publics sur le devoir de mémoire est aujourd’hui inopérante face aux déversements de haine sur les réseaux sociaux, non pas de néo-nazis, mais de jeunes animés par une puissante haine antijuive, haine dont ils sont aussi les héritiers, le travail d’histoire dans le monde arabe sur ce que fut la condition juive avant la colonisation n’existe pas. Ces sociétés sont maintenues dans le culte victimaire et ici, en France, les Indigènes de la République en sont l’illustration. Si les Juifs quittent la France aujourd’hui, ce n’est pas à cause des vieillards de Rivarol.

Voir enfin:

Si Le Pen avait été élue… le plan secret pour « protéger la République »

Les pouvoirs publics, qui redoutaient, en cas de victoire du Front national, des manifestations violentes, avaient imaginé un scénario politique totalement inédit. Révélations.

Mathieu Delahousse
Nouvel Obs
17 mai 2017

Le plan n’a jamais été écrit noir sur blanc, mais tout était fin prêt. Son déroulé était si précisément envisagé qu’une poignée de membres du gouvernement, de directeurs de cabinet et de très hauts responsables de l’Etat peuvent encore le décrire de tête, étape par étape. Ce plan, qui pourrait s’intituler « Protéger la République », a été construit de façon informelle alors que la candidate du Front national grimpait dans les sondages et que des remontées d’informations faisaient craindre des troubles majeurs à l’ordre public si elle était élue. Un des hommes mis au courant de ce projet commente anonymement :

« C’était une fusée à plusieurs étages. La philosophie, et la priorité impérative, c’était de maintenir la paix civile en respectant totalement nos règles constitutionnelles. »

Pour en donner les détails, « l’Obs » a recoupé les éléments auprès de trois sources, au sein du gouvernement sortant et d’institutions de l’Etat.

Le pays au bord du chaos

Les stratèges qui ont conçu ce plan B anticipent qu’au lendemain de la victoire du Front national le pays risque de se retrouver au bord du chaos. Etat de sidération, manifestations républicaines, mais surtout violences extrêmes, notamment …

Sondage : Macron et Philippe privés d’état de grâce

  • Tristan Quinault Maupoil
  • Le Figaro
  • 18/05/2017

Le couple exécutif n’a pas la confiance de la majorité des Français au lendemain de sa victoire.

Un premier sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique (*) indique jeudi que les Français ne sont pas prêts à faire confiance les yeux fermés au nouveau couple exécutif. Le président de la République bénéficie de 45% de cote de confiance. 46% des Français ne lui font pas confiance, 9% sont sans opinion. Au même stade de son mandat, François Hollande obtenait, en 2012, un meilleur taux de confiance (58%). De même pour Nicolas Sarkozy en 2007 (59%) ou encore Jacques Chirac (61% en 1995 et 53% au début de son deuxième mandat en 2002). «On sent un certain attentisme des Français et face à eux, un président de la République et un premier ministre qui vont avant tout devoir faire leurs preuves», commente Yves-Marie Cann, le directeur des études politiques d’Elabe cité par Les Echos.

Sans surprise, c’est chez ses électeurs du premier tour qu’Emmanuel Macron obtient sa meilleure cote de confiance (92%). Viennent ensuite les électeurs de Benoît Hamon (56%) puis les électeurs de François Fillon (49%). «La double déception, suite à la fois au quinquennat de Nicolas Sarkozy à droite et celui de François Hollande à gauche, fait que les Français ne se contentent plus des promesses et ne s’attendent pas à ce que la situation s’améliore sous le seul effet de l’élection», juge Yves-Marie Cann.

Le score d’Edouard Philippe n’est pas plus positif, loin de là. Le premier ministre obtient seulement 36% de confiance. A noter que 21% des personnes interrogées se disent «sans opinion» à son egard, preuve que le maire du Havre pâtit d’un manque de notoriété. Lorsque Jean-Marc Ayrault est arrivé à Matignon, il bénéficiait d’une cote de 56%.

Issu des rangs de la droite, Edouard Philippe ne parvient pas à obtenir la confiance de tous les électeurs de François Fillon. 45% lui font confiance, quand 40% ne la lui accordent pas. C’est chez les électeurs d’Emmanuel Macron qu’il obtient le meilleur score (73%).

Législatives: la majorité présidentielle en hausse

Si les taux de confiance du couple exécutif ne sont pas très élevés, cela n’empêche pas les électeurs d’envisager de voter pour la majorité présidentielle aux élections législatives de juin. 32% envisagent de le faire selon une enquête Harris Interactive pour France télévisions, publiée jeudi (**). C’est trois points de plus que lors de la précédente enquête du 11 mai et six points de plus que dans l’enquête du 7 mai. Surtout, c’est huit points de plus que le score d’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle.

À l’inverse, les Républicains et l’UDI sont crédités de 19% des voix (-3 points par rapport au 7 mai). Un score et une tendance identiques pour le Front national. La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon progresse (15%; +2 points) et le Parti socialiste continue sa descente infernale, crédité de 6% des voix (-2points).

(*) Sondage réalisé les 16 et 17 mai auprès d’un échantillon de 999 personnes, par Internet, selon la méthode des quotas.

(**) Enquête réalisée en ligne du 15 au 17 mai 2017 (après la nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre, et avant la présentation du nouveau gouvernement), auprès d’un échantillon 5 015 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus comprenant un échantillon de 4 598 inscrits sur les listes électorales.


Présidentielle américaine: Attention, un sexisme peut en cacher un autre (All victimhood and apple pie: From sexual liberation to the infantilization of women in terms Queen Victoria would find reassuring)

11 octobre, 2016
chippendalesposterslutwalk5 slutwalk3 slut-walkslutwalkmelbournesopranos3Il faut peut-être entendre par démocratie les vices de quelques-uns à la portée du plus grand nombre. Henry Becque
Lay, lady, lay, lay across my big brass bed (…) Why wait any longer for the world to begin You can have your cake and eat it too … Bob Dylan (1969)

NEW YORK, NY - MAY 04: Jay Z (L) and Beyonce attend the "China: Through The Looking Glass" Costume Institute Benefit Gala at the Metropolitan Museum of Art on May 4, 2015 in New York City. (Photo by Mike Coppola/Getty Images)

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Paparazzi, catch my fly, and my cocky fresh I’m so reckless when I rock my Givenchy dress (stylin’) Oh yeah, baby, oh yeah I, ohhhhh, oh, yes, I like that I did not come to play with you hoes, haha I came to slay, bitch When he fuck me good I take his ass to Red Lobster, cause I slay If he hit it right, I might take him on a flight on my chopper, cause I slay Drop him off at the mall, let him buy some J’s, let him shop up, cause I slay I might get your song played on the radio station, cause I slay ... Beyonce
You know I thug em, fuck em, love em, leave em Cause I don’t fuckin need em Take em out the hood, keep em lookin good But I don’t fuckin feed em First time they fuss I’m breezin Talkin bout, “What’s the reasons?” I’m a pimp in every sense of the word, bitch Better trust than believe em In the cut where I keep em til I need a nut, til I need to beat the guts Then it’s, beep beep and I’m pickin em up Let em play with the dick in the truck Many chicks wanna put Jigga fist in cuffs Divorce him and split his bucks Just because you got good head, I’m a break bread so you can be livin it up? Shit I parts with nothin, y’all be frontin Me give my heart to a woman? Not for nothin, never happen. Jay Z
I have used sex as a marketing tool and it has worked. I mean, my TV show is called Inside Amy Schumer.” This blushing Victorian violet explains: “My whole life I found friends that are just like me, young girls that were just like me, like we were all whores. Amy Schumer
A cruder and raunchier America of Miley Cyrus and Beyoncé is now far more sexually sensitive than was the staid America of half a century ago — as if the dirtier we become, the more sanctimonious we end up. Past presidents, such as John F. Kennedy and Bill Clinton, trumped even Trump in unleashing their reckless libidos on quite young White House staffers, an array of mistresses, and random women. But they were then young, liberal, loved by the media, and skilled incumbent politicians holding the power of the country at key moments in history. Private buccaneer Trump so far has no such mitigating arguments to contextualize his reprehensible private banter. (…) There are still agendas. Despite the defects of the two candidates, as the debate showed, the race still offers two quite different visions of how America might continue after Obama’s doubling of the debt, racial polarization, foreign-policy disasters, health-care mess, and rampant alphabetic corruption of the FBI, IRS, GSA, VA, and EPA. Hillary will double down on Obamaism, not because she necessarily likes Obama, but because as a past Obama servant she is embedded within his legacy and has mortgaged her political soul to the far Left. (…) The turn-offs of the two candidates are a matter of relative taste and ideology: The more conservative message delivered with uncooked vulgarity, or progressivism baked in refined and polished corruption. Oddly, Obama is the real winner: The more the two sling mud, the more an absentee Obama by default looks better — as long as he stays near comatose, out of sight and sound, and leaves us with the idea rather than the reality of his failing presidency. (…)  Republicans perhaps delude themselves into thinking that if they had nominated another — and more moral — candidate, there would have been far less exposure to left-wing hits. McCain and Romney were unusually decent people by any standard. They ran exemplary, gentlemanly campaigns. They were political moderates of sober speech and judicious temperament. Both lost. Had Rubio or Cruz been nominated, by this juncture we would be reading of their deplorable personal sins — in the manner of John McCain pseudo-extramarital affair or of Romney’s supposed tax avoidance, slurs about the non-federal-income-tax-paying 47 percent, or his various crudities from dog mistreatment to wearing holy underwear. There is no honor among thieves. The law-abiding right wing has excused WikiLeaks scoundrel Julian Assange as a speaker of truth to power in attacking Hillary. Similarly, Russian hackers are now hardly seen as saboteurs of a U.S. campaign, on the theory that they damage Hillary so far more than they do Trump. Leftists, who pose as protectors of privacy, don’t care that Trump’s private taxes were leaked. No one worries that recordings of his private profanity of more than a decade past were dug up — any more than Obama worried about leaking private divorce records in his 2004 primary and general elections. The ends justify the means. Nothing is private, nothing sacred. All that is different is that unethical disclosures and lies are bragged upon rather than excused. So a repugnant dolt like Harry Reid still boasts that his lying about Romney’s tax returns helped sink his campaign. (…) An expiring Trump has revealed yet another life, and may find yet another with a final strong debate. But barring a news bombshell, the cruder, more conservative candidate will still probably lose to the more dishonest and more liberal candidate. Money, the media, and the establishment in cahoots are hard to beat. Hillary has all three. Victor Davis Hanson
Now why might it be that men regard women as sex objects? Surely the ravenous purchase by females of stiletto heels, push-up bras, butt-hugging mini-skirts, plunging necklines, false eyelashes, hair extensions, breast implants, butt implants, lip implants, and mascara, rouge, and lipstick to the tune of billions a year has nothing to do with it. Females would never ever exploit their sexuality to seek attention from men. (…)  How surprising that Trump and Bush noticed Zucker’s legs! As documented in the video, she is wearing a skimpy purple dress, with an extremely short hem cut on the bias, a low neckline and fully exposed back. She is in high heels to accentuate her bare legs. The ratio of exposed skin between Zucker, on the one hand, and Trump and Bush, on the other, is perhaps 100 to one. But all that bare flesh must simply be because Zucker has a high metabolism and gets exceedingly warm; she would never want to broadcast her sexuality to men or have men notice her. The fact that she swishes her hips when she walks must just be a quirk of anatomy. (…)  If any of these newfound exponents of female modesty felt any comparable nausea at the blatant display of female sexuality and, dare I say it, “pussy,” in Beyoncé’s acclaimed rock video “Formation,” say, they kept it to themselves. Beyoncé and her female chorus line rhythmically thrust their butts, crotches, and breasts to the camera, while Beyoncé brags of her sexual prowess (…) Sounds like a sexual quid pro quo, ripe for a harassment lawsuit. The “Formation” video, which inspired Beyoncé’s Super Bowl halftime performance in January (to another universal swoon from the entertainment industry), also shows a very young girl engaging in some precocious twerking, a grotesque travesty of childhood. No objections to that destruction of the innocence of childhood from the DNC. President Obama has singled out Beyoncé for praise, and the singer is a big Hillary Clinton supporter, to not a word of protest from Clinton regarding her status as a role model for young girls. Bill Clinton met with Beyoncé and her husband, rapper Jay Z, in September. If Bill or Hillary thinks the lyrics of Jay Z’s “Big Pimpin‘” “horrific,” in Hillary’s words, they are not letting on (…) The Washington Post primly headlined its scoop on Trump’s bus conversation with Bush: “Trump recorded having extremely lewd conversation about women in 2005.” The New York Times’ follow-up story also labelled Trump’s remarks “lewd.” If either of those paper’s critics have ever objected to such lewdness in popular culture, it has escaped attention. Have they objected to college campus sex weeks, which routinely invite porn stars to offer how-to demonstrations on S & M sex? Do they squirm with discomfort when campus administrators pass out tips on the use of sex toys to achieve better orgasms? Not on the record, at least. (…) The sudden onset of Victorian vapors among the liberal intelligentsia and political class at the revelation of Trump’s locker-room talk is part and parcel of the Left’s hypocrisy when it comes to feminism and sexual liberation. A routine objection to Trump is that he makes, in the words of the New York Times, “gutter attacks on women.” But why should women be exempt from Trump’s gutter attacks on anyone he wants to humiliate? (…) But the feminists can’t have it both ways: declaring that women should be equal to men in all things and then still demand a chivalric deference to female’s delicate sensibilities. Either women are the same as men or they’re not. It is particularly galling to see the selective resurrection of Victorian values from the same crowd that has been pushing transgender locker rooms on the world, in an effort to destroy the last shred of girls’ innate sexual modesty. This opportunistic, on-again, off-again appearance of traditional sexual values characterizes the campus-rape myth as well. Needless to say, actual sexual assault is both criminal and intolerable. But college co-eds insist on the prerogative of maximal promiscuity at the same time that they revert to the role of helpless damsel in distress, when, after drinking themselves blotto to lower their sexual inhibitions, they regret a boozy hook-up and declare themselves raped. The logic is always that the male was responsible for the female’s well-being; the female cannot help drinking herself to a reckless state. It is for the chivalric male to look out for her. Following the release of the studio bus tape, Trump said in his defense that Bill Clinton “has said far worse to me on the golf course.” That may be the most credible thing that Trump has ever uttered. But both Republicans and Democrats are fatally compromised in their responses to the Trump tapes, deliberately released right before the make-or-break second presidential debate. Republicans, having flogged the Bill Clinton sex scandals way past any possible point of relevance, are now not well positioned to dismiss these comments (nor are they trying to), though there is a huge difference between the reality TV star Trump bragging about his libido on a studio bus and Bill Clinton exploiting the power of the presidency to seduce a young intern. But Democrats are the most shameless in their outrage over the Trump braggadocio, having dismissed Bill Clinton’s White House and gubernatorial escapades for years, and standing as the party of maximal sexual liberation, unlike the Republicans. The New York Times rejects the relevance of Clinton’s predatory White House behavior on the ground that “Mr. Clinton is not running for president.” But the Times did not find Clinton’s behavior significant when Clinton was in office, either. Ideally, no man would ever paw a female or push himself on her. The default norm of sexual modesty, coupled with the chivalric ideal that gentlemen should treat females like ladies, used to be the most effective defense against such high-testosterone behavior. Feminism, however, has declared both modesty and chivalry sexist, leaving females to improvise a response to the inevitable excesses of the male sex drive, when they are not trying to leverage it to their own advantage. The only good thing to come out of this tacky episode may be the jettisoning of the ongoing resurrection of the tired Clinton White House escapades by Trump and his supporters. Otherwise, it stands merely as a reminder of how enduring the stance of offended female virtue is, even in the age of crude sexual exhibitionism. Heather Mac Donald
Go beyond the current campaign to the wider culture, and this uproar over Trump’s comments reflects the sexual schizophrenia that for decades has corrupted our understanding of women’s sexuality. When feminism took off in the Sixties, it was all about empowering women to have the same sexual agency as men. All the taboos against female sexual behavior were dismantled, the dreaded “double standard” was discarded, and women started acting just like men. They are free to choose their partners, and the frequency and variety of sexual acts, without judgment from prudish patriarchs and Christian “fundamentalists.” They can go to Chippendales shows and leer and grope the strippers with the same gusto as the wise-guys in the Bada Bing. They can watch pornography on television, and read best-selling soft-porn sadomasochistic novels and then enjoy a girls’ night out to enjoy the movie version. They can drop F-bombs with abandon, objectivize men into sexual commodities, dress like prostitutes, and banter about their conquests. And any criticism of female promiscuity is demonized as “slut-shaming.” Around the Nineties the bill started coming due for this uncritical abandonment of traditional morality. Sexual disease, frequent abortion, children without fathers, and the psychological costs of being objectivized and degraded by men––who were delighted to find that women were now their sexual equals––were all the bitter fruit of liberation. The response to these unforeseen consequences was the new Victorianism, as Rene Denfeld’s perceptive study called it. The sexual freedom would remain, but now men were expected to observe a whole host of minute rules and limitations in order to protect women from the consequences of their own free choices. College students had the right to get drunk at frat parties and make a bad sexual choice of an equally drunk sexual partner, but were absolved by being transformed into victims of sexual predators who were now held to a higher standard––just like in patriarchal Victorian times. Apparently the Victorian feminists didn’t understand that if men should know better, then at some level they are better. Women were now the equal of men, but simultaneously not as resilient or strong enough to own the consequences of their behavior. Our larger public culture is equally schizophrenic. We have easy access to porn, a fashion industry that dresses even pre-teens like prostitutes, television shows and movies filled with casual sex, and an obsession with sexual beauty that drives a whole industry of surgical enhancement. Yet at the same time, we rigorously police our language and jokes for infractions of “sexual harassment,” which is what any woman at any time for any reason believes creates a “hostile and intimidating workplace,” in the words of the law. And we have redefined “sexual assault” to include bad decisions one would think a confident, strong, adult woman would see as a learning experience and try to avoid. Instead we infantilize women in terms Queen Victoria would find reassuring. Democrats promote this identity of victimhood because it delivers political dividends. Remember Obama’s 2012 “Life of Julia” campaign cartoon? The message was the federal government can be a woman’s husband, boyfriend, and father, with the result, of course, that women would be just as dependent as they were in the dark days of patriarchy. Or think of Hillary’s main argument for becoming president: it’s time to elect a woman and correct the continuing injustices of sexism––despite the fact that today on average women are better educated and live longer than the average male. But conservatives should know better and not jump so quickly to validate a dishonest narrative that benefits the other side. True conservatism knows the traditional wisdom that talk is cheap, and that actions speak louder than words. And true conservatism recognizes that freedom is the highest secular good, but that there is no true freedom without acceptance of the consequences of one’s actions. This latest Trump episode illustrates how clearly our sexual schizophrenia marks the decline of conservatism and the dominance of progressivism in our culture and politics. Bruce Thornton

Vous avez dit le beurre et l’argent du beurre ?

Alors qu’en cette veille de la fête où nos amis juifs se rémémorent l’institution qui donna au monde le terme et la théorie pour débusquer le phénomème dit de bouc émissaire mais aussi l’actuelle fétichisation de la victimisation …

S‘acharnent sur le seul Donald  les anciens partisans d’un ex-président qui avait en son temps pas moins d’une quinzaine d’accusations d’abus voire de viols de femmes…

Pendant qu’au nom sacro-saint de la victimisation et avec les conséquences catastrophiques que l’on sait …

C’est, après le coup du premier président noir, celui de la première femme que l’on prétend nous faire …

Comment ne pas voir avec les commentateurs Bill Thornton et Heather Mac Donald …

Tant le deux poids deux mesures …

Que  l’hypocrisie et la véritable schizophrénie …

D’une société qui après avoir revendiqué à grands cris dans l’habillement comme dans le comportement ou le langage …

L’égalité pour les femmes d’une irresponsabilité, sur fond de marches des salopes, jusque là réservée aux hommes …

Prétend aujourd’hui, condamner au nom d’une pudibonderie qui n’aurait rien à envier aux Victoriens …

Les seuls hommes en question quand ceux-ci s’avisent de les prendre au mot ?

Trump, Politics, and Our Sexual Schizophrenia Conservatives should know better than to so quickly validate a dishonest narrative that benefits the other side
Bruce Thornton
Frontpage Mag
October 10, 2016

Bruce Thornton is a Shillman Journalism Fellow at the David Horowitz Freedom Center.

A few minutes into Sunday’s debate Donald Trump’s decade-old crude sexual banter with a reporter from an entertainment show was mentioned by the CNN moderator. Donald again apologized for the comments, and Hillary immediately pounced on Trump’s misogyny, throwing in his alleged racism and Islamophobia. To his credit, Trump ignored her slurs and attacked her record. When Democrat loyalist Martha Raddatz pressed on, Trump let loose with a powerful contrast with Bill’s record of abuse––which Hillary side-stepped.

Welcome to another debate on everything except the issues. Consider the reporting on Trump’s comments, which is the mother of all dog-bites-man-stories. I don’t know what cocoon you have to come from not to know that every single day millions of men––and women–– of all ages, races, and sexual persuasions exchange vulgar, crude banter about sex. And you’d have to be particularly dumb, or duplicitous, to be shocked that a New Yorker with a flamboyant and braggadocios personality who is involved in casinos, reality television, construction, and beauty pageants probably would do so on a regular basis. Or, if not dumb, then a partisan hack indulging in rank hypocrisy in order to gain political advantage. Welcome to another episode of America’s political hypocrisy and sexual schizophrenia.

The Dems, of course, and their minions in the media are hyping this story for obvious reasons. Their candidate has a long history of lies and money-grubbing, possesses no political charisma, and touts no policy proposals other than the same dull progressive clichés and failed ideas. Donald’s juvenile sex-talk is a perfect distraction from the steady drip of revelations about Hillary’s email and server scandal, pay-for-play foundation, video evidence of her questionable health, and news reports from abroad documenting daily her disastrous management of foreign affairs while Secretary of State.  And don’t forget the WikiLeaks release of her Wall Street speeches transcripts, which show her political duplicity and cozy ties to the 1%.

What makes this latest bout of misdirection particularly hypocritical is the glaringly obvious record of Bill Clinton’s sexual depredations, from his time in Arkansas to his sex-tourism on convicted pedophile Jeffrey Epstein’s Lolita Express. Most men engage in smutty talk of exaggerated sexual conquests and fantasies about future trophies. But we know of only one who as governor and then president abused his power to fulfill his sordid wishes in the Arkansas State House and the White House, besmirching the dignity and honor of an office supposedly devoted to serving the people and upholding the Constitution. And few women, when their guilty husband is exposed, unleash a nuclear bombardment of harassment and vilification of the sort famous “feminist” Hillary Clinton launched. The same woman who is now calling Trump’s banter “horrific” was described by her own courtier George Stephanopoulos as someone who will “savage her enemies,” as she did the victims of Bill’s sexual assaults.

But once again, the Democrats and their Republican fifth column think words are more important than reality. Indeed, Planned Parenthood, recipient of much Democrat largesse and political cover, said, “What Trump described in these tapes amounts to sexual assault.” But real sexual assault like Bill Clinton’s gets a yawn when the perpetrator is politically simpatico. I understand why the Democrats do it, but the Republicans’ motives elude me. They seem to be driven by some standard of “conservative” purity of the sort for which they regularly criticize the Tea Party, or by class prejudices that find Trump and his supporters vulgar, stupid upstarts who refuse to listen to their betters. They may be jumping ship to preserve their careers and influence, or making an electoral calculation about getting the woman’s vote. They seem to forget that squeaky-clean Mitt Romney was savaged as a sexist for his “binders” full of the resumes of qualified women. Memo to NeverTrumpers: no matter what a Republican does, no matter how much he panders, he will always be a racist and sexist capitalist pig.

There’s something else, though, going on––some Republicans’ bad habit of accepting identity-politics narratives about race or women, and then preemptively cringing to prove that they are not benighted racists or sexists deserving of political and social shaming. That is, the same gutlessness in the face of political correctness that in part fueled Trump’s improbable rise to become the Republican candidate for president.

So Paul Ryan, who earlier called Trump a “racist,” said that Trump’s comments were “sickening.” No, Congressman, using the power of the presidency to get sexual favors, and then perjuring yourself when questioned about it, is sickening. Calling yourself a feminist and telling us that victims of sexual assault “have a right to be believed,” when you have “savaged” victims of your own husband’s depredations, is sickening. So too with all the other Republicans, including party chairman Reince Priebus, who have eagerly jumped on the holier-than-thou bandwagon. So too with the NeverTrumpers, who have started a campaign to get the candidate to step down. All their ostentatious dudgeon is based not on proven actions, but on sexual big-talk as common in our Republic as flies. When there’s clear evidence that Trump has in fact sexually coerced or assaulted women, then will be the time for condemnation.

Go beyond the current campaign to the wider culture, and this uproar over Trump’s comments reflects the sexual schizophrenia that for decades has corrupted our understanding of women’s sexuality. When feminism took off in the Sixties, it was all about empowering women to have the same sexual agency as men. All the taboos against female sexual behavior were dismantled, the dreaded “double standard” was discarded, and women started acting just like men. They are free to choose their partners, and the frequency and variety of sexual acts, without judgment from prudish patriarchs and Christian “fundamentalists.” They can go to Chippendales shows and leer and grope the strippers with the same gusto as the wise-guys in the Bada Bing. They can watch pornography on television, and read best-selling soft-porn sadomasochistic novels and then enjoy a girls’ night out to enjoy the movie version. They can drop F-bombs with abandon, objectivize men into sexual commodities, dress like prostitutes, and banter about their conquests. And any criticism of female promiscuity is demonized as “slut-shaming.”

Around the Nineties the bill started coming due for this uncritical abandonment of traditional morality. Sexual disease, frequent abortion, children without fathers, and the psychological costs of being objectivized and degraded by men––who were delighted to find that women were now their sexual equals––were all the bitter fruit of liberation. The response to these unforeseen consequences was the new Victorianism, as Rene Denfeld’s perceptive study called it. The sexual freedom would remain, but now men were expected to observe a whole host of minute rules and limitations in order to protect women from the consequences of their own free choices. College students had the right to get drunk at frat parties and make a bad sexual choice of an equally drunk sexual partner, but were absolved by being transformed into victims of sexual predators who were now held to a higher standard––just like in patriarchal Victorian times. Apparently the Victorian feminists didn’t understand that if men should know better, then at some level they are better. Women were now the equal of men, but simultaneously not as resilient or strong enough to own the consequences of their behavior.

Our larger public culture is equally schizophrenic. We have easy access to porn, a fashion industry that dresses even pre-teens like prostitutes, television shows and movies filled with casual sex, and an obsession with sexual beauty that drives a whole industry of surgical enhancement. Yet at the same time, we rigorously police our language and jokes for infractions of “sexual harassment,” which is what any woman at any time for any reason believes creates a “hostile and intimidating workplace,” in the words of the law. And we have redefined “sexual assault” to include bad decisions one would think a confident, strong, adult woman would see as a learning experience and try to avoid. Instead we infantilize women in terms Queen Victoria would find reassuring.

Democrats promote this identity of victimhood because it delivers political dividends. Remember Obama’s 2012 “Life of Julia” campaign cartoon? The message was the federal government can be a woman’s husband, boyfriend, and father, with the result, of course, that women would be just as dependent as they were in the dark days of patriarchy. Or think of Hillary’s main argument for becoming president: it’s time to elect a woman and correct the continuing injustices of sexism––despite the fact that today on average women are better educated and live longer than the average male.

But conservatives should know better and not jump so quickly to validate a dishonest narrative that benefits the other side. True conservatism knows the traditional wisdom that talk is cheap, and that actions speak louder than words. And true conservatism recognizes that freedom is the highest secular good, but that there is no true freedom without acceptance of the consequences of one’s actions. This latest Trump episode illustrates how clearly our sexual schizophrenia marks the decline of conservatism and the dominance of progressivism in our culture and politics.

Voir aussi:

Trumped-Up Outrage

The Left condemns the GOP candidate even as it celebrates crudity and sexual exhibitionism throughout the culture.

Heather Mac Donald

October 9, 2016

Democrats and their media allies, joined by many Republicans, are calling on Donald Trump to withdraw from the presidential race after a newly released, decade-old tape of a frat-house-level conversation between Trump and television host Billy Bush in 2005, in which Trump boasted of his heavy-handed pursuit of females. Trump describes trying unsuccessfully to seduce a married woman by taking her furniture shopping, speaking in the crudest terms. He brags that because he was a star he could “grab [females] by the pussy” and claims to Bush that he starts kissing beautiful women “like a magnet. Just kiss.  I don’t even wait. And when you’re a star, they let you do it.  You can do anything.”  Bush eggs him on:  “Whatever you want!” (Bush being a more admiring confidante than Leporello to Don Giovanni).

The response has been swift and apocalyptic. Hillary Clinton tweeted: “This is horrific. We cannot allow this man to become president.” Vice Presidential candidate Tim Kaine told reporters: “It makes me sick to my stomach.” Slate’s science editor wrote that “I feel sicker after seeing it than I can remember feeling in a while.” Another Slate columnist writes that Trump and Bush “can’t see their female colleagues as anything but collections of fuckable or unfuckable body parts. They exhibit a complete disregard for women’s humanity, agency, and internal lives.”

Now why might it be that men regard women as sex objects? Surely the ravenous purchase by females of stiletto heels, push-up bras, butt-hugging mini-skirts, plunging necklines, false eyelashes, hair extensions, breast implants, butt implants, lip implants, and mascara, rouge, and lipstick to the tune of billions a year has nothing to do with it. Females would never ever exploit their sexuality to seek attention from men. Bush and Trump, driving to the set of Days of Our Lives on a studio bus, comment on the legs of actress Arianne Zucker who is coming to meet them: “Oh, nice legs, huh?” Trump says. “Your girl’s hot as shit, in the purple,” Bush says. How surprising that Trump and Bush noticed Zucker’s legs! As documented in the video, she is wearing a skimpy purple dress, with an extremely short hem cut on the bias, a low neckline and fully exposed back. She is in high heels to accentuate her bare legs. The ratio of exposed skin between Zucker, on the one hand, and Trump and Bush, on the other, is perhaps 100 to one. But all that bare flesh must simply be because Zucker has a high metabolism and gets exceedingly warm; she would never want to broadcast her sexuality to men or have men notice her. The fact that she swishes her hips when she walks must just be a quirk of anatomy.

When Trump and Bush emerge from the bus, they are the embodiment of jocular decorum—this too counts against them in the eyes of the feminist brigades. Writes Slate’s Susan Matthews: “As if public Donald Trump wasn’t bad enough, this video reminds us that there’s an aspect of the man that’s even worse than what he shows to the public. You see it in the transformation Trump and his conversation partner Billy Bush undergo when they exit the bus and move from [what they assumed was] a private sphere into a public one. They are still committing acts of sexual harassment and abusing their power when they ask the actress who greets them to give each of them a hug. But they’re buttoning up—they know the tone of the conversation they had on the bus cannot be repeated in anything close to a public sphere.” Isn’t this a good thing that Trump in this case at least has obeyed the rules of public behavior? Matthews, we are to believe, would never say anything in private that she would not repeat in the public sphere.

If any of these newfound exponents of female modesty felt any comparable nausea at the blatant display of female sexuality and, dare I say it, “pussy,” in Beyoncé’s acclaimed rock video “Formation,” say, they kept it to themselves. Beyoncé and her female chorus line rhythmically thrust their butts, crotches, and breasts to the camera, while Beyoncé brags of her sexual prowess:

Paparazzi, catch my fly, and my cocky fresh
I’m so reckless when I rock my Givenchy dress (stylin’)
Oh yeah, baby, oh yeah I, ohhhhh, oh, yes, I like that
I did not come to play with you hoes, haha
I came to slay, bitch
When he fuck me good I take his ass to Red Lobster, cause I slay
If he hit it right, I might take him on a flight on my chopper, cause I slay
Drop him off at the mall, let him buy some J’s, let him shop up, cause I slay
I might get your song played on the radio station, cause I slay

Sounds like a sexual quid pro quo, ripe for a harassment lawsuit. The “Formation” video, which inspired Beyoncé’s Super Bowl halftime performance in January (to another universal swoon from the entertainment industry), also shows a very young girl engaging in some precocious twerking, a grotesque travesty of childhood. No objections to that destruction of the innocence of childhood from the DNC.

President Obama has singled out Beyoncé for praise, and the singer is a big Hillary Clinton supporter, to not a word of protest from Clinton regarding her status as a role model for young girls. Bill Clinton met with Beyoncé and her husband, rapper Jay Z, in September. If Bill or Hillary thinks the lyrics of Jay Z’s “Big Pimpin‘” “horrific,” in Hillary’s words, they are not letting on:

You know I thug em, fuck em, love em, leave em
Cause I don’t fuckin need em
Take em out the hood, keep em lookin good
But I don’t fuckin feed em
First time they fuss I’m breezin
Talkin bout, “What’s the reasons?”
I’m a pimp in every sense of the word, bitch
Better trust than believe em
In the cut where I keep em
til I need a nut, til I need to beat the guts
Then it’s, beep beep and I’m pickin em up
Let em play with the dick in the truck
Many chicks wanna put Jigga fist in cuffs
Divorce him and split his bucks
Just because you got good head, I’m a break bread
so you can be livin it up? Shit I
parts with nothin, y’all be frontin
Me give my heart to a woman?
Not for nothin, never happen.

The Washington Post primly headlined its scoop on Trump’s bus conversation with Bush: “Trump recorded having extremely lewd conversation about women in 2005.” The New York Times’ follow-up story also labelled Trump’s remarks “lewd.” If either of those paper’s critics have ever objected to such lewdness in popular culture, it has escaped attention. Have they objected to college campus sex weeks, which routinely invite porn stars to offer how-to demonstrations on S & M sex? Do they squirm with discomfort when campus administrators pass out tips on the use of sex toys to achieve better orgasms? Not on the record, at least.

Other Hillary Clinton supporters have hardly been shy about exploiting sex to get ahead. Clinton fan Amy Schumer admits: “I have used sex as a marketing tool and it has worked. I mean, my TV show is called Inside Amy Schumer.” This blushing Victorian violet explains: “My whole life I found friends that are just like me, young girls that were just like me, like we were all whores.” During a lace-clad photo shoot for Marie Claire that of course had nothing to do with projecting sexuality, Schumer joked about her sexual exploits: “My best friend would describe me as loyal . . . to the boyfriend I stole from her.” She confesses to a “weakness for orgasms.” Democratic National Convention star, Hillary fan, and pseudo-campus rape victim Lena Dunham has not exactly set herself up as a model of sexual prudence, either, nor has she shrunk from using her promiscuity as a selling point in the entertainment market.

The sudden onset of Victorian vapors among the liberal intelligentsia and political class at the revelation of Trump’s locker-room talk is part and parcel of the Left’s hypocrisy when it comes to feminism and sexual liberation. A routine objection to Trump is that he makes, in the words of the New York Times, “gutter attacks on women.” But why should women be exempt from Trump’s gutter attacks on anyone he wants to humiliate? Trump’s gratuitous nastiness to men and women alike, kicking  people when they are down, unfits him to serve as the premier civic role model for the nation’s children. But the feminists can’t have it both ways: declaring that women should be equal to men in all things and then still demand a chivalric deference to female’s delicate sensibilities. Either women are the same as men or they’re not. It is particularly galling to see the selective resurrection of Victorian values from the same crowd that has been pushing transgender locker rooms on the world, in an effort to destroy the last shred of girls’ innate sexual modesty.

This opportunistic, on-again, off-again appearance of traditional sexual values characterizes the campus-rape myth as well. Needless to say, actual sexual assault is both criminal and intolerable. But college co-eds insist on the prerogative of maximal promiscuity at the same time that they revert to the role of helpless damsel in distress, when, after drinking themselves blotto to lower their sexual inhibitions, they regret a boozy hook-up and declare themselves raped. The logic is always that the male was responsible for the female’s well-being; the female cannot help drinking herself to a reckless state. It is for the chivalric male to look out for her.

Following the release of the studio bus tape, Trump said in his defense that Bill Clinton “has said far worse to me on the golf course.” That may be the most credible thing that Trump has ever uttered. But both Republicans and Democrats are fatally compromised in their responses to the Trump tapes, deliberately released right before the make-or-break second presidential debate. Republicans, having flogged the Bill Clinton sex scandals way past any possible point of relevance, are now not well positioned to dismiss these comments (nor are they trying to), though there is a huge difference between the reality TV star Trump bragging about his libido on a studio bus and Bill Clinton exploiting the power of the presidency to seduce a young intern. But Democrats are the most shameless in their outrage over the Trump braggadocio, having dismissed Bill Clinton’s White House and gubernatorial escapades for years, and standing as the party of maximal sexual liberation, unlike the Republicans. The New York Times rejects the relevance of Clinton’s predatory White House behavior on the ground that “Mr. Clinton is not running for president.” But the Times did not find Clinton’s behavior significant when Clinton was in office, either.

Ideally, no man would ever paw a female or push himself on her. The default norm of sexual modesty, coupled with the chivalric ideal that gentlemen should treat females like ladies, used to be the most effective defense against such high-testosterone behavior. Feminism, however, has declared both modesty and chivalry sexist, leaving females to improvise a response to the inevitable excesses of the male sex drive, when they are not trying to leverage it to their own advantage.

The only good thing to come out of this tacky episode may be the jettisoning of the ongoing resurrection of the tired Clinton White House escapades by Trump and his supporters. Otherwise, it stands merely as a reminder of how enduring the stance of offended female virtue is, even in the age of crude sexual exhibitionism.

Trump, companies accused of mistreating women in at least 20 lawsuits

Here is a list of Republicans abandoning Donald Trump after the leaked tape of his vulgar comments about women in 2005. USA TODAY

One woman sued Donald Trump’s Miami resort saying she lost her job because she got pregnant.

Two others claimed they were fired after complaining that co-workers sexually harassed them.

And a number of women testified in a lawsuit that Trump himself repeatedly instructed managers to hire younger, prettier workers at his Los Angeles golf club.

The release of a video Friday showing Trump’s sexist remarks in 2005 has created a firestorm of controversy that threatens to derail his campaign. But an ongoing USA TODAY investigation of Trump’s 4,000-plus lawsuits shows that he and his companies have been accused for years of mistreating women. Allegations outlined in at least 20 separate lawsuits accuse Trump and managers at his companies of discriminating against women, ignoring sexual harassment complaints and even participating in the harassment themselves.

The details of these allegations, some not reported until now, suggest that the kinds of lewd and discriminatory actions reported last week may be more prevalent within Trump’s organization than previously known.

In one lawsuit, a female supervisor at Trump National Golf Club near Los Angeles said Trump pulled her aside one day to complain about hiring.

“I want you to get some good looking hostesses here,” Trump told Sue Kwiatkowski, she recounted in a sworn statement corroborated by many other employees’ testimony. She said he went on to say, “People like to see good looking people when they come in.” Managers acted on Trump’s directive, she and colleagues testified, to hire younger and “prettier” staff and to make sure other female workers were not seen whenever the big boss visited.

Another supervisor testified she refused to fire a female employee even after her boss threatened punishment, citing Trump’s desire for the woman to be fired because she was “fat.”

One married waitress testified that Trump always flirted with her, asking whenever she served him whether she was “still happily married.” She didn’t like it, but felt powerless to complain about a powerful, famous man like Trump.

The cases involving women are among about 130 employment cases involving Trump’s companies dating back to the 1980s, although many of them involve the individual companies’ employees and managers rather than Trump personally. A definitive accounting of women claiming mistreatment by Trump or his companies isn’t possible because many such complaints are resolved internally and never escalate to a lawsuit. And, researchers consistently have found, many women don’t report such workplace behavior at all.

Two such examples are at the heart of two of last week’s explosive stories about Trump. Monday, The Associated Press reported that Trump systematically demeaned women during filming of NBC’s The Apprentice television show, discussing in front of them which ones he’d like to have sex with and asking other men in the room which ones they’d like to have sex with, among other vulgar behavior. Friday, The Washington Post published video of Trump’s bragging, in lewd terms, with Billy Bush about his aggressive sexual advances on Nancy O’Dell, a married television host. None of those women have sued, and it’s unknown whether any of them complained to bosses at NBC or the shows’ producers.

Jill Martin, a vice president and assistant general counsel for The Trump Organization who handles the company’s labor cases, told USA TODAY last month that the number of those kind of lawsuits across Trump’s businesses is small for an organization of its size.

The Trump Organization “has a strong policy and does not tolerate harassment of any kind,” she told USA TODAY in response to questions about some of the sexual harassment lawsuits involving Trump’s companies. “We promptly investigate any claims and discipline upon substantiation of those claims and have an open door policy to encourage reporting of any discrimination.”

Sexual harassment? ‘You’re fired!’

This summer, Trump weighed in on the sexual harassment case against Fox News chief Roger Ailes by saying if his daughter Ivanka was sexually harassed, he would tell her to “find another career or find another company.” Eric Trump, vice president of The Trump Organization, added his sister wouldn’t “allow herself to be subjected to that” and would report it to human resources.

In at least three lawsuits reviewed by USA TODAY, women working for Trump companies allege that’s exactly what they did: they reported sexual discrimination or harassment and they lost their jobs. In several other cases, women described retaliation for making such complaints.

Just this summer, a woman who supervised the Trump Kids Club at the billionaire’s golf resort in Jupiter, Fla., sued Trump saying she endured “persistent, unwelcome sexual advances” by a manager. Erin Breen said she alerted human resources and her supervisor. In court, and in separate complaints to the Florida Commission on Human Relations and the Equal Employment Opportunity Commission, Breen said Trump managers fired her two weeks after she complained.

Trump attorneys have yet to file an official response, but assistant general counsel Martin said the allegation is “without merit” and “we look forward to defeating her claims in court.”

Trump’s Chicago hotel also defended a lawsuit in 2010 over similar circumstances. A female server at Sixteen Chicago, a restaurant inside Trump Hotel and Tower, alleged she was subjected to “unwanted and offensive touchings” and “offensive sexual material” by a male chef.

Nausheen Nurani claimed she approached a general manager in 2008 about the issues and was fired two weeks later. Nurani sued and also filed complaints with the federal EEOC and Illinois Department of Human Rights. Trump’s lawyers fought the lawsuit, but a judge rejected their attempt to get the case tossed out. Trump settled the lawsuit in 2010, with undisclosed terms, a tactic that USA TODAY’s investigation has found in hundreds of lawsuits Trump has settled.

At Trump’s other Florida golf resort, a woman sued alleging she lost her job at Trump National Doral after becoming pregnant and complaining about her boss’ treatment after that. In state and federal lawsuits, Itzel Hudek claimed that despite a strong performance record, accommodations to her schedule during her pregnancy annoyed her supervisor, who she said retaliated. Ten days after returning from leave, Hudek said she was told to train another employee to do her job and then was laid off from the Miami resort.

Trump’s lawyers settled the lawsuits, but the terms are not disclosed in court records. Hudek told USA TODAY that she would rather not talk publicly about the case.

Staff not ‘pretty’ enough for Trump

While those claims involve Trump employees and no clear implication of his direct involvement, the case at Trump’s Los Angeles golf course includes a host of sworn statements by employees telling tales about how Trump himself directed managers to discriminate against women who didn’t meet his standard for attractiveness – and those managers’ acquiescence to his wishes.

In a class-action lawsuit Trump’s lawyers settled in 2013 for nearly a half-million dollars, waitress Lucy Messerschmidt alleged Trump’s club in Rancho Palos Verdes, Calif., fired her after she complained about being denied work shifts because of her age and appearance. The suit, on behalf of nearly 1,000 golf club employees over wide-ranging labor issues, features sworn statement after sworn statement claiming discriminatory hiring, firing and on-the-job treatment of women Trump and other senior managers perceived as older, less attractive or overweight.

Messerschmidt, a restaurant hostess in her 40s, said she routinely was rotated off shifts when Trump visited the golf course because he “likes to see fresh faces” and “young girls,” according to court records. She complained to bosses because she was “not being scheduled to work when Donald Trump was on the premises because of my age and Mr. Trump’s known preference for young, pretty women in the hostess position,” according to a sworn statement filed in the case.

Messerschmidt has declined to talk publicly about the lawsuit. Several other employees made similar sworn statements, including catering director Hayley Strozier, who pushed back against male superiors when told that Trump preferred younger women on duty and was disappointed in one of her bosses “as a man and as a father” for abiding Trump’s wishes to fire one female employee because Trump thought she was “fat” and didn’t like seeing her when he visited.

Employee Stacia Solis testified she noticed that – before Messerschmidt complained – younger, prettier waitresses would be assigned to serve Trump’s table, although they weren’t the most talented servers at the resort. One male employee testified he never saw a male waiter serve Trump.

Waitress Maral Bolsajian said she did meet Trump five or six times while serving at the club from 2007 until 2010. The encounters bothered her because she felt Trump was too forward.

“Mr. Trump regularly greeted me with expressions like ‘How’s my favorite girl?’ Later, after he learned (by asking me) that I was married – and happily so – he regularly asked ‘Are you still happily married?’ whenever he saw me.” Bolsajian testified that Trump “regularly” asked her to pose with him for photographs.

“I found these actions inappropriate and uncomfortable, but felt I had little recourse given that Donald Trump is not only the head of the company but also one of the most powerful, well-known people in the United States.”

The ‘American Dream’ calendar girls

In a more well-known case getting renewed attention, Jill Harth alleges Trump repeatedly made verbal and physical sexual advances while she and her future husband, George Houraney, partnered with Trump on a beauty pageant deal called the American Dream Festival.

In a federal lawsuit – filed while she and her husband were suing Trump for allegedly not paying them what he owed on the American Dream contract – Harth alleged that Trump forcibly touched her, time and again, at various meetings and parties over about a year’s time.

At one dinner party at Trump’s Plaza Hotel, she said in the lawsuit that Trump touched her thigh under the table, attempting to grab her “intimate private parts.” She alleged Trump also forced her into a bedroom at his Mar-A-Lago estate in Palm Beach, touched her “private parts in an act that constituted attempted rape.”

What’s more, in her lawsuit and in several interviews she’s given in recent weeks, Harth contends that Trump also harassed several of the models who were part of the American Dream pageant – offering them career opportunities in exchange for sexual encounters.

Harth dropped the suit in 1997 as a condition of Trump agreeing to settle the separate breach of contract lawsuit with American Dream. The terms are undisclosed in court records, though she has said in interviews it was about $100,000.

Trump’s team denied the claims at the time and attacked Harth in the press. As the allegations resurfaced, Trump told the Boston Globe in March that Harth’s claims were “nonsense” and that the sexual harassment allegations were spawned by the soured business deal.

Trump and his aides told The New York Times in May, as part of an article about Trump’s interactions with women that included Harth’s story, that her account should be discredited because she has continued to write Trump’s staff with warm wishes and asking for work as late as this fall and winter, expressing support for his presidential campaign.

Removing female dealers from floor

Beyond the lawsuits, there are other incidents documented in government records. For example, the state of New Jersey fined a Trump casino and its managers $200,000 after investigators found they discriminated against workers to cater to a rich gambler.

The New Jersey investigators said Trump’s casino managers would remove female dealers from the Trump Plaza floor because a particular high-roller gambler didn’t want women – or for that matter, black people – working at his tables when he played.

Employee Cathy Carlino testified at one state hearing that patron Robert Libutti “started cursing, screaming, banging the table, ‘I don’t want no (expletive) woman here. I don’t need these (expletive) in my game. I told you people before. Get her out of here. Why are you doing this to me?’” Lubutti, who has since died, was later banned from all Atlantic City casinos over alleged ties to the mafia. He was cited repeatedly in casino board investigations of Trump’s managers’ penchant for catering to him to keep him spending money at Trump casinos.

“There are, or ought to be, certain things that a casino hotel cannot sell or provide to a customer in order to assure his continued patronage,” then casino commissioner Steven Perskie said. “These things include honor and decency and simple human courtesy and an unwavering commitment to statutory obligations, including the law against discrimination.”

Contributing: Karen Yi and Kevin McCoy


Burkini: Aussi symbolique de l’islam que le col Mao de la culture chinoise (Look what they’ve done to our nuns’s coiffe, Ma !)

22 août, 2016
KabulIranFemale_hijab_in_Islamburkini-not-allowedcol-mao LangJack_Lang_MottakiFencingJe suis et demeure un combattant révolutionnaire. Et la Révolution aujourd’hui est, avant tout, islamique. Illich Ramirez Sanchez (dit Carlos)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme.  René Girard
Au printemps, le keffieh se portera en étendard : en version classique noir et blanc, en bleu indigo ou de toutes les couleurs… Magazine féminin  
Le tourisme halal est une sous-catégorie du tourisme religieux qui s’adresse aux familles musulmanes se conformant aux règles de l’islam. Les hôtels de ces destinations ne servent pas d’alcool et ont des piscines et spas séparés pour les hommes et les femmes. La Malaisie, la Turquie ainsi que beaucoup d’autres pays tentent d’attirer les touristes musulmans du monde entier en leur proposant des services conformes à leurs convictions religieuses. L’industrie du tourisme Halal offre aussi des vols où l’on ne sert ni alcool ni produits à base de porc, où les horaires de prière sont annoncés et où des émissions religieuses font partie des divertissements proposés à bord de l’avion. Wikipedia
En Turquie, les hôtels répondant aux règles islamiques voient leur fréquentation croître de façon exponentielle. Cet engouement va de pair avec l’enrichissement de classes sociales amatrices d’un tourisme de loisir mais aussi culturel. Saphir news
Austria‘s alpine towns of Zell am See and Kaprun have been criticised for producing an eight-page guide for Middle Eastern tourists, featuring « cultural advice » on how to behave. The booklet, in English and Arabic, features tips such as the idea that Austrian shopkeepers do not expect haggling over prices, and that eating on the floor in hotel rooms is a « no-no ». Drivers are informed that wearing seatbelts is compulsory, and they will be given guidance on understanding road signs, to reduce their risks while driving. Visitors are also advised not to wear burkas, and to « adopt the Austrian mentality ». (…) It explains that there are many restaurants where Halal meat is served, and with Arabic-speaking staff, but that Austrians also pride themselves on their food. (…) Alpine destinations are exceedingly popular in the summer with Middle Eastern travellers, who look to escape the extreme heat of their home countries. (…) Leo Bauernberger, executive director of the Salzburger Land Tourism company, told the Austria Press Agency that « Arabs are here in the summer for more than 470,000 nights, making them the second largest visitor group after Germans ». But Peter Padourek, mayor of Zell am See, said that tourists wearing the burka was a cause of friction in the area.(…) But other hotel operators have criticised the leaflets, saying that it unfairly stigmatised Arab visitors – who spend an average of £195 per person per day; more than double the daily amount dispensed with by European tourists. Telegraph
SURFERS Paradise and Broadbeach will convert to Islam and feature more prayer rooms, halal restaurants and extended trading hours, says Mayor Tom Tate. On his return from the Middle East, Cr Tate will meet with traders, restaurant owners, hotels and marketing bodies to look at how both tourism areas can better cater for high-yield Middle Eastern tourists. He also wants to extend trading hours during Ramadan to cater for the later rising and dining tourists as one of the major criticisms was the early closing hours of many Gold Coast restaurants. About 20,000 Gulf tourists visit the region each year, staying on average for about a month with combined spending of between $53 million and $75 million.  Gold coast.com
C’est en fait un bikini deux pièces islamique, ce qui peut sembler idiot. Aheda Zanetti 
Le climat politique actuel n’est pas facile, les musulmans sont scrutés à la loupe et j’espère que les gens comprennent à travers moi ce que veut dire être musulmane. Ibtihaj Muhammad
In 2009, a public swimming pool in Emerainville excluded a burkini-wearing woman, on the grounds that she violated pool rules by wearing street clothes. But burkinis only erupted into a national political issue on Aug. 12 when the mayor of Cannes, a resort town on the French Riviera, banned burkinis (without legally defining what exactly they are) on the Cannes beaches because it represents Islamism. (…) This development astonishes me, someone who has argued that the burqa (and the niqab, a similar article of clothing that leaves a slit for the eyes) needs to be banned from public places on security grounds. Those formless garments not only hide the face, permitting criminals and jihadis to hide themselves but they permit the wearer to hide, say, an assault rifle without anyone knowing. Men as well as women use burqas as accessories to criminal and jihadi purposes. Indeed, I have collected some 150 anecdotes of bank robberies, abductions, murders, and jihadi attacks since 2002; Philadelphia has become the Western capital of burqas and niqabs as criminal accessories, with at least 34 incidents in 9 years. In contrast, the burkini poses no danger to public security. Unlike the burqa or niqab, it leaves the face uncovered; relatively tight-fitting, it leaves no place to hide weapons. Men cannot wear it as a disguise. Further, while there are legitimate arguments about the hygiene of large garments in pools (prompting some hotels in Morocco to ban the garment), this is obviously not an issue on the coastal beaches of France.Accordingly, beach burkinis should be allowed without restriction. Cultural arguments, such as the one made by Valls, are specious and discriminatory. If a woman wishes to dress modestly on the beach, that is her business, and not the state’s. It’s also her prerogative to choose unflattering swimwear that waterlogs when she swims. The Islamist threat to the West is very real, from the Rushdie rules to sex gangs, taharrush, polygyny, honor killings, partial no-go zones, and beheadings. With the influx to Europe of millions of unvetted Muslim migrants, these problems will grow along with the number of Islamists. Nerves are on edge and the political scene is changing rapidly, as symbolized by half the vote for president of Austria recently going to a hardline anti-immigration politician.Issues concerning Islam are arguably Europe’s number-one concern, ahead even of the European Union and the financial crisis; they need to be dealt with by confronting real problems, not by focusing on symbolic irrelevancies such as burkinis, halal shops, and minarets. Burqas and niqabs must be banned (as the German government may soon do), freedom of speech about Islam and Muslims must be reconfirmed, Saudi and Iranian funding for religious purposes must be cut, and a single legal code must apply to all. So, my advice: focus on these real problems and let Muslims wear what they wish to the beach. Daniel Pipes
« What is it about Philadelphia, burqas, and robberies? » (…) The demographics of Philadelphia, whose Muslim population is among the largest in the U.S., make it particularly fertile ground. While only a very small percentage of Philadelphians wear niqabs, they are sufficiently numerous to be seen with regularity. Desensitizing the public to this radical attire opens many doors. (…) Simply put, the increasing prevalence of face-cloaking Islamic garb is rendering traditional masks obsolete. Both provide anonymity, but a niqab grants the wearer access that a mask does not. Whereas spotting a masked individual entering a bank or business strongly indicates a robbery, someone in a niqab doing so may represent just another patch in Philadelphia’s multicultural quilt. Indecision about the wearer’s motives — indeed, most women in niqabs do not have criminal intent — buys crucial time for a heist to unfold on the perpetrator’s terms. The relatively common sight of niqabs, as opposed to masks, also enables a robber to travel to the crime scene in the same face-blocking apparel, further lowering the chances of being identified. Moreover, they take advantage of political correctness, which cautions against scrutinizing people who don such clothes. (…) Islamists promote this cultural paralysis. Case in point: the victimhood narrative pushed in the wake of the latest Philadelphia robberies. One imam declared them « a hate crime against Muslims, » as they allegedly put Muslim women « in danger of being stereotyped, victimized, and ostracized. » City Councilman Curtis Jones Jr. doubled down on the persecution theme: « In many ways I’m reminded of the shooting of Trayvon Martin, stereotyped because of a garment called a hoodie. » Ibrahim Hooper of the Council on American-Islamic Relations (CAIR) chimed in as well. « Islamophobes love to see this sort of thing, because it gives them fuel to express their hatred, » he claimed. « Now they can say, ‘See, this is why Muslim women shouldn’t dress the way they do.' » Therefore, banks must run the gauntlet of « Islamophobia » charges if they pursue a seemingly obvious remedy: forbidding attire that hides customers’ faces from security cameras. Financial institutions nationwide have worked to deter more conventional robberies, reportedly with some success, by implementing dress codes that ban hats, hoods, and sunglasses, but Islamists have fought restrictions on headgear. When disputes arose several years ago over women being asked to remove headscarves or be served in alternate areas, CAIR characteristically demanded more sensitive policies and issued dubious calls for federal probes. Just as predictably, the banks and credit unions tended to cave and exempt hijabs. No doubt robbers note the deference toward Islam enforced by Islamists — a phenomenon exacerbated in cities like Philadelphia with copious Muslims and an aggressive CAIR chapter. (…) How to proceed? The ultimate solution would entail proscribing face-covering apparel everywhere in public, as France and Belgium have done. Yet American banks enjoy plenty of leeway to ban it on their premises right now, assuming that they ignore CAIR’s specious threats and frequently bogus tales of Muslim victimhood. The First Amendment may protect niqabs on the streets, but banks are private entities and thus not bound by it. They also are not listed in Title II of the 1964 U.S. Civil Rights Act among « places of public accommodation » where religiously discriminating against clients is illegal — not that faith-neutral dress codes are « discriminatory » anyway, regardless of Islamists’ pleas. In addition, though numerous states, including Pennsylvania, have civil rights laws that are more expansive than the federal version, the various requirements to accommodate religious practices of customers or employees are not absolute and typically must be balanced against the hardships imposed on others. One can debate whether banks should tolerate hijabs, which often obscure less of the face than hoodies or caps, but it is inconceivable that banks are somehow obligated to welcome niqabs that purposefully hide the face and burden others by undermining safety in a venue where security is paramount. If ski masks are not permitted, niqabs should not be either. Drawing the line with clear policies that prohibit all criminal-friendly garments on bank property would be a significant step in the appropriate direction — and almost certainly a legal one. Situated at the leading edge of this problem in the U.S., Philadelphians have a special responsibility to find effective solutions. Other American cities must stay alert as well, because the ingredients that make Philadelphia a prime target exist elsewhere; Detroit comes to mind. If Philadelphia manages to curtail the trend, its approach can be a template for comparable cities to follow. But if it fails, criminals in the country’s niqab-heavy metropolitan areas may soon thank the trailblazing burqa bandits of Philadelphia for having provided a successful model of their own. David J. Rusin
Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. (…) À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.» Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016. (…) D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues. Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants. Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020. Le Figaro
Contraction de « bikini » et « burqa », le burkini est un costume de bain qui enveloppe l’ensemble du corps, des cheveux jusqu’aux chevilles. Son invention est attribuée à l’Australienne Aheda Zanetti, qui a lancé sa gamme de tenues pratiques pour le sport et « religieusement correctes » en 2003. En Australie, où la plage est une véritable « culture », que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait « un vide qu’il fallait combler », expliquait-elle à l’Agence France-Presse en 2007. (…) Dans le livre sacré des musulmans, explique Franck Fregosi, spécialiste de l’islam, « il y a des éléments relatifs aux règles de pudeur, mais pas de codification ». Si plusieurs versets du Coran mentionnent le voile, son port n’est pas explicitement exigé, et les avis divergent quant à l’interprétation des textes. (…) Le burkini ne cache pas le visage. Comme le voile, il est donc autorisé en France dans les lieux publics. Seul le voile dissimulant le visage (niqab) est proscrit dans l’espace public depuis 2011. Les municipalités côtières qui ont récemment pris des arrêtés prohibant le burkini sur les plages ont mis en avant le risque de « troubles à l’ordre public » dans le contexte de menaces d’attentats. Le Point
Malgré eux, les islamistes sont des Occidentaux. Même en rejetant l’Occident, ils l’acceptent. Aussi réactionnaires que soient ses intentions, l’islamisme intègre non seulement les idées de l’Occident mais aussi ses institutions. Le rêve islamiste d’effacer le mode de vie occidental de la vie musulmane est, dans ces conditions, incapable de réussir. Le système hybride qui en résulte est plus solide qu’il n’y paraît. Les adversaires de l’islam militant souvent le rejettent en le qualifiant d’effort de repli pour éviter la vie moderne et ils se consolent avec la prédiction selon laquelle il est dès lors condamné à se trouver à la traîne des avancées de la modernisation qui a eu lieu. Mais cette attente est erronée. Car l’islamisme attire précisément les musulmans qui, aux prises avec les défis de la modernité, sont confrontés à des difficultés, et sa puissance et le nombre de ses adeptes ne cessent de croître. Les tendances actuelles donnent à penser que l’islam radical restera une force pendant un certain temps encore. Daniel Pipes
Amid all this intellectual and moral confusion, Ian Buruma and Avishai Margalit have deftly proposed the notion of « Occidentalism. » This is a play on « Orientalism, » the formulation advanced by the late Edward Said, whereby a society or its academics and intellectuals can be judged by their attitude to the « other. » Avishai Margalit is a professor at the Hebrew University of Jerusalem and has been very much identified with the secular and internationalist wing of the Israeli peace camp. Ian Buruma is known to a large audience for his witty and profound studies of Asia, Germany and England. Both authors had in common a friendship with, and a strong admiration for, Isaiah Berlin. … The authors demonstrate that there is a long history of anti-Western paranoia in the intellectual tradition of the « East, » but that much of this is rooted in non-Muslim and non-Oriental thinking. Indeed, insofar as the comparison with fascism can be made, it can be derived from some of the very origins and authors that inspired fascism itself. In many areas of German, Russian and French culture, one finds the same hatred of « decadence, » the same cultish worship of the pitiless hero, the same fascination with the infallible « leader, » the same fear of a mechanical civilization as opposed to the « organic » society based on tradition and allegiance. Christopher Hitchens
We generally understand « radical Islam » as a purely Islamic phenomenon, but Buruma and Margalit show that while the Islamic part of radical Islam certainly is, the radical part owes a primary debt of inheritance to the West. Whatever else they are, al Qaeda and its ilk are revolutionary anti-Western political movements, and Buruma and Margalit show us that the bogeyman of the West who stalks their thinking is the same one who has haunted the thoughts of many other revolutionary groups, going back to the early nineteenth century. In this genealogy of the components of the anti-Western worldview, the same oppositions appear again and again: the heroic revolutionary versus the timid, soft bourgeois; the rootless, deracinated cosmopolitan living in the Western city, cut off from the roots of a spiritually healthy society; the sterile Western mind, all reason and no soul; the machine society, controlled from the center by a cabal of insiders, often jews, pulling the hidden levers of power versus an organically knit-together one, a society of « blood and soil. » The anti-Western virus has found a ready host in the Islamic world for a number of legitimate reasons, they argue, but in no way does that make it an exclusively Islamic matter. The Economist
They are not expressions of an outburst in the West of the [Israeli-Palestinian] conflict in the Middle East. It is truly modern, aimed against American imperialism, capitalism, etc. In other words, they occupy the same space that the proletarian left had thirty years ago, that Action Directe had twenty years ago. . . . It partakes henceforth of the internal history of the West. (…) It can feel like a time-warp, a return to the European left of the 1970s and early 1980s. Europe’s radical-mosque practitioners can appear, mutatis mutandis, like a Muslim version of the hard-core intellectuals and laborers behind the aggrieved but proud Scottish National party in its salad days. (…) In the last three centuries, Europe has given birth and nourishment to most of mankind’s most radical causes. It shouldn’t be that surprising to imagine that Europe could nurture Islamic militancy on its own soil. (…) In Europe as elsewhere, Westernization is the key to the growth and virulence of hard-core Islamic radicalism. The most frightening, certainly the most effective, adherents of bin Ladenism are those who are culturally and intellectually most like us. The process of Westernization liberates a Muslim from the customary sanctions and loyalties that normally corralled the dark side of the human soul. (…) It would be a delightful irony if the more progressive political and religious debates among the Middle East’s Muslims saved their brethren in the intellectually backward lands of the European Union. Reuel Marc Gerecht
Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. It is a war against a particular idea of the West – a bourgeois society addicted to money, creature comforts, sex, animal lusts, self-interest, and security – which is neither new nor unique to Islamist extremism. This idea has historical roots that long precede any form of ‘U.S. imperialism’ . (…) Blood, soil, and the spirit of the Volk were what German romantics in the late 18th and early 19th centuries invoked against the universalist claims of the French Enlightenment, the French Revolution, and Napoleon’s invading armies. This notion of national soul was taken over by the Slavophiles in 19th-century Russia, who used it to attack the « Westernizers, » that is, Russian advocates of liberal reforms. It came up again and again, in the 1930s, when European fascists and National Socialists sought to smash « Americanism, » Anglo-Saxon liberalism, and « rootless cosmopolitanism » (meaning Jews). Aurel Kolnai, the great Hungarian scholar, wrote a book in the 1930s about fascist ideology in Austria and Germany. He called it War Against the West. Communism, too, especially under Stalin, although a bastard child of the Enlightenment and the French Revolution, was the sworn enemy of Western liberalism and « rootless cosmopolitanism. » Many Islamic radicals borrowed their anti-Western concepts from Russia and Germany. The founders of the Ba’ath Party in Syria were keen readers of prewar German race theories. Jalal Al-e Ahmad, an influential Iranian intellectual in the 1960s, coined the phrase « Westoxification » to describe the poisonous influence of Western civilization on other cultures. He, too, was an admirer of German ideas on blood and soil. Clearly, the idea of the West as a malign force is not some Eastern or Middle Eastern idea, but has deep roots in European soil. Defining it in historical terms is not a simple matter. Occidentalism was part of the counter-Enlightenment, to be sure, but also of the reaction against industrialization. Some Marxists have been attracted to it, but so, of course, have their enemies on the far right. Occidentalism is a revolt against rationalism (the cold, mechanical West, the machine civilization) and secularism, but also against individualism. European colonialism provoked Occidentalism, and so does global capitalism today. But one can speak of Occidentalism only when the revolt against the West becomes a form of pure destruction, when the West is depicted as less than human, when rebellion means murder. Wherever it occurs, Occidentalism is fed by a sense of humiliation, of defeat. Isaiah Berlin once described the German revolt against Napoleon as « the original exemplar of the reaction of many a backward, exploited, or at any rate patronized society, which, resentful of the apparent inferiority of its status, reacted by turning to real or imaginary triumphs and glories in its past, or enviable attributes of its own national or cultural character. » The same thing might be said about Japan in the 1930s, after almost a century of feeling snubbed and patronized by the West, whose achievements it so fervently tried to emulate. It has been true of the Russians, who have often slipped into the role of inferior upstarts, stuck in the outer reaches of Asia and Europe. But nothing matches the sense of failure and humiliation that afflicts the Arab world, a once glorious civilization left behind in every respect by the post-Enlightenment West. Humiliation can easily turn into a cult of the pure and the authentic. Among the most resented attributes of the hated Occident are its claims to universalism. Christianity is a universalist faith, but so is the Enlightenment belief in reason. Napoleon was a universalist who believed in a common civil code for all his conquered subjects. The conviction that the United States represents universal values and has the God-given duty to spread democracy in the benighted world belongs to the same universalist tradition. Some of these values may indeed be universal. One would like to think that all people could benefit from democracy or the use of reason. The Code Napoleon brought many benefits. But when universal solutions are imposed by force, or when people feel threatened or humiliated or unable to compete with the powers that promote such solutions, that is when we see the dangerous retreat into dreams of purity. Not all dreams of local authenticity and cultural uniqueness are noxious, or even wrong. As Isaiah Berlin also pointed out, the crooked timber of humanity cannot be forcibly straightened along universal standards with impunity. The experiments on the human soul by Communism showed how bloody universalist dreams can be. And the poetic romanticism of 19th-century German idealists was often a welcome antidote to the dogmatic rationalism that came with the Enlightenment. It is when purity or authenticity, of faith or race, leads to purges of the supposedly inauthentic, of the allegedly impure, that mass murder begins. The fact that anti-Americanism, anti-Zionism, anti-Semitism, and a general hostility to the West often overlap is surely no coincidence. Even in Japan, where Jews play no part in national life, one of the participants at the 1942 Kyoto conference suggested that the war against the West was a war against the « poisonous materialist civilization » built on Jewish financial capitalist power. At the same time, European anti-Semites, not only in Nazi Germany, were blaming the Jews for Bolshevism. Both Bolshevism and capitalism are universalist systems in the sense that they do not recognize national, racial, or cultural borders. Since Jews are traditionally regarded by the defenders of purity as the congenital outsiders, the archetypal « rootless cosmopolitans, » it is no wonder that they are also seen as the main carriers of the universalist virus. To be sure, Jews had sound reasons to be attracted to such notions as equality before the law, secular politics, and internationalism, whether of a socialist or capitalist stamp. Exclusivity, whether racial, religious, or nationalist, is never good for minorities. Only in the Middle East have Jews brought their own form of exclusivity and nationalism. But Zionism came from the West. And so Israel, in the eyes of its enemies, is the colonial outpost of « Westoxification. » Its material success only added to the Arab sense of historic humiliation. The idea, however, that Jews are a people without a soul, mimics with no creative powers, is much older than the founding of the State of Israel. It was one of the most common anti-Semitic slurs employed by Richard Wagner. He was neither the first to do so, nor very original in this respect. Karl Marx, himself the grandson of a rabbi, called the Jews greedy parasites, whose souls were made of money. The same kind of thing was often said by 19th-century Europeans about the British. The great Prussian novelist Theodor Fontane, who rather admired England, nonetheless opined that « the cult of the Gold Calf is the disease of the English people. » He was convinced that English society would be destroyed by « this yellow fever of gold, this sellout of all souls to the devil of Mammon. » And much the same is said today about the Americans. Calculation — the accounting of money, interests, scientific evidence, and so on — is regarded as soulless. Authenticity lies in poetry, intuition, and blind faith. The Occidentalist view of the West is of a bourgeois society, addicted to creature comforts, animal lusts, self-interest, and security. It is by definition a society of cowards, who prize life above death. As a Taliban fighter once put it during the war in Afghanistan, the Americans would never win, because they love Pepsi-Cola, whereas the holy warriors love death. This was also the language of Spanish fascists during the civil war, and of Nazi ideologues, and Japanese kamikaze pilots. The hero is one who acts without calculating his interests. He jumps into action without regard for his own safety, ever ready to sacrifice himself for the cause. And the Occidentalist hero, whether he is a Nazi or an Islamist, is just as ready to destroy those who sully the purity of his race or creed. It is indeed his duty to do so. When the West is seen as the threat to authenticity, then it is the duty of all holy warriors to destroy anything to do with the « Zionist Crusaders, » whether it is a U.S. battleship, a British embassy, a Jewish cemetery, a chunk of lower Manhattan, or a disco in Bali. The symbolic value of these attacks is at least as important as the damage inflicted. What, then, is new about the Islamist holy war against the West? Perhaps it is the totality of its vision. Islamism, as an antidote to Westoxification, is an odd mixture of the universal and the pure: universal because all people can, and in the eyes of the believers should, become orthodox Muslims; pure because those who refuse the call are not simply lost souls but savages who must be removed from this earth. Hitler tried to exterminate the Jews, among others, but did not view the entire West with hostility. In fact, he wanted to forge an alliance with the British and other « Aryan » nations, and felt betrayed when they did not see things his way. Stalinists and Maoists murdered class enemies and were opposed to capitalism. But they never saw the Western world as less than human and thus to be physically eradicated. Japanese militarists went to war against Western empires but did not regard everything about Western civilization as barbarous. The Islamist contribution to the long history of Occidentalism is a religious vision of purity in which the idolatrous West simply has to be destroyed. The worship of false gods is the worst religious sin in Islam as well as in ancient Judaism. The West, as conceived by Islamists, worships the false gods of money, sex, and other animal lusts. In this barbarous world the thoughts and laws and desires of Man have replaced the kingdom of God. The word for this state of affairs is jahiliyya, which can mean idolatry, religious ignorance, or barbarism. Applied to the pre-Islamic Arabs, it means ignorance: People worshiped other gods because they did not know better. But the new jahiliyya, in the sense of barbarism, is everywhere, from Las Vegas and Wall Street to the palaces of Riyadh. To an Islamist, anything that is not pure, that does not belong to the kingdom of God, is by definition barbarous and must be destroyed. Just as the main enemies of Russian Slavophiles were Russian Westernizers, the most immediate targets of Islamists are the liberals, reformists, and secular rulers in their own societies. They are the savage stains that have to be cleansed with blood. But the source of the barbarism that has seduced Saudi princes and Algerian intellectuals as much as the whores and pimps of New York (and in a sense all infidels are whores and pimps) is the West. And that is why holy war has been declared against the West. Ian Buruma
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear
Le multiculturalisme c’est justement accepter que l’autre soit culturellement différent, et l’on ne peut imposer une culture exclusive sans aliéner ceux qui s’en sentent exclus. Annika
Il est malheureux que le Moyen-Orient ait rencontré pour la première fois la modernité occidentale à travers les échos de la Révolution française. Progressistes, égalitaristes et opposés à l’Eglise, Robespierre et les jacobins étaient des héros à même d’inspirer les radicaux arabes. Les modèles ultérieurs — Italie mussolinienne, Allemagne nazie, Union soviétique — furent encore plus désastreux …Ce qui rend l’entreprise terroriste des islamistes aussi dangereuse, ce n’est pas tant la haine religieuse qu’ils puisent dans des textes anciens — souvent au prix de distorsions grossières —, mais la synthèse qu’ils font entre fanatisme religieux et idéologie moderne. Ian Buruma et Avishai Margalit
Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear. In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers. All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam. That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet. This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community. In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.) Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon. Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands. In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment. By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America. Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.) The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out. Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries. These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others. All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go topless.) Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam. This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization. It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it. It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war. The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab. Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law. (…) The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine. Amir Taheri

Attention: une coiffe peut en cacher une autre !

A l’heure où la température du débat sur le burkini va bientôt dépasser celle du soleil sur nos plages …

Et que de l’autre côté de l’Atlantique, l’on présente comme une grande avancée de l’émancipation féminine une musulmane qui pousse la pudeur jusqu’à porter le masque sous son masque d’escrimeuse …

Pendant que pour  fustiger une France qui a dix fois plus de musulmans, le NYT lui-même monte au créneau …

Pendant que de l’autre côté de la Méditerranée l’on interdit tranquillement dans les piscines des grands hôtels …

Ou qu’entre la Turquie et la Malaisie ou l’Autriche ou l’Australie se développe le « tourisme halal »

Peut-être faudrait-il aussi rappeler avec le politologue irano-américain Amir Taheri …

Qu’au-delà des radicaux qui récupèrent ou tirent plus ou moins les ficelles derrière …

Ou, contrairement au burkini légalement non-sanctionnable, des petits malins qui s’en servent pour commettre des délits

Et bien après les pratiques ancestrales qu’elles sont censées reprendre et sans compter les fantasmes de nos orientalistes …

Le hijab comme la version plage de la burkha (c’est l’étymologie proprement oxymorique – voire « idiote » du propre aveu de sa créatrice libano-australienne – du terme burkini) sont, comme l’islamisme, toutes des inventions récentes inspirées et imitées d’inventions occidentales (la tunique, le voile et la guimpe de nos religieuses, notamment au Liban pour le premier, les tenues de plongée moderne pour le second) …

Par des musulmans immigrés en Occident ou occidentalisés redécouvrant et faisant redécouvrir à leurs contemporains, en réaction avec l’Occident qui les fascine et donc comme nouveau marqueur identitaire à la manière de nos « born again » et avec le zèle du nouveau converti (voire, pour les plus intellos, comme l’équivalent féminin de la vareuse, de la casquette ou du col du Grand Timonier aux 30 millions de morts qu’appréciaient tant nos jeunes gens engagés des années 60 ou du keffieh des terroristes palestiniens si tendance d’aujourd’hui) …

Une pratique de l’islam largement et souvent volontairement oubliée comme rétrograde par la génération de leurs parents à leur âge, Iran comme Algérie ou Afghanistan compris …

Et donc que l’on est et que l’on reste effectivement en plein multiculturalisme, invention aussi occidentale que récente !

This is Not Islam

FRANCE’S Prime Minister Jean-Pierre Raffarin has just appointed a committee to draft a law to ban the Islamist hijab (headgear) in state-owned establishments, including schools and hospitals. The decision has drawn fire from the French “church” of Islam, an organization created by Raffarin’s government last spring.

Germany is facing its hijab problem, with a number of Islamist organizations suing federal and state authorities for “religious discrimination” because of bans imposed on the controversial headgear.

In the United States, several Muslim women are suing airport-security firms for having violated their First Amendment rights by asking them to take off their hijab during routine searches of passengers.

All these and other cases are based on the claim that the controversial headgear is an essential part of the Muslim faith and that attempts at banning it constitute an attack on Islam.

That claim is totally false. The headgear in question has nothing to do with Islam as a religion. It is not sanctioned anywhere in the Koran, the fundamental text of Islam, or the hadith (traditions) attributed to the Prophet.

This headgear was invented in the early 1970s by Mussa Sadr, an Iranian mullah who had won the leadership of the Lebanese Shi’ite community.

In an interview in 1975 in Beirut, Sadr told this writer that the hijab he had invented was inspired by the headgear of Lebanese Catholic nuns, itself inspired by that of Christian women in classical Western paintings. (A casual visit to the Metropolitan Museum in New York, or the Louvres in Paris, would reveal the original of the neo-Islamist hijab in numerous paintings depicting Virgin Mary and other female figures from the Old and New Testament.)

Sadr’s idea was that, by wearing the headgear, Shi’ite women would be clearly marked out, and thus spared sexual harassment, and rape, by Yasser Arafat’s Palestinian gunmen who at the time controlled southern Lebanon.

Sadr’s neo-hijab made its first appearance in Iran in 1977 as a symbol of Islamist-Marxist opposition to the Shah’s regime. When the mullahs seized power in Tehran in 1979, the number of women wearing the hijab exploded into tens of thousands.

In 1981, Abol-Hassan Bani-Sadr, the first president of the Islamic Republic, announced that “scientific research had shown that women’s hair emitted rays that drove men insane.” To protect the public, the new Islamist regime passed a law in 1982 making the hijab mandatory for females aged above six, regardless of religious faith. Violating the hijab code was made punishable by 100 lashes of the cane and six months imprisonment.

By the mid 1980s, a form of hijab never seen in Islam before the 1970s had become standard gear for millions of women all over the world, including Europe and America.

Some younger Muslim women, especially Western converts, were duped into believing that the neo-hijab was an essential part of the faith. (Katherine Bullock, a Canadian, so loved the idea of covering her hair that she converted to Islam while studying the hijab.)

The garb is designed to promote gender apartheid. It covers the woman’s ears so that she does not hear things properly. Styled like a hood, it prevents the woman from having full vision of her surroundings. It also underlines the concept of woman as object, all wrapped up and marked out.

Muslim women, like women in all societies, had covered their head with a variety of gears over the centuries.
These had such names as lachak, chador, rusari, rubandeh, chaqchur, maqne’a and picheh, among others.

All had tribal, ethnic and generally folkloric origins and were never associated with religion. (In Senegal, Muslim women wear a colorful Headgear against the sun, while working in the fields, but go Topless.)

Muslim women could easily check the fraudulent nature of the neo-Islamist hijab by leafing through their family albums. They will not find the picture of a single female ancestor of theirs who wore the cursed headgear now marketed as an absolute “must” of Islam.

This fake Islamic hijab is nothing but a political prop, a weapon of visual terrorism. It is the symbol of a totalitarian ideology inspired more by Nazism and Communism than by Islam. It is as symbolic of Islam as the Mao uniform was of Chinese civilization.

It is used as a means of exerting pressure on Muslim women who do not wear it because they do not share the sick ideology behind it.
It is a sign of support for extremists who wish to impose their creed, first on Muslims, and then on the world through psychological pressure, violence, terror, and, ultimately, war.

The tragedy is that many of those who wear it are not aware of its implications. They do so because they have been brainwashed into believing that a woman cannot be a “good Muslim” without covering her head with the Sadr-designed hijab.

Even today, less than 1 percent of Muslim women wear the hijab that has bewitched some Western liberals as a symbol of multicultural diversity. The hijab debate in Europe and the United States comes at a time when the controversial headgear is seriously questioned in Iran, the only country to impose it by law.

Last year, the Islamist regime authorized a number of girl colleges in Tehran to allow students to discard the hijab while inside school buildings. The experiment was launched after a government study identified the hijab as the cause of “widespread depression and falling academic standards” and even suicide among teenage girls.

The Ministry of Education in Tehran has just announced that the experiment will be extended to other girls schools next month when the new academic year begins. Schools where the hijab was discarded have shown “real improvements” in academic standards reflected in a 30 percent rise in the number of students obtaining the highest grades.

Meanwhile, several woman members of the Iranian Islamic Majlis (parliament) are preparing a draft to raise the legal age for wearing the hijab from six to 12, thus sparing millions of children the trauma of having their heads covered.

Another sign that the Islamic Republic may be softening its position on hijab is a recent decision to allow the employees of state-owned companies outside Iran to discard the hijab. (The new rule has enabled hundreds of women, working for Iran-owned companies in Paris, London, and other European capitals, for example, to go to work without the cursed hijab.)

The delicious irony of militant Islamists asking “Zionist-Crusader” courts in France, Germany and the United States to decide what is “Islamic” and what is not will not be missed. The judges and the juries who will be asked to decide the cases should know that they are dealing not with Islam, which is a religious faith, but with Islamism, which is a political doctrine.

The hijab-wearing militants have a right to promote their political ideology. But they have no right to speak in the name of Islam.

Voir aussi:

France’s Burkini Bigotry

By THE EDITORIAL BOARD
The NYT

After bans on full-face veils, head scarves in schools and rules about students’ skirt lengths, France’s perennial problem with Muslim women’s attire has taken its most farcical turn yet with a new controversy over the “burkini,” body-covering swimwear whose name is an amalgam of burqa and bikini. As of Thursday, five French mayors had banned the burkini, calling it, variously, a threat to public order, hygiene, water safety and morality, tantamount to a new weapon of war against the French republic. Thierry Migoule, an official with the city of Cannes, the first to ban the burkini, declared the swimwear “clothing that conveys an allegiance to the terrorist movements that are waging war against us.”

This hysteria threatens to further stigmatize and marginalize France’s Muslims at a time when the country is listing to the Islamophobic right in the wake of a series of horrific terrorist attacks. And with presidential elections scheduled for next spring and the right-wing National Front’s popularity on the rise, French officials and politicians have leapt to support the mayors.

Prime Minister Manuel Valls on Wednesday called the burkini a symptom of “the enslavement of women” that “is not compatible with the values of France” and said “the nation must defend itself.” France’s women’s rights minister, Laurence Rossignol, declared the burkini “the beach version of the burqa” and said “it has the same logic: Hide women’s bodies in order to better control them.”

Tell that to the creator of the burkini, the Australian designer Aheda Zanetti, who coined the name for a line of swimwear she introduced to offer women who did not want to expose their bodies — for whatever reason — the freedom to enjoy water sports and the beach. The British chef and television star Nigella Lawson wore a burkini on an Australian beach in 2011, presumably of her own free will. Meanwhile, the world has watched Muslims proudly compete at the Olympics in Rio in body-covering sportswear.

The fact that French parents are increasingly dressing their toddlers in remarkably similar suits to protect them from the sun, or that a wet suit also covers the head and body, adds to the hypocrisy of this debate. But at the heart of the dispute is something far darker: French politicians’ paternalistic pronouncements on the republic’s duty to save Muslim women from enslavement — by dictating to them what they can and can’t wear. The burkini rumpus is also a convenient distraction from the problems France’s leaders have not been able to solve: high unemployment, lackluster economic growth and a still very real terrorist threat.

Voir également:

Burkini®, une marque déposée en 2006 en Australie

La société Ahiida a été créé en Australie en 2004 par Aheda Zanetti. Elle est aujourd’hui implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. D’autres marques se sont lancées sur ce créneau.

Aheda Zanetti, une entrepreneuse australienne d’origine libanaise, ne s’attendait certainement pas à ce que tous les regards se braquent un jour sur sa société, Ahiida, créée en 2004 à Sydney lorsqu’elle était à peine âgée de 40 ans. En pleine polémique sur le burkini en France -qui s’étend en Espagne-, des voix s’élèvent pour demander une loi afin d’interdire ce type de tenue de plage couvrant le corps et la tête des femmes. À l’origine, Aheda Zanetti affirme avoir eu l’idée de créer ce concept de mode pour aider les jeunes femmes musulmanes à faire du sport. Arrivée du Liban en Australie lorsqu’elle avait deux ans, la créatrice explique sur son site de vente en ligne: «J’ai remarqué que les jeunes filles et femmes qui suivent les préceptes de l’Islam, en adoptant notamment des tenues vestimentaires modestes, doivent souvent se résigner à ne pas participer aux activités sportives que l’Australie a à offrir.»

Il y a 12 ans, estimant que le marché avait du potentiel, elle a donc lancé son entreprise de mode spécialisée dans les maillots de bains et tenues de sports pour les musulmanes. Elle a, dans la foulée en 2006, déposé les marques Ahiida®, Burqini® et Burkini®. Le succès a été immédiat, selon l’entrepreneuse. «Nous avons vendu plus de 700.000 tenues de bain (depuis la création de la marque, NDLR) et nous écoulons également bien nos produits en Europe et en France», explique l’entrepreneuse au Figaro. Les ventes ont, selon elle, augmenté de 40% durant l’été 2016.

À l’international, Ahiida a désormais un pied sur chaque continent. L’entreprise est, d’après son site, implantée au Moyen Orient, au Canada, à Singapour, en Afrique du Sud et en Europe. «Nous sommes ravis du volume de commandes internationales, passées par des femmes en quête de tenues de bain et de sports pudiques», commente Aheda Zanetti. «Nos marchés les plus importants sont les États-Unis, le Canada et l’Europe.» Selon elle, les ventes de l’entreprise ne souffrent pas des interdictions prononcées dans certains pays, comme cela a été le cas au Maroc. «Nous pensons que les femmes européennes, notamment, ont adhéré à nos lignes Burkini Swimwear et Hijood Sportwear et à ce qu’elles représentent.» D’après Aheda Zanetti, 40% environ du marché est porté par des clientes non-musulmanes, pour certaines des femmes qui veulent se protéger du soleil avec ces tenues.

Boom de la consommation musulmane

Slim fit, grande taille, anti-coup de soleil, la gamme de vêtements proposée par Ahiida est vaste. Les prix oscillent de près de 80 euros (même si en ce moment certains produits sont en promotion à environ 60 euros) jusqu’à près de 130 euros, selon les coupes, par exemple. L’entreprise propose aussi des modèles pour enfants.

Malgré les polémiques récurrentes à travers le monde, et sans doute aussi un peu pour en profiter, les grandes marques commencent à s’intéresser à ce marché. Marks & Spencer a lancé une collection de burkinis au printemps dernier, une initiative que la ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol avait alors qualifiée d’«irresponsable». De leur côté, les enseignes de mode peuvent-elles réellement passer à côté de la manne de consommation que représente la clientèle musulmane? Selon une étude de Thomson Reuters et de l’institut d’études newyorkais DinarStandard, les dépenses en habillement de la communauté musulmane dans le monde devraient passer de 230 milliards de dollars (204 mds€) en 2014 à 327 milliards (290 mds€) en 2020.

Voir encore:

Histoire du burkini, des origines aux polémiques

Après la polémique, retour sur l’histoire du burkini : son invention, son apparition en France, et le marché qu’il représente aujourd’hui.

Source AFP

 Le Point
17/08/2016|

Mutilations génitales: A quand une journée de l’excision pour tous ? (It’s islam, stupid ! – Data show a negative relationship between education and excision and between schooling and Islam)

23 avril, 2016

ESCALADE_A_SCIENCES_POHijabforaday2fgm2aslanCNNPrevalence of excision féminicide_2011tif_wmlogo3

fgm1

Percentage of girls and women aged 15 to 49 years who have undergone FGM, by religion
LiteracyAfrica-literacy-rate

Ô Umm ‘Atiya, coupe légèrement et n’exagère pas car c’est plus agréable pour la femme et meilleur pour le mari. Hadith
 La circoncision est une sunna pour l’homme et un honneur pour la femme. Hadith
Comment une religion qui protège l’être humain pourrait-elle recommander un acte si douloureux, si mutilant, si handicapant pour celle qui l’a subi ? Il serait incohérent d’attribuer à l’islam une telle pratique alors que celui-ci accorde à la femme de nombreux droits dont celui d’être satisfaite par son mari. Aslim Taslam
Toute la jurisprudence islamique, depuis l’avènement de l’islam il y a 14 siècles, reconnait et permet l’excision. Il existe des désaccords concernant le statut de l’excision dans la charia. Certains estiment que l’excision est exigée par la charia tout comme l’est la circoncision masculine. D’autres estiment que c’est une pratique traditionnelle. Mais tout au long de l’histoire de l’islam, jamais personne n’a émis l’idée que l’excision est un crime. Il y a un consensus religieux sur ce point depuis 14 siècles. Muhammad Al-Mussayar, Al-Azhar)
Concernant la circoncision féminine, il y a consensus parmi les savants que la circoncision féminine est Sunnah, qu’elle est recommandée par la charia. Coupez légèrement et ne coupez pas beaucoup. C’est susceptible d’encourager la chasteté des organes sexuels et c’est meilleur pour le mari. Cheikh Haitham al-Haddad (basé au Royaume-Uni)
La « mutilation génitale féminine » est avant tout une étiquette désobligeante et subversive L’utilisation préemptive de cette expression est aussi blessante que de commencer une conversation au sujet du droit des femmes à l’IVG en qualifiant l’avortement de « meurtre d’une vie innocente ». Les avocats revendiquant le droit à l’avortement ont raison de s’opposer au dénigrement implicite de cette étiquette; beaucoup de femmes africaines s’opposent pareillement à qualifier de « mutilation» une pratique qu’elles décrivent en termes locaux comme « fête » ou « purification » ou « nettoyage » ou « embellissement ». Il est d’ailleurs significatif que dans la plupart des groupes ethniques où les opérations génitales féminines sont courantes, les opérations génitales masculines sont également courantes et décrites dans les mêmes termes. Richard Shweder (anthropologue, Université de Chicago, 05.12. 07)
Oui, c’est une évidence flagrante qu’il y a des risques liés aux infibulations. Mais il est tout aussi évident qu’une petite entaille, pratique qui ne comporte aucune ablation de tissu ou d’altération définitive des organes génitaux féminins, n’est pas plus risquée que les formes de circoncision masculine ou de piercing qui sont largement (bien qu’évidemment pas uniformément) admises dans la société occidentale. (…) La recherche épidémiologique nous renseigne sur le degré de risque de divers types associé à différentes formes de pratiques. Elle ne nous dit pas quand le risque est trop grand. Et qui décide quand le risque devient trop important ? Cela doit-il être décidé par des organismes internationaux? Des gouvernements ? Quand cela devient-il une nouvelle forme d’impérialisme culturel? Bettina Coquille-Duncan (anthropologue, université de Washington, 28.02.08)
Il serait peut-être plus efficace, en guise de compromis, pour éviter un mal plus grand, que les lois fédérales et les états autorisent les pédiatres à pratiquer une entaille rituelle pour satisfaire la demande des familles. Académie de Pédiatrie Américaine (06.05.10)
Les médecins australiens envisagent d’accepter une forme de mutilation sexuelle chez les nouveau-nés de sexe féminin. La mutilation aurait lieu dans un environnement clinique adapté pour empêcher les pratiques “sauvages” réalisées par les immigrés africains. The Daily Telegraph
Un des risques pour la science est quand des résultats politiquement corrects sont bien accueillis, aisément publiés et sans cesses cités, alors que des résultats politiquement embarrassants sont ignorés ou marginalisés. Ceci n’est peut-être jamais plus évident que dans l’étude « de la mutilation génitale féminine » où les rôles des chercheurs et des activistes politiques semblent souvent confondus. (…) La question clé est la suivante: Accepterions-nous aussi aisément les résultats de la recherche qui contredisent la connaissance médicale existante dans d’autres domaines que « la mutilation génitale féminine »? Les résultats de la recherche au sujet du diabète ou de l’asthme seraient-ils acceptés par exemple sans les habituelles procédures de contrôle les plus rigoureuses? Sara Johnsdotter et Birgitta Essen (Uppsala University, 23.02.08)
A partir de quelle quantité de sang les parents seront-ils satisfaits? Il y a de par le monde des pays où battre sa femme est autorisé, où l’esclavage et les abus sexuels sur les enfants sont permis. Nous n’autorisons pas ces coutumes dans notre pays. Nous n’autorisons pas les gens à pratiquer “un peu d’esclavage” parce qu’ils risquent de le pratiquer malgré tout. Nous n’autorisons pas les gens à battre leur femme “un petit peu”, pour prévenir le fait qu’ils le feront de toute façon. Georganne Chapin (directrice de Intact America)
Ce que nous proposons, c’est que des formes inoffensives de rituels génitaux féminins soient permises en vertu de la loi, et que les gens qui pratiquent les mutilations génitales soient encouragés à pratiquer cette procédure mineure plutôt que la mutilation. Il s’agit essentiellement d’une procédure où l’extérieur du vagin, la vulve, est entaillée avec un bistouri ou une aiguille, causant un écoulement de sang de manière stérile avec un crème anesthésiante. (…) Il n’y a aucune ablation. On parle d’une coupure d’environ un millimètre, qui devrait guérir complètement et rapidement sans laisser de cicatrice, de problèmes sexuels, de problèmes de reproduction, ou de douleur résiduelle. Le but est d’offrir aux gens qui croient qu’il doit y avoir une procédure rituelle spécifique selon le sexe – par exemple certaines cultures ou religions pratiquent la circoncision des garçons – une alternative sûre, dans la mesure où ils sont disposés à l’accepter. (…) C’est un manque de sensibilité culturelle car ces choses sont importantes pour des gens, et nous leur disons qu’ils ont tort, qu’ils sont des criminels. Et dans certains cas – pas avec l’infibulation, mais avec quelque chose comme une entaille vulvaire – nous autorisons des procédures comparables dans la culture majoritaire. Si c’est une chose à laquelle nous sommes habitués, nous permettrons la circoncision masculine, si une adolescente veut modifier la forme de ses seins, nous lui permettrons de subir cette opération. Si nous devons faire une comparaison avec l’entaille vulvaire : nous permettons aux parents de percer les oreilles de leurs fillettes, mais si la culture est étrangère, si elle est plus exotique, s’il s’agit d’une culture que beaucoup de gens n’aiment pas, dans ce cas, les procédures les plus minimalistes telles qu’une entaille vulvaire sont criminelles, et cela semble discriminatoire. (…) On parle d’un nouveau-né, peut-être un nouveau-né qui n’a pas développé la sensation de ses organes génitaux. On parle d’une entaille qui dure une seconde, qui est complètement guérie dans une couple de jours et dont les effets objectifs ne diffèrent pas du perçage des oreilles. La différence, bien sûr, est qu’il s’agit des organes génitaux, et tout ce qui touche à ces organes suscite des réactions très fortes. Dr Allan Jacobs (2016)
It is incredibly comfortable and there’s no sun block and you’re not getting a tan. Celebrity chef Nigella Lawson
A Sciences-Po chaque jour est une fête. Grâce à un bureau des étudiants hyperactif, l’année est plus rythmée qu’une semaine au Club Med. On connaissait bien sûr la Queer Week, «espace d’action et de réflexion autour des genres et des sexualités», organisée depuis 2010, dont la marraine était cette année la «lesbienne invisible» Océane RoseMarie. Cette année, durant une semaine en mars 2016, les étudiant-e-s et leurs professeur-e-s ravi-e-s ont pu admirer les stands de la Brigade du Stupre, ou celui du collectif GARCES dont l’animatrice confie «arpenter les manifs pour crier des misandries intersectionnelles et emmerder les mascu». Après Océane Rosemarie, il se dit que le Concombre Masqué parrainera l’édition 2017, placée sous le signe de l’intersectionnalité heureuse et du mascu vaincu. Non mais c’est vrai quoi : H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir ? Si le mois de mars était celui de la guerre des genres, du dévoilement transgressif et de la chasse au mascu, en avril en revanche on ne se découvrira pas d’un fil à Sciences-Po puisqu’un autre collectif «d’étudiant-e-s» a décidé d’organiser cette fois un «hijab day» dans les murs de la vénérable institution qui doit quelquefois se fatiguer elle-même d’être de tous les combats. Après la récente polémique de la mode islamique, les étudiants de Sciences-Po ont dû penser qu’il était temps d’inverser la vapeur et de hisser les voiles pour voler au secours des minorités opprimées tout en restant trop tendance. Non mais c’est vrai quoi: H&M se lance dans le burkini et le petit hijab fashion et Sciences-Po devrait rester les bras croisés sans réagir? Pas question, quand on étudie à deux pas des plus jolies enseignes parisiennes, de laisser passer la sortie d’une nouvelle collection printemps-été! Et puis afficher sa solidarité avec les femmes voilées c’est bien, Esther Benbassa l’avait dit et Europe-Ecologie-Les Verts avait organisé une ‘journée hijab’ contre la voilophobie il y a près de trois ans, en août 2013, dans le sillage de la styliste américaine Nazma Khan qui a lancé l’initiative reprise aujourd’hui dans 140 pays… sauf la France, se désolaient il y a quelques mois les initiateurs du World Hijab Day Lyon, «un événement destiné à déconstruire les préjugés», malheureusement interdit en janvier dernier par le méchant préfet Delpuech et la préfecture de Lyon, sous couvert d’état d’urgence. Heureusement que Sciences-Po Paris est là pour rattraper le coup! Quand on pense que 116 pays ont pu tranquillement organiser une journée du hijab, que la ville d’Ottawa a même accepté que s’organise une journée d’ateliers d’essayage pour inviter les non-musulmanes à «porter le foulard islamique pour mieux comprendre la réalité des hijabis, leurs sœurs voilées», on comprend qu’un collectif d’étudiants de Sciences-Po ait décidé qu’il était temps que la patrie d’Yves Saint-Laurent, Dior et Chanel soit moins voilophobe et textilorétrograde. Et puis même Geneviève de Fontenay est d’accord: «Moi je les soutiens ces femmes musulmanes! Quand on voit la mode française avec ses jeans troués et rapiécés, tout cet exhibitionnisme, soyons au moins tolérants!» Avec une caution pareille, comment ne pas se sentir légitime? Pour remercier Geneviève, les étudiants de Sciences-Po auraient dû imposer en sus du hijab celui du chapeau à large bord pour toutes les étudiantes. Que les réfractaires se rassurent cependant, Fatima Elo, présidente-fondatrice de l’association Politiqu’Elles, association féministe soutenant l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, expliquait ce mercredi matin à l’antenne de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, que «personne ne sera forcé à porter le voile, c’est du volontariat». Par contre, on ne s’assiéra plus à côté des grincheux voilophobes à la cantine. Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire. Fatima Elo expliquait également ce matin chez Bourdin que derrière l’initiative du Hijab Day de Sciences-Po, «l’idée était d’aborder la question du voile avec humour». Apporter son joli foulard pour aborder avec humour le traitement des femmes voilées et même dans certains coins de banlieue de France où le port du voile n’est pas vraiment présenté comme du volontariat, c’est vrai que la blague était à faire, et les nombreuses intéressées qui subissent menaces, insultes et violences quand elles refusent de porter le voile ont dû bien rire à cette bonne blague et être soulagées que les étudiants de Sciences-Po s’intéressent enfin à leur sort. Comme les y invitait ce matin une twitto: «Aux nanas de @sciencespo qui font le #HijabDay n’oubliez pas de servir les garçons à table à midi et de mettre des gants pour serrer la main.» Mais la blagounette a l’air d’être mal passée, à en juger par l’avalanche de réactions négatives qu’elle a provoqué dans la presse. On pourrait presque croire que le sujet est devenu ces derniers temps un peu sensible…Et comme on n’est jamais aussi bien trahi que par les siens, voilà que l’antenne FN de Sciences-Po Paris produit un communiqué assassin: «Ce geste relève de l’imposture politique d’une bourgeoisie parisienne déconnectée des réalités sociales, qui exacerbe par ce jeu naïf les tensions communautaires». Maudit Richard Descoings! En instituant ses antennes ZEP et ses bourses à destination des étudiants plus défavorisés, l’ex-vénéré directeur de Sciences-Po a fait rentrer dans les murs une cohorte de jeunes loups qui ont grossi les rangs du parti lepéniste et lui ont permis de faire une entrée fracassante dans le pré carré du progressisme éclairé où il vient désormais s’autoriser à gâcher la fête en toutes occasions. Laurent Cantamessi 
While we would consider female genital surgeries as both unnecessary and hazardous—unnecessary because they have no health benefit, and hazardous because the risks they are associated with are considered high—these two convictions, in fact, constitute fundamental points of disagreement. In the societies where they are practiced, female genital surgeries may be considered necessary for reasons that have nothing to do with health but that are thought to be crucial to the definition of a beautiful feminine body, the marriageability of daughters, the balance of sexual desire between the sexes, or the sense of value and identity that comes from following the traditions of the group (…). In that sense, these operations may be compared to some of the « unnecessary » surgeries that men and women undergo in other societies, a topic on which much has been written. The parallels have been made, and readily come to mind: what about the circumcision of male infants? and what about breast implants, nose jobs, and other plastic surgeries? Are female genital surgeries different from the former because of what they excise—an organ whose sole purpose is sexual enjoyment, compared to a somewhat less indispensable piece of skin? Do they differ from the latter because of who makes the decision—the person herself versus her parents? And if so, then is the harm less in the exact consequences of the operations than in the fact that they are carried out without the true consent of the individual? It be- comes clear from these questions that unequivocal answers cannot emerge from applying objective criteria, and that scientific assessments are inseparable from subjective judgments and ethical principles. In addition, female genital surgeries would not be perceived to be especially risky by the population if it is, in fact, true that most women go through them without severe complications, and because the extent to which discomfort is expected and thought to be unavoidable varies greatly among different groups. The actuarial notion of health risk that is familiar to most individuals in societies with high literacy and numeracy, as well as extensive health systems and insurance coverage, is not as likely to be found in societies where schooling is limited, life expectancy is lower, health systems are rudimentary, and pain must often be confronted. Hence, modifying the evaluation that individuals make of the risks of genital surgeries entails not merely education about the possible health damage, but also changes in a whole set of factors that shape the demography, economy, and health care of the population. Carla Makhlouf Obermeyer (Harvard)
Dans les régions (d’Afrique) où il fait chaud, les gens sont contraints d’exciser les filles à titre de thérapie car dans ces régions, les clitoris sont trop grands et gênent l’époux. On excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez les femmes, c’est l’occident qui a exagéré le sujet. L’excision est une opération esthétique pour la femme. Habib Ellouze (député tunisien Ennahda, 2013)
L’excision n’est mentionnée dans aucune tradition islamique ni dans le Coran. Les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués, comme le soulignait le grand imam de la Mosquée Al Azhar au Caire en 1997 pour justifier son interdiction. De toute façon, l’excision est pratiquée autant chez les Coptes, les chrétiennes d’Egypte, que chez les musulmanes. Cette horreur remonte à la nuit des temps, celle des Pharaons. Jusqu’à aujourd’hui, puisque malgré les lois les filles du Nil n’en sont toujours pas préservées : en 2008, on estimait à 70% le nombre d’Egyptiennes excisées ! Martine Gozlan (Marianne)
Dans le monde, 100 à 140 millions de filles et de  femmes  ont  subi  une  mutilation  sexuelle.  (…) Le  phénomène est présent essentiellement en Afrique sub-saharienne et dans quelques régions du Proche-Orient  et de l’Asie du Sud-Est (Yémen, Indonésie et Malaisie).  Près de 5  % des victimes vivent dans des pays du Nord,  soit  plus  de  6,5  millions  de  filles  et  de  femmes.  Elles  résident principalement dans les pays européens d’immigration africaine ainsi qu’en Amérique du Nord. Une trentaine de pays d’Afrique concernés. En  Afrique,  on  recense  28  pays  où  les  mutilations  sexuelles  féminines  sont  pratiquées. (…) D’un  pays à l’autre, la proportion de femmes excisées varie  beaucoup,  s’échelonnant  de  1,4  %  au  Cameroun  à  96  %  en  Guinée  au  début  des  années  2000.  Trois  groupes de pays se distinguent  : les pays où la  grande  majorité  des  femmes  sont  excisées  (plus  de  85  %)  ; ceux où la proportion varie selon l’ethnie, la  catégorie  sociale et la génération, seules certaines fractions de la population étant touchées, et où, au total,  entre  25  et  85  %  des  femmes  sont  excisées  ;  enfin,  les  pays où seules quelques minorités ethniques sont concernées et où la proportion d’excisées est inférieure à 25  %. (…) La pratique des mutilations sexuelles féminines  est souvent présentée comme la conséquence d’injonctions religieuses, notamment de l’islam. Pourtant, l’excision  était  pratiquée  en  Afrique  bien  avant  l’arrivée  des religions monothéistes et aucun texte religieux ne  permet de la justifier. Il n’y a pas de relation entre la  diffusion de l’islam dans un pays et la proportion de  femmes qui y sont excisées et on rencontre tous les cas  de  figures  en  Afrique.  En  Éthiopie,  par  exemple,  les  trois quarts des femmes sont excisées alors qu’un tiers  seulement de la population est musulmane. Dans  l’autre sens, au Niger, seule une toute petite minorité de femmes est excisée (2  %) alors que le pays est presque  entièrement musulman. En revanche, dans le pays voisin à