Arabie saoudite: Cachez cette croix que je ne saurai voir ! (World’s best-kept secret: Guess why you probably never heard of the recent French archeological find confirming the Judeo-Christian origins of Arabic writing in Saudi Arabia 150 years before the rise of Islam ?)

26 avril, 2019
 spread_of_religions600Jesus Palestinianhttps://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/58374239_1676880679125217_3985717405736239104_n.png?_nc_cat=106&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&oh=a77a3a5c8f7978f65b9a00c0de479d0c&oe=5D2EA585Notre-Dame pendant l'incendie du 15 avril 2019
Veiled New Zealand PMMillionaire Srilankan suicide bomber Inshaf Ibrahim with tycoon fatherjohn_paul_ii_kisses_koranQu’on ne se fie à aucun de ses frères; car tout frère cherche à tromper… Jérémie 9: 4
Les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent que les fils de la captivité bâtissaient un temple à l’Éternel, le Dieu d’Israël. Ils vinrent auprès de Zorobabel et des chefs de familles, et leur dirent: Nous bâtirons avec vous; car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, et nous lui offrons des sacrifices depuis le temps d’Ésar Haddon, roi d’Assyrie, qui nous a fait monter ici. Mais Zorobabel, Josué, et les autres chefs des familles d’Israël, leur répondirent: Ce n’est pas à vous et à nous de bâtir la maison de notre Dieu; nous la bâtirons nous seuls à l’Éternel, le Dieu d’Israël, comme nous l’a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse. Alors les gens du pays découragèrent le peuple de Juda; ils l’intimidèrent pour l’empêcher de bâtir, et ils gagnèrent à prix d’argent des conseillers pour faire échouer son entreprise. Il en fut ainsi pendant toute la vie de Cyrus, roi de Perse, et jusqu’au règne de Darius, roi de Perse. Sous le règne d’Assuérus, au commencement de son règne, ils écrivirent une accusation contre les habitants de Juda et de Jérusalem. Et du temps d’Artaxerxès, Bischlam, Mithredath, Thabeel, et le reste de leurs collègues, écrivirent à Artaxerxès, roi de Perse. Esdras 4: 1-15
Nul ami tel qu’un frère ; nul ennemi comme un frère. Proverbe indien
Nous avons tendance à penser naïvement les rapports fraternels comme une affectueuse complicité. Mais les exemples mythologiques, littéraires et historiques dessinent une autre réalité et donnent d’innombrables exemples de conflits violents. Nous citions Caïn et Abel ou Jacob et Esaü mais il y a aussi Romus et Romulus, Etéocle et Polynice, Richard Cœur de lion et Jean sans terre.…  Même quand ils ne sont pas des jumeaux, les frères ont de nombreux attributs en commun qui les confondent : ils ont le même père, la même mère, le même sexe, la même position relative dans la société. Cette proximité et cette parenté les rendent ennemis, concurrents. René Girard
C’était une cité fortement convoitée par les ennemis de la foi et c’est pourquoi, par une sorte de syndrome mimétique, elle devint chère également au cœur des Musulmans. Emmanuel Sivan
Le point intéressant est l’attitude des Palestiniens. Il me semble que ceux-ci sont attirés par deux attitudes extrêmes: l’une est la négation pure et simple de la Shoah, dont il y a divers exemples dans la littérature palestinienne ; l’autre est l’identification de leur propre destin à celui du peuple juif. Tout le monde a pu remarquer, par exemple, que la Déclaration d’indépendance des Palestiniens en novembre 1988 était calquée sur la Déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. C’est dans cet esprit qu’il arrive aux dirigeants palestiniens de dire que la Shoah, ils savent ce que c’est, puisque c’est ce qu’ils subissent au quotidien. J’ai entendu M. Arafat dire cela, en 1989, à un groupe d’intellectuels, dont je faisais partie. Pierre Vidal-Naquet
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme. Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit: Abraham! Et il répondit: Me voici! Dieu dit: Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. Genèse 22 :1-2
Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaïl) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit: ‹Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses›. (Ismaël) dit: ‹Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants› (…) Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. Le Coran, 37, 101-102 & 112
Le Coran partage avec les apocryphes chrétiens de nombreuses scènes de vie de Marie et d’enfance de Jésus : la consécration de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 31 et le Proto-évangile de Jacques, la vie de Marie au Temple dans la Sourate III, La famille de ‘Îmran, 32 et la Sourate XIX, Marie, 16 et le Proto-évangile de Jacques, le tirage au sort pour la prise en charge de Marie dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 39 et le Proto-évangile de Jacques, la station sous un palmier dans la Sourate XIX, Marie, 23 et l’Évangile du pseudo-Matthieu, Jésus parle au berceau dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 41 et la Sourate XIX, Marie, 30 et l’Évangile arabe de l’enfance, Jésus anime des oiseaux en argile dans la Sourate III, La famille de ‘Imran, 43 et la Sourate V, La Table, 110 et l’Évangile de l’enfance selon Thomas… Wikipedia
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de ” greffe” du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. Archaïque ? Peut-être, mais l’est-il plus que notre société moderne hostile aux rites et de plus en plus soumise à la violence ? Jésus a-t-il échoué ? L’humanité a conservé de nombreux mécanismes sacrificiels. Il lui faut toujours tuer pour fonder, détruire pour créer, ce qui explique pour une part les génocides, les goulags et les holocaustes, le recours à l’arme nucléaire, et aujourd’hui le terrorisme. René Girard
Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle. Anne-Marie Delcambre
Je n’aime pas parler de violence islamique : si je parlais de violence islamique, je devrais également parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents ; tous les catholiques ne sont pas violents. Je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Mais on ne peut pas dire — je crois que cela n’est pas vrai et que ce n’est pas juste — que l’islam est terroriste. Pape François
Je ne crois pas qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. (…) Devant l’actuel terrorisme islamiste, il conviendrait de s’interroger sur la manière dont a été exporté un modèle de démocratie trop occidentale dans des pays où il y avait un pouvoir fort, comme en Irak. Ou en Libye, à la structure tribale. On ne peut avancer sans tenir compte de cette culture.  (…) Sur le fond, la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. (…) En Centrafrique, avant la guerre, chrétiens et musulmans vivaient ensemble et doivent le réapprendre aujourd’hui. Le Liban aussi montre que c’est possible. Pape François
Un passage des propos du pape François attire l’œil: «L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations». Voici le passage évoqué: «Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19)». On peut appeler «conquête» la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé «aux rouges comme aux noirs». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens. Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis: «J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ‘l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36)». J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique: «Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62)» Indication précieuse: il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot «islam» dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car «il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256)». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot «conquête» a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu. Pourquoi insister sur ces différences? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion. Rémi Brague
Les Chrétiens et les juifs parlent d’un livre «inspiré» par Dieu mais nullement une œuvre de Dieu. Pour les musulmans, le Coran est un «miracle» qui «éblouit le monde», c’est-à-dire une œuvre purement divine, incréée et présente depuis l’éternité. Il est donc par définition infaillible. Il n’a pas à être interprété ou analysé, la Parole de Dieu ne peut l’être, elle ne peut qu’être suivie. (…) Du point de vue coranique, un terroriste musulman n’est pas en contradiction avec les préceptes du Coran et reste donc un bon musulman. D’ailleurs les fatwas touchent des démocrates et tout à fait exceptionnellement des terroristes musulmans, il a fallu attendre jusqu’à mars 2005 pour qu’une fatwa soit lancée contre Oussama Ben Laden, émanant de la commission islamique d’Espagne. Louis Chagnon
C’est une religion aux préceptes assez simples et convaincants. Un seul Dieu, qui ordonne toute chose dans le monde… Pour adhérer à l’islam, il suffit de prononcer une formule : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu et que Mahomet est son prophète. » Avec cela, vous êtes musulman. Il est de coutume de circoncire les nouveaux fidèles. Mais ce n’est pas obligatoire. Si les soldats de Napoléon ne se sont pas convertis à l’islam, c’est que les savants musulmans, en fait très ennuyés par la perspective d’une conversion aussi massive, ont imposé deux conditions : la circoncision et l’interdiction de boire du vin. Cette dernière était inacceptable. Et voilà pourquoi les Français sont chrétiens et pas musulmans.  Maxime Rodinson
D’après les théologiens musulmans, le Coran vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain. Mohammed l’a récité alors qu’il était analphabète. Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé. Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges. (…) L’alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mohammed que trois voyelles longues : a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture, nommée scriptio defectiva, est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte. (…) C’est vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran. Le Coran a donc été primitivement écrit en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible. Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran. L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a donc fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale. (…) À l’époque de Mohammed, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin. Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin. André Frament
D’après la théologie musulmane, Mohammed, venant à la suite d’une longue suite de prophètes, n’aurait fait qu’un « rappel », rendu nécessaire parce que les hommes oublient. On peut donc penser que des révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mohammed ont du laisser des traces. D’autre part, des historiens pensent que les nouveaux systèmes d’idées se développent à partir d’ébauches antécédentes. Quelle que soit l’hypothèse choisie, il a dû exister une sorte de pré-islam qu’il est intéressant de rechercher. (…) De fait,certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et deuxième siècles de notre ère. Voir comment ces idées ont cheminé dans cette région du monde a donné un éclairage supplémentaire. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, est une seule et même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint-Esprit, est déclarée dans le Coran formée, du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et d’autres de la sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs traditions différentes, comme on peut l’observer pour d’autres livres anciens. (…) Les messianismes juifs se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Leur théologie présente cinq idées centrales qui, durent encore de nos jours: · La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques. · La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev-Sinaï. · La troisième idée était la conquête de Jérusalem. · La quatrième était la libération complète de la Palestine juive. · La cinquième était la conquête du monde entier. Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes. Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles. (…) Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes. Toutes ces idées sont présentes dans l’islam. De plus, un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se retrouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis… (…) Le mot musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement. La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens. (…) Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, viendrait de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. Or, à l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens. (…) Il est très douteux que les Arabes du VIIe siècle soient des polythéistes étrangers aux traditions biblique ou chrétienne. Par leur commerce, ils sont, en effet, depuis plus de six siècles en contact avec des juifs et depuis six siècles en contact avec des chrétiens. Ils ne pouvaient pas ignorer la révélation judéo-chrétienne. André Frament
La question de l’Hégire permet d’entrevoir immédiatement ce qui s’est passé. L’Hégire ou Émigration à l’oasis de Yathrib situé en plein désert est un événement très significatif de la vie du Mahomet historique. On sait que, très rapidement, cette année-là – 622 semble-t-il – a été tenue pour l’an 1 du calendrier du groupe formé autour de Mahomet (ou plutôt du groupe dont il était lui-même un membre). Or, la fondation d’un nouveau calendrier absolu ne s’explique jamais que par la conscience de commencer une Ère Nouvelle, et cela dans le cadre d’une vision de l’Histoire. Quelle ère nouvelle ? D’après les explications musulmanes actuelles, cette année 1 se fonderait sur une défaite et une fuite de Mahomet, parti se réfugier loin de La Mecque. Mais comment une fuite peut-elle être sacralisée jusqu’à devenir la base de tout un édifice chronologique et religieux ? Cela n’a pas de sens. Si Mahomet est bien arrivé à Yathrib – qui sera renommé plus tard Médine – en 622, ce ne fut pas seulement avec une partie de la tribu des Qoréchites, mais avec ceux pour qui le repli au désert rappelait justement un glorieux passé et surtout la figure de la promesse divine. Alors, le puzzle des données apparemment incohérentes prend forme, ainsi que Michaël Cook et d’autres l’on entrevu. Le désert est le lieu où Dieu forme le peuple qui doit aller libérer la terre, au sens de ce verset : « Ô mon peuple, entrez dans la terre que Dieu vous a destinée » (Coran V, 21). Nous sommes ici dans la vision de l’histoire dont le modèle de base est constitué par le récit biblique de l’Exode, lorsque le petit reste d’Israël préparé par Dieu au désert est appelé à conquérir la terre, c’est-à-dire la Palestine selon la vision biblique. Telle est la vision qu’avaient ceux qui accompagnaient et en fait qui dirigeaient Mahomet et les autres Arabes vers Yathrib en 622. Et voilà pourquoi une année 1 y est décrétée : le salut est en marche. Dans l’oasis de Yathrib d’ailleurs, la plupart des sédentaires sont des « juifs » aux dires mêmes des traditions islamiques. Et pourtant les traditions rabbiniques ne les ont jamais reconnus comme des leurs : ces « juifs » et ceux qui y conduisirent leurs amis arabes sont en réalité ces “judéochrétiens” hérétiques, qui vous évoquiez à l’instant. Ils appartenaient à la secte de « nazaréens » dont on a déjà parlé à propos de la sourate 5, verset 82. E.-M. Gallez
C’est à la suite de la destruction du Temple de 70 que l’idéologie judéo-nazaréenne se structura en vision cohérente du Monde et de l’Histoire, construite sous l’angle de l’affrontement des « bons » et des « méchants », les premiers devant être les instruments de la libération de la Terre. Le recoupement des données indique que c’est en Syrie, chez les judéo-chrétiens qui refusèrent de rentrer en Judée après 70 et réinterprétèrent leur foi, que cette idéologie de salut – la première de l’Histoire – s’est explicitée. (…) Pour en revenir à l’attente judéonazaréenne du Messie-Jésus, je ne vous apprendrai rien en disant qu’il n’est pas redescendu du Ciel en 638. En 639 non plus. En 640, l’espérance de le voir redescendre du Ciel apparut clairement être une chimère. C’est la crise. (…) Il est invraisemblable que Mahomet ait massacré des juifs rabbanites (orthodoxes ndlr), dont les judéo-nazaréens aussi bien que leurs alliés Arabes avaient besoin de la neutralité, au moins. Mais après 640, on imagine aisément que Umar puis son successeur Uthman aient voulu se défaire d’alliés devenus encombrants. Ironie de l’histoire : les « fils d’Israël » – au moins leurs chefs – sont massacrés par ceux qu’ils avaient eux-mêmes convaincus d’être les « fils d’Ismaël » ! En fait, le problème se posait aux Arabes de justifier d’une manière nouvelle le pouvoir qu’ils avaient pris sur le Proche-Orient. C’est dans ce cadre qu’apparut la nécessité d’avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen. EM Gellez
Le Calife basé à l’oasis de Médine ne disposait, en fait de « textes » en arabe, que des papiers que les judéo-nazaréens y avaient laissés. Même si l’on y ajoute les textes plus anciens laissés en Syrie, cela ne fait pas encore un choix énorme. Et il fallait choisir, dans la hâte, des textes répondant aux attentes des nouveaux maîtres du Proche-Orient ! Autant dire que, quel qu’il fût, le résultat du choix ne pouvait guère être satisfaisant, même si on choisissait les textes présentant le moins d’allusions au passé judéonazaréen. C’est ainsi que les traditions musulmanes ont gardé le souvenir de « collectes » ou assemblages du Coran divergents entre eux et concurrents – parce qu’ils fournirent évidemment à des ambitieux l’occasion de se pousser au pouvoir. Umar fut assassiné. Son successeur également, et il s’ensuivit une véritable guerre intra-musulmane, aboutissant au schisme entre « chiites » et « sunnites ». Quant aux textes assemblés dans ce qu’on nomma le « Coran », ils continuèrent d’être adaptés à ce qu’on attendait d’eux, dans une suite de fuites en avant : apporter des modifications à un texte, c’est souvent se condamner à introduire de nouvelles pour pallier les difficultés ou les incohérences induites par les premières, etc. Un texte ne se laisse pas si facilement manipuler. Surtout qu’il faut chaque fois rappeler les exemplaires en circulation,les détruire et les remplacer par des nouveaux – ce dont les traditions musulmanes ont gardé le souvenir et situent jusqu’à l’époque du gouverneur Hajjaj, au début du VIIIe siècle encore ! Quand il devint trop tard pour le modifier encore en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l’objet d’élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d’être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu’il est aujourd’hui. Mais il était tout à fait clair en ces divers feuillets primitifs c’est-à-dire avant que ceux-ci aient été choisis pour constituer un recueil de 114 parties – le même nombre que de logia de l’évangile de Thomas, nombre lié aux besoins liturgiques selon Pierre Perrier. EM Gellez
Du fait de l’hyperspécialisation, très peu d’islamologues s’étaient intéressés aux textes de la mer Morte qui, particulièrement dans leur version la plus récente, reflètent une parenté avec le texte coranique ; et, en sens inverse, tout aussi peu de qoumranologues, d’exégètes ou de patrologues avaient porté de l’intérêt au Coran et à l’Islam. Or ces deux côtés de la recherche s’éclairent mutuellement, ils constituent en quelque sorte le terminus a quo et le terminus ad quem de celle-ci, renvoyant à une même mouvance religieuse : celle que des ex-judéo-chrétiens ont structurée vers la fin du Ier siècle. On la connaît surtout sous la qualification de “nazaréenne” ; les membres de cette secte apocalyptico-messianiste avaient en effet gardé l’appellation de nazaréens que les premiers judéo-chrétiens avaient portée (durant très peu d’années) avant de s’appeler précisément chrétiens d’après le terme de Messie (c’est-à-dire christianoï ou Mesihayé). Il s’agit évidemment des naçârâ du texte coranique selon le sens qu’y avait encore ce mot avant le VIIIe siècle et selon le sens qu’indiquent certains traducteurs à propos de passages où l’actuelle signification de chrétiens ne convient visiblement pas ; au reste, à propos de ces nazaréens, même certains sites musulmans libéraux en viennent aujourd’hui à se demander si leur doctrine n’était pas celle de Mahomet. À la suite de Ray A. Pritz, l’auteur préconise l’appellation de judéo-nazaréens pour éviter toute ambiguïté ; l’avantage est également de rappeler l’origine judéenne (ainsi qu’un lien primitif avec la communauté de Jacques de Jérusalem, selon les témoignages patristiques). Signalons en passant que l’auteur établit un parallélisme avec une autre mouvance qui prend sa source dans les mêmes années, le gnosticisme ; ceci offre un certain intérêt car les deux mouvances partent dans des directions qu’il présente comme radicalement opposées. L’apparition de l’islam tel qu’il se présente aujourd’hui s’explique de manière tout à fait cohérente dans le cadre de cette synthèse. À la suite de la rupture bien compréhensible avec les judéonazaréens, les nouveaux maîtres arabes du Proche-Orient ont été obligés d’inventer des références exclusivement arabes pour justifier leur pouvoir, explique l’auteur. Ceci rend compte en particulier d’une difficulté à laquelle tout islamologue est confronté, à savoir la question du polythéisme mecquois. Comment les Mecquois pouvaient-ils être convaincus par une Révélation qui leur aurait été impossible à comprendre ? Le détail du texte coranique ne s’accorde pas avec un tel présupposé. À supposer justement que Mahomet ait vécu à La Mecque avant que l’Hégire le conduise à Yathrib-Médine (en 622) : la convergence de nombreuses études, généralement récentes, oriente dans une autre direction. Le travail de recoupement et de recherche effectué par l’auteur débouche sur un tableau d’ensemble ; celui-ci fait saisir pourquoi la biographie du Prophète de l’Islam, telle qu’elle s’est élaborée et imposée deux siècles après sa mort, présente le contenu que nous lui connaissons. M.-Th. Urvoy
Christoph Luxenberg considère (…) que des pans entiers du Coran mecquois seraient un palimpseste d’hymnes chrétiennes. Avant lui, Günter Lüling avait tenté d’établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes chrétiennes répondant à une christologie angélique. Cela me paraît trop automatique et trop rapide. En revanche, Christoph Luxenberg m’a convaincu sur l’influence syriaque dans plusieurs passages du Coran, notamment dans la sourate 100 dans laquelle il voit une réécriture de la première épître de saint Pierre (5,8-9). On reconnaît dans le Coran des traces évidentes de syriaque. À commencer par le mot Qur’an qui, en syriaque, signifie «recueil» ou «lectionnaire». Cette influence me semble fondamentale. D’autre part, Angelika Neuwirth [NDLR spécialiste du Coran, université de Berlin] a bien souligné la forme liturgique du Coran. Et des chercheurs allemands juifs ont noté une ressemblance forte entre le Coran mecquois et les psaumes bibliques. Serait-il un lectionnaire, ou contiendrait-il les éléments d’un lectionnaire? Je suis enclin à le penser. Sans l’influence syriaque comment comprendre que le Coran ait pu reprendre le thème des sept dormants d’Éphèse qui sont d’origine chrétienne? De plus, la christologie du Coran est influencée par le Diatessaron de Tatien et par certains évangiles apocryphes. On peut penser que le groupe dans lequel le Coran primitif a vu le jour était l’un des rejetons de groupes judéo-chrétiens attachés à une christologie pré-nicéenne, avec aussi quelques accents manichéens. Claude Gilliot
Il est vrai que le mouvement national arabe n’a aucun contenu positif. Les dirigeants du mouvement sont tout à fait indifférents au bien-être de la population et à la fourniture de leurs besoins essentiels. Ils n’aident pas  le fellah ; au contraire, les dirigeants sucent son sang et l’exploitent la prise de conscience populaire pour en tirer un avantage. Mais nous faisons une erreur si nous mesurons les arabes [palestiniens] et leur mouvement à l’aune de nos normes. Chaque peuple est digne de son mouvement national. La caractéristique évidente d’un mouvement politique, c’est qu’il sait mobiliser les masses. Il n’y a aucun doute que nous sommes confrontés à un mouvement politique, et nous ne devrions pas sous-estimer ce potentiel. (…) Un mouvement national mobilise les masses, et c’est la chose principale. Les Arabes [palestiniens] ne sont pas un parti de renouveau et leur valeur morale est douteuse. Mais dans un sens politique, c’est un mouvement national. David Ben Gourion (premier Premier ministre israélien)
La grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays. Yitzhak Ben Zvi (second président de l’Etat d’Israël, 1929)
La grande majorité et les principales structures de la Falahin musulmane dans l’Ouest Eretz Israël nous présentent un brin racial et une unité d’ensemble ethnique, et il n’y a aucun doute que beaucoup de sang juif coule dans leurs veines, le sang de ces agriculteurs Juifs, « profanes »,  qui pris dans la folie de l’époque ont choisi d’abandonner leur foi afin de rester sur leurs terres. David Ben Gourion et Ytzhak Ben Zvi
Une très vaste étude anthropologique, diverses études génétiques, une recherche démographique historique et une enquête historique et géographique (…) renforcent une œuvre antérieure de David Ben-Gurion (le premier premier ministre d’Israël) et d’autres, dans leurs conclusions très surprenantes : une vaste majorité de Palestiniens (80-90 %) sont les descendants du peuple d’Israël qui sont restés dans le pays après la destruction du Second Temple juif. Les ancêtres de la plupart des Palestiniens ont été contraints de se convertir à l’Islam. L’Engagement
Oui, ils sont tous d’ascendance juive. Et comme ils n’avaient pas le choix, ils se sont convertis à l’Islam. Vous savez, cela date de plusieurs siècles; ce n’est pas récent, c’est rien de nouveau. Par exemple, nous n’allumions pas de feu le jour du Sabbat. Ma mère et ma grand-mère, je me rappelle, quand j’étais enfant. Elles avaient un bain spécial (mikveh). Bédouin
Cela semble très certainement surréaliste, parce qu’extrêmement révolutionnaire de dire aux gens que leurs pires ennemis sont actuellement leurs frères. Donc, il n’y a pas le choix. Ce travail surréaliste doit être fait tout comme le sionisme qui paraissait à ses débuts surréaliste. Tsvi Misinai
Il devient clair qu’une part significative des Arabes en Israël sont actuellement descendants des juifs qui ont été forcés de se convertir à l’Islam au fil des siècles. Il y a des études qui indiquent que 85% de ce groupe sont d’origine juive. Certains prétendent que ce pourcentage est moins élevé. Rabbin Dov Stein (Secrétaire du nouveau Sanhédrin)
Quand un Empire conquiert un pays, il exile l’élite et laisse les classes populaires et c’est ce qui est arrivé après la destruction du Premier comme du Second Temple. Ben Gurion disait avec le zèle qu’on lui connait: beaucoup de sang juif coule dans les veines de ces fermiers. Ils aimaient tant Israël qu’ils ont abandonné leur religion mais seulement parce qu’il leur fallut choisir entre la religion et la terre et ils firent le choix de la terre. Elon Jarden (bibliste israélien)
Nous avons constaté que bien que les Juifs ont été dispersés partout dans le monde pendant deux mille ans, ils ont maintenu toujours continuité génétique au cours des âges. Et une autre chose qui nous a surpris aussi était la proximité élevée des Arabes vivant dans les terres — les Palestiniens. (…) Le même chromosome peut apparaître dans les Juifs ashkénazes et les Palestiniens. (…) Il est clair que nous sommes tous de la même famille, mais malheureusement, les familles ont aussi leurs conflits; ce n’est pas rare que des frères et soeurs se battent entre eux. Professeur Ariella Oppenheim (Université hébraïque)
Souvenons-nous que les tribus d’Arabie étaient chrétiennes. Les meilleurs poètes et écrivains étaient chrétiens, tout comme nombre de guerriers et de philosophes (…) Ce sont eux qui portaient la bannière du panarabisme. La première université palestinienne a été créée par des chrétiens. Abd Al-Nasser Al-Najjar (Al-Ayyam)
La paix véritable, globale et durable viendra le jour où les voisins d’Israël reconnaîtront que le peuple juif se trouve sur cette terre de droit, et non de facto. (…) Tout lie Israël à cette région: la géographie, l’histoire, la culture mais aussi la religion et la langue. La religion juive est la référence théologique première et le fondement même de l’islam et de la chrétienté orientale. L’hébreu et l’arabe sont aussi proches que le sont en Europe deux langues d’origine latine. L’apport de la civilisation hébraïque sur les peuples de cette région est indéniable. Prétendre que ce pays est occidental équivaut à délégitimer son existence; le salut d’Israël ne peut venir de son déracinement. Le Moyen-Orient est le seul « club » régional auquel l’Etat hébreu est susceptible d’adhérer. Soutenir cette adhésion revient à se rapprocher des éléments les plus modérés parmi son voisinage arabe, et en premier lieu: des minorités. Rejeter cette option, c’est s’isoler et disparaître. Israël n’a pas le choix. Masri Feki
Si l’intervention militaire en Irak et le renversement du régime chauviniste de Saddam Hussein a apporté un quelconque résultat positif, hormis le déclenchement timide d’un processus politique démocratique, c’est sans doute le dévoilement de la grande diversité confessionnelle, ethnique et culturelle du Moyen-Orient qui demeure une réalité résiliente. (…) En réalité, les Egyptiens ne sont pas plus Arabes que ne sont Espagnols les Mexicains et les Péruviens. Ce qui fonde la nation, c’est la référence à une entité géographique, le partage de mêmes valeurs, une communauté de convenances politiques, d’idées, d’intérêts, d’affections, de souvenirs et de rêves communs. A contre-courant de toutes les expériences nationalistes venant couronner des faits nationaux, objectifs et observables, le nationalisme panarabe est plus le créateur que la création de la nation arabe. Sa conception arbitraire de la nation qui veut que l’on soit Arabe malgré soi, pour la simple raison que l’on fait usage de la langue arabe met à l’écart d’importants récits historiques et de légitimes revendications nationales. Masri Feki
Comme le génocide des Arméniens qui l’a précédé et le génocide des Cambodgiens qui lui a succédé, et comme tant d’autres persécutions de tant d’autres peuples, les leçons de l’Holocauste ne doivent jamais être oubliées. Ronald Reagan (22 avril 1981)
Aujourd’hui, je devrais le nommer « génocide arménien » ». « Je crois que nous – le gouvernement des Etats-Unis – devons à nos concitoyens une discussion honnête et sans détours sur ce problème. Je vous le dis en tant que personne qui a étudié le sujet – je n’ai aucun doute sur ce qui est arrivé. » « Je crois qu’il est malvenu pour nous, les Américains, de jouer avec les mots dans ce cas « . « Je crois qu’il nous faut dire les choses telles qu’elles sont. John Evans (Ambassadeur des Etats-Unis en Arménie, Berkeley, 19.02. 2005)
Aujourd’hui, nous commémorons le Meds Yeghern et honorons la mémoire de ceux qui ont souffert de l’une des pires atrocités de masse du 20e siècle. À partir de 1915, un million et demi d’Arméniens ont été déportés, massacrés ou condamnés à mort au cours des dernières années de l’Empire ottoman. En ce jour de commémoration, nous nous associons une nouvelle fois à la communauté arménienne d’Amérique et du monde entier pour porter le deuil des nombreuses vies perdues. En cette journée, nous honorons et reconnaissons également le travail de ceux qui ont essayé de mettre fin à la violence, ainsi que ceux qui ont cherché à garantir que de telles atrocités ne se reproduisent plus, à l’instar du militant des droits de l’homme et avocat, Raphael Lemkin. Nous rappelons les contributions d’Américains généreux qui ont aidé à sauver des vies et à reconstruire les communautés arméniennes. En honorant la mémoire de ceux qui ont souffert, nous nous inspirons également du courage et de la résilience du peuple arménien qui, face à une terrible adversité, a construit des communautés dynamiques dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Nous nous engageons à tirer les leçons des tragédies du passé pour ne pas les répéter. Nous nous félicitons des efforts des Arméniens et des Turcs pour reconnaître et tenir compte de leur histoire douloureuse. Et nous nous associons au peuple arménien pour rappeler les vies perdues pendant le Meds Yeghern et réaffirmons notre engagement en faveur d’un monde plus pacifique. Donald Trump (24.04.2019)
Israël a toujours refusé de reconnaître les événements d’Arménie comme un génocide. Cette décision est moins une tentative de revendication du monopole de la souffrance (ou une volonté de présenter la Shoah comme un événement historique sans précédent) qu’une basse manœuvre politique des plus cyniques. Pendant bien des années, Israël a refusé de reconnaître ce génocide de peur de s’attirer les foudres de la Turquie. Depuis la fin des années 1950, Ankara était devenu un allié stratégique particulièrement solide de l’État hébreu –l’un de ses seuls amis dans le monde musulman. Les milieux du renseignement et de la sécurité intérieure des deux pays entretenaient des liens étroits; la Turquie constituait par ailleurs l’un des principaux clients de l’industrie de l’armement israélienne. À chaque fois qu’une personne israélienne (qu’elle soit députée, militante des droits humains ou historienne) plaidait pour une reconnaissance du génocide arménien, le pouvoir tuait l’initiative dans l’œuf. Plusieurs gouvernements successifs (quelle que soit leur idéologie et leur orientation politique) ont tout fait pour préserver cette bonne entente avec la Turquie (et les contrats de vente d’armes), préférant leur intérêt économique aux valeurs universelles. Lorsqu’ils évoquaient les événements, ils ne parlaient donc pas de «génocide», mais de «tragédie». Au fil de la dernière décennie, les relations entre Israël et la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan se sont toutefois refroidies. Les contrats d’armement ne sont plus à l’ordre du jour et la coopération clandestine des deux services de renseignement contre l’ennemi commun (la Syrie) a été interrompue. Les relations turco-israéliennes sont aujourd’hui au plus bas: le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son fils Yair invectivent Erdoğan sur Twitter et ce dernier le leur rend bien (ils se traitent mutuellement de «tyran» et de «meurtrier», entre autres noms d’oiseaux). Et pourtant, Israël n’en démord pas: il refuse de reconnaître le génocide arménien. Il invoque désormais une nouvelle excuse: l’Azerbaïdjan, qui a perdu une grande partie de son territoire au profit de l’Arménie entre 1991 et 1994. Ce pays musulman à majorité chiite s’est tourné vers Israël pour moderniser ses équipements militaires et l’État hébreu s’est empressé d’accepter de lui vendre son matériel dernier cri: non seulement l’Azerbaïdjan représentait un nouveau marché particulièrement prometteur, mais il se trouvait aux portes de l’Iran –l’ennemi juré d’Israël. Cette relation nouvelle a d’abord été tenue secrète; les censeurs militaires israéliens ont imposé un blackout médiatique total aux journalistes locaux. Le secret a finalement été éventé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev (qui est la cible de nombreuses critiques; on l’accuse notamment de corruption, d’abus de pouvoir et de violations des droits humains). C’est lors d’une conférence de presse, en décembre 2016, pendant une visite officielle de Netanyahou, qu’il a annoncé que l’Azerbaïdjan achetait pour cinq milliards de dollars d’armements israéliens. Pour Israël, ce pays occupe désormais peu ou prou la place qu’occupait autrefois la Turquie: un marché lucratif, ouvert à leurs équipements. (…) En échange, l’Azerbaïdjan vend du pétrole à Israël et permet aux services de renseignement israéliens de lancer des opérations contre l’Iran depuis son territoire. Netanyahou, qui a été réélu ce mois-ci pour un cinquième mandat de Premier ministre, craint qu’une reconnaissance du génocide arménien ne compromette la manne du marché azerbaïdjanais; Aliyev, qui s’entend à merveille avec Erdogan, pourrait en outre décider de fermer les portes de son pays au renseignement israélien. Yossi Melman
Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes. Hillary Clinton
En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka. Hillary Clinton
Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble. Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes. Barack Hussein Obama
Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka. Barack Hussein Obama
The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time. Theresa May
It remains unclear who carried out the attacks. The BBC
Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West (…) far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms. To some, it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack. The Washington Post
Islamist terrorists, bombs strapped to their backs, had gone into churches on the holiest day in the Christian calendar with the express purpose of murdering as many innocents as possible. There was also carnage at hotels popular with Western tourists. “It remains unclear who carried out the attacks,” the BBC website was still insisting 12 hours after the massacres. We knew. And they knew. But if you stayed tuned to the news all day, you would not hear the word “terrorist” and certainly not the most inflammatory term of all: “Christian”. The contrast with the reporting of the mosque shootings in New Zealand could not have been more striking. Back in March, there was no doubt that the massacres in Christchurch, by a lone gunman during Friday prayers, were motivated by hatred of Muslims. One evil man’s actions were swiftly used to extrapolate an entire theory of racism on the Right. Journalists like me, who had dared to criticise the burka, or the grievous failure of integration (finally admitted by Tony Blair this week, I see), were said by Leftists to be guilty of Islamophobia and therefore “implicated” in the murder of 50 men, women and children. When it’s the other way around, though, the denial is deafening. Theresa May tweeted, “The acts of violence against churches and hotels in Sri Lanka are truly appalling, and my sympathies go out to all of those affected at this tragic time.” But they weren’t acts of violence against buildings, were theyPrime Minister? If you detonate a bomb inside a church on Easter Sunday, the result does tend to be that you kill an awful lot of followers of Jesus Christ. When a vicar’s daughter decides that it’s wiser not to mention the C-word, you know that fear is now greater than faith. Compare and contrast the reaction of Hillary Clinton to the two tragedies. On Sunday, she tweeted, “I’m praying for everyone affected by today’s horrific attacks on Easter worshippers and travellers in Sri Lanka.” Easter worshippers? That’s a clunking new euphemism for Christians. When the mosques in Christchurch were targeted, did Clinton talk of Ramadan worshippers? No, she wrote, “My heart breaks for New Zealand and the global Muslim community.” I’m afraid that politicians like Clinton and May are paralysed by a terrible dilemma. It’s too scary to admit that militant Islamists are at war with Christianity and Western civilization, that vandalism of churches is rife across Europe and that, according to the Pew Report, Christianity is the world’s most persecuted religion. In order to cover up this inconvenient truth, politicians and the police increasingly try to create a false equivalence between terrorism committed by the far-Right and by Islamists. It’s a downright lie. In the UK alone, intelligence officers have identified 23,000 jihadist extremists, at least 3,000 of whom are believed to pose an active threat. Scores of foul fiends must have plotted and carried out the Sri Lankan attacks. This is deeply uncomfortable for the liberal media, which responds with shifty obfuscation. On Monday, The Washington Post ran a bizarre story about the Easter Sunday massacre with the headline, “Sri Lanka church bombings stoke far-Right anger in the West”. That was wildly premature, but it inadvertently revealed their overwhelming concern: not that so many had been slaughtered, but that such horrors would provoke a backlash against Muslims. The Post continued, “far-Right groups began to describe the attacks in specifically religious terms”. Possibly not unrelated to the fact that the Sri Lankan authorities had just blamed a militant Islamist group. “To some”, the paper opined gingerly, “it was further proof that Christians in many parts of the world are under attack.” Well, yes, the cold-blooded murder of more than 290 people, most of them Christians in their place of worship, does tend to give credence to the theory that a certain religion is “under attack”. Sorry. You know, we had been thinking of taking a holiday this Easter in Sri Lanka because so many friends, some of them Sri Lankans, had urged us to go. We could easily have been the Nicholsons. Mum, Anita with her adorable son and daughter, Alex and Annabel, having breakfast in their Colombo hotel while dad, Ben, popped up to the room, or back to the buffet. A beautiful family wiped out in a split second, leaving him to wonder why he was spared. In that same restaurant, Anne Storm Pedersen, the wife of Danish billionaire, Anders Holch Povlsen, cried out for people to pray for three of her four children who had just been murdered. The mind melts at the thought of such intolerable suffering. Allison Pearson
Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka, qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée. Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». (…) S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande. Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien. Ichrétien
Israël a hypnotisé le monde. Ilhan Omar (2012)
It’s all about the Benjamins baby. Puff Daddy (billets de cent dollars à l’effigie de Benjamin Franklin, retweeté par Ilhan Omar pour désigner AIPAC, le lobby pro-israélien aux États-Unis)
L’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite. Mon intention n’était pas d’offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j’attends des gens qu’ils m’écoutent quand on m’attaque à cause de mon identité. (…) le rôle problématique des lobbyistes dans notre système politique, que ce soit l’AIPAC, la NRA ou l’industrie des énergies fossiles. Ça dure depuis trop longtemps et on doit être prêt à le régler. Ilhan Omar
CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles. Ilhan Omar
As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin. (…) I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction? Eric V Copage
Don’t they know we’re Christian too? Do they even consider us human? Don’t they know Jesus was a Palestinian? Omar Suleiman (Southern Methodist University, retweeted by Ihlan Omar)
I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era. Jewish Times reader
The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation. For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land. For people who don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny. From a political and propaganda point of view, there is something to be gained. The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again. The absurdity of it is breathtaking. Jesus was born in Bethlehem, think about who his parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived. If the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity. Omar knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it. The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years. She is a very clear person. Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway. When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level. (…) I’m surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news. The solution: education. It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years, it is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods. Rabbi Abraham Cooper (Simon Wiesenthal Center)
Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens. L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse. L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier). L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse… D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant. Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël. C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne)… Infoequitable
En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains. (…) Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte. Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus. Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période. Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse. Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite. Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares. Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse. La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet. Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe. C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon). Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme. Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse. (…) Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens. Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion.  (…) En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc). Ariel David
Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illetrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant. Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. (…) Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470 ap JC . C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater. (…) Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religion dominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire. Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC. (…) On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé. Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. (…) Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée. Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste. On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. (…) Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions. (…) Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince de Tayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. (…) Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient. A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité. Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises. Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale. Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. (…) Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. (…) Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard. Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été complètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam. Christian Robin
Cachez cette croix que je ne saurai voir !

En ces temps étranges …

Où l’émotion planétaire suscitée par l’immolation en direct, suite à une invraisemblable série de négligences, de ce qui était largement devenu une attraction touristique

Fait oublier les profanations quotidiennes des lieux de culte, tombes ou symboles chrétiens dans ce qui reste de la Fille ainée de l’Eglise 

Mais derrière leur générosité controversée (et les habituelles prières et bonnes paroles des monopolistes des biens du salut du côté du Vatican), la rivalité proprement mimétique de nos barons voleurs semble avoir inspiré celle d’un fonds pour églises noires victimes d’incendie de Lousiane leur permettant d’atteindre en quelques minutes leur objectif de 1, 8 millions de dollars avec quelque 37 000 contributeurs …

Où le meurtre en série des 50 musulmans de Christchurch déclenche, voiles compris, plus d’hystérie médiatique

Que le massacre de plusieurs centaines de chrétiens (pardon: « fidèles de Pâques ») par les fils à papa musulmans de Colombo …

Où la promesse de commémoration future et d’ouverture d’archives du côté français …

Est censée faire oublier l’absence présente et surtout la contribution passée il y a 25 ans tout juste du Pays des droits de l’homme au génocide rwandais

Où l’arbre de la commémoration toujours implicite côté américain, Reagan excepté mais Trump comme Israël compris, du génocide d’un million et demi de chrétiens turcs il y a un peu plus d’un siècle …

Nous cache la forêt de l’actuel génocide silencieux, désormais à l’échelle de la planète entière, de la première religion du monde …

Où alors que les printemps arabes initiés en Irak par le président Bush atteignent enfin dix ans après les peuples algérien ou soudanais, l’appel au renforcement des sanctions contre les dernières dictatures de la planète à Cuba, au Venezuela ou en Iran se voient à nouveau dénoncées, anti-trumpisme primaire et intérêts économiques obligent, par les enfants gâtés de la démocratie en Europe ou au Canada

Et où, redoublant dans la crasse ignorance et entre deux éloges du mythe notamment de l’Andalousie tolérante, nos valeureux « fact-checkers » des médias proposent de corriger un simplisme étymologique par un autre, attribuant une origine prétendue arabe à une appellation évidemment romaine au terme de Palestine

Pendant que pour effacer son origine décidément bien trop juive de l’autre côté de l’Atlantique, un ancien journaliste du NYT nous proclame un « Jésus palestinien à la peau sombre »

A la grande joie, entre deux déclarations ou tweets antisémites, d’une jeune élue du Congrès seule à porter le voile islamique et prônant le boycott d’israël …

Devinez …

A la veille d’un nouveau Ramadan …

Où, sans compter les emprunts explicites aux diverses pratiques et rituels (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) et bien sûr aux écrits bibliques, nos amis musulmans vont mimétiquement nous rejouer la version militaire du jeûne du Yom Kippour

A l’heure où au risque de l’éventer le Pays des coupeurs de tête ouvre son territoire au tourisme et aux rallyes automobiles

Et où dans les territoires dits « palestiniens » eux-mêmes, tant les traditions bédouines que les analyses de sang confirment la filiation juive de nombre des descendants de « conversos » arabes qui les habitent aujourd’hui ….

Quel indicible secret peuvent bien cacher …

Comme vient de le confirmer, croix comprises, une équipe d’archéologues français …

Tant la multiplication, en bons frères ennemis, des imprécations et des massacres des uns …

Que l’ignorance et l’auto-censure intéressées, en bons idiots utiles, des autres ?

Quand l’Arabie saoudite était juive
Ariel David
Haaretz (traduction Jforum)
Déc 21, 2017

En 2014, des chercheurs, faisant parti d’une expédition franco-saoudienne étudiant des inscriptions sur les roches, du sud de l’Arabie saoudite, ont annoncé avoir découvert ce qui pourraient bien être les textes les plus anciens écrits en alphabet arabe. Or cette découverte est restée très confidentielle. Sans doute parce que ce que révèle le contenu des textes est quelque peu embarrassant pour certains.

Une douzaine d’inscriptions ont été gravées dans le grès tendre, le long des cols situés autour de Bir Hima. C’est un site archéologique, situé à environ 100 kilomètres au nord de la ville de Najran, qui a été recouvert de milliers d’inscriptions, par des voyageurs et des fonctionnaires. Au moins deux des premiers pétroglyphes arabes qui ont été découverts là, citent des dates d’un calendrier ancien, et les experts épigraphistes ont rapidement calculé que la plus ancienne correspondait à l’année 469 ou 470 de l’EC.

Cette découverte est sensationnelle: les premières inscriptions anciennes utilisant cette calligraphie préislamique de l’écriture arabe découvertes à ce jour, dataient au moins d’un demi-siècle plus tard. De plus, elles se trouvaient toutes en Syrie, ce qui suggérait que l’alphabet utilisé pour écrire le Coran avait été développé loin du lieu de naissance de l’Islam et de son prophète.

Or, l’annonce de cette découverte est restée très confidentielle. Quelques médias dont les médias français et arabes en ont parlé, qualifiant le texte de «chaînon manquant» entre l’arabe et les alphabets antérieurs utilisés dans la région, comme le Nabatéen. La plupart des articles étaient accompagnés de photos d’autres sites archéologiques ou inscriptions anciennes. En effet, il est presque impossible de trouver une photo de cette inscription là en ligne. Impossible aussi de trouver une quelconque référence au contenu réel du texte.

Thawban fils de Malik, le chrétien

Ce n’est qu’en explorant le rapport de 100 pages qui rend compte des travaux de cette saison archéologique, publié en décembre par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres – qui d’ailleurs soutient ces recherches, – qu’il est possible de trouver une référence à cette découverte et d’en savoir plus.

Selon le rapport, le texte arabe, griffonné sur une grosse pierre rectangulaire, se résume simplement à un nom, “Thawban (fils de) Malik”, suivi d’une date.

Décevant? Eh bien non. Car l’inscription est aussi précédée d’une grande croix, indubitablement chrétienne. Une autre croix identique apparaît sur l’autre stèle, qui date plus ou moins de la même période.

Les sentiments des fonctionnaires saoudiens, confrontés à une découverte importante pour leur patrimoine sont mitigés et traduisent leur embarras. D’où la communication si discrète autour de cette découverte. Que l’origine de l’alphabet utilisé pour écrire leur livre sacré soit liée à un chrétien, quelque 150 ans avant l’Islam, les embarrasse.

Plus consternant encore pour eux, est de devoir admettre que ces textes sont non seulement un patrimoine hérité d’une communauté chrétienne autrefois importante, mais qu’ils sont également liés à l’histoire d’une ancienne royauté juive, qui régnait autrefois sur une grande partie de ce qu’est aujourd’hui le Yémen et l’Arabie Saoudite.

Juifs contre chrétiens dans le désert

Le Coran et la tradition musulmane tardive ne nient pas la présence de communautés juives et chrétiennes à travers la péninsule, à l’époque de Mahomet. Mais l’image générale de l’Arabie préislamique qu’ils convoquent, est celle du chaos et de l’anarchie. La région est décrite comme ayant été dominée par jahilliyah – l’ignorance – l’anarchie, l’analphabétisme et des cultes païens barbares.

Les décennies précédant le début du calendrier islamique, qui débute à la “hijra” de Mahomet, c’est-à-dire sa migration de La Mecque vers Médine, en 622, ont été marquées par un affaiblissement des sociétés et des Etats centralisés, en Europe et au Moyen-Orient. Et ce, en partie à cause de la peste, les pandémies et la guerre incessante entre les empires byzantin et perse.

La sombre représentation que la tradition fait de l’Arabie pré-islamique est moins une description précise, qu’une métaphore littéraire, dont le but est de souligner la puissance unificatrice et éclairante du message de Mahomet.

Le réexamen d’œuvres de l’époque, tant par des chercheurs musulmans que chrétiens, au cours de ces dernières années, ainsi que des découvertes comme celle-ci, en Arabie Saoudite, permet de se faire une image beaucoup plus élaborée et nuancée de la région avant la montée de l’Islam, et de redécouvrir son histoire riche et complexe.

C’est le cas du royaume de Himyar, souvent oublié, qui est pourtant au cœur de l’une des périodes clés de l’Arabie. Établi vers le 2ème siècle EC, au 4ème siècle il s’était imposé comme une puissance régionale. Etabli là où se trouve aujourd’hui le Yémen, Himyar avait conquis les États voisins, y compris l’ancien royaume de Sheba (dont la légendaire reine est au centre d’une réunion biblique avec Salomon).

Dans un récent article intitulé «Quelle sorte de judaïsme en Arabie?», Christian Robin, un historien français qui dirige également l’expédition à Bir Hima, révèlent que la plupart des érudits, s’entendent sur le fait que vers 380, les élites du royaume de Himyar s’était converti à une forme de judaïsme.

Unis dans le judaïsme

Les dirigeants himyarites ont pu voir dans le judaïsme une force unificatrice potentielle pour leur nouvel empire, culturellement divers, et y ont trouvé de quoi se forger une identité fédératrice, leur permettant de résister contre le désir rampant d’hégémonie des chrétiens byzantins et éthiopiens, ainsi que de l’empire zoroastrien de Perse.

Ce qui est sûr, c’est qu’à l’époque, dans la capitale himyarite de Zafar (au sud de Sanaa), les références aux dieux païens disparaissent en grande partie des inscriptions royales et des textes sur les bâtiments publics, et sont remplacées par des écrits qui se réfèrent à une seule divinité.

Utilisant principalement la langue sabéenne locale (et dans de rares cas l’hébreu), ce dieu unique est alternativement décrit comme Rahmanan – le Miséricordieux – le «Seigneur des Cieux et de la Terre», le «Dieu d’Israël» et le «Seigneur des Juifs». Les prières invoquent ses bénédictions sur le «peuple d’Israël» et ces invocations se terminent souvent par Shalom et Amen.

Au cours du siècle et demi suivant, le royaume himyarite étend son influence à l’Arabie centrale, au golfe Persique et au Hedjaz (région de La Mecque et de Médine), comme en témoignent les inscriptions royales de ses rois, qui ont été retrouvées non seulement à Bir Hima, juste au nord du Yémen, mais aussi près de Riyad, qui est aujourd’hui la capitale saoudienne.

Thawban le martyr

Pour ce qui est des premiers textes arabes découverts à Bir Hima, qui constituaient probablement un genre de monument commémoratif, l’équipe franco-saoudienne note que le nom de Thawban fils de Malik apparaît sur huit inscriptions, avec les noms d’autres chrétiens.

Selon les chroniqueurs chrétiens, vers 470 (date de l’inscription Thawban), les chrétiens de la ville voisine de Najran auraient subi une vague de persécutions, perpétrée par des Himyarites. Les experts français soupçonnent Thawban et ses compagnons chrétiens d’avoir été martyrisés à cette occasion. Le choix de l’écriture arabe ancienne pour commémorer ces martyrs représente, en soi, un puissant symbole de défi.

Cet alphabet pré-islamique est également appelé arabe nabatéen, car il s’est construit à partir de la langue utilisée par les Nabatéens. Cette nation, autrefois puissante, a bâti la cité de Pétra et a assis sa domination sur les routes commerciales du sud du Levant au nord de l’Arabie ,avant d’être annexée par les Romains au début du 2ème siècle. Utilisé jusqu’aux portes du Yémen, cet alphabet du nord se distingue des inscriptions faites par les souverains himyarites, dans leur Sabaean natal.

“L’adoption d’une nouvelle écriture voulait témoigner de la distance qu’il voulait prendre avec le royaume de Himyar et de leur réconciliation avec le reste des Arabes”, écrivent les chercheurs français dans leur rapport. “Les inscriptions de Hima révèlent un fort mouvement d’unification culturelle des Arabes, de l’Euphrate à Najran, qui se manifeste par l’utilisation de la même écriture.”

Joseph le rebelle

Les pressions extérieures croissantes ont fini par se faire sentir sur Himyar. Vers l’an 500, le royaume tombe aux mains des envahisseurs chrétiens du royaume éthiopien d’Axoum.

Dans une dernière tentative pour sauver l’indépendance du royaume, en 522, un chef juif himyarite, Yousuf As’ar Yath’ar, s’est rebellé contre le dirigeant fantoche intronisé par le Négus et passe les troupes d’Aksoumite par le fil de l’épée. Puis il assiège Najran, qui avait refusé de lui fournir des troupes, et massacre une partie de sa population chrétienne. Un martyre qui a suscité l’indignation des ennemis de Yusuf et a précipité la vengeance de l’Ethiopie.

En 2014, l’expédition franco-saoudienne à Bir Hima a découvert une inscription laissant entendre qu’ après le massacre de Najran, Yousuf aurait été retrouvé marchant vers le nord dans le désert d’Arabie entouré de 12 000 hommes, pour tenter de récupérer le reste de son royaume. Après cela, nous perdons sa trace. Mais les chroniqueurs chrétiens pointent qu’aux environs de 525 EC les Ethiopiens auraient rattrapé puis vaincu le chef rebelle.

Selon différentes traditions, le dernier roi juif d’Arabie aurait été tué au combat ou se serait suicidé en se précipitant avec sa monture dans la mer rouge au galop

Au siècle suivant, Himyar fut un royaume chrétien qui continua à dominer l’Arabie. Au milieu du VIe siècle, l’un de ses souverains, Abraha, traversa Bir Hima, laissant au passage des inscriptions sur les pierres représentant l’éléphant d’Afrique à la tête de sa puissante armée. Une inscription postérieure, datée 552 et trouvée en Arabie centrale, fait la liste des nombreux lieux qu’il a conquis, y compris Yathrib, l’oasis du désert qui, 70 ans plus tard, deviendra Madinat al-Nabi (la ville du prophète) – ou, plus simplement , Médina.

Étaient-ils de «vrais» Juifs?

Une grande question demeure au sujet des Juifs de Himyar : quel genre de Judaïsme   pratiquaient ils. Observaient ils le Sabbat? Ou les règles de la cashroute ?

Certains érudits, comme l’orientaliste judéo-français du 19ème siècle Joseph Halevy, refusèrent de croire qu’un roi juif aurait persécuté et massacré ses sujets chrétiens, et nient l’appartenance des Himyarites  à l’une des nombreuses sectes dans chrétiennes du début du christianisme.

Robin, l’épigraphiste français, écrit dans son article que la religion officielle de Himyar peut être décrite comme étant un “judéo-monothéisme” – “une variété minimaliste de judaïsme” qui a suivi certains des principes de base de la religion.

Le fait est que les quelques inscriptions trouvées jusqu’à présent, ainsi que les écrits de chroniqueurs postérieurs, qui ont pu être biaisés contre les Himyarites, ne permettent pas aux érudits de se faire une image claire de l’orientation spirituelle du royaume.

Mais on peut considérer cette question sous un autre angle.

En dépit de la domination chrétienne et musulmane, les Juifs ont continué à représenter une forte présence dans la péninsule arabique. Cela ressort clairement des relations de Mahomet (souvent conflictuelles) avec eux, mais aussi de l’influence du judaïsme sur les rituels et les interdits de la nouvelle religion (prières quotidiennes, circoncision, pureté rituelle, pèlerinage, charité, interdiction des images et de la consommation du porc) .

Au Yémen, au cœur du vestige du royaume Himyarites, la communauté juive a été persécutée pendant des siècles, jusqu’en 1949-1950, quand presque tous ses membres restants – environ 50 000 personnes, ont été acheminées par avion vers Israël lors de l’opération Magic Carpet (tapis volant). Et bien qu’ils continuent d’observer des rituels et des traditions uniques, qui les distinguent des juifs ashkénazes et séfarades, il est indéniable qu’ils sont bien juifs, et les derniers descendants du royaume juif perdu de Himyar.

Voir aussi:

Juifs et chrétiens en Arabie à la veille de l’Islam : nouveautés archéologiques’

(Conférence donnée le 26 novembre 2016 par Christian Robin, historien de l’Orient ancien, membre de l’Institut)

Les recherches archéologiques en Arabie

Les premières recherches ont commencé au milieu du 19e siècle et se sont interrompues en 1914. Elles s’effectuaient surtout dans les régions dominées par les Ottomans, l’insécurité régnant ailleurs. L’Ecole biblique de Jérusalem a joué alors un rôle important avec les expéditions de Jaussen et Savignac (cf conférence précédente). Quelques expéditions ont pu se dérouler en 1951-52 après un long arrêt. Philby, conseiller du roi d’Arabie, a réussi à persuader le souverain de faire explorer le sud du pays par des archéologues belges (missions Philby-Ryckmans-Lippens). Par la suite une école archéologique locale a vu le jour, dotée de moyens considérables. Les découvertes se sont multipliées à partir de 1970, remettant largement en cause la représentation que l’on se faisait de l’Arabie préislamique.

Les idées traditionnelles sur l’Arabie préislamique

Avant 1970, ces idées s’appuyaient sur trois types de sources. Selon les sources arabes, avant l’islam régnaient en Arabie anarchie, paganisme, obscurantisme et illétrisme, le tout résumé sous le terme de ‘jâhiliyya’(= ère de l’ignorance): cette présentation apologétique tendait à faire contraste avec la brillante civilisation islamique qui a suivi. De leur côté les sources externes faisaient état des principaux évènements militaires survenus dans la péninsule: conquêtes d’un roi de Babylone au nord (550 av JC); projet de conquête par Alexandre le grand (323 av JC); raid romain au Yémen (25 av JC); crise entre les royaumes de Yémen et d’Ethiopie (520 ap JC). Enfin les sources archéologiques, bien que nombreuses, restaient peu exploitées car leur datage imprécis rendait leur interprétation fragile.

Des découvertes considérables depuis 1970, et notamment d’innombrables inscriptions……

De très nombreuses découvertes sont venues depuis 1970 remettre en cause l’image traditionnelle de l’Arabie préislamique. Monnaies, monuments, gravures rupestres, archives, et surtout innombrables inscriptions de toutes sortes sont venues fournir du travail aux épigraphistes pour des décennies. Seule une partie de ces découvertes a déjà fait l’objet de publications, car les chercheurs compétents (un peu en Europe, un peu dans le royaume Saoudien, aucun aux USA) sont en nombre très insuffisant.

les plus anciennes en langue arabique…

Avant l’ère chrétienne, les écritures propres à la péninsule arabique dérivaient de l’ougaritique. Elles se caractérisaient par des lettres très géométriques et des mots séparés par des barres. Dans leur version monumentale, elles sont sans doute à l’origine de l’écriture décorative islamique. Des milliers d’inscriptions de ce type ont été trouvés au Yémen. Parmi elles, un poème rimé de 27 vers qui semble le plus ancien de la littérature universelle (100 ap JC).

Les musées ont recueilli près de 10000 versions cursives de ces écritures, rédigées sur support bois dans un but d’archives. En raison de la pénurie signalée d’épigraphistes compétents, seul un millier a fait l’objet de publications. A ces archives, il faut ajouter d’innombrables inscriptions rupestres éparses dans les rochers du désert. Les échelles sont hallucinantes: sur le seul site de Himà en cours d’inventaire, on découvre des milliers d’inscriptions, et il y a des centaines de sites similaires. On nomme ces langues préislamiques selon les royaumes mentionnés dans les inscriptions quand elles sont suffisamment explicites (ex: le sabéen pour la langue du royaume de Saba, le hagarite pour celle du royaume deHagar), ou à défaut selon la géographie. A noter que des langues arabiques issues du tronc ancien (et donc sans aucun rapport avec l’arabe moderne) perdurent aujourd’hui dans le sud de la péninsule: suqutrite, jibbâlite… …

les plus récentes (ère chrétienne) en langue araméenne

Très différente des précédentes, l’écriture araméenne se diffuse dans la péninsule Arabique au début de l’ère chrétienne. C’est une écriture beaucoup moins géométrique, sans voyelles, sans séparation entre les mots. Sa forme cursive est l’ancêtre de l’arabe, lui-même dérivé du nabatéen, une variété de l’araméen. La plus ancienne inscription en langue arabe (encore assez éloignée de sa forme actuelle)a pu être datée de 470ap JC (cf infra).

Comment dater les inscriptions

C’est seulement depuis 1989, après un siècle de décantation (datation au carbone 14, traduction des inscriptions), qu’on est arrivé à faire une chronologie approximative de l’ensemble des civilisations de la péninsule Arabique. Certaines inscriptions portent des dates. Pour d’autres on se fonde sur le stade atteint dans l’évolution de l’écriture. Par ailleurs certains souverains cités, aux noms caractéristiques, sont aussi mentionnés dans les archives assyriennes, ce qui permet de dater avec sûreté les inscriptions. Enfin des inscriptions se réfèrent à des événements que l’on peut dater.

Par exemple une inscription relate qu’un ambassadeur du royaume de Saba s’est rendu à Chypre où il a réchappé à une guerre entre Ioniens et Chaldéens: on peut ainsi la dater entre 600 et 550 av JC.

Autre exemple: un commerçant du royaume de Mâ’in (Yémen) relate qu’il a survécu à une révolte des Egyptiens contre les Mèdes, ce qui permet de dater l’inscription vers 350-340 av JC. Autre exemple : des gens d’Arabie orientale gravent des inscriptions au Yémen et les datent du roi Séleukos, soit 298 av JC. On apprend au passage que l’Arabie orientale était à cette date sous domination séleucide.

Le royaume de Himyar: bref historique

Situé au SO de la péninsule arabique, le Yémen en constitue la partie fertile, en raison de son altitude (moyenne 2000 m) et de son régime de pluies de mousson. Divisé en 3 ou 4 royaumes dans l’Antiquité, il a été totalement unifié vers 300 sous le nom de royaume de Himyar (capitale Zafâr). A la suite des campagnes des princes Yaz’anides (320-360), il s’est soumis durablement toute la péninsule arabique. Sa religiondominante est devenue le judéo-monothéisme vers 380. Contraint de se soumettre au royaume chrétien d’Aksûm (Ethiopie) vers 500, il a connu la révolte du roi juif Joseph en 522 et la persécution des chrétiens qui l’a accompagnée. Cette révolte a été matée par les Ethiopiens, qui ont installé le roi chrétien Abraha (535-565). En 570 le royaume de Himyar s’est soumis aux perses Sassanides et a disparu de l’Histoire.

Le paganisme disparaît entre le 3è et le 4è siècle

Le paganisme a laissé de nombreuses traces au Yémen (temples, inscriptions). Voici par exemple des images du temple considérable de Ma’arib, dans lequel on a trouvé plus de mille inscriptions très instructives. A noter que ce paganisme s’interdisait toute représentation divine sous forme humaine ou animale: le dieu était figuré par un trône vide, seule la représentation de ses messagers ailés étant admise.L’une des premières inscriptions monothéistes recensées (‘Avec l’aide d’Ilân, maître du Ciel’) date de 330 EC. Si en parallèle on relève les dates des dernières inscriptions trouvées dans les temples païens du Yémen, on arrive à la conclusion que presque tous ces temples ont été abandonnés au 3e siècle, les derniers et les plus grands l’ayant été à la fin du 4e siècle : la dernière inscription païenne date de 380 EC.

A partir de 380, de nombreuses inscriptions commémorent des personnages officiels juifs

Premier exemple : un personnage qui s’appelle Yehuda construit un palais dans la capitale Zafâr et invoque le nom du roi. Ce haut personnage de la cour royale porte un nom juif. D’ailleurs le petit texte situé dans le monogramme central est gravé en hébreu et se termine par ‘Amen, shalom, amen’.

Autre exemple (tombe découverte au sud de la mer Morte). Le texte dit: ’Puisse reposer l’âme de Yoseh, fils d’Awfa, qui trépassa dans la ville de Zafâr, dans le pays des Himyarites, partit pour le pays d’Israël et fut enterré le jour de la veille du Sabbat, le 29e jour du mois de Tammuz, la 1ère année de la semaine d’années égale à l’an 400 de la destruction du Temple’. Donc voilà quelqu’un qui est mort dans le pays des Himyarites et dont les restes ont été transportés au voisinage de ce qui était considéré comme le pays d’Israël.

Nécropoles et cimetières juifs

On a des preuves nombreuses de la présence juive en Arabie. Ainsi dans la nécropole juive de Bet She’arîm (découverte en Galilée à la fin des années 30, mais oubliée par la suite), on a trouvé un caveau réservé aux juifs Himyarites (ou Homérites). Par ailleurs sur le site de Hasî (près de Zafâr, au Yémen), on a trouvé la très belle inscription suivante: ‘Le prince a concédé au Seigneur du Ciel quatre parcelles, à côté de ce rocher, en descendant jusqu’à la clôture de la zone cultivée, pour y enterrer les juifs, avec l’assurance qu’on évitera d’y enterrer avec eux un non-juif ‘(‘rmy=araméen=païen). Voilà donc le témoignage explicite qu’une autorité (juive?) a accordé sa protection aux communautés juives et s’est senti une obligation de leur créer un cimetière réservé.

Sans être religion officielle, le judaïsme de Himyar apparaît religion dominante

Un grand nombre d’inscriptions sont dues aux rois de Himyar. Celle-ci-contre (384) dit simplement: ‘Avec l’aide deson seigneur, le Seigneur des Cieux’. Les rois de Himyar utilisent toujours des formules monothéistes, sans que l’on puisse dire s’ils sont juifs ou non. En revanche les inscriptions rédigées par des particuliers présentent toute la gamme entre ce monothéisme neutre et un judaïsme affirmé. Comme aucune inscription ne mentionne une orientation religieuse différente, la société apparaît ainsi fortement judaïsée.

Juifs orthodoxes et judéo-monothéistes partagent le ‘mikrâb’

Le judéomonothéisme de Himyar a une maison qui lui est consacrée en propre: le mikrâb. Elle sert au culte, à l’enseignement, et peut-être à l’hébergement des voyageurs. On trouve un mikrâb dans les cimetières juifs. Le nom de mikrâb n’est attesté dans les inscriptions que pendant la période judéomonothéiste.

On a la certitude que le mikrâb est partagé entre les juifs fidèles de la Torah et les judéomonothéistes, considérés par les premiers comme des ‘craignant Dieu’. Dans l’un des plus anciens mikrâb édifiés par un roi, on a trouvé l’inscription suivante: ’Et pour que Dieu, seigneur du ciel et de la Terre, leur accorde la crainte de son nom et le salut de leurs personnes.’Par le mikrâb, la communauté juive, sans doute minoritaire, était en relation étroite avec les monothéistes plus nombreux qui adhéraient aux principes de morale de la Torah, mais pas à l’ensemble de ses prescriptions.

Particularités du judaïsme himyarite

‘Que bénissent et soient bénis le nom de Rahmânân qui est au Ciel, Israël et son Dieu, le Seigneur des juifs…’Par ailleurs on a découvert la trace d’une grande vénération des familles sacerdotales juives chargées du culte au Temple de Jérusalem: à Bayt Hâdir (près de Sanaa), une inscription enregistre soigneusement les noms des 24 familles de prêtres et de leurs villages d’origine, tous galiléens. C’est la seule inscription de ce type trouvée en dehors du territoire d’Israël.

Le judaïsme est aussi attesté dans le nord de l’Arabie dès le 3e siècle

Le judaïsme dans le nord-ouest de la péninsule arabique, attesté par des sources externes, a laissé lui aussi de nombreuses traces dans les inscriptions. Par exemple sur une stèle trouvée à Tayma, une grande oasis du nord de l’Arabie, l’inscription dit: ‘Ceci est le mémorial d’Isaïe, fils de Joseph, prince deTayma, qu’ont érigé sur lui Amram et Rashim ses frères’. Le terme traduit par ‘prince’ désigne plus précisément le premier magistrat de la cité; il est utilisé dans ce sens sur une inscription du site voisin de Madâ’in Salih. Tous les noms étant juifs, on est assuré que le premier magistrat d’une grande oasis de l’Arabie du nord était juif en 203 EC. Autres exemples: on a trouvé une stèle (356) dédiée à une descendante de Samuel, prince de Higrâ. Là aussi on a un nom typiquement juif qui est porté par un personnage occupant une position de premier plan. Près de Tayma, on a trouvé une menorah avec les ustensiles caractéristiques du judaïsme qui l’accompagnaient.

La conversion du roi de Himyar vers 380 est contemporaine de celle des monarques de l’époque

A Rome l’édit de tolérance de Milan est promulgué en 314, Constantin se fait baptiser en 337, son successeur Constance II devient le premier empereur chrétien, et le paganisme est interdit dans le monde romain vers 380. A Aksûm, le souverain éthiopien devient officiellement chrétien vers 360. Et à Himyar le roi se déclare juif vers 380. Cette suite de conversions montre que les royaumes d’Aksûm et d’Himyar évoluent à un rythme voisin de celui du monde méditerranéen. Circulations de personnes et échanges commerciaux font que les exigences spirituelles du monde romain touchent également les populations de l’Ethiopie et de la péninsule Arabique. Si l’on recense tous les mots religieux présents dans les inscriptions du Yémen, on trouve un grand nombre de fois ceux de ‘prière’ et d’aumône légale’. Deux des cinq piliers de l’islam étaient donc déjà fortement enracinés en Arabie quelque 250 ans avant la prédication de Mahomet. Le paganisme grossier accolé à la période préislamique ne correspond en rien à la réalité.

De 535 à 570 sous le roi Abraha, l’Arabie Himyarite devient un royaume chrétien …

Vers 500 le royaume de Himyar, qui domine toute l’Arabie, devient tributaire du royaume éthiopien d’Aksûm, lequel est chrétien. En 522 le roi himyarite Joseph que les Ethiopiens ont installé sur le trône se révolte et se déclare juif. Au cours de ses campagnes, il massacre les soutiens des Ethiopiens, qui sont le plus souvent chrétiens. La tradition a notamment retenu le martyre de la population chrétienne de Najrân. Mais Joseph est vaincu par les troupes Aksûmites en 525, et leur chef Abraha (531-570) impose la domination chrétienne sur toute l’Arabie. Les archives permettent de situer la plupart des sièges épiscopaux de cette époque, ainsi que la localisation de nombreuses églises.

Les vestiges de plusieurs d’entre elles ont été mis au jour par les archéologues (cf oratoire d’Al Jubayl sur le Golfe). Trait piquant: on a trouvé une inscription explicite de cette soumission à un pouvoir chrétien à Yathrib (=Médine), inscription datée de 552, soit 70 ans seulement avant que Mahomet ne fasse de Médine sa capitale.

Essais de reconstitution de la grande église de Sanaa

Peu après sa prise de pouvoir, Abraha transféra sa capitale de Zafar à Sanaa et y bâtit une vaste église à la gloire de la religion chrétienne. La tradition arabe dit que ce fut pour rivaliser avec le pèlerinage de La Mecque, mais il est possible au contraire que le pèlerinage de La Mecque n’ait vraiment prospéré qu’après la mort d’Abraha. Plusieurs équipes d’archéologues ont travaillé ces dernières années sur la grande mosquée de Sanaa. Ils ont mis en évidence les réemplois des chapiteaux de l’ancienne église d’Abraha, avec leurs croix caractéristiques. Un fragment retrouvé de la plaque de fondation de cette église la date de 559-560. En s’appuyant sur la description détaillée d’un auteur islamique et sur les vestiges des églises de Najrân (Yémen) et d’Aksûm (Ethiopie), l’architecte Ch. Darles en a proposé une reconstitution: podium carré, bâtiment fermé, cour intérieure, grande salle transversale… Les archéologues aimeraient faire des sondages dans la grande mosquée, ce qui est bien sûr problématique. Ils ont néanmoins trouvé récemment que certains bois du plafond étaient largement préislamiques, ce qui veut dire que non seulement les chapiteaux, mais aussi les décors de plafond de la mosquée sont des réemplois de l’église d’Abraha.

Christologie des inscriptions d’Abraha

Plusieurs inscriptions du 6e siècle suggèrent une évolution du contenu de la foi officielle au cours du règne d’Abraha. La première (530) dit: ‘Au nom et avec la protection du Miséricordieux, de son fils Christ vainqueur, et de l’Esprit Saint’. Elle est d’une orthodoxie rigoureuse. Dans sa grande inscription de 548, et sans doute pour des raisons politiques, Abraha recourt pour la 2e personne de la Trinité, à une formulation acceptable aussi bien par les chrétiens que par les juifs: ‘Avec la puissance, l’aide et la clémence du Miséricordieux,de son Messie, et de l’Esprit de Sainteté’. Enfin dans une inscription trouvée à Murayghân et datant de 552, on ne lit plus que : ‘Avec la puissance du Miséricordieux et de son Messie’. Illustration du caractère officiel de la religion chrétienne dans l’Himyar d’Abraha, l’inscription monumentale ci-dessous, gravée en plein désert d’Arabie centrale, commence par une croix. Cette prégnance générale du judéo-christianisme a forcément influencé le fondateur de l’islam quelques décennies plus tard.

Un lieu de vénération d’un martyr chrétien

Dans la région de Najrân (frontière Arabie-Yémen), sur le site désertique de Himà, on a découvert de nombreuses inscriptions que l’on peut dater de 470. Elles ont suscité un vif intérêt à un double titre. D’une part elles étaient rédigées en arabe, alors qu’on pensait jusque-là que l’écriture arabe ne s’était diffusée dans la péninsule Arabique qu’avec l’islam. D’autre part ces inscriptions, où figurait systématiquement la croix, étaient chrétiennes. Parmi elles, une grande inscription de 1 m de haut, visible de loin, répétait le nom d’un certain Thawbân, fils de Malik. Qui était ce personnage, objet de vénération dans le christianisme local? Sans doute un martyr, car cette époque (468-480) est celle de la première répression juive contre les chrétiens (cf martyre d’Azqîr). Ces inscriptions en arabe archaïque accompagnées d’une croix suggèrent par ailleurs un lien entre la diffusion de l’écriture arabe et celle du christianisme. Peut-être le recours à cette écriture a-t-il permis aux chrétiens d’affirmer une certaine identité par rapport au Yémen qui était alors juif?

En conclusion, l’idée d’une Arabie préislamique livrée au paganisme et à l’ignorance a été com-plètement ruinée par les découvertes archéologiques récentes. Le terreau judéo-chrétien y était largement présent bien avant la naissance de l’islam.

Voir également:

Was Jesus a Palestinian and why would Congresswoman Ilhan Omar care?

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week.

Maayan Jaffe-Hoffman
The Jerusalem Post
April 25, 2019

These are questions that Rabbi Abraham Cooper, associate dean and director of global social action agenda for the Simon Wiesenthal Center, asked this week, after the congresswoman retweeted a New York Times op-ed by Eric V. Copage, which claimed that “Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The writer was exploring why Jesus is so often illustrated as a white man with blue eyes, but Cooper contends that Omar likely had another agenda in sharing the article, which she did with the following message: “Don’t they (Christians) know Jesus was a Palestinian?”

“The claim that Jesus was a Palestinian is so bizarre that the question becomes what one gains by making that allegation,” Cooper told The Jerusalem Post. “For people who have no theological or historical rooting, the idea that Jesus was a Palestinian creates a new narrative for Palestinian history, which otherwise does not date back very far. If one can say that Jesus was Palestinian 2,000 years ago, then that means the Jews are occupying Palestinian land.”

Cooper said that for people who “don’t like Jews to begin with, it is a deadly combination of the Jews killed Jesus and now they are doing the same to his progeny,” he continued. “From a political and propaganda point of view, there is something to be gained.”
The myth that Jesus was a Palestinian dates back to the days of Yasser Arafat, when his trusted Christian-Palestinian adviser Hanan Ashrawi made the claim. Since then, the idea resurfaces now and again, according to Cooper.

“The absurdity of it is breathtaking,” Cooper said of Jesus being a Palestinian. “Jesus was born in Bethlehem, think about who is parents were – his mother, Mary, was betrothed to Joseph, a carpenter. In the Gospels, there is no mention of Palestine, only Judea, which is where Jews lived.”

Cooper said that if the Palestinians admit that Jesus was a Jew, then the idea that the Jews only arrived in Israel in 1948 and occupied Palestinian indigenous land becomes an absurdity.

He said Omar “knows this narrative is false but also that it has an inherent power to it,” said Cooper. “The ‘Benjamins,’ the big lie of dual loyalty, Jesus is a Palestinian – it is all rewriting history to plant in people’s minds that the Palestinian people go back thousands of years.”

“She is a very clear person,” Cooper continued. “Ilhan Omar is a clever antisemite, so truth does not play much of a role anyway.”
He added that, “When an elected member of the US Congress retweets such a thing, that takes things to the next level.”
Some people came out in defense of Omar, such as American Muslim scholar, civil rights activist, writer and speaker Omar Suleiman. He tweeted a speech by American Protestant Minister William J. Barber II, who likewise made the claim that “Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew” and called out the misplaced hate directed at Omar.

Cooper said he was surprised The New York Times allowed Copage to publish an op-ed with such a line, and expected such information only to be shared on platforms like Facebook and Twitter, where users can get away with much more before it is identified – if it is ever identified – as fake news.

The solution: education, he said.

“It is extremely important for world Jewry and Jewish families to teach their own and go over our amazing love affair between the people and her land that stands for more than 3,000 years,” said Cooper, noting that is the responsibility of educated Jews and Christians to counter such falsehoods.

Voir de même:

NewYork Times Claims Jesus Was ‘Likely a Palestinian’

Ira Stoll
Algemeine
April 23, 2019

A New York Times article claiming that Jesus “was most likely a Palestinian man with dark skin” is generating a fierce push-back from the Jewish community.

The executive director of Boston’s Jewish Community Relations Council, Jeremy Burton, tweeted, “Important to point out that no, Jesus did not identify as Palestinian. He was a Judean Jew and for him, the term Palestine was that of the Roman occupier.”

A professor of Jewish history at Yeshiva University, Steven Fine, responded on the Times comments page that “for sure” Jesus “was a youngish Jewish man” who “looked like other Jews of his place and time.”

Another Jewish Times reader responded in the comments section, “I am amazed that the author of this article cannot simply state that Jesus was a Jew. He uses the anachronistic term ‘Palestinian.’ During Jesus’ lifetime the Romans called the province which they controlled ‘Judea.’ Later they renamed it ‘Syria Palestina.’ Referring to Jesus as ‘Palestinian’ is simply misleading in the context of his era.”

The editorial director of the Times reader center, Hanna Ingber, responded to the complaint: “You are of course right that Jesus was Jewish. We never intended to imply that he wasn’t, and we didn’t leave that detail out to make a point, as some readers wondered. The article was focused on what he physically looked like. But again, we do hear your concern.”

A journalist with the Jewish Chronicle in London, Daniel Sugarman, has described the “Jesus was a Palestinian” claim as “idiocy” and “deliberate historical revisionism designed to deny the Jewish connection to the Holy Land.”

An official at the Simon Wiesenthal Center, Rabbi Abraham Cooper, told The Jewish Journal newspaper that the claim Jesus was a Palestinian is a “grotesque insult.” The Journal observed this claim is being made not only by the Times but by a Muslim-American Democratic congresswoman who supports the movement to boycott, divest from, and impose economic sanctions on Israel — Ilhan Omar.

Noah Pollak, in a tweet cited by The Daily Wire, called the New York Times article “crazy.” Pollak insisted, “Jesus was not an Arab.”

Personally, I’m tempted to quip that if the Palestinians want him, they can have him. It’s a little unseemly, or at least somewhat ironic, for Jews to be scrambling to claim credit for the founder of a non-Jewish religion. So far as the story can be discerned, though, he does appear to have started out as a Jew. As time went on, at least as told in the Christian Bible, though, he seems to have been doing more of his own thing. His followers turned it into something definitively different from Judaism.

Even so, using the term “Palestinian” to describe Jesus is indeed anachronistic, to the point of being misleading. The Times using its columns to push that false claim is enough to make readers wonder if the Times agenda here has less to do with the ancient history of early Christianity, and more to do with taking sides in the present-day conflict between Israel and Palestinian Arabs.

Ira Stoll was managing editor of The Forward and North American editor of The Jerusalem Post. More of his media critique, a regular Algemeiner feature, can be found here.

Voir de plus:

As a Black Child in Los Angeles, I Couldn’t Understand Why Jesus Had Blue Eyes
As Christians prepare to celebrate Easter, a Times journalist wonders how others first visualized Jesus as a child — and what those images mean now. Share your experience in the comments.
Eric V Copage
NYT
April 19, 2019

I must have been no older than 6. I was in church in my hometown, Los Angeles. Parishioners fanned themselves to stay cool in the packed, stuffy room.

On one side of each fan was an illustration of an Ozzie and Harriet-like American family — father, mother, son, daughter. All were black, like the parishioners in the church. On the other side was an illustration of Jesus Christ — fair skinned, fair haired, blue eyed.

Something seemed amiss to me about that depiction of Christ. Why was he white? Why was he not black, like my family, like me?

As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.

Many black Americans I met over the years not only embraced that image, but also insisted upon it. In a July 2002 episode of the radio show “This American Life,” an artist, Milton Reed, who made his living painting murals inside people’s apartments in public housing projects in Chicago, said black clients often asked him to paint Jesus — and insisted that Mr. Reed paint him white.

[Use the comments to tell us what you see when you visualize Christ. Your response may be highlighted in this article.]

With the approach of Easter, and these memories at the front of my mind, I decided to dig a little into this topic.

George Yancy, who edited “Christology and Whiteness,” a collection of essays about race and Christianity, told me the desire — sometimes the psychological need — of some black Americans to see Christ as white may “simply be a habit.”

“The first time I saw images of a black Christ it was shocking,” Dr. Yancy, who is black, told me. “It was like, ‘How dare they!’ But when you’ve seen a white Jesus all your life you think that can be the only acceptable image.”

Dr. Yancy, a philosophy professor at Emory University, also said that the social cultural soup all Americans are immersed in equates white with good and pure and black with bad and evil. Consciously or subconsciously some black Americans might have bought into that.

“If you internalized that worldview,” he said, “how could a dark-skinned Christ wash sins away?”

In a few black American churches the image of a white Jesus never took root, and for at least 100 years, those churches have been depicting Christ as black, as reported in a 1994 Washington Post article.

Since the 1960s, with the civil rights and black power movements and black liberation theology, the trend to show Christ as black has steadily grown.

“It would seem to follow that as black people came to rethink and embrace their own beauty, their own self-representation, that the image of a black Christ would naturally follow,” Dr. Yancy said.

Now, even though cultures across the world may at times show a Jesus that reflects their own story, a white Jesus is still deeply embedded in the Western story of Christianity. It has become often impossible to separate Jesus and white from the American psyche.

I remain interested in the depiction of Christ among blacks, Hispanics, East Asians, South Asians and other communities of color, both American born and immigrant.

I am also interested in how white Christians feel about images of Christ. How do you feel about the possibility that Christ may not have looked the way he has been portrayed for centuries in the United States and Europe? If you’ve seen Christ depicted as a man of color, what was your reaction?

In the comments section of this article, I encourage you to share how the age-old debate over the identity of Jesus is playing out in your life and religious community.

Please include where you’re from. We may highlight a selection of responses in this article.

Voir encore:

Pelosi défend Omar : « Pas de trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate

Dans la querelle entre le président américain et la nouvelle représentante au Congrès Ilhan Omar, la présidente démocrate de la Chambre a accusé Trump d’être à « court d’idées »

La Présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré mercredi qu’il n’y avait « aucune trace » d’antisémitisme au sein du Parti démocrate et a accusé le président américain Donald Trump de politiser cyniquement la question.

Trump a attaqué à plusieurs reprises la représentante Ilhan Omar, démocrate du Minnesota, en la qualifiant d’antisémite, et a tweeté vendredi une vidéo qui l’attaquait pour des propos qu’elle avait tenus le mois dernier et qui auraient présenté une description désinvolte des attaques terroristes du 11 septembre.

L’attaque a suscité une défense de Pelosi, la première démocrate au Congrès, et de nombreux autres membres du parti, qui a déclaré que Trump avait dénaturé les propos d’Omar.

Lundi matin, Trump a encore intensifié les tensions en accusant Omar d’antisémitisme dans un tweet qui disait : « Avant que Nancy, qui a perdu tout contrôle sur le Congrès et qui ne fait rien, ne décide de défendre sa représentante, Omar, elle devrait jeter un œil aux déclarations antisémites, anti-Israël et de haine ingrates des États-Unis qu’Omar a faites. »

« Je ne pense pas que la députée soit antisémite. Je ne les mettrais même pas dans la même catégorie », a déclaré Mme Pelosi lors d’une interview accordée à CNN mercredi à Dublin, en Irlande, où elle est en déplacement.

« Il n’y a aucune trace de cela au Parti démocrate », a-t-elle dit, « et ce n’est pas parce qu’ils veulent accuser quelqu’un de cela qu’on doit se laisser faire. » Les accusations de Trump, a-t-elle ajouté, montrent qu’il est « à court d’idées ».

Omar, une Somalo-Américaine et l’une des premières femmes musulmanes élues au Congrès, a été largement condamnée au cours des derniers mois pour des remarques affirmant que des Américains pro-israéliens avaient payé des membres du Congrès pour soutenir Israël, parmi d’autres tropes considérées comme antisémites par la communauté juive.

Lors d’une visite au Minnesota lundi, Trump a profité de cette occasion pour dire à KSTP-TV qu’il ne regrettait pas d’avoir tweeté la vidéo du 11 septembre.

« Elle a été très irrespectueuse envers ce pays », a dit Trump. « Elle a été très irrespectueuse, franchement, envers Israël… Elle a une façon de faire qui est très, très mauvaise, je pense, pour notre pays. Je pense qu’elle est extrêmement antipatriotique et extrêmement irrespectueuse envers notre pays. »

Ni le tweet de Trump ni la vidéo ne comprenaient la citation complète d’Omar ou le contexte. Le 23 mars, elle a déclaré au Council on American-Islamic Relations (CAIR) [Conseil des relations américano-islamiques] que de nombreux musulmans avaient vu leurs libertés civiles érodées après les attentats du 11 septembre.

« CAIR a été créé après le 11 septembre 2001, parce qu’ils ont reconnu que certaines personnes avaient fait quelque chose et que nous commencions tous à perdre la jouissance de nos libertés civiles », a-t-elle dit. Bien que CAIR a été fondé en 1994, selon son site Web, ses membres ont grimpé en flèche après les attentats.

La défense d’Omar par Pelosi mercredi a fait suite à une défense partielle du sénateur Bernie Sanders, qui est Juif, lors d’une assemblée publique télévisée en Pennsylvanie, lundi. Sanders a dit qu’il ne considérait pas Omar comme antisémite, mais a ajouté qu’elle devait « apprendre à mieux parler à la communauté juive ».

À l’hôtel de ville, interrogé par la chaîne conservatrice Fox News, Sanders a également pris ses distances avec Omar. Sanders a réfuté la description que le modérateur Brett Baier a faite de lui comme étant un « partisan convaincu » d’Omar, en disant : « J’ai parlé à Ilhan environ deux fois dans ma vie. »

Sanders, comme Omar, a critiqué le gouvernement israélien pour sa politique envers les Palestiniens. Il a déclaré avant les élections nationales de la semaine dernière en Israël qu’il espérait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu perde les élections.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir et j’espère que tous les membres du Congrès lutteront non seulement contre l’antisémitisme, mais aussi contre le racisme et les activités anti-musulmanes afin de créer une société non-discriminatoire », a dit Sanders. « Mais ce n’est pas de l’antisémitisme que de critiquer un gouvernement de droite en Israël. Ce n’est pas antisémite. »

Depuis le tweet de Trump sur le 11 septembre, Omar a déclaré qu’elle était confrontée à des menaces de mort de plus en plus nombreuses, beaucoup d’entre elles citant cette vidéo.

« Cela met des vies en danger », a-t-elle déclaré dimanche soir, accusant Trump de fomenter l’extrémisme de droite. « Il faut que ça s’arrête. »

Un homme du nord de l’État de New York a récemment été accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre Omar.

Suite à ces menaces, Mme Pelosi a demandé à la police du Capitole de prendre des mesures pour protéger la sécurité de la députée et a demandé à M. Trump de retirer la vidéo. Peu de temps après, la vidéo a disparu sous la forme d’un tweet épinglé en haut du fil Twitter de Trump, mais elle n’a pas été supprimée.

L’attachée de presse de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a défendu Trump dimanche, affirmant que le président avait le devoir de mettre en lumière les antécédents d’Omar qui a tenu des propos que certains jugent antisémites ou offensants et qu’il ne souhaitait aucun « mal » à la législatrice dont c’est le premier mandat.

France-Soir falsifie l’étymologie du mot « Palestine »

Le fils du Premier ministre israélien a émis un tweet dans lequel il affirmait qu’il n’y avait pas de « Palestine » parce qu’il n’y avait pas de lettre « P » en arabe.

Si le raisonnement peut être vu comme simpliste et le style offensif (raisons pour lesquelles le tweet a ensuite été supprimé ?), la réponse de France-Soir est carrément fausse.

Voulant démontrer que le rejeton du dirigeant israélien avait tort, France-Soir s’est engagé dans un débat étymologique.

 

Décrivant des « réponses moqueuses » au tweet de Yaïr Netanyahu, dont l’opinion est ainsi tournée en ridicule, France-Soir procède à un supposé « fact-checking » :

Le mot Palestine provient en effet de l’arabe Falastin, avant d’être transcrit en latin Palaestina (voir ici) d’où provient la transcription Palestine dans les langues européennes.

Mais l’étymologie est affaire de chronologie : il s’agit de trouver l’origine d’un mot.

Or le nom latin « Palaestina » a été donné en 135 par l’empereur romain Hadrien à la région auparavant dénommée Judée (pays des Judéens, c’est à dire des Juifs). Les Romains, qui venaient de subjuguer les Juifs qui leur avaient opposé une résistance très dure, entendaient effacer le lien des vaincus avec cette région. Ils choisirent « Palaestina » en référence aux Philistins, peuple qui avait été un ennemi des Juifs et qui s’était éteint déjà plusieurs siècles auparavant, dont on pense que le nom signifiait « envahisseurs » (les Philistins étaient probablement à l’origine un peuple provenant de l’actuelle Grèce). Le nom latin « Palaestina » dérivait du grec « Παλαιστίνη Palaistínē », provenant lui-même de l’hébreu « פְּלֶשֶׁת – p’léshet ». Le terme « P-l-s-t » ou « P-r-s-t » sans doute équivalent a aussi été retrouvé sur des inscriptions égyptiennes prédatant d’un millénaire le choix du mot par les Romains. Après les Romains, succédant aux Byzantins, c’est au 7e siècle que les Arabes ont envahi la région qu’eux appelaient « Sham », le Levant.

Et c’est bien plus tard que le terme latin a été transcrit dans d’autres langues dont l’arabe. Au début du 20e siècle, les Arabes de la région ne se définissaient pas comme des Palestiniens. « Falastin » en arabe désignait alors la région du mandat britannique sur la Palestine, qui était habitée par des Arabes palestiniens, et des Juifs palestiniens… Le journal juif « Jerusalem Post » s’appelait alors « Palestine Post ». Dans les années 1960, soit dix-huit siècles après la popularisation du terme Palestine par les Romains, tandis que les Juifs de Palestine étaient devenus des Israéliens, les Arabes de Palestine adoptèrent le terme de Palestiniens.

 

 

L’étymologie fournie par France-Soir est trompeuse puisqu’elle implique que « Palestine » soit un mot arabe, et par extension que la région ait été arabe avant même la présence des Romains. Il n’en est rien et c’est le mot latin « Palaestina » qui a été transcrit en arabe par « Falastin », pas l’inverse.

L’arabe ne connaissant pas le son « P », la transcription depuis le latin l’a transformé en « F » – qui est un son proche (en hébreu, une seule lettre est d’ailleurs utilisée pour les deux sons avec une simple ponctuation pour les différencier).

L’article raille ceux qui mettent en doute la légitimité historique de la « Palestine » comme entité arabe en se basant sur l’étymologie du mot. Mais une fois démontrée, la falsification de l’histoire nécessaire à l’invalidation de ce point de vue semble bien atteindre l’effet inverse…

D’autant que, juste derrière la phrase en question, l’article contient un deuxième passage tout aussi aberrant.

Un internaute a fait remarquer, non sans ironie, qu’aucune lettre de l’hébreu ne pouvait retranscrire le son “j”. En conséquence, Jérusalem (qui se prononce “Yerushalayim”) ne se trouve pas en Israël.

France Soir ne donne pas le nom de « l’internaute » auteur du tweet en question. Mais un lien pointe vers une page du site anti-israélien Middle East Eye (sobrement présenté par France-Soir comme un « média anglo-saxon »). On peut y lire le tweet original…

 

 

… et découvrir son auteur.

 

Antisioniste et fier de l’être

 

Il s’agit de Miko Peled, un activiste antisioniste connu qui ajoutait même dans son message dont la traduction a été tronquée par France Soir que les Juifs ne pouvaient pas faire partie d’Israël. Forcément, puisque Miko Peled, bien que né en Israël dans une famille autrefois sioniste, est contre l’existence même de l’Etat juif. De là à en faire une source crédible pour un média d’information…

C’est évidemment le nom original hébreu « Yerushalayim » qui a été transcrit en français par « Jérusalem »; le « J » du français est une adaptation issue de l’hébreu. Le grec « Hierosólyma » avait gardé la trace de la prononciation hébraïque, tout comme l’allemand qui l’écrit « Jerusalem » comme en français mais où le « J » se prononce « I ». Dire que Jérusalem ne se trouve pas en Israël est par ailleurs faux quelle que soit la justification (au minimum, tout le monde hormis les haïsseurs d’Israël reconnaît que la partie occidentale de la ville est israélienne).

InfoEquitable a écrit à la rédaction de France-Soir pour demander la rectification de cet article (correction de l’étymologie du mot « Palestine » et suppression du paragraphe mensonger sur Jérusalem). Nos lecteurs peuvent également écrire pour appuyer cette demande.

Voir de plus:

The Claim That Jesus Was A Palestinian Is Just Plain Ignorant!
Jeff Dunetz
Lidblog
Apr 25, 2019

Originally presented by Yasser Arafat’s PR woman Hannan Ashrawi in 2001, the claim that Jesus Christ was a Palestinian has been back in the news lately. But it is a claim that is historically impossible and designed to erase the historical connections between the Jewish people and the holy land.

On Saturday, the anti-Semitic, anti-America Rep Ilhan Omar, retweeted a tweet from Omar Suleiman, an adjunct professor of Islamic Studies at Southern Methodist University,

Just 24 hours earlier the NY Times published an op-ed by Eric Copage, which said in part:

“As I grew older, I learned that the fair-skinned, blue-eyed depiction of Jesus has for centuries adorned stained glass windows and altars in churches throughout the United States and Europe. But Jesus, born in Bethlehem, was most likely a Palestinian man with dark skin.”

The claim is not new, during the 2016 Democratic convention Rev. William Barber II received cheers during his speech when he said:

Jesus, a brown-skinned Palestinian Jew called us to preach good news to the poor, the broken, and the bruised, and all those who are made to feel unexpected.

Wrong! 

Being Jewish and living around 2,000 years after Jesus’ death I can’t speak to what Jesus taught or the color of his skin. But considering when and where he lived Copage’s description of Jesus’ physical appearance is probably correct. In fact, scientists who have looked into it believe that Jesus looked like a typical Middle Eastern Judean, as opposed to the way he is normally portrayed as a European. (Yes Judean. The country was called Judea, that’s where the term “Jews” comes from).

After the Bar Kochba revolt in 135 CE, the Romans punished the Judeans (Jews) for revolting for the second time in sixty years. To poke those rebellious Judeans in the eye, the Romans changed the name of their country from Judea to Syria Palaestina. The Romans used Palaestina after the ancient enemy of the Jews, the Philistines. Not that there were Philistines around anymore (they had disappeared from existence around eight hundred years earlier).

The Romans also threw out many of the Judeans creating the Jewish exile that lasted till 1948. The Byzantine Empire took control of the holy land around the year 330 C.E., and in the year 638, it was conquered by Muslim Arab forces.

Putting the timeline together it is clear to anyone with basic math skills that it is impossible for Jesus to have been a Palestinian. There was no piece of land called Palestine until 100 years after Jesus died, and the area wasn’t controlled by Muslims until 600 years after his death.

if Jesus was a Palestinian, Christians couldn’t claim that he was from the line of King David, one of the Jewish Messiah requirements.

The people claiming that Jesus was a Palestinian are trying to create a new history for the Palestinians. If they can convince people of the falsehood that Palestinians were around for two millennia, then the lie that Jews are occupying Palestinian land becomes almost logical.

Anyone who says that Jesus was a Palestinian hasn’t the slightest idea of history and/or is trying to delegitimize the 3.500+ year Jewish heritage in the holy land. Both Jews and Christians believe that Jesus was a nice Judean (Jewish) boy who went into his father’s business. The real disagreement between the two faiths is his father’s occupation.

Voir encore:

Signes des temps par Marc Weitzmann
Tous les dimanches de 12h45 à 13h30

L’imaginaire de Notre-Dame de Paris et la fabrique de l’identité française
21/04/2019

Alors que la France et le monde pleurent les dommages causés par les flammes à Notre-Dame de Paris, « Signes des temps » s’intéresse aux multiples réinventions de la cathédrale, à ses légendes, au mythe réel qu’elle est devenu.

« La France est foutue », pouvait-on lire sur Facebook au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier « C’est la fin de la civilisation »; « Notre-Drame, titrait Libération le même jour tandis que dans le Figaro Fabrice Luchini s’écriait « Avec cet incendie, on pourrait presque penser à un signe », et qu’Arielle Dombasle se filmait sur Facebook en train de chanter l’Ave Maria. « Il faut parfois des tragédies pour sortir les peuples décadents de leur frilosité amnésique », a renchéri Yvan Rioufol dans Le Figaro vendredi dernier avant d’ajouter « l’occasion est donnée aux Français de retrouver le goût de la transmission et des racines. Rien n’est plus disruptif que de tenter d’être à nouveau à la hauteur des humbles bâtisseurs du Moyen-Age. » Va-t-on vraiment réapprendre l’art des bâtisseurs du Moyen-Age pour sauver la civilisation française ? Illuminée par les flammes de la cathédrale, la France se découvre depuis une semaine au miroir de  son Histoire ou plutôt du souvenir qu’elle en garde à travers les romans, les films, les photos qui ont fait de Notre-Dame de Paris un monument unique en son genre, mais quoi ? Y a-t-il vraiment des racines cachées sous notre Dame ou bien, comparée aux cathédrales de Chartres, de Reims ou de Strasbourg, Notre-Dame est-elle en fait un objet unique, où le souvenir de l’histoire réelle se mêle aux légendes et à la littérature pour fabriquer un monument à mi-chemin entre songe et architecture, un rêve de pierre exhibant l’histoire comme fiction nécessaire ?

Voir aussi:

Des centaines d’actes de profanation d’églises sont passés inaperçus en 2018

En France, 1063 actes contre des églises ont été perpétrés en 2018. L’incendie de Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris dimanche dernier, lance le débat autour de la «christianophobie»
Javet Victoria
Le Temps
22 mars 2019

Peu médiatisées, les insultes et profanations contre des lieux de culte chrétiens se multiplient et atteignent des proportions effrayantes. En février dernier, le gouvernement français recensait 1063 délits de ce type rien que pour l’année 2018. Un phénomène passant quelque peu inaperçu, notamment face aux scandales de pédophilie qui plongent l’Eglise catholique dans la tourmente. Pourtant, le nombre de ces actes délictueux est sensiblement en hausse par rapport à 2017.

Le mois dernier, quatre lieux de culte ont été saccagés en moins d’une semaine dans l’Hexagone. Le 4 février, c’est l’église Saint-Nicolas à Houilles, dans les Yvelines, qui était touchée, puis la cathédrale Saint-Alain-de-Lavaur le lendemain. Notre-Dame-des-Enfants le 6 février. Notre-Dame à Dijon le 9 février. Une liste préoccupante et qui ne représente qu’une petite partie du phénomène.

La presse espagnole a par ailleurs vivement réagi face à ces profanations. De nombreux articles sont parus cette semaine, qualifiant sans détour ces crimes de «vandalisme antichrétien». Le média espagnol ABC titrait notamment mardi «Une douzaine d’églises profanées depuis une semaine».

900 000 euros de dégâts pour Saint-Sulpice

L’incendie de Saint-Sulpice est celui qui a été le plus relayé par les médias et sur les réseaux sociaux. Le feu se serait déclaré aux alentours de 13h40, dimanche, au niveau de la porte de l’édifice. Le départ de feu, qui a pu être rapidement maîtrisé dimanche soir, serait d’origine «humaine». La piste criminelle est, pour l’heure, privilégiée par les enquêteurs.

Tout l’intérieur de cette église située dans le VIe arrondissement de Paris a été recouvert de suie et sali, mais seule l’imposante porte d’entrée du lieu de culte a été détruite. Toutefois, les dégâts ont été estimés à près de 900 000 euros.

Prudence et discrétion de l’Eglise

De son côté, l’Eglise préfère rester discrète sur ces événements. Elle justifie cette position en invoquant un possible risque d’imitation si les faits étaient trop médiatisés.

Contrairement aux actes antisémites, qui exploitent des symboles de haine tels que la croix gammée, les délits visant des édifices chrétiens (catholiques pour la plupart d’entre eux) ne sont presque jamais signés. Il est ainsi extrêmement difficile de remonter la source des coupables, souligne le quotidien ABC. Dimanche soir, après que le feu a été maîtrisé, l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, s’exprimait également avec prudence sur les circonstances de l’incendie.

Voir également:

Notre-Dame: une sous-estimation du risque par certains responsables aux conséquences dévastatrices

Katrin Bennhold and James Glanz
NYT
April 20, 2019

PARIS — L’architecte qui a supervisé la conception du système de sécurité incendie à Notre-Dame a reconnu que des responsables avaient sous-estimé la vitesse à laquelle un feu pouvait démarrer et se propager dans la cathédrale, avec pour conséquence un incendie bien plus dévastateur qu’anticipé.

Le système reposait sur l’hypothèse que si la cathédrale venait à prendre feu, les anciennes poutres de chêne dans les combles brûleraient lentement, laissant largement assez de temps pour que les flammes soient maîtrisés, d’après Benjamin Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques qui supervisa la mise en place des sécurités incendie.

Contrairement à ce qui existe sur certains sites sensibles aux États-Unis, les alarmes incendie à Notre-Dame n’étaient pas directement reliées à une caserne de pompiers. Il fallait d’abord qu’un agent de sécurité de la cathédrale gravisse une série d’escaliers raides pour atteindre les combles – un trajet qu’une personne ‘sportive’ met six minutes à effectuer, explique M. Mouton.

Ce n’est qu’après qu’un incendie était constaté que les pompiers étaient avertis et déployés. Autrement dit, même une réaction impeccable à un incendie intégrait un délai d’environ 20 minutes – entre le moment où l’alarme retentissait, et celui où les pompiers étaient arrivés et montés jusqu’aux combles avec des kilos de lances à incendie et de matériel, pour enfin s’attaquer aux flammes.

Ce délai s’est avéré dévastateur.

“Là où j’étais stupéfait c’est de la rapidité avec laquelle le chêne de Notre-Dame a brûlé,” dit M. Mouton. “Un chêne aussi vieux; ça ne peut pas brûler comme une allumette. C’est absolument incompréhensible.”

Certains experts en sécurité incendie affirment cependant que M. Mouton et son équipe avaient sous-estimé le risque – et que la procédure de sécurité qu’ils avaient conçu était bien trop lente pour que le feu puisse être combattu à temps.

“Ça n’a aucun sens,” affirme Jonathan Barnett, un responsable de sécurité incendie chez Basic Expert en Australie. “Vingt minutes avant que les gens n’interviennent; c’est un délai énorme. Quand de la charpente lourde se met à brûler, on ne peut pas l’éteindre. Donc je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle ils ont prévu ce délai.”

François Chatillon, un architecte en chef des monuments historiques impliqué dans la restauration de nombreux monuments en France, signale également qu’il était bien connu que les poutres de chêne sous le toit en plomb de Notre-Dame présentaient un risque élevé d’incendie.

Une fois le feu démarré, dit-il, “c’est comme jeter une allumette dans une boite qui en est remplie, c’est impossible à éteindre.”

Pour lui, ce qui est surprenant ce n’est pas que Notre-Dame ait brûlé cette semaine, mais qu’elle “n’ait pas brûlé plus tôt.”

M. Mouton et son équipe n’étaient les seuls en charge de la sécurisation d’un monument aussi précieux que Notre-Dame. Au minimum, leurs plans devaient être validés par leur hiérarchie au ministère de la Culture.

Charlotte Hubert, présidente de la compagnie des architectes en chef des monuments historiques, souligne que la sécurité dans de tels bâtiments est étroitement réglementée.

“On ne laisse pas les clés à l’architecte en chef pour qu’il fasse exactement ce qu’il veut,” explique-t-elle.

Toujours est-il, selon des experts en sécurité incendie, que deux des principaux responsables à l’époque – M. Mouton et le Lieutenant-Colonel Régis Prunet, ancien pompier et conseiller en sécurité incendie pour le ministère de la Culture – semblent avoir mal évalué les mesures anti-feu nécessaires pour protéger un bâtiment aussi atypique, complexe et irremplaçable que Notre-Dame.

Selon des scientifiques consultés par le New York Times, bien qu’un bois dense puisse mettre du temps à se consumer entièrement, un feu allait se propager naturellement et très rapidement parmi les vieilles poutres de Notre-Dame. Supposer le contraire, disent-il, était une erreur.

M. Mouton, l’architecte en chef des monuments historiques, supervisa une rénovation de la sécurité incendie alors qu’il était responsable de Notre-Dame, entre 2000 et 2013.

“Le sujet de la sécurité incendie a été posé à partir de mon arrivée,” dit M. Mouton. “J’ai géré le sujet de bout en bout.”

M. Prunet, en tant que conseiller en sécurité incendie à la direction générale des patrimoines, au sein du ministère de la Culture, travailla avec M. Mouton et son équipe.

Les deux hommes faisaient face à une tâche monumentale. Il n’y avait pas de plan approprié en place pour la protection contre le feu, ni même pour évacuer les touristes et les fidèles en cas d’incendie, explique M. Prunet. C’était un miracle que rien ne fût déjà arrivé, dit-il, et, selon lui, une grande ironie que cela arrive si rapidement après qu’un plan soit finalement en place.

M. Mouton et M. Prunet expliquent avoir eu main libre pour concevoir le système de protection incendie le plus efficace possible. L’argent n’était pas un problème.

Quand le budget s’avéra plus conséquent que prévu, les autorités françaises trouvèrent les financements, et le délai d’installation du nouveau système de sécurité passa de deux à quatre ans se rappelle M. Mouton.

“Le projet n’a pas été réduit pour des questions financières, je vous le certifie absolument,” dit-il.

Même si aucun coût ne fut épargné, la question de la préservation de la vieille charpente fut abordée de façon conservatrice, pour la laisser dans son état d’origine. Les concepteurs tenaient à ce que les combles ne soient pas altérées par des mesures de protection, avec des extincteurs automatiques ou des murs coupe-feu.

Si le choix avait été fait de sacrifier cette ‘pureté’ de la charpente, en d’autre termes de trouver un compromis entre ce qui était possible il y a 850 ans et ce qui convient aujourd’hui, la flèche aurait pu, selon des experts, être sauvée .

Si des murs coupe-feu ont pu être placés ailleurs dans la cathédrale; ils ne l’ont pas été dans les combles. D’après M. Prunet, la taille et la complexité de leur structure était d’une toute autre ampleur.

“Pour la cathédrale de Paris, c’était compliqué parce que vous aviez un enchaînement de poutres en chêne, ce qu’on appelle la forêt,” explique-t-il.

Mais M. Mouton a surtout renoncé à installer des murs coupe-feu car cela risquait d’être “mutilant” pour la structure, selon lui.

“Il est vrai que ça avait été évoqué mais ça n’a pas été retenu,” dit-il. “Ça change l’apparence mais aussi les éléments car pour mettre en place une cloison il faut aussi couper les bois, c’est mutilant.”

Et selon M. Prunet, des extincteurs automatiques n’ont pas été rajoutés parce que “le problème, c’est que vous noyez la structure.”

Au lieu de cela, expliquent-ils, leur équipe avait misé sur la prévention et la détection. C’était un choix délibéré.

Deux agents de sécurité étaient sur le site pour surveiller, jour et nuit, la délicate charpente du toit, tel le coffre-fort d’une banque.

Un réseau de détecteurs de fumée et de chaleur était réparti de par la cathédrale. Trois fois par jour, quelqu’un montait vérifier que le système fonctionnait.

M. Mouton affirme qu’il avait même testé le temps qu’il fallait pour qu’un agent fasse une levée de doute, en faisant la course avec l’un d’entre eux jusqu’en haut des combles.

“Ça met un certain temps, y compris pour quelqu’un de très sportif,” dit-il. “Cette solution m’avait paru raisonnable en considérant que c’est du vieux chêne, donc ça ne brûlait pas comme ça.”

Par ailleurs, le système d’alerte semble également avoir été défaillant, en commençant par la réponse à la première alerte de 18h20, lundi dernier.

L’agent de sécurité, ne constatant pas de feu, avait donné une fin d’alerte et était redescendu.

Mais selon Glenn Corbett, professeur associé et spécialiste de la science du feu au John Jay College of Criminal Justice à New York, quand une alarme retentit, il est impératif d’identifier l’origine et la cause de son déclenchement, y compris si c’est une défaillance ou si un insecte s’est introduit dans l’appareil.

“La cause de la première alarme n’a pas été assez recherchée ,” dit M. Corbett. “C’est probablement leur plus grande erreur.”

On peut supposer qu’à ce moment-là, un feu couvait vraisemblablement déjà quelque part dans les combles et commençait à se propager. Son origine reste à déterminer.

Certains experts en sécurité incendie ne comprennent pas comment M. Mouton a pu croire qu’un feu se propagerait lentement sur du vieux bois dur.

M. Corbett explique qu’on a longtemps cru que les feux de charpente dans des bâtiments du 19ème siècle étaient forcément de ‘combustion lente’, une croyance largement remise en cause de nos jours.

M. Barnett, l’expert australien, souligne que le temps qu’il faut pour qu’un un épais morceau de charpente soit entièrement brûlé diffère entièrement de la vitesse de propagation du feu.

“Il a sous-estimé le fait que c’est une très grande surface,” explique M. Barnett. “Il y a beaucoup d’énergie, et ça se propage très rapidement.”

Le temps que la deuxième alarme sonne à 18h43, et qu’un agent de sécurité remonte les escaliers, le feu s’était déjà mû en brasier.

Les pompiers n’ont été alertés qu’à 18h51.

“On aurait pu éviter tout cela avec un système de détection moderne,” assure Guillaume Poitrinal, président de la Fondation du Patrimoine.

La technologie de détection rapide en place à Notre-Dame était un système d’aspiration de la fumée fourni par Siemens en 2013, mais l’entreprise affirme qu’elle n’avait pas signé de contrat de maintenance et qu’elle ne peut pas s’exprimer sur de potentielles questions opérationnelles.

Les alarmes à incendie en France ne préviennent jamais automatiquement les pompiers, confirme un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris.

“Il peut y avoir des fausses alertes, c’est pourquoi les pompiers demandent que quelqu’un aille vérifier,” explique Gabriel Plus, le porte-parole.

Mais pour des experts extérieurs, dans le cas de Notre-Dame, la procédure de sécurité incendie choisie ne prévoyait pas suffisamment de temps pour cela.

Une autre solution aurait pu être envisagée: la présence permanente de pompiers sur le site.

C’est le cas dans certains bâtiments encourant “un risque significatif” lors d’un incendie, explique M. Plus, comme par exemple le Louvre, le Palais de Justice, l’Assemblée Nationale et la Bibliothèque Nationale.

Notre-Dame, dit-il, n’en faisait pas partie.

M. Mouton reconnaît qu’une veille de pompiers sur le site aurait été la seule façon fiable d’éviter tout dégât par le feu, mais que cela ne pouvait se justifier “alors qu’il y a des incendies qui s’allument partout à Paris et en banlieue.”

Il fallait accepter une part de risque, dit-il. “Ça fait partie de la relativité des choses.”

“Je suis très embarrassé par ce qui arrive,” confie M. Mouton.

Avec le recul, aurait-il conçu le système de façon différente aujourd’hui?

“La détection serait restée la même,” dit-il. “Mais c’est la gestion qui change.”

“Bien sûr, c’est les premières minutes qui comptent,” dit-il, avant de marquer une pause. “A posteriori on a toujours tort et on aurait sûrement fait mieux. “

Katrin Bennhold a fait ce reportage depuis Paris, et James Glanz depuis New York. Ont contribué à ce reportage depuis Paris: Adam Nossiter, Liz Alderman, Aurélien Breeden et Elian Peltier.

Voir de même:

Etats-Unis

Hillary Clinton et Barack Obama ne reconnaissent pas la persécution des chrétiens

Tous deux ont parlé des attaques terroristes au Sri Lanka, mais ont préféré désigner les chrétiens comme des « fidèles de Pâques ».

Après les terribles série d’attentats à la bombe dimanche de Pâques (21), au Sri Lanka , qui compte déjà 310 morts et plus de 500 blessés, des représentants de l’aile démocratique des Etats-Unis ont décidé de se prononcer sur le fait, mais sans reconnaître les véritables motivations et la cible du massacre: l’église persécutée.Alors que le terme « islamophobie » a été repris après une attaque contre une mosquée à Christchurch (Nouvelle-Zélande) en mars dernier, les principaux médias et les représentants démocrates refusent également de parler de « cristophobie ». »Jusqu’à présent, 290 morts dans des attaques contre des églises catholiques au Sri Lanka. Personne dans la presse n’a utilisé le terme « cristophobie » pour décrire les attaques commises à la Pâques « , a commenté le rédacteur en chef de l’organisation Brasil Paralelo, Guilherme Macalossi.S’agissant du massacre au Sri Lanka, Hillary Clinton et l’ancien président des États-Unis, Barack Obama, ont refusé de reconnaître que parmi les principales victimes de ces attaques, il y avait des chrétiens. Tous deux ont préféré appeler ces gens « des fidèles de Pâques ». »En cette semaine sainte pour de nombreuses religions, nous devons rester unis contre la haine et la violence. Je prie pour toutes les personnes touchées par ces terribles attaques contre les fidèles et les voyageurs de Pâques au Sri Lanka », a commenté Hillary Clinton sur Twitter.

« Les attaques contre les touristes et les fidèles de Pâques sont des attaques contre l’humanité. En cette journée consacrée à l’amour, à la rédemption et au renouveau, nous prions pour les victimes et restons avec le peuple du Sri Lanka », a écrit Obama.

« Islamophobie »

Les mêmes personnalités qui avaient omis d’utiliser le terme « chrétiens » dans leurs déclarations pour le remplacer par « adorateurs de Pâques » n’ont pas hésité à déplorer les violences à l’encontre de la « communauté islamique » après l’attaque de la mosquée Christchurch en Nouvelle-Zélande.

« Mon cœur est brisé par la Nouvelle-Zélande et la communauté musulmane mondiale. Nous devons continuer à lutter contre la perpétuation et la normalisation de l’islamophobie et du racisme sous toutes ses formes », a écrit Clinton à l’époque.

« Michelle et moi-même adressons nos condoléances au peuple néo-zélandais. Nous sommes profondément bouleversés par vous et par la communauté islamique dans son ensemble », a déclaré Obama au même moment. « Nous devons tous rester contre la haine sous toutes ses formes.

Selon le chroniqueur Rodrigo Constantino, cette disparité dans les commentaires des démocrates américains est due à une vision dans laquelle les chrétiens ne peuvent être considérés comme victimes de rien.

« Obama, Clinton et les autres démocrates de gauche ne peuvent même pas parler d’un chrétien pour définir une victime d’un attentat, car un chrétien dans son récit brutal doit toujours être à blâmer. En même temps, ils refusent de désigner l’Islam comme responsable de quoi que ce soit. mauvaise nouvelle, alors qu’ils se précipitent pour les voir comme des victimes. C’est ce que la gauche a résumé aujourd’hui: des conseillers de presse de radicaux islamistes! « , a déclaré le chroniqueur.

Voir enfin:

Le tourisme, nouveau carburant de l’Arabie saoudite

Benjamin Barthe

Riyad mise sur l’immense site antique d’Al-Ula pour ouvrir le pays au tourisme haut de gamme. Un enjeu politique majeur pour le prince héritier Mohammed Ben Salman.

Dans le nord-ouest de la péninsule arabique, en plein désert, à mille kilomètres des tours de Riyad, les Saoudiens investissent dans un nouveau filon. Sa valeur ne se mesure pas en barils de pétrole mais en regards éblouis et en silences béats. L’endroit s’appelle Al-Ula, et c’est une mine d’or : un territoire grand comme la Belgique et quasiment vierge, jalonné de tombeaux antiques taillés dans la roche, de graffitis plurimillénaires, de palmeraies verdoyantes et de concrétions aux formes spectaculaires.Ce trésor jailli des sables, jumeau de la célèbre nécropole nabatéenne de Pétra, dans le sud de la Jordanie, devrait bientôt briller sur la carte du tourisme mondial.Avec l’aide de la France, le royaume a entrepris de le transformer en une destination de voyage haut de gamme, mêlant villégiatures de luxe, découverte de l’Arabie préislamique et expéditions au grand air.Lancé il y a bientôt deux ans, le projet a commencé à se concrétiser cet hiver. Une série de concerts ont été organisés au milieu des rochers, avec en têtes d’affiche le pianiste chinois Lang Lang, le violoniste français Renaud Capuçon et le ténor italien Andrea Bocelli. Echelonnés sur plusieurs week-ends, entre décembre 2018 et février, ces récitals et les activités organisées en parallèle ont attiré près de 30 000 amateurs de musique et de vieilles pierres, venus de trente pays différents. Cet échantillon test, logé dans des camps bédouins cinq étoiles, s’est prêté de bon cœur aux strictes traditions locales, notamment le port de l’abaya, le manteau noir imposé aux femmes.

Vocation de porte-étendard

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, alias « MBS », s’est rendu sur place le 10 février. Pour lui, le développement du site tombe à pic : c’est l’occasion de remettre en avant ses ambitions modernisatrices, éclipsées par l’assassinat, début octobre 2018, à Istanbul, d’un journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, par des barbouzes venues de Riyad. A l’instar de Neom, la cité futuriste à 500 milliards de dollars (445 milliards d’euros) en chantier plus au nord, Al-Ula a vocation à être le porte-étendard d’un pays qui change.

Car en Arabie saoudite, le tourisme ne va pas de soi. Une grande partie de la société, nourrie de rigorisme wahhabite, a grandi dans l’idée que le culte des antiquités est une activité idolâtre, surtout quand il s’agit de reliques antéislamiques.

L’entrée des étrangers sur le territoire national a longtemps été limitée à quelques catégories de personnes très précises, comme les riverains du Golfe, les pèlerins musulmans et les hommes d’affaires. Passer outre cette règle non écrite, c’était souiller le berceau de l’islam. Ou du moins s’exposer à cette accusation…


Barbie/60e: Les sionistes ont même inventé les poupées Barbie ! (From high-end German call girl to America’s iconic Barbie doll, sexist and anorexic scourge of the feminists or shameful Jewish symbol of decadence of the perverted West)

9 mars, 2019
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Ruth and Elliot Handler, both raised in Colorado, pose with an early version of Barbie. Photo courtesy of Mattel
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A création 1959, poupée Barbie coûtait 3$. Aujourd’hui faut débourser, moyenne, dollars.
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Barbie (Andy Warhol, 1985)
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Checking out the barbies in Prague (Aug. 2013)Les poupées Barbie juives, avec leurs vêtements révélateurs, leurs postures, accessoires et outils honteux sont un symbole de la décadence de l’Occident perverti. Prenons garde à ces dangers et faisons très attention. Comité saoudien pour la promotion de la vertu et la prévention du vice
It is no problem that little girls play with dolls. But these dolls should not have the developed body of a woman and wear revealing clothes. These revealing clothes will be imprinted in their minds and they will refuse to wear the clothes we are used to as Muslims. Sheik Abdulla al-Merdas (Riyadh mosque preacher)
Saudi Arabia’s religious police have declared Barbie dolls a threat to morality, complaining that the revealing clothes of the « Jewish » toy — already banned in the kingdom — are offensive to Islam. The Committee for the Propagation of Virtue and Prevention of Vice, as the religious police are officially known, lists the dolls on a section of its Web site devoted to items deemed offensive to the conservative Saudi interpretation of Islam. « Jewish Barbie dolls, with their revealing clothes and shameful postures, accessories and tools are a symbol of decadence to the perverted West. Let us beware of her dangers and be careful, » said a message posted on the site. A spokesman for the Committee said the campaign against Barbie — banned for more than 10 years — coincides with the start of the school year to remind children and their parents of the doll’s negative qualities. Speaking to The Associated Press by telephone from the holy city of Medina, he claimed that Barbie was modeled after a real-life Jewish woman. Although illegal, Barbies are found on the black market, where a contraband doll could cost $27 or more. Sheik Abdulla al-Merdas, a preacher in a Riyadh mosque, said the muttawa, the committee’s enforcers, take their anti-Barbie campaign to the shops, confiscating dolls from sellers and imposing a fine. Fox news
Born a busty, bathing suit-clad  »teen-age fashion model » in the 1959 Mattel catalogue, Barbie in the book is shown dressed for success as  »Campus Belle, »  »Career Girl » and  »Student Teacher » in the mid-1960’s; as a nurse and a doctor by 1973, and, most recently, as a silver-gilded astronaut and glitter rock star. (…) While her critics may say she is no more than a mannequin, Billy Boy refers to Barbie as a  »life style. »  »Every woman has a Barbie quality about her, » he said. Marilyn Motz, a professor of popular culture at Bowling Green State, has a different view.  »The whole point of the Barbie doll is that she owns things and buys things, » said Professor Motz, who published a study of Barbie in 1983. She said that the doll, if copied to scale as a life-size woman, would have a torso measuring 33 inches at the bust, 18 inches at the waist and 28 inches at the hips – a feminine ideal that, she pointed out, is  »almost not possible anatomically. » NYT (1987)
Barbie, the fashion doll famous around the world, celebrates her 60th anniversary on Saturday with new collections honoring real-life role models and careers in which women remain under-represented. It is part of Barbie’s evolution over the decades since her debut at the New York Toy Fair on March 9, 1959. To mark the milestone, manufacturer Mattel Inc created Barbie versions of 20 inspirational women from Japanese tennis star Naomi Osaka to British model and activist Adwoa Aboah. The company also released six dolls representing the careers of astronaut, pilot, athlete, journalist, politician and firefighter, all fields in which Mattel said women are still under-represented. Barbie is a cultural icon celebrated by the likes of Andy Warhol, the Paris Louvre museum and the 1997 satirical song “Barbie Girl” by Scandinavian pop group Aqua. She was named after the daughter of creator Ruth Handler. Barbie has taken on more than 200 careers from surgeon to video game developer since her debut, when she wore a black-and-white striped swimsuit. After criticism that Barbie’s curvy body promoted an unrealistic image for young girls, Mattel added a wider variety of skin tones, body shapes, hijab-wearing dolls and science kits to make Barbie more educational. Barbie is also going glamorous for her six-decade milestone. A diamond-anniversary doll wears a sparkly silver ball gown. Reuters
Barbie Millicent Roberts, from Wisconsin US, is celebrating her 60th birthday. She is a toy. A doll. Yet she has grown into a phenomenon. An iconic figure, recognised by millions of children and adults worldwide, she has remained a popular choice for more than six decades – a somewhat unprecedented feat for a doll in the toy industry. She is also, arguably, the original “influencer” of young girls, pushing an image and lifestyle that can shape what they aspire to be like. (…) When Barbie was born many toys for young girls were of the baby doll variety; encouraging nurturing and motherhood and perpetuating the idea that a girl’s future role would be one of homemaker and mother. Thus Barbie was born out of a desire to give girls something more. Barbie was a fashion model with her own career. The idea that girls could play with her and imagine their future selves, whatever that may be, was central to the Barbie brand. However, the “something more” that was given fell short of empowering girls, by today’s standards. And Barbie has been described as “an agent of female oppression”. The focus on play that imagined being grown up, with perfect hair, a perfect body, a plethora of outfits, a sexualised physique, and a perfect first love (in the equally perfect Ken) has been criticised over the years for perpetuating a different kind of ideal – one centred around body image, with dangerous consequences for girls’ mental and physical health. (…) Exposure to unhealthy, unrealistic and unattainable body images is associated with eating disorder risk. Indeed, the increasing prevalence of eating disorder symptoms in non-Western cultures has been linked to exposure to Western ideals of beauty. Barbie’s original proportions gave her a body mass index (BMI) so low that she would be unlikely to menstruate and the probability of this body shape is less than one in 100,000 women. (…) With growing awareness of body image disturbances and cultural pressures on young girls, many parents have begun to look for more empowering toys for their daughters. Barbie’s manufacturer, Mattel, has been listening, possibly prompted by falling sales, and in 2016 a new range of Barbies was launched that celebrated different body shapes, sizes, hair types and skin tones. (…) If Barbie was about empowering girls to be anything that they want to be, then the Barbie brand has tried to move with the times by providing powerful role playing tools for girls. (…) Such changes can have a remarkable impact on how young girls imagine their career possibilities, potential futures, and the roles that they are expected to take. Mattel’s move to honour 20 women role models including Japanese Haitian tennis player Naomi Osaka – currently the world number one – with her own doll is a positive step in bringing empowering role models into the consciousness of young girls. Gemma Witcomb
Ruth Moskowicz was born into a family of Russian Jewish immigrants in Denver, Colorado in 1916. She married her high school boyfriend, an artistic young man named Elliot Handler, and they moved to Los Angeles in 1938. After her husband decided to make their furniture out of two new plastics, Lucite and Plexiglas, Ruth ambitiously suggested that he turn furniture making into a business. (…) During World War II, the Handlers started a company, Mattel, combining Elliot’s name with the last name of their partner, Harold Matson. On weekends home from wartime duties at Camp Robert, California, Elliot made toy furniture for Ruth to sell. (…) The Handlers took their two teenagers — Barbara and Ken — on a trip to Europe in 1956. There, they saw a doll that looked like an adult woman, vastly different from the baby dolls most little girls owned. Ruth was inspired. Three years later, Mattel’s version, Barbie, would debut, with a wardrobe of outfits that could be purchased separately. In 1960, the Handlers took Mattel public, with a valuation of $10 million ($60.3 million in 2003 dollars). It was on its way to the Fortune 500, and Barbie quickly became an icon, with ever-changing wardrobe and career options that mirrored women’s changing aspirations. PBS
Ruth Mosko (…) was born November 4, 1916, to Jacob Joseph Mosko (née Moskowicz), a blacksmith, and Ida Rubinstein, a housewife. Ruth was the youngest of 10 children. Her father arrived at Ellis Island in 1907. After telling immigration officials that he was a blacksmith, he was sent to Denver, the center of the railroad industry. In 1908, his wife, Ida, arrived in America with their six children and joined her husband in Colorado. (…) In 1941 Ruth left her secretarial job at Paramount to work with her husband, who was designing and making furniture and household accessories out of the new acrylic materials, Lucite and Plexiglas. Her husband produced the pieces and she did the selling. (…) In 1945, they (…) and Harold “Matt” Matson started Mattel Creations, joining elements of Matt’s and Elliot’s names. Under the Mattel moniker, the two partners began fabricating dollhouse furniture. Ruth continued to run the marketing department. Due to his poor health, Matt soon sold his share to Elliot. The company had its first hit toy in 1947 with a ukulele called Uke-A-Doodle. That proved such a success that Mattel switched to making nothing but toys. Ruth drove Mattel’s business decisions, while her husband nurtured new toys. (…) After watching her daughter, Barbara, ignore her baby dolls to play make-believe with paper dolls representing adult women, Ruth realized there may be a niche for a three-dimensional doll that encouraged girls to imagine the future. When visiting Germany in 1956, Ruth saw a doll that looked like a teenager, and this doll inspired her to follow her dream. Mattel’s designers spent several years creating Ruth’s doll using the German doll as an inspiration. Barbie Millicent Roberts debuted at the American Toy Fair in New York City in 1959. Ruth named the blond 11-and-a-half-inch doll for her daughter, who was a 17-year-old attending a local Los Angeles high school. Dressed in a black and white striped swimsuit with the necessary accessories of sunglasses, high-heeled shoes and gold-colored hoop earrings, Barbie’s body was not only shapely but also had a movable head, arms and legs. Barbie had a chic wardrobe that had to be purchased separately and updated regularly. Barbie was a marketing sensation. Within a year of her introduction in 1959, Barbie became the biggest selling fashion doll of all time. Sales increased with the introduction of different Barbie dolls and accessories. Barbie became a staple in the toy chests of little girls everywhere. It was Ruth’s marketing genius that changed toy marketing when she acquired the rights to produce the popular “Mickey Mouse Club” products in 1955. The cross-marketing promotion became common practice for future companies. Barbie made her first television appearance on the “The Mickey Mouse Club.” This marketing technique helped sell 351,000 Barbie dolls in the first year at $3 each. Barbie quickly became an icon, with her ever-changing wardrobe and career options that mirrored women’s changing aspirations. (…) Over the years, Barbie changed jobs more than 75 times, becoming a dentist, a paleontologist, an Air Force fighter pilot, a World Cup soccer competitor, a firefighter and a candidate for president. Even in demanding positions, though, Barbie retained her fashion sense. She was joined by friends and family over the years, including Ken, Midge, Skipper and Christie. Barbie kept up with current trends in hairstyles, makeup and clothing. (…) Barbie’s world is more than a doll and accessories. Kids today can use their high-tech gadgets and interactive smartphones and apps to personalize their Barbie doll experience. Other licensed products include books, apparel, home furnishings and home electronics. She even has a YouTube site and a Facebook page. But Barbie’s popularity doesn’t stop there. The Musée des Arts Décoratifs, which is affiliated with the Louvre in Paris, held a Barbie exhibit in 2016. The exhibit featured 700 Barbie dolls displayed on two floors, as well as works by contemporary artists and documents (newspapers, photos, video) representing Barbie. Barbie has become a popular collectible among adults. Collectors prize early numbered Barbie dolls from 1969 and the 1990’s, as well as a range of rare and special editions of the iconic toy. Over the past few years, Mattel transformed Barbie, and she now may look a bit more like those who play with her, curves and all. The new 2016 Barbie Fashionistas doll line includes four body types (the original and three new bodies), seven skin tones, 22 eye colors, 24 hairstyles and countless on-trend fashions and accessories. With these changes, Barbie added diversity and more variety in styles, fashions, shoes and accessories. Mattel claims girls everywhere will now have infinitely more ways to spark their imagination and play out their stories. Cyndy Thomas Klepinger
When Ruth Handler (formerly Moskowitz) traveled to Switzerland in 1956 with her family, her husband Elliot and their children Barbara and Kenneth, they came across a small figurine, blonde, thin, and tall at 11 inches (28 cm), whose name was Lilli. The Lilli doll was a novelty item for adults. The all-American Barbie doll, named for little Barbara Handler of course, which debuted in 1959 would become a mass-produced doll for young girls (and also boys, we don’t judge, and neither should you) and end up being the most popular doll in the history of toys. The Ken doll, which debuted a few years later, was named for Ruth Handler’s son Kenneth, of course. Ruth Handler’s story, and Barbie’s, is part and parcel of the American story. The daughter of Polish-Jewish immigrants, Ruth Moskowitz was born the youngest of 10 children in Denver, Colorado. As a teenager she was sent to be a shop-girl in her aunt’s store, where she not only learned the basics of running a business, but to love it. During her marriage to Elliot Handler, the two formed a business in plastic and wood, making props and toys for Hollywood studios and toy shops nationwide. Along with another business partner, the Handlers formed “Mattel”. In 1959, after three years of development, Barbie sprang fully formed into the world, bathing suit and all. Barbie was a child’s toy with adult outfits, accessories, and most importantly – a job. (…) The Barbie doll was the first doll aimed at girls that was an adult, not a doll in the shape of a baby or a doll that was a child, but a doll with which the young girl could play at being a grown up and dress up with her most loyal doll companion. The Barbie doll doesn’t “look” Jewish. But her heritage is Jewish and full of chutzpah. Ruth Handler was ambitious and held her own in the so-called man’s world of business. She thought of young girls not merely as consumers, but as the future generation of women in America and all around the world. Well, almost all. Back in 2003 Saudi officials declared the “Jewish Barbie Dolls” a threat to morality. Though Barbie’s Jewish roots are bleached blonde, Ruth Handler and consequently Barbie is particularly Jewish-American. Just by immigrating from Europe, changing her name and weaving herself into the very fabric of American life, the Barbie doll became international and a part of culture that is both inspired and inspirational. Melodie Barron
Ruth Handler (née le 4 novembre 1916, décédée le 27 avril 2002) est une femme d’affaires américaine qui a révolutionné l’industrie du jouet en 1959 en créant la poupée Barbie, du nom de sa fille Barbara, et la poupée Ken du nom de son fils Kenneth. La poitrine opulente, la taille fine et les longues jambes de Barbie allaient totalement à l’encontre du style rond et asexué des poupées de l’époque et firent date, par leur audace et leur réalisme, dans l’histoire du jouet pour petites filles. Née Ruth Mosko, Ruth Handler était la plus jeune des dix enfants d’une famille d’immigrants judéo-polonais. Avec son époux Elliot Handler et le designer Harold Mattson, elle avait créé Mattel en 1945, un nom formé du Matt de Mattson et du El d’Elliot. (…) Ruth Handler avait constaté que sa fille Barbara, une préado de 10 ans, préférait jouer avec ses poupées de papier qu’avec ses poupées de petite fille et qu’elle leur octroyait des rôles d’adultes. Forte de cette observation Ruth voulut produire une poupée en plastique d’apparence adulte, mais son mari et M. Matson ont pensé que le jouet serait invendable. Lors d’un voyage en Europe du couple, Ruth découvre la poupée allemande Bild Lilli (qui était en fait un jouet gag pour adultes créé d’après le personnage de BD Lilli qui paraissait dans le journal Bill Zeitung) dans un magasin suisse et la ramène à la maison. Une fois rentrée donc, Ruth Handler retravaille le design de la poupée et la baptise Barbie en référence à sa fille Barbara. Barbie fait ses débuts à la foire de jouet de New York, le 9 mars 1959. La poupée est vite devenue un immense succès, lançant les Handlers et leur société de jouets vers la gloire et la fortune. Par la suite ils ajouteraient un petit ami pour Barbie nommé Ken, en référence à Kenneth, leur fils. D’autres personnages viendront enrichir la gamme « des amis et de la famille ». Le monde de Barbie prenait forme. Ruth Handler a plus tard affirmé que, lorsqu’elle a acheté « Bild Lilli », elle ignorait que c’était un jouet pour adulte. Ruth Handler a expliqué qu’elle a pensé que cela « était important pour l’estime d’une fille qu’elle joue avec une poupée avec une poitrine adulte » et Barbie a été créée pour jouer ce rôle. Si la poupée commercialisée à l’origine était transposée à taille humaine, ses mensurations auraient été assez irréalistes et de nombreux critiques ont prétendu que les mesures ont été basées sur la fantaisie masculine plutôt que la métrique humaine réelle. Au fil des années les mensurations peu réalistes de Barbie ont continué à être controversées, avec beaucoup de théories qui expliquent que de jouer avec une poupée Barbie diminue l’estime de soi et complexe les petites filles. En réponse à ces critiques, à la fin des années 1990, Mattel a ajusté le tour de poitrine en le diminuant et a augmenté le tour de taille, même si ces nouvelles mensurations sont encore loin des femmes réelles. Wikipedia
Barbie est une poupée de 29 cm commercialisée depuis 1959 par Mattel, une société américaine de jouets et jeux. Elle reprenait la forme adulte, les cheveux blonds et le principe de Bild Lilli, première poupée mannequin lancée en Allemagne un peu plus tôt. Si la Barbie caractéristique est blonde aux cheveux longs et aux traits européens, sa couleur de cheveux varie en fait considérablement et son type ethnique s’est diversifié dès 1967 et plus systématiquement à partir de 1980, si bien qu’à ce jour il existe une Barbie pour à peu près tous les groupes ethniques du monde. Elle exerce de multiples métiers et professions tels que : docteur, enseignante, jockey, vétérinaire, hôtesse de l’air, Chevalier du Roi, Première-Dame (CNN) etc. En 1997, Mattel a vendu sa milliardième poupée Barbie. En 2009, et malgré une forte baisse des ventes due à la concurrence, la poupée a généré plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. En fin d’année 2015, un petit garçon apparait pour la 1re fois dans une des publicités de la marque, vantant les qualités de la Barbie habillée par l’entreprise de mode italienne Moschino3. Cette publicité qui a créé l’événement au niveau mondial, est alors acclamée par la critique, tandis que la Barbie Moschino, elle, se retrouve très vite en rupture de stock. En 2016, face à l’accélération de la chute des ventes de Barbie, Mattel va beaucoup plus loin dans sa démarche de diversification, en lançant trois nouvelles silhouettes de Barbie aux côtés de la Barbie traditionnelle ; l’une de ces nouvelles silhouettes, baptisée en anglais « Curvy » (« arrondie »), propose une Barbie bien en chair, presque dodue, assez éloignée de la Barbie d’origine. (…) Mattel est une société américaine de jouets et jeux fondée en 1945 par Harold Matson et Elliot Handler, d’où le nom de l’entreprise : Mat+Ell = Mattel. C’est la femme d’Elliot Handler, Ruth Handler, qui créa Barbie (diminutif de leur fille Barbara) en 1959 en reprenant les caractéristiques de Bild Lilli, une poupée allemande avec un corps d’adulte, des cheveux blonds et une garde-robe contemporaine, prototype de la poupée mannequin. La première poupée Barbie a été présentée à l’American International Toy Fair de New York le 9 mars 1959 par sa créatrice Ruth Handler. Le succès presque immédiat de ce nouveau genre de poupée poussa son époux et un associé à créer la société Mattel Creations. La poupée Barbie avec sa poitrine opulente, sa taille fine et ses longues jambes allaient, en effet, totalement à l’encontre du style rond et asexué des poupées de l’époque. En cela, elle fut la seconde poupée au corps adulte après la Bild Lilli. En effet, en 1951, le dessinateur Reinhard Beuthin crée pour une bande-dessinée dans le magazine allemand Bild Zeitung une poupée : la Bild Lilli. Quatre ans plus tard, l’entreprise Hauser commercialise la poupée. Lors d’un voyage en famille à Lucerne en Suisse en 1956, Barbara, la fille de Elliot et Ruth Handler, réclama à ses parents un jouet peu commun pour l’époque : une poupée mannequin du nom de Lilli. Ce jouet au regard taquin et à forte poitrine intrigua Ruth Handler, mais, ce n’est seulement qu’en observant sa fille jouer des heures durant avec la poupée Lilli que la directrice de Mattel décida de produire ce même jouet aux États-Unis. Ainsi, la famille Handler ramena Lilli dans ses valises sur le continent américain et trois ans plus tard, Mattel lança son nouveau jouet : la poupée Barbie, qui, excepté quelques modifications au niveau du maquillage, était la parfaite réplique de la poupée allemande Lilli. Le succès de Barbie se répand dans tous les États-Unis comme une trainée de poudre, et très vite, la nouvelle poupée de Mattel envahit les magasins de jouets européens. En 1963, Rolf Hausser, directeur de l’entreprise de jouets O&M Hausser et créateur de Lilli, découvre avec surprise sa poupée dans une vitrine de magasin de jouets à Nuremberg la copie parfaite de sa Lilli rebaptisée Barbie. Rolf, décida dans un premier temps de poursuivre le géant Mattel en justice, mais raisonné par son frère et compte tenu du peu de ressources financières de la petite entreprise allemande, les poursuites furent abandonnées. En 1964, Rolf Hausser vendit les droits de la poupée Lilli à Mattel pour sauver l’entreprise familiale qui fit faillite malgré tout quelques années plus tard. Barbie est le diminutif de Barbara, le prénom de la fille de Ruth Handler20. Ses mensurations, initialement hypertrophiées, sont ramenées à des proportions plus habituelles au fil des années. (…) En (…) 1986 (…) Des Barbie représentant le monde entier sont également commercialisées : la Barbie japonaise, la Barbie indienne, la Barbie hispanique (qui sera connue comme Theresa, une des amies de Barbie) la Barbie allemande, la Barbie irlandaise… (…) En 2016, la Barbie traditionnelle aux longues jambes, à la poitrine imposante et à la taille ultra-fine se voit concurrencée par trois Barbie nouvelles : « Tall » (grande et longiligne), « Petite » (toute menue), et « Curvy » (« bien en chair », avec moins de poitrine, mais un petit ventre rond, des hanches plus larges, ainsi que des fesses et des cuisses arrondies). Ces évolutions, qui constituent en fait une révolution de l’approche marketing de la marque au point que Barbie « Curvy » fait la couverture de Time Magazine, résultent d’une remise en cause rendue indispensable par la perte de part de marché des poupées Barbie (ventes en baisse de 16 % en 2014, après une chute de 6 % l’année précédente), accentuée encore par la perte de la licence Disney pour commercialiser la poupée Elsa tirée de La Reine des neiges, et récupérée par Hasbro ; cette perte représente pour Mattel une perte de chiffre d’affaires évaluée à 500 millions de dollars. Cependant, cet abandon de la silhouette traditionnelle de Barbie présente d’intéressantes possibilités de développement, dans la mesure où il entraînera un renouvellement accéléré de la garde-robe : Barbie « Curvy » ne peut en effet pas enfiler les vêtements de la Barbie traditionnelle. La nouvelle démarche de la marque vise à se rapprocher de la réalité de la population féminine américaine en abandonnant une partie des stéréotypes véhiculés par Barbie, au profit de nouveaux canons de beauté popularisés par des personnalités telles que Mariah Carey, Kim Kardashian, Beyoncé, Christina Hendricks31, Meghan Trainor, voire Melissa McCarthy et sa ligne de vêtements en « taille plus ».Développé dans le plus grand secret sous le nom de code de « Project Dawn »31, ce virage radical n’est pas sans risque : les clientes habituelles peuvent se sentir trahies, et les mères des petites filles à qui on offre une Barbie « Curvy » peuvent y voir une critique voilée de l’embonpoint de leur progéniture33. De plus, ce changement de stratégie va constituer un cauchemar logistique pour gérer dans la pratique ces nouvelles variantes, sans même parler des problèmes qu’il a fallu résoudre pour traduire les trois nouvelles appellations dans des douzaines de langues différentes. Face à la chute des ventes, cependant, Mattel n’avait plus le choix. Et les difficultés à affronter ne font que refléter le statut d’icône américaine qu’a atteint Barbie depuis bien des années, puisque 92 % des Américaines ont possédé une Barbie entre l’âge de 3 ans et l’âge de 12 ans. Toujours est-il que, selon Le Journal de Montréal qui publie les images de ces nouvelles « Barbie Fashionistas », « la nouvelle Barbie « Curvy » pourrait changer la façon dont les femmes se perçoivent ». Parallèlement aux poupées Barbie disponibles dans les grandes surfaces et à destination des enfants, la société Mattel commercialise depuis les années 1990 des poupées Barbie de collection. La marque s’inspire principalement de la culture populaire de masse telle que : le cinéma, la musique et la télévision, afin de créer une gamme exclusivement basée autour de ces disciplines. Ces poupées Barbie à tirage limité sont vendues dans des magasins spécialisés à un prix beaucoup plus élevé. (…) D’autres poupées Barbie sont habillées par de grands couturiers110, avec, entre autres, pour les cinquante ans de Barbie en 2009, cinquante créateurs qui ont participé au relooking de celle-ci. : Givenchy, Oscar de la Renta (1998), Karl Lagerfeld111 (2009), Calvin Klein, Versace, Vera Wang, Christian Dior (1995 et 1997), Louis Vuitton112 (2011), Yves Saint Laurent, Christian Louboutin, Jean Paul Gaultier (2 poupées), Robert Mackie, Chantal Thomass et plus récemment en 2014 : une « barbie » Karl Lagerfeld, etc. (…) Barbie est fréquemment associée au monde de la joaillerie, pour l’édition de poupées en éditions limitées. Ainsi, la poupée Barbie neuve la plus chère est celle créée par Stefano Canturi130 présentée en Australie en 2010, avec un tarif de 500 000 dollars. Le précédent record pour le prix unitaire datait de 2008 avec une poupée à 94 800 dollars présentée au Mexique. (…) En Arabie saoudite, pour justifier l’interdiction des poupées Barbie dans le royaume, le Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice (organisme chargé de la police religieuse) déclara : « Les poupées Barbie juives, avec leurs vêtements révélateurs, leurs postures, accessoires et outils honteux sont un symbole de la décadence de l’Occident perverti. Prenons garde à ces dangers et faisons très attention. » Pour les psychiatres, Barbie est un fantasme d’adulte mais pas de petites filles. Dans un brûlot intitulé Toy-Monster : the Big Bad World of Mattel, le journaliste et essayiste américain Jerry Oppenheimer présente le designer de Barbie, Jack Ryan, comme un pervers sexuel. Pour l’essayiste, Barbie serait l’incarnation du fantasme ultime de son inventeur : une call-girl de luxe, à la taille ultrafine, aux seins en obus et au visage enfantin. Des parents l’accusent de fausser l’image de la femme et d’encourager notamment l’anorexie. La pédopsychiatre Gisèle George et la psychanalyste Claude Halmos rejettent l’idée que Barbie ait un quelconque pouvoir, cette dernière va plus loin en disant que la construction psychique d’un enfant dépend des adultes et non pas des objets qui l’entourent. Cette polémique persiste, et des chercheurs en médecine montrent que les mensurations de Barbie ne sont pas compatibles avec une vie normale, et qu’elle conduit à adopter des conduites alimentaires anorexiques. Fin 2013, une campagne est lancée en vue de promouvoir l’image d’une Barbie plus « ronde ». En 1992, Mattel commercialise la Teen Talk Barbie : elle peut émettre quelques phrases « comme les ados » à propos de shopping, vêtements, pizzas etc. La phrase : « Math class is tough! » (« Les maths, c’est dur ! ») attire la réprobation de l’Association américaine des femmes diplômées des universités (AAUW). Mattel retire rapidement la phrase du « répertoire » de Barbie. Par contre la phrase : « Allons faire les courses après l’école » ne fut jamais retirée de l’exemplaire français de la Teen Talk Barbie malgré les réticences de l’AAUW. Hugo Chávez, le président vénézuélien, a proposé de fabriquer des « poupées avec des visages d’Indiens » pour remplacer « la Barbie, qui n’a rien à voir avec notre culture »141. En 2010, la sortie de Barbie Vidéo Girl suscite l’inquiétude du FBI. Cette poupée équipée d’une caméra et d’un écran LCD pourrait être utilisée selon l’agence comme un moyen détourné de produire du contenu pédopornographique. Durant le premier semestre 2012, Barbie fait de la politique, mais sans prendre parti, avec la commercialisation de la poupée Yes She Can. La même année, Valeria Lukyanova se fait remarquer par les médias du monde entier en se faisant surnommer la « Barbie vivante ». À la suite de la publication d’un rapport en octobre 2013144, les associations Peuples Solidaires et China Labor Watch ont lancé une campagne pour dénoncer les conditions de travail des ouvrières et ouvriers chinois qui fabriquent les poupées Barbie. La campagne « Barbie ouvrière » a été lancée peu avant Noël 2013 afin de sensibiliser les consommateurs et de faire pression sur l’entreprise Mattel. Wikipedia
Lilli est une poupée mannequin produite de 1955 à 1961 par la société allemande O. & M. Hausser. Elle apparaît pour la première fois en 1952 dans une bande dessinée publiée dans le journal allemand Bild Zeitung. Sa morphologie adulte, ses cheveux implantés et sa fabrication en matière plastique avec plusieurs trousseaux de vêtements contemporains en tissus, ont été repris aux États-Unis pour devenir la poupée Barbie. À l’origine, Lilli est un personnage de bande dessinée créé par Reinhard Beuthien. Elle fait sa première apparition le 24 juin 1952 dans le journal Bild Zeitung. Devant le succès remporté par ce personnage, Bild décide d’en faire une poupée pour la commercialiser en tant que mascotte. Le journal fait alors appel à la société allemande O. & M. Hausser, un fabricant de jouets établi à Neustadt et dirigé par les frères Rolf et Kurt Hausser. Créée par Max Weissbrodt, la poupée Lilli est lancée le 12 août 1955. O. & M. Hausser lui adjoint des meubles ainsi qu’une garde-robe conséquente inspirée de la mode des années 50, dessinée par Martha Maar et confectionnée par la société 3M Puppenfabrik. Avec son corps de jeune femme sexy, sa bouche sensuelle, son maquillage et ses yeux « en coulisse », Lilli tranche avec les poupées-fillettes et les poupons joufflus. Elle promeut un nouveau modèle : la poupée mannequin. Des poupées-femmes existaient déjà avant l’apparition de Lilli mais dans la plupart des cas elles n’étaient pas considérées comme des jouets et n’étaient pas destinées aux enfants.L’arrivée de Barbie sur le marché du jouet va lui être fatale. Lors d’un séjour en Europe, Ruth Handler, co-fondatrice de la société Mattel avec son mari Elliot, découvre la poupée Lilli dans une boutique suisse. De retour aux États-Unis, Ruth Handler décide de s’en inspirer pour créer la poupée Barbie. Wikipedia
On s’en doutait, les mensurations de la poupée Barbie de Mattel sont inapplicables à un humain. Le site anglais rehabs.co a décidé de se pencher sur la question en comparant le corps de Barbie à celui d’une Américaine moyenne. Cette étude fait partie d’un rapport sur les désordres alimentaires et les problèmes des jeunes filles avec leur image. Le verdict est sans appel : si Barbie était en chair et en os, elle serait en très mauvaise santé. Son cou est beaucoup trop long et 15 cm plus fin que celui d’une femme normale. Sans ce soutien, sa tête tombe donc sur le côté. Avec une taille de 40 cm, impossible de loger tous les organes. Adieu l’estomac et une bonne partie de l’intestin. Sa taille est également trop fine puisqu’elle ne représenterait que 56% des hanches. Ses jambes, elles, sont anormalement longues et beaucoup trop maigres. Résultat, avec des chevilles de 15 cm, soit la même taille du pied d’un enfant de trois ans, elle ne tiendrait pas debout. Impossible de marcher donc, ni même de se soutenir avec les mains, car des poignets de 7,6 cm ne sont pas suffisants pour porter son corps. Si Barbie était vivante, elle serait donc constamment allongée, et ne pourrait pas survivre longtemps à cause de ses problèmes d’organes. Top santé
Mais vous ne vous rendez pas compte à quoi on s’est heurtés quand on a introduit Barbie en France il y a vingt-cinq ans. Aux mêmes comportements de refus que ceux qui avaient accueilli Barbie dix ans plus tôt aux Etats-Unis. Cette première poupée sexuée, en pleine Amérique puritaine, elle ne passait pas du tout. Nous avons mis dix ans à remonter la pente. Robert Gerson (Mattel France)
Certes, celui qui a conçu la Barbie n’avait pas une once de féminisme : il a projeté l’image d’un objet sexuel, d’après un prototype américain à la Jane Mansfield. En revanche, on ne peut pas donner à Barbie un pouvoir qu’elle n’a pas : une poupée ne peut pas influer sur l’orientation sexuelle, professionnelle, ou quoi que ce soit d’autre… Gisèle George (pédopsychiatre)
Il est devenu courant d’accuser les objets : la violence serait de la faute de la télé, l’anorexie, celle de Barbie… mais on oublie l’essentiel : la construction psychique d’un enfant dépend des adultes qui l’entourent. Une petite fille conçoit la féminité à travers ce que sa mère ressent et vit pour elle-même, et à travers la façon dont son père ou un compagnon masculin considère sa mère. Claude Halmos (psychanalyste)
Si Playmobil fait l’unanimité auprès des parents, ce n’est pas le cas de Barbie, la plus célèbre des poupées, qui a fêté ses 50 ans en 2009 et s’est retrouvée, cette année encore, parmi les cadeaux les plus offerts aux petites filles pour Noël. Avec ses mensurations improbables – soit 95-45-82 à l’échelle humaine -, Barbie est accusée de fausser l’image de la femme et d’encourager notamment l’anorexie. Dans l’Hexagone, de plus en plus de mamans répugnent à l’offrir à leurs filles. Avec 3 millions de poupées vendues par an en France sur une cible de… 3 millions de petites filles âgées de 2 à 9 ans, le fabricant Mattel n’est pourtant pas encore aux abois. « 80 % de l’offre Barbie et ses accessoires, château, voiture, chevaux… est renouvelé chaque année », explique Arnaud Roland-Gosselin, directeur marketing de Mattel France. De quoi entretenir l’intérêt des petites consommatrices, qui possèdent, chacune, une moyenne de douze poupées. Dernière excentricité marketing en date, la sortie, pour les fêtes de fin d’année, d’une Barbie chaussée par le créateur Christian Louboutin : 115 euros le modèle avec ses escarpins à semelle rouge. En 2009, Barbie aura été à l’honneur : les plus grands créateurs lui ont consacré un défilé en février lors de la semaine de la mode à New York, un livre-coffret luxueux retraçant sa saga a été édité chez Assouline et les studios Universal ont annoncé qu’elle allait bientôt être l’héroïne d’une superproduction hollywoodienne. Pour autant, la poupée n’a pas fêté son cinquantième anniversaire en toute sérénité. Dans un brûlot intitulé Toy-Monster : the Big Bad World of Mattel (« Jouet-Monstre : le grand méchant monde de Mattel ») et publié aux Etats-Unis chez Wiley-Blackwell, le journaliste et essayiste américain Jerry Oppenheimer écorne sérieusement le mythe. Auteur de la biographie non autorisée de Bill et Hillary Clinton, Jerry Oppenheimer présente dans son ouvrage le père de Barbie, Jack Ryan, comme un pervers sexuel. Pour l’essayiste, Barbie serait l’incarnation du fantasme ultime de son inventeur : une call-girl de luxe, à la taille ultrafine, aux seins en obus et au visage enfantin. De quoi effrayer encore davantage les mamans ? (…) Les enfants ne voient pas le jouet au premier degré, comme les adultes, assure pour sa part Patrice Huerre, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital d’Antony (Hauts-de-Seine) et auteur de Place au jeu : jouer pour apprendre à vivre (Nathan, 144 pages, 14,95 euros). « Les enfants ne sont pas empêchés de rêver par la forme d’un objet, la preuve : d’un caillou, ils font un bolide », précise Patrice Huerre. En revanche, certains jouets, en rupture avec leur époque, peuvent, selon le psychiatre, avoir un pouvoir d’anticipation, comme la littérature de fiction. « Barbie, ce fantasme d’adulte, anticipe sur la révolution sexuelle, Mai 68, la contraception, et l’émancipation des femmes…, estime-t-il. Elle est entrée en résonance avec une attente implicite des enfants, qui sont ensuite devenus les adolescents des années 1968 ». Le médecin a coorganisé cette année au Musée des arts décoratifs de Paris une exposition intitulée « Quand je serai grand, je serai… » Dans ce cadre, il avait été demandé à 600 enfants de dire ce qu’ils aimeraient faire plus tard, et de désigner les jouets symbolisant le mieux leurs aspirations. On y trouvait en bonne place la fameuse Barbie. Le Monde
La milliardième Barbie va être vendue cette année. La maison Mattel, qui fabrique la poupée mannequin, a annoncé cette nouvelle de poids la semaine dernière, en la lestant d’autres chiffres considérables: six millions de Barbie vendues chaque année en France, une progression de 20% entre 1995 et 1996, six poupées en moyenne entre les mains de chaque fillette de ce pays. Une affaire qui marche, en somme. Et pourtant, comme à chaque fois qu’elle convoque la presse pour parler de Barbie, la firme s’est armée d’une escouade de spécialistes de l’enfance: psychologue, sociologue, pédiatre, professeur » Pour dire quoi? Que Barbie est «un jeu de rêve pour une meilleure adaptation à la réalité» (Armelle Le Bigot, chargée d’études), qu’elle est un «facteur de structuration de la personnalité chez la petite fille» (Dominique Charton, psychothérapeute), que «l’intérêt de Barbie est d’être liée aux évolutions sociales de la deuxième moitié du XXe siècle» (Gilles Brougère, professeur de sciences de l’éducation à Paris-Nord). En résumé, parents, «ne vous inquiétez pas »» (Edwige Antier, pédiatre). S’inquiéter? Bigre » Il y aurait donc lieu de se faire du souci quand une gamine joue aux Barbie. C’est en tout cas ce que Mattel semble indiquer en s’évertuant ainsi à se justifier. (…) Dans le dossier de presse, Gilles Brougère rappelle qu’«à cette époque, Barbie, plus qu’aujourd’hui, sentait le soufre.» De son côté, Armelle Le Bigot, qui écoute depuis des années des mères pour le compte de Mattel, se souvient que «les premières réactions des mamans étaient plutôt musclées. Elles nous parlaient de « cette bonne femme, « cette Américaine, « cette pute» » Par bonheur pour Mattel, les premières utilisatrices de Barbie ont grandi, sont devenues parfois mères à leur tour et c’est cette génération-là qui cause aujourd’hui dans les panels d’Armelle Le Bigot. Désormais, c’est du tout-cuit. «Barbie est dédiabolisée», diagnostique la chargée d’études. Les mères seraient même rassurées de voir que leurs filles, même en caleçon et baskets, «rêvent de belles robes et de paillettes, comme elles au même âge». Ces changements n’ont pas bousculé l’approche prudente des dirigeants de Mattel France. Interrogé sur cette stratégie défensive, le PDG finit par admettre que «non, Barbie ne dérange plus». Et ajoute: «Je me demande si ce n’est pas moi qui me fais un peu de cinéma de temps en temps. » Sibylle Vincendon
Barbie idéalisée, un peu trop parfaite, a sans doute existé à une certaine époque mais elle appartient aujourd’hui au passé. Pour nous, toutes les filles sont belles, quelles que soient leur silhouette, leur taille, la couleur de leurs cheveux, et les poupées doivent être le reflet de cette diversité. Robert Best (designer en chef chez Mattel)
Barbie est bien plus qu’un simple jouet, elle est un personnage emblématique de notre culture et de notre société. L’engouement pour Barbie s’est appuyé sur l’univers très vite créé par Mattel autour du personnage, avec sa famille, ses amis, ses activités, une savante alchimie qui permet aux enfants de projeter leur imagination dans toutes les situations. Anne Monier (Musée des Arts Décoratifs)
C’est la poupée la plus célèbre du monde, et sans doute aussi la plus critiquée, pour ses mensurations improbables et son inatteignable perfection. Barbie se dévoile dans une exposition inédite à Paris qui raconte l’histoire de cette icône de beauté de 29 centimètres. « Barbie est bien plus qu’un simple jouet, elle est un personnage emblématique de notre culture et de notre société », explique à l’AFP Anne Monier, commissaire de l’exposition (jusqu’au 18 septembre au Musée des Arts Décoratifs), la première de cette ampleur dans un musée français. Quelque 700 poupées y sont présentées avec autant de tenues. Avec ses cheveux blond platine, ses jambes interminables et sa poitrine généreuse, Barbie s’est distinguée dès sa naissance, il y a 57 ans, par sa ressemblance avec une jeune femme adulte, une révolution dans le monde des poupons qui régnaient jusqu’alors en maîtres dans les coffres à jouets. Oeuvre de l’Américaine Ruth Handler, épouse du cofondateur de la société Mattel, qui lui donna le prénom de sa fille Barbara, elle fit sa première apparition publique le 9 mars 1959, à la foire du jouet de New York, avant de connaître un immense succès commercial, d’abord aux Etats-Unis puis en Europe. Le cap du milliard de Barbie vendues dans le monde a été franchi dans le monde en 1997. Au fil des années, la reine des poupées a élargi la palette de ses compétences, des plus classiques aux plus insolites: infirmière, top modèle, danseuse, gymnaste mais aussi astronaute (elle a posé le pied sur la Lune avant Neil Armstrong) ou encore présidente des Etats-Unis. Cette gloire planétaire va apporter à Barbie son lot de controverses, ses détracteurs lui reprochant de renvoyer une image trop stéréotypée de la femme, celle d’une européenne, active, blonde et mince. Des psychiatres ont affirmé qu’elle était un fantasme d’adulte avant d’être un jouet de petites filles. Des parents l’ont accusée d’encourager l’anorexie chez les adolescentes. Des scientifiques sont allés jusqu’à démontrer que si Barbie était une vraie femme, elle pèserait 49 kilos et mesurerait 175 cm, son tour de taille ferait 45 cm et ses pieds 21 cm. Ils en ont conclu que la pauvre créature serait alors obligée de marcher à quatre pattes car ses pieds et ses jambes ne pourraient pas la porter. En 2009, le journaliste américain Jerry Oppenheimer écorne sévèrement l’image de la belle – qui célébrait cette année-là son cinquantième anniversaire – en la décrivant comme l’incarnation du fantasme ultime de son designer: une call-girl de luxe, à la taille ultra fine, aux seins en obus et au visage enfantin. « La Barbie idéalisée, un peu trop parfaite, a sans doute existé à une certaine époque mais elle appartient aujourd’hui au passé », assure à l’AFP Robert Best, designer en chef chez Mattel. « Pour nous, toutes les filles sont belles, quelles que soient leur silhouette, leur taille, la couleur de leurs cheveux, et les poupées doivent être le reflet de cette diversité », poursuit-il. Témoin de cette volonté, les trois nouvelles versions lancées par Mattel en début d’année: la grande, la petite, et surtout la ronde, une Barbie potelée, tout en courbes, qui s’éloigne de la poupée d’origine pour s’approcher de Madame Tout Le Monde. Une stratégie visant aussi à endiguer l’érosion des ventes. L’enseigne américaine a déjà fait plusieurs tentatives pour ouvrir Barbie à la différence, sans pour autant faire évoluer ses mensurations. En 1980, elle avait commercialisé Black Barbie, une Barbie noire. L’arrivée des trois nouvelles silhouettes a été célébrée par l’hebdomadaire américain Time qui a mis Barbie en couverture en janvier avec cette question, posée par la poupée elle-même: « A présent, peut-on arrêter de parler de mon corps ? » Le Parisien
La poupée traverse les générations. Depuis sa création, 1 milliard de modèles ont été vendus dans le monde et chaque année, environ 58 millions de poupées sont achetées. En 1959, la poupée californienne, produite par Mattel, débarque dans les foyers comme un pavé dans la marre. Pour la première fois, une poupée type adulte et sexualisée vient casser les modèles traditionnels des poupées enfantines. Emerge alors un jouet aux allures de femme irréaliste : des jambes interminables, une poitrine pulpeuse et une taille de guêpe. Barbie a alors des proportions inhumaines. Face aux critiques récurrentes, et surtout à la chute des ventes, Mattel opère une petite révolution en 2015 : les premières poupées à corpulences dites “normales” sont commercialisées. Aujourd’hui, Barbie n’est plus seulement cette mannequin blonde californienne au teint hâlé. Moins stéréotypée, elle est blonde, brune, rousse, à la peau noire, blanche, métisse… Elle met des pantalons et des jupes, travaille au McDo, danse ou dirige une entreprise. Selon la marque, 55% des poupées vendues dans le monde n’auraient ni les cheveux blonds, ni les yeux bleus. La marque s’efforce de déconstruire les clichés sexistes de sa poupée, parfois non sans mal. En novembre 2014, Mattel sort Barbie, je peux être une ingénieure informatique, un livre qui dépeint une jeune femme nulle en informatique et incapable de faire quoique ce soit sans l’aide de ses amis masculins… Face à la polémique, Mattel présente ses excuses et retire le livre de la vente. Les Echos
Puisant dans les collections des Arts Décoratifs et dans les archives inédites de la maison Mattel®, l’exposition s’efforce d’offrir deux lectures possibles, pour les enfants en évoquant la pure jubilation d’un jouet universellement connu, et pour les adultes, en replaçant cette figure phare depuis 1959 dans une perspective historique et sociologique. 700 Barbies sont ainsi déployées sur 1500m2, aux côtés d’œuvres issues des collections du musée (poupées, tenues), mais également d’œuvres d’artistes contemporains, de documents (journaux, photographies, vidéo) qui contribuent à contextualiser les « vies de Barbie ». Au-delà d’être un jouet, Barbie est le reflet d’une culture et de son évolution. On l’a d’abord associée à l’American way of life avant d’incarner une dimension plus universelle, épousant les changements sociaux, politiques, culturels. Elle évolue dans le confort moderne tout en épousant de nouvelles causes, questionnant les stéréotypes, haïe pour ce qu’elle représenterait d’une femme idéalisée, et pourtant autonome et indépendante, adoptant toutes ambitions de l’époque contemporaine. Ses silhouettes, ses coiffures, ses costumes, sont le fruit de quelques secrets de fabrication dont certains sont révélés pour l’occasion à travers maquettes ou témoignages de ceux qui font le succès de Barbie. Un succès qui tient à la capacité de la poupée à suivre l’évolution de son époque pour se renouveler tout en restant la même. Un succès qui imprègne la culture populaire depuis sa création jusqu’à nos jours, mais qui inspire aussi les artistes. Certains, comme Andy Warhol, en ont fait le portrait quand d’autres l’ont largement détourné. Nombreux sont les créateurs qui ont croisé son chemin de passionnée de mode, pour laquelle chacun a déjà imaginé les tenues les plus extravagantes ou les plus élégantes. Quelques-unes de ses robes de collections sont ainsi signées par des couturiers, parmi lesquels Thierry Mugler, Christian Lacroix, Jean Paul Gaultier, Agnès B, Cacharel ou encore Christian Louboutin. Sa garde-robe déployée pour l’occasion sur plusieurs mètres de cimaises n’est autre que le reflet de la mode dont le musée sortira en contrepoint quelques-unes des pièces les plus parlantes. Musée des Arts décoratifs
When I set out to write about the fascinating behind-the-scenes story of the “doll wars”, at the centre of it was the doll that has dominated the pink toy shelves for three generations — Barbie. I wanted to uncover her secret history and how she has battled to keep her image and her near-monopoly market power for over five decades. The story of Barbie begins with Ruth Handler, born Ruth Moskowicz, the youngest of ten children, born in 1916 to a Jewish-Polish family in Colorado. Her father, a blacksmith, emigrated from Poland, finding work in Denver and sending for his wife and children two years later. The Moskowiczs were extremely poor and, when Ruth’s mother became ill, Ruth’s sister turned surrogate mother, which some people misinterpreted: “It has been suggested to me once or twice that this supposed ‘rejection’ by my mother may have been what spurred me to become the kind of person who always has to prove herself. This seems like utter nonsense.” Nonsense or not, the doll she claims to have invented would never become a mother. Rather, Barbie was destined to live the early dreams of Hertopia: a self-realised woman on her own. Ruth founded Mattel with her husband Elliot Handler, whom she had met at a Jewish youth dance in 1929. They married and had a daughter and a son, Barbara and Kenneth — the dolls Barbie and Ken were born later. In 1956, during a family trip to Switzerland, Handler came across a German doll called Bild Lilli. Lilli was a popular doll in post-war Germany but she was not a child’s plaything, she was an adult toy based on a cartoon. Bluntly, Lilli dolls were designed for sex-hungry German men who bought her for girlfriends and mistresses in lieu of flowers, or as a suggestive gift. Her promotional brochures had such phrases as “Gentlemen prefer Lilli. Whether more or less naked, Lilli is always discreet.” In Switzerland, Handler tucked Lilli in her suitcase, brought her back to the Mattel headquarters in California and launched Barbie based on her image. The story of Barbie’s success is inextricably tied to her secret past. A multimillion-dollar campaign began, led by another controversial Jewish immigrant, Ernst Ditcher, an Austrian psychologist turned American marketing guru. Dr Dichter used Freudian psychology to convince mothers to bring a hyper-sexualised adult doll into the hearts and minds of little girls. The Barbie campaign, along with many other consumer marketing campaigns he led, made him the nemesis of mid-century feminists. Dichter’s notorious reputation was based on his manipulation of human desire. He applied psychoanalysis to selling, forever shaping America’s consumption fetishism: a desire to own stuff — which has yet to subside. As Barbie’s sales soared, Lilli’s owners sued unsuccessfully for patent infringement. Until the early 2000s, Barbie reigned supreme. The challenge, when it came, was from a different doll, and another Jewish entrepreneur. In 1995, Islamic fundamentalists in Kuwait issued a fatwa against Barbie, a ruling under Islamic law prohibiting the buying or selling of this she-devil. In 2003, when Saudi Arabia outlawed the sale of Barbie dolls, the Committee for the Propagation of Virtue and Prevention of Vice announced that the “Jewish Barbie” is the symbol of decadence to the perverted West. Orly Lobel
So it turns out Barbie’s original design was based on a German adult gag-gift escort doll named Lilli. That’s right, she wasn’t a dentist or a surgeon, an Olympian gymnast, a pet stylist or an ambassador for world peace. And she certainly wasn’t a toy for little girls… Unbeknownst to most, Barbie actually started out life in the late 1940s as a German cartoon character created by artist Reinhard Beuthien for the Hamburg-based tabloid, Bild-Zeitung. The comic strip character was known as “Bild Lilli”, a post-war gold-digging buxom broad who got by in life seducing wealthy male suitors. She was famously quick-witted and known to talk back when it came to male authority. In one cartoon, Lilli is warned by a policeman for illegally wearing a bikini out on the sidewalk. Lilli responds, “Oh, and in your opinion, what part should I take off?” She became so popular that in 1953, the newspaper decided to market a three-dimensional version which was sold as an adult novelty toy, available to buy from bars, tobacco kiosks and adult toy stores. They were often given out as bachelor party gag gifts and dangled from a car’s rearview mirror. Parents considered the doll inappropriate for children and a German brochure from the 1950s described Lilli as “always discreet,” and with her impressive wardrobe, she was “the star of every bar”. She did indeed have such a wide range of outfits and accessories you could buy for her, that eventually little girls began wanting her as a playdoll too. While toy factories tried to cash in on her popularity with children, Lilli still remained a successful adult novelty, especially outside of Germany. A journalist for The New Yorker magazine, Ariel Levy, later referred to Lilli as a “sex doll”. In the 1950s, one of the founders of Mattel, Ruth Handler (pictured above), was travelling to Europe and bought a few Lilli dolls to take home. She re-worked the design of the doll and later debuted Barbie at the New York toy fair on March 9, 1959. Mattel acquired the rights to Bild Lilli in 1964, and production of the German doll ceased. (Funny how Barbie’s lighter skin tone was just about the only noticeable change in the early days). (…) So which version would you prefer? Barbie’s ballsy European precursor or Mattel’s squeaky clean lookalike? MessyNessy

Après l’école, Supermanl’humourla fête nationale, Thanksgiving, les droits civiques, les Harlem globetrotters et le panier à trois points, le soft power, l’Amérique, le génocide et même eux-mêmes  et sans parler des chansons de Noël et de la musique pop ou d’Hollywood, la littérature… les poupées Barbie  !

Corps de jeune femme sexy, bouche sensuelle, maquillage, yeux « en coulisse », silhouette élancée, poitrine pulpeuse, taille de guêpe, jambes interminables, pute, call-girl de luxe, seins en obus, visage enfantin, objet sexuel,  prototype américain à la Jane Mansfield, fantasme d’adulte, qui fausse l’image de la femme, encourage l’anorexie, mensurations improbables, proportions inhumaines, inatteignable perfection, icône de beauté, image trop stéréotypée de la femme, européenne, active, blonde et mince, vêtements révélateurs, postures, accessoires et outils honteux, menace morale, symbole de la décadence de l’Occident perverti, Américaine, juive …

Au lendemain de la fête des droits de la femme …

Et en ce 60e anniversaire de la poupée Barbie

Devinez par qui a été (re)créée …

A partir de la sulfureuse mascotte pour hommes tirée d’une bande dessinée du tabloid allemand Bild …

Et avant sa renaissance, politiquement correct et diversité obligent il y a trois ans, en modèle aux multiples professions, formes et tailles de la femme moderne aux 27 teints de peau, 22 couleurs d’yeux et 24 coiffures …

Comme, avant elle l’ultime repoussoir Disney, sa muséification française …

Cette ultime icône de la beauté américaine…

Devenue épouvantail préféré des féministes et des psys …

Et symbole juif, pour les diverses polices religieuses des Etats musulmans, de la « décadence de l’Occident perverti » ?

Saudi Religious Police Say Barbie Is a Moral Threat
Fox News
September 10, 2003

DUBAI, United Arab Emirates —  Saudi Arabia’s religious police have declared Barbie dolls a threat to morality, complaining that the revealing clothes of the « Jewish » toy — already banned in the kingdom — are offensive to Islam.

The Committee for the Propagation of Virtue and Prevention of Vice, as the religious police are officially known, lists the dolls on a section of its Web site devoted to items deemed offensive to the conservative Saudi interpretation of Islam.

« Jewish Barbie dolls, with their revealing clothes and shameful postures, accessories and tools are a symbol of decadence to the perverted West. Let us beware of her dangers and be careful, » said a message posted on the site.

A spokesman for the Committee said the campaign against Barbie — banned for more than 10 years — coincides with the start of the school year to remind children and their parents of the doll’s negative qualities.

Speaking to The Associated Press by telephone from the holy city of Medina (search), he claimed that Barbie was modeled after a real-life Jewish woman.

Although illegal, Barbies are found on the black market, where a contraband doll could cost $27 or more.

Sheik Abdulla al-Merdas, a preacher in a Riyadh mosque, said the muttawa, the committee’s enforcers, take their anti-Barbie campaign to the shops, confiscating dolls from sellers and imposing a fine.

« It is no problem that little girls play with dolls. But these dolls should not have the developed body of a woman and wear revealing clothes, » al-Merdas said.

« These revealing clothes will be imprinted in their minds and they will refuse to wear the clothes we are used to as Muslims. »

U.S.-based Mattel Inc. (search), which has been making the doll since 1959, did not immediately return a phone call seeking comment.

Women in Saudi Arabia must cover themselves from head to toe with a black cloak in public. They are not allowed to drive and cannot go out in public unaccompanied by a male family member.

Other items listed as violations on the site included Valentine’s Day gifts, perfume bottles in the shape of women’s bodies, clothing with logos that include a cross, and decorative copies of religious items or text — offensive because they could be damaged and thus insult Islam.

An exhibition of all the offensive items is found in Medina, and mobile tours go around to schools and other public areas in the kingdom.

The Committee acts as a monitoring and punishing agency, propagating conservative Islamic beliefs according to the teachings of the puritan Wahhabi (search) sect, adhered to the kingdom since the 18th century, and enforcing strict moral code.

Voir aussi:

Meet Lilli, the High-end German Call Girl Who Became America’s Iconic Barbie Doll

MessyNessy
January 29, 2016

So it turns out Barbie’s original design was based on a German adult gag-gift escort doll named Lilli. That’s right, she wasn’t a dentist or a surgeon, an Olympian gymnast, a pet stylist or an ambassador for world peace. And she certainly wasn’t a toy for little girls…

Unbeknownst to most, Barbie actually started out life in the late 1940s as a German cartoon character created by artist Reinhard Beuthien for the Hamburg-based tabloid, Bild-Zeitung. The comic strip character was known as “Bild Lilli”, a post-war gold-digging buxom broad who got by in life seducing wealthy male suitors.

She was famously quick-witted and known to talk back when it came to male authority. In one cartoon, Lilli is warned by a policeman for illegally wearing a bikini out on the sidewalk. Lilli responds, “Oh, and in your opinion, what part should I take off?”

She became so popular that in 1953, the newspaper decided to market a three-dimensional version which was sold as an adult novelty toy, available to buy from bars, tobacco kiosks and adult toy stores. They were often given out as bachelor party gag gifts and dangled from a car’s rearview mirror.

Parents considered the doll inappropriate for children and a German brochure from the 1950s described Lilli as “always discreet,” and with her impressive wardrobe, she was “the star of every bar”. She did indeed have such a wide range of outfits and accessories you could buy for her, that eventually little girls began wanting her as a playdoll too. While toy factories tried to cash in on her popularity with children, Lilli still remained a successful adult novelty, especially outside of Germany. A journalist for The New Yorker magazine, Ariel Levy, later referred to Lilli as a “sex doll”.

In the 1950s, one of the founders of Mattel, Ruth Handler (pictured above), was travelling to Europe and bought a few Lilli dolls to take home. She re-worked the design of the doll and later debuted Barbie at the New York toy fair on March 9, 1959.

Mattel acquired the rights to Bild Lilli in 1964, and production of the German doll ceased. (Funny how Barbie’s lighter skin tone was just about the only noticeable change in the early days).

And the rest is a history you’re a little more familiar with, and no doubt one Mattel is a little more comfortable with…

So which version would you prefer? Barbie’s ballsy European precursor or Mattel’s squeaky clean lookalike?

Voir également:

Barbie Millicent Roberts, from Wisconsin US, is celebrating her 60th birthday. She is a toy. A doll. Yet she has grown into a phenomenon. An iconic figure, recognised by millions of children and adults worldwide, she has remained a popular choice for more than six decades – a somewhat unprecedented feat for a doll in the toy industry.

She is also, arguably, the original “influencer” of young girls, pushing an image and lifestyle that can shape what they aspire to be like. So, at 60, how is the iconic Barbie stepping up to support her fellow women and girls?

When Barbie was born many toys for young girls were of the baby doll variety; encouraging nurturing and motherhood and perpetuating the idea that a girl’s future role would be one of homemaker and mother. Thus Barbie was born out of a desire to give girls something more. Barbie was a fashion model with her own career. The idea that girls could play with her and imagine their future selves, whatever that may be, was central to the Barbie brand.

However, the “something more” that was given fell short of empowering girls, by today’s standards. And Barbie has been described as “an agent of female oppression”. The focus on play that imagined being grown up, with perfect hair, a perfect body, a plethora of outfits, a sexualised physique, and a perfect first love (in the equally perfect Ken) has been criticised over the years for perpetuating a different kind of ideal – one centred around body image, with dangerous consequences for girls’ mental and physical health.

Body image

Toys have a significant influence on the development of children, far beyond innocent play. Through play, children mimic social norms and subtle messages regarding gender roles, and stereotypes can be transmitted by seemingly ubiquitous toys. Early studies in the 1930s by Kenneth and Mamie Clark showed how young black girls would more often choose to play with a white doll rather than a black doll, as the white doll was considered more beautiful – a reflection of internalised feelings as a result of racism.

The same supposition – that girls playing with Barbie may internalise the unrealistic body that she innocently promotes – has been the subject of research and what is clear is that parents are often unaware of the potential effects on body image when approving toys for their children.

A group of UK researchers in 2006 found that young girls aged between five-and-a-half and seven-and-a-half years old who were exposed to a story book with Barbie doll images had greater body dissatisfaction and lower body esteem at the end of the study compared to young girls who were shown the same story with an Emme doll (a fashion doll with a more average body shape) or a story with no images.

More worrying, there were no differences between groups of girls aged five-and-a half and eight-and-a-half years of age, with all girls showing heightened body dissatisfaction. Another study ten years later found that exposure to Barbie dolls led to a higher thin-ideal internalisation, supporting findings that girls exposed to thin dolls eat less in subsequent tests.

Exposure to unhealthy, unrealistic and unattainable body images is associated with eating disorder risk. Indeed, the increasing prevalence of eating disorder symptoms in non-Western cultures has been linked to exposure to Western ideals of beauty. Barbie’s original proportions gave her a body mass index (BMI) so low that she would be unlikely to menstruate and the probability of this body shape is less than one in 100,000 women.

Changing shape

With growing awareness of body image disturbances and cultural pressures on young girls, many parents have begun to look for more empowering toys for their daughters. Barbie’s manufacturer, Mattel, has been listening, possibly prompted by falling sales, and in 2016 a new range of Barbies was launched that celebrated different body shapes, sizes, hair types and skin tones.

These have not been without criticism; the naming of the dolls based on their significant body part (curvy, tall, petite) is questionable and again draws attention to the body, while “curvy” Barbie, with her wider hips and larger thighs, remains very thin. Despite this, these additions are a welcome step in the right direction in allowing girls to play with Barbie dolls that provide more diversity.

More than a body

If Barbie was about empowering girls to be anything that they want to be, then the Barbie brand has tried to move with the times by providing powerful role playing tools for girls. No longer is Barbie portrayed in roles such as the air hostess – or, when promoted to pilot, still dressed in a feminine and pink version of the uniform. Modern pilot Barbie is more appropriately dressed, with a male air steward as a sidekick.

Such changes can have a remarkable impact on how young girls imagine their career possibilities, potential futures, and the roles that they are expected to take. Mattel’s move to honour 20 women role models including Japanese Haitian tennis player Naomi Osaka – currently the world number one – with her own doll is a positive step in bringing empowering role models into the consciousness of young girls.

Children who are less stereotyped in their gender and play are less likely to be stereotyped in their occupations and are more creative. But of course, society needs to mirror this. In the week when Virgin Atlantic abolished the requirement to wear make up for female cabin crew, the arduous journey away from constraining female body and beauty ideals could slowly be taking off. But in a culture where female ageing is now an aesthetic pressure felt by many, perhaps Mattel will show us diversity in age and womanhood? Happy 60th birthday to the still 20-year-old looking Barbie.

Voir de même:

(Reuters) – Barbie, the fashion doll famous around the world, celebrates her 60th anniversary on Saturday with new collections honoring real-life role models and careers in which women remain under-represented.

It is part of Barbie’s evolution over the decades since her debut at the New York Toy Fair on March 9, 1959.

To mark the milestone, manufacturer Mattel Inc created Barbie versions of 20 inspirational women from Japanese tennis star Naomi Osaka to British model and activist Adwoa Aboah.

The company also released six dolls representing the careers of astronaut, pilot, athlete, journalist, politician and firefighter, all fields in which Mattel said women are still under-represented.

Barbie is a cultural icon celebrated by the likes of Andy Warhol, the Paris Louvre museum and the 1997 satirical song “Barbie Girl” by Scandinavian pop group Aqua. She was named after the daughter of creator Ruth Handler.

Barbie has taken on more than 200 careers from surgeon to video game developer since her debut, when she wore a black-and-white striped swimsuit. After criticism that Barbie’s curvy body promoted an unrealistic image for young girls, Mattel added a wider variety of skin tones, body shapes, hijab-wearing dolls and science kits to make Barbie more educational.

Barbie is also going glamorous for her six-decade milestone. A diamond-anniversary doll wears a sparkly silver ball gown.

Voir de plus:

Un milliard de Barbie adoptées. Mal acceptée il y a vingt-cinq ans, la poupée ne fait plus peur aux mères.
Sibylle Vincendon
Libération
28 juin 1997

La milliardième Barbie va être vendue cette année. La maison Mattel, qui fabrique la poupée mannequin, a annoncé cette nouvelle de poids la semaine dernière, en la lestant d’autres chiffres considérables: six millions de Barbie vendues chaque année en France, une progression de 20% entre 1995 et 1996, six poupées en moyenne entre les mains de chaque fillette de ce pays. Une affaire qui marche, en somme. Et pourtant, comme à chaque fois qu’elle convoque la presse pour parler de Barbie, la firme s’est armée d’une escouade de spécialistes de l’enfance: psychologue, sociologue, pédiatre, professeur » Pour dire quoi? Que Barbie est «un jeu de rêve pour une meilleure adaptation à la réalité» (Armelle Le Bigot, chargée d’études), qu’elle est un «facteur de structuration de la personnalité chez la petite fille» (Dominique Charton, psychothérapeute), que «l’intérêt de Barbie est d’être liée aux évolutions sociales de la deuxième moitié du XXe siècle» (Gilles Brougère, professeur de sciences de l’éducation à Paris-Nord). En résumé, parents, «ne vous inquiétez pas »» (Edwige Antier, pédiatre).

S’inquiéter?

Bigre » Il y aurait donc lieu de se faire du souci quand une gamine joue aux Barbie. C’est en tout cas ce que Mattel semble indiquer en s’évertuant ainsi à se justifier. «Mais vous ne vous rendez pas compte à quoi on s’est heurtés quand on a introduit Barbie en France il y a vingt-cinq ans», s’exclame Robert Gerson, le PDG de Mattel France. «Aux mêmes comportements de refus que ceux qui avaient accueilli Barbie dix ans plus tôt aux Etats-Unis. Cette première poupée sexuée, en pleine Amérique puritaine, elle ne passait pas du tout » Nous avons mis dix ans à remonter la pente.» Dans le dossier de presse, Gilles Brougère rappelle qu’«à cette époque, Barbie, plus qu’aujourd’hui, sentait le soufre.» De son côté, Armelle Le Bigot, qui écoute depuis des années des mères pour le compte de Mattel, se souvient que «les premières réactions des mamans étaient plutôt musclées. Elles nous parlaient de « cette bonne femme, « cette Américaine, « cette pute» » Par bonheur pour Mattel, les premières utilisatrices de Barbie ont grandi, sont devenues parfois mères à leur tour et c’est cette génération-là qui cause aujourd’hui dans les panels d’Armelle Le Bigot. Désormais, c’est du tout-cuit. «Barbie est dédiabolisée», diagnostique la chargée d’études. Les mères seraient même rassurées de voir que leurs filles, même en caleçon et baskets, «rêvent de belles robes et de paillettes, comme elles au même âge». Ces changements n’ont pas bousculé l’approche prudente des dirigeants de Mattel France. Interrogé sur cette stratégie défensive, le PDG finit par admettre que «non, Barbie ne dérange plus». Et ajoute: «Je me demande si ce n’est pas moi qui me fais un peu de cinéma de temps en temps»;

Voir de même:

Pour les psychiatres, Barbie est un fantasme d’adulte mais pas de petites filles
Si Barbie s’est retrouvée, cette année encore, parmi les cadeaux les plus offerts aux petites filles pour Noël, elle est accusée de fausser l’image de la femme et d’encourager notamment l’anorexie.
Véronique Lorelle
Le Monde
29 décembre 2009

Si Playmobil fait l’unanimité auprès des parents, ce n’est pas le cas de Barbie, la plus célèbre des poupées, qui a fêté ses 50 ans en 2009 et s’est retrouvée, cette année encore, parmi les cadeaux les plus offerts aux petites filles pour Noël. Avec ses mensurations improbables – soit 95-45-82 à l’échelle humaine -, Barbie est accusée de fausser l’image de la femme et d’encourager notamment l’anorexie. Dans l’Hexagone, de plus en plus de mamans répugnent à l’offrir à leurs filles.
Avec 3 millions de poupées vendues par an en France sur une cible de… 3 millions de petites filles âgées de 2 à 9 ans, le fabricant Mattel n’est pourtant pas encore aux abois. « 80 % de l’offre Barbie et ses accessoires, château, voiture, chevaux… est renouvelé chaque année », explique Arnaud Roland-Gosselin, directeur marketing de Mattel France.
De quoi entretenir l’intérêt des petites consommatrices, qui possèdent, chacune, une moyenne de douze poupées. Dernière excentricité marketing en date, la sortie, pour les fêtes de fin d’année, d’une Barbie chaussée par le créateur Christian Louboutin : 115 euros le modèle avec ses escarpins à semelle rouge.
En 2009, Barbie aura été à l’honneur : les plus grands créateurs lui ont consacré un défilé en février lors de la semaine de la mode à New York, un livre-coffret luxueux retraçant sa saga a été édité chez Assouline et les studios Universal ont annoncé qu’elle allait bientôt être l’héroïne d’une superproduction hollywoodienne. Pour autant, la poupée n’a pas fêté son cinquantième anniversaire en toute sérénité.
Dans un brûlot intitulé Toy-Monster : the Big Bad World of Mattel (« Jouet-Monstre : le grand méchant monde de Mattel ») et publié aux Etats-Unis chez Wiley-Blackwell, le journaliste et essayiste américain Jerry Oppenheimer écorne sérieusement le mythe. Auteur de la biographie non autorisée de Bill et Hillary Clinton, Jerry Oppenheimer présente dans son ouvrage le père de Barbie, Jack Ryan, comme un pervers sexuel. Pour l’essayiste, Barbie serait l’incarnation du fantasme ultime de son inventeur : une call-girl de luxe, à la taille ultrafine, aux seins en obus et au visage enfantin. De quoi effrayer encore davantage les mamans ?
« Certes, celui qui a conçu la Barbie n’avait pas une once de féminisme : il a projeté l’image d’un objet sexuel, d’après un prototype américain à la Jane Mansfield, estime Gisèle George, pédopsychiatre, auteur de La Confiance en soi de votre enfant (Odile Jacob, 2008, 227 p., 7,50 euros). En revanche, on ne peut pas donner à Barbie un pouvoir qu’elle n’a pas : une poupée ne peut pas influer sur l’orientation sexuelle, professionnelle, ou quoi que ce soit d’autre… »
Pouvoir d’anticipation
Un point de vue que partage Claude Halmos, psychanalyste et écrivain. « Il est devenu courant d’accuser les objets : la violence serait de la faute de la télé, l’anorexie, celle de Barbie… mais on oublie l’essentiel : la construction psychique d’un enfant dépend des adultes qui l’entourent. » Selon la psychanalyste, « une petite fille conçoit la féminité à travers ce que sa mère ressent et vit pour elle-même, et à travers la façon dont son père ou un compagnon masculin considère sa mère ».Les enfants ne voient pas le jouet au premier degré, comme les adultes, assure pour sa part Patrice Huerre, chef du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital d’Antony (Hauts-de-Seine) et auteur de Place au jeu : jouer pour apprendre à vivre (Nathan, 144 pages, 14,95 euros).
« Les enfants ne sont pas empêchés de rêver par la forme d’un objet, la preuve : d’un caillou, ils font un bolide », précise Patrice Huerre.
En revanche, certains jouets, en rupture avec leur époque, peuvent, selon le psychiatre, avoir un pouvoir d’anticipation, comme la littérature de fiction. « Barbie, ce fantasme d’adulte, anticipe sur la révolution sexuelle, Mai 68, la contraception, et l’émancipation des femmes…, estime-t-il. Elle est entrée en résonance avec une attente implicite des enfants, qui sont ensuite devenus les adolescents des années 1968″.
Le médecin a coorganisé cette année au Musée des arts décoratifs de Paris une exposition intitulée « Quand je serai grand, je serai… » Dans ce cadre, il avait été demandé à 600 enfants de dire ce qu’ils aimeraient faire plus tard, et de désigner les jouets symbolisant le mieux leurs aspirations. On y trouvait en bonne place la fameuse Barbie.
Voir de plus:

On s’en doutait, les mensurations de la poupée Barbie de Mattel sont inapplicables à un humain. Le site anglais rehabs.co a décidé de se pencher sur la question en comparant le corps de Barbie à celui d’une Américaine moyenne. Cette étude fait partie d’un rapport sur les désordres alimentaires et les problèmes des jeunes filles avec leur image. Le verdict est sans appel : si Barbie était en chair et en os, elle serait en très mauvaise santé.

Son cou est beaucoup trop long et 15 cm plus fin que celui d’une femme normale. Sans ce soutient, sa tête tombe donc sur le côté. Avec une taille de 40 cm, impossible de loger tous les organes. Adieu l’estomac et une bonne partie de l’intestin. Sa taille est également trop fine puisqu’elle ne représenterait que 56% des hanches. Ses jambes, elles, sont anormalement longues et beaucoup trop maigres.

Résultat, avec des chevilles de 15 cm, soit la même taille du pied d’un enfant de trois ans, elle ne tiendrait pas debout. Impossible de marcher donc, ni même de se soutenir avec les mains, car des poignets de 7,6 cm ne sont pas suffisants pour porter son corps.

Si Barbie était vivante, elle serait donc constamment allongée, et ne pourrait pas survivre longtemps à cause de ses problèmes d’organes.

Voir encore:

Blonde et icône à la fois, la poupée Barbie entre au musée à Paris

Le Parisien
10 mars 2016

C’est la poupée la plus célèbre du monde, et sans doute aussi la plus critiquée, pour ses mensurations improbables et son inatteignable perfection. Barbie se dévoile dans une exposition inédite à Paris qui raconte l’histoire de cette icône de beauté de 29 centimètres.
« Barbie est bien plus qu’un simple jouet, elle est un personnage emblématique de notre culture et de notre société », explique à l’AFP Anne Monier, commissaire de l’exposition (jusqu’au 18 septembre au Musée des Arts Décoratifs), la première de cette ampleur dans un musée français. Quelque 700 poupées y sont présentées avec autant de tenues.
Avec ses cheveux blond platine, ses jambes interminables et sa poitrine généreuse, Barbie s’est distinguée dès sa naissance, il y a 57 ans, par sa ressemblance avec une jeune femme adulte, une révolution dans le monde des poupons qui régnaient jusqu’alors en maîtres dans les coffres à jouets.
Oeuvre de l’Américaine Ruth Handler, épouse du cofondateur de la société Mattel, qui lui donna le prénom de sa fille Barbara, elle fit sa première apparition publique le 9 mars 1959, à la foire du jouet de New York, avant de connaître un immense succès commercial, d’abord aux Etats-Unis puis en Europe. Le cap du milliard de Barbie vendues dans le monde a été franchi dans le monde en 1997.
« L’engouement pour Barbie s’est appuyé sur l’univers très vite créé par Mattel autour du personnage, avec sa famille, ses amis, ses activités, une savante alchimie qui permet aux enfants de projeter leur imagination dans toutes les situations », explique Anne Monier.
Au fil des années, la reine des poupées a élargi la palette de ses compétences, des plus classiques aux plus insolites: infirmière, top modèle, danseuse, gymnaste mais aussi astronaute (elle a posé le pied sur la Lune avant Neil Armstrong) ou encore présidente des Etats-Unis.
Cette gloire planétaire va apporter à Barbie son lot de controverses, ses détracteurs lui reprochant de renvoyer une image trop stéréotypée de la femme, celle d’une européenne, active, blonde et mince.
– Call-girl de luxe… –
Des psychiatres ont affirmé qu’elle était un fantasme d’adulte avant d’être un jouet de petites filles. Des parents l’ont accusée d’encourager l’anorexie chez les adolescentes.
Des scientifiques sont allés jusqu’à démontrer que si Barbie était une vraie femme, elle pèserait 49 kilos et mesurerait 175 cm, son tour de taille ferait 45 cm et ses pieds 21 cm.
Ils en ont conclu que la pauvre créature serait alors obligée de marcher à quatre pattes car ses pieds et ses jambes ne pourraient pas la porter.
En 2009, le journaliste américain Jerry Oppenheimer écorne sévèrement l’image de la belle – qui célébrait cette année-là son cinquantième anniversaire – en la décrivant comme l?incarnation du fantasme ultime de son designer: une call-girl de luxe, à la taille ultra fine, aux seins en obus et au visage enfantin.
« La Barbie idéalisée, un peu trop parfaite, a sans doute existé à une certaine époque mais elle appartient aujourd’hui au passé », assure à l’AFP Robert Best, designer en chef chez Mattel.
« Pour nous, toutes les filles sont belles, quelles que soient leur silhouette, leur taille, la couleur de leurs cheveux, et les poupées doivent être le reflet de cette diversité », poursuit-il.
Témoin de cette volonté, les trois nouvelles versions lancées par Mattel en début d’année: la grande, la petite, et surtout la ronde, une Barbie potelée, tout en courbes, qui s’éloigne de la poupée d’origine pour s’approcher de Madame Tout Le Monde. Une stratégie visant aussi à endiguer l’érosion des ventes.
Les nouvelles Barbie disposeront de 27 teints de peau, 22 couleurs d’yeux et 24 coiffures.
L’enseigne américaine a déjà fait plusieurs tentatives pour ouvrir Barbie à la différence, sans pour autant faire évoluer ses mensurations. En 1980, elle avait commercialisé Black Barbie, une Barbie noire.
L’arrivée des trois nouvelles silhouettes a été célébrée par l’hebdomadaire américain Time qui a mis Barbie en couverture en janvier avec cette question, posée par la poupée elle-même: « A présent, peut-on arrêter de parler de mon corps ? »

Voir aussi:

60 ans après, Barbie a bien changé

TIMELINE // Barbie célèbre ses 60 ans cette année. Si la poupée américaine n’a pas pris de ride, elle a néanmoins subi quelques modifications.

Camille Wong
Les Echos
03/01/2019

La poupée traverse les générations. Depuis sa création, 1 milliard de modèles ont été vendus dans le monde et chaque année, environ 58 millions de poupées sont achetées. En 1959, la poupée californienne, produite par Mattel, débarque dans les foyers comme un pavé dans la marre. Pour la première fois, une poupée type adulte et sexualisée vient casser les modèles traditionnels des poupées enfantines.

Emerge alors un jouet aux allures de femme irréaliste : des jambes interminables, une poitrine pulpeuse et une taille de guêpe. Barbie a alors des proportions inhumaines. Face aux critiques récurrentes, et surtout à la chute des ventes, Mattel opère une petite révolution en 2015 : les premières poupées à corpulences dites “normales” sont commercialisées.

Aujourd’hui, Barbie n’est plus seulement cette mannequin blonde californienne au teint hâlé. Moins stéréotypée, elle est blonde, brune, rousse, à la peau noire, blanche, métisse… Elle met des pantalons et des jupes, travaille au McDo, danse ou dirige une entreprise. Selon la marque, 55% des poupées vendues dans le monde n’auraient ni les cheveux blonds, ni les yeux bleus.

La marque s’efforce de déconstruire les clichés sexistes de sa poupée, parfois non sans mal. En novembre 2014, Mattel sort Barbie, je peux être une ingénieure informatique, un livre qui dépeint une jeune femme nulle en informatique et incapable de faire quoique ce soit sans l’aide de ses amis masculins… Face à la polémique, Mattel présente ses excuses et retire le livre de la vente.

Voir également:

How Jewish is Barbie?

Orly Lobel’s new book examines the doll’s history – and the many broiguses she’s been caught up in

April 5, 2018

When I was a little girl, my mother videotaped me playing with Barbie dolls and other toys. It was my short-lived acting career but it was a prelude to my real career: it was research.

My mother is a psychology professor at Tel-Aviv University and she ran studies all over the world showing me having fun with girl toys and boy toys. She then asked participants questions about my intellect, popularity, abilities and found that without exception whether she ran the study in Israel or Europe or Asia or North America, the result was the same. When I was shown playing with the boy toys I was perceived as more intelligent and more likely to be a leader in my social group. When I was playing with Barbies and other girly toys the subjects of her studies thought less of me.

Needless to say, a side-effect of her research was inadvertently turning her daughter into a critic of the toy industry and our gendered culture from a very early age. Years passed and I became a military commander in the IDF, a lawyer, a law professor, an author and a mother, and the insights I learned from those early psychology experiments persisted: how we play matters. Toys are a serious business.

When I set out to write about the fascinating behind-the-scenes story of the “doll wars”, at the centre of it was the doll that has dominated the pink toy shelves for three generations — Barbie. I wanted to uncover her secret history and how she has battled to keep her image and her near-monopoly market power for over five decades. The story of Barbie begins with Ruth Handler, born Ruth Moskowicz, the youngest of ten children, born in 1916 to a Jewish-Polish family in Colorado.

Her father, a blacksmith, emigrated from Poland, finding work in Denver and sending for his wife and children two years later. The Moskowiczs were extremely poor and, when Ruth’s mother became ill, Ruth’s sister turned surrogate mother, which some people misinterpreted: “It has been suggested to me once or twice that this supposed ‘rejection’ by my mother may have been what spurred me to become the kind of person who always has to prove herself. This seems like utter nonsense.” Nonsense or not, the doll she claims to have invented would never become a mother. Rather, Barbie was destined to live the early dreams of Hertopia: a self-realised woman on her own. Ruth founded Mattel with her husband Elliot Handler, whom she had met at a Jewish youth dance in 1929. They married and had a daughter and a son, Barbara and Kenneth the dolls Barbie and Ken were born later. In 1956, during a family trip to Switzerland, Handler came across a German doll called Bild Lilli. Lilli was a popular doll in post-war Germany but she was not a child’s plaything, she was an adult toy based on a cartoon. Bluntly, Lilli dolls were designed for sex-hungry German men who bought her for girlfriends and mistresses in lieu of flowers, or as a suggestive gift. Her promotional brochures had such phrases as “Gentlemen prefer Lilli. Whether more or less naked, Lilli is always discreet.”

In Switzerland, Handler tucked Lilli in her suitcase, brought her back to the Mattel headquarters in California and launched Barbie based on her image. The story of Barbie’s success is inextricably tied to her secret past. A multimillion-dollar campaign began, led by another controversial Jewish immigrant, Ernst Ditcher, an Austrian psychologist turned American marketing guru. Dr Dichter used Freudian psychology to convince mothers to bring a hyper-sexualised adult doll into the hearts and minds of little girls.

The Barbie campaign, along with many other consumer marketing campaigns he led, made him the nemesis of mid-century feminists. Dichter’s notorious reputation was based on his manipulation of human desire. He applied psychoanalysis to selling, forever shaping America’s consumption fetishism: a desire to own stuff — which has yet to subside.

As Barbie’s sales soared, Lilli’s owners sued unsuccessfully for patent infringement. Until the early 2000s, Barbie reigned supreme. The challenge, when it came, was from a different doll, and another Jewish entrepreneur.

When I first tried to interview Isaac Larian, the man who introduced Bratz to the world, I hit a wall. His company, MGA’s communications department told me that it had no obligation to talk about its affairs.

I continued trying to contact him when, one day, out of the blue, I received the following e-mail: “Dear Orly, I understand that you are writing a book about [Mattel/MGA] and have talked to some of the lawyers and jurors in this case. Mattel’s stated goal (since they aren’t able to compete and innovate) was to ‘litigate MGA to death.’ Mattel has a history of using litigation to stifle innovation. . . . This time they faced a persistent Iranian Jewish immigrant who stood up to them and prevailed. I would be happy to discuss further detail as I was personally involved from day 1 in this case. Thanks & Best Regards, Isaac Larian CEO MGA Entertainment”.

Larian was positioning himself in the battle against Mattel, now the largest toy-maker in the world, and in his correspondence with me, as the underdog Jewish immigrant entrepreneur.

His email signature ended with the mantra “Fortune Favors the Bold”. This is his favourite maxim, which he has also placed in strategic spots on MGA’s walls, such as the corporate boardroom where I interviewed him.

Boldness is at the heart of Larian’s personality. Nevertheless, along with his loudly defiant nature, Larian has a soft side, which he is confident enough to display. He weeps in public, writes poetry, enjoys fashion and, well, loves his dolls. Mattel’s early days parallel MGA’s — Ruth Handler’s immigrant rags-to-riches story and her statements about being bold shows that she had far more in common with Isaac Larian than with Robert Eckert, the CEO of Mattel during the Barbie-Bratz battles, which ended, after eight years, in a bitter and costly stalemate.

In 1995, Islamic fundamentalists in Kuwait issued a fatwa against Barbie, a ruling under Islamic law prohibiting the buying or selling of this she-devil.

In 2003, when Saudi Arabia outlawed the sale of Barbie dolls, the Committee for the Propagation of Virtue and Prevention of Vice announced that the “Jewish Barbie” is the symbol of decadence to the perverted West.

Voir de même:


Martin Luther King Day: Attention, un faux peut en cacher un autre ! (Fraud fit for a King: Israel, anti-zionism and the misuse of MLK)

21 janvier, 2019
Jews-and-Civil-RightsLe rabbin Abraham Joshua Heschel (deuxième à droite), lors de la marche à Selma avec le Révérend Martin Luther King, Jr., Ralph Bunche, le républicain John Lewis, le révérend Fred Shuttlesworth et le révérend CT Vivian. (Crédit : Autorisation de Susannah Heschel)
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Ne parlez pas comme ça. Quand des gens critiquent les sionistes ils veulent parler des Juifs. Ce que vous dites là, c’est de l’antisémitisme ! Martin Luther King
Je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m’importe ce qui va m’arriver, car je suis allé jusqu’au sommet de la montagne. Je ne m’inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m’en soucie guère. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite. Et il m’a permis d’atteindre le sommet de la montagne. J’ai regardé autour de moi. Et j’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. Je suis heureux, ce soir. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. Martin Luther King
Whenever I return to the New England states, I never feel like a stranger because I’ve spent some three or four years in this area attending Boston University and Harvard University, so I feel like I’m coming home when I come back this way. (..) Now tonight I would like to use as a subject the question of progress in the area of race relations for indeed that is a desperate question on the lips of  hundreds and thousands of people all over our nation, indeed, people all over the world. They’re asking from time to time whether there has been any real progress in the area of race relations in the United States. There are three possible answers to the question of progress in the area of race relations. First, that is the attitude of extreme optimism. The extreme optimist would contend that we have made marvelous strides in the area of race relations. He would point proudly to the gains that have been made in the area of civil rights over the last few decades. And from this, the extreme optimist would conclude that the problem is just about solved now and that we can sit down comfortably by the wayside and wait on the coming of the inevitable. The second attitude that can be taken is that of extreme pessimism. The extreme pessimist would contend that we have made only minor strides in the area of race relations. He would argue that the deep rumblings of discontent from the South, the resurgence of the Ku Klux Klan and the birth of white citizens councils and the presence of Federal troops in Little Rock, Arkansas are all indicative of the fact that we have retrogressed rather than progressed, that we have created many more problems than we have solved. At times, he would get a little intellectual in his analysis and in his pessimistic conclusions. He may for instance turn to the realms of theology and seek to argue that hovering over every man is the tragic taint of original sin and he would misuse this doctrine to argue that at bottom human nature cannot be changed. He may even move to the realms of psychology and seek to show the determinative effects of certain habit structures and attitudes once they have been molded. And from all of this he would conclude that there can be no progress in the area of race relations. Now what is interesting to notice is that the extreme optimist and the extreme pessimist agree on at least one point. They would both argue that we must sit down and do nothing in the area of race relations. The extreme optimist would say: ‘do nothing because integration is inevitable’. The extreme pessimist would say: ‘do nothing because integration is impossible’. But there is a third position that can be taken, namely the realistic position. The realist in this area seeks to combine the truths of two opposites while avoiding the extremes of both. So he would agree with the optimist that we have come a long, long way. But he would seek to balance that by agreeing with the pessimist that we have a long, long way to go. And it is this realistic position that I would like to use as a basis for our thinking together this evening. We have come a long, long way but realism impels us to admit that we have a long, long way to go. Martin Luther King
I think that the situation with the Negro people in this country is analogous to what happened with the Israelites in Egypt. They too had to wait for a leader, and I think all of us will agree that they have found this leader in Dr. Martin Luther King. Rabbi Klein (Temple Emanuel)
President Nasser of Egypt has initiated a blockade of an international waterway, the Straits of Tiran, Israel’s sea lane to Africa and Asia. This blockade may lead to a major conflagration. The Middle East has been an area of tension due to the threat of continuing terrorist attacks, as well as the recent Arab military mobilization along Israel’s borders. Let us recall that Israel is a new nation whose people are still recovering from the horror and decimation of the European holocaust. (…) We call on our fellow Americans of all persuasions and groupings and on the administration to support the independence, integrity, and freedom of Israel. Men of conscience all over the world bear a moral responsibility to support Israel’s right of passage through the Straits of Tiran. Pétition signée par Martin Luther King (The Moral Responsibility in the Middle East, NYT, 28.05.1967)
What is saddening is that respected public leaders like Martin Luther King who have courageously opposed American actions in Vietnam should now associate themselves with vague calls for American intervention on behalf of Israel. Letter to NYT (June 2, 1967)
Did you see the ad in the New York Times Sunday ? Th is was the ad they got me to sign with Bennett, etc. I really hadn’t seen the statement. I felt after seeing it, it was a little unbalanced and it is pro-Israel. It put us in the position almost of setting the turning-hawks on the Middle East while being doves in Vietnam and I wouldn’t have given a statement like that at all. Martin Luther King
The statement I signed in the N.Y. Times as you know was agree d with by a lot of people in the Jewish community. But there was those in the negro community [who] have been disappointed. SNCC for one has been very critical. The problem was that the N.Y. Times played it up as a total endorsement of Israel. What they printed up wasn’t the complete text, even the introduction wasn’t the text. I can’t back up on the statement now, my problem is whether I should make another statement, or maybe I could just avoid making a statement. I don’t want to make a statement that backs up on me; that wouldn’t be good. Well, what do you think? Martin Luther King
Well, I think these guarantees should all be worked out by the United Nations. I would hope that all of the nations, and particularly the Soviet Union and the United States, and I would say France and Great Britain, these four powers can really determine how that situation is going. I think the Israelis will have to have access to the Gulf of Aqaba. I mean the very survival of Israel may well depend on access to not only the Suez Canal, but the Gulf and the Strait of Tiran. These things are very important. But I think for the ultimate peace and security of the situation it will probably be necessary for Israel to give up this conquered territory because to hold on to it will only exacerbate the tensions and deepen the bitterness of the Arabs. Martin Luther King
I’d run into the situation where I’m damned if I say this and I’m damned if I say that no matter what I’d say, and I’ve already faced enough criticism including pro-Arab.(…) I just think that if I go, the Arab world, and of course Africa and Asia for that matter, would interpret this as endorsing everything that Israel has done, and I do have questions of doubt. (…) most of it [the pilgrimage] would be Jerusalem and they [the Israelis] have annexed Jerusalem, and any way you say it they don’t plan to give it up. (…) I frankly have to admit that my instincts, and when I follow my instincts so to speak I’m usually right. . . . I just think that this would be a great mistake. I don’t think I could come out unscathed. Martin Luther King
It is with the deepest regret that I cancel my proposed pilgrimage to the Holy Land for this year, but the constant turmoil in the Middle East makes it extremely difficult to conduct a religious pilgrimage free of both political overtones and the fear of danger to the participants. Actually, I am aware that the danger is almost non-existent, but to the ordinary citizen who seldom goes abroad, the daily headlines of border clashes and propaganda statements produces a fear of danger which is insurmountable on the American scene. Martin Luther King (Letter to Mordechai Ben-Ami, the president of the Israeli airline El Al)
That a man like Martin Luther King could stand so openly with Israel, despite his own private qualms and criticism by younger, more radical, black Americans who had discovered the plight of the Palestinians, indicated the degree to which Zionism was embraced by the American mainstream. . . . One of the ways [King] reciprocated Jewish American support for desegregation in the United States was by turning a blind eye to the plight of the Palestinians. Ussama Makdisi (2010)
Israel does many bad things but it does not get reprimanded. (…) Israel is very strong, [Malaysians] cannot do much against it, but they do not have to demonstrate affection to it. The world is talking about freedom of speech, but whenever we say anything against Israel and the Jews, it is considered antisemitism. It is my right to criticize Israel for its policy regarding the Palestinians and say they do many bad things. Mahathir Bin Mohamad
Every January, with the Martin Luther King Jr. holiday just around the corner, I have come to expect someone to misuse the good doctor’s words so as to push an agenda he would not likely have supported. (…) And yet (…) the one thing I never expected anyone to do would be to just make up a quote from King; a quote that he simply never said, and claim that it came from a letter that he never wrote, and was published in a collection of his essays that never existed. Frankly, this level of deception is something special. The hoax of which I speak is one currently making the rounds on the Internet, which claims to prove King’s steadfast support for Zionism. Indeed, it does more than that. In the item, entitled “Letter to an Anti-Zionist Friend,” King proclaims that criticism of Zionism is tantamount to anti-Semitism, and likens those who criticize Jewish nationalism as manifested in Israel, to those who would seek to trample the rights of blacks. Heady stuff indeed, and 100% bullshit, as any amateur fact checker could ascertain were they so inclined. But of course, the kinds of folks who push an ideology that required the expulsion of three-quarters-of-a-million Palestinians from their lands, and then lied about it, claiming there had been no such persons to begin with (as with Golda Meir’s infamous quip), can’t be expected to place a very high premium on truth. I learned this the hard way recently, when the Des Moines Jewish Federation succeeded in getting me yanked from the city’s MLK day events: two speeches I had been scheduled to give on behalf of the National Conference of Community and Justice (NCCJ). Because of my criticisms of Israel—and because I as a Jew am on record opposing Zionism philosophically—the Des Moines shtetl decided I was unfit to speak at an MLK event. After sending the supposed King quote around, and threatening to pull out all monies from the Jewish community for future NCCJ events, I was dropped. The attack of course was based on a distortion of my own beliefs as well. Federation principal Mark Finkelstein claimed I had shown a disregard for the well-being of Jews, despite the fact that my argument has long been that Zionism in practice has made world Jewry less safe than ever. But it was his duplicity on King’s views that was most disturbing. Though Finkelstein only recited one line from King’s supposed “letter” on Zionism, he lifted it from the larger letter, which appears to have originated with Rabbi Marc Schneier, who quotes from it in his 1999 book, “Shared Dreams: Martin Luther King Jr. and the Jewish Community.” Therein, one finds such over-the-top rhetoric as this: “I say, let the truth ring forth from the high mountain tops, let it echo through the valleys of God’s green earth: When people criticize Zionism, they mean Jews—this is God’s own truth.” The letter also was filled with grammatical errors that any halfway literate reader of King’s work should have known disqualified him from being its author, to wit: “Anti-Zionist is inherently anti Semitic, and ever will be so.” The treatise, it is claimed, was published on page 76 of the August, 1967 edition of Saturday Review, and supposedly can also be read in the collection of King’s work entitled, This I Believe: Selections from the Writings of Dr. Martin Luther King Jr. That the claimants never mention the publisher of this collection should have been a clear tip-off that it might not be genuine, and indeed it isn’t. The book doesn’t exist. As for Saturday Review, there were four issues in August of 1967. Two of the four editions contained a page 76. One of the pages 76 contains classified ads and the other contained a review of the Beatles’ Sgt. Pepper’s album. No King letter anywhere. Yet its lack of authenticity hasn’t prevented it from having a long shelf-life. Not only does it pop up in the Schneier book, but sections of it were read by the Anti-Defamation League’s Michael Salberg in testimony before a House Subcommittee in July of 2001, and all manner of pro-Israel groups (from traditional Zionists to right-wing Likudites, to Christians who support ingathering Jews to Israel so as to prompt Jesus’ return), have used the piece on their websites. In truth, King appears never to have made any public comment about Zionism per se; and the only known statement he ever made on the topic, made privately to a handful of people, is a far cry from what he is purported to have said in the so-called “Letter to an Anti-Zionist friend.” In 1968, according to Seymour Martin Lipset, King was in Boston and attended a dinner in Cambridge along with Lipset himself and a number of black students. After the dinner, a young man apparently made a fairly harsh remark attacking Zionists as people, to which King responded: “Don’t talk like that. When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking Anti-Semitism.” Assuming this quote to be genuine, it is still far from the ideological endorsement of Zionism as theory or practice that was evidenced in the phony letter. After all, to respond to a harsh statement about individuals who are Zionists with the warning that such language is usually a cover for anti-Jewish bias is understandable. More than that, the comment was no doubt true for most, especially in 1968. It is a statement of opinion as to what people are thinking when they say a certain thing. It is not a statement as to the inherent validity or perfidy of a worldview or its effects. (…) So yes, King was quick to admonish one person who expressed hostility to Zionists as people. But he did not claim that opposition to Zionism was inherently anti-Semitic. And for those who criticize Zionism today and who like me are Jewish, to believe that we mean to attack Jews, as Jews, when we speak out against Israel and Zionism is absurd. As for King’s public position on Israel, it was quite limited and hardly formed a cornerstone of his worldview. In a meeting with Jewish leaders a few weeks before his death, King noted that peace for Israelis and Arabs were both important concerns. According to King, “peace for Israel means security, and we must stand with all our might to protect its right to exist, its territorial integrity.” But such a statement says nothing about how Israel should be constituted, nor addresses the Palestinians at all, whose lives and challenges were hardly on the world’s radar screen in 1968. At the time, Israel’s concern was hostility from Egypt; and of course all would agree that any nation has the right not to be attacked by a neighbor. The U.S. had a right not to be attacked by the Soviet Union too—as King would have no doubt agreed, thereby affirming the United States’ right to exist. But would anyone claim that such a sentiment would have implied the right of the U.S. to exist as it did, say in 1957 or 1961, under segregation? Of course not. So too Israel. Its right to exist in the sense of not being violently destroyed by hostile forces does not mean the right to exist as a Jewish state per se, as opposed to the state of all its citizens. It does not mean the right to laws granting special privileges to Jews from around the world, over indigenous Arabs. It should also be noted that in the same paragraph where King reiterated his support for Israel’s right to exist, he also proclaimed the importance of massive public assistance to Middle Eastern Arabs, in the form of a Marshall Plan, so as to counter the poverty and desperation that often leads to hostility and violence towards Israeli Jews. This part of King’s position is typically ignored by the organized Jewish community, of course, even though it was just as important to King as Israel’s territorial integrity. As for what King would say today about Israel, Zionism, and the Palestinian struggle, one can only speculate. (…) But one thing is for sure. While King would no doubt roundly condemn Palestinian violence against innocent civilians, he would also condemn the state violence of Israel. He would condemn launching missile attacks against entire neighborhoods in order to flush out a handful of wanted terrorists. He would oppose the handing out of machine guns to religious fanatics from Brooklyn who move to the territories and proclaim their God-given right to the land, and the right to run Arabs out of their neighborhoods, or fence them off, or discriminate against them in a multitude of ways. He would oppose the unequal rationing of water resources between Jews and Arabs that is Israeli policy. He would oppose the degrading checkpoints through which Palestinian workers must pass to get to their jobs, or back to their homes after a long day of work. He would oppose the policy which allows IDF officers to shoot children throwing rocks, as young as age twelve. In other words, he would likely criticize the working out of Zionism on the ground, as it has actually developed in the real world, as opposed to the world of theory and speculation. These things seem imminently clear from any honest reading of his work or examination of his life. He would be a broker for peace. And it is a tragedy that instead of King himself, we are burdened with charlatans like those at the ADL, or the Des Moines Jewish Federation, or Rabbis like Marc Schneier who think nothing of speaking for the genuine article, in a voice not his own. Tim Wise
Ils ont oublié quel pays ils représentent. Nous sommes aux Etats-Unis où le boycott est un droit et fait partie de notre combat historique pour la liberté et l’égalité. Rashida Tlaib
On April 4, 1967, exactly one year before his assassination, the Rev. Dr. Martin Luther King Jr. stepped up to the lectern at the Riverside Church in Manhattan. The United States had been in active combat in Vietnam for two years and tens of thousands of people had been killed, including some 10,000 American troops. The political establishment — from left to right — backed the war, and more than 400,000 American service members were in Vietnam, their lives on the line. Many of King’s strongest allies urged him to remain silent about the war or at least to soft-pedal any criticism. They knew that if he told the whole truth about the unjust and disastrous war he would be falsely labeled a Communist, suffer retaliation and severe backlash, alienate supporters and threaten the fragile progress of the civil rights movement. King rejected all the well-meaning advice and said, “I come to this magnificent house of worship tonight because my conscience leaves me no other choice.” Quoting a statement by the Clergy and Laymen Concerned About Vietnam, he said, “A time comes when silence is betrayal” and added, “that time has come for us in relation to Vietnam.” It was a lonely, moral stance. And it cost him. But it set an example of what is required of us if we are to honor our deepest values in times of crisis, even when silence would better serve our personal interests or the communities and causes we hold most dear. It’s what I think about when I go over the excuses and rationalizations that have kept me largely silent on one of the great moral challenges of our time: the crisis in Israel-Palestine. I have not been alone. Until very recently, the entire Congress has remained mostly silent on the human rights nightmare that has unfolded in the occupied territories. Our elected representatives, who operate in a political environment where Israel’s political lobby holds well-documented power, have consistently minimized and deflected criticism of the State of Israel, even as it has grown more emboldened in its occupation of Palestinian territory and adopted some practices reminiscent of apartheid in South Africa and Jim Crow segregation in the United States. Many civil rights activists and organizations have remained silent as well, not because they lack concern or sympathy for the Palestinian people, but because they fear loss of funding from foundations, and false charges of anti-Semitism. They worry, as I once did, that their important social justice work will be compromised or discredited by smear campaigns. Similarly, many students are fearful of expressing support for Palestinian rights because of the McCarthyite tactics of secret organizations like Canary Mission, which blacklists those who publicly dare to support boycotts against Israel, jeopardizing their employment prospects and future careers. Reading King’s speech at Riverside more than 50 years later, I am left with little doubt that his teachings and message require us to speak out passionately against the human rights crisis in Israel-Palestine, despite the risks and despite the complexity of the issues. King argued, when speaking of Vietnam, that even “when the issues at hand seem as perplexing as they often do in the case of this dreadful conflict,” we must not be mesmerized by uncertainty. “We must speak with all the humility that is appropriate to our limited vision, but we must speak.” And so, if we are to honor King’s message and not merely the man, we must condemn Israel’s actions: unrelenting violations of international law, continued occupation of the West Bank, East Jerusalem, and Gaza, home demolitions and land confiscations. We must cry out at the treatment of Palestinians at checkpoints, the routine searches of their homes and restrictions on their movements, and the severely limited access to decent housing, schools, food, hospitals and water that many of them face. We must not tolerate Israel’s refusal even to discuss the right of Palestinian refugees to return to their homes, as prescribed by United Nations resolutions, and we ought to question the U.S. government funds that have supported multiple hostilities and thousands of civilian casualties in Gaza, as well as the $38 billion the U.S. government has pledged in military support to Israel. And finally, we must, with as much courage and conviction as we can muster, speak out against the system of legal discrimination that exists inside Israel, a system complete with, according to Adalah, the Legal Center for Arab Minority Rights in Israel, more than 50 laws that discriminate against Palestinians — such as the new nation-state law that says explicitly that only Jewish Israelis have the right of self-determination in Israel, ignoring the rights of the Arab minority that makes up 21 percent of the population. Of course, there will be those who say that we can’t know for sure what King would do or think regarding Israel-Palestine today. That is true. The evidence regarding King’s views on Israel is complicated and contradictory. Although the Student Nonviolent Coordinating Committee denounced Israel’s actions against Palestinians, King found himself conflicted. Like many black leaders of the time, he recognized European Jewry as a persecuted, oppressed and homeless people striving to build a nation of their own, and he wanted to show solidarity with the Jewish community, which had been a critically important ally in the civil rights movement. Ultimately, King canceled a pilgrimage to Israel in 1967 after Israel captured the West Bank. During a phone call about the visit with his advisers, he said, “I just think that if I go, the Arab world, and of course Africa and Asia for that matter, would interpret this as endorsing everything that Israel has done, and I do have questions of doubt.” He continued to support Israel’s right to exist but also said on national television that it would be necessary for Israel to return parts of its conquered territory to achieve true peace and security and to avoid exacerbating the conflict. There was no way King could publicly reconcile his commitment to nonviolence and justice for all people, everywhere, with what had transpired after the 1967 war. Today, we can only speculate about where King would stand. Yet I find myself in agreement with the historian Robin D.G. Kelley, who concluded that, if King had the opportunity to study the current situation in the same way he had studied Vietnam, “his unequivocal opposition to violence, colonialism, racism and militarism would have made him an incisive critic of Israel’s current policies.” Indeed, King’s views may have evolved alongside many other spiritually grounded thinkers, like Rabbi Brian Walt, who has spoken publicly about the reasons that he abandoned his faith in what he viewed as political Zionism. (…) During more than 20 visits to the West Bank and Gaza, he saw horrific human rights abuses, including Palestinian homes being bulldozed while people cried — children’s toys strewn over one demolished site — and saw Palestinian lands being confiscated to make way for new illegal settlements subsidized by the Israeli government. He was forced to reckon with the reality that these demolitions, settlements and acts of violent dispossession were not rogue moves, but fully supported and enabled by the Israeli military. For him, the turning point was witnessing legalized discrimination against Palestinians — including streets for Jews only — which, he said, was worse in some ways than what he had witnessed as a boy in South Africa. (…) Jewish Voice for Peace, for example, aims to educate the American public about “the forced displacement of approximately 750,000 Palestinians that began with Israel’s establishment and that continues to this day.” (…) In view of these developments, it seems the days when critiques of Zionism and the actions of the State of Israel can be written off as anti-Semitism are coming to an end. There seems to be increased understanding that criticism of the policies and practices of the Israeli government is not, in itself, anti-Semitic. (…) the Rev. Dr. William J. Barber II (…) declared in a riveting speech last year that we cannot talk about justice without addressing the displacement of native peoples, the systemic racism of colonialism and the injustice of government repression. In the same breath he said: “I want to say, as clearly as I know how, that the humanity and the dignity of any person or people cannot in any way diminish the humanity and dignity of another person or another people. To hold fast to the image of God in every person is to insist that the Palestinian child is as precious as the Jewish child.” Guided by this kind of moral clarity, faith groups are taking action. In 2016, the pension board of the United Methodist Church excluded from its multibillion-dollar pension fund Israeli banks whose loans for settlement construction violate international law. Similarly, the United Church of Christ the year before passed a resolution calling for divestments and boycotts of companies that profit from Israel’s occupation of Palestinian territories. Even in Congress, change is on the horizon. For the first time, two sitting members, Representatives Ilhan Omar, Democrat of Minnesota, and Rashida Tlaib, Democrat of Michigan, publicly support the Boycott, Divestment and Sanctions movement. In 2017, Representative Betty McCollum, Democrat of Minnesota, introduced a resolution to ensure that no U.S. military aid went to support Israel’s juvenile military detention system. Israel regularly prosecutes Palestinian children detainees in the occupied territories in military court. None of this is to say that the tide has turned entirely or that retaliation has ceased against those who express strong support for Palestinian rights. To the contrary, just as King received fierce, overwhelming criticism for his speech condemning the Vietnam War — 168 major newspapers, including The Times, denounced the address the following day — those who speak publicly in support of the liberation of the Palestinian people still risk condemnation and backlash. Bahia Amawi, an American speech pathologist of Palestinian descent, was recently terminated for refusing to sign a contract that contains an anti-boycott pledge stating that she does not, and will not, participate in boycotting the State of Israel. In November, Marc Lamont Hill was fired from CNN for giving a speech in support of Palestinian rights that was grossly misinterpreted as expressing support for violence. Canary Mission continues to pose a serious threat to student activists. And just over a week ago, the Birmingham Civil Rights Institute in Alabama, apparently under pressure mainly from segments of the Jewish community and others, rescinded an honor it bestowed upon the civil rights icon Angela Davis, who has been a vocal critic of Israel’s treatment of Palestinians and supports B.D.S. But that attack backfired. Within 48 hours, academics and activists had mobilized in response. The mayor of Birmingham, Randall Woodfin, as well as the Birmingham School Board and the City Council, expressed outrage at the institute’s decision. The council unanimously passed a resolution in Davis’ honor, and an alternative event is being organized to celebrate her decades-long commitment to liberation for all. I cannot say for certain that King would applaud Birmingham for its zealous defense of Angela Davis’s solidarity with Palestinian people. But I do. In this new year, I aim to speak with greater courage and conviction about injustices beyond our borders, particularly those that are funded by our government, and stand in solidarity with struggles for democracy and freedom. My conscience leaves me no other choice. Michelle Alexander
In the Israeli view, no peacemaker can bring the two sides together because there aren’t just two sides. There are many, many sides. Most of Israel’s wars haven’t been fought against Palestinians. Since the invasion of five Arab armies at the declaration of the State of Israel in May 1948, the Palestinians have made up a small number of the combatants facing the country. To someone here, zooming in to frame our problem as an Israeli-Palestinian conflict makes as much sense as describing the “America-Italy conflict” of 1944. American G.I.s were indeed dying in Italy that year, but an American instinctively knows that this can be understood only by seeing it as one small part of World War II. The actions of Americans in Italy can’t be explained without Japan, or without Germany, Russia, Britain and the numerous actors and sub-conflicts making up the larger war. Over the decades when Arab nationalism was the region’s dominant ideology, Israeli soldiers faced Egyptians, Syrians, Jordanians, Lebanese and Iraqis. Today Israel’s most potent enemy is the Shiite theocracy in Iran, which is more than 1,000 miles away and isn’t Palestinian (or Arab). The gravest threat to Israel at close range is Hezbollah on our northern border, an army of Lebanese Shiites founded and funded by the IraniansThe antiaircraft batteries of the Russians, Iran’s patrons, already cover much of our airspace from their new Syrian positions. A threat of a lesser order is posed by Hamas, which is Palestinian — but was founded as the local incarnation of Egypt’s Muslim Brotherhood, affiliated with the regional wave of Sunni radicalism, kept afloat with . Qatari cash and backed by Iran. If you see only an “Israeli-Palestinian” conflict, then nothing that Israelis do makes sense. (That’s why Israel’s enemies prefer this framing.) In this tightly cropped frame, Israelis are stronger, more prosperous and more numerous. The fears affecting big decisions, like what to do about the military occupation in the West Bank, seem unwarranted if Israel is indeed the far more powerful party. That’s not the way Israelis see it. Many here believe that an agreement signed by a Western-backed Palestinian leader in the West Bank won’t end the conflict, because it will wind up creating not a state but a power vacuum destined to be filled by intra-Muslim chaos, or Iranian proxies, or some combination of both. That’s exactly what has happened around us in Gaza, Lebanon, Syria and Iraq. One of Israel’s nightmares is that the fragile monarchy in Jordan could follow its neighbors, Syria and Iraq, into dissolution and into Iran’s orbit, which would mean that if Israel doesn’t hold the West Bank, an Iranian tank will be able to drive directly from Tehran to the outskirts of Tel Aviv. When I look at the West Bank as an Israeli, I see 2.5 million Palestinian civilians living under military rule, with all the misery that entails. I’m seeing the many grave errors our governments have made in handling the territory and its residents, the construction of civilian settlements chief among them. But because I’m zoomed out, I’m also seeing Hezbollah (not Palestinian), and the Russians and Iranians (not Palestinian), and the Islamic State-affiliated insurgents (not Palestinian) on our border with Egypt’s Sinai Peninsula. I’m considering the disastrous result of the power vacuum in Syria, which is a 90-minute drive from the West Bank. In the “Israeli-Palestinian” framing, with all other regional components obscured, an Israeli withdrawal in the West Bank seems like a good idea — “like a real-estate deal,” in President Trump’s formulation — if not a moral imperative. And if the regional context were peace, as it was in Northern Ireland, for example, a power vacuum could indeed be filled by calm. But anyone using a wider lens sees that the actual context here is a complex, multifaceted war, or a set of linked wars, devastating this part of the world. The scope of this conflict is hard to grasp in fragmented news reports but easy to see if you pull out a map and look at Israel’s surroundings, from Libya through Syria and Iraq to Yemen. The fault lines have little to do with Israel. They run between dictators and the people they’ve been oppressing for generations; between progressives and medievalists; between Sunni and Shiite; between majority populations and minorities. If our small sub-war were somehow resolved, or even if Israel vanished tonight, the Middle East would remain the same volatile place it is now. Misunderstanding the predicament of Israelis and Palestinians as a problem that can be solved by an agreement between them means missing modest steps that might help people here. Could Israel, as some centrist strategists here recently suggested, freeze and shrink most civilian settlements while leaving the military in place for now? How can the greatest number of Palestinians be freed from friction with Israelis without creating a power vacuum that will bring the regional war to our doorstep? These questions can be addressed only if it’s clear what we’re talking about. Abandoning the pleasures of the simple story for the confusing realities of the bigger picture is emotionally unsatisfying. An observer is denied a clear villain or an ideal solution. But it does make events here comprehensible, and it will encourage Western policymakers to abandon fantastic visions in favor of a more reasonable grasp of what’s possible. And that, in turn, might lead to some tangible improvements in a world that could use fewer illusions and wiser leaders. Matti Friedman
In the past ten years, (…) we have seen an emerging new, new anti-Semitism. It is likely to become far more pernicious than both the old-right and new-left versions, because it is not just an insidiously progressive phenomenon. It has also become deeply embedded in popular culture and is now rebranded with acceptable cool among America’s historically ignorant youth. In particular, the new, new bigotry is “intersectional.” It serves as a unifying progressive bond among “marginalized” groups such as young Middle Easterners, Muslims, feminists, blacks, woke celebrities and entertainers, socialists, the “undocumented,” and student activists. Abroad, the new, new bigotry is fueled by British Labourites and anti-Israel EU grandees. Of course, the new, new anti-Semitism’s overt messages derive from both the old and the new. There is the same conspiratorial idea that the Jews covertly and underhandedly exert inordinate control over Americans (perhaps now as grasping sports-franchise owners or greedy hip-hop record executives). But the new, new anti-Semitism has added a number of subtler twists, namely that Jews are part of the old guard whose anachronistic standards of privilege block the emerging new constituency of woke Muslims, blacks, Latinos, and feminists. Within the Democratic party, such animus is manifested by young woke politicians facing an old white hierarchy. Progressive activist Linda Sarsour oddly singled out for censure Senate majority leader Charles Schumer, saying, “I’m talking to Chuck Schumer. I’m tired of white men negotiating on the backs of people of color and communities like ours.” In attacking Schumer, ostensibly a fellow progressive, Sarsour is claiming an intersectional bond forged in mutual victimization by whites — and thus older liberal Jews apparently either cannot conceive of such victimization or in fact are party to it. With a brief tweet, Alexandra Ocasio-Cortez dismissed former Democratic senator Joe Lieberman’s worry over the current leftward drift of the new Democratic party. “New party, who dis?” she mocked, apparently suggesting that the 76-year-old former Democratic vice-presidential candidate was irrelevant to the point of nonexistence for the new progressive generation. Likewise, the generic invective against Trump — perhaps the most pro-Israel and pro-Jewish president of the modern era — as an anti-Semite and racist provides additional cover. Hating the supposedly Jew-hating Trump implies that you are not a Jew-hater yourself. Rap and hip-hop music now routinely incorporate anti-Semitic lyrics and themes of Jews as oppressors — note the lyrics of rappers such as Malice, Pusha T, The Clipse, Ghostface Killah, Gunplay, Ice Cube, Jay-Z, Mos Def, and Scarface. More recently, LeBron James, the Los Angeles Lakers basketball legend, tweeted out the anti-Semitic lyrics of rapper 21 Savage: “We been getting that Jewish money, everything is Kosher.” LeBron was puzzled about why anyone would take offense, much less question him, a deified figure. He has a point, given that singling out Jews as money-grubbers, cheats, and conspirators has become a sort of rap brand, integral to the notion of the rapper as Everyman’s pushback against the universal oppressor. The music executive and franchise owner is the new Pawnbroker, and his demonization is often cast as no big deal at best and at worst as a sort of legitimate cry of the heart from the oppressed. Note that marquee black leaders — from Keith Ellison to Barack Obama to the grandees of the Congressional Black Caucus — have all had smiling photo-ops with the anti-Semite Louis Farrakhan, a contemporary black version of Richard Spencer or the 1980s David Duke. Appearing with Farrakhan, however, never became toxic, even after he once publicly warned Jews, “And don’t you forget, when it’s God who puts you in the ovens, it’s forever!” Temple professor, former CNN analyst, and self-described path-breaking intellectual Marc Lamont Hill recently parroted the Hamas slogan of “a free Palestine from the river to the sea” — boilerplate generally taken to mean that the goal is the destruction of the current nation of Israel. And here, too, it’s understandable that Hill was shocked at the ensuing outrage — talk of eliminating Israel is hardly controversial in hip left-wing culture. The Democratic party’s fresh crop of representatives likewise reflects the new, new and mainlined biases, camouflaged in virulent anti-Israeli sentiment. Or, as Princeton scholar Robert George recently put it: The Left calls the tune, and just as the Left settled in on abortion in the early 1970s and marriage redefinition in the ’90s, it has now settled in on opposition to Israel – not merely the policies of its government, but its very existence as a Jewish state and homeland of the Jewish people. In that vein, Michigan’s new congresswoman, Rashida Tlaib, assumed she’d face little pushback from her party when she tweeted out the old slur that Jewish supporters of Israel have dual loyalties: Opponents of the Boycott, Divest, and Sanctions movement, which targets Israel, “forgot what country they represent,” she said. Ironically, Tlaib is not shy about her own spirited support of the Palestinians: She earlier had won some attention for an eliminationist map in her office that had the label “Palestine” pasted onto the Middle East, with an arrow pointing to Israel. Similarly, Ilhan Omar (D., Minn.) — like Tlaib, a new female Muslim representative in the House — used to be candid in her views of Israel as an “apartheid regime”: “Israel has hypnotized the world, may Allah awaken the people and help them see the evil doings of Israel.” On matters of apartheid, one wonders whether Omar would prefer to be an Arab citizen inside “evil” Israel or an Israeli currently living in Saudi Arabia or Egypt. Sarsour defended Omar with the usual anti-Israel talking points, in her now obsessive fashion. Predictably, her targets were old-style Jewish Democrats. This criticism of Omar, Sarsour said, “is not only coming from the right-wing but [from] some folks who masquerade as progressives but always choose their allegiance to Israel over their commitment to democracy and free speech.” Again, note the anti-Semitic idea that support for the only functioning democracy in the Middle East is proof of lackluster support for democracy and free speech. Out on the barricades, some Democrats, feminists, and Muslim activists, such as the co-founders of the “Women’s March,” Tamika Mallory and the now familiar Sarsour, have been staunch supporters of Louis Farrakhan (Mallory, for example, called him “the greatest of all time”). The New York Times recently ran a story of rivalries within the Women’s March, reporting that Mallory and Carmen Perez, a Latina activist, lectured another would-be co-leader, Vanessa Wruble, about her Jewish burdens. Wruble later noted: “What I remember — and what I was taken aback by — was the idea that Jews were specifically involved, and predominantly involved, in the slave trade, and that Jews make a lot of money off of black and brown bodies.” Progressive icon Alice Walker was recently asked by the New York Times to cite her favorite bedtime reading. She enjoyed And the Truth Will Set You Free, by anti-Semite crackpot David Icke, she said, because the book was “brave enough to ask the questions others fear to ask” and was “a curious person’s dream come true.” One wonders which “questions” needed asking, and what exactly was Walker’s “dream” that had come “true.” When called out on Walker’s preference for Icke (who in the past has relied on the 19th-century Russian forgery The Protocols of the Elders of Zion, in part to construct an unhinged conspiracy about ruling “lizard people”), the Times demurred, with a shrug: It did not censor its respondents’ comments, it said, or editorialize about them. These examples from contemporary popular culture, sports, politics, music, and progressive activism could be easily multiplied. The new, new anti-Semites do not see themselves as giving new life to an ancient pathological hatred; they’re only voicing claims of the victims themselves against their supposed oppressors. The new, new anti-Semites’ venom is contextualized as an “intersectional” defense from the hip, the young, and the woke against a Jewish component of privileged white establishmentarians — which explains why the bigoted are so surprised that anyone would be offended by their slurs. In our illiterate and historically ignorant era, the new, new hip anti-Semitism becomes a more challenging menace than that posed by prior buffoons in bedsheets or the clownish demagogues of the 1980s such as the once-rotund Al Sharpton in sweatpants. And how weird that a growing trademark of the new path-breaking identity politics is the old stereotypical dislike of Jews and hatred of Israel. Victor Davis Hanson
Nous tenons à vous informer que la « Lettre à un Ami Antisioniste »… prétendument écrite par le Dr Martin Luther King Jr, est, selon toute vraisemblance, un faux, bien que le message qui est à la base de la lettre ait été indéniablement exprimé par Martin Luther King Jr, lors d’une intervention de 1968, à Harvard, au cours de laquelle il a dit: « Quand les gens critiquent les Sionistes, ils parlent des juifs. Votre propos est antisémite ». (…) A l’origine, nous avions de forts doutes concernant l’authenticité de la « Lettre à un Ami Antisioniste », parce que le style du premier paragraphe semblait presque un pastiche de celui du discours du Dr King, « J’ai fait un rêve… ». En outre, nous n’avons trouvé aucune référence à la lettre avant 1999, ce qui était bizarre, car ce texte est une dénonciation si sensationnelle de l’antisionisme, qu’il aurait dû être largement cité. Mais, ensuite, nous avons trouvé la « lettre » dans le livre respectable de Rabbi Marc Schneier, publié en 1999 (« Shared Dreams » [Rêves partagés]), dont la préface était écrite par Martin Luther III. Etant donné que la famille King a la réputation d’être extrêmement attentive à l’héritage du Dr King, nous supposions qu’elle avait vérifié la fiabilité du livre avant de l’approuver. En outre, nous avions découvert que des citations de la « lettre » avaient été faites, le 31 juillet 2001, par Michael Salberg, de l’Anti-Defamation League, lors d’un témoignage devant le sous-Comité des Opérations Internationales et des Droits de l’Homme de la Commission pour les Relations internationales de la Chambre des Représentants des Etats-Unis. La même « source » où il était question de cette « lettre » (Saturday Review, août 1967), mentionnée dans le livre de Schneier, était également citée dans le témoignage. Comme beaucoup de membres de l’Anti-Defamation League avaient effectivement collaboré avec Martin Luther King Jr dans la lutte pour les droits civils, nous avons à nouveau supposé qu’ils étaient très bien informés de l’ouvrage concernant King et qu’ils avaient vérifié de manière approfondie tout ce qu’ils avaient choisi d’exposer devant le Congrès. Néanmoins, comme nous ne nous fions pas, en règle générale, aux recherches effectuées par quelqu’un d’autre, nous avons décidé de procéder à une contre-vérification, en examinant les anciens numéros de Saturday Review (le livre de Rabbi Schneier indiquait que la « lettre » avait été publiée dans l’édition d’août 1967 de la revue). Mais voilà, cette lettre ne figure pas dans les numéros d’août, outre que la page et le numéro de volume cités ne correspondent pas à ceux qu’utilise cette publication. CAMERA a également effectué une vérification auprès de l’Université de Boston, qui conserve les archives de l’œuvre du Dr King. Les archivistes ne sont pas davantage parvenus à localiser cette lettre. Force nous est de conclure que la lettre en question n’a pas été écrite par le Dr King. (Veuillez noter que nous ne suggérons pas que la « lettre » contrefaite soit l’œuvre de Rabbi Schneier.) Du fait que le message de la lettre (l’antisionisme est de l’antisémitisme) était bien celui qu’avait exprimé Martin Luther King Jr, nous pouvons comprendre que la famille de King et l’anti-Defamation League, n’aient pas éprouvé le besoin de vérifier la « Lettre à un ami antisioniste ». Cet épisode nous rappelle qu’il est important de vérifier l’authenticité et l’exactitude des sources, même quand elles semblent solides. Ci-après, une libre opinion, en date du 21 janvier 2002, du député républicain John Lewis, qui a travaillé en contact étroit avec le Dr King. Dans son article, il partage le point de vue du Dr King sur Israël, insistant sur la nature démocratique d’Israël et son besoin de sécurité. Il rapporte également que le Dr King a dit : « Quand les gens critiquent les Sionistes, ils veulent dire les Juifs, votre propos est antisémite. » Lee Green
Shortly before he was assassinated, Martin Luther King, Jr. was in Boston on a fund-raising mission, and I had the good fortune to attend a dinner which was given for him in Cambridge. This was an experience which was at once fascinating and moving: one witnessed Dr. King in action in a way one never got to see in public. He wanted to find what the Negro students at Harvard and other parts of the Boston area were thinking about various issues, and he very subtly cross-examined them for well over an hour and a half. He asked questions, and said very little himself. One of the young men present happened to make some remark against the Zionists. Dr. King snapped at him and said, “Don’t talk like that! When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking anti-Semitism!” Seymour Martin Lipset
In 1966, King entered an agreement to lead a Holy Land pilgrimage, in partnership with Sandy Ray, pastor of a Baptist church in Brooklyn, who took up the promotion of the trip. King’s assistant, Andrew Young, visited Israel and Jordan in late 1966 to do advance planning with Jordanian and Israeli authorities. The pilgrimage was rumored to be in the works from that time, and King received letters of encouragement and invitations from the prime ministers of Israel and Jordan, and from the Israeli and Jordanian mayors of divided Jerusalem. On May 16, 1967, King publicly announced the plan at a news conference, reported by the New York Times the following day. The pilgrimage would take place in November, and King insisted that it would have no political significance whatsoever. The organizers hoped to attract five thousand participants, with the aim of generating revenue for King’s Southern Christian Leadership Council (SCLC). King was slated to preach on the Mount of Olives in Jordanian East Jerusalem (November 14), and at a specially constructed amphitheater near Capernaum on the Sea of Galilee in Israel (November 16). The pilgrims would pass from Jordan to Israel through the Man – delbaum Gate in Jerusalem. King, who knew the situation on the ground, thought he could strike just the right balance between Israel and Jordan. The Six-Day War threw a wrench into the plan. (…) King’s careful maneuvering before, during, and after the Six-Day War demonstrated a much deeper understanding of the Arab-Israeli conflict than critics credit him with possessing. The two Palestinian-Americans who sought to dismiss the Cambridge quote suggested that the conflict “was probably not a subject he was well-versed on,” and that his public statements in praise of Israel “surely do not sound like the words of someone familiar with both sides of the story.” Not so. King had been to the Arab world, had a full grasp of the positions of the sides, and was wary of the possible pitfalls of favoring one over the other. He struck a delicate balance, speaking out or staying silent after careful assessments made in consultation with advisers who had their ears to the ground—Levison and Wachtel (both non-Zionists) in the Jewish community, and Andrew Young, whom King dispatched to the Middle East as his emissary. For this reason, it is an offense to history, if not to King’s memory, whenever someone today summons King’s ghost to offer unqualified support to Israel or the Palestinians. King understood moral complexity, he knew that millions waited upon his words, and he sought to resolve conflict, not accentuate it. The pursuit of an elusive balance marked his approach to the Arab-Israeli conflict while he lived. There is no obvious reason to presume he would have acted differently, had he lived longer. Martin Kramer
Aptly quoting Martin Luther King, Jr. is a common way to make a point or win an argument, and it’s no surprise that his new memorial in Washington includes an “Inscription Wall” of quotes carved in stone. It’s also no surprise that the quote about critics of Zionists didn’t make the cut for inclusion in the memorial. Still, it’s been put to use on many an occasion, most recently by Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu last year, in his address to the Knesset on International Holocaust Remembrance Day. A few years back it even cropped up in a State Department report on antisemitism. So I was perplexed to see it categorized as “disputed” on the extensive page of King quotes at Wikiquote—for better or worse, the go-to place to verify quotes. Indeed, as of this writing, it’s the only King quote so listed. The attempt to discredit the quote has been driven by politics. In particular, it’s the work of Palestinians and their sympathizers, who resent the stigmatizing of anti-Zionism as a form of antisemitism. (…) King’s words were first reported by Seymour Martin Lipset, at that time the George D. Markham Professor of Government and Sociology at Harvard, in an article he published in the magazine Encounter in December 1969—that is, in the year following King’s assassination. (…) For the next three-plus decades, no one challenged the credibility of this account. No wonder: Lipset, author of the classic Political Man (1960), was an eminent authority on American politics and society, who later became the only scholar ever to preside over both the American Sociological Association and the American Political Science Association. Who if not Lipset could be counted upon to report an event accurately? Nor was he quoting something said in confidence only to him or far back in time. Others were present at the same dinner, and Lipset wrote about it not long after the fact. He also told the anecdote in a magazine that must have had many subscribers in Cambridge, some of whom might have shared his “fascinating and moving” experience. The idea that he would have fabricated or falsified any aspect of this account would have seemed preposterous. That is, until almost four decades later, when two Palestinian-American activists suggested just that. Lipset’s account, they wrote, “seems on its face… credible.” There are still, however, a few reasons for casting doubt on the authenticity of this statement. According to the Harvard Crimson, “The Rev. Martin Luther King was last in Cambridge almost exactly a year ago—April 23, 1967” (“While You Were Away” 4/8/68). If this is true, Dr. King could not have been in Cambridge in 1968. Lipset stated he was in the area for a “fund-raising mission,” which would seem to imply a high profile visit. Also, an intensive inventory of publications by Stanford University’s Martin Luther King Jr. Papers Project accounts for numerous speeches in 1968. None of them are for talks in Cambridge or Boston. The timing of this doubt-casting, in 2004, was opportune: Lipset was probably unaware of it and certainly unable to respond to it. He had suffered a debilitating stroke in 2001, which left him immobile and speech-impaired. (He died of another stroke in 2006, at the age of 84.) Since then, others have reinforced the doubt, noting that Lipset gave “what seemed to be a lot of information on the background to the King quote, but without providing a single concrete, verifiable detail.” For just these reasons, the quote reported by Lipset was demoted to “disputed” status on King’s entry at Wikiquote. (…) Bear in mind Lipset’s precise testimony: King rebuked the student at a dinner in Cambridge “shortly before” King’s assassination, during a fundraising mission to Boston. It’s important to note that Lipset didn’t place the dinner in 1968. King was assassinated on April 4, 1968, so “shortly before” could just as well have referred to the last months of 1967. In fact, King did come to Boston for the purposes of fundraising in late 1967—specifically, on Friday, October 27. Boston was the last stop in a week-long series of benefit concerts given by Harry Belafonte for King’s Southern Christian Leadership Conference (SCLC). Here’s an advertisement for that tour, from the magazine Jet. In the archives of NBC, there is a clip of King greeting the audience at the Boston concert. The Boston Globe also reported King’s remarks and the benefit concert on its front page the next morning. Greetings by Martin Luther King, Jr., sandwiched between an introduction by Sidney Poitier and an act by Harry Belafonte, before 9,000 people in Boston Garden—it’s difficult to imagine any appearance more “high profile” than that. And the dinner in Cambridge? When King was assassinated, the Crimson, Harvard’s student newspaper, did write that he “was last in Cambridge almost exactly a year ago—April 23, 1967.” That had been a very public visit, during which King and Dr. Benjamin Spock held a press conference to announce plans for a “Vietnam Summer.” War supporters picketed King. But in actual fact, that wasn’t King’s last visit to Cambridge. In early October 1967, when news spread that King would be coming to Boston for the Belafonte concert, a junior member of Harvard’s faculty wrote to King from Cambridge, to extend an invitation from the instructor and his wife (…) Two days later, King’s secretary, Dora McDonald, sent a reply accepting the invitation on King’s behalf: “Dr. King asked me to say that he would be happy to have dinner with you.” King would be arriving in Boston at 2:43 in the afternoon. “Accompanying Dr. King will be Rev. Andrew Young, Rev. Bernard Lee and I.” Who was this member of the Harvard faculty? Martin Peretz. (…) But as Peretz noted in his invitation, “much has happened in recent months,” necessitating “some honest and tough and friendly dialogue.” Peretz was then (as he is today) an ardent supporter of Israel. The Six-Day War, only four months earlier, threatened to drive a wedge between those Jews and African-Americans, allied in common causes, who differed profoundly over the Middle East. The culmination came in August, when the radical Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) issued a newsletter claiming that “Zionist terror gangs” had “deliberately slaughtered and mutilated women, children and men, thereby causing the unarmed Arabs to panic, flee and leave their homes in the hands of the Zionist-Israeli forces.” The newsletter also denounced “the Rothschilds, who have long controlled the wealth of many European nations, [who] were involved in the original conspiracy with the British to create the ‘State of Israel’ and [who] are still among Israel’s chief supporters.” Peretz, who a few years earlier had been a supporter of SNCC, condemned the newsletter as vicious antisemitism, and Jewish supporters of the civil rights movement looked to King and the SCLC to do the same. It was against this background that King came to dinner at the Peretz home at 20 Larchwood Drive, Cambridge, in the early evening of October 27, 1967. A few days later, King’s aide, Andrew Young, thanked the couple for the delightful evening last Friday. (…) In fact, the evening’s significance would only become evident later, after King’s death. For the dinner was attended by Peretz’s senior Harvard colleague, Seymour Martin Lipset, and it was then and there that Lipset heard King rebuke a student who echoed the SNCC line on “Zionists”: “When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking anti-Semitism!” Peretz would later assert that King “grasped the identity between anti-Israel politics and anti-semitic ranting.” But it was Lipset who preserved King’s words to that effect, by publishing them soon after they were spoken. (And just to run the contemporary record against memory, I wrote to Peretz, to ask whether the much-quoted exchange did take place at his Cambridge home on that evening almost 45 years ago. His answer: “Absolutely.” I’ve written twice to Andrew Young to ask whether he has any recollection of the episode. I haven’t yet received a response.) Little more than five months after the Cambridge dinner, King lay dead, felled by an assassin in Memphis. (Peretz delivered a eulogy at the remembrance service in Harvard’s Memorial Church.) There’s plenty of room to debate the meaning of King’s words at the Cambridge dinner, and I’ve only hinted at their context. But the suggestion that King couldn’t possibly have spoken them, because he wasn’t in or near Cambridge when he was supposed to have said them, is now shown to be baseless. Lipset: “Shortly before he was assassinated, Martin Luther King, Jr. was in Boston on a fund-raising mission, and I had the good fortune to attend a dinner which was given for him in Cambridge.” Every particular of this statement is now corroborated by a wealth of detail. We now have a date, an approximate time of day, and a street address for the Cambridge dinner, all attested by contemporary documents. So will the guardians of Wikiquote redeem this quote from the purgatory of “disputed”? Let’s see if they have the decency to clear an eminent scholar of the suspicion of falsification, suggested by persons whose own sloppy inferences have been exposed as false. Martin Kramer

Attention: un faux peut en cacher un autre !

En ce nouveau Martin Luther King Day …

Qui aurait été son 90e anniversaire …

Et qui face à son lot habituel de reprises plus ou moins apocryphes de ses paroles …

Dont des citations bibliques sur des monuments publics mais aussi une prétendue Lettre à un ami antisioniste

Et entre une condamnation d’un chef d’Etat musulman et celle d’une membre musulmane du Congrès américain

Ne devrait pas manquer à l’instar de cette tribune du NYT il y a deux jours …

D’attribuer au vénéré pasteur de putatitves condamnations des prétendues exactions de l’Etat juif …

Qui se souvient …

Que suite à une tribune qu’il avait un peu rapidement signée avec ses nombreux soutiens juifs dans le NYT à la veille de la Guerre des Six jours il y a 50 ans …

Celui-ci se voyait accuser, comme le rappelait un historien palestino-américain il y a quelques années, de « soutenir si ouvertement Israël » ?

Mais surtout qui rappelle …

Avec l’historien américain Martin Kramer

Que jusqu’à annuler au dernier moment une visite en Terre sainte prévue de longue date …

Celui-ci avait en fait une position beaucoup plus équilibrée de la question ?

In the words of Martin Luther King…

Martin Kramer

Sandbox

March 12, 2012

“When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking anti-Semitism!” —Martin Luther King, Jr.

Aptly quoting Martin Luther King, Jr. is a common way to make a point or win an argument, and it’s no surprise that his new memorial in Washington includes an “Inscription Wall” of quotes carved in stone. It’s also no surprise that the quote about critics of Zionists didn’t make the cut for inclusion in the memorial. Still, it’s been put to use on many an occasion, most recently by Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu last year, in his address to the Knesset on International Holocaust Remembrance Day. A few years back it even cropped up in a State Department report on antisemitism. So I was perplexed to see it categorized as “disputed” on the extensive page of King quotes at Wikiquote—for better or worse, the go-to place to verify quotes. Indeed, as of this writing, it’s the only King quote so listed.

The attempt to discredit the quote has been driven by politics. In particular, it’s the work of Palestinians and their sympathizers, who resent the stigmatizing of anti-Zionism as a form of antisemitism. Just what sort of anti-Zionism crosses that fine line is a question beyond my scope here. But what of the quote itself? How was it first circulated? What is the evidence against it? And might some additional evidence resolve the question of its authenticity?

A repugnant suggestion

King’s words were first reported by Seymour Martin Lipset, at that time the George D. Markham Professor of Government and Sociology at Harvard, in an article he published in the magazine Encounter in December 1969—that is, in the year following King’s assassination. Lipset:

Shortly before he was assassinated, Martin Luther King, Jr. was in Boston on a fund-raising mission, and I had the good fortune to attend a dinner which was given for him in Cambridge. This was an experience which was at once fascinating and moving: one witnessed Dr. King in action in a way one never got to see in public. He wanted to find what the Negro students at Harvard and other parts of the Boston area were thinking about various issues, and he very subtly cross-examined them for well over an hour and a half. He asked questions, and said very little himself. One of the young men present happened to make some remark against the Zionists. Dr. King snapped at him and said, “Don’t talk like that! When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking anti-Semitism!”

For the next three-plus decades, no one challenged the credibility of this account. No wonder: Lipset, author of the classic Political Man (1960), was an eminent authority on American politics and society, who later became the only scholar ever to preside over both the American Sociological Association and the American Political Science Association. Who if not Lipset could be counted upon to report an event accurately? Nor was he quoting something said in confidence only to him or far back in time. Others were present at the same dinner, and Lipset wrote about it not long after the fact. He also told the anecdote in a magazine that must have had many subscribers in Cambridge, some of whom might have shared his “fascinating and moving” experience. The idea that he would have fabricated or falsified any aspect of this account would have seemed preposterous.

That is, until almost four decades later, when two Palestinian-American activists suggested just that. Lipset’s account, they wrote, “seems on its face… credible.”

There are still, however, a few reasons for casting doubt on the authenticity of this statement. According to the Harvard Crimson, “The Rev. Martin Luther King was last in Cambridge almost exactly a year ago—April 23, 1967” (“While You Were Away” 4/8/68). If this is true, Dr. King could not have been in Cambridge in 1968. Lipset stated he was in the area for a “fund-raising mission,” which would seem to imply a high profile visit. Also, an intensive inventory of publications by Stanford University’s Martin Luther King Jr. Papers Project accounts for numerous speeches in 1968. None of them are for talks in Cambridge or Boston.

The timing of this doubt-casting, in 2004, was opportune: Lipset was probably unaware of it and certainly unable to respond to it. He had suffered a debilitating stroke in 2001, which left him immobile and speech-impaired. (He died of another stroke in 2006, at the age of 84.) Since then, others have reinforced the doubt, noting that Lipset gave “what seemed to be a lot of information on the background to the King quote, but without providing a single concrete, verifiable detail.” For just these reasons, the quote reported by Lipset was demoted to “disputed” status on King’s entry at Wikiquote.

To all intents and purposes, this constitutes an assertion that Lipset might have fabricated both the occasion and the quote. To Lipset’s many students and colleagues, the mere suggestion is undoubtedly repugnant and perhaps unworthy of a response. But I’m not a student or colleague, nor did I know Lipset personally, so it seemed to me a worthy challenge to see whether I could verify Lipset’s account. Here are the results.

One Friday evening

Bear in mind Lipset’s precise testimony: King rebuked the student at a dinner in Cambridge “shortly before” King’s assassination, during a fundraising mission to Boston. It’s important to note that Lipset didn’t place the dinner in 1968. King was assassinated on April 4, 1968, so “shortly before” could just as well have referred to the last months of 1967.

In fact, King did come to Boston for the purposes of fundraising in late 1967—specifically, on Friday, October 27. Boston was the last stop in a week-long series of benefit concerts given by Harry Belafonte for King’s Southern Christian Leadership Conference (SCLC). Here’s an advertisement for that tour, from the magazine Jet.

In the archives of NBC, there is a clip of King greeting the audience at the Boston concert. The Boston Globe also reported King’s remarks and the benefit concert on its front page the next morning. Greetings by Martin Luther King, Jr., sandwiched between an introduction by Sidney Poitier and an act by Harry Belafonte, before 9,000 people in Boston Garden—it’s difficult to imagine any appearance more “high profile” than that.

And the dinner in Cambridge? When King was assassinated, the Crimson, Harvard’s student newspaper, did write that he “was last in Cambridge almost exactly a year ago—April 23, 1967.” That had been a very public visit, during which King and Dr. Benjamin Spock held a press conference to announce plans for a “Vietnam Summer.” War supporters picketed King.

But in actual fact, that wasn’t King’s last visit to Cambridge. In early October 1967, when news spread that King would be coming to Boston for the Belafonte concert, a junior member of Harvard’s faculty wrote to King from Cambridge, to extend an invitation from the instructor and his wife:

We would be anxious to be able to sit down and have a somewhat leisured meal with you, and perhaps with some other few people from this area whom you might like to meet. So much has happened in recent months that we are both quite without bearings, and are in need of some honest and tough and friendly dialogue…. So if you can find some time for dinner on Friday or lunch on Saturday, we are delighted to extend an invitation. If, however, your schedules do not permit, we of course will understand that. In any case, we look forward to seeing you at the Belafonte Concert and the party afterwards.

Two days later, King’s secretary, Dora McDonald, sent a reply accepting the invitation on King’s behalf: “Dr. King asked me to say that he would be happy to have dinner with you.” King would be arriving in Boston at 2:43 in the afternoon. “Accompanying Dr. King will be Rev. Andrew Young, Rev. Bernard Lee and I.”

Who was this member of the Harvard faculty? Martin Peretz.

This requires a bit of a digression. In October 1967, Peretz was a 29-year-old instructor of Social Studies at Harvard and an antiwar New Leftist. Four months earlier, he had married Anne Farnsworth, heiress to a sewing machine fortune. (Here are the Peretzes in Harvard Yard, just a few years later.) Even before their marriage, the couple had made the civil rights movement one of their causes, and Farnsworth had become a top-tier donor to the SCLC. A year earlier, Peretz had informed King that a luncheon with him was “one of the high points of my life”—and that “arrangements for the transfer of securities are now being made.” As Peretz later wrote, “I knew Martin Luther King Jr. decently well, at least as much as one can know a person who had already become both prophet and hero. I fundraised for his Southern Christian Leadership Conference.” Much of that charity began in the Peretz home.

But as Peretz noted in his invitation, “much has happened in recent months,” necessitating “some honest and tough and friendly dialogue.” Peretz was then (as he is today) an ardent supporter of Israel. The Six-Day War, only four months earlier, threatened to drive a wedge between those Jews and African-Americans, allied in common causes, who differed profoundly over the Middle East. The culmination came in August, when the radical Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) issued a newsletter claiming that “Zionist terror gangs” had “deliberately slaughtered and mutilated women, children and men, thereby causing the unarmed Arabs to panic, flee and leave their homes in the hands of the Zionist-Israeli forces.” The newsletter also denounced “the Rothschilds, who have long controlled the wealth of many European nations, [who] were involved in the original conspiracy with the British to create the ‘State of Israel’ and [who] are still among Israel’s chief supporters.” Peretz, who a few years earlier had been a supporter of SNCC, condemned the newsletter as vicious antisemitism, and Jewish supporters of the civil rights movement looked to King and the SCLC to do the same.

It was against this background that King came to dinner at the Peretz home at 20 Larchwood Drive, Cambridge, in the early evening of October 27, 1967. A few days later, King’s aide, Andrew Young, thanked the couple

for the delightful evening last Friday. It is almost too bad we had to go to the concert, but I think you will agree that the concert, too, proved enjoyable but I am also sure a couple of hours conversing with the group gathered in your home would have been more productive.

In fact, the evening’s significance would only become evident later, after King’s death. For the dinner was attended by Peretz’s senior Harvard colleague, Seymour Martin Lipset, and it was then and there that Lipset heard King rebuke a student who echoed the SNCC line on “Zionists”: “When people criticize Zionists, they mean Jews. You’re talking anti-Semitism!” Peretz would later assert that King “grasped the identity between anti-Israel politics and anti-semitic ranting.” But it was Lipset who preserved King’s words to that effect, by publishing them soon after they were spoken. (And just to run the contemporary record against memory, I wrote to Peretz, to ask whether the much-quoted exchange did take place at his Cambridge home on that evening almost 45 years ago. His answer: “Absolutely.” I’ve written twice to Andrew Young to ask whether he has any recollection of the episode. I haven’t yet received a response.)

Corroborated

Little more than five months after the Cambridge dinner, King lay dead, felled by an assassin in Memphis. (Peretz delivered a eulogy at the remembrance service in Harvard’s Memorial Church.) There’s plenty of room to debate the meaning of King’s words at the Cambridge dinner, and I’ve only hinted at their context. But the suggestion that King couldn’t possibly have spoken them, because he wasn’t in or near Cambridge when he was supposed to have said them, is now shown to be baseless. Lipset: “Shortly before he was assassinated, Martin Luther King, Jr. was in Boston on a fund-raising mission, and I had the good fortune to attend a dinner which was given for him in Cambridge.” Every particular of this statement is now corroborated by a wealth of detail. We now have a date, an approximate time of day, and a street address for the Cambridge dinner, all attested by contemporary documents.

So will the guardians of Wikiquote redeem this quote from the purgatory of “disputed”? Let’s see if they have the decency to clear an eminent scholar of the suspicion of falsification, suggested by persons whose own sloppy inferences have been exposed as false.


Noël/2018e: Attention à la marche ! (Like reading the Constitution today: Looking back at the 400-year intertestamental gap of Jewish writings and incredible religious change without which you can’t truly appreciate the break with the religion of the past that Jesus actually was)

25 décembre, 2018

La Cène, Léonard de Vinci, 1494 (Crédit : domaine public, via Wikipedia)

 
 
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Le salut vient des Juifs. Jésus (Jean 4:22)
On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. Jean (10: 22-23)
Jésus (…) enseignait dans les synagogues, et il était glorifié par tous. Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Luc 4: 14-16
Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant: Rabbi, mange… Jean 4: 31
J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le coeur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. Amen! Ce n’est point à dire que la parole de Dieu soit restée sans effet. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël, et, pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants; mais il est dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité, c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. Paul (Romans 9: 2-8)
Je dis donc: Dieu a-t-il rejeté son peuple? Loin de là! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin. Dieu n’a point rejeté son peuple, qu’il a connu d’avance. Ne savez-vous pas ce que l’Écriture rapporte d’Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Israël: Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie? Mais quelle réponse Dieu lui fait-il? Je me suis réservé sept mille hommes, qui n’ont point fléchi le genou devant Baal. De même aussi dans le temps présent il y a un reste, selon l’élection de la grâce. Or, si c’est par grâce, ce n’est plus par les oeuvres; autrement la grâce n’est plus une grâce. Et si c’est par les oeuvres, ce n’est plus une grâce; autrement l’oeuvre n’est plus une oeuvre. Quoi donc? Ce qu’Israël cherche, il ne l’a pas obtenu, mais l’élection l’a obtenu, tandis que les autres ont été endurcis, selon qu’il est écrit: Dieu leur a donné un esprit d’assoupissement, Des yeux pour ne point voir, Et des oreilles pour ne point entendre, Jusqu’à ce jour. Paul (Romans 11: 1-8)
Si le judaïsme n’avait qu’à résoudre la  question juive, il aurait beaucoup à faire, mais il serait peu de chose. Lévinas
Quand un Juif devient chrétien, on a un Chrétien de plus mais pas un Juif de moins. Edouard Drumont
La principale opposition de frères ennemis dans l’Histoire, c’est bien les juifs et les chrétiens. Mais le premier christianisme est dominé par l’Epître aux Romains qui dit : la faute des juifs est très réelle, mais elle est votre salut. N’allez surtout pas vous vanter vous chrétiens. Vous avez été greffés grâce à la faute des juifs. On voit l’idée que les chrétiens pourraient se révéler tout aussi indignes de la Révélation chrétienne que les juifs se sont révélés indignes de leur révélation. (…)  Il faut reconnaître que le christianisme n’a pas à se vanter. Les chrétiens héritent de Saint Paul et des Evangiles de la même façon que les Juifs héritaient de la Genèse et du Lévitique et de toute la Loi. Mais ils n’ont pas compris cela puisqu’ils ont continué à se battre et à mépriser les Juifs. (…) ils ont recréé de l’ordre sacrificiel. Ce qui est historiquement fatal et je dirais même nécessaire. Un passage trop brusque aurait été impossible et impensable. Nous avons eu deux mille ans d’histoire et cela est fondamental. (…) la religion doit être historicisée : elle fait des hommes des êtres qui restent toujours violents mais qui deviennent plus subtils, moins spectaculaires, moins proches de la bête et des formes sacrificielles comme le sacrifice humain. Il se pourrait qu’il y ait un christianisme historique qui soit une nécessité historique. Après deux mille ans de christianisme historique, il semble que nous soyons aujourd’hui à une période charnière – soit qui ouvre sur l’Apocalypse directement, soit qui nous prépare une période de compréhension plus grande et de trahison plus subtile du christianisme. René Girard
Il y a deux grandes attitudes à mon avis dans l’histoire humaine, il y a celle de la mythologie qui s’efforce de dissimuler la violence (…) la plus répandue, la plus normale, la plus naturelle à l’homme et (…) l ’autre (…) beaucoup plus rare et (…) même unique au monde (…) réservée tout entière aux grands moments de l’inspiration biblique et chrétienne [qui]  consiste non pas à pudiquement dissimuler mais, au contraire, à révéler la violence dans toute son injustice et son mensonge, partout où il est possible de la repérer. C’est l’attitude du Livre de Job et c’est l’attitude des Evangiles. […]. C’est l’attitude qui nous a permis de découvrir l’innocence de la plupart des victimes que même les hommes les plus religieux, au cours de leur histoire, n’ont jamais cessé de massacrer et de persécuter. C’est là qu’est l’inspiration commune au judaïsme et au christianisme, et c’est la clef, il faut l’espérer, de leur réconciliation future. C’est la tendance héroïque à mettre la vérité au-dessus même de l’ordre social. René Girard
Mais pourquoi donc le christianisme est-il devenu une religion non-juive ?  Gilles Bernheim
Les Juifs témoignent de l’absolue transcendance sur laquelle est fondée toute morale: la loi. Les chrétiens témoignent de l’incarnation de la Parole. deux voix pour le même Dieu! Deux voix différentes, dont  l’harmonie a été promise au-delà du temps. Mark Fressler
L’Histoire juive a été arrachée de son cadre étroit de la Palestine; par l’intermédiaire du christianisme, le Juif a cessé d’être un provincial insignifiant se pavanant sur l’étroite scène de la Judée; il a pénétré dans l’importance de la scène mondiale et est devenu une bénédiction pour toute l’humanité. Sans le christianisme, le judaïsme et le Juif auraient pu rester aussi insignifiants que l’ont été les disciples de Zoroastre. Maurice S. Eisendrath
Est-ce vraiment la volonté de Dieu qu’il n’existe plus aucun judaïsme dans le monde? Serait-ce vraiment le triomphe de Dieu si les rouleaux n’étaient plus sortis de l’arche  et si la Torah n’était plus lue dans les synagogues, si nos anciennes prières hébraïques, que Jésus lui-même utilisa pour adorer Dieu, n’étaient plus récitées, si le Seder de la Pâque n’était plus célébré dans nos vies, si la loi de Moïse n’était plus observée dans nos foyers?  Serait-ce vraiment ad majorem Dei gloriam d’avoir un monde sans Juifs? Abraham Heschel
Au travers des siècles, la communauté juive a interprété la décision de l’Eglise d’adorer Dieu le dimanche comme un rejet du coeur même de l’expérience juive: le rejet de la loi. Ce transfert du jour d’adoration au dimanche a rendu excessivement difficile, sinon virtuellement impossible, pour le juif, d’accorder une considération sérieuse au message chrétien. R. Marvin Wilson
Au IVe siècle, on disait aux Juifs; « Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous en tant que juifs ». A partir du Moyen-Age jusqu’au XIXe siècle, on disait aux Juifs; « Vous n’avez pas le droit de vivre parmi nous. » A l’époque nazie, on disait aux Juifs: « Vous n’avez pas le droit de vivre. » Paul Hillburg
Il a fallu la « solution finale » des nazis allemands pour que les chrétiens commencent à prendre conscience que le prétendu problème juif est en réalité un problème chrétien et qu’il l’a toujours été. Alice L. Eckardt
Après Auschwitz, (…) demander aux juifs de devenir chrétiens est une manière spirituelle de les effacer de l’existence et ne fait donc que renforcer les conséquences de l’Holocauste. (…)  Après Auschwitz et la participation des nations à ce massacre, c’est le monde chrétien qui a besoin de conversion. Gregory Baum
Tant que l’Eglise chrétienne se considère comme le successeur d’Israël, comme le nouveau peuple de Dieu, aucun espace théologique n’est laissé aux autres confessions et surtout à la religion juive. Gregory Baum
Si la loi du sabbat appartient au cérémoniel et n’est plus obligatoire, pourquoi remplacer le sabbat par un autre jour? Jacques Doukhan
Si la grâce chrétienne a mis fin à la loi juive, si le dimanche chrétien a abrogé le sabbat juif, si la notion d’un Dieu invisible indéfiniment suspendu à une croix a remplacé la notion du Tout-puissant invisible, si le salut et son emphase sur le spirituel l’a emporté sur la création, sur la nature et sur le corps, si le Nouveau Testament a supprimé l’Ancien, si les païens ont remplacé Israël; alors les juifs ont eu théologiquement raison, et ont encore raison aujourd’hui, de rejeter la religion chrétienne. Jacques Doukhan
Le Messie a été représenté dans les écritures hébraïques et dans la tradition juive comme une étoile, une étoile isolée, la dernière étoile qui annonce la venue du jour: l’étoile de David, celle-là même qui est représentée sur le drapeau israélien.  Les chrétiens ont si souvent mis l’accent sur l’événement passé de la crucifixion qu’ils se sont souvent arrêtés à la croix. Ils n’attendent plus. Ils sont déjà sauvés. La croix a éclipsé l’étoile. Jacques Doukhan
Because of the painful and shameful history (…), the name of Jesus has been associated in the Jewish consciousness with the memory of massacre, discrimination, and rejection for 2,000 years, the systematic « teaching of contempt » all climaxing at Auschwitz. Many Christians still do not realize the nature of that connection; and, consciously or not, they keep nurturing their mentalities with the old poison teaching and preaching the curse against the Jews who are charged with the most horrible crime of humanity, deicide: the killing of God. Meanwhile, there is the supersession theology, which denies the Jews and Israel the right even to be Israel, since the « true Israel » is another people. (This theory has been denounced as « a spiritual holocaust. ») This goes along with all kinds of strange ideas that Christians still entertain about the Jews: the myth of the Jewish plot, the association of the Jew with deception and money, etc. I am here referring to the old beast called « anti-Semitism. » You asked me if there is hope of reconciliation after Auschwitz. As long as Christians, whoever they are and whatever community they belong to, do not understand and recognize their responsibility at Auschwitz; as long as they are still fueling the fire and pushing in the same direction; as long as they keep in their heart anti-Semitic ideas and feelings there is no hope of reconciliation. With Auschwitz, Jewish-Christian history has reached a point of no return. After Auschwitz, it is no more decent to think or act or feel in the ways that have produced Auschwitz. To hope for a reconciliation after Auschwitz amounts then to hope in a genuine « conversion » on the part of the Christians. As long as Christians will not take this sin of anti-Semitism seriously, as long as they are not ready to turn back, repent, and recognize the Jewish roots that bear them, there is no hope for reconciliation. As a result, we can even say that there is no hope for any other reconciliation, and I mean here especially the Christian reconciliation with the God of Israel Himself. (..) According to the Jewish law (Halakhah), a Jew always remains a Jew whatever he does, even if he identifies himself as a Christian. Ironically, the Nazis have demonstrated the truth of this observation. The anti-Semite Drumont used to say, « When a Jew becomes Christian, we have one more Christian, but we don’t have one less Jew. » (…) Today, after the Holocaust and centuries of Christian effort to eliminate the Jews from the scene of history, any open at tempt to « convert » Jewish people will trigger strong reactions. Christians who want to share with Jews « the hope of Jesus » should, therefore, first of all ask themselves a question about their real motives. Why do they want to « convert » Jews? Do they intend to transform them into their image and thus erase their Jewish identity? (…) In other words, the conversion of the Christian is a prerequisite for the conversion of the Jew. (…) But in saying that, he does not imply that we have to change our identity in order to be able to reach out to Jews. A man does not need to become a woman in order to be able to reach out to women, and vice versa. (…) Paradoxically after the Holocaust and the creation of the State of Israel, more and more Jews are able to disassociate Jesus from the offensive Christian testimony. It is interesting that much more has been written about Jesus in Hebrew in the last thirty years than in the eighteen previous centuries. Along with Christians who begin to reconsider their Jewish roots and learn to love the law of the God of Israel, many Jews begin to realize that Jesus belongs to their Jewish heritage and as such deserves their attention. Jacques B. Doukhan
The festivals are nothing but a pedagogical or evangelistic tool to be used, just as we sometimes do when we use the model of the sanctuary to witness through this object lesson to our unique message. It should be descriptive and instructive, not prescriptive. If we desire to mark the festival, it would therefore be advisable to do it during its season, not because we want or need to be faithful to agricultural, ritualistic, and legalistic norms, but rather as an opportune moment when other people think about it, just as we traditionally do for Christmas, Easter, or Thanksgiving (although these festivals contain some elements of pagan origin, such as Santa Claus, the Christmas tree, and the Easter bunny). Jacques B. Doukhan
Juifs et chrétiens vont devoir à l’avenir changer ce qu’ils racontent les uns sur les autres. D’un côté, les chrétiens ne seront plus en mesure de prétendre que les juifs en tant que groupe ont consciemment rejeté Jésus comme Dieu. De telles croyances sur les juifs ont conduit à une histoire profonde, sanglante et douloureuse d’antijudaïsme et d’antisémitisme. […] De l’autre côté, les juifs vont devoir arrêter de railler les idées chrétiennes sur Dieu comme une simple collection d’idées fantaisistes “non juives”, peut-être païennes, et en tous les cas bizarres. Daniel Boyarin
Nous définissons habituellement les membres d’une religion en utilisant une sorte de check-list. Par exemple, on pourrait dire que si une personne croit en la Trinité et en l’incarnation, elle est un membre de la religion appelée christianisme, et que, si elle n’y croit pas, elle n’est pas un véritable membre de cette religion. Réciproquement, on pourrait dire que si quelqu’un ne croit pas en la Trinité et l’incarnation, alors il appartient à la religion appelée judaïsme mais que, s’il y croit, il n’y appartient pas. Quelqu’un pourrait aussi dire que, si une personne respecte le shabbat le samedi, ne mange que de la nourriture casher et fait circoncire ses fils, elle est un membre de la religion juive, et que, si elle ne le fait pas, elle ne l’est pas. Ou réciproquement, que, si un certain groupe croit que chacun doit respecter le shabbat, manger casher et circoncire ses fils, cela signifie qu’il n’est pas chrétien mais que, s’il croit que ces pratiques ont été remplacées, alors c’est un groupe chrétien. Comme je l’ai dit, voilà notre façon habituelle de considérer ces questions. (…) Un autre grand problème que ces check-lists ne peuvent pas gérer concerne les personnes dont les croyances et comportements sont un mélange de caractéristiques tirées de deux listes. Dans le cas des Juifs et des chrétiens, c’est un problème qui n’a tout simplement pas voulu disparaître. Des siècles après la mort de Jésus, certains croyaient en la divinité de Jésus, Messie incarné, mais insistaient également sur le fait que, pour être sauvés, ils devaient ne manger que de la nourriture casher, respecter le shabbat comme les autres Juifs et faire circoncire leurs fils. C’était un milieu où bien des personnes ne voyaient pas de contradiction, semble-t-il, à être à la fois juif et chrétien. En outre, beaucoup des éléments qui en sont venus à faire partie de la check-list éventuelle pour déterminer si l’on est juif ou si l’on est chrétien, ne déterminaient absolument pas à l’époque une ligne de frontière. Que devons-nous faire de ces gens là ? Pendant un grand nombre de générations après la venue du Christ, différents disciples, et groupes de disciples, de Jésus ont tenu des positions théologiques variées et se sont engagés dans une grande diversité d’observances relativement à la Loi juive de leurs ancêtres. L’un des débats les plus importants a porté sur la relation entre les deux entités qui allaient finir par former les deux premières personnes de la Trinité. Beaucoup de chrétiens croyaient que le Fils ou le Verbe (Logos) était subordonné à Dieu le Père voire même créé par lui. Pour d’autres, bien que le Fils soit incréé et ait existé dès avant le début du temps, il était seulement d’une substance similaire au Père. Un troisième groupe croyait qu’il n’y avait pas de différence du tout entre le Père et le Fils quant à la substance. Il existait aussi des différences très prononcées d’observances entre chrétien et chrétien : certains chrétiens conservaient une bonne part de la Loi juive (ou même la totalité), d’autres en avaient conservé certaines pratiques mais en avaient abandonné d’autres (par exemple, la règle apostolique d’Actes 15 5 ), et d’autres encore croyaient que la Loi entière devait être abolie et écartée pour les chrétiens (même pour ceux qui étaient nés juifs). Enfin, certains chrétiens étaient d’avis que la Pâque chrétienne était une forme de la Pâque juive, convenablement interprétée, avec Jésus comme agneau de Dieu et sacrifice pascal, tandis que d’autres niaient vigoureusement une telle relation. Cela avait également une portée pratique dans la mesure où le premier groupe célébrait Pâques le même jour où les Juifs célébraient Pessah tandis que le second insistait tout aussi fermement que Pâques ne devait pas tomber le jour de Pessah. Il y avait bien d’autres pommes de discorde. Jusqu’au début du quatrième siècle, tous ces groupes s’appelaient eux -mêmes chrétiens et un bon nombre d’entre eux se définissaient tout autant juifs que chrétiens. Selon cette vue, tenue par beaucoup de penseurs et d’exégètes, chrétiens aussi bien que juifs, après l’humiliation, la souffrance et la mort du Messie Jésus, la théologie de la souffrance vicaire rédemptrice aurait été découverte, apparemment en Is 53. On prétend alors que ce dernier texte a été réinterprété pour renvoyer non au peuple d’Israël persécuté mais au Messie souffrant. “ Le Seigneur a voulu l’écraser par la souffrance. S ’il fait de sa vie un sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours ; par lui la volonté du Seigneur s’accomplira. A la suite de son épreuve, il verra la lumière ; il sera comblé par sa connaissance. Le juste, mon serviteur, justifiera des multitudes et il portera lui-même leurs fautes. C’est pourquoi je lui donnerai une part parmi les princes et il partagera le butin avec les puissants ; parce qu ’il s’est livré lui-même à la mort et qu’il a été compté parmi les criminels ; alors qu’il portait pourtant le péché des multitudes et intercédait pour les criminels” (Is 5 3,10-12). Si ces versets se réfèrent effectivement au Messie, ils prédisent clairement ses souffrances et sa mort pour expier les péchés des humains. Cependant, on nous affirme que les Juifs auraient toujours interprété ces versets comme une évocation des souffrances du peuple d’Israël lui-même et non du Messie, qui serait quant à lui uniquement triomphant. Résumons ainsi cette opinion communément reçue : la théologie des souffrances du Messie est une réponse apologétique a posteriori pour expliquer les souffrances et l’humiliation subies par Jésus puisque les ‘chrétiens’ le tenaient pour le Messie. Selon cette vue, le christianisme a été inauguré au moment de la crucifixion, qui aurait mis en branle la nouvelle religion. En outre, beaucoup de ceux qui défendent ce point de vue sont aussi d’avis que le sens original d’Isaïe 53 a été déformé par les chrétiens pour expliquer et rendre compte du fait choquant de la crucifixion du Messie, alors qu’il se référait initialement aux souffrances du peuple d’Israël. Ce lieu commun doit être entièrement rejeté. La notion d’un Messie humilié et souffrant n’était pas du tout étrangère au judaïsme avant la venue de Jésus et elle est demeurée courante chez les Juifs postérieurement, et ce jusque dans la première période moderne. C’est un fait fascinant (et sans doute inconfortable pour certains) que cette tradition a été bien établie par les Juifs messianiques modernes soucieux de démontrer que leur foi en Jésus ne les ‘déjudaïse’ pas. Que l’on accepte ou non leur théologie, il n’en demeure pas moins vrai qu’ils ont constitué un très fort dossier textuel à l’appui de l’idée que la conception d’un Messie souffrant est enracinée dans des écrits profondément juifs, tant anciens que plus récents. Les Juifs n’ont apparemment pas eu de difficulté à envisager un Messie qui offrirait sa souffrance pour racheter le monde. Redisons-le : ce qu’on aurait dit de Jésus soi-disant après coup est en fait un ensemble d’attentes et de spéculations messianiques bien établies qui étaient courantes avant même que Jésus ne vienne au monde. Des Juifs avaient appris par une lecture attentive de certains textes bibliques que le Messie souffrirait et serait humilié ; cette lecture assumait précisément la forme de l’interprétation rabbinique classique que nous connaissons sous le nom de midrash, une façon de faire se répondre des versets et des passages de l’Ecriture pour en tirer de nouveaux récits, de nouvelles images et idées théologiques. » Daniel Boyarin
Tout le monde sait bien que Jésus est juif, mais l’auteur affirme que le Christ l’est aussi. Les bases de la christologie chrétienne appartiennent à la pensée israélite du second Temple et les divergences invoquées pour justifier une rupture historique prétendument immédiate entre « judaïsme » et « christianisme » sont erronées. La notion d’un Messie humano-divin, la pensée qu’en Dieu réside une seconde figure divine, la conception d’un Messie qui porte les péchés et sauve par sa souffrance, entre autres, ne sont pas une réinterprétation chrétienne, rétrospective et abusive, du Fils de l’Homme de Daniel 7 et du Serviteur souffrant d’Isaïe 53, mais des interprétations largement attestées dans la littérature juive contemporaine (Hénoch, Esdras, etc.). La nouveauté chrétienne est de voir leur réalisation dans cet homme-là Jésus et tous les juifs ne vont pas l’accepter. Même la prétendue rupture de Jésus avec les observances de la Torah résulte d’une mauvaise lecture de Marc 7 Trinité, messie humano-divin, messie souffrant, lois alimentaires, sabbat, circoncision, Yavné et Nicée, Qumran et autres. Ces textes intertestamentaires sont des textes qui montrent la diversité de pensée qui était dans ce qu’on appelle le judaïsme des premiers siècles (avant Jésus). Sébastien Lapaque
In the Soviet Union, run as it was by the self-declared militant godless, Christmas was a secular holiday: It was called New Year’s. People had New Year’s trees, decorated with New Year’s ornaments, under which Father Frost would leave New Year’s gifts. These images are central, beloved memories of my childhood — waking up to a sparkling, decorated tree in my room, piled high with presents that, given that it was the Soviet Union, were often slightly defective. When we came to the United States, we brought ornaments, some of which have been in the family for generations. For the first few years in the States, we’d get a New Year’s tree on Dec. 26, decorate it, lay presents under it and celebrate the New Year as we had for as long as anyone could remember. But after a few years, we stopped. It was no longer a New Year’s tree in a Soviet house. It had become a Christian symbol in a Jewish house. Christmas was all around us, for nearly one-tenth of the year, every year. It began to feel deeply alien precisely because we were secular, but it was not. Despite the movies and the shopping, despite the Germanic decor, Christmas is still, at its core and by design, about the birth of Christ, a point that seems bizarre to argue. Just look at all those nativity scenes! And we don’t observe the holiday on just any day. Dec. 25 has Christian significance. Whenever I hear the name, I hear the “Christ” in it. To me, it’s strange that many of its celebrants do not. And despite its celebration of a Christian god, it is everywhere, for over a month, in a way no other holiday is — not even Easter. It is in every ad, in every window and doorway, and on everyone’s lips. If you’re not a part of the festivities, even its sparkling aesthetic can wear you down. When you are from a minority religion, you’re used to the fact that cabdrivers don’t wish you an easy fast on Yom Kippur. But it’s harder to get used to the oppressive ubiquity of a holiday like Christmas. “This is always the time of year I feel most excluded from society,” one Jewish friend told me. Another told me it made him feel “un-American.” To say it’s off-putting to be wished a merry holiday you don’t celebrate — like someone randomly wishing you a happy birthday when the actual date is months away — is not to say you hate Christmas. It is simply to say that, to me, Julia Ioffe, it is alienating and weird, even though I know that is not intended. I respond: “Thanks. You, too.” But that feels alienating and weird, too, because now I’m pretending to celebrate Christmas. It feels like I’ve verbally tripped, as when I reply “You, too!” to the airport employee wishing me a good flight. There’s nothing evil or mean-spirited about any of it; it’s just ill-fitting and uncomfortable. And that’s when it happens once. When it happens several times a day for a month, and is amplified by the audiovisual Christmas blanketing, it’s exhausting and isolating. It makes me feel like a stranger in my own land. Julia Ioffe
Christmas is basically a traditional Jewish way of life. We know Jesus Christ was Jewish, and that for centuries our people have been the targets of anti-Semitism because of it. However, this practicing Jew looks at Christmas and all the joy it brings as a sign of Jewish values and many, many successes. Look at the time spent on family gatherings. Waiting on crowded highways, sitting in airport lounges and spending hundreds of dollars to share a meal, an overnight stay, and to spend valuable time together. We observant Jews do it weekly. My non-Jewish friends often joke about wishing how they had the ability to turn off a phone, like we observant Jews all do every Shabbat. Some wonder how they will ever get everything together in time for a festive meal. My answer: You don’t have religious laws restricting your time, so just Go For It! I admit: I am a Christmas movie addict. What better way to spend quality family time than to watch the classics like “It’s a Wonderful Life” or the Hallmark Channels and their 24-hour features? Personally, I wish there were a Hanukkah story or two. Why not a movie called “Latkes Fried With Love” or “Dreidel Competition”? David Lehman, author of “A Fine Romance: Jewish Songwriters, American Songs”, from Nextbook Press, says that this Christmas phenomenon is just one example of his larger point: that the story of American popular music is massively a Jewish story. Tablet magazine asked Lehman to list his 10 favorite Christmas songs written by Jews. His only regret? “I really wish that ‘Have Yourself a Merry Little Christmas’ was by Jews,” he says. “That would definitely be in the top five.” As we light our next Shabbos candles, let’s appreciate the feelings of love, the extra holiday greetings we share on the street with strangers and the sweetness of a simple cup of hot cocoa or a bite from a basic sugar cookie. Cindy Grosz
First of all, I love Christmas music. The innocent, hopeful melodies, the joyous diddies, the corny jingles — all of them bring smiles to my face. And when they become too cheesy or too much, I change the station. The fact that many of the most famous songs have Jewish composers only underscores the amazing cross-cultural pollination that is America at its best. Next, I think the decorations are wonderful. The lights are festive. The inflatables are mildly ridiculous — in a fun way. The projections on the houses get more and more colorful each year. I’ve inoculated my children against Christmas envy with a steady diet of Christmas house viewing and helping our Christian friends celebrate at their homes. Boring office building lobbies are filled with green and red, people try to be a bit more cheerful and friendly. Outside many local stores the Salvation Army stands asking for charity amid the rampant consumerism — and people give! Christmas has also boosted the profile of our minor festival of Hanukkah. Every Jew knows the story of the miraculous light burning for eight days, they know of the brave Maccabees standing up for their religious freedom, they celebrate with friends and family and synagogue communities. As a rabbi, I sincerely wish that we got the same enthusiasm for Sukkot or Shavuot, two traditionally major festivals on the Jewish calendar that do not get enough attention in the liberal Jewish world. But I’ll happily go along with the enthusiasm for Hanukkah and use it to offer Jewish teachings about appreciation for miraculous things in our lives and our ability to stand up for our values. I do not bemoan the popularity of a minor festival; I embrace it. Finally, I’m grateful that this time of years allows many of my friends, neighbors and Christian colleagues to embrace the highest and best values of their faith. The Christmas message of hope and the values of generosity, kindness, and joy are ideals that we share with Christians. In a world so torn by strife, how wonderful to have a time when our friends and neighbors can celebrate such goodness. The Christmas decorations we see all around remind me of this more than anything else. Each year at this season I see a lot of articles and blogs by my co-religionists worried about how the profusion of Christmas in public spaces impacts them and their children. I have a few suggestions for people who feel this way. First, recognize that we are, indeed, only one religious group in America and that the Christians should, by all means, be able to celebrate their most important holiday in a way that is meaningful to them. Most decorations in public spaces tend toward tinsel and lights rather than public Nativity Scenes — in other words, festive, not religious. Ironically, the menorah that many stores and office buildings put out is a religious ritual object — not just a fanciful symbol. Schools public and private recognize Christmas in myriad ways. If your children are forced to accept Jesus as their Lord and Savior in school, that is a problem. If they sing Frosty the Snowman or Jingle Bells in the school chorus, offer to teach the chorus some Hanukkah songs or Passover diddies — just make sure that they are innocuous like Jingle Bell Rock rather than holy like O Come, All Ye Faithful. If the chorus is singing explicitly religious Christian songs, use it as an opportunity to teach your children about multi-culturalism and then, based on your feelings and beliefs, ensure that your child can opt out of those songs. It is worth noting that much of the great art of Western Civilization depicts Christian themes — the Christmas Chorus Concert may be a perfect chance to introduce your children to this fact and how to appreciate the art without accepting its theology. On a public policy level, I am grateful that my children’s public school is closed on Rosh Hashanah and Yom Kippur. I am also sure that closing for those two days is a major inconvenience for the Christian parents. In financial terms, it must have a greater impact on them than the school Christmas celebrations have on my family. I think that a coherent argument could be made against closing on Rosh Hashanah and Yom Kippur based the Establishment Clause of the First Amendment. I am eternally grateful that school does close and that my Christian friends and neighbors graciously enable me to celebrate my faith. I’m happy to offer the quid pro quo of gingerbread houses at the 2nd grade “Holiday” party. In the end, the best thing that any Jew can do to inoculate ourselves in this season (beside getting a flu shot — which you should get!), is to get involved in Jewish religious life. When we practice Judaism, embrace Jewish culture, and live out Jewish values in our day to day lives, it becomes much easier to celebrate the fact that our Christian neighbors are doing the same thing. Their celebration need not be a threat to our identity. Instead, their we can find joy and satisfaction in the meaning and spiritual uplift they experience during their most precious holiday. Rabbi Howard Goldsmith
Christmas fascinates me. I’m drawn to its history, its color, its atmosphere, its music. And, of course, I’m drawn to the fact that Jesus was a Jew. He was born a Jew, lived as a Jew and died a Jew. If for nothing else, I can appreciate Christmas as the celebration of one Jew’s epic birthday. . . . I am grateful to my Christian neighbors and friends. Through their religious holy day, I am better able to confront and clarify my own religious convictions and theological certitudes. Like a brightly lighted Christmas tree, Christianity dispels a lot of darkness, theological as well as moral. In its glow, it challenges Christians and non-Christians alike to consider that which is transcendent, eternal, and greater than us all. Rabbi Michael Gottlieb
As Jews I think we ought to recognize that today the greatest challenge to our faith is not another faith, but faithlessness. Our greatest fear should not be those who worship in a different way but those who mockingly reject the very idea of worship to a higher power. Our children today are threatened by the spirit of secularism more than by songs dedicated to proclaiming a holy night. Living among Christians who demonstrate commitment to their religious beliefs to my mind is a far better example to my coreligionists than a secular lifestyle determined solely by hedonistic choices. Surrounded by Christmas celebrations, I have never had difficulty explaining to my children and my students that although we share with Christians a belief in God we go our separate ways in observance. They are a religion of creed and we are a religion of deed. They believe God became man. We believe man must strive to become more and more like God. We differ in countless ways. Yet Christmas allows us to remember that we are not alone in our recognition of the Creator of the universe. We have faith in a higher power. Wondering why we don’t celebrate Christmas is the first step on the road to Jewish self-awareness. To be perfectly honest, Christmas season in America has been responsible for some very positive Jewish results. This is the time when many Jews, by dint of their neighbors’ concern with their religion, are motivated to ask themselves what they know of their own. To begin to wonder why we don’t celebrate Christmas is to take the first step on the road to Jewish self-awareness. My parents were « reminded » of being Jewish through the force of violence. Our reminders are much more subtle, yet present nonetheless. And when Jews take the trouble to look for the Jewish alternative to Christmas and perhaps for the first time discover the beautiful messages of Chanukah and of Judaism, their forced encounter with the holiday of another faith may end up granting them the holiness of a Jewish holiday of their own. So this Christmas, pick up a good Jewish book or attend a Jewish seminar. Or check out my online course, Deed and Creed at JewishPathways.com, which explores the key philosophical differences between Judaism and Christianity. Call me naïve, but nowadays I really love this season. Because together all people of goodwill are joined in the task to place the sacred above the profane. Rabbi Benjamin Bech
I’m an Orthodox Jew for whom Dec. 25 has zero theological significance. My family doesn’t put up a tree, my kids never wrote letters to Santa, and we don’t go to church for midnight Mass. But while I may not celebrate Christmas, I love seeing my Christian friends and neighbors celebrate it. I like living in a society that makes a big deal out of religious holidays. Far from feeling excluded or oppressed when the sights and sounds of Christmas return each December — OK, November — I find them reassuring. To my mind, they reaffirm the importance of the Judeo-Christian culture that has made America so exceptional — and such a safe and tolerant haven for a religious minority like mine. (…) As an observant Jew, I don’t celebrate Christmas and never have. Do the inescapable reminders at this time of year that hundreds of millions of my fellow Americans do celebrate it make me feel excluded or offended? Not in the least: They make me feel grateful — grateful to live in a land where freedom of religion shields the Chanukah menorah in my window no less than it shields the Christmas tree in my neighbor’s. That freedom is a reflection of America’s Judeo-Christian culture, and a central reason why, in this overwhelmingly Christian country, it isn’t only Christians for whom Christmas is a season of joy. And why it isn’t only Christians who should make a point of saying so. Jeff Jacoby
Comme tous les ans durant la période de Noël, des milliers de pèlerins et touristes du monde entier convergent vers la ville de Bethléem. Mais pour les chrétiens de Gaza, soumis à des restrictions de mouvements, cette possibilité semble désormais relever du privilège. L’accès au territoire palestinien est en effet rigoureusement contrôlé par les autorités militaires israéliennes qui délivrent des permis d’entrée et de sortie. Chaque année, un certain nombre d’entre eux est concédé aux chrétiens de Gaza souhaitant se rendre à Jérusalem ou en Cisjordanie pour les fêtes de Noël et de Pâques. Pour Noël 2018, 500 permis de sortie ont été promis par Israël, mais en pratique, seuls 220 ont été effectivement délivrés pour le moment à des personnes âgées entre 16 et 35 ans ou de plus de 55 ans, ce qui donne lieu à des situations problématiques au sein de plusieurs familles: le père obtenant un permis mais pas la mère et inversement, ou des permis accordés aux enfants mais pas aux parents et inversement. Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine avoue ne pas saisir la politique choisie par Israël dans ce domaine. «C’est une logique d’occupation que nous ne comprenons pas, ni ne justifions», assène-t-il. Pouvoir se rendre à Bethléem pour fêter Noël devrait être un droit naturel pour un chrétien gazaoui et non pas un privilège, déplore l’évêque italien. Mgr Marcuzzo se trouvait d’ailleurs à Gaza dimanche dernier, en compagnie de l’administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, pour célébrer Noël avec la petite communauté latine locale, selon une tradition désormais bien installée. Le vicaire patriarcal évoque une atmosphère générale empreinte de tristesse, même si la médiation égyptienne et qatarie entreprise ces derniers jours a fait baisser la tension dans le territoire palestinien, après des semaines de fièvre et d’affrontements liés aux «marches du retour». La présence chrétienne quant à elle s’amoindrit sensiblement. Face à des conditions de vie précaires et au manque évident de perspectives, l’émigration reste une tentation inexorable. On comptait il y a encore quelques années environ 3 000 chrétiens de toute confessions à Gaza; ils ne représentent aujourd’hui que 1 200 âmes, dont 120 catholiques latins. Vatican news
A Gaza également, l’ambiance est sombre (…) Une partie de la communauté chrétienne de la bande Gaza ne pourra pas se rendre dans la ville natale du Christ en raison des restrictions de circulation imposées par Israël qui comme chaque année n’a délivré des permis qu’au compte-gouttes. (…) Tous aimeraient être à Béthléem pour Noël, mais cette année seules 600 personnes ont reçu des permis, plus d’un tiers de la toute petite communauté chrétienne de l’enclave s’apprête donc à passer le réveillon sur place et sans grand enthousiasme.  (…) Un Noël maussade dans une bande de Gaza soumise à un sévère blocus israélien et ces restrictions de circulation concernent plus de deux millions de Palestiniens (…) Une situation qui a contribué à l’exode des chrétiens de Gaza. On en comptait 3.500 il y a 15 ans, selon les estimations, ils ne seraient plus qu’un millier aujourd’hui. France Inter
A la Maison de la Radio, les vieilles traditions de Noël ne se perdent pas. Dans les temps anciens, la fête de la nativité était l’occasion d’accabler les Juifs afin rappeler sa faute inexpiable au « peuple déicide ». Reprenant le flambeau, France Inter semble s’ingénier à diffuser tous les 24 décembre une petite perfidie anti-israélienne, afin de mieux stigmatiser ceux qui aux yeux de la station constituent les fauteurs de trouble dans la région. Cette année, dans la page consacrée aux préparatifs de Noël, nous avons ainsi eu droit à un reportage sur le triste sort des chrétiens de Gaza. Vivre dans l’enclave islamiste aux mains des terroristes du Hamas n’est certes pas une sinécure lorsque l’on n’est pas musulman. Mais à écouter le journal du matin, présenté par Agnès Soubiran, « l’ambiance sombre » qui affecte le petit territoire palestinien n’est due qu’à une cause : « Une partie de la communauté chrétienne de la bande Gaza ne pourra pas se rendre dans la ville natale du Christ en raison des restrictions de circulation imposées par Israël qui comme chaque année n’a délivré des permis qu’au compte-gouttes… » Suit le reportage à Gaza de la journaliste Marine Vlahovic. On y apprend que « seules 600 personnes ont reçu un permis » de la part des autorités israéliennes pour pouvoir quitter Gaza et se rendre à Bethléem. Les autres ont célébré la messe à Gaza. « On fait un petit dîner pour le réveillon et ensuite on assiste à la messe de minuit ici. A par ça, il n’y a rien à faire. Alors qu’ailleurs il y a plein de festivités. C’est vraiment très frustrant de rester ici. En fait c’est comme si ce n’était pas vraiment Noël », explique une jeune Gazaouite chrétienne au micro de France Inter. Les responsables de ce « Noël maussade » ? Les Israéliens bien sûr, en raison du « blocus sévère » qu’ils imposent à Gaza. Sur les conditions et les raisons de ce « blocus » (qui n’en est pas un puisque chaque jour des centaines de camions de marchandises pénètrent à Gaza et de très nombreux Gazaouites ont la possibilité de pénétrer en Israël ne serait-ce que pour aller se faire soigner dans les hôpitaux israéliens), on ne saura rien. Ni l’irrédentisme du Hamas, ni la violence qu’il dirige chaque jour contre Israël, ni les tirs de roquettes et de missiles sur les villes israéliennes ne sont évoqués dans ce reportage. Si les chrétiens souffrent à Gaza, c’est de la faute des Juifs, pas des milices islamistes qui ont imposé leur loi sur le territoire. Rien sur les discriminations, les menaces et les humiliations dont sont quotidiennement victimes les chrétiens (sans parler des conversions forcées). L’envoyée spéciale de France Inter à Gaza, Marine Vlahovic, n’a peut-être pas réussi à mettre la main sur le tract diffusé par les brigades al-Nasser al-Din, l’une des plus implacables milices islamiques à Gaza, intimant à la population de ne pas célébrer Noël ? Si la journaliste s’était donnée la peine de lire le Jerusalem Post, elle aurait pu apprendre que ce tract a été diffusé auprès des musulmans mais également des chrétiens auxquels on a bien fait comprendre qu’il leur est demandé d’adopter un profil bas en toutes circonstances. Le tract, qui a été distribué dans les jours précédant Noël, rappelle, versets du Coran à l’appui, la stricte interdiction de célébrer cette fête. « Dieu n’est pas pour le peuple du mal », peut-on y lire à gauche (juste au-dessus d’un sapin barré d’une croix rouge). (…) Dans son reportage radio, la journaliste de France Inter a aussi omis de préciser que les églises de Gaza étaient illuminées en vert, aux couleurs de l’islam ! La petite minorité chrétienne de l’enclave aux mains des islamistes a-t-elle manifesté son consentement pour ces illuminations de Noël d’un genre très particulier ? (…) Bien entendu, à aucun moment l’envoyée spéciale à Gaza n’a jugé utile de prendre contact avec les autorités israéliennes pour connaître leur position sur ce dossier. Le reportage en tout cas n’en parle pas. (…) Pareillement, le reportage rend les Israéliens responsables de l’exode des chrétiens dont une grande majorité a quitté Gaza ces dernières années. Pour la radio de service public, ce n’est certes pas l’instauration implacable de la charia – la loi islamique – qui a poussé ces chrétiens à fuir mais bien les « sionistes » qui auraient rendu l’atmosphère irrespirable. « Une situation qui a contribué à l’exode des chrétiens de Gaza. On en comptait 3.500 il y a 15 ans, selon les estimations, ils ne seraient plus qu’un millier aujourd’hui », conclut la journaliste. On sursaute un peu à la lecture de cette dernière information qui change un tantinet la donne (c’est à se demander si les journalistes et les présentateurs comprennent ce qu’ils disent à l’antenne). Les Israéliens ont donc distribué cette année 600 autorisations pour se rendre à la messe de minuit à Bethléem pour une population estimée à mille âmes ? Malgré le climat de violence que le Hamas fait régner depuis le printemps dernier à la frontière avec Israël, plus d’un chrétien sur deux s’est vu autorisé à la franchir ? Et c’est ce que la présentatrice appelle des autorisations délivrées « au compte-gouttes » ? (…) Cette enquête sur les tourments infligés par Israël aux chrétiens de Gaza est tellement bidon qu’aucun grand titre de la presse française ne l’a reprise. En cherchant bien, nous avons retrouvé l’info sur ce site turc francophone pro-Erdogan… accompagnée d’une photo de propagande qui relève plus de la mise en scène que de l’authentique reportage. InfoEquitable
Mind the gap. Annonce du métro londonien
La période intertestamentaire désigne, selon l’exégèse chrétienne, l’intervalle historique s’étendant entre la rédaction des textes canoniques de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament. On considère généralement qu’elle s’étend sur environ quatre siècles, entre la mort de Malachie, dernier prophète vétérotestamentaire, autour du Ve siècle av. J.-C., et la prédication de Jean le Baptiste, bien que cette division soit discutée. L’adjectif intertestamentaire s’applique en particulier à certains écrits religieux issus du judaïsme au cours de cette période, rédigés en grec ou en langue hébraïque. Une grande partie de ces textes sont jugés apocryphes ou pseudépigraphes. Plusieurs Livres deutérocanoniques considérés comme canoniques par l’Église catholique et l’Église orthodoxe ont toutefois été rédigés au cours de cette période. Cette appellation est critiquée par certains spécialistes, d’une part parce que cette littérature s’est maintenue pendant et dans une certaine mesure après la prédication du Christ, et d’autre part parce que selon eux plusieurs livres du Tanakh, dont Daniel, Esdras/Néhémie et Chroniques, furent écrits au cours cette période dite « intertestamentaire ». Bon nombre d’écrits intertestamentaires relèvent de la littérature apocalyptique et furent rédigés entre le début du IIe siècle av. J.-C. et la fin du Ier siècle av. J.-C.. Certains textes furent réunis en collection avec d’autres plus anciens, comme le Livre d’Hénoch. Ces écrits étaient généralement attribués à des figures bibliques anciennes, peut-être dans le but d’échapper à la répression des autorités. Parmi ceux-ci on peut citer l’Apocalypse d’Esdras, l’Apocalypse de Baruch, l’Apocalypse d’Élie, le Livre des Jubilés, les Testaments des douze patriarches et les Psaumes de Salomon, entre autres. La littérature rabbinique fut abondante au cours de cette période, bien qu’on ne le classe généralement pas dans la littérature intertestamentaire, s’agissant dans bien des cas de transcriptions de règles orales plus anciennes. Les manuscrits de la mer Morte constituent un important échantillon de littérature intertestamentaire. Wikipedia
Une synagogue (du grec Συναγωγή / Sunagôgê, « assemblée » adapté de l’hébreu בית כנסת (Beit Knesset), « maison de l’assemblée ») est un lieu de culte juif. L’origine de la synagogue, c’est-à-dire d’un lieu de rassemblement des fidèles dissociés de l’ancien rituel de l’autel du Temple, remonte peut-être aux prophètes et à leurs disciples ; originellement elle ne possède pas un caractère sacré, mais l’acquiert au fil du temps. La synagogue en tant qu’institution caractéristique du judaïsme naquit avec l’œuvre d’Esdras. Elle y a depuis pris une telle importance que « la Synagogue » en vient à désigner figurativement le système du judaïsme, par opposition à « l’Église » (…) Ni le terme, ni le concept d’une synagogue ne se retrouvent dans le Pentateuque (bien que la tradition rabbinique ainsi que Philon d’Alexandrie et Flavius Josèphe affirment que l’institution remonte à Moïse). L’idée d’une prière collective n’y est pas davantage mentionnée, et le seul lieu du culte décrit est le Tabernacle, un sanctuaire transportable abritant en son Saint des Saints l’Arche d’alliance. Celle-ci se retrouve dans le Temple de Salomon, construit pour l’abriter de façon permanente. La première évocation d’un rassemblement hors du Temple est trouvée dans Isaïe 8:16 : il s’agit d’un cercle de disciples réunis autour d’Isaïe, afin d’entendre de lui la parole de Dieu et la Torah. C’est également le cas dans Ézéchiel 8:11, où les anciens de Juda se réunissent dans la maison d’Ezéchiel. Le psaume 74:8 probablement daté du premier exil, mentionne « les centres consacrés à Dieu dans le pays ». Il semblerait que les synagogues se soient multipliées après la destruction du premier et du second Temples : selon une tradition rabbinique consignée dans la Mishnah (laquelle fut compilée vers 200 EC, plus d’un siècle après la destruction du second Temple), une grande ville compte obligatoirement dix batlanim, sinon c’est un village ; un batlan étant défini comme un individu renonçant à son travail pour aller prier, la Mishna enseigne qu’il existe une synagogue en tout endroit où un minyan de dix hommes est capable, à n’importe quel moment, de se réunir pour prier. Les Actes des Apôtres indiquent également que les synagogues que l’on trouvait dans chaque ville existaient depuis de nombreuses années (Actes 15:21), et en citent plusieurs, dont celle des Affranchis, celle des Cyrénéens et celle des Alexandrins. Le Talmud mentionne de nombreuses synagogues en Mésopotamie, dont celle de Néhardéa, et plus de 400 synagogues à Jérusalem avant la destruction du second Temple (Keritot 105a), tandis que les Évangiles évoquent celles de Nazareth et de Capharnaüm. Paul prêche dans les synagogues de Damas, de Salamine en Chypre, d’Antioche, etc. La chute du second Temple amplifie l’importance de la synagogue, car c’est là que seront perpétués les rites du Temple à l’exception capitale du sacrifice et c’est dans les synagogues que pourra se réunir le minyan composé de 10 hommes. Les synagogues vont donc se multiplier dans la diaspora. Celle d’Alexandrie décrite dans le Talmud était énorme puisque le chantre y indiquait aux fidèles à l’aide de drapeaux quand dire Amen. Wikipedia
Dans la Bible, la racine śāṭan apparaît à la fois sous forme de nom et verbe. Sous la forme de verbe, śāṭan apparaît 6 fois dans le texte massorétique de la Bible hébraïque, principalement dans le livre des Psaumes (Psaumes 38, 71 et 109). En dehors des Psaumes, le verbe n’est attesté que dans le livre de Zacharie (3.1)3. Le texte grec de la Septante rend le verbe par endieballon. Sous forme de nom, le terme śāṭān n’existe presque exclusivement qu’en tant que nom commun, désignant une fonction qui peut s’appliquer à des êtres humains, des créatures célestes ou une allégorie. Le roi David est par exemple qualifié de śāṭān par les Philistins, c’est-à-dire d’adversaire militaire. Lui-même qualifie Abishaï, un membre de sa cour, de śāṭān pour avoir proposé de condamner à mort un ancien opposant au roi. Dans sa lettre à Hiram de Tyr, on voit le roi Salomon utiliser le terme śāṭān pour signifier qu’il n’a plus d’ennemi qui menace son royaume. Plus tard, lorsque Hadad d’Édom et Rezin de Syrie s’attaquent à son royaume, ils sont qualifiés de śāṭān. Dans quatre passages de la Bible, le nom śāṭan est utilisé pour désigner des créatures célestes : livre des Nombres 22.22 et 22.32, Premier livre des Chroniques 21.1, livre de Zacharie 3.1 et livre de Job, chapitre 1 et 2. Dans les Nombres et les Chroniques, śāṭān apparaît à la forme indéfinie (« un satan »). Dans les Nombres, il désigne un ange de Yahweh placé sur le chemin du prophète Balaam pour empêcher son ânesse d’avancer. Il est l’envoyé de Yahweh et n’a rien en commun avec Satan tel qu’on le concevra plus tard. Dans les deux premiers chapitres du livre de Job, où le terme revient 14 fois, il apparaît toujours à la forme définie (haśśāṭān « le satan »). Il ne s’agit donc pas d’un nom propre. Le satan a une fonction judiciaire, celle d’accusateur. Il assiste Yahweh dans le jugement de Job mais il n’est pas autonome. Même s’il s’en prend à Job, il est soumis à Yahweh et n’agit qu’avec sa permission. Certains chercheurs ont proposé de voir dans cette fonction d’accusateur le reflet d’une pratique du système légal dans l’Israël antique ou à l’époque perse. Même dans ce cas, il ne s’agit pas nécessairement d’une fonction officielle pour un accusateur professionnel, il peut s’agir d’un statut légal donné temporairement dans des circonstances appropriées. La forme définie utilisée dans le livre de Job est généralement comprise comme un exemple de détermination imparfaite où l’article n’insiste pas sur l’identité précise d’un personnage mais sur ce qui le caractérise dans les circonstances particulières du récit. Le satan apparaît également comme une figure allégorique dans le troisième chapitre du livre de Zacharie. Dans la quatrième vision de Zacharie, le grand prêtre Josué se tient devant l’ange de Yahweh avec le satan pour l’accuser. L’ange réprimande le satan et donne de nouveaux vêtements au grand prêtre. Cette vision peut être comprise comme le symbole d’une communauté juive nouvellement restaurée au retour de l’exil à Babylone à la fin du VIe siècle av. J.-C. et à qui Yahweh a pardonné ses péchés. Elle peut aussi être comprise comme une allégorie politique qui symbolise la lutte entre Néhémie (l’ange) et Sanballat le Horonite (le satan) pour l’influence sur le sacerdoce du petit-fils de Josué, Eliashiv. La communauté juive est alors profondément divisée sur les questions cultuelles et sur la grande prêtrise. L’intervention du satan contre le grand prêtre peut symboliser les divisions internes de la communauté. Dans le premier livre des Chroniques, le mot śāṭān apparaît à la forme indéfinie et c’est le seul endroit dans la Bible hébraïque où cette forme désigne peut-être un nom propre (« Satan ») et pas un nom commun (« un satan »). Ce passage indique que c’est Satan qui a incité David à recenser le peuple. Dans le passage parallèle du second livre de Samuel, c’est pourtant Yahweh qui est à l’origine de ce recensement. Différentes explications ont été proposées pour expliquer ce transfert de responsabilité de Yahweh à Satan. Lorsque l’auteur des Chroniques retravaille le livre de Samuel, il a pu vouloir exonérer Yahweh d’un acte manifestement condamnable. Une autre explication y voit une réflexion sur l’origine du mal dans la littérature biblique tardive. La littérature ancienne, dont Samuel, ne connaît qu’une seule cause dans l’histoire humaine : Yahweh. Le Chroniste semble proposer un nouveau développement en introduisant une cause secondaire, Satan. Dans la littérature juive de l’époque hellénistique, d’autres points de vue sur le satan commencent à circuler dans le judaïsme. La démonologie devient plus développée, peut-être sous l’influence de la religion perse et du dualisme zoroastrien. Dans cette littérature post-biblique, Satan apparaît comme le nom d’un démon. Il figure dans le Livre des Jubilés (23.29) et dans l’Assomption de Moïse (en) (10.1). Le texte pseudépigraphique de l’Apocalypse de Moïse contient une légende sur la façon dont Satan a été transformé en ange de lumière et a travaillé avec le serpent pour tromper Ève. La littérature de cette période cite aussi d’autres démons par leur nom, Asmodée dans le livre de Tobie, Azazel dans le livre d’Hénoch (8.1-2). Même si Satan figure dans les Jubilés, c’est surtout Mastema qui est à la tête des esprits démoniaques et qui se voit transférer la responsabilité des actions problématiques de Yahweh. Dans les manuscrits de Qumrân, les forces des ténèbres sont représentées par Belial. Dans la Bible, belial est un terme qui caractérise une personne « sans valeur » alors qu’à Qumrân, belial devient un nom propre. La prolifération des démons dans la littérature post-biblique reflète une évolution de la perception du monde. Alors que dans la Bible, le monde est régi par la seule volonté de Yahweh, le judaïsme post-biblique voit l’émergence d’une mythologie qui reprend des thèmes déjà présents dans la Bible, quoique rejetés par les prophètes4. Dans le Nouveau Testament, on voit Jésus de Nazareth utiliser le vocable de Satan comme un nom propre « diabolique ». Satan est connu par l’expression latine : Vade retro Satana (« Arrière, Satan ! ») extraite de l’Évangile selon Matthieu (4,10) selon la Vulgate de Jérôme de Stridon, lors de la tentation de Jésus dans le désert. Il est également cité dans le passage correspondant de l’évangile selon Marc : « Aussitôt, l’Esprit poussa Jésus dans le désert, Où il passa quarante jours, tenté par Satan » (Marc 1,11 et Marc 1,12), ainsi que dans un autre passage, dans l’évangile selon Luc : « Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair ! » (Luc 10,18). Les Sages de la Mishna mentionnent rarement Satan. Il y apparaît comme une force du mal impersonnelle. Chez les Amoraïm, Satan occupe une place plus importante. Il développe une identité propre. Il est identifié au yetser hara qui désigne le mauvais penchant, la tentation. Il est responsable de tous les péchés décrits dans la Bible. Les sources rabbiniques identifient Satan au serpent du Jardin d’Éden (Sanhédrin 29a). Elles le tiennent pour responsable de la faute du Veau d’or (Shabbat 89a) et de celle de David avec Bethsabée (Sanhédrin 107a). Une des fonctions du shofar pendant la célébration du Roch Hachana est de couvrir les accusations portées par Satan contre les Enfants d’Israël (Roch Hachana 16b). Satan est d’ailleurs sans pouvoir contre eux le jour du Yom Kippour (Yoma 20a). Tel que l’enseigne la Torah d’Israël, l’autorité divine ne se partage pas et en ce sens le « diable » n’existe pas : il existe une instance appelée « le satan », avec l’article défini parce que ce n’est pas un nom propre mais une fonction, dont l’objet est d’éprouver toute réussite afin de l’authentifier comme dans le livre de Job où le satan participe à l’assemblée des anges. Après la destruction du Second Temple en 70, et la révolte de Bar-Kokhba en 132, le judaïsme rabbinique a rejoint le point de vue strictement monothéiste de la Bible hébraïque. Par exemple, Tryphon le juif critiquait les idées de Justin le Martyr concernant les Nephilim du Genèse ch.6 comme blasphématoire, mais, en fait, les croyances de Justin trouvent leur source dans les mythes juifs, comme le Livre d’Hénoch. Wikipedia
There are three explicit examples in the Hebrew Bible of people being resurrected from the dead: The prophet Elijah prays and God raises a young boy from death (1 Kings 17:17-24) Elisha raises the son of the Shunammite woman (2 Kings 4:32-37); this was the very same child whose birth he previously foretold (2 Kings 4:8-16) A dead man’s body that was thrown into the dead Elisha’s tomb is resurrected when the body touches Elisha’s bones (2 Kings 13:21) During the period of the Second Temple, there developed a diversity of beliefs concerning the resurrection. The concept of resurrection of the physical body is found in 2 Maccabees, according to which it will happen through recreation of the flesh. Resurrection of the dead also appears in detail in the extra-canonical books of Enoch, in Apocalypse of Baruch, and 2 Esdras. According to the British scholar in ancient Judaism Philip R. Davies, there is “little or no clear reference … either to immortality or to resurrection from the dead” in the Dead Sea scrolls texts. Both Josephus and the New Testament record that the Sadducees did not believe in an afterlife, but the sources vary on the beliefs of the Pharisees. The New Testament claims that the Pharisees believed in the resurrection, but does not specify whether this included the flesh or not. According to Josephus, who himself was a Pharisee, the Pharisees held that only the soul was immortal and the souls of good people will “pass into other bodies,” while “the souls of the wicked will suffer eternal punishment.” Paul, who also was a Pharisee, said that at the resurrection what is « sown as a natural body is raised a spiritual body. » Jubilees seems to refer to the resurrection of the soul only, or to a more general idea of an immortal soul. Wikipedia
Jésus a maintenant un contexte. Nous l’avons mis là où il doit être. Il n’est plus un personnage tout seul, il n’est plus ponctuel. Et une fois que nous comprenons Jésus comme faisant partie d’un monde juif plus large, je pense que nous rendons beaucoup plus justice au Nouveau Testament. (…) Ma thèse est que pendant cet intervalle, les juifs se sont sentis libres d’écrire de nouveaux textes, de penser de nouvelles choses, de développer de nouvelles formes d’expression littéraire. (…) À la fin de cette période, les Juifs se sont courageusement essayés à de nouvelles idées, et le christianisme émerge … Jésus arrive, l’héritier de ces idées. (…) Nous ouvrons le Nouveau Testament et nous trouvons un Jésus qui faisait partie du judaïsme de son époque. Il était Juif, né en Israël de parents juifs, élevé là, présenté au Temple, et qui est mort juif. (…) Dans le Nouveau Testament, Jésus se rend à la synagogue dans le chapitre 4 de l’évangile de saint Luc, ‘suivant sa coutume’, le jour du Shabbat. Il n’y a pas de synagogue dans l’Ancien Testament et la Bible hébraïque. Jésus est appelé ‘rabbi’ par ses disciples. Il n’y a pas de rabbins dans le Tanakh. Jésus passe beaucoup de temps à discuter de la Torah et des Pharisiens, comme tout chrétien le sait. Il n’y a pas de Pharisiens dans le Tanakh. On dit que la résurrection est la fin de la vie. Ce n’est pas le cas dans la Bible hébraïque, sauf le Livre de Daniel, le dernier livre dans la Bible. (…) Oui, tout cela vient de l’Ancien Testament. Mais ils ne sont pas vraiment évoqués dans l’Ancien Testament. Ils étaient plus tirés de la littérature très riche qui suivait l’Ancien Testament et qui précède le Nouveau Testament, où ces thèmes étaient plus systématiques. (…) lorsque les chrétiens lisent ceci et se tournent vers l’Ancien Testament, et qu’il n’y a pas de textes qui l’expliquent, ils supposent que Jésus rompait vraiment avec tout. … L’argument du livre est que oui, c’est extraordinaire, mais seulement si tout ce que vous lisez est l’Ancien Testament. Nous négligeons le fait que Jésus faisait partie d’un judaïsme dérivé qui s’est écarté de la Bible hébraïque. (…) Je lance quelques défis aux lecteurs chrétiens. Comment notre compréhension de Jésus et du Nouveau Testament change-t-elle si nous prenons au sérieux le fait que Jésus était un juif ? (…) Beaucoup de chrétiens croient que Jésus était exactement comme eux, qu’il avait la même théologie, il vous ressemblait, il était de la même confession et vivait dans l’Israël du premier siècle. (…) Mon espoir pour le livre est qu’il va trouver un large public et les gens vont commencer à repenser ce qu’ils croyaient connaître. Matthias Henze
Lorsque Matthias Henze, professeur de religion à Rice University, se rend dans des églises et des synagogues locales de Houston pour promouvoir la compréhension interconfessionnelle entre le christianisme et le judaïsme, il aborde une période particulière : le fossé de quatre à cinq siècles qui existe entre l’Ancien et le Nouveau Testament. (…) Selon Henze, le « fossé de plusieurs siècles » entre le quatrième siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère est crucial pour comprendre que l’abîme entre les deux religions pourrait être beaucoup, beaucoup moins important qu’on ne le pense. Il soutient que les textes religieux hébraïques de cette période, y compris les manuscrits de la mer Morte, ont contribué à influencer Jésus, qu’il décrit comme un juif qui pratiquait le judaïsme de son époque. (…) Ces années d’intervalle ont commencé après que les derniers livres de l’Ancien Testament ont été écrits au quatrième siècle avant l’ère commune (la seule exception étant le Livre de Daniel, qui a été rédigé à partir du deuxième siècle avant l’ère commune) et prennent fin avec le Nouveau Testament, écrit dans la seconde moitié du premier siècle de l’ère commune. (…) C’était une époque où les royaumes d’Israël et de Judas étaient gouvernés, successivement, par les Perses, les Grecs, les Hasmonéens et les Romains. Seuls les Hasmonéens, de la dynastie des Maccabées, étaient une lignée locale. À la fin de cette période, déclare Henze, les juifs se sont courageusement essayés à de nouvelles idées, et « le christianisme émerge … Jésus arrive, l’héritier de ces idées. » Mais cette pensée nouvelle a été suivie par des actes punitifs — la crucifixion de Jésus et la destruction du Second Temple. La date généralement acceptée de la crucifixion de Jésus se situe entre 30 et 33 de l’ère commune. Le Second Temple est tombé en 70 de notre ère. Les manuscrits de la mer Morte, compilés par la communauté essénienne à Qumrân, font partie des textes religieux hébreux les plus connus de cette période de vide liturgique. Henze en cite d’autres également. La Septante, ou la traduction grecque du Tanakh, inclut les Apocryphes, que Henze a qualifiés de « liste bien définie de certains anciens livres juifs » non retrouvés dans la Bible hébraïque, tels que les livres de Tobith et Judith, et le livre 1 et 2 des Maccabées. D’autres textes juifs plus anciens datant de la même époque, ou d’un peu avant, ne faisaient pas partie d’une liste fixe et ont été désignés comme des pseudépigraphes, un terme grec signifiant « écrit sous un pseudonyme », déclare Henze. Dans ce cas, « ils ont été écrits sous le nom d’une ancienne figure biblique ». Il mentionne le livre d’Énoch, qui évoque « un personnage mentionné dans le 5e chapitre de la Genèse, une figure très importante pour les juifs aux troisième et deuxième siècles avant notre ère », ainsi que le Livre des Jubilés, « un livre juif du deuxième siècle avant notre ère qui racontait [les faits décrits dans] le Livre de la Genèse et de l’Exode. » Collectivement, explique Henze, ces œuvres éclairent sur le judaïsme de Jésus. (…) Mais le judaïsme de l’époque de Jésus diffère de celui de l’Ancien Testament. (…) Pour faire valoir son point de vue, Henze se concentre sur ce qu’il décrit comme les quatre grands thèmes du christianisme primitif : « le messianisme, les démons et esprits impurs — un monde vivant densément peuplé d’anges et de démons — la Torah, sa signification et son interprétation correcte, et la croyance en la résurrection ou la vie sur la mort, la vie avec les anges. (….) L’idée que Jésus était le Messie d’Israël est née de « l’attente d’un messie [qui viendrait] à la fin des temps, l’histoire telle que nous la connaissons, un agent de Dieu, moshiach [le Messie] », a-t-il expliqué. « C’est le genre de choses que l’on ne trouve pas dans le Tanakh en tant que tel. » Mais, nuance-t-il, « il existe un certain nombre de textes, principalement tirés des manuscrits de la mer Morte, sur les premières attentes messianiques juives comparables à la description de Jésus dans les Evangiles. Il est évident que l’écrivain évangélique essayait de prouver que Jésus était le messie qu’Israël attendait, en utilisant des termes que la population juive connaissait [à l’époque]. » Et, poursuit-il, bien que « la résurrection, était [un thème] si central au début du christianisme à l’époque, il n’y avait aucune croyance en la résurrection des morts dans le Tanakh », sauf dans le Livre de Daniel, qui date de la fin de la période du Second Temple. « Entre l’Ancien et le Nouveau Testament, un certain nombre de textes juifs parlent de la résurrection, de la vie en compagnie des anges. Nous devons l’étudier dans le contexte d’autres textes juifs », a déclaré Henze. (…) Les autres collègues de Henze trouvent ses arguments intrigants — mais mettent toutefois en garde. (…) Darrell L. Bock, professeur de recherche des études sur le Nouveau Testament au Dallas Theological Seminary, met en garde contre la surestimation de la signification de l’écart entre ces siècles. Par exemple, Bock disait que, ce n’est pas parce que les rabbins « n’émergent pas d’une manière significative jusqu’à ce que la centralité du Temple soit perdue, que la destruction du Temple signifie pour autant qu’il n’y avait pas de rabbins. » « Faites attention lorsque vous [qualifiez les rabbins] d’anachronisme », met-il en garde.  (…) Il a également noté que l’évolution pendant la période d’intervalle pourrait ne pas avoir été causée exclusivement par des facteurs religieux, mais aussi par des facteurs politiques et sociaux. L’Israël biblique « contrôlait la situation politique et sociale sur le territoire », explique Bock. « Ce n’était pas le cas du temps de Jésus. L’influence gréco-romaine était omnipotente, omniprésente. Ces différences sont importantes. Des concepts sont développés — le Messie, un espoir, un retour à la règle dynastique effective de l’Ancien Testament. (…) Bock précise pour le Times of Israël que Jésus finit par différer de tous les groupes de son époque : les Sadducéens, les Pharisiens, les Esséniens et les Zélotes. (…) Henze appelle les chrétiens à se familiariser avec le judaïsme — celui de leur voisin d’aujourd’hui, mais aussi avec la version vieille de 2 000 ans pratiquée par Jésus et d’autres juifs de son époque. Henze espère que tous les lecteurs, de toutes religions, « s’ouvriront à la possibilité d’un contexte historique et religieux » et « liront le Nouveau Testament d’une manière plus responsable et mieux informée. » The Times of Israël
Fortunately, there is a growing number of scholars and students who take the Jewish context of the New Testament seriously (even though I continue to be surprised how few New Testament scholars know the Jewish sources from the Second Temple period well and write about them in their work with authority). The book is intended primarily for the general public, but also as a first introduction for college students and seminarians to the Jewish world of the New Testament. To them, this is all new. The chapters of the book grew out of lectures I gave in various churches and synagogues. My experience has been that there is a significant divide: whereas an increasing number of scholars is well familiar with the Scrolls, the Apocrypha and Pseudepigrapha, and is able to explain why these texts are significant for our understanding of the early Jesus movement, the same is not true for the general audience. Time and again my audiences have told me that everything I told them in my talks was completely new to them. In general, Christians know little about Judaism, of any period, and they certainly do not know the Judaism of the late Second Temple period. (…) My interest in Mind the Gap is in the worldview and theological concepts in general that are taken for granted in the New Testament but that are never explained, such as the expectation of the Messiah as a divine agent of the end-time, or the belief in demons and evil spirits and all they represent, to name only two examples. There is a risk that we are grossly anachronistic and read into the New Testament texts who we think the Messiah is or what demons are. (…) my argument is that there was a variety of different understandings of the Messiah and of demons and of many other issues in Early Judaism. The authors of the New Testament were well aware of, participated in, and contributed to this vigorous Jewish debate of the first century. (…) my basic claim is that the New Testament needs to be read within the context of early Jewish writings in general, with which it has so much in common. (…) The point I always emphasize in my book talks is that there is a significant historical divide between the Old and the New Testament. By turning the page, the reader of the Protestant Bible moves effortlessly from the prophet Malachi to Matthew’s Gospel. Theologically, the transition from the Old to the New Testament makes good sense. After all, Matthew goes to great lengths to claim that Jesus emerged straight out of Israel’s prophetic tradition. But the reader may not be aware that there is a gap of no less than half a millennium between these two books. Recognizing that there is a chronological gap between the Testaments, a period of at least four centuries that is simply glossed over in the Protestant Bible, is a first step. Realizing that this was a time of incredible literary creativity during which Jewish intellectuals thought new thoughts and wrote new texts is the next step. And becoming familiar with at least some of the Jewish texts from the gap years and learning what they can and cannot tell us about the Judaism we find in the New Testament is the third and most important step. That’s what I do in Mind the Gap. (…) few readers of the New Testament are aware of the gap between the Testaments, let alone that the gap years were a time of significant change in the religion of ancient Israel. (…) wfor most readers of the New Testament, the New Testament does not have a context, it is in a category by itself. If you do not realize that the Judaism of Jesus is no longer the religion of the Old Testament and that it has developed significantly, and if you do not realize that the issues Jesus debates with the Pharisees have been debated for centuries, and continue to be debated at the time, then Jesus must seem totally radical, a break with the religion of the past. In my talks, I invite my audience to engage in a thought experiment. Suppose you welcome a visitor to the U.S. who has never been here before. She marvels at the high risers, at the ethnic diversity in our society, at iPhones and the internet. “What is all this?,” she wonders, to which you answer: “ Don’t worry. Just read the U.S. Constitution and everything will become clear.” Reading the Old Testament at the time of Jesus must have been a bit like reading the Constitution today: it continues to be the fundamental text, but it cannot explain the changes in society in recent centuries. Matthias Henze

Attention à la marche en descendant… de l’Ancien testament !

En ce 2018e jour-anniversaire de notre ère commune que l’on n’ose même plus nommer (judéo-)chrétienne

Et probable 2011e anniversaire de l’incarnation de son Fondateur

Qui après l’abandon du sabbat et sur fond de rengaines d’auteurs plus américains que les Américains devrait plus que tout autre jour rapprocher mais souvent – sauf rares heureuses exceptions – continue à séparer Juifs et Chrétiens …

Pendant que dans l’antisémitisme vulgaire comme dans l’anti-israélisme prétendument savant et bienpensant et faisant opportunément oublier la vraie menace islamiste et tout simplement musulmane, nos quenellistes de caniveau comme nos beaux esprits des médias ou des arts, voire du Vatican lui-même, profitent du chaos ambiant pour rallumer les inimitiés entre nos deux peuples …

Mais qu’après l’épuration ethnique des deux tiers de ses chrétiens (cherchez l’erreur !), les Irakiens viennent officiellement de reconnaitre

Comment ne pas se réjouir …

De la place toujours plus grande qu’accorde à la judaïté enfin retrouvée du Jésus de nos évangiles tout un courant, tant du côté chrétien que juif, des recherches historiques et théologiques récentes …

Et avec des livres comme celui du bibliste germano-américain de Rice University Matthias Henze, du fait que les résultats desdites recherches atteignent enfin le grand public …

Concernant notamment les quelque 400 ans d’écart (jusque ici négligés, d’où le titre de l’ouvrage) de la période inter-testamentaire

Comme si autrement dit on n’avait à sa disposition pour expliquer l’ensemble des innovations actuelles (gratte-ciels, diversité ethnique, Iphones, internet) que le seul texte de la Constitution américaine !

Mais aussi une période qui par l’intensité de sa production littéraire (apocryphes, pseudépigraphes, littérature apocalyptique, textes esséniens de Qumran) …

Et de ses innovations théologiques et religieuses totalement ou presque absentes de la Bible hébraïque (synagogues, rabbins, pharisiens, anges, démons, Satan, résurrection – à un ou deux livres tardifs près, Daniel, Job) …

Permet d’enfin apprécier à leur juste valeur nombre de débats dont sont truffés les Evangiles …

Et partant, la véritable nouveauté et radicalité de l’apport du Christ … ?

Jésus était plus juif que vous ne le pensez, affirme un expert de la Bible
L’origine de la foi du Messie chrétien se comprend mieux après une plongée dans l’ère du Second Temple, où judaïsme et christianisme se mêlaient
Rich Tenorio
The Times of Israel
25 décembre 2018

Lorsque Matthias Henze, professeur de religion à Rice University, se rend dans des églises et des synagogues locales de Houston pour promouvoir la compréhension interconfessionnelle entre le christianisme et le judaïsme, il aborde une période particulière : le fossé de quatre à cinq siècles qui existe entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

« Cela a été négligé pour un certain nombre de raisons », analyse Henze, érudit de la Bible hébraïque et du judaïsme, en mettant l’accent sur le Second Temple. « Les juifs et les chrétiens ne prêtent pas beaucoup attention à cette période. »

Selon Henze, le « fossé de plusieurs siècles » entre le quatrième siècle avant notre ère et le premier siècle de notre ère est crucial pour comprendre que l’abîme entre les deux religions pourrait être beaucoup, beaucoup moins important qu’on ne le pense. Il soutient que les textes religieux hébraïques de cette période, y compris les manuscrits de la mer Morte, ont contribué à influencer Jésus, qu’il décrit comme un juif qui pratiquait le judaïsme de son époque.

Cet argument est évoqué dans le sous-titre de son nouveau livre, « Attention à la différence : comment les écrits juifs entre l’Ancien et le Nouveau Testament nous aident à comprendre Jésus. »

Ayant connaissance des textes religieux hébraïques de ces années d’intervalle, « Jésus a maintenant un contexte », se félicite Henze. « Nous l’avons mis là où il doit être. Il n’est plus un personnage tout seul, il n’est plus ponctuel. »

Et, ajoute-t-il, « une fois que nous comprenons Jésus comme faisant partie d’un monde juif plus large, je pense que nous rendons beaucoup plus justice au Nouveau Testament. »

Le côté face de la pièce

Henze est un fervent partisan de la sensibilisation interconfessionnelle. Luthérien originaire de Hanovre, en Allemagne, il est le directeur du département des études juives de Rice University, qu’il a fondé en 2009.

« J’ai un profond intérêt pour le judaïsme et l’histoire de Jésus, et aussi pour l’hébreu », déclare Henze.

Des centres d’intérêt qui l’ont bien préparé pour ses séminaires sur le judaïsme et le christianisme dans les institutions religieuses locales.

« Je suis très à l’aise lorsque je fais des conférences dans les églises sur les questions juives et la construction de la communauté », s’est réjoui Henze. « Les gens veulent parler du christianisme, en particulier de Jésus. Ils ont un grand désir d’en apprendre plus sur les origines du christianisme, le mouvement du début de Jésus. »

Cela a été essentiel pour comprendre les années d’intervalle — en gros, « la dernière partie de la période du Second Temple », écrit Henze dans un courriel.

Ces années d’intervalle ont commencé après que les derniers livres de l’Ancien Testament ont été écrits au quatrième siècle avant l’ère commune (la seule exception étant le Livre de Daniel, qui a été rédigé à partir du deuxième siècle avant l’ère commune) et prennent fin avec le Nouveau Testament, écrit dans la seconde moitié du premier siècle de l’ère commune.

« Ma thèse est que pendant cet intervalle », analyse Henze, « les juifs se sont sentis libres d’écrire de nouveaux textes, de penser de nouvelles choses, de développer de nouvelles formes d’expression littéraire. »

C’était une époque où les royaumes d’Israël et de Judas étaient gouvernés, successivement, par les Perses, les Grecs, les Hasmonéens et les Romains. Seuls les Hasmonéens, de la dynastie des Maccabées, étaient une lignée locale.

À la fin de cette période, déclare Henze, les juifs se sont courageusement essayés à de nouvelles idées, et « le christianisme émerge … Jésus arrive, l’héritier de ces idées. »

Mais cette pensée nouvelle a été suivie par des actes punitifs — la crucifixion de Jésus et la destruction du Second Temple. La date généralement acceptée de la crucifixion de Jésus se situe entre 30 et 33 de l’ère commune. Le Second Temple est tombé en 70 de notre ère.

Les manuscrits de la mer Morte, compilés par la communauté essénienne à Qumrân, font partie des textes religieux hébreux les plus connus de cette période de vide liturgique. Henze en cite d’autres également.

La Septante, ou la traduction grecque du Tanakh, inclut les Apocryphes, que Henze a qualifiés de « liste bien définie de certains anciens livres juifs » non retrouvés dans la Bible hébraïque, tels que les livres de Tobith et Judith, et le livre 1 et 2 des Maccabées.

D’autres textes juifs plus anciens datant de la même époque, ou d’un peu avant, ne faisaient pas partie d’une liste fixe et ont été désignés comme des pseudépigraphes, un terme grec signifiant « écrit sous un pseudonyme », déclare Henze. Dans ce cas, « ils ont été écrits sous le nom d’une ancienne figure biblique ».

Il mentionne le livre d’Énoch, qui évoque « un personnage mentionné dans le 5e chapitre de la Genèse, une figure très importante pour les juifs aux troisième et deuxième siècles avant notre ère », ainsi que le Livre des Jubilés, « un livre juif du deuxième siècle avant notre ère qui racontait [les faits décrits dans] le Livre de la Genèse et de l’Exode. »

Un produit de son temps

Collectivement, explique Henze, ces œuvres éclairent sur le judaïsme de Jésus.

« Nous ouvrons le Nouveau Testament et nous trouvons un Jésus qui faisait partie du judaïsme de son époque », déclare Henze. « Il était Juif, né en Israël de parents juifs, élevé [là], présenté au Temple, et qui est mort juif. »

Mais le judaïsme de l’époque de Jésus diffère de celui de l’Ancien Testament.

« Dans le Nouveau Testament, Jésus se rend à la synagogue dans le chapitre 4 de l’évangile de saint Luc, ‘suivant sa coutume’, le jour du Shabbat. Il n’y a pas de synagogue dans l’Ancien Testament et la Bible hébraïque », déclare Henze.

« Jésus est appelé ‘rabbi’ par ses disciples. Il n’y a pas de rabbins dans le Tanakh. Jésus passe beaucoup de temps à discuter de la Torah et des Pharisiens, comme tout chrétien le sait. Il n’y a pas de Pharisiens dans le Tanakh. On dit que la résurrection est la fin de la vie. Ce n’est pas le cas dans la Bible hébraïque, sauf le Livre de Daniel, le dernier livre dans la Bible. »

Henze ajoute que « lorsque les chrétiens lisent ceci et se tournent vers l’Ancien Testament, et qu’il n’y a pas de textes qui l’expliquent, ils supposent que Jésus rompait vraiment avec tout. … L’argument du livre est que oui, c’est extraordinaire, mais seulement si tout ce que vous lisez est l’Ancien Testament. Nous négligeons le fait que Jésus faisait partie d’un judaïsme dérivé qui s’est écarté de la Bible hébraïque. »

Pour faire valoir son point de vue, Henze se concentre sur ce qu’il décrit comme les quatre grands thèmes du christianisme primitif : « le messianisme, les démons et esprits impurs — un monde vivant densément peuplé d’anges et de démons — la Torah, sa signification et son interprétation correcte, et la croyance en la résurrection ou la vie sur la mort, la vie avec les anges. »

« Oui, tout cela vient de l’Ancien Testament », opine-t-il. « Mais ils ne sont pas vraiment évoqués dans l’Ancien Testament. Ils étaient plus tirés de la littérature très riche qui suivait l’Ancien Testament et qui précède le Nouveau Testament, où ces thèmes étaient plus systématiques. »

L’idée que Jésus était le Messie d’Israël est née de « l’attente d’un messie [qui viendrait] à la fin des temps, l’histoire telle que nous la connaissons, un agent de Dieu, moshiach [le Messie] », a-t-il expliqué. « C’est le genre de choses que l’on ne trouve pas dans le Tanakh en tant que tel. »

Mais, nuance-t-il, « il existe un certain nombre de textes, principalement tirés des manuscrits de la mer Morte, sur les premières attentes messianiques juives comparables à la description de Jésus dans les Evangiles. Il est évident que l’écrivain évangélique essayait de prouver que Jésus était le messie qu’Israël attendait, en utilisant des termes que la population juive connaissait [à l’époque]. »

Et, poursuit-il, bien que « la résurrection, était [un thème] si central au début du christianisme à l’époque, il n’y avait aucune croyance en la résurrection des morts dans le Tanakh », sauf dans le Livre de Daniel, qui date de la fin de la période du Second Temple.

« Entre l’Ancien et le Nouveau Testament, un certain nombre de textes juifs parlent de la résurrection, de la vie en compagnie des anges. Nous devons l’étudier dans le contexte d’autres textes juifs », a déclaré Henze.

Une chronologie fascinante

Les autres collègues de Henze trouvent ses arguments intrigants — mais mettent toutefois en garde.

« Les sources de notre compréhension de Jésus sont complexes », déclare David Lincicum, professeur associé à l’université américaine Notre-Dame, qui s’intéresse aux études bibliques, au christianisme et au judaïsme dans l’Antiquité et qui collabore avec Henze sur un autre projet. « On ne sait pas quel genre d’éducation [Jésus] recevait. »

« Je pense qu’il est juste de dire que beaucoup de textes [hébraïques pendant cet intervalle] reflètent les discussions dans l’air au premier siècle. Les Apocryphes semblent avoir été répandus au début du judaïsme. Il y avait une connaissance en dehors des textes », déclare Lincicum.

Et « si la Bible hébraïque est relativement silencieuse sur le messie, [le sujet devient un thème familier plus tard], soudain tout le monde parle du messie. Il y a des fossés qui se creusent dans le judaïsme. Dans certaines branches, il y a une figure consacrée pour sauver Israël. Il se peut que Jésus ne connaisse pas de texte particulier, mais cela pourrait attester d’un courant dominant auquel il n’avait peut-être pas accès », estime-t-il.

Cependant, Darrell L. Bock, professeur de recherche des études sur le Nouveau Testament au Dallas Theological Seminary, met en garde contre la surestimation de la signification de l’écart entre ces siècles.

Par exemple, Bock disait que, ce n’est pas parce que les rabbins « n’émergent pas d’une manière significative jusqu’à ce que la centralité du Temple soit perdue, que la destruction du Temple signifie pour autant qu’il n’y avait pas de rabbins. »

« Faites attention lorsque vous [qualifiez les rabbins] d’anachronisme », met-il en garde. La connaissance de Bock sur Jésus est peut-être mieux résumée dans son best-seller de 2004 Briser le code Da Vinci: réponses aux questions que tout le monde se pose.

Il a également noté que l’évolution pendant la période d’intervalle pourrait ne pas avoir été causée exclusivement par des facteurs religieux, mais aussi par des facteurs politiques et sociaux.

L’Israël biblique « contrôlait la situation politique et sociale sur le territoire », explique Bock. « Ce n’était pas le cas du temps de Jésus. L’influence gréco-romaine était omnipotente, omniprésente. Ces différences sont importantes. Des concepts sont développés — le Messie, un espoir, un retour à la règle dynastique effective de l’Ancien Testament. »

« Dans le texte inter-testamentaire, on met l’accent sur le culte messianique, qui suscitera l’espoir et la justification. Jésus se présente comme le messie pas seulement pour Israël. Il se concentre également sur la façon dont les autres sont traités. C’est similaire d’un côté et distinct de l’autre », a déclaré Bock.

Bock précise pour le Times of Israël que Jésus finit par se différer de tous les groupes de son époque : les Sadducéens, les Pharisiens, les Esséniens et les Zélotes.

« Je pense que Jésus espérait qu’il se distinguerait quelque peu de la variété de ces approches », déclare Bock. « Il a développé une tradition qui réagissait dans une certaine mesure contre tous ces groupes. »

Bock convient que « Jésus n’a pas rempli un vide. Il ne l’a pas fait en tant que juif qui s’est éloigné de tout ce qui était juif. Clairement, Jésus pensait indépendamment les choses : la tradition juive, ce genre de chose. »

Qu’en penserait Jésus ?

Que l’on soit d’accord ou non avec Henze, l’auteur espère encourager la pensée indépendante avec son livre — y compris dans sa section finale.

« Je lance quelques défis aux lecteurs chrétiens », explique-t-il. « Comment notre compréhension de Jésus et du Nouveau Testament change-t-elle si nous prenons au sérieux le fait que Jésus était un juif ? ».

« Beaucoup de chrétiens croient que Jésus était exactement comme eux, qu’il avait la même théologie, il vous ressemblait, il était de la même confession et vivait dans l’Israël du premier siècle », a déclaré Henze.

Henze appelle les chrétiens à se familiariser avec le judaïsme — celui de leur voisin d’aujourd’hui, mais aussi avec la version vieille de 2 000 ans pratiquée par Jésus et d’autres juifs de son époque.

Henze espère que tous les lecteurs, de toutes religions, « s’ouvriront à la possibilité d’un contexte historique et religieux » et « liront le Nouveau Testament d’une manière plus responsable et mieux informée ».

« Mon espoir pour le livre est qu’il va trouver un large public et les gens vont commencer à repenser ce qu’ils croyaient connaître », a-t-il conclu.

Voir aussi:

Mind The Gap: An Interview with Matthias Henze
James F. McGrath
Patheos
December 12, 2017

I am ever so grateful to Matthias Henze for allowing me the opportunity to interview him about his new book, Mind the Gap. Here are the questions that I posed to him, followed by his answers:

JM: I saw an article in the Times of Israel about your book, the headline of which said that a Bible prof had said that Jesus is “more Jewish” than you think. How did you feel about that headline as a way of encapsulating the message of your book? Is it appropriate to talk about any particular Jew as “more Jewish” or “less Jewish”?

MH: The author of the Times article, Rich Tenorio, called me up out of nowhere and asked me whether I’d be willing to do an interview with him. When I spoke with him, it quickly became clear to me that he had not read the book, and that he knew very little about Early Judaism, the historical Jesus, or the early Jesus movement. The headline, “more Jewish than you think,” is certainly not taken from anything I write in the book. It is misleading to say that Jesus was “more Jewish” or “less Jewish.” I suspect the headline was intended to catch the attention of the Jewish readers and to suggest to them that they, too, should care about Jesus.

JM: When I shared that article (mentioned in my previous question) on social media, at least one scholar that I am connected with reshared it, adding the comment, “In other news, water is wet.” And in the book, you tell the story of a student who reacted similarly when you mentioned what you were writing on. How can the Jewish identity and heritage of Jesus be so widely accepted by scholars and students, and yet still insufficiently grasped by significant portions the general public?

This is an excellent question. Fortunately, there is a growing number of scholars and students who take the Jewish context of the New Testament seriously (even though I continue to be surprised how few New Testament scholars know the Jewish sources from the Second Temple period well and write about them in their work with authority). The book is intended primarily for the general public, but also as a first introduction for college students and seminarians to the Jewish world of the New Testament. To them, this is all new.

The chapters of the book grew out of lectures I gave in various churches and synagogues. My experience has been that there is a significant divide: whereas an increasing number of scholars is well familiar with the Scrolls, the Apocrypha and Pseudepigrapha, and is able to explain why these texts are significant for our understanding of the early Jesus movement, the same is not true for the general audience. Time and again my audiences have told me that everything I told them in my talks was completely new to them. In general, Christians know little about Judaism, of any period, and they certainly do not know the Judaism of the late Second Temple period.

JM: Just as the “Jewishness of Jesus” is insufficiently known or appreciated in many circles, the value of and creative energy evidenced in first-century Jewish literature and thought is also underappreciated. Do you find that that is a harder case to make to Christian and Jewish audiences in our time than your point about Jesus?

MH: I think these two aspects are interrelated and cannot be separated from each other. To say that Jesus was a Jew remains an empty phrase, unless we can be more specific about the kind of Judaism Jesus practiced. And in order to be able to do that, we need to turn to the texts that describe the Jewish world of first century Israel. Reading only the New Testament will not do. My experience has been that so-called lay people are much more open to a comparative reading of New Testament and early Jewish texts than many of our colleagues. The responses to Mind the Gap from both Jewish and Christian readers have been overwhelmingly positive; people are eager to learn.

JM: The question of Jesus’ literacy has been debated much. Is there any work from before Jesus’ time, apart from those that became part of a Jewish or Christian Bible such as is known today, the influence of which seems so apparent in his words and teaching, you feel confident that Jesus had read it (as opposed to simply sharing a cultural and conceptual world of ideas with the author)?

MH: No. We have absolutely no idea what Jesus read, or whether he read at all. I am not making the case for a direct literary connection between any early Jewish texts and the New Testament. John J. Collins has wondered whether Luke knew the Son of God text from Qumran, but I am not willing to go that far. My interest in Mind the Gap is in the worldview and theological concepts in general that are taken for granted in the New Testament but that are never explained, such as the expectation of the Messiah as a divine agent of the end-time, or the belief in demons and evil spirits and all they represent, to name only two examples. There is a risk that we are grossly anachronistic and read into the New Testament texts who we think the Messiah is or what demons are.

Rather than pointing to connections between specific texts, which in my view would be difficult to prove, my argument is that there was a variety of different understandings of the Messiah and of demons and of many other issues in Early Judaism. The authors of the New Testament were well aware of, participated in, and contributed to this vigorous Jewish debate of the first century. Instead of postulating that Jesus, or the authors of the anew Testament, knew specific ancient Jewish texts, my basic claim is that the New Testament needs to be read within the context of early Jewish writings in general, with which it has so much in common.

JM: If you had to choose, what one point that you emphasize in your book would you consider it most important that readers learn and remember?

MH: The point I always emphasize in my book talks is that there is a significant historical divide between the Old and the New Testament. By turning the page, the reader of the Protestant Bible moves effortlessly from the prophet Malachi to Matthew’s Gospel. Theologically, the transition from the Old to the New Testament makes good sense. After all, Matthew goes to great lengths to claim that Jesus emerged straight out of Israel’s prophetic tradition. But the reader may not be aware that there is a gap of no less than half a millennium between these two books.

Recognizing that there is a chronological gap between the Testaments, a period of at least four centuries that is simply glossed over in the Protestant Bible, is a first step. Realizing that this was a time of incredible literary creativity during which Jewish intellectuals thought new thoughts and wrote new texts is the next step. And becoming familiar with at least some of the Jewish texts from the gap years and learning what they can and cannot tell us about the Judaism we find in the New Testament is the third and most important step. That’s what I do in Mind the Gap. This is, of course, much more than simply claiming that Jesus was Jewish.

JM: Was there anything that you learned about Jesus and his historical religious context, or came to appreciate in a new way, as a result of writing this book?

MH: Prior to writing the book, I had never quite understood why people are so eager to set Jesus apart from his contemporary Judaism and think of him as the one who radically broke with, and in the end overcame Judaism. Now I understand their reasoning much better.

I think there are two things coming together here. One is that few readers of the New Testament are aware of the gap between the Testaments, let alone that the gap years were a time of significant change in the religion of ancient Israel. The other is that for most readers of the New Testament, the New Testament does not have a context, it is in a category by itself. If you do not realize that the Judaism of Jesus is no longer the religion of the Old Testament and that it has developed significantly, and if you do not realize that the issues Jesus debates with the Pharisees have been debated for centuries, and continue to be debated at the time, then Jesus must seem totally radical, a break with the religion of the past.

In my talks, I invite my audience to engage in a thought experiment. Suppose you welcome a visitor to the U.S. who has never been here before. She marvels at the high risers, at the ethnic diversity in our society, at iPhons and the internet. “What is all this?,” she wonders, to which you answer: “ Don’t worry. Just read the U.S. Constitution and everything will become clear.” Reading the Old Testament at the time of Jesus must have been a bit like reading the Constitution today: it continues to be the fundamental text, but it cannot explain the changes in society in recent centuries.

JM:  Thank you for taking the time to talk with me about Mind the Gap. I hope it makes a lasting impact, and continues to generate useful conversations about Jesus, ancient Judaism, and the connection between the two!

Voir encore:

Christmas in America is good for the Jews
Jeff Jacoby
The Boston Globe
December 24, 2018

Liberals snicker at the idea that Americans are engaged in a “War on Christmas ,” and considering how robustly and pervasively the holiday is celebrated, it’s often hard to deny that they have a point. But then, just as the skirmishing over whether to say “Merry Christmas” or “Happy Holidays” seems to be finally fading away, along comes someone like Julia Ioffe — a widely-published journalist (The Atlantic, The New Republic, GQ) — to fire up the hostilities anew.

Please don’t wish me ‘Merry Christmas,’” admonished a cranky Ioffe in a Washington Post op-ed column on Friday. “It’s wonderful if you celebrate it, but I don’t — and I don’t feel like explaining that to you. It’s lonely to be reminded a thousand times every winter that the dominant American cultural event occurs without me.”

And why does it occur without her? Because, she says, she’s “a Jewish person” and Christmas is a Christian holiday. Or at least it is here in America. Ioffe didn’t mind Christmas as it was observed in the militantly anti-religious Soviet Union where she grew up. There it was a secular New Year’s celebration, and “waking up to a sparkling, decorated tree in my room, piled high with presents” remains one of the “central, beloved memories” of her childhood.

But everything changed, and Christmas became intolerable, after her family moved to America:

It was no longer a New Year’s tree in a Soviet house. It had become a Christian symbol in a Jewish house. Christmas was all around us, for nearly one-tenth of the year, every year. It began to feel deeply alien precisely because we were secular, but it was not . Despite the movies and the shopping, despite the Germanic decor, Christmas is still, at its core and by design, about the birth of Christ, a point that seems bizarre to argue. Just look at all those nativity scenes! And we don’t observe the holiday on just any day. Dec. 25 has Christian significance. Whenever I hear the name, I hear the “Christ” in it. To me, it’s strange that many of its celebrants do not.

And despite its celebration of a Christian god, it is everywhere, for over a month, in a way no other holiday is — not even Easter. It is in every ad, in every window and doorway, and on everyone’s lips. If you’re not a part of the festivities, even its sparkling aesthetic can wear you down. When you are from a minority religion, you’re used to the fact that cabdrivers don’t wish you an easy fast on Yom Kippur. But it’s harder to get used to the oppressive ubiquity of a holiday like Christmas. “This is always the time of year I feel most excluded from society,” one Jewish friend told me. Another told me it made him feel “un-American.”

Seriously? It doesn’t make me feel that way.

I’m an Orthodox Jew for whom Dec. 25 has zero theological significance. My family doesn’t put up a tree, my kids never wrote letters to Santa, and we don’t go to church for midnight Mass. But while I may not celebrate Christmas, I love seeing my Christian friends and neighbors celebrate it. I like living in a society that makes a big deal out of religious holidays. Far from feeling excluded or oppressed when the sights and sounds of Christmas return each December — OK, November — I find them reassuring. To my mind, they reaffirm the importance of the Judeo-Christian culture that has made America so exceptional — and such a safe and tolerant haven for a religious minority like mine.

Ioffe writes that being told “Merry Christmas,” even once, is “ill-fitting and uncomfortable.” Hearing it for weeks on end is almost more than she can bear. “It’s exhausting and isolating,” she writes. “It makes me feel like a stranger in my own land.”

Is it really the Christmas cheer that makes her feel so alienated? That certainly isn’t the reaction Christmas evoked in other Jewish immigrants and their children. Not only were many of the greatest Christmas songs composed by Jewish songwriters , but several of those songwriters were themselves first-generation Americans. Irving Berlin (“White Christmas”) was born in Russia. So were the parents of Mel Torme (“The Christmas Song”). Edward Pola (“It’s the Most Wonderful Time of the Year”) was the son of immigrants from Hungary. And the parents of Sammy Cahn (“The Christmas Waltz”) came to America from Galicia.

Granted, Berlin, Torme, and the others weren’t known for their Jewish scholarship or observance. But it isn’t only highly secularized Jews who appreciate Christmas. Rabbis do, too.

“Christmas fascinates me,” wrote Rabbi Michael Gottlieb in a Wall Street Journal column a couple years ago.
I’m drawn to its history, its color, its atmosphere, its music. And, of course, I’m drawn to the fact that Jesus was a Jew. He was born a Jew, lived as a Jew and died a Jew. If for nothing else, I can appreciate Christmas as the celebration of one Jew’s epic birthday. . . .

I am grateful to my Christian neighbors and friends. Through their religious holy day, I am better able to confront and clarify my own religious convictions and theological certitudes.

Like a brightly lighted Christmas tree, Christianity dispels a lot of darkness, theological as well as moral. In its glow, it challenges Christians and non-Christians alike to consider that which is transcendent, eternal, and greater than us all.”

If that seems too abstract, consider a different rabbi’s more concrete take on why Christmas in America should be meaningful even for those who aren’t Christian.

In a 2013 essay titled “Is Christmas Good for the Jews?” Rabbi Benjamin Blech, a widely admired Orthodox Jewish scholar, describes how Christmas was a season of fear and danger for his parents, who grew up in Poland a century ago, when Poles were steeped in anti-Semitic bigotry actively fueled by the Catholic Church. For Polish Jews of his parents’ generation, Blech writes, the advent of Christmas was “far too often filled with pogroms, beatings, and violent anti-Semitic demonstrations.”

But for Jews and other religious minorities in America, Christianity has shown a far more gentle and brotherly face. Here, non-Christians are not subjected to forced conversions or beaten because they don’t celebrate Christian holidays. Unlike the beleaguered Jewish minority in the Poland of his parents’ generation, members of the comparatively tiny Jewish minority in America — less than 1.5% of the population — are free to believe and worship as they please.

Surrounded by Christmas celebrations, I have never had difficulty explaining to my children and my students that although we share with Christians a belief in God, we go our separate ways in observance. They are a religion of creed and we are a religion of deed. They believe God became man. We believe man must strive to become more and more like God.

We differ in countless ways. Yet Christmas allows us to remember that we are not alone in our recognition of the Creator of the universe. [Christians and Jews alike] have faith in a higher power.

Indeed, Blech points out, the Christmas season in America has often motivated Jews, who see their neighbors’ concern with their religion, to ask themselves what they know of their own. “To begin to wonder why we don’t celebrate Christmas,” he suggests, “is to take the first step on the road to Jewish self-awareness.”

Unlike the Eastern European Jews of his parents’ generation a century ago — and unlike Julia Ioffe today — Blech doesn’t dread the yearly showering of Christmas spirit. “Call me naïve, but nowadays I really love this season,” he writes. “Because together all people of goodwill are joined in the task to place the sacred above the profane.”

As an observant Jew, I don’t celebrate Christmas and never have. Do the inescapable reminders at this time of year that hundreds of millions of my fellow Americans do celebrate it make me feel excluded or offended? Not in the least: They make me feel grateful — grateful to live in a land where freedom of religion shields the Chanukah menorah in my window no less than it shields the Christmas tree in my neighbor’s. That freedom is a reflection of America’s Judeo-Christian culture, and a central reason why, in this overwhelmingly Christian country, it isn’t only Christians for whom Christmas is a season of joy. And why it isn’t only Christians who should make a point of saying so.

Voir par ailleurs:

Noël à Gaza: toujours moins de permis pour les chrétiens
Vatican news
19 décembre 2018

Comme tous les ans durant la période de Noël, des milliers de pèlerins et touristes du monde entier convergent vers la ville de Bethléem. Mais pour les chrétiens de Gaza, soumis à des restrictions de mouvements, cette possibilité semble désormais relever du privilège.

Entretien réalisé par Manuella Affejee- Cité du Vatican

L’accès au territoire palestinien est en effet rigoureusement contrôlé par les autorités militaires israéliennes qui délivrent des permis d’entrée et de sortie. Chaque année, un certain nombre d’entre eux est concédé aux chrétiens de Gaza souhaitant se rendre à Jérusalem ou en Cisjordanie pour les fêtes de Noël et de Pâques.

Pour Noël 2018, 500 permis de sortie ont été promis par Israël, mais en pratique, seuls 220 ont été effectivement délivrés pour le moment à des personnes âgées entre 16 et 35 ans ou de plus de 55 ans, ce qui donne lieu à des situations problématiques au sein de plusieurs familles: le père obtenant un permis mais pas la mère et inversement, ou des permis accordés aux enfants mais pas aux parents et inversement. Mgr Giacinto Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine avoue ne pas saisir la politique choisie par Israël dans ce domaine. «C’est une logique d’occupation que nous ne comprenons pas, ni ne justifions», assène-t-il. Pouvoir se rendre à Bethléem pour fêter Noël devrait être un droit naturel pour un chrétien gazaoui et non pas un privilège, déplore l’évêque italien.

Mgr Marcuzzo se trouvait d’ailleurs à Gaza dimanche dernier, en compagnie de l’administrateur apostolique du patriarcat latin de Jérusalem, Mgr Pierbattista Pizzaballa, pour célébrer Noël avec la petite communauté latine locale, selon une tradition désormais bien installée. Le vicaire patriarcal évoque une atmosphère générale empreinte de tristesse, même si la médiation égyptienne et qatarie entreprise ces derniers jours a fait baisser la tension dans le territoire palestinien, après des semaines de fièvre et d’affrontements liés aux «marches du retour».

La présence chrétienne quant à elle s’amoindrit sensiblement. Face à des conditions de vie précaires et au manque évident de perspectives, l’émigration reste une tentation inexorable. On comptait il y a encore quelques années environ 3 000 chrétiens de toute confessions à Gaza; ils ne représentent aujourd’hui que 1 200 âmes, dont 120 catholiques latins.

Voir enfin:

Désinformation anti-israélienne: pas de trêve de Noël sur France Inter!

Selon la radio de service public, Israël serait responsable des malheurs des chrétiens de Gaza. Le reportage passe sous silence l’action des islamistes du Hamas.
InfoEquitable
25 décembre 2018

A la Maison de la Radio, les vieilles traditions de Noël ne se perdent pas. Dans les temps anciens, la fête de la nativité était l’occasion d’accabler les Juifs afin rappeler sa faute inexpiable au « peuple déicide ».

Reprenant le flambeau, France Inter semble s’ingénier à diffuser tous les 24 décembre une petite perfidie anti-israélienne, afin de mieux stigmatiser ceux qui aux yeux de la station constituent les fauteurs de trouble dans la région.

Cette année, dans la page consacrée aux préparatifs de Noël, nous avons ainsi eu droit à un reportage sur le triste sort des chrétiens de Gaza.

 

 

Vivre dans l’enclave islamiste aux mains des terroristes du Hamas n’est certes pas une sinécure lorsque l’on n’est pas musulman.

Mais à écouter le journal du matin, présenté par Agnès Soubiran, « l’ambiance sombre » qui affecte le petit territoire palestinien n’est due qu’à une cause : « Une partie de la communauté chrétienne de la bande Gaza ne pourra pas se rendre dans la ville natale du Christ en raison des restrictions de circulation imposées par Israël qui comme chaque année n’a délivré des permis qu’au compte-gouttes… »

Suit le reportage à Gaza de la journaliste Marine Vlahovic.

On y apprend que « seules 600 personnes ont reçu un permis » de la part des autorités israéliennes pour pouvoir quitter Gaza et se rendre à Bethléem.

Les autres ont célébré la messe à Gaza.

 

 

« On fait un petit dîner pour le réveillon et ensuite on assiste à la messe de minuit ici. A par ça, il n’y a rien à faire. Alors qu’ailleurs il y a plein de festivités. C’est vraiment très frustrant de rester ici. En fait c’est comme si ce n’était pas vraiment Noël », explique une jeune Gazaouite chrétienne au micro de France Inter.

Les responsables de ce « Noël maussade » ? Les Israéliens bien sûr, en raison du « blocus sévère » qu’ils imposent à Gaza.

Sur les conditions et les raisons de ce « blocus » (qui n’en est pas un puisque chaque jour des centaines de camions de marchandises pénètrent à Gaza et de très nombreux Gazaouites ont la possibilité de pénétrer en Israël ne serait-ce que pour aller se faire soigner dans les hôpitaux israéliens), on ne saura rien.

Ni l’irrédentisme du Hamas, ni la violence qu’il dirige chaque jour contre Israël, ni les tirs de roquettes et de missiles sur les villes israéliennes ne sont évoqués dans ce reportage.

Si les chrétiens souffrent à Gaza, c’est de la faute des Juifs, pas des milices islamistes qui ont imposé leur loi sur le territoire.

Rien sur les discriminations, les menaces et les humiliations dont sont quotidiennement victimes les chrétiens (sans parler des conversions forcées).

A Gaza, les islamistes distribuent des tracts pour interdire la célébration de Noël

L’envoyée spéciale de France Inter à Gaza, Marine Vlahovic, n’a peut-être pas réussi à mettre la main sur le tract diffusé par les brigades al-Nasser al-Din, l’une des plus implacables milices islamiques à Gaza, intimant à la population de ne pas célébrer Noël ?

Si la journaliste s’était donnée la peine de lire le Jerusalem Postelle aurait pu apprendre que ce tract a été diffusé auprès des musulmans mais également des chrétiens auxquels on a bien fait comprendre qu’il leur est demandé d’adopter un profil bas en toutes circonstances.

 

 

Voici le tract qui a échappé à la grande reporter de terrain envoyée par France Inter à Gaza :

 

 

Le tract, qui a été distribué dans les jours précédant Noël, rappelle, versets du Coran à l’appui, la stricte interdiction de célébrer cette fête. « Dieu n’est pas pour le peuple du mal », peut-on y lire à gauche (juste au-dessus d’un sapin barré d’une croix rouge).

Mais à France Inter, on ne lit pas le Jerusalem Post et on se méfie de la presse israélienne.

On préfère mettre en garde les auditeurs : ce sont les Juifs qui persécutent les chrétiens de Gaza. Pas les musulmans. Pas les islamistes.

 

Les églises de Gaza illuminées… aux couleurs de l’islam

Dans son reportage radio, la journaliste de France Inter a aussi omis de préciser que les églises de Gaza étaient illuminées en vert, aux couleurs de l’islam !

 

 

La petite minorité chrétienne de l’enclave aux mains des islamistes a-t-elle manifesté son consentement pour ces illuminations de Noël d’un genre très particulier ?

Nous sommes prêts à parier que non.

L’effet saisissant de cette déco gazaouite donne en tout cas une idée de l’état de soumission et de dhimmitude dans lequel les chrétiens sont cantonnés.

 

Le point de vue israélien n’est pas donné

Bien entendu, à aucun moment l’envoyée spéciale à Gaza n’a jugé utile de prendre contact avec les autorités israéliennes pour connaître leur position sur ce dossier.

Le reportage en tout cas n’en parle pas.

Mettre en cause une partie sans lui donner la parole, c’est presque une habitude sur France Inter lorsqu’il s’agit d’Israël.

Cette année, plus d’un chrétien sur deux a pu se rendre à Bethléem

Pareillement, le reportage rend les Israéliens responsables de l’exode des chrétiens dont une grande majorité a quitté Gaza ces dernières années.

Pour la radio de service public, ce n’est certes pas l’instauration implacable de la charia – la loi islamique – qui a poussé ces chrétiens à fuir mais bien les « sionistes » qui auraient rendu l’atmosphère irrespirable.

« Une situation qui a contribué à l’exode des chrétiens de Gaza. On en comptait 3.500 il y a 15 ans, selon les estimations, ils ne seraient plus qu’un millier aujourd’hui », conclut la journaliste.

 

 

On sursaute un peu à la lecture de cette dernière information qui change un tantinet la donne (c’est à se demander si les journalistes et les présentateurs comprennent ce qu’ils disent à l’antenne).

Les Israéliens ont donc distribué cette année 600 autorisations pour se rendre à la messe de minuit à Bethléem pour une population estimée à mille âmes ?

Malgré le climat de violence que le Hamas fait régner depuis le printemps dernier à la frontière avec Israël, plus d’un chrétien sur deux s’est vu autorisé à la franchir ? Et c’est ce que la présentatrice appelle des autorisations délivrées « au compte-gouttes » ?

On demeure pantois devant une telle présentation des faits qui relève de la malhonnêteté intellectuelle.

Cette enquête sur les tourments infligés par Israël aux chrétiens de Gaza est tellement bidon qu’aucun grand titre de la presse française ne l’a reprise.

En cherchant bien, nous avons retrouvé l’info sur ce site turc francophone pro-Erdogan…

 

 

 

… accompagnée d’une photo de propagande qui relève plus de la mise en scène que de l’authentique reportage.

Ce site Medyatürk ne bénéficie que d’une faible visibilité auprès de l’opinion publique française.

France Inter peut se féliciter d’avoir donné une plus grande audience à cette campagne de désinformation anti-israélienne.

Voir enfin:

Rice Jewish Studies head illuminates the world from which rabbinic Judaism emerged
Aaron Howard
JHV
Aug 17, 2017

2 Baruch is a Jewish text attributed to the biblical Baruch, Jeremiah’s scribe. Believed to have been written in the late first century C.E., in a style that is similar to the Book of Jeremiah, the text predicts the imminent destruction of Jerusalem and the coming messianic era, complete with resurrection of the dead.

Never heard of 2 Baruch? You’re not alone. The text was never recognized as Jewish scripture, although it was one of many Jewish religious texts written in the 500 years between the end of the writing of the books in the Tanach and the earliest rabbinic texts. That half-a-millennium time gap is the subject of Matthias Henze’s new book, “Mind The Gap” (Fortress Press).

Henze is professor of Hebrew Bible and Early Judaism and founding director of the Jewish Studies Program at Rice University.

The book is written for a general audience that is interested in ancient Judaism. For Jewish readers, the book argues that to understand the Jewish world from which rabbinic Judaism emerged, one needs to read ancient Jewish texts outside the Bible. For Christian readers, the book will inform them about the Jewish world of Jesus beyond what is read in the New Testament. The New Testament assumes that its readers are familiar with Jewish beliefs and practices of first century Israel. In fact, most Christians are not. But, if Jesus were a practicing Jew, and if one knows little about his Judaism, how can one understand Jesus, his life and message?

The gap, as Henze calls it, is the period between the canonized Hebrew Bible and the early writings that made up rabbinic Judaism.

“We’re talking about Second Temple period Jewish texts,” Henze told the JHV. “The books of the Tanach date as late as sixth to fifth centuries B.C.E.: Haggai, the end of Isaiah and Malachi. And, in the fourth century B.C.E.: First and Second Chronicles, Esther and Kohelet (Ecclesiastes). There is a consensus among biblical scholars that all the books of the Tanach were written with the exception of the Book Of Daniel, which comes from the second century B.C.E.

“The earliest rabbinic writing, which typically people say is the Mishnah, dates from the late second century C.E. If we can agree on those dates, then there’s a gap between the Tanakh and the rabbinic writings of about a of half a millennium.

“The rabbis claim that they stand in an unbroken chain going back to Moses. That is underscored in the chain of transmission of the Written and Oral Torahs that open the Pirkei Avot.

“Most of us are familiar with Tanach and with the Mishna. But, we will not be familiar with the literature written during those gap years. The reason for that is those books are not part of any corpus of texts that we usually study. They were simply forgotten for two millennia.”

They were forgotten because they never achieved the status of authority that the biblical and later Talmudic texts did. Or, to put it in other terms, these books were not canonized.


Vulgarisation: Même Hollande s’y était mis (With over 400,000 sold, L’Histoire de France Pour Les Nuls tops sales for non-English Dummies titles)

25 novembre, 2018
Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j’espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n’y gagneront pas. Nous aurons servi l’humanité. (…) Parmi quelques hommes excellents, il y en eut de faibles, de médiocres & de tout à fait mauvais. De là cette bigarrure dans l’ouvrage où l’on trouve une ébauche d’écolier, à côté d’un morceau de maître ; une sottise voisine d’une chose sublime, une page écrite avec force, pûreté, chaleur, jugement, raison, élégance au verso d’une page pauvre, mesquine, plate & misérable. Diderot
Imaginez un monde où chaque individu peut accéder gratuitement à la totalité des connaissances de l’humanité. C’est ce que nous voulons faire. Jimmy Wales
Consulter Wikipedia, c’est comme poser des questions à un type rencontré dans un bar. Vous pouvez tomber sur un physicien nucléaire ou… le premier cinglé venu! Paul Vallely
On n’avait pas connu une telle mobilisation, une telle émotion du monde instruit depuis L’Encyclopédie de D’Alembert et Diderot (1772), accusée elle aussi de déposséder les « maîtres » de leur pouvoir. Bruno Le Gendre
Wikipedia est une encyclopédie, et toutes les encyclopédies ont des limites intrinsèques. (…) Les encyclopédies « vous donnent les têtes de chapitre »; elles sont  » le Reader’s Digest de la connaissance en profondeur « . Il y a cinquante ans, l’encyclopédie familiale offrait cette  » notion brute de fonderie sur un nom ou une idée « ; désormais c’est Internet qui joue ce rôle et de plus en plus Wikipedia. (…) Mais faut-il reprocher à Wikipedia l’appétit pour de l’information prédigérée et préparée ou pour la tendance à croire que tout ce qu’on lit est vrai? Ce problème existait déjà à l’époque des encyclopédies familiales. Et une des solutions cruciales est restée la même: Prendre plus de temps à enseigner les limites de toutes les sources d’information, y compris Wikipedia, et à souligner les qualités d’analyse critique des sources primaires et secondaires. (…) Si les historiens croient que ce qu’on trouve gratuitement sur la Toile est de mauvaise qualité, alors nous avons la responsabilité de rendre de meilleures sources d’information disponibles en ligne. Pourquoi autant de nos revues universitaires sont-elles enfermées derrière les grilles de l’abonnement? Que dire de l’American National Biography Online—écrite par des historiens professionnels, soutenue par nos sociétés savantes, et avec des millions de dollars de subventions venant de fondations et de l’Etat? Pourquoi n’est-elle disponible qu’aux bibliothèques qui paient souvent des milliers de dollars par an, plutôt qu’à tout le monde sur la Toile comme l’est Wikipedia? Les historiens professionnels ne devraient-ils pas se joindre à la grande democratisation de l’accès au savoir que reflètent Wikipedia et l’Internet en général? (…) Pourrions-nous, par exemple, écrire à plusieurs mains un manuel d’histoire des EU qui serait en accès libre et gratuit pour tous nos étudiants ? Après tout, les deux douzaines de manuels en usage dans nos universités se recoupent massivement, aussi bien dans les contenus factuels que dans l’interprétation. Malgré tout, cela n’empêche pas chaque éditeur de demander aux auteurs de systématiquement repartir de zéro. Un manuel  » libre  » garantirait non seulement un accès libre à la lecture, mais il permettrait à chacun de contribuer librement à la rédaction. (…) Un enseignant qui n’apprécierait pas la présentation de la guerre de 1812 pourrait écrire une autre version, libre aux autres utilisateurs de l’intégrer ou non à l’ouvrage. De même, un professeur qui estimerait que l’histoire du Nouveau-Mexique au XIXe siècle occupe une place insuffisante pourrait proposer de compléter le chapitre. Roy Rosenzweig
J’aime Renaud sur certains chansons… pas toutes. Celle-là, je ne l’ai pas entendue, donc je ne peux pas vous dire si je l’aime ou pas. Nadine Morano
Déjà, en avril 2011, Nadine Morano, alors invitée de la matinale de Canal+ avait été interrogée sur le constructeur automobiles mais avait répondu à côté… (…) avant d’être reprise par la journaliste, estomaquée. Cette séquence avait animé les médias et les réseaux sociaux à l’époque. Cette fois, c’est la chaîne d’informations franceinfo qui a confondu le chanteur et le constructeur français. En plein sommaire, « Renault recrute 1000 CDI » s’inscrit sur l’écran, tandis que des images de Renaud sur scène sont projetées en arrière-plan. « Renault va embaucher mille personnes en CDI d’ici la fin de l’année. Le constructeur automobile a besoin de main d’oeuvre pour mener à bien ses nouveaux projets. Reportage à suivre dans l’usine de Sandouville » nous dit la journaliste avec aplomb. Un fail – signé du stagiaire de franceinfo ? – qui amuse la toile depuis plusieurs heures déjà... Charts in France
Zadig et Voltaire. C’est une leçon de vie et je m’y replonge d’ailleurs assez souvent. Frédéric Lefebvre
J’avoue sans aucun problème que je n’ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans (…) Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP mais je lis très peu. Fleur Pellerin
Je suis un peu scandalisée quand je lis certaines choses ! Ce n’est pas parce que j’ai dit que je lisais *moins* actuellement – et ça me semble naturel quand on travaille 16 heures par jour – qu’il y a deux ans où je lisais à peu près deux livres par semaine. Et j’entends dire que je suis inculte, je trouve ça proprement scandaleux ! Je n’ai aucune difficulté à le dire, j’ai toujours été une très grande lectrice, et donc faire ce procès je trouve ça absolument lamentable. Je ne vois pas très bien comment on peut s’autoriser à déformer mes propos : j’ai dit que je lisais *moins*, je n’ai pas dit que je ne lisais *pas*. J’ai lu beaucoup pendant mes vacances, je peux faire des fiches de lecture à ceux qui le souhaitent … Voilà, on n’est pas autorisé à raconter n’importe quoi. Fleur Pellerin
La nostalgie, et notamment la nostalgie de l’Algérie française, n’apportera rien de bon. Aujourd’hui, on a besoin de regarder l’avenir avec de l’optimisme et le Front national n’aime pas la France. Le Front national n’est pas un parti républicain, c’est rance, c’est triste. La France, elle a besoin d’optimisme et de regarder son histoire avec lucidité, mais elle a aussi besoin de regarder l’avenir. Je suis mobilisé parce que je ne veux pas que le Front national soit le premier parti de France. Manuel Valls
Nous sommes rentrés dans un monde de puissances, qui se développent à l’échelle planétaire, dans une forme de concurrence et un ordre qui reste à composer. L’Europe est face à un risque : celui de se démembrer par la lèpre nationaliste et d’être bousculée par des puissances extérieures. Et donc de perdre sa souveraineté. C’est-à-dire d’avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements, d’avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les États peuvent prendre. (…) Je suis frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres. Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l’Europe de l’après Première Guerre mondiale à la crise de 1929. Il faut l’avoir en tête, être lucide, savoir comment on y résiste. Emmanuel Macron
Les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort: des idéologies nouvelles manipulent des religions, l’Histoire menace de reprendre son cours tragique. Emmanuel Macron
Le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme : le nationalisme en est la trahison. En disant ‘nos intérêts d’abord et qu’importent les autres !’, on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre : ses valeurs morales. Emmanuel Macron
Quand je regarde le monde où nous vivons, l’Europe est de plus en plus fracturée. Quand je regarde le monde où nous vivons, vous avez des puissances autoritaires qui réémergent et qui se réarment aux confins de l’Europe. Nous sommes basculés par les tentatives d’intrusion dans le cyberespace et l’intervention d’ailleurs dans notre vie démocratique de plusieurs… Nous nous devons nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d’Amérique. Quand je vois le président Trump annoncer il y a quelques semaines le fait qu’ils sortent d’un grand traité de désarmement, qui avait été pris je le rappelle après la crise des euromissiles, au milieu des années 80, qui avaient frappé l’Europe, qui en est la victime principale? L’Europe et sa sécurité. (…) Moi je crois dans un projet d’une Europe souveraine, d’une Europe puissante. On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. Face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante. Moi, je veux construire un vrai dialogue de sécurité avec la Russie, qui est un pays que je respecte, qui est européen. Mais on doit avoir une Europe qui se défend, davantage seule, sans dépendre seulement des Etats-Unis, et de manière plus souveraine» Emmanuel Macron
Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement !  Donald Trump
On ne devrait jamais imiter Mitterrand. François Hollande n’est pas Tonton et Manuel Valls n’est pas Max Gallo. En 1983, l’historien, alors porte-parole du gouvernement, publiait à la fin du mois de juillet une tribune de très bonne facture dans Le Monde: «Les intellectuels, la politique et la modernité.» Il y déplorait l’abandon par la gauche de la bataille des idées et le silence des penseurs et des philosophes retirés «sur l’Aventin». Le 5 mars dernier, Manuel Valls lançait à son tour «Où sont les intellectuels? Où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture qui doivent monter eux aussi au créneau? Où est la gauche?» C’est le même qui, pourtant, rejetait dans les rayons de l’enfer un essayiste, un romancier et un philosophe dont les œuvres cristallisent une large partie des angoisses contemporaines et qui à eux trois vendent des centaines de milliers de livres. Le Suicide français, d’Éric Zemmour, selon Manuel Valls, ne méritait pas d’être lu. La France ça n’est pas «celle de Houellebecq» a-t-il affirmé. Enfin, il s’est embrouillé dans ses fiches, sur Europe 1, en estampillant, malgré lui, Bernard-Henri Lévy comme penseur officiel du régime et en tatouant sur le bras de Michel Onfray le signe infâmant de l’extrême droite. Si l’on comprend bien le premier ministre, le silence des intellectuels est révoltant quand ils sont issus de la gauche morale mais impératif quand ils ont emprunté d’autres chemins. Pour savoir qui doit parler et qui doit se taire, s’adresser à l’hôtel Matignon. Cette approche enfantine illustre la place qu’ont véritablement les intellectuels dans l’esprit du gouvernement (et disons-le de la plus grande part de la droite): des pions noirs ou blancs que des communicants, plus ou moins incultes, placent sur le damier. L’ouvrage de François Bazin,Les Ombres d’un président (Plon),détaille avec cruauté cette paresse et cette indifférence chez François Hollande. La littérature et la vie de l’esprit établissent pourtant des liens indestructibles entre l’homme public et la population. Plus encore que la séance du marché le samedi matin, la lecture de Balzac expose toutes les nuances de l’âme humaine et de l’ambition, celle de Proust des vanités sociales et des intermittences du cœur. Les Particules élémentaires ou Soumission offrent un tableau de la classe moyenne que les sociologues mettront dix ans à établir dans leurs rapports. Mais ceux qui nous gouvernent ou souhaiteraient le faire considèrent le livre comme un meuble. L’ornement secondaire d’une ambition accomplie. Le chef de l’État assume son ignorance et se fait prendre en photo, sourire ravi, avec L’Histoire de France pour les Nuls. Manuel Valls ne sait pas qui est Hélie de Saint Marc, Fleur Pellerin se fout de Modiano, Frédéric Lefebvre confond Zadig et Voltaire, Nicolas Sarkozy s’est longtemps demandé à quoi pouvait bien servir La Princesse de Clèves. Les journalistes, reconnaissons-le, ne sont pas en reste. Ils classent eux aussi les auteurs chez les blancs ou chez les noirs sans même prendre la peine d’ouvrir leur livre. Christophe Guilluy, géographe de gauche qui ne cesse d’essai en essai d’établir les causes de la dérive identitaire, est qualifié de «pousse» de la droite la plus réactionnaire. L’auteur de L’Insécurité culturelle, Laurent Bouvet, alerte la gauche sur ses impensés: il est renvoyé sur l’autre rive parce qu’il a osé évoquer la crise de l’intégration. L’œuvre d’Alain Finkielkraut, maître de l’inquiétude et de la nuance, est réduite au rang de tract pour le Front national. Leurs noms remplissent les listes noires. Contre eux, le lexique olfactif, «rance», «moisi», est exploité jusqu’à la nausée. Tous sont coupables du même crime: plutôt que de peindre une surréalité heureuse, ils livrent par fragments les peurs et les espérances de l’inconscient collectif. En un mot, ils appellent un chat, un chat. Ce que les sondeurs voient venir, à la veille des élections départementales, ils l’annoncent et le déplorent depuis des années. Ils ne se sont pas contentés de publier des essais et d’attendre «sur l’Aventin». Ils supportent les ricanements, les couleurs criardes des studios de télévision, les comiques pas drôles, les critiques jaloux. En vain. Certes, les politiques les reçoivent, les écoutent, les raccompagnent, leur tapotent l’épaule, mais l’idée ne leur est pas encore venue de jeter un œil sur leurs livres. Pas le temps: le rappeur Joey Starr, fondateur de l’inoubliable Nique ta mère, vient dîner à l’Élysée. Vincent Tremolet de Villers
Dans le passé, le patriotisme a été souvent compris comme défense de la liberté politique, qu’il s’agisse de la liberté d’une nation ou d’une autre entité, une cité, une ville, un royaume, une province. Il était classique d’opposer Pétain et De Gaulle sur ce point: le patriotisme du Général De Gaulle l’a conduit à la résistance, alors que le nationalisme du Maréchal Pétain l’a poussé au contraire à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Cette opposition, valable pour l’époque, n’est plus très évidente dans le contexte actuel. Le souverainisme n’est pas fasciste par nature, la liberté politique prend parfois un chemin nationaliste, comme on l’a vu à chaque phase de décolonisation ou de fin d’un empire. L’éclatement de l’Union soviétique en plusieurs États-nations en est l’exemple le plus récent. Dans les années 20, De Gaulle avait douté de l’efficacité du Traité de Versailles, aujourd’hui exagérément tenu pour responsable de tous les maux du siècle, parce que, selon le général inquiet, il n’offrait pas assez de garanties contre une remilitarisation de l’Allemagne. L’avenir ne lui a pas donné tort. Aujourd’hui une telle analyse serait probablement qualifiée de nationaliste et non de patriotique. Dans un autre registre, De Gaulle, dirigeant une France active dans le Marché Commun européen de l’époque, n’hésitait pas à utiliser la politique de la «chaise vide» ou des rapports de force. Il semble que ces positions sont nationalistes, tout au moins si l’on suit la définition suggérée par le président Macron dans son discours: «nos intérêts d’abord et qu’importent les autres!» L’opposition entre patriotisme et nationalisme n’est pas nouvelle chez les présidents français: De Gaulle se considérait uniquement comme patriote et rejetait le terme «nationaliste» sur les pétainistes. Quant à Mitterrand, il déclarait d’une part devant le Parlement européen en janvier 1995: «le nationalisme, c’est la guerre!» et parlait quelques mois plus tard, le 8 mai 1995 à Berlin, du patriotisme des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit, remarquons-le, du «patriotisme» des soldats d’Hitler et d’une armée qui a combattu jusqu’au bout, même quand la guerre était évidemment perdue. Quelle liberté défendaient-ils? Le nationalisme non-violent proclamé et pratiqué par Gandhi apparaît préférable au supposé patriotisme des soldats allemands des années 40. Emmanuel Macron a utilisé cette opposition entre patriotisme et nationalisme devant 70 chefs d’État du monde entier qui parlent des dizaines de langues différentes. Cela pose un vrai problème de traduction. Toutes les langues ne font pas une telle distinction entre «patriotisme» et «nationalisme». Il aurait au moins fallu préciser en quoi le patriotisme se distinguait du nationalisme, ce qui dans de nombreuses langues oblige à distinguer deux sortes de nationalisme. Quant au patriotisme, n’est-il que politique? Une mesure protectionniste, par exemple, est-elle nationaliste ou patriotique? Autre exemple: la défense d’une langue, est-ce nationaliste ou patriotique? Le but du président, si l’on adopte un point de vue plus mondial que provincial dans l’usage des mots, revenait à faire la différence entre un «bon» et un «mauvais» nationalisme, et à faire entrer les dirigeants de certains pays (suivez mon regard…) dans la case des mauvais. (…) Si l’on écoute le discours de Macron avec des oreilles d’historien, ce qu’il tente de faire, c’est de «dégermaniser» ces deux conflits, en attribuant toute la responsabilité à des passions nationalistes très générales, très vagues. On oublie au passage les rivalités entre l’Allemagne et les autres empires coloniaux, en premier lieu le Royaume-Uni et la France. On met Angela Merkel au centre de la cérémonie et «en même temps», on relègue dans l’ombre les Britanniques. Le Brexit a-t-il un rapport avec la Guerre de 14? Pour expliquer sérieusement la Première Guerre et ses atrocités, il faut au minimum parler des nationalismes et des impérialismes. Au pluriel! Quant à la Seconde Guerre mondiale, dans cette perspective, elle se trouve également dégermanisée, présentée comme moment du nazisme, du totalitarisme, apogée du fascisme. Les situations nationales historiques deviennent secondaires au regard de la possibilité du fascisme à toute époque, en tout lieu. Hitler est vu comme un dictateur antisémite à la tête d’un totalitarisme concentrationnaire. Toute continuité avec les politiques de Bismarck ou de Stresemann a disparu. La volonté politique de revanche dans les années 30 n’était pourtant pas le monopole des nazis. Et la rivalité avec le communisme stalinien pour la suprématie mondiale semble n’avoir joué aucun rôle dans la constitution du nazisme comme totalitarisme. C’est pourtant lui qui donnait certains éléments du modèle totalitaire, et non les passions nationalistes ou patriotiques du début du siècle. Dans les millions d’exemplaires de Mein Kampf vendus avant 1933, les thèmes racistes, conspirationnistes et exterminateurs, très nouveaux, voisinent avec la reprise d’une politique de militarisme et d’expansion bien antérieure au nazisme. Et puis il y a des causes imputables aux démocraties européennes et au stalinisme. La France a agi à contretemps: l’intransigeance de Poincaré au début des années 20 n’a pas aidé l’Allemagne de Weimar. Après 1925 c’est l’erreur inverse, et c’est quand l’Allemagne devient revancharde que Briand fait une politique de compromis dépourvue de fermeté. Pire, Staline renvoie dos à dos sociaux-démocrates et nazis, contribuant ainsi à la victoire de ces derniers aux élections de 1933. Il signe un pacte germano-soviétique quelques années plus tard. Toutes ces erreurs à répétition sont une des causes de la guerre de 40. (…) Le monde d’aujourd’hui est tellement différent de celui des années 30! L’économie s’est mondialisée, globalisée, l’Union européenne existe, de nouvelles tensions religieuses sont apparues. (…) Ce genre de comparaison est largement contre-productif. Cela ne permet pas d’identifier les causes spécifiques de la poussée des nationalismes actuels, qui sont entre autres choses, un mouvement de défense économique et d’inquiétude ethnoculturelle. Le nationalisme des années 30 était, au contraire, un nationalisme de conquête et entraînait une compétition aux conséquences impérialistes. Le nationalisme contemporain veut protéger ses frontières, celui des années 30 les franchissait par la force et la guerre. Il existe plusieurs types de nationalismes, comme il existe plusieurs types de démocraties, plusieurs catégories de dictatures, plusieurs sortes d’économie de marché… Le nationalisme de Gandhi n’est pas le nationalisme de Bismarck et celui de Franco n’est pas celui de Mandela. Certains nationalismes sont fascistes et d’autres démocratiques. Si le nationalisme d’aujourd’hui était vraiment celui des années 30, alors cela signifierait l’imminence d’un totalitarisme ou de la dictature sous sa forme la plus brutale. Notons au passage que l’impact du communisme soviétique dans l’Europe des années 30 est toujours oublié ou gommé dans les raccourcis historiques qu’on nous propose. Emmanuel Macron semble faire la critique d’un nationalisme illibéral, qui refuse les droits de l’homme et s’oppose à la démocratie. Le nationalisme qui perce aujourd’hui en Europe ou dans le monde (aux États-Unis, au Royaume-Uni par exemple) s’appuie sur des procédures démocratiques (élections, référendums) et se manifeste comme réaction face aux changements économiques, sociaux et culturels. Qu’est-ce qui doit définir le nationalisme aujourd’hui? Trump ou Poutine? Erdogan ou Bolsonaro? Le Brexit ou le souverainisme écossais? On voit bien qu’une réponse unique est absurde. Se protéger n’est pas toujours méprisable et la compétition sans fin, sans limite, sans frontière n’améliore pas toujours la qualité de la vie. Il faut donc se méfier des oppositions binaires trop creuses, telles qu’«ouvert/fermé», «repli/diversité». S’il ne s’agit pas de propagande, il s’agit au minimum de simplification, non exempte d’intérêts matériels bien cachés. Le capitalisme contemporain s’est paré d’un vernis d’ouverture. Comme si l’ouverture des marchés était le seul véritable cosmopolitisme. Sans parler des dégâts écologiques et toxicologiques induits. Limiter les pires effets du commerce mondialisé n’est ni nationaliste, ni patriotique. Seuls ceux qui s’opposent à toute limitation ont intérêt à les qualifier ainsi. Gil Delannoi
D’un pacifisme à l’autre. En quelques jours, Emmanuel Macron est passé d’Angela Merkel à Philippe Pétain. Il y a une semaine, il voulait un 11 novembre civil, voué à célébrer l’amitié-franco-allemande et voilà qu’il nous ressort le père de la Collaboration. Lui qui, il y a quelques jours encore, prétendait escamoter le souvenir de l’affrontement militaire, pour ne pas fâcher nos amis allemands avec ces sombres rappels, craint aujourd’hui qu’on efface les faits d’armes du vainqueur de Verdun. Entretemps, le président a sans doute remarqué que, dans les rangs de l’armée, l’idée de démilitariser la mémoire de la guerre n’avait pas le succès escompté. Sans doute a-t-il cru se rattraper avec cet hommage aux maréchaux, y compris au moins sortable d’entre eux. Croire que l’on peut câliner les militaires en honorant (même entre autres) celui qui a trahi la patrie qu’ils servent, c’est au minimum désinvolte et au pire insultant. Ce grand écart prouve bien, si besoin était, que la mémoire n’obéit pas aux lois de l’histoire. L’histoire recherche (avec plus ou moins de bonheur) la vérité. La mémoire choisit, hiérarchise, promeut, sacralise ou oublie. En l’occurrence, elle n’a pas très bien choisi. Depuis qu’a éclaté cette nouvelle affaire Pétain, les défenseurs du président se drapent dans la vérité historique et accusent leurs contradicteurs de céder à l’injonction du politiquement correct. Une belle entourloupe. Nul ne conteste que Pétain fut un des artisans de la drôle de victoire de 1918, ni que c’est ce passé qui lui a permis, en 1940, d’accéder à la direction du pays. S’il y a discussion, c’est en réalité, sur le Pétain de 1940, en particulier depuis qu’Eric Zemmour a remis au goût du jour la thèse du glaive et du bouclier. Du reste, aucune discussion ne devrait être interdite quant à l’histoire et son interprétation. Il n’y a pas d’histoire officielle – fût-elle écrite par Paxton. En revanche, il y a bel et bien une mémoire officielle. Et Emmanuel Macron n’est pas prof d’histoire, il est le médiateur privilégié de cette mémoire. « Le futur n’efface pas le passé », affirme l’historien Michel Goya dans Le Figaro. Personne ne veut effacer le passé. Mais le président ne s’est pas contenté de rappeler factuellement la contribution de Pétain à la Grande guerre, ce qui aurait été parfaitement acceptable, il a déclaré qu’il était légitime de l’honorer. Même si on sait qu’il n’a voulu honorer que le vainqueur de Verdun, cette position est difficilement tenable. Simone Veil serait-elle au Panthéon si elle avait tué ou volé ? Sans doute que non. Une vie humaine ne se découpe pas en tranches aussi aisément. Ajoutons qu’aujourd’hui, n’importe quel grand homme suspecté d’avoir troussé trop de jupons serait décrété inéligible à l’hommage de la nation – à l’exception de Johnny Hallyday, mais lui, c’était un artiste… Philippe Pétain a été condamné à l’indignité nationale et, comme me l’apprend l’excellent Jean-Baptiste Roques, de la web-télé La France libre, la première mesure de ses geôliers, après sa condamnation, a été de le priver de son uniforme. Le 15 août 1945, Philippe Pétain a cessé d’être un soldat. Il appartient à l’histoire de l’armée française – car on ne peut pas réécrire l’histoire – pas à sa mémoire. Il en a été effacé au nom du peuple français. Emmanuel Macron n’a pas le pouvoir de l’y réintégrer. Macron (…) voulait-il adresser un clin d’œil au parti zemmourien – non pas que celui-ci soit pétainiste dans l’âme mais parce que beaucoup, en son sein, considèrent que le fait de ne pas partager l’opinion générale au sujet du maréchal (ça il paraît qu’il l’est toujours car maréchal n’est pas un titre militaire) est le comble de l’insolence ? Peut-être a-t-il simplement fait une gaffe. On nous bassine depuis des jours avec son « itinérance mémorielle » – qui a donc inventé un truc aussi ridicule ? On imaginait que des tas de conseillers avaient planché sur le contenu, voire qu’ils s’étaient interrogés sur le traitement à réserver au cas Pétain. Que le président, sur un sujet aussi épineux, se contente d’improviser, c’est un peu fâcheux. (…) Mais pour nombre de lecteurs de Zemmour, comme chez beaucoup de dieudonnistes, agiter le nom de Pétain est d’abord l’une des mille façons d’épater le bourgeois. (…) Ce qui rend la bourde d’Emmanuel Macron passablement agaçante, c’est que, jusque-là, il était un anti-pétainiste de choc, qui multipliait les allusions lourdingues sur le retour des années 30, suivez mon regard. Traquant les miasmes des heures les plus sombres chez ses adversaires populistes, il se campait volontiers en Saint Georges terrassant la nouvelle bête immonde. Et il est vraisemblable qu’il recommencera dès que le 11 novembre sera derrière lui et qu’il entrera en campagne pour les européennes. En somme, Macron voit du pétainisme partout, sauf sur la tombe de Pétain. Reste que la magie qui lui a permis de faire passer son incohérence idéologique pour la pratique du consensuel « en même temps » a cessé d’opérer. « Une cuillère pour Zemmour, une cuillère pour Plenel » (ou en l’occurrence pour Raphaël Glucksmann, nouvel espoir de la gauche), ça ne marche pas. Ça veut juste dire que le président nous prend pour des billes. Elisabeth Lévy
Avant, les spécialistes réputés rechignaient à collaborer avec nous ; aujourd’hui, ce sont eux qui nous sollicitent. Vincent Barbare
Souvenez-vous, cet été, François Hollande en train de lire L’Histoire de France pour les Nuls, pendant ses vacances dans le sud de la France… La photo n’est pas passée inaperçue. « Même Hollande s’y est mis », clamait un article du Nouvel Observateur sur le succès de ce titre, sorti fin 2004 aux Éditions First et vendu, à ce jour, à 430 000 exemplaires. Les Guignols en ont fait leurs choux gras, exhibant la marionnette du premier secrétaire du PS le livre entre les mains ! Une consécration pour l’auteur, Jean-Joseph Julaud, 56 ans, prof d’histoire-géo et de français pendant trente ans dans un collège de Conquereuil (Loire-Atlantique), qui a signé ensuite La Littérature française pour les Nuls et qui vient récemment de rempiler avec La Géographie française pour les Nuls. Il revient de loin, lui dont les élites ont longtemps boudé l’entreprise, sa typographie, son ton potache, et cette façon de prendre constamment le lecteur par la main. For Dummies est né aux États-Unis en 1993 à l’initiative d’un jeune informaticien soucieux de rendre la micro-informatique intelligible aux néophytes. Gros succès, des licences dans le monde entier, du Para Totos portugais au Per Negati italien, et déjà 150 millions d’exemplaires écoulés. Quelques variantes sur le jardinage, le tricot, la santé et le bien-être. Les Éditions First, fondées en 1992, sont justement sur ce créneau. Pourquoi ne pas l’élargir à d’autres domaines de la connaissance, réputés moins accessibles ? « Puisque le concept marchait si bien pour l’informatique, qui représente toujours un quart des ventes de la collection, nous avons eu l’idée de le décliner sur d’autres thèmes, avec des créations spécifiquement françaises », explique Vincent Barbare, PDG des Éditions First pour la France. Au début, l’éditeur américain est sceptique mais La Bible pour les Nuls, qui paraît en 2003 et se vendra à quelque 35 000 exemplaires, le convainc de laisser le champ libre à sa licence française. Laquelle, depuis, a enfoncé le clou, multipliant son chiffre d’affaires par quinze en dix ans (40 millions d’euros en 2006) avec la philosophie (60 000 exemplaires vendus), la mythologie, l’histoire de l’art, la culture générale, l’Égypte ancienne, l’opéra, la franc-maçonnerie, sans oublier la chanson française, dernier ouvrage paru (…) Du reste, bon nombre d’enseignants ont été séduits par la formule, même s’il reste quelques sceptiques. En tout cas, aujourd’hui, les auteurs se bousculent au portillon (…) Avis à François Hollande : un titre sur la politique française est en préparation… Le Figaro
Et si Emmanuel Macron se mettait à L’Histoire pour les nuls ?

A l’heure où, de François Lefebvre à Nadine Morano ou de Manuel Valls à Fleur Pellerin …

Les lapsus ou rares accents de vérité de nos responsables politiques surmenés sur leurs ignorances respectives font les choux gras de nos médias en panne de contenu …

Et où entre une variation sur lexique olfactif du « rance » ou du « moisi …
Un lamento sur « les heures les plus sombres de notre histoire », « le retour des années 30 » ou « la lèpre nationaliste » …
Un appel aux armes à l’Europe contre les cyberattaques russes et chinoises comme américaines …
Ou une leçon d’histoire publique à son principal invité au centenaire même du premier, sans compter les 50 ans de bouclier nucléaire contre l’ours communiste, de ses deux sauvetages du Vieux continent …
Un président français au plus bas dans les sondages  se prend les pieds dans le tapis d’une bien improbable défense du maréchal Pétain
Au moment même où se vérifie presque quotidiennement dans la rue …
Les avertissements d’un Finkielkraut à un Zemmour ou d’un Houellbecq à un Guilluy …
Et sans compter les pestiférés de la famille Le Pen
Des lanceurs d’alerte longtemps voués aux gémonies sur la colère du peuple qui montait …
Comment ne pas regretter …
Cette étrange suspicion qui semble s’attacher après le cas, on s’en souvient, de l’encyclopédie collaborative Wikipedia

A une étonnante et méritante entreprise de vulgarisation …

Qui née aux États-Unis sous le titre de For Dummies mais écrite à l’heure des premiers balbutiements de la micro-informatique voilà 25 ans par des spécialistes à l’instar du jeune informaticien Dan Gookin qui en fut à l’initiative …

Se décline depuis dans tous les domaines et la plupart des grandes langues de la planète …

Et qui avec L’Histoire de France pour les nuls …

Et ses plus de 400 000 titres vendus et l’aide bien involontaire d’un autre président français …
A produit le best-seller non-anglophone absolu de la célèbre collection aux bandes noire et jaune ?
Des Nuls plébiscités
Delphine Peras
le Figaro
15/10/2007

SOUVENEZ-VOUS, cet été, François Hollande en train de lire L’Histoire de France pour les Nuls, pendant ses vacances dans le sud de la France… La photo n’est pas passée inaperçue. « Même Hollande s’y est mis », clamait un article du Nouvel Observateur sur le succès de ce titre, sorti fin 2004 aux Éditions First et vendu, à ce jour, à 430 000 exemplaires. Les Guignols en ont fait leurs choux gras, exhibant la marionnette du premier secrétaire du PS le livre entre les mains ! Une consécration pour l’auteur, Jean-Joseph Julaud, 56 ans, prof d’histoire-géo et de français pendant trente ans dans un collège de Conquereuil (Loire-Atlantique), qui a signé ensuite La Littérature française pour les Nuls et qui vient récemment de rempiler avec La Géographie française pour les Nuls. Il revient de loin, lui dont les élites ont longtemps boudé l’entreprise, sa typographie, son ton potache, et cette façon de prendre constamment le lecteur par la main. For Dummies est né aux États-Unis en 1993 à l’initiative d’un jeune informaticien soucieux de rendre la micro-informatique intelligible aux néophytes. Gros succès, des licences dans le monde entier, du Para Totos portugais au Per Negati italien, et déjà 150 millions d’exemplaires écoulés. Quelques variantes sur le jardinage, le tricot, la santé et le bien-être. Les Éditions First, fondées en 1992, sont justement sur ce créneau.

Derniers titres : L’Histoire de l’art pour les Nuls ; La Géographie française pour les Nuls ; La Mythologiepour les Nuls ; L’Opéra pour les Nuls ; L’Égypte ancienne pour les Nuls ; La Culture générale pour les Nuls (en librairie le 6 décembre) ; Le Rugby pour les Nuls (en librairie le 17 janvier) ; L’Arabe pour les Nuls (14 janvier) et, pour le mois de mars, est annoncée La Politique pour les Nuls.
Voir aussi:

Nationalisme vs. patriotisme : « Il faut se méfier des oppositions binaires »
Paul Sugy
Le Figaro
14/11/2018

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Lors de la cérémonie de célébration des 100 ans de l’armistice, à Paris, ce dimanche, Emmanuel Macron a opposé le nationalisme au patriotisme. Mais pour Gil Delannoi, tout n’est pas si simple : ce chercheur rappelle qu’il n’existe pas un, mais des nationalismes, et que celui d’aujourd’hui n’est pas celui des années 30.

Gil Delannoi est docteur en science politique, professeur à Sciences Po et chercheur au CEVIPOF. Il a notamment publié La Nation contre le nationalisme (PUF, 2018).

FIGAROVOX.- Emmanuel Macron a déclaré dimanche, dans son discours de commémoration de l’armistice: «le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme: le nationalisme en est la trahison». Que vous inspirent ces propos?

Gil DELANNOI.- Il y a deux façons de comprendre cette phrase: au passé, auquel cas on parle du nationalisme tel qu’il s’est manifesté dans l’histoire, ou alors au présent, et il faudrait en ce cas savoir plus précisément et plus clairement ce qu’Emmanuel Macron désigne par là.

Dans le passé, le patriotisme a été souvent compris comme défense de la liberté politique, qu’il s’agisse de la liberté d’une nation ou d’une autre entité, une cité, une ville, un royaume, une province. Il était classique d’opposer Pétain et De Gaulle sur ce point: le patriotisme du Général De Gaulle l’a conduit à la résistance, alors que le nationalisme du Maréchal Pétain l’a poussé au contraire à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Cette opposition, valable pour l’époque, n’est plus très évidente dans le contexte actuel. Le souverainisme n’est pas fasciste par nature, la liberté politique prend parfois un chemin nationaliste, comme on l’a vu à chaque phase de décolonisation ou de fin d’un empire. L’éclatement de l’Union soviétique en plusieurs États-nations en est l’exemple le plus récent.

Dans les années 20, De Gaulle avait douté de l’efficacité du Traité de Versailles, aujourd’hui exagérément tenu pour responsable de tous les maux du siècle, parce que, selon le général inquiet, il n’offrait pas assez de garanties contre une remilitarisation de l’Allemagne. L’avenir ne lui a pas donné tort. Aujourd’hui une telle analyse serait probablement qualifiée de nationaliste et non de patriotique. Dans un autre registre, De Gaulle, dirigeant une France active dans le Marché Commun européen de l’époque, n’hésitait pas à utiliser la politique de la «chaise vide» ou des rapports de force. Il semble que ces positions sont nationalistes, tout au moins si l’on suit la définition suggérée par le président Macron dans son discours: «nos intérêts d’abord et qu’importent les autres!»

L’opposition entre patriotisme et nationalisme n’est pas nouvelle chez les présidents français: De Gaulle se considérait uniquement comme patriote et rejetait le terme «nationaliste» sur les pétainistes. Quant à Mitterrand, il déclarait d’une part devant le Parlement européen en janvier 1995: «le nationalisme, c’est la guerre!» et parlait quelques mois plus tard, le 8 mai 1995 à Berlin, du patriotisme des soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit, remarquons-le, du «patriotisme» des soldats d’Hitler et d’une armée qui a combattu jusqu’au bout, même quand la guerre était évidemment perdue. Quelle liberté défendaient-ils? Le nationalisme non-violent proclamé et pratiqué par Gandhi apparaît préférable au supposé patriotisme des soldats allemands des années 40.

Emmanuel Macron a utilisé cette opposition entre patriotisme et nationalisme devant 70 chefs d’État du monde entier qui parlent des dizaines de langues différentes. Cela pose un vrai problème de traduction. Toutes les langues ne font pas une telle distinction entre «patriotisme» et «nationalisme». Il aurait au moins fallu préciser en quoi le patriotisme se distinguait du nationalisme, ce qui dans de nombreuses langues oblige à distinguer deux sortes de nationalisme. Quant au patriotisme, n’est-il que politique? Une mesure protectionniste, par exemple, est-elle nationaliste ou patriotique? Autre exemple: la défense d’une langue, est-ce nationaliste ou patriotique? Le but du président, si l’on adopte un point de vue plus mondial que provincial dans l’usage des mots, revenait à faire la différence entre un «bon» et un «mauvais» nationalisme, et à faire entrer les dirigeants de certains pays (suivez mon regard…) dans la case des mauvais.

La guerre, en particulier les deux conflits mondiaux du XXe siècle, est-elle seulement imputable au nationalisme?

Non. Si l’on écoute le discours de Macron avec des oreilles d’historien, ce qu’il tente de faire, c’est de «dégermaniser» ces deux conflits, en attribuant toute la responsabilité à des passions nationalistes très générales, très vagues. On oublie au passage les rivalités entre l’Allemagne et les autres empires coloniaux, en premier lieu le Royaume-Uni et la France. On met Angela Merkel au centre de la cérémonie et «en même temps», on relègue dans l’ombre les Britanniques. Le Brexit a-t-il un rapport avec la Guerre de 14? Pour expliquer sérieusement la Première Guerre et ses atrocités, il faut au minimum parler des nationalismes et des impérialismes. Au pluriel! Quant à la Seconde Guerre mondiale, dans cette perspective, elle se trouve également dégermanisée, présentée comme moment du nazisme, du totalitarisme, apogée du fascisme. Les situations nationales historiques deviennent secondaires au regard de la possibilité du fascisme à toute époque, en tout lieu. Hitler est vu comme un dictateur antisémite à la tête d’un totalitarisme concentrationnaire. Toute continuité avec les politiques de Bismarck ou de Stresemann a disparu. La volonté politique de revanche dans les années 30 n’était pourtant pas le monopole des nazis. Et la rivalité avec le communisme stalinien pour la suprématie mondiale semble n’avoir joué aucun rôle dans la constitution du nazisme comme totalitarisme. C’est pourtant lui qui donnait certains éléments du modèle totalitaire, et non les passions nationalistes ou patriotiques du début du siècle. Dans les millions d’exemplaires de Mein Kampf vendus avant 1933, les thèmes racistes, conspirationnistes et exterminateurs, très nouveaux, voisinent avec la reprise d’une politique de militarisme et d’expansion bien antérieure au nazisme.

Et puis il y a des causes imputables aux démocraties européennes et au stalinisme. La France a agi à contretemps: l’intransigeance de Poincaré au début des années 20 n’a pas aidé l’Allemagne de Weimar. Après 1925 c’est l’erreur inverse, et c’est quand l’Allemagne devient revancharde que Briand fait une politique de compromis dépourvue de fermeté. Pire, Staline renvoie dos à dos sociaux-démocrates et nazis, contribuant ainsi à la victoire de ces derniers aux élections de 1933. Il signe un pacte germano-soviétique quelques années plus tard. Toutes ces erreurs à répétition sont une des causes de la guerre de 40.

Tout ramener au nationalisme est un raccourci. Cette interprétation fait s’écrouler plusieurs pans de l’histoire, n’en retient que quelques-uns. Une telle conception de l’amitié est discutable: rappeler les faits n’est en rien un obstacle à la réconciliation, bien au contraire. Entre amis on se doit la vérité, et on prend plaisir au franc-parler. Les guerres sont des compétitions que l’on perd ou gagne d’abord sur le terrain militaire. La France a perdu deux fois sur trois face à l’Allemagne. L’Allemagne a perdu les deux dernières guerres en raison de leur mondialisation. Garder en mémoire les victimes ne doit pas obliger à méconnaître les détails de l’histoire. La paix aujourd’hui ne reproduira pas celle du passé. Ce qui la menace est, au moins, aussi différent que comparable aux dangers du passé.

Emmanuel Macron a également multiplié les références aux années 30 ces derniers jours. Là encore, la comparaison avec aujourd’hui est-elle valable?

Le monde d’aujourd’hui est tellement différent de celui des années 30! L’économie s’est mondialisée, globalisée, l’Union européenne existe, de nouvelles tensions religieuses sont apparues.

On pourrait tout aussi bien comparer la période actuelle avec un bon nombre d’autres époques. Pourquoi pas les années 1900, par exemple? Ce genre de comparaison est largement contre-productif. Cela ne permet pas d’identifier les causes spécifiques de la poussée des nationalismes actuels, qui sont entre autres choses, un mouvement de défense économique et d’inquiétude ethnoculturelle. Le nationalisme des années 30 était, au contraire, un nationalisme de conquête et entraînait une compétition aux conséquences impérialistes. Le nationalisme contemporain veut protéger ses frontières, celui des années 30 les franchissait par la force et la guerre.

Il existe plusieurs types de nationalismes, comme il existe plusieurs types de démocraties, plusieurs catégories de dictatures, plusieurs sortes d’économie de marché… Le nationalisme de Gandhi n’est pas le nationalisme de Bismarck et celui de Franco n’est pas celui de Mandela. Certains nationalismes sont fascistes et d’autres démocratiques. Si le nationalisme d’aujourd’hui était vraiment celui des années 30, alors cela signifierait l’imminence d’un totalitarisme ou de la dictature sous sa forme la plus brutale. Notons au passage que l’impact du communisme soviétique dans l’Europe des années 30 est toujours oublié ou gommé dans les raccourcis historiques qu’on nous propose.

Emmanuel Macron semble faire la critique d’un nationalisme illibéral, qui refuse les droits de l’homme et s’oppose à la démocratie. Le nationalisme qui perce aujourd’hui en Europe ou dans le monde (aux États-Unis, au Royaume-Uni par exemple) s’appuie sur des procédures démocratiques (élections, référendums) et se manifeste comme réaction face aux changements économiques, sociaux et culturels. Qu’est-ce qui doit définir le nationalisme aujourd’hui? Trump ou Poutine? Erdogan ou Bolsonaro? Le Brexit ou le souverainisme écossais? On voit bien qu’une réponse unique est absurde. Se protéger n’est pas toujours méprisable et la compétition sans fin, sans limite, sans frontière n’améliore pas toujours la qualité de la vie. Il faut donc se méfier des oppositions binaires trop creuses, telles qu’«ouvert/fermé», «repli/diversité». S’il ne s’agit pas de propagande, il s’agit au minimum de simplification, non exempte d’intérêts matériels bien cachés. Le capitalisme contemporain s’est paré d’un vernis d’ouverture. Comme si l’ouverture des marchés était le seul véritable cosmopolitisme. Sans parler des dégâts écologiques et toxicologiques induits. Limiter les pires effets du commerce mondialisé n’est ni nationaliste, ni patriotique. Seuls ceux qui s’opposent à toute limitation ont intérêt à les qualifier ainsi. Il faut observer sérieusement et tâcher de comprendre précisément les causes et les effets des nationalismes contemporains, et les relier aux défaillances des sociétés dans lesquelles ils émergent.

Manuel Valls, les intellectuels et l’inculture triomphante


Le Figaro
20/03/2015

FIGAROVOX/ ANALYSE- Plus de trente ans après Max Gallo, Manuel Valls se plaint du silence des intellectuels. Pour Vincent Trémolet de Villers les politiques ne les lisent pas et les utilisent comme des outils de communication.

Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox

On ne devrait jamais imiter Mitterrand. François Hollande n’est pas Tonton et Manuel Valls n’est pas Max Gallo. En 1983, l’historien, alors porte-parole du gouvernement, publiait à la fin du mois de juillet une tribune de très bonne facture dans Le Monde: «Les intellectuels, la politique et la modernité.» Il y déplorait l’abandon par la gauche de la bataille des idées et le silence des penseurs et des philosophes retirés «sur l’Aventin». Le 5 mars dernier, Manuel Valls lançait à son tour «Où sont les intellectuels? Où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture qui doivent monter eux aussi au créneau? Où est la gauche?» C’est le même qui, pourtant, rejetait dans les rayons de l’enfer un essayiste, un romancier et un philosophe dont les œuvres cristallisent une large partie des angoisses contemporaines et qui à eux trois vendent des centaines de milliers de livres.

Le Suicide français, d’Éric Zemmour, selon Manuel Valls, ne méritait pas d’être lu. La France ça n’est pas «celle de Houellebecq» a-t-il affirmé. Enfin, il s’est embrouillé dans ses fiches, sur Europe 1, en estampillant, malgré lui, Bernard-Henri Lévy comme penseur officiel du régime et en tatouant sur le bras de Michel Onfray le signe infâmant de l’extrême droite.

Si l’on comprend bien le premier ministre, le silence des intellectuels est révoltant quand ils sont issus de la gauche morale mais impératif quand ils ont emprunté d’autres chemins. Pour savoir qui doit parler et qui doit se taire, s’adresser à l’hôtel Matignon. Cette approche enfantine illustre la place qu’ont véritablement les intellectuels dans l’esprit du gouvernement (et disons-le de la plus grande part de la droite): des pions noirs ou blancs que des communicants, plus ou moins incultes, placent sur le damier. L’ouvrage de François Bazin,Les Ombres d’un président (Plon),détaille avec cruauté cette paresse et cette indifférence chez François Hollande.

La littérature et la vie de l’esprit établissent pourtant des liens indestructibles entre l’homme public et la population. Plus encore que la séance du marché le samedi matin, la lecture de Balzac expose toutes les nuances de l’âme humaine et de l’ambition, celle de Proust des vanités sociales et des intermittences du cœur. Les Particules élémentaires ou Soumission offrent un tableau de la classe moyenne que les sociologues mettront dix ans à établir dans leurs rapports. Mais ceux qui nous gouvernent ou souhaiteraient le faire considèrent le livre comme un meuble. L’ornement secondaire d’une ambition accomplie. Le chef de l’État assume son ignorance et se fait prendre en photo, sourire ravi, avec L’Histoire de France pour les Nuls. Manuel Valls ne sait pas qui est Hélie de Saint Marc, Fleur Pellerin se fout de Modiano, Frédéric Lefebvre confond Zadig et Voltaire, Nicolas Sarkozy s’est longtemps demandé à quoi pouvait bien servir La Princesse de Clèves.

Les journalistes, reconnaissons-le, ne sont pas en reste. Ils classent eux aussi les auteurs chez les blancs ou chez les noirs sans même prendre la peine d’ouvrir leur livre. Christophe Guilluy, géographe de gauche qui ne cesse d’essai en essai d’établir les causes de la dérive identitaire, est qualifié de «pousse» de la droite la plus réactionnaire. L’auteur de L’Insécurité culturelle, Laurent Bouvet, alerte la gauche sur ses impensés: il est renvoyé sur l’autre rive parce qu’il a osé évoquer la crise de l’intégration. L’œuvre d’Alain Finkielkraut, maître de l’inquiétude et de la nuance, est réduite au rang de tract pour le Front national. Leurs noms remplissent les listes noires. Contre eux, le lexique olfactif, «rance», «moisi», est exploité jusqu’à la nausée. Tous sont coupables du même crime: plutôt que de peindre une surréalité heureuse, ils livrent par fragments les peurs et les espérances de l’inconscient collectif. En un mot, ils appellent un chat, un chat. Ce que les sondeurs voient venir, à la veille des élections départementales, ils l’annoncent et le déplorent depuis des années. Ils ne se sont pas contentés de publier des essais et d’attendre «sur l’Aventin». Ils supportent les ricanements, les couleurs criardes des studios de télévision, les comiques pas drôles, les critiques jaloux. En vain. Certes, les politiques les reçoivent, les écoutent, les raccompagnent, leur tapotent l’épaule, mais l’idée ne leur est pas encore venue de jeter un œil sur leurs livres. Pas le temps: le rappeur Joey Starr, fondateur de l’inoubliable Nique ta mère, vient dîner à l’Élysée.

Voir également:

Hélie de Saint Marc,l’honneur d’un commandant

Etienne de Montety

Le Figaro
16/03/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE – Robert Ménard a rebaptisé ce samedi l’une des rues de Béziers «Commandant Hélie Denoix de Saint Marc», honneur qui a suscité l’indignation de la gauche. Ce dernier était pourtant une grande figure de l’histoire militaire française rappelle Etienne de Montety.

Journaliste et écrivain, Etienne de Montety est directeur du Figaro Littéraire.

Le maire de Béziers a inauguré samedi une rue Hélie Denoix de Saint Marc. L’électorat pied-noir, nombreux dans cette ville, a certainement été sensible à ce geste qui met à l’honneur une figure des dernières heures de la présence française en Algérie. La gauche, elle, s’est indignée. Manuel Valls a commenté la cérémonie: «C’est rance, c’est triste» et Stéphane Le Foll dénoncé «la nostalgie de l’Algérie française».

«Rance», «nostalgie», des mots qui conviennent bien mal à la personnalité du commandant de Saint Marc. Né en 1922, il était entré très jeune dans la Résistance (réseau Jade Amicol). Est-il rance ce geste de révolte, cet engagement courageux qui lui valut d’être arrêté par la police allemande et déporté à Buchenwald où il passera dix-huit mois dans un des pires satellites du camp, Langenstein?

«Les justes mouraient comme des chiens, écrira-t-il plus tard dans ses Mémoires. Les crapules avaient leur chance (…). Dans ma chute, j’ai éprouvé la validité de quelques attitudes éthiques élémentaires: refuser la lâcheté, la délation, l’avilissement.»

Après la Libération, il choisira la carrière des armes, servant en Indochine et en Algérie. En désaccord avec la politique du général de Gaulle -notamment le choix du FLN comme unique interlocuteur des négociations pour l’indépendance-, il entraîna le 1er régiment étranger de parachutistes dans la sédition, en rejoignant les généraux du putsch d’Alger. Il paiera cet acte d’une condamnation de dix ans de réclusion. À son procès, de nombreux observateurs comme Jean Daniel, Jacques Duquesne, Gilles Perrault furent frappés par sa personnalité lumineuse et sa hauteur de vues. Sa déclaration devant le tribunal militaire en avait saisi plus d’un: «Depuis mon âge d’homme, Monsieur le Président, j’ai vécu pas mal d’épreuves: la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suezet puis, encore, la guerre d’Algérie…»Il n’était ni un idéologue, ni un factieux.

Fut-il nostalgique l’homme qui, tournant le dos à tout militantisme, se lança dans l’écriture de livres (avec le concours de son neveu l’éditeur Laurent Beccaria) qui rencontrèrent un large public? Leur qualité valut à l’un d’eux, Les Champs de braises, de recevoir le prix Femina. Et l’armée française lui décerna son prix littéraire Erwan-Bergot. À la même époque, Saint Marc prononça des centaines de conférences. À chaque fois, son auditoire était frappé par son souci de faire des événements qu’il avait vécus un récit apaisé. Il parlait posément de sa vie, de ses passions, de ses doutes, de ses contradictions, sans que jamais n’affleure l’esprit de revanche. Son message évoquait souvent la résistance, c’est-à-dire un état d’esprit face à l’oppression ou à des ordres qui heurtent manifestement la conscience de l’homme. L’actualité du monde (terrorisme islamique, menace technologique, dérives médicales) donnait à ses propos une résonance exceptionnelle.

Un moment important de la vie d’Hélie de Saint Marc avait été ce jour de septembre 1982 où il avait été réintégré dans ses droits; ses décorations lui avaient été restituées. Cette réhabilitation, il la devait à un personnage qui a façonné François Hollande et que tout le PS révère: c’était le président Mitterrand. En novembre 2011, par les mains du président Nicolas Sarkozy, la République française l’avait fait grand-croix de la Légion d’honneur.

À ses obsèques à Lyon, en août 2013, se pressaient tous les corps constitués de l’État, au premier rang desquels le sénateur maire de la ville, Gérard Collomb, qui salua alors «une figure d’une extrême intégrité, un être authentique habité d’un humanisme profond». Honneurs, décorations, reconnaissances: Hélie de Saint-Marc n’était cependant pas dupe des grandeurs d’établissements:«Je cherche constamment à décaper sur mon visage, écrivait-il, le fard insensible qui vient à ceux qui accède à une petite renommée, ceux qu’on mentionne en note dans les livres d’histoire (…). Je me souviens du Revier de Langenstein, de la cellule de Tulle et d’une chambre d’hôpital la nuit. Là, j’ai rencontré la vérité de mon destin.» Rance? Nostalgique?

Manuel Valls et Stéphane Le Foll devraient s’inspirer du conseil qu’Hélie de Saint Marc donnait à ses jeunes lecteurs: «comprendre avant de juger».

Voir de même:

Macron voit du pétainisme partout… sauf sur la tombe de Pétain
La mémoire n’obéit pas aux lois de l’histoire. En trouvant « légitime » d’honorer le Pétain de la Grande guerre, Emmanuel Macron a fauté.
Elisabeth Lévy
Causeur
9 novembre 2018

D’un pacifisme à l’autre. En quelques jours, Emmanuel Macron est passé d’Angela Merkel à Philippe Pétain. Il y a une semaine, il voulait un 11 novembre civil, voué à célébrer l’amitié-franco-allemande et voilà qu’il nous ressort le père de la Collaboration. Lui qui, il y a quelques jours encore, prétendait escamoter le souvenir de l’affrontement militaire, pour ne pas fâcher nos amis allemands avec ces sombres rappels, craint aujourd’hui qu’on efface les faits d’armes du vainqueur de Verdun. Entretemps, le président a sans doute remarqué que, dans les rangs de l’armée, l’idée de démilitariser la mémoire de la guerre n’avait pas le succès escompté. Sans doute a-t-il cru se rattraper avec cet hommage aux maréchaux, y compris au moins sortable d’entre eux. Croire que l’on peut câliner les militaires en honorant (même entre autres) celui qui a trahi la patrie qu’ils servent, c’est au minimum désinvolte et au pire insultant.

Les choix de bois
Ce grand écart prouve bien, si besoin était, que la mémoire n’obéit pas aux lois de l’histoire. L’histoire recherche (avec plus ou moins de bonheur) la vérité. La mémoire choisit, hiérarchise, promeut, sacralise ou oublie. En l’occurrence, elle n’a pas très bien choisi. Depuis qu’a éclaté cette nouvelle affaire Pétain, les défenseurs du président se drapent dans la vérité historique et accusent leurs contradicteurs de céder à l’injonction du politiquement correct. Une belle entourloupe. Nul ne conteste que Pétain fut un des artisans de la drôle de victoire de 1918, ni que c’est ce passé qui lui a permis, en 1940, d’accéder à la direction du pays. S’il y a discussion, c’est en réalité, sur le Pétain de 1940, en particulier depuis qu’Eric Zemmour a remis au goût du jour la thèse du glaive et du bouclier. Du reste, aucune discussion ne devrait être interdite quant à l’histoire et son interprétation. Il n’y a pas d’histoire officielle – fût-elle écrite par Paxton.

Pétain appartient à l’histoire, pas à la mémoire
En revanche, il y a bel et bien une mémoire officielle. Et Emmanuel Macron n’est pas prof d’histoire, il est le médiateur privilégié de cette mémoire. « Le futur n’efface pas le passé », affirme l’historien Michel Goya dans Le Figaro. Personne ne veut effacer le passé. Mais le président ne s’est pas contenté de rappeler factuellement la contribution de Pétain à la Grande guerre, ce qui aurait été parfaitement acceptable, il a déclaré qu’il était légitime de l’honorer. Même si on sait qu’il n’a voulu honorer que le vainqueur de Verdun, cette position est difficilement tenable. Simone Veil serait-elle au Panthéon si elle avait tué ou volé ? Sans doute que non. Une vie humaine ne se découpe pas en tranches aussi aisément. Ajoutons qu’aujourd’hui, n’importe quel grand homme suspecté d’avoir troussé trop de jupons serait décrété inéligible à l’hommage de la nation – à l’exception de Johnny Hallyday, mais lui, c’était un artiste… Philippe Pétain a été condamné à l’indignité nationale et, comme me l’apprend l’excellent Jean-Baptiste Roques, de la web-télé La France libre, la première mesure de ses geôliers, après sa condamnation, a été de le priver de son uniforme. Le 15 août 1945, Philippe Pétain a cessé d’être un soldat. Il appartient à l’histoire de l’armée française – car on ne peut pas réécrire l’histoire – pas à sa mémoire. Il en a été effacé au nom du peuple français. Emmanuel Macron n’a pas le pouvoir de l’y réintégrer.

Les limites de la com’
Macron savait-il que ses propos ne seraient pas disséqués avec minutie mais résumés, rapportés et évidemment déformés pour devenir une sorte de réhabilitation générale ? Autrement dit, voulait-il adresser un clin d’œil au parti zemmourien – non pas que celui-ci soit pétainiste dans l’âme mais parce que beaucoup, en son sein, considèrent que le fait de ne pas partager l’opinion générale au sujet du maréchal (ça il paraît qu’il l’est toujours car maréchal n’est pas un titre militaire) est le comble de l’insolence ? Peut-être a-t-il simplement fait une gaffe. On nous bassine depuis des jours avec son « itinérance mémorielle » – qui a donc inventé un truc aussi ridicule ? On imaginait que des tas de conseillers avaient planché sur le contenu, voire qu’ils s’étaient interrogés sur le traitement à réserver au cas Pétain. Que le président, sur un sujet aussi épineux, se contente d’improviser, c’est un peu fâcheux.On l’a abondamment rappelé, Macron n’est pas le premier à vouloir honorer le héros de Verdun – ni à susciter la polémique en le faisant. Rappelons cependant que De Gaulle devait bien faire avec les Français tels qu’ils étaient – vichysso-résistants comme l’a dit un historien. Ceux d’aujourd’hui ont été déniaisés. Il doit bien rester quelques vrais maréchalistes parmi les ex-partisans de l’Algérie française – et c’est peut-être la raison pour laquelle on attend toujours une réaction de Marine Le Pen. Mais pour nombre de lecteurs de Zemmour, comme chez beaucoup de dieudonnistes, agiter le nom de Pétain est d’abord l’une des mille façons d’épater le bourgeois.

« Une cuillère pour Zemmour, une cuillère pour Plenel »
Ce qui rend la bourde d’Emmanuel Macron passablement agaçante, c’est que, jusque-là, il était un anti-pétainiste de choc, qui multipliait les allusions lourdingues sur le retour des années 30, suivez mon regard. Traquant les miasmes des heures les plus sombres chez ses adversaires populistes, il se campait volontiers en Saint Georges terrassant la nouvelle bête immonde. Et il est vraisemblable qu’il recommencera dès que le 11 novembre sera derrière lui et qu’il entrera en campagne pour les européennes. En somme, Macron voit du pétainisme partout, sauf sur la tombe de Pétain. Reste que la magie qui lui a permis de faire passer son incohérence idéologique pour la pratique du consensuel « en même temps » a cessé d’opérer. « Une cuillère pour Zemmour, une cuillère pour Plenel » (ou en l’occurrence pour Raphaël Glucksmann, nouvel espoir de la gauche), ça ne marche pas. Ça veut juste dire que le président nous prend pour des billes.

Voir encore:

The For Dummies Success Story

Gaining notice and garnering popularity quickly after the series’ introduction, For Dummies has become a widely recognized and regarded companion around the world — a personal or professional friend who’s not only informative and reliable, but also downright fun.

Starting with the publication of DOS For Dummies in November 1991, For Dummies products have shown millions how to make the most of their PCs, get on the Internet, and explore the world of Windows.

Now — with more than 150 million books in print — For Dummies products show you how to do everything — cook, garden, manage finances, run a business, plan a trip, exercise, and eat right.

The inspiration

In 1987, new technologies were popping up all over the place. But computer manuals were dull and difficult to understand. A frustrated customer in a computer store, who knew nothing about computers, was looking for a simple, basic book about the difficult DOS operating system. « Something, » he suggested, « like DOS for dummies. » We knew the man’s frustration was shared by many other computer users, and we set out to do something about it. Thus, the For Dummies phenomenon began.

From the start, For Dummies was a simple, yet powerful concept: Relate to the anxiety and frustration that people feel about technology by poking fun at it with books that are insightful and educational and make difficult material interesting and easy. Add a strong dose of personality, a dash of comic relief with entertaining cartoons, and — voilá — you have a For Dummies book.

The presses roll

In November 1991, DOS For Dummies by Dan Gookin was initially met with skepticism — most bookstore chains didn’t want to carry the book at all, claiming that the title insulted their customers and readers in general. But we responded to the critics by calling the title a « term of endearment » that readers would immediately relate to and identify with. After convincing the bookstores to give us a chance, consumers agreed.

Onward and upward

And the For Dummies experience just keeps expanding! For Dummies now covers virtually all topics, including Flipping Houses For Dummies, Manga For Dummies, eBay For Dummies, Blogging For Dummies,  and even Food Allergies For Dummies. For Dummies tackles any topic that’s complex, confusing, intimidating, or conjures up any feelings of anxiety. What’s more, For Dummies books are now translated into over 30 languages.

Today, the For Dummies impact extends beyond the printed word — into the realms of software, videos, and Dummies.com.

Voir également:

Books for Dummies
Sean Green
Bossier press
October 28, 2013

I guess you could say I was judging a book by its cover when I first saw the “Books for Dummies” series. I had some serious doubts about the publisher’s approach to getting the message across. After all, who would pick up a book written for Dummies? Well come to find out a huge number of people did and still do.

The series was first created in 1991, to help readers with computer related topics. They were such a hit that before long there was an extensive list of titles on a wide variety of subjects being offered. The statistics I found on dummies.com are impressive.

“Books for Dummies.” More than 1,800: With books covering everything from A+ certification to the Zune, it’s not surprising that the “For Dummies” series boasts such a large number of titles – and the list just keeps on growing!

More than 250 million: That’s how many “For Dummies” books are in print today – a far cry from those DOS days. Just 7,500: This relatively small number is how many copies of “DOS For Dummies,” the first book in the series, were printed back in 1991.

More than 30: Dummies truly is a global phenomenon, with books having been translated into this many languages, including Arabic, Estonian, Greek, Russian, and Vietnamese.

(http://www.dummies.com/Section/Ten-or-So-Eye-Popping-Statistics.id-420239.html)

“iPad Apps for Kids For Dummies” by Jinny Gudmundsen; “Kindle Fire HD For Dummies” by Nancy Muir; “French All-in-one For Dummies” by Eliane Kurbegov; and “Small Business For Dummies” by Tyson, Eric are just a few of the many titles the library owns in the series. In addition, electronic resources are available to download from the library website at http://www.bossierlibrary.org.

Each book is written by specialists in their field. The easy to follow format is concise, provides tips for the reader, things to remember, warnings, illustrations, and technical stuff. Students can take advantage of the cheat sheet feature found at http://www.dummies.com/cheatsheet and print out a study guide. The website also offers “videos, step-by-step examples, how-to-articles, and shopping.”


Cinéma/First man: Look what they’ve done to my flag, Ma ! (First postnational hero: why can’t Lalaland recognize a true American hero when it sees one ?)

23 octobre, 2018
Condamner le nationalisme parce qu’il peut mener à la guerre, c’est comme condamner l’amour parce qu’il peut conduire au meurtre. C.K. Chesterton
Deliverance did for them [North Georgians] what ‘Jaws’ did for sharks. Daniel Roper (North Georgia Journal)
The movie, ‘Deliverance’ made tourist dollars flow into the area, but there was one memorable, horrifying male rape scene that lasted a little more than four minutes, but has lasted 40 years inside the hearts and minds of the people who live here. CNN
Il n’y a pas d’identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada. Il y a des valeurs partagées — ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d’être là l’un pour l’autre, de chercher l’égalité et la justice. Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational. Justin Trudeau
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme ans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama (2008)
Pour généraliser, en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables. Les racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes. A vous de choisir. Hillary Clinton (2016)
On vous demande une carte blanche, et vous salissez l’adversaire, et vous proférez des mensonges. Votre projet, c’est de salir, c’est de mener une campagne de falsifications, de vivre de la peur et des mensonges. La France que je veux vaut beaucoup mieux que ça. Il faut sortir d’un système qui vous a coproduit. Vous en vivez. Vous êtes son parasite. L’inefficacité des politiques de droite et de gauche, c’est l’extrême droite qui s’en nourrit. Je veux mener la politique qui n’a jamais été menée ces trente dernières années. Emmanuel Macron (2017)
Les démocrates radicaux veulent remonter le temps, rendre de nouveau le pouvoir aux mondialistes corrompus et avides de pouvoir. Vous savez qui sont les mondialistes? Le mondialiste est un homme qui veut qu’il soit bon de vivre dans le monde entier sans, pour dire le vrai, se soucier de notre pays. Cela ne nous convient pas. (…) Vous savez, il y a un terme devenu démodé dans un certain sens, ce terme est « nationaliste ». Mais vous savez qui je suis? Je suis un nationaliste. OK? Je suis nationaliste. Saisissez-vous de ce terme! Donald Trump
La NFL et CBS voulaient vraiment Rihanna pour l’année prochaine à  Atlanta. Ils lui ont fait l’offre, mais elle a dit non à cause de la polémique sur le genou au sol. Elle n’est pas d’accord avec la position de la NFL. Proche de la chanteuse Rihanna
Je sais que ça ressemble à un sacrifice de privilégiée, mais c’est tout ce que je peux faire. Frapper la NFL au niveau des annonceurs, c’est le seul moyen de leur faire vraiment mal. Je sais que s’opposer à la NFL, c’est comme s’opposer à la NRA (une association américaine qui fait la promotion des armes à feu, ndlr). C’est très dur, mais vous ne voulez pas être fier de votre vie? Amy Schumer
Car les yeux du monde sont dorénavant tournés vers l’espace, vers la Lune et les planètes au-delà, et nous avons fait le serment de ne pas voir cet espace sous le joug d’un étendard hostile et spoliateur, mais sous la bannière de la liberté et de la paix. Nous avons fait le serment de ne pas voir l’espace envahi par des armes de destruction massive, mais par des instruments de connaissance et de découverte. Cependant, les promesses de cette nation ne pourront être tenues qu’à l’impérieuse condition que nous soyons les premiers. Et telle est bien notre intention. En résumé, notre suprématie dans le domaine scientifique et industriel, nos espoirs de paix et de sécurité, nos obligations envers nous-mêmes et envers les autres, tout cela exige de nous cet effort ; afin de percer ces mystères pour le bien de l’humanité toute entière et devenir la première nation au monde à s’engager dans l’espace. Nous levons les voiles pour explorer ce nouvel océan, car il y a de nouvelles connaissances à acquérir, de nouveaux droits à conquérir, qui doivent être conquis et utilisés pour le développement de tous les peuples. Car la science spatiale, comme la science nucléaire et toutes les technologies, n’a pas de conscience intrinsèque. Qu’elle devienne une force bénéfique ou maléfique dépend de l’homme et c’est seulement si les États-Unis occupent une position prééminente que nous pourrons décider si ce nouvel océan sera un havre de paix ou un nouveau champ de bataille terrifiant. John Kennedy (12.09.1962)
In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag. My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artefact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions. Neil Armstrong
C’est de la folie totale. Et un mauvais service rendu à un moment où notre peuple a besoin de rappels de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble. Le peuple américain a payé pour cette mission, sur des fusées construites par des Américains, avec de la technologie américaine et pour transporter des astronautes américains. Ce n’était pas une mission de l’ONU. Marco Rubio
I think it’s very unfortunate. (…) it’s almost like they’re embarrassed at the achievement coming from America. I think it’s a terrible thing. (…) because when you think of Neil Armstrong and when you think about the landing on the moon, you think about the American flag. And I understand they don’t do it. So for that reason I wouldn’t even want to watch the movie. (…) I don’t want to get into the world of boycotts. Same thing with Nike. I wouldn’t say you don’t buy Nike because of the Colin Kaepernick. I mean, look, as much as I disagree, as an example, with the Colin Kaepernick endorsement, in another way, I wouldn’t have done it. In another way, it is what this country is all about, that you have certain freedoms to do things that other people may think you shouldn’t do. So you know, I personally am on a different side of it, you guys are probably too, I’m on a different side of it. Donald Trump
Pour répondre à la question de savoir s’il s’agissait d’une revendication politique, la réponse est non. Mon but avec ce film était de partager avec le public les aspects invisibles et inconnus de la mission états-unienne sur la lune – en particulier la saga personnelle de Neil Armstrong et ce qu’il a pu penser et ressentir pendant ces quelques heures de gloire. Damien Chazelle
Cette histoire est humaine et elle est universelle. Bien sûr, il célèbre une réalisation américaine. Il célèbre également une réalisation ‘pour toute l’humanité. Les cinéastes ont choisi de se concentrer sur Neil qui regarde la Terre, sa marche vers le Petit Cratère Occidental, son expérience personnelle et unique de clôturer ce voyage, un voyage qui a eu tant de hauts et de bas dévastateurs. Mark et Rick Armstrong
Je pense que cela a été largement considéré à la fin comme une réalisation humaine [et] c’est ainsi que nous avons choisi de voir les choses. Je pense aussi que Neil était extrêmement humble, comme beaucoup de ces astronautes, et qu’à maintes reprises, il a différé l’attention de lui-même aux 400 000 personnes qui ont rendu la mission possible. Ryan Gosling
I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible. He was reminding everyone that he was just the tip of the iceberg – and that’s not just to be humble, that’s also true. So I don’t think that Neil viewed himself as an American hero. From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. I’m Canadian, so might have cognitive bias. Ryan Gosling
As a half-Canadian, half-French, I agree with everything Ryan said. Damien Chazelle
We’ve read a number of comments about the film today and specifically about the absence of the flag planting scene, made largely by people who haven’t seen the movie. As we’ve seen it multiple times, we thought maybe we should weigh in. This is a film that focuses on what you don’t know about Neil Armstrong. It’s a film that focuses on things you didn’t see or may not remember about Neil’s journey to the moon. The filmmakers spent years doing extensive research to get at the man behind the myth, to get at the story behind the story. It’s a movie that gives you unique insight into the Armstrong family and fallen American Heroes like Elliot See and Ed White. It’s a very personal movie about our dad’s journey, seen through his eyes. This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement “for all mankind,” as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon. It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible. Although Neil didn’t see himself that way, he was an American hero. He was also an engineer and a pilot, a father and a friend, a man who suffered privately through great tragedies with incredible grace. This is why, though there are numerous shots of the American flag on the moon, the filmmakers chose to focus on Neil looking back at the earth, his walk to Little West Crater, his unique, personal experience of completing this journey, a journey that has seen so many incredible highs and devastating lows. In short, we do not feel this movie is anti-American in the slightest. Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves. Rick and Mark Armstrong and James R. Hansen
In ‘First Man’ I show the American flag standing on the lunar surface, but the flag being physically planted into the surface is one of several moments of the Apollo 11 lunar EVA that I chose not to focus upon. To address the question of whether this was a political statement, the answer is no. My goal with this movie was to share with audiences the unseen, unknown aspects of America’s mission to the moon — particularly Neil Armstrong’s personal saga and what he may have been thinking and feeling during those famous few hours. I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the LEM, his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar EVA. This was a feat beyond imagination; it was truly a giant leap for mankind. This film is about one of the most extraordinary accomplishments not only in American history, but in human history. My hope is that by digging under the surface and humanizing the icon, we can better understand just how difficult, audacious and heroic this moment really was. Damien Chazelle
[The moon landing] cost money, it tore families apart. There was this tremendous sacrifice and loss that came with the success story that we all know,” Chazelle said. “That, in some ways more than anything, was what motivated us — trying to put a human face to that toll and really pay tribute to the people who literally gave everything so that all of us can grow up knowing that people walked on the moon. Damien Chazelle
By focusing on that loss and sacrifice and failure, it humanizes this person who we think of as an idol and helps us really understand that this wasn’t easy, this wasn’t superheroes that did it. Josh Singer
I don’t know if I’ll do that. That’s a hard one — never conquered the script on that. To tell the drama of it is going to be difficult. I’ve met with him, played golf with him. He’s a very nice guy but he likes his privacy and I can’t blame him for that. Clint Eastwood
Voulant absolument se décoller des références L’Etoffe des héros et Apollo (la grandeur de la nation américaine dans toute sa splendeur), Chazelle bidouille les séquences dans l’espace en secouant sa caméra, en bricolant l’image et en filmant les poils de barbe de son personnage. C’est parfois un peu fatigant parce que systématique.  En revanche – et c’est là où l’eastwoodien qui est en lui se réveille – la partie intimiste est passionnante. Armstrong est prêt à tout sacrifier pour être le premier. Pas forcément pour recevoir les applaudissements mais pour nourrir sa propre névrose. Comme si le héros américain, bouffé par une machine mythologique basée sur le « do it yourself » devait forcément en passer par là. Armstrong a le visage fermé et Ryan Gosling, qui n’est pas l’acteur le plus expressif au monde, est parfait. Claire Foy, son épouse, également ; femme de tête, actrice de coeur. La face cachée de la Lune est finalement ce qu’il y a de plus intéressant à voir. L’Express
Avec La La Land, Damien Chazelle, le jeune prodige de Hollywood, remettait de la fragilité dans la glorieuse comédie musicale à l’américaine : danser et chanter n’y était pas si facile pour les deux acteurs principaux, et la mise en scène exploitait subtilement leurs faiblesses. Dans cette biographie de Neil Armstrong, la discipline incertaine, laborieuse, faillible, c’est la conquête spatiale elle-même. Le cinéaste insiste sans cesse sur la précarité des engins et vaisseaux pilotés par l’astronaute, du début des années 1960 à ses premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969. Leitmotiv des scènes d’action : les antiques cadrans à aiguilles s’affolent, les carlingues tremblotent, fument, prennent feu… La réussite, lorsqu’elle survient, paraît arbitraire, et ne parvient jamais à dissiper l’effroi et le doute devant l’entreprise du héros. Voilà comment, dès la saisissante première scène, le réalisateur s’approprie le genre si codifié du biopic hollywoodien. Le visage de Ryan Gosling est l’autre facteur majeur de stylisation. Avec son jeu minimaliste, son refus de l’expressivité ordinaire, l’acteur de Drive bloque la sympathie et l’identification. Damien Chazelle filme sa star en très gros plans, avec une fascination encore accentuée depuis La La Land : Ryan Gosling est lunaire bien avant d’alunir et il le demeure ensuite. Le scénario donne et redonne, trop souvent, l’explication la plus évidente à cette absence mélancolique — la perte d’une fille, emportée en bas âge par le cancer. Cette tragédie intime, véridique, devient même la composante la plus convenue, avec flash-back mélodramatiques sur le bonheur familial perdu, un peu comme pour le personnage de spationaute de Sandra Bullock dans Gravity, d’Alfonso Cuarón. Or l’attendrissement sied peu à Damien Chazelle, cinéaste cruel, dur — voir le sadisme de Whiplash, et le gâchis amoureux de La La Land, pour cause d’égocentrisme des deux amants. Le film brille, en revanche, dès qu’il s’agit de la distance qui éloigne toujours plus le héros des siens — sa femme et ses deux fils —, au fil des expériences spatiales. Sommé par son épouse d’annoncer son départ vers la Lune à ses enfants, Neil Armstrong leur parle soudain comme s’il était en conférence de presse, sans plus d’émotion ni de tendresse — scène glaçante. Plus tard, l’homme (en quarantaine après une mission) est séparé de sa femme par une épaisse cloison de verre. La paroi devient alors, tout comme le casque-miroir du scaphandre, le symbole d’une vie à part, « hors de ce monde » — les mots de l’épouse. A la même époque, des mouvements sociaux dénoncent, aux Etats-Unis, les dépenses publiques faramineuses consacrées à la conquête spatiale, tandis que des millions de citoyens vivent mal. Damien Chazelle s’attarde sur cette critique-là, comme pour contredire la formule d’Armstrong une fois sur la Lune : « … un grand pas pour l’humanité »… Scepticisme et froideur contribuent ainsi à élever First Man au-delà de l’hagiographie attendue, au profit d’une réelle étrangeté, et d’une grande tenue. Télérama
Damien Chazelle nous propose d’entrer dans l’intimité de ce héros de l’espace. Cernant au plus près ce personnage complexe, qui n’arriva jamais à faire le deuil d’une enfant de deux ans emportée par une tumeur au cerveau, il nous fait ainsi entrer dans la psyché de ces pionniers de l’aventure spatiale. Très vite, et une scène en particulier est terrifiante, Neil Armstrong est littéralement absorbé par son envie d’infini, de découverte, au point de dire au revoir à ses enfants, en 1969, sous forme d’interview ! (…) Entre drame intime et conquête spatiale, le dernier opus de Damien Chazelle est aussi un véritable documentaire sur ces moments exceptionnels.  (…) Si le scénario fait l’impasse sur le fanion américain hardiment planté sur le sol lunaire, il ne fait pas l’économie des problèmes liés aux dépenses titanesques de la recherche spatiale aux USA. Sommes absolument exorbitantes dont le but inavoué était de rattraper le retard sur l’URSS dans ce domaine… Actu.fr
What do words cost? In contemporary Hollywood, quite a bit, apparently. If you believe those who say First Man was hurt by Ryan Gosling’s ‘globalist’ defense of director Damien Chazelle’s decision not to depict astronaut Neil Armstrong’s planting of an American flag on the moon—and the Internet is crawling with those who make that claim—then Gosling’s explanation cost up to $45,000 a word this weekend. First Man, from Universal and DreamWorks among others, opened to about $16.5 million in ticket sales at the domestic box office. That’s $4.5 million short of expectations that were pegged at around $21 million. At the Venice Film Festival in late August, Gosling, who is Canadian, spoke about 100 words in defending the flag-planting omission. “I don’t think that Neil viewed himself as an American hero,” he said:  “From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. If the ensuing controversy really suppressed ticket sales—and who can know whether sharper-than-expected competition from Venom and A Star Is Born was perhaps a bigger factor?—the $45,000-per-word price tag is just a down payment. Under-performance by First Man of, say, $50 million over the long haul would raise the per-word price to a breathtaking $500,000. Such is the terror of entertainment in the age of digital rage and partisanship. The simplest moment of candor at a routine promotional appearance can suddenly become a show-killer. The real math, of course, is mysterious. To what extent a slip of the tongue or an interesting thought helped or hindered a film or television show will never be clear. But, increasingly, the stray word seems to be taking a toll on vastly expensive properties that have been years, or even decades, in the making. Michael Cieply
Movies about space exploration have tended to be pretty strong box-office performers lately, whether they’re films based on events that did happen, films based on events that didn’t happen or films based on events that will one day happen if only we could get Matt Damon enough potatoes. So it’s been a surprise to see “First Man,” the Neil Armstrong drama starring Ryan Gosling and Claire Foy and directed by “La La Land” filmmaker Damien Chazelle, do as poorly as it has. The film took in just $16 million last week in its first weekend of release, despite showing on nearly 4,000 screens. (…) It didn’t do much better on its second weekend — barely $8 million in receipts and bested by four other releases. Absent a major awards run, the film seems poised to become a disappointment for its studio, Universal, not to mention its star and its previously red-hot director. (…) “First Man,” about one of the great unifying American achievements of the 20th century and the internal conflict of the man who risked hi s life to achieve it, was humming along, seemingly set for a nice theatrical run after its premieres at the upscale Venice and Toronto film festivals in the late summer. That’s when several outlets, including Business Insider, pointed out the absence of an iconic moment in the moon-landing saga, with Armstrong not shown planting the American flag on the lunar surface. Gosling himself, a Canadian, poured some unintentional gasoline on the flame when he told reporters that “I don’t think he saw himself as an American hero,” referring to Armstrong. (…) This in turn set off political leaders, particularly Sen. Marco Rubio (R-Fla.). (…) The Rubio criticism was echoed by a number of public figures, including fellow Armstrong moonwalker Buzz Aldrin, who tweeted photos many saw as a pointed response to the omission. (…) By the time it was over, the film had become as divisive as the lunar-landing itself was unifying. Some Hollywood pundits certainly thought so. In a post on the trade site Deadline, Michael Cieply asked, “What Do Words Cost? For ‘First Man,’ Perhaps, Quite A Lot,” and broke down the box-office underperformance by the word count in Gosling’s interview. Meanwhile, the Hollywood Reporter columnist Scott Feinberg advanced the theory even more directly. “FIRST MAN got Swiftboated,” he posted on Twitter, referring to the politically motivated set of attacks during the 2004 presidential election about John Kerry’s Vietnam War record. “I genuinely believe its box-office performance was undercut by the BS about the planting of the American flag.” He makes a potent case, given the decibel level of the controversy and the fact that “First Man” contains subject matter that might be expected to play strongly in red states. (…) One inference they both might have pointed out, and even agreed on: In times so divided, making a movie about unity could be the most politicizing act of all. Steven Zeitchik
The First Man true story reveals that unlike many astronauts, Neil Armstrong was not the hotshot type, nor was he a fame-seeker. He was a man of few words who was driven to accomplish something no other human being had done. Up to his death, he largely remained a bit of an enigma. (…) The movie is based on author James R. Hansen’s New York Times bestselling biography First Man: The Life of Neil A. Armstrong. First published in 2005, the book is the only official biography of Armstrong. (…) Film rights to the book were sold in 2003, prior to its publication, but a Neil Armstrong movie took years to get off the ground. Initially, Clint Eastwood had been attached to direct. (…) As we explored the First Man true story, we quickly discovered that there are no good photos of Neil Armstrong on the Moon. (…) The reason for the lack of photos of Armstrong on the lunar surface is because most of the time it was Armstrong who was carrying the camera. (…) Aldrin (…) felt horrible that there were so few photos of Armstrong but there was too much going on at the time to realize it. The most iconic shot of an astronaut on the Moon is of Buzz Aldrin standing and posing for the camera. If you look closely at that photo, you can actually see Armstrong taking the picture in the visor’s reflection. (…) We do know that he took with him remnants of fabric and the propeller from the Wright Brothers plane in which they took the first powered flight in 1903. (…) Armstrong’s Moon walk lasted 2 and 3/4 hours, even though it feels much shorter in the movie. Astronauts on the five subsequent NASA missions that landed men on the Moon were given progressively longer periods of time to explore the lunar surface, with Apollo 17 astronauts spending 22 hours on EVA (Extravehicular Activity). The reason Armstrong and Buzz Aldrin didn’t get to spend more time outside the Lunar Module is that there were uncertainties as to how well the spacesuits would hold up to the extremely high temperatures on the lunar surface. History vs. Hollywood
When Neil Armstrong and Buzz Aldrin planted the American flag on the moon in 1969, it marked one of the proudest moments in US history. But a new film about Armstrong has chosen to leave out this most patriotic of scenes, arguing that the giant leap for mankind should not be seen as an example of American greatness. The film, First Man, was unveiled at the Venice Film Festival yesterday, where the absence of the stars and stripes was noted by critics. Its star, Ryan Gosling, was asked if the film was a deliberately un-American take on the moon landing. He replied that Armstrong’s accomplishment « transcended countries and borders ». (…)The planting of the flag was controversial in 1969. There was disagreement over whether a US or United Nations flag should be used. Armstrong said later: « In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag. My job was to get the flag there. » The Telegraph
On Thursday evening, Ryan Gosling made international news when he justified the fact that the new Damien Chazelle biopic of Neil Armstrong will skip the whole planting the American flag on the moon thing. Gosling, a Canadian, explained, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it.” Now, the real reason that the film won’t include the planting of the American flag is that the distributors obviously fear that Chinese censors will be angry, and that foreign audiences will scorn the film. But it’s telling that the Left seems to attribute every universal sin to America, and every specific victory to humanity as a whole. Slavery: uniquely American. Racism: uniquely American. Sexism: uniquely American. Homophobia: uniquely American. Putting a man on the moon: an achievement of humanity. All of this is in keeping with a general perspective that sees America as a nefarious force in the world. This is Howard Zinn’s A People’s History of the United States view: that America’s birth represented the creation of a terrible totalitarian regime, but that Maoist China is the “closest thing, in the long history of that ancient country, to a people’s government, independent of outside control”; that Castro’s Cuba had “no bloody record of suppression,” but that the U.S. responded to the “horrors perpetrated by the terrorists against innocent people in New York by killing other innocent people in Afghanistan.” In reality, however, America remains the single greatest force for human freedom and progress in the history of the world. And landing a man on the moon was part of that uniquely American legacy. President John F. Kennedy announced his mission to go to the moon in 1961; in 1962, he gave a famous speech at Rice University in which he announced the purpose of the moon landing (…) The moon landing was always nationalist. It was nationalism in service of humanity. But that’s been America’s role in the world for generations. Removing the American flag from an American mission demonstrates the anti-American animus of Hollywood, if we’re to take their values-laden protestations seriously. Ben Shapiro
When the prime minister says Canada is the world’s “first postnational state,” I believe he’s saying this is a place where respect for minorities trumps any one group’s way of doing things. (…) The New York Times writer who obtained this quote said Trudeau’s belief Canada has no core identity is his “most radical” political position. It seems especially so combined with criticism Trudeau is a lightweight on national security and sovereignty. Not too many Canadians, however, seem disturbed by Trudeau talking about us as a “postnational state.” Maybe they just write it off as political bafflegab. But of all the countries in the world, Canada, with its high proportion of immigrants and official policy of multiculturalism, may also be one of the few places where politicians and academics treat virtually all forms of nationalism with deep suspicion. Of course, no one defends nationalism in its rigid or extreme forms. Ultranationalism has been blamed for us-against-them belligerence throughout the 20th century, which led to terrible military aggressions out of Germany, Japan, the former Yugoslavia, China and many regions of Africa. But would it be wise to let nationalism die? What if our sense of a national identity actually was eradicated? What if borders were erased and the entire world became “transnational?” We sometimes seem to be heading that way, with the rise of the European Union, the United Nations and especially transnational deals such as the North American Free Trade Agreement and the looming Trans-Pacific Partnership. The aim of these transnational business agreements is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global migrants and money. Such transnational agreements benefit some, especially the “cosmopolitan” elites and worldwide corporations. But the results for others are often not pretty. (…) Trudeau contradicts himself, or is at least being naive, when he argues Canada is a postnational state. On one hand Trudeau claims Canada has no “core identity.” On the other hand he says the Canadian identity is quite coherent – we all share the values of “openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice. » Can it be both ways? Most Canadians don’t think so. Regardless of what Trudeau told the New York Times, a recent Angus Reid Institute poll confirmed what many Canadians judge to be common sense: 75 per cent of residents believe there is a “unique Canadian culture.” I wish some of that common sense about nationalism was being brought to the housing affordability crisis in Vancouver and Toronto. (…) As a result many average Canadians who are desperate to make a home and livelihood in Metro Vancouver can’t come close to affording to live here. It’s the kind of thing that can happen when too many politicians believe we’re living in the world’s first “postnational state.” Douglas Todd
Dans le cas de Christophe Guilluy, traité par le géographe, Jacques Lévy, invité le 9 octobre des Matins de Guillaume Erner sur France Culture, d’ « idéologue géographe du Rassemblement national », ce sont vingt-et-un géographes, historiens, sociologues, politistes, membres de la rédaction de la revue Métropolitiques, qui se sont chargés de l’exécution pour la partie scientifique, quand Thibaut Sardier, journaliste à Libération se chargeait du reste consistant, pour l’essentiel, à trouver une cohérence à des potins glanés auprès de personnes ayant côtoyé Christophe Guilluy ou ayant un avis sur lui. La tribune des vingt-et-un s’intitule « Inégalités territoriales : parlons-en ! » On est tenté d’ajouter : « Oui, mais entre nous ! ». On se demande si les signataires ont lu le livre qu’ils attaquent, tant la critique sur le fond est générale et superficielle. Ils lui reprochent d’abord le succès de sa France périphérique qui a trouvé trop d’échos, à leur goût, dans la presse, mais aussi auprès des politiques, de gauche comme de droite. Pour le collectif de Métropolitiques, Christophe Guilluy est un démagogue et un prophète de malheur qui, lorsqu’il publie des cartes et des statistiques, use « d’oripeaux scientifiques » pour asséner des « arguments tronqués ou erronés », « fausses vérités » qui ont des « effets performatifs ». Christophe Guilluy aurait donc fait naître ce qu’il décrit, alimentant ainsi « des visions anxiogènes de la France ». Ce collectif se plaint de l’écho donné par la presse aux livres de Christophe Guilluy qui soutient des « théories nocives », alors que ses membres si vertueux, si modestes, si rigoureux et si honnêtes intellectuellement sont si peu entendus et que « le temps presse ». Le même collectif aurait, d’après Thibaut Sardier, déclaré que l’heure n’était plus aux attaques ad hominem ! On croit rêver. Thibaut Sardier, pour la rubrique « potins », présente Christophe Guilluy comme un « consultant et essayiste […], géographe de formation [qui] a la réputation de refuser les débats avec des universitaires ou les interviews dans certains journaux, comme Libé ». L’expression « géographe de formation » revient dans le texte pour indiquer au lecteur qu’il aurait tort de considérer Christophe Guilluy comme un professionnel de la géographie au même titre que ceux qui figurent dans le collectif, qualifiés de chercheurs, ou que Jacques Lévy. Je cite : « Le texte de Métropolitiques fait écho aux relations houleuses entre l’essayiste, géographe de formation, et les chercheurs. » Si l’on en croit Thibaut Sardier, Christophe Guilluy aurait le temps d’avoir des relations avec LES chercheurs en général. Le même Thibaut Sardier donne à Jacques Lévy, le vrai géographe, l’occasion de préciser sa pensée : « Je ne veux pas dire qu’il serait mandaté par le RN. Mais sa vision de la France et de la société correspond à celle de l’électorat du parti. » Le journaliste a tendance à lui donner raison. La preuve : « La place qu’il accorde à la question identitaire et aux travaux de Michèle Tribalat, cités à droite pour défendre l’idée d’un ‘grand remplacement’ plaide en ce sens. » Thibaut Sardier se fiche pas mal de ce que j’ai pu effectivement écrire – il n’a probablement jamais lu aucun de mes articles ou de mes livres – tout en incitant incidemment le lecteur à l’imiter, compte tenu du danger qu’il encourrait s’il le faisait. Ce qui compte, c’est que je sois lue et citée par les mauvaises personnes. Ne pas croire non plus à l’affiliation à gauche de Christophe Guilluy. Le vrai géographe en témoigne : « On ne peut être progressiste si on ne reconnaît pas le fait urbain et la disparition des sociétés rurales. » Voilà donc des propos contestant l’identité politique que Christophe Guilluy pourrait se donner pour lui en attribuer une autre, de leur choix, et qui justifie son excommunication, à une époque où il est devenu pourtant problématique d’appeler Monsieur une personne portant une moustache et ayant l’air d’être un homme ! Et l’on reproche à Christophe Guilluy de ne pas vouloir débattre avec ceux qui l’écrasent de leur mépris, dans un article titré, c’est un comble, « Peut-on débattre avec Christophe Guilluy ? » Mais débattre suppose que l’on considère celui auquel on va parler comme son égal et non comme une sorte d’indigent intellectuel que l’on est obligé de prendre en compte, de mauvais gré, simplement parce que ses idées ont du succès et qu’il faut bien combattre les théories nocives qu’il développe. Michèle Tribalat
Étant donné l’état de fragilisation sociale de la classe moyenne majoritaire française, tout est possible. Sur les plans géographique, culturel et social, il existe bien des points communs entre les situations françaises et américaines, à commencer par le déclassement de la classe moyenne. C’est « l’Amérique périphérique » qui a voté Trump, celle des territoires désindustrialisés et ruraux qui est aussi celle des ouvriers, employés, travailleurs indépendants ou paysans. Ceux qui étaient hier au cœur de la machine économique en sont aujourd’hui bannis. Le parallèle avec la situation américaine existe aussi sur le plan culturel, nous avons adopté un modèle économique mondialisé. Fort logiquement, nous devons affronter les conséquences de ce modèle économique mondialisé : l’ouvrier – hier à gauche –, le paysan – hier à droite –, l’employé – à gauche et à droite – ont aujourd’hui une perception commune des effets de la mondialisation et rompent avec ceux qui n’ont pas su les protéger. La France est en train de devenir une société américaine, il n’y a aucune raison pour que l’on échappe aux effets indésirables du modèle. (…) Dans l’ensemble des pays développés, le modèle mondialisé produit la même contestation. Elle émane des mêmes territoires (Amérique périphérique, France périphérique, Angleterre périphérique… ) et de catégories qui constituaient hier la classe moyenne, largement perdue de vue par le monde d’en haut. (…) la perception que des catégories dominantes – journalistes en tête – ont des classes populaires se réduit à leur champ de vision immédiat. Je m’explique : ce qui reste aujourd’hui de classes populaires dans les grandes métropoles sont les classes populaires immigrées qui vivent dans les banlieues c’est-à-dire les minorités : en France elles sont issues de l’immigration maghrébine et africaine, aux États-Unis plutôt blacks et latinos. Les classes supérieures, qui sont les seules à pouvoir vivre au cœur des grandes métropoles, là où se concentrent aussi les minorités, n’ont comme perception du pauvre que ces quartiers ethnicisés, les ghettos et banlieues… Tout le reste a disparu des représentations. Aujourd’hui, 59 % des ménages pauvres, 60 % des chômeurs et 66 % des classes populaires vivent dans la « France périphérique », celle des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux. (…) Faire passer les classes moyennes et populaires pour « réactionnaires », « fascisées », « pétinisées » est très pratique. Cela permet d’éviter de se poser des questions cruciales. Lorsque l’on diagnostique quelqu’un comme fasciste, la priorité devient de le rééduquer, pas de s’interroger sur l’organisation économique du territoire où il vit. L’antifascisme est une arme de classe. Pasolini expliquait déjà dans ses Écrits corsaires que depuis que la gauche a adopté l’économie de marché, il ne lui reste qu’une chose à faire pour garder sa posture de gauche : lutter contre un fascisme qui n’existe pas. C’est exactement ce qui est en train de se passer. (…) Il y a un mépris de classe presque inconscient véhiculé par les médias, le cinéma, les politiques, c’est énorme. On l’a vu pour l’élection de Trump comme pour le Brexit, seule une opinion est présentée comme bonne ou souhaitable. On disait que gagner une élection sans relais politique ou médiatique était impossible, Trump nous a prouvé qu’au contraire, c’était faux. Ce qui compte, c’est la réalité des gens depuis leur point de vue à eux. Nous sommes à un moment très particulier de désaffiliation politique et culturel des classes populaires, c’est vrai dans la France périphérique, mais aussi dans les banlieues où les milieux populaires cherchent à préserver ce qui leur reste : un capital social et culturel protecteur qui permet l’entraide et le lien social. Cette volonté explique les logiques séparatistes au sein même des milieux modestes. Une dynamique, qui n’interdit pas la cohabitation, et qui répond à la volonté de ne pas devenir minoritaire. (…) La bourgeoisie d’aujourd’hui a bien compris qu’il était inutile de s’opposer frontalement au peuple. C’est là qu’intervient le « brouillage de classe », un phénomène, qui permet de ne pas avoir à assumer sa position. Entretenue du bobo à Steve Jobs, l’idéologie du cool encourage l’ouverture et la diversité, en apparence. Le discours de l’ouverture à l’autre permet de maintenir la bourgeoisie dans une posture de supériorité morale sans remettre en cause sa position de classe (ce qui permet au bobo qui contourne la carte scolaire, et qui a donc la même demande de mise à distance de l’autre que le prolétaire qui vote FN, de condamner le rejet de l’autre). Le discours de bienveillance avec les minorités offre ainsi une caution sociale à la nouvelle bourgeoisie qui n’est en réalité ni diverse ni ouverte : les milieux sociaux qui prônent le plus d’ouverture à l’autre font parallèlement preuve d’un grégarisme social et d’un entre-soi inégalé. (…) Nous, terre des lumières et patrie des droits de l’homme, avons choisi le modèle libéral mondialisé sans ses effets sociétaux : multiculturalisme et renforcement des communautarismes. Or, en la matière, nous n’avons pas fait mieux que les autres pays. (…) Le FN n’est pas le bon indicateur, les gens n’attendent pas les discours politiques ou les analyses d’en haut pour se déterminer. Les classes populaires font un diagnostic des effets de plusieurs décennies d’adaptation aux normes de l’économie mondiale et utilisent des candidats ou des référendums, ce fut le cas en 2005, pour l’exprimer. Christophe Guilluy
Les candidats ont compris que la France périphérique existait, c’est pourquoi leurs diagnostics sont assez proches. Mais ils ont la plus grande difficulté à remettre en cause leur modèle économique, aussi ne dépassent-ils pas le stade du constat. Un parti et un discours politiques s’adressent d’abord à un électorat. Or, l’électorat de la France périphérique se trouve ailleurs que dans les grands partis de gouvernement, ce qui complique un peu les choses. François Fillon a compris que son socle électoral libéral-conservateur ne suffisait pas et qu’il devait aussi parler à cette France populaire périphérique. Au PS, certains cadres m’ont contacté pendant la primaire car ils ont compris que quelque chose se jouait dans ces territoires. Mais ces élus lucides sont enfermés dans leur électorat, ce qui n’aide pas ces thématiques à émerger. En réalité, aucune thématique n’a émergé dans la campagne présidentielle. Une fois l’affaire Fillon retombée, le débat portera sur un autre sujet monothématique :  quel niveau le Front national atteindra. Cela permet de ne pas parler de l’essentiel. (…) Le Front national n’est que la fin d’une longue histoire de mise à l’écart de ce qu’on appelait hier la classe moyenne et aujourd’hui les classes populaires. Ces dernières soulèvent des problèmes aussi essentiels que le choix du modèle économique mondialisé, le multiculturalisme, les flux migratoires. Passer son temps à se demander si Marine Le Pen peut atteindre 30%, 35%, 45% voire être élue permet de faire l’impasse sur le fond. Si rien n’est fait, Marine Le Pen ou un autre candidat contestant le modèle dominant sous une autre étiquette gagnera en 2022, si ce n’est en 2017. On est à un moment de basculement. Il suffit de prolonger les courbes et les dynamiques en cours pour comprendre que si cela ne se fait pas maintenant, cela arrivera plus tard. De deux choses l’une : soit on décide de se rendre sur ces territoires délaissés et de prendre au sérieux le diagnostic des habitants, soit on reste dans une logique de citadelle qui consiste à serrer les fesses pour préserver l’essentiel et essayer de passer encore un tour. (…) Rien ne sert de s’alarmer sans comprendre les causes des phénomènes qu’on combat. Le FN n’est qu’un indicateur. De la même manière, après le Brexit et l’élection de Trump, le monde d’en haut a exprimé son angoisse. Mais les racines du Brexit sont à chercher dans le thatchérisme qui a désindustrialisé le Royaume-Uni. Et les racines de la victoire de Trump se trouvent dans les années 1980 et 1990, époque de dérégulation et de financiarisation de l’économie sous Reagan et Clinton. Sur le temps long, l’émergence du Front national correspond bien sûr à l’installation d’une immigration de masse mais aussi à la désindustrialisation de la France engagée à la fin des années 1970. (…) C’est systémique. Jusqu’à une certaine mesure, la diabolisation du FN marche. Car si on prend une à une les grandes thématiques qui structurent l’électorat, comme le rapport à la mondialisation, le capitalisme mondialisé, la financiarisation, l’immigration (70% des Français considèrent qu’il faut arrêter les flux migratoires !), on obtient des majorités écrasantes en faveur du discours du FN. Et pourtant le Front national ne rassemble qu’une minorité d’électeurs. Cela veut bien dire que la diabolisation fonctionne, quoique de plus en plus mal. Si le système en place parvient à faire élire un Macron, il préservera l’essentiel mais en sortira fragilisé : certains sondages donnent Marine Le Pen à 40% voire 45% au second tour, ce qui est considérable par rapport aux 18% de Jean-Marie Le Pen en 2002. La dynamique est de ce côté-là. De ce point de vue, la grande différence entre Marine Le Pen et Donald Trump c’est que celui-ci avait la puissance du Parti républicain derrière lui, ce dont ne dispose pas la présidente du FN. (…) N’oublions pas que la France d’en haut agglomère beaucoup de monde, toutes les catégories qui veulent sauver le statu quo ou l’accentuer, autant dire les privilégiés et les bénéficiaires du système économique en place. Ce qui est intéressant chez Macron, c’est qu’il se définit comme un candidat ni de gauche ni de droite. Il arrive d’en haut et en cas de duel avec Marine Le Pen au second tour, on verra un clivage chimiquement pur : le haut contre le bas, les métropoles mondialisées contre la France périphérique, etc. Même si ces sujets-là ne seront à mon avis pas abordés si on a droit à une quinzaine antifasciste entre les deux tours. On voit bien que le clivage droite-gauche est cassé. Mais l’amusant, c’est qu’au moment où ce clivage ne marche plus, on organise des primaires de gauche et de droite dont les vainqueurs (Hamon et Fillon) sont d’ailleurs aujourd’hui dans l’impasse ! (…) J’avais rencontré Emmanuel Macron et lui avais montré mes cartes. Dans son livre Révolution, il cite d’ailleurs La France périphérique plusieurs fois. C’est quelqu’un d’intelligent qui valide mon diagnostic sans bouger de son système idéologique. Selon la bonne vieille logique des systèmes, quand le communisme ne marche plus, il faut plus de communisme, quand le modèle mondialisé ne fait pas société, quand la métropolisation ne marche pas, il faut encore plus de mondialisation et de métropolisation ! Le bateau ne change pas de direction mais tangue sérieusement (…) Pour le moment, personne n’offre de véritable modèle alternatif. C’est toute la difficulté. Quand je me balade en France, j’entends des élus qui ont des projets de développement locaux mais tout cela est très dispersé et ne fait pas un projet à l’échelle du pays. D’autant que ces élus et ces territoires détiennent de moins en moins de pouvoir politique. A l’image de la Clause Molière contre le travail détaché, c’est par petites touches que le système sera grignoté. Mais n’oublions pas que les élus locaux ne pèsent absolument rien ! Les départements n’ont par exemple plus aucune compétence économique, ce qui fait que la France périphérique a perdu non seulement sa visibilité culturelle mais aussi son pouvoir politique. Changer les choses exige une certaine mobilité intellectuelle car il ne s’agira pas de gommer du jour au lendemain le modèle économique tel qu’il est. On ne va pas supprimer les métropoles et se priver des deux tiers du PIB français ! Dans l’état actuel des choses, l’économie française se passe de la France périphérique, crée suffisamment de richesses et fait un peu de redistribution. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’idée du revenu universel arrive aujourd’hui sur le devant de la scène avec Benoît Hamon. (…) La question centrale demeure : comment donner du travail à ces millions de Français ? Comment faire société avec cette France rurale et péri-urbaine ? Le revenu universel valide la mise à l’écart de la classe moyenne paupérisée dans les pays développés. A partir de là, reste à gérer politiquement la question pour éviter les révoltes et autres basculements politiques violents. Dans l’esprit des gagnants de la mondialisation, cela risque de se faire à l’ancienne, avec beaucoup de redistribution, des cotations, voire un revenu universel. Mais ils oublient un petit détail : ce gros bloc constitue potentiellement une majorité de Français !  En réalité, les tenants du système n’ont aucun projet pour le développement économique de ces territoires, si ce n’est de prétendre que la prospérité des métropoles arrivera par ruissellement jusqu’aux zones rurales et que le numérique nous fera nous en sortir. Ils ne perçoivent absolument pas la dynamique de désaffiliation politique et culturelle qui s’approfondit dans ces territoires. Ce n’est pas socialement  ni politiquement durable. Si la France d’en haut ne fixe pas comme priorité le sauvetage des classes populaires, le système est condamné. Les métropoles sont devenues les citadelles intellectuelles du monde d’en haut (…) Le FN, qui est le parti de la sortie de la classe moyenne, a capté les catégories délaissées les unes après les autres. D’abord les ouvriers, premiers touchés par la mondialisation, puis les employés, les paysans et maintenant la petite fonction publique. En face, le monde hyper-intégré se réduit comme peau de chagrin. Christophe Guilluy
Ce qui est intéressant, c’est que les deux candidats sont ceux qui se positionnent en dehors du clivage gauche-droite. Ceux qui ont été identifiés à droite et à gauche, issus des primaires, ne sont pas au second tour. La structure n’est plus le clivage gauche / droite. Le clivage qui émerge est lié complètement au temps long, c’est-à-dire à l’adaptation de l’économie française à l’économie monde. Dès 1992, avec Maastricht, ce clivage était apparu, avec la contestation d’un modèle mondialisé. Si on veut remonter plus loin, les causes sont à chercher dans le virage libéral, qui est le basculement des sociétés occidentales dans le néolibéralisme. C’est une logique ou les sociétés vont se désindustrialiser au profit de la Chine ou de l’Inde par exemple. Cela est aussi vrai avec Donald Trump ou le Brexit, qui nait de la financiarisation de l’économie américaine sous Clinton et du thatchérisme. Ce sont des dynamiques de temps long qui vont avoir un impact d’abord sur les catégories qui sont concernées par ce grand plan social de l’histoire : celui des classes moyennes. Tout cela se fait au rythme de la sortie de la classe moyenne. Logiquement, ce sont d’abord les ouvriers, qui subissent ce processus de désaffiliation politique et culturelle, qui sont les premiers à grossir le nombre des abstentionnistes et à rejoindre les mouvements populistes. Puis, ce sont les employés, les agriculteurs, qui suivent ce mouvement. La désaffiliation aux appartenances s’accentue. Les ouvriers qui votaient à gauche se retrouvent dans l’abstention ou dans le vote Front national, c’est également le cas aujourd’hui du monde rural qui votait à droite. Ce que l’on constate, c’est que l’effet majeur de la disparition des classes moyennes est de mettre hors-jeu les partis traditionnels. Parce que le Parti socialiste ou Les Républicains ont été conçus pour et par la classe moyenne. Or, ces partis continuent de s’adresser à une classe moyenne qui n’existe plus, qui est mythique. Il ne reste plus que les retraités, cela a d’ailleurs été le problème de François Fillon, qui a perdu par son incapacité à capter le vote de la France périphérique, ces gens qui sont au front de la mondialisation. Il ne capte que ceux qui sont protégés de la mondialisation ; les retraités. C’est le même constat à gauche, dont le socle électoral reste la fonction publique, qui est aussi plus ou moins protégée de la mondialisation. Nous parlons d’électorats qui se réduisent d’année en année, ce n’est donc pas un hasard que les partis qui s’adressent à eux ne parviennent plus à franchir le premier tour. C’est aussi ce qui passe en Europe, ou aux États Unis. Les territoires populistes sont toujours les mêmes, l’Amérique périphérique, l’Europe périphérique. Ce sont toujours ces territoires où l’on créé le moins d’emplois qui produisent ces résultats : les petites villes, les villes moyennes désindustrialisées et les zones rurales. La difficulté est intellectuelle pour ce monde d’en haut ; les politiques, les journalistes, les universitaires etc… Il faut penser deux choses à la fois. Objectivement, nous avons une économie qui créée de la richesse, mais ce modèle fonctionne sur un marché de l’emploi très polarisé, et qui intègre de moins en moins et créé toujours plus d’inégalités sociales et territoriales C’est ce qui a fait exploser ce clivage droite gauche qui était parfait, aussi longtemps que 2 Français sur 3 faisaient partie de la classe moyenne. Si on n’intègre pas les gens économiquement, ils se désaffilient politiquement. (…) C’est son modèle inversé. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen ont fait le constat que cela ne se jouait plus autour du clivage gauche / droite. Ils ont pris en compte la polarisation de l’économie, entre un haut et un bas, et sans classes moyennes. Dans ce sens-là, l’un est la réponse de l’autre. (…) Géographiquement, c’est l’opposition entre la France des métropoles et la France périphérique qui structure le match Emmanuel Macron/ Marine Le Pen. On a déjà pu voir quelques cartes sur l’opposition est ouest, mais ce clivage est ancien, hérité, il ne dit rien des dynamiques en cours. Lorsque j’étais étudiant ces cartes est ouest existaient déjà, elles expriment l’héritage de l’industrie, et donc de la désindustrialisation. C’est là où il y a le plus de chômage, de pauvreté, d’ouvriers, et le plus de gens qui votent FN. Ce qui est intéressant, c’est de voir les dynamiques. C’est en zoomant à partir des territoires qui créent le plus d’emplois et ceux qui en créent le moins. Par exemple, en Bretagne, ou Marine Le Pen fait 6% à Rennes, et 20% dans les zones rurales. C’est toujours un distinguo entre les dynamiques économiques. Aujourd’hui les classes populaires ne vivent plus aux endroits où se créent les emplois et la richesse. Le marché de l’immobilier s’est chargé, non pas dans une logique de complot, évidemment, mais dans une simple logique de marché, de chasser les catégories dont le marché de l’emploi n’avait pas besoin. Ces gens se trouvent déportés vers les territoires où il ne se passe rien. Or, les élites n’ont de cesse de parier sur la métropolisation, il est donc nécessaire que s’opère une révolution intellectuelle. Il serait peut-être temps de penser aux gens qui ne bénéficient pas de ces dynamiques, si on ne veut pas finir avec un parti populiste en 2022. (…) Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu’il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu’il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le « haut » intègre les problématiques du « bas » de façon sincère. C’est exactement ce qui s’était passé avec le parti communiste, qui était composé d’une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient « au nom de ». Aujourd’hui c’est la grande différence, il n’y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues. Plus personne n’y croit et c’est cela l’immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d’en bas n’est pas légitime. Ce qui est appelé « populisme ». Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l’aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L’antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n’est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d’antifascistes, ça, ce n’est qu’un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d’une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni. Cette posture antifasciste, à la fin, c’est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l’insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s’il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j’espère, c’est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l’antifascisme. Christophe Guilluy
La Corse est un territoire assez emblématique de la France périphérique. Son organisation économique est caractéristique de cette France-là. Il n’y a pas de grande métropole mondialisée sur l’île, mais uniquement des villes moyennes ou petites et des zones rurales. Le dynamisme économique est donc très faible, mis à part dans le tourisme ou le BTP, qui sont des industries dépendantes de l’extérieur. Cela se traduit par une importante insécurité sociale : précarité, taux de pauvreté gigantesque, chômage des jeunes, surreprésentation des retraités modestes. L’insécurité culturelle est également très forte. Avant de tomber dans le préjugé qui voudrait que « les Corses soient racistes », il convient de dire qu’il s’agit d’une des régions (avec la PACA et après l’Ile-de-France) où le taux de population immigrée est le plus élevé. Il ne faut pas l’oublier. La sensibilité des Corses à la question identitaire est liée à leur histoire et leur culture, mais aussi à des fondamentaux démographiques. D’un côté, un hiver démographique, c’est-à-dire un taux de natalité des autochtones très bas, et, de l’autre, une poussée de l’immigration notamment maghrébine depuis trente ans conjuguée à une natalité plus forte des nouveaux arrivants. Cette instabilité démographique est le principal générateur de l’insécurité culturelle sur l’île. La question qui obsède les Corses aujourd’hui est la question qui hante toute la France périphérique et toutes les classes moyennes et populaires occidentales au XXIe siècle : « Vais-je devenir minoritaire dans mon île, mon village, mon quartier ? » C’est à la lumière de cette angoisse existentielle qu’il faut comprendre l’affaire du burkini sur la plage de Sisco, en juillet 2016, ou encore les tensions dans le quartier des Jardins de l’Empereur, à Ajaccio, en décembre 2015. C’est aussi à l’aune de cette interrogation qu’il faut évaluer le vote « populiste » lors de la présidentielle ou nationaliste aujourd’hui. En Corse, il y a encore une culture très forte et des solidarités profondes. À travers ce vote, les Corses disent : « Nous allons préserver ce que nous sommes. » Il faut ajouter à cela l’achat par les continentaux de résidences secondaires qui participe de l’insécurité économique en faisant augmenter les prix de l’immobilier. Cette question se pose dans de nombreuses zones touristiques en France : littoral atlantique ou méditerranéen, Bretagne, beaux villages du Sud-Est et même dans les DOM-TOM. En Martinique aussi, les jeunes locaux ont de plus en plus de difficultés à se loger à cause de l’arrivée des métropolitains. La question du « jeune prolo » qui ne peut plus vivre là où il est né est fondamentale. Tous les jeunes prolos qui sont nés hier dans les grandes métropoles ont dû se délocaliser. Ils sont les pots cassés du rouleau compresseur de la mondialisation. La violence du marché de l’immobilier est toujours traitée par le petit bout de la lorgnette comme une question comptable. C’est aussi une question existentielle ! En Corse, elle est exacerbée par le contexte insulaire. Cela explique que, lorsqu’ils proposent la corsisation des emplois, les nationalistes font carton plein chez les jeunes. C’est leur préférence nationale à eux. (…) La condition de ce vote, comme de tous les votes populistes, est la réunion de l’insécurité sociale et culturelle. Les électeurs de Fillon, qui se sont majoritairement reportés sur Macron au second tour, étaient sensibles à la question de l’insécurité culturelle, mais étaient épargnés par l’insécurité sociale. À l’inverse, les électeurs de Mélenchon étaient sensibles à la question sociale, mais pas touchés par l’insécurité culturelle. C’est pourquoi le débat sur la ligne que doit tenir le FN, sociale ou identitaire, est stérile. De même, à droite, sur la ligne dite Buisson. L’insécurité culturelle de la bourgeoisie de droite, bien que très forte sur la question de l’islam et de l’immigration, ne débouchera jamais sur un vote « populiste » car cette bourgeoisie estime que sa meilleure protection reste son capital social et patrimonial et ne prendra pas le risque de l’entamer dans une aventure incertaine. Le ressort du vote populiste est double et mêlé. Il est à la fois social et identitaire. De ce point de vue, la Corse est un laboratoire. L’offre politique des nationalistes est pertinente car elle n’est pas seulement identitaire. Elle prend en compte la condition des plus modestes et leur propose des solutions pour rester au pays et y vivre. Au-delà de l’effacement du clivage droite/gauche et d’un rejet du clanisme historique, leur force vient du fait qu’ils représentent une élite et qu’ils prennent en charge cette double insécurité. Cette offre politique n’a jamais existé sur le continent car le FN n’a pas intégré une fraction de l’élite. C’est même tout le contraire. Ce parti n’est jamais parvenu à faire le lien entre l’électorat populaire et le monde intellectuel, médiatique ou économique. Une société, c’est une élite et un peuple, un monde d’en bas et un monde d’en haut, qui prend en charge le bien commun. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le vote nationaliste et/ou populiste arrive à un moment où la classe politique traditionnelle a déserté, aussi bien en Corse que sur le continent. L’erreur de la plupart des observateurs est de présenter Trump comme un outsider. Ce n’est pas vrai. S’il a pu gagner, c’est justement parce qu’il vient de l’élite. C’est un membre de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Il fait partie du monde économique, médiatique et culturel depuis toujours, et il avait un pied dans le monde politique depuis des années. Il a gagné car il faisait le lien entre l’Amérique d’en haut et l’Amérique périphérique. Pour sortir de la crise, les sociétés occidentales auront besoin d’élites économiques et politiques qui voudront prendre en charge la double insécurité de ce qu’était hier la classe moyenne. C’est ce qui s’est passé en Angleterre après le Brexit, ce qui s’est passé aux Etats-Unis avec Trump, ce qui se passe en Corse avec les nationalistes. Il y a aujourd’hui, partout dans le monde occidental, un problème de représentation politique. Les électeurs se servent des indépendantismes, comme de Trump ou du Brexit, pour dire autre chose. En Corse, le vote nationaliste ne dit pas l’envie d’être indépendant par rapport à la France. C’est une lecture beaucoup trop simpliste. Si, demain, il y a un référendum, les nationalistes le perdront nettement. D’ailleurs, c’est simple, ils ne le demandent pas. (…) [Avec la Catalogne] Le point commun, c’est l’usure des vieux partis, un système représentatif qui ne l’est plus et l’implosion du clivage droite/gauche. Pour le reste, la Catalogne, c’est l’exact inverse de la Corse. Il ne s’agit pas de prendre en charge le bien commun d’une population fragilisée socialement, mais de renforcer des positions de classes et territoriales dans la mondialisation. La Catalogne n’est pas l’Espagne périphérique, mais tout au contraire une région métropole. Barcelone représente ainsi plus de la moitié de la région catalane. C’est une grande métropole qui absorbe l’essentiel de l’emploi, de l’économie et des richesses. Le vote indépendantiste est cette fois le résultat de la gentrification de toute la région. Les plus modestes sont peu à peu évincés d’un territoire qui s’organise autour d’une société totalement en prise avec les fondamentaux de la bourgeoisie mondialisée. Ce qui porte le nationalisme catalan, c’est l’idéologie libérale libertaire métropolitaine, avec son corollaire : le gauchisme culturel et l’« antifascisme » d’opérette. Dans la rhétorique nationaliste, Madrid est ainsi présentée comme une « capitale franquiste » tandis que Barcelone incarnerait l’« ouverture aux autres ». La jeunesse, moteur du nationalisme catalan, s’identifie à la gauche radicale. Le paradoxe, c’est que nous assistons en réalité à une sécession des riches, qui ont choisi de s’affranchir totalement des solidarités nationales, notamment envers les régions pauvres. C’est la « révolte des élites » de Christopher Lasch appliquée aux territoires. L’indépendance nationale est un prétexte à l’indépendance fiscale. L’indépendantisme, un faux nez pour renforcer une position économique dominante. Dans Le Crépuscule de la France d’en haut (*), j’ironisais sur les Rougon-Macquart déguisés en hipsters. Là, on pourrait parler de Rougon-Macquart déguisés en « natios ». Derrière les nationalistes, il y a les lib-lib. (…) L’exemple de la Catalogne préfigure peut-être, en effet, un futur pas si lointain où le processus de métropolisation conduira à l’avènement de cités-Etats. En face, les défenseurs de la nation apparaîtront comme les défenseurs du bien commun. Aujourd’hui, la seule critique des hyperriches est une posture trop facile qui permet de ne pas voir ce que nous sommes devenus, nous : les intellectuels, les politiques, les journalistes, les acteurs économiques, et on pourrait y ajouter les cadres supérieurs. Nous avons abandonné le bien commun au profit de nos intérêts particuliers. Hormis quelques individus isolés, je ne vois pas quelle fraction du monde d’en haut au sens large aspire aujourd’hui à défendre l’intérêt général. (…) [Pour Macron] Le point le plus intéressant, c’est qu’il s’est dégagé du clivage droite/gauche. La comparaison avec Trump n’est ainsi pas absurde. Tous les deux ont l’avantage d’être désinhibés. Mais il faut aussi tenir à l’esprit que, dans un monde globalisé dominé par la finance et les multinationales, le pouvoir du politique reste très limité. Je crois davantage aux petites révolutions culturelles qu’au grand soir. Trump va nous montrer que le grand retournement ne peut pas se produire du jour au lendemain mais peut se faire par petites touches, par transgressions successives. Trump a amené l’idée de contestation du libre-échange et mis sur la table la question du protectionnisme. Cela n’aura pas d’effets à court terme. Ce n’est pas grave car cela annonce peut-être une mutation à long terme, un changement de paradigme. La question est maintenant de savoir qui viendra après Trump. La disparition de la classe moyenne occidentale, c’est-à-dire de la société elle-même, est l’enjeu fondamental du XXIe siècle, le défi auquel devront répondre ses successeurs. (…) On peut cependant rappeler le mépris de classe qui a entouré le personnage de Johnny, notamment via « Les Guignols de l’info ». Il ne faut pas oublier que ce chanteur, icône absolue de la culture populaire, a été dénigré pendant des décennies par l’intelligentsia, qui voyait en lui une espèce d’abruti, chantant pour des « déplorables », pour reprendre la formule de Hillary Clinton. L’engouement pour Johnny rappelle l’enthousiasme des bobos et de Canal+ pour le ballon rond au moment de la Coupe du monde 1998. Le foot est soudainement devenu hype. Jusque-là, il était vu par eux comme un sport d’ « ouvriers buveurs de bière ». On retrouve le même phénomène aux États-Unis avec le dénigrement de la figure du white trash ou du redneck. Malgré quarante ans d’éreintement de Johnny, les classes populaires ont continué à l’aimer. Le virage à 180 degrés de l’intelligentsia ces derniers jours n’est pas anodin. Il démontre qu’il existe un soft power des classes populaires. L’hommage presque contraint du monde d’en haut à ce chanteur révèle en creux l’importance d’un socle populaire encore majoritaire. C’est aussi un signe supplémentaire de l’effritement de l’hégémonie culturelle de la France d’en haut. Les classes populaires n’écoutent plus les leçons de morale. Pas plus en politique qu’en chanson. Christophe Guilluy
Nous sommes dans un processus de sortie lente – mais dans un processus de sortie quand même – de la classe moyenne de la part des différentes catégories qui la composent, les unes après les autres. C’est ce que j’ai voulu identifier. La notion de classe moyenne est déjà morte mais on utilise encore cette catégorie comme si elle existait encore. Mais en réalité, en parlant des classes moyennes aujourd’hui, on parle des catégories supérieures. Finalement, quand on regarde les élections, toutes les vagues populistes reposent sur deux éléments. D’une part, une sociologie, c’est-à-dire le socle de l’ancienne classe moyenne que sont les catégories populaires, ouvriers, employés, petits paysans, petits indépendants, etc…et on retrouve ces mêmes catégories partout. Et d’autre part des territoires. C’est la géographie des périphéries avec à chaque fois les mêmes logiques quel que soit le pays occidental que l’on considère. (…) Les classes ouvrières britannique et américaine ont été fracassées beaucoup plus rapidement que la classe populaire française. Il y a les effets de l’État providence en France qui sont réels, et qui a fait que nous avons encore des catégories protégées dans notre pays. (…) Emmanuel Macron a fait des scores de dirigeant soviétique dans les grandes métropoles, avec des pourcentages incroyables à Paris, Bordeaux, Toulouse etc…Emmanuel Macron se sauve avec les deux gros bataillons que sont les retraités et les fonctionnaires – la majorité des fonctionnaires ont voté Macron – qui sont les deux catégories qui sont en train d’être tondues par ce président. Nous sommes donc effectivement à la limite d’un système qui se raccroche à des catégories encore protégées mais le vent tourne. (…) Aujourd’hui, 30% des 53-69 ans vivent sous le seuil de pauvreté, nous voyons les choses se transformer en douceur pour des catégories que l’on pensait préservées. Cela est le contexte français, mais en Grande Bretagne par exemple, les retraités ont été fracassés tout de suite et n’ont pas hésité à voter en faveur du Brexit. L’idée que les retraités vont continuer à protéger le système est à mon avis un leurre. C’est la même chose pour les fonctionnaires, les catégories B et C qui s’en prennent plein la figure ne vont pas éternellement protéger un système dont elles ne bénéficient pas. Cela est vraiment intéressant de constater que tout évolue partout mais toujours en fonction des contextes. (…) Les catégories modestes ont été relativement mieux protégées en France qu’elles ne l’ont été aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. On a bien un contexte français très particulier avec une fonction publique très importante etc…c’est là-dessus que nous faisons la différence. Mais une fois encore, cela n’est qu’une question de temps. Et le temps joue effectivement vers la disparition de cette classe moyenne. C’est donc bien la structuration sociale de l’ensemble des pays développés qui est en train de se modifier avec ces 20-30% de gens « en haut » qui vont s’en sortir et une immense classe populaire qui n’est plus dans l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie. (…) ces gens ont vraiment joué le jeu de la mondialisation et de l’Europe. Il n’y a jamais eu d’opposition de principe, ils ont joué le jeu et après 20 ou 30 ans ils font le diagnostic pour eux-mêmes et pour leurs enfants que finalement cela n’a pas marché. Il s’agit simplement d’un constat rationnel de leur part. Ce qui est frappant, c’est que tous les modèles sont affectés, du modèle américain au britannique, au modèle français républicain, jusqu’au modèle scandinave. (…) Mais (…) la disparition de la classe moyenne a commencé par les ouvriers, les paysans, les employés, les professions intermédiaires et demain, ce sera une fraction des catégories supérieures qui sera emportée. On voit déjà que les jeunes diplômés du supérieur n’arrivent plus à s’intégrer. Le processus est enclenché et il va détruire aussi des catégories qui pensent encore être protégées. (…) A partir du moment où la gauche a abandonné la question sociale, elle a abandonné les catégories populaires et c’est la dessus que le divorce s’est réalisé. Ce mouvement s’est accompagné d’une forme d’ostracisation des plus modestes qui était très forte dans certains milieux de gauche, et aujourd’hui la rupture est totale. On a en plus un processus de sécession, que Christopher Lash avait vu très tôt, qui est celle des bourgeoisies, qui s’ajoute au phénomène de citadellisation des élites, qui fait qu’il n’y a pas plus de connexion entre ces catégories. (…) Il faut arrêter le discours du magistère des prétentieux. Cette idée de rééducation du peuple, en lui montrant la voie, n’est pas possible. Une société c’est une majorité de catégories modestes et l’objectif d’une démocratie, c’est de servir prioritairement ces catégories. C’est dans ce sens là qu’il faut aller. Il faut prendre ces gens au sérieux, il faut prendre en compte les diagnostics des classes populaires sur leurs souhaits d’être protégés, ce qui ne veut pas dire être assistés. Ces catégories veulent du travail, elles veulent qu’on les respecte culturellement, et ne pas se faire traiter de « déplorables » ou de sans dents » – ce qui fait partie intégrante du problème identitaire que nous avons aujourd’hui qui est le produit de ces attaques là -. (…) Les gens veulent de la protection, du travail, de la régulation économique mais aussi une régulation des flux migratoires. Je parle ici de tout le monde d’en bas, parce que la demande de régulation des flux migratoires vient de toutes les catégories modestes quelles que soient les origines. Tout le monde veut la même chose alors que lorsque les gens parlent de la question migratoire, on les place sur la question raciale, non. C’est anthropologiquement vrai pour toutes les catégories modestes, et cela est vrai partout. Dans tous les pays, les catégories modestes veulent vivre tranquillement, ce qui ne veut pas dire vivre derrière des murs, mais vivre dans un environnement que l’on connaît avec des valeurs communes. (…) Ce qui est amusant aujourd’hui, c’est qu’il y a une ethnicisation des classes moyennes – on pense blanc – cela montre bien la fin du concept qui était censé être intégrateur pour le plus grand nombre. (…) Les autoritaires ne sont pas ceux que l’on croit. Sauver les démocraties occidentales, c’est faire entendre le plus grand nombre. (…) Soit le monde d’en haut refuse d’entendre la majorité et on basculera dans une forme d’autoritarisme soft, ce qui pourrait faire durer le système un peu plus longtemps, mais avec le risque que cela se termine très mal. Soit  on essaye de faire baisser la tension en disant : « maintenant on essaye d’intégrer économiquement et culturellement le plus grand nombre ». Cette réflexion existe, il n’y a pas encore de parti politique qui représente tout cela, qui fait cette connexion, mais cela est en gestation. Il n’y a pas 50 sorties possibles de cette impasse, il n’y en a qu’une. Inclure les catégories populaires parce qu’elles sont la société elle-même. C’est pour cela que le discours sur les marges a été destructeur. Les ouvriers, les ruraux etc…ce ne sont pas des marges, c’est un tout, et ce tout est la société. Maintenant tout est sur la table, les diagnostics sont faits. Alors il faut se retrousser les manches et aller dans le dur en essayant de réellement inventer quelque chose de plus efficace, et en oubliant ce truc absurde du premier de cordée. Mais là, il faut bien remarquer le problème que nous avons concernant le personnel en place. Ils pensent tous la même chose. Il faut une révolution culturelle du monde d’en haut, ce qui devrait être à la portée des nations occidentales…cela ne coûte pas cher. La question pour eux est donc de protéger ou disparaître. Christophe Guilluy
Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs, ainsi que les jeunes et les retraités issus de ces catégories – n’ont donc nullement disparu. Leur part dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. La nouveauté, c’est uniquement que «le peuple» est désormais moins visible, car il vit loin des grands centres urbains. Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont les métropoles ont besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes nécessitent beaucoup moins d’employés et d’ouvriers. Face à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. Le problème crucial politique et social de la France, c’est donc que la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Nulle volonté de «chasser les pauvres», pas de complot, simplement la loi du marché. Le projet économique de la France, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. C’est une situation sans précédent depuis la révolution industrielle. (…)  Dans tous les pays développés, on vérifie le phénomène déjà constaté en France: la majorité des catégories populaires vit désormais à l’écart des territoires les plus dynamiques, ceux qui créent de l’emploi. Ces évolutions dessinent les contours d’une Amérique périphérique et d’une Angleterre périphérique tout autant que d’une France périphérique. De la Rust Belt américaine au Yorkshire britannique, des bassins industriels de l’est de l’Allemagne au Mezzogiorno italien, villes petites et moyennes, régions désindustrialisées et espaces ruraux décrochent. (…)  La dimension sociale et économique du vote populiste se complète par une dynamique culturelle. Les catégories les plus fragiles socialement (celles qui ne peuvent mettre en œuvre des stratégies d’évitements résidentiels et scolaires) sont aujourd’hui les plus sensibles à la question migratoire. Les mêmes demandent à être protégés d’un modèle économique et sociétal qui les fragilise. Dans des sociétés multiculturelles, l’assimilation ne fonctionne plus. L’autre ne devient plus soi, ce qui suscite de l’inquiétude. Le nombre de l’autre importe. Personne n’a envie de devenir minoritaire dans les catégories populaires. En France, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires des métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent consentir des sacrifices pour déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales afin d’accéder à la propriété et d’acquérir un pavillon. Dans chacun des grands pays industrialisés, les catégories populaires « autochtones » éprouvent une insécurité culturelle. (…) ce sont bien les territoires populaires les plus éloignés des grandes métropoles qui portent la dynamique populiste. La Rust Belt et les régions désindustrialisées de Grande-Bretagne pèsent respectivement plus dans le vote Trump ou dans le Brexit que New York ou le Grand Londres. Dans les zones périurbaines de Rotterdam, ce sont bien aussi les catégories modestes (qui ne se confondent pas avec les pauvres) qui voient leur statut de référent culturel remis en question par la dynamique migratoire et qui votent pour Geert Wilders. Ainsi, si la situation de l’ouvrier allemand n’est pas celle du paysan français, de l’employé néerlandais ou d’un petit travailleur indépendant italien, il existe un point commun : tous, quel que soit leur niveau de vie, font le constat d’être fragilisés par un modèle économique qui les a relégués socialement et culturellement. (…) On ne s’intègre pas à un modèle ou à un système de valeur mais à une population à qui on désire ressembler. On se marie, on tisse des liens d’amitié, de voisinage avec des gens qui sont proches. Or cette intégration ne se réalise pas dans n’importe quelle catégorie sociale, mais d’abord dans des milieux populaires. Et ce qui a changé depuis les années 1970 et surtout 1980, c’est précisément le changement de statut de ces catégories populaires. Les ouvriers, les employés, les « petites gens » sont désormais perçus en grande partie comme les perdants de la mondialisation. Quel nouveau venu dans un pays peut avoir envie de ressembler à des « autochtones » qui ne sont pas en phase d’ascension sociale et que, de surcroît, leurs propres élites méprisent en raison de l’attachement des intéressés à certaines valeurs traditionnelles ? Souvenons-nous de la phrase de Hillary Clinton présentant les électeurs de Donald Trump comme des « déplorables » pendant la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis. C’est pourquoi, alors que la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne ou la Scandinavie se sont construits sur des modèles culturels très différents, tous ces pays connaissent la même dynamique populiste, la même crise sociale et identitaire et le même questionnement sur la pertinence de leurs modèles d’intégration. (…) la rupture entre le haut et le bas (…) nous conduit à un modèle qui ne fait plus société. La disparition de la classe moyenne n’en est qu’une conséquence. Le monde d’en haut refuse d’écouter celui d’en bas qui le lui rend bien notamment en grossissant les camps de l’abstention ou du vote populiste. Cette rupture du lien, y compris conflictuel, entre le haut et le bas, porte en germe l’abandon du bien commun et nous fait basculer dans l’asociété. Trump vient de l’élite américaine, c’est un des points communs qu’il partage avec Macron. Tous les deux se sont affranchis de leur propre camp pour se faire élire : Macron de la gauche, Trump du camp républicain. Ils ont enterré le vieux clivage gauche-droite. Les deux ont compris que nous étions entrés dans le temps de la disparition de la classe moyenne occidentale. L’un et l’autre ont saisi que, pour la première fois dans l’histoire, les classes populaires, celles qui constituaient hier le socle de la classe moyenne, vivent désormais sur les territoires qui créent le moins d’emplois : dans l’Amérique périphérique et dans la France périphérique. Mais la comparaison s’arrête là. Si Trump a été élu par l’Amérique périphérique, Macron a au contrai- re construit sa dynamique électorale à partir des métropoles mondialisées. Si le président français est conscient de la fragilisation sociale de la France périphérique, il pense que la solution passe par une accélération de l’adaptation de l’économie française aux normes de l’économie mondialisée. À l’opposé, le président américain fait le constat des limites d’un modèle qu’il convient de réguler (protectionnisme, remise en cause des traités de libre-échange, volonté de réguler l’immigration, politique de grands travaux) afin de créer de l’emploi sur ces territoires de la désindustrialisation américaine. Il existe un autre point de divergence fondamental, c’est le refus chez Trump d’un argumentaire moral qui sert depuis des décennies à disqualifier les classes populaires. Christophe Guilluy
Les pays de l’OCDE, et plus encore les démocraties occidentales, répondent pleinement au projet que la Dame de fer appelait de ses vœux. Partout, trente ans de mondialisation ont agi comme une concasseuse du pacte social issu de l’après-guerre. La fin de la classe moyenne occidentale est actée. Et pas seulement en France. Les poussées de populisme aux Etats-Unis, en Italie, et jusqu’en Suède, où le modèle scandinave de la social-démocratie n’est désormais plus qu’une sorte de zombie, en sont les manifestations les plus évidentes. Personne n’ose dire que la fête est finie. On se rassure comme on peut. Le monde académique, le monde politique et médiatique, chacun constate la montée des inégalités, s’inquiète de la hausse de la dette, de celle du chômage, mais se rassure avec quelques points de croissance, et soutient que l’enjeu se résume à la question de l’adaptabilité. Pas celle du monde d’en haut. Les gagnants de la mondialisation, eux, sont parfaitement adaptés à ce monde qu’ils ont contribué à forger. Non, c’est aux anciennes classes moyennes éclatées, reléguées, que s’adresse cette injonction d’adaptation à ce nouveau monde. Parce que, cahin-caha, cela marche, nos économies produisent des inégalités, mais aussi plus de richesses. Mais faire du PIB, ça ne suffit pas à faire société. (…) Election de Trump, Brexit, arrivée au pouvoir d’une coalition improbable liant les héritiers de la Ligue du Nord à ceux d’une partie de l’extrême gauche en Italie. De même qu’il y a une France périphérique, il y a une Amérique périphérique, un Royaume-Uni périphérique, etc. La périphérie, c’est, pour faire simple, ces territoires autour des villes-mondes, rien de moins que le reste du pays. L’agglomération parisienne, le Grand-Londres, les grandes villes côtières américaines, sont autant de territoires parfaitement en phase avec la mondialisation, des sortes de Singapour. Sauf que, contrairement à cette cité-Etat, ces territoires disposent d’un hinterland, d’une périphérie. L’explosion du prix de l’immobilier est la traduction la plus visible de cette communauté de destin de ces citadelles où se concentrent la richesse, les emplois à haute valeur ajoutée, où le capital culturel et financier s’accumule. Cette partition est la traduction spatiale de la notion de ruissellement des richesses du haut vers le bas, des premiers de cordée vers les autres. Dans ce modèle, la richesse créée dans les citadelles doit redescendre vers la périphérie. Trente ans de ce régime n’ont pas laissé nos sociétés intactes. Ce sont d’abord les ouvriers et les agriculteurs qui ont été abandonnés sur le chemin, puis les employés, et c’est maintenant au tour des jeunes diplômés d’être fragilisés. Les plans sociaux ne concernent plus seulement l’industrie mais les services, et même les banques… Dans les territoires de cette France périphérique, la dynamique dépressive joue à plein : à l’effondrement industriel succède celui des emplois présentiels lequel provoque une crise du commerce dans les petites villes et les villes moyennes. Les gens aux Etats-Unis ou ailleurs ne se sont pas réveillés un beau matin pour se tourner vers le populisme. Non, ils ont fait un diagnostic, une analyse rationnelle : est-ce que ça marche pour eux ou pas. Et, rationnellement, ils n’ont pas trouvé leur compte. Et pas que du point de vue économique. S’il y a une exception française, c’est la victoire d’Emmanuel Macron, quand partout ailleurs les populistes semblent devoir l’emporter. (…) Emmanuel Macron est le candidat du front bourgeois. A Paris, il n’est pas anodin que les soutiens de François Fillon et les partisans de La Manif pour tous du XVIe arrondissement aient voté à 87,3 % pour le candidat du libéralisme culturel, et que leurs homologues bobos du XXe arrondissement, contempteurs de la finance internationale, aient voté à 90 % pour un banquier d’affaires. Mais cela ne fait pas une majorité. Si Emmanuel Macron l’a emporté, c’est qu’il a reçu le soutien de la frange encore protégée de la société française que sont les retraités et les fonctionnaires. Deux populations qui ont lourdement souffert au Royaume-Uni par exemple, comme l’a traduit leur vote pro-Brexit. Et c’est bien là le drame qui se noue en France. Car, parmi les derniers recours dont dispose la technocratie au pouvoir pour aller toujours plus avant vers cette fameuse adaptation, c’est bien de faire les poches des retraités et des fonctionnaires. Emmanuel Macron applique donc méticuleusement ce programme. Il semble récemment pris de vertige par le risque encouru pour les prochaines élections, comme le montre sa courbe de popularité, laquelle se trouve sous celle de François Hollande à la même période de leur quinquennat. Un autre levier, déjà mis en branle par Margaret Thatcher puis par les gouvernements du New Labour de Tony Blair, est la fin de l’universalité de la redistribution et la concentration de la redistribution. Sous couvert de faire plus juste, et surtout de réduire les transferts sociaux, on réduit encore le nombre de professeurs, mais on divise les classes de ZEP en deux, on limite l’accès des classes populaires aux HLM pour concentrer ce patrimoine vers les franges les plus pauvres, et parfois non solvables. De quoi fragiliser le modèle de financement du logement social en France, déjà mis à mal par les dernières réformes, et ouvrir la porte à sa privatisation, comme ce fut le cas dans l’Angleterre thatchérienne. (…) Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire 10 fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’American ou l’European way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ? Christophe Guilluy
Qui pourrait avoir envie d’intégrer une catégorie sociale condamnée par l’histoire économique et présentée par les médias comme une sous-classe  faible, raciste, aigrie et inculte ? (…) On peut débattre sans fin de la pertinence des modèles, de la crise identitaire, de la nécessité de réaffirmer les valeurs républicaines, de définir un commun: tous ces débats sont vains si les modèles ne sont plus incarnés. On ne s’assimile pas, on ne se marie pas, on ne tombe psas amoureux d’un système de valeurs, mais d’individus et d’un mode vie que l’on souhaite adopter. Christophe Guilluy
En 2016, Hillary Clinton traitait les électeurs de son opposant républicain, c’est-à-dire l’ancienne classe moyenne américaine déclassée, de « déplorables ». Au-delà du mépris de classe que sous-tend une expression qui rappelle celle de l’ancien président français François Hollande qui traitait de « sans-dents » les ouvriers ou employés précarisés, ces insultes (d’autant plus symboliques qu’elles étaient de la gauche) illustrent un long processus d’ostracisation d’une classe moyenne devenue inutile.  (…) Depuis des décennies, la représentation d’une classe moyenne triomphante laisse peu à peu la place à des représentations toujours plus négatives des catégories populaires et l’ensemble du monde d’en haut participe à cette entreprise. Le monde du cinéma, de la télévision, de la presse et de l’université se charge efficacement de ce travail de déconstruction pour produire en seulement quelques décennies la figure répulsive de catégories populaires inadaptées, racistes et souvent proches de la débilité. (…) Des rednecks dégénérés du film « Deliverance » au beauf raciste de Dupont Lajoie, la figure du « déplorable » s’est imposée dès les années 1970 dans le cinéma. La télévision n’est pas en reste. En France, les années 1980 seront marquées par l’émergence de Canal +, quintessence de ll’idéologie libérale-libertaire dominante. (…) De la série « Les Deschiens », à la marionnette débilitante de Johnny Hallyday des Guignols de l’info, c’est en réalité toute la production audiovisuelle qui donne libre cours à son mépris de classe. Christophe Guilluy
La diabolisation vise moins les partis populistes ou leur électorat (considéré comme définitivement « perdu » aux yeux de la classe dominante) que la fraction des classes supérieures et intellectuelles qui pourrait être tentée par cette solidarité de classe et ainsi créer les conditions du changement. (…) Si l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis a provoqué autant de réactions violentes dans l’élite mondialisée, ce n’est pas parce qu’il parle comme un « white trash » mais parce que au contraire il est issu de l’hyper-classe. En évoquant le protectionnisme ou la régulation des flux migratoires, Donald Trump brise le consensus idéologique à l’intérieur même de la classe dominante. Il contribue ainsi à un basculement d’une fraction des classes supérieures qui assurent la survie du système. Le 45e président n’a pas gagné parce qu’il a fait le plein de voix dans la « white working class » mais parce qu’il a réalisé l’alliance improbable entre une fraction du monde d’en haut et celui de l’Amérique périphérique. La prise de conscience des réalités populaires par une fraction de l’élite est un vrai risque, elle peut se réaliser à tout moment, dans n’importe quel pays ou région. Christophe Guilluy
Quitte à scier, comme la polémique qui a suivi et semblent l’indiquer les premiers chiffres d’exploitation en berne, la branche sur laquelle l’industrie cinématographique américaine reste néanmoins assise …
Comment ne pas regretter …
Ce qu’aurait pu en faire, avant son jet de l’éponge et à l’inverse d’un réalisateur et d’un acteur principal issus du « premier Etat postnational » autoproclamé, un Clint Eastwood ?
Et comment surtout ne pas y voir …
Après l’ancien collègue d’Armstrong Buzz Aldrin, le sénateur Rubio ou le président Trump
L’énième illustration et confirmation ….
De cette entreprise systématique de déconstruction et de délégitimation des valeurs de la classe moyenne américaine et occidentale …
Qui comme le décrit si bien le désormais sulfureux lui aussi géographe français Christophe Guilluy notamment dans son dernier ouvrage …
Est en train non seulement de démoraliser tout le socle populaire d’une classe moyenne hier encore triomphante …
Mais de priver une immigration désormais hors de contrôle de toute chance d’assimilation ?
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Fier d’être américain : Buzz Aldrin twitte une photo du drapeau américain sur la Lune en pleine controverse avec le film “First Man”

L’astronaute légendaire Edwin “Buzz” Aldrin a twitté dimanche soir des photos historiques de l’alunissage d’Apollo 11 au cœur de l’indignation suscitée par la décision du réalisateur de First Man Damien Chazelle d’exclure le drapeau américain d’être planté sur la Lune.

Joshuah Caplan

Breibart

traduction Nouvel Ordre mondial

3 septembre 2018

Buzz Aldrin a twitté deux photos de la mission de 1969, mettant en évidence le drapeau américain, avec divers hashtags, dont “#proudtobeanAmerican” et “onenation”.

Samedi, Aldrin a tweeté quatre photos de lui-même en portant un t-shirt qui se lit “Buzz Aldrin, Future Martian”, avec un astronaute plantant le drapeau américain sur une planète.

De plus, l’astronaute emblématique a retwitté la photo de l’utilisateur @pir8lksat40 qui le salue avec une photo de l’alunissage derrière lui.

Aldrin a également retwitté une photo de lui-même en saluant tout en se tenant à côté d’une photo agrandie de la mission Apollo 11 qui inclut le drapeau sur la lune.

La semaine dernière, Chazelle a rejeté les critiques selon lesquelles l’omission du drapeau américain était censée être une revendication politique. “Pour répondre à la question de savoir s’il s’agissait d’une revendication politique, la réponse est non”, a déclaré le réalisateur de First Man dans une interview avec Variety. “Mon but avec ce film était de partager avec le public les aspects invisibles et inconnus de la mission états-unienne sur la lune – en particulier la saga personnelle de Neil Armstrong et ce qu’il a pu penser et ressentir pendant ces quelques heures de gloire.”

Mark et Rick Armstrong, les fils de l’astronaute d’Apollo 11 Neil Armstrong, ont critiqué ceux qui ont étiqueté le sujet “d’antiaméricain”.

“Cette histoire est humaine et elle est universelle. Bien sûr, il célèbre une réalisation américaine. Il célèbre également une réalisation ‘pour toute l’humanité’”, peut-on lire dans la déclaration des Armstrong. “Les cinéastes ont choisi de se concentrer sur Neil qui regarde la Terre, sa marche vers le Petit Cratère Occidental, son expérience personnelle et unique de clôturer ce voyage, un voyage qui a eu tant de hauts et de bas dévastateurs.”

Dans une interview accordée au Telegraph, Ryan Gosling, star de First Man, a déclaré que la décision d’exclure le drapeau américain était motivée par l’idée que l’alunissage est considéré comme un “accomplissement humain plutôt qu’américain”.

“Je pense que cela a été largement considéré à la fin comme une réalisation humaine [et] c’est ainsi que nous avons choisi de voir les choses”, a déclaré l’acteur, qui joue Armstrong, au journal britannique. “Je pense aussi que Neil était extrêmement humble, comme beaucoup de ces astronautes, et qu’à maintes reprises, il a différé l’attention de lui-même aux 400 000 personnes qui ont rendu la mission possible”, a déclaré l’acteur au journal britannique.

Le sénateur Marco Rubio (F-FL) a pris Twitter pour faire exploser l’omission du drapeau américain comme une “folie totale” et un “mauvais service” rendu au peuple américain. “C’est de la folie totale. Et un mauvais service rendu à un moment où notre peuple a besoin de rappels de ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble”, a écrit Rubio. “Le peuple américain a payé pour cette mission, sur des fusées construites par des Américains, avec de la technologie américaine et pour transporter des astronautes américains. Ce n’était pas une mission de l’ONU.”

Voir aussi:

Hollywood Just Cut The Flag Out Of The Moon Landing. Here’s Why That Matters.

On Thursday evening, Ryan Gosling made international news when he justified the fact that the new Damien Chazelle biopic of Neil Armstrong will skip the whole planting the American flag on the moon thing. Gosling, a Canadian, explained, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it.”

Now, the real reason that the film won’t include the planting of the American flag is that the distributors obviously fear that Chinese censors will be angry, and that foreign audiences will scorn the film. But it’s telling that the Left seems to attribute every universal sin to America, and every specific victory to humanity as a whole. Slavery: uniquely American. Racism: uniquely American. Sexism: uniquely American. Homophobia: uniquely American. Putting a man on the moon: an achievement of humanity.

All of this is in keeping with a general perspective that sees America as a nefarious force in the world. This is Howard Zinn’s A People’s History of the United States view: that America’s birth represented the creation of a terrible totalitarian regime, but that Maoist China is the “closest thing, in the long history of that ancient country, to a people’s government, independent of outside control”; that Castro’s Cuba had “no bloody record of suppression,” but that the U.S. responded to the “horrors perpetrated by the terrorists against innocent people in New York by killing other innocent people in Afghanistan.”

In reality, however, America remains the single greatest force for human freedom and progress in the history of the world. And landing a man on the moon was part of that uniquely American legacy. President John F. Kennedy announced his mission to go to the moon in 1961; in 1962, he gave a famous speech at Rice University in which he announced the purpose of the moon landing:

For the eyes of the world now look into space, to the moon and to the planets beyond, and we have vowed that we shall not see it governed by a hostile flag of conquest, but by a banner of freedom and peace. We have vowed that we shall not see space filled with weapons of mass destruction, but with instruments of knowledge and understanding. Yet the vows of this Nation can only be fulfilled if we in this Nation are first, and, therefore, we intend to be first. In short, our leadership in science and in industry, our hopes for peace and security, our obligations to ourselves as well as others, all require us to make this effort, to solve these mysteries, to solve them for the good of all men, and to become the world’s leading space-faring nation. We set sail on this new sea because there is new knowledge to be gained, and new rights to be won, and they must be won and used for the progress of all people. For space science, like nuclear science and all technology, has no conscience of its own. Whether it will become a force for good or ill depends on man, and only if the United States occupies a position of pre-eminence can we help decide whether this new ocean will be a sea of peace or a new terrifying theater of war.

The moon landing was always nationalist. It was nationalism in service of humanity. But that’s been America’s role in the world for generations. Removing the American flag from an American mission demonstrates the anti-American animus of Hollywood, if we’re to take their values-laden protestations seriously.

Voir également:

Why Neil Armstrong’s sons don’t think the biopic ‘First Man’ is anti-American

The Washington Post

September 3

Ryan Gosling is not an American, but he is part of a species that visited a celestial body beyond Earth.

That is one perspective the Canadian used in describing the Apollo 11 mission, and specifically Neil Armstrong, whom he plays in the upcoming film “First Man.”

It depicts the 1969 mission to land men on the moon and return them safely. But the film does not show Armstrong and Buzz Aldrin unfurling and planting an American flag on the lunar surface. And its creators, including Gosling, say they view the moment as a human achievement more than an American one, and have suggested Armstrong did not believe he was an “American hero.”

“From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite,” Gosling said, according to Britain’s Telegraph newspaper. “And we wanted the film to reflect Neil.”

Predictably, the Canadian actor’s comments, paired with the omission of the Stars and Stripes, have sparked outrage, particularly in American conservative circles. The criticism, in turn, has prompted Armstrong’s sons to defend the film’s depiction of events and its attention to quieter, lesser-known aspects of their father’s life.

“This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement ‘for all mankind,’ as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon,” according to a statement released Friday by Rick and Mark Armstrong.

The statement was also attributed to “First Man” biographer James R. Hansen, according to Hollywood Reporter.

“It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible,” the men said. Their father died in 2012.

Some conservative figures have taken Gosling’s Telegraph interview as proof of Hollywood globalism run amok, and an outcropping of the ongoing controversy over NFL players kneeling during the national anthem to protest police killing of black citizens.

Sen. Ted Cruz (R-Tex.) weighed in Saturday among conservatives propelling social media calls for boycotts of the film.

“Really sad: Hollywood erases American flag from moon landing. This is wrong, and consistent with Leftists’ disrespecting the flag & denying American exceptionalism,” Cruz, who is in an unexpectedly tight reelection race, wrote on Twitter. “JFK saw that it mattered that America go to the moon — why can’t Hollywood see that today?”

“Fox & Friends,” a Fox News program favored by President Trump, discussed the issue Friday.

Co-host Pete Hegseth simply called Gosling “an idiot.”

Ainsley Earhardt, his co-host, grimly assessed the social implications.

“This is where our country is going. They don’t think America is great,” she said. “They want to kneel for the flag.” Later in the day, #BoycottFirstMan was trending on social media.

Chuck Yeager, the legendary American pilot who was the first to break the sound barrier, called leaving out the flag-planting “more Hollywood make-believe.”

On Sunday Aldrin tweeted photos of the historic moment with the hashtag #proudtobeanAmerican.

Director Damien Chazelle, who also helmed “La La Land” and “Whiplash,” has echoed the sentiments of the Armstrong brothers on the selective storytelling.

“I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the [Lunar Module], his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar [exploration],” he said in a statement Friday, according to Hollywood Reporter.

The film, which debuted this past week at the Venice Film Festival, will arrive stateside Oct. 12, and have plenty of American flags waving throughout.

“First Man” does not show the flag planting, but there are several shots of the U.S. flag on the moon, Daily Beast writer Marlow Stern said after attending the screening.

Ironically, the controversy may endure longer than the flag itself: Aldrin told controllers he saw the flag knocked over with a blast of spacecraft exhaust, NASA has said.

The flag really wasn’t designed to endure the blastoff, let alone the lunar environment, or lack thereof. It was purchased from a Sears store for $5.50, NASA said. Department-store flags cannot even withstand terrestrial wear and tear, like sunlight and wind, for more than a few years.

On the moon, decades of extreme temperatures, ultraviolet radiation and micrometeorites have probably disintegrated the flag entirely, scientists say, and the bombardment of unfiltered sunlight has probably bleached flags left on subsequent missions stark white.

Even the original flag planting was controversial. Debate raged over whether to raise an American flag or a banner of the United Nations. Congress forbid NASA from placing flags of other countries or international bodies on the moon during U.S.-funded missions, the agency said.

“In the end, it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a U.S. flag,” Armstrong said, according to Newsweek. “My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artifact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions.”

Voir de même:

‘First Man’: Neil Armstrong film fails to fly flag for US patriotism
Anita Singh
The Telegraph
29 August 2018

When Neil Armstrong and Buzz Aldrin planted the American flag on the moon in 1969, it marked one of the proudest moments in US history.

But a new film about Armstrong has chosen to leave out this most patriotic of scenes, arguing that the giant leap for mankind should not be seen as an example of American greatness.

The film, First Man, was unveiled at the Venice Film Festival yesterday, where the absence of the stars and stripes was noted by critics.

Its star, Ryan Gosling, was asked if the film was a deliberately un-American take on the moon landing. He replied that Armstrong’s accomplishment « transcended countries and borders ».

Gosling explained: « I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible. »

« He was reminding everyone that he was just the tip of the iceberg – and that’s not just to be humble, that’s also true.

« So I don’t think that Neil viewed himself as an American hero. From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. »

Gosling joked: « I’m Canadian, so might have cognitive bias. » The film’s director, Damien Chazelle, Who previously worked with Gosling on the Oscar-winning La La Land, is French-Canadian.

The planting of the flag was controversial in 1969. There was disagreement over whether a US or United Nations flag should be used. Armstrong said later: « In the end it was decided by Congress that this was a United States project. We were not going to make any territorial claim, but we were to let people know that we were here and put up a US flag.

« My job was to get the flag there. I was less concerned about whether that was the right artefact to place. I let other, wiser minds than mine make those kinds of decisions. »

First Man is based on an authorised biography of Armstrong by James Hansen. It has the backing of the astronaut’s family, including his two sons, and of NASA.

Armstrong died in 2012, aged 82. President Obama paid tribute to him as « among the greatest of American heroes – not just of his time, but of all time ».

First Man also features Claire Foy as Armstrong’s first wife, Janet, mother of his two boys. She said her focus was on the family dynamics behind the space mission: « I wanted to honour how these children saw their mum and dad. Their dad wasn’t an astronaut to them, he was their dad. »

Venice in recent years has been a launch pad for Oscar campaigns – including last year’s best picture winner, The Shape of Water – and First Man will be a contender.

Other films being unveiled include a new version of A Star Is Born, featuring Lady Gaga and Bradley Cooper.

There is only one woman director in the official line-up, Jennifer Kent, prompting criticism from female filmmakers. However, the Festival director, Albert Barbera, has resisted pressure to introduce gender balance, saying: « If we impose quotas, I resign. »

:: The London Film Festival released its competition line-up yesterday with five of the 10 contenders directed by women. Tricia Tuttle, the festival’s artistic director, said it was « a real pleasure to see that half of these films come from female directors ».

Voir de plus:

Neil Armstrong’s Sons, Director Damien Chazelle Defend Absence of Flag-Planting Scene in ‘First Man’
Dave McNary
Variety
August 31, 2018

Neil Armstrong’s sons and director Damien Chazelle have defended the absence of a flag-planting scene in the movie “First Man,” which details the 1969 moon landing.

Rick Armstrong and Mark Armstrong released a statement jointly with “First Man” author James R. Hansen on Friday in the wake of claims that the lack of the flag planting in the movie is unpatriotic.

“We do not feel this movie is anti-American in the slightest,” the trio said. “Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves.”

“First Man” is directed by Chazelle from a script by Josh Singer, based on Hansen’s book “First Man: The Life of Neil A. Armstrong.” The film stars Ryan Gosling as Neil Armstrong and focuses on the the years leading up to the Apollo 11 mission in 1969. “First Man” had its world premiere at the Venice Film Festival on Wednesday and hits theaters in the U.S. on Oct. 12.

Gosling has also responded to the criticism, telling reporters when asked about the omission, “I think this was widely regarded in the end as a human achievement [and] that’s how we chose to view it. I also think Neil was extremely humble, as were many of these astronauts, and time and time again he deferred the focus from himself to the 400,000 people who made the mission possible.”

“In ‘First Man’ I show the American flag standing on the lunar surface, but the flag being physically planted into the surface is one of several moments of the Apollo 11 lunar EVA that I chose not to focus upon,” he said in a statement. “To address the question of whether this was a political statement, the answer is no. My goal with this movie was to share with audiences the unseen, unknown aspects of America’s mission to the moon — particularly Neil Armstrong’s personal saga and what he may have been thinking and feeling during those famous few hours.”

“I wanted the primary focus in that scene to be on Neil’s solitary moments on the moon — his point of view as he first exited the LEM, his time spent at Little West Crater, the memories that may have crossed his mind during his lunar EVA,” Chazelle added. “This was a feat beyond imagination; it was truly a giant leap for mankind. This film is about one of the most extraordinary accomplishments not only in American history, but in human history. My hope is that by digging under the surface and humanizing the icon, we can better understand just how difficult, audacious and heroic this moment really was.”

Armstrong died in 2012 at the age of 82.

Here’s the statement from Armstrong’s son and Hansen:

We’ve read a number of comments about the film today and specifically about the absence of the flag planting scene, made largely by people who haven’t seen the movie. As we’ve seen it multiple times, we thought maybe we should weigh in.

This is a film that focuses on what you don’t know about Neil Armstrong. It’s a film that focuses on things you didn’t see or may not remember about Neil’s journey to the moon. The filmmakers spent years doing extensive research to get at the man behind the myth, to get at the story behind the story. It’s a movie that gives you unique insight into the Armstrong family and fallen American Heroes like Elliot See and Ed White. It’s a very personal movie about our dad’s journey, seen through his eyes.

This story is human and it is universal. Of course, it celebrates an America achievement. It also celebrates an achievement “for all mankind,” as it says on the plaque Neil and Buzz left on the moon. It is a story about an ordinary man who makes profound sacrifices and suffers through intense loss in order to achieve the impossible.

Although Neil didn’t see himself that way, he was an American hero. He was also an engineer and a pilot, a father and a friend, a man who suffered privately through great tragedies with incredible grace. This is why, though there are numerous shots of the American flag on the moon, the filmmakers chose to focus on Neil looking back at the earth, his walk to Little West Crater, his unique, personal experience of completing this journey, a journey that has seen so many incredible highs and devastating lows.

In short, we do not feel this movie is anti-American in the slightest. Quite the opposite. But don’t take our word for it. We’d encourage everyone to go see this remarkable film and see for themselves.

Voir encore:

Cinéma: First Man, La la lune

Le réalisateur de Whiplash retrace la vie de l’astronaute Neil Amstrong, homme névrosé et obsédé. Le film décolle souvent mais pas toujours.

Eric Libiot

L’Express

Damien Chazelle est un Clint Eastwood en velours. L’un et l’autre racontent des héros (du quotidien ou de la grande histoire) mus par leur seule obsession. Eastwood fait plutôt dans le brutal, quand Chazelle y met de la rondeur et quelques pas de danse. Mais entre Red Stovall (Honkytonk Man) et William Munny (Impitoyable) d’un côté, Andrew (Whiplash) et Sebastian (La la land), de l’autre, il n’est question que d’hommes qui se détruisent pour parvenir à leurs fins. Le revers de la médaille du héros américain. Difficile de dire quelle voie va emprunter Chazelle – il est moins désabusé que le grand Clint – mais s’il se durcit la couenne, il pourrait devenir un portraitiste passionnant du rêve étoilé d’aujourd’hui.

First Man. Le premier homme sur la lune (et pourquoi pas rallonger le titre en italien et en chinois tant qu’à faire ?), raconte l’épopée de Neil Armstrong, le gars qui fit un petit pas pour l’homme et un grand pour l’humanité. Pilote moyen qui parvint à s’envoler et à marquer son temps à force d’abnégation et de maîtrise. Héros national mais tête de lard, père absent et mari mal luné. On a assez envie de lui mettre deux claques.

Ryan Gosling parfait

Voulant absolument se décoller des références L’Etoffe des héros et Apollo (la grandeur de la nation américaine dans toute sa splendeur), Chazelle bidouille les séquences dans l’espace en secouant sa caméra, en bricolant l’image et en filmant les poils de barbe de son personnage. C’est parfois un peu fatigant parce que systématique.

En revanche – et c’est là où l’eastwoodien qui est en lui se réveille – la partie intimiste est passionnante. Armstrong est prêt à tout sacrifier pour être le premier. Pas forcément pour recevoir les applaudissements mais pour nourrir sa propre névrose. Comme si le héros américain, bouffé par une machine mythologique basée sur le « do it yourself » devait forcément en passer par là. Armstrong a le visage fermé et Ryan Gosling, qui n’est pas l’acteur le plus expressif au monde, est parfait. Claire Foy, son épouse, également ; femme de tête, actrice de coeur. La face cachée de la Lune est finalement ce qu’il y a de plus intéressant à voir.

First Man. Le premier homme sur la lune, de Damien Chazelle. 2 h 22.

First Man – Le premier homme sur la lune – Bande Annonce

Voir aussi:

First Man : le premier homme sur la lune

Louis Guichard

Télérama

17 octobre 2018
Après La La Land, Ryan Gosling enfile le scaphandre de Neil Armstrong avec une froideur lunaire fascinante. Une biographie distanciée et troublante.

Avec La La Land, Damien Chazelle, le jeune prodige de Hollywood, remettait de la fragilité dans la glorieuse comédie musicale à l’américaine : danser et chanter n’y était pas si facile pour les deux acteurs principaux, et la mise en scène exploitait subtilement leurs faiblesses. Dans cette biographie de Neil Armstrong, la discipline incertaine, laborieuse, faillible, c’est la conquête spatiale elle-même. Le cinéaste insiste sans cesse sur la précarité des engins et vaisseaux pilotés par l’astronaute, du début des années 1960 à ses premiers pas sur la Lune, le 21 juillet 1969. Leitmotiv des scènes d’action : les antiques cadrans à aiguilles s’affolent, les carlingues tremblotent, fument, prennent feu… La réussite, lorsqu’elle survient, paraît arbitraire, et ne parvient jamais à dissiper l’effroi et le doute devant l’entreprise du héros. Voilà comment, dès la saisissante première scène, le réalisateur s’approprie le genre si codifié du biopic hollywoodien. Le visage de Ryan Gosling est l’autre facteur majeur de stylisation. Avec son jeu minimaliste, son refus de l’expressivité ordinaire, l’acteur de Drive bloque la sympathie et l’identification. Damien Chazelle filme sa star en très gros plans, avec une fascination encore accentuée depuis La La Land : Ryan Gosling est lunaire bien avant d’alunir et il le demeure ensuite.

Le scénario donne et redonne, trop souvent, l’explication la plus évidente à cette absence mélancolique — la perte d’une fille, emportée en bas âge par le cancer. Cette tragédie intime, véridique, devient même la composante la plus convenue, avec flash-back mélodramatiques sur le bonheur familial perdu, un peu comme pour le personnage de spationaute de Sandra Bullock dans Gravity, d’Alfonso Cuarón. Or l’attendrissement sied peu à Damien Chazelle, cinéaste cruel, dur — voir le sadisme de Whiplash, et le gâchis amoureux de La La Land, pour cause d’égocentrisme des deux amants. Le film brille, en revanche, dès qu’il s’agit de la distance qui éloigne toujours plus le héros des siens — sa femme et ses deux fils —, au fil des expériences spatiales. Sommé par son épouse d’annoncer son départ vers la Lune à ses enfants, Neil Armstrong leur parle soudain comme s’il était en conférence de presse, sans plus d’émotion ni de tendresse — scène glaçante. Plus tard, l’homme (en quarantaine après une mission) est séparé de sa femme par une épaisse cloison de verre. La paroi devient alors, tout comme le casque-miroir du scaphandre, le symbole d’une vie à part, « hors de ce monde » — les mots de l’épouse. A la même époque, des mouvements sociaux dénoncent, aux Etats-Unis, les dépenses publiques faramineuses consacrées à la conquête spatiale, tandis que des millions de citoyens vivent mal. Damien Chazelle s’attarde sur cette critique-là, comme pour contredire la formule d’Armstrong une fois sur la Lune : « … un grand pas pour l’humanité »… Scepticisme et froideur contribuent ainsi à élever First Man au-delà de l’hagiographie attendue, au profit d’une réelle étrangeté, et d’une grande tenue.

Voir également:

What Do Words Cost? For ‘First Man,’ Perhaps, Quite A Lot
Michael Cieply
Deadline

October 14, 2018

What do words cost? In contemporary Hollywood, quite a bit, apparently.

If you believe those who say First Man was hurt by Ryan Gosling’s ‘globalist’ defense of director Damien Chazelle’s decision not to depict astronaut Neil Armstrong’s planting of an American flag on the moon—and the Internet is crawling with those who make that claim—then Gosling’s explanation cost up to $45,000 a word this weekend.

First Man, from Universal and DreamWorks among others, opened to about $16.5 million in ticket sales at the domestic box office. That’s $4.5 million short of expectations that were pegged at around $21 million. At the Venice Film Festival in late August, Gosling, who is Canadian, spoke about 100 words in defending the flag-planting omission. “I don’t think that Neil viewed himself as an American hero,” he said:  “From my interviews with his family and people that knew him, it was quite the opposite. And we wanted the film to reflect Neil. »

If the ensuing controversy really suppressed ticket sales—and who can know whether sharper-than-expected competition from Venom and A Star Is Born was perhaps a bigger factor?—the $45,000-per-word price tag is just a down payment. Under-performance by First Man of, say, $50 million over the long haul would raise the per-word price to a breathtaking $500,000.

Such is the terror of entertainment in the age of digital rage and partisanship. The simplest moment of candor at a routine promotional appearance can suddenly become a show-killer.

The real math, of course, is mysterious. To what extent a slip of the tongue or an interesting thought helped or hindered a film or television show will never be clear.

But, increasingly, the stray word seems to be taking a toll on vastly expensive properties that have been years, or even decades, in the making. Asked in May by a Huffington Post interviewer whether Star Wars character Lando Calrissian was “pansexual,” Jonathan Kasdan, co-writer of Solo: A Star Wars Story, answered: “I would say yes.”

What followed was a full-throated digital debate about sexual identity in the Star Wars series. Some fans loved it. Some didn’t. But the film, which had about $213.8 million in domestic ticket sales, seriously lagged its predecessors, leaving a scary question: Did Kasdan’s answer cost Disney and Lucasfilm some millions of dollars per word?

On the conservative side of the Great Divide, Roseanne Barr cost herself and ABC tens of millions of dollars per word when she compared former Obama White House advisor Valerie Jarrett to a combination of the Muslim Brotherhood and Planet Of The Apes, in a brief Tweet that led to her own firing and her show’s cancellation. On the progressive side, Marvel and Star Wars writer Chuck Wendig was just fired for a series of Tweets saying things at least as rude about Republicans (though the cost-per-word is clearly lower than Barr’s).

In retrospect, I begin to understand a backstage encounter I once witnessed between Bob Weinstein and Viggo Mortensen before a press conference at the Toronto International Film Festival.

Weinstein was delivering a ferocious, finger-jabbing lecture about what Mortensen could and could not say as he answered questions about his role in John Hillcoat’s The Road.

Back in 2009, this struck me as a rude, heavy-handed attempt to censor an intelligent actor who was perfectly capable of speaking for himself. But having seen what a few misplaced words can now cost, I suspect that Weinstein was ahead of his time.

Voir aussi:

The dangers of Trudeau’s ‘postnational’ Canada
Douglas Todd
The Vancouver Sun
April 28, 2016

Justin Trudeau says Canada is the world’s first « postnational state. » But the goal of the alternative, transnationalism, is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global money.

I’m trying to understand Justin Trudeau’s idealistic thinking.

When the prime minister says Canada is the world’s “first postnational state,” I believe he’s saying this is a place where respect for minorities trumps any one group’s way of doing things.

‘There is no core identity, no mainstream in Canada,’ Trudeau claimed after the October election. ‘There are shared values – openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice.”

The New York Times writer who obtained this quote said Trudeau’s belief Canada has no core identity is his “most radical” political position. It seems especially so combined with criticism Trudeau is a lightweight on national security and sovereignty.

Not too many Canadians, however, seem disturbed by Trudeau talking about us as a “postnational state.”

Maybe they just write it off as political bafflegab. But of all the countries in the world, Canada, with its high proportion of immigrants and official policy of multiculturalism, may also be one of the few places where politicians and academics treat virtually all forms of nationalism with deep suspicion.

Of course, no one defends nationalism in its rigid or extreme forms. Ultranationalism has been blamed for us-against-them belligerence throughout the 20th century, which led to terrible military aggressions out of Germany, Japan, the former Yugoslavia, China and many regions of Africa.

But would it be wise to let nationalism die?

 

What if our sense of a national identity actually was eradicated? What if borders were erased and the entire world became “transnational?”

We sometimes seem to be heading that way, with the rise of the European Union, the United Nations and especially transnational deals such as the North American Free Trade Agreement and the looming Trans-Pacific Partnership.

The aim of these transnational business agreements is to override the rules, customs and sovereignty of individual nations and allow the virtually unrestricted flow of global migrants and money.

Such transnational agreements benefit some, especially the “cosmopolitan” elites and worldwide corporations. But the results for others are often not pretty.

Indeed, a case can be made that the housing affordability crises in Metro Vancouver and Toronto is a result of a “postnational” mindset.

Canada’s politicians are failing to put serious effort into protecting residents of Vancouver or Toronto from transnational financial forces.

Before digging further into the influences behind our overheated housing markets, however, I’ll make a case for healthy nationalism.

Avoid extremes

The first thing to keep in mind is to not judge nationalism by its extremes.

As G.K. Chesterton once said, condemning nationalism because it can lead to war is like condemning love because it can lead to murder.

In recent years many regions have developed generally positive forms of nationalism: Scotland, the Czech Republic, the U.S., Argentina, Japan, Sweden to name a few.

Healthy nationalism encourages diverse people to cooperate.

“Patriotism is what makes us behave unselfishly. It is why we pay taxes to support strangers, why we accept election results when we voted for the loser, why we obey laws with which we disagree,” writes Daniel Hannan, author of Inventing Freedom.

“A functioning state requires broad consensus on what constitutes the first-person plural. Take that sense away, you get Syria or Iraq or Ukraine or – well, pretty much any war zone you can name.”

Though Canada’s particular style of nationalism is fluid and not simple to define, it’s part of what makes the country attractive to immigrants, who often arrive from dysfunctional regions torn by corruption and cynicism about national officials.

Many immigrants seem to realize that it’s not normally nationalism that foments catastrophic division – it’s religion, race or tribalism.

In contrast, some of the world’s most economically successful and egalitarian countries have a sense of mutual trust and appreciation for good government that is in part based on the glue of nationalism.

People in proud Nordic countries, for instance, often decorate even their birthday cakes with their national flags. At the same time Nordic nations are generous to their disadvantaged and in distributing foreign aid.

Michael McDonald, former head of the University of B.C.’s Centre for Applied Ethics, thinks Trudeau’s belief that Canada is the world’s first “postnational state” emerges out of his concern that it’s dangerous to “affirm a dominant culture that suppresses and marginalizes those outside the mainstream.”

But even though the ethics professor believes it’s important to protect minorities, he isn’t prepared to overlook the value of nationalism.

McDonald believes being Canadian is like being a member of a community, or a big family.

“Some are born into the family and others are adopted. There is a shared family history – interpreted in diverse ways,” McDonald says.

“Not everyone is happy being in the family. Some think being a family member is important and others do not. But we are shaped by our families, and we shape ourselves within and sometimes against our families. So also with our country.”

Transnationalist dangers

Embracing McDonald’s view that Canada is a giant, unruly but somewhat bonded family, I’d suggest Trudeau contradicts himself, or is at least being naive, when he argues Canada is a postnational state.

On one hand Trudeau claims Canada has no “core identity.” On the other hand he says the Canadian identity is quite coherent – we all share the values of “openness, respect, compassion, willingness to work hard, to be there for each other, to search for equality and justice.”

Can it be both ways?

Most Canadians don’t think so. Regardless of what Trudeau told the New York Times, a recent Angus Reid Institute poll confirmed what many Canadians judge to be common sense: 75 per cent of residents believe there is a “unique Canadian culture.”

I wish some of that common sense about nationalism was being brought to the housing affordability crisis in Vancouver and Toronto.

While some of the strongest support for transnationalism comes from big business, we need to hear more from economists who stand up for healthy nationalism.

They include the famous Scottish economist Adam Smith, who is often cited as the father of capitalism. Smith believed free enterprise would work most effectively within the cultures of unified nations.

 

Healthy nationalism requires loyalty between citizens and leaders, says Geoffrey Taunton-Collins, who writes for http://www.adamsmith.org. A nation’s leaders are expected to protect their citizens from outside powers.

That is not what is happening in Vancouver and Toronto, where the forces of transnationalism have been allowed to run amok. “The city has become a commodity,” former Vancouver city councillor Jonathan Baker recently lamented. It’s being increasingly occupied by transnational wealth.

Global capital is coming to Toronto and Vancouver because it seeks a haven that has no ethical, legal or physical boundaries, Eveline Xia and UBC planning department director Penny Gurstein wrote this month in The Vancouver Sun.

Xia and Gurstein say federal and B.C. politicians are not protecting citizens from transnational speculators. Unlike the officials who represent London, Hong Kong or Singapore, Xia and Gurstein say, Canadian politicians are failing to regulate residency requirements on home purchases or charge nonresidents extra fees.

As a result many average Canadians who are desperate to make a home and livelihood in Metro Vancouver can’t come close to affording to live here.

It’s the kind of thing that can happen when too many politicians believe we’re living in the world’s first “postnational state.”

Voir enfin:

First Man (2018)

History vs. Hollywood
Questioning the Story:

How much of Neil Armstrong’s life does the First Man movie cover?

The biopic covers the period of Neil Armstrong’s life from 1961 up to the Apollo 11 Moon landing on July 20, 1969. On that day, Armstrong became the first person to set foot on the lunar surface. He was joined by Buzz Aldrin approximately 20 minutes later. This can be seen in the Apollo 11 Moon Landing Video.

Was astronaut Neil Armstrong really an introverted and quiet hero like he’s portrayed to be in the movie?Yes. The First Man true story reveals that unlike many astronauts, Neil Armstrong was not the hotshot type, nor was he a fame-seeker. He was a man of few words who was driven to accomplish something no other human being had done. Up to his death, he largely remained a bit of an enigma.

Is the First Man movie based on a Neil Armstrong book?

Yes. The movie is based on author James R. Hansen’s New York Times bestselling biography First Man: The Life of Neil A. Armstrong. First published in 2005, the book is the only official biography of Armstrong. It chronicles his involvement in the space program, concluding with the climactic Apollo 11 mission. At the same time, it explores his personal life as well. Armstrong gave his full support to Hansen and encouraged others to provide any necessary information that the author requested. Film rights to the book were sold in 2003, prior to its publication, but a Neil Armstrong movie took years to get off the ground. Initially, Clint Eastwood had been attached to direct.

Was Ryan Gosling the first choice for the role of Neil Armstrong?

Yes. Director Damien Chazelle told People Magazine that the first time he ever met Ryan Gosling was to pitch him the role in the Neil Armstrong biopic. This was before the director and actor teamed up to make the 2016 musical La La Land together.

Is the movie’s opening scene, in which Neil Armstrong pilots an X-15 rocket plane into the stratosphere, depicted accurately?

For the most part, yes. He indeed had trouble returning to Earth as the plane began to bounce off the atmosphere instead of slicing back into it. Armstrong was more than 20 miles above the Earth. The only part of that scene that isn’t as realistic is when we’re able to look out the window of his plane and see the white clouds just below. At 120,000 feet, he was roughly double the altitude of the highest clouds, so realistically, the clouds would have been much further beneath him. -TIME

Is the song playing when Neil and Janet dance in the living room based on an actual song that they listened to?

Yes. The eerie space melody that Neil and Janet dance to in the biopic is an actual song that they listened to. “It was a track that Neil and Janet shared with each other and that Neil wound up bringing with him on the Apollo 11 mission, » says director Damien Chazelle. « It’s called ‘Lunar Rhapsody’. It’s quite appropriate, but it’s this sort of weird Theremin orchestral track from the early days of the Theremin [an electric instrument with metal antennas].” -People.com

Did Neil Armstrong really lose a daughter to brain cancer?

Yes. On January 28, 1962, Neil and Janet lost their two-year-old daughter Karen to a case of pneumonia while suffering from a malignant brain tumor. « I thought the best thing for me to do in that situation was to continue with my work, » said Armstrong, « keep things as normal as I could, and try as hard as I could not to have it affect my ability to do useful things. » He became an astronaut that same year. The movie seems to depict this time in Armstrong’s life rather accurately. -First Man Book Interview

Did Neil Armstrong’s home really catch on fire?

Yes. Though the scene was cut from the final version of the movie, the First Man true story confirms that the Armstrongs’ Houston home caught fire in the spring of 1964. Janet woke in the middle of the night and smelled smoke, at which time she alerted Neil. Astronaut Ed White (portrayed by Jason Clarke in the movie) was their neighbor at the time and jumped the fence to help. The Armstrongs nearly lost their lives. Neil passed their ten-month-old son Mark through a window to Ed. He then went to save his six-year-old son Rick, holding a wet cloth over Rick’s face as they made it outside to the backyard. Neil described the 25 feet to Rick’s bedroom as « the longest journey I ever made in my life. » Rick was okay except for a burn on his thumb.

Not shown in the movie, the Armstrongs’ home burned to cinders in a 1964 house fire. They nearly lost their lives. Actor Ryan Gosling stands in the backyard of the burning home in a scene omitted from the biopic (above).

Did Neil Armstrong almost die while training for the lunar landing?

Yes. Two Lunar Landing Research Vehicles were built. Each used a single jet engine turned right-side up to simulate the Moon’s one-sixth gravity of Earth. On May 6, 1968, Neil Armstrong was piloting one of the vehicles roughly 100 feet above the ground. Unanticipated depletion of helium used to pressurize the fuel tanks led to a total failure of his flight controls and the LLRV started to go into a roll. He ejected and parachuted safely to the ground. Future analysis concluded that if he had ejected just half a second later, his parachute would not have deployed in time. His brush with death can be seen in the Neil Armstrong LLRV Training Crash Video. The top image below shows Neil Armstrong floating to the ground after Lunar Landing Research Vehicle 1 exploded into a ball of flames upon hitting the field. -First Man book

Did astronaut Neil Armstrong injure his face during the Lunar Lander training accident like in the movie?

No, he did not injure his face when he was forced to eject from the Lunar Landing Research Vehicle and parachute to the ground. The worst that happened was that he bit his tongue hard during his impact with the ground.

Did Neil Armstrong really have a serious talk with his kids about the possibility of him not returning from the mission?

Yes. Armstrong’s sons, Rick and Mark, told USA Today that their father indeed talked with them before going to space and walking on the moon. « That scene came from us, » Rick said. He and his brother collaborated with director Damien Chazelle for two-and-a-half years. As for the specifics of the conversation, Mark says he was too young to remember, but Rick says that the movie gets the gist of it right. However, he never remembers directly asking his father, « Do you think you’re coming back? »

« I didn’t have any doubt that he was coming back, » says Rick, who was 12 at the time. « So I wouldn’t have asked that. » -Collider

« We think we’re coming back, but there is some risk, » is basically what Armstrong told his sons. With regard to the oldest son shaking his father’s hand at the end of the conversation, that was added by the filmmakers. Rick said that it could have happened, or maybe it was a hug. He wasn’t sure.

Were Neil and Buzz really running low on fuel as they approached the moon’s surface?

As Neil Armstrong and Buzz Aldrin descended to the moon’s surface in the Lunar Lander, they believed that they were running low on fuel because the computers were telling that to mission control, indicating that they had less than a minute to either touch down or abort the mission. The nail-biting sequence is true. However, they later learned that the lander hadn’t actually been low on fuel.

« You got a bunch of guys about to turn blue. We’re breathing again. Thanks a lot, » flight controller Charlie Duke radioed to Armstrong after the successful landing. -The Wrap

Does the lunar footprint in the famous photo belong to Neil Armstrong?

No. The famous photo of the lunar footprint that is often shown with Armstrong’s iconic quote, « That’s one small step for man, one giant leap for mankind, » is actually Buzz Aldrin’s footprint, not Neil Armstrong’s. Therefore, it’s not the footprint of the first step taken on the Moon, which we see in the movie. Aldrin made the bootprint in the photo as part of an experiment to test the properties of the lunar regolith (the loose rock and dust sitting on top of the lunar bedrock).

Why aren’t there any good photos of Neil Armstrong on the Moon?

As we explored the First Man true story, we quickly discovered that there are no good photos of Neil Armstrong on the Moon. The best image is displayed below. It was taken by fellow astronaut Buzz Aldrin and shows Armstrong removing equipment from storage in the Lunar Module. The reason for the lack of photos of Armstrong on the lunar surface is because most of the time it was Armstrong who was carrying the camera. Some people blamed Aldrin for the insufficient number of photos of Armstrong, reasoning that he wanted the limelight since Armstrong was first to step onto the moon. Aldrin later addressed the criticism, saying he felt horrible that there were so few photos of Armstrong but there was too much going on at the time to realize it.

The most iconic shot of an astronaut on the Moon is of Buzz Aldrin standing and posing for the camera. If you look closely at that photo, you can actually see Armstrong taking the picture in the visor’s reflection.

Did Neil Armstrong really leave his daughter Karen’s bracelet on the moon?

No. It is here that the movie perhaps takes one of its biggest liberties. There is no historical record that Armstrong left a bracelet of his daughter’s on the moon (in the film, he drops it into Little West Crater). Astronauts flew with a PPK (personal preference kit), which included any non-regulation or sentimental items that they wanted to bring with them. Armstrong said that he lost the manifest for his PPK, so we can’t be sure what all it contained. We do know that he took with him remnants of fabric and the propeller from the Wright Brothers plane in which they took the first powered flight in 1903. Since Karen’s death is believed to have set the course of Armstrong’s life (especially at NASA), it’s not hard to imagine him bringing a sentimental item of Karen’s like the bracelet to the moon. We just don’t know for certain if he did, and if so, what he brought. -TIME

How much time did Neil Armstrong spend walking on the Moon?

Armstrong’s Moon walk lasted 2 and 3/4 hours, even though it feels much shorter in the movie. Astronauts on the five subsequent NASA missions that landed men on the Moon were given progressively longer periods of time to explore the lunar surface, with Apollo 17 astronauts spending 22 hours on EVA (Extravehicular Activity). The reason Armstrong and Buzz Aldrin didn’t get to spend more time outside the Lunar Module is that there were uncertainties as to how well the spacesuits would hold up to the extremely high temperatures on the lunar surface. -Space.com

Did Neil Armstrong and his wife Janet stay together?

No. After 38 years of marriage, Neil Armstrong’s wife Janet divorced him on April 12, 1994 after a long separation. He had begun a relationship with Carol Held Knight, a widow who he had met at a golf tournament in 1992. Armstrong married Knight, who was 15 years his junior, on June 12, 1994, exactly two months after his divorce became final.

Apollo 11 Moon Landing Footage & Related Videos

Below, you can further explore the true story behind the Neil Armstrong biopic First Man by watching actual footage of the 1969 Apollo 11 Moon landing, including witnessing Armstrong take the first steps on the surface of the Moon. You can also view footage of his ejection from the Lunar Landing Research Vehicle (LLRV) and its subsequent crash, which happened more than a year prior to landing on the Moon.

Neil Armstrong Lunar Lander Training Crash
Apollo 11 Moon Landing Live Broadcast Footage
First Man Movie Trailer

Voir de même:

The Impact of “Deliverance”

Stacey Eidson
Metro spirit
April 15, 2015

Long before moviegoers watched in horror as actor Ned Beatty was forced to strip off his clothes and told to “squeal like a pig” during a film set in the rural mountains of North Georgia, there was the novel by Atlanta writer and poet James Dickey that started it all.

It’s been 45 years since “Deliverance” first hit the book shelves across this nation, but the profound impact that the tale of four suburban men canoeing down the dangerous rapids of a remote Georgia river and encountering a pair of deranged mountain men can still be felt today.

When the book was first released back in April of 1970, the reaction was definitely mixed, to say the least. Most critics praised the adventurous tale, describing the novel as “riveting entertainment” or a “monument to tall stories.”

The New York Times called the book a “double-clutching whopper” of a story that was a “weekend athlete’s nightmare.”

“Four men decide to paddle two canoes down the rapids of a river in northern Georgia to get one last look at pure wilderness before the river is dammed up and ‘the real estate people get hold of it,’” the New York Times book review stated in 1970.

But to the shock of the reader, the whitewater adventure turns into a struggle for survival when the character Bobby Trippe is brutally sodomized by a mountain man while his friend Ed Gentry is tied to a nearby tree.

“In the middle of the second day of the outing, two of the campers pull over to the riverbank for a rest,” the New York Times wrote in 1970. “Out of the woods wander two scrofulous hillbillies with a shotgun, and proceed to assault the campers with a casual brutality that leaves the reader squirming.

“It’s a bad situation inside an impossible one wrapped up in a hopeless one, with rapids crashing along between sheer cliffs and bullets zinging down from overhead. A most dangerous game.”

The New Republic described “Deliverance” as a powerful book that readers would not soon forget.

“I wondered where the excitement was that intrigued Lewis so much; everything in Oree was sleepy and hookwormy and ugly, and most of all, inconsequential. Nobody worth a damn could ever come from such a place.”

“How a man acts when shot by an arrow, what it feels like to scale a cliff or to capsize, the ironic psychology of fear,” The New Republic review stated. “These things are conveyed with remarkable descriptive writing.”

But the Southern Review probably said it best by stating that “Deliverance” touched on the basic “questions that haunt modern urban man.”

The book spent 26 weeks on the New York Times best-selling hardback list, and 16 weeks on that newspaper’s paperback list.

Within two years, it had achieved its eighth printing and sold almost 2 million copies.

The novel was having an immediate impact on the image of northern Georgia, according to the book, “Dear Appalachia: Readers, Identity, and Popular Fiction since 1878” by author Emily Satterwhite.

“Dickey’s novel created for readers an Appalachia that served as the site of a collective ‘nightmare,’ to use a term adopted by several of Dickey’s reviewers,” Satterwhite wrote. “The rape of city men by leering ‘hicks,’ central to the novel… became almost synonymous with popular conceptions of the mountain South.”

The book is a tall tale written by a man raised in a wealthy neighborhood in Atlanta, who both loved and feared the mountains of North Georgia, according to Satterwhite.

“Dickey’s father, James II, was a lawyer who loved hunting and cockfighting; his North Georgia farm served as a refuge from his wife, her family inheritance and the Buckhead mansion and servants that her wealth afforded them even in the depths of the Great Depression,” Satterwhite wrote, adding that James Dickey, like his father, was also uncomfortable with his family’s wealth. “Dickey preferred to claim that he grew up in the mountains. He attributed his blustery aggressiveness to his ‘North Georgia folk heritage’ and averred, ‘My people are all hillbillies. I’m only second-generation city.’”

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But that was far from the truth.

“Though Dickey’s ancestors had indeed lived in mountainous Fannin County, Georgia, they were not the plain folks he made them out to be,” Satterwhite wrote. “He failed to acknowledge that they were slaveholders and among the largest landowners and wealthiest residents of the county. Dickey’s romantic — and racist — vision of Appalachia as a place apart stayed with him his entire life.”

Dickey’s conflicting feeling about these so-called “mountain people” of North Georgia is evident in many of the conversations between two of the novel’s main characters, graphic artist Ed Gentry and outdoor survivalist Lewis Medlock.

In the beginning of the book, Lewis attempts to describe to Ed, the narrator of the novel and the character who is generally believed to be loosely based on Dickey himself, what makes the mountains of northern Georgia so special.

Lewis insists that there “may be something important in the hills.”

But Ed quickly fires back, “I don’t mind going down a few rapids with you and drinking a little whiskey by a campfire. But I don’t give a fiddler’s f*** about those hills.”

Lewis continues to try to persuade Ed by telling him about a recent trip he took with another friend, Shad Mackey, who got lost in these very same mountains.

“I happened to look around, and there was a fellow standing there looking at me,” Lewis said. “‘What you want, boy down around here?’ he said. He was skinny, and had on overall pants and a white shirt with the sleeves rolled up. I told him I was going down the river with another guy, and that I was waiting for Shad to show up.”

The man who stepped out of the woods was a moonshiner who, to Lewis’ surprise, offered to help.

“‘You say you got a man back up there hunting with a bow and arrow. Does he know what’s up there?’ he asked me. ‘No,’ I said. ‘It’s rougher than a night in jail in south Georgia,’ he said, ‘and I know what I’m talking about. You have any idea whereabouts he is?’ I said no, ‘just up that way someplace, the last time I saw him.’”

What happened next opened Lewis’ eyes to these mountain people, he told Ed.

“The fellow stood up and went over to his boy, who was about fifteen. He talked to him for a while, and then came about halfway back to me before he turned around and said, ‘Son, go find that man.’

“The boy didn’t say a thing. He went and got a flashlight and an old single-shot twenty-two. He picked up a handful of bullets from a box and put them in his pocket. He called his dog, and then he just faded away.”

Several hours later, the boy returned with Shad, who had broken his leg. When Lewis finishes his story, it’s obvious the tale means very little to Ed.

“That fellow wasn’t commanding his son against his will,” Lewis said. “The boy just knew what to do. He walked out into the dark.”

Ed quickly asks, “So?”

“So, we’re lesser men, Ed,” Lewis said. “I’m sorry, but we are.”

“From the ubiquitous rendition of the ‘Dueling Banjos’ theme song to allude to danger from hicks to bumper stickers for tourists reading, ‘Paddle faster, I hear banjoes,’ the novel and film have created artifacts that many of us encounter on an almost weekly basis.”

When the pair reaches the fictitious mountain town of Oree, Georgia, in the novel, Ed is clearly even less impressed.

“An old man with a straw hat and work shirt appeared at Lewis’ window, talking in. He looked like a hillbilly in some badly cast movie, a character actor too much in character to be believed. I wondered where the excitement was that intrigued Lewis so much; everything in Oree was sleepy and hookwormy and ugly, and most of all, inconsequential. Nobody worth a damn could ever come from such a place.”

As Lewis continues to negotiate with the mountain men, Ed becomes even more harsh in his description of Oree and its residents.

“There is always something wrong with people in the country, I thought. In the comparatively few times I had ever been in the rural South I had been struck by the number of missing fingers. Offhand, I had counted around twenty, at least. There had also been several people with some form of crippling or twisting illness, and some blind or one-eyed. No adequate medical treatment maybe. But there was something else. You’d think that farming was a healthy life, with fresh air and fresh food and plenty of exercise, but I never saw a farmer who didn’t have something wrong with him, and most of the time obviously wrong.

“The catching of an arm in a tractor park somewhere off in the middle of a field where nothing happened but that the sun blazed back more fiercely down the open mouth of one’s screams. And so many snakebites deep in the woods as one stepped over a rotten log, so many domestic animals suddenly turning and crushing one against the splintering side of a barn stall. I wanted none of it, and I didn’t want to be around where it happened either. But I was there, and there was no way for me to escape, except by water, from the country of nine-fingered people.”

The South Squeals Like a Pig

The portrait of mountain people as toothless, sexual deviants in a “country of nine-fingered people” was too much for many Southerners to accept.

“The consequences of fictional representation have never been more powerful for the imagination of mountainness — or perhaps even for southernness, ruralness, and ‘primitiveness’ more generically — than in the case of ‘Deliverance,’” Satterwhite wrote.

By the time director John Boorman brought “Deliverance” to the big screen in 1972 starring Burt Reynolds as Lewis and Jon Voight as Ed, the damage to the South’s reputation was in full force.

The movie, which was primarily filmed in Rabun County in North Georgia during the summer of 1971, grossed about $6.5 million in its first year and was considered a great success at home and internationally.

“Indeed, it would be difficult to overstate the thoroughness with which ‘Deliverance,’ transformed by Dickey and director John Boorman into a film classic, has imbricated itself into Americans’ understanding and worldview,” Satterwhite wrote. “From the ubiquitous rendition of the ‘Dueling Banjos’ theme song to allude to danger from hicks to bumper stickers for tourists reading, ‘Paddle faster, I hear banjoes,’ the novel and film have created artifacts that many of us encounter on an almost weekly basis.”

Ironically, the movie’s most memorable line, “Squeal like a pig!” was never a part of the book. It was allegedly improvised by the actor during filming.

But the South wanted to still promote Dickey, an accomplished Atlanta author, so articles in the Columbia Record and other South Carolina and Georgia newspapers frequently featured Dickey’s novel. The film version of “Deliverance” was also honored at the Atlanta film festival.

“Southern hopes for self-promotion were evident at the film’s premiere in Atlanta,” Satterhite wrote. “Dickey leaned over to say to Jimmy Carter, then the governor: ‘Ain’t no junior league movie is it, Governor?’ ‘It’s pretty rough,’ Carter agreed, ‘but it’s good for Georgia.’ Carter paused. ‘It’s good for Georgia. I hope.’”

However, the success of “Deliverance” had such an impact on the Peach State, Carter decided to create a state film office in 1973 to ensure Georgia kept landing movie roles.

As a result, the film and video industry has contributed more than $5 billion to the state’s economy since the Georgia Film Commission was established.

But the release of “Deliverance” was, without question, a difficult time for rural Southerners, wrote Western Kentucky University professor Anthony Harkins, author of “Hillbilly: A Cultural History of an American Icon.”

The mountaineers of “Deliverance” were “crippled misfits and savage sodomizers of the North Georgia wilderness” who terrorize the foursome of Atlanta canoeists who simply want to run the rapids of the fictitious Cahulawassee River.

“Indisputably the most influential film of the modern era in shaping national perceptions of southern mountaineers and rural life in general, Deliverance’s portrayal of degenerate, imbecilic, and sexually voracious predators bred fear into several generations of Americans,” Harkins wrote. “As film scholar Pat Arnow only partly facetiously argued in 1991, the film ‘is still the greatest incentive for many non-Southerners to stay on the Interstate.’”

“As film scholar Pat Arnow only partly facetiously argued in 1991, the film ‘is still the greatest incentive for many non-Southerners to stay on the Interstate.’”

In fact, Harkins points out that Daniel Roper of the North Georgia Journal described the movie’s devastating local effect as “Deliverance did for them [North Georgians] what ‘Jaws’ did for sharks.”

“The film’s infamous scenes of sodomy at gunpoint and of a retarded albino boy lustily playing his banjo became such instantly recognizable shorthand for demeaning references to rural poor whites that comedians needed to say only ‘squeal like a pig’ or hum the opening notes of the film’s guitar banjo duet to gain an immediate visceral reaction from a studio audience,” Harkins writes.

Harkins believes that’s not at all what Dickey intended in writing both the book and the movie’s screenplay.

“To (the character) Lewis (and Dickey), the mountain folk’s very backwardness and social isolation has allowed them to retain a physical and mental toughness and to preserve a code of commitment to family and kin that has long ago been lost in the rush to a commodified existence,” Harkins wrote. “Lewis praised the ‘values’ passed down from father to son.”

But all of that meaning appeared to be lost in the film, Harkins wrote. Instead, Hollywood was much more interested in the horrific tale and captivating adventure of traveling down a North Georgia river being chased by crazed hillbillies.

The film was about the shock and fear of such an incident in the rural mountains that enthralled moviegoers.

“The film explicitly portrays Lewis (Burt Reynolds) shooting the rapist through the back with an arrow and the man’s shocked expression as he sees the blood smeared projectile protruding from his chest just before he dies violently,” Harkins wrote.

Surprisingly, Dickey seemed to thoroughly enjoy that scene in the film during the movie’s New York premiere, Harkins writes.

“Known for his outrageous antics and drunken public appearances, (Dickey) is said to have shouted out in the crowded theater, ‘Kill the son of a bitch!’ at the moment Lewis aims his fatal arrow,” Harkins wrote. “And then ‘Hot damn’ once the arrow found its mark.”

Many years later, Ned Beatty, the actor in the famous rape scene wrote an editorial for the New York Times called “Suppose Men Feared Rape.”

“‘Squeal like a pig.’ How many times has that been shouted, said or whispered to me since then?” wrote Beatty, who, according to Atlanta’s Creative Loafing would reply, “When was the last time you got kicked by an old man?”

Beatty wrote the editorial amid the outcry of 1989’s high-profile Central Park jogger rape case, and offered his experience with the snide catcalls, Creative Loafing reported.

“Somewhere between their shouts and my threats lies a kernel of truth about how men feel about rape,” he wrote. “My guess is, we want to be distanced from it. Our last choice would be to identify with the victim. If we felt we could truly be victims of rape, that fear would be a better deterrent than the death penalty.”

The Shock in Rabun County, Georgia

The rape of Ned Beatty’s character was easily the most memorable scene in the film, and, needless to say, many of the residents in Rabun County who were interviewed after the movie was released were less than thrilled.

“Resentment grew even while the film was being made,” Harkins wrote. “As word of how the mountaineers were being portrayed spread, (James Dickey’s son) Christopher Dickey, who was staying with his family in a low-budget motel and had more contact with the local residents acting or working on the set than did Boorman and the lead actors staying in chalets at a nearby golf resort, began to fear for his safety. Shaped by a century of media depictions of brutally violent mountaineers, he worried that some ‘real mountain men’ with ‘real guns’ might ‘teach some of these movie people a lesson.’”

Although many people in the region still bristle at the movie’s portrayal of locals as ignorant hillbillies, there were some major benefits to the book and film.

“That river doesn’t care about you. It’ll knock your brains out. Most of the people going up there don’t know about whitewater rivers. They are just out for a lark, just like those characters in ‘Deliverance.’ They wouldn’t have gone up there if I hadn’t written the book.”

Both helped create the more than $20 million rafting and outdoor sports industry along the Chattooga River in North Georgia.

In 2012, the national media descended on Rabun County again when reporters quickly learned the film’s 40th anniversary was going to be celebrated during the Chattooga River Festival.

“The movie, ‘Deliverance’ made tourist dollars flow into the area, but there was one memorable, horrifying male rape scene that lasted a little more than four minutes, but has lasted 40 years inside the hearts and minds of the people who live here,” CNN reported in 2012.

Rabun County Commissioner Stanley “Butch” Darnell told the media he was disgusted by the way the region was depicted in the film.

“We were portrayed as ignorant, backward, scary, deviant, redneck hillbillies,” he told CNN. “That stuck with us through all these years and in fact that was probably furthest from the truth. These people up here are a very caring, lovely people.”

“There are lots of people in Rabun County that would be just as happy if they never heard the word, ‘Deliverance’ again,” he added.

The news media interviewed everyone, including Rabun County resident Billy Redden, who as a teen was asked to play the “Banjo boy” in the film.

“I don’t think it should bother them. I think they just need to start realizing that it’s just a movie,” Redden, who still lives in Rabun County and works at Walmart, told CNN in 2012. “It’s not like it’s real.”

The Rabun County Convention and Visitor’s Bureau also pointed out that tourism brings in more than $42 million a year in revenue, which makes for a huge surplus for a county whose operating budget was about $17 million at the time.

Several local businesses embraced the 2012 festival including the owners of the Tallulah Gorge Grill.

The Tallulah Gorge is the very gorge that Jon Voight climbed out of near the end of the 1972 film and the owners of the Tallulah Gorge Grill wanted to celebrate that milestone.

“It is hard to believe that 40 years have passed since this movie first brought fame to the Northeast Georgia Mountains,” Tanya Jacobson-Smith wrote on the grill’s website promoting the festival. “Much has happened over the years here in Rabun County Georgia and around the world. Some good, some bad. Some still believe the movie was a poor portrayal of this county and it’s people. Other’s believe it is at least part of what has helped this region survive.”

Both thoughts are justified, Jacobson-Smith wrote.

“When ‘Deliverance’ was released in 1972, it was for many outside the community their first introduction to the beauty of the Blue Ridge Mountains, and the ways of the people living and working in their shadow,” she wrote. “Many of us (myself included) saw the breathtaking beauty of this area for the first time via the big screen. We caught a glimpse into the lives of the people who inhabit this place, some good and some not so good. There are those who believe that ‘Deliverance’ made the mountain people seem ‘backwards, uneducated, scary, and even deviant.’ I believe there were also many who, like myself, saw a people of great strength, caring and compassion. A community knit together by hardship, sharing and caring for each other and willing to help anyone who came along.”

She wrote that, as in any community, if people look hard enough and thoroughly examine its residents, they will find some bad, but most often they will find “a greater good that outshines the bad.”

“That is certainly the case here in the Northeast Georgia Mountains,” she wrote. “Most importantly ‘Deliverance’ introduced the world to the natural beauty of this mountain region, the unforgettable sounds of the Appalachian music and the wild excitement of river rafting. Drawn here by what they saw on the big screen, tourists flocked to the area to see and experience for themselves the good things they had seen in the movie.”

As a result, tourists filled hotels and campgrounds to capacity, tasted the local fare in restaurants and cafes and discovered the thrill of swimming in, or paddling on, the state’s beautiful rivers and lakes.

“Forty years later, people from all over the world still come to this area to experience the beauty and simplicity of mountain living,” she wrote. “It is here in these beautiful mountains that ‘strangers’ find a vibrant community of lifelong residents and newcomers, working together to maintain a quality of life that has been lost in much of today’s world.”

Over the years, Rabun County and surrounding North Georgia communities have embraced these changes. Some parts of the area have become a playground for high-end homeowners with multi-million-dollar lakefront property.

But there was also some growing pains.

Thousands of “suburbanites” flocked to the river in search of whitewater thrills and exhibited what author Anthony Harkins calls “the Deliverance syndrome.”

These individuals showed the “same lack of respect and reverence for the river that the characters in the film had displayed,” Harkins wrote, adding “to the shame of local guides, some even would make pig squeals when they reached the section of the river where the rape scene had been filmed.”

Some of those individuals paid a price.

“Seventeen people drowned on the river between 1972 and 1975, most with excessive blood-alcohol levels, until new regulations were imposed when the river was officially designated Wild and Scenic in 1974,” Harkins wrote.

Ironically, some people like to point out that “Deliverance” author James Dickey tried to warn people prior to his death in 1997 about their need to respect the rivers located in the mountains of North Georgia.

“That river doesn’t care about you. It’ll knock your brains out,” Dickey told the Associated Press in 1973. “Most of the people going up there don’t know about whitewater rivers. They are just out for a lark, just like those characters in ‘Deliverance.’ They wouldn’t have gone up there if I hadn’t written the book. There’s nothing I can do about it. I can’t patrol the river. But it just makes me feel awful.”

Voir par ailleurs:

Comment le néolibéralisme détruit les classes moyennes, par Christophe Guilluy

« There is no such thing as society » (« La société, cela n’existe pas »), ce message de Margaret Thatcher de 1987, au plus fort de son pouvoir, vous en tirez le titre de votre dernier livre*. Vous êtes devenu thatchérien ?
Christophe Guilluy : Moi, non. Mais le monde, oui. En tout cas, les pays de l’OCDE, et plus encore les démocraties occidentales, répondent pleinement au projet que la Dame de fer appelait de ses vœux. Partout, trente ans de mondialisation ont agi comme une concasseuse du pacte social issu de l’après-guerre. La fin de la classe moyenne occidentale est actée. Et pas seulement en France. Les poussées de populisme aux Etats-Unis, en Italie, et jusqu’en Suède, où le modèle scandinave de la social-démocratie n’est désormais plus qu’une sorte de zombie, en sont les manifestations les plus évidentes. Personne n’ose dire que la fête est finie. On se rassure comme on peut. Le monde académique, le monde politique et médiatique, chacun constate la montée des inégalités, s’inquiète de la hausse de la dette, de celle du chômage, mais se rassure avec quelques points de croissance, et soutient que l’enjeu se résume à la question de l’adaptabilité. Pas celle du monde d’en haut. Les gagnants de la mondialisation, eux, sont parfaitement adaptés à ce monde qu’ils ont contribué à forger. Non, c’est aux anciennes classes moyennes éclatées, reléguées, que s’adresse cette injonction d’adaptation à ce nouveau monde. Parce que, cahin-caha, cela marche, nos économies produisent des inégalités, mais aussi plus de richesses. Mais faire du PIB, ça ne suffit pas à faire société.
Comme géographe, vous avez imposé dans le débat hexagonal la notion de « France périphérique« . Ce n’est pas une de ces fameuses exceptions françaises ?

Election de Trump, Brexit, arrivée au pouvoir d’une coalition improbable liant les héritiers de la Ligue du Nord à ceux d’une partie de l’extrême gauche en Italie. De même qu’il y a une France périphérique, il y a une Amérique périphérique, un Royaume-Uni périphérique, etc. La périphérie, c’est, pour faire simple, ces territoires autour des villes-mondes, rien de moins que le reste du pays. L’agglomération parisienne, le Grand-Londres, les grandes villes côtières américaines, sont autant de territoires parfaitement en phase avec la mondialisation, des sortes de Singapour. Sauf que, contrairement à cette cité-Etat, ces territoires disposent d’un hinterland, d’une périphérie. L’explosion du prix de l’immobilier est la traduction la plus visible de cette communauté de destin de ces citadelles où se concentrent la richesse, les emplois à haute valeur ajoutée, où le capital culturel et financier s’accumule. Cette partition est la traduction spatiale de la notion de ruissellement des richesses du haut vers le bas, des premiers de cordée vers les autres. Dans ce modèle, la richesse créée dans les citadelles doit redescendre vers la périphérie. Trente ans de ce régime n’ont pas laissé nos sociétés intactes. Ce sont d’abord les ouvriers et les agriculteurs qui ont été abandonnés sur le chemin, puis les employés, et c’est maintenant au tour des jeunes diplômés d’être fragilisés. Les plans sociaux ne concernent plus seulement l’industrie mais les services, et même les banques… Dans les territoires de cette France périphérique, la dynamique dépressive joue à plein : à l’effondrement industriel succède celui des emplois présentiels lequel provoque une crise du commerce dans les petites villes et les villes moyennes.

Les gens aux Etats-Unis ou ailleurs ne se sont pas réveillés un beau matin pour se tourner vers le populisme. Non, ils ont fait un diagnostic, une analyse rationnelle : est-ce que ça marche pour eux ou pas. Et, rationnellement, ils n’ont pas trouvé leur compte. Et pas que du point de vue économique. S’il y a une exception française, c’est la victoire d’Emmanuel Macron, quand partout ailleurs les populistes semblent devoir l’emporter.

En quoi la victoire d’Emmanuel Macron est-elle un cas particulier ?

Emmanuel Macron est le candidat du front bourgeois. A Paris, il n’est pas anodin que les soutiens de François Fillon et les partisans de La Manif pour tous du XVIe arrondissement aient voté à 87,3 % pour le candidat du libéralisme culturel, et que leurs homologues bobos du XXe arrondissement, contempteurs de la finance internationale, aient voté à 90 % pour un banquier d’affaires. Mais cela ne fait pas une majorité. Si Emmanuel Macron l’a emporté, c’est qu’il a reçu le soutien de la frange encore protégée de la société française que sont les retraités et les fonctionnaires. Deux populations qui ont lourdement souffert au Royaume-Uni par exemple, comme l’a traduit leur vote pro-Brexit. Et c’est bien là le drame qui se noue en France. Car, parmi les derniers recours dont dispose la technocratie au pouvoir pour aller toujours plus avant vers cette fameuse adaptation, c’est bien de faire les poches des retraités et des fonctionnaires. Emmanuel Macron applique donc méticuleusement ce programme. Il semble récemment pris de vertige par le risque encouru pour les prochaines élections, comme le montre sa courbe de popularité, laquelle se trouve sous celle de François Hollande à la même période de leur quinquennat. Un autre levier, déjà mis en branle par Margaret Thatcher puis par les gouvernements du New Labour de Tony Blair, est la fin de l’universalité de la redistribution et la concentration de la redistribution. Sous couvert de faire plus juste, et surtout de réduire les transferts sociaux, on réduit encore le nombre de professeurs, mais on divise les classes de ZEP en deux, on limite l’accès des classes populaires aux HLM pour concentrer ce patrimoine vers les franges les plus pauvres, et parfois non solvables. De quoi fragiliser le modèle de financement du logement social en France, déjà mis à mal par les dernières réformes, et ouvrir la porte à sa privatisation, comme ce fut le cas dans l’Angleterre thatchérienne.

Cette situation, vous la décrivez comme explosive…

Partout en Europe, dans un contexte de flux migratoire intensifié, ce ciblage des politiques publiques vers les plus pauvres – mais qui est le plus pauvre justement, si ce n’est celui qui vient d’arriver d’un territoire 10 fois moins riche ? – provoque inexorablement un rejet de ce qui reste encore du modèle social redistributif par ceux qui en ont le plus besoin et pour le plus grand intérêt de la classe dominante. C’est là que se noue la double insécurité économique et culturelle. Face au démantèlement de l’Etat-providence, à la volonté de privatiser, les classes populaires mettent en avant leur demande de préserver le bien commun comme les services publics. Face à la dérégulation, la dénationalisation, elles réclament un cadre national, plus sûr moyen de défendre le bien commun. Face à l’injonction de l’hypermobilité, à laquelle elles n’ont de toute façon pas accès, elles ont inventé un monde populaire sédentaire, ce qui se traduit également par une économie plus durable. Face à la constitution d’un monde où s’impose l’indistinction culturelle, elles aspirent à la préservation d’un capital culturel protecteur. Souverainisme, protectionnisme, préservation des services publics, sensibilité aux inégalités, régulation des flux migratoires, sont autant de thématiques qui, de Tel-Aviv à Alger, de Detroit à Milan, dessinent un commun des classes populaires dans le monde. Ce soft power des classes populaires fait parfois sortir de leurs gonds les parangons de la mondialisation heureuse. Hillary Clinton en sait quelque chose. Elle n’a non seulement pas compris la demande de protection des classes populaires de la Rust Belt, mais, en plus, elle les a traités de « déplorables ». Qui veut être traité de déplorable ou, de ce côté-ci de l’Atlantique, de Dupont Lajoie ? L’appartenance à la classe moyenne n’est pas seulement définie par un seuil de revenus ou un travail d’entomologiste des populations de l’Insee. C’est aussi et avant tout un sentiment de porter les valeurs majoritaires et d’être dans la roue des classes dominantes du point de vue culturel et économique. Placées au centre de l’échiquier, ces catégories étaient des références culturelles pour les classes dominantes, comme pour les nouveaux arrivants, les classes populaires immigrées. En trente ans, les classes moyennes sont passées du modèle à suivre, l’american ou l’european way of life, au statut de losers. Il y a mieux comme référents pour servir de modèle d’assimilation. Qui veut ressembler à un plouc, un déplorable… ? Personne. Pas même les nouveaux arrivants. L’ostracisation des classes populaires par la classe dominante occidentale, pensée pour discréditer toute contestation du modèle économique mondialisé – être contre, c’est ne pas être sérieux – a, en outre, largement participé à l’effondrement des modèles d’intégration et in fine à la paranoïa identitaire. L’asociété s’est ainsi imposée partout : crise de la représentation politique, citadéllisation de la bourgeoisie, communautarisation. Qui peut dès lors s’étonner que nos systèmes d’organisation politique, la démocratie, soient en danger ?

Voir aussi:

Guilluy / Smith : démolition médiatique demandée!

Ces intellectuels qui pensent mal et que certains médias exécutent


Depuis la parution de leur dernier livre, Christophe Guilluy et Stephen Smith sont victimes d’une fatwa. Coupables de penser différemment de la majorité de la « communauté scientifique », sur les sujets démographiques et migratoires notamment, ils sont minutieusement disqualifiés médiatiquement. 


Une constante des liquidations professionnelles en sciences sociales est le mélange d’attaques personnelles – on s’en prend à l’auteur, on se livre à une analyse psychologique et idéologique de l’auteur, de son passé, de penchants politiques dont il n’est pas forcement conscient lui-même – et de critiques qui, pour être percutantes,